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Société

  • « Évoquer une loi de fraternité est un mensonge » : la charge des évêques français contre le projet de loi Fin de vie

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    De Famille Chrétienne (Angeline Desdevises / Hans Lucas) :

     
    « Évoquer une loi de fraternité est un mensonge » : la charge des évêques contre le projet de loi Fin de vie

    À la veille du débat dans l’hémicycle, les évêques de France rappellent leur opposition à l’aide à mourir et plaident pour un renforcement des soins palliatifs.

    « Les soins palliatifs sont l’unique bonne réponse », soulignent les évêques de France jeudi dans une tribune, alors que le débat parlementaire sur la fin de vie a repris depuis mercredi en commission au Sénat. Tout en rappelant leur « profond respect pour les personnes en fin de vie », ils rappellent que la France a fait depuis plus de 25 ans le « choix singulier et précieux » de « refuser à la fois l’acharnement déraisonnable et la mort provoquée ». Dans ce texte transmis à la presse et signé par les évêques du conseil permanent de la Conférence des évêques de France (CEF), les prélats interrogent « la question du sens de la vie, de la souffrance et de la mort », et soulignent que leur motivation « n’est pas d’abord ni exclusivement confessionnelle ».

    Un « mensonge »

    Les évêques rappellent que l’accès aux soins palliatifs demeure « très inégal sur le territoire national. Aujourd’hui encore, près d’un quart des besoins en soins palliatifs ne sont pas couverts »« Nous appelons solennellement les responsables politiques à mesurer la portée anthropologique, sociale et éthique de leurs débats et de leurs votes », appuient-ils. « Évoquer une loi de fraternité quand il s’agit de faire mourir, de donner la possibilité de s’administrer une substance létale, ou d’inciter un soignant de le faire contre sa conscience, est un mensonge », écrivent-ils. « Présenter l’euthanasie et le suicide assisté comme des actes de soin brouille gravement les repères éthiques (…) Nous refusons en particulier l’instrumentalisation de notions essentielles telles que la dignité, la liberté ou la fraternité », souligne leur texte.

    Le Sénat a repris depuis mercredi l’examen de ce texte, souhaité par l’exécutif mais reporté à plusieurs reprises en raison des soubresauts politiques. La chambre haute en débattra dans l’hémicycle à partir du 20 janvier, avant un vote solennel prévu le 28 janvier. Puis l’Assemblée nationale devrait s’en saisir à nouveau en février.

  • L’Afrique devient la région du monde comptant le plus de chrétiens

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    De zenit.org :

    L’Afrique devient la région du monde comptant le plus de chrétiens

    La proportion de musulmans a augmenté dans plusieurs pays du continent

    16 janvier 2026

    Environ 31 % de la population chrétienne mondiale vit en Afrique, dépassant ainsi l’Europe qui compte 22 % de chrétiens. L’Afrique subsaharienne abrite plus de chrétiens que toute autre région du monde, selon les données du Pew Research Center, un institut de recherche spécialisé, publiées le 9 décembre 2025. 

    Entre 2010 et 2020, la proportion de la population chrétienne en Afrique subsaharienne est passée à 14,3 % de ses habitants, soit une augmentation de 2 points de pourcentage, tandis que la proportion au Moyen-Orient et en Afrique du Nord a atteint 5,6 %, soit une augmentation de 0,5 point.  L’Afrique subsaharienne abrite aujourd’hui le plus grand nombre de chrétiens, avec 30,7 % de tous les chrétiens du monde vivant en Afrique subsaharienne en 2020. Ce taux de croissance différent s’explique par le taux de fécondité beaucoup plus élevé en Afrique qu’en Europe, et par le déclin général de la pratique de la foi parmi les chrétiens d’Europe occidentale. 

    L’évolution religieuse se reflète dans la proportion de groupes religieux dont la population a augmenté ou diminué d’au moins 5 points de pourcentage entre 2010 et 2020. Le pourcentage de chrétiens dans la population a diminué dans presque toutes les régions, notamment dans les pays des Amériques et d’Europe. Ces baisses ont varié de 5 points au Bénin à 14 points aux États-Unis et 20 points en Australie. Au Mozambique seulement, la proportion de la population chrétienne a sensiblement augmenté entre 2010 et 2020, progressant de 5 points de pourcentage. 

    Peu de pays ont connu des variations importantes du pourcentage de musulmans dans leur population. La population musulmane mondiale a augmenté plus rapidement que les autres religions entre 2010 et 2020, principalement en raison de la croissance démographique. On estime que la proportion de musulmans a augmenté d’au moins 5 points de pourcentage au Kazakhstan, au Bénin et au Liban, et diminué de 5 points de pourcentage en Tanzanie et à Oman.  On a observé une baisse de 7 points dans la proportion de bouddhistes au sein de la population sud-coréenne et dans la proportion de personnes appartenant à d’autres religions au sein de la population de Guinée-Bissau. 

    Le nombre de chrétiens a augmenté de 122 millions, pour atteindre 2,3 milliards dans le monde. Leur part dans la population mondiale a diminué de 1,8 point de pourcentage, pour s’établir à 28,8 %.  Les conclusions de l’étude du Pew Research Center reposent sur 2 700 recensements et enquêtes. Cette étude s’inscrit dans le cadre du projet Pew-Templeton Global Religious Futures, qui analyse les mutations religieuses à l’échelle mondiale et leur impact sur les sociétés. 

    L’Afrique devient la région du monde comptant le plus de chrétiens | ZENIT - Français

  • Le « catholicisme beige » et l’exode des jeunes hommes hors de l’Église

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    D'InfoVaticana :

    Le « catholicisme beige » et l’exode des jeunes hommes hors de l’Église

    Dans de nombreuses paroisses occidentales, un constat se répète : des bancs remplis de femmes et d’enfants, et une absence frappante de jeunes hommes. Pour certains, il s’agit d’un phénomène sociologique inévitable. Pour d’autres, d’une simple question de génération. L’approche de The Remnant est plus directe et, en même temps, plus troublante : si beaucoup d’hommes quittent l’Église, ce n’est pas à cause d’exigences excessives, mais justement parce qu’elles sont absentes ; non pas à cause de sa sévérité, mais à cause de sa clémence.

    L'auteur soutient qu'une partie du catholicisme traditionnel est devenue méconnaissable pour ceux qui recherchent une foi solide, un ordre moral clair et une vie spirituelle indépendante des modes passagères. Et lorsque l'Église se présente comme un catalogue de « bonnes idées » négociables, le résultat, dit-il, est prévisible : les fidèles s'en vont, et ceux qui restent ont tendance à renforcer des dynamiques de plus en plus fragiles, créant ainsi un cercle vicieux.

    Le rejet d’un catholicisme « beige »

    Ce texte découle d'une intuition partagée par de nombreux jeunes : si un homme de la génération Z rejette véritablement le monde – son hédonisme, son relativisme, son idéologie –, il rejettera également le « catholicisme édulcoré » qui lui est proposé comme alternative. Il ne recherche pas un christianisme qui imite le langage de son époque, mais un christianisme qui le contredit.

    L’étiquette que l’auteur emploie pour cette version édulcorée est révélatrice : « catholicisme beige ». Un catholicisme sans aspérités, sans clarté doctrinale, sans discipline, sans esprit de combat spirituel. Un catholicisme qui promet appartenance et bien-être émotionnel, mais qui exige rarement conversion, sacrifice ou obéissance à la vérité.

    Première cause : l'érosion de la vérité immuable

    Selon l'article, la principale raison de ce rejet est l'affaiblissement de la conviction catholique. L'Église, nous rappelle-t-il, a été bâtie sur des martyrs, non sur des négociateurs. L'auteur cite des figures historiques qui ont préféré la mort au compromis avec leur foi, précisément pour souligner le contraste avec un climat ecclésial où la vérité semble « flexible ».

    Lorsque la doctrine est présentée comme révisable et que la morale devient un ensemble de « processus » ou de « directives » sans but précis, le message reçu est dévastateur : il n’y a pas de trésor à préserver, mais un discours adaptable. Or, une personne sérieuse ne risque pas sa vie, sa réputation ni sa famille pour quelque chose qui pourrait être redéfini demain lors d’une nouvelle « séance d’écoute ».

    L'auteur attribue ce phénomène à un mélange de libéralisme doctrinal, de modernisme et d'un œcuménisme mal compris : une dynamique où la clarté est perçue comme de la rigidité et la fermeté comme un manque de charité. Dans ce contexte, celui qui recherche la certitude, une hiérarchie morale et la transcendance conclut qu'on lui propose un produit vide de sens.

    Deuxième cause : la promotion du vice et la tolérance du péché

    La seconde cause : la normalisation du vice au sein de l’Église. L’article soutient que la corruption morale – en particulier au sein du clergé – a été l’une des armes les plus destructrices contre la foi et la masculinité chrétienne.

    Lorsqu'un jeune est témoin de scandales, de confusion sexuelle, de la banalisation de la liturgie et de pasteurs incapables de nommer le péché, il comprend qu'on lui demande d'adhérer à une institution qui ne prend pas sa propre doctrine au sérieux. Et si l'Église ne parvient pas à former des consciences fortes, elle finit par produire des hommes faibles : incapables de résister au monde et, par conséquent, incapables de guider leur famille et la société.

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  • « Et si la dignité, c’était de protéger la vie ? » 10.000 manifestants sont attendus dans les rues parisiennes

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    « Et si la dignité, c’était de protéger la vie ? » : la Marche pour la vie descend dans la rue le 18 janvier

    15 janvier 2026
     

    « Et si la dignité, c’était de protéger la vie ? » Dimanche, 10.000 manifestants sont attendus dans les rues parisiennes à la veille de l’examen par le Sénat des propositions de loi relatives à la fin de vie, à compter du 20 janvier.

    « L’euthanasie n’est évidemment pas le seul thème de la Marche pour la vie, mais elle en constitue aujourd’hui l’enjeu central », explique Guillaume de Thieulloy, le président du mouvement. « Aujourd’hui, on parle de vie et de mort », souligne Marie-Lys Pellissier, porte-parole du collectif.

    « Les seuls combats que l’on est certain de perdre sont ceux que l’on ne mène pas »

    « Il existe encore en France des personnes qui estiment que la dignité humaine tient à notre condition d’homme, et non à notre état, à notre âge, à notre santé ou à notre richesse », affirme le président de la Marche pour la vie. Parmi les intervenants prévus dimanche, un jeune homme atteint de la myopathie de Duchenne : « Pour toutes les personnes comme lui, qui seraient en soi éligibles à l’euthanasie ou au , cette proposition de loi est une véritable violence, puisque la mort leur est présentée comme un soin », s’indigne la porte-parole (cf. « Droit à l’aide à mourir » : « cette loi nous indique froidement la porte de sortie »).

    Afin d’encourager les Français à rejoindre la place du Trocadéro, le collectif a financé l’affrètement de plusieurs cars, en provenance de différentes villes de France. « Les seuls combats que l’on est certain de perdre sont ceux que l’on ne mène pas », rappelle Guillaume de Thieulloy.

    Sources de la synthèse de presse : Famille chrétienne (14/01/2026) ; Valeurs actuelles, Bertille Vaur (13/01/2026)

  • Pourquoi le féminisme n'a jamais été (et ne sera jamais) un projet chrétien

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    De Solène Tadié sur le NCR :

    « Quelque chose de maléfique » : Pourquoi le féminisme n'a jamais été (et ne sera jamais) un projet chrétien

    La philosophe catholique Carrie Gress remet en question les fondements mêmes du féminisme, arguant qu'il est devenu une église rivale dont les prétentions morales dissimulent une rupture profonde avec l'Évangile — et dont les conséquences se font désormais sentir chez les femmes, les hommes et les familles.

    Le nouveau livre de l'auteure et philosophe catholique Carrie Gress paraîtra le 20 janvier 2026.
    Le nouveau livre de l'auteure et philosophe catholique Carrie Gress paraîtra le 20 janvier 2026. (Photo : Courtoisie de Sophia Institute Press)

    Le féminisme jouit d'une acceptation quasi universelle dans le paysage politique et intellectuel actuel. Se déclarer antiféministe en 2026 suffit souvent à être étiqueté comme indifférent à la dignité des femmes, hostile au progrès et suspect, même aux yeux de certains conservateurs. La légitimité du féminisme lui-même est rarement remise en question ; il est plutôt considéré comme une étape nécessaire du processus d'émancipation des femmes.

    Il faut donc une certaine dose de courage intellectuel pour s'opposer au récit établi. C'est précisément la tâche que Carrie Gress, universitaire et philosophe catholique, poursuit depuis plusieurs années à travers une série d'ouvrages . 

    Dans son dernier ouvrage, *Something Wicked : Why Feminism Can't Be Fused With Christianity*, Gress ne se contente pas d'affirmer que le féminisme est allé trop loin ou s'est égaré. Elle soutient sans ambages que le féminisme est intrinsèquement vicié, constituant une hérésie du christianisme tardif – une hérésie qui emprunte le langage chrétien tout en le vidant de toute vérité évangélique.

    « Plus nocif que le communisme »

    Gress n'envisage pas le féminisme comme un mouvement nécessitant une réforme, mais comme une idéologie qui doit être jugée sur ses fruits, autrement dit sur ce qu'elle a réellement produit dans la vie des femmes, des hommes et des familles. 

    Elle procède en plaçant le féminisme au même rang que d'autres idéologies modernes qui se sont arrogées une autorité morale tout en dénaturant les enseignements chrétiens. Dans les années 1940, comme le souligne l'ouvrage *Something Wicked* , Pie XII chargea Fulton J. Sheen d'analyser le communisme non seulement comme un système politique alternatif, mais aussi comme une religion contrefaite, une idéologie profondément désordonnée et destructrice. Le féminisme, soutient Gress, mérite le même diagnostic. 

    « Je pense en réalité que le féminisme a été plus néfaste que le communisme », a-t-elle déclaré au Register, « car les gens ne sont plus sur leurs gardes. » Elle estime que, comme le marxisme, le féminisme emprunte un vocabulaire moral d'égalité et de justice, mais le réorganise autour du conflit – non plus la lutte des classes, mais la lutte des sexes.

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  • La France se dépeuple pour la première fois depuis 1942

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    De la Lettre du Figaro du mercredi 14 janvier 2026 :

    En 2025, 645.000 bébés ont vu le jour en France. C’est 2,1% de moins qu’en 2024. 

    Les scénarios les plus pessimistes de l’Ined prévoyaient en 2021 un indice de fécondité de 1,69 enfant par femme. L’hypothèse était qualifiée de « fécondité très basse ». Nous en sommes à 1,56. C’est un désastre pour la France sur tous les plans. Votre journal alerte depuis longtemps et régulièrement sur ce péril. Un cap funeste vient d’être franchi : avec 651 000 décès et 645 000 naissances, notre solde naturel est devenu négatif. Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, en 1942 pour être précis, nous nous dépeuplons.

    Ce basculement s’explique par deux facteurs : non seulement « la baisse des naissances s’est accentuée et a notamment été spectaculaire en 2023, avec 7 % de moins », mais en plus le nombre de décès augmente à la faveur du départ des baby-boomers. Les causes de la dénatalité sont multiples, mais un constat demeure : les Français ont moins d’enfants qu’ils le voudraient. La difficulté des conditions matérielles explique donc en grande partie le problème. La diminution des allocations familiales par François Hollande a porté un coup terrible à notre fécondité, visible nettement sur les courbes.

    Parmi les problèmes identifiés et non réglés par les pouvoirs publics, le logement. Des chercheurs commencent à établir un lien direct entre baisse des naissances et crise de l’immobilier. C’est limpide : « Un jeune actif payé au salaire médian a perdu l’équivalent de deux chambres d’enfant dans nos grandes villes », explique l’économiste Maxime Sbaihi. À Bordeaux, une pièce en plus coûte 60 000 euros, 100 000 à Paris. Qui peut se le permettre ?

    « Triste humanité que celle qui n’espère plus, dans ses entrailles, le cri de la naissance, le jaillissement impérieux, mystérieux et merveilleux de l’à-venir, l’augmentation d’elle-même non par la technologie ou la quête infinie des droits personnels mais par le cœur ! », alerte Laurence de Charette dans son éditorial.

  • 2025 : plus de 388 millions de chrétiens sont exposés à des persécutions et discriminations fortes en raison de leur foi

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    Du site "Portes Ouvertes" :

    Voici quelques résultats majeurs de l’Index Mondial de Persécution des Chrétiens 2026:

    • Plus de 388 millions de chrétiens sont exposés à des persécutions et discriminations fortes en raison de leur foi. À l’échelle mondiale, cela représente 1 chrétien sur 7. Pour la treizième année consécutive, la persécution envers les chrétiens augmente.
    • 15 pays ont atteint le niveau de «persécution extrême». C’est le plus grand nombre de pays jamais enregistré dans cette catégorie.
    • Sur la période d’étude de l’Index, ont été rapportés:
      • 4.849 chrétiens tués, dont 3.490 au Nigéria,
      • 3.632 églises ciblées, dont plus de 1.000 en Chine, 
      • 4.712 chrétiens détenus, dont 2.192 en Inde, 
      • 3.302 chrétiens enlevés ou portés disparus, dont 2.293 au Nigéria.
    • La Syrie connaît la plus forte progression dans le classement: elle passe de la 18ᵉ à la 6ᵉ place.
    • La violence physique contre les chrétiens est en augmentation, notamment en Afrique subsaharienne.
    • L’oppression étatique s’intensifie dans plusieurs pays. 

    RÉSULTATS DE L’INDEX MONDIAL DE PERSÉCUTION DES CHRÉTIENS 2026

    13 chrétiens tués chaque jour pour leur foi

    4.849 chrétiens tués en un an, soit 13 chrétiens par jour: c’est le sombre constat du rapport de l’Index Mondial de Persécution des Chrétiens 2026 publié aujourd’hui.

    Les 10 pays les plus dangereux pour les chrétiens

    Parmi les 50 pays recensés et classés dans l’Index 2026, ces 10 pays sont ceux où les risques sont les plus sévères pour les chrétiens.

    5 faits sur l’Index 2026

    L’Index nous invite à regarder au-delà des chiffres pour comprendre le quotidien de millions de chrétiens exposés à la persécution et aux discriminations pour leur foi.

  • Les priorités de la Commission européenne pour 2026

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    De Javier Villamor sur The European Conservative :

    Vous pensiez que le wokisme était mort ? Bruxelles affirme qu'il s'agit d'une priorité politique majeure pour 2026.

    Bruxelles mise encore plus sur l'égalité des sexes, la diversité et la décarbonation, tandis que les problèmes stratégiques et sociaux de l'Europe sont mis de côté.
    La Commission européenne vient de publier ses priorités politiques pour 2026, et le résultat est difficilement justifiable d'un point de vue un tant soit peu réaliste. Dans un contexte international marqué par la guerre, la compétition géopolitique, l'insécurité énergétique et la dégradation des conditions sociales internes, Bruxelles a choisi de persister dans une voie idéologique qui semble totalement déconnectée des réalités matérielles auxquelles sont confrontés les Européens.

    Alors qu'une grande partie du monde évolue vers des positions plus pragmatiques en matière de politique étrangère, de défense et de souveraineté économique, l'Union européenne persiste à faire de l'idéologie climatique et de genre les piliers centraux de son action politique.

    Le contraste est éloquent. Parmi les problèmes que la Commission prétend laisser derrière elle figurent des questions essentielles à la vie quotidienne et à la stabilité stratégique du continent : la guerre en Ukraine, la dépendance au gaz russe, l’envolée des prix du logement, la précarité de l’emploi et les inégalités sociales croissantes. À leur place, les priorités pour 2026 se résument à une répétition familière de concepts vagues et politisés : « démocratie et valeurs européennes », égalité des genres, droits des personnes LGBT, décarbonation accélérée, sécurité en ligne et finance durable. Le message est clair : les problèmes structurels sont relégués au second plan au profit d’un agenda axé sur les valeurs culturelles et identitaires.

    Cette approche n’est pas le fruit du hasard. Elle reflète fidèlement les orientations politiques 2024-2029 présentées par le président de la Commission, qui consacrent la continuité du Pacte vert, l’élargissement des politiques d’égalité et de diversité, et une conception militante de la « défense de la démocratie », de plus en plus perçue comme un contrôle du discours public et des espaces numériques.

    Sous couvert de lutte contre la désinformation et l'extrémisme, Bruxelles renforce son emprise réglementaire sur les médias, les réseaux sociaux et les algorithmes, tout en éludant tout débat sérieux sur le véritable pluralisme et la liberté d'expression.

    Dans le même temps, l'obsession climatique reste au cœur des débats, malgré son coût économique et social. La Commission insiste sur l'accélération de la décarbonation et l'approfondissement du Pacte vert, alors même que l'industrie européenne perd en compétitivité, que les classes moyennes peinent à supporter le coût élevé de l'énergie et que des pays clés hors UE privilégient sans complexe la sécurité énergétique et la croissance économique. Le discours officiel parle de « transition juste », mais la réalité est un amas de réglementations qui pénalisent les agriculteurs, les PME et les secteurs industriels stratégiques.

    Une dynamique similaire est à l'œuvre avec la question identitaire. La promotion active des politiques de genre et LGBT est présentée comme une priorité transversale, déconnectée de tout débat démocratique constructif au sein des États membres. Il ne s'agit plus de garantir les droits fondamentaux – un point rarement contesté – mais d'imposer une vision anthropologique et culturelle spécifique comme s'il s'agissait d'un consensus européen incontestable. Loin de favoriser la cohésion, cette dérive alimente le mécontentement populaire et renforce l'impression d'une UE déconnectée des préoccupations réelles des familles, notamment en pleine crise démographique sans précédent.

    Tout ceci se déroule alors même que la Commission reconnaît explicitement la gravité de la situation internationale et la nécessité d'investir davantage dans la défense et la sécurité. Les documents stratégiques soulignent la fragilité de l'ordre mondial, les pressions migratoires et les menaces extérieures ; pourtant, ces constats coexistent sans complexe avec une hiérarchie des priorités qui, dans les faits, les relègue au second plan.

    Il en résulte une politique européenne schizophrénique : la rhétorique de l'urgence géopolitique combinée à une action axée sur l'ingénierie sociale et des objectifs climatiques maximalistes.

    Javier Villamor est un journaliste et analyste espagnol. Basé à Bruxelles, il couvre les affaires de l'OTAN et de l'UE pour europeanconservative.com. Fort de plus de 17 ans d'expérience en politique internationale, défense et sécurité, il travaille également comme consultant, apportant son expertise stratégique sur les affaires mondiales et les dynamiques géopolitiques.
  • Le pape Léon XIV, une icône de la mode ?

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    D'Hélène de Lauzun sur The European Conservative :

    Le pape Léon, une icône de la mode ?

    Il semblerait qu'un magazine de mode puisse être sensible au faste et aux circonstances propres à la papauté.

    Anecdote amusante : le pape Léon XIV a été classé par le magazine Vogue parmi les 55 personnes les mieux habillées de 2025. Le port de la chasuble et de la mozzetta pourrait-il devenir à la mode ?

    Il est amusant de constater que Léon XIV se retrouve aux côtés de Rihanna et Jennifer Lawrence dans ce classement. Qui l'eût cru ? 

    Mais le plus intéressant, c'est la motivation qui sous-tend la décision de ce grand magazine de mode international. Le magazine américain, fondé en 1892, souligne dans son classement annuel que Léon XIV a rompu « avec les goûts modestes de son prédécesseur », le pape François, en préservant « l'héritage papal des vêtements liturgiques d'une confection impeccable ».

    Comme « meilleure tenue de 2025 », le magazine a choisi l' ensemble de la tenue choisie pour sa première apparition en tant que pape le 8 mai dans la loggia centrale de la basilique Saint-Pierre : une mozzetta en satin rouge et une étole couleur vin, brodée d'or et ornée d'une croix pectorale maintenue en place par un cordon de soie dorée.

    Pour les non-initiés — moi y compris jusqu'à récemment, je dois l'avouer, car les vêtements pontificaux ne sont pas mon domaine de prédilection —, la mozzetta est une cape qui descend des épaules jusqu'aux coudes et se porte comme signe d'autorité. La chasuble est le vêtement liturgique extérieur porté par-dessus l'aube et l'étole, dont la couleur varie selon le temps liturgique. 

    Après son élection en 2013, le pape François a choisi de ne plus porter ces vêtements liturgiques, par souci de « simplicité ». Paradoxalement, cette simplicité et ce désir de discrétion l'ont fait sortir du lot. L'essentiel n'était plus la fonction papale, mais le choix personnel d'un certain M. Bergoglio. Cette fois, l'approche est différente. Le pape Léon XIV a choisi de renouer avec la grande tradition, et les observateurs extérieurs, y compris les non-croyants, ne se sont pas trompés, peut-être malgré eux : ils ont senti qu'un enjeu infiniment plus important que les préférences vestimentaires d'un certain M. Prevost était en jeu. 

    En incluant le pape dans sa liste de lauréats, Vogue a fait un choix inhabituel. Aujourd'hui, les tenues des « célébrités » attirent l'attention des médias lorsqu'elles choquent, provoquent ou suscitent le débat. Avec ou sans fourrure ? Production éthique ou production de masse chinoise ? Décolletés plongeants et robes fluides, désir de « transgresser les règles » : tels sont les critères qui justifient généralement l'intérêt des médias. Rien de tel cette fois-ci. Et pourtant, cela n'a pas empêché la chroniqueuse de Vogue d'être touchée par la grâce et de s'incliner devant ce qui compte vraiment. La cérémonie classique est belle, et la beauté élève et impressionne. Et paradoxalement, c'est lorsque la cérémonie classique est respectée dans toute sa pompe qu'elle est la plus humble.  

    Il y a quelques jours, des photos du pape Léon XIV bénissant les fidèles circulaient sur internet, associées à de magnifiques sculptures baroques et à des peintures représentant d'anciens pontifes dans toute leur splendeur. Ce qui frappe lorsqu'on regarde ces photos, c'est la majesté du geste, où l'intemporalité de la fonction prime sur l'homme – alors que les choix de François se sont malheureusement résumés à sa seule personne.

    Certains pourraient penser que tout cela n'est qu'une question de chiffons. Exactement. C'est parce que nous avons pris l'habitude d'oublier l'utilité de ces chiffons que tout part en vrille. Merci au pape Léon XIV — et à Vogue — de nous le rappeler.

    Hélène de Lauzun est la correspondante parisienne du European Conservative. Elle a étudié à l'École normale supérieure de Paris, où elle a enseigné la littérature et la civilisation françaises à Harvard. Docteure en histoire de la Sorbonne, elle est l'auteure de * Histoire de l'Autriche*  (Perrin, 2021).
  • Dé-fécondité; ses raisons, sa déraison – Olivier Rey

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    Une recension sur gènéthique.org :

    Dé-fécondité. Ses raisons, sa déraison – Olivier Rey

    13 janvier 2026

    Année après année, le constat est là : la natalité est en baisse. Abyssale.

    Les raisons sont diverses. Tantôt théoriques comme le « souci de la planète » qui confère au fait de ne pas engendrer « un tour responsable et altruiste », tantôt pratiques telle l’« évaporation des communautés » qui laisse les parents livrés à eux-mêmes. « La dénatalité exprimerait, faute de mieux, une forme de défection intérieure », analyse Olivier Rey.

    L’enfant viendrait-il restreindre la liberté de ses parents ? Mais en fait de liberté, il s’agit d’une « aliénation complète au mode de vie consumériste ». Dès lors, « l’enfant entre en compétition avec l’ensemble des biens de consommation dont, par le temps qu’il requiert et les dépenses qu’il occasionne, il barre l’accès ». Et, « au gré de cette compétition, il tend à devenir lui-même un bien de consommation, dont le rapport qualité/prix pourra paraitre dissuasif ». Dissuasive aussi la perspective d’une grossesse, cette « maladie » qu’il faudrait à tout prix éviter.

    Mais « aux raisons sérieuses qu’il y a de ne pas engendrer, peuvent être opposées des raisons au moins aussi sérieuses de le faire » et c’est à cela que s’emploie avec profondeur le philosophe et mathématicien dans cet essai.

    Olivier Rey le rappelle : « Péguy, quant à lui, écrivait il y a déjà un siècle : « Il n’y a qu’un aventurier au monde, et cela se voit très notamment dans le monde moderne : c’est le père de famille. Les autres, les pires aventuriers ne sont rien, ne le sont aucunement en comparaison de lui. Ils ne courent absolument aucun danger en comparaison de lui « ». Car « l’aventure dans laquelle père et mère (dont Péguy aurait aussi dû parler) d’enfants se trouvent embarqués est trop grande pour eux – c’est une caractéristique de l’humanité que d’être vouée à des tâches qui dépassent ses forces, affirme le philosophe. C’est ainsi qu’elle continue. »

    L’aventure est risquée, éprouvante, mais elle est nécessaire. Elle est belle. Et « les enfants qui naissent apportent avec eux la raison de leur présence. »

    Editeur : Gallimard, Collection Tracts

    Date de publication : 30/10/2025

    Nombre de pages : 64

  • Les quatre racines de la culture de mort

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    De Monica Migliorino Miller sur le CWR :

    Sexe, moralité et vérité incarnés

    « Redeeming Sex: The Battle for the Body »  est un véritable tour de force théologique , Eduardo Echeverria n'ayant quasiment rien laissé au hasard dans son examen de ce qui a mal tourné, de ce que signifie être humain et de la signification du corps pour la personne.

    La culture occidentale s'étiole car ses racines occidentales s'érodent. Ce déclin culturel a atteint son point le plus bas avec l'émergence d' une culture de mort, antithétique à ce que Jean-Paul II appelle la  culture de vie  dans l'encyclique  Evangelium Vitae  de 1995. Cette culture de mort trouve ses racines dans quatre éléments spécifiques : l'autonomie individuelle ; une conception dégradée de la liberté, détachée de la vérité objective ; l'effacement du sens de Dieu et, par conséquent, de la personne humaine ; et l'obscurcissement de la conscience humaine, voire l'aveuglement moral, engendrant une confusion entre le bien et le mal, tant chez l'individu que dans la société.

    La citation ci-dessus est extraite de *Redeeming Sex: The Battle for the Body* d'Eduardo Echeverria , une analyse approfondie qui examine avec minutie les quatre racines de la culture de mort et propose les correctifs doctrinaux, théologiques, philosophiques, anthropologiques et spirituels nécessaires. Cet ouvrage théologique magistral témoigne de l'exhaustivité avec laquelle Echeverria explore les causes profondes de cette dérive, la condition humaine et la signification du corps pour l'individu.

    Réfutation des contre-vérités néo-calvinistes modernes

    L'ouvrage d'Echeverria est exhaustif. Il ne se contente pas d'aborder la « bataille pour le corps », mais pose les fondements permettant une juste appréciation du corps ; ainsi, plusieurs pages sont consacrées à l'anthropologie, au droit naturel, à l'épistémologie, à l'herméneutique et à la relation entre nature et grâce, car une juste compréhension des doctrines morales sexuelles de l'Église exige une juste compréhension des fondements sur lesquels elles reposent.

    Après avoir étudié à l'Université libre d'Amsterdam, Echeverria consacre plusieurs pages à un commentaire et une critique des penseurs néo-calvinistes, parmi lesquels Herman Dooyeweerd, Abraham Kuyber, G.C. Berkouwer et Herman Ridderbos – des noms peu familiers à la plupart des catholiques américains. Pourtant, les idées exprimées par ces auteurs sont d'une grande pertinence. L'ouvrage s'intéresse notamment à Ad de Bruijne, professeur d'éthique et de spiritualité chrétiennes à l'Université théologique de Kampen, aux Pays-Bas.

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  • Les audiences du pape François : une baisse constante du nombre de fidèles

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    De Tommaso Scandroglio sur la NBQ :

    Chiffres en baisse
    Que nous révèlent les chiffres décevants du pontificat social de Bergoglio ?

    Les chiffres publiés par la Maison pontificale sur les audiences du pape Bergoglio indiquent une baisse constante du nombre de fidèles. Pourtant, le pontificat de François a été très présent sur les réseaux sociaux et surexposé dans les médias. Quelques réflexions. 

    12_1_2026

    La Préfecture de la Maison pontificale a publié les données relatives à la participation des fidèles aux audiences pontificales sous François de 2017 à 2025. Il s'agit des audiences générales, des audiences spéciales, des célébrations liturgiques et des Angelus. La Maison pontificale ne les diffuse qu'aujourd'hui car, sur ordre de François lui-même, elles n'ont plus été communiquées au cours de ces huit années, la fréquentation des fidèles étant en chute libre. Cela n'aurait pas été une bonne publicité pour le pape. Bien sûr, la version officielle est autre : tout à coup, ces données n'auraient plus été fiables.

    Le blog Messainlatino résume bien la chute de popularité du pape François : « En 2013, année de l'élection du pape Bergoglio, le nombre total de ces présences était de près de 7 millions, mais en 2014, il est passé à un peu plus de 6 600 000. En 2015, il a chuté à 3 210 860. Une hémorragie qui s'est poursuivie en 2017 avec une nouvelle baisse : 2,7 millions. À partir de ce moment, Santa Marta a mis un terme à cette situation. Les deux dernières années du pontificat enregistrent un record négatif : en 2023 et 2024, environ 1,7 million de fidèles.

    La comparaison avec Benoît XVI, moins médiatisé : 3,2 millions de fidèles en 2006, plus de 2,8 millions en 2007, puis entre 2,2 et 2,5 millions. Bien au-dessus de la fréquentation d'un pape capable d'intervenir même au Festival de Sanremo. Aujourd'hui, les chiffres sont à nouveau en hausse. En somme, l'invitation répétée de François aux catholiques de ne pas faire de prosélytisme a été scrupuleusement suivie par les fidèles eux-mêmes.

    Blague à part, ces chiffres peuvent nous apprendre certaines choses. Tout d'abord, être pop ne signifie pas nécessairement être populaire. L'approche simpliste de François, très marquée par les slogans, la banalisation de phénomènes complexes, la sympathie d'un charcutier de confiance, l'emporte à court terme, mais perd à long terme. La forme sans contenu peut séduire, mais ne convainc pas. Les publicitaires le savent bien : devant vendre même le superflu, ils ne peuvent que se jeter sur la nouveauté.

    Pour maintenir l'intérêt du client, il faut sans cesse se renouveler, car seule la nouveauté attire l'attention. C'est l'une des raisons pour lesquelles François insistait beaucoup sur le renouveau, pastoral mais aussi doctrinal. L'accent mis sur la nouveauté aurait dû remplir la place Saint-Pierre et les églises. Mais cela n'a pas été le cas et il ne pouvait en être autrement. Seul le Christ est la nouveauté éternelle, seul Lui rend toutes choses nouvelles. Évangéliser signifie donc apporter le Christ authentique aux autres, et non faire la publicité d'un substitut personnalisé, adapté aux besoins du fidèle consommateur. Le pape François n'évangélisait pas, il donnait des conseils d'achat. Tout au plus jouait-il le rôle d'influenceur. Mais, comme on le sait, les followers sont moins fidèles que les disciples.

    Le pape qui a dépensé des sommes énormes pour promouvoir sa propre personne, qui était présent sur les réseaux sociaux, qui s'est connecté avec Fazio pour promouvoir son livre, puis avec le Festival de Sanremo pour saluer, qui allait chez l'opticien romain, qui se déplaçait à bord d'une Fiat 500L, qui portait lui-même sa mallette comme s'il était un simple employé du cadastre du Vatican se rendant au travail, n'a pas réussi à toucher le cœur des gens, malgré ce qu'en dit la vulgate médiatique.

    Cela s'est produit parce que si la substance fait défaut, c'est-à-dire s'il manque des paroles et des gestes imprégnés d'infini, de transcendance, de sens ultime, des paroles pleines d'un vertige salutaire, le cœur des fidèles reste déçu parce qu'il a soif de Dieu. Une nourriture faite de fragilités humaines à excuser sans cesse, d'homosexualité à bénir, d'accueil des migrants, de biosphères, de soin de la maison commune, de climatiseurs à utiliser le moins possible, finit par lasser. Car ce sont des mots et des gestes éphémères, aussi précaires que notre existence qui tend plutôt vers ce qui est définitif, ultime, éternel.

    Il y a des mots qui choquent, qui divisent parce qu'ils sont exigeants. Des mots impopulaires. « Ce langage est dur ; qui peut le comprendre ? [...] Dès lors, beaucoup de ses disciples se retirèrent et ne l'accompagnèrent plus », nous informe l'Évangile (Jn 6, 60-66). Mais il y a aussi des mots durs parce qu'ils sont fermes, voire rances ou insipides. Ceux-ci aussi éloignent, car l'homme, par nature, est à la recherche de la Vérité, et non de sa version entry level, accommodante, aux angles arrondis, ergonomique, bien polie et prête pour toutes les saisons et toutes les religions.

    La popularité chrétienne, quant à elle, est la suivante : « J'attirerai tous les hommes à moi » (Jn 12, 32). Le Christ l'a dit cloué sur une croix, pas depuis la scène de l'Ariston. Le catholique propose aux autres d'atteindre le bonheur éternel, mais en escaladant une voie ferrée où, si tout va bien, vous vous écorcherez les mains. Si vous ne parlez que de joie, mais que vous n'indiquez pas la recette nécessaire pour goûter à cette joie, tôt ou tard, les gens seront déçus parce qu'ils continueront à être malheureux, un malheur stérile car il ne les mènera nulle part. Et ils ne vous chercheront plus.

    La sérénité du croyant née de l'offrande de la souffrance est bien différente. Souffrants, mais sereins et non malheureux. Voici pourquoi le pape François a perdu en popularité : il n'a pas parlé de sujets impopulaires tels que la croix, la souffrance endurée et offerte, l'intolérance du monde envers les croyants, l'humiliation patiemment supportée, les devoirs qui exigent parfois du sang et des larmes pour être accomplis, la lutte épuisante contre ses propres misères, les ténèbres de notre époque, l'obscurité du péché qui peut nous damner pour toujours, la terreur de finir en enfer. Dans la stratégie marketing de François, ces thèmes étaient inacceptables car ils auraient vidé sa place et ses paroisses. C'est exactement le contraire qui s'est produit, et il ne pouvait en être autrement.

    De plus, le pape François a payé le prix de la surexposition médiatique. Les marques de mode prestigieuses luttent de toutes leurs forces contre la contrefaçon, non pas parce qu'elle leur vole des clients potentiels dans leurs boutiques – celui qui achète un sac Gucci contrefait à 100 euros ne pourra généralement jamais s'offrir l'original à 1 800 euros –, mais parce que la diffusion de marchandises contrefaites dévalorise l'original. Si vous vous exposez trop, vous ne devenez pas populaire, mais banal, normal. Et ce qui est banal et normal ne se remarque plus. Le pape François n'avait pas l'aura de mystère qui devrait entourer le vicaire du Christ (titre qu'il a d'ailleurs supprimé de l'Annuaire pontifical). Le pontife est le pont qui relie l'humain au divin et, en tant que tel, il doit rester au moins en partie caché, inaccessible, hiératique, noble et non plébéien, plus composé de matière céleste que de boue humaine, plus enclin à sentir l'esprit angélique qu'à puer comme un mouton. Saint, justement.

    Entendons-nous bien. Nous ne voulons pas ici accepter de manière aveugle et absolue le critère de la popularité comme critère permettant de distinguer un pontificat réussi, c'est-à-dire conforme à l'enseignement du Christ, d'un pontificat raté. Laissons les sirènes des réseaux sociaux chanter leurs louanges sans nous laisser envoûter. Les chiffres ne font pas tout, mais ils ont tout de même leur importance. Nous voulons donc dire que ces données peuvent être, avec d'autres critères bien plus solides, un test décisif pour comprendre la validité de l'exercice pétrinien d'un pontife par rapport à la vérité à annoncer. Un signal à prendre en considération par l'Église qui est appelée à devenir, plus que populaire, universelle. C'est-à-dire catholique.