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Livres - Publications - Page 10

  • Les communautés chrétiennes en Israël font face à une hostilité croissante, selon un rapport annuel

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    De Marinella Bandini  sur CNA :

    Les communautés chrétiennes en Israël font face à une hostilité croissante, révèle un rapport annuel

    Rapport RossingIntervenants présents à la réunion d'information du Centre Rossing présentant le rapport « Attaques contre les chrétiens en Israël et à Jérusalem-Est » le 27 mars 2025. De gauche à droite : Hana Bendcowsky, directrice du Centre de Jérusalem pour les relations judéo-chrétiennes du Centre Rossing ; Bernard Sabella, professeur de sociologie à la retraite ; Federica Sasso (Centre Rossing), modératrice ; Hussam Elias, directeur exécutif du projet ; et le père jésuite David Neuhaus. | Crédit : Marinella Bandini

    Le 27 mars à Jérusalem, le Centre Rossing pour l’éducation et le dialogue a présenté les conclusions de son rapport annuel, « Attaques contre les chrétiens en Israël et à Jérusalem-Est », et d’une enquête menée en décembre 2024 auprès de 300 chrétiens palestiniens/arabes en Israël et à Jérusalem-Est, donnant un aperçu de leurs perceptions de divers aspects de la vie.

    La réunion d'information s'est tenue au Centre Notre-Dame de Jérusalem. Un panel d'experts a mis en lumière les défis et les angoisses auxquels est confrontée la population chrétienne locale, parmi lesquels Hana Bendcowsky, directrice du Centre de Jérusalem pour les relations judéo-chrétiennes du Centre Rossing ; Hussam Elias, directeur exécutif du projet ; le père jésuite David Neuhaus ; et Bernard Sabella, professeur de sociologie à la retraite.

    Le rapport « Attaques contre les chrétiens en Israël et à Jérusalem-Est », préparé par le Centre Rossing pour l'éducation et le dialogue, est présenté au Centre Notre-Dame de Jérusalem le 27 mars 2025. Étaient présents des journalistes de journaux étrangers, des représentants diplomatiques, ainsi que des membres du clergé et des religieux. Crédit : Marinella Bandini
    Le rapport « Attaques contre les chrétiens en Israël et à Jérusalem-Est », préparé par le Centre Rossing pour l'éducation et le dialogue, est présenté au Centre Notre-Dame de Jérusalem le 27 mars 2025. Étaient présents des journalistes de journaux étrangers, des représentants diplomatiques, ainsi que des membres du clergé et des religieux. Crédit : Marinella Bandini

    Le rapport documente une augmentation des incidents d’intimidation et d’agression ciblant les communautés chrétiennes tout au long de 2024. Actuellement, environ 180 000 chrétiens vivent en Israël (environ 1,8 % de la population israélienne), et 78,8 % d’entre eux sont arabes.

    Les agressions physiques sont apparues comme la catégorie la plus répandue parmi les 111 cas recensés, la majorité visant des membres du clergé, facilement identifiables à leur tenue religieuse. Les crachats ont été identifiés comme une forme courante de harcèlement physique. Des actes de vandalisme et de profanation visant des églises chrétiennes, notamment des graffitis, des jets de pierres et des incendies criminels, ont également été recensés. 

    Selon le rapport, les auteurs de tous les cas connus ont été identifiés comme étant des individus juifs, principalement des jeunes hommes issus de milieux ultra-orthodoxes et national-religieux, animés par un mélange de ferveur nationaliste et d’extrémisme religieux.

    Ces événements font que les chrétiens se sentent menacés et mal accueillis dans leur propre pays. Ce sentiment est encore plus évident dans l'enquête, qui révèle des sentiments mitigés quant à leur acceptation par la société juive israélienne. Alors que 30,8 % des chrétiens se sentent acceptés au sein de la société israélienne, 34 % ne le sont pas, le sentiment de non-acceptation étant plus élevé (56 %) chez les 18-29 ans.

    Le rapport annuel du Centre Rossing, « Attaques contre les chrétiens en Israël et à Jérusalem-Est », sera présenté le 27 mars 2025 au Centre Notre-Dame de Jérusalem. Crédit : Marinella Bandini
    Le rapport annuel du Centre Rossing, « Attaques contre les chrétiens en Israël et à Jérusalem-Est », sera présenté le 27 mars 2025 au Centre Notre-Dame de Jérusalem. Crédit : Marinella Bandini

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  • Il y a trente ans paraissait l’encyclique Evangelium vitae, un texte véritablement prophétique

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    Du Père Paul-Marie Cathelinais, op sur le site de La Nef :

    Evangelium vitae, 30 ans après

    Publiée le 25 mars 1995, l’encyclique Evangelium vitae, de saint Jean-Paul II, « sur la valeur et l’inviolabilité de la vie humaine », demeure un texte prophétique plus pertinent que jamais.

    L’encyclique Evangelium Vitae a trente ans ! Quels enseignements peut-on retenir au-delà de ce pour quoi nous combattons déjà depuis tant d’années ? D’abord arrêtons-nous sur la formule. Elle est étonnante. On parle habituellement d’Évangile de saint Matthieu ou de saint Jean, c’est-à-dire de son auteur inspiré ou de celui-là même qui en est l’objet, Jésus-Christ. Mais ici, la vie temporelle semble elle-même un évangile… A-t-on suffisamment compris cette étonnante extension du mot ? Jean-Paul II a voulu proclamer au monde entier cet évangile comme un héraut sur les remparts. C’est à la fois un appel à l’émerveillement et un cri d’alarme. Un seul message porté par deux mouvements contraires qui agitaient son cœur de pasteur.

    Publiée le 25 mars 1995, cette bonne nouvelle de la vie nous rappelle d’abord la visite de l’ange, il y a 2025 ans. Un anniversaire qui donne à l’Église de jubiler et de rendre grâce pour les bienfaits reçus du Verbe de Vie, « venu pour nous donner la Vie et la vie en abondance ». Dans le même temps, en France, cette année 2025 est l’année du sombre anniversaire des cinquante ans de la promulgation de la loi Veil et la triste année, sans doute, des premières lois sur l’euthanasie. C’est là tout le drame de l’histoire du salut. Aux différents appels de Moïse, le cœur de Pharaon s’endurcit. Les plaies de l’Égypte ne font alors qu’augmenter. Ainsi en France, le bilan du nombre d’avortement en cinquante ans dépasse le nombre de morts pendant la Grande Guerre. Le taux de natalité n’a jamais été aussi bas (1,59 enfant par femme). Beaucoup de familles explosent. Le nombre de femmes seules avec enfants continue d’augmenter. Les centres de soins palliatifs manquent dans plus de vingt-sept départements et le sens de la dignité humaine est de moins en moins respecté, au nom du bien-être et de la wellness. La sexualité est dissociée de l’amour et de la fécondité. Un enfant en Europe a perdu le droit inaliénable de naître et de grandir dans l’amour d’un père et d’une mère. Pour finir, le wokisme veut détruire l’amitié naturelle que l’homme entretient avec sa propre identité sexuelle.

    Pourtant, et c’est là tout le mouvement même de la geste divine, les initiatives pour la vie, l’amour et la famille se sont multipliées, grâce à des fils de lumière courageux, persévérants, inventifs et compétents. Le forum « Viva », par exemple, en ce mois de mars, rassemblera pour la première fois tous les mouvements pro-vie pour un grand festival destiné à soulever une jeunesse enthousiaste et pleine d’espérance (1). Cette jeunesse, chère à Jean-Paul II, qui est celle de Dieu, quel que soit son nombre, continue donc de se lever, comme le petit peuple d’esclaves le fit au temps de Moïse. L’histoire n’est pas condamnée à n’être qu’une tragédie, aurait dit Benoît XVI, mais peut-être, au contraire, une « divine comédie ». L’histoire du salut est donc faite d’un double mouvement : « plus Dieu se donne, plus fort est le refus de l’homme » d’une part, et d’autre part « plus l’homme refuse, plus Dieu se donne ». Le tragique de notre histoire doit inviter les chrétiens non à l’optimisme (n’ajoutons pas aux mensonges, un autre mensonge !) mais à l’espérance, au « désespoir surmonté ». L’étoile sur le front de Caïn donné par Dieu pour le protéger de la mort est un signe éloquent de l’entêtement divin à promouvoir la vie ! Sans doute, la relecture de l’encyclique trouvera en nous un renouvellement de cette puissance divine qui nous tire : « sur le chemin sablonneux, mal aisé, la petite Espérance avance. »

    Le salut des âmes

    Reste que le cri d’alarme du Saint-Père est beaucoup plus grave qu’il n’y paraît. On a un peu oublié que l’enjeu définitif de cette encyclique est non seulement le combat pour la dignité humaine, mais aussi une parole forte adressée aux consciences pour le salut de leur âme. Ce thème est peu souligné dans les combats pour la vie. Peut-être parce que ce combat fut surtout envisagé dans un monde laïc pour et par des laïcs. Au passage, il faut souligner que ces chrétiens laïcs qui se consacrent à ces questions le font avec une générosité et un professionnalisme dignes des saints de notre histoire. Cela dit, quand on relit l’encyclique, on est frappé dès le départ par la visée surnaturelle du texte. Parler d’« Évangile » n’est pas neutre. Il dit tout à la fois une heureuse nouvelle et la parole du salut. D’ailleurs, pour saint Jean-Paul II, il est clair que l’Évangile de la vie est d’abord notre Seigneur lui-même, en personne, de sorte qu’accueillir ce plus petit menacé par la culture de mort, c’est l’accueillir Lui. Devant l’appel à s’émerveiller de ce don qu’est la vie humaine (à commencer par la nôtre propre) et à se donner généreusement pour elle, il y a la promesse qu’accueillir cette vie nous donnera et la vraie liberté et la vie éternelle ! A contrario, la refuser dans un acte intrinsèquement mauvais quelle qu’en soit l’intention, c’est commettre un acte d’une extrême gravité, qui nous rend esclave d’une logique de mort.

    L’obscurcissement de la conscience

    Moralement, il s’agit de l’évaluer selon deux points de vue. D’une part, cette culture de masse qui présente ces lois comme des progrès, diminue sans aucun doute la responsabilité personnelle. Mais d’autre part, l’obscurcissement de la conscience individuelle, loin d’excuser l’acte, aggrave au contraire la participation personnelle à la culture de mort en soi et autour de soi. L’éclipse de la dignité de toute vie humaine produit alors dans l’âme l’éclipse de Dieu, c’est-à-dire de Celui-là même qui peut nous sauver et nous pardonner ! « Plus la conscience humaine, succombant à la sécularisation, oublie la signification même du mot de “miséricorde” ; plus, en s’éloignant de Dieu, elle s’éloigne du mystère de la miséricorde, plus aussi l’Église a le droit et le devoir de faire appel au Dieu de la miséricorde “avec de grands cris” » (Dives in Misericordia, n. 15). Les initiatives auprès des mères qui ont perdu ainsi leurs enfants se sont d’ailleurs multipliées. Des « chemins de la consolation » comme celui qu’on trouve à la Sainte-Baume se propagent partout en France. Ces « mémoriaux » où les noms des enfants sont inscrits sur des murs, permettent non seulement de sortir du déni, du mensonge et du deuil caché, mais aussi d’inviter chaque maman à vivre autre chose que cette logique de mort qui ronge les consciences et les cœurs.

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  • Les apôtres du mouvement « No-Kid » façonnent un monde invivable

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    D'Hélène de Lauzun sur The European Conservative :

    Les apôtres du mouvement « No-Kid » façonnent un monde invivable

    Mettre un enfant au monde nous oblige à réfléchir, concrètement et quotidiennement, à ce que nous voulons pour l’avenir, loin des spéculations intellectuelles des révolutionnaires écologistes.

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  • Les lois anti-conversion et la persécution des chrétiens en Inde

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    Du site de l'ECLJ :

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    Lois anti-conversion et persécution des chrétiens en Inde

    20 Mars 2025

    Ce rapport analyse l’intensification de la persécution des chrétiens en Inde, à la suite de la 41ᵉ session de l’Examen Périodique Universel (EPU) de l’Inde en 2022. L’étude met en particulier l’accent sur l’impact des lois anti-conversion, qui sont utilisées comme un outil d’oppression contre les minorités religieuses, en particulier les chrétiens.

    Les nationalistes hindous exploitent ces lois pour accuser faussement les chrétiens de conversions forcées. En 2024, plus de 160 attaques violentes contre des chrétiens ont été signalées en Inde.[1] Ces agressions vont des attaques contre des églises et des réunions de prière jusqu’aux agressions physiques[2]. Entre janvier et septembre 2024, près de 600 services religieux ont été interrompus par des extrémistes hindous[3]. Au cours du premier semestre 2023, 400 incidents avaient été recensés, contre 274 pour la même période en 2022[4].

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  • Le bienheureux Clemens August von Galen : un évêque face au nazisme (22 mars)

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    Clemens August von Galen - évêque, opposant, bienheureux

    Du numero 145 de la revue Sedes Sapientiae (Fraternité Saint-Vincent-Ferrier) :

    Le cardinal von Galen, évêque de Münster de 1933 à 1946, a été béatifié par Benoît XVI le 9 octobre 2005. Jérôme Fehrenbach, dans la biographie qu’il lui consacre [1], s’arrête à sa mort en mars 1946 et n’évoque pas du tout la procédure de béatification engagée à la fin des années 1950 et qui a abouti près d’un demi-siècle plus tard. Incompréhensiblement, il n’utilise pas la très abondante source historique et biographique que constituent les témoignages sous serment recueillis lors du procès de béatification [2]. Sans doute a-t-il estimé que les très importantes et intéressantes archives de la famille von Galen auxquelles il a eu accès (correspondances, etc.) suffisaient à dresser un portrait intime, personnel et spirituel à la fois, du grand évêque. Mais, ce faisant, il s’est privé des résultats d’une enquête systématique qui, comme dans tout procès de béatification, a porté, non seulement sur toutes les étapes de la vie du cardinal von Galen, mais aussi sur la façon dont il a pratiqué les différentes vertus (cardinales et théologales) et sur les questions difficiles qui pouvaient donner lieu à des objections.

    Si cette nouvelle biographie de von Galen apporte beaucoup d’éléments nouveaux, elle peut être complétée par d’autres travaux et d’autres sources pour mieux connaître cette grande figure de l’Église allemande contemporaine et mieux comprendre certaines de ses décisions et certains de ses actes.

    Une famille ancrée dans la tradition catholique

    Mgr von Galen était fier de ses séculaires origines terriennes et westphaliennes. Il les revendiqua publiquement dans un sermon prononcé en novembre 1937 : « C’est un fait établi, assorti de preuves documentaires, que mes ancêtres, des hommes de mon nom et de ma maison, dont le sang coule dans mes veines, depuis plus de 700 années, ont leur fief ici en Münsterland et sur les rives de la Lippe, que mes ancêtres en tant qu’allemands et allemandes ont vécu ici et sont morts ici. »

    C’est une famille de grands propriétaires terriens qui a compté de nombreux officiers, des ecclésiastiques et, au XIXe et XXe siècles, des députés. Déjà curé à Münster, Clemens August écrivait à sa sœur Agnès en 1921 : « Souvent je repense à la chance et au privilège que nous avons eus – et qu’ont vos enfants […] d’avoir en partage la foi catholique et la vie de l’Église catholique comme quelque chose de parfaitement naturel, au point que cela signifierait une rupture avec son propre passé, avec les racines natales, avec le foyer familial, si l’on s’en éloignait [3]. »

    La marque commune à tous les membres de cette famille est l’attachement à la foi catholique, non seulement par une pratique régulière (messe quotidienne et prière du soir dans la chapelle du château ancestral de Dinklage), mais aussi par une vie privée conforme à ses convictions et par un engagement public au service de l’Église.

    Né en 1878, Clemens August fit sa première communion, avec son frère Franz, en 1890, à l’âge tardif de 12 ans, selon la coutume de l’époque que Pie X modifiera vingt ans plus tard. À cette occasion, leur mère leur offrit à chacun un exemplaire de l’Imitation de Jésus-Christ, avec comme dédicace un seul mot : Modicum. Tout un programme de vie.

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  • Comment retrouver le goût de Dieu dans un monde qui l'a chassé ? (Rod Dreher)

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    Du site de "Livres en famille" :

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    Rod Dreher

    Comment retrouver le goût de Dieu dans un monde qui l'a chassé

    “Aujourd’hui, l’Occident meurt par manque de sens, de but, de Dieu”.

    Editeur: Artège

    19,90 € TTC

    L'Occident est « désenchanté », fermé à l'idée que l'univers est bercé de surnaturel et de métaphysique. L'homme quitte les églises parce que la foi est devenue sèche et sans vie. Mais l'homme est toujours en quête de quelque chose qui le dépasse.

       Observateur expérimenté du monde actuel, Rod Dreher nous encourage à retrouver le sens de l'émerveillement. Mêlant analyses, témoignages et récits personnels (il se livre ici comme jamais), Dreher invoque l'histoire, l'anthropologie, les neurosciences et les sources du christianisme. Il nous invite à redécouvrir le lien extraordinaire qui unit le monde naturel et le monde spirituel.

       Oui, les miracles existent ! Oui, les anges bons et mauvais existent ! Le bien et le mal également… Au plus profond de la foi chrétienne se trouvent les ressources pour animer notre compréhension du monde, illuminer notre imagination et nourrir notre âme face à la tentation ésotérique et la toute-puissance de la technique contemporaines.

       Le monde n'est pas condamné à l'emprise cartésienne et au règne de l'IA. Il est bien plus mystérieux, passionnant, religieux et exaltant. Si nous savons retrouver le sens de l'émerveillement, nos yeux s'ouvriront et nous accéderons à ce que chacun d'entre nous recherche : le sens profond de notre vie.

       RÉENCHANTEMENT. De plus en plus de jeunes craquent pour les sciences occultes. Pour lutter contre cette tendance, l’essayiste américain, qui publie « Comment retrouver le goût de Dieu dans un monde qui l’a chassé », prône un retour du christianisme à la tradition mystique.

    BOULEVARD VOLTAIRE, Gabrielle Cluzel, 15 mars 2025 : 

       [...] Rod Dreher a répondu à l'invitation de Boulevard Voltaire pour parler de J.D. Vance - qui pourrait être, de son avis, le prochain président des États-Unis. Ce fin connaisseur de la vie politique américaine, mais aussi européenne, analyse également l'onde de choc mondiale que représente Donald Trump, en lequel il place beaucoup d'espoir… mais avec lucidité : il n'élude pas, notamment, l'écueil que pourrait représenter, pour les mouvements populistes européens, une détestation de Trump - et, donc, des valeurs qu'il porte - par les peuples du Vieux Continent si le président américain s'avisait de trop malmener ce dernier.

       Rod Dreher fait part, aussi, de sa grande inquiétude pour l'Europe, rongée par la menace intérieure évoquée par J.D. Vance lors de son discours de Munich. Pour lui, le sursaut ne peut passer que par une conversion intérieure profonde et un retour au christianisme dans nos sociétés, qui ne soient pas seulement une réaction superficielle à la poussée d'un islam conquérant, même si celui-ci peut en être le déclencheur. Un entretien exceptionnel à ne pas manquer !

    LE SALON BEIGE, Michel Janva, 16 mars 2025 : “Aujourd’hui, l’Occident meurt par manque de sens, de but, de Dieu”.

    Le J.D.D.  Aziliz Le Corre : Entretiens

       - Quand la perception du sacré a-t-elle commencé à s’effondrer en Occident ?

       - Cela a commencé au Haut Moyen Âge, lorsque la doctrine philosophique du nominalisme – selon laquelle il n’y a pas de sens intrinsèque, pas de logos, enchâssés dans la matière – a vaincu le réalisme métaphysique dans le débat. Cela a préparé le terrain pour la Réforme et surtout pour la révolution scientifique. S’il n’y a pas de sens intrinsèque donné par Dieu à la matière, alors nous pouvons en faire ce que nous voulons. Comme le dit l’écrivain athée contemporain Yuval Noah Harari, au début de la modernité, nous avons échangé le sens contre le pouvoir. Puis sont arrivés Descartes, avec sa séparation corps-esprit, les Lumières, le marxisme et tout le reste.

       Mais tout a commencé lorsque l’homme occidental a abandonné sa croyance dans la nature sacramentelle de la réalité : que toute la Création est une icône de Dieu, à travers laquelle Dieu peut être connu. Nous sommes en effet devenus très riches et puissants – mais spirituellement appauvris. Aujourd’hui, l’Occident meurt par manque de sens, de but, de Dieu. […]

    L'INCORRECT, 1 février 2025

    _______________________

    AU SOMMAIRE :

    • Voir la vie des choses
    • L'exil du jardin enchanté
    • A l'esprit enchanté, matière enchanté
    • l'importance du désenchantement
    • Le sombre enchantement des pratiques occultes
    • Les extraterrestres et la machine sacrée
    • attention et prière
    • Apprendre à voir
    • Des signes et des merveilles
    • Trois prophètes du réel
    • L'urgence de la mystique
    • En guise de conclusion

    commandes sur LIVRES EN FAMILLE

  • L'asile occidental. Le livre de dénonciation de Meotti : « C'est ainsi que nous effaçons tout ce que nous sommes et nos origines »

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    Du Nuovo Sismografo :

    L'asile occidental. Le livre de dénonciation de Meotti

    Selon la culture dominante, seule l'acceptation inconditionnelle de l'autre, idéalement non occidental, à travers l'islam, l'immigration et le wokisme, permet d'entrevoir l'espoir d'une rédemption et d'une régénération sur les ruines d'un monde sécularisé. Voilà l'esprit nouveau qui souffle sur l'Occident, mélange de décadence et de barbarie.

    Nous publions ci-dessous un court extrait du livre de Giulio Meotti, Manicomio Occidente - Gender, multiculturalism, woke : anatomy of a suicide, publié par les éditions Il Timone.

    *****

    Londres, capitale du Nouveau Monde, pont occidental entre l'Europe et l'Amérique. Sous la direction du maire travailliste Sadiq Khan, les panneaux d'affichage dans le métro ou sur les bus contenant de la « honte corporelle », c'est-à-dire montrant des femmes en bikini, ou de la « malbouffe », comme des hamburgers et des frites, sont interdits. En revanche, M. Khan ne voit aucun inconvénient à ce que les islamofascistes fassent de la publicité pour le « tawhid », le doigt levé vers le ciel en signe de soumission à Allah. Le métro de Londres lui-même n'a pas hésité à interdire les publicités pour les nus d'Egon Schiele, le grand peintre expressionniste autrichien, alors que la publicité « Allah est grand » ne pose aucun problème.

    Khan lui-même teint en violet la colonne de Trafalgar Square pour célébrer le Ramadan, allume les illuminations du Ramadan à Piccadilly Circus, assiste à des réunions islamiques où les femmes sont séparées des hommes, et pense que Winston Churchill est « problématique ». Le personnel travaillant pour le maire de Londres, M. Khan, a quant à lui été prié d'éviter les expressions sexistes telles que « mesdames et messieurs ». Plus question de qualifier les migrants d'« illégaux ». Au lieu de cela, il faut les appeler « personnes dont le statut d'immigration est incertain » ou « sans-papiers ». Évitez d'utiliser « hommes et femmes », préférez « gens » ou « Londoniens ». Et encore : « De même, au lieu de “ladies and gentlemen”, dites quelque chose qui n'exclut pas les personnes non binaires ». Selon le document, « les termes “mâle” et “femelle” sont datés et médicalisés ».

    Il ne s'agit pas d'un mystère amusant, mais d'un modèle qu'ils appellent désormais « diversité » dans le Nouveau Monde. Ils acceptent que la charia affiche ses bannières, mais censurent la publicité d'un gâteau de mariage parce qu'il est « malsain ». Pendant ce temps, à Grenoble, la capitale des Alpes françaises, le maire vert Éric Piolle a proposé de supprimer les fêtes chrétiennes du calendrier scolaire. Piolle a sorti du chapeau une idée ingénieuse : « Supprimons les références aux fêtes religieuses dans notre calendrier et déclarons jours fériés les fêtes laïques qui marquent notre attachement aux révolutions, à la commune, à l'abolition de l'esclavage, aux droits des femmes et aux droits des LGBT ». Au diable la Pentecôte, Noël, Pâques, l'Ascension. 

    Le maire avait déjà organisé et financé le « mois décolonial » dans sa ville, au cours duquel l'homme blanc a été « mis à l'épreuve ». Le concept est simple : l'homme blanc occidental, après avoir dépouillé ses anciennes colonies et ruiné la biodiversité, est raciste, sexiste et colonialiste à l'égard des migrants venus s'installer en Europe. La ville de Grenoble fait également campagne contre le foulard islamique dans ses affiches de rue, mais ne trouve rien de schizophrénique à créer des « écoles non mixtes ». Alors pourquoi ne pas construire aussi une nouvelle méga mosquée de 2 200 mètres carrés ? Et pourquoi ne pas empêcher la construction d'une église Saint-Pie X ? Jean Messiha, président copte du club intellectuel Vivre français, écrit : « Faisons de notre pays une exoplanète vierge prête à être colonisée par toutes les identités. Effaçons tout ce que nous sommes et nos origines et recommençons à zéro ».

    Giulio Meotti est journaliste à « Il Foglio ». Il a écrit pour des journaux internationaux tels que le Wall Street Journal et le Jerusalem Post, et collabore avec le mensuel Il Timone.

  • La Femme 2.0 : ni femme, ni mère ?

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    De gènéthique magazine :

    La Femme 2.0 : ni femme, ni mère ?

    15 mars 2025

    La Chaire de bioéthique de l’UNESCO s’attèle à de nombreux sujets très méconnus, véritables angles morts de la féminité. Le 8 mars, à l’occasion de la Journée internationale des Droits des Femmes, la Chaire a organisé une conférence au cours de laquelle est intervenue Laëtitia Pouliquen qui dirige le think tank NBIC Ethics, un think tank traitant de l’éthique des technologies auprès des institutions européennes. Auteur de Femme 2.0 – Féminisme et Transhumanisme [1] et de IA : Maître du temps Vers une éternité connectée ?[2], Laëtitia Pouliquen pointe les dangers du transhumanisme pour la femme en particulier. Analyse.

    Trois agendas politiques entrelacés vont chacun mener à une révolution de l’identité de la femme toujours plus profonde.

    « Mon corps m’appartient. » Mais la libération sexuelle a engendré l’exploitation reproductive.

    Après avoir « affranchi » la femme de sa fécondité, la deuxième étape consiste à déclarer le corps et le sexe comme un donné de départ non biologique mais purement culturel. La femme serait libre de choisir son genre voire de changer de sexe.

    Le transhumanisme [3] promet désormais de l’affranchir de sa condition de mortelle. Avec l’usage des technologies (NBIC) ou technologies Nano-, Bio-, Information, Cognitives ainsi que de l’utérus artificiel, la Femme 2.0 prend forme.

    Le renoncement à la fécondité

    Les femmes connaissent de réelles transformations du point de vue de leur identité propre à travers une forme de déni profond de la fécondité naturelle de leur corps et de leur maternité. Cette fragmentation de l’identité féminine est tout d’abord apparue dans la recherche du contrôle de la fécondité et d’autonomie à tout prix, pour « libérer les mères du fardeau de la maternité ».[4]

    Ainsi, la Femme 2.0 renonce à cet avantage de la maternité et à la cyclicité corporelle. La procréation féminine suit une logique de marché par la vente des produits du corps féminins, à la marchandisation de sa maternité, et au « désenfantement » du monde avec l’utérus artificiel et la sélection génétique.

    La pilule contraceptive, qui « libère » des « risques de grossesse » et des règles, fait ressembler les femmes aux hommes en contrariant le corps féminin. Et le recours à l’avortement se fait toujours plus fréquent en cas d’« échec de la pilule ». La Femme 2.0 est souvent ChildFree car elle décide délibérément de ne pas concevoir. En 2022, un sondage Ifop-Elle évaluait à 30 % de la population féminine les femmes nullipares en âge de procréer en France [5].

    Plus technologique, car il convoque toutes les technologies NBIC à son chevet, l’utérus artificiel fait l’objet de recherche très financée. En effet, l’ectogenèse, ou genèse hors du ventre de la femme, fut très vite identifiée comme un allié technologique précieux pour parachever le « désenfantement » du monde. Une parfaite aliénation transhumaniste. Parmi les dernières expériences en date, on pourra noter qu’en 2019, la Eindhoven University of Tech a mis au point le « Human Biobag » à l’aide d’un financement du programme de recherche européen EU Horizon 2020 à hauteur de 2,9 millions d’euros. Et en 2023, des scientifiques chinois de Suzhou créent une « nounou IA » pour s’occuper des embryons dans un utérus artificiel. Il s’agit d’un système d’IA capable de surveiller et de prendre soin des embryons à mesure qu’ils se transforment en fœtus en laboratoire. L’interaction humaine avec une « nounou IA » qui surveille le développement du fœtus pour qu’il soit bien « fini » à la sortie du Biobag ou avec un robot d’accompagnement doté d’IA qui produit action et « parole » en fonction des besoins de la personne affecte profondément nos comportements.

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  • Le cardinal Paul Josef Cordes ou le courage d'être chrétien

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    De Nico Spuntoni sur la NBQ :

    Cordes un an plus tard, le courage d'être chrétien

    À l'occasion du premier anniversaire de la mort du cardinal, ses avertissements courtois et énergiques retentissent. Capable de s’exprimer avec une grande lucidité même sur les questions les plus controversées, sa vision profonde était centrée sur la présence de Dieu dans un monde qui le rejette.

    18_03_2025

    Giuseppe Carotenuto Imagoeconomica

    Samedi dernier marquait le premier anniversaire du pieux décès de Paul Josef Cordes.

    Aujourd'hui, le cardinal repose dans l'église des Saints Pierre et Paul dans « son » Kirchhundem, veillé avec amour par le curé Heinrich Schmidt qui fut son grand ami de vie. Au fil des années, les lecteurs de la Nuova Bussola Quotidiana ont appris à connaître et à apprécier la voix claire et autoritaire du prélat allemand, admirateur et collaborateur de Benoît XVI.

    Ratzinger lui-même, qui le connaissait bien depuis au moins les années 1970 , savait mieux que quiconque comment formuler son extraordinaire capacité d'écriture en se référant aux « problèmes concrets et urgents du présent » mais en se concentrant « sur l'essentiel ». Et l'essentiel pour l'homme reste, encore et surtout aujourd'hui, le « quaerere Deum ». Remettre Dieu et la foi au centre, la mission principale du pontificat bénédictin qu'il admirait tant, était aussi le moteur du ministère de Cordes.

    En plus de 60 ans de sacerdoce, l’oubli de Dieu dans la société contemporaine a été l’aiguillon qui l’a poussé à indiquer sans relâche dans la foi les vraies réponses aux questions et aux défis de chaque jour. Cordes a volé « haut », tant dans le style que dans le contenu, mais en commençant toujours « par le bas ». Ce qui faisait souvent bouger sa plume et sa langue, c'étaient des conversations polémiques avec ceux qui ne pensaient pas comme lui, des nouvelles qui lui faisaient lever le nez, des décisions qui ne l'enchantaient pas.

    D’autre part, comme nous l’avons vu, sa « spécialité » était précisément la proclamation de la présence divine face à un monde qui tendait à l’exclure ou à la dévaloriser. Optimiste incurable, il s'inquiétait mais ne s'affligeait pas de la situation ecclésiale actuelle, dénonçant ses distorsions avec passion, lucidité et une dose indispensable de sarcasme. Cordes a pris soin de montrer également à ses frères qui avaient pris le mauvais chemin le bon. Ce faisant, le cardinal allemand a laissé derrière lui un précieux capital de réflexions sur le présent et l’avenir de l’Église universelle qui mérite de ne pas être oublié. 

    Les mouvements. Au cours de sa carrière ecclésiastique, Cordes fut longtemps considéré (à juste titre) comme « l'ami » des mouvements ecclésiaux de la Curie. Face à ceux qui ont des doutes ou même des préjugés à l'égard de ces réalités, l'invitation du cardinal reste valable à ne pas les considérer comme un obstacle à l'universalité de l'Église mais comme un signe d'espérance et de vitalité qui aide à lutter contre le danger de l'usure dans un contexte hautement hostile comme celui actuel. Son avertissement : tenter d’aligner complètement les mouvements sur les Églises locales finirait par éteindre le dynamisme missionnaire qui les caractérise.

    Célibat.Contre les attaques directes ou indirectes contre le célibat sacerdotal, Cordès aimait faire appel au Concile Vatican II qui avait mis en évidence sa « relation de convenance intime avec le sacerdoce ». A ceux qui semblent vouloir préparer le terrain à l'abolition de l'obligation en répétant qu'il s'agit « seulement » d'une loi ecclésiastique, le cardinal de Kirchhundem demande de s'éloigner d'une perspective exclusivement juridique et de regarder la question avec les yeux de l'Evangile car être prêtre signifie se rendre disponible pour être façonné par Dieu sur le modèle du Christ afin d'être à notre tour des modèles crédibles pour tous les croyants. Le raisonnement sur la pertinence ou non de continuer à appliquer une règle est un argument qui ne peut pas remettre en cause la valeur de l’imitation du Christ pour rendre plus parfaite la participation à sa mission d’enseignant, de prêtre et de berger.  

    Le chemin synodal allemand . Cordes, comme son ami Ratzinger, était un Allemand « romain », fidèle au pape et critique envers les forces centrifuges venues d'outre-Rhin. Arrivé à la Curie en 1980, il était conscient du sentiment antiromain de l'Église allemande et jusqu'au bout il en dénonça les limites et les dangers. Il a rappelé à ses compatriotes évêques engagés dans le processus synodal autochtone que les sujets de discussion sont de la responsabilité de l’Église universelle, et donc pas à la disposition d’une Église locale. Le cardinal a contesté la prétention du Synode allemand d'établir une nouvelle Église ouverte aux « signes des temps » fantômes alors que le Christ, avec son message, s'affirmait comme un « signe des temps ». Une nouvelle Église qui, de plus, serait fondée sur des opinions votées à la majorité (parmi quelques délégués sélectionnés) plutôt que sur des vérités de foi. 

    Les laïcs dans le gouvernement de l'Église . Les portes grandes ouvertes aux laïcs occupant des postes de pouvoir à la Curie et même parmi les participants ayant le droit de vote au Synode ont trouvé en Cordes un farouche adversaire en raison de sa fidélité au Concile Vatican II.

    A la retraite, le cardinal a souligné le lien entre le leadership ecclésial et le ministère sacerdotal qui ne peut être effacé. En tant qu’Allemand, il était bien conscient des exigences de participation des laïcs à tous les niveaux de prise de décision dans l’Église. Des demandes qui ont ensuite été mises en œuvre au niveau central dans le  Prédicat d'Évangile et qui ont amené Cordes à prendre la parole pour rappeler que le service de gouvernement de l'Église est étroitement lié au sacrement de l'Ordre. Déjà en 2010, prophétiquement par rapport à ce qui allait se passer plus tard dans la réforme de la Curie et dans les derniers synodes, le prélat allemand écrivait : « Décider et agir dans la sphère ecclésiale selon le modèle parlementaire est complètement erroné. De plus, il n’y a pas d’autonomie des laïcs dans l’Église par rapport à la hiérarchie, car il n’y a pas de sphère dans laquelle les laïcs peuvent s’approprier le monde de manière exclusive pour le construire de manière autonome, sans construire en même temps l’Église.

    Benoît XVI a reconnu Cordes comme l'inspirateur de la première encyclique de son pontificat,   Deus caritas est . Son souci était de réitérer que  Caritas  est une expression de la foi et que l’Église ne peut être considérée ni se considérer comme une organisation sociale comme toutes les autres. A la base de ce cheval de bataille  cordésien, il y a sans doute la vision théocentrique (et donc christocentrique) qui a caractérisé sa pensée et son action. L’Église n’a pas de service plus important : sa priorité est de diffuser la foi et elle ne peut pas couper les racines chrétiennes de la charité ecclésiastique pour opérer plus facilement dans une société de plus en plus hostile. 

    Un an après la fin de son pèlerinage terrestre, Cordes continue d'inculquer ce « courage d'être chrétiens » (titre de son livre testamentaire écrit avec le Père Andrzej Kucinski et publié par Marcianum Press) à travers la profondeur et la rationalité de ses écrits. En les relisant, on a presque l'impression d'entendre sa voix énergique adresser des avertissements courtois mais tranchants à ses frères plus timides et plus lâches, comme lorsqu'il déclare que « la prétendue sagesse pastorale de devoir cacher au monde, en tant qu'Église, notre fondement spécifique et contraignant, est fausse ».

  • Maria Valtorta : une grande visionnaire ou une romancière exceptionnelle ?

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    D'Olivier Bonnassies sur La Sélection du Jour :

    Maria Valtorta, grande visionnaire ou romancière exceptionnelle

    Photo : Maria Valtorta, auteur religieuse italienne et mystique alitée, à l'époque de ses mystérieuses visions. Crédits : ©Wikimedia Commons, image du domaine public

    Maria Valtorta (1897-1961) est une mystique catholique qui a grandi en Italie, à Viareggio. Une blessure grave au dos, en 1925, l'a conduite à rester alitée. Malgré ses souffrances physiques, elle a mené une vie de grande piété, se consacrant à la prière et à l'écriture. Elle est connue pour avoir écrit « Le poème de l'Homme-Dieu », une œuvre monumentale rassemblant près de 700 visions et dictées qu'elle dit avoir reçues de Jésus-Christ et de la Vierge Marie. Ce que conteste une série de prises de position d'autorités de l'Église catholique. Mais une lettre récente, encore peu connue, signée de la main du pape François, encourage à faire connaître activement Maria Valtorta et son « œuvre littéraire » pour « le bien de l'Église et de la société ».

    Un court communiqué du Vatican sur les écrits de la mystique catholique italienne Maria Valtorta vient de mettre en émoi le petit monde catholique français. Le texte publié en italien par le Dicastère pour la Doctrine de la Foi (ex Saint-Office), en date du 22 février dernier, indique que « les prétendues visions et révélations contenues dans les écrits de Maria Valtorta (...) ne peuvent être considérées comme d'origine surnaturelle ». Les grands médias catholiques et Wikipédia ont relayé l'information en évoquant une « condamnation » de l'œuvre principale de Maria Valtorta, intitulée en français « L'Évangile tel qu'il m'a été révélé » (le titre originel italien « Le poème de l'Homme-Dieu », sans doute meilleur, ne donne pas l'impression de concurrencer l'Evangile). Mais il semble que le communiqué du Vatican n'apporte, en réalité, rien de nouveau. Comme une note de la Conférence des Évêques de France, qui avait déjà mis en garde, en 2021, contre l'idée que de telles « méditations » puissent remplacer l'Évangile , il s'inscrit dans une longue série de réserves et de controverses entre des institutions et personnalités d'Église - jusqu'au pape François lui-même - au sujet de cette mystique qui connait un succès d'édition croissant.

    En réalité, la dernière enquête du Vatican sur Maria Valtorta date de 1959, et elle aboutit l'année suivante à une mise à l'Index de ses écrits. La censure du Saint-Office avait, à l'époque, des réticences envers les mystiques et elle s'opposa aussi à sainte Faustine Kowalska (mise à l'Index en mars 1959), à saint Padre Pio (combattu à partir de juillet 1960), ou à mère Yvonne-Aimée de Malestroit (procès interrompu en juin 1960 car « trop de miracles »). Mais l'Église ne prétend aucunement à l'infaillibilité dans ce type de jugement : en canonisant Padre Pio et Faustine Kowalska, elle reconnaît les manques de discernement passés, comme cela arrive souvent. On peut citer à ce sujet le cas emblématique de Jeanne d'Arc, condamnée à être brûlée vive sur la base de 70 faux chefs d'accusation, qui sera finalement canonisée 500 ans plus tard, ou l'exemple de Medjugorje, combattu et déclaré « non surnaturel » pendant des décennies, avant de recevoir finalement en 2024, le plus haut degré d'approbation possible selon les nouvelles normes.

    Ce qui interroge aujourd'hui, c'est que le texte du Vatican affirme que les visions de Maria Valtorta « ne peuvent être considérées comme d'origine surnaturelle » et qu'elle ne serait en fait qu'une romancière très imaginative. Or, ses 9 000 pages écrites à la main, d'une traite, sans la moindre rature, décrivent 750 personnages dont 230 validés par des sources historiques (comme le montre le dictionnaire publié par François-Michel Debroise et son site encyclopédique), 70 groupes ethniques, 220 villages, 110 sites géographiques, 150 plantes, 200 espèces animales, 50 espèces minérales et 24 000 détails concrets vérifiés et validés sans erreurs ni anachronismes par Jean-François Lavère qui, de son côté, a publié sur la géographie extraordinaire des visions. On aurait pu arguer que cela pouvait aussi venir du diable, ou être mêlé, mais comment une femme clouée au lit aurait-elle pu « romancer » tout cela, seule, sans aide, grâce à de simples « méditations » ?

    Plus étonnant encore : le polytechnicien Jean Aulagnier a pu reconstituer un « calendrier de Jésus au jour le jour. » À partir des 5 000 indications spatio-temporelles contenues dans les visions, il est parvenu à déterminer la date de chaque scène de l'Évangile dans notre calendrier actuel (datations consultables sur le site Valtorta.fr). A sa grande stupéfaction, il a ensuite constaté que cette reconstitution était parfaitement cohérente avec le calendrier des phases lunaires (indépendant) sur plus d'une centaine de visions qui décrivent la position et les phases de la Lune. Il y a vu, parmi bien d'autres détails sidérants, « une preuve à la saint Thomas » du caractère surnaturel de cette œuvre unique au monde qui mérite, selon lui, d'être « bien plus largement connue ».

    Les réserves du Vatican sont également tempérées par d'autres prises de position importantes : le pape Pie XII a lu l'œuvre et a dit : « Publiez, qui lira comprendra » ; après sa mort, le corps de Maria Valtorta a été transféré en 1973 dans la basilique de la Santissima Annunziata de Florence ; depuis quelques années, Mgr Giulietti, l'évêque du diocèse de Maria Valtorta, célèbre l'anniversaire de son décès avec des homélies de plus en plus positives : « Ce qu'elle écrit, dans certaines parties, ne peut pas être simplement d'origine naturelle » ; et last but not least, en réponse à un envoi du professeur Liberato di Caro (cf. son interview à 1h03'00), Don Ernesto Zucchini et la Fondation Maria Valtorta ont reçu de la Secrétairerie d'Etat du Vatican, une lettre signée du pape François, datée du 24 février 2024 : « Je vous encourage à poursuivre avec enthousiasme votre mission de faire connaître la vie de Maria Valtorta et son œuvre littéraire, et tout ce qu'elle peut offrir pour le bien de l'Église et de la société. En avant ! »

    On peut aussi se référer aux grands théologiens et sommités mondiales qui l'ont étudiée. Par exemple, le père Gabriel Roschini (1900-1977), de renommée internationale, fondateur de l'Institut théologique pontifical Marianum à Rome, auteur de 125 livres : « "La mariologie qui se dégage des écrits de Maria Valtorta a été pour moi une vraie découverte. Aucun autre écrit marial, pas même la somme de tous ceux que j'ai lus et étudiés, n'avait été en mesure de me donner sur Marie, chef-d'œuvre de Dieu, une idée aussi claire, aussi vive, aussi complète, aussi lumineuse et aussi fascinante, à la fois simple et sublime. »

    En 2011, Mgr René Laurentin (1917-2017) se positionna aussi favorablement. Expert au Concile et mariologue de réputation internationale, il a jugé Maria Valtorta comme étant la plus crédible des quatre grandes mystiques examinées lors de son étude comparative réalisée avec François-Michel Debroise. Et pour le bienheureux Gabriel Maria Allegra (1907-1976), prêtre, bibliste et linguiste franciscain, fondateur du Studium Biblicum Franciscanum à Hong Kong, béatifié en 2012 par Benoît XVI, l'œuvre est un « écrin de trésors célestes » : « Je ne crois pas qu'il soit sage et juste de rester indifférent devant de tels trésors. »

    Alors, plus grande visionnaire du monde ou romancière extraordinaire ? A vous de choisir, mais peut-être faut-il pour cela ouvrir le dossier et suivre la recommandation de saint Paul : « N'éteignez pas l'Esprit Saint, ne méprisez pas le don de prophétie, mais vérifiez tout, et ce qui est bon, gardez-le » (1 Th 5,19-21). Les écrits de Maria Valtorta, qui touchent de plus en plus de monde, ne doivent évidemment jamais être mis au niveau des Evangiles, qui sont pour les chrétiens uniques et normatifs ; ils méritent cependant notre attention, car il n'y a aucun équivalent de cette œuvre dans toute la littérature mondiale. Mais, comme ce sujet déchaîne les passions, ceux qui s'y intéressent devraient se souvenir du sage conseil de saint Ignace de Loyola : « Sur l'essentiel, l'unité ; sur le reste, la liberté ; en tout, la charité. »

    Maria Valtorta, un don de Dieu validé par la science

    >>> Voir la vidéo sur la chaîne Youtube Marie de Nazareth

  • L'Occident est engagé dans une marche forcée vers l'auto-éradication, faute d'un taux de natalité viable

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    De Solène Tadié sur le NCR :

    La crise démographique représente une menace plus grande que jamais pour l’Occident, selon un chercheur

    Pour Mads Larsen, le féminisme du XXe siècle a créé une crise de fertilité sans précédent — « pire que la Seconde Guerre mondiale, pire que la peste noire ». Chercheur littéraire utilisant des perspectives évolutionnistes pour étudier le changement culturel, Larsen est titulaire d'un doctorat et d'une maîtrise en beaux-arts de l'Université de Californie à Los Angeles et est actuellement chercheur à l'Université d'Oslo, en Norvège.

    Les travaux de Mads Larsen se distinguent dans un monde académique qui tend à faire du changement climatique et de la surpopulation l'horizon ultime des priorités occidentales. À l'opposé de ces théories populaires, le chercheur norvégien affirme qu'une grande partie du monde moderne, et en premier lieu l'Occident, est engagée dans une marche forcée vers l'auto-éradication, faute d'un taux de natalité viable.  

    En réalité, le constat indéniable de la chute des taux de fécondité en Europe, en Amérique du Nord et dans d'autres régions développées soulève des questions pressantes quant à la pérennité de ces sociétés, tant sur le plan social qu'économique. Quelles sont les causes profondes d'une telle crise ? Est-elle réversible, ou assistons-nous à une transformation sociétale irréversible ? 

    Ce sont toutes des questions que Larsen aborde en détail dans son récent livre, Stories of Love from Vikings to Tinder: The Evolution of Modern Mating Ideologies, Dating Dysfunction, and Demographic Collapse , dans lequel il se penche sur les changements historiques et culturels — du déclin des structures fondées sur la parenté, l’émergence des familles nucléaires, à la révolution sexuelle des années 1960 — qui ont conduit à l’effondrement démographique actuel, en affirmant que le moteur principal est la liberté sans précédent des femmes dans les sociétés occidentales contemporaines. 

    Chercheur littéraire utilisant des perspectives évolutionnistes pour étudier le changement culturel, Larsen est titulaire d'un doctorat et d'un MFA de l'Université de Californie à Los Angeles et est actuellement chercheur à l'Université d'Oslo, en Norvège.
    Son dernier livre est disponible chez Routledge Publishing. (Photo : avec l’aimable autorisation)

    Spécialiste de la littérature utilisant des perspectives évolutionnistes pour étudier le changement culturel, Larsen est titulaire d'un doctorat et d'une maîtrise en beaux-arts de l'Université de Californie à Los Angeles et est actuellement chercheur à l'Université d'Oslo, en Norvège.  

    Dans cet entretien avec le Register, il discute de la trajectoire historique qui a conduit à la crise actuelle de la fertilité – à laquelle, selon lui, le christianisme n’est pas étranger – et des solutions potentielles, allant des interventions politiques à l’intelligence artificielle. 

    Dans votre livre, vous portez un regard critique sur les siècles passés pour analyser la crise démographique en Occident. Quel est, selon vous, le principal moteur de cette crise ?

    La principale raison de notre effondrement démographique est que nous sommes les premières sociétés de l'histoire de l'humanité à avoir des « femmes libres ». D'un point de vue évolutionniste, c'est ce que l'on appelle le « choix individuel du partenaire ». Dans toutes les sociétés, des mariages arrangés à divers degrés ont prévalu jusqu'en 1968 environ, date à laquelle, après un processus de 800 ans – que j'analyse dans mon livre – le choix individuel du partenaire a été universellement mis en œuvre sur les marchés à court et à long terme. Il s'agit d'un système historiquement unique qui n'existe que depuis environ un demi-siècle.

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