Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Actualité - Page 431

  • Après l’humanisme

    IMPRIMER

    apres-lhumanisme.jpgRémi Brague est professeur émérite de philosophie médiévale, arabe et juive. Membre de l’Institut de France et auteur d’une œuvre importante. Voici, le texte de interview qu’il a accordée à Christophe Geffroy, fondateur et directeur du mensuel La Nef à propos de son dernier livre : « Après l’humanisme. L’image chrétienne de l’homme » Salvator, 2022, 210 pages, 20 € :

    « La Nef – Pourquoi s’intéresser à une définition de l’homme, en quoi est-elle nécessaire ? Et est-il seulement possible de « définir » l’homme dont vous dites bien qu’il est « mystère » comme le Dieu dont il est l’image ?

    Rémi Brague – Ce que je défends est qu’il faut se méfier de toute définition de l’homme qui serait, selon l’étymologie, une façon de fixer des limites (latin : finis) à l’humain. Ce qui mène à exclure tout ce qui ne satisfait pas aux critères. D’abord les fœtus ou les nourrissons encore incapables de poser les actes par lesquels on peut identifier l’humain comme la parole. Puis les comateux aux encéphalogrammes plats. On en vient aisément, et l’histoire récente nous en fournit des exemples concrets, à décider qu’il y a des « sous-hommes » qui mènent une « vie qui ne vaut pas d’être vécue » (lebensunwertes Leben), etc.

    C’est d’avoir voulu être trop humain, en centrant trop le regard sur l’homme, que l’humanisme s’est épuisé : comment en est-il arrivé là, était-ce inscrit dans l’humanisme originel ?

    Que l’homme soit au centre, admettons, mais sans oublier qu’au centre du village, il n’y a pas que le trône, mais aussi le pilori… Mais au centre de quoi au juste ? Je dirais donc plutôt que l’humanisme s’est rabougri en perdant de vue le contexte à l’intérieur duquel l’humain prend son sens. On peut le penser ce contexte en différents styles. Pour les Anciens, c’était le monde physique en son bel ordre – en grec : kosmos. L’homme en était le sommet, non le tyran, mais plutôt le chef-d’œuvre, le vivant qui réalise le mieux les intentions de la Nature. Il le faisait par la pratique des vertus. Pour la Bible, ce contexte est Dieu. L’homme en est l’image. Pour se montrer à la hauteur de cette vocation, il se guide sur les commandements donnés par le Dieu créateur et libérateur.

    Le fait de définir l’homme par lui-même comme le fait un certain humanisme conduit non pas à l’échec, écrivez-vous, « mais à une réussite telle qu’elle aboutit à l’opposé de ce qui était recherché » : pourriez-vous nous l’expliquer ?

    La définition de soi par soi est l’aspect théorique d’une attitude pratique, la recherche de l’autonomie. Or, la détermination de soi par soi est neutre : elle peut être positive, mais aussi négative. Dans mes Ancres dans le ciel (2009), j’ai fait un peu d’humour noir en rappelant que le suicide était aussi une façon de se déterminer soi-même. Voire, plus efficacement que tout essai pour s’améliorer physiquement ou moralement.

    Pourquoi la tentation de créer un « homme nouveau » conduit-elle au désastre ?

    Je laisse de côté le problème du prétendu « transhumanisme » : techniquement faisable ? moralement justifiable ? etc. Mais le projet de créer un « homme nouveau » est ancien. Voyez le livre de Dalmacio Negro, El mito del hombre nuevo (2009), qu’il faudrait traduire. L’ennui c’est que le créateur d’un éventuel « homme nouveau » resterait un « homme ancien », gouverné non par la recherche de la sainteté, mais plutôt par celle du pouvoir. On n’obtiendra qu’une version augmentée de cet « homme ancien ». Celui que saint Paul appelle le « vieil homme » aura reçu son masque au concombre, voilà tout. L’élévation se réduira à un lifting…

    Lire la suite

  • Quelle est l'importance du soutien du patriarche Kirill à Poutine ?

    IMPRIMER

    De Massimo Introvigne sur Bitter Winter :

    Patriarche Kirill : quelle est l'importance de son soutien à Poutine ?

    13/04/2022

    Seul un petit pourcentage de Russes va à l'église. Beaucoup de ceux qui n'y vont pas peuvent néanmoins être influencés par les tirades du patriarche.

    (Traduction d'un éditorial publié le 8 avril 2022 dans le quotidien italien "Il Mattino".)

    Deux statistiques provenant de sources normalement fiables nous renseignent sur l'humeur de la population russe. L'une nous apprend que le soutien à Poutine, qui était tombé à 69 % avant la guerre, est désormais supérieur à 80 % (bien que la capacité ou la volonté des personnes interrogées dans les sondages russes de répondre librement ait été mise en doute). Une autre statistique indique que la fréquentation des églises orthodoxes en Russie est tombée à environ 1 %.

    La deuxième statistique doit être interprétée, étant donné qu'il n'existe pas dans l'Eglise orthodoxe de règle similaire au précepte catholique d'assister à la messe. Un catholique, du moins en théorie, devrait aller à la messe tous les dimanches. Pour un orthodoxe, cette obligation n'existe pas et beaucoup ne vont à l'église que lors des grandes fêtes. Toutefois, les spécialistes qui observent la religion en Russie s'accordent à dire que le nombre de Russes en contact avec l'Église orthodoxe ne cesse de diminuer et qu'il indique désormais une sécularisation comparable à celle de l'Europe occidentale.

    Il pourrait sembler que cela démente une autre thèse commune à ceux qui étudient la religion en Russie, celle du pacte implicite mais très ferme entre l'Église orthodoxe russe et l'État, c'est-à-dire entre le patriarche Kirill et Poutine. Poutine protège l'Église orthodoxe par des lois qui interdisent les missions d'autres religions et le prosélytisme, ainsi que la "liquidation" de ceux qui insistent pour convertir les orthodoxes à une autre foi, comme les Témoins de Jéhovah.

    Kirill rend la pareille en organisant, à travers le réseau capillaire des paroisses orthodoxes, le consentement à Poutine et à son parti, un peu comme les évêques catholiques italiens l'ont fait au XXe siècle avec les démocrates-chrétiens. Certains diront que c'est précisément cette identification entre l'Église orthodoxe et le pouvoir politique qui éloigne de nombreux Russes, en particulier les jeunes, des églises.

    Mais comment Kirill peut-il organiser un consensus pour Poutine si seule une petite minorité va à l'église ? En Russie, plus qu'ailleurs, il faut distinguer les différents cercles sur lesquels l'Église majoritaire exerce son influence. Une situation similaire se produit également en Italie.

    Selon les statistiques les plus fiables, les catholiques actifs en Italie sont entre quinze et vingt pour cent, mais ceux qui se déclarent catholiques dans les sondages dépassent les quatre-vingts pour cent. Les déclarations du pape, y compris celles sur la guerre en Ukraine, font régulièrement la une des journaux, et elles influencent certainement un cercle plus large que la minorité comparativement étroite des catholiques actifs.

    Lire la suite

  • Un char russe prend pour cible le centre Caritas de Marioupol : 7 morts

    IMPRIMER

    D'Anita Bourdin sur zenit.org :

    Ukraine: un centre de la Caritas attaqué à Marioupol, sept morts

    « Cette nouvelle dramatique laisse la famille Caritas horrifiée et choquée »

    Selon les sources locales de Caritas, le 15 mars 2022, un char russe a tiré sur le centre Caritas de Marioupol, tuant deux employés et cinq membres de leurs familles réfugiés dans le bâtiment. La nouvelle a été connue à Rome lundi dernier, 11 avril.

    « Nous avons besoin de votre solidarité et de vos prières pour les familles des victimes », a déclaré pour sa part la présidente de Caritas Ukraine, Tetiana Stawnychy.

    Le cardinal Tagle a voulu exprimer sa « tristesse » et son « choc » au micro de Radio Vatican (Alessandro Gisotti): « Je ressens une profonde tristesse et un choc à l’annonce de l’attaque qui a entraîné la perte de vies humaines. Caritas internationalis exprime sa plus profonde sympathie et sa proximité aux familles de ceux qui ont perdu la vie et de ceux qui ont été blessés. Notre tristesse se transforme en un appel à la communauté internationale pour qu’elle mette tout en œuvre afin de mettre fin à cette violence, de renouer le dialogue et de reconnaître chaque personne comme un frère et une sœur. »

    Il a dit sa « gratitude aux bénévoles: « Aux femmes et aux hommes qui risquent leur vie, nous adressons un mot de sincère gratitude. Vous faites une action sainte, une œuvre sainte ! Pour chaque bonne action accomplie de manière désintéressée, vous semez des graines de vérité, de justice, d’amour et de paix qui changeront le monde. Dieu veillera à ce que vos efforts ne soient pas vains. Vos efforts porteront leurs fruits. »

    Le cardinal philippin a invité à la prière: « Nous honorons le sacrifice des travailleurs humanitaires en priant pour eux et pour leurs familles. Nous croyons que Dieu entend le cri des pauvres et des justes. Nous leur rendons hommage en affirmant la valeur du service rendu par les organisations humanitaires, qui doit être respecté. Nous les honorons en priant Dieu et en appelant les personnes de bonne volonté à penser et à travailler pour la paix. »

  • Demander à Dieu la fin de la guerre en Ukraine : l'appel du pape François

    IMPRIMER

    D'Anita Bourdin sur zenit.org :

    Demander à Dieu la fin de la guerre en Ukraine: appel du pape François (traduction complète)

    Solidarité interreligieuse de l’Institut Elijah en Ukraine

    12 avril 2022

    Le pape François invite les croyants à « élever la voix avec force pour demander, au nom de Dieu, la fin de telles actions. abominables », et la paix en Ukraine.

    Le pape François a adressé un message aux participants du pèlerinage interreligieux de « solidarité avec le peuple ukrainien » organisé par l’Institut interreligieux Elijah, en Ukraine, à Tchernivtsi, dans le sud-ouest du pays (Bucovine), ce 12 avril 2022.

    « Je vous remercie, écrit le pape, pour l’initiative de ce moment de prière de fraternité entre les représentants de différentes religions, qui contribue à renforcer le sens des responsabilités des croyants face à un événement de guerre qui contredit les nombreux efforts déployés au cours des dernières décennies pour construire un monde moins armé et plus pacifique. »

    Le message du pape François a été introduit par le rabbin Alon SS, fondateur de l’Institut, en 1997, et à l’origine de cette opération de solidarité interreligieuse pour l’Ukraine.

    Et il a été lu ensuite par un franciscain, le frère Christian, en ukrainien, tandis qu’il s’affichait en anglais (on le trouve vers 1h 24mn 45s, sur cette vidéo).

    Voici notre traduction, rapide, de travail, du message du pape François, d’après l’original en italien, en date du 8 avril.

    AB

    Message du pape François

    Chers frères et sœurs,

    Je suis heureux de vous faire parvenir un message à l’occasion du pèlerinage interreligieux de solidarité pour l’Ukraine. J’adresse à chacun mon salut cordial.

    Je me sens spirituellement proche de vous tous, frères et sœurs unis par la confiance et par l’espérance dans le Très-Haut, dispensateur et gardien de la vie, et je souhaite de tout cœur m’unir pour implorer le don inestimable de la paix pour la bien-aimée population ukrainienne.
     
    L’heure que nous sommes en train de vivre nous laisse perplexes parce qu’elle est traversée par les forces du mal. La souffrance causée à tant de personnes faibles et sans défense ; les nombreux civils massacrés et les jeunes victimes innocentes ; la fuite désespérée des femmes et des enfants…
     
    Tout cela secoue nos consciences et nous oblige à ne pas nous taire, à ne pas rester indifférents à la violence de Caïn et au cri d’Abel, mais à élever la voix avec force pour demander, au nom de Dieu, la fin de telles actions. abominable.
     
    Les événements atroces et douloureux auxquels nous assistons depuis trop de jours nous confirment désormais que « la guerre est un échec de la politique et de l’humanité, une reddition honteuse, une défaite face aux forces du mal » (Enc. Fratelli tutti, 261) .
     
    Je vous remercie pour l’initiative de ce moment de prière de fraternité entre les représentants de différentes religions, qui contribue à renforcer le sens des responsabilités des croyants face à un événement de guerre qui contredit les nombreux efforts déployés au cours des dernières décennies pour construire un monde moins armé et plus pacifique.
     
    Puissent les gouvernants, spécialement ceux qui en appellent aux principes sacrés de la religion, écouter la Parole de Dieu qui affirme : « J’ai des projets de paix et non de malheur » (cf. Jr 29, 11).
     
    Tout en renouvelant ma participation spirituelle à votre geste de solidarité, je souhaite exprimer ma sincère gratitude à tous ceux qui, ces jours-ci, se sont approchés des multitudes de personnes contraintes d’abandonner leurs maisons et leurs familles. Que la dignité de la personne humaine et le caractère sacré de la vie soient toujours les  principes solides qui guident notre engagement pour la fraternité.
     
    Que le Dieu d’amour bénisse tous ses enfants artisans de paix.
     
    Rome, Saint-Jean-du-Latran, 8 avril 2022
     
    FRANÇOIS
  • Le Pape François souhaite se rendre au Kazakhstan pour le congrès des religions mondiales

    IMPRIMER

    De Vatican News :

    Le Pape souhaite se rendre au Kazakhstan pour le congrès des religions mondiales

    François a exprimé cette intention lors d'un entretien en visioconférence avec le président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev. Le congrès aura lieu en septembre prochain à Nur Sultan.

    Le Pape François a exprimé son intention de se rendre au Kazakhstan à l'occasion du 7ème Congrès des dirigeants des religions mondiales et traditionnelles qui se tiendra les 14 et 15 septembre prochains dans la capitale kazakhe, Nur Sultan. L’information, d’abord donnée par la présidence Kazakhe, a été confirmée par le directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, Matteo Bruni. François a abordé le sujet à l’occasion d’un entretien en visioconférence avec le président du Kazakhstan Kassym-Jomart Tokayev.

    Le premier Congrès des religions mondiales et traditionnelles s'est tenu à Astana en 2003, s’inspirant de la «Journée de prière pour la paix» dans le monde convoquée à Assise par Jean-Paul II en janvier 2002, afin de réaffirmer la contribution positive des différentes traditions religieuses au dialogue et à l'harmonie entre les peuples et les nations après les tensions consécutives aux attentats du 11 septembre 2001. Lors de ce premier congrès, le Saint Siège était représenté par le cardinal slovaque Joseph Tomko, alors président du Conseil pontifical pour l’évangélisation des peuples. Aux congrès successifs, les cardinaux français Roger Etchégaray et Jean-Louis Tauran avaient emmené les délégations du Vatican.

    Le prochain et septième congrès interreligieux aura pour thème «le rôle des responsables des religions mondiales et traditionnelles dans le développement socio-spirituel de l'humanité dans la période post-pandémique».

  • La guerre en Ukraine va-t-elle obscurcir le chemin de croix du pape au Colisée ?

    IMPRIMER

    Un article de Sandro Magister sur Settimo Cielo :

    Les ombres de la guerre s'invitent au chemin de croix du pape au Colisée. Documents

    Il ne s'agit pas seulement des tribulations pour ou contre un voyage du pape François à Kiev ou une rencontre entre lui et le patriarche orthodoxe de Moscou Kirill, tous deux souhaités ou contestés par l'un ou l'autre des belligérants. Même sur le chemin de croix du pape au Colisée, le soir du Vendredi saint, les ombres d'un affrontement très difficile à pacifier se répandent.

    D'abord, depuis Rome, l'ambassadeur d'Ukraine auprès du Saint-Siège, Andrei Yurash, dans un tweet de 14h17, mardi 12 avril, puis depuis Kiev, à 17h40 le même jour, l'archevêque principal Sviatoslav Shevchuk, au nom de l'Église gréco-catholique et de l'Église latine, ont sévèrement contesté la décision du Vatican de faire porter la croix ensemble par "une famille ukrainienne et une famille russe" à la 13e station du chemin de croix, celle de la mort de Jésus.

    Le tweet de l'ambassadeur se termine en informant que "nous travaillons actuellement sur la question en essayant d'expliquer les difficultés de sa mise en œuvre et les conséquences possibles".

    On trouvera ci-après le texte intégral du communiqué publié en cinq langues, ainsi qu'en ukrainien, par l'archevêque Shevchuk.

    *

    Ces derniers jours, Sa Béatitude Sviatoslav, chef et père de l'Église gréco-catholique ukrainienne, a reçu de nombreux appels de fidèles de l'Église et de la société civile, tant d'Ukraine que de l'étranger, lui demandant de commenter l'idée que, lors du Chemin de Croix de cette année, qui a lieu chaque année à Rome le Vendredi saint selon le calendrier grégorien, la Croix sera portée conjointement par des représentants ukrainiens et russes. En outre, il a été demandé à l'archevêque majeur de l'Église ukrainienne gréco-catholique de transmettre au Siège apostolique la grande indignation et le rejet de ce projet par les Ukrainiens du monde entier.

    Dans son commentaire partagé avec le département de l'information de l'Église gréco-catholique ukrainienne, Sa Béatitude Sviatoslav a déclaré : "Je considère cette idée inappropriée et ambiguë, qui ne tient pas compte du contexte de l'agression militaire russe contre l'Ukraine. Pour les gréco-catholiques d'Ukraine, les textes et les gestes de la 13e station de ce chemin de croix sont incompréhensibles et même offensants, surtout en prévision de la deuxième attaque, encore plus sanglante, des troupes russes contre nos villes et villages. Je sais aussi que nos frères catholiques de rite latin partagent avec nous ces réflexions et ces préoccupations".

    Le primat de l'Église gréco-catholique ukrainienne a informé qu'il avait déjà transmis aux autorités du Saint-Siège les nombreuses réactions négatives de nombreux évêques, prêtres, moines, religieuses et laïcs, qui sont convaincus que les gestes de réconciliation entre nos peuples ne seront possibles que lorsque la guerre sera terminée et que les personnes coupables de crimes contre l'humanité seront condamnées conformément à la justice.

    Lire la suite

  • 74 évêques et cardinaux mettent en garde : le "Chemin synodal" allemand mène tout droit au schisme

    IMPRIMER

    De Jeanne Smits, sur son blog :

    Le “Chemin synodal” allemand mène au “schisme” : la mise en garde de 74 évêques et cardinaux

    Plus de soixante-dix prélats, parmi lesquels quatre cardinaux (Napier, Burke, Pell et Arinze) et quinze archevêques, viennent d’adresser une « lettre ouverte fraternelle » à leurs « frères évêques d’Allemagne » pour les mettre en garde contre le « Chemin synodal » actuellement parcouru. Ils pointent la « confusion » que suscite ce Chemin et y voient des possibilités de schisme.

    Au nom du Chemin synodal, une majorité de participants ont récemment voté pour la « bénédiction » des couples de même sexe et pour l’ordination des femmes, tandis que les enseignements moraux de l’Eglise étaient laissés de côté, y compris par la Conférence épiscopale allemande.

    Sans détailler tous les écarts enregistrés à ce jour, les cardinaux et évêques signataires accusent nettement le Chemin synodal allemand de tourner le dos à la doctrine de l’Eglise en éliminant ce qui aurait dû constituer le fondement de sa réflexion : « la Parole de Dieu, une rencontre fidèle avec le Christ, la véritable écoute du Saint-Esprit, la soumission de nos volontés à la volonté du Père ».

    Un Chemin en forme d’« impasse »…

    Les rédacteurs de la lettre proposent une adresse courrielle pour les évêques qui souhaiteraient se joindre aux premiers signataires : episcopimundi2022@gmail.com.

    Ci-dessous, ma traduction intégrale de la lettre des 74 évêques et cardinaux. – J.S.

    *

    À une époque où la communication mondiale est si rapide, les événements qui se produisent dans une nation ont inévitablement des répercussions sur la vie ecclésiale ailleurs. Ainsi, le processus du "chemin synodal", tel qu'il est actuellement mis en œuvre par les catholiques en Allemagne, a des implications pour l'Église dans le monde entier. Les Églises locales dont nous sommes les pasteurs et les nombreux catholiques fidèles dont nous sommes responsables sont également concernés.

    Dans ce contexte, les événements survenus en Allemagne nous imposent d'exprimer notre inquiétude croissante quant à la nature de l'ensemble du processus du " Chemin synodal " en Allemagne et au contenu de ses différents documents. Nos commentaires ici seront volontairement brefs. Ils méritent, et nous y encourageons fortement, d'être approfondis (comme l'a fait, par exemple, la lettre ouverte de l'archevêque Samuel Aquila aux évêques catholiques du monde) par les évêques individuels. Néanmoins, l'urgence de nos remarques communes est enracinée dans Romains 12, et en particulier dans la mise en garde de Paul : Ne vous conformez pas à ce monde. Leur gravité découle de la confusion que le Chemin synodal a déjà entraînée et continue d'entraîner, et du potentiel de schisme qui en résultera inévitablement dans la vie de l'Église.

    Lire la suite

  • La Marche pour la Vie 2022 aura lieu le 24 avril 2022 !

    IMPRIMER

    blank.gifSans titre.png

    La Marche pour la Vie 2022 aura lieu le 24 avril 2022 !

    • 24 avril 2022
    • 14h00
    • Mont des Arts

    20 ans d'euthanasie en Belgique

    En mai, cela fera 20 ans que l'euthanasie était autorisée en Belgique. Depuis, 24.522 déclarations d'euthanasie ont été enregistrées. L'euthanasie a été légalisée pour les mineurs et certains politiques veulent l’autoriser pour les personnes incapables d'exprimer leur volonté. Ainsi, la dignité des personnes âgées, démentes, en dépression, handicapées ou malades est systématiquement bafouée. Ces dernières années, il est également devenu clair que la Commission d'évaluation de l'euthanasie ne fonctionne plus correctement et que le concept de souffrance psychologique devient de plus en plus flou. C'est pourquoi certains psychiatres demandent l'interdiction de l'euthanasie pour souffrance psychologique.

    La Marche pour la Vie demande :

    • que la Commission d'évaluation de l'euthanasie soit réformée, afin qu’un contrôle réel des euthanasies effectuées soit effectivement possible (et qu'il soit, par exemple, impossible pour les médecins membres de la commission pratiquants l'euthanasie d'évaluer eux-mêmes leurs propres dossiers, ce qui n'est pas le cas actuellement). Dans la même optique nous demandons que l'exigence d'une majorité des ¾ des membres de la commission pour transférer le dossier au Parquet soit ramenée à ¼ ;
    • qu'il soit interdit de pratiquer l'euthanasie en cas de souffrance psychique, car il est impossible de définir si la souffrance psychique est incurable, insurmontable ou inchangeable. Nous demandons également un meilleur suivi et une prise en charge concrète des personnes vivant cette souffrance ;
    • que tout projet d'euthanasie pour les personnes atteintes de démence soit purement et simplement abandonné, car ces personnes sont dans l'incapacité d'exprimer leur réel consentement et qu'il n'est pas en notre pouvoir de choisir pour elle la valeur de leur vie ;
    • qu’un réel accent soit mis sur les soins palliatifs qui sont une alternative plus humaine. Que les personnes en souffrance soient réellement entourées et suivies. Que les métiers d'accompagnement soient revalorisés pour permettre de construire un monde réellement plus digne pour demain.

    E. Macron: inscrire « le droit à l'avortement » dans la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne

    Le 19 janvier 2022, le président de la France, Emmanuel Macron, a demandé que « le droit à l'avortement » soit inscrit dans la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne parce qu’il s’agirait d’une « valeur européenne ».

    La Marche pour la Vie et CLARA Life en collaboration avec l'organisation européenne One of Us demande :

    • que l'Union européenne reste absolument à l'écart de ces questions éthiques, reste dans le cadre de ses propres compétences, et respecte la souveraineté nationale et le principe établi de subsidiarité. La réglementation de l'avortement relève de la compétence exclusive des États membres de l'UE ;
    • que l'Union européenne renonce à tout projet d'inscrire l'avortement comme un droit dans la Charte des droits fondamentaux, sachant qu'il n'y a pas et ne peut pas y avoir de « droit fondamental à l'avortement », ce qui contredit le droit à la vie internationalement établi ;
    • que l'Union européenne, si elle veut se pencher sur la question de l'avortement, mette en place de réelle solution, de réelle alternative à l'avortement (aide matérielle, crèche dans les entreprises, réelle éducation sexuelle, ...) afin que tant l'enfant à naître que la femme dans sa maternité bénéficient d'une véritable protection.
  • Ukraine : un séminaire catholique dévasté par les militaires russes

    IMPRIMER

    De Vatican News :

    Imagem de Nossa Senhora jogada no chão pelos saqueadores russos

    Pas même un séminaire n'est épargné par les pillages et les destructions à Vorzel, en Ukraine.

    "Ils ont pris presque tout ce qui peut être vendu. Des climatiseurs, des machines à laver, des ordinateurs, des routeurs, des équipements de cuisine... ... même les vieilles baskets du recteur, avec lesquelles il aimait courir", explique l'évêque du diocèse de Kiev-Zhytomyr, Vitaliy Kryvytsky.

    Le triste témoignage sur son profil facebook est celui de l'évêque du diocèse de Kiev-Zhytomyr, Vitaliy Kryvytskyi, où il décrit le pillage par les militaires russes du séminaire catholique de Vorzel. "Deux jours quand nous sommes retournés à notre séminaire à Vorzel. Son aspect est triste, mais il est gratifiant que tout le monde ait survécu. L'évacuation était nécessaire. Le séminaire a toujours été hospitalier, mais cette fois-ci, il n'a pas été paisible. Les pilleurs ont ouvert la porte pour entrer et ne pas ressortir les mains vides.

    Certains objets liturgiques ont également été volés, dont un calice commémorant la Sainte Messe présidée par St Jean Paul II en 2001 sur le "Seagull".

    Les barbares ont endommagé plusieurs voitures, mais ils sont en mouvement. Certaines salles sont endommagées par les explosions, mais nous remercions Dieu tout-puissant d'avoir sauvé notre Alma Mater de toute nouvelle destruction.

    Il faut du temps pour que la vie au séminaire revienne. Il n'y a pas d'eau, de lumière, de gaz. Le recteur, le prêtre spirituel et les diacres sont déjà rentrés dans leurs maisons froides. Un groupe d'hommes sympathiques est arrivé et a accepté de partager ces conditions spartiates et d'aider à relancer le séminaire dès que possible. Merci sincèrement à tous pour votre courage et votre sacrifice !

    Les personnes locales qui ont besoin d'aide arrivent déjà au séminaire. Merci pour les différents transports humanitaires que notre Caritas diocésaine a déjà envoyés.

    Demain, dimanche des Rameaux, toutes les recettes de nos paroisses seront traditionnellement versées au séminaire diocésain. Merci d'avance pour tout don ! Nous aurons besoin de ces fonds pour rénover les installations et relancer la vie du séminaire, pour le bien de l'Église. Après tout, l'Ukraine, qui sera reconstruite après la guerre, aura également besoin de chefs spirituels - des prêtres. Priez pour que le Seigneur appelle ceux qu'il a choisis pour son ministère spécial."

  • 73 millions d'avortement dans le monde chaque année mais cela ne suffit pas pour l'OMS

    IMPRIMER

    De gènéthique.org :

    Des dizaines de millions d’avortements dans le monde chaque année. Et toujours pas assez pour l’OMS.

    11 avril 2022

    L’OMS vient de publier une étude qui recense le nombre d’avortements dans le monde. En parallèle, l’organisation diffuse ses recommandations en matière de politique publique.

    Selon une étude menée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Institut Guttmacher [1], 121 millions de grossesses ne sont pas « prévues » chaque année. Les auteurs ont réalisé cette estimation à partir de données issues de 150 pays sur la période 2015 – 2019. Et dans 61% des cas, ces grossesses se terminent par un avortement. Ce qui représente plus de 73 millions d’avortements chaque année.

    Mais, alors que « les grossesses non prévues sont à leur niveau le plus bas depuis 30 ans »« les avortements ont augmenté dans le monde »[2]. Serait-ce le résultat de la politique du « tout-avortement » ? L’OMS ne compte pas en rester là. En effet, l’Organisation mondiale de la santé vient de mettre à jour ses recommandations en matière d’avortement.

    L’avortement sans aucune condition

    Pour l’OMS, l’avortement devrait être autorisé quel que soit le stade de la grossesse. Instaurer un seuil n’est, selon l’organisation, pas justifié d’un point de vue médical. Un avis qui n’est pas partagé par les gynécologues français, y compris par ceux qui promeuvent l’avortement. Israël Nisand, chef du service de gynécologie-obstétrique du CHU de Strasbourg et président du Collège national des gynécologues et obstétriciens de France, avait expliqué qu’à 14 semaines, l’avortement est « un geste plus dangereux que les médecins n’aiment pas faire ».

    L’OMS recommande aussi de supprimer toute période de réflexion et tout accord de tiers. Pour l’institution, une femme doit pouvoir avorter sans l’accord du père de l’enfant, une jeune fille sans l’accord de ses parents.

    L’avortement serait-il un acte anodin ? Si tel était le cas, la loi française n’aurait pas pris la peine de définir une clause de conscience spécifique à l’avortement. Une clause que les promoteurs du tout avortement n’ont pas réussi à annuler à l’occasion du vote de la loi Gaillot.

    Vers la fin de l’objection de conscience ?

    «  S’il s’avère impossible de réglementer l’objection de conscience d’une manière qui respecte, protège et satisfasse les droits des femmes souhaitant recourir à l’avortement, l’objection de conscience en matière d’avortement pourrait devenir indéfendable », écrit l’organisme. Pourtant, en 2013, l’OMS reconnaissait que « chaque agent de santé a le droit d’objecter en conscience à la pratique de l’avortement » [3]

    Comme le souligne Grégor Puppinck, directeur de l’ECLJ, « il n’est question de supprimer l’objection de conscience qu’à propos de l’avortement ». Avec un double objectif : « symbolique et pratique » [4]. Après le fait de parler de « soin » en matière d’avortement, supprimer l’objection de conscience vise pour ses promoteurs à sa « normalisation morale ».

     

    [1] Bearak JM, Popinchalk A, Beavin C, et al Country-specific estimates of unintended pregnancy and abortion incidence: a global comparative analysis of levels in 2015–2019 BMJ Global Health 2022;7:e007151.

    [2] 64 femmes sur 1000 sont concernées par des grossesses « non désirées », contre 79 femmes sur 1000 au début des années 1990

    [3] OMS, Avortement sécurisé : Deuxième édition Directives techniques et stratégiques à l’intention des systèmes de santé (2013)

    [4] Gènéthique, L’objection de conscience : un droit fondamental parce qu’elle est un devoir (26/02/2021)

    Cet article de la rédaction Gènéthique a été initialement publié sur Aleteia sous le titre : 73 millions d’avortements dans le monde chaque année

  • De nouveaux saints et bienheureux dont deux martyrs du nazisme

    IMPRIMER

    De Vatican News (Claire Riobé) :

    Canonisation:  nouvelle reconnaissance d'un miracle par le Pape François

    Le Pape François a approuvé le 9 avril la promulgation de nouveaux décrets par la Congrégation pour la cause des saints. Parmi les 10 chrétiens dont le cas était à l’étude, celui d'Artemide Zatti, un laïc italien déclaré bienheureux en 2002. La reconnaissance par le Vatican d'un miracle, qui lui avait été attribué en 2016, permettra de faire avancer son processus de canonisation.

    C’est une étape obligatoire de toute procédure de canonisation. À l’issue d’une audience accordée ce 9 avril au Cardinal Marcello Semeraro, Préfet de la Congrégation pour les causes des saints, le Pape François a approuvé la promulgation d’une série de nouveaux décrets concernant dix futurs saints chrétiens. Ces décrets confirment les «vertus d’héroïcité» de sept d’entre eux, condition essentielle à l'ouverture d'un procès de béatification. Ils reconnaissent également le miracle et le martyr de trois autres fidèles, ouvrant à l'un d'eux, le bienheureux Artemide Zatti, la voie pour entamer un processus de canonisation.

    Artemide Zatti, bientôt saint ?

    La congrégation pour les causes des saints reconnait ainsi un miracle opéré par l’intercession d’Artemide Zatti, laïc italien béatifié en 2002 par saint Jean-Paul II. Immigré en Argentine durant son adolescence, Artemide Zatti rencontra à 17 ans les Salésiens et entra comme profès au sein de la Congrégation. Sa grande dévotion pour Don Bosco le poussa à se consacrer aux malades, assumant finalement en tant que fidèle laïc la responsabilité d’un hôpital construit par les Salésiens. Il consacra sa vie au soin des plus démunis, en tant que directeur adjoint, administrateur et infirmier en milieu hospitalier. Particulièrement aimé de ses proches et de ses patients, il mourut d’une tumeur en 1951. Le miracle qui lui est attribué, opéré en 2016, est un cas de guérison d’un père de famille d’origine philippine, date de 2016.

    Giuseppe Bernardi et Mario Ghibaudo, martyrs du nazisme

    Les décrets de la congrégation pour les causes des saints confirment également le martyr de pères Giuseppe Bernardi et Mario Ghibaudo, prêtres diocésains italiens, exécutés le 19 septembre 1943 en raison de leur foi. Après l’armistice de 1943, la ville de Boves (Piémont, au nord de l’Italie), est demeuré un carrefour de passage et lieu d'exactions des forces allemandes. Alors qu’ils cherchaient à apporter aide et réconfort à la population, les deux prêtres italiens ont été assassinés par les forces SS, qui continuaient de semer la mort et la destruction dans la région.

    Les nouveaux vénérables

    Les décrets approuvés par le Saint-Père reconnaissent également les vertus héroïques de sept fidèles considérés, qui deviennent ainsi vénérables de l'Église. Parmi eux, l’évêque espagnol Martino Fulgenzio Elorza Legaristi, le missionnaire et évêque Francesco Costantino Mazzieri, de l’ordre conventuel franciscain, ainsi que des fondatrices d’instituts religieux Lucie Noiret, religieuse française de la Congrégation des Servantes du Sacré-Cœur de Jésus, et de Casimira Gruszczyńska, religieuse russe de la Congrégation des Sœurs Messagères du Cœur de Jésus.

    Enfin, trois fidèles laïques rejoignent également le rang des vénérables : l’espagnole Aurora Calvo Hernández-Agero, la polonaise Rosalia Celak, et l’italienne Maria Aristea Ceccarelli.

  • Comment l’avortement pourrait-il devenir une valeur de l’Europe ?

    IMPRIMER

    08 Avr 2022

    Comment l’avortement pourrait-il devenir une valeur de l’Europe ?

    Le 7 mai évènement à Bruxelles point d’orgue de la mobilisation pour la Vie avant la clôture de la Conférence pour l’avenir de l’Europe

    Au lancement de la présidence française de l’UE, M. Macron a revendiqué l’inscription de l’avortement dans la Charte des droits fondamentaux. Plus de 100 ONG* de 15 pays européens viennent d’unir leur voix avec la fédération One of Us pour l’interpeller dans une lettre qu’elles lui ont adressée : Comment l’avortement pourrait-il devenir une valeur de l’Europe ? (voir ci-dessous)  

    La fédération One of Us va amplifier l’interpellation par une convention organisée à Bruxelles le 7 mai 2022 : « Pour l’avenir de l’Europe, soyons fidèles à la dignité humaine et à l’héritage des pères fondateurs ». Cet évènement vise à enrichir la contribution One of Us à la Conférence pour l’avenir de l’Europe, volet «démocratie citoyenne » de la Présidence française de l’UE, dont la clôture politique est annoncée le 9 mai.

    La veille du discours de M. Macron au Parlement européen en janvier, Thierry de la Villejégu directeur de la Fondation Jérôme Lejeune et Marina Cassini présidente du Movimento par la Vita rappelaient la légitimité démocratique de One Of Us : « Avec près de 1,9 million de citoyens signataires (de 17 pays de l’UE) One Of Us est l’Initiative Citoyenne Européenne la plus importante de l’histoire, la plus réussie de toutes les initiatives lancées depuis la création de cet outil de démocratie participative (par le Traité de Lisbonne – rentré en vigeur en 2009). C’est pourquoi nous exprimons avec détermination ce message pour la Vie à l’occasion de la présidence française de l’UE : Restons humains ! »

    Comment l’avortement pourrait-il devenir une valeur de l’Europe ?

    Jeudi 17 mars, lors de la présentation de son programme, Emmanuel Macron a rappelé que l'avortement « est toujours un drame pour une femme ». Ce qui ne l'empêche pas de vouloir inscrire le droit à l'avortement dans la Charte européenne des droits fondamentaux…

    Par One of Us (

    Monsieur le président de la République française,

    alors que l’est de l’Europe est en guerre, vous contribuez à montrer l’importance de l’Union européenne. L’unité de l’Europe doit faire appel aux vraies valeurs qui ont fait son histoire. Or, en lançant la présidence française du Conseil de l’Union européenne, vous avez proclamé votre souhait d’intégrer le droit à l’avortement dans la Charte européenne des droits fondamentaux et que l’avortement devienne valeur de l’Europe. Vous vous trompez : un tel objectif ne peut que diviser et entraver le destin de l’Union.

    Jeudi 17 mars, lors de la présentation de votre programme pour l’élection présidentielle, vous avez rappelé que l’avortement « est toujours un drame pour une femme ». Monsieur le président, comment un drame pourrait-il devenir une valeur de l’Europe ?

    Nous, citoyens européens ayant signé One of Us (l’“initiative citoyenne européenne” qui a rencontré le plus grand succès populaire, avec près de 1,9 million de signatures), nous refusons cette proposition. Avec le recul, les reniements successifs des gouvernements et législateurs de nombreux États membres sur la question de la vie donnent le vertige.

    La dépénalisation de l’avortement est secondaire par rapport au droit à la vie : tous ces textes que la France et l’Europe ont signés l’expriment

    Devons-nous, Monsieur le président, vous rappeler les textes nationaux, européens et internationaux dont la France et les autres États membres sont signataires et qui s’opposent frontalement à une telle évolution ? Comment peut-on envisager de mettre ainsi de côté la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, proclamée par l’Assemblée générale des Nations unies, qui assure la reconnaissance autant que l’application universelle du droit à la vie et de « la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine » , sans distinction, qu’ils soient nés ou en gestation ?

    Avez-vous oublié la convention de Rome de 1950, voulue par les pères fondateurs, pour la sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, qui garantit le droit de toute personne à la vie et le fait que la mort ne peut être infligée à quiconque intentionnellement ?

    Avez-vous oublié que la Convention internationale des droits de l’enfant, adoptée par l’Onu en 1989, dispose que « l’enfant […] a besoin d’une protection spéciale […] , notamment d’une protection juridique appropriée, avant comme après la naissance » ?

    Comment pouvez-vous céder aux pressions des lobbies en faisant fi de ces textes dont la France et l’Europe, que vous représentez l’une et l’autre, sont signataires ? Au titre de quelle prérogative osez-vous maltraiter ainsi les droits de l’homme ? Comment pouvez-vous oublier que l’avortement, c’est la mort d’êtres humains ? Comment pouvez-vous envisager d’imposer à tous les États membres le non-respect de la vie comme principe fédérateur ?

    Il est du devoir de tout pouvoir d’État de protéger la vie humaine. Oui, la loi garantit le respect de l’être humain dès le commencement de sa vie. La dépénalisation de l’avortement est secondaire par rapport au droit à la vie : tous ces textes que la France et l’Europe ont signés l’expriment. Le droit à la vie physique est le premier des droits fondamentaux. Il serait contre nature et absolument paradoxal d’inverser ces repères.

    Devons-nous nous faire biologistes pour vous rappeler que la vie humaine commence dès l’instant de la conception, à la fusion des gamètes, et qu’il n’y a pas de différence substantielle mais seulement une différence de développement entre le zygote qui apparaît immédiatement après la fécondation, le fœtus et le nouveau-né à la naissance ? Sur le plan biologique, il s’agit bien d’une vie humaine, d’un être humain vivant.

    Non, le crime contre l’enfant à naître n’est pas un droit à conquérir

    Alors oui, s’il le faut, nous nous ferons tour à tour philosophes, historiens, biologistes, mais aussi avocats de la vie pour combattre cette erreur anthropologique fondamentale qui consiste à faire d’un drame une valeur. Non, le crime contre l’enfant à naître n’est pas un droit à conquérir. En revanche, oui, l’avortement a profondément dénaturé les droits de l’homme, droits fondamentaux auxquels nous adhérons universellement. L’avortement brandi comme valeur laisse chaque année des milliers de femmes dans le désarroi, sans alternative à l’interruption de grossesse. Ce sont ces alternatives que l’Europe devrait prioriser. En les sommant d’exercer un droit présenté comme une chance, la société les abandonne avec leur souffrance et la blessure d’avoir recouru à cet acte qui peut détruire et abîmer aussi la vie des femmes.

    Monsieur le président, la seule considération de la dignité et du respect de toute vie humaine doit toujours guider vos actions dans la présidence que vous occupez. Elle donne une limite objective à votre liberté et à votre pouvoir. Nous, citoyens européens, voulons pouvoir compter sur la démocratie pour que nos représentants n’instrumentalisent pas le pouvoir dont ils sont dépositaires, afin de nous imposer, contre notre conscience et contre tout processus démocratique une idéologie mortifère.

    Si ce n’est pas le cas, nous nous mobiliserons, car protéger les plus vulnérables n’est pas une option. Nous voulons construire une Europe vraiment humaine. Nous espérons que vous saurez l’entendre.


    * Tribune cosignée par 103 ONG issues de quinze États membres de l’Union européenne, rassemblées par la plate-forme culturelle européenne One of Us. Slovaquie : Donum Vitae, Forum Zivota, Human Rights and Family Policy Institute / Danemark : Retten Til Liv, Respekt for Menneskeliv / République Tchèque : Hnutí Pro život ČR ONŽ – pomoc a poradenství pro ženy a dívky, z.s. / France : Fondation Jérôme Lejeune, Femina Europa, Marche pour La Vie, Comité Protestant pour la Dignité Humaine, Choisir la vie, Les Eveilleurs, Confédération Nationale des Associations Familiales Catholiques / Pologne : Ordo Uris, ONE OF US Poland, Human Life International Polska, Polish Association of the Defenders of Human Life, Small Feet Foundation / Portugal : Federação Portuguesa pela Vida. / Malte : Life Network Foundation, Doctors For Life Malta, Malta Unborn Child Platform, I See Life / Pays-Bas : One of Us Nederland,Schreuw om Leven, Dutch Patient Federation, Dutch Lawyers Association Pro Vita / Luxembourg : Pour La Vie Naissante / Italie : Movimento Per la Vita Italiano / Hongrie : Feher-Center Association / Croatie : Cro-Vita Alliance / Autriche : Österreichische Lebensbewegung / Espagne : Federación Española de Asociaciones Provida, Fundación Jerome Lejeune España, Foro Español de la Familia / Belgique : New Women for Europe.