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Société - Page 193

  • L'homme : un animal comme les autres ?

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    De gènéthique.org :

    L’homme n’est pas un animal comme les autres

    1er mars 2022
     

    Agrégé et docteur en philosophie, chercheur associé au département de philosophie de l’université de Nantes, Jacques Ricot, auteur de Qui sauver ? L’homme ou le chien ? a accepté l’invitation de Gènéthique à discuter la place de l’homme et de l’animal, à l’heure où l’antispécisme connaît un écho croissant.

    L’animalisme est un mot récemment forgé pour désigner un mouvement philosophique, social, culturel, politique visant l’amélioration de la condition animale. Plusieurs causes expliquent la naissance et le succès croissant de ce mouvement.

    1. La question animale

    Nous sommes devenus de plus en plus sensibles à la souffrance animale ce qu’attestent les lois accumulées depuis quelques décennies dans le prolongement de la loi Grammont qui, dès 1850, prohibait les mauvais traitements infligés en public, seulement en public, aux animaux. Et c’est en 1959 qu’un décret d’Edmond Michelet a étendu cette interdiction aux espaces privés. En 1976, le Code rural, énonce dans l’article L214 : « Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce ». L’association qui diffuse régulièrement des vidéos-chocs sur la maltraitance animale a choisi le nom L214 en référence à cet article du Code rural. Le Code civil lui-même a été modifié en 2016 afin que les animaux, tout en demeurant des biens, ne soient plus assimilés à des choses. Il dispose : « Les animaux sont des êtres vivants doués de sensibilité. Sous réserve des lois qui les protègent, les animaux sont soumis au régime des biens ». Rappelons enfin que l’article 521-1 du Code pénal sanctionne « le fait, publiquement ou non, d’exercer des sévices graves ou de commettre un acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité ».

    Les techniques maltraitantes de l’élevage et de l’expérimentation animale sont régulièrement dénoncées et reçoivent un écho favorable dans l’opinion. Par exemple, en août 2021, L214 diffusait une vidéo de truies tuméfiées et parfois agonisantes, dans un élevage. C’est donc cette évolution de la sensibilité à la souffrance animale que le législateur entérine progressivement. Depuis le 1er janvier 2022, sont interdits le broyage et le gazage des poussins mâles vivants ainsi que la castration sans anesthésie des porcelets.

    Des « fermes » aux « exploitations »

    Il n’y a pas que l’émotion à la souffrance animale qui modifie la perception de l’animal. Ce sont aussi les transformations subies par le monde des éleveurs, au nom de critères économiques, dont on se préoccupe désormais. On a remplacé les « fermes » par des « exploitations » et ce changement lexical est l’indice d’une modification du rapport à l’animal. Exploiter, c’est mettre à mal des sols et plus généralement une nature dont on use et abuse. De l’exploitant à l’exploiteur, il n’y a parfois qu’un tout petit pas. En tout cas, le terme d’exploitation ne saurait s’appliquer naïvement aux techniques de l’élevage. Et que dire aussi de la « production » animale ? L’animal serait donc renvoyé aux choses manufacturées ? Ces dérives sémantiques reflètent un regard perverti sur le monde animal. Elles ont été dénoncées dans un texte visionnaire, comme seuls les plus grands poètes savent en offrir. En 1949, dans son Bestiaire spirituel, Paul Claudel écrivait : « Maintenant une vache est un laboratoire vivant, qu’on nourrit par un bout et qu’on trait à l’électricité par l’autre. Le cochon est un produit sélectionné qui fournit une quantité de lard conforme au standard. La poule errante et aventureuse est incarcérée et gavée artificiellement. Sa ponte est devenue mathématique. Chaque espèce est élevée à part et en série. […] Sont-ce encore des animaux, des créatures de Dieu, des frères et sœurs de l’homme, des signifiants de la sagesse divine, que l’on doit traiter avec respect ? Qu’a-t-on fait de ces pauvres serviteurs ? L’homme les a cruellement licenciés. Il n’y a plus de liens entre eux et nous ».[1]

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  • Près de 38 % de la population mondiale vit dans des pays ‘non libres’

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    Du site des Missions Etrangères de Paris :

    Aucun pays de l’Asean n’est classé comme « libre » selon un rapport sur les droits politiques et les libertés individuelles

    01/03/2022

    Selon le nouveau rapport sur les droits politiques et les libertés individuelles publié par l’organisation américaine Freedom House, « un total de 60 pays ont subi des déclins au cours des dernières années, et seuls 25 autres se sont améliorés ». L’Indice 2022 de l’ONG classe notamment le Cambodge comme « non libre » aux côtés de la Birmanie, du Laos, du Vietnam, de Brunei et de la Thaïlande. Seul le Timor Leste, qui n’est pas membre de l’Asean (Association des nations de l’Asie du Sud-Est), a été classé comme « libre » en Asie du Sud-Est.

    Aucun des dix pays membres de l’Asean (Association des nations de l’Asie du Sud-Est) n’a été classé comme « libre » par l’Indice annuel 2022 sur les droits politiques et les libertés individuelles, publié par l’ONG Freedom House, basée aux États-Unis. Le Timor leste, qui a déposé sa candidature comme membre de l’Asean, est le seul pays d’Asie du Sud-Est à être classé comme « libre », tandis que Singapour, la Malaisie, les Philippines et l’Indonésie font partie des pays seulement considérés comme « partiellement libres ».

    Sur les autres pays membres classés comme « non libres », le Cambodge est mieux classé que la Birmanie, le Laos et le Vietnam, mais moins bien que Brunei et la Thaïlande – ce qui a suscité de vives réactions de la part de Phnom Penh, responsable de la présidence de l’Asean pour cette année. « Leur rapport s’oppose ouvertement à nous avec l’intention de frapper le gouvernement. Il a pour but de proposer au peuple cambodgien de haïr le gouvernement cambodgien. C’est un rapport qui correspond seulement à leurs intérêts politiques », a déclaré Chin Malin, porte-parole du ministère de la Justice du Cambodge.

    Selon une dépêche du média pro-gouvernement Khmer Times, Chin Malin s’est également étonné que tous les rapports annuels publiés par les autres ONG, en matière de liberté d’expression, de démocratie et d’État de droit au Cambodge, soient toujours similaires. « Selon les principes internationaux, un pays ne peut pas être classé selon la démocratie, l’État de droit et la liberté d’expression par rapport à un autre pays, parce qu’il n’y a aucun pays qui a la meilleure démocratie ou la meilleure liberté d’expression », a ajouté Chin Malin.

    « Près de 38 % de la population mondiale vit dans des pays ‘non libres’ »

    Toutefois, Freedom House a rappelé que le parti d’opposition CNRP (Parti du sauvetage national du Cambodge) a été dissous par le pouvoir il y a deux ans, et que ses principaux responsables ont été emprisonnés ou exilés, sans compter que des médias indépendants et des ONG ont été réprimés. Lors des dernières élections nationales, le parti au pouvoir, le CPP (Parti du peuple cambodgien), a ainsi remporté « tous les sièges de la Chambre basse pour la première fois depuis la fin de la Guerre civile cambodgienne, ainsi que tous les sièges élus dans la Chambre haute par des élections indirectes », a insisté Freedom House.

    Le rapport 2022 de l’organisation a également remarqué que les régimes autoritaires sont devenus plus répressifs dans leur manière de manipuler ou contourner des normes et institutions prévues pour soutenir les libertés individuelles, tout en défendant ceux qui souhaitent agir de même. « Un total de 60 pays ont subi des déclins au cours des dernières années, et seuls 25 autres se sont améliorés. À l’heure actuelle, près de 38 % de la population mondiale vit dans des pays considérés comme ‘non libres’, soit la plus forte proportion depuis 1997. Seule environ 20 % de la population mondiale vit dans des pays ‘libres’ », selon l’organisation.

    « Les pays plus libres ont vu leurs normes en vigueur défiées et fracturées »

    Freedom House précise dans son rapport que la Birmanie est le pays qui a subi le plus fort déclin en matière de libertés individuelles, en raison du coup d’État du 1er février 2021. « Des dirigeants civils ont été arrêtés en masse, plus de 1 000 personnes ont été tuées par les forces de l’ordre dans le cadre des répressions contre les manifestants pro-démocratie, et plusieurs milliers d’autres ont été jetés en prison ou torturés », rappelle le rapport, tout en évoquant une demande populaire qui reste forte en faveur de la démocratie à travers le monde.

    « Du Soudan à la Birmanie, des gens continuent de risquer leur vie pour la liberté dans leur pays », insiste l’organisation, en expliquant que des pays comme la Russie et la Chine affaiblissent des puissances moyennes au système démocratique. « Aujourd’hui, il est impossible d’ignorer les dommages causés aux fondements et à l’image même de la démocratie. Les régimes chinois, russes et d’autres pays autoritaires ont acquis d’énormes pouvoirs dans le système international, et les pays plus libres ont vu leurs normes en vigueur défiées et fracturées. »

    (Avec Ucanews)

  • Guerre et paix : le moment de se replonger dans l'étude de la Doctrine Sociale de l'Eglise

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    De cet excellent site consacré à l'évangélisation et à l'action politique (https://www.moralesociale.net/)

    Vouloir la paix

  • Etats-Unis : vers l'adoption de la loi sur l'avortement la plus extrême jamais votée par le Sénat américain ?

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    De Michael Warsaw, président du conseil d'administration et le directeur général du réseau catholique mondial EWTN, et l'éditeur du National Catholic Register :

    Pire que Roe !
    Le Congrès doit rejeter la loi orwellienne sur la protection de la santé des femmes.

    25 février 2022

    Avec la disparition de Roe v. Wade - la décision de la Cour suprême des États-Unis qui a légalisé l'avortement pendant les neuf mois de la grossesse il y a près de 50 ans - apparemment à portée de main, des efforts sont en cours tant par la communauté pro-vie que par le lobby radical de l'avortement pour se préparer à un monde post-Roe.  

    Alors que la plupart des actions entreprises jusqu'à présent se situent au niveau des États, le Sénat américain est sur le point de voter sur la loi trompeuse intitulée "Women's Health Protection Act". Si la vérité dans la publicité était une exigence pour nommer les projets de loi, elle s'appellerait "Loi sur l'avortement à la demande jusqu'à la naissance". 

    Les partisans de cette législation l'ont décrite comme une tentative d'inscrire Roe dans la loi fédérale. Aussi tragique que cela puisse être, la dure réalité est que ce projet de loi irait bien au-delà, en supprimant même les protections les plus élémentaires pour les femmes et leurs bébés à naître.  

    Franchement, c'est bien pire que Roe.  

    Il s'agit de la loi sur l'avortement la plus extrême jamais votée par le Sénat américain.  

    Que ferait-elle ? Ce projet de loi annulerait toutes les lois étatiques réglementant l'avortement. Cela inclut les lois des États qui limitent les avortements tardifs douloureux et les lois qui interdisent de pratiquer des avortements en raison de la race, du sexe ou de la condition de l'enfant. Elle mettrait même fin aux lois de base sur le consentement éclairé qui garantissent que les mères disposent de toutes les informations pertinentes avant de choisir un avortement.  

    Malgré les sondages qui montrent régulièrement un fort soutien - 71% des Américains et près de la moitié des Démocrates - pour des limites à l'avortement, en particulier au cours des deuxième et troisième trimestres, le Sénat avance à toute vapeur.  

    Pourtant, la vérité sur la gravité de l'avortement et ses conséquences pour l'enfant et la mère est indéniable. Chaque avortement met fin à au moins une vie et en blesse une autre.  

    Les politiciens catholiques qui défendent volontairement et avec enthousiasme la disponibilité et la pratique de l'avortement vivent à l'encontre de l'enseignement de l'Église.  

    Le Catéchisme de l'Église catholique est clair sur la nécessité de préserver la dignité de la vie (2270) : "La vie humaine doit être respectée et protégée de manière absolue dès le moment de la conception. Dès le premier instant de son existence, l'être humain doit être reconnu comme ayant les droits d'une personne - parmi lesquels figure le droit inviolable de tout être innocent à la vie." 

    Le Catéchisme décrit ensuite que ce n'est pas seulement le fait d'obtenir l'avortement qui constitue un délit grave, mais, en effet, comme expliqué en 2273, " [l]e droit inaliénable à la vie de tout individu humain innocent est un élément constitutif d'une société civile et de sa législation. ... Les droits inaliénables de la personne doivent être reconnus et respectés par la société civile et l'autorité politique. Ces droits de l'homme ne dépendent ni d'individus isolés ni de parents ; ils ne représentent pas non plus une concession faite par la société et l'État ; ils appartiennent à la nature humaine et sont inhérents à la personne en vertu de l'acte créateur dont elle est issue. Parmi ces droits fondamentaux, il convient de mentionner à cet égard le droit de tout être humain à la vie et à l'intégrité physique, depuis sa conception jusqu'à sa mort."  

    Pourrait-on être plus clair ? Notre Saint-Père, le pape François, a été sans équivoque sur le mal de l'avortement, le comparant à l'équivalent "à mains blanches" des programmes eugéniques nazis et aux personnes qui engagent un tueur à gages "pour résoudre un problème". On ne peut pas être plus clair. 

    Pourtant, malgré les vifs reproches adressés à la "culture du jetable" par le pape François lui-même, beaucoup trop de politiciens catholiques - et d'autres - continuent de poursuivre des politiques et des programmes politiques qui portent atteinte à la dignité fondamentale de la personne humaine.  

    Dans un message émouvant adressé aux Nations Unies il y a moins de deux ans, le pape François a déclaré que "[a]u cœur de cette "culture du jetable" se trouve un manque flagrant de respect pour la dignité humaine, la promotion d'idéologies ayant une compréhension réductrice de la personne humaine, un déni de l'universalité des droits humains fondamentaux, et une soif de pouvoir et de contrôle absolus qui est répandue dans la société d'aujourd'hui. Appelons cela pour ce que c'est : une attaque contre l'humanité elle-même". Amen.  

    Le cœur du programme du lobby de l'avortement n'est pas seulement une dévalorisation totale de la dignité de toute vie humaine, c'est aussi l'opposition entre les mères et leurs enfants, ce qui renverse la compréhension de la relation humaine la plus fondamentale. Il est tout à fait faux de prétendre que les enfants sont un obstacle à l'épanouissement des femmes, que la seule solution à une grossesse inattendue est l'avortement et que les bébés "non désirés" sont mieux morts. Les catholiques et les personnes pro-vie doivent s'unir pour dissiper avec force ces mythes.   

    Que devons-nous faire à partir de là ? Pour commencer, nous devons résister à ce projet de loi spécifique et à toutes ses itérations ultérieures, et nous devons demander des comptes aux politiciens qui prétendent être catholiques mais qui soutiennent une législation aussi horrible.  

    Mais construire une culture de la vie ne consiste pas seulement à s'opposer à des politiques mortelles. Il s'agit de montrer comment l'Église soutient les femmes et leurs bébés dès la conception, avec les ressources et les outils nécessaires pour aider les mères à prendre soin de leurs bébés - et à prospérer.  

    Le cardinal Timothy Dolan de New York, président du Comité pour la liberté religieuse de l'USCCB, et l'archevêque William Lori de Baltimore, président du Comité pour les activités en faveur de la vie de l'USCCB, ont envoyé une lettre aux sénateurs cette semaine, avant le vote, qui, je crois, fournit une feuille de route aux catholiques américains à la recherche d'un leadership audacieux. 

    Dans une section particulièrement mémorable, ils écrivent : "Répondre aux besoins des femmes en promouvant l'avortement électif financé par les contribuables, comme le ferait ce projet de loi, est un manquement à l'amour et au service des femmes. Offrir des avortements gratuits ou à faible coût, au lieu des ressources nécessaires pour prendre soin de son enfant, n'est pas un 'choix' mais une coercition. Cela signifie à une mère dans le besoin qu'il n'y a aucun espoir pour elle ou son enfant et perpétue les injustices qui poussent les mères à mettre fin à la vie de leurs enfants. En tant que nation construite sur la reconnaissance que chaque être humain est doté par son Créateur des droits inaliénables à la vie, à la liberté et à la poursuite du bonheur, nous devons rejeter ce projet de loi et adopter une politique publique qui respecte pleinement et facilite ces droits et les besoins de la mère et de l'enfant." Encore une fois, je dis amen.  

    Nous sommes à un tournant critique dans notre lutte pour protéger la vie. Nous ne pouvons pas faiblir. Nous ne pouvons pas permettre que tous nos progrès soient anéantis. Cette législation doit être rejetée - pour le bien de l'humanité.

    Que Dieu vous bénisse.

  • Peut-on vivre comme si Dieu n'existait pas ?

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    De RCF :

    Vivre "comme si Dieu n’existait pas"

    PEUT-ON VIVRE SANS DIEU ? UNE LECTURE DU PSAUME 13 Durée: 29 min

    Peut-on vivre sans Dieu ? En 1988, Jean Paul II observait que beaucoup de nos contemporains vivent "comme s'il n'existait pas" et passent à côté de l'idée de Dieu. Pourtant, rien n’a remplacé la question de Dieu, note le philosophe et théologien, Alphonse Vanderheyde : "Il a été chassé de nos vies, mais qu’est-ce qui le remplace aujourd’hui ?"

    Le paradoxe de notre société sans Dieu mais obsédée par les religions

    La pratique religieuse baisse dans notre société déchristianisée. Pourtant, il ne se passe pas un jour sans qu’on parle des religions. Comment expliquer ce paradoxe ? "Il est normal de parler des religions, notamment de la religion chrétienne, estime le philosophe et théologien Alphonse Vanderheyde, parce que l’Europe a été façonnée par le christianisme pendant 20 siècles donc ça laisse des traces."

    Pour autant, si "dans la vie de tous les jours, les gens n’éprouvent pas le besoin de célébrer la foi : c’est une question de pratique religieuse mais ce n’est pas une question de refuser Dieu", relève le philosophe. Délaisser la pratique religieuse ce n’est donc pas abandonner une quête de sens. Si l’on "s’est éloignés de la religion chrétienne", il peut rester l’idée d’un "Dieu invisible et caché, qu’on ne voit pas mais dont on parle sans cesse", comme disait Pascal.

    Est-ce une folie de croire en Dieu ou de passer à côté de l'idée de Dieu ?

    La question de Dieu a toujours été "problématique", rappelle le théologien. Aujourd'hui comme il y a plus de 2.000, l'homme a tendance à oublier Dieu. C'est ce que montre le Psaume 13, qui nous invite précisément à ne pas nous couper de lui. 

    « Dans son cœur le fou déclare : "Pas de Dieu !" Tout est corrompu, abominable, pas un homme de bien ! Des cieux, le Seigneur se penche vers les fils d'Adam pour voir s'il en est un de sensé, un qui cherche Dieu. Tous, ils sont dévoyés ; tous ensemble, pervertis : pas un homme de bien, pas même un seul ! » (Ps 13, 1-3)*

    Est-ce une folie de croire en Dieu ? A l'époque des Psaumes, c'était une folie de ne pas y croire ! "Aujourd’hui on est coupés de Dieu mais on ne le sait pas, c’est peut-être ça la folie, on n’a pas conscience de cela", selon Alphonse Vanderheyde. Déjà, en 1988, Jean Paul II observait qu’il y a "beaucoup de personnes qui vivent comme si Dieu n’existait pas et qui se situent en dehors de la problématique foi - non-croyance, Dieu ayant comme disparu de leur horizon existentiel" (Discours à l'assemblée plénière du secrétariat pour les non-croyants, le 5 mars 1988). Ce qu’il voulait nous dire c’est que beaucoup de nos contemporains "passent à côté de la question de Dieu", explique le philosophe. 

    Rien n’a remplacé la question de Dieu, de ce Dieu chrétien, il a été chassé de nos vies, mais qu’est-ce qui le remplace aujourd’hui ?

    L’homme, qui a pris la place de Dieu

    "On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l'on n'admet pas tout d'abord qu'elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure", écrit Bernanos ("La France contre les robots", 1944) Pour Alphonse Vanderheyde, ce qui "manque dans ce monde" c’est la vie intérieure. "Où est le silence, le recul, la retraite ?" 

    Dans nos sociétés matérialistes ultra connectées, on a l’impression de "tout savoir, de tout contrôler", on a "l’illusion d’un grand pouvoir". Pour Alphonse Vanderheyde, "rien n’a remplacé la question de Dieu, de ce Dieu chrétien". "Il a été chassé de nos vies mais qu’est-ce qui le remplace aujourd’hui ?"


    Spécialiste de Nietzsche et de saint Augustin,  Alphonse Vanderheyde est l'auteur du livre "Les acquis de la mort de l'homme", tomes I et II (éd. Connaissances et savoirs, 2017 et 2020).

    * Source : AELF

  • Aider les victimes du conflit en Ukraine (Caritas)

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    Conflit en Ukraine : des milliers de familles en danger

    AIDEZ LES VICTIMES DU CONFLIT EN UKRAINE 

    Avec l’escalade dramatique de la situation en Ukraine, la vie de milliers de personnes bascule. Notre partenaire local, Caritas Ukraine, tire la sonnette d'alarme et déploie une réponse humanitaire d’urgence. Caritas International active son mécanisme d’urgence pour soulager les besoins les plus pressants de la population, notamment des familles contraintes de fuir leur maison. Avec Caritas Ukraine, elle fournit déjà des produits de première nécessité aux habitant-e-s de l'est du pays. Mais la situation se dégrade d’heure en heure.

    « Les opérations de guerre aggravent encore la situation humanitaire déjà précaire dans l'est de l'Ukraine », explique Sébastien Dechamps, coordinateur des urgences pour Caritas International. Les équipes mobiles de Caritas Ukraine se sont rendues sur place pour distribuer des denrées de première nécessité, des briquettes de chauffage et des matériaux de réparation pour protéger les gens du froid glacial. Sans oublier des médicaments et des cartes de paiement pour acheter des vêtements chauds. 

    Les partenaires Caritas dans les pays limitrophes se préparent à fournir notamment des abris, des repas chauds, des fournitures d’hygiène, du carburant pour se chauffer, des transports vers des zones sûres et un soutien psychologique.

    « Le froid de l'hiver est déjà une question de survie pour celles et ceux qui sont restés dans leurs abris endommagés. Et face aux opérations militaires, les gens vivent dans l'isolement ; ils n’ont pas de quoi manger à leur faim, ni se chauffer suffisamment. », complète Sébastien Dechamps.

    Caritas a d’urgence besoin de soutien. La situation évolue rapidement et nous ne pourrions pas agir sans votre aide. Faites un don vital. Aujourd’hui.

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  • "Un acte immoral et une pratique violente contraire à la vie"

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    Une dépêche de l'Agence Fides :

    AMÉRIQUE/COLOMBIE - Les Évêques : "L'avortement direct est un acte immoral et une pratique violente contraire à la vie"

    23 février 2022

    Bogota (Agence Fides) - " Perplexité et profonde tristesse " ont été exprimées par la Conférence épiscopale de Colombie après la publication de la note de la Cour constitutionnelle selon laquelle " la conduite de l'avortement ne sera punissable que lorsqu'elle sera effectuée après la vingt-quatrième (24) semaine de gestation et, de toute façon, ce terme ne sera pas applicable aux trois cas visés par l'arrêt C-355 de 2006 ".

    Les Évêques reconnaissent que "dans de nombreuses occasions, la réalité de l'avortement répond à des drames qui causent de multiples difficultés et angoisses à la mère et à son entourage", et que "lorsque la femme est une victime, il est raisonnable que la société civile et le système juridique cherchent à la défendre et à la protéger". Cependant, ils estiment que "l'affirmation d'un droit cesse d'être légitime si elle implique la négation ou le piétinement des droits d'autrui. On ne peut pas cacher ou minimiser le fait que toute grossesse implique l'existence d'un autre être humain, différent de la mère, sans défense et vulnérable, qui à son tour a le droit de faire partie de la famille humaine". Ils réitèrent donc : "Considérer que le droit à la vie et à recevoir la protection de l'État, protégé par la Constitution, ne le couvre pas dès la conception, est une atteinte à la dignité humaine".

    Protéger le prétendu droit de supprimer une vie humaine innocente, poursuit la déclaration des Évêques, "met en péril le fondement même de notre ordre social et de l'État de droit. L'avortement direct est un acte immoral et une pratique violente contraire à la vie".

    Face à la voie ouverte par la Cour constitutionnelle, les Évêques se demandent s'il n'en existe pas d'autres qui permettraient de sauvegarder la vie des mères et celle de leurs enfants à naître, et ils réaffirment que "le problème de l'avortement ne peut se limiter aux seules femmes enceintes, mais exige la solidarité de toute la société". Selon la Constitution, chaque Colombien a le devoir d'agir selon le principe de la solidarité sociale, en répondant par des actions humanitaires aux situations qui mettent en danger la vie ou la santé des personnes. "Puisque cette vertu nous permet de créer des alternatives de bien, là où le mal est considéré comme la seule option, nous voulons être les premiers à aider à trouver la bonne option lorsque l'avortement semble être la solution".

    Le communiqué, signé par la Présidence de la Conférence épiscopale, conclut en rappelant " Celui qui est venu apporter la vie en abondance ", espérant que l'État et tous les compatriotes de bonne volonté " ne ménageront aucun effort pour protéger et promouvoir la vie humaine, même dans les circonstances les plus complexes ".

    (SL) (Agence Fides 23/02/2022)

  • France : Alliance VITA dénonce une loi qui fait violence aux femmes

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    COMMUNIQUE DE PRESSE –  23 février 2022
    Avortement : Alliance VITA dénonce une loi qui fait violence aux femmes

    La question délicate de l’avortement méritait mieux qu’un faux débat abordé sans précaution, sous l’angle réducteur et contestable d’un « droit ». Cette loi passe sous silence le drame de nombreuses femmes enceintes, confrontées à une grossesse inattendue, qui se tournent vers l’IVG à contrecœur et sous pression, faute d’alternative.

    Pour Alliance VITA, allonger encore les délais de l’avortement constitue une violence faite aux femmes, alors qu’aucune alternative ou soutien spécifique ne sont proposés dans cette loi pour aider celles qui souhaiteraient poursuivre leur grossesse, parce qu’elles savent que c’est une vie qui est en jeu. Le gouvernement a laissé voter, sans réflexion ni débat à la hauteur de l’enjeu, une loi inappropriée et injuste, déconnectée de la réalité.

    Il est grands temps que les pouvoirs publics reconnaissent que c’est une illusion de faire comme si toutes les femmes avortaient librement. Celles qui ont les revenus les plus faibles ont davantage recours à l’IVG (cf. étude de la DREES 2020) : l’avortement est ainsi un marqueur de précarité et d’inégalités sociales. La priorité devrait être à la protection des femmes enceintes contre forme de violence et de pressions – spécialement masculines, mais aussi financières et sociales – qui pèsent sur elles, à un moment de grande vulnérabilité.

    Dans le contexte de la campagne présidentielle, Alliance VITA alerte les candidats sur l’urgence de mettre en place une véritable politique de prévention de l’avortement. Cela contribuerait à résoudre un grand nombre de drames personnels, en présentant aux femmes des perspectives autres que l’avortement.

    Cela passe en priorité par :

    • Une information sur l’efficacité réelle de la contraception et ses échecs potentiels : 72% des femmes qui avortent utilisaient un moyen de contraception lorsqu’elles ont découvert leur grossesse;
    • Le soutien et l’accompagnement personnalisé des femmes enceintes en difficulté;
    • La protection des femmes face aux pressions et aux violences qu’elles peuvent subir pour les conduire à avorter;
    • La formation des personnels de santé et des acteurs sociaux aux pressions qui peuvent s’exercer sur les femmes enceintes;
    • La délivrance d’une information complète lors des consultations d’IVG sur les aides aux femmes enceintes et leurs droits spécifiques;
    • La revalorisation de la politique familiale, incluant des mesures adaptées pour de concilier vie familiale, études et entrée dans la vie professionnelle.
    • Un soutien particulier pour les jeunes femmes étudiantes alors que 85% des grossesses imprévues survenant pendant les études se terminent par une IVG et que les 20-29 ans concentrent les plus forts taux d’IVG :
    • un soutien financier pour continuer leurs études, des solutions de logement, des solutions de garde d’enfant et des aménagements concrets des leurs études adaptés à leur situation de femmes enceintes et de jeunes parents ;
    • l’élargissement du RSA au couples étudiants qui attendent un enfant et/ou qui sont jeunes parents ;
    • le déploiement d’un service d’accompagnement et de soutien adapté comme le Samely[1] pour les lycéennes.

    [1] Le SAMELY, dispositif créé par les PEP75 avec le soutien de la Région Ile-de-France et de l’Académie de Paris, permet de proposer un accompagnement global et adapté des lycéennes enceintes et jeunes mères dans leur suivi scolaire et autour du temps de la maternité

  • Donetsk et Luhansk : des pseudo-États qui refusent la liberté religieuse

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    De Massimo Introvigne sur Bitter Winter :

    Donetsk et Luhansk : des pseudo-États qui refusent la liberté religieuse

    23/02/2022

    La protection étatique du monopole de l'Église orthodoxe russe et la répression des minorités sont parmi les plus brutales au monde.
    par Massimo Introvigne

    Le principal problème de la " République populaire de Donetsk " (" DPR ") et de la " République populaire de Louhansk " (" LPR ") est qu'elles n'existent pas. Ce sont des régions de l'Ukraine dont l'organisation en tant qu'États sécessionnistes autoproclamés n'est reconnue que par la Russie et ses sous-fifres pour leurs propres besoins. Ces pseudo-États se distinguent également par leur refus brutal de la liberté religieuse, qui rend parfois explicite et consacre dans les "lois" et même dans les "constitutions" ce qui est implicite en Russie.

    La "constitution" de la "RPD" est le seul document de ce type au monde qui fait de la lutte contre les "sectes" un principe constitutionnel. L'article 21 de la "constitution" appelle à "la mise en œuvre de politiques visant à protéger le public des activités des sectes religieuses" (j'ai longuement expliqué dans Bitter Winter pourquoi "секта" en russe et des mots similaires dans d'autres langues devraient être traduits par "culte" et non par "secte").

    Ceci est basé sur une protection tout aussi "constitutionnelle" du monopole religieux de l'Église orthodoxe russe (EOR) à Donetsk. La "constitution" a été rédigée "en professant la foi orthodoxe (la foi de la confession chrétienne orthodoxe catholique orientale) de l'Église orthodoxe russe (patriarcat de Moscou) et en la reconnaissant comme la base des fondations du monde russe" (préambule). Le rôle de l'EOR en tant que religion "dominante" est explicitement garanti par l'article 9, qui ajoute que cette reconnaissance est un "pilier de formation du système du monde russe."

    Les conséquences sont précisées à l'article 22 de la "constitution de la RPD", selon lequel "la propagande de l'excellence religieuse est interdite." Ce que cela signifie est clair d'après l'expérience de la Russie, où les lois sur l'extrémisme permettent de liquider comme "extrémistes" les groupes religieux enseignant leur "excellence" ou leur "supériorité", c'est-à-dire qu'ils offrent une voie de salut supérieure à celle des autres religions.

    Bien sûr, toutes les religions enseignent cela, y compris le ROC, qui ne dérange personne. Je suis un spécialiste des religions, et je n'ai jamais rencontré un religieux me saluant par "Bonjour, je suis ici pour vous présenter ma religion et vous dire qu'elle n'est pas meilleure qu'une autre foi." En clair, ce qui est interdit, en "RPD" comme en Russie, c'est de proclamer que toute religion est meilleure que le ROC.

    La même disposition de l'article 22 de la " constitution " de la " RPD " apparaît dans un article portant le même numéro, 22, de la " constitution " de la " République populaire de Louhansk " : " La propagande de supériorité religieuse est interdite. "

    Ce ne sont pas de simples mots. Comme cela se passe en Russie, la "DPR" et la "LPR" ont toutes deux interdit les Témoins de Jéhovah comme "extrémistes". Au moins 14 salles du Royaume des Témoins de Jéhovah ont été confisquées. Plus généralement, la "DPR" et la "LPR" ont promulgué des "lois" selon lesquelles les groupes religieux enregistrés en Ukraine doivent se réenregistrer dans les territoires qu'ils contrôlent. S'ils ne demandent pas de réenregistrement, ou si celui-ci n'est pas accordé, leurs activités deviennent immédiatement illégales.

    À la fin de 2019, 195 organisations religieuses avaient été réenregistrées dans la "LPR". 188 appartenaient à l'EOR, quatre étaient musulmanes, et il y avait une organisation de vieux-croyants, de juifs et de catholiques romains. Outre les Témoins de Jéhovah, les congrégations baptistes, pentecôtistes et adventistes du septième jour, ainsi que plusieurs communautés musulmanes, se sont systématiquement vu refuser l'enregistrement, tout comme les groupes orthodoxes qui ne sont pas en communion avec le Patriarcat de Moscou. Dans la "RPD", presque toutes les communautés non orthodoxes se sont vu refuser l'enregistrement.

    Les communautés non enregistrées ont été la cible de raids, de violences et d'arrestations ; des églises et des mosquées ont été fermées ou transformées en bureaux "gouvernementaux" ou en installations militaires. Toutes les mosquées, sauf une, ont été fermées dans la "RPD". Les baptistes ont été particulièrement visés en tant qu'"agents américains", alors qu'ils ont une tradition centenaire dans la région.

    Ce qui se passe dans la pseudo-"République populaire de Donetsk" et la "République populaire de Louhansk" est une représentation parfaite de la théocratie orthodoxe dystopique que les idéologues de Poutine ont en tête pour un "monde russe" dont ils ne cessent d'étendre les frontières.

  • Permettre l'interruption d'une vie jusqu'à six mois de grossesse : une chose atroce selon le président colombien

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    Du site de RTL.Info :

    Le président colombien juge "atroce" la dépénalisation de l'avortement

  • Prévenir l'avortement en Europe - Conférence au Parlement européen

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    22 février 2022

    Le 16 février 2022, à l'invitation de la députée du Parlement européen Margarita de la Pisa Carrión, l'ECLJ organisait une conférence pour une politique de prévention de l'avortement en Europe.

    Retrouvez dans cette vidéo toutes les interventions en français :

    0:00 Mme Margarita de la Pisa Carrión, Groupe ECR (sous-titres)
    5:24 Aliette Espieux, Porte-parole de la Marche pour la vie (Introduction)
    11:26 Professeur Maria Solano, One of us
    22:00 Dr Rebecca Oas, C-Fam
    34:42 Louis-Marie Bonneau, ECLJ
    42:30 Dr Grégor Puppinck, ECLJ
    51:43 Aliette Espieux, Porte-parole de la Marche pour la vie (Conclusion)

    Dans son discours inaugural en tant que président du Conseil de l'Union européenne en janvier, Emmanuel Macron a demandé à ce que le droit à l'avortement soit inscrit dans la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. L'avortement, selon les mots de la personnalité européenne Simone Veil, "est toujours une tragédie et restera toujours une tragédie."

    En réalité, l'avortement est une tragédie et en aucun cas un droit humain. La promotion de l'avortement est le fruit d'un travail militant et idéologique qui ne représente en rien une réelle attente de la société civile. Des groupes de pression financés par de grandes fondations extra-européennes développent un discours qui se construit ex nihilo et qui instrumentalise les institutions (CEDH/ONU).

    Pendant ce temps, l'Europe est confrontée à un défi démographique critique. Au lieu de promouvoir l'avortement, les États devraient encourager la maternité et soutenir les femmes et les familles. Dans cette conférence, nous exposerons les mérites d'une politique de prévention de l'avortement.

    Appel à une politique de prévention de l’avortement
    Lire le texte complet de la pétition

    25,502 SIGNATURES

  • L'Eglise et le "suicide assisté"

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    Du site de la Fondation Jérôme Lejeune :

    Tribune de Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, parue dans l'édition du Figaro du 13 février.

    L’Église ne peut pas approuver la légalisation du suicide assisté

    Membre de l’Académie pontificale pour la vie, le président de la Fondation Jérôme Lejeune conteste l’hypothèse que l’Église puisse ne plus s’opposer au suicide assisté, alors que certaines voix s’élèvent en ce sens, notamment en Italie.

    « Deux textes sèment le trouble sur le suicide assisté qui fait débat en Italie en ce moment. Le premier est un article du père Carlo Casalone, jésuite, paru le 15 janvier dans la revue La Civilta cattolica, sous le titre « La discussion parlementaire sur le suicide assisté ». Le second est une tribune de Mme Marie-Jo Thiel publiée dans un quotidien. Pourquoi ces articles apportent-ils de la confusion? Leurs signataires sont tous les deux membres de l’Académie pontificale pour la vie et conviennent que leurs propos respectifs sont en contradiction avec la doctrine de l’Église. D’un article à l’autre, le cas italien conduit à une généralisation qui anticiperait un revirement de l’Église universelle sur le suicide assisté. Il n’en faut pas davantage pour que le journal La Croix titre : «Suicide assisté, le tournant stratégique du Vatican sur la bioéthique».

    Comme si l’affaire était entendue. L’article n’hésite pas à affirmer: «L’Académie pontificale pour la vie s’est montrée récemment favorable à ce que l’Église italienne ne s’oppose plus à la législation sur le suicide assisté.»

    Or le fait que des personnes s’expriment à titre personnel est une chose. Le fait que leurs positions engagent officiellement l’Académie pontificale pour la vie en est une autre.

    Le second point est le plus important. On permettra à l’auteur de ces lignes, membre de l’Académie pontificale pour la vie, de lever le doute. Il est clair que les académiciens n’ont pas été consultés, et c’est heureux. Voulue par Sa Sainteté le pape Jean-Paul II et créée avec le professeur Jérôme Lejeune, qui en a assuré la première présidence, l’académie ne saurait par définition soutenir des propositions contraires au magistère de l’Église dans un domaine où – de surcroît – elle ne fait que transmettre une sagesse millénaire. En effet, le respect de la vie humaine repris par l’Église est une règle d’or très largement antérieure à la Révélation chrétienne. Le commandement négatif de ne pas tuer remonte au Décalogue pour les croyants. Il existe aussi pour les non croyants. Que l’on songe par exemple au serment d’Hippocrate (- 400 ans av. J.C.). Ne pas tuer son semblable fait partie des lois non écrites mais inscrites au cœur de l’homme. Pas plus l’académie que l’Église catholique n’ont le moindre pouvoir sur cet interdit fondateur.

    « L'assistance au suicide est déjà une forme d'euthanasie »

    Il reste à dire un mot sur ces deux textes. L’article du père Casalone croit pouvoir trouver dans le suicide assisté un moyen de faire obstacle à la légalisation de l’euthanasie. Prétexter le moindre mal pour échapper au pire. La suite est inéluctable. Quand on tolère, il est déjà trop tard. Le comble est d’invoquer le pape François qui a toujurs été clair. Le 9 février, à l’audience générale, il a encore rappelé: «Nous devons accompagner jusqu’à la mort, mais non provoquer la mort, ni aider à quelque forme de suicide.» Par ailleurs, il est fallacieux de donner une interprétation personnelle de ce que l’Église enseigne en matière de «lois imparfaites». L’encyclique Evangelium vitae (article 73) précise que le vote d’une loi plus restrictive est légitime pour remplacer une loi plus permissive mais seulement si cette loi est déjà en vigueur. Il n’y a ainsi aucune collaboration à une loi inique mais, au contraire, une limitation de ses effets. Dans le cas du suicide assisté, le raisonnement ne fonctionne pas puisqu’il s’agirait de créer délibérément une loi mauvaise pour en éviter une autre, à venir, qui serait plus mauvaise. Or, l’assistance au suicide est déjà une forme d’euthanasie. Et la loi qu’on prétend éviter arrivera encore plus vite. Rien ni personne n’empêchera de prolonger la transgression initiale qui invite la médecine à procurer la mort. Comme l’encadrement de l’avortement débouche, on le voit, sur sa reconnaissance comme droit fondamental, l’euthanasie suivra le même chemin.

    Quant à la tribune de Mme Thiel, elle apporte un soutien français à l’ingérence du jésuite dans la politique italienne et stigmatise «les partisans de la sacralisation absolue de la vie (qui) s’en donnent à cœur joie pour critiquer et condamner». Tandis que le père Casalone ne mentionnait pas son appartenance à l’Académie pour la vie, Mme Thiel croit devoir apporter cette précision pour lui et pour elle. Il eût été plus respectueux de ne pas compromettre l’Académie pontificale pour la vie. Ses membres, statutairement défenseurs de la vie, ne souhaitent pas que l’on puisse imaginer l’Église posant la première pierre de l’euthanasie en Italie. Ni ailleurs.  »

    Lire également : Pontifical Academy for Life Members’ Support for Assisted Suicide Draws Criticism