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Histoire - Page 43

  • Quand Jean-Marie Guénois célèbre le cran du pape François

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    De Charles-Henri d'Andigné sur le site de Famille Chrétienne :

    Jean-Marie Guénois - Pape François : la révolution

    Jean-Marie Guénois : « Le pape François a beaucoup de cran dans sa direction de l’Église »

    4/09/2023

    Est-ce parce que vous trouvez qu’il est incompris que vous avez tenu à écrire un livre sur François ?

    Il y a deux aspects. Le premier concerne l’homme lui-même, à la fois jovial, chaleureux, un homme de cœur, un passionné ; mais il est également autoritaire, colérique, très directif. Le second aspect est la polarisation que son pontificat a créée dans l’Église. Rarement pape aura suscité autant de louanges et d’oppositions. À travers ce livre, j’ai voulu sortir des schémas, des clichés noirs ou blancs, et expliquer la complexité d’un homme à la personnalité riche dans l'environnement subtil du Vatican.

    À qui s’adresse votre livre ?

    Quand on est spécialiste d’un domaine comme je le suis, on a tendance à écrire pour les initiés. C’est le piège ! Je veux m’adresser au grand public, pas forcément au fait de la culture chrétienne. J’espère être assez pédagogue pour me faire comprendre du plus grand nombre. Les affaires spirituelles ne regardent pas que les croyants, elles concernent tout le monde.

    Le pape a un caractère très vif, il a un côté autoritaire, mais il veut introduire la synodalité dans l’Église. N’est-ce pas contradictoire ?

    Il ne faudrait pas limiter l’ampleur de cette réforme à la personnalité du pape. Pourquoi cette réforme de la synodalité ? Le pontificat de Benoît XVI a démontré jusqu’où pouvait aller la sclérose de la Curie, du système administratif du Saint-Siège avec tout ce que cela comporte de carriérisme ecclésiastique, absolument détestable. François a raison de bousculer ces habitudes de pouvoir, que l’on trouverait dans une grande administration. On l’a vu de façon paroxystique sous Benoît XVI qui faisait confiance à son administration, laquelle l’a en quelque sorte absorbé au point de le conduire à démissionner. Alors François a corrigé le tir, assez vertement. Et il fallait un homme de son cran, de son courage, de sa force, de son autorité, parfois de sa dureté pour arriver à faire bouger un peu le système. C’est dans ce contexte que s’inscrit la réforme synodale, qui va porter sur la prise de décision dans l’Eglise. Donc pour répondre à votre question, l’homme François est foncièrement sympathique, il aime les gens, il veut que chacun s’exprime, mais c’est aussi un patron. Cela faisait longtemps que l’Église n’avait pas eu de patron. Je salue les efforts d’un homme qui se bat contre des habitudes séculaires, et qui n’a pas encore gagné la partie.

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  • Brève histoire du rite romain de la messe (treizième partie)

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    Publiée par le site "Esprit de la Liturgie", la série des volets de la « Brève histoire du rite romain de la messe » du Père Uwe Michael Lang C.O. est accessible en cliquant sur les liens suivants et a été complétée d'une treizième partie ("La dévotion eucharistique du Haut Moyen Age") :

  • La béatification de la famille Ulma : une béatification sans précédent

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    La famille Ulma.

    De Vatican News (Emanuela Campanile) :

    La famille Ulma, une béatification sans précédent

    Le 10 septembre prochain, Józef et Wiktoria Ulma et leurs sept enfants seront béatifiés à Markowa en Pologne. La famille Ulma avait été exterminée en 1944 pour avoir caché des Juifs pendant la Seconde guerre mondiale.

    À travers une vie quotidienne simple, la famille Ulma fit vivre l'Évangile. L'éducation à la foi, la prière commune en famille, la lecture de la Bible ont fait des Ulma ce que Jean-Paul II a appelé une «Église domestique», ouverte, même aux plus démunis. Ces années-là, les «nécessiteux» étaient surtout les Juifs. À huit d'entre eux, les Ulma ont ouvert leurs portes, leur permettant de se cacher, offrant de la nourriture et de l'amitié, tout en étant conscients du risque immense.

    Manuela Tulli, journaliste à l'agence de presse italienne ANSA, est autrice avec le père Paweł Rytel-Andrianik, historien et responsable de la section polonaise de Vatican News-Radio Vatican, de Uccisero anche i Bambini. Gli Ulma, la famiglia martire che aiutò ebrei (traduction non officielle en français: Ils ont même tué les enfants. Les Ulma, la famille martyre qui a aidé les Juifs). Envoyée en Ukraine pour suivre l’actualité de cette tragédie au cœur de l'Europe, la journaliste Manuela Tulli s'arrête dans le sud-est de la Pologne.

    C'est une histoire qui m'a choisie

    «J'ai rencontré la famille Ulma par hasard, c'est une histoire que je n'ai pas choisie, mais qui m'a choisie», confie-t-elle. Et si très souvent «nous, journalistes, partons à la recherche d'informations. Cette fois-ci, je peux dire que c'est le contraire». Partout en Pologne, Manuela Tulli affirme avoir vu des images, des dessins et des photos de cette grande famille qui a vécu il y a plus de 80 ans. «Franchement, je ne savais pas qui ils étaient, même si les Polonais le considéraient un peu comme une évidence. Mais ils rendaient heureux, rien qu'en les voyant... Ces deux parents si jeunes et avec tant de petits enfants».

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  • Il y a soixante ans : la mort de Robert Schuman

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    De Vatican News (Delphine Allaire) :

    Robert Schuman, un politique en cohérence avec la Providence

    Il y a soixante ans, le 4 septembre 1963, une figure fondatrice de la construction européenne, le vénérable Robert Schuman, s’éteignait à l’âge de 77 ans dans le village lorrain de Scy-Chazelles (France). De la Moselle à Bruxelles, diverses célébrations saluent la mémoire d'un homme politique et de foi à l'extrême cohérence.

    Que l’Europe retrouve son âme. En dix ans, le Souverain pontife argentin n’a eu de cesse de presser le Vieux continent d’en revenir au rêve des Pères fondateurs. «Au Parlement européen, je me suis permis de parler d’une Europe grand-mère. Je disais aux eurodéputés qu’en bien des endroits grandissait l’impression générale d’une Europe fatiguée et vieillie, stérile et sans vitalité, où les grands idéaux qui ont inspiré l’Europe semblent avoir perdu leur force attractive; une Europe en déclin qui semble avoir perdu sa capacité génératrice et créative», déclarait le Pape François recevant le prix Charlemagne d’Aix-la-Chapelle, en Salle royale du Palais apostolique, le 6 mai 2016. Un rêve européen originel façonné par Alcide de Gasperi, Konrad Adenauer et Robert Schuman, triptyque d'hommes d'États animés par une profonde foi chrétienne les ayant emmenés, par exemple, dans un monastère bénédictin sur le Rhin pour méditer et prier avant d'entreprendre les négociations préliminaires au Traité de Paris, en 1951.

    Le Pape François a ainsi fait de Robert Schuman (1886-1963) un vénérable de l’Église. En juin 2021, il reconnaissait par un décret ses vertus héroïques, ouvrant la voie à la béatification de ce réconciliateur de la France et de l’Allemagne. Lors de nombreuses interventions publiques, le Pape a répété son souhait de voir l’esprit de la déclaration Schuman inspirer ceux qui ont la responsabilité de l’Union européenne actuelle.

    Le siècle d'un Européen

    Né un 29 juin 1886, solennité des saints Pierre et Paul, dans le Grand-Duché du Luxembourg, Robert Schuman baigne dès son plus jeune âge dans un cosmopolitisme européen remarqué. D'un père français de langue maternelle luxembourgeoise, devenu allemand lors de l’annexion d’une partie de la Lorraine et d'une mère luxembourgeoise, allemande par alliance, Robert Schuman est allemand de naissance. Il étudie dans le Grand-Duché où il apprend la langue de Molière.

    Sa carrière politique débute à 33 ans, en 1919, lorsqu'au lendemain de la Première Guerre mondiale, il est élu député de Moselle. Un mandat durant lequel il s'engage en faveur du Concordat avec le Saint-Siège et dans la défense de la justice sociale.

    Ses activités sont interrompues par la Seconde Guerre. Arrêté et emprisonné par la Gestapo de septembre 1940 à avril 1941, il s'échappe et reste dans la clandestinité jusqu'à la fin du conflit, se réfugiant principalement dans des couvents et des monastères, comme la trappe de Notre-Dame des Neiges. La paix rétablie, il devient ministre des Affaires étrangères français de 1948 à 1952.

    Foi, érudition, engagement politique

    Preuve d'un sens certain du bien commun et du devoir d'État, il écrivait alors: «La vie sans responsabilité politique est certes plus facile, surtout dans le désarroi actuel. Mais nul n’a le droit de se dérober, moins que jamais. Ma santé est bonne, malgré des accès de lassitude qui ne sont pas toujours suffisamment expliqués par l’effort que je fais. Mais j’espère pouvoir faire face à toutes les exigences raisonnables. Je m’en remets pour cela à la Providence».

    Latiniste, helléniste, fin connaisseur de saint Augustin, Robert Schuman, a consacré son existence à l’idéal humaniste chrétien européen. Fort d'une foi sincère, enracinée dans la prière et les Évangiles, l’artisan du Traité de Rome est qualifié par Paul VI de «pionnier infatigable de l’Europe unie». Sa participation quotidienne à l'Eucharistie, recueillie et silencieuse, suscitait l'émerveillement et l'admiration de tous ceux qui le rencontraient. Dès qu’il le pouvait, il se rendait au Saint-Sacrement et se confessait. Homme de prière personnelle et liturgique, il célébrait régulièrement la liturgie des Heures. Pèlerin de la paix et de la détente en Europe, en 1958, Robert Schuman, président du Mouvement européen, est élu par acclamation premier président du nouveau Parlement européen. En 1959, frappé par les premiers symptômes d’une sclérose cérébrale, il renonce à ses engagements.

    «Un saint en costume»

    «Il liait la contemplation et l’action. Saint Ignace de Loyola aurait dit contemplatif dans l'action. Il considérait son engagement politique comme une mission. Peu de personnes savent qu’il a voulu entrer au séminaire pour devenir prêtre. Et son meilleur ami lui aurait dit à ce moment-là, ‘’aujourd’hui, nous avons besoin de saints en costume’’. Cette phrase est une invitation à toutes les personnes œuvrant pour l’Europe», raconte père Krystian Sowa SJ, directeur pastoral de la chapelle de la Résurrection ou «chapelle pour l’Europe» à vocation œcuménique, installée au cœur du quartier européen à Bruxelles. Selon le jésuite germano-polonais, Robert Schuman, modèle du politique en voie de sainteté, fait briller les caractéristiques de l’humaniste chrétien: «Être contemplatif en action, compétent, rayonner de l’espérance de la foi, ne pas se décourager par la bureaucratie européenne et les défis de ce projet à 27, être personnaliste, avoir le respect absolu de la dignité humaine et promouvoir la culture de solidarité et de dialogue».

  • Alfredo Ildefonso Schuster : un bon et saint évêque

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    De Dawn Beutner sur The Catholic World Report :

    Les leçons de la vie d'un bon et saint évêque : le bienheureux Alfredo Schuster

    Bienheureux Alfred-Ildefonso Schuster, 1930

    L'archevêque de Milan (de 1929 à 1954) était par nature un érudit, en particulier dans le domaine de la liturgie. Mais il accordait une attention particulière aux pauvres, notamment aux réfugiés, et tentait de convaincre Mussolini de se repentir de ses péchés et de se rendre.

    29 août 2023

    La ville italienne de Milan a été bénie par de nombreux bergers saints au cours des siècles. De saint Ambroise au quatrième siècle à saint Paul VI au vingtième siècle, de nombreux archevêques de Milan ont été acclamés comme saints.(1) Le bienheureux Alfredo Ildefonso Schuster (1880-1954), dont la fête est célébrée le 30 août, est l'un des derniers saints hommes à avoir dirigé l'Église de Milan, et il nous enseigne ce qu'il faut faire pour être un bon et saint évêque.

    Son nom de famille trahit son ascendance : ses deux parents étaient autrichiens. Mais Alfredo est né et a vécu toute sa vie en Italie. Son père a même travaillé au Vatican, mais en tant que maître tailleur. Avant d'épouser la mère d'Alfredo, son père avait été marié deux fois, et il avait trente ans de plus que sa femme. C'est donc avec tristesse, mais sans surprise, que le père d'Alfredo meurt alors qu'il n'a que neuf ans.

    Heureusement, un colonel de la Garde suisse avait été un ami proche du père d'Alfredo. Il a généreusement fait en sorte qu'Alfredo soit scolarisé dans une école bénédictine. C'était le choix idéal pour le petit garçon studieux, qui décida d'entrer dans ce même ordre une fois adulte, en prenant le nom religieux d'Ildefonso.

    Ildefonso est ordonné prêtre, obtient des diplômes en théologie et en philosophie, devient prieur et abbé de son monastère bénédictin et se voit même confier d'importantes missions par le pape. Personne n'a été surpris lorsqu'il a été nommé archevêque de Milan et cardinal.

    L'intelligence et le sens de l'administration sont des qualités utiles pour tout dirigeant, et Ildefonso possédait ces deux qualités. Mais ces capacités ne suffisent pas à faire d'un évêque efficace un saint. Outre la grâce de Dieu et la coopération de l'homme avec cette grâce, cet évêque doit répondre aux défis spécifiques auxquels il est confronté, à la fois avec le cœur du Christ et les dons que Dieu lui a donnés.

    Benito Mussolini et son parti fasciste ont pris le contrôle de l'Italie en 1922 et le fascisme a régné jusqu'en 1945. Les partisans du fascisme et les catholiques fidèles ont débattu et se sont battus pendant des années, dans les journaux et dans les rues, obtenant des améliorations occasionnelles dans le traitement de l'Église par le gouvernement.

    Ildefonso est devenu prêtre en 1904 et archevêque de Milan en 1929, ce qui lui a valu d'être confronté aux politiques et aux dirigeants fascistes pendant de nombreuses années. En général, il a suivi l'exemple du pape, qui s'est exprimé avec force sur les droits des laïcs catholiques contre les persécutions fascistes, mais qui s'est efforcé d'éviter de prendre parti dans la politique.

    Ayant grandi dans un foyer simple, Ildefonso se préoccupe des besoins des pauvres, en particulier des nombreux réfugiés qui se sont retrouvés sans abri pendant et après la Seconde Guerre mondiale. Il a utilisé les ressources de l'archevêché pour les aider, par exemple en organisant un réseau de réfugiés et en construisant de nouveaux immeubles d'habitation.

    Ildefonso est souvent accusé à tort d'avoir coopéré avec le fascisme. Cependant, son principal délit semble avoir été d'assister à des célébrations de fêtes publiques et de bénir les personnes présentes, parmi lesquelles se trouvaient des membres de l'armée fasciste. On peut facilement imaginer qu'il priait Dieu de convertir les cœurs de tous les anti-catholiques présents lorsqu'il les bénissait. Enfin, en décembre 1945, Ildefonso a passé trois heures à rencontrer personnellement Mussolini, essayant de le convaincre de se repentir de ses péchés et de se rendre. Ildefonso échoua dans cette tâche. Il Duce refusa, s'enfuit et fut tué peu après.

    Ildefonso était par nature un érudit. Outre de nombreux articles et livres, il a écrit une biographie de saint Benoît de Nurcie, ce qui n'était pas une tâche facile étant donné que peu de détails biographiques ont survécu depuis le sixième siècle. Mais son chef-d'œuvre est son Liber Sacramentorum, communément appelé The Sacramentary en anglais. Cet énorme commentaire en plusieurs volumes sur la messe tout au long de l'année liturgique était basé sur ses notes de cours sur la liturgie, mais il comprenait également des discussions sur des sujets tels que l'art sacré et l'architecture, les portraits de la Vierge trouvés à Rome et l'initiation chrétienne. Ce commentaire a été traduit dans de nombreuses langues lors de la première publication des volumes en 1924-1930, et il a été récemment réédité en anglais.

    La dévotion d'Ildefonso pour la musique sacrée et la liturgie a été l'une de ses forces en tant qu'évêque. Il ne s'est pas contenté d'examiner la liturgie comme un sujet érudit. Il a proposé plusieurs changements à la liturgie - des décennies avant le Concile Vatican II - en raison de son souci pastoral pour son troupeau. Par exemple, il a suggéré que les prières utilisées lors des services du Vendredi saint soient modifiées pour refléter une plus grande sensibilité à l'égard du peuple juif. (Ildefonso a lancé des actions œcuméniques auprès d'autres églises chrétiennes bien avant que les pères du Concile ne le recommandent dans Unitatis Redintegratio). 

    Il a suggéré que la messe soit traduite en langue vernaculaire parce que, comme tous les autres vrais amoureux de la sainte liturgie, il voulait que les catholiques prient chaque messe de tout leur cœur.

    Le bienheureux Alfredo Ildefonso Schuster était un dirigeant fort qui a mené son peuple à travers une période de persécution gouvernementale et une guerre mondiale. Mais plus que cela, c'était un saint homme.

    Pour nous tous, être saint signifie simplement tout donner au Christ. Si vous êtes passionné par la recherche (comme Ildefonso), le sport ou la cuisine, trouvez un moyen de le lui donner. Offrez aussi patiemment à Dieu tous les aspects désagréables de votre vocation, ce qui sera probablement plus facile que d'essayer de convertir un dictateur fasciste. Demandez à l'Esprit Saint de vous donner des idées sur la manière dont vous pouvez mieux servir ceux dont vous avez la charge, qu'il s'agisse de vos enfants, de vos employés ou de vos amis.

    Ou de votre troupeau. Être un bon berger des âmes humaines n'est pas une tâche pour les âmes sensibles. Mais tous les évêques devraient imiter le Bon Pasteur, et nous pouvons tout particulièrement demander au bienheureux Ildefonso de prier pour les nôtres en sa fête.

    Note en fin de texte :

    1 Les autres saints archevêques de Milan formellement reconnus par l'Église sont : Les saints Anathalon (IIe siècle), Calimerius (IIe siècle), Caius (IIIe siècle), Castritian (IIIe siècle), Mona (mort vers 300), Mirocles (mort après 314), Eustorgius Ier (mort vers 355), Protasius (mort vers 356), Dionysius (mort vers 361), Maternus (IVe siècle), Simplicien (mort vers 361), Maternus (IVe siècle). c. 356), Dionysius (d. c. 361), Maternus (IVe siècle), Simplician (d. 401), Venerius (d. 409), Martinian (d. après 431), Eusebius (d. c. 462), Benignus (d. c. 470), Geruntius (d. c. 472), Senator (d. c. 480), Lazarus (cinquième siècle), Marolus (cinquième siècle), Eustorgius II (d. 518), Datius (d. 552), Honoratus (d. 570), Auxanus (d. c. 589), Magnus (sixième siècle), Jean le Bon (d. c. 660), Antonin (d. c. 661), Mansuetus (d. 680), Benoît (d. 725), Galdinus (d. 1176), Charles Borromée (1538-1584) et le bienheureux Andrea Carlo Ferrari (1850-1921).

  • Les interviews du Pape : slogans figés et confusion assurée

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    De Stefano Fontana sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    Les interviews du Pape : slogans figés, confusion assurée

    Indietrisme*, cléricalisme et ambiguïtés persistantes sur l'inclusion des homosexuels et des transsexuels : c'est le scénario habituel mis en scène également dans l'interview de François avec les jésuites portugais.

    29_08_2023

    Lors de son voyage à Lisbonne pour les Journées Mondiales de la Jeunesse, François a également rencontré, comme il en a l'habitude, ses confrères jésuites, répondant à leurs questions. Le texte de cet entretien est maintenant publié par La Civiltà Cattolica.

    On espère toujours qu'un enseignement important et clair ressortira de ces rencontres, même si le langage utilisé est plutôt informel, comme dans un dialogue entre amis. Mais ce n'est souvent pas le cas pour deux raisons principales. La première est que François poursuit sa propre ligne de pensée et ne se laisse pas le moins du monde interpeller par les questions soulevées. Non pas que ses frères jésuites, en tant que jésuites, posent des questions embarrassantes, mais ils soulèvent des problèmes qui sont immédiatement traités selon les schémas de pensée habituels et avec l'abus des mêmes mots : indiétrisme, cléricalisme, etc.

    La deuxième raison est que François émet des jugements généraux sur des situations très complexes. On comprend qu'on ne peut pas écrire des romans dans une brève interview, mais c'est précisément pour cette raison qu'il faut faire preuve d'une certaine prudence. Par exemple, le Pape exprime ici un jugement très dur et absolument schématique sur le clergé et les catholiques américains, les accusant sommairement d'indiétrisme idéologique : "il y a une attitude réactionnaire très forte, organisée, qui structure une appartenance également affective. Je veux rappeler à ces gens que l'indiétrisme ne sert à rien".

    On a l'impression que dans chaque entretien avec ses frères jésuites, mais on pourrait aussi dire dans chaque entretien tout court, les réponses de François sont standardisées, qu'elles appartiennent à un répertoire conceptuel et linguistique fixe et qu'elles ne connaissent pas d'évolution réelle. Cette fois encore, comme par le passé, François cite Vincent de Lérins à propos de l'évolution du dogme, mais il le cite à demi-mot, citant les mots qui indiquent un progrès mais jamais ceux qui indiquent une continuité parfaite, à savoir "par tous, toujours et partout". Bien que de nombreux experts le lui aient fait remarquer, par exemple le père Nicola Bux, il ne se laisse pas décourager.

    Cette approximation, qui anime les jugements hâtifs et injustes, s'est également manifestée dans ce dialogue avec ses frères jésuites du Portugal sur un sujet concernant la Doctrine sociale de l'Église. Répondant à une question sur l'inclusion des homosexuels et des transsexuels dans l'Église (pouvait-elle manquer ?...), François a fait cette remarque : "Mais ce que je n'aime pas du tout, en général, c'est qu'on regarde à la loupe ce qu'on appelle le "péché de la chair", comme on l'a fait pendant si longtemps à propos du sixième commandement. Si vous exploitez des travailleurs, si vous mentez ou trichez, cela n'a pas d'importance, et ce sont les péchés au-dessous de la ceinture qui comptent".

    Cette affirmation est lacunaire à bien des égards. Tout d'abord, elle exprime un jugement en trois mots et le résultat d'une impression personnelle sur une question très importante et complexe. Elle juge des époques entières de l'histoire, de nombreux prêtres dans les confessionnaux, des éducateurs et des parents par le biais d'un jugement tranchant et peu attrayant. Deuxièmement, il s'agit sans aucun doute d'un jugement erroné, car il ne tient pas compte de la grande attention que la Doctrine sociale de l'Église, la morale catholique et les manuels pour les confesseurs ont accordée à ce que l'on appelle les "péchés sociaux".

    Le catéchisme cite l'escroquerie au juste salaire comme une action qui appelle la vengeance de Dieu. Dans Rerum novarum, Léon XIII a placé au centre de l'action de l'Église ceux qui sont "seuls et sans défense, à la merci de la cupidité des maîtres et d'une concurrence effrénée". Ce jugement de François ne tient pas compte de "ce grand mouvement de défense de la personne humaine", mentionné dans le Centesimus annus (n° 3) de Jean-Paul II, qui a œuvré pour une société plus juste.

    Certes, dans le passé, l'attention portée aux péchés "de chair" était beaucoup plus vive qu'aujourd'hui, où - comme le révèlent de nombreux confesseurs - plus personne ne se confesse pour des actes contraires au sixième commandement. Mais il ne manquait certainement pas d'examens de conscience pour les actes d'injustice sociale et d'exploitation, ni d'actes de réparation pour ces péchés, ni d'interventions publiques de charité, comme l'attestent les saints sociaux et leurs œuvres de charité. En effet, Rerum novarum se terminait par un hymne à la charité. Et combien de générations de prêtres et de laïcs cette encyclique a-t-elle inspirées et guidées ?

    Après tout, si aujourd'hui plus personne ne se confesse pour le sixième commandement, peut-être que tout le monde se confesse pour le septième ? Cette étrange intervention de François semble oublier qu'il n'y a finalement qu'une seule vertu, et que le respect de la dignité de son propre corps et de celui d'autrui permet également de respecter le travailleur ou le pauvre. Le sixième commandement n'est pas quelque chose de privé, mais a de larges répercussions sur la vie sociale et politique, car c'est de la culture des passions débridées que naissent tous les maux de la société. Lors du colloque de Lisbonne, François a beaucoup parlé de l'inclusion des homosexuels et des transsexuels. Nous ne voudrions pas qu'il ait manqué ce lien entre le respect du corps et la justice, entre le sixième et le septième commandement.

    * L'indiétrisme consisterait à vouloir revenir en arrière.

  • Quand le pape fait l'éloge de la Russie impériale au grand dam de l'archevêque de Kiev

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (traduction de diakonos.be):

    Le pape fait l'éloge de la Russie impériale. L'Église ukrainienne lui demande de se rétracter

    28 août 2023

    Ce vendredi 25 août après-midi, le Pape François s’est connecté à Saint-Pétersbourg à l’occasion de la Xè rencontre nationale des jeunes catholiques de Russie et leur a adressé en espagnol ce message vidéo, diffusé le jour suivant par la salle de presse du Vatican, également en version italienne :

    > “Queridos jóvenes, queridas jóvenes: que la paz…”

    Le thème du message du Pape était le même que celui des JMJ de Lisbonne. « Marie se leva et s’en alla en hâte (Luc 1, 39) », avec ces seules paroles susceptibles d’être associées à la guerre déchaînée par la Russie contre l’Ukraine :

    « Je vous souhaite à vous, jeunes Russes, la vocation d’être artisans de paix au milieu de tant de conflits, au milieu de tant de polarisations de toute part, qui affligent notre monde. Je vous invite à être des semeurs, à répandre des graines de réconciliation, de petites graines qui en cet hiver de guerre ne germeront pas pour le moment sur la terre glacée mais qui fleuriront dans un printemps futur ».

    Mais ensuite, avant la bénédiction finale, François, s’est lancé dans une déclaration improvisée en italien, qui n’a pas été publiée par la salle de presse du Vatican mais par le site « Il Sismografo », et que l’on peut écouter dans cette vidéo toujours disponible en ligne :

    « N’oubliez pas votre héritage. Vous êtes héritiers de la grande Russie : la grande Russie des saints, des rois, la grande Russie de Pierre le Grand, de Catherine II, cet empire russe grand, cultivé, de tant de culture, de tant d’humanité. Ne renoncez jamais à cet héritage. Vous êtes les héritiers de la grande Mère Russie, allez de l’avant. Et merci. Merci pour votre façon d’être, pour votre façon d’être Russes ».

    Naturellement, ces déclarations ont eu un grand écho à travers le monde, notamment dans cet article de Francis X. Rocca dans « The Wall Street Journal » :

    > Pope Francis Praises Historical Russian Imperialism Amid War in Ukraine

    Mais surtout, cet éloge sans retenue de la Russe impériale de la part du Pape a incité l’archevêque majeur de l’Église grecque catholique ukrainienne à publier le soir du lundi 28 août la déclaration suivante que nous reproduisons intégralement ici :

    *

    Déclaration de sa béatitude Sviatoslav Shevchuk concernant les déclarations du pontife romain pendant la rencontre avec la jeunesse Russe

    C’est avec grande douleur et inquiétude que nous avons eu connaissance des paroles, attribuées, au Saint-Père François, prononcées pendant la rencontre à distance avec la jeunesse catholique russe, qui s’est déroulée le 25 août dernier en vidéoconférence à Saint-Pétersbourg.

    Nous présumons que les déclarations de Sa Sainteté aient été prononcées de manière spontanée, sans la prétention de donner une analyse historique, et encore moins avec l’intention de soutenir les ambitions impérialistes de la Russie. Malgré cela, nous partageons la grande douleur suscitée par ses observations dans le chef des évêques, du clergé, des moines et des fidèles non seulement de notre Église, mais également d’autres confessions chrétiennes, ainsi que de représentants d’autres confessions religieuses. Dans le même temps, nous partageons également la grande déception de la société civile ukrainienne à la suite de ces déclarations.

    Les déclarations sur la « grande Russie de Pierre I, de Catherine II, de cet empire grand et illuminé, de grande culture et de grande humanité » font référence au pire exemple de l’impérialiste et du nationalisme extrême russe.

    Nous craignons que ces déclarations soient comprises par certains comme un encouragement envers ce nationalisme impérialiste qui est la véritable cause de la guerre en Ukraine. Une guerre que chaque jour sème la mort et la destruction dans notre peuple.

    Les exemples employés par Sa Sainteté ne correspondent en réalité pas à son magistère sur la paix. Au contraire, le Saint-Père a toujours dénoncé toutes les formes d’impérialisme dans le monde d’aujourd’hui et il a mis en garde contre le danger du nationalisme extrême, en soulignant que ce sont bien eux la cause de « la troisième guerre mondiale par morceaux ».

    En tant qu’Église, nous tenons à signaler que, dans le contexte de l’agression de la Russie contre l’Ukraine, de telles expressions inspirent les ambitions néocoloniales du pays agresseur au lieu de dénoncer et de condamner cette manière d’ « être Russes ».

    Afin d’éviter que les déclarations et les intentions du Saint-Père ne soient manipulées, nous attendons de la part du Saint-Siège une explication de la situation.

    L’Église grecque catholique ukrainienne unie à toute la société civile en Ukraine condamne l’idéologie du « monde russe » et toute la façon criminelle d’ « être Russes ». Nous espérons que notre voix sera entendue par le Saint-Père.

    Dans quelques jours, les évêques de notre Église se réuniront à Rome pour célébrer le Synode annuel de l’Église grecque catholique ukrainienne. Nous aurons en outre l’occasion de rencontrer Sa Sainteté et de lui présenter personnellement les doutes et la douleur du peuple ukrainien, confiant en sa sollicitude paternelle envers notre peuple.

  • Saint Junipero Serra, premier saint hispanique de l'Eglise d'Amérique du Nord

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    D'Evangile au Quotidien :

    Saint Junípero Serra
    Prêtre franciscain missionnaire en Californie

    fêté le 28 août

    Junípero, au siècle Miquel Josep, Serra, naît le 24 novembre 1713 à Petra sur l'île de Majorque aux Baléares.

    Il entra chez les Franciscains le 14 septembre 1730. Excellent aux études il enseigna la philosophie, avant même d'être ordonné prêtre. Il obtint également un doctorat en théologie de l'université de Palma.
    Junípero Serra part pour le Nouveau Monde en 1749. Il a alors 36 ans et enseigne d'abord la philosophie au collège de Mexico. Mais, de cœur, Serra est un pionnier et un missionnaire. C’est à l’âge de 55 ans que ce petit homme, pas particulièrement robuste et marchant à l'aide d’une canne (séquelle d’une vieille blessure), accepte la tâche de coordonner les activités missionnaires dans la région.
    Il faut d'abord reprendre les missions de la Baja California passées sous l'administration des Franciscains lorsque les jésuites furent expulsés d'Espagne et de toutes les colonies espagnoles par Charles III (en 1768).

    Avec le groupe de 15 franciscains dont il est supérieur il fonde également des nouveaux postes : San Barnabé, près de Monterrey, au nord de la colonie de Nouvelle-Espagne (l'actuel Mexique). De là, il visite les peuples aborigènes de la Californie, région encore inexplorée. En quelques années, les Franciscains fondent 21 missions. L'une d'elles fait l'objet d'une attention particulière du vice-roi de Nouvelle-Espagne, Bucareli. C’est, principalement à dos de mule qu’il couvrira les 750 miles pour rejoindre le site de sa première mission, San Diego, qu’il atteint en 1769. De cette date jusqu’à sa mort, 15 ans plus tard, il aura fondé 9 autres missions (10 au total sur un ensemble, à terme, de 21).

    Le 15 décembre 1774, le Vice-roi Antonio Maria de Bucareli adresse au Père Junipero Serra une lettre où il lui propose de participer à une expédition vers une baie d'importance stratégique, en Californie centrale, sous le commandement du capitaine de marine Juan Bautista de Anza. C'est ainsi qu'un premier camp militaire est établi en ce lieu et les Pères Palou et Cambon y célèbrent la messe pour la première fois devant une modeste cabane, la mission Dolorès. Le lieu recevra le nom de San Francisco en l'honneur de saint François d'Assise.
    Il meurt le 28 août 1784 à Monterey, en Californie, après avoir fondé de nombreuses missions dans le Nouveau monde.

    Junípero Serra a été béatifié le 25 septembre 1988 par St Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005) et proclamé Saint le 23 septembre 2015, au Sanctuaire national de l’Immaculée Conception de Washington, par le Pape François (Jorge Mario Bergoglio, 2013-) lors de son voyage apostolique aux États-Unis.
    En canonisant Junípero Serra, le Pape François a donné à l'Église nord-américaine son premier Saint hispanique.

  • Réforme liturgique en Inde. Résistance de masse : les prêtres syro-malabars défient le délai du délégué papal

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    Une information publiée sur le site « The Pillar » relayé via le web « il Sismografo »

    Les prêtres de l'archéparchie indienne d'Ernakulam-Angamaly ont défié un ultimatum du délégué spécial du pape François et ont refusé d'adopter une nouvelle forme uniforme de liturgie pour l'Église catholique syro-malabare.

    L'archevêque Cyril Vasil', SJ, envoyé spécial du pape auprès de l'Église syro-malabare sui iuris, a fixé une date limite la semaine dernière, le 20 août, pour que les prêtres et les laïcs abandonnent leur opposition au mode uniforme de célébration de la Sainte Qurbana, l'Eucharistie sacrée . liturgie de l'Église syro-malabare, sous peine de sanctions ecclésiastiques.

    Vasil' a dit aux prêtres dissidents et aux laïcs qu'ils risquaient des sanctions canoniques, y compris l'excommunication, s'ils continuaient à défier l'autorité du synode syro-malabar - l'organe directeur faisant autorité pour l'Église d'Orient - et du pape François.

    Mais dimanche, des centaines de manifestants ont bloqué la célébration de la Sainte Qurbana au Syro-Malabar de la cathédrale Sainte-Marie d'Ernakulam.

    Dans tout le diocèse, les protestations ont empêché le mode uniforme d'être proposé dans la poignée d'églises avec des prêtres disposés à suivre la ligne du Vatican, y compris l'église Saint-Joseph à Chunangamvely, l'église Saint-Thomas à Malayattoor ; et l'église Holy Cross à Manjapra.

    Jusqu'à présent, seules six des plus de 320 paroisses de l'archéparchie ont accepté d'adopter le mode uniforme.

    Malgré la position intransigeante prise par Mgr Vasil' la semaine dernière, les groupes catholiques locaux opposés au régime uniforme bénéficient du soutien de la grande majorité du demi-million de laïcs de l'archiéparchie et de la quasi-totalité du clergé local.

    Vasil' a déclaré la semaine dernière que les manifestants laïcs étaient "utilisés et maltraités" par leurs prêtres qui, selon lui, les traitaient comme "des otages involontaires et souvent involontaires dans leur rébellion sacrificielle".

    Le délégué pontifical a déclaré que la résistance continue à la réforme liturgique était une question d'unité de l'Église, disant aux fidèles locaux qu'ils étaient soit "avec le pape, soit contre lui", et disant qu'une résistance supplémentaire serait un acte de schisme.

    L'archiéparchie d'Ernakulam-Angamaly est la plus grande éparchie de l'Église catholique syro-malabare et est le siège de l'archevêque majeur, ou chef, de l'Église syro-malabare. L'église syro-malabare est la deuxième plus grande des églises catholiques orientales.

    Le mode uniforme, adopté par le synode de l'Église en 2021, est un compromis entre l'ancienne tradition de l'Église syro-malabare, dans laquelle le prêtre regardait vers l'est ( ad orientem ), et l'émergence d'une pratique d'influence latine post-Vatican II dans certains églises, où le prêtre fait face au peuple tout au long de la liturgie ( versus populum ).

    « Voulez-vous rester prêtres de l'Église catholique — l'Église dirigée par le divin maître Jésus-Christ qui a confié à saint Pierre et à ses successeurs le droit de délier et de lier, d'encourager les frères dans la foi, d'enseigner et de gouverne?" a demandé Vasil' aux prêtres de l'archiéparchie la semaine dernière.

    « Il ne peut jamais y avoir de bénédiction de Dieu sur la désobéissance à sa volonté, peu importe combien vous essayez de la couvrir avec des phrases pieuses et même des prières. Il n'y aura jamais la bénédiction de Dieu sur les manifestations illégales et la rébellion », a déclaré le délégué papal.

    Malgré les avertissements de Vasil et la date limite du 20 août, le clergé local a continué à dénoncer le mode uniforme et le délégué papal, y compris au sein de la propre Compagnie de Jésus de Vasil.

    Pr. George Pattery, ancien président de la Conférence jésuite d'Asie du Sud, a déclaré samedi aux médias locaux que Vasil "semble militariser l'Eucharistie avec son dernier avertissement sur la liturgie syro-malabare sous couvert d'obéissance", et a appelé à une plus authentique processus d'engagement avec les catholiques locaux.

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  • En 1970, Ratzinger voyait clair; la babelisation de l’Église était alors identique à aujourd’hui, à une différence près

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    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso (traduction Diakonos.be) :

    En 1970, Ratzinger était clairvoyant. La babel de l’Église était alors identique à aujourd’hui, à une différence près

    Ce 4 juin 1970, à Munich en Bavière, devant un millier de personnes suspendues à ses lèvres, un certain Joseph Ratzinger, professeur de théologie à l’Université de Ratisbonne tenait une conférence intitulée « Pourquoi je suis encore dans l’Église ».

    Le texte de cette conférence a été publié en italien d’abord par les éditions Queriniana en 1971, puis chez Rizzoli en 2008, et enfin dans le volume VIII de l’ « Opera omnia » sorti des presses de la Librairie Éditrice du Vatican.

    Nous vous proposons ici la partie initiale de cette conférence, celle dans laquelle Ratzinger décrivait l’état de l’Église catholique des turbulentes années de l’après-concile et de l’après mai 1968.

    En la relisant aujourd’hui, à plus d’un demi-siècle d’écart, on est impressionné de constater à quel point la même « confusion babélique » de ces années-là se soit prolongée et étendue jusqu’à aujourd’hui, avec pour unique différence supplémentaire importante qu’elle a fini par atteindre la chaire pontificale, avec Jorge Mario Bergoglio.

    *

    Pourquoi je suis encore dans l’Église

    de Joseph Ratzinger

    Des raisons pour ne plus rester dans l’Église, il y en a beaucoup aujourd’hui, et elles vont dans tous les sens. Ceux qui se sentent poussés à tourner le dos à l’Église ne sont plus seulement ceux qui se sont éloignée de la foi de l’Église, ceux qui trouvent l’Église trop en retard, trop médiévale, trop hostile au monde et à la vie, mais également ceux qui ont aimé la figure historique de l’Église, sa liturgie, son indépendance des modes du moment, son reflet d’éternité. Ceux-là ont l’impression que l’Église est en train de trahir sa véritable nature, qu’elle capitule devant la mode et qu’elle est donc en train de perdre son âme : ils sont déçus comme un amoureux qui subit une trahison amoureuse et envisage sérieusement la rupture.

    Mais d’un autre côté, les raisons pour rester dans l’Église sont également très contradictoires. Ceux qui restent ne sont plus seulement ceux qui conservent envers et contre tout leur foi dans la mission de l’Église, ou ceux qui ne veulent pas renoncer à une vieille habitude à laquelle ils tiennent (même s’ils en font rarement usage). Ceux qui restent aujourd’hui dans l’Église avec le plus de vigueur sont justement ceux qui rejettent toute sa réalité historique et qui contestent avec passion le sens que ses ministres cherchent à lui donner ou à lui conserver. Malgré qu’ils veuillent en finir avec tout ce que l’Église est et a été, ils sont fermement déterminés à ne pas se laisser mettre à la porte, parce qu’ils espèrent pourvoir transformer l’Église en ce qu’elle devrait devenir selon eux.

    Et c’est ainsi que l’on se retrouve face à une véritable confusion babélique pour l’Église, car non seulement les raisons pour et contre elle se retrouvent emmêlées de la façon la plus étrange mais surtout parce qu’une entente semble quasi impossible. Et surtout, cela suscite la méfiance, parce que l’être-dans-l’Église a perdu son propre caractère sans équivoque et que personne n’ose plus avoir confiance en la sincérité de l’autre. L’affirmation pleine d’espérance que Romano Guardini a lancée en 1921 nous semble aujourd’hui inversée : « Un processus de grande envergure a commencé : l’Église s’éveille dans les consciences ». Aujourd’hui, au contraire, cette phrase devrait sonner comme ceci : « Un processus de grande envergure est en cours : l’Église s’éteint dans les âmes et se divise dans les communautés ». Dans un monde qui tend à l’unité, l’Église se déchire dans des ressentiments nationalistes, critiquant ce qui est différent et glorifiant les particularismes locaux. Entre les partisans de la mondanité et ceux de la réaction qui s’accrochent trop aux signes extérieurs et au passé, entre le mépris de la tradition et la confiance positiviste d’une foi prise à la lettre, il ne semble pas il y avoir de juste milieu. L’opinion publique assigne inexorablement une place à chacun. Elle a besoin d’étiquettes claires et ne s’encombre pas de nuances : celui qui n’est pas pour le progrès est contre lui ; il faut être soit conservateur soit progressiste.

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  • Liturgie: un délégué du Vatican fait face au rejet de l'Église indienne

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    Le site web sismografo  rapporte encore une querelle liturgique dans la galaxie autoritaire du pape François :

    «  L'archevêque Cyril Vasil, qui a été nommé délégué pontifical pour l'archéparchie d'Ernakulam-Angamaly par le pape François, est arrivé au Kerala le 4 août.

    Les catholiques, y compris les prêtres d'un archidiocèse du sud de l'Inde, disent qu'ils ne coopéreront pas avec un délégué pontifical qui est arrivé pour aider à trouver une solution au différend liturgique vieux de plusieurs décennies dans leur église syro-malabare de rite oriental.

    Une délégation de cinq membres de quelque 400 prêtres de l'archidiocèse d'Ernakulam-Angamaly a rencontré le 8 août le délégué pontifical Mgr Cyril Vasil de Slovaquie pour lui faire part de sa décision.

    "Nous avons fait part de notre difficulté à nous engager davantage avec lui", a déclaré le père Jose Edassery, qui faisait partie de la délégation de cinq membres

    Le prélat, ancien secrétaire du Bureau des Églises orientales et chef du diocèse gréco-catholique de Kosice en Slovaquie, est arrivé le 4 août à la base de l'Église dans l'État du Kerala, dans le sud du pays.

    Vasil, dans une exhortation pastorale du 5 août, a demandé aux catholiques de l'archidiocèse de prier pour le succès de sa mission. Il a déclaré que le pape l'avait nommé pour mettre en œuvre la "décision synodale sur le mode uniforme de célébration".

    Un mémorandum que les prêtres ont remis à Vasil, dont une copie a été mise à la disposition d'UCA News, indique qu'ils ne peuvent pas coopérer avec lui pour une telle mission.

    « Nous réitérons par la présente notre fidélité au Saint-Père le Pape François. Mais, nous avons des réserves à mettre en pratique l'exhortation concernant le mode uniforme de célébration de la messe », indique le mémorandum.

    La nomination papale remise en question

    Le mémorandum indique que l'archevêque jésuite est catégorique sur la mise en œuvre du mode de messe approuvé par le synode dans l'archidiocèse sans avoir aucun dialogue avec ceux qui s'y opposent.

    « Vous avez déclaré catégoriquement qu'il n'y a pas de place pour le dialogue et que vous n'avez aucun mandat pour faire part de nos demandes et préoccupations au Saint-Père. On sent que votre langage et votre approche sont parfois plus menaçants que dialogués », ont déclaré les prêtres dans le mémorandum.

    "Ce faisant, nous avons le sentiment que votre mission est devenue inefficace avant même qu'elle ne décolle."

    "Nous avons décidé de ne pas avoir de discussion ou de dialogue avec Mgr Vasil" car il n'est pas prêt à nous écouter, a déclaré Riju Kanjookaran, porte-parole du Mouvement archidiocésain pour la transparence (ATM), un forum de prêtres, de religieux et de laïcs. dans l'archidiocèse.

    L'AMT a également soulevé des objections à la lettre de nomination de Mgr Vasil. Selon AMT, Vasil a été nommé à l'insu du Saint-Siège. »

    Le père Edassery a déclaré à UCA News le 9 août que les prêtres "n'auront aucun problème à tenir une discussion avec Vasil à condition qu'il rende publique sa lettre de nomination et ses termes et conditions"

    Au milieu des allégations selon lesquelles le prélat n'aurait pas de lettre de nomination papale, les nouvelles du Vatican du 10 août ont déclaré que le pape François l'avait nommé délégué pontifical avec des facultés spéciales "pour résoudre la situation de l'archéparchie d'Ernakulam-Angamaly".

    Sa tâche sera de « veiller à la mise en œuvre de la réforme liturgique approuvée par le Synode de l'Église archiépiscopale syro-malabare », a-t-il déclaré en citant un communiqué du Dicastère des Églises orientales du Vatican.

    La nomination de Vasil a été concédée au préfet du Dicastère, Mgr Claudio Gugerotti, le 23 juin, selon un communiqué publié par le Dicastère le 10 août, a indiqué Vatican News .

    Langue de dialogue recherchée 

    Le mémorandum du prêtre demandait également la destitution de Mgr Andrews Thazhath , qui a été nommé administrateur apostolique de l'archidiocèse d'Ernakulam-Angamaly le 30 juillet 2022.

    Depuis lors, le différend s'est transformé en manifestations sans précédent, notamment des combats de rue et des procès qui ont conduit à la fermeture de la basilique cathédrale d'Ernakulam le 24 décembre 2022.

    L'archevêque Vasil parle la même langue que l'archevêque Thazhath, présumé Kanjookaran.

    L'archevêque Vasil n'a pas pu être contacté pour ses commentaires.

    Le différend liturgique a commencé dans l'Église une décennie après le Concile Vatican II lorsque des tentatives ont commencé à faire revivre la liturgie de l'Église. Un groupe voulait faire revivre la liturgie dans le respect des traditions anciennes tandis qu'un autre voulait moderniser la liturgie.

    Le traditionaliste voulait que les prêtres fassent face à l'autel tout au long de la célébration eucharistique, tandis que le moderniste voulait qu'ils fassent face à la congrégation. Le synode de l'Église en 1990 a conçu la messe qui demandait aux prêtres de faire face à l'autel pendant la prière eucharistique et de faire face au peuple à d'autres moments, ce qui était considéré comme une formule compromettante.

    En novembre 2022, à l'exception de l'archidiocèse d'Ernakulam-Angamaly, les 35 diocèses de l'Église ont mis en œuvre la messe approuvée par le synode.

    L'Église compte environ 5 millions de catholiques et un demi-million d'entre eux dans l'archidiocèse….

    Ref. Un délégué du Vatican fait face au rejet de l'Église indienne

  • L'influence du nestorianisme sur l'Islam naissant

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    D'Annie Laurent sur le site "Clarifier" :

    PFV n°97 : les hérésies chrétiennes dans le Coran – le nestorianisme et ses dérivés

    10 août 2023

     

    Chers amis lecteurs,

    Le concile œcuménique de Nicée, tenu en 325 pour juguler l’arianisme (cf. PFV n° 96), ne permit pas d’en finir avec le phénomène des hérésies au sein des communautés chrétiennes d’Orient. D’autres doctrines, incompatibles avec la foi de l’Église, et condamnées comme telles, ont fait leur apparition : nestorianisme, monophysisme, monothélisme, docétisme, pélagianisme.

    Il convient donc de s’interroger sur l’influence qu’elles ont pu exercer sur la doctrine coranique et sur les conditions dans lesquelles ces emprunts ont pu inspirer la nouvelle religion monothéiste, l’islam, lors de son élaboration à partir du VIIème siècle.

    Compte tenu de la complexité du sujet, Annie Laurent a jugé utile, selon sa compréhension, d’y consacrer trois nouvelles Petites Feuilles Vertes : n° 97, 98 et 99. C’est donc la première de cette série que vous trouverez ci-dessous.
    Bonne lecture à tous ! 

    L’équipe de CLARIFIER


                 Au-delà des nombreuses doctrines gnostiques et messianistes qui pullulaient en Orient (cf. PFV n° 95), l’arianisme a sans doute été l’une des hérésies chrétiennes les plus influentes auprès de l’islam naissant puisque le Coran a adopté le cœur de sa doctrine, à savoir la négation absolue de la divinité du Christ et de la Trinité (cf. PFV n° 96). On ne peut toutefois pas négliger d’autres emprunts, inspirés eux aussi d’idées hétérodoxes, telles que le nestorianisme, le monophysisme et le monothélisme, qui résultaient de facteurs aussi variés que les malentendus culturels et linguistiques, les écrits apocryphes ou les rivalités politiques et ecclésiales (cf. PFV n° 96). Outre qu’elles ont contribué à briser l’unité chrétienne par les schismes qui en résultèrent, leurs formulations ont inspiré certaines croyances islamiques inscrites dans le Coran, préparant ainsi les consciences orientales à l’acceptation de l’islam.

    LE NESTORIANISME

    Son initiateur, Nestorius (v. 382-451), était un moine syrien devenu patriarche de Constantinople en 428. Il avait été formé à la Didascalée (École de théologie) d’Antioche, dominée par la personnalité de Théodore (350-428), évêque de Mopsueste en Cilicie (Turquie actuelle). De tendance « rationalisante », cette École tendait à privilégier l’humanité de Jésus au détriment de sa divinité. Il s’agissait au fond d’éviter l’absorption d’une nature par l’autre et ainsi d’épargner à la divinité tout mélange avec l’humain.

     

    Nestorius rejetait donc l’union hypostatique des deux natures dans l’unique personne du Verbe ; il en arrivait finalement à l’existence de deux Christ : l’homme et Dieu. Dans son rapport sur ce sujet, intitulé Traité de l’incarnation, le moine saint Jean Cassien (360-432), abbé du monastère Saint-Victor de Marseille, a exposé ainsi la doctrine nestorienne : « Jésus-Christ, né de la Vierge, est un homme sans plus (homo solitarius) ; ayant pris le chemin de la vertu, il a obtenu par sa vie pieuse  et religieuse, par la sainteté de son existence, que la Majesté divine s’unît à lui ; sa dignité lui vient, non pas de la splendeur de son origine, mais des mérites qu’il s’est acquis » (cité par l’islamologue Roger Arnaldez, À la croisée des trois monothéismes, Albin Michel, 1993, p. 50).

    Selon l’historien syrien Edmond Rabbath (1902-1991), Nestorius considérait que « seule la nature humaine du Christ a subi les souffrances de la crucifixion ». “Ce n’est pas Dieu, disait-il, qui a souffert sur la Croix, mais il était uni à la chair qui a été crucifiée”. Cette doctrine donnait lieu à l’abandon du dogme de la Rédemption, un des piliers du christianisme, sans lequel la religion du péché originel et du salut par le Divin Sauveur eût été complètement défigurée » (L’Orient chrétien à la veille de l’islam, Publication de l’Université Libanaise, Beyrouth, 1989, p. 17-18).

    Or, dans la même ligne, le Coran occulte la réalité du péché originel et donc la nécessité d’un salut pour les hommes. Ce sujet sera traité dans une PFV à venir (n° 99).

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