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Débats - Page 622

  • Belgique, euthanasie des mineurs : l'ensauvagement de la mort

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    De Caroline Eliacheff (sur les Matins de France Culture) (texte reproduit ICI) :

    L'ensauvagement de la mort

    Disons-le tout net : en autorisant l'euthanasie active pour les mineurs, les Belges nous choquent. Cette loi a été adoptée par la commission des Affaires sociales et de la justice du Sénat le 27 novembre dernier avant d'être examinée en séance plénière puis au Parlement.

    En 2002, à la suite des Pays Bas, la Belgique avait dépénalisé l'euthanasie active pour les adultes. Depuis, bien que la population approuve cette mesure, deux tendances opposées s'affrontent dans le pays: d'un côté, de virulentes critiques émanent notamment d'Etienne Montero, doyen de la faculté de droit de Namur ou de Carine Brochier, coordinatrice de projets à l'Institut européen de bioéthique de Bruxelles. La principale critique concerne la faiblesse du contrôle de la loi dont le critère central est "le caractère insupportable et inapaisable de la souffrance, physique ou psychique". Or, le contrôle se fait a posteriori et repose sur une déclaration du médecin. En onze ans, aucun médecin n'a été sanctionné d'autant que pour éviter de l'être, il suffit, selon Carine Brochier, de ne pas déclarer l'euthanasie qui n'en augmente pas moins de 25% par an. De l'autre, en dix ans, trente à quarante propositions de loi ont été déposées au Parlement visant à assouplir les conditions de la loi ou à étendre son champ d'application notamment aux mineurs et aux déments.

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  • Rapport Estrela : le vote des députés belges

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    Voici les votes exprimés hier au Parlement Européen par les députés belges au sujet du projet alternatif et donc du rejet du rapport Estrela (source); on observera que deux tiers des mandataires belges soutenaient le rapport Estrela, ce qui ne nous étonne guère et qui manifeste combien la Belgique se trouve en porte à faux par rapport à la sensibilité globale de l'Europe :

    7 ont voté pour (on les en félicite !) :

    Ivo BELET (EPP)

    Philip CLAEYS (NI)

    Jean-Luc DEHAENE (EPP)

    Derk Jan EPPINCK (ECR)

    Mathieu GROSCH (EPP)

    Marianne THYSSEN (EPP)

    Frank VANHECKE (EFD)

    14 ont voté contre le projet alternatif (dont Anne Delvaux qui n'a pas suivi le vote de son groupe) :

    Frédéric DAERDEN (S&D)

    Philippe DE BACKER (ALDE/ADLE)

    Véronique DE KEYSER (S&D)

    Anne DELVAUX (EPP)

    Mark DEMESMAEKER (Greens/EFA)

    Isabelle DURANT (Greens/EFA)

    Saïd EL KHADRAOUI (S&D)

    Philippe LAMBERTS (Greens/EFA)

    Louis MICHEL (ALDE/ADLE)

    Frédérique RIES (ALDE/ADLE)

    Bart STAES (Greens/EFA)

    Marc TARABELLA (S&D)

    Kathleen VAN BREMPT (S&D)

    Guy VERHOFSTADT (ALDE/ADLE)

    N’a pas participé au vote :

    Annemie NEYTS-UYTTEBROECK (ALDE/ADLE)

  • Rejet du projet Estrela : "Un de Nous" en sort renforcé

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    L'Initiative Citoyenne européenne « Un de Nous » renforcée

    Adoption d'une résolution alternative au projet Estrela

    L’Initiative Citoyenne européenne « Un de Nous » renforcée par le vote du Parlement européen sur le projet de résolution Estrela.

    Grégor Puppinck, Président du Comité européen de l’Initiative Citoyenne « Un de Nous » félicite et remercie chaleureusement toutes les personnes et institutions, ainsi que les députés et groupes politiques, qui se sont mobilisés pour faire barrage au projet de résolution Estrela et pour adopter une autre résolution.

    Le projet de résolution Estrela était extrême ; présenté sous couvert de promotion de la santé, il portait violement atteinte au droit à la vie et à la dignité de tout être humain, à la liberté de conscience des personnels de santé, aux droits éducatifs des parents et des enfants,  ainsi qu’au droit européen. Son rejet consécutif à l’adoption d’une résolution alternative est à l’honneur de la majorité du Parlement européen.

    Le projet de résolution Estrela avait notamment pour objectif de poser le fondement d’un « droit à l'avortement » imposable aux Etats au titre des droits de l’homme; il visait aussi à définir en ce sens la politique extérieure de l’Union  européenne à l’approche de négociations internationales sur ce thème. La résolution finalement adoptée rejette ces objectifs et réaffirme clairement que « la définition et la mise en œuvre des politiques relatives aux SDSG [santé, droits sexuel et génésiques] et à l'éducation sexuelle dans les écoles relèvent de la compétence des États membres ».

    Le vote de ce jour est un signal positif fort pour la suite de la procédure législative, devant la Commission et le Parlement européen, introduite par l’Initiative Citoyenne « Un de Nous ». En effet, la Résolution alternative finalement adoptée réaffirme que les questions liées à l’avortement et aux politiques de santé relèvent de la compétence des Etats membres. Ceci est en accord avec la « Proposition législative Un de Nous » qui demande à l’Union européenne de respecter à cet égard la souveraineté des Etats en mettant un terme au financement public européen de l’avortement dans le monde et de la recherche destructrice sur l’embryon en Europe.

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  • Rejet du Rapport Estrela au Parlement Européen

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    L'ASSEMBLÉE A REJETE LE RAPPORT ESTRELA

    L'hémicycle du Parlement européen a rejeté le rapport sur « la santé sexuelle et reproductive » présenté en séance plénière par le rapporteur Edite Estrela.

    La proposition socialiste Estrela a été remplacée par une autre résolution du parti populaire européen, approuvé en début d'après-midi, selon laquelle ces questions sont du ressort de chaque État membre de l'Union européenne, évoquant le principe de subsidiarité. La proposition alternative a été votée par 334 voix pour, 327 voix contre et 35 abstentions.

    Estrela, a commenté à chaud et a parlé d' « obscurantisme et d'action hypocrite qui nie les droits des femmes ». Un député portugais Nuno Melo a durement rétorqué: "dans une démocratie, vous gagnez ou vous perdez. Estrela doit accepter la décision démocratique adoptée par la majorité de cette Assemblée ".

    Rappelons que le rapport de Madame Estrela impliquait la reconnaissance d'un supposé "droit à l'avortement", la restriction du droit à l'objection de conscience par les professionnels de la santé, l'accès à la reproduction artificielle des femmes célibataires et des lesbiennes ainsi qu'une éducation sexuelle des enfants "sans tabou" pour donner une image positive des homosexuels et transsexuels.

  • Raz de marée contre le Rapport Estrela

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    Rapport Estrela : le raz-de-marée

    Le rapport Estrela – qui sera soumis au vote des députés européens ce mardi 10 décembre - suscite un véritable raz-de-marée contre lui. En deux jours, ce sont plus de 17 000 personnes qui ont signé la pétition initiée par Droit de Naître. Une vague de fond impressionnante qui continue de monter d’heure en heure. 

    Pour rappel, le rapport Estrela invite l’Union Européenne à reconnaître l’avortement comme un “droit”, limiter l’objection de conscience et promouvoir une éducation sexuelle très précoce et hors de contrôle des parents.
     

    Droit de Naître demande solennellement aux Parlementaires d’écouter la colère des citoyens et de rejeter définitivement ce document qui heurte la conscience de tant d’Européens. En cas d’adoption dudit rapport, les eurodéputés aggraveraient dangereusement le discrédit démocratique dont souffre déjà l’Union Européenne et s’exposeraient sûrement à un vote sanction lors des élections de mai 2014.  

    Voir également : Les-eveques-allemands-demandent-au-Parlement-europeen-de-rejeter-la-resolution-Estrela

  • Marxiste, le pape ?

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    Ouest France remet les montres à l'heure :

    Le pape François est-il marxiste ?

    En condamnant avec vigueur le libéralisme sauvage, le pape s'inscrit en fait dans la doctrine sociale de l'Eglise.

    Fidèle à son image de défenseur des pauvres, le pape, dans son exhortation apostolique Evangelii Gaudium, publiée fin novembrere, a dénoncé de manière très appuyée la dictature d'un marché "implacable" qui crée une "culture du déchet", jetant des populations entières à la marge.

    Marxiste, François?

    Sans jamais prôner la révolution ni se référer au marxisme, François a eu des phrases très explicites: "loin de moi la proposition d'un paupérisme irresponsable, mais l'économie ne peut plus recourir à des remèdes qui sont un nouveau venin, comme lorsqu'on prétend augmenter la rentabilité en réduisant le marché du travail".

    Les conservateurs américains toussent

    L'exhortation, qui vient après sa forte dénonciation de "la mondialisation de l'indifférence" sur l'île de Lampedusa en juillet, a amené aux Etats-Unis Rush Limbaugh, animateur radio conservateur (méthodiste) très écouté, à qualifier le propos de Jorge Mario Bergoglio de "marxisme pur".

    Un membre du "Tea Party", Jonathon Moseley, a jugé utile de préciser que, selon lui, "Jésus était un capitaliste prêchant la responsabilité personnelle, pas un socialiste".

    Fidèle à la doctrine sociale

    Mais la très conservatrice conférence des évêques des Etats-Unis a au contraire salué les propos du pape par la voix de l'évêque David L. Ricken, jugeant que celui-ci est "l'exemple vivant de la nouvelle évangélisation".

    Même écho dans l'épiscopat français. Pour l'un de ses représentants, Mgr Hippolyte Simon, archevêque de Clermont, François est "fidèle à la doctrine sociale la plus classique de l'Eglise, à savoir que le marché ne peut pas suffire à prendre en charge le bien commun: l'Etat doit participer à cette tâche".

    Dénonciation des inégalités croissantes

    La dénonciation des inégalités sociales et des injustices du capitalisme date notamment de Léon XIII, dernier pape du XIXème siècle.Pour le vaticaniste de renom, Marco Politi, du journal de gauche Il Fatto Quotidiano, "c'est ridicule de voir François en marxiste. Il est en plein syntonie avec Benoît XVI et Jean Paul II".

    "En réalité, sa dénonciation des inégalités croissantes révèle la résistance acharnée de ceux qui n'acceptent pas que l'économie et le système financier doivent s'adapter à des règles d'intérêt social", ajoute Politi.

    Théologie du peuple, plus que marxisme

    Selon ses biographes, Bergoglio n'a rien d'un marxiste, bien au contraire: sans être jamais un hyper-conservateur, il s'est heurté frontalement aux prêtres jésuites d'extrême gauche tentés par le marxisme.

    Face à la théologie de la libération, très en pointe en Amérique latine dans les années 1970, il propose une "théologie du peuple" non marxiste.Sa famille italienne avait été ruinée par la crise de 1929 et il a vu aussi dans les rues de Buenos Aires les ravages du libéralisme dans l'Argentine des dernières décennies.

  • L'euthanasie des mineurs à l'ordre du jour du Sénat ce jeudi 12 décembre

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    Voici l'ordre du jour du Sénat pour ce jeudi 12 décembre; celles et ceux qui ont la foi et qui mesurent la gravité de ces votes et délibérations ne manqueront pas de porter dans leurs intentions de prières ces enjeux de toute première importance :

    Jeudi 12 décembre 2013

    le matin à 10 heures

    1. Proposition de loi modifiant la loi du 28 mai 2002 relative à l'euthanasie en vue de l'étendre aux mineurs (de M. Philippe Mahoux et consorts); Doc. 5-2170
       
      /1 et 2. 

    2. Procédure d'évocation
      Projet de loi modifiant la loi du 31 janvier 2003 sur la sortie progressive de l'énergie nucléaire à des fins de production industrielle d'électricité et modifiant la loi du 11 avril 2003 sur les provisions constituées pour le démantèlement des centrales nucléaires et pour la gestion des matières fissiles irradiées dans ces centrales; Doc. 5-2367
       
      /1. [Pour mémoire] 

    3. Proposition de résolution sur la relance de l'Europe de la Défense à la veille du Sommet européen des 19 et 20 décembre 2013 (de M. Armand De Decker et consorts); Doc. 5-2378
       
      /1. [Pour mémoire] 

    l'après-midi à 15 heures

    1. Débat d'actualité et questions orales. 

    2. Reprise de l'ordre du jour. 

    3. Prise en considération de propositions. 

    à partir de 17 heures : Vote nominatif sur l'ensemble du point à l'ordre du jour dont la discussion est terminée.

    le soir à 19 heures

    Reprise de l'ordre du jour.

  • Euthanasie des mineurs : quels repères ?

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    Sur son blog, le sénateur André du Bus reproduit son intervention (relayée ICI) dans le débat sur l'euthanasie des mineurs, basée sur le rapport du Professeur Luc Roegiers.

    Cette intervention pointe la rupture anthropologique que constituera(it) la légalisation de l'euthanasie des mineurs et s'interroge sur les repères dont serait porteuse une telle législation. Le sénateur insiste également sur le caractère tout à fait exceptionnel d'une demande d'euthanasie chez les mineurs, ce qui pose la question de la pertinence du fait de légiférer en la matière.

    A lire sur le blog du sénateur André du Bus

    Extraits :

    (...) il s’agit de la mort, et de la mort qui touche un enfant dont on ne peut accepter, comme le dit le Pr Roegiers, que sa vie soit déjà accomplie. Nous savons que sur l’échelle des événements dont la charge psychique est la plus lourde, l’échelle des événements qui marquent le plus l’individu, la mort d’un enfant est l’événement le plus marquant, le plus lourd que des parents ont à vivre. Bien avant la perte du conjoint. Alors, si la mort d’un enfant reste bouleversante, celle de l’enfant qui demande à mourir sort totalement de notre cadre de référence.

    C’est dans ce contexte d’une fin proche, que l’on sent, qui est sentie par l’enfant aussi, que la place des parents, de l’entourage familial, prend une dimension hors du commun. Et nécessite de la part de chacun de puiser dans des ressources souvent inexplorées. Comme le racontait la responsable d’un service d’accompagnement scolaire à l’hôpital : l’enfant sait et sent qu’il va partir. Il s’organise en conséquence, on voit ainsi des enfants répartir leurs jouets auprès de leurs frères et soeurs. Notre travail consiste à lui permettre de vivre au mieux ses dernières semaines, ses derniers jours. Car ces enfants ont la conscience d’avoir encore de bons moments à partager.

    Je reprends volontairement les propos de ce paramédical, car il résume le sens du travail fourni par les équipes soignantes et accompagnantes, un travail sous-tendu par la volonté d’assurer une qualité de vie, jusqu’au bout. Et donc, la demande de fin de vie, une demande formulée, annoncée, assumée, renvoie les équipes médicales et paramédicales à leurs propres limites. Bien sûr, chacun sait que la médecine n’est pas toute puissante, mais ce qui caractérise tous les services de pédiatries, tous les services qui se sont spécialisés dans l’accueil des jeunes, c’est avant tout un combat pour la vie.

    Le Pr Roegiers met également en avant le caractère exceptionnel, parce que rare, de ces situations. Nous le savons, aux Pays-Bas, les cas d’euthanasie des mineurs se comptent sur les doigts d’une seule main. Qu’en est-il réellement chez nous, en Belgique ? Bien sûr, nous avons entendu le Dr Biarent nous dire que des demandes existent. Mais nous avons aussi rencontré les responsables de services d’hémato-oncologie pour enfants, qui comptent plus de 80 enfants traités par an, dont beaucoup connaissent une issue fatale. Leurs propos étaient très clairs : ils n’ont jamais été confrontés à une demande d’euthanasie de mineurs. Ce constat s’est trouvé conforté par d’autres autorités auditionnées ici lors de nos travaux. Dois-je rappeler que le nombre de demande d’euthanasie provenant de jeunes entre 18 et 22 ans est proche de zéro. Nous le lisons aujourd’hui dans la presse, le nombre de situations à rencontrer demain seraient, et je dis bien « seraient », de l’ordre d’une dizaine de demandes par an.

    Tous les éléments convergent donc pour affirmer une réalité : la demande d’euthanasie formulée par un mineur relève de l’exceptionnel. Je constate qu’elle représente une rupture abrupte – je parlerais même d’une rupture anthropologique -, une rupture qui nous force à imaginer de nouveaux repères.

    Et la loi est là comme fondatrice de ces repères.

    La question reste posée de savoir si la proposition de loi sur la table est fondatrice de ces nouveaux repères. Au fil de l’évolution des travaux en commission et de notre analyse de cette proposition de loi, nous le pensons de moins en moins. (...)

  • Comment ? En Belgique, vous allez tuer les enfants ?

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    Boulevard Voltaire publie aujourd'hui un entretien avec Carine Brochier

    Comment ? En Belgique, vous allez tuer les enfants ?

    Carine Brochier, vous êtes coordinatrice de projets à l’Institut européen de bioéthique de Bruxelles. L’euthanasie est dépénalisée depuis onze ans en Belgique. Quel bilan en dressez-vous aujourd’hui ?

    D’une dépénalisation partielle soumise à de strictes conditions, l’euthanasie devient peu à peu un acte normal et banal auquel les patients auraient « droit ». On arrive véritablement à une banalisation de l’acte euthanasique.

    L’euthanasie ne devait être pratiquée qu’en cas de conditions exceptionnelles et sous contrôle. Or, le contrôle se fait a posteriori et repose sur une déclaration du médecin : il suffit donc, pour l’éviter, que le médecin ne déclare pas l’euthanasie. La loi visait ainsi à faire cesser les euthanasies clandestines : elle les a, en réalité, multipliées. En outre, la commission de contrôle, nommée de façon politique et noyautée par l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (association qui milite ouvertement pour l’euthanasie et l’élargissement de ses conditions légales), est à la fois juge et partie. En 11 ans, aucun médecin n’a jamais été sanctionné.

    En 2011, un médecin s’est même vanté devant le Sénat d’avoir pratiqué moult euthanasies sans les avoir déclarées. Et personne ne l’attendait à la sortie. Il vaut mieux, en Belgique, pratiquer une euthanasie clandestine — donc tuer — que brûler un feu rouge ! En pratique, la commission renonce donc à vérifier le « caractère insupportable et inapaisable de la souffrance », critère qui pourtant occupe une place centrale dans la loi. À cet égard, la vidéo L’euthanasie, jusqu’où ?, sur Dailymotion, est très éclairante, comme le livre Rendez-vous avec la mort : dix ans d’euthanasie légale en Belgique du professeur Étienne Montero (éditions Anthemis). Ils montrent bien la faiblesse du contrôle de la loi. Afin de remettre les soins palliatifs à l’honneur, l’Institut européen de bioéthique vient même de sortir une carte de fin de vie à garder dans son portefeuille : un document qui dit non à l’acharnement thérapeutique, et aussi non à l’euthanasie !

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  • Le drame de l'humanisme chrétien

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    La défaite de la pensée catholique

    Par Guillaume de Prémare, chronique prononcée sur Radio Espérance – le 6 décembre 2013 (via Liberté Politique)

    Le dernier ouvrage d’Alain Finkielkraut – L’Identité malheureuse – est en tête des ventes dans la catégorie Essais. C’est une bonne nouvelle parce que Finkielkraut est un intellectuel inquiet, qui recherche la vérité et se trouve bien malheureux de trouver si peu de semblables pour partager cette quête avec lui.

    DEPUIS LONGTEMPS déjà, il s’inquiète de l’avenir de la pensée. Il a écrit La Défaite de la pensée il y a près de trente ans, décrivant le processus barbare de déconnexion de la pensée et de la culture, pour conclure dramatiquement que « la vie avec la pensée cède doucement la place au face-à-face terrible et dérisoire du fanatique et du zombie ».

    Ce zombie, qui est-il ? L’homme asservi aux pulsions de la consommation et de la publicité ? Certes… Mais plus profondément, le zombie est peut-être celui que Finkielkraut nomme « l’homme démocratique ». Je cite L’Identité malheureuse : « Affranchi de la tradition et de la transcendance, l’homme démocratique pense comme tout le monde en croyant penser par lui-même, il ne se contente pas d’adhérer au jugement public, il l’épouse jusqu’à ne plus pouvoir le discerner du sien propre. »

    Le vide de pensée de « l’homme démocratique » est ainsi le fruit d’un affranchissement. Ah l’affranchissement ! Voici, disait-on, la condition de l’avènement irrépressible de l’âge adulte de l’humanité. Pour cet homme adulte, la transmission des générations est un encombrant conditionnement ; et insupportable l’idée qu’il puisse y avoir quelque chose au-dessus de lui, de plus grand que lui et qui ne lui appartient pas. La tradition et la transcendance sont incompatibles avec sa quête : le culte narcissique de lui-même.

    Le drame de l’humanisme chrétien

    Intellectuellement, la pensée catholique dominante a été défaite dans ce mouvement historique. Défaite parce qu’elle s’est elle-même – au moins partiellement – privée de la tradition et de la transcendance, pour proclamer à son tour « le culte de l’homme ». En validant le projet de l’homme moderne, la pensée catholique s’est rendue inutile à l’homme moderne. « Tu reconnais la validité de mon culte — ricane ce dernier —, eh bien ce culte n’a pas besoin de Dieu, il n’a donc pas besoin de toi. Libre à toi de célébrer aussi le culte d’un Dieu mort ; cette survivance de l’enfance de l’humanité m’indiffère ».

    Et quand la pensée catholique ordinaire et horizontale se trouve contrainte — en dernier recours — de se référer — quand même ! — à la tradition et à la transcendance, c’est l’incompréhension. Impardonnable blasphème car cela revient nécessairement à faire vaciller l’autel que l’homme s’est dressé à lui-même ; cet autel dont l’humanisme chrétien s’est fait le bien imprudent thuriféraire. Ici se noue le drame de l’humanisme chrétien.

    La grandeur de la tradition

    L’homme moderne n’a pas principalement besoin que la pensée catholique sacralise la démocratie universelle, les droits de l’homme et une fraternité immanente. Primo, parce que l’homme moderne le fait très bien tout seul. Secundo, parce que ces notions se trouvent vides de sens lorsqu’elles sont arrachées à la tradition et à la transcendance, vides de références communes irréfragables, vides de la sagesse des siècles.

    L’homme moderne a davantage besoin que la pensée catholique lui montre la grandeur de la tradition et de la transcendance. Il a besoin que lui soit montrée la beauté de ce qui est plus grand que lui. Il a besoin d’entendre qu’il est petit et non pas grand ; il a besoin d’entendre qu’il n’est rien s’il est seul, que rien ne subsiste sans la transmission des générations ; qu’il  n’est pas simplement le fruit de sa liberté, mais aussi la résultante de tant et tant qui lui échappe. Il a besoin d’entendre que son culte égocentrique est un mouroir pour l’esprit. Il a besoin d’entendre que le seul culte qui élève l’homme est le culte rendu à Dieu.

    Si elle n’assume pas cela vigoureusement, la pensée catholique pourra continuer à pisser dans son violon démocratique jusqu’à la consommation des siècles.

    Guillaume de Prémare, chronique prononcée sur Radio Espérance – 6 décembre 2013.

  • Le Projet de résolution Estrela au Parlement Européen le 10 décembre; un moment crucial.

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    Droit à la vie, liberté de conscience : Appel au rejet du Projet de Résolution Estrela au Parlement européen (source)

    Un appel pressant de Grégor Puppinck, Président du Comité européen de l’Initiative citoyenne « Un de Nous ».

    Mardi, le 10 décembre, le Parlement européen pourrait voter une nouvelle fois sur le projet de Résolution Estrela. Ce texte avait été rejeté une première fois le 22 octobre dernier et renvoyé en Commission pour un nouvel examen.  La tenue d’un vote le 10 décembre prochain reste incertaine car la régularité de la procédure au sein de la Commission est mise en cause, notamment par le service juridique du Parlement européen. En effet, afin d’accélérer la procédure, les députés ont été privés du droit de soumettre des amendements au texte lors de son réexamen en Commission.

    Ce texte radical demeure absolument inacceptable ; il porte atteinte notamment :

    -        au droit à la vie et à la dignité de tout être humain, car il recommande à l’Union européenne de financer l’avortement à travers le monde ainsi que la recherche destructrice sur les embryons humains en Europe ;

    -        à la liberté de conscience des personnels de santé, dont il veut réduire le droit fondamental à l’objection de conscience ;

    -        aux droits éducatifs des parents et des enfants, car il veut imposer l’enseignement obligatoire de l’idéologie du genre à tous les enfants ;

    -        aux compétences nationales, car l’avortement ne relève pas de la compétence européenne (voir ici) ;

    -        et au droit européen, qui d’une part reconnaît que l’embryon humain mérite protection au titre du respect dû à la dignité humaine (arrêt Brustle c Greenpeace), et d’autre part énonce clairement qu’il n’existe pas de « droit de l’homme » à l’avortement (voir iciici et ici).

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  • L'ombre inquiétante du transhumanisme

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    Lu sur la synthèse de presse quotidienne de gènéthique.org :

    "Transhumanisme: pour quoi faire?"

    Le transhumanisme n'est pas un nouveau concept, explique le biologiste français Jacques Testart sur son blog. Les hommes ont toujours "rêvé de géants, de sorciers, de héros invacibles ou immortels". Or le transhumanisme permettrait un monde dans lequel "l'homme bénéficierait de nouveaux pouvoirs grâce à des technologies en progrès exponentiel et illimité". La seule nouveauté réside dans la récente accélération des capacités techniques dans de nombreux domaines qui rendent "crédibles des délires jusqu'ici impensables". 

    Et les projets des transhumanistes ne manquent pas. Après "l'élevage des embryons in vitro" pour influencer les fonctionnalités futures de l'homme, ils souhaitent aujourd'hui "modifier le génome grâce à la transgenèse", ou encore créer des machines intelligentes... En effet, "le transhumanisme pense le vivant comme une thérapie sophistiquée mais très imparfaite, dont chaque rouage doit être repensé en supprimant toute rupture conceptuelle entre l'inerte et le vivant ou entre l'animal et l'homme". 

    Or, c'est la "force" du progrès que d'annuler les interrogations éthiques ou prudentielles par la vertu de l'accoutumance" affirme J. Testart. Par conséquent, poursuit-il, il faut décider bien en amont ce que l'on acceptera et ce dont nous avons besoin en posant "des limites à la toute puissance" et en prenant bien en compte "l'accoutumance et les pressions des lobbies scientistes en industriels".

    Pour le biologiste, chacune des promesses faite par les transhumanistes mériterait une évaluation pour apprécier sa faisabilité mais également sa capacité de nuisance. Car aujourd'hui, le plus compliqué ne serait pas tant d'innover que de "maîtriser les effets de chaque innovation" alerte-t-il. 

    Pour J. Testart, "l'homme nouveau vaut mieux que cet homme augmenté que calculent avec arrogance les ordinateurs. Plutôt que de technologies envahissantes nos sociétés ont besoin de justice, de convivialité et aussi de sobriété pour la survie d'un monde fragilisé". 

    jacques.testart.free.fr - Décembre 2013