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Société

  • A Bruxelles : des soins palliatifs à bout de souffle

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    Bruxelles : des soins palliatifs à bout de souffle

    29 septembre 2026

    En région bruxelloise, « l’explosion du nombre de demandes de prise en charge, le sous-financement chronique des équipes de soins, les défaillances du système global de santé et la politique d’austérité budgétaire minent gravement le fonctionnement des associations » qui assurent des à domicile.

    Des besoins en forte croissance

    « Aujourd’hui, on parle de soins palliatifs précoces et intégrés. Précoces, parce qu’ils peuvent être entamés dès le diagnostic de la maladie incurable, et intégrés, parce qu’ils ne sont pas en opposition avec les soins curatifs, comme on l’entend parfois », explique Céline Van der Cam, directrice de la Palliative and Continuing Care Federation of Brussels.

    En outre, le suivi s’étend aux maladies chroniques auxquels s’ajoutent les patients gériatriques. « Bien qu’ils ne soient pas atteints d’une pathologie incurable, ils présentent de multiples fragilités et entrent désormais dans le champ des soins palliatifs », indique la directrice de la fédération.

    Des lits qui « coûtent cher » et « rapportent peu »

    A Bruxelles, pour l’ensemble du réseau hospitalier, seule une soixantaine de lits palliatifs est disponible. « Les lits de soins palliatifs coûtent très cher, davantage que les lits de soins aigus, en raison de la norme de personnel qui y est attachée : 1,5 équivalent temps plein par lit », précise Céline Van der Cam.

    « Or, s’ils coûtent cher, ces lits rapportent peu, car en fin de vie, les actes techniques qui génèrent des revenus pour l’hôpital ne sont plus pratiqués s’ils ne procurent pas de confort supplémentaire au patient », souligne-t-elle.

    « Faute de moyens suffisants, le nombre de patients qui n’ont pas pu être assistés a augmenté de 210% entre 2024 et 2025 »

    Ainsi, « faute de moyens suffisants, le nombre de patients qui n’ont pas pu être assistés a augmenté de 210% entre 2024 et 2025. Et la tendance s’amplifie malheureusement en 2026 », déplore la directrice. « Pour les équipes de soignants, c’est un crève-cœur, confie-t-elle. Leur travail consiste à accompagner les patients et leurs proches le mieux et le plus rapidement possible. Or, même en déployant une énergie folle, ils n’y arrivent plus. » La conséquence : « des patients sont mis de côté ».

    Céline Van der Cam interpelle : « Plutôt que comme une dépense, le financement des soins palliatifs à domicile devrait être vu par les pouvoirs publics avant tout comme un investissement, susceptible d’épargner beaucoup d’argent à la sécurité sociale, par exemple en limitant les hospitalisations sauvages ou les soins techniques qui ne sont plus nécessaires ». « Les soins palliatifs, c’est un véritable win-win, tant pour les soignants, qui peuvent travailler de manière plus sereine, que pour le patient et sa famille, qui sont pris en charge correctement et à temps, avec un vrai projet thérapeutique permettant d’éviter les situations d’urgence catastrophiques. »

    Source de la synthèse de presse : Paris Match, Frédéric Loore (27/09/2026)

  • Abus sexuels : Léon XIV nuance la thèse du caractère « systémique »

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    Abus sexuels : Léon XIV nuance la thèse du caractère « systémique »

    La question des abus sexuels a occupé une place importante dans le voyage de Léon XIV en France. Elle devait l’être : le pape lui-même avait annoncé qu’il rencontrerait des victimes et il leur a exprimé sa volonté de poursuivre le chemin de la vérité, de la justice, du pardon et de la réparation.

    Mais un épisode mérite d’être regardé de plus près. À Lourdes, après leur rencontre avec le pape, plusieurs victimes ont rapporté que Léon XIV avait reconnu le caractère « systémique » des violences sexuelles dans l’Église. Cette interprétation a rapidement trouvé un écho dans les médias. Certains commentaires ont même présenté cette supposée reconnaissance comme l’un des moments forts du voyage.

    Or, le pape a lui-même apporté une précision importante lors de la conférence de presse dans l’avion du retour.

    Interrogé sur cette question, Léon XIV a expliqué : « Plusieurs d’entre elles ont évoqué des abus systémiques. Personnellement, je préfère l’exprimer autrement. » Il a alors précisé qu’il faisait référence à « certaines organisations au sein de l’Église qui se sont, par moments, si l’on peut dire, comportées de manière abusive en tant que système ».

    La nuance n’est pas secondaire. Elle montre que le pape ne reprend pas à son compte l’idée selon laquelle les violences sexuelles seraient, de manière générale, le produit d’un système propre à l’ensemble de l’Église.

    Cela ne signifie évidemment pas qu’il minimise les abus. Bien au contraire. Léon XIV reconnaît pleinement leur gravité et la responsabilité qui incombe à l’Église lorsqu’ils ont été commis en son sein. Il reconnaît également que certaines structures ont pu fonctionner de façon profondément défaillante, voire permettre la commission ou la dissimulation des abus.

    Mais il refuse de passer de cette constatation à une généralisation.

    C’est précisément cette distinction qui mérite d’être soulignée. Il y a une différence entre dire que certaines organisations ont pu fonctionner de manière systématiquement abusive et affirmer que l’Église serait, en tant que telle, un système générateur d’abus. Léon XIV semble avoir voulu maintenir cette différence.

    Cette précision est d’autant plus intéressante qu’un récit médiatique s’était déjà installé. À partir des témoignages livrés après la rencontre de Lourdes, une formule semblait devoir s’imposer : le pape reconnaît enfin le caractère systémique des abus dans l’Église. Or, lorsque Léon XIV est lui-même interrogé sur cette interprétation, il la corrige et choisit une formulation plus précise.

    Il ne s’agit donc pas de nier la réalité des abus, ni de contester les responsabilités institutionnelles qui ont pu être engagées. Il s’agit de ne pas confondre plusieurs niveaux de responsabilité : celle des agresseurs, celle des responsables qui ont pu fermer les yeux ou protéger des coupables, celle de certaines institutions défaillantes et, enfin, celle de l’Église dans son ensemble.

    Cette distinction est importante dans un débat aussi chargé émotionnellement. Elle rappelle aussi qu’une parole pontificale ne se résume pas nécessairement à la première interprétation qui en est donnée dans les heures qui suivent.

    Et c’est peut-être là l’un des enseignements de cette séquence : le pape avait quelque chose à dire sur les abus, mais il ne disait pas nécessairement ce que certains avaient déjà décidé de lui faire dire.

    La question des abus devait être abordée au cours de ce voyage. Elle l’a été. Léon XIV a rencontré des victimes, écouté leur souffrance et réaffirmé la nécessité de poursuivre le travail de vérité, de justice et de réparation.

    Mais fallait-il pour autant que cette question devienne la grille de lecture à travers laquelle l’ensemble de sa visite serait interprété ? C’est une autre question.

    Car le voyage de Léon XIV en France comportait aussi des messages sur la foi, la transmission, la liberté religieuse, la laïcité, la défense de la vie, la dignité humaine et la responsabilité de l’Europe. Ces prises de position, parfois très éloignées de l’évolution culturelle ou législative française, méritaient elles aussi d’être entendues.

    Réduire le voyage à la question des abus aurait donc été passer à côté d’une partie essentielle de ce que le pape était venu dire.

    Et la précision apportée dans l’avion du retour montre précisément pourquoi il est nécessaire, lorsqu’il s’agit d’une parole pontificale, de revenir aux propos eux-mêmes plutôt que de s’en tenir au récit médiatique qui s’est construit autour d’eux.

    (avec l'IA)

  • Léon XIV en France : un succès que la presse n'a pu réduire à un simple événement médiatique

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    Léon XIV en France : un succès que la presse n'a pu réduire à un simple événement médiatique

    Il y a, au terme de la visite de Léon XIV en France, un fait que la diversité des sensibilités journalistiques rend difficilement contestable : le voyage a été un succès. Ce qui divise davantage les commentateurs, ce n'est donc plus tellement le constat, mais sa signification. S'agit-il d'un extraordinaire succès populaire sans lendemain ? D'un révélateur des mutations du catholicisme français ? Ou d'un véritable moment de renaissance religieuse ?

    Les quatre jours de voyage ont fourni des images difficilement compatibles avec le portrait d'un catholicisme français réduit à une institution vieillissante et marginalisée : des centaines de milliers de personnes à Paris, une foule considérable à Lourdes, des dizaines de milliers de jeunes au Stade de France et une mobilisation importante à Metz. Au total, plus de 1,3 million de personnes ont participé aux différents rendez-vous du pape. Le Monde lui-même souligne l'ampleur de cette mobilisation et le caractère très large de l'audience rencontrée par Léon XIV.

    Même les plus prudents reconnaissent la réussite

    La presse généraliste demeure toutefois prudente lorsqu'il s'agit de parler de « renaissance ».

    Le Monde avait, avant même l'arrivée du pape, consacré un article au « regain de dynamisme du catholicisme » en France. Le quotidien relevait notamment les 21 386 baptêmes d'adultes et d'adolescents célébrés à Pâques 2026, en hausse sur un an. Mais il rappelait simultanément que cette progression ne suffit pas à inverser les tendances lourdes de la sécularisation et du vieillissement de la population pratiquante.

    Après le voyage, le journal a surtout insisté sur le caractère « calme et rassembleur » de Léon XIV et sur sa capacité à parler au-delà du cercle des catholiques. Sa visite aurait ainsi joué, selon Le Monde, le rôle d'un miroir des aspirations françaises à davantage de paix, de fraternité et de sens dans un contexte politique fragmenté.

    Le Parisien adopte une prudence comparable. Il reconnaît la « ferveur » et la « liesse » qui ont accompagné le pape, mais pose immédiatement la question de savoir si cette « Léonmania » débouchera réellement sur un regain durable de foi.

    Autrement dit, pour cette partie de la presse, le succès de l'événement est acquis ; son interprétation religieuse reste à démontrer.

    Le Stade de France, image impossible à contourner

    Mais il existe un élément qui a singulièrement compliqué les grilles de lecture habituelles : la jeunesse.

    Au Stade de France, 80 000 jeunes ont participé à une veillée avec le pape. Le phénomène est suffisamment spectaculaire pour que même Le Monde parle d'un accueil de Léon XIV « comme une rock star ».

    Cette jeunesse n'est d'ailleurs pas un épiphénomène isolé. L'augmentation des baptêmes d'adolescents et de jeunes adultes constitue depuis plusieurs années l'un des phénomènes les plus remarqués du catholicisme français. Avant le voyage, Le Monde parlait lui-même d'une Église de France devenue une « terre de reconquête ».

    Il serait évidemment excessif d'en conclure que la France serait redevenue catholique. Mais il est désormais tout aussi difficile de soutenir que le catholicisme serait simplement en train de disparaître sans laisser derrière lui de nouvelles formes de vitalité.

    Les images du Stade de France ont précisément rendu visible cette contradiction.

    Le Figaro : un phénomène qui dépasse le simple cadre religieux

    Dans Le Figaro, la lecture est plus volontiers culturelle et civilisationnelle.

    Le journal insiste sur la ferveur, les jeunes, l'histoire chrétienne de la France et la capacité du pape à toucher une population qui ne se réduit pas aux pratiquants réguliers.

    Le déplacement de Léon XIV apparaît ainsi comme un événement révélateur d'une réalité française plus profonde : la sécularisation n'a pas nécessairement effacé l'intérêt pour le christianisme, ni la demande de sens, de transcendance et de repères.

    Cette lecture ne signifie pas que Le Figaro transforme le voyage en « reconquête catholique ». Elle conduit plutôt à constater que le récit d'une France définitivement indifférente au christianisme ne suffit plus à rendre compte de ce que l'on a vu pendant quatre jours.

    Valeurs actuelles : que signifie réellement ce succès ?

    Valeurs actuelles s'intéresse davantage aux implications culturelles et politiques du phénomène. La question n'est pas seulement celle de la popularité personnelle du pape, mais celle de ce que sa venue révèle des rapports entre christianisme, société française et politique.

    L'interrogation porte notamment sur le caractère réellement nouveau du pontificat de Léon XIV : son style plus apaisé et rassembleur est-il simplement une question de ton, ou correspond-il à une orientation plus profonde ?

    Cette approche rejoint un constat : Léon XIV a été populaire sans avoir neutralisé le contenu proprement catholique de son message.

    La Croix : un événement qui a touché les catholiques

    Le regard de La Croix est encore différent.

    Journal catholique, mais doté d'une culture éditoriale différente de celle de Famille Chrétienne, il s'intéresse moins à la dimension de « revanche culturelle » qu'à ce que le voyage produit dans l'Église elle-même.

    Son titre « Ne gardez pas cette foi pour vous-mêmes » résume parfaitement l'une des lectures possibles du voyage : le pape n'aurait pas seulement voulu rassembler des foules, mais encourager les catholiques à transformer leur enthousiasme en témoignage et en engagement.

    C'est une nuance essentielle. La question n'est plus seulement : combien de personnes ont-elles participé ? mais : que restera-t-il de cette mobilisation dans la vie des communautés ?

    Le voyage apparaît alors comme un moment de remobilisation ecclésiale plutôt que comme une simple opération de communication.

    Famille Chrétienne : un véritable motif d'espérance

    Avec Famille Chrétienne, on franchit un degré supplémentaire dans l'interprétation.

    La mobilisation n'y est pas seulement considérée comme un phénomène sociologique : elle est lue comme un signe d'espérance pour l'Église de France.

    La présence des jeunes, la ferveur des célébrations, les catéchumènes, les familles et les malades sont considérés ensemble comme les manifestations d'un catholicisme qui cherche à retrouver une visibilité et une confiance nouvelles.

    Cette lecture est évidemment plus confessionnelle que celle du Monde ou du Figaro. Mais elle permet de comprendre pourquoi le voyage a suscité autant d'enthousiasme chez les catholiques eux-mêmes : ils ne se sont pas seulement sentis spectateurs d'un événement pontifical ; beaucoup ont eu le sentiment d'être devenus, pendant quelques jours, les acteurs visibles d'une Église qui existe encore.

    Un pape qui n'a pas édulcoré son message

    Un autre élément mérite d'être souligné : Léon XIV n'a pas acheté sa popularité au prix de l'effacement de ses convictions.

    À l'Élysée, il a utilisé la devise républicaine — « Liberté, Égalité, Fraternité » — pour rappeler que ces mots comportent selon lui des « exigences éthiques universelles » et trouvent dans le message évangélique une source d'inspiration.

    À Lourdes, il a condamné l'aide à mourir comme une forme de « fausse compassion », réaffirmant ainsi une opposition catholique très nette à l'euthanasie.

    Sur l'intelligence artificielle, la paix, la migration, l'Europe ou la dignité de la personne, le pape a également porté un message qui ne se confond pas avec les catégories politiques françaises.

    Cela explique peut-être une partie de son succès : il n'est pas venu en France pour dire aux Français ce qu'ils voulaient entendre.

    Et la question des abus ?

    La question des violences sexuelles dans l'Église a évidemment occupé une place importante dans le voyage, notamment à Lourdes, où Léon XIV a rencontré des victimes.

    Mais elle n'a pas réussi à absorber entièrement le récit de la visite.

    Le pape a écouté les victimes et affirmé la nécessité de poursuivre le chemin de « vérité, justice, pardon et réparation ». Dans l'avion du retour, il a cependant précisé ses propos concernant le caractère « systémique » des abus, ce qui a donné lieu à une couverture spécifique dans Le Monde.

    Le contraste avec le reste du voyage est instructif : la question des abus demeure centrale dans l'appréciation de l'histoire récente de l'Église, mais elle n'a pas suffi à devenir la seule grille de lecture de ces quatre jours.

    Les foules, les jeunes, les célébrations, le contenu des discours et l'enthousiasme suscité par le pape ont imposé d'autres récits.

    Le véritable paradoxe médiatique

    C'est finalement là que se trouve l'un des enseignements les plus intéressants de la couverture médiatique.

    La presse française ne raconte pas exactement la même histoire, mais elle part de plus en plus du même constat.

    Le Monde constate un phénomène populaire et sociologique considérable, tout en refusant d'en déduire trop vite une renaissance religieuse.

    Le Parisien constate la ferveur mais demande si elle durera.

    Le Figaro insiste davantage sur la dimension culturelle et civilisationnelle du phénomène.

    Valeurs actuelles s'interroge sur sa portée idéologique et politique.

    La Croix y voit un moment qui a profondément touché et remobilisé les catholiques.

    Famille Chrétienne y discerne franchement un motif d'espérance et un possible nouvel élan missionnaire.

    Les diagnostics divergent donc moins sur ce qui s'est passé que sur ce que cela signifie.

    Une France qui n'est pas redevenue catholique… mais qui n'est peut-être pas devenue indifférente

    Il serait imprudent de proclamer, au lendemain du voyage, une « renaissance catholique » accomplie. Quatre jours de foules ne suffisent évidemment pas à renverser plusieurs décennies de sécularisation.

    Mais l'erreur inverse serait de considérer ces foules comme un simple décor événementiel.

    Il s'est produit quelque chose que les catégories habituelles ont du mal à expliquer : dans une France profondément sécularisée, un pape a rassemblé des centaines de milliers de personnes, dont une proportion impressionnante de jeunes, autour d'un message explicitement chrétien.

    Et il ne s'est pas contenté de parler de paix et de fraternité. Il a aussi défendu la dignité de la vie humaine, critiqué l'euthanasie, interrogé le rapport de la société à la technique et rappelé que les valeurs proclamées par la République ont, selon lui, une profondeur éthique et spirituelle.

    C'est précisément ce qui rend le bilan de son voyage plus intéressant qu'un simple succès de popularité.

    Léon XIV n'a pas transformé la France en pays catholique. Mais il a peut-être révélé qu'elle était moins indifférente au christianisme qu'on ne le pensait.

    C'est là, finalement, le paradoxe de cette visite.

    La presse généraliste constate les foules ; la presse catholique en mesure l'espérance ; la presse conservatrice y voit la permanence d'un héritage.

    Et le pape, lui, a choisi un autre mot pour résumer son voyage : « renaissance ». Le 30 septembre, en faisant le bilan de sa visite, Léon XIV a lui-même pris Notre-Dame — détruite par le feu puis reconstruite — comme symbole de cette « renaissance ». Il a souhaité que le voyage, qu'il a qualifié d'« événement de grâce », porte des « fruits abondants et durables ».

    Il faudra maintenant voir si ces fruits seront durables. Mais une chose est déjà acquise : pendant quatre jours, le catholicisme n'a pas seulement occupé les églises françaises. Il a occupé l'espace public. Et la presse, toutes sensibilités confondues, a été obligée de le regarder.

    (avec l'IA)

  • Les évêques américains lancent le Mois du respect de la vie

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    D' sur Tribune Chrétienne :

    30 septembre 2026

    « Respect Life Month »: « Ces atteintes à la dignité humaine exigent notre réponse » , les évêques américains lancent le Mois du respect de la vie

    @americanbishops
    @americanbishops
    La Conférence des évêques catholiques des États-Unis alerte sur les risques médicaux, l’isolement des femmes et les possibilités d’exploitation liés à l’accès croissant à l’avortement médicamenteux

    À la veille du mois d’octobre, traditionnellement consacré par l’Église catholique aux États-Unis au respect de la vie humaine, les évêques américains entendent placer la question de l’avortement médicamenteux au cœur de leur mobilisation. Le communiqué publié mardi 29 septembre par la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB) reprend l’appel de Mgr Daniel E. Thomas, président de la Commission pour les activités pro-vie. Son propos ne se limite pas à rappeler l’opposition de l’Église à l’avortement. Il attire l’attention sur les conséquences concrètes de la diffusion croissante des pilules abortives et appelle les catholiques à unir prière, réflexion et action.

    « Aujourd’hui, avec un accès facilité aux pilules abortives, le taux d’avortement augmente tragiquement, tout comme les risques pour la santé », déclare Mgr Thomas. L’évêque insiste particulièrement sur la solitude dans laquelle peuvent se retrouver les femmes ayant recours à l’avortement médicamenteux. « Cela signifie que davantage de femmes, dont beaucoup ont été mal informées sur la nature et les risques de la pilule abortive, avorteront seules à leur domicile, sans aucune supervision médicale. »Cette inquiétude est complétée par une dimension moins souvent évoquée dans le débat sur l’avortement médicamenteux. Mgr Thomas estime que cette facilité d’accès crée également « des possibilités supplémentaires d’exploitation par des partenaires violents ou des trafiquants d’êtres humains ».

    Sa conclusion est sans ambiguïté : « Ces atteintes à la dignité humaine exigent notre réponse. »

    Cette formulation éclaire le sens de l’intervention de l’épiscopat américain. La question de l’avortement n’est pas abordée uniquement sous l’angle d’un débat politique ou juridique, mais à partir d’un principe central de l’enseignement catholique : la dignité intrinsèque de toute personne humaine. La protection de l’enfant à naître ne peut dès lors être séparée de l’attention portée à la mère. L’une des préoccupations exprimées par Mgr Thomas concerne précisément le risque d’un avortement vécu dans l’isolement, sans accompagnement médical direct et parfois dans un contexte de pression ou de violence. La défense catholique de la vie ne consiste donc pas seulement à s’opposer à l’avortement. Elle engage également à entourer les femmes enceintes, à les accompagner dans les situations de détresse et à défendre la dignité de la mère comme celle de l’enfant qu’elle porte.

    « Mary, Mother of Life »

    Le « Respect Life Month » est observé chaque mois d’octobre par l’Église catholique aux États-Unis depuis 1973. Pour 2026, le thème retenu est « Mary, Mother of Life », « Marie, Mère de la Vie ». Ce choix donne à la mobilisation une dimension explicitement spirituelle. Mgr Thomas ne présente pas la défense de la vie comme une campagne uniquement militante. Il la replace dans la prière et sous le regard de la Vierge Marie.« Notre Sainte Mère est notre modèle pour défendre le caractère sacré de toute vie humaine, à chaque étape et en toute circonstance. Nous confions tous nos efforts pour protéger les mères et les enfants à sa sollicitude maternelle, dont nous avons grandement besoin en ce moment. »

    La référence à la Vierge Marie rappelle que la doctrine catholique sur la vie ne se résume pas à une interdiction. Elle s’enracine dans l’accueil de la vie comme un don et dans la reconnaissance de la dignité de toute personne humaine, particulièrement lorsqu’elle est vulnérable et dépendante.

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  • L'évêque Varden plaide pour une approche équilibrée de l'immigration et de l'identité nationale

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    D'Edward Pentin sur le NCR :

    L'évêque Varden plaide pour une approche équilibrée de l'immigration et de l'identité nationale

    Un évêque norvégien met en garde contre le purisme ethnique et l'hostilité envers les étrangers, tout en soulignant le devoir des migrants de respecter le patrimoine et les lois de leurs pays d'adoption.

    L’évêque Erik Varden a plaidé pour une approche équilibrée de l’immigration, qui rejette l’idée de considérer chaque étranger comme un ennemi, souvent sur la base de la « pureté ethnique », tout en rappelant aux immigrants qu’ils ont des « devoirs solennels envers leur pays d’adoption ».

    Dans un discours prononcé le 22 septembre devant l'assemblée plénière d'automne de la Conférence des évêques nordiques, l'évêque de Trondheim a observé que le populisme actuel découle des incertitudes et des défis nationaux et mondiaux actuels — des guerres, des « phénomènes météorologiques extrêmes » et d'une crise énergétique, aux réfugiés, aux préoccupations concernant l'IA et à un « tissu social qui se déchire ».

    L'évêque Varden, qui a dirigé les exercices spirituels de Carême du pape Léon XIV pour la Curie romaine plus tôt cette année, a noté que le mot « populiste » est apparu pour la première fois à la fin du XIXe siècle et qu'il découlait d'un sentiment parmi le « peuple » — la majorité de la population d'un pays qui le fait fonctionner — que leurs voix « étaient ignorées par une élite lointaine » et qu'ils se sentaient donc « privés de leurs droits et laissés dans l'ignorance ».

    Dans un tel monde d’« incertitude » et d’aliénation, il est « normal » que les citoyens se tournent vers leur nation, leur peuple , pour trouver la stabilité, a-t-il déclaré, ajoutant que les « cris de protestation » sont « naturels, voire salutaires ». Ce qui unit une nation, a-t-il ajouté, c’est un « sentiment d’origine commune et d’un but partagé ».

    Mais il a mis en garde contre une nation « cherchant la cohérence dans des racines réelles ou imaginaires, en idolâtrant, par exemple, la chimère de la pureté ethnique », ajoutant que cela conduit à l’étroitesse d’esprit, à l’arrogance, au culte des ancêtres et à l’idolâtrie.

    Il a condamné « la rhétorique absurde et vulgaire de ce qu'on appelle la "politique identitaire" », avertissant que « la sauvegarde de la "pureté" nationale » finit par vilipender quiconque « ne correspond pas aux critères étroits d'appartenance ». Ce type de politique, a-t-il déclaré, « se nourrit de ressentiment » et n'offre souvent que peu de « vision constructive et de stratégie réaliste ».

    Il a déclaré qu’au contraire, « nous devons regarder simultanément en arrière et vers l’avenir », en construisant des nations « accueillantes, en préservant notre patrimoine, tout en restant prêts à absorber les richesses artistiques, scientifiques et culturelles apportées par les nouveaux membres ».

    Il a rappelé à son auditoire que les chrétiens ont le devoir d’aider les nécessiteux, « d’ouvrir leurs portes aux sans-abri, de partager leurs richesses matérielles avec les pauvres ». Si les nations veulent protéger leur héritage chrétien, a-t-il ajouté, elles doivent avant tout « maintenir vivante une haute tradition de charité chrétienne ».

    Mais il a également souligné l'importance pour les immigrants de rendre la pareille à l'accueil et à la générosité dont ils bénéficient de la part des pays d'accueil. Citant le Catéchisme de l'Église catholique ( 2241 ), il a déclaré qu'ils ont des « devoirs solennels » envers leur pays d'adoption et qu'ils sont « tenus de respecter avec gratitude le patrimoine matériel et spirituel du pays qui les reçoit, d'obéir à ses lois et de contribuer aux devoirs civiques ».

    Le défi pour les chrétiens, a-t-il poursuivi, est donc de concilier deux tâches : « promouvoir l’unité et le caractère national, menacés à une époque imprégnée de médias mondiaux et bombardée par la publicité du commerce mondial ; tout en prenant soin avec bienveillance des nécessiteux et des étrangers. »

    Pour aider les décideurs politiques à atteindre ce « délicat équilibre », il s'est appuyé sur la Règle de saint Benoît, qui exige que tous les hôtes des monastères soient reçus « comme s'ils étaient le Christ lui-même », mais que si l'hôte souhaite rester et faire du monastère sa demeure, ses motivations doivent être mises à l'épreuve, ce qui requiert leur « générosité et leur détermination ».

    « C’est ainsi que saint Benoît a permis à ses abbayes d’être des lieux marqués par une forte identité communautaire, tout en restant accueillants envers tous, prêts à aider quiconque dans le besoin », a déclaré l’évêque Varden.

    Tout en reconnaissant que la Règle ne peut être appliquée avec précision à l'État-nation, le prélat norvégien estime qu'une « double perspective » peut potentiellement orienter les politiques publiques. Il a toutefois souligné que les citoyens des pays d'accueil doivent également assumer leurs propres responsabilités avant d'appliquer les préceptes de saint Benoît à autrui, ajoutant que c'est un point que « de nombreux manifestes populistes omettent de mentionner ».

    Soulignant la baisse des taux de natalité dans les pays nordiques – une tendance qui touche également la plupart des pays occidentaux –, il a déclaré que sans migrants, « nos services, nos industries et nos systèmes de protection sociale s’effondreraient ». Il a ajouté que ce constat devrait inciter les citoyens des pays d’accueil à l’humilité et à la gratitude envers les immigrants, et les encourager à redoubler d’efforts pour consolider la famille et promouvoir une culture de vie.

    Les catholiques, concluait-il, sont « particulièrement bien préparés » à supporter cette tension, car être catholique signifie nourrir deux loyautés à la fois : un véritable attachement à son lieu, à son peuple et à sa tradition, et un engagement envers l'Église universelle, qui embrasse toutes les nations, tous les temps, et même la mort et l'éternité.

    « La recherche de son identité implique un engagement constant dans un processus de transformation intérieure », a conclu l’évêque Varden. « Si nous vivons selon ces principes et si nous apprenons aux autres à faire de même, cette période d’angoisse pourrait se révéler être un temps de conversion et de grâce, une formidable opportunité de bien. »

    Bien que son discours ait omis de mentionner explicitement l'immigration clandestine ou les préoccupations relatives aux effets de la culture islamique sur les pays d'accueil, les propos de l'évêque Varden sont perçus comme une intervention rare de la hiérarchie de l'Église, souvent critiquée pour privilégier les politiques d'ouverture des frontières et les droits des immigrants au détriment du devoir des gouvernements de gérer les frontières afin de préserver le bien commun.

  • Du gauchisme à la tradition : le retour à Rome d'un jeune juriste

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    De diakonos.be :

    Du gauchisme à la tradition : le retour à Rome d'un jeune juriste

    Ancien militant progressiste devenu juriste à Rome, essayiste et poète, Luigi Trisolino, né le 11 octobre 1989, incarne un parcours intellectuel hors norme. Alors que la Belgique et l'Europe du Nord traversent une crise d'identité et de repères, ce converti de 35 ans livre en exclusivité pour Diakonos.be un entretien sans filtre. Bioéthique, combat contre la sécularisation, critique du centre mou et défense du droit naturel : un regard romain tranchant, adressé directement à une jeunesse en quête d'enracinement et d'espérance.

    *

    Maître Trisolino, vous naviguez professionnellement entre les arcanes de la bureaucratie romaine et la rigueur du droit public, tout en cultivant la sensibilité du poète et la radicalité du converti. Ne serait-ce pas la définition parfaite d'un équilibriste… ou d'un incorrigible romantique qui cherche encore des lois immuables dans un monde qui change d'avis toutes les cinq minutes ?

    — « N’est ce pas avec la même ardeur laborieuse que les fourmis transportent les grains de sable, déplacent des carcasses d'insectes et creusent la terre ? Et les aigles ne dominent-ils pas les hauteurs avec la même force ailée, qu’ils construisent leurs nids au sommet des montagnes ou qu'ils y rapportent des proies pour nourrir leurs petits ? Dès lors, quelque soit le contexte ou le matériau à concevoir, façonner ou transporter — qu'il soit juridique, journalistique, poétique, politique ou théologique —, je demeure le même homme, mû et éclairé par la même conversion au Christ dans la tradition pétrinienne.

    Mon secret pour préserver mon intégrité, sans devoir faire le grand écart ni tomber dans le romantisme, c'est de rester hors de ma zone de confort. En premier lieu intérieurement, par rapport à moi-même, en veillant chrétiennement tel un guetteur pour me tenir prêt, au cas où je devrais affronter davantage d’inconfort encore à l'extérieur, par exemple politiquement, au milieu des autres. Ma conversion a été un long chemin de croix. Mais en luttant, à mon échelle, contre les idéologies mondialistes du genre et du wokisme, je commence déjà à déranger ces progressistes dont mes convictions catholiques m'ont définitivement éloigné.

    Mais j'espère être une source constructive d’inconfort, notamment parmi ces conservateurs fatigués qui, dans leurs discours et leurs actions socioculturelles, se confondent désormais pratiquement avec les figures de cette antichambre du progressisme qu’est devenu le centre mou. Même ma poésie dérange quand elle aborde des thèmes sociaux. C'est qu'elle tranche avec ces poètes aliénés qui alternent entre démission politique et postures civiques de façade, soumis au discours progressiste dominant, au matérialisme et à un néo-pacifisme de circonstance.

    Journalistes et juristes ne sont pas en reste dans ce processus d'auto-destruction intellectuelle et de liquidation des consciences qui s’ensuit. Pour un converti nourri de la tradition catholique, riche de talents qu'il se doit de fructifier, l'engagement doit être total : une présence énergique, déployée partout où il est possible de rendre témoignage. Aujourd'hui, seuls les faux prophètes font consensus. Ce sont eux qu'il nous faut combattre, en affirmant la nécessité vitale, humaine et politique d’enraciner nos identités, nos lois et nos traités dans le droit naturel le plus accompli : celui issu de nos racines chrétiennes.

    Qu'est-ce qui, dans votre parcours de juriste plongé au quotidien dans la rationalité des institutions publiques à Rome, a ouvert la brèche vers la conversion au catholicisme ? La foi a‑t-elle été pour vous une rupture ou l'aboutissement logique d'une quête de vérité ?

    — J’ai pris la réalité à bras le corps pour la regarder en face, dépouillé des filtres relativistes de mon ancien milieu. Et la réalité cette, dans ce qu’elle a de plus essentiel, a accueilli celui qui tentait de la contourner. En dépassant le juridisme qui étouffe si souvent l'État de droit, je me suis également affranchi des fables sur l’être humain que le marxisme néo-trotskyste et le progressisme libéral m’avaient inculqué. La simple curiosité intellectuelle du dilettante sur l’être humain ne me suffisait plus ; je me suis donc engagé dans une quête authentique de la vérité.

    De mon adolescence jusqu'à mes 34 – 35 ans, je n'ai cessé en effet d'explorer différentes chapelles et systèmes de pensée, tel un Ulysse avide de connaître le moindre des îlots le séparant d'Ithaque, sa véritable patrie. Devant la réalité des changements sociétaux, à l’époque du Christ comme aujourd’hui, certaines valeurs naturelles restent non négociables. Je l’ai toujours su mais je m’obstinais à vouloir tout concilier, aveuglé par des lectures dévoyées de la laïcité, de la fraternité et de la diversité culturelle.

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  • De François en Belgique à Léon XIV en France : deux voyages, deux récits médiatiques

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    De François en Belgique à Léon XIV en France : deux voyages, deux récits médiatiques

    Pourquoi le voyage de François en Belgique, en septembre 2024, a-t-il laissé une impression aussi contrastée, alors que celui de Léon XIV en France, deux ans plus tard, a donné lieu à une réception populaire beaucoup plus favorable ?

    La réponse ne tient ni à une opposition simpliste entre une Belgique qui aurait « rejeté » François et une France qui aurait « triomphalement » accueilli Léon XIV, ni à la seule question des abus sexuels. Celle-ci a également occupé une place considérable dans les médias français. La différence tient plutôt à la combinaison des circonstances, au style des deux papes et, surtout, aux images et au récit qui ont fini par dominer la perception de chaque voyage.

    En Belgique, les controverses ont fini par structurer le récit

    Il serait faux de présenter le voyage de François comme un échec. Le pape a connu des moments de véritable enthousiasme, notamment lors de sa rencontre avec plusieurs milliers de jeunes. Mais ces images n'ont pas durablement dominé le récit médiatique.

    La question des abus sexuels occupait une place particulièrement lourde dans le contexte belge. Le roi Philippe et le Premier ministre Alexander De Croo l'avaient placée au premier plan dès les discours d'accueil. François rencontra des victimes et condamna avec force les abus, appelant à ce que leurs auteurs soient jugés, y compris lorsqu'ils appartenaient au clergé ou à la hiérarchie.

    Mais le malaise du voyage ne peut être réduit à cette seule question. Les propos du pape sur les femmes à Louvain-la-Neuve, la réaction de l'université, son hommage au roi Baudouin, ses déclarations sur l'avortement et, enfin, ses propos dans l'avion du retour ont successivement ouvert de nouveaux fronts.

    Le voyage s'est ainsi transformé en une succession de dossiers conflictuels : abus sexuels, place des femmes, avortement, héritage de Baudouin, rapport entre l'Église et une société profondément sécularisée.

    Ce n'est donc pas un sujet unique qui a déterminé l'image de la visite, mais l'accumulation de controverses qui a donné à celle-ci une tonalité essentiellement polémique.

    En France, les abus n'ont pourtant pas disparu du récit

    Toute comparaison sérieuse doit éviter un raccourci : les abus sexuels ont également occupé une place importante dans la couverture française de la visite de Léon XIV. Les médias ont interrogé le pape sur les victimes, la responsabilité de l'Église et les mesures à prendre.

    Il serait donc faux d'opposer une Belgique où les abus auraient tout recouvert à une France qui les aurait ignorés.

    La différence est ailleurs : en France, les abus ont constitué l'un des récits du voyage, mais ils n'ont pas été le seul récit capable de s'imposer.

    D'autres images sont venues leur faire concurrence.

    L'image qui change la perception : une jeunesse catholique visible

    Le rassemblement de dizaines de milliers de jeunes autour de Léon XIV a fourni une image immédiatement lisible : une jeunesse catholique nombreuse, enthousiaste, chantante et priante, réunie publiquement autour du pape.

    Il ne faut évidemment pas en déduire que cette jeunesse représente l'ensemble de la société française. La sécularisation demeure profonde et la pratique religieuse régulière reste minoritaire.

    Mais cette mobilisation a rendu plus difficile une lecture du catholicisme français limitée au déclin, aux églises qui se vident et aux scandales du passé.

    Elle a fait apparaître simultanément deux réalités :

    oui, l'Église a des comptes à rendre ; mais oui aussi, elle rassemble encore.

    Cette coexistence a profondément modifié la perception du voyage.

    Deux papes, deux styles, mais surtout deux contextes

    La personnalité des deux papes a également joué un rôle.

    François avait une manière très spontanée, parfois abrupte, de répondre aux questions. Plusieurs de ses interventions en Belgique ont ainsi suscité de nouvelles controverses.

    Léon XIV apparaît dans un registre plus posé et plus structuré. Cela ne signifie nullement qu'il ait évité les sujets sensibles. Il a au contraire abordé sans détour la défense de la vie humaine, l'avortement, l'euthanasie, la laïcité, la dignité humaine ou encore la place du christianisme dans la société.

    Mais ses paroles ont été accompagnées d'un environnement visuel particulièrement puissant : jeunes, familles, saints, cathédrales, prières, catéchumènes et foules.

    Le pape n'a donc pas seulement parlé : les images ont aussi parlé pour lui.

    C'est un élément essentiel pour comprendre la différence de réception.

    Une Église confrontée à ses blessures, mais aussi capable de montrer sa vitalité

    Les deux Églises sont évidemment confrontées aux mêmes grandes difficultés : sécularisation, baisse de la pratique, vieillissement, scandales et interrogations sur leur avenir.

    Mais elles n'ont pas présenté exactement le même visage au cours de ces deux voyages.

    En Belgique, le poids des abus et des blessures institutionnelles a largement déterminé le cadre dans lequel le pape était attendu. L'Église devait expliquer, reconnaître et réparer.

    En France, Léon XIV a également rencontré une Église fragilisée, mais capable de lui montrer des signes visibles de recomposition : jeunes mobilisés, catéchumènes adultes, pèlerinages, communautés et initiatives nouvelles.

    Il ne s'agit pas de prétendre que l'Église française serait soudainement devenue forte, ni qu'elle échapperait au déclin religieux. Mais certains phénomènes donnent à voir un catholicisme qui n'est plus seulement hérité, mais aussi choisi.

    C'est cette dimension que le voyage de Léon XIV a particulièrement mise en lumière.

    Le rôle des médias : une différence de dramaturgie

    Il serait trop facile d'accuser les médias belges d'avoir « plombé » François ou les médias français d'avoir voulu « sauver » Léon XIV.

    Les journalistes avaient, dans les deux cas, de bonnes raisons de traiter la question des abus. Elle concerne des victimes réelles, des responsabilités institutionnelles et une crise majeure pour l'Église.

    Mais les médias ne racontent pas dans le vide. Ils travaillent à partir des événements, des déclarations et surtout des images que ceux-ci produisent.

    Or les deux voyages n'ont pas fourni le même matériau.

    En Belgique, les controverses se sont succédé et se sont mutuellement renforcées.

    En France, les controverses ont coexisté avec des scènes de mobilisation massive qui ont proposé un autre récit.

    La différence relève donc moins d'une intention médiatique différente que d'une différence de dramaturgie.

    Deux questions différentes pour une même Église

    Au fond, les deux voyages ont posé une même question : que peut encore dire l'Église catholique à une société profondément sécularisée ?

    Mais les images dominantes ont conduit à mettre l'accent sur deux interrogations différentes.

    En Belgique :

    Que fait l'Église pour répondre aux blessures de son passé ?

    En France :

    Pourquoi, malgré son affaiblissement, l'Église est-elle encore capable de rassembler autant de jeunes ?

    Ces deux questions ne s'excluent évidemment pas. Elles décrivent deux dimensions d'une même réalité.

    C'est pourquoi il serait excessif de parler d'une « victoire » de Léon XIV sur les médias ou d'une « défaite » de François provoquée par les médias.

    Les deux voyages ont été traversés par les mêmes grandes questions : abus, sécularisation, place de la religion dans la société et avenir du christianisme. Mais les événements n'ont pas produit les mêmes images et les images n'ont pas produit le même récit.

    En Belgique, les controverses ont largement dominé les images de la visite.

    En France, les images de la mobilisation catholique ont réussi à leur faire concurrence.

    Une même parole, une réception différente

    C'est peut-être là le véritable enseignement de la comparaison.

    François et Léon XIV n'ont pas nécessairement défendu des positions radicalement différentes sur les grandes questions éthiques et anthropologiques. Mais ils ont parlé dans des contextes différents et devant des Églises qui n'ont pas présenté le même visage au même moment.

    En Belgique, le passé a largement pesé sur le présent.

    En France, le présent a davantage permis de parler de l'avenir.

    Le contraste entre les deux voyages ne s'explique donc pas principalement par la présence ou l'absence des abus, mais par la place qu'ils ont occupée dans le récit global de chaque visite.

    François a rencontré en Belgique une Église dont les blessures ont largement déterminé la perception de son passage. Léon XIV a rencontré en France une Église capable de montrer simultanément ses blessures et ses forces vives.

    Et c'est probablement cette coexistence qui a fait la différence.

    Une Église qui ne montre que ses blessures appelle naturellement les questions sur son passé. Une Église qui montre aussi sa jeunesse, sa prière et sa capacité à transmettre oblige à poser une autre question : quel avenir peut encore avoir le christianisme ?

    C'est cette seconde question que le voyage de Léon XIV a davantage réussi à imposer dans l'espace public.

    Au fond, un même message peut être reçu très différemment lorsqu'il est porté par une communauté qui donne publiquement le sentiment d'être vivante.

    (avec l'IA)

  • Léon XIV en France : quand le catholicisme sort du bois

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    Léon XIV en France : quand le catholicisme sort du bois

    Ils avaient pris l'habitude de parler du catholicisme au passé. Léon XIV les a obligés à employer le présent.

    Pendant quatre jours, la France aura vu ce qu'elle ne voit plus guère dans son paysage médiatique ordinaire : une Église catholique visible, assumée et mobilisée. Des centaines de milliers de personnes à Paris, 80 000 jeunes au Stade de France, des foules à Lourdes et à Metz. Et, surtout, une jeunesse catholique qui ne semblait ni honteuse de sa foi ni désireuse de la dissimuler.

    Ce n'est évidemment pas le retour statistique de la France chrétienne d'autrefois. Il serait absurde de transformer quelques jours exceptionnels en retournement démographique. Mais quelque chose s'est produit : le catholicisme a réoccupé l'espace public sans demander pardon d'y être.

    Et c'est peut-être cela qui a le plus dérangé.

    Une Église qui n'a pas demandé la permission de parler

    Léon XIV avait annoncé la couleur dès l'avion qui le conduisait à Paris. Il n'est pas venu comme un diplomate en visite, ni comme une personnalité culturelle venue célébrer le patrimoine français.

    « Je me rends avant tout en France […] en tant que disciple de Jésus-Christ désireux de proclamer la paix, la paix du Christ », déclarait-il aux journalistes.

    Tout est là.

    Il est venu comme pape.

    Il a donc parlé de Dieu, de la foi, de la vie, de la dignité humaine, de la famille, de la paix, de l'avenir de l'Europe. Bref, de tout ce qu'une certaine conception aseptisée de la laïcité voudrait parfois reléguer derrière les portes des églises.

    À Paris, devant les autorités françaises, Léon XIV n'a pas davantage contourné les questions qui fâchent. Et à Lourdes, il a formulé sans détour une critique de la logique de la mort programmée :

    « Il est impossible de considérer comme normal de donner la mort. Ce qui est légal n'est pas nécessairement moral. »

    Puis il a ajouté :

    « Jamais la médecine ne pourra se faire la servante de la mort programmée ! »

    Difficile d'être plus clair.

    Et il ne s'est pas arrêté à la fin de vie. À Paris, à l'UNESCO, il a replacé la question de la vie humaine dans une réflexion beaucoup plus large : que devient une civilisation lorsque la vie cesse d'être reçue comme un don pour devenir un objet que l'on produit, sélectionne ou exploite ?

    « La vie n'est plus comprise comme un don, mais comme une marchandise », avertissait-il.

    Voilà donc un pape qui, en France, ne s'est pas contenté de célébrer Notre-Dame ou de saluer le patrimoine chrétien.

    Il a posé des questions de civilisation.

    Et puis il y eut le Stade de France

    Mais le moment le plus révélateur n'a peut-être pas été politique.

    Il a été ecclésial.

    80 000 jeunes au Stade de France.

    Pas pour un concert.

    Pas pour une manifestation politique.

    Pas pour une vedette du sport.

    Pour une veillée de prière avec le pape.

    Et Léon XIV leur a dit quelque chose que notre époque peine à entendre : « Vous êtes l'Église d'aujourd'hui. »

    Pas « l'Église de demain ».

    Pas « l'Église si vous voulez bien vous engager ».

    L'Église d'aujourd'hui.

    Puis, à Paris, il les a exhortés à ne pas garder leur foi pour eux-mêmes :

    « Ne gardez pas cette foi en Jésus-Christ pour vous-mêmes, mais laissez-la déborder pour abreuver et combler les personnes que vous rencontrez. »

    Voilà qui devrait rassurer ceux qui craignent une résurgence du catholicisme dans l'espace public : le pape n'a effectivement pas demandé aux catholiques de rester tranquillement chez eux.

    Il leur a demandé exactement l'inverse.

    Sortez. Témoignez. Transmettez. Servez.

    Et les jeunes semblent avoir répondu présents.

    Le catholicisme n'est pas une pièce de musée

    C'est ici que le débat sur la laïcité devient intéressant.

    La France est laïque. Elle doit le rester.

    Mais la laïcité ne signifie pas que les religions doivent être invisibles. Elle signifie que l'État ne se confond pas avec une religion et garantit la liberté de conscience et de culte.

    Le problème commence lorsque certains semblent confondre neutralité de l'État et neutralisation du religieux.

    Un christianisme patrimonial ne dérange personne.

    Une abbaye transformée en hôtel ? Très bien.

    Une cathédrale visitée par des touristes ? Magnifique.

    Un saint présenté comme une figure historique ? Très bien.

    Mais des catholiques qui prient ?

    Des jeunes qui parlent de Jésus-Christ ?

    Un pape qui affirme publiquement que la vie humaine possède une dignité qui ne dépend ni de son âge, ni de son état de santé, ni de son utilité ?

    Alors soudain, certains découvrent les vertus de la discrétion.

    Le catholicisme est parfaitement accepté à condition de ne plus être vraiment catholique.

    C'est précisément cette logique que le voyage de Léon XIV vient contredire.

    Une parole qui assume les racines chrétiennes

    À Metz, le pape a porté le débat encore plus loin.

    Dans la ville de Robert Schuman, il a parlé des « racines de l'Europe », de paix et d'unité. Et il a appelé les jeunes Européens à ne pas avoir peur de l'avenir :

    « Aimez la vie à chaque instant, et n'ayez pas peur de l'avenir ! »

    Puis cette exhortation, particulièrement forte dans une Europe vieillissante :

    « N'ayez pas peur de fonder une famille, de mettre des enfants au monde, de défendre la dignité de toute personne, du premier instant dans le ventre de sa mère jusqu'à son dernier souffle. »

    Il faudrait mesurer la portée de ces mots.

    Dans une société où l'enfant à naître est souvent présenté sous l'angle du droit de disposer de soi, où la fin de vie est de plus en plus pensée en termes d'autonomie et où la famille est devenue l'objet de profondes recompositions, Léon XIV réintroduit une autre logique :

    la dignité précède l'utilité.

    La vie n'est pas digne parce qu'elle est performante.

    La personne n'est pas digne parce qu'elle est autonome.

    L'homme n'a pas de valeur parce qu'il est rentable.

    Et la fragilité n'abolit pas la dignité.

    Voilà une parole chrétienne.

    Et voilà précisément pourquoi elle ne pouvait que rencontrer quelques résistances.

    L'« urticaire » des laïcards ?

    Il faut ici éviter une facilité : tous les défenseurs de la laïcité ne sont évidemment pas hostiles au catholicisme. Et les interrogations sur la place de la religion dans l'espace public sont parfaitement légitimes.

    Mais le voyage aura aussi révélé une réaction plus curieuse : l'impossibilité, pour certains, d'accepter que la visibilité catholique soit simplement... catholique.

    Pourquoi faudrait-il que le croyant s'excuse de croire ?

    Pourquoi faudrait-il qu'une messe publique soit suspecte ?

    Pourquoi faudrait-il qu'un pape, lorsqu'il parle de bioéthique, de famille ou de vie humaine, soit immédiatement sommé de rester dans les limites d'un discours religieux privé ?

    Une société pluraliste doit accepter quelque chose de beaucoup plus exigeant que la simple coexistence des opinions : elle doit accepter que des convictions profondes continuent d'exister publiquement, y compris lorsqu'elles contredisent l'air du temps.

    C'est cela, la liberté.

    Le vrai succès du voyage

    Le véritable résultat de ce voyage n'est donc pas de savoir si la France est redevenue catholique. Elle ne l'est manifestement pas.

    Le résultat est plus modeste — et peut-être plus important.

    On ne peut plus faire comme si le catholicisme n'était qu'un souvenir.

    Il y a encore des catholiques.

    Il y a encore des jeunes catholiques.

    Il y a encore des familles catholiques.

    Il y a encore des vocations.

    Il y a encore des convertis.

    Il y a encore des gens qui veulent transmettre.

    Et, surtout, il y a encore une Église capable de proposer autre chose que l'adaptation permanente aux dernières évolutions culturelles.

    Léon XIV n'est pas venu demander à la France de renoncer à la République.

    Il n'est pas venu abolir la laïcité.

    Il est venu rappeler que la foi chrétienne possède encore quelque chose à dire sur l'homme et sur la société.

    Et il l'a dit sans agressivité, mais sans complexe.

    À ceux qui s'inquiètent de cette visibilité retrouvée, il faudrait finalement rappeler une chose assez simple.

    Une démocratie n'est pas menacée par des citoyens qui prient.

    Elle serait plutôt menacée par une conception de la liberté qui ne tolérerait certaines convictions qu'à condition qu'elles restent silencieuses.

    Le voyage de Léon XIV aura donc produit un paradoxe.

    Ce pape venu proclamer « la paix du Christ » aura réveillé une petite guerre culturelle.

    Mais cette fois, les catholiques étaient là.

    Ils étaient 80 000 au Stade de France.

    Ils étaient des centaines de milliers à Paris.

    Ils étaient à Lourdes.

    Ils étaient à Metz.

    Ils chantaient, priaient, écoutaient.

    Et Léon XIV leur a simplement dit :

    « Vous êtes l'Église d'aujourd'hui. »

    C'est peut-être cela, finalement, qui aura le plus déconcerté.

    Ils avaient enterré le catholicisme.
    Lui leur a simplement montré qu'il respirait encore.

    (avec l'IA)

  • A Metz et dans l'avion du retour, le Pape a confirmé et précisé les propos des jours précédents

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    Ce qui ressort de la journée de Metz, puis surtout de la conférence de presse dans l’avion de retour vers Rome, c’est une réelle continuité avec les prises de position exprimées par Léon XIV pendant son voyage. Il n'a pas cherché, au retour, à édulcorer ses propos sur la vie humaine, la paix, le réarmement, le rôle public de l’Église ou encore les abus sexuels.

    1. À Metz : l'Europe ne peut pas renier ses racines

    À Metz, Léon XIV a développé une idée forte : l'Europe ne peut comprendre son identité et construire son avenir en faisant abstraction du christianisme.

    Il rappelle notamment le rôle de saint Benoît :

    « Sans ce terreau monastique, la civilisation européenne, telle que nous la connaissons, n’existerait pas. »

    Et il affirme explicitement :

    « On ne peut donc pas parler de l’Europe sans évoquer le christianisme. »

    Mais le pape ne propose pas pour autant une Europe confessionnelle. Il établit plutôt un lien entre les racines chrétiennes et les valeurs qui fondent aujourd'hui la coexistence européenne : dignité de la personne, liberté, démocratie, égalité et État de droit. Il rappelle également que la laïcité suppose « une véritable collaboration » et le respect de la liberté de l'Église.

    2. La paix : pas simplement l'absence de guerre

    À Metz, son discours devient particulièrement incisif lorsqu'il aborde la guerre et le réarmement.

    Léon XIV reprend à son compte l'avertissement contre « l’illusion du réarmement » et demande aux responsables politiques d'avoir « le courage dans la négociation » et d'être prêts à « sacrifier certaines positions pour le bien supérieur de la paix ».

    Il ne s'agit donc pas, précise-t-il, d'un « irénisme naïf ». La paix exige au contraire des « efforts créateurs à la mesure des dangers qui la menacent ».

    Et il lance aux jeunes une exhortation qui résume assez bien son message français :

    « N’ayez pas peur de fonder une famille, de mettre des enfants au monde, de défendre la dignité de toute personne, du premier instant dans le ventre de sa mère jusqu’à son dernier souffle. »

    Cette phrase est particulièrement importante : la défense de la vie est intégrée par Léon XIV à son discours sur l'avenir de l'Europe, et non traitée comme une question marginale ou strictement confessionnelle.

    3. Dans l'avion : « Nous ne faisons pas de politique, nous appliquons l'Évangile »

    C'est sans doute l'un des passages les plus significatifs de la conférence de presse.

    Interrogé sur la défense de la vie et notamment sur l'euthanasie, Léon XIV refuse très clairement l'idée que l'Église devrait se taire dès lors qu'une question devient politique.

    Il déclare :

    « Lorsque l’Église parle de la défense de la vie ou de questions de doctrine sociale, elle ne fait pas de politique, mais applique l’Évangile à la vie des personnes. »

    C'est une précision importante. Léon XIV confirme ainsi à bord de l'avion ce qu'il avait dit en France : la défense de la vie humaine appartient à la mission propre de l'Église.

    Autrement dit, le pape ne considère pas que parler publiquement de l'avortement, de l'euthanasie, de la dignité humaine ou de la famille constitue en soi une intrusion dans le domaine politique.

    4. Sur les abus sexuels : une précision importante

    La conférence de presse lui permet également de préciser ses propos tenus après sa rencontre avec des victimes à Lourdes.

    Il refuse de reprendre sans nuance l'expression « système d'abus » :

    « Beaucoup d’entre elles ont parlé d’abus systémique. Personnellement, je préfère l’exprimer autrement. »

    Il reconnaît cependant que certaines organisations de l'Église ont pu, dans certaines circonstances, fonctionner « de manière abusive comme un système ».

    Mais il replace surtout la question dans une perspective plus fondamentale :

    « L’abus sexuel est avant tout un problème humain. Lorsqu’il se produit au sein de l’Église, il prend en réalité une autre dimension, car la vie de foi des personnes est profondément blessée et parfois même détruite. »

    Il ajoute que l'Église a « une responsabilité particulière » envers les victimes et doit les accompagner sur le chemin de la guérison.

    Cette nuance est intéressante dans le contexte du voyage : Léon XIV ne minimise absolument pas les abus, mais il refuse également que l'expression « systémique » devienne une catégorie explicative universelle.

    5. Guerre et réarmement : le pape confirme et durcit même son propos

    La question de la guerre Russie-Ukraine lui donne l'occasion de revenir sur son discours de Metz.

    Il insiste sur la responsabilité de l'Église de rappeler la dignité humaine et le caractère sacré de la vie :

    « L’Église a une responsabilité de promouvoir ces valeurs. »

    Et surtout :

    « Il faut continuer à inviter des dirigeants comme ceux de la Russie et de l’Ukraine [...] à venir, à s’asseoir, à dialoguer, à chercher comment résoudre les problèmes sans continuer ces guerres qui n’ont plus de sens. »

    Il dénonce également les intérêts économiques liés à l'industrie de l'armement :

    « Quelques-uns s’enrichissent énormément grâce à une industrie qui promeut la guerre. »

    Et il oppose à ces dépenses les besoins fondamentaux de l'humanité :

    « Avec ces milliards d’euros ou de dollars, on pourrait résoudre des problèmes comme la faim dans le monde, le logement, les situations de chômage. »

    6. Le fil rouge du voyage

    Si l'on met bout à bout Lourdes, Paris et Metz, puis les réponses données dans l'avion, on voit apparaître un discours assez cohérent :

    • la vie humaine doit être protégée, de son commencement à sa fin naturelle ;
    • l'Église a le droit et le devoir de parler publiquement de ces questions ;
    • la famille et la natalité ne doivent pas être considérées comme des réalités dépassées ;
    • l'Europe doit assumer ses racines chrétiennes, sans devenir pour autant un État confessionnel ;
    • la paix ne se construit pas seulement par le rapport de forces et le réarmement, mais par la négociation ;
    • les abus sexuels doivent être pris au sérieux, avec une attention prioritaire aux victimes, mais sans réduire toute la réalité ecclésiale à la catégorie du « systémique » ;
    • enfin, le christianisme demeure pour lui une force capable de contribuer à l'avenir de l'Europe, et non simplement un héritage historique.

    C'est probablement ce qui donne au voyage sa cohérence : Léon XIV ne s'est pas contenté de tenir un discours pastoral sur l'Église ; il a proposé une certaine conception de l'homme et de la société, fondée sur la dignité humaine, la vie, la famille, la liberté, la paix et les racines chrétiennes de l'Europe.

    Et surtout, la conférence de presse dans l'avion a confirmé que ces déclarations n'étaient ni des improvisations ni des maladresses de circonstance : interrogé directement par les journalistes, le pape les a précisées, assumées et, sur plusieurs points, développées.

    (avec l'IA)

  • Prière à saint Michel en musique

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    Lu et entendu ce 29 septembre, en la fête de l’archange saint Michel, sur le site web « aleteia » : 

    Le Chœur St Michel à Paris, chœur de jeunes hommes chrétiens, a mis en musique la prière d’exorcisme à St Michel de Léon XIII, prière qu’ils chantent à chaque répétition : « saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat, soyez notre secours contre la perfidie et les embûches du démon ; que Dieu étende sur lui son empire, nous le demandons en suppliant.
    Et vous, prince de la Milice céleste, refoulez en enfer, par la vertu divine, Satan et les autres esprits mauvais qui errent dans le monde pour la perte des âmes ».

    Prière composée par le pape Léon XIII (1878-1903), à la suite d’une extase durant laquelle il aurait entendu Satan demander à Jésus-Christ de lui laisser un siècle pour parvenir à détruire l’Église catholique romaine, ce que Jésus lui accorda. Elle a été récitée à la fin de chaque messe basse jusqu’à Vatican II, et demandée par le pape François en octobre 2018.

     Ref. Prière à saint Michel en musique

  • Embryon, fin de vie, laïcité, le pape n'a pas mâché ses mots durant son voyage en France

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    Ce qui frappe dans le voyage de Léon XIV en France, du 25 au 28 septembre 2026, c’est qu’il n’a pas seulement délivré un message spirituel ou diplomatique. Sur des sujets particulièrement sensibles pour la société française — le commencement de la vie, la fin de vie, la dignité de la personne et la laïcité — il a employé des formules d’une remarquable netteté.

    « Personne n’a le droit […] de décider de la vie de tel embryon »

    À l’UNESCO, à Paris, le pape a placé la question anthropologique au cœur de son discours. Sa réflexion commence par une affirmation très simple : « Avant toute chose, la personne humaine est quelqu’un qui est conçu et qui naît. » Et il ajoute : « être humain signifie donc, tout d’abord, être un enfant. »

    Ce n'est pas une abstraction. Léon XIV poursuit en désignant explicitement ceux dont la dignité est la plus facilement relativisée :

    « Le critère qui permet d’évaluer notre engagement est le soin que nous apportons aux plus petits et aux pauvres : les enfants dans le sein de leur mère […] les personnes âgées, les migrants, les réfugiés, et tous ceux qui sont arrogamment exclus parce qu’improductifs. »

    Et il établit un lien direct avec les progrès scientifiques et technologiques : la dignité humaine ne peut dépendre de la performance, de l'autonomie ou de la productivité.

    À Lourdes, le lendemain, le propos devient encore plus frontal. Léon XIV reprend une formule prononcée en juin devant la Fondation Jérôme Lejeune :

    « Personne n’a le droit, jamais, sur la base d’algorithmes de laboratoire, de décider de la vie de tel embryon ou de telle personne âgée ! »

    Puis cette phrase, particulièrement forte :

    « Jamais la médecine ne pourra se faire la servante de la mort programmée ! »

    Le contexte est important : le pape met ainsi sur le même axe de réflexion l’embryon et la personne âgée, deux moments de l'existence où la personne risque d'être considérée selon des critères extérieurs à sa dignité propre.


    « Ce qui est légal n’est pas nécessairement moral »

    C’est probablement l'une des phrases les plus directement susceptibles de résonner dans le débat français sur la fin de vie.

    À Lourdes, devant les malades et les soignants, Léon XIV affirme :

    « Il est impossible de considérer comme normal de donner la mort. Ce qui est légal n’est pas nécessairement moral. »

    La formule est courte, mais elle touche à un principe fondamental : la loi civile n'épuise pas la question morale.

    Le pape ne s'est d'ailleurs pas contenté de condamner. Il a proposé une autre conception de la médecine :

    « Veiller sur la personne souffrante et non pas la supprimer. »

    Et il exhorte les soignants :

    « Soyez des serviteurs passionnés de la vie ! »

    Il demande parallèlement de « développer sans relâche les structures de soins palliatifs et de recherche » et d'accompagner les malades « avec tendresse ».

    Son raisonnement est donc assez précis : face à la souffrance, la réponse de la société doit être davantage de soin, d'accompagnement et de solidarité, et non la transformation de la mort provoquée en réponse médicale.


    Une phrase terrible sur la société de la performance

    À l'UNESCO, Léon XIV va plus loin encore. Il met en garde contre une société dans laquelle l'être humain serait implicitement évalué selon son utilité :

    « Nous risquons de ne plus reconnaître la dignité inaliénable des personnes humaines, dont la vie est jugée selon le critère de l’efficacité et qui, lorsqu’elles sont considérées comme n’étant plus productives, sont rejetées et mises au rebut. »

    C'est ici que son discours sur l'embryon et celui sur la fin de vie se rejoignent.

    Le même principe est posé aux deux extrémités de l'existence : la valeur d'une personne ne dépend ni de son autonomie, ni de ses capacités, ni de son utilité sociale.

    Et le pape le formule explicitement :

    « Notre dignité n’est pas détruite par la maladie ou la souffrance, et elle ne dépend pas de nos capacités. Elle appelle au contraire à des soins aimants à chaque étape de la vie. »


    Et sur la laïcité, Léon XIV n'a pas davantage mâché ses mots

    C'est peut-être l'un des passages les plus intéressants de son discours à l'Élysée.

    Le pape ne remet pas en cause la laïcité française. Mais il en donne une interprétation qui est loin d'une conception de la religion confinée à la sphère privée :

    « La véritable laïcité n’exclut pas la dimension religieuse, mais sait au contraire en tirer parti comme d’une ressource éducative. »

    Puis il ajoute :

    « Le chrétien impliqué dans la vie publique, et agissant selon la lumière de sa conscience éclairée par la foi, ne peut être considéré comme un prosélyte ou une menace à l’unité de la patrie. »

    Voilà qui est très clair : la foi d'un citoyen ne doit pas être considérée comme une anomalie ou une menace lorsqu'il participe à la vie publique.

    Et Léon XIV tire immédiatement une conséquence concrète :

    « C’est précisément la raison pour laquelle l’École catholique a toute sa place dans le paysage éducatif d’un pays comme la France. »

    Il va même jusqu'à définir positivement la laïcité :

    « Une juste laïcité ne consiste donc pas à exclure la religion de l’espace public ou de l’éducation, mais à travailler pour que l’État et les institutions religieuses dialoguent ensemble et unissent leurs forces au service du bien commun. »

    Un fil rouge : « que le monde ait la vie »

    Il y a finalement une remarquable cohérence entre les différents discours.

    À l'Élysée : défendre la vie et permettre aux religions de contribuer au bien commun.

    À l'UNESCO : protéger l'être humain contre une civilisation qui pourrait le réduire à son utilité.

    À Lourdes : refuser que la médecine devienne l'instrument d'une mort programmée et demander que les malades soient accompagnés jusqu'au bout.

    Le pape résume lui-même cette vision par une formule qui revient comme une sorte de refrain : « pour que le monde ait la vie ».

    Et c'est sans doute ce qui rend son voyage en France particulièrement significatif : Léon XIV n'a pas choisi l'affrontement politique, mais il n'a pas davantage édulcoré les points sur lesquels la vision chrétienne de l'homme entre en tension avec certaines évolutions législatives et culturelles contemporaines.

    Il a parlé de l'embryon, de l'enfant à naître, de la personne âgée, du malade, de la mort provoquée, de la place de la religion dans la cité et de la liberté de conscience — et, sur chacun de ces sujets, il a rappelé une même conviction : l'être humain possède une dignité qui ne lui est pas conférée par l'État, la médecine, la société ou ses propres capacités.

    Texte intégral du discours à l'Élysée — Vatican

    Texte intégral du discours à l'UNESCO — Vatican

    Texte intégral du discours de Lourdes — Vatican

    (avec l'IA)

  • La France retourne, au moins pour deux jours, à son baptême. Et la suite ? (Rod Dreher)

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    Du substack de Rod Dreher :

    L’Espérance
    La France retourne, au moins pour deux jours, à son baptême. Quelle est la suite ?

    Le pape Léon XIV pleure et prie devant une image de la Madone et de son Enfant

    Vous, chers lecteurs fidèles, savez combien j'aime la France. Et vous savez probablement depuis combien d'années je prie pour que ce pays bien-aimé mais souffrant revienne à son baptême. Vous pouvez donc imaginer pourquoi je suis resté allongé ici, tôt le matin, dans mon lit d'hôtel à Chicago, ville natale du pape Léon XIV, à regarder encore et encore ces vidéos du pèlerinage du pape en France, en pleurant à chaudes larmes et en répétant sans cesse : « Merci, Seigneur, merci ! »

    Les vidéos ont été incroyables, tout simplement incroyables. Voici le pape américain parlant au nom de ce chrétien orthodoxe américain alors qu'il pleure devant une statue de la Madone et de son Enfant devant la cathédrale Notre-Dame, que l'Ennemi a tenté de brûler sans y parvenir…

    …chantant avec la foule rassemblée l'hymne catholique médiéval « Salve Regina », qui fut mis sur cet air à l'abbaye de Cluny au XIIe siècle.

    Ils chantaient en latin ; voici la traduction en français :

    Salut, reine, mère de la miséricorde.
    Vie, douceur, espérance des hommes salut !
    Enfants d’Ève, nous crions vers toi dans notre exil.
    Vers toi, nous soupirons parmi les cris et les pleurs de cette vallée de larmes
    Ô toi, notre avocate,
    tourne vers nous
    ton regard plein de bonté.
    Et montre-nous Jésus le fruit béni de tes entrailles,
    à l’issue de cet exil.
    Ô clémente ! Ô bonne ! Ô douce Vierge Marie.

    C'est dans cette cathédrale, le 10 novembre 1793, que les révolutionnaires blasphémateurs ont démonté l'autel et intronisé la « Déesse Raison ». Où est la Déesse Raison ? Où sont les révolutionnaires ? Morts, et morts. Aujourd'hui, l'autel a été restauré, Dieu y est adoré, et s'y dresse la Mère de Dieu, dorée et rayonnante de la gloire de son Fils, tandis que le pape en pleurs et la foule rassemblée chantent ses louanges et la supplient de les conduire à Jésus.

    Plus tard, au Stade de France, Léon a dirigé une veillée de prière réunissant 80 000 jeunes catholiques français. Les Français ont présenté un spectacle célébrant l'histoire de la foi en France, mettant en vedette ses saints et ses martyrs. (Comme j'aurais aimé qu'ils incluent le père Jacques Hamel, massacré par des islamistes alors qu'il célébrait la messe dans sa petite paroisse de campagne il y a quelques années ; j'ai dédié la version française de The Benedict Option à sa mémoire).

    Le point est : les Français sont un peuple, un peuple avec une histoire, et cette histoire comprend de grandes et saintes actions de chrétiens. L'histoire de la France est l'histoire de la foi chrétienne en France, et des hommes et femmes saints qui en ont fait partie. Quand j'ai vu les vidéos de cette veillée de prière, je n'ai pas pu m'empêcher de me souvenir d'avoir été l'année dernière avec les 20 000 jeunes pèlerins en route pour Chartres. De cette histoire :

    Devant Saint-Sulpice, je m'arrête pour discuter avec un groupe de jeunes femmes portant l'uniforme du mouvement scout de France, mouvement scout, qui a toujours été lié à l'Église catholique, contrairement à sa version plus laïque dans la sphère anglophone. J'en interroge une — Isa, 19 ans, originaire d'Orléans — sur sa présence ici.

    « Jésus », déclare-t-elle.

    Plus :

    Bien que la plupart des pèlerins ne s'expriment pas en termes philosophiques, tous sont préoccupés par la question du sens. Une fois la messe d'ouverture terminée, je rencontre Anna, une pèlerine viennoise, dans un café voisin.

    C'est la première marche de Chartres pour la jeune femme joyeuse de 24 ans. Elle a l'air d'une superfan à un concert de Taylor Swift. Pourquoi est-elle ici ?

    « La tradition est le seul avenir sûr que nous ayons », répond-elle. « Sur quoi allez-vous construire votre vie, sinon sur Dieu ? »

    Il y a aussi quelques pèlerins plus âgés. John Pepino, 57 ans, un professeur né en Angleterre au séminaire de Denton, Nebraska de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre — un ordre de messe en latin fidèle à Rome — participe à son troisième pèlerinage de Chartres, accompagné cette fois par sa fille de 17 ans, Margie.

    « Je me sens comme un grand-père ici », rit-il.

    Ce n'est pas censé arriver, dis-je à Pepino, en plaisantant. Les jeunes, en tant que progressistes naturels, ne sont pas censés vouloir récupérer ce que leurs aînés ont jeté à la poubelle ; ils sont censés vouloir se libérer du poids mort du passé catholique.

    « Je pense qu'il s'agit simplement de jeunes fervents qui ne se reconnaissent pas dans ce que les évêques leur proposent habituellement », dit-il.

    En discutant avec de jeunes pèlerins rassemblés devant Saint-Sulpice au début du pèlerinage, je leur ai demandé, en tant que journaliste, pourquoi ils étaient là. Encore et encore, j'ai reçu une variante de cette réponse :

    La génération de nos parents ne nous a rien donné. Nous sommes ici à la recherche de la tradition. Nous sommes à la recherche de sens. Nous sommes à la recherche d'un but. Nous sommes à la recherche d'une communauté. Nous sommes, en fin de compte, à la recherche de Dieu.

    Il y avait aussi quelques Américains lors de ce pèlerinage. Ce qu'ils ont vu de la foi catholique en France, ils l'ont pris à cœur, car l'expérience de la foi chrétienne est universelle :

    Un prêtre américain qui conduit un groupe de lycéens à Chartres me confie : « Quand ils viennent ici, l’une des choses qu’ils découvrent, c’est qu’une vie catholique joyeuse est possible, qu’une belle vie catholique est possible. Aux États-Unis, les gens se sentent très isolés de cela, parce que nous n’avons pas l’héritage culturel qui nous oriente dans cette direction. Alors, quand les garçons en font l’expérience, ils réalisent que ce n’est pas juste un conte de fées. »

    La plupart de ces garçons, poursuit le clerc, seront exposés à de la pornographie hardcore des années avant même de voir une belle église européenne, ou de rencontrer une beauté extraordinaire dans la nature. Son espoir est qu’ils rentreront chez eux en sachant qu’ils peuvent être sincèrement attirés par quelque chose de beau qui est aussi bon.

    « Voir l’expression sur le visage de ces garçons quand ils voient ce genre de beauté pour la première fois ! » dit le prêtre. « Nous étions à l'abbaye de Fontgombault, et nous étions debout à 4h15 du matin, à écouter les moines chanter les matines dans une église monastique du XIIe siècle — c’est tout simplement quelque chose qu’ils perçoivent immédiatement comme le genre de chose en laquelle ils ont été créés pour se réjouir. »

    Pèlerins en route vers Chartres, 2025

    Cette expérience m'a donné plus d'espoir que je n'en ai eu depuis des années. Avant de quitter Paris, j'ai dîné avec un vieil ami français, Roland, qui m'a dit : « Ces jeunes gens, cette génération nous sauvera. »

    Au moment où j'écris ces lignes, un million de catholiques sont rassemblés le long des Champs-Élysées et sur la place de la Concorde, à Paris, pour entendre le pape dire la messe en français. Regardez cette foule le long des Champs-Élysées, priant au cœur de l'un des pays les plus athées d'Europe :

    Miséricorde pour l’Humanité France 
    @MisericordeF
    Je suis triste quand je vois toute cette effervescence autour du catholicisme, je prédisais cela depuis des années et j'ai l'impression d'être un agent de la CIA qui assisterait impuissant au retour de l'Union Soviétique. Dans 45 ans la France redeviendra catholique et nous n'aurons plus que nos yeux pour pleurer. Je suis bon joueur néanmoins les catholiques sont beaucoup mieux organisés ainsi que plus déterminés que nous les musulmans et même que les sionistes, il faut savoir reconnaître la force de l'international catholique. Les catholiques américains vont maintenant inonder le monde de leur soft power au détriment à la fois de l'hégémonie spirituelle musulmane en Europe de l'Ouest et du lobby sioniste.

    Il est facile de laisser monter son espoir, pour finir déçu. En 1997, le pape Jean-Paul II a célébré la messe pour un million de personnes lors des Journées mondiales de la jeunesse à Paris. Pourtant, la foi a continué son déclin. Mais ces jeunes gens lors du pèlerinage de Chartres n'étaient pas encore nés. Pas plus qu'aucun des jeunes gens rassemblés pour prier avec le successeur de Jean-Paul, Léon, au Stade de France. Personne ne connaît l'avenir.

    Cela signifie énormément pour moi pour une autre raison. Dans deux heures, ici à Chicago lors de la conférence Touchstone, où des intervenants discutent de l'avenir de notre propre pays en difficulté, je donnerai la conférence de clôture. Je parlerai de « l'Amérique de Weimar » et des signes des temps. Mon discours n'est pas destiné à décourager les gens, mais à les éveiller à la tempête qui s'annonce, afin que nous puissions agir !

    Encore une fois : l'avenir n'est pas écrit ! Nous pouvons avoir l'avenir que nous voulons, mais seulement si nous agissons pour qu'il se réalise. Pas l'avenir de l'incroyance et du désespoir, pas l'avenir de la résignation et de l'islamisation, pas l'avenir de la gauche radicale ou de la droite radicale. Nous pouvons avoir l'avenir d'une foi ressuscitée dans le Seigneur ressuscité ! Ils peuvent l'avoir en France, et nous pouvons l'avoir en Amérique — mais nous devons le vouloir assez pour nous sacrifier pour lui, pour cette grande aventure romantique de la vie chrétienne.

    Cela peut être nôtre, mais cela ne se fera pas sans lutte — une lutte avant tout pour nous surpasser, pour vaincre notre faiblesse et notre complaisance, mais ce n'est pas la seule lutte. Que le lecteur comprenne. La semaine dernière en Suisse, un journaliste français expérimenté m'a dit : « On a le sentiment que la France est dans une situation prérévolutionnaire. »

    Le ciel s'assombrit, mais souvenez-vous : la Lumière est apparue dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont ni comprise ni vaincue. Le Christ est ressuscité!

    Alors que je concluais mon Free Press article sur le pèlerinage de Chartres :

    « L'espérance est une mémoire qui désire, la mémoire est une mémoire qui a joui. » Telle est l'essence de l'espérance chrétienne que Chartres offre à ces jeunes idéalistes. L'homme qui a écrit ces mots était Honoré de Balzac. Un Français, naturellement.

    Mes lecteurs chrétiens, protestants et orthodoxes, célébrons aujourd'hui avec nos frères et sœurs catholiques, et puisons de l'espoir dans ce que le Seigneur accomplit là-bas, sur la terre de Saint Denis, Sainte Geneviève, Sainte Jeanne d'Arc, les Carmélites de Compiègne et tous les saints, ceux connus de l'histoire et ceux connus de Dieu seul. N'ayez pas peur : Dieu est vivant, et Il nous appelle — vous et moi — par notre nom.

    Les temps sont mauvais, mais la foi n'est pas encore finie dans les pays d'Occident. Voyez l'espoir dans les rues de Paris aujourd'hui, prenez-le à cœur, et allez faire des disciples dans le monde, en commençant par vous-même.

    Merci, Seigneur, je prie à travers des larmes de joie ce matin. Merci.