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Eglise - Page 406

  • Ce que les évêques belges sont allés défendre à Rome

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    Où l'on apprend comment nos excellences sont allées déverser leur bonne parole à Rome et en sont revenues ravies d'y avoir été écoutées avec complaisance sans apparemment y avoir subi la moindre contradiction...

    Du Nederlands Dagblad (Hendro Munsterman) :

    26 novembre 2022

    De Kesel a donné une introduction sur la sécularisation au Vatican. L'accent a été mis aussi sur la "bénédiction gay" et les femmes diacres

    Pendant une semaine, les évêques de Belgique se sont exprimés au Vatican sur la situation de l'Église belge. La pénurie de prêtres y a été abordée, mais aussi les questions relatives aux personnes mariées, les prêtres, les diacres féminins et, bien sûr, la "bénédiction gay" qu'ils ont récemment publiée.

    Les 11 évêques belges étaient encore enflammés vendredi soir après cette réunion de deux heures qu'ils avaient eu avec le Pape François le matin même. Inoubliable", "impressionnant", "Quelle expérience !", "Quel pape nous avons !", ont-ils raconté avec émotion lors d'une conférence de presse. (voir ICI)

    Juste avant, leur président, le cardinal Joseph De Kesel, était revenu sur cette visite ad-limina. L'atmosphère a changé ", a déclaré Mge De Kesel, qui avait également effectué une visite ad limina en 2003 et 2010, avec trois papes différents.

    L'accueil a été très chaleureux partout", a noté De Kesel avec satisfaction. Nous avons parlé de beaucoup de questions qui touchent nos églises locales. A chaque fois, on nous a dit qu'ils voulaient nous écouter pour comprendre notre situation". Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas eu de discussion.

    Avant tout, De Kesel s'était fixé un objectif précis pour "sa mission personnelle de la semaine dernière", comme il l'appelle. Il voulait se rendre "dans chacun des dicastères (départements du Vatican) pour expliquer notre situation d'une société pluraliste et sécularisée, un thème sur lequel il a écrit un livre l'année dernière qui sera bientôt publié en italien. A Rome, la situation belge "est parfois jugée avec des présupposés propres à l'Europe", une situation telle qu'elle n'a plus existé chez nous depuis les années 1950, à savoir d'une Eglise ayant beaucoup de prestige et de pouvoir, dans une société chrétienne homogène".

    Dans plusieurs dicastères, les évêques ont été informés que le principal problème est le manque de vocations sacerdotales. C'est effectivement douloureux", a admis De Kesel. Mais c'est aussi nécessaire de se demander pourquoi. Selon De Kesel, la sécularisation actuelle n'est pas tant un "obstacle" qu'une réalité à accepter et qui est une opportunité et un défi. Il y a donc eu une discussion. J'ai pu dire ce qui me préoccupe, dans un esprit de fraternité et de respect. Nous ne sommes pas venus à Rome en tant qu'exécuteurs de ce qui a été décidé ici, mais en tant qu'évêques qui ont également leurs propres responsabilités dans leur église locale", a déclaré Mgr De Kesel dans des termes qui ressemblent comme deux gouttes d'eau à ce que les évêques allemands ont proclamé il y a une semaine

    Selon plusieurs participants à la visite ad-limina, la mission de De Kesel a porté des fruits. Un cardinal romain a même mis de côté une partie de ce qu'il avait préparé comme étant "non pertinent" alors qu'il avait entendu De Kesel et deux de ses collègues exprimant leur opposition. Je comprends mieux maintenant", aurait-il dit.

    La "bénédiction gay" des évêques flamands a également été discutée, bien sûr. Le cardinal parle d'ailleurs très explicitement non pas d'une bénédiction gay ou d'une liturgie, mais plutôt plus prudemment sur un "moment de prière dans lequel nous demandons à Dieu de nous aider et de nous protéger".

    Je suis très heureux que nous ayons pu l'expliquer et que nous ayons été écoutés", a déclaré M. De Kesel qui a souligné qu'il n'y a pas de tensions entre les Flamands et les francophones. Nous nous concentrons sur les homosexuels croyants qui essayent de vivre une vie qui est possible, qui ont trouvé un partenaire avec qui ils peuvent partager la vie. Vous devez être réaliste : le célibat est un charisme, un don qui ne convient pas à tout le monde. C'est ce que j'ai expliqué ici à Rome.

    Les dirigeants du Vatican ont souvent mis en évidence le "déficit de vocation", faisant principalement référence à un manque de candidats à la prêtrise. Mais les évêques belges ont également évoqué la possibilité pour les "viri probati" (hommes mariés qui ont déjà des responsabilités) et "l'ordination diaconale des femmes". Et  aussi l'importance de la place des femmes dans l'Église : c'est une question très importante". L'archevêque de Malines a fait état d'"études montrant que le diaconat féminin a existé au cours de l'histoire de l'Europe". Vous ne pouvez pas le nier. Même avec l'imposition des mains, c'est-à-dire en tant qu'acte ecclésiastique...

    Mais selon De Kesel, les prêtres mariés et les femmes diacres ne doivent pas être considérés comme une solution à la pénurie de prêtres. Ce n'est pas une solution. Nous ne le demandons pas parce qu'il y a un manque... Mais parce que c'est important en soi, même s'il y avait trop de vocations sacerdotales".

  • L'église de Haid (Ciney) à vendre dans quelques mois ?

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    De Benjamin Mars sur matele.be

    L'église de Haid (Ciney) bientôt à vendre ?

    Dans quelques mois, l'église de Haid sera peut-être à vendre. La commune de Ciney, propriétaire du bâtiment, vient d'être sollicitée par la fabrique d'église d'Haversin pour une désaffectation de cet édifice religieux qui tourne au ralenti depuis plus de deux ans. Une bonne décision selon Jean-Marc Gaspar, échevin du Patrimoine à Ciney.

    La fabrique d'église a pris une sage décision de prendre cette initiative concernant l'édifice d'Haid, car il est encore en bon état. Et comme le bâtiment n'est plus chauffé, il risque de se détériorer plus rapidement, surtout l'hiver.

    Avant une possible vente de l'édifice religieux, la procédure de désaffectation est encore longue. Elle sera officiellement lancée lorsque la fabrique d'église d'Haversin en fera la demande écrite. Le dossier passera ensuite entre les mains de l'Evêché de Namur qui prendra une décision.

    La chapelle de Jannée vendue 130.000 euros

    Si la procédure de désaffectation va à son terme, l'église de Haid ne sera pas le premier édifice à être désacralisé dans la commune cinacienne. Dernièrement, la chapelle de Jannée a subi le même sort. Elle vient d'être revendue 130.000 euros à un privé qui compte y installer des bureaux.

    À la revente, la commune de Ciney s'était alors montrée assez exigeante quant à la future réaffectation du bâtiment désacralisé. Pour l'église de Haid, elle se montrera plus transigeant, annonce l'échevin du Patrimoine cinacien.

    Il est clair que nous ne pouvons accepter n'importe quel projet de transformation pour une église au coeur du village. Toutefois, pour la chapelle de Jannée, nous nous étions montrés assez restrictifs. Ce qui a probablement réduit le nombre de demandes. Pour l'église de Haid, nous ne fermerons plus la porte à des projets tels que la création d'un gîte par exemple.

    En ce qui concerne le mobilier, il ne sera pas compris dans la vente du bâtiment s'il vient à être désaffecté. Tout le mobilier sera transféré en priorité dans d'autres églises, si des fabriques se montrent intéressées.

  • A peine renouvelé, l'accord entre la Chine et le Vatican est déjà malmené

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    De kath.net/news :

    Le Vatican dénonce la nomination illégale d'évêques en Chine

    27 novembre 2022

    Le Saint-Siège a noté avec "étonnement et regret" la "cérémonie d'installation" de l'évêque John Peng Weizhao de Yujiang comme "évêque auxiliaire du Jiangxi".

    Cité du Vatican (kath.net/ KAP)

    Pour la première fois, le Vatican a vivement critiqué une nomination illégale d'évêques en Chine. C'est avec "étonnement et regret" que le Saint-Siège a reçu la nouvelle de la "cérémonie d'installation" de Mgr John Peng Weizhao de Yujiang comme "évêque auxiliaire du Jiangxi", a indiqué samedi le Vatican dans un communiqué. Ce n'est pas un diocèse reconnu par le Saint-Siège. L'"événement" du 24 novembre à Nanchang ne correspond ni à "l'esprit du dialogue entre le Vatican et la partie chinoise" ni à l'accord conjoint sur la nomination des évêques.

    Pour la première fois, le Vatican dénonce ainsi une violation de l'accord de 2018. Ce n'est qu'à la fin du mois d'octobre que le Saint-Siège a prolongé pour la deuxième fois l'accord secret controversé avec la République populaire de Chine. Il règle la nomination des évêques d'un commun accord. L'accord a été critiqué pour ne pas améliorer la vie des chrétiens catholiques en République populaire. De plus, les membres de la soi-disant église clandestine, qui n'est pas contrôlée par Pékin, seraient encore plus marginalisés.

    Avec la nomination actuelle, le Vatican a également critiqué "une longue et forte pression des autorités locales", qui aurait précédé la reconnaissance civile de l'évêque. "Le Saint-Siège espère que de tels incidents ne se reproduiront pas, attend les communications des autorités et réaffirme sa pleine disponibilité à poursuivre le dialogue respectueux sur toutes les questions d'intérêt commun", conclut-il.

  • France : un évêque dénonce l'inscription du droit de tuer un être humain dans la Constitution

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    Le droit de tuer un être humain garanti par la Constitution ?

    Communiqué de Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, le 25 novembre :

    Jeudi 24 novembre, les députés ont approuvé à une écrasante majorité (337 voix pour et 32 voix contre) une proposition de loi qui prévoit d’inscrire le prétendu « droit à l’avortement » dans la Constitution française.

    Si cette proposition de loi devait à présent être votée au Sénat dans les mêmes termes qu’à l’Assemblée nationale, elle serait alors soumise à l’approbation du peuple français par la voie d’un référendum, dont l’issue ne ferait malheureusement aucun doute.

    Aussi me paraît-il utile et nécessaire de rappeler, avec force, un certain nombre de réalités et de principes qui doivent ou qui devraient inspirer la réflexion et l’action, non seulement des chrétiens, mais de l’ensemble des citoyens, y compris des élus :

    -Loin de n’être qu’un amas informe de cellules, l’embryon, puis le fœtus, est un être humain à part entière, puisque dès la conception, l’ADN et les chromosomes qui le constituent font de lui un être humain parfaitement unique et irremplaçable et objectivement distinct du corps de la femme qui le porte.

    – Qu’on le veuille ou non, l’avortement consiste à supprimer un enfant à naître. C’est pourquoi la Constitution pastorale Gaudium et Spes du Concile Vatican II qualifie l’avortement de « crime abominable », tandis que saint Jean Paul II proclame dans l’encyclique Evangelium vitae que « l’avortement direct, c’est-à-dire voulu comme fin ou comme moyen, constitue toujours un désordre moral grave, en tant que meurtre délibéré d’un être humain innocent. Cette doctrine est fondée sur la loi naturelle et sur la Parole de Dieu écrite; elle est transmise par la Tradition de l’Eglise et enseignée par le Magistère ordinaire et universel. Aucune circonstance, aucune finalité, aucune loi au monde ne pourra jamais rendre licite un acte qui est intrinsèquement illicite, parce que contraire à la Loi de Dieu, écrite dans le cœur de tout homme, discernable par la raison elle-même et proclamée par l’Eglise. » (n° 62).

    -Qu’il me soit également permis de souligner, à l’occasion de la « Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes » du 25 novembre, que celles-ci sont bien souvent contraintes de recourir à l’IVG du fait des pressions qu’elles subissent de la part de leur entourage familial, professionnel ou autre, et que de nombreuses femmes ne se remettent que très difficilement des séquelles psychologiques d’un avortement.

    -Dès lors, rien ne justifie le fait d’inscrire l’avortement dans la Constitution pour en faire un droit fondamental ou absolu et quasiment sacré, si ce n’est la volonté, à peine dissimulée, d’autoriser, dès que les circonstances le permettront, l’avortement sans la moindre limitation de durée (c’est-à-dire jusqu’au terme de la grossesse…) et de supprimer la clause de conscience dont bénéficient depuis 1975 et le vote de la Loi Veil, les professions de santé (médecins et infirmières).

    -N’est-ce pas plutôt une véritable politique de prévention de l’avortement et d’accompagnement des femmes enceintes en difficulté qu’il conviendrait de considérer comme une priorité, afin de limiter, en France, le nombre dramatiquement élevé d’avortements (au moins 223.000 IVG déclarées en 2021, soit près d’un avortement pour trois naissances), pour contribuer à « mettre en œuvre une grande stratégie pour le service de la vie » (Evangelium vitae n° 95) ?…

    Il est réellement consternant de prétendre inscrire dans la Constitution, qui devrait protéger absolument le droit à la vie, le droit de tuer un être humain. Cela est d’autant plus indigne que les députés s’apprêtaient à débattre sur l’interdiction des corridas, au nom de la
    « souffrance » animale.

    C’est bien à juste titre que Benoît XVI écrivait : « Quand une société s’oriente vers le refus et la suppression de la vie, elle finit par ne plus trouver les motivations et les énergies nécessaires pour œuvrer au service du vrai bien de l’homme. Si la sensibilité personnelle et sociale à l’accueil de la vie se perd, alors d’autres formes d’accueil utiles à la vie sociale se dessèchent. L’accueil de la vie trempe les énergies morales et nous rend capables de nous aider mutuellement » (Caritas in veritate n° 28). On pourrait même avancer que la violence infligée à l’embryon humain a un lien avec les autres formes de violence qui se multiplient dans notre société.

    Alors que nous entrons dans le temps de l’Avent, j’invite par conséquent l’ensemble des fidèles à se joindre aux veillées de prière pour la Vie qui sont organisées dans notre diocèse… et à méditer ce message particulièrement édifiant d’un ancien évêque auxiliaire de New- York (Mgr Austin Vaughan) qui écrivait en 1991: « Lorsque Dieu a envoyé son Fils dans le monde, Il n’est pas apparu brusquement au sommet d’une montagne. Sa vie a débuté dans le sein de la Vierge Marie. Pendant neuf mois, le centre de l’univers entier, la personne la plus importante et le bien le plus important ont été un bébé à naître dans le sein de Marie. Dieu a fait cela pour nous enseigner le prix qu’Il attache à chaque vie humaine dès son commencement ».

  • Liège : le samedi 3 décembre prochain à 8h00 : célébration de la « Messe aux Chandelles » en l’église du Saint-Sacrement (Bd d’Avroy, 132)

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    Affiche 3 décembre 2022 Rorate-page-001.jpg

    Au temps liturgique de l’Avent annonciateur de Noël, dans les pays alémaniques, mais aussi en France, la tradition propose des messes « Rorate », célébrées avant l’aube à la seule lueur des bougies. Leur nom vient du premier mot de l’hymne grégorienne « Rorate caeli desuper » chantée à la messe et qui signifie : « Cieux, distillez d’En Haut votre rosée » (Es. 45,8).

    C’est un peu romantique et très beau, comme dans les tableaux en clair obscur de Georges de la Tour soulignant des détails inhabituels : une petite flamme prête à s’éteindre perce l’obscurité de la nuit. Cette obscurité a quelque chose de notre vie et la lumière symbolise la lumière qu’on attend : l’Enfant-Jésus est comparable à cette petite lumière que peu ont reconnue un peu plus tard dans la nuit de Bethléem.

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    L’église du Saint-Sacrement a voulu s’associer à la restitution de cette belle symbolique religieuse: à (re) découvrir à Liège. Un petit déjeuner amical suivra la liturgie.

    Tous renseignements: Email : sursumcorda@skynet.be ou Gsm : 0470947005

  • Le cardinal Zen condamné, une honte pour le Saint-Siège

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    De Riccardo Cascioli sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    Le cardinal Zen condamné, une honte pour le Saint-Siège

    26-11-2022

    La première sentence prononcée à l'encontre du cardinal Zen par le tribunal de Hong Kong est légère mais revêt une grande importance politique et religieuse. Et bientôt, il y aura un deuxième procès pour "conspiration" qui mettra encore plus dans l'embarras un Saint-Siège qui continue à maintenir un silence injustifiable pour sauver l'accord avec Pékin.

    Comme prévu, le cardinal Joseph Zen, ainsi que cinq autres prévenus, a été condamné par un tribunal de Hong Kong à payer une amende pour avoir omis d'enregistrer correctement un fonds humanitaire qui a aidé les protagonistes des manifestations pro-démocratiques de 2019. La sanction est somme toute légère, 4 000 dollars de Hong Kong (un peu moins de 500 euros), alors que la peine maximale aurait été quatre fois plus lourde, mais elle a évidemment une forte portée symbolique.

    Et ce n'est que l'apéritif, car le cardinal Zen devra bientôt faire face à un procès beaucoup plus lourd, celui de la "collusion" avec des forces étrangères, toujours liée au soutien de manifestations pro-démocratiques, que la loi contestée sur la sécurité 2020 considère comme un crime très grave. Ici aussi, bien que l'emprisonnement du Cardinal Zen soit hautement improbable étant donné son âge avancé (presque 91 ans), toute condamnation aurait néanmoins une énorme signification politique et religieuse.

    L'histoire est connue : le cardinal Zen, avec les autres accusés, avait créé le Fonds humanitaire 612 en juin 2019 pour fournir une assistance économique, psychologique et médicale aux personnes arrêtées ou blessées lors de manifestations pro-démocratiques. Les autorités de Hong Kong, par le biais de la loi sur la sécurité, ont jugé que ce Fonds était de nature politique et non humanitaire, remettant ainsi en cause le mode d'enregistrement.  

    Le procès et la condamnation du cardinal Zen seraient déjà un geste grave en temps normal, mais le fait que l'accord secret entre la Chine et le Saint-Siège pour la nomination des évêques, renouvelé il y a tout juste un mois, fait de toute cette affaire un énorme scandale. Tout d'abord pour l'Eglise, qui apparaît comme inféodée au régime chinois, une Eglise qui est prête à troquer sa liberté avec le classique plat de lentilles des nominations promises d'évêques, de surcroît au compte-gouttes et fidèles au parti communiste chinois. En effet, même face à un procès clivant et inique d'un cardinal, la Secrétairerie d'État du Vatican continue à garder un silence injustifiable. De plus, donner raison à ceux qui pensent qu'ils ne sont pas si mécontents à Rome, étant donné que le cardinal Zen - qui est très critique à l'égard de l'accord Chine-Saint-Siège - est un personnage indigeste tant pour Pékin que pour le Vatican.

    Après tout, l'augmentation des persécutions à l'encontre des catholiques en Chine n'entrave en rien le processus d'ouverture du Saint-Siège à Pékin (une ouverture qui semble n'aller que dans un sens) et il est difficile d'accorder du crédit à la Secrétairerie d'État du Vatican lorsqu'elle continue à affirmer qu'il s'agit uniquement d'un accord religieux. (...)

    Mais malgré la bonne volonté de Taipei - avec qui le Saint-Siège entretient des relations diplomatiques - qui souhaite collaborer avec le Vatican pour promouvoir la liberté religieuse en Chine, il semble assez clair que la question de la liberté religieuse est passée au second plan à Rome, et il est inévitable que l'accord avec Pékin ait des répercussions politiques immédiates. Si, en juillet, le Saint-Siège a nommé un nouveau chargé d'affaires ad interim à Taipei (il n'y a pas eu de nonce sur l'île depuis 1972) en la personne de Monseigneur Stefano Mazzotti, ce geste a été contrebalancé par le renforcement de la "mission d'étude" à Hong Kong, qui est devenue le véritable point d'observation et de conseil sur la Chine.

    Et d'autres signaux ont montré la distance progressive du Saint-Siège vis-à-vis de Taïwan, comme l'a documenté Marinellys Tremamunno dans la NBQ, notamment la présence embarrassée et maladroite de Monseigneur Paul Richard Gallagher (numéro 2 de la Secrétairerie d'État) à la célébration à Rome du 80e anniversaire des relations diplomatiques entre le Saint-Siège et la République de Chine (Taïwan).

    Autant de signaux envoyés à Pékin pour montrer que le Saint-Siège est prêt à transférer sa représentation diplomatique dès que le régime communiste le souhaitera. Et peut-être qu'au Vatican on espère que le silence auquel est contraint le cardinal Zen facilitera l'opération. Probablement que la pierre d'achoppement de cette première condamnation, légère dans sa sanction, pourra être surmontée sans trop de dommages, étant donné que les voix de protestation dans l'Église ne sont pas trop fortes ; mais une nouvelle condamnation prévisible pour "conspiration" avec des forces étrangères sera beaucoup plus difficile à expliquer au monde catholique, aussi endormi soit-il.

    Le cardinal Zen est une figure limpide, un pasteur qui n'adopte pas une approche politique, mais qui s'est toujours battu pour la liberté de l'Église et en faveur des catholiques persécutés ; un pasteur qui donne sa vie pour l'Église chinoise comme tant de ses saints prédécesseurs en Chine. Le faire passer pour un vieil emmerdeur qui ne comprend pas les besoins des catholiques chinois n'est qu'une nouvelle ignominie du Vatican (...).

  • Le "moratoire" exigé par Rome mais rejeté par les évêques allemands

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    Documents. Le "moratoire" exigé par Rome mais rejeté par les évêques allemands

    source

    Jeudi 24 novembre, "L'Osservatore Romano" a publié le texte intégral des trois discours qui ont introduit la rencontre à huis clos, six jours plus tôt, entre les 62 évêques d'Allemagne et trois hauts fonctionnaires de la Curie romaine :

    > Documents - La réunion inter-dicastère avec les prélats allemands du 18 novembre

    Le pape François n'a pas pris part à la réunion, contrairement aux attentes. Le cardinal secrétaire d'État Pietro Parolin a fait office de modérateur. L'évêque Georg Bätzing de Limburg, président de la Conférence épiscopale allemande, le cardinal Luis Francisco Ladaria Ferrer, préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi, et le cardinal Marc Ouellet, préfet du Dicastère pour les évêques, ont pris la parole dans l'ordre. Une discussion animée a suivi, toujours à huis clos.

    À l'issue de la réunion, un communiqué a été publié, dans lequel il était notamment indiqué que parmi les propositions avancées figurait celle d'"appliquer un moratoire à la voie synodale allemande", mais que cette proposition "n'a pas trouvé de place" :

    > Communiqué conjoint du Saint-Siège et de la Conférence épiscopale allemande

    C'est le cardinal Ouellet qui a proposé, en vain, le moratoire dans son discours d'introduction, reproduit ci-dessous.

    Retour à l’esprit des Actes des Apôtres

    Le cardinal-préfet du Dicastère pour les évêques

    Dans la Lettre au Peuple de Dieu en voyage en Allemagne, le Pape François, en communion avec son prédécesseur Benoît XVI, a noté la détérioration de la vie chrétienne dans le pays et a invité tout le peuple à faire confiance au Christ comme clé du renouveau ; Le Saint-Père a écrit qu’il s’agit « d’une détérioration, certes multiforme et difficile et rapide à résoudre, qui exige une approche sérieuse et consciente qui nous pousse à devenir, au seuil de l’histoire actuelle, comme ce mendiant à qui l’Apôtre a dit: « Je n’ai ni argent ni or, mais ce que j’ai, je vous le donne: au nom de Jésus-Christ, le Nazaréen, marche! » (Actes 3:6) ». Je me réfère à ce passage de la lettre cité pour offrir quelques brèves considérations ecclésiologiques concernant vos recherches synodales, dans l’esprit des Actes des Apôtres. Je le fais en tant que frère dans l’épiscopat, mais aussi en pensant aux besoins des simples fidèles.

    Vous, successeurs des Apôtres en Allemagne, avez pris au sérieux la tragédie des abus sexuels perpétrés par les clercs, et vous avez lancé, à la manière typiquement allemande, une opération d’étude avec les ressources de la science, de la foi et des consultations synodales, pour arriver à une révision radicale qui mettrait fin à cet échec moral et institutionnel. Les débats houleux qui ont eu lieu et les propositions de réforme qui en découlent méritent certainement des éloges pour l’attention, l’engagement, la créativité, la sincérité et l’audace dont a fait preuve votre Chemin synodal, où les laïcs ont joué un rôle égal, sinon prédominant. Après une étude attentive de vos conclusions, il est naturel de reconnaître sincèrement le gigantesque effort d’autocritique institutionnelle, le temps consacré à ces réflexions et l’investissement d’un travail commun entre théologiens, évêques et pasteurs, hommes et femmes, pour parvenir à certains consensus, bien qu’avec difficulté et tensions considérables. Il nous appartient maintenant de réagir à vos propositions, qui contiennent de nombreux éléments qui peuvent être partagés de nature théologique, organisationnelle et fonctionnelle, mais qui soulèvent également de sérieuses difficultés du point de vue anthropologique, pastoral et ecclésiologique.

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  • Club des Hommes en noir : que vont devenir les tradis ?

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    De l'Homme Nouveau sur youtube :

    Quelles sont les décisions des évêques de France vis-à-vis des fidèles traditionnalistes ? Ces derniers pourront-ils avoir accès aux sacrements dans l'ancienne forme ? L'analyse du Club des Hommes en noir avec cette semaine autour de Philippe Maxence, les abbés Barthe, Célier et Guelfucci et le docteur Philippe de Labriolle.

  • Eglise : le fiasco d’un anthropocentrisme révolutionnaire

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    De Jean-Pierre Maugendre sur Riposte Catholique :

    De l’Eglise « experte en humanité » à sa « responsabilité institutionnelle » dans la pédocriminalité : le fiasco d’un anthropocentrisme révolutionnaire

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  • Lettre ouverte aux évêques flamands suite à leur déclaration publique pour une pastorale plus proche des personnes homosexuelles

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    Monseigneur le Cardinal Jozef De Kesel

    Excellents Évêques néerlandophones

       Copie conforme : Excellents Évêques francophones

    Nous, certains fidèles de la commune de Lasne et environs, avons été profondément troublés par la publication de votre document intitulé « Être proche des personnes homosexuelles sur le plan pastoral ».

    Votre prise de position publique enfreint plus de deux mille ans d’enseignements pastoraux constants de notre Eglise universelle à ce sujet. Nous pensons que votre déclaration constitue une déviation grave par rapport aux enseignements des Saintes Écritures.

    Avant de vous aventurer sur ces chemins de traverse, il eût été sage de vous demander ce que Dieu pense de la pratique des relations homosexuelles. Le Lévitique dans son chapitre 18 affirme que les rapports homosexuels constituent aux yeux de Dieu une abomination. Le  Livre de la Genèse évoque la destruction des villes de Sodome et Gomorrhe. Ces villes ont explicitement été rayées de la carte du monde en raison de leur perversion sexuelle. Le paroxysme du récit relate l’assaut de la maison de Loth par les Sodomites désirant abuser des anges l’accompagnant, lui et sa famille. Cette situation provoque le courroux de Dieu qui ordonne à Loth et les siens de fuir la ville. Les deux cités sont détruites.

    On pourrait penser que ce récit constitue un mythe teinté de préjugés homophobes des tribus juives primitives, que Dieu, à l’instar de notre civilisation mature, voit avec bienveillance les couples homosexuels désireux de mener une union stable… Mais cette approche fait fi de recherches archéologiques récentes qui ont exhumé et identifié formellement des sites localisés au nord de la Mer Morte comme correspondant totalement aux villes de Sodome et Gomorrhe. Ces archéologues ont montré que ces localités ont été ravagées par un cataclysme qui a transformé un environnement luxuriant en un désert qui perdure encore de nos jours. Ils ont découvert les vestiges d’un efficient système d’irrigation. L’observation la plus troublante est qu’une fine couche géologique présente des reliquats continus de sols présentant des traces de vitrification. Pour produire un tel résultat, les températures ont dû grimper au-dessus de 6000°C. Ces archéologues prouvent donc que le récit biblique n'est pas mythique[1].

    Votre publication sur ce que vous intitulez une proximité avec les personnes homosexuelles contient, à notre sens, des erreurs de fond et des erreurs de forme. La lecture des prières que vous suggérez montre qu’elles sont adressées autant à ceux qui vivent leur homosexualité de manière chaste qu’à ceux qui la vivent charnellement. C’est là que votre démarche trébuche : personne ne peut préjuger si Dieu accordera la grâce de la fidélité à des personnes lorsque leur union transgresse sa Loi. Votre démarche est invalide puisqu’elle fait l’amalgame de situations héroïques et d’autres intrinsèquement désordonnées.

    En ce qui concerne les erreurs de fond, notons :

    • la contradiction explicite des Saintes Écritures (Gn 1, 26-28 et Gn 2, 24 ; Gn 19, 1-29 ; Lv 18, 22 ; Lv 20, 13, 1 Tm 1, 9-10, 1 Co 6, 9-10 ; Rm 1, 24-27) ;
    • la tradition pastorale bimillénaire de l’Église catholique ;
    • la tradition quadri-millénaire du monde judaïque dont l’Église catholique est devenue héritière;
    • les textes du catéchisme de l’Eglise catholique (CEC, 2357-2359).

    Au passage, notons que la transgression des Saintes Écritures constitue un affront direct à notre Créateur.

    En ce qui concerne les erreurs de forme :

    • Observons que le texte de votre publication propose plusieurs exemples de célébrations pour l’expression de la manifestation de « proximité des personnes homosexuelles sur le plan pastoral ». Cette approche nous semble particulièrement inadaptée puisqu’elle autorise le célébrant à adopter la forme qu’il jugera la plus pertinente dans le cas des personnes requérantes. Autant dire que toutes les approches imaginables pourraient être mises en œuvre.

    Eminence, Excellences, nous pensons que la publication de votre document égare les personnes homosexuelles, celles qui éprouvent des inclinations pour ce mode de vie ainsi que tous les célébrants des cérémonies qui pourraient être mises en œuvre suivant les exemples que vous proposez. Nous pensons également que la publication de ce document constitue, dans la mesure où il contrevient explicitement aux Saintes Écritures, un blasphème[2]. 

    Cette publication est, dans votre chef, un fait grave puisque :

    • vous êtes les personnes investies de l’autorité maximale dans la hiérarchie catholique de notre pays ;
    • vous disposez d’une préparation théologique et canonique de niveau doctoral à laquelle vous contrevenez par votre démarche.

    Eminence, Excellences, au vu des éléments qui précèdent, il nous semble essentiel que vous amendiez les déclarations que vous avez effectuées. En l’absence de cette démarche, nous, certains fidèles de la commune de Lasne et environs, serions, à notre grand regret, forcés d’entrer dans une attitude de défiance à votre égard.

    Dans l’espoir de vous voir revenir à la formulation de déclarations orthodoxes, nous vous prions de croire, Eminence, Excellences, à l’expression de nos sentiments les plus respectueux,

    Auteur : Olivier Demeure

    Cosignataire : Agnès Mignot (Lasne) et quelques autres personnes consultées

     

    [1] Cfr https://www.arkeos.tv/?archeologie=destruction-cataclysmique-sodome  En pièce jointe du texte, le lecteur trouvera également le texte (en anglais) des recherches menées sur le terrain.

    [2] https://dictionnaire.lerobert.com/definition/blaspheme

  • Le cardinal Zen condamné à 500 € d’amende

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    De Dorian Malovic sur le site du journal La Croix :

    Hong Kong : le cardinal Joseph Zen condamné à 500 € d’amende

    Les faits 

    Le cardinal Joseph Zen, 90 ans, ancien évêque de Hong Kong arrêté en mai dernier, a été condamné vendredi 25 novembre à une amende de 500 €. Avec cinq autres prévenus, il a été reconnu « coupable » de « défaut d’enregistrement de fond » lors de la création en 2019 du « Fonds d’aide humanitaire 612 » pour soutenir des contestataires au régime de Pékin. Il échappe à la prison.

    25/11/2022

    Le juge hongkongais a tranché vendredi 25 novembre et le verdict est tombé : 500 € d’amende. Une simple amende pour avoir été reconnu « coupable » de ne pas avoir enregistré dans les règles en 2019 la création du « Fonds d’aide humanitaire 612 » qui aidait financièrement et juridiquement les manifestants arrêtés en 2019 durant les manifestations pour la démocratie.

    Parmi les six prévenus figurent notamment le cardinal à la retraite Joseph Zen, 90 ans, l’une des figures de l’Église catholique en Asiela célèbre avocate Margaret Ng et la très populaire chanteuse pop et militante LGBT Denise Ho. La militante pro démocratie Cyd Ho faisait également partie du fonds de soutien mais se trouve déjà derrière les barreaux pour d’autres accusations.

    Ils ont plaidé « non coupable »

    « On peut considérer que le montant de l’amende est peu élevé », a réagi à chaud Maria Ng, une catholique qui a suivi l’audience, « elle aurait pu être du double ». Mais cette condamnation reste « scandaleuse et illustre bien la volonté du régime de Pékin de frapper les esprits à Hong Kong. La moindre petite incartade sera punie et personne ne pourra y échapper ». Dans la matinée devant le juge, les six prévenus ont plaidé « non coupable ».

    L’avocat du cardinal Zen, Robert Pang, avait déclaré le 31 octobre quelques jours après le procès « qu’imposer des sanctions criminelles pour ne pas avoir enregistré leur Fonds d’aide humanitaire s’apparente à une violation de la liberté d’association ». Il avait demandé à la cour que les charges soient abandonnées mais la justice n’a pas voulu tenir compte de la plaidoirie de l’avocat.

    Ce procès nous ramène trois ans en arrière. Dans le sillage des manifestations « pro démocratie » de 2019 et 2020, le cardinal Joseph Zen avait créé avec quelques autres activistes le 612 Humanitarian Relief Fund (« Fonds d’aide humanitaire 612 ») pour récolter des dons destinés à couvrir les frais médicaux et judiciaires des contestataires arrêtés par la police et placés en détention.

    Le cardinal Zen a été évêque de Hong Kong de 2002 à 2009

    Une initiative qui avait suscité l’ire du régime : en mai, le cardinal et les quatre administrateurs du fonds avaient ainsi été arrêtés pour « collusion avec l’étranger » – dans une rafle hautement décriée par les défenseurs des droits humains – avant d’être rapidement libérés sous caution. C’est finalement le chef d’accusation « défaut d’enregistrement de fond » – comprendre qu’ils sont accusés de ne pas avoir enregistré leur fonds d’aide – qui a été retenu contre eux dans ce procès. L’accusation de « collusion avec l’étranger » aurait eu de graves conséquences puisqu’elle aurait été passible de plusieurs années de prison.

    Le cardinal Joseph Zen, évêque émérite de Hong Kong (diocèse qu’il a dirigé de 2002 à 2009), figure de la lutte pour la démocratie et les libertés religieuses en Chine, avait réagi pour La Croix au lendemain de l’imposition de la loi sur la sécurité nationale en juillet 2020 : « J’ai peur que nous perdions notre autonomie, laquelle a été promise par le régime de Pékin il y a des années dans la déclaration commune sino-britannique de 1984. Pékin est à l’origine de tous les problèmes actuels de Hong Kong. Hong Kong s’attend au pire maintenant, et je ne vois pas ce que nous pourrions faire à moins d’une réaction internationale forte. » Il vient d’en payer le prix.

  • 20 morts dans une attaque terroriste islamiste contre un village chrétien au Nigeria

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    De kath.net/news :

    20 morts dans une attaque terroriste islamiste contre un village chrétien au Nigeria

    24 novembre 2022

    Le défenseur des droits de l'homme Ike sur place lors de l'attaque de milices djihadistes peules : " Des familles chrétiennes massacrées de sang-froid pendant leur sommeil " - " Christen in Not " (Eglise en détresse) voit la menace d'une guerre civile

    Dans le centre du Nigeria, 20 personnes ont été tuées lors d'une attaque de milices djihadistes peules contre un village chrétien dans l'Etat du Plateau, selon des représentants locaux de l'Eglise. Lors de l'attaque du village de Maikatago, près du chef-lieu du district de Bokkos, mardi soir, des hommes armés ont mis le feu aux huttes des habitants endormis et ont tiré sur les personnes qui tentaient de se mettre à l'abri des flammes, a fait savoir jeudi à Vienne l'organisation de défense des droits de l'homme "Christen in Not" (CiN), citant Obiora Ike, défenseur des droits de l'homme et ancien vicaire général du diocèse d'Enugu.

    Selon ce dernier, Ike se trouvait lui-même en visite dans le village pendant l'attaque, où des hommes armés avaient déjà tué une douzaine d'habitants lors d'une attaque une semaine auparavant. "Mardi soir, des djihadistes peuls sont entrés dans le village où j'habite et ont massacré de sang-froid des familles chrétiennes pendant leur sommeil", a déclaré Ike, choqué et indemne, en décrivant cette nouvelle attaque. Il essaie maintenant d'aider les survivants en leur apportant de la nourriture, du réconfort, des prières, des funérailles et des hébergements d'urgence. Le défenseur des droits de l'homme Ike est partenaire de projet de "Christen in Not".

    Selon ses propres indications, l'organisation humanitaire a immédiatement mis à disposition 5.000 euros pour que les victimes de l'attaque reçoivent de la nourriture, des vêtements, mais aussi des tentes pour s'abriter en plein champ. Des gardes locaux sont également payés pour surveiller et protéger les personnes la nuit. Selon les informations de CiN, la police ou l'armée n'était pas présente sur place dans un premier temps. "Si le massacre des chrétiens - que certains qualifient déjà de génocide - ne prend pas fin et si le gouvernement reste aveugle face au terrorisme islamique, une guerre civile menace le pays le plus peuplé d'Afrique", a averti le secrétaire général de CiN Elmar Kuhn.

    Malgré son traumatisme après l'attaque nocturne, Obiora Ike s'est rendu mercredi encore chez le gouverneur de la province locale, Simon Bako Lalong, et a déposé une plainte. C'est terrible ce que le fanatisme religieux provoque par la haine et l'ignorance, a fait savoir l'organisation humanitaire au défenseur des droits de l'homme : "Les voix de la paix doivent couvrir les voix du fanatisme. Les religions doivent servir la paix et le progrès".