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Jeunes

  • La France à nouveau catholique dans 45 ans ?

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    La France redeviendra-t-elle catholique dans 45 ans ?
    Quand une association musulmane s’inquiète du renouveau catholique

    Fin septembre 2026, alors que le pape Léon XIV terminait sa visite en France, une association musulmane française a provoqué un certain étonnement dans les milieux catholiques. Sur son compte X, Miséricorde pour l’Humanité France a publié un message sans ambiguïté :

    « Dans 45 ans, la France redeviendra catholique et nous n’aurons plus que nos yeux pour pleurer. »

    Ce post, et plusieurs autres publiés autour du 25-26 septembre, ont été repris notamment par le site catholique germanophone kath.net, puis par d’autres médias confessionnels.

    Qui se cache derrière ces déclarations ?

    Miséricorde pour l’Humanité France est une association loi 1901 créée en 2013. Elle se définit comme une organisation d’apologétique islamique dont le but est de « transmettre le message de l’islam » aux non-musulmans, en particulier aux catholiques traditionalistes. Elle refuse les dons des non-musulmans et se présente comme un adversaire théologique respectueux, mais déterminé, du catholicisme.

    Son compte X (@MisericordeF) et sa chaîne YouTube (plus de 100 000 abonnés) sont animés par une personne qui étudie de près le magistère catholique et qui multiplie les analyses stratégiques sur les relations entre islam et catholicisme en Occident.

    Que dit exactement l’association ?

    Face à l’affluence lors des événements du pape (notamment les 80 000 jeunes au Stade de France et la messe en plein air à Paris), l’association dresse un constat amer :

    • Les catholiques, en particulier les Américains, sont mieux organisés, mieux financés et plus déterminés que les musulmans.
    • Depuis les années 1990, l’islam a bénéficié d’une sorte d’« hégémonie spirituelle » en Europe occidentale, faute d’adversaire religieux sérieux (le catholicisme étant alors considéré comme un « catholicisme zombie »).
    • Cette période est en train de se terminer. Les catholiques ont construit une infrastructure missionnaire solide, notamment en direction des musulmans, et dépensent bien plus que les musulmans en apologétique.
    • Les élites musulmanes sont accusées de triomphalisme et de sous-investissement.

    L’auteur des messages se dit « bon joueur » : il reconnaît la force organisationnelle du catholicisme international tout en regrettant que les musulmans n’aient pas su anticiper ce retour.

    Contexte français

    Ces déclarations interviennent dans un moment particulier. Depuis plusieurs années, la France enregistre une hausse significative des baptêmes d’adultes et d’adolescents. En 2026, plus de 21 000 personnes (adultes et jeunes) se sont fait baptiser à Pâques, un chiffre en forte progression. Les grands rassemblements autour du pape ont également montré une présence catholique visible, notamment chez les jeunes.

    Cela ne signifie pas pour autant que le catholicisme redevient majoritaire. La pratique religieuse et les baptêmes d’enfants continuent de baisser fortement depuis des décennies. La prédiction « dans 45 ans » reste donc une interprétation et non une projection démographique.

  • Des centaines d'enfants se joignent au pape Léon XIV pour prier le chapelet pour la paix dans les jardins du Vatican.

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    De Courtney Mares sur OSV :

    Des centaines d'enfants se joignent au pape Léon XIV pour prier le chapelet pour la paix dans les jardins du Vatican.

    Le pape Léon XIV sourit, entouré de centaines d'enfants, tandis qu'il récite le chapelet pour la paix dans la grotte de Lourdes, au cœur des jardins du Vatican, le soir du 1er octobre 2026, mois consacré à la prière du chapelet. (Photo OSV News/Matteo Pernaselci, Vatican Media)

    CITÉ DU VATICAN (OSV News) —  Le pape Léon XIV a récité le chapelet avec des centaines d'enfants et leurs familles à la grotte de Lourdes, dans les jardins du Vatican, le 1er octobre, après avoir invité les catholiques à prier le chapelet tout au long du mois d'octobre pour la paix dans le monde. 

    « Ce soir et dans les jours à venir, nous ne sommes pas seuls dans la prière. Partout dans le monde, un million d’enfants prient avec nous », a déclaré le pape Léon XIV aux enfants. 

    « Un million ! Imaginez : 50 millions de "Je vous salue Marie" s'élevant vers le ciel depuis les quatre coins du monde et dans toutes les langues, demandant la paix et se rassemblant comme dans un seul et immense chapelet, pour embrasser et unir tous les continents, toutes les races et toutes les nations de la planète », a-t-il déclaré.

    La prière avec le pape au coucher du soleil sur les jardins du Vatican s'inscrivait dans le cadre de l' initiative « Un million d'enfants priant le Rosaire », organisée par l'Aide à l'Église en Détresse, une fondation pontificale qui soutient les chrétiens persécutés et souffrants à travers le monde.

    Une campagne de prière d'une semaine cette année

    Pour la première fois, la campagne 2026 se déroule sur une semaine entière, du 1er au 7 octobre, permettant aux diocèses, paroisses, écoles, communautés et familles du monde entier de choisir une journée adaptée à leur contexte pastoral, tout en s'unissant dans la prière pour la paix et l'unité. La campagne se conclura le 7 octobre, fête de Notre-Dame du Rosaire.

    Le pape Léon est arrivé dans les jardins du Vatican en chantant l'hymne « Jésus-Christ, tu es ma vie » avec les enfants et la foule rassemblée pour la prière. 

    Le pape Léon XIV, entouré de centaines d'enfants, récite le chapelet pour la paix dans la grotte de Lourdes, au cœur des jardins du Vatican, le soir du 1er octobre 2026, mois consacré à la prière du chapelet. (Photo OSV News/Matteo Pernaselci, Vatican Media)
    Le pape Léon XIV, entouré de centaines d'enfants, récite le chapelet pour la paix dans la grotte de Lourdes, au cœur des jardins du Vatican, le soir du 1er octobre 2026, mois consacré à la prière du chapelet. (Photo OSV News/Matteo Pernaselci, Vatican Media)

    « Ce soir, nous sommes réunis pour être avec les deux personnes qui nous aiment plus que quiconque. Savez-vous qui elles sont ? » a demandé le pape. « Le Seigneur Jésus et sa mère Marie, qui ne nous abandonnent jamais et qui sont toujours proches de nous. »

    Au début de la veillée de prière, le pape était accompagné d'un enfant lorsqu'il a apporté un bouquet de fleurs à l'autel de la grotte de Lourdes.

    Ce rassemblement a eu lieu quelques jours seulement après la visite du pape Léon XIV à la grotte mariale originale de Lourdes, en France, où la Vierge Marie serait apparue 18 fois à sainte Bernadette Soubirous en 1858. La grotte de Lourdes située dans les jardins du Vatican date du pape Léon XIII, qui décida vers la fin de sa vie d'y installer une réplique. Elle fut solennellement inaugurée en 1905 par son successeur, le pape Pie X.

    Tandis que le pape s'adressait avec enthousiasme aux enfants et à leurs familles, un jeune enfant traversa en courant les jardins devant lui.

    Le pape Léon a invité les enfants à crier : « Je t’aime, Jésus » et « Je t’aime, Marie ».

    Je prie pour la paix dans le monde entier.

    « Oui, nous vous aimons, Jésus et Marie, et ce soir nous vous demandons un don particulier : la paix pour tous les enfants du monde, surtout pour ceux qui vivent dans des zones déchirées par la guerre, dans tant de pays à travers le monde », a déclaré le pape. « Nous le faisons par la prière du Saint Rosaire, une prière simple que chacun peut réciter. »

    Avant de commencer le chapelet, le pape a expliqué que les enfants allaient méditer sur cinq moments de la vie de Jésus, correspondant aux Mystères Lumineux du rosaire : son baptême dans le Jourdain, les noces de Cana, la proclamation du royaume de Dieu, la Transfiguration et l’institution de l’Eucharistie lors de la Cène.

    « Ce sont des moments où il nous a fait de merveilleux cadeaux que nous ne devons jamais oublier, et pour cela nous voulons le remercier », a-t-il ajouté.

    Les enfants ont récité le « Je vous salue Marie » en plusieurs langues, dont l'italien, l'arabe, l'ourdou, l'allemand et l'espagnol, offrant des dizaines de chapelets pour la paix en Syrie, au Liban, au Soudan du Sud, à Cuba, au Venezuela et dans d'autres pays. 

    Un jeune homme récite un mystère du rosaire tandis que le pape Léon XIV et des centaines d'enfants prient le rosaire pour la paix dans la grotte de Lourdes, au cœur des jardins du Vatican, le soir du 1er octobre 2026, mois consacré à la prière du rosaire. (Photo OSV News/Simone Risoluti, Vatican Media)
    Un jeune homme prie tandis que le pape Léon XIV et des centaines d'enfants récitent le chapelet pour la paix dans la grotte de Lourdes, au cœur des jardins du Vatican, le soir du 1er octobre 2026, mois consacré à la prière du chapelet. (Photo OSV News/Simone Risoluti, Vatican Media)

    L’initiative « Un million d’enfants priant le Rosaire » a débuté au Venezuela en 2005 et s’est depuis transformée en un mouvement de prière mondial impliquant des enfants, des familles, des paroisses, des écoles et des groupes religieux à travers le monde.

    La campagne s'inspire des paroles attribuées à saint Pio de Pietrelcina, plus connu sous le nom de Padre Pio : « Quand un million d'enfants prieront le Rosaire, le monde changera. »

    En 2026, la campagne s’inspire également du message de Notre-Dame de Fatima : « À la fin, mon Cœur Immaculé triomphera. »

    Des enfants prient pour les régions touchées par les conflits et la pauvreté.

    Des enfants de communautés du monde entier participent à cette initiative, y compris dans des régions touchées par la guerre, la pauvreté et l'instabilité politique.

    Au Soudan, où un conflit en cours a causé des souffrances généralisées, le père Franck Mandozi, de la région pastorale de Kosti, a confirmé que des enfants de plusieurs paroisses et écoles participeraient à l'événement.

    En Amazonie bolivienne, sœur Patricia Alejandra Botello López a déclaré que les enfants d'une communauté indigène Tsimané récitaient déjà le chapelet en tsimané et en espagnol.

    Au Zimbabwe, les enfants de la paroisse Saint-Christophe de l'archidiocèse de Bulawayo doivent se rassembler le 4 octobre. Dans les semaines suivantes, le curé de la paroisse, le père Charles Mafurutu, prévoit également de visiter des communautés isolées et des centres de messe sur l'ensemble du territoire paroissial.

    La prière dans les jardins du Vatican a donné le coup d'envoi du mois d'octobre, que l'Église consacre à la prière du Saint Rosaire.

    Le pape Léon XIV reçoit des fleurs d'un enfant, entouré de centaines d'autres enfants, pour prier le chapelet pour la paix dans la grotte de Lourdes, au cœur des jardins du Vatican, le soir du 1er octobre 2026, mois dédié à la prière du chapelet. À sa gauche, le cardinal Kurt Koch, préfet du Dicastère pour le service de l'unité des chrétiens. (Photo OSV News/Simone Risoluti, Vatican Media)
    Le pape Léon XIV reçoit des fleurs d'un enfant, entouré de centaines d'autres enfants venus prier le chapelet pour la paix dans la grotte de Lourdes, au cœur des jardins du Vatican, le soir du 1er octobre 2026, mois dédié à la prière du chapelet. À sa gauche, le cardinal Kurt Koch, préfet du Dicastère pour le service de l'unité des chrétiens. Le bouquet de fleurs a été déposé sur l'autel de la grotte de Lourdes. (Photo OSV News/Simone Risoluti, Vatican Media)

    Lors de son allocution de l'Angélus à Lourdes quelques jours plus tôt, le pape Léon XIV avait invité les catholiques du monde entier à prier le chapelet tout au long du mois d'octobre pour la fin des guerres et la paix entre les nations.

    « J’invite tous les fidèles et toutes les communautés chrétiennes à prier le saint rosaire tout au long du mois d’octobre à venir, avec l’intention particulière que les guerres cessent et que la paix soit établie entre les peuples en conflit », a-t-il déclaré.

    « Accompagnons cette prière d’actes concrets de pénitence et de miséricorde, en nous engageant toujours à favoriser le dialogue et la réconciliation », a-t-il ajouté.

    S'adressant aux enfants dans les jardins du Vatican, le pape Léon XIV a souligné que la prière devait être accompagnée d'actes de charité.

    « Les prières doivent toujours être accompagnées de bonnes actions et d'actes d'amour. C'est ainsi que la paix se développe ! », a-t-il déclaré.

     Courtney Mares est rédactrice pour OSV News, en charge du Vatican. Suivez-la sur X @catholicourtney .

  • 1-7 octobre : Un million d’enfants prient le chapelet

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    1-7 octobre : Un million d’enfants prient le chapelet

    1-7 octobre : Un million d’enfants prient le chapelet

    Chaque année en octobre, Aide à l’Église en Détresse organise la campagne de prière mondiale « Un million d’enfants prient le chapelet » pour la paix dans le monde. Cette campagne se déroule du jeudi 1er octobre au mercredi 7 octobre 2026, fête de Notre-Dame du Rosaire.

    Nous invitons les familles, les paroisses et les écoles de notre pays à organiser un temps de prière entre le 1er et le 7 octobre. Ainsi, nous espérons toucher le plus grand nombre d’enfants possible, où qu’ils soient.

    Si vous nous communiquez via notre site web le nombre d’enfants qui prient, nous espérons atteindre officiellement le million d’enfants priants.

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  • Léon XIV en France : un succès que la presse n'a pu réduire à un simple événement médiatique

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    Léon XIV en France : un succès que la presse n'a pu réduire à un simple événement médiatique

    Il y a, au terme de la visite de Léon XIV en France, un fait que la diversité des sensibilités journalistiques rend difficilement contestable : le voyage a été un succès. Ce qui divise davantage les commentateurs, ce n'est donc plus tellement le constat, mais sa signification. S'agit-il d'un extraordinaire succès populaire sans lendemain ? D'un révélateur des mutations du catholicisme français ? Ou d'un véritable moment de renaissance religieuse ?

    Les quatre jours de voyage ont fourni des images difficilement compatibles avec le portrait d'un catholicisme français réduit à une institution vieillissante et marginalisée : des centaines de milliers de personnes à Paris, une foule considérable à Lourdes, des dizaines de milliers de jeunes au Stade de France et une mobilisation importante à Metz. Au total, plus de 1,3 million de personnes ont participé aux différents rendez-vous du pape. Le Monde lui-même souligne l'ampleur de cette mobilisation et le caractère très large de l'audience rencontrée par Léon XIV.

    Même les plus prudents reconnaissent la réussite

    La presse généraliste demeure toutefois prudente lorsqu'il s'agit de parler de « renaissance ».

    Le Monde avait, avant même l'arrivée du pape, consacré un article au « regain de dynamisme du catholicisme » en France. Le quotidien relevait notamment les 21 386 baptêmes d'adultes et d'adolescents célébrés à Pâques 2026, en hausse sur un an. Mais il rappelait simultanément que cette progression ne suffit pas à inverser les tendances lourdes de la sécularisation et du vieillissement de la population pratiquante.

    Après le voyage, le journal a surtout insisté sur le caractère « calme et rassembleur » de Léon XIV et sur sa capacité à parler au-delà du cercle des catholiques. Sa visite aurait ainsi joué, selon Le Monde, le rôle d'un miroir des aspirations françaises à davantage de paix, de fraternité et de sens dans un contexte politique fragmenté.

    Le Parisien adopte une prudence comparable. Il reconnaît la « ferveur » et la « liesse » qui ont accompagné le pape, mais pose immédiatement la question de savoir si cette « Léonmania » débouchera réellement sur un regain durable de foi.

    Autrement dit, pour cette partie de la presse, le succès de l'événement est acquis ; son interprétation religieuse reste à démontrer.

    Le Stade de France, image impossible à contourner

    Mais il existe un élément qui a singulièrement compliqué les grilles de lecture habituelles : la jeunesse.

    Au Stade de France, 80 000 jeunes ont participé à une veillée avec le pape. Le phénomène est suffisamment spectaculaire pour que même Le Monde parle d'un accueil de Léon XIV « comme une rock star ».

    Cette jeunesse n'est d'ailleurs pas un épiphénomène isolé. L'augmentation des baptêmes d'adolescents et de jeunes adultes constitue depuis plusieurs années l'un des phénomènes les plus remarqués du catholicisme français. Avant le voyage, Le Monde parlait lui-même d'une Église de France devenue une « terre de reconquête ».

    Il serait évidemment excessif d'en conclure que la France serait redevenue catholique. Mais il est désormais tout aussi difficile de soutenir que le catholicisme serait simplement en train de disparaître sans laisser derrière lui de nouvelles formes de vitalité.

    Les images du Stade de France ont précisément rendu visible cette contradiction.

    Le Figaro : un phénomène qui dépasse le simple cadre religieux

    Dans Le Figaro, la lecture est plus volontiers culturelle et civilisationnelle.

    Le journal insiste sur la ferveur, les jeunes, l'histoire chrétienne de la France et la capacité du pape à toucher une population qui ne se réduit pas aux pratiquants réguliers.

    Le déplacement de Léon XIV apparaît ainsi comme un événement révélateur d'une réalité française plus profonde : la sécularisation n'a pas nécessairement effacé l'intérêt pour le christianisme, ni la demande de sens, de transcendance et de repères.

    Cette lecture ne signifie pas que Le Figaro transforme le voyage en « reconquête catholique ». Elle conduit plutôt à constater que le récit d'une France définitivement indifférente au christianisme ne suffit plus à rendre compte de ce que l'on a vu pendant quatre jours.

    Valeurs actuelles : que signifie réellement ce succès ?

    Valeurs actuelles s'intéresse davantage aux implications culturelles et politiques du phénomène. La question n'est pas seulement celle de la popularité personnelle du pape, mais celle de ce que sa venue révèle des rapports entre christianisme, société française et politique.

    L'interrogation porte notamment sur le caractère réellement nouveau du pontificat de Léon XIV : son style plus apaisé et rassembleur est-il simplement une question de ton, ou correspond-il à une orientation plus profonde ?

    Cette approche rejoint un constat : Léon XIV a été populaire sans avoir neutralisé le contenu proprement catholique de son message.

    La Croix : un événement qui a touché les catholiques

    Le regard de La Croix est encore différent.

    Journal catholique, mais doté d'une culture éditoriale différente de celle de Famille Chrétienne, il s'intéresse moins à la dimension de « revanche culturelle » qu'à ce que le voyage produit dans l'Église elle-même.

    Son titre « Ne gardez pas cette foi pour vous-mêmes » résume parfaitement l'une des lectures possibles du voyage : le pape n'aurait pas seulement voulu rassembler des foules, mais encourager les catholiques à transformer leur enthousiasme en témoignage et en engagement.

    C'est une nuance essentielle. La question n'est plus seulement : combien de personnes ont-elles participé ? mais : que restera-t-il de cette mobilisation dans la vie des communautés ?

    Le voyage apparaît alors comme un moment de remobilisation ecclésiale plutôt que comme une simple opération de communication.

    Famille Chrétienne : un véritable motif d'espérance

    Avec Famille Chrétienne, on franchit un degré supplémentaire dans l'interprétation.

    La mobilisation n'y est pas seulement considérée comme un phénomène sociologique : elle est lue comme un signe d'espérance pour l'Église de France.

    La présence des jeunes, la ferveur des célébrations, les catéchumènes, les familles et les malades sont considérés ensemble comme les manifestations d'un catholicisme qui cherche à retrouver une visibilité et une confiance nouvelles.

    Cette lecture est évidemment plus confessionnelle que celle du Monde ou du Figaro. Mais elle permet de comprendre pourquoi le voyage a suscité autant d'enthousiasme chez les catholiques eux-mêmes : ils ne se sont pas seulement sentis spectateurs d'un événement pontifical ; beaucoup ont eu le sentiment d'être devenus, pendant quelques jours, les acteurs visibles d'une Église qui existe encore.

    Un pape qui n'a pas édulcoré son message

    Un autre élément mérite d'être souligné : Léon XIV n'a pas acheté sa popularité au prix de l'effacement de ses convictions.

    À l'Élysée, il a utilisé la devise républicaine — « Liberté, Égalité, Fraternité » — pour rappeler que ces mots comportent selon lui des « exigences éthiques universelles » et trouvent dans le message évangélique une source d'inspiration.

    À Lourdes, il a condamné l'aide à mourir comme une forme de « fausse compassion », réaffirmant ainsi une opposition catholique très nette à l'euthanasie.

    Sur l'intelligence artificielle, la paix, la migration, l'Europe ou la dignité de la personne, le pape a également porté un message qui ne se confond pas avec les catégories politiques françaises.

    Cela explique peut-être une partie de son succès : il n'est pas venu en France pour dire aux Français ce qu'ils voulaient entendre.

    Et la question des abus ?

    La question des violences sexuelles dans l'Église a évidemment occupé une place importante dans le voyage, notamment à Lourdes, où Léon XIV a rencontré des victimes.

    Mais elle n'a pas réussi à absorber entièrement le récit de la visite.

    Le pape a écouté les victimes et affirmé la nécessité de poursuivre le chemin de « vérité, justice, pardon et réparation ». Dans l'avion du retour, il a cependant précisé ses propos concernant le caractère « systémique » des abus, ce qui a donné lieu à une couverture spécifique dans Le Monde.

    Le contraste avec le reste du voyage est instructif : la question des abus demeure centrale dans l'appréciation de l'histoire récente de l'Église, mais elle n'a pas suffi à devenir la seule grille de lecture de ces quatre jours.

    Les foules, les jeunes, les célébrations, le contenu des discours et l'enthousiasme suscité par le pape ont imposé d'autres récits.

    Le véritable paradoxe médiatique

    C'est finalement là que se trouve l'un des enseignements les plus intéressants de la couverture médiatique.

    La presse française ne raconte pas exactement la même histoire, mais elle part de plus en plus du même constat.

    Le Monde constate un phénomène populaire et sociologique considérable, tout en refusant d'en déduire trop vite une renaissance religieuse.

    Le Parisien constate la ferveur mais demande si elle durera.

    Le Figaro insiste davantage sur la dimension culturelle et civilisationnelle du phénomène.

    Valeurs actuelles s'interroge sur sa portée idéologique et politique.

    La Croix y voit un moment qui a profondément touché et remobilisé les catholiques.

    Famille Chrétienne y discerne franchement un motif d'espérance et un possible nouvel élan missionnaire.

    Les diagnostics divergent donc moins sur ce qui s'est passé que sur ce que cela signifie.

    Une France qui n'est pas redevenue catholique… mais qui n'est peut-être pas devenue indifférente

    Il serait imprudent de proclamer, au lendemain du voyage, une « renaissance catholique » accomplie. Quatre jours de foules ne suffisent évidemment pas à renverser plusieurs décennies de sécularisation.

    Mais l'erreur inverse serait de considérer ces foules comme un simple décor événementiel.

    Il s'est produit quelque chose que les catégories habituelles ont du mal à expliquer : dans une France profondément sécularisée, un pape a rassemblé des centaines de milliers de personnes, dont une proportion impressionnante de jeunes, autour d'un message explicitement chrétien.

    Et il ne s'est pas contenté de parler de paix et de fraternité. Il a aussi défendu la dignité de la vie humaine, critiqué l'euthanasie, interrogé le rapport de la société à la technique et rappelé que les valeurs proclamées par la République ont, selon lui, une profondeur éthique et spirituelle.

    C'est précisément ce qui rend le bilan de son voyage plus intéressant qu'un simple succès de popularité.

    Léon XIV n'a pas transformé la France en pays catholique. Mais il a peut-être révélé qu'elle était moins indifférente au christianisme qu'on ne le pensait.

    C'est là, finalement, le paradoxe de cette visite.

    La presse généraliste constate les foules ; la presse catholique en mesure l'espérance ; la presse conservatrice y voit la permanence d'un héritage.

    Et le pape, lui, a choisi un autre mot pour résumer son voyage : « renaissance ». Le 30 septembre, en faisant le bilan de sa visite, Léon XIV a lui-même pris Notre-Dame — détruite par le feu puis reconstruite — comme symbole de cette « renaissance ». Il a souhaité que le voyage, qu'il a qualifié d'« événement de grâce », porte des « fruits abondants et durables ».

    Il faudra maintenant voir si ces fruits seront durables. Mais une chose est déjà acquise : pendant quatre jours, le catholicisme n'a pas seulement occupé les églises françaises. Il a occupé l'espace public. Et la presse, toutes sensibilités confondues, a été obligée de le regarder.

    (avec l'IA)

  • Octobre, le mois du Rosaire!

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    La réflexion publiée ci-dessous constitue le texte de l’éditorial de la livraison d’octobre 2020 des feuillets mensuels de l’église du Saint-Sacrement à Liège proposés par l’Abbé Marc-Antoine Dor, Recteur de ce sanctuaire :

    « Pourquoi le Rosaire ? Cette forme de dévotion ne rencontre pas toujours l’approbation et il n’est pas rare, surtout chez les intellectuels, d’entendre dire qu’on a du mal à entrer dans cette prière.

    François Mauriac a très bien décrit cette difficulté : « Je n’ai jamais pu me plier au partage qu’elle exige : la bouche qui profère les Ave Maria par dizaines et l’esprit qui médite chacun des mystères joyeux, glorieux, douloureux : quinze en tout, un par dizaine, cinq par chapelet. Il n’y a rien là qui me choque, mais cette dissociation entre la parole et la pensée m’est interdite. Il faut que je sois engagé tout entier dans chaque mot que je prononce. Il n’est pas question pour moi, que la salutation de l’Ange à Marie occupe mes lèvres tandis que mes pensées s’attacheraient à l’une ou l’autre scène de l’Evangile. Mais comment obtenir de soi une attention exclusive à la même parole indéfiniment répétée ? Telles sont, exposées sans fard, les difficultés que je trouve, personnellement, à la dévotion du Rosaire. »[1]

    I - Un album de souvenirs commentés par la Vierge

    Une comparaison peut nous aider à résoudre ce problème bien posé, en nous montrant comment dans le rosaire la méditation des mystères de la vie du Christ et l’humble récitation des Ave forment un tout.

    Qui n’a jamais rendu visite à une vieille maman ou à une grand-mère chargée d’ans et vivant seule ? De quoi parle-t-elle ? De ceux qu’elle porte dans son cœur, en particulier de ses descendants. Une mère aime ses enfants, et elle en est fière. Elle garde en son cœur les souvenirs de leur enfance, de leur scolarité, de leurs jeux, de leurs joies et de leurs peines, de leurs maladies et de leurs succès, de leurs amis, etc. Si elle a eu le malheur de perdre un fils, s’il a été un héros de la guerre, elle aime parler de lui, montrer ses photographies, ses décorations et ses citations, raconter ses exploits. Elle vit dans ses souvenirs qui ne la quittent pas. Souvent son récit rend attachant celui dont elle parle. Au fur et à mesure qu’elle tourne les pages de l’album de famille, des détails, des anecdotes lui reviennent à l’esprit et elle nous en fait profiter. Grâce à une telle maman, à son cœur et à ses souvenirs, on entre dans l’intimité de sa famille, on y vit.

    Un album de souvenirs commenté par une maman : voici une image suggestive qui peut nous faire comprendre de l’intérieur ce qu’est la prière du rosaire. Les paroles récitées au cours des dizaines s’adressent surtout à la Sainte Vierge, la mère du Christ, mais tous les souvenirs, tous les mystères, concernent surtout son fils bien-aimé. C’est évidemment impossible, mais si elle avait eu un album photo, la Sainte Vierge ne nous aurait montré que les clichés de son fils : son fils attendu, né, grandissant, accomplissant des miracles, souffrant, ressuscité, etc. Il y aurait beaucoup de photographies ! C’est pourquoi l’Eglise a sélectionné pour nous les meilleures : ce sont les mystères du rosaire. Et, pour continuer de filer ma métaphore, le pape saint Jean-Paul II a eu la chance de retrouver un lot d’excellents clichés qui s’étaient égarés ou qui passaient inaperçus : ce sont les mystères lumineux de la vie publique de Jésus[2].

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  • La France « électrisée » ?

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    De Solène Tadié sur le NCR :

    « Ce n'est que le début » : la visite du pape Léon électrise la France

    Des foules immenses, des manifestations inattendues de curiosité spirituelle et une volonté nouvelle chez les catholiques de professer publiquement leur foi ont fait de la visite du Saint-Père une vitrine du renouveau catholique naissant en France.

    Le pape Léon XIV préside une veillée de prière avec plus de 80 000 fidèles au Stade de France le 25 septembre 2026 à Saint-Denis, en France.
    Le pape Léon XIV dirige une veillée de prière avec plus de 80 000 fidèles au Stade de France le 25 septembre 2026 à Saint-Denis, France. (photo : Solène Tadié / Solène Tadié)

    PARIS — « Je dois poser la question : qui, à part le Pape, est capable de rassembler 600 000 personnes en France en 2026 ? Qui d’autre que lui est capable de susciter un sentiment d’unité nationale dans notre pays ? »

    Ces mots du célèbre journaliste français Stéphane Bern, figure de proue de la défense du patrimoine culturel français, ont été prononcés lors d'un entretien avec les médias français quelques jours seulement avant la visite du pape Léon XIV en France, du 25 au 28 septembre. 

    À l’époque, les propos de Bern ont sans doute suscité plus d’un étonnement dans les rédactions habituées au large consensus qui entourait le principe sacro-saint de la laïcité dans le pays .

    Et pourtant, plus de 800 000 personnes ont envahi la place de la Concorde et les Champs-Élysées pour la messe du pape le 26 septembre, dont quelque 200 000 qui ont tenté leur chance à la dernière minute malgré l’épuisement des places. Parallèlement, les jeunes avaient raflé les 80 000 billets disponibles pour la veillée du 25 septembre, présidée par le pape Léon XIV au Stade de France. 

    La foule immense était à elle seule l'un des nombreux signes de l'extraordinaire ferveur populaire entourant cette visite. Cet enthousiasme a amené certains observateurs à se demander si cette visite pourrait marquer une nouvelle étape dans un réveil religieux déjà perceptible dans la remarquable augmentation des baptêmes d'adultes en France.

    Quand « la France rime avec l'espoir »

    L’impact de la visite se mesurait déjà au nombre de personnalités publiques — hommes politiques , journalistes et intellectuels qui n’avaient jamais professé de foi chrétienne — partageant des images du pape embrassant et bénissant des enfants et des personnes handicapées, exprimant leur émotion face à ce qu’ils décrivaient comme un rare moment d’unité et de solidarité.

    Cela faisait écho à ce que l'on pouvait entendre tout au long du week-end dans les rues de Paris, des quartiers entourant Notre-Dame au Stade de France et à la place de la Concorde, où certains se plaignaient — peut-être fidèles à la réputation mondiale des Français de râler — que leur soif de se rapprocher du Vicaire du Christ soit restée insatisfaite.

    « Ce n’est pas juste que seuls les membres du clergé soient autorisés à entrer dans Notre-Dame avec le pape », s’est exclamée une femme d’âge mûr dans la foule. « Je ne comprends pas pourquoi les autorités ont imposé ces limites de capacité. Toute la France devrait pouvoir participer aux célébrations papales », a déclaré Arthur, 30 ans, qui a expliqué que, bien que non croyant, la visite avait éveillé sa curiosité. 

    Pour beaucoup, c'était aussi l'occasion de redécouvrir une foi dont les codes leur étaient devenus étrangers, les touristes espagnols expliquant volontiers les symboles et les rites catholiques aux passants curieux. Des familles de la classe moyenne avec dix enfants côtoyaient des gothiques tatoués et des personnes de tous horizons, partageant la même joie, dans l'espoir d'apercevoir le Saint-Père.

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  • Saint François d'Assise a 800 ans de ciel : Liège fait la fête du 2 au 4 octobre !

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    Saint François d'Assise a 800 ans de ciel : Liège fait la fête du 2 au 4 octobre !

    COMMUNIQUÉ

    Liège, le 29 septembre 2026

    Le 3 octobre 1226, le Poverello d'Assise entrait au ciel. Huit siècles plus tard, le Sanctuaire de sainte Julienne de Cornillon, qui abrite le monastère des sœurs Clarisses, invite Liégeois et visiteurs à un week-end lumineux, joyeux et ouvert à tous les âges pour célébrer l'un des saints les plus aimés au monde.

    Jeune chevalier fortuné, François a tout quitté pour une vie pauvre, fraternelle et donnée à Dieu. Avec son amie sainte Claire, il fonde vers 1220 les franciscains et les clarisses, dont naîtront cordeliers, capucins, récollets ou conceptionnistes. Tous deux sont les parfaits contemporains de sainte Julienne de Cornillon (1192-1258). À Liège, l'histoire commence tôt : les premiers franciscains s'y installent dès 1220, six ans avant la mort du saint. Une page d'histoire locale à redécouvrir dans la joie !

    Au programme :

    • Vendredi 2 octobre, 20h – Cinéma : « François et le chemin du soleil », le chef-d'œuvre de Franco
      Zeffirelli. C'est aussi la première soirée ados de la saison : rendez-vous dès 19h pour la fameuse
      pizza ! Salle Saint-Thomas d'Aquin, entrée ouverte à toutes et tous.
    • Samedi 3 octobre, 16h – Marionnettes : « Saint François », des épisodes de sa vie racontés aux
      petits et aux grands par le Théâtre de l'Étoile, dans l'église du sanctuaire.
    • Samedi 3 octobre, 17h – Vernissage de l'exposition « Cantique de la Création » : « Loué sois-tu,
      mon Seigneur, avec toutes tes créatures ». Peintures de Pierre Deuse, professeur à Saint-Luc,
      disparu il y a dix ans jour pour jour, et de Sophie Gilman. À voir jusqu'au 11 octobre, le week-end de
      9h à 17h et en semaine sur rendez-vous.
    • Dimanche 4 octobre, 10h – Messe solennelle chantée par la Chorale Saint-François de Liège, le
      Béguinage et le chœur de la Messe des jeunes de Cornillon.
    • Dimanche 4 octobre, 12h – Buffet franciscain mitonné par les sœurs clarisses (15 €, réservation au
      04 343 64 54).
    • Dimanche 4 octobre, 14h – « Liège sur les pas de saint François » : balade guidée de 6 km (3h)
      avec René Dufour, « d'Assise en bord de Meuse », sur les traces des couvents franciscains et
      clarisses de la Cité. Chassés à la Révolution en 1794, ces religieux ont laissé une empreinte bien
      vivante : chez les Clarisses de Cornillon, mais aussi à Pierreuse-Sainte-Walburge.

    Cinéma, théâtre, art, musique, table partagée et patrimoine : ce week-end d'anniversaire se vit en famille, entre amis ou en solo, dans l'esprit de simplicité, de fraternité et de joie si cher à François.

    Programme complet : www.saintejulienne.org/festivites-des-800-ans-de-saint-francois-dassise/

    Contact : ASBL Sanctuaire de sainte Julienne de Cornillon – Rue de Robermont 2, 4020 Liège –
    www.saintejulienne.org

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  • De François en Belgique à Léon XIV en France : deux voyages, deux récits médiatiques

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    De François en Belgique à Léon XIV en France : deux voyages, deux récits médiatiques

    Pourquoi le voyage de François en Belgique, en septembre 2024, a-t-il laissé une impression aussi contrastée, alors que celui de Léon XIV en France, deux ans plus tard, a donné lieu à une réception populaire beaucoup plus favorable ?

    La réponse ne tient ni à une opposition simpliste entre une Belgique qui aurait « rejeté » François et une France qui aurait « triomphalement » accueilli Léon XIV, ni à la seule question des abus sexuels. Celle-ci a également occupé une place considérable dans les médias français. La différence tient plutôt à la combinaison des circonstances, au style des deux papes et, surtout, aux images et au récit qui ont fini par dominer la perception de chaque voyage.

    En Belgique, les controverses ont fini par structurer le récit

    Il serait faux de présenter le voyage de François comme un échec. Le pape a connu des moments de véritable enthousiasme, notamment lors de sa rencontre avec plusieurs milliers de jeunes. Mais ces images n'ont pas durablement dominé le récit médiatique.

    La question des abus sexuels occupait une place particulièrement lourde dans le contexte belge. Le roi Philippe et le Premier ministre Alexander De Croo l'avaient placée au premier plan dès les discours d'accueil. François rencontra des victimes et condamna avec force les abus, appelant à ce que leurs auteurs soient jugés, y compris lorsqu'ils appartenaient au clergé ou à la hiérarchie.

    Mais le malaise du voyage ne peut être réduit à cette seule question. Les propos du pape sur les femmes à Louvain-la-Neuve, la réaction de l'université, son hommage au roi Baudouin, ses déclarations sur l'avortement et, enfin, ses propos dans l'avion du retour ont successivement ouvert de nouveaux fronts.

    Le voyage s'est ainsi transformé en une succession de dossiers conflictuels : abus sexuels, place des femmes, avortement, héritage de Baudouin, rapport entre l'Église et une société profondément sécularisée.

    Ce n'est donc pas un sujet unique qui a déterminé l'image de la visite, mais l'accumulation de controverses qui a donné à celle-ci une tonalité essentiellement polémique.

    En France, les abus n'ont pourtant pas disparu du récit

    Toute comparaison sérieuse doit éviter un raccourci : les abus sexuels ont également occupé une place importante dans la couverture française de la visite de Léon XIV. Les médias ont interrogé le pape sur les victimes, la responsabilité de l'Église et les mesures à prendre.

    Il serait donc faux d'opposer une Belgique où les abus auraient tout recouvert à une France qui les aurait ignorés.

    La différence est ailleurs : en France, les abus ont constitué l'un des récits du voyage, mais ils n'ont pas été le seul récit capable de s'imposer.

    D'autres images sont venues leur faire concurrence.

    L'image qui change la perception : une jeunesse catholique visible

    Le rassemblement de dizaines de milliers de jeunes autour de Léon XIV a fourni une image immédiatement lisible : une jeunesse catholique nombreuse, enthousiaste, chantante et priante, réunie publiquement autour du pape.

    Il ne faut évidemment pas en déduire que cette jeunesse représente l'ensemble de la société française. La sécularisation demeure profonde et la pratique religieuse régulière reste minoritaire.

    Mais cette mobilisation a rendu plus difficile une lecture du catholicisme français limitée au déclin, aux églises qui se vident et aux scandales du passé.

    Elle a fait apparaître simultanément deux réalités :

    oui, l'Église a des comptes à rendre ; mais oui aussi, elle rassemble encore.

    Cette coexistence a profondément modifié la perception du voyage.

    Deux papes, deux styles, mais surtout deux contextes

    La personnalité des deux papes a également joué un rôle.

    François avait une manière très spontanée, parfois abrupte, de répondre aux questions. Plusieurs de ses interventions en Belgique ont ainsi suscité de nouvelles controverses.

    Léon XIV apparaît dans un registre plus posé et plus structuré. Cela ne signifie nullement qu'il ait évité les sujets sensibles. Il a au contraire abordé sans détour la défense de la vie humaine, l'avortement, l'euthanasie, la laïcité, la dignité humaine ou encore la place du christianisme dans la société.

    Mais ses paroles ont été accompagnées d'un environnement visuel particulièrement puissant : jeunes, familles, saints, cathédrales, prières, catéchumènes et foules.

    Le pape n'a donc pas seulement parlé : les images ont aussi parlé pour lui.

    C'est un élément essentiel pour comprendre la différence de réception.

    Une Église confrontée à ses blessures, mais aussi capable de montrer sa vitalité

    Les deux Églises sont évidemment confrontées aux mêmes grandes difficultés : sécularisation, baisse de la pratique, vieillissement, scandales et interrogations sur leur avenir.

    Mais elles n'ont pas présenté exactement le même visage au cours de ces deux voyages.

    En Belgique, le poids des abus et des blessures institutionnelles a largement déterminé le cadre dans lequel le pape était attendu. L'Église devait expliquer, reconnaître et réparer.

    En France, Léon XIV a également rencontré une Église fragilisée, mais capable de lui montrer des signes visibles de recomposition : jeunes mobilisés, catéchumènes adultes, pèlerinages, communautés et initiatives nouvelles.

    Il ne s'agit pas de prétendre que l'Église française serait soudainement devenue forte, ni qu'elle échapperait au déclin religieux. Mais certains phénomènes donnent à voir un catholicisme qui n'est plus seulement hérité, mais aussi choisi.

    C'est cette dimension que le voyage de Léon XIV a particulièrement mise en lumière.

    Le rôle des médias : une différence de dramaturgie

    Il serait trop facile d'accuser les médias belges d'avoir « plombé » François ou les médias français d'avoir voulu « sauver » Léon XIV.

    Les journalistes avaient, dans les deux cas, de bonnes raisons de traiter la question des abus. Elle concerne des victimes réelles, des responsabilités institutionnelles et une crise majeure pour l'Église.

    Mais les médias ne racontent pas dans le vide. Ils travaillent à partir des événements, des déclarations et surtout des images que ceux-ci produisent.

    Or les deux voyages n'ont pas fourni le même matériau.

    En Belgique, les controverses se sont succédé et se sont mutuellement renforcées.

    En France, les controverses ont coexisté avec des scènes de mobilisation massive qui ont proposé un autre récit.

    La différence relève donc moins d'une intention médiatique différente que d'une différence de dramaturgie.

    Deux questions différentes pour une même Église

    Au fond, les deux voyages ont posé une même question : que peut encore dire l'Église catholique à une société profondément sécularisée ?

    Mais les images dominantes ont conduit à mettre l'accent sur deux interrogations différentes.

    En Belgique :

    Que fait l'Église pour répondre aux blessures de son passé ?

    En France :

    Pourquoi, malgré son affaiblissement, l'Église est-elle encore capable de rassembler autant de jeunes ?

    Ces deux questions ne s'excluent évidemment pas. Elles décrivent deux dimensions d'une même réalité.

    C'est pourquoi il serait excessif de parler d'une « victoire » de Léon XIV sur les médias ou d'une « défaite » de François provoquée par les médias.

    Les deux voyages ont été traversés par les mêmes grandes questions : abus, sécularisation, place de la religion dans la société et avenir du christianisme. Mais les événements n'ont pas produit les mêmes images et les images n'ont pas produit le même récit.

    En Belgique, les controverses ont largement dominé les images de la visite.

    En France, les images de la mobilisation catholique ont réussi à leur faire concurrence.

    Une même parole, une réception différente

    C'est peut-être là le véritable enseignement de la comparaison.

    François et Léon XIV n'ont pas nécessairement défendu des positions radicalement différentes sur les grandes questions éthiques et anthropologiques. Mais ils ont parlé dans des contextes différents et devant des Églises qui n'ont pas présenté le même visage au même moment.

    En Belgique, le passé a largement pesé sur le présent.

    En France, le présent a davantage permis de parler de l'avenir.

    Le contraste entre les deux voyages ne s'explique donc pas principalement par la présence ou l'absence des abus, mais par la place qu'ils ont occupée dans le récit global de chaque visite.

    François a rencontré en Belgique une Église dont les blessures ont largement déterminé la perception de son passage. Léon XIV a rencontré en France une Église capable de montrer simultanément ses blessures et ses forces vives.

    Et c'est probablement cette coexistence qui a fait la différence.

    Une Église qui ne montre que ses blessures appelle naturellement les questions sur son passé. Une Église qui montre aussi sa jeunesse, sa prière et sa capacité à transmettre oblige à poser une autre question : quel avenir peut encore avoir le christianisme ?

    C'est cette seconde question que le voyage de Léon XIV a davantage réussi à imposer dans l'espace public.

    Au fond, un même message peut être reçu très différemment lorsqu'il est porté par une communauté qui donne publiquement le sentiment d'être vivante.

    (avec l'IA)

  • Léon XIV en France : quand le catholicisme sort du bois

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    Léon XIV en France : quand le catholicisme sort du bois

    Ils avaient pris l'habitude de parler du catholicisme au passé. Léon XIV les a obligés à employer le présent.

    Pendant quatre jours, la France aura vu ce qu'elle ne voit plus guère dans son paysage médiatique ordinaire : une Église catholique visible, assumée et mobilisée. Des centaines de milliers de personnes à Paris, 80 000 jeunes au Stade de France, des foules à Lourdes et à Metz. Et, surtout, une jeunesse catholique qui ne semblait ni honteuse de sa foi ni désireuse de la dissimuler.

    Ce n'est évidemment pas le retour statistique de la France chrétienne d'autrefois. Il serait absurde de transformer quelques jours exceptionnels en retournement démographique. Mais quelque chose s'est produit : le catholicisme a réoccupé l'espace public sans demander pardon d'y être.

    Et c'est peut-être cela qui a le plus dérangé.

    Une Église qui n'a pas demandé la permission de parler

    Léon XIV avait annoncé la couleur dès l'avion qui le conduisait à Paris. Il n'est pas venu comme un diplomate en visite, ni comme une personnalité culturelle venue célébrer le patrimoine français.

    « Je me rends avant tout en France […] en tant que disciple de Jésus-Christ désireux de proclamer la paix, la paix du Christ », déclarait-il aux journalistes.

    Tout est là.

    Il est venu comme pape.

    Il a donc parlé de Dieu, de la foi, de la vie, de la dignité humaine, de la famille, de la paix, de l'avenir de l'Europe. Bref, de tout ce qu'une certaine conception aseptisée de la laïcité voudrait parfois reléguer derrière les portes des églises.

    À Paris, devant les autorités françaises, Léon XIV n'a pas davantage contourné les questions qui fâchent. Et à Lourdes, il a formulé sans détour une critique de la logique de la mort programmée :

    « Il est impossible de considérer comme normal de donner la mort. Ce qui est légal n'est pas nécessairement moral. »

    Puis il a ajouté :

    « Jamais la médecine ne pourra se faire la servante de la mort programmée ! »

    Difficile d'être plus clair.

    Et il ne s'est pas arrêté à la fin de vie. À Paris, à l'UNESCO, il a replacé la question de la vie humaine dans une réflexion beaucoup plus large : que devient une civilisation lorsque la vie cesse d'être reçue comme un don pour devenir un objet que l'on produit, sélectionne ou exploite ?

    « La vie n'est plus comprise comme un don, mais comme une marchandise », avertissait-il.

    Voilà donc un pape qui, en France, ne s'est pas contenté de célébrer Notre-Dame ou de saluer le patrimoine chrétien.

    Il a posé des questions de civilisation.

    Et puis il y eut le Stade de France

    Mais le moment le plus révélateur n'a peut-être pas été politique.

    Il a été ecclésial.

    80 000 jeunes au Stade de France.

    Pas pour un concert.

    Pas pour une manifestation politique.

    Pas pour une vedette du sport.

    Pour une veillée de prière avec le pape.

    Et Léon XIV leur a dit quelque chose que notre époque peine à entendre : « Vous êtes l'Église d'aujourd'hui. »

    Pas « l'Église de demain ».

    Pas « l'Église si vous voulez bien vous engager ».

    L'Église d'aujourd'hui.

    Puis, à Paris, il les a exhortés à ne pas garder leur foi pour eux-mêmes :

    « Ne gardez pas cette foi en Jésus-Christ pour vous-mêmes, mais laissez-la déborder pour abreuver et combler les personnes que vous rencontrez. »

    Voilà qui devrait rassurer ceux qui craignent une résurgence du catholicisme dans l'espace public : le pape n'a effectivement pas demandé aux catholiques de rester tranquillement chez eux.

    Il leur a demandé exactement l'inverse.

    Sortez. Témoignez. Transmettez. Servez.

    Et les jeunes semblent avoir répondu présents.

    Le catholicisme n'est pas une pièce de musée

    C'est ici que le débat sur la laïcité devient intéressant.

    La France est laïque. Elle doit le rester.

    Mais la laïcité ne signifie pas que les religions doivent être invisibles. Elle signifie que l'État ne se confond pas avec une religion et garantit la liberté de conscience et de culte.

    Le problème commence lorsque certains semblent confondre neutralité de l'État et neutralisation du religieux.

    Un christianisme patrimonial ne dérange personne.

    Une abbaye transformée en hôtel ? Très bien.

    Une cathédrale visitée par des touristes ? Magnifique.

    Un saint présenté comme une figure historique ? Très bien.

    Mais des catholiques qui prient ?

    Des jeunes qui parlent de Jésus-Christ ?

    Un pape qui affirme publiquement que la vie humaine possède une dignité qui ne dépend ni de son âge, ni de son état de santé, ni de son utilité ?

    Alors soudain, certains découvrent les vertus de la discrétion.

    Le catholicisme est parfaitement accepté à condition de ne plus être vraiment catholique.

    C'est précisément cette logique que le voyage de Léon XIV vient contredire.

    Une parole qui assume les racines chrétiennes

    À Metz, le pape a porté le débat encore plus loin.

    Dans la ville de Robert Schuman, il a parlé des « racines de l'Europe », de paix et d'unité. Et il a appelé les jeunes Européens à ne pas avoir peur de l'avenir :

    « Aimez la vie à chaque instant, et n'ayez pas peur de l'avenir ! »

    Puis cette exhortation, particulièrement forte dans une Europe vieillissante :

    « N'ayez pas peur de fonder une famille, de mettre des enfants au monde, de défendre la dignité de toute personne, du premier instant dans le ventre de sa mère jusqu'à son dernier souffle. »

    Il faudrait mesurer la portée de ces mots.

    Dans une société où l'enfant à naître est souvent présenté sous l'angle du droit de disposer de soi, où la fin de vie est de plus en plus pensée en termes d'autonomie et où la famille est devenue l'objet de profondes recompositions, Léon XIV réintroduit une autre logique :

    la dignité précède l'utilité.

    La vie n'est pas digne parce qu'elle est performante.

    La personne n'est pas digne parce qu'elle est autonome.

    L'homme n'a pas de valeur parce qu'il est rentable.

    Et la fragilité n'abolit pas la dignité.

    Voilà une parole chrétienne.

    Et voilà précisément pourquoi elle ne pouvait que rencontrer quelques résistances.

    L'« urticaire » des laïcards ?

    Il faut ici éviter une facilité : tous les défenseurs de la laïcité ne sont évidemment pas hostiles au catholicisme. Et les interrogations sur la place de la religion dans l'espace public sont parfaitement légitimes.

    Mais le voyage aura aussi révélé une réaction plus curieuse : l'impossibilité, pour certains, d'accepter que la visibilité catholique soit simplement... catholique.

    Pourquoi faudrait-il que le croyant s'excuse de croire ?

    Pourquoi faudrait-il qu'une messe publique soit suspecte ?

    Pourquoi faudrait-il qu'un pape, lorsqu'il parle de bioéthique, de famille ou de vie humaine, soit immédiatement sommé de rester dans les limites d'un discours religieux privé ?

    Une société pluraliste doit accepter quelque chose de beaucoup plus exigeant que la simple coexistence des opinions : elle doit accepter que des convictions profondes continuent d'exister publiquement, y compris lorsqu'elles contredisent l'air du temps.

    C'est cela, la liberté.

    Le vrai succès du voyage

    Le véritable résultat de ce voyage n'est donc pas de savoir si la France est redevenue catholique. Elle ne l'est manifestement pas.

    Le résultat est plus modeste — et peut-être plus important.

    On ne peut plus faire comme si le catholicisme n'était qu'un souvenir.

    Il y a encore des catholiques.

    Il y a encore des jeunes catholiques.

    Il y a encore des familles catholiques.

    Il y a encore des vocations.

    Il y a encore des convertis.

    Il y a encore des gens qui veulent transmettre.

    Et, surtout, il y a encore une Église capable de proposer autre chose que l'adaptation permanente aux dernières évolutions culturelles.

    Léon XIV n'est pas venu demander à la France de renoncer à la République.

    Il n'est pas venu abolir la laïcité.

    Il est venu rappeler que la foi chrétienne possède encore quelque chose à dire sur l'homme et sur la société.

    Et il l'a dit sans agressivité, mais sans complexe.

    À ceux qui s'inquiètent de cette visibilité retrouvée, il faudrait finalement rappeler une chose assez simple.

    Une démocratie n'est pas menacée par des citoyens qui prient.

    Elle serait plutôt menacée par une conception de la liberté qui ne tolérerait certaines convictions qu'à condition qu'elles restent silencieuses.

    Le voyage de Léon XIV aura donc produit un paradoxe.

    Ce pape venu proclamer « la paix du Christ » aura réveillé une petite guerre culturelle.

    Mais cette fois, les catholiques étaient là.

    Ils étaient 80 000 au Stade de France.

    Ils étaient des centaines de milliers à Paris.

    Ils étaient à Lourdes.

    Ils étaient à Metz.

    Ils chantaient, priaient, écoutaient.

    Et Léon XIV leur a simplement dit :

    « Vous êtes l'Église d'aujourd'hui. »

    C'est peut-être cela, finalement, qui aura le plus déconcerté.

    Ils avaient enterré le catholicisme.
    Lui leur a simplement montré qu'il respirait encore.

    (avec l'IA)

  • Prière à saint Michel en musique

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    Lu et entendu ce 29 septembre, en la fête de l’archange saint Michel, sur le site web « aleteia » : 

    Le Chœur St Michel à Paris, chœur de jeunes hommes chrétiens, a mis en musique la prière d’exorcisme à St Michel de Léon XIII, prière qu’ils chantent à chaque répétition : « saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat, soyez notre secours contre la perfidie et les embûches du démon ; que Dieu étende sur lui son empire, nous le demandons en suppliant.
    Et vous, prince de la Milice céleste, refoulez en enfer, par la vertu divine, Satan et les autres esprits mauvais qui errent dans le monde pour la perte des âmes ».

    Prière composée par le pape Léon XIII (1878-1903), à la suite d’une extase durant laquelle il aurait entendu Satan demander à Jésus-Christ de lui laisser un siècle pour parvenir à détruire l’Église catholique romaine, ce que Jésus lui accorda. Elle a été récitée à la fin de chaque messe basse jusqu’à Vatican II, et demandée par le pape François en octobre 2018.

     Ref. Prière à saint Michel en musique

  • La France retourne, au moins pour deux jours, à son baptême. Et la suite ? (Rod Dreher)

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    Du substack de Rod Dreher :

    L’Espérance
    La France retourne, au moins pour deux jours, à son baptême. Quelle est la suite ?

    Le pape Léon XIV pleure et prie devant une image de la Madone et de son Enfant

    Vous, chers lecteurs fidèles, savez combien j'aime la France. Et vous savez probablement depuis combien d'années je prie pour que ce pays bien-aimé mais souffrant revienne à son baptême. Vous pouvez donc imaginer pourquoi je suis resté allongé ici, tôt le matin, dans mon lit d'hôtel à Chicago, ville natale du pape Léon XIV, à regarder encore et encore ces vidéos du pèlerinage du pape en France, en pleurant à chaudes larmes et en répétant sans cesse : « Merci, Seigneur, merci ! »

    Les vidéos ont été incroyables, tout simplement incroyables. Voici le pape américain parlant au nom de ce chrétien orthodoxe américain alors qu'il pleure devant une statue de la Madone et de son Enfant devant la cathédrale Notre-Dame, que l'Ennemi a tenté de brûler sans y parvenir…

    …chantant avec la foule rassemblée l'hymne catholique médiéval « Salve Regina », qui fut mis sur cet air à l'abbaye de Cluny au XIIe siècle.

    Ils chantaient en latin ; voici la traduction en français :

    Salut, reine, mère de la miséricorde.
    Vie, douceur, espérance des hommes salut !
    Enfants d’Ève, nous crions vers toi dans notre exil.
    Vers toi, nous soupirons parmi les cris et les pleurs de cette vallée de larmes
    Ô toi, notre avocate,
    tourne vers nous
    ton regard plein de bonté.
    Et montre-nous Jésus le fruit béni de tes entrailles,
    à l’issue de cet exil.
    Ô clémente ! Ô bonne ! Ô douce Vierge Marie.

    C'est dans cette cathédrale, le 10 novembre 1793, que les révolutionnaires blasphémateurs ont démonté l'autel et intronisé la « Déesse Raison ». Où est la Déesse Raison ? Où sont les révolutionnaires ? Morts, et morts. Aujourd'hui, l'autel a été restauré, Dieu y est adoré, et s'y dresse la Mère de Dieu, dorée et rayonnante de la gloire de son Fils, tandis que le pape en pleurs et la foule rassemblée chantent ses louanges et la supplient de les conduire à Jésus.

    Plus tard, au Stade de France, Léon a dirigé une veillée de prière réunissant 80 000 jeunes catholiques français. Les Français ont présenté un spectacle célébrant l'histoire de la foi en France, mettant en vedette ses saints et ses martyrs. (Comme j'aurais aimé qu'ils incluent le père Jacques Hamel, massacré par des islamistes alors qu'il célébrait la messe dans sa petite paroisse de campagne il y a quelques années ; j'ai dédié la version française de The Benedict Option à sa mémoire).

    Le point est : les Français sont un peuple, un peuple avec une histoire, et cette histoire comprend de grandes et saintes actions de chrétiens. L'histoire de la France est l'histoire de la foi chrétienne en France, et des hommes et femmes saints qui en ont fait partie. Quand j'ai vu les vidéos de cette veillée de prière, je n'ai pas pu m'empêcher de me souvenir d'avoir été l'année dernière avec les 20 000 jeunes pèlerins en route pour Chartres. De cette histoire :

    Devant Saint-Sulpice, je m'arrête pour discuter avec un groupe de jeunes femmes portant l'uniforme du mouvement scout de France, mouvement scout, qui a toujours été lié à l'Église catholique, contrairement à sa version plus laïque dans la sphère anglophone. J'en interroge une — Isa, 19 ans, originaire d'Orléans — sur sa présence ici.

    « Jésus », déclare-t-elle.

    Plus :

    Bien que la plupart des pèlerins ne s'expriment pas en termes philosophiques, tous sont préoccupés par la question du sens. Une fois la messe d'ouverture terminée, je rencontre Anna, une pèlerine viennoise, dans un café voisin.

    C'est la première marche de Chartres pour la jeune femme joyeuse de 24 ans. Elle a l'air d'une superfan à un concert de Taylor Swift. Pourquoi est-elle ici ?

    « La tradition est le seul avenir sûr que nous ayons », répond-elle. « Sur quoi allez-vous construire votre vie, sinon sur Dieu ? »

    Il y a aussi quelques pèlerins plus âgés. John Pepino, 57 ans, un professeur né en Angleterre au séminaire de Denton, Nebraska de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre — un ordre de messe en latin fidèle à Rome — participe à son troisième pèlerinage de Chartres, accompagné cette fois par sa fille de 17 ans, Margie.

    « Je me sens comme un grand-père ici », rit-il.

    Ce n'est pas censé arriver, dis-je à Pepino, en plaisantant. Les jeunes, en tant que progressistes naturels, ne sont pas censés vouloir récupérer ce que leurs aînés ont jeté à la poubelle ; ils sont censés vouloir se libérer du poids mort du passé catholique.

    « Je pense qu'il s'agit simplement de jeunes fervents qui ne se reconnaissent pas dans ce que les évêques leur proposent habituellement », dit-il.

    En discutant avec de jeunes pèlerins rassemblés devant Saint-Sulpice au début du pèlerinage, je leur ai demandé, en tant que journaliste, pourquoi ils étaient là. Encore et encore, j'ai reçu une variante de cette réponse :

    La génération de nos parents ne nous a rien donné. Nous sommes ici à la recherche de la tradition. Nous sommes à la recherche de sens. Nous sommes à la recherche d'un but. Nous sommes à la recherche d'une communauté. Nous sommes, en fin de compte, à la recherche de Dieu.

    Il y avait aussi quelques Américains lors de ce pèlerinage. Ce qu'ils ont vu de la foi catholique en France, ils l'ont pris à cœur, car l'expérience de la foi chrétienne est universelle :

    Un prêtre américain qui conduit un groupe de lycéens à Chartres me confie : « Quand ils viennent ici, l’une des choses qu’ils découvrent, c’est qu’une vie catholique joyeuse est possible, qu’une belle vie catholique est possible. Aux États-Unis, les gens se sentent très isolés de cela, parce que nous n’avons pas l’héritage culturel qui nous oriente dans cette direction. Alors, quand les garçons en font l’expérience, ils réalisent que ce n’est pas juste un conte de fées. »

    La plupart de ces garçons, poursuit le clerc, seront exposés à de la pornographie hardcore des années avant même de voir une belle église européenne, ou de rencontrer une beauté extraordinaire dans la nature. Son espoir est qu’ils rentreront chez eux en sachant qu’ils peuvent être sincèrement attirés par quelque chose de beau qui est aussi bon.

    « Voir l’expression sur le visage de ces garçons quand ils voient ce genre de beauté pour la première fois ! » dit le prêtre. « Nous étions à l'abbaye de Fontgombault, et nous étions debout à 4h15 du matin, à écouter les moines chanter les matines dans une église monastique du XIIe siècle — c’est tout simplement quelque chose qu’ils perçoivent immédiatement comme le genre de chose en laquelle ils ont été créés pour se réjouir. »

    Pèlerins en route vers Chartres, 2025

    Cette expérience m'a donné plus d'espoir que je n'en ai eu depuis des années. Avant de quitter Paris, j'ai dîné avec un vieil ami français, Roland, qui m'a dit : « Ces jeunes gens, cette génération nous sauvera. »

    Au moment où j'écris ces lignes, un million de catholiques sont rassemblés le long des Champs-Élysées et sur la place de la Concorde, à Paris, pour entendre le pape dire la messe en français. Regardez cette foule le long des Champs-Élysées, priant au cœur de l'un des pays les plus athées d'Europe :

    Miséricorde pour l’Humanité France 
    @MisericordeF
    Je suis triste quand je vois toute cette effervescence autour du catholicisme, je prédisais cela depuis des années et j'ai l'impression d'être un agent de la CIA qui assisterait impuissant au retour de l'Union Soviétique. Dans 45 ans la France redeviendra catholique et nous n'aurons plus que nos yeux pour pleurer. Je suis bon joueur néanmoins les catholiques sont beaucoup mieux organisés ainsi que plus déterminés que nous les musulmans et même que les sionistes, il faut savoir reconnaître la force de l'international catholique. Les catholiques américains vont maintenant inonder le monde de leur soft power au détriment à la fois de l'hégémonie spirituelle musulmane en Europe de l'Ouest et du lobby sioniste.

    Il est facile de laisser monter son espoir, pour finir déçu. En 1997, le pape Jean-Paul II a célébré la messe pour un million de personnes lors des Journées mondiales de la jeunesse à Paris. Pourtant, la foi a continué son déclin. Mais ces jeunes gens lors du pèlerinage de Chartres n'étaient pas encore nés. Pas plus qu'aucun des jeunes gens rassemblés pour prier avec le successeur de Jean-Paul, Léon, au Stade de France. Personne ne connaît l'avenir.

    Cela signifie énormément pour moi pour une autre raison. Dans deux heures, ici à Chicago lors de la conférence Touchstone, où des intervenants discutent de l'avenir de notre propre pays en difficulté, je donnerai la conférence de clôture. Je parlerai de « l'Amérique de Weimar » et des signes des temps. Mon discours n'est pas destiné à décourager les gens, mais à les éveiller à la tempête qui s'annonce, afin que nous puissions agir !

    Encore une fois : l'avenir n'est pas écrit ! Nous pouvons avoir l'avenir que nous voulons, mais seulement si nous agissons pour qu'il se réalise. Pas l'avenir de l'incroyance et du désespoir, pas l'avenir de la résignation et de l'islamisation, pas l'avenir de la gauche radicale ou de la droite radicale. Nous pouvons avoir l'avenir d'une foi ressuscitée dans le Seigneur ressuscité ! Ils peuvent l'avoir en France, et nous pouvons l'avoir en Amérique — mais nous devons le vouloir assez pour nous sacrifier pour lui, pour cette grande aventure romantique de la vie chrétienne.

    Cela peut être nôtre, mais cela ne se fera pas sans lutte — une lutte avant tout pour nous surpasser, pour vaincre notre faiblesse et notre complaisance, mais ce n'est pas la seule lutte. Que le lecteur comprenne. La semaine dernière en Suisse, un journaliste français expérimenté m'a dit : « On a le sentiment que la France est dans une situation prérévolutionnaire. »

    Le ciel s'assombrit, mais souvenez-vous : la Lumière est apparue dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont ni comprise ni vaincue. Le Christ est ressuscité!

    Alors que je concluais mon Free Press article sur le pèlerinage de Chartres :

    « L'espérance est une mémoire qui désire, la mémoire est une mémoire qui a joui. » Telle est l'essence de l'espérance chrétienne que Chartres offre à ces jeunes idéalistes. L'homme qui a écrit ces mots était Honoré de Balzac. Un Français, naturellement.

    Mes lecteurs chrétiens, protestants et orthodoxes, célébrons aujourd'hui avec nos frères et sœurs catholiques, et puisons de l'espoir dans ce que le Seigneur accomplit là-bas, sur la terre de Saint Denis, Sainte Geneviève, Sainte Jeanne d'Arc, les Carmélites de Compiègne et tous les saints, ceux connus de l'histoire et ceux connus de Dieu seul. N'ayez pas peur : Dieu est vivant, et Il nous appelle — vous et moi — par notre nom.

    Les temps sont mauvais, mais la foi n'est pas encore finie dans les pays d'Occident. Voyez l'espoir dans les rues de Paris aujourd'hui, prenez-le à cœur, et allez faire des disciples dans le monde, en commençant par vous-même.

    Merci, Seigneur, je prie à travers des larmes de joie ce matin. Merci.

  • Léon XIV à Paris : une parole catholique qui ne s’excuse pas d’être catholique

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    Léon XIV à Paris : une parole catholique qui ne s’excuse pas d’être catholique

    Il y avait quelque chose d’assez inhabituel dans les paroles de Léon XIV à Paris : le pape n’a pas semblé éprouver le besoin de demander pardon au monde d’être catholique.

    Pas de christianisme réduit à quelques bons sentiments. Pas de foi transformée en simple supplément d’âme humanitaire. Pas de dilution du message chrétien dans le vocabulaire convenu du moment. Léon XIV a parlé au monde contemporain, mais il ne lui a pas abandonné, pour autant, les catégories propres de la foi catholique.

    C’est une distinction essentielle : dialoguer avec son époque ne signifie pas nécessairement lui donner raison sur tout. Écouter les interrogations du monde ne signifie pas que l’Église doive renoncer à ses propres réponses.

    Et c’est sans doute ce qui frappe le plus dans les paroles prononcées à Paris : sur plusieurs sujets décisifs — la vie humaine, la bioéthique, le droit international, la laïcité, l’éducation et la foi — Léon XIV a réaffirmé une vision de l’homme qui ne se confond pas avec les catégories dominantes de la culture contemporaine.

    La vie humaine : un droit qui précède tous les autres

    C’est probablement sur la question de la vie que le contraste apparaît avec le plus de netteté.

    Devant les autorités françaises, Léon XIV a déclaré que « la protection du droit à la vie constitue le fondement incontournable de tout autre droit humain ». Il a également appelé à « accueillir la vie sans condition », à « soutenir la fragilité avec tendresse » et à défendre « ceux qui n’ont pas de voix ».

    La formule est capitale. Le pape ne place pas la vie parmi une liste de droits concurrents : il la présente comme le fondement des autres droits.

    Il faut être précis : dans ce discours, Léon XIV ne prononce pas explicitement le mot « avortement ». Mais le principe qu’il pose est sans ambiguïté : la vie humaine doit être accueillie et protégée sans condition.

    Cette affirmation entre nécessairement en tension avec l’évolution récente du droit français. Depuis mars 2024, la Constitution garantit à la femme une liberté de recourir à l’interruption volontaire de grossesse.

    Il ne s’agit pas de prétendre que ces deux formulations répondent exactement à la même question juridique. Mais elles révèlent deux points de départ anthropologiques différents.

    D'un côté, la liberté de recourir à l'IVG est constitutionnellement garantie ; de l'autre, le pape rappelle que le droit à la vie constitue le fondement même de tous les autres droits.

    Derrière la controverse juridique se trouve donc une question beaucoup plus profonde : qu'est-ce qui doit être placé au premier plan lorsque la liberté d'une personne entre en tension avec la vie d'un autre être humain ?

    Léon XIV, lui, ne contourne pas la question.

    L’aide à mourir : quand la mort devient une réponse sociale

    Le contraste est encore plus direct concernant la fin de vie.

    La France a désormais institué un droit à l'aide à mourir dans certaines circonstances. Le dispositif permet, sous des conditions précises, le recours à une substance létale.

    Or, devant les autorités françaises, Léon XIV a dénoncé « l'offre d'une mort programmée ».

    La formule est particulièrement forte, précisément parce qu'elle intervient dans un pays qui vient de franchir une nouvelle étape législative sur cette question.

    Le pape pose ici une limite fondamentale : la souffrance humaine ne saurait transformer la mort provoquée en solution médicale ordinaire.

    Il ne s'agit pas simplement d'une divergence sur les garanties entourant l'aide à mourir. C'est une différence concernant la signification même du soin.

    La logique catholique consiste à accompagner la personne souffrante, à soulager sa douleur, à entourer sa fragilité et à ne jamais considérer que la dépendance ou la souffrance lui fait perdre sa dignité.

    Léon XIV parle précisément de « soutenir la fragilité avec tendresse ».

    La formule mérite d'être méditée dans une société où l'autonomie est devenue une valeur centrale. Car que devient la dignité lorsque l'homme n'est plus autonome ? Que vaut une vie lorsqu'elle est devenue entièrement dépendante des autres ?

    La réponse chrétienne est radicale : elle vaut toujours autant.

    La personne âgée, malade, handicapée ou mourante ne possède pas une dignité diminuée. Elle possède la même dignité humaine que lorsqu'elle était jeune, forte, autonome et productive.

    L’homme n’est pas une matière disponible

    Léon XIV élargit d'ailleurs son propos à d'autres questions bioéthiques : il évoque notamment « les manipulations génétiques, la gestation pour autrui, l'achat d'organes », auxquels il associe « l'offre d'une mort programmée ».

    Ce rapprochement révèle la cohérence de sa pensée.

    Dans tous ces domaines apparaît la même question : l'être humain peut-il devenir un objet disponible entre les mains de la technique, du marché ou de la volonté individuelle ?

    Ce qui est techniquement possible n'est pas nécessairement humainement souhaitable.

    La science donne à l'homme des possibilités extraordinaires. Mais elle ne lui fournit pas, à elle seule, le critère permettant de déterminer ce qu'il doit faire de ces possibilités.

    C'est précisément pourquoi Léon XIV rappelle la nécessité d'une conscience morale capable de discerner le bien.

    La liberté n’est pas l’unique mesure du bien

    On retrouve ici l'un des points fondamentaux du message pontifical.

    La culture contemporaine tend souvent à penser la dignité humaine à partir de l'autonomie : je suis libre, donc je dois pouvoir décider.

    Le christianisme part d'un autre principe : je suis une personne, donc ma dignité ne dépend pas de ma capacité à décider, à produire, à être autonome ou à exercer un contrôle sur ma propre existence.

    Cette différence explique une grande partie des tensions actuelles sur l'avortement, l'euthanasie, la procréation ou les manipulations génétiques.

    À Paris, Léon XIV n'a donc pas livré une simple critique circonstancielle de telle ou telle loi française. Il a placé devant la France une question beaucoup plus fondamentale :

    Jusqu'où une société peut-elle étendre le domaine de la liberté individuelle lorsqu'est en jeu la vie d'un autre être humain — l'enfant à naître — ou la vie de celui qui, devenu vulnérable, demande qu'on mette fin à ses souffrances ?

    Face à une culture qui tend à définir certains choix en termes de droits — droit à l'IVG, droit à l'aide à mourir — le pape rappelle un principe antérieur à ces droits : la vie humaine elle-même mérite protection, indépendamment de sa force, de son autonomie ou de son utilité.

    La laïcité n’est pas l’effacement du religieux

    Autre sujet particulièrement sensible en France : la laïcité.

    Léon XIV n'a évidemment pas réclamé un retour à une quelconque confusion entre l'Église et l'État. Mais il a rappelé devant les autorités françaises les « riches racines chrétiennes » de la France et la contribution du christianisme à son histoire intellectuelle, culturelle et spirituelle.

    Ce rappel est loin d'être anodin.

    La laïcité peut être comprise comme la neutralité de l'État à l'égard des religions et comme la garantie de la liberté de conscience. Elle ne devrait pas nécessairement signifier que les convictions religieuses doivent disparaître de l'espace public.

    La neutralité de l'État n'exige pas la neutralisation des croyants.

    Les catholiques sont des citoyens comme les autres. Ils ont donc le droit de participer au débat public à partir de leur foi, de leur conception de la personne humaine et de leur vision du bien commun.

    Léon XIV semble ainsi rappeler une distinction devenue essentielle : respecter la laïcité ne signifie pas renoncer à la vérité ; respecter la liberté de conscience ne signifie pas renoncer à annoncer l'Évangile.

    Une autre conception de l’éducation

    À l'UNESCO, le pape a prolongé cette réflexion sur le terrain de l'éducation.

    Face aux promesses de l'intelligence artificielle et du progrès technologique, il a rappelé que la machine peut établir des corrélations mais qu'elle ne peut répondre aux questions fondamentales concernant « le sens de la vie humaine ».

    Et cette formule particulièrement heureuse : « Le sens est l'oxygène de l'esprit. »

    Éduquer ne consiste donc pas seulement à transmettre des compétences, à préparer à un métier ou à apprendre à maîtriser les nouvelles technologies.

    Éduquer, c'est aussi apprendre à rechercher la vérité, à discerner le bien et à donner un sens à son existence.

    Léon XIV va jusqu'à affirmer que « la recherche de la vérité » est une question de « justice sociale ».

    Dans une époque où la vérité est souvent réduite à une opinion personnelle, cette affirmation n'est pas secondaire.

    Et surtout : annoncer le Christ

    Mais toutes ces questions — la vie, la dignité, la liberté, l'éducation, la paix, la société — ne constituent finalement que les conséquences d'une affirmation plus fondamentale.

    L'Église est là pour annoncer le Christ.

    Au Stade de France, devant des dizaines de milliers de jeunes, Léon XIV n'a pas présenté le christianisme comme une simple tradition culturelle française ou comme une source de valeurs humanistes parmi d'autres. Il leur a parlé de Jésus-Christ, de l'Esprit Saint, du salut, de l'espérance et de la vie éternelle.

    C'est peut-être là le véritable fil conducteur de son séjour parisien.

    À l'Élysée : la dignité de l'homme et le droit à la vie.

    À l'UNESCO : la vérité et le sens de l'existence.

    À Notre-Dame : la foi et l'espérance chrétiennes.

    Au Stade de France : le Christ et la vie éternelle.

    Tout se tient.

    Léon XIV semble rappeler que l'Église n'a pas seulement une histoire à conserver, des œuvres sociales à accomplir ou un patrimoine à défendre. Elle a une foi à transmettre et un Évangile à annoncer.

    Et c'est peut-être précisément ce qui donne à ses paroles leur tonalité particulière.

    Il ne s'agit pas d'une Église qui chercherait à être « moderne » en épousant les catégories du moment. Il s'agit d'une Église qui accepte de dialoguer avec le monde sans devenir le miroir du monde.

    Écouter sans se soumettre.
    Dialoguer sans se diluer.
    Respecter la laïcité sans accepter l'effacement du religieux.
    Défendre la liberté sans oublier les devoirs envers les plus vulnérables.
    Accompagner la souffrance sans faire de la mort une solution.
    Accueillir la modernité sans faire de la technique le critère ultime du bien.
    Et surtout, parler au monde du Christ sans avoir honte de parler comme l'Église.

    À Paris, Léon XIV n'a donc pas simplement commenté l'évolution de la société française.

    Il lui a proposé une autre conception de l'homme.

    Et c'est probablement là que se trouve la portée la plus profonde de son message : dans une société qui proclame de nouveaux droits, le pape rappelle qu'il existe quelque chose qui les précède tous — la dignité inviolable de la personne humaine et, avec elle, le droit à la vie.

    Une Église qui ne rougit pas de son message n'est pas nécessairement une Église fermée au monde.

    Elle peut être, au contraire, une Église qui a encore quelque chose à lui dire.

    (avec l'IA)