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Du site consacré à la sainte :
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Le processus de canonisation de Jeanne d'Arc
Mgr Henri Debout - 1922 |
armi les hommages que la société humaine peut rendre à l'un de ses membres, le plus grand sans contredit et le seul divin, c'est le culte. On désigne par ce mot un honneur religieux décerné à un être intelligent dans lequel l'action de Dieu s'est révélée sensible, indéniable, éclatante.
- Introduction de la cause (1869)
- Vénérable (27 janvier 1894)
- Le procès de béatification (1897-1909)
- Bienheureuse (18 avril 1909)
- La canonisation (1910-1920)
- Sainte (16 mai 1920)
- Patronne de la France (2 mars 1922)
L'introduction de la cause (1869) :
A peine l'héroïne avait-elle paru sur la scène du monde et s'était-elle présentée en armes dans la cité d'Orléans que commençaient les manifestations ardentes et naïves de la foule, qui voyait en elle un ange descendu des hauteurs célestes et l'exaltait à ce titre; ce culte était un remerciement adressé au Tout-Puissant pour le secours qu'il envoyait directement à la France.
J'ai dépeint en leur temps les démonstrations de cette foi populaire; j'ai signalé aussi la réponse touchante de Jeanne lorsqu'on lui reprochait la vénération universelle dont elle était l'objet :
« En vérité, je ne saurais me garder contre de telles effusions si Dieu même ne me gardait. »
L'inique réquisitoire de d'Estivet constate ces faits : il ajoute que l'on plaçait dans les églises des images de la Pucelle et que l'on portait avec confiance des médailles à son effigie. Ces allégations sont vraies, mais, au lieu d'en tirer une accusation contre Jeanne d'Arc, on doit y reconnaître la voix du peuple acclamant en elle l'intervention divine.
En certains cas, qui demeurèrent l'exception, la sentence barbare de Rouen atteignit le but que les Anglais s'étaient proposé : montrer en leur ennemie l'action de Satan et non pas celle de Dieu; mais la masse du peuple français demeura fidèle à son premier enthousiasme aussi longtemps que subsista en elle le souvenir des événements de 1429-1430. Même quand, sous l'action des ans, cette vive admiration eut diminué, il survécut encore à travers les siècles un témoignage non équivoque en faveur de la sainteté de la Libératrice nationale.
On le retrouve dans les écrits de personnages à l'esprit religieux et élevé, ainsi qu'en deux démonstrations extérieures d'un culte persévérant.
A Domremy, jusqu'à l'époque où l'armée suédoise vint dévaster la Lorraine, on vit une chapelle de Notre-Dame de la Pucelle, située à la lisière du Bois-Chenu.
A Orléans, la procession annuelle n'était que la marque tangible d'une dévotion «très profonde et permanente, au nom de laquelle un auteur du XVIIe siècle inscrivit Jeanne au martyrologe de son diocèse sous le titre de bienheureuse. Le mot était prématuré et ne venait point de l'autorité ayant la suprême compétence en ces matières. Mais il n'en reste pas moins établi que les fêtes orléanaises offrirent à l'Église l'occasion de déclarer si la Pucelle méritait ou non les hommages des fidèles.
En 1869, Mgr Dupanloup, évêque d'Orléans, prit pour la seconde fois la parole en cette grande manifestation du 8 mai, où l'on s'est efforcé de faire entendre les voix les plus éloquentes du clergé français. L'orateur avait convoqué tous les évêques des diocèses que Jeanne
honora de son passage : le thème de son discours était la sainteté de l'héroïne dévoilée par sa vie entière.
En Belgique, le déconfinement de la célébration du culte n’a apparemment fait, jusqu’ici, l’objet d’aucun examen sérieux avec les pouvoirs publics et, contrairement à leurs homologues français, les évêques belges n’ont, jusqu’à présent, dévoilé aucune indication sur la manière dont ils proposent d’avancer: prudence tactique, indifférence ou mollesse servile ?
L'impossibilité présente pour les catholiques de participer à la messe, sinon par des représentations virtuelles, incite plus d’un à vouloir retrouver au plus vite, à sa juste place, l’eucharistie réelle, absente de leur vie depuis plus de deux mois de confinement presque planétaire.
Le site web de « La Vie » publie aujourd’hui en ce sens une réflexion du Père Jean-Baptiste Nadler, curé de paroisse à Vannes et auteur des « Racines juives de la messe » (Ed. de l’Emmanuel) :

la messe est un mariage“
« Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous » (Jn 6,53). Alors que l’immense majorité des catholiques est actuellement empêchée de participer à la messe et de communier au corps du Christ, la liturgie de ces derniers jours nous a pourtant invités à manger la chair eucharistique du Fils de Dieu. Cruelle coïncidence !
« Les chrétiens se retrouvent unis dans un même dépouillement »
Vu le principe de laïcité, sans doute le gouvernement français est-il dans son rôle lorsqu’il traite les principales religions sur le même plan en donnant ses consignes de reprise des « offices religieux ». Mais ce que la laïcité peut difficilement prendre en compte, c’est que ces diverses religions ont des conceptions très différentes les unes des autres de la notion de culte et des rassemblements religieux : les prières à la mosquée n’ont évidemment pas les mêmes significations ni règles que les offices à la synagogue, le culte au temple protestant n’est pas non plus la messe catholique. Ajoutons que toutes ont des traditions de prières domestiques, ce qui relève donc du cadre de la vie privée, et des prières dans le lieu du rassemblement des croyants – mosquée, synagogue, église – obéissant aux normes ERP (établissement recevant du public). Au sein d’une même religion, les croyants eux-mêmes ont des rapports différents à leur propre culte : tel pratique sa foi sans jamais mettre les pieds dans une église, tel autre ne manquera aucune messe mais ne priera guère dans le secret de sa chambre.
La messe est l’acte religieux le plus complet qui soit, et, parce que l’homme est « une âme dans un corps »
En quoi le stress chronique peut-il influer sur notre système immunitaire ? Et comment cultiver les émotions positives qui vont nous rendre plus résilients et résistants ? Les réponses de Nathalie Rapoport-Hubschman, médecin, psychologue et psychothérapeute. Lu sur le site du périodique « La Vie » :
« On parle depuis longtemps du stress chronique délétère pour l'immunité et nous avons, depuis près de 30 ans, des études sérieuses sur le sujet. Si le stress biologique aigu nous mobilise à bon escient, quand il met notre organisme en surchauffe et devient chronique, il nous rend plus fragile.
Une bonne hygiène de vie, un atout pour mieux résister
Dès 1991, le laboratoire américain de référence “Stress, immunité et santé” du psychologue Sheldon Cohen, a démontré par de nombreuses études, les liens entre le stress et la vulnérabilité à certains virus responsables d'infections respiratoires des voies aériennes supérieures. Ou encore la corrélation entre les émotions positives et la résistance aux rhumes et simples grippes saisonnières. Il serait pourtant irresponsable d'extrapoler ces connaissances acquises sur nos futures capacités de résistance à un virus agressif ! Grâce aux antibiotiques, à la vaccination, la cartographie des maladies a changé et nous avions un peu oublié les maladies infectieuses ! Nous voici obligés de remettre au centre cette question de l'immunité...
En tant que médecin et psychothérapeute, je m'intéresse aux liens entre l'esprit et le corps qui permettent de préserver une bonne santé et je parlerais plutôt des éléments de prévention qui augmentent notre résilience physique et psychique : la limitation des effets du stress mais aussi le sommeil, l’exercice physique régulier, la gestion des émotions... tous ces outils peu coûteux à notre portée qu'on peut utiliser pour renforcer notre résilience et notre résistance face à d'éventuels agents infectieux. Nous avons une marge de manœuvre importante avant de tomber malade et avons les moyens d'agir sur de nombreux facteurs qui détermine notre santé. Cela doit nous encourager à être proactifs. Il n'est pas sûr que cela nous accorde une protection vis-à-vis de virus agressifs mais du moins cela nous donne l'assurance que prendre en compte nos besoins physiques et psychologiques peut améliorer notre santé globale.
“L’immunisation du groupe est une magnifique leçon d’altruisme”
Cette crise sanitaire nous a recentré sur les priorités et les besoins de base, de l'alimentation aux relations sociales, des conditions de vie décentes aux besoins de liens apaisés. Après cette crise, nous allons nous recentrer sur les questions d'environnement et il ne faudrait pas oublier notre propre écologie intérieure, la place des émotions positives, du lien avec les autres. Entretenir un lien social de qualité, qui nourrit mutuellement, amortit les effets du stress et a un effet bénéfique sur la santé tant mentale que physique, et ce n'est pas un luxe quand le monde va mal. Prendre conscience des choses simples qui nous font du bien, donner plus de place quotidiennement au positif – notre cerveau, on le sait, a naturellement un biais de négativité et est friand de ce qui va pas ! – y contribue aussi.
Même si ces émotions sont légitimes et parfois inévitables, chacun peut éviter de se laisser déborder par la colère ou la frustration. Cela ne passe pas forcément par la verbalisation mais, par exemple, par de brefs exercices de respiration ou un simple mot posé sur ce qu'on ressent. Je l'expérimente avec les professionnels de santé que j'accompagne, les personnes qui ont besoin de soutien durant ces temps de crise. Ces pratiques simples, et qui ont fait leurs preuves, contribuent à prendre soin de notre santé mentale et physique et apportent déjà une forme de prévention. »
Ref. Face à l’épidémie : un lien social de qualité amortit les effets du stress
Nathalie Rapoport-Hubschman a été chercheuse associée aux États-Unis sur le stress et la santé, elle a dirigé le département de psychologie médicale au Centre Hospitalier Universitaire Rabin en Israël et est directrice scientifique des Rencontres Perspectives
À lire :
Des articles du laboratoire de Sheldon Cohen : Stress et susceptibilité aux infections respiratoires, Émotions positives et vulnérabilité aux infections respiratoires.
Les travaux du laboratoire de Nathalie Rapoport-Hubschman: Publications - The Common Cold Project - Carnegie Mellon University
Son site : https://nathalierapoporthubschman.com/
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Du site des Missions Etrangères de Paris :
Selon Mgr Aphong Nguyen Huu Long, évêque de Vinh, le Vietnam, riche en vocations, peut s’adapter face aux épreuves
07/05/2020
Dimanche dernier, le 3 mai, à l’occasion de la Journée mondiale de prière pour les vocations, Mgr Aphong (Alphonse) Nguyen Huu Long, évêque de Vinh, dans le nord du Vietnam, a pu échanger avec des jeunes catholiques vietnamiens en appelant à répondre à l’appel de Dieu avec « toute notre liberté, notre foi et notre générosité ». L’évêque de Vinh, responsable de la Commission pour l’évangélisation de la Conférence des évêques du Vietnam pour la période 2019-2022, a assuré que l’Église au Vietnam, riche en vocations, pouvait adapter l’évangélisation pour dépasser les épreuves et se tourner vers l’avenir, à l’image des Martyrs du Vietnam et des missionnaires vietnamiens.

À l’occasion de la Journée mondiale de prière pour les vocations, le dimanche 3 mai, Mgr Anphong (Alphonse) Nguyen Huu Long, évêque de Vinh, a pu échanger avec des jeunes vietnamiens, en leur confiant que « tout le monde reçoit une mission du Seigneur ». « Nous pouvons choisir la vie religieuse ou le mariage ; on répond à la volonté de Dieu avec toute notre liberté, notre foi et notre engagement sincère », a-t-il ajouté. Mgr Huu, ordonné évêque par le pape François le 22 décembre 2018, a été assigné au diocèse de Vinh le 1er février 2019. Il est responsable de la Commission pour l’évangélisation de la Conférence épiscopale vietnamienne pour la période 2019-2022. « Toutes les vocations sont nobles, à condition de discerner ce à quoi Dieu vous appelle », a poursuivi l’évêque. En s’adressant à de jeunes prêtres et religieux, il a souligné « la beauté de la vocation au sacerdoce et à la vie religieuse, c’est qu’ils ne vivent pas pour eux-mêmes, mais avec Dieu pour les autres [Rm 14, 7-9] ». « Et en même temps, par toute leur vie, ils honorent Dieu et recherchent le Salut des autres », a-t-il ajouté. Selon plusieurs études menées par l’Église catholique, les vocations religieuses et sacerdotales restent nombreuses au Vietnam. Cette abondance n’est certes pas spontanée, mais résulte d’un certain nombre de facteurs, comme une atmosphère familiale, amicale et sociale favorable.
5 000 prêtres, 5 000 séminaristes et 33 000 religieux et religieuses
Le développement des vocations fait partie des domaines les plus préoccupants pour l’Église ; mais avec un plus grand nombre de vocations s’accompagne aussi le besoin de se concentrer d’autant plus sur la qualité de la formation. À l’exemple des Martyrs du Vietnam, beaucoup de catholiques ont rencontré des difficultés et sont morts pour leur foi. Les vocations se sont multipliées, et la trace des missionnaires vietnamiens est discernable partout. Le Programme catholique vietnamien d’intégration culturelle (Giao Trinh Hoi Nhap Van Hoa Cong Giao Viet Nam) montre qu’en 2019, l’Église catholique au Vietnam comptait environ 7 millions de fidèles, soit près de 7 % de la population, pour 5 000 prêtres et plus de 5 000 séminaristes. Selon les chiffres de la Commission religieuse de la Conférence des évêques du Vietnam, début 2019, l’Église locale comptait 307 congrégations et associations religieuses pour 33 087 membres, dont 28 099 religieuses et 4 988 religieux, et 1 670 religieux ordonnés prêtres. De nombreux religieux et religieuses vietnamiens sont également partis à l’étranger. Beaucoup de prêtres vietnamiens remarquent que « l’Église catholique vietnamienne envoie des vocations dans les autres pays », en particulier aux États-Unis où l’on compte 950 prêtres vietnamiens.
Certains de ces prêtres appartiennent à des congrégations comme Dong Cong, qui compte une centaine de membres. D’autres sont rédemptoristes, Missionnaires du Verbe Divin, jésuites ou dominicains… Certains évêques vietnamiens sont eux aussi partis à l’étranger, comme Mgr Vincent Nguyen Van Long en Australie, Mgr Vincent Nguyen Man Hieu au Canada, Mgr Toma Nguyen Thai Thanh aux États-Unis, et Mgr Pierre Nguyen Van Tot, ancien nonce apostolique au Sri Lanka. « Au début, beaucoup de prêtres et religieux vietnamiens partis en mission à l’étranger ont rencontré de nombreuses difficultés, pour des résultats qui n’étaient pas à la hauteur de leurs espérances », explique Mgr Huu. « L’une des plus grandes barrières rencontrées était notamment celle de la langue. Mais tous sont parvenus à dépasser cette première épreuve. » Pour Mgr Huu, « pour renouveler l’évangélisation au Vietnam, le pape François a recommandé, dans son exhortation apostolique Evangelii Gaudium [La joie de l’Évangile], de regarder vers l’avenir ». « Nous devons réfléchir à ce que nous pouvons faire, aux domaines que nous pouvons développer, et à des façons d’adapter l’évangélisation à la période que nous traversons au Vietnam », a-t-il souligné.
(Avec Asianews, Hanoï)
La propagation du COVID-19 a poussé de nombreux pays à prendre des mesures radicales pour endiguer la contagion et éviter la saturation des services sanitaires. En Belgique, le plan cherche à limiter le plus possible les déplacements et les réunions de personnes. Même si un processus de déconfinement est prudemment amorcé, depuis quelques jours, les conseils que donne l’Opus Dei sur son site « didoc.be » restent utiles pour une bonne gestion spirituelle de ce temps d’épreuve qui n’est pas achevé. Extraits :
« Hospitalisé, isolé chez soi, en quarantaine ou en prévention, en télétravail, en scolarité à distance, ou retenu à la maison pour prendre soin des enfants ou des petits-enfants, cette inactivité forcée, dans un contexte d’incertitude économique, fait courir le risque de sombrer dans le pessimisme ou la peur, ou encore de céder à une forme d’activisme numérique à la recherche de la dernière nouvelle.
Or il s’agit de tirer parti de ces circonstances exceptionnelles en pratiquant le civisme de façon responsable, en tirant profit de son temps et en s’unissant à ceux qui sont moins bien lotis par la prière.
L’Opus Dei veut aider chacun à trouver Dieu dans ses circonstances habituelles de travail et de vie familiale. Dans les circonstances présentes, qui ne sont ni habituelles ni ordinaires, saint Josémaria nous apprend aussi à tirer de toutes les situations, même les pires, quelque chose de positif, car Dieu nous y attend et nous y assiste. Dieu a sans doute une bonne raison de permettre tout cela ; tâchons d’y faire face avec sens surnaturel, dans la bonne humeur et l’espérance.
L’expérience de saint Josémaria
En avril 1937, saint Josémaria vécut un isolement semblable, dans des circonstances encore plus dramatiques. À Madrid, la guerre civile l’obligea à se réfugier dans la Légation du Honduras. Avec quatre jeunes gens de l’Opus Dei et Santiago, son frère cadet, il y demeura plus de quatre mois, partageant avec une centaine de personnes une seule salle de bains et couchant sur des tapis de sol étalés dans quelques mètres carrés.
Eduardo Alastrué, l’un des quatre, raconte ce qu’ils ont vécu :
« Certains passaient leur temps à ruminer, en silence, leur découragement et leur malheur. D’autres se défoulaient en récriminant contre leurs malheurs présents et passés, d’autres se plaignaient sans arrêt de leur sort, de leur carrière brisée, de leurs biens perdus, de leur avenir incertain et menacé. La peur, suscitée par leurs souffrances et les persécutions subies, les poussait à considérer le monde extérieur à notre asile comme un lieu inhospitalier. Très souvent, cette peur se doublait d’une horreur de l’adversaire, d’une haine impuissante sur-le-champ, mais qu’ils comptaient bien assouvir, un jour, dans la revanche. »
Au contraire, le climat que saint Josémaria créa autour de lui ne fut que positif et plein d’espérance. Afin de bien occuper leurs journées, il fixa avec eux un horaire avec des temps pour la vie intérieure, pour l’étude, notamment l’apprentissage des langues vivantes, et pour la détente.
« Qu’elle est monotone, ma vie, aujourd’hui ! disait-il dans une méditation prêchée à ceux qui l’entouraient. Comment arriver à faire fructifier les dons de Dieu dans ce repos forcé ? N’oublie pas que tu peux être comme un volcan sous la neige (…). En effet, à l’extérieur, le gel de la monotonie peut sans doute te glacer, mais à l’intérieur, le feu n’arrêtera pas de te consumer et tu n’auras de cesse que de compenser ce manque d’activité extérieure par une activité intérieure très intense (...) ».
Un an plus tard, dans une lettre adressée aux membres de l’Opus Dei que la guerre avait dispersés, il écrivait que pour y arriver il fallait prendre soin de sa vie intérieure. C’est l’origine du point 294 de Chemin :
« On ne voyait pas les plantes toutes couvertes de neige. Et le paysan, propriétaire du champ, dit tout joyeux : ‟Maintenant, elles poussent en dedans.” — J’ai pensé à toi, à ton inactivité forcée… — Dis-moi, pousses-tu, toi aussi, ‟en dedans” ? »

Ref. Tenir bon en quarantaine. Quelques conseils
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De Bérangère Dommaigné sur le site web « aleteia » :
« L’Abbé Timothée Pattyn, curé de paroisse dans le Beaujolais (Rhône), est fin prêt pour accueillir à nouveau ses paroissiens. Et pour ceux qui doutent encore de la faisabilité des gestes barrière dans une église, il propose une démonstration en images ! Cinquante silhouettes en carton, chacun assise à deux mètres de distance, et voila une messe prête à être célébrée en toute sécurité, pour enfin retrouver l’Eucharistie. Reste un précieux souhait : que ces silhouettes cartonnées redeviennent humaines !
« C’est long pour tout le monde », l’abbé Timothée Pattyn, le curé de Villiers-Morgon, petit village du Beaujolais, situé à 25 kms au nord de Villefranche-sur-Saône, déplore de ne plus pouvoir célébrer de messe publique et a décidé de le faire savoir. Mais pour répondre peut-être plus à l’ignorance et la prudence légitime de certains, « qui imaginent les messes comme des rassemblements « type JMJ » », il a décidé de montrer visuellement comment il est tout à fait possible de respecter les gestes barrières dans son église, qui pourrait accueillir jusqu’à 600 personnes en temps normal.
Pour cela, région du Beaujolais oblige, des paroissiens viticulteurs lui ont déposé des morceaux de cartons, utiles pour stocker les palettes de vin. Le curé les a ensuite dispersé chez des paroissiens avec un patron, et tout le monde s’est mis à faire du découpage afin d’obtenir cinquante silhouettes. Il ne restait plus qu’à les installer sur les bancs, pour faire la démonstration, avec une vidéo, assistée du drone du curé.

Paroisse la Trinité en Beaujolais. La preuve en image: cinquante paroissiens peuvent suivre la messe en respectant parfaitement les gestes barrières.
« Chacune des silhouettes est espacée de deux mètres, tout est ouvert, pas de poignées ou de porte à toucher » explique le curé qui ajoute « en plus grâce à la démarche liturgique, les fidèles entrent par l’allée centrale et ressortent par les allées latérales, notre liturgie est donc tout à fait adaptée à la circulation espacée ! »
Un doodle par messe
Le prêtre envisage par ailleurs de lancer tout simplement un « doodle » permettant aux paroissiens de s’inscrire à un office. Une fois le nombre de 50 obtenu, le « doodle » sera fermé, il restera à l’équipe d’accueil, masquée et équipée de gel hydroalcoolique, d’accueillir les inscrits et de leur montrer leur place. Et comme ils ne seront que 50 par messe, l’abbé Timothée se dit tout à fait prêt à célébrer plusieurs messes à la suite pour permettre à ses 350 paroissiens habituels de retrouver chacun à leur tour, la sainte Eucharistie.
En somme, toutes ces mesures semblent d’une simplicité évangélique à mettre en place ! Reste juste l’autorisation des autorités, et là le curé (comme les paroissiens), commence à gronder un peu. « On en a marre, on se sent privé de l’essentiel alors qu’il n’y a eu que très peu de cas de coronavirus chez nous, que tout le monde se connait et qu’on pourrait très facilement se retrouver en toute sécurité ». Comme le conclut le prêtre dans sa vidéo, s’il prie pour les gouvernants, il prie aussi pour que ces silhouettes en carton redeviennent enfin réelles, remplacées par des fidèles. »
Ref. Ce prêtre a tout prévu pour accueillir ses paroissiens dans quelques jours
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La pandémie fulgurante d’un virus jusqu’ici inconnu, le « covid19 », même si elle s’explique aisément par l’interconnexion de plus en plus rapide et sophistiquée de la planète entière, pétrifie aujourd’hui l’imagination, comme jadis le regard de la Gorgone.
Dans le monde hellénistique, esclave du fatum antique, le christianisme apporta un regard libérateur que nous avons peine à imaginer aujourd’hui. Quelle place, en effet, la gestion matérielle de la calamité en cours réserve-t-elle à sa dimension morale et spirituelle ? A la Pentecôte, les disciples confinés sont sortis sans peur du Cénacle. Et nous ?
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Sur le site web de « France catholique », Aymeric Pourbaix nous invite à un retour au réel :
« La légitime réaction des catholiques, évêques, prêtres et laïcs, réunis dans leur indignation face au déni par l’État de la dimension spirituelle du déconfinement – le retour du culte ouvert aux fidèles – ne doit pas masquer un enjeu tout aussi vital. Dans les semaines à venir, il consistera pour les croyants eux-mêmes à passer du virtuel au réel, lorsque les messes auront retrouvé leur caractère public – sans lequel il n’est pas d’Église, mais une foi reléguée au domaine privé.
Le risque du virtuel
Fort heureusement, la période qui suit Pâques est un moment privilégié pour découvrir cet aspect incarné de la foi catholique. Surtout dans cette période où nous courons le risque, après huit semaines de confinement, de virtualiser notre rapport à la foi.
L’Évangile le montre bien : si Jésus ressuscité n’est pas monté au Ciel immédiatement, c’est qu’il doit y avoir une raison, s’interrogeait Romano Guardini, prêtre et théologien allemand qui inspira Benoît XVI et le pape François. Et il répondait : il s’agissait pour le Dieu fait homme de montrer que la vie terrestre, dans ce qu’elle a de plus trivial, de banalement humain – partager un repas –, comportait une dimension d’éternité.
Car durant ces quarante jours qui mènent à l’Ascension, celui qui apparaît à ses disciples est bien « Jésus de Nazareth, en chair et en os, tel qu’il a vécu avec les siens, et non pas un fantôme », souligne Guardini. Avec ses blessures. Sans coup d’éclat ni faire de miracles.
C’était dire l’importance de la chair, de l’incarnation d’une foi qui n’est pas une simple théorie, ou une abstraction que l’intelligence humaine, parfois dévoyée, peut tordre dans tous les sens au point d’en déformer la vérité.
De fait, depuis l’âge moderne, l’une de ces déformations a consisté à soutenir comme un « dogme » que le christianisme est l’ennemi du corps. Un corps pris au sens de l’antiquité païenne, ou de la Renaissance, c’est-à-dire détaché de Dieu, idolâtré pour lui-même. Nous y sommes toujours.
« En réalité, remarque encore Guardini, le christianisme seul a osé placer le corps dans les profondeurs les plus cachées de Dieu. » Ce qui revient, en définitive, à lui donner une dignité inaliénable, quand l’exaltation moderne du corps en cache bien souvent la haine.
Ainsi, retrouver le goût de la vérité et du réel, le sens de l’incarnation de la foi, à travers les rites, les sacrements, sera peut-être un changement moins éclatant que ceux qui veulent changer de monde, mais certainement plus efficace.
Cela vaut en particulier pour la liturgie, où nous avions sans doute oublié, bien avant le coronavirus, combien est importante la place des sens, de la sensibilité, pour faire entrer dans le mystère de ce qui est invisible.
Pour convaincre les indécis et ceux qui seront devenus adeptes de la messe virtuelle, il faudra donc que les pasteurs déploient tous les charmes sensitifs de la messe : cloches, musique, encens, habits, lumières… Ce souci du beau sera le meilleur argument pour faire de nouveau entrer les fidèles dans cette antichambre du Ciel qu’est la messe. »
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D'Adélaïde Pouchol sur le site de l'Homme Nouveau :
Birthe Lejeune, une grande dame pour la vie

C’est une très grande dame qui s’est éteinte ce mercredi 6 mai, grande comme son amour pour les plus petits d’entre nous. Birthe Lejeune a poursuivi avec espérance et détermination l’œuvre de son mari, le Professeur Lejeune, auprès des personnes atteintes de déficience intellectuelle et plus particulièrement celles atteintes de Trisomie 21.
Arrivée du Danemark en 1950, Birthe Lejeune a trouvé en France la foi catholique, un mari hors du commun et un pays qui avait besoin de leur ardeur à défendre la vie. Née Bringsted, Birthe épouse Jérôme Lejeune en 1952, avec lui elle aura cinq enfants. Celui qui serait le découvreur de la Trisomie 21 et un opposant des premiers jours à la légalisation de l’avortement lui écrivait, alors qu’ils étaient jeunes fiancés : « Notre amour sera le seul bagage et notre religion sera la provision inépuisable qui nous permettra de vivre. »
Le travail biographique[1] d’Aude Dugast pour le procès en béatification de Jérôme Lejeune a montré à quel point l’immense savant qu’il était n’aurait pu aller si loin sans son épouse. Les témoignages et les lettres patiemment rassemblés par l’auteur laissent entrevoir un peu de l’amour profond qui unissait Birthe et Jérôme, lui qui, de colloques en conférences, ne laissait pas passer un seul jour hors de son foyer sans écrire à sa femme. Elle a gardé précieusement quelques 2000 lettres qui racontent quarante années de vie. Il travaillait, infatigable, partageant avec elle ses trouvailles, ses difficultés, ses doutes parfois. Elle écoutait, encourageait, apaisait et se préparait ainsi sans le savoir à prendre la relève.
Quand, à 17 ou 18 ans, j’ai poussé la première fois les portes de la Fondation, le nom de Jérôme Lejeune sonnait à mes oreilles comme celui d’un héros. Je connaissais mal sa vie mais je savais tout ce qu’il avait fait pour les personnes porteuses de Trisomie 21, je savais aussi son combat contre l’avortement. J’aurais voulu qu’il y ait des rues, des places ou des écoles au nom de Jérôme Lejeune et, franchement, je comprenais mal que mes amis ne partagent pas tous mon enthousiasme à la seule évocation de son nom. Je me rappelle avec émotion combien j’étais impressionnée, tout juste bonne à bredouiller un « bonjour Madame » mal assuré quand j’ai pu saluer rapidement Birthe Lejeune, entre deux portes de la Fondation. Bien sûr, ce n’est pas que Madame Lejeune fut particulièrement terrifiante, mais enfin ! elle était proche de Jean-Paul II, elle avait partagé sa vie avec un homme qui avait une foi profonde et une intelligence rare et je pressentais qu’on n’est pas une femme comme les autres quand on est celle de Jérôme Lejeune.
De Claire Lesegretain sur le site de La Croix :
Au Nigeria, les violences antichrétiennes se poursuivent
Depuis des mois, des Peuls musulmans commettent des massacres dans des villages chrétiens du nord et du centre du pays, mais les autorités locales et gouvernementales nient le caractère ethnico-religieux de ces meurtres collectifs.
06/05/2020
Au Nigeria, « comme le gouvernement n’arrête pas les criminels, ne les poursuit pas en justice et ne les condamne pas, ceux-ci ont toute latitude pour mener leurs opérations meurtrières sous quelque forme que ce soit, estime Benjamin Kwashi.
«Des violences à caractère ethnique et religieux. » C’est ainsi que l’ONG nigériane Peace-Building and Social Justice (PSJ) qualifie les violences commises depuis des mois dans l’État de Plateau, dans la Middle-Belt (ceinture centrale), et dans l’État de Katsina (nord).
Dans ces régions du Nord et du Centre du Nigeria, les musulmans sont essentiellement des Peuls nomades, tandis que les chrétiens sont majoritairement des agriculteurs (1). Depuis plusieurs années, du fait de la sécheresse, les Peuls migrent vers le sud et mènent des attaques meurtrières contre les agriculteurs chrétiens pour les faire partir.
Ces violences collectives sanglantes ont débuté en septembre 2001 par des émeutes à Jos, capitale de l’État de Plateau, puis se sont étendues à d’autres zones jusqu’à l’imposition de l’état d’urgence en 2004 par le gouvernement fédéral.
« Plusieurs milliers de victimes »
Selon le révérend Benjamin Kwashi, archevêque anglican de Jos, la capitale de l’État de Plateau, « ces violences ont fait plusieurs milliers de victimes, ont provoqué des déplacements massifs de population et des destructions de biens et de maisons ». Ce qui a commencé comme une crise sociopolitique a rapidement pris une dimension ethnico-religieuse, les autochtones non musulmans défendant leurs terres.
Ces violences ont mis en lumière l’échec de l’État et des administrations dans la gestion des diversités ethniques et religieuses, après le rétablissement du régime civil en 1999, poursuit le révérend Kwashi. Et il n’a pas fallu longtemps pour que des groupes opportunistes comme Boko Haram et ISWAP (l’État islamique en Afrique de l’Ouest, ou Islamic State’s West Africa Province) se développent.
le commentaire de Gérard Leclerc :
Près de deux millions et demi de téléspectateurs ont regardé lundi soir la superbe émission de Stéphane Bern consacrée à sainte Thérèse de Lisieux. Événement hautement significatif qui intervient en pleine tourmente et qui nous oblige à nous interroger sur l’essentiel.
Pour comprendre notre temps et ce qui nous tombe sur le dos, nous avons donc besoin de cette distance de la pensée qui appartient aux philosophes, en raison même de la gratuité de leur discipline qui ne se rapporte pas directement à une utilité. Mais ne nous faut-il pas aller plus loin pour tenter de pénétrer jusqu’au mystère profond de notre existence ? Et de ce point de vue, pour aller vite, nous franchisons cette distance supplémentaire qu’exige la théologie et la mystique. Tout de même, que faisons-nous sur terre ? Tout cela a-t-il un sens ? Jean Guitton expliquait un jour au président François Mitterrand que ce qui le distinguait de Sartre, c’est que ce dernier avait opté pour l’absurde et que lui avait choisi le mystère. Mais ce mystère ne consistait pas en la seule interrogation propre à une sagesse ou à une gnose initiatrice. Il se référait à la réponse de la foi, en ce qu’elle apporte à l’intelligence.
C’est la démarche d’un Augustin d’Hippone dans ses Confessions : « Tu nous a fait pour Toi et notre cœur est sans repos jusqu’à ce qu’il repose en Toi. » J’y réfléchissais ces jours-ci. Comment rendre sensible à cette dimension-là ? Et puis l’événement est venu à mon secours, avec la superbe émission de Stéphane Bern, lundi soir, sur Thérèse de l’Enfant Jésus. Nous n’étions pas dans le discours proprement dit, même si le discours doit intervenir à un moment ou à un autre. Pour ceux qui voudront comprendre le secret de Thérèse il faudra absolument lire son Histoire d’une âme. Mais le récit de sa vie, à l’aide des images que nous avons vues lundi, est en soi assez saisissant pour nous introduire à notre propre énigme intérieure. La pure gratuité de cette vie, uniquement vouée à la recherche de son Seigneur, nous ouvre à cet espace immense où Dieu nous invite à respirer à l’approche des profondeurs de la Trinité.
Nos tentatives dialectiques et rhétoriques n’égaleront jamais la puissance de rayonnement de la petite carmélite de Lisieux. C’est bien pourquoi cette émission, qui lui était consacrée au sein de l’épreuve que nous subissons est un véritable cadeau du Ciel. Il a d’ailleurs été accueilli avec reconnaissance par un immense auditoire. Thérèse, championne de l’audimat c’est sans doute le plus étrange et le plus beau des paradoxes d’aujourd’hui.

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