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Société

  • Retrouver le jeûne du Carême : un retour sacré à notre véritable identité à une époque de vide

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    De Max-Martin Skalenius sur The European Conservative :

    Retrouver le jeûne du Carême : un retour sacré à notre véritable identité à une époque de vide

    Reconnaître le Carême, c'est reconnaître les fondements chrétiens de l'Europe. Cela nous oblige à affronter l'histoire que nos institutions modernes ont passé des décennies à essayer d'effacer.

    22 février 2026

    Chaque printemps, généralement environ 40 jours avant Pâques, un spectacle très prévisible se déroule dans les médias suédois. À mesure que les jours s'allongent, nos chaînes de télévision publiques et nos grands journaux découvrent soudainement les vertus profondes de l'ascétisme religieux et se consacrent à ce qui semble être une ancienne tradition européenne. Les journalistes qui se moquent habituellement de tout ce qui ressemble à la piété traditionnelle consacrent des pages entières aux bienfaits physiques et spirituels de l'abstinence alimentaire et des plaisirs. Ils proposent des guides utiles, des interviews respectueuses et des éditoriaux élogieux louant le dévouement nécessaire au jeûne. Ils parlent bien sûr du ramadan.7

    C'est un paradoxe fascinant à observer dans un pays qui se targue de s'être libéré du divin. Depuis des générations, les élites politiques et culturelles ont systématiquement démantelé notre héritage chrétien. Elles ont relégué la foi aux marges absolues de la société, la traitant comme une relique embarrassante d'un passé ignorant. Être ouvertement un chrétien fervent dans la sphère publique, c'est s'exposer au ridicule, et l'establishment a travaillé sans relâche pour construire une société totalement dépourvue d'influence religieuse. Pourtant, lorsqu'une pratique religieuse étrangère occupe le devant de la scène, cette même élite laïque fait preuve d'un niveau remarquable de révérence et d'accommodement.

    Ce qui rend cette soudaine fascination si révélatrice, c'est l'amnésie totale concernant nos propres traditions. L'Europe possède déjà une saison de jeûne ancienne, rigoureuse et profondément belle. C'est une période qui a façonné le rythme de vie de nos ancêtres, construit notre calendrier culturel et formé l'épine dorsale spirituelle de la civilisation occidentale. Bien avant que nous ne devenions une expérience internationale de laïcité radicale, le Nord était profondément catholique. Le jeûne du Carême faisait naturellement partie de la vie de chaque habitant du Nord ; il s'agissait d'une préparation physique et spirituelle à la Résurrection. C'était un temps de pénitence, d'aumône et de prière intense.

    Aujourd'hui, le concept même de ce jeûne chrétien est totalement étranger au citoyen moyen. Nous avons troqué une foi exigeante mais vivifiante contre un consumérisme spirituellement stérile et le culte d'un chef de guerre originaire de La Mecque. Le Suédois moyen en sait plus sur les restrictions alimentaires du mois sacré islamique que sur la signification du mercredi des Cendres et les anciennes pratiques de ses ancêtres.

    L'exemple le plus embarrassant est peut-être celui de notre propre Premier ministre, Ulf Kristersson, qui a écrit sur son compte de réseau social : « Ramadan Mubarak, nous disons à tous les musulmans suédois alors que le jeûne commence. Je souhaite à tous de passer un merveilleux moment en famille et entre amis, et de prendre le temps de réfléchir », accompagné d'une carte de vœux sur le thème de l'islam. Je serais prêt à pardonner à Kristersson, car je comprends qu'il veuille respecter les traditions de ses concitoyens, mais le problème est qu'il n'a pas consacré un seul mot aux chrétiens de notre pays qui ont commencé le Carême ce mercredi, comme le faisaient nos ancêtres suédois il y a mille ans. Et mes pensées vont à ce jeune homme qui m'a contacté cette semaine ; il est issu d'une famille musulmane et se convertit secrètement au christianisme, et il souhaite désespérément se joindre à nos pèlerinages, mais il a peur des conséquences auxquelles il pourrait être confronté. Que pense ce jeune homme courageux lorsqu'il voit le dirigeant de notre pays célébrer la même religion qui veut le détruire ? Comment cela pourrait-il être autre chose qu'une trahison ?

    Pourquoi l'establishment est-il si désireux de célébrer le jeûne des autres tout en traitant l'équivalent chrétien avec un mépris silencieux ? La réponse réside dans une haine de soi culturelle profondément enracinée. Reconnaître le Carême, c'est reconnaître les fondements chrétiens de l'Europe. Cela oblige à affronter l'histoire que nos institutions modernes ont passé des décennies à essayer d'effacer. En célébrant une tradition étrangère, les médias laïques peuvent jouir d'un sentiment superficiel de spiritualité et de tolérance vertueuse sans jamais avoir à se soumettre aux exigences morales de leur propre foi abandonnée. Ils peuvent louer la discipline des nouveaux venus tout en continuant à considérer la discipline de leurs propres ancêtres comme oppressive.

    Mais le cœur humain moderne ne peut survivre uniquement grâce au sécularisme. Le désir du sacré, du sacrifice et du sens ne peut être éliminé par la législation. Les gens savent instinctivement que la consommation sans fin laisse l'âme vide. Ils ont soif de discipline. Ils ont soif d'un but supérieur. Lorsque les Européens laïques voient la dévotion des autres, ils ressentent inconsciemment une pointe de jalousie pour ce qu'ils ont eux-mêmes perdu. Ils reconnaissent un dévouement qui est totalement absent de leur propre vision relativiste du monde. Et maintenant, ils peuvent choisir de suivre la voie chrétienne ou la voie islamique. Le problème, cependant, est qu'ils sont bombardés par cette dernière, et aujourd'hui, un moment décisif s'annonce pour la Suède et le reste de l'Europe. Mais je n'ai jamais vu l'église aussi pleine que ce mercredi des Cendres ; les gens aspirent à quelque chose de plus, et il reste encore un espoir que nous puissions découvrir nos véritables racines.

    La solution n'est pas d'adopter les coutumes des nouveaux arrivants du Moyen-Orient ou de prétendre que les traditions islamiques peuvent combler le vide dans l'âme européenne. La solution est de creuser là où nous sommes. Nous devons nous familiariser à nouveau avec les cendres. Nous devons nous souvenir des paroles solennelles prononcées par le prêtre ce mercredi des Cendres : « Repentez-vous et croyez à l'Évangile », tout en nous rappelant que nous sommes poussière et que nous retournerons à la poussière.

    Le jeûne chrétien est un puissant antidote au poison de l'indifférence moderne. Il coupe court au bruit du monde contemporain. Il nous dépouille de notre confort et nous oblige à affronter nos propres faiblesses, nous rappelant notre dépendance totale envers le Christ. Le jeûne n'est pas seulement une question d'alimentation ; le jeûne est une arme contre notre propre orgueil et un moyen d'unir nos petites souffrances au sacrifice ultime sur la croix.

    Il est temps que les Européens cessent de chercher l'épanouissement spirituel à l'extérieur et commencent à regarder les merveilleux trésors qui nous ont été cachés. Ils sont si proches de nous qu'il suffit de gratter la surface pour les découvrir. Nous n'avons pas besoin d'inventer de nouveaux rituels ou d'emprunter à d'autres continents pour trouver un sens à notre vie. Le trésor de l'Église est plein, il n'attend que nous pour l'ouvrir. Reprendre le jeûne du Carême est une étape nécessaire pour retrouver notre véritable identité. C'est une rébellion contre le vide de l'ère moderne. Nous devons cesser de nous excuser pour notre histoire et vivre avec audace la foi qui a construit notre civilisation. Nous n'avons pas besoin de l'islam ; nous avons quelque chose de bien meilleur.

    Max-Martin Skalenius est un jeune Suédois reconnu pour son travail en tant que porte-parole éminent des conservateurs et des chrétiens dans l'une des sociétés les plus laïques d'Europe. Il a fondé plusieurs organisations influentes et organisé des événements importants, de la Scandinavie au Vatican. Fort d'une formation de pianiste de concert et d'un parcours politique remarquable, il se consacre désormais au renouveau culturel et spirituel des pays nordiques tout en poursuivant des études de psychologie.

  • Un vent de jeunesse soufflerait-il sur le catholicisme français ?

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    Une question que l'on pourrait également poser à propos du catholicisme en Belgique où le nombre de demandes de baptêmes d'adultes a considérablement augmenté (cette année, ils sont 689, soit trois fois plus qu'il y a dix ans et une hausse de presque 30 % par rapport à l'année précédente).

    Du site "Pour une école libre au Québec" :

    Vent de jeunesse sur le catholicisme français

    23 février 2026

    Le Figaro Magazine dans son édition du 20 février consacre un article sur les baptêmes d'adultes catholiques, une croissance réelle mais contrastée.

    Le phénomène est statistiquement notable : les baptêmes d'adolescents ont progressé de 33 % en un an, et plus de 17 000 jeunes adultes rejoindront l'Église à Pâques. Certaines paroisses enregistrent des hausses spectaculaires — l'archevêque de Reims prépare 107 baptêmes d'adultes en 2026, contre 17 en 2019, soit une multiplication par six en quelques années. À Toulouse, une seule paroisse étudiante accueille 200 catéchumènes cette année.

    Il faut toutefois garder le sens des proportions. Cette dynamique ne compense pas l'effondrement des baptêmes d'enfants, divisés par deux depuis 2000, plafonnant à environ 200 000 par an — soit seulement 30 % des naissances. L'athéisme progresse en parallèle : 42,6 % de non-croyants en France en 2020, contre 34,5 % dix ans plus tôt. La tendance de fond reste la sécularisation.

    Les ressorts sociologiques de la conversion

    Pourquoi ces conversions surviennent-elles maintenant ? Plusieurs facteurs s'entremêlent.

    D'abord, une logique générationnelle. L'historien Guillaume Cuchet observe qu'après deux générations de rupture post-1968 avec le catholicisme, la troisième génération se retrouve dans une position inédite : non baptisée, sans obligation de s'opposer à des aînés croyants, elle peut redécouvrir cet héritage comme un choix totalement libre. C'est le paradoxe d'une neutralité religieuse imposée par les parents qui produit, chez certains enfants, une quête spirituelle authentique.

    Ensuite, un contexte d'époque. L'anxiété diffuse — climatique, sanitaire, sociale — pousse une partie de la jeunesse vers des institutions offrant un cadre stable, des liens humains désintéressés et un sens à long terme. Les témoignages recueillis par les évêques reviennent de façon frappante sur les mêmes thèmes : sentiment de vide, cycle de colère et de ressentiment, découverte dans la paroisse de « relations vraies » que certains n'avaient jamais connues. L'Église offre ce que la société consumériste et hyperconnectée ne sait plus procurer : de la gratuité, de la lenteur, de l'intériorité.

    Enfin, un mouvement de réaction culturelle. Pour certains, la conversion représente ce que Gaultier Bès appelle un « ressaisissement de sa propre liberté » face à la technocratie et au transhumanisme. Le chercheur Charles Mercier note que le catholicisme, devenu minoritaire — moins d'un tiers des Français s'en réclament, moins de 10 % pratiquent —, peut paradoxalement s'affirmer davantage sans paraître hégémonique.

    La « liberté de feuille morte »

    C'est l'expression qui résume peut-être le mieux l'enjeu philosophique de fond. Guillaume Prévost, secrétaire général de l'enseignement catholique, la prononce avec une certaine véhémence : il refuse que les jeunes disposent d'une liberté de feuille morte — une liberté purement passive, ballottée par les courants, sans ancrage ni direction intérieure. Face à une société consumériste qui s'adresse aux jeunes avec des slogans comme « si tu aimes jouer, joue », il plaide pour une éducation qui cultive l'intériorité, la confiance dans les adultes et un écosystème de valeurs cohérentes. Le diagnostic est sévère : on aurait produit, selon lui, « une foule de gens surdiplômés très atrophiés du point de vue intérieur ».

    Le maillon faible : la crise des prêtres

    C'est là que le tableau se fissure. L'enthousiasme des convertis ne se traduit pas en vocations sacerdotales. En 2023, seulement 88 prêtres ont été ordonnés en France, contre 140 en 2014. Les 25 séminaires français forment environ 600 candidats — un chiffre notoirement insuffisant pour couvrir le territoire.

    L'article pointe une cause aggravante souvent tue : la mise à l'écart, par le pape François, des prêtres traditionalistes — souvent jeunes et zélés — a privé l'Église d'une partie de ses forces vives. Le résultat est un effet de ciseaux : moins de jeunes prêtres pour évangéliser les jeunes, donc moins de jeunes attirés vers le sacerdoce. Dans les campagnes, certains fidèles doivent parcourir des dizaines de kilomètres pour assister à une messe. À l'inverse, en Île-de-France, deux nouvelles églises sont en construction tant la demande déborde les capacités existantes — révélant une fracture géographique profonde.

    En résumé

    Le regain catholique chez les jeunes adultes est réel et sociologiquement significatif. Il exprime une réaction à la désorientation contemporaine, un désir de liens authentiques et une reconquête libre d'un héritage que leurs parents avaient délibérément effacé. Mais cette embellie se heurte à une contradiction structurelle : l'institution manque des prêtres nécessaires pour accueillir et pérenniser cet élan, en partie à cause de choix disciplinaires qui ont marginalisé ceux qui auraient pu y répondre.

  • Comment, après un temps de coopération, l’Église et la modernité libérale ont rompu les amarres

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    Une tribune de Paul Airiau sur aleteia.org :

    Comment le fossé s’est creusé entre l’Église et la modernité libérale

    21/02/26

    Après un temps de coopération, l’Église et la modernité libérale ont rompu les amarres, analyse l’historien Paul Airiau, le libéralisme culturel ayant abandonné toute régulation par une morale naturelle universelle.

    Si rien n’est jamais joué d’avance, il n’empêche : la proposition de loi sur l’euthanasie paraît bien partie pour être adoptée avant la fin de l’année, quelles que puissent être les péripéties parlementaires à venir (sauf dissolution surprise…), tant les partisans de l’euthanasie trouvent des relais dans le personnel politique, pour de multiples raisons. Au-delà des enjeux immédiats, cette histoire inachevée est en fait une nouvelle étape française dans la déliaison en matière de mœurs entre la législation d’ici-bas et les principes catholiques. Doucettement entamée avec la légalisation du divorce sous la Révolution (1792), partiellement relancée avec la républicanisation de la République (en 1884, relégalisation du divorce aboli en 1816), elle s’est accélérée à partir du milieu des années 1960 puis de la fin des années 1990. Les étapes en sont autant de défaites successives pour une Église plus ou moins intensément mobilisée : légalisation de la contraception (1967), dépénalisation de l’avortement (1975), diffusion de la fécondation in vitro au début des années 1980, pacte civil de solidarité (1999), fin de la distinction de sexe comme constitutive du mariage (2013), extension de la PMA aux couples de même sexe et aux femmes seules (2021), constitutionnalisation de l’avortement (2024).
    Le temps du partenariat

    Cette évolution n’est pas propre à la France, elle s’observe dans nombre d’autres pays. Une faille se creuse ainsi de plus en plus entre l’Église et une modernité libérale qui se déploie en libéralisme culturel justifiant la reconnaissance légale des modes de réalisation de soi. L’autonomie individuelle et l’oblitération de toute hiérarchisation du jugement moral fondent désormais des législations déliées de toute régulation antérieure, extérieure et supérieure à l’ici-bas de la société. Or, pour l’Église, la modernité libérale trahit ainsi en partie le partenariat qui s’était en partie établi entre elles depuis la fin des années 1930.

    En effet, à la fin du XVIIIe siècle et tout au long du XIXe siècle, l’Église s’était constituée comme intransigeante, antimoderne, refusant et condamnant le libéralisme en toutes ses déclinaisons, philosophique, politique, économique… Elle avait promu la construction d’une modernité alternative qui prouverait la justesse de ses positions, ouvrant la dynamique d’un engagement militant multiforme. Cependant, les totalitarismes fasciste, nazi et communiste des années 1930 avaient montré l’intérêt d’une démocratie libérale, dans son acception occidentale de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Malgré son refus de la régulation catholique de la législation, elle garantissait au moins la liberté de conscience, de culte, d’enseignement, le droit d’association, les relations libres entre évêques et Saint-Siège. Qui plus est, face au soviétisme conquérant d’après 1945, elle devenait, dans une certaine mesure, bonne en tant que telle, car elle était capable d’intégrer qu’il existe des normes limitant la toute-puissance étatique et la propension unanimiste de la démocratie — soit l’État de droit — et que qu’elle devait avoir une dimension de justice sociale.

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  • L’aide à mourir : un outil pour élargir le don d’organes ?

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    De Priscille Kulczyk sur le site de l'ECLJ :

    Euthanasie et don d’organes: Un nouveau vivier de donneurs

    20 Février 2026

    En France, la question du don d’organes après une euthanasie ou un suicide assisté a été balayée d’un revers de main lors des débats parlementaires sur la proposition de loi «relative au droit à l’aide à mourir». Cela est regrettable puisqu’une telle possibilité en constitue un enjeu éthique important.

    À l’Assemblée nationale comme au Sénat, des parlementaires ont proposé d’amender la proposition de loi afin d’interdire le don d’organes en cas d’euthanasie et de suicide assisté.[1] Radicaux de prime abord, ces amendements exprimaient surtout le pressentiment de leurs auteurs que cette pratique ne peut aller de soi, notamment en raison du danger d’un éventuel glissement vers une «euthanasie altruiste» justifiée par le don d’organe lui-même, en particulier dans le cas de patients qui ne sont pas en fin de vie. Ces amendements auraient dû donner lieu à des débats fournis, mais ces opportunités ont malheureusement été rapidement balayées dans chacune des deux chambres. Le 23 mai 2025, en séance publique, six minutes auront suffi aux députés pour rejeter l’amendement, après un avis défavorable du rapporteur principal justifié par l’atteinte au principe d’égalité qu’engendrerait une telle mesure. Le 20 janvier 2026, la commission des affaires sociales du Sénat n’a pas non plus développé la question lors de l’examen de l’amendement 65 rectifié qui a fait l’objet d’un avis défavorable, avant de tomber. Il importe donc de pallier l’absence de débat de fond sur cette question afin d’éviter un angle mort éthique.

    L’aide à mourir, un outil pour remédier aux pénuries d’organes ?

    L’expérience des pays ayant légalisé le suicide assisté et l’euthanasie nous apprend pourtant que des garde-fous sont nécessaires. Au Québec, le bilan pour 2022 publié par Transplant Québec[2] constate avec satisfaction que le nombre de donneurs d’organes en contexte d’aide médicale à mourir a triplé en cinq ans. L’organisme note «un nombre record de références pour don d’organes en 2022, dont une hausse significative de plus de 130% en contexte d’aide médicale à mourir (AMM)». Ce sont «près de 15% des donneurs d’organes qui ont préalablement eu recours à l’AMM»: ainsi, alors qu’environ 5% des décès enregistrés la même année au Québec résultaient d’une euthanasie ou d’un suicide assisté, ce chiffre laisse apparaître un nombre de donneurs trois fois plus élevé dans cette catégorie que dans celle des décès «naturels». Vu cette disproportion, euthanasie et suicide assisté constituent donc des outils fort utiles dans un contexte d’augmentation des besoins en organes. Des spécialistes ne s’en cachent pas, à l’instar de la directrice de Transplant Québec selon laquelle «Il s’agit non seulement d’une opportunité d’augmenter le nombre de donneurs d’organes au Québec, mais aussi d’une occasion incroyable de permettre à plus de personnes de bénéficier d’une greffe».[3] En Espagne, qui a légalisé l’ « aide médicale à mourir» en 2021, les autorités ont été surprises de constater que plus de 25% des personnes y ayant eu recours (44 sur 172) pendant la première année d’application de la loi ont donné leurs organes.[4] Les premiers prélèvements avaient même été pratiqués avant même qu’un protocole officiel soit publié.

    En France, cette «opportunité» de l’euthanasie et du suicide assisté en tant que nouvelle source d’organes est aussi un argument qu’a bien compris l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD). Celle-ci s’est rapprochée de l’association Renaloo qui soutient les patients atteints de maladies rénales et promeut le don de rein: pour preuve, sa participation au colloque «Faire reculer l’opposition au don d’organes, une urgence éthique» organisé en octobre 2024 par Renaloo.[5] En outre, Henri Caillavet, qui a donné son nom à la loi du 22 décembre 1976 qui a institué le consentement présumé au don d’organes, n’est autre qu’un des membres fondateurs et ancien président de l’ADMD.

    L’expression d’une vision utilitariste de la personne humaine

    Diverses raisons peuvent expliquer ces faits et chiffres. D’un point de vue philosophique d’abord, l’euthanasie et le suicide assisté emportent une modification radicale du rapport de l’être humain à la vie et à la mort: ces pratiques sont une réponse à l’absurdité de la vie et de la souffrance dans une civilisation en perte de repères, de sens et de transcendance. La mort s’en trouve déshumanisée, tandis que la vie comme le corps humain sont traités comme des matériaux à gérer et maîtriser. Or, la perspective de donner ses organes s’inscrit dans le prolongement de la réponse à cette absurdité en ce qu’elle valorise l’altruisme. En somme, une façon de joindre l’utile à une «mort agréable».[6]

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  • Des juristes internationaux mettent en garde contre l'introduction de l'avortement dans la constitution luxembourgeoise.

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    Du Catholic Herald :

    Des juristes internationaux mettent en garde contre l'introduction de l'avortement dans la constitution luxembourgeoise.

    Un groupe de juristes internationaux, parmi lesquels des professeurs de la faculté de droit de Harvard, de l'université d'Oxford et d'autres universités européennes et américaines de renom, ont signé une lettre ouverte exhortant les dirigeants et les citoyens luxembourgeois à examiner attentivement les implications constitutionnelles et juridiques d'une proposition visant à inscrire l'avortement dans la Constitution. Cette lettre fait suite au vote parlementaire prochain portant sur la modification de l'article 15 de la Constitution afin de garantir le droit à l'interruption volontaire de grossesse.

    Bien que les universités soulignent qu'elles ne défendent pas une position politique spécifique, leur lettre expose les conséquences juridiques et institutionnelles potentielles de l'inscription de l'avortement comme une « liberté » ou un « droit » constitutionnel.

    Citant un avis consultatif du Conseil d'État français, les experts avertissent que « toute modification constitutionnelle visant à introduire une « liberté » d'interrompre une grossesse risque d'être interprétée par les juges comme un droit constitutionnel ». Que l'on utilise ou non le terme « liberté » plutôt que « droit », « il s'agirait néanmoins d'une obligation constitutionnelle », précise la lettre. « Cela signifie qu'elle ne pourra plus être modifiée par les voies démocratiques ordinaires. »

    Elle prive donc les élus et les organismes de réglementation de leur pouvoir, tout en renforçant celui des juges, dont les interprétations peuvent varier selon les différentes perspectives juridiques. Les experts avertissent qu'il sera par conséquent « plus difficile, désormais, de modifier la loi dans un sens ou dans l'autre, conformément à la volonté du peuple et de ses représentants élus ».

    La lettre souligne que la constitutionnalisation de l'avortement pourrait : transférer le pouvoir de décision du législatif au judiciaire, notamment ainsi la flexibilité démocratique ; rendre plus difficile la réglementation ou la limitation des procédures d'avortement ; avoir un impact sur des domaines tels que l'objection de conscience et le contrôle médical ; présenter des risques potentiels pour la liberté d'expression, d'association et de religion pour les personnes ou les organisations exprimant des opinions pro-vie.

    « Nous espérons que cette brève lettre mettra en lumière certains aspects juridiques qui n'ont peut-être pas encore été pleinement examinés », écrivent les signataires. « Nous ne prétendons pas dicter aux citoyens ou aux législateurs luxembourgeois la marche à suivre sur cette question, qui relève de la souveraineté du Luxembourg. »

    Parmi les signataires figurent : Mary Ann Glendon, professeure émérite de droit à la faculté de droit de Harvard, Paul Yowell, professeur agrégé de droit à l'université d'Oxford, O. Carter Snead, professeur de droit à l'université de Notre Dame, John Garvey, ancien doyen de la faculté de droit de Boston College, Tonio Borg, professeur de droit public à l'université de Malte et ancien commissaire européen à la santé et vice-Premier ministre de Malte, María Isabel Álvarez Vélez, professeure titulaire de droit constitutionnel à l'ICADE Madrid, Luis Gaspar, maître de conférences à l'Universidad Internacional de Cataluña (UIC), Fernando Simón Yarza, professeur titulaire de droit constitutionnel à l'université de Navarre, Juan Tello Mendoza, maître de conférences en droit constitutionnel à l'université de Barcelone, Ed Whelan, ancien président du Centre d'éthique et de politique publique (les affiliations institutionnelles sont fournies à titre indicatif uniquement et n'impliquent aucune approbation institutionnelle).

    L'avortement est déjà légal sur demande au Luxembourg jusqu'à 12 semaines de grossesse et jusqu'à la naissance en cas d'anomalie fœtale telle que la trisomie 21. Ces derniers mois, des pressions se sont exercées pour restreindre davantage les droits des enfants à naître, et en juillet 2025, le Parlement luxembourgeois a supprimé le délai de réflexion obligatoire de trois jours avant toute interruption de grossesse.

    Toutefois, le pays s'apprête également à aller plus loin en inscrivant la « liberté de recourir à l'avortement » dans sa Constitution, la loi suprême et fondamentale du Luxembourg. Ce processus, qui requiert deux votes parlementaires et doit être adopté à la majorité des deux tiers, devrait connaître un premier vote en mars prochain.

    Le Luxembourg demeure l'une des onze monarchies constitutionnelles d'Europe, avec le grand-duc Guillaume V comme souverain. Cependant, la monarchie de ce micro-État souverain est l'une des plus faibles en termes de pouvoir politique, notamment en raison de l'abdication du père du grand-duc, le grand-duc Henri, l'an dernier, et de sa position de principe contre l'introduction de l'euthanasie. En 2008, le grand-duc a refusé de donner son assentiment à une loi instaurant cette pratique, ce qui a conduit le Parlement à réduire son pouvoir à celui de promulguer les lois. Désormais, sa signature sur les textes législatifs n'a plus qu'une valeur formelle et ne peut plus les bloquer.

    L'issue de la tentative d'inscrire l'avortement dans la Constitution reste incertaine, les opinions politiques étant partagées. Toutefois, la réaction des juristes internationaux soulève des questions quant à cette décision et laisse présager un échec.

    ProLife Luxembourg 

    Contact : info@prolife.lu 

    Site web : https://prolife.lu/

  • Tourisme de l’avortement en Europe : quand une initiative idéologique se pare des habits de la démocratie

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    Via gènéthique.org :

    Tourisme de l’avortement en Europe : quand une initiative idéologique se pare des habits de la démocratie

    18 février 2026

    tribune

    À l’heure où Bruxelles s’apprête à statuer sur l’initiative « My Voice, My Choice », les ONG françaises membres de la fédération européenne ONE OF US dénoncent une Europe tentée d’imposer un modèle idéologique de l’avortement au mépris des souverainetés nationales et du respect de la vie.

    Le 25 février prochain, la Commission européenne rendra publique sa décision au sujet de l’Initiative Citoyenne Européenne « My Voice, My Choice » (cf. « My Voice, My Choice » : le Parlement européen vote le financement d’un « tourisme abortif » au mépris des traités fondateurs). Dans ce contexte, pour les ONG françaises membres de la fédération européenne ONE OF US – la Fondation Jérôme Lejeune, le CPDH (Comité Protestant évangélique pour la Dignité Humaine), l’ECLJ (Centre européen pour le droit et la justice) et la Marche Pour La Vie –, la tribune publiée dans les colonnes du journal Le Monde le 7 février demandant au Président français de soutenir cette initiative européenne appelle une réponse afin de dévoiler au grand jour les présupposés sur lesquels repose l’argumentation de ses auteurs.

    L’Union européenne instrumentalisée

    « My Voice My Choice » appelle à la mise en place d’un mécanisme européen destiné à financer et organiser l’accès à l’avortement au-delà du cadre juridique national, et en tout premier lieu, dans certains pays, du cadre pénal. Autrement dit, toute femme pourrait aller avorter, sans raison médicale, dans les pays les plus permissifs en termes de délai de l’IVG, c’est-à-dire 24 semaines. 24 semaines, soit six mois de grossesse… Alors que ce petit être humain est déjà entièrement formé, et que l’excellence de la médecine permet à des femmes d’accoucher à ce stade et de garder leur bébé en vie. 24 semaines d’avortement légal deviendraient alors le délai légal commun pour avorter dans l’UE… aux frais des citoyens européens.

    Pourtant, les législations relatives à l’avortement relèvent bien de la compétence des États membres, non de l’UE, justement en raison de leur dimension éthique et culturelle. Les traités européens n’ont jamais conféré à l’UE une compétence pour harmoniser ces questions, précisément parce qu’elles touchent au cœur des choix anthropologiques et moraux propres à chaque nation. Utiliser l’UE comme un moyen de dépasser les choix opérés par les peuples et leurs représentants nationaux revient à détourner un espace de coopération en instrument de normalisation idéologique, au mépris des plus faibles.

    Une initiative citoyenne qui ne saurait clore le débat démocratique

    Les auteurs de « My Voice, My Choice » mettent en avant le million de signatures récoltées. Or, ce chiffre ne saurait être présenté comme l’expression définitive de la volonté des peuples européens. En effet, rappelons qu’une autre initiative citoyenne européenne, ONE OF US, avait recueilli près de deux millions de signatures en 2013. Elle demandait à l’UE de protéger l’ humain en s’abstenant de financer toute activité impliquant sa destruction. Cette récolte de signatures s’était déployée alors que les outils numériques de mobilisation étaient quasi inexistants. Ceci rend encore plus impressionnants les presque deux millions de signatures ONE OF US au regard des seulement 1,2 million de soutiens à « My Voice, My Choice » en 2025. Si les Européens les soutenaient vraiment, et étant donné l’appui inconditionnel à « My Voice, My Choice » de la part du Planning familial, ils auraient dû récolter beaucoup plus de signatures. Ces deux initiatives citoyennes opposées montrent que l’Europe est profondément tiraillée sur ces questions. Les chiffres ont parlé : les citoyens sont plus nombreux et déterminés à s’exprimer en faveur du respect de la vie des très jeunes êtres humains et d’un soutien à la maternité plutôt que pour un tourisme de l’avortement dans l’UE. Laissons donc la démocratie se déployer !

    Une évacuation volontaire de la question scientifique

    « My Voice, My Choice » situe le débat presque exclusivement sur le terrain des droits et de la santé publique. Ce choix repose d’abord sur un mensonge, ensuite sur une mise entre parenthèses d’une question pourtant centrale : la réalité biologique de l’embryon humain. Un mensonge car nous savons par expérience que, y compris dans les pays où l’avortement n’est pas légal, toute femme, et notamment celles qui traversent une situation de vulnérabilité, ont accès à un avortement « sûr » à l’hôpital… Ensuite, la science établit de manière constante que la vie humaine commence dès la . Ces données scientifiques ne prescrivent pas en elles-mêmes une norme juridique, mais elles constituent un socle de réalité que nul débat sérieux ne peut ignorer. Présenter l’avortement uniquement comme une question d’accès revient à ignorer délibérément ce que la science révèle.

    Nous proclamons que la liberté est une réalité anthropologique majeure, qui prend sa force dans son enracinement dans la réalité : une vie humaine. Si je ne suis pas en vie, je ne peux être libre… La liberté n’est donc pas un absolu déconnecté du réel, ou alors, on flirte avec l’idéologie. Elle s’exerce dans un cadre qui prend en compte l’existence propre et celle d’autrui, en particulier lorsque cet « autre » est dans une situation de dépendance et vulnérabilité radicales. Balayer la réalité de l’embryon humain revient à exclure certains êtres humains du champ de la protection commune.

    Une Europe confrontée à des défis humains majeurs

    Le sujet douloureux de l’avortement ne peut être isolé d’une réflexion plus large sur l’accompagnement des femmes, le soutien à la maternité et la protection des plus vulnérables. Le débat européen devrait examiner les conditions concrètes qui permettent aux femmes et aux hommes d’avoir la liberté d’éviter l’IVG : lutte contre la précarité, accompagnement social, amélioration de la compatibilité entre vie familiale et vie professionnelle, reconnaissance de la valeur de toute vie humaine. Un champ immense qui appelle une prise de conscience, une solidarité sociale, des budgets, bref, une politique de court, moyen et long terme.

    La tribune « My Voice, My Choice » défend une option idéologique, qui ne peut en aucun cas être présentée comme une exigence incontestable. L’Union européenne ne saurait devenir l’instrument d’une uniformisation imposée sur des sujets aussi fondamentaux. La Fondation Jérôme Lejeune, le CPDH, l’ECLJ et la Marche Pour La Vie, membres de la fédération européenne ONE OF US qui regroupe 50 ONG membres dans 18 pays d’Europe, appellent au réveil de l’Europe, à la redécouverte et à la promotion de ses principes intangibles de protection du plus faible. Elles alertent sur les dérives autoritaires qui piétinent la liberté des Etats membres et les citoyens. Telles sont les conditions nécessaires à la démocratie et à la paix. Gageons que les Commissaires européens écoutent la voix, trop discrète peut-être, mais puissante et déterminée, des citoyens européens qui pensent que la vie, la liberté et la démocratie vont de pair.

    NDLR : Cette tribune du collectif d’ONG a initialement été publiée par le JDD.

  • Bruxelles (Cambre), 24 février, conférence : l'humanisme numérique ou comment garder le contrôle sur la technologie

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    S'inscrire en écrivant à amisbelgesbernardins@gmail.com
  • Forte hausse continue du nombre de baptêmes d’adultes dans l’Église catholique en Belgique

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    Du service de presse et d'information de la conférence des évêques de Belgique :

    Forte hausse continue du nombre de baptêmes d’adultes dans l’Église catholique en Belgique

    Forte hausse continue du nombre de baptêmes d’adultes dans l’Église catholique en Belgique
    Par Peter Haegeman
     

    Le nombre d'adultes candidats au baptême dans l'Église catholique en Belgique continue d'augmenter de manière remarquable. Cette année, ils sont 689, soit trois fois plus qu'il y a dix ans et une hausse de presque 30 % par rapport à l’année précédente.

    Ce 18 février, mercredi des Cendres, marque le début du Carême, période pendant laquelle les chrétiens se préparent à Pâques, fête de la Résurrection et sommet de l’année liturgique. Pour les catéchumènes, c’est-à-dire les candidats adultes au baptême, ce temps revêt une importance particulière : ils se préparent plus intensément à recevoir le baptême lors de la nuit de Pâques. Cette année, celle-ci tombe le 4 avril.
     
    En 2025, ils étaient 534. Il y a dix ans, en 2016, 229 catéchumènes ont été accueillis dans l'Église catholique de notre pays par le baptême. En 2026, nous enregistrons donc un triplement par rapport à dix ans auparavant, ce qui confirme la croissance que nous avons également observée ces dernières années.
     
    Voici les chiffres par diocèse pour cette année (2026) :

    Anvers 57    
    Bruges 9    
    Gand 38    
    Hasselt 25    
        Brabant Flamand & Malines 53
    Malines-Bruxelles 248 Bruxelles 152
        Brabant Wallon 43
    Liège 79    
    Namur 56    
    Tournai 177    
    Total 689    

    Dimanche prochain, les catéchumènes célèbrent l'appel décisif

    Le dimanche 22 février, ces catéchumènes franchiront une étape importante sur le chemin qui les mène au baptême. Ils répondront à l’appel décisif célébré dans chaque diocèse. L'étape suivante et ultime consiste à recevoir le baptême, l'Eucharistie et la confirmation pendant la Vigile pascale, dans la nuit de Pâques.

    L’appel décisif marque une étape déterminante dans le cheminement des candidats vers le baptême : l'évêque les reconnaît officiellement comme admis à recevoir les sacrements d'initiation (baptême, première communion et confirmation) lors de la Vigile pascale.
     
    À partir de ce moment, le Carême prend pour eux le caractère d'une période intensive de préparation spirituelle. C'est un temps de purification intérieure et d'approfondissement de la foi. Les catéchumènes sont invités à aligner de plus en plus leur vie sur l'Évangile. Ainsi, lors de la Vigile pascale, ils pourront recevoir le baptême, l'Eucharistie et la confirmation avec un cœur libre et croyant. C'est pourquoi il est très important que ces nouveaux chrétiens (‘néophytes’) continuent à être accompagnés par la communauté des croyants après la Vigile pascale, afin qu'ils puissent grandir dans la foi et l'engagement.

  • "Dieu existe : les preuves scientifiques"; une video vue près d'un million de fois

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    De "1000 raisons de croire" :

    Olivier Bonnassies, fondateur de 1000 raisons de croire, vient d’être reçu sur la chaîne YouTube LEGEND pour parler des preuves de l’existence de Dieu et de son livre « Dieu, la science, les preuves ».

    Bientôt 1 million de vues et déjà plus de 8 500 commentaires : cette interview, mise en ligne il y a quelques jours, rencontre un très grand écho, et les réactions sont nombreuses. Cela confirme ce que nous constatons depuis le lancement des 1000 raisons de croire : en France, la question de Dieu n’a rien perdu de sa force.

    En lançant le projet des 1000 raisons de croire, l’un de nos objectifs était précisément de remettre la question de l’existence de Dieu au cœur du débat, avec une approche accessible, rationnelle et lumineuse. Aujourd’hui, ce débat est bien là.

    Comme vous le savez, les réseaux sociaux façonnent une part importante de l’opinion publique. Il est essentiel d’y être présents pour y porter une parole claire, respectueuse, et capable de transmettre la vérité dans la charité.

    Concrètement, nous vous invitons à :

    • regarder la vidéo,
    • la liker et la partager,
    • laisser un commentaire positif et encourageant,
    • et, si vous le pouvez, interagir avec d’autres en répondant avec bienveillance.

    Voici le lien vers la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=ZiQiRMZ2XQU

    Merci pour votre engagement fidèle et pour votre service de la vérité.

    L’équipe de 1000 raisons de croire

  • L’avortement contraint : une violence à l’égard des mères

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    Du site de l'ECLJ :

    16 Février 2026

    L’avortement contraint est une violence à l’égard des mères

    Le Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ) vient de soumettre à la Rapporteuse spéciale des Nations unies (ONU) sur la violence à l’égard des femmes et des filles, ses causes et ses conséquences une contribution écrite sur la situation des femmes pauvres et isolées face à la maternité, en particulier durant la grossesse. Il s’agissait de répondre à l’appel à contributions lancé par la Rapporteuse spéciale Reem Alsalem et destiné à étayer son prochain rapport sur la « Violence à l’égard des mères ».

    Celui-ci aura une importance particulière puisqu’il sera le premier sur ce sujet à être présenté au Conseil des droits de l’homme de l’ONU. La Rapporteuse spéciale a pour ambition d’y « mettre en évidence de manière exhaustive les formes de discrimination et de violence à l’égard des mères qui sont souvent négligées, d’examiner les politiques et les pratiques actuelles pour mettre fin à la discrimination et à la violence graves à l’égard des mères, de mettre en évidence les bonnes pratiques et de répondre aux besoins des mères qui ont survécu à la violence ».

    L’ECLJ a ainsi demandé à la Rapporteuse spéciale d’y évoquer les pressions diverses subies par des femmes enceintes contraintes d’avorter, c’est-à-dire de renoncer à la maternité au cours de leur grossesse, de telles pressions étant dès lors constitutives d’une « violence à l’égard des mères ». L’ECLJ s’est appuyé sur ses recherches menées depuis de nombreuses années dans le domaine, ainsi que sur le recueil de témoignages de femmes décrivant leur expérience de l’avortement, la violence subie et la souffrance qui en résulte : plusieurs affirment avoir désiré garder l’enfant mais s’être résignées, sous la pression, à l’avorter.

    L’ECLJ a tout d’abord mis en évidence le fait que l’avortement est plus souvent subi que réellement choisi, au sens où la même femme placée dans des circonstances plus favorables mènerait sa grossesse à terme. Il y a quelques années, l’institut Guttmacher indiquait en effet qu’aux États-Unis, 75 % des femmes ayant avorté l’avaient fait en raison de contraintes sociales ou économiques[1]. Ainsi, plus une femme enceinte est pauvre et isolée, plus elle risque de renoncer à mener sa grossesse à terme. Les pressions en ce sens sont en particulier matérielles et affectives ou familiales. Les premières sont notamment liées à la précarité en matière de revenus, de travail et de logement : selon les données publiées en janvier 2026, l’Angleterre et le Pays de Galles notent un nombre record d’avortements « en raison du coût de la vie[2] ». Dans le second cas, il n’est pas rare que le père de l’enfant ou des parents inquiets pour l’avenir de leur fille poussent la femme enceinte à avorter. En outre, des femmes souhaitant garder l’enfant ou s’interrogeant sur la décision à prendre rapportent avoir consulté des organisations tel le Planning familial mais n’y avoir pas été informées d’alternatives ou d’y avoir subi une pression supplémentaire pour avorter.

    L’ECLJ a ensuite montré que de tels faits sont constitutifs de « violence à l’égard des mères ». Tout d’abord, la femme enceinte est mère dès lors que la maternité est à la fois l’état de mère et le fait de porter et mettre au monde un enfant : cet état et ce processus débutent donc dès le commencement de la grossesse. Divers textes internationaux exigent d’ailleurs une protection des mères dès avant la naissance[3].

    L’ECLJ a ensuite rappelé que l’avortement forcé est un crime contre l’humanité, ce qui résulte des procès de Nuremberg, mais aussi du droit européen et international, notamment de la plate-forme d’action de la conférence de Pékin de 1995, du statut de Rome de la Cour pénale internationale de 1998, de la convention d’Istanbul et de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme. Mais il est souvent difficile de distinguer entre avortement forcé et contraint. Le second cas n’en est pas moins une grave violence d’ordre psychologique, physique et reproductive à raison du statut de mère, puisqu’elle intervient sur la décision de donner naissance ou non, donc au cœur de la maternité, et a pour effet de mettre fin à la grossesse, c’est-à-dire de supprimer l’enfant à naître dont elle est la mère. Les conséquences potentielles de l’avortement pour la santé physique et psychologique de la femme et son bien-être relationnel, de même que pour le couple relèvent aussi de cette violence. Celle-ci est toutefois largement occultée, voire niée, par une rhétorique faisant de l’avortement un choix banal relevant d’un « droit à disposer de son corps », ce qui revient à éliminer la question de ses causes réelles.

    Enfin, l’ECLJ a montré que, corrélativement aux engagements internationaux des États à protéger la maternité, avant comme après la naissance, ils se sont aussi engagés à plusieurs reprises à prévenir le recours à l’avortement, par exemple en travaillant à la responsabilisation des pères. Il s’agit de garantir à la femme enceinte un « droit de ne pas être contrainte d’avorter », c’est-à-dire de la protéger de la violence générée par des circonstances qui la conditionnent largement. C’est là le premier de leurs droits en matière de sexualité et de procréation.

    Les précédents rapports publiés par Mme Alsalem se sont avérés de grande valeur, traitant courageusement de thèmes tels que la prostitution et la pornographie (mai-juin 2024) ou encore la gestation par autrui (juillet 2025), autant de pratiques dont elle demande aux États de travailler à l’abolition. L’ECLJ espère que ce futur rapport abordera la question de la violence à l’égard des mères d’une manière aussi ambitieuse : il s’agit de dénoncer la vulnérabilité des femmes enceintes face à la violence des pressions diverses pouvant les mener à avorter et de rappeler aux États qu’ils se sont engagés à prévenir cette violence.

    ____

    [1] https://www.guttmacher.org/fact-sheet/induced-abortion-united-states

    [2] Abortions at record high in England and Wales ‘driven by cost of living’, The Guardian, 15.01.2026.

    [3] Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, art. 10.2 ; Charte sociale européenne, art. 8 ; Protocole relatif aux droits économiques, sociaux et culturels à la Convention américaine, art. 15.3.a.

  • A 31 ans, il renonce à l'euthanasie grâce à la réussite d’un traitement

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    Belgique : à 31 ans, il renonce à l'euthanasie grâce à la réussite d’un traitement

    15 février 2026

    Antoine Peters, un Belge de 31 ans victime d’addictions et souffrant d’une profonde dépression, souhaitait recourir à l’euthanasie. Il y a finalement renoncé grâce à un traitement « de la dernière chance » (cf. Stimulation cérébrale profonde : trois Espagnols renoncent à l’euthanasie).

    Un traitement risqué

    C’est en octobre 2025, alors qu’il vient de publier son premier livre autobiographique, Trop tard pour l’innocence, qu’il révèle avoir introduit une demande d’euthanasie. Antoine a subi de la sismothérapie, c’est-à-dire un traitement par électrochocs dirigés vers le cerveau, sous anesthésie générale. Sans succès. Il doit alors subir une sismothérapie bilatérale : « C’est quelque chose qu’on ne fait quasi jamais, parce que le risque de séquelles est grand. Et l’intensité des décharges est deux fois plus forte. C’est vraiment très éprouvant » explique-t-il. Mais après la deuxième séance : « Tout a changé ».

    A la suite de ce traitement, Antoine Peters témoigne ne plus avoir d’idées noires, de mélancolie ou d’envie de consommer. Il explique ressentir à nouveau certaines émotions : « J’ai pleuré alors que ça m’était plus arrivé depuis mes 18 ans. C’est comme si j’évacuais la douleur encaissée ces dernières années », explique-t-il. « Mon esprit est beaucoup plus apaisé. »

    « Il faut vraiment sensibiliser sur la dépression »

    Antoine décide alors de se remettre à écrire, un deuxième livre intitulé Refaire battre les ruines. Il est également allé témoigner dans son ancienne école et exprime son souhait de faire de la pair-aidance, c’est-à-dire de partager son parcours avec des personnes qui traversent les mêmes difficultés.

    « Il faut vraiment sensibiliser sur la dépression et la détection de certains signaux d’alarme, interpelle-t-il. Ces derniers sont souvent négligés. »

    Source de la synthèse de presse : L’avenir, Julie Wolff (10/02/2026)

  • Fin de vie, euthanasie... Un infirmier belge alerte

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    Du site youtube du Figaro :

    En Belgique, la loi légalisant l’euthanasie, en vigueur depuis 2002, a profondément estompé la frontière entre les soins palliatifs et l’euthanasie. Trufin, infirmier en soins palliatifs, qui n’a jamais souhaité participer à des protocoles léthaux, l’a constaté à ses dépens, essoré par les critiques de certains de ses supérieurs et de ses collègues. Selon lui, la liberté de conscience, bien que garantie dans la loi, est très fragile dans les faits, au point que certains médecins finissent par y renoncer. Il regrette également que la légalisation de l’euthanasie ne se soit jamais accompagnée des moyens suffisants pour que les soins palliatifs profitent à tous, et met en garde la France contre un scénario similaire. L’infirmier, désormais en phase avec la philosophie de l’établissement qui l’emploie, livre un plaidoyer pour l’accompagnement humain, jusqu’aux derniers moments.