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Eglise - Page 953

  • La fin des Chrétiens d'Orient ?

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    La fin des chrétiens d’Orient ? (Arte)

    87 min.
    Disponible du 09/01/2018 au 10/03/2018
    Prochaine diffusion : vendredi 2 février à 09h25
     
    Ce programme est disponible en vidéo à la demande ou DVD.

    Minée par les persécutions, l'exil et le recul de ses droits, la communauté chrétienne va-t-elle disparaître du Moyen-Orient ? Un saisissant panorama de sa fragile condition dans cinq pays : l'Irak, la Syrie, la Turquie, l'Égypte et le Liban.

    Au début du XXe siècle, un habitant du Moyen-Orient sur quatre était chrétien. Aujourd'hui, ils sont largement minoritaires (11 millions parmi 320 millions de musulmans). Chaque année, des milliers d'entre eux sont massacrés, souvent parce qu'on les assimile à un Occident qui, pourtant, ne les soutient guère. Peu à peu, ils disparaissent de la région qui a vu naître leur religion. Ils descendent en effet des premiers chrétiens qui fondèrent des communautés religieuses au cours du Ier siècle, quand l'Europe était païenne. Au VIIe siècle, ils ont accompagné l'avènement de l'islam. Cet ample et passionnant documentaire explore leur fragile condition dans cinq pays : l'Irak, la Syrie, le Liban, la Turquie et l'Égypte. D'une région à l'autre, leur position minoritaire les conduit souvent à s'allier au pouvoir en place en échange d'une protection incertaine.

    "Pris en étau"
    Les chrétiens d'Orient "ont toujours été pris en étau entre l'Occident d'un côté et l'islam de l'autre", résume l'historien des religions Jean-François Colosimo. En Irak et en Syrie, ils ont fui en masse les persécutions de l'État islamique, qui cherche aussi à effacer les traces de leur culture. Le père Najeeb Michael raconte comment, de façon rocambolesque, il a sauvé des milliers de manuscrits et tableaux, en les embarquant dans des cartons lors de son exode. Décimée en Turquie par le génocide de 1915 puis par l'émigration, plus importante en Égypte mais endeuillée par de récents attentats, la communauté chrétienne n'obtient pas la reconnaissance officielle qu'elle attend des autorités des deux pays. Il n'y a qu'au Liban qu'elle est majoritaire et joue un rôle politique, même si elle a perdu une part de ses prérogatives après l'accord de Taëf de 1989. Au fil des interviews d'historiens, de politologues ou de dignitaire religieux, et des séquences émouvantes auprès des réfugiés ou des communautés religieuses, se dessine un monde éprouvé mais aussi baroque, chaleureux et multiple, réparti en six rites différents : syriaque, byzantin, arménien, chaldéen, copte et maronite. Le film permet de revisiter des pans d'histoire édifiants, du partage désastreux du Moyen-Orient entre l'Angleterre et la France, qui continue de peser sur la région, à l'échec du panarabisme en passant par la façon dont le clan El-Assad a instrumentalisé les religions. Il rappelle aussi que la présence des chrétiens ou d'autres minorités religieuses, comme les yézidis, garantit un reste de pluralité culturelle dans une région que les juifs ont dû quitter. Enfin, le documentaire met en exergue l'esprit de résistance des chrétiens d'Orient et leurs efforts pour préserver leur culture.
  • Mutations de l’Eglise orthodoxe russe

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    Lu sur le site du mensuel « La Nef » :

    «L’Église a clairement pris sa revanche sur l’anticléricalisme des Soviets, au point d’être aujourd’hui au cœur du pouvoir, mais elle traverse dans le même temps une crise profonde » (1), explique Serguey Chapnin, qui fut proche du patriarche de Moscou Cyrille.

    UN BILAN À METTRE EN PERSPECTIVE

    mutations de l'église orthodoxe russe.jpgL’Église en Russie a subi en 25 ans une extraordinaire mutation : le nombre d’Orthodoxes a été multiplié par quatre, de 17 % en 1990 à 60-70 % actuellement (essentiellement aux dépens des « incroyants » qui passent de 75 à 19 %, les musulmans passant de 1 à 7 %, les autres religions restant en dessous de 1 %) et le nombre de pratiquants a été multiplié par 72. Plus de 10 000 églises et 350 monastères ont été construits ou rénovés, 20 000 clercs ordonnés, 200 évêques consacrés…
    Élu en 2009, le patriarche Cyrille a réformé l’administration de l’Église, des paroisses et des monastères aux plus hautes autorités ; la « Conférence Interconciliaire », organe délibératif permanent original qui prépare les décisions du concile – organe de décision suprême dans une Église orthodoxe qui inclut 20 % de laïcs. La pratique religieuse a évolué avec, en particulier, la promotion de la communion fréquente (combattue par les conservateurs) ; la vénération de reliques apportées de l’étranger attire des millions de pèlerins (2) ; le renouveau théologique, très riche en Russie, renoue avec la Renaissance théologique du XIXe siècle et « l’École de Paris » (3).
    La rencontre à Cuba du patriarche avec le pape en 2016 démontre enfin son ouverture et entame une ère nouvelle dans les relations avec l’Église catholique (4).

    LE CHRISTIANISME SANS LE CHRIST ?

    L’Église a renforcé sa position dans la société : V. Poutine, fervent orthodoxe, rencontre régulièrement le patriarche Cyrille et la nouvelle idéologie nationale est inspirée de l’Orthodoxie (même s’il s’agit plutôt du vieux fond soviétique rhabillé avec la symbolique et la terminologie orthodoxes, écrit Chapnin). Des accords sont conclus avec la plupart des ministères, des aumôniers nommés dans les institutions de l’État, un cours sur les « fondements de la culture orthodoxe » a été introduit dans les programmes scolaires et plusieurs lois ont été inspirées par l’Église : ainsi des activistes utilisent la loi sur « l’offense des sentiments religieux des croyants » (2013) pour s’opposer à des événements jugés blasphématoires (interdiction d’un Tannhäuser d’avant-garde à Novosibirsk, campagne contre le film Mathilda sur une amourette de jeunesse du saint empereur Nicolas II). De même, les mesures « anti-prosélytes » de la loi antiterroriste (2016) sont appliquées contre les communautés protestantes (interdiction des Témoins de Jéhova).
    L’Église est perçue par les intellectuels et l’opposition libérale comme partenaire idéologique du pouvoir et non plus dissidente et persécutée comme en URSS. Chapnin va jusqu’à lui reprocher un manque de prédication, l’accusant de tomber dans un « christianisme sans le Christ ».

    DIFFICILE ÉQUILIBRE

    En réalité l’Église russe est une très grande institution multinationale : près de la moitié de ses paroisses sont hors de Russie, dans 56 pays, principalement de l’ex-URSS, mais aussi sur tous les autres continents (y compris 15 paroisses en France…). Son personnel total atteint près de 100 000 personnes, clercs, moines, laïcs, et il n’est pas surprenant qu’on y trouve les positions les plus diverses.
    Il y a en particulier deux ailes opposées fort remuantes : l’aile libérale, que représente Serguey Chapnin, reproche à la hiérarchie blocage et immobilisme, mais un courant conservateur, au contraire, refuse tout changement, considéré comme une trahison de la Tradition orthodoxe, et en particulier tout rapprochement œcuménique, accusé d’hérésie. Le patriarche Cyrille doit maintenir un difficile équilibre entre les deux partis sous peine de provoquer un schisme comme celui des Vieux-croyants au XVIIe siècle.

    Vladimir Golovanow

    (1) Le Monde du 3 août 2017.
    (2) Des reliques de saint Nicolas apportées de Bari à Moscou et Saint-Pétersbourg, du 21 mai au 28 juillet 2017, ont attiré plus de 3 millions de pèlerins de toute la Russie qui ont attendu dans des queues de plusieurs heures.
    (3) Pensée théologique orthodoxe développée à Paris par les émigrés russes dans les années 1930-1950.
    (4) Cf. notre article « Vers un rapprochement ? », La Nef n°272 de juillet-août 2015.

    Vladimir Golovanow, laïc orthodoxe, a travaillé comme expert de l’UE et de la BERD dans les pays russophones où il a souvent séjourné depuis 1964 ; il intervient dans l’enseignement supérieur sur les relations avec la Russie. Il intervient régulièrement sur le forum « Parlons Orthodoxie » : www.egliserusse. eu/blogdiscussion/

    © LA NEF n°295

    Ref. Mutations de l’Eglise orthodoxe russe

    « L’Église en Russie a subi en 25 ans une extraordinaire mutation : le nombre d’Orthodoxes a été multiplié par quatre, de 17 % en 1990 à 60-70 % actuellement (essentiellement aux dépens des  incroyants qui passent de 75 à 19 %) : comment faut-il lire ces chiffres ? du marxisme-léniniste à la 'sainte' Russie rediviva, une idéologie en a-t-elle remplacé une autre ou bien la dictature communiste masquait-elle simplement le fond immuable de l’âme russe ? Un peu des deux sans doute.Très différent de l’érosion, progressive mais implacable, du christianisme occidental depuis les « Lumières » aveuglant toujours plus la conscience européenne au cours des trois derniers siècles.

    JPSC

  • Pour refuser l'installation d'un orgue numérique dans la Basilique Saint-Pierre (Vatican), signer la pétition

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    L'Association des Facteurs d'orgues italiens a mis en ligne une pétition adressée...

    ...  Au Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements

    Crémone, 5 janvier 2018

    Votre Éminence,

    L’installation d’un « orgue numérique » dans la Basilique St Pierre au Vatican, le Temple le plus important de la chrétienté, a suscité un sentiment d’incrédulité parmi les musiciens, les constructeurs d’instruments de musique, les historiens de l’art, ainsi que tout le monde de l’orgue, en Italie et en Europe.

    Ce substitut d’orgue, imitant dans les formes la console d’un vrai orgue, ne reproduit qu’avec maladresse, et sans aucune chance d’y parvenir, la sonorité de l'instrument authentique.

    C’est pour cela que son utilisation dans le cadre de la Basilique St. Pierre ne convient absolument pas à la dignité de ce Temple ni de l’Église, qui a toujours promu au cours des siècles la meilleure production artistique que ce soit dans le domaine de la peinture, de la sculpture, de l’architecture ou de la musique, en contribuant à éduquer et à former le sens esthétique des croyants et des non-croyants.

    La présence d’un instrument électronique dans la Basilique papale peut se rapporter, à notre avis, à une manifestation de la décadence culturelle de notre époque. Elle renonce au vrai en le remplaçant par une fiction.

    Les prises de position du Magistère de l’Église sont nombreuses au sujet de l’importance de l’Art et de la Beauté comme instruments essentiels pour la célébration du culte réservé à Dieu. Nous aimons rappeler, à titre d’exemple, un concept sur lequel Sa Sainteté le pape Paul VI s’était exprimé il y a maintenant cinquante ans à l’occasion de l’homélie prononcée lors de la Messe des Artistes, célébrée le 7 mai 1964 dans la Chapelle Sixtine.

    Dans ce discours, il faisait référence à l’erreur d’employer « des substituts, de l’ « holographie », de l'art pauvre et à bon marché », en renonçant ainsi, pour des raisons de contingence, à « accomplir des œuvres grandes, belles, nouvelles, dignes d’être admirées ».

    Il est triste aujourd’hui de constater que, à peine à un demi-siècle de ce discours très inspiré, on ait recours de nouveau à un subrogé pour « imiter » l’art qui peut le plus susciter des émotions profondes et des mouvements qui élèvent l’âme vers Dieu : la musique.

    Au-delà des motivations qui ont amené à introduire et à utiliser l’instrument électronique à la Basilique papale, et malgré les exigences liturgiques complexes de la Basilique St Pierre, il nous est difficile de croire qu’il ne puisse pas exister une solution différente, laquelle ne préconiserait pas l’exclusion, complète ou partielle, de l’orgue à tuyaux en faveur de son substitut électronique.

    En tant que constructeurs et restaurateurs d’orgues à tuyaux, nous avons l’occasion de rencontrer partout dans le monde des communautés - grandes ou petites - de chrétiens qui font face à des efforts souvent très importants pour doter leurs églises de véritables orgues à tuyaux.

    Dans ce contexte, nous sommes attristés d’apprendre que, justement dans la Basilique papale, il ait été fait un choix qui semble affirmer l’inutilité de tels efforts.

    C’est pour cette raison que l’Association des Facteurs d’orgues Italiens se fait porteuse d’une initiative vouée à la sensibilisation du monde de la culture en Italie, afin que celui-ci exprime son désarroi face à la présence d’un substitut du vrai instrument musical dans la Basilique papale. Nous souhaitons que ce regret parvienne aux responsables des célébrations liturgiques de la Basilique St. Pierre, mais également à ceux de toutes les églises catholiques.

    En même temps, les promoteurs de cette initiative souhaitent offrir leur disponibilité pour définir une méthode efficace afin d’identifier des solutions différentes, cohérentes avec ce qui est affirmé au numéro 120 de la Constitution sur la musique Sacrée Sacrosantum Concilium, pour que aussi et surtout dans l’Archi-Basilique papale de St. Pierre on estime « hautement, dans l'église latine, l’orgue à tuyaux comme l’instrument traditionnel dont le son peut ajouter un éclat admirable aux cérémonies de l’Église et élever puissamment les âmes vers Dieu et le ciel ».

    Confiants en l’écoute que Votre Éminence voudra bien réserver à notre appel, nous vous prions de bien vouloir agréer l’expression de notre très profond respect.

    Signer la pétition

  • De nouveaux soutiens pour la "Profession des vérités immuables sur le mariage sacramentel"

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    De Christian Spaemann sur le site de l'Homme Nouveau :

    Le Lion de Salzbourg s’associe à la déclaration des évêques du Kazkhstan

    Après Janis Pujats, cardinal de Lettonie, Luigi Negri, archevêque émérite de Ferrare, et l’éminent archevêque Carlo Maria Viganò, secrétaire général et ancien nonce apostolique aux États-Unis, Andreas Laun, évêque auxiliaire de Salzbourg, récemment nommé évêque auxiliaire émérite, a lui aussi adhéré à la « Profession des vérités immuables sur le mariage sacramentel » émise par les évêques du Kazakhstan. 

    Andreas Laun n’est pas un inconnu. Cet ancien professeur de théologie morale à la Haute école de philosophie et de théologie de Heiligenkreuz près de Vienne a entretenu des liens étroits avec les pontificats de Jean-Paul II et de Benoît XVI. Considéré comme le « lion de Salzbourg », il est renommé bien au-delà des régions germanophones pour son engagement courageux en faveur de la doctrine catholique sur le mariage et la sexualité. Bien loin d’être un théoricien pur et dur, il s’est toujours profilé en pasteur dévoué sur un plan personnel. Sa douceur et sa compréhension envers les personnes en « situation irrégulière » donnent tort aux représentants des « sages » de la morale catholique qui le qualifient de pharisien rigide. La Commission pour le mariage et la famille de l’archidiocèse de Salzbourg, qu’il a constituée et dirigée, a toujours été un modèle à suivre en matière de mise en pratique de la doctrine catholique sur la sainteté du mariage et de la vie.

    Christian Spaemann, après des études de médecine, d’histoire et de philosophie aux universités d’Innsbruck et Vienne, est psychiatre. Il est le fils du grand penseur catholique allemand, ami de Benoît XVI, Robert Spaemann.

    Ndlr : Mgr Andreas Laun est le fils du célèbre converti autrichien Hellmut Laun, lui-même ami du très grand moraliste Dietrich von Hildebrand que le pape Pie XII considéré comme « le docteur de l’Église du XXe siècle » et qui est l’auteur de plusieurs ouvrages sur la question de l’amour et du mariage, dont Pureté et virginité (DDB), Le mariage (Le Cerf, traduction Benoit Lavaud), L’Église face aux problèmes de l’amour, sans oublier ses ouvrages sur la crise de l’Église : Le cheval de Troie dans la cité de Dieu (Beauchesne) et La Vigne ravagée (DMM). Dietrich von Hildebrand avait également préfacé le premier tome du recueil des éditoriaux de Marcel Clément, Combat pour l’espérance, tome 1 (éditions de l’Escalade).

    Le récit de la conversion de Hellmut Laun a été publié en France aux éditions DMM sous le titre Je sais en qui j’ai cru, accompagné d’une longue postface de Mgr Andreas Laun.

  • L'assurance de la vie éternelle, ce don absolu

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    De Jules Germain sur aleteia.org :

    Martin Steffens : « L’assurance de la vie éternelle est un don absolu »

    Sorti aux éditions Desclée de Brouwer, "L'éternité reçue" de Martin Steffens, nous ouvre au plus grand des dons que nous fait Dieu : la vie éternelle. Il nous explique pourquoi ce don ne peut être un dû, mais une grâce dont il faut du temps pour en approcher le mystère.

    Comment ouvrir son cœur au don de la vie éternelle ? Nous avons rencontré Martin Steffens à l’occasion de la parution de son ouvrage L’Éternité reçue aux éditions Desclée de Brouwer. Il y poursuit sa profonde réflexion entamée notamment dans le très beau livre Petit traité de la joie. Consentir à la vie, ou encore dans Vivre ensemble la fin du monde. On y retrouve les mêmes interrogations avec cette approche très simple de la fragilité de nos vies comme lieu pour vivre les plus belles grâces.

    Aleteia : Dans votre ouvrage Petit traité de la joie et sous-titré « Consentir à la vie », vous évoquiez déjà cette « sagesse de camomille qui empoisonne la vie ». Que désignez-vous par « sagesse de camomille » et que lui reprochez vous ?

    Martin Steffens : Je reproche à cette sagesse de camomille ce que Hannah Arendt reprochait à la psychologie : elle tente de nous permettre de vivre dans le désert en nous faisant croire qu’on peut se réconcilier avec lui ; comme si l’on pouvait accepter et s’acclimater au tragique et à l’insupportable de l’existence humaine, le rendre acceptable. Alors que ce qui m’intéresse en philosophie, c’est au contraire d’analyser les points sur lesquels l’existence humaine achoppe, pour montrer que là où il y a contradiction, là où l’on est arrêté dans notre élan, dans notre vie, c’est là que quelque chose d’intéressant se passe. Les sagesses camomille sont ainsi ces stratégies de l’homme, inventées par l’homme et pour l’homme, consistant justement à nier cette contradiction, pour éviter d’avoir à s’ouvrir à un au-delà de l’homme.

    Lire aussi : Le grand entretien (1/2). Martin Steffens : « L’amour, c’est continuer d’aimer même quand on n’y trouve plus son compte »

    « La philosophie, dès lors qu’elle pense la mort autrement que comme un scandale profane la vie », écrivez-vous. Pourquoi la mort doit-elle d’abord être perçue comme un scandale ?

    Déjà, je pense qu’elle est spontanément perçue comme un scandale. Ce serait terrifiant si ce n’était pas le cas. La mère qui accueillerait la mort de son enfant comme un simple fait serait quelque chose d’affreux. Ensuite, ce fait bête qu’est l’instinct de survie, c’est aussi la forme dans ce monde que prend le fait que nous avons été faits pour la vie éternelle. La mort est un scandale parce que nous percevons dans le plus intime de nous-mêmes que nous ne sommes pas faits pour elle. Faire taire ce scandale, c’est refuser d’entendre que le cri de la vie contre ce qui la tue est beau. Je reste dans la tradition chrétienne de l’anti gnosticisme : la chair n’est pas une malédiction, la vie n’est pas un séjour pénible dont il faut être libéré. Tout le néoplatonisme, le catharisme, qui revient désormais sous la forme des sagesses orientales, a toujours été combattu par l’Église. L’idéal qui veut surmonter, dépasser ou oublier le corps, ce n’est pas chrétien.

     

     
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  • Le discours du pape au Corps diplomatique

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    De zenit.org :

    Discours au Corps diplomatique : le pape défend les Droits fondamentaux de l’homme (Texte intégral)

     
    Voeux au Corps diplomatique © Vatican MediaVoeux Au Corps Diplomatique © Vatican Media

    Le droit à la vie, à la liberté et à l’inviolabilité de chaque personne humaine, le droit de former une famille, la liberté de mouvement, le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion, le droit au travail… le pape François a défendu ces droits fondamentaux de la Déclaration universelle des droits de l’homme, ce 8 janvier 2018, devant le Corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège.

    Le pape a en effet consacré son traditionnel discours de vœux du Nouvel An à ce document, soixante ans après son adoption de la part de l’Assemblée Générale des Nations Unies (10 décembre 1948): « Après soixante ans, a-t-il déploré, il est regrettable de relever comment de nombreux droits fondamentaux sont aujourd’hui encore violés. »

    Au fil de son long discours, le pape a formulé des vœux pour les pays ravagés par les conflits, notamment l’Irak, la Syrie, l’Ukraine, et divers pays d’Afrique. Il a plaidé pour « le désarmement intégral » : « La prolifération des armes aggrave clairement les situations de conflit et comporte des coûts humains et matériels considérables qui minent le développement ainsi que la recherche d’une paix durable. »

    Anne Kurian

    Discours du pape François

    Excellences, Mesdames et Messieurs,Elle constitue une belle coutume, cette rencontre qui, en conservant encore vive dans les cœurs la joie de Noël, m’offre l’occasion de vous présenter personnellement les vœux pour l’année commencée depuis peu et de manifester ma proximité ainsi que mon affection aux peuples que vous représentez. Je remercie le Doyen du Corps Diplomatique, Son Excellence Monsieur Armindo Fernandes do Espiríto Santo Vieira, Ambassadeur de l’Angola, pour les paroles déférentes qu’il vient de m’adresser au nom de tout le Corps Diplomatique accrédité près le Saint-Siège. J’adresse une spéciale bienvenue aux Ambassadeurs venus de l’extérieur de Rome pour l’occasion, dont le nombre s’est accru suite aux relations diplomatiques nouées avec la République de l’Union du Myanmar, en mai dernier. De même, je salue les Ambassadeurs résidents à Rome toujours plus nombreux, parmi lesquels se trouve, à présent, l’Ambassadeur de la République de l’Afrique du Sud, tandis je voudrais dédier une pensée particulière à feu l’Ambassadeur de la Colombie, Guillermo León Escobar-Herran, décédé quelques jours avant Noël. Je vous remercie pour les relations fructueuses et constantes que vous entretenez avec la Secrétairerie d’État et avec les autres Dicastères de la Curie Romaine, en témoignage de l’intérêt de la communauté internationale pour la mission du Saint-Siège et pour l’engagement de l’Église catholique dans vos pays respectifs. Dans cette perspective se situe aussi l’activité du Saint-Siège concernant les Conventions, qui l’an dernier a vu la signature, au mois de février, de l’Accord Cadre avec la République du Congo et, au mois d’août, de l’Accord entre la Secrétairerie d’État et le Gouvernement de la Fédération Russe sur les voyages sans visa des titulaires de passeports diplomatiques.

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  • RDC : « Que les médiocres dégagent » (Cardinal Laurent Monsengwo)

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    monsengwo3.jpg

    On imaginerait évidemment mal l'archevêque De Kesel s'exprimer sur ce ton pour crosser l'un ou l'autre politicien belge: le temps du cardinal Joseph Van Roey, surnommé "le Rhinocéros de Malines", n'est plus qu'un lointain souvenir dans une Belgique déchristianisée. Mais il n'en va pas partout ainsi. Lu sur le site de "La Libre Afrique":

    "L’archevêque de Kinshasa Laurent Monsengwo Pasinya, figure de la puissante Eglise catholique congolaise et du Vatican, ressort la carte du défi frontal au pouvoir en ce début d’année 2018 cruciale pour la République démocratique du Congo (RDC), un an après la médiation de l’épiscopat dans la crise liée au maintien du président Joseph Kabila. « Il est temps que les médiocres dégagent », « barbarie », « mensonge systémique », « brutalités policières »…: il a suffi de quelques mots bien sentis en 48 heures pour que Mgr Monsengwo, 78 ans, fasse honneur à sa réputation d’opposant numéro un. D’autant que les appels à manifester de l’opposition politique ont sonné creux fin 2017 face à l’interdiction et la dispersion systématique de tout rassemblement.

    L’archevêque de Kinshasa, une capitale d’environ 10 millions d’habitants et plus de 130 paroisses, est la figure de proue de l’Eglise romaine dans un pays de quelque 80 millions d’habitants très majoritairement catholiques malgré la prolifération des Eglises évangéliques dite du « réveil » (dont certains avancent qu’elles soutiennent le président Kabila).

    Puissant à Kinshasa, le prélat congolais pèse lourd aussi à Rome. Elevé au rang de cardinal par le pape Benoît XVI, Mgr Monsengwo représente l’Afrique dans le collège des neuf cardinaux nommés par le pape François pour travailler sur la réforme de la Curie.

    Le Vatican lui a apporté son soutien après ses déclarations fracassantes. A Kinshasa, le nonce apostolique, Luis Mariano Montemayor, un Argentin proche du pape, a aussi dénoncé « la réaction disproportionnée des forces de sécurité congolaises » face à la marche des catholiques du 31 janvier.

    Dans un premier temps, Mgr Monsengwo n’avait pas commenté cet appel de laïcs proches de l’Eglise à une marche pour demander au président Kabila de déclarer publiquement qu’il quitterait bien le pouvoir.

    La réponse des forces de sécurité (au moins cinq morts, 134 paroisses encerclés, cinq messes interrompues…, d’après la nonciature) semble avoir réveillé une profonde colère chez cet homme de taille moyenne, qui lit ses homélies à voix basse entrecoupée de longs silences.

    Communiqué souhaitant la fin du « mensonge systémique » et que « les médiocres dégagent », interview à radio Vatican, messe du 4 janvier à la mémoire des martyrs de l’indépendance (*), qu’il compare « aux morts d’aujourd’hui » victimes des « brutalités policières »…: ses prises de position ont suscité une mise en garde du gouvernement frisant la menace de poursuites.

    « Monseigneur Laurent Monsengwo a tenu des propos injurieux à l’endroit des dirigeants du pays ainsi que des forces de l’ordre », a indiqué vendredi un compte-rendu du Conseil des ministres diffusé par le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende Omalanga.

    Archevêque de Kinshasa depuis 2007, Mgr Monsengwo s’inscrit dans l’histoire de l’Église du Congo, engagée depuis l’indépendance de la Belgique, le 30 juin 1960, dans les questions de société, selon le père Léon de Saint-Moulin, jésuite et historien du Congo.

    Noël 2016 déjà. M. Kabila n’a pas organisé d’élections alors que son deuxième et dernier mandat a pris fin le 20 décembre, provoquant des manifestations étouffées dans le sang en septembre et décembre.

    « Il est révolu le temps où l’on cherchait à conserver le pouvoir par les armes, en tuant son peuple. Celui qui respecte la Constitution n’a rien à craindre de la justice », glisse le cardinal pendant la messe de minuit entre deux citations tirées des Evangiles. Quelques jours plus tard, pour enrayer la violence, le puissant épiscopat congolais parraine un accord majorité-opposition prévoyant des élections en décembre 2017 au plus tard.

    Des élections finalement reportées au 23 décembre 2018. Mgr Monsengwo s’est-il senti floué? La conférence épiscopale fait en tous cas savoir qu’elle regrette ce report et demande au président Kabila de déclarer publiquement qu’il ne sera pas candidat à sa propre succession.

    En 2011, le cardinal avait déjà contesté la réélection du jeune chef de l’Etat, en estimant que les résultats de la présidentielle – face à l’opposant historique Etienne Tshisekedi wa Mulumba – n’étaient « conformes ni à la vérité, ni à la justice ».

    A l’époque du président Kabila père (Laurent-Désiré, 1997-2001), alors archevêque de Kisangani, Mgr Monsengwo se montre déjà critique envers le nouveau pouvoir. Pendant les guerres de 1998-2003 qui ravage l’est de l’ex-Zaïre, il doit à un moment quitter cette grande ville du nord-est de la RDC, théâtre d’une guerre entre forces du Rwanda et de l’Ouganda.

    Son parcours politique a commencé sous la dictature du maréchal Mobutu Sese Seko (1965-1997), qui a entretenu des relations ambivalentes avec l’Eglise, entre interdiction des noms chrétiens et accueil du pape Jean-Paul II en 1980.

    Déjà figure morale et populaire, Mgr Monsengwo a pu apparaître dans les années 90 comme le Desmond Tutu congolais en prenant la tête de la Conférence nationale souveraine (CNS) supposée libéraliser le pouvoir, puis d’une sorte de Parlement de transition, avant d’être écarté. Un quart de siècle plus tard, cet homme polyglotte se trouve plus que jamais au centre du jeu en cette année 2018 de toutes les attentes."

    ______

    (*) Le 4 janvier 1959 un match de football à Léopoldville (aujourd’hui Kinshasa) dégénéra en émeute politique violente contestant le fait que l’Abako (alliance des Bakongo) n’aurait pas reçu l’autorisation administrative de manifester ses revendications sur la voie publique. Les forces de l’ordre, surprises par l’ampleur de la manifestation et vite dépassées, ripostèrent sans ménagement au prix d’une cinquantaine de morts. Cet événement inattendu marqua profondément l’esprit des indigènes comme des coloniaux et l’autorité politique belge, s’exprimant par la voix du Roi Baudouin dès le 13 janvier suivant, enclencha une marche forcée du Congo vers  l’indépendance : dix-huit mois plus tard, le jeudi 30 juin 1960, le Congo accéda en effet à une indépendance improvisée, immédiatement suivie par la rébellion de la force publique (5 juillet 1960), un effondrement structurel de l’Etat et une anarchie endémique dont le Congo  actuel continue de subir les conséquences : le temps se venge toujours de ce qu’on fait sans lui.

    Ref.« Que les médiocres dégagent »: Mgr Monsengwo, la bête noire de Kabila et de son régime

    A noter que, malgré les efforts de la Belgique,  deux pays européens -la France et l’Espagne- ont empêché l’Union européenne de voter une résolution condamnant l’attitude de Joseph Kabila. On devine pourquoi.

    JPSC

  • Sur la miséricorde dans les situations atypiques : l'éclairage du Père Carniaux, abbé de Leffe, sur Amoris Laetitia

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    Amoris laetitia, la lecture du Père Carniaux, o.praem.  : “Sur la miséricorde dans les situations atypiques”

    La Croix

    Vies Consacrées 89 (*)

    Le Père abbé de Leffe, Benoît Carniaux, o.praem., professeur de théologie fondamentale, fonde son interprétation des passages discutés d’Amoris Lætitia dans la vision tout ensemble thomiste et ignatienne qu’a le pape François de la miséricorde. Attrition, indulgence, justice, peine expiatoire, gradualité, imputabilité : ces notions fontales, bien entendues, préparent, au rythme de la grâce, le cœur humain aux noces éternelles.

    La DC

    Étymologiquement, « être miséricordieux » signifie ouvrir son cœur à la misère, donner un cœur aux miséreux : miseri-cor-dare. C’est là vraiment la carte d’identité de Dieu : « La miséricorde est le propre de Dieu dont la toute-puissance consiste justement à faire miséricorde » (1). Ces paroles de saint Thomas d’Aquin montrent que la miséricorde n’est pas un signe de faiblesse, mais bien l’expression même de la force de Dieu (2).

    S’inscrivant dans cette perspective, la devise du pape François, « miserando atque eligendo » (3) est tirée d’une homélie du moine anglais saint Bède le Vénérable qui, parlant de la vocation de Matthieu, écrivait : « Jésus vit un publicain, et comme Il le regardait avec un sentiment d’amour, et le choisit, Il lui dit : “Suis-moi” ». Mais si on veut être précis il faudrait traduire miserando par un gérondif qui n’existe pas : « en miséricordant », en lui donnant sa miséricorde. « En le miséricordant et en le choisissant », veut donc décrire le regard de Jésus qui offre sa miséricorde et qui simultanément choisit, qui emmène avec lui. On voit là comment pardon et vocation, guérison et vocation, et sans doute aussi réparation et vocation, peuvent être liés.

    Avant d’aborder plus précisément l’exhortation apostolique Amoris Lætitia, nous allons faire le point sur la façon dont le pape envisage globalement la miséricorde. Pour cela, nous aurons recours à deux autres textes bien différents : la Bulle d’indiction du Jubilé de la Miséricorde Misericordiae Vultus (le Visage de la Miséricorde, MV) et une interview avec le journaliste Andrea Tornielli : on peut trouver ces deux textes réunis dans le Livre Le nom de Dieu est Miséricorde (4).

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  • Les intentions de prière du pape pour 2018

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    Défis-Intentions de prière du Saint-Père

    confiées à l’Apostolat de la Prière – Prier au cœur du monde pour une diffusion mondiale

    pour l’année 2018

    JANVIER

    Les minorités religieuses en Asie : Pour que les chrétiens, ainsi que les autres minorités religieuses, puissent vivre leur foi en toute liberté dans les pays asiatiques.

    FÉVRIER

    Non à la corruption : Pour que ceux qui ont un pouvoir matériel, politique ou spirituel ne glissent pas vers la corruption.

    MARS

    Formation au discernement spirituel : Pour que l’Eglise tout entière reconnaisse l’urgence de la formation au discernement spirituel, au niveau personnel et communautaire.

    AVRIL

    Pour ceux qui ont une responsabilité dans l’économie : Pour que les penseurs et acteurs de l’économie mondiale trouvent le courage de dire non à une économie de l’exclusion, en ouvrant de nouveaux chemins.

    MAI

    La mission des laïcs : Pour que les fidèles laïcs accomplissent leur mission spécifique en mettant leur créativité au service des défis du monde actuel.

    JUIN

    Les réseaux sociaux : Pour que les réseaux sociaux favorisent la solidarité et l’apprentissage du respect de l’autre dans sa différence.

    JUILLET

    Les prêtres dans leur mission pastorale : Pour que les prêtres qui souffrent de la fatigue et de la solitude dans leur travail pastoral, soient aidés et consolés par l’amitié du Seigneur et de leurs frères.

    AOÛT

    Les familles, un trésor : Pour que les décisions économiques et politiques protègent les familles comme trésor de l’humanité

    SEPTEMBRE

    Les jeunes d’Afrique : Pour que les jeunes du continent africain aient accès à l’éducation et au travail dans leur propre pays.

    OCTOBRE

    La mission des consacrés : Pour que les consacré(e)s réveillent leur ferveur missionnaire et rejoignent les pauvres, les marginaux et les sans voix.

    NOVEMBRE

    Au service de la paix : Pour que le langage du cœur et le dialogue priment toujours sur le langage des armes.

    DÉCEMBRE

    Au service de la transmission de la foi Pour que les personnes engagées au service de l’intelligence de la foi trouvent un langage pour aujourd’hui, dans le dialogue avec les cultures.

  • Débats autour du parcours de Jorge Mario Bergoglio

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    Un article traduit sur diakonos.be :

    Le mystère Bergoglio. Pourquoi le général des jésuites ne voulait pas qu’il devienne évêque

    Un nouveau livre qui va paraître sur le Pape François fait déjà parler de lui avant même sa sortie annoncée pour le 26 février :

    > Lost Shepherd : How Pope Francis is Misleading His Flock

    Un tel titre sonne particulièrement critique. Mais il ne s’agit pas d’une critique stérile. L’auteur du livre, Philip Lawler, est en fait l’un des auteurs catholiques les plus renommés et modérés aux Etats-Unis. Il a été directeur du « Catholic World Report », le magazine d’information d’Ignatius Press, la maison d’édition fondée par le jésuite Joseph Fessio, un disciple de Joseph Ratzinger. Il dirige aujourd’hui « Catholic World News », il est né et a grandi à Boston, est marié et père de sept enfants.

    Pendant la phase initiale du pontificat de François, Lawler n’a pas manqué d’en apprécier les nouveautés. Mais aujourd’hui, il finit par voir en lui le « pasteur égaré » d’un troupeau dispersé.

    Cet avis critique sur le pape Jorge Mario Bergoglio, il l’a notamment mûri en relisant attentivement le parcours du jésuite et de l’évêque Bergoglio en Argentine.

    C’est d’ailleurs exactement ce que les autres biographes du pape actuel ont fait, aussi bien ceux qui lui sont favorables que ses détracteurs : ils ont reconstruit son parcours argentin afin d’en tirer une meilleure compréhension de ses actions en tant que pape.

    *

    Le dernier livre en date qui vient d’être publié sur lui est un exemple frappant de cette relecture de la période argentine de Bergoglio: « The Dictator Pope », diffusé sous forme d’e-book en italien et en anglais depuis fin de l’automne dernier par un auteur anonyme, vraisemblablement anglophone, se cachant derrière le pseudonyme de Marcantonio Colonna.

    L’un des passages de « The Dictator Pope » qui a suscité le plus d’émoi est celui dans lequel l’auteur lève le voile sur le rapport rédigé en 1991 sur Bergoglio par le supérieur général de la Compagnie de Jésus, le hollandais Peter Hans Kolvenbach (1928-2016) au cours des consultations secrètes sur l’opportunité de nommer de ce même Bergoglio évêque auxiliaire de Buenos Aires.

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  • Joseph Ratzinger, un théologien moderne mais pas moderniste

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    Joseph Ratzinger théologien. Pas « moderniste » mais moderne

    par Antonio Caragliu* (source)

    Antonio Livi, dans sa recension du dernier volume d’Enrico Maria Radaelli signalé dans le précédent article de Settimo Cielo, a le mérite d’être clair et de nous inviter à aborder certains problèmes de fond autour du thème toujours très actuel et pertinent du rapport entre foi et raison.

    Il reproche à Joseph Ratzinger d’adopter « le présupposé épistémologique de l’impossibilité de la connaissance rationnelle de Dieu et de la loi naturelle », désavouant de la sorte la doctrine classique des « preambula fidei » et se faisant ainsi complice du « modernisme », sceptique et subjectiviste.

    La thèse de Livi ne me convainc pas. Elle nous incite cependant à nous poser une question intéressante : quel est le caractère spécifiquement moderne de la théologie de Joseph Ratzinger ?

    En effet, le pape émérite revendiquait lui-même explicitement la modernité de sa propre réflexion théologique : « J’ai cherché à faire avancer l’Eglise sur base d’une interprétation moderne de la foi », déclare-t-il dans ses « Dernières conversations » avec Peter Seewald.

    Comme l’indique Livi, la modernité de la théologie ratzingerienne touche à la vision de la doctrine classique des « preambula fidei », autrement dit ces vérités d’ordre rationnel et naturel qui préparent à la foi. Mais cette vision différente, contrairement à ce qu’affirme Livi, ne contredit en rien le principe selon lequel il est possible de connaître Dieu rationnellement, auquel Ratzinger arrive par une autre voie.

    Cette autre voie se confronte à l’athéisme méthodologique propre aux sciences expérimentales qui, en faisant abstraction de la question de l’existence de Dieu sur le plan logique, marquent le passage de la culture classique à la culture moderne.

    Pour affronter cet athéisme méthodologique, Livi et Ratzinger prennent deux routes différentes.

    Livi prend la route d’une métaphysique du « sens commun » qu’il définit lui-même comme étant « l’ensemble organique des certitudes concernant l’existence des entités de l’expérience immédiate qui sont toujours et nécessairement à la base de toute autre certitude, c’est-à-dire à la possibilité de vérité dans les jugements, aussi bien d’existence qu’attributifs » (A. Livi, « Filosofia del senso comune. Logica della scienza e della fede », Rome 2010, p. 7). La route clairement métaphysique de Livi se concentre sur la détermination des « évidences primaires » qui restent substantiellement étrangères par rapport à l’enquête sur le réel propre aux sciences modernes.

    Ratzinger opte en revanche pour une voie que je définirais comme un « approfondissement ontologique » des présupposés épistémologiques eux-mêmes de la science moderne. Un approfondissement ontologique qui tire l’origine de la raison humaine de la « Raison créatrice » de l’être.

    A ce propos, il convient d’insister sur le fait que la connaissance qui émerge de la science moderne ne consiste pas tant en une description d’états de fait et de choses (c’est l’erreur dans lequel persiste le néopositivisme et la philosophie analytique) mais dans la connaissance de lois, c’est-à-dire des rapports entre les choses, de fonctions.

    Une telle approche méthodologique fait abstraction de la détermination de la causalité de l’existence des choses.

    Cependant, l’approfondissement ontologique de Ratzinger ne porte pas sur ces « entités » et la cause de leur existence – comme le fait la métaphysique classique ou celle de Livi – mais sur la légitimité et la rationalité que constitue l’inévitable présupposé transcendantal de la recherche scientifique.

    C’est une voie qui est à la fois moderne et extraordinairement conforme à la foi biblique.

    Voici ce que Ratzinger écrit dans son « Essai introductif à la nouvelle édition de 2000 » de l’édition italienne de son introduction au christianisme [en français « La foi chrétienne hier et aujourd’hui », NdT]] qui fait l’objet des critiques de Radaelli et de Livi :

    « Le prologue de Jean place l’idée du Lógos au centre de la foi chrétienne en Dieu. Le mot Lógos signifie raison, sens, mais également parole ; donc, un sens qui est parole, qui est relation, qui est créatif.  Dieu, qui est Lógos, donne à l’homme le sens du monde, la sens de l’existence, la correspondance de Dieu à la raison et la correspondance de la raison à Dieu, même si sa raison dépasse continuellement la nôtre et peut parfois nous sembler obscure.  Le monde naît de la raison et cette raison est une personne, elle est amour : tel est le message de la foi biblique en Dieu.  La raison peut parler de Dieu, ou mieux elle doit parler de Dieu sous peine de s’amputer elle-même.  À la raison est liée l’idée de création.  Le monde n’est pas seulement ‘maya’, une apparence, que l’homme devrait, au bout du compte, laisser derrière lui.  Le monde ne se réduit pas à une roue infinie de souffrances à laquelle l’homme doit essayer de se soustraire.  Le monde est positif. » (« Introduzione al cristianesimo », Brescia 2005, p. 21).

    Il n’y a pas nécessairement de rapport logique entre les vérités ontologiques de la Raison créatrice et les présupposés transcendantaux de la science. Comme nous l’avons dit ci-dessus, les lois scientifiques font abstraction de la question de l’existence de Dieu et de l’origine de la réalité.  C’est pour cette raison logique que Ratzinger soutient que l’hypothèse de Dieu demeure « la meilleure des hypothèses, bien qu’elle soit une hypothèse », (J. Ratzinger, « L’Europa di Benedetto nella crisi delle culture », Sienne 2005, p. 123).

    Et c’est dans l’approche de cette raison logique que se trouve, à mon sens, le caractère spécifiquement moderne de la théologie de Ratzinger.

    Une théologique certes moderne mais qui n’est pas pour autant sceptique, subjectiviste ou moderniste.

    *

    Avocat du barreau de Trieste et membre de l’Union des Juristes Catholiques Italiens

  • Le pape interpellé au sujet de son attitude à l'égard de l'islam

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    Nous avions reproduit ici une lettre censée émaner de musulmans convertis mais, sur le site où elle figure, nous avons constaté que l'adresse de contact (salut.misericorde@gmail.com) est en fait celle du site "Islam et Vérité" de l'abbé Guy Pagès. Nous aurions sans doute dû nous montrer plus circonspects dès le départ et résister aux sollicitations d'amis qui nous ont incité à relayer cette initiative sur belgicatho. En effet, sans vouloir porter de jugement sur qui que ce soit, nous préférons garder nos distances à l'égard de prises de position dont le sens de la nuance et la modération semblent exclues.