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Débats - Page 53

  • Fraternité Sacerdotale Saint Pie X : le Message du Supérieur général et de ses Assistants à l’occasion du cinquantième anniversaire de la déclaration du 21 novembre 1974

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    Message du Supérieur général et de ses Assistants à l’occasion du cinquantième anniversaire de la déclaration du 21 novembre 1974.

    Il y a cinquante ans, Mgr Marcel Lefebvre publiait une déclaration mémorable qui allait devenir la charte de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X. Véritable profession de foi aux résonances éternelles, cette déclaration exprime l’essence de la Fraternité, sa raison d’être, son identité doctrinale et morale, et par conséquent sa ligne de conduite. Aussi la Fraternité ne pourrait-elle s’écarter d’un iota de son contenu et de son esprit qui, cinquante ans plus tard, demeurent parfaitement appropriés à l’heure présente.

    Cette déclaration renferme deux idées absolument centrales, qui se complètent et se soutiennent mutuellement : la première affirme la nature essentiellement doctrinale du combat propre à la Fraternité ; la seconde exprime dans quel but il est mené.

    Il s’agit d’un combat doctrinal, face à un ennemi bien identifié : la Réforme du Concile, présentée comme un tout empoisonné, conçue dans l’erreur et menant à l’erreur. C’est son esprit de fond qui est remis en question, et par conséquent tout ce que cet esprit a pu produire : « Cette Réforme étant issue du libéralisme, du modernisme, est tout entière empoisonnée ; elle sort de l’hérésie et aboutit à l’hérésie, même si tous ses actes ne sont pas formellement hérétiques. Il est donc impossible à tout catholique conscient et fidèle d’adopter cette Réforme et de s’y soumettre de quelque manière que ce soit. La seule attitude de fidélité à l’Eglise et à la doctrine catholique, pour notre salut, est le refus catégorique d’acceptation de la Réforme. »

    L’histoire de ces cinquante dernières années n’a fait que confirmer la pertinence de cette analyse. La Réforme étant corrompue en elle-même et dans ses principes, il apparaît impossible de restaurer quoi que ce soit dans l’Eglise sans d’abord mettre en discussion les principes mêmes du Concile, et refuser toutes les erreurs qui y sont contenues : tous ceux qui se sont efforcés de garder à la fois la Tradition et la Réforme, de les marier ou de les enrichir mutuellement, ont inévitablement échoué. Parallèlement, le mépris et la haine envers la Tradition et la Messe de toujours n’ont cessé d’augmenter, manifestant d’une manière concrète qu’à deux doctrines incompatibles correspondent deux cultes inconciliables, deux façons irréductibles de concevoir l’Eglise et sa mission auprès des âmes.

    Commencée au Concile, cette Réforme est toujours en cours et continue de produire ses fruits. Aujourd’hui, à travers la synodalité, on assiste au renversement complet de la structure même de l’Eglise : à la transmission de la Vérité divine reçue du Verbe incarné, se substitue l’élaboration par l’homme d’un système où Dieu n’a plus sa place, et où l’esprit humain souffle à la place de l’Esprit-Saint. C’est le renversement diabolique de l’Evangile lui-même.

    Face à cette démolition de l’Eglise clairement dénoncée, Mgr Lefebvre nous encourage à poursuivre le combat doctrinal, c’est-à-dire à militer saintement pour le règne de Notre Seigneur Jésus-Christ, Voie, Vérité et Vie. Aujourd’hui comme hier, notre mission n’est autre que la restauration de toutes choses dans le Christ. Tout restaurer : à commencer par le sacerdoce, dans toute sa pureté doctrinale, dans toute sa charité missionnaire ; restaurer le saint sacrifice de la messe, cœur de la vie de l’Eglise ; restaurer la vie chrétienne, qui n’est autre que la vie même du Christ, marquée de l’esprit de la croix, pour l’amour et la gloire du Père ; restaurer la vérité catholique, pour lui redonner sa splendeur et lui permettre d’illuminer le monde ; restaurer, dans l’Eglise et dans la société civile, la reconnaissance des droits du Christ, roi des nations.

    « Jésus-Christ était hier, il est aujourd’hui, et il sera le même dans tous les siècles. Ne vous laissez point emporter à une diversité d’opinions et à des doctrines étrangères. Car il est bon d’affermir son cœur par la grâce. » (He 13, 8-9)

    La seconde idée qui domine la déclaration de 1974 est la volonté lucide et déterminée d’agir dans le seul but de servir l’Eglise catholique et romaine.

    Ce n’est en effet que dans l’Eglise de toujours et dans sa Tradition constante que nous trouvons la garantie d’être dans la Vérité, de continuer à la prêcher et à la servir.

    Mais surtout, nous sommes bien conscients que le fait de garder la Tradition, et de prendre tous les moyens nécessaires pour la conserver et la transmettre, correspond à un devoir de charité que nous remplissons vis-à-vis de toutes les âmes et de l’Eglise tout entière. Dans cette perspective, notre combat est profondément désintéressé. La Fraternité ne recherche pas d’abord sa propre survie : elle cherche principalement le bien de l’Eglise universelle et, pour cette raison, elle est par excellence une œuvre d’Église, qui avec une liberté et une force uniques, répond adéquatement aux besoins propres d’une époque tragique sans précédent.

    Ce seul but est toujours le nôtre aujourd’hui, au même titre qu’il y a cinquante ans : « C’est pourquoi sans aucune rébellion, aucune amertume, aucun ressentiment nous poursuivons notre œuvre de formation sacerdotale sous l’étoile du magistère de toujours, persuadés que nous ne pouvons rendre un service plus grand à la sainte Église catholique, au Souverain Pontife et aux générations futures. »

    C’est à l’Eglise que la Tradition appartient ; c’est en elle et pour elle que nous la gardons dans toute son intégrité, « en attendant que la vraie lumière de la Tradition dissipe les ténèbres qui obscurcissent le ciel de la Rome éternelle ». Dans la certitude surnaturelle et inébranlable que cette même Tradition triomphera, et avec elle l’Eglise tout entière. Et dans la certitude renouvelée que les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle.

    Menzingen, le 21 novembre 2024

    Davide Pagliarani
    Supérieur général

    † Alfonso de Galarreta
    1er Assistant général

    Christian Bouchacourt
    2nd Assistant général

    source

  • L'ECLJ en appelle à la réforme du Programme de reproduction humaine de l’OMS

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    Du site de l'ECLJ (Louis-Marie Bonneau) :

    Appel à la réforme du Programme de reproduction humaine de l’OMS

    20 novembre 2024

    L’ECLJ enquête depuis plusieurs années sur le Programme de reproduction humaine (HRP) de l’OMS. Ce travail a permis de mettre en lumière l’activité de ce Programme créé en 1971 pour soutenir la recherche biomédicale sur la fertilité dans un but de réduction démographique. Un livre a ainsi été publié chez Ethics Press (anglais) et chez L’Harmattan (français). Cette enquête démontre que le HRP a développé les principaux contraceptifs et abortifs utilisés aujourd’hui dans le monde tout en les diffusant, soi-disant au nom des droits de l’homme. Le HRP est ainsi sorti du champ de la recherche biomédicale en promouvant des combats idéologiques. Cette orientation suscite des interrogations sur l’alignement du HRP avec les priorités de santé publique.

    Face à cette dérive, l’ECLJ prend une initiative importante en envoyant aux États membres de l’OMS une lettre cosignée par plusieurs ONG spécialisées: le Center for Family & Human Rights (C-Fam), Juristes pour l’enfance, Le Syndicat de la Famille, One Of Us et le Transatlantic Christian Council. Nous y appelons les États à entreprendre une réforme du Programme de reproduction humaine (HRP).

    Nous y soulignons en particulier l’influence croissante des financements privés, notamment ceux de la Susan Thompson Buffett Foundation, et nous nous inquiétons de l’impact de ces financements sur l’orientation stratégique du Programme. Nous demandons ainsi à l’OMS d’évaluer l’impact des financements privés et de renforcer la transparence et le contrôle du HRP pour garantir que ce Programme reste fidèle à sa mission de santé publique.

    Nous appelons donc à recentrer les efforts du HRP sur des enjeux biomédicaux réels et majeurs, tels que l’infertilité, tout en respectant les spécificités éthiques, légales et culturelles de chaque pays.

    Lire et signer la pétition

  • De l’Israël possiblement génocidaire au 'boh' sur la persécution de Maduro. Voici comment le pape met à mal la diplomatie vaticane

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    De Matteo Matzuzzi sur Il Foglio :

    De l’Israël possiblement génocidaire au 'boh' sur la persécution de Maduro. Voici comment le pape met à mal la diplomatie vaticane

    L'utilisation désinvolte de termes aussi définitifs pose une série de problèmes qui finissent par saper l'autorité même du Pape et de l'Institution qu'il représente.

    Ce qui a été mis à mal, c'est avant tout la tiercéité de la diplomatie vaticane, qui avait si bien réussi dans les premières années du pontificat bergoglien. Le Saint-Siège était tellement « tiers » qu'il était clair qu'il n'y avait pas de médiation dans les conflits du monde en morceaux, mais seulement de la « facilitation » : mettre la table pour que les parties se parlent.

    Rome. Edith Bruck dit que le pape a utilisé le mot « génocide » parce qu'il ne sent pas le poids de la phrase qu'il prononce et c'est pourquoi il la prononce trop facilement. Il l'avait déjà fait il y a un an lorsqu'il avait reçu un groupe de Palestiniens de Gaza en audience privée. 

    En sortant de la réunion, ils ont dit que François avait clairement prononcé le mot « génocide », les bureaux de communication du Vatican expliquant immédiatement qu'il n'apparaissait pas, se référant à des déclarations antérieures de Bergoglio, beaucoup plus nuancées dans le lexique utilisé.

    Ils en avaient deviné les conséquences. Cette fois-ci, le mot est inscrit noir sur blanc dans un autre livre que le pontife envoie à l'impression. Ce n'est pas le thème principal, mais il est évident que l'attention se porte sur ce point, un nerf qui ne pourrait pas être plus exposé.

    Au-delà des discussions historiques et juridiques sur ce qui est ou non un génocide, l'utilisation occasionnelle de termes aussi définitifs pose une série de problèmes qui finissent par saper l'autorité même du Pape et de l'Institution qu'il représente, en l'occurrence le Saint-Siège, dont la diplomatie traditionnelle du « tiers » a toujours été considérée comme un modèle (malgré quelques échecs plus ou moins récents dans le passé). Une diplomatie dotée d’une sorte de « supériorité morale », qui tient à sa nature même. Depuis un an, les communautés juives se plaignent de la position ambiguë de François (et du Vatican) sur le pogrom du 7 octobre : elles l'ont dit de toutes les manières et pas seulement par des voies confidentielles. Le grand rabbin de Rome, Riccardo Di Segni, est allé jusqu’à affirmer que le dialogue entre catholiques et juifs a fait des pas en arrière significatifs, effaçant toutes les bonnes choses qui avaient été laborieusement obtenues depuis Vatican II. Le cardinal Marc Ouellet, dans ce journal, disait il y a quelques semaines qu'il comprenait la position du rabbin, mais assurait que « le pape n'a pas négligé le dialogue de l'Église avec le judaïsme : il tente d'intervenir pour limiter les dégâts inévitables sans se ranger du côté d'un seul parti ». contre l'autre." Mais demander une enquête sur un éventuel génocide à Gaza, c’est déjà adhérer à la thèse d’une des parties impliquées, prendre effectivement parti ou au moins montrer qu’on a des doutes. Pourquoi, alors, le Pape n’utilise-t-il pas des mots tout aussi forts sur le massacre perpétré par le Hamas ou sur les missiles que le Hezbollah lance quotidiennement sur Israël depuis des décennies ? Pourquoi le Pape, chef d’un État souverain et vicaire du Christ (donc chef spirituel), doit-il intervenir sur des questions politiques, fermant tout espace d’action possible ? 

    Pendant des années, on a écrit et argumenté sur le conflit russo-ukrainien selon lequel François n'était pas allé au-delà d'appréciations douces pour ne pas exclure de futures possibilités de médiation. S'il avait publiquement condamné Vladimir Poutine, a-t-on dit à juste titre, le Kremlin n'aurait même plus répondu au téléphone si le pape avait été de l'autre côté. Ensuite, bien sûr, François a prononcé la phrase sur les aboiements de l'OTAN aux frontières de la Russie, donnant ainsi implicitement un minimum de justification à la frustration russe. Il a ensuite dit que lorsqu'on voit qu'on a perdu, il faut savoir hisser le drapeau blanc (on a expliqué qu'il ne voulait pas dire « capitulation », mais en bref, à Kiev, les éclaircissements n'ont pas été convaincants). Puis, en août dernier, depuis la fenêtre du Palais apostolique, à la fin d'un Angelus, il a lancé des bordées contre le gouvernement ukrainien coupable d'avoir décidé l'interdiction de l'activité de l'Église orthodoxe liée à Moscou. Il est également vrai que pendant les mois de conflit, il a déclaré que « Poutine ne s'arrêtera pas » et que Kirill ne devait pas être réduit à être l'enfant de chœur du président russe. Mais bref, le poids des mots utilisés apparaît différent lorsque la Secrétairerie d'État qui, entre un grand silence et une clarification aux endroits appropriés, a réitéré que Rome est avec l'Ukraine et qu'il y a une invasion et un envahisseur. 

    Ce qui a été mis à mal, c'était d'abord l'impartialité de la diplomatie vaticane, qui avait remporté tant de succès dans les premières années du pontificat bergoglien : comment ne pas rappeler la facilitation mise en œuvre par le Pape dans l'accord historique entre les États-Unis et Cuba? Et le rapprochement avec le Patriarcat de Moscou, qui a culminé avec l'accolade entre lui et Cyrille à La Havane ? Le Saint-Siège était si « tiers » qu'il est devenu clair qu'il n'y avait pas de médiation dans les conflits du monde brisé, mais seulement une « facilitation », précisément : mettre la table pour que les parties puissent se parler.

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  • Des propos percutants à la Conférence sur les catholiques et la vie publique organisée par l'Association catholique des avocats (Espagne)

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    De Nicolas de Cárdenas pour l’AIIC sur le CWR :

    Le socialisme est « un ennemi de la croix », déclare un évêque espagnol

    L'évêque José Ignacio Munilla d'Orihuela-Alicante, en Espagne, a décrit le socialisme comme une idéologie « ennemie de la croix » lors de la Conférence sur les catholiques et la vie publique organisée par l'Association catholique des propagandistes (avocats) le week-end dernier.

    Lors de son exposé intitulé « Penser et agir en temps d’incertitude », Munilla a souligné que « nous ne pouvons pas faire face à cette attaque et à cette imposition systématique d’une nouvelle société uniquement par la critique et un nouveau leadership politique, mais plutôt par un mouvement de conversion. Nous ne sortirons de cette crise que par un renouveau de la sainteté ».

    Il a également soutenu que la société a besoin d'un « changement de vision du monde dans lequel nous passons du statut d'ennemis de la croix à celui de peuple de la croix » car, a-t-il souligné, « sans la croix, il n'y a pas de gloire ; c'est une grande erreur de faire une dichotomie entre la croix et le bonheur ; la croix nous conduit à la gloire, et la gloire est le bonheur complet. »

    Dans ce contexte, il a décrit le socialisme comme une « idéologie ennemie de la croix » dont les courants sociologiques et politiques sont devenus « le tombeau des peuples, dans lequel l'État-nounou résout tous les problèmes », sans faire appel au sacrifice et à l'engagement des individus.

    Il en résulte une « crise anthropologique qui s’élève au rang de loi et de précepte suprême, et qui cherche à se rebeller contre l’ordre naturel, en transformant les blessures en droits au lieu d’accepter les blessures émotionnelles, fruit de la désintégration de la famille ».

    « Nous cherchons à compenser le vide intérieur de l’homme par le consumérisme et le matérialisme, en fuyant l’engagement affectif et l’ouverture au don de la vie, et nous traitons la souffrance comme quelque chose d’incompatible avec la dignité humaine : ce monde souffre beaucoup de ne pas vouloir souffrir, de fuir la croix du Christ », a ajouté l’évêque.

    Hadjadj : Faire face à l’incertitude est une question de vie ou de mort

    De son côté, le philosophe français Fabrice Hadjadj a abordé le thème général du colloque, « Quo Vadis ? Penser et agir en temps d’incertitude », en appelant à l’implication de chacun : « Où vas-tu ? Non pas « où va le monde », car avec cette question on peut être spectateur et se contenter de se plaindre. »

    Hadjadj a souligné que vivre dans une période d’incertitude « n’est pas un défi comme les autres » mais plutôt un défi qui se configure comme une question « sinon d’honneur, du moins de vie ou de mort ». Pour cela, il faut « avoir une âme guérie, accepter d’avoir un corps meurtri par le martyre ».

    En même temps, il a souligné qu’il était inévitable de ressentir « l’émotion la moins avouable : la peur. Pas tant la peur de mourir, mais la peur d’être à la hauteur du défi, la peur de maintenir notre réputation d’être en vie ».

    Dans l’Europe postmoderne, ce défi s’incarne dans un continent, une société qui « désespère de ce qui est humain et tend aujourd’hui à constitutionnaliser l’avortement et l’euthanasie ; à réviser l’histoire coloniale, en mettant dans le même panier le conquérant et le missionnaire ».

    Il s’agit de revendications « que beaucoup imaginent liées à l’affirmation de la liberté individuelle et qui, en réalité, émanent de la mort des aspirants. Elles correspondent à l’agitation du désespoir », a souligné le philosophe.

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  • Ces catholiques qui ont voté Trump. Et les réactions des Églises à Rome et à Kiev

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    Ces catholiques qui ont voté Trump. Et les réactions des Églises à Rome et à Kiev

    56% des catholiques américains ont voté pour Donald Trump, contre 41% pour Kamala Harris. Un net revirement par rapport à il y a quatre ans, quand 52% d’entre eux avaient voté pour Joe Biden, catholique comme eux, et progressiste.

    Il est clair que cette année, le facteur religieux a eu une incidence moins importante sur le vote que par le passé, principalement à cause de la sécularisation toujours plus galopante de la société américaine. Le faible poids de la question de l’avortement sur les votants en est une preuve, alors même que la Conférence épiscopale l’avait qualifiée de « priorité essentielle » pour orienter les fidèles. Trump lui-même était à sa manière « pro choice » et, dans plusieurs États comme en Floride, sa victoire électorale a été accompagnée de la victoire du « oui » dans un referendum simultané plus permissif en termes d’avortement.

    Mais ce n’était qu’une partie d’une mutation culturelle plus générale, qui a touché l’électorat, et pas seulement les catholiques. Le sociologue et politologue Luca Ricolfi, dans son récent essai intitulé « Il follemente corretto », a identifié quatre signes de l’hostilité croissante aux États-Unis envers le langage et l’idéologie « woke », une hostilité qui a été décisive dans le résultat des votes.

    Le premier signe est que « il y a déjà deux ans, Hillary Clinton avait averti qu’à force de ‘woke’ et de droits LGBT+, les démocrates allaient s’effondrer ».

    Le second était « le choix de Harris de Tim Walz comme vice-président, alors qu’il s’était distingué en tant que gouverneur du Minnesota par son soutien à la cause trans et aux changements de genre précoces ».

    La troisième était « les conflits interne au sein du monde féministe, dont une partie avait demandé à Harris de prendre ses distances avec les thérapies d’ ‘affirmation de genre’ pour les mineurs, une prise de distance qui n’a pas eu lieu ».

    Le quatrième est « la démobilisation en cours depuis un an ou deux dans de nombreuses entreprises américaines par rapport aux politiques de DEI, ‘diversité, équité, d’inclusion’, qui font l’objet d’une aversion croissante dans l’opinion publique ».

    On peut ajouter la négligence dont Harris a fait preuve, pendant sa campagne électorale, pour le camp catholique, en particulier lorsqu’elle a boudé l’Al Smith Dinner, cet événement caritatif organisé périodiquement par l’archidiocèse de New York, ce qui avait incité le cardinal Timothy Dolan à commenter : « Cela n’était plus arrivé ces quarante dernières années, depuis que Walter Mondale ne s’était pas présenté et avait perdu dans quarante-neuf États sur cinquante. »

    Mais on ne peut résumer la mutation en cours chez les catholiques américains à une réaction de rejet de certains traits de la culture dominante. Elle se caractérise également par des éléments nouveaux, même s’ils ne sont pas de nature à mettre en place un nouvel ordre alternatif à celui, en voie de disparition, du progressisme postconciliaire.

    Le choix de Trump du catholique J.D. Vance (photo) comme vice-président est particulièrement révélateur, à la fois pour son histoire personnelle et pour les personnages auxquels il fait référence.

    Settimo Cielo a évoqué son histoire personnelle dans un précédent article. Nous nous bornerons à souligner ici que si son autobiographie à succès « Hillbilly Elegy » dépeint la vie difficile de la classe ouvrière blanche dans la zone industrielle délabrée située entre les Appalaches et les Grands Lacs, mais pas avec le regard compatissant de ceux qui se penchent sur ces pauvres modernes, qu’il fustige au contraire, en leur enjoignant de travailler dur pour remonter la pente avec l’inventivité, le courage, et l’impudence qu’il incarne d’abord lui-même en tant que marine en Irak, puis en tant qu’étudiant dans les universités d’élite de l’Ohio et de Yale, puis avec sa rencontre avec Peter Thiel, un entrepreneur dynamique de la Silicon Valley qui l’a initié à l’activité entrepreneuriale et politique, et surtout avec Patrick J. Deneen, professeur de sciences politiques d’abord à Princeton, puis à l’Université jésuite de Georgetown à Washington et aujourd’hui à l’Université de Notre Dame à South Bend dans l’Indiana, et qui est devenu son maître et son ami.

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  • Innocent mais d’emblée considéré coupable. La lettre de protestation du cardinal Becciu

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    Innocent mais d’emblée considéré coupable. La lettre de protestation du cardinal Becciu

    Les médias du Vatican ont finalement publié la poignante lettre de protestation du cardinal Giovanni Angelo Becciu, ce lundi 11 novembre en début d’après-midi, après avoir reçu le feu vert du pape François, qu’il n’hésite pas à incriminer. Mais tout aura été fait pour que cette lettre passe inaperçue.

    Elle a été publiée sur la page principale du site « Vatican News » – mais uniquement sur le site en langue italienne – en bas d’une vingtaine d’autres articles, sous un titre incompréhensible « Le droit à la défense » avec une photo des murs extérieurs des bureaux judiciaires du Vatican. De son côté, « L’Osservatore Romano » a fait un pas de plus, avec un petit entrefilet en première page qui précisait au moins le nom de l’auteur du texte.

    Mais presque plus personne ne lit encore « L’Osservatore Romano », pas même les professionnels de l’information. Il est un fait qu’aucune des grandes agences de presse internationales n’a relayé la lettre de Becciu, pas plus que les grands quotidiens. Le seul à l’avoir fait, quoique très brièvement et avec 20 heures de retard, c’est SIR, la petite agence de la conférence épiscopale italienne.

    Vous trouverez ci-dessous la lettre dans son intégralité, qu’on pourra lire également en italien et en anglais sur leurs pages web respectives. Elle constitue la première sortie publique de Becciu – condamné en première instance à 5 ans et 6 mois de réclusion – après le dépôt d’une décision motivée comptant pas moins de 700 pages, dont la publication avait été annoncée pour décembre mais qui a été anticipée par les médias du Vatican le 30 octobre avec un abondant compte-rendu et un édito de commentaire signé Andrea Tornielli, le rédacteur en chef du Dicastère pour la communication.

    Passons à présent la parole au cardinal, toujours considéré comme innocent conformément à la loi, et pourtant, comme il l’écrit « considéré coupable depuis la première conversation avec le Pape sur le sujet ».

    *

    Le droit à la défense

    (Dans « L’Osservatore Romano » du 11 novembre 2024, p. 10)

    Nous recevons et publions

    Au cours de ce procès, et jusqu’au jugement, j’ai apprécié l’équilibre et la précision avec lesquelles « Vatican News » a rendu compte des procédures qui me concernaient bien malgré moi. Les audiences ont été relatées de manière détaillée avec un souci de l’information dont je ne peux que me réjouir.

    Et c’est pour cette raison que j’ai été d’autant plus surpris de lire l’article d’Andrea Tornielli, le rédacteur en chef du Dicastère pour la communication, intitulé « Procès juste et transparence » que même « L’Osservatore Romano » a relayé. Je comprends bien la nécessité pour les médias du Vatican de décrire le procès où je me retrouve au banc des accusés comme un « procès juste » et je ne veux pas contester cette grille de lecture, bien que je pourrais avoir des raisons de le faire.

    Ce jugement tente de répondre aux nombreuses exceptions soulevées par mes avocats et d’autres ; et pourtant il suffirait de les lire sans idée préconçue pour se rendre compte qu’à plusieurs reprises, les droits de la défense, bien que garantis sur papier, ont été mis à dure épreuve et vidés de leur substance.

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  • Quand l'exégèse arc-en-ciel s'invite à la Maison Papale

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    De Luisella Scrosati sur la NBQ :

    Père Pasolini : l'exégèse arc-en-ciel à la Maison Papale

    Jonathan et David, le centurion et le serviteur : le néo-prédicateur du pape promeut une exégèse biblique imaginative pour normaliser l'homosexualité. La proximité importante avec le Père Rupnik et le Centre Aletti. Un autre point pour "l'  équipe supplicans de Fiducia ".

    15_11_2024

    D'abord un soupçon, puis une probabilité, maintenant une certitude. La nomination du nouveau prédicateur de la Maison pontificale, le père capucin Roberto Pasolini, confirme définitivement la volonté du pape François de s'entourer de personnes résolument enclines à considérer l'homosexualité comme une orientation sexuelle normale. Environ un mois après la nomination comme cardinal du père dominicain Timothy Radcliffe, prédicateur du Synode connu pour ses positions homosexualistes, le pape choisit de remplacer le cardinal Raniero Cantalamessa par un autre prédicateur qui n'hésite pas à suivre le critère de la pure fantaisie dans l'interprétation des Écritures pour dire que « gay is normal » ; et même à approuver les bénédictions autorisées par Fiducia supplicans sur la base d'un néant exégétique, ce qui est le comble du néant.

    Mais allons-y dans l'ordre. Fra Roberto Pasolini « vend » au public sa superbe, que nous verrons dans un instant, du haut de son doctorat en théologie biblique à la Grégorienne et de son enseignement dans la même discipline à la Faculté de théologie de l'Italie du Nord à Milan. C'est également à Milan, dans l'église Santa Maria degli Angeli de la Piazza Velasquez, qu'il donne le cours des Dix mots, conçu il y a plusieurs décennies par le père Fabio Rosini. Et avec ce dernier, le capucin a en commun non seulement une passion pour les dix mots, mais aussi pour le père Marko Rupnik, l'ancien jésuite et artiste (fondateur du Centre Aletti) au centre d'un grave scandale d'abus sexuels. On le devine déjà aux couvertures choisies pour sa « trilogie » consacrée à la liberté de l'homme devant Dieu, toutes avec des images rigoureusement tirées du Cycle de Joseph, réalisé par le Centre Aletti dans l'église des Frères mineurs de Mostar ; bref, les hommes aux grands yeux, aux grands yeux noirs, caricaturaux de l'ancien jésuite, qui, mine de rien, est aussi l'auteur de la préface du premier tome, Non siamo stati noi. Fuori dal senso di colpa (2020).

    Que Pasolini ne soit pas étranger à la maison Aletti est également démontré par une série de collaborations : il est intervenu avec deux conférences lors de la rencontre annuelle du Centre à Assise, en juillet 2019 ; il s'est également vu confier quelques réflexions pour la rubrique Briciole di Parola, avec la précision que Pasolini a fréquenté l'Atelier de théologie du Centre Aletti en 2015-2016 et 2016-2017. Un disciple de Rupnik. Ainsi, pendant qu'au Vatican on s'affaire à mettre en place un procès scrupuleux sur l'affaire Rupnik - si scrupuleux qu'on semble toujours revenir à la case départ -, l'ex-jésuite ne semble pas avoir cessé d'exercer une influence discrète sur le pape et ses nominations.

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  • Le scandale persistant de la politique chinoise du Vatican

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    De George Weigel sur le CWR :

    Le scandale persistant de la politique chinoise du Vatican

    À l’approche de l’Avent, souvenez-vous du cardinal Zen, de ces évêques et de leur témoignage.

    Dans les annales de la grossièreté historique, il serait difficile de trouver quelque chose de plus flagrant que le timing choisi par le Saint-Siège pour renouveler son accord de 2018 avec la République populaire de Chine, qui accorde au Parti communiste chinois un rôle important dans la nomination des évêques catholiques.

    Ce renouvellement a eu lieu le 22 octobre : mémoire liturgique du pape saint Jean-Paul II, dont la défense de la liberté religieuse a contribué à la chute du communisme européen, et dont le désir ardent de visiter la Chine a été repoussé par un régime communiste qui craignait manifestement qu'il ne déclenche une autre révolution des consciences dans ce pays.

    L’esprit est stupéfait devant cette juxtaposition.

    La fête de Jean-Paul II a été célébrée de manière plus appropriée à Londres, où Lord Alton de Liverpool, un catholique fervent, pro-vie et défenseur des droits de l'homme, a contribué à la publication d'un rapport de l'Aide à l'Église en Détresse sur les « persécutés et oubliés » et a déclaré ceci à propos de l'accord Vatican-Chine :

    Depuis sa signature en 2018, l’accord sino-vatican n’a fait qu’accroître et intensifier la persécution religieuse en Chine et n’a entraîné aucune amélioration. Demandez aux musulmans ouïghours persécutés du Xinjiang, aux bouddhistes du Tibet, aux chrétiens de toutes confessions et au Falun Gong. Il est profondément problématique que cet [accord] ait été renouvelé une fois de plus sans débat, examen ou, semble-t-il, sans condition. La libération des évêques et prêtres catholiques emprisonnés aurait au moins dû être une condition à l’accord du Vatican pour renouveler cet accord de pacotille. Le Vatican aurait également dû exiger comme condition préalable la fin de l’emprisonnement injuste et continu de Jimmy Lai, un catholique fidèle et profondément engagé incarcéré à Hong Kong. Au lieu de cela, il y a un silence assourdissant lorsqu’il est question de liberté de religion ou de conviction. Le silence du Vatican sur les droits de l’homme et la liberté religieuse en Chine est profondément décevant et dangereusement contreproductif.

    Lors de la même cérémonie au Palais de Westminster, Lord Alton a également lu les noms de dix évêques chinois persécutés dont les cas ont été documentés par Nina Shea, infatigable militante de la liberté religieuse, dans un  rapport  publié par le Centre pour la liberté religieuse de l'Institut Hudson. Le résumé du rapport de Shea comprend sept mesures que la prochaine administration américaine devrait prendre pour répondre à la crise croissante de la liberté religieuse en Chine ; on espère que ces recommandations seront mises en œuvre à partir du 20 janvier.

    Mais au-delà des prescriptions politiques, le rapport Shea constitue une lecture spirituelle puissante, car l’avocat chevronné des droits de l’homme (qui a déjà défendu le lauréat du prix Nobel de la paix Andrei Sakharov) raconte l’histoire de dix hommes courageux qui, fidèles au serment qu’ils ont prêté avant leur consécration comme évêques, ont été de véritables successeurs des apôtres martyrs qui ont marché avec le Seigneur Jésus et ont donné leur vie en obéissance à son commandement : « Allez… et faites de toutes les nations des disciples » (Mt 28, 19).

    À l’approche de l’Avent, souvenons-nous de ces hommes et de leur témoignage :  le cardinal Joseph Zen , évêque émérite de Hong Kong, qui a vécu sa retraite au péril de sa vie en tant que porte-parole des sans-voix ; l’évêque James Su Zhimin, en détention secrète continue depuis 27 ans après avoir été torturé dans un camp de travail ; l’évêque Peter Shao Zhumin, placé en détention secrète le 2 janvier dernier, sa sixième détention depuis la signature de l’accord Vatican-Chine ; l’évêque Augustine Cui Tai, persécuté depuis 1993 et ​​actuellement en détention secrète, décrit par l’un de ses fidèles comme « notre évêque [qui] est devenu un agneau sacrificiel » ; l’évêque Julius Jia Zhiguo, fondateur d’un orphelinat pour enfants handicapés démantelé par la suite par le régime comme une « activité religieuse non autorisée », qui serait en résidence surveillée depuis 2020 ; l’évêque Joseph Zhang Weizhu, arrêté en 2021 alors qu’il se remettait d’une opération du cancer et détenu secrètement sans procédure régulière ; l’évêque Joseph Xing Wenzhi, porté disparu depuis 2011 ; L'évêque Thaddeus Ma Daquin, remplacé par un évêque complaisant du régime dans une démarche approuvée avec indifférence par le Vatican ; l'évêque Melchior Shi Hongzhen, confiné dans l'enceinte d'une église paroissiale pendant quinze ans et cyniquement reconnu par le régime comme évêque de Tianjin parce qu'il a 95 ans et est trop fragile pour exercer ses fonctions épiscopales ; l'évêque Vincent Guo Xijin, privé de son siège épiscopal par le pape François comme condition de l'accord sino-vatican de 2018, contraint de dormir dans la rue pendant l'hiver, dont on ignore désormais où il se trouve.

    L'Eglise doit une grande reconnaissance à Nina Shea et David Alton pour avoir attiré l'attention du monde sur ces martyrs-confesseurs du XXIe siècle . Il est honteux qu'une telle dette ne soit pas reconnue au cours de ce pontificat. Le renouvellement de l'accord dégradant, embarrassant et destructeur pour l'évangélisation entre le Vatican et la Chine est tout simplement scandaleux.

     
     
    George Weigel est membre éminent du Centre d'éthique et de politique publique de Washington, où il est titulaire de la chaire William E. Simon en études catholiques. Il est l'auteur de plus de vingt ouvrages, dont Witness to Hope: The Biography of Pope John Paul II (1999), The End and the Beginning: Pope John Paul II—The Victory of Freedom, the Last Years, the Legacy (2010) et The Irony of Modern Catholic History: How the Church Rediscovered Itself and Challenged the Modern World to Reform . Ses ouvrages les plus récents sont The Next Pope: The Office of Peter and a Church in Mission (2020), Not Forgotten: Elegies for, and Reminiscences of, a Diverse Cast of Characters, Most of Them Admirable (Ignatius, 2021) et To Sanctify the World: The Vital Legacy of Vatican II (Basic Books, 2022).
  • Les cent ans de France Catholique

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    Aller sur le site de France Catholique

  • Dire que toutes les religions (ou même l’athéisme) offrent une voie légitime vers Dieu est faux et dangereux

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    De sur The Catholic Thing :

    Dr. E sur le faux universalisme dans l'Église

    13 novembre 2024

    Il y a près de vingt ans, la revue œcuménique First Things publiait un article du grand théologien américain, le cardinal Avery Dulles, intitulé « Qui peut être sauvé ? ». Après un historique des discussions chrétiennes sur cette question, l’édition imprimée de l’article se terminait brusquement par la phrase « Qui sait ? » Dans la version intégrale, disponible sur le site Web de la revue, Dulles conclut en affirmant que « les adeptes d’autres religions », et même les athées, peuvent être sauvés par la grâce de Dieu, « s’ils adorent Dieu sous un autre nom et mettent leur vie au service de la vérité et de la justice ». À l’époque, en tant que séminariste calviniste rigide, j’interprétais l’erreur de la revue comme une forme d’intervention divine contre une hérésie sotériologique.

    Depuis lors, j’ai beaucoup aimé les écrits du cardinal Dulles ( son livre sur le magistère est excellent), même si je reste un certain scepticisme à l’égard de l’idée qu’un athée puisse « adorer Dieu sous un autre nom » et ainsi être sauvé. Outre le problème évident que pose la définition même d’un athée, de quel nom pourrait-il s’agir ? Même si Son Éminence n’a voulu décrire que ce qui pourrait, dans des circonstances très inhabituelles, être du domaine du possible pour quelqu’un souffrant d’une ignorance invincible, comment cela peut-il concorder avec l’enseignement catholique selon lequel le salut requiert le don de la foi ? Et pourquoi, à une époque d’incroyance croissante et même d’antagonisme envers le catholicisme, trouverions-nous des excuses pour des personnes qui ont besoin de l’Évangile ?

    Je ne sais pas comment le théologien (et parfois collaborateur de TCT) Eduardo Echeverria réagirait à Dulles. Il partage mes inquiétudes à propos d'une certaine approche œcuménique, de plus en plus populaire dans certains cercles catholiques, qui minimise tellement les différences entre les religions que les revendications de l'Église ne sont plus considérées comme absolues. Ses inquiétudes à propos du relativisme servent de toile de fond à son nouveau livre, Jesus Christ, Scandal of Particularity: Vatican II, a Catholic Theology of Religions, Justification, and Truth , un recueil d'essais déjà publiés.

    « Le relativisme religieux, c'est-à-dire l'idée que toutes les religions sont également des véhicules de salut », écrit Echeverria, « est devenu « de plus en plus courant ». Cela exige une réaffirmation du « caractère définitif et complet de la révélation de Jésus-Christ », selon le document de 2000 de la Congrégation pour la doctrine de la foi, Dominus Iesus .

    L’une des qualités que j’admire le plus dans l’érudition d’Echeverria est son approche irénique de la tradition protestante dont il est issu. Ses écrits sont parsemés de citations d’un groupe diversifié de penseurs protestants : Robert W. Jenson, Herman Ridderbos, Peter Leithart, Paul Helm, Paul Ricoeur, GC Berkouwer, Wolfhart Pannenberg, Alistair McGrath et Kevin Vanhoozer, entre autres. Peu d’universitaires catholiques font preuve d’une telle familiarité avec l’érudition protestante, et encore moins de protestants connaissant le catholicisme (Carl Trueman est une exception notable).

    Echeverria utilise également une diversité impressionnante de sources catholiques pour étayer ses arguments concernant le salut possible des non-chrétiens. Lumen Gentium §14, par exemple, affirme explicitement que la foi, le baptême et l’Église sont nécessaires au salut. Citant l’analyse de Ralph Martin sur Vatican I, Echeverria note qu’une des conditions nécessaires au salut des invincibles ignorants est « que les non-chrétiens cherchent Dieu [je souligne] avec un cœur sincère ». Rejetant les enseignements universalistes de penseurs tels que Bernard Lonergan, SJ, Echeverria soutient que l’accessibilisme – qui est l’espoir que le salut de Dieu en Christ est présent pour tous, mais pas que les religions non chrétiennes peuvent contribuer au salut – s’aligne le mieux sur l’enseignement du magistère et la tradition catholique.

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  • Le synode sur la synodalité s'est-il achevé sans heurts ? L'analyse du cardinal Zen

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    Du cardinal Zen sur kath.net/news :

    « Le synode sur la 'synodalité' s'est-il achevé sans heurts ? »

    12 novembre 2024

    Le cardinal Zen met en garde : « Nous ne serons plus l'Église une, catholique, apostolique ? Ni l'Église sainte, parce qu'il n'y a plus d'enseignements éthiques fiables qui conduisent les croyants à distinguer le bien du mal ? »

    Le 27 octobre, la XVIe Assemblée ordinaire du Synode des évêques a annoncé sa conclusion. Le pape a immédiatement approuvé le document adopté par le synode et a déclaré qu'il ne rédigerait pas d'exhortation apostolique post-synodale. Toutes les parties ont estimé qu'il s'agissait d'une approche tout à fait « innovante », mais il semble que peu aient souligné que cette approche était plutôt problématique. C'est ce que j'ai ressenti, mais je n'ai pas osé l'exprimer publiquement. Je craignais que ma mentalité pessimiste ne me conduise à des jugements erronés. Mais après avoir lu trois articles, j'exprime maintenant ici courageusement mes inquiétudes pour l'avenir de notre Église.

    Le premier article, « L'Eglise de la révolution permanente », a été écrit le 1er novembre par Jules Gomes. Le second, « Tout, sauf synodal. L'étrange Église voulue par le pape François », écrit par Sandro Magister le 4 novembre. Le troisième article est « Quelques réflexions après le retour de la deuxième session du synode », écrit par l'évêque Robert Barron le 5 novembre.

    Je note les remarques suivantes pour votre information :

    Premièrement, appeler ce synode sur la synodalité un synode des évêques est une appellation erronée.

    La « XVIe Assemblée ordinaire du Synode des évêques », qui a été solennellement ouverte en 2021, est la seizième réunion périodique du « Synode des évêques », créé par le pape Paul VI avec le motu proprio « Apostolica sollicitudo ». L'objectif de la création du « Synode des évêques » par Paul VI est évident : il s'agit de donner au pape, à intervalles réguliers, la possibilité de recueillir l'avis de ses « frères dans l'épiscopat » sur des sujets précis, de sorte qu'il constitue un instrument permettant aux évêques, successeurs des apôtres, d'exercer collégialement leur rôle dans le gouvernement de l'Église.

    Cinq ans après son entrée en fonction, le pape François a apporté des modifications au plan initial du pape Paul VI en publiant la constitution apostolique « Episcopalis communio ». Cependant, lors de cette récente réunion, il n'a même pas respecté les règles qu'il s'était lui-même fixées. Soudain, il a invité, avec son autorité personnelle, 96 laïcs à participer au synode en tant que membres votants.

    Le pape a évidemment le pouvoir de convoquer toute forme de réunion consultative, mais cette fois-ci, il ne pouvait pas dire qu'il avait amélioré le plan initial de Paul VI. Il a utilisé le nom de « synode » pour remplacer le « synode des évêques » par un type hybride de réunion.

    Deuxièmement, quel devrait être le but d'un synode ?

    Nous pouvons voir dans les « synodes » tenus sous le pape François qu'il veut à chaque fois changer les doctrines ou les disciplines de l'Église plutôt que de discuter de la manière dont ces doctrines et disciplines peuvent être protégées.

    Il a profité du synode sur la famille (2015) pour tenter de permettre aux catholiques divorcés et remariés de recevoir la sainte communion. Il a voulu profiter du synode d'Amazonie pour introduire l'ordination de laïcs mariés très respectés (viri probati) comme prêtres. Et en ce qui concerne le synode de cette fois, nous pouvons voir, à travers les deux leaders qu'il a nommés et les documents publiés par le secrétariat, qu'il a quelques objectifs plus larges : changer le système hiérarchique de l'Église (le remplacer par un groupe démocratique de personnes baptisées) ; instituer des diacres femmes (pour ouvrir la voie aux femmes prêtres) ; abolir le célibat sacerdotal ; et changer la doctrine traditionnelle sur l'éthique « sexuelle » (en commençant par la bénédiction des couples homosexuels).

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  • La primauté du Pape divise les Églises. Mais François empêche qu’on la réforme

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    La primauté du Pape divise les Églises. Mais François empêche qu’on la réforme

    Pour l’Église de Rome, l’année 2025 ne sera pas seulement celle du jubilé. On fêtera également le 1700e anniversaire du premier concile œcuménique de l’histoire, qui a eu lieu dans la ville de Nicée, aujourd’hui Iznik, en Anatolie, non loin du Bosphore.

    Pour l’occasion, le Pape François a programmé une rencontre à Iznik avec le patriarche de Constantinople, Bartholomée, ainsi que d’autres chefs des Églises d’Orient, dans l’intention s’entendre une fois pour toutes sur une date commune pour la célébration de Pâques, qui par une heureuse coïncidence des divers calendriers, tombera le même jour l’an prochain, le 20 avril.

    Mais surtout, l’anniversaire de Nicée sera l’occasion de faire avancer le dialogue œcuménique sur la primauté du pape, sur la manière de le redéfinir et de le mettre en pratique avec le consensus de toutes les Églises séparées de Rome, d’Orient comme d’Occident. Une entreprise pour le moins ardue mais qui a cependant fait quelques pas en avant ces dernières décennies, comme le révèle un texte publié cette année par le Dicastère du Vatican pour l’Unité des chrétiens, présidé par le cardinal suisse Kurt Koch.

    Ce document, qui s’intitule « L’évêque de Rome » et se décrit comme un « document d’étude », s’appuie sur le décret conciliaire « Unitatis redintegratio » et de la levée qui avait suivi des excommunications réciproques entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe remontant au grand schisme de 1054.

    La primauté du Pape a été l’une des questions les plus débattues dans le cadre du dialogue œcuménique encouragé par le Concile Vatican II. Paul VI l’avait immédiatement qualifiée de « plus grand obstacle sur le chemine de l’œcuménisme ». Et Jean-Paul II, dans l’encyclique « Ut unum sint » de 1995, avait émis l’espoir de dépasser cet obstacle et de trouver « une forme d’exercice de la primauté ouverte à une situation nouvelle, mais sans renoncement aucun à l’essentiel de sa mission ».

    Cet appel avait suscité des dizaines de réponses issues de différentes Églises et mouvements œcuméniques ainsi qu’une cinquantaine de documents avec le bilan des dialogues noués avec l’Église catholique. Le document du Dicastère pour l’unité des chrétiens propose un index général et une synthèse de tout cela.

    En ce qui concerne, par exemple, les Églises d’Orient, la commission mixte des théologiens catholiques et orthodoxes qui se réunit périodiquement a produit un document en 2016 à Chieti portant justement sur « synodalité et primauté au premier millénaire », dans la ligne de cette célèbre petite phrase du jeune Joseph Ratzinger qui selon laquelle, en ce qui concerne la primauté du pape, « Rome ne doit pas exiger de l’Orient davantage que ce qui a été formulé et vécu au premier millénaire ».

    Sans pour autant parvenir à concilier les deux compréhensions différentes que la primauté de l’évêque de Rome avait déjà au cours de ce premier millénaire en Occident et en Orient, selon ce qu’écrit le document.

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