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Société

  • « Naître sous azote et mourir sous protocole, quand le politique ne sait plus accueillir la vie » (Laurent Frémont)

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    De Laurent Frémont sur gènéthique.org :

    « Naître sous azote et mourir sous protocole, quand le politique ne sait plus accueillir la vie »

    11 février 2026

    Aux deux extrémités de l’existence, l’Etat n’apporte plus que des réponses techniques : congélation des ovocytes d’un côté, injection létale de l’autre. L’exécutif « équipe » les individus, signe d’une démission anthropologique et morale, s’inquiète Laurent Frémont, maître de conférences à Sciences Po et cofondateur du Collectif démocratie, éthique et solidarités.

    « Plan fertilité », légalisation de la mort provoquée : il est frappant de constater qu’aux deux extrémités de l’existence l’exécutif semble désormais incapable de proposer autre chose qu’une solution technique (cf. Lancement du « plan fertilité » : le leurre de la PMA). Entre le berceau qui se vide et la chambre où l’on s’éteint, le pouvoir avance ses instruments : congélation des ovocytes ici, injection létale là. Le congélateur et la seringue. Ce rapprochement n’a rien d’un artifice. Il révèle une même logique, un même imaginaire politique : celui d’un monde où tout doit être administré, où les réalités humaines les plus fondamentales ne sont plus accueillies comme des mystères, mais traitées comme des problèmes à résoudre.

    « On ne ranime plus la promesse d’avenir ; on propose de préserver des cellules »

    Or la naissance et la mort sont précisément ce qui, depuis toujours, obligeait les sociétés humaines à reconnaître une limite. Deux seuils. Deux énigmes. Deux expériences irréductibles. Mais la modernité déclinante ne supporte plus ce qui échappe. Elle veut gérer. Elle transforme l’incertain en protocole, le vivant en procédure, l’épreuve en donnée. Face à la débâcle démographique, l’Etat ne semble pas disposé à interroger les causes profondes : solitude, précarité existentielle, fragilité des liens, effacement du sens de la transmission. Il préfère la réponse technocratique. Plans, comités, campagnes, dispositifs. Tous les Français de 29 ans recevront une lettre du gouvernement les sensibilisant à l’autoconservation des gamètes dans les centres spécialisés. On mobilise la médecine, on mandate l’expertise, on maîtrise la technique. On ne ranime plus la promesse d’avenir ; on propose de préserver des cellules.

    La fécondité devient un capital biologique à sécuriser. L’enfant à venir n’est plus un don, mais une option différable, un projet que l’on met en réserve (cf. PMA : une loi pour protéger les « salariés engagés dans un  »). Comme si la question de l’engendrement pouvait se résoudre par une logistique du vivant. Ce déplacement est considérable. Il dit que le politique renonce à penser la civilisation. Il ne se demande plus pourquoi une société ne veut plus d’enfants ; il se contente d’aménager la possibilité qu’elle en ait encore, malgré tout, par des suppléances techniques systématiques. Ainsi, la natalité n’est plus un élan, mais une variable. La naissance n’est plus un événement, mais un dispositif.

    « La liberté se transforme en procédure »

    La même logique règne à l’autre bout de la vie. La fin de vie, qui appelait l’accompagnement, la présence, la solidarité, se voit reformulée en termes de solution : la mort administrée. La proposition de loi portée avec une obstination doctrinaire par les zélateurs de l’euthanasie signe l’aboutissement d’un projet : transformer la mort en procédure, le tragique en formulaire, l’ultime en prestation. Après avoir soutenu, pendant le Covid, l’interdiction des rites funéraires – cet effacement méthodique des morts -, Olivier Falorni veut désormais offrir à l’Etat les moyens de faire partir les citoyens proprement (cf. « Aide à mourir » : sourde aux alertes, la commission achève de façon express l’examen du texte). Après la mort sans adieux, voici la mort sur ordonnance. Tout doit être encadré, hygiénique, contrôlé : vivre sous protocole, mourir sous protocole, et surtout ne jamais laisser l’humain déborder. La mort n’est plus un destin, elle devient un acte médical (cf. « La mort n’est pas seulement, ni même toujours, un événement médical »).

    Le souverain moderne ne tue plus par le glaive ; il encadre désormais le droit de mourir. Il exerce un nouveau pouvoir : celui de « faire mourir dignement ». Ce pouvoir ne s’affiche plus dans la violence spectaculaire des supplices, mais dans l’autorisation administrative, le protocole hospitalier, l’injection létale effectuée en gants blancs. Derrière le langage feutré de la compassion, c’est toujours la même emprise sur le vivant : décider des conditions d’existence et de leur terme. Car le patient ne meurt pas simplement parce qu’il le veut : il meurt parce que sa demande est jugée recevable. L’autonomie proclamée ne vaut qu’à travers l’hétéronomie institutionnelle.

    La liberté se transforme en procédure. La mort devient possible lorsqu’elle est validée. Sous couvert d’émancipation, c’est une souveraineté nouvelle qui s’entérine : une souveraineté douce, médicale, algorithmique. Contrôle de la fécondité et légalisation de l’euthanasie semblent opposés ; ils procèdent du même imaginaire. Celui d’un monde où tout doit être maîtrisé, où l’existence n’est plus accueillie mais régulée, où l’homme est réduit à sa matière biologique : gamètes à conserver, vies à interrompre, seuils à administrer. Et l’on voit poindre derrière le masque de la compassion une rationalité plus froide : celle du coût, de la charge, de l’utilité (cf. Euthanasie : la question économique que personne ne soulève). Ce qui se présente comme un droit individuel risque toujours de devenir une injonction silencieuse : ne pas peser, ne pas durer, s’effacer proprement.

    « Sous couvert de progrès, c’est une démission »

    Car c’est bien cela qui se joue : un pouvoir qui, faute de savoir inspirer, transmettre ou protéger, se contente d’équiper. Il ne propose plus une vision de la vie commune, mais un arsenal de procédures. Il ne sait plus susciter des naissances, alors il congèle. Il ne sait plus accompagner la mort, alors il injecte. A ce stade, il faut appeler les choses par leur nom : sous couvert de progrès, c’est une démission. Une démission politique, anthropologique, morale. On renonce à affronter ce que signifie engendrer, ce que signifie vivre, ce que signifie mourir. On préfère déléguer à la technique ce que la civilisation ne parvient plus à porter.

    Le congélateur pour pallier l’absence d’avenir, la seringue pour effacer la vulnérabilité : voilà donc ce que devient l’horizon d’un pays qui se prétend encore digne. Car une société qui ne sait plus donner la vie sans assistance, et qui ne sait plus accompagner la mort sans protocole, n’est pas simplement en crise : elle est en train de perdre le sens même de l’humain.

    Et l’on peut bien multiplier les comités, les lois et les dispositifs : aucun décret ne fera renaître une espérance. Aucun protocole ne remplacera une présence. A force de vouloir administrer la vie de son commencement jusqu’à sa fin, l’Etat ne gouverne plus des hommes : il gère des stocks biologiques et organise des sorties. Le congélateur et la seringue : deux emblèmes. Et peut-être, déjà, deux aveux.

    NDLR : Cette tribune de Laurent Frémont a été initialement publiée par Le Figaro. Elle est reproduite par gènéthique avec l’accord de l’auteur.

  • Que faut-il encore faire avant de réaliser que l'éducation des enfants dans cette société n'est plus viable ?

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    De Cristina Siccardi sur Corrispondenza Romana :

    Quand l'autocritique fera-t-elle son apparition dans l'éducation ?

    La situation est alarmante au regard des statistiques. Selon la Société italienne de neuropsychiatrie de l'enfant et de l'adolescent, en Italie, environ un mineur sur cinq (soit près de deux millions de personnes) souffre d'un trouble neuropsychiatrique. On observe une forte augmentation des consultations aux urgences (plus de 500 % en dix ans à l'hôpital Bambino Gesù de Rome) et une prévalence qui progresse de 30 % tous les 15 ans. À l'échelle mondiale, un adolescent sur sept (10-19 ans) vit avec un trouble mental diagnostiqué, l'anxiété et la dépression étant les plus fréquentes et représentant environ 40 % des troubles mentaux diagnostiqués chez les adolescents. En Europe, 8 % des jeunes de 15 à 19 ans souffrent d'anxiété et 4 % de dépression. 75 % des troubles psychiatriques débutent avant l'âge de 25 ans, et la moitié des cas présentent des symptômes dès l'âge de 14 ans. L'automutilation est en hausse, et à l'échelle mondiale, 89 millions de garçons et 77 millions de filles âgés de 10 à 19 ans souffrent d'un trouble mental. Selon le dernier rapport de l'OCDE, intitulé « Promouvoir une bonne santé mentale chez les enfants et les jeunes adultes », plus de 700 000 jeunes Italiens sont confrontés à des problèmes de santé mentale. 

    Les études sociologiques, les recherches scientifiques et les reportages révèlent une augmentation alarmante des déséquilibres personnels et relationnels chez les mineurs, ainsi que des actes de violence verbale, physique et en ligne. Les statistiques sur la violence chez les jeunes en Italie dressent un tableau inquiétant : le harcèlement scolaire est très répandu (65 % des jeunes victimes, selon l’Observatoire Indifesa de 2024), les cas de maltraitance infantile ont considérablement augmenté (près de 374 000 mineurs pris en charge par les services sociaux en 2023), et les violences familiales ont connu une hausse spectaculaire ces dix dernières années. Elles mettent également en lumière une perception déformée de la sexualité chez les jeunes et une forte prévalence de la violence à l’école et en ligne, avec une augmentation du cyberharcèlement.

    Ces chiffres alarmants sont reconnus et seuls des remèdes scientifiques sont recherchés, à travers des consultations psychanalytiques, des traitements médicamenteux et le soutien des services sociaux, mais personne ne s'attaque à la racine de ces phénomènes, qui ont des causes très spécifiques et même manifestes. Tandis que le monde séculier se contente d'agir par le biais de la jurisprudence, des règlements et des sanctions, et de l'installation constante de caméras de surveillance — sans préconiser de solutions qui envisagent un retour à la pensée chrétienne, fondement de la civilisation européenne, grâce auquel il n'y avait pas de confusion entre le bien et le mal —, que peut faire l'Église ?

    C’est elle qui a commencé à éduquer les gens par les enseignements de l’Évangile, les conduisant au respect, à l’équité, à l’honnêteté et aux bonnes manières, et les incitant à cultiver les vertus personnelles qui allaient ensuite marquer la civilisation occidentale. C’est elle qui a ouvert les premières écoles et universités. Quelle place occupe encore aujourd’hui cette enseignante remarquable, inspirée par le Maître suprême du Chemin, de la Vérité et de la Vie ? Se demande-t-on si les objectifs et les méthodes pédagogiques, hérités de la longue, vaste et efficace tradition pédagogique catholique, peuvent encore être pertinents ?

    Se souvenir de ce trésor, afin d'appliquer des règles éducatives bénéfiques et éprouvées par le temps à l'urgence éducative de notre époque moralement malheureuse, devient fondamental car d'autres, avant nous, ont vécu dans ce monde et ont peiné et sué pour atteindre des niveaux de civilisation humaine éthiquement « durables », un terme désormais glorifié dans le domaine de l'énergie. 

    L'éthique découle des principes qui régissent, ou qui ne régissent pas, la vie de l'individu ; si ces principes sont pervertis, la plante sera tordue, faible et stérile.

    Au fil des siècles, des congrégations religieuses se sont formées pour remplir une mission éducative, se fixant des objectifs bénéfiques à l'esprit et à l'âme. Il est important de faire le point sur cette histoire afin de ne pas oublier ces éducateurs exemplaires qui peuvent apporter un soutien inestimable à notre société malade. 

    L'Église a toujours enseigné que les premiers éducateurs de la jeunesse sont la mère (dont le premier catéchiste) et le père. Or, aujourd'hui, la plupart d'entre eux sont absents, passant plus de temps hors de chez eux qu'à la maison, y compris, malheureusement, les enfants et les adolescents. Qu'en est-il des tout-petits laissés en crèche, alors que le droit naturel interdit de les séparer de leur mère ? Mais les femmes devraient travailler à l'extérieur, et non à la maison, selon le diktat féministe … si bien que leurs enfants grandissent hors du foyer traditionnel et sont, en grandissant, influencés par la vie nocturne, les discothèques, les concerts de rap, les réseaux sociaux, le cinéma… et par des enseignants qui, souvent, suivent eux-mêmes une psychanalyse.

    Éduquer, ce n'est pas simplement instruire, comme c'est le cas dans les écoles publiques, mais c'est posséder une philosophie de vie solide et profonde, dont l'horizon est l'éternité de l'existence. Elle offre les repères justes pour cheminer vers la Récompense, accessible par la Croix du Rédempteur. Le cardinal Carlo Caffarra a déclaré, au sujet de l'éducation chrétienne, lors d'une conférence tenue à San Lazzaro di Savena, près de Bologne, le 9 mai 2008 : « L'éducation transmet des vérités dénuées de sens et sans rapport avec la vie ; elle transmet un projet de vie considéré comme le seul digne d'être réalisé pour atteindre le bonheur . »

    On ne peut naviguer dans la vie, affirmait Caffarra à cette occasion, en route vers la béatitude à laquelle le Créateur nous appelle, sans d'abord apprendre les règles de navigation : « Le nouveau venu a besoin d'être guidé dans l'exercice de sa liberté ; il a besoin de savoir ce qui est bien et ce qui est mal. L'éducation de la personne consiste à lui montrer le chemin qui peut la conduire à une vie vraie, à une vie bonne . » L'enfant né dans une famille chrétienne est baptisé dans la vertu de la Foi qui, comme le sacrement du baptême l'atteste et le déclare par ses paroles, procure la vie éternelle. Il s'ensuit que « l'éducation chrétienne consiste à indiquer le chemin de la foi comme le seul chemin qui mène à la vie vraie, au bonheur. La foi devient, par l'éducation chrétienne, notre manière de penser : le critère de nos évaluations ; la règle ultime de nos choix. En un mot : elle devient notre manière de vivre . »

    Le cardinal Caffarra écrivait cependant dans l'article « L'éducation : un défi urgent », paru dans Il Foglio le 1er mai 2004 : « La culture actuelle (la soi-disant postmodernité) est dominée par le déni de ce rapport originel [l'ouverture de la personne à la réalité et l'intelligibilité et la bonté originelles de la réalité, ndlr] : il n'y a plus de réalité à interpréter. Il n'existe que des interprétations de la réalité, sur lesquelles il est impossible de porter un jugement véridique, puisqu'elles ne renvoient à aucune signification objective. Nous sommes pris au piège du réseau de nos interprétations de la réalité, sans issue vers la réalité elle-même. C'est précisément sur ce point que se pose le véritable défi éducatif. Dès lors, aucun travail éducatif véritable n'est possible aujourd'hui s'il ne relève pas ce défi et ne se présente pas comme une alternative radicale et totale à cette position . »

    Divorces, concubinages, familles recomposées, familles « arc-en-ciel » et idéologies familiales de plus en plus étranges et perverses ne font qu'attiser l'impossibilité de dispenser un enseignement de qualité. Ainsi, malgré le recours massif aux psychologues au sein des familles et des écoles, il est impossible d'échapper au labyrinthe des déséquilibres et des inégalités scolaires, car l'éducation repose désormais sur des erreurs considérables et des contradictions dégradantes.

    Frères des Écoles Chrétiennes, Piaristes, Somasques, Barnabites, Salésiens, Ursulines, Filles de Marie Auxiliatrice, Dames du Sacré-Cœur, Sœurs de Saint Joseph, Sœurs de Sainte Anne… autant de congrégations qui ont instruit des générations d’enfants et de jeunes dans les valeurs chrétiennes, forgeant une civilisation éthiquement fondée sur les principes de Vérité et de liberté en Christ, seul et véritable Formateur des consciences. Les fondateurs et fondatrices de ces instituts n’ont fait que mettre en pratique la pédagogie évangélique qui a fait ses preuves.

    Quand les « éducateurs », parfois même présents dans le monde catholique, se livreront-ils enfin à l'autocritique, étudiant à la fois les philosophies modernes et postmodernes pernicieuses et les richesses de ce qui a été abandonné ? L'ignorance est le pire ennemi de l'éducation.

  • "La vie en abondance" : la lettre du pape sur la valeur du sport adressée à l'occasion des Jeux Olympiques d'Hiver

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    LETTRE DE SA SAINTETÉ LE PAPE LÉON XIV

    LA VIE EN ABONDANCE

    SUR LA VALEUR DU SPORT

    Chers frères et sœurs!

    À l’occasion de la célébration des 25Jeux Olympiques d’hiver, qui se dérouleront entre Milan et Cortina d’Ampezzo du 6 au 22 février prochain, et des 14e Jeux Paralympiques, qui se dérouleront dans les mêmes localités du 6 au 15 mars, je désire saluer et adresser mes meilleurs vœux à toutes les personnes directement impliquées et saisir cette occasion pour proposer une réflexion destinée à tout le monde. La pratique sportive, nous le savons, peut être de nature professionnelle, hautement spécialisée : sous cette forme, elle correspond à une vocation réservée à quelques-uns suscitant l’admiration et l’enthousiasme dans le cœur de beaucoup d’autres, qui vibrent au rythme des victoires ou des défaites des athlètes. Mais la pratique sportive est une activité commune, ouverte à tous et salutaire pour le corps et l’esprit, au point de constituer une expression universelle de l’humain.

    Sport et construction de la paix

    À l’occasion des Jeux Olympiques passés, mes prédécesseurs ont souligné combien le sport peut jouer un rôle important pour le bien de l’humanité, en particulier pour la promotion de la paix. Par exemple, en 1984, saint Jean-Paul II, s’adressant à de jeunes athlètes venus du monde entier, cita la Charte olympique[1] qui considère le sport comme un facteur « de meilleure compréhension mutuelle et d’amitié, afin de construire un monde meilleur et plus pacifique ». Il encouragea les participants en ces termes : « Faites que vos rencontres soient un signe emblématique pour toute la société et un prélude à cette nouvelle ère où « jamais nation contre nation ne lèvera l’épée » (Is 2, 4) ».[2]

    C’est dans cette optique que s’inscrit la Trêve olympique qui, dans la Grèce antique, était un accord visant à suspendre les hostilités avant, pendant et après les Jeux Olympiques, afin que les athlètes et les spectateurs puissent voyager librement et que les compétitions se déroulent sans interruption. L’institution de la Trêve découle de la conviction que la participation à des compétitions réglementées (agones) constitue un cheminement individuel et collectif vers la vertu et l’excellence (aretē). Lorsque le sport est pratiqué dans cet esprit et dans ces conditions, il favorise l’approfondissement de la cohésion communautaire et du bien commun.

    La guerre, au contraire, naît d’une radicalisation du désaccord et du refus de coopérer les uns avec les autres. L’adversaire est alors considéré comme un ennemi mortel, à isoler et si possible à éliminer. Les preuves tragiques de cette culture de la mort sont sous nos yeux : vies brisées, rêves anéantis, traumatismes des survivants, villes détruites, comme si la coexistence humaine était réduite superficiellement au scénario d’un jeu vidéo. Mais cela ne doit jamais nous faire oublier que l’agressivité, la violence et la guerre sont « toujours une défaite de l’humanité ».[3]

    La Trêve olympique a été récemment proposée opportunément à nouveau par le Comité International Olympique et l’Assemblée Générale des Nations Unies. Dans un monde assoiffé de paix, nous avons besoin d’instruments qui mettent « fin à la prévarication, à l’étalage de la force et à l’indifférence envers le droit ».[4] J’encourage vivement toutes les nations, à l’occasion des prochains Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver, à redécouvrir et à respecter cet instrument d’espérance qu’est la Trêve olympique, symbole et prophétie d’un monde réconcilié.

    La valeur éducative du sport

    « Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance » (Jn 10, 10). Ces paroles de Jésus nous aident à comprendre l’intérêt de l’Église pour le sport et la manière dont le chrétien l’aborde. Jésus a toujours placé les personnes au centre, il en a pris soin désirant pour chacune d’elles la plénitude de la vie. C’est pourquoi, comme l’a affirmé Saint Jean-Paul II, la personne humaine « est la première route que l’Église doit parcourir en accomplissement de sa mission ».[5] Selon la vision chrétienne, la personne doit donc toujours rester au centre du sport dans toutes ses expressions, y compris dans celles de l’excellence compétitive et professionnelle.

    À bien y regarder, on trouve une base solide à cette prise de conscience dans les écrits de saint Paul, connu comme l’Apôtre des gentils. À l’époque où il écrivait, les Grecs avaient déjà depuis longtemps des traditions athlétiques. Par exemple, la ville de Corinthe parrainait les jeux isthmiques tous les deux ans depuis le début du VIe siècle avant J.-C. C’est pourquoi, écrivant aux Corinthiens, Paul a utilisé des images sportives pour les initier à la vie chrétienne : « Vous savez bien que, dans le stade, tous les coureurs participent à la course, mais un seul reçoit le prix. Alors, vous, courez de manière à l’emporter. Tous les athlètes à l’entraînement s’imposent une discipline sévère ; ils le font pour recevoir une couronne de laurier qui va se faner, et nous, pour une couronne qui ne se fane pas » (1 Co 9, 24-25).

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  • "My Voice My Choice" : Grégor Puppinck envoie une lettre à Ursula von der Leyen

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    ECLJ

    Madame, Monsieur,

    Le 25 février 2026, la Commission européenne rendra sa décision sur l’initiative «Ma Voix Mon Choix» (My Voice My Choice). La demande de cette initiative est scandaleuse: financer le trajet des femmes européennes pour avorter où elles le souhaitent.

    Ainsi, une Française enceinte entre 14 et 22 semaines de grossesse, et qui serait donc hors délai légal pour une IVG en France, pourrait voyager aux Pays-Bas et y avorter légalement avec un financement de l’Union européenne (UE). Une Polonaise dont l’enfant serait trisomique et qui souhaiterait avorter pour cette raison, ce qui est illégal en Pologne, pourrait venir en France pour le faire, avec un financement de l’UE.

    À terme, cela aurait pour effet prévisible de détruire toute limite ou prévention à l’avortement pour aligner les législations sur les pays les plus laxistes. C’est d’ailleurs l’objectif assumé des initiateurs de My Voice My Choice.

    Aujourd’hui, Grégor Puppinck, Directeur du Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ), a envoyé une lettre à Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne; à Stéphane Séjourné, ancien ministre français et vice-président de la Commission; ainsi qu’aux vingt-cinq autres Commissaires européens pour dénoncer cette stratégie pro-avortement ainsi que l’atteinte à la souveraineté des États sur cette question.

    Vous pouvez vous aussi leur écrire, avec vos mots, votre expérience et votre conviction sur la question de l’avortement:

    ursula.von-der-leyen@ec.europa.eu ; cab-sejourne-contact@ec.europa.eu

    La lettre de l’ECLJ aborde plusieurs questions techniques. Nous avons rappelé l’absence de compétence de l’UE en matière d’avortement et à l’inverse, l’existence d’une compétence pour soutenir la maternité. Nous avons soulevé ce sujet lors d’une conférence au Parlement européen que vous pouvez regarder:

    Cette lettre dévoile aussi les financements de My Voice My Choice, que ses initiateurs ne revendiquent pas parce qu’ils n’en sont pas fiers. Sur ce sujet aussi, nous sommes intervenus au Parlement européen.

    Au cours de ces deux conférences, six femmes avaient témoigné sur leurs IVG. Certains de ces témoignages bouleversants sont rassemblés sur une Playlist de la chaîne YouTube de l’ECLJ. L’une de ces femmes, Charlène, a déposé le 27 janvier 2026 une pétition au Parlement européen, dont l’objet est de «renforcer le soutien à la maternité et protéger la dignité des femmes et des enfants à naître dans l’Union européenne».

    Cette pétition s’appuie sur l’article 33 de la Charte des droits fondamentaux et correspond à un mécanisme prévu à l’article 227 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. La pétition sera examinée par une commission du Parlement européen, qui décidera des suites législatives à lui donner. Deux excellents députés membres de cette commission avaient justement invité Charlène à témoigner au Parlement européen: il s’agit du Maltais Peter Agius (PPE) et de l’Italien Paolo Inselvini (ECR).

    Notre lettre, nos conférences, la pétition de Charlène et les courriels que vous enverrez aux Commissaires doivent montrer à l’UE que la «société civile», si souvent invoquée pour justifier des demandes sociétales, est aussi pro-vie.

    Jusqu’à présent, aucune initiative européenne n’a dépassé les près de 2 millions de signatures de One of us, une pétition de 2014 demandant la protection de l’enfant à naître dès sa conception. La Commission européenne avait alors balayé cette initiative, au motif que l’UE n’avait pas de compétence en la matière. Il serait cohérent qu’elle applique le même principe pour l’initiative: «My Voice My Choice

    Tout ce travail permet:

    ✔ de donner une visibilité médiatique et institutionnelle aux femmes victimes de l'avortement, jusqu'alors ignorées,

    ✔ de rappeler aux élus européens que les États membres de l’Union européenne ne leur ont jamais délégué la compétence de légiférer en matière d’avortement,

    ✔ de plaider en faveur d'une politique de prévention.

    Vous pouvez soutenir notre action en nous aidant à:

    • continuer à financer les déplacements de femmes, comme Charlène, qui témoignent dans les institutions,
    • produire des rapports sourcés et des vidéos pour défendre publiquement la vie pour peser dans le combat culturel,
    • intervenir juridiquement auprès des instances nationales et européennes.

    Merci pour vos dons qui rendent notre plaidoyer possible.

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  • Genre et droit pénal international : l’ONU face à une fracture mondiale

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    De Stefano Gennarini sur zenit.org :

    Genre et droit pénal international : l’ONU face à une fracture mondiale

    La proposition d’élargir la notion de genre suscite une vive opposition en Afrique, en Asie et au Vatican

    9 février 2026

    (ZENIT News – Centre pour la famille et les droits humains / New York, 8 février 2026)

    L’ONU s’apprête à définir de nouveaux « crimes de genre » en droit pénal international. Les pays occidentaux souhaitent que cette définition inclue l’opposition à l’avortement et aux questions LGBT par les dirigeants politiques et, éventuellement, par le grand public.  La plupart des pays occidentaux souhaitent que le terme « genre » dans le nouveau traité des Nations Unies sur les crimes contre l’humanité soit élargi afin d’inclure le genre en tant que construction sociale et les questions d’identité sexuelle et de genre. Ils souhaitent également que toute une série de nouveaux crimes fondés sur le genre, tels que « l’apartheid sexuel » et les « violences reproductives », soient inclus dans le traité. 

    Le Saint-Siège et les pays traditionalistes, principalement d’Asie et d’Afrique, se sont opposés à cette initiative au sein d’une commission spéciale de l’Assemblée générale réunie durant les deux dernières semaines de janvier 2026 pour examiner un avant-projet de traité. Ils ont insisté sur la nécessité de définir la notion de genre afin d’empêcher que le droit pénal international ne soit instrumentalisé contre les conservateurs. 

    Les pays traditionalistes ont averti que le nouveau traité ferait de toute opposition aux droits des féministes, des homosexuels et des personnes transgenres un crime international potentiel. Cela inclut le soutien aux lois et politiques protégeant le mariage et la famille traditionnels, toute restriction des droits des personnes homosexuelles et transgenres, ainsi que les inégalités entre les sexes, telles que mesurées par des quotas. 

    Bien que la plupart des débats préliminaires se soient tenus à huis clos, plusieurs interventions ont été publiées sur le site web du comité.  Le dernier jour de la réunion du comité, un délégué irakien a prononcé un discours poignant en faveur de la famille, au nom de plusieurs nations islamiques. Il a soutenu qu’une définition imprécise du genre compromettait la famille telle que définie par le droit international. Il a affirmé que la « famille nucléaire, composée de deux conjoints de sexes opposés et de leurs enfants », constituait une « expérience humaine universelle » et bénéficiait d’une « valeur juridique positive » en droit international. De ce fait, le genre ne pouvait être compris qu’en référence aux deux sexes biologiques, masculin et féminin. 

    La délégation mexicaine, fervente défenseure des droits des personnes LGBT, a immédiatement tenté, sans succès, de faire retirer la déclaration irakienne du compte rendu. Les délégations ayant approuvé la déclaration étaient celles de l’Algérie, du Bahreïn, de l’Égypte, de l’Iran, de la Jordanie, du Koweït, de la Libye, d’Oman, du Pakistan, du Qatar, de l’Arabie saoudite, du Soudan, de la Syrie, de la Tunisie et du Yémen. 

    La délégation burundaise a critiqué la décision de la Commission du droit international, qui a préparé la première version du traité, d’omettre une définition du genre, car cela pourrait conduire à une « application politisée et à une incertitude juridique ».  Le Burundi a demandé que si le terme « genre » est maintenu dans le traité, il soit « clairement et expressément défini comme se référant exclusivement aux deux sexes, masculin et féminin, et que toute interprétation plus large ou évolutionniste soit explicitement exclue ». 

    Le Burundi s’est également opposé à la création de nouveaux crimes fondés sur le genre, tels que « l’apartheid sexuel », arguant que ce concept est trop vague pour être utilisé en droit pénal. « Si nous condamnons fermement toutes les formes de discrimination et d’inégalité historique à l’égard des femmes, toutes les inégalités ne constituent pas des crimes contre l’humanité. » 

    La délégation namibienne a rejeté la justification avancée par la Commission du droit international pour supprimer la définition du genre. La Commission a invoqué des recommandations non contraignantes et les travaux des mécanismes des Nations Unies relatifs aux droits de l’homme et du Procureur de la CPI, qui établissent de nouvelles obligations visant à reconnaître le genre comme une construction sociale, incluant les questions d’orientation sexuelle et d’identité de genre, en droit international.  La déclaration de la Namibie indiquait que les documents étaient ambigus, car issus de mécanismes ni contraignants ni fiables, et ne pouvaient donc garantir la clarté et la sécurité juridiques nécessaires en droit pénal. La Namibie a affirmé que le nouveau traité devrait continuer d’utiliser la définition précise du genre, à savoir masculin et féminin, telle qu’elle figure dans le Statut de Rome de la Cour pénale internationale. 

    Le débat s’est tenu au sein du Comité préparatoire de l’Assemblée générale, chargé d’organiser la conférence diplomatique qui devrait négocier et adopter le nouveau traité en 2029. Les délégations doivent maintenant préparer des amendements écrits à soumettre d’ici le 30 avril de cette année. Le Comité préparatoire doit fixer le règlement intérieur et les dates définitives des conférences diplomatiques d’ici le 15 avril 2027. 

    Parmi les autres pays ayant demandé le maintien de la définition du genre du Statut de Rome dans le nouveau traité figuraient l’Argentine, l’Algérie, le Burkina Faso, le Cameroun, l’Égypte, la Gambie, le Ghana, le Saint-Siège, la Hongrie, l’Iran, la Malaisie, le Nigéria, la Fédération de Russie, le Sénégal, la Turquie et d’autres. Les pays européens et nordiques, ainsi que le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Mexique et la Colombie, étaient favorables à la suppression de cette définition. 

    Genre et droit pénal international : l’ONU face à une fracture mondiale | ZENIT - Français

  • La défaite de l’islamisme dans un Moyen-Orient de plus en plus sécularisé

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    La défaite de l’islamisme, dans un Moyen-Orient de plus en plus sécularisé

    L’islamisme est perçu et vécu par beaucoup comme le défi le plus redoutable pour l’Occident et le christianisme, avec son cortège de guerres, y compris de religion, de djihad poussé à l’extrême et de vagues migratoires.

    Mais une lecture attentive des événements de ces dernières décennies en Afrique du nord et au Moyen-Orient révèle tant la montée de la menace islamiste que son déclin subséquent, ainsi que la sécularisation croissante de la foi islamique, encore plus marquée dans un pays à régime théocratique tel que l’Iran.

    L’un des principaux experts en la matière, le français Olivier Roy, a livré une analyse convaincante de ce qu’est l’islam aujourd’hui « entre religion et politique », à l’occasion d’une réunion d’étude organisée au monastère de Camaldoli, à l’initiative de la revue catholique « Il Regno » et de la Commission des conférences épiscopales de la Communauté européenne.

    La conférence de M. Roy, professeur à l’Institut universitaire européen de Florence et conseiller scientifique pour Middle East Directions au Robert Schuman Centre for Advanced Studies, a ensuite été publiée par « Il Regno », qui a autorisé Settimo Cielo à en reproduire la partie finale.

    Mais avant de passer la parole au professeur Roy, il est utile de reparcourir les événements-clés de ces dernières décennies, tels qu’il les interprète.

    *

    La montée des mouvements islamiques – dit le professeur Roy – plonge ses racines dans la guerre des Six Jours de 1967, dans la contestation ouverte des régimes nationalistes arabes vaincus par Israël. C’est à partir de ce moment que l’expansion du « salafisme » a pris son essor, entendu comme un retour aux origines, comme une « volonté de réislamiser la société musulmane en partant du bas, à travers un retour à une pratique religieuse stricte, avec le port du voile et de la barbe par les individus et indépendamment des régimes ».

    Ensuite, à partir de 1978, « la révolution islamique iranienne a essayé de prendre la tête du mouvement de contestation islamiste global » et d’ « islamiser notamment le front de l’opposition à Israël, qui était jusqu’à cette époque basé essentiellement sur le nationalisme arabe ».

    Mais face au refus des militants islamistes sunnites, et en particulier des Frères musulmans, de se soumettre politiquement au nouveau régime des ayatollah, à la seule exception notable du Hamas, l’Iran a fini par se retrouver à la tête d’une coalition essentiellement chiite avec le Hezbollah au Liban, les alaouites du régime des Assad en Syrie et les Houthis au Yémen.

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  • « J’ai été vendu pour 300 dollars » : Le trafic d’êtres humains continue de s’intensifier en Afrique

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    De Ngala Killian Chimtom sur le CWR :

    « J’ai été vendu pour 300 dollars » : Le trafic d’êtres humains continue de s’intensifier en Afrique

    Les données suggèrent que les enfants représentent plus de la moitié des victimes de la traite des êtres humains sur le continent africain, et qu'ils subissent des sévices horribles, notamment l'exploitation sexuelle et le travail forcé.

    Alors que les catholiques célèbrent la fête de sainte Joséphine Bakhita le 8 février, des témoignages poignants de survivants de la traite des êtres humains à travers l'Afrique mettent en lumière les traitements horribles qu'ils subissent.

    John, un mécanicien nigérian, est l'un de ces survivants. Il se souvient avoir été victime de trafic d'êtres humains et envoyé en Libye en 2015, après qu'on lui ait promis un emploi bien rémunéré qui lui permettrait de gagner l'argent nécessaire pour immigrer un jour en Europe.

     « Quand je suis arrivé en Libye, j’ai découvert que tout cela n’était que mensonge », a-t-il déclaré à CWR.

     « On nous a fait subir des choses terribles là-bas », a-t-il déclaré, montrant les cicatrices sur son corps comme preuve. « Finalement, on m'a vendu pour 300 dollars afin que j'aille travailler dans une mine. »

    Un système répandu et prédateur

    Le tragique destin de John n'est pas un cas isolé, mais illustre de façon criante un système prédateur et répandu. Partout en Afrique, des trafiquants exploitent le désespoir de jeunes gens en quête d'une vie meilleure, les faisant passer pour des victimes d'exploitation sexuelle sous de faux prétextes, à l'intérieur comme à l'extérieur des frontières.

    Cette tendance effroyable est confirmée par de nouvelles preuves troublantes et des enquêtes de terrain qui ont mis au jour une entreprise criminelle transnationale ayant piégé au moins 3 000 Camerounais, principalement des jeunes originaires des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, ravagées par le conflit, qui ont été chassés de leurs foyers à la suite d’un conflit séparatiste qui dure depuis dix ans et qui a déplacé plus d’un million de personnes, tandis que quelque 6 500 autres auraient trouvé la mort.

    Menée par la Commission Justice et Paix du diocèse de Kumbo en collaboration avec des partenaires nigérians, l'enquête révèle que ces victimes sont attirées hors de chez elles par la promesse d'emplois lucratifs. Au lieu de cela, elles sont retenues contre leur gré dans au moins dix camps insalubres au Nigéria, où elles sont contraintes de dormir à même le sol et subissent une exploitation effroyable.

     Les ravisseurs utilisent les victimes comme moyen de pression pour extorquer des rançons exorbitantes à leurs familles appauvries avant de les vendre comme esclaves modernes, une réalité effroyable corroborée par des preuves vidéo et des témoignages de victimes.

    Jane, une Camerounaise vivant au Nigéria, a lancé un appel public désespéré après que sa cousine a été victime de trafic d'êtres humains à travers le Nigéria et serait détenue dans l'un des camps de ce pays d'Afrique de l'Ouest.

    S'exprimant d'un ton brut et émouvant, Jane explique que la victime, à qui l'on avait promis un emploi à Bahreïn, a été attirée du Cameroun au Nigéria avant de tomber entre les mains d'un réseau de trafic sophistiqué.

    Elle se souvint que son cousin l'avait contactée du Cameroun pour lui annoncer son intention de traverser le Nigeria pour se rendre à Bahreïn, où un de ses frères l'attendait.

    « J’ai dû lui parler », dit Jane, la voix brisée. « Je l’ai appelé et je lui ai dit : “S’il te plaît, envoie-moi une capture d’écran de ton visa approuvé… Comment peux-tu voyager sans visa ?” » L’attitude évasive de son cousin fut le premier signe alarmant d’un voyage qui vira rapidement au cauchemar.

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  • « Les chrétiens d’Europe sont de plus en plus confrontés à la haine et à la discrimination. »

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    De kath.net/news :

    « Les chrétiens d’Europe sont de plus en plus confrontés à la haine et à la discrimination. »

    9 février 2026

    « Welt » : En Allemagne, les statistiques de la police pour 2024 font état de 337 crimes antichrétiens, soit 22 % de plus que l’année précédente – le nombre de cas non signalés est probablement bien plus élevé – vandalisme (dans les églises), incendies criminels, intimidation, violences physiques

    Berlin-Vienne (kath.net) « Le nombre de crimes antichrétiens a fortement augmenté ces dernières années », explique Anja Tang, directrice de l’Observatoire de l’intolérance et de la discrimination envers les chrétiens en Europe (OIDAC Europe), dans un entretien accordé au journal Die Welt. Le mois dernier seulement, quatre églises ont été la cible d’incendies criminels. « Or, le taux d’élucidation des actes de vandalisme en Allemagne n’est que d’environ 1 %. De nombreuses affaires ne sont jamais rendues publiques. On ne sait souvent que peu de choses sur le contexte, sauf dans des cas isolés où les auteurs laissent des messages. Mais la question de la discrimination, ou, comme on la décrit si souvent, la montée d’un sentiment antichrétien dans le pays, est peut-être encore plus préoccupante pour la société. »

    Elle élargit encore le problème, soulignant que « dans le discours sociétal et la vision du monde répandue… il existe désormais cette idée que les humains ne peuvent vivre pleinement que s’ils sont totalement autonomes et jamais confrontés à d’autres opinions ». « Dans la vision du monde post-chrétienne, le fait qu’il existe une institution avec laquelle on ne peut négocier l’existence de plus de deux genres semble intolérable ». Cela conduit parfois à des attaques à motivation politique, observe Tang. Mais cela conduit aussi à « l’autocensure chez les chrétiens, par exemple au travail, lorsque certaines opinions sont malvenues ». De nombreux chrétiens sont devenus très prudents dans leurs propos, « par crainte des conséquences ».

    Tang aborde les grandes tendances sociétales et explique que certaines personnes peuvent avoir plus de mal à adhérer aux enseignements catholiques, car ceux-ci leur paraissent désormais trop conservateurs. Elle affirme ensuite explicitement que l'enseignement de l'Église catholique sur la dignité humaine n'a pas changé depuis 2 000 ans. « Le fait que l'Église catholique soutienne la protection de la vie prénatale ou affirme que la famille est le meilleur lieu pour que les enfants grandissent ne devrait donc pas être une nouveauté. Pourtant, lorsque l'Église prend position sur ces questions aujourd'hui, les médias la présentent souvent comme un glissement à droite en son sein, du fait de son opposition à l'avortement. » En réalité, cependant, c'est « plus probablement la société qui a fait évoluer sa position sur ce sujet ».

    Interrogée sur « la représentation de plus en plus négative du christianisme dans les médias », Tang répond que l'Allemagne est « malheureusement particulièrement sous les feux des projecteurs » à cet égard. Elle cite plusieurs exemples de « prétendus reportages » diffusés l'an dernier sur les chaînes publiques, qui donnaient l'impression d'être « davantage du lobbying militant ». Cela se voit clairement, dit-elle, « dans des titres comme “Croisade de la droite”, “Chrétiens radicaux” ou “Avec Jésus contre la liberté ?” ». Le discours est limpide avant même le début du documentaire. « Mais si vous connaissez les lieux ou les personnes concernés par ces reportages, vous comprenez immédiatement qu'ils sont présentés sous un faux jour. »

    Tang a déclaré qu'une « ligne rouge » avait été franchie dans le traitement médiatique « lorsque la prière publique du footballeur brésilien Kaká a été présentée comme une dangereuse tentative de prosélytisme ». Dans une interview accordée à « Die Welt », Tang a expliqué : « Dès lors qu'on commence à remettre fondamentalement en question l'expression publique de la foi, on s'attaque aux droits fondamentaux et à tout ce que nous défendons dans une société pluraliste. Or, lorsque le joueur musulman de l'équipe nationale, Rüdiger, a été critiqué pour un geste que beaucoup ont interprété comme une démonstration de force islamique, le journal télévisé Tagesschau a immédiatement invité un expert qui a affirmé que Rüdiger n'était certainement pas un radical et que la situation devait être replacée dans son contexte afin d'éviter toute instrumentalisation par la droite. De toute évidence, les questions religieuses ne sont pas traitées avec la même sensibilité. »

    Tang exprime également son inquiétude sur le plan politique. Il remarque que le problème est généralement soulevé « lorsqu'une personne souhaite s'engager politiquement en s'appuyant sur une vision chrétienne traditionnelle du monde… Mais lorsqu'une personne, par exemple, s'engage politiquement en s'appuyant sur une vision de gauche du monde, ce problème n'est absolument pas abordé. »

    Tang a déclaré que, « en ce qui concerne la gauche politique », on observe « une agression croissante de la part des militants politiques, notamment contre les chrétiens aux convictions conservatrices, particulièrement ces dix dernières années ». Il a cité en exemple le café chrétien « Stay » à Leipzig. On y a recensé « 24 attaques d'extrême gauche, dont certaines à l'acide butyrique », et « la situation ne semble pas près de s'améliorer. Le personnel craint désormais pour sa sécurité. »

    Elle explique que si « la gauche prétend lutter contre le dogme, elle est elle-même dogmatique, allant jusqu'à recourir à la violence contre quiconque ne partage pas ses convictions ». Elle cite en exemple le fait que si un membre d'une église affirme « que le mariage n'est valable qu'entre un homme et une femme, cela est inacceptable et doit être combattu. On observe également cette intolérance croissante dans les universités, où des intervenants chrétiens sont désinvités ou leurs conférences annulées. »

  • Mexique : un record de participation pour le centenaire de la guerre des Cristeros au Cerro del Cubilete

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    Voici comment s'est déroulé le pèlerinage des jeunes au monument du Christ-Roi au Mexique

    De Rafael Manuel Tovar sur zenit.org :

    Mexique : plus de 60 000 jeunes en pèlerinage au Christ-Roi

    Un record de participation pour le centenaire de la guerre des Cristeros au Cerro del Cubilete

    5 février 2026

    Plus de 60 000 jeunes de tout le Mexique ont fait un pèlerinage à Cerro del Cubilete, le cœur géographique du Mexique, pour commémorer le centenaire de la guerre des Cristeros, comme Zenit l’avait anticipé le 26 janvier. 

    On attendait 45 000 participants, mais ce chiffre a été dépassé et, selon les estimations du gouvernement de l’État de Guanajuato, entre 60 000 et 70 000 personnes étaient présentes : la foi des jeunes n’est pas nouvelle, mais il y a chez eux une agitation spirituelle plus grande que celle que les grands médias font taire. 

    La cérémonie était présidée par le nonce apostolique du Vatican au Mexique, l’archevêque Joseph Spitieri, qui a souligné que la jeunesse mexicaine contribue à nourrir l’espoir d’un pays plus fraternel, juste et compatissant. Il a appelé à tirer les leçons de l’histoire pour éviter de répéter les erreurs du passé. Il a également insisté sur le fait que la lutte contre la violence est la responsabilité de tous. 

    La marche annuelle, pour sa 43e édition, était organisée par le groupe Témoignage et Espérance (TyE), le Mouvement de la Famille Chrétienne et de nombreux autres groupes à travers le pays. Elle s’est déroulée le 31 janvier à Cerro del Cubilete, au centre géographique de Mexico, dans l’État de Guanajuato. Cette date commémore le centenaire du début de la guerre des Cristeros, également connue sous le nom de Cristiada, qui a débuté après la promulgation de la loi dite « Calles » le 31 juillet 1926. Cette loi a renforcé les restrictions imposées aux activités de l’Église et a suspendu les offices religieux publics. Le soulèvement armé et spontané des catholiques dans diverses régions du pays a officiellement pris fin le 21 juin 1929, bien que la persécution et les massacres de Cristeros se soient poursuivis pendant plusieurs années. 

    Le nonce apostolique a déclaré lors d’une conférence de presse que les événements historiques sont importants car l’histoire est une source d’enseignement pour la vie. Ce conflit nous apprend que même des moments les plus douloureux, nous pouvons tirer de précieux enseignements afin de ne pas reproduire les mêmes erreurs. 

    Andrea Pereda et Rubén Loya, dirigeants de TyE , ont déclaré : « Aujourd’hui, en tant que catholiques, nous élevons la voix contre une réalité qui blesse profondément l’âme du Mexique. Nous ne pouvons ignorer la censure insidieuse mais croissante qui vise les prêtres, les fidèles et les expressions catholiques. Les tentatives de réformes juridiques qui cherchent à limiter la liberté religieuse, les menaces et les attaques contre les églises, et le nombre déplorable de prêtres assassinés sont autant de signes d’une persécution qui blesse avec le même mépris qu’autrefois. »

    Au Mexique, la violence a fait 232 860 morts ces sept dernières années, selon les chiffres officiels. Le gouvernement privilégie une approche fondée sur le dialogue et la compassion en attendant des solutions.

    L’archevêque de León, Jaime Calderón, a déclaré : « La situation actuelle est préoccupante et exige notre attention. Depuis 2010, l’Église catholique s’est particulièrement impliquée pour tenter d’y remédier. Une analyse des causes profondes a été menée, et il s’agit d’un problème qui concerne tout le monde, y compris les autorités civiles. » 

    Les jeunes gens ont gravi la colline en acclamant leurs villes natales, en récitant le chapelet et en criant « Vive la guerre des Cristeros ! » et « Vive les martyrs mexicains morts entre 1926 et 1929 ! ». De cette manière, ils ont exprimé que la foi n’est pas confinée, elle se vit ; l’espoir ne s’improvise pas, il se construit ; et la paix se construit en commençant par la famille.

  • Les mutilations génitales, une pratique imposée à des millions de filles

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    D'Anna Bono sur la NBQ :

    Les mutilations génitales, une pratique imposée à des millions de filles

    D'après les données de l'OMS, au moins 230 millions de femmes dans le monde ont subi des mutilations génitales. Chaque année, quatre millions de filles et de jeunes femmes risquent d'en être victimes. Cette pratique, répandue depuis des siècles dans plus de 30 pays, est courante en Italie depuis des décennies.

    06/02/2026

    Chaque année, le 6 février, le monde entier est invité à s'unir pour déclarer et manifester concrètement une « tolérance zéro » face à une pratique odieuse encore infligée à des millions de filles : les mutilations génitales féminines (MGF), l'une des violations institutionnalisées des droits humains les plus graves. La date du 6 février a été choisie en 2003 par la Commission des droits de l'homme des Nations Unies, en réponse à l'invitation lancée le 6 février de cette année-là par la Première dame du Nigéria, Stella Obasanjo, lors d'une conférence organisée par le Comité interafricain sur les pratiques traditionnelles nuisibles à la santé des femmes et des enfants. La Première dame avait appelé à la création d'un « forum de tolérance zéro », une initiative, avait-elle déclaré, « pour célébrer, réfléchir et débattre des MGF et renouveler notre engagement à libérer les femmes africaines des systèmes de croyances culturelles et traditionnelles qui portent atteinte à leurs droits sexuels et reproductifs sur le continent ».

    Vingt-trois ans plus tard, les données de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), confirmées par des organisations locales et internationales, indiquent qu'au moins 230 millions de femmes dans le monde ont subi des mutilations génitales et en subissent les conséquences, et que chaque année, quatre millions de filles, âgées de quelques mois à 15 ans, risquent encore de subir l'un des types de mutilations les plus courants – la clitoridectomie, l'excision et l'infibulation – parce qu'elles sont nées dans des familles et des communautés qui les pratiquent.

    L’OMS nous rappelle chaque année, le 6 février, que plus de 30 pays pratiquent encore l’excision génitale féminine (EGF) : la quasi-totalité en Afrique, et quelques-uns en Asie, notamment au Moyen-Orient. Dans certains de ces pays, la quasi-totalité des filles sont mutilées. En Somalie, par exemple, le taux d’EGF atteindrait 98 %. En réalité, dans de nombreux cas, les informations fiables font défaut car les gouvernements, même ceux qui se disent prêts à collaborer et à lutter contre cette pratique, ne fournissent pas de données complètes. Ces données manquent dans les pays où l’excision est interdite, car les interventions y sont pratiquées clandestinement, et dans la quasi-totalité des autres, car les institutions gouvernementales se désintéressent du problème. De plus, ces institutions préfèrent ne pas susciter le mécontentement et l’hostilité de la population en s’opposant à des pratiques profondément ancrées et difficiles à combattre.

    Les plus de 30 pays recensés par l'OMS sont ceux où les mutilations génitales féminines (MGF) sont pratiquées depuis des siècles, voire depuis toujours. Mais cette pratique est si profondément ancrée qu'elle a été introduite il y a plusieurs décennies dans des dizaines d'autres pays, par des familles ayant émigré en Europe, en Amérique du Nord et en Australie. L'Italie est l'un de ces pays. Selon la dernière enquête menée par l'Université de Bologne et l'Université de Milan-Bicocca, dont les résultats ont été publiés en octobre dernier, environ 88 500 femmes ayant subi des MGF vivent en Italie, soit 1 % de plus que les estimations précédentes datant de 2019. La quasi-totalité d'entre elles (98 %) sont nées à l'étranger. Les femmes égyptiennes, nigérianes et éthiopiennes représentent la majorité des populations mutilées en Italie. Cependant, les taux de mutilation les plus élevés sont enregistrés chez les femmes somaliennes (97,8 %), guinéennes (91,5 %) et soudanaises (90,8 %).

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  • La Chine et l'Église des Trois-Autonomies se préparent à appliquer les nouvelles réglementations en matière de propagande.

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    De sur Bitter Winter :

    La Chine et l'Église des Trois-Autonomies se préparent à appliquer les nouvelles réglementations en matière de propagande.

    5 février 2026

    L'Église, contrôlée par le gouvernement, s'empresse d'adopter le nouveau règlement idéologique du Parti, prouvant une fois de plus que son credo le plus profond est l'obéissance politique.

    Une église entièrement intégrée au système de propagande du PCC. Générée par IA.
    Une église entièrement intégrée au système de propagande du PCC . Générée par IA.

    Le nouveau « Règlement sur le travail idéologique et politique » du Parti communiste chinois a été présenté avec le sérieux habituellement réservé aux réformes constitutionnelles ou au lancement d'une nouvelle station spatiale. Comme l'a souligné « Bitter Winter » , ce document constitue un appel solennel à la mobilisation idéologique totale. Chaque secteur, chaque institution et chaque citoyen doit désormais se faire le porte-parole de la pensée de Xi Jinping .

    Comme d'habitude, l' Église des Trois-Autonomies, contrôlée par le gouvernement, s'est empressée de se mobiliser, prête à montrer qu'elle est la chaîne la plus docile de toutes.

    Dans une interview du 21 janvier , Shan Weixiang, vice-président du Mouvement patriotique des Trois Autonomies , s'exprime comme s'il rendait hommage non pas au Christ, mais au Comité central. Interrogé sur le nouveau Règlement, il affirme avec assurance qu'il s'agit d'une « étape importante », d'un « principe directeur » et d'un « nouveau sommet » dans la conception que le Parti se fait du travail idéologique. On pourrait s'attendre à ce qu'il déclare que le Saint-Esprit est venu bénir le document, mais il s'en abstient sagement.

    L'entretien met en lumière la manière dont la théologie politique est imprégnée de caractéristiques chinoises. Shan explique que l' Église des Trois Autonomies a fait de la pensée de Xi Jinping le « premier point à l'ordre du jour » de ses réunions. Les séminaristes y apprennent non seulement la théologie, mais aussi une « conscience politique », afin de s'aligner sur la ligne du Parti. Les églises sont tenues d'arborer le drapeau national, de chanter l'hymne national, de présenter la Constitution, de mettre en avant les valeurs socialistes fondamentales et même de présenter l'artisanat traditionnel. L'objectif est de créer des « espaces idéologiques immersifs », quoi que cela puisse signifier.

    L'entretien souligne comment les séminaires intègrent désormais d'importants modules idéologiques et politiques à leurs programmes. Les étudiants doivent maîtriser à la fois les enseignements chrétiens et la culture et le contexte national chinois. Le séminaire théologique de Fujian est salué pour l'élaboration de ses propres manuels politiques, garantissant ainsi que la sinisation du christianisme soit à la fois enseignée et documentée.

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  • Les Pays-Bas enregistrent une hausse du nombre de nouveaux catholiques adultes

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    De Luke Coppen sur The Pillar :

    Les Pays-Bas enregistrent une hausse du nombre de nouveaux catholiques adultes

    Le nombre d'adultes rejoignant l'Église a augmenté de près de 40 % l'an dernier.

    Le nombre d'adultes rejoignant l'Église catholique aux Pays-Bas a augmenté de près de 40 % en 2024.

    La chapelle Notre-Dame, Étoile de la Mer, dans la basilique Notre-Dame de Maastricht, aux Pays-Bas. Roberto66/wikimedia CC BY-SA 3.0 nl.

    Selon les données publiées par l'Institut catholique de statistiques ecclésiastiques, connu sous son acronyme néerlandais Kaski, le nombre d'adultes rejoignant l'Église est passé de 455 en 2023 à 630 en 2024, la dernière année pour laquelle des données sont disponibles.

    Ces chiffres, qui incluent à la fois les adultes baptisés et les adultes baptisés dans d'autres communautés chrétiennes et reçus au sein de l'Église catholique, indiquent que les Pays-Bas font partie d'un nombre croissant de pays européens connaissant une augmentation significative du nombre de nouveaux catholiques adultes.

    Cette tendance est particulièrement marquée en France, mais elle a également été observée en Belgique et au Royaume-Uni.



    La hausse annuelle enregistrée aux Pays-Bas était l'un des rares points positifs de l'étude statistique de Kaski sur l'Église néerlandaise en 2024. Le rapport est daté de septembre 2025, mais ses conclusions ont été publiées sur le site web officiel de l'Église néerlandaise le 4 février.

    Le rapport a mis en évidence la forte baisse du nombre de baptêmes d'enfants dans le pays, passant de 42 411 en 2000 à 6 110 en 2024.

    Il est indiqué : « Le nombre total de baptêmes d'enfants a diminué d'environ 7 % entre 2023 et 2024. »

    « Outre les baptêmes d’enfants, plus de 500 baptêmes d’adultes ont également été administrés en 2024, et plus de 100 adultes ont rejoint l’Église sans baptême [par la confirmation et la réception de l’Eucharistie]. »

    « Bien que ces chiffres soient inférieurs au nombre de baptêmes d’enfants, il est frappant de constater que le nombre total d’admissions a augmenté de près de 40 % entre 2023 et 2024. »

    Joris Kregting, sociologue des religions travaillant pour Kaski, a qualifié la hausse du nombre de nouveaux catholiques adultes d’« exception frappante, qui corrobore toutes sortes de reportages récents dans les médias sur ce sujet ».



    Le nombre total de catholiques aux Pays-Bas — un pays de 18 millions d'habitants frontalier de la Belgique et de l'Allemagne — est passé de 5,1 millions en 2000 à 3,4 millions en 2024, soit 19,1 % de la population totale.

    La proportion de catholiques néerlandais baptisés assistant à la messe hebdomadaire est restée faible tout au long du XXIe siècle. En 2000, 9,2 % des catholiques assistaient à la messe du week-end. En 2024, cette proportion est tombée à 2,7 %.

    Ces chiffres confirment que, parmi les pays comptant un nombre important de catholiques, les Pays-Bas affichent l'un des taux de fréquentation hebdomadaire de la messe les plus faibles au monde.



    Les chiffres relatifs à la réception des autres sacrements risquent également de consterner les évêques néerlandais.

    En 2024, 6 110 enfants ont été baptisés, soit une baisse de 7 % par rapport à 2023. On a également constaté une baisse de 7 % du nombre d’enfants ayant reçu la première communion et une baisse de 5 % du nombre de jeunes ayant reçu la confirmation.

    Mais les mariages religieux ont augmenté de 5,5 % entre 2023 et 2024. Environ un mariage sur cinq unissait un catholique et un non-catholique.

    L'Église catholique a officié lors des funérailles de près de 7 % des personnes décédées aux Pays-Bas en 2024. Mais le nombre total de funérailles religieuses a diminué, passant de 13 720 en 2023 à 11 850 en 2024.