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Sciences

  • Léon oui, Benoît non : l'université La Sapienza face à deux papes

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    De Stefano Fontana sur la NBQ :

    Léon oui, Benoît non : l'université La Sapienza face à deux papes

    Par rapport à la visite pastorale de Léon XIV à l'université romaine, le discours « manqué » de Benoît XVI posait des exigences précises au monde universitaire en abordant le nœud de la relation entre raison, foi et vérité. Relire les deux textes aide à comprendre pourquoi l'accueil a été réservé à l'actuel Souverain Pontife et refusé à son prédécesseur.

    16_05_2026

    Jeudi 14 mai, le pape Léon XIV s’est rendu à l’université La Sapienza de Rome où il a prononcé un discours devant les étudiants. Le 17 janvier 2008, le pape Benoît XVI aurait dû se rendre à l’université romaine, mais il en a été empêché. Le texte du discours jamais prononcé a ensuite été rendu public. La Bussola a déjà rendu compte de cette visite, en exposant également les points principaux du discours du pape et en soulignant la différence entre la contestation de 2008 et l’accueil de 2026. Il peut peut-être être utile de comparer le contenu des deux discours pour comprendre si quelque chose a changé non seulement dans le contexte, mais aussi dans le « texte ».

    Il convient tout d’abord de noter que Benoît XVI, comme prévu, aurait dû inaugurer l’année universitaire. Pour Léon XIV, en revanche, il a été clairement établi dès le départ qu’il ne s’agirait que d’une visite pastorale. La différence est importante. Le pasteur accompagne, mais n’entre pas dans les détails des missions d’une université, n’intervient pas sur le champ du savoir, ne se confronte pas aux disciplines. En d’autres termes, il ne prononce pas de discours « scientifique », ou épistémique, pour ainsi dire. Et en effet, Léon s’est surtout adressé aux étudiants, il a présenté l’université comme un lieu de croissance et de maturation personnelle, il a décrit les efforts et les récompenses liés aux études, il a également souligné que de nombreux jeunes étudiants sont aujourd’hui en difficulté, en mentionnant certains domaines d’engagement social au service des autres.   

    Alors qu'il devait inaugurer l'année universitaire, Benoît XVI ne s'est pas contenté de cela, mais a donné une véritable « conférence », à l'image de celle qu'il avait prononcée à Ratisbonne en 2006, même s'il n'avait jamais enseigné à la Sapienza, contrairement à ce qui avait été le cas en Bavière. Il n’a pas pu faire référence à ses propres expériences personnelles, mais il s’est néanmoins senti tenu de parler du savoir, de sa structure, et de la place qu’y occupent la théologie et la foi. Tant à Ratisbonne qu’à La Sapienza, Benoît XVI s’était adressé à des « collègues », il s’était tourné vers une « communauté universitaire », se plaçant sur le même plan scientifique qu’eux, tant dans le contenu que dans le langage.

    Il convient de souligner ces aspects car, dans le cas de Benoît, la question des exigences épistémiques – c'est-à-dire celles liées à la connaissance en tant que « science » – de la foi chrétienne et de la théologie avait été soulevée, alors que dans le discours de Léon, ce thème n'a été qu'effleuré. Benoît était convaincu que ce n'est que si la révélation chrétienne comportait en soi un appel à la raison scientifique qu'il y aurait pour elle une place structurelle à l'université. À l’inverse, elle se serait réduite à une position personnelle de quelques professeurs, mais on ne lui aurait pas reconnu de rôle propre dans l’univers du savoir. Sa présence à l’université n’aurait été qu’accidentelle. Ce n’est que si la foi en la révélation pose à la raison scientifique des exigences qui lui sont propres, elles aussi scientifiques à leur manière, ce n’est que si elle interpelle la raison sur le plan spécifique de la vérité comprise au sens analogique, ce n’est que si elle exprime en elle-même une manière véridique qui lui est propre de comprendre la vérité de la raison elle-même… ce n’est qu’alors qu’elle aurait été « chez elle » à l’université.

    Dans le discours de Benoît XVI à l’université La Sapienza, on retrouve l’appel de la foi chrétienne pour que la raison ne devienne pas une raison positiviste : « il existe un risque que la philosophie, ne se sentant plus à la hauteur de sa véritable mission, dégénère en positivisme ». C’est à partir de Socrate – écrivait-il – qu’est apparue la séparation de la raison et de la religion mythique pour parvenir au vrai Dieu ; au cours de ce cheminement, la raison a rencontré les exigences de la foi chrétienne. Cette dernière aide la raison à ne pas perdre confiance en ses propres possibilités. Une conception erronée de la « laïcité » du savoir [la laïcité épistémique, pourrait-on dire], selon laquelle celui-ci se construirait de lui-même uniquement « sur la base du cercle de ses arguments », entraînerait sa fragmentation. La foi s’engage à sauver non pas n’importe quelle raison, mais la vraie raison, en la défendant contre les fausses, et elle possède en elle-même les critères pour le faire, c’est-à-dire sa propre épistémologie implicite.

    Benoît XVI s’était montré exigeant en posant certaines conditions à l’université, à partir de la foi et de sa prétention non seulement d’accompagner pastoralement la communauté universitaire, mais aussi de contribuer à fonder le statut même du savoir que l’on recherche et enseigne à l’université. Dans le discours du pape Léon, on ne trouve que quelques éléments dans ce sens, celui-ci ayant choisi de prononcer un discours pastoral et non scientifique. Il a invité les jeunes à œuvrer pour la paix, à protéger l’environnement, à ne pas céder au consumérisme, à cultiver en leur conscience le sens de la justice, et s’est dit satisfait de la collaboration entre l’université et le diocèse de Rome pour ouvrir un couloir humanitaire afin d’acheminer l’aide à Gaza.

    Cette différence d’approche, enfin, peut aussi expliquer l’accueil différent réservé aux deux pontifes. Benoît remettait en question une certaine université, Léon beaucoup moins.

  • Selon Léon XIV, foi et science ne sont pas ennemies mais au service de la vérité

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    DISCOURS DU PAPE LÉON XIV

    AUX MEMBRES DU CONSEIL D'ADMINISTRATION

    DE LA FONDATION DE L'OBSERVATOIRE VATICAN 

    Salle du Consistoire, lundi 11 mai 2026

     
    Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

    Que la paix soit avec vous.

    Éminence le Président du Gouvernorat,
    Chers amis,
    Chers frères et sœurs,

    Je suis profondément reconnaissant de vous rencontrer, vous, membres de la Fondation de l'Observatoire du Vatican, et je vous remercie de votre soutien fidèle et généreux au travail de l'Observatoire du Vatican – une institution précieuse de l'État de la Cité du Vatican au service du Saint-Siège et de l'Église universelle.

    Il y a cent trente-cinq ans, mon prédécesseur, le pape Léon XIII, refondait l’Observatoire du Vatican afin que « chacun puisse voir clairement que l’Église et ses pasteurs ne s’opposent pas à la science véritable et solide, qu’elle soit humaine ou divine, mais qu’ils l’accueillent, l’encouragent et la promeuvent avec le plus grand dévouement » ( Ut Mysticam , 14 mars 1891). À cette époque, la science était de plus en plus présentée comme une source de vérité rivale à la religion, si bien que l’Église ressentait le besoin urgent de contrer l’idée grandissante que la foi et la science étaient ennemies.

    Aujourd'hui, la science et la religion sont confrontées à une menace différente, et peut-être plus insidieuse encore : ceux qui nient l'existence même de la vérité objective. Trop nombreux sont ceux qui refusent de reconnaître ce que la science et l'Église enseignent clairement : notre responsabilité solennelle envers la préservation de notre planète et le bien-être de ses habitants, en particulier les plus vulnérables, dont la vie est mise en péril par l'exploitation irresponsable des êtres humains et de la nature. C'est précisément pourquoi l'adhésion de l'Église à une science rigoureuse et honnête demeure non seulement précieuse, mais essentielle.

    L'astronomie occupe une place particulière dans cette mission. La capacité de contempler avec émerveillement le soleil, la lune et les étoiles est un don offert à chaque être humain, sans distinction de condition ou de situation. Elle éveille en nous à la fois l'admiration et un sens salutaire des proportions. La contemplation des cieux nous invite à voir nos peurs et nos faiblesses à la lumière de l'immensité divine. Le ciel nocturne est un trésor de beauté accessible à tous – riches et pauvres – et, dans un monde si douloureusement divisé, il demeure l'une des dernières sources de joie véritablement universelles.

    Tragiquement, même ce don est aujourd’hui menacé. Pour paraphraser le pape Benoît XVI, nous avons rempli nos cieux d’une lumière artificielle qui nous aveugle à la lumière que Dieu y a placée – une image éloquente, suggérait-il, du péché lui-même (cf. Homélie du 7 avril 2012).

    C’est dans ce contexte que j’exprime ma profonde gratitude pour le travail de la Fondation. Votre engagement permet aux scientifiques du Vatican de dialoguer de manière constructive avec le grand public et la communauté scientifique internationale. Votre générosité permet à l’Observatoire du Vatican de partager la magie de l’astronomie avec des étudiants du monde entier et de proposer des ateliers et des écoles d’été aux enseignants des écoles et paroisses catholiques. Et c’est grâce à votre dévouement que les télescopes et les laboratoires de l’Observatoire restent fidèles à leur vocation première : des lieux où la gloire de la création divine est contemplée avec respect, profondeur et joie.

    Nous ne devons jamais perdre de vue la vision théologique qui anime tout cela. Notre religion est une religion de l’Incarnation. L’Écriture nous enseigne que, dès le commencement, Dieu s’est révélé à travers sa création (cf. Rm 1, 20), et qu’il a tant aimé cette création qu’il a envoyé son propre Fils pour y entrer et la racheter (cf. Jn 3, 16). Il n’est donc pas surprenant que les personnes profondément croyantes se sentent appelées à explorer les origines et le fonctionnement de l’Univers. Cette soif de comprendre pleinement la création n’est autre que le reflet de cette aspiration ardente à Dieu qui réside au cœur de chaque âme.

    En vous renouvelant ma gratitude pour votre soutien, je prie Dieu Tout-Puissant de vous combler, vous et vos familles, de ses abondantes bénédictions. Merci !

  • Comment la science a tué le matérialisme

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    De Michel-Yves Bolloré sur First Things :

    Comment la science a tué le matérialisme

    Au début du XXe siècle, les matérialistes pouvaient se sentir triomphants. Les quatre siècles précédents avaient été riches en découvertes scientifiques qui avaient conforté la vision matérialiste du monde, ralliant à leur cause la plupart des scientifiques et des philosophes. Ces découvertes bouleversèrent profondément une Europe qui, jusque-là, était chrétienne.

    Le premier choc, provoqué par Copernic et Galilée, a révélé que la Terre n'était plus le centre de l'univers et que le Soleil ne tournait plus autour d'elle. Newton, Descartes et Laplace ont démontré que les étoiles, loin d'être poussées à travers les cieux par des anges, étaient régies par des lois d'une élégante simplicité mathématique. Buffon a soutenu que l'âge de la Terre remontait à une époque antérieure à tout récit biblique, établissant des chronologies s'étendant sur des dizaines de milliers, voire des millions d'années. Et l'homme lui-même, longtemps considéré comme l'œuvre de Dieu, est apparu dans les travaux de Lamarck et de Darwin comme le produit d'une immense histoire évolutive, ramené à la réalité par sa descendance du singe, ou d'un animal très semblable.

    Prises ensemble, ces découvertes semblaient rendre superflue la notion de Dieu Créateur ; l’univers pouvait s’expliquer sans lui. Vers 1800, le mathématicien français Laplace présenta à l’empereur Napoléon les équations mathématiques régissant notre système solaire. Napoléon lui aurait demandé : « Monsieur Laplace, on me dit que vous avez écrit ce livre volumineux sur le système de l’univers, sans jamais mentionner son Créateur ? » Laplace aurait répondu : « Je n’ai nul besoin de cette hypothèse. » Vraie ou embellie, cette anecdote illustre parfaitement l’esprit de l’époque : si l’existence d’un Créateur n’était plus nécessaire pour expliquer le monde, c’était pour une raison très simple : il n’existait tout simplement pas !

    D'autres allèrent plus loin, affirmant non seulement que Dieu n'existait pas, mais aussi que croire en Dieu était néfaste. La religion était l'opium du peuple, comme l'écrivait Marx, et le fruit de l'aliénation et des névroses de l'humanité, comme Freud le soutiendrait plus tard. Si ces croyances ancestrales pouvaient être abandonnées, l'humanité atteindrait enfin la prospérité, le savoir et la liberté. La libération sexuelle était placée au cœur de cette promesse, suivie de près par la vision d'un avenir radieux. La science, affirmait-on, appartenait aux esprits sérieux et éclairés, tandis que la foi était le domaine des personnes âgées, murmurée dans des églises à moitié vides.

    Il était presque inévitable que de tels développements scientifiques donnent naissance à de nouvelles philosophies, lesquelles trouvèrent à leur tour une expression politique dans une vague de révolutions socialistes qui dénoncèrent la religion comme réactionnaire. Ces mouvements déferlèrent sur l'Europe avant de se propager dans le monde entier : en Russie avec Lénine en 1917, en Italie avec Mussolini en 1920, en Allemagne avec Hitler en 1930, en Espagne avec la guerre civile de 1936, et plus tard en Chine avec Mao Zedong en 1948, pour ne citer que les exemples les plus marquants.

    Les scientifiques et les philosophes de l'époque croyaient que la science poursuivrait indéfiniment sa progression sur cette voie. Le matérialisme, pensaient-ils, était devenu le fondement même de la science. À travers l'Europe, de nombreux chrétiens, humiliés, se soumirent ; beaucoup abandonnèrent complètement la religion. C'est pourquoi ce qui a suivi dans le monde scientifique a été si imprévu, voire scandaleux. Car la science a connu un profond bouleversement. En l'espace d'un seul siècle, une avalanche de découvertes a ébranlé les fondements mêmes du matérialisme. Le livre que j'ai coécrit avec Olivier Bonnassies, Dieu, la science, les preuves , raconte l'histoire de ces découvertes et la réaction des matérialistes. Il est redevenu difficile, voire impossible, d'expliquer l'univers sans émettre l'hypothèse d'un Créateur. L'Horloger est de retour.

    Quatre bouleversements ont ébranlé les fondements mêmes du matérialisme, bien que le grand public en demeure largement ignorant. Le premier survint au milieu du XIXe siècle, avec la naissance d'une nouvelle science : la thermodynamique. En formulant des lois régissant l'énergie, la chaleur et le travail, les physiciens pensaient résoudre des problèmes pratiques liés aux moteurs et à leur rendement. Mais ils mirent au jour un phénomène bien plus important.

    La seconde loi de la thermodynamique a révélé que les systèmes fermés évoluent irréversiblement vers le désordre. Allumez une bougie : vous partez d’un système bien organisé : un cylindre de cire et une mèche neuve. En quelques heures de combustion, ce système ordonné se désintègre en lumière, chaleur, gaz et résidus. Le processus ne peut s’inverser sans intervention extérieure. Appliqué à l’univers, ce principe a des implications troublantes. Si l’entropie augmente constamment, le cosmos ne peut pas se répéter indéfiniment. Il doit nécessairement tendre inexorablement vers une fin ultime — un état que les physiciens ont appelé la « mort thermique » du cosmos. Le temps acquiert ainsi une direction.

    Les implications étaient profondes. Un univers régi par l'entropie ne peut être éternel dans les deux sens. Le désordre s'accroît vers le futur ; l'ordre s'accroît vers le passé. Mais l'ordre ne peut croître indéfiniment. La logique de l'entropie implique un commencement – ​​un état d'ordre maximal à partir duquel l'univers a entamé sa descente irréversible. Le passé, comme le futur, n'était plus sans fin. Même notre propre Soleil reflète ce principe. Né il y a environ quatre milliards d'années, il constitue une réserve d'énergie finie. Il brille car il consomme lentement son combustible. Dans cinq milliards d'années, ce combustible sera épuisé et le système solaire cessera d'exister.

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  • Quarante-deux pages des Lettres de saint Paul retrouvées; « Une découverte tout simplement monumentale »

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    D'Anne van Merris sur zenit.org :

    L'imagerie multispectrale a été utilisée pour reconstituer les 42 pages des Lettres de saint Paul © emelibrary.org

    L'imagerie multispectrale a été utilisée pour reconstituer les 42 pages des lettres de saint Paul © Emelibrary.Org

    42 pages des Lettres de saint Paul retrouvées « Une découverte tout simplement monumentale »

    5 mai 2026

    Une équipe internationale de chercheurs, conduite par l’université de Glasgow, en Écosse, a annoncé ce 24 avril 2026 avoir réussi à reconstruire 42 pages perdues d’un ancien manuscrit grec du Nouveau Testament, le Codex H.

    Ce manuscrit est une copie des Lettres de saint Paul de Tarse datant du 6e siècle. Il a été démantelé au 13e siècle dans le monastère de la Grande Laure, sur le mont Athos, en Grèce. Les textes ont alors été réécrits à l’encre et les pages réutilisées comme matériau de reliure et de feuillets de garde pour de nombreux autres manuscrits. Puis des fragments ont été dispersés dans des bibliothèques en Italie, en Grèce, en Russie, en Ukraine et en France.

    Les Lettres de saint Paul étaient originellement organisées différemment © AED gla.ac.uk / Damianos Kasotakis

    Les Lettres de saint Paul étaient originellement organisées différemment © gla.ac.uk / Damianos Kasotakis

    Pour le professeur Garrick Allen, qui a supervisé l’équipe de scientifiques, cette découverte « est née d’un élément essentiel : nous savions qu’à un moment donné, le manuscrit avait été réécrit à l’encre. Les produits chimiques contenus dans la nouvelle encre ont provoqué des dommages par décalage sur les pages en vis-à-vis, créant ainsi une image en miroir du texte sur la feuille opposée – laissant parfois des traces sur plusieurs pages, à peine visibles à l’œil nu, mais très nettes grâce aux techniques d’imagerie les plus récentes ».

    Les chercheurs ont donc utilisé l’imagerie multispectrale afin de reconstituer le texte « fantôme », qui n’existe plus physiquement. Pour garantir l’exactitude historique, ils ont collaboré avec des experts français et ont pu effectuer une datation au radiocarbone, confirmant l’origine exacte de ce parchemin du 6e siècle.

    Le professeur Allen poursuit : « Étant donné que le Codex H est un témoin si important pour notre compréhension des Écritures chrétiennes, la découverte de nouvelles preuves – et a fortiori d’une telle quantité – de son apparence originale est tout simplement monumentale. »

    Ces textes nouvellement dévoilés offrent ainsi des données précieuses sur la façon dont les premiers chrétiens lisaient et transmettaient les Écritures. Ils révèlent également que l’organisation originelle des Lettres de saint Paul diffère de leur division actuelle.

    Une nouvelle édition imprimée du Codex H paraîtra prochainement, et une édition numérique est disponible gratuitement en anglais, rendant ces pages accessibles au public et aux chercheurs pour la première fois depuis des siècles.

    42 pages des Lettres de saint Paul retrouvées | ZENIT - Français

  • Ce que montre une étude finlandaise sur la santé mentale et la transition de genre

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    De "La Sélection du Jour" :

    Santé mentale et transition de genre : ce que montre une étude finlandaise de long terme

    Par Raphaël Lepilleur. Synthèse n°2684, Publiée le 24/04/2026 - Photo : Entre récits et données, le réel refait surface. Crédits : Olmosovich à la poche, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
    Une étude finlandaise d'ampleur, fondée sur des registres de santé exhaustifs, suit 2 083 adolescents sur plus de vingt ans. Elle met en évidence une morbidité psychiatrique nettement plus élevée que dans la population générale, qui ne diminue pas après les parcours médicaux étudiés. Mené par des psychiatres universitaires dans un pays souvent présenté comme progressiste, ce travail introduit une complexité qui contraste avec l'idée d'une amélioration systématique de la santé mentale.

    Le document en sélection est une étude scientifique finlandaise publiée en 2026 dans la revue médicale Acta Paediatrica. Elle analyse, à partir des registres nationaux de santé, le parcours de 2 083 adolescents et jeunes adultes ayant consulté des services spécialisés en identité de genre entre 1996 et 2019, comparés à plus de 16 000 individus issus de la population générale. L'une des plus vastes études jamais menées sur ce sujet. Il ne s'agit donc pas de déclaratif, ni d'un travail militant, ni d'un échantillon restreint. L'étude repose sur des données médicales exhaustives : diagnostics, hospitalisations, prescriptions, et un suivi dans le temps pouvant aller jusqu'à 25 ans, sans perte d'information (« no loss of data », précisent les auteurs). Un point rarement atteint à cette échelle, qui souligne la continuité du suivi et la solidité de l'ensemble. 

    Elle a été menée par des psychiatres pleinement intégrés au système de santé finlandais. Parmi eux, le Dr Riittakerttu Kaltiala, cheffe du département de psychiatrie pour adolescents à l'hôpital universitaire de Tampere, enseignante, clinicienne (plus de 230 publications scientifiques). Les auteurs déclarent des financements académiques classiques, des activités institutionnelles standards. Aucun élément ne permet d'identifier un conflit d'intérêt. Le contexte compte aussi, la Finlande étant régulièrement présentée comme un modèle en matière de qualité de vie, de stabilité sociale, de politiques publiques. Un pays souvent cité comme référence, y compris sur ces questions. Le pays a été un pionnier dans la simplification des procédures de changement légal de genre, supprimant l'obligation de stérilisation et de diagnostic psychiatrique. Difficile donc de plaider l'argument d'une société transphobe ou rétrograde. 

    Ce travail semble difficile à écarter. Mais encore faut-il accepter le cadre dans lequel il s'inscrit : celui de la psychiatrie. Un cadre aujourd'hui contesté par certains courants militants, qui le dépeignent comme un outil de normalisation, le bras armé d'une société transphobe. Dans cette lecture, le diagnostic lui-même est suspect, l'évaluation clinique assimilée à une forme de contrôle.

    Pourtant, une contradiction semble émerger de cette posture. Les mêmes voix qui s'élèvent contre la validité du cadre psychiatrique sont souvent celles qui s'appuient sur la reconnaissance de diagnostics, qu'ils soient auto-établis ou validés par la médecine, pour asseoir leur démarche. On observe alors un paradoxe : la science médicale, qualifiée d'oppressive, devient simultanément une source de légitimité. Cette oscillation entre le rejet du système et l'appel à sa validation interroge sur la cohérence d'une position qui mobilise les outils de ce qu'elle condamne parfois.

    Dans ce cadre, le rôle du médecin est lui aussi remis en cause. Le processus d'évaluation est dénoncé comme un "gatekeeping" (un contrôle d'accès arbitraire qui conditionne l'accès aux soins). Les patients seraient contraints de "performer" leur détresse pour satisfaire des critères médicaux. Poussée à son terme, cette position considère que toute production scientifique issue de ce champ serait, par définition, irrecevable. C'est une position. Elle existe. Mais si on accepte le principe même de l'observation clinique, alors cette étude ne peut être ignorée.

    L'identité, le rapport à soi, au corps, traverse toute l'histoire de la pensée et de l'humanité. Elle n'est pas née au XXIe siècle. Ce qui change radicalement aujourd'hui, c'est la manière dont cette question est prise en charge : médicalement, institutionnellement, politiquement, culturellement. Et cette prise en charge n'a rien d'anodin. Côté traitement, nous parlons de traitements irréversibles et très lourds. De bloqueurs de puberté, d'interventions chirurgicales radicales, comme la création d'un néo-pénis à partir d'un lambeau de peau prélevé sur l'avant-bras ou la cuisse, puis équipé d'une prothèse gonflable en silicone. Ou la confection d'un néo-vagin, une cavité artificielle nécessitant une dilatation à vie pour éviter qu'elle ne se referme. Il s'agit d'engagements à vie, avec des complications potentielles inhérentes à la construction d'organes artificiels.

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  • Rencontre avec le médecin légiste qui a pratiqué les autopsies des grands saints.

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    De Solène Tadié sur le National Catholic Register :

    Rencontrez le médecin légiste qui a pratiqué les autopsies des grands saints.

    Le médecin français Philippe Charlier, le « Hercule Poirot de la médecine légale », a réussi à reconstituer le visage de Marie-Madeleine et étudie actuellement le mystérieux « parfum de sainteté ».

    Le docteur Philippe Charlier examine des ossements humains à l'École biblique de Jérusalem.
    Le docteur Philippe Charlier examine des ossements humains à l'École biblique de Jérusalem. (Photo : courtoisie du docteur Philippe Charlier)

    Au fil de ses visites dans les musées, les églises, les sanctuaires et les vitrines, le médecin légiste et archéologue Philippe Charlier ne peut s'empêcher de cataloguer les grandes figures de l'histoire qui se trouvent devant lui : « Il est mon patient… elle aussi ; lui aussi. » L'image est saisissante et illustre une carrière parmi les plus atypiques d'Occident aujourd'hui.

    Au cours des vingt dernières années, le docteur Charlier s'est forgé une réputation internationale en appliquant les outils de la médecine légale moderne à certaines des dépouilles les plus symboliquement chargées de l'histoire chrétienne et européenne – du roi Saint Louis et de Marie-Madeleine à Thérèse de Lisieux, François d'Assise, Jeanne d'Arc, Richard Cœur de Lion, René Descartes et même Adolf Hitler. Il a également été directeur scientifique du musée du Quai Branly à Paris pendant cinq ans. 

    Son dernier ouvrage, L'Histoire au scalpel : Autopsie des morts célèbres, se lit comme une visite guidée d'un laboratoire et d'une crypte, au rythme et au ton d'une enquête. Catholique pratiquant, il s'inscrit dans la tradition qu'il étudie, tout en conservant une approche rigoureusement médico-légale.

    La médecine légale appliquée aux saints, aux rois et aux légendes

    L'un des aspects les plus importants de l'œuvre de Charlier est qu'elle offre une compréhension concrète de la vie et de la mort de certaines des figures les plus vénérées de l'histoire chrétienne. Ce faisant, elle remet souvent en question des mythes tenaces. 

    Il a démontré, par exemple, que Saint Louis n'était pas mort de la peste pendant les croisades, comme cela a été répété pendant des siècles, mais d'une grave infection liée à un scorbut avancé. 

    De même, son analyse récente des cheveux de sainte Thérèse de Lisieux suggère qu'elle n'est pas morte uniquement de la tuberculose. Le mercure, alors utilisé comme traitement, a également joué un rôle important.

    « On aborde les restes d'un roi médiéval ou d'une nonne cloîtrée avec la même rigueur qu'une affaire médico-légale moderne », a-t-il déclaré au Register. « À ceci près que ce n'est pas le système judiciaire qui nous le demande, mais les historiens. » Une fois le travail terminé – réunis autour d'une table avec toute l'équipe – on a l'impression de se retrouver « un peu dans un roman d'Agatha Christie », lorsque la vérité éclate au terme de l'enquête : « C'est là qu'on réalise à quel point c'était une expérience enrichissante que d'avoir travaillé sur cette personne. »

    Ce « Hercule Poirot de la médecine légale » a également réussi à reconstituer le visage de Marie-Madeleine à partir des restes conservés en Provence , en travaillant sur le crâne, des fragments de peau et une mèche de cheveux, et à démontrer que ces éléments forment un ensemble cohérent, correspondant à une seule et même personne, une femme méditerranéenne d'une cinquantaine d'années. Cette reconstitution ne prouve pas en soi la tradition, mais la conforte considérablement.

    Reliquaire de Sainte Marie-Madeleine
    Reliquaire Sainte-Marie-Madeleine (Photo : Éditions Tallandier)

    Parfois, les résultats des enquêtes peuvent être plus troublants, lorsque des objets de dévotion longtemps vénérés se révèlent reposer sur des supercheries historiques. C'est le cas, par exemple, des reliques de Jeanne d'Arc conservées dans un musée de Chinon, qui se sont avérées être des fragments de momies égyptiennes.

    Charlier a également mis en lumière ce qui a pu faire de Descartes l'un des plus grands esprits de tous les temps : une asymétrie crânienne, dans une région liée à l'abstraction et au langage, qu'il interprétait comme la plasticité du génie. L'examen a aussi mis fin à une rumeur persistante : Descartes n'a pas été empoisonné à Stockholm – comme on l'a longtemps soupçonné en raison de sa proximité avec la reine protestante Christine et de l'idée qu'il cherchait à la convertir au catholicisme – mais est mort d'une pneumonie après un fort rhume.

    Le retour des Reliques

    Parmi les principaux demandeurs de ces enquêtes, l'Église elle-même occupe une place de choix. Comme l'a souligné Charlier, les autorités ecclésiastiques sollicitent de plus en plus d'expertises scientifiques : non pas pour confirmer un récit, mais pour vérifier rigoureusement l'authenticité des objets qu'elles présentent à la vénération. 

    « Contrairement à ce qu’a écrit Calvin », a déclaré Charlier, « il n’y a pas tant de fausses reliques… du moins en ce qui concerne les restes humains. » Le plus souvent, le problème tient moins à la contrefaçon qu’à l’épreuve du temps : les reliques sont déplacées, fragmentées et réattribuées au fil des siècles.

    Ces demandes s'inscrivent dans un contexte de regain d'intérêt pour les reliques observé dans le monde occidental ces quinze dernières années, intérêt qui s'est accéléré depuis la pandémie de COVID-19. Pour Charlier, il s'agit d'un phénomène anthropologique, une réaction à la perte progressive du sacré dans les sociétés déchristianisées.

    « Il est très difficile pour les êtres humains d'avoir la foi sans un objet tangible », a-t-il déclaré, ajoutant que même des traditions comme le protestantisme, qui ont cherché à se distancer de tout intermédiaire matériel, créent en pratique leurs propres points de repère. « Elles ont encore besoin, par exemple, du masque mortuaire de Luther pour concrétiser leur foi. »

    Les reliques répondent donc à un besoin intemporel de voir, d'approcher et de toucher. Le rôle de la science, dans ce contexte, n'est pas de remplacer la dévotion, mais bien de la légitimer.

    Là où le sacré et le scientifique se rencontrent 

    Cette dualité traverse la vie et l'œuvre de Charlier. Lorsqu'il se maria en l'église Saint-Ours de Loches, dans la Loire, il le fit devant le tombeau d'Agnès Sorel, sa première « patiente » et la première « favorite » royale de l'histoire de France, dont on se souvient également pour sa grande piété ; il la fit même inscrire, mi-sérieux mi-plaisantin, comme témoin dans le registre paroissial.

    Cela reflète sa conviction que son travail peut rapprocher les morts, notamment les figures historiques, des vivants – non pas comme des icônes lointaines, mais comme des êtres humains dont la vie peut être mieux comprise.

    Nulle part ailleurs cela n'est apparu plus clairement qu'à Assise, en Italie, en février dernier. Travaillant de nuit dans la crypte, sous les fresques de Giotto, sur la dépouille de saint François, il s'est retrouvé face à une figure qui comptait beaucoup pour lui depuis longtemps. Il se souvient s'être agenouillé devant le squelette du saint « qui [lui] parle profondément ». C'était pour lui « presque comme un pèlerinage… une épiphanie », se souvient-il de ce moment dont il avait rêvé toute sa vie.

    « J’ai deux hémisphères cérébraux », a-t-il commenté. « L’un appartient au croyant, au catholique romain ; et l’autre au scientifique, celui qui ne manquerait jamais la moindre lésion sur le petit métacarpien ou la plus infime cavité sur une canine isolée. »

    C’est aussi ce qui l’amène à approfondir des sujets à la frontière entre la dévotion et la science forensique. L’un d’eux est ce qu’on appelle l’odeur du sacré.

    Il avait déjà abordé le sujet dans son étude sur Richard Cœur de Lion en 2013. Dans ce cas précis, les odeurs détectées autour du cœur du roi anglais pouvaient être attribuées à des substances d'embaumement utilisées délibérément pour créer une odeur agréable, quoique artificielle.

    Charlier prépare actuellement une étude visant à déterminer ce qui pourrait composer ce mystérieux « parfum de sainteté », qui a été trouvé parmi les restes mortels de saints tels que Thérèse d'Avila, en collaboration avec des parfumeurs, des œnologues (experts en vinification) et même des chocolatiers. 

    Ce même désir de faire revivre l'histoire sous-tend également son ambitieux projet de musée à Saint-Cloud, sur le site du dernier palais royal français encore en attente de restauration. Prévu pour une ouverture fin 2028, ce site de 10 000 mètres carrés, situé aux portes de Paris, offre une vue imprenable sur toute la ville à l'ouest et recherche déjà des partenariats internationaux pour mener à bien le projet.

    « C’est la continuation de mon rêve d’enfant », a déclaré Charlier. « Je me suis toujours vu comme un voyageur temporel, et c’est exactement ce qui se passe. Mon objectif est maintenant de rendre ce voyage accessible à tous. »

  • Une mission du cœur : l’équipage d’Artemis II rend hommage à la foi, à la famille et à une vie perdue.

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    De

    Une mission du cœur : l’équipage d’Artemis II rend hommage à la foi, à la famille et à une vie perdue.

    La mission de survol lunaire a captivé le monde entier, non seulement par son ambition technique, mais aussi par ses moments d'humanité. Parmi ceux-ci, un message de Pâques émouvant et un hommage à la défunte épouse d'un membre d'équipage.

    Coucher de Terre capturé à travers le hublot du vaisseau spatial Orion à 18h41 EDT, le 6 avril 2026, lors du survol de la Lune par l'équipage d'Artemis II.
    Coucher de Terre photographié à travers le hublot du vaisseau spatial Orion à 18h41 EDT, le 6 avril 2026, lors du survol de la Lune par l'équipage d'Artemis II. (Photo : NASA)

    Alors que la mission Artemis II entame son retour des profondeurs de l'espace — ayant parcouru plus de la moitié de son voyage historique —, elle marque un nouveau chapitre dans l'exploration humaine.

    Opérée par la NASA, cette mission habitée a captivé le monde entier, non seulement par son ambition technique, mais aussi par les moments d'humanité qu'elle a suscités. Parmi eux, un message poignant envoyé sur Terre pour célébrer Pâques et rendre hommage à l'épouse disparue d'un membre d'équipage a rappelé que même dans l'immensité silencieuse de l'espace, les thèmes de l'espoir, du renouveau et de la foi continuent de résonner à travers le cosmos.

    Le 4 avril, un journaliste de CBS News a demandé au pilote de la mission, Victor Glover, s'il avait un message à partager avant Pâques. L'astronaute, qui avait emporté sa Bible dans l'espace, a partagé une profonde réflexion sur la beauté de la création.

    « Étant donné la distance qui nous sépare de la Terre et la beauté de la création, je crois que l’une des perspectives personnelles les plus importantes que j’ai ici-haut est de pouvoir vraiment percevoir la Terre comme un tout », a déclaré Glover. « Et quand je lis la Bible et que je vois toutes les choses extraordinaires qui ont été faites pour nous… on se retrouve face à cet endroit extraordinaire, ce vaisseau spatial. »

    Il a ajouté : « Vous nous parlez parce que nous sommes dans un vaisseau spatial très éloigné de la Terre, mais vous, vous êtes sur un vaisseau spatial appelé Terre, créé pour nous offrir un lieu de vie dans l’univers, dans le cosmos. La distance qui nous sépare vous donne peut-être l’impression que ce que nous faisons est exceptionnel, mais nous sommes à la même distance de vous. Et j’essaie de vous dire – croyez-moi – vous êtes exceptionnels. »

    Faisant référence à la Terre, l'astronaute a déclaré : « Au milieu de tout ce vide — ce néant qu'est l'univers — il y a cette oasis, ce magnifique endroit où nous avons la chance d'exister ensemble. »

    « Je pense qu’à l’approche de Pâques, en pensant à toutes les cultures du monde entier, qu’on la célèbre ou non, qu’on croie en Dieu ou non, c’est l’occasion pour nous de nous souvenir où nous sommes, qui nous sommes, que nous sommes tous pareils et que nous devons traverser cette épreuve ensemble. »

    Le 6 avril, Glover a également rappelé aux habitants de la Terre le plus grand commandement que le Christ nous a laissé : aimer Dieu de tout son cœur et aimer son prochain.

    Quelques instants avant que l'équipage ne perde le contact avec la Terre alors que le vaisseau spatial passait derrière la Lune, Glover a déclaré : « Alors que nous nous approchons du point le plus proche de la Lune et du point le plus éloigné de la Terre, alors que nous continuons à percer les mystères du cosmos, je voudrais vous rappeler l'un des mystères les plus importants sur Terre : l'amour. »

    « Le Christ a dit, en réponse au plus grand commandement, qu’il fallait aimer Dieu de tout son être », a-t-il ajouté. « Et lui aussi, en grand maître, a dit que le second commandement lui était égal : aimer son prochain comme soi-même. »

    Glover a toujours été très ouvert sur sa foi chrétienne. Avant le lancement d'Artemis II , il a déclaré que Jésus est la solution aux problèmes du monde : « Nous avons besoin de Jésus, que ce soit ici sur Terre ou en orbite autour de la Lune. »

    Dans un autre moment émouvant, Jeremy Hansen, spécialiste de la mission Artemis, a partagé un message proposant des noms possibles pour deux cratères lunaires encore sans nom. Le premier était « Integrity », en hommage au nom de leur vaisseau spatial, et le second « Carroll », en mémoire de l'épouse du commandant d'Artemis, Reid Wiseman.

    Il a qualifié la proposition de nommer un cratère Carroll de « particulièrement significative pour cet équipage ».

    « Il y a quelques années, nous avons entamé ce voyage au sein de notre famille d'astronautes très unie, et nous avons perdu un être cher », a-t-il confié.

    Hansen a expliqué qu'à certains moments du transit de la Lune autour de la Terre, celle-ci peut être visible depuis la Terre.

    « C'est un point lumineux sur la lune et nous aimerions l'appeler Carroll », a-t-il déclaré, la voix étranglée par les larmes.

    Carroll Taylor Wiseman est décédée d'un cancer en 2020 à l'âge de 46 ans.

    L' équipage d'Artemis devrait faire son retour sur Terre en amerrissant dans l'océan Pacifique le 10 avril. (Ce retour s'est produit sans incident ndB)

    Lire également : Un temps pour lever les yeux vers le ciel

  • Le Professeur Jérôme Lejeune : la vérité au prix de la gloire

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    D'Elisabeth de Sansal sur 1000 raisons de croire :

    Jérôme Lejeune : la vérité au prix de la gloire

    Jérôme Lejeune, grand généticien français du XXe siècle, découvre en 1958 l’origine de la trisomie 21 grâce à une technique permettant d’identifier les chromosomes. À l’heure des grands progrès de la génétique, cette découverte ouvre un champ de recherche immense. Mais elle marque aussi un tournant moral décisif. Lejeune comprend en effet que ce savoir nouveau risque de servir non pas à soigner les enfants atteints, mais à les éliminer avant leur naissance. Alors qu’il reçoit en 1969 à San Francisco le prestigieux William Allen Award, la plus haute distinction en génétique, il choisit de dire publiquement la vérité : tuer n’est pas soigner. Par fidélité à sa foi, à sa conscience et à la médecine, il sacrifie une brillante carrière.

    Les raisons d'y croire

    • À l’imitation du Christ, Jérôme Lejeune aime ses petits patients sans distinction de handicap, de morphologie ou de faciès. Il ne veut en aucun cas supprimer la maladie en supprimant le malade, ce qui serait contraire à sa foi, à sa conscience, à la médecine et à la dignité humaine. Il continue d’ailleurs de recevoir des malades en consultation, là où la plupart les délaissent à ce stade de leur carrière.
    • Le généticien est lucide : il sait que ses pairs ne lui pardonneront pas de parler librement selon sa conscience lors de la remise de l’Allen Award à San Francisco, le 3 octobre 1969. Mais, s’il a la moindre chance de toucher leur cœur et leur intelligence, il la saisira. Ses actes sont guidés par la vérité, et non par la bien-pensance ni par la recherche de prestige. Lejeune a le souci de rester disciple du Christ dans toutes les dimensions de sa vie. « De toute façon, je dirai ce que je crois être vrai », écrit-il à son épouse.
    • Il a tout à perdre : sa notoriété, sa carrière, les distinctions… En effet, il est une référence mondiale en génétique et exerce déjà de nombreuses responsabilités, comme professeur à la Sorbonne, titulaire de la première chaire de génétique fondamentale, directeur de recherche au CNRS et chef de l’unité de cytogénétique à l’INSERM. Il a reçu de nombreux prix, dont le prix Kennedy, et figure parmi les « nobelisables ». Comme tout homme, il aimerait être reconnu pour son travail, mais la défense de la vie a pour lui une valeur infiniment supérieure.
    • Lors de son discours, il ne mâche pas ses mots, se référant à Hamlet : « To kill or not to kill, that is the question. » Sa position vis-à-vis de l’avortement est très claire. Le parterre de scientifiques qui l’écoute reste d’ailleurs muet à la fin de sa prise de parole : pas un applaudissement, pas un mot, pas une poignée de main… L’un des médecins présents glisse à son voisin : « C’est le second tremblement de terre en deux jours à San Francisco ! »
    • Deux mois plus tard, Jérôme Lejeune écrit dans son journal : « Je sais pertinemment et je le savais depuis longtemps d’avance que le monde scientifique ne me pardonnerait pas cette incartade ! Être assez anticonformiste pour croire encore à la morale chrétienne et pour voir comme elle s’accorde pleinement à la génétique moderne, en voilà trop. Si jamais les chromosomes ont eu une vague chance pour le Nobel, je sais que je lui tordais le cou en lançant cet avertissement. Mais entre ça et tordre le cou aux petits enfants, y avait-il matière à réflexion ? »
    • Jérôme Lejeune ne se décourage pas et retrousse ses manches pour combattre en « soldat du Christ », selon le désir intime né en lui lors d’une expérience spirituelle vécue quelques années plus tôt en Terre sainte . Le savant vit réellement l’Évangile – « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » ( Mt 25,40 ) – et c’est sa vocation de médecin chrétien qui le guide.
    • « Ou bien nous les guérirons de leur innocence, ou bien ce sera le massacre des innocents », écrit-il dans son journal intime en 1970, avant même que la loi sur l’avortement ne soit votée en France. Cette phrase montre à quel point il est visionnaire. Aujourd’hui, plus de 96 % des enfants diagnostiqués positifs à la trisomie 21 sont éliminés avant la naissance.
    • Les témoignages rendus à la mort du médecin, début avril 1994, sont poignants et révèlent toute la charité qu’il transmettait autour de lui : « L’espérance, la foi et la charité étaient inscrites au front de l’immense savant, du médecin, du médecin chrétien des plus démunis qui sont aussi les plus près de Dieu. »
    • Si le professeur Lejeune avait gardé le silence, des milliers de vies auraient sans doute manqué d’un médecin pour les soigner et leur révéler la dignité que Dieu leur confère en tant que personnes. Par son témoignage et par ses actes, il a suscité après sa mort la création de l’institut et de la fondation qui portent son nom, afin de ne pas laisser les patients sans médecin. Son courage a fait naître des vocations après lui : elles sont l’un des fruits de son exemple.

    En savoir plus

    Le professeur Lejeune a vécu soixante-sept ans. Une vie courte, somme toute, mais si intense que l’on ne peut pas la résumer en quelques mots. Médecin, chercheur, généticien, il a trente-deux ans lorsque, en 1959, il découvre que le « mongolisme », comme on l’appelle alors, est le résultat d’une aberration chromosomique et non d’une malédiction, comme on avait tendance à le dire parfois. Cette découverte ouvre à la science des perspectives de recherche extraordinaires. Mais, en 1969, lorsqu’il comprend que ses travaux ne serviront pas à soigner les enfants trisomiques mais à les supprimer avant qu’ils ne voient le jour, il n’hésite pas à renoncer à une brillante carrière pour se lancer, jusqu’à sa mort, dans un combat acharné en faveur de la vie. Dès ses débuts en médecine, Jérôme Lejeune veut avant tout être un médecin chrétien : servir les malades, c’est servir le Christ. Il rejoint en cela l’exemple des médecins anargyres, les « sans argent », qui ont à cœur de soigner non seulement le corps mais aussi l’âme, comme les saints Côme et Damien, ou Giuseppe Moscati († 1927).

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  • A l'origine : un don; la bonté d'un secret. Réflexion éthique et théologique sur l'origine humaine, en lien avec les avancées biomédicales

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    Du Père Alain Mattheeuws sur zenit.org :

    À l’origine, un don : la bonté d’un secret Réflexion éthique et théologique sur l’origine humaine, en lien avec les avancées biomédicales

    31 mars 2026

    Grâce aux nouvelles découvertes biomédicales, nous sommes confrontés aux questions du sens : sens de notre vie limitée dans l’espace-temps, sens de notre relation aux êtres humains, sens de l’absolu connu ou inconnu. L’origine et la fin de la vie de l’homme, sans être « identiques » du point de vue de l’engagement de la liberté, nous enseignent aussi sur la valeur de notre présent et nous appellent à « agir » dans l’horizon d’une continuité de notre être. Nous voulons montrer toute la « positivité » de notre origine : dans ses traits énigmatiques et même dans son appel éthique, elle nous révèle à nous-mêmes (1 et 2). Elle nous indique également notre responsabilité éthique et religieuse par rapport à l’embryon humain (3 et 4).

    1. La bonté de l’origine

    C’est dans un univers où la gratuité de l’être est primordiale que l’homme est conçu. Personne d’entre nous n’est issu d’une logique de nécessité. Sans avoir participé à l’acte qui nous a confiés à l’existence, nous nous découvrons peu à peu en communion avec cet acte : nous avons été un embryon. Ce que nous sommes, – liberté, temps, conscience, corps, personne singulière -, en garde la mémoire. De plus, nous le savons d’expérience : la personne que nous sommes ne se réduit pas aux apparences que nous donnons parfois de nous-mêmes. Une bonté, une beauté, une unité qui viennent d’ailleurs nous permettent d’assumer librement le sujet que nous sommes et que nous n’avons pas toujours été. Le surgissement de l’être à partir du néant se constate, se réfléchit, s’interprète : il ne s’invente pas. « Le monde devient illisible s’il n’est pas perçu comme création ». L’infiniment grand comme l’infiniment petit appartiennent non seulement à un donné de fait, mais à un « donné » d’alliance. Celle-ci est un don de l’être pour toute créature appelée à reconnaître et à nommer cette transcendance qui ne s’impose jamais, mais qui imprègne l’univers comme un arc-en-ciel de lumière et de bonté. L’idée de création est incontournable. Ce qui est bon en nous est à l’image de cette création. L’apparition de l’homme dans l’univers et dans le sein maternel n’échappe ni à l’action ni à la connaissance divine qui établit ainsi un lien immédiat entre Lui et tout embryon humain. Les apparences du monde créé peuvent nous déconcerter car les lois de nature ne nous semblent, ni toujours compréhensibles, ni justes. Pourtant l’existence même de ce monde est le point de levier de nos réflexions libres et conscientes à travers nos sens et l’unité personnelle de nos facultés. Il nous est donné de réfléchir sur ce que nous sommes : ce fait atteste la matrice de bonté dans laquelle tous nos actes et nos pensées sont inscrits. Même la perception de la limite comme limite témoigne d’un horizon sans limites qui nous dit la bonté de l’infini et du fini. Puisque nous en sommes conscients et que cette bonté nous fait vivre, nous sommes capables d’attester également la bonté de tout être humain. Tout être créé est donné à lui-même : sujet à part entière, il s’accomplit librement par le don de soi dans le temps et dans l’espace. Cette donation originelle est issue d’un acte où se conjoignent les transcendantaux classiques : Bonté, Beauté, Vérité. Cette donation n’est ni « automatique » ni purement « biologique » : elle est de l’ordre de l’esprit. Elle est un acte « personnel et divin ». Elle est aussi issue d’un acte des époux qui passe par leur corps personnel. Ainsi la grandeur de l’origine est-elle d’être la matrice d’un « être-fait-pour-se-donner » et qui s’accomplit ainsi par le don de soi. L’amour est issu de ce don : il en est la figure concrète.

    2. L’énigme de l’origine

    Les nombreuses recherches bio-médicales nous fournissent des données nouvelles sur l’avènement à l’existence de l’être humain, sur ce qu’est l’embryon, sa constitution, les phénomènes qui président à sa croissance. Les observations scientifiques, de plus en plus précises sont appelées à éclairer nos jugements et à confirmer une réflexion éthique et religieuse. Elles ne peuvent s’y substituer. Définir l’humain n’appartient pas seulement à l’ordre scientifique. Réfléchir sur ce qu’est un individu, une personne, un acte créateur est de l’ordre éthique, philosophique et religieux. La définition de l’homme est à la mesure de ce qu’il est dans toutes ses composantes. Les connaissances que nous avons de l’embryon peuvent laisser ouvertes certaines options : les caractéristiques de l’individu, l’identité entre l’individu et la personne, le refus ou l’acceptation du concept de « personne potentielle », le moment précis de l’acte créateur divin. L’embryon humain est de notre espèce et nos observations doivent s’approfondir : il n’a pas encore livré tous ses secrets. Peut-être n’est-ce d’ailleurs pas à nous de déterminer ce qu’il est, ni le moment précis de son avènement à l’existence ? Il nous suffirait de le reconnaître et d’observer un faisceau d’indications visibles. Les nombreuses questions qui demeurent suscitent la recherche. Elles nous indiquent non pas un tabou mais un « secret » de l’origine de l’être humain. Ce secret ne vient pas d’abord d’un manque d’informations, mais de la profondeur même de la réalité : est-il déjà ou n’est-il pas ? L’homme doit-il savoir l’instant « t » de l’avènement à l’existence pour s’émerveiller devant son propre « mystère » ? Pour les philosophes et les théologiens, les débats de l’animation médiate ou immédiate sont importants, mais ne sont-ils pas un « voile » sur un défi éthique ou sur une assurance d’amour que quiconque d’entre nous peut éprouver face à l’origine ? Même s’il nous est possible de dissocier la conception de l’embryon de l’acte conjugal, nous percevons intuitivement combien le « berceau » de l’être humain ne peut pas être n’importe quel acte. La conception et la croissance de l’être humain appartiennent à la relation homme-femme et à l’ordre de l’agir de l’homme : les enjeux surgissent à partir non pas d’une obscurité mais d’un trop plein de lumière. L’origine dit ce que nous sommes et nous le savons. Bien sûr, le caractère énigmatique de l’embryon humain et son apparence qui nous déconcertent encore ne peuvent pas être un alibi pour nier sa dignité et risquer sa destruction unilatérale. Sur une question aussi grave, la sagesse humaine nous éclaire par ce dicton : dans le doute de fait, abstiens-toi. Ce principe de « protection » est la mesure de la gravité de la question. Comment penser en effet qu’un embryon puisse devenir un homme s’il n’en présente pas les traits à l’origine ? Les critères qui définissent des moments adéquats à cette reconnaissance appartiennent tous à une vision réductrice du temps. Ainsi s’il y a questions et doutes sur le statut de l’embryon, il ne peut pas en fait – et donc en droit – se résoudre au désavantage de ce dernier. Dans une question de doute de fait, la prudence impose à la conscience de plaider pour le respect maximum : on ne tire pas dans les broussailles si on pense que ce qui bouge pourrait être un homme. Tout embryon, dans les apparences qu’il nous donne de lui-même ou que nous parvenons à connaître de lui à chaque époque, est le terme d’un acte créateur et le défi d’une reconnaissance à sa mesure. A chaque conception, ce n’est pas « rien » qui est offert au monde. Sa seule présence est à la fois une question : « de qui est-il le visage unique ? » et une réponse : « son existence est déjà et toujours un don ».

    3. Une éthique de lumière

    Le problème éthique posé par l’embryon humain n’est pas un problème autre que celui de la reconnaissance d’autrui. Nous savons par expérience humaine combien onéreuse se trouve être toute reconnaissance d’une personne dans la vie quotidienne : se laisser interpeller par le « visage » d’autrui, le respecter et l’aimer, est un acte de liberté qui nous engage, avant même d’être une évidence qui nous oblige de manière rationnelle. La reconnaissance d’une personne dans l’embryon a une dimension ontologique, éthique et religieuse. Elle concerne l’être de l’embryon, mais elle est inséparable d’une attitude humaine d’accueil, de justice et d’amour. Cette reconnaissance n’est pas aveugle. Elle est aidée par les considérations bio-médicales, mais elle s’origine d’abord dans un accueil humanitaire : comment l’embryon pourrait-il se révéler totalement pour ce qu’il est – une personne -, si le droit fondamental à la vie ne lui est pas reconnu ? Ce qu’il est maintenant, nous l’avons été un jour. La valeur « humanité » doit être universelle et inconditionnelle. Elle concerne tout homme et tous les hommes. La définition de l’humanité de l’homme n’est pas matière livrée à l’arbitraire de l’homme. L’homme ne crée pas l’homme : il le reconnaît. Les projets de parentalité comme les définitions bio-médicales ne définissent pas ce qu’est l’embryon en soi. Ils le reconnaissent ou pas, le confirment ou l’infirment. Telle est la tâche de nos libertés humaines face au fait de son existence et à la lumière qui en jaillit. 4. Une affirmation théologique Tout embryon est en effet dans les mains de Dieu. L’infiniment grand comme l’infiniment petit dépendent de Lui. Parler d’un Dieu créateur, c’est affirmer non seulement qu’il est à la source de toutes choses, mais qu’il les soutient dans l’être. Quand on considère la place de l’homme comme être d’esprit dans la création, on ne peut penser que la conception de l’embryon, sa vie et sa croissance soient ignorées de Dieu. Le psaume 139, 13-15 explicite déjà ce lien : « C’est Toi qui m’as formé les reins, qui m’as tissé au ventre de ma mère ; je Te rends grâce pour tant de mystères : prodige que je suis, prodige que tes œuvres. Mon âme, Tu la connaissais bien, mes os n’étaient pas cachés de Toi, quand je fus fais dans le secret, brodé au profond de la terre ». Cette connaissance divine de l’univers, établit un lien immédiat entre tout embryon humain et son Créateur. Dieu connaît l’embryon parce qu’il le crée. Le fruit de la conception humaine est un être humain, non pas parce que Dieu s’y résigne, mais parce que Dieu le veut. Dieu veut toujours l’embryon humain qui est conçu parce qu’il est la source ultime de notre existence et notre origine la plus profonde. « La vie humaine est sacrée parce que, dès son origine, elle comporte l’action créatrice de Dieu » (Donum vitae, Introduction, n°5). Dans l’embryon humain qu’Il crée, le Créateur s’affirme également comme Père. Il voit dans tout embryon humain celui qui l’aimera un jour, librement ; celui qui répondra au don qui lui est fait par un amour filial. Historiquement, cette grâce nous est offerte dans le Fils unique de Dieu, Jésus Christ. Tout homme est destiné à être « fils dans le Fils », à être dans l’alliance nouvelle et éternelle. En tout embryon humain, Dieu voit l’image de son Fils. L’affirmation est lourde de sens. Tout embryon humain conçu participe à l’éternité du Dessein créateur et sauveur de Dieu (Ep 1,3-4). Au-delà des circonstances et des événements qui conditionnent ou expliquent notre venue au monde, Dieu lui-même est notre origine et notre fin : « Tu nous as faits pour toi Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en Toi », disait saint Augustin. Il nous appartient dans le présent de notre histoire humaine de confirmer le dessein de Dieu en nous et dans nos frères et sœurs en humanité. Le don qu’est l’embryon humain, son mystère, est confié à notre humanité et au monde tel qu’il est. C’est tout un monde d’existence et de significations dont l’innocence n’est qu’un signe particulier offert à tous les hommes de bonne volonté. Sa pauvreté est confiée à notre amitié. Son visage n’est pas spectaculaire. Il reste longtemps peu perceptible aux yeux humains et sa pudeur résiste parfois aux longues observations scientifiques. Ce don mystérieux, parce qu’effacé, s’offre à notre reconnaissance à travers un corps humble. Dans l’amas cellulaire germinal et invisible à l’œil nu, tout comme dans sa puissance génétique et de croissance, ce corps embryonnaire est le germe et le gage de toute donation ultérieure. L’embryon conçu est le suppliant par excellence. De la reconnaissance reçue, il vivra, pourra rendre grâce un jour et se donner à son tour. Fragilité, vulnérabilité, faiblesse, apparences surprenantes sont les mots du suppliant. L’embryon humain est une parabole vivante de la volonté créatrice et aimante de Dieu qui nous confie son œuvre. « La seule manière d’être juste avec la vie, c’est de respecter le plus petit des vivants » . Respecter le plus petit dans le mystère insondable de son être, ce n’est pas plonger dans l’archaïsme des sentiments ou la sacralisation de la nature, c’est s’exercer patiemment à mieux connaître l’homme, son origine, sa fin et le respecter en tous puisque nous le respectons dans le pauvre et le petit. Tel est le mystère de l’embryon humain et sa mission pour nos générations : être gardien de l’universalité des valeurs et de l’Autre dont nous dépendons tous. Tel est son secret : il est lumière pour ce que nous sommes et croyons être.  

    A. MATTHEEUWS s.j. Professeur émérite à l’Institut d’Etudes Théologiques (IET), à Bruxelles..

    Jésuite, biologiste de formation, le Père Alain Mattheeuws est licencié en théologie morale de l’Université pontificale Grégorienne (Rome) et docteur en théologie de l’Institut Catholique de Toulouse. Il a donné cours de morale et de sacramentaire dans divers centres de formation en France et en Italie. Il a été professeur ordinaire à la Faculté de Théologie des Jésuites à Bruxelles (I.E.T.). Il a été engagé dans divers événements concernant la pastorale des familles. Aujourd’hui il se consacre principalement à donner les Exercices spirituels. Repères bibliographiques : Union et procréation. Développements de la doctrine des fins du mariage, préface du Card. Danneels, Paris, Cerf, 1989 ; Conduits par l’Esprit Saint. L’accompagnement spirituel, préface de Mgr P. d’Ornellas, Paris, Mame/Cerp, 1997 ; S’aimer pour se donner. Le sacrement de mariage, préface de Mgr J.-L. Bruguès, Bruxelles, Lessius, 2004 ; Se préparer au mariage selon Amoris laetitia, Parole et Silence, Paris, 2016 ; Pourquoi et comment parler d’amour dans le mariage chrétien selon Amoris laetitia ? Préface de Mgr Guy de Kérimel, Paris, Parole et Silence, 2017. Eros, Agapè…Allégresse et joie. Une théologie évolutive et cohérente de l’amour et du mariage de Benoît XVI à François, Paris-Bernardin, Parole et Silence, 2019.

    À l’origine, un don : la bonté d’un secret | ZENIT - Français

  • « Quo vadis, humanitas ? » : Un guide succinct pour les lecteurs pressés

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    De Luke Coppen sur The Pillar :

    « Quo vadis, humanitas ? » : Un guide succinct pour les lecteurs pressés

    Quelle est l'origine du nouveau document de l'ITC ? Et que dit-il ?

    Au sein de l'appareil bureaucratique complexe du Vatican, il existe un organisme qui fait office de système d'alerte précoce en matière théologique.

    L'ITC est dirigée par son secrétaire général italien, Mgr Piero Coda. Elle compte actuellement 26 membres, dont le mandat de cinq ans expire ou peut être renouvelé en 2026. Les membres basés aux États-Unis sont les professeurs Reinhard Huetter et Robin Darling Young, de l'Université catholique d'Amérique .

    Début mars, le CTI a publié un nouveau document, dont la traduction française est parue cette semaine. Il s'intitule Quo vadis, humanitas ? (« Humanité, où vas-tu ? »).

    Quelle est l’origine de ce nouveau document, sous-titré « Réflexions anthropologiques chrétiennes face à certains scénarios pour l’avenir de l’humanité » ? Et que dit-il ?

    Voici un guide rapide pour les lecteurs pressés.

    Quel est le contexte ?

    Durant son mandat actuel de cinq ans, l'ITC s'est concentré sur l'anthropologie chrétienne — l'étude des êtres humains en relation avec Dieu — à la lumière des défis culturels contemporains.

    Elle a examiné le sujet à travers le prisme de Gaudium et spes, un document fondateur du Concile Vatican II, dont le 60e anniversaire a eu lieu en 2025.

    Ce projet a été piloté par une sous-commission composée des membres suivants :

    Après trois années d'étude et de débat, les membres du CTI ont approuvé à l'unanimité le texte « Quo vadis, humanitas ? » en 2025. Ce texte a été soumis au président du CTI, le cardinal Víctor Manuel Fernández, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, qui l'a présenté au pape Léon XIV.

    Avec l'approbation du pape, le cardinal Fernández a autorisé la publication du document le 9 février 2026. Il a été publié en italien et en espagnol le 4 mars.

    Qu'est-ce que ça dit ?

    Le document soutient que la culture évolue si rapidement, en raison des progrès technologiques, que les notions autrefois stables de ce que signifie être humain risquent d'être renversées.

    Il propose des pistes pour que les catholiques puissent proclamer avec conviction la conception chrétienne de la nature et du but de l'humanité, alors que le monde est secoué par une série de crises culturelles, économiques, sanitaires et militaires.

    Elle soutient que la vie humaine se définit par les relations — avec la nature, les autres et surtout Dieu — et que, puisque l'existence humaine est un don, elle s'accompagne de certaines contraintes et responsabilités, mais peut s'ouvrir à une communion impressionnante avec Dieu.

    Ce texte d'environ 28 000 mots se lit en deux heures environ. Il s'adresse probablement aux théologiens, aux philosophes s'intéressant à la pensée catholique et aux laïcs ayant déjà étudié des textes théologiques. Son style est d'une clarté inhabituelle pour un document du Vatican.

    Le texte se compose d'une introduction, suivie de quatre chapitres et d'une conclusion.

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  • Les mathématiciens peuvent devenir des « signes d'espoir pour le monde », déclare le pape Léon XIV.

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    De Victoria Cardiel sur EWTN News :

    13 mars 2026

    Les mathématiciens peuvent devenir des « signes d'espoir pour le monde », déclare le pape Léon XIV.

    À l'occasion de la Journée internationale des mathématiques, le pape Léon XIV a envoyé un message invitant à réfléchir au rôle que peuvent jouer les mathématiques de qualité dans le monde d'aujourd'hui.

    Dans un message transmis par le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État du Vatican, le pape Léon XIV a déclaré vendredi que les mathématiciens peuvent devenir des « signes d'espoir pour le monde », en particulier dans un contexte marqué par des progrès technologiques rapides et les défis auxquels l'humanité est confrontée.

    Le message du pape était adressé à la mathématicienne et professeure d'université turque Betül Tanbay, présidente de la Journée internationale des mathématiques, célébrée le 13 mars.

    Tanbay avait informé le pape d'un webinaire consacré au thème « Mathématiques et Espérance ». En réponse, le pape a adressé une lettre présentant ses salutations cordiales et ses meilleurs vœux à tous les participants à cette initiative.

    Dans ce texte, Léon XIV invitait à réfléchir au rôle que les mathématiques peuvent jouer face aux « multiples défis auxquels est confrontée la famille humaine », citant le développement technologique rapide, avec tout son potentiel « pour le bien comme pour le mal ».

    Le pape a encouragé les participants à réfléchir à la manière dont les mathématiciens peuvent témoigner positivement auprès de la société. « Un domaine de recherche particulièrement fructueux est l’utilisation des algorithmes, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle », a-t-il souligné.

    Le pape a toutefois souligné que travailler dans ces domaines exige bien plus que des compétences techniques. Comme il l'a fait remarquer, cette tâche requiert « non seulement un effort intellectuel et de l'ingéniosité, mais aussi un développement intégral de la personne », capable de prendre en compte la dimension morale des technologies émergentes.

    Se remémorant sa propre expérience d'enseignant de mathématiques et de physique, Léon XIV a cité les mots qu'il avait adressés aux étudiants lors du Jubilé mondial de l'éducation, qui s'est tenu le 30 octobre 2025 : « Posséder de vastes connaissances ne suffit pas si nous ne savons pas qui nous sommes ni quel est le sens de la vie. »

    Dans cette optique, le pape a exprimé l'espoir que les participants seraient attentifs « aux profonds besoins spirituels du cœur humain » et chercheraient des moyens d'humaniser le monde numérique afin qu'il devienne une occasion de fraternité et de créativité.

    De même, il encourageait les mathématiciens à être des « prophètes d’espoir, de vérité et de bonté dans le monde ».

    Le message s'est conclu par une prière du pape pour tous les participants à la Journée internationale des mathématiques, sur lesquels il a invoqué « d'abondantes bénédictions divines de sagesse, de joie et de paix ».

    Les connaissances mathématiques du pape Léon XIV

    Robert Francis Prevost, devenu le pape Léon XIV, obtint en 1977 une licence en mathématiques à l'université Villanova de Pennsylvanie, après avoir également étudié la philosophie. Il commença ensuite ses études de théologie la même année par son entrée au noviciat augustinien.

    Durant son séjour à l'Union théologique catholique de Chicago, Prevost a combiné sa formation religieuse avec l'enseignement : il a enseigné les mathématiques à temps partiel au lycée catholique Mendel de Chicago et a travaillé occasionnellement comme professeur de physique suppléant au lycée Ste Rita de Cascia.

  • Affaire Galilée : "on est bien loin de l'image d'Épinal du martyr en proie à la persécution de l'Église..."

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    Un podcast de l'Institut de France :

    L’affaire Galilée, ou l’hypothèse sans preuve

    avec l’historien Aimé Richardt
    archive du 3 février 2008
    Avec Christophe Dickès, journaliste

    Dans un ouvrage qui fera date, Aimé Richardt, lauréat de l’Académie française pour sa biographie de Fénelon (1994), décrypte le mythe Galilée en rétablissant une vérité historique fondée sur une étude minutieuse des textes. Dans "La vérité sur l’Affaire Galilée", l’auteur donne les raisons de la condamnation du Florentin en la replaçant dans le contexte des connaissances historiques et scientifiques de l’époque. Un ouvrage préfacé par Mgr Huot-Pleuroux, ancien Secrétaire Général de l’Episcopat.

    Émission proposée par : Christophe Dickès
    Référence : hist318

    Télécharger l’émission (56.14 Mo)

    Le 22 juin 1633, un certain Galilée fut condamné à Rome par le tribunal du Saint Office. La sentence prononcée par des cardinaux de l’Eglise catholique -appelés en la circonstance Inquisiteurs Généraux, fut la suivante : « Nous te condamnons dit le jugement à la prison formelle de ce Saint Office pour le temps qu'il nous plaira de fixer. De plus, au titre d'une pénitence salutaire, nous t'ordonnons de réciter les 7 psaumes de la pénitence salutaire, une fois par semaine, pendant les trois prochaines années... ».

    Et pourtant, Galilée ne fit pas un seul jour de prison… Il ne récita pas plus les psaumes de la pénitence salutaire puisqu’il confia ce pensum à sa fille religieuse qui s’en acquitta dûment. Et Galilée termina ses jours tranquillement à Acerti, près de Florence, où il vécut jusqu’à sa mort en 1642.

    Le nom de Galilée est généralement associé à un symbole, parfois même à un mythe, celui de la résistance à l’obscurantisme religieux en général et catholique en particulier. Pourtant qui connaît réellement Galileo Galilei, fils de Vincenzio Galilei né à Pise le 15 février 1564 ? Quelles furent ses spécialités scientifiques ? Qu’a-t-il inventé et légué à la science et à la postérité ? Peut-on parler à son endroit de victime de l’Eglise et de l'obscurantisme? Bref, pourquoi Galilée fut-il condamné par l'Eglise catholique? C’est le propos de cette émission d'Un jour dans l'Histoire.

    L'auteur.

    Aimé Richardt, historien, est l'auteur de nombreux ouvrages consacrés aux XVIIe et XVIIIe siècles. Il s'est intéressé à l'affaire Galilée, après avoir étudié l'œuvre d'un des plus grands intellectuels de l'histoire de l'Eglise, Robert Bellarmin [[FX de Guibert, 2002]]. Il est aussi l'auteur de Louvois, le bras armé de Louis XIV [[Tallandier, 1998]]; Le Soleil du Grand Siècle, prix Hugues Capet [[Tallandier, 2000]], Les savants du Roi Soleil [[FX de Guibert, 2003]], etc.

    Présentation de l'éditeur.

    Depuis le XIXe siècle, la cause était entendue : l'Église catholique avait condamné, emprisonné et martyrisé Galilée, un astronome génial, qui avait démontré que la Terre tournait autour du Soleil, ce que l'Église refusait d'admettre.

    Or la réalité est tout autre ! Non seulement Galilée n'a jamais passé un jour en prison, n'a jamais été martyrisé, mais Aimé Richardt démontre, en s'appuyant sur des documents irréfutables, que Galilée n'a jamais prouvé la rotation de la Terre autour du Soleil, et que l'Église était fondée à le condamner. En effet, les plus hautes autorités religieuses lui avaient demandé, en 1616, d'apporter une preuve à sa théorie, qui était d'ailleurs celle de Copernic, ou de parler d'hypothèse et, surtout, de ne pas intervenir dans l'explication des textes de la Bible qui paraissaient soutenir la thèse opposée du géocentrisme.

    Après l'avoir promis, Galilée est revenu sur sa parole, il a donc été jugé et condamné, avec une mansuétude toute particulière, réclamée par le pape qui était son ami. On est bien loin de l'image d'Épinal du martyr en proie à la persécution de l'Église...