Le 20 octobre, l'abbé Eric de Beukelaer publiait dans la Libre une opinion intitulée : "L'humble sagesse du feu orange" que l'on pourra lire ICI; cette opinion a pu en déconcerter plus d'un.
Le père Xavier Dijon lui a adressé une réponse (parue en commentaire sur le blog de l'abbé Eric de Beukelaer) que nous reproduisons ci-dessous :
Cher Eric,
Par l’image du feu orange que tu emploies dans ta chronique (LLB 21/10/2015), tu veux rendre compte de l’entre-deux qui sépare, d’un côté, l’interdiction de tuer, de l’autre, le colloque singulier noué entre le médecin et son patient en fin de vie. Cette image illustre bien la complexité du débat qui concerne l’euthanasie aujourd’hui, mais on peut se demander si elle éclaircit la question : n’induit-elle pas plutôt une confusion des plans, alors même que tu tiens à rappeler nettement l’interdiction de principe de l’euthanasie ?
Dans la comparaison employée, le feu rouge signifie l’interdiction de tuer. L’image est claire : devant la perspective de donner la mort, on s’arrête. Que représente alors le feu vert ? Tu ne donnes pas explicitement la transposition de cette balise-là, mais nul doute qu’il s’agit de la vie : puisqu’il s’agit de vivre, on peut passer, on passe, on vit ! Or s’il est vrai que, dans la comparaison employée, le rouge et le vert renvoient respectivement à la mort et à la vie, alors une conclusion s’impose : il n’y a pas de feu orange ! Car il n’y a pas de zone intermédiaire entre la mort et la vie. Tant qu’une personne n’est pas morte, elle vit. Telle est la force incroyable de la vie, et le tranchant de la mort. L’éthique s’ensuit : on n’arrête jamais la vie par un geste de mort !




