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Jeunes

  • USA : le vent tourne contre l'idéologie transgenre

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    Un éditorial du NCR :

    Le vent tourne contre l'idéologie transgenre

    ÉDITORIAL : La contestation est la plus forte concernant l'interdiction faite aux hommes biologiques de participer aux compétitions sportives féminines, mais elle se manifeste également au sein du corps médical américain, avec des mesures prises pour interdire les traitements de « transition de genre » pour les mineurs.

    L'affirmation selon laquelle les êtres humains peuvent changer leur identité sexuelle fondamentale n'a jamais été étayée par des preuves scientifiques solides. Cela n'a pas empêché de nombreux législateurs américains, ainsi qu'une grande partie du corps médical américain, d'adhérer aux revendications des militants transgenres.

    Mais ces derniers mois, l'opinion publique a commencé à prendre un tournant décisif. Tragiquement, l'une des raisons de ce rejet de l'idéologie transgenre est la récente série de fusillades de masse perpétrées dans des établissements scolaires par des personnes s'identifiant comme transgenres.

    Le dernier drame de ce genre s'est produit à Pawtucket, dans le Rhode Island, où un homme ayant « fait sa transition » à l'âge adulte a ouvert le feu lors d'un match de hockey sur glace de lycée le 16 février, tuant son ex-femme et son propre fils biologique et blessant grièvement trois autres personnes avant de se suicider.

    Cinq jours plus tôt, le Canada tout entier était sous le choc après qu'un jeune homme de 18 ans, ayant entrepris une transition de genre à l'adolescence, eut assassiné sa mère et un autre de ses fils à leur domicile de Tumbler Ridge, en Colombie-Britannique. Il s'était ensuite rendu dans un lycée voisin de cette petite communauté isolée, où il avait tué cinq élèves et blessé 25 autres personnes avant de se suicider.

    Des personnes s'identifiant comme transgenres étaient également responsables de la fusillade de 2025 à l'église de l'Annonciation à Minneapolis, où deux enfants assistant à la messe de leur école catholique ont été tués, et de la fusillade de 2023 à la Covenant School à Nashville, qui a coûté la vie à trois écoliers et trois employés de l'école.

    Personne ne devrait jamais suggérer que ces actes odieux, commis par quatre individus profondément perturbés, soient représentatifs des personnes transgenres. Car c'est catégoriquement faux.

    Mais ces horreurs sont des tragédies collectives, et il n'est pas diabolisant de souligner que les auteurs de ces actes ont subi une « transition de genre ». Les personnes qui s'identifient comme appartenant au sexe opposé et qui tentent de nier leur identité biologique par des procédures hormonales et chirurgicales destructrices sont des personnes en difficulté qui ont besoin d'une aide d'une nature totalement différente de celle du corps médical et de la société dans son ensemble.

    Il est déjà assez difficile de faire face à ce problème, sans compter le fait d'être encore plus aggravé par le corps médical au lieu d'être aidé.

    Les partisans de l'idéologie transgenre savent que les deux fusillades tragiques survenues ce mois-ci dans des établissements scolaires ont renforcé les inquiétudes des Américains. Ce n'est pas un hasard si le New York Times, fervent défenseur de l'activisme transgenre, a publié un article deux jours après l'incident de Pawtucket, soulignant la montée en puissance des mesures législatives à l'échelle nationale.

    Si cette opposition est la plus forte en ce qui concerne l'interdiction faite aux hommes biologiques de participer à des compétitions sportives féminines, elle se manifeste également en ce qui concerne l'interdiction des traitements de « transition de genre » pour les mineurs et la reconnaissance légale de l'identité transgenre en général.

    Le corps médical américain – notamment l’Association médicale américaine, la Société américaine des chirurgiens plasticiens et les principaux hôpitaux de Los Angeles, Pittsburgh et Washington – est en train de revenir sur sa position antérieure selon laquelle des preuves scientifiques auraient démontré l’intérêt des traitements hormonaux et chirurgicaux pour les mineurs. Des études approfondies ont réfuté cette affirmation, incitant certains pays européens à interdire ces traitements pour les mineurs.

    Une réorganisation juridique et médicale similaire a été retardée ici, en raison de la force du lobby transgenre. Mais elle est désormais pleinement engagée, et fortement renforcée par deux récents développements juridiques.

    En janvier, Fox Varian, une jeune femme ayant subi des traitements de transition de genre, dont une double mastectomie, a obtenu un verdict historique de 2 millions de dollars dans le cadre de sa poursuite pour faute professionnelle contre les médecins impliqués dans sa mastectomie.

    Le 19 février, le conseil scolaire du comté de Montgomery, dans le Maryland, a été condamné à verser 1,5 million de dollars de dommages et intérêts à une coalition de parents religieux qui s'étaient opposés au refus du conseil d'autoriser les parents à se désinscrire des lectures de livres pour enfants faisant la promotion de la transition de genre, des défilés de la « fierté » et des préférences en matière de pronoms.

    Dans leur ensemble, ces événements récents confirment la position de l'Église catholique envers les personnes en proie à des questionnements sur leur identité sexuelle. Les évêques américains ont publié un document en 2023 qui traite de cette question. Ce document enjoint aux professionnels de santé catholiques de refuser les interventions médicales susceptibles de nuire au corps humain et de prodiguer, au contraire, « les meilleurs soins médicaux, ainsi que l'accompagnement compatissant du Christ, à tous les patients, quels qu'ils soient et quelles que soient leurs souffrances ».

    Amen à cette orientation spirituellement sage et médicalement justifiée. Espérons et prions pour que le reste du corps médical du pays soit désormais disposé à la suivre également.

  • Un vent de jeunesse soufflerait-il sur le catholicisme français ?

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    Une question que l'on pourrait également poser à propos du catholicisme en Belgique où le nombre de demandes de baptêmes d'adultes a considérablement augmenté (cette année, ils sont 689, soit trois fois plus qu'il y a dix ans et une hausse de presque 30 % par rapport à l'année précédente).

    Du site "Pour une école libre au Québec" :

    Vent de jeunesse sur le catholicisme français

    23 février 2026

    Le Figaro Magazine dans son édition du 20 février consacre un article sur les baptêmes d'adultes catholiques, une croissance réelle mais contrastée.

    Le phénomène est statistiquement notable : les baptêmes d'adolescents ont progressé de 33 % en un an, et plus de 17 000 jeunes adultes rejoindront l'Église à Pâques. Certaines paroisses enregistrent des hausses spectaculaires — l'archevêque de Reims prépare 107 baptêmes d'adultes en 2026, contre 17 en 2019, soit une multiplication par six en quelques années. À Toulouse, une seule paroisse étudiante accueille 200 catéchumènes cette année.

    Il faut toutefois garder le sens des proportions. Cette dynamique ne compense pas l'effondrement des baptêmes d'enfants, divisés par deux depuis 2000, plafonnant à environ 200 000 par an — soit seulement 30 % des naissances. L'athéisme progresse en parallèle : 42,6 % de non-croyants en France en 2020, contre 34,5 % dix ans plus tôt. La tendance de fond reste la sécularisation.

    Les ressorts sociologiques de la conversion

    Pourquoi ces conversions surviennent-elles maintenant ? Plusieurs facteurs s'entremêlent.

    D'abord, une logique générationnelle. L'historien Guillaume Cuchet observe qu'après deux générations de rupture post-1968 avec le catholicisme, la troisième génération se retrouve dans une position inédite : non baptisée, sans obligation de s'opposer à des aînés croyants, elle peut redécouvrir cet héritage comme un choix totalement libre. C'est le paradoxe d'une neutralité religieuse imposée par les parents qui produit, chez certains enfants, une quête spirituelle authentique.

    Ensuite, un contexte d'époque. L'anxiété diffuse — climatique, sanitaire, sociale — pousse une partie de la jeunesse vers des institutions offrant un cadre stable, des liens humains désintéressés et un sens à long terme. Les témoignages recueillis par les évêques reviennent de façon frappante sur les mêmes thèmes : sentiment de vide, cycle de colère et de ressentiment, découverte dans la paroisse de « relations vraies » que certains n'avaient jamais connues. L'Église offre ce que la société consumériste et hyperconnectée ne sait plus procurer : de la gratuité, de la lenteur, de l'intériorité.

    Enfin, un mouvement de réaction culturelle. Pour certains, la conversion représente ce que Gaultier Bès appelle un « ressaisissement de sa propre liberté » face à la technocratie et au transhumanisme. Le chercheur Charles Mercier note que le catholicisme, devenu minoritaire — moins d'un tiers des Français s'en réclament, moins de 10 % pratiquent —, peut paradoxalement s'affirmer davantage sans paraître hégémonique.

    La « liberté de feuille morte »

    C'est l'expression qui résume peut-être le mieux l'enjeu philosophique de fond. Guillaume Prévost, secrétaire général de l'enseignement catholique, la prononce avec une certaine véhémence : il refuse que les jeunes disposent d'une liberté de feuille morte — une liberté purement passive, ballottée par les courants, sans ancrage ni direction intérieure. Face à une société consumériste qui s'adresse aux jeunes avec des slogans comme « si tu aimes jouer, joue », il plaide pour une éducation qui cultive l'intériorité, la confiance dans les adultes et un écosystème de valeurs cohérentes. Le diagnostic est sévère : on aurait produit, selon lui, « une foule de gens surdiplômés très atrophiés du point de vue intérieur ».

    Le maillon faible : la crise des prêtres

    C'est là que le tableau se fissure. L'enthousiasme des convertis ne se traduit pas en vocations sacerdotales. En 2023, seulement 88 prêtres ont été ordonnés en France, contre 140 en 2014. Les 25 séminaires français forment environ 600 candidats — un chiffre notoirement insuffisant pour couvrir le territoire.

    L'article pointe une cause aggravante souvent tue : la mise à l'écart, par le pape François, des prêtres traditionalistes — souvent jeunes et zélés — a privé l'Église d'une partie de ses forces vives. Le résultat est un effet de ciseaux : moins de jeunes prêtres pour évangéliser les jeunes, donc moins de jeunes attirés vers le sacerdoce. Dans les campagnes, certains fidèles doivent parcourir des dizaines de kilomètres pour assister à une messe. À l'inverse, en Île-de-France, deux nouvelles églises sont en construction tant la demande déborde les capacités existantes — révélant une fracture géographique profonde.

    En résumé

    Le regain catholique chez les jeunes adultes est réel et sociologiquement significatif. Il exprime une réaction à la désorientation contemporaine, un désir de liens authentiques et une reconquête libre d'un héritage que leurs parents avaient délibérément effacé. Mais cette embellie se heurte à une contradiction structurelle : l'institution manque des prêtres nécessaires pour accueillir et pérenniser cet élan, en partie à cause de choix disciplinaires qui ont marginalisé ceux qui auraient pu y répondre.

  • Forte hausse continue du nombre de baptêmes d’adultes dans l’Église catholique en Belgique

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    Du service de presse et d'information de la conférence des évêques de Belgique :

    Forte hausse continue du nombre de baptêmes d’adultes dans l’Église catholique en Belgique

    Forte hausse continue du nombre de baptêmes d’adultes dans l’Église catholique en Belgique
    Par Peter Haegeman
     

    Le nombre d'adultes candidats au baptême dans l'Église catholique en Belgique continue d'augmenter de manière remarquable. Cette année, ils sont 689, soit trois fois plus qu'il y a dix ans et une hausse de presque 30 % par rapport à l’année précédente.

    Ce 18 février, mercredi des Cendres, marque le début du Carême, période pendant laquelle les chrétiens se préparent à Pâques, fête de la Résurrection et sommet de l’année liturgique. Pour les catéchumènes, c’est-à-dire les candidats adultes au baptême, ce temps revêt une importance particulière : ils se préparent plus intensément à recevoir le baptême lors de la nuit de Pâques. Cette année, celle-ci tombe le 4 avril.
     
    En 2025, ils étaient 534. Il y a dix ans, en 2016, 229 catéchumènes ont été accueillis dans l'Église catholique de notre pays par le baptême. En 2026, nous enregistrons donc un triplement par rapport à dix ans auparavant, ce qui confirme la croissance que nous avons également observée ces dernières années.
     
    Voici les chiffres par diocèse pour cette année (2026) :

    Anvers 57    
    Bruges 9    
    Gand 38    
    Hasselt 25    
        Brabant Flamand & Malines 53
    Malines-Bruxelles 248 Bruxelles 152
        Brabant Wallon 43
    Liège 79    
    Namur 56    
    Tournai 177    
    Total 689    

    Dimanche prochain, les catéchumènes célèbrent l'appel décisif

    Le dimanche 22 février, ces catéchumènes franchiront une étape importante sur le chemin qui les mène au baptême. Ils répondront à l’appel décisif célébré dans chaque diocèse. L'étape suivante et ultime consiste à recevoir le baptême, l'Eucharistie et la confirmation pendant la Vigile pascale, dans la nuit de Pâques.

    L’appel décisif marque une étape déterminante dans le cheminement des candidats vers le baptême : l'évêque les reconnaît officiellement comme admis à recevoir les sacrements d'initiation (baptême, première communion et confirmation) lors de la Vigile pascale.
     
    À partir de ce moment, le Carême prend pour eux le caractère d'une période intensive de préparation spirituelle. C'est un temps de purification intérieure et d'approfondissement de la foi. Les catéchumènes sont invités à aligner de plus en plus leur vie sur l'Évangile. Ainsi, lors de la Vigile pascale, ils pourront recevoir le baptême, l'Eucharistie et la confirmation avec un cœur libre et croyant. C'est pourquoi il est très important que ces nouveaux chrétiens (‘néophytes’) continuent à être accompagnés par la communauté des croyants après la Vigile pascale, afin qu'ils puissent grandir dans la foi et l'engagement.

  • Que faut-il encore faire avant de réaliser que l'éducation des enfants dans cette société n'est plus viable ?

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    De Cristina Siccardi sur Corrispondenza Romana :

    Quand l'autocritique fera-t-elle son apparition dans l'éducation ?

    La situation est alarmante au regard des statistiques. Selon la Société italienne de neuropsychiatrie de l'enfant et de l'adolescent, en Italie, environ un mineur sur cinq (soit près de deux millions de personnes) souffre d'un trouble neuropsychiatrique. On observe une forte augmentation des consultations aux urgences (plus de 500 % en dix ans à l'hôpital Bambino Gesù de Rome) et une prévalence qui progresse de 30 % tous les 15 ans. À l'échelle mondiale, un adolescent sur sept (10-19 ans) vit avec un trouble mental diagnostiqué, l'anxiété et la dépression étant les plus fréquentes et représentant environ 40 % des troubles mentaux diagnostiqués chez les adolescents. En Europe, 8 % des jeunes de 15 à 19 ans souffrent d'anxiété et 4 % de dépression. 75 % des troubles psychiatriques débutent avant l'âge de 25 ans, et la moitié des cas présentent des symptômes dès l'âge de 14 ans. L'automutilation est en hausse, et à l'échelle mondiale, 89 millions de garçons et 77 millions de filles âgés de 10 à 19 ans souffrent d'un trouble mental. Selon le dernier rapport de l'OCDE, intitulé « Promouvoir une bonne santé mentale chez les enfants et les jeunes adultes », plus de 700 000 jeunes Italiens sont confrontés à des problèmes de santé mentale. 

    Les études sociologiques, les recherches scientifiques et les reportages révèlent une augmentation alarmante des déséquilibres personnels et relationnels chez les mineurs, ainsi que des actes de violence verbale, physique et en ligne. Les statistiques sur la violence chez les jeunes en Italie dressent un tableau inquiétant : le harcèlement scolaire est très répandu (65 % des jeunes victimes, selon l’Observatoire Indifesa de 2024), les cas de maltraitance infantile ont considérablement augmenté (près de 374 000 mineurs pris en charge par les services sociaux en 2023), et les violences familiales ont connu une hausse spectaculaire ces dix dernières années. Elles mettent également en lumière une perception déformée de la sexualité chez les jeunes et une forte prévalence de la violence à l’école et en ligne, avec une augmentation du cyberharcèlement.

    Ces chiffres alarmants sont reconnus et seuls des remèdes scientifiques sont recherchés, à travers des consultations psychanalytiques, des traitements médicamenteux et le soutien des services sociaux, mais personne ne s'attaque à la racine de ces phénomènes, qui ont des causes très spécifiques et même manifestes. Tandis que le monde séculier se contente d'agir par le biais de la jurisprudence, des règlements et des sanctions, et de l'installation constante de caméras de surveillance — sans préconiser de solutions qui envisagent un retour à la pensée chrétienne, fondement de la civilisation européenne, grâce auquel il n'y avait pas de confusion entre le bien et le mal —, que peut faire l'Église ?

    C’est elle qui a commencé à éduquer les gens par les enseignements de l’Évangile, les conduisant au respect, à l’équité, à l’honnêteté et aux bonnes manières, et les incitant à cultiver les vertus personnelles qui allaient ensuite marquer la civilisation occidentale. C’est elle qui a ouvert les premières écoles et universités. Quelle place occupe encore aujourd’hui cette enseignante remarquable, inspirée par le Maître suprême du Chemin, de la Vérité et de la Vie ? Se demande-t-on si les objectifs et les méthodes pédagogiques, hérités de la longue, vaste et efficace tradition pédagogique catholique, peuvent encore être pertinents ?

    Se souvenir de ce trésor, afin d'appliquer des règles éducatives bénéfiques et éprouvées par le temps à l'urgence éducative de notre époque moralement malheureuse, devient fondamental car d'autres, avant nous, ont vécu dans ce monde et ont peiné et sué pour atteindre des niveaux de civilisation humaine éthiquement « durables », un terme désormais glorifié dans le domaine de l'énergie. 

    L'éthique découle des principes qui régissent, ou qui ne régissent pas, la vie de l'individu ; si ces principes sont pervertis, la plante sera tordue, faible et stérile.

    Au fil des siècles, des congrégations religieuses se sont formées pour remplir une mission éducative, se fixant des objectifs bénéfiques à l'esprit et à l'âme. Il est important de faire le point sur cette histoire afin de ne pas oublier ces éducateurs exemplaires qui peuvent apporter un soutien inestimable à notre société malade. 

    L'Église a toujours enseigné que les premiers éducateurs de la jeunesse sont la mère (dont le premier catéchiste) et le père. Or, aujourd'hui, la plupart d'entre eux sont absents, passant plus de temps hors de chez eux qu'à la maison, y compris, malheureusement, les enfants et les adolescents. Qu'en est-il des tout-petits laissés en crèche, alors que le droit naturel interdit de les séparer de leur mère ? Mais les femmes devraient travailler à l'extérieur, et non à la maison, selon le diktat féministe … si bien que leurs enfants grandissent hors du foyer traditionnel et sont, en grandissant, influencés par la vie nocturne, les discothèques, les concerts de rap, les réseaux sociaux, le cinéma… et par des enseignants qui, souvent, suivent eux-mêmes une psychanalyse.

    Éduquer, ce n'est pas simplement instruire, comme c'est le cas dans les écoles publiques, mais c'est posséder une philosophie de vie solide et profonde, dont l'horizon est l'éternité de l'existence. Elle offre les repères justes pour cheminer vers la Récompense, accessible par la Croix du Rédempteur. Le cardinal Carlo Caffarra a déclaré, au sujet de l'éducation chrétienne, lors d'une conférence tenue à San Lazzaro di Savena, près de Bologne, le 9 mai 2008 : « L'éducation transmet des vérités dénuées de sens et sans rapport avec la vie ; elle transmet un projet de vie considéré comme le seul digne d'être réalisé pour atteindre le bonheur . »

    On ne peut naviguer dans la vie, affirmait Caffarra à cette occasion, en route vers la béatitude à laquelle le Créateur nous appelle, sans d'abord apprendre les règles de navigation : « Le nouveau venu a besoin d'être guidé dans l'exercice de sa liberté ; il a besoin de savoir ce qui est bien et ce qui est mal. L'éducation de la personne consiste à lui montrer le chemin qui peut la conduire à une vie vraie, à une vie bonne . » L'enfant né dans une famille chrétienne est baptisé dans la vertu de la Foi qui, comme le sacrement du baptême l'atteste et le déclare par ses paroles, procure la vie éternelle. Il s'ensuit que « l'éducation chrétienne consiste à indiquer le chemin de la foi comme le seul chemin qui mène à la vie vraie, au bonheur. La foi devient, par l'éducation chrétienne, notre manière de penser : le critère de nos évaluations ; la règle ultime de nos choix. En un mot : elle devient notre manière de vivre . »

    Le cardinal Caffarra écrivait cependant dans l'article « L'éducation : un défi urgent », paru dans Il Foglio le 1er mai 2004 : « La culture actuelle (la soi-disant postmodernité) est dominée par le déni de ce rapport originel [l'ouverture de la personne à la réalité et l'intelligibilité et la bonté originelles de la réalité, ndlr] : il n'y a plus de réalité à interpréter. Il n'existe que des interprétations de la réalité, sur lesquelles il est impossible de porter un jugement véridique, puisqu'elles ne renvoient à aucune signification objective. Nous sommes pris au piège du réseau de nos interprétations de la réalité, sans issue vers la réalité elle-même. C'est précisément sur ce point que se pose le véritable défi éducatif. Dès lors, aucun travail éducatif véritable n'est possible aujourd'hui s'il ne relève pas ce défi et ne se présente pas comme une alternative radicale et totale à cette position . »

    Divorces, concubinages, familles recomposées, familles « arc-en-ciel » et idéologies familiales de plus en plus étranges et perverses ne font qu'attiser l'impossibilité de dispenser un enseignement de qualité. Ainsi, malgré le recours massif aux psychologues au sein des familles et des écoles, il est impossible d'échapper au labyrinthe des déséquilibres et des inégalités scolaires, car l'éducation repose désormais sur des erreurs considérables et des contradictions dégradantes.

    Frères des Écoles Chrétiennes, Piaristes, Somasques, Barnabites, Salésiens, Ursulines, Filles de Marie Auxiliatrice, Dames du Sacré-Cœur, Sœurs de Saint Joseph, Sœurs de Sainte Anne… autant de congrégations qui ont instruit des générations d’enfants et de jeunes dans les valeurs chrétiennes, forgeant une civilisation éthiquement fondée sur les principes de Vérité et de liberté en Christ, seul et véritable Formateur des consciences. Les fondateurs et fondatrices de ces instituts n’ont fait que mettre en pratique la pédagogie évangélique qui a fait ses preuves.

    Quand les « éducateurs », parfois même présents dans le monde catholique, se livreront-ils enfin à l'autocritique, étudiant à la fois les philosophies modernes et postmodernes pernicieuses et les richesses de ce qui a été abandonné ? L'ignorance est le pire ennemi de l'éducation.

  • Les maigres effectifs des séminaires belges

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    De Riposte Catholique :

    23 séminaristes dont 6 religieux pour la Belgique francophone

  • Mexique : un record de participation pour le centenaire de la guerre des Cristeros au Cerro del Cubilete

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    Voici comment s'est déroulé le pèlerinage des jeunes au monument du Christ-Roi au Mexique

    De Rafael Manuel Tovar sur zenit.org :

    Mexique : plus de 60 000 jeunes en pèlerinage au Christ-Roi

    Un record de participation pour le centenaire de la guerre des Cristeros au Cerro del Cubilete

    5 février 2026

    Plus de 60 000 jeunes de tout le Mexique ont fait un pèlerinage à Cerro del Cubilete, le cœur géographique du Mexique, pour commémorer le centenaire de la guerre des Cristeros, comme Zenit l’avait anticipé le 26 janvier. 

    On attendait 45 000 participants, mais ce chiffre a été dépassé et, selon les estimations du gouvernement de l’État de Guanajuato, entre 60 000 et 70 000 personnes étaient présentes : la foi des jeunes n’est pas nouvelle, mais il y a chez eux une agitation spirituelle plus grande que celle que les grands médias font taire. 

    La cérémonie était présidée par le nonce apostolique du Vatican au Mexique, l’archevêque Joseph Spitieri, qui a souligné que la jeunesse mexicaine contribue à nourrir l’espoir d’un pays plus fraternel, juste et compatissant. Il a appelé à tirer les leçons de l’histoire pour éviter de répéter les erreurs du passé. Il a également insisté sur le fait que la lutte contre la violence est la responsabilité de tous. 

    La marche annuelle, pour sa 43e édition, était organisée par le groupe Témoignage et Espérance (TyE), le Mouvement de la Famille Chrétienne et de nombreux autres groupes à travers le pays. Elle s’est déroulée le 31 janvier à Cerro del Cubilete, au centre géographique de Mexico, dans l’État de Guanajuato. Cette date commémore le centenaire du début de la guerre des Cristeros, également connue sous le nom de Cristiada, qui a débuté après la promulgation de la loi dite « Calles » le 31 juillet 1926. Cette loi a renforcé les restrictions imposées aux activités de l’Église et a suspendu les offices religieux publics. Le soulèvement armé et spontané des catholiques dans diverses régions du pays a officiellement pris fin le 21 juin 1929, bien que la persécution et les massacres de Cristeros se soient poursuivis pendant plusieurs années. 

    Le nonce apostolique a déclaré lors d’une conférence de presse que les événements historiques sont importants car l’histoire est une source d’enseignement pour la vie. Ce conflit nous apprend que même des moments les plus douloureux, nous pouvons tirer de précieux enseignements afin de ne pas reproduire les mêmes erreurs. 

    Andrea Pereda et Rubén Loya, dirigeants de TyE , ont déclaré : « Aujourd’hui, en tant que catholiques, nous élevons la voix contre une réalité qui blesse profondément l’âme du Mexique. Nous ne pouvons ignorer la censure insidieuse mais croissante qui vise les prêtres, les fidèles et les expressions catholiques. Les tentatives de réformes juridiques qui cherchent à limiter la liberté religieuse, les menaces et les attaques contre les églises, et le nombre déplorable de prêtres assassinés sont autant de signes d’une persécution qui blesse avec le même mépris qu’autrefois. »

    Au Mexique, la violence a fait 232 860 morts ces sept dernières années, selon les chiffres officiels. Le gouvernement privilégie une approche fondée sur le dialogue et la compassion en attendant des solutions.

    L’archevêque de León, Jaime Calderón, a déclaré : « La situation actuelle est préoccupante et exige notre attention. Depuis 2010, l’Église catholique s’est particulièrement impliquée pour tenter d’y remédier. Une analyse des causes profondes a été menée, et il s’agit d’un problème qui concerne tout le monde, y compris les autorités civiles. » 

    Les jeunes gens ont gravi la colline en acclamant leurs villes natales, en récitant le chapelet et en criant « Vive la guerre des Cristeros ! » et « Vive les martyrs mexicains morts entre 1926 et 1929 ! ». De cette manière, ils ont exprimé que la foi n’est pas confinée, elle se vit ; l’espoir ne s’improvise pas, il se construit ; et la paix se construit en commençant par la famille.

  • Les vraies raisons de la dénatalité

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    Du Journal du Dimanche via le site "Pour une école libre au Québec" :

    Dénatalité : «Les vraies raisons ne sont pas économiques»

    La psychologue clinicienne Marie-Estelle Dupont, qui anime « Et si on parlait » sur Europe 1, du lundi au samedi à 15 heures, pointe les obstacles non identifiés à la maternité.

    4 février 2026

    La défécondité repose sur l'absence de valeur accordée à la transmission de la vie.

    Il est parfaitement normal que certains traumatismes, notamment l’inceste, dissuadent à jamais d’enfanter. Mais il est en revanche profondément malsain d’ériger en vérité politique l’idée que la maternité serait un asservissement. Ce n’est qu’un point de vue. J’éduque trois enfants, et le mien est évidemment tout autre. Pour moi, la maternité est un accomplissement, en dépit de l’immense fatigue liée au fait de devoir travailler à temps plein… Car ce n’est pas le bébé le problème, mais le système dans lequel on devient mère, et l’isolement des couples. C’est la perte des liens intergénérationnels, l’éloignement géographique ou l’indifférence à l’autre dans les grandes villes…

    Et rien ne s’arrange. À l’heure des solidarités affichées et de la tolérance inclusive, la vérité est bien sinistre : cours d’école interdites, wagons sans enfants (plutôt que wagons réservés aux tout-petits avec un environnement adapté à leur taille et à leurs besoins), secrétariats médicaux que vous appelez après un test de grossesse et qui vous demandent directement si c’est pour un avortement…

    Les vraies raisons de la défécondité ne sont pas économiques. Même s’il est évident que mes parents ont assumé quatre enfants avec un seul salaire, alors qu’un couple qui travaille peine désormais à loger correctement deux ou trois enfants dans une grande ville. Mais l’argument cache l’immense arnaque de la modernité. Celle qui fait croire aux femmes qu’elles seront libres, épanouies, émancipées en étant célibataires, puissantes économiquement et sans descendance.

    Il n’est d’existence sans liens, et l’on nous vend pourtant l’autonomie comme l’alpha et l’omega du bonheur… Nous savons pourtant que la vie n’a de saveur que par les relations. Les bébés carencés se laissent dépérir ; les vieillards isolés souffrent de syndromes de glissement ; les adultes trop longtemps seuls dépriment et s’angoissent… En imposant une anthropologie matérialiste et individualiste, la modernité a perdu l’homme en le coupant de sa nature véritable. Celle à partir de laquelle, seulement, il peut à la fois s’accomplir et être heureux. Or c’est parce que l’on sent l’immense valeur de l’existence, et son sens, que l’on enfante.

    Cela ne veut pas dire qu’une femme ne saurait être heureuse sans être mère ou sans être mariée. En revanche, cela signifie qu’une société qui crée des espaces interdits aux enfants et ne présente l’interdépendance dans le couple que sous l’angle du risque d’emprise perçoit uniquement le lien familial sous l’angle de la soumission/domination, de la charge logistique, de la frustration. Une société qui se presse de donner 2 000 euros par mois et par enfant aux crèches, mais seulement 400 aux parents qui souhaitent prendre un congé parental, est une société qui pousse une vision erronée de ce qu’est l’homme. 

    Tant de choses participent du découragement… La précarité de l’amour, la difficulté à s’engager ou la banalisation du divorce… Les conditions effarantes d’accueil du jeune enfant, les maltraitances systémiques de crèches dans lesquelles un adulte doit assumer seul huit enfants, le silence assourdissant des féministes quant aux besoins des femmes qui viennent d’accoucher et cicatrisent encore après avoir mis au monde ceux qui paieront les retraites des militants du « no kids ». La santé mentale de l’adulte repose sur un attachement sécurisant, apaisant. Et on s’étonne que ça aille mal ? La culpabilisation permanente des parents qui souhaitent exercer leur autorité parentale comme bon leur semble, l’infantilisation des adultes, l’autonomisation à marche forcée de tout-petits séparés de leur figure d’attachement des journées entières. Et j’ajouterais même la surmédicalisation de la grossesse, accompagnée d’intrusions parfois fort violentes d’obstétriciens dans le corps de la parturiente… 

    « Pour donner la vie, il faut espérer, avoir confiance »

    Pour donner la vie, il faut espérer. Avoir confiance, a minima, en soi, dans son couple et dans le monde à venir. Ce n’est pas, rappelle Olivier Rey dans son essai récent Défécondité, l’argument économique qui prime. C’est cette absence d’espérance, de valeur accordée à la transmission de la vie. Mais c’est aussi cette maltraitance systémique du bébé et de sa mère, cette dépréciation de la vie, cette domestication de l’amour.

    Aujourd’hui, avoir un enfant est perçu comme trop risqué. Parce qu’en lieu et place de l’espérance en un bien commun et désirable, nous avons été biberonnés au narratif de crise. Crise économique, migratoire, géopolitique, institutionnelle, sanitaire, écologique. Ce monde en crise n’est-il pas avant tout un monde en espérance d’enfants qui nous réconcilient avec une vie qui se désincarne et se désenchante à force d’être domestiquée ?

  • France : quand de nouveaux convertis veulent entrer au séminaire

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    De Jean-Marie Guénois sir Le Figaro via le Forum Catholique :

    Ces nouveaux convertis qui veulent entrer au séminaire

    30 janvier 2026

    Un miracle semble avoir eu lieu à Rennes. À la rentrée 2024, 4 candidats avaient frappé à la porte du séminaire, 18 se sont présentés un an plus tard. Soit « une augmentation de 350 % » se félicite le supérieur de la Maison Charles de Foucauld, le père Olivier Roy, en charge de l’une des 13 « propédeutiques » réparties sur le territoire. Cette maison accueille des candidats à la prêtrise de 9 diocèses de Bretagne, Pays de la Loire et Basse-Normandie.

    Depuis 2022, le passage par une année de propédeutique est obligatoire avant d’entrer au séminaire. Il s’agit de discerner la qualité de la vocation. Une étape préalable, lancée par le cardinal Jean-Marie Lustiger à Paris, dès 1984. Une sorte de « prépa » spirituelle dont l’objet n’est pas les études - philosophiques et théologiques, au programme des six années de séminaire -, mais une plongée dans la vie intérieure, fraternelle et caritative. Il n’y a pas de concours d’entrée à la clé, sinon l’épreuve du « combat spirituel pour gagner en liberté, résume un formateur, afin de se présenter plus mûr au séminaire ».

    Pour expliquer le record de ces 9 diocèses de l’ouest de la France, le père Olivier Roy avance des « effets de rattrapage » d’une année sur l’autre, car certains candidats réfléchissent à deux fois avant de s’engager, ou encore l’influence d’événements comme « le jubilé des jeunes à Rome, en juillet 2025 », cite-t-il. Et, avance-t-il, « pourquoi pas l’effet d’un nouveau pape, à l’image plus consensuelle et compatible avec des jeunes en recherche vocationnelle », en la personne de Léon XIV. Ce formateur constate en effet que « cette promotion de propédeutique 2025 a choisi saint Augustin comme saint patron, ce qui n’est pas sans lien avec les origines spirituelles du pape américain. »

    Confinement et intériorité

    Le père Olivier Roy assure que ce record d’inscriptions n’est pas isolé : « En France, les propédeutiques ont quasiment toutes réalisé une bonne rentrée en septembre dernier, avec 145 inscrits. » Ils étaient seulement 99 « propédeutes » en septembre 2023, soit 46,5 % d’augmentation en deux ans. La courbe d’entrée au séminaire connaît cependant des hauts et des bas : 165 candidats étaient admis en l’an 2000, ils n’étaient que 106 en 2015 et remontaient à 156 en 2020. Quant à la crise des abus sexuels dans l’Église, qui a explosé à l’orée des années 2000, elle semble ne pas avoir grevé significativement les candidatures pour le sacerdoce, puisqu’elles ont été relativement stables ce quart de siècle avec une moyenne de 131 candidats annuels en France.

    En tout cas, il semble bel et bien se passer quelque chose dans l’Église de France. Ne voit-elle pas bondir le nombre des demandes de baptêmes d’adultes et d’adolescents ? Alors qu’ils avoisinaient les 4 000 par an jusqu’en 2022, ils ont décollé il y a trois ans, passant de 5 423 en 2023 à 17 784 en 2025, dont la moitié à un âge inférieur à 25 ans. Là aussi, le pourcentage d’augmentation, 228 %, est spectaculaire. Les chiffres 2026 s’annoncent au diapason, ils seront connus fin mars.

    De nombreux pasteurs estiment que les confinements du Covid (printemps et automne 2020, puis avril 2021) auraient provoqué une « forte recherche de sens » chez beaucoup de jeunes, liée au « vide existentiel » et à « l’isolement des écrans ». Ce que confirme Antoine Pasquier, rédacteur en chef à Famille chrétienne, qui vient de publier Enquête sur ces jeunes qui veulent devenir chrétiens (Mame Éditions), après avoir réalisé une enquête qualitative auprès de ces nouveaux convertis.

    Des baptisés de « qualité »

    Cet auteur décrit le parcours de ces nouveaux entrants dans l’Église. « Beaucoup qui ne connaissaient rien du christianisme se sont mis en route, à la suite d’expériences spirituelles fortes, intimes, ou d’épreuves personnelles. Ils ont ensuite cherché sur internet et les réseaux sociaux des réponses à leurs questions, et lu la Bible, seuls. » Il ajoute : « Ces jeunes sont d’ailleurs fiers d’affirmer leur identité catholique, et cette nouvelle génération de catholiques n’a aucun problème avec le fait d’être minoritaires. »

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  • "Je m'appartiens et n'appartiens à personne d'autre" : vraiment ?

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    De sur The Catholic Thing :

    « Tu ne t'appartiens pas »

    30 janvier 2026

    Dans son excellent ouvrage récent, * Un monde nouveau et étrange* , Carl Trueman met en garde les chrétiens contre un optimisme naïf en cette « ère chaotique, incertaine et sombre ». C'est une remarque judicieuse. La culture actuelle regorge de sujets susceptibles de bouleverser les convictions de chacun, et plus particulièrement celles des croyants. Parallèlement, un « optimisme éclairé » se justifie, car il existe des raisons rationnelles de croire que le christianisme sera davantage pris au sérieux en Occident dans les années à venir.

    Après tout, depuis plus de soixante ans, nous vivons sous la tyrannie d'une déclaration collective selon laquelle je m'appartiens et n'appartiens à personne d'autre – que je décide des questions de vie, du fait de donner, de prendre ou d'empêcher la vie ; que moi , et personne d'autre, ai le droit de faire de mon corps ce que bon me semble.

    Et ce rejet de la vérité selon laquelle nous ne nous appartenons pas peut désormais être jugé par ses fruits, qui sont partout autour de nous. La déclaration « Je m’appartiens », cri de ralliement fondamental de la révolution sexuelle, a radicalement transformé la vie et, à plusieurs égards, l’a rendue pire pour nous que pour tout autre être humain dans l’histoire.

    C'est une affirmation audacieuse. Les faits le confirment.

    Vivre selon le credo « Je m’appartiens et à personne d’autre » a engendré d’immenses souffrances, passées inaperçues jusqu’à récemment, sauf auprès des seuls croyants. Ce déni profondément ancré est en train de changer – et il change précisément parce que les dégâts sont devenus inévitables.

    Les ravages de l'idolâtrie de l'autonomie sont partout visibles : dans les hordes de jeunes déséquilibrés d'aujourd'hui, dans la hausse constante des troubles psychologiques depuis des décennies, dans les études universitaires sur la solitude, dans les troubles sociaux, dans la nostalgie de plus en plus exprimée d'un monde privé de ses enfants. Le verdict est sans appel.

    De plus, l'affirmation selon laquelle je suis maître de mon sexe et de mon plaisir sexuel a engendré le principal obstacle à l'amour, à la famille et au mariage aujourd'hui : la consommation compulsive de pornographie par un grand nombre de jeunes hommes, et quelques jeunes femmes.

    Comme le savent les thérapeutes, cette obsession a notamment pour conséquence de rendre les individus incapables de vivre des relations amoureuses authentiques. Ce terrible résultat, peut-être le pire de tous les effets de cette révolution, transforme l'affirmation « Je m'appartiens et à personne d'autre » en un véritable épitaphe pour l'amour.

    Paradoxalement, cela nous amène à un premier motif d'espoir. Les dégâts sont si manifestes et indéniables que des voix extérieures aux sphères religieuses ont enfin commencé à les dénoncer.

    Les Amants  de René Magritte, 1928 [Musée d'Art Moderne, New York]

    Un nouveau scepticisme et de nouvelles critiques de l'autonomie sexuelle débridée se font jour aujourd'hui – y compris de la part d'auteurs qui affirment préférer ne pas s'aligner sur l'enseignement chrétien traditionnel, mais que la logique et les preuves les ont néanmoins conduits dans la même direction.

    Ce tournant vers le révisionnisme est lui aussi une excellente chose. Que des voix laïques s'alignent sur l'enseignement de l'Église sur les questions sociales, même à contrecœur, et qu'elles reconnaissent ou non le christianisme, constitue une victoire indéniable pour la Cause.

    Cela nous ouvre une autre perspective d'espoir. Autre évolution imprévisible il y a encore dix ans : les conversions et les pratiques religieuses ne sont plus rares, même sur les campus les plus prestigieux et laïcisés. De fait, elles sont en augmentation, comme le constatait (avec une certaine inquiétude) l'intellectuel libéral Mark Lilla l'an dernier dans un article de la New York Review of Books consacré à son propre campus, l'université Columbia.

    « Au cours de la dernière décennie », a-t-il observé, « l’intérêt pour les idées et les pratiques catholiques s’est accru parmi les élites intellectuelles de droite, et il n’est pas rare de rencontrer de jeunes conservateurs dans les institutions de l’Ivy League qui se sont convertis ou ont renouvelé leur foi depuis leur arrivée à l’université. »

    Columbia n'est pas un cas isolé. Au printemps dernier, j'ai donné des conférences à mon ancienne université, Cornell, longtemps la plus laïque des universités de l'Ivy League, dont la culture politique est profondément ancrée à gauche. Des signes impressionnants de vie religieuse y ont émergé : au sein de COLLIS, un institut intellectuel catholique et un programme de conférences animé par une équipe dynamique et engagée ; à Chesterton House, une résidence et un lieu de rencontre protestants, dont les activités comprennent l'étude biblique, les œuvres de bienfaisance, la prière communautaire et d'autres formes de partage ; et grâce à un esprit de corps contagieux qui règne sur le campus entre protestants et catholiques.

    Ailleurs, sur d'autres campus, initiatives et institutions se multiplient, perpétuant les traditions de la foi. Les Cercles thomistes, qui diffusent les enseignements de saint Thomas et d'autres prédicateurs, attirent des étudiants curieux venus de tous horizons.

    À l'Université de St. Thomas à Houston, par exemple, de nouveaux programmes catholiques passionnants sont en cours d'élaboration, notamment au Centre Nesti pour la Foi et la Culture ; ce centre propose le seul master au monde en études catholiques sur les femmes et le genre. Un récent colloque d'hiver de deux jours, qui a connu un vif succès et portait sur ce que Jean-Paul II appelait le « génie féminin », a témoigné une fois de plus du dynamisme de cette communauté catholique.

    Réfléchir à ces élans inattendus, c'est prendre conscience d'une chose facile à oublier en cette époque justement qualifiée de « chaotique, inexplorée et obscure ». Après tout, nous ne sommes pas revenus les mains vides de l'expérience des soixante dernières années.

    D'une manière encore mal comprise, mais qui le sera bientôt, le désordre post-révolutionnaire actuel nous apprend quelque chose. Il nous apprend que vivre comme si nous n'étions pas maîtres de nous-mêmes nous protège mieux que de vivre sous l'emprise d'un individualisme exacerbé. La vérité de l'enseignement chrétien transparaît dans les conséquences néfastes d'une vie sans lui.

    Un jour, davantage d'âmes comprendront – et rejetteront – le credo actuel qui prône l'autonomie absolue. Lorsque cela se produira, les chrétiens de demain, et d'autres encore, se tourneront vers le passé pour y chercher les signes annonciateurs de ce futur éveil. Et ils constateront que, dès début 2026, un nombre important et inattendu de ces signes se manifestent déjà ici et maintenant.

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    Mary Eberstadt est chercheuse principale à l'Institut Foi et Raison. Cet article est adapté d'un discours prononcé lors de la conférence annuelle « L'anglicanisme pur et simple » à Charleston, en Caroline du Sud, le 23 janvier 2026.
  • Don Bosco (31 janvier), un saint qui ne connut qu'une passion: "la gloire de Dieu et le salut des âmes".

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    donboscolight.JPG(Source) Jean Bosco est né le 16 août 1815, sur la colline des Becchi, un petit hameau près de Castelnuovo d'Asti, aujourd'hui Castelnuovo Don Bosco. Issu d'une famille pauvre, orphelin à l'âge de 2 ans, il fut élevé par sa mère Marguerite, ainsi que son frère aîné Joseph et son demi frère Antoine.

    Travaillant dur et ferme, il s'est préparé à la mission qui lui avait été indiquée dans un songe, alors qu'il avait à peine 9 ans, et qu'il s'est vu confirmer par la suite à maintes reprises, de manière extraordinaire.

    Il a étudié à Chieri, tout en apprenant divers métiers. Il est ordonné prêtre à 26 ans. Arrivé à Turin, il est immédiatement frappé par le spectacle des enfants et des jeunes livrés à eux-mêmes, sans travail et sans guide. Il prend alors la décision de consacrer sa vie aux jeunes pour les sauver.

    Débuts de l'oeuvre

    Le 8 décembre 1841, dans l'église St François d'Assise, Don Bosco rencontrait un pauvre garçon, nommé Barthélemy Garelli, le premier d'une multitude de jeunes. C'est ainsi que commence l'Oratoire, itinérant au début, puis, dès Pâques 1846, définitivement installé au Valdocco, faubourg malfamé, qui deviendra la maison mère de toutes les œuvres salésiennes.

    Les garçons affluent par centaines : ils étudient et apprennent un métier dans les ateliers que Don Bosco a construit pour eux. En 1859, Don Bosco invite ses premiers collaborateurs à se joindre à lui dans la Congrégation Salésienne : ainsi, rapidement, devaient se multiplier partout des « oratoires » (centres de loisirs et de formation humaine et chrétienne pour les jeunes), des écoles professionnelles, des collèges, des centres de vocations (sacerdotales, religieuses, missionnaires), des paroisses, des centres en pays de mission... Ainsi, en 1875, son action déborde l'Italie, une première expédition missionnaire s'embarque pour l'Argentine, et les salésiens ouvrent leur première œuvre en France, à Nice .

    Les filles et les laïcs aussi

    En 1872, Don Bosco fonde l'institut des Filles de Marie Auxiliatrice (Sœurs salésiennes) qui travailleront pour les jeunes filles dans des œuvres variées, avec le même esprit et la même pédagogie. La cofondatrice et première supérieure a été Marie Dominique Mazzarello (1837-1881), canonisée par le pape Pie XII le 21 juin 1951.

    Mais Don Bosco a su s'entourer de nombreux laïcs pour partager avec les Salésiens et les Salésiennes son projet éducatif. Dès 1869, il fondait l'Association des Coopérateurs, qui font partie à part entière de la Famille Salésienne, se mettant au service de l'Eglise à la manière de Don Bosco.

    A 72 ans, épuisé par le travail, Don Bosco avait réalisé ce qu'il avait déclaré un jour : « J'ai promis à Dieu que tant qu'il me resterait un souffle de vie, ce serait pour mes chers enfant. » Il meurt à Turin, au Valdocco, à l'aube du 31 janvier 1888. 

    Béatifié le 2 juin 1929 et proclamé saint par le pape Pie XI, le dimanche de Pâques 1er avril 1934, Don Bosco est considéré, à juste titre, comme un des plus grands éducateurs.

  • Prier saint Jean Bosco

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    Sur ce blog, nous avons évoqué à plusieurs reprises la figure de Don Bosco que l'on fête aujourd'hui (ici, là ).
    Le doyenné de Ciney propose deux belles prières à saint Jean Bosco :
     
    O saint Jean Boscojean-bosco.jpg
    Père et Maître de la jeunesse,
    toi qui, docile à l’Esprit,
    as transmis à la Famille salésienne
    le trésor de la prédilection
    pour les petits et pour les pauvres,
    apprends-nous à être pour eux chaque jour
    les signes et les porteurs de l’amour de Dieu,
    et fais grandir en nos cœurs
    les mêmes sentiments du Christ Bon Pasteur.
    Demande pour tous les membres de ta Famille,
    la bonté du cœur, la ténacité au travail,
    la sagesse du discernement,
    le courage de donner un témoignage d’Église,
    la générosité missionnaire.
    Obtiens-nous la grâce de rester fidèles à l’Alliance
    que le Seigneur a scellée avec nous,
    et fais que, conduits par Marie,
    nous parcourions joyeusement,
    avec les jeunes
    la voie qui conduit à l’Amour.
    AMEN

    Ô Saint-Jean Bosco, par l’ardent amour que vous portiez à Jésus au Saint-Sacrement et par votre zèle à en propager le culte, en recommandant surtout l’assistance à la Sainte-Messe, la communion fréquente et la visite quotidienne, obtenez-nous de progresser toujours davantage dans l’amour et la pratique d’une dévotion si sainte et d’entrer dans notre éternité, fortifiés et réconfortés par la Divine Eucharistie. Amen.

  • P.D. James et les parkas de créateurs pour chihuahuas

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    De George Weigel sur le CWR :

    PD James et les parkas de créateurs pour chihuahuas

    Face aux signes indéniables de déclin culturel, voire civilisationnel, l'Église a fort à faire.

    Les romans policiers de P.D. James, mettant en scène l'inspecteur Adam Dalgliesh de New Scotland Yard, sont tout aussi captivants que ceux écrits par Agatha Christie, Dorothy L. Sayers, Edith Pargeter (qui écrivait sous le pseudonyme d'« Ellis Peters » lors de la création des  Chroniques de Cadfael ) et Ann Cleeves.

    Pourtant, mon œuvre préférée de cette femme, anoblie à vie et décédée en 2014 sous le titre de baronne James de Holland Park, est son roman dystopique  Les Fils de l'homme, qui explore un monde d'infertilité généralisée . Oubliez le film qui prétend être tiré du roman et lisez le livre ; sa première phrase est pour le moins saisissante :

    Tôt ce matin, le 1er janvier 2021, trois minutes après minuit, le dernier être humain né sur terre a été tué dans une bagarre dans un pub de la banlieue de Buenos Aires, à l'âge de vingt-cinq ans, deux mois et douze jours.

    Je ne dévoilerai pas l'intrigue en m'attardant sur les détails du monde sans enfants que dépeint P.D. James. Disons simplement que certains éléments m'ont traversé l'esprit le mois dernier lors d'un séjour de deux semaines et demie à Rome.

    Paris a beau se surnommer la « Ville Lumière », Rome, à l'approche de Noël, brille tout autant de mille feux : des ruelles du Borgo au parc du Château Saint-Ange, en passant par le quartier commerçant huppé de la Via Condotti et la Place d'Espagne. Au milieu de cette splendeur, pourtant, planaient des ombres : celles liées à la relative absence d'enfants dans un pays où le taux de natalité est bien inférieur au seuil de renouvellement des générations. Et comme dans le roman de P.D. James (où l'absence d'enfants est due à une inexplicable infertilité masculine mondiale), un monde où les enfants sont peu nombreux engendre des comportements adultes pour le moins étranges.

    Les animaleries semblent désormais bien plus nombreuses à Rome. Prenez par exemple  myfamily qui a créé un véritable univers dédié aux animaux de compagnie dans la gare Termini. Et que propose  myfamily ? Des pulls et des parkas hors de prix pour… des chihuahuas et autres chiens de petite taille ! Car  myfamily  abrite une marque d’accessoires pour animaux de compagnie, proposant des produits « confectionnés avec soin » pour chiens et chats, dont « plus de 700 modèles de médailles personnalisables par gravure sur place en moins de deux minutes ».

    Dans un monde marqué par l'infertilité, le mot « famille » a manifestement acquis de nouvelles connotations, que certains qualifieraient de sinistres. Contrairement à la dystopie de P.D. James, la crise actuelle de la stérilité infantile en Occident n'est cependant pas inexplicable. Elle s'explique parfaitement par la décision délibérée des jeunes couples de ne pas avoir d'enfants. Aujourd'hui, la stérilité infantile est un choix personnel.

    Il y avait aussi les expériences partagées par un ami universitaire en année sabbatique à Rome, où il avait passé son adolescence. Outre ses recherches, il avait profité de ces derniers mois pour renouer avec d'anciens camarades de son  lycée classique italien. Comme lui, ils étaient désormais des professionnels avec une famille. Et ce qu'ils décrivaient comme des pratiques courantes dans leurs quartiers aisés avait certainement retenu l'attention de leur ancien camarade – et la mienne, lorsqu'il me racontait ces anecdotes.

    Par exemple : quel est le cadeau le plus courant pour une première communion ? Un iPhone.

    Par exemple : quel est le cadeau numéro 1 pour les filles qui fêtent leurs 18 ans ? La chirurgie esthétique.

    Les camarades de lycée  de mon ami  parlaient aussi de jeunes se repliant sur eux-mêmes et se réfugiant dans un monde de relations virtuelles. De jeunes terrifiés par la moindre difficulté. De femmes incapables de trouver un mari et d'hommes désemparés face à la masculinité. Plus inquiétant encore était le laxisme du curé de la paroisse romaine, qu'il fallut convaincre par des parents furieux de mettre en place un programme de préparation à la confirmation pour les jeunes désireux de recevoir ce sacrement.

    Certes, il ne s'agit que de témoignages anecdotiques. Et il est certain que des phénomènes similaires, voire pires, existent dans le monde dit développé. Par exemple, je n'ai jamais rien entendu en Italie qui puisse rivaliser avec « Ami-chan », cette « poupée-petite-fille électronique » (en réalité un robot) dotée d'intelligence artificielle, disponible au Japon depuis 2021, qui possède un vocabulaire de 1 600 mots, chante des comptines et interagit avec des personnes âgées japonaises n'ayant pas de petits-enfants.

    Face à ces signes indéniables de déclin culturel, voire civilisationnel, l'Église a fort à faire. C'est pourquoi la  renaissance  des  aumôneries universitaires  aux  États-Unis  et l'essor remarquable des mouvements pour jeunes adultes comme l'Institut thomiste, le  Forum léonin et  FOCUS  sont porteurs d'espoir. Ces initiatives offrent des modèles que l'Église aux États-Unis peut partager avec l'Église en Europe, en Amérique latine, dans les pays de l'ANZAC et en Asie de l'Est.

    Avant qu'il ne soit trop tard.

    La chronique de George Weigel, « La différence catholique », est diffusée par le Denver Catholic , la publication officielle de l'archidiocèse de Denver. )