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Jeunes

  • Un jeune du diocèse de Liège a été ordonné prêtre à Ecône; l'évêque de Liège réagit par un communiqué officiel

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    COMMUNIQUÉ OFFICIEL

    Réaction de Monseigneur Jean-Pierre Delville à l'ordination d'un prêtre de son diocèse dans la Fraternité Saint-Pie-X

    Vincent Richter ordonné prêtre au sein de la Fraternité Saint-Pie X

    Mgr Jean-Pierre Delville a été informé que l’abbé Vincent Richter, un jeune homme originaire de Steffeshausen, dans le diocèse de Liège, a été ordonné prêtre dans la Fraternité Saint-Pie X, à Écône, en Suisse, ce lundi 29 juin, en la solennité des saints Pierre et Paul. L’évêque assure le nouveau prêtre de sa prière et l’encourage à suivre le Christ dans sa future mission au Brésil, en authentique disciple de l’évangile.

    La Fraternité Saint-Pie X rassemble les catholiques qui, à la suite de Mgr Marcel Lefebvre, ont refusé de reconnaître différentes décisions du Concile Vatican II (1962-1965). Cette assemblée des évêques du monde entier, réunis autour du Pape, a validé une mise à jour du catholicisme, avec entre autres des déclarations sur la liberté religieuse, sur l’œcuménisme et sur le respect des autres religions. Ce sont ces éléments et non pas tant les questions de liturgie en latin selon la forme ancienne, qui ont causé la rupture entre le Saint-Siège et la Fraternité Saint-Pie X. Celle-ci dessert l’église qu’elle a fondée à Steffeshausen. Elle est à distinguer de la Fraternité Saint-Pierre, qui elle aussi célèbre selon l’ancienne liturgie, en particulier à Herstal et à Verviers, mais reconnaît les enseignements du Concile Vatican II.

    La dissidence de Mgr. Lefebvre et de ses disciples n’est pas une première dans l’histoire de l’Église. De tout temps, des catholiques n’ont pas voulu ou pu comprendre que la fidélité à la tradition n’était pas statique, mais dynamique. C’est ce qu'enseignait saint John Henry Newman (1801-1890), docteur de l’Église, en écrivant que, comme tout organisme vivant, l’Église « change pour rester la même » (it changes with them in order to remain the same). C’est inévitable : « ici-bas, vivre c’est changer, et être parfait, c’est avoir changé souvent » (here below to live is to change, and to be perfect is to have changed often) (Essai sur le développement de la doctrine chrétienne, 1845, Section 1, p. 33, n°7). Pour Newman, la doctrine chrétienne, qui s’est accomplie en Jésus-Christ, n’attend pas de nouvelle révélation, mais se développe, en faisant apparaître des éléments latents.

    En outre, en ordonnant, ce 1er juillet 2026, quatre nouveaux évêques sans autorisation du Pape, la Fraternité Saint-Pie-X accentue sa dissidence dans l’Eglise catholique. Cela ne nous empêche pas de rechercher le dialogue avec elle, de nous interpeller mutuellement et d’établir des relations fraternelles.

  • France : toujours moins d'ordinations mais un regain des vocations

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    D'Ombeline Marignane sur le site de Famille Chrétienne :

    Ordinations : 84 nouveaux prêtres en France en 2026

    La Conférence des évêques de France a annoncé jeudi 25 juin l’ordination de 84 nouveaux prêtres en juin 2026. Appelés par Dieu à servir son Eglise, ces hommes ont été formés au sein de séminaires diocésains, de communautés ou de congrégations religieuses. On comptera ainsi 66 prêtres diocésains et 39 religieux et membres de communauté. Parmi ces derniers, 21 sont comptés dans les prêtres diocésains. A titre de comparaison, l’an dernier, 90 prêtres avaient été ordonnés tandis que 105 avaient reçu ce sacrement en 2024.

    Les diacres permanents sont quant à eux de plus en plus nombreux : ils étaient 3 296 en 2024 et 3 364 en 2025. Les provinces de Paris et de Marseille sont celles qui comptent le plus d’ordinations, avec respectivement 18 et 14 nouveaux prêtres, dont dix rien que pour le diocèse de Fréjus-Toulon. Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Paris, célèbrera neuf ordinations de prêtres diocésains le 27 juin prochain à Notre-Dame. Au total, 30 diocèses sur les 94 que comptent la France ont ordonné au moins un prêtre.

    Les congrégations et communautés comptent un peu moins d’un tiers des prêtres ordonnés en France cette année. La communauté Saint-Martin confirme encore son dynamisme en ordonnant dix nouveaux prêtres, un chiffre stable par rapport à l’an dernier. Cinq prêtres ont également été ordonnés au sein de la communauté du Chemin-Neuf. La Conférence des évêques de France précise toutefois que la liste des prêtres ordonnés dans les congrégations religieuses n’est pas exhaustive.

    Hausse des propédeutiques

    Si le nombre d’ordinations semble en recul, la Conférence des évêques indique que les entrées en année de propédeutique sont en hausse, témoignant d’un nouvel élan dans les vocations. « Entre 2023 et 2025, les entrées en propédeutique sont passées de 99 à 145, soit une progression de près de 50 % en deux ans », précise-t-elle. Le nombre de prêtres en France, qui était de 11 463 en 2024, pourrait ainsi augmenter ces prochaines années.

  • Aux Pays-Bas : la première euthanasie d’un enfant de moins de 12 ans

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    Pays-Bas : première euthanasie d’un enfant de moins de 12 ans

    24 juin 2026

    Sophie Hermans, ministre néerlandais de la Santé, a révélé dans une lettre adressée au Parlement qu’un enfant de moins de 12 ans est, pour la première fois, décédé par euthanasie aux Pays-Bas en 2025.

    Elle indique que le médecin qui a effectué le geste létal a signalé l’acte à la commission spéciale chargée de contrôler, a posteriori, les euthanasies de mineurs et les interruptions tardives de grossesse. Celle-ci a été saisie l’an dernier. Elle a ensuite examiné le dossier, auditionné le praticien concerné et transmis son avis au parquet qui déterminera si le praticien a respecté la loi.

    Ni l’âge, ni le sexe, ni la pathologie de l’enfant n’ont été révélées. Aucune information n’a en outre été rendue publique sur sa situation familiale ou l’établissement dans lequel l’acte a eu lieu.

    Extensions progressives de la loi

    Aux Pays-Bas, l’euthanasie d’enfants de 1 à 12 ans, atteints d’une maladie incurable en phase terminale et présentant une « souffrance désespérée et insupportable » sans perspective d’amélioration, est autorisée depuis février 2024 (cf. Pays-Bas : l’euthanasie autorisée pour les enfants de moins de 12 ans). « Le médecin implique l’enfant, dans la mesure de ses capacités, dans la décision et doit s’assurer que sa vie n’a pas été interrompue contre sa volonté » précise la commission d’évaluation.

    A l’époque, le gouvernement considérait qu’un « petit groupe » d’environ cinq à dix enfants pourrait être concerné chaque année. Parmi les situations envisagées se trouvaient les anomalies congénitales sévères, les maladies métaboliques ou les atteintes graves des organes essentiels.

    En 2002, le pays avait été le premier à dépénaliser l’euthanasie et le . En 2014, la pratique a été étendue aux mineurs de plus de douze ans « capables de discernement », et aux bébés de moins d’un an, avec le consentement des parents (cf. Pays-Bas, Belgique, Suisse… L’incontrôlable « pente glissante » de l’euthanasie).

    Selon les données publiées en mai 2025 par les Commissions régionales de contrôle de l’euthanasie, 9 958 personnes sont décédées par euthanasie aux Pays-Bas en 2024, soit 10 % de plus que l’année précédente (cf. Pays-Bas : près de 10 000 euthanasies en 2024). Au total, 5,8 % de l’ensemble des 172 049 décès enregistrés dans le pays ont fait suite à des euthanasies.

    Sources de la synthèse de presse : NL Times (23/06/2026) ; Le Figaro, Marie de Montalembert de Cers (23/06/2026) ; Le JDD, Audrey Senecal (23/06/2026)

  • Quand la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X présente une série documentaire consacrée à la vie et à l'apostolat de ses prêtres à travers le monde (mise à jour)

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    Du site de la FSSPX :

    Réalisé sur une période de deux ans par deux jeunes étudiants de Suisse et d'Allemagne en collaboration avec la Maison générale de la FSSPX, ce documentaire ouvre une série en trois volets retraçant l'apostolat de la Fraternité à travers le monde.

    Sous-titres disponibles en plusieurs langues. Cliquez sur ⚙️ puis sur « Sous-titres » pour sélectionner votre langue. 

  • La Fraternité Saint-Pierre atteint un record historique avec l'ordination de nouveaux prêtres en 2026

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    D'InfoVaticana :

    La Fraternité Saint-Pierre atteint un record historique avec l'ordination de nouveaux prêtres en 2026.

    La Fraternité Saint-Pierre atteint un record historique avec l'ordination de nouveaux prêtres en 2026.
    Photo : FSSP Wigrtzbad

    La cérémonie finale s'est déroulée dans l'église paroissiale de Lindenberg, en Bavière, où Monseigneur Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, a conféré le sacerdoce à treize séminaristes originaires de divers pays européens.

    La Fraternité a annoncé la nouvelle par ses canaux officiels, soulignant le nombre record d'ordinations réalisées cette année et exprimant sa gratitude envers Dieu pour ces nouvelles vocations.

    Treize nouveaux prêtres de dix nationalités différentes

    Les ordinations célébrées à Lindenberg témoignent du caractère international de la Fraternité de Saint-Pierre.

    Parmi les nouveaux prêtres, on compte trois Français, deux Portugais, deux Tchèques, un Autrichien, un Croate, un Hongrois, un Italien, un Polonais et un Suédois.

    Ces ordinations s'ajoutent aux douze ordinations sacerdotales qui ont eu lieu le 28 mai à la cathédrale d'Omaha, dans le Nebraska, où la confrérie possède le séminaire Notre-Dame de Guadalupe.

    Avec ces ordinations, la FSSP atteint 25 ordinations sacerdotales en une seule année, le nombre le plus élevé depuis sa fondation en 1988.

    Une année historique pour la fraternité

    Les cérémonies organisées à Omaha et à Lindenberg constituent une étape importante pour la Fraternité de Saint-Pierre, qui n'avait jamais enregistré auparavant un nombre aussi élevé d'ordinations sacerdotales en une seule année.

    En annonçant la nouvelle, la fraternité a confié tous ses prêtres aux prières des fidèles et a rendu grâce pour les nouvelles vocations reçues.

    « Rendons grâce à Dieu », concluait le message publié après les ordinations.

  • Le christianisme, nouvelle contre-culture ? Pourquoi des jeunes hommes se tournent vers l’Église

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    De Liv Klingert sur The European Conservative :

    Le christianisme, nouvelle contre-culture : pourquoi des jeunes hommes se tournent vers l’Église

    « Les générations précédentes ont donné des réponses insuffisantes, issues de la dictature du relativisme, en affirmant : “C’est bien si c’est vrai pour toi ; mais ce n’est tout simplement pas vrai pour moi.” C’est superficiel », déclare le père Daniel Ebert Steiner.

    21 juin 2026

    Au Royaume-Uni, un rapport controversé de 2025 — dont la méthodologie a depuis été sérieusement remise en question — fait état d’une multiplication par quatre du nombre de 18-34 ans fréquentant l’église au moins une fois par mois, 20 % des jeunes hommes de moins de 34 ans y assistant régulièrement, contre seulement 4 % il y a six ans.

    Pourtant, il est encore difficile de nier un intérêt pour le christianisme et un renouveau — très discret. À Pâques 2026, 21 000 adultes et jeunes ont été baptisés en France, soit une augmentation de 20 % par rapport à 2025, année qui avait déjà connu une hausse de 32 % des baptêmes par rapport à l’année précédente. À titre de comparaison, en 2021, on comptait environ 4 100 baptêmes d’adultes.

    Environ 45 % des jeunes Espagnols (âgés de 15 à 29 ans) se déclarent catholiques. Cela marque un revirement spectaculaire ces dernières années, l’identification catholique chez les jeunes Espagnols ayant augmenté de près de 50 % par rapport à 2020.

    Une tendance similaire s’observe au Danemark. Mais la question est la suivante : pourquoi ces jeunes hommes ont-ils commencé à fréquenter l’église ?

    Pour le prêtre catholique Daniel Steiner Ebert, qui exerce au Danemark, cela s’explique par un manque de profondeur dans la vie :

    « Notre société propose depuis longtemps aux gens une vie vide de sens. Le christianisme était ennuyeux ; nous l’avons essayé, alors les gens ont voulu tenter autre chose, et pendant un certain temps, tout le monde a voulu devenir bouddhiste ou adepte du New Age, tandis que d’autres se sont tournés vers le sexe, la drogue et le rock’n’roll. Mais aucune de ces choses n’apporte de profondeur. Même le bouddhisme, en tant que philosophie, offre le vide : le but est de ne faire qu’un avec le néant, ce qui entre en conflit avec la perception que l’humanité a d’elle-même, car, au fond de nous, nous savons que nous sommes plus que rien. Les gens sentent qu’on ne peut pas vivre avec l’idée du néant. Les êtres humains sont en quête ; ils sont religieux, et cela les pousse vers une rencontre avec le christianisme. »

    Un sondage d’opinion a montré que la majorité des catéchumènes français s’étaient intéressés à la religion à la suite d’une épreuve de la vie ou d’une forme de maladie, tandis que d’autres avaient vécu une expérience religieuse. D’autres encore se sont tournés vers l’Église après avoir fait l’expérience de la beauté. 

    Le père Daniel Steiner Ebert estime que ces tendances sont l’expression d’une rébellion qui trouve ses racines dans les expériences de vie des jeunes eux-mêmes.

    « Ils ont grandi auprès de parents laïques. Ils ont goûté au fruit de la laïcité et, à travers leur propre expérience, l’ont trouvé insatisfaisant. Ils appartiennent à une génération qui a été durement touchée par l’adversité. Combien d’entre eux n’ont pas été touchés par le divorce au sein de leur famille ? Nous vivons dans une société où les troubles mentaux et la santé mentale en général n’ont jamais été aussi mauvais, et la jeune génération en ressent les conséquences dans sa propre vie. »

    Il ajoute que les réponses apportées par les générations précédentes à ces problèmes ne fonctionnent pas.

    « Les êtres humains cherchent des réponses. Les générations précédentes ont donné de mauvaises réponses, issues de la dictature du relativisme, exprimées ainsi : c’est bien si c’est vrai pour toi ; ce n’est tout simplement pas vrai pour moi. C’est superficiel. »

    Une rupture avec le progressisme

    Selon le père Ebert, ce sont les jeunes hommes qui sont à l’origine de ce regain d’intérêt pour le christianisme, car le monde laïc a mené un programme d’endoctrinement remarquable ciblant les femmes. Une forme malsaine de féminisme a cherché à éradiquer les femmes et la féminité traditionnelle, et de nombreuses femmes ont été éblouies par cette idéologie et piégées par son influence, a déclaré le père Ebert.

    « C’est un féminisme toxique qui s’en prend également aux hommes. Il incite les femmes à se libérer des hommes, ce qui est tout à fait contraire à l’esprit chrétien. Dieu nous dit qu’il n’est pas bon pour l’être humain d’être seul. Mais les hommes sont laissés pour compte tandis que la société adhère à l’idée que les hommes sont des porcs stupides. »

    Lorsque la société s’en prend à la masculinité, de nombreux hommes se replient sur eux-mêmes et cherchent autre chose — malheureusement, parfois vers des formes extrêmes de masculinité, notamment sur Internet, incarnées par des influenceurs en ligne tels qu’Andrew Tate. Cependant, d’autres continuent à chercher et trouvent le christianisme, ajoute le prêtre.

    « Le christianisme implique un amour sacrificiel — se sacrifier pour les autres. C’est là que réside la véritable masculinité. »

    « C’est profondément ancré chez les hommes. Les femmes, bien sûr, font aussi des sacrifices, mais cela prend une forme différente. Les garçons adorent jouer aux gendarmes et aux voleurs ou aux soldats, où il s’agit de combattre le mal et de se sacrifier. Et c’est précisément ce vers quoi tend le christianisme : se sacrifier pour ce que l’on aime. »

    Dans les milieux catholiques, un débat a lieu sur le nombre d’hommes qui se sont détournés de l’Église parce qu’elle s’est féminisée, en particulier parmi les écrivains catholiques américains. Ebert se montre réceptif à cette analyse.

    « Le clergé a sans doute été influencé par la société laïque, et tous les prêtres n’ont pas eu le courage d’aller à contre-courant. Beaucoup ont davantage abordé des sujets qui ne prêtaient pas à controverse plutôt que ceux qui en suscitaient. Mais de plus en plus de prêtres de l’Église catholique commencent aujourd’hui à se rendre compte que cela ne fonctionne pas et qu’il faut dire les choses telles qu’elles sont et rester fidèle à l’Évangile. Pendant longtemps, on n’a pas osé parler de l’enfer, par exemple, alors même que c’est Jésus qui en parle le plus dans les Écritures. Jésus avait d’autres facettes que celle d’un homme doux et amoureux des fleurs. Cela a été ignoré – et c’est ainsi qu’une image incomplète du Seigneur a été prêchée –, mais peu à peu, un changement s’opère. »

    Ce changement intervient alors que de nombreux jeunes manifestent un intérêt accru pour des formes plus traditionnelles de christianisme. Les jeunes sont particulièrement attirés par le catholicisme et l’orthodoxie, car ces confessions exigent davantage des croyants sous la forme de sacrements et de jeûne, ce qui séduit ceux qui recherchent davantage de discipline. 

    De nombreux jeunes catholiques sont enthousiastes à l’égard de la messe selon la forme extraordinaire (la messe traditionnelle en latin ou messe tridentine), et le père Ebert n’en est pas surpris.

    « Cette tendance est liée à la beauté. On entend souvent dire que la beauté est relative, mais ce n’est pas vrai : elle est objective et reflète la beauté de Dieu. Personne ne contemple un coucher de soleil en se disant qu’il est affreux à regarder. La musique classique est universelle parce que la beauté est objective. Ainsi, lorsque les jeunes assistent à la messe traditionnelle, il s’agit pour eux de vivre un culte aussi parfait que possible – authentique et solennel – et de vouloir que la beauté fasse partie intégrante de la liturgie. Cela attire tout particulièrement une génération qui a grandi dans une société dépourvue de beauté. »

    La foi dans une société laïque

    L’intérêt croissant pour le christianisme se manifeste également au Danemark. Une enquête Verian, menée par le journal danois Berlingske Tidende en 2025, a établi qu’au moins 10 % des jeunes Danois âgés de 18 à 35 ans se rendent régulièrement à l’église. Ce n’est le cas que de 7 % des personnes âgées de 36 à 59 ans. Parallèlement, l’enquête montre que les jeunes constituent le groupe qui fréquente le plus régulièrement l’église. Selon l’enquête, 7 % des 18-35 ans déclarent aller régulièrement à l’église. En 2010, une enquête similaire avait révélé que seuls 3 % des Danois de cette tranche d’âge fréquentaient l’église. Le nombre de fidèles a donc plus que doublé.

    Le prêtre estime que l’intérêt n’est pas aussi fort que dans d’autres régions connaissant un renouveau discret, en partie à cause de la « loi de Jante », une norme scandinave qui encourage le conformisme. 

    « Au Danemark, il y a cette éternelle loi de Jante, une véritable dictature qui ne cesse de rabaisser les gens, et qui affecte la communauté religieuse. Cela signifie qu’il est encore dangereux de parler de foi au Danemark. Même si les jeunes générations en ont envie, il existe une culture, véhiculée par les générations plus âgées, selon laquelle la religion n’est pas quelque chose que l’on affiche en public. La société est en réalité quelque peu schizophrène, car nous avons une Église populaire qui est une Église d’État – et donc publique – mais qui ne doit pas l’être trop ouvertement. »

    Mais est-il important de s’exprimer publiquement ? L’ancien pasteur danois Morten Dahlin a déclaré que tant qu’on croit, peu importe qu’on fréquente régulièrement l’église.

    « Croire sans aller à l’église est contradictoire », affirme le père Ebert : 

    « Si vous êtes chrétien, vous l’êtes dans toutes vos actions, pas seulement en privé. Tout le monde est faible et sujet au péché, mais être chrétien, c’est se battre et lutter aux côtés du Seigneur et de Sa grâce. Le fait d’être chrétien ne devrait pas être un grand secret. Nos ancêtres ont maintes fois donné leur vie pour cela en tant que martyrs. Il est tout à fait anti-chrétien de penser que la foi relève exclusivement de la sphère privée. »

    La foi des jeunes chrétiens implique une rupture avec la culture, poursuit-il :

    « La culture danoise n’est plus une culture chrétienne, même si nous nous fondons sur des valeurs chrétiennes. Le Danemark est fortement influencé par le socialisme, et nous nous sommes éloignés du véritable christianisme pour tout confier à l’État. Cela crée une société froide où les gens n’aident pas leurs semblables, car cette tâche est laissée à l’État. C’est un système mort. »

    Le père Ebert ajoute que Jésus nous enseigne que chacun doit s’entraider ici et maintenant, et ne pas simplement laisser cette tâche à quelqu’un d’autre. Il poursuit :

    « Nous nous disons chrétiens, mais il y aurait un tollé si quelqu’un remettait en cause l’avortement. Ce n’est tout simplement pas un sujet de débat au Danemark, même si l’on compte aujourd’hui environ 15 000 avortements par an. Ce n’est en aucun cas un pays chrétien. De surcroît, nous sommes une société de consommation qui fait croire aux gens qu’ils ont droit à quelque chose simplement parce qu’ils le veulent. C’est un état d’esprit très différent de la culture chrétienne d’origine. »

    Ce renouveau discret tient en grande partie à la quête des jeunes, qui recherchent quelque chose de plus que ce qu’offre la culture actuelle. La question est toutefois de savoir si ce renouveau discret perdurera chez les jeunes qui ont trouvé la foi.

    « Le christianisme n’est pas une idée politique ; il ne s’ancrera donc durablement que s’ils ont fait l’expérience du Dieu vivant et compris que Jésus est véritablement ressuscité des morts et nous a sauvés — alors, je crois qu’il s’ancrera. »

    Aux jeunes hommes qui s’intéressent au christianisme et qui recherchent un sens à leur vie ainsi que des modèles plus positifs en dehors de la politique, le prêtre lance un appel mobilisateur :

    « Tournez-vous vers saint Joseph. Il incarne l’homme parfait — à l’exception de Jésus, bien sûr — et si l’homme moderne se laisse inspirer par Joseph, c’est là qu’il trouvera la voie pour sortir de la situation dans laquelle se trouve notre société aujourd’hui. Il entretenait une relation parfaite avec la Vierge Marie et sa famille. Ses priorités et sa volonté de sacrifice ont été déterminantes, et nous pouvons en tirer des enseignements. »

    Liv Klingert est une journaliste et chroniqueuse danoise spécialisée dans la culture, la religion et les idées. Elle a écrit pour des médias à travers toute l’Europe.

  • « L’Europe a besoin de missionnaires » : Un nouveau programme forme des responsables laïcs pour l’Église

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    De Martin Barillas pour EWTN News sur le CWR :

    « L’Europe a besoin de missionnaires » : Un nouveau programme forme des responsables laïcs pour l’Église

    21 juin 2026

    Des étudiants venus de toute l'Europe se préparent au service missionnaire grâce au Campus missionnaire européen qui allie formation spirituelle, vie communautaire et formation pratique au ministère.

    ANN ARBOR, Michigan — Niclas Eichmuller, 33 ans, a toujours ressenti l'appel du travail missionnaire, mais il désirait aussi fonder une famille. « European Mission Campus m'a montré comment concilier les deux », a-t-il confié à EWTN News.

     

    Le Campus de la Mission Européenne (EMC), basé à Vienne, en Autriche, s'inspire de la « vision de la vocation laïque, de la mission et de la sainteté » de saint Jean-Paul II, a déclaré le père Mark Thelen, originaire du Michigan, qui dirige ce projet en Europe.

    Dans une interview, Thelen a déclaré avoir emmené Eichmuller, 33 ans, et deux autres étudiants d'EMC aux États-Unis en décembre 2025 afin de leur faire découvrir les modèles américains d'évangélisation et de ministère laïc. Ils ont visité Renewal Ministries , Legatus , Encounter Ministries et la paroisse Christ the King dans le Michigan, ainsi que le camp d'été Damascus dans l'Ohio.

    « Ils ont été impressionnés par l'implication et le leadership des missionnaires laïcs. En Europe, le clergé est beaucoup plus présent, ce qui n'est pas un mal en soi, mais il n'est pas habitué à un tel leadership laïc », a déclaré Thelen.

    EMC, dirigée par Abby Randolph, également basée dans le Michigan, fait partie de Regnum Christi, un institut religieux clérical voué à imiter l'Église primitive et à former des individus animés par la mission, et à être une « fraternité vivante » pour renouveler l'Église par un soutien spirituel et humain aux missionnaires.

    « L’Europe a besoin de missionnaires », a déclaré Thelen lors d’une retraite en 2025. « Nous ne changerons pas l’Europe sans communauté, et nous ne pourrons nouer des relations enrichissantes sans une véritable communauté », a-t-il affirmé.

    L'EMC a été fondée en 2024 et a accueilli sa première promotion d'étudiants en septembre 2025. Cinq étudiants devraient la rejoindre d'ici la fin de l'année. L'enseignement est dispensé en ligne et en présentiel par des membres du clergé et des laïcs consacrés de la Légion du Christ, en collaboration avec le Centre Jean-Paul II de la Légion à Vienne.

    Les étudiants de l'EMC suivent une formation de trois ans au service missionnaire, que Thelen décrit comme un « MBA pastoral » destiné à les préparer au ministère laïc à plein temps. Les étudiants de l'EMC sont diplômés de l'université et ont pour la plupart moins de 30 ans.

    Anna Romero, une Espagnole de 24 ans, a confié à EWTN News qu'à l'âge de 8 ans, elle avait rejoint sa famille en mission sur le Chemin néocatéchuménal en Papouasie-Nouvelle-Guinée. À 18 ans, elle a ressenti un appel personnel du Christ à la conversion.

    « J’ai réalisé que je voulais faire plus de ma vie », se souvient-elle. « La vie ne se résume pas aux études et au travail. »

    Après avoir obtenu son diplôme universitaire, Romero a ressenti un appel. « J’ai décidé de consacrer ma vie à partager l’Évangile et ce que Dieu a fait pour moi », a-t-elle déclaré.

    L'an dernier, elle a intégré la première promotion d'EMC, dont le programme aborde des sujets allant des Écritures à la gestion du temps selon les principes de la foi. Un élément clé de ce programme est le « Renouveau de l'esprit », inspiré des enseignements de saint Jean-Paul II.

    Romero a déclaré que la formation EMC met l'accent sur « l'écoute de la voix de Dieu », le discernement de son plan et la réalisation de la vocation chrétienne en tant que « roi, prêtre et prophète », même en dehors de la vie ordonnée ou religieuse.

    Les participants aux EMC recherchent du soutien par le biais du « développement de partenariats missionnaires », qui consiste à constituer des équipes de coopérateurs engagés dans la prière et le soutien financier. La collecte de fonds et la dynamique de groupe font partie intégrante de la formation des EMC. Dans les pays européens, l'Église reçoit souvent des subventions publiques. Par conséquent, les missionnaires laïcs doivent généralement trouver leurs propres financements.

    Romero et les autres participants ont été impressionnés par la générosité des catholiques américains envers leurs paroisses et les missionnaires. À propos de ce voyage, elle a déclaré : « J’ai appris énormément de choses utiles. Il règne aux États-Unis un sentiment de confiance et de clarté quant à l’évangélisation. » Elle a constaté une foi plus vivante qu’en Espagne, où, « sans religieux, membres de l’Opus Dei ou du Chemin néocatéchuménal, la vie paroissiale est quasi inexistante ».

    « J’aimerais beaucoup lancer un programme en Espagne pour former les jeunes aux missions… Je veux éveiller un esprit missionnaire parmi les jeunes et tous les baptisés », a-t-elle déclaré.

    Nina Sole-Martino, 23 ans, étudiante à l'EMC, a reçu sa première formation missionnaire en tant que campeuse et membre du personnel au camp d'été de Damas à Centerburg, dans l'Ohio.

    « Je suis ouverte aux projets du Seigneur pour moi, et EMC m'aidera à discerner mon chemin », a-t-elle déclaré. Elle a ajouté vouloir « aligner sa pensée et celle des autres sur celle de Dieu ». Cela signifie, par exemple, « changer notre façon de parler aux autres et même à nous-mêmes ».

    Citant le verset 21 du chapitre 18 des Proverbes, elle a déclaré : « La vie et la mort sont au pouvoir de la langue. »

    Romero a déclaré que la vocation religieuse est un don pour l'Église, mais que l'Église a aussi besoin des laïcs.

    « Les laïcs du monde entier sont appelés à collaborer avec l’Église », a-t-elle déclaré. « Ils sont aussi une lumière pour le monde, en tant que familles et personnes seules. Certains laïcs, mais pas tous, sont appelés à être missionnaires à plein temps. Nous avons également besoin de personnes saintes qui sont médecins, enseignants et travailleurs. Les prêtres et les religieux souhaitent et ont besoin de leur soutien. »

  • Les cinquante ans de la Communauté Saint-Martin

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    De Cécile Séveirac sur Aleteia.org :

    La communauté Saint-Martin, cinquante ans de vie sacerdotale au service des diocèses

     
    18/06/26

    La communauté Saint-Martin célèbre en 2026 un demi-siècle de vie sacerdotale communautaire au service des diocèses. Entre formation exigeante, vie fraternelle et missions variées, elle continue d’attirer des vocations et de s’ancrer durablement dans le paysage ecclésial français.

    "Servir" : c'est ainsi que pourrait se résumer, en un mot, le charisme de la communauté Saint Martin, qui fête, en 2026, les 50 ans de sa création. Fondée en 1976, cette communauté de prêtres conserve aujourd’hui un élan missionnaire intact. Signe de cette fécondité : les 19 et 20 juin, 12 prêtres et 10 diacres seront ordonnés en la basilique Notre-Dame de l’Épine.

    La communauté Saint-Martin naît à l’initiative de l’abbé Jean-François Guérin (qui fait aujourd'hui l’objet d’une enquête ecclésiale portant sur sa gouvernance, ndlr*), qui rassemble un petit groupe de jeunes aspirants au sacerdoce désireux de vivre une formation exigeante, à la fois spirituelle, communautaire et intellectuelle. Dans le contexte du renouveau post-conciliaire, le projet se structure rapidement avec l’accueil des premiers membres à Voltri, près de Gênes, sous la protection du cardinal Siri, afin de former des prêtres diocésains vivant en communauté. Dès les années 1980, la communauté commence à recevoir des missions pastorales en France et se déploie progressivement dans plusieurs diocèses. Elle compte à ce jour 186 prêtres et 20 diacres, répartis dans 52 communautés locales (paroisses, sanctuaires et lieux d'éducation) et dans cinq pays différents : la France, l’Italie, Cuba, l’Allemagne et l’Autriche.

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    Lire également : Don Paul Préaux : “La vie communautaire est un trésor pour les prêtres”

  • Les jésuites quittent Liège...

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    Oui, c’est une page d’histoire qui se tourne à Liège.

    Les Jésuites quittent effectivement la Cité ardente en 2026, après plus de 456 ans de présence continue (depuis 1569 environ). La communauté de la rue Saint-Gilles fermera ses portes à la fin de l’année scolaire 2025-2026.

    • Les premiers Jésuites étaient arrivés peu après la fondation de la Compagnie (1540), avec des figures comme Pierre Canisius.
    • Ils fondèrent ou reprirent plusieurs établissements : le Collège en Isle (1582), le Collège des Anglais (1616), puis plus tard le Collège Saint-Servais (repris en 1838), le Collège Saint-Louis et l’Institut Gramme (début XXe siècle, aujourd’hui intégré à HELMo).
    • Leur rôle a été central dans l’éducation humaniste, la formation intellectuelle, la pastorale et l’engagement social à Liège pendant des siècles.

    Le départ s’inscrit dans une réorganisation plus large de la Province jésuite d’Europe occidentale francophone (EOF), liée au vieillissement des effectifs et à une baisse des vocations. Le dernier Jésuite en fonction au Collège Saint-Servais est parti à la retraite, scellant la décision.

    Les Jésuites ont incarné une tradition éducative exigeante (ratio studiorum), alliant rigueur intellectuelle, formation du caractère, discernement et ouverture au monde. Leur empreinte à Liège est profonde, et leur départ physique marque la fin d’une présence ininterrompue exceptionnelle.

    La perte d’une communauté religieuse résidente active (pastorale, accompagnement spirituel, animation intellectuelle) est bien réelle dans un contexte de sécularisation forte en Europe occidentale. Les Jésuites ont souvent été des « ponts » entre foi, culture et société ; leur retrait s’inscrit dans un mouvement plus large de déclin des ordres religieux en Belgique et en Europe.

    C’est une évolution triste pour ceux qui attachent de l’importance à cet héritage. Liège perd une part de son identité historique distinctive. La question plus large est celle de la transmission : comment préserver et actualiser cet esprit éducatif et spirituel sans les acteurs qui l’ont incarné pendant près de cinq siècles ?

    Même chose à Murcie : Le manque de vocations contraint les Jésuites à quitter Murcie après plus de 150 ans de présence

  • Les ordinations sacerdotales continuent de diminuer en Pologne

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    De Luke Coppen sur The Pillar :

    Les ordinations sacerdotales continuent de diminuer en Pologne

    Pour la première fois de ce siècle, le pays enregistrera moins de 200 ordinations sacerdotales cette année.

    Au total, 196 nouveaux prêtres devraient être ordonnés en Pologne cette année, poursuivant ainsi une baisse à long terme de leur nombre.

    L'agence d'information catholique polonaise KAI a rapporté que 130 des candidats seront des prêtres diocésains et 66 serviront au sein d'ordres religieux.

    On prévoit que 2025 sera la première année du XXIe siècle où la Pologne enregistrera moins de 200 ordinations sacerdotales. On en comptait 208 en 2025 et 235 en 2024.

    La baisse des ordinations sacerdotales devrait se faire sentir bien au-delà de la Pologne, car ce pays a traditionnellement fourni des prêtres à d'autres pays européens, tant à l'Est qu'à l'Ouest. La Pologne a également longtemps été une source importante de prêtres missionnaires pour l'Afrique, l'Amérique latine et l'Asie.

    Malgré le déclin continu du nombre de vocations sacerdotales, la Pologne demeure le pays européen qui enregistre le plus grand nombre de nouvelles vocations sacerdotales. En France, par exemple, on comptait 90 nouveaux prêtres en 2025, contre 25 en Allemagne .

    La Pologne a une population totale inférieure à celle de la France et de l'Allemagne, mais elle compte un plus grand nombre de catholiques baptisés et un taux de fréquentation de la messe nettement supérieur à celui de ces deux pays.

    Les nouveaux prêtres ordonnés en 2026 seront répartis de manière inégale entre les diocèses de Pologne. Tarnów, souvent décrit comme le diocèse le plus « religieux » du pays en raison de son taux de fréquentation des messes le plus élevé, comptera 14 ordinations en 2026, soit une de plus qu'en 2025.

    Les chiffres suivants les plus élevés se trouvent dans les deux diocèses de la capitale, Varsovie. Le diocèse de Varsovie-Praga, qui couvre l'est de la ville, comptera neuf nouveaux prêtres. L'archidiocèse de Varsovie, à l'ouest, en comptera huit, dont cinq ont étudié au séminaire Redemptoris Mater, rattaché au Chemin néocatéchuménal.

    L'archidiocèse de Cracovie, étroitement lié à saint Jean-Paul II et qui fut jadis un foyer de vocations, ne comptera que quatre nouveaux prêtres en 2026, contre sept en 2025 et treize en 2024.

    Selon KAI, le nombre de diocèses catholiques latins sans ordination est passé de six en 2025 à sept en 2026. Les trois éparchies gréco-catholiques de Pologne — qui ne desservent qu'une fraction de la population par rapport aux diocèses catholiques latins — n'ont accueilli aucun nouveau prêtre ni en 2025 ni en 2026.

    KAI a noté que certains diocèses n'auront pas d'ordinations cette année en raison d'un changement dans la formation au séminaire, qui dure désormais sept ans au lieu de six en raison de l'ajout d'une année propédeutique (préliminaire).

    En mai, l'Ordinariat militaire de Pologne a procédé à ses premières ordinations sacerdotales depuis 14 ans.

    Selon l'Annuarium Statisticum Ecclesiae in Polonia , un aperçu numérique annuel publié par l'Institut des statistiques de l'Église catholique, la quasi-totalité des 42 diocèses catholiques latins de Pologne ont connu une baisse du nombre de prêtres incardinés entre 2018 et 2024.

    Le nombre total de prêtres diocésains à l'échelle nationale a diminué de 6,4 %, passant de 24 876 à 23 274. La baisse la plus marquée a été enregistrée dans le diocèse de Łomża, dans le nord-est de la Pologne, où le nombre est passé de 588 à 512, soit une réduction de près de 13 %.

    Le cas le plus exceptionnel était celui de l'archidiocèse de Varsovie, où le nombre de prêtres est passé de 855 à 909, soit une augmentation de plus de 6 %.

    Commentant le déclin global et constant du nombre de prêtres, le père Jan Frąckowiak a déclaré à KAI que cela pouvait être considéré comme un retour à la normale pour l'Église en Pologne.

    « La baisse systématique du nombre de nouveaux prêtres ordonnés s'explique par le fait que nous sommes actuellement en phase de déclin par rapport au pic des vocations atteint dans les 1 060 ans d'histoire de l'Église en Pologne », a déclaré Frąckowiak, recteur d'un séminaire à Poznań et président de la Conférence des recteurs des grands séminaires diocésains et religieux du pays.

    « Jamais auparavant dans l’histoire nous n’avions eu plus de 40 diocèses, dont presque chacun possédait son propre séminaire – généralement très important – et, de surcroît, un séminaire complet. Cela ne s’est produit qu’une seule fois dans l’histoire, et il semble actuellement que nous revenions à la norme historique. »

    Évoquant les causes de ce déclin, il a déclaré : « Je citerais par exemple le déclin démographique, la diminution de la proportion de croyants et de catholiques pratiquants dans la société, et la moindre capacité des jeunes générations à prendre des engagements définitifs. »

    Le taux de fécondité en Pologne a atteint un nouveau plancher de 1,068 en 2025, bien en dessous du seuil de remplacement de 2,1. L'agence statistique nationale du pays prévoit que la population pourrait passer d'environ 37,3 millions actuellement à 29,4 millions d'ici 2060, soit une baisse de plus de 20 % au cours des 35 prochaines années.

     
  • Notre culture a oublié qu'un enfant est un don de Dieu

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    De Donald De Marco sur le NCR :

    Notre culture a oublié qu'un enfant est un don de Dieu

    COMMENTAIRE : C’est un paradoxe de la nature humaine que de sous-estimer ce qui est inestimable et de surestimer ce qui ne vaut rien.

    Carl Bloch (1834-1890), « Le Christ avec les enfants »
    Carl Bloch (1834-1890), « Le Christ avec les enfants » (photo : Domaine public)

    Dans la société nord-américaine actuelle, peu de choses suscitent autant de crainte que la perspective d'avoir un enfant. Aux États-Unis et au Canada, les taux de natalité sont inférieurs au seuil de renouvellement des générations, et le taux d'avortement ne cesse d'augmenter. (... mais ce n'est pas différent en Europe ndB). L'enfant, innocent, est perçu comme un obstacle majeur à la réussite matérielle et à une vie confortable. 

    En revanche, l’Écriture sainte présente l’enfant comme un don précieux de Dieu. Jésus a dit à ses disciples : « Laissez venir à moi les petits enfants » (Matthieu 19, 14). En bénissant les enfants, il a insisté sur leur humilité, affirmant qu’il faut leur ressembler pour entrer dans le royaume des cieux (Matthieu 18, 2-4). 

    Par conséquent, nous lisons dans 3 Jean 1:4 : « Je n’ai pas de plus grande joie que d’apprendre que mes enfants marchent dans la vérité. » 

    Les enfants sont considérés comme une source de joie immense et un modèle d'humilité pour tous. Le châtiment réservé à ceux qui nuisent spirituellement à un enfant est des plus sévères : « Si quelqu’un fait tomber dans le péché un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on lui attache une meule de moulin autour du cou et qu’on le jette au fond de la mer » (Matthieu 18,6).

    Dans le monde contemporain, on oublie souvent que les enfants sont une bénédiction. Il faut peut-être faire preuve d'humilité pour saisir toute l'importance que l'humilité d'un enfant apporte au monde. 

    Saint John Henry Newman, qui n'était nullement naïf au sujet des enfants, nous a offert des aperçus précieux sur l'enfance, prouvant qu'il n'est pas nécessaire d'être parent pour observer les qualités particulières de l'enfant. Il notait « la simplicité des manières et des idées de l'enfant, sa propension à croire tout ce qu'on lui dit, son amour innocent, sa confiance sincère, son aveu d'impuissance, son ignorance du mal, son incapacité à dissimuler ses pensées, son contentement, son oubli rapide des soucis, son admiration sans convoitise ; et, surtout, son esprit respectueux, qui voit en tout ce qui l'entoure une merveille, comme autant de signes de l'Invisible, autant de preuves qu'il est… un visiteur dans un état supérieur ».

    En observant l'enfant ainsi, nous prenons conscience de combien nous avons besoin, dans nos propres vies, des qualités qu'il possède. L'enfant suscite notre sourire et notre admiration. Il nous donne envie de l'enlacer. En l'enlaçant, nous accueillons tout ce qu'il est. Nous pouvons nous demander, à l'instar de Platon, si les enfants ne viennent pas d'un monde meilleur pour nous apporter un message important que nous avons presque oublié. William Wordsworth suggérait, comme Platon, que les enfants viennent effectivement d'un monde supérieur, « non pas dans un oubli total, ni dans une nudité absolue, mais traînant derrière eux des nuages ​​de gloire venant de Dieu qui est notre demeure ».

    Nous avons perdu la capacité de voir que tout dans le monde est « revêtu de lumière céleste ». L'enfant nous ressource, nous rajeunit et nous reconnecte à nos racines. L'enfant, en un mot, nous humanise. L'importance de l'enfant se mesure à la gravité de sa disparition.

    Trois semaines avant l'investiture de Franklin Pierce à la présidence, lui et sa femme perdirent leur fils unique, Benny, âgé de 11 ans, dans un terrible accident de train. Le chagrin qu'ils ressentirent fut dévastateur. Il submergea la Maison-Blanche et compromit profondément l'efficacité de Pierce en tant que 14e président des États-Unis. L'histoire nous apprend que l'alcoolisme virulent de Franklin Pierce était lié à la perte de ses trois fils durant leur enfance. Perdre un enfant, c'est subir une amputation.

    C'est un paradoxe de la nature humaine que de sous-estimer ce qui est inestimable et de surestimer ce qui ne l'est pas. Les gens ignorent ce qu'ils ont perdu en ayant recours à l'avortement. De même, ils ignorent ce qu'ils ont perdu en reniant Dieu.

    La comparaison faite par Newman entre l'enfant et « un visiteur dans un état supérieur » est tout à fait pertinente. Il est remarquable qu'un enfant, si jeune et si peu expérimenté, puisse, d'une manière mystérieuse, être plus sage que les parents qui l'accueillent dans leur vie. Ces derniers s'émerveillent de sa gentillesse et de sa générosité. Ils finissent par croire que sa prodigalité ne peut s'expliquer que par le fait qu'il soit un don de Dieu. 

    « Le ciel nous entoure dès notre plus jeune âge. » Nous vieillissons trop vite et avons besoin d'un enfant pour retrouver la vision que nous avons perdue. « Un enfant est un rayon de soleil », disait le prédicateur américain Lyman Abbott, « venu de l'Infini et de l'Éternel, porteur de vertus et de vices, mais encore pur. » Don de Dieu, un enfant nous ramène à Lui.

    L'idée qu'un nouveau-né est un don de Dieu se reflète dans les prénoms donnés aux enfants. Il en existe des centaines, répartis dans de nombreuses langues. Citons par exemple Dorothy, Theodora, Eudora et Thea (grecs) ; Abisai, Addai et Zebedee (hébreu) ; Donato (latin) ; Dorek (polonais) ; Fedyenka et Fyodor (russe) ; Maceo (espagnol) ; Hanni (finnois) ; Jarshika (tamoul) ; Siobhán (irlandais) ; Tanaquil (étrusque) ; Itzae (maya) ; et Bogdan et Todor (slave).

    Ces noms, à travers le monde et au fil de l'histoire, témoignent de l'intuition humaine selon laquelle un enfant est, en effet, un don de Dieu.

  • Le pape Léon XIV aborde des questions difficiles sur l'égoïsme, le suicide et le pardon

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    Le pape Léon XIV aborde des questions difficiles sur l'égoïsme, le suicide et le pardon

    Lors d'une veillée organisée au stade olympique de Barcelone, le pape a répondu à plusieurs questions directes, profondes et poignantes posées par des jeunes.

    Désirée a vécu une tragédie familiale qui l'a amenée à se demander où était Dieu et comment pardonner.
    Désirée a vécu un drame familial qui l'a amenée à se demander où était Dieu et comment pardonner. (photo : Vatican Media)

    Mardi soir à Barcelone, le pape Léon XIV a répondu aux préoccupations de trois jeunes gens qui ont partagé leurs difficultés personnelles dans un dialogue poignant empreint de sincérité, de douleur et d'espoir.

    Lors de la veillée organisée au stade olympique de la ville — le quatrième jour de son voyage apostolique en Espagne — le pontife a répondu à des questions directes, profondes et poignantes avec la voix d'un berger, une sensibilité humaine et des moments d'une intensité bouleversante.

    Découvrir sa vocation dans une société égoïste

    Ferrán, baptisé à Pâques dernier, a demandé au pape Léon XIV des conseils sur la manière de garder les yeux levés vers le ciel afin de découvrir sa vocation, « alors que la société nous pousse à regarder constamment le sol ou seulement nous-mêmes ».

    Ferrán a interrogé Léon XIV sur la recherche d'une vocation dans une société égocentrique. | Crédit : Vatican Media

    Ferrán a interrogé Léon XIV sur la recherche d'une vocation dans une société égocentrique. | Crédit : Vatican Media

    Léon XIV a souligné que « de nombreux jeunes et adultes redécouvrent la foi chrétienne » et a noté que « notre désir de vérité et de bonheur exige un horizon plus large. Et cette soif d’infini est un don que Dieu lui-même nous a fait : nous sommes faits pour l’infini. »

    Leo XIV a proposé deux idées : il est nécessaire de cultiver cette saine agitation, et de le faire dans le cadre de sa propre situation particulière.

    Concernant le premier point, il a averti que « l’idolâtrie du profit et de la performance, la volonté de produire constamment et de toujours être au sommet, ainsi que le culte de sa propre image, ne sont rien de plus que des anesthésiants » qui engourdissent la conscience.

    C’est pourquoi, a-t-il ajouté, ceux qui se laissent éclairer par l’Évangile « développent aussi un regard critique sur un système social qui ne place pas la personne au centre et qui engendre des situations d’injustice et de précarité existentielle à différents niveaux ». Cette capacité critique signifie que « l’inquiétude – ainsi que la découverte de soi, de sa spiritualité, et plus encore de l’Évangile – peut être effrayante », a-t-il ajouté.

    Deuxièmement, le Pape a exhorté chacun à « cultiver cette soif de spiritualité et à lui faire une place » dans sa propre réalité concrète — en créant des moments de silence, en lisant l’Évangile quotidiennement, en parlant à Dieu et en « essayant de parcourir ce chemin intérieur aux côtés d’autres personnes, en nous laissant accompagner dans des voyages ecclésiaux et en dialoguant avec des prêtres, des religieux et des personnes qui, comme nous, se sont engagés sur ce chemin ».

    Dieu n'abandonne ni ne désire la souffrance humaine

    La deuxième question venait de Carmina, une enseignante du secondaire qui a décrit comment la dépression l'avait amenée à considérer « l'idée de disparaître » comme sa seule issue : « Un vendredi soir, j'ai perdu la bataille et j'ai tenté de mettre fin à mes jours. » Pourtant, a-t-elle poursuivi, « Dieu m'a donné une seconde chance. »

    S’appuyant sur cette expérience vécue, elle a demandé — dans le silence profond des personnes présentes : « Où pouvons-nous voir Dieu lorsque les ténèbres sont absolues et que nous ne pouvons plus continuer ? Comment pouvons-nous avoir confiance en Dieu quand il semble que rien — pas même soi-même — ne vaille quoi que ce soit ? »

    Carmina est ici représentée dans les bras du pape Léon XIV après avoir évoqué avec lui son combat contre la dépression et les pensées suicidaires. | Crédit : Vatican Media

    Carmina est ici représentée dans les bras du pape Léon XIV après avoir évoqué avec lui son combat contre la dépression et les pensées suicidaires. | Crédit : Vatican Media

    Après une pause, Léon XIV répondit en exprimant sa gratitude pour l'effort déployé pour partager une expérience d'une telle ampleur : « Vous vous êtes relevés et avez repris votre chemin, et c'est un merveilleux miracle que nous voyons chez de nombreuses figures de l'Évangile. »

    Le pape a souligné la nécessité de « prendre conscience de la manière dont la santé mentale est de plus en plus menacée au sein des sociétés considérées comme avancées » — un fait qui signale « quelque chose de profondément anormal » en elles, soumettant les individus « à des pressions, des attentes et des tensions qui compromettent des formes fondamentales d’équilibre ».

    Léon XIV s'est ensuite intéressé aux « heures de ténèbres, d'angoisse et de douleur que Jésus a vécues à l'approche de sa mort », affirmant qu'« il ne s'agit pas simplement d'une souffrance personnelle » ; le Fils de Dieu prend sur lui, dans sa propre chair, toute l'angoisse, la douleur et la souffrance de l'humanité.

    « La croix de Jésus nous dit que Dieu ne nous abandonne pas », a poursuivi le Saint-Père, soulignant qu’« il demeure crucifié avec nous dans les moments de douleur et d’extrême solitude ». 

    « Lorsque Dieu semble absent, nous devons une fois de plus lui confier les fardeaux que nous portons dans nos cœurs, et même crier vers lui », a-t-il ajouté.

    Il a également recommandé de « s’ouvrir à quelqu’un qui puisse nous aider à formuler une simple prière, qui puisse nous accompagner discrètement – ​​sans se précipiter pour expliquer cette douleur – et qui puisse nous prendre par la main et nous aider à dépasser ce cri. »

    À propos de cette expérience, il a mis en garde contre la tentation de « spiritualiser la douleur » en la réduisant superficiellement à la « volonté de Dieu », car cela risque de minimiser et de faire taire la souffrance. « Dieu ne désire pas la souffrance ; il la supporte avec nous et nous invite à lui faire confiance avec persévérance », a-t-il déclaré.

    Comment puis-je pardonner à mon père et me réconcilier avec Dieu ?

    La troisième jeune personne à s'adresser au pape Léon XIV était Désirée, qui a raconté comment son père avait tenté de tuer sa mère — un événement qui a poussé sa mère dans la toxicomanie et a conduit Désirée dans un centre de détention pour mineurs, où elle s'est progressivement ouverte à la foi et a été baptisée.

    Son récit a ému aux larmes les personnes présentes ; elles l'ont interrompu à plusieurs reprises par des applaudissements témoignant de leur affection et de leur soutien.

    Durant son adolescence, elle s'était rebellée contre Dieu. Aujourd'hui, forte d'une foi renouvelée après une retraite, elle lui demande : « Où étais-tu quand j'étais enfant ? » Elle a posé deux questions au pape : Comment pardonner à mon père ? Comment me réconcilier véritablement avec Dieu ?

    Le pape a reformulé la première question, nous encourageant à nous interroger sur la façon dont nous, en tant qu’êtres humains, devenons « prisonniers du mal, au point d’être violents envers les autres » et « manquons à notre devoir de cultiver l’amour » tout en respectant la dignité et la liberté d’autrui.

    Après avoir condamné « un climat délétère au sein des relations familiales – caractérisé par les abus, l’oppression et, en particulier, les violences faites aux femmes » –, le pape a souligné que « nous ne pouvons imputer à Dieu ce qui a été confié à notre propre responsabilité ».

    Il a ainsi rappelé que Dieu a doté les êtres humains d'intelligence, de volonté, de conscience et de dignité, et a souligné que Dieu est, avant tout, « venu à notre rencontre pour nous montrer — en son Fils, Jésus-Christ — le chemin à suivre », en plus de nous avoir fait don du Saint-Esprit.

    Par conséquent, affirmait-il, ces questions doivent être adressées « à nous-mêmes, à la dynamique de notre société, à la culture de l’individualisme et à la tentation de la violence – et non à Dieu ».

    Concernant le pardon, le pape a souligné qu'il s'inscrit dans un cheminement. Il a averti que si l'on lit l'Évangile « comme un livre d'instructions, de commandements et de devoirs », on risque de « s'infliger un grand découragement et une grande frustration » en découvrant notre incapacité à pardonner comme le Seigneur nous y invite.

    Il a ajouté que « nous devons, avant tout, demander pardon au Seigneur » afin qu’il puisse « élargir en nous l’espace de l’amour précisément là où nous avons été blessés » et ainsi, progressivement, « transformer le ressentiment en miséricorde et en compassion ».

    « Il ne faut pas se décourager : le pardon se fait par petits pas », car c’est un processus graduel qui ne signifie pas toujours un retour à la situation antérieure « ni une relation pleine et entière avec ceux qui nous ont blessés, surtout lorsque l’incident a impliqué de la violence. »

    Il a toutefois fait remarquer qu’il est possible « de garder une bonne attitude envers la personne, de rejeter toute forme de haine ou de vengeance, de s’efforcer d’améliorer la relation autant que possible, et peut-être de prier pour elle ou lui ».