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  • Les Guides et Scouts d’Europe en Belgique : un scoutisme catholique traditionnel et européen

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    Les Guides et Scouts d’Europe en Belgique : un scoutisme catholique traditionnel et européen

    Guides et Scouts d'Europe Belgique / Europascouts en Gidsen - België | Uccle

    Les Guides et Scouts d’Europe – Belgique (GSE-B), également connus sous le nom néerlandophone d’Europascouts en Gidsen – België (ESG-B), constituent une association de scoutisme catholique unitaire présente dans l’ensemble du pays. Affiliée à l’Union Internationale des Guides et Scouts d’Europe – Fédération du Scoutisme Européen (UIGSE-FSE), elle se distingue des grandes fédérations belges reconnues par l’Organisation Mondiale du Mouvement Scout (OMMS/WOSM) et l’Association Mondiale des Guides et Éclaireuses (AMGE/WAGGGS) par son attachement strict à la méthode de Baden-Powell, sa dimension confessionnelle catholique et son orientation explicitement européenne.

    Origines et histoire

    Le mouvement international naît en 1956 à Cologne (Allemagne), dans le contexte de la reconstruction européenne d’après-guerre. Un groupe de chefs scouts allemands et français, catholiques, protestants et orthodoxes, fonde la Fédération du Scoutisme Européen (FSE, devenue UIGSE-FSE). Leur ambition est de pratiquer le scoutisme de Baden-Powell sur des bases chrétiennes, dans un cadre européen fraternel, en réponse aux divisions et idéologies qui avaient déchiré le continent.

    En Belgique, l’implantation suit rapidement. En 1959, la troupe 1re Louvain du Vlaams Verbond van Katholieke Scouts participe au premier camp fédéral (Eurocamp) à Wasserfal (Allemagne). L’année suivante, en 1960, Norbert De Bruyn fonde l’Association Belge des Guides et Scouts d’Europe. Un camp fédéral se tient d’ailleurs en Belgique en 1962 à Botassart. En 1994, sous l’impulsion de Jean-François Godbille, les structures belges fusionnent pour former l’association actuelle.

    L’UIGSE-FSE a reçu la reconnaissance pontificale (association privée internationale de fidèles de droit pontifical, confirmée en 2008) et dispose d’un statut participatif auprès du Conseil de l’Europe. Elle regroupe aujourd’hui des associations dans une vingtaine de pays européens (et des structures en Amérique du Nord), avec environ 60 000 à 70 000 membres selon les sources.

    Effectifs et présence sur le territoire

    Les estimations récentes situent les effectifs belges entre environ 1 400 et 2 000 membres (jeunes et responsables confondus). Des sources plus précises mentionnent environ 1 391 jeunes et 320 responsables, ou « plus de 1 700 jeunes ». La majorité des groupes sont francophones ; on compte une minorité de groupes néerlandophones (environ 5 sur une vingtaine de groupes actifs).

    Les groupes sont répartis dans tout le pays : Anvers, Bruges, Gand, Nossegem (Halle-Vilvoorde) côté néerlandophone ; Bruxelles (plusieurs unités : Boitsfort, Woluwé, etc.), Arlon, Liège (Banneux), Mons, Namur, Fontaine-l’Évêque, et d’autres en Wallonie. Les unités masculines et féminines sont en principe séparées (sauf pour les plus jeunes, les Castors/Bevers). Une carte interactive et un catalogue des foulards sont disponibles sur le site officiel.

    Le siège se trouve à Uccle (Avenue Winston Churchill 35, « La Vigne »).

    Pédagogie et branches d’âge

    La pédagogie s’appuie fermement sur la méthode de Baden-Powell (santé, caractère, joie et sens du service – les « trois H ») enrichie par l’héritage du père Jacques Sevin, pionnier du scoutisme catholique. Elle vise le développement intégral de la personne, y compris dans sa dimension spirituelle chrétienne. Les activités privilégient le plein air, la responsabilité progressive (formation du jeune par le jeune), le service et la vie en petites unités homogènes d’âge.

    Les branches sont :

    • Castors / Bevers (6-8 ans) : découverte de la vie en communauté et efforts.
    • Louveteaux / Louvettes – Welpen / Welpinnen (8-12 ans) : inspirés du Livre de la Jungle et de saint François d’Assise.
    • Éclaireurs / Éclaireuses – Verkenners / Gidsen (12-17 ans) : vie en patrouille, responsabilités, aventure.
    • Routiers / Guides-Aînées – Voortrekkers / Voortreksters (à partir de 17 ans) : service, engagement et formation de leaders.

    L’uniforme est caractéristique : chemise bleu clair (ou beige pour les scouts/routiers), foulard de groupe, ceinturon avec la croix de l’UIGSE (croix de Malte à huit pointes et fleur de lys).

    Identité et place dans le paysage scout belge

    Les Guides et Scouts d’Europe se définissent comme un mouvement de scoutisme « authentique », catholique et européen. La promesse inclut le service de Dieu, de l’Église, du Roi, de la Patrie et de l’Europe. La loi scoute reprend les articles classiques, avec un accent sur la pureté, le service et la fraternité européenne.

    Ils ne font pas partie du Guidisme et Scoutisme en Belgique (GSB), la structure parapluie des fédérations reconnues par l’OMMS/WAGGGS (Les Scouts, Guides Catholiques de Belgique, Scouts en Gidsen Vlaanderen, FOS Open Scouting, Scouts et Guides Pluralistes). Ils constituent donc une alternative plus traditionnelle et explicitement confessionnelle au sein du paysage scout belge, très diversifié et majoritairement pluriel ou ouvert.

    Vie du mouvement

    Les unités organisent des réunions hebdomadaires, des camps d’été, des week-ends de formation (notamment les « routes-école » pour les aînés) et participent à des événements internationaux (Eurojam, Euromoot). Des pèlerinages (comme celui d’Avioth) et des activités de service font partie de la vie des Routiers. Le mouvement met l’accent sur la formation des chefs et le rayonnement dans les quatre coins du pays, en français et en néerlandais.

    Conclusion

    Présents en Belgique depuis plus de soixante ans, les Guides et Scouts d’Europe incarnent une forme de scoutisme qui allie fidélité à Baden-Powell, ancrage catholique et idéal européen. Bien que numériquement modestes par rapport aux grandes fédérations belges (qui totalisent plus de 150 000 membres), ils offrent une proposition pédagogique cohérente et structurée, reconnue par l’Église et présente dans les deux communautés linguistiques. Leur site officiel (scouts-europe.be) permet de localiser les groupes et de s’informer sur les activités.

    Sources principales : site officiel des Guides et Scouts d’Europe – Belgique, Scoutopedia, Wikipedia (pages UIGSE-FSE et scouting en Belgique), documents historiques de l’UIGSE-FSE.

  • Le droit d’éduquer nos enfants devrait être la règle, pas l’exception

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    Du site de l'European Centre for Law & Justice (ECLJ) (Catalina Henriquez) :

    Le droit d’éduquer nos enfants devrait être la règle, pas l’exception

    31 Août 2026

    L’enseignement à domicile fait aujourd’hui l’objet de réglementations très opposées en Europe. Certains pays s’efforcent de restreindre le droit premier des parents d’éduquer leurs enfants, tandis que d’autres ont adopté des mesures plus libérales. La société doit concilier les devoirs parentaux avec l’intérêt supérieur de l’enfant en matière d’éducation. L’État est garant du droit à l’éducation des enfants, mais pas le dépositaire des enfants.

    Le droit préférentiel des parents: définition et implications

    Le droit des parents de diriger l’éducation morale et religieuse de leurs enfants est un principe largement reconnu dans le droit international des droits de l’homme. Trois raisons principales sous-tendent ce principe.

    1. La famille est la cellule fondamentale de la société et doit, à ce titre, être préservée et protégée.
    2. Les parents sont les principaux responsables et exercent l’autorité sur l’enfant, assumant la responsabilité première de son éducation et de son développement.
    3. Le principe de subsidiarité, qui exige que l’État n’intervienne que lorsque les instances inférieures sont incapables de remplir leurs devoirs.

    Il ne s’agit pas d’une question d’opinion; ce principe est consacré dans le droit international des droits de l’homme, et la plupart des États occidentaux l’ont inscrit dans leur propre législation nationale. L’article 13, paragraphe 3, du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, l’article 14, paragraphe 3, de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne et l’article 2 du Protocole n°1 à la Convention européenne des droits de l’homme le reconnaissent tous. Ce droit comporte deux dimensions: celle d’orienter l’éducation morale et religieuse de l’enfant, et celle de choisir librement le type et la forme d’enseignement dispensé, que ce soit dans un établissement privé ou public, ou à domicile, que l’enseignement soit assuré par les parents eux-mêmes ou par des tuteurs. Cette dernière option est ce que l’on appelle l’instruction en famille ou l’école à la maison.

    L’instruction en famille n’exige pas des parents qu’ils enseignent eux-mêmes toutes les matières. Elle signifie surtout qu’ils restent les principaux responsables de l’éducation de leur enfant, libres de l’adapter en fonction des besoins de celui-ci et de leurs propres convictions. Comme le souligne la Home School Legal Defense Association: «l’éducation primaire se déroule dans le cadre du foyer», même lorsque les familles font appel à des groupes d’enseignement à domicile, à des tuteurs ou à des cours en ligne pour la compléter[1].

    Un aperçu comparatif à travers l’Europe

    Dans plusieurs pays européens, l’enseignement à domicile survit à peine. Les restrictions sont suffisamment sévères pour rendre cette pratique inapplicable dans la réalité, ce qui revient à une interdiction de facto. L’Allemagne applique la scolarité obligatoire (Schulpflicht) de manière si stricte que l’enseignement à domicile pour des raisons religieuses, philosophiques ou pédagogiques n’est tout simplement pas autorisé. Les parents peuvent choisir entre les écoles publiques et les établissements privés ou confessionnels agréés, mais l’enseignement doit s’inscrire dans le cadre du système scolaire officiel. Les rares exceptions concernent les cas de nécessité médicale, et même dans ces cas-là, elles impliquent généralement un enseignement à distance agréé par l’État plutôt qu’un enseignement dispensé par les parents[2].

    La Hongrie a emprunté la même voie sous Viktor Orbán. Les parents pouvaient autrefois scolariser leurs enfants en dehors du système scolaire en les inscrivant en tant qu’«élèves privés». Mais un amendement législatif de 2019 a de fait mis fin à cette option, la remplaçant par une procédure d’autorisation ministérielle. Ce qui n’était autrefois qu’une simple déclaration est devenu une dérogation sous forme de «programme d’apprentissage individuel» accordée uniquement en cas de problèmes de santé graves, de besoins particuliers ou d’engagements sportifs ou artistiques de haut niveau[3].

    Le Portugal et l’Autriche montrent qu’un autre équilibre est possible. En vertu du décret-loi n° 70/2021 du Portugal, les parents qualifiés peuvent enseigner à leurs enfants à domicile, sous réserve d’une nouvelle demande chaque année, d’un contrôle par le ministère de l’Éducation et d’examens nationaux à la fin de chaque cycle scolaire[4]. Il s’agit d’un véritable droit, même s’il fait l’objet d’une surveillance étroite.

    L’Autriche est encore plus libérale. Il suffit aux parents d’informer chaque année les autorités que leur enfant suivra un enseignement à domicile. Aucune autorisation préalable n’est requise, et l’enseignement à domicile y est légal depuis des décennies. L’intervention de l’État se limite à vérifier, par le biais d’examens annuels, que l’apprentissage de l’enfant est équivalent à celui de ses camarades scolarisés dans le public. Il ne prescrit pas de programmes scolaires et n’effectue pas d’inspections à domicile[5]. En Autriche, l’État contrôle les résultats, tandis qu’en Allemagne et en Hongrie, il contrôle le processus.

    - ( NdB) En Belgique, les parents ont le droit de scolariser (ou plutôt d’instruire) leurs enfants à la maison.

    C’est même un droit constitutionnel (article 24 de la Constitution belge : liberté d’enseignement). L’obligation qui existe est une obligation d’instruction (de 5 à 18 ans), pas une obligation d’aller à l’école.

    Concrètement :

    • Vous pouvez enseigner vous-même à vos enfants à domicile.
    • Vous pouvez aussi les confier à un précepteur ou les inscrire dans une école privée non reconnue/subventionnée (cela est assimilé à de l’enseignement à domicile).
    • Il suffit de faire une déclaration annuelle auprès de la Communauté compétente (flamande, française ou germanophone) et de respecter les contrôles et examens prévus.

    Il n’y a donc pas besoin d’autorisation préalable stricte : c’est un droit que l’on exerce par déclaration, sous réserve de garantir un niveau d’instruction équivalent. - (fin de la note de belgicatho)

    Le vent tourne

    À l’inverse, d’autres pays ont progressé. Certains sont plus modestes que d’autres, mais chacun mérite d’être souligné. La Lituanie est un bon exemple: après avoir purement et simplement interdit l’enseignement à domicile en 2012, elle a fait marche arrière en 2020, après des années de plaidoyer de la part de l’Association lituanienne pour l’enseignement à domicile, rétablissant ainsi le droit des familles de scolariser leurs enfants à la maison pour tous les niveaux scolaires. Ce droit reste toutefois soumis à des conditions strictes: il est principalement réservé aux enfants qui ne peuvent pas fréquenter l’école pour des raisons médicales, et le programme scolaire national reste applicable[6]. Il s’agit d’un pas en avant, mais limité.

    La Pologne est allée plus loin. L’enseignement à domicile y est désormais pleinement légal et, depuis 2021, nettement plus accessible: les parents n’ont plus besoin de l’autorisation d’une école de leur propre province, mais peuvent s’adresser à n’importe quelle école du pays[7]. Ce qui était autrefois un processus local et discrétionnaire est devenu un véritable droit national. Même la Croatie, qui figurait historiquement parmi les États les plus restrictifs sur cette question, a connu un changement. Depuis 2022, l’«Association croate pour l’enseignement à domicile» milite en faveur d’un projet de loi visant à doter pour la première fois l’enseignement à domicile d’un véritable fondement juridique, inspiré du modèle slovène, dans le cadre duquel les élèves restent officiellement inscrits dans une école locale et passent des examens annuels pour valider leurs progrès, tout en étant scolarisés à domicile[8]. L’issue n’est pas encore certaine, mais le fait même que ce débat ait lieu marque un véritable changement dans un pays où l’enseignement à domicile a longtemps été considéré comme une anomalie plutôt que comme un droit.

    Cet élan n’est cependant pas une garantie et la France prouve que la libéralisation peut connaître un revirement brutal. La loi n° 2021-1109 du 24 août 2021, «Confortant le respect des principes de la République», a remplacé un simple régime déclaratif par un système strictement encadré d’autorisation préalable. Des familles qui exerçaient ce droit depuis des années, sans incident, se sont soudainement retrouvées dans l’obligation d’obtenir l’autorisation de l’État pour continuer.

    Les conséquences ont été immédiates et radicales: au cours de l’année scolaire 2021–2022, 72 400 enfants et adolescents suivaient un enseignement à domicile en France. L’année dernière, en 2025–2026, seuls 28 810 enfants ont été autorisés à suivre un enseignement à domicile[9].

    Telle est la leçon que l’Europe ne peut se permettre d’ignorer. Un droit reconnu en principe, protégé par des instruments internationaux, et même en développement dans un pays, peut néanmoins être rapidement et légalement démantelé, dès lors qu’un gouvernement décide de traiter les droits parents comme un problème plutôt que de les soutenir.

    C’est pourquoi l’ECLJ s’engage à défendre les droits parentaux devant les juridictions nationales et internationales. Nous avons introduit des recours exigeant que les juridictions internationales appliquent les principes mêmes qu’elles sont censées défendre. Vous pouvez vous joindre à nous dès aujourd’hui: soutenez notre action ou contactez-nous si vos droits parentaux ont été bafoués.

    ______________________

    [1] Home School Legal Defense Association, https://hslda.org/

    [2] Loi fondamentale de la République fédérale d’Allemagne. https://www.gesetze-im-internet.de/englisch_gg/englisch_gg.html#p0033

    [3] HSLA, Les familles pratiquant l’enseignement à domicile en Hongrie envisagent de créer une organisation nationale, 23 novembre 2021. https://hslda.org/post/homeschoolers-in-hungary-look-to-launch-national-organization#:~:text=fréquentation%20scolaire%20régulière%2C%20y%20compris%20les%20élèves,pour%20des%20activités%20telles%20que%20le%20sport

    [4] Enseignement individuel et enseignement à domicile https://www.dge.mec.pt/ensino-individual-e-ensino-domestico

    [5] Loi sur l'obligation scolaire (Schulpflichtgesetz), paragraphe §11 https://www.homeschoolers.at/gesetzliche-vorgaben/#: ~:text=Die%20allgemeine%20Schulpflicht%20kann%20%E2%80%93,ohne%20%C3%96ffentlichkeitsrecht%20erf%C3%BCllt%20werden%2C

    [6] HSLA, Le gouvernement lituanien met enfin en œuvre l'enseignement à domicile, 13 octobre 2021. https://hslda.org/post/lithuanian-government-finally-implements-home-education

    [7] Loi du 25 février 2021 modifiant la loi sur l'éducation et certaines autres lois https://isap.sejm.gov.pl/isap.nsf/DocDetails.xsp?id=WDU20210000619

    [8] Homeschooling Hrvatska https://homeschooling.hr/zakonski-prijedlog/#

    [9] Question écrite n° 13422 : Régime d'autorisation préalable de l'instruction en famille, https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/questions/QANR5L17QE13422

  • Garçons en difficulté : l’Europe face à une inversion des inégalités de genre

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    Garçons en difficulté : l’Europe face à une inversion des inégalités de genre

    Pendant des siècles, les sociétés européennes ont privilégié les fils. Aujourd’hui, une tendance inverse se dessine : de plus en plus de parents expriment une préférence pour une fille, tandis que les données montrent que les garçons et les jeunes hommes accumulent des retards dans plusieurs domaines clés. Entre « gender disappointment » et indicateurs scolaires, sanitaires et sociaux alarmants, l’Europe découvre un angle mort de l’égalité.

    Une préférence inversée pour les filles

    Le phénomène du gender disappointment – la déception ressentie lorsque le sexe de l’enfant ne correspond pas aux attentes – a longtemps été associé à la préférence pour les garçons dans les sociétés patriarcales. Dans les pays riches d’Europe et d’Occident, la tendance s’inverse. Des psychologues cliniciens en Australie, au Royaume-Uni, en Allemagne et en France rapportent une hausse des cas de détresse parentale à l’annonce d’un fils. Les raisons avancées vont des stéréotypes (« les garçons sont plus turbulents, moins affectueux ») aux craintes contemporaines d’élever un « masculiniste » ou un jeune influencé par la manosphère.

    Des articles dans Elle, Le Point ou la Süddeutsche Zeitung documentent des témoignages de mères en larmes à l’échographie bleue. Dans les pays où la sélection de sexe était temporairement autorisée ou dans les statistiques d’adoption, la préférence pour les filles s’affirme. Cette évolution culturelle coïncide avec un constat plus large : les garçons peinent davantage dans plusieurs indicateurs de réussite et de bien-être.

    L’école, premier terrain de décrochage

    Les évaluations internationales sont sans ambiguïté. Selon PISA 2022, les filles surpassent les garçons en lecture dans tous les pays participants, avec un écart moyen de 24 points dans l’OCDE. Les garçons conservent un léger avantage en mathématiques dans la plupart des pays, mais cela ne compense pas les écarts globaux. Dans l’Union européenne, les jeunes hommes restent plus nombreux parmi les sortants précoces de l’éducation et de la formation (environ 10,6 % contre 7,5 % pour les jeunes femmes en 2025).

    À l’université, les jeunes femmes sont désormais majoritaires dans la quasi-totalité des pays européens. Des analyses britanniques évoquent des « missing men » : plusieurs centaines de milliers de jeunes hommes en moins dans l’enseignement supérieur sur une décennie. L’UNESCO, dans son rapport mondial de 2022 Leave no child behind, alerte sur le désengagement des garçons de l’éducation dans de nombreux pays, y compris en Europe. Redoublements plus fréquents, moindre motivation scolaire et normes de masculinité qui valorisent peu la réussite académique figurent parmi les facteurs identifiés.

    Santé mentale et solitude

    Les hommes se suicident trois à quatre fois plus que les femmes en Europe (parfois jusqu’à sept fois dans certains pays d’Europe de l’Est). Sur les quelque 47 000 suicides recensés chaque année sur le continent, une large majorité concerne des hommes. Les jeunes hommes sont particulièrement touchés par l’isolement et la solitude, des phénomènes que le Centre commun de recherche de la Commission européenne considère désormais comme un enjeu de santé publique.

    Si les jeunes femmes déclarent davantage d’anxiété et de dépression, les hommes externalisent davantage leur souffrance, avec des conséquences plus souvent mortelles (suicides, overdoses). La pandémie a aggravé ces tendances chez les 15-29 ans.

    Emploi et transition vers l’âge adulte

    Le taux de jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation (NEET) reste élevé dans plusieurs pays, notamment du Sud de l’Europe. Les jeunes hommes peu qualifiés sont surreprésentés dans les situations de décrochage prolongé. Les secteurs traditionnellement masculins (industrie, construction) ont reculé, tandis que les métiers en croissance (santé, éducation, services) sont plus féminisés. Cette mutation laisse une partie des hommes peu diplômés sans trajectoire claire.

    Dans certains pays comme le Royaume-Uni, les autorités parlent déjà d’une « génération perdue » de jeunes, avec une hausse des problèmes de santé mentale comme frein à l’insertion.

    Un écart politique qui se creuse

    Les données électorales confirment une polarisation de genre chez les jeunes. Lors des élections européennes de 2024, le soutien aux partis de droite radicale était nettement plus élevé chez les jeunes hommes que chez les jeunes femmes, avec un écart parfois deux fois plus important que dans les générations plus âgées. Ce fossé reflète, selon plusieurs analyses, un sentiment de perte de statut et d’avenir économique incertain.

    Ni guerre des sexes, ni fatalité

    Ces tendances ne signifient pas que les filles et les femmes n’ont plus de combats à mener. Les inégalités salariales, les violences sexistes et les obstacles à la carrière persistent. Elles indiquent en revanche que certaines politiques et certains discours, concentrés presque exclusivement sur les filles, ont laissé des angles morts pour les garçons, surtout ceux issus de milieux défavorisés.

    Des experts insistent : soutenir les garçons en difficulté ne se fait pas au détriment des filles. C’est même une condition de la cohésion sociale et de l’égalité réelle. Des pistes existent : adapter davantage l’école aux styles d’apprentissage des garçons, multiplier les modèles masculins positifs, investir dans la santé mentale des hommes et lutter contre les stéréotypes qui découragent les uns comme les autres.

    L’Europe a su corriger des injustices historiques envers les filles. Elle doit maintenant regarder en face celles qui touchent une partie de ses garçons. Ignorer ces données ne les fera pas disparaître.

  • Le discours du Pape aux participants du 47e meeting de Rimini

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    VISITE PASTORALE DE SA SAINTETÉ LÉON XIV
    EN RÉPUBLIQUE DE SAINT-MARIN
    À L’OCCASION DU « MEETING  POUR L’AMITIÉ ENTRE LES PEUPLES »
    ET À RIMINI

    DISCOURS DU SAINT-PÈRE
    AUX PARTICIPANTS AU 47e
    « MEETING POUR L’AMITIÉ ENTRE LES PEUPLES »

    Salon de Rimini
    Samedi 22 août 2026

    _____________________________

    Chers frères et sœurs !

    Je suis heureux de vous rencontrer à Rimini, dans ces lieux qui vous sont chers pour l’engagement, la créativité et le dialogue que votre rendez-vous de fin août parvient à susciter depuis des années. Je remercie le Président Scholz et le Docteur Prosperi pour leur salutation.

    En ce moment historique, nous comprenons plus profondément la prophétie inscrite il y a près d’un demi-siècle dans le nom donné à ces journées : « Meeting pour l’amitié entre les peuples ». Comme saint Jean-Paul II vous le disait, « le seul fait de prononcer ces mots réjouit le coeur : “Rencontre !” “Rencontre d’amitié !” “Amitié entre les peuples !” Des mots qui revêtent une signification particulière en ces heures, souvent dramatiques, de l'histoire du monde » (Discours lors du IIIe Meeting pour l’amitié entre les peuples, Rimini, 29 août 1982).

    Aujourd’hui encore, la paix est préservée et répandue par des personnes qui aiment se rencontrer et qui n’ont pas peur de la confrontation. Dans l’Encyclique Fratelli tutti, le Pape François nous a enseigné à cultiver l’amitié sociale qui représente le visage public, dynamique et concret de la fraternité. En nous reconnaissant en effet dans la dignité d’enfants de Dieu, nous entrons en contact avec ce qui unit à l’origine les êtres humains, au-delà de toute diversité, séparation ou conflit. Nous pouvons nous identifier les uns aux autres, nous écouter et devenir amis, entre personnes et donc aussi entre peuples. Avant les frontières, les définitions et les institutions, il y a toujours les personnes. Cette prise de conscience est au cœur du christianisme : vous le savez, car vous avez été formés à lire l’Évangile comme la révélation d’un Dieu qui est rencontre, événement, regard, expérience, éveillant en chacun le désir d’être aimé et d’aimer. Ainsi, vous n’avez pas fait du “Meeting” une sorte d’enclave : au contraire, il est devenu un carrefour pour l’Église et pour la société, une rencontre qui en suscite d’autres et inspire de nouvelles voies.

    Nous rendons grâce au Seigneur pour cet héritage vivant qui vous confère une grande responsabilité historique, au sein de la plus grande communion de l’Église, au service d’une humanité qui a faim et soif de justice. En effet, comme nous l’a enseigné le Concile Vatican II, « les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur » (Const. past. Gaudium et spes, n. 1). Oui, chers amis, l’heure est à la responsabilité, surtout pour ceux qui ont beaucoup reçu d’une tradition millénaire de foi qui se fait culture. Les différentes éditions du “Meeting” ont en effet su puiser dans le grand patrimoine du passé les raisons qui vous engagent aujourd’hui dans la confrontation avec l’art, la musique, la littérature, la science, l’économie et toute expression de l’âme humaine. Même le titre choisi pour cette édition, tiré du dernier vers de la Divine Comédie, nous pousse vers l’histoire dont Dieu est le Seigneur. « L’amour qui meut le soleil et les autres étoiles » n’a pas disparu ; il n’a perdu ni de sa vigueur, ni de son intensité, bien qu’il s’agisse d’un amour qui reste volontiers silencieux, contrairement aux forces bruyantes qui bouleversent la terre, le ciel et toutes les créatures.

    Oui, l’amour meut ! « Il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes » (Mt 5, 45). C’est ainsi que Jésus décrit la perfection de Dieu, en mettant en évidence le fossé entre la générosité de son action et l’étroitesse des pensées humaines. La réalité s’étouffe dans nos calculs et respire dans la gratuité de Dieu. Ce n’est pas un hasard si mes prédécesseurs – saint Jean-Paul IIBenoît XVI et François – ont tous désigné la miséricorde divine comme le point de rencontre entre l’Évangile et les “choses nouvelles” de cette époque à la fois dramatique et merveilleuse. Suivre Jésus-Christ après les tragédies et les nouveaux départs du XXe siècle implique, en effet, une prise de conscience lucide : on ne combat pas le mal par le mal. Comme au ciel, ainsi sur terre, l’amour est la loi de la vie, la méthode de la rédemption, celle du Messie crucifié. Au faux réalisme qui réarme les esprits, les paroles et les nations, la culture catholique doit aujourd’hui opposer le réalisme de la miséricorde selon lequel il ne peut y avoir d’ennemis et tous, même les adversaires, sont des frères et sœurs qu’il faut regarder dans les yeux et rencontrer dans la vérité. Le péché existe certes, mais l’amour rédempteur du Christ est plus fort encore : il nous engage à purifier nos pensées, nos intérêts, nos habitudes, nos fréquentations, nos projets, nos investissements – tous les aspects de notre vie – de tout ce que la culture du pouvoir a souillé.

    Parmi vous, les compétences, les responsabilités et les ressources nécessaires à une authentique conversion du peuple ne manquent pas. « L’obsession de préserver sa gloire, sa “dignité”, son influence ne doit pas faire partie de nos sentiments. Nous devons poursuivre la gloire de Dieu, et cela ne coïncide pas avec la nôtre. La gloire de Dieu qui éblouit dans l’humilité de la grotte de Bethléem ou dans le déshonneur de la croix du Christ nous surprend toujours » (François, Discours au Ve Congrès national de l’Église italienne, Florence, 10 novembre 2015). Libérons donc la vie en commun de la méfiance, la culture de l’arrogance, l’éducation de l’idéologie, le travail de l’idolâtrie du profit, la technologie et la finance des affaires de la mort. À partir des organisations que nous avons créées et au sein desquelles nous œuvrons, démasquons les rapports de pouvoir injustes à l'origine de la pauvreté, des inégalités, de la guerre et des catastrophes environnementales. Désarmons le développement technologique lorsqu’il devient envahissant et destructeur. Il faut des pionniers courageux qui commencent par changer de cap pour rendre convaincante et crédible la conversion exigée de tous.

    Qu’il n’y ait pas seulement ceux qui attisent le feu de la lassitude et du désespoir, qu’il y ait aussi ceux qui ravivent les rêves et les visions ! Ces deux voies sont incompatibles, car l’une exploite la division, l’aliénation et le désespoir, tandis que l’autre est au service du Royaume de Dieu et de sa justice. « Dans un monde où se multiplient les manœuvres visant à conquérir des marchés et des sphères d’influence, souvent revêtues de rhétoriques rassurantes et de constructions idéologiques séduisantes, notre cœur ressent le besoin de découvrir un dessein différent, sage et bienveillant, semblable à celui que Marie contemple dans le Magnificat, lorsqu’elle proclame que, de génération en génération, la miséricorde de Dieu s’étend sur ceux qui le craignent. Ce dessein de miséricorde traverse l’histoire encore aujourd’hui, au cœur des changements les plus rapides et les plus troublants marqués par les algorithmes, les réseaux mondiaux, et devient la boussole d’une existence évangélique à l’ère numérique. Au centre se trouve le mystère de l’Incarnation » (Lettre encyclique Magnifica humanitas, nn. 230-231).

    Chers amis, la beauté désarmante de ce Mystère nous invite à prendre “le risque éducatif” dont vous parlait le Père Giussani. Il avait compris que « la méthode éducative la plus apte à faire le bien n’est pas celle qui consiste à fuir la réalité pour affirmer le bien séparément, mais celle qui consiste à promouvoir le bien dans le monde ». [1] Et il insistait : « Dans le monde, cela signifie dans la confrontation avec la réalité tout entière, une confrontation risquée, si l’on veut l’appeler ainsi ; mais il vaudrait mieux dire exigeante ». [2] Frères et sœurs, assumons maintenant cette responsabilité qui est un engagement envers le Christ et un engagement envers notre monde !

    Chers jeunes, vous êtes nombreux ici, dont beaucoup de bénévoles. Vous êtes le signe que l’avenir est une promesse, et non une menace ! Beaucoup n’y croient plus, tant parmi les adultes que parmi vos camarades. Mais, silencieusement, « l’amour qui meut le soleil et les autres étoiles » continue de susciter l’espérance. Je l’ai ressenti intensément parmi vos camarades au Liban, en Afrique et en Espagne. L’amour anime, presse, réveille de la torpeur, suscite de nouvelles vocations et pousse à prendre des risques. Impliquez-vous ! Ouvrez-vous à une véritable catholicité, en élargissant vos liens au-delà de toute appartenance trop étroite. Que le Mouvement, les groupes, les communautés soient un tremplin d’où vous plonger dans la réalité tout entière. Combattez ce qui voudrait vous éloigner de vos frères et sœurs de cultures, de sensibilités et d’origines différentes, en particulier des plus pauvres. Sortez, en revanche, à la rencontre de tous !

    Partout, en particulier en marge de la société et parmi ceux qui souffrent, vous trouverez des personnes prêtes à construire la civilisation de l’amour. Ne permettez à personne de minimiser ce mot, qui est le nom même de Dieu : « Dieu est amour » (1 Jn 4, 16). Dans l’amour, il n’y a jamais de contrainte ni d'endoctrinement, jamais de séduction, de tromperie ou de recrutement. L’amour ne réside que dans la liberté, dans le dialogue vivant et dans le don généreux de soi.

    Chers jeunes, le monde semble aujourd’hui s’étonner de votre adhésion au Christ, de l’attirance que vous ressentez pour lui et pour sa parole, ainsi que de votre appartenance à l’Église. Le fait que vous soyez chrétiens est une surprise pour beaucoup ! Et pourtant, sans tapage, « à partir de chez vous, la parole du Seigneur a retenti » (1 Th 1, 8). C’est ce qu’écrivait saint Paul à la toute jeune communauté de Thessalonique. Et il poursuivait : « Votre foi en Dieu s’est si bien répandue partout que nous n’avons pas besoin d’en parler » (ibid.). Ce n’est pas une question de chiffres, même si l’on est ému par les milliers de vos contemporains qui demandent le baptême dans des sociétés considérées comme étant parmi les plus sécularisées du monde. C’est une question de liberté : on ne rencontre la vérité que dans la liberté.

    Nous le comprenons de mieux en mieux, dans un contexte historique qui ravive les questions les plus humaines et un désir infini de sens, de justice et de paix. Ainsi, une certaine perte d’influence, que nous, les adultes, avons peut-être redoutée et combattue, devait nous révéler que nous pouvons mieux apprécier la puissance de l’Évangile, les liens qu’il engendre, la logique qu’il suscite, la vie qu’il fait naître. Comme l’ont répété à plusieurs reprises mes prédécesseurs, « l’Eglise ne fait pas de prosélytisme. Elle se développe plutôt par attraction ». [3] C’est l’attrait pour une manière d’habiter le monde, à propos de laquelle don Giussani demandait de manière provocante : “Peut-on vivre ainsi ?”. [4]

    Dès le IIe siècle, d’ailleurs, l’auteur anonyme de la Lettre à Diognète reconnaissait que les chrétiens « se proposent une forme de vie merveilleuse et, sans aucun doute, paradoxale » (V, 4). Certes, nous devons admettre que nous portons ce trésor “dans des vases d’argile” (cf. 2 Co 4, 7) et que la crédibilité de notre témoignage personnel et communautaire est souvent marquée par nos limites et par le péché. Mais c’est le Seigneur qui nous relève toujours, tant en tant qu’individus qu’en tant que communauté !

    Chers amis, aimez toujours l’Église ! Aimez et préservez l’unité. Cela mérite d’être répété : “Aimez toujours l’Église !”. Chers amis, aimez et préservez l’unité de la “compagnie” par laquelle le Christ vous a rejoints et vous attire à Lui. Comme le Pape François vous l’a dit à l’occasion du centenaire de la naissance de votre fondateur, « même les moments difficiles peuvent être des moments de grâce, et peuvent être des moments de renaissance. Communion et Libération naquit précisément dans une période de crise qui fut le 1968. Et par la suite don Giussani ne s’est pas effrayé des moments de passage et de croissance de la Fraternité, mais il les a affrontés avec courage évangélique, confiance dans le Christ et en communion avec sa mère l’Eglise » (François, Discours aux membres de Communion et Libération, 15 octobre 2022).

    Eh bien, chers amis, c’est précisément au cœur des bouleversements d’une époque en mutation, dans ce monde déchiré par de multiples crises, que nous pouvons redécouvrir « le “goût spirituel” d’être le peuple de Dieu, rassemblé de toute tribu, langue, peuple et nation, vivant dans des contextes et des cultures différentes […] bien que pèlerin sur terre, il vit déjà en communion avec l’Église du ciel » (XVIe Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques, Document final, n° 17). Ces dernières années, nous avons redécouvert la dimension synodale et missionnaire de notre être Église, qui nous invite avant tout à apprendre à nous écouter les uns les autres. « Le don de l’écoute est quelque chose que, je pense, nous reconnaissons tous, mais qui s’est souvent perdu dans certains secteurs de l’Église. Nous devons continuer à découvrir à quel point il est précieux, en commençant par l’écoute de la Parole de Dieu, par l’écoute réciproque, par l’écoute de la sagesse que nous trouvons chez les hommes et les femmes, mais aussi chez ceux qui sont en quête de vérité et qui ne sont pas, ou ne seront peut-être jamais, membres de l’Église » (Discours aux participants au Jubilé des Équipes synodales et des Organismes de participation, 24 octobre 2025).

    C’est un chemin qui exige également le renouveau de chaque réalité associative et de chaque mouvement ecclésial. Je vous invite, tant au sein du Mouvement Communion et Libération que dans les Églises particulières auxquelles chacun d’entre vous appartient, à vivre cette expérience de cheminer ensemble : que chacun écoute, se laisse transformer par la foi des autres, et que de nouvelles prises de conscience mûrissent, que de nouveaux pas soient franchis et que des obéissances courageuses à l’Esprit Saint se manifestent, sous la conduite des pasteurs. La synodalité n’est pas le nom d’un processus, mais la nature d’un peuple qui, dans l’amitié et la rencontre avec l’autre, sent qu’il n’appartient qu’à Dieu seul. Alors, l’autorité se transforme en service qui honore les diversités et en facilite l’harmonie. Ce style constitue, en cette époque troublée, un véritable signe des temps. Témoignons que chaque charisme est au service du bien commun, que toute richesse se multiplie lorsqu’elle est partagée et que toute peur peut être surmontée. Nous devons rendre tout cela tangible, crédible et désirable. Vous saurez le faire, chers amis, dans le sillage de votre fondateur, en cultivant l’unité entre vous, avec ceux qui sont appelés à guider le Mouvement, avec le Siège Apostolique qui vous a reconnus, et avec le Successeur de Pierre. Que le Saint-Esprit nous forme à la pratique de la communion ! Qu’il nous en donne le goût, l’estime et l’espérance. Chers frères et sœurs, que cet Amour “qui fait mouvoir le soleil et les autres étoiles” continue de nous guider. Merci !

    Merci ! Merci !

    La prière est un élément fondamental de toute communauté chrétienne. Je vous invite donc tous à réciter la prière que Jésus nous a enseignée :

    Notre Père…

    Bénédiction

    Merci et bonne route !


    [1] L. Giussani, Il rischio educativo, Milan 2014, p. 106

    [2] Ibid.

    [3] Benoît XVI, Homélie lors de la messe d’inauguration de la Ve Conférence générale de l’épiscopat d’Amérique latine et des Caraïbes, Aparecida (13 mai 2007). François, Catéchèse (11 janvier 2023)

    [4] Cf. L. Giussani, Si può vivere così?, Milan 2007.

  • La réaction timide de Rome face à l'évêque pro-genre de Hambourg

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    De Nico Spuntoni sur la NBQ :

    La réaction timide de Rome face à l'évêque pro-genre de Hambourg

    Le Dicastère pour la Culture et l'Éducation soutient les parents qui s'opposent aux directives sur la « diversité » sexuelle imposées par l'archevêque de Hesse aux écoles catholiques de l'archidiocèse allemand. Quelques lignes, nécessaires mais insuffisantes : le projet doit être stoppé avant même sa mise en œuvre.

    18/08/2026

    Une réponse timide a rompu le silence du Saint-Siège face à la protestation de parents hambourgeois contre l'imposition par l'archidiocèse de directives relatives à l'éducation sexuelle des mineurs dans les écoles catholiques. Ces directives s'inspirent d'un document de la Conférence des évêques allemands, issu du processus synodal, qui, selon les parents (dont beaucoup sont arrivés en Allemagne comme migrants), « encourage la sexualisation délibérée des enfants et des jeunes, dévalorise, déforme ou rejette la vision catholique de la sexualité, du mariage et de la famille, et propage activement un contenu idéologique lié à la sexualité et à l'identité sexuelle ».

    Bref, un nouveau fiasco  en Allemagne, imposé de force par un évêque militant, au mépris de l'avis des familles. Quel gâchis pour la synodalité ! L'archevêque Stefan Hesse, dont les « carences organisationnelles » et les « erreurs de procédure » dans la gestion de l'affaire d'abus sexuels lorsqu'il était responsable du personnel de l'archidiocèse de Cologne, se sont heurtés à la détermination de nombreux parents, notamment celle de Varinia Arauco, une mère d'origine péruvienne. Elle écrivit à tous, du Pape jusqu'aux plus humbles, pour dénoncer la situation. L'audience demandée par une délégation du Réseau des parents pour la protection des mineurs et la prévention (nom que s'est donné ce groupe de familles) auprès de Léon XIV fut refusée, mais une lettre du Dicastère pour la Culture et l'Éducation parvint de Rome.

    Arauco avait également contacté, entre autres, le préfet José Tolentino de Mendonça, mais c'est le sous-secrétaire d'État allemand, Monseigneur Matthias Ambros, qui répondit. Quelques lignes pour accuser réception de la plainte et affirmer que le dicastère « confirme que, concernant la question d'éventuelles orientations en matière d'éducation sexuelle, sa position reste celle exprimée dans le document *  Il les créa homme et femme : Vers un dialogue sur la question du genre dans l'éducation* ».  Ce document, signé en 2019 par le cardinal Giuseppe Versaldi, alors préfet de la Congrégation pour l'Éducation catholique, rejette clairement l'approche du document de la Conférence des évêques allemands sur la « reconnaissance de la diversité des identités sexuelles à l'école » ainsi que les directives qui en découlent et que l'archevêque Hesse souhaiterait imposer dans les écoles catholiques de Hambourg. 

    Pour le dicastère, « l'éducation affective requiert un langage approprié ».« Il faut que l’éducation sexuelle soit mesurée et qu’elle tienne compte du fait que les enfants et les jeunes n’ont pas encore atteint leur pleine maturité et s’apprêtent à découvrir la vie avec intérêt. » « C’est pourquoi, écrivait Versaldi, il est nécessaire d’aider les élèves à développer un esprit critique face à l’invasion de propositions, face à la pornographie débridée et à la surcharge de stimuli susceptibles de mutiler la sexualité. » Un vademecum pour s’opposer au « bombardement de messages ambigus et vagues » dont est au contraire truffé le cadre conceptuel de l’éducation sexuelle souhaité par l’archidiocèse de Hambourg.

    Le paradoxe est que le document de la congrégation de l’époque défend « l’aspiration légitime des écoles catholiques à maintenir leur propre vision de la sexualité humaine, compte tenu de la liberté des familles de fonder l’éducation de leurs enfants sur une anthropologie globale, capable d’harmoniser toutes les dimensions qui constituent leur identité physique, psychologique et spirituelle », rappelant qu’« un État démocratique ne peut, en effet, réduire l’offre éducative à une seule ligne de pensée, surtout sur un sujet aussi sensible qui touche à la vision fondamentale de la nature humaine et au droit naturel des parents à une éducation libre ». « Le choix, toujours dans le respect de la dignité de la personne humaine. » Or, à Hambourg, ce n’est pas l’autorité civile qui impose un programme d’éducation sexuelle pro-genre aux écoles catholiques, mais bien l’autorité ecclésiastique, contre le consentement de centaines de parents.

    Les directives du diocèse allemand témoignent de cette « désorientation anthropologique qui imprègne tant le climat culturel de notre époque et qui a certainement contribué à la déstructuration de la famille, avec cette tendance à gommer les différences entre hommes et femmes, réduites à de simples effets du conditionnement historico-culturel ». Elles contreviennent donc ouvertement au contenu du document de Versaldi, auquel le Dicastère pour la Culture et l’Éducation se réfère encore aujourd’hui sur cette question. L’ancienne congrégation le sait si, en répondant à la mère de Hambourg, elle a jugé nécessaire de rappeler ce texte.

    Mais plus encore, le Saint-Siège ne peut prétendre avoir rempli son devoir avec ces quelques lignes envoyées au Réseau des parents, qui en reconnaissent implicitement la justesse. Une intervention urgente auprès de l’archevêque Hesse est nécessaire pour bloquer la mise en œuvre de ces directives. Les écoles de l'archidiocèse. Le temps presse : la mesure entrera en vigueur le 20 août.

  • Bientôt sur les autels, ce garçon qui mourut en criant « Vive le Christ Roi »

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    De Federico Catani sur la NBQ :

    Bientôt sur les autels, le garçon qui mourut en criant « Vive le Christ Roi »

    Quatre-vingt-dix ans se sont écoulés depuis le sacrifice chrétien d'Antonio Molle Lazo, un carliste de 21 ans tué par des miliciens rouges espagnols le 10 août 1936. Son procès en béatification est en cours.

    10/08/2026

    C'était le 10 août 1936, jour de la fête du martyr saint Laurent. Des miliciens rouges le capturèrent alors qu'il défendait un couvent à Peñaflor, près de Séville. Ils le rouèrent de coups et tentèrent à plusieurs reprises de le forcer à crier : « Mort à la religion ! » et « Vive la Russie ! » Mais il ne répondit que : « Vive le Christ Roi ! » et « Vive l'Espagne ! »

    Antonio Molle Lazo avait 21 ans et, au début de la guerre civile, s'était engagé volontairement dans les troupes carlistes pour défendre Dieu et sa patrie contre le communisme. Lorsque les Rouges lui annoncèrent qu'ils le tueraient et boiraient son sang, Antonio répondit : « Vous me tuerez, mais le Christ triomphera. » Comme il refusait de blasphémer et de renier sa foi, ils lui coupèrent les oreilles, lui crevèrent les yeux et lui tranchèrent une partie du nez. Un des bourreaux lui épingla même une oreille sur la poitrine comme trophée. Malgré ses souffrances atroces, le jeune homme ne céda pas et continua de proclamer : « Vive le Christ Roi ! »

    Le médecin du village et le chef de gare, tous deux catholiques, furent témoins de la scène à distance et furent stupéfaits par l'endurance physique du garçon. Au milieu de ces tourments, la force qui soutenait le martyr ne pouvait être simplement humaine. Elle avait quelque chose de surnaturel.

    Comprenant que sa fin était proche, Antonio étendit les bras au maximum, formant une croix, et disposa ses jambes à l'image du crucifix. On lui tira dessus dans cette position, et il s'écroula à terre, les bras étendus et la jambe droite croisée sur la gauche, criant une dernière fois de toutes ses forces : « Vive le Christ Roi ! »

    Pourtant, ce n'était pas fini. Le voyant agoniser au milieu de la rue, certains voulurent l'achever, mais d'autres, parmi les assassins, ordonnèrent de le laisser en paix, afin qu'il continue à souffrir. Et nombre de ses tortionnaires, animés d'une haine satanique, revinrent le frapper et le poignarder, jusqu'à ce qu'Antoine rende l'âme et remette son âme entre les mains de Dieu.

    Mais qui était donc cet Antonio Molle Lazo, qui, au début de la guerre civile espagnole, a subi un martyre si terrible, victime de la haine marxiste ?

    En réalité, il était apparemment un garçon tout à fait normal. Né le 2 avril 1915, un Vendredi saint, dans une famille modeste, il fréquenta un pensionnat tenu par les Frères des Écoles Chrétiennes, faisant toujours preuve d'une grande détermination et d'un dévouement sans faille, malgré des résultats scolaires moyens. À quinze ans, il commença un stage à la gare de Jerez de la Frontera, où il résidait. Il travailla ensuite dans des domaines viticoles, puis comme guichetier dans un théâtre. Il connut même quelques brèves périodes de chômage.

    Pourtant, Antonio se distinguait par une chose : sa foi catholique profonde, héritée de sa famille et cultivée par une vie exemplaire. Il était tertiaire carme, rattaché au couvent Notre-Dame du Mont-Carmel Incoronata, tenu par les Carmes de l'Ancienne Observance de Jerez. L'Osservatore Romano, dans un article du 14 janvier 1940, exprimant son espoir de voir la cause de canonisation ouverte, soulignait qu'Antonio Molle Lazo portait toujours le scapulaire de Notre-Dame du Mont-Carmel, à laquelle il était dévoué. Il assistait assidûment aux sacrements, passait beaucoup de temps en adoration eucharistique, ne négligeait jamais la récitation du Saint Rosaire et menait une vie de pureté. Sa foi était inébranlable, ardente, sans affectation ni fanatisme. Il n'en eut jamais honte, au point d'en témoigner publiquement, même dans les milieux ouvriers hostiles, dominés par les socialistes.

    En 1931, avec la chute de la monarchie et l'instauration de la Seconde République, laïque et anti-catholique, Antonio prit immédiatement et ouvertement parti pour les droits de Dieu. Il rejoignit la Jeunesse traditionaliste, branche jeunesse de la Communion traditionaliste carliste. Son attachement au carlisme lui venait de sa famille, mais c'est avant tout sa défense de la foi, de l'Église et de l'Espagne catholique qui le convainquit de franchir le pas, persuadé que Jésus-Christ devait régner non seulement dans les cœurs et les familles, mais aussi dans la société, conformément aux enseignements de l'encyclique Quas Primas du pape Pie XI .

    En raison de son militantisme catholique, qui consistait principalement à distribuer des tracts et à coller des affiches, il fut emprisonné pendant un mois et demi en 1936, alors que la République était déjà plongée dans la violence du Front populaire. À un autre traditionaliste incarcéré avec lui, Antonio déclara un jour : « Je préfère endurer les pires tourments plutôt que de renier mon Dieu. » Il resta fidèle à cette résolution.

    Au début de la guerre civile, Antonio Molle Lazo s'engagea dans les Requétés, la branche combattante du mouvement carliste. Moins d'un mois après le début du conflit, ce 10 août, il y a quatre-vingt-dix ans, il couronna héroïquement sa vie du martyre, comme nous l'avons déjà vu. Nous parlons de martyre par haine de la foi car la fureur avec laquelle il fut torturé par les miliciens rouges ne laisse aucun doute à ce sujet. Ils voulaient le faire blasphémer, mais Antonio répondit en louant la royauté sociale du Christ.

    Immédiatement après sa mort, le peuple, touché par sa foi, le reconnut comme martyr et commença à prier pour obtenir sa grâce. Le corps torturé d'Antonio fut d'abord inhumé au cimetière de Jerez. Un an et demi plus tard, avant son transfert dans un autre lieu du même cimetière, le cercueil fut ouvert et des témoins confirmèrent que le corps était encore en excellent état et ne dégageait aucune mauvaise odeur. Finalement, toujours en raison des pèlerinages constants sur sa tombe, et avec l'autorisation spéciale de l'archevêque de Séville, le cardinal Pedro Segura, et du Vatican, il fut décidé d'inhumer sa dépouille dans la chapelle du Christ-Roi, au sein de la basilique Notre-Dame du Mont-Carmel couronnée, à Jerez.

    Le procès canonique d'Antonio est en cours afin de l'élever à la gloire des autels. L'espoir est que beaucoup, y compris en Italie, découvrent son histoire et sa figure, hâtant ainsi le jour où il pourra être vénéré comme bienheureux, puis comme saint. Antonio Molle Lazo fut un martyr du Christ Roi. Un martyr de la royauté sociale du Christ. Un jeune homme, un laïc, un simple croyant qui ne confina pas sa foi à la sphère privée, mais la défendit et la répandit même au sein de son propre entourage, dans un contexte hostile, violent et persécuteur. Un modèle de catholicisme que beaucoup considèrent aujourd'hui comme dépassé. Et, précisément pour cette raison, un modèle dont nous avons un besoin urgent.

  • Le développement de la formation sacerdotale dans un petit diocèse américain

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    D'InfoVaticana :

    De sept séminaristes à un nouveau séminaire : le développement de la formation sacerdotale dans un petit diocèse américain

    De sept séminaristes à un nouveau séminaire : le développement de la formation sacerdotale dans un petit diocèse américain
    Photo : Diocèse de Wichita, Kansas (États-Unis)

    Selon le diocèse, le nouveau séminaire permettra la reconnaissance canonique et la consolidation du travail de formation sacerdotale que Wichita mène depuis des années. Le père Chad Arnold, actuel directeur de la Maison de formation Saint-Joseph et responsable des séminaristes diocésains, continuera de diriger le séminaire et assumera officiellement la fonction de recteur.

    « C’est très enthousiasmant de franchir cette étape, car elle reconnaît officiellement le travail acharné de notre diocèse », explique Arnold. Dans les faits, une grande partie du travail se poursuivra comme auparavant, mais le prêtre estime que cette transformation confirme les fruits obtenus au cours de ces années : « C’est la preuve que le Seigneur a agi et nous a montré de nombreux bons fruits. »

    De sept jeunes à un programme complet de quatre ans

    La Maison de formation Saint-Joseph a ouvert ses portes en août 2017 sous la direction du père Mike Simone, avec Arnold comme premier directeur adjoint. Durant cette première année, sept jeunes hommes y ont résidé, et le diocèse avait initialement prévu un programme de deux ans.

    Les séminaristes ont effectué leurs quatre premiers semestres d'études universitaires à l'Université Newman, une université catholique de Wichita, avant de poursuivre leur formation dans un autre séminaire. Cependant, les résultats obtenus ont rapidement conduit le diocèse à reconsidérer le projet.

    « Après cette première année, nous sommes passés à un programme de quatre ans car nous constations clairement les bons résultats et l’œuvre du Saint-Esprit », se souvient Arnold. C’est alors qu’il a commencé à envisager que cette maison de formation puisse un jour devenir un séminaire.

    L’évêque Carl A. Kemme de Wichita a expliqué que le nombre croissant de candidats et la collaboration avec l’université Newman ont permis de proposer le programme universitaire complet de quatre ans. Par la suite, une année préparatoire a été ajoutée, conçue comme une introduction à la vie au séminaire pour ceux qui avaient déjà terminé leurs études universitaires.

    Le diocèse a toutefois choisi de ne pas intégrer la phase ultérieure de pré-théologie, qui continuera d'être dispensée dans les grands séminaires, afin de ne pas surcharger les installations ou les ressources humaines disponibles à Wichita.

    Un diocèse qui compte le plus grand nombre de vocations sacerdotales aux États-Unis

    La transformation de la Maison de formation Saint-Joseph s'inscrit dans un contexte vocationnel particulièrement favorable. Un rapport national publié en janvier 2025 par Vocation Ministry classe Wichita en tête des diocèses américains pour deux indicateurs liés aux vocations sacerdotales.

    Concernant le taux de remplacement des prêtres, qui compare le nombre de séminaristes au nombre de prêtres à remplacer par de nouvelles ordinations, Wichita a atteint 195 %. Un résultat de 100 % signifie qu'un diocèse dispose d'un nombre suffisant de séminaristes pour assurer le remplacement de son effectif sacerdotal. Le deuxième diocèse américain le plus performant pour cet indicateur est Nashville, avec 111 %, suivi de Lincoln, avec 107 %.

    Un deuxième indicateur, qui analyse le même phénomène en tenant compte de la décennie précédente, place à nouveau Wichita en première position, cette fois avec 255 %. Nashville atteint 170 % et Springfield, dans l'État de l'Illinois, 160 %.

    L'étude a classé Wichita parmi les diocèses américains desservant une population catholique de 100 000 à 300 000 fidèles. Cependant, ses résultats ont non seulement surpassé ceux de tous les autres diocèses du pays, mais se sont avérés supérieurs.

    L'évêque Kemme a établi un lien entre la forte tradition vocationnelle de Wichita et divers aspects de la vie diocésaine, notamment l'adoration eucharistique, les écoles catholiques, la fréquentation des messes, la présence de jeunes prêtres et des initiatives spécifiques de promotion des vocations. L'évêque a particulièrement insisté sur l'adoration eucharistique, soulignant que de nombreux jeunes hommes lui avaient confié avoir ressenti un appel à la prêtrise lors de ces moments.

    Plus de 40 séminaristes l'année prochaine

    Ce contexte se reflète également dans la taille de l'établissement qui deviendra un séminaire. Mgr Kemme estime qu'il y aura 42 ou 43 jeunes hommes à Saint-Philippe-Néri l'année prochaine, même si tous ne sont pas originaires de Wichita.

    Le nouveau séminaire sera principalement destiné aux candidats à la prêtrise de ce diocèse, mais il accueille actuellement également des séminaristes de Salina et de Dodge City, les deux autres diocèses situés entièrement ou partiellement dans l'ouest et le centre du Kansas.

    Kemme n'a cependant pas l'intention de faire de San Felipe Neri une grande institution ni de recruter activement des candidats d'autres régions du pays.

    « Je ne souhaite pas que le séminaire San Felipe Neri devienne trop grand », a-t-il expliqué. Son intention est de maintenir une taille permettant un développement adéquat de la formation au séminaire, tout en préservant l’accompagnement individualisé et en évitant que les jeunes hommes ne soient traités « comme des numéros plutôt que comme des personnes ».

    L'évêque estime que l'institution a actuellement trouvé un juste équilibre entre ces deux besoins.

    La collaboration avec l'Université Newman

    La formation académique continuera d'être développée en collaboration avec l'Université Newman, une relation qu'Arnold considère comme fondamentale pour expliquer la croissance de la Maison de formation de San José.

    « La collaboration avec Newman a été formidable », déclare le prêtre, qui souligne tout particulièrement le travail des départements de théologie, de philosophie et de langues.

    « Newman enrichit l'éducation de nos hommes, et je crois que nos hommes enrichissent la communauté de Newman et l'identité catholique », ajoute-t-il.

    La construction du séminaire n'entraînera donc ni déménagement ni bouleversement du quotidien. Les séminaristes resteront dans les mêmes bâtiments, avec la même équipe pédagogique, et continueront de suivre le modèle mis en place ces dernières années.

    La transition de la maison de formation au séminaire

    La principale différence sera d'ordre canonique et institutionnel. Mgr Kemme explique que ce nouveau statut conférera à l'institution une reconnaissance ecclésiale qui s'étendra au-delà du diocèse et permettra une identification plus claire du travail déjà accompli à Wichita.

    Selon l'évêque, il existe un peu plus d'une vingtaine de séminaires universitaires aux États-Unis, dont beaucoup sont historiquement liés à de grands archidiocèses. Les diocèses plus petits envoient généralement leurs candidats dans des institutions situées hors de leur territoire.

    « Il est presque inouï que Wichita figure parmi un tel nombre », a fait remarquer Kemme.

    Ce nouveau statut permettra également à l'institution d'être reconnue par le Saint-Siège auprès du Dicastère pour la Culture et l'Éducation et du Dicastère pour le Clergé, ainsi que par les autres évêques et séminaires du pays.

    Pour Arnold, ce nom permettrait aussi de résoudre un problème pratique : en dehors de Wichita, la notion de « maison de formation » et la nature de la préparation dispensée aux candidats à la prêtrise n’étaient pas toujours bien comprises. Le mot « séminaire », en revanche, désigne immédiatement la vocation de l’institution.

    Le père Chad Arnold sera le premier recteur

    Cette transformation officialisera également les responsabilités d'Arnold. Avec la création de San Felipe Neri, il cessera d'être directeur de la maison de formation et deviendra recteur du séminaire.

    L’évêque Kemme a expliqué que la formation des prêtres dans son diocèse relève de la responsabilité première de l’évêque, mais qu’il délègue cette tâche au recteur. Ce nouveau poste impliquera également des obligations canoniques spécifiques : Arnold fera publiquement sa profession de foi et prêtera serment de fidélité à l’Église.

    « C’est l’homme de la situation. Il l’a prouvé », a déclaré Kemme, qui a souligné la confiance que lui accordent les prêtres et les séminaristes.

    Pour Arnold, nombre de ses responsabilités resteront inchangées. La différence résidera dans une plus grande clarté, une plus grande précision et une reconnaissance officielle de la mission qu'il accomplit déjà.

    Saint Philippe Néri, saint patron du nouveau séminaire

    Le nom du séminaire a été choisi à l'issue d'un processus impliquant l'évêque, les prêtres et les séminaristes. Kemme et Arnold avaient envisagé séparément le nom de saint Philippe Néri et ont constaté par la suite que ce nom figurait également parmi les plus fréquemment suggérés lorsqu'ils ont consulté le reste du diocèse.

    « Nous n’avions dit à personne que nous envisagions San Felipe Neri, mais ce nom nous a été recommandé de loin », raconte Arnold. « Nous avons perçu cela comme une confirmation. »

    Le diocèse souhaite mettre particulièrement en lumière la joie, l'humilité et le zèle évangélisateur du saint du XVIe siècle. Le séminaire adoptera pour devise l'expression italienne attribuée à saint Philippe Néri, « Siate umili, state bassi » , que l'on peut traduire par « Sois humble, reste petit ».

    Arnold a également associé le modèle sacerdotal que l'institution souhaite transmettre à une autre phrase attribuée au saint : « Le monde est votre paroisse, mais ma paroisse est mon monde. »

    « C’est vraiment ainsi que nous voulons que nos prêtres diocésains soient : la paroisse est le monde où nous vivons, aimons, servons et nous sacrifions », a-t-il expliqué.

    Neuf ans plus tard, un séminaire de son propre cru

    L'évêque Kemme érigera canoniquement le séminaire San Felipe Neri le 26 août en lisant le décret correspondant. La nouvelle institution débutera ainsi ses activités officielles, s'appuyant sur les fondements posés durant les neuf années de fonctionnement de la Maison de formation San José.

    L’évêque a demandé aux fidèles de prier pour le nouveau séminaire et de continuer d’encourager les jeunes hommes à envisager une vocation sacerdotale. Kemme indique qu’il rencontre régulièrement, dans le cadre de sa pastorale, des jeunes hommes qui lui confient son désir d’entrer au séminaire.

    Ainsi, le projet qui a débuté en 2017 avec sept jeunes et un programme de seulement deux ans atteindra sa dixième année en tant que séminaire, avec un programme universitaire complet, des candidats issus de trois diocèses et plus de 40 jeunes attendus pour la prochaine année universitaire.

    « Nous espérons en faire le meilleur séminaire universitaire du pays », a conclu Monseigneur Kemme.

  • "Chers jeunes : aujourd’hui, l’Europe et le monde entier cherchent en vous de nouveaux saints" (Léon XIV à Assise))

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    VISITE PASTORALE DU PAPE LÉON XIV
    À SANTA MARIA DEGLI ANGELI – ASSISE

    MESSE AVEC LES JEUNES PARTICIPANT AU « GO! FRANCISAN YOUTH MEETING 2026 »

    HOMÉLIE DU PAPE LÉON XIV

    Basilique papale Sainte-Marie-des-Anges à la Portiuncule (Assise)
    Transfiguration du Seigneur - Jeudi 6 août 2026

    _____________________________

    Chers frères et sœurs,

    très chers jeunes !

    La fête de la Transfiguration, que nous célébrons aujourd’hui, est un mystère de lumière qui nous aide à approfondir notre rencontre, si joyeuse, mais aussi pleine d’interrogations sur le présent et l’avenir. Nous trouvons dans le récit évangélique le contraste entre la lumière et l’ombre, le silence et les paroles, l’émerveillement et l’incompréhension. Nous sommes à Assise, une ville vers laquelle affluent depuis des siècles de nombreux pèlerins – nous aussi aujourd’hui – car ici, tout murmure que notre vie peut changer de forme, laisser jaillir la lumière, réparer le monde. C’est ici qu’a commencé la transfiguration de François, de Claire, puis de milliers d’autres jeunes : ils ont accueilli l’Évangile sine glossa – nous dirions : sans concession – et la vie de Jésus a recommencé en eux.

    Nous sommes ici pour comprendre où mène l’histoire et où nous allons nous-mêmes. Dans l’Évangile, nous voyons qu’il est possible de trouver un sens, d’entrevoir un chemin. Comme Pierre, Jacques et Jean, nous sommes un peu mis à l’écart et Jésus est avec nous. C’est cela qui compte : sa présence. Sur la montagne, les apôtres contemplent Jésus qui se tourne vers son propre avenir. Sur ce point, il y avait eu un malentendu entre eux. Six jours auparavant, Pierre avait reproché au Maître de parler ouvertement de la croix (cf. Mt 16, 21-26) : il s’attendait à la gloire pour le Messie, et peut-être aussi pour lui-même, sans tenir compte des résistances et des risques, mais surtout sans se demander ce qu’est la gloire. À présent, dans la Transfiguration de Jésus, c’est Dieu lui-même qui se révèle dans sa gloire, qui prend l’aspect d’une nuée qui protège et qui enveloppe. Il désigne le Fils, Il invite à l’écouter. C’est en le suivant ensemble que l’on découvre le chemin de la vie. Sa beauté revêt un aspect nouveau, une intensité sans précédent, à tel point que Pierre voudrait arrêter le temps et prolonger cette vision. Généreusement, il propose de construire trois tentes, afin que se poursuive la conversation entre Jésus, Moïse et Élie. Or, c’est dans cette conversation qu’il faut entrer. On ne peut pas se contenter d’en être de simples spectateurs. Nous sommes en effet appelés à lire les Écritures avec le Maître, à interpréter notre époque et à prendre des décisions, en suivant son chemin. Nous sommes ici pour vaincre la résignation et la peur, pour dissiper les doutes qui nous retiennent, nous aussi, comme ils retenaient les apôtres. Jésus nous appelle à dialoguer avec son histoire, pour écrire de nouvelles pages d’histoire.

    Alors que nous entendons dire que « son visage resplendit comme le soleil et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière » (Mt 17, 2), nous pensons au matin de Pâques, lorsqu’un ange du Seigneur roula la pierre qui fermait le sépulcre et annonça la résurrection. « Son aspect était comme un éclair et son vêtement blanc comme la neige » (Mt 28, 3). C’est la lumière d’un nouveau jour, vers lequel nous sommes tournés, alors qu’autour de nous, et parfois en nous, règnent encore les ténèbres. Nous en voyons l’aurore dans les saints canonisés, comme saint François et sainte Claire, et dans une myriade de frères et sœurs qui répondent au mal par le bien. Nous ne sommes pas seuls ! Ces derniers jours, vous en avez fait l’expérience : vous vous êtes rencontrés et écoutés, passant du brouhaha des voix qui se superposent et s’opposent à l’art de la conversation. Aujourd’hui, nous contemplons Jésus qui est transfiguré précisément dans la conversation avec le Père, avec ceux qui l’ont précédé, Moïse et Élie, et avec ses contemporains, les disciples.

    L’Église existe pour nous entraîner dans cette dynamique d’écoute et de décision, où l’on comprend pour qui vivre et comment vivre. C’est la communauté où l’on apprend à discerner la voix de Dieu, qui ne coïncide jamais simplement avec nos opinions, et à oser cette obéissance à l’Esprit Saint qui a rendu audacieux et créatifs tous ceux qui ont accepté de suivre Jésus : nous nous défigurons en nous séparant de Lui et des autres ; nous nous transfigurons, au contraire, dans les liens qui nourrissent et appellent à la vie. La spiritualité franciscaine, dans laquelle vous avez été formés, est l’une des plus soucieuses de restaurer les relations fondamentales avec Dieu et avec toutes ses créatures : une harmonie à préserver et à cultiver, aujourd’hui plus que jamais.

    En ce sens, au début de ma première Encyclique, j’ai écrit que « chaque génération reçoit en héritage la tâche de façonner son époque : faire mûrir l’histoire comme un lieu où la dignité de toute personne est préservée, la justice promue et la fraternité rendue possible. Mais sur chaque époque pèse le risque de construire un monde inhumain et plus injuste. Là où l’humanité court le danger de perdre son visage, nous, chrétiens, nous levons les yeux vers le Dieu qui s’est fait chair, sachant que “le mystère de l’homme ne s’éclaire vraiment que dans le mystère du Verbe incarné”. Cette magnifique humanité devient en Jésus-Christ le Chemin, la Vérité et la Vie, ouvrant à chacun de nous la voie vers la plénitude » (Magnifica humanitas, n. 1).

    Chers amis, la raison pour laquelle saint François, huit cents ans après sa mort, continue de nous attirer réside dans la magnifique humanité qui l’a conduit à abandonner les voies déjà tracées, afin d’en ouvrir une nouvelle, plus conforme au chemin de Jésus. Même dans une ville, chrétienne depuis des siècles comme Assise, cela a semblé révolutionnaire. « Le choix de Claire fut encore plus impressionnant: une jeune fille qui voulait être comme François, qui voulait vivre, en femme, libre comme ces frères ! » (Audience jubilaire, 4 octobre 2025). C’est là l’énergie du christianisme, celle de ses débuts et de ses multiples renouveaux.

    Eh bien, chers jeunes : aujourd’hui, l’Europe et le monde entier cherchent en vous de nouveaux saints : osez croire en la parole de l’Évangile, devenez des êtres humains dotés de la liberté de Jésus-Christ, embrassez la sœur pauvreté ! Le titre de votre rencontre – Go! – est une mission, un envoi sur des chemins dont nous n’avons pas de carte, car ils s’ouvrent en écoutant le cœur, en obéissant à l’Esprit, en suivant le Ressuscité là où il a voulu nous précéder. Go! Allez ! Ou mieux encore : allons-y ! Let’s go ! Aux marges, là où l’injustice et l’arrogance de quelques-uns bafouent la dignité et les rêves de beaucoup, de trop nombreux fils et filles de Dieu. Le Pape François, s’inspirant du Poverello d’Assise, nous a mis en garde contre la tentation « d’être des chrétiens qui se maintiennent à une prudente distance des plaies du Seigneur. Pourtant, Jésus veut que nous touchions la misère humaine, la chair souffrante des autres. Il attend que nous renoncions à chercher ces abris personnels ou communautaires qui nous permettent de nous garder distants du cœur des drames humains » (François, Evangelii gaudium, n. 270).

    Il est possible de ne pas être compris, même par ses proches, comme ce fut le cas pour saint François. Pourtant, se soustraire à la culture du pouvoir et abattre les murs qui séparent les êtres humains les uns des autres, ce n’est jamais trahir la famille, la cité, la tradition, mais les libérer de leurs fantasmes, des ennemis inventés par la peur et l’ignorance, de la violence avec laquelle on voudrait imposer son petit ordre à une réalité qui nous dépasse de toutes parts. Faire confiance à Dieu, c’est retrouver, comme François et Claire, un monde de frères et de sœurs à apprécier et à servir, et non à exploiter et à dominer. Non pas un monde à défendre, mais à embrasser.

    Consacrez-vous, chers jeunes, à la civilisation de l’amour, dont vous avez découvert les prémices dans de nombreux exemples de gratuité, et qui transfigure – à l’image du Christ – d’innombrables artisans de paix qui, aujourd’hui encore, s’engagent au service de la vie dans les contextes les plus tragiques de la mort. Unissez les meilleures énergies de votre magnifique humanité – les études, les compétences, le travail, les amitiés, l’amour, la prière – en concrétisant de différentes manières la vision de François. J’imagine que vous avez à cœur la prière qui lui est souvent attribuée, un texte du siècle dernier :

    Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix :
    là où règne la haine, que j’apporte l’amour,
    là où règne l’offense, que j’apporte le pardon,
    là où règne la discorde, que j’apporte l’union,
    là où règne l’erreur, que j’apporte la vérité,
    là où règne le doute, que j’apporte la foi,
    là où règne le désespoir, que j’apporte l’espoir,
    là où règnent les ténèbres, que j’apporte la lumière,
    là où règne la tristesse, que j’apporte la joie.

    Voilà « où » aller ! Va ! Mais voici surtout « comment » y aller :

    Seigneur, fais que je ne cherche pas tant
    à être consolé qu’à consoler,
    à être compris qu’à comprendre,
    à être aimé qu’à aimer
    Car c’est en donnant que l’on reçoit,
    c’est en s’oubliant soi-même que l’on se retrouve,
    c’est en pardonnant que l’on est pardonné,
    c’est en mourant que l’on ressuscite à la vie éternelle.

    Chers amis, puissent ces journées passées à Assise rester gravées dans votre mémoire et que votre retour chez vous, dans les différents pays d’Europe où vous vous rendrez, soit à l’image de la descente de Pierre, Jacques et Jean depuis la haute montagne de la Transfiguration. Un retour méditatif, ouvert sur l’avenir, engagé aux côtés de Jésus-Christ. Lui vous fait confiance, compte sur vous, reste toujours avec vous.

  • Pourquoi le catholicisme continue-t-il de progresser aux États-Unis ?

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    De kath.net/news :

    Pourquoi le catholicisme continue-t-il de progresser aux États-Unis ?

    24 juillet 2026

    Avec environ 60 millions de fidèles, les catholiques restent la plus grande confession chrétienne aux États-Unis.

    Alors que l'Église catholique en Allemagne et dans de nombreux autres pays européens subit depuis des années une forte baisse du nombre de ses fidèles, elle demeure remarquablement stable outre-Atlantique. Si environ 300 000 personnes quittent l'Église en Allemagne chaque année, l'Église catholique aux États-Unis ne connaît pas de déclin comparable, malgré les scandales d'abus sexuels qui ont également ébranlé la vie de l'Église dans ce pays. C'est ce que rapporte le journaliste américain Erik Kirschbaum dans un article du quotidien « Die Welt ». Avec près de 60 millions de membres, les catholiques restent la plus importante confession chrétienne aux États-Unis.

    L'une des principales raisons de cette résilience réside dans l'important flux migratoire en provenance d'Amérique latine. L'Église américaine connaît une transformation notable : traditionnellement marquée par les immigrants irlandais, italiens, allemands et polonais, elle s'hispanise de plus en plus.

    D'après les données du Pew Research Center, 36 % des catholiques adultes américains sont aujourd'hui hispaniques, contre 29 % en 2007. Des millions d'immigrants originaires de pays comme le Mexique, le Guatemala, le Salvador et la Colombie insufflent une nouvelle vie aux paroisses. Quiconque assiste à la messe aujourd'hui dans des métropoles comme Los Angeles, Houston ou Miami découvre une Église nettement plus jeune, plus dynamique et plus internationale, où l'espagnol est de plus en plus parlé.

    Les jeunes adultes sont en quête de repères et de tradition.

    Outre les évolutions démographiques, un autre phénomène remarquable se dessine : notamment dans les grandes villes comme New York, un nombre croissant de jeunes adultes rejoignent consciemment l’Église catholique. Ceux qui recherchent la spiritualité y trouvent un accompagnement personnel et un soutien fiable, et sont attirés par les rituels séculaires et la beauté de la liturgie catholique.

  • La France devient le premier pays européen à interdire les réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans.

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    De Solène Tadié pour EWTN News via le CWR :

    La France devient le premier pays européen à interdire les réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans.

    Le Parlement français a adopté définitivement le 21 juillet une loi interdisant aux enfants de moins de 15 ans d'accéder aux réseaux sociaux, faisant de la France le premier pays d'Europe à inscrire une telle restriction dans sa législation nationale.

    Cette mesure est l'aboutissement d'une campagne menée par le président Emmanuel Macron depuis 2017, au cours de laquelle il a dénoncé l'anonymat sur les réseaux sociaux comme une porte ouverte aux abus en ligne.

    La loi, présentée comme une mesure de protection de l'enfance contre tous les risques associés à l'utilisation des médias sociaux, de la dépendance au harcèlement et aux abus, a également ravivé les inquiétudes concernant le renforcement du contrôle gouvernemental sur les internautes, car les exigences de vérification de l'âge — destinées à cibler les mineurs — impliquent des contrôles d'identité pour tous.

    « La France fait figure de pionnière en Europe en devenant le premier pays à instaurer un “âge numérique de la majorité” afin de mieux protéger nos enfants en ligne », a déclaré Anne Le Hénanff, ministre déléguée à la souveraineté numérique, à l’issue du vote.

    Le Sénat a adopté le projet de loi de compromis par un vote de 243 contre 2, et l'Assemblée nationale a fait de même quelques heures plus tard, ouvrant la voie à la signature du texte par Macron, sous réserve de l'examen du Conseil constitutionnel.

    La principale disposition du projet de loi interdit aux mineurs de moins de 15 ans d'accéder à « un service de réseau social en ligne ». Les principales plateformes telles que Facebook, Instagram, TikTok et Snapchat devraient être concernées par cette interdiction, même si les législateurs n'ont pas défini la portée exacte de celle-ci.

    Wikipédia et les autres encyclopédies en ligne, ainsi que les logiciels libres et les plateformes éducatives, sont expressément exemptés. Il incombe aux plateformes elles-mêmes de vérifier l'âge des utilisateurs ; elles doivent proposer au moins deux méthodes de vérification différentes.

    L’application de ces mesures se déroulera en deux étapes. Les nouveaux comptes feront l’objet d’un contrôle d’âge à compter du 1er septembre, tandis que les comptes existants appartenant à des mineurs de moins de 15 ans auront jusqu’au 1er janvier 2027 pour être suspendus.

    La loi étend également l'interdiction des smartphones déjà en vigueur dans les collèges français aux lycées à partir de la rentrée scolaire 2026.

    La décision de la France fait d'elle le premier État membre de l'UE à instaurer un âge minimum général pour les réseaux sociaux, même si elle suit l'Australie, qui a imposé un âge minimum de 16 ans en décembre 2025.

    Selon des responsables, une coalition d'une quinzaine de pays européens serait intéressée par l'adoption d'une norme similaire. Jean-Yves Le Hénanff a confirmé que la Grèce était prête à transposer le modèle français, et que l'Espagne devrait suivre cet automne.

    La Commission européenne développe par ailleurs son propre outil de vérification de l'âge à l'échelle de l'UE, qui devrait être mis à la disposition des États membres d'ici la fin de l'année.

    Selon le modèle adopté par la France – fondé sur le principe du « double anonymat » inscrit dans le règlement européen sur les services numériques, principal texte législatif de l'UE encadrant les plateformes en ligne – un tiers de confiance vérifie l'âge de l'utilisateur à partir d'une pièce d'identité ou d'une carte bancaire et délivre un jeton anonyme confirmant uniquement si l'utilisateur a plus ou moins de 15 ans, sans révéler son identité ni la plateforme ayant effectué la vérification. Jean-Yves Hénanff présente ce système comme un moyen d'éviter la collecte de données par les plateformes elles-mêmes. Cependant, les critiques estiment que sa mise en œuvre est bien moins sûre que ne le laissent entendre les autorités.

    La crainte sous-jacente est que cette mesure de protection de l'enfance puisse se transformer en un mécanisme plus large de vérification et de suivi de l'identité des internautes en général. Les opposants à la loi affirment que les modalités de vérification de l'âge restent largement floues à peine un mois avant son entrée en vigueur.

    Ils soulignent également les récents cas de violations massives de données personnelles au sein des agences gouvernementales comme motif de prudence quant à la centralisation des données de vérification de l'âge ou de l'identité.

    La Quadrature du Net, principale organisation française de défense des droits numériques, et le Conseil national du numérique, organe consultatif officiel du gouvernement, ont tous deux averti que la loi équivalait à ce qu'ils ont qualifié de « surveillance généralisée déguisée en protection de l'enfance ».

    Le Centre européen pour le droit et la justice soutient dans le même esprit que la France et la Commission européenne militent chacune de leur côté pour généraliser les contrôles d'identité dans toute l'UE sous couvert de politique de sécurité en ligne.

    Plusieurs organisations de défense des droits numériques prépareraient des recours distincts devant le Conseil d'État français et la Cour de justice de l'Union européenne, arguant que la loi viole les principes de liberté d'expression et de proportionnalité.

    Pour l'instant, tous les regards sont tournés vers l'Australie, le seul pays ayant déjà mis en place une interdiction comparable.

    Une première analyse des données d'une enquête menée auprès d'environ 400 jeunes utilisateurs des médias sociaux, publiée dans le BMJ le 24 juin, a révélé peu de preuves que la loi australienne sur l'âge minimum d'utilisation des médias sociaux ait entraîné une baisse significative de l'utilisation des médias sociaux chez les adolescents au cours de ses trois premiers mois d'application – bien que les chercheurs aient souligné que les effets législatifs peuvent prendre du temps à apparaître et aient appelé à une évaluation à plus long terme.

    Une analyse complémentaire a révélé qu'environ 85 % des Australiens âgés de 12 à 15 ans utilisaient encore des plateformes restreintes, les solutions de contournement les plus courantes étant les faux comptes et les navigateurs privés.

  • Il y a eu 3 prêtres ordonnés (+ 1) en Belgique en 2026

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    Plusieurs ordinations sacerdotales (presbytérales) ont eu lieu en Belgique en 2026. Voici un aperçu basé sur les informations disponibles au 14 juillet 2026 :

    Diocèse de Namur

    Diocèse d’Anvers (Antwerpen)

    Diocèse de Tournai

    Autres mentions

    • Dans le diocèse de Liège, il y a eu une ordination (par la Fraternité Saint-Pie X) d’un Liégeois, l’abbé Vincent Richter, le 29 juin 2026 (réaction de Mgr Delville).
    • Pour Gand, Bruges et Hasselt (diocèse de Hasselt/Limbourg), on ne trouve pas d’ordinations sacerdotales relayées en 2026 dans les sources consultées, mais des ordinations diaconales ou d’autres événements pastoraux ont pu avoir lieu.

    2026 n’est pas une année exceptionnelle ni en hausse, que du contraire. Le nombre est au plus bas, typique de la situation structurelle des vocations en Belgique.

  • Sainte Maria Goretti (6 juillet)

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    Sainte Maria Goretti, « martyre de la Pureté » (1890-1902) (source)

    Maria naît dans le petit village de Corinaldo, le 16 octobre 1890, l’aînée d'une famille de six enfants. En 1899, son père, cultivateur pauvre, déménagea dans une ferme au bord de la Méditerranée, près de Nettuno. Il mourut peu de temps après, laissant six enfants à nourrir. Assunta, son épouse, décida de continuer la rude tâche à peine commencée et confia la garde des petits à Marietta, âgée alors que de neuf ans.

    La petite fille d'une maturité précoce devint très vite une parfaite ménagère. Le jour de la Fête-Dieu, elle Communia pour la première fois avec une ferveur angélique. Elle s'appliquait avec délices à la récitation quotidienne du chapelet. Maria Goretti ne put apprendre à lire, car la pauvreté et l'éloignement du village l'empêchèrent de fréquenter l'école. La pieuse enfant ne tint cependant aucun compte des difficultés et des distances à parcourir lorsqu'il s'agissait de recevoir Jésus dans le Saint Sacrement. « Je puis à peine attendre le moment où demain j'irai à la Communion », dit-elle l'après-midi même où elle allait sceller de son sang sa fidélité à l'Époux des vierges.

    Les Serenelli, proches voisins de la famille Goretti, étaient des gens serviables et honnêtes, mais leur fils Alessandro se laissait entraîner par des camarades corrompus et des lectures pernicieuses. Il venait aider la famille Goretti pour des travaux agricoles trop pénibles. Maria l'accueillait, reconnaissante, trop pure pour se méfier. Ce jeune homme ne tarda pas à lui tenir des propos abjects, en lui défendant de les répéter. Sans bien comprendre le péril qui la menaçait et craignant d'être en faute, Maria avoua tout à sa mère. Avertie d'un danger qu'elle ignorait, elle promit de ne jamais céder. Alessandro Serenelli devenait de plus en plus pressant, mais prudente, l'adolescente s'esquivait le plus possible de sa présence. Furieux de cette sourde résistance, le jeune homme guettait le départ de la mère pour pouvoir réaliser ses desseins pervers.

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