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Débats - Page 210

  • L'honneur bafoué des para-commandos qui sautèrent sur Stanleyville en 1964

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    De Marc Welsch sur le site de Lavenir.net :

    Les para-commandos qui sautèrent sur Stanleyville en 1964 sont mécontents du musée de Tervuren

    Nombre d’anciens para-commandos estiment que leur honneur est bafoué au musée de Tervuren. Ils rappellent avoir sauvé des vies à Stanleyville fin 1964.

    Ils ont été acclamés, fêtés par des dizaines de milliers de Belges dans les rues de Bruxelles, à leur retour de Stanleyville, le 1er décembre 1964. Les para-commandos venaient, après une opération humanitaire d’une petite semaine, de libérer 2 375 otages de la rébellion Simba. Les anciens de ce raid, comme François de Radiguès, Joël De Decker ou encore Luc Vandenbemben, sont encore très proches aujourd’hui. Ils se réunissent une fois par an à Wavre. «L’an dernier, explique Luc Vandenbemden, ce ne fut pas possible à cause du Covid, mais nous remettrons le couvert le 24 novembre prochain, jour anniversaire de notre parachutage sur Stanleyville (NDLR: aujourd’hui Kisangani), mais ce sera avec un drôle de goût dans la bouche…»

    Il veut parler de l’amalgame qui se fait entre la campagne de décolonisation en cours et la mission qui fut celle des paras belges en 1964. Pire: au musée royal d’Afrique centrale de Tervuren, parmi les seize statues de la grande rotonde qui ont été voilées, le visiteur peut faire face à celle d’un para-commando, avec ce commentaire: «Un para-commando belge à Stanleyville en 1964, lors de l’écrasement des rebelles Simba. L’indépendance formelle du Congo en 1960 est loin d’avoir sonné le glas des interventions étrangères.»

    Ce commentaire, ils l’estiment tendancieux et ne l’acceptent pas. «Notre régiment, dit Joël De Decker, a sauté sur Stanleyvillele 24 novembre 1964. Deux jours plus tard, nous étions parachutés sur Paulis(NDLR: aujourd’hui Isiro). Nous avons risqué notre vie là-bas lors d’une mission dépourvue d’objectifs militaires. Sauver des vies était notre but. Quand on nous tirait dessus, nous étions en état de légitime défense. Ce qui se passe au musée de Tervuren, pour moi, c’est un blasphème.»

    Luc Vandenbemden: «Nous avons fait notre travail dans des conditions difficiles, car les balles sifflaient à nos oreilles à Stanleyville et à Paulis. Patrick Nothomb, qui était à l’époque consul détaché à Stanleyville et faisait partie des otages, a bien précisé que si nous n’étions pas intervenus, les otages auraient tous été massacrés.»

    Sept associations d’anciens (liste ci-dessous) ont demandé que le commentaire lié à la statue du para-commando soit retiré. Sans succès. Elles ont donc décidé d’emprunter la voie judiciaire. Leur cause sera plaidée en décembre.

    Les associations ou cercles qui demandent réparation: Amicale nationale para-commando Vriendenkring, Association belge des vétérans et compagnons de l’Ommegang, Cercle de la coopération technique militaire, Cercle royal des officiers para-commandos, Cercle royal des anciens officiers des campagnes d’Afrique, Fédération royale des chevaliers avec glaives, Union royale des fraternelles coloniales.

  • Selon 240 femmes universitaires, l'avortement n'est pas un facteur d'égalité

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    L’avortement, facteur d’égalité ? Faux, répondent 240 femmes universitaires

    18 Oct, 2021

    Aux Etats-Unis, la Cour Suprême examinera sous peu une loi du Mississippi interdisant les avortements après 15 semaines de grossesse (cf. Etats-Unis : L’avortement devant la Cour suprême). L’organisation New Wave Feminists, dans un mémoire amicus, apporte sa contribution au débat et conteste le récit selon lequel l’avortement mène à l’égalité. 240 femmes actives y sont citées.

    « Il n’y a pas de relation causale entre la disponibilité de l’avortement et la capacité des femmes à agir dans la société », lit-on dans le mémoire. Or cet argument a été avancé par des athlètes féminines, dans un autre mémoire également adressé à la Cour Suprême.

    Les femmes progressaient bien avant l’arrêt Roe v Wade, constatent New Wave Feminists, de même que les lois en faveur de l’égalité. L’avortement ne mène pas à la réussite socio-économique des femmes, argumentent les auteurs, chiffres à l’appui. Et même, l’avortement « sape les efforts visant à adopter et mettre en œuvre des politiques nécessaires pour que les femmes enceintes et les mères participent à la société sur un pied d’égalité avec les hommes ».

    « L’avortement nuit aux femmes » soutiennent encore les auteurs du mémoire. Son accès facilité a en effet changé la société de plusieurs manières, « au détriment des femmes ». Par exemple, selon Phillip Levine, professeur d’économie au Wellesley College et associé de recherche au National Bureau of Economic Research, l’avortement conduit à penser que les enfants sont le « choix » d’une femme. Par conséquent, les enfants sont considérés comme étant la « responsabilité d’une femme ». Avec cet état d’esprit, « le lien entre le sexe et la paternité est devenu beaucoup plus ténu, contribuant à la féminisation de la pauvreté observée aujourd’hui ».

    Sources : Aleteia, JP Mauro (10/10/2021) ; Catholic news agency (4/10/2021)

  • Elle pratiquait des avortements et est devenue leader pro-vie : qu'est-ce qui a changé le cœur de ce médecin ?

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    De Kate Olivera sur Catholic News Agency :

    D'avorteur à leader pro-vie : qu'est-ce qui a changé le cœur de ce médecin ? 
    Kathi Aultman 3
    Kathi Aultman, au cours de sa première année de pratique privée, devant son cabinet, qui était en construction./ Kathi Aultman

    14 oct. 2021

    Kathi Aultman avait six semaines de post-partum lorsqu'elle est retournée travailler dans une clinique d'avortement à Gainesville, en Floride. Elle pratiquait des avortements le week-end pour gagner de l'argent pendant son internat.

    "J'étais vraiment convaincue que l'avortement était un droit de la femme", a déclaré Aultman à l'AIIC lors d'une interview le 17 septembre. "Je veux dire, j'ai tout gobé : l'hameçon, la ligne et le plomb."

    "J'ai même fait des avortements lorsque j'étais enceinte - très enceinte. Mais je ne voyais pas de contradiction. Mon bébé était désiré, le leur ne l'était pas. Se elles voulaient avorter de leur bébé, c'était leur droit."

    Mais Mme Aultman se souvient qu'il y avait quelque chose de différent dans le premier avortement qu'elle a pratiqué après avoir accouché et pris soin de son propre bébé. Pour la première fois de sa vie, elle a compris que l'enfant à naître qu'elle faisait avorter était en fait un enfant. Pas si différent de son propre enfant.

    Aultman a terminé l'avortement et les autres avortements prévus ce jour-là. Mais elle dit que son expérience, le premier jour de son retour de congé de maternité, a marqué le début de son cheminement pour devenir une militante pro-vie.

    Aujourd'hui, Mme Aultman a témoigné sur des questions pro-vie devant des organes de l'État et du Congrès et devant des tribunaux d'État, et a aidé divers procureurs d'État et le ministère de la Justice à examiner des affaires liées à l'avortement. Elle a pris la parole lors de la Marche pour la vie de 2019 à Washington.

    Plus récemment, Mme Aultman a fait partie des 240 femmes pro-vie qui ont signé un mémoire d'amicus curiae pour soutenir l'affaire Dobbs v. Jackson Women's Health Organization, une affaire du Mississippi qui pourrait annuler la protection fédérale de l'avortement aux États-Unis.

    Je ne les voyais pas comme des personnes

    Mme Aultman avait un penchant pour les sciences dès son plus jeune âge. Elle se souvient avoir aidé son père, un prédicateur méthodiste, à nettoyer le poisson après une partie de pêche. Aultman aimait examiner les organes internes des poissons, et inspecter leurs globes oculaires. Lorsque sa mère ramenait des cœurs d'animaux pour les repas familiaux, Aultman faisait couler de l'eau dans l'organe pour examiner les valves en action.

    La tante d'Aultman était bio-ingénieur, et elle est devenue un modèle pour sa nièce curieuse. Lorsqu'elle était en quatrième année, elle a visité le laboratoire de sa tante, et elle se souvient avoir été si impressionnée qu'elle a décidé, sur le champ, de devenir scientifique.

    Après avoir obtenu son diplôme de premier cycle à l'université Drew en 1972, Mme Aultman s'est fixé pour objectif d'obtenir un doctorat en recherche fondamentale. Mais elle a choisi d'étudier la médecine, car ce domaine semblait offrir des perspectives d'emploi plus sûres que la recherche.

    Kathi Aultman in a science lab at Drew University, where she earned her undergraduate degree. Kathi Aultman
    Kathi Aultman dans un laboratoire scientifique de l'université Drew, où elle a obtenu son diplôme de premier cycle. Kathi Aultman

    Kathi Aultman a été acceptée à l'école de médecine du New Jersey. Avant le début de ses cours, Aultman a découvert qu'elle était enceinte. "Et c'est la même vieille histoire", a déclaré Aultman. "Je pensais que si je gardais le bébé, je ne pourrais pas être médecin. J'avais peur qu'on finisse par divorcer, parce qu'on se mariait parce qu'il le fallait. J'avais peur de ce que ma famille et mes amis penseraient.

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  • La foi : une forme de dissidence

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    Des propos recueillis par Constantin de Vergennes sur le site de France Catholique :

    Rod Dreher, essayiste américain

    «  La foi est une forme de dissidence  »

    13 octobre 2021

    Face aux dérives idéologiques inquiétantes de notre société, aux États-Unis et ailleurs, cet intellectuel atypique qu’est Rod Dreher suggère de s’inspirer de l’exemple des dissidents de la période soviétique pour trouver les moyens de résister au rouleau compresseur postmoderne. Entretien.

    Son précédent livre, Le Pari bénédictin, publié en 2017, avait fait grand bruit. Également connu, dans sa version française, sous le titre de Comment être chrétien dans un monde qui ne l’est plus (Artège), l’ouvrage du journaliste et écrivain américain Rod Dreher proposait la formation de communautés chrétiennes locales : familles, écoles, paroisses… Ceci afin d’élaborer une contre-culture et de réévangéliser, par la suite, un monde ayant tourné le dos à la foi. Proposition stimulante, mais discutée au sein des milieux chrétiens. Quatre ans plus tard, le journaliste de l’American Conservative récidive avec un nouvel essai, Résister au mensonge, vendu à 100 000 exemplaires outre-Atlantique. Là-bas, le débat fait rage avec le mouvement «  woke  » – « éveillé » – de contestation de la culture occidentale et chrétienne, qui gagne en puissance dans l’opinion au plan mondial (voir France Catholique n°3717). L’intellectuel s’oppose ainsi à ce qu’il définit comme un totalitarisme «  doux  », et suggère de s’inspirer de l’exemple des dissidents chrétiens sous la dictature soviétique. À lire pour être prévenu…

    Comment définiriez-vous le «  totalitarisme soft  » qui nous menace et pourquoi employer ce terme ?

    Rod Dreher : Un système totalitaire est un système où le pouvoir politique est monopolisé par une idéologie unique et où tout est politique. Nous pensons toujours au nazisme ou au communisme, mais le totalitarisme peut aussi exister dans une démocratie libérale. L’idée que nous nous faisons du totalitarisme, inspirée notamment par le roman 1984 de George Orwell ou par l’expérience du stalinisme, est celle d’un totalitarisme «  dur  ». Nous ne voyons pas qu’un totalitarisme d’une autre nature est en train d’émerger.

    Il y a vingt ans, René Girard nous a prévenus que l’attention excessive pour les victimes allait se transformer en totalitarisme. Aujourd’hui, cela se déroule sous nos yeux de façon évidente. C’est l’autre raison pour laquelle il s’agit d’un totalitarisme soft, «  doux  » : parce qu’il s’agit d’un totalitarisme exercé au nom de la compassion, de la tendresse à l’égard des victimes. Ainsi, nous voyons par exemple des livres interdits car les transgenres, ou les minorités ethniques, les trouvent blessants.

    L’État n’interdit pas de lui-même – aux États-Unis, il serait illégal d’interdire un livre –, mais des acteurs privés comme Amazon refusent de vendre certains livres pour cette raison, et les écoles et universités refusent de les enseigner. Nous voyons des symboles bien-aimés de notre histoire – des statues, des chansons… – jetés à la poubelle [en français dans le texte, NDLR] car certaines minorités privilégiées les trouvent offensantes.

    Il faut souligner que cela se produit, tout du moins aux États-Unis, non parce que l’État adopte des lois, mais parce que des institutions libres dans une société libre ont décidé de s’autocensurer. Le vieux modèle du totalitarisme – avec une police secrète et des goulags – ne s’applique pas ici. Mais il s’agit toujours d’un totalitarisme, parce qu’une seule idéologie est autorisée, et que ceux qui ne l’acceptent pas risquent leur emploi et leur statut social s’ils s’en éloignent publiquement. Le peuple américain vit dans la peur – une peur qui devrait être totalement étrangère à une société libre.

    La surveillance, propre aux sociétés totalitaires, est désormais exercée selon vous par le capitalisme…

    Oui, c’est aussi quelque chose de nouveau. Le «  capitalisme de surveillance  » est une nouvelle façon de faire de l’argent, inventée par Google. Les données que nous générons tous par notre activité en ligne, et avec nos smartphones, sont constamment collectées par ces entreprises. Elles agissent légalement, avec notre consentement. Toutes ces données, même celles qui nous paraissent insignifiantes, sont stockées et exploitées afin de dresser un portrait toujours plus précis de qui nous sommes, dans le but de mieux nous vendre des choses.

    Comme me l’a dit un ancien dissident tchèque, il faudrait être idiot pour penser qu’il existe une façon innocente de collecter ces informations. «  À terme, m’a-t-il dit, ces informations seront utilisées contre vous.  »

    Par exemple, des dizaines de millions de foyers américains possèdent les soi-disant «  enceintes connectées  » [enceintes reliées à Internet et qui peuvent être commandées par le son de la voix, NDLR], pour rendre l’existence plus facile. Il suffit de dire par exemple «  Diffuse du Mozart  », pour que du Mozart soit diffusé à travers l’enceinte. Nous pensons que c’est amusant et innocent, mais cela ne l’est pas. Ces appareils nous entraînent à accepter la surveillance perpétuelle comme un aspect normal de notre vie.

    Si des agents du gouvernement venaient se présenter à votre porte pour vous dire : «  Nous voudrions installer une enceinte connectée qui va vous écouter et qui nous fera parvenir ce qu’elle a entendu  », vous leur claqueriez la porte à la figure. Mais quand cela provient d’une entreprise comme Amazon, non seulement les gens acceptent d’installer un tel appareil chez eux, mais ils déboursent également de l’argent pour pouvoir le faire !

    Retrouvez l’intégralité de l’entretien dans le magazine.

  • L'Eglise est-elle condamnée à disparaître ?

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    De Philippe Maxence sur le site de l'Homme Nouveau :

    L’Église va-t-elle disparaître ?

    L’Église va-t-elle disparaître ? La question est sur toutes les lèvres, et campe a minima dans tous les esprits. Les révélations du rapport de la commission Sauvé sur les crimes de nature sexuelle dans l’Église de France ont profondément choqué les catholiques et, plus largement, l’opinion publique. La presse s’en est emparée et les réseaux sociaux n’ont cessé de commenter le sujet, se révélant plus que jamais ces tribunaux d’une « justice » immédiate couronnée du blanc-seing de l’opinion publique.

    Une seule réforme : embrasser la Croix

    Faut-il pour autant détourner les yeux ? La vérité est souvent crucifiante et, d’ailleurs, le Christ, qui est la vérité même, s’est laissé clouer sur une croix pour nous sauver du péché. Même endormi par le conformisme et les habitudes, le disciple se doit de suivre le Maître jusqu’au bout. À nous d’avoir aussi le courage de Péguy et de « voir ce que l’on voit » (Notre Jeunesse). C’est assurément le plus court chemin pour parvenir à une véritable et profonde réforme de l’Église. Laquelle implique un réel souffle spirituel, la reconnaissance et la contrition des péchés, le lucide constat des erreurs commises et une réinsertion dans le chemin tracé par la Tradition qui prend sa source dans les Évangiles, les Pères et le magistère constant de Pierre.

    La réponse de l’histoire

    L’Église va-t-elle disparaître ? La réponse est clairement non. La foi nous l’enseigne et l’histoire nous le confirme. À ce sujet, il faut lire le dernier livre de Didier Rance. Le titre même de l’ouvrage – L’Église peut-elle disparaître ? – indique que l’auteur s’est emparé d’une problématique très actuelle (Mame, 248 p., 17 €). Il y répond par l’histoire et par un véritable esprit de foi qui baigne en permanence dans les eaux pures de l’espérance. Le sous-titre du livre – Petite Histoire de l’Église à la lumière de la Résurrection?– le confirme amplement. L’auteur affronte neuf grandes périodes au cours desquelles l’Église aurait dû disparaître si elle n’avait été qu’une institution humaine. Il vaut la peine de citer ces neuf étapes : la fondation de l’Église où il était humainement difficile de parier sur sa survie pendant… vingt et un siècles ; les persécutions des premiers temps chrétiens ; la victoire apparente de l’arianisme ; l’éclosion des mouvements de laïcs en réponse aux scandales des clercs, confondus par l’amour de saint François d’Assise pour l’Église ; la menace de l’islam ; la « réforme » protestante ; la Révolution française ; la théorie de la mort de Dieu ; le nazisme et le communisme athée.

    Au terme de ce périple historique, Didier Rance écrit : « Dieu est le Seigneur de l’histoire et conduit infailliblement celle-ci vers l’éternité de la façon qu’il veut. » Et c’est donc très logiquement que l’auteur conclut par le recours à la sainteté. Celle de ceux qui nous ont précédés et qui ont été élevés sur les autels. Mais celle aussi à laquelle nous devons parvenir par l’exercice humble et constant, avec la grâce de Dieu, de la foi, de l’espérance et de la charité.

    Prêtres qui souffrez…

    L’Église va-t-elle disparaître ? La formule de Bossuet, si souvent citée – « L’Église, c’est Jésus répandu et communiqué » –, n’a rien perdu de sa réalité. À côté de tous ces prêtres qui ont failli scandaleusement, il y a la masse, anonyme pour le plus grand nombre, mais derrière laquelle se révèlent un nom et un visage pour leurs paroissiens ou leurs proches, de ces prêtres qui ne cessent de tendre à la sainteté dans l’humilité d’une condition en profond décalage avec la société. Prêtres présents au confessionnal et prêts à mourir si besoin pour garder le secret des péchés avoués ; prêtres célébrant la messe avec recueillement et expliquant, avec ou sans talent, la riche parole de Dieu ; prêtres absorbant des kilomètres pour rendre service comme aumôniers scouts ou pour visiter les malades ; prêtres seuls au fond d’une grande bâtisse sans même parfois une parole de soutien de leur évêque ; prêtres, jeunes, dont on veut rogner les ailes parce qu’ils célèbrent une liturgie qui a fait des saints et auxquels on trouve un air trop décalé avec l’époque ; prêtres exténués à force de réunions, de discussions avec les différentes équipes censées les aider ; prêtres rivés sur leur bréviaire comme une preuve de fidélité amoureuse malgré la fatigue, le doute, la lassitude, le désespoir, la crainte.

    Prêtres qui souffrez et dont nous avons tant besoin pour que Jésus soit donné, continué, communiqué. Oui, prêtres qui souffrez, merci de ce que vous êtes ; merci pour votre sacerdoce, vos dons et même vos limites. Merci de rayonner Jésus jusques et y compris dans l’abaissement du Vendredi saint. Bientôt, la Résurrection !

  • L’Église catholique : un observatoire privilégié de la domination masculine et patriarcale d'après le Rapport Sauvé

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    D'Anne Lizotte sur Smart Reading Press :

    POUVONS-NOUS ENCORE CROIRE EN L’ÉGLISE CATHOLIQUE ?

    15 Oct 2021

    Pourquoi le «Rapport de la CIASE sur les abus sexuels dans l’Église» étonne ? La révélation du nombre effarant d’enfants abusés a frappé de plein fouet les pasteurs et les fidèles ! Est-ce tout ? Pour ceux qui ne se sont arrêtés qu’à ce chiffre, cela semble suffisant. À lire attentivement ce document, on trouve d’autres causes. Aline Lizotte les analyse.

    La dernière page du Rapport de l’INSERM demandé par la CIASE sur les agressions sexuelles dans l’Église se termine par ces lignes :

    «L’Église catholique apparaît ainsi comme un observatoire privilégié de la domination masculine, et plus précisément du fonctionnement d’un système patriarcal, puisque celle-ci s’exerce au nom d’une certaine paternité. Ses effets y apparaissent exacerbés, d’autant plus que l’interdit de la sexualité des prêtres fait écho à une forme de diabolisation de celle des femmes.

    L’institution ecclésiale revendique encore ouvertement la domination masculine et l’inscrit dans sa culture et dans ses structures. Tant qu’elle refusera de renoncer au monopole masculin du pouvoir et à sa métaphorisation paternelle qui, toute symbolique qu’elle soit, n’en a pas moins des effets réels, le risque de violence sexuelle au sein de l’Église catholique restera d’actualité1

    Il faut bien comprendre ce que cela signifie2. Étudier l’Église comme un système patriarcal, c’est créer un «idéal-type» à la manière de Max Weber. Il faut donc «construire un concept théorique» comme principe d’analyse des «faits» et les interpréter, c’est-à-dire leur donner un sens à partir de cette construction pour qu’ils apparaissent plus «scientifiques». C’est ce que fait toute théorie.

    Einstein3 nous avertit que «toute théorie est une pure construction de l’esprit». Elle n’est ni vraie ni fausse, elle est simplement bonne ou mauvaise. Elle est bonne si elle nous permet de donner une certaine cohérence logique aux faits observés. Ainsi en est-il de la mécanique newtonienne, qui permet de calculer la force de la gravitation en prenant comme seuls vecteurs le produit des masses et le carré de la distance. Cela permet d’avoir une juste mesure de tous les corps mobiles dans l’univers et de décrire leurs mutuelles interactions. Cela a très bien fonctionné jusqu’au temps où le scientifique, découvrant les particules de l’atome, a tenté de décrire mathématiquement selon les lois de la mécanique universelle le mouvement de l’électron. Il s’aperçut qu’il était impossible de mesurer son déplacement en rapport «absolu» entre sa masse et sa distance. Il fallait formuler une autre théorie, celle des quanta, qui repose sur «une quantification ou une probabilité d’énergie».

    Très bien pour la physique des quanta, qui ne prend dans son champ d’observation que la masse et la distance, c’est-à-dire les constituants «naturels» du mouvement : le lieu et le temps. Mais appliquer cette méthode dite «scientifique» à tout être dans la nature ne va pas sans difficulté. Ramener tous les corps vivants au seul déterminisme de l’ADN promet des descriptions ambitieuses, mais n’explique pas la vie, car l’ADN ne fonctionne que dans un milieu vital. Le fonctionnement d’une cellule suppose la synthèse de ses protéines, mais qui peut justifier «biologiquement» l’ordre des acides aminés qui la composent ? C’est le dilemme auquel s’est heurté Jacques Monod4, montrant que l’on ne peut justifier chimiquement, c’est-à-dire par antériorité, cet ordre qu’il l’attribue au «hasard». C’est une démission philosophique, et encore d’une mauvaise philosophie !

    S’il en est ainsi, qu’en est-il des Sciences morales ou politiques, des Sciences de l’Homme ? Peut-on rendre compte des faits sociaux en partant d’une théorie, c’est-à-dire d’une pure construction de l’esprit ? Émile Durkheim le pensa et considéra le fait social comme une manière de faire qui s’impose à l’homme5. Si l’on ne peut nier que le contexte social influence l’homme et a souvent une très grande importance dans ses choix et ses comportements, peut-on pour autant prétendre que la construction d’une théorie puisse fournir la clé d’interprétation des comportements de l’homme, lui enlevant la responsabilité personnelle de ses actes ?

    La question est délicate, et cet article ne peut la régler. Je ne l’évoque ici que pour faire comprendre que cette méthode est celle que privilégia la Commission Sauvé, sous l’influence du travail d’enquête demandé à l’INSERM. Quelle est donc cette théorie ? Elle est exprimée par ces quelques mots qui concluent l’enquête : «L’Église catholique apparaît ainsi comme un observatoire privilégié de la domination masculine, et plus précisément du fonctionnement d’un système patriarcal, puisque celle-ci s’exerce au nom d’une certaine paternité». Est-elle le fait de Nathalie Bajos6, l’une des responsables de l’INSERM qui a effectué le travail ? Si elle ne l’a pas écrite elle-même, elle est écrite sous sa responsabilité.

    Si l’on part de cette théorie que l’Église catholique est sociologiquement une société patriarcale, le fil de l’enquête, et surtout l’analyse des faits déterminés par les analyses statistiques, ne peuvent s’interpréter que sous le principe de la domination, c’est-à-dire dans l’interaction du dominant et du dominé. Le clerc est sociologiquement un dominant, un abuseur de droit et, s’il est un agresseur sexuel, ce n’est qu’un facteur combinant de la construction asexuée qu’est l’Église catholique. Tout au long de cette deuxième partie, on sentira l’a priori principal de ce constructivisme, donné comme principe de compréhension ou de logique sociale.

    On peut, à ce stade, essayer de comprendre ce que l’Église catholique de France a donné comme mandat à la Commission Sauvé. Était-ce simplement d’établir les faits, non seulement quant au nombre d’enfants maltraités et, s’il était possible, quant au nombre de clercs ou de religieux impliqués dans ces actes de violences sexuelles, ou était-ce d’en faire une analyse sociologique selon les méthodes sociologiques développées par le fondateur de la sociologie en France, Émile Durkheim ? Il semble que, quoi qu’elle ait voulu, elle a été trompée, sans aucune mauvaise volonté bien sûr. La question reviendra quand on parlera, brièvement, des membres de cette commission.

  • Le pape rappelle aux pharmaciens qu’il n’est pas licite de se rendre complice d’un avortement

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    "Le pape François a rappelé devant des pharmaciens hospitaliers reçus en audience le 14 octobre 2021 qu’ils devaient « toujours » être au « service de la vie ». Déplorant que le principe de l’objection de conscience soit aujourd’hui remis en question, il a rappelé que l’avortement était un « homicide » et qu’il « n’est pas licite de s’en rendre complice ». Le pape François recevait en audience privée des participants d’un congrès organisé par la Société italienne de pharmacie hospitalière." (IMedia)

    De Vatican News (Adélaïde Patrignani) :

    Le Pape dit son opposition à la suppression de l'objection de conscience

    Le Pape François a reçu jeudi matin 14 octobre les participants à un congrès promu par la Société italienne de pharmacie hospitalière. Il leur a indiqué trois pistes sur lesquelles poursuivre leurs efforts en faveur du système national de santé publique dans le contexte actuel.

    La pandémie de Covid-19 «a changé et changera la façon dont nous planifions, organisons et gérons la santé et les soins de santé», a d’emblée reconnu le Saint-Père. D’où une triple invitation adressée à ces professionnels de la santé italiens.

    Y mettre du cœur

    D’abord le fait d’exercer son métier avec «la prière» et «l’amour», sinon la «routine devient aride». Le Pape a vivement encouragé ses hôtes à poursuivre leur «service caché» comme l’aubergiste de la parabole du bon Samaritain, avec «patience, constance et précision»... ce qui porte à la sainteté «de la porte d'à côté».

    François est ensuite revenu sur la spécificité du pharmacien hospitalier, qui est «toujours en contact immédiat avec le patient». Il s’agit donc de «prendre en compte les effets globaux» et la personne, et pas seulement «la somme des médicaments individuels».

    L’objection de conscience, un point non négociable

    La troisième voie indiquée par le Pape concerne la dimension éthique de la profession, sous deux aspects: personnel et social.

    Au niveau de l’éthique individuelle, le pharmacien «utilise des substances médicinales qui peuvent se transformer en poisons», a rappelé le Souverain Pontife, ce qui appelle à une «vigilance constante». Et d’insister: «vous êtes toujours au service de la vie humaine». Cela peut parfois impliquer «l'objection de conscience, qui n'est pas une déloyauté, mais au contraire une fidélité à votre profession, si elle est valablement motivée», a assuré le Pape.

    Puis cet avertissement: «Aujourd'hui, c'est un peu la mode de penser cela : mais ne serait-ce pas une bonne voie de supprimer l'objection de conscience? Mais regardez, c'est l'intimité éthique de chaque professionnel de la santé et cela ne devrait jamais être négocié, c'est la responsabilité ultime des professionnels de la santé».

    «C'est aussi une dénonciation des injustices faites à la vie innocente et sans défense.  C'est un sujet très délicat, qui requiert à la fois une grande compétence et une grande rectitude», a-t-il ajouté, avant de dénoncer à nouveau l’avortement, un «meurtre». Mais l’opposition à l’avortement n’empêche pas la proximité: «être proche des situations, surtout des femmes, pour ne pas en venir à penser à la solution de l'avortement, car en réalité ce n'est pas la solution», a redit François.

    Faire des choix durables

    La justice sociale exige quant à elle de mettre en œuvre des stratégies de santé «économiquement et éthiquement durables».  Le pharmacien hospitalier doit prendre part à la réflexion, car il «n'est pas un simple exécutant». Le Pape a mis en garde contre la «culture du rejet» - notamment vis-à-vis des personnes âgées - tout comme les «critères de gestion et les critères financiers» ne doivent pas être «les seuls éléments à prendre en considération». François a également plaidé pour une meilleure gestion des ressources, afin d’éviter le gaspillage.

    «... Que vous puissiez aller de l'avant dans votre métier, qui est si humain, si digne, si grand et si souvent si silencieux que personne ne le remarque», a conclu le Pape en bénissant ces pharmaciens italiens. 

  • “Ik wil een kind” (“Je veux un enfant“) sur VTM : « une pratique honteuse dans le cadre d’une course à l’audience et au profit »

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

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    « Je veux un enfant » : le nouveau concept de la télé-réalité flamande

    15 Oct, 2021
     

    En Belgique, la chaîne flamande VTM va diffuser le 18 octobre prochain une émission intitulée “Ik wil een kind” (“Je veux un enfant“). Le concept : « la “co-parentalité consciente”, ou co-parentalité programmée ». En d’autres termes, l’émission propose de mettre en relation « des personnes qui veulent un enfant mais qui ne peuvent pas en avoir, pour des raisons médicales ou sociales ». Elles « pourront éventuellement mettre un bébé au monde, pour ensuite l’élever conjointement ».

    Les futurs « parents » pourront être deux. Ou trois. Ou quatre. Par exemple, « un couple et une personne célibataire, ou encore de deux couples homosexuels ». Et « quel que soit leur nombre, tous deviendront parent de l’enfant à venir, même ceux qui n’ont pas de lien biologique ». Des « formes de famille » absentes de la législation belge que la chaîne VTM veut « mettre en lumière », déplorant un « vide juridique » (cf. Colombie-Britannique : trois parents pour un enfant ; Co-parentalité : un enfant juste pour le week-end ? ).

    Et l’enfant dans tout ça ?

    Les candidats seront accompagnés par des « spécialistes » qui « devront les guider dans leur processus, et établir aussi des modalités pour protéger le futur enfant et pour éviter de potentiels conflits ». Comme avec « un accord préalable sur le lieu de vie des différents parents, ou sur les bénéficiaires de mesures telles que les allocations familiales et le congé parental » (cf. GPA, prime à la naissance et discrimination).

    Parmi les voix qui se sont élevées contre cette émission, celle du ministre flamand de la Jeunesse, Benjamin Dalle. « Avoir un enfant n’est pas la même chose qu’acheter une maison ou trouver un partenaire de vie », a-t-il rappelé. « Un enfant n’est pas un objet dont on a droit, mais bien un sujet qui a lui-même des droits », a appuyé Caroline Vrijens, commissaire aux droits de l’enfant. De son côté, le socialiste Bert Anciaux a dénoncé « une pratique honteuse dans le cadre d’une course à l’audience et au profit ».

    Source : RTBF, Joyce Azar (13/10/2021)

  • Les dangers d'une mondialisation à outrance

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    De TVLIBERTES :

    Le monde est entré dans une ère d’incertitudes. La mondialisation à outrance a engendré un bouleversement des équilibres géopolitiques. L’effacement des frontières au nom de la multiplication des flux a donné naissance à des sociétés ouvertes, liquides. Les Etats-Unis, promoteurs de cette mondialisation forcenée, ont largement participé à l’acculturation des peuples du Vieux Continent, laissant la place à une forme de nihilisme, terreau favorable aux réactions identitaires dont l’islamisme est un des pendants. Les délocalisations et la désindustrialisation ont offert des marchés entiers à la Chine de plus en plus prédatrice, face à un Occident toujours plus dépendant. Face à cela, la Russie résiste sans parvenir à un rapprochement avec l’Europe, tant redouté par des Etats-Unis, et Vladimir Poutine se tourne de plus en plus vers Pékin, dans une forme de partenariat de circonstances. Dans "La mondialisation dangereuse" publié chez L’Artilleur (disponible ici), Jacques Soppelsa, agrégé d’histoire et président de l’Académie internationale de géopolitique, et Alexandre del Valle, géopolitologue et docteur en histoire, reviennent sur les revers de la mondialisation sous toutes ses formes. Des échanges numériques laissés entre les mains d’entreprises supranationales prédatrices aux délitement civilisationnel de l’Europe qui inquiète jusqu’à ses ennemis.

  • La paternité divine : un attribut sexiste ?

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    De l'abbé Guillaume de Tanoüarn sur Metablog :

    Paternité : un attribut sexiste ?

    15 Oct 2021

    Alors que les déconstructeurs s'en donnent à coeur joie et que le pouvoir administratif dans les pays développés tend à remplacer la mention du père et de la mère dans les notices d'état civil par "parent 1" et "parent 2", les chrétiens continuent à dire que Dieu est Père - et non "Parent 1" ou "Parent 2". Que signifie cette référence à une paternité humaine, lorsque l'on définit Dieu ? 

    Pour bien comprendre cette question, il faut garder à l'esprit que la paternité et la maternité, si elles ont biologiquement la même importance, n'ont pas tout à fait le même sens. Il serait même criminel de vouloir faire l'économie de la paternité comme donnée sociale en imaginant que l'on peut considérer que la maternité doit seule être prise en compte et qu'une deuxième mère peut se substituer au père que l'on souhaite oublier en en faisant au mieux un géniteur anonyme. La récente loi sur la PMA sans père en privant les enfants d'une relation au père (soit-il, pour une raison ou une autre, père absent), leur inflige dès la naissance un dommage essentiel. Il faut se ressaisir de cette évidence qu'un père n'apporte pas la même chose qu'une mère, que le masculin n'est pas le féminin, que la loi n'est pas l'amour, et que la dualité des sexes, humainement, n'est pas surmontable, même si il y a dans chaque homme quelque chose de féminin et dans chaque femme une virilité cachée.

    Si la dualité des sexes n'est pas humainement surmontable, elle l'est divinement. Dieu créateur de tout et donc aussi bien de la sexualité que de la sexuation elle-même, est à la fois masculin et féminin. D'après la psychanalyse, à laquelle il est arrivé d'être plus mal inspirée, cela peut signifier concrètement qu'il est en même temps la loi (masculine, qui suppose une distance avec ceux à qui elle s'applique) et l'amour (féminin, qui traduit l'immédiateté d'un attachement qui fait être). Dieu est à la fois le maître de sa création, le Seigneur de ses créatures : "Vous m'appelez maître et Seigneur et vous dites bien car je le suis" dit Jésus, affirmant sa divinité au cours du dernier repas qu'il prend avec ses apôtres (Jean 13). 

    En même temps, Dieu a pour ses créatures "des entrailles de miséricorde". Si on reprend la formule que l'ange Gabriel en son annonciation attribue à Marie, nous sommes les fruits de ces entrailles divines. Donner des entrailles de miséricorde à Dieu, c'est lui attribuer par métaphore des organes féminins. "Si une mère était capable d'oublier ses enfants, moi je ne t'oublierai pas dit le Seigneur" (Isaïe 66 ). Hardiesse de la Bible que nos petits radotages modernes n'atteignent pas !

  • Cinq métisses contre la Belgique: ce qu'on "oublie" de dire

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    Ce jeudi ont eu lieu, devant le tribunal civil de Bruxelles, les plaidoiries dans le procès qui oppose cinq métisses à la Belgique, qu'elles accusent de "crime d'Etat non avoué". Nées au Congo belge entre 1948 et 1953 d’une mère noire et d’un père blanc qui n'a pas assumé ses responsabilités, elles furent éloignées de leur mère et envoyées dans des institutions religieuses, par décision de l'autorité coloniale. On se souviendra des excuses présentées à ce propos par le Premier ministre Charles Michel en 2019 et par l'Eglise catholique belge dès 2017. Malheureusement et une fois de plus, les médias mainstream ne nous présentent qu'une partie de la vérité...

    Les métis de parenté partiellement inconnue ont, de fait, posé un véritable cas de conscience, et ce dans tous les régimes coloniaux.  Mais il faut savoir que si les cinq plaignantes du procès ont été élevées en Belgique, c'est une conséquence de la décolonisation. Il faut savoir en outre que les sang-mêlé ne sont pas les seuls à avoir été concernés par les différentes formes d'acculturation hors de la communauté d'origine: adoptions, familles d'accueil, domesticité, orphelinats, internats ou externats... On peut déplorer, à cette époque où la jeunesse était considérée comme le vecteur de la modernisation du pays, l'emprise des théories éducatives qui partaient du principe érasmien selon lequel "on ne naît pas homme, on le devient".  Mais le sentiment existait aussi d'agir pour le bien des petits autochtones en les préservant de l'ignorance, du paganisme et des us et coutumes les plus oppressants des adultes, voire d'un régime d'esclavage. Faut-il rappeler la pratique africaine courante des cadeaux, qui faisait des enfants des monnaies d'échange entre les tribus pour réparer des torts ou rétablir l'équilibre des forces ? Des réalités sur lesquelles les discours humanitaires actuels font l'impasse...

    Le hasard m'a fait retrouver un magazine, "Ons Volk", de 1960, dans lequel un article montre l'arrivée en Belgique d'enfants du Ruanda-Urundi (Rwanda et Burundi aujourd'hui), appelés à une vie nouvelle dans des familles adoptives ou des homes. Pour quelles raisons ? C'est, lit-on, parce qu'ils sont nés d'un père blanc qui a disparu et d'une mère noire qui, à la suite d'un mariage avec un époux noir, "veut être délivrée" de ce gosse désormais encombrant. Dans le cas contraire, ajouterai-je, que serait-il devenu au milieu de frères et sœurs "ethniquement purs", sinon le… mouton noir du foyer, si pas du village ? Ainsi les responsabilités dans la politique des "éloignements forcés" peuvent-elles avoir été très partagées. Mais il y a peu de chances que nos cinq métisses intentent un procès contre les chefs coutumiers - ou leurs héritiers - qui mettaient les métis au ban. Les seuls procès dignes d'intérêt, comme on le sait, sont ceux où l'homme blanc occidental et chrétien est présumé coupable.

    Paul Vaute