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Société

  • Le pape Léon XIV adresse un message de félicitations aux participants de la « Marche pour la vie » à Washington

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    De Petra Lorleberg sur kath.net/news :

    Le pape Léon XIV adresse un message de félicitations aux participants de la « Marche pour la vie » à Washington

    23 janvier 2026

    « Je tiens à vous exprimer ma profonde gratitude et à vous assurer de ma connexion spirituelle », tandis que vous témoignez « que la protection du droit à la vie constitue le fondement indispensable de tous les autres droits humains. »

    Cité du Vatican – Washington, D.C. (kath.net/pl) « La protection du droit à la vie est le fondement indispensable de tous les autres droits humains », et il est vrai qu’« une société n’est saine et ne se développe véritablement que lorsqu’elle respecte le caractère sacré de la vie humaine et œuvre activement à sa promotion ». Le pape Léon XIV le souligne dans son message de bienvenue aux participants de la Marche pour la vie, la plus grande manifestation annuelle mondiale pour les droits humains, qui se tient cette année à Washington, D.C. Diane Montagna a publié le texte intégral de la lettre du pape Léon, diffusée jeudi soir. La Marche pour la vie a lieu aujourd’hui, vendredi, et une très forte mobilisation – peut-être des centaines de milliers – est attendue.

    Le pape Léon XIV, premier pape américain, aurait participé à au moins une Marche pour la vie sous le nom de Robert Prevost, selon le « National Catholic Register », un magazine catholique américain. Ce dernier précise : « Plusieurs papes ont commenté la Marche pour la vie américaine de diverses manières, notamment sur les réseaux sociaux. Cependant, le message de Léon XIV semble être la première lettre officielle signée directement par un pape. »

    kath.net présente le texte intégral de la lettre du Pape « Aux participants de la Marche pour la Vie 2026 » :

    Aux participants de la Marche pour la Vie 2026 :
    Je vous adresse mes salutations les plus chaleureuses. Je tiens également à vous exprimer ma profonde gratitude et à vous assurer de ma solidarité spirituelle alors que vous vous rassemblez pour ce puissant témoignage public visant à réaffirmer que « la protection du droit à la vie est le fondement indispensable de tous les autres droits de l’homme » (Discours aux membres du Corps diplomatique accrédités auprès du Saint-Siège, 9 janvier 2026).

    Il est vrai, en effet, qu’« une société n’est saine et ne se développe véritablement que lorsqu’elle respecte le caractère sacré de la vie humaine et œuvre activement à sa promotion » (ibid.). Dans cet esprit, je tiens à vous encourager, et plus particulièrement les jeunes, à poursuivre vos efforts pour garantir le respect de la vie sous toutes ses formes, par des mesures appropriées à tous les niveaux de la société, notamment par le dialogue avec la société civile et les décideurs politiques.

    Que Jésus, qui nous a promis sa présence éternelle (cf. Mt 28, 20), vous accompagne aujourd’hui tandis que vous défendez avec courage et paix les enfants à naître. En plaidant leur cause, vous savez que vous accomplissez le commandement de Dieu de le servir dans le plus petit de nos frères et sœurs (cf. Mt 25, 31-46).

    Dans cet esprit, je vous confie tous, ainsi que tous ceux qui vous soutiennent par leurs prières et leurs sacrifices, à l'intercession de Marie Immaculée, sainte patronne des États-Unis d'Amérique, et je vous accorde volontiers ma bénédiction apostolique comme gage des grâces célestes.

    Du Vatican, le 17 janvier 2026,
    Léon XIV.

    La Marche pour la vie est la plus grande manifestation annuelle au monde pour les droits humains. Elle a lieu à Washington, D.C., depuis 1973. La Marche pour la vie de cette année se déroule le 23 janvier et sa devise est : « La vie est un don. »

    Estimer le nombre de participants est difficile chaque année, et ce chiffre fluctue considérablement selon les opinions politiques de ceux qui l'évaluent. Avant la pandémie de Covid-19, on estimait qu'environ un demi-million de personnes y participaient, voire beaucoup plus. Les images vidéo montrent en tout cas que les participants ont déferlé sur le Mur des États-Unis à Washington, D.C., tels un torrent.

    La Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB) soutient explicitement la manifestation pro-vie. Des évêques et des cardinaux participent aux manifestations et prennent la parole, tandis que des prêtres, des religieuses et de nombreux étudiants d'écoles et d'universités catholiques défilent, visibles et joyeux, brandissant leurs bannières respectives. Des messes et des veillées de prière sont régulièrement organisées, auxquelles participent avec enthousiasme des dizaines de milliers de jeunes catholiques. Avant l'événement, l'USCCB avait déjà appelé à la participation à la neuvaine pro-vie de cette année.Voir le lien

    Des appels à des événements similaires sont régulièrement lancés dans les pays germanophones. En Allemagne, la Marche pour la Vie aura lieu à Berlin et à Cologne le 19 septembre 2026, et en Suisse, la 16e Marche pour la Vie se tiendra à Zurich le même jour. D'autres événements et lieux sont envisageables. La Marche pour la Vie a également lieu dans d'autres villes européennes, par exemple à Paris (Marche pour la vie depuis 2005) et à Varsovie (Marsz dla Życia i Rodziny depuis 2006). Photo d'archive

    Lors de la veillée de prière précédant la Marche pour la Vie/Washington dans la basilique du Sanctuaire national de l'Immaculée Conception, un nombre remarquablement élevé d'évêques, de prêtres et environ 6 500 fidèles laïcs se sont réunis cette année encore ; l'église était pleine à craquer.

  • France : coup de théâtre au Sénat sur la loi de « fin de vie »

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    D'Anne van Merris sur zenit.org :

    Coup de théâtre au Sénat sur la loi de « fin de vie »

    Continuer à se mobiliser pour ne pas « légaliser le principe de donner la mort »

    22 janvier 2026

    En France, le Sénat a vécu un rebondissement impressionnant sur la loi de « fin de vie ». Ce mercredi soir 21 janvier, après six heures de débat houleux, la majorité des sénateurs se sont opposés à l’article central de la proposition de loi.

    S’ils étaient tous d’accord pour dire que personne ne doit mourir dans la douleur – faute de moyens, de soins ou d’accompagnement – ils étaient en revanche très divisés quant à la législation de « l’aide à mourir », qui inclut l’euthanasie et le suicide assisté. 144 sénateurs contre 123 ont ainsi refusé l’article 4 du texte législatif, qui définissait les conditions et les principes de « l’aide à mourir ».

    Plus tard dans la soirée, le Sénat a voté un principe général du « droit opposable au soulagement de la douleur et de la souffrance », mais cela ne remplace pas l’article rejeté. Avec cette opposition, c’est le projet de loi dans son entièreté qui perd de sa substance. Mais le texte sera certainement envoyé à l’Assemblée nationale dans les prochaines semaines, pour une nouvelle lecture.

    « Le désir de vivre est plus fort que le droit à mourir »

    Les catholiques continuent à dénoncer ce projet qui va à l’encontre de toute dignité humaine. Les diocèses, les paroisses, les associations et même les réseaux sociaux s’expriment fortement et invitent la population à prendre conscience de ce danger pour la société.

    Beaucoup ont écrit aux sénateurs pour les alerter sur les questions éthiques liées à « L’aide à mourir ». Le 15 janvier dernier, les évêques de France ont écrit une « tribune » pour « réveiller la conscience » de ceux qui allaient voter. Ils ont rappelé que « ce débat engage notre société dans ce qu’elle a de plus intime et de plus grave : la manière dont elle accompagne ses membres les plus vulnérables jusqu’au terme de leur vie ». « Nous croyons qu’une société grandit, non pas lorsqu’elle propose la mort comme solution, mais bien lorsqu’elle se mobilise pour accompagner la fragilité et protéger la vie, jusqu’au bout. Le chemin est exigeant, certes, mais c’est le seul qui soit véritablement humain, digne et fraternel » écrivent-ils, en soulignant l’importance des soins palliatifs. Enfin, le cardinal Jean-Marc Aveline, président de la Conférence des évêques de France, s’est exprimé ce 19 janvier dans une vidéo. « Le désir de vivre est plus fort que le droit à mourir » a-t-il déclaré, en invitant tous les français, et notamment les parlementaires, à se mobiliser pour que « nous n’en venions pas à légaliser le principe de donner la mort. »

    Coup de théâtre au Sénat sur la loi de « fin de vie » | ZENIT - Français

  • Bioéthique en 2026 : à quels développements s'attendre au niveau national et européen ?

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    Du site de l'Institut Européen de Bioéthique :

    Bioéthique en 2026 : à quels développements s'attendre au niveau national et européen ?

    L’année qui s’ouvre augure de nouveaux débats importants dans plusieurs pays européens ainsi qu’au niveau de l’Union européenne, notamment sur le plan de la procréation artificielle, des mères porteuses, de l’euthanasie ou de l’avortement, mais aussi sur les nouveaux enjeux liés à l’intelligence artificielle et aux neurotechnologies. Quels développements bioéthiques pouvons-nous prévoir en 2026, sur le plan politique, juridique ou médical ? Cet article propose un tour d’horizon des enjeux à venir.

    Procréation artificielle (PMA) : accès aux origines et suivi des donneurs

    Concernant la procréation artificielle, les mois qui viennent seront encore certainement rythmés par les conséquences des révélations relatives à l’absence de contrôle effectif des dons de gamètes (en lien avec le donneur danois porteur d’un gène cancérigène). En dépit des récentes modifications (notamment via le règlement SoHo au niveau de l’UE et la révision de la loi belge sur la PMA), le cadre réglementaire sera encore amené à évoluer en la matière sur le plan national et européen, en particulier concernant l’établissement de quotas effectifs quant au nombre d’enfants pouvant être conçus à partir des gamètes d’un même donneur (au niveau national, européen voire mondial). La question des limites éthiques d’une telle approche continue toutefois d’être posée, en particulier s’agissant des dérives eugénistes potentielles d’un contrôle toujours plus poussé des gamètes et embryons dans le cadre de la procréation artificielle.

    Lire la suite sur le site de l'IEB

  • Les catholiques demeurent le groupe religieux le plus important en Amérique latine, selon le Pew Research Center

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    De Tessa Gervasini pour EWTN News (CWR) :

    Les catholiques demeurent le groupe religieux le plus important en Amérique latine, selon Pew.

    Un rapport du Pew Research Center a révélé que malgré l'augmentation du nombre de personnes sans affiliation religieuse, la croyance en Dieu reste élevée.
     

    Un rapport du Pew Research Center a révélé que les catholiques restent le groupe religieux le plus important en Amérique latine malgré la croissance d'autres confessions.

    Le rapport, intitulé « Le catholicisme a décliné en Amérique latine au cours de la dernière décennie », s’appuie sur une enquête en face à face représentative à l’échelle nationale menée auprès de 6 234 adultes, du 22 janvier au 27 avril 2024, en Argentine, au Brésil, au Chili, en Colombie, au Mexique et au Pérou.

    Cette analyse a été réalisée par le Pew Research Center dans le cadre du projet Pew-Templeton Global Religious Futures , qui analyse les changements religieux et leur impact sur les sociétés du monde entier.

    L'étude publiée le 21 janvier a révélé que les adultes latino-américains sont plus religieux que les adultes de nombreux autres pays étudiés par Pew ces dernières années, notamment en Europe où beaucoup d'adultes ont abandonné le christianisme depuis leur enfance.

    Une étude de Pew a analysé l'évolution de la religion chez les adultes en Amérique latine entre 2013 et 2024. Elle a révélé que la probabilité de croire en Dieu est sensiblement la même qu'il y a dix ans. Même parmi ceux qui se déclarent sans appartenance religieuse, la plupart affirment croire en Dieu.

    Parmi les personnes interrogées, 97 % des adultes au Pérou ont déclaré croire en Dieu, 98 % au Brésil, 94 % au Mexique, 97 % en Colombie, 90 % en Argentine et 89 % au Chili.

    La plupart des adultes sont pratiquants, selon un sondage.

    Le catholicisme demeure la religion majoritaire en Amérique latine. En 2024, environ la moitié des Brésiliens (46 %) et des Chiliens (46 %) se déclaraient catholiques, et la majorité des adultes au Pérou (67 %), au Mexique (67 %), en Colombie (60 %) et en Argentine (58 %) partageaient cette affirmation.

    Dans ces pays, la plupart des adultes pratiquent activement leur foi. En 2024, la majorité des adultes au Brésil (76 %), en Colombie (71 %) et au Pérou (58 %) ont déclaré prier « quotidiennement ou plus souvent ».

    Depuis 2013-2014, la population catholique a diminué dans les six pays étudiés. La Colombie a enregistré la plus forte baisse, avec une diminution de 19 points de pourcentage. Le Pérou a connu la plus faible baisse, avec une diminution de 9 points.

    En Amérique latine, les anciens catholiques ont tendance à se déclarer soit sans appartenance religieuse, soit protestants, tandis que les anciens protestants ont tendance à devenir « sans religion ». En 2024, on comptait plus d'adultes sans appartenance religieuse que de protestants en Argentine, au Chili, en Colombie et au Mexique.

    Le rapport souligne que le déclin du catholicisme et la croissance des populations sans affiliation religieuse en Amérique latine s'expliquent notamment par la conversion d'adultes élevés dans la religion catholique mais qui ne s'y reconnaissent plus. Dans les six pays d'Amérique latine étudiés, environ 20 % des adultes interrogés ont déclaré avoir été élevés dans la religion catholique avant de la quitter.

    L’étude a révélé que le Brésil est le seul pays étudié où les anciens catholiques sont plus susceptibles d’être devenus protestants (13 %) que de se déclarer sans appartenance religieuse (7 %). Elle a également constaté qu’au Pérou, le nombre d’anciens catholiques devenus protestants (9 %) et celui des personnes sans appartenance religieuse (7 %) sont à peu près égaux.

    L'étude Pew a également révélé qu'environ la moitié, voire plus, des adultes interrogés au Brésil, en Colombie, au Mexique et au Pérou considèrent la religion comme très importante dans leur vie. La prière est une pratique courante, la majorité des adultes brésiliens, colombiens et péruviens affirmant prier au moins une fois par jour.

    Les catholiques hispaniques aux États-Unis

    À l’instar des changements religieux en Amérique latine, moins d’Hispaniques aux États-Unis s’identifient comme catholiques en 2024 (42 %) qu’il y a dix ans (58 %), selon l’étude sur le paysage religieux 2023-24 du Pew Research Center .

    Aux États-Unis, le nombre d'Hispaniques sans affiliation religieuse a également augmenté depuis 2014, environ un quart d'entre eux se décrivant désormais comme athées, agnostiques ou « sans religion particulière ».

    Aux États-Unis, 40 % des adultes hispaniques considèrent la religion comme très importante et 47 % affirment prier au moins une fois par jour. Une large majorité (83 %) se déclare également croyante, selon un sondage du Pew Center réalisé en 2023.

  • 2026 : une année cruciale pour Léon XIV et l'Église catholique ?

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    De sur The European Conservative :

    2026 : une année cruciale pour Léon XIV et l'Église catholique ?

    Les défis qui attendent l'Église en Europe ne sont plus ponctuels, mais systémique.
    L’année 2026 sera cruciale pour l’Église catholique et son influence culturelle dans le monde, y compris sur le plan politique. Le consistoire extraordinaire, tenu à Rome les 7 et 8 janvier, a marqué – selon de nombreux analystes – le véritable début du pontificat de Léon XIV.

    En effet, nous avons jusqu'à présent été témoins de divers actes du pape Prévost qui, par essence, doivent être considérés comme la conclusion de certains points du programme de François (qui, pour la plupart, est resté inachevé et le restera probablement) : on peut penser, par exemple, à la première encyclique sur la pauvreté, Dilexi Te , ou aux notes doctrinales publiées par l'ancien Sant'Uffizio qui, selon les autorités vaticanes elles-mêmes, doivent être interprétées comme les derniers actes de déférence au mandat reçu de François. 

    Dans le même temps, nous avons constaté des changements de cap significatifs et manifestes opérés par Léon XIV pour remédier aux faiblesses juridiques héritées de son prédécesseur : l’abolition du monopole de l’Institut pour les Œuvres de Religion (IOR), la banque du Vatican et la réforme de la Loi fondamentale du Vatican. Enfin, nous avons également observé des mesures s’inscrivant pleinement dans la continuité de François, que Léon XIV a clairement faites siennes : en premier lieu, la création d’évêques d’orientation résolument progressiste. Se dessine ainsi le profil d’un pontife qui souhaite agir en « révolutionnaire de la décélération », comme nous l’avions prédit à la veille du conclave : ni bergoglien, ni conservateur, ni – cela est évident – ​​traditionaliste.

    Les thèmes abordés lors du Consistoire – le rôle des cardinaux dans la gouvernance de l’Église et la synodalité – préfigurent le développement du programme du pape Léon XIV pour les mois et les années à venir. On observe aujourd’hui une tentative d’expérimentation d’un modèle d’Église calqué sur les grandes entités politiques supranationales, se présentant comme un sujet institutionnel comparable à l’Union européenne ou aux Nations Unies. C’est dans cette perspective qu’il convient également de comprendre la récente relance du projet de Loi fondamentale de l’Église . Ce projet avait déjà été promu par Paul VI, qui estimait que les structures de l’Église devaient être adaptées aux cadres juridiques et politiques modernes. Il soutenait l’idée de rédiger une véritable constitution ou charte fondamentale de l’Église, qui précéderait et fonderait toutes les autres lois et codifications.

    Paul VI a également cultivé une vision de l'Église structurée selon un modèle monarchico-parlementaire. Dans sa perspective, les conférences épiscopales et le Collège des cardinaux fonctionnaient presque comme une chambre basse et une chambre haute au sein de l'institution ecclésiale. De cette approche découle une conception profondément atténuée de la papauté : le pape n'était plus la règle vivante et directe de la foi, ni le seul dépositaire de l'infaillibilité doctrinale, ni le médiateur exclusif du pouvoir entre Dieu et les évêques. Sa figure était plutôt conçue comme celle d'un porte-parole du magistère, un évêque parmi les évêques, doté d'un rôle d'arbitre – et même d'un droit de veto – analogue aux présidences des démocraties modernes.

    Cette conception n'a jamais été mise en œuvre, mais elle n'a pas non plus été totalement abandonnée. Le choix de Benoît XVI de remplacer la tiare par la mitre épiscopale dans ses armoiries pontificales, par exemple, était hautement symbolique ; dans le même esprit, on peut citer le document d'étude sur l' évêque de Rome publié en 2024 par le cardinal Kurt Koch, une figure proche des sensibilités ratzingériennes.

    Aujourd’hui, ce modèle semble connaître un nouveau souffle. Il a notamment bénéficié de la transformation du Collège des cardinaux opérée par le pape François, qui en a fait une assemblée mondialisée composée de représentants du monde entier. Ainsi, le sens de l’« universalité » que le Collège est appelé à incarner s’est définitivement déplacé d’un plan sacramentel et hiérarchique – où les cardinaux représentaient les trois degrés de l’Ordre sacré et, par le passé, même des laïcs non consacrés – vers un plan géographique. Parallèlement, en droit canonique, l’idée s’est imposée que l’électeur de l’évêque de Rome doit être lui-même évêque. Ce principe, établi au canon 351 § 1, a profondément redéfini la nature et la fonction du Collège.

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  • « Notre nature incarnée et sexuée a été ordonnée pour notre salut », affirme une ancienne athée.

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    D'Amira Abuzeid sur le CWR :

    « Notre nature incarnée et sexuée a été ordonnée pour notre salut », affirme un ancien athée.

    L'ancienne athée Leah Sargeant a expliqué aux femmes catholiques que notre nature incarnée et sexuée est ordonnée pour le salut, rejetant les mensonges culturels de l'interchangeabilité entre hommes et femmes et l'autonomie radicale.
    Leah Sargeant prononce le discours de clôture de la conférence intitulée « La beauté de la vérité : s'orienter dans la société actuelle en tant que femme catholique », qui se tiendra à l'Université de St. Thomas à Houston le 10 janvier 2026. | Crédit photo : courtoisie de l'Université de St. Thomas

    « Nous avons la bonne nouvelle que notre culture a besoin d’entendre : les hommes et les femmes sont faits pour le bien et pour vivre en harmonie. Notre nature incarnée et sexuée a été ordonnée pour notre salut. »

    C’est ce qu’a déclaré Leah Sargeant, une ancienne athée et auteure qui a prononcé le discours d’ouverture lors d’une récente conférence à Houston intitulée « La beauté de la vérité : naviguer dans la société actuelle en tant que femme catholique ».

    Lors de la conférence organisée les 9 et 10 janvier par le programme d'études catholiques sur les femmes et le genre de l'Université de St. Thomas, Sargeant a suggéré que notre conception de la sexualité repose sur deux mensonges. Premièrement, que « l'égalité des femmes repose sur leur interchangeabilité avec les hommes », et deuxièmement, que « l'autonomie est fondamentale pour une vie pleinement humaine ».

    Concernant le premier point, elle a fait remarquer que « les personnes qui défendent les droits des femmes ont souvent tendance à minimiser les différences [entre les sexes] ».

    Selon elle, ce mensonge conduit les femmes à être perçues comme des « hommes défectueux ».

    Elle a toutefois poursuivi : « L’asymétrie fondamentale entre les hommes et les femmes réside dans la manière dont nous engendrons et portons des enfants. »

    C’est sur ce postulat que repose la force du second mensonge, selon lequel l’autonomie individuelle est fondamentale pour être pleinement humain, a-t-elle déclaré.

    « Former une société ouverte à la dépendance »

    Sargeant a déclaré que lorsqu'une femme est enceinte d'un autre être humain, la dépendance et la fragilité du bébé ont deux conséquences : cela donne moins de valeur à la vie du bébé aux yeux de ceux qui pensent que l'autonomie est nécessaire pour être pleinement humain, et cela dévalorise la femme par rapport à un homme, qui, biologiquement, n'a jamais à entrer dans une telle relation de dépendance.

    « L’idée que nos vies soient bouleversées par quelqu’un d’autre [le bébé] est une atteinte à l’égalité des femmes. C’est l’argument initial en faveur de l’accès des femmes à l’avortement », a-t-elle déclaré.

    « Le droit à la vie privée ne suffisait pas, car les hommes ont toujours la possibilité d'abandonner un enfant : cela ne nécessitait qu'un acte de lâcheté. Il pouvait partir, s'enfuir, ne laisser aucune adresse et rompre tout lien. Une femme, en revanche, ne pouvait pas se désengager de son enfant en ne prenant pas ses responsabilités : cela exigeait une intervention extérieure, active et violente, sous forme de poison ou de scalpel. »

    Les femmes devaient avoir ce que Sargeant appelait « une égalité de vice » avec les hommes : à savoir, l’avortement. Elles devaient « avoir accès à cette même lâcheté, sans quoi elles ne seraient pas interchangeables avec les hommes et perdraient leur égalité politique ».

    En définitive, conclut-elle, hommes et femmes doivent rejeter les mensonges de l’uniformité et le « mensonge de l’autonomie » et être « radicalement dépendants de Dieu » et les uns des autres pour vivre dans la vérité.

    Elle a cité saint John Henry Newman, qui a écrit : « Nous ne pouvons être nos propres maîtres. Nous appartenons à Dieu, par la création, par la rédemption, par la régénération… L’indépendance n’a pas été faite pour l’homme. C’est un état contre nature qui peut convenir un temps, mais qui ne conviendra pas jusqu’à la fin. »

    Sargeant a rappelé à ses auditeurs que nous ne devrions pas avoir peur d’« inviter les autres dans nos vies ni avoir honte d’exiger des choses des autres ».

    « Nous avons toujours été faits pour avoir besoin les uns des autres », a-t-elle déclaré. « Nous ne nous trahissons pas lorsque nous nous révélons profondément humains. »

    Notre tâche, a-t-elle déclaré, « est de rassurer les gens sur le fait que cette vérité est bonne », en leur rappelant que « l'espoir ne vient pas des excès de force, mais au cœur de notre fragilité, et nous rappelle combien nous sommes aimés et par qui ».

    L'intervention de Sargeant lors de la conférence était basée sur son dernier livre, « La dignité de la dépendance : un manifeste féministe », paru en octobre 2025.

  • Marche pour la Vie : quand les évêques brillent par leur absence...

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    De Solène Tadié sur le NCR :

    Des milliers de jeunes manifestent pour la vie à Paris, mais l'absence d'évêques risque de creuser un fossé générationnel.

    ANALYSE : À une époque de profonde confusion morale, les Églises nationales ne peuvent se permettre de paraître plus hésitantes quant à leurs propres enseignements que les jeunes qui les adoptent

    Environ 10 000 personnes se sont rassemblées place Vauban à Paris, devant l'emblématique palais des Invalides, pour la Marche pour la vie annuelle, le 18 janvier.

    La foule, majoritairement jeune, visiblement engagée et sans ambages, s'est rassemblée pour défendre la dignité de la vie humaine à un moment où les enjeux législatifs sont particulièrement importants pour la France.

    La marche s'est déroulée deux ans seulement après l'inscription du droit à l'avortement dans la Constitution française et quelques jours avant un débat au Sénat sur la loi relative à l'aide médicale à mourir , un projet de loi visant à normaliser l'euthanasie et le suicide assisté, plaçant ainsi la France parmi les pays ayant la législation la plus permissive au monde en la matière. Pour de nombreux participants, ce contexte a conféré à la marche une dimension historique.

    Pourtant, tandis que les militants pro-vie — pour la plupart de jeunes catholiques — remplissaient la place en grand nombre pour défendre ce qu'ils considéraient comme une question de civilisation, la hiérarchie catholique française brillait par son absence. Seul l'ancien évêque du diocèse de Toulon-Fréjus, Dominique Rey, était présent. 

    Cette absence, constante au fil des ans, invite à une réflexion plus approfondie sur la manière dont les dirigeants de l'Église s'engagent — ou hésitent à s'engager — dans les questions morales publiques à un moment où la foi connaît un renouveau générationnel, porté par une jeunesse en quête de repères moraux.

    Une mobilisation jeune et intransigeante

    Derrière une banderole proclamant « Soigner et soutenir, jamais réprimer », une foule fervente a envahi les rues de la capitale française dimanche après-midi, donnant le ton à une manifestation à la fois pacifique et déterminée. Étudiants, jeunes familles et manifestants novices se sont joints aux militants de longue date. Les organisateurs estiment l'âge moyen des participants à une vingtaine d'années, et la mobilisation a atteint plusieurs milliers de personnes – un succès malgré un soutien institutionnel limité et une couverture médiatique minimale.

    La marche débutera par un défilé dans les rues de Paris.
    La marche débute par un défilé dans les rues de Paris. (Photo : Zofia Czubak)

    « Descendre dans la rue nous paraît essentiel », a déclaré Marie-Lys Pellissier, 24 ans, porte-parole de la Marche pour la Vie en France, au Register. « C’est le seul moment de l’année où nous pouvons exprimer publiquement notre opposition à l’avortement et à l’euthanasie et proposer des solutions concrètes. Le reste du temps, les médias ne nous donnent jamais la parole. »

    Si la marche a rassemblé une majorité de jeunes, expliqua-t-elle, c'est parce que ces questions de bioéthique confrontent les jeunes générations de manière précoce et directe, ne laissant que peu de place à la neutralité ou à l'indifférence. Évoluant dans un contexte de relativisme moral et de législation bioéthique de plus en plus permissive, nombre de jeunes participants se sentent obligés de manifester leur opposition dans la rue.

    Un autre fait marquant de cette année a été la prise de parole de nombreuses femmes, souvent jeunes, qui ont accepté de partager ouvertement leur expérience de l'avortement. Certaines ont témoigné publiquement de leurs avortements passés et des conséquences psychologiques et morales à long terme qu'elles ont subies, cherchant à remettre en question le discours dominant qui présente l'avortement comme une libération. Parmi elles, Emilie Quinson, qui s'est récemment exprimée au Parlement européen pour sensibiliser l'opinion publique aux réalités de l'avortement et au manque d'alternatives offertes aux femmes confrontées à une grossesse non désirée. Mme Quinson a révélé avoir subi trois avortements, avoir vécu un traumatisme profond et avoir ensuite élevé cinq enfants – une expérience qu'elle considère aujourd'hui comme essentielle à son témoignage public.

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  • « Le grand moment de rupture, c’est la fécondation in vitro »

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    De gènéthique.org :

    Monette Vacquin : « Le grand moment de rupture, c’est la fécondation in vitro »

    21 janvier 2026

    « Qu’est-il en train de se passer et pourquoi, est la seule question qui vaille. Et tenter de le nommer, le premier acte éthique. » Dans Le plan hors sexe, Monette Vacquin, psychanalyste et essayiste, membre du Conseil scientifique du département d’éthique biomédicale du Collège des Bernardins, analyse avec une grande finesse les mutations de notre société. Alors que s’ouvrent les premières étapes de la révision de la loi de bioéthique, Monette Vacquin a accepté de répondre aux questions de Gènéthique.

    Le plan hors sexe

    Gènéthique : Dans votre ouvrage vous décrivez une succession de problématiques : dans les années 1970, « faire l’amour sans faire des enfants », dans les années 1980, « faire des enfants sans faire l’amour », dans les années 1990, « faire des enfants sans être de sexe différent ». Est-ce à dire que contraception,  et changement de sexe procèdent d’une même logique ?

    Monette Vacquin : J’observe en effet la succession dans le temps, tous les 10 ou 20 ans, de ces phénomènes. La grande rupture n’est pas la pilule. La contraception a toujours existé, avec la pilule elle s’est scientifisée. Le grand moment de rupture, c’est la  in vitro. Comme le disait le fondateur des CECOS[1], Georges David, « le médecin se trouve investi d’une fonction : apparier ses semblables et constituer des couples reproducteurs ». Un langage de vétérinaires. La fécondation in vitro n’est pas une prouesse médicale, contrairement à ce que croit le grand public, mais le transfert d’une technique qui a fait ses preuves dans l’industrie de l’élevage.

    Ce qu’on a autorisé avec la contraception et avec la loi Veil, à laquelle je suis favorable – elle n’instaurait pas un droit à l’avortement (cf. 50 ans de la loi Veil : l’IVG, un « drame » devenu une « liberté »), c’est le fait de détruire des . Dès lors pourquoi interdirait-on le fait d’en fabriquer ? On en est alors arrivé à l’inédit, à l’inouï au sens étymologique du terme – dont on n’a jamais entendu parler : avant Louise Brown, aucun enfant au monde n’avait été conçu hors sexualité.

    Tout se succède ainsi à intervalles réguliers, jusqu’au dernier symptôme : des enfants demandent à changer de sexe. Un symptôme que je n’avais pas prévu et qui m’a remise au travail. Pourquoi la médecin a autant d’aussi mauvais rendez-vous ?

    G : Contrairement aux autres activités humaines, la science semble ne pas se soumettre au droit mais, au contraire, elle soumet le droit. Ainsi en est-il des lois de bioéthique pour lesquelles vous écrivez que « leur contenu même fait l’aveu du coup de force ». Que voulez-vous dire ?

    MV : Existerait-il une éthique « bio » ? Pourquoi le droit est-il tellement démuni face à ces situations ? Les enfants sont là au nom de l’amour maternel et de l’autorité de la science, autrement dit la « bombe atomique ».

    G : Vous vilipendez la novlangue dite de « bioéthique », « catastrophe langagière faite de mièvreries et de sigles » et « inapte à penser » les mutations à l’œuvre. Le «  », l’un des termes phares de cette novlangue, a récemment fait l’objet d’un texte de loi visant à protéger les personnes de discriminations en la matière (cf. PMA : une loi pour protéger les « salariés engagés dans un projet parental »). Qu’en pensez-vous ?

    MV : Ce nouveau langage, fait notamment de nombreux sigles, a été accueilli avec enthousiasme. Ce mot de « projet parental » m’a beaucoup intéressée. Il est une voie d’entrée dans la paranoïa. Demandez à un enfant s’il a envie d’être l’objet d’un « projet parental » ? Tout sauf ça !

    Ce terme signe aussi l’avènement de la volonté à la place du désir. Le désir va avec le corps, avec la sexualité : ça ne se maitrise pas, ça s’illustre avec le recours à toutes les formes d’art. La volonté n’est pas corporelle, elle est cérébrale et elle est de fer. Faut-il que le projet entrepreneurial se soit infiltré dans nos cellules pour qu’on en arrive à utiliser ces termes…

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  • Répondre à l'appel de Dieu : la véritable histoire de l'Opus Dei

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    De Benedetta Frigerio sur la NBQ :

    Répondre à l'appel de Dieu : la véritable histoire de l'Opus Dei

    Le co-auteur du premier texte historiographique consacré à l'Œuvre fondée par saint Josémaria Escrivá prend la parole à La Bussola, fruit de recherches archivistiques et d'un amour profond pour le charisme. Près d'un siècle de vie et une multitude d'hommes et de femmes engagés à vivre (et à étudier) la foi.

    21/01/2026

    Wikimedia Commons - Auteur : Pablovarela

    « Un message divin et charismatique reste intact si les personnes de l’institution qui le préserve se l’approprient et le diffusent avec soin », explique à Nuova Bussola Quotidiana José Luis González Gullón, prêtre de l’Opus Dei et professeur d’histoire à l’Université pontificale de la Sainte-Croix. Mais comme cela est impossible sans connaître sa propre histoire, il était essentiel que Gullón, avec John F. Coverdale, également prêtre de l'Opus Dei et ancien professeur d'histoire à l'université de Princeton, entreprenne la publication d'un ouvrage historiographique sur l'organisation charismatique fondée par saint Josémaria Escrivá ( Opus Dei. Une histoire, Ares, Milan, 2025), d'autant plus que « les personnes qui faisaient partie de son cercle proche » ne sont plus parmi nous : « Il était important de retracer ces années, si cruciales pour toute institution : jusqu'alors, aucune histoire n'avait été publiée et, en tant qu'historien et prêtre de l'Opus Dei, je m'interrogeais sur le passé de l'Opus Dei. Après de longues recherches dans les archives, je crois avoir trouvé des réponses que je partage avec tous les lecteurs de ce livre. »

    Pour sainte Thérèse de Lisieux, la sainteté résidait dans l'offrande à Dieu de chaque petit geste, tandis qu'Escrivá soulignait que cela était possible pour chacun, même pour les laïcs. On peut se demander comment, dans le rythme effréné de la vie et de la prière d'aujourd'hui, mettre en œuvre un programme tel que celui proposé par le fondateur de l'Opus Dei.

    Saint Josémaria affirmait que, selon le charisme qu'il avait reçu, l'intensité de notre existence n'est pas un obstacle, mais un chemin pour ceux qui se sentent et vivent comme enfants de Dieu. La proposition d'Escrivá d'être contemplatifs de Jésus dans toutes nos activités est assurément surprenante. Il soutenait que non seulement c'est possible, mais aussi une vocation : Dieu nous appelle à être unis à Jésus où que nous vivions, où que nous travaillions, où que nous soyons. C'est le message évangélique que porte l'Opus Dei. Quant aux moyens d'y parvenir, Escrivá expliquait que nous, chrétiens, entretenons, d'une part, une relation avec Dieu par la prière et la réception fréquente des sacrements de l'Eucharistie et de la Pénitence, ainsi que par l'accompagnement spirituel et la formation aux vérités de la vie chrétienne. En revanche, l'accomplissement le plus parfait de nos activités professionnelles, familiales et sociales réside dans la matière par laquelle nous nous sanctifions, nous épanouissons et nous nous donnons aux autres.

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  • France : quelles sont les origines du principal promoteur de l’euthanasie et du suicide assisté ?

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    De Grégor Puppinck sur le site de l'ECLJ :

    Aux origines de l’ADMD : eugénisme anglo-saxon et « internationale humaniste »

    18 Janvier 2026

    L’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) est le principal promoteur de l’euthanasie et du suicide assisté en France depuis plus de 40 ans, mais son histoire est peu connue. C’est ce voile que nous allons lever quelque peu, pour montrer que loin de l’image lisse et consensuelle qu’elle cherche à imposer aujourd’hui, l’ADMD est directement issue des mouvements euthanasistes et eugénistes anglo-saxons, ainsi que de l’internationale « humaniste ». Cet article remonte dans le temps pour tracer l’histoire du mouvement pro-euthanasie, puis présente ses traductions politiques. Cet article résume une étude approfondie de l'histoire de La promotion de l'euthanasie au XXe sicècle disponible ici.

    L’ADMD : un « produit d’importation » (1979-1980)

    On ignore généralement que l’ADMD est un produit d’importation. Elle a été fondée en 1980 par un américain, Michel Lee Landa, après que celui-ci a publié dans Le Monde une tribune faisant l’apologie de « l’auto-délivrance »[i] en prenant d’ailleurs pour exemple la pratique américaine. Il publia cette tribune de retour d’un congrès tenu à Londres. D’emblée l’ADMD adopte le logo de l’association euthanasiste britannique Exit représentant la chaine brisée de la vie, marquée par la mort. L’acronyme ADMD figure à l’emplacement de cette brisure, c’est-à-dire de la mort. Le choix du nom « ADMD » est aussi emprunté à l’association américaine pour la légalisation de l’euthanasie qui a adopté le nom « Society for the Right to Die » en 1974. Le programme de l’ADMD est aussi copié des associations britanniques et américaines. Il consistait initialement en la promotion des « testaments de vie » (ancêtre des « directives anticipées »), dont la diffusion a été initiée aux États-Unis dans les années 1970, puis en la traduction et diffusion en France du « Guide de l’auto-délivrance » publié d’abord par Exit au Royaume-Uni, et qui donna la matière au fameux livre Suicide, mode d’emploi publié en 1982.

    L’ADMD-France s’inscrit ainsi complètement dans cette filiation anglo-saxonne ; celle-ci s’ajoute à sa filiation humaniste ou franc-maçonne qui est, elle, beaucoup plus connue. En effet, il est de notoriété publique que les principaux fondateurs de l’ADMD sont fortement engagés dans la franc-maçonnerie. C’est le cas en particulier du sénateur Henri Caillavet et de Pierre Simon.

    Les premières propositions de loi en faveur de l'euthanasie (1969-1978)

    Au Royaume-Uni, la British Humanist Association s’engagea formellement en 1968 à œuvrer pour la légalisation de l’euthanasie. De même, la National Secular Society adopta une résolution reconnaissant « le droit naturel des individus à demander l’euthanasie pour eux-mêmes lorsque leur vie est devenue intolérable, et pour leurs médecins de pouvoir les aider sans risquer d’être poursuivis pour crime »[ii]. C’est ainsi toute la mouvance de la libre-pensée britannique qui s’engagea publiquement en faveur de l’euthanasie. Cet engagement conduisit à l’introduction, à partir de 1969, d’une série de propositions de loi par des membres de cette école de pensée ; mais sans succès.

    En juillet 1974, l’American Humanist Association (AHA) publia un manifeste[iii] en faveur de l’euthanasie cosigné par les présidents des associations humanistes américaine et britannique, ainsi que par trois prix Nobel. Ce manifeste fut traduit et publié le même jour par Le Figaro, donnant le coup d’envoi de la campagne pour l’euthanasie en France. Il s’ensuivit une série de livres et de publications favorables à l’euthanasie, ainsi que le dépôt par les sénateurs Henri Caillavet et Jacques Mezard d’une proposition de loi visant à obtenir la reconnaissance légale de « testaments de vie », en 1978. Ce n’est qu’après l’échec de cette proposition de loi que l’ADMD fut fondée en France, à une époque où le mouvement euthanasiste anglo-saxon entreprit de se diffuser dans le monde.

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  • «Nous ne voulons pas d’une société qui donne la mort»; 10.000 personnes ont manifesté à Paris

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    D' sur le site du Figaro (extraits) :

    «Nous ne voulons pas d’une société qui donne la mort» : à Paris, la «marche pour la vie» à l’épreuve du calendrier politique

    Pendant que les bénévoles terminent les préparatifs. Geneviève Bourgeois, gériatre et porte-parole de la «marche pour la vie», inscrit le sujet dans une lecture historique, et met en garde contre une pente qu’elle estime déjà observable ailleurs en Europe : «Plus on regarde l’histoire, que ce soit en France ou dans les autres pays d’Europe, plus on se rend compte que depuis plus de 50 ans un mouvement mortifère tente de s’emparer de la conscience collective et attire les politiques vers des décisions toujours plus contraires à la vie.»

    Marie-Lys Pellissier, autre porte-parole, assume la ligne politique du mouvement : «Nous ne voulons pas d’une société qui donne la mort mais d’une société qui protège et accompagne les plus fragiles, à tous les moments de leur vie, quels que soient leur état de dépendance et le coût de leur existence.» Face à l’expression de «droit à mourir dans la dignité», elle oppose un autre impératif : «Nous demandons un droit effectif - et je dis bien effectif - à un accompagnement médical complet, c’est-à-dire aux soins palliatifs, seule solution légitime au problème de la fin de vie en France.» Le Sénat a remplacé «le droit à l’aide à mourir» par «une assistance médicale à mourir» : qu’en penser ? Marie-Lys Pellissier tranche : «Il est question d’assistance médicale, donc on considère le fait de donner la mort comme un soin.»

    «Là où la vie cesse d’être inviolable, l’homme perd sa liberté»

    À 14 heures, la place Vauban change de visage. Les arrivées s’accélèrent, par vagues. Des familles, des groupes de jeunes, des couples, des personnes âgées. Les pancartes se distribuent rapidement : «La souffrance se soigne, la vie se protège»«La dignité, pas la mort»«Soigner, pas supprimer ». L’ambiance est joyeuse, paisible, presque festive - une légèreté revendiquée, comme pour éviter de réduire la marche à une procession de contestation.

    Sur la scène, les discours prennent un ton plus martial. Mgr Dominique Rey, évêque émérite de Fréjus-Toulon, dénonce : «Ce projet de loi est un dévoiement de la mission du corps médical, qui est de protéger la vie. L’histoire l’a montré, là où la vie cesse d’être inviolable, l’homme perd sa liberté.» Vient ensuite le témoignage de Maxence Clicquot de Mentque. 21 ans, étudiant à Toulouse, atteint de la myopathie de Duchenne, il dit sa joie de vivre malgré un corps très atteint. Un hommage suit, à Charlie Kirk«mort pour avoir défendu la vie», influenceur américain conservateur et représentant de la jeunesse pro-Trump, tué par balle sur un campus d’une université de l’Utah le 10 septembre 2025. Puis le cortège s’élance.

    La marche avance pour une boucle dans le quartier. Parmi les jeunes regroupés près de la tête, Gonzague, 23 ans, venu de Bourgogne, ne cache pas une forme de colère froide : «Malgré le fait que la loi avance dans son processus législatif, il faut ne rien lâcher. Même si la loi passe, le but est aussi d’influencer l’opinion, de montrer que la jeunesse se mobilise et que la vie doit être défendue quoi qu’il arrive.» Il poursuit : «Si l’euthanasie est inscrite dans la loi, ça ne nous empêchera pas de défendre la vie de sa conception jusqu’à sa fin. Les législateurs ne se rendent pas compte qu’ils ouvrent une boîte à toutes les dérives.» (...)

    Selon les organisateurs, la «marche pour la vie» 2026 a rassemblé 10.000 participants, et 7.300 selon la préfecture de police de Paris au plus fort de la manifestation. (...)

  • « Évoquer une loi de fraternité est un mensonge » : la charge des évêques français contre le projet de loi Fin de vie

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    De Famille Chrétienne (Angeline Desdevises / Hans Lucas) :

     
    « Évoquer une loi de fraternité est un mensonge » : la charge des évêques contre le projet de loi Fin de vie

    À la veille du débat dans l’hémicycle, les évêques de France rappellent leur opposition à l’aide à mourir et plaident pour un renforcement des soins palliatifs.

    « Les soins palliatifs sont l’unique bonne réponse », soulignent les évêques de France jeudi dans une tribune, alors que le débat parlementaire sur la fin de vie a repris depuis mercredi en commission au Sénat. Tout en rappelant leur « profond respect pour les personnes en fin de vie », ils rappellent que la France a fait depuis plus de 25 ans le « choix singulier et précieux » de « refuser à la fois l’acharnement déraisonnable et la mort provoquée ». Dans ce texte transmis à la presse et signé par les évêques du conseil permanent de la Conférence des évêques de France (CEF), les prélats interrogent « la question du sens de la vie, de la souffrance et de la mort », et soulignent que leur motivation « n’est pas d’abord ni exclusivement confessionnelle ».

    Un « mensonge »

    Les évêques rappellent que l’accès aux soins palliatifs demeure « très inégal sur le territoire national. Aujourd’hui encore, près d’un quart des besoins en soins palliatifs ne sont pas couverts »« Nous appelons solennellement les responsables politiques à mesurer la portée anthropologique, sociale et éthique de leurs débats et de leurs votes », appuient-ils. « Évoquer une loi de fraternité quand il s’agit de faire mourir, de donner la possibilité de s’administrer une substance létale, ou d’inciter un soignant de le faire contre sa conscience, est un mensonge », écrivent-ils. « Présenter l’euthanasie et le suicide assisté comme des actes de soin brouille gravement les repères éthiques (…) Nous refusons en particulier l’instrumentalisation de notions essentielles telles que la dignité, la liberté ou la fraternité », souligne leur texte.

    Le Sénat a repris depuis mercredi l’examen de ce texte, souhaité par l’exécutif mais reporté à plusieurs reprises en raison des soubresauts politiques. La chambre haute en débattra dans l’hémicycle à partir du 20 janvier, avant un vote solennel prévu le 28 janvier. Puis l’Assemblée nationale devrait s’en saisir à nouveau en février.