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Société

  • « Mars attacks » n'est pas un mouvement politique ?

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    De Claude Callens :

    Mars attacks n'est pas un mouvement politique ?

    Soyons sérieux ! Les animateurs de ce mouvement ont beau crier haut et fort qu’ils sont apolitiques, il n’empêche qu’un mouvement qui prétend militer « au finish » pour « le retrait de toutes les réformes » du gouvernement, joue un rôle éminemment politique. À moins que le mot « politique » ait perdu tous ses sens !

    Il y a plus significatif encore. Il suffit de parcourir le site de ce mouvement et on découvrira qu’il se prononce comme il l’a fait publiquement le 6 septembre dernier place Albertine à Bruxelles, pour une « convergence des luttes » rassemblant tous les secteurs : « enseignement, santé, agriculture, eau, biodiversité », bref, tous les mécontents.

    Et d’où vient ce concept « convergence des luttes » ? Il apparaît déjà en mai 68, en France comme leitmotiv des mouvements gauchistes qui tentent d’unir écologistes, féministes, antiracistes, anticapitalistes. Il est enraciné dans la tradition marxiste, plus précisément, aujourd’hui, dans le « populisme de gauche » tel qu’il a été défini par Ernesto Laclau, penseur post-marxiste et sa femme, la carolorégienne Chantal Mouffe* qui lui a survécu et dont la pensée inspire Podemos en Espagne ou La France insoumise.

    Pas mal pour un mouvement apolitique !

     

    * Laclau (théoricien argentin) et Mouffe (philosophe belge) partent d'un constat de crise du marxisme orthodoxe. Ils rejettent l'idée du déterminisme économique (le réductionnisme de classe) selon laquelle la classe ouvrière serait, par essence, le seul sujet révolutionnaire destiné à renverser le capitalisme.
    Pour eux, les identités politiques ne sont pas figées par la position économique des individus, mais sont construites à travers le discours et la lutte politique.

  • Les slogans à la mode au crible de Platon

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    De Claude Callens :

    Les slogans à la mode au crible de Platon

    On entend de toutes parts un slogan : « faites payer les riches ! »
    Il faudrait peut-être relire Platon. Dans La République, (Livre VIII, 557b), on entend dans la bouche de Socrate, une critique pertinente de cette démocratie qui permet aux beaux parleurs de séduire le peuple en lui disant ce qu'il a envie d'entendre, au détriment de la vérité et de la justice et en fomentant un excès d'égalitarisme et de licence.

    Cette démocratie assimilée au désordre, par souci d'égalité extrême, précise-t-il, s'installe « lorsque les pauvres, ayant remporté la victoire sur les riches, [...] partagent également avec ceux qui restent le gouvernement et les charges publiques. » Dès lors, « la cité déborde de liberté et de franc-parler, [...] il y a licence de faire ce qu'on veut. [...] il est clair que partout où règne cette licence chacun organise sa vie de la façon qui lui plaît. » C'est l'anarchie, et l'anarchie finit toujours en dictature.

    On entend aussi : « Glatigny, dégage ! » ou encore « Vive Lenoci ! »
    Ici aussi, Platon nous éclaire. Pour lui, égalitarisme et excès de liberté détruisent toutes les structures d'autorité. Les distances naturelles et sociales disparaissent : il n'y a plus de respect pour les parents, les maîtres, les magistrats ou les sénateurs. Tout le monde veut décider à la place de tout le monde. (Id., 562a-563e). Puisque la liberté est considérée comme « le bien suprême », si ceux qui gouvernent la cité « ne se montrent pas tout à fait dociles » le peuple enivré de liberté « les châtie, les accusant d'être des criminels et des oligarques. Et ceux qui obéissent aux magistrats, [il] les bafoue et les traite d'hommes serviles et sans caractère. » En revanche, « il loue et honore [...] les gouvernants qui ont l'air de gouvernés et les gouvernés qui prennent l'air de gouvernants. [...] »

    Quel est le résultat ? Les citoyens deviennent tellement ombrageux « qu'à la moindre apparence de contrainte ceux-ci s'indignent et se révoltent [...]. Et ils en viennent à la fin, [...] à ne plus s'inquiéter des lois écrites ou non écrites, afin de n'avoir absolument aucun maître. » [...] La « licence générale [...] réduit la démocratie à l'esclavage ; car il est certain que tout excès provoque ordinairement une vive réaction. »

    Près de vingt-cinq siècles plus tard, Alexis de Tocqueville confirme ce qui menace la démocratie moderne : « il se rencontre aussi dans le cœur humain un goût dépravé pour l'égalité, qui porte les faibles à vouloir attirer les forts à leur niveau, et qui réduit les hommes à préférer l'égalité dans la servitude à l'inégalité dans la liberté. » (De la démocratie en Amérique, tome I, première partie, chapitre III)

  • Baptême et droit à l’effacement des données à caractère personnel - Comprendre un débat juridique européen

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    D'Alicja Słowik sur le site de l'ECLJ :

    Baptême et droit à l’effacement des données à caractère personnel - Comprendre un débat juridique européen - Article clef

    22 Septembre 2026

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    Sommaire

    I. Droit canonique et doctrine de l’Église : le baptême comme acte unique et indélébile

    II. Droit européen : pluralité des sources du « droit à l’oubli » et enjeux de la protection de la liberté religieuse

    A. Droit de l’Union européenne

    B. Système de la CEDH

    III. Droit comparé : protection bien établie des registres de baptêmes

    Allemagne

    Espagne

    France

    Irlande

    Italie

    Malte

    Pologne

    Slovénie

    IV. Approche des juridictions européennes : à la recherche d’un juste équilibre entre le droit à la protection des données personnelles et la liberté religieuse

    A. Jurisprudence de la CJUE

    B. Jurisprudence de la Cour EDH

    Conclusion

  • En Allemagne et en Suisse, on a marché pour la vie

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    Le samedi 19 septembre 2026, plusieurs grandes « Marches pour la vie » ont eu lieu simultanément en Allemagne et en Suisse :

    • Allemagne : Berlin et Cologne. À Berlin, le Marsch für das Leben, organisé par le Bundesverband Lebensrecht, a réuni plus de 2 000 participants selon la police. Cinq évêques ont participé au cortège, parmi lesquels Mgr Rudolf Voderholzer et Mgr Stefan Oster. Il y a également eu un moment particulièrement touchant lors de la prise de parole de Roberta Acquaah, jeune étudiante en médecine. Elle a présenté un Poetry Slam, « Ich will leben » (« Je veux vivre »), en se plaçant symboliquement du point de vue de l'enfant à naître.

    Hunderte Menschen beim «Marsch für das Leben» | Jesus.de

    • À Cologne, une manifestation similaire a également été organisée; c'était la quatrième Marsch für das Leben. Les organisateurs ont revendiqué environ 2 100 participants. Le cortège était marqué par une forte présence chrétienne visible : croix, images religieuses, statues et groupes familiaux. L'ambiance semble avoir été davantage celle d'une manifestation chrétienne populaire que celle d'un rassemblement institutionnel. Une tentative de perturbation au début du rassemblement a été rapidement contenue ; la suite s'est déroulée sans incident majeur. Le moment le plus significatif semble avoir été davantage lié aux témoignages et à la responsabilité du père. Markus Voss a parlé de la place souvent négligée des hommes lorsqu'une grossesse est inattendue : responsabilité, mais aussi difficulté de trouver leur place dans la décision concernant l'enfant.

    Marche pour la vie Cologne 2026

    • Suisse : Zurich. La 16ᵉ Marche pour la vie (Marsch fürs Läbe) s'est déroulée à Zurich-Oerlikon sous le slogan « Together for Life! », avec environ 2 200 participants selon les organisateurs. La manifestation mettait cette année particulièrement l'accent sur la responsabilité des hommes et des pères face à une grossesse inattendue. Il est intéressant de noter que la Conférence des évêques suisses avait publié, trois jours auparavant, un message sur cette Marche : elle précisait qu'elle ne serait pas officiellement représentée, tout en déclarant « se réjouir de tout soutien à la vie ». À Zurich, la manifestation a par ailleurs été perturbée par plusieurs dizaines de contre-manifestants ; la police municipale indique avoir dû intervenir, notamment avec des canons à eau, après des tentatives de blocage et des jets de bouteilles.

    Aktuell Schweiz - Märsche/Events - Marche pour la vie

    Ces trois rassemblements montrent une mobilisation pro-vie qui ne se réduit pas à la seule question de l'interdiction de l'avortement : à Berlin, elle s'inscrit dans une réflexion plus large sur la bioéthique et la dignité humaine ; à Cologne, elle conserve une expression chrétienne très populaire ; à Zurich, elle cherche explicitement à intégrer le rôle du père et la responsabilité masculine.

  • La récitation du Coran lors d’une cérémonie de la KULeuven suscite des réactions

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    De J.PE sur 21 News :

    Darya Safai dénonce la récitation du Coran lors d’une cérémonie à l’Université catholique de Louvain (KULeuven)

    Darya Safai dénonce que l'Université Catholique de Leuven fasse une cérémonie ou l'on récite le Coran. La vidéo est devenue virale sur les réseaux sociaux.

  • Ce que le voyage du pape en France ne doit pas masquer

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    Il y a certainement un décalage entre l’image d’une Église rassemblant des foules pour la venue du pape et son état sociologique ordinaire.

    Les données disponibles rendent ce contraste assez frappant.

    • L'historien Guillaume Cuchet estime aujourd'hui à moins de 2 % la pratique dominicale des catholiques déclarés, contre environ 25 % au début des années 1960. Il estime également qu'on est passé d'environ 93 % d'enfants baptisés dans les premiers mois de leur vie à probablement moins de 20 % baptisés dans les sept premières années.
    • L'enquête Insee-Ined portant sur 2019-2020 indiquait que seuls 8 % des 18-59 ans se déclarant catholiques fréquentaient régulièrement un lieu de culte, c'est-à-dire au moins une fois par mois.
    • La crise des vocations est tout aussi structurelle : le nombre de prêtres est passé d'environ 65 000 en 1960 à environ 12 000 aujourd'hui, dont moins de 7 000 en activité selon les données citées par Le Monde. Un exemple particulièrement spectaculaire est le diocèse d'Arras, qui doit passer de 89 à 11 paroisses pour s'adapter au manque de prêtres.
    • Le patrimoine religieux lui-même témoigne de cette difficulté : un recensement récent dénombre 1 679 édifices cultuels fermés toute l'année, tandis que seulement 39 % des églises sont régulièrement ouvertes au public.
    • La vie monastique connaît elle aussi des restructurations considérables : une étude d'Isabelle Jonveaux recense 91 monastères contemplatifs ayant fermé entre 2007 et 2026, soit près d'un tiers du paysage monastique étudié.

    Mais le voyage de Léon XIV montre justement l'autre visage

    Il serait cependant réducteur de dire que l'Église française va simplement fabriquer une illusion de vitalité. Le programme comporte des éléments qui correspondent à de vraies évolutions récentes : le pape rencontrera des catéchumènes et des néophytes, des jeunes, des malades, des religieuses contemplatives, les évêques et des victimes d'abus. Une messe parisienne devrait rassembler plusieurs centaines de milliers de personnes.

    Et surtout, il existe effectivement un phénomène nouveau : la remontée des baptêmes d'adultes et l'apparition de jeunes catholiques davantage engagés. Le cardinal Aveline reconnaît lui-même le contraste entre, d'une part, des communautés rurales vieillissantes et, d'autre part, « le nombre croissant de jeunes » demandant baptême ou confirmation. Cuchet souligne également ce rebond, tout en précisant qu'il est encore très loin de compenser l'effondrement du baptême des enfants.

    C'est probablement là que se situe le véritable paradoxe du voyage :

    Léon XIV ne verra pas l'Église de France telle qu'elle est un dimanche ordinaire dans une paroisse rurale ; il verra l'Église de France réunie pour la venue du pape.

    Ce n'est pas la même chose.

    Une messe à la Concorde réunissant 500 000 personnes sera parfaitement réelle, mais elle ne signifie évidemment pas que 500 000 Français vont à la messe chaque dimanche. De même, une veillée remplie de jeunes manifestera quelque chose de réel sur une partie de la jeunesse catholique, mais ne permettra pas d'en déduire l'état religieux de la jeunesse française dans son ensemble.

    Et le Vatican semble d'ailleurs en avoir conscience : Cuchet parle explicitement d'un catholicisme devenu minoritaire, tandis que le cardinal Aveline reconnaît que l'Église française vit « des choses très contrastées ».

    Le vrai enjeu serait donc plutôt celui-ci

    La question intéressante qui se pose est : « Le dispositif de la visite permettra-t-il au pape de voir simultanément le catholicisme français qui renaît et celui qui disparaît ? »

    Car les deux existent.

    Il serait tout aussi faux de présenter à Léon XIV uniquement les foules de Lourdes, les catéchumènes et les jeunes engagés que de lui montrer uniquement les églises désertes, les paroisses regroupées et les monastères qui ferment. La réalité française est précisément la coexistence de ces deux phénomènes : un catholicisme quantitativement très affaibli, mais dans certains milieux plus minoritaire, plus conscient de lui-même et parfois étonnamment dynamique. C'est d'ailleurs exactement le contraste que met en évidence l'analyse publiée hier par Vatican News.

    À mon sens, si l'Église de France voulait vraiment éviter l'effet « Potemkine », le meilleur service qu'elle pourrait rendre au pape serait de lui montrer aussi une paroisse rurale ordinaire, une église presque vide, une école où les enfants ignorent le contenu élémentaire de la foi, un presbytère désert, et une communauté religieuse confrontée à son vieillissement — bref, non seulement les fruits prometteurs du renouveau, mais aussi l'ampleur du terrain perdu.

    Ce serait probablement une manière beaucoup plus féconde de préparer la « feuille de route » que le cardinal Aveline dit attendre du pape.

    (avec l'IA)

  • L’Église catholique et la période post-conciliaire en France : anatomie d’un effondrement

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    D'InfoVaticana :

    L’Église catholique et la période post-conciliaire en France : anatomie d’un effondrement

    20 septembre 2026

    À une semaine de l’arrivée de Léon XIV à Paris, la Salle de Presse du Saint-Siège a fait quelque chose d’inhabituel : mettre sur la table la série historique complète du catholicisme français. Les chiffres, présentés le 18 septembre lors de la conférence de presse de Matteo Bruni sur le voyage, comparent le pays qui a reçu Jean-Paul II en 1980 à celui qui accueille aujourd’hui le pape augustin. Quarante-quatre années séparent les deux visites. Ce qu’il y a entre les deux, dans la froide comptabilité vaticane, c’est la disparition de deux prêtres sur trois et de près de trois paroisses sur quatre.

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    2026_09_21_09_55_50_Greenshot.pngSource : Salle de Presse du Saint-Siège, bulletin B0728, 18 septembre 2026.

    La lecture du tableau n’admet que peu d’interprétations bienveillantes. En 1980, il y avait un prêtre pour 1 382 habitants ; en 2024, un pour 5 270. Les religieuses, colonne vertébrale de l’assistance et de l’enseignement catholiques pendant deux siècles, sont passées de 87 000 à 17 000 : quatre sur cinq ont disparu sans relève. Les mariages religieux, qui frôlaient les 220 000 en 1980, n’atteignent pas 41 000 aujourd’hui, la chute la plus prononcée de toute la série. Et la dernière ligne dresse le portrait d’une inversion historique : la France qui, en 1980, envoyait des missionnaires dans le monde reçoit aujourd’hui chaque année 1 550 prêtres de plus qu’elle n’en envoie.

    Les rares grandeurs qui progressent méritent une lecture prudente. Les diacres permanents se sont multipliés par vingt-neuf, mais le diaconat se nourrit majoritairement de retraités et supplée, sans le remplacer, au clergé qui manque. Les effectifs des collèges catholiques ont gagné 275 000 élèves, bien que cette demande réponde en grande partie à la recherche de discipline et de niveau académique, et non de catéchèse. Le rebond des baptêmes, confirmations et mariages entre 2020 et 2024 s’explique en partie par la reprise après les fermetures de la pandémie, qui ont fait de 2020 le point le plus bas de la série, même si les confirmations ont augmenté de 28 % et dépassent déjà le niveau de 2010, seul indicateur sacramentel à y parvenir. Les premières communions, en revanche, continuent de baisser même après la pandémie.

    Le chiffre de 74,9 % de baptisés — environ 49,7 millions de personnes sur 66 millions d’habitants — provient des registres sacramentels et mesure l’appartenance nominale. C’est, de loin, le chiffre le plus bienveillant de ceux qui circulent, et il convient de ne pas le confondre avec la pratique réelle.

    Ce que mesurent les sondages

    Le sondage le plus complet de ces dernières années est celui qu’Ifop a réalisé en 2025 pour La Croix et le groupe Bayard. Ses conclusions dessinent une pyramide inversée : 5,5 % des adultes français, soit environ trois millions de personnes, vont à la messe chaque dimanche ou au moins deux fois par mois ; 6,5 % se déclarent catholiques mais ne mettent les pieds à l’église qu’à Noël, Pâques ou « presque jamais ». Et selon le même sondage, à peine 46 % des Français se définissent aujourd’hui comme catholiques, vingt-neuf points en dessous du chiffre de baptisés que gère Rome.

    L’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), dans sa grande enquête Trajectoires et Origines 2019-2020, corrobore le diagnostic : seuls 8 % de ceux qui se déclarent catholiques fréquentent régulièrement un lieu de culte, contre plus de 20 % chez les musulmans, bouddhistes et autres chrétiens, et 34 % chez les juifs. Le catholicisme est, de loin, la confession la moins pratiquée par ses propres fidèles.

    D’autres chiffres complètent le tableau clinique. La France comptait 65 000 prêtres en 1960 ; il en reste aujourd’hui environ 6 700 en activité, dont près d’un tiers sont étrangers. En 2025, 90 prêtres ont été ordonnés pour les 99 diocèses du pays, chiffre frôlant le minimum historique de 88 enregistré en 2023. Et l’indicateur le plus grave de tous, celui qui anticipe la France dans trente ans : à peine 13 % des enfants nés dans le pays reçoivent le baptême dans leurs premières années de vie, contre près de six sur dix à la fin du XXe siècle. La transmission familiale de la foi, qui a soutenu le catholicisme français pendant quinze siècles, s’est interrompue en une seule génération.

    Quand le fil s’est rompu

    La série vaticane commence en 1980, mais l’effondrement est antérieur. L’historien Guillaume Cuchet, dans son ouvrage de référence Comment notre monde a cessé d’être chrétien (Seuil, 2018), situe la rupture avec une précision quasi chirurgicale en 1965, l’année de clôture du Concile Vatican II. Jusque-là, la pratique dominicale, bien qu’érodée depuis le XIXe siècle, descendait en pente douce ; à partir de cette date, elle s’effondre à la verticale et, en à peine une décennie, perd plus de la moitié de ses effectifs. Cuchet, catholique pratiquant et universitaire rigoureux, n’attribue pas la chute au Concile en soi, mais au message que les fidèles en ont reçu : que l’assistance à la messe avait cessé d’être une obligation grave, que l’enfer était suspendu, que les frontières entre l’Église et le monde étaient devenues poreuses. Des millions de catholiques « de devoir » ont compris que le devoir avait été aboli et ont agi en conséquence.

    Le politologue Jérôme Fourquet, dans L’Archipel français (Seuil, 2019), documente le même phénomène sous un autre angle : le prénom. Jusqu’aux années soixante, l’immense majorité des enfants français recevaient des prénoms du sanctoral ; aujourd’hui, la proportion est marginale. La matrice catholique qui donnait forme à toute la société s’est dissoute et a laissé place à un archipel d’identités sans centre.

    Comparaison : le paradoxe des deux France

    Les mêmes jours où Rome publiait son bilan, d’autres chiffres pointaient dans la direction inverse, et la coexistence des deux est ce qui est vraiment révélateur.

    Lors de la Vigile pascale de 2026, 13 234 adultes ont été baptisés, soit 28 % de plus que l’année précédente et plus du triple des 4 124 de 2016. 42 % de ces catéchumènes ont entre 18 et 25 ans. En y ajoutant les adolescents, le total des nouveaux baptisés à Pâques a dépassé les 20 000 personnes.

    Le pèlerinage de Chartres, célébré intégralement selon le missel traditionnel, a réuni en mai près de 20 000 pèlerins ; les inscriptions ont atteint 14 000 en un seul jour, contre 6 000 l’année précédente, et les organisateurs ont dû fermer les inscriptions. Son président, Philippe Darantière, a constaté que beaucoup de ces jeunes sont entrés dans l’Église précisément par la messe tridentine.

    La Communauté Saint-Martin, avec son clergé en soutane, sa liturgie soignée et sa formation exigeante, a ordonné en juin douze prêtres et dix diacres. Une seule communauté apporte donc plus d’un dixième des ordinations sacerdotales de toute la France. Les abbayes qui se maintiennent — Solesmes, Boulaur, Le Barroux, Fontgombault — partagent un trait commun : latin, chant grégorien, observance intégrale. Celles qui ferment — La Grande Trappe, Chantelle, le Carmel de Compiègne, la Visitation de Nevers, toutes annoncées ces dernières semaines — appartiennent à la génération qui a misé sur l’adaptation.

    Le contraste avec le voisin allemand éclaire le même phénomène. La France compte 49,7 millions de baptisés face aux 19,8 millions de l’Allemagne, plus du double ; pourtant l’Église allemande, avec son système d’impôt ecclésiastique et son « chemin synodal », subit une hémorragie de sorties formelles que la France, sans registre civil d’appartenance, ne peut même pas mesurer. Deux modèles distincts d’accommodement au monde moderne ont conduit au même vide.

    Qu’est-ce qui a échoué ?

    Les données permettent de formuler une hypothèse que la sociologie académique entoure souvent de circonlocutions : ce qui s’est effondré en France n’est pas « l’Église » en abstracto, mais un modèle pastoral concret, dominant depuis le milieu des années soixante, et ce qui croît, ce sont précisément les réalités qui se sont situées en marge de ce modèle.

    La vieille maxime attribuée à Prosper d’Aquitaine, lex orandi, lex credendi, apparaît ici moins comme un principe théologique que comme une loi empirique. Une liturgie horizontalisée, réduite à l’assemblée qui se célèbre elle-même, dépourvue de silence, de sacralité et d’exigence, a produit exactement le type de croyant qu’on pouvait attendre : le catholique occasionnel des 6,5 %, qui se sent lié à une tradition familiale mais ne trouve dans la paroisse rien qu’il ne puisse trouver dans une association culturelle. À l’inverse, les communautés qui ont conservé ou retrouvé une liturgie verticale, avec le sacrifice au centre, attirent des jeunes qui n’ont rien hérité et qui cherchent précisément ce que la pastorale de l’adaptation a considéré comme dispensable.

    Le second pilier du modèle échoué est une théologie morale qui a renoncé à proposer. La génération conciliaire française, nourrie par le personnalisme et par une lecture optimiste de la modernité, a dissous le péché dans la « situation », le commandement dans l’« option fondamentale » et la conversion dans l’« accompagnement ». Cuchet le formule sans détour : quand l’Église a cessé de dire que manquer la messe était un péché grave, les fidèles ont cessé d’y aller. Le besoin moral de l’homme, sa faim d’une norme qui le transcende et l’exige, est resté sans réponse, et ce vide a été comblé par l’islam — dont la pratique régulière triple celle des catholiques, selon l’INSEE —, les spiritualités diffuses et, ces dernières années, le retour des jeunes vers les formes les plus exigeantes du catholicisme.

    Joseph Ratzinger, dans une célèbre allocution radiophonique de 1969, avait prévu une Église future plus petite, qui perdrait privilèges et bâtiments, mais qui renaîtrait à partir de communautés petites et ferventes. La France de 2026 semble confirmer le pronostic jusque dans les détails : les bâtiments se vendent, les paroisses se regroupent, et la vitalité se concentre dans des noyaux réduits, jeunes et doctrinalement fermes.

    Ce que verra Léon XIV

    Le pape trouvera à Paris un Stade de France aux 80 000 places épuisées et une place de la Concorde qui attend des centaines de milliers de personnes. Il verra une Église capable de mobiliser des foules et, en même temps, incapable de remplir ses temples un dimanche ordinaire. Il verra 13 000 convertis adultes et un pays où 87 % des nouveau-nés ne sont plus baptisés. La France qui l’accueille est, à la fois, la preuve de l’échec d’un modèle et le laboratoire de ce qui peut venir ensuite. De quelle leçon le Pontife tirera de ce paradoxe dépendra, dans une large mesure, le cap de l’Église européenne dans la prochaine décennie.

    Sources

    (Tableau et chiffres statistiques intégralement conservés ; texte traduit de l’espagnol vers le français.)

  • En Espagne et en France, les foules rassemblées par le pape Léon XIV remettent en question le discours laïque

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    De Solène Tadié sur le NCR :

    En Espagne et en France, les foules rassemblées par le pape Léon XIV remettent en question le discours laïque.

    Le pape Léon XIV a attiré plus d'un million de personnes à Madrid cet été — et la France anticipe déjà un succès sans précédent pour son voyage de septembre.

    Le pape Léon XIV salue les catholiques dans la cathédrale Sainte-Croix-et-Sainte-Eulalie de Barcelone, en Espagne, le 9 juin 2026. Son prochain voyage le conduira en France.
    Le pape Léon XIV salue les catholiques dans la cathédrale Sainte-Croix-et-Sainte-Eulalie de Barcelone, en Espagne, le 9 juin 2026. Son prochain voyage le conduira en France. (Photo : Vatican Media)

    Des voyages européens du pape Léon XIV jusqu'à ce jour, un défi inattendu est apparu au récit qui, jusqu'à récemment, était largement tenu pour acquis à travers l'Europe : celui selon lequel la déchristianisation du continent est un fait établi. 

    Ce phénomène n'a jamais été aussi manifeste que lors de la visite du pape en Espagne, du 6 au 12 juin, qui a culminé avec une messe et une procession pour la Fête-Dieu dans des rues bordées de plus de 30 000 œillets, la Plaza de Cibeles de Madrid étant envahie par une foule immense. Les autorités espagnoles ont dénombré plus de 1,2 million de personnes – dont quelque 2 300 ministres de l'Eucharistie servant la messe – ce qui en faisait la plus grande affluence de toute la visite papale. Le nombre de jeunes catholiques participant à la visite papale était frappant, notamment lors de la veillée eucharistique du 6 juin, présidée par le pape sur la Plaza de Lima, dans la capitale. À bord de l'avion pour Madrid, le pape Léon XIV a plaisanté avec les journalistes, affirmant que malgré un concert de Bad Bunny prévu le même soir, « il y en aura aussi quelques-uns pour voir le pape ». Ces « quelques-uns » se sont avérés être plus d'un demi-million.  

    Cette présence des jeunes a pris de nombreuses formes durant le voyage, mais peu de mouvements l'ont incarnée aussi visiblement que Hakuna, un mouvement d'adoration eucharistique qui a débuté comme un simple groupe de jeunes paroissiaux à Madrid en 2013 et qui s'est depuis étendu à plus de 20 pays.  

    Lors de la veillée eucharistique de la Plaza de Lima, c'est le groupe Hakuna Group Music qui a animé la cérémonie devant la foule nombreuse rassemblée, interprétant sa chanson Tú, el único Rey en présence du Pape — une performance qui est devenue l'un des moments les plus partagés en ligne du voyage.  

    « La visite du pape en Espagne a suscité une immense joie », a déclaré Maca Torres, porte-parole du mouvement, au Register. « Ce fut une explosion de liesse dans tout le pays, c'était formidable. » 

    Un renouveau de la foi en plein essor 

    L'enthousiasme inattendu suscité par la visite de Leo, comme en témoigne l'immense nombre d'Espagnols désireux d'apercevoir le nouveau pape, a bouleversé un discours profondément ancré : celui selon lequel la déchristianisation de l'Europe est trop avancée pour que les nouvelles générations prennent l'Église au sérieux, ou du moins pas à une telle échelle.  

    Longtemps, le déclin de l'identité chrétienne en Espagne a semblé inéluctable, la proportion de catholiques parmi les 18-24 ans étant passée d'environ 90 % dans les années 1970 à à peine un tiers. Les chiffres de l'enquête CIS de décembre 2025 suggèrent toutefois que ce déclin s'est enrayé et, selon certaines analyses, s'est même légèrement inversé, notamment chez les jeunes hommes.  

    Ce regain d'intérêt, à l'instar de l'affluence record lors de la visite papale, révèle, selon Torres, un besoin plus profond et moins quantifiable que la simple taille de la foule. « Les gens ont soif de quelque chose de plus », a-t-elle déclaré. « La société, les plateformes de contenu, les réseaux sociaux, tout notre environnement tentent de nous le vendre – ils nous vendent des miettes, et on se rend compte que ça ne nous désaltère pas. »  

    Le mouvement Hakuna n'est qu'un exemple de ce renouveau de la foi en Espagne. Son Heure Sainte hebdomadaire, centrée sur l'adoration eucharistique, est au cœur du mouvement et explique en grande partie son succès international. « Si l'on exclut Dieu, on vit dans un monde qui ne s'arrête jamais, qui ne connaît jamais le silence », a déclaré Torres. « J'ai entendu un prêtre dire un jour que l'adoration est comme un bain de soleil : on ne s'en rend pas compte, mais quelque chose nous imprègne. » 

    Ce même besoin de radicalité, partagé par toute une génération, est à l'origine de la montée en puissance des jeunes qui consacrent leur vie entière à l'Église, un phénomène que Torres dit avoir observé dans son propre cercle d'amis : « Une renaissance de la foi va nécessairement conduire beaucoup de gens à vouloir donner leur vie entière. » 

    Phénomène contagieux ? 

    Ayant constaté ce renouveau de la foi parmi ses pairs, Sofia Alas, une Guatémaltèque membre de la communauté Hakuna, a déclaré que ce phénomène commence souvent par une influence sociale qui laisse ensuite place à quelque chose de plus intériorisé et de plus profond. 

    « On voit ses amis heureux et on se demande pourquoi », dit-elle. « Ils traversent peut-être la pire période de leur vie, mais ils sont heureux… Cette force vient d’autrui, et on le voit. Et puis on la désire aussi. » Cette même ouverture, dit-elle, s’étend désormais à l’expression publique de sa foi : « Il est évident que les jeunes ont de moins en moins peur de montrer leur foi au reste du monde. » 

    Torres a cité l'exemple de Siloé, un groupe de musique urbaine espagnol populaire sans connotation catholique, dont le chanteur, Fito Robles, a déclaré en interview que son rêve d'enfant était de chanter devant le pape et que son art musical était indissociable de sa foi. « En tant que croyant, cela m'inspire profondément », a déclaré Torres. « Quel courage de s'exprimer ainsi dans la culture sécularisée d'aujourd'hui ! » 

    Le renouveau de la foi en France 

    Torres et Alas se demandent tous deux si le renouveau de la foi qu'ils ont observé en Espagne se manifestera lors de la visite du pape en France du 25 au 38 septembre, notamment compte tenu de sa culture anticléricale.  

    De fait, le regain de ferveur religieuse qui semble animer la jeunesse espagnole fait écho à des observations similaires en provenance de la France voisine, où l'attente suscitée par la visite du pape Léon XIV a déjà entraîné la vente de billets à guichets fermés et des dons sans précédent. 

    Par exemple, Torres et Alas indiquent suivre de près la hausse inattendue des baptêmes d'adultes en France. 

    Les premiers chiffres en provenance de France témoignent d'un enthousiasme qui pourrait déjà rivaliser avec celui observé en Espagne en juin. Lors d'une conférence de presse le 8 septembre, les organisateurs ont annoncé que les inscriptions pour la messe en plein air du 26 septembre place de la Concorde à Paris atteignaient toujours 8 000 par jour, faisant ainsi grimper en flèche l'estimation initiale de 500 000 participants. Ils ont également indiqué envisager d'étendre la zone de l'événement au-delà de l'Arc de Triomphe afin d'accueillir la foule.  

    Les évêques français qualifient cette réaction d'inédite. « Cet enthousiasme témoigne d'une très grande soif spirituelle dans notre pays », a déclaré le cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille et président de la Conférence épiscopale française, lors du point de presse. 

    Quels que soient les chiffres finaux, pour Torres et Alas, l'essentiel du prochain voyage du Pape réside dans son impact spirituel. Pour Alas, le Saint-Père joue un rôle déterminant dans la consolidation du renouveau spirituel cette année. « C'est merveilleux de voir comment Dieu agit parmi les jeunes », a-t-elle déclaré, « et comment ces jeunes, à leur tour, peuvent aider ceux qui sont plus éloignés à rencontrer Jésus. » 

  • Le Pape appelle à protéger la vie, de la conception à son terme naturel

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    De Cecilia Seppia sur Vatican News :

    Le Pape appelle à protéger la vie, de la conception à son terme naturel

    Léon XIV a envoyé un message à l’occasion de la cinquième édition de la Marche pour la Vie à Bratislava, en Slovaquie pour promouvoir une culture qui prenne soin des plus fragiles et des plus vulnérables. Le secrétaire de la Conférence épiscopale explique que l’Église demande aux institutions de protéger avant tout les enfants à naître, «mais aussi d’aider concrètement les mères et les familles en difficulté».

    Une manifestation qui soit un «moment de prière et de témoignage» et qui suscite une «prise de conscience renouvelée du don précieux de la vie, reçu de Dieu, qu’il faut accueillir et préserver à chaque étape, de la conception jusqu’à son terme naturel». C’est ce que souhaite le Pape Léon XIV dans son message adressé aux organisateurs et aux participants de la cinquième édition de la Marche nationale pour la vie, qui s’est déroulée ce dimanche 20 septembre à Bratislava, capitale de la Slovaquie. Dans ce texte, lu sur la scène de la Marche par le nonce apostolique en Slovaquie, Mgr Nicola Girasoli, le Pape encourage en outre à «promouvoir une culture capable de prendre soin avant tout des plus fragiles et des plus vulnérables, contribuant ainsi à l’édification d’une société plus fraternelle et solidaire».

    Des milliers de familles dans les rues de Bratislava

    La place était bondée à Bratislava pour la dernière édition de la Marche nationale pour la vie, l’un des événements de mobilisation sociale et religieuse les plus importants de Slovaquie. Plus de 30 000 personnes, simples citoyens, familles et jeunes venus de toutes les régions du pays, se sont rassemblées dans la capitale pour réaffirmer la valeur et la dignité intrinsèque de chaque être humain, déterminées à promouvoir et à mettre en œuvre une culture de l’accueil qui protège la vie à toutes ses étapes, depuis la conception jusqu’à la mort naturelle.

    L'objectif de la mobilisation

    Née à l'origine aux États-Unis en 1974 (en réponse à l'arrêt Roe v. Wade), cette manifestation est devenue au fil des ans un événement très suivi et de grande envergure, qui en est venu à inclure et à mobiliser de nombreuses capitales européennes. Son objectif principal est de sensibiliser l’opinion publique et les institutions législatives à la nécessité d’offrir une protection juridique et un soutien social tant aux enfants à naître qu’aux mères en difficulté, en s’opposant à des pratiques telles que l’avortement et l’euthanasie, sur lesquelles le Pape Léon XIV s’est récemment prononcé, lors de l’audience générale du 16 septembre dernier, en les qualifiant de «honteuses».

    «Tout ce qui s’oppose à la vie elle-même, comme toute espèce d’homicide, le génocide, l’avortement, l’euthanasie et même le suicide délibéré; tout ce qui constitue une violation de l’intégrité de la personne humaine, comme les mutilations, la torture physique ou morale, les contraintes psychologiques; tout ce qui est offense à la dignité de l’homme, comme les conditions de vie sous-humaines, les emprisonnements arbitraires, les déportations, l’esclavage, la prostitution, le commerce des femmes et des jeunes; ou encore les conditions de travail dégradantes qui réduisent les travailleurs au rang de purs instruments de rapport, sans égard pour leur personnalité libre et responsable: toutes ces pratiques et d’autres analogues sont, en vérité, infâmes», a-t-il dit citant Gaudium et spes.

    Marche pour la vie à Bratislava, le 20 septembre 2026
    Marche pour la vie à Bratislava, le 20 septembre 2026   (Dominik Karina)

    Protéger et aider

    En Slovaquie, cet événement est coordonné par les évêques du pays en collaboration avec différentes associations pro-vie; il se présente non seulement comme un moment de réflexion éthique, mais aussi comme une véritable fête des familles. «Notre message est simple: toute vie humaine a sa dignité et doit être protégée. Nous voulons avant tout protéger les enfants à naître. Mais nous voulons aussi aider concrètement les mères et les familles en difficulté», a déclaré Mgr Ivan Ružička, secrétaire général de la Conférence épiscopale slovaque.

    Non à la maternité de substitution

    Cette année, a précisé le secrétaire, la question de la maternité de substitution est également à l’ordre du jour. «Un enfant n’est pas un produit et ne peut faire l’objet d’un contrat. C’est pourquoi nous demandons que la maternité de substitution soit totalement interdite en Slovaquie.» «Nous sommes très heureux, a-t-il ajouté, de voir aujourd’hui autant de familles et de jeunes ici à Bratislava. Pour nous, la Marche pour la Vie est un témoignage d’espoir. Nous voulons construire une société qui protège chaque personne, en particulier les plus vulnérables». La marche s’achèvera dans l’après-midi par des témoignages, des chants et des moments de fête, confirmant ainsi la position de la Slovaquie comme l’un des pôles du débat bioéthique au cœur de l’Europe.

  • Souffrances et espérance de l’Église en France

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    Du site de l'ECLJ :

    La France a le bonheur et l’honneur de recevoir le Saint Père cette semaine, à Paris, Lourdes et Metz. Pour cette grande occasion, le Centre européen pour le droit et la justice a rédigé un nouveau rapport intitulé «Souffrances et espérance de l’Église en France», que nous publions aujourd’hui.

    Des centaines de milliers d'inscrits aux cérémonies, un engouement fort et large dans la société... Et pourtant, face à cet enthousiasme, certaines voix s'opposent, critiquent cette venue pontificale et invoquent la laïcité et le coût de ce déplacement... 

    C'est précisément cette tension permanente vis-à-vis du catholicisme en France qui est au cœur de notre rapport.

    Après un état des lieux de la pratique religieuse en France, nous présentons les pressions idéologiques, injustices et discriminations «légales» subies par l’Église et les catholiques en France, en particulier dans les domaines religieux, éducatif et sanitaire.

    Nous exposons aussi l’augmentation de la violence à l’encontre des chrétiens, qu’il s’agisse de violences verbales, physiques, ou d’atteintes aux lieux de culte.

    De fait, la «France catholique» reste victime d’injustices et de violences dans son propre pays.

    Mais le but de ce rapport n’est pas d’enfoncer les catholiques dans une attitude victimaire, et de s’y complaire. Il est au contraire de les aider à changer de mentalité: à se libérer d’un esprit de défaite et de soumission à l’égard du monde, auxquels nous nous sommes trop longtemps habitués, pour défendre les droits et libertés de l’Église et de Dieu dans la société.

    Alors que la société s’effondre sous nos yeux et que la France déchoit chaque année davantage, l’Église retrouve, miraculeusement, au milieu des ruines, une nouvelle vigueur. Ce ne sont pas ces ruines qui attirent les milliers de jeunes gens qui se convertissent, mais le désir de tout restaurer dans le Christ.

    Puisse cet exposé des souffrances et de l’espérance de l’Église en France, associé à l’engouement spectaculaire de la venue du Pape, contribuer à libérer les catholiques et à ouvrir les yeux des Français.

    Couverture Rapport

    Les catholiques français se sont habitués à vivre avec une souffrance latente, un sentiment de précarité politique, d’ostracisation, presque de honte. Les catholiques sont non seulement devenus minoritaires au sein de la société française mais, plus grave encore, ils sont à présent incompris. La population, dans son immense majorité, a perdu le sens des réalités essentielles de la foi chrétienne...

    Les catholiques, en revanche, gardent espoir, animés par la foi, l’espérance et la charité, riches de l’immense patrimoine de la chrétienté...

    ­Lire le document

  • Recul de le liberté religieuse en Espagne

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    De zenit.org :

    La liberté religieuse est en recul en Espagne

    57 % de cas supplémentaires par rapport à 2023, selon un nouveau rapport

    18 septembre 2026

    « Les données confirment que la liberté religieuse est en déclin constant et de plus en plus rapide en Espagne. Chaque année qui passe aggrave le problème et la réponse institutionnelle devient de plus en plus inadéquate », déclare María García, présidente de l’Observatoire de la liberté religieuse et de la liberté de conscience.

    (ZENIT News / Madrid, le 16 septembre 2026) – L’Observatoire de la liberté religieuse et de la liberté de conscience (OLRC) a présenté son rapport 2025 sur les atteintes à la liberté religieuse en Espagne le mercredi 16 septembre 2026. Avec 306 cas documentés, le rapport enregistre le niveau le plus élevé de la série historique de ce rapport, qui a débuté en 2012 : 26 % de plus qu’en 2024 (243 cas) et 57 % de plus qu’en 2023 (195 cas).

    « Les données confirment que la liberté religieuse est en déclin constant et de plus en plus rapide en Espagne. Chaque année qui passe aggrave le problème et la réponse institutionnelle devient de plus en plus inadéquate », déclare María García, présidente de l’Observatoire de la liberté religieuse et de la liberté de conscience.

    Deux attaques sur trois visent des chrétiens

    Sur les 306 attaques recensées, 173 (56,5 %) ont visé des catholiques. Si l’on ajoute les 33 cas enregistrés contre les chrétiens en général, les cinq contre les évangéliques et le cas contre les orthodoxes, le total s’élève à 212 ; autrement dit, deux attaques sur trois contre la liberté religieuse en Espagne ciblent les chrétiens. Les catégories ayant le plus d’impact sur cette communauté sont le laïcisme militant (60 cas) et la parodie de la religion (40 cas). Par ailleurs, cinq évangéliques ont été victimes d’attaques et un orthodoxe.

    L’antisémitisme a été multiplié par 13

    Avec 40 cas en 2025 (13 % du total), la communauté juive se classe deuxième en nombre absolu d’attaques. Ce chiffre est particulièrement alarmant, sachant que la population juive en Espagne représente moins de 0,1 % de la population totale. Depuis 2022, les attaques contre les Juifs ont été multipliées par treize.

    Les musulmans ont subi 26 attaques (une augmentation notable par rapport aux 11 de 2024) et les Témoins de Jéhovah, 11. Enfin, 17 cas sont considérés comme visant toutes les confessions.

    Les violences physiques contre les croyants se poursuivent

    Par catégorie, le rapport recense six cas de violence physique contre des croyants (un chiffre identique à celui de 2024). « Que la violence physique contre les croyants se maintienne à six cas est scandaleux. Ce chiffre est disproportionné et ne saurait être toléré. Un seul cas d’agression physique contre une personne en raison de sa foi serait intolérable dans un État de droit. »

    « Derrière chacun de ces six cas se cache une personne agressée physiquement en raison de ses convictions. Rien ne peut justifier de tels actes, et nous exigeons que les autorités les traitent avec la même fermeté que si les victimes appartenaient à un autre groupe », déclare María García, présidente de l’Observatoire pour la liberté religieuse et la liberté de conscience.

    Nouvelles attaques contre des lieux de culte

    En 2025, on a également dénombré 73 attaques contre des lieux de culte et des symboles religieux (59 % de plus qu’en 2024), 50 cas de harcèlement de croyants (67 % de plus qu’en 2024), 72 cas de moquerie envers la religion (7 % de plus qu’en 2024) et 105 cas de laïcité belliqueuse (12 % de plus qu’en 2024), la catégorie la plus nombreuse pour la deuxième année consécutive.

    « Le fait que les attaques contre les lieux de culte aient augmenté de près de 60 % en une seule année est une statistique alarmante pour tout gouvernement soucieux de la coexistence pacifique. Cette augmentation est d’autant plus préoccupante qu’elle affecte le patrimoine des communautés religieuses et leur capacité à pratiquer leur foi normalement. Dans la plupart des cas, les auteurs de ces actes restent inconnus, ce qui entrave les poursuites judiciaires, mais n’exonère pas le public de sa responsabilité de prévenir et de réprimer plus efficacement ces actes », souligne García.

    Le gouvernement espagnol, à l’avant-garde de la responsabilité politique

    Près d’un tiers des attaques proviennent de représentants politiques ou de groupes parlementaires : 105 cas au total. Les principaux partis identifiés comme responsables sont le PSOE (31 cas), Sumar (26) et Podemos (18). Le fait que les deux partis au pouvoir en Espagne figurent en tête de liste constitue, de l’avis de l’Observatoire, une grave responsabilité institutionnelle. Dans le domaine médiatique, RTVE est impliquée dans 5 cas, les attaques ayant débuté le 1er janvier avec l’émission spéciale du Nouvel An, durant laquelle une image caricaturale du Sacré-Cœur de Jésus a été diffusée.

    « Il est inacceptable que la télévision publique, financée par les impôts de tous les Espagnols, y compris les croyants, soit l’un des acteurs les plus fréquemment responsables des atteintes à la liberté religieuse. Il est tout aussi inacceptable que les partis au pouvoir figurent en tête de liste des responsables politiques. Ce n’est pas de la laïcité : c’est une laïcité belliqueuse et une hostilité envers la religion », a déclaré le président de l’Observatoire.

    La liberté artistique comme bouclier

    Le rapport documente l’instrumentalisation systématique de la liberté artistique et d’expression pour justifier la moquerie et le ridicule des croyants, notamment catholiques. Des exemples tirés de la télévision et de la radio publiques et privées, d’affiches de partis politiques et de spectacles de carnaval révèlent un schéma qui se répète année après année. L’Observatoire souligne que ce traitement inégal par rapport aux autres groupes constitue, en soi, une violation du principe d’égalité.

    Répartition géographique

    L’Andalousie (37 cas), la Catalogne (32) et la Communauté de Madrid (31) enregistrent le plus grand nombre d’attaques au niveau régional. À cela s’ajoutent 78 cas d’envergure nationale, recensés par des déclarations institutionnelles, des initiatives législatives et des médias d’État.

    Les exigences de l’Observatoire

    Face à cette situation, l’Observatoire de la liberté religieuse exige du gouvernement et des législateurs espagnols qu’ils protègent les symboles religieux et les lieux de culte, maintiennent le délit d’outrage aux sentiments religieux dans le Code pénal, respectent le droit de prier en public et éradiquent le laïcisme belliqueux des institutions publiques et des médias. « L’Espagne a l’obligation, envers ses citoyens et envers le droit international, de garantir que la liberté religieuse ne soit pas un droit de second ordre », conclut le président de l’Observatoire.

  • Europe : on marchera pour la vie durant ce week-end

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    Marches pour la vie dans les villes de l'UE ce week-end

    Ce week-end, des milliers de personnes participeront aux Marches pour la vie à travers l'Europe.

    Samedi 19 septembre, des marches auront lieu à Berlin et à Cologne , en Allemagne .

    Le dimanche 20 septembre, la Marche nationale pour la vie aura lieu à Bratislava, en Slovaquie . 

    Ces rassemblements envoient un message fort d'espoir pour la vie, réunissant les gens pour défendre la dignité et la protection de chaque vie humaine.

    (One of Us)