L’ancien Congo Belge s’est-il jamais relevé de l’effondrement brutal advenu dès les premiers jours qui ont suivi la proclamation de son indépendance, voici plus d’un demi-siècle? Ce qui s’y passe aujourd’hui n’est qu’un épisode de plus d’une histoire malheureuse et souvent dramatique qui prend sa source dans la manière désastreuse dont la Belgique a géré la décolonisation de ce grand et beau pays. Un “poto-poto” dans lequel celui-ci s’est embourbé, sous le regard indifférent d’une opinion belge qui, déjà à l’époque, n’en avait que faire.
Les “matinales” du site “La Vie” font le point du jour, ce 21 septembre 2012:
“Devant la guérilla du Nord-Kivu en la République démocratique du Congo, les évêques catholiques ont célébré une messe en plein territoire rebelle pour marquer leur refus de la partition.
C'est dans l'église Saint-Aloise de Rutshuru, l'une des villes tenues par la rébellion des guerilleros du M23, que plusieurs évêques de la Conférence épiscopale congolaise (CENCO) ont célébré une messe hier. Un geste fort dans cette région du Nord-Kivu, qui depuis le mois de mai dernier voit ressurgir le spectre de la guerre civile. Car derrière la rébellion du M23, c'est le problème des Tutsis du Congo qui est en ligne de mire. La minorité tutsie de la République démocratique du Congo est en effet traditionnellement discriminée par le pouvoir central, et cela remonte aux sombres années de la dictature Mobutu : en 1998, il y a même eu une véritable chasse aux Tutsis dans la capitale Kinshasa.
En 2008, quelques anciens officiers de l'armée congolaise créent le CNDP (Conseil national pour la défense du peuple) sous l'égide du général Nkunda. Ils exigent de Kinshasa une plus grande représentativité de la minorité tutsie dans les instances dirigeantes de la région du Nord-Kivu, où ils sont très majoritairement installés. Mais voilà: le pouvoir congolais ne respecte pas, selon eux, ses engagements. En mai dernier, la rébellion entame une lutte armée.
Pour les évêques congolais, il est hors de question de laisser la guerre s'installer dans une région extrêmement peuplée, et où les Hutus, marqués par des massacres perpétrés par Laurent Kabila et où des dizaines de milliers de personnes ont péri, pourraient eux aussi prendre les armes et faire basculer toute la région dans un nouveau conflit génocidaire. D'autant que comme souvent, le drame humain se calque sur une problématique économique majeure: l'exploitation des mines de coltan, minerai rarissime utilisé en microélectronique, que plusieurs groupes et milices se partagent. Depuis le début du conflit armé, la CENCO ne cesse de lancer des appels à refuser la "balkanisation du pays", selon un des termes récurrents qu'elle emploie: organisation de marches pour la paix, interventions auprès du gouvernement et des rebelles pour essayer de faciliter les contacts, les évêques font tout pour éviter la guerre.
La messe célébrée par quelques membres de la CENCO revêt donc une haute valeur symbolique. Restés très discrets durant et après la messe, les évêques ont rencontré les chefs rebelles du M23, et souligné simplement en sortant que "la guerre du M23 est injuste et injustifiée. La RDC reste indivisible. Les ressources minières de la RDC ne devraient pas faire l’objet d’une exploitation illégale par quelque homme armé que ce soit". Et ils sont repartis pour Kinshasa, où ils essaieront encore de jouer les intermédiaires avec le pouvoir - sans certitude d'être entendus.”
Ici: Les évêques congolais au coeur de la crise
L’Eglise : la seule institution léguée par la colonisation qui se soit développée en évoluant sans heurts avec son passé et la seule structure qui tienne réellement. Aujourd’hui les fils africains ont succédé aux pères missionnaires, souvent pour le devenir à leur tour…là d’où venaient ceux qui leur ont apporté le Christ. A méditer.
Au lendemain même de l’appel pontifical aux embrassades interconfessionnelles, les vieux démons de l’islam sont de retour au Proche-Orient et ailleurs. Etaient ils d’ailleurs réellement partis ? Les « matinales » du site de « La Vie » ont noté quelques infestations aujourd’hui encore :
Au Liban, la seule présence du pape a eu un puissant impact psychologique. Décryptage d'un courage physique, intellectuel et spirituel, par Jean Mercier sur le site de “La Vie” (extraits):
Depuis le début de son voyage, Benoît XVI presse les chrétiens de ne pas fuir la région, berceau du christianisme, en dépit de toutes les difficultés. La présence chrétienne "n'est ni nouvelle, ni accidentelle mais historique" écrit le Pape dans son exhortation post-synodale signée vendredi. « Un Moyen-Orient sans ou avec peu de chrétiens n'est plus le Moyen-Orient » souligne-t-il. Il invite les dirigeants politiques et religieux à éviter une politique ou une stratégie communautariste qui tendrait vers un Moyen-Orient monochrome. Même si le Pape leur dit de ne pas avoir peur, les chrétiens sont inquiets de la poussée islamiste au Moyen-Orient. En Irak, ils étaient un million à l'époque de Saddam Hussein. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 450 000, en raison des violences qui ont ensanglanté leur pays et les ont visés directement. C’est le scénario que tous les chrétiens redoutent.