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Société

  • Il y a cinquante ans, Pierre Chaunu, historien visionnaire, annonçait notre présent

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    Pierre Chaunu (1923-2009) est de ces historiens qu’on a trop souvent lu en diagonale, ou seulement pour ses travaux monumentaux sur Séville et l’Atlantique et l’histoire quantitative, alors qu’il avait une profondeur anthropologique, démographique et civilisationnelle particulièrement aiguë, surtout dans ses derniers livres et ses interventions publiques.

    Il insistait beaucoup sur :

    • La continuité comme essence de l’histoire (« l’essentiel s’appelle permanence ») face à l’écume du changement perpétuel.
    • La démographie comme révélateur ultime du moral d’une civilisation (il parlait très tôt de « déchristianisation » et de « suicide démographique » de l’Europe).
    • Le rôle central du christianisme dans la genèse de l’Occident moderne, et le vide spirituel et anthropologique qu’a laissé son recul.
    • Une vision tragique mais lucide de l’Histoire : l’homme n’est pas maître absolu de son destin, les structures profondes (démographie, croyances, cadres mentaux) pèsent lourdement.

    Beaucoup de ses mises en garde des années 70-90 sur la dénatalité, la perte de sens, le rapport au temps long, sonnent aujourd’hui avec une force presque prophétique.

    Pour lui, la démographie n’est pas un simple indicateur économique ou statistique parmi d’autres : elle constitue le révélateur ultime du moral d’une civilisation, de sa vitalité profonde, de son rapport à la vie, à l’avenir et à la transcendance. Contrairement aux événements spectaculaires (guerres, crises), le déclin de la natalité est insidieux : il ne fait pas de « cadavres visibles », il est un « refus de la vie » silencieux.

    Contexte historique et comparaison

    Chaunu arrive à cette conviction par son travail sur l’Amérique espagnole (surtout Séville et l’Atlantique). Il observe le choc démographique colossal post-Conquête : la population amérindienne s’effondre (estimations très débattues, de ~80 millions à une fraction en quelques décennies), en grande partie à cause des maladies, mais aussi des ruptures culturelles et spirituelles. Cela lui montre que les civilisations peuvent mourir par implosion démographique, pas seulement par conquête extérieure.

    En Europe, il contraste cela avec la vitalité médiévale : le « monde plein » du XIIIe siècle, avec une forte densité, des défrichements massifs, des clochers partout. L’Église y joue un rôle ambivalent : elle promeut le mariage tardif pour réguler la pression sur les ressources, ce qui finit par internaliser une certaine méfiance vis-à-vis de la chair et du plaisir, selon lui.

    La « peste blanche » et le suicide démographique

    Dans Le Refus de la vie (1975) et surtout La Peste blanche : comment éviter le suicide de l’Occident (1976, avec Georges Suffert), Chaunu alerte sur le retournement brutal de la fécondité européenne après le baby-boom. Il parle explicitement de « suicide » parce que :

    • C’est un choix collectif inconscient, porté par l’individualisme hédoniste, la société de consommation, la sécularisation.
    • La pilule (1960) et la légalisation de l’avortement (1975 en France) accélèrent le phénomène.
    • Le « refus de l’enfant » révèle un rapport altéré au temps et à la mort : l’enfant incarne l’avenir et rappelle la finitude. Une société qui ne veut plus d’enfants est une société qui ne veut plus se projeter au-delà d’elle-même.

    Citation emblématique :

    « La dénatalité, pour un homme quelconque, est comme la peste et la guerre, de l’ordre du destin. [...] La peste et la guerre font des morts, le refus de la vie ne fait rien. Les premiers se voient, le second ne se voit pas. »

    Lien avec la déchristianisation

    Chaunu, protestant engagé, voit une corrélation profonde entre le recul du christianisme et ce suicide démographique. Le christianisme avait fourni :

    • Une sacralisation de la vie et de la famille.
    • Un « transfert eschatologique » vers les valeurs laïques (Lumières, République) qui avait maintenu un temps la vitalité.
    • Une vision de l’homme comme créature responsable devant Dieu et l’avenir.

    Avec la déchristianisation (qu’il observe déjà dans les mentalités du XVIIIe siècle, via les travaux comme ceux de Vovelle qu’il a encadrés), ce cadre s’effondre. La société devient « stérile » spirituellement et biologiquement : culte de l’adolescent/consommateur immédiat, rejet de la transmission, égoïsme temporel. Il note que « le racisme est une fleur qui pousse dans la famille trop réduite » — les sociétés vieillissantes et atomisées deviennent plus craintives face à l’Autre.

    Actualité de Chaunu

    Dès les années 1970, il prédit l’« hiver démographique » européen, la pyramide des âges inversée, les tensions migratoires et identitaires qui en découlent. Il ne cesse de répéter que la démographie est la prospective par excellence : plus fiable que les indicateurs économiques.

    Ses analyses restent discutées (certains lui reprochent un ton alarmiste ou une lecture trop « civilisationniste »), mais les chiffres lui donnent rétrospectivement raison sur l’ampleur du déclin de la fécondité autochtone en Europe.

    La Peste blanche (1976).

    Ce livre est un dialogue entre Pierre Chaunu (l’historien) et Georges Suffert (le journaliste). Il s’inscrit dans la continuité de Le Refus de la vie (1975) et prend la forme d’une enquête vive, alerte, parfois prophétique. Il ne s’agit pas d’un traité académique lourd mais d’un cri d’alarme accessible, structuré autour du contraste entre le passé vital de l’Occident et son présent suicidaire.

    Le concept central : la « peste blanche »

    Chaunu oppose deux fléaux :

    • Les pestes traditionnelles (Noire, etc.) : visibles, bruyantes, dramatiques, avec cadavres, cloches, quarantaines. Elles tuent brutalement mais laissent des survivants qui reconstruisent.
    • La peste blanche : invisible, indolore, silencieuse. Elle ne fait pas de « morts visibles » immédiatement. C’est le refus de la vie, le déclin volontaire de la natalité, l’indifférence à la transmission.

    Citation clé (extraite des présentations du livre) :

    « Lorsque autrefois la peste s’abattait sur une ville […], chacun en était averti par la rumeur, les cloches, les grands feux […]. La peste blanche, au contraire, est invisible, apparemment indolore. Pourtant à court terme, elle est tout aussi dramatique que les pestes d’autrefois. »

    Qu’est-ce que cette peste ?

    • La désespérance (perte de sens et d’avenir).
    • L’indifférence à la vie et à la postérité.
    • Le culte du bonheur immédiat (hédonisme consumériste).
    • Le mépris de l’histoire et de l’avenir (présentisme).

    Conséquence directe : le suicide démographique de l’Occident.

    Analyse historique et causes

    Chaunu mobilise son expertise (notamment sur l’Amérique latine post-Conquête) pour montrer que les civilisations peuvent s’effondrer par implosion interne plus que par choc externe. Il relie cela à :

    • La déchristianisation progressive : le christianisme avait sacralisé la vie, la famille, la transmission. Son recul laisse un vide anthropologique.
    • L’individualisme moderne et la société de consommation qui font de l’enfant un « coût » plutôt qu’une bénédiction et un projet.
    • Les évolutions techniques (pilule, avortement) qui accélèrent un mouvement déjà entamé dans les mentalités.
    • Un rapport altéré au temps : l’Occident, qui avait inventé le progrès et la projection dans l’avenir, se replie sur l’instant.

    Il parle d’un « refus de la vie » collectif, inconscient, qui n’est pas perçu comme tel par les individus (« pour un homme quelconque, la dénatalité est […] de l’ordre du destin. […] Le refus de la vie ne fait rien. Les premiers [peste/guerre] se voient, le second ne se voit pas »).

    Structure et ton

    Le livre alterne :

    • Diagnostic historique (« jadis », « naguère »).
    • Analyse du présent (« aujourd’hui »).
    • Perspectives d’« avenir retrouvé » (propositions pour inverser la tendance).

    Chaunu et Suffert sont décrits comme optimistes par tempérament, mais lucides. Ils ne se contentent pas de déplorer : ils cherchent des voies de redressement (retour à un certain sens du sacré, valorisation de la famille, prise de conscience collective).

    Actualité en 2026

    Écrit il y a cinquante ans, le livre a vu ses prédictions confirmées de manière spectaculaire : fécondité européenne durablement sous le seuil de remplacement, vieillissement accéléré, dépendance migratoire croissante, tensions identitaires et économiques liées à la pyramide des âges inversée. Chaunu y voyait déjà le risque d’une « résignation anticipée devant les asservissements possibles ».

  • Avortement : ce n'est pas la "science" qui décide et il ne lui appartient pas de le faire

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    Une opinion de Werner-Édouard de Saeger van Nattenhaesdonck, avocat au barreau de Liège-Huy, professeur de droit à l'université de Hasselt, affilié au Center for Bioethics de la Harvard Medical School, publiée en sur le site de la Libre :

    Avortement : la science ne décide pas, et il ne lui appartient pas de le faire

    Dans le débat actuel sur l'allongement du délai légal, l'invocation de "la science" masque un choix moral qui, en démocratie, revient au citoyen, non aux experts.

    Il n'existe pas de manière plus élégante de soustraire un choix moral au débat que de le déclarer fait scientifique. "Laissons la science décider, et non la politique" sonne comme un appel à la sobriété contre l'idéologie. C'est en réalité la phrase la plus idéologique de tout le débat sur l'avortement : elle déguise un choix de valeurs profondément contesté en simple résultat de mesure.

    Soyons précis. La science décrit comment l'embryon devient fœtus, à partir de quand un système nerveux fonctionne, quand la viabilité hors de l'utérus devient possible. Ce sont là des faits. Mais d'aucun fait ne découle, à lui seul, une norme. Aucune échographie, aucun rapport d'experts ne peut dire à partir de quel moment la vie à naître mérite la protection du droit : cette question n'est pas empirique, mais éthique et juridique. Qui l'ignore ne fait pas de la science : il fait, derrière son bouclier, de la politique sans oser l'avouer.

    Une "neutralité" qui n'en est pas une

    On met en garde, à juste titre, contre l'idée de légiférer à partir d'"une seule vision morale du monde déguisée en neutralité". Mais que l'on s'applique alors ce principe. Présenter l'avortement comme un simple "acte de soin sûr et de routine" n'est pas un résumé neutre de la médecine : c'est l'individualisme libéral déguisé en jargon médical. Que l'intervention soit sûre pour la femme, nul ne le conteste ; là n'est pas la question. Le mot "soin" présuppose qu'il n'y a qu'un patient. Or savoir s'il existe un second être humain dont les intérêts comptent est précisément la question disputée que ce terme fait mine d'avoir tranchée. La vision "neutre" que l'on dénonce chez l'adversaire, on la porte donc soi-même.

    De la cellule unique au nouveau-né court un seul développement ininterrompu, sans aucune césure devant laquelle on puisse dire, l'œil sec : avant ceci, pas encore un homme ; après, oui.

    La science, du reste, est moins unanime qu'on ne le prétend. Que le fœtus ne ressentirait la douleur qu'après vingt-deux semaines n'est pas un fait acquis, mais une interprétation que conteste une partie de la recherche, y compris des chercheurs qui défendaient naguère la thèse inverse et qui n'excluent pas une perception bien antérieure. Et la viabilité n'est pas une frontière morale : c'est une frontière technologique, qui recule à mesure que progresse la néonatologie. Un enfant qu'on ne savait pas sauver en 1990 et qu'on sauve en 2026 n'était pas moins humain hier.

    Le critère le moins arbitraire

    Si l'on veut faire parler la biologie, qu'on la laisse parler jusqu'au bout. Le critère le moins arbitraire qu'elle désigne est la conception : dès cet instant existe un organisme humain distinct, vivant, doté de son propre génome. Douze, quatorze, dix-huit semaines sont précisément les points où la nature ne trace aucune ligne de rupture, où rien n'apparaît soudain qui n'existait pas la veille. Les seuils gradualistes ne sont donc pas scientifiques : ce sont des compromis juridiques.

    Je ne m'en cacherai pas, car esquiver serait lâche : je me situe sur la ligne de la vie dès la conception. Non par sentiment, ni par la seule conviction religieuse (que je porte, en catholique, sans détour), mais parce que la raison elle-même n'indique aucun autre commencement où la dignité humaine s'ouvre sans arbitraire. De la cellule unique au nouveau-né court un seul développement ininterrompu, sans aucune césure devant laquelle on puisse dire, l'œil sec : avant ceci, pas encore un homme ; après, oui. Qui veut faire commencer la protection plus tard doit tracer une frontière que la nature ne trace nulle part, et la charge de la preuve lui incombe.

    Et le père ?

    Une figure, enfin, manque systématiquement : le père. La procréation est, par nature, une réalité partagée : il y a un enfant, et cet enfant a deux auteurs. Pourtant, le discours dominant réduit la décision à une affaire strictement privée, comme si le père, le couple et la famille n'existaient pas. Je ne plaide pas pour un droit de veto de l'homme : celle qui porte la grossesse porte un fardeau que l'autre ne porte pas, et c'est à elle que revient, à juste titre, la décision finale. Or notre droit ne traite pas le père comme une voix plus faible, mais comme une voix nulle. Et cela s'accorde mal avec un droit de la famille qui impose au même homme dix-huit années d'obligation alimentaire pour un enfant qu'il ne voulait pas, tout en lui refusant toute parole sur celui qu'il voulait. Une responsabilité sans voix : dans tout autre domaine, nous la dirions injuste.

    Lorsque, dans le débat actuel, une ministre affirme que ce n'est pas la science qui détermine la politique, elle a raison : en démocratie, ce n'est pas une prétention, mais la définition même du gouvernement de soi.

    Reste l'argument bien connu selon lequel une législation plus stricte pousse la pratique "dans l'ombre" ou "de l'autre côté de la frontière". Mais ce n'est pas un argument sur le droit ; c'est une prévision sur l'efficacité. Et il prouve trop : qu'une interdiction soit contournée n'a jamais démontré qu'elle fût injuste. On reconnaît du reste volontiers qu'il s'agit d'" un nombre inconnu" de femmes. On ne peut pas, dans la même phrase, brandir un chiffre comme décisif et avouer l'ignorer.

    À qui revient la décision

    L'objection la plus profonde demeure démocratique. Précisément parce que des citoyens raisonnables divergent ici fondamentalement, la question a sa place au parlement, chez le représentant élu, non dans une commission d'experts sans mandat pour juger de la vie et de la mort. Les experts doivent éclairer le législateur par les faits ; mais dès qu'ils "recommandent" un délai, ils sortent de leur compétence et deviennent des législateurs non élus. Lorsque, dans le débat actuel, une ministre affirme que ce n'est pas la science qui détermine la politique, elle a raison : en démocratie, ce n'est pas une prétention, mais la définition même du gouvernement de soi.

    La science décrit la vie. Que nous la protégions, et dans quelle mesure (et qui siège à la table lorsqu'on en décide : la femme, l'enfant, le père, la communauté), demeure un choix de la conscience et de la démocratie. Le mien est clair, et je ne le dissimule pas : la protection commence à la conception, parce que c'est là que commence l'homme. Que celui qui préfère une frontière plus tardive le plaide, dans un pays libre, mais comme le choix moral qu'il est, et non comme le décret d'une science qui, sur l'essentiel, garde le silence.

  • Le respect de la vie est devenu tabou en Belgique.

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    Du Frère René Stockman sur le Catholic Herald :

    Le respect de la vie est devenu tabou en Belgique.

    Alors que le débat sur l’euthanasie s’était quelque peu apaisé en Belgique ces derniers temps, il semble revenir sur le devant de la scène à la suite de plusieurs cas particuliers qui ont fait la une de l’actualité.

    Par exemple, un homme – encore relativement jeune – atteint d’une maladie en phase terminale a choisi l’euthanasie. La semaine précédant l’événement, il a organisé une grande fête d’adieu pour tous ses amis, qui a bien sûr fait l’objet d’une large couverture médiatique, avec photos et interviews. Il a déclaré explicitement que les éventuels sentiments négatifs de ses amis à l’égard de sa décision lui étaient totalement indifférents et que cela ne regardait qu’eux.

    Puis, un médecin a affirmé que les gens dépensaient plus en frais médicaux au cours des trois dernières années de leur vie que pendant toutes les années précédentes, ce que l’on ne ferait jamais avec une vieille voiture. Une déclaration bizarre, qui cachait naturellement des intentions cachées.

    Peu de temps auparavant, même le président d’une caisse d’assurance maladie – une caisse aux racines chrétiennes, qui plus est – avait suggéré qu’il serait peut-être judicieux de promouvoir l’option de l’euthanasie auprès des personnes âgées afin de mieux maîtriser la hausse des coûts de l’assurance maladie. Ici, le lien entre l’euthanasie et les considérations financières était mis à nu sans la moindre hésitation, et il n’y avait pas besoin d’intentions cachées.

    On fait invariablement référence à l’accord de coalition conclu lors de la récente formation du gouvernement, qui stipule que, sur la base de données scientifiques solides, des efforts doivent être déployés pour étendre les directives anticipées en matière d’euthanasie aux personnes incapables de discernement en raison d’une démence, et que les conditions dans lesquelles cela est envisageable doivent être étudiées.

    Lorsque l’on écoute les arguments avancés par les défenseurs bien connus de l’euthanasie et de son extension, il est frappant de constater que, sous la bannière d’une société pluraliste, une seule vision de l’humanité est mise en avant, à savoir celle d’une personne capable d’exercer son libre arbitre de manière absolue, ce qui doit lui garantir une autodétermination absolue. Toute autre conception de l’humanité, dans laquelle, par exemple, la dimension sociale et la responsabilité mutuelle sont explicitement considérées comme une dimension inhérente à la condition humaine, est rejetée comme une vision dépassée de l’humanité. Tout semble se réduire à une conception entièrement individualiste de l’humanité, où prévaut le principe du « chacun pour soi ». La seule préoccupation est désormais de savoir comment, dans des situations complexes d’incapacité – qui sont déjà interprétées de manière plus large que les seuls cas de démence –, garantir à la fois le libre arbitre de la personne et la diligence professionnelle de celui qui doit pratiquer l’euthanasie.

    L’idée selon laquelle la vie en tant que telle, quelle que soit sa forme, peut avoir une valeur absolue, et que les êtres humains sont toujours des êtres sociaux – ce qui signifie que les décisions concernant la vie ont des répercussions sur les proches du défunt – est écartée comme étant tout à fait secondaire et hors de propos dans le débat actuel, qui vise à aboutir à une éventuelle extension de la loi. Tant les personnes concernées que leur entourage immédiat et, surtout, les soignants se trouvent ici confrontés à un dilemme moral dans lequel ils doivent, a priori, se conformer à une conception de l’humanité qui leur est imposée. Sous le prétexte de la liberté absolue, c’est en réalité la liberté elle-même qui est sapée, et le débat se déroule exclusivement dans un cadre éthique prédéterminé, fondé sur une conception de l’humanité qui n’est plus sujette à discussion ni à contestation.

    Alors que, dans certains pays où le débat sur l’euthanasie en est, pour ainsi dire, encore à ses balbutiements, et où de sérieuses questions morales sont soulevées précisément au sujet de ce caractère sacré absolu de la vie et de la responsabilité sociale que chaque personne a envers les autres, et où l’on se demande donc si l’euthanasie en tant que telle peut réellement être considérée comme le fruit d’une compréhension croissante d’une humanité en pleine évolution, il s’agit là, pour notre pays, d’un débat depuis longtemps oublié et relégué aux oubliettes, dans lequel on regarde avec pitié ceux qui n’ont pas encore atteint cette maturité morale. L’argument est alors très vite avancé selon lequel certaines opinions doctrinales doivent être totalement exclues d’une société qui s’est affranchie de toute forme de considération religieuse ou philosophique ne s’alignant pas sur la nouvelle vision de l’humanité qui vient d’être mise en avant.

    C’est ainsi que ceux qui tentent encore d’introduire une réflexion morale dans le débat, et s’efforcent à juste titre d’en faire le point de départ, sont très vite réduits au silence, accusés de cruauté inhumaine parce qu’on leur reproche d’être insensibles aux souffrances que d’autres doivent endurer. Car ce serait là une conception de l’humanité qui priverait les individus du droit de prendre des décisions autonomes concernant leur propre vie et qui permettrait à une idéologie de primer sur la situation concrète dans laquelle se trouve une personne.

    Selon eux, « l’humanité » exige que l’on emploie tous les moyens pour soulager la souffrance et, si cela s’avère impossible, pour l’éliminer complètement. Le véritable sens de la compassion est réduit et perverti à l’élimination radicale de la souffrance par le fait de tuer activement l’autre, plutôt que d’honorer ce mot dans son sens véritable, où l’attention bienveillante portée à ses semblables reste la priorité. L’euthanasie est élevée au rang de forme suprême de compassion, en tant qu’acte d’amour par lequel une personne est délivrée de ses souffrances.

    Ceux qui, en revanche, osent encore parler du caractère sacré absolu de toute vie – surtout lorsqu’il semble que ce soit avancé dans une perspective religieuse particulière et avec des connotations religieuses – semblent venir d’une autre planète. Ils deviennent des parias dans un pays qui s’est présenté à l’échelle mondiale comme un pionnier du débat éthique, où le seul objectif est désormais de promouvoir à la fois l’avortement et l’euthanasie en tant que droits humains fondamentaux.

    Le fait que cela ait déjà été réalisé en France dans le domaine de l’avortement pourrait bien être considéré par certains Belges comme un échec à rester à l’avant-garde de la libération de toute forme d’ingérence morale dans les décisions concernant la vie et la mort, fondée sur un triomphe absolu de l’autodétermination que personne ni rien ne peut remettre en cause. C’est ainsi que le respect absolu de la vie a été relégué aux oubliettes et est finalement devenu tabou. La véritable question n’est pas de savoir si nous sommes devenus plus libres, mais si nous sommes devenus plus humains.

  • Voilà pourquoi le départ des Jésuites est une perte pour Liège

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    De sur Boulettes Magazine :

    Pourquoi le départ des Jésuites est une perte pour Liège

    Après plus de 450 ans de présence ininterrompue dans la Cité ardente, les Jésuites quittent Liège cette année. Plus que le départ d’une communauté religieuse, c’est une page majeure de l’histoire éducative, intellectuelle et sociale liégeoise qui se tourne. Leur absence prive en effet la ville d’un héritage vivant, qui a contribué à former des générations d’élèves, d’enseignants, d’ingénieurs et de citoyens.

    C’est que les Jésuites étaient présents à Liège depuis 1569. Mille cinq cent soixante-neuf, vous imaginez ? Quelques décennies seulement après la fondation de la Compagnie de Jésus par Ignace de Loyola, ils s’implantent en principauté, où ils développent rapidement une œuvre éducative d’envergure. Dès 1582, ils fondent le Collège en Isle, qui accueillera jusqu’à un millier d’élèves. Plus tard viendront le Collège des Anglais, le Collège Saint-Servais et le Collège Saint-Louis. L’Institut Gramme ? Encore eux, au début du XXe siècle.

    Peu d’institutions peuvent revendiquer une telle continuité dans l’histoire liégeoise. Pendant près de cinq siècles, les Jésuites ont accompagné les transformations de la ville. Traversé les bouleversements politiques, les révolutions industrielles et les mutations sociales. Et ce, sans jamais abandonner leur mission première : transmettre le savoir et former la personne humaine dans toutes ses dimensions.

    Disclaimer : l’auteure de ces lignes a été en première ligne pour en juger, ayant fait toutes ses humanités à Saint-Servais. Aujourd’hui encore, un lien bien plus fort qu’un CESS perdu depuis belle lurette unit ses alumni. « La mafia Saint-Servais » se rient certains, tant on se retrouve, rencarde et renseigne entre nous.

    Une conception exigeante de l’éducation

    Plus qu’en raison du prestige aujourd’hui terni d’une école dite d’élite, c’est parce que la contribution des Jésuites ne se mesure pas seulement au nombre d’écoles qu’ils ont fondées à Liège. Elle réside aussi dans une vision particulière de l’éducation.

    Depuis le XVIe siècle, la pédagogie ignatienne repose sur une conviction forte.

    L’école ne doit pas seulement transmettre des connaissances, mais aider chacun à développer son intelligence, son sens critique, sa liberté intérieure et son sens des responsabilités.

    Une approche qui a inspiré des générations d’enseignants (et d’élèves) à Liège.

    Lire aussi : Philippe Boxho (ex-Saint-Servais aussi, et oui) nous a partagé ses restos préférés à Liège

    La tradition éducative jésuite valorise l’excellence académique sans la dissocier de l’excellence humaine. Elle encourage la rigueur intellectuelle, certes. Mais aussi le respect de l’autre, l’écoute, la capacité de dialogue et le discernement.

    Dans une société souvent marquée par la polarisation et l’immédiateté, autant dire que cette culture de la réflexion et du respect apparaît plus précieuse que jamais.

    Pour et avec les autres

    L’une des formules les plus connues de la tradition jésuite ? La volonté de former des « femmes et des hommes pour les autres et avec les autres ». Une expression qui dénote d’une philosophie profondément humaniste.

    Les Jésuites ont en effet toujours considéré que l’éducation devait préparer les jeunes à contribuer au bien commun.

    La réussite individuelle n’a de sens que si elle s’accompagne d’un souci des plus fragiles et d’une attention à la société dans laquelle chacun évolue.

    Une vision qui a marqué durablement la culture de nombreuses institutions liégeoises. Et a encouragé l’engagement social, le sens du service et la responsabilité citoyenne. Bien sûr, le départ des Jésuites ne signifie pas la disparition de ces valeurs essentielles. Mais il prive la ville de ceux qui en furent pendant des siècles les porteurs directs et les témoins quotidiens. Et franchement ? Quel gâchis.

    On ne citera pas de noms, on sait que certains POs ont le bras long. Mais ceux qui ont refusé de trouver un compromis pour garder les Jésuites restants ? Vous savez qui vous êtes. Et dans les mots d’une autre icône de la religion, la nonne Unella : honte, honte honte !

    Liège sans Jésuites ? Un sacré vide

    La capacité à créer des ponts entre la foi, la culture, la science et la société a constitué l’une des richesses de leur présence. Dans une époque où les institutions peinent parfois à dialoguer entre elles, les Jésuites représentaient une tradition de médiation intellectuelle et humaine dont Liège bénéficiait encore.

    Bien sûr, les écoles fondées par les Jésuites vont continuer d’exister. Les œuvres qu’ils ont inspirées poursuivront leur mission.

    Mais une institution n’est jamais plus tout à fait la même lorsqu’elle perd ceux qui lui ont donné naissance – et qui ont incarné son esprit pendant des siècles.

    Oui, décidément, ce départ est une perte. Parce qu’il met fin à une présence qui reliait la ville à une histoire exceptionnelle de transmission, de culture et d’engagement. Il rappelle aussi qu’un patrimoine ne se résume pas à des bâtiments ou à des archives. Il vit à travers des femmes et des hommes qui portent une vision du monde.

    Pendant plus de 450 ans, les Jésuites ont contribué à faire de Liège un lieu d’éducation, de réflexion et de service.

    Leur héritage demeure. Mais leur absence laisse incontestablement un vide dans le paysage humain et intellectuel de la Cité. Et pas seulement parce que désormais, plus personne ne va patrouiller le Carré crucifix au cou sur le temps de midi pour récupérer les brebis égarées.

    Au-delà de la religion, une question de patrimoine et de diversité

    On vous entend, noter que gnignignagnagna, Saint-Servais, grenouille de bénitier, tout ça. Ce n’est pas déraisonnable, mais ce n’est pas non plus toute la vérité. Déjà, parce qu’en ce qui concerne l’auteure de ces lignes (toujours elle !), une de ses dernières messes date probablement de sa fin de rhéto. Comment faire mieux qu’une reprise bof réussie de One of Us en pleine église Saint-Christophe ?!

    Mais plus sérieusement, regretter le départ des Jésuites ne relève pas nécessairement d’une adhésion religieuse ni même d’une pratique de la foi. La question dépasse largement le cadre confessionnel.

    Elle touche au patrimoine vivant de Liège et à la diversité des institutions qui composent son identité.

    Une ville s’enrichit de la coexistence d’acteurs porteurs d’histoires, de traditions et de visions différentes du monde. Et les Jésuites, bien que toujours moins nombreux au gré des années, faisaient partie de cette pluralité. Leur présence apportait une sensibilité éducative, culturelle et humaniste particulière, forgée au fil des siècles.

    Dans une époque clivée, la disparition d’une telle singularité constitue une perte collective. Que l’on ait ou non la foi, difficile de nier la valeur d’un héritage qui a contribué à la richesse intellectuelle et sociale de la cité. Préserver la diversité d’une ville, c’est aussi préserver les traditions qui l’ont façonnée. Amen.

    Lire aussi : 

    Journaliste pour Le Vif Weekend & Knack Weekend, Kathleen a aussi posé sa plume dans VICE, Le Vif ou encore Wilfried, avec une préférence pour les sujets de société et politique. Mariée avec Clément, co-rédacteur en chef de Boulettes Magazine, elle a fondé avec lui le semestriel SIROP, décliné à Liège et Bruxelles en attendant le reste du pays.

  • Le cardinal Müller met en garde depuis le Parlement italien : l'Europe court à sa perte si elle renonce à ses racines chrétiennes

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    D'InfoVaticana :

    Müller met en garde depuis le Parlement italien : l'Europe court à sa perte si elle renonce à ses racines chrétiennes.

    L'intervention a eu lieu lors de la réunion intitulée « Diktat eurogenre : Racines chrétiennes, liberté religieuse et éducative menacées dans l'UE » , organisée par l'association catholique I RadicaTi dal diritto naturale alla legge et promue par le député Massimo Milani.

    Une conférence contre l'idéologie du genre et la dérive culturelle européenne

    Cette réunion a été créée dans le but d'analyser les conséquences de certaines politiques promues depuis Bruxelles dans des domaines tels que la famille, l'éducation, la liberté religieuse et la liberté d'expression.

    Les organisateurs ont dénoncé le fait que certaines initiatives européennes présentées sous l'égide de la lutte contre la discrimination favorisent une imposition idéologique croissante sur les questions liées au genre, à la sexualité et à l'anthropologie humaine.

    Selon les organisateurs de l'événement, l'Europe traverse une phase dans laquelle la défense des racines chrétiennes et de la conception traditionnelle de la famille est fréquemment présentée comme un obstacle au progrès, tandis que certains courants idéologiques bénéficient d'une protection institutionnelle privilégiée.

    C’est dans ce contexte que Müller est intervenu, développant une vaste réflexion sur la crise spirituelle, culturelle et politique que traverse le continent.

    « L'Europe est née du christianisme »

    Le cardinal allemand a rappelé que les pères fondateurs du projet européen — des personnalités telles que Robert Schuman, Alcide De Gasperi ou Konrad Adenauer — n'ont jamais conçu l'Europe comme une simple structure économique ou administrative.

    Selon lui, l'unité européenne est née d'une vision commune de la personne humaine profondément marquée par le christianisme, ce qui a permis le développement de concepts aujourd'hui considérés comme fondamentaux tels que la dignité humaine, la liberté de conscience, l'égalité devant la loi et les droits fondamentaux.

    « L’Union européenne repose aujourd’hui sur ces fondements », a-t-il déclaré.

    Il a donc averti qu'une Europe détachée de l'Évangile court le risque de « se suicider et de sombrer dans sa propre chute ».

    La crise de la famille et de l'identité humaine

    Müller a identifié la désintégration de la famille et la confusion autour de l'identité humaine comme quelques-uns des principaux symptômes de la crise culturelle européenne.

    Comme il l'a expliqué, le continent traverse un processus de remise en question des réalités anthropologiques les plus fondamentales, largement impulsé par l'idéologie du genre et les mouvements transhumanistes qui cherchent à redéfinir la nature humaine elle-même.

    Le préfet émérite a dénoncé ce qu'il a qualifié de transformation culturelle inspirée par une logique « jacobine », contraire à la famille naturelle et à l'identité personnelle.

    Elle a également accusé certaines institutions européennes de promouvoir une forme de « totalitarisme de genre » qui menace progressivement la liberté de pensée et d'éducation.

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  • L'effondrement démographique de l'Europe n'intéresse personne

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    De Luca Volontè sur la NBQ :

    L'effondrement démographique de l'Europe n'intéresse personne

    Le déclin démographique, ignoré par le G7 et le Conseil européen, touche non seulement l'Italie et l'Espagne, mais aussi les grandes puissances européennes : la France et l'Allemagne. Même l'arrivée d'immigrants ne compensera pas la baisse des naissances.

    19 juin 2026

    Le temps dont dispose l'Europe pour s'attaquer au défi prioritaire du déclin rapide de la natalité est de plus en plus court. Face aux prévisions statistiques alarmantes publiées dans plusieurs pays, ni le G7 ni le Conseil européen n'ont réfléchi à des mesures urgentes et coûteuses, ni même proposé d'actions concrètes pour lutter contre cette désertification du capital humain et de la démocratie que nous constatons. Tout continue comme si de rien n'était. Pourtant, cette « explosion démographique » ne peut qu'entraîner un appauvrissement économique, social et démocratique. Les données très récentes en provenance de France, d'Allemagne et d'Espagne sont sans équivoque et décourageantes. Chaque pays, pris individuellement, ne peut faire que peu de choses, comme le démontre l'Italie qui, malgré son engagement d'atteindre le 31 mars 2026 , a enregistré 83 000 naissances au cours des trois premiers mois, soulignant une nouvelle baisse du taux de natalité (-2,4 % par rapport à la même période en 2025). 

    D'après une étude sur les tendances démographiques récemment publiée par l'INSEE, l'Institut national de la statistique et des études économiques, si les tendances démographiques actuelles se maintiennent, la France comptera 65,9 millions d'habitants en 2070, soit 3,2 millions de moins qu'en 2026. La population augmentera légèrement jusqu'en 2037, pour atteindre 69,8 millions. Cette croissance démographique sera due exclusivement au solde migratoire, l'accroissement naturel étant négatif à partir de 2025. Dès 2037, cependant, le solde migratoire ne compensera plus le déclin naturel, et la population commencera donc à diminuer. Par ailleurs, d'ici 2070, le nombre de personnes de moins de 45 ans devrait diminuer de 8,9 millions, tandis que le nombre de personnes âgées de 45 à 64 ans devrait rester relativement stable et le nombre de personnes âgées de 65 ans et plus devrait augmenter de 5,8 millions. L'augmentation du nombre de personnes âgées sera principalement due à la hausse du nombre de personnes de 80 ans et plus (+4,6 millions), tandis que le nombre de centenaires pourrait quadrupler. En 2040, on compterait 49 personnes de 65 ans et plus pour 100 personnes âgées de 20 à 64 ans, contre 40 en 2026. La solution des gouvernements libéraux de Macron ? Davantage d'avortements et d'euthanasies ; la recette de la gauche, en revanche, est un flux constant et continu d'immigrants sans intégration.  

    L'Espagne se dirige vers un déclin tout aussi profond . Dans 50 ans, sa population pourrait dépasser les 50 millions d'habitants et même atteindre 53,8 millions, une croissance démographique alimentée uniquement par l'immigration, comme le confirme l'Institut national de la statistique (INE) dans ses « Projections démographiques 2026-2076 », publiées le mercredi 17 juin. Si les tendances démographiques actuelles se maintiennent, l'Espagne connaîtra une augmentation de plus de quatre millions d'habitants au cours des 15 prochaines années et de près de 3,4 millions d'ici 2076. Même dans ce scénario numériquement optimiste, la part des personnes nées en Espagne diminuerait pour atteindre 59,6 % dans 50 ans, contre 79,8 % aujourd'hui. Si, en revanche, le flux migratoire venait à diminuer, contrairement à la régularisation massive de 1,5 million d'immigrants encouragée par le gouvernement socialiste communiste de Pedro Sánchez, la population espagnole chuterait à 31,7 millions d'habitants. Ces projections indiquent que, dans tous les cas, un solde démographique négatif sera enregistré en raison de l'augmentation des décès parmi les Espagnols de souche, qui dépassera le nombre de naissances au cours des 50 prochaines années. 

    La tendance des prévisions démographiques allemandes est similaire. Selon un rapport publié mardi par l'office statistique gouvernemental Destatis, la population allemande devrait diminuer d'environ 110 000 personnes en 2025, soit la première baisse annuelle depuis 2020. Fin 2025, le pays comptait 83,5 millions d'habitants. Cela représente une baisse d'un peu plus de 0,13 %. La réduction du solde migratoire, avec 235 000 arrivées de plus que de départs, n'a pas suffi à compenser le fait que 352 000 personnes de plus sont décédées en Allemagne qu'il n'y a eu de naissances en 2025. L'année dernière, le taux de natalité en Allemagne a également atteint son niveau le plus bas jamais enregistré, le plus bas depuis 1946, avec un taux de remplacement de 1,35 enfant par femme, un niveau historiquement bas et bien inférieur au seuil de 2,1 nécessaire au maintien d'une population stable. Le taux de déclin démographique a été considérablement plus rapide dans les anciens Länder de l'Est, à 0,5 % (57 000 personnes au total), contre 0,1 % (68 000 personnes) dans les anciens Länder de l'Ouest, où vivent moins d'immigrants. La population a continué de vieillir et la tranche d'âge des 60-79 ans a continué de croître, atteignant 358 000 personnes. Commençons par le niveau européen avec les propositions de l'ancien président de l'ISTAT, Gian Carlo Blangiardo : « Pour inverser cette tendance, des interventions structurelles axées sur les quatre piliers de son modèle de soutien aux familles sont nécessaires : Coût, Soins, Conciliation et Culture. » 

  • Trois bonnes nouvelles (ECLJ)

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    Un courriel de l'ECLJ (European Centre for Law & Justice) :

    ECLJ

    Madame, Monsieur,

    Nous avons trois bonnes nouvelles à vous communiquer!

    La première nous vient de Luxembourg: la Cour de justice a pris une décision salutaire dans la lutte contre la pornographie en ligne.

    Depuis un an, la France oblige les sites pour adultes à vérifier correctement l'âge de leurs visiteurs. Or, tous les pays membres de l'Union européenne n'ont pas encore mis en place de telles obligations pour protéger les mineurs de la pornographie en ligne.

    Ainsi, certains sites internet s'implantent dans les pays ayant la législation nationale la plus laxiste et invoquent ensuite la liberté de circulation des services dans l'Union européenne pour ne pas respecter la loi française.

    La Cour de justice de l'Union européenne vient de trancher: la France a le droit d'imposer ses propres règles plus protectrices des personnes qui accèdent à ces sites depuis la France. 

    C'est une bonne nouvelle pour nos enfants et pour la protection de la souveraineté des États. 

    Les résultats de notre loi commencent déjà à apparaître: «On constate une baisse moyenne de 24% de l’audience des mineurs» affirme la directrice générale adjointe de l’Arcom, Pauline Combredet-Blassel, dans Libération.

    Pour aller plus loin: le communiqué et l'explication de l'arrêt de la CJUE

    La deuxième bonne nouvelle nous vient de Genève.

    Le Rapporteur spécial sur la violence faite aux femmes a publié un nouveau rapport sur «la violence à l'égard des mères» dénonçant l'avortement pour cause économique et l'avortement sous contrainte.

    L'ECLJ est fier d'avoir contribué à l'élaboration de ce rapport, d'être cité nommément dans ce dernier, mais surtout heureux de voir émerger la notion d'avortement contraint.

    Des milliers de femmes n'avortent pas "librement" sans être pour autant physiquement "forcées" de le faire. Ce sont les circonstances familiales et économiques qui poussent ces femmes à ne voir qu'une solution à la grossesse, celle que leur propose systématiquement et uniquement le Planning familial: l'avortement. Elles avortent par dépit, suite à des pressions, des incitations, en étant poussées par des proches ou leur conjoint, sans qu'on leur présente aucune alternative.

    Le Rapporteur recommande aux États de: 

    • Veiller à ce que les femmes qui envisagent un avortement reçoivent des informations précises et complètes sur les alternatives disponibles, y compris l'accès à des services d'accompagnement" 
    • d'ériger en infraction pénale l'avortement sous contrainte ou forcé, y compris l'avortement sélectif fondé sur le sexe ou le handicap.

    À notre connaissance, c'est la première fois que l'avortement sous contrainte est dénoncé en droit international et c'est véritablement grâce à notre action institutionnelle depuis des années aux Nations unies.

    Pour aller plus loin: lire le rapport complet

    ­Je soutiens l'action de l'ECLJ­

    La troisième bonne nouvelle vient de Bruxelles:

    Charlène, une jeune femme qui a avorté sous la contrainte va être officiellement auditionnée mardi prochain par une commission du Parlement européen.

    Charlène avait témoigné de ce qu'elle avait vécu auprès de députés européens, pendant l’examen de l’initiative "Ma Voix Mon Choix". Elle a ensuite voulu poursuivre son action et a déposé une pétition officielle auprès de l'Union européenne, toujours avec notre soutien.

    Sa pétition a été examinée et retenue: elle va donc pouvoir témoigner de son expérience et dire aux députés européens que, face au fléau du nombre d'avortements et de ses conséquences psychologiques et sociales, ils doivent proposer autre chose aux femmes que l'avortement.

    L'ECLJ est heureux d'avoir invité de nombreuses femmes à témoigner de leur expérience traumatique de l'IVG. Nous l'avons fait pour dés-idéologiser le débat sur l'avortement en laissant parler les femmes de ce qu'elles ont réellement vécu.

    conference YT

    Grâce au courage de Charlène et de toutes les autres femmes, nous avons pu organiser des rencontres, des conférences comme celle ci-dessus, initier des pétitions et pousser effectivement les hommes politiques à l'action.

    Pour aller plus loin: la protection de la maternité dans l'Union européenne

  • Quand Léon XIV célèbre « le caractère propre de l’Europe, sa richesse inestimable, en tant que réalité actuelle, non dépassée »

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    LÉON XIV

    AUDIENCE GÉNÉRALE

    Place Saint-Pierre
    Mercredi 17 juin 2026

    Catéchèse. Le Voyage apostolique en Espagne

    Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !

    Aujourd’hui, je souhaite vous proposer quelques réflexions sur le voyage apostolique que j’ai effectué la semaine dernière en Espagne, visitant Madrid, Barcelone, l’abbaye de Montserrat et les îles Canaries.

    Après un long périple dans quatre pays africains, je me suis cette fois retrouvé plongé dans un pays européen doté d’une ancienne et très riche tradition catholique. Et il est apparu clairement que dans l’Espagne d’aujourd’hui, qui a connu de notables changements sociaux et culturels, le Pape a été accueilli partout avec enthousiasme et ouverture à l’écoute. J’en rends grâce à Dieu et à tout le peuple espagnol, au Roi et aux autorités civiles, aux évêques et aux communautés ecclésiales.

    Le peuple de Dieu m’a beaucoup réconforté par la manifestation joyeuse de sa foi et de son affection. À mon tour, j’ai confirmé les fidèles et, comme évêque de Rome, je les ai encouragés à surmonter toute forme de division et d’opposition en cultivant toujours la communion, le dialogue, l’unité dans la diversité. Tel est le service propre au Successeur de Pierre, service qui trouve une expression spécifique dans les voyages apostoliques, chaque fois adaptée aux situations ecclésiales et sociales des pays visités.

    En Espagne, j’ai pu constater avec joie à quel point les gens, de tous âges et de toutes conditions, attendaient la visite du Pape : partout, j’ai trouvé des foules venues m’accueillir avec une grande chaleur. Cela n’allait pas de soi, et cela mérite réflexion. Naturellement, cette participation exprime avant tout, comme je le disais, la foi du peuple espagnol ; en même temps, je pense qu’elle manifeste le besoin généralisé de se retrouver unis sur un fondement vrai et profond – qui ne soit ni intéressé ni idéologique. Ce fondement que seul le Christ, en dernière analyse, peut garantir, et que l’Évangile, à travers les « inculturations » nécessaires, peut transmettre dans la vie des peuples. Il le peut parce que son message répond pleinement à ces deux exigences : la recherche de la vérité et la soif de justice.

    À Madrid et à Barcelone, nous nous sommes rassemblés dans les grandes cathédrales ainsi que dans des stades ultramodernes. Nous avons prié le Saint Rosaire à l’abbaye de Montserrat. Nous avons célébré la messe à la Sagrada Familia, symbole majestueux, symphonie de pierre et de lumière qui parle à tous du mystère chrétien. Cette rencontre entre l’ancien et le moderne, entre la tradition catholique et la culture contemporaine, m’a fait percevoir de manière vive le caractère propre de l’Europe, sa richesse inestimable, en tant que réalité actuelle, non dépassée. Il s’agit d’un patrimoine à préserver avec soin, afin de pouvoir l’investir dans le monde d’aujourd’hui avec ses défis historiques : la paix, l’écologie intégrale, le développement équitable et durable, le respect de la dignité humaine. Ce sont là des défis que le Concile Vatican II avait déjà clairement reconnus et sur lesquels le Magistère qui a suivi est revenu, jusqu’à ma récente encyclique Magnifica humanitas, qui vise à protéger la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle.

    J’ai perçu, à travers ces différentes rencontres, le besoin d’entendre dans la voix du Pape l’Évangile de l’espérance pour notre humanité d’aujourd’hui, durement éprouvée par les conséquences négatives d’un modèle de développement trompeur. Ce besoin, qui s’est exprimé à travers les nombreux témoignages que j’ai pu entendre – des témoignages tantôt émouvants, tantôt édifiants –, je l’ai reconnu aussi et surtout sur les visages des petits et des pauvres que j’ai rencontrés : celui de l’enfant qui m’a lu sa lettre à la paroisse ; celui de certaines victimes d’abus, qui demandent à être écoutées ; des détenus qui m’attendaient en prison ; des jeunes pleins d’inquiétude et de projets ; des migrants dans les centres d’accueil des Canaries.

    C’est précisément là, aux îles Canaries, dernière étape de notre itinéraire, qu’une clé de lecture globale m’a été offerte. Elle m’a été offerte, d’une part, par la situation géographique même de cet archipel ; et, d’autre part, par la réalité d’une Église locale qui accueille un grand nombre de migrants forcés, provenant surtout d’Afrique. Nous savons que le phénomène migratoire est complexe et qu’il exige des plans d’action cohérents et concertés. Mais cette clé de lecture ouvre une perspective différente et plus large : elle nous fait comprendre comment nous sommes appelés à relire l’Évangile dans le monde d’aujourd’hui, en échangeant les dons de nos cultures respectives, et en particulier les fruits produits en elles par la fécondité du message du Christ. Et l’un de ces fruits est précisément le dialogue entre les personnes et entre les peuples, la rencontre dans un esprit de fraternité, qui permet de découvrir et d’apprécier mutuellement les valeurs dont l’autre est porteur. Ce chemin n’est pas facile, il exige de la bonne volonté et l’aide de Dieu, mais c’est le chemin qui mène à la civilisation de l’amour.

    Chers frères et sœurs, la devise de ce voyage apostolique était “Alzad la mirada”, “Levez les yeux!” (cf. Jn 4, 35). Ce sont les paroles de Jésus, adressées à ses premiers disciples, pour leur apprendre à voir dans les personnes et dans les foules le désir de vie, de vérité, de plénitude. C’est à moi d’abord que le Seigneur répète ces paroles, et par sa grâce, j’en ai fait l’expérience également au cours de ce voyage. Aujourd’hui, je voudrais partager avec vous cette invitation : levons les yeux ! Apprenons de Jésus à regarder notre prochain, les gens, le monde «avec les yeux de Dieu», c’est-à-dire avec amour, respect et compassion.

    Enfin, je tiens à remercier tous ceux qui ont prié pour le bon déroulement de ce voyage apostolique, en particulier les communautés de moniales contemplatives, qui, en Espagne, grâce à Dieu, sont très nombreuses. Continuez à prier, afin que, par l’intercession de la Vierge Marie, les graines que j’ai semées portent des fruits abondants. Merci !

  • Les chrétiens d'Europe : de plus en plus pris en étau entre les islamistes et la gauche

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    De sur The European Conservative :

    Les chrétiens d'Europe : de plus en plus pris en étau entre les islamistes et la gauche

    Face à l'accélération des mutations démographiques et à la montée de l'hostilité anti-chrétienne, tant de la part de l'islam radical que de la gauche laïque, la foi qui est l'âme de l'Europe fait face à un avenir incertain et sombre.
    (...) La forte augmentation des crimes de haine antichrétiens, scrupuleusement recensée par l’Observatoire de l’intolérance et de la discrimination à l’égard des chrétiens en Europe (OIDAC Europe), est restée largement sous silence. Rien qu’en mai, OIDAC Europe a signalé 37 crimes de haine visant « les lieux de culte chrétiens, les symboles religieux, les espaces religieux, les institutions chrétiennes et les personnes chrétiennes », notamment :
    • 13 attaques liées à des incendies criminels (le chiffre le plus élevé en 2026 à ce jour)
    • 10 cas de vandalisme
    • 3 cas de « profanation » délibérée
    • 3 cas de violence physique
    • 3 vols d'objets religieux
    • 3 cas de « vandalisme et de violence »
    • 1 cas d'incitation
    • 1 cas de perturbation du culte

    Certains de ces incidents sont profondément inquiétants. Une religieuse polonaise a été agressée physiquement et verbalement à un arrêt de bus ; la croix qu’elle portait autour du cou lui a été arrachée. Les vitres de l’église du Saint-Esprit à Hanau, en Allemagne, ont été brisées par des tirs de billes d’acier alors que des centaines de fidèles se trouvaient à l’intérieur. Deux étudiants catholiques autrichiens ont été agressés et grièvement blessés à Innsbruck par des individus se réclamant de l’extrême gauche. 

    OIDAC Europe a également constaté qu'un café chrétien de Leipzig avait dû fermer ses portes après que ses gérants eurent signalé 26 agressions en deux ans et demi, incluant des actes de vandalisme répétés, des graffitis, des dégâts à l'acide butyrique et d'autres formes de harcèlement. Ces agressions ont été perpétrées par des individus liés à l'extrême gauche. En Grèce, le clocher d'une église historique a été endommagé par un assaillant armé d'un fusil de chasse. Plusieurs églises en Pologne ont également été vandalisées, certaines arborant des symboles sataniques (une autre tendance inquiétante).

    L'Allemagne a enregistré le plus grand nombre d'incidents haineux antichrétiens en mai, avec 10 cas ; l'Italie et la France en ont comptabilisé 8 ; la Pologne, 3 ; l'Irlande, l'Autriche, le Portugal, l'Espagne, la Grèce, le Royaume-Uni et la Bosnie-Herzégovine, un cas chacun. « Les chiffres présentés dans ce rapport ne reflètent que les cas documentés et connus d'OIDAC Europe et ne peuvent donc pas rendre compte de l'ampleur réelle de l'hostilité antichrétienne en Europe », précise le rapport . « Néanmoins, les incidents recensés en mai 2026 témoignent d'une tendance persistante d'attaques visant les lieux de culte chrétiens, les symboles religieux et les organisations chrétiennes dans de nombreux pays européens. » Cinq autres actes de vandalisme et d'incendie criminel contre des églises ont été signalés depuis la publication du rapport.

    Les chrétiens d'Europe sont de plus en plus pris en étau entre les islamistes venus d'ailleurs et les extrémistes de gauche locaux. En Finlande, Päivi Räsänen a été poursuivie pendant sept ans pour avoir cité et défendu publiquement la Bible par des militants LGBT antichrétiens et leurs alliés judiciaires. Le 6 juin, en France, une prière catholique a été perturbée par deux individus criant « Allahu Akbar ! » et « Allez vous faire foutre, les chrétiens ! ». Gauche et islamistes haïssent le christianisme pour des raisons totalement différentes, mais pour des raisons qui semblent autant spirituelles que pratiques, ils font souvent cause commune. Le mouvement « Queers for Palestine », par exemple, est très actif en Europe.

    Ces attaques ne constituent pas encore une persécution à grande échelle, mais elles pourraient en être le présage. Les émeutes de Belfast et d'ailleurs ont soulevé une question essentielle : à quoi ressemblera l'Europe si les populations autochtones deviennent minoritaires sur leurs propres terres ? Une autre question mérite d'être posée : quel sera le sort des chrétiens d'Europe, de plus en plus méprisés ? De nombreux pays – la République tchèque, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la France – ont déjà perdu leur majorité chrétienne. D'autres suivront bientôt. Nous ne pouvons l'affirmer avec certitude, mais une chose est sûre : le christianisme est l'âme de l'Europe, et un continent sans âme est un lieu sombre.

     
    Jonathan Van Maren est un rédacteur pour europeanconservative.com basé au Canada. Il a écrit pour First Things , National Review , The American Conservative , et son dernier livre est Prairie Lion : The Life & Times of Ted Byfield .
  • Allemagne : le nombre total d'enfants avortés depuis 1976 équivaut à la population de la Bavière

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    De Manfred Spieker sur le Tagespost :

    La réforme de la loi sur l'avortement, entrée en vigueur il y a 50 ans, le 22 juin 1976, a légalisé l'interruption de grossesse en Allemagne. Avant même cette réforme, la Conférence des évêques avait averti : « Cette réglementation ébranle les fondements de notre État de droit, elle détruit la conscience morale et rend la société non pas plus humaine, mais plus inhumaine », et elle avait exprimé l'attente que les hôpitaux et les médecins catholiques s'abstiennent de toute pratique d'avortement.

    La réforme a également instauré l'obligation pour les médecins et les hôpitaux de déclarer leurs avortements à l'Office fédéral de la statistique. Ces statistiques sont compilées depuis 1977. La RDA, qui avait légalisé l'avortement en 1972, tenait également des statistiques sur ce sujet. Les statistiques ouest-allemandes ont recensé 54 309 avortements en 1977 et 75 548 en 1978. Ces chiffres ont incité Hans Maier, alors président du Comité central des catholiques allemands (ZdK), décédé le 8 juin, à appeler les catholiques, lors du Congrès catholique de 1978 à Fribourg, à exprimer leur indignation face à l'avortement : « Nous devons réapprendre à nous indigner face à de telles choses. Un peuple qui ne peut plus exprimer son indignation est perdu. »

    Le nombre total d'enfants tués depuis 1976 équivaut à la population de la Bavière.

    À cette époque, les évêques et le Comité central étaient encore en conflit. Ces dernières années, le nombre annuel d'avortements a fluctué autour de 100 000. En résumé, les statistiques pour l'Allemagne font état de 6 794 045 avortements au 31 décembre 2025 et d'environ 6,82 millions à la fin mars 2026. Un nombre important de cas non déclarés est également probable.

    L'Office fédéral de la statistique expliquait régulièrement que ses chiffres ne reflétaient pas la réalité jusqu'à la réforme des articles 218 et suivants du Code pénal allemand en 1995. Nombre de médecins ne respectaient pas l'obligation de déclaration. Les statistiques de facturation de l'Association nationale des médecins conventionnés affichaient à elles seules des chiffres systématiquement surestimés pour les avortements. Les avortements facturés à titre privé, avec des codes incorrects ou pratiqués à l'étranger doivent également être comptabilisés. Alors que les chiffres officiels des avortements correspondent déjà à la population de la Hesse et de Brême, le nombre total d'enfants tués depuis 1976 équivaut à la population de la Bavière.


    L'auteur est professeur émérite de sciences sociales chrétiennes.

  • Irak : l'histoire d'une communauté chrétienne sous pression

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    Du site de l'ECLJ :

    Les chrétiens irakiens : l'histoire d'une communauté sous pression

    18 juin 2026

    En deux décennies, la population chrétienne d'Irak a chuté de 85 %. Les descendants des Assyriens et des Babyloniens, héritiers de l'une des plus anciennes civilisations du monde, sont confrontés à une série d'épreuves incessantes qui rendent chaque jour plus difficile le choix de rester sur leur terre ancestrale.

    Le conflit israélo-iranien n'a pas épargné l'Irak, et la région autonome du Kurdistan irakien, au nord du pays, en subit de plein fouet les conséquences. Le gouvernement régional du Kurdistan (GRK), pris en étau par sa position géographique et la convergence d'intérêts stratégiques, est devenu, malgré lui, un théâtre de tensions. Dans ce contexte, les chrétiens se retrouvent une fois de plus en première ligne. Ankawa, commune chrétienne d'Erbil, capitale du Kurdistan irakien et cœur de la communauté chrétienne du pays, se situe à quelques centaines de mètres seulement de la base militaire américaine de l'aéroport international d'Erbil, une proximité qui en fait une victime collatérale.

    Des attaques de drones menées par des milices chiites ont endommagé plusieurs bâtiments appartenant à l'archidiocèse chaldéen d'Erbil, notamment le complexe d'appartements Bienheureux Michel McGivney et le couvent des Filles chaldéennes de Marie Immaculée. La plaine de Ninive n'a pas été épargnée. Cette région, située à l'est et au nord de Mossoul, comprend plusieurs villes historiquement chrétiennes telles que Qaraqosh, Bartella, Karamlesh, Telkief et Alqosh, et demeure l'un des territoires les plus complexes du nord de l'Irak. Relevant du gouvernorat de Ninive, elle se trouve à la frontière entre les zones d'influence de Bagdad et du gouvernement régional du Kurdistan. Si certaines villes sont administrées par les autorités kurdes, d'autres relèvent du gouvernement fédéral ou sont marquées par la présence de divers groupes armés. Dans ce contexte particulièrement sensible, la ville de Bartella a également été touchée, cette fois par des frappes aériennes américaines.

    La ville de Bartella, située dans la province de Ninive, a été frappée par des drones américains en mars 2026.

    Contrairement aux épreuves passées, il n'y a aujourd'hui ni ligne de front clairement définie, ni refuge. Les missiles sont imprévisibles et peuvent frapper n'importe où. Une menace diffuse et invisible plane à nouveau sur une communauté qui semble ne jamais cesser de payer le prix de la guerre.

    Une communauté au bord de l'extinction

    Les chrétiens d'Irak ne constituent pas une simple minorité religieuse ; ils forment un peuple autochtone dont l'identité se perpétue grâce à l'usage du « sureth », une langue néo-araméen encore parlée dans la liturgie et au quotidien. Le Kurdistan irakien, et en particulier Ankawa à Erbil, ainsi que la plaine de Ninive, abritent une mosaïque de communautés. Parmi celles-ci figurent l'Église chaldéenne de rite catholique oriental, la plus importante d'Irak ; l'Église apostolique assyrienne d'Orient, dont le siège patriarcal est à Erbil ; l'Ancienne Église d'Orient (qui s'est séparée de l'Église apostolique assyrienne d'Orient en 1964) ; les Églises syriaque catholique et orthodoxe ; et les minorités arméniennes, descendantes des exodes du début du XXe siècle. Leur disparition ne serait pas un simple changement démographique, mais la fin d'une civilisation enracinée dans l'histoire.

    Messe de Pâques à la cathédrale syriaque orthodoxe Notre-Dame de la Lumière d'Ankawa, célébrée par Son Excellence Nicodème Daoud Sharaf

    Comme leECLJComme l'indiquait un rapport de mai 2025, la présence de ces chrétiens en Irak est menacée d'extinction. Avant l'invasion américaine de 2003, ils étaient environ 1,5 million. Depuis, ils sont victimes de violences aveugles. Dans les années 2000, une vague de violences ciblées et d'enlèvements a d'abord déferlé ; puis, en 2014, la conquête de la plaine de Ninive par l'État islamique a provoqué un exode massif vers l'Occident et les pays voisins. Selon un communiqué de presse de l’Aide à l’Église en Détresse (AED) daté de juillet 2024, il n’en reste que 250 000 en raison de ce déclin continu, soit une baisse de 85 % en deux décennies.

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  • Pourquoi le nouvel ordre mondial déteste la vie et la famille

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    De Maria Bigazzi sur la NBQ :

    « Je vais vous expliquer pourquoi le nouvel ordre mondial déteste la vie et la famille »

    Les conséquences de la société pandémique, le néo-malthusianisme, le déclin des nations occidentales, l’abandon de la loi naturelle, l’immigration, le nouvel ordre mondial et sa haine de la vie et de la famille. La Bussola interviewe Ettore Gotti Tedeschi, auteur de *Ainsi ne parlait pas Zarathoustra*.

    18/06/2026

    Nous vivons dans une société malade, nous nous sentons perdus et privés de notre identité. Nous en avons parlé avec Ettore Gotti Tedeschi, auteur du livre *Così non parlò Zarathustra* (Cantagalli), qui précise que la société est tombée malade depuis qu’elle a nié le « libre arbitre » et l’a progressivement remplacé par le « déterminisme scientifique ». On a oublié l’enseignement de Socrate, d’Aristote, de saint Thomas, tandis que l’on connaît et partage la pensée de Nietzsche et de Sartre, en se limitant à tenter de résoudre les effets et en perdant ainsi la capacité de rechercher et de comprendre les « causes » de toute chose, le sens de la vie, les valeurs essentielles.

    Pandémie et situation d’urgence : quelles sont les conséquences de la société pandémique et dans quelle mesure influencent-elles la crise économique ?

    Le confinement, considéré comme la solution à une « pandémie », outre les problèmes déjà bien connus d’ordre social, psychologique, etc., a eu un résultat vraiment considérable : accélérer le processus de numérisation (notamment grâce au télétravail) d’au moins 10 à 15 ans, voire 20 selon certains. Je me contenterai de résumer : la numérisation est un outil fondamental pour être compétitif dans un monde globalisé, où les anciens pays émergents (aujourd’hui les BRICS) représentent près de 50 % de la population mondiale et 50 % du PIB mondial. Le problème est complexe : l’Occident ne sait plus aujourd’hui comment rivaliser, il doit inventer un avantage concurrentiel. Une découverte technologique, cependant, dans un monde globalisé, se répercute sur son utilisation au sein du marché, qui détermine les modèles économiques à adopter, car marché mondial rime avec concurrence mondiale. Soit on sait être compétitif, soit on fait autre chose. L’interdépendance entre les pays du monde est extrêmement forte, tout comme la concentration des nouvelles matières premières (pensons à l’énergie), mais aussi des produits de haute technologie (pensons aux puces électroniques). Aucun pays n’est plus autonome et ne peut se passer des autres. Je pose donc la question : une forme de « souverainisme » est-elle possible aujourd’hui ?

    Le surhomme aujourd’hui : entre néo-malthusianisme, écologisme et syncrétisme religieux. Pouvez-vous nous en faire une analyse ?

    Le surhomme de Nietzsche devrait aujourd’hui se concrétiser grâce aux technologies et à l’intelligence artificielle, ou bien à l’aide de certaines substances psychotropes. En pratique, il s’agit de l’amélioration des facultés humaines grâce à la technologie. Pour moi, la véritable amélioration réside dans la prière et dans la grâce que Dieu m’accorde, mais il est évident que si l’homme se prend lui-même pour Dieu, il ne s’estimera qu’à l’aune de ses découvertes scientifiques, réduisant ainsi lui-même sa dignité d’enfant de Dieu. Nietzsche avait prophétisé la fin de la civilisation occidentale parce qu’elle était chrétienne, tout comme le fait que très bientôt, l’homme considérerait le péché non plus comme un péché envers Dieu, mais envers la Terre et l’environnement. Il a ainsi convaincu ses disciples d’accélérer le processus d’écologisme, seule raison certaine de redécouvrir le malthusianisme nécessaire pour réduire la population. Aujourd’hui, les néo-malthusiens « érudits » et « responsables » ont établi que la population mondiale doit être réduite pour « sauver la planète ». Le syncrétisme religieux est quant à lui une grande découverte faite par les secrétaires de l’ONU pour assurer le succès du soi-disant nouvel ordre mondial, en encourageant les migrations – inutiles et contre-productives d’un point de vue économique (et non humanitaire) – vers des pays à religion dogmatique afin de polluer les « croyances superstitieuses dogmatiques », les valeurs non négociables, la crédibilité de l’autorité morale, etc. Et il y a eu un pape [François, ndlr] qui a même applaudi.

    Déclin des nations occidentales, nouvel ordre mondial (mondialisation et immigration) et crise de l’Europe : quelles en sont les causes et quel rôle joue l’abandon de la loi naturelle et du sens moral ?

    Giacomo Leopardi attribuait au progrès des Lumières la perte du sens moral. Les Lumières avaient également réduit l’homme à de la « matière », entraînant ainsi une ignorance des lois naturelles. Il ne fait aucun doute que l’anthropocentrisme, où l’homme se substitue à Dieu (théocentrisme), né à l’époque humaniste et de la Renaissance, a contribué à convaincre l’homme de satisfaire ses propres besoins, grâce à une recherche technique appropriée et à un consumérisme toujours plus grand. Cette forme de matérialisme a entraîné une sécularisation progressive, très immanente et peu transcendante. De la métaphysique, l’homme passe à l’utilitarisme technocratique et individualiste, peut-être même encouragé par certains théologiens qui, pour ne pas perdre leur popularité dans le monde, ont même réussi à concilier l’évolution biologique avec l’évolution morale nécessaire. Personne ne parle plus de métaphysique ni d’utilitarisme. Comment prétendre qu’un relativisme éthique niant les valeurs objectives ne s’affirme pas de plus en plus ? L’immigration, qui est une contradiction absolue, ne sert qu’à effacer les racines de la civilisation chrétienne, tout comme cela a été le cas pour le nouveau « bio-droit », qui, avec le président Obama et l’OMS, a remplacé la bioéthique, notamment en matière d’avortement, d’euthanasie, etc. Combien ont aujourd’hui le courage d’aller à contre-courant sans crainte ?

    Le nombre de naissances diminue, la population âgée augmente et, avec elle, les dépenses de santé publique. L’euthanasie devient alors la « solution » au problème… Quel est le lien entre l’euthanasie et la dénatalité ?

    Ce sont les deux faces d’une même médaille. La dénatalité est présentée comme une meilleure qualité de vie sans enfants, tandis que l’euthanasie apparaît comme la solution miséricordieuse à une vie indigne d’être vécue. L’absence d’enfants engendre la pauvreté et des risques indicibles de considérer la vie comme « sans valeur » ; l’euthanasie confirme que la valeur de la vie est toujours et uniquement « nulle ». Pour comprendre, nous devrions avoir le courage de reconnaître qui hait la vie humaine et pourquoi, sans en avoir honte. Je vous invite à lire ce qu’a écrit à ce sujet le grand Jérôme Lejeune. Dans une économie mature, avoir des enfants est synonyme de richesse, ne pas en avoir est synonyme de pauvreté. Dans le soi-disant monde occidental, pour devenir plus riche, il faut avoir plus d’enfants. Personnellement, j’ai étudié et affirmé cela dès 1975. Aujourd’hui, 50 ans plus tard, je lis que le problème de la natalité (avec ses conséquences) a été découvert par tous. Auparavant, on l’a nié, en se moquant de moi. Mais ce qui s’est passé depuis 1975, rien que dans le monde occidental riche et cultivé, a coûté très cher. Et aujourd’hui, éliminer 70 % de la population mondiale pour préserver la Terre est un choix idéologique qui coûtera bien plus cher encore.

    Vous affirmez que la famille incarne la vérité humaine et sociale et qu’elle constitue le noyau social. Quelles conséquences entraîne la désagrégation de la famille au sein de la culture mondialiste-nihiliste ?

    La famille est autant haïe que la vie elle-même, car elle accomplit quelque chose d’intolérable : elle met au monde, élève et éduque ses enfants de manière subjective, non pas de façon homogène, mais en fonction des besoins, du caractère, des aptitudes, des forces et des faiblesses de chacun, individuellement. Permettez-moi de dire qu’on comprend tout de suite si un jeune a été élevé de cette manière par sa famille. Pourrait-on envisager de soutenir la famille, ne serait-ce que dans ce rôle, dans un monde globalisé qui prétend uniformiser les cultures, les comportements, les valeurs et les religions ? Ce n’est pas facile, d’autant plus que la famille est en concurrence avec l’État en matière d’investissements scolaires et professionnels. Elle s’occupe des membres de la famille malades, des personnes âgées, et elle le fait avec soin et affection. L’État ne semble pas beaucoup apprécier cette concurrence, peut-être selon le même principe qui a conduit à l’expulsion des religieuses infirmières des hôpitaux ou des religieuses enseignantes des écoles maternelles ?