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Culture - Page 65

  • Notre-Dame de Paris : un nouveau mobilier liturgique qui ne fait pas l'unanimité

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    De Cécile Mérieux sur le site du journal La Croix :

    Notre-Dame de Paris : le nouveau mobilier liturgique ne fait pas l’unanimité

    Le projet d’aménagement intérieur de la cathédrale ne fait pas l’unanimité. Dévoilé vendredi 23 juin, les avis sont partagés sur le choix du diocèse de Paris et de son archevêque Mgr Laurent Ulrich, après avis du comité artistique.

    27/06/2023

    Un autel incurvé, en haut de trois marches, une cathèdre design, un pupitre très épuré, un tabernacle stylisé, le tout dans un bronze brun, sombre et massif. C’est le nouveau mobilier liturgique choisi pour la cathédrale Notre-Dame de Paris restaurée. Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Paris, en a confié, vendredi 23 juin, après consultation du comité artistique, sa réalisation au designer Guillaume Bardet.

    Toutefois, le projet de l’artiste, ancien résident de la Villa Médicis à Rome, et auteur d’autres projets liturgiques, n’a pas convaincu tout le monde par son style épuré, jugé austère par certains. Des critiques se sont exprimées sur les réseaux sociaux, notamment sur Twitter avec le hashtag #saccageNotreDame.

    D’autres nouveaux aménagements sont prévus dans la cathédrale : un baptistère rond et doré de Guillaume Bardet, un parterre de chaises au design signé Ionna Vautrin et un reliquaire pour abriter la couronne d’épines du Christ, réalisé par l’artiste Sylvain Dubuisson. Plusieurs personnalités du domaine de l’art sacré ont émis des critiques, à l’instar de Pierre Téqui, historien de l’art.

    Dans une tribune publiée par Famille chrétienne, il regrette notamment que le reliquaire de la couronne d’épines ne fasse pas aussi l’objet d’un concours. « L’une des reliques les plus insignes de toute l’histoire de la chrétienté (…) va donc être placée sur un treillage de bois, s’indigne-t-il, choix qui prive les créateurs du monde entier d’une formidable occasion de faire le don de leur talent. »

    « Une dimension artistique au second plan »

    S’il vante « un ensemble unifié » et une « solide réflexion spatiale », Pierre Téqui regrette l’absence de crucifix, mais plus largement un « manque de monumentalité » et une « omniprésence de l’abstraction »« À toujours reléguer la dimension artistique au second plan, on s’abîme dans le fonctionnalisme. L’Église aurait-elle peur des artistes ? », questionne-t-il.

    Sur Facebook, il émet des critiques sur l’autel lui-même, qui « doit être signe de la présence du Christ ». Selon lui, « cette austérité est mal venue : car elle n’est pas au service d’un Dieu qui s’est fait homme, qui a pris chair pour souffrir la passion et nous guider vers le Père ».

    La créatrice de mobilier liturgique Fleur Nabert alerte, elle, sur des « questions d’ordre purement liturgique et technique » : « La taille de l’autel semble très réduite pour la concélébration. » Elle alerte également sur l’étroitesse des marches autour de l’autel, qui présente selon elle un risque de chute. Elle regrette par ailleurs la présence de seulement deux confessionnaux.

    Débat après débat

    Au lendemain de l’incendie, en avril 2019, le lancement d’un concours d’architecture pour restaurer l’édifice avait déjà suscité beaucoup de réactions. Les défenseurs du patrimoine s’étaient émus que l’on puisse remodeler la cathédrale, avant d’obtenir gain de cause. La cathédrale est en cours de restauration dans la version identique à celle de Viollet-le-Duc, précédant l’incendie.

    L’espace liturgique de la cathédrale a également été le sujet de débats. Le choix de l’architecte a été confié au diocèse de Paris et plus particulièrement à son archevêque. Dans le communiqué du diocèse, Mgr Laurent Ulrich a expliqué vouloir « donner à notre cathédrale un mobilier liturgique d’une “noble simplicité”, qui soit le support le plus respectueux et le plus digne pour notre prière, dans le respect de la liturgie de l’Église catholique, capable de toucher le cœur de chaque visiteur y compris en dehors des célébrations ».

    Une cathédrale qui s’ouvre à tous, aux fidèles et aux touristes : c’est la ligne directrice de l’artiste Guillaume Bardet. « Les pièces doivent avoir une forme d’évidence pour les catholiques et être remarquables pour les non-chrétiens », argue-t-il. « Elles doivent exister pendant et hors la liturgie : sans crier, mais sans se cacher non plus. Être une présence évidente. »

    Écouter et rassurer

    Du côté du diocèse de Paris, on dit être à l’écoute des remarques pour tenter de rassurer ceux qui s’inquiètent sur différents points du réaménagement. Bien conscient qu’un tel projet ne peut pas plaire à tout le monde, il assure prendre en considération les craintes exprimées quant au respect de la vocation du mobilier. Le diocèse souligne le sérieux du travail de sélection de l’artiste avec un cahier des charges très rigoureux, soixante-neuf candidatures étudiées, et neuf mois nécessaires au comité artistique pour se positionner sur le projet.

    Le comité artistique est composé de membres du ministère de la culture, des bâtiments publics, des spécialistes de l’art sacré, de la liturgie et de la création artistique. Parmi eux, des chanoines de Notre-Dame qui connaissent les besoins de la cathédrale. Les images diffusées depuis le choix de l’artiste sont issues de son dossier de candidature. Désormais, un dialogue va s’engager avec l’artiste et le projet est ainsi encore susceptible d’évoluer.

  • Le catholicisme en France pourrait bientôt devenir minoritaire mais plus traditionnel, selon les experts

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    De Solène Tadié sur le National Catholic Register :

    Le catholicisme en France pourrait bientôt devenir minoritaire mais plus traditionnel, selon les experts

    Dans le pays connu comme la "fille aînée de l'Église", l'islam et le protestantisme évangélique pourraient atteindre des positions hégémoniques au cours des prochaines décennies, tandis que le catholicisme s'ancrerait dans une dynamique plus orthodoxe.

    26 juin 2023

    L'annonce aujourd'hui de la démission de deux évêques français souffrant d'épuisement épiscopal et la publication imminente d'un rapport potentiellement dévastateur sur les allégations d'abus sexuels au sein de la Communauté Saint-Jean en France ont attiré une nouvelle fois l'attention sur l'état fragile de l'Église en France. Le catholicisme est-il aujourd'hui en voie d'extinction en France, "fille aînée de l'Église" et patrie de saint Louis et de sainte Jeanne d'Arc ? 

    Des études sur l'évolution du paysage religieux du pays l'ont déjà suggéré au cours des derniers mois. La plus récente d'entre elles montre que le catholicisme est la religion qui connaît le plus fort déclin et le plus faible taux de transmission intrafamiliale.

    Ces résultats ont conduit l'historien et sociologue des religions Guillaume Cuchet à suggérer que, dans quelques décennies, le catholicisme pourrait être minoritaire, dépassé par l'islam, le protestantisme évangélique et, surtout, par les personnes sans religion. Dans le même temps, cette tendance devrait s'accompagner d'une approche plus traditionnelle et plus pratiquante chez les catholiques minoritaires.

    Si ces prévisions se vérifient, le visage de la France, dont l'histoire de 1500 ans a commencé avec le baptême du roi Clovis par saint Remi, sera profondément modifié, tout comme celui de la pratique catholique elle-même.

    L'effondrement de la transmission familiale

    Ce déclin du catholicisme, contre lequel Cuchet a souvent mis en garde ces dernières années, s'est accéléré de façon spectaculaire depuis 2008, comme le montre l'enquête "Trajectoires et Origines 2" (TEO2) commandée par l'INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques). Les résultats de cette enquête ont été rendus publics en avril 2023. 

    En effet, seuls 25 % des Français âgés de 18 à 59 ans se déclarent catholiques en 2020, contre 43 % en 2008 selon l'enquête Trajectoires et Origines 1. Alors que les personnes sans religion sont passées de 45 % à 53 %, l'islam a progressé de 37 % au cours de la même période, et une autre étude indique que les musulmans représentent aujourd'hui environ 10 % de la population totale de la France

    Commentant l'étude dans une interview accordée au magazine La Vie, M. Cuchet a également souligné la "montée spectaculaire" des protestants évangéliques au cours de la dernière décennie, qui représentent une part croissante des 9 % de la population française qui sont des chrétiens non catholiques. 

    Ces données ont conduit le sociologue à émettre l'hypothèse que le catholicisme pourrait devenir, "un jour assez proche", la deuxième, voire la troisième religion du pays.

    Pour l'historien Yann Raison du Cleuziou, spécialiste du catholicisme contemporain et auteur de Qui sont les Cathos aujourd'hui ?, cette théorie est presque une évidence mathématique. 

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  • Un célèbre antiquaire flamand a été ordonné prêtre à Westminster

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    Patrick Van der Vorst (né à Bruges en 1971 - 52 ans), le célèbre antiquaire connu surtout au Royaume Uni et en Flandre grâce au programme ValueMyStuff.com, a été ordonné prêtre samedi. Il y a quatre ans, l'expert en art londonien a décidé de changer complètement de vie et de se mettre au service de l'Église catholique. L'ordination sacerdotale a eu lieu à la cathédrale de Westminster, dans la capitale britannique, où Patrick vit et travaille depuis 27 ans.

    Du site de la VRT (Sandra Cardoen):

    25 juin 2023

    Patrick van der Vorst, l'antiquaire de "Pieces of People", ordonné prêtre après quatre ans : "Un nouveau départ".

    Dans une cathédrale de Westminster bondée, Patrick van der Vorst a été ordonné prêtre en même temps que quatre autres candidats. Patrick van der Vorst est surtout connu pour l'émission "Pieces of People", dans laquelle il s'intéresse aux trésors et aux (ré)achats d'œuvres d'art et de meubles. En 2019, il a surpris en choisissant la prêtrise. "Un nouveau départ", comme il le dit lui-même. 

    La trajectoire de Van der Vorst, 52 ans, est tout à fait remarquable. Après des études de droit dans notre pays, il s'est installé à Londres en 1995, où il a travaillé pour la maison de vente aux enchères Sotheby's, spécialisée dans l'art impressionniste et le mobilier français.

    Il a ensuite créé sa propre société, ValueMyStuff, qui a pu compter sur de nombreux clients internationaux. Dans notre pays, le marchand d'art s'est fait connaître par sa participation à l'émission "Pieces of People" (Play4), où il a tenté d'enchérir contre des collègues tels que Bie Baert, Boris Devis et Paul De Grande.

    Il y a quatre ans, Van der Vorst a surpris en choisissant résolument la prêtrise, une vocation tardive. Hier, après quatre années de séminaire, autrement dit de formation sacerdotale, il a été ordonné dans la principale église catholique romaine de Londres, la cathédrale de Westminster - à ne pas confondre avec l'église anglicane de Westminster Abbey, beaucoup plus connue. Sa mère et Lode Aerts, l'évêque de Bruges, étaient présents.

    C'est très excitant d'apporter la lumière de Notre Seigneur

    "Cela faisait 30 à 40 ans que je caressais cette idée. Une certaine paix s'est installée en moi : la confirmation que c'est vraiment ce à quoi Dieu m'appelle", a déclaré M. Van der Vorst à Kerknet. Dans son style habituel, il qualifie cette formation d'excitante. "C'est tellement excitant d'apporter la lumière de Notre Seigneur dans un monde complètement sécularisé". 

    Avec un confrère après quatre années de séminaire.

    Patrick van der Vorst est engagé dans la paroisse londonienne, qui compte 500 000 fidèles, et dans une vie de club bien remplie. "Dans nos locaux, il y a une activité qui se déroule tous les jours : des cours de ballet à la boxe en passant par l'accueil des sans-abri", explique-t-il.

    Le père Van der Vorst sera prêtre assistant pendant les deux prochaines années, après quoi une nouvelle nomination suivra (toujours en tant qu'assistant). Ce n'est qu'au bout de quatre ans qu'il sera curé pour une période plus longue.

     

  • La fidélité à l’Évangile implique d’aller à contre-courant de la société (pape François)

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    PAPE FRANCOIS - ANGELUS (Place Saint-Pierre - Dimanche 25 juin 2023)

    Chers frères et sœurs, bonjour, joyeux dimanche !

    Dans l'Évangile d'aujourd'hui, Jésus répète trois fois à ses disciples : "N'ayez pas peur" (Mt 10,26.28.31). Peu avant, il leur a parlé des persécutions qu'ils devront endurer à cause de l'Évangile, une réalité encore actuelle : l'Église, en effet, depuis le début, a connu, en même temps que des joies - et elle en a eu beaucoup ! -de nombreuses persécutions. Cela semble paradoxal : l'annonce du Royaume de Dieu est un message de paix et de justice, fondé sur la charité fraternelle et le pardon, et pourtant elle se heurte à l'opposition, à la violence, à la persécution. Jésus, cependant, nous dit de ne pas avoir peur : non pas parce que tout ira bien dans le monde, non, mais parce que pour le Père nous sommes précieux et que rien de ce qui est bon ne sera perdu. Il nous dit donc de ne pas nous laisser arrêter par la peur, mais de craindre autre chose, une seule chose. Quelle est la chose que Jésus nous dit de craindre ?

    Nous le découvrons à travers une image que Jésus utilise aujourd'hui : celle de la "Géhenne" (cf. v. 28). La vallée de "Geenna" était un lieu que les habitants de Jérusalem connaissaient bien : c'était la grande décharge de la ville. Jésus en parle pour dire que la vraie peur à avoir est celle de jeter sa vie. Jésus dit : "Oui, ayez peur de cela". Comme pour dire : ce n'est pas tant d'avoir peur de subir l'incompréhension et la critique, de perdre le prestige et les avantages économiques pour rester fidèle à l'Évangile, mais de gâcher son existence à courir après des choses insignifiantes, qui ne donnent pas de sens à la vie.

    Et ceci est important pour nous. Aujourd'hui encore, en effet, on peut être moqué ou discriminé si l'on ne suit pas certains modèles à la mode qui, pourtant, mettent souvent au centre des réalités de second ordre : par exemple, suivre les choses au lieu des personnes, les performances au lieu des relations. Prenons quelques exemples. Je pense aux parents, qui doivent travailler pour subvenir aux besoins de la famille, mais qui ne peuvent pas vivre uniquement de leur travail : ils ont besoin de temps pour être avec leurs enfants. Je pense aussi à un prêtre ou à une religieuse : ils doivent s'engager dans leur service, mais sans oublier de consacrer du temps à être avec Jésus, sinon ils tombent dans la mondanité spirituelle et perdent le sens de ce qu'ils sont. Et encore, je pense à un jeune, homme ou femme, qui a mille engagements et passions : école, sport, intérêts divers, téléphones portables et réseaux sociaux, mais qui a besoin de rencontrer des gens et de réaliser de grands rêves, sans perdre de temps avec des choses qui passent et ne laissent pas de traces.

    Tout cela, frères et sœurs, implique un certain renoncement face aux idoles de l'efficacité et du consumérisme, mais c'est nécessaire pour ne pas se perdre dans les choses, qui sont ensuite jetées, comme cela se faisait dans les Geennas d'autrefois. Et dans la Gehenne d'aujourd'hui, on finit souvent par : penser aux derniers, souvent traités comme des déchets et des objets indésirables. Rester fidèle à ce qui compte, cela coûte de l'argent, cela coûte d'aller à contre-courant, cela coûte de se libérer des conditionnements de la pensée commune, cela coûte d'être mis à l'écart par ceux qui "suivent la vague". Mais cela n'a pas d'importance, dit Jésus : ce qui compte, c'est de ne pas gaspiller le bien le plus précieux, la vie. Cela seul devrait nous effrayer.

    Demandons-nous alors : moi, de quoi ai-je peur ? De ne pas avoir ce que j'aime ? De ne pas atteindre les objectifs que la société impose ? Du jugement des autres ? Ou de ne pas plaire au Seigneur et de ne pas faire passer son Évangile en premier ? Marie, toujours Vierge, Mère toujours sage, aide-nous à être sages et courageux dans les choix que nous faisons.

  • Une invitation à découvrir la grâce de Dieu

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    De Caroline Moulinet sur Aleteia.org

    Laurence de Charette, une invitation à découvrir la grâce de Dieu

    Les valeurs chrétiennes étaient ancrées dans la vie familiale de Laurence de Charette. L’attention à l’autre, le partage. Pourtant la source de ces valeurs n’était pas nommée. Une culture chrétienne dans une absence de Dieu. La journaliste garde en mémoire le souvenir lointain des messes passées dans son enfance, en compagnie de sa grand-mère, les dimanches d’été, en Belgique, « mais, dit-elle, petite, je n’étais pas loin de penser que la pratique assidue de l’Église était une sorte de survivance régionale belge ». Question d’époque peut-être. Laurence de Charette raconte : « J’ai été à l’école publique post-soixante huitarde, la foi avait mauvaise presse, nous n’étions pas préparés à l’intimité avec Dieu. »

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  • Occident : une déchristianisation inéluctable ?

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    Du Club Le Figaro Idées sur youtube :

    Occident, la fin du sacré ? Suivez le Club Le Figaro Idées animé par Eugénie Bastié

    1 - La déchristianisation : un phénomène inéluctable ?

    2 - Seuls face à la mort

    3 - Une religion identitaire ?

    Retrouvez Le Club Le Figaro Idées, avec Sonia Mabrouk, Laurence de Charette et Guillaume Cuchet, autour d'Eugénie Bastié.

  • Le pape François s'est adresseé aux artistes, dont le créateur de la photo blasphématoire du "Piss Christ"

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    D'Hannah Brockhaus sur Catholic News Agency :

    Le pape François s'adresse aux artistes, dont le créateur de la photo blasphématoire du crucifix

    23 juin 2023

    Le pape François s'est adressé à environ 200 artistes et autres créateurs de premier plan de plus de 30 pays dans la chapelle Sixtine vendredi.

    Parmi les participants figurait le photographe américain Andres Serrano, créateur de l'image controversée du "Piss Christ" en 1987, une photographie d'un crucifix en plastique immergé dans de l'urine.

    La rencontre avec le pape François dans la chapelle Sixtine a été organisée par le dicastère de la culture et de l'éducation du Vatican pour marquer le 50e anniversaire de l'inauguration de la collection d'art moderne et contemporain des musées du Vatican.

    Parmi les autres invités figuraient des peintres, des sculpteurs, des architectes, des photographes, des écrivains, des poètes, des dramaturges, des musiciens, des acteurs et des metteurs en scène contemporains.

    Le pape a déclaré que l'Église avait une grande amitié pour les arts, qui peuvent apporter au monde l'espoir dont il a tant besoin grâce à la beauté, à l'harmonie et à la vérité.

    "Souvent, en tant qu'artistes, vous essayez de sonder les profondeurs de la condition humaine, ses sombres abîmes. Nous ne sommes pas tous légers, et vous nous le rappelez", a déclaré le pape le 23 juin.

    "En même temps, il est nécessaire de laisser briller la lumière de l'espérance dans ces ténèbres, au milieu de notre égoïsme et de notre indifférence", a-t-il ajouté. "Aidez-nous à entrevoir la lumière, la beauté qui sauve".

    Neuf créateurs des États-Unis étaient présents, dont Abel Ferrara, qui a réalisé le récent film Padre Pio avec Shia LaBeouf.

    Dans son discours, le pape François a déclaré que l'art et la foi se ressemblent en ce qu'ils peuvent tous deux être troublants. "Ni l'art ni la foi ne peuvent laisser les choses telles qu'elles sont : Ils les changent, les transforment, les déplacent et les convertissent. L'art ne peut jamais servir d'anesthésiant ; il apporte la paix, mais loin d'endormir les consciences, il les maintient en éveil", a-t-il déclaré.

    Le pape a également réfléchi au lien entre l'art et la beauté.

    Comme l'a écrit Simone Weil : "La beauté séduit la chair pour pénétrer dans l'âme. L'art touche les sens pour vivifier l'esprit, et il le fait à travers la beauté, qui reflète les choses bonnes, justes et vraies", a-t-il déclaré.

    "La beauté, a-t-il poursuivi, nous fait comprendre que la vie est orientée vers la plénitude, l'accomplissement. Dans la vraie beauté, nous commençons à ressentir le désir de Dieu. Beaucoup espèrent aujourd'hui que l'art puisse revenir de plus en plus à la culture de la beauté".

    Le pape François a dénoncé une sorte de beauté superficielle ou "cosmétique" et a déclaré que la vraie beauté se reconnaît à la présence de l'harmonie.

    "La vraie beauté est toujours le reflet de l'harmonie", a-t-il déclaré. "Si je puis dire, l'harmonie est la vertu opérationnelle de la beauté, son esprit le plus profond, là où l'Esprit de Dieu, le grand harmonisateur du monde, est à l'œuvre.

    Il a ajouté : "En tant qu'artistes, vous pouvez nous aider à faire de la place à l'Esprit".

    L'œuvre de Serrano

    Serrano a souvent été vivement critiqué pour ses œuvres, qui intègrent souvent des fluides corporels, des excréments humains ou des photos de cadavres.

    Sa photo "Piss Christ" a été critiquée comme blasphématoire et fait l'objet d'une controverse depuis la fin des années 1980. Les sénateurs américains Al D'Amato et Jesse Al D'Amato et Jesse Helms se sont indignés que l'artiste ait reçu 5 000 dollars de la National Endowment for the Arts (Fondation nationale pour les arts), financée par le contribuable, en 1986.

    Le cardinal George Pell, alors archevêque de Melbourne, a tenté en vain d'obtenir une injonction légale pour empêcher la National Gallery of Victoria d'exposer la photo en 1997. L'exposition a ensuite été annulée lorsque quelqu'un a tenté d'enlever l'œuvre d'un mur et que deux adolescents l'ont attaquée à coups de marteau.

    Un tirage de l'image a également été endommagé en 2011 par des manifestants chrétiens lors d'une exposition dans un musée d'art contemporain à Avignon, en France.

    Serrano a défendu la photographie contre les accusations de blasphème, la qualifiant d'"acte de dévotion" de la part d'une personne née et élevée dans la religion catholique et devenue aujourd'hui chrétienne pratiquante.

    Autres artistes invités

    La poétesse Patricia Lockwood, les écrivains Enuma Okoro et Jhumpa Lahiri, la dramaturge américaine d'origine coréenne Young Jean Lee, le photographe Bill Armstrong, l'artiste Daniel Arsham et le sculpteur Barry X Ball représentaient également les États-Unis.

    L'une des œuvres les plus récentes de Ball est un portrait-sculpture de saint Jean-Paul II, un personnage qui, selon lui, le fascine depuis qu'il a une vingtaine d'années.

    Dans la description de l'œuvre, M. Ball explique que, bien qu'il ait été élevé comme un chrétien protestant fondamentaliste strict, après avoir été initié à l'histoire de l'art à l'université, il a "développé une affinité particulière pour l'art de l'Église, un art presque exclusivement catholique romain".

    Le sculpteur a déclaré qu'il avait été inspiré de commencer à prendre des cours pour se convertir au catholicisme, bien qu'il n'ait jamais poursuivi dans cette voie.

    "Bien que je ne me sois finalement pas converti, j'ai continué à passer du temps dans les églises catholiques, saisissant les occasions qui se présentent au cours de mes voyages, pour regarder l'art qu'elles contiennent et pour m'imprégner de leur spiritualité palpable - si différente des "boîtes" protestantes blanches et sévères, dépourvues d'art, dans lesquelles j'ai pratiqué mon culte pendant mon enfance dans le sud de la Californie", a-t-il déclaré.

    Le pianiste sud-coréen Yiruma, l'auteur-compositeur-interprète pop rock italien Ligabue et la chanteuse et actrice ukrainienne Tina Karol étaient également présents.

    Au cours de l'événement, le violoncelliste italien Issei Watanabe a interprété une chanson sur un violoncelle construit avec des morceaux de bois provenant de bateaux de migrants.

    Le pape a également exhorté les créateurs à ne pas oublier les pauvres, "ceux qui sont particulièrement proches du cœur du Christ, ceux qui sont touchés par les nombreuses formes de pauvreté d'aujourd'hui".

    "Les pauvres aussi ont besoin de l'art et de la beauté", a-t-il déclaré.

    Hannah Brockhaus est la correspondante principale de Catholic News Agency à Rome. Elle a grandi à Omaha, dans le Nebraska, et est titulaire d'un diplôme d'anglais de l'université d'État de Truman, dans le Missouri.

  • L'hymne célèbre « Ut queant laxis » pour la fête de saint Jean Baptiste (24 juin)

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    Cette hymne célèbre a été composée par Guido d’Arezzo (entre Sienne et Florence) au XIe siècle. Remarquable pédagogue, ce moine musicien est à l'origine du système de notation musicale encore en vigueur. Ce système a révolutionné l'apprentissage de la musique car il a dispensé les artistes d'apprendre par coeur, à l'oreille, les morceaux de musique et de chant. Il a facilité la transcription des notes et leur lecture.

    Les premières notations musicales à base de portées et de notes sont apparues au VIIIe siècle à Metz et à Saint-Gall (aujourd'hui en Suisse) à l'initiative des chanoines en charge du chant liturgique (ainsi appelle-t-on le chant qui accompagne les cérémonies religieuses).

    Les musiciens ont d'abord utilisé des signes musicaux ou neumes en « campo aperto »sans ligne. Ensuite, pour aider les copistes à conserver les proportions verticales, on a introduit une, puis deux puis trois lignes.

    Une main musicale

    téléchargement (15).jpgGuido d'Arezzo a ajouté une quatrième ligne à la portée et, ce faisant, il a introduit un moyen mnémotechnique, la « main guidonienne », pour représenter les notes : dans ce système d'écriture, en effet, tous les degrés de l'échelle musicale peuvent être assimilables aux jointures et aux phalanges des cinq doigts de la main gauche ouverte.

    Guido d'Arezzo a aussi ajouté au début de chaque ligne une lettre clef qui indique la valeur d'intonation de la série considérée et qu'il a appelé gamma, d'où le nom de« gamme » aujourd'hui donné à son système de notation musicale.

    Les notes étaient auparavant désignées par les premières lettres de l'alphabet. Pour désigner les notes qui prennent place sur les quatre lignes de sa portée, Guido d'Arezzo s'est servi des premières syllabes d'une hymne à Saint-Jean-Baptiste (la dernière note, SI, est une contraction des deux initiales de Sancte Johannes) :

    « UT queant laxis / Pour que puissent
    « REsonare fibris / résonner des cordes
    « MIra gestorum / détendues de nos lèvres
    « FAmili tuorum, / les merveilles de tes actions,
    « SOLve polluti / ôte le péché,
    « LAbii reatum, / de ton impur serviteur,
    « Sancte Iohannes. / ô Saint Jean.

    Les écoliers italiens du temps de Guido connaissaient bien cette hymne, en effet, et la chantaient avec une mélodie qui montait de degré en degré. C'était pratique pour apprendre les hauteurs relatives de chaque degré de la gamme. Le si fut ajouté par Anselme de Flandres à la fin du XVIe siècle et le ut, jugé trop dur à l'oreille, transformé en do par Bononcini en 1673. Quant au mot solfège, il vient tout simplement des notes sol-fa.

    La portée de Guido, étendue à cinq lignes, s'est généralisée très vite à l'ensemble du monde musical mais, à la différence des Latins, les Anglais et les Allemands sont restés fidèles aux lettres de l'alphabet pour désigner les notes. En anglais, do ré mi fa sol la si devient : C D E F G A B.

    Ref. Guido d'Arezzo nous lègue sa notation musicale

    JPSC

  • Juan Donoso Cortès, un penseur pour notre temps

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    Lu sur le site de La Nef :

    Juan Donoso Cortès, catholique et traditionaliste : la célébrité européenne

    La Communauté de Madrid commémore le 170e anniversaire de la mort de Juan Donoso Cortés (1853-2023) en publiant un catalogue virtuel « Donoso »[1]. Une intéressante approche de la vie et de l’œuvre du marquis de Valdegamas qui fut le secrétaire personnel de la reine, puis régente, Marie Christine de Bourbon-Siciles et de sa fille, la reine Isabelle II, ainsi qu’un homme politique, philosophe et écrivain de premier plan reconnu et célébré de son temps dans toute l’Europe. Depuis la disparition prématurée de Donoso Cortès à l’âge de quarante-quatre ans (1809-1853), l’intérêt et la fascination que suscitent l’homme et sa pensée dans les milieux intellectuels et universitaires du monde ne se sont jamais vraiment démentis. Les articles et les livres qui lui ont été consacrés ne se comptent plus. La thèse que soutiendra dans quelques jours le doctorant José Antonio Pérez Ramos à l’Université CEU San Pablo de Madrid n’en est somme toute qu’un exemple récent. En France, Arnaud Imatz a publié en 2013 aux Éditions du Cerf « Juan Donoso Cortès, Théologie de l’histoire et crise de civilisation (dans la collection « La nuit surveillée » dirigée par Chantal Delsol). Son livre plus récent Résister au dénialisme en histoire (2023), contient un long chapitre sur le marquis de Valdegamas que nous reproduisons avec l’aimable autorisation de l’éditeur Perspectives Libres.

    Lire la suite sur La Nef

  • Sur les écrans : "Magnificat", une imposture

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    De Bruno de Seguins Pazzis sur le site du Salon Beige :

    Magnificat, une imposture

    Paris. À la mort d’un prêtre, la chancelière du diocèse découvre abasourdie qu’il s’agissait d’une femme ! Contre l’avis de son évêque qui souhaite étouffer l’affaire, elle mène l’enquête pour comprendre comment et avec quelles complicités une telle imposture a été possible… Avec : Karin Viard (Charlotte), François Berléand (Monseigneur Mevel), Maxime Bergeron (Thomas), Nicolas Cazalé (Jérémy), Patrick Catalifo (l’auxilière), Anaïde Rozam (Anne), Benoît Allemane (père Lataste), Clotilde Mollet (Béatrice), Francis Leplay (Maître Blanc), Patrick d’Assumçao (Dr Grammel), Annie Mercier (Mme Marsac). Scénario : Virginie Sauveur et Nicolas Silhol, d’après le roman « Des femmes en noir » d’Anne-Isabelle Lacassagne. Directeur de la photographie : Noémie Gillot. Musique : Nathaniel Mechaly.

    Avec Grâce à Dieu (2018) de François Ozon, on pouvait espérer avoir atteint dans le cinéma français le sommet dans la christianophobie. Eh bien non ! Voici que Virginie Sauveur décide d’en rajouter une bonne couche en signant son premier long métrage de cinéma après quatre téléfilms. Avec le roman « Des femmes en noir » d’Anne-Isabelle Lacassagne, elle dispose d’un matériau idéal pour évoquer le sujet de la place de la femme dans l’Eglise, l’ordination des femmes et le mariage des prêtres. Un menu pour le moins conséquent. Le danger, c’est que Virginie Sauveur a déjà du métier accumulé derrière ses trois années d’études à l’ESRA (Ecole supérieure de réalisation audiovisuelle) avec l’écriture et la réalisation de quatre téléfilms. A partir d’un « pitch » absolument grotesque et absurde (une femme aurait réussi à mystifier tout le monde, à se faire ordonner prêtre et à exercer cet apostolat sans que personne ne s’en aperçoive jusqu’à sa mort) la réalisatrice s’empare de cette histoire qui prend la forme d’une enquête policière, mais menée par un évêque auxiliaire et une chancelière du diocèse de Paris, avec, sinon de la virtuosité, au moins un peu d’élégance dans la mise en scène, un bon rythme et ce qu’il faut de surprises scénaristiques pour ne pas laisser le spectateur tomber dans l’ennui. Ce stratagème lui permet de faire avancer, de manière plus ou moins insidieuse, ses thématiques ultra progressistes, en présentant la position dogmatique de l’Eglise catholique romaine comme absurde. Mais il n’y a que les naïfs, les cerveaux lessivés ou encore les spectateurs en proie à l’acédie (le démon caché de notre temps qui a disparu de nos dictionnaires) pour ne pas voir que cette prétendue réflexion sur la place de la femme dans l’Eglise ne repose sur rien de sérieux, reste totalement superficielle sans aucune pertinence, en ne faisant que servir, sans vergogne, tous les poncifs auxquels nous sommes habitués. Rien, absolument rien sur le positionnement doctrinal et théologique de l’Eglise. C’est tout simplement hénaurme !

    Nous avons droit à tout : la femme qui devient prêtre, point qui est la base du scénario, qui a changé d’identité avec un homme qui voulait devenir femme et qui l’est devenu (ou presque) et qui exerce la médecine chez les gens du voyage (ceci permet un petit détour musical et exotique par les Saintes Marie de la mer), un prêtre soixante-huitard, ancien professeur de séminaire de « la séminariste » qui a tout couvert, le fils de Charlotte, la chancelière du diocèse, qui est né, quinze ans plus tôt, d’une union avec un certain Mathias, prêtre du diocèse de Paris, et comme pour couronner l’ensemble, nous découvrons vers la fin du film que l’évêque avait promu autrefois Charlotte au poste de chancelière pour permettre que cette dernière garde le silence après l’affaire de Mathias. Et ceux qui auront le courage d’aller jusqu’au bout ne seront pas déçus mais subjugués par la fulgurance de la dernière séquence, un sommet dans le style onirique et militant ! Pour le reste, beaucoup de dialogues sonnent faux. Karin Viard (Tatie Danielled’Étienne Chatiliez en 1990, Potiche de François Ozon Polisse de Maïwenn en 2011, Belles en 2010, Familles de Jean-Paul Rappeneau en 2015, Bécassine ! de Bruno Podalydès en 2018), une signatrice dans Le Monde du 3 septembre 2018 de « L’appel de 200 personnalités pour sauver la planète », se tire plutôt bien de ce rôle piegeux de chancelière qui évolue du conservatisme au progressisme. Patrick Catalifo (Diên Biên Phu de Pierre Schoendoerffer en 1992, Les Lyonnais d’Olivier Marchal en 2011) est complètement à côté de son rôle d’auxiliaire du diocèse Mais le pompom revient à François Berléand qui compose à merveille un monseigneur Mevel bien poltron, qui préfère s’adonner à des pratiques zen plutôt qu’à la prière. Mais qui sait, avec Magnificat, dont le titre à lui seul est une imposture, Virginie Sauveur sera peut-être reconnue comme celle qui a crée un nouveau genre cinématographique, le thriller christianophobe.

  • Blaise Pascal, "un infatigable chercheur de vérité", fait l'objet d'une lettre apostolique du pape François à l'occasion du quatrième centenaire de sa naissance

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    LETTRE APOSTOLIQUE SUBLIMITAS ET MISERIA HOMINIS DU PAPE FRANÇOIS POUR LE QUATRIÈME CENTENAIRE DE LA NAISSANCE DE BLAISE PASCAL 

    Grandeur et misère de l’homme forment le paradoxe qui se trouve au cœur de la réflexion et du message de Blaise Pascal, né il y a quatre siècles, le 19 juin 1623, à Clermont, dans le centre de la France. Dès l'enfance et tout au long de sa vie, il a cherché la vérité. Avec la raison, il en a tracé les signes, notamment dans les domaines des mathématiques, de la géométrie, de la physique et de la philosophie. Très tôt, il a fait des découvertes extraordinaires, au point d'atteindre une renommée considérable. Mais il ne s'est pas arrêté là. Dans un siècle de grands progrès en de nombreux domaines scientifiques, accompagnés d'un esprit de scepticisme philosophique et religieux croissant, Blaise Pascal s'est montré un infatigable chercheur de vérité qui, en tant que tel, reste toujours “inquiet”, attiré par de nouveaux et futurs horizons.

    Cette raison, si pointue et en même temps si ouverte en lui, n'a jamais fait taire la question ancienne et toujours nouvelle qui résonne dans l'âme humaine : « Qu'est-ce que l'homme pour que tu te souviennes de lui, le fils de l'homme pour que tu prennes soin de lui ? » ( Ps 8, 5). Cette question est gravée dans le cœur de tout être humain, de tout temps et en tout lieu, de toute civilisation et de toute langue, de toute religion. « Qu'est-ce que l’homme dans la nature ? - se demande Pascal -. Un néant à l’égard de l'infini, un tout à l’égard du néant ». [1] Et en même temps, la question est là, dans ce psaume, au cœur de cette histoire d'amour entre Dieu et son peuple, histoire accomplie dans la chair du "Fils de l'homme" Jésus-Christ, que le Père a livré jusqu'à l'abandon pour le couronner de gloire et d'honneur au-dessus de toute créature (v. 6). À cette interrogation, formulée dans un langage si différent du langage mathématique et géométrique, Pascal ne s'est jamais fermé.

    À l’origine, je crois pouvoir reconnaître chez lui une attitude de fond que j'appellerais une "ouverture étonnée à la réalité". Ouverture aux autres dimensions du savoir et de l'existence, ouverture aux autres, ouverture à la société. Par exemple, il est à l'origine, à Paris en 1661, du premier réseau de transports publics de l'histoire, les "carrosses à cinq sols". Si je mentionne cela au début de cette lettre, c'est pour insister sur le fait que ni sa conversion au Christ, surtout à partir de la "Nuit de feu" du 23 novembre 1654, ni son extraordinaire effort intellectuel pour défendre la foi chrétienne n'ont fait de lui un être isolé de son temps. Il était attentif aux problèmes les plus aigus de l'époque, ainsi qu'aux besoins matériels de toutes les composantes de la société dans laquelle il vivait.

    Cette ouverture à la réalité a fait qu'il ne s'est pas fermé aux autres, même durant sa dernière maladie. C'est de cette époque, alors qu'il avait trente-neuf ans, que l’on rapporte ces paroles qui expriment l'étape finale de son parcours évangélique : « Si les médecins disent vrai, et que Dieu permette que je relève de cette maladie, je suis résolu de n’avoir d’autre occupation ni d’autre emploi tout le reste de mes jours que le service des pauvres ». [2] Il est touchant de constater que, dans les derniers jours de sa vie, un penseur aussi brillant que Blaise Pascal ne voyait pas d'autre urgence que de mettre son énergie au service de la miséricorde : « L'unique objet de l'Écriture est la charité ». [3]

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  • Un tiers des Suisses se proclame sans appartenance religieuse

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    Du sismografo :

    Un tiers des Suisses se dit «sans religion»

    (Bernard Hallet, cath.ch) En Suisse, la proportion de personnes sans appartenance religieuse a fortement augmenté ces dernières décennies jusqu’à atteindre 32% de la population en 2021, juste derrière les catholiques. C’est ce qu’a indiqué l’Office fédéral de la statistique à l’occasion de la publication d’une enquête sur le sujet, le 13 juin 2023. Les «sans religion» constituaient environ 1% de la population il y a 50 ans. En 2021, ils en représentaient 32%, ce qui fait de ce groupe le deuxième plus important après les catholiques (33%), annonce l’enquête. Une tendance qui se poursuit depuis des décennies et va en s’accentuant. (...)

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