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Politique - Page 74

  • Six prélats pourraient avoir plus à dire sur l'avenir du monde que n'importe lequel des personnages les plus en vue dont parlent généralement les observateurs du Vatican

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    De John L. Allen Jr. sur Crux Now :

    L'empreinte catholique sur six états-clés pourrait façonner l'avenir du monde

    2 mai 2024

    ROME - Si vous demandiez aux observateurs chevronnés du Vatican de nommer les six prélats les plus importants de l'Église catholique aujourd'hui, au-delà du pape lui-même, vous obtiendriez probablement un échantillon assez représentatif des principaux papabili, c'est-à-dire des candidats perçus pour être le prochain pape.

    La liste comprendrait probablement les cardinaux Matteo Zuppi de Bologne, président de l'ultra-influente conférence épiscopale italienne, Pietro Parolin, secrétaire d'État du souverain pontife, Péter Erdő de Budapest, considéré comme le principal candidat de l'opposition conservatrice, et ainsi de suite, la liste étant entièrement composée de hiérarques considérés comme en lice pour le poste suprême.

    Voici une série de noms que la plupart des prétendus experts en affaires ecclésiastiques ne citeraient certainement pas :

    Mgr Martin Kmetec, archevêque d'Izmir (Turquie)
    Mgr Paolo Martinelli, vicaire apostolique d'Arabie méridionale
    Mgr Antonius Franciskus Subianto Bunyamin, évêque de Bandung, Indonésie
    Mgr Sithembele Anton Sipuka, évêque d'Umtata, Afrique du Sud
    Mgr Andrews Thazhath, archevêque de Trichur (Inde)
    l'archevêque Jaime Spengler de Porto Alegre (Brésil).

    Pourtant, si l'on prend au sérieux Cliff Kupchan de l'Eurasia Group, ces six prélats pourraient avoir plus à dire sur l'avenir du monde que n'importe lequel des personnages les plus en vue dont parlent généralement les observateurs du Vatican.

    En effet, ces hommes sont les présidents élus des conférences épiscopales catholiques des six "swing states" qui, selon M. Kupchan, président de l'une des plus importantes sociétés de conseil en gestion des risques au monde, auront un impact considérable sur la géopolitique dans les années à venir, comme l'indique un récent essai publié dans Foreign Policy.

    Ces États sont le Brésil, l'Inde, l'Indonésie, l'Arabie saoudite, l'Afrique du Sud et la Turquie. Tous sont membres du G-20 et ont déjà cherché à accroître leur importance et leur influence. Plus important encore, aucun d'entre eux n'est clairement aligné sur une superpuissance et ils ne se font pas l'écho des positions d'un bloc mondial, de sorte que leur position sur une question donnée peut avoir une influence considérable.

    Par exemple, aucun de ces six États n'a soutenu les sanctions économiques imposées à la Russie en raison de la guerre en Ukraine, ce qui est considéré comme une raison majeure pour laquelle le FMI prévoit que l'économie russe connaîtra une croissance de 0,7 % cette année, ce qui est loin d'être le coup financier paralysant que les puissances occidentales espéraient lorsque le régime de sanctions a été conçu.

    M. Kupchan cite plusieurs autres raisons pour lesquelles ces États sont importants.

    Tout d'abord, dans un monde de plus en plus multipolaire, les relations régionales sont plus importantes que jamais, et ces six États sont des leaders régionaux. Aucun ne semble captif d'une idéologie particulièrement dure, ce qui leur permet d'adopter une approche plus réaliste et transactionnelle de la politique étrangère, renforçant ainsi leur impact.

    Ces six États se sont également révélés capables d'exploiter les rivalités entre les superpuissances que sont les États-Unis, la Chine et la Russie, en obtenant alternativement des concessions et des faveurs de la part de chacune d'entre elles, sans jamais vraiment s'engager en faveur de l'une plutôt que de l'autre. Les six États ont également des économies en croissance qui mettent l'accent sur l'expertise scientifique et technique, ce qui les positionne pour une croissance et une pertinence à long terme.

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  • La dimension politique de la défense de la loi naturelle; le cas français

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    Si l'article ci-dessous concerne la France, nul n'aura de difficulté à s'en inspirer pour analyser la situation dans notre pays, en épinglant tout particulièrement la passivité des évêques face à la multiplication de lois contraires à l'ordre naturel chrétien.

    De l'abbé Claude Barthe sur Res Novae :

    La dimension politique de la défense de la loi naturelle

    L’avalanche de lois « sociétales » en France depuis plus d’un demi-siècle, toutes étant des atteintes directes à la loi naturelle, a provoqué dans une partie du monde catholique une délégitimation diffuse ou expresse des institutions politiques les ayant édictées, cela au sein du déferlement individualiste de l’après-68 et de cette sorte d’explosion en plein vol de l’Église en état de Concile.

    Le « mariage » homosexuel et la constitutionnalisation de l’avortement ont porté chez ces mêmes catholiques le climat à l’incandescence. D’où la question : que faire ? En France, la Manif pour tous, contre le « mariage » homosexuel, et la Marche pour la vie, contre les lois du « droit » à l’avortement, ont mobilisé un militantisme catholique très conséquent. Avec un succès malheureusement nul quant à l’abrogation ou l’aménagement des lois en question, même s’il est sensible dans l’ordre du témoignage public et d’une certaine cohésion apportée aux groupes y résistant au sein d’une société hostile. Mais l’effet ne pourrait-il pas être plus important, non pas sans doute quantitativement mais qualitativement ?

    D’où un débat lancé par le bimensuel L’Homme nouveau, avec un article du 9 mars 2024 de Thomas Lassernat, « « Les Survivants », lutter sans renforcer le système ? »[1], qui estimait que les formes récurrentes de militantisme pro-vie n’avaient fait que renforcer les structures institutionnelles qui engendraient les mauvaises lois. Puis avec un dossier, « Cinquante ans de résistance à l’avortement : peut-on faire un bilan ? » (6 avril 2024), avec deux articles de Michel Janva[2] et Jean-Pierre Maugendre[3], qui répondaient à la position de Lassernat en estimant avec des nuances que la manifestation publique est la seule présentement possible pour mettre le débat sur la place publique, et un article de Philippe Maxence[4], appelant à s’interroger en priorité sur une sortie de la démocratie moderne et citant la phrase du radio-message de Pie XII de juin 1941 : « De la forme donnée à la société, en harmonie ou non avec les lois divines, dépend et s’infiltre le bien ou le mal des âmes. »

    Dans la ligne de celle de Philippe Maxence, nous voulons ici émettre des réflexions sur les plus grands fruits que pourrait porter ce combat catholique, à savoir un début au moins de remise en cause de sa source institutionnelle, mais aussi plus immédiatement de ses métastases dans l’Église, et par le fait une consolidation de l’ensemble du monde catholique dans sa détermination à faire régner le Christ dans les institutions.

    La désintégration progressive de la morale publique au nom du « droit nouveau » (Immortale Dei, 1885)

    La Déclaration des Droits de l’Homme de 1789 a consacré la rupture révolutionnaire : désormais, le pouvoir n’émane plus de Dieu, comme l’affirme saint Paul aux Romains 13, 1 mais « le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la nation » (art. 3), et la loi « expression de la volonté générale » (art. 6) est décrochée de sa référence à la loi de Dieu.

    Cependant, tous les éléments de l’ordre social traditionnel n’ont pas disparu d’un coup et des pans entiers de la loi naturelle ont par exemple subsisté dans la législation concernant le mariage et la famille qui, sauf par le divorce, n’ont été profondément remis en cause qu’à partir des années soixante du siècle dernier[5]. Il reste que, dans le principe, la société politique avait d’un coup cessé de répondre aux principes du droit naturel et chrétien. Et cette novation s’est manifestée dès août 1792.

    La journée du 10 août, consécration de la Révolution a été immédiatement suivie par la loi 30 août 1792 instituant que « le mariage est soluble par le divorce » puis par celle du 20 septembre 1792, instituant la laïcisation de l’état civil et du mariage, le mariage civil étant le seul reconnu par la loi. À quoi s’est ajoutée sous le consulat l’obligation de faire précéder le mariage religieux, s’il avait lieu, par le mariage civil (loi du 10 germinal An X –  8 avril 1802), ce qui sera consacré par le Code civil et par le Code pénal. Cette disposition tyrannique au regard de la liberté de l’Église ne sera d’ailleurs jamais abrogée, pas même lors de la séparation de l’Église et de l’État de 1905 : la célébration en France du mariage religieux reste soumis à la célébration préalable du mariage républicain.

    La Restauration réaffirma l’indissolubilité du mariage et abolit le divorce par la loi du 8 mai 1816, obtenue par Louis de Bonald qui, contre les Lumières, considérait le mariage comme « pierre angulaire de la société » et le divorce comme « un poison révolutionnaire ». Il fut rétablit par la IIIème République, avec la loi Naquet du 27 juillet 1884, et subit ensuite divers aménagements, notamment la possibilité de le décider contractuellement par consentement mutuel des époux (loi du 11 juillet 1975).

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  • Il faut protéger les enfants de la pornographie

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    De Louis-Marie Bonneau sur le site de l'ECLJ :

    Protéger les enfants de la pornographie

    30/4/2024

    Le vendredi 19 avril 2024, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) a adopté à l’unanimité plusieurs textes important relatifs à « La protection des enfants contre la violence en ligne » en citant les travaux de l’ECLJ en la matière. En effet, l’ECLJ a développé depuis plusieurs années une expertise dans le domaine, dans le but de comprendre l’étendu et la gravité du phénomène afin de pouvoir y apporter une réponse. 

    Laisserait-on un enfant regarder ce qui se passe dans une maison close ? C’est pourtant à cela que revient la pornographie laissée en ligne à la portée de la jeunesse, sans compter le métavers et ses potentialités multisensorielles. En 2013, le Parlement européen a constaté que l’usage de la pornographie se banalise chez les jeunes et imprègne leur construction. Quant à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), elle se dit « vivement préoccupée par l’exposition sans précédent des enfants aux images pornographiques, qui nuit à leur développement psychique et physique ». L’ECLJ a récemment publié un rapport sur les moyens à mettre en œuvre pour protéger les enfants et les adultes de la pornographie. Avant cela, il s’agit néanmoins de comprendre l’ampleur du phénomène.

    Une exposition de plus en plus massive à la pornographie

    Si les contenus pornographiques sont normalement réservés aux majeurs, des études montrent que les mineurs y sont de plus en plus exposés. En effet, selon une étude IFOP de 2017, « au cours de leur vie, 63 % des garçons et 37 % des filles de 15 à 17 ans ont déjà au moins une fois surfé sur un site pour y voir des films pornographiques ». Il en va de même aux États-Unis où un récent sondage révèle que 73 % des jeunes de 13 à 17 ans ont été exposés à la pornographie en ligne. La tendance est à l’augmentation.

    C’est aussi l’abaissement de l’âge du premier visionnage pornographique qui inquiète : en 2016 par exemple, près de 49 % des étudiants américains de sexe masculin déclaraient avoir découvert la pornographie avant l’âge de 13 ans et ce phénomène atteint désormais les enfants dès l’école primaire. La fréquence de visionnage de pornographie par les jeunes est également préoccupante. Ainsi, en 2022, 59 % des jeunes américains de 13 à 17 ans déclaraient avoir regardé intentionnellement de la pornographie au moins chaque semaine. D’après l’IFOP, en France en 2017, 36 % des adolescents de sexe masculin décaleraient surfer sur des site X une fois par mois ou plus.

    Ce phénomène si massif peut s’expliquer de diverses façons. Tout d’abord, l’entrée dans l’ère numérique a mis la pornographie à portée de clic. Elle infiltre même l’enceinte des écoles via les smartphones de plus en plus répandus chez les mineurs. D’après le rapport de 2016 de Ennoncence, une autre raison est le « marketing féroce de l’industrie du porno » et « différentes techniques utilisées par [celle-ci] pour attirer des internautes malgré eux » (clics publicitaires, détournement de page d’accueil, sites clandestins, utilisation de mots-clés cachés, sites de téléchargement, de streaming et de live streaming illégaux). Il faut dire que l’exposition des mineurs à la pornographie en ligne rapporte gros à cette industrie : de l’ordre de 789 millions de dollars par an, une telle exposition accidentelle générant environ 147 millions de dollars, sans compter que ces mineurs sont les clients de demain.

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  • Elections 2024 : ...et si les sujets bioéthiques étaient un vrai enjeu ?

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    Invitation - Conférence en ligne

    ☑️ Elections 2024 : 

    ...et si les sujets bioéthiques étaient un vrai enjeu ?

    Le 9 juin prochain, auront lieu les élections au niveau belge et européen. Dans le flot des informations, les sujets bioéthiques sont souvent peu évoqués. Pourtant, ces sujets nous disent quelque chose sur la vision de l'être humain et sa place dans la société, telle qu'elle est véhiculée par chaque formation politique.

    PMA, GPA, maternité, avortement, soins palliatifs, euthanasie, don d'organes, ... : pour vous aider à y voir plus clair, nous avons repéré et décrypté, dans les différents programmes de parti, les positionnements et propositions en matière de bioéthique.

    Nous vous offrons l'opportunité de prendre connaissance de notre analyse lors de notre conférence en ligne.

    Rendez-vous lundi 27 mai à 20h.

    Au plaisir de vous y retrouver !

    Je m'inscris à la conférence

    adogenre

     

  • Es-tu l'un des nôtres ?

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    Pour créer une nouvelle vision de l'Europe, be

    ONE OF US

  • L'affaire EVRAS : une histoire de désinformation menée de l'extérieur ?!

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    Une opinion de Diane Drory (psychologue psychanalyste) et Catherine Jongen (sexothérapeute) sur la Libre

    Guide Evras : nous ne sommes pas des trolls russes

    Quand le Premier ministre déclare que "l’affaire Evras a été organisée depuis l’extérieur du pays", c’est une gifle à tous les pédopsychiatres et psychologues qui dénoncent les effets délétères du "Guide Evras" sur les jeunes enfants.

    30/04/2024

    Des parents en colère. "Encore !" dira-t-on. Parmi vous, certains auront eu l’occasion de lire cette lettre ouverte adressée à notre premier ministre ? En voici le premier paragraphe : "Monsieur le Premier ministre, et si on en reparlait simplement ! Dans l’Echo du 28 mars 2024, nous lisons que vous affirmez, lors du dernier Conseil national de sécurité (CNS), que "l’affaire Evras a été organisée depuis l’extérieur du pays. […] Vous envisageriez "une stratégie de lutte préventive et réactive à la propagation de fausses informations". Toujours dans cet article, il est noté que la Russie, la Chine et l’Iran cherchent à organiser une désinformation… Dans BX1, on peut lire que ce CNS a eu lieu "pour faire le point sur les nombreux dossiers concernant les violences liées au trafic de drogue (référence est même faite aux mafias albanaise et marseillaise) ou encore aux menaces extérieures."

    Animations Evras ajustées : oui !

    Qui ne serait pas en colère face à un énoncé témoignant d’une réelle ignorance de la réalité du terrain ? Et des conséquences qui peuvent en découler. Qui aimerait être catégorisé comme étant un troll russe quand il s’agit d’alerter le monde politique face à des dérapages d’importance suite à de nombreuses animations Evras (Éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle). Nous insistons : ce type d’enseignement est utile tant qu’il s’adresse à des jeunes pubères et qu’il respecte leur développement psychoaffectif et la prudence nécessaire autour d’un sujet si intime. Certains PMS en font de manière ajustée depuis des années. Par contre, c’est le "Guide Evras", grandement impacté d’idéologie trans, qui se veut non-hétéronormatif et qui en "sexualisant" les enfants dès 5 ans, a des effets délétères sur eux et déséquilibre les familles. Ces dernières n’assurent-elles pas la stabilité d’une démocratie digne de ce nom ? La famille, quelle que soit la norme qui la constitue, a droit au respect de sa parole et à l’écoute de la part du politique. L’autorité parentale et la transmission qu’elle institue ont l’obligation d’être reconnus et soutenus. Les dégâts flagrants de l’idéologie prônant l’autodétermination "en tous genres" sont notre quotidien à nous, les pédopsychiatres, les psychologues cliniciens thérapeutes d’enfants et d’adolescents.

    N’est-il pas utile d’écouter ce qui est à l’origine de la peur, de l’indignation et des dérives, concernant le sexe, qui font effraction dans l’intime des enfants ? Combien de temps les responsables vont-ils refuser de poser un regard sur un scandale psychique ciblant des enfants vulnérables ?

    Discréditer les voix divergentes

    Car à côté de ce dossier, en émerge un autre : la volonté de discréditer les voix divergentes. Quand des responsables politiques affirment que "l’affaire Evras a été organisée depuis l’extérieur du pays", ils lient notre propos de manière subliminale aux campagnes de désinformation venant de Russie ou de Chine. Le procédé évite de répondre aux critiques de fond et constitue un dangereux précédent en matière de liberté de débattre et de déni de démocratie. L’assertion que l’opposition au "Guide Evras" serait uniquement menée depuis l’étranger est, en grande partie fausse car outre les parents, nombre d’experts pratiquant en Belgique en toute neutralité d’influence, désapprouvent certains contenus du "Guide Evras". En tant que lanceurs d’alerte, les professionnels ont un rôle à jouer. Les entendre peut être plus utile que les nier ou les faire taire, en les traitant de hors-la-loi…

    Taxés de "désinformateurs"

    Oui trop souvent les voix dissidentes sont marginalisées, fustigées, annulées, voire réduites au silence. Au lieu d’accuser des parents qui se bougent et des professionnels qui s’inquiètent de "désinformateurs", le politique ferait mieux d’écouter de temps en temps la population et son bon sens ! En démocratie, l’opinion publique n’est-elle pas censée jouer un rôle central ? La non-écoute des gouvernants face à la base soulève des questions fondamentales sur la nature même de la démocratie représentative et des mécanismes de gouvernance.

    Des scientifiques mis en cause

    En face, l’idéologie transgenre s’impose dans de plus en plus de sphères de la société. Bien que la pensée critique et le débat ouvert soient les piliers de la recherche scientifique et médicale, nombre de professionnels expérimentés ont de plus en plus peur de discuter ouvertement de leur point de vue sur le traitement de jeunes adolescents remettant en question leur identité de genre. Cerise sur le gâteau, réfléchir avec le jeune quant à ce qui l’a amené au questionnement sur son identité sexuelle est taxé de thérapie de conversion et donc… punissable ! Le simple fait d’entrer dans l’arène met la réputation du professionnel en danger. Il est clairement devenu une habitude de terroriser celui qui ose questionner ou qui dénonce. Pourtant, les études les plus récentes montrent que la majorité des enfants surmontent leur dysphorie de genre quand ils sont écoutés, autorisés à grandir et à se développer naturellement sans intervention médicale.

    Une gifle aux lanceurs d’alerte

    Mais veut-on écouter les professionnels de l’enfance et de l’adolescence ? Lorsque l’on pense différemment, voire qu’une opinion remette certaines décisions en questions, les portes des politiques se barricadent ! Notamment, lorsque l’on tente de signaler que dans plusieurs domaines, le politique est instrumentalisé par divers lobbys. Ainsi, par exemple, face aux graves inadéquations du "Guide Evras", notre ministre de l’Enseignement a maintes fois refusé d’auditionner les acteurs du terrain. Comprenez que pour des personnes qui, de façon bénévole, cherchent à informer les dirigeants sur certaines dérives, se sentir assimilés à la mafia albanaise, c’est un peu violent. Reconnaissez-le, Monsieur le Premier ministre. C’est une gifle à tous ceux qui, par idéalisme et professionnalisme, tentent d’alerter sur les dérives du texte en question. À croire que les politiciens reprendraient à leur nom le slogan de l’autodétermination du genre : "je dis qui je suis que je dis", et voilà qui clôt tout débat et tout possible échange.

    Espérons un retour du débat

    Cette attitude de mépris, de la part des élites politiques, donne le sentiment que quand le terrain démontre autre chose que la théorie, ceux qui s’accrochent à la théorie refusent la réalité et donc s’en déconnectent. […]

    Peut-on encore espérer une démocratie véritablement participative qui garantirait que les gouvernants écoutent l’opinion du terrain et agissent dans l’intérêt de tous les citoyens et… de leurs enfants ?

    Mais tout ceci n’est peut-être qu’un malentendu. Lorsque notre Premier ministre nous dit "L’affaire Evras a été organisée depuis l’extérieur du pays" peut-être voulait-il signaler que le Conseil National de Sécurité allait faire le point quant à la conception de ce "Guide Evras" fortement idéologisé trans qui pourrait avoir été influencé par des désinformateurs extérieurs afin de déstabiliser et fragiliser notre jeunesse.

    Réhabilitons la confiance et le débat.

  • TOUS les partis belges francophones sont favorables à l'inscription de l’avortement dans la charte des droits de l’UE

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    Aucun candidat d'aucun parti ne devrait donc avoir les voix des électeurs catholiques mais qui se soucie encore de valeurs telles que le droit à la vie d'un enfant à naître ? 

    Du site de la RTBF :

    L’avortement dans la charte des droits de l’UE? La réponse des têtes de listes

    Ala suite de l’émission "Un Ticket pour l’Europe", Quentin, jeune agriculteur parti à Malte, a proposé d’inscrire le droit à l’avortement dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne et d’uniformiser les délais légaux d’accès à l’IVG.

    Lors de l’émission spéciale QR de "Un Ticket pour l’Europe" en direct du Parlement européen le 17 avril, les 8 jeunes candidats de l’émission "Un Ticket pour l’Europe ont chacun soumis leur proposition de résolution ou de législation européenne. Les têtes de listes ont transmis leurs réponses.

    Les réponses unanimes ont soutenu l’inscription du droit à l’avortement, bien que les opinions divergent sur la façon d’uniformiser les délais.

    Réponse de Sophie Wilmès (MR) : Oui, nous sommes pour l’inscription du droit à l’avortement dans la Charte européenne des droits fondamentaux car cela permettrait de bétonner un garde-fou solide pour éviter d’éventuels retours en arrière sur le sujet. On consacre donc ce droit partout dans l’Union européenne. Sur les délais légaux d’accès à l’IVG, nous ne sommes pas opposés sur le principe, même si le consensus semble très difficile à atteindre.

    Réponse de Saskia Bricmont (Ecolo) : 100% POUR ! ‘Mon corps, mon choix’, c’est ce qui guide l’action écologiste. Partout en Europe, le droit à l’IVG doit être un droit fondamental pour toutes les femmes. Nous avons agi en ce sens à plusieurs reprises tout au long de ce mandat dans les différents parlements et au sein du Secrétariat à l’égalité des genres. Le 11 avril 2024, le Parlement européen a adopté une résolution demandant que les droits sexuels et reproductifs, y compris le droit à l’avortement, soient inclus dans la Charte des droits fondamentaux de l’UE.

    En 2022, nous avions adopté une résolution appelant les Etats membres à garantir l’accès à des services d’avortement sûrs, légaux et gratuits, à des services de soins prénataux et maternels, à la planification familiale volontaire, à la contraception, à des services adaptés aux jeunes, ainsi qu’à la prévention, aux traitements et au soutien en matière de VIH, sans discrimination.

    La défense de l’IVG libre et gratuite fait partie de nos priorités tant au niveau européen qu’au niveau national. Sur le délai, 25 des 27 Etats de l’Union européenne permettent aujourd’hui l’interruption volontaire de grossesse sans besoin de justification de la part de la femme qui décide d’y recourir. A Malte et en Pologne, le droit à l’avortement reste très restrictif. Le délai maximal pour avorter varie de 10 semaines au Portugal à 24 semaines aux Pays-Bas. En Belgique, il est actuellement à 12 semaines, mais nous écologistes souhaitons le porter à 22 semaines.

    Le droit à l’autodétermination sur son propre corps est fondamental. Nous partons du principe " mon corps, mon choix ". Les femmes ne doivent pas être contraintes d’être enceintes et de mettre un enfant au monde contre leur volonté. Pourtant, nulle part, ce droit des femmes à faire leurs propres choix n’est acquis à 100%. Nous avons mené des actions, participé à des manifestations et sommes intervenus au Parlement. Nous ne lâcherons pas l’affaire. L’avortement doit être autorisé jusqu’à 18 semaines de grossesse. Nous continuerons à mettre en priorité le droit au choix des femmes, et à faire pression pour que les femmes bénéficient de soins médicaux adéquats en Belgique, et partout en Europe. De plus, nous misons sur la prévention. Nous investirons dans l’accessibilité de la contraception en ligne avec les recommandations des experts.

    Au niveau européen, nous pensons qu’un délai minimum devrait être instauré mais qui permettrait à tous les Etats membres d’étendre ce délai comme préconisé par les lignes directrices de l’OMS de 2022.

    Réponse de Marc Botenga (PTB) : Oui. Le droit à l’autodétermination sur son propre corps est fondamental. Nous partons du principe " mon corps, mon choix ". Les femmes ne doivent pas être contraintes d’être enceintes et de mettre un enfant au monde contre leur volonté. Pourtant, nulle part, ce droit des femmes à faire leurs propres choix n’est acquis à 100%. Nous avons mené des actions, participé à des manifestations et sommes intervenus au Parlement. Nous ne lâcherons pas l’affaire. L’avortement doit être autorisé jusqu’à 18 semaines de grossesse. Nous continuerons à mettre en priorité le droit au choix des femmes, et à faire pression pour que les femmes bénéficient de soins médicaux adéquats en Belgique, et partout en Europe. De plus, nous misons sur la prévention. Nous investirons dans l’accessibilité de la contraception.

    Réponse d’Elio Di Rupo (PS) : La consécration du droit à l’IVG dans les chartes fondamentales de niveau européen ou international serait une avancée d’une importance considérable pour les femmes. Le PS soutiendra tous les efforts entrepris à cet égard. L’uniformisation des délais légaux pour pouvoir pratiquer une IVG serait également une nouvelle garantie cruciale pour les femmes européennes. Il est toutefois impératif que cette uniformisation se fasse "par le haut". C’est-à-dire que le délai à appliquer dans toutes l’UE, soit égal, au minimum, au délai le plus long applicable actuellement dans l’UE (sans doute les 22 semaines des Pays-Bas). On ne pourrait, en effet, accepter de revenir sur le droit à l’IVG tel qu’il est consacré dans les pays les plus progressistes au nom de l’uniformisation des délais.

    Réponse d’Yvan Verougstraete (Les Engagés) : Nous défendons la proposition. Nous proposons une approche double pour renforcer les droits des femmes en matière de santé reproductive dans toute l’Union européenne.

    Premièrement, nous souhaitons inscrire le droit à l’avortement dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. Cette intégration garantira une protection juridique contre les législations nationales restrictives et affirmera de manière claire et incontestable le droit fondamental des femmes à choisir.

    Deuxièmement, nous reconnaissons les risques d’une harmonisation qui pourrait limiter les droits actuels plutôt que de les étendre. Pour cette raison, notre proposition vise à établir un délai minimal de semaines durant lesquelles l’IVG doit être accessible, au-delà des législations nationales plus restrictives. Ce délai minimal serait établi après consultation et étude approfondie des meilleures pratiques et recommandations médicales au niveau international, assurant ainsi le respect des droits des femmes à disposer de leur corps.

    Au-delà des délais légaux, il s’agira de veiller à ce que la liberté de choix des femmes soit respectée dans les faits et qu’il n’y ait d’intimidation institutionnelle. En résumé, notre position est de protéger et d’étendre les droits à l’avortement par une action européenne concrète qui aligne les législations nationales avec les valeurs fondamentales de l’Union européenne en matière de droits humains et d’égalité. En faisant cela, nous soutenons non seulement les femmes dans chaque État membre, mais renforçons également l’unité et les valeurs communes de notre Union.

  • Vatican et guerre en Ukraine : deux langages opposés

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (Diakonos.be) :

    Sur la guerre en Ukraine, le Vatican tient deux langages opposés. Les voici côte à côte

    Le Saint-Siège tient deux langages différents au sujet de la Russie et de l’Ukraine. Des langages très différents entre eux, voire contradictoires.

    Le premier, c’est celui du Pape François, qui depuis des mois justifie inlassablement ses appels à la paix par ces deux raisons : « la guerre est toujours une défaite » et « ceux qui y gagnent le plus sont les fabricants d’armes ».

    Plusieurs parties ont déjà objecté au pape que ces deux raisons ne collent pas à la réalité, à moins de considérer la victoire militaire contre l’Allemagne nazie comme une défaite et la défense armée de sa propre vie et de sa propre liberté comme une pratique suspecte.

    Mais rien ne semble entamer les convictions de Jorge Mario Bergoglio. Ce dernier a également exprimé son opinion personnelle aussi bien sur ce qui serait à l’origine de l’agression contre l’Ukraine que sur la manière de la faire cesser.

    La genèse de cette agression serait selon lui attribuée au fait que « l’OTAN était aller aboyer aux portes de la Russie sans comprendre que les russes sont impérialistes et non permettent à aucune puissance étrangère de s’approcher de leurs frontières ».

    Tandis que pour faire cesser la guerre, il demande simplement à l’Ukraine de reconnaître sa défaite, de déposer les armes et de négocier avec l’envahisseur, bref d’avoir « le courage de se rendre, d’agiter le drapeau blanc ».

    Il faut ajouter que ce langage du pape est également celui qui trouve le plus grand écho dans les médias, et que l’on répète à chaque fois qu’il prend la parole.

    Tandis que l’autre langage tenu par le Saint-Siège reste quant à lui dans l’ombre, et n’est que peu relayé : il s’agit de celui de la Secrétairerie d’État vaticane et celui – moins officiel mais également plus argumenté et révélateur – de « La Civiltà Cattolica ».

    Un second langage qu’il est bon de mettre en évidence.

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  • Elections européennes et idéologie européiste (Mgr Crepaldi)

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    De l'Observatoire International Cardinal Van Thuan :

    ÉLECTIONS EUROPÉENNES ET IDÉOLOGIE EUROPÉISTE
    INTERVIEW DE L'ÉVÊQUE GIAMPAOLO CREPALDI

    (Giampaolo Crepaldi est un archevêque émérite de l'Église catholique. Il a été évêque de Trieste du 4 octobre 2009 au 23 avril 2023. Il a auparavant été secrétaire du Conseil pontifical Justice et Paix.) 
     
    Le 8 juin prochain se tiendront les élections au Parlement de l'Union européenne. Il y a de nombreuses raisons de penser que cette fois-ci, elles seront importantes, êtes-vous d'accord ?

    Il y a certes des doutes sur la participation des électeurs qui, par le passé, n'a jamais été très élevée. Cependant, en évaluant les problèmes sur la table, je pense que ce tour électoral est certainement plus important que d'autres dans le passé. L'Union européenne n'a pas donné une très bonne image d'elle-même ces derniers temps. Nombreux sont ceux qui ont souligné les graves lacunes du Green Deal européen, mais ils n'ont pas été écoutés. Les politiques climatiques et de transition énergétique ont été centralisées, coûteuses, inefficaces et illusoires, provoquant des réactions de rejet. Le récent vote du Parlement sur l'avortement en tant que droit humain a mis en évidence le contrôle du Parlement lui-même par une idéologie destructrice et sans espoir. L'ingérence des institutions de l'Union dans les élections politiques en Pologne et l'imposition des décisions du gouvernement de la Hongrie, une nation souvent considérée comme "étrangère" à l'Union, sont quelques aspects d'une situation de crise évidente. À cela s'ajoute un échec considérable en matière de politique étrangère.

    Prévoyez-vous des changements majeurs dans la composition du Parlement européen ou de petites modifications ?

    Certains pays européens ont récemment enregistré des résultats électoraux très défavorables à l'Union européenne. Je pense aux élections dans certains États allemands et surtout aux Pays-Bas. Sur la base de cette tendance, certains observateurs estiment même qu'une centaine de sièges pourraient être déplacés au sein du prochain Parlement européen. Cependant, il est difficile de faire des prédictions. Je me limite à constater qu'il y aura probablement une polarisation de la composition du Parlement, signe que l'avenir de l'Union européenne ne sera pas une voie facile, mais plutôt conflictuelle. Cette polarisation portera-t-elle principalement sur cet aspect : ralentir, voire réduire le transfert de souveraineté des États ou, au contraire, accélérer l'unification ?
     
    Ces derniers jours, Mario Draghi a anticipé certains contenus du rapport qu'il a rédigé au nom de la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Layen. Comment les évaluez-vous ?

    Je pense que Mario Draghi ne parle pas seulement à titre personnel, mais aussi au nom des différents cercles de pouvoir, financiers, économiques et politiques, auxquels il est lié. Son intervention doit donc être évaluée avec soin. Il me semble qu'elle se place dans la perspective d'un renforcement rapide et décisif de l'Union avec la perspective de la naissance d'un État central, la création d'une dette commune, le réarmement européen et la poursuite de la transition écologique et numérique. Il a parlé de la nécessité d'un "tournant", mais il me semble que sa proposition s'inscrit dans la continuité des tendances actuelles, qu'il voudrait radicaliser et accélérer en allant vers une nouvelle "souveraineté" européenne.

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  • RDC : Le cardinal Ambongo dans le viseur de la justice

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    Un article d'Hubert Leclercq dans "La Libre Afrique", le 28 avril 2024: l'éternel retour de la querelle entre l'Eglise et l'Etat:

    "Le procureur général près la Cour de Cassation, Firmin Mvonde Mambu, ordonne au procureur général près la Cour d’Appel de Kinshasa/Matete d’ouvrir une information judiciaire à charge du cardinal Fridolin Ambongo.

    L’Église catholique a toujours joué un rôle politique central au Zaïre et en République démocratique du Congo.

    Le cardinal Malula sous Mobutu, les cardinaux Etsou et Monsengwo de Mobutu à Joseph Kabila en passant par Laurent-Désiré kabila, les chefs de l’Église catholique ont toujours été des aiguillons pour la classe dirigeante qui a dû composer avec la liberté de parole des prélats et leur défense systématique des intérêts de la population congolaise.

    Ambongo, l’héritier

    ambongo-monsengwo-stade-261118-800px.jpgL’actuel cardinal Ambongo marche dans les traces de ses prédécesseurs avec un discours, pourtant parfois plus polissé que ceux qui l’ont  précédé, mais qui ose mettre le doigt sur ce qui ne va pas dans l’architecture de l’État congolais version Félix Tshisekedi.

    Une attitude inacceptable pour ce régime qui s’est toujours assis sur les normes pour assurer son pouvoir et imposer ses choix, qui a escamoté la vérité, jeté opposants et journalistes derrière les barreaux et qui a érigé la victimisation en premier argument de défense pour tenter de justifier tous ses manquements.

    La justice par le biais de son principal zélote, le procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde Mambu, personnage central dans l’assassinat converti en suicide de l’opposant Chérubin Okende, a donc adressé une missive au procureur général du tribunal de Grande instance de Kinshasa-Matete, dans laquelle il ordonne l’ouverture d’une information judiciaire à l’encontre du cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa.

    Fuite en avant

    Le procueur Mvonde parle de « propos séditieux » tenus par le cardinal lors de ses diverses prises de parole publiques.

    Des propos que le magistrat juge de nature « à décourager les militaires des forces armées de la République qui combattent au front, mais aussi incitatifs à la maltraitance par les rebelles et autres envahisseurs des populations locales déjà meurtries par autant d’années de déstabilisation. »

    Le cardinal Ambongo, selon le courrier du procureur Mvonde, ne se serait pas présenté le 25 avril dans son bureau comme il y aurait été invité pour « un échange autour de certains dossiers en instruction ».

    Ce qui permet au magistrat d’ajouter « Devant l’évidence de ces comportements qui s’analysent en faits infractionnels envers et contre la patrie, son peuple et ses dirigeants et qui mettent à mal les lois de la République, je vous ordonne d’ouvrir une information judiciaire à charge du prélat qui violente les consciences et semble trouver plaisir à travers ces faux bruits et autres incitations des populations à la révolte contre les institutions établies et aux attentats contre les vies humaines. Agir autrement s’analysera en déni de justice de votre part, poursuit le magistrat, qui ajoute : votre inactivisme sera considéré comme un fait de complicité… »

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  • Les évêques denoncent un État congolais faible et inefficace

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    De Jude Atemanke sur le Catholic World Report :

    Les évêques de la République démocratique du Congo : Face à la croissance de l'Eglise, "l'Etat congolais est mort".

    28 avril 2024

    Les évêques catholiques de la province ecclésiastique de Bukavu en République démocratique du Congo (RDC) ont dénoncé l'insécurité et la violence dans leurs diocèses.

    Dans leur déclaration collective publiée dimanche 14 avril, les membres de l'Assemblée épiscopale provinciale de Bukavu (ASSEPB) ont déclaré : "L'insécurité est devenue endémique, avec son cortège de tueries même en pleine journée, de massacres et d'enlèvements de paisibles citoyens dans nos villes et villages".

    Les membres de l'ASSEPB ont dénoncé "l'ouverture de la plupart de nos entités territoriales, l'encerclement de la ville de Goma par le M23 soutenu par le Rwanda et la stratégie de paralysie de l'économie par l'isolement et l'asphyxie des grandes et petites villes".

    "Malgré la tenue d'élections, l'État congolais reste faible et inefficace", ont-ils encore déploré.

    Les dirigeants de l'Église catholique ont reproché au gouvernement dirigé par le président Félix Tshisekedi de laisser les citoyens livrés à eux-mêmes, déclarant : "L'État congolais est mort : "L'État congolais est mort, et nous, les gouvernés, sommes abandonnés à notre triste sort ; et nous ne voyons aucune indication que les gouvernants d'aujourd'hui pensent au bien-être des gouvernés dans un avenir proche.

    "On peut se demander si ce comportement ne contribue pas au plan de [fragmentation] et de démembrement de la RDC, même si le peuple s'y oppose déjà", ont-ils ajouté.

    Les dirigeants de l'Église catholique congolaise ont attribué les défis auxquels sont confrontés les citoyens ordinaires de la RDC au "tribalisme, à la fraude électorale et à la manipulation de presque toutes les couches sociales" et ont ajouté que les maux sociaux mis en évidence "augmentent la souffrance du peuple".

    Ils ont lancé un défi aux politiciens pour qu'ils comprennent le sens correct de la politique, en donnant la priorité au peuple de Dieu.

    "La politique est la forme la plus élevée de la charité, parce que son but n'est pas de se servir soi-même, mais de servir les autres et la société - le peuple d'abord", ont-ils déclaré.

    Les évêques ont mis en garde leurs compatriotes contre le désespoir, affirmant que le peuple congolais devait "refuser de mourir et garder l'espoir, en priant sans cesse pour sa conversion et celle de ses bourreaux, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays, confiant que l'aide vient du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre".

    Ils ont prié pour que "l'image du Congolais, déformée par le mal, soit restaurée".

    Dans leur déclaration, les évêques ont salué "le dynamisme du peuple de Dieu" et l'héroïsme des prêtres, des religieuses et des religieux dans un contexte d'insécurité "endémique".

    "Presque partout, des paroisses sont créées, des bâtiments d'église sont construits, des presbytères sont améliorés et de nombreux autres services sont offerts", ont déclaré les évêques, ajoutant que la béatification prévue de quatre martyrs - dont trois membres des missionnaires xavériens et un prêtre - devrait avoir lieu le 18 août dans le diocèse d'Uvira et est "une cause de joie".

  • Les souffrances silencieuses du peuple Amhara en Éthiopie

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    De l'ECLJ :

    Les souffrances silencieuses du peuple Amhara en Éthiopie

    26 avril 2024

    Le Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ) vient de publier un rapport détaillé sur « La souffrance silencieuse du peuple Amhara en Éthiopie » (The Silent Suffering of the Amhara People in Ethiopia). Ce travail présente un examen approfondi des graves problèmes et violations des droits de l'homme auxquels est confrontée la communauté Amhara en Éthiopie, tout en soulignant la persécution des chrétiens impliqués dans ces crises.

    Sur la base de ce rapport, l'ECLJ a soumis un mémoire pour la 47e session de l'Examen Périodique Universel (EPU), afin de discuter de l'état des droits de l'homme en Éthiopie. En effet, l'ECLJ bénéficie du Statut consultatif spécial auprès du Conseil économique et social des Nations unies.

    Le rapport fait état de nombreux incidents importants survenus dans le pays, notamment une série d'attaques contre des chrétiens, le massacre de Burayu, les massacres de Shashemene et de multiples assassinats ciblés dans le Wollega et la zone de Metekel. En expliquant et détaillant ces violations, le rapport met également en lumière le déplacement forcé de la communauté Amhara, en particulier dans les zones situées autour de la capitale. Ces déplacements, souvent justifiés par le gouvernement sous couvert de projets de développement urbain, ont touché de manière disproportionnée les non-Oromos, ce qui indique une discrimination ethnique.

    En outre, le rapport décrit les opérations militaires dans la région Amhara, en particulier après la déclaration de l'état d'urgence en août 2023. Ces opérations ont été marquées par des attaques de drones contre des populations civiles dans des villes telles que Finote Selam[1], Quarit et Dembecha[2], qui ont fait de nombreuses victimes civiles, y compris des femmes et des enfants. L'utilisation de drones contre des populations non combattantes dans ces zones soulève de graves inquiétudes quant au respect par le gouvernement éthiopien du droit international humanitaire et des droits de l'homme.

    Le rapport met également en évidence les exécutions extrajudiciaires et sommaires, avec de nombreux récits d'incidents de ce type survenus au cours d'opérations militaires. Ces opérations impliquent souvent des perquisitions de porte à porte, au cours desquelles les personnes soupçonnées de soutenir les groupes d'opposition sont exécutées sans aucune forme de procès. Il est inquiétant de constater que ces actions ont également visé des personnalités religieuses et des étudiants.

    Les arrestations massives ont aggravé la situation, des milliers d'Amhara étant détenus sous le prétexte de maintenir la sécurité. Ces arrestations, souvent dépourvues de base légale, ont conduit à des centres de détention surpeuplés, où les détenus seraient soumis à des conditions difficiles et n'auraient qu'un accès limité aux soins médicaux. Ces soins de santé inadéquats auraient contribué à une épidémie de choléra en septembre 2023, entraînant plusieurs centaines de décès dans ces centres de détention[3].

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