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Débats - Page 215

  • Quel est le point de vue des institutions islamiques à travers le monde sur la question afghane ?

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    Un article de Chiara Pellegrino sur Oasis :

    L’Émirat taliban galvanise les islamistes

    20/09/2021

    À Doha, l’Union internationale des Oulémas musulmans jubile, à Abu Dhabi on invite à la tolérance, tandis qu’al-Azhar fait profil bas. Les réactions des institutions islamiques au nouveau cours politique afghan

    Depuis que les Taliban ont fait leur retour à Kaboul, les observateurs occidentaux se sont essentiellement focalisés sur la signification du désengagement américain en Afghanistan et sur l’avenir des droits de l’homme, notamment ceux des femmes, dans le pays gouverné par les mollahs.

    Dans cet article, nous souhaitons en revanche examiner le point de vue des institutions islamiques sur la question afghane en partant de leurs déclarations sur le nouveau pouvoir taliban. Après tout, l’Afghanistan ne se résume pas qu’à une question géopolitique et humanitaire ; s’ils tiennent leur promesse, les Taliban ont l’intention de créer un « émirat islamique », nous contraignant ainsi à prendre également en considération le facteur religieux.

    Sur ce point, l’Union internationale des Oulémas musulmans – l’institution de référence pour les islamistes, dont le siège se trouve à Doha – a été très claire : l’un de ses membres a par exemple écrit qu’« en tant que mouvement islamique, le mouvement taliban représente l’Islam et s’efforce de l’incarner dans la vie quotidienne ».

    Le président de l’Union, le Marocain Ahmed Raïssouni, s’est lui aussi montré très clair. Aussitôt après l’annonce de la reconquête du pays par les Taliban, il a félicité le peuple afghan et ses dirigeants d’avoir « libéré le pays des forces d’occupation », effectué « le transfert du pouvoir sans plonger le pays dans le chaos et la guerre civile » et « fait preuve de flexibilité et d’ouverture à l’égard de leurs voisins et du monde extérieur ».

    L’Union internationale des Oulémas a donc officiellement épousé la cause des Taliban et elle tente de jouer un rôle de premier plan en offrant son soutien au nouveau gouvernement afghan. Raïssouni a déclaré à maintes reprises qu’il avait rencontré plusieurs fois les dirigeants du mouvement taliban pendant les négociations avec les Américains, s’attribuant le mérite de les avoir poussés vers « l’option de la réconciliation, du pardon, de la tolérance, de la paix et de la coopération avec toutes les composantes du peuple afghan » afin d’éviter toute effusion de sang.

    Raïssouni a également remercié publiquement les autorités du Qatar d’avoir préparé le terrain pour les négociations entre les Taliban et les États-Unis, et il a appelé tous les pays musulmans à considérer de manière constructive la nouvelle situation afghane et à contribuer à la reconstruction du pays.

    L’action de l’Union internationale des Oulémas montre d’ailleurs que la médiation menée par le Qatar ne se limite pas qu’aux aspects politiques et militaires, confirmant la centralité du petit émirat dans le jeu afghan. Avec le risque, souligné par Cinzia Bianco dans un article du Washington Post, que la réputation de Doha, tant comme centre politique que religieux, soit liée aux choix et à la capacité de gouvernement des Taliban.

    Pour le monde islamiste, l’Afghanistan représente un test et une occasion de démontrer que l’Islam politique peut renaître, et ce malgré ses nombreux revers. Pour l’Union, la naissance d’un gouvernement afghan constitue d’ailleurs « le début de la montée islamique dans la politique internationale ».

    Cette position est également partagée par le Grand Mufti du Sultanat d’Oman, Ahmad bin Hamad al-Khalili, qui, sur son profil Twitter, a félicité le peuple afghan « pour la conquête et la victoire sur les envahisseurs agresseurs » tout en exhortant les peuples musulmans à rester unis pour « ordonner le bien et interdire le mal selon les dispositions de la charia ». Il espère que la victoire des Taliban sera le début de la « libération d’autres terres occupées », à commencer par la Palestine et la mosquée de Jérusalem.

    Personnage plutôt controversé, Khalili a fait des déclarations plutôt cinglantes dernièrement. S’il a longtemps incarné le principe de neutralité propre au Sultanat d’Oman – il occupe le poste de Grand Mufti depuis 1974 –, il semble avoir récemment définitivement abandonné cette tendance. En 2020, il a d’abord félicité Erdoğan pour sa décision de reconvertir Sainte-Sophie en mosquée, puis s’est opposé à la signature de l’accord de normalisation des relations entre certains pays arabes et Israël.

    Parmi les institutions religieuses qui se sont exprimées sur la question afghane, certaines ont préféré faire profil bas, se contentant de tenir des propos de circonstance.

    Parmi celles-ci figure le Forum pour la Promotion de la Paix dans les Sociétés musulmanes, une institution basée à Abu Dhabi, présidée par le prestigieux cheikh mauritanien ‘Abdallah bin Bayyah et fondée en réponse à l’Union internationale des Oulémas dans le but de diffuser une vision modérée de l’Islam et de s’opposer aux interprétations islamistes. Fin août, le Forum a publié sur son site web une déclaration en neuf points au ton et au contenu plutôt abstraits et idéalistes, dans laquelle il appelle essentiellement « les frères d’Afghanistan » à œuvrer pour apporter la paix dans leur pays et dans le monde en faisant prévaloir l’esprit de tolérance et de coopération, à préserver une bonne image de l’Islam et à utiliser tous les outils de la jurisprudence islamique pour parvenir à des solutions gouvernementales conformes à la charia mais adaptées à l’époque contemporaine.

    Si nous nous déplaçons en Égypte, la position de la mosquée-université Al-Azhar sur la question afghane est encore plus nuancée. Dans son bulletin hebdomadaire, elle s’est contentée d’annoncer le rapatriement de la délégation de prédicateurs et d’imams présents à Kaboul depuis désormais plusieurs années. Depuis 2009, la mosquée-université était engagée dans un programme de coopération culturelle avec le ministère de l’éducation afghan, une initiative qui consistait à envoyer des prédicateurs et des imams dans la capitale afghane dans le but de diffuser le « véritable Islam ». Al-Azhar avait ouvert un institut à Kaboul pour la mémorisation du Coran et l’apprentissage de la langue arabe, et les étudiants qui réussissaient tous les niveaux pouvaient poursuivre leurs études universitaires directement au Caire.

    Contrairement à d’autres institutions, l’Azhar ne s’est pas prononcé explicitement sur la prise de pouvoir des Taliban. Par le passé, son Observatoire de la Lutte contre l’Extrémisme avait pris ses distances avec les Taliban pakistanais, les accusant de tirer leur idéologie d’al-Qaïda et de commettre des actions très graves au nom de l’Islam, mais ce jugement ne peut être étendu à son homologue afghan, vu que les deux mouvements présentent des différences significatives.

    D’une manière générale, il existe en effet, pour les institutions islamiques, une différence essentielle entre les groupes djihadistes tels que Daech et al-Qaïda – vus comme une aberration étrangère à l’Islam – et les Taliban afghans, considérés en revanche comme un mouvement islamique à part entière, même si leurs méthodes sont, selon les points de vue, plus ou moins partagées.

  • Déchristianisation : faut-il suivre Madame Delsol ?

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    Du site de l'Homme Nouveau ("Au quotidien" n°257) :

    La découverte de Mme Delsol…

    Au quotidien n°257 : la découverte de Mme Delsol…

    S’appuyant sur un récent sondage – un sondage ! – la philosophe Chantal Delsol invite les chrétiens, dans une Tribune libre parue dans le Figaro (28 septembre 2021) à prendre acte de leur statut de minoritaires.

    Un seuil symbolique a été franchi : désormais plus de la moitié de la population française se dit incroyante. C’est même l’ensemble du Vieux Continent et sans doute l’Occident tout entier qui est en train de voir s’effacer la religion de ses pères.

    Le mouvement dont l’ampleur éclate aujourd’hui sous nos yeux a commencé il y a bien longtemps, sans doute avec les philosophes du XVIIIe siècle et même avant. Le judéo-christianisme porte en lui le doute, parce qu’il porte l’idée de vérité. Aussi avance-t-il dans l’histoire habité par sa propre mise en cause.

    Cependant il faut distinguer le christianisme et la chrétienté. Le christianisme ne semble pas du tout en voie d’extinction. Il se déploie, notamment sous la forme de branches du protestantisme, dans de larges zones d’Amérique latine ou d’Asie. C’est en Occident qu’il s’efface.

    Mais la chrétienté traduit bien autre chose : le christianisme comme civilisation, comme pouvoir sur les mœurs et les lois des pays. On peut dire que la chrétienté en tant que telle a disparu de nos territoires depuis les années 1960 ou les lois sur l’IVG. Depuis lors, ce ne sont plus les dogmes religieux qui déterminent ce que la morale interdit ou permet, ce sont des comités d’éthique composés d’une multitude de courants divers. La chrétienté aura duré seize siècles, depuis la fin du IVe siècle. C’est aujourd’hui qu’elle se rompt.

    D’où l’angoisse, voire l’affolement, de certains chrétiens d’aujourd’hui. Ayant perdu le pouvoir sur la société, ils se pensent dès lors perdus tout à fait, comme si leur existence même était liée à leur hégémonie. Ils vont devenir, ils sont déjà devenus une minorité, et ils ne savent pas ce que c’est. Il leur faudrait aller prendre des leçons chez les juifs ou chez les protestants. Je ne suis pas sûre que nos clercs aient bien compris ce nouveau statut de minorité, qui impose la modestie et une attitude de vérité - car on ne pardonne rien aux minorités, et tout leur est porté à charge.

    Chantal Delsol veut nous convaincre de la fin de la chrétienté. C’est d’ailleurs le titre de son prochain livre à paraître et l’on peut dire que le sondage sur les croyances des Français tombe à pic. Mais on n’a pas attendu la docte philosophe pour se rendre compte que la France ne vivait plus en chrétienté. Faut-il s’y résoudre ? Chantal Delsol le pense et veut nous en persuader. Cependant, il est frappant de constater que cette philosophe chrétienne est surtout moderne. Elle voit tout sous l'angle du rapport de forces, et singulièrement sous le signe du « pouvoir ». Elle définit ainsi la chrétienté « comme pouvoir sur les mœurs et les lois des pays ». Elle insiste plus loin sur les chrétiens désemparés et sur la cause de leur désarroi : « Ayant perdu le pouvoir sur la société, ils se pensent dès lors perdus tout à fait ». Ce n’est pas parce que les chrétiens ont perdu le « pouvoir » qu’ils acceptent cette défaite. Un mot manque ici, crucial, vital : vérité. Minoritaires ou pas, les chrétiens en question pensent qu’ils doivent transmettre la vérité qu’est le Christ et que cette vérité trouve forcément une traduction sociale et politique comme l'absence du Christ en conduit à une autre. Dès lors il n’y a que deux alternatives, soit être un chrétien intégré dans un système qui s’est entièrement construit contre la vérité du Christ, soit travailler de toutes ses forces à répandre cette même vérité.

  • Tout ce que tes amis savent sur Galilée est faux; voici comment rétablir la vérité

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    De Christopher Graney sur le National Catholic Register (Christopher Graney Christopher Graney est astronome et historien des sciences à la Specola Vaticana (l'observatoire astronomique du Vatican) à Rome et à la Fondation de l'Observatoire du Vatican à Tucson, Arizona (siège du télescope à technologie avancée du Vatican sur le mont Graham) :

    Tout ce que tes amis savent sur Galilée est faux - Voici comment rétablir la vérité.

    Galilée n'a pas prouvé que la Terre bouge. Il n'a pas inventé le télescope. Il n'a pas été excommunié, torturé ou brûlé. Alors, d'où viennent ces idées ?

    Justus Sustermans, “Portrait of Galileo Galilei,” ca. 1640
    Justus Sustermans, "Portrait de Galileo Galilei", vers 1640 (photo : Public Domain)

    27 septembre 2021

    Nous avons reçu un message haineux concernant Galilée ici à l'Observatoire astronomique du Vatican. C'était drôle - et pas drôle à la fois. Cela provient d'origines respectables. Et cela renvoie au problème plus large de la vérité aujourd'hui.

    Le "courrier" était constitué de commentaires sur les médias sociaux. Ce printemps, notre nouveau site web, VaticanObservatory.org, a bénéficié d'une certaine couverture médiatique (le National Catholic Register en a parlé). Cette couverture nous a attiré l'attention de certains qui ne pouvaient pas concilier les siècles de travail scientifique de l'Observatoire du Vatican avec l'histoire de Galilée. Ils ont laissé des commentaires affirmant que les catholiques avaient l'habitude de "griller" les gens qui faisaient de la science, et ainsi de suite.

    C'était amusant dans la mesure où ces commentateurs confiants étaient tellement mal informés. Nous avons entendu que Galilée a inventé "le premier télescope spatial", que l'Église a brûlé Copernic sur le bûcher - et Galilée aussi, qu'elle l'a torturé et excommunié, etc. Mais il n'est jamais vraiment drôle de voir des gens répandre avec assurance des informations erronées. Cela l'est d'autant moins que la désinformation est si courante aujourd'hui. 

    Dans le cas de Galilée, il est facile de voir pourquoi la désinformation abonde. Dans les livres pour enfants, dans les livres destinés aux touristes qui se rendent en Italie, et même dans les livres de grammaire, on peut lire que Galilée a été persécuté par l'Église pour avoir prouvé que la Terre est en mouvement, qu'il a été excommunié, et ainsi de suite. Mais Galilée n'a pas prouvé que la Terre est en mouvement. Il n'a pas été excommunié. Il n'a pas inventé le télescope. Il n'a pas été torturé, ni brûlé, et Copernic non plus. Alors, d'où viennent ces idées ? 

    Malheureusement, elles proviennent trop souvent de sources apparemment respectables et érudites ; qui d'autre parlerait d'un scientifique du 17e siècle ? Même récemment, un certain nombre de livres d'apparence respectable ont été publiés pour promouvoir ce que le pape Jean-Paul II a appelé le "mythe" de Galilée :

    L'astronome de Harvard Avi Loeb a publié en 2021 un livre intitulé Extraterrestrial : The First Sign of Intelligent Life Beyond Earth, publié par Houghton Mifflin Harcourt - Loeb écrit que Galilée a été jugé pour hérésie par des personnes qui "refusaient même de regarder dans son télescope", et qu'il a été "forcé d'abandonner ses données et sa découverte" et de se rétracter.

    Le livre de 2020 de l'historien britannique Timon Screech, The Shogun's Silver Telescope : God, Art, and Money in the English Quest for Japan, 1600-1625, publié par Oxford University Press - Screech soutient que les Anglais ont cherché à saper les missionnaires jésuites au Japon en y emportant un télescope en 1611. En effet, les jésuites enseignaient l'astronomie aux Japonais avides de sciences, et un télescope aurait semé la confusion et mis dans l'embarras toute leur mission. En effet, les télescopes permettaient à tout observateur attentif de constater que Copernic avait raison, à savoir que la Terre se déplace autour du soleil, par opposition aux jésuites.

    Le livre Galileo and the Science Deniers (2020) de l'auteur populaire et astrophysicien Mario Livio, publié par Simon & Schuster - Livio soutient que les adversaires de Galilée étaient, comme le dit le titre, des négateurs de la science. Il écrit que Galilée a été contraint d'abandonner "ce qu'il considérait comme les seules conclusions logiques possibles en faveur de ce qui s'apparentait à une version du dix-septième siècle du politiquement correct", à savoir la crainte de conflits avec les Écritures.

    Tout ceci est de la désinformation. Considérez l'idée de "refuser de regarder dans un télescope". Maffeo Barberini - le pape Urbain VIII - a été la force motrice derrière la condamnation de Galilée en 1633 pour suspicion d'hérésie. Barberini avait été un admirateur de Galilée. En 1620, il lui a écrit une lettre à laquelle il a joint un poème qu'il avait écrit et dans laquelle il se référait à Galilée comme à "un frère". Le poème fait l'éloge des découvertes télescopiques de Galilée, notamment les lunes qui encerclent Jupiter et les taches sur le soleil.

    Mais ces découvertes n'ont pas montré que la Terre était en mouvement. Le mouvement de la Terre ne découlait pas logiquement des données disponibles. Les télescopes n'ont pas permis à un observateur attentif de constater que Copernic avait raison. 

    Les livres énumérés ci-dessus contiennent des erreurs, certaines assez fondamentales, malgré toutes les ressources dont dispose, par exemple, un auteur de Harvard ou un éditeur d'Oxford. Comment cela est-il possible ? Peut-être parce que nous savons aujourd'hui que la Terre est en mouvement, et parce que le mythe de Galilée est si familier. Personne ne considère que le mouvement de la Terre n'était peut-être pas scientifiquement évident à l'époque de Galilée. 

    Et l'Église, et en particulier Urbain VIII, est le méchant de l'histoire de Galilée. L'ancien "frère" de Galilée s'est retourné contre lui - pour des raisons incertaines, Urbain est passé de l'éloge de Galilée en poésie à une explosion de rage à la mention de son nom. Galilée n'est ni torturé ni brûlé, mais il est assigné à résidence.

    Pourtant, à l'époque de Galilée, les gens étaient soumis aux châtiments les plus cruels pour des crimes relativement insignifiants. Le pont de Londres est hérissé de têtes de criminels exécutés, empalées sur des poteaux. L'esclavage était introduit dans le Nouveau Monde. Dans une époque aussi cruelle, pourquoi la traque d'un scientifique ayant des amis puissants est-elle si notoire ? 

    Probablement parce que le mythe de Galilée tire sa force de l'idée qu'il a été persécuté pour la science. Il est donc important de comprendre la science de l'époque. Que Galilée ait été logique en soutenant que la Terre est en mouvement, que ses opposants aient été des négationnistes de la science, que toute personne équipée d'un télescope ait pu constater que la Terre bouge - pour répondre à ces questions, il faut d'abord se plonger dans la science telle qu'elle était à l'époque de Galilée, et non se contenter de répéter de vieux mythes.

    Voulons-nous la vérité ou des mythes ? Voulons-nous vraiment apprendre ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas, ou voulons-nous simplement confirmer ce que nous savons déjà pour pouvoir le balancer sur les médias sociaux ? Si tout ce que nous voulons, c'est une histoire racontant que Galilée a prouvé que la Terre bouge et qu'il a été renversé par une cabale d'hommes puissants qui ne voulaient même pas regarder dans un télescope et voir par eux-mêmes qu'il avait raison, alors les livres respectables qui répètent les mythes ne posent aucun problème. Pas plus, d'ailleurs, que toutes les autres fausses informations qui abondent aujourd'hui.

    Mais les catholiques doivent rechercher la vérité. C'est l'une des raisons pour lesquelles le Vatican soutient un observatoire astronomique et participe ainsi à la recherche de vérités scientifiques. Il n'y a donc rien de drôle dans le mythe de Galilée. Il n'y a rien de drôle dans la désinformation.

  • ONU : une intervention "musclée" du cardinal Parolin

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    Du site de Famille Chrétienne :

    L’intervention musclée du cardinal Parolin devant les Nations Unies

    Le secrétaire d’Etat du Saint-Siège a dénoncé les « nouvelles interprétations des droits de l’homme » qui ont cours au sein des instances des Nations Unies, lors de la 75ème session de leur Assemblée générale. Il fustige notamment le fait que la famille soit « dénaturée » et le sort réservé aux migrants ou aux enfants avortés.

    27/09/2021

    Le cardinal Pietro Parolin a fait état d’une « crise anthropologique » mondiale et a vivement dénoncé les « nouvelles interprétations des droits de l’homme » qui ont cours même au sein des instances des Nations unies, à l’occasion de la 76e session de l’Assemblée générale des Nations unies, le 25 septembre 2021.

    Le secrétaire d’État du Saint-Siège a rappelé l’appel du pape François pour une réforme de l’ONU. Il a par ailleurs plaidé de nouveau pour un cessez-le-feu mondial, pour un accès au vaccin contre le Covid-19 y compris dans les zones de conflit et pour une action commune et rapide pour sauvegarder la planète.

    La dignité de la personne « piétinée »

    « Le pape François considère que l’un des motifs de préoccupation les plus graves dans le monde d’aujourd’hui est la “crise des relations humaines” », a souligné le cardinal Parolin. Celle-ci découle « d’un mode de vie dominé par l’égoïsme et par la culture du déchet, où les valeurs humaines et la dignité transcendante de la personne qui y est liée sont souvent piétinées », a-t-il poursuivi. Cette « crise anthropologique » n’est pas une dispute philosophique ou académique, « mais une crise qui a d’énormes conséquences pratiques sur les Droits de l’homme ». Le “numéro 2” du Saint-Siège a alors listé un certain nombre de situations où ces droits n’étaient plus aujourd’hui correctement appliqués.

    Ainsi, les migrants se trouvent « de plus en plus souvent laissés dans l’incertitude, voire noyés, dans l’incapacité de trouver un nouveau foyer où élever leur famille dans la dignité, la paix et la sécurité ». Sont aussi concernés les croyants qui « endurent le harcèlement, la persécution, la mort et même le génocide en raison de leur foi » ; les personnes âgées et les personnes handicapées qui « sont mises à l’écart, surtout lorsqu’elles sont fragiles ou considérées comme un fardeau » ; les enfants innocents, « considérés comme problématiques, rejetés par la société avant même d’être nés » ; la famille, qui est aujourd’hui « dénaturée ».

    Pour le haut prélat, ces situations sont les conséquences de « nouvelles interprétations des Droits de l’homme existants, séparées de leurs valeurs universelles ». Ces « “nouveaux droits” non seulement contredisent les valeurs qu’ils sont censés soutenir, mais sont imposés en l’absence de tout fondement objectif ou de consensus international », s’indigne-t-il, dénonçant finalement « un “progrès” fallacieux ».

    Accès au vaccin pour tous et désarmement nucléaire

    Dans son discours, le chef de la secrétairerie d’État a évoqué la pandémie de Covid-19 en rappelant « qu’aucun État n’est capable de résoudre la crise à lui seul ». Invitant à toujours travailler ensemble, il a répété l’appel du Saint-Siège pour des vaccins « accessibles à tous, notamment dans les zones de conflit ».

    Sur la question du climat, le cardinal a fait mention de la prochaine Cop 26 de Glasgow et a dénoncé les « décennies d’inaction » face au changement climatique. « Il est plus que temps d’agir », a-t-il affirmé.

    Enfin, le cardinal Parolin a rappelé la position du Saint-Siège quant aux armes nucléaires. Celles-ci créent une « éthique de la peur » et empoisonnent les relations entre les peuples. « Les questions humanitaires et de sécurité nous obligent à mettre fin à la course aux armements nucléaires et à prendre des mesures efficaces en faveur du désarmement », a souligné le haut prélat qui a aussi rappelé l’appel du Secrétaire général de l’ONU et du pape François « pour un cessez-le-feu mondial ».

  • Nouvelle charge du Pape contre l’avortement et l’ « euthanasie cachée »

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    D'Antoine Mekary sur Aleteia.org :

    La charge du Pape contre l’avortement et l’ « euthanasie cachée »

    27/09/21

    Le pape François a dénoncé le "gaspillage de chaque jour" que représente la "culture du déchet" dans son discours aux membres de l’Académie pontificale pour la vie, lundi 27 septembre. Il s’est alarmé de l’élimination, dans nos sociétés, de l’espoir porté par les enfants et les personnes âgées.

    « Nous sommes victimes de la culture du déchet » qui déconsidère les plus faibles, a déploré le pape François dans son discours aux membres de l’Académie pontificale pour la vie, lundi 27 septembre. Évoquant les « enfants que nous ne voulons pas recevoir », et qu’en conséquence, on « tue directement », il a regretté que l’avortement soit « devenu très normal aujourd’hui, une habitude très laide ». Le pape François a précisé qu’il s’agissait vraiment d’un « meurtre ». 

    « D’autre part », a affirmé le Pape, « il y a les personnes âgées, qui sont du matériel jeté, et ne servent à rien ». Il a dénoncé une forme d’ « euthanasie cachée » qui consiste à abréger volontairement la vie des personnes âgées en ne les médicalisant pas correctement pour des raisons économiques.

    La santé mondiale au révélateur de la pandémie

    Le 266e pape a souligné combien la pandémie avait révélé les inégalités en matière de santé dans le monde. S’il a une nouvelle fois salué l’engagement en faveur d’une distribution équitable et universelle des vaccins, il a regretté que les « millions de décès évitables » qui adviennent chaque année suscitent moins d’inquiétude et mobilisent moins de ressources et d’énergie.

    Le pontife a notamment cité les cas de la malaria et la tuberculose. Il a plaidé pour que l’épreuve traversée pendant la crise du Covid-19 par tous les pays fasse « prendre conscience de ce que signifie être vulnérable ».

    Pour des soins gratuits

    S’il a reconnu que « l’inflation de discours » engendrée par la crise pandémique peut donner envie de « passer à d’autres sujets », le pape François a appelé à « réfléchir calmement afin d’examiner en profondeur ce qui s’est passé ». Il a encouragé ses académiciens, pour une meilleur compréhension des faits, à privilégier une approche multidisciplinaire.

    L’évêque de Rome a enfin loué les initiatives internationales telle que celle portée par le G20 pour une gouvernance mondiale de la santé. Sortant du texte de son discours, il a aussi déclaré qu’il « devrait toujours y avoir un système d’accès aux soins gratuit » et a encouragé les pays qui dispose d’une telle solidarité à la maintenir.

  • Liturgie : A propos du motu proprio « Traditionis custodes » dégradant la forme extraordinaire du missel romain: une question de sémantique

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    « Comment nommer ce missel mis à l’index (tiens…) par le pape François ? La question est-elle superflue ou byzantine ?

    missale-romanum-1962-grand-format.jpgNous ne le croyons pas un instant. Nommer les choses est de la plus haute importance, les Écritures en témoignent à de nombreuses reprises. Le nom c’est l’être et comme le disait Camus : mal nommer les choses c’est ajouter du malheur au monde. Comment donc faut-il nommer ce missel qui est au centre de la question religieuse depuis plus de cinquante ans ? Missel tridentin, de saint Pie V, de saint Jean XXIII, ancien missel, missel traditionnel, missel grégorien, missel en latin, missel de 1962… Écartons immédiatement les appellations de forme ordinaire et extraordinaire que le pape François a biffé de sa plume même s’il serait instructif de revenir sur ce sujet spécifique d’une double forme du rit romain.

    Plus que de missel, il convient de parler de messe et plus largement de liturgie. Quel que soit le respect que l’on porte et que l’on doive à l’objet que le prêtre embrasse, le missel n’est jamais qu’un support alors que la messe est la réalité sacramentelle. On pourrait se passer du livre, pas des prières qu’il renferme (j’ai souvenir d’un chanoine pyrénéen aveugle qui célébrait par cœur la messe votive à la sainte Vierge et nombreux sont les témoignages de prêtres qui ont célébré mentalement dans les camps de tous les totalitarismes dont la modernité est profuse). Quant à la liturgie, elle recouvre des réalités plus vastes puisqu’elle englobe dans une même cohérence cultuelle non seulement la messe, mais encore l’Office divin, les autres sacrements, les sacramentaux et qu’elle va jusqu’à façonner la civilisation.

    C’est donc globalement de liturgie dont nous parlons tous, le pape comme nous autres ; et au fond de cette question s’affrontent deux approches liturgiques.

    Deux approches divergentes de la liturgie.

    L’une, héritière du mouvement liturgique qui inspira la réforme demandée par le concile Vatican II, menée à bien par ses principaux théoriciens, est visible partout. Cette conception liturgique fait du rit un enjeu pastoral. La liturgie est le rassemblement de la communauté qui prie ensemble, fait mémoire et célèbre. Partant de l’idée neuve que la liturgie doit être accessible immédiatement, elle doit faire ressentir l’appartenance à une communauté, elle doit répondre aux attentes concrètes des situations de vie incarnée des participants, elle fait cercle. Pour parvenir à ses fins, elle doit donc user des artifices des modes du temps. Elle assume d’être du monde et de s’en inspirer pour mieux toucher les hommes de ce temps. Tout ceci est demandé textuellement par le concile Vatican II dans Sacrosanctum concilium : révision des livres liturgiques en faisant appel à des experts (n°25) ; promotion de la participation active en favorisant acclamations, actions, gestes et attitudes corporelles (n°30) ; simplicité, brièveté, suppression des répétitions, rites adaptés à la capacité de compréhension des fidèles (n°34) ; utilité de la langue du pays dans toute la liturgie (n°36) ; adaptation des rites à la diversité des assemblées, des régions, des peuples… (n° 38) ; efficacité pastorale (n°40) ; adaptations des rites aux nécessités de notre temps (n°62)… Pour respecter ces principes il est donc nécessaire de réviser continuellement, d’adapter et de dater. Cette compréhension de la liturgie est par nature progressiste et vouée à d’incessantes évolutions puisqu’elle veut répondre aux attentes des hommes du jour.

    L’autre approche, traditionnelle en ce sens que c’est celle constante et ininterrompue de l’Église jusqu’à aujourd’hui compris (même si c’est de manière limitée et restreinte depuis 1969) comprend la liturgie comme le culte public que l’Église rend à Dieu par diverses expressions, artifices et moyens (sens, objets, temps, espace…) car tout vient de Dieu et que tout est pour Dieu. La liturgie c’est la manière concrète pour les hommes de répondre à la première table du décalogue et à la première demande du Pater. Elle est verticale car elle relie le Ciel et la terre, hiérarchique comme toute la création, orientée vers notre source et notre fin. La liturgie c’est la « joie de Dieu » (Alcuin), c’est la lumière du monde ; comment prétendre aménager la lumière ? Comment vouloir l’adapter ? Je ne peux m’empêcher de songer à cette réflexion de Sylvain Tesson sur un sujet pas si éloigné de notre réflexion : « Il fallait que les hommes fussent drôles pour s’imaginer qu’un paysage eût besoin qu’on l’aménageât. D’autres parlaient d’augmenter la réalité. Un jour peut-être s’occuperaient-ils d’éclairer le soleil ? (Sylvain Tesson, Sur les chemins noirs, 2016, Gallimard). La liturgie n’est pas une invention, une création, elle ne nous appartient pas et ne peut être le fruit de notre créativité. Elle n’est pas le fruit d’une volonté mais un héritage. La liturgie est l’expression de la foi catholique, elle s’est longuement sédimentée, sans autre but précis que de rendre gloire à Dieu ; elle est l’aboutissement de 2000 ans de christianisme non sans quelques apports du culte de l’ancienne alliance. Si la codification et la normalisation ont connu des étapes importantes (la Réforme Grégorienne ou le concile de Trente par exemple), le rit ancien est le fruit de la longue et lente maturation spirituelle de tous ceux qui nous ont précédés et avec qui nous sommes en relation par la communion des saints. La liturgie par essence se méfie de la nouveauté et des idées personnelles. La liturgie qui englobe tous les mystères de notre foi et qui rend Dieu présent (par la réunion des baptisés en son nom, par sa Parole et plus encore dans l’Eucharistie), n’est que lentement pénétrable bien qu’elle soit immédiatement aimable. La liturgie, en cachant, possède la paradoxale particularité de désigner : c’est entre autre tout l’usage liturgique des voiles qui attirent l’attention sur ce qu’ils dissimulent par la majesté, la délicatesse et la beauté dont ils usent ; on pourrait en dire autant de la langue sacrée et de l’orientation. Il faut accepter humblement et patiemment cette difficulté à saisir certains aspects des rites, c’est la condition d’un enthousiasme inlassable, d’un émerveillement sans cesse renouvelé et d’un progrès spirituel véritable. De même qu’on ne devient pas saint Jean de La Croix ou sainte Catherine de Sienne un petit matin en laçant ses souliers, on ne peut approcher les réalités insondables que renferme l’écrin liturgique d’un coup de baguette magique ou par une invention de l’équipe d’animation pastorale.

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  • Saint-Marin devient une zone franche pour l'avortement eugénique

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    De Luca Volontè sur le site de la Nuova Busssola Quotidiana :

    Saint-Marin devient une zone franche pour l'avortement eugénique

    27-09-2021

    À Saint-Marin, le "oui" à l'avortement a remporté le référendum avec 77 % des voix. Avec 59% d'abstentions, dans un État où 98% de la population se déclare catholique et grâce à une question qui peut être étendue à tous les cas, la République de Saint-Marin a décidé que les avortements peuvent être pratiqués même jusqu'au neuvième mois, créant ainsi les conditions d'un "tourisme eugénique" en provenance d'Italie. L'objection de conscience est actuellement exclue. Don Mangiarotti à la Bussola : "Une défaite pour la vie, nous repartons du travail qui a grandi dans ces mois des défenseurs de la vie". 

    Hier était le jour du référendum sur l'avortement à Saint-Marin, et le résultat annoncé par la télévision d'État était très clair : 59% des citoyens vivant à Saint-Marin n'ont pas pris part au vote ; le OUI à la dépénalisation et à la libéralisation de l'avortement a obtenu plus de 77% des voix, le NON un peu plus de 22%. Le monde recule et ils appellent ça le progrès ! Une proportion importante d'électeurs catholiques, dont 98% se déclarent catholiques, a choisi de ne pas prendre part au vote. Incompréhensible.

    La victoire du OUI oblige le Conseil général (parlement) et le Conseil des régents (gouvernement) à suivre la volonté des citoyens et à adopter une loi pour la mettre en œuvre dans les six prochains mois. Le texte de la question était très clair : "Voulez-vous qu'une femme puisse être autorisée à interrompre volontairement sa grossesse jusqu'à la douzième semaine de gestation, et également au-delà s'il y a danger pour la vie de la femme ou s'il y a des anomalies ou des malformations du fœtus qui représentent un risque sérieux pour la santé physique ou psychologique de la femme ?"

    Soyons clairs, le texte de la question ne laisse aucune place au doute : avortement libre toujours (bien au-delà de 12 semaines) et dans tous les cas, y compris l'avortement eugénique. En effet, pour un médecin favorable à l'avortement, le " risque grave pour la santé psychologique de la femme " est toujours diagnostiquable, même lorsque l'enfant qu'elle porte est diagnostiqué avec un simple bec-de-lièvre, un spina bifida, un syndrome de Down... Tout cela sans considérer que le référendum était basé sur un mensonge : " l'avortement pour une mère dont la vie est en danger était déjà possible " dans la République de Saint-Marin, comme l'indique le site du Comité " Uno di Noi ".

    Dans une lettre publiée sur le site d'information publique Libertas.com le 25 septembre, l'archevêque de Saint-Marin, Monseigneur Andrea Turazzi, avait appelé à soutenir la vie naissante, rappelé aux gens leur droit et leur devoir de voter, et rappelé que les catholiques et l'Église sont inconditionnellement favorables à l'accueil de la vie. Dans ses déclarations d'hier à Il Fatto Quotidiano, la présidente de l'Union des femmes de Saint-Marin, favorable à l'avortement, a joué le rôle de la championne des droits des femmes qui, seule contre tous ("Démocratie chrétienne, avec le diocèse, l'évêque, les scouts, Communion et Libération, Charité sans frontières, Action catholique, Provita&Famiglia, toute l'Église et même le Pape"), voulait faire prévaloir les raisons de l'avortement dans le "rendez-vous avec l'histoire des droits des femmes".

    La légalisation avec meurtre de l'enfant conçu (jusqu'au neuvième mois) coïnciderait-elle avec la conquête d'un droit historique de la femme ? Rien n'arrive par hasard, la fanfare jouée par les médias italiens et internationaux en faveur de la légalisation de l'avortement à Saint-Marin, décrite hier par Ermes Dovico dans ces pages, n'est rien d'autre qu'une énième poussée pour faire de tout le continent européen une véritable "zone libre" d'avortement libre, eugénique et inconditionnel.

    Le Parlement européen joue évidemment un rôle important de persuasion morale à cet égard. En juin dernier, il a réaffirmé, avec l'approbation du rapport Matic, le mensonge absolu de l'avortement en tant que droit humain inviolable. Ce n'est pas un hasard si, samedi 25 septembre, à Andorre, l'association d'avorteurs "Stop Violències" a organisé une manifestation massive pour demander la dépénalisation et la libéralisation de l'avortement et a désigné l'évêque d'Andorre comme l'ennemi de ces "lois de la civilisation".

    À Malte, la libéralisation de l'avortement est actuellement empêchée par le président de la République, Georges Vella (qui sera en fonction jusqu'en 2023), qui a déclaré à plusieurs reprises qu'il était prêt à démissionner plutôt que de signer une loi en faveur de l'avortement. La volonté d'inclure l'avortement parmi les droits de la femme ne tient pas compte de la réalité de ce qui est conçu. La possibilité de pratiquer des avortements sans limite de temps, en plus de l'horreur des avortements tardifs et eugéniques jusqu'au neuvième mois, ouvrira la porte à un tourisme de l'avortement macabre en provenance des pays voisins de Saint-Marin, dont l'Italie.

    Il est extrêmement grave qu'il n'y ait aucune disposition pour l'objection de conscience dans aucun cas, qu'il n'y ait aucune référence au père et qu'il n'y ait aucune disposition pour le consentement des parents ou du tuteur en cas d'avortement de mineurs.

    Don Gabriele Mangiarotti, prêtre combattant pour la vie, a déclaré à la Bussola peu après les résultats : "Une défaite pour la vie... mais on peut en tirer des leçons. L'amitié laborieuse qui s'est développée entre les défenseurs de la vie peut continuer... De qui repartons-nous ? Nous repartons de l'Un, des racines de la République de Saint-Marin, qui est fondée par un Saint et sur un Saint".

  • Parlement européen : le refus de l'avortement devrait être criminalisé

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    De C-FAM.ORG (Rebecca Oas) :

    Parlement européen : le refus de l'avortement devrait être criminalisé

    23 septembre 2021

    WASHINGTON, D.C. le 24 septembre (C-Fam) Le Parlement européen s'est prononcé en faveur d'un traitement de la " violence basée sur le genre " comme un crime dans l'UE, au même titre que le terrorisme et la traite des êtres humains.  Parmi les comportements qu'il cherche à criminaliser figure "le refus d'un avortement sûr et légal".

    Le document condamne la violence à l'égard des femmes et des filles "dans toute leur diversité" ainsi que "la violence à l'égard des personnes LGBTIQ+ en raison de leur sexe, de leur identité de genre, de leur expression de genre ou de leurs caractéristiques sexuelles", et précise qu'il s'agit d'"actes de violence en ligne et hors ligne."

    Le rapport appelle à la création de normes uniformes et de sanctions pénales minimales dans toute l'Union européenne en modifiant le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne.  Il a été adopté par 427 voix contre 119, avec 140 abstentions.

    Plusieurs membres du Parlement ont évoqué les taux élevés de violence physique et sexuelle perpétrés à l'encontre des femmes et des filles européennes, arguant que s'opposer à ce rapport reviendrait à ignorer leur détresse.

    "Dans notre rapport, nous affirmons que pour combattre la violence sexiste, nous devons avoir le droit de décider de notre corps et de notre sexualité. Nous devons avoir accès à l'avortement et à la contraception gratuits", a déclaré la Suédoise Malin Björk, l'une des parlementaires présentant le rapport.

    D'autres ont adopté un point de vue différent. "La lutte contre la violence à l'égard des femmes ne peut pas devenir un outil de lutte idéologique, et c'est malheureusement un projet idéologique", a déclaré la députée polonaise Jadwiga Wiśniewska.  "Veuillez noter que le concept de genre n'est pas un concept de traité, tout comme des termes tels que patriarcat ou LGBT."

    Les restrictions de la Pologne en matière d'avortement ont été spécifiquement dénoncées dans le rapport.

    La Belge Cindy Franssen a prévenu que le rapport "dépasse les compétences nationales" et a noté que l'ajout de la "violence fondée sur le genre" au traité nécessiterait l'unanimité au Conseil de l'Union européenne. "Cela ne viendra pas si nous demandons simultanément que le refus d'un avortement soit qualifié de violence fondée sur le genre".

    Helena Dalli, l'actuelle commissaire européenne à l'égalité, a décrit le rapport comme une tentative d'atteindre les objectifs de la Convention d'Istanbul, le traité du Conseil de l'Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique.  La convention est entrée en vigueur en 2014, mais plus tôt cette année, la Turquie s'en est retirée, déclarant que ce qui était "initialement destiné à promouvoir les droits des femmes a été détourné par un groupe de personnes tentant de normaliser l'homosexualité."

    Le rapport récemment adopté rend explicite ce qui était implicite dans la Convention d'Istanbul en incluant expressément les personnes identifiées "LGBTIQ+" comme "également victimes de violence fondée sur le genre en raison de leur genre, de leur identité de genre, de leur expression de genre et de leurs caractéristiques sexuelles."

    Mme Dalli a déclaré que son objectif était d'élargir la définition des "euro-crimes" afin d'inclure à la fois la violence fondée sur le genre et les crimes et discours haineux, "pour des raisons d'orientation sexuelle, entre autres."

    En tant que femme politique maltaise et dans le cadre de son travail au sein de l'UE, Mme Dalli s'est faite la championne des lois et des politiques pro-LGBT.  Cependant, son pays reste l'un des rares en Europe à avoir des lois pro-vie fortes, et si l'UE criminalise le refus de l'avortement comme une forme de "violence fondée sur le genre", Malte sera parmi ses principales cibles.

    "Nous attendons avec impatience la mise en œuvre rapide de cette politique, y compris à Malte", a déclaré le groupe Doctors for Choice Malta sur sa page Facebook, qualifiant de "criminel pour l'État" le fait de refuser aux femmes d'avorter.

    Sujet :  Droits de l'homme et droit international

    Image : https://c-fam.org/wp-content/uploads/european-parliament-logo.jpg

  • Le message du pape pour la journée mondiale du migrant et du réfugié 2021 (26 septembre)

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    De Vatican.va (3 mai 2021) :

    MESSAGE DU PAPE FRANÇOIS POUR LA 107ème JOURNÉE MONDIALE DU MIGRANT ET DU RÉFUGIÉ 2021

    [26 septembre 2021]

    « Vers un nous toujours plus grand »

    Chers frères et sœurs !

    Dans la Lettre encyclique Fratelli tutti, j’ai exprimé une préoccupation et un désir, qui occupent encore une place importante dans mon cœur : « Après la crise sanitaire, la pire réaction serait de nous enfoncer davantage dans une fièvre consumériste et dans de nouvelles formes d’auto-préservation égoïste. Plaise au ciel qu’en fin de compte il n’y ait pas “les autres”, mais plutôt un “nous” ! » (n. 35).

    C’est pourquoi j’ai pensé consacrer le message de la 107e Journée mondiale du migrant et du réfugié à ce thème : « Vers un nous toujours plus grand », souhaitant ainsi indiquer un horizon clair pour notre parcours commun dans ce monde.

    L’histoire du « nous »

    Cet horizon est présent dans le projet créatif de Dieu lui-même : « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme. Dieu les bénit et leur dit : “Soyez féconds et multipliez-vous” » (Gn 1,27-28). Dieu nous a créés homme et femme, des êtres différents et complémentaires pour former ensemble un nous destiné à devenir toujours plus grand avec la multiplication des générations. Dieu nous a créés à son image, à l’image de son Être Un et Trine, communion dans la diversité.

    Et lorsque, à cause de sa désobéissance, l’être humain s’est détourné de Dieu, celui-ci, dans sa miséricorde, a voulu offrir un chemin de réconciliation non pas à des individus, mais à un peuple, à un nous destiné à inclure toute la famille humaine, tous les peuples : « Voici la demeure de Dieu avec les hommes! Il habitera avec eux, et ils seront ses peuples, et lui-même, Dieu avec eux, sera leur Dieu » (Ap 21,3).

    L’histoire du salut voit donc un nous au début et un nous à la fin, et au centre le mystère du Christ, mort et ressuscité « afin que tous soient un » (Jn 17,21). Le temps présent, cependant, nous montre que le nous voulu par Dieu est brisé et fragmenté, blessé et défiguré. Et cela se produit surtout dans les moments de grande crise, comme maintenant avec la pandémie. Les nationalismes fermés et agressifs (cf. Fratelli tutti, n. 11) et l’individualisme radical (cf. ibid., n. 105) émiettent ou divisent le nous, tant dans le monde qu’au sein de l’Église. Et le prix le plus élevé est payé par ceux qui peuvent le plus facilement devenir les autres : les étrangers, les migrants, les marginaux, qui vivent dans les périphéries existentielles.

    En réalité, nous sommes tous dans le même bateau, et nous sommes appelés à nous engager pour qu’il n’y ait plus de murs qui nous séparent, qu’il n’y ait plus les autres, mais un seul nous, aussi grand que toute l’humanité. C’est pourquoi je profite de cette journée pour lancer un double appel à marcher ensemble vers un nous toujours plus grand, m’adressant d’abord aux fidèles catholiques puis à tous les hommes et femmes du monde.

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  • Contrairement à la légende du "pape d'Hitler", Eugenio Pacelli était hostile au parti nazi dès son apparition

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    D'Andrea Gagliarducci sur kath.net/news :

    Les interventions de Pie XII contre le national-socialisme

    La "légende noire" du silence de Pie XII face à la Shoah se nourrit d'une autre légende : Que Pacelli n'a rien fait contre le National Socialisme. Ici aussi, les faits disent le contraire.

    Vatican (kath.net/ACI Stampa)

    La légende noire sur le prétendu silence de Pie XII remonte à l'époque précédant le pontificat. C'était à l'époque où Eugenio Pacelli était nonce apostolique en Allemagne, précisément dans les années de la montée du national-socialisme. Et au lieu de protester contre ce qui s'est avéré être une dictature avec toute sa brutalité, y compris l'antisémitisme, Pacelli serait resté inactif. Il aurait même approuvé un Concordat avec l'Allemagne en 1933, alors qu'il était cardinal secrétaire d'État du Vatican, qui était presque une "carte blanche" pour le national-socialisme. Mais est-ce vraiment le cas ?

    Les faits parlent contre elle, et les recherches du diacre Dominiek Oversteyns, basées sur des sources primaires, montrent que le nonce Pacelli est intervenu 326 fois contre le nazisme[1]. Mais un discours en particulier mérite d'être lu avec attention : Il s'agit d'un discours prononcé le 1er septembre 1929, quatre ans avant l'arrivée d'Hitler au pouvoir, dans lequel le nonce Pacelli, alors nonce, a critiqué à 44 reprises le parti national-socialiste[2].

    Le programme du parti national-socialiste, qui avait tenu son quatrième congrès à Nuremberg trois semaines auparavant, du 1er au 4 août 1929, est remis en question. Lors de ce congrès, la popularité d'Hitler commence à croître, si bien qu'à partir de ce moment et jusqu'en 1933, le parti reçoit en moyenne 11 % de voix supplémentaires à chaque élection nationale.

    Eugenio Pacelli a immédiatement reconnu le danger et a exprimé son inquiétude dans ce discours, dans lequel il a vivement critiqué le programme électoral d'Hitler. Ce n'était pas la seule fois. Du 4 août 1929 au 10 décembre de la même année, le nonce Pacelli a dénoncé la personne d'Hitler et son programme NSDAP à 70 reprises au total. De 1923 à 1929, années de son expérience en tant qu'"ambassadeur" du pape en Allemagne, Pacelli est intervenu 326 fois contre Hitler et le programme nazi. Ces interventions se retrouvent dans 40 discours et huit documents.

    Examinons maintenant brièvement quelques exemples de critiques à l'encontre d'Hitler et du programme de son parti. Nous laissons aux historiens et aux analystes le soin de les examiner plus en détail entre les plis du langage diplomatique, qui - surtout le langage papal - n'est pas toujours direct, mais cela ne signifie pas qu'il ne dénonce pas des situations.

    Dès le début de son discours, Pie XII a critiqué le point 24 du programme national-socialiste, dans lequel Hitler exigeait "la liberté pour toutes les confessions religieuses dans l'État, dans la mesure où elles ne mettent pas en danger l'existence de l'État et ne heurtent pas les sensibilités germaniques".

    Le Nonce Pacelli a critiqué d'une manière très diplomatique. Il a salué les catholiques comme : "tous des camarades dans la foi réunis ici parmi des leaders éprouvés". En appelant les catholiques "camarades dans la foi", Pacelli critiquait directement le point 24 du programme du NSDAP, dans lequel Hitler résumait qu'il était au-dessus de l'Église catholique et au-dessus de Dieu. Mais tout catholique fervent sait que Dieu est au-dessus d'Hitler ! 12 fois dans son discours, Pacelli critiquera le point 24 du programme.

    En utilisant le terme "Glaubensgenossen", le nonce Pacelli a directement critiqué le point 4 du programme du NSDAP, dans lequel Hitler parle de "Volksgenosse" comme étant le seul type de concitoyens ayant le droit de vivre dans son Reich. En bref, Pacelli dépeint ironiquement les catholiques comme des "coreligionnaires", par opposition aux "coreligionnaires" d'Hitler. A quatre reprises dans ce discours, le Nonce Pacelli critiquera ce point du programme.

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  • Inde (Karnataka) : les évêques dénoncent le projet de loi anti-conversion

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    Une dépêche de l'Agence Fides :

    ASIE/INDE - Les Évêques s'opposent à la loi anti-conversion au Karnataka

    24 septembre 2021

    Bangalore (Agence Fides) - Les dix Évêques catholiques de l'État du Karnataka, dans le sud de l'Inde, ont exprimé au Premier ministre de l'État, Basavaraj Bommi, leur profonde préoccupation au sujet d'une proposition de loi visant à interdire les conversions religieuses dans l'État. À la tête d'une délégation qui a rencontré le Premier ministre le 22 septembre, Mgr Peter Machado, Archevêque de Bangalore, a présenté un mémorandum sur diverses questions affectant la vie des chrétiens au Karnataka. Selon l'Archevêque Machado, agiter le croquemitaine des "conversions forcées" est nuisible et inutile, et l'Église catholique exprime sa déception.

    La communauté chrétienne de l'État gère des centaines d'écoles, de collèges et d'hôpitaux dans différents diocèses. Et des millions d'étudiants étudient dans des établissements d'enseignement dirigés par des chrétiens. Des millions de personnes bénéficient de ces institutions. Aucun d'entre eux, soulignent les Évêques, ne se voit conseiller d'embrasser le christianisme. Certains cas mineurs ont pu se produire, mais ils ont été exagérés, a déclaré l'Archevêque Machado. "Le projet de loi anti-conversion vise à diffamer le christianisme", a souligné l'Archevêque. En fait, la communauté chrétienne assume pleinement sa responsabilité morale en ne se livrant en aucune façon à la promotion de conversions forcées : "Nous ne forçons personne", a-t-il déclaré.

    Dans le mémorandum remis au Premier ministre, les Évêques notent que toute loi anti-conversion pourrait causer "des problèmes dans les relations inter-communautaires et des troubles inutiles", générant des déclarations et des réactions controversées et provoquant des troubles dans la société et les communautés religieuses. générant des déclarations et des réactions controversées et semant le trouble dans la société et les communautés religieuses.

    Le 21 septembre, Goolihatti Shekhar, membre de l'assemblée législative de l'État et membre du parti nationaliste hindou Bharatiya Janata Party (BJP), a soulevé la question au Parlement en déclarant : "Les missionnaires chrétiens évangéliques se livrent à une campagne effrénée de conversion religieuse dans ma circonscription de Hosadurga. Ils ont converti environ 20 000 hindous au christianisme".

    En réponse à cette note, le président de l'Assemblée législative, Visheshwara Hegde Kageri, a déclaré que de nombreux États de l'Inde avaient déjà adopté des lois pour freiner les conversions religieuses et a suggéré que le Karnataka pourrait avoir une loi similaire. Intervenant dans le débat, le ministre de l'Intérieur, Araga Jnanedra, a déclaré que le gouvernement du Karnataka étudierait les lois pertinentes des autres États et proposerait sa propre version. Le gouvernement de l'État, a-t-il dit, a l'intention de se pencher sur la question pour mettre fin aux conversions religieuses par la force et autres incitations.

    La Constitution indienne prévoit que les citoyens ont la liberté de "professer, pratiquer et propager" la religion. Toutefois, plusieurs États de la Fédération indienne ont mis en œuvre et promulgué des lois ou des règlements visant à décourager ou à interdire les conversions religieuses : il s'agit de l'Odisha, de l'Uttar Pradesh, de l'Arunachal Pradesh, du Chhattisgarh, du Gujarat, du Jharkhand, de l'Himachal Pradesh, du Madhya Pradesh et de l'Uttrakhand.

    Le Karnataka est dirigé par le BJP, dont les membres et les politiciens sont hostiles aux communautés religieuses minoritaires. Suivant une idéologie répandue au sein du BJP (appelée "Hindutva"), certains voudraient transformer l'Inde d'un pays laïc en un État théocratique hindou.
    (SD-PA) (Agence Fides 24/9/2021)

  • Hongrie, Motu Proprio, liturgie... le voyage du pape analysé par le Club des Hommes en Noir

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    Du site de l'Homme Nouveau :

    Hongrie, Motu Proprio, liturgie... un voyage du pape analysé par le Club des Hommes en Noir

    Hongrie, Motu Proprio, liturgie... <br>un voyage du pape analysé <br>par le Club des Hommes en Noir

    Retrouvez Le Club des Hommes en Noir pour sa troisième saison. Cette émission fondée en 2012, sur une radio bien connue, par Philippe Maxence, a un concept simple : l'actualité de l'Église décryptée par des prêtres et un laïc. 

    Le Club des Hommes en Noir avec l'abbé Celier, l'abbé Guelfucci, le Père Viot et Guillaume de Thieulloy, sous la direction de Philippe Maxence revient sur le voyage du pape en Hongrie et en Slovaquie.