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Société

  • Nigéria : pillages des djihadistes et corruption du gouvernement; le témoignage de Mgr Kukah

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    D'Elisa Gestri sur la NBQ :

    Nigéria : Pillage des djihadistes, corruption du gouvernement

    En marge de sa participation à la Rencontre de Rimini 2026, Mgr Matthew Hassan Kukah s'est entretenu avec Compass au sujet de son pays d'origine, le Nigéria, où des djihadistes pillent les ressources naturelles et où le gouvernement est trop corrompu pour les arrêter.

    24/08/2026
    Mgr Kukah à la réunion de Rimini (photo d'Elisa Gestri)

    En marge de sa participation à la réunion de Rimini 2026, où il est intervenu lors d'une table ronde sur la liberté religieuse – « Au Nigéria, si vous demandez à quelqu'un s'il est chrétien ou musulman, il vous répondra : J'ai faim », a-t-il déclaré en préambule –, La Nuova Bussola Quotidiana a rencontré Son Excellence Matthew Hassan Kukah. Nigérian d'origine ethnique Ikulu, Monseigneur Kukah est évêque du diocèse de Sokoto depuis 2011. Ce diocèse est situé dans le nord-ouest musulman du pays, à la frontière du Niger, où les catholiques représentent entre 3 et 4 % de la population.

    Originaire d'Anchuna, dans la région centrale du Nigeria , son parcours est plus qu'impressionnant : après son ordination dans son pays natal, Monseigneur Kukah a obtenu deux diplômes – à Rome et à Bradford – et un doctorat à Londres, avant de mener des recherches à Oxford et à Harvard. Ancien secrétaire de la Conférence épiscopale du Nigeria, il est membre de la Commission nationale pour les violations des droits de l'homme de son pays, tandis qu'à Rome, il est consultant auprès du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux et membre du Dicastère pour le service du développement humain intégral.

    Durant le temps qu'il a aimablement accordé à La Bussola , nous n'avons toutefois pas abordé ses qualifications universitaires ni son travail de médiation pour le compte du gouvernement nigérian entre la multinationale Shell et la tribu Ogoni. Nous nous intéressions à la situation actuelle du Nigeria, pris en étau entre les attaques d'extrémistes islamistes et l'exploitation illégale de ses ressources. Intrigués par son deuxième prénom, Hassan, nous avons entamé l'entretien en lui demandant de nous parler de ses origines familiales.

    Monseigneur Kukah, vos parents étaient-ils chrétiens ?
    Non. Ma famille suivait l’islam et les religions locales. 

    Comment avez-vous découvert le christianisme ?
    À l’école — j’ai fréquenté une école primaire gérée par l’Église catholique d’Anchuna, mais elle était entièrement administrée par des laïcs. À huit ans, j’ai reçu le baptême, puis les autres sacrements.

    Peut-on donc dire que vous avez eu de la chance ?
    Absolument. Je n'oublierai jamais ma gratitude envers Dieu pour cela. De plus, j'ai bénéficié d'une excellente éducation, inaccessible à ma famille, qui était pauvre. L'éducation est très coûteuse au Nigéria.

    Comment vos parents ont-ils réagi à votre conversion au christianisme ?
    Mon père était indifférent. Ma mère a été choquée quand j’ai commencé le petit séminaire de Zaria : elle aurait souhaité, comme il est naturel, que je me marie et que j’aie des enfants. En revanche, ma grand-mère, chez qui j’ai grandi, était très heureuse pour moi. Elle n’était pas chrétienne, mais elle était heureuse pour moi.

    Comment s'est poursuivi votre parcours ?
    J'ai continué mes études au Grand Séminaire de Jos, dirigé par les Pères Augustins. La présence augustinienne est forte au Nigéria ; j'ai notamment rencontré le pape Léon XIV à plusieurs reprises lorsqu'il était encore évêque et qu'il visitait le pays. J'ai été ordonné prêtre en 1976, le premier prêtre catholique de l'ethnie Ikulu. Il faut savoir que les Ikulu, un groupe ethnique majoritairement nigérian, représentent un peu plus de 100 000 personnes sur une population totale de 250 millions. Ma génération (Monseigneur Kukah est né en 1952 ) a vu naître les premiers prêtres nigérians. Auparavant, nos prêtres étaient exclusivement blancs.

    Dans le nord-est du Nigéria, ainsi que dans les pays voisins comme le Niger, le Cameroun et le Tchad, des extrémistes islamistes de l'ISWAP (Province de l'État islamique en Afrique de l'Ouest), une branche de l'EI, sont actifs. Ce groupe a acquis une influence considérable en Afrique au cours de la dernière décennie. Quels sont les modes opératoires actuels de ces groupes terroristes ?

    L'extrémisme islamique a évolué. Si, il y a quinze ou vingt ans, Boko Haram persécutait uniquement les chrétiens dans le but de convertir la population à l'islam par la force, et d'établir un califat où la charia pourrait être instaurée, les groupes actuels n'ont aucun contact avec la population : ils vivent dans la clandestinité et ne se déplacent que pour tuer, piller et commettre des exactions. Leurs attaques ne sont pas motivées par des raisons religieuses ; il est donc inexact d'affirmer qu'ils ne persécutent aujourd'hui que les chrétiens. Leurs attaques ne tiennent aucun compte des croyances religieuses : ils tuent dans les fermes, les églises, les mosquées, les domiciles, n'importe où. De plus, il s'agit de différents groupes affiliés à l'EI, mais divisés entre eux. Par conséquent, si vous êtes tué, vous ignorez souvent l'identité du ou des auteurs de votre crime. La situation est extrêmement compliquée : la seule chose qui unit ces groupes, et Boko Haram, c’est la violence et le commerce des minéraux .

    Que voulez-vous dire ?
    Eh bien, ces bandits se financent grâce au trafic de minéraux précieux. Comme vous le savez, la demande mondiale de minéraux et de terres rares a explosé. Le Nigéria est incroyablement riche en gisements, mais manque de la technologie nécessaire à leur extraction ; la population ignore même la valeur de ces pierres. Il arrive, par exemple, que quelqu'un qui trouve un diamant dans le sol le revende pour un dollar pièce à des trafiquants sans scrupules. Nos ressources minérales sont exploitées légalement et illégalement par la Chine – les Chinois ont été les premiers à extraire des minéraux de chez nous il y a vingt ans – mais aussi par l'Europe et d'autres pays, et sont convoitées par l'Amérique. Les travailleurs nigérians qui peinent dans les mines vivent dans des conditions proches de l'esclavage et souffrent de maladies terribles qui affecteront leurs enfants et petits-enfants pendant des générations. Des extrémistes islamistes se sont impliqués dans ce trafic : ils tuent des agriculteurs et détruisent des fermes pour faire place à de nouveaux sites miniers, forçant des personnes, y compris des enfants, à travailler dans les mines. Des millions de personnes – entre 3 et 5 millions selon les estimations – ont été contraintes de fuir les attaques extrémistes, abandonnant leurs terres et leurs exploitations agricoles. L'agriculture, principale ressource économique traditionnelle du pays, a été entièrement anéantie.

    Le partage des ressources minières du Nigeria entre les États étrangers que vous avez décrit ressemble à une forme de colonialisme économique, après la fin du colonialisme proprement dit…
    Absolument.

    Alors, rien n'a changé depuis l'époque coloniale ?
    Une seule chose a changé : maintenant, au lieu de Blancs, il y a des Noirs.

    Le gouvernement nigérian est-il complice du trafic d'êtres humains et des violences, ou est-il impuissant à les combattre ?
    La situation est extrêmement difficile à maîtriser, et le gouvernement n'est présent que par le biais de l'armée, qui, pourtant, reste silencieuse et laisse faire. En tant qu'Italien, vous comprendrez : notre gouvernement ressemble à une mafia. J'aime faire cette comparaison : de même que la Covid-19 se greffe sur des pathologies préexistantes pour attaquer le corps humain, la situation que je viens de décrire se greffe sur une « maladie » préexistante, à savoir la corruption de notre gouvernement. Le Nigeria est un État corrompu. Il a perdu la capacité d'appliquer les lois, qui existent pourtant, tout comme il existe une Constitution. Le même phénomène se produit à chaque élection politique : il y a un candidat compétent et qualifié, la personne idéale pour influencer positivement la gouvernance du pays. Mais il ne sera pas élu car un autre candidat, plus riche, achètera l'élection.

    Le 19 décembre, Monseigneur Kukah fêtera ses cinquante ans de sacerdoce. Nous lui demandons s'il a prévu quelque chose pour l'occasion. 
    « On m'a proposé une voiture en cadeau, ou une grande fête à la nigériane – vous savez comment sont les gens ici – mais j'ai une toute autre idée en tête pour remercier le Seigneur : je collecte des fonds pour un projet au profit de ma ville natale, Anchuna, où la population est majoritairement chrétienne. Il y a deux collines aux abords de la ville, l'une un peu plus haute que l'autre : sur la première, je veux installer une grande croix, et sur la seconde, une statue de la Vierge. Nous aménagerons des sentiers sur les deux collines pour permettre aux pèlerins de s'y rendre : le sentier menant à la statue est facile et accessible à tous, y compris aux familles et aux enfants, tandis que l'autre, plus escarpé, est réservé aux randonneurs expérimentés. »

    Ne trouvez-vous pas symbolique que le chemin vers la Vierge soit plus facile que le chemin vers la croix ?
    Monseigneur Kukah sourit : « C’est vrai, mais depuis la statue de la Vierge, on peut voir la croix. » 

  • Saint Louis, roi de France

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    51HV2NMERAL._SS500_.jpgIl y a une quinzaine d'années, Jacques Le Goff a publié une biographie magistrale de saint Louis qui a été saluée par les spécialistes comme une oeuvre historique innovante et qui rendait justice à ce roi prisonnier de sa légende; en voici une présentation intelligente, due à Pierre Gendron, sur "Spiritualité 2000"

    "Sur la sainteté de saint Louis, comme fil conducteur possible, il y aurait beaucoup à dire. C'est une question sur laquelle Jacques Le Goff apporte un éclairage nouveau. Son travail fait ressortir toute l'actualité de saint Louis comme exemple de saint laïc. Dans ce but, l'auteur procède à l'examen d'un document produit par un contemporain de saint Louis qui a justement l'avantage de représenter le point de vue du laïc. Il s'agit d'un témoin exceptionnel, une figure remarquable de l'entourage du roi, qui fut à la fois grand sénéchal du royaume et dès sa jeunesse un ami: Joinville. (Louis IX, né en 1214 et mort en 1270, a été canonisé en 1297. Jean, sire de Joinville, est né en 1224; il est octogénaire quand il compose son ouvrage, terminé en 1309; et il meurt lui-même en 1317 à l'âge de 93 ans.)

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  • La France et la religion (statistiques)

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    La France et la religion (statistiques)
     
    - Quelles sont les régions les plus chrétiennes? 

    1) Le Grand Est 2) Les Pays de la Loire 3) La Bretagne 4) L'Auvergne-Rhône-Alpes 5) Les Hauts de France.

    - Quelles sont les régions les moins chrétiennes? 

    1) L'Ile de France, 2) La Provence-Alpes-Côtes d'Azur 3) L'Occitanie 4) La Nouvelle-Aquitaine (notamment le Limousin et la Dordogne) 5) Le Centre-Val de Loire.

    -Quels sont les départements les plus chrétiens? 

    1) La Moselle 2) Le Bas-Rhin 3) La Vendée 4) Le Haut-Rhin 5) La Mayenne (ainsi que la Manche).

    -Quels sont les départements les moins chrétiens? 

    1) La Creuse 2) La Nièvre 3) Le Lot 4) L'Ariège 5) La Corrèze (et le Cher).

    -Quels sont les départements qui comptent le moins d'athées? 

    1) La Moselle 2) Le Bas-Rhin 3) Le Haut Rhin 4) La Vendée 5) La Seine-Saint-Denis (très forte majorité musulmane)

    -Quels sont les départements les plus athées? 

    1) La Creuse 2) La Nièvre 3) Le Lot 4) L'Ariège 5) La Corrèze.

    -Quels sont les départements les moins islamisés? 

    1) La Creuse 2) La Lozère 3) Le Cantal 4) La haute Loire (et l'Ardèche) 5) Les Côtes d'Armor (et le Finistère).

    -Quels sont les départements les plus islamisés? 

    1) La Seine-Saint-Denis 2) Le Val de Marne (ainsi que les Hauts de Seine, la Seine et Marne et le Val d'Oise) 3) Les Bouches du Rhône 4) Le Rhône 5) Mayotte.

    --Quels sont les départements les plus protestants? 

    1) La Bas-Rhin (et le Haut Rhin) 2) Le Gard 3) La Drôme (et l'Ardèche) 4) Le Doubs 5) La Charente-Maritime.

    Quels sont les départements les moins protestants? 

    1) La Corse 2) La creuse et le Cantal 3) Les Côtes d'Armor et le Morbihan 4) Les Hautes Pyrénées et les Pyrénées Orientales 5) Le Pas de Calais et les Ardennes. 

    -Quels sont les départements les plus catholiques?

    1) La Moselle 2) Le Bas-Rhin et le Haut-Rhin 3) La Vendée 4) La Mayenne et la Manche 5) Le Maine et Loire et les Deux-Sèvres.

    -Quels sont les départements les moins catholiques?

    1) L'Ariège 2) La Creuse 3) Le Lot 4) La Nièvre 5) La Dordogne.

    -Quels sont les départements où la pratique religieuse est la plus forte?

    1) La Moselle (ainsi que le Bas-Rhin et le Haut Rhin) 2) La Vendée 3) La Mayenne (et les Deux-Sèvres) 3) Le Morbihan (et le Finistère) 4) Les Pyrénées-Atlantiques

    -Quels sont les départements où la pratique religieuse est la plus faible?

    1) La Nièvre 2) La Creuse et la Corrèze 3) Le Lot et l'Ariège 4) La Dordogne.

     
    LA FRANCE ET LA RELIGION
    Panorama des répartitions régionales et départementales
     
    1. Répartition Régionale du Christianisme
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    2. Répartition Départementale du Christianisme
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    3. Athéisme & Secularisme
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    4. Présence de l'Islam
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    5. Protestantisme & Catholicisme
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    6. Intensité de la Pratique Religieuse
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  • Le discours du Pape aux participants du 47e meeting de Rimini

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    VISITE PASTORALE DE SA SAINTETÉ LÉON XIV
    EN RÉPUBLIQUE DE SAINT-MARIN
    À L’OCCASION DU « MEETING  POUR L’AMITIÉ ENTRE LES PEUPLES »
    ET À RIMINI

    DISCOURS DU SAINT-PÈRE
    AUX PARTICIPANTS AU 47e
    « MEETING POUR L’AMITIÉ ENTRE LES PEUPLES »

    Salon de Rimini
    Samedi 22 août 2026

    _____________________________

    Chers frères et sœurs !

    Je suis heureux de vous rencontrer à Rimini, dans ces lieux qui vous sont chers pour l’engagement, la créativité et le dialogue que votre rendez-vous de fin août parvient à susciter depuis des années. Je remercie le Président Scholz et le Docteur Prosperi pour leur salutation.

    En ce moment historique, nous comprenons plus profondément la prophétie inscrite il y a près d’un demi-siècle dans le nom donné à ces journées : « Meeting pour l’amitié entre les peuples ». Comme saint Jean-Paul II vous le disait, « le seul fait de prononcer ces mots réjouit le coeur : “Rencontre !” “Rencontre d’amitié !” “Amitié entre les peuples !” Des mots qui revêtent une signification particulière en ces heures, souvent dramatiques, de l'histoire du monde » (Discours lors du IIIe Meeting pour l’amitié entre les peuples, Rimini, 29 août 1982).

    Aujourd’hui encore, la paix est préservée et répandue par des personnes qui aiment se rencontrer et qui n’ont pas peur de la confrontation. Dans l’Encyclique Fratelli tutti, le Pape François nous a enseigné à cultiver l’amitié sociale qui représente le visage public, dynamique et concret de la fraternité. En nous reconnaissant en effet dans la dignité d’enfants de Dieu, nous entrons en contact avec ce qui unit à l’origine les êtres humains, au-delà de toute diversité, séparation ou conflit. Nous pouvons nous identifier les uns aux autres, nous écouter et devenir amis, entre personnes et donc aussi entre peuples. Avant les frontières, les définitions et les institutions, il y a toujours les personnes. Cette prise de conscience est au cœur du christianisme : vous le savez, car vous avez été formés à lire l’Évangile comme la révélation d’un Dieu qui est rencontre, événement, regard, expérience, éveillant en chacun le désir d’être aimé et d’aimer. Ainsi, vous n’avez pas fait du “Meeting” une sorte d’enclave : au contraire, il est devenu un carrefour pour l’Église et pour la société, une rencontre qui en suscite d’autres et inspire de nouvelles voies.

    Nous rendons grâce au Seigneur pour cet héritage vivant qui vous confère une grande responsabilité historique, au sein de la plus grande communion de l’Église, au service d’une humanité qui a faim et soif de justice. En effet, comme nous l’a enseigné le Concile Vatican II, « les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur » (Const. past. Gaudium et spes, n. 1). Oui, chers amis, l’heure est à la responsabilité, surtout pour ceux qui ont beaucoup reçu d’une tradition millénaire de foi qui se fait culture. Les différentes éditions du “Meeting” ont en effet su puiser dans le grand patrimoine du passé les raisons qui vous engagent aujourd’hui dans la confrontation avec l’art, la musique, la littérature, la science, l’économie et toute expression de l’âme humaine. Même le titre choisi pour cette édition, tiré du dernier vers de la Divine Comédie, nous pousse vers l’histoire dont Dieu est le Seigneur. « L’amour qui meut le soleil et les autres étoiles » n’a pas disparu ; il n’a perdu ni de sa vigueur, ni de son intensité, bien qu’il s’agisse d’un amour qui reste volontiers silencieux, contrairement aux forces bruyantes qui bouleversent la terre, le ciel et toutes les créatures.

    Oui, l’amour meut ! « Il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes » (Mt 5, 45). C’est ainsi que Jésus décrit la perfection de Dieu, en mettant en évidence le fossé entre la générosité de son action et l’étroitesse des pensées humaines. La réalité s’étouffe dans nos calculs et respire dans la gratuité de Dieu. Ce n’est pas un hasard si mes prédécesseurs – saint Jean-Paul IIBenoît XVI et François – ont tous désigné la miséricorde divine comme le point de rencontre entre l’Évangile et les “choses nouvelles” de cette époque à la fois dramatique et merveilleuse. Suivre Jésus-Christ après les tragédies et les nouveaux départs du XXe siècle implique, en effet, une prise de conscience lucide : on ne combat pas le mal par le mal. Comme au ciel, ainsi sur terre, l’amour est la loi de la vie, la méthode de la rédemption, celle du Messie crucifié. Au faux réalisme qui réarme les esprits, les paroles et les nations, la culture catholique doit aujourd’hui opposer le réalisme de la miséricorde selon lequel il ne peut y avoir d’ennemis et tous, même les adversaires, sont des frères et sœurs qu’il faut regarder dans les yeux et rencontrer dans la vérité. Le péché existe certes, mais l’amour rédempteur du Christ est plus fort encore : il nous engage à purifier nos pensées, nos intérêts, nos habitudes, nos fréquentations, nos projets, nos investissements – tous les aspects de notre vie – de tout ce que la culture du pouvoir a souillé.

    Parmi vous, les compétences, les responsabilités et les ressources nécessaires à une authentique conversion du peuple ne manquent pas. « L’obsession de préserver sa gloire, sa “dignité”, son influence ne doit pas faire partie de nos sentiments. Nous devons poursuivre la gloire de Dieu, et cela ne coïncide pas avec la nôtre. La gloire de Dieu qui éblouit dans l’humilité de la grotte de Bethléem ou dans le déshonneur de la croix du Christ nous surprend toujours » (François, Discours au Ve Congrès national de l’Église italienne, Florence, 10 novembre 2015). Libérons donc la vie en commun de la méfiance, la culture de l’arrogance, l’éducation de l’idéologie, le travail de l’idolâtrie du profit, la technologie et la finance des affaires de la mort. À partir des organisations que nous avons créées et au sein desquelles nous œuvrons, démasquons les rapports de pouvoir injustes à l'origine de la pauvreté, des inégalités, de la guerre et des catastrophes environnementales. Désarmons le développement technologique lorsqu’il devient envahissant et destructeur. Il faut des pionniers courageux qui commencent par changer de cap pour rendre convaincante et crédible la conversion exigée de tous.

    Qu’il n’y ait pas seulement ceux qui attisent le feu de la lassitude et du désespoir, qu’il y ait aussi ceux qui ravivent les rêves et les visions ! Ces deux voies sont incompatibles, car l’une exploite la division, l’aliénation et le désespoir, tandis que l’autre est au service du Royaume de Dieu et de sa justice. « Dans un monde où se multiplient les manœuvres visant à conquérir des marchés et des sphères d’influence, souvent revêtues de rhétoriques rassurantes et de constructions idéologiques séduisantes, notre cœur ressent le besoin de découvrir un dessein différent, sage et bienveillant, semblable à celui que Marie contemple dans le Magnificat, lorsqu’elle proclame que, de génération en génération, la miséricorde de Dieu s’étend sur ceux qui le craignent. Ce dessein de miséricorde traverse l’histoire encore aujourd’hui, au cœur des changements les plus rapides et les plus troublants marqués par les algorithmes, les réseaux mondiaux, et devient la boussole d’une existence évangélique à l’ère numérique. Au centre se trouve le mystère de l’Incarnation » (Lettre encyclique Magnifica humanitas, nn. 230-231).

    Chers amis, la beauté désarmante de ce Mystère nous invite à prendre “le risque éducatif” dont vous parlait le Père Giussani. Il avait compris que « la méthode éducative la plus apte à faire le bien n’est pas celle qui consiste à fuir la réalité pour affirmer le bien séparément, mais celle qui consiste à promouvoir le bien dans le monde ». [1] Et il insistait : « Dans le monde, cela signifie dans la confrontation avec la réalité tout entière, une confrontation risquée, si l’on veut l’appeler ainsi ; mais il vaudrait mieux dire exigeante ». [2] Frères et sœurs, assumons maintenant cette responsabilité qui est un engagement envers le Christ et un engagement envers notre monde !

    Chers jeunes, vous êtes nombreux ici, dont beaucoup de bénévoles. Vous êtes le signe que l’avenir est une promesse, et non une menace ! Beaucoup n’y croient plus, tant parmi les adultes que parmi vos camarades. Mais, silencieusement, « l’amour qui meut le soleil et les autres étoiles » continue de susciter l’espérance. Je l’ai ressenti intensément parmi vos camarades au Liban, en Afrique et en Espagne. L’amour anime, presse, réveille de la torpeur, suscite de nouvelles vocations et pousse à prendre des risques. Impliquez-vous ! Ouvrez-vous à une véritable catholicité, en élargissant vos liens au-delà de toute appartenance trop étroite. Que le Mouvement, les groupes, les communautés soient un tremplin d’où vous plonger dans la réalité tout entière. Combattez ce qui voudrait vous éloigner de vos frères et sœurs de cultures, de sensibilités et d’origines différentes, en particulier des plus pauvres. Sortez, en revanche, à la rencontre de tous !

    Partout, en particulier en marge de la société et parmi ceux qui souffrent, vous trouverez des personnes prêtes à construire la civilisation de l’amour. Ne permettez à personne de minimiser ce mot, qui est le nom même de Dieu : « Dieu est amour » (1 Jn 4, 16). Dans l’amour, il n’y a jamais de contrainte ni d'endoctrinement, jamais de séduction, de tromperie ou de recrutement. L’amour ne réside que dans la liberté, dans le dialogue vivant et dans le don généreux de soi.

    Chers jeunes, le monde semble aujourd’hui s’étonner de votre adhésion au Christ, de l’attirance que vous ressentez pour lui et pour sa parole, ainsi que de votre appartenance à l’Église. Le fait que vous soyez chrétiens est une surprise pour beaucoup ! Et pourtant, sans tapage, « à partir de chez vous, la parole du Seigneur a retenti » (1 Th 1, 8). C’est ce qu’écrivait saint Paul à la toute jeune communauté de Thessalonique. Et il poursuivait : « Votre foi en Dieu s’est si bien répandue partout que nous n’avons pas besoin d’en parler » (ibid.). Ce n’est pas une question de chiffres, même si l’on est ému par les milliers de vos contemporains qui demandent le baptême dans des sociétés considérées comme étant parmi les plus sécularisées du monde. C’est une question de liberté : on ne rencontre la vérité que dans la liberté.

    Nous le comprenons de mieux en mieux, dans un contexte historique qui ravive les questions les plus humaines et un désir infini de sens, de justice et de paix. Ainsi, une certaine perte d’influence, que nous, les adultes, avons peut-être redoutée et combattue, devait nous révéler que nous pouvons mieux apprécier la puissance de l’Évangile, les liens qu’il engendre, la logique qu’il suscite, la vie qu’il fait naître. Comme l’ont répété à plusieurs reprises mes prédécesseurs, « l’Eglise ne fait pas de prosélytisme. Elle se développe plutôt par attraction ». [3] C’est l’attrait pour une manière d’habiter le monde, à propos de laquelle don Giussani demandait de manière provocante : “Peut-on vivre ainsi ?”. [4]

    Dès le IIe siècle, d’ailleurs, l’auteur anonyme de la Lettre à Diognète reconnaissait que les chrétiens « se proposent une forme de vie merveilleuse et, sans aucun doute, paradoxale » (V, 4). Certes, nous devons admettre que nous portons ce trésor “dans des vases d’argile” (cf. 2 Co 4, 7) et que la crédibilité de notre témoignage personnel et communautaire est souvent marquée par nos limites et par le péché. Mais c’est le Seigneur qui nous relève toujours, tant en tant qu’individus qu’en tant que communauté !

    Chers amis, aimez toujours l’Église ! Aimez et préservez l’unité. Cela mérite d’être répété : “Aimez toujours l’Église !”. Chers amis, aimez et préservez l’unité de la “compagnie” par laquelle le Christ vous a rejoints et vous attire à Lui. Comme le Pape François vous l’a dit à l’occasion du centenaire de la naissance de votre fondateur, « même les moments difficiles peuvent être des moments de grâce, et peuvent être des moments de renaissance. Communion et Libération naquit précisément dans une période de crise qui fut le 1968. Et par la suite don Giussani ne s’est pas effrayé des moments de passage et de croissance de la Fraternité, mais il les a affrontés avec courage évangélique, confiance dans le Christ et en communion avec sa mère l’Eglise » (François, Discours aux membres de Communion et Libération, 15 octobre 2022).

    Eh bien, chers amis, c’est précisément au cœur des bouleversements d’une époque en mutation, dans ce monde déchiré par de multiples crises, que nous pouvons redécouvrir « le “goût spirituel” d’être le peuple de Dieu, rassemblé de toute tribu, langue, peuple et nation, vivant dans des contextes et des cultures différentes […] bien que pèlerin sur terre, il vit déjà en communion avec l’Église du ciel » (XVIe Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques, Document final, n° 17). Ces dernières années, nous avons redécouvert la dimension synodale et missionnaire de notre être Église, qui nous invite avant tout à apprendre à nous écouter les uns les autres. « Le don de l’écoute est quelque chose que, je pense, nous reconnaissons tous, mais qui s’est souvent perdu dans certains secteurs de l’Église. Nous devons continuer à découvrir à quel point il est précieux, en commençant par l’écoute de la Parole de Dieu, par l’écoute réciproque, par l’écoute de la sagesse que nous trouvons chez les hommes et les femmes, mais aussi chez ceux qui sont en quête de vérité et qui ne sont pas, ou ne seront peut-être jamais, membres de l’Église » (Discours aux participants au Jubilé des Équipes synodales et des Organismes de participation, 24 octobre 2025).

    C’est un chemin qui exige également le renouveau de chaque réalité associative et de chaque mouvement ecclésial. Je vous invite, tant au sein du Mouvement Communion et Libération que dans les Églises particulières auxquelles chacun d’entre vous appartient, à vivre cette expérience de cheminer ensemble : que chacun écoute, se laisse transformer par la foi des autres, et que de nouvelles prises de conscience mûrissent, que de nouveaux pas soient franchis et que des obéissances courageuses à l’Esprit Saint se manifestent, sous la conduite des pasteurs. La synodalité n’est pas le nom d’un processus, mais la nature d’un peuple qui, dans l’amitié et la rencontre avec l’autre, sent qu’il n’appartient qu’à Dieu seul. Alors, l’autorité se transforme en service qui honore les diversités et en facilite l’harmonie. Ce style constitue, en cette époque troublée, un véritable signe des temps. Témoignons que chaque charisme est au service du bien commun, que toute richesse se multiplie lorsqu’elle est partagée et que toute peur peut être surmontée. Nous devons rendre tout cela tangible, crédible et désirable. Vous saurez le faire, chers amis, dans le sillage de votre fondateur, en cultivant l’unité entre vous, avec ceux qui sont appelés à guider le Mouvement, avec le Siège Apostolique qui vous a reconnus, et avec le Successeur de Pierre. Que le Saint-Esprit nous forme à la pratique de la communion ! Qu’il nous en donne le goût, l’estime et l’espérance. Chers frères et sœurs, que cet Amour “qui fait mouvoir le soleil et les autres étoiles” continue de nous guider. Merci !

    Merci ! Merci !

    La prière est un élément fondamental de toute communauté chrétienne. Je vous invite donc tous à réciter la prière que Jésus nous a enseignée :

    Notre Père…

    Bénédiction

    Merci et bonne route !


    [1] L. Giussani, Il rischio educativo, Milan 2014, p. 106

    [2] Ibid.

    [3] Benoît XVI, Homélie lors de la messe d’inauguration de la Ve Conférence générale de l’épiscopat d’Amérique latine et des Caraïbes, Aparecida (13 mai 2007). François, Catéchèse (11 janvier 2023)

    [4] Cf. L. Giussani, Si può vivere così?, Milan 2007.

  • Le Royaume-Uni interdit à la députée chrétienne finlandaise Päivi Räsänen d'entrer dans le pays

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    D'Edward Pentin sur le NCR :

    Le Royaume-Uni interdit à la députée chrétienne finlandaise Päivi Räsänen d'entrer dans le pays

    Son autorisation de voyage en Irlande du Nord a été révoquée suite à sa condamnation par la Cour suprême de Finlande pour avoir défendu ses convictions chrétiennes sur le mariage, la famille et l'homosexualité.

    Finland’s Top Court Split on Christian Politician’s Hate Speech Charges

    Päivi Räsänen témoigne au Capitole des États-Unis le 4 février 2026, à Washington. L'audition a mis en lumière l'impact potentiel des lois européennes sur la censure sur la liberté d'expression aux États-Unis.

     LONDRES — Une parlementaire chrétienne finlandaise s'est vue interdire l'entrée au Royaume-Uni suite à sa condamnation par la Cour suprême de Finlande pour avoir qualifié l'homosexualité de « déviation sexuelle » et d'« aberration ». 

    En juillet, le gouvernement britannique a informé Päivi Räsänen, une femme politique démocrate-chrétienne de longue date, que son autorisation de voyage électronique (ETA) avait été refusée, après l'avoir initialement approuvée en juin. 

    Räsänen devait se rendre en Irlande du Nord pour prendre la parole lors d'une conférence sur la liberté religieuse et la liberté d'expression mercredi et vendredi de cette semaine, mais elle devra désormais y participer virtuellement. 

    Son interdiction d'entrée en Irlande du Nord fait suite au refus du gouvernement britannique d'autoriser plusieurs autres personnalités de premier plan à se rendre dans le pays au cours de l'année écoulée, souvent en raison de ce qu'il considère comme des « discours de haine ». 

    Après l'annulation de son ETA, Räsänen a demandé un visa complet et a écrit personnellement au ministre de l'Intérieur britannique pour demander qu'il lui soit accordé avant la conférence, mais elle n'a reçu aucune réponse et on lui a dit de ne pas s'attendre à une réponse avant l'événement. 

    L'interdiction d'entrée de Räsänen au Royaume-Uni fait suite à sa condamnation par la Cour suprême de Finlande en mars 2026 pour avoir exprimé ses convictions chrétiennes sur le mariage et la sexualité humaine dans une brochure de 2004 intitulée Homme et Femme Il les créa : Les relations homosexuelles remettent en question le concept chrétien d'humanité.

    La Cour suprême a jugé que les passages qualifiant l'homosexualité d'« aberration du développement psychosexuel » et de « déviation sexuelle » étaient dénigrants envers les personnes homosexuelles en tant que groupe, en raison de leur orientation sexuelle. Les opinions exprimées dans le livre reflètent l'éthique sexuelle chrétienne, à savoir que le mariage unit un homme et une femme et que les relations sexuelles entre personnes de même sexe sont considérées comme un péché.

    Condamnation par le tribunal

    Le tribunal a condamné non seulement Räsänen, membre de l'Église évangélique luthérienne de Finlande, mais aussi l'évêque luthérien Juhana Pohjola, co-auteur de la brochure, et la Fondation Luther Finland, qui l'a publiée. Le tribunal les a tous condamnés à une amende et a ordonné le retrait des passages incriminés. Par ailleurs, Räsänen a été acquitté des accusations portées contre lui pour des commentaires publiés en 2019 sur les réseaux sociaux, dans lesquels il critiquait l'Église évangélique luthérienne de Finlande pour son parrainage de la Marche des fiertés d'Helsinki. 

    Räsänen, Pohjola et la Fondation Luther ont maintenant porté leurs affaires devant la Cour européenne des droits de l'homme, avec l'aide de l'organisation de défense juridique de la liberté d'expression Alliance Defending Freedom (ADF).

    « Il est choquant que le Royaume-Uni m’ait empêché, moi, un homme politique démocratiquement élu dans un État européen allié, d’entrer dans le pays », a déclaré Räsänen à ADF.

    « J’ai été condamnée pour “discours de haine” en Finlande pour avoir exprimé pacifiquement mes convictions chrétiennes », a-t-elle déclaré. « Il s’agit d’un cas flagrant de censure d’État, qui a suscité l’inquiétude des observateurs du monde entier, notamment du département d’État américain et de la Commission américaine sur la liberté religieuse. »

    Räsänen a ajouté : « Bien que cette condamnation injuste fasse actuellement l’objet d’un appel devant la Cour européenne des droits de l’homme, le Royaume-Uni m’a probablement refusé l’autorisation de voyager sur cette base. Ce faisant, le Royaume-Uni me punit pour avoir exercé mes droits fondamentaux. »

    En vertu de la loi britannique, le ministre de l'Intérieur peut interdire l' entrée sur le territoire britannique à un ressortissant étranger s'il estime que son admission « n'est pas dans l'intérêt public », c'est-à-dire qu'elle est indésirable car il représente une menace pour la société britannique. Cette politique est généralement réservée aux cas de sécurité nationale, tels que l'extrémisme ou les crimes graves, mais elle peut s'appliquer à des « comportements inacceptables » sous forme de discours, de publications, de prêches, de sites web ou d'une position d'influence qui « incitent à la haine » et pourraient engendrer des violences intercommunautaires au Royaume-Uni. 

    L’avocat de l’ADF, Lorcán Price, qui représente Räsänen, Pohjola et la Fondation Luther Finland lors de l’appel, a déclaré qu’« en substance », la parlementaire finlandaise s’était vu refuser l’entrée au Royaume-Uni « pour avoir exprimé pacifiquement ses convictions chrétiennes ». 

    « Il ne s’agit pas d’un incident isolé », a-t-il ajouté. « Le Royaume-Uni a bloqué, au cours de l’année écoulée, plusieurs personnalités et hommes politiques conservateurs de premier plan. » 

    Il faisait référence à des personnalités publiques comme Eva Vlaardingerbroek, à qui l'ETA a été refusée en janvier et qui a été invitée à demander un visa. Militante conservatrice néerlandaise ayant expliqué au Register en 2023 les raisons de sa conversion au catholicisme , Mme Vlaardingerbroek a été informée de cette interdiction quelques jours seulement après avoir accusé le Premier ministre britannique de l'époque, Keir Starmer, de tolérer « le viol et le meurtre continus de jeunes filles britanniques par des réseaux de migrants » et l'avoir critiqué pour avoir menacé de bloquer l'application X au nom de la « sécurité ».

    Dominik Tarczyński, député européen polonais conservateur partisan d'une politique de « zéro immigration clandestine », a également été interdit d'entrée au Royaume-Uni en mai . Il devait prendre la parole lors d'un rassemblement « Unite the Kingdom » à Londres, organisé par le nationaliste britannique Tommy Robinson. « Voilà à quoi ressemble le communisme au XXIe siècle », a-t-il déclaré en réaction à cette interdiction.

    Le gouvernement britannique a également annulé l'autorisation de voyage d'autres personnalités publiques qui devaient assister au rassemblement de Robinson, comme Filip Dewinter , parlementaire flamand conservateur, Joey Mannarino, commentateur américain conservateur, et Valentina Gómez, influenceuse MAGA d'origine chilienne. 

    « Témoin exceptionnel »

    En réaction à l'interdiction faite à Räsänen, le père Benedict Kiely, un prêtre britannique dont l'association caritative Nasarean.org soutient les chrétiens persécutés, a déclaré avoir « eu le privilège de rencontrer Päivi », qu'il a décrite comme « une femme de foi et un témoin exceptionnel sous la persécution de la gauche laïque ». 

    Il a déclaré au Register le 19 août : « L’action du gouvernement est scandaleuse. Il semble que seuls les chrétiens et les conservateurs soient indésirables en Grande-Bretagne. L’Église devrait dénoncer avec véhémence l’érosion de la liberté d’expression en Grande-Bretagne. Pour l’instant, elle reste étrangement silencieuse. »

    Le journal The Register a demandé à l'archevêque Richard Moth de Westminster et à la Conférence des évêques catholiques d'Angleterre et du Pays de Galles s'ils souhaitaient commenter l'interdiction d'entrée au Royaume-Uni imposée à Räsänen et à d'autres personnalités chrétiennes publiques. La Conférence des évêques a conseillé de contacter l'Église luthérienne du Royaume-Uni. Le bureau de l'archevêque Moth n'avait pas répondu avant la publication de cet article.  

    Dans son discours au corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège en janvier, le pape Léon XIV a mis en garde contre de telles restrictions à la liberté d'expression. « Il est douloureux de constater à quel point, notamment en Occident, l'espace de la véritable liberté d'expression se réduit rapidement », a-t-il déclaré. « Parallèlement, un nouveau langage, digne d'un roman d'Orwell, se développe et, dans sa volonté d'être toujours plus inclusif, finit par exclure ceux qui ne se conforment pas aux idéologies qui l'alimentent. »

    « Malheureusement », a-t-il ajouté, « cela entraîne d’autres conséquences qui finissent par restreindre les droits fondamentaux de la personne, à commencer par la liberté de conscience. »

  • Canada : le nom de Dieu et toute référence religieuse doivent être bannies à l'armée

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    Déclaration de l’Ordinaire militaire du Canada concernant les réflexions spirituelles dans le milieu militaire

    18 août 2026

    Ottawa – Mgr Scott McCaig, C.C., évêque de l’Ordinariat militaire du Canada, a publié une déclaration concernant les « Instructions au personnel militaire des Forces armées canadiennes (FAC) relatives aux réflexions spirituelles en milieu militaire », parues le 29 juillet 2026.

    Dans sa déclaration, Mgr McCaig s’oppose à cette nouvelle politique, qui exige des membres des FAC, y compris des aumôniers, qu’ils proposent des réflexions spirituelles sans recourir à des mots, des gestes ou des symboles propres à une foi ou à une tradition spirituelle particulière. En vertu de cette nouvelle politique, « les membres des FAC […] doivent respecter le principe de neutralité religieuse et spirituelle de l’État en s’abstenant d’utiliser, de la part du gouvernement du Canada, des mots, des gestes ou des symboles propres à une [tradition spirituelle ou religieuse] particulière ».

    Mgr McCaig affirme que, pour de nombreuses personnes, « le sens, la raison d’être et le bien-être spirituel » ne peuvent être dissociés de Dieu. Il fait valoir que la nouvelle politique impose précisément une telle dissociation et qu’elle est donc en contradiction avec la protection des libertés fondamentales de conscience et de religion garantie par la Charte.

    La CCCB exprime sa solidarité avec Mgr McCaig, qui soulève ces préoccupations au nom des fidèles catholiques confiés à sa charge pastorale. La Conférence examine actuellement la nouvelle politique et continuera à suivre sa mise en œuvre, notamment en ce qui concerne ses implications pour la liberté de conscience et de religion, ainsi que pour la place de l’expression religieuse au sein des Forces armées canadiennes. À ce stade précoce, la CECC encourage les fidèles et toutes les personnes de bonne volonté à s’informer sur ces développements et à prier pour les FAC, leurs membres, leurs aumôniers et leurs familles, ainsi que pour Mgr McCaig dans son ministère pastoral auprès de la communauté militaire catholique du Canada.

    La déclaration complète de l’Ordinariat militaire est disponible ici.

    L’ordinariat militaire a pour mission de répondre aux besoins pastoraux des hommes et des femmes des forces armées, y compris de leurs familles. Il est composé d’aumôniers militaires et dirigé par un évêque résident, appelé « ordinaire militaire ». Un ordinariat militaire n’est pas limité par des frontières géographiques ; il est lié aux personnes (ou « personnel ») en ce sens qu’il existe partout où sont déployés les hommes et les femmes des forces armées d’une nation donnée. Les normes qui régissent un ordinariat militaire sont énoncées dans la constitution apostolique du pape Jean-Paul II, *Spirituali Militum Curae*.

  • Quand le Massachusetts permet désormais l'avortement jusqu’au terme de la grossesse

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    19 août 2026

    Une nouvelle étape a été franchie en matière d'avortement dans un État américain. Au Massachusetts, l'intervention peut désormais être pratiquée jusqu'au terme de la grossesse, sur simple accord du médecin. Une réforme qui place cet État parmi les législations les plus permissives du pays en la matière.

    Le 10 août 2026, la gouverneure démocrate du Massachusetts, Maura Healey, promulguait la loi «Prioritizing Patient Access to Care Act», qui bouleverse le cadre juridique de l’avortement dans cet État américain. Jusqu'alors, l’intervention était librement permise pendant les 24 premières semaines de grossesse, soit déjà 10 semaines de plus qu’en France. Au-delà, elle n'était autorisée que dans quatre situations particulières: danger pour la vie de la mère, danger pour sa santé physique ou mentale, malformation fœtale entraînant la mort, ou diagnostic incompatible avec une vie extra-utérine.

    Ce cadre, déjà permissif, vient d'être purement et simplement supprimé. Il est désormais remplacé par une clause unique et vague: l'avortement «peut être pratiqué par un médecin sur la base de son jugement professionnel». Rien n'interdit plus, désormais, de mettre fin à une grossesse jusqu’à son terme. Cette loi supprime non seulement toute limite de temps mais aussi tout critère médical objectif. Il ne reste que l'appréciation du praticien — une appréciation libre, sans aucune balise légale pour l'encadrer.

    L’abolition des garde-fous

    Avec ce texte, le Massachusetts rejoint neuf autres États américains — Alaska, Colorado, Maryland, Michigan, Minnesota, New Jersey, Nouveau-Mexique, Oregon et Vermont — qui ont déjà supprimé toute limite de délai à l'avortement. La gouverneure Healey a présenté cette réforme comme une garantie que «les décisions de santé reproductive doivent être prises par la patiente et son médecin», sans «incertitude juridique». Mais derrière ce discours procédural se cache une réalité sanglante: un enfant à naître parfaitement viable peut désormais être avorté jusqu'au terme, sur le seul fondement d'un jugement médical discrétionnaire. Et lorsqu’un enfant viable est avorté, il arrive qu’il survive à son avortement et qu’il soit tué après sa naissance, comme l’ECLJ l’avait montré dans ce reportage :

    Selon les statistiques du département de la Santé publique du Massachusetts, 99 avortements ont été pratiqués après 24 semaines de grossesse en 2024, contre 84 en 2023: une hausse que la nouvelle loi va certainement prolonger.

    Les associations pro-vie locales, telles que Massachusetts Citizens for Life, ont dénoncé une loi qui «normalise la mort d'enfants pleinement formés» et «pousse des femmes vulnérables à laisser mourir leur enfant à naître par des actes d'une extrême violence». Les quatre évêques catholiques du Massachusetts avaient appelé les élus à rejeter le texte, qualifiant la suppression des restrictions après 24 semaines de mesure «radicale» et «gravement immorale».

    Une « loi de compassion » en contradiction avec la dignité humaine

    Maura Healey présente ce texte comme une réponse nécessaire à des situations très difficiles. Elle cite le cas de femmes contraintes de parcourir des centaines de kilomètres et de dépenser des milliers de dollars pour avorter dans un autre État; des témoignages, dit-elle, «marqués par beaucoup de douleur, d'angoisse et de déchirement». Elle revendique le droit pour ces femmes de «recevoir les soins dont elles ont besoin dans le Massachusetts».

    L’argument de la compassion est indécent quand on sait qu’au troisième trimestre, l'enfant à naître possède un système nerveux pleinement développé, ressent la douleur, et serait, en dehors de toute intervention, capable de survivre en dehors du ventre de sa mère. Les progrès de la médecine néonatale permettent aujourd’hui de sauver des grands prématurés à des stades de plus en plus précoces. Chaque année, au Massachusetts, des milliers de bébés naissent prématurément, et la grande majorité d’entre eux survivent.

    Cette nouvelle loi montre les limites de la décision de la Cour suprême des États-Unis qui a annulé Roe c. Wade en juin 2022 (arrêt Dobbs). La Cour suprême a constaté que la Constitution américaine ne contenait pas de droit à l’avortement et a redonné une liberté totale à chaque État d'autoriser ou d'interdire l'avortement. Certains États ont donc restreint l’accès à l’avortement mais d’autres, comme le Massachusetts, ont autorisé l’avortement jusqu’au terme de la grossesse. Le combat pour la protection du droit à la vie est donc loin d’être terminé.

  • Le Pape en France; derrière les chiffres, une attente nombreuse et « indéchiffrable » de Léon XIV

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    De Marie-Lucile Kubacki sur Fides.org :

    Léon XIV à Paris : le Stade de France déjà complet!

    LE PAPE EN FRANCE - Derrière les chiffres. Attente nombreuse et « indéchiffrable » de Léon XIV

    19 août 2026
     

    Les places disponibles ont été prises d’assaut. Les 80 000 billets pour la veillée au Stade de France ont été attribués en moins d’une heure, et plus de 200 000 personnes se sont inscrites dès les premières heures d’ouverture des inscriptions pour la messe.

    Cet engouement a suscité de nombreux commentaires dans la presse confessionnelle et généraliste. Comme si c’était Beyoncé » : pourquoi les jeunes catholiques attendent Léon XIV comme une superstar », titre le Parisien. «Un très beau signe pour l’Église de France » commente l’Évêque de Saint-Denis, Mgr Étienne Guillet, pour Fides.

    Il y a là un paradoxe très français. Les chiffres, si on les observe correctement, reflètent la complexité de cette France sécularisée mais où l’Église catholique est encore capable de faire se déplacer des foules.

    Des chiffres à prendre avec précaution

    Seuls 1,8 % de la population générale en France assiste à la messe chaque semaine (selon un sondage Ipsos de 2017), et 5% de manière régulière.” Parmi les personnes baptisées catholiques en France, seuls 6 % se déclarent croyants et pratiquants. En 2021, la proportion de personnes déclarant croire en Dieu est passée sous la barre des 50 % en France. (Sondage Ifop pour Ajir 2022.) Moins d'un quart des jeunes Français de cette tranche d'âge se déclare catholique. Parmi eux, plus d'un tiers ne prie jamais (Rapport de l'Institut Catholique de Paris et de la St Mary's University de Twickenham « Europe’s Young Adults and Religion », Stephen Bullivant, 2018). 28 % des personnes baptisées se considèrent désormais « non catholiques », et 40 % n'envisagent pas de faire baptiser leurs enfants, contre 25 % en 2012 (Enquête Ifop pour la revue Mission « Les Français et le catholicisme », 2022).

    Un effondrement auquel on pourrait ajouter celui des vocations qui fait dire à l'historien Guillaume Cuchet qu'il ne s'agit plus tant d'abandons individuels que de désengagements de deuxième ou troisième génération, scellant la rupture de la transmission familiale de la foi (Comment notre monde a cessé d'être chrétien. Anatomie d'un effondrement, Éditions du Seuil, 2018).

    En même temps, près d’un Français sur deux, soit plus de 32 millions de personnes, « se sentent liés au catholicisme » (enquête d’opinion Viavoice pour l’Observatoire de la laïcité, 2019). 57 % de la population continue à cultiver des pratiques dévotionnelles hors cadre institutionnel, comme allumer des cierges dans les églises, 44 % fréquentent les sanctuaires ou lieux de pèlerinages, 39 % prient Dieu, la Vierge ou les saints, 23 % laissent des intentions de prières dans les cahiers à cet effet (enquête Ifop de 2022.) En outre, depuis le printemps 2021, face à la chute continue des baptêmes d'enfants depuis plusieurs décennies, on observe une hausse inattendue des demandes de baptême chez les jeunes adultes.

    La réalité qui « échappe aux radars »

    Ce détour par les statistiques permet de tirer plusieurs conclusions riches d’enseignements pour la mission.
    Le premier est que catholicisme français passe d'un modèle culturel dominant à une réalité morcelée en petites communautés, un « archipel catholique» selon les mots du sociologue Yann Raison du Cleuziou récemment paru dans la revue Études. Cet observateur des mutations du catholicisme français déclarait dans une interview : «Une religiosité populaire se maintient et passe sous les radars, car elle n’entre pas dans les catégories habituelles pour décrire le catholicisme dans les sondages.» Il ajoutait : «On peut observer dans les paroisses un retour des dévotions considérées comme populaires dans les années 1960, surtout le culte des saints, de la Vierge Marie ou du Sacré Cœur» et précisait que ce mouvement était porté par deux tendances indépendantes l’une de l’autre: la montée en puissance des catholiques observants en raison de la minorisation du catholicisme, de sensibilité religieuse plus traditionnelle, et le renouvellement de la base populaire du catholicisme par les flux migratoires. «Les catholiques venus d’outre-mer ou d’Afrique, ou même de l’Europe centrale ou méditerranéenne, expliquait-il, redonnent une vie à des dévotions qui tombaient en désuétude. » (La Vie, 2024)

    Un autre phénomène qui a été largement analysé par Guillaume Cuchet est la montée des «SBNR», les «spiritual but not religious» (spirituels mais non religieux). Des individus qui ne se reconnaissent pas ou plus dans le cadre institutionnel des religions traditionnelles (églises, dogmes, rites communautaires), et qui, dans une part significative de la nouvelle génération conservent ou développent une quête, des convictions ou des pratiques spirituelles personnelles, à la carte, et qui peuvent reprendre des “éléments” de matrice chrétienne. Cela se retrouve dans des productions populaires comme Avatar qui mêle élements de chamanisme et thèmes bibliques. « Cette montée des « nones » introduit une formidable inconnue dans notre histoire religieuse et philosophique, écrit Cuchet. On peut, à grands traits, distinguer parmi eux trois profils dominants : 1. Les « secular nones » ou « nones » séculiers qui sont, généralement, athées ou agnostiques, et qui sont en nombre croissant ; 2. Les « liminal » ou « transitional nones » qui sont en transit ou en transition entre deux affiliations, et pour qui la position n’est que temporaire ; 3. Les « religious » ou « spiritual nones », qui sont croyants, mais qui ne se rattachent pas à un credo ou à une institution religieuse particulière. » Et de conclure : « Selon que l’une ou l’autre sous-espèce dominera demain, on risque d’avoir des mondes spirituels très différents. » (“La montée des sans religion en Occident, Études, 2019.)

    Les sirènes identitaires et néo-idéalistes

    Voilà pourquoi les concepts de “minorité” et de “déchristianisation” sont à manier avec précaution, sans quoi ils se révèlent des arbres qui cachent la forêt et biaisent la perspective missionnaire. Comme l’analyse Yann Raison du Cleuziou dans article à propos des nouveaux baptisés adultes, l'attachement aux rites de passage, aux fêtes, aux calvaires ou au patrimoine bâti (comme les églises de village, sans compter l’incendie de Notre-Dame de Paris de 2019 qui a soulevé une vague d’émotion nationale) traduit un attachement à la mémoire collective et à l'histoire locale et une quête de transcendance et de lien social (« de commun ») face à l'individualisme et à l'instabilité du présent. Parfois, cependant, cet attachement revêt une dimension « identitaire », lorsque le patrimoine est politisé pour définir une essence nationale irréversible et désigner des « ennemis ». Une tentation présente dans la mesure où une partie des catholiques pratiquants est travaillée par le sentiment de déclin ou de minorisation du catholicisme.

    Cependant, tant la question «identitaire » que le « purisme spirituel » (qui voudrait isoler la foi de toute culture) sont les deux faces d'un même processus de sécularisation, analyse le chercheur. « Les catholiques qui opposent le seul Évangile aux héritages historiques chrétiens ne céderaient-ils pas au « monophysisme historique » dénoncé par le Pape François dans sa lettre sur l’histoire ? interroge-t-il. Une spiritualité qui exalte tant la singularité de l’incarnation christique qu’elle finit par la désincarner en un idéal inaccessible, « angélique », et sans autre issue temporelle possible qu’une forme de prophétisme devant lequel la société est toujours fautive. Ce purisme abandonne le politique aux réalistes autoproclamés et peut favoriser la marginalisation de l’Évangile, vu comme un idéalisme élitiste. »

    Et de conclure : «Un certain cynisme identitaire est peut-être l’envers d’un purisme spirituel. Deux formes radicalement contraires mais paradoxalement solidaires dans leur opposition entre foi et culture. Le fantasme de la pureté culturelle et celui de la pureté spirituelle partagent la même hantise du mélange et donc de l’histoire.»

    Ce qui place le rapport entre foi, religion et culture au centre du défi missionnaire. «Sans travail de fond sur cet impensé, affirme Raison du Cleuziou, les protestations spirituelles resteront sans prise réelle sur les tendances qu’elles doivent combattre. »

    Les analyses, les imprévus et les espérances du cœur

    La foule qui viendra acclamer le Pape sera le fruit de cette histoire du catholicisme français, marqué dans sa forme récente par les paradoxes de la sécularisation. Une situation à la fois très complexe et très simple dans la mesure où les enfants de « la fille aînée de l’Église » comme l’appelait Jean Paul II, attendent aujourd’hui comme hier, une parole qui suscite en eux le désir de faire de leur vie quelque chose de grand » et les amènent à regarder vers l’horizon. (Agence Fides 19/8/2026)

  • Le Vatican considère-t-il la franc-maçonnerie comme une chose importante, ou non ?

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    D'Ed. Condon sur le Pillar :

    Le Vatican considère-t-il la franc-maçonnerie comme une chose importante, ou non ?

    Après avoir insisté pendant des années sur le fait que la franc-maçonnerie est fondamentalement opposée à l'Église, le Vatican a apparemment nommé un franc-maçon à un comité pontifical.

    Dans le même laps de temps, le Saint-Siège a annoncé la nomination d'un éminent universitaire italien à un comité pontifical qui, comme cela a été rapporté depuis, est également franc-maçon.

    Professeur Umberto Longo. Crédit : Festival de Medioevo.

    Umberto Longo, universitaire de renom et directeur de l'Institut historique italien du Moyen Âge à Rome, a été nommé au Comité pontifical pour les sciences historiques le 13 août. Le site web InfoVaticana a ensuite rapporté que des documents publics le présentent comme un participant fréquent aux conférences maçonniques et le reconnaissent comme un membre relativement important d'une branche particulièrement anti-catholique de la franc-maçonnerie.

    On ignore pour l'instant quelle sera la réaction du Vatican face à l'affaire Longo, même s'il est loin d'être le premier membre d'un comité pontifical à être affilié à des fonctions ou des organisations condamnées par l'Église. Il est possible que le Vatican agisse rapidement pour annuler la nomination de Longo, et tout aussi plausible qu'il minimise officiellement ses liens avec la franc-maçonnerie en invoquant son rôle non religieux ainsi que son expertise et son rayonnement académiques.

    Mais la réaction du Vatican sera perçue comme une leçon particulièrement instructive dans le contexte plus large de l'opposition de l'Église à la franc-maçonnerie — après que les conférences épiscopales du monde entier ont publié une série de déclarations et de clarifications soulignant l'opposition séculaire de l'Église à la franc-maçonnerie, et alors que le Dicastère pour la Doctrine de la Foi a appelé à des « stratégies coordonnées » pour éviter toute ambiguïté ou tout malentendu parmi les fidèles.

    En résumé, cette nomination soulève une question simple : le Vatican considère-t-il la franc-maçonnerie comme quelque chose d’important, ou non ?

    La nomination de Longo au Vatican et son appartenance présumée à la franc-maçonnerie ne sont que les derniers exemples d'une longue série de nominations papales controversées à des comités et commissions pontificaux. Parmi les personnes nommées précédemment, sous plusieurs pontificats, figuraient des individus ayant des opinions ouvertement dissidentes, voire farouchement opposées, à divers enseignements de l'Église, notamment sur des questions morales fondamentales comme le caractère sacré de la vie.

    Bien souvent, ces cas ont été balayés d'un revers de main par les responsables du Vatican, qui ont fait valoir, comme l'a fait l'Académie pontificale pour la vie dans le cas d'un économiste pro-avortement en 2022, que la nomination concernait un domaine de travail et d'expertise spécifique, sans lien avec les points de divergence du candidat avec la doctrine catholique.

    L'écoute des avis d'experts, parfois même ou surtout critiques, est souvent considérée comme essentielle au bon fonctionnement des comités pontificaux et des groupes de réflexion.

    Dans le cas de Lungo, il est probable que certains, au moins, adopteront la même position face à son appartenance apparente à la franc-maçonnerie. Mais pour le Vatican, la situation est – ou devrait être – bien plus grave, puisqu'elle implique la condamnation morale généralisée par l'Église d'une catégorie juridique de personnes.

    Juridiquement parlant, l'Église ne condamne pas la franc-maçonnerie pour des opinions ou des enseignements différents des siens, comme pourrait le faire une autre confession religieuse. Elle l'interdit légalement depuis le XVIIIe siècle, la considérant comme une organisation qui, par sa nature même, s'oppose à elle.

    Alors que les déclarations du Dicastère pour la Doctrine de la Foi ont toujours clairement indiqué qu'un catholique qui rejoint la franc-maçonnerie est en état de péché grave et qu'il lui est interdit, entre autres, de recevoir la communion, le Code de droit canonique traite la franc-maçonnerie comme une « société qui complote contre l'Église ».

    Dans sa lettre apostolique de 1890 à l'Église d'Italie, Dall'alto dell'Apostolico Seggio , Léon XIII décrit le complot de la franc-maçonnerie comme « possédés par l'esprit de Satan, dont ils sont l'instrument, ils brûlent comme lui d'une haine mortelle et implacable de Jésus-Christ et de son œuvre ; et ils s'efforcent par tous les moyens de la renverser et de l'enchaîner ».

    Leo a ensuite énuméré un programme spécifiquement politique de la franc-maçonnerie, qui, selon lui, comprenait l'exclusion progressive de l'Église des écoles et des hôpitaux et, à terme, de l'intégralité de la vie publique institutionnelle.

    Lors de la réunion de 1980 de la commission chargée de rédiger la section pénale du nouveau Code de droit canonique, les cardinaux participants, et notamment le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi de l'époque, le cardinal Franjo Šeper, ont clairement indiqué que si la franc-maçonnerie semblait moins active dans les complots contre l'Église à l'époque moderne, c'était uniquement parce qu'elle avait largement atteint la plupart de ses objectifs.

    « Aujourd’hui, peut-être ne complotent-ils plus autant parce qu’ils ont déjà suffisamment comploté et n’ont plus rien à comploter », a observé Šeper, « tout ce qui s’est passé en Italie en ce moment concernant le mariage civil, le divorce, l’avortement et d’autres questions sont des fruits de la franc-maçonnerie, et pas seulement en Italie mais aussi dans d’autres nations. »

    De ce fait, inviter un franc-maçon à devenir membre d'un comité pontifical apparaîtra aux canonistes versés dans la position juridique de l'Église comme analogue au fait de demander à Kim Jong Un de siéger à un comité pour le désarmement nucléaire.

    La situation est d'autant plus délicate, d'un point de vue juridique, que Longo serait membre du Rite écossais ancien et accepté de la franc-maçonnerie. Malgré son nom, il s'agit d'une branche américaine de la franc-maçonnerie particulièrement virulente et explicite dans son anticatholicisme – elle s'est ouvertement opposée aux candidats politiques catholiques et a œuvré pour l'interdiction des écoles catholiques.

    Le Rite écossais entretient également des liens étroits avec l'héritage du Sud confédéré, plusieurs généraux de la guerre de Sécession qui étaient francs-maçons du Rite écossais ayant fondé le Ku Klux Klan, une organisation avec laquelle il s'est ouvertement associé pour soutenir des politiciens et des politiques anti-catholiques au début du XXe siècle.

    Lors d'un des plus hauts degrés d'initiation, le franc-maçon se voit présenter un crâne coiffé d'une tiare papale. On lui explique qu'il « représente la tiare du pontife cruel et lâche » et qu'il « est donc la couronne d'un imposteur ». À un moment du rituel, un haut dignitaire maçon transperce le crâne d'un poignard, tandis que le candidat crie « À bas l'imposteur, à bas le crime ! » avant de le piétiner. Dans le texte officiel du Rite écossais, « Morale et Dogme », écrit par Albert Pike, franc-maçon de haut rang, général confédéré et membre éminent du Ku Klux Klan, il est affirmé sans ambages que la franc-maçonnerie « était, dès son origine, vouée à la lutte contre la tiare de Rome ».

    Si la franc-maçonnerie avait largement disparu des radars de l'Église au cours du dernier demi-siècle, l'appartenance présumée de Longo pourrait peut-être être considérée comme une question historique plutôt que d'actualité, mais au contraire, le Vatican s'est montré particulièrement actif ces dernières années pour souligner sa condamnation absolue de la franc-maçonnerie et le caractère inacceptable de tout chevauchement avec l'Église.

    Outre les interventions, au début du mois, de hauts responsables de l'évêque italien pour interdire les funérailles catholiques des francs-maçons , plusieurs conférences épiscopales, en consultation directe avec le Dicastère pour la Doctrine de la Foi, ont publié des dénonciations sans équivoque de la franc-maçonnerie comme étant antithétique à la foi — notamment les évêques des pays nordiques et des Philippines .

    En 2023 encore, une note doctrinale a été signée par le pape François et le cardinal Victor Manuel Fernandez, préfet de la DDF, appelant à « une stratégie coordonnée entre les différents évêques » pour s’opposer à la franc-maçonnerie.

    De ce fait, la nomination de Longo et la réaction, le cas échéant, du Vatican aux informations concernant son appartenance à la franc-maçonnerie seront suivies de près non seulement par les canonistes, mais aussi par les évêques du monde entier.

    Si la conséquence est qu'un franc-maçon puisse être considéré comme un collaborateur utile de l'Église au niveau d'un comité pontifical, beaucoup y verront un abandon de fait de tout le traitement canonique de la franc-maçonnerie et d'années de collaboration de la DDF avec les évêques du monde entier.

  • La démocratie est menacée par l’« éloignement progressif » de la société par rapport à l’ image biblique de l’humanité

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    Le sermon de Mgr Stefan Oster pour la solennité de l’Assomption de Marie à Altötting :

    Chères sœurs, chers frères,

    Ces derniers mois, j'ai beaucoup réfléchi à la relation entre l'État et la religion, entre la société d'une part, et la question suivante : de quelle religion une société a-t-elle besoin ? Ou plutôt : de quel type de religion a-t-elle besoin ? Et surtout : quelle image de nous-mêmes, en tant qu'êtres humains, est nécessaire au fonctionnement d'un État libre et démocratique comme le nôtre ?

    En 1949 – peu après la catastrophe du régime nazi et la Seconde Guerre mondiale – nous avons reçu ce que je considère comme une Loi fondamentale magnifique. Elle s'ouvre sur un préambule affirmant que le peuple allemand s'est donné cette Loi fondamentale « sous responsabilité devant Dieu et devant l'humanité ». Et dans son premier article, elle formule cette phrase de manière véritablement remarquable : « La dignité humaine est inviolable. La respecter et la protéger est le devoir de toute autorité de l'État. » Cette phrase constitue, en un sens, la pierre angulaire de tous les articles suivants de la Loi fondamentale, et elle souligne avec force que l'État n'est pas au-dessus du peuple, mais a au contraire le devoir de le servir.

    Descriptif ou normatif ?

    À ma connaissance, rares sont ceux, dans notre pays, qui contesteraient l'affirmation : « La dignité humaine est inviolable. » Cependant, un débat persiste quant à savoir si cette affirmation est purement descriptive ou si elle constitue une exigence. Est-elle descriptive ou normative ? La grande majorité de ceux qui se penchent sur cette question estiment qu'elle est normative, en ce sens que la dignité humaine ne doit pas être bafouée. Il s'agit là d'un principe juridique fondamental, car nous sommes, bien sûr, trop souvent témoins de violations de la dignité humaine. Lorsque des personnes sont réduites en esclavage, violées ou tuées, par exemple, la dignité humaine est bafouée. Et cela, fondamentalement, ne devrait pas être toléré dans notre pays. Par conséquent, la dignité humaine bafouée doit être rétablie.

    Que signifie la dignité ?

    Mais la question essentielle est désormais : que signifie réellement la dignité ? Pour nous, chrétiens, la réponse n'est pas si difficile : nous croyons avoir été créés à l'image de Dieu, de manière unique. Dotés de raison et de liberté, nous sommes capables de dire la vérité, même lorsque nous mentons, commettons le mal ou nous asservissons par notre propre faute, par exemple par le biais d'addictions. Nul ne peut nous ôter l'image de Dieu, source de notre dignité ; nous ne pouvons que l'obscurcir par nos propres fautes. Et inversement – ​​ce qui nous amène à la célébration d'aujourd'hui : Notre Seigneur Jésus est pleinement Dieu et pleinement homme. Au sens le plus profond, par son incarnation, il a confirmé ce que signifie être humain. Et, d'une certaine manière, il a aussi pleinement restauré la possibilité pour notre dignité inaliénable de se manifester à nouveau en nous. Et en sa Mère, il nous a donné la nouvelle création : celle en qui et par qui Dieu vient au monde. Ce faisant, il nous a aussi révélé notre propre vocation, qui est au fond la vocation de tout être humain : nos cœurs sont capables d’accueillir Dieu en nous. Et il nous a rendus capables de vivre de telle sorte que cette dignité insondable puisse aussi se manifester extérieurement dans nos relations avec lui et avec les autres. Autrement dit, de façonner nos vies comme le dit le préambule de la Loi fondamentale : dans la responsabilité devant Dieu et devant les hommes.

    Serait-ce une question purement philosophique ?

    Et si nous prenons cela au sérieux, chers frères et sœurs, nous constatons soudain que pour nous, chrétiens, le sens de la dignité est en réalité bien plus clair que pour ceux qui tentent de l'expliquer uniquement par la philosophie. Prenons l'exemple d'Emmanuel Kant, qui, au XVIIIe siècle, expliquait pourquoi les êtres humains ne doivent jamais être de simples moyens, mais, selon sa formulation, sont toujours une fin en soi. Car, par leur raison et leur liberté, ils sont uniques au monde et possèdent donc la dignité. Or, nous voyons qu'une explication purement philosophique nous permet de comprendre le premier article de la Loi fondamentale uniquement de manière normative, c'est-à-dire comme une simple exigence, sans bien sûr préciser ce qui est exigé quant au contenu. Nous, chrétiens, avons l'avantage que, pour nous, l'affirmation « La dignité humaine est inviolable » est toujours comprise aussi de manière descriptive. Notre compréhension est déjà plus large. Et, sans la perspective divine, elle doit toujours être redéfinie et débattue à nouveau, selon le temps et la situation.

    Il s'agit de l'image de l'humanité.

    Qu'entend-on par là ? Eh bien, derrière le discours sur la dignité humaine se cache une image précise de l'humanité – et donc une compréhension de ce qu'est fondamentalement un être humain. Ainsi : l'embryon dans le ventre de sa mère est-il déjà un être humain, une personne humaine, et par conséquent porteur d'une dignité humaine inviolable ? Nous, chrétiens, répondons : Oui, bien sûr ! De même, une personne dans le coma, qui va très probablement mourir prochainement, est-elle encore porteuse de cette dignité ? Et nous répondons : Oui, bien sûr ! Selon notre foi, nous ne retirons rien à l'humanité et à sa dignité, même lorsqu'une personne ne possède pas encore ou ne possède plus certaines caractéristiques et qualités telles que la raison ou la liberté. Mais elle est un être humain, créé par Dieu, et donc porteur d'une dignité personnelle. Et par conséquent, dans notre conception chrétienne, le lieu où et par lequel une personne vient au monde est également spécialement protégé et porteur de dignité, en particulier les femmes, et plus particulièrement le mariage et la famille. En conséquence, la Loi fondamentale formule déjà cette phrase dans son article 6 : « Le mariage et la famille bénéficient de la protection spéciale de l'État. » Il est clair que les rédacteurs de la Loi fondamentale entendaient, premièrement, la monogamie et non la polygamie, et deuxièmement, l'unité du père, de la mère et de leur(s) enfant(s). La plupart des auteurs de la Loi fondamentale étaient influencés par le christianisme. Nombre d'entre eux partageaient la conception catholique du mariage comme sacrement, comme alliance sacrée. Ces exemples nous montrent que la foi nous enseigne : Dieu existe et Dieu est la réalité même. Il est Seigneur de la vie et de la mort. Et l'humanité, en tant que sa créature bien-aimée, faite à son image, est, dans toutes ses dimensions, porteuse de la dignité qu'elle a reçue. Et à ce titre, elle doit être protégée. La foi dit donc : « Voilà comment il en est. » Elle est descriptive, et non simplement normative.

    Lorsque la foi disparaît, l'image chrétienne de l'humanité disparaît également.

    Mais si nous nous sécularisons de plus en plus, c'est-à-dire si la foi s'estompe ou est remise en question, si l'influence des Églises chrétiennes dans notre pays diminue, alors le caractère descriptif du concept de dignité humaine s'efface peu à peu. Il ne reste que le caractère normatif, la conviction que la dignité doit être protégée. Or, cela engendre un débat permanent sur le sens même de la dignité. Elle ne peut plus être l'image de Dieu. Dès lors, une question se pose : qui est donc, au sens le plus plein du terme, cet être humain porteur de cette dignité digne de protection ?

    Quelques exemples de changement

    Et maintenant, voici quelques exemples de points que, je suppose, la grande majorité des rédacteurs de notre Loi fondamentale n'ont même pas envisagés lorsqu'ils ont formulé le principe de l'inviolabilité de la dignité humaine : par exemple, le débat sur l'avortement en tant que droit humain, qui a également lieu fréquemment dans notre pays. La France est allée plus loin à cet égard, en inscrivant le droit à l'avortement comme un droit fondamental dans sa Constitution. Autre exemple : en 2020, la Cour constitutionnelle fédérale allemande a souligné le droit à mourir dans la dignité, et depuis lors, il est devenu possible dans notre pays de faire du suicide assisté un modèle commercial. Pour moi, c'est une violation flagrante des principes fondamentaux – et une perversion de ce que nous entendons par dignité humaine, don de Dieu, qui est aussi Seigneur de la vie et de la mort. Ou encore : un homme politique influent, membre d'un parti démocrate-chrétien, vote contre la légalisation de la gestation pour autrui dans notre pays. Et il le fait alors même que lui et sa compagne avaient déjà convenu d'avoir un enfant par gestation pour autrui à l'étranger. Et alors que la mère porteuse était déjà enceinte.

    Tout est-il permis si Dieu n'existe pas ?

    Ou encore : lorsque l'on considère la Journée de Christopher Street, avec ses multiples facettes d'expression ouverte des modes de vie, des préférences sexuelles et des identités revendiquées, on constate immédiatement à quel point la société a fondamentalement changé. Et oui, c'est une expression de la liberté humaine, explicitement permise par notre démocratie. Parallèlement, il devient évident combien il est difficile pour nous, croyants, de concilier tout ce qui s'y montre ou y est prôné avec notre conception chrétienne de l'humanité. Face à certaines choses, nous posons la question légitime : cela correspond-il à la dignité que Dieu nous a donnée, ou la contredit-il ? L'écrivain Dostoïevski avait-il finalement raison lorsqu'il disait : « Si Dieu n'existe pas, tout est permis » ?

    Appelé à aimer

    Il est toutefois important pour moi de souligner que si, en tant que chrétiens, nous prenons au sérieux la question de la dignité humaine, il doit être clair pour nous, même à l'occasion de la Journée de Christopher Street, que sans exception, toutes les personnes présentes sont des enfants bien-aimés de Dieu, dotés d'une dignité inaliénable. Et que nous devons respecter leur liberté, sans pour autant cautionner ce qui y est montré ou prôné. Quoi qu'il en soit, je crois que la perception d'une absence ou d'une inexistence de Dieu a considérablement élargi le champ des possibles dans le contexte entourant la question du sexe et du genre. Et que la plupart de ces perceptions ne correspondent pas à l'image biblique de l'humanité.

    Et puis, considérant l'aspect politique sous un autre angle : ce même principe, la reconnaissance de la dignité de chaque être humain comme enfant bien-aimé de Dieu, s'applique également au respect des réfugiés, des personnes d'autres cultures, ethnies et croyances, des personnes marginalisées, des personnes handicapées, des personnes âgées, des femmes et des enfants. Ce principe s'applique toujours. Nous sommes toujours appelés à respecter chaque être humain et, surtout, à ne jamais recourir à la violence. Nous pouvons et devons affirmer clairement ce qui correspond à notre conception de l'humanité et ce qui n'y correspond pas, mais nous sommes aussi appelés à le faire dans l'amour, cet amour qui nous anime lorsque nous vivons en union avec le Christ.

    La vision biblique de l'humanité – et les nombreuses autres visions de l'humanité

    Chers frères et sœurs, je suis convaincu que notre Loi fondamentale, et par conséquent notre démocratie libérale, repose essentiellement sur l'image biblique de l'humanité. Or, je crains que ce soit précisément l'éloignement croissant de notre société par rapport à cette image qui mette en péril notre démocratie. Pourtant, c'est précisément cette démocratie qui permet et rend cet éloignement possible. Mais je pense aussi que les conceptions de l'humanité différentes de la nôtre, surtout dans toute leur diversité, tendent presque automatiquement à exacerber les conflits d'intérêts. Et avec cela, la demande d'une solution simple et rapide, imposée par une autorité forte au sommet, qui prévaut et assure la cohésion du système, se fait de plus en plus pressante.

    Quelle est la vision ?

    Il y a quelques jours, j'ai vu une interview de Juli Zeh, une écrivaine importante de notre pays, également avocate et juge constitutionnelle au Brandebourg. Elle y évoquait le manque de vision de notre nation : où voulons-nous aller ensemble, positivement ? Qu'est-ce qui nous unit ? Je crois qu'elle a raison. Mais nous, catholiques, proposons une vision que nous célébrons aujourd'hui. Nous pouvons croire : quoi qu'il arrive, bonheur ou malheur, succès ou échec, quelle que soit la forme de société qui émergera, notre contribution sera là. Nous connaissons notre Seigneur, nous l'aimons, ainsi que notre Église, dont Marie est l'archétype. Et plus nous nous connectons intérieurement à elle, plus nous nous connectons, presque naturellement, à son Fils. Notre vision pour ce temps est la suivante : garder le ciel ouvert – et ce ciel n'est pas qu'une simple pensée, pas une vague intuition. Le ciel commence dès maintenant dans nos cœurs, et il s'ouvre particulièrement lors des fêtes et des jours comme celui-ci. Car nous sommes les enfants de la Mère que notre Seigneur a déjà accueillie au ciel. Allons de l'avant avec gratitude et invitons les autres à se joindre à nous – et à découvrir ensemble l'immensité du ciel, en tant qu'enfants bien-aimés de Dieu. Ce faisant, contribuons aussi au succès de notre démocratie. Amen.

    Le sermon de l'évêque Stefan Oster, intitulé « Quelle est la vision ? Sur la dignité humaine et l'image chrétienne de l'homme », peut être écouté et téléchargé ici :

  • Venezuela : quand un pays se retourne contre son peuple

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    De Catalina Henríquez Cajales sur le site de l'ECLJ :

    Le Venezuela: un pays qui se retourne contre son peuple

    17 Août 2026

    Le Venezuela est l’un des pays les plus chrétiens d’Amérique latine, avec 88,5% de sa population se déclarant chrétienne. Pourtant, sous un parti au pouvoir depuis plus de vingt-cinq ans, cette majorité religieuse est devenue une cible. À l’occasion de l’Examen périodique universel, l’ECLJ a officiellement présenté un rapport dénonçant l’incapacité du Venezuela à protéger les droits fondamentaux des Vénézuéliens.

    La République bolivarienne du Venezuela

    Le Venezuela est dirigé par le même mouvement politique depuis plus d’un quart de siècle, d’abord sous la houlette d’Hugo Chávez, puis de Nicolás Maduro. Son gouvernement a été largement critiqué pour son contrôle autoritaire, l’érosion de l’indépendance judiciaire et la répression de la dissidence, notamment parmi les chefs religieux et la société civile. Des années de mauvaise gestion de ses ressources naturelles, combinées aux sanctions internationales et au déclin de l’industrie pétrolière d’État, ont conduit le pays à l’effondrement économique et déclenché l’une des plus grands déplacements de population d’Amérique du Sud. Des millions de Vénézuéliens ont fui le pays à la recherche d’une stabilité à l’étranger. Bien que Maduro ait été capturé par les États-Unis, le parti politique de son régime reste solidement ancré au pouvoir, contrôlant la grande majorité des gouvernements des États et maintenant la structure politique sous-jacente du pays largement inchangée.

    Cette situation s’est encore aggravée en juin dernier, lorsque deux puissants séismes (de magnitude 7,2 et 7,5 sur l’échelle de Richter) ont frappé à moins d’une minute d’intervalle près de la ville côtière de Morón, dévastant le nord du Venezuela et produisant l’un des événements sismiques les plus meurtriers que le pays ait connus depuis plus d’un siècle. Ces séismes ont fait plus de 5 000 morts, des dizaines de milliers de blessés et réduit en ruines des quartiers entiers de Caracas et de l’État de La Guaira. Cette catastrophe a encore mis à rude épreuve les systèmes de santé publique et l’aide humanitaire dans un pays déjà affaibli par la crise économique, l’émigration massive et un gouvernement aux capacités institutionnelles limitées. Les communautés déplacées dépendent désormais de l’aide étrangère et des ONG qui peinent déjà à combler les lacunes laissées par l’État dans d’autres domaines, tels que la lutte contre la traite des êtres humains.

    Persécution des chrétiens et libertés fondamentales

    L’article 59 de la Constitution vénézuélienne garantit à chaque citoyen le droit de professer et d’exprimer librement sa foi religieuse, en privé ou en public, et protège l’autonomie des Églises contre toute ingérence de l’État[1]. En droit international, le Venezuela a ratifié le Pacte international relatif aux droits civils et politiques. En vertu de l’article 18, il est tenu de protéger la liberté de pensée, de conscience et de religion, y compris le droit de manifester ses convictions sans contrainte.

    Dans les faits, le gouvernement considère l’expression religieuse comme une menace dès lors qu’elle débouche sur une critique du régime. Les membres du clergé qui dénoncent les violations des droits de l’homme sont pris pour cibles et font l’objet de harcèlement, d’intimidation et de détentions arbitraires. Ainsi en mai 2026, un pasteur convoqué par les forces de l’ordre en tant que témoin a en fait été détenu pendant huit jours dans des conditions dégradantes et soumis à des violences psychologiques. Des prêtres catholiques se sont vu refuser leur titre de séjour, et l’un d’entre eux a même été arrêté par la Garde nationale alors qu’il priait dans une chapelle lors d’une manifestation contre le régime[2]. Les églises ont également été prises pour cible: le gouvernement est la seule entité autorisée à distribuer de l’aide aux personnes dans le besoin. Par conséquent, les autorités ont fermé des églises pour ce motif, criminalisant de fait l’action humanitaire[3].

    Les méthodes du régime sont clairement discriminatoires: les églises et les pasteurs qui soutiennent publiquement le gouvernement bénéficient de financements et d’un traitement de faveur, tandis que ceux qui le critiquent sont confrontés à la surveillance, aux menaces et à la violence à l’encontre de leur personnel et de leurs biens. Cela crée un climat d’autocensure, qui se reflète dans le dernier classement de l’Index mondial de persécution de Portes ouvertes, qui place le Venezuela parmi les pires pays au monde pour pratiquer le christianisme[4]. La destitution de Nicolás Maduro en janvier 2026 n’a pas modifié cette dynamique, puisque le même parti est toujours au pouvoir, et les membres du clergé susceptibles de dénoncer les abus passés sont désormais confrontés à un sentiment d’incertitude encore plus grand.

    Dans notre contribution (disponible en anglais), nous avons souligné que le Venezuela ne peut plus prétendre garantir la liberté religieuse dans sa Constitution tout en punissant les croyants qui l’exercent.

    La traite des êtres humains augmente

    La législation vénézuélienne interdit la traite des êtres humains en vertu de l’article 54 de la Constitution et de l’article 174 du Code pénal. Le pays est également partie au Protocole de Palerme, qui oblige les États à mettre en place des systèmes complets de prévention et de protection des victimes, plutôt que de se contenter d’interdire cette pratique.

    L’ampleur du problème dépasse largement la capacité de réaction de l’État. L’effondrement de l’économie vénézuélienne a poussé des millions de personnes à fuir le pays. Des réseaux criminels, notamment des gangs tels que le «Tren de Aragua», ciblent des migrants désespérés en leur promettant des emplois ou un passage sûr, pour finalement les contraindre au travail forcé, à l’exploitation sexuelle ou au mariage forcé. En 2024, la traite des êtres humains liée au Venezuela générait 2,6 milliards de dollars de recettes, et on estimait que des centaines de milliers de Vénézuéliens vivaient dans des conditions d’esclavage moderne[5]. On estime qu’environ un tiers des migrants vénézuéliens se dirigeant vers les États-Unis ont subi des abus sexuels en cours de route.

    Cette crise est particulièrement accablante non seulement en raison de son ampleur, mais aussi parce que l’État ne parvient pas à lutter de manière significative contre la traite des êtres humains. Au cours de la dernière année de référence, les autorités n’ont enregistré aucune enquête ni aucune condamnation pour traite, et le gouvernement continue de ne fournir aucun hébergement aux victimes. Il convient de noter que, lors de son précédent cycle d’examen, le Venezuela avait accepté une recommandation visant à mettre en place des mécanismes spécialisés pour identifier les victimes de la traite, mais ceux-ci n’ont jamais été mis en œuvre. En attendant, ce sont les ONG qui fournissent le peu de soutien psychologique, juridique et matériel, travaillant souvent sous le joug des restrictions imposées par ce même gouvernement.

    Les atteintes du Venezuela en matière de libertés fondamentales et son incapacité à lutter contre la traite ne constituent pas seulement un problème national. Toute personne qui quitte le pays en quête de sécurité devient une cible potentielle, et les réseaux de traite et d’exploitation sexuelle exploitent désormais les voies de sortie du Venezuela pour étendre leurs activités à l’étranger. Les réseaux criminels tirent parti de la crise migratoire du pays pour étendre leurs activités, exacerbant ainsi la crise humanitaire dans toute la région.

    ______

    [1] Constitution of the Bolivarian Republic of Venezuela (30 dec. 1999), https://www.oas.org/dil/esp/constitucion_venezuela.pdf

    [2] General Briefing: Venezuela, CHRISTIAN SOLIDARITY WORLDWIDE (May 29, 2025), https://www.csw.org.uk/2025/05/29/report/6520/article.htm  [hereinafter CSW].

    [3] GNB Assault on Monsignor Zárate Condemned for Bringing Humanitarian Aid to Victims of Cumanacoa, NTN24 (July 16, 2024), https://www.ntn24.com/noticias-actualidad/condenan-agresion-de-la-gnb-a-monsenor-zarate-por-llevar-ayuda-humanitaria-a-damnificados-de-cumanacoa-502285

    [4] OPEN DOORS, WWL 2026 Compilation of all Main Documents (Jan. 2026), https://www.opendoors.org/research-reports/wwl-documentation/WWL2026-Compilation-of-main-documents.pdf

    [5] Antonio Mariá Delgado, Human Trafficking of Venezuelans Explodes into $2.6 Billion Industry, Report Says, MIAMI HERALD (Sep. 11, 2025), https://www.miamiherald.com/news/nation-world/world/americas/venezuela/article312055509.html

  • La réaction timide de Rome face à l'évêque pro-genre de Hambourg

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    De Nico Spuntoni sur la NBQ :

    La réaction timide de Rome face à l'évêque pro-genre de Hambourg

    Le Dicastère pour la Culture et l'Éducation soutient les parents qui s'opposent aux directives sur la « diversité » sexuelle imposées par l'archevêque de Hesse aux écoles catholiques de l'archidiocèse allemand. Quelques lignes, nécessaires mais insuffisantes : le projet doit être stoppé avant même sa mise en œuvre.

    18/08/2026

    Une réponse timide a rompu le silence du Saint-Siège face à la protestation de parents hambourgeois contre l'imposition par l'archidiocèse de directives relatives à l'éducation sexuelle des mineurs dans les écoles catholiques. Ces directives s'inspirent d'un document de la Conférence des évêques allemands, issu du processus synodal, qui, selon les parents (dont beaucoup sont arrivés en Allemagne comme migrants), « encourage la sexualisation délibérée des enfants et des jeunes, dévalorise, déforme ou rejette la vision catholique de la sexualité, du mariage et de la famille, et propage activement un contenu idéologique lié à la sexualité et à l'identité sexuelle ».

    Bref, un nouveau fiasco  en Allemagne, imposé de force par un évêque militant, au mépris de l'avis des familles. Quel gâchis pour la synodalité ! L'archevêque Stefan Hesse, dont les « carences organisationnelles » et les « erreurs de procédure » dans la gestion de l'affaire d'abus sexuels lorsqu'il était responsable du personnel de l'archidiocèse de Cologne, se sont heurtés à la détermination de nombreux parents, notamment celle de Varinia Arauco, une mère d'origine péruvienne. Elle écrivit à tous, du Pape jusqu'aux plus humbles, pour dénoncer la situation. L'audience demandée par une délégation du Réseau des parents pour la protection des mineurs et la prévention (nom que s'est donné ce groupe de familles) auprès de Léon XIV fut refusée, mais une lettre du Dicastère pour la Culture et l'Éducation parvint de Rome.

    Arauco avait également contacté, entre autres, le préfet José Tolentino de Mendonça, mais c'est le sous-secrétaire d'État allemand, Monseigneur Matthias Ambros, qui répondit. Quelques lignes pour accuser réception de la plainte et affirmer que le dicastère « confirme que, concernant la question d'éventuelles orientations en matière d'éducation sexuelle, sa position reste celle exprimée dans le document *  Il les créa homme et femme : Vers un dialogue sur la question du genre dans l'éducation* ».  Ce document, signé en 2019 par le cardinal Giuseppe Versaldi, alors préfet de la Congrégation pour l'Éducation catholique, rejette clairement l'approche du document de la Conférence des évêques allemands sur la « reconnaissance de la diversité des identités sexuelles à l'école » ainsi que les directives qui en découlent et que l'archevêque Hesse souhaiterait imposer dans les écoles catholiques de Hambourg. 

    Pour le dicastère, « l'éducation affective requiert un langage approprié ».« Il faut que l’éducation sexuelle soit mesurée et qu’elle tienne compte du fait que les enfants et les jeunes n’ont pas encore atteint leur pleine maturité et s’apprêtent à découvrir la vie avec intérêt. » « C’est pourquoi, écrivait Versaldi, il est nécessaire d’aider les élèves à développer un esprit critique face à l’invasion de propositions, face à la pornographie débridée et à la surcharge de stimuli susceptibles de mutiler la sexualité. » Un vademecum pour s’opposer au « bombardement de messages ambigus et vagues » dont est au contraire truffé le cadre conceptuel de l’éducation sexuelle souhaité par l’archidiocèse de Hambourg.

    Le paradoxe est que le document de la congrégation de l’époque défend « l’aspiration légitime des écoles catholiques à maintenir leur propre vision de la sexualité humaine, compte tenu de la liberté des familles de fonder l’éducation de leurs enfants sur une anthropologie globale, capable d’harmoniser toutes les dimensions qui constituent leur identité physique, psychologique et spirituelle », rappelant qu’« un État démocratique ne peut, en effet, réduire l’offre éducative à une seule ligne de pensée, surtout sur un sujet aussi sensible qui touche à la vision fondamentale de la nature humaine et au droit naturel des parents à une éducation libre ». « Le choix, toujours dans le respect de la dignité de la personne humaine. » Or, à Hambourg, ce n’est pas l’autorité civile qui impose un programme d’éducation sexuelle pro-genre aux écoles catholiques, mais bien l’autorité ecclésiastique, contre le consentement de centaines de parents.

    Les directives du diocèse allemand témoignent de cette « désorientation anthropologique qui imprègne tant le climat culturel de notre époque et qui a certainement contribué à la déstructuration de la famille, avec cette tendance à gommer les différences entre hommes et femmes, réduites à de simples effets du conditionnement historico-culturel ». Elles contreviennent donc ouvertement au contenu du document de Versaldi, auquel le Dicastère pour la Culture et l’Éducation se réfère encore aujourd’hui sur cette question. L’ancienne congrégation le sait si, en répondant à la mère de Hambourg, elle a jugé nécessaire de rappeler ce texte.

    Mais plus encore, le Saint-Siège ne peut prétendre avoir rempli son devoir avec ces quelques lignes envoyées au Réseau des parents, qui en reconnaissent implicitement la justesse. Une intervention urgente auprès de l’archevêque Hesse est nécessaire pour bloquer la mise en œuvre de ces directives. Les écoles de l'archidiocèse. Le temps presse : la mesure entrera en vigueur le 20 août.