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Politique - Page 71

  • Arménie : le second génocide

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    De Temoin Media :

    Après plus de 20 ans, le directeur de Témoin Aleksanyan Armand est retourné dans son pays natal, l’Arménie, pour constater un drame bouleversant qui se joue sous nos yeux. Ce retour a donné naissance à un projet qui nous tient particulièrement à cœur : un documentaire sur la situation tragique en Arménie.

    Ce film est le fruit de plusieurs mois d’immersion dans cette réalité complexe, où il a été témoin de l’épuration ethnique qui sévit actuellement, menaçant l’histoire et l’identité même de ce peuple. À travers ce documentaire,le souhait est donner une voix aux sans voix, à ceux qui subissent les conséquences tragiques de la violence et de la haine. Plus qu’un simple témoignage, ce documentaire est un appel à l’action, une invitation à réfléchir et à se mobiliser pour soutenir le peuple arménien dans cette épreuve. Avec la participation exceptionnelle d’experts tél que Tigrane Yegavian, Aram Mardirossian, Alexandre Del Valle, Alexandre Goodarzy et bien d’autres. 

  • Une seule terre sainte pour Juifs, Palestiniens et Chrétiens ? Certains y croient vraiment...

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (Diakonos.be) :

    Une seule terre sainte pour Juifs, Palestiniens et Chrétiens. Certains y croient vraiment

    Jeudi 16 mai, deux jours après que Settimo Cielo se soit fait l’écho de l’extraordinaire « lectio » qu’il avait tenue à Rome sur ce que l’Église peut faire au beau milieu de la guerre sans fin entre Israël et les Palestiniens, le cardinal Pierbattista Pizzaballa, le patriarche latin de Jérusalem, avec l’autorisation d’Israël et en empruntant un passage secret, s’est rendu en personne à Gaza, en compagnie du Grand Hospitalier de l’Ordre de Malte, pour apporter aide et réconfort aux quelques centaines de chrétiens restés dans la ville (photo). Il a trouvé Gaza dans un état de destruction – a-t-il déclaré – tel que il n’en avait vu auparavant qu’en 2014 à Alep, en Syrie.

    Et ce même16 mai, dans une coïncidence parfaite, le jésuite israélien David Neuhaus, grand expert du dialogue entre Juifs et Chrétiens, déclarait à la une du dernier numéro de « La Civiltà Cattolica » que le patriarche Pizzaballa était l’homme d’Église qui était plus en mesure que quiconque de rétablir des relations positives entre les chrétiens et « nos pères dans la foi », comme Benoît XVI aimait appeler les Juifs, plutôt que nos « grands frères ».

    « Mgr Pizzaballa parle hébreu et est engagé depuis longtemps dans le dialogue entre Juifs et Chrétiens et sa nomination comme patriarche a été accueillie par les Israéliens comme une avancée positive », constate le P. Neuhaus dès la première page de son éditorial.

    En effet, avant lui « le patriarche de Jérusalem avait toujours été un Arabe », avec par conséquent « des tensions avec les autorités de l’État d’Israël ». Mais, en revanche, le Pape François – reconnaît fort justement le P. Neuhaus – a pris non seulement la décision de nommer un Italien ami des Juifs actif depuis des années en Terre Sainte, mais également de le créer cardinal, le 30 septembre dernier, quelques jours avant le massacre perpétré le 7 octobre par le Hamas qui a déclenché ce dernier épisode dramatique de la guerre. »

    Le P. Neuhaus prend acte qu’aujourd’hui, la distance entre les autorités israéliennes et le Pape « s’est accentuée et s’est étendue à de nombreux Juifs dans le monde entier ». Et dans cet article de « La Civilità Cattolica », il souhaite justement « approfondir et analyser cette crise ».

    Mais il veut également identifier le chemin pour revenir à des relations plus positives entre Juifs et Chrétiens.

    *

    D’autant que ce sont surtout certaines déclarations et gestes du Pape François qui ont précipité cet état de crise.

    Le P. Neuhaus cite en particulier la double rencontre que le Pape a eue le 22 novembre 2023 avec la famille des otages israéliens à Gaza et avec des parents de Palestiniens tués dans cette ville, qu’il a rassemblés sous un même jugement : « Ce n’est pas faire la guerre ça, c’est du terrorisme ». Ce qui lui a valu « l’indignation » des autorités israéliennes pour « ce parallélisme inapproprié ».

    Le P. Neuhaus fait ensuite allusion au jugement exprimé par le Pape à d’innombrables reprises : « La guerre est une défaite pour tous ». Une « ritournelle permanente » – écrit-il – qui « a suscité la consternation non seulement des autorités israéliennes et des personnalités Juives dans le monde entier, mais également des Ukrainiens, dans le contexte de la guerre en cours en Russie ».

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  • Le pape François a accordé "une rare interview" à l'émission 60 Minutes (CBS)

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    De Norah O'Donnell sur CBS NEWS :

    Le pape François a accordé une interview historique à Norah O'Donnell, présentatrice et rédactrice en chef du journal télévisé du soir de CBS, dans une émission spéciale d'une heure diffusée le lundi 20 mai à 22 heures (heure française) sur CBS et en streaming sur Paramount+. Au cours d'une vaste conversation, François parle des pays en guerre, de sa vision de l'Église catholique, de son héritage, de son espoir pour les enfants et de bien d'autres choses encore.

    Le pape François accorde une rare interview à l'émission 60 Minutes : « la mondialisation de l'indifférence est une maladie très laide ».

    19 mai 2024

    François est le premier pape originaire des Amériques, le premier de son nom, et plus que tout autre pape de mémoire récente, il a consacré sa vie et son ministère aux pauvres, aux périphériques et aux oubliés. Tout en dirigeant l'Église catholique sur des questions difficiles, parfois controversées, qui ne font pas l'unanimité. Nous avons eu droit à une rare interview au Vatican et nous nous sommes entretenus avec lui, dans sa langue maternelle, l'espagnol, par l'intermédiaire d'un traducteur, pendant plus d'une heure. La chaleur, l'intelligence et la conviction de cet homme de 87 ans ne se sont pas perdues dans la traduction. Nous avons commencé par discuter de la première Journée mondiale de l'enfance de l'Église. Le week-end prochain, le pape François accueillera au Vatican des dizaines de milliers de jeunes, dont des réfugiés de guerre.

    Norah O'Donnell : A l'occasion de la Journée mondiale de l'enfance, l'ONU annonce que plus d'un million de personnes seront confrontées à la famine à Gaza, dont de nombreux enfants. 

    Pape François : Pas seulement à Gaza. Pensez à l'Ukraine. De nombreux enfants ukrainiens viennent ici. Vous savez quoi ? Que ces enfants ne savent pas sourire ? Je vais leur dire quelque chose (mime un sourire)... ils ont oublié comment sourire. Et c'est très douloureux.

    Norah O'Donnell : Avez-vous un message pour Vladimir Poutine à propos de l'Ukraine ?

    Pape François : S'il vous plaît, pays en guerre, tous, arrêtez. Arrêtez la guerre. Vous devez trouver un moyen de négocier la paix. Efforcez-vous de parvenir à la paix. Une paix négociée est toujours préférable à une guerre sans fin. 

    Norah O'Donnell : Ce qui se passe en Israël et à Gaza a provoqué tant de divisions et de souffrances dans le monde entier. Je ne sais pas si vous avez vu aux États-Unis les grandes manifestations sur les campus universitaires et la montée de l'antisémitisme. Que diriez-vous pour changer cela ?

    Pape François : Toute idéologie est mauvaise, et l'antisémitisme est une idéologie, et elle est mauvaise. Tout « anti » est toujours mauvais. Vous pouvez critiquer un gouvernement ou un autre, le gouvernement d'Israël, le gouvernement palestinien. On peut critiquer tout ce que l'on veut, mais pas « anti » un peuple. Ni anti-palestinien, ni antisémite. Non.

    Norah O'Donnell : Je sais que vous appelez à la paix. Vous avez appelé à un cessez-le-feu dans nombre de vos sermons. Pouvez-vous aider à négocier la paix ?

    Pape François : (soupir) Ce que je peux faire, c'est prier. Je prie beaucoup pour la paix. Et aussi suggérer : « S'il vous plaît, arrêtez. Négociez. »

    La prière est au cœur de la vie du pape depuis qu'il est né Jorge Mario Bergoglio en Argentine, en 1936, dans une famille d'immigrés italiens. Avant d'entrer au séminaire, Bergoglio a travaillé comme chimiste.

    Sa formule personnelle est la simplicité. Il porte toujours la simple croix en argent qu'il portait lorsqu'il était archevêque de Buenos Aires. Ce n'est pas tant ce que François porte que le lieu où il vit qui a donné le ton à son pontificat, il y a 11 ans.  

    Au lieu d'un palais situé au-dessus de la place Saint-Pierre, il a choisi la Casa Santa Marta, une maison d'hôtes du Vatican, comme résidence. 

    C'est là que nous l'avons rencontré, sous une peinture de la Vierge Marie. Entouré par le sacré, François n'a pas renoncé à son sens de l'humour, même lorsqu'il aborde des sujets sérieux, comme la crise des migrants.

    Norah O'Donnell : Mes grands-parents étaient catholiques. Ils ont immigré d'Irlande du Nord dans les années 1930 vers les États-Unis, à la recherche d'une vie meilleure. Je sais que votre famille a également fui le fascisme. Vous avez parlé aux migrants, dont beaucoup sont des enfants, et vous encouragez les gouvernements à construire des ponts et non des murs.

    Pape François : La migration est quelque chose qui fait grandir un pays. On dit que les Irlandais ont migré et apporté le whisky, et que les Italiens ont migré et apporté la mafia... (rires) C'est une plaisanterie. Ne le prenez pas mal. Mais les migrants souffrent parfois beaucoup. Ils souffrent beaucoup.

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  • Aidons l'Institut Thomas More à contester le guide pour l'EVRAS

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    De Christian Boon Falleur (Institut Thomas More) :

    Rhode-Saint-Genèse, le 1er mai 2024

    Pourquoi suis-je contre le décret EVRAS

    La Communauté française a ajouté en juillet 2012 l’Éducation à la Vie Relationnelle, Affective et Sexuelle dans les missions de l’enseignement obligatoire. Toutefois jusqu’à la publication de la première version du Guide pour l’EVRAS en avril 2022 le contenu de ce programme d’Éducation à la Vie Relationnelle, Affective et Sexuelle n’était pas défini.

    Cette première version du Guide EVRAS a d’emblée suscité de vives réactions de la part de professionnels (pédopsychiatre, psychologues) , de personnes engagées depuis longtemps dans l’animation dans les écoles de sessions sur la vie relationnelle, affective et sexuelle et de parents quant à son contenu, ce qui a amené la Ministre de l’Enseignement Obligatoire, Madame Caroline Désir, à le faire revoir.

    Une nouvelle version « amendée » est sortie début juillet 2023 qui à l’examen n’a rien changé de fondamental. Dans la foulée le Parlement de la Communauté française a voté le 7 septembre 2023 le décret portant assentiment à l’accord de coopération du 7 juillet 2023 entre la Communauté française, la Région wallonne et Commission communautaire française, ainsi qu’à l’Accord de coopération d’exécution entre les mêmes parties ayant adopté le « Guide pour l’EVRAS » comme cadre de référence commun pour les animations EVRAS rendues obligatoires.

    Or qu’est-ce que ce guide nous démontre ? Fondamentalement que cette éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle, telle que conçue par les promoteurs de cet EVRAS, ne peut pas être donnée de façon neutre car elle s’inscrit nécessairement dans une conception de la condition humaine et de sa destinée, ou non destinée, et dont découle les objectifs d’une éducation.

    Ce qui frappe de premier abord dans ce projet d’« éducation », c’est sa très grande permissivité, voire totale permissivité, pour autant que le consentement de l’autre soit respecté, ce qui est la moindre des choses. Cette très grande permissivité se retrouve dans tous les sujets traités dans ce guide.

    Nous sommes confrontés ici à une profonde divergence de vue quant à l’ « éducation » à donner à nos enfants. Je crois que de nombreux parents n’estimeront pas nécessaire ni opportun de parler dès l’âge des maternelles de la reproduction, du « plaisir non reproductif » et de la sexualité, d’apprendre à leurs enfants de 5 – 8 ans à exprimer leurs sentiments « amoureux », d’aborder la question des « intersexuations avec les 9 – 11 ans ni de leur parler de la possibilité de procréer autrement que par la pénétration vaginale, ni à encourager des relations amoureuses à leurs jeunes adolescents de 12 – 14 ans.

    Il est aussi assez évident que de nombreux passages de ce guide pour l’EVRAS sont fortement influencés par la théorie du genre. Cette théorie relève plus d’une opinion convictionnelle que d’une donnée scientifique objective et de nombreux aspects de cette théorie vont à l’encontre du bon sens le plus élémentaire. C’est un choix des auteurs qui ne sera pas nécessairement partagé par de nombreux parents et ce de façon tout-à-fait légitime. Un tel guide et le programme qui y est développé n’a pas sa place en tant qu’animation obligatoire dans l’enseignement organisé ou subventionné par la Communauté française car ce serait là une grave atteinte au principe de neutralité que celle-ci doit respecter dans les matières obligatoires.

    Ce qui dérange aussi profondément dans un certain nombre de passages de ce Guide c’est la place réservée aux parents, « personnes ressources des enfants » parmi d’autres, à l’influence desquels on n’hésite pas à chercher à distancier les enfants.

    Ces quelques considérations, qui ne se prétendent pas exhaustives loin de là, me convainquent que l’Éducation à la Vie Relationnelle, Affective et Sexuelle relève d’abord de la responsabilité des parents, comme toute éducation d’ailleurs. Dans la mesure où une telle éducation découle nécessairement de la vision d’un chacun quant à la condition humaine et sa destinée, ou non, ce n’est pas à l’État à intervenir dans ces questions « morales ». Son rôle à cet égard doit strictement se limiter à ce qui est nécessaire pour bien vivre-ensemble et favoriser l’information objective liée aux questions de santé publique.

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  • Jean Paul II et Jérôme Lejeune : Deux vies au service de la vie

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    De George Weigel sur le National Catholic Register :

    Jean Paul II et Jérôme Lejeune : Deux vies au service de la vie

    COMMENTAIRE : Les menaces contre la dignité humaine et le caractère sacré de la vie auxquelles Jérôme Lejeune et Jean-Paul II se sont efforcés de résister avec tant d'énergie se sont intensifiées.

    Pope John Paul II alongside Dr. Jérôme Lejeune holding a child with Down syndrome.

    Le pape Jean-Paul II aux côtés du Dr Jérôme Lejeune tenant dans ses bras un enfant atteint du syndrome de Down. (photo : Denis Soto/Wikimedia Commons / Public Domain )

    18 mai 2024

    Note de l'éditeur : Le biographe de Jean-Paul II, George Weigel, a prononcé les remarques suivantes le 18 mai à Rome lors de la IIe Conférence internationale de bioéthique, Chaire internationale de bioéthique Jérôme Lejeune. Ce texte est reproduit avec son autorisation.

    De nombreux participants à cette conférence sont des experts de la vie et de la pensée d'un grand homme de science et d'un grand homme de foi, le vénérable Jérôme Lejeune, ce qui n'est pas mon cas. Mais en tant que biographe du pape Jean-Paul II, je sais quelque chose de ce disciple exemplaire et de ce penseur puissant, et je sais que ce grand saint avait la plus haute estime pour Jérôme Lejeune.

    Comme l'a dit Jean-Paul II dans une lettre adressée au cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris, le lendemain du jour où le Dr Lejeune a été rappelé au Seigneur, le Dr Lejeune avait un « charisme » : un don de Dieu qui lui permettait « d'utiliser sa profonde connaissance de la vie et de ses secrets pour le véritable bien de l'homme et de l'humanité, et uniquement dans ce but ».

    Jérôme Lejeune, a poursuivi Jean-Paul II, était devenu « l'un des ardents défenseurs de la vie, en particulier de la vie des enfants à naître ». Ce faisant, il était prêt à devenir un « signe de contradiction », indépendamment des pressions exercées par une société permissive ou de l'ostracisme qu'il a subi.

    Ainsi, en Jérôme Lejeune, le monde a rencontré « un homme pour qui la défense de la vie est devenue un apostolat ». Le charisme donné au Dr Lejeune a été vécu dans le service évangélique du Christ et des petits du Christ.

    Les relations entre Jean-Paul II et Jérôme Lejeune, marquées par un profond respect mutuel qui s'est transformé en une forme d'amitié spirituelle, vous sont certainement familières.

    Nous connaissons la gratitude de Jean-Paul II pour le travail du Dr Lejeune au sein de l'Académie pontificale pour la vie, dont Lejeune était le président fondateur.

    Nous connaissons la gratitude de Jean-Paul II pour le travail acharné du Dr Lejeune dans la défense des enfants à naître, à laquelle il a apporté une autorité singulière, compte tenu de ses réalisations en tant que l'un des plus grands scientifiques du monde dans le domaine de la vie.

    Nous connaissons leur discussion lors du déjeuner du 13 mai 1981, au cours duquel ils ont évoqué les menaces qui pèsent sur la famille et auxquelles Jean-Paul II a tenté de répondre par la création du Conseil pontifical pour la famille, en liant la défense de la famille à la défense de la vie à tous les stades et dans toutes les conditions.

    Nous savons que Jean-Paul II a demandé au Dr Lejeune de diriger la délégation du Saint-Siège qui s'est rendue à Moscou après la mort du dirigeant soviétique Youri Andropov : un grand défenseur international de la vie représentant le pape aux funérailles de l'homme qui, en tant que chef de la police secrète soviétique, le KGB, avait incarné l'insensibilité du communisme à l'égard du caractère sacré de la vie - et qui pourrait bien s'être trouvé à la tête de la chaîne de causalité qui a conduit à un autre événement le 13 mai 1981.

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  • Le pape est beaucoup moins cool lorsque ses propos critiques à l'égard de la modernité ne sont pas médiatisés

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    De Roberto Colombo sur Il Foglio :

    Le Pape est moins cool quand son anti-modernité n'est pas médiatisée

    14 mai 2024

    Des propos contre les contraceptifs qui « empêchent la vie » à la comparaison entre l’avortement et le meurtre. Cette partie de la pensée de François qui n'est pas sponsorisée Parmi les nombreux messages et avertissements du Pape, les documents formels de son magistère ou les discours occasionnels qui devraient nourrir la foi et la vie personnelle et sociale des catholiques et contribuer à la recherche de la vérité parmi les non-croyants, qu'est-ce qui arrive à destination ? Jusqu'il y a quelques années, ils étaient intégralement rapportés dans le journal du Saint-Siège, l'Osservatore romano, qui arrivait chaque matin sur les bureaux des cardinaux et des évêques ainsi que sur les tables de nombreux curés. Parfois accompagnés de longs commentaires de théologiens et de prélats (les « grandes pages » de l'Osservatore) qui ont illustré et exploré en profondeur les thèmes et les problèmes rencontrés par le Saint-Père, aidant ainsi à la compréhension et à l'enseignement des principes exprimés par lui de manière synthétique ou sans expliquant les arguments. Les textes et paroles du successeur de Pierre étaient tirés des revues diocésaines, relayés aux prêtres et cités dans les journaux paroissiaux et lors des homélies et catéchèses dans les paroisses et dans les associations et mouvements ecclésiaux.

    Il n'en reste que peu ou rien. Les exemplaires rares et arides du journal du Vatican sont désormais utilisés par quelques prélats fidèles et les presbytères semblent fréquentés par d'autres journaux. Les périodiques diocésains et les bulletins paroissiaux papier disparaissent pour laisser la place à des éditions électroniques qui traitent de tout et plus encore, reprenant - parfois de seconde main - certaines phrases du Pape, difficiles à comprendre correctement en dehors du texte et du contexte dans lequel elles sont insérés. Les véhicules des paroles de François sont désormais les communicateurs de masse et les faiseurs d'opinion : à travers la presse, la radio, la télévision et le Web. Ses interventions parviennent au clergé et aux laïcs à travers les gros titres des colonnes des journaux papier et en ligne, déjà découpés et sur mesure, avec effet immédiat, très politiquement correct pour ne perdre aucun lecteur. Le mainstream est le mainstream, c'est l'impératif de toujours rester à flot dans l'océan de la communication. Les messages du Pape nous parviennent directement sur le smartphone et sur l'ordinateur, à travers des flashs d'information qui circulent tous de la même manière (copier-coller ?), sélectionnés pour appuyer ou conforter les opinions tendances de la culture dominante.

    Ainsi, il n'est pas rare d'entendre des prêtres, des catéchistes, des professeurs de religion, des conseillers pastoraux, des responsables de groupes catholiques, ou même de simples croyants dans le cimetière ou assis à la barre de l'oratoire, s'exclamer : « Le Pape l'a aussi dit » . Rendre compte au pied levé d'une expression entendue ou lue on ne sait où, choisie pour appuyer sa propre affirmation, ou pour contredire celle de l'auditeur. Quand, où, dans quel texte et dans quel contexte il a été écrit ou prononcé, cela importe peu ou rien. Cette utilisation des mots de François pour des aphorismes (très choisis) a pour emblèmes célèbres « Qui suis-je pour juger ? », « Accueillir tout le monde, tout le monde, tout le monde » et « Il n'y a pas de Dieu catholique ».

    Cependant, d'autres écrits et paroles du Pape restent oubliés sur le portail Internet du Saint-Siège et ne sont pas également utilisables dans le supermarché de la communication, voire même considérés comme offensants pour la sensibilité du public. C'est le cas du récent discours aux États Généraux de Naissance, où François a souligné qu'« à l'heure actuelle, les investissements qui génèrent le plus de revenus sont l'usine d'armes et les contraceptifs : l'un détruit la vie, l'autre l'empêche. Et ce sont les investissements qui rapportent le plus de revenus, c'est mauvais." Le parallèle avec les armements et les guerres rappelle avec force le lien qui unit la « mentalité contraceptive » (expression de Saint Jean-Paul II) à la baisse de la natalité, mais aussi à l'énorme business qui se cache derrière la propagande et la distribution de contraception. par l'OMS et d'autres organisations internationales.

    Et qu’en est-il de la comparaison pointue entre l’avortement et le meurtre par procuration ? « Est-il juste de « supprimer » une vie humaine pour résoudre un problème ? Est-il juste d’engager un tueur à gages pour résoudre un problème ? Il n'est pas possible, ce n'est pas juste, de « tuer » un être humain, même petit, pour résoudre un problème. C'est comme embaucher un tueur à gages pour résoudre un problème » (2018). « L'avortement n'est pas un « moindre mal ». C'est un crime. C'est tuer quelqu'un pour en sauver un autre. C'est ce que fait la mafia » (2016).

    Il y a aussi une dénonciation répétée de l’omniprésence dévastatrice des idées genrées sur la sexualité enseignées aux jeunes. « Cette erreur de l’esprit humain qu’est la théorie du genre, qui crée tant de confusion » (2015). Une « idéologie laide de notre temps, qui efface les différences et rend tout pareil » (2024). Net est « mon refus de tout type d’expérimentation pédagogique avec les enfants. On ne peut pas expérimenter avec des enfants et des jeunes. Ce ne sont pas des rats de laboratoire ! (2014).

    On pourrait poursuivre avec d'autres interventions de François qui met en garde contre le suicide assisté et l'euthanasie, le « rejet de vies » jugées inutiles et l'eugénisme, et qui soutient la chasteté et le caractère sacré du mariage. Pour les amoureux de la (prétendue) distinction magistrale entre le texte préparé et lu par le Pape et les expressions prononcées à l’improviste, il convient de rappeler que celles citées ci-dessus et bien d’autres oubliées par les médias appartiennent à ces derniers et non aux premiers. Je suis un ipsissima vox pontifici, émis ex sancti Patris Corde, et non par la plume de celui qui a préparé le projet de discours pour François. Des questions qui dérangent, mais pourtant relancées par le pape lui-même.

  • Sur toute la distance qui sépare le catholicisme du communisme : une interview du cardinal Müller

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    Du site de La Nef :

    Entretien avec le cardinal Müller sur les liens entre christianisme et marxisme

    Dans un entretien accordé à l’America Magazine, le pape François a prononcé ces mots : « Matthieu 25 : «j’avais soif, et vous m’avez donné à boire; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli, j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi!». Cela signifie-t-il, alors, que Jésus était communiste? Le problème derrière cela, et que vous avez correctement identifié, c’est la réduction du message évangélique à un fait socio-politique. Si je considère l’Évangile uniquement d’un point de vue sociologique, alors oui, c’est vrai, je suis communiste et Jésus aussi. Mais derrière les Béatitudes et Matthieu 25, il y a un message qui est celui du Christ. Et cela consiste à être chrétien. Les communistes ont volé certaines des valeurs chrétiennes. D’autres en ont fait un désastre. » Ils ont été pour le journaliste allemand C. Rilinger l’occasion d’interroger le cardinal Müller – qui célèbrera lundi 20 mai 2024 la messe de clôture du Pèlerinage de Chartres – sur toute la distance qui sépare le catholicisme du communisme.

    C. Rilinger (R.) : Commençons par une question de nature théologique : Dieu, le Dieu trinitaire du christianisme, a-t-il sa place dans le communisme ?

    Cardinal Gerhard Ludwig Müller (M.) : « Dieu est amour » (1 Jean 4, 8.12). Cette vérité est la somme de toute notre connaissance de Dieu. Il nous a tellement aimés qu’il a donné son Fils unique sur la Croix pour que quiconque croit en lui ait la vie éternelle (cf. Jean 3, 16). Le communisme, tel qu’il nous apparaît dans le Manifeste du Parti communiste de 1848 et dans les écrits de Karl Marx et de ses disciples Lénine, Staline, Mao Tsé-toung, Pol Pot et leurs complices, est fondamentalement un athéisme. Cela se manifeste par la triade « sans Dieu –sans miséricorde – sans amour ». C’est ce qu’a souligné Alexandre Soljenitsyne, l’une de ses victimes les plus emblématiques, dans son ouvrage L’Archipel du Goulag. Marx ne nie pas seulement l’existence de Dieu comme origine de toute création et comme objectif de la quête de la vérité et du bonheur de chaque être humain. Il déclare que la religion en général est une illusion dangereuse et un opium autodestructeur du peuple. Or, par une ironie de l’histoire, c’est au contraire la déchristianisation qui, en Occident, détruit les gens mentalement et physiquement par l’usage massif d’authentiques drogues, ce même Occident où la légalisation de la consommation de drogues y est célébrée comme un progrès – sans doute sur la voie de l’autodestruction. Vladimir I. Lénine, fondateur de l’Union soviétique et figure de proue du nouvel ordre mondial athée, pouvait ainsi conclure, dès 1905, au caractère athée du marxisme dans son texte Socialisme et religion : « Le prolétariat révolutionnaire veillera à ce que la religion soit une affaire strictement privée. Et, sous ce régime politique, débarrassé du moule médiéval, le prolétariat mènera une lutte large et ouverte pour éliminer l’esclavage économique, cette véritable source de l’abrutissement religieux de l’humanité. »

    La conséquence du déni de Dieu en tant que créateur d’un monde bon (qui est un reflet de sa bonté et de son amour) et en tant que rédempteur des hommes du péché et de la mort se manifeste dans la vision nihiliste de l’homme, qui montre son visage satanique à chaque page et dans chaque action du matérialisme dialectique et historique. Fiodor Dostoïevski avait déjà prédit les conséquences du socialisme athée dans son roman Les Démons. Pour Marx, l’homme n’est pas une personne créée à l’image et à la ressemblance de Dieu avec sa dignité inaliénable, mais plutôt un ensemble de conditions idéologiques et sociales. L’homme est entièrement à la merci du collectif – État, nation, classe, race – et n’est que le matériau nécessaire à la construction d’un ordre social utopique. Car, sans Dieu, il n’y a pas de droits humains inaliénables issus de la volonté naturelle et révélée du Créateur, mais seulement une pure volonté de pouvoir des despotes et des autocrates.
    C’est pourquoi vous pouvez changer et manipuler la conscience des gens par la propagande (comme l’ont fait plus tard les nazis) afin qu’ils considèrent les idées qui leur ont été inoculées comme le véritable fondement de leur être. L’idéologie woke n’est qu’une variante néo-marxiste avec des conséquences tout aussi dévastatrices que celles du « socialisme réellement existant » lorsque les gens sont persuadés qu’ils peuvent – malgré l’évidence biologique – déterminer eux-mêmes leur sexe ou le changer par une opération médicale.

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  • «Avec le projet de loi sur la fin de vie, la France adopterait le texte le plus permissif au monde»

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    De Laurent Frémont en tribune sur le site du Figaro via le blog artofuss :

    Laurent Frémont: «Avec le projet de loi sur la fin de vie, la France adopterait le texte le plus permissif au monde»…

    15 mai 2024

    TRIBUNE – Malgré les « précautions oratoires » du gouvernement, le projet de loi sur la fin de vie est plus laxiste que les législations étrangères, explique l’enseignant en droit constitutionnel à Sciences Po et cofondateur du collectif Tenir ta main*.

    * Laurent Frémont est enseignant en droit constitutionnel à Sciences Po et cofondateur du collectif Tenir ta main, qui défend le droit de veiller sur ses proches hospitalisés et soutient les très nombreux patients laissés-pour-compte, en leur apportant une aide psychologique, juridique et matérielle.

    « Un chemin possible, dans une situation déterminée » (Emmanuel Macron), des « conditions strictes » (Gabriel Attal), « un texte d’équilibre» (Catherine Vautrin)… L’exécutif redouble de précautions oratoires pour justifier son projet de loi légalisant l’euthanasie et le suicide assisté. À force d’être assénée, cette circonspection a fini par s’inscrire dans la conscience collective. Pourtant, une lecture attentive du projet de loi montre que cette prudence affichée est factice ; un effort minimal de législation comparée prouve au contraire que la loi française serait la plus permissive au monde – sans même envisager les inévitables évolutions à venir.

    Les législations les plus latitudinaires ne prévoient pas des critères aussi larges et alternatifsLaurent Frémont

    Première exception française : les trois principaux critères d’éligibilité seront non seulement très larges mais aussi très flous. Pour pouvoir demander la mort, la personne devra « présenter une souffrance physique ou psychologique » qui soit « réfractaire aux traitements » ou «insupportable lorsque la personne ne reçoit pas ou a choisi d’arrêter de recevoir des traitements ». Les législations les plus latitudinaires ne prévoient pas des critères aussi larges et alternatifs ; même la Belgiqueou le Canada instaurent des conditions cumulatives.

    À lire aussiEuthanasie des mineurs, directives anticipées, pronostic vital engagé… Ces amendements qui bousculent le projet loi fin de vie

    De plus, la personne devra voir son pronostic vital engagé « à court ou moyen terme ». Or, chacun sait l’incapacité de la médecine à pronostiquer une mort à six mois ou un an. Aucun pays ayant légalisé l’euthanasie n’a prévu une condition aussi imprécise et subjective. Nul doute qu’elle ouvrira la porte à des dissensions insolubles, sources d’immanquables contentieux.

    Enfin, les conditions de la manifestation d’une « volonté libre et éclairée» ne sont pas précisées et rien n’est prévu pour les contrôler, alors même que le rôle de la loi devrait être de prévenir les troubles du discernement et les potentiels abus de faiblesse.

    Il est donc illusoire de penser que les critères seraient stricts, tant ceux-ci sont soumis à une forte subjectivité, sans référence à des échelles normées. Seuls deux critères sur cinq restent objectivables : la nationalité ou la résidence stable en France, ainsi que l’âge – mais l’on voit bien les pressions déjà à l’œuvre pour étendre la mort provoquée aux mineurs.

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  • Des violations flagrantes des engagements internationaux en matière de protection de l’enfant à naître dans plusieurs pays

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    De Milly-Gloria Itangivyiza sur le site de l'ECLJ :

    Protection de l’enfant à naître: nouveaux rapports EPU

    16 mai 2024

    Le Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ) poursuit son action à l’ONU pour la protection du droit à la vie. À l’occasion de la 47e session des Examens périodiques universels, l’ECLJ a présenté plusieurs rapports mettant en lumière des violations flagrantes des engagements internationaux en matière de protection de l’enfant à naître dans plusieurs pays (Cf. notre article sur la persécution des chrétiens pour une explication brève de ce qu’est l’EPU.)

    Violation des engagements de protection de la vie : Albanie, Guinée Équatoriale et Norvège

    L’Albanie, bien que reconnaissant dans sa Constitution et sa législation la nécessité de protéger la vie humaine, ne lutte pas efficacement contre l’avortement sélectif basé sur le sexe de l’enfant. Selon des estimations, au cours des 10 dernières années, plus de 21.000 filles ont été avortées pour la simple raison qu’elles étaient des «filles». Utiliser l’avortement comme moyen de contrôler le nombre de filles qu’une famille doit avoir est non seulement immoral mais viole également le Programme d’action de la conférence de Caire sur la population et le développement de 1994 qui interdit aux États membres d’utiliser l’avortement comme mode de contraception. De plus, malgré l’interdiction légale, les avortements au-delà de 12 semaines de grossesse perdurent, à cause de la corruption des médecins. En dépit de l’acceptation de la majorité des recommandations lors de son dernier examen périodique en 2019, l’Albanie semble encore loin de garantir une protection adéquate de la vie à tous ses stades de développement.

    La Guinée Équatoriale autorise quant à elle l’avortement dans des circonstances strictement définies, telle que la protection de la santé de la mère. Cependant, une nouvelle loi adoptée en novembre 2020 autorise désormais l’avortement dans le cas où le fœtus est atteint d’une pathologie grave. En reprenant comme d’autres États le vocable de «pathologie grave incompatible avec une vie normale», cette législation ouvre la porte à différentes interprétations et surtout à l’eugénisme. En effet, nombre de médecins entendent cette formulation vague comme permettant l’avortement des enfants trisomiques, même si ce sont des fœtus viables et capables de vivre heureux. De plus, certains tests de détection de handicaps ne sont pas fiables mais indiquent une probabilité d’un handicap. Ainsi, des femmes peuvent avorter de fœtus en réalité sains. La Guinée Équatoriale devrait protéger la vie de l’enfant à naître sans discrimination fondée sur la présence ou non d’une pathologie.

    La Norvège, malgré son statut de pays développé, autorise l’avortement à la demande, même après la 25e semaine de grossesse, sur la base de critères vagues tels que des «facteurs sociaux ou économiques». Malgré la hausse des avortements des enfants trisomiques, aucune recommandation n’a été faite à la Norvège. En 2022, 11.967 enfants à naître ont été avortés. 4% des avortements ont été réalisés après 25 semaines, et requis principalement pour malformation du fœtus, raisons sociales ou pour protéger la vie de la mère. Toutes ces raisons vagues peuvent être utilisées pour camoufler un avortement à la demande à n’importe quel stade de la grossesse. Cette politique alarmante conduit à une augmentation des avortements d’enfants trisomiques et remet en question la valeur inhérente de chaque vie humaine.

    La Dominique, exception exemplaire

    La Dominique, située dans les Caraïbes, constitue une exception remarquable en matière de protection de la vie. Résistant aux pressions internationales visant à étendre le droit à l’avortement, notamment celles du Mexique, elle maintient une législation restrictive sur l’avortement, basée sur des principes constitutionnels solides garantissant la protection de la vie dès la conception. Cette position illustre l’engagement du pays envers le respect de la dignité humaine et de la vie de l’enfant à naître.

    Appel à la protection de la vie à tous les stades

    La protection de la vie humaine, de la conception à la mort, est un impératif moral et juridique fondamental. Les principes de dignité, d’égalité et de respect de la vie sont inscrits dans de nombreux traités internationaux, tels que la Déclaration universelle des droits de l’homme, la Convention sur les droits de l’enfant et la Charte des Nations unies. Ces instruments juridiques reconnaissent le droit inaliénable de chaque individu à la vie et appellent les États membres à garantir sa protection. Il est alors impératif que les États respectent leurs engagements internationaux en matière de protection de la vie humaine.

    Dans l’ensemble, l’ECLJ exhorte ces pays à réformer leur législation en matière d’avortement afin de garantir une protection adéquate de la vie à tous les stades du développement humain, en conformité avec les normes internationales et les principes fondamentaux de la dignité humaine.

  • Les juges américains s'acharnent sur ceux qui s'opposent de manière non violente à l'avortement et les mettent en prison

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    De Luca Volontè sur la NBQ :

    L'Amérique « démocratique » emprisonne les pro-vie

    57 mois de prison fédérale pour Lauren Handy, militante de 30 ans ; 21 et 27 mois pour deux autres militants pro-vie. Un vétéran d'Irak et une femme de 76 ans ont également été condamnés. Les juges américains s'acharnent sur ceux qui s'opposent de manière non violente à l'avortement. 

    17_05_2024

    Nous voici face à une nouvelle injustice encouragée par l'administration Biden, qui obtient des condamnations sévères et des peines de prison fermes contre des pro-vie pacifiques, tout en laissant tranquilles les terroristes et les vandales de l'avortement qui incendient des églises, des centres pro-vie et des maternités.

    Il y a deux ans, le ministère de la justice du président Joe Biden avait inculpé neuf militants pro-vie de conspiration et de violation de la loi sur la liberté d'accès aux cliniques (FACE) pour la manifestation non violente qu'ils avaient organisée devant une clinique d'avortement de Washington en octobre 2020. L'acte d'accusation prévoyait une peine maximale de 11 ans de prison et une amende de 350 000 dollars. Les militants pro-vie ont été reconnus coupables lors de deux procès distincts en août et septembre 2023 et sont depuis lors en détention provisoire, dans l'attente de la sentence finale.

    La loi « FACE » interdit « l'usage de la force, l'obstruction et les dommages à la propriété, destinés à interférer avec les services de santé reproductive », tandis que la conspiration contre les droits d'autrui, un chef d'accusation passible d'une peine d'emprisonnement maximale de 10 ans, « rend illégal pour deux personnes ou plus de s'entendre pour blesser , menacer ou intimider une personne aux États-Unis dans le libre exercice ou la jouissance de tout droit ou privilège garanti par la Constitution ou les lois des États-Unis ou pour l'exercice d'un tel droit", selon l'interprétation du ministère de la justice (DOJ). Or, les 14 et 15 mai, des décisions rendues par des juges clairement partisans de l'avortement ont établi des peines sévères pour les pro-vie.

    Mardi, Lauren Handy, une femme de 30 ans et activiste du Progressive Anti-Abortion Revolt (PAAU), un mouvement pro-vie de gauche, a été condamnée à 57 mois de prison fédérale. Deux autres militants pro-vie ont été condamnés : John Hinshaw, 69 ans, à 21 mois de prison et William Goodman, 54 ans, à 27 mois de prison. Les trois condamnés purgeront les neuf mois de détention préventive déjà passés dans les prisons démocrates, selon le ministère de la justice.

    Mercredi, c'était au tour de Jonathan Darnel, 42 ans, un vétéran de la guerre d'Irak qui a servi deux fois, d'être condamné à 34 mois derrière les barreaux, tandis que Herb Geraghty, un athée pro-vie de 27 ans, a été condamné à 27 mois de prison. Jean Marshall, 74 ans, a été condamnée à 24 mois de prison et Joan Bell, 76 ans, à 27 mois de prison, malgré leur âge avancé.

    Selon les procureurs, les activistes ont mis en place un barrage à l'entrée de la clinique de Washington et ont utilisé des chaînes et des cadenas pour empêcher l'ouverture des portes de la clinique d'avortement. Ces versions sont en contradiction avec les preuves fournies par les avocats pro-vie de la Thomas More Society, qui ont déclaré que certains militants « se sont simplement agenouillés et ont prié dans l'établissement de Santangelo [la clinique d'avortement], certains ont distribué de la littérature pro-vie et ont conseillé aux femmes de ne pas avorter, et d'autres se sont attachés et enchaînés à l'intérieur de l'établissement ».

    La coïncidence troublante selon laquelle les accusations portées par le ministère de la justice contre les militants pro-vie ont été déposées le mois même où Handy et Bukovinac auraient découvert les restes de quelque 115 bébés avortés dans une poubelle de l'établissement d'avortement Surgi-Clinic du Dr Santangelo à Washington, dont cinq pourraient avoir été partiellement avortés ou tués après la naissance en violation de la loi fédérale, jette un voile noir sur l'ensemble de la procédure. La juge Colleen Kollar-Kotelly de la Cour de district des États-Unis n'a pas autorisé l'utilisation de vidéos ou de photographies des 115 bébés avortés comme éléments de preuve au cours du procès et a interdit aux accusés de faire valoir que leurs actes étaient protégés par le premier amendement ou qu'ils avaient été commis pour défendre une tierce personne, les enfants à naître, et a au contraire affirmé que les pro-vie avaient fait preuve d'un manque de compassion à l'égard des femmes demandant un avortement et avaient entravé leur « besoin humain de soins médicaux ».

    Depuis l'arrêt Dobbs de la Cour suprême, le ministère de la justice a de plus en plus souvent porté plainte contre des pro-vie en vertu de la loi FACE, comme l'a récemment promis le procureur général adjoint Vanita Gupta, qui a souligné « l'urgence » du travail du ministère de la justice pour faire appliquer la loi FACE « afin de garantir un accès légal continu aux services de procréation » dans tout le pays.

    Bien entendu, je suis désolé de devoir le répéter, pour les dizaines et les dizaines d'attaques contre les centres de grossesse et les 400 lieux de culte chrétiens et églises catholiques vandalisés après la publication de l'arrêt Dobbs, seule une poignée de militants pro-avortement a été arrêtée jusqu'à présent en Floride, à New York et dans l'Ohio. Depuis un certain temps, divers dirigeants pro-vie et certains républicains, notamment le député Chip Roy et le sénateur Mike Lee, demandent et présentent des projets de loi visant à abroger la loi FACE. 

  • Gaza : vive le cardinal Pizzaballa !

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    De "Ptilu" sur le Forum catholique

    16 mai 2024

    Bravo au cardinal Pizzaballa qui est en ce moment même à Gaza, avec les chrétiens catholiques et gréco-orthodoxes (30 morts depuis octobre dernier, 18 dans une frappe de l'armée israélienne en octobre 2023, d'autres tués par les bombardements et les snipers dans un silence proprement assourdissant de la quasi totalité des autorités religieuses occidentales, tradis y compris).

    Vraiment, vive le cardinal Pizzaballa !

    Communiqué du patriarcat latin de Jérusalem

    “Le 16 mai 2024, Son Excellence, le cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem, est entré à Gaza et a atteint la paroisse de la Sainte Famille pour une visite pastorale.

    Aux côtés de Sa Béatitude se trouvaient Son Excellence Fra’ Alessandro de Franciscis, Grand Hospitalier de l’Ordre Souverain de Malte, le P. Gabriele Romanelli, curé de Gaza et une petite délégation. Ils ont rencontré la population en souffrance pour l’encourager et lui délivrer un message d’espoir, de solidarité et de soutien. Sa Béatitude a présidé la messe dans l’église paroissiale avec la communauté locale. Durant son séjour, Son Excellence a effectué une visite de courtoisie à la paroisse orthodoxe Saint-Porphyre [touchée par une frappe israélienne le 19 octobre dernier qui a causé 18 morts].

    La visite est également la première étape d’une mission humanitaire conjointe du Patriarcat latin et de l’Ordre souverain de Malte, en collaboration avec Malteser International et d’autres partenaires, visant à fournir de la nourriture vitale et une aide médicale à la population de Gaza.

    (RC)

    Le cardinal a aussi publié une vidéo d’une minute le jour même : il y confirme être à Gaza « pour visiter enfin notre communauté chrétienne. Il y a longtemps que je voulais et désirais les rencontrer pour être avec eux, avant tout pour les embrasser, pour les serrer dans mes bras et les soutenir autant que possible ». Mais il s’st également rendu à Gaza pour vérifier « leurs conditions et voir ce que nous pouvons faire pour les améliorer. Nous avons besoin de votre prière. J’ai besoin de toute la communauté chrétienne pour prier et être unis dans la prière avec notre communauté chrétienne de Gaza », conclut-il.

    La Croix relate les conditions de cette visite, accordée par les autorités israéliennes après des mois de négociation : “les visages souriants de la photo collective prise jeudi 16 mai sur le perron de l’église de la Sainte-Famille attestent du symbole que représente la visite, inédite dans ce contexte de guerre et de restriction drastique d’accès à la bande de Gaza, du cardinal Pierbattista Pizzaballa. En autarcie dans une enclave soumise à un tapis de bombes et à la famine depuis sept mois, la petite communauté chrétienne de Gaza a accueilli avec enthousiasme la venue de son patriarche. « Il a visité toutes les pièces et a pris le temps de parler avec les familles », raconte Diana, jeune paroissienne de 24 ans, jointe par WhatsApp.

    Cela faisait des mois que le Patriarcat latin de Jérusalem négociait un accès à Gaza auprès des autorités israéliennes. Cette visite de soutien est la première que l’armée israélienne autorise à un responsable religieux. […] Les photos prises sur le chemin témoignent de l’ampleur des destructions aux alentours : immeubles effondrés, bâtiments brûlés…

    Après sept mois de bombardements et de vie confinée dans les paroisses, les chrétiens disposant d’un double passeport ou ayant réuni le faramineux montant requis pour traverser la frontière égyptienne sont partis. La communauté chrétienne de Gaza est réduite à peau de chagrin : d’un petit millier de personnes, elle est passée à 700 (500 réfugiés dans la paroisse latine, et 200 chez les grecs-orthodoxes). Les catholiques latins ne sont plus que 90, contre 135 avant la guerre. Une trentaine de chrétiens sont morts, ou ont été tués depuis le 7 octobre“. la plupart dans la frappe qui a touché le 19 octobre dernier l’église Saint-Porphyre, gréco-orthodoxe, d’autres par les bombardements ou des snipers de l’armée israélienne…

  • Portrait de l’abbé Matthieu Raffray, le prêtre qui évangélise les milieux identitaires

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    D'Héloïse de Neuville et Matthieu Lasserre sur le site du journal La Croix :

    Qui est l’abbé tradi Matthieu Raffray, le prêtre préféré des jeunes identitaires ?

    À l’écran, sur le réseau social Instagram où il est suivi par 74 000 personnes, il est un prêtre conservateur et provoc qui ne craint aucun raccourci clivant. À la ville, cet abbé traditionaliste enseigne la philosophie à l’Angelicum, la prestigieuse université pontificale de l’ordre dominicain à Rome. Portrait de l’abbé Matthieu Raffray, qui s’est donné comme mission « d’évangéliser » les milieux identitaires.

    Un sermon aux allures de tribune politique. « Une foule d’ennemis voudront vous faire taire (…). Les communistes, les francs-maçons, les mondialistes, les wokistes, les libéraux, les progressistes, les sans-Dieu et ceux qui adorent de faux dieux, les hérétiques et les schismatiques, les socialistes, de droite comme de gauche. » Sur la scène montée dans une prairie de la Beauce, l’abbé Matthieu Raffray harangue les milliers de catholiques réunis pour la messe du dimanche de Pentecôte, célébrée durant l’édition 2023 du pèlerinage de Chartres. Avec 16 000 marcheurs, jamais le rassemblement, organisé chaque année depuis quarante ans par l’association traditionaliste Notre-Dame-de-Chrétienté, n’avait enregistré une affluence comparable. Face à une assistance conquise, l’homélie enflammée du père Raffray fait mouche.

    Évangéliser les milieux identitaires

    Le prêcheur n’a pas été choisi au hasard : beaucoup des jeunes fidèles qui auront parcouru les 97 kilomètres du pèlerinage le suivent déjà sur les réseaux sociaux. Nombreux y ont même participé sur ses conseils. Car avec le frère Paul-Adrien d’Hardemare et la sœur consacrée Albertine Debacker, il fait désormais partie des influenceurs catholiques les plus suivis, en France. Mais contrairement à ses deux coreligionnaires qui cultivent la rondeur, l’abbé traditionaliste Raffray, 44 ans, ne craint pas la polémique. « J’aime bien le côté provoc’, les choses qui font du bruit », assume celui qui récemment a fait l’objet d’un signalement – classé sans suite – par la ministre chargée de la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, après des propos sur l’homosexualité.

    L’aventure numérique de ce prêtre, ordonné en 2009 pour l’Institut du Bon-Pasteur, commence en 2020, lorsque, essoré par les querelles de gouvernance de sa communauté, il se lance sur Instagram pour se donner un peu d’air. Son contenu conservateur, prônant un catholicisme « viril » et antimoderne, est aujourd’hui suivi par 74 000 personnes sur Instagram. Sa chaîne YouTube cumule près de 800 000 vues. « Il attire les jeunes non chrétiens, qui vont s’intéresser au christianisme dans le cadre de leur quête d’identité », analyse l’un de ses amis Victor Aubert, président de l’association catholique Academia Christiana, proche de la mouvance identitaire.

    L’intéressé confirme : « Je me sens comme mission d’évangéliser ces milieux identitaires et nationalistes. C’est une faiblesse de l’Église de France de ne pas être capable de répondre à ces milieux en quête de foi », déplore le prêtre qui, lui, occupe sans complexe le créneau, citant à son actif le baptême du youtubeur d’extrême droite Papacito et la « conversion » du vidéaste et essayiste Julien Rochedy, ancien directeur national du Front national de la jeunesse. « Un de mes objectifs est que Zemmour se convertisse », s’enflamme le prêtre, qui en est certain : « L’attachement à la patrie charnelle est un vecteur de conversion immense aujourd’hui. »

    Pourfendeur d’une Église « bisounours et guitare »

    De fait, alors qu’historiquement les identitaires se tiennent à distance du catholicisme et de son universalisme associé à une forme de mondialisme, depuis le début des années 2000, « certains d’entre eux défendent une réconciliation avec le christianisme, décrypte Marion Jacquet-Vaillant, maîtresse de conférences en science politique à l’université Paris-Panthéon-Assas, autrice d’une thèse sur le mouvement identitaire français. Sur le plan des valeurs, ceux qui se convertissent cherchent avant tout à rajouter un niveau d’identité, catholique, qui soit cohérent avec ce qu’ils sont déjà. Souvent, cela se fait par cercles traditionalistes car ils ont en commun l’attachement à la notion de permanence. L’abbé Raffray constitue un pont entre ces deux mondes ».

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