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Foi - Page 323

  • Saint Jean-Paul II (22 octobre)

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    D'"Evangile au Quotidien" :

    St Jean-Paul II

    Saint Jean-Paul II
    « Le Géant de Dieu »
    Pape (263e) de 1978 à 2005

     « Au vu de la dimension extraordinaire avec laquelle ces Souverains Pontifes ont offert au clergé et aux fidèles un modèle singulier de vertu et ont promu la vie dans le Christ, tenant compte des innombrables requêtes partout dans le monde, le Saint-Père François, faisant siens les désirs unanimes du peuple de Dieu, a disposé que les célébrations de saint Jean XXIII, Pape, et de saint Jean-Paul II, Pape, soient inscrites dans le Calendrier Romain général, la première le 11, la deuxième le 22 octobre, avec le degré de mémoire facultative. […] »

    De la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, 29 mai 2014, solennité de l’Ascension du Seigneur.

    « Frères et sœurs, n’ayez pas peur d’accueillir le Christ et d’accepter son pouvoir ! Aidez le Pape et tous ceux qui veulent servir le Christ et, avec la puissance du Christ servir l’homme et l’humanité entière ! N’ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ ! À sa puissance salvatrice ouvrez les frontières des États, les systèmes économiques et politiques, les immenses domaines de la culture, de la civilisation, du développement. N’ayez pas peur ! 

    Ces paroles mémorables, prononcées le 22 octobre 1978 dans l’homélie du début du pontificat (>>> Vidéo Extraits du discours du Pape) restent, désormais, sculptées dans les cœurs de tous les chrétiens et des hommes de bonne volonté du monde entier.

    Ce que le Pape demandait à tous, lui même l’a fait en premier : il a ouvert au Christ la société, la culture, les systèmes politiques et économiques, en inversant, avec la force d’un géant qui venait de Dieu, une tendance qui pouvait sembler irréversible.

    Karol Józef Wojtyła, devenu Jean-Paul II à son élection au Siège apostolique d'octobre 1978, est né le 18 mai 1920 à Wadowice, petite ville située à 50 km de Cracovie. Il est le plus jeune des trois enfants de Karol Wojtyła et d'Émilie Kaczorowska. Sa mère mourut en 1929. Son frère aîné Edmund, qui fut médecin, est décédé en 1932 ; leur père, ancien sous-officier, en 1941. Leur sœur Olga était décédée avant la naissance de Karol.

    Il fut baptisé le 20 juin 1920, dans l'église paroissiale de Wadowice, par le prêtre François Żak, fit sa Première Communion à neuf ans et reçut la Confirmation à dix-huit ans. Ses études secondaires près l'École Marcin Wadowita de Wadowice achevées, il s'inscrit en 1938 à l'Université Jagellon de Cracovie et à un cours de théâtre. L'Université ayant été fermée en 1939 par l'occupant nazi, le jeune Karol dut travailler sur un chantier de l'usine chimique Solvay afin de gagner sa vie et d'échapper à la déportation en Allemagne.arol Józef Wojtyła, devenu Jean-Paul II à son élection au Siège apostolique d'octobre 1978, est né le 18 mai 1920 à Wadowice, petite ville située à 50 km de Cracovie. Il est le plus jeune des trois enfants de Karol Wojtyła et d'Émilie Kaczorowska. Sa mère mourut en 1929. Son frère aîné Edmund, qui fut médecin, est décédé en 1932 ; leur père, ancien sous-officier, en 1941. Leur sœur Olga était décédée avant la naissance de Karol.

    À compter de 1942, ressentant l'appel au sacerdoce, il suivit les cours de formation du Séminaire clandestin de Cracovie. Il fut à la même époque l'un des promoteurs du Théâtre Rapsodique, lui aussi clandestin.

    Après la Seconde Guerre mondiale, il poursuivit ses études au Grand Séminaire de Cracovie à peine rouvert, et également à la Faculté de théologie de l'Université Jagellon, jusqu'à son ordination sacerdotale à Cracovie le 1er novembre 1946 des mains du cardinal Adam Stefan Sapieha. Il fut ensuite envoyé à Rome par le cardinal Sapieha et poursuivit ses études doctorales sous la direction du dominicain français, le P. Garrigou-Lagrange. Il soutint en 1948 sa thèse en théologie consacrée à la Foi dans l'œuvre de saint Jean-de-la-Croix (Doctrina de fide apud Sanctum Ioannem a Cruce). Durant ce séjour romain, il occupa son temps libre pour exercer son ministère pastoral auprès des émigrés polonais de France, de Belgique et des Pays-Bas.

    Il rentra en 1948 en Pologne pour être vicaire en diverses paroisses de Cracovie et aumônier des étudiants jusqu'en 1951 où il reprit ses études philosophiques et théologiques.

    En 1953, il soutint à l'Université catholique de Lublin une thèse intitulée « Mise en valeur de la possibilité de fonder une éthique catholique sur la base du système éthique de Max Scheler ». Il accéda ensuite à l'enseignement professoral de la théologie morale et d'éthique sociale au Grand Séminaire de Cracovie et à la Faculté de théologie de Lublin.

    Le 4 juillet 1958, le Vénérable Pie XII (Eugenio Pacelli, 1939-1958) le nomma Évêque titulaire d'Ombi et auxiliaire de Cracovie et, le 28 septembre suivant, il reçut la consécration épiscopale des mains de l'Archevêque Eugeniusz Baziak, en la cathédrale du Wawel (Cracovie).

    Le 13 janvier 1964, il fut nommé Archevêque de Cracovie par  saint Paul VI (Giovanni Battista Montini, 1963-1978) qui, le 26 juin 1967, l'éleva au cardinalat, du titre de S. Cesareo in Palatio, une diaconie élevée au rang presbytéral pro illa vice (pour l’occasion). Après avoir participé au Concile Vatican II (1962-1965), où il offrit notamment une importante contribution à l'élaboration de la constitution Gaudium et Spes, le Cardinal Wojtyła prit part à toutes les assemblées du Synode des Évêques.

    Au cours du second Conclave de 1978, il fut élu Pape par les Cardinaux le 16 octobre et prit le nom de Jean-Paul II. Le 22 octobre, Jour du Seigneur, il entamait solennellement son ministère de 263e successeur de l'Apôtre Pierre. Son pontificat de près de 27 années allait être l'un des plus longs de l'histoire de l'Église.

    Jean-Paul II a exercé son ministère pétrinien avec un inlassable esprit missionnaire, prodiguant toutes ses énergies, poussé par la sollicitude pastorale envers toutes les Églises et par la charité ouverte à l'humanité tout entière. En vingt-six années de pontificat, le pape Jean-Paul II a accompli 104 voyages apostoliques hors d'Italie et 146 visites dans ce pays. Comme Évêque de Rome, il a visité 317 des 333 paroisses de son diocèse.

    Plus qu'aucun de ses prédécesseurs, il a rencontré le Peuple de Dieu et les Responsables des nations : aux 1166 audiences générales du mercredi ont participé plus de 17 600 000 pèlerins, sans compter toutes les autres audiences spéciales et les cérémonies religieuses [plus de 8 millions de pèlerins seulement au cours du Grand Jubilé de l'An 2000] ; outre les millions de fidèles qu'il a rencontrés au cours de ses visites pastorales en Italie et dans le monde. Nombreuses sont les personnalités gouvernementales reçues en audience : il suffit de rappeler les 38 visites officielles et les 738 audiences ou rencontres de chefs d'État, ainsi que les 246 audiences et rencontres de premiers ministres.

    Son amour pour les jeunes l'a poussé à lancer en 1985 les Journées mondiales de la Jeunesse, et les dix-neuf JMJ de son pontificat ont rassemblé des millions de jeunes dans diverses parties du monde. D'autre part, son attention à la famille s'est exprimée par la tenue de Rencontres mondiales des Familles entreprises à son initiative en 1994.

    Il a promu avec succès le dialogue avec les juifs et avec les représentants des autres religions, les invitant parfois à des rencontres de prière pour la paix, en particulier à Assise.

    Sous sa direction l'Église s'est approchée du troisième millénaire et a célébré le grand Jubilé de l'An 2000, selon les orientations indiquées dans la Lettre apostolique Tertio Millennio Adveniente. Celle-ci s'est ensuite ouverte à la nouvelle époque, en recevant ses indications dans la Lettre apostolique Novo Millennio Ineunte, dans laquelle il montrait aux fidèles le chemin de l'avenir.

    Avec l'Année de la Rédemption, l'Année mariale et l'Année de l'Eucharistie il a promu le renouveau spirituel de l'Église.

    Il a donné une impulsion extraordinaire aux canonisations et aux béatifications, pour montrer d'innombrables exemples de la sainteté d'aujourd'hui, qui soient un encouragement pour les hommes de notre temps. Jean-Paul II a procédé à 147 cérémonies de béatification (1338 bienheureux) et à 51 de canonisation (482 saints). Il a proclamé Docteur de l'Église sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus.

    Il a considérablement élargi le Collège des Cardinaux, en en créant 231 en neuf Consistoires, plus un in pectore, dont le nom n'a jamais été révélé. Il a également présidé six réunions plénières du Sacré Collège.

    Jean-Paul II a présidé quinze Synodes des Évêques : six Assemblées ordinaires (1980, 1983, 1987, 1990, 1994 et 2001), une générale extraordinaire (1985), huit spéciales (1980, 1991, 1994, 1995, 1997, 1998 [2] et 1999).

    Il a prononcé 20 351 discours pendant son seul pontificat dont 3438 hors d'Italie. Au nombre de ses documents majeurs, on compte quatorze encycliques, quinze exhortations apostoliques, onze constitutions apostoliques et quarante-cinq lettres apostoliques.

    À titre privé, en tant que Docteur, a également publié cinq livres : Entrer dans l'espérance (octobre 1994) ; Don et Mystère  en ce 50ème anniversaire de mon ordination sacerdotale (novembre 1996) ; Triptyque romain - Méditations poétiques (mars 2003) ; Levez-vous et allons ! (mai 2004) et Mémoire et Identité (février 2005).

    Les seuls écrits officiels représentent plus de 80 000 pages ; à cela il faut ajouter des publications à titre personnel et sans doute des milliers de lettres et documents privés divers.

    Il a promulgué le Catéchisme de l'Église catholique, à la lumière de la Tradition, interprétée avec autorité par le Concile Vatican II. Il a également réformé les Codes de droit canonique latin et oriental, a créé de nouvelles institutions et réorganisé la Curie romaine.

    Jean-Paul II est décédé au Vatican le 2 avril 2005 à 21 h 37, tandis qu'on entrait déjà dans le Jour du Seigneur, Octave de Pâques et Dimanche de la Divine Miséricorde.

    Les funérailles se sont déroulées le >>> 08/04/05 alors que, depuis son décès, plus de trois millions de fidèles étaient venus à Rome saluer sa dépouille, attendant jusqu'à 24 heures avant d'entrer dans la basilique Saint-Pierre.

    Le 28 avril, le nouveau pape Benoît XVI a accordé la dispense des cinq années après la mort pour l'ouverture de la Cause en béatification-canonisation de Jean-Paul II. La procédure canonique a été ouverte le 28 juin suivant par le card. Camillo Ruini, Vicaire général pour le diocèse de Rome.

    Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyła) a été officiellement élevé aux honneurs des autels le dimanche 1er mai 2011au cours de la messe de béatification, sur la place Saint-Pierre de Rome, présidée par le pape Benoît XVI  (>>> Homélie).

    Le  27 avril 2014 sa Sainteté le pape Francesco a proclamé Saints ses prédécesseurs Jean XXIII et Jean-Paul II. Un moment de joie et de prière pour les 800 000 et plus fidèles qui, du monde entier, ont conflué dans la place Saint-Pierre, mais aussi le début d'un voyage éternel dans la gloire de l'Église catholique.

    Pour un approfondissement :
    >>> Canonisation des bienheureux Jean XXIII et Jean-Paul II

  • Confession : Secret, vous avez dit secret ?

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    Lu sur le site web de l’abbé Philippe Laguérie (21/10/2021) :

    « Le cachet de Dieu »

    Non, il n’y a pas de secret de la confession ! Il y a bien plus que cela. Et pour vous en convaincre, j’ai réuni quelques textes du droit et de la théologie catholique.
    Et tout d’abord un peu de sémantique. Le soi-disant secret de la confession, dans tous les documents de l’Eglise Catholique (décrétales, droit canonique, théologiens, au premier rang desquels saint Thomas d’Aquin), n’est jamais dénommé un secret mais un sceau, en latin « Sigillum ». C’est peut-être un détail pour vous mais pour nous ça veut dire beaucoup.

    Sigillum, en latin ne veut absolument pas dire « secret ». Mais alors pas du tout, il y a maints autres mots pour cela. Le Gaffiot, qui fait référence en la matière, le traduit par « sceau », « cachet ». Vous savez : cette emprunte que vous gravez de vos armes dans la cire molle sur une lettre cachetée, cette signature de l’Autorité publique sur un cercueil que l’on vient de fermer pour garantir que c’est bien M. /Mme untel qui s’y trouve et non point un inconnu etc. Si vous m’avez bien compris, la traduction moderne de « Sigillum » est bien plus le mot « signature » qui authentifie, garantie, scelle (c’est le vrai mot) définitivement une réalité.

    Mais quel est ce signataire mystérieux qui efface, détruit, oublie à jamais, veut ignorer sans retour, ensevelit, bref scelle pour l’éternité nos misères et nos turpitudes. C’est Dieu Lui-Même, en personne, soi-même. Le ministre de ce sacrement sublime n’est qu’un vulgaire instrument de la miséricorde divine et rien de plus. Sauf que : écoutez comment saint Thomas établit et fonde ce fameux mal nommé « secret » de la confession : ( IIIa Qu. XI ar 1 corpus)

    « Dans les sacrements, ce qui se fait à l’extérieur est signe de ce qui se passe à l’intérieur, et ainsi la confession extérieure par laquelle on se soumet au prêtre est signe de la confession intérieure par laquelle on se soumet à Dieu. Or Dieu couvre (tegit : cache, dissimule) les péchés de celui qui se soumet à lui par la pénitence ; il faut donc que le sacrement de pénitence signifie en quelque manière cette conduite de Dieu. Donc la nature même de ce sacrement demande que le prêtre garde le secret (celet) ; et le révéler, ce serait violer le sacrement lui-même ».

    On le comprend aisément : pour saint Thomas les raisons morales (ne pas déshonorer son pénitent, rendre odieuse la confession, en faciliter l’exercice pour le bien commun de l’Eglise) sont des raisons vraies mais secondaires ! C’est l’admirable conduite de Dieu qui impose le sigillum, qui est le sceau de Dieu et non des hommes ! Dans le ad 1um, saint Thomas va encore plus loin :

    « On est censé ignorer ce que l’on sait par la confession puisque qu’on ne le sait nullement comme homme mais comme Dieu ». Ut Deus !

    Oui, vous avez bien lu ; et non pas comme dans les traductions libérales (Comme ministre de Dieu) mais bien comme dans l’original latin : comme, en tant que, Dieu (Ut Deus). La pensée de saint Thomas est donc claire : ce qu’un prêtre sait par le confessionnal, il le sait « comme Dieu » et le sigillum n’est pas celui d’un homme mais celui de Dieu.

    Même doctrine, et particulièrement d’actualité, dans le ad 2um où saint Thomas se demande ce qu’un prêtre devrait faire si dans un procès et sous serment il était sommé de dire ce qu’il a appris en confession : le supérieur, le juge, ne saurait l’obliger de parler « puisque qu’il (le prêtre) n’est dépendant de son supérieur qu’en sa qualité d’homme et qu’il ne sait rien comme homme mais seulement comme Dieu » (« Non scit ut homo sed ut Deus ») !

    Et saint Thomas d’enfoncer le clou en affirmant que le sigillum est même garanti par le droit naturel puisque le prêtre qui le violerait serait nécessairement un menteur : il affirmerait savoir des choses qu’il ignore (comme homme) puisqu’il les sait comme, en tant que, Dieu « ut Deus ».

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  • La musique sacrée adoucit-elle les moeurs ?

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    La video est ICI; la séquence sur la musique religieuse commence à 6'45.

  • L'Église n'interdit pas les tatouages mais cela signifie-t-il que vous devez en avoir un ?

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    De Jonathan Liedl sur le National Catholic Register :

    Tatouages, piercings et recherche de la sainteté

    L'Église n'interdit pas les tatouages. Mais cela signifie-t-il que vous devez en avoir un ?

    19 octobre 2021

    Bien que les milléniaux et la génération Z soient généralement moins religieux que les générations précédentes, les jeunes adultes qui embrassent le catholicisme ont tendance à être plus orthodoxes dans leurs croyances et plus traditionnels dans leurs dévotions que la majorité de leurs aînés de la génération X et du baby-boom.

    Mais visitez une Theology on Tap (cycle de conférences organisées dans des bars) ou un autre événement de jeunes adultes catholiques de nos jours, et parmi les chaînes de consécration mariale et les scapulaires, vous verrez probablement une autre sorte d'expression visible marquant les fidèles : une poignée de tatouages, d'anneaux de nez et d'autres piercings alternatifs.

    Depuis les campus universitaires jusqu'à la scène urbaine des jeunes adultes dans laquelle leurs diplômés s'inscrivent, les rapports sont nombreux à indiquer que l'encre corporelle et les piercings ont augmenté en prévalence parmi les jeunes adultes catholiques au cours de la dernière décennie, y compris parmi ceux qui s'identifient comme des "catholiques conservateurs".

    Dans un sens, cette tendance indique que les jeunes générations catholiques ne sont pas très différentes du reste de leurs pairs. Des rapports nationaux récents ont révélé que les jeunes Américains sont plus nombreux que jamais à avoir des tatouages et des piercings. En fait, 40% des 18-34 ans ont au moins un tatouage, et le taux national de ceux qui ont des tatouages a augmenté de 21% entre 2012 et 2019, selon un sondage Ipsos. Les catholiques fidèlement pratiquants font certainement partie de ce changement.

    Un contexte culturel en mutation

    Certains pourraient trouver ce fait contre-intuitif, voire troublant. Après tout, les tatouages, les piercings alternatifs et autres ont longtemps été associés aux sous-cultures anti-establishment, comme la scène punk et le monde criminel. Avec chaque septum percé ou avant-bras tatoué, certains pourraient se demander si les catholiques ne sont pas en train de promouvoir les mêmes valeurs déviantes qui sous-tendent ces styles de vie subversifs ?

    Pas vraiment, affirme Theresa Zoe Williams. Comme l'explique cette écrivaine catholique de 36 ans dans "Punk Rock Catholicism", un chapitre du livre Hipster Catholics, les tatouages et les piercings sont devenus courants au cours des dernières décennies, et il faut donc les considérer dans un nouveau contexte culturel pour comprendre ce qu'ils représentent réellement.

    Une partie de ce contexte comprend une augmentation de l'éphémère et du minimalisme. Les jeunes se déplacent davantage et emportent moins de choses avec eux. Plutôt qu'un signe de "dureté" ou de non-conformité, Mme Williams explique au Register que les gens s'encrent aujourd'hui parce que leurs tatouages "donnent une représentation belle et facilement transportable" d'aspects importants de leur vie. Elle écrit également que "les gens en ont assez de se conformer à des normes arbitraires qui n'ont que peu ou pas de portée morale."

    Christopher Ruddy dit qu'il a commencé à réaliser que le contexte culturel autour des tatouages et des piercings était en train de changer à la fin des années 1990 alors que, en tant qu'étudiant diplômé à l'Université de Notre Dame, il a commencé à voir des femmes avec des anneaux de nez s'agenouiller en recevant la communion.

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  • Une centaine d’actes de vandalisme contre des sites catholiques enregistrés en un an aux Etats-Unis

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    De Vatican News (Isabella Piro) :

    États-Unis: une centaine d’actes de vandalisme contre des sites catholiques en un an

    Entre mai 2020 et octobre 2021, une centaine d’incidents contre des sites catholiques ont été recensés à travers les États-Unis. C'est ce que révèle une enquête menée par le comité épiscopal national pour la liberté religieuse.

    Graffitis sataniques et discours de haine: c'est le centième acte de vandalisme, survenu aux États-Unis le 10 octobre. La cible de l'attaque était la basilique-cathédrale de l'Immaculée Conception à Denver, dans le Colorado. Ce chiffre ressort d'un rapport préparé par le Comité pour la liberté religieuse de la Conférence épiscopale nationale (USCCB) et reflète une analyse menée sur une période d'un peu plus d'un an, de mai 2020 à octobre 2021.

    «Ces actes de vandalisme, écrivent dans une note le cardinal Timothy M. Dolan et Mgr Paul S. Coakley -respectivement présidents des comités épiscopaux pour la liberté religieuse et la justice interne et le développement humain- , vont du tragique à l'obscène, de l'évident à l'inexplicable. Il y a encore beaucoup de choses que nous ne savons pas sur ce phénomène ; cependant, il souligne le fait que notre société a grand besoin de la grâce de Dieu».

    Mettre fin à ces épisodes destructeurs

    Encourageant donc, «dans tous les cas», «la prière et le pardon» pour les personnes coupables de tels actes, les prélats affirment : «Si le motif de ces actes était de punir une faute passée de notre part, alors nous devons nous réconcilier. Si, par contre, une mauvaise compréhension de nos enseignements a provoqué de la colère à notre égard, alors nous devons offrir de la clarté». Mais en tout état de cause, «ces épisodes destructeurs doivent cesser», car «ce n'est pas la voie à suivre». Les évêques américains demandent donc aux élus de «se manifester et de condamner ces attaques» et, dans le même temps, remercient la police d'avoir «enquêté sur ces incidents et pris les mesures appropriées pour prévenir d'autres dommages».

    Pas des crimes contre la propriété, mais de véritables actes de haine

    Les évêques ont également lancé un appel à l'aide aux membres de la communauté, car «il ne s'agit pas de simples délits contre la propriété, ont-ils expliqué, mais de la dégradation des représentations visibles de notre foi catholique». «Ce sont des actes de haine», ont conclu les évêques. Enfin, la note des évêques rappelle deux initiatives : le projet "Beauty Heals - Beauty Saves" ("la beauté guérit – la beauté sauve"), promu par le comité des évêques pour la liberté religieuse, qui, en réponse à la destruction de statues catholiques, présente des vidéos explicatives sur l'art sacré, éditées par différents diocèses.

    En outre, la même commission a également demandé une augmentation de 180 à 360 millions de dollars du financement pour l'année fiscale 2022 pour le programme de subventions pour la sécurité des organisations à but non lucratif, géré par le département de la sécurité intérieure.

    Les cas les plus marquants

    En juillet 2020, l'USCCB s'était déjà prononcée contre les actes de vandalisme continus contre l'Église catholique. L'épisode le plus marquant s'est produit en juin dernier, lorsque la statue de saint Junípero Serra, érigée à San Francisco, a été déboulonnée à la suite des manifestations antiracistes qui ont suivi la mort de l'Afro-Américain George Floyd, décédé après avoir été arrêté par un policier blanc. Le 18 juillet, dans l'église de Notre-Dame de l'Assomption à Bloomingburg, dans l'État de New York, un monument aux enfants à naître, orné de versets du prophète Isaïe, a été démoli.

    Auparavant, début juillet, le crucifix de la paroisse Sainte-Bernadette de Rockford (Illinois) avait été brisé à coups de marteau et, au même moment, une statue de la Vierge Marie avait été décapitée à Gary (Indiana). À la mi-juillet, une statue du Christ dans une station de ski du Montana a été aspergée de peinture brune et recouverte de banderoles portant l'inscription “Rebelle”. Un grave incendie s'est déclaré dans l'église de la “Mission de St Gabriel” à Los Angeles, l'une des plus anciennes des États-Unis, fondée en 1771 par saint Junípero Serra.

    Prière et vigilance

    «Que ces actes soient perpétrés par des individus perturbés qui appellent à l'aide ou par des agents de la haine qui cherchent à intimiderécrivaient les évêques il y a un anils sont le signe d'une société qui a besoin de guérison. «Alors que nous nous efforçons de comprendre la destruction de ces symboles sacrés d'amour et de dévouement désintéressé, ont-ils ajouté, prions pour tous ceux qui en sont la cause et restons vigilants face à cette destruction». «Contemplons, plutôt que de détruire, les images qui représentent l'amour de Dieu, concluait la conférence épiscopale. À l'exemple du Seigneur, répondons à la confusion par la compréhension et à la haine par l'amour».

  • Liège, 31 octobre : 13ème édition de HolyWins, fête familiale autour de tous les saints

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    En avant les enfants, fêtons les saintes et les saints !

    13ème édition de HolyWins, fête familiale autour de tous les saints

    Communiqué – Liège, le 17 octobre 2021.

    Enfants, parents et grands-parents se préparent à fêter la 13è édition d’HolyWins à Liège. Ce joyeux évènement a été initié en 2008 en Belgique afin de redonner un sens à la fête de la Toussaint. L’édition de 2019 avait regroupé plus de 170 enfants et adultes. L’édition 2021 aura lieu le dimanche 31 octobre 2021 de 14h00 à 18h00 au Sanctuaire de sainte Julienne de Cornillon à Liège.

    Après un grand jeu à la découverte de belles figures de saintes et de saints, les participants sont invités à vivre un petit temps de louange et d’adoration adapté aux enfants. S’en suivra un goûter avec gaufres, crêpes et chocolat chaud ! Les enfants sont invités, s’ils le souhaitent, à venir déguisés en saints ou saintes, voire en anges avec leurs grandes ailes blanches.

    Dans une société qui élude souvent la question de la mort, la fête d’Halloween a le mérite de nous interroger sur ce thème, mais sans autres références que celles empruntées à des rituels morbides et macabres. C’est pourquoi HolyWins en valeur la fête de la Toussaint et rappeler qu’elle est habitée par l’Espérance. A la Toussaint, l’Eglise célèbre tous les saints – connus ou anonymes – qui sont vivants auprès de Dieu. Selon la foi chrétienne, la mort constitue en effet un passage vers la vie éternelle à la suite du Christ. Soutenus par cette espérance, les croyants se rappellent le lendemain 2 novembre les défunts de leur famille.

    Laurence, co-organisatrice explique: « Holywins est une initiative de familles de la Communauté de l’Emmanuel impliquées dans leurs paroisses de la région liégeoise. Depuis 13 ans, nous organisons cette petite fête pour nos propres enfants, nos amis et tous ceux que cela intéresse. Nous nous réjouissons qu’elle grandisse d’année en année. Des centaines d’enfants ont déjà participé à cette belle fête durant la semaine des congés de la Toussaint. » Edel, co-organisatrice, dit: « C’est une grande joie de fêter les saints avec nos enfants. Je viens à Holywins avec mon enfant pour qu’il apprenne la vie des saints qui sont un modèle sur nos chemins. Ce genre d’activités ouvre le coeur. » Pierre-Yves, participant en 2019, déclare: « Cela me semble important de vivre une après-midi sur le thème de la sainteté, de la lumière, surtout à un moment où certains célèbrent la mort et les ténèbres, car je crois que la mort est un passage vers la lumière. »

    Cette fête familiale HolyWins, liée à la Toussaint, se développe un peu partout dans le monde, au Brésil, en Espagne, en Chine, en Colombie, aux Philippines, en France, en Italie … et en Belgique.

    Détails:
    Dimanche 31 octobre 2021 de 14h00 à 18h00
    Inscriptions : https://bit.ly/holywins-liege
    Sanctuaire de sainte Julienne de Cornillon, Rue de Robermont 2, Liège
    Site : https://www.saintejulienne.org/holywins/
    Page Facebook : https://www.facebook.com/HolyWinsBelgique
    Page Youtube : HolyWins

  • Un témoin raconte le miracle dû à l'intercession de Jean-Paul Ier

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    D'Ermes Dovico sur le site de la Nuova Bussola Quotidiana :

    "Moi, un témoin, je vous raconte le miracle de Jean-Paul Ier".

    18-10-2021

    22 juillet 2011 : Candela Giarda, alors âgée de 11 ans, était intubée en soins intensifs, ne pesant que 19 kilos, souffrant depuis des mois d'une encéphalopathie épileptique aiguë, entre-temps aggravée par un état septique dû à une broncho-pneumonie. "Les médecins ont prévenu la mère que Candela ne passerait pas la nuit, prédisant la mort imminente de sa fille. La Nuova Bussola a interviewé le père José Dabusti, le prêtre qui, le soir du 22 juillet, à Buenos Aires, a invité la mère de Candela, au chevet de sa fille, désormais étudiante universitaire, à demander l'intercession du pape Albino Luciani. Au grand étonnement des médecins, elle a apporté une amélioration soudaine et durable qui a conduit l'Église à reconnaître le miracle.

    Candela Giarda_padre José Dabusti_Giovanni Paolo I

    Candela Giarda_Père José Dabusti_Jean Paul Ier

    La nouvelle de la reconnaissance du premier miracle attribué à l'intercession du vénérable Jean-Paul Ier (17 octobre 1912 - 28 septembre 1978), le pape décédé 33 jours seulement après son élection au trône de Pierre et dont on a célébré hier l'anniversaire de la naissance, a déjà fait le tour du monde. L'événement, qui remonte à 2011, concerne une jeune fille argentine, Candela Giarda, alors âgée de 11 ans et aujourd'hui étudiante universitaire, qui fait du sport, fréquente la paroisse et appartient à un groupe de scouts. Une vie normale, comme on dit dans ces cas-là.

    Le décret sur son miracle, promulgué par la Congrégation pour les causes des saints après autorisation du pape François, est daté du 13 octobre. C'était le dernier jour, comme on le sait, du cycle des apparitions de Notre-Dame de Fatima, auquel Albino Luciani était très attaché. En juillet 1977, un peu plus d'un an avant de devenir pape, celui qui était alors patriarche de Venise avait rencontré, au carmel de Coimbra, sœur Lucia dos Santos qui, au cours d'une conversation intense, lui avait dit, entre autres, quelle était la seule façon de sortir des problèmes de l'Église, à savoir la nécessité d'avoir - comme Luciani lui-même l'a rapporté - "des religieuses, des prêtres et des chrétiens à la tête ferme". Radical comme les saints : ou tudo ou nada, tout ou rien, si tu veux être de Dieu sérieusement".

    Et un saint, reconnu par l'Église, pourrait un jour être Jean-Paul Ier lui-même. En attendant, le décret du 13 octobre signifie qu'il sera bientôt proclamé bienheureux ; il ne reste plus qu'à décider de la date de la cérémonie. Mais dans quelles circonstances le miracle a-t-il eu lieu ? Le père José Dabusti, le curé basé à Buenos Aires qui a invité Roxana, la mère de Candela, au plus fort d'une maladie qui s'était manifestée quatre mois auparavant (le 20 mars 2011 les premiers symptômes douloureux, le 26 mai le transfert dans la capitale argentine), à demander l'intercession de Jean-Paul Ier au moment le plus critique de la vie de sa fille, a déclaré par téléphone à la Nuova Bussola.

    Père José Dabusti, voudriez-vous expliquer d'où vient votre dévotion pour le pape Luciani et ce qui vous frappe le plus chez lui ?
    Deux choses, en particulier. Quand Albino Luciani a été élu au trône pontifical, en 1978, j'avais 13 ans ; j'ai été frappé par sa joie et l'expression de son visage et, en outre, par son humilité. Dès mon adolescence, j'ai développé une affection intime pour Jean-Paul Ier, et je le priais intérieurement. Et lorsque je me rendais à Rome, ou que je connaissais des gens qui s'y rendaient, je leur disais toujours de prier sur la tombe du pape Luciani.

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  • Nouvelle béatification de martyrs tués en haine de la foi par les "Rouges" lors de la Guerre civile espagnole

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    De Vatican News (Gabriella Ceraso) :

    Juan Elias Medina et ses 127 compagnons, martyrs durant la guerer civile espagnole (1936-1939)Juan Elias Medina et ses 127 compagnons, martyrs durant la guerer civile espagnole (1936-1939)
    A Cordoue, la béatification de Juan Elias Medina et ses 127 compagnons, martyrs
    Un pan de l'Histoire dont la mémoire peut devenir un lieu d'évangélisation dans des contextes sécularisés : tel a été le témoignage des martyrs de la guerre civile espagnole du début du XXe siècle, selon les mots du cardinal Marcello Semeraro, préfet de la Congrégation pour les causes des saints, qui a présidé samedi matin la messe de béatification dans la cathédrale de Cordoue.

    C’est en novembre 2020 que le Pape François a promulgué les décrets de béatification de ces 127 martyrs, tués en haine de la foi à Cordoue, durant la guerre civile espagnole (1936-1939).

    Il s'agissait de prêtres, dont Juan Elias Medina, mais aussi de religieux et de laïcs, dont les exécutions brutales s'inscrivaient dans le climat de persécution que la milice républicaine avait instauré contre tous ceux qui osaient professer leur appartenance à l’Église catholique. Certains d'entre eux étaient impliqués dans des activités ecclésiastiques ou étaient membres d'associations telles que l'Action catholique ou l'Adoration nocturne du Saint-Sacrement. Don Juan Elias lui-même a apporté réconfort et assistance spirituelle à ses compagnons pendant ses jours d'emprisonnement. Et la foi qu'ils ont confessée, ils l'ont portée dans leur cœur jusqu'au moment de la mort, l'exprimant fièrement par les mots “Viva Cristo Rey” (Vive le Christ -Roi), avant d’accorder leur pardon à leurs bourreaux.

    Les élus du Seigneur

    Mais quelle est cette haine du monde et qui sont ces martyrs ? Dans son homélie, le cardinal Marcello Semeraro, préfet de la Congrégation pour les causes des saints, a parlé d'eux comme étant «choisis» par le Seigneur, c'est-à-dire «retirés du monde», et pour cette raison même haïs : «Dans la haine du monde, il y a donc comme la jalousie et l'envie de ceux qui ont perdu leur proie, de ceux à qui on l'a enlevée. Voici donc le double engagement que la parole du Seigneur entend susciter dans notre volonté : s'éloigner du “monde”, qui désigne ici le groupe de ceux qui préfèrent les ténèbres à la lumière, l'erreur à la vérité, l'amour à la haine ; et puis, aussi, veiller à ne pas se laisser ensorceler par la nostalgie du péché.» 

    La lumière, l'amour, la vérité, le détachement du péché ont ainsi marqué la vie des disciples, ainsi que celle de ces frères, mais aussi la «proximité de Dieu» : «Le scénario ouvert par l'annonce de la haine du monde est exactement le contraire de l'autre parole réconfortante et pleine de promesses : “Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique”. Il nous semble alors entendre l'écho de l'hymne pascal : “Mors et vita duello conflixere mirando ... La mort et la vie s’affrontèrent en un duel prodigieux : le maître de la vie mourut ; vivant, Il règne”. C'est cette conscience qui a animé nos martyrs, dont beaucoup, comme l'a rappelé l'évêque de Cordoue Adolfo Pérez y Muñoz, ont crié “Vive le Christ Roi” au moment de leur mort.»

    Détestés par le monde parce qu'ils appartiennent à Jésus

    Le cardinal prévient toutefois que la haine du monde ne doit pas être confondue avec une «difficulté» ou une adversité «qui ne vient pas du fait que nous sommes de vrais disciples du Seigneur, mais qui est la conséquence de notre infidélité, du fait que nous sommes entrés dans la logique du monde». La haine du monde n'est, explique-t-il, que la «violence qui nous atteint parce que nous appartenons au Seigneur». A cause de son nom. C'est à cause de cette certitude intérieure que le chrétien en vient même à être heureux de souffrir, comme nous le lisons dans les Actes des Apôtres, explique encore le cardinal. C'est pourquoi, ajoute-il «la haine du monde est inséparable de la vie de disciple de Jésus et constitue aussi sa meilleure apologie».

    La vie et l'histoire des 127 martyrs espagnols que l'Église a déclaré bienheureux, s'inscrivent dans ce contexte : une telle variété de profils humains «s'exprime dans la multiplicité des vies quotidiennes, avant d'atteindre le sommet du martyre qui scelle de son sang toute l'existence». Et le cardinal Semeraro de conclure : «Nous sommes confrontés à un pan de l'Histoire dont la mémoire peut devenir un lieu d'évangélisation dans des contextes sécularisés. C'est le témoignage d'une Église circumdata varietate. C'est comme l'explosion de la Pentecôte, l'accomplissement de la prophétie de Joël : l'Esprit Saint se répand sur tous : jeunes et vieux, fils et filles, et quiconque invoque le nom du Seigneur sera sauvé».

    A l'issue de l'Angélus ce dimanche, le Pape François a évoqué la mémoire de ces martyrs : «Que leur fidélité nous donne à tous, en particulier aux chrétiens persécutés dans les différentes parties du monde, la force de témoigner courageusement de l'Évangile», a-t-il lancé avant d'inviter les fidèles réunis sur la Place Saint-Pierre à applaudir les nouveaux bienheureux.

  • Une lettre aux évêques pour que "la messe de Paul VI" soit célébrée « avec dignité et fidélité »

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    Top Changes Between the Latin Mass and the Novus Ordo

    Du site de Famille Chrétienne :

    Des fidèles demandent que la messe de Paul VI soit célébrée « avec dignité et fidélité »

     

    Interpellés par les propos du pape François stigmatisant, dans son motu proprio Traditionis custodes, « les nombreux endroits où l’on ne célèbre pas de façon fidèle aux prescriptions du nouveau missel », huit fidèles attachés au nouvel Ordo Missae - des laïcs, des prêtres et des religieux – adressent aux évêques de France une lettre leur demandant de promouvoir les indications données par le Concile Vatican II pour la célébration liturgique : le silence, l’orientation, le latin et le propre de la messe mais aussi l'usage du chant grégorien, de la polyphonie et de l'orgue. Ils invitent les catholiques qui le souhaitent à envoyer cette lettre, en leur nom propre, à leur évêque (télécharger le pdf de la lettre écrite aux évêques).

    La lettre des fidèles aux évêques

    Messeigneurs,

    Le 16 juillet dernier, le Pape François publiait Traditionis Custodesun Motu Proprio pour restreindre l’usage de la messe selon le Missel de 1962, les livres liturgiques publiés par les saints papes Paul VI et Jean-Paul II après Vatican II devenant « l'unique expression de la lex orandi du rite romain ». Après la surprise, nous le recevons avec confiance et nous voulons qu’il contribue à l’unité du Peuple de Dieu.

    Investis dans nos paroisses au service de la liturgie, nous sommes attachés au Missel romain publié par Saint Paul VI et réédité ensuite par Saint Jean-Paul II. Nous aimons sa noble sobriété et sa force spirituelle et nous souhaitons qu'il puisse unir les communautés paroissiales et être aimé de leur part. Deux points de la lettre aux évêques accompagnant le Motu Proprio ont ainsi retenu toute notre attention :

    1. Le Pape François se dit « attristé par les abus de part et d’autre dans la célébration de la liturgie. Comme Benoît XVI, [il] stigmatise le fait que dans de nombreux endroits on ne célèbre pas de façon fidèle aux prescriptions du nouveau Missel, mais qu’il soit même compris comme une autorisation ou même une obligation à la créativité, qui conduit souvent à des déformations à la limite de ce qui est supportable » : nous partageons avec lui ce sentiment et ce constat. Les abus et la créativité évoqués sont courants dans les paroisses que nous fréquentons et empêchent de rendre évident que, dans le Missel promulgué par Paul VI, le rite romain a non seulement été conservé mais renouvelé dans le respect fidèle de la Tradition. 

    2. Le Pape demande que « chaque liturgie soit célébrée avec dignité et fidélité aux livres liturgiques promulgués après le Concile Vatican II ». L’efficacité de la liturgie dans la vie de l'Église tient, pour une large part, à la fidélité aux rites prescrits qui sont porteurs de la grâce liée au sacrement. Sans cette fidélité, le caractère humain de la liturgie tend à l'emporter et à limiter le don de Dieu, quand il ne lui fait pas obstacle, purement et simplement. Le Missel Romain et sa Présentation Générale précisent l’usage de ces rites et des signes sensibles par lesquels la foi se nourrit, se fortifie et s´exprime.

    A la suite du Pape François, nous vous redisons que le peuple de Dieu a besoin que vous fassiez connaître et appliquer les normes établies par le Concile Vatican II et comprises dans le Missel romain. Nous avons besoin que vous, gardiens de la Tradition, puissiez nous nourrir de l’esprit de la liturgie1. Nous avons à cœur d’œuvrer avec vous pour faire vivre cet esprit dans nos paroisses.

    Dans un souci d’unité et de plus grande fidélité à l’Église, il nous apparait important de prêter une attention renouvelée à toutes les indications données par le Concile Vatican II, de promouvoir leur usage qui témoigne de notre tradition liturgique romaine. Concrètement, le silence sacré2, le propre de la Messe3, l’orientation4 ou encore le latin5, nous sont donnés par le Missel Romain pour servir le mystère que nous célébrons. Pour la musique liturgique, le chant grégorien6, mais aussi la polyphonie7 et l’orgue8 nous sont légués comme un trésor d’une valeur inestimable qui élève puissamment nos âmes vers le Ciel.

    A l’aube de la nouvelle traduction française du Missel, que ce Motu Proprio soit pour notre Église et nos communautés l’occasion d’approfondir le mystère de l’Eucharistie, source et sommet de la vie chrétienne. Qu’il nous permette de grandir dans la fidélité aux prescriptions de l’Église, sacrement de l’unité, pour la sanctification des hommes et la glorification de Dieu dans le Christ.

    Nous vous assurons de nos prières pour vos ministères et pour l’Église.

    Monsieur Loys DE THE, initiateur de la lettre et membre de l'association Ecclesia Cantic (diocèse de Chambéry)

    Monsieur Denis CROUAN, docteur en théologie et président de l’association Pro Liturgia (diocèse de Strasbourg)

    Monsieur Jean-François FREMONT, organiste et maître de chapelle de l’église Notre Dame (diocèse de Versailles)

    Monsieur l’abbé Pierre FRIESS, curé de la paroisse de Villars les Dombes (diocèse de Belley Ars)

    Monsieur Bernard FROSSARD, membre de l’association Esprit de la Liturgie (diocèse de Rome)

    Monsieur Pierre-Yves HUET, membre de la communauté de l’Emmanuel (diocèse de Munich)

    Frère Frédéric PERUTA, moine bénédictin de l’abbaye Saint Wandrille (diocèse de Rouen)

    Madame Françoise STREBLER, responsable de la musique liturgique et maître de chapelle de la cathédrale (diocèse de Valence)

    Cliquez ici pour télécharger le pdf de la lettre écrite aux évêques.

    Notes :

    • 1. SC n°29 ; PGMR n°387 ;
    • 2. SC n°30 ; PGMR n°45
    • 3. PGMR n°48-87
    • 4. PGMR n°146-154-157
    • 5. SC n°36-54
    • 6. SC n°116
    • 7. SC n°112-113
    • 8. SC n°120
  • Elle pratiquait des avortements et est devenue leader pro-vie : qu'est-ce qui a changé le cœur de ce médecin ?

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    De Kate Olivera sur Catholic News Agency :

    D'avorteur à leader pro-vie : qu'est-ce qui a changé le cœur de ce médecin ? 
    Kathi Aultman 3
    Kathi Aultman, au cours de sa première année de pratique privée, devant son cabinet, qui était en construction./ Kathi Aultman

    14 oct. 2021

    Kathi Aultman avait six semaines de post-partum lorsqu'elle est retournée travailler dans une clinique d'avortement à Gainesville, en Floride. Elle pratiquait des avortements le week-end pour gagner de l'argent pendant son internat.

    "J'étais vraiment convaincue que l'avortement était un droit de la femme", a déclaré Aultman à l'AIIC lors d'une interview le 17 septembre. "Je veux dire, j'ai tout gobé : l'hameçon, la ligne et le plomb."

    "J'ai même fait des avortements lorsque j'étais enceinte - très enceinte. Mais je ne voyais pas de contradiction. Mon bébé était désiré, le leur ne l'était pas. Se elles voulaient avorter de leur bébé, c'était leur droit."

    Mais Mme Aultman se souvient qu'il y avait quelque chose de différent dans le premier avortement qu'elle a pratiqué après avoir accouché et pris soin de son propre bébé. Pour la première fois de sa vie, elle a compris que l'enfant à naître qu'elle faisait avorter était en fait un enfant. Pas si différent de son propre enfant.

    Aultman a terminé l'avortement et les autres avortements prévus ce jour-là. Mais elle dit que son expérience, le premier jour de son retour de congé de maternité, a marqué le début de son cheminement pour devenir une militante pro-vie.

    Aujourd'hui, Mme Aultman a témoigné sur des questions pro-vie devant des organes de l'État et du Congrès et devant des tribunaux d'État, et a aidé divers procureurs d'État et le ministère de la Justice à examiner des affaires liées à l'avortement. Elle a pris la parole lors de la Marche pour la vie de 2019 à Washington.

    Plus récemment, Mme Aultman a fait partie des 240 femmes pro-vie qui ont signé un mémoire d'amicus curiae pour soutenir l'affaire Dobbs v. Jackson Women's Health Organization, une affaire du Mississippi qui pourrait annuler la protection fédérale de l'avortement aux États-Unis.

    Je ne les voyais pas comme des personnes

    Mme Aultman avait un penchant pour les sciences dès son plus jeune âge. Elle se souvient avoir aidé son père, un prédicateur méthodiste, à nettoyer le poisson après une partie de pêche. Aultman aimait examiner les organes internes des poissons, et inspecter leurs globes oculaires. Lorsque sa mère ramenait des cœurs d'animaux pour les repas familiaux, Aultman faisait couler de l'eau dans l'organe pour examiner les valves en action.

    La tante d'Aultman était bio-ingénieur, et elle est devenue un modèle pour sa nièce curieuse. Lorsqu'elle était en quatrième année, elle a visité le laboratoire de sa tante, et elle se souvient avoir été si impressionnée qu'elle a décidé, sur le champ, de devenir scientifique.

    Après avoir obtenu son diplôme de premier cycle à l'université Drew en 1972, Mme Aultman s'est fixé pour objectif d'obtenir un doctorat en recherche fondamentale. Mais elle a choisi d'étudier la médecine, car ce domaine semblait offrir des perspectives d'emploi plus sûres que la recherche.

    Kathi Aultman in a science lab at Drew University, where she earned her undergraduate degree. Kathi Aultman
    Kathi Aultman dans un laboratoire scientifique de l'université Drew, où elle a obtenu son diplôme de premier cycle. Kathi Aultman

    Kathi Aultman a été acceptée à l'école de médecine du New Jersey. Avant le début de ses cours, Aultman a découvert qu'elle était enceinte. "Et c'est la même vieille histoire", a déclaré Aultman. "Je pensais que si je gardais le bébé, je ne pourrais pas être médecin. J'avais peur qu'on finisse par divorcer, parce qu'on se mariait parce qu'il le fallait. J'avais peur de ce que ma famille et mes amis penseraient.

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  • Le député britannique assassiné était un député catholique exceptionnel et un fervent défenseur de la vie

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    De Jonah McKeown sur Catholic News Agency :

    Le député britannique assassiné était catholique et pro-vie.
     
    David Amess
    Le regretté David Amess, député de Southend West/ davidamess.co.uk

    15 oct. 2021

    Un député britannique est mort vendredi après avoir subi de multiples coups de couteau dans une église méthodiste du sud-est de l'Angleterre. 

    Sir David Amess, 69 ans, était membre du Parlement depuis 1983 et membre du parti conservateur. Il était catholique, pro-vie, et aurait été un fervent défenseur de l'éducation catholique et du bien-être des animaux. Amess tenait une réunion avec ses électeurs à l'église méthodiste de Belfairs lorsque l'attaque a eu lieu. 

    Un homme de 25 ans a été arrêté en relation avec le meurtre, et un couteau a été retrouvé. 

    Le cardinal Vincent Nichols de Westminster a publié une déclaration rendant hommage à M. Amess et appelant à prier pour lui et sa famille. 

    "Je prie pour lui afin qu'il soit accueilli dans la présence miséricordieuse de notre Père céleste. Je prie pour sa famille et ses amis, qui sont sous le choc en ce moment. Je prie pour ses électeurs [et] tous ceux qui ont travaillé avec lui au cours de sa carrière politique", a déclaré le cardinal Nichols. 

    "David a accompli sa vocation de catholique dans la vie publique avec générosité et intégrité. Il a servi au Parlement pendant quatre décennies et était respecté par tous les partis politiques de la Chambre. Son décès prématuré est une grande perte".

    Le Premier ministre Boris Johnson a déclaré qu'Amess avait un "bilan exceptionnel en matière d'adoption de lois visant à aider les plus vulnérables."

    Right to Life UK a décrit Amess comme un "champion pro-vie". 

    "La mort de Sir David est une tragédie insensée et il va vraiment nous manquer. Nos pensées et nos prières vont à sa femme Julia et à leurs cinq enfants", a déclaré Catherine Robinson, porte-parole de Right To Life UK. 

    "Depuis son élection en 1983, il a toujours, dans la mesure du possible, utilisé sa position de député pour défendre les personnes vulnérables, notamment en se faisant le champion d'initiatives visant à introduire davantage de protections pour les bébés à naître et davantage de soutien aux femmes confrontées à des grossesses difficiles. Tous ceux qui ont travaillé avec Sir David savaient qu'il était un homme gentil, attentionné et jovial, qui se souciait réellement des plus vulnérables de notre société". 

    Le dossier de vote récent d'Amess montre qu'il a voté contre la légalisation du suicide assisté, en faveur de limites de gestation plus strictes pour les avortements, et contre l'imposition de l'avortement en Irlande du Nord, entre autres mesures pro-vie. 

    Le cardinal Nichols a noté que M. Amess a joué un rôle déterminant dans la visite historique du pape Benoît XVI au Parlement en septembre 2010, lors de la visite du pape au Royaume-Uni. M. Amess avait créé en 2006 un groupe parlementaire multipartite pour les relations avec le Saint-Siège, un groupe comprenant des personnes de différentes confessions et croyances, a indiqué M. Nichols. 

    "Il a encouragé cette relation mutuellement respectueuse en rencontrant le cardinal Parolin, secrétaire d'État du pape, et d'autres dirigeants catholiques. Cette contribution est à la fois estimée et manquera cruellement", a déclaré le cardinal. 

    L'agence pour l'éducation des évêques catholiques d'Angleterre et du Pays de Galles a déclaré sur Twitter : "La mort de Sir David Amess est une horrible tragédie. Il était un député catholique exceptionnel et un fervent défenseur de l'éducation catholique."

    "Accorde-lui le repos éternel, ô Seigneur, et que la lumière perpétuelle brille sur lui. Qu'il repose en paix."

    Benedict Rogers, directeur général et cofondateur du groupe britannique de défense des droits de l'homme Hong Kong Watch, a déclaré que lui et Amess avaient "travaillé ensemble régulièrement sur les droits de l'homme internationaux au fil des ans."

    "Il était très chaleureux, gentil et amusant. Il m'encourageait toujours à me présenter au Parlement et essayait de m'aider dans cette démarche. Il avait un énorme sourire, beaucoup d'humour et un très bon cœur. C'était un grand personnage et il nous manquera énormément", a tweeté M. Rogers. 

    Amess a fortement soutenu le Brexit lors du référendum de 2016. 

    La dernière députée britannique à avoir été tuée est Jo Cox en 2016, qui a été abattue à l'extérieur d'une réunion avec ses électeurs dans le West Yorkshire. La sœur de Cox, Kim Leadbeater, députée travailliste de Batley et Spen, a déclaré qu'elle était "Totalement choquée par ce qui s'est passé pour penser que quelque chose d'aussi horrible pourrait se reproduire pour un autre député, une autre famille", rapporte PA. "Et effrayée et effrayante - une véritable montagne russe d'émotions", a déclaré Leadbeater.

    Selon PA, 80 personnes ont assisté à un service commémoratif pour Amess vendredi.

    "Il a emporté avec lui ce grand esprit de l'est de Londres qui consiste à ne pas avoir peur et à être capable de parler aux gens et à leur niveau. Je dirais que tous les politiciens ne sont pas doués pour cela", a déclaré le père Jeffrey Woolnough à propos d'Amess, rapporte PA. "Nous n'avons pas les mots ce soir. Cher Sir David, reposez-vous bien".

  • La foi : une forme de dissidence

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    Des propos recueillis par Constantin de Vergennes sur le site de France Catholique :

    Rod Dreher, essayiste américain

    «  La foi est une forme de dissidence  »

    13 octobre 2021

    Face aux dérives idéologiques inquiétantes de notre société, aux États-Unis et ailleurs, cet intellectuel atypique qu’est Rod Dreher suggère de s’inspirer de l’exemple des dissidents de la période soviétique pour trouver les moyens de résister au rouleau compresseur postmoderne. Entretien.

    Son précédent livre, Le Pari bénédictin, publié en 2017, avait fait grand bruit. Également connu, dans sa version française, sous le titre de Comment être chrétien dans un monde qui ne l’est plus (Artège), l’ouvrage du journaliste et écrivain américain Rod Dreher proposait la formation de communautés chrétiennes locales : familles, écoles, paroisses… Ceci afin d’élaborer une contre-culture et de réévangéliser, par la suite, un monde ayant tourné le dos à la foi. Proposition stimulante, mais discutée au sein des milieux chrétiens. Quatre ans plus tard, le journaliste de l’American Conservative récidive avec un nouvel essai, Résister au mensonge, vendu à 100 000 exemplaires outre-Atlantique. Là-bas, le débat fait rage avec le mouvement «  woke  » – « éveillé » – de contestation de la culture occidentale et chrétienne, qui gagne en puissance dans l’opinion au plan mondial (voir France Catholique n°3717). L’intellectuel s’oppose ainsi à ce qu’il définit comme un totalitarisme «  doux  », et suggère de s’inspirer de l’exemple des dissidents chrétiens sous la dictature soviétique. À lire pour être prévenu…

    Comment définiriez-vous le «  totalitarisme soft  » qui nous menace et pourquoi employer ce terme ?

    Rod Dreher : Un système totalitaire est un système où le pouvoir politique est monopolisé par une idéologie unique et où tout est politique. Nous pensons toujours au nazisme ou au communisme, mais le totalitarisme peut aussi exister dans une démocratie libérale. L’idée que nous nous faisons du totalitarisme, inspirée notamment par le roman 1984 de George Orwell ou par l’expérience du stalinisme, est celle d’un totalitarisme «  dur  ». Nous ne voyons pas qu’un totalitarisme d’une autre nature est en train d’émerger.

    Il y a vingt ans, René Girard nous a prévenus que l’attention excessive pour les victimes allait se transformer en totalitarisme. Aujourd’hui, cela se déroule sous nos yeux de façon évidente. C’est l’autre raison pour laquelle il s’agit d’un totalitarisme soft, «  doux  » : parce qu’il s’agit d’un totalitarisme exercé au nom de la compassion, de la tendresse à l’égard des victimes. Ainsi, nous voyons par exemple des livres interdits car les transgenres, ou les minorités ethniques, les trouvent blessants.

    L’État n’interdit pas de lui-même – aux États-Unis, il serait illégal d’interdire un livre –, mais des acteurs privés comme Amazon refusent de vendre certains livres pour cette raison, et les écoles et universités refusent de les enseigner. Nous voyons des symboles bien-aimés de notre histoire – des statues, des chansons… – jetés à la poubelle [en français dans le texte, NDLR] car certaines minorités privilégiées les trouvent offensantes.

    Il faut souligner que cela se produit, tout du moins aux États-Unis, non parce que l’État adopte des lois, mais parce que des institutions libres dans une société libre ont décidé de s’autocensurer. Le vieux modèle du totalitarisme – avec une police secrète et des goulags – ne s’applique pas ici. Mais il s’agit toujours d’un totalitarisme, parce qu’une seule idéologie est autorisée, et que ceux qui ne l’acceptent pas risquent leur emploi et leur statut social s’ils s’en éloignent publiquement. Le peuple américain vit dans la peur – une peur qui devrait être totalement étrangère à une société libre.

    La surveillance, propre aux sociétés totalitaires, est désormais exercée selon vous par le capitalisme…

    Oui, c’est aussi quelque chose de nouveau. Le «  capitalisme de surveillance  » est une nouvelle façon de faire de l’argent, inventée par Google. Les données que nous générons tous par notre activité en ligne, et avec nos smartphones, sont constamment collectées par ces entreprises. Elles agissent légalement, avec notre consentement. Toutes ces données, même celles qui nous paraissent insignifiantes, sont stockées et exploitées afin de dresser un portrait toujours plus précis de qui nous sommes, dans le but de mieux nous vendre des choses.

    Comme me l’a dit un ancien dissident tchèque, il faudrait être idiot pour penser qu’il existe une façon innocente de collecter ces informations. «  À terme, m’a-t-il dit, ces informations seront utilisées contre vous.  »

    Par exemple, des dizaines de millions de foyers américains possèdent les soi-disant «  enceintes connectées  » [enceintes reliées à Internet et qui peuvent être commandées par le son de la voix, NDLR], pour rendre l’existence plus facile. Il suffit de dire par exemple «  Diffuse du Mozart  », pour que du Mozart soit diffusé à travers l’enceinte. Nous pensons que c’est amusant et innocent, mais cela ne l’est pas. Ces appareils nous entraînent à accepter la surveillance perpétuelle comme un aspect normal de notre vie.

    Si des agents du gouvernement venaient se présenter à votre porte pour vous dire : «  Nous voudrions installer une enceinte connectée qui va vous écouter et qui nous fera parvenir ce qu’elle a entendu  », vous leur claqueriez la porte à la figure. Mais quand cela provient d’une entreprise comme Amazon, non seulement les gens acceptent d’installer un tel appareil chez eux, mais ils déboursent également de l’argent pour pouvoir le faire !

    Retrouvez l’intégralité de l’entretien dans le magazine.