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  • Léon XIV à Paris : une parole catholique qui ne s’excuse pas d’être catholique

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    Léon XIV à Paris : une parole catholique qui ne s’excuse pas d’être catholique

    Il y avait quelque chose d’assez inhabituel dans les paroles de Léon XIV à Paris : le pape n’a pas semblé éprouver le besoin de demander pardon au monde d’être catholique.

    Pas de christianisme réduit à quelques bons sentiments. Pas de foi transformée en simple supplément d’âme humanitaire. Pas de dilution du message chrétien dans le vocabulaire convenu du moment. Léon XIV a parlé au monde contemporain, mais il ne lui a pas abandonné, pour autant, les catégories propres de la foi catholique.

    C’est une distinction essentielle : dialoguer avec son époque ne signifie pas nécessairement lui donner raison sur tout. Écouter les interrogations du monde ne signifie pas que l’Église doive renoncer à ses propres réponses.

    Et c’est sans doute ce qui frappe le plus dans les paroles prononcées à Paris : sur plusieurs sujets décisifs — la vie humaine, la bioéthique, le droit international, la laïcité, l’éducation et la foi — Léon XIV a réaffirmé une vision de l’homme qui ne se confond pas avec les catégories dominantes de la culture contemporaine.

    La vie humaine : un droit qui précède tous les autres

    C’est probablement sur la question de la vie que le contraste apparaît avec le plus de netteté.

    Devant les autorités françaises, Léon XIV a déclaré que « la protection du droit à la vie constitue le fondement incontournable de tout autre droit humain ». Il a également appelé à « accueillir la vie sans condition », à « soutenir la fragilité avec tendresse » et à défendre « ceux qui n’ont pas de voix ».

    La formule est capitale. Le pape ne place pas la vie parmi une liste de droits concurrents : il la présente comme le fondement des autres droits.

    Il faut être précis : dans ce discours, Léon XIV ne prononce pas explicitement le mot « avortement ». Mais le principe qu’il pose est sans ambiguïté : la vie humaine doit être accueillie et protégée sans condition.

    Cette affirmation entre nécessairement en tension avec l’évolution récente du droit français. Depuis mars 2024, la Constitution garantit à la femme une liberté de recourir à l’interruption volontaire de grossesse.

    Il ne s’agit pas de prétendre que ces deux formulations répondent exactement à la même question juridique. Mais elles révèlent deux points de départ anthropologiques différents.

    D'un côté, la liberté de recourir à l'IVG est constitutionnellement garantie ; de l'autre, le pape rappelle que le droit à la vie constitue le fondement même de tous les autres droits.

    Derrière la controverse juridique se trouve donc une question beaucoup plus profonde : qu'est-ce qui doit être placé au premier plan lorsque la liberté d'une personne entre en tension avec la vie d'un autre être humain ?

    Léon XIV, lui, ne contourne pas la question.

    L’aide à mourir : quand la mort devient une réponse sociale

    Le contraste est encore plus direct concernant la fin de vie.

    La France a désormais institué un droit à l'aide à mourir dans certaines circonstances. Le dispositif permet, sous des conditions précises, le recours à une substance létale.

    Or, devant les autorités françaises, Léon XIV a dénoncé « l'offre d'une mort programmée ».

    La formule est particulièrement forte, précisément parce qu'elle intervient dans un pays qui vient de franchir une nouvelle étape législative sur cette question.

    Le pape pose ici une limite fondamentale : la souffrance humaine ne saurait transformer la mort provoquée en solution médicale ordinaire.

    Il ne s'agit pas simplement d'une divergence sur les garanties entourant l'aide à mourir. C'est une différence concernant la signification même du soin.

    La logique catholique consiste à accompagner la personne souffrante, à soulager sa douleur, à entourer sa fragilité et à ne jamais considérer que la dépendance ou la souffrance lui fait perdre sa dignité.

    Léon XIV parle précisément de « soutenir la fragilité avec tendresse ».

    La formule mérite d'être méditée dans une société où l'autonomie est devenue une valeur centrale. Car que devient la dignité lorsque l'homme n'est plus autonome ? Que vaut une vie lorsqu'elle est devenue entièrement dépendante des autres ?

    La réponse chrétienne est radicale : elle vaut toujours autant.

    La personne âgée, malade, handicapée ou mourante ne possède pas une dignité diminuée. Elle possède la même dignité humaine que lorsqu'elle était jeune, forte, autonome et productive.

    L’homme n’est pas une matière disponible

    Léon XIV élargit d'ailleurs son propos à d'autres questions bioéthiques : il évoque notamment « les manipulations génétiques, la gestation pour autrui, l'achat d'organes », auxquels il associe « l'offre d'une mort programmée ».

    Ce rapprochement révèle la cohérence de sa pensée.

    Dans tous ces domaines apparaît la même question : l'être humain peut-il devenir un objet disponible entre les mains de la technique, du marché ou de la volonté individuelle ?

    Ce qui est techniquement possible n'est pas nécessairement humainement souhaitable.

    La science donne à l'homme des possibilités extraordinaires. Mais elle ne lui fournit pas, à elle seule, le critère permettant de déterminer ce qu'il doit faire de ces possibilités.

    C'est précisément pourquoi Léon XIV rappelle la nécessité d'une conscience morale capable de discerner le bien.

    La liberté n’est pas l’unique mesure du bien

    On retrouve ici l'un des points fondamentaux du message pontifical.

    La culture contemporaine tend souvent à penser la dignité humaine à partir de l'autonomie : je suis libre, donc je dois pouvoir décider.

    Le christianisme part d'un autre principe : je suis une personne, donc ma dignité ne dépend pas de ma capacité à décider, à produire, à être autonome ou à exercer un contrôle sur ma propre existence.

    Cette différence explique une grande partie des tensions actuelles sur l'avortement, l'euthanasie, la procréation ou les manipulations génétiques.

    À Paris, Léon XIV n'a donc pas livré une simple critique circonstancielle de telle ou telle loi française. Il a placé devant la France une question beaucoup plus fondamentale :

    Jusqu'où une société peut-elle étendre le domaine de la liberté individuelle lorsqu'est en jeu la vie d'un autre être humain — l'enfant à naître — ou la vie de celui qui, devenu vulnérable, demande qu'on mette fin à ses souffrances ?

    Face à une culture qui tend à définir certains choix en termes de droits — droit à l'IVG, droit à l'aide à mourir — le pape rappelle un principe antérieur à ces droits : la vie humaine elle-même mérite protection, indépendamment de sa force, de son autonomie ou de son utilité.

    La laïcité n’est pas l’effacement du religieux

    Autre sujet particulièrement sensible en France : la laïcité.

    Léon XIV n'a évidemment pas réclamé un retour à une quelconque confusion entre l'Église et l'État. Mais il a rappelé devant les autorités françaises les « riches racines chrétiennes » de la France et la contribution du christianisme à son histoire intellectuelle, culturelle et spirituelle.

    Ce rappel est loin d'être anodin.

    La laïcité peut être comprise comme la neutralité de l'État à l'égard des religions et comme la garantie de la liberté de conscience. Elle ne devrait pas nécessairement signifier que les convictions religieuses doivent disparaître de l'espace public.

    La neutralité de l'État n'exige pas la neutralisation des croyants.

    Les catholiques sont des citoyens comme les autres. Ils ont donc le droit de participer au débat public à partir de leur foi, de leur conception de la personne humaine et de leur vision du bien commun.

    Léon XIV semble ainsi rappeler une distinction devenue essentielle : respecter la laïcité ne signifie pas renoncer à la vérité ; respecter la liberté de conscience ne signifie pas renoncer à annoncer l'Évangile.

    Une autre conception de l’éducation

    À l'UNESCO, le pape a prolongé cette réflexion sur le terrain de l'éducation.

    Face aux promesses de l'intelligence artificielle et du progrès technologique, il a rappelé que la machine peut établir des corrélations mais qu'elle ne peut répondre aux questions fondamentales concernant « le sens de la vie humaine ».

    Et cette formule particulièrement heureuse : « Le sens est l'oxygène de l'esprit. »

    Éduquer ne consiste donc pas seulement à transmettre des compétences, à préparer à un métier ou à apprendre à maîtriser les nouvelles technologies.

    Éduquer, c'est aussi apprendre à rechercher la vérité, à discerner le bien et à donner un sens à son existence.

    Léon XIV va jusqu'à affirmer que « la recherche de la vérité » est une question de « justice sociale ».

    Dans une époque où la vérité est souvent réduite à une opinion personnelle, cette affirmation n'est pas secondaire.

    Et surtout : annoncer le Christ

    Mais toutes ces questions — la vie, la dignité, la liberté, l'éducation, la paix, la société — ne constituent finalement que les conséquences d'une affirmation plus fondamentale.

    L'Église est là pour annoncer le Christ.

    Au Stade de France, devant des dizaines de milliers de jeunes, Léon XIV n'a pas présenté le christianisme comme une simple tradition culturelle française ou comme une source de valeurs humanistes parmi d'autres. Il leur a parlé de Jésus-Christ, de l'Esprit Saint, du salut, de l'espérance et de la vie éternelle.

    C'est peut-être là le véritable fil conducteur de son séjour parisien.

    À l'Élysée : la dignité de l'homme et le droit à la vie.

    À l'UNESCO : la vérité et le sens de l'existence.

    À Notre-Dame : la foi et l'espérance chrétiennes.

    Au Stade de France : le Christ et la vie éternelle.

    Tout se tient.

    Léon XIV semble rappeler que l'Église n'a pas seulement une histoire à conserver, des œuvres sociales à accomplir ou un patrimoine à défendre. Elle a une foi à transmettre et un Évangile à annoncer.

    Et c'est peut-être précisément ce qui donne à ses paroles leur tonalité particulière.

    Il ne s'agit pas d'une Église qui chercherait à être « moderne » en épousant les catégories du moment. Il s'agit d'une Église qui accepte de dialoguer avec le monde sans devenir le miroir du monde.

    Écouter sans se soumettre.
    Dialoguer sans se diluer.
    Respecter la laïcité sans accepter l'effacement du religieux.
    Défendre la liberté sans oublier les devoirs envers les plus vulnérables.
    Accompagner la souffrance sans faire de la mort une solution.
    Accueillir la modernité sans faire de la technique le critère ultime du bien.
    Et surtout, parler au monde du Christ sans avoir honte de parler comme l'Église.

    À Paris, Léon XIV n'a donc pas simplement commenté l'évolution de la société française.

    Il lui a proposé une autre conception de l'homme.

    Et c'est probablement là que se trouve la portée la plus profonde de son message : dans une société qui proclame de nouveaux droits, le pape rappelle qu'il existe quelque chose qui les précède tous — la dignité inviolable de la personne humaine et, avec elle, le droit à la vie.

    Une Église qui ne rougit pas de son message n'est pas nécessairement une Église fermée au monde.

    Elle peut être, au contraire, une Église qui a encore quelque chose à lui dire.

    (avec l'IA)

  • La veillée du pape avec les jeunes à Paris : un très beau moment

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    Oui, ce qui frappe dans cette veillée, au-delà de son ampleur exceptionnelle, c’est précisément la manière dont la joie et la profondeur spirituelle ont été articulées.

    Le Stade de France, rempli par quelque 80 000 jeunes de 17 à 35 ans, aurait pu devenir un immense spectacle. Il y eut effectivement des chants, des artistes et une atmosphère festive. Mais la soirée a progressivement conduit cette foule vers tout autre chose : la prière, le silence, la contemplation et la mémoire de la foi.

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    Une Église qui assume son histoire

    Un des éléments les plus significatifs est certainement la fresque consacrée aux saints de France : Thérèse de Lisieux, Charles de Foucauld, Louis et Zélie Martin, Frédéric Ozanam, Jean-Marie Vianney, Bernadette Soubirous, François de Sales, Vincent de Paul, Louise de Marillac, Jean-Baptiste de La Salle, Louis-Marie Grignion de Montfort, Bernard de Clairvaux et bien d'autres.

    Ce choix avait une portée particulière : il ne s'agissait pas de présenter aux jeunes une Église abstraite ou désincarnée, mais de leur montrer une histoire, une continuité, des visages et des vies offertes au Christ. Le diocèse de Paris avait d'ailleurs explicitement présenté cette évocation des saints comme une manière d'inscrire la jeunesse dans « une continuité du témoignage de la foi, de génération en génération ».

    Et la présence de la Sainte Tunique d'Argenteuil, suivie d'un véritable moment de silence et de recueillement dans le stade, a donné à cette soirée une dimension sacrée particulièrement forte.

    Puis le silence au milieu de 80 000 personnes

    C'est peut-être là le plus beau contraste : après les chants et l'enthousiasme, 80 000 jeunes ont été invités au silence et à la prière.

    Léon XIV ne leur a d'ailleurs pas proposé un message de circonstance. À partir de saint Paul, il les a invités à devenir des hommes et des femmes de Dieu et à avancer vers la sainteté. Il a résumé son exhortation autour de trois verbes : « évite, tends et combats » — éviter l'orgueil, la vanité, la violence et la cupidité ; tendre vers la justice, la foi, la charité, la patience et la douceur ; et mener le « combat de la foi », non contre les autres, mais contre ce qui éloigne de Dieu.

    La soirée s'est finalement achevée par les Complies, à 23 heures : ce détail est loin d'être anodin. Une foule immense réunie dans l'un des plus grands stades de France pour terminer non par un simple « show », mais par la prière liturgique de l'Église.

    Il y a donc effectivement quelque chose de très différent de certaines formes de célébrations où l'expression festive finit par prendre toute la place. Ici, la fête n'a pas remplacé le sacré : elle y a conduit.

    Et c'est peut-être le signe le plus intéressant de cette soirée : ces 80 000 jeunes n'ont manifestement pas eu besoin qu'on leur cache la dimension religieuse de leur rencontre. On leur a parlé de Dieu, du Christ, de l'Esprit Saint, de la sainteté, des saints, de la prière et de la vocation — et ils étaient là, nombreux.

    Ce n'est peut-être pas une Église qui cherche à paraître jeune ; c'est une Église qui parle aux jeunes de ce qui est au cœur de sa foi.

    De jeunes catholiques se joindront au pape Léon XIV au stade national de football, au nord de Paris, le 25 septembre 2026, pour prier et écouter son message pour l'Église. | Crédit : Vatican Media

    (Vatican Media)

    (avec l'IA)

  • Vocations : Dieu appelle aujourd’hui comme hier

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    De

    Dieu appelle aujourd’hui comme hier

    19 septembre 2026

    Depuis le début de son action, l’organisation Vocation Ministry a vu naître des vocations partout aux États-Unis, démontrant que Dieu continue d’appeler des personnes à œuvrer au sein de son Église, mais que la réponse individuelle nécessite souvent le soutien et la prière de toute la communauté.

    Rhonda Gruenewald est la fondatrice et présidente de Vocation Ministry, une organisation américaine sans but lucratif dont la mission est de promouvoir les vocations à travers les États-Unis, en collaborant étroitement avec les diocèses.

    Le travail de cette institution a débuté en 2011, et depuis lors, elle a constaté que la promotion des vocations est un effort de toute la communauté catholique qui porte de vrais fruits dès le début.

    Bien qu’elle accorde une attention particulière aux vocations sacerdotales, Vocation Ministry souhaite encourager les catholiques à découvrir leur vocation, quelle qu’elle soit, de la vie religieuse au mariage.

    Dans cet entretien, Rhonda Gruenewald évoque le travail de l’organisation, l’impact qu’elle a eu depuis ses débuts sur les vocations sacerdotales et l’importance de mobiliser toute l’Église dans cet effort.

    Quel besoin spécifique avez-vous identifié dans les paroisses et les diocèses qui vous a poussée à créer cette initiative ?

    Au début, je ne me rendais pas compte qu’il y avait un besoin. L’un de nos prêtres, fraîchement ordonné, le père Víctor Pérez, m’a demandé de l’aider à relancer un comité paroissial des vocations à l’église catholique Sainte-Cécile de Houston, au Texas. Lors de notre première réunion, il a déclaré : « C’est l’une des activités les plus importantes que nous puissions mener dans notre paroisse, et toutes les paroisses devraient le faire. » Ainsi, lorsque je suis rentré chez moi pour chercher des ressources afin de promouvoir les vocations, je n’ai trouvé que très peu de choses. À quoi cela était-il dû ? Je pensais que toutes les paroisses promouvaient les vocations, mais ce n’était pas le cas.

    Ce n’est que plus tard, après avoir écrit Hundredfold: A Guide to Parish Vocation Ministry (Cent pour un : un guide du ministère paroissial des vocations), lancé VocationMinistry.com et animé des ateliers de formation à travers toute l’Amérique du Nord, que j’ai découvert que seules 10 % à 20 % des paroisses s’efforçaient délibérément de promouvoir les vocations par elles-mêmes. Il fallait que cela change.

    Quels sont les principaux mythes ou erreurs que commettent les communautés lorsqu’elles tentent de promouvoir les vocations ?

    Le premier mythe est que la promotion des vocations est un investissement à long terme qui ne portera ses fruits que dans plusieurs décennies. S’il est vrai que la construction d’une véritable culture vocationnelle est une mission à long terme, nous avons constaté que lorsqu’une paroisse ou un diocèse commence à prier délibérément pour les vocations, à inviter personnellement les jeunes à discerner leur vocation et à impliquer toute la communauté dans la promotion vocationnelle, la réponse peut venir bien plus tôt que ce à quoi les gens s’attendent.

    Dieu appelle chaque jour dans chaque paroisse. Souvent, ce qui a manqué, ce n’est pas l’appel de Dieu, mais notre invitation.

    Nous l’avons constaté à maintes reprises à travers nos collaborations avec des diocèses de toute l’Amérique du Nord. Dans l’archidiocèse de Hartford, seuls trois séminaristes avaient entamé leur formation au cours des trois années précédant notre collaboration avec Vocation Ministry. Au cours des trois années suivantes, après avoir mis en place une stratégie vocationnelle ciblée et proposé des formations, 27 hommes sont entrés au séminaire.

    Le diocèse de Dallas a accueilli 12 nouveaux séminaristes cette année, alors qu’il n’en avait accueilli que deux lorsque nous avons commencé à collaborer en 2024. Dans le diocèse d’Austin, 56 hommes sont entrés au séminaire au cours des quatre années qui ont suivi la mise en œuvre d’une stratégie vocationnelle ciblée, contre 25 au cours des quatre années précédentes.

    Ces exemples nous rappellent que lorsque l’Église s’attache délibérément à créer un terrain fertile pour les vocations, Dieu bénit souvent ces efforts de manière extraordinaire.

    Le deuxième mythe est que tout le monde comprend déjà ce qu’est une vocation. En réalité, de nombreux catholiques entendent le mot « vocation » et ne pensent qu’au sacerdoce ou à la vie religieuse. L’Église enseigne quelque chose de bien plus vaste. Chaque personne reçoit d’abord l’appel universel à la sainteté, l’appel à connaître, aimer et servir Dieu. À partir de là, Dieu invite chacun d’entre nous à vivre cet appel à travers notre vocation première, qu’il s’agisse du mariage sacramentel, du sacerdoce ou de la vie consacrée.

    L’une des plus grandes opportunités pour l’Église consiste simplement à aider les catholiques à comprendre que discerner la vocation de Dieu n’est pas réservé à quelques élus ; c’est le chemin de chaque personne baptisée.

    (…)

    La véritable question n’est plus de savoir si les vocations sacerdotales sont possibles. La question est : qu’est-ce que ces diocèses [qui ont des vocations] font différemment et comment le reste de l’Église peut-il s’en inspirer ?

    (…)

    Dans quelle mesure le nombre de fidèles par prêtre influe-t-il sur la capacité à accompagner et à guider les jeunes qui discernent leur vocation ?

    C’est peut-être là la conclusion la plus significative de toute notre recherche.

    Dans les (…) rapports publiés, une corrélation se détache systématiquement des autres : moins chaque prêtre a de paroissiens à charge, meilleurs sont généralement les résultats d’un diocèse en matière de promotion des vocations sacerdotales.

    Le discernement s’opère dans la relation.

    Il est rare que des jeunes décident d’entrer au séminaire parce qu’ils ont vu un prêtre célébrer la messe de loin. Le plus souvent, ils répondent à l’appel parce qu’un prêtre les connaissait, les a encouragés, les a invités à servir, a répondu à leurs questions difficiles ou a simplement passé du temps avec eux.

    Lorsque les prêtres sont débordés par des milliers de fidèles ou par plusieurs paroisses, ils disposent naturellement de moins de temps pour ce type d’accompagnement personnel. Notre rapport initial a même révélé que les diocèses où les prêtres s’occupent de plus de 4.000 ou 4.500 fidèles peinent constamment à atteindre des taux d’ordination satisfaisants.

    C’est pourquoi l’Indice de Disponibilité Sacerdotale est si important. Il aide les évêques à comprendre que la promotion des vocations ne se résume pas à disposer d’un bureau des vocations ou à organiser des événements. Il s’agit également de créer les conditions permettant aux prêtres d’avoir le temps et la liberté d’accompagner personnellement les jeunes.

    Dans de nombreux cas, ce sont les prêtres qui inspirent de nouveaux prêtres. Lorsqu’un jeune a régulièrement accès à un prêtre joyeux et saint qui le connaît par son nom, la possibilité d’une vocation sacerdotale devient réelle. Il faut davantage d’occasions de nouer des relations authentiques entre le prêtre et son disciple, car c’est là que naissent le plus souvent les vocations.

    Dans les diocèses où les vocations sont les plus nombreuses, quelle importance revêtent des pratiques telles que l’adoration eucharistique perpétuelle ou les « heures saintes » spécifiquement consacrées aux vocations ?

    Bien qu’il n’existe pas de données nationales indiquant combien de paroisses proposent une adoration eucharistique perpétuelle ou des « heures saintes » spécifiques pour les vocations, une tendance claire s’est dégagée de mon expérience de travail avec des diocèses de toute l’Amérique du Nord.

    Au cours de la dernière décennie, j’ai discuté avec des milliers de prêtres dans plus de 80 diocèses d’Amérique du Nord. Lors de ces ateliers, je demande souvent aux prêtres de lever la main si leur paroisse propose l’adoration eucharistique, qu’elle soit perpétuelle, hebdomadaire ou mensuelle. Dans certains diocèses, un seul prêtre lève la main lorsque je pose la question de l’adoration perpétuelle. Bien que cela soit anecdotique et non scientifique, cela révèle souvent quelque chose d’important : si nous prenons au sérieux la prière pour davantage de vocations, nous devons également nous employer à créer des occasions propices à cette prière.

    Jésus lui-même nous a donné la première stratégie vocationnelle : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson » (Lc 10, 2). La prière n’est pas simplement une stratégie parmi tant d’autres : c’est le fondement de tout effort vocationnel fécond.

    Chez Vocation Ministry, nous encourageons chaque paroisse à commencer par là. L’adoration eucharistique, les « heures saintes » pour les vocations et la prière d’intercession régulière invitent les paroissiens à s’unir au Christ dans la prière pour les futurs prêtres et religieux. Nous pouvons mettre en place d’excellents programmes, événements et initiatives, mais s’ils ne sont pas enracinés dans la prière, ils auront du mal à porter des fruits durables.

    On observe une forte présence de vocations dans les communautés dotées d’écoles catholiques solides, d’enseignement à domicile (homeschooling) et de liturgies bien préparées. Quel rôle joue l’environnement culturel et éducatif dans la création d’un « terrain fertile » ?

    Les vocations saines naissent rarement par hasard. Elles se développent là où la foi catholique est vécue, célébrée et transmise délibérément de génération en génération.

    Des écoles catholiques solides, des communautés pratiquant l’enseignement à domicile, des programmes paroissiaux de formation à la foi et des liturgies empreintes de recueillement contribuent à créer un terrain fertile, car ils plongent les jeunes dans une authentique culture catholique. Ils aident les enfants et les familles à comprendre que chaque personne baptisée a une vocation et que découvrir l’appel de Dieu fait partie intégrante de la vie chrétienne.

    Mais ces éléments deviennent encore plus féconds lorsqu’ils sont reliés entre eux par un ministère paroissial des vocations bien pensé. Un ministère paroissial des vocations aide à unir les efforts de la paroisse en encourageant la prière pour les vocations, en donnant aux familles les moyens de parler de l’appel de Dieu à la maison, en aidant les prêtres à inviter les jeunes à discerner, en impliquant les écoles catholiques et les responsables de la catéchèse, et en veillant à ce que la prise de conscience vocationnelle fasse partie intégrante de la vie paroissiale, et ne soit pas seulement un événement ponctuel une fois par an.

    La qualité de la liturgie joue également un rôle important. Une célébration de la messe pieuse et respectueuse attire les personnes vers une rencontre avec le Christ, et c’est souvent dans ces moments-là que les cœurs s’ouvrent davantage pour écouter Son appel. De même, les écoles catholiques et les communautés d’enseignement à domicile peuvent offrir davantage d’occasions aux jeunes de rencontrer des prêtres, des religieuses, des religieux et des couples fidèles qui rayonnent de joie, et dont le témoignage rend chaque vocation visible et accessible.

    Cependant, c’est peut-être la famille qui exerce la plus grande influence. Les parents sont les premiers accompagnateurs vocationnels de leurs enfants. Lorsque les familles encouragent la générosité envers la volonté de Dieu, lorsque les paroisses promeuvent délibérément une culture des vocations, et lorsque les écoles et les programmes de formation à la foi renforcent ce message, toute la communauté devient un terrain fertile où les vocations peuvent s’épanouir.

    (…)

    Un message d’espoir : à la lumière des statistiques et du déclin observé dans de nombreuses régions, pourquoi êtes-vous convaincue que la crise des vocations n’est pas un problème lié à l’absence d’appel de Dieu, mais à la réponse de l’écosystème ecclésial ?

    Parce que Dieu n’a pas cessé d’appeler. L’Église ne doit jamais cesser d’inviter.

    Cette conviction s’est encore renforcée après avoir travaillé avec plus de 80 diocèses à travers l’Amérique du Nord. Nous avons vu des diocèses qui avaient connu des années de baisse des vocations commencer à accueillir de nouveaux séminaristes après avoir délibérément favorisé une culture où la prière pour les vocations, l’invitation personnelle, les témoignages joyeux et le ministère paroissial des vocations sont devenus des priorités. Dieu appelait déjà. L’Église s’est montrée plus déterminée à aider les personnes à écouter et à répondre à Sa voix.

    Le pape Benoît XVI l’a magnifiquement exprimé lorsqu’il s’est adressé aux évêques des États-Unis en 2008. Il leur a rappelé que « la capacité à cultiver les vocations à la prêtrise et à la vie religieuse est un signe certain de la santé d’une Église locale », et qu’« il nous appartient à tous de susciter une réponse généreuse et libre à cet appel ».

    C’est pourquoi je garde espoir. Les statistiques nous montrent où se situent les défis, mais elles révèlent également que certains diocèses connaissent une croissance remarquable. Ces diocèses nous rappellent que la crise des vocations n’est pas inévitable. Lorsque l’Église crée délibérément un terrain fertile où l’on peut entendre l’appel de Dieu, davantage de personnes y répondent avec générosité.

    Notre confiance ne repose ni sur la démographie ni sur les tendances. Elle repose sur la fidélité de Dieu, qui continue d’appeler, et sur la responsabilité de l’Église de créer les conditions pour que cet appel soit entendu, nourri et accueilli avec joie.

    Source : https://www.omnesmag.com/actualidad/mundo/discernir-la-vocacion-no-es-solo-para-unos-pocos/. Cet article a été publié sous le titre : Rhonda Gruenewald : « Discerner sa vocation n’est pas réservé à quelques-uns ; c’est le chemin de chaque personne baptisée ». Ce texte a été traduit de l’espagnol par Stéphane Seminckx.

  • 26-27 septembre 2026 : 32e pèlerinage familial de tradition à Foy-Notre-Dame

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    Chers amis,

    Nous avons la joie de vous inviter au 32e pèlerinage familial de tradition à Foy-Notre-Dame (Dinant, Belgique), qui se tiendra les :
            • Samedi 26 septembre 2026 : pèlerinage des jeunes Namur–Leffe, avec messe à 9h00 à la chapelle Saint-Materne de Namur (rue Notre-Dame), puis départ à 10h00 vers Leffe. Marche, enseignements et messe, pour former la jeunesse à une foi joyeuse et enracinée.
            • Dimanche 27 septembre 2026 : pèlerinage des familles, départ à 10h30 de l’église de Leffe. À 16h00, messe solennelle en latin selon le missel de 1962 au sanctuaire de Notre-Dame de Foy, protectrice des pèlerins depuis le XVIIe siècle.

    Thème 2026 : Notre-Dame de la Mission — « Allez, de toutes les nations faites des disciples » (Mt 28, 19).

    Ce pèlerinage est :
            • profondément enraciné dans la Tradition liturgique et spirituelle de l’Église ;
            • soutenu par les autorités diocésaines ;
            • ouvert à tous, avec un prix volontairement très accessible, afin que jeunes, familles nombreuses et fidèles attachés à la liturgie traditionnelle puissent y participer largement ;
            • marqué par une atmosphère joyeuse, fervente et familiale.

    Toutes les informations (programme, inscriptions, photos des éditions précédentes) : https://www.pelefoy.be

  • « Un million d’enfants prient le chapelet » : Léon XIV récitera un chapelet pour la paix avec des centaines d’enfants au Vatican

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    De Vatican News :

    Léon XIV récitera un chapelet pour la paix avec des centaines d’enfants au Vatican

    Le 1er octobre, entre 700 et 1 000 enfants issus d’écoles et de paroisses de Rome se joindront au Souverain Pontife dans les Jardins du Vatican, marquant ainsi le début de la semaine de prière de l’initiative «Un million d'enfants prient le chapelet», promue par «Aide à l’Église en détresse».

    Le Pape Léon XIV se joindra à des centaines d’enfants pour réciter le chapelet pour la paix le 1er octobre prochain à 17h, à la Grotte de Lourdes dans les jardins du Vatican. Entre 700 et 1 000 enfants issus d’écoles et de paroisses de Rome sont attendus à cette rencontre; ils prieront avec le Pape, s’unissant spirituellement aux enfants, aux familles, aux écoles et aux communautés chrétiennes du monde entier.

    Cet événement marquera le début de la semaine mondiale de prière de l’initiative «Un million d'enfants prient le chapelet», promue depuis plus de vingt ans par la fondation pontificale Aide à l’Église en détresse(AED). Cette année, pour la première fois, la campagne se déroulera sur une semaine entière, du 1er au 7 octobre, afin de permettre aux diocèses, paroisses, écoles, communautés et familles des différents continents de choisir le jour le plus adapté à leur réalité pastorale, tout en restant unis dans la même intention de prière pour la paix et l’unité. La semaine culminera le 7 octobre, fête de Notre-Dame du Rosaire.

    Les enfants du monde entier unis dans la prière

    Alors qu’à Rome, les enfants prieront avec le Pape Léon XIV, des initiatives similaires sont déjà en cours de préparation dans de nombreux pays, des communautés autochtones de l’Amazonie bolivienne aux paroisses du Soudan, du Zimbabwe, du Mozambique, de la Sierra Leone et de bien d’autres lieux marqués par la guerre, la pauvreté ou l’instabilité.

    Au Soudan, où le conflit continue de causer d’énormes souffrances, le père Franck Mandozi, de la région pastorale de Kosti, a confirmé la participation d’enfants de différentes paroisses et écoles. À des milliers de kilomètres de là, dans une communauté autochtone T’siman de l’Amazonie bolivienne, sœur Patricia Alejandra Botello López raconte que les enfants prient déjà le chapelet aussi bien en langue T’siman qu’en espagnol. Au Zimbabwe, la paroisse Saint-Christophe, dans l’archidiocèse de Bulawayo, réunira les enfants le dimanche 4 octobre. Le curé, le père Charles Mafurutu, a également l’intention de se rendre, dans les semaines suivantes, dans les communautés les plus reculées et les lieux de messe disséminés sur le territoire de la paroisse, dont certains se trouvent à plusieurs kilomètres de là. Au Paraguay également, Radio Pa’i Puku prévoit de promouvoir cette initiative à travers ses émissions et de diffuser en direct le chapelet récité par les enfants de la paroisse de Saint-Eugène-de-Mazenod, en invitant les familles, les écoles, les paroisses et les catéchistes à se joindre à la prière.

    La campagne 2026 s’inspire du message de Fatima: «À la fin, mon Cœur immaculé triomphera». Dans l’invitation adressée cette année aux participants, le cardinal Kurt Koch, président international de l’Aide à l’Église en détresse et préfet du dicastère pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens, rappelle que le Cœur immaculé de Marie représente une vie entièrement ouverte à l’Esprit Saint et présente la Vierge comme un modèle de foi, d’amour et de prière. Cette initiative revêt une signification particulière à un moment où des millions de personnes sont confrontées à la guerre, à la violence, à la persécution, à la pauvreté et à l’incertitude. La prière des enfants se veut, dans ce contexte, un signe simple mais universel de confiance et d’espoir: des enfants de langues, de cultures et de pays différents, unis dans la même prière pour la paix.

    D’un petit groupe au Venezuela à un réseau mondial

    L’initiative «Un million d’enfants prient le chapelet» a vu le jour au Venezuela en 2005 et s’est progressivement transformée en un mouvement mondial de prière qui rassemble des enfants, des familles, des paroisses, des écoles et des groupes ecclésiaux sur tous les continents. La campagne s’inspire des paroles attribuées au saint Padre Pio: «Si un million d’enfants récitent le chapelet, le monde changera».

    L’invitation ne s’adresse pas uniquement aux enfants. L'AED encourage également les parents, les enseignants, les prêtres, les religieux, les catéchistes et les familles à prier avec eux. Il n’est pas nécessaire de réciter le chapelet en entier: même une seule dizaine, priée avec foi, peut s’inscrire dans cette grande chaîne mondiale de prière. Cette initiative internationale est organisée en collaboration avec le sanctuaire de Fatima, le Réseau mondial de prière du Pape et l’Apostolat mondial de Fatima. Cette année, la Journée mondiale du Rosaire s’y associe pour la première fois. L'Aide à l’Église en détresse met également à disposition des supports de prière en plusieurs langues et invite chacun à s’inscrire afin de rendre visible le réseau des enfants qui prieront dans différents pays du monde.

  • Ce que le voyage du pape en France ne doit pas masquer

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    Il y a certainement un décalage entre l’image d’une Église rassemblant des foules pour la venue du pape et son état sociologique ordinaire.

    Les données disponibles rendent ce contraste assez frappant.

    • L'historien Guillaume Cuchet estime aujourd'hui à moins de 2 % la pratique dominicale des catholiques déclarés, contre environ 25 % au début des années 1960. Il estime également qu'on est passé d'environ 93 % d'enfants baptisés dans les premiers mois de leur vie à probablement moins de 20 % baptisés dans les sept premières années.
    • L'enquête Insee-Ined portant sur 2019-2020 indiquait que seuls 8 % des 18-59 ans se déclarant catholiques fréquentaient régulièrement un lieu de culte, c'est-à-dire au moins une fois par mois.
    • La crise des vocations est tout aussi structurelle : le nombre de prêtres est passé d'environ 65 000 en 1960 à environ 12 000 aujourd'hui, dont moins de 7 000 en activité selon les données citées par Le Monde. Un exemple particulièrement spectaculaire est le diocèse d'Arras, qui doit passer de 89 à 11 paroisses pour s'adapter au manque de prêtres.
    • Le patrimoine religieux lui-même témoigne de cette difficulté : un recensement récent dénombre 1 679 édifices cultuels fermés toute l'année, tandis que seulement 39 % des églises sont régulièrement ouvertes au public.
    • La vie monastique connaît elle aussi des restructurations considérables : une étude d'Isabelle Jonveaux recense 91 monastères contemplatifs ayant fermé entre 2007 et 2026, soit près d'un tiers du paysage monastique étudié.

    Mais le voyage de Léon XIV montre justement l'autre visage

    Il serait cependant réducteur de dire que l'Église française va simplement fabriquer une illusion de vitalité. Le programme comporte des éléments qui correspondent à de vraies évolutions récentes : le pape rencontrera des catéchumènes et des néophytes, des jeunes, des malades, des religieuses contemplatives, les évêques et des victimes d'abus. Une messe parisienne devrait rassembler plusieurs centaines de milliers de personnes.

    Et surtout, il existe effectivement un phénomène nouveau : la remontée des baptêmes d'adultes et l'apparition de jeunes catholiques davantage engagés. Le cardinal Aveline reconnaît lui-même le contraste entre, d'une part, des communautés rurales vieillissantes et, d'autre part, « le nombre croissant de jeunes » demandant baptême ou confirmation. Cuchet souligne également ce rebond, tout en précisant qu'il est encore très loin de compenser l'effondrement du baptême des enfants.

    C'est probablement là que se situe le véritable paradoxe du voyage :

    Léon XIV ne verra pas l'Église de France telle qu'elle est un dimanche ordinaire dans une paroisse rurale ; il verra l'Église de France réunie pour la venue du pape.

    Ce n'est pas la même chose.

    Une messe à la Concorde réunissant 500 000 personnes sera parfaitement réelle, mais elle ne signifie évidemment pas que 500 000 Français vont à la messe chaque dimanche. De même, une veillée remplie de jeunes manifestera quelque chose de réel sur une partie de la jeunesse catholique, mais ne permettra pas d'en déduire l'état religieux de la jeunesse française dans son ensemble.

    Et le Vatican semble d'ailleurs en avoir conscience : Cuchet parle explicitement d'un catholicisme devenu minoritaire, tandis que le cardinal Aveline reconnaît que l'Église française vit « des choses très contrastées ».

    Le vrai enjeu serait donc plutôt celui-ci

    La question intéressante qui se pose est : « Le dispositif de la visite permettra-t-il au pape de voir simultanément le catholicisme français qui renaît et celui qui disparaît ? »

    Car les deux existent.

    Il serait tout aussi faux de présenter à Léon XIV uniquement les foules de Lourdes, les catéchumènes et les jeunes engagés que de lui montrer uniquement les églises désertes, les paroisses regroupées et les monastères qui ferment. La réalité française est précisément la coexistence de ces deux phénomènes : un catholicisme quantitativement très affaibli, mais dans certains milieux plus minoritaire, plus conscient de lui-même et parfois étonnamment dynamique. C'est d'ailleurs exactement le contraste que met en évidence l'analyse publiée hier par Vatican News.

    À mon sens, si l'Église de France voulait vraiment éviter l'effet « Potemkine », le meilleur service qu'elle pourrait rendre au pape serait de lui montrer aussi une paroisse rurale ordinaire, une église presque vide, une école où les enfants ignorent le contenu élémentaire de la foi, un presbytère désert, et une communauté religieuse confrontée à son vieillissement — bref, non seulement les fruits prometteurs du renouveau, mais aussi l'ampleur du terrain perdu.

    Ce serait probablement une manière beaucoup plus féconde de préparer la « feuille de route » que le cardinal Aveline dit attendre du pape.

    (avec l'IA)

  • 19 septembre : il y a 180 ans, à La Salette, la Vierge est apparue à Mélanie et Maximin

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    D'Aleteia.org :

    Il y a 180 ans, le 19 septembre 1846, Marie apparaissait à deux enfants, Mélanie et Maximin, sur la montagne de La Salette. Le véritable "secret" de la Vierge reste un mystère, l'Église ne reconnaissant pas son ton apocalyptique. On y parle de guerres, de tremblements de terre et de démons sur Terre.

    19 septembre 1846, sud-est de la France. Dans les alpages du petit village de La Salette, la Vierge Marie apparaît à deux enfants venus y faire paître leurs vaches : Mélanie Calvat (14 ans) et Maximin Giraud (11 ans). La Vierge est en pleurs, assise sur un gros caillou. Elle est habillée comme les femmes du village : une robe qui descend jusqu’aux pieds, un fichu sur les épaules, une coiffe sur la tête, et un tablier autour de la taille. La coiffe, le fichu et ses pieds sont ornés de guirlandes de roses. Près des roses du fichu, une lourde chaîne. La Vierge porte sur sa poitrine un crucifix avec, de chaque côté, une paire de tenailles et un marteau. Un halo de lumière émane du crucifix.

    Lire la suite sur Aleteia.org

  • 9 séminaristes font leur rentrée au Grand Séminaire francophone de Belgique : un chiffre historiquement bas

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    Pour l’année académique 2026-2027, le Grand Séminaire francophone de Belgique (à Namur) a fait sa rentrée le lundi 7 septembre 2026.

    Voici la situation selon le discours de rentrée du recteur, l’abbé Joël Spronck (rapporté le 14 septembre 2026) :

    Effectifs

    • 42 hommes sont inscrits au Studium (formation intellectuelle et académique en philosophie et théologie).

    Répartition approximative :

    • 9 séminaristes diocésains (chiffre historiquement bas).
    • 5 nouveaux propédeutes diocésains (année de discernement préparatoire), âgés de 18 à 22 ans.
    • 7 jeunes en formation au Séminaire Redemptoris Mater (Chemin néo-catéchuménal).
    • 7 jeunes à la Maison Saint-Joseph de Namur (propédeutes de la Communauté de l’Emmanuel).
    • 14 religieux, dont deux provenant d’Églises orientales.

    Propédeutique

    Pour la première fois, les propédeutes belges sont accueillis à Metz (et non plus à Namur). Ils y rejoignent des propédeutes de Lorraine, de Strasbourg et du Grand-Duché de Luxembourg dès la fin septembre. Ils reviendront en Belgique pour un expérimental pastoral et une retraite ignatienne.

  • Bruxelles, 13 septembre : ordination sacerdotale de Martin Van Breusegem

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    De Catho-Bruxelles.be :

    13 septembre | Ordination sacerdotale de Martin Van Breusegem

    Seigneur Jésus, Toi le Bon Pasteur, nous te prions pour Martin qui va être ordonné « afin qu’il accueille pleinement la grâce du sacrement qui va le configurer à Toi, prêtre et pasteur ». Seigneur Dieu, notre Père à tous, nous te « prions aussi pour que tous les jeunes soient attentifs à ta Voix qui leur parle dans l’intimité de leur cœur » et particulièrement pour ceux que Tu « appelles à se détacher de tout pour te servir ».

    Martin van Breusegem  est né à Charleroi au sein d'une famille de cinq enfants, il a grandi dans la foi. Proche de la Fraternité de Tibériade dès son enfance, c'est là qu'est né son premier désir de suivre le Christ. Il est diplômé et agrégé en histoire, il a enseigné cette matière pendant plusieurs années à Bruxelles. Il a ensuite répondu à sa vocation en entrant au Grand Séminaire de Namur pour y suivre ses études de théologie. Le 14 février 2026, il a franchi une étape majeure en étant ordonné diacre en vue du sacerdoce par Mgr Luc Terlinden à l'église Notre-Dame des Victoires au Sablon. Il a ensuite exercé son ministère diaconal au sein de l'Unité Pastorale de Bruxelles-Centre.
  • 4-6 décembre : WE Rorate pour les jeunes de 18 à 35 ans (FSSP)

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    La Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre en Belgique organise un « WE Rorate » pendant l’Avent, pour les jeunes de 18 à 35 ans.

    Dates - 4 décembre 2026 (18h) - 6 décembre 2026 (17h30)
     
    Lieu :
    Communauté des Béatitudes
    Rue du Fourneau, 10
    5651 Thy- le-Château
     
    Le week-end Rorate, destiné aux 18–35 ans, propose un temps de ressourcement spirituel à l’occasion de l'Avent, et invite les participants à réfléchir à la place du mystère de l'Incarnation dans leur vie personnelle.
     
    Au programme: enseignements accessibles mêlant théologie, foi chrétienne et vie spirituelle, temps de prière, mais aussi rencontres, échanges fraternels et moments conviviaux, favorisant l’amitié et le dialogue entre jeunes adultes. Un week-end pour approfondir la foi, dans un cadre serein et fraternel.
     
    Lien pour les inscriptions
  • Quand un évêque ne peut se résigner à ce qu'il n'y ait plus de prêtres

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    De Tribune Chrétienne :

    Cardinal François Bustillo : « Je ne peux me résigner à ce que la Corse n’ait plus de prêtres »

    Cardinal François Bustillo - capture
    Cardinal François Bustillo - capture
    L’évêque d’Ajaccio refuse de regarder passivement la raréfaction des vocations sacerdotales : pour lui, la foi populaire corse doit demeurer une source de renouveau et non le souvenir d’un christianisme disparu

    Dans le troisième tome de ses Carnets corses, à paraître le 16 septembre prochain chez Fayard, Son Eminence François Bustillo livre une méditation pastorale sur la Corse, ses confréries et l’avenir de ses paroisses. La Corse est une terre où la foi ne se laisse pas aisément réduire aux statistiques. Elle s’exprime dans les processions, les fêtes patronales, les chants, les confréries, les églises de village et l’attachement profond aux saints protecteurs. Mais cette ferveur populaire ne doit pas masquer l’inquiétude qui traverse l’Église insulaire : les prêtres sont peu nombreux, souvent âgés, et les communautés chrétiennes risquent de se retrouver privées de la présence sacramentelle qui les fait vivre.

    C’est cette préoccupation que le cardinal François Bustillo exprime dans le troisième tome de ses Carnets corses, le prélat porte une vision très concrète de l’Église : sans prêtres, il n’y a plus de célébration régulière de l’Eucharistie, plus de confession accessible, plus de présence pastorale stable auprès des familles, des malades et des mourants.

    L’évêque d’Ajaccio ne parle pas ici d’une fonction qu’il faudrait seulement maintenir par tradition. Le prêtre n’est pas un organisateur de cérémonies ni le gardien d’un patrimoine local. Il est celui qui rend présent le Christ dans les sacrements, annonce l’Évangile et rassemble le peuple chrétien. Lorsque les prêtres disparaissent, ce n’est pas seulement une institution qui s’affaiblit : c’est la vie chrétienne elle-même qui risque de se dissoudre.

    La Corse connaît pourtant une réalité que bien des diocèses français pourraient regarder avec attention : les confréries. Dans son livre, l’évêque d’Ajaccio les décrit comme une présence familière et vivante. Elles accueillent, prient, chantent, portent les statues des saints, accompagnent les processions et donnent à la foi une expression incarnée dans les villages : Elles sont souvent les premières à maintenir le lien entre les générations.

    Mais le cardinal ne les idéalise pas. Les confréries ne peuvent pas devenir le substitut d’une Église sacramentelle. Elles soutiennent la foi, elles la rendent visible, elles transmettent un héritage ; elles ne remplacent ni la messe ni le ministère sacerdotal. Toute la question est là : comment faire de cette vitalité populaire un terreau pour les vocations, et non un décor religieux survivant à la disparition progressive des prêtres ?

    L’enjeu dépasse largement la Corse. Dans de nombreux territoires ruraux, l’Église est confrontée à la même tentation : s’habituer à l’absence. On s’habitue à des messes de plus en plus rares, à des paroisses toujours plus vastes, à des prêtres contraints de courir d’un clocher à l’autre. On s’habitue à demander aux laïcs de compenser ce qu’ils ne peuvent pourtant pas accomplir. On finit parfois par parler de cette situation comme d’une fatalité historique. Le cardinal Bustillo refuse cette résignation. Son propos n’est pas nostalgique. Il ne rêve pas d’un temps où chaque village aurait eu son curé et où la pratique religieuse structurait naturellement toute la vie sociale. Il pose plutôt une question de foi : croyons-nous encore que Dieu appelle des hommes à donner leur vie pour le sacerdoce ? Et créons-nous les conditions humaines, spirituelles et ecclésiales pour que cet appel puisse être entendu ?

    Une vocation ne naît pas dans l’abstrait. Elle mûrit dans des familles chrétiennes, au sein de paroisses priantes, auprès de prêtres heureux de leur ministère, dans une Église qui ose demander à des jeunes : « As-tu pensé à donner ta vie au Christ ? » La crise des vocations est aussi, d’une certaine manière, une crise de la confiance et de l’audace missionnaire.

    La Corse garde une mémoire chrétienne puissante. Ses confréries, ses pèlerinages et ses traditions ne sont pas des vestiges à conserver sous verre. Ils peuvent redevenir des chemins d’évangélisation, à condition que le peuple chrétien ne se contente pas d’honorer le passé, mais accepte d’en tirer une responsabilité pour l’avenir. « Je ne peux me résigner », écrit le cardinal Bustillo. Cette phrase vaut sans doute pour toute l’Église de France : la pénurie sacerdotale est un défi immense, mais elle ne dispense jamais de prier, d’appeler et d’espérer.

    Le livre est d’ores et déjà disponible en précommande

  • « Ne sacrifiez pas votre jeunesse sur l'autel des plaisirs illusoires et de la superficialité. » (Léon XIV)

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    MESSAGE VIDÉO DU PAPE LÉON XIV
    À L’OCCASION DE LA PREMIÈRE ÉDITION DES JOURNÉES DE LA JEUNESSE DE L’AFRIQUE DE L’OUEST
    [7 - 12 septembre 2026]


    Chers jeunes,

    La paix soit avec vous !

    Je suis heureux de me joindre à vous en cette joyeuse occasion de la première Journée de la Jeunesse de l’Afrique de l’Ouest. Je me réjouis de cette belle initiative des Conférences épiscopales de vos pays, qui ont placé les jeunes au cœur de leurs priorités pastorales. Je suis convaincu que ces moments puissants passés ensemble vous aideront à grandir dans la foi et à vous enrichir toujours plus profondément de valeurs telles que la rencontre et l’ouverture aux autres.

    À une époque où tant de crises semblent obscurcir votre horizon, je souhaite vous encourager à avancer sans perdre espoir. Je sais combien le poids du doute, de l’incertitude et, parfois, de l’insécurité peut peser lourdement sur vos épaules et bouleverser vos projets d’avenir.

    Cependant, vous n’êtes pas une jeunesse sacrifiée comme beaucoup peuvent le penser. Dans l’Église-Famille de Dieu, vous êtes l’aujourd’hui de Dieu, l’aujourd’hui de l’Église ! Comme le disait le Pape Benoît XVI, « vous êtes riches de qualités, d’énergies, de rêves et d’espérances, des ressources que vous possédez en abondance. Votre jeunesse est un trésor inestimable, non seulement pour vous-mêmes, mais aussi pour les autres, pour l’Église et pour le monde » (Message à l’occasion de la XXV Journée Mondiale de la Jeunesse, 22 février 2010).

    L’un des défis auxquels vous êtes confrontés est celui de marcher ensemble pour contribuer à un changement positif dans vos sociétés. Marcher ensemble signifie veiller à ce que personne ne soit marginalisé, isolé, exclu ou rejeté. Soyez des bâtisseurs de ponts entre les peuples, les cultures et les religions. Nous devons nous engager à vivre comme Jésus, notre Maître et Seigneur, a vécu, lui qui n’a exclu personne de son chemin. Il a reconnu la présence de Dieu en ceux qui vivaient aux marges de la société, même en ceux qui n’appartenaient pas à son propre peuple.

    Chers jeunes, je compte sur vous et je vous fais confiance, l’Église vous fait confiance. Par vos paroles et vos actions, donnez un message fort à notre monde traversé de guerres et de conflits de toutes sortes. Soyez les témoins de l’amour, de la justice, de la paix. Ne sacrifiez pas votre jeunesse si précieuse sur l’autel des plaisirs factices et de la superficialité. En effet, « nos questions les plus profondes ne trouvent ni écoute ni réponse dans le défilement infini sur notre téléphone portable, qui capte notre attention tout en laissant notre esprit fatigué et notre cœur vide. Elles ne nous mènent pas loin si nous les gardons enfermées en nous-mêmes ou dans des cercles trop restreints. La réalisation de nos désirs authentiques passe toujours par le fait de sortir de nous-mêmes » (Message pour la XL Journée Mondiale de la Jeunesse, 7 octobre 2025).

    Je vous confie à la Vierge Marie, Reine de la Paix, en pensant particulièrement à ceux de vos pays qui, parfois, font face à des crises complexes. Qu’elle intercède auprès de son Fils, Jésus-Christ, pour le développement humain intégral de vos chères nations. Sur vous, sur le clergé et sur tous ceux qui œuvrent auprès des jeunes, j’invoque une abondance de grâces divines.

    Et maintenant je vous donne de tout mon cœur la Bénédiction :

    Que le Seigneur vous garde toujours dans son amour.

    Le Seigneur soit avec vous. Que Dieu tout-puissant vous bénisse, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Amen.