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Foi - Page 350

  • Les dynamiques cisterciennes de Boulaur reprendront l'abbaye Notre-Dame des Neiges

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    Les sœurs de Boulaur reprendront l’abbaye Notre-Dame des Neiges

    <p>La fondation de l'abbaye, située dans une vallée de l'Ardèche, fut décidée le 5 août 1850, jour de la fête de Notre Dame des Neiges, qui est le titre de Sainte-Marie Majeure à Rome.</p>

    La fondation de l'abbaye, située dans une vallée de l'Ardèche, fut décidée le 5 août 1850, jour de la fête de Notre Dame des Neiges, qui est le titre de Sainte-Marie Majeure à Rome.

    La nouvelle était très attendue. C’est finalement la communauté des religieuses cisterciennes de Boulaur que les moines trappistes ont choisi pour leur succéder à l’abbaye Notre-Dame-des-Neiges. Ils avaient pris la décision en décembre dernier de quitter cette abbaye ardéchoise devenue trop imposante pour eux, après deux ans de discernement. Leur annonce avait suscité un grand émoi, témoignant de l’attachement très fort à cette abbaye fondée en 1850 et où Charles de Foucauld a passé sept mois comme novice.

    Un « signe de la Providence »

    Dès août 2022, huit sœurs de Boulaur devraient d’abord arriver à Notre-Dame-des-Neiges, pour assurer une continuité avec les moines qui partiront en septembre. Ces religieuses cisterciennes étaient loin d’être les seules sur la liste des potentiels repreneurs de l’abbaye. « Nous avons reçu 27 propositions, confie le père abbé au journaliste de Famille Chrétienne actuellement présent sur place. De mon côté, j’ai contacté sept communautés religieuses pour leur proposer prendre la suite de notre communauté. Les sœurs de Boulaur m’ont répondu, de manière positive ». Et de raconter cette anecdote, signe pour lui que la Providence est à l’œuvre dans cette succession : « un ami qui mourait offrait ses dernières douleurs au Seigneur en lui demandant qu’on trouve les bons successeurs. Il est mort à 17 heures, et une heure plus tard je recevais un appel de la mère-abbesse de Boulaur qui nous disait qu’elle venait visiter l’abbaye. Je pense que cet ami a glissé un mot à notre sujet au bon Dieu en arrivant là-haut ! »  Le contact entre les moines et les religieuses « s’est très bien passé ».

    Cela faisait un moment que les sœurs de Boulaur cherchaient un lieu où essaimer, faisant face à un prodigieux afflux de vocations depuis quelques années. « C’est une communauté dynamique, et jeune, elles sont une trentaine sans compter les postulantes qui arrivent. C’est typiquement les anciennes SUF ou Scouts d’Europe de Versailles qui embrassent la vie religieuse dans cette congrégation », s’enthousiasme le père Abbé de Notre-Dame-des-Neiges. Il faut dire que les nombreux Cep (formation pour les cheftaines dans le cadre du scoutisme) qui ont lieu tous les ans à l’abbaye de Boulaur offrent des occasions toutes particulières pour susciter de jeunes vocations ! La moyenne d’âge à l’abbaye est particulièrement basse par rapport à d’autres lieux de vie religieuse en France.

    Les religieuses de Boulaur pleines de projets

    Cette décision de s'installer à Notre-Dame-des-Neiges a été prise très sereinement du côté des soeurs. « Elles ont voté à l’unanimité pour nous remplacer ici. La mère abbesse a ensuite rencontré individuellement chaque sœur pour déterminer qui elles voulaient nommer supérieure de la nouvelle communauté : là encore, unanimité ! », raconte le père abbé trappiste. 

    Les religieuses sauront sans doute donner à Notre-Dame-des-Neiges le même dynamisme qu’elles ont su insuffler à Boulaur au cœur du Gers. Travaillant la terre conformément à la devise de saint Benoît « ora et labora », elles ont attiré l’œil des médias par leur grand projet de rénovation d’une grange cistercienne. A peine ce chantier était-il terminé qu’elles se sont lancées dans la création d’un « écotone » pour favoriser les échanges entre l’abbaye et le monde extérieur, et évangéliser en faisant connaître la vie monastique. Il y a tout juste un an, elles ont accueilli le célèbre youtubeur Tibo Inshape pour lui présenter leur quotidien et témoigner au sujet de leur vocation. Quels projets réservent-elles pour la suite ? 

  • Le schisme dans l'Église existe mais il ne peut plus être reconnu comme tel

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    De Stefano Fontana sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    Le schisme dans l'Église existe mais il ne peut plus être reconnu comme tel

    29-04-2022

    Avec les thèses du Synode allemand, on parle à nouveau de schisme dans l'Église, mais ces dernières années, le Magistère et la théologie ont brouillé la frontière entre ce qui est vrai et immuable et ce qui n'est pas acceptable. L'accord entre le Vatican et la Chine, la modification du catéchisme sur la peine de mort, l'abolition du "mal intrinsèque" dans Amoris Laetitia, sont trois étapes décisives qui sapent les vérités sur lesquelles l'Église est fondée.

    Depuis le début du chemin synodal allemand, le mot "schisme", tel un spectre ibsénien, plane sur l'Église. Les évêques polonais ont souligné le danger pour leurs frères allemands. Soixante-dix évêques de diverses régions du monde leur ont écrit une lettre ouverte, les mettant en garde. Plusieurs cardinaux, même des modérés comme Koch, ont signalé le précipice vers lequel nous nous dirigeons. Mais ni le cardinal Marx ni le président des évêques allemands, Mgr Bätzing, n'ont montré de signes d'acceptation des appels à la prudence. Le premier a déclaré que le catéchisme n'est pas gravé dans la pierre, tandis que le second a accusé les évêques concernés de vouloir cacher les abus que le synode allemand voudrait aborder et résoudre (à sa manière).

    Face à ce tableau de désintégration, on peut se demander si le schisme peut être évité ou non. La question principale, à cet égard, semble être la suivante : l'Église officielle d'aujourd'hui possède-t-elle encore les notions théologiques qui lui permettraient de faire face au nœud perturbateur, ou a-t-elle perdu les catégories capables de cadrer le problème et de montrer la solution ? Plus précisément : le danger du schisme est-il encore perçu par la théologie de l'Église officielle d'aujourd'hui comme un danger très grave ? Y a-t-il un accord sur ce qu'est un schisme ? Sur le pourquoi il faut l'éviter, sur qui doit intervenir quand le danger est aux portes et comment, y a-t-il aujourd'hui une vision commune ?

    Ce qui inquiète beaucoup, ce n'est pas tant le danger de schisme, mais la perception que le cadre théologique et ecclésial pour traiter le problème est effiloché et a maintenant des contours très imprécis. C'est un prélude à l'immobilité et au fait de laisser les événements se dérouler d'eux-mêmes.

    Lorsque le cardinal Marx affirme, à propos de la pratique homosexuelle, que le catéchisme n'est pas gravé dans la pierre et qu'il peut être critiqué et réécrit, il ne fait qu'exprimer en langage journalistique ce que les théologiens disent depuis des décennies. C'est-à-dire que le dépôt de la foi (et de la morale) est soumis à un processus historique, car la situation à partir de laquelle il est interprété devient partie intégrante de sa connaissance et de sa formulation. En utilisant ce critère, que nous pouvons largement définir comme "herméneutique", et selon lequel la transmission des contenus de la foi et de la morale ne dépasse jamais l'état d'une "interprétation", la catégorie théologique du schisme perd de sa consistance, au point de disparaître. Ce que nous considérons comme un schisme (et même une hérésie) aujourd'hui peut devenir une doctrine demain.

    Au niveau de l'Eglise universelle, trois faits très intéressants de ce point de vue se sont produits récemment. Le premier était l'accord entre le Vatican et la Chine communiste. L'accord est secret, mais on peut dire que dans ce cas, une église schismatique a été assumée dans l'église catholique et romaine. La frontière entre schisme et non-schisme est devenue plus imprécise après l'accord avec Pékin.

    La seconde était le changement de la lettre du catéchisme concernant la peine de mort. Ce changement a répandu l'idée que le catéchisme n'était pas écrit dans la pierre, comme le dit le cardinal de Munich. La principale justification de ce changement était la prise de conscience que la sensibilité du public sur ce point moral avait changé. La sensibilité publique, cependant, n'est qu'un fait qui ne dit rien sur le plan axiologique ou des valeurs. Or, sur cette base, comment nier que même dans l'Église allemande, une nouvelle sensibilité a pu mûrir sur les questions de l'homosexualité et du sacerdoce des femmes ?  Comment peut-on appeler tout cela un "schisme" alors qu'il s'agit du même phénomène approuvé ailleurs ?

    Le troisième exemple est l'abolition de la doctrine morale de l'Eglise sur "le mal intrinsèque" contenue en fait dans l'exhortation apostolique Amoris laetitia. Il est très difficile, après ce document, de s'en tenir à l'enseignement précédent sur l'existence d'actions intrinsèquement mauvaises que l'on ne devrait jamais faire. Mais cette notion ayant disparu, sera-t-il encore possible de confirmer l'enseignement traditionnel de l'Écriture et de l'Église sur la pratique homosexuelle ?

    Il semble que l'Église ait du mal à se raccrocher à certaines de ses vérités. De plus, si le Catéchisme n'est pas gravé dans la pierre, alors même la définition du "schisme" qu'il contient peut être révisée et ce qui était considéré comme un schisme hier peut ne plus l'être. Même ceux qui s'accrochent aux vérités du catéchisme comme si elles étaient écrites dans la pierre pourraient être accusés de schisme. Nier que le catéchisme n'est pas écrit dans la pierre pourrait être considéré comme une déclaration schismatique. Dans la perte des frontières, tous les paradoxes deviennent possibles. Ce qui précède peut également être étendu à l'hérésie et à l'apostasie, des concepts dont les limites sont aujourd'hui douteuses. Il suffit de penser à un fait : le " doute obstiné " peut être considéré comme une apostasie selon le n° 2089 du Catéchisme, et pourtant on enseigne aujourd'hui aux fidèles le doute systématique, en les invitant à ne pas se rigidifier dans leur doctrine.

  • La Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) reconnaît la persécution des chrétiens convertis au Pakistan

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    De l'ECLJ :

    Image Pakistan

    Bonne nouvelle : un Pakistanais ex-musulman, converti au christianisme et réfugié en Suisse, vient d’obtenir gain de cause à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), avec le soutien de l’ECLJ (European Centre for Law & Justice). Ce converti, identifié par ses initiales « M.A.M. », avait saisi la CEDH après que la Suisse lui a refusé l’asile, et s’apprêtait à le renvoyer au Pakistan. Mais la CEDH vient de s’y opposer, jugeant ce 26 avril 2022 qu’une telle expulsion pourrait mettre la vie de ce converti en danger et violerait ses droits.

    L’ECLJ était intervenu dans cette affaire au soutien de M.A.M. afin d’apporter à la Cour des informations directes sur la situation des chrétiens au Pakistan. L’ECLJ a en effet une expérience de terrain grâce à son bureau affilié au Pakistan comptant plusieurs avocats qui apportent une aide juridique aux minorités chrétiennes persécutées.

    Les juridictions suisses ont considéré que la conversion au christianisme de M.A.M. était crédible. En revanche, elles ont estimé qu’il ne serait pas exposé au risque de subir un traitement mettant en danger sa vie et son intégrité physique. La jurisprudence de la CEDH interdit en effet aux États parties d’expulser des étrangers si, dans leur pays, ils courent un risque réel d’être soumis à la peine capitale, à la torture ou à des peines ou traitements inhumains et dégradants.

    Nous analysons ce jugement en détail dans notre dernière émission sur RCF :

    Dans nos observations écrites (en anglais uniquement), nous avons démontré à la CEDH que l’évaluation par la Suisse de la situation au Pakistan était trop optimiste. Nos observations avaient déjà fait l’objet d’un précédent article. Nous avons expliqué que la persécution des chrétiens au Pakistan était entérinée par la loi civile, en particulier par la pénalisation du blasphème et de toute forme de critique contre l’islam. Cette persécution est également renforcée par la société, qui cible notamment les convertis au christianisme, considérés comme apostats et qui encourent la mort selon la charia.

    Nous nous réjouissons que nos observations aient été utilisées par la CEDH afin de rendre son jugement et de protéger ce chrétien converti, menacé par les musulmans. Dans l’arrêt M.A.M. c. Suisse, la CEDH a résumé ainsi notre analyse :

    L’ECLJ et d’autres associations « soutiennent que les minorités religieuses au Pakistan, notamment les convertis de l’islam au christianisme, sont soumises à de graves persécutions, des actes de violence et de discrimination de la part des autorités étatiques et non étatiques. Des accusations de blasphème, assorties de lourdes peines, sont portées contre des chrétiens et des cas de conversion forcée témoignent d’une volonté de contraindre les minorités religieuses à se conformer à la religion officielle de l’État. Selon l’ECLJ, la personne, convertie de l’islam au christianisme et renvoyée de force au Pakistan, court un danger extrême pour sa vie et son intégrité physique » (§§ 57-58).

    S’appuyant sur nos observations écrites (§ 72) ainsi que sur plusieurs rapports internationaux, la CEDH a ensuite apprécié ainsi la situation des chrétiens convertis au Pakistan :

        Le Tribunal administratif fédéral a bel et bien étudié la situation des chrétiens au Pakistan mais n’a pas précisément examiné celle des convertis au christianisme pour établir ses conclusions quant à la situation générale des chrétiens au Pakistan (§ 74).

        Au regard des rapports internationaux faisant état de graves violations des droits de l’homme au Pakistan à l’égard des chrétiens convertis tels que le requérant, la Cour estime que le Tribunal administratif fédéral aurait dû prendre en compte ces éléments pour établir ses conclusions quant à la situation générale des chrétiens et des chrétiens convertis au Pakistan (§ 76).

        Les autorités suisses n’ont donc pas suffisamment évalué le risque que le requérant courrait, du fait de sa conversion, en cas de retour au Pakistan, pour confirmer le rejet de sa demande d’asile (§ 78).

    En conséquence, la CEDH a jugé qu’en l’absence d’une analyse plus aboutie des risques encourus par « M.A.M. », son expulsion violerait ses droits consacrés aux articles 2 et 3 de la Convention européenne. C’est donc maintenant aux autorités suisses de se pencher de manière plus approfondie sur la situation des ex-musulmans convertis au christianisme et vivant au Pakistan. Il est très probable que « M.A.M. » obtienne, grâce à ce jugement de la CEDH, le statut de réfugié en Suisse, où il pourra vivre et pratiquer sa foi en Jésus-Christ.

    Cette affaire vient compléter et confirmer la jurisprudence de la CEDH en matière d’asile des chrétiens convertis de l’islam. Dans l’affaire F.G. c. Suède, la Grande chambre de la Cour avait jugé en 2016 qu’un converti iranien risquait la mort s’il était renvoyé dans son pays d’origine. L’ECLJ était déjà intervenu au soutien de F.G. De même, dans l’affaire A.A. c. Suisse, la Cour a jugé en 2019 que le renvoi vers l’Afghanistan d’un converti l’exposerait à de fortes persécutions et violerait son droit de ne pas subir de traitements inhumains ou dégradants.

    Vous pouvez nous aider en partageant cette information sur les réseaux sociaux et en signant notre pétition :

    Pour la protection de la liberté religieuse dans le monde

  • Le dernier printemps catholique a fleuri avant le Concile, et on ne voit pas l’ombre du prochain. Une relecture historique

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    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso, sur Settimo Cielo; traduction de Diakonos.be :

    Le dernier printemps catholique a fleuri avant le Concile, et on ne voit pas l’ombre du prochain. Une relecture historique

    Dans l’article précédent de Settimo Cielo, Roberto Pertici, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Bergame, a retracé les derniers siècles d’histoire de l’Église catholique, du concile de Trente au début du dix-neuvième siècle, pour y dénicher les saisons de renaissance religieuse.

    Il en a déjà identifié et décrit deux. Et dans cette seconde et dernière partie de sa relecture historique, qui s’étend de la moitié du dix-neuvième siècle à nos jours, il va en aborder une troisième.

    Une quatrième renaissance était certainement espérée par Vatican II. Mais elle est restée incomplète pendant qu’une vague de déchristianisation apparemment inexorable déferlait dans le même temps.

    L’essai du professeur Pertici se conclut sans pouvoir dire ce qui se passera dans un futur proche. Même si on ne peut pas exclure non plus qu’une renaissance religieuse survienne à nouveau, pourquoi pas de manière inattendue, suscitée par des impulsions externes à l’autorité ecclésiastique, comme cela s’est déjà produit par le passé.

    Voici un autre sujet sur lequel les cardinaux pourraient réfléchir lors d’un futur conclave.

    Sur la photo ci-dessus, l’écrivain Giovanni Papini, l’un des grands convertis du « Renouveau catholique » de la première moitié du vingtième siècle.

    Bonne lecture !

    *

    Une « renaissance religieuse » est-elle possible ?

    II – De la moitié du dix-neuvième siècle à nos jours

    de Roberto Pertici

    4.

    La « renaissance religieuse » du début du dix-neuvième siècle s’est éteinte avec l’échec des révolutions de 1848-49 qui ont provoqué une désillusion historique qui allait avoir des effets majeurs sur la culture européenne des décennies à venir.

    La restauration qui allait suivre, la seconde depuis celle de 1814-1815, a été largement soutenue par les Églises : dans le monde catholique, le virage à droite de Pie IX avait généré une « peur » de la révolution et la nouvelle politique du Pape et de Giacomo Antonelli, son secrétaire d’État, achevèrent de consommer la rupture du binôme catholicisme-libertés que de nombreux catholique libéraux s’étaient acharnés à construire au cours des vingt années précédentes et, en Italie, à marquer la fin du catholicisme comme religion civile de la cause nationale. En France, la plus grande partie du monde catholique soutiendra pendant toute la décennie suivante le tournant autoritaire de Louis Napoléon Bonaparte et du second empire. Juan Donoso Cortés théorise la dictature comme une digue vers la vague révolutionnaire. Le processus qui allait mener au « Syllabus » de 1864 était enclenché.

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  • Le sanctuaire de Scherpenheuvel (Montaigu) est en fête

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    De Dirk Vlaeyen sur le site de la VRT :

    Aucune description de photo disponible.

    Scherpenheuvel fête les 100 ans de la basilique; les festivités du couronnement

    À Scherpenheuvel, il y a beaucoup à célébrer cette année : non seulement cela fait 100 ans que l'église de pèlerinage a été élevée au rang de basilique, mais il y a aussi les fêtes du couronnement, qui sont célébrées tous les 25 ans. Des activités seront organisées dans la ville de pèlerinage tout au long de l'année.

    27 avril 2022

    Le 1er mai, la saison des pèlerinages commence traditionnellement sur le lieu de Notre-Dame de Scherpenheuvel, mais il y a plus. 2022-2023 est également une année anniversaire pour le site de pèlerinage. Le 25 août 2022, cela fera 150 ans que la statue de grâce de Notre-Dame de Scherpenheuvel a été couronnée à la demande du pape Pie IX.

    "Tous les 25 ans, nous commémorons cet événement de manière festive avec les festivités du couronnement", déclare le curé Luc Van Hilst. "C'est pour nous l'expression de notre gratitude. Non seulement parce que tant de gens venaient à Notre-Dame de Scherpenheuvel déjà à l'époque, mais encore aujourd'hui." Dans un tableau situé dans une chapelle latérale de la basilique, on peut voir comment la statue a reçu une couronne, et cette même couronne se trouve encore aujourd'hui sur la statue de la grâce. La couronne a été offerte par le pape. "Ce qui la rend si exceptionnelle, c'est que le pape lui-même a fait don de la statue", poursuit le curé. "Elle était aussi célébrée avec beaucoup d'ardeur alors en plein air avec un autel placé devant la basilique, car il y avait une foule immense."

    Une couronne faite de bijoux de pèlerins

    "Il y a plusieurs célébrations avec 2 grands moments", poursuit Van Hilst. "Il y aura beaucoup de célébrations autour du début, l'anniversaire lui-même le 25 août avec un festival folklorique. Samedi et dimanche, il y aura des célébrations avec une procession et la présence des évêques, et le cardinal sera également présent. Et un deuxième grand moment est celui où nous couronnerons à nouveau la statue. La couronne est composée de joyaux qui ont été donnés à Marie par des pèlerins au fil des ans. Le même montant que nous avons dépensé pour cette couronne, nous voulons aussi le donner à la banque alimentaire. Parce que Marie est aussi un refuge pour les pauvres", conclut le prêtre.

  • Monseigneur Laurent Ulrich, nouvel archevêque de Paris : pour la paix ou la guerre liturgique ? le dossier brûlant attend le nouvel archevêque…

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    Lu sur le site web « Paix liturgique » :

    Mgr.Laurent_Ulrich.jpg« La nouvelle est donc tombée : Mgr Laurent Ulrich, 71 ans en septembre, archevêque de Lille, après avoir été archevêque de Chambéry, devient archevêque de Paris, Mgr Aveline, archevêque de Marseille, ayant semble-t-il refusé la charge. Il sera « installé » à Saint-Sulpice le 24 mai.

    Cet homme de Bourgogne est plutôt distant et réservé comme un homme du Nord qu’il est devenu. Sensible cependant et sachant manifester de l’empathie, ce prélat intelligent, se sait depuis toujours destiné à de hautes fonctions. S’il a été un temps vice-président de la Conférence des Evêques de France, il est clair qu’il s’en voit le président. Il est bien possible aussi que, si le présent pontificat se prolonge suffisamment, il puisse recevoir la barrette rouge d’un pape qui l’apprécie.

    Car cet homme d’allure classique, mais qui n’a rien d’un traditionnel, est parfaitement dans la ligne du pontificat bergoglien. A Lille, où il était sur le siège qui fut occupé par Mgr Vilnet et Mgr Defois, il est entouré d’un clergé du Nord plus progressiste que lui, au sein duquel il a d’ailleurs eu à gérer trois grosses affaires de mœurs. Mais il entend qu’on sache quelle est sa ligne : accueil des migrants, proximité des pauvres, sur laquelle il est concurrencé par Marine Le Pen. On cite le fait qu’il a exigé d’un jeune diacre qui portait la soutane qu’il veuille bien l’abandonner.

    Bon administrateur, il gère avec prudence, évitant « les histoires », détestant le bruit et la fureur, sachant faire avancer des collaborateurs en guise de « fusibles ».

    La fin de l’ère Lustiger

    Sa nomination à Paris marque la fin d’une époque. Dans nos Lettres 848 et 850 de février 2022, nous exposions les plaies et bosses qui affectent aujourd’hui le diocèse de Paris après la carbonisation du pontificat Aupetit. Il était clair, disions-nous, que ce diocèse traumatisé allait changer de mains : après avoir été gouverné et profondément formaté depuis le début des années 80 du siècle dernier par la personnalité du cardinal Lustiger et de ses successeurs le cardinal Vingt-Trois et Mgr Aupetit, il devenait très probable que le Pape allait profiter de l’occasion pour clore cette ère Lustiger, « cléricale » et arrogante selon ses critères de jugement. C’est bien ce qui arrive : le siège parisien échappe à Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims, président de la Conférence des Évêques, désigné de longue date par les fées lustigériennes pour continuer une lignée épiscopale parisienne presque aussi durable que celle des Gondi aux XVIe et XVIIe siècles.

    Mgr Ulrich aura donc à gérer l’héritage difficile que laisse Mgr Michel Aupetit. Il lui faudra restaurer la confiance avec ses subordonnés et son clergé : l’ancien archevêque, homme d’un caractère difficile et cassant avec ses subordonnés, avait vu deux de ses vicaires généraux¸ Alexis Leproux et Benoist de Sinety, claquer la porte et démissionner à quatre mois d’intervalle. Du jamais vu. Benoist de Sinety était d’ailleurs parti dans le diocèse de Lille, où Mgr Ulrich lui avait confié la grosse paroisse lilloise de Saint-Eubert.

    Michel Aupetit avait frappé de tous côtés ; A gauche, Michel Aupetit avait liquidé violemment la communauté progressiste de Saint-Merry. A droite, il avait géré sans aucun dialogue le renvoi du directeur du lycée Saint-Jean-de-Passy. Et puis aussi, il avait tranché dans la liturgie traditionnelle.

    Les injustices et violences vis-à-vis de la messe traditionnelle à réparer

    Bizarrement, l’archevêque Aupetit, alors qu’il avait bénéficié au début de son mandat de l’opinion favorable du monde traditionnel qui appréciait ses prises de position morales courageuses, se l’était mis à dos en interprétant lourdement le motu proprio Traditionis custodes.

    De manière violente, il avait supprimé deux messes dominicales traditionnelles officielles dans deux paroisses populaires, à Saint-Georges de La Villette et à Notre-Dame du Travail, deux paroisses ou la liturgie traditionnelle était célébrée par le curé lui-même ou par un vicaire de la paroisse . De même avait-il supprimé toute une série de messes de semaine officielles, notamment celle très suivie de Saint-François-Xavier, où un public de jeunes nombreux se retrouvait tous les mercredis, et encore celle du lundi à Sainte-Clotilde.

    Il avait en outre réservé le droit de célébrer les messes qu’il conservait (Saint-Roch, Saint-Eugène, Sainte-Odile, ND du Lys, Sainte-Jeanne de Chantal) uniquement à des prêtres bi-ritualistes diocésains expressément désignés par lui.

    Dans cette affaire, Mgr Philippe Marsset, le « bras gauche » de Mgr Aupetit, a joué un rôle très néfaste. Philippe Marsset est en effet connu pour son hostilité à cette liturgie depuis l’époque de Summorum Pontificum, où curé de la grosse paroisse Saint-Pierre-de-Montrouge, dans le XIVème arrondissement, il avait tenté de réduire à un ghetto le groupe important qui demandait la célébration d’une messe. Et depuis le départ de Mgr Aupetit, il maintient la ligne du refus de tout accommodement à Sainte-Clotilde, à ND du Travail, à Saint-François-Xavier.

    Ces injustices incompréhensibles ont d’ailleurs déclenché des manifestations de protestation qui durent toujours :

    - Le mercredi à 17h, un chapelet récité dans l’église Saint Georges de La Villette

    - Le mercredi à 19h15, un chapelet itinérant partant de Saint François Xavier et se rendant à N.D. du Lys

    - Le dimanche à 18h, un chapelet devant N.D. du Travail

    - Et les lundis, mardis et jeudis de 13h à 14h, une présence des veilleurs devant les bureaux de l’archevêché, rue du Cloître-Notre-Dame

    Ces manifestations s’ajoutant à celle « célébrée » tous les samedis de midi à 12h 45, devant la nonciature apostolique, avenue du Président-Wilson.

    En attente de la pacification liturgique

    A Lille, Mgr Ulrich, après une période de distance froide, a dégelé ses rapports avec l’ICRSP desservant l’église Saint-Etienne à Lille et la chapelle ND de Fatima à La Chapelle d’Armentières.

    Lors de la survenance de Traditionis custodes, Mgr Ulrich (et surtout son conseil) a (ont) voulu réduire le nombre des messes  traditionnelles célébrées dans ces lieux. Des négociations s’en suivirent, dans lesquelles le P. de Sinety, sur la paroisse duquel se trouve Saint-Etienne, a joué un rôle important de facilitateur. Et pour finir, Mgr Ulrich fit une déclaration pour dire que rien n’était changé…

    Il n’est d’ailleurs pas impossible que Benoist de Sinety revienne à Paris pour seconder le nouvel archevêque dans sa difficile mission de réconciliation. Notamment de réconciliation et de paix avec les fidèles de la liturgie traditionnelle, fort nombreux à Paris et qui, en quelque sorte l’attendent de pied ferme, non seulement dans les lieux où les messes ont été supprimées, mais aussi sur la question des sacrements autres que la messe, à savoir essentiellement la question brûlante de la célébration de la confirmation dans le rite traditionnel.

    L’attente de cette part vivante et agissante du troupeau parisien sera-t-elle remplie ? Elle est prête en tout cas à faire entendre sa voix. »

    Ref. Monseigneur Laurent Ulrich, nouvel archevêque de Paris : pour la paix ou la guerre liturgique ? le dossier brûlant attend le nouvel archevêque

  • La vision sobre et douce du cardinal Sarah sur le mariage

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    Du Père Paul Scalia sur le National Catholic Register :

    La vision sobre et douce du cardinal Sarah sur le mariage

    Comme l'enseigne l'Église, et comme le réaffirme le cardinal, le foyer est le lieu où Notre Seigneur lui-même a commencé et où son Royaume grandit.

    Book cover of Cardinal Robert Sarah.
    Couverture du livre du cardinal Robert Sarah. (photo : Courtesy photo / Ignatius)

    23 avril 2022

    Couples, réveillez votre amour !

    Cardinal Robert Sarah ; 

    Ignatius Press, 2021

    Au cœur de la foi catholique se trouve l'union curieuse de la douceur et de la sévérité, de la tranquillité domestique et du combat spirituel. 

    Pensez aux apparitions de la Sainte Vierge Marie. Elle apparaît toujours comme une belle dame ou même, dans le cas de Guadalupe, comme une jeune fille. Elle parle poliment, voire tendrement aux voyants. Elle utilise des diminutifs pour Juan Diego, l'appelant "Juanito, Juan Dieguito". Elle demande à Bernadette de lui faire la "grâce" de venir la voir. En même temps, elle apparaît à Guadalupe pour renverser la religion démoniaque des Aztèques. 

    Certains des premiers mots qu'elle adresse à Bernadette sont vivifiants : "Pénitence, pénitence, pénitence." Elle avertit les enfants de Fatima d'une guerre imminente et leur montre même l'enfer. La Vierge est toujours la femme belle et douce... marchant sur la tête d'un serpent.

    Marie n'est qu'une image de son Fils, dont la vie est caractérisée par ce paradoxe de la paix et de la lutte. Sa naissance apporte l'annonce de la "paix sur la terre", ainsi que le massacre des innocents par Hérode. Il passe 30 ans dans la tranquillité de Nazareth et les trois années restantes dans la controverse, la persécution et finalement l'exécution. Sa proclamation du Royaume comporte des paroles de grande miséricorde et de compassion, ainsi que de sévères réprimandes et condamnations. 

    Ce paradoxe de notre foi caractérise l'ouvrage du cardinal Sarah, Couples, Awaken Your Love ! (Ignatius Press, 2021), un recueil de courtes réflexions tirées de sa retraite de 2019 pour les couples mariés à Lourdes. Le préfet émérite de la Sacrée Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements comprend bien à la fois la beauté du mariage et de la vie familiale, ainsi que son rôle central dans le combat spirituel pour le Royaume de Dieu. 

    Ceux qui connaissent les écrits du cardinal savent qu'il est un étudiant et un critique avisé du déclin de l'Occident. Il sait que le déclin du mariage et de la famille est au cœur de notre désarroi. Aujourd'hui, des sociologues honnêtes peuvent mettre en évidence toutes sortes d'avantages de ce que nous appelons à tort le "mariage traditionnel" (existe-t-il un autre type de mariage ?), tant pour les conjoints que pour les enfants. Et à mesure que les taux de mariage et de natalité diminuent, leur importance devient plus évidente. 

    Mais en tant qu'homme de foi profonde et de prière, le cardinal Sarah comprend que la bataille n'est pas d'abord ou en fin de compte une question de politique ou de politique, ou même de culture. La bataille porte sur la dignité et le but transcendants du mariage, une institution créée par Dieu et destinée à amener les gens à Dieu ; une institution que Dieu nous a confiée comme modèle de salut, du mariage entre le Christ et l'Église. En effet, le salut lui-même consiste à participer au mariage entre le Christ et l'Église et à être introduit dans la parenté avec Dieu.

    La famille, en outre, a reçu la dignité de la présence de Notre Seigneur lui-même : " Il descendit avec eux et vint à Nazareth, et il leur obéit " (Luc 2, 51). Cette seule ligne a conféré au mariage et à la famille une dignité surpassée. Certes, les mariages solides et les familles saines présentent de nombreux avantages terrestres. Mais le fait que le Fils éternel de Dieu soit venu au monde et ait passé la plus grande partie de sa vie terrestre "soumis" à Joseph et Marie en dit plus long que tout autre chose sur l'importance du mariage et de la famille.

    Pour le cardinal Sarah, les enjeux sont élevés. L'amour lui-même doit être sauvé. "Jésus est venu sauver l'amour humain", et les couples mariés sont appelés à participer avec lui à cette mission. Ils sont donc au centre du grand conflit entre le bien et le mal. "Oui, nous parlons bien d'une bataille... de vie et de mort... [L]e terrain est maintenant préparé pour la révolution finale, qui correspond aussi au 'combat final' mentionné par le Livre de l'Apocalypse." Des mots forts. Mais ils ne font que reprendre les avertissements de la lettre aux familles de 1994 de saint Jean-Paul II : 

    "[L]a famille est placée au centre de la grande lutte entre le bien et le mal, entre la vie et la mort, entre l'amour et tout ce qui s'oppose à l'amour. C'est à la famille qu'est confiée la tâche de s'efforcer, avant tout, de libérer les forces du bien...".
    C'est de la haute voltige. Alors, comment les couples doivent-ils réagir ? La solution du cardinal ne consiste pas à proposer des changements de politique ou à encourager un plus grand activisme sur la place publique. Ces choses ont leur place, c'est certain. Mais la place publique et la culture ne sont pas le cœur de la bataille. Ni le pape Jean-Paul II ni le cardinal Sarah n'ont voulu dire que les couples et les familles devaient monter aux barricades dans la guerre culturelle. Ils voulaient dire quelque chose de plus obscur et de plus puissant à la fois.

    Le cardinal Sarah nous oriente (comme l'Église l'a toujours fait) vers la sainteté, le silence et la prière. C'est là que les couples puisent leur force, tant pour vaincre les forces du mal que pour faire grandir le Royaume de Dieu. La grande et effrayante bataille est gagnée par le biais du mariage et de la vie de famille. Le foyer est le lieu où Notre Seigneur lui-même a commencé et où son Royaume grandit.

    C'est pourquoi le cardinal ajoute à ses réflexions une section sur les prières des couples. Pour le lecteur profane, cela pourrait sembler une pensée pieuse déplacée par rapport à la gravité des choses qui précèdent. Mais le cœur catholique sait que la bataille est toujours dans ces petites choses. 

    Ainsi, le cardinal Sarah établit un programme et des prières à dire quotidiennement par les couples. Il sait combien la situation est grave. Il sait aussi que le pouvoir du Royaume de Dieu réside dans l'église domestique. Les grandes batailles spirituelles se gagnent dans les petites batailles que les couples et les familles mènent pour être des lieux de prière, de pardon, de communion et d'amour.

    Nous sommes tous conscients que la famille est dans la ligne de mire du diable et au centre de tant de décadence culturelle. Nous sommes moins conscients que la famille n'est pas sans défense, que le fait de vivre la vérité du mariage et de la famille est en soi une chose puissante pour l'Église et le monde. Le cardinal Sarah met cela en évidence en présentant une évaluation sobre de notre époque et une belle exhortation à la simple vérité de l'amour conjugal qui triomphe.

  • Une politique sans orientation religieuse et morale conduit l'humanité vers l'abîme de l'autodestruction

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    De kath.net/news :

    "Le pape François a raison dans son avertissement à la Russie contre la guerre d'anéantissement contre l'Ukraine"

    23 avril 2022

    "En tant que chrétiens, nous sommes aujourd'hui à juste titre bouleversés par l'interprétation infâme de la guerre d'agression contre l'Ukraine comme une défense de l'orthodoxie russe contre la décadence occidentale." Par Gerhard Card. Müller

    Kath.net documente dans son intégralité la présentation écrite de la lectio magistralis du cardinal Gerhard Müller à l'occasion de la remise du Prix international Boniface VIII 'per una cultura della pace' qui lui a été décerné à Anagni (Italie) le 23.4.2022 et remercie l'auteur pour son aimable autorisation de publication (Seul le texte prononcé fait foi).

    Au-delà des contextes complexes de l'histoire contemporaine, l'attentat perpétré contre le pape Boniface VIII à Anagni le 7 septembre 1303 a une signification symbolique. Il s'agit en principe du rapport entre l'autorité spirituelle et le pouvoir temporel ou, comme nous le dirions aujourd'hui, du rapport entre la religion et la politique. Concrètement, nous avons affaire à la tension entre la conscience, dans laquelle nous sommes responsables devant Dieu, et le pouvoir politique, qui s'aligne sur les intérêts temporels. Selon le point de vue idéologique, la "gifle" que Sciarra Colonna aurait donnée au pape est regrettée comme le début de la fin de la position de pouvoir médiévale du pape ou applaudie comme l'ascension de l'État séculier, qui a déclaré son autonomie également sur la loi morale naturelle et même sur la liberté religieuse. Cette forme de souveraineté, qui déclare avec Niccolò Machiavel que la raison de l'État est l'instance ultime, est perçue aussi bien dans l'absolutisme vis-à-vis des sujets que dans les soi-disant démocraties populaires au bureaucratisme implacable vis-à-vis des citoyens.

    L'histoire occidentale depuis lors a toutefois gravement mis à mal la théorie de la souveraineté absolue de l'État. L'autorité supranationale de la papauté avait donné aux États chrétiens, issus de l'héritage de l'Empire romain, la conscience de leur unité dans la responsabilité devant Dieu. En revanche, le concept d'équilibre des puissances, de balance of power, n'a pas pu empêcher les catastrophes des guerres de succession dynastique au XVIIIe siècle, des guerres de révolution et de libération colonialistes au XIXe siècle et des deux guerres mondiales impérialistes au XXe siècle.

    Dans de nombreux pays, l'Église elle-même a été à la fois victime et promotrice de nationalismes effrénés et d'expansionnisme idéologique, en se laissant instrumentaliser pour la raison d'État. Il suffit de penser au gallicanisme, au fébronianisme ou à la propagande insensée qui voulait faire de la Première Guerre mondiale une lutte finale entre le catholicisme français et le protestantisme allemand. Et nous sommes aujourd'hui, en tant que chrétiens, à juste titre bouleversés par l'interprétation infâme de la guerre d'agression contre l'Ukraine comme défense de l'orthodoxie russe contre la décadence occidentale.

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  • Benoît XVI : un exemple de foi enracinée dans la vérité selon l'archevêque de Prague

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    De Nico Spuntoni sur le Daily Compass :

    Cardinal Duka : Ratzinger, un exemple de foi enracinée dans la vérité

    22-04-2022

    "En Allemagne, le cardinal Marx et l'évêque Bätzing représentent un courant qui veut attaquer Ratzinger". "Les abus sexuels ne sont pas un crime commis par l'Église, ce sont des crimes commis par des personnes. Ces rapports qui remontent à 100 ans ne sont pas une recherche pour faire le ménage, mais un procès contre l'Église." "Quelqu'un veut utiliser les abus pour changer l'enseignement de l'Église". L'archevêque de Prague prend la parole.

    "Que votre discours soit : oui, oui ; non non". Le cardinal Dominik Jaroslav Duka, qui aura 79 ans dans quelques jours, a l'habitude de mettre en pratique cet enseignement évangélique dans sa propre vie. Récemment, il a notamment protesté publiquement contre la façon dont l'archidiocèse de Munich et Freising a laissé le nom de Joseph Ratzinger être terni par les allégations contenues dans le rapport sur les abus sexuels. En outre, l'archevêque de Prague n'a pas ménagé ses critiques à l'égard du président des évêques allemands, Monseigneur Georg Bätzing, selon lequel le pape émérite aurait dû s'excuser. Ce sont les positions que le cardinal dominicain a voulu réitérer dans son interview au Daily Compass à l'occasion du 95e anniversaire de Joseph Ratzinger.

    Votre Éminence, quelle importance a eu le pontificat de Benoît XVI - avec sa mise en garde récurrente contre la dictature du relativisme - dans un pays fortement sécularisé comme la République tchèque ?

    Benoît XVI est un grand théologien doté d'une humble empathie envers l'homme et la société. Il est l'exemple d'un homme de foi. Une foi ancrée dans la vérité. Karol Wojtyla et Joseph Ratzinger sont deux grandes figures de l'Eglise, comme l'ont été Achille Ratti et Eugenio Pacelli au vingtième siècle. Ces derniers ont collaboré pleinement pendant le pontificat du premier dans une période difficile marquée par l'imminence du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. De même, il y a eu une grande collaboration entre Jean-Paul II et Joseph Ratzinger, surtout au niveau théologique. Ratzinger et Wojtyla ont été un important cadeau de Dieu pour l'Europe centrale : deux papes très proches de notre histoire et de notre culture. Jean-Paul II a été un libérateur de l'Europe centrale de la dictature communiste et Benoît XVI a également été un cadeau car il a bien compris notre situation, ayant vécu la terrible expérience de la dictature nazie.

    Lors de sa visite apostolique à Prague, Benoît XVI a cité son ami Vaclav Havel sur le lien entre vérité et liberté. Avez-vous eu l'impression que le pape, qui avait vécu dans sa jeunesse sous la dictature nazie, avait bien compris le danger des "fausses idéologies de l'oppression et de l'injustice" que vous aviez subies avec Havel, votre compagnon de détention ?

    Lors des funérailles de Havel, que j'ai présidées au Château de Prague en 2011, certains ont rappelé que la liberté n'est pas le but ultime, mais un chemin vers le bien commun. C'est exactement la vision de la liberté que partageait également Ratzinger. Je me souviens bien de sa visite en République tchèque en 2009, au cours de laquelle il a fait preuve d'une grande empathie pour notre pays. À cette occasion, il n'était pas seulement un prédicateur de la foi, mais aussi un professeur de théologie et un homme de science en général. C'est pourquoi, lors de la rencontre dans la salle Vladislav du Château de Prague, tout le monde universitaire était présent pour l'écouter. Les professeurs l'ont écouté parce qu'ils ne le voyaient pas comme quelqu'un sur un trône, mais comme un collègue. Ce fut un moment merveilleux de grand contact entre l'Église et la société, mais aussi entre la foi et la raison.

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  • L'Église est en pleine crise, mais elle peut se relever même dans ses heures les plus sombres. La leçon de l'histoire

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (traduction de Diakonos.be):

    L'Église est en pleine crise, mais elle peut se relever même dans ses heures les plus sombres. La leçon de l'histoire

    Pascal

    Dans la réflexion en vue d’un futur conclave – un raisonnement qui va crescendo parmi les cardinaux, comme Settimo Cielo est en train de le relayer – l’urgence de remettre au centre les questions capitales sur Dieu et sur l’homme se fait de plus en plus pressante, ces questions sur lesquelles l’Église tient ou tombe, pas pour seulement ralentir la décadence de l’Église actuelle, qui s’étale sous les yeux de tous, mais au contraire pour avoir confiance en une renaissance de vitalité chrétienne, même dans un monde largement indifférent et hostile.

    L’Église a déjà, par le passé, connu des périodes de décadence. La déchristianisation actuelle en fait partie. Mais rien ne dit que celle-ci doive être irréversible ni inéluctable, comme aucune des décadences précédentes ne l’a d’ailleurs été.

    Parce que dans l’histoire de l’Église, il y a eu aussi des saisons de renaissance religieuse. Qui n’ont d’ailleurs pas toujours été à l’initiative ni sous la conduite de la hiérarchie catholique. Au contraire, il n’est pas rare que celles-ci aient été animées de manière autonomie par des hommes cultivés, des intellectuels chrétiens cependant capables d’interpréter et d’inspirer même des mouvements de masse importants.

    Pour celui qui s’interroge sur l’Église d’aujourd’hui, il est donc plus instructif que jamais de retracer le déroulement de ces saisons. Et c’est ce que fait Roberto Pertici, professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Bergame, dans cet essai qu’il a rédigé pour Settimo Cielo.

    Le professeur Pertici identifie au moins trois renaissances religieuses dans les cinq cents dernières années. La première est encouragée par le concile de Trente mais plonge ses racines dans le quinzième siècle et prend corps surtout dans le dix-septième siècle en France, le siècle de Pascal (portrait) et de « Port-Royal », pour ensuite décliner avec l’avènement des Lumières.

    La seconde fleurit après la Révolution française et Napoléon, dans le climat du romantisme et des nouvelles libertés. Elle est à la fois culturelle et politique, elle va de Chateaubriand à Rosmini, du « Génie du Christianisme » aux « Cinq plaies de la sainte Église ». Elle s’éteint après le raidissement anti-libéral de la hiérarchie ecclésiastique et l’émergence du positivisme scientifique.

    On retrouve la troisième à la croisée du dix-huitième et du vingtième siècle, il s’agit de celle du « Renouveau catholique », des grands convertis, de Bernanos à Eliot en passant par Chesterton, Papini avec son « Histoire du Christ ». Elle s’éteint à la moitié du siècle dernier avec le déclin du paradigme conservateur comme l’a analysé le professeur Pertici sur Settimo Cielo le 31 août 2020.

    Et la quatrième ? Le concile Vatican II a essayé de la lancer, celle fois sous l’impulsion des autorités de l’Église elles-mêmes. Mais sans y parvenir, par les raisons que Pertici a examinées dans un autre article de Settimo Cielo du 14 septembre 2020.

    L’Église d’aujourd’hui se trouve à ce croisement, entre une renaissance religieuse inachevée et l’avancée inexorable de la déchristianisation, face à un futur dans lequel tout peut encore arriver.

    Voici ci-dessous la première partie de l’essai de Pertici. La seconde partie et la conclusion suivront dans quelques jours.

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  • Un "converti littéraire" : Joris-Karl Huysmans

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    De KTO Télévision :

    Joris-Karl Huysmans, Le converti littéraire

    18/04/2022

    Alors qu’il vient d’achever son chef d’oeuvre A rebours, Joris-Karl Huysmans entame un cycle de quatre romans qui retracent les étapes successives de sa lente et douloureuse conversion à la religion catholique. Cette entreprise inédite soulève son cortège de questions non résolues qu’exprime le personnage de Durtal, alter ego de l’auteur, écrivain comme lui. Aux interrogations spirituelles et morales: que faire de sa propre vie ? Quels choix devons-nous prendre pour nous réaliser en tant qu’être humain ? S’ajoute une interrogation propre au métier d’écrivain : comment décrire sous forme de roman une conversion, événement unique et tortueux qui relève de l’inexprimable ? Dans cette recherche, celui qui est « entré en catholicisme comme dans une gouttière » (Léon Bloy), place l’Art face à la foi. La quête spirituelle n’est jamais loin de la quête esthétique. Une production Baïkal Production 2021 - Réalisée par Paul Bégin

  • Cours de liturgie par Denis Crouan, docteur en théologie; 9ème leçon : La mise en place de la musique du VIII° au X° s.

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    Liturgie 9 – La mise en place de la musique du VIII° au X° s. : la liturgie est par essence une prière chantée) (46 mn) 

    https://youtu.be/mLCrWYdquus   

    Denis Crouan est aussi organiste. Il raconte ici comment peu à peu est apparu au premier millénaire en pays Franc, avec retour fécond d’influence romaine, le chant grégorien. Le nom de « grégorien » fait référence au pape saint Grégoire le Grand qui n’en est pas l’auteur mais l’inspirateur involontaire.  

    Comment fonctionne le chant Grégorien avec 1° sa corde de base 2° ses différents modes qui en créent l’atmosphère et 3° son latin et ses accents linguistiques chantant.  

    Denis Crouan traite aussi des trois catégories de chants grégorien : 1° syllabique (une note par syllabe) ; 2° semi-orné (quelques notes ajoutées) et 3° mélismatique (guirlandes de notes).  

    Mais, au-delà de ces techniques, ce chant a une âme qui vient de la prière (ce qui explique qu’un chœur technique de professionnels sans prière ne produit pas du bon grégorien).  

    COURS DE LITURGIE, PAR DENIS CROUAN, DOCTEUR EN THEOLOGIE, 2022 

    https://www.youtube.com/playlist?list=PLuko328jWH_06CYFfUP8d6v_vzl9f4UbI 

    Cours donné par Denis Crouan, docteur en théologie, en entretien interactif avec Arnaud Dumouch. 

    Vidéo du site http://docteurangelique.free.fr/fichiers/InstitutDocteurAngelique.htm, les œuvres complètes en français de saint Thomas d'Aquin. 

    Denis Crouan 2022.