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Société

  • Les deux visages de la France

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    Un éditorial du National Catholic Register :

    Les deux visages de la France

    ÉDITORIAL : Le même pays qui semblait avoir retrouvé son identité de nation fière de son héritage catholique lors de la visite du pape Léon XIV il y a deux semaines est aujourd'hui en proie à de violentes émeutes civiles.

    ARMÉE DE SAINTETÉ : Le pape Léon XIII et 80 000 jeunes sont accueillis par une exposition de saints français le 25 septembre 2026 à Saint-Denis, en France. (Photo : Simone Risoluti / Vatican Media)

    Le pape Léon XIV et 80 000 jeunes sont accueillis par une exposition de saints français le 25 septembre 2026 à Saint-Denis, en France. (Photo : Simone Risoluti / Vatican Media)

    La visite du pape Léon XIV en France fut-elle un moment de grâce avant une période d'épreuves ? ​​La question se pose inévitablement lorsqu'on considère le contraste saisissant entre le « miracle » de la visite papale du 25 au 28 septembre et les scènes cauchemardesques d' affrontements entre la police et de jeunes émeutiers à travers le pays quelques jours plus tard.  

    La France qui a émergé lors du séjour extraordinaire du Pape — attirant des foules immenses dans un climat d'harmonie, d'espoir et d'unité nationale — était celle que beaucoup croyaient disparue depuis longtemps. Pourtant, cette parenthèse enchantée n'a pas effacé les profondes divisions du pays. Au contraire, elle a offert un bref répit, redonnant courage à une population de plus en plus habituée à voir ses fractures mises à nu. 

    Ces dernières années n'ont pas manqué de rappels à l'ordre, des émeutes urbaines de l'été 2023, qui ont provoqué des scènes quasi insurrectionnelles à travers le pays, aux profondes divisions sociétales entourant l'inscription de l'avortement dans la Constitution et, plus récemment, la légalisation très médiatisée de l'euthanasie. La cérémonie d'ouverture blasphématoire des Jeux olympiques de Paris 2024 a mis en lumière de façon spectaculaire ces fractures. Sa parodie de la Cène par des drag-queens a non seulement embarrassé la France sur la scène internationale, mais a surtout révélé la lutte de plus en plus visible autour de l'identité nationale et du type de civilisation que le pays entend préserver et transmettre. 

    Dans ce contexte troublé, les images de la visite de Léon XIV ont acquis une résonance particulière. En effet, nombre de choix entourant les événements papaux semblaient répondre, presque méthodiquement, aux offenses faites aux catholiques français et aux atteintes à la sacralité de la vie humaine ces dernières années. Le pape Léon XIV a rappelé au président Emmanuel Macron sa responsabilité envers les catholiques de son pays, a réaffirmé à plusieurs reprises la dignité et la valeur inviolables de toute vie humaine et a accordé une place d'honneur aux personnes atteintes de trisomie 21 parmi les personnes servant la messe du 26 septembre. 

    Par moments, le symbolisme allait encore plus loin, les événements semblant presque réévangéliser les monuments mêmes qui avaient servi de décor à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques, jugée blasphématoire, dans un de ces retournements de situation que seule la Providence peut orchestrer. Alors que la cérémonie olympique avait parodié la décapitation de la reine Marie-Antoinette, exécutée sur l'actuelle place de la Concorde, c'est précisément cette place que le pape choisit pour sa messe devant quelque 800 000 personnes. Léon XIV rendit également hommage aux prêtres et aux religieux martyrs de la Révolution française. 

    Mais nulle part ailleurs ce renversement n'a été plus frappant qu'au Stade de France, le soir du 25 septembre. La veillée offrait l'image d'une nouvelle génération qui ne renie plus son identité chrétienne et, dans un pays de plus en plus divisé en blocs culturels et idéologiques concurrents, celle de 80 000 jeunes rassemblés autour d'un héritage commun. Point d'orgue de la soirée, mis en scène par Jean-Baptiste Darantière, le rassemblement réunissait des catholiques aux sensibilités spirituelles et aux origines sociales très diverses autour d'une histoire commune de sainteté. 

    Cette histoire glorieuse s'est déroulée siècle après siècle, chaque période incarnée par un saint et la vertu qui la caractérisait le mieux, de l'humilité à la charité, des prémices de la foi au zèle missionnaire toujours vivant aujourd'hui. À son apogée, une « armée de saints » s'avançait vers le pape tandis que le Jubilate Deo résonnait dans le stade et que des feux d'artifice illuminaient le ciel. 

    Les scènes chaotiques qui ont suivi son départ ont éclairé d'un jour nouveau les paroles de Léon XIV qui, visiblement ému, s'est écarté de son discours préparé pour crier à la foule : « Vous êtes les saints de France ! »  

    Le Saint-Père, parfaitement conscient de la situation en France, ne se contentait pas d'inviter ces jeunes à s'inspirer des innombrables saints qui ont marqué l'histoire du pays. Il les invitait à relever les défis exceptionnels de notre époque et à devenir, à leur tour, les saints de leur patrie. 

    Ce n'est probablement pas un hasard si, avant de quitter Metz, le pape a même béni une école catholique indépendante fonctionnant sans aucun contrat de financement public – exactement le type d'établissement que la principale organisation maçonnique française, le Grand Orient de France, souhaiterait effacer du paysage national. 

    Dans une France à nouveau confrontée à ses vieux démons, les paroles du pape au Stade de France résonnent aujourd'hui comme une prophétie. L'histoire offre un parallèle troublant.  

    En 1938, le Congrès eucharistique international de Budapest rassembla des centaines de milliers de personnes dans un extraordinaire moment d'unité et d'espérance chrétiennes, alors même qu'une Europe profondément divisée s'enfonçait dans la guerre. Ceux qui y vécurent se souviendront plus tard de cet événement comme d'une consolation providentielle avant les épreuves à venir. 

    La France a peut-être vécu une expérience similaire. L’enchantement est peut-être terminé, mais la mission confiée aux jeunes réunis au Stade de France ne fait que commencer.

  • Les leçons de Lépante pour les combats d'aujourd'hui

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    De Michael Warsaw sur le National Catholic Register (archive 30 septembre 2021) :

    Les leçons de Lépante

    Ce qu'il faut pour combattre le sécularisme militant et l'expansionnisme pro-avortement reste identique à ce qui a fait pencher la balance à Lépante : la confiance en Dieu et l'intercession de la Vierge.

    Procession of Our Lady of Fatima.
    Procession de Notre-Dame de Fatima. (photo : Nuki Sharir / Shutterstock)

    Il y a quatre cent cinquante ans ce mois-ci, le 7 octobre 1571, les forces navales chrétiennes ont remporté l'une des plus importantes victoires de l'histoire mondiale, en détruisant une flotte considérablement plus importante de l'Empire ottoman lors de la bataille de Lépante, au large de la Grèce.

    Cet événement qui a changé la face du monde, en endiguant de manière décisive la vague d'expansionnisme militaire musulman dans le bassin méditerranéen, est commémoré chaque 7 octobre dans le calendrier liturgique de l'Église, lors de la fête de Notre-Dame du Rosaire. En fait, la fête était initialement connue sous le nom de fête de Notre-Dame de la Victoire, un titre conféré en reconnaissance du rôle critique que la prière d'intercession mariale a joué dans la victoire de la bataille de Lépante. 

    Compte tenu de ce contexte historique, il est toujours opportun, en ce jour et pendant tout le reste du mois d'octobre, de réfléchir à l'importance de se tourner vers Marie lorsque nous sommes confrontés à des défis personnels ou collectifs dans nos vies.

    C'est particulièrement pertinent cette année, alors que la foi catholique est à nouveau mise au défi par des forces qui semblent imparables pour de nombreux observateurs. La bataille d'aujourd'hui est, bien sûr, très différente du défi que l'Europe chrétienne a affronté il y a 450 ans à Lépante, l'attaque venant maintenant principalement du sécularisme et d'une hostilité sociétale croissante envers toutes les formes de religion.

    Au fond, cependant, ce qu'il faut pour combattre le sécularisme militant reste identique à ce qui a permis de renverser la vapeur à Lépante, contre toute attente : la dépendance à l'égard de Dieu par la foi en la personne de Jésus et le recours à Notre Seigneur par l'intercession de sa Sainte Mère.

    À l'heure actuelle, aux États-Unis, cette bataille spirituelle est engagée de manière très visible dans le domaine de l'avortement. À la suite de l'adoption de la loi texane sur les battements de cœur et de la décision subséquente de la Cour suprême des États-Unis de ne pas bloquer sa mise en œuvre, le lobby de l'avortement et ses alliés du Parti démocrate au Congrès et à la Maison-Blanche se sont mobilisés de façon spectaculaire en faveur du droit à l'avortement. 

    Sous la direction de la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, une catholique favorable au droit à l'avortement, la Chambre des représentants a adopté à la hâte la loi dite "Women's Health Promotion Act". Ce projet de loi pernicieux vise non seulement à consacrer la législation Roe v. Wade, mais aussi à étendre encore davantage la licence d'avortement sans restriction de notre nation en supprimant le droit des États individuels à adopter des lois restreignant l'accès à l'avortement. Il vise également à priver les travailleurs de la santé catholiques et ceux d'autres confessions du droit de refuser de coopérer à des avortements pour des raisons de conscience religieuse.

    Pour sa part, le président Joe Biden, un autre politicien catholique favorable à l'avortement, a réagi à la loi texane en s'engageant à lancer une offensive "pangouvernementale" en faveur de l'avortement. Il a déjà tenu sa promesse en soutenant la loi sur la promotion de la santé des femmes et en engageant une action en justice contre la loi Heartbeat pour des raisons constitutionnelles.

    Mais ce n'est pas vraiment la loi texane qui a poussé l'activisme pro-avortement à un tel degré de fièvre. C'est l'examen prochain par la Cour suprême des États-Unis d'une autre affaire, Dobbs v. Jackson Women's Health Organization, concernant une loi du Mississippi qui interdit les avortements après 15 semaines de gestation. 

    De nombreux observateurs juridiques avertis pensent que la Cour est sur le point d'annuler l'interdiction de Roe v. Wade concernant les restrictions à l'avortement avant 20 semaines, lorsqu'un bébé à naître est considéré comme viable en dehors de l'utérus de la mère. Et il est fort possible que la majorité des juges conservateurs de la Cour aille encore plus loin dans son arrêt Dobbs et annule complètement Roe, renvoyant ainsi les lois sur l'avortement à l'autorité exclusive des États. 

    Dans un tel contexte, où la vie de millions d'Américains à naître est potentiellement en jeu, les catholiques fidèles doivent soutenir la campagne visant à restreindre le plus possible le mal de l'avortement dans notre pays. 

    Avec cet objectif en tête, EWTN, Relevant Radio et l'Institut Napa ont conjointement lancé un effort pour prier et promouvoir le Rosaire quotidien pendant le mois d'octobre pour "la fin de l'avortement légal en Amérique et une vague de soutien aux futures mères". Cette initiative s'inscrit dans le contexte spécifique de l'affaire Dobbs, que la Cour suprême examinera en décembre. Nous espérons que de nombreuses autres organisations catholiques se joindront à cet effort en priant le chapelet quotidien en octobre à cette intention, et mobiliseront ainsi des millions d'Américains dans la prière.

    Comme je l'ai indiqué précédemment, la nature de la menace laïque actuelle contre la vie et la liberté des croyants, aux États-Unis et dans d'autres pays, est sensiblement différente de la menace militaire que représentaient les forces navales de l'Empire ottoman musulman à Lépante. Le monde est très différent de ce qu'il était en 1571, lorsque le pape Saint Pie V a rallié les dirigeants de l'Europe chrétienne pour former une Sainte Ligue et faire face à un agresseur violent par une action militaire. Mais l'élément le plus central de la réponse de saint Pie V peut et doit être imité. Avant la grande bataille navale, il a ordonné que les églises de la ville de Rome restent ouvertes 24 heures sur 24 pour les prières et a préconisé en particulier la récitation du rosaire afin de susciter l'intercession de la Vierge Marie.

    Les non-croyants se moquent des fidèles qui recourent à des armes spirituelles pour faire face à de graves problèmes terrestres, mais les croyants ne s'y trompent pas. À maintes reprises au cours des crises qui ont marqué les 2000 ans d'histoire de l'Église, des ressources inattendues se sont matérialisées pour fournir exactement ce qui était nécessaire pour surmonter un obstacle apparemment insurmontable lorsque des prières d'intercession étaient adressées à la Mère de Jésus. 

    C'est précisément la raison pour laquelle la fête de Notre-Dame du Rosaire est célébrée chaque 7 octobre. Et ces prières mariales sont exactement ce que nous devons faire maintenant tout au long de ce mois, alors que la plus haute cour de justice de notre pays se prépare à entendre l'affaire qui pourrait finalement mettre fin au cadre national de l'avortement légal. 

    Que Dieu vous bénisse !

    Lire également : La conscience européenne moderne est née à Lépante

  • La COMECE exprime de vives inquiétudes face aux conclusions de l'avocat général de la Cour de l'UE concernant l'effacement des registres de baptême

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    Du site de la COMECE :

    Communiqué de presse

    La COMECE exprime de vives inquiétudes face aux conclusions de l'avocat général de la Cour de l'UE concernant l'effacement des registres de baptême

    Le lundi 5 octobre 2026, le Secrétariat de la Commission des Épiscopats de l'Union européenne (COMECE) a exprimé sa préoccupation quant aux premières indications émergeant de l'affaire C-12/25 de la Cour de justice de l'Union européenne, Bisdom Gent, relative à l'effacement de données à caractère personnel dans les registres de baptême, à la suite des conclusions présentées le 1er octobre.

    Les conclusions non contraignantes de l'avocat général de la Cour de l'UE considèrent les évaluations requises par cette affaire comme « complexes » et laissent place, à plusieurs égards, au rôle des juridictions nationales. L'avis évoque également la pertinence de l'autonomie de l'Église et de sa liberté de religion, ainsi que l'importance pour l'Église de la « bonne administration des sacrements ». Néanmoins, sans préjudice d'analyses ultérieures, plusieurs éléments exprimés dans cet avis soulèvent des inquiétudes et des interrogations.

    Les conclusions rejettent pour l'essentiel la solution consistant à ajouter dans l'acte de baptême une mention marginale reflétant la volonté de la personne concernée. L'avocat général s'éloigne ainsi du fait que — à travers divers systèmes juridiques et modèles de relations entre l'État et l'Église — une jurisprudence nationale constante au sein des États membres de l'Union européenne a admis cette pratique comme une solution juridique pleinement adéquate en cas de demande d'effacement concernant les registres de baptême.

    Effacer le prénom et le nom de la personne baptisée de l'acte de baptême prive entièrement l'enregistrement du baptême, en tant que tel, de sa signification, de sa valeur et de sa finalité. Cet aspect crucial semble avoir été négligé. Selon la COMECE, l'avis omet également d'analyser l'impact de l'effacement sur les droits et les intérêts des tiers. De surcroît, les considérations relatives à l'éventuelle détresse émotionnelle qui pourrait résulter de la conservation des données d'une personne dans un registre de baptême ne s'avèrent pas non plus convaincantes.

    La COMECE craint que, si elle était confirmée, l'orientation tracée par ces conclusions ne génère une insécurité juridique considérable pour les responsables ecclésiastiques du traitement des données dans l'ensemble des États membres de l'UE. Cette situation est d'autant plus grave qu'une telle incertitude frapperait les registres de baptême, lesquels constituent un pilier central du fonctionnement et de l'organisation internes de l'Église, et s'avèrent indispensables à l'accomplissement de sa mission.

    Afin d'éviter toute mauvaise interprétation, il importe de souligner qu'aucun droit général ou automatique à l'effacement des données des registres de baptême n'est reconnu dans les conclusions. Lors de sa récente allocution à Metz, le pape Léon XIV, citant l'article 17 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (TFUE), a rappelé que le principe de laïcité régissant la vie des États présuppose également le respect par les autorités nationales et européennes de l'autonomie des Églises et la promotion de leur liberté d'organisation, d'expression et de culte.

    La COMECE attend avec intérêt l'arrêt de la Cour de l'UE, attendu dans les prochains mois, et espère qu'il adoptera une ligne plus favorable quant à la protection des registres de baptême contre l'effacement. La Commission des affaires juridiques de la COMECE étudie actuellement ces conclusions en profondeur en vue d'une éventuelle prise de position sur le sujet.
     
  • L’extraordinaire homélie que Benoît XVI consacra au synode sur la famille, restée inconnue pendant dix ans

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    L’extraordinaire homélie que Benoît XVI consacra au synode sur la famille, restée inconnue pendant dix ans

    Du 7 au 14 octobre, Léon XIV a convoqué au Vatican les chefs des Églises orientales et les présidents des conférences épiscopales du monde entier, pour une rencontre à l’occasion du dixième anniversaire d’« Amoris laetitia », l’exhortation apostolique par laquelle son prédécesseur François avait conclu le synode de 2014 – 2015 sur la famille.

    Ce fut un synode très polémique, surtout sur une question qui divisait verticalement la hiérarchie catholique : fallait-il accorder ou non la communion eucharistique aux divorcés remariés, ce qui avait jusqu’alors toujours été interdit par le magistère de l’Église.

    Dès le consistoire préliminaire des cardinaux de février 2014, François a manifesté un penchant très clair pour le oui. Mais l’opposition de nombreux cardinaux et évêques a été telle que, en tirant les conclusions du synode dans « Amoris laetitia », il s’est limité à formuler un oui allusif dans deux notes de bas de page seulement, les n° 336 et 351, dans lesquelles il envisageait pour les divorcés remariés « aussi l’aide des sacrements » et en particulier de l’eucharistie, qui « n’est pas un prix destiné aux parfaits, mais un généreux remède et un aliment pour les faibles ».

    Ce qui eut pour effet que l’affrontement entre les deux camps du oui et du non se poursuivit, jusqu’à ce que François ne décide d’y mettre un terme à sa manière, en septembre 2016, en rédigeant une lettre d’éloge aux évêques argentins et à leur interprétation d’« Amoris laetitia » en faveur de la communion pour les divorcés remariés, qualifiée par François de seule interprétation correcte parce que « no hay otras », il n’y en a pas d’autres : une lettre qui sera ensuite publiée dans les « Acta Apostolicae Sedis » sous la qualification de « magisterium autenticum ».

    Une abondante documentation, tant officielle que journalistique, est à la disposition de tous sur ce synode sur la famille et sur le vif débat qui l’a animé.

    À celle-ci, il faudrait toutefois ajouter une intervention d’une grande profondeur et d’une très haute autorité, qui n’a pourtant jamais été prise en considération jusqu’à présent, notamment parce qu’elle est restée inconnue pendant une dizaine d’années. Il s’agit de l’homélie prononcée par Benoît XVI – qui avait déjà démissionné depuis 2013 mais qui était à l’époque encore actif par la parole et par l’écrit – le dimanche d’ouverture de la seconde et dernière session du synode sur la famille, le 4 octobre 2015.

    Ce dimanche-là, le missel romain – par une coïncidence fortuite mais parfaite – proposait comme passage évangélique le début du chapitre 10 de l’Évangile de Marc, celui-là même où « des pharisiens abordèrent Jésus et lui demandèrent s’il est permis à un mari de répudier sa femme ». Et avec Jésus qui leur répondait : « Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni. »

    Il se fait que, dans l’homélie qu’il a prononcée ce jour-là dans son ermitage du Vatican, devant une douzaine de personnes tout au plus – et qui est restée inédite jusqu’en décembre 2025 –, Benoît XVI a commencé par faire remarquer que « la liturgie nous propose cet Évangile précisément le jour où s’ouvre le synode », tout en ajoutant aussitôt qu’il ne voulait pas aborder des « questions aujourd’hui tant discutées », mais plutôt leur « fondement », c’est-à-dire « ce qu’est l’homme », créé par Dieu homme et femme, comme « être en relation » et, pour cela même, « image de Dieu ». Sans compter, dans la dernière partie de cette même homélie, une réflexion originale sur le sens profond du célibat ecclésiastique.

    On se souviendra que ce même dimanche d’octobre, jour de l’ouverture de la seconde session du synode, le pape François a lui aussi prononcé une homélie. Et lui non plus n’a pas fait allusion à la communion pour les divorcés remariés, qui ne trouvait effectivement aucun soutien dans le passage évangélique du jour (à moins d’étendre au temps de l’Église cette condescendance de Dieu envers la « dureté du cœur » de son peuple, en vertu de laquelle le divorce était accordé à l’époque de Moïse, comme l’a notamment soutenu le patrologue et bibliste Innocenzo Gargano, bénédictin camaldule du monastère de San Gregorio al Celio et professeur à l’Institut biblique pontifical).

    Toujours est-il que personne n’a pu prendre connaissance de l’homélie prononcée ce jour-là par Benoît XVI dans son ermitage sur les collines du Vatican, afin de la méditer et le mettre à profit dans le débat synodal.

    C’est le cadeau qui nous est offert par Settimo Cielo, à la veille du sommet convoqué par le pape Léon pour le dixième anniversaire d’« Amoris laetitia ». Nous la reproduisons dans son intégralité avec la permission du dicastère pour la Communication et de la Librairie éditrice du Vatican qui en détient les droits d’auteur.

    L’homélie est tirée des pages 310 – 315 du volume « Dio è la vera realtà. Omelie inedite 2005 – 2017 », Libreria Editrice Vaticana, 2025.

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  • Patients « fatigués de vivre », simplement âgés ou atteints d’un trouble psychiatrique : face à la détresse, la Belgique propose l’euthanasie comme seule « solution raisonnable »

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    De gènéthique.org :

    Patients « fatigués de vivre », simplement âgés ou atteints d’un trouble psychiatrique : face à la détresse, la Belgique propose l’euthanasie comme seule « solution raisonnable »

    6 octobre 2026

    En 2024 comme en 2025, cette Commission de « contrôle » n’a transmis aucun dossier à la justice. « Dans de rares cas, les déclarations ont été acceptées par la Commission bien que l’un ou l’autre point de procédure n’ait pas été suivi à la lettre, précise-t-elle, mais en s’assurant à chaque fois du respect absolu des conditions essentielles de la loi ». Dans ces situations, les médecins concernés ont « systématiquement » reçu une « lettre didactique », poursuit la Commission qui rappelle qu’elle avait « invité le législateur à ne pas prévoir de sanction pénale pour l’éventuel non-respect d’une condition de procédure ou de forme ».

    3,8% des décès en Belgique

    Sur les deux années analysées dans le rapport, la Commission recense 8478 « dossiers reçus », ce qui représente 3,8% des décès survenus en Belgique, soit une augmentation de 14,5% depuis l’année 2023.

    Même si la plupart des patients étaient âgés de plus de 70 ans au moment de leur euthanasie, 111 avaient moins de 40 ans et 2 étaient même mineurs (cf. Eva, 16 ans : une euthanasie et 5 organes prélevés).

    La part prise par les décès qui n’étaient « pas attendus à brève échéance »[1] est plus que significative : elle atteint 24,2% quand elle n’était que de 10% en 2010. Ces décès « augmentent en volume, principalement en lien avec des polypathologies[2] ».

    L’augmentation fulgurante des « polypathologies »

    En effet, bien que les cancers restent la première pathologie motivant une demande d’euthanasie (51,8% des cas), les polypathologies représentent 28,3% des euthanasies. Leur hausse est frappante : en passant de 1070 à 1327 entre 2024 et 2025, elles ont enregistré une croissance de 24% et représentent 57% des euthanasies pratiquées lorsque le décès n’est pas attendu à brève échéance (cf. Euthanasies en hausse, augmentation des « polypathologies » : la Commission de contrôle belge rend son rapport bisannuel).

    Or, comme le reconnait la Commission, « chez les patients qui ne décéderont pas à brève échéance », selon toute logique, les polypathologies incriminées ne mettent pas la vie du demandeur en danger. Il s’agissait « plus souvent d’affections évolutives généralement non vitales ». « La proportion élevée de patients présentant des maladies du système ostéoarticulaire et des muscles était remarquable, précise le rapport : 61% souffraient d’une polyarthrose douloureuse, accompagnée ou non d’ostéoporose, de fractures par tassement et de troubles de la marche. En outre, 35% présentaient des maladies neurologiques, souvent des séquelles de thromboses cérébrales. Des troubles visuels allant jusqu’à la cécité étaient présents chez 28%, des troubles auditifs allant jusqu’à la surdité totale chez 23%, et des syndromes démentiels chez 14% des patients. »

    Des patients « fatigués de vivre »

    « Les documents d’enregistrement font régulièrement état de fatigue de vivre », relève la Commission. « En pratique, il n’est pas toujours aisé de déterminer si la fatigue de vivre est primaire ou secondaire à l’affection dont souffre le patient et son influence sur la demande d’euthanasie du patient, reconnait-elle. On remarque qu’elle est fréquemment évoquée par des patients atteints de polypathologie, y compris lorsque celle-ci ne met pas directement leur vie en danger et que le décès n’est pas attendu à brève échéance. » Mais « ce n’est que si la fatigue de vivre trouve son origine dans la polypathologie que la demande d’euthanasie peut être évaluée favorablement ».

    Le rapport évoque l’exemple d’un dossier de patient. « Il s’agissait d’une personne octogénaire présentant une polypathologie grave et incurable. La situation médicale se caractérisait par une détérioration fonctionnelle marquée, avec notamment une altération de la motricité fine, une instabilité à la marche, des vertiges, une tendance aux chutes, des douleurs neuropathiques exprimées et une dépendance croissante aux soins. » En somme un ensemble de troubles fréquemment associés à la vieillesse requalifiée en « polypathologie grave et incurable ».

    « Dans ce contexte, la lassitude de vivre apparaissait également comme une composante centrale de sa souffrance, affirme le rapport. Celle-ci résultait d’un long processus de dégradation physique, de perte d’autonomie, de diminution de la qualité de vie et d’épuisement existentiel croissant, lequel persistait malgré un suivi psychiatrique et un traitement antidépresseur. » N’est-ce pas malheureusement la situation de nombreuses personnes âgées ?

    Pourtant le dossier fait état de la « conclusion » du patient : « l’euthanasie constituait « la seule manière d’échapper à sa déchéance progressive et incurable » ». Doublée de celle, sans appel, des médecins, qui estimaient sa souffrance comme « réfractaire et sans issue ». Face à un tel verdict, comment résister à l’« épuisement existentiel » ?

    Des patients psychiatriques souvent jeunes

    Le rapport recense encore 133 euthanasies pour « syndromes démentiels ». « Les euthanasies concernant des patients inconscients[3] ayant fait une déclaration anticipée restent exceptionnelles » (moins de 1%) et « ont même tendance à diminuer ». La Commission avance une explication probable : le champ d’application « très restrictif » de la déclaration anticipée (cf. Belgique : vers l’euthanasie de personnes conscientes mais « incapables de décider par et pour elles-mêmes » ?).

    Un nombre non négligeable d’euthanasies (129, 1,5% du total) a en outre été pratiqué en arguant d’affections psychiatriques : 45 pour dépressions sévères récidivantes ou encore 17 en raison d’un trouble de la personnalité (cf. « Ils m’ont montré que je pouvais servir à quelque chose » : Romain, 25 ans, renonce à l’euthanasie). Ce type d’euthanasie est en augmentation, il est passé de 55 en 2024 à 74 en 2025.

    « L’euthanasie chez les patients souffrant d’une affection psychiatrique reste un exercice d’équilibre délicat entre, d’une part, la difficile appréciation de la résistance thérapeutique et la question du caractère ou non épuisé des traitements pertinents et, d’autre part, l’importance de la souffrance du patient qui, malgré un traitement de longue durée, ne perçoit plus aucune perspective », estime la Commission (cf. Euthanasie pour trouble psychique : aux Pays-Bas et au Canada, des psychiatres sonnent l’alerte). Or pour cette catégorie de patients, la répartition par âge est sensiblement différente : « 29% des patients psychiatriques avaient moins de 40 ans et 10% moins de 25 ans ». Et, dans cette catégorie d’âge, « il s’agissait de troubles de l’humeur, de troubles névrotiques liés au stress, de troubles du comportement et de troubles du spectre de l’autisme » (cf. Autiste et suicidaire, un Belge de 26 ans demande l’euthanasie « surtout pour ses parents »). Donc sans lien avec une éventuelle situation de fin de vie.

    Toujours quelques « euthanasies en duo »

    Le rapport de la Commission d’évaluation dénombre par ailleurs 6 « euthanasies en duo » en 2024, et 7 en 2025. « Les médecins ne sont pas obligés de le signaler », précise l’instance. Aussi, ce nombre pourrait être sous-estimé. Mais pour la Commission de contrôle, « comme ces cas sont inférieurs à 10 par an, il n’est guère souhaitable d’entrer dans les détails » (cf. Euthanasie « en duo » : il met fin à ses jours, elle, « entourée », change d’avis).

    Face à l’avalanche des dossiers, la Commission appelle à « sortir d’un fonctionnement sous tension », tout en recommandant « d’améliorer la disponibilité des produits utilisés pour les euthanasies » et « d’en réduire le coût ».

    Car il ne saurait être question de remettre en cause cette pratique, présentée désormais comme une « option de fin de vie » au même titre que les . Et même quand le patient n’est pas en fin de vie.

    Lorsqu’elle détaille sa « mission », la Commission explique vérifier – qu’entre autres conditions – « le médecin et son patient partagent la conviction qu’il n’y a aucune autre solution raisonnable à sa situation ». Face à la souffrance, à la fragilité, l’abandon serait-il la seule « solution raisonnable » ?

    ___________________

    [1] Lorsque « le décès n’est pas attendu dans les semaines ou les mois qui viennent ». On notera le caractère flou de la définition. Il revient au médecin de décider de quelle catégorie relève son patient et d’adapter la procédure en fonction.

    [2] Selon le rapport de la Commission, il s’agit de l’« association de maladies évolutives et non améliorables, entraînant une perte d’autonomie croissante (parfois jusqu’à une défaillance d’organes) : certaines affections mettent la vie en danger, tandis que d’autres altèrent principalement la qualité de vie ».

    [3] « coma irréversible ou état végétatif persistant »

  • Les Frères Musulmans, « sève vitale de l'islamisme mondial » (la Petite Feuille Verte)

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    D'Annie Laurent sur la Petite Feuile Verte (n°113, octobre 2026) :

    LES FRÈRES MUSULMANS, « SÈVE VITALE DE L’ISLAMISME MONDIAL »

     

    Hassan al-Banna, le fondateur des Frères musulmans (photo Commons Wikipédia)

    Hassan al-Banna, le fondateur des Frères musulmans (photo Commons Wikipédia)

    Après avoir exposé les circonstances contemporaines qui ont produit l’émergence d’une distinction entre les termes « islam » et « islamisme », ce dernier mot étant désormais appliqué à la dimension idéologique de la religion musulmane (cf. PFV n° 112), il convient d’en examiner les étapes historiques, les fondements doctrinaux et leur mise en œuvre. 

    Notons d’abord que l’islamisme n’est pas uniforme. D’une part, il se développe au sein des deux principales branches de l’islam (sunnisme et chiisme) avec des particularités propres à chacune d’elles ; d’autre part, il se répartit en plusieurs écoles (avec des noms variés) qui rivalisent entre elles ou s’entraident pour atteindre l’objectif qui leur est commun : le triomphe universel de l’islam. 

    L‘Europe n’est donc pas exclue de ce programme qui s’y impose sous l’influence principale des Frères musulmans (FM), « la sève vitale de l’islamisme mondial » selon Zidane Meriboute, docteur en relations internationales, cité par Alexandre Del Valle et Emmanuel Razavi dans leur livre Le projet (éd. L’Artilleur, 2019, p. 21). Ces spécialistes sont rejoints dans leur recherche par l’anthropologue Florence Bergeaud-Blacker, également auteur d’un ouvrage de référence, Le frérisme et ses réseaux, l’enquête (éd. Odile Jacob, 2023), titre qui évoque l’universalisme des FM.

     

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  • France : « Tout est spirituel »

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    D'Emmanuel Tourpe sur Facebook :

    « Tout est spirituel » : cela me paraît plus profond pour comprendre la France d’aujourd’hui que le célèbre « tout est politique » de Gramsci. Je ne parle même pas ici de religion mais je prends spirituel en son sens natif : ce qui relève de l’esprit, et non de l’extériorité de l’histoire.

    Nous avons devant les yeux dans la même semaine, touchant la même génération, deux images exactes d’une lutte spirituelle intense dans l’âme française. Presque un tableau de Jérôme Bosch ou un chapitre de Dante: le chaos du cœur ou l’élévation des âmes. La géhenne des haines et des frustrations face au surmontement des peurs individuelles et au choix de voir le tout du destin commun. Il n’y a pas deux France qu’on pourrait opposer dans l’actualité médiatique : mais un conflit en nous tous, chez chacun de nous, dans nos cœurs français. Nous portons ces deux France en nous-mêmes.

    Stade de France il y a une semaine : un idéal, comme tous les idéaux forcément un peu embelli voir fantasmé, donnant le sens de l’histoire passée pour ressourcer l’avenir. Une semaine après - wesh : un désordre monumental, né d’un empilement de revendications assez vagues, de reprises ultra gauchistes, de vrais casseurs et de violences de tous bords. Chaque image d’émeute ou lycée brûlé renforçant les votes extrémistes.

    Cette France prise entre deux anges - Danielou parlait à raison jadis de la réalité des « Anges des nations » - c’est une guerre intime, profondément spirituelle avant d’être politique. Cette France de 2026 au bord du gouffre, guettée par les hedge funds rapaces, à deux doigts de la faillite comme de l’anarchie ou la tyrannie, c’est nous.

    C’est nous pris dans les tentations et les grands désirs. Le bon et le mauvais ange. C’est l’histoire d’une âme française qui est au désert, tentée par l’avoir sans effort, le pouvoir immérité et la gloire sans talent. C’est un défi spirituel que vit la France tout entière : devant l’énormité du monde qui vient, entre déclassement occidental, vieillissement brutal, démographie nulle, assimilation ratée, dette ingérable, polarisations partout, individualisme forcené, l’âme française est acculée à un choix intérieur plus que politique. « Une sorte de sérieux sans pitié, de force brutale, le développement intérieur qu’il faut pour s’affronter à l’énorme - tout ce qui est exigé ici c est j’en ai peur ce qu’il n’a pas. Le temps du déclin rend toujours triste » (Guardini, Lettre du lac de Côme.)

    C’est un défi qui est lancé à chacun de nous devant le danger réel désormais de la chute. Le déclin n’est pas certain : son risque l’est absolument. Devant les échéances présidentielles qui s approchent c’est bien à une retraite intérieure que chaque français est invité : devant les forces en présence, qu’est ce donc que je choisis entre les valeurs possibles ? L’individu dans ses frustrations et ses capitulations ou le ressort du plus haut, du meilleur ? Depuis des années nous n’avons plus su choisir ; or tout ange est terrible et appelle une décision. Il impose soit un renoncement aux petitesses, soit un abaissement de toute noblesse.

    En dézoomant des émeutes on voit une France qui continue à vouloir que les choses se calment, que la justice se pose, que le dialogue s’installe et que surtout par un effort collectif on prenne au sérieux les enjeux profondément spirituels du chaos politique et de ce que nous pouvons encore lui opposer. Ignace appelle ce temps de recul une « élection ».

    Faisons élection avant les urnes : quelles valeurs voulons nous et non pas quels intérêts défendre ? Quelle transformation intérieure, quelle humanité, quelle citoyenneté régénérée - ou dégénérée, c’est un possible - voulons-nous ? C’est un choix profondément moral et qui concerne chacun autant que tous. Les civilisations sont mortelles, la France est mortelle : ou bien peut suivre l’Ange du meilleur, du ressaut, du sursaut, de la paix collective et du bien commun.

    Dans ces conditions, et alors seulement, « le seul véritable homme politique sera celui qui comprendra les forces en présence et les formes génératrices d’ordre en tenant compte de leur rapport réciproque, qui les sentira et sera capable de les faire jouer » (Guardini, Lettres du Lac de Côme).
  • RCF en Belgique : l’Église baisse-t-elle le micro ?

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    RCF en Belgique : l’Église baisse-t-elle le micro ?

    Après la disparition de 1RCF Belgique, la fermeture annoncée de RCF Bruxelles et le désengagement financier du diocèse de Namur, le réseau RCF est confronté à une question qui dépasse largement le destin de quelques stations de radio : l’Église catholique belge veut-elle encore parler au monde par ses propres médias ?

    Il y a quelque chose de paradoxal dans la situation actuelle. Au moment où l’Église déplore souvent sa difficulté à faire entendre sa voix dans une société saturée de messages, elle se retire progressivement de l’un des moyens les plus simples de cette présence : la radio.

    Le constat est désormais difficile à éluder. 1RCF Belgique a disparu. RCF Bruxelles cessera d’émettre en janvier 2027. RCF Sud Belgique sait déjà que le soutien financier du diocèse de Namur prendra fin en décembre 2027. RCF Liège continue, mais dans un environnement où le soutien institutionnel aux radios chrétiennes n’est plus une évidence.

    Ce n’est donc plus une succession de décisions isolées. C’est un mouvement.

    Une radio nationale abandonnée

    Le destin de 1RCF Belgique est à cet égard emblématique. Le projet avait une ambition claire : donner à la Belgique francophone une voix chrétienne capable de dépasser les frontières diocésaines.

    Il n’aura finalement pas résisté aux contraintes financières et aux nouvelles priorités institutionnelles.

    Avec sa disparition, l’Église belge a perdu non seulement une radio, mais aussi une ambition médiatique nationale.

    Or une Église qui renonce à ses propres moyens de communication ne peut ensuite s’étonner de voir son message dépendre entièrement de médias qui ne partagent pas nécessairement ses catégories, ses priorités ou sa vision de l’homme.

    Bruxelles : trente ans qui s'achèvent

    Le cas de RCF Bruxelles est encore plus symbolique.

    Trente années d’existence et, bientôt, le silence.

    La capitale belge — et européenne — ne disposera bientôt plus de cette voix radiophonique chrétienne. Ce n’est pas un détail. Bruxelles est précisément l’un des lieux où les questions de société, de culture, de politique et de liberté religieuse se croisent quotidiennement.

    Et c’est là que le paradoxe devient presque cruel : l’Église perd une voix dans la capitale au moment même où elle aurait intérêt à en avoir davantage.

    Sud Belgique : la dernière chance ?

    RCF Sud Belgique offre cependant un autre scénario.

    Le diocèse de Namur ne supprime pas brutalement la radio. Il réduit progressivement son aide : 42 000 euros aujourd’hui, 21 000 euros en 2027, puis zéro à partir de la fin de 2027.

    La radio veut relever le défi et rechercher d’autres ressources.

    Cette stratégie pourrait fonctionner. Elle pourrait aussi annoncer une transformation profonde : une radio autrefois soutenue par l’institution ecclésiale devra désormais convaincre directement ses auditeurs de payer pour qu’elle continue d’exister.

    C’est à la fois une menace et une opportunité.

    Une menace, parce que les dons ne remplacent pas automatiquement un financement institutionnel.

    Une opportunité, parce qu’une radio qui dépend davantage de ses auditeurs peut aussi devenir plus autonome, plus enracinée dans son territoire et plus attentive aux attentes de son public.

    Et RCF Liège ?

    C’est évidemment la question qui se pose dans la région liégeoise.

    RCF Liège n’est pas condamnée. Elle continue à émettre et dispose d’un ancrage régional réel.

    Mais il serait imprudent de considérer sa situation comme définitivement acquise.

    Les exemples de Bruxelles et de Namur montrent que le paysage peut changer rapidement lorsque les diocèses redéfinissent leurs priorités.

    La question n’est donc pas seulement : RCF Liège est-elle aujourd’hui en bonne santé ?

    Elle est plutôt : le diocèse de Liège considère-t-il encore cette radio comme un instrument stratégique d’évangélisation et de présence chrétienne dans la société ?

    Car une radio chrétienne n’est pas simplement une entreprise médiatique parmi d’autres.

    Elle est un lieu où l’Église peut parler de Dieu, de la foi, de la culture, de la famille, de la vie, de la mort, de la politique, de la justice, de l’éducation ou de la société sans demander à un média extérieur la permission de choisir ses sujets et son angle.

    Le paradoxe de la « présence »

    Depuis quelques années, l’Église insiste à juste titre sur la nécessité de sortir de ses murs, d'aller à la rencontre des périphéries, de dialoguer avec la société et de rejoindre les hommes là où ils se trouvent.

    Mais la radio est précisément l'un de ces lieux.

    Elle entre dans les maisons, les voitures, les cuisines, les bureaux. Elle accompagne les personnes seules. Elle peut toucher des auditeurs qui ne franchiront jamais la porte d’une église.

    Alors pourquoi se retirer ?

    Bien sûr, il serait absurde de nier les difficultés économiques du secteur radiophonique. Le numérique bouleverse les habitudes, les audiences se fragmentent et les ressources financières sont rares.

    Mais c’est précisément dans une époque de concurrence médiatique que la question d’une voix chrétienne propre devrait être posée avec davantage de sérieux, et non avec moins.

    De la radio au numérique : attention au faux choix

    On objectera que l’avenir est numérique : podcasts, vidéos, réseaux sociaux, plateformes et médias en ligne.

    C’est vrai.

    Mais il serait dangereux d’opposer artificiellement la radio au numérique. Une radio moderne peut produire des podcasts, alimenter les réseaux sociaux, filmer ses émissions, créer des contenus vidéo et toucher ainsi plusieurs générations.

    Le véritable enjeu n’est donc pas de savoir s’il faut choisir la radio ou Internet.

    Il est de savoir si l’Église veut encore investir dans des médias capables de porter une parole chrétienne identifiable.

    Le silence n’est jamais neutre

    La disparition progressive des radios RCF ne provoquera probablement aucun grand scandale. Pas de manchettes nationales. Pas de manifestations. Pas de crise institutionnelle.

    Une fréquence s’éteindra ici. Une autre là. Un studio fermera. Quelques émissions disparaîtront.

    Et puis le silence.

    Mais le silence médiatique n’est jamais complètement neutre. Quand une voix cesse de parler, d’autres voix occupent immédiatement l’espace qu’elle abandonne.

    C’est pourquoi la question posée par RCF dépasse largement la comptabilité de quelques stations.

    L’Église belge est-elle en train de se convaincre qu’elle n’a plus besoin de ses propres médias ?

    Si tel est le cas, il faut au moins avoir le courage de le dire clairement.

    Car une Église qui veut évangéliser sans médias, dans une société où les médias façonnent une part considérable de l’imaginaire collectif, risque de découvrir un jour une évidence assez simple : on ne peut pas vouloir être entendu tout en abandonnant progressivement les instruments qui permettent de parler.

    (avec l'IA)

  • La révolution française inachevée du pape Léon

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    De Robert Royal sur The Catholic Thing :

    La révolution française inachevée du pape Léon

    5 octobre 2026

    Les foules immenses qui se sont rassemblées pour accueillir le pape Léon partout en France ont surpris tout le monde – et pas le moins, hélas, les évêques français. Espérons que sa visite aura des effets encore plus grands. Mais à peine quelques jours plus tard, la France est en proie à des émeutes et des incendies généralisés, que l’on présente à tort comme des « troubles étudiants », alors qu’il s’agit en réalité d’une opération d’extrême gauche avec des collaborateurs islamistes. Dans le message que le pape a lu lors de sa réception par le président français Emmanuel Macron, Léon a proposé ce que l’on ne peut appeler autrement que des « corrections » aux trois termes (liberté, égalité, fraternité) qui ont marqué la Révolution française. C’était un geste audacieux, mais il doit l’être encore davantage pour remédier à ce qui afflige la France et une grande partie de l’Occident.

    Si l’on nous le demandait (on ne retient pas son souffle), on dirait que Léon ferait bien d’aller beaucoup plus loin et de faire de cela un projet pour tout son pontificat. Car, comme le bienheureux Fulton Sheen – lui aussi récemment dans l’actualité – l’avait déjà vu dans son livre de 1938 Liberty, Equality, and Fraternity, sous ces mots apparemment simples et bons, des développements pervers ont surgi dès le début.

    Les révolutionnaires français ont commencé par utiliser la guillotine et d’autres instruments de terreur de masse contre les figures religieuses, puis – comme la nuit suit le jour chez ceux que la politique rend radicalement fous – les uns contre les autres.

    Cela ne s’est pas arrêté là. Dans les premières années du XXe siècle, un gouvernement socialiste radical sous Émile Combes a pris possession de toutes les cathédrales, monastères, couvents, sanctuaires et autres édifices religieux de France, a fermé 10 000 écoles religieuses et a contraint de nombreux prêtres et religieux à l’exil. Dans certains récits, on présente cela simplement comme la « séparation de l’Église et de l’État » en France. Mais, comme le grand Charles Péguy l’a dit, c’était en réalité une trahison de ce que le socialisme français lui-même prétendait – un plus grand respect pour les êtres humains qu’auparavant – en persécutant, en somme, les gens « pour avoir dit leurs prières ».

    Et aujourd’hui, comme Léon l’a souligné, l’interprétation « humaniste » des trois idéaux a conduit, entre autres maux, à la monstruosité de l’avortement inscrit dans la Constitution française comme un droit fondamental et à l’euphémisme orwellien de « droit de mourir » (c’est-à-dire la médication létale).

    Pour mémoire, partout où l’avortement – le meurtre délibéré de la vie humaine dans le ventre – est confondu avec la « liberté » et érigé en droit fondamental, nous nous plaçons au même niveau moral que le pire de l’histoire humaine : Cananéens, Ammonites, Aztèques, Soviétiques, maoïstes, Khmers rouges, et bien d’autres. Pas d’égalité ni de fraternité pour ces innocents à naître que nous tuons, année après année, en nombres bien plus grands que les monstres historiques.

    Fulton Sheen comprenait déjà, il y a des décennies, que de telles choses découlent de fausses notions de « liberté ». Les Pères fondateurs américains, eux aussi, mettaient en garde contre la « licence », cette fausse croyance selon laquelle la liberté consiste à faire tout ce que l’on veut. Sheen : « Le libéralisme a détruit la liberté en dispensant l’individu de ses responsabilités sociales ; le communisme et le fascisme détruisent la liberté en asservissant l’individu à la volonté d’un dictateur. »

    La vraie liberté, affirmait Sheen, s’apparente au juste milieu d’Aristote (et de l’Église) : non pas simplement quelque chose à mi-chemin entre les deux, mais un « et… et » qui est tout autre chose que l’un ou l’autre.

    De même, l’« égalité » au sens moderne détaché se transforme inévitablement en ce que nos gourous de la DEI appellent « équité », où les individus ne sont plus simplement traités de manière égale, mais où les industrieux et les paresseux, les vertueux et les vicieux, une « race » ou un groupe ou un autre, doivent être rendus statistiquement égaux par la tyrannie d’État et l’ostracisme social.

    Le remède réside dans la juste compréhension de la « fraternité » – la fraternité et la sororité telles que Dieu les a voulues, et non les substituts idéologiques : citoyen, tovaritch, compañero, les « woke » – qui aiderait aussi à corriger les notions modernes erronées de liberté et d’égalité.

    Léon l’a formulé ainsi à la France moderne :

    « Que votre liberté grandisse dans le souci constant du bien commun. Que votre fraternité embrasse toute la famille humaine. Et que l’égalité à laquelle vous aspirez soit toujours bâtie sur les fondements de la justice et de la charité – non pas en effaçant les différences entre les personnes, mais en leur permettant de s’épanouir harmonieusement pour le bien de la société tout entière. »

    C’est un bon début, mais ce n’est pas suffisant. Certaines des choses que Léon a déjà mises en avant dans son pontificat – une immigration de masse encore plus importante, moins de « peur de l’islam », la résistance à l’« extrême droite » (c’est-à-dire aux réactions populistes face au désordre social et à la violence), et un christianisme « désarmé et désarmant » – jouent le jeu des forces qui détruisent le bien commun.

    Il était sur un terrain plus solide en affirmant que l’égalité doit être établie non pas seulement sur la charité – et une charité qui n’a pas été réduite à de la simple gentillesse et à l’évitement des conflits – mais sur la justice. La vraie justice implique inévitablement une juste appréciation de la vérité – sur le monde, l’homme et Dieu. Les substituts idéalistes ou idéologiques à la vérité ont un bilan terrifiant. Et pas seulement en France.

    Il y a une meilleure voie.

    Un journaliste a demandé au pape, lors de la conférence de presse en vol (une pratique périlleuse que le Vatican ferait bien de suspendre), s’il n’avait pas empiété sur le terrain politique en France. Il a hésité un instant, puis a retrouvé ses marques, affirmant que s’il peut y avoir une juste séparation de l’Église et de l’État, les groupes religieux, comme les non-religieux, ont le droit de parler de politique.

    Et d’ailleurs : « Je suis venu avant tout pour prêcher l’Évangile, pour prêcher la Bonne Nouvelle, pour réaffirmer ce que Jésus-Christ Lui-même dit lorsqu’Il dit “Je suis le chemin, la vérité et la vie”, pour dire la vérité que Jésus nous offre… Donc, je dirais, si c’est de la politique, je l’ai fait, mais ce n’était pas pour m’immiscer dans la politique française. C’était pour enseigner ce que l’Église croit vraiment. »

    Certains progressistes français ont exprimé leur « crainte » face à l’enthousiasme suscité par la visite du pape ; d’autres ont déploré le pouvoir que l’Église catholique possède encore d’attirer les masses. En vérité, la plupart des paroles du pape ont été applaudies parce qu’elles étaient compatibles, trop compatibles, avec la compréhension libérale actuelle de la vie humaine et de la société.

    Mais il y avait une différence – la différence que fait le Christ. Et même sous une forme encore en développement, elle surpasse tout le reste.

  • Le RGPD s’applique aux registres de baptêmes

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    CJUE : Le RGPD s’applique aux registres de baptêmes catholiques; la décision vient de tomber. Qu'est-ce que cela implique ?

    Il s’agit des conclusions de l’avocate générale Laila Medina (affaire C-12/25, Bisdom Gent), présentées le 1er octobre 2026 devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). Ce n’est pas encore un arrêt de la Cour (qui n’est pas liée par ces conclusions, même si elle les suit souvent), mais un avis juridique important qui clarifie l’application du RGPD aux registres de baptêmes.

    Contexte de l’affaire

    Un Belge baptisé enfant a demandé au diocèse de Gand (Bisdom Gent) d’effacer toute référence à sa personne dans les registres (physiques et numériques) en invoquant le RGPD, après avoir décidé de quitter l’Église catholique. Le diocèse a seulement barré ses données (tout en les laissant lisibles) et ajouté une mention de départ. L’Autorité belge de protection des données a ordonné un vrai effacement. Le diocèse a contesté, et la Cour d’appel de Bruxelles a posé des questions préjudicielles à la CJUE sur l’articulation entre le droit à l’effacement (art. 17 RGPD), le droit d’opposition (art. 21) et la liberté religieuse / autonomie des Églises.

    Points clés des conclusions de l’avocate générale

    1. Le RGPD s’applique bien
      Les registres de baptêmes constituent un « fichier » (ensemble structuré de données personnelles : nom, date/lieu de naissance, filiation, convictions religieuses, etc.). L’autonomie des Églises (art. 17 TFUE) ne les exempte pas du RGPD. Le traitement (conservation, consultation, etc.) doit donc respecter le règlement.
    2. Droit à l’effacement possible en principe
      Une personne baptisée mineure qui, devenue adulte, souhaite se dissocier de l’Église peut, en principe, demander l’effacement de ses données en s’opposant formellement au traitement.
      L’Église ne peut continuer le traitement que si elle démontre des motifs légitimes impérieux qui l’emportent sur les droits et libertés de la personne (vie privée, protection des données, liberté de pensée/conscience/religion).
      L’administration correcte des sacrements (le baptême ne se reçoit qu’une fois) peut constituer un tel motif, mais il faut vérifier la nécessité et faire une pondération concrète au cas par cas (raisons de la demande, impact émotionnel ou sur l’autodétermination de la personne, etc.). Ce n’est pas automatique.
    3. Conservation possible pour archives d’intérêt public ou recherche historique
      Même en l’absence de motifs impérieux, le traitement peut se poursuivre à ces fins (sous conditions de nécessité, de minimisation des données et de garanties appropriées). Le juge national doit vérifier si d’autres sources ou une anonymisation suffisent.
    4. Ce qui ne constitue pas un effacement
      Barrer le nom tout en le laissant lisible + ajouter une mention de départ ne suffit pas. Les données doivent être rendues illisibles au point que la personne ne soit plus identifiable (ou facilement identifiable). On peut conserver l’information anonyme qu’un baptême a eu lieu à telle date/lieu. Il n’est pas obligatoire d’arracher des pages du registre.

    Ce que cela implique concrètement

    • Pour les personnes baptisées : elles disposent d’un levier plus solide pour demander un vrai effacement (et non une simple mention en marge). Le juge national devra pondérer les intérêts dans chaque cas. Cela va dans un sens plus favorable aux demandes de « débaptisation » que la jurisprudence française antérieure (Conseil d’État, 2024), qui avait validé le refus d’effacement et l’apposition d’une mention comme suffisante pour le droit d’opposition.
    • Pour l’Église catholique (et d’autres confessions) : les registres ne sont plus « hors RGPD ». Elles devront justifier plus rigoureusement la conservation et adapter leurs pratiques (anonymisation partielle possible, mesures techniques pour rendre illisibles les données nominatives). L’autonomie religieuse est reconnue mais n’est pas absolue face aux droits individuels.
    • Portée européenne : l’arrêt final de la CJUE (attendu ultérieurement) s’imposera à tous les États membres. Il influencera aussi probablement d’autres contentieux (y compris ceux devant la Cour européenne des droits de l’homme).
    • Limites : ce n’est pas un droit absolu à l’effacement systématique. La pondération reste essentielle, et la conservation historique/archivistique est ménagée.

    En résumé, ces conclusions confirment que le RGPD s’applique pleinement aux registres de baptêmes et ouvrent la voie, en principe, à un droit à l’effacement réel après opposition, sous réserve d’une balance des intérêts par le juge national. La décision définitive de la Cour reste à venir.

    (avec l'IA)

  • 24 octobre, Fraternité de Tibériade à Lavaux-Sainte-Anne : « Audace et lucidité dans la rencontre avec les musulmans »

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    Samedi 24 octobre - 9h15 à 18h. 

    Fraternité de Tibériade à Lavaux-Sainte-Anne

    « Audace et lucidité dans la rencontre avec les musulmans. »

    Au programme :

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    1. La conférence du matin sera donnée par le Père Henri FAUTRAD. Depuis son séjour en Tunisie comme séminariste jusqu’à son ministère dans les cités du Mans, le Père Henry Fautrad n’a cessé d’aller à la rencontre des musulmans. Aujourd’hui encore, il nous invite à oser cette rencontre.

    2. Le repas et l’Auberge espagnole nous régalera et nous fera découvrir VOS talents culinaires !

    Dans l’après-midi, les animateurs de divers ateliers vous accueilleront dans une ambiance bon enfant, qui caractérise nos journées.

    3. Les ateliers qui vous sont proposés :

    1. « Entre Bible et Coran, c’est où le bonheur ? » échange avec le Père Fautrad. Inscription : ICI

    2. Apprendre à fabriquer son pain avec un frère de Tibériade. Inscription : ICI

    3. La perte du réel : Notre monde occidental montre de plus en plus de signes d'une incontestable « perte du réel » et d'une fuite en avant dans l'imaginaire narcissique et l'émotionnel brut. Atelier animé par Jacqueline Hertay. Inscription : ICI

    4. Bruno nous propose cet atelier mécanique réparation vélo, niveau débutant. Inscription : ICI

    5. L’art du vitrail et réalisation commune d’une mosaïque de verre, animé par Astrid de Borman. Inscription ICI

    6. Atelier presque zéro déchets avec Fabienne Marneffe : si on a envie de prendre soin de soi, sa famille et la planète, il y a  quelques solutions faites avec des produits naturels. Inscription ICI

    7. Surveillance et censure numérique en Europe : la dérive liberticide quelle solution ? Avec Erick et Frère Cyrille. Inscription ICI

    8. Entre les mains du potier : apprendre à tourner la terre se réalise en plusieurs étapes qui sont autant manuelles que spirituelles. La terre en giration nous apprend à nous recentrer et à mettre les mains dans l’argile. Inscription ICI

    La journée se terminera vers 17h ou plus tard (18h) si vous souhaitez participer à la messe avec les Frères.

    Nous espérons vous revoir lors de cette rencontre chaleureuse qui en plus, de par la qualité de l’orateur, s’annonce passionnante !

    Nicolas, Frère Cyrille, Carine

    P.S. Le livre du Père Fautrad ainsi que les produits de la Fraternité de Tibériade seront proposés à la vente.

    Possibilité de loger sur place, la nuit du vendredi au samedi ou/et du samedi au dimanche. Pour réserver le logement chez les frères (à Lavaux)   https://www.tiberiade.be/fr/contact  
  • Avortement dans la Constitution belge :  derrière le symbole, quels enjeux pour notre société ? (IEB)

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    Du site de l'Institut Européen de Bioéthique :

    Avortement dans la Constitution belge : 

    derrière le symbole, quels enjeux pour notre société ?   

    En Belgique, plusieurs députés proposent d’inscrire un droit à l’avortement dans la Constitution. Le récent revirement aux Etats-Unis et la variété des législations en la matière en Europe les conduisent à affirmer que l’accès à cette pratique est aujourd’hui menacé. Quelles en seraient les conséquences juridiques et éthiques ?

    Une question essentielle nous interpelle : est-il possible de concilier un tel droit fondamental à l’avortement avec la responsabilité de l’État et de la société de protéger le droit à la vie de tout être humain ?

    Loin d’être une revendication symbolique, l’avortement est un enjeu de société qui appelle une vraie réponse d’humanité.

    NOTE DE DECRYPTAGE : FOCUS 

     

    Avortement - Constitution

    Lire la note de décryptage

    VIDEO : 

    Résumé des enjeux 

    Avortement dans la Constitution

    Je soutiens !