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Famille

  • La polygamie, pierre d’achoppement du premier voyage du pape Léon en Afrique

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    La polygamie, pierre d’achoppement du premier voyage du pape Léon en Afrique

    Oui, c’est rien moins qu’un hymne au mariage monogame et indissoluble qui a remporté le Superbowl de la chanson italienne à Sanremo en cette première nuit de mars, avec « Per sempre sì » chantée par Sal Da Vinci, ce qui lui a valu un commentaire enthousiaste dans « Vatican News » de la part de Mgr Antonio Staglianò, président de l’Académie pontificale de théologie, pour cette « résistance poétique » inattendue, à rebours de l’esprit du temps qui boude les mariages en faveur du « polyamour ».

    Mgr Staglianò fait référence à la note doctrinale « Una caro » publiée en novembre dernier par le Dicastère pour la Doctrine de la foi au sous-titre éloquent : « Éloge de la monogamie », qui prend pour modèle l’amour de Jésus qui s‘est sacrifié jusqu’au bout, érigeant ainsi le don réciproque du mariage chrétien au rang de sacrement.

    Mais le fait que le mariage chrétien soit monogame et indissoluble n’est pas forcément une évidence partout dans le monde, au contraire, il continue à faire face à des difficultés qui ne datent pas d’hier, comme la note « Una caro » le reconnaît elle-même.

    La note en cite deux en particulier : la polygamie, encore largement pratiquée principalement en Afrique subsaharienne, et le « polyamour », entendu comme « une forme publique d’union non monogame », qui augmente principalement en Occident.

    Le cas de l’Afrique touche l’Église catholique de manière d’autant plus particulière qu’il s’agit du seul continent où le christianisme est en expansion, avec 20% du total mondial des catholiques baptisés, mais où la polygamie fait obstacle à de nombreux baptêmes potentiels.

    Ce n’est pas la première fois que l’Église catholique tente de prendre ce problème à bras-le-corps et, depuis quelques années, elle cherche à établir une ligne commune. Le Symposium des conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar a demandé à douze experts de travailler à la rédaction d’un document unitaire sur la question, dont le projet – préalablement approuvé par le Dicastère pour la Doctrine de la foi – a été débattu en assemblée plénière à Kigali, au Rwanda, entre le 30 juillet et le 4 août 2025.

    Ce projet a ensuite été présenté à huis clos à l’assemblée par sœur Ester Lucas, une théologienne mozambicaine, et le texte est actuellement en phase de finalisation, avant d’être remis aux conférences épiscopales nationales. Mais on a déjà appris que la pratique consistant à attribuer aux polygames la reconnaissance officielle de « catéchumène permanent », c’est-à-dire de candidat à un baptême ne pouvant être célébré qu’après son abandon de la polygamie, c’est-à-dire en pratique quasi jamais, a été critiquée.

    En revanche, on vise à renforcer le « soin pastoral » et l’accompagnement des polygames, qui resteront tels pour la plupart « étant donné que les époux ne peuvent briser les liens entretenus » , mais ils pourront cependant acquérir une meilleure compréhension du mariage chrétien, comme « profondément lié au mystère du Christ et de l’Église ». Étant entendu que, s’ils satisfont aux conditions pour accéder aux sacrements, la première épouse et les enfants pourront être baptisés, tandis que le mari polygame et les autres femmes « seront encouragés à vivre leur foi de manière pénitentielle et dans l’espérance d’une pleine intégration dans la communauté de Jésus ».

    Il faudra cependant affirmer à tous avec clarté que « la polygamie n’est pas une condition normative, pas même dans les sociétés où elle est légalisée ».  D’autant que pas moins de trente-et-un pays africains la reconnaissent légalement.

    Et l’Église catholique fait encore face à une autre difficulté : celle de l’attitude adoptée par les autres confessions chrétiennes en la matière. Au sein de l’Église anglicane, ce sujet fait l’objet de vives discussions depuis la fin du XIXe siècle, et la solution qui fait aujourd’hui consensus depuis 1988 permet de baptiser un polygame ainsi que sa femme et ses enfants, pour autant qu’il n’ajoute pas d’autres femmes à celles qu’il a déjà.

    Sans parler du millier d’Églises africaines indépendantes, fondées et dirigées par des leaders autochtones, qui se sont largement répandues ces dernières décennies, allant jusqu’à rassembler plus de la moitié des chrétiens dans un pays comme l’Afrique du Sud. Ces Églises ont une attitude très indulgente envers la polygamie. Le professeur Marzio Barbagli de l’université de Bologne, qui est l’auteur d’un volumineux travail de recherche historique et sociologique à l’échelle mondiale intitulé « Monogamia, Storia di un’eccezione », qui vient de sortir récemment chez Mulino, attribue même aux Églises indépendantes africaines « la naissance d’une figure inconnue sur les autres continents et à d’autres périodes historiques : celle du chrétien polygame. Au Burkina Faso, pas moins de 24% des chrétiens ont plusieurs épouses et au Tchad, la polygamie est davantage répandue parmi les chrétiens que parmi les musulmans ».

    La recherche du professeur Barbagli, qui couvre une période de trois millénaires, confirme que « dans les cultures humaines, c’est la monogamie qui est rare, tandis que la polygamie est courante ». Les Grecs et les Romains ont été les premiers, à partir du Ve siècle avant Jésus Christ, à adopter le système monogame de formation des familles, que le christianisme a rendu « exclusif, durable et plus égalitaire en ce qui concerne l’obligation de fidélité conjugale ».

    Et cela dans un monde qui, hors de la domination romaine, était totalement polygame, avant d’être peu à peu conquis à la monogamie d’abord en Europe, puis aux Amériques, plus tard encore au Japon, en Chine et en Inde, tandis que cette transition est encore en cours dans d’autres pays d’Asie et d’Afrique subsaharienne.

    Le Pape Léon abordera vraisemblablement la question de la polygamie à l’occasion de son premier voyage africain, programmé du 13 au 23 avril en Algérie, au Cameroun, en Angola et en Guinée Équatoriale. Et peut-être tiendra-t-il compte de ce que la note doctrinale « Una caro » ajoute dans une note de bas de page, à propos de quelques aspects de ce phénomène qu’elle estime devoir mettre en valeur :

    « Des études approfondies sur les cultures africaines montrent que les différentes traditions accordent une importance particulière […] au rôle que la première épouse est appelée à jouer vis-à-vis des autres épouses. […] La première épouse régulièrement mariée selon les coutumes traditionnelles est souvent présentée comme celle donnée par Dieu à l’homme, bien que ce dernier puisse accueillir d’autres femmes. Dans le cas de la polygamie, la première épouse se voit attribuer une place particulière dans l’accomplissement des rites sacrés liés aux funérailles ou dans l’éducation des enfants nés d’autres femmes de la famille ».

    Mais le jésuite Anthony R. Lusvardi, professeur de théologie sacramentelle à la Grégorienne, a quant à lui écrit ceci dans son commentaire de « Una caro » paru dans le dernier numéro de « La Civiltà Cattolica » :

    « À bien y regarder, si l’on analyse honnêtement l’état actuel de la culture occidentale, il convient d’éviter de présenter la polygamie comme un phénomène exclusivement africain. Mark Regnerus de l’Université du Texas et d’autres chercheurs ont forgé l’expression iconique ’monogamie sérielle’ pour qualifier des modèles relationnels – caractérisés par des divorces fréquents et des cohabitations de courte durée – aujourd’hui largement dominants en Occident. La pratique de la gestation pour autrui introduit elle aussi une tierce personne dans le mariage à des fins de procréation, sans reconnaître à la femme qui accouche aucun des droits et des protections dont bénéficie l’épouse. […] En outre, depuis la légalisation de l’union entre personnes de même sexe dans plusieurs pays occidentaux, certaines voix critiques de la structure monogame de la famille, considérée comme oppressive, ont commencé à promouvoir des systèmes considérés comme plus inclusifs, comme le ‘polyamour’. La montée, en Europe, de communautés musulmanes avec une longue tradition de polygamie pourrait rendre ce sujet encore plus incontournable à l’avenir. »

    Bref, comme le dit notamment le professeur Barbagli en conclusion de sa recherche, « le déclin de la polygamie n’a pas coïncidé avec la pleine affirmation de la monogamie. Et certainement pas sous la forme indissoluble pour laquelle l’Église catholique s’est toujours battue ».

    — — —

    Sandro Magister est le vaticaniste émérite de l'hebdomadaire L'Espresso.
    Tous les articles de son blog Settimo Cielo sont disponibles sur diakonos.be en langue française.
    Ainsi que l'index complet de tous les articles français de www.chiesa, son blog précédent.

  • Sacré aux Goya, le film qui bouleverse l'Espagne

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    D'Hortense Leger sur aleteia.org :

    “Les Dimanches”, le film sacré aux Goya qui bouleverse l’Espagne

    Récompensé par cinq prix à la cérémonie des Goya ce 28 février, dont celui du meilleur film, "Les Dimanches" de la réalisatrice espagnole Alauda Ruiz de Azúa, explore avec finesse la tempête intérieure d’une jeune femme discernant sa vocation religieuse. Entre amour, foi et liberté, ce long-métrage bouleverse le cinéma espagnol et interroge croyants comme non-croyants.

    Lire la suite sur aleteia.org

  • Avec Baudouin et Fabiola - et d'autres témoins - un nouveau parcours pour vivre le Carême en couple !

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    Avis aux époux chrétiens : voici pour vous un nouveau parcours, concret, exigeant et enthousiasmant, tout spécialement conçu pour la période du Carême, à la suite de :

    Baudouin & Fabiola de Belgique
    Daphrose & Cyprien Rugamba
    Sainte Gianna Beretta Molla & son mari Pietro Molla
    Le bienheureux Charles de Habsbourg & son épouse Zita
    Le bienheureux Frédéric Ozanam & sa femme Amélie

    Le Carême nous le rappelle avec force : notre horizon est celui du Ciel ! Le Seigneur veut nous sanctifier… et nous sanctifier selon notre vocation propre : le mariage chrétien !

    Grâce à ce parcours de Carême, présenté sous la forme d’un ouvrage, laissons-nous transformer par Dieu. Prions davantage, partageons davantage, pratiquons l’ascèse !

    Pour notre plus grande joie, vivons tout particulièrement ce Carême en couple, dans l’accueil de la victoire du Christ ressuscité, acquise par son amour et son obéissance jusqu’à la Croix.

    En achetant dès maintenant ce bel et bon ouvrage sur Credofunding, vous aiderez au succès de ce parcours de Carême. Vous recevrez votre (ou vos) exemplaire(s) dans les jours qui suivront votre achat (nous sommes très réactifs pour les expéditions).

    Nous vous souhaitons un bon et saint Carême à tous, en grande communion de prière les uns avec les autres !



     Ce parcours, très agréable à lire et à suivre, présente de nombreux atouts :

    ● Il veut aider les époux à cheminer d’une manière toute spéciale à deux pendant le temps du Carême, en vue de faire croître leur unité conjugale et leur communion spirituelle.
    ● Il vise à favoriser les progrès de foi, d’espérance et de charité des époux chrétiens, et à les stimuler dans leur désir de devenir des saints.
    ● Il espère contribuer, pour les couples qui fondent leur alliance sur le sacrement de mariage, à un regain spirituel et à un renouveau de leur amour conjugal.
    ● Il permet d’aborder entre époux des thèmes importants, et notamment : la compréhension mutuelle, la paix en famille, le pardon à donner et recevoir, le dialogue et l’écoute, la transmission de la foi, la communion des cœurs et des corps, la place accordée au travail, le service des autres, le partage, le lien avec les belles-familles et les amis, la prière en couple…
    ● Il constitue une magnifique occasion de se laisser édifier par de belles figures d’époux chrétiens : Baudouin et Fabiola de Belgique, Daphrose et Cyprien Rugamba, sainte Gianna Beretta Molla et son mari Pietro Molla, le bienheureux Charles de Habsbourg et son épouse Zita, le bienheureux Frédéric Ozanam et sa femme Amélie.

    L’auteur de ce parcours :
    Mariée et mère de famille, Ann-Charlotte Taudière s’est investie de nombreuses manières au service des personnes, de la famille et des couples. Ce parcours de Carême qu’elle a conçu est le fruit de cette longue et riche expérience. Son souhait ardent : qu’à travers ce parcours, les couples puissent renforcer leur unité conjugale et leur communion spirituelle !

     Le programme quotidien, qui prend place dans une vie de prière et de partage, a été voulu accessible, concret, nourrissant et enthousiasmant :
    ● Une parole d’un ou deux membres du couple-témoin (lettres, extraits de livres…).
    ● Une Parole de la Bible en lien avec le thème du jour.
    ● Un enseignement issu d’un livre, d’une homélie, d’une formation, d’un document du Magistère de l’Église…
    ● Une intention de prière, une grâce à demander pour notre couple.
    ● Un exercice spirituel pour apprendre à mieux aimer.

    Cet ouvrage Notre parcours de Carême en couple à la suite de cinq couples rayonnants devrait particulièrement vous intéresser si :
    ● vous voulez renforcer votre communion et votre complicité entre époux.
    ● vous voulez accueillir la grâce de Dieu dans votre vie personnelle et conjugale d’une manière renouvelée, en puisant à la source de votre sacrement de mariage.
    ● vous voulez résolument avancer sur le chemin de la sainteté.

    À noter que ce parcours peut aussi être vécu en s’appuyant sur de petites fraternités de trois à cinq couples (fraternités à constituer avec d’autres couples, paroissiens ou amis).

     En publiant Notre parcours de Carême en couple à la suite de cinq couples rayonnants, la Maison d’édition Yeshoua Éditions veut contribuer à proposer de bonnes lectures : les époux chrétiens ont tant besoin d’être aidés pour vivre pleinement leur mission au service du monde, de l’Eglise, de leur famille.

    La production de belles œuvres a, de tout temps, pu se faire grâce au mécénat. Le financement participatif avec Credofunding est une façon très actuelle, concrète et accessible de promouvoir la vie spirituelle chrétienne et la culture du Beau, du Bien, du Bon, du Vrai.

    L’ouvrage Notre parcours de Carême en couple à la suite de cinq couples rayonnants a nécessité un beau travail de conception et d’importants coûts pour une impression de qualité en quadrichromie. Grâce aux 400 % de l’objectif initial déjà atteints, l’impression et le lancement de l’ouvrage ont été financés. Toutes les commandes au-delà de 400 % représentent un grand encouragement apporté à l’éditeur pour envisager de nouveaux projets d’édition.

    L’expédition des ouvrages commandés se fait dans les jours qui suivent l’achat. Vous devriez recevoir votre ou vos exemplaire(s) très rapidement !

    Pour participer à cette campagne, allez sur le site de CredoFunding

  • Genre et droit pénal international : l’ONU face à une fracture mondiale

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    De Stefano Gennarini sur zenit.org :

    Genre et droit pénal international : l’ONU face à une fracture mondiale

    La proposition d’élargir la notion de genre suscite une vive opposition en Afrique, en Asie et au Vatican

    9 février 2026

    (ZENIT News – Centre pour la famille et les droits humains / New York, 8 février 2026)

    L’ONU s’apprête à définir de nouveaux « crimes de genre » en droit pénal international. Les pays occidentaux souhaitent que cette définition inclue l’opposition à l’avortement et aux questions LGBT par les dirigeants politiques et, éventuellement, par le grand public.  La plupart des pays occidentaux souhaitent que le terme « genre » dans le nouveau traité des Nations Unies sur les crimes contre l’humanité soit élargi afin d’inclure le genre en tant que construction sociale et les questions d’identité sexuelle et de genre. Ils souhaitent également que toute une série de nouveaux crimes fondés sur le genre, tels que « l’apartheid sexuel » et les « violences reproductives », soient inclus dans le traité. 

    Le Saint-Siège et les pays traditionalistes, principalement d’Asie et d’Afrique, se sont opposés à cette initiative au sein d’une commission spéciale de l’Assemblée générale réunie durant les deux dernières semaines de janvier 2026 pour examiner un avant-projet de traité. Ils ont insisté sur la nécessité de définir la notion de genre afin d’empêcher que le droit pénal international ne soit instrumentalisé contre les conservateurs. 

    Les pays traditionalistes ont averti que le nouveau traité ferait de toute opposition aux droits des féministes, des homosexuels et des personnes transgenres un crime international potentiel. Cela inclut le soutien aux lois et politiques protégeant le mariage et la famille traditionnels, toute restriction des droits des personnes homosexuelles et transgenres, ainsi que les inégalités entre les sexes, telles que mesurées par des quotas. 

    Bien que la plupart des débats préliminaires se soient tenus à huis clos, plusieurs interventions ont été publiées sur le site web du comité.  Le dernier jour de la réunion du comité, un délégué irakien a prononcé un discours poignant en faveur de la famille, au nom de plusieurs nations islamiques. Il a soutenu qu’une définition imprécise du genre compromettait la famille telle que définie par le droit international. Il a affirmé que la « famille nucléaire, composée de deux conjoints de sexes opposés et de leurs enfants », constituait une « expérience humaine universelle » et bénéficiait d’une « valeur juridique positive » en droit international. De ce fait, le genre ne pouvait être compris qu’en référence aux deux sexes biologiques, masculin et féminin. 

    La délégation mexicaine, fervente défenseure des droits des personnes LGBT, a immédiatement tenté, sans succès, de faire retirer la déclaration irakienne du compte rendu. Les délégations ayant approuvé la déclaration étaient celles de l’Algérie, du Bahreïn, de l’Égypte, de l’Iran, de la Jordanie, du Koweït, de la Libye, d’Oman, du Pakistan, du Qatar, de l’Arabie saoudite, du Soudan, de la Syrie, de la Tunisie et du Yémen. 

    La délégation burundaise a critiqué la décision de la Commission du droit international, qui a préparé la première version du traité, d’omettre une définition du genre, car cela pourrait conduire à une « application politisée et à une incertitude juridique ».  Le Burundi a demandé que si le terme « genre » est maintenu dans le traité, il soit « clairement et expressément défini comme se référant exclusivement aux deux sexes, masculin et féminin, et que toute interprétation plus large ou évolutionniste soit explicitement exclue ». 

    Le Burundi s’est également opposé à la création de nouveaux crimes fondés sur le genre, tels que « l’apartheid sexuel », arguant que ce concept est trop vague pour être utilisé en droit pénal. « Si nous condamnons fermement toutes les formes de discrimination et d’inégalité historique à l’égard des femmes, toutes les inégalités ne constituent pas des crimes contre l’humanité. » 

    La délégation namibienne a rejeté la justification avancée par la Commission du droit international pour supprimer la définition du genre. La Commission a invoqué des recommandations non contraignantes et les travaux des mécanismes des Nations Unies relatifs aux droits de l’homme et du Procureur de la CPI, qui établissent de nouvelles obligations visant à reconnaître le genre comme une construction sociale, incluant les questions d’orientation sexuelle et d’identité de genre, en droit international.  La déclaration de la Namibie indiquait que les documents étaient ambigus, car issus de mécanismes ni contraignants ni fiables, et ne pouvaient donc garantir la clarté et la sécurité juridiques nécessaires en droit pénal. La Namibie a affirmé que le nouveau traité devrait continuer d’utiliser la définition précise du genre, à savoir masculin et féminin, telle qu’elle figure dans le Statut de Rome de la Cour pénale internationale. 

    Le débat s’est tenu au sein du Comité préparatoire de l’Assemblée générale, chargé d’organiser la conférence diplomatique qui devrait négocier et adopter le nouveau traité en 2029. Les délégations doivent maintenant préparer des amendements écrits à soumettre d’ici le 30 avril de cette année. Le Comité préparatoire doit fixer le règlement intérieur et les dates définitives des conférences diplomatiques d’ici le 15 avril 2027. 

    Parmi les autres pays ayant demandé le maintien de la définition du genre du Statut de Rome dans le nouveau traité figuraient l’Argentine, l’Algérie, le Burkina Faso, le Cameroun, l’Égypte, la Gambie, le Ghana, le Saint-Siège, la Hongrie, l’Iran, la Malaisie, le Nigéria, la Fédération de Russie, le Sénégal, la Turquie et d’autres. Les pays européens et nordiques, ainsi que le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Mexique et la Colombie, étaient favorables à la suppression de cette définition. 

    Genre et droit pénal international : l’ONU face à une fracture mondiale | ZENIT - Français

  • Les vraies raisons de la dénatalité

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    Du Journal du Dimanche via le site "Pour une école libre au Québec" :

    Dénatalité : «Les vraies raisons ne sont pas économiques»

    La psychologue clinicienne Marie-Estelle Dupont, qui anime « Et si on parlait » sur Europe 1, du lundi au samedi à 15 heures, pointe les obstacles non identifiés à la maternité.

    4 février 2026

    La défécondité repose sur l'absence de valeur accordée à la transmission de la vie.

    Il est parfaitement normal que certains traumatismes, notamment l’inceste, dissuadent à jamais d’enfanter. Mais il est en revanche profondément malsain d’ériger en vérité politique l’idée que la maternité serait un asservissement. Ce n’est qu’un point de vue. J’éduque trois enfants, et le mien est évidemment tout autre. Pour moi, la maternité est un accomplissement, en dépit de l’immense fatigue liée au fait de devoir travailler à temps plein… Car ce n’est pas le bébé le problème, mais le système dans lequel on devient mère, et l’isolement des couples. C’est la perte des liens intergénérationnels, l’éloignement géographique ou l’indifférence à l’autre dans les grandes villes…

    Et rien ne s’arrange. À l’heure des solidarités affichées et de la tolérance inclusive, la vérité est bien sinistre : cours d’école interdites, wagons sans enfants (plutôt que wagons réservés aux tout-petits avec un environnement adapté à leur taille et à leurs besoins), secrétariats médicaux que vous appelez après un test de grossesse et qui vous demandent directement si c’est pour un avortement…

    Les vraies raisons de la défécondité ne sont pas économiques. Même s’il est évident que mes parents ont assumé quatre enfants avec un seul salaire, alors qu’un couple qui travaille peine désormais à loger correctement deux ou trois enfants dans une grande ville. Mais l’argument cache l’immense arnaque de la modernité. Celle qui fait croire aux femmes qu’elles seront libres, épanouies, émancipées en étant célibataires, puissantes économiquement et sans descendance.

    Il n’est d’existence sans liens, et l’on nous vend pourtant l’autonomie comme l’alpha et l’omega du bonheur… Nous savons pourtant que la vie n’a de saveur que par les relations. Les bébés carencés se laissent dépérir ; les vieillards isolés souffrent de syndromes de glissement ; les adultes trop longtemps seuls dépriment et s’angoissent… En imposant une anthropologie matérialiste et individualiste, la modernité a perdu l’homme en le coupant de sa nature véritable. Celle à partir de laquelle, seulement, il peut à la fois s’accomplir et être heureux. Or c’est parce que l’on sent l’immense valeur de l’existence, et son sens, que l’on enfante.

    Cela ne veut pas dire qu’une femme ne saurait être heureuse sans être mère ou sans être mariée. En revanche, cela signifie qu’une société qui crée des espaces interdits aux enfants et ne présente l’interdépendance dans le couple que sous l’angle du risque d’emprise perçoit uniquement le lien familial sous l’angle de la soumission/domination, de la charge logistique, de la frustration. Une société qui se presse de donner 2 000 euros par mois et par enfant aux crèches, mais seulement 400 aux parents qui souhaitent prendre un congé parental, est une société qui pousse une vision erronée de ce qu’est l’homme. 

    Tant de choses participent du découragement… La précarité de l’amour, la difficulté à s’engager ou la banalisation du divorce… Les conditions effarantes d’accueil du jeune enfant, les maltraitances systémiques de crèches dans lesquelles un adulte doit assumer seul huit enfants, le silence assourdissant des féministes quant aux besoins des femmes qui viennent d’accoucher et cicatrisent encore après avoir mis au monde ceux qui paieront les retraites des militants du « no kids ». La santé mentale de l’adulte repose sur un attachement sécurisant, apaisant. Et on s’étonne que ça aille mal ? La culpabilisation permanente des parents qui souhaitent exercer leur autorité parentale comme bon leur semble, l’infantilisation des adultes, l’autonomisation à marche forcée de tout-petits séparés de leur figure d’attachement des journées entières. Et j’ajouterais même la surmédicalisation de la grossesse, accompagnée d’intrusions parfois fort violentes d’obstétriciens dans le corps de la parturiente… 

    « Pour donner la vie, il faut espérer, avoir confiance »

    Pour donner la vie, il faut espérer. Avoir confiance, a minima, en soi, dans son couple et dans le monde à venir. Ce n’est pas, rappelle Olivier Rey dans son essai récent Défécondité, l’argument économique qui prime. C’est cette absence d’espérance, de valeur accordée à la transmission de la vie. Mais c’est aussi cette maltraitance systémique du bébé et de sa mère, cette dépréciation de la vie, cette domestication de l’amour.

    Aujourd’hui, avoir un enfant est perçu comme trop risqué. Parce qu’en lieu et place de l’espérance en un bien commun et désirable, nous avons été biberonnés au narratif de crise. Crise économique, migratoire, géopolitique, institutionnelle, sanitaire, écologique. Ce monde en crise n’est-il pas avant tout un monde en espérance d’enfants qui nous réconcilient avec une vie qui se désincarne et se désenchante à force d’être domestiquée ?

  • Le pape Léon XIV affirme que l'Église catholique ne peut pas « relativiser » son enseignement sur le mariage

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    De Charles Collins sur Crux :

    Le pape Léon XIV affirme que l'Église catholique ne peut pas « relativiser » son enseignement sur le mariage.

    S'adressant lundi aux membres du Tribunal apostolique de la Rote romaine, le pape Léon XIV a mis en garde contre « une dangereuse relativisation de la vérité » en ce qui concerne l'enseignement de l'Église sur l'indissolubilité du sacrement de mariage.

    L'une des principales fonctions de la Rote romaine est de traiter les appels en matière de nullité de mariage au sein de l'Église catholique. Contrairement au divorce, qui met fin au mariage, une déclaration de nullité – souvent appelée « annulation » – peut être prononcée après qu'une procédure légale a établi qu'aucun mariage valide n'a réellement eu lieu.

    Si l'une des parties à un mariage présumé avait en réalité déjà été mariée et n'avait pas obtenu d'annulation, par exemple, l'Église déclarera le second mariage nul.

    Il existe de nombreuses autres raisons pour lesquelles un mariage peut être nul, toutes énumérées dans le Code de droit canonique de l'Église, et les cas d'annulation peuvent être plus ou moins difficiles à prouver.

    Lundi, Léon XIV a déclaré aux membres de la Rote – qui sont tous des prêtres – qu’il souhaitait parler du lien étroit entre la « vérité de la justice » et la « vertu de la charité ».

    « Il ne s’agit pas de deux principes opposés, ni de valeurs à équilibrer selon des critères purement pragmatiques, mais de deux dimensions intrinsèquement unies qui trouvent leur harmonie la plus profonde dans le mystère même de Dieu, qui est Amour et Vérité », a déclaré le pape Léon XIV.

    Il a déclaré que cette corrélation exige une exégèse critique constante et rigoureuse, « car, dans l’exercice de l’activité judiciaire, une tension dialectique surgit souvent entre les exigences de la vérité objective et les préoccupations de la charité ».

    « Il existe parfois un risque qu’une identification excessive aux vicissitudes souvent tourmentées des fidèles conduise à une dangereuse relativisation de la vérité », a déclaré le pontife.

    « En réalité, une compassion mal comprise, même si elle semble motivée par un zèle pastoral, risque d’occulter la dimension nécessaire à la recherche de la vérité propre à la fonction judiciaire. Cela peut se produire non seulement dans les cas de nullité de mariage – où cela pourrait conduire à des décisions pastorales dépourvues de fondement objectif solide – mais aussi dans tout type de procédure, compromettant ainsi sa rigueur et son équité », a-t-il ajouté.

    Dès le début de son pontificat, le pape François a simplifié la procédure d'annulation de mariage au sein de l'Église locale : en donnant plus de pouvoir aux évêques, en accélérant le processus et en veillant à ce que les fidèles n'aient pas à payer pour être entendus.

    Léon XIV a cependant déclaré aux juges de la Rote que l'objectif de son prédécesseur en rationalisant la procédure de nullité n'était pas d'affaiblir la réalité de l'indissolubilité du mariage sacramentel.

    Il a déclaré que, dans le cadre de la procédure plus courte d'annulation de mariage devant l'évêque diocésain, « la nature prima facie du motif d'annulation qui la rend possible doit être jugée avec beaucoup de soin, sans oublier que c'est la procédure elle-même, dûment mise en œuvre, qui confirme l'existence de l'annulation ou détermine la nécessité de recourir à la procédure ordinaire. »

    « Il est donc essentiel de continuer à étudier et à appliquer le droit canonique du mariage avec rigueur scientifique et fidélité au Magistère », a déclaré le pape Léon XIV.

    Il a déclaré à la Rote romaine que certains aspects des procédures canoniques peuvent être envisagés dans le contexte de la vérité dans la charité.

    « Avant tout, les actions des différents protagonistes de ce processus doivent être entièrement marquées par une volonté sincère de contribuer à faire la lumière sur le jugement juste à rendre, avec une honnêteté intellectuelle rigoureuse, une compétence technique et une conscience irréprochable », a-t-il déclaré.

    Léon a rappelé aux juges que leur rôle principal est la recherche de la vérité, « qui ne se réduit pas à l'accomplissement professionnel, mais doit être comprise comme une expression directe de responsabilité morale ».

    « Cette démarche est motivée avant tout par la charité, mais elle va au-delà des seules exigences de la justice, servant autant que possible le bien intégral des personnes, sans dénaturer sa fonction, mais en l’exerçant avec un plein sens de l’ecclésialité », a-t-il déclaré.

    « Les procédures canoniques doivent inspirer la confiance qui découle du sérieux professionnel, d’un travail intense et réfléchi, et d’un engagement sincère envers ce qui peut et doit être perçu comme une véritable vocation professionnelle. Les fidèles et toute la communauté ecclésiale ont droit à l’exercice juste et opportun des fonctions procédurales, car il s’agit d’un cheminement qui touche les consciences et les vies », a déclaré le pape.

    Le discours de lundi était la deuxième fois que le pape Léon XIV s'adressait à la Rote romaine depuis son élection.

    Le 21 novembre 2025, le pontife nouvellement élu s'est adressé à eux après une journée d'études.

    Il y a deux mois, Léon a rappelé aux juges du Saint-Siège que le jugement humain sur la nullité du mariage « ne peut toutefois pas être manipulé par une fausse miséricorde ».

    Il a déclaré à la Rote que l'Église devait se souvenir que les efforts visant à promouvoir la réconciliation entre époux étaient très importants, « y compris, lorsque cela est possible, par la validation du mariage ».

  • Pourquoi marchent-ils ? Et si nous en prenions de la graine ?

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    De sur The Catholic Thing :

    Pourquoi nous marchons

    Vendredi 23 janvier 2026

    L'un des avantages de vivre dans la banlieue de Washington DC – et oui, il y en a – est que je peux participer à la Marche pour la Vie presque chaque année. Cette année, alors que de nombreux participants potentiels se demandent si leurs vols retour ne seront pas annulés par une importante tempête hivernale, je n'ai pas ces inquiétudes. J'y serai de nouveau, à marcher, à prier et à trouver du réconfort dans les sourires de dizaines de milliers de jeunes, de familles et de nombreux amis.

    La Marche offre l'occasion de réfléchir aux progrès accomplis en matière de défense de la vie, ainsi qu'à ce qui reste à faire. Ce travail est souvent perçu dans le contexte de notre vie politique : élection de politiciens pro-vie, modifications législatives, décisions de justice, politiques louables ou condamnables.

    Le mouvement pro-vie, né à la suite de l'arrêt Roe v. Wade et qui perdure aux États-Unis depuis plus d'un demi-siècle, est une remarquable réussite de l'activisme citoyen. Peu de pays peuvent se targuer d'une coalition aussi large et durable en faveur de la protection de l'enfant à naître que celle que nous avons ici, aux États-Unis.

    Le pape Léon XIV a récemment souligné l'importance de ce travail, tant pour les vies concernées que pour le bien-être de la société dans son ensemble :

    La protection du droit à la vie constitue le fondement indispensable de tous les autres droits humains. Une société n'est saine et ne progresse véritablement que lorsqu'elle sauvegarde le caractère sacré de la vie humaine et œuvre activement à sa promotion.

    Bien sûr, le mouvement pro-vie ne se limite pas à l'activisme politique, aussi important soit-il. Pensons, par exemple, aux vastes réseaux de centres d'aide aux femmes enceintes en difficulté qui ont accompli, et continuent d'accomplir, un travail si admirable auprès des mères et des enfants à travers le pays. Pensons aux Sœurs de la Vie, qui incarnent d'une manière particulière l'engagement catholique au service des plus vulnérables. Pensons aux innombrables groupes paroissiaux pro-vie où des milliers de chapelets sont récités chaque semaine pour les mères en détresse et pour la protection de leurs enfants.

    Ces immenses efforts déployés à grande échelle pour défendre la vie sont également renforcés par le témoignage de l'Église en faveur de la dignité de la vie humaine dans d'autres domaines : sa défense des personnes âgées et des malades en phase terminale ; sa sollicitude envers les pauvres, les sans-abri, les incarcérés et l'étranger ; son souci des pécheurs.

    Chacun de nous est aimé de Dieu, un Dieu qui, bien que pécheurs, nous a aimés le premier. Reconnaître cette réalité fondamentale, cette vérité essentielle de la vie chrétienne, c'est connaître la double consolation de la gratitude et de l'humilité. De cette grâce découle l'impératif d'aimer à l'exemple du Christ.

    L’impératif d’aimer – qui devrait guider tout le mouvement pro-vie et qui est assurément mis en lumière chaque année en janvier lors de la Marche – nous amène également à réfléchir à l’ampleur des conséquences de l’avortement dans ce pays. Le coût en vies humaines est presque incalculable – presque, mais pas tout à fait : entre 60 et 70 millions d’avortements ont été pratiqués aux États-Unis depuis 1973.

    Le coût des relations entre hommes et femmes, le désespoir des familles, la douleur du regret et de la perte, la corruption de notre vie politique, l'endurcissement de l'âme de notre nation : autant de conséquences bien réelles du péché d'avortement. Ce sont des conséquences spirituelles qui nous touchent tous (même ceux qui n'ont jamais été directement concernés par l'avortement), car elles façonnent et affectent profondément les familles, les communautés et même l'Église à laquelle nous appartenons.

    Dans son discours de réception du prix Nobel de 1979, Mère Teresa a prononcé un discours resté célèbre en faveur de l'enfant à naître. Mais ses paroles n'étaient pas seulement une lamentation sur l'avortement ou un appel à défendre les plus vulnérables d'entre nous (bien qu'elle ait fait les deux). Elle a également mis en lumière la pauvreté – la plus grande pauvreté – des nations qui légalisent l'avortement.

    Le plus grand fléau de la paix aujourd'hui, c'est le cri de l'enfant innocent à naître. Car si une mère peut tuer son propre enfant dans son ventre, que nous reste-t-il pour nous entretuer ?... À mes yeux, les nations qui ont légalisé l'avortement sont les plus pauvres. Elles ont peur du petit, elles ont peur de l'enfant à naître, et cet enfant doit mourir parce qu'elles ne veulent pas nourrir un enfant de plus, éduquer un enfant de plus ; cet enfant doit mourir.

    L'avortement légal n'est pas seulement une aberration morale, c'est une catastrophe spirituelle d'une ampleur presque inimaginable. Comment laver la tache de tout ce sang versé ? Comment guérir l'âme d'une nation si profondément marquée par des décennies d'un tel mal ? Comment garder espoir quand le don de la vie est traité comme une maladie à éviter ou une menace à éradiquer ?

    La réponse à ces questions a été apportée définitivement par Jésus-Christ il y a deux millénaires. Nous, catholiques, savons qu'il n'y a pas de péché si grand que la grâce de Dieu ne puisse le vaincre. C'est la source de toute notre espérance. Quelle autre espérance pouvons-nous avoir ?

    Mais nous autres catholiques savons aussi que l’œuvre de salut accomplie par le Christ trouve son expression à travers le temps et l’espace grâce à l’action de l’Église, et particulièrement lors de la messe. C’est également à cela que je pense à l’approche de la Marche pour la Vie, car le mal spirituel que représente l’avortement exige une réponse. Le Christ a apporté la réponse définitive, mais chacun de nous peut, par ses modestes efforts, y joindre les siens par la pénitence et la réparation, la prière et le jeûne, pour les blessures spirituelles qui marquent si profondément l’âme de notre chère nation.

    Alors cette semaine plus que jamais, Marchons pour la Vie ! Prions pour la fin de l'avortement ! Agissons pour faire évoluer les mentalités et les lois ! Soutenons les plus démunis ! Et peut-être offrons-nous une pénitence, aussi modeste soit-elle, pour le bien de notre nation, en l'unissant au sacrifice du Fils de Dieu en qui réside toute notre espérance.

    __________

    Stephen P. White est directeur exécutif du Catholic Project à l'Université catholique d'Amérique et chercheur associé en études catholiques au Centre d'éthique et de politique publique.

  • La France se dépeuple pour la première fois depuis 1942

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    De la Lettre du Figaro du mercredi 14 janvier 2026 :

    En 2025, 645.000 bébés ont vu le jour en France. C’est 2,1% de moins qu’en 2024. 

    Les scénarios les plus pessimistes de l’Ined prévoyaient en 2021 un indice de fécondité de 1,69 enfant par femme. L’hypothèse était qualifiée de « fécondité très basse ». Nous en sommes à 1,56. C’est un désastre pour la France sur tous les plans. Votre journal alerte depuis longtemps et régulièrement sur ce péril. Un cap funeste vient d’être franchi : avec 651 000 décès et 645 000 naissances, notre solde naturel est devenu négatif. Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, en 1942 pour être précis, nous nous dépeuplons.

    Ce basculement s’explique par deux facteurs : non seulement « la baisse des naissances s’est accentuée et a notamment été spectaculaire en 2023, avec 7 % de moins », mais en plus le nombre de décès augmente à la faveur du départ des baby-boomers. Les causes de la dénatalité sont multiples, mais un constat demeure : les Français ont moins d’enfants qu’ils le voudraient. La difficulté des conditions matérielles explique donc en grande partie le problème. La diminution des allocations familiales par François Hollande a porté un coup terrible à notre fécondité, visible nettement sur les courbes.

    Parmi les problèmes identifiés et non réglés par les pouvoirs publics, le logement. Des chercheurs commencent à établir un lien direct entre baisse des naissances et crise de l’immobilier. C’est limpide : « Un jeune actif payé au salaire médian a perdu l’équivalent de deux chambres d’enfant dans nos grandes villes », explique l’économiste Maxime Sbaihi. À Bordeaux, une pièce en plus coûte 60 000 euros, 100 000 à Paris. Qui peut se le permettre ?

    « Triste humanité que celle qui n’espère plus, dans ses entrailles, le cri de la naissance, le jaillissement impérieux, mystérieux et merveilleux de l’à-venir, l’augmentation d’elle-même non par la technologie ou la quête infinie des droits personnels mais par le cœur ! », alerte Laurence de Charette dans son éditorial.

  • Dé-fécondité; ses raisons, sa déraison – Olivier Rey

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    Une recension sur gènéthique.org :

    Dé-fécondité. Ses raisons, sa déraison – Olivier Rey

    13 janvier 2026

    Année après année, le constat est là : la natalité est en baisse. Abyssale.

    Les raisons sont diverses. Tantôt théoriques comme le « souci de la planète » qui confère au fait de ne pas engendrer « un tour responsable et altruiste », tantôt pratiques telle l’« évaporation des communautés » qui laisse les parents livrés à eux-mêmes. « La dénatalité exprimerait, faute de mieux, une forme de défection intérieure », analyse Olivier Rey.

    L’enfant viendrait-il restreindre la liberté de ses parents ? Mais en fait de liberté, il s’agit d’une « aliénation complète au mode de vie consumériste ». Dès lors, « l’enfant entre en compétition avec l’ensemble des biens de consommation dont, par le temps qu’il requiert et les dépenses qu’il occasionne, il barre l’accès ». Et, « au gré de cette compétition, il tend à devenir lui-même un bien de consommation, dont le rapport qualité/prix pourra paraitre dissuasif ». Dissuasive aussi la perspective d’une grossesse, cette « maladie » qu’il faudrait à tout prix éviter.

    Mais « aux raisons sérieuses qu’il y a de ne pas engendrer, peuvent être opposées des raisons au moins aussi sérieuses de le faire » et c’est à cela que s’emploie avec profondeur le philosophe et mathématicien dans cet essai.

    Olivier Rey le rappelle : « Péguy, quant à lui, écrivait il y a déjà un siècle : « Il n’y a qu’un aventurier au monde, et cela se voit très notamment dans le monde moderne : c’est le père de famille. Les autres, les pires aventuriers ne sont rien, ne le sont aucunement en comparaison de lui. Ils ne courent absolument aucun danger en comparaison de lui « ». Car « l’aventure dans laquelle père et mère (dont Péguy aurait aussi dû parler) d’enfants se trouvent embarqués est trop grande pour eux – c’est une caractéristique de l’humanité que d’être vouée à des tâches qui dépassent ses forces, affirme le philosophe. C’est ainsi qu’elle continue. »

    L’aventure est risquée, éprouvante, mais elle est nécessaire. Elle est belle. Et « les enfants qui naissent apportent avec eux la raison de leur présence. »

    Editeur : Gallimard, Collection Tracts

    Date de publication : 30/10/2025

    Nombre de pages : 64

  • Soutenons la NEF

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    2025, une année où La Nef a continué à soigner ses articles et à nourrir le débat de fond. Florilège ci-dessous. 

    Nous avons besoin de votre soutien pour prolonger ce travail en 2026 !

    Chers amis,

    Vous trouverez ci-dessous quelques articles de cette année écoulée. 

    Chaque mois, La Nef prend part au débat, et s’efforce de remplir ses pages de beaux articles, en tenant une ligne d’exigence intellectuelle pour appréhender au mieux les réalités naturelles et surnaturelles, en restant fidèle au Magistère de l’Église et en cultivant l'amour des choses de l’esprit. 

    Nous sommes convaincus que tout ce travail est capital, qu’il participe fortement à former les catholiques et à faire entendre une voix catholique au-delà des frontières de l'Église.

    C’est pourquoi il est si important que La Nef continue d’exister et d'exercer sa mission ! Or, pour cela, elle a grandement besoin de votre soutien : aidez-nous, participez à notre campagne de dons !

    Nous vous en sommes d’avance très reconnaissants, et vous remercions.

    Christophe et Élisabeth Geffroy 

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  • L'Angelus du pape Léon XIV pour la fête de la Sainte Famille

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    FÊTE DE LA SAINTE FAMILLE DE NAZARETH

    PAPE LÉON XIV

    ANGÉLUS

    Place Saint-Pierre
    Dimanche 28 décembre 2025

     
    Chers frères et sœurs, bon dimanche !

    Aujourd’hui, nous célébrons la Fête de la Sainte Famille et la liturgie nous propose le récit de la “fuite en Égypte” (cf. Mt 2, 13-15.19-23).

    C’est un moment d’épreuve pour Jésus, Marie et Joseph. En effet, sur le tableau lumineux de Noël se projette, presque soudainement, l’ombre inquiétante d’une menace mortelle, qui trouve son origine dans la vie tourmentée d’Hérode, un homme cruel et sanguinaire, redouté pour sa cruauté, mais précisément pour cette raison profondément seul et obsédé par la peur d’être détrôné. Quand il apprend par les mages que le “roi des Juifs” est né (cf. Mt 2, 2), se sentant menacé dans son pouvoir, il décrète la mise à mort de tous les enfants de l’âge correspondant à celui de Jésus. Dans son royaume, Dieu accomplit le plus grand miracle de l’histoire, dans lequel s’accomplissent toutes les anciennes promesses de salut, mais il ne parvient pas à le voir, aveuglé par la crainte de perdre son trône, ses richesses, ses privilèges. À Bethléem, il y a de la lumière, il y a de la joie : certains bergers ont reçu l’annonce céleste et, devant la crèche, ils ont glorifié Dieu (cf. Lc 2, 8-20), mais rien de tout cela ne parvient à pénétrer les défenses blindées du palais royal, si ce n’est comme l’écho déformé d’une menace, à étouffer dans une violence aveugle.

    Mais c’est précisément cette dureté de cœur qui met encore plus en évidence la valeur de la présence et de la mission de la Sainte Famille qui, dans le monde despotique et avide que représente le tyran, est le nid et le berceau de la seule réponse de salut possible : celle de Dieu qui, dans une gratuité totale, se donne aux hommes sans réserve et sans prétention. Et le geste de Joseph qui, obéissant à la voix du Seigneur, met en sécurité l’Épouse et l’Enfant, se manifeste ici dans toute sa signification rédemptrice. En Égypte, en effet, la flamme de l’amour domestique à laquelle le Seigneur a confié sa présence dans le monde grandit et prend de la vigueur pour apporter la lumière au monde entier.

    Alors que nous contemplons ce mystère avec émerveillement et gratitude, pensons à nos familles et à la lumière qu’elles peuvent apporter à la société dans laquelle nous vivons. Malheureusement, le monde a toujours ses “Hérodes”, ses mythes du succès à tout prix, du pouvoir sans scrupules, du bien-être vide et superficiel, et il en paie souvent les conséquences dans la solitude, le désespoir, les divisions et les conflits. Ne laissons pas ces mirages étouffer la flamme de l’amour dans les familles chrétiennes. Au contraire, gardons en elles les valeurs de l’Évangile : la prière, la fréquentation des sacrements – en particulier la confession et la communion –, les affections saines, le dialogue sincère, la fidélité, la simplicité et la beauté des paroles et des gestes bons de chaque jour. Cela les rendra lumière d’espérance pour les milieux dans lesquels nous vivons, école d’amour et instrument de salut entre les mains de Dieu (cf. François, Homélie lors de la messe pour la Xe Rencontre mondiale des familles, 25 juin 2022).

    Demandons donc au Père céleste, par l’intercession de Marie et de saint Joseph, de bénir nos familles et toutes les familles du monde, afin qu’elles grandissent à l’image de celle de son Fils fait homme et soient pour tous un signe efficace de sa présence et de son infinie charité.

  • Imiter la Sainte Famille

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    Du sur The Catholic Thing :

    Imiter la Sainte Famille

    Dimanche 28 décembre 2025

    L'oraison d'aujourd'hui pour la fête dit : « Ô Dieu, qui avez daigné nous donner l'exemple de la Sainte Famille, accordez-nous la grâce de l'imiter. » Voilà qui est exigeant. Car la Sainte Famille était exceptionnelle. Inimitable, pourrait-on dire. Joseph et Marie étaient certes mariés. Mais leur mariage était unique en son genre. Jésus était bien leur Fils… mais pas au sens habituel du terme.

    Pourtant, cette collecte et l'intuition des fidèles à travers l'histoire indiquent qu'il y a, en effet, quelque chose à imiter ici. Et quelque chose d'imitable. Cela ne signifie pas pour autant rabaisser la Sainte Famille à notre niveau. Au contraire, ce que nous rencontrons de manière unique et irremplaçable au sein de la Sainte Famille révèle une vérité valable pour chaque famille.

    Tout d'abord, la Sainte Famille commence par l'amour de Joseph et Marie. Nombre de chrétiens pourraient considérer leur mariage comme une sorte de fiction. Marie allait avoir un enfant et il fallait bien un mari/père. D'où les représentations du vieux Joseph, sénile et chancelant, peinant à suivre Jésus et Marie.

    Mais Dieu ne s'adonne pas à l'illusion. Joseph et Marie s'aimaient d'un amour conjugal authentique, même s'il s'est exprimé d'une manière singulière. Elle s'est confiée à sa protection, ainsi que sa virginité promise. Il s'est donné par amour comme son époux et son protecteur. Ce que chacun désirait pour l'autre, c'était la sainteté à laquelle Dieu les appelait. Sa sainteté a inspiré sa générosité envers Dieu, et sa protection a rendu la sienne possible.

    De même, la sainteté d'une famille prend racine dans l'amour des époux. Il ne s'agit pas ici de la théorie romantique de l'« âme sœur », qui, paradoxalement, conduit à l'infidélité et à la rupture des familles. Non, il s'agit du simple amour conjugal que les mariés perçoivent et qui les pousse à s'engager pour la permanence, la fidélité et la volonté d'avoir des enfants. C'est le choix quotidien de s'aimer l'un l'autre qui non seulement préserve ces vœux, mais les approfondit également.

    Deuxièmement , bien que Joseph et Marie n'aient jamais eu de relations conjugales, ils étaient néanmoins ouverts à la vie – d'une manière exceptionnelle, assurément. L'Enfant né de Marie est le fruit de leur union. Leur mariage existait déjà au moment de la conception du Christ. C'est au sein de leur mariage qu'il a été conçu. C'est grâce non seulement à sa foi en Dieu, mais aussi à sa confiance en Joseph, que Marie a pu dire oui à l'ange. Cette ouverture singulière à la vie a donné naissance au Seigneur de la Vie.

    La Sainte Famille avec sainte Élisabeth, saint Jean et une colombe par Pierre Paul Rubens, vers 1608-1609 [The MET, New York]

    « Soyez féconds et multipliez-vous. » Tel est le premier commandement de Dieu, et donc le plus fondamental. Comme tous ses commandements, il est pour notre bien, et le transgresser ne nous apporte que tristesse. L’ouverture d’un couple à l’égard des enfants – et, plus encore, leur générosité à  les accueillir – témoigne de leur confiance en la providence divine et de leur volonté de se dépasser dans le don de soi. Cette ouverture et cette générosité deviennent à leur tour un chemin de sanctification, un moyen de grandir dans la confiance et le don de soi. Les sacrifices ordinaires des mères et des pères sont intrinsèquement liés à la sainteté chrétienne.

    Troisièmement , la Sainte Famille avait un but précis, une véritable mission . Le Christ avait été confié au mariage de Joseph et Marie. Leur amour mutuel avait fondé le foyer où il fut accueilli et où il « croissait en sagesse, en âge et en grâce devant Dieu et devant les hommes » (Luc 2, 52). En bref, leur raison d’être était Jésus. Tout, dans leur amour et dans leur foyer, était orienté vers lui et sa mission.

    Chaque famille a une mission et un but. Naturellement, la famille apporte de nombreux bienfaits à la société (et, hélas, à mesure qu'elle se désagrège, nous constatons combien de ces bienfaits seront perdus). Mais le but ultime de la famille transcende ce monde. En effet, à l'instar de la Sainte Famille, le but de chaque famille est Jésus-Christ. Lui offrir une place au sein du foyer, parmi ses membres. Croître dans la connaissance et l'amour de lui, développer la capacité de l'imiter.

    Enfin, la Sainte Famille pria. Compte tenu de la présence du Verbe incarné et de l'Immaculée Conception dans leur foyer, leur prière était sans doute unique. Mais, d'un autre côté, elle était ordinaire. Ils priaient comme leur peuple. Ils se reconnaissaient comme membres du peuple de Dieu et priaient selon les temps, les saisons, les textes et les rites qui leur avaient été transmis. Leur prière était ordinaire aussi parce qu'elle s'intégrait naturellement à leur vie quotidienne. Parler à Dieu était aussi naturel que respirer.

    Chaque famille est appelée à la prière. Le célèbre adage du père Peyton reste d'actualité : « La famille qui prie ensemble reste unie. » Mais la prière apporte bien plus que le simple fait de rester unis. La prière au foyer, à commencer par les époux, conduit à la sanctification. Elle rend la famille plus attentive à la présence de Dieu et lui donne davantage d'espace pour agir dans leurs vies.

    À l’image de la Sainte Famille, la prière de chaque famille devrait être ordinaire. En ce premier sens, elle doit être faite selon les temps liturgiques, les textes et les rites de l’Église. L’Église domestique doit être le lieu où s’enracinent les doctrines et la liturgie de l’Église. La prière familiale doit aussi être ordinaire en ce second sens : elle ne doit rien avoir d’inhabituel ni d’étrange. C’est au sein de la famille ordinaire qu’il faut être conscient de la présence de Dieu, s’incliner en prière, rendre grâce et louer Celui de qui toute famille au ciel et sur la terre tire son nom. (Éphésiens 3, 15)