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Ethique - Page 55

  • Le lobby de l’avortement au Parlement européen

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    De Louis-Marie Bonneau sur le site de l'ECLJ :

    L’EPF de Neil Datta : le lobby de l’avortement au Parlement européen

    2 mai 2024

    Neil Datta a fondé le Forum parlementaire européen pour la Population et le Développement (EPF) en 2000 avec le soutien de la Fédération Internationale du Planning familial (IPPF). Il travaillait alors pour le réseau européen de cette organisation (IPPF European Network) pour coordonner leur programme de lobbying parlementaire. En 2004, Datta est devenu directeur de l’EPF. L’objectif affiché de ce lobby est de coordonner des parlementaires européens pour promouvoir ce qu’ils appellent « les droits sexuels et reproductifs ». Ainsi, plusieurs parlementaires nationaux et européens siègent au Comité exécutif de cette organisation. Seize parlementaires européens font aussi partie du groupe des « députés européens pour les droits sexuels et reproductifs » en son sein. Ces derniers sont les plus actifs dans le soutien aux textes favorables à l’avortement au Parlement européen.

    Article paru dans Valeurs Actuelles le 27 avril 2024.

    La stratégie inavouée du contrôle démographique dans les pays pauvres

    Parmi ces seize députés, il est possible de citer Predrag Matić, Sophie in’t Veld, la française Irène Tolleret ou encore Robert Biedroń, le président de la Commission pour les droits des femmes au Parlement européen. Neil Datta les fédère et organise pour eux, et d’autres députés nationaux, des « voyages d’études » dans les pays en développement. Est-il étonnant que des membres d’un forum sur la population et le développement, soient connus comme faisant partie des députés les plus engagés dans la promotion de l’avortement ? À vrai dire, le fait que ce forum ait été créé par le Planning familial mondial (IPPF) n’est pas étranger à cet apparent paradoxe. En effet, pour ces groupes, l’avortement, la stérilisation et la contraception ont d’abord été promus comme une méthode de réduction démographique.

    Ainsi, depuis sa création dans les années 1950, l’IPPF s’est particulièrement engagé sur ces questions considérant qu’une démographie importante, dans les pays en développement, était source de problèmes économiques et de santé publique. Il est ainsi notamment devenu membre permanent du Comité de coordination du Programme de reproduction humaine (HRP) de l’OMS en 1977. Ce Programme est à l’origine des principaux travaux scientifiques ayant permis de concevoir les contraceptifs et les abortifs les plus utilisés aujourd’hui. C’est donc sans surprise que Neil Datta a décidé de s’allier avec le HRP le 25 août 2023. Il n’est pas non plus surprenant de constater que les deux organisations sont financées de manière importante par le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), très engagé sur ces thématiques. Le FNUAP est ainsi un des premiers financeurs de l’EPF avec plus de 250 000 euros versés en 2021.

    Pourtant aujourd’hui, dans les institutions, « avortement » et « contraception » ne sont pas synonymes de « démographie », mais plutôt de « santé des femmes » et de « droits sexuels et reproductifs ». Ce glissement de vocabulaire témoigne d’une stratégie marketing de dissimulation de l’objectif démographique, commencée en 1994 lors de la Conférence mondiale sur la population du Caire. Le discours y était devenu plus consensuel en raison du rapport de force engagé par le Saint-Siège face au Planning familial mondial. Dans cette même logique, en 2022, l’EPF pour la Population et le Développement a officiellement changé de nom pour adopter celui d’EPF pour les Droits Sexuels et Reproductifs.

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  • La dimension politique de la défense de la loi naturelle; le cas français

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    Si l'article ci-dessous concerne la France, nul n'aura de difficulté à s'en inspirer pour analyser la situation dans notre pays, en épinglant tout particulièrement la passivité des évêques face à la multiplication de lois contraires à l'ordre naturel chrétien.

    De l'abbé Claude Barthe sur Res Novae :

    La dimension politique de la défense de la loi naturelle

    L’avalanche de lois « sociétales » en France depuis plus d’un demi-siècle, toutes étant des atteintes directes à la loi naturelle, a provoqué dans une partie du monde catholique une délégitimation diffuse ou expresse des institutions politiques les ayant édictées, cela au sein du déferlement individualiste de l’après-68 et de cette sorte d’explosion en plein vol de l’Église en état de Concile.

    Le « mariage » homosexuel et la constitutionnalisation de l’avortement ont porté chez ces mêmes catholiques le climat à l’incandescence. D’où la question : que faire ? En France, la Manif pour tous, contre le « mariage » homosexuel, et la Marche pour la vie, contre les lois du « droit » à l’avortement, ont mobilisé un militantisme catholique très conséquent. Avec un succès malheureusement nul quant à l’abrogation ou l’aménagement des lois en question, même s’il est sensible dans l’ordre du témoignage public et d’une certaine cohésion apportée aux groupes y résistant au sein d’une société hostile. Mais l’effet ne pourrait-il pas être plus important, non pas sans doute quantitativement mais qualitativement ?

    D’où un débat lancé par le bimensuel L’Homme nouveau, avec un article du 9 mars 2024 de Thomas Lassernat, « « Les Survivants », lutter sans renforcer le système ? »[1], qui estimait que les formes récurrentes de militantisme pro-vie n’avaient fait que renforcer les structures institutionnelles qui engendraient les mauvaises lois. Puis avec un dossier, « Cinquante ans de résistance à l’avortement : peut-on faire un bilan ? » (6 avril 2024), avec deux articles de Michel Janva[2] et Jean-Pierre Maugendre[3], qui répondaient à la position de Lassernat en estimant avec des nuances que la manifestation publique est la seule présentement possible pour mettre le débat sur la place publique, et un article de Philippe Maxence[4], appelant à s’interroger en priorité sur une sortie de la démocratie moderne et citant la phrase du radio-message de Pie XII de juin 1941 : « De la forme donnée à la société, en harmonie ou non avec les lois divines, dépend et s’infiltre le bien ou le mal des âmes. »

    Dans la ligne de celle de Philippe Maxence, nous voulons ici émettre des réflexions sur les plus grands fruits que pourrait porter ce combat catholique, à savoir un début au moins de remise en cause de sa source institutionnelle, mais aussi plus immédiatement de ses métastases dans l’Église, et par le fait une consolidation de l’ensemble du monde catholique dans sa détermination à faire régner le Christ dans les institutions.

    La désintégration progressive de la morale publique au nom du « droit nouveau » (Immortale Dei, 1885)

    La Déclaration des Droits de l’Homme de 1789 a consacré la rupture révolutionnaire : désormais, le pouvoir n’émane plus de Dieu, comme l’affirme saint Paul aux Romains 13, 1 mais « le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la nation » (art. 3), et la loi « expression de la volonté générale » (art. 6) est décrochée de sa référence à la loi de Dieu.

    Cependant, tous les éléments de l’ordre social traditionnel n’ont pas disparu d’un coup et des pans entiers de la loi naturelle ont par exemple subsisté dans la législation concernant le mariage et la famille qui, sauf par le divorce, n’ont été profondément remis en cause qu’à partir des années soixante du siècle dernier[5]. Il reste que, dans le principe, la société politique avait d’un coup cessé de répondre aux principes du droit naturel et chrétien. Et cette novation s’est manifestée dès août 1792.

    La journée du 10 août, consécration de la Révolution a été immédiatement suivie par la loi 30 août 1792 instituant que « le mariage est soluble par le divorce » puis par celle du 20 septembre 1792, instituant la laïcisation de l’état civil et du mariage, le mariage civil étant le seul reconnu par la loi. À quoi s’est ajoutée sous le consulat l’obligation de faire précéder le mariage religieux, s’il avait lieu, par le mariage civil (loi du 10 germinal An X –  8 avril 1802), ce qui sera consacré par le Code civil et par le Code pénal. Cette disposition tyrannique au regard de la liberté de l’Église ne sera d’ailleurs jamais abrogée, pas même lors de la séparation de l’Église et de l’État de 1905 : la célébration en France du mariage religieux reste soumis à la célébration préalable du mariage républicain.

    La Restauration réaffirma l’indissolubilité du mariage et abolit le divorce par la loi du 8 mai 1816, obtenue par Louis de Bonald qui, contre les Lumières, considérait le mariage comme « pierre angulaire de la société » et le divorce comme « un poison révolutionnaire ». Il fut rétablit par la IIIème République, avec la loi Naquet du 27 juillet 1884, et subit ensuite divers aménagements, notamment la possibilité de le décider contractuellement par consentement mutuel des époux (loi du 11 juillet 1975).

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  • Il faut protéger les enfants de la pornographie

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    De Louis-Marie Bonneau sur le site de l'ECLJ :

    Protéger les enfants de la pornographie

    30/4/2024

    Le vendredi 19 avril 2024, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) a adopté à l’unanimité plusieurs textes important relatifs à « La protection des enfants contre la violence en ligne » en citant les travaux de l’ECLJ en la matière. En effet, l’ECLJ a développé depuis plusieurs années une expertise dans le domaine, dans le but de comprendre l’étendu et la gravité du phénomène afin de pouvoir y apporter une réponse. 

    Laisserait-on un enfant regarder ce qui se passe dans une maison close ? C’est pourtant à cela que revient la pornographie laissée en ligne à la portée de la jeunesse, sans compter le métavers et ses potentialités multisensorielles. En 2013, le Parlement européen a constaté que l’usage de la pornographie se banalise chez les jeunes et imprègne leur construction. Quant à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), elle se dit « vivement préoccupée par l’exposition sans précédent des enfants aux images pornographiques, qui nuit à leur développement psychique et physique ». L’ECLJ a récemment publié un rapport sur les moyens à mettre en œuvre pour protéger les enfants et les adultes de la pornographie. Avant cela, il s’agit néanmoins de comprendre l’ampleur du phénomène.

    Une exposition de plus en plus massive à la pornographie

    Si les contenus pornographiques sont normalement réservés aux majeurs, des études montrent que les mineurs y sont de plus en plus exposés. En effet, selon une étude IFOP de 2017, « au cours de leur vie, 63 % des garçons et 37 % des filles de 15 à 17 ans ont déjà au moins une fois surfé sur un site pour y voir des films pornographiques ». Il en va de même aux États-Unis où un récent sondage révèle que 73 % des jeunes de 13 à 17 ans ont été exposés à la pornographie en ligne. La tendance est à l’augmentation.

    C’est aussi l’abaissement de l’âge du premier visionnage pornographique qui inquiète : en 2016 par exemple, près de 49 % des étudiants américains de sexe masculin déclaraient avoir découvert la pornographie avant l’âge de 13 ans et ce phénomène atteint désormais les enfants dès l’école primaire. La fréquence de visionnage de pornographie par les jeunes est également préoccupante. Ainsi, en 2022, 59 % des jeunes américains de 13 à 17 ans déclaraient avoir regardé intentionnellement de la pornographie au moins chaque semaine. D’après l’IFOP, en France en 2017, 36 % des adolescents de sexe masculin décaleraient surfer sur des site X une fois par mois ou plus.

    Ce phénomène si massif peut s’expliquer de diverses façons. Tout d’abord, l’entrée dans l’ère numérique a mis la pornographie à portée de clic. Elle infiltre même l’enceinte des écoles via les smartphones de plus en plus répandus chez les mineurs. D’après le rapport de 2016 de Ennoncence, une autre raison est le « marketing féroce de l’industrie du porno » et « différentes techniques utilisées par [celle-ci] pour attirer des internautes malgré eux » (clics publicitaires, détournement de page d’accueil, sites clandestins, utilisation de mots-clés cachés, sites de téléchargement, de streaming et de live streaming illégaux). Il faut dire que l’exposition des mineurs à la pornographie en ligne rapporte gros à cette industrie : de l’ordre de 789 millions de dollars par an, une telle exposition accidentelle générant environ 147 millions de dollars, sans compter que ces mineurs sont les clients de demain.

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  • Es-tu l'un des nôtres ?

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  • L'affaire EVRAS : une histoire de désinformation menée de l'extérieur ?!

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    Une opinion de Diane Drory (psychologue psychanalyste) et Catherine Jongen (sexothérapeute) sur la Libre

    Guide Evras : nous ne sommes pas des trolls russes

    Quand le Premier ministre déclare que "l’affaire Evras a été organisée depuis l’extérieur du pays", c’est une gifle à tous les pédopsychiatres et psychologues qui dénoncent les effets délétères du "Guide Evras" sur les jeunes enfants.

    30/04/2024

    Des parents en colère. "Encore !" dira-t-on. Parmi vous, certains auront eu l’occasion de lire cette lettre ouverte adressée à notre premier ministre ? En voici le premier paragraphe : "Monsieur le Premier ministre, et si on en reparlait simplement ! Dans l’Echo du 28 mars 2024, nous lisons que vous affirmez, lors du dernier Conseil national de sécurité (CNS), que "l’affaire Evras a été organisée depuis l’extérieur du pays. […] Vous envisageriez "une stratégie de lutte préventive et réactive à la propagation de fausses informations". Toujours dans cet article, il est noté que la Russie, la Chine et l’Iran cherchent à organiser une désinformation… Dans BX1, on peut lire que ce CNS a eu lieu "pour faire le point sur les nombreux dossiers concernant les violences liées au trafic de drogue (référence est même faite aux mafias albanaise et marseillaise) ou encore aux menaces extérieures."

    Animations Evras ajustées : oui !

    Qui ne serait pas en colère face à un énoncé témoignant d’une réelle ignorance de la réalité du terrain ? Et des conséquences qui peuvent en découler. Qui aimerait être catégorisé comme étant un troll russe quand il s’agit d’alerter le monde politique face à des dérapages d’importance suite à de nombreuses animations Evras (Éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle). Nous insistons : ce type d’enseignement est utile tant qu’il s’adresse à des jeunes pubères et qu’il respecte leur développement psychoaffectif et la prudence nécessaire autour d’un sujet si intime. Certains PMS en font de manière ajustée depuis des années. Par contre, c’est le "Guide Evras", grandement impacté d’idéologie trans, qui se veut non-hétéronormatif et qui en "sexualisant" les enfants dès 5 ans, a des effets délétères sur eux et déséquilibre les familles. Ces dernières n’assurent-elles pas la stabilité d’une démocratie digne de ce nom ? La famille, quelle que soit la norme qui la constitue, a droit au respect de sa parole et à l’écoute de la part du politique. L’autorité parentale et la transmission qu’elle institue ont l’obligation d’être reconnus et soutenus. Les dégâts flagrants de l’idéologie prônant l’autodétermination "en tous genres" sont notre quotidien à nous, les pédopsychiatres, les psychologues cliniciens thérapeutes d’enfants et d’adolescents.

    N’est-il pas utile d’écouter ce qui est à l’origine de la peur, de l’indignation et des dérives, concernant le sexe, qui font effraction dans l’intime des enfants ? Combien de temps les responsables vont-ils refuser de poser un regard sur un scandale psychique ciblant des enfants vulnérables ?

    Discréditer les voix divergentes

    Car à côté de ce dossier, en émerge un autre : la volonté de discréditer les voix divergentes. Quand des responsables politiques affirment que "l’affaire Evras a été organisée depuis l’extérieur du pays", ils lient notre propos de manière subliminale aux campagnes de désinformation venant de Russie ou de Chine. Le procédé évite de répondre aux critiques de fond et constitue un dangereux précédent en matière de liberté de débattre et de déni de démocratie. L’assertion que l’opposition au "Guide Evras" serait uniquement menée depuis l’étranger est, en grande partie fausse car outre les parents, nombre d’experts pratiquant en Belgique en toute neutralité d’influence, désapprouvent certains contenus du "Guide Evras". En tant que lanceurs d’alerte, les professionnels ont un rôle à jouer. Les entendre peut être plus utile que les nier ou les faire taire, en les traitant de hors-la-loi…

    Taxés de "désinformateurs"

    Oui trop souvent les voix dissidentes sont marginalisées, fustigées, annulées, voire réduites au silence. Au lieu d’accuser des parents qui se bougent et des professionnels qui s’inquiètent de "désinformateurs", le politique ferait mieux d’écouter de temps en temps la population et son bon sens ! En démocratie, l’opinion publique n’est-elle pas censée jouer un rôle central ? La non-écoute des gouvernants face à la base soulève des questions fondamentales sur la nature même de la démocratie représentative et des mécanismes de gouvernance.

    Des scientifiques mis en cause

    En face, l’idéologie transgenre s’impose dans de plus en plus de sphères de la société. Bien que la pensée critique et le débat ouvert soient les piliers de la recherche scientifique et médicale, nombre de professionnels expérimentés ont de plus en plus peur de discuter ouvertement de leur point de vue sur le traitement de jeunes adolescents remettant en question leur identité de genre. Cerise sur le gâteau, réfléchir avec le jeune quant à ce qui l’a amené au questionnement sur son identité sexuelle est taxé de thérapie de conversion et donc… punissable ! Le simple fait d’entrer dans l’arène met la réputation du professionnel en danger. Il est clairement devenu une habitude de terroriser celui qui ose questionner ou qui dénonce. Pourtant, les études les plus récentes montrent que la majorité des enfants surmontent leur dysphorie de genre quand ils sont écoutés, autorisés à grandir et à se développer naturellement sans intervention médicale.

    Une gifle aux lanceurs d’alerte

    Mais veut-on écouter les professionnels de l’enfance et de l’adolescence ? Lorsque l’on pense différemment, voire qu’une opinion remette certaines décisions en questions, les portes des politiques se barricadent ! Notamment, lorsque l’on tente de signaler que dans plusieurs domaines, le politique est instrumentalisé par divers lobbys. Ainsi, par exemple, face aux graves inadéquations du "Guide Evras", notre ministre de l’Enseignement a maintes fois refusé d’auditionner les acteurs du terrain. Comprenez que pour des personnes qui, de façon bénévole, cherchent à informer les dirigeants sur certaines dérives, se sentir assimilés à la mafia albanaise, c’est un peu violent. Reconnaissez-le, Monsieur le Premier ministre. C’est une gifle à tous ceux qui, par idéalisme et professionnalisme, tentent d’alerter sur les dérives du texte en question. À croire que les politiciens reprendraient à leur nom le slogan de l’autodétermination du genre : "je dis qui je suis que je dis", et voilà qui clôt tout débat et tout possible échange.

    Espérons un retour du débat

    Cette attitude de mépris, de la part des élites politiques, donne le sentiment que quand le terrain démontre autre chose que la théorie, ceux qui s’accrochent à la théorie refusent la réalité et donc s’en déconnectent. […]

    Peut-on encore espérer une démocratie véritablement participative qui garantirait que les gouvernants écoutent l’opinion du terrain et agissent dans l’intérêt de tous les citoyens et… de leurs enfants ?

    Mais tout ceci n’est peut-être qu’un malentendu. Lorsque notre Premier ministre nous dit "L’affaire Evras a été organisée depuis l’extérieur du pays" peut-être voulait-il signaler que le Conseil National de Sécurité allait faire le point quant à la conception de ce "Guide Evras" fortement idéologisé trans qui pourrait avoir été influencé par des désinformateurs extérieurs afin de déstabiliser et fragiliser notre jeunesse.

    Réhabilitons la confiance et le débat.

  • TOUS les partis belges francophones sont favorables à l'inscription de l’avortement dans la charte des droits de l’UE

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    Aucun candidat d'aucun parti ne devrait donc avoir les voix des électeurs catholiques mais qui se soucie encore de valeurs telles que le droit à la vie d'un enfant à naître ? 

    Du site de la RTBF :

    L’avortement dans la charte des droits de l’UE? La réponse des têtes de listes

    Ala suite de l’émission "Un Ticket pour l’Europe", Quentin, jeune agriculteur parti à Malte, a proposé d’inscrire le droit à l’avortement dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne et d’uniformiser les délais légaux d’accès à l’IVG.

    Lors de l’émission spéciale QR de "Un Ticket pour l’Europe" en direct du Parlement européen le 17 avril, les 8 jeunes candidats de l’émission "Un Ticket pour l’Europe ont chacun soumis leur proposition de résolution ou de législation européenne. Les têtes de listes ont transmis leurs réponses.

    Les réponses unanimes ont soutenu l’inscription du droit à l’avortement, bien que les opinions divergent sur la façon d’uniformiser les délais.

    Réponse de Sophie Wilmès (MR) : Oui, nous sommes pour l’inscription du droit à l’avortement dans la Charte européenne des droits fondamentaux car cela permettrait de bétonner un garde-fou solide pour éviter d’éventuels retours en arrière sur le sujet. On consacre donc ce droit partout dans l’Union européenne. Sur les délais légaux d’accès à l’IVG, nous ne sommes pas opposés sur le principe, même si le consensus semble très difficile à atteindre.

    Réponse de Saskia Bricmont (Ecolo) : 100% POUR ! ‘Mon corps, mon choix’, c’est ce qui guide l’action écologiste. Partout en Europe, le droit à l’IVG doit être un droit fondamental pour toutes les femmes. Nous avons agi en ce sens à plusieurs reprises tout au long de ce mandat dans les différents parlements et au sein du Secrétariat à l’égalité des genres. Le 11 avril 2024, le Parlement européen a adopté une résolution demandant que les droits sexuels et reproductifs, y compris le droit à l’avortement, soient inclus dans la Charte des droits fondamentaux de l’UE.

    En 2022, nous avions adopté une résolution appelant les Etats membres à garantir l’accès à des services d’avortement sûrs, légaux et gratuits, à des services de soins prénataux et maternels, à la planification familiale volontaire, à la contraception, à des services adaptés aux jeunes, ainsi qu’à la prévention, aux traitements et au soutien en matière de VIH, sans discrimination.

    La défense de l’IVG libre et gratuite fait partie de nos priorités tant au niveau européen qu’au niveau national. Sur le délai, 25 des 27 Etats de l’Union européenne permettent aujourd’hui l’interruption volontaire de grossesse sans besoin de justification de la part de la femme qui décide d’y recourir. A Malte et en Pologne, le droit à l’avortement reste très restrictif. Le délai maximal pour avorter varie de 10 semaines au Portugal à 24 semaines aux Pays-Bas. En Belgique, il est actuellement à 12 semaines, mais nous écologistes souhaitons le porter à 22 semaines.

    Le droit à l’autodétermination sur son propre corps est fondamental. Nous partons du principe " mon corps, mon choix ". Les femmes ne doivent pas être contraintes d’être enceintes et de mettre un enfant au monde contre leur volonté. Pourtant, nulle part, ce droit des femmes à faire leurs propres choix n’est acquis à 100%. Nous avons mené des actions, participé à des manifestations et sommes intervenus au Parlement. Nous ne lâcherons pas l’affaire. L’avortement doit être autorisé jusqu’à 18 semaines de grossesse. Nous continuerons à mettre en priorité le droit au choix des femmes, et à faire pression pour que les femmes bénéficient de soins médicaux adéquats en Belgique, et partout en Europe. De plus, nous misons sur la prévention. Nous investirons dans l’accessibilité de la contraception en ligne avec les recommandations des experts.

    Au niveau européen, nous pensons qu’un délai minimum devrait être instauré mais qui permettrait à tous les Etats membres d’étendre ce délai comme préconisé par les lignes directrices de l’OMS de 2022.

    Réponse de Marc Botenga (PTB) : Oui. Le droit à l’autodétermination sur son propre corps est fondamental. Nous partons du principe " mon corps, mon choix ". Les femmes ne doivent pas être contraintes d’être enceintes et de mettre un enfant au monde contre leur volonté. Pourtant, nulle part, ce droit des femmes à faire leurs propres choix n’est acquis à 100%. Nous avons mené des actions, participé à des manifestations et sommes intervenus au Parlement. Nous ne lâcherons pas l’affaire. L’avortement doit être autorisé jusqu’à 18 semaines de grossesse. Nous continuerons à mettre en priorité le droit au choix des femmes, et à faire pression pour que les femmes bénéficient de soins médicaux adéquats en Belgique, et partout en Europe. De plus, nous misons sur la prévention. Nous investirons dans l’accessibilité de la contraception.

    Réponse d’Elio Di Rupo (PS) : La consécration du droit à l’IVG dans les chartes fondamentales de niveau européen ou international serait une avancée d’une importance considérable pour les femmes. Le PS soutiendra tous les efforts entrepris à cet égard. L’uniformisation des délais légaux pour pouvoir pratiquer une IVG serait également une nouvelle garantie cruciale pour les femmes européennes. Il est toutefois impératif que cette uniformisation se fasse "par le haut". C’est-à-dire que le délai à appliquer dans toutes l’UE, soit égal, au minimum, au délai le plus long applicable actuellement dans l’UE (sans doute les 22 semaines des Pays-Bas). On ne pourrait, en effet, accepter de revenir sur le droit à l’IVG tel qu’il est consacré dans les pays les plus progressistes au nom de l’uniformisation des délais.

    Réponse d’Yvan Verougstraete (Les Engagés) : Nous défendons la proposition. Nous proposons une approche double pour renforcer les droits des femmes en matière de santé reproductive dans toute l’Union européenne.

    Premièrement, nous souhaitons inscrire le droit à l’avortement dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. Cette intégration garantira une protection juridique contre les législations nationales restrictives et affirmera de manière claire et incontestable le droit fondamental des femmes à choisir.

    Deuxièmement, nous reconnaissons les risques d’une harmonisation qui pourrait limiter les droits actuels plutôt que de les étendre. Pour cette raison, notre proposition vise à établir un délai minimal de semaines durant lesquelles l’IVG doit être accessible, au-delà des législations nationales plus restrictives. Ce délai minimal serait établi après consultation et étude approfondie des meilleures pratiques et recommandations médicales au niveau international, assurant ainsi le respect des droits des femmes à disposer de leur corps.

    Au-delà des délais légaux, il s’agira de veiller à ce que la liberté de choix des femmes soit respectée dans les faits et qu’il n’y ait d’intimidation institutionnelle. En résumé, notre position est de protéger et d’étendre les droits à l’avortement par une action européenne concrète qui aligne les législations nationales avec les valeurs fondamentales de l’Union européenne en matière de droits humains et d’égalité. En faisant cela, nous soutenons non seulement les femmes dans chaque État membre, mais renforçons également l’unité et les valeurs communes de notre Union.

  • Qui seront les cardinaux arc-en-ciel du prochain conclave ?

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    De Nico Spuntoni sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    Qui seront les cardinaux arc-en-ciel du prochain conclave ?

    Même dans les soi-disant périphéries, tout le monde ne pense pas comme Ambongo, homme-symbole de la rébellion contre les suppliciés de la Fiducie. Parmi les électeurs du futur pape, il y aura un quota particulièrement sensible aux groupes Lgbt.

    30_04_2024

    Il n'y a pas que Tucho Fernandez. Au sein du sacré collège, façonné par François au gré de neuf consistoires en onze ans, l'actuel préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi est loin d'être le seul cardinal à s'être montré particulièrement sensible aux questions LGBT dans l'Église. Les positions sur le sujet de cardinaux considérés comme ultra-progressistes tels que les Américains Blaise Cupich et Robert McElroy, l'Allemand Reinhard Marx, le Luxembourgeois Jean-Claude Hollerich et l'Autrichien Christoph Schönborn sont bien connues. Le manque de connaissance parmi les membres du collège conduit cependant à sous-estimer l'étendue du soutien aux communautés LGBT engagées dans la revendication d'une plus grande ouverture au sein de l'Église.

    C'est particulièrement vrai pour les noms les moins en vue des futurs électeurs du successeur de François. Les choix contre-culturels opérés dans les consistoires par le pape argentin ont fait croire à tort que c'est précisément de ces périphéries privilégiées durant l'actuel pontificat qu'aurait pu venir une surprise au nom de la discontinuité par rapport à la ligne ouverte de la dernière décennie. La publication de 'Fiducia supplicans' et la résistance de l'épiscopat africain et de plusieurs évêques dans le monde ont donné l'illusion de confirmer cette vulgate. Plus d'un ont pensé que le cafouillage du feu vert aux bénédictions pastorales pour les unions homosexuelles pouvait renverser le résultat considéré comme acquis du prochain conclave, isolant ceux qui voulaient aller trop loin. Mais parmi les électeurs du sacré collège, expression des périphéries, tout le monde ne pense pas comme Fridolin Ambongo Besungu, l'homme qui symbolise la rébellion africaine contre la Déclaration du Dicastère pour la Doctrine de la Foi. En dehors de l'Afrique, en effet, quelques cardinaux "périphériques" sont sensibles à la cause arc-en-ciel.

    L'un des plus actifs est l'Indien Anthony Poola, qui dirige la HASSS (Hyderabad Archdiocese Social Services Society) dans son diocèse, laquelle dispose d'un programme ad hoc pour l'émancipation des transgenres. Les initiatives de l'archidiocèse dans ce domaine sont soutenues par Misereor, l'organisation de coopération internationale de la Conférence épiscopale allemande. Outre des actions louables telles que l'assistance médicale et la formation professionnelle pour la production de sacs de jute, l'HASSS a également organisé des célébrations de Noël inclusives et une journée des femmes dédiée à la communauté transgenre. Le cardinal Poola a participé à ces événements et, à cette occasion, il a donné raison aux récentes indications du Dicastère pour la doctrine de la foi qui ont ouvert la participation aux sacrements du baptême et du mariage aux personnes transgenres et homoaffectives. 

    Sur le même continent, mais aux Philippines, l'actuel archevêque métropolitain de Manille est le cardinal Jose Fuerte Advincula qui, le jeudi saint 2023, afin de répondre à l'appel du pape à "devenir une Église plus à l'écoute et plus compatissante", a décidé de laver les pieds de Ryan Borja Capitulo, choisi précisément en tant que représentant de la communauté LGBT. Il convient toutefois de souligner que M. Capitulo a expliqué qu'il avait accepté en s'engageant à partager son "combat permanent (...) pour vivre dans la chasteté et la pureté sexuelle, en vivant l'enseignement catholique sur l'homosexualité et en accompagnant mes compatriotes LGBT sur notre chemin de foi".

    De l'Asie au Pacifique : l'évêque de Tonga Soane Patita Paini Mafi est un ami de la Tonga Leitis' Association, la seule association pro-LGBT existante dans le royaume polynésien. Le 6 décembre 2016, Mafi est intervenu lors du congrès national de l'association et a félicité les militants arc-en-ciel pour leur discussion ouverte avec les autorités religieuses. À cette occasion, parlant des droits lgbt dans l'Église, le cardinal a déclaré : "Nous espérons parler de ces choses de plus en plus avec des mots encourageants les uns avec les autres. Mais la chose fondamentale est de faire en sorte qu'ils se sentent acceptés. Ils sont appréciés dans leur dignité. Ce sont des personnes créées par Dieu. Ces dernières années, M. Mafi a continué à assister aux conférences de l'association et, en décembre 2020, il a célébré une messe dans la basilique Saint-Antoine de Padoue pour la communauté transgenre locale connue sous le nom de "leitis", se laissant représenter aux côtés d'activistes arborant des symboles arc-en-ciel. L'évêque de Tonga a même participé à un documentaire consacré à leurs luttes, sorti en 2018 sous le titre Leitis in Waiting. 

    L'habitude des groupes pro-lgbt caractérise également certains des futurs électeurs brésiliens. C'est le cas du cardinal Sérgio da Rocha, archevêque métropolitain de São Salvador da Bahia, qui, lors de la célébration d'une messe ad hoc pour les victimes de la transphobie le 21 mai 2021, a accepté une demande du Centre de plaidoyer et de défense des droits LGBT de l'État de Bahia et a consenti à ce qu'une drag queen chante l'Ave Maria à la fin de la liturgie. Toujours au Brésil, le cardinal Leonardo Ulrich Steiner, qui s'est déjà prononcé en faveur de la légalisation des unions homosexuelles, est évêque de Manaus, où se trouve l'église de São Sebastião qui, il y a trois ans, a été le théâtre de l'enregistrement d'un clip vidéo réalisé par un groupe LGBT. 

    Lointain ou proche, sans exclure un éventuel nouveau consistoire avant le début de la nouvelle session du Synode en octobre, le prochain conclave devra compter avec cette sensibilité généralisée sur les questions de l'arc-en-ciel. Il n'est pas certain que la mise sur la table des congrégations générales (s'il y en a) de Fiducia supplicans ou en tout cas une approche trop musclée garantisse un consensus dans les périphéries pour ceux qui voudraient un agenda en discontinuité avec le pontificat actuel (bloc africain mis à part, au sein duquel il y a cependant l'exception du Sud-Africain Stephen Brislin). Le quorum de la majorité des deux tiers, rétabli par Benoît XVI, exigera des cardinaux qui veulent exercer une influence de suivre l'invitation évangélique à être "prudents comme des serpents et simples comme des colombes", confiants dans le fait que, comme l'a rappelé Ratzinger lors de sa dernière audience générale, "la barque de l'Église n'est pas la mienne, elle n'est pas la nôtre, mais elle est la sienne, et le Seigneur ne la laisse pas sombrer".

  • Quelques réflexions à propos de "Dignitas infinita"

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    De George Weigel sur First Things :

    RÉFLEXIONS SUR DIGNITAS INFINITA

    24 avril 2024

    Lorsque le New Yorker, toujours bien écrit et souvent mal informé, n'aime pas quelque chose, il y a de bonnes chances que je l'aime - un principe qui s'applique, avec certaines réserves, dans le cas de Dignitas Infinita, la "Déclaration du Dicastère pour la Doctrine de la Foi sur la Dignité Humaine" du 8 avril. La Déclaration souligne l'engagement de l'Église catholique à défendre toute vie humaine, de la conception à la mort naturelle, appelle les catholiques à prendre soin avec compassion des plus vulnérables d'entre nous, défend l'idée biblique de la personne humaine telle qu'elle est définie dans Genèse 1:27-28, et offre une critique bienvenue de la théorie du genre et de la légion de démons qu'elle engendre (ce dernier point étant, comme on pouvait s'y attendre, ce qui a bouleversé le New Yorker). 

    Qu'y a-t-il donc à ne pas aimer ? C'est peut-être trop dire. La question est de savoir si la Déclaration aurait pu être encore meilleure. Je pense que c'est le cas, et ce de plusieurs manières.

    Des aboiements qui ont fait défaut : Dignitas Infinita comporte 116 références à des enseignements magistériels cités dans son texte ; plus de la moitié d'entre elles concernent des documents et des déclarations du pape François. Ce qui est le plus frappant, cependant, c'est l'absence de toute référence à l'encyclique Veritatis Splendor (La splendeur de la vérité) du pape Jean-Paul II de 1993 et à son enseignement selon lequel certains actes sont intrinsèquement mauvais : gravement répréhensibles par leur nature même, quelles que soient les circonstances. Cette conviction rationnellement démontrable - que certains actes sont mauvais, un point c'est tout - est le fondement sur lequel l'Église condamne les abus sexuels, l'avortement, l'euthanasie, le suicide assisté et les formes modernes d'esclavage comme la traite des êtres humains. Il s'agit là de "graves violations de la dignité humaine", comme le dit la Déclaration. Mais pourquoi en est-il ainsi ? Non pas parce qu'elles heurtent nos sentiments ou notre sensibilité à l'égard de la dignité humaine, mais parce que nous pouvons savoir par la raison qu'elles sont toujours gravement répréhensibles. Il aurait fallu le dire clairement. 

    Ainsi, la tendresse manifestée durant ce pontificat à l'égard des théologiens moraux qui rejettent l'enseignement de Veritatis Splendor sur les actes intrinsèquement mauvais affaiblit la défense de la dignité humaine que la Déclaration veut mettre en place. 

    La défense de la vie humaine prénatale : Dignitas Infinita rejette passionnément l'avortement et associe à juste titre la licence d'avortement à l'érosion des "fondements solides et durables de la défense des droits de l'homme". La Déclaration aurait cependant été renforcée si elle avait pris exemple sur les évêques américains qui, depuis plus d'un demi-siècle, défendent la cause pro-vie en enseignant deux vérités que toute personne raisonnable peut comprendre : 1) C'est un fait scientifique, et non une spéculation philosophique, que le produit de la conception humaine est un être humain doté d'une identité génétique unique. 2) Une société juste veillera à ce que les êtres humains innocents, dans toutes les conditions et à tous les stades de la vie, soient protégés par la loi. Alors que la Déclaration conclut sa section sur l'avortement par une référence à l'engagement généreux de Sainte Thérèse de Calcutta pour la défense de toute personne conçue, elle ne fait aucune référence aux milliers de centres de grossesse d'urgence aux États-Unis, où les femmes reçoivent des soins pendant la grossesse et un soutien après la naissance de l'enfant. Ainsi, le complément essentiel de l'action publique en faveur de l'enfant à naître - la solidarité avec les femmes en état de grossesse critique - est sous-estimé dans Dignitas Infinita.

    La fraude du "changement de sexe" : La Déclaration affirme, à juste titre, que "toute intervention de changement de sexe risque, en règle générale, de menacer la dignité unique que la personne a reçue dès le moment de la conception". Cette déclaration aurait pu être développée davantage. De toute urgence, Dignitas Infinita aurait dû condamner explicitement la "transition" d'enfants et d'adolescents désorientés et souffrants - la forme la plus méprisable du phénomène "trans" - en tant que maltraitance d'enfants. Si un rapport commandé par le Service national de santé britannique a pu dénoncer cette faute médicale comme étant totalement injustifiée par des preuves cliniques, le Dicastère pour la doctrine de la foi aurait certainement pu souligner les dangers que représentent pour les enfants et les adolescents les idéologues trans, les médecins véreux et les chirurgiens plasticiens sans scrupules. 

    Des guerres justes existent : Citant le pape François, la Déclaration affirme qu'"il est très difficile, de nos jours, d'invoquer les critères rationnels élaborés au cours des siècles précédents pour parler de la possibilité d'une 'guerre juste'". On ne peut qu'être respectueusement et fermement en désaccord. Ces "critères rationnels" sont à la base de l'autodéfense de l'Ukraine contre une agression meurtrière que l'agresseur russe a ouvertement déclarée génocidaire. Ces mêmes critères constituent le fondement et le cadre moral de la guerre défensive d'Israël contre le Hamas, le Hezbollah et leur commanditaire iranien. Les critères de la guerre juste soutiendraient la résistance de Taïwan à toute tentative communiste chinoise de détruire l'indépendance de la première démocratie chinoise depuis des millénaires. 

    La guerre culturelle mondiale est en effet une compétition pour défendre et promouvoir la dignité humaine. Dignitas Infinita aide ceux d'entre nous qui mènent cette guerre inévitable. Elle aurait pu aider davantage.

    La chronique de George Weigel intitulée "La différence catholique" est publiée par le Denver Catholic, la publication officielle de l'archidiocèse de Denver.

    George Weigel est Distinguished Senior Fellow du Ethics and Public Policy Center de Washington, D.C., où il est titulaire de la William E. Simon Chair in Catholic Studies.

  • Marguerite Stern et Dora Moutot alertent sur les dérives de l’idéologie transgenre

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    Du site "Pour une école libre au Québec" :

    Marguerite Stern et Dora Moutot alertent sur les dérives de l’idéologie transgenre (Le Figaro)

    Figures du féminisme à la fin des années 2010, Marguerite Stern et Dora Moutot ont pris leur distance avec les mouvements qu'elles côtoyaient, tant ces derniers leur sont apparus gangrénés par l'idéologie transgenre. Aujourd'hui, elles tentent d'alerter sur les dérives de cette idéologie et des dommages qu'elle peut causer pour les plus jeunes et les plus vulnérables.

    Dora Moutot et Marguerite Stern, essayistes et auteures de l'ouvrage « Transmania. Enquête sur les dérives de l'idéologie transgenre » aux éditions Magnus, répondent aux questions de Dimitri Pavlenko.

  • Un cortège de plusieurs centaines de marcheurs a défilé pour la vie dimanche dernier dans Bruxelles

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    De cathobel.be (Clément Laloyaux) :

    Marche pour la Vie : Ils étaient plusieurs centaines à battre le pavé bruxellois ce dimanche

    Marche pour la Vie : Ils étaient plusieurs centaines à battre le pavé bruxellois ce dimanche

    Beaucoup de jeunes étaient présents dans le cortège. © Clara Life / Marche pour la Vie

    22 avril 2024

    Les organisateurs annoncent 700 marcheurs. La presse généraliste francophone avance plutôt le nombre de 400. Quoi qu'il en soit, c'est bien un cortège composé de plusieurs centaines de marcheurs qui a défilé "pour la vie" ce dimanche dans Bruxelles. Mais quelles étaient concrètement leurs revendications ?

    Ce dimanche 21 avril, à l’appel de l’association Clara Life, plusieurs centaines de manifestants ont participé à la Marche pour la vie dans les rues de Bruxelles. Le cortège, particulièrement hétéroclite en termes d'âge, a démarré à 14h de la Place Poulaert ; avant de la rejoindre à nouveau, sur le coup de 16h. L'objectif des marcheurs était de sensibiliser le public "à la promotion d’une culture de vie en Belgique" et "à la dignité intrinsèque à toute vie humaine, de la conception à la mort naturelle".

    Pour mieux partager leur message, les manifestants étaient munis d'affiches et de banderoles aux slogans évocateurs : "Protégeons la vie des plus fragiles""Mourir dans la dignité, c'est mourir accompagné""Si on aime, on ne tue pas" ou encore "Hier l'avortement, aujourd'hui l'euthanasie, demain... toi !"

    "L'avortement érigé en solution unique"

    Dans un communiqué, publié dans la foulée de la Marche, Clara Life déplore que, "l’avortement soit aujourd’hui érigé de fait en solution unique pour de nombreuses femmes en proie à des difficultés financières, affectives ou professionnelles". Et ce, alors qu' "il est avéré qu’un tiers des avortements engendre une dépression post-abortive" avance l'association belge pour la défense de la vie humaine.

    Le 8 mars dernier, le droit à l'avortement a été ancré dans la Constitution française. Cet acte historique, une première dans le Monde, a de ce fait relancé le débat chez nous de la constitutionnalisation de l'IVG. Un débat enclenché en juin 2022 par certains partis politiques belges, suite à l’onde de choc suscitée par la révocation du droit à l’IVG par la Cour suprême américaine.

    Evitant de prendre parti politiquement, les organisateurs de la Marche tiennent à rappeler à tous que "l’enfant à naître constitue un être humain à part entière et qu’il est, comme tel, revêtu d’une dignité humaine". Ils ajoutent "qu’occulter l’humanité de cet enfant à naître constitue un refus d’assumer les conséquences morales de l’avortement, que toute société civilisée se devrait pourtant de regarder en face."

    Supprimer la souffrance. Pas la personne souffrante.

    Le second combat porté par la Marche pour la Vie, édition 2024, était le droit de mourir dans une vraie dignité.

    Dans le viseur des marcheurs : le plaidoyer sur l'euthanasie des personnes "fatiguées de la vie" tenu récemment par Luc Van Gorp, le président de la "christelijke mutualiteit", dans la presse flamande. Dans son communiqué, Clara Life dit "refuser de voir l’extension du recours à l’euthanasie devenir une fatalité et une alternative aux soins palliatifs". Au contraire, l’association plaide pour un développement accru de ces soins, "afin que la souffrance physique et psychique des patients en fin de vie soit réellement prise en charge".

    "Ainsi, ce dimanche 21 avril, plus de 700 manifestants ont appelé la société civile à refuser le dogmatisme qu’un certain « progressisme » bien mal nommé lui impose depuis des décennies" écrit l'organisateur de la Marche pour la Vie.

    En conclusion, Clara Life assure que "non une société dite civilisée ne s’honore pas en facilitant toujours davantage l’euthanasie de ses membres les plus faibles, quand elle pourrait développer les soins palliatifs et une prise en charge emprunte d’humanité."

  • « On ne peut plus se contenter de défendre la liberté d’expression théoriquement. Il faut démanteler le complexe juridico-politique qui l’entrave »

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    Du site "Pour une école libre au Québec" :

    « On ne peut plus se contenter de défendre la liberté d’expression théoriquement. Il faut démanteler le complexe juridico-politique qui l’entrave »

    Texte de Mathieu Bock-Côté paru dans Le Figaro du 20 avril 2024 sous le titre : « Trans­pho­bie » : quand les progres­sistes trans­forment leurs contra­dic­teurs en délin­quants idéo­lo­giques.

    La ten­ta­tive de cen­sure du colloque des natio­naux-conser­va­teurs, à Bruxelles, auquel devait par­ti­ci­per Éric Zem­mour, et des confé­rences de Jean-Luc Mélenchon, a placé la ques­tion de la liberté d’expres­sion au coeur du débat public, au point où Emma­nuel Macron a cru devoir rap­pe­ler qu’en démo­cra­tie, mieux vaut com­battre poli­ti­que­ment une idée que l’inter­dire. Ce qui relève du simple bon sens, mais ce qui est bien peu, pour peu qu’on scrute l’actua­lité.


    Car au même moment, une cam­pagne pour cen­su­rer la publi­cité d’un ouvrage était menée sur Twit­ter par des figures impor­tantes de la mai­rie de Paris, sans que cela ne sus­cite la moindre réac­tion. Elle visait Trans­ma­nia, de Mar­gue­rite Stern et Dora Mou­tot, un livre enquête sur l’idéo­lo­gie trans et les dan­gers qu’elle fait por­ter sur la jeune géné­ra­tion.

    C’était le cas d’Emma­nuel Gré­goire, pre­mier adjoint à la mai­rie, qui a tweeté : « La trans­pho­bie est un délit. La haine de l’autre n’a pas sa place dans notre ville. Paris n’est pas la vitrine de cette haine crasse. » Il annonçait vou­loir sai­sir l’entre­prise expo­sant cette affiche «pour deman­der le retrait de cette publi­cité ». Il en rajou­tait le len­de­main. « Invo­quer la liberté d’expres­sion pour jus­ti­fier les dis­cours hai­neux, c’est la spé­cia­lité de l’extrême droite et c’est tou­jours aussi détes­table et ridi­cule. Paris est et res­tera une ville refuge pour tous et toutes. Ne lais­sons pas gagner les dif­fu­seurs de haine. »

    David Bel­liard, autre figure de la mai­rie de Paris, n’était pas en reste : « (…) Cette publi­cité pour un bou­quin trans­phobe par­ti­cipe à la nor­ma­li­sa­tion de la haine envers les per­sonnes trans. Une idéo­lo­gie mor­ti­fère, à mille lieues des valeurs de Paris. Cette publi­cité doit être reti­rée. »

    Le pan­neau publi­ci­taire a été retiré. La cam­pagne pour cen­su­rer la publi­cité du livre a fonc­tionné. On y trou­vait tous les élé­ments jus­ti­fiant aujourd’hui l’exten­sion du domaine de la cen­sure. D’abord l’assi­mi­la­tion de la cri­tique du pro­gres­sisme à un pro­pos hai­neux, la haine consis­tant à ne pas sous­crire au grand récit de la diver­sité heu­reuse. Dans le cas pré­sent, c’est la théo­rie du genre et l’idéo­lo­gie trans qu’il faut sanc­tua­ri­ser en expli­quant que leur cri­tique ne relève pas de l’opi­nion mais du délit et de la haine de l’autre : on parle alors de trans­pho­bie. On pour­rait aussi dire que la cri­tique de la théo­rie du genre relève désor­mais du délit d’opi­nion, même du délit de blas­phème, que le régime diver­si­taire a sécu­la­risé.

    On en appelle alors à l’inter­dic­tion de tels pro­pos. Elle peut pas­ser par un appel clas­sique à l’invi­si­bi­li­sa­tion de celui qui est trans­formé en déviant idéo­lo­gique, en délin­quant de la pen­sée. Elle peut aussi pas­ser par des pour­suites judi­ciaires, menées par des asso­cia­tions mili­tantes, sou­vent publi­que­ment finan­cées, pra­ti­quant le har­cè­le­ment judi­ciaire contre ceux qui s’entêtent à mal pen­ser.

    L’objec­tif est tou­jours le même : asso­cier une épi­thète calom­nieuse à un adver­saire poli­tique, géné­ra­le­ment en le fai­sant condam­ner par une jus­tice elle-même idéo­lo­gi­sée, et réduire désor­mais ce contra­dic­teur à cette condam­na­tion, en le trans­for­mant en délin­quant idéo­lo­gique, et en délin­quant mul­ti­ré­ci­di­viste, si les condam­na­tions s’accu­mulent. Le récit média­tique per­met­tra de pré­sen­ter le condamné en paria. Dès lors qu’un indi­vidu est asso­cié à «l’extrême droite», au «racisme», à la «trans­pho­bie», ou à d’autres termes sem­blables, il sera consi­déré comme radio­ac­tif. Tous com­pren­dront qu’il vaut mieux ne pas s’y asso­cier, sous peine d’être soi-même conta­miné par ces mêmes éti­quettes.

    Il s’agit de condam­ner à la mort sociale, qui peut alors prendre la forme du ban­nis­se­ment des réseaux sociaux, de la per­sé­cu­tion ban­caire, de l’inca­pa­cité à tenir une confé­rence (car des anti­fas mena­ce­ront de la per­tur­ber, ce qui jus­ti­fiera son inter­dic­tion pour pré­ve­nir le moindre trouble à l’ordre public), et de bien d’autres méthodes qui condamnent objec­ti­ve­ment à une vie sous le signe de la dis­si­dence.

    On ne peut plus se conten­ter de défendre la liberté d’expres­sion théo­ri­que­ment. Il faut déman­te­ler le com­plexe juri­dico-poli­tique qui l’entrave. Cela implique de reve­nir sur les lois sur les pro­pos « hai­neux» (et sur le concept même de «pro­pos hai­neux») qui se sont accu­mu­lées avec le temps, d’en finir avec le droit accordé aux asso­cia­tions de traî­ner les dis­si­dents devant les tri­bu­naux et de stop­per le finan­ce­ment d’asso­cia­tions mili­tantes dont la seule fonc­tion consiste à décré­ter un scan­dale média­tique quand l’idéo­lo­gie domi­nante est cri­ti­quée.

    Les seules limites à la liberté d’expres­sion devraient être l’appel à la vio­lence et la dif­fa­ma­tion. Pour le reste, en démo­cra­tie libé­rale, les argu­ments s’échangent dans le débat public, et non pas devant les tri­bu­naux. Rares sont ceux, hélas, qui sont prêts à une telle remise en ques­tion du dis­po­si­tif de cen­sure que subissent nos contem­po­rains.

     

    Transmania
    par Dora Moutot et Marguerite Stern,
    paru le 11 avril 2024,
    chez Magnus,
    398 pp.,
    ISBN-10 ‏ : ‎ 2384220403
    ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2384220403.

  • L'"amour" homosexuel, un "don" ?

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    D'Eduardo J. Echeverria sur The Catholic Thing :

    L'"amour" homosexuel, un don ?

    20 avril 2024

    Dans son récent livre, LIFE : My Story Through History, le pape François plaide en faveur d'un soutien légal aux unions civiles entre personnes de même sexe pour " [les homosexuels] qui font l'expérience du don de l'amour ". Dans quel sens, le cas échéant, l'amour homosexuel est-il un don ?

    L'Église estime qu'il ne peut certainement pas s'agir d'un don de Dieu, ni naturel (création), ni surnaturel (sacrement). Selon le Catéchisme de l'Église catholique, la source ultime de l'amour est Dieu lui-même. Citant l'exhortation apostolique de Jean-Paul II de 1981, Familiaris Consortio, le Catéchisme de l'Église catholique affirme :

    Dieu est amour et vit en lui-même un mystère de communion amoureuse personnelle [éternellement unis dans l'être, la relation et l'amour]. Créant le genre humain à son image ... . Dieu a inscrit dans l'humanité de l'homme et de la femme [Genèse 1, 27] la vocation, et donc la capacité et la responsabilité, de l'amour et de la communion.

    La remarque de François, à première vue, ne semble pas considérer l'"amour" homosexuel comme une forme d'amour intrinsèquement désordonnée. Pense-t-il que l'homosexuel est capable de vivre la vocation à la chasteté, et donc à l'amour, dans une relation homosexuelle ? Comment l'homosexuel pourrait-il le faire ? La vocation à la chasteté implique la différenciation sexuelle entre un homme et une femme, ce qui, selon l'anthropologie chrétienne, signifie "l'intégration réussie de la sexualité dans la personne et donc l'unité intérieure de l'homme dans son être corporel et spirituel".

    Le Catéchisme explique que "la sexualité, dans laquelle s'exprime l'appartenance de l'homme au monde corporel et biologique, devient personnelle et vraiment humaine lorsqu'elle est intégrée dans la relation d'une personne à une autre, dans le don réciproque, complet et à vie, d'un homme et d'une femme".

    La chasteté présuppose donc la différenciation sexuelle de l'homme et de la femme, de telle sorte que seule l'union sexuelle des personnes de sexe masculin et féminin fait réellement des corps "une seule chair" (Gn 2,24), cette dernière union corporelle organique étant une condition nécessaire à l'existence d'un amour conjugal authentique.

    L'amour homosexuel n'est pas un don, c'est même un faux amour, parce qu'il est incapable d'accomplir la vocation à la chasteté, de parfaire l'être de la personne et de développer son existence, et donc d'être ordonné à la loi naturelle, à l'ordre de la Création, et donc à Dieu. En tant que forme désordonnée de l'amour, non seulement il manque d'intégration, mais il est une contre-intégration en vertu du fait qu'il est une offense à la vocation à la chasteté, ce qui le rend incapable de réaliser l'intégrité de la personne et l'intégralité du don de soi.

    L'anthropologie chrétienne doit considérer la réalité de la personne humaine, de l'homme et de la femme, dans l'ordre de l'amour. Pourquoi ? Parce que, comme l'affirme à juste titre Karol Wojtyla dans son œuvre philosophique majeure, Amour et responsabilité, "la personne trouve dans l'amour la plus grande plénitude de son être, de son existence objective". L'amour est un tel acte, un tel acte, qui développe le plus pleinement l'existence de la personne. Bien entendu, il doit s'agir d'un véritable amour. Qu'est-ce que l'amour véritable ?

    L'amour est un concept analogique, ce qui signifie qu'il existe différentes sortes d'amour : l'amour paternel, l'amour entre frères et sœurs, l'amitié et, enfin, l'amour entre un homme et une femme ("L'amour entre un homme et une femme est une relation réciproque de personnes et possède un caractère personnel").

    En bref, l'amour implique une attirance pour les valeurs sensorielles-sexuelles et les valeurs spirituelles ou morales de l'autre personne, par exemple, dit Wojtyla, "pour son intelligence ou ses vertus de caractère". Il y a aussi l'amour de besoin, ou l'amour comme désir, et la bienveillance. L'"amour de besoin" désire "la personne comme un bien pour soi-même". L'amour bienveillant consiste à désirer le bien de l'autre. La bienveillance est simplement le désintéressement dans l'amour : "Je ne te désire pas comme un bien", mais "je désire ton bien", "je désire ce qui est bon pour toi".

    Wojtyla aborde ensuite le problème de la réciprocité, qui réalise une synthèse "de l'amour de désir et de l'amour bienveillant". La réciprocité implique la relation du "je" et du "nous". D'où la formation d'une communauté interpersonnelle :

    L'amour trouve son plein épanouissement non seulement dans un sujet individuel, mais dans une relation intersubjective et interpersonnelle. Le passage du "je" au "nous" n'est pas moins essentiel pour l'amour que le dépassement de son "je" tel qu'il s'exprime à travers [l'attirance], l'amour du désir et l'amour de la bienveillance.

    Étant intrinsèquement désordonné, l'amour homosexuel est incapable de former une communauté interpersonnelle où l'unité se manifeste dans le "nous" mûr. Enfin, Wojtyla considère que la plénitude de l'amour est l'amour-don, ou ce qu'il appelle l'amour conjugal, qui consiste à se donner à l'autre personne, ce qui implique le don réciproque des personnes. Il ajoute : "Le concept d'amour conjugal [de don] possède une signification essentielle pour établir la norme de toute morale sexuelle".

    L'homme - mâle et femelle - étant créé dans et pour l'amour, l'éthique sexuelle est donc inintelligible sans l'amour. Ce point crucial qui consiste à trouver dans l'amour la plus grande plénitude de son être doit être appliqué à l'amour entre un homme et une femme.

    "L'amour est une union de personnes", dit Wojtyla, une union objective dans laquelle un homme et une femme constituent "un seul sujet d'action", en un sens "une seule chair" (Genèse 2:24). (Cette union ne peut être détachée de son fondement biologique dans les différences organiques entre les sexes. Cette union objective naît d'un "bien commun", un "bien objectif", c'est-à-dire le bien des personnes humaines, et d'une fin commune, "qui les lie".

    Cette fin est la procréation, la progéniture, la famille et, en même temps, toute la maturité constamment croissante de la relation entre les deux personnes dans toutes les sphères apportées par la relation conjugale elle-même.

    Par conséquent, lorsque le Catéchisme affirme que les actes sexuels homosexuels sont fermés au don de la vie, c'est parce que ces actes n'ont pas d'union objective dans la différenciation sexuelle d'un homme et d'une femme. "Ils ne peuvent en aucun cas être approuvés. De tels actes sont "un péché gravement contraire à la chasteté". L'amour homosexuel n'est donc pas un don.