Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Société

  • Terreur pascale en Syrie, entre violences et célébrations à huis clos

    IMPRIMER

    D'Elisa Gestri sur la NBQ :

    Terreur pascale en Syrie, entre violences et célébrations à huis clos

    Ce sera littéralement une semaine de « Passion » pour les chrétiens syriens à la merci de l'extrémisme islamique. Au milieu des maisons criblées de bombes, des statues renversées et des magasins pillés, certaines églises ont décidé de suspendre les offices publics, tandis que les auteurs des attentats comptent sur la complicité des forces de l'ordre depuis le changement de régime de 2024.

    01/04/2026

    Au Moyen-Orient, Pâques sera une période difficile pour les chrétiens. Outre les restrictions imposées à Jérusalem pour « raisons de sécurité » – sauf revirement de situation –, la police israélienne a autorisé le Patriarcat latin à célébrer les rites pascaux au Saint-Sépulcre sans la présence des fidèles, qui suivront la cérémonie en direct.

    L’agression israélienne en cours au Sud-Liban et dans d’autres régions empêchera des communautés chrétiennes entières, déjà anéanties par Tsahal, de célébrer Pâques dans leurs lieux saints. Le ministre israélien de la Défense, Katz, a réaffirmé que le territoire libanais au sud du Litani deviendrait une vaste « zone tampon » contrôlée par Tsahal, et que le retour des plus de six cent mille personnes déplacées serait « strictement interdit » jusqu’à ce que « la sécurité des habitants du nord d’Israël » soit garantie. Conformément au plan de Katz, déjà mis en œuvre à Rafah et Beit Hanoun dans la bande de Gaza, les maisons des villages frontaliers – dont beaucoup, rappelons-le, sont habités depuis des temps immémoriaux par des chrétiens catholiques melkites et maronites – seront démolies.

    Quant à la Syrie voisine, utilisée ces derniers jours par Israël comme base arrière pour attaquer la vallée de la Bekaa au Liban par l'est, les communautés chrétiennes vivent une Semaine sainte marquée par la violence des extrémistes islamistes au pouvoir et de leurs alliés, comme cela a déjà été le cas pour les communautés alaouites, kurdes et druzes pendant le Ramadan. Des informations récentes font état d'attaques perpétrées par des milices gouvernementales ou progouvernementales contre des villages chrétiens à travers le pays. Le vendredi 27 mars au soir, les habitants orthodoxes grecs de Suqaylabiyah, ville de la province syrienne de Hama, ont subi une attaque de plusieurs heures menée par des émeutiers venus du village sunnite voisin de Qalaat al-Madiq, avec la complicité de la police locale.

    Des dizaines de maisons ont été criblées de balles, des commerces pillés et endommagés, des voitures incendiées, une statue de la Vierge Marie déboulonnée et un groupe de jeunes femmes a été victime de tentatives de viol. L'origine de ce qui ressemble à une descente punitive semble être une altercation entre un habitant de Qalaat al-Madiq et un vendeur d'alcool de Suqaylabiyah, dans un contexte de restrictions récentes sur la vente et la consommation d'alcool imposées par le régime islamiste de Damas (voir aussi ici et ici ).

    Après l'attaque, certaines églises ont décidé de suspendre les célébrations publiques du dimanche des Rameaux, en raison du climat de terreur qui s'est rapidement propagé parmi les chrétiens de la région, voire de tout le pays.

    Le samedi 28, le patriarche de l'Église grecque-catholique melkite, Joseph Absi, a annoncé que, « compte tenu de la situation actuelle », les célébrations de Pâques dans tout le patriarcat se dérouleraient à l'intérieur des édifices religieux, sans la dimension publique qui caractérise habituellement ces rites. Le dimanche des Rameaux, un marchand de Safita, village chrétien de la campagne de Tartous, a été attaqué, grièvement blessé et dépouillé d'une importante somme d'argent dans son bureau de change par des miliciens du gouvernement.

    L'implication des forces gouvernementales d'Ahmed al-Sharaa dans les violences, les vols et les enlèvements est constante depuis le changement de régime de décembre 2024. Le dimanche des Rameaux, des inconnus ont vandalisé une statue de la Vierge située dans le petit sanctuaire d'al-Basiya à Baniyas, un village alaouite et chrétien déjà durement touché par les hommes de Hayat Tahrir al-Sham lors du massacre des Alaouites en mars 2025. Selon certaines sources, une première statue de la Vierge avait été déboulonnée au même endroit le 19 février, et les habitants l'avaient remplacée par celle visée par ces derniers actes de vandalisme.

    Les perspectives pour la Semaine sainte sont sombres ; de toute évidence, les auteurs de violences contre les minorités religieuses en Syrie bénéficient d'une impunité qui leur permet d'opprimer et de submerger des communautés entières sans défense en toute impunité. La guerre qui fait rage dans les pays voisins ne fait que détourner l'attention de la crise humanitaire qui ravage la Syrie depuis plus d'un an, soit en silence, soit avec la complaisance de la communauté internationale.

  • USA : 1 126 000 avortements en 2025

    IMPRIMER

    Une synthèse de presse de genethique.org :

    Etats-Unis : 1 126 000 avortements en 2025

    30 mars 2026

    D’après les chiffres publiés par le Guttmacher Institute[1] le 24 mars, 1 126 000 avortements ont été pratiqués aux Etats-Unis en 2025, soit une hausse de moins de 0,2 % par rapport à 2024 (cf. Etats-Unis : les avortements en légère hausse en 2024). Ce chiffre inclut les avortements médicamenteux pratiqués par télémédecine[2].

    L’influence des législations sur le taux d’avortement des Etats

    Les restrictions entrées en vigueur dans certains Etats ont eu une incidence sur le taux d’avortement. Ainsi, la Floride qui a adopté en 2024 un projet de loi, « Heartbeat Protection Act », visant à interdire l’avortement à partir du moment où le rythme cardiaque du fœtus est détecté, a vu les avortements diminuer de plus de 25 % entre 2023 et 2025 (cf. Floride : l’avortement interdit au-delà de six semaines de grossesse). De même, dans l’Iowa, une baisse de plus de 24 % a eu lieu entre 2023 et 2025 (cf. Iowa : la Cour Suprême confirme l’interdiction de l’avortement après 6 semaines de grossesse).

    A l’inverse, le Missouri, qui a voté en faveur de l’inscription de l’IVG dans la Constitution de l’Etat en novembre 2024, a connu une augmentation des avortements de 48 % (cf. Avortement : les électeurs américains se sont prononcés ). Le Dakota du nord a lui aussi connu une hausse de plus de 32 % des avortements en 2025 suite à l’invalidation de l’interdiction d’avorter par un juge (cf. Dakota du Nord : une interdiction quasi-totale de l’avortement).

    Moins de déplacements dans d’autres Etats pour avorter

    Selon les données du Guttmacher Institute, en 2025, 142 000 femmes ont eu recours à l’IVG dans un autre Etat que celui où elles résident, ce qui représente une diminution de 8 % par rapport à 2024. Parmi elles, 62 000 femmes venaient des Etats interdisant totalement l’avortement.

    Concernant les Etats où l’on a pratiqué des avortements chez des femmes résidant dans un autre Etat, l’Illinois vient en tête. 32 000 avortements y ont été ainsi effectués, soit près d’un quart des IVG réalisées sur des femmes ayant changé d’Etat pour avorter. Viennent ensuite la Caroline du nord (environ 18 000 avortements sur des résidentes d’autres Etats), le Nouveau-Mexique et le Kansas (2/3 des avortements concernaient des femmes venant d’autres Etats), ainsi que la Virginie (9 000 avortements sur des non résidentes).

    Une forte hausse des avortements pratiqués par télémédecine

    Cette baisse a toutefois été « compensée » par la hausse de plus de 26 % des avortements par télémédecine pratiqués en 2025 sur des femmes résidant dans des Etats interdisant l’IVG. 91 000 femmes y ont eu recours, contre 72 000 en 2024. « Il est logique que l’on observe une baisse des déplacements, car les personnes qui accèdent à l’avortement par télémédecine n’ont plus besoin de se déplacer » indique Isaac Maddow-Zimet, data scientist à l’Institut Guttmacher. Huit Etats (Californie, Colorado, Massachusetts, Maine, New York, Rhode Island, Vermont et Washington) autorisent les professionnels de santé à proposer des avortements par télémédecine à des patientes résidant dans d’autres Etats, y compris ceux où l’IVG est totalement interdite.

    Depuis 2023, la Food and Drug Administration (FDA) a autorisé la prescription de mifépristone par téléconsultation (cf. Pilule abortive : vers la confirmation des autorisations de la FDA ? ). Plusieurs recours judiciaires ont toutefois été initiés afin de contester cette autorisation (cf. Pilule abortive : la Cour suprême américaine lève les restrictions ). Actuellement, une procédure intentée par le procureur général de Louisiane, Liz Murrill, est en cours, le juge fédéral devrait bientôt rendre sa décision (cf. Pilule abortive : trois Etats américains poursuivent la FDA).

    Moins de cliniques pratiquant l’avortement

    Désormais, les cliniques en ligne proposant des avortements à distance sont en forte progression dans les Etats n’interdisant pas l’avortement (cf. Pilule abortive : des complications dans plus de 10% des cas selon une étude américaine). 24 % des avortements pratiqués par des professionnels de santé aux Etats-Unis y sont réalisés.

    A l’inverse, le rapport constate une baisse de 2 % du nombre de cliniques pratiquant des IVG. En 2025, 753 cliniques « physiques » pratiquant l’avortement sont en exercice aux Etats-Unis, soit 12 de moins qu’en mars 2024 et 54 de moins qu’en 2020. Cinq Etats ont en particulier connu une diminution du nombre de cliniques : la Californie, la Floride, l’Illinois, le Michigan et New-York.

    Fin 2025, 13 Etats américains avaient instauré des législations interdisant totalement de l’avortement (cf. Dakota du Nord : une interdiction quasi-totale de l’avortement), et 6 Etats l’interdisent au-delà de 6 ou 12 semaines de grossesse (cf. Wyoming : l’avortement interdit au-delà de six semaines de grossesse).

    [1] Le Guttmacher Institute est une organisation favorable à l’avortement. Ses études mensuelles sur l’accès à l’avortement estiment le nombre d’avortements pratiqués par des professionnels de santé chaque mois dans chaque Etat américain et à l’échelle nationale. Les études recueillent des données sur les avortements, médicamenteux ou non, réalisés dans des établissements de santé « physiques » (cliniques ou cabinets médicaux), ainsi que sur les avortements médicamenteux pratiqués par télémédecine.

    [2] Pour la première fois, les données tiennent compte des avortements par télémédecine des femmes résidant dans des Etats ayant instauré une interdiction totale de l’IVG

    Sources de la synthèse de presse : National Review, Michael J. New (24/03/2026) ; NPR, Selena Simmons-Duffin (24/03/2026) ; The Economic Times (27/03/2026)

  • Le catholicisme comme religion d'État, l'exception positive de Monaco

    IMPRIMER

    De Stefano Fontana sur la NBQ :

    Le catholicisme comme religion d'État, l'exception positive de Monaco

    Lors de son voyage apostolique en Principauté de Monaco, le pape Léon XIV a salué le catholicisme comme religion d'État. Un événement aujourd'hui rare, qui porte un coup dur au dogme moderne de la laïcité d'État, à condition toutefois que le catholicisme soit véritablement vécu comme religion publique. 

    31 mars 2026

    Léon XIV et la famille d'Albert II de Monaco

    Le voyage de Léon XIV en Principauté de Monaco, samedi 28 mars, présentait un double intérêt, comme l'a immédiatement souligné la presse : la Principauté est l'un des rares États catholiques où le catholicisme est religion d'État, et le Prince a récemment refusé de signer une loi, approuvée en mai dernier par le Conseil national, autorisant l'avortement jusqu'à la douzième semaine de grossesse, invoquant la religion catholique du souverain. Ces deux raisons sont liées, mais la première a manifestement suscité le plus d'intérêt. Aujourd'hui, en effet, l'idée même d'un État catholique est considérée comme un blasphème par le laïcisme dominant. De ce fait, cette visite a également pu être perçue comme une provocation envers l'un des dogmes les plus largement acceptés de la politique occidentale. Dans son message de bienvenue à la population lors de cette visite de courtoisie au Prince de Monaco, Léon XIV a fait directement référence à la question de l'État catholique dans un passage particulièrement révélateur : « La foi catholique, dont vous êtes parmi les rares pays au monde à avoir la religion d'État, nous place devant la souveraineté de Jésus. »

    Par ces mots, l'idée d'une religion d'État est acceptée positivement, ce qui constitue en soi une bonne nouvelle. Le Pape ne mentionne pas l'« autonomie légitime » de l'État, une expression qui masque souvent l'acceptation du sécularisme moderne. Il ne parle pas d'un sécularisme « ouvert » aux religions, une expression qui conduit généralement à l'indifférence religieuse et à l'égalité politique des différentes religions. En reconnaissant la religion d'État, il confirme que le catholicisme, en Principauté de Monaco, occupe une place primordiale et unique et, implicitement, affirme que cela est juste, conformément aux préceptes de l'Église catholique elle-même. Léon XIV reconnaissait implicitement une relation privilégiée entre l'État, et non seulement la personne du Prince ou sa famille, et une religion unique. La référence à la souveraineté du Christ comme fondement de la religion d'État revêt donc une importance considérable, avec tout ce que ce concept de royauté a signifié et signifie encore, malgré les récents réexamens théologiques. La souveraineté du Christ exige la religion d'État. Cela tend à faire de la situation de la Principauté non pas une exception isolée, mais la règle. D'où peut-être l'insistance du Pape sur des détails – comme la petitesse de la Principauté de Monaco – qui peuvent jouer un rôle majeur dans le plan providentiel de Dieu.

    Cette souveraineté du Christ, a poursuivi le Pape, « engage les chrétiens à devenir un royaume de frères et sœurs dans le monde, une présence qui n’écrase pas mais élève, qui ne sépare pas mais unit, prête à toujours protéger par amour toute vie humaine, à chaque instant et en toute circonstance, afin que nul ne soit jamais exclu de la table de la fraternité ». Ce développement du discours peut être compris comme la lumière que la vraie religion émane pour animer toute la société, dans une fraternité qui, si elle n’est pas fondée sur la religion, risque toujours de se perdre. Nous sommes tous frères au niveau naturel, mais sans la souveraineté du Christ, cette fraternité purement naturelle se perd.

    Le prince Albert II a également évoqué cette fonction sociale directe de la religion : « Le cadre actuel respecte qui nous sommes à la lumière du rôle qu'occupe la religion catholique dans notre pays, tout en assurant un soutien sûr et plus humain. »

    Il serait regrettable de ne pas prendre en compte les développements survenus lors de la visite papale en Principauté de Monaco. La reconnaissance du rôle public et politique (voire institutionnel) de la religion catholique constitue une contre-révolution face à l'irréligion qui domine la vie politique des pays occidentaux, notamment européens, et appelle à une profonde remise en question du concept obsolète de laïcité. Toutefois, il serait naïf de croire que les discours du Pape à Monaco constituaient un appel au retour à un régime chrétien. La Principauté, comme Léon XIV l'a lui-même reconnu, est un microcosme, une société profondément sécularisée, laïque dans son mode de vie et très prospère. Face à cette société, la religion d'État risque de devenir une simple convention, et non plus un élément de la vie quotidienne. Certes, le Prince s'est opposé à la loi sur l'avortement, mais il est tout aussi vrai que le Conseil national l'a approuvée.

    C’est là qu’intervient l’invitation du Pape à la communauté catholique, l’invitant à intégrer dans sa vie les enseignements tirés de son statut de religion d’État. Ce statut exige que la relation privilégiée avec le catholicisme se manifeste et s’accomplisse dans la vie de la communauté, dans le respect des autres religions et des différentes cultures, mais aussi en s’affirmant d’abord comme religion publique et comme culture sociale et politique. Si le catholicisme demeure cantonné à la dévotion privée, sa reconnaissance comme religion d’État risque de rester superficielle, et quelques déclarations marquantes du Prince ne suffiront pas à la garantir.

    Lire aussi : Le pape Léon à Monaco : un succès malgré la controverse

  • 689 adultes seront baptisés en Belgique pour Pâques de cette année

    IMPRIMER

    En Belgique, pour Pâques 2026 (vigile pascale du 4 avril), l’Église catholique recense 689 adultes candidats au baptême (appelés catéchumènes). Ces personnes recevront le sacrement lors de la nuit de Pâques dans les différents diocèses du pays.

    Contexte et évolution

    • Ce chiffre représente une hausse d’environ 30 % par rapport à 2025 (534 catéchumènes).
    • Il s’agit d’un triplement par rapport à 2016 (229 catéchumènes), confirmant une tendance de forte croissance continue observée ces dernières années.
    • Les diocèses les plus concernés sont notamment Malines-Bruxelles (environ 248, dont 200 à Bruxelles pour l’appel décisif) et Tournai (177). D’autres diocèses comme Liège (79) ou Namur (56) contribuent également.

    Ce phénomène intervient dans un contexte de sécularisation avancée en Belgique, où l’Église catholique note une augmentation inattendue des demandes de baptême d’adultes (souvent des jeunes ou des personnes ayant vécu des épreuves personnelles). Les chiffres restent modestes en valeur absolue par rapport à la population belge, mais ils marquent un record récent.

    Note : Ces données proviennent principalement des communiqués de la Conférence épiscopale de Belgique publiés en février 2026 et sont reprises par plusieurs médias catholiques et généralistes. Elles concernent spécifiquement les baptêmes d’adultes (et parfois adolescents) célébrés à Pâques ; aucun chiffre national actualisé post-Pâques n’est encore disponible au moment de cette réponse.

    L’Église catholique en Belgique n’a pas publié d’enquête détaillée et chiffrée sur les motivations exactes des catéchumènes (comme en France), mais les communiqués officiels, les témoignages de responsables diocésains et les analyses de médias catholiques ou généralistes convergent sur plusieurs facteurs explicatifs de cette hausse continue.

    Quête de sens et recherche spirituelle dans un monde perçu comme instable

    De nombreux adultes (souvent jeunes, 18-25 ou 26-40 ans) expriment un besoin d’ancrage spirituel et d’intériorité face à l’accélération du quotidien, à la société de consommation et à un sentiment d’insatisfaction ou de « vide ». Le baptême devient un choix personnel et mûri, plutôt qu’un rite social hérité.

    Épreuves de vie comme déclencheur

    Une part importante des parcours commence après une épreuve personnelle : maladie, deuil, difficultés familiales, « vie cabossée » ou accumulation de crises (post-Covid notamment). Ces événements poussent à une recherche existentielle et à une forme de spiritualité. Des analyses soulignent que cela crée un « sentiment de manque » que la foi vient combler.

    Influence des réseaux sociaux et des médias

    Environ 70 % des nouveaux baptisés déclarent avoir nourri leur foi via les réseaux sociaux (influenceurs catholiques, témoignages en ligne). La parole religieuse y est plus « décomplexée ». On note aussi une hausse des ventes de Bibles et des recherches d’horaires de messes en ligne (via des sites comme egliseinfo.be).

    Moins de baptêmes d’enfants → plus de choix différé

    Les parents baptisent de moins en moins leurs bébés pour laisser la liberté de choix à leurs enfants plus tard. Cela explique mécaniquement une partie de l’augmentation des demandes adultes : une génération qui n’a pas reçu le sacrement enfantin le demande ensuite par conviction personnelle.

    Visibilité accrue du religieux et émulation

    • La présence d’un islam fervent rendrait la parole religieuse plus acceptable et « décomplexée », surtout chez les jeunes (effet d’émulation ou de réaction).
    • L’immigration chrétienne (notamment d’Afrique ou d’Europe de l’Est) redynamise certaines paroisses et rend le catholicisme plus visible.
    • Des stars ou personnalités affichant leur foi, ainsi qu’un regain de pratiquants dans les villes, contribuent à normaliser la démarche.

    Lire la suite

  • Noelia, 25 ans, a-t-elle été euthanasiée pour ses organes ?

    IMPRIMER

    De genethique.org :

    Noelia, 25 ans, euthanasiée pour ses organes ?

    27 mars 2026

    Noelia Castillo Ramos a été euthanasiée le 26 mars après que son père a épuisé tous les recours pour empêcher l’euthanasie de sa fille. La jeune femme de 25 ans, suicidaire après avoir subi un viol collectif alors qu’elle vivait dans un centre pour mineurs, était devenue paraplégique après avoir tenté de mettre fin à sa vie (cf. Euthanasie de Noelia : « Quand l’État tue ceux qu’il n’a pas su protéger »).

    Le cas de Noelia est montré en exemple, celui d’une jeune femme voulant exercer son « droit de mourir dans la dignité » malgré l’opposition de ses proches. Mais « est-on vraiment libre, quand la mort est préférable à la vie ? », interrogeait le philosophe Jacques Ricot décédé au mois de novembre dernier. « Quand on se suicide, c’est finalement qu’on ne voit pas d’autre issue possible. Que l’on a perdu sa liberté. » (cf. « Est-on vraiment libre, quand la mort est préférable à la vie ? »)

    Les organes de Noelia déjà « sous compromis » avant son euthanasie

    Le cas de Noelia est en effet « exemplaire », comme le révèle Grégor Puppinck, directeur de l’ECLJ. Mais pas comme on pourrait le croire. En effet, Me Polonia Castellano, l’avocate espagnole qui défend ses parents, affirme que des pressions ont été exercées au sein de l’hôpital sur la mère de Noelia pour que l’euthanasie ait lieu, malgré les recours, au motif que les organes étaient déjà « sous compromis ». En effet, lorsque la mort est décidée sur une personne encore jeune, alors s’enclenche une procédure de « distribution » de ses organes, en particulier si la personne ne souffre que d’une maladie psychique (cf. Eva, 16 ans : une euthanasie et 5 organes prélevés).

    Un important dispositif a d’ailleurs été déployé pour s’assurer que rien ne vienne interrompre la procédure : l’établissement où Noelia a été euthanasiée a été « bouclé en permanence ». Plusieurs agents se sont même répartis à l’intérieur pour surveiller les halls et les couloirs (cf. Espagne : Noelia, 25 ans, a été euthanasiée, après que son père a épuisé tous les recours).

    Euthanasie, dons d’organes : des conflits d’intérêt évidents

    Qu’on ait laissé une jeune femme dépressive et handicapée être euthanasiée, renonçant à tout accompagnement, à tout soulagement, pour l’abandonner à sa souffrance, est déjà scandaleux en soi. Mais qu’on ait fait pression sur sa mère pour s’assurer que les organes seraient disponibles à la date prévue ajoute encore au scandale. Car c’est une réalité : les euthanasies rendent des organes disponibles dans un contexte de pénurie (cf. Espagne : 7 euthanasies, 23 transplantations). Des organes d’autant plus précieux lorsqu’il s’agit d’une personne encore jeune, sans maladie qui engage son pronostic vital.

    Et bien qu’on tente de rassurer la population en certifiant que les procédures sont cloisonnées, certains dénoncent les conflits d’intérêts de militants d’associations pro-euthanasie siégeant à la fois au sein des comités décidant d’autoriser les euthanasies et d’autoriser les prélèvements d’organes (cf. Euthanasie et dons d’organes : des « intérêts » communs ?).

    « La société n’est pas qu’une juxtaposition de libertés individuelles. Nous sommes liés, rappelait Jacques Ricot. Une loi peut être répressive, mais elle est aussi expressive : elle traduit les valeurs d’une société. » De quelles valeurs voulons-nous ?

  • Prière pour les Rameaux : « Je t’accueille Seigneur »

    IMPRIMER

    Un ami nous partage cette prière en forme de poème, publiée par Ronald Barakat sur le site « aleteia » :  

    "J’accueille ton sourire en attendant ta Croix."

    Rameaux07.jpg 

    Je  t’accueille, Seigneur,

    Aux portes de ma ville,

    Toi le Libérateur

    De mon âme servile ;

     

    Je t’accueille en cette heure

    Comme étant plus qu’un roi ;

    Et ton regard m’effleure,

    Et mon amour s’accroît.

     

    Du haut de ta monture

    Tu pénètres mon cœur ;

    Tu guéris sa blessure

    D’un rayon enchanteur ;

     

    Je t’accueille, ô Seigneur,

    Mais c’est toi qui m’accueilles :

    Mes fleurons de douleur

    Un à un tu les cueilles.

     

    Dominant les rameaux,

    Et d’un geste humble et calme,

    Tu balayes nos maux

    Avec les mêmes palmes.

     

    Emporté par la foule

    Tu caresses chacun,

    Et tu tances la houle

    Qui gronde en quelques-uns.

     

    Ton Alliance m’entraîne

    Durant la procession

    Où tu sèmes les graines

    Vives, de ta Passion.

     

    Je te suis et m’enivre

    Des pluies de buis béni

    Par ta main qui fait vivre,

    Et vivre à l’infini ;

     

    Par ta main qui m’asperge

    De tes Eaux, de tes Mots,

    Qui rend mon âme vierge,

    Portée sur tes Rameaux.

     

    Je t’accueille, Seigneur,

    D’un élan extatique ;

    À travers les clameurs

    Je reçois ta Musique ;

     

    J’accueille ton sourire

    En attendant ta Croix

    Qui me fait déjà dire

    Et redire : Je crois !

    JPSC

  • Une jeune femme de 25 ans euthanasiée en Espagne malgré l'opposition de ses parents

    IMPRIMER

    De National Catholic Register :

    Une jeune femme de 25 ans euthanasiée en Espagne malgré l'opposition de ses parents

    « Cette affaire met en lumière les lacunes de la loi sur l’euthanasie. Elle facilite le suicide sans que la personne concernée ait bénéficié d’un traitement psychiatrique préalable », a déclaré un représentant légal.

    Noélia Castillo Ramos.
    Noélia Castillo Ramos. (photo : Photo de courtoisie / Y AHORA SONSOLES)

    L'euthanasie de Noelia Castillo Ramos, âgée de 25 ans, a eu lieu en Espagne le 26 mars, après qu'elle ait dû faire face à d'immenses difficultés depuis son enfance et après près de deux ans de bataille juridique menée par ses parents pour préserver sa vie.

    Selon la loi espagnole, pour demander l'euthanasie, une personne doit être majeure et être à la fois mentalement capable et pleinement consciente au moment de la demande ; elle doit également posséder la nationalité espagnole ou avoir résidé légalement en Espagne pendant plus de 12 mois et « souffrir d'une maladie grave et incurable ou d'une affection grave, chronique et invalidante, certifiée par le médecin traitant ».

    Le 24 mars, il a été rapporté que la Cour européenne des droits de l'homme avait rejeté les mesures provisoires demandées par la famille de Castillo pour mettre fin à son euthanasie, mettant ainsi un terme à une bataille juridique qui durait depuis près de deux ans.

    Le lendemain, une interview de Castillo a été diffusée sur la chaîne de télévision espagnole Antena 3, dans laquelle elle décrivait son état : « Je n’ai envie de rien faire — ni de sortir, ni de manger, ni de rien du tout… J’ai beaucoup de mal à dormir ; de plus, je souffre de douleurs au dos et aux jambes. »

    « Je me suis toujours sentie seule, car je ne me suis jamais sentie comprise ; personne n’a jamais fait preuve d’empathie à mon égard, et j’ai toujours eu des difficultés dans mes relations interpersonnelles », a-t-elle raconté.

    « Même avant de demander l’euthanasie, je voyais mon monde comme un endroit très sombre ; je voyais une fin très sombre m’attendre. Je n’avais aucun but, aucun objectif — rien du tout — et je n’ai toujours aucun but, aucun objectif », a-t-elle reconnu.

    Défis de la vie

    La vie de Castillo a été jalonnée de nombreuses épreuves. Placée sous la tutelle des services sociaux suite à la séparation de ses parents, elle a été victime de multiples agressions sexuelles.

    Selon Abogados Cristianos (Avocats chrétiens) — l'organisation représentant le père de Castillo dans ses efforts pour empêcher l'euthanasie de sa fille —, à cette époque, la jeune femme avait été officiellement reconnue comme ayant un handicap de 67 % dû à une maladie mentale.

    En octobre 2022, elle a tenté de se suicider en se jetant d'un balcon, subissant des blessures qui l'ont laissée en fauteuil roulant ; cela a porté son taux d'invalidité à 74 % — un fait qui, selon l'organisation Christian Lawyers, « démontre que le problème sous-jacent est psychiatrique ».

    « C’est essentiel : la Cour constitutionnelle elle-même (arrêt STC 94/2023) indique clairement que l’euthanasie ne peut être administrée lorsque la source de souffrance est une maladie mentale et que l’État a l’obligation de protéger ces personnes du risque de suicide », ont souligné les avocats chrétiens à ACI Prensa, le service frère hispanophone d’EWTN News. 

    Bien que des rumeurs aient circulé selon lesquelles elle serait devenue paraplégique, Castillo a elle-même démenti ces allégations : « Je ne suis pas alitée, loin de là ; je me lève. Je prends ma douche toute seule. Comme vous l’avez constaté, je me maquille et je gère mes affaires moi-même », a-t-elle déclaré.

    D'après son propre témoignage, Castillo avait été admise en établissement psychiatrique à au moins deux reprises auparavant et, durant ces séjours, elle avait fait plusieurs tentatives de suicide. Elle est sortie en juin 2023.

    En avril 2024, elle a demandé l'euthanasie conformément à la procédure légale, et celle-ci a été approuvée pour août 2024. Cela a marqué le début d'une bataille juridique menée par son père, soutenu par l'organisation des Avocats chrétiens.

    Au cours de la procédure, ils sont parvenus à faire cesser la procédure et à obtenir la reconnaissance du droit des membres de la famille de s'opposer à la demande d'euthanasie.

    Parallèlement, l'association Christian Lawyers a déposé une plainte pénale contre le médecin et l'avocat qui avaient initialement évalué la demande de Castillo conformément au protocole.

    L’organisation a allégué que, malgré leur accord pour autoriser l’euthanasie, les deux parties « ont feint un désaccord afin de renvoyer la décision à la Commission des garanties et de l’évaluation, forçant ainsi un niveau d’assurance supposément plus élevé dans le processus décisionnel » — un point relevé par la Cour suprême dans un arrêt.

    En septembre 2025, Christian Lawyers a également déposé une plainte contre sept membres de la commission des garanties pour conflit d'intérêts ainsi que contre l'ancien ministre catalan de la santé, Josep María Argimón, pour les avoir nommés.

    Par la suite, en janvier de cette année, la Cour suprême a confirmé la demande d'euthanasie — une décision qui a fait l'objet d'un appel devant la Cour constitutionnelle, laquelle a rejeté l'appel en février.

    L’organisation Christian Lawyers a également porté l’affaire devant la Cour européenne des droits de l’homme, qui a rejeté la demande de mesures provisoires sans se prononcer sur le fond de l’affaire le 24 mars.

    Suite à cela, il a été annoncé que l'euthanasie aurait lieu le 26 mars à 18h, heure locale. L'intervention dure environ 15 minutes et implique l'utilisation de trois produits chimiques. Conformément à la volonté de Castillo, ses parents n'ont pas été autorisés à y assister.

    « Cette affaire met en lumière l’échec de la loi sur l’euthanasie. »

    Selon Christian Lawyers, « cette affaire met en lumière les lacunes de la loi sur l'euthanasie. Elle facilite le suicide sans que la personne concernée ait bénéficié d'un traitement psychiatrique préalable. »

    Par conséquent, l’organisation juridique a souligné qu’« il est impératif d’établir des protocoles imposant une tentative de traitement psychologique et psychiatrique avant d’autoriser l’euthanasie. Sans traitement, il n’y a pas de libre choix ; il y a abandon. »

    Enfin, ils tiennent les autorités sanitaires du gouvernement régional catalan pour responsables : « Avant de proposer la mort, elles doivent s’assurer d’avoir offert toutes les alternatives de vie. En cas de maladie mentale, elles devraient investir dans les traitements psychiatriques les plus avancés et dans la réadaptation. »

    Lire aussi : Scandale de l'euthanasie en Espagne : Noelia Castillo Ramos s'est-elle vu refuser le droit de retirer sa demande ?

    et aussi : « Barbare » – Les évêques espagnols condamnent l’euthanasie de Noelia Castillo

  • Un tribunal finlandais déclare une parlementaire chrétienne coupable de « discours de haine ».

    IMPRIMER

    De Madalaine Elhabbal sur EWTN News :

    Un tribunal finlandais déclare une parlementaire chrétienne coupable de « discours de haine ».

    La Cour suprême de Finlande a acquitté Päivi Räsänen concernant son tweet de 2019 citant un verset biblique et l'a reconnue coupable d'incitation à la haine pour une brochure qu'elle a écrite il y a plus de 20 ans.

     
    26 mars 2026

    La Cour suprême finlandaise a condamné la députée Päivi Räsänen pour une accusation liée à l'expression de ses convictions chrétiennes sur le mariage et l'éthique sexuelle.

    Dans sa décision à 3 contre 2, le tribunal a déclaré que la condamnation pénale de Räsänen pour la distribution d'un pamphlet en 2004 aux côtés de son évêque luthérien Juhana Pohjola était due au fait d'avoir « mis à la disposition du public un texte insultant un groupe » en vertu d'une section du code pénal finlandais intitulée « Crimes de guerre et crimes contre l'humanité ».

    « Je suis choquée et profondément déçue que le tribunal n'ait pas reconnu mon droit fondamental à la liberté d'expression », a déclaré Räsänen dans un communiqué de presse publié le 26 mars par Alliance Defending Freedom (ADF) International. « Je reste fidèle aux enseignements de ma foi chrétienne et continuerai de défendre mon droit, ainsi que celui de chaque personne, à exprimer ses convictions dans l'espace public. »

    Le tribunal a acquitté Räsänen des accusations liées au tweet de 2019 contenant un verset biblique qui avait déclenché la bataille juridique du parlementaire.

    Dans ce texte, elle citait Romains 1:24-27 et s'interrogeait sur la façon dont l'Église évangélique luthérienne de Finlande pouvait parrainer un événement de la fierté LGBT, demandant comment ce que l'Écriture appelle « la honte et le péché » pouvait être présenté comme « une question de fierté ».

    Räsänen a déclaré qu'elle envisageait de faire appel de son affaire devant la Cour européenne des droits de l'homme.

    « Il ne s’agit pas seulement de ma liberté d’expression, mais de celle de chaque personne en Finlande. Une décision favorable contribuerait à éviter à d’autres personnes innocentes de subir le même calvaire pour avoir simplement exprimé leurs convictions », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

    Cette dernière décision intervient après que Räsänen a été acquitté de toutes les charges par deux tribunaux inférieurs début 2022 et 2023 concernant le tweet, le pamphlet et un débat radiophonique de 2019.

    La Cour suprême a de nouveau examiné l'affaire Räsänen en octobre 2025 suite à un troisième appel du parquet concernant le tweet et le pamphlet, et a rendu sa dernière décision le 26 mars. Le parquet n'a pas fait appel du débat radiophonique.

    réactions sur les réseaux sociaux

    Dans une publication sur les réseaux sociaux datée du 26 mars, Sean Nelson, conseiller juridique principal des Forces de défense australiennes (ADF), a qualifié la décision du tribunal finlandais de « véritable pensée orwellienne de l'an zéro ».

    « Je ne saurais exprimer à quel point cette décision est scandaleuse et injuste », a-t-il déclaré. « Personne n'a jamais porté plainte contre sa brochure écrite il y a 20 ans. Les procureurs n'ont découvert l'existence de cette affaire qu'à la suite d'une véritable chasse aux sorcières déclenchée par son tweet sur la Bible, en déterrant le moindre prétexte. »

    Le représentant Riley Moore, républicain de Virginie-Occidentale, a réagi à cette nouvelle sur les réseaux sociaux , décrivant cette condamnation comme « faisant partie d'une tendance plus large que je dénonce depuis longtemps, où les pays occidentaux persécutent les chrétiens ».

    « En tant que pays chrétien, les États-Unis ne peuvent rester les bras croisés et regarder les fondements chrétiens de l’Occident être détruits », a-t-il déclaré.

    Le père Benedict Kiely, fondateur de Nazarean.org, a également donné son avis sur la décision, écrivant que Räsänen « est le canari dans la mine de charbon pour la liberté d'expression et la liberté religieuse en Europe ».

    « Et maintenant, le canari — et la Bible — sont reconnus coupables », a-t-il déclaré.

  • Education, abus, liturgie : le message du Pape aux évêques français réunis à Lourdes

    IMPRIMER

    Du site de l'Eglise catholique en France :

    Le pape Léon XIV encourage les fidèles français et leur clergé à l’annonce de l’Évangile, en des temps certes difficiles

    Le pape Léon XIV, par la voix de son Secrétaire d’Etat le Cardinal Pietro Parolin, a encouragé les travaux des évêques de France réunis en Assemblée plénière du 24 au 27 mars 2026.

    Chers frères,

    Sa Sainteté le Pape Léon XIV me charge de vous transmettre ses vœux les meilleurs pour le bon et fructueux déroulement des travaux de votre Assemblée plénière. Il vous assure de sa prière fraternelle. Il souhaite que ce moment soit une occasion renouvelée de resserrer les liens de charité fraternelle entre vous, dans la recherche commune de la Volonté de Dieu pour l’Église qui est en France.
     
    Le Saint-Père a pris connaissance des sujets que vous avez l’intention de traiter et plusieurs ont suscité son intérêt. En particulier, vous allez aborder, en réponse à la Lettre Apostolique Dessiner de nouvelles cartes d’espérance, le thème de l’éducation, un thème qui avait particulièrement retenu l’attention du pape François en raison de son importance capitale tant pour l’avenir du monde que pour l’annonce de l’Évangile. Vos travaux se déroulent dans le contexte d’une hostilité croissante envers les établissements catholiques avec la remise en cause de leur caractère propre. Dans le respect des convictions de chacun et avec toujours le souci d’accueillir largement, le Pape vous encourage à défendre avec détermination la dimension chrétienne de l’enseignement catholique qui, sans références à Jésus-Christ, perdrait sa raison d’être.
     
    Un point de votre réflexion portera sur la poursuite de la lutte contre les abus sur mineurs, et du processus de réparations, que vous avez entrepris avec détermination. Il convient, en effet, de persévérer à long terme dans les actions de prévention engagées et de continuer à manifester l’attention de l’Église aux victimes et la miséricorde de Dieu envers tous. Il est bon que les prêtres coupables d’abus ne soient pas exclus de cette miséricorde et fassent l’objet de vos réflexions pastorales. Par ailleurs, après plusieurs années de crises douloureuses, l’heure est venue de se tourner résolument vers l’avenir et d’adresser aux prêtres de France, durement éprouvés, un message d’encouragement et de confiance.
     
    Vous avez enfin, chers frères, l’intention de traiter du délicat thème de la Liturgie, auquel le Saint-Père est particulièrement attentif, dans le contexte de la croissance des communautés liées au Vetus Ordo. Il est préoccupant que continue de s’ouvrir dans l’Église une douloureuse blessure concernant la célébration de la Messe, le sacrement même de l’unité. Pour la guérir, un regard nouveau de chacun porté sur l’autre, dans une plus grande compréhension de sa sensibilité, est certainement nécessaire ; un regard pouvant permettre à des frères riches de leur diversité de s’accueillir mutuellement, dans la charité et l’unité de la foi. Veuille l’Esprit Saint vous suggérer des solutions concrètes permettant d’inclure généreusement les personnes sincèrement attachées au Vetus Ordo, dans le respect des orientations voulues par le Concile Vatican II en matière de Liturgie.
     
    Chers frères, le Souverain Pontife vous assure de son attachement et de l’intérêt qu’il porte à la Fille aînée de l’Église. Il prie pour tous les catholiques de France, pour son clergé, afin qu’ils persévèrent dans la foi et la courageuse annonce de l’Évangile, en des temps certes difficiles mais où les signes d’espérance et de présence de Dieu dans les cœurs ne manquent pas. Vous renouvelant ses encouragements, et vous confiant à l’intercession de Notre Dame de l’Assomption et de tous les Saints de France, le Saint-Père vous donne bien volontiers la Bénédiction apostolique.
     
    Cardinal Pietro Parolin
    Secrétaire d’État de Sa Sainteté
     
    Du Vatican, le 18 mars 2026
     
  • 30/4 - 2/5; Bioethics for Youth : formation bioéthique de l'IEB à destination des jeunes 

    IMPRIMER

    Une nouvelle formule cette année : 

    Un week-end à la campagne dans les alentours de Wavre (Grez-Doiceau), 

    en pension complète (logement et repas inclus)

    du jeudi soir 30 avril au samedi 2 mai 2026

    Aidez-nous à diffuser cette formation en partageant cette information aux jeunes de votre entourage en Belgique ! 

    MERCI pour votre implication ! 

    Infos et inscriptions

  • Belgique : la mort sur demande comme remède à la vieillesse et à la dépendance ?

    IMPRIMER

    Du site de l'Institut Européen de Bioéthique :

    +50% d’euthanasies en trois ans en Belgique : la mort sur demande comme remède à la vieillesse et à la dépendance ?

    Ce 20 mars, la Commission fédérale de contrôle et d'évaluation de l'euthanasie en Belgique (CFCEE) a communiqué les chiffres relatifs aux euthanasies déclarées durant l'année 2025.

    Le nombre d'euthanasies officiellement pratiquées l'année dernière a ainsi atteint un nouveau record : 4486 euthanasies ont été déclarées à la Commission. Ce chiffre correspond à une hausse de 12,4 % par rapport à 2024, de 51 % en trois ans et même presque à un doublement en à peine cinq ans.

    L’euthanasie représente désormais 4 % des décès enregistrés en Belgique et cette tendance à la hausse pourrait s’accentuer si l’on en croit les motifs qui sont indiqués dans les formulaires d’enregistrement de l’euthanasie.

    Les polypathologies, deuxième type d’affection mentionné après le cancer, ont augmenté de 67 % en deux ans et représentent désormais près d’un tiers du total des euthanasies déclarées. Plus spécifiquement, la part d’euthanasies pour motif de polypathologies parmi les euthanasies pratiquées sur des personnes qui n’étaient pas en fin de vie a littéralement décuplé en cinq ans, passant de 5,9 % à 57,3 %.

    Ces pourcentages, en constante augmentation depuis la dépénalisation de cette pratique en Belgique, suscitent de profondes interrogations : la vieillesse serait-elle devenue une raison suffisante pour recourir à l’euthanasie ?

    La polypathologie : une catégorie floue qui s’apparente à la fatigue de vivre

    Dans son dernier rapport bisannuel publié en 2025, la Commission de contrôle soulignait cette hausse continue des euthanasies sur la base du critère de polypathologie et expliquait que « ce pourcentage continuera à augmenter, car la polypathologie est associée au processus de vieillissement que subissent les patients ».

    En effet, la polypathologie désigne, toujours selon la Commission, « une combinaison de la souffrance provoquée par plusieurs affections chroniques qui évoluent vers un stade final ». En pratique, ces affections peuvent notamment consister en une insuffisance cardiaque terminale, une hémiplégie due à un AVC, mais aussi des troubles cognitifs, la baisse de la vue ou de l'audition, la polyarthrite ou l'incontinence.

    Si certaines de ces affections mettent la vie en danger, celles-ci affectent principalement la qualité de vie, ce qui explique qu’en 2025, plus de la moitié des euthanasies de cette catégorie (57,3 %) a été pratiquée alors que le décès n’était pas attendu à brève échéance.

    La peur de la dépendance deviendrait-elle suffisante pour abréger la vie ?

    Pour comprendre ce qui justifie l’euthanasie sur la base de ces affections qui ne mettent pas directement la vie en jeu, il faut avoir à l’esprit la logique subjective suivie par la Commission de contrôle dans sa vérification de la légalité des euthanasies, selon laquelle ce que dit le patient de sa souffrance fait loi.

    Dans le cas des polypathologies, l’évolution chronique des affections s’étend sur plusieurs années et peut être à l’origine d’une souffrance psychologique importante, selon la Commission. En se basant sur les recherches scientifiques de Marianne Dees, la Commission rapporte que « le sentiment de désespoir, la dépendance aux soins, la peur d'une dégradation supplémentaire et celle de souffrances physiques accrues sont des facteurs déterminants dans la demande d'euthanasie ».

    Dans ce contexte, on comprend aussi que dans 86 % de l’ensemble des euthanasies déclarées, des souffrances physiques et psychiques étaient mentionnées simultanément.

    Ce constat souligne en réalité le besoin vital d’un meilleur accompagnement de la vieillesse et de la fin de vie en général afin que la lassitude de vivre et la peur de la dépendance ne deviennent pas des raisons suffisantes pour abréger la vie d’une personne.

  • 25 mars : Journée Européenne de l'enfant à naître

    IMPRIMER

    Les membres du Congrès Européen des Mouvements au service de la Vie et de la Famille, organisé par le Conseil Pontifical pour la Famille, réunis à Grenade en Espagne en l'an 2000, proposaient que soit célébré le jour de l'enfant à naître sur tout le continent européen. "Nous pensons qu'il conviendrait d'unir cette journée à la célébration, par l'Eglise catholique, de la solennité de l'Incarnation du Seigneur, le 25 mars, jour où le Fils de Dieu s'est fait homme au sein de la Vierge".

    Jean-Paul II lui-même, lors de la prière de l'Angelus, le jour de l'Annonciation 2001, soit lors de la 1ère Journée Européenne de l'Enfant à Naître soulignait l'importance de cette journée :

    "Que, face à la culture de la mort et aux atteintes qui, malheureusement, se multiplient contre la vie de l'homme, l'engagement à la défendre au cours de toutes ses étapes, du premier instant de sa conception jusqu'à la mort, ne fasse jamais défaut. Puisse l'humanité connaître un nouveau printemps de la vie, dans le respect et l'accueil de chaque être humain, dans lequel resplendit le visage du Christ ! Pour cela, prions ensemble Celle qui est " parole vivante de consolation pour l'Église dans son combat contre la mort " (EV,105). Je salue les membres des divers groupes et mouvements activement engagés contre l'avortement, en faveur de la vie. En rappelant le jour où Marie conçut l'Enfant Jésus, je désire envoyer une Bénédiction spéciale aux femmes qui attendent un enfant et, en particulier à celles qui se trouvent dans des situations difficiles. A toutes, je dis : un enfant conçu est toujours une invitation à vivre et à espérer." Des mouvements respectueux de la dignité de tous. En soutenant les mouvements qui oeuvrent pour la vie, nous entendons attirer l'attention sur toutes celles et tous ceux qui agissent, souvent silencieusement, dans un esprit de compassion et d'accueil, dans le respect de la diversité de chacun. Nous ne cautionnons en aucune façon ceux qui usent de moyens violents pour promouvoir une juste cause, considérant qu'ils desservent ceux qu'ils prétendent servir."

    Sites à visiter :