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Histoire - Page 42

  • Quand l'Eglise parlait aux simples...

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    De KTO ("Au risque de l'histoire") :

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    L'époque médiévale souffre, depuis le XVIIIe siècle, d'une réputation d'âge sombre, inculte et ignorant où la superstition le dispute à la violence. On lui oppose volontiers l'âge de la Renaissance, prélude de l'époque moderne où les ténèbres moyenâgeuses auraient été progressivement dissipées par les lumières de la rationalité humaine, redécouvertes à travers un âge d'or antique. Bien des travaux ont pourtant battu en brèche ces lieux communs et montrés toute la richesse de ces mille ans d'histoire. Michel Zink fait partie de ces historiens passionnés par l'éblouissante effervescence artistique, politique et sociale de cette époque. « On parle souvent à tort de « La » Renaissance, alors même que ce que nous désignons par ce mot peut être daté du XIVe siècle en Italie et du XVIe siècle chez nous. La vérité, c'est que les sociétés médiévales ont vécu une succession de renaissances », lance-t-il avec entrain. Un entretien passionné qui permet de revenir sur une valeur chère à l'époque médiévale : la simplicité. « Lorsqu'on parle des simples gens, dans la littérature du Moyen-âge, l'expression est toujours positive, car elle recouvre un sens religieux : la simplicité est une vertu biblique qui s'oppose à la duplicité du coeur diabolique. » Une occasion de jeter un regard éclairé sur cette période fascinante de l'histoire européenne.

  • Sainte Marguerite-Marie, grand témoin de l'Amour divin (16 octobre)

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    marguerite.jpgSur le site du Secrétariat des oeuvres du Sacré Coeur :

    En la fête de Saint-Jean, le 27 décembre 1673, à Paray le Monial, une religieuse du monastère de la Visitation, Marguerite-Marie Alacoque (que l'on fête aujourdhui ndblg) fit la rencontre du Christ et s’est approchée du Cœur de Dieu. "Il me fit reposer fort longtemps sur sa divine poitrine où il me découvrit les merveilles de son amour et les secrets inexplicables de son cœur qu’il m’avait toujours tenus cachés jusqu’alors". (Autobiographie n° 53).

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  • Pie XII et les Juifs : la conférence de Rome a marqué un tournant

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    De Michael Hesemann sur kath.net/news :

    Pie XII - Un changement de paradigme se profile à l'horizon.

    13 octobre 2023

    A Rome, des historiens et théologiens juifs et catholiques ont discuté des documents récemment découverts sur le pape de la Seconde Guerre mondiale et l'Holocauste.

    En mars 2020, le pape François a ouvert les archives du Vatican sur le pontificat de Pie XII (1939-1958) dans l'espoir de mettre fin à un débat qui dure depuis 60 ans : le pape de la Seconde Guerre mondiale a-t-il réellement gardé le silence sur le crime millénaire de l'Holocauste, comme l'affirmait en 1963 le dramaturge allemand Rolf Hochhuth dans sa pièce "Le Vicaire", et si oui, pour quelle raison ?

    Trois ans et demi plus tard, du 9 au 11 octobre 2023, l'Université pontificale grégorienne a invité des historiens et des théologiens juifs et catholiques à faire part de leurs dernières découvertes et à ouvrir en même temps un nouveau chapitre du dialogue entre juifs et catholiques. Le moment ne pouvait pas être plus symbolique : à l'occasion de la fête juive des Tabernacles, du 65e anniversaire de la mort de Pie XII et juste avant le 80e anniversaire du "sabbat du sang", le 16 octobre 1943, lorsque les SS devaient arrêter les juifs de Rome et les déporter à Auschwitz. C'est ce qui était prévu. Ce que les organisateurs ne pouvaient pas prévoir : La conférence internationale "Nouveaux documents du pontificat du pape Pie XII et leur importance pour les relations judéo-chrétiennes" se tenait au moment même où l'État d'Israël devait repousser l'attaque terroriste la plus brutale de son histoire et déplorer 1200 morts. Seul l'Holocauste en avait tué plus en un jour.

    Les événements tragiques en Israël ont plané comme une ombre sur le congrès de la Grégorienne. Ils ont empêché la délégation israélienne de Yad Vashem, invitée à y participer, de se rendre à Rome. Mais elles ont aussi relativisé la querelle entre les experts, car quel que soit le jugement porté sur le rôle du Vatican pendant la Shoah, on s'est accordé sur la solidarité avec Israël et on a d'autant plus reconnu que la réconciliation entre juifs et chrétiens était un impératif. Un respect mutuel bienfaisant a ainsi dominé l'ambiance de cette conférence, tandis que Rome, sous un beau soleil de fin d'été, apparaissait comme le centre lumineux d'un monde qui s'assombrit. Mais cela a peut-être aussi permis d'éviter le pire - car une sélection assez unilatérale des intervenants, en premier lieu par le musée américain de l'Holocauste à Washington, aurait très vite transformé la conférence en un tribunal avec le pape sur le banc des accusés - et Pie XII ne méritait vraiment pas cela.

    Mais c'est ainsi que l'organisateur du côté "grégorien", l'évêque Etienne Veto, et sa co-hôte américaine, Suzanne Brown-Fleming du United States Holocaust Memorial Museum, se sont présentés côte à côte, délibérément unis, comme un duo intéressant de contradictions et de points communs. On a atteint "un niveau de confiance mutuelle" et on ne jure que par le mot à la mode "diversité". Mais le pluralisme des opinions a souvent fait défaut, une grande partie des intervenants ont présenté une image plutôt unilatérale, tandis que l'on ignorait trop volontiers le travail d'autres experts. Au lieu de cela, on a allègrement relativisé et moralisé : "Nous ne voulons pas juger", a-t-on souvent entendu, "nous voulons plutôt apprendre comment faire mieux". Tous n'étaient d'accord que sur une chose : "Ce n'est que dans dix à quinze ans qu'on aura une image plus complète". Cela garantit au moins des fonds de recherche pour la prochaine décennie et demie, jusqu'à ce que, bien sûr, on ne soit toujours pas d'accord, tant que l'on ignore systématiquement les faits gênants.

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  • Pie XII a fait le choix de «la résistance non déclarée»

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    De Vatican News (Alessandro Di Bussolo) :

    Archives déclassifiées: Pie XII a fait le choix de «la résistance non déclarée»

    Des théologiens et historiens sont réunis à l’occasion d’une conférence de trois jours à l’Université grégorienne à Rome portant sur la signification des textes provenant des archives vaticanes, aujourd’hui publics, consacrés aux relations judéo-chrétiennes. Ces documents «montrent une image du Pape Pie XII très différente de celle qui est généralement connue», a affirmé le cardinal secrétaire d'État. Une minute de silence a été faite pour les victimes d'Israël et de Gaza.

    10 octobre 2023

    Dans l’assemblée, l’intention est d’éclairer d'un jour nouveau les événements historico-théologiques liés à la figure de Pie XII et au Vatican pendant la période de l'Holocauste, mais les pensées se tournent vers la Terre sainte après l'attaque du Hamas contre Israël.  Une minute de silence pour les centaines de victimes en Israël et en Palestine a été respectée à la demande de Mgr Étienne Vetö, évêque auxiliaire de Reims en France et ancien directeur du Centre Cardinal Bea d'études juives de l'Université pontificale grégorienne. Le prélat français venait d’ouvrir les travaux de la conférence internationale sur «Les nouveaux documents du pontificat de Pie XII et leur signification pour les relations judéo-chrétiennes: un dialogue entre historiens et théologiens». Ce colloque de trois jours a nécessité deux ans de préparation, en collaboration avec l'Institut international de recherche sur l'Holocauste, Yad Vashem, à Jérusalem. Son directeur était attendu, mais n’était pas à Rome en raison de l'escalade de la violence dans son pays.  

    Le cardinal Parolin: Il est maintenant fondamental d'établir la vérité historique

    La première session de travail a été introduite par le discours du secrétaire d'État, Pietro Parolin. Le cardinal italien a souligné que, suite à la décision du Pape François, en mars 2019, de rendre accessibles les documents des Archives secrètes du Vatican concernant le pontificat de Pie XII, et à la publication de plusieurs études, «il est d'une importance fondamentale de continuer à établir une vérité historique» à travers la recherche historico-critique. Maintenir l'exactitude historique, selon le cardinal Parolin, signifie défendre la vérité au-dessus de toutes les parties impliquées.

    Des cas de malhonnêteté scientifique

    Mais malheureusement, a-t-il souligné, «il existe encore des cas de malhonnêteté scientifique, qui deviennent des manipulations historiques, où des documents sont négligés ou délibérément dissimulés», telle que la réponse du cardinal Gasparri, alors secrétaire d'État, au Comité juif américain en 1916, puis aux juifs ashkénazes de Jérusalem en 1919. Ce n'est que récemment que l'on a redécouvert des documents qui disent comment les catholiques doivent percevoir les juifs: «Les juifs sont nos frères», a cité le cardinal Parolin, «et le peuple juif doit être considéré comme le peuple frère de tout autre peuple dans le monde». 

    Les réponses du cardinal Gasparri inspirées par Mgr Pacelli

    Le futur Pie XII, alors Mgr Eugenio Pacelli, secrétaire de la congrégation pour les Affaires ecclésiastiques extraordinaires, «avait personnellement contribué à la rédaction de ces documents qui montrent une image de lui très différente de celle que l'on connaît généralement» explique le cardinal Parolin. Les juifs, dont un certain nombre de rabbins, étaient convaincus de l'attitude amicale du Pape Pie XII à leur égard, «c'est pourquoi ils se sont tournés vers lui pendant la Seconde Guerre mondiale pour obtenir de l'aide». Le président israélien Isaac Herzog a rappelé cet épisode dans une interview accordée à L'Osservatore Romano, «en parlant des relations cordiales avec Pie XII et ses collaborateurs pendant la Seconde Guerre mondiale».

    Le Saint-Siège au côté du peuple juif dès le début du XXe siècle

    Le secrétaire d'Etat a expliqué qu'il souhaitait rappeler ces documents de 1916 et 1919 et l'amitié de Mgr Pacelli avec les juifs du monde entier, «pour souligner que le Saint-Siège avait déjà pris position en faveur du peuple juif au moment de la Première Guerre mondiale. Et pendant la Seconde Guerre mondiale, le Pape a appelé un nombre considérable de catholiques des instituts religieux à défendre les juifs par tous les moyens, en participant même à la résistance contre le fascisme et le nazisme». Les récentes découvertes faites au Vatican, mais aussi dans d'autres archives, «ont permis à tout le monde de mieux comprendre comment de nombreux documents historiques ont été manipulés dans la période qui a suivi la Seconde Guerre mondiale».

    La voie de la «résistance non déclarée» de Pie XII

    Grâce à l'ouverture des archives, a poursuivi le cardinal Parolin, «il est devenu clair que le Pape a suivi à la fois la voie de la diplomatie et celle de la résistance non déclarée. Cette décision n'était pas apathique et inactive», mais comportait au contraire de grands risques pour toutes les personnes impliquées. Les historiens ont encore des années de travail devant eux, a conclu le secrétaire d'État, en espérant «qu'ils continueront à faire la lumière sur l'une des périodes les plus discutées et les plus délicates du pontificat de Pie XII». 

  • Synode : L’événement catholique le plus important depuis Vatican II ?

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    De George Weigel sur le Catholic World Report :

    L’événement catholique le plus important depuis Vatican II ?

    Si le Synode 2023 doit être un développement de la tradition authentique de l’Église plutôt qu’un autre effort infructueux pour réinventer le catholicisme, il doit tenir pleinement compte de ces onze moments catholiques cruciaux depuis Vatican II.

    4 octobre 2023

    Les plus enthousiastes à propos du Synode sur la synodalité qui s'est ouvert le 4 octobre ont tendance à dire qu'il s'agit de l'événement catholique le plus important depuis le Concile Vatican II (1962-1965) – une affirmation qui implique parfois que c'est la seule chose importante qui se soit produite. dans l'Église depuis Vatican II. Je ne suis pas d'accord. Voici onze événements cruciaux depuis le Concile, avec des notes sur leur signification.

    25 juillet 1968 : le pape Paul VI publie l'encyclique Humanae Vitae, sur les moyens moralement appropriés de réguler la fécondité. Ce faisant, le pape remet en question les hypothèses érodatrices de la révolution sexuelle, met en garde prophétiquement contre l'impact d'une mentalité contraceptive sur la société et sur les femmes, et trace une ligne dans le sable contre la tentative des partisans de la religion catholique légère de dominer le monde. Théologie morale de l'Église.

    8 décembre 1975 : Paul VI publie l'exhortation apostolique Evangelii Nuntiandi, rappelant à l'Église que le pape Jean XXIII voulait que Vatican II dynamise l'Église pour la mission, et qu'au centre de la mission chrétienne se trouvent « le nom, l'enseignement, la vie, les promesses, le royaume et le mystère de Jésus de Nazareth, le Fils de Dieu.

    2-10 juin 1979 : Lors de sa première visite pastorale en Pologne, le pape Jean-Paul II démontre la vitalité de la doctrine sociale catholique en déclenchant une révolution de conscience qui conduira, au cours de la prochaine décennie, à l'effondrement non-violent du communisme européen.

    24 novembre – 8 décembre 1985 : La deuxième Assemblée générale extraordinaire du Synode des Évêques, convoquée pour marquer le vingtième anniversaire de Vatican II en considérant ce qui s'est bien passé et ce qui n'a pas fonctionné dans la mise en œuvre du Concile, affirme le Concile comme un grand don du Saint-Esprit et tisse les seize documents du Concile en une tapisserie cohérente en décrivant l'Église comme une communion de disciples en mission.

    7 décembre 1990 : Jean-Paul II publie l'encyclique Redemptoris Missio, lançant formellement la nouvelle évangélisation en appelant tous les catholiques à vivre la vocation missionnaire dans laquelle ils ont été baptisés, car le territoire de mission est partout.

    6 août 1993 : Datée de la fête de la Transfiguration, l’encyclique Veritatis Splendor de Jean-Paul II enseigne que la vie morale est ordonnée vers la béatitude, qui est la vie éternelle dans la lumière et l’amour du Dieu trois fois saint ; que certains actes sont gravement mauvais en eux-mêmes, quelles que soient les intentions ; et que la croissance dans les vertus est la voie royale vers l’épanouissement et le bonheur de l’humanité.

    20-26 mars 2000 : Au cours d'un pèlerinage d'une semaine en Terre Sainte, Jean-Paul II rappelle à l'Église et au monde que le christianisme n'est ni un mythe ni un pieux conte de fées ; Le christianisme commence avec la vie d'hommes et de femmes réels, dans un lieu que vous pouvez voir et toucher aujourd'hui, qui ont été tellement transformés par leur rencontre avec le Seigneur Jésus ressuscité qu'ils sont partis en mission pour convertir le monde et ainsi enseigner le monde, sa véritable histoire et son noble destin.

    6 août 2000 : La Congrégation pour la Doctrine de la Foi publie la déclaration Dominus Iesus, qui affirme que Jésus-Christ, loin d'être un exemple d'une volonté divine de sauver générique qui s'exprime dans différentes personnalités historiques, est l'unique sauveur de l'humanité et centre de l'histoire et du cosmos.

    18 avril 2005 : Lors de la messe pour l'élection du Pontife romain, le cardinal Joseph Ratzinger, doyen du Collège des cardinaux, met en garde contre une « dictature du relativisme » qui menacera l'avenir de l'humanité si le pouvoir politique et juridique est déployé pour imposer une notion abrutissante de vérité sur tout le monde.

    22 décembre 2005 : Lors de son premier discours de Noël à la Curie romaine, le pape Benoît XVI décrit deux interprétations de Vatican II qui se disputent pour l'avenir catholique depuis le Concile lui-même. L’une d’elles était fausse : une « herméneutique de la discontinuité et de la rupture » qui conduisait à la stagnation ecclésiastique et pire encore. L’autre, « l’herméneutique de la réforme », en continuité avec la tradition bien établie de l’Église, était vraie et avait dynamisé un catholicisme vital.

    19 novembre 2011 : Au Bénin, Benoît XVI signe l’exhortation apostolique Africae Munus [L’engagement de l’Afrique], élevant l’orthodoxie dynamique comme la clé de l’évangélisation de l’Afrique subsaharienne, le plus grand domaine de croissance de l’Église du XXIe siècle.

    Si le Synode 2023 doit être un développement de la tradition authentique de l'Église plutôt qu'un autre effort infructueux pour réinventer le catholicisme selon les canons culturels de la post-modernité, ses discussions – ses soi-disant « conversations dans l'Esprit » – doivent prendre pleinement en compte de ces onze moments catholiques cruciaux depuis Vatican II, qui étaient tous des expressions de l'œuvre continue du Saint-Esprit dans l'Église.

    George Weigel est membre émérite du Centre d'éthique et de politique publique de Washington, où il est titulaire de la chaire William E. Simon en études catholiques. Il est l'auteur de plus de vingt livres, dont Témoin de l'espérance : la biographie du pape Jean-Paul II (1999), La fin et le début : le pape Jean-Paul II : la victoire de la liberté, les dernières années, l'héritage (2010). , et L'ironie de l'histoire catholique moderne : comment l'Église s'est redécouverte et a mis le monde moderne au défi de se réformer. Ses livres les plus récents sont The Next Pope: The Office of Peter and a Church in Mission (2020), Not Forgotten: Elegies for, and Reminiscences of, a Diverse Cast of Characters, Most of Them Admirable (Ignatius, 2021) et To Sanctifier le monde : L'héritage vital de Vatican II (Livres de base, 2022).

  • Déboulonner Albert Camus ?

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    D'Eugénie Bastié sur Le Figaro (via artofuss.blog) :

    Eugénie Bastié: «Et maintenant, ils veulent déboulonner Albert Camus»

    27 septembre 2023

    Telle est la loi de l’intersectionnalité: le mâle blanc hétérosexuel est un monstre protéiforme. Voilà ce qui ressort du dernier essai de l’universitaire américain Olivier Gloag, Oublier Camus.  Le Figaro

    CHRONIQUE- Dans Oublier Camus (La Fabrique), Olivier Gloag prétend démythifier l’auteur de L’Étranger. Il serait colonialiste, raciste, machiste et munichois. Un livre purement à charge où la littérature est absente et l’idéologie omniprésente.

    Déboulonneur de statues : voilà un métier en tension dont on parle peu. Pourtant, dans les facs anglo-saxonnes, il n’est pas de situation plus enviable. Faire chuter les DWEMs («Dead White European Males», pour «Mâles européens blanc et morts») de leurs piédestaux est devenu un département à part entière de la recherche occidentale. La littérature y est enseignée comme une branche des «postcolonial studies» . Olivier Gloag, professeur à l’université de Caroline du Nord, fait partie de cette espèce qui a de commun avec les virologues de se faire spécialistes d’un sujet qu’on a pour ambition de détruire. «Oublier Camus» : tel est son programme. Et on ne parle pas de Renaud, mais bien d’Albert.

    On ouvrait cependant ce livre, sinon avec bienveillance, du moins avec curiosité. Il y a en effet quelque chose d’agaçant dans le consensus mou autour d’Albert Camus, une sorte de confort intellectuel, de culte du juste milieu, où l’injonction à la nuance masque parfois une tentation de la dérobade. Mais l’auteur ne se livre pas, dans un esprit de libre examen, à une mise à l’épreuve des contradictions de Camus. Il mêle procès d’intention, citations tronquées, malhonnêteté intellectuelle la plus crasse pour dénaturer sa vie et son œuvre.

    À lire aussi : Eugénie Bastié : «Il était une fois au Wokistan, quand l’idéologie envahit la fiction»

    Il ne reproche pas à Camus de ne pas avoir été anticolonialiste. C’est vrai, Camus a cru et plaidé jusqu’à la fin de sa vie contre l’indépendance de l’Algérie qu’il jugeait insupportable. Il lui reproche d’avoir été un colonialiste forcené. Ses reportages sur la misère en Kabylie ? Habillage humanitaire destiné à montrer qu’il pourrait exister un «colonialisme à visage humain». L’Étranger ? Un chef-d’œuvre de racisme qui nie l’existence même des Arabes. La Peste ? Un roman dont la métaphore n’est pas l’Occupation allemande mais la peur du basculement démographique en Algérie. L’Homme révolté ? Un texte «fondamentalement réactionnaire» parce qu’il cible principalement le communisme. La Chute ? Un plagiat hanté par le ressentiment envers Sartre. Le Premier Homme ? Un livre de propagande, «le roman d’un écrivain colonial».

    Substitution de pensée

    Prenons un exemple parmi d’autres de la malhonnêteté intellectuelle de l’auteur. P 87 de son livre, il met en exergue de son chapitre cette phrase de Jean Grenier, très proche ami de Camus qui rapporte une conversation qu’il a eue avec lui : «Pourquoi ne choisissez-vous pas d’habiter une belle maison à la campagne ou au bord de la mer en Algérie, puisque vous êtes maintenant à même d’acheter une résidence de votre choix et que vous êtes si attaché à votre pays. Il me répondit, d’un air contraint : c’est parce qu’il y a les Arabes».

    Olivier Gloag coupe sciemment la phrase après «Arabes». Il ne cite pas la suite : «ne voulant pas dire que les Arabes le gênaient par leur présence, mais par le fait qu’ils avaient été dépossédés.» Il substitue donc sciemment à la délicatesse de Camus sa propre interprétation raciste. Il ose écrire, sans doute pour vanter la largesse d’esprit de la dictature algérienne, que «Camus est enseigné en Algérie» alors que la propagande algérienne l’a banni des mémoires.

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  • Liège, 26 septembre : "Le mystère du Suaire de Turin"; conférence exceptionnelle avec le Professeur Boxho et l'abbé Dalleur

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    Le mardi 26 septembre 2023 à 18h30, le médecin légiste Philippe Boxho (Professeur de médecine légale à l'Université de Liège) ayant eu l’opportunité d’étudier le suaire de Turin qu’il considère comme une « véritable scène de crime », viendra présenter ses conclusions lors d’une conférence au cours de laquelle il aura le plaisir d’échanger avec le Père Philippe Dalleur de la Pontificia Università della Sante Croce (Rome).

    Afin de garantir un maximum de place, la conférence aura lieu dans la cathédrale :

    Cathédrale Saint-Paul de Liège
    Place de la cathédrale, 18
    B-4000 Liège

    RÉSERVATION OBLIGATOIRE :
    https://sales.resevents.be/event/569/le-suaire-de-turin-conference-de-philippe-boxho-et-du-pere-philippe-dalleur

  • Pie XII a choisi la diplomatie du silence pour sauver des vies

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    De Juan Luis Vázquez Díaz-Mayordomo sur Alfa & Omega :

    Vicente Cárcel Ortí assure que "si Pie XII avait parlé, plus de Juifs auraient été tués".

    "Le pape a choisi la diplomatie du silence pour sauver des vies", affirme l'historien Vicente Cárcel Ortí face à la dernière polémique sur le pape Pacelli.

    20 septembre 2023

    "On l'a dit toute ma vie et c'est une controverse qui ne sera jamais résolue", s'exclame l'historien Vicente Cárcel Ortí à l'autre bout du fil depuis Rome. Il réagit à la dernière polémique sur le pape Pacelli et son attitude vis-à-vis de l'Holocauste.

    La lettre de décembre 1942 publiée la semaine dernière, qui révélait au pontife l'existence des fours crématoires de Belzec, a été rejointe par une déclaration du Centre Simon Wiesenthal affirmant que "le pape Pie XII ne devrait jamais être considéré comme saint, car il est resté publiquement silencieux pendant toute la durée de l'Holocauste".

    Cárcel Ortí, l'un des principaux chercheurs sur l'histoire de l'Église à cette époque, souligne que le pape a opté pour la résistance cachée afin de sauver le plus grand nombre de personnes des nazis, "ordonnant que des milliers de Juifs soient aidés et même cachés dans des couvents à Rome et dans toute l'Europe".

    Il aurait pu parler publiquement, mais il y aurait eu plus de morts", ajoute-t-il.  "Même les évêques néerlandais, polonais et allemands lui ont demandé de ne pas s'exprimer afin d'éviter de nouvelles persécutions."

    De plus, prendre position publiquement "c'était s'opposer à un fou comme Hitler, qui projetait de le faire enlever et de le mettre au secret au Vatican", précise l'historien.

    Au contraire, "il a contribué autant que possible à sauver la vie d'un maximum de Juifs". D'ailleurs, "à la fin de la guerre, beaucoup d'entre eux sont allés au Vatican pour s'agenouiller devant lui et le remercier. Et même Golda Meir, Premier ministre d'Israël, a reconnu que dans ces années terribles, la seule personne qui les a aidés au niveau mondial a été le pape".

    Cárcel Ortí révèle que "l'archiviste qui a trouvé cette dernière lettre controversée est un ami et il m'a dit qu'il allait la publier pour que l'on sache que le pape savait ce qui se passait. C'est vrai, mais Pie XII lui-même avouait que "si je me tais, on me critique, mais si je parle, on me critiquera davantage ; ma mission est de sauver le plus de vies possible".

    Aujourd'hui, les partisans de sa canonisation soutiennent que "son silence a été très opportun", dit Cárcel Ortí, "et cela ne signifie pas qu'il ait manqué de courage ou de bravoure. Il a été prudent pour éviter des dommages plus importants".

  • Crise migratoire : l’émigration des Européens pourrait-elle être la solution ?

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    De Chantal Delsol sur le site du Figaro Vox via le site "pour une école libre au Québec" :

    Crise migratoire : quelles leçons tirer de la chute de l’empire romain ?

    Un seul précédent historique permet de réfléchir à la situation de l’europe aujourd’hui, explique la philosophe Chantal Delsol : le déclin de l’empire romain. alors que la France ne dispose ni de la chance géographique ni de la volonté politique pour endiguer l’immigration, analyse-t-elle, la solution pourrait être l’émigration des Européens...

    L’arrivée massive de plusieurs milliers d’Africains en quelques jours à Lampedusa a provoqué une vague d’affolement dans les pays européens. Déplacements de gouvernants, promesses de solidarité européenne afin que l’Italie ne soit pas seule à porter la charge : toutes actions sur fond d’effroi – l’effroi de voir à l’œuvre ce déferlement, annonciateur de difficultés sans nombre.

    Les pays d’occident sont pourvus d’une rationalité économique qui produit la richesse ; de religions fondées sur l’autonomie ; et conséquemment, de gouvernements institués dans la liberté. Pendant que la plupart des pays d’Afrique vivent dans la pauvreté économique et sous des gouvernements despotiques. Aussi, puisque les déplacements sont possibles, rien ne peut empêcher les seconds de courir s’installer chez les premiers, pour profiter de tous ces avantages qui n’existent pas chez eux. Pendant tout le XXe siècle, on a vu des milliers et des milliers d’européens aller s’installer en Amérique pour fuir les tyrannies et totalitarismes dont le Vieux Continent s’était fait alors une sorte d’apanage. Les humains cherchent le bonheur où il se trouve, ce qui est bien naturel.

    Depuis un demi-siècle déjà, une partie des Européens, et une partie de plus en plus importante, s’inquiète de cette vague qu’on craint submersive. Ce n’est pas que les richesses ne soient pas partageables. Elles le sont. Ce n’est pas que la liberté ne puisse ouvrir son cercle. Elle le peut. Ce n’est pas que les nouveaux arrivants ont la peau foncée. Les Européens ne sont pas racistes. Le problème est culturel.

    Les nouveaux arrivants, et c’est là le paradoxe, sont dotés d’une culture de soumission (c’est là le nom précis de leur religion), qu’ils n’ont pas l’intention d’abandonner, et même à laquelle ils ont bien l’intention de nous enchaîner nous aussi. Pourquoi ce paradoxe ? Pourquoi vouloir profiter de notre culture de liberté et vouloir en même temps lui insuffler une culture de soumission ? L’historien Paul Veyne avait répondu à cette question en décrivant l’installation massive dans l’empire romain de ceux qu’on appelait alors les « barbares » - c’est-à-dire les « autres » : « Ces barbares si envieux, admiratifs, imitateurs et cupides de la civilisation romaine, entendaient bien rester eux-mêmes tout en s’en emparant. » Devant cette situation, nombre d’européens sont saisis d’affolement, d’une folle crainte de la perte de soi, de cette hystérie collective que décrivait si bien l’historien hongrois Istvan Bibo en parlant des nations d’Europe centrale : l’angoisse de voir sombrer sa propre culture. D’où la montée dans tous nos pays des partis dits populistes.

    Comment empêcher un tel déferlement, qui laisse bien penser, et de plus en plus, à l’histoire du Camp des saints de Raspail, qu’on avait tellement vilipendé comme extrémiste ? Je dirais que pour qu’un pays européen parvienne au moins à réguler le flux, il lui faut bénéficier de deux conditions additionnées : la volonté politique ET la chance géographique [Nous sommes très dubitatif, il y a la Méditerranée, encore faut-il ne pas aller chercher les migrants à quelques encâblures de la côte africaine]. Un pays qui ne bénéficie pas de la chance géographique peut bien avoir la volonté politique, il n’y parviendra pas – c’est le cas de l’Italie. [L'Italie est tenue en laisse par l'Union européenne et ses promesses de transferts massifs de fonds de relance : 200 milliards d'euros] Un pays doté de chance géographique mais sans la volonté politique n’y parviendra pas non plus – c’est l’Allemagne. Le Danemark y parvient parce que doté des deux capacités. La France ne possède ni l’une ni l’autre. Il arrive bien souvent, et c’est le cas de l’instance politique européenne, des gouvernements allemands et aussi français, que la volonté politique soit carrément contraire : dans ce cas, on veut l’immigration et parfois l’immigration la plus massive possible (c’était le cas de Merkel) pour des raisons idéologiques (sans-frontièrisme et mondialisme) camouflées sous le besoin de main-d’œuvre, c’est-à-dire par volonté de dissolution de soi. C’est dire que l’Europe est assez mal partie pour enrayer ce déferlement. D’autant que la démographie et les situations économicopolitiques jouent de plus en plus en faveur de la migration. La natalité est massive dans les pays d’Afrique et s’effondre dans les pays d’Europe. La pauvreté économique, l’instabilité politique et les guerres intestines se déploient dans les pays d’Afrique pendant que la culpabilité et la honte de soi se déploient dans les pays d’Europe en même temps que la richesse et la liberté. On ne voit pas bien ce que les partis dits populistes pourraient changer à l’affaire.

    La seule situation analogue dans notre histoire était celle de l’empire romain sur le déclin. Nous avions alors ici en Europe la richesse et la liberté, et ceux appelés alors « barbares » étaient attirés à Rome comme des papillons vers la lumière. Finalement, leur nombre fut tel que la vie romaine sous le poids se détériorait et s’appauvrissait – on ne peut intégrer quand la masse des arrivants est trop énorme. D’autant que chez les Romains eux-mêmes, et particulièrement chez les chrétiens, montait un courant de pensée culpabilisant pour lequel les barbares étaient bien supérieurs aux Romains décadents et cupides (le prêtre Salvien écrit même « ce sont les Romains qu’il faut barbariser »). Tout était fait pour la dissolution de la culture romaine.

    Finalement, les écoles fermèrent les unes après les autres – ce qui est le signe majeur, et nous appelons les siècles suivants les siècles obscurs, parce que nous en avons si peu de connaissances, une grande partie de la culture s’étant dissoute dans le désordre régnant. Ainsi la richesse et la liberté s’en vont au chaos.

    Cependant nous avons un atout majeur que les Romains n’avaient pas – même si je ne sais si cela confortera mes lecteurs ! Le monde des Romains était très étriqué, il s’arrêtait aux colonnes d’Hercule et aux confins de l’Inde. Tandis que nous avons le Nouveau Monde, occidental, c’est-à-dire du nord au sud nourri d’initiative économique, de liberté politique, et de religions de liberté. Naturellement les États-unis subissent les vagues de migration mexicaines et les pays d’Amérique latine sont actuellement investis par des Vénézuéliens, mais il s’agit toujours de cultures de liberté, même si subsistent quelques reliquats de démence idéologique hérités du XXe siècle. Le Nouveau monde ne sera pas investi par les migrants d’ici, parce qu’il bénéficie d’une chance géographique et d’une volonté politique inégalées (ce sont, et ce seront de plus en plus, des pays protestants, la culpabilité nigaude étant essentiellement catholique ou de culture catholique ; et le wokisme à culpabilité nigaude ressemble bien à la mode d’un jour). On peut penser, si l’on se risque à un peu de prospective, que nos arrière-petits-enfants, au moins les intrépides et les créatifs, quitteront « l’Europe aux anciens parapets » et émigreront en masse vers le Nouveau monde, afin d’y retrouver leur culture d’initiative et de liberté, laissant derrière eux de nouveaux siècles obscurs. Sic transit gloria mundi.

    Il faut rappeler aussi que l’effondrement romain donna naissance aux splendeurs byzantines [Rome avait donc aussi sa nouvelle Rome à Byzance] et chrétiennes. Ce qui nous interdit le désespoir apocalyptique. Pourquoi nos arrière-petits-enfants ne pourraient-ils pas espérer, eux aussi, de nouveaux commencements ?

  • Clôture du jubilé des 1200 ans de la collégiale Saint-Ursmer de Lobbes

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    Collégiale de Lobbes 1200 ans | Unité Pastorale Sambre et Heure

    De Marina Droujinina sur zenit.org :

    Belgique : Messe de clôture du jubilé des 1200 ans de la collégiale Saint-Ursmer de Lobbes

    Présidée par le cardinal Hollerich, envoyé spécial du pape

    Le pape François a nommé le cardinal Jean-Claude Hollerich, sj., archevêque de Luxembourg, en tant qu’envoyé spécial pour les célébrations du 1200e anniversaire de la collégiale Saint-Ursmer de Lobbes (la plus ancienne église de Belgique), indique un communiqué du Saint-Siège publié ce mardi 19 septembre 2023. Le cardinal légat présidera la célébration eucharistique le dimanche 24 septembre à 10h en la collégiale Saint-Ursmer.

    « Cette attention du Saint-Père est  un immense honneur pour notre diocèse de Tournai et certainement pour notre Unité pastorale et notre clocher de Lobbes », lit-on sur la page Facebook du Jubilé. Le nonce apostolique Franco Coppola sera également présent à la messe de clôture.

    Saint Ursmer (v.644-713) était un moine, évangélisateur, missionnaire en Fagne et en Thiérache et évêque-abbé de l’abbaye de Lobbes.

    Le 26 mars 823, sous l’égide de l’évêque de Cambrai Halitgaire, a eu lieu l’élévation des reliques de saint Ursmer. C’est également de cette époque que date l’actuelle collégiale Saint-Ursmer de Lobbes.

    Né à Fontenelle (Nord de la France), Ursmer est ordonné évêque et choisi dans les années 687-689 pour diriger l’abbaye Saint-Pierre de Lobbes. Fondée vers 665, cette abbaye connaît sous son abbatiat une véritable expansion.

    L’abbaye comprend plus de 150 domaines à la fin du IXe siècle. La liste des biens de l’abbaye rédigée en 889 mentionne les noms de plusieurs villages de Flandre tels que Tielrode, Baasrode ou Zegelsem ainsi que ceux de Jumet, Gilly, Leernes, Ragnies et d’autres localités de Thudinie.

    L’abbaye jouit également d’une réputation prestigieuse grâce à son scriptorium de renom et son école monastique « qui a accueilli d’éminentes figures de l’histoire littéraire du XIe siècle parmi lesquelles Wazon, évêque de Liège, Olbert, abbé de Gembloux et de Saint-Jacques à Liège, Hugues, abbé de Lobbes, Thierry, abbé de Saint-Hubert ou encore Adelbold, évêque d’Utrecht ».

    L’année jubilaire

    Plusieurs événements ont marqué cette année jubilaire 2023. Le 22 janvier a eu lieu une messe inaugurale, présidée par Mgr Vincent Dollmann, archevêque de Cambrai.

    Une autre messe – en l’honneur de saint Ursmer – a eu lieu le dimanche 23 avril, présidée par Mgr Guy Harpigny, évêque de Tournai. Les délégations des églises Saint Ursmer de Wallonie, de Flandre et de France étaient invitées. À l’issue de la messe, une procession avec les différents groupes des villes et villages invités a eu lieu.

    Une grande exposition d’œuvres (bustes, reliques, statues, tableaux) concernant saint Ursmer et prêtées par toutes les églises et chapelle Saint Ursmer de Belgique et de France s’est tenue dans la collégiale du 29 avril au 7 mai.

  • A ne pas manquer, en accès libre sur le site de La Nef

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  • Les couvents et monastères catholiques de Rome ont abrité des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale

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    Lu sur The National Catholic Reporter :

    Des recherches catholiques-juives indiquent que des couvents catholiques ont abrité des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale

    7 septembre 2023S

    Des chercheurs ont découvert de nouveaux documents qui corroborent les rapports selon lesquels des couvents et des monastères catholiques de Rome ont abrité des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, fournissant les noms d'au moins 3 200 juifs dont l'identité a été corroborée par la communauté juive de la ville, ont déclaré des responsables le 7 septembre.

    Des chercheurs de l'Institut biblique pontifical, de l'institut israélien de recherche sur l'Holocauste Yad Vashem et de la communauté juive de Rome ont présenté leurs conclusions lors d'un atelier académique organisé le 7 septembre au Musée de la Shoah, qui fait partie de la principale synagogue de Rome.

    La documentation ne semble pas jeter un nouvel éclairage sur le rôle du pape Pie XII pendant l'occupation nazie de Rome. Les historiens ont longtemps débattu de l'héritage de Pie XII, ses partisans insistant sur le fait qu'il a usé d'une diplomatie discrète pour sauver des vies juives et ses détracteurs affirmant qu'il est resté silencieux alors que l'Holocauste faisait rage en Europe, et même lorsque les Juifs romains ont été rassemblés et déportés de l'arrière-cour du Vatican en 1943.

    Selon une déclaration commune de l'Institut biblique pontifical, de Yad Vashem et de la communauté juive de Rome, la nouvelle documentation fournit plutôt les noms et les adresses des Romains qui ont été hébergés dans des institutions catholiques pendant la guerre, ce qui n'avait été rapporté auparavant qu'en termes vagues et en chiffres par le principal historien italien de la période, Renzo de Felice, dans un livre publié en 1961.

    La documentation a été découverte dans les archives de l'Institut biblique, qui est affilié à l'Université pontificale grégorienne, dirigée par les jésuites. Elle répertorie plus de 4 300 personnes qui ont été hébergées dans les propriétés de 100 ordres religieux catholiques féminins et de 55 ordres religieux masculins. Parmi elles, 3 600 sont identifiées par leur nom, et des recherches dans les archives de la communauté juive de Rome "indiquent que 3 200 d'entre elles étaient certainement juives", précise le communiqué.

    "Pour ces derniers, on sait où ils ont été cachés et, dans certaines circonstances, où ils vivaient avant la persécution. La documentation augmente ainsi de manière significative les informations sur l'histoire du sauvetage des Juifs dans le contexte des institutions catholiques de Rome", précise le communiqué.

    Les noms ne sont pas divulgués afin de protéger la vie privée des personnes concernées et de leurs descendants.

    On ne sait pas si l'un des juifs cités a été baptisé. Les archives du Vatican récemment ouvertes sur la papauté de Pie suggèrent que le Vatican s'est efforcé de sauver les Juifs qui s'étaient convertis au catholicisme ou qui étaient les enfants de mariages mixtes catholiques-juifs, selon le livre "The Pope at War", de l'anthropologue David Kertzer, de l'université de Brown.

    Claudio Procaccia, responsable du département culturel de la communauté juive de Rome, a déclaré que les documents ne permettaient pas de savoir si les Juifs identifiés avaient été baptisés. Il a toutefois souligné que ces listes constituaient un "nouvel élément important pour comprendre qualitativement et quantitativement" les personnes hébergées et leurs origines.

    "C'est une étape très importante", a-t-il déclaré lors d'une interview après l'atelier, ajoutant que des recherches supplémentaires étaient nécessaires pour corroborer davantage les noms énumérés et leur histoire, y compris avec d'autres listes dans d'autres archives. Il a ajouté que des divergences risquaient d'apparaître au fil du temps, car on sait que certaines personnes ont prétendu avoir un nom de famille juif pour trouver refuge dans des couvents catholiques, même si elles n'étaient pas nécessairement juives.

    M. Procaccia a fait remarquer que la communauté juive a publié en 2013 ses propres recherches sur le sort des Juifs pendant l'occupation nazie de Rome, intitulées "Après le 16 octobre", date à laquelle, en 1943, plus d'un millier de Juifs de Rome ont été rassemblés et, deux jours plus tard, déportés à Auschwitz.

    Le père Dominik Markl, de l'Institut biblique pontifical et de l'université d'Innsbruck, qui a participé à la coordination des recherches, s'est dit ému par le destin des personnes nommées dans les documents, "celles qui étaient menacées d'être assassinées en raison des persécutions du régime nazi, et les nombreux prêtres et religieuses anonymes qui ont risqué leur propre sécurité pour les aider à survivre".

    Dans une déclaration à l'Associated Press, M. Markl a souligné l'importance de la recherche conjointe entre les universitaires catholiques et juifs sur une question délicate qui a longtemps divisé les universitaires et souvent tendu les relations entre la communauté juive de Rome et le Saint-Siège.

    "Nous sommes extrêmement reconnaissants de la collaboration avec la communauté juive de Rome et Yad Vashem, qui promet d'aboutir à une compréhension plus profonde de l'histoire de la Shoah à Rome et au-delà", a-t-il déclaré.