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Témoignages - Page 118

  • Suite du Motu Proprio « Traditionis Custodes » du pape François: les réponses de la Curie pontificale aux dubia exprimés signent-elles la mort du monde traditionnel ?

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    Retrouvez ici le Club des Hommes en Noir pour sa troisième saison. Cette émission fondée en 2012, sur une radio bien connue, par Philippe Maxence, a un concept simple : l'actualité de l'Église décryptée par des prêtres et un laïc. Le Club reprend pour l'année 2022.

    Pour cette première émission les membres du Club se sont intéressés aux  « responsa ad dubia » données par la Congrégation pour le Culte divin et la discipline des sacrements aux questions d'interprétation du motu proprio pontifical. Les échanges entre l'abbé Barthe, l'abbé Celier, l'abbé Guelfucci et Jean-Pierre Maugendre sont placés sous la direction de Philippe Maxence :

  • Retour sur un film choc dédié à la situation au Congo

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    « Ce film choc retrace plus de vingt années de massacres et de pillages commis au Congo. Avec des centaines de milliers, voire des millions de morts. Son but: lutter contre l'oubli et contre l'impunité des auteurs de ces crimes.

    Thierry Michel a présenté son documentaire en novembre dernier à Kinshasa. Le film a provoqué la campagne de mobilisation internationale "Justice for Congo".

    Ce documentaire sur la situation au Congo, est plus qu'un plaidoyer: "C'est un film aussi, donc c'est une esthétique de cinéma avec une grande musique orchestrale originale, avec des chants profonds qui sortent de l'âme même africaine, avec ces images très travaillées, mais avec une construction dramaturgique évidemment sur le temps, mais un travail aussi d'investigation journalistique où j'ai été non seulement dans les différentes provinces martyres du Congo, au fin fond des forêts, retrouver les survivants, les témoins oubliés de ces histoires qui vont nous dire des choses invraisemblables que l'esprit humain ne peut même pas imaginer" explique Thierry Michel.

    "J'ai été aussi au sein de ces grandes institutions internationales pour comprendre pourquoi, que ce soit les Nations Unies, la Cour pénale, les grands Parlements de par le monde, n'ont pas réussi à neutraliser ces forces obscurantistes et à aider ce pays à instaurer une paix véritable basée sur la justice."

    Avec "L'empire du silence", le réalisateur souhaite aussi susciter une saine colère auprès du public: "Sur ce fond d'histoire des grands du Congo, des dirigeants du Congo, il y a évidemment ces milliers de massacres qui font des centaines de milliers de morts, voire des millions, pendant 25 ans, dans la plus grande impunité, où les responsables des meurtres deviennent des dirigeants militaires ou politiques."

    "C'est d'un cynisme absolu" poursuit le réalisateur, "et le film essaie de dénoncer cela, et aussi de montrer que, finalement, c'est une guerre qui n'a pas préoccupé grand monde parce qu'elle a été très peu médiatisée par rapport à d'autres conflits, je pense au Moyen-Orient, l'Irak, la Syrie, et bien d'autres. Et jamais on n'a réussi à empêcher cette spirale invraisemblable, ce carrousel sans fin d'une violence effrénée qui n'a fait que s'aggraver en barbarie pour arriver, des premiers massacres de 96, lors du début de la première guerre du Congo, à ce qui s'est passé au Kasaï ces dernières années, qui est absolument effroyable."

    Briser la loi du silence

    Pour Thierry Michel, ce film doit contribuer à ce qu'un jour, justice soit rendue à toutes les victimes: "Partout, le pays est jonché de fosses communes, mais ce qui est fou au Congo, c'est qu'aucun mécanisme de justice ne se met en place et que même le nom des grands criminels, -il y a eu des investigations, des enquêtes des Nations Unies qui savent qui sont les grands criminels-, mais la liste de ces noms est aujourd'hui confidentielle, taboue, secrète, personne ne peut savoir, et aucune enquête judiciaire n'est en cours. Les victimes restent avec les survivants, la tragédie sur les épaules, et n'ont plus qu'à espérer, un jour, ce auquel ce film doit contribuer, qu'un jour justice leur sera rendue."

    Un film où je termine mon cycle congolais

    Ce documentaire, c'est aussi un peu le film bilan du réalisateur: "Cela fait trois décennies que je fais des films au Congo, j'en ai fait presqu'une quinzaine si on compte même les plus courts. Pour moi, c'est aussi un film où je termine mon cycle congolais, le rideau tombe, j'espère ici avoir dit ce qu'est le plus fondamental et avoir lancé ce cri de colère contre ce qui s'est passé et ce qui se passe encore dans ce pays."

    Un regard sur un drame dont les sources sont bien antérieures à vingt ans: le Cardinal Ambongo, archevêque de Kinshasa, en a analysé les causes premières sans concession, lors de la célébration du soixantième anniversaire de l’indépendance du pays. Cliquer ici: Homélie du Cardinal Ambongo le 30 juin 2020.

  • Les horreurs du communisme et la résilience de la foi en Albanie

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    Dom Simon Jubani - Du fond de l'enfer j'ai vu Jésus en croix

    De  Filip Mazurczak sur The Catholic World Report :

    Les horreurs du communisme et la résilience de la foi en Albanie

    Une critique de l'ouvrage de Dom Simon Jubani, à la fois déchirant, inspirant et parfois irritant, 'From the Depths of Hell I Saw Jesus on the Cross' : Un prêtre dans les prisons de l'Albanie communiste.

    12 janvier 2022

    Affiche albanaise en 1978 : "Marxisme-Léninisme : Drapeau victorieux" (Image : Robert Schediwy/Wikipedia)

    Bien que tous les régimes communistes aient persécuté la religion à des degrés divers, nulle part la campagne antireligieuse n'a employé des méthodes de cruauté aussi diaboliquement créatives, et nulle part elle n'a été aussi minutieuse qu'en Albanie. Isolée du reste du monde pendant la guerre froide, tout comme la Corée du Nord aujourd'hui, peu de personnes en dehors des Balkans occidentaux et de la diaspora albanaise connaissent l'histoire tragique récente du pays. Espérons que les mémoires choquantes de Dom Simon Jubani, un prêtre catholique qui a passé vingt-six ans dans la prison communiste albanaise, serviront de correctif, même si certains fragments donneront la chair de poule à la plupart des lecteurs.

    En tant qu'historien qui traite du XXe siècle européen, en particulier des crimes contre l'humanité perpétrés par le Troisième Reich ainsi que par l'URSS et ses satellites communistes, j'ai lu d'innombrables récits désagréables sur la cruauté humaine. Cependant, je peux identifier le texte le plus troublant que j'ai lu dans ma vie jusqu'à présent.

    Durant l'année universitaire 2009-2010, alors que j'étais en dernière année de collège, je lisais Catholic Martyrs of the Twentieth Century de Robert Royal. Le chapitre que je n'oublierai pas pour le reste de ma vie est celui consacré à l'Albanie communiste. Mon visage a pâli et j'ai eu la nausée en lisant les méthodes de torture employées contre les jésuites albanais, qui consistaient notamment à presser contre leurs aisselles des œufs brûlants sortis directement de l'eau bouillante (ce qui leur donnait des brûlures au troisième degré à un endroit très sensible) ou à leur ouvrir les muscles du mollet, à y verser du sel et à recoudre les plaies, ce qui provoquait une douleur au moins aussi intense que celle ressentie lors de la crucifixion.

    Toutes les violations du cinquième commandement (qui incluent non seulement le meurtre direct mais aussi le non-respect de la vie humaine) sont mauvaises, mais de telles tortures dépassaient de loin tout sadisme ou psychopathie imaginable. Les êtres humains ont toujours été cruels, mais une méchanceté aussi imaginative exige quelque chose de plus que l'iniquité ordinaire ; elle doit être d'origine démoniaque. Les méthodes employées par les communistes albanais me rappellent une déclaration favorite de feu Leszek Kołakowski, qui a fait remarquer qu'il pouvait comprendre comment quelqu'un pouvait croire en Dieu, mais qu'il était incompréhensible que quelqu'un puisse ignorer l'existence du diable (Kołakowski a attribué cette phrase à un philosophe français dont il ne se souvient pas du nom).

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  • Liège. Eglise du Saint-Sacrement (Bd d’Avroy, 132) : exposition des santons de Noël

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  • Le message du pape pour la journée mondiale des missions 2022

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    MESSAGE DU SAINT-PÈRE FRANÇOIS
    POUR LA JOURNÉE MONDIALE DES MISSIONS 2022

    « Vous serez mes témoins » (Ac 1, 8)

    Chers frères et sœurs !

    Ces paroles sont celles de la dernière conversation de Jésus Ressuscité avec ses disciples, avant de monter au Ciel, telle qu'elle est décrite dans les Actes des Apôtres : « Vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1, 8). Et c'est aussi le thème de la Journée Mondiale des Missions 2022 qui nous aide, comme toujours, à vivre le fait que l'Eglise est missionnaire par nature. Cette année, elle nous donne l'occasion de commémorer quelques anniversaires importants pour la vie et la mission de l'Église : la fondation, il y a 400 ans, de la Congrégation de Propaganda Fide - aujourd'hui pour l'Evangélisation des Peuples - et, il y a 200 ans, l’Œuvre pour la Propagation de la Foi qui, avec l’Œuvre de la Sainte enfance et l’Œuvre de Saint Pierre Apôtre, a obtenu il y a 100 ans la reconnaissance "Pontificale".

    Arrêtons-nous sur ces trois expressions clé qui résument les trois fondements de la vie et de la mission des disciples : « Vous serez mes témoins », « jusqu’aux extrémités de la terre » et « vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ».

    1. « Vous serez mes témoins » - L'appel de tous les chrétiens à témoigner du Christ

    C’est le point central, le cœur de l'enseignement de Jésus aux disciples en vue de leur mission dans le monde. Tous les disciples seront témoins de Jésus grâce au Saint-Esprit qu'ils recevront : ils seront constitués comme tels par grâce. Où qu'ils aillent, où qu'ils soient. De même que le Christ est le premier envoyé, c'est-à-dire missionnaire du Père (cf. Jn 20, 21) et, en tant que tel, son « témoin fidèle » (cf. Ap 1, 5), de même tout chrétien est appelé à être un missionnaire et un témoin du Christ. Et l'Église, communauté des disciples du Christ, n'a d'autre mission que celle d’évangéliser le monde en témoignant du Christ. L'identité de l'Église est d'évangéliser.

    Une relecture d'ensemble plus approfondie éclaire certains aspects toujours actuels pour la mission confiée par le Christ à ses disciples : « Vous serez mes témoins ». La forme plurielle souligne le caractère communautaire-ecclésial de l'appel missionnaire des disciples. Tout baptisé est appelé à la mission dans l'Église et par mandat de l'Église : la mission se fait donc ensemble, et non individuellement, en communion avec la communauté ecclésiale et non de sa propre initiative. Et même s'il y a quelqu'un qui, dans une situation très particulière, accomplit seul la mission d'évangélisation, il l'accomplit et devra toujours l'accomplir en communion avec l'Église qui l'a envoyé. Comme l'enseigne saint Paul VI dans l'Exhortation apostolique Evangelii nuntiandi, un document qui m'est très cher : « Evangéliser n’est pour personne un acte individuel et isolé, mais c’est un acte profondément ecclésial. Lorsque le plus obscur prédicateur, catéchiste ou pasteur, dans la contrée la plus lointaine, prêche l’Evangile, rassemble sa petite communauté ou confère un sacrement, même seul, il fait un acte d’Eglise et son geste se rattache certainement, par des rapports institutionnels, mais aussi par des liens invisibles et par des racines souterraines de l’ordre de la grâce, à l’activité évangélisatrice de toute l’Eglise » (n. 60). En effet, ce n'est pas un hasard si le Seigneur Jésus a envoyé ses disciples en mission deux par deux. Le témoignage des chrétiens au Christ a un caractère essentiellement communautaire. D'où l'importance essentielle de la présence d'une communauté, même petite, dans la réalisation de la mission.

    Deuxièmement, il est demandé aux disciples de vivre leur vie personnelle dans une optique de mission : ils sont envoyés par Jésus dans le monde non seulement pour faire la mission, mais aussi et surtout pour vivre la mission qui leur a été confiée ; non seulement pour rendre témoignage, mais aussi et surtout pour être des témoins du Christ. Comme le dit l'apôtre Paul avec des mots vraiment émouvants : « Toujours nous portons, dans notre corps, la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre corps. »  (2 Co 4, 10). L'essence de la mission est de rendre témoignage au Christ, c'est-à-dire à sa vie, sa passion, sa mort et sa résurrection par amour du Père et de l'humanité. Ce n'est pas un hasard si les Apôtres ont cherché à remplacer Judas parmi ceux qui, comme eux, avaient été « témoins de sa résurrection » (Ac 1, 22). C'est du Christ, et du Christ ressuscité dont nous devons témoigner et dont nous devons partager la vie. Les missionnaires du Christ ne sont pas envoyés pour se communiquer eux-mêmes, pour montrer leurs qualités et leurs capacités de persuasion ou leurs compétences en matière de gestion. Ils ont, au contraire, le grand honneur d'offrir le Christ, en paroles et en actes, en annonçant à tous la Bonne Nouvelle du salut avec joie et franchise, comme les premiers apôtres.

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  • Où va l’Eglise aujourd’hui ? L’évêque de Toulon-Fréjus, Mgr Dominique Rey, 70 ans, n’a pas dit son dernier mot :

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    Lu sur le site web du « salon beige »,sous la signature d’Antoine Bordier :

    Rey 20211219-212418b-scaled-735x600.jpg« Une page se tourne avec l’évêque du diocèse de Fréjus-Toulon, Mgr Dominique Rey : celle de 2021. Une autre, toute blanche encore, va se noircir de quelques lettres, de quelques mots, de quelques phrases : celle de 2022. Celui qui fêtait ses 20 années à la tête du diocèse, l’année dernière, fêtera, en 2022, ses 70 ans de pèlerinage terrestre, ou plutôt de navigation maritime. Car, face aux avis de tempête, sur cette mer agitée, il est entre deux eaux, comme l’Eglise de France. Dort-il comme le Christ au fond de sa barque ? Navigation en eaux troubles, avec cet évêque-skipper au long cours.

    Comme à son habitude, même si le poids de l’âge et de la fonction commence à se faire sentir, Mgr Rey est en forme. Il blague, le sourire en coin. Dans sa voiture blanche – elle n’est pas blindée et n’a pas vocation à se transformer en papamobile – il écoute ses chanteurs préférés. Ils appartiennent à l’ancien-temps, à celui où les chanteurs étaient des conteurs, des poètes. Il écoute du Léo Ferré, du Brassens, du Brel. Cette fois-ci, alors que sa voiture roule en direction du Séminaire de La Castille, où l’attendent les 60 séminaristes qui ont préparé un temps festif, à l’approche de Noël, il écoute la chanson de Pierre Bachelet, L’homme en blanc. Les paroles sont surprenantes de réalisme, même si elles appartiennent désormais au passé :

    « Il descend de l’avion, il embrasse la terre. A genoux sur le sol, comme on fait sa prière. Et, même les officiels ne savent plus quoi faire, avec leurs vieux discours, leur tenue militaire. Il arrive, il descend, il est là l’homme en blanc… »

    Cet homme, c’est le pape Jean-Paul II. Mgr Rey appartient à sa génération. Il entre au Séminaire presqu’au même moment où Karol Wojtyla devient pape, moins de deux ans après en 1980. Il sera ordonné en 1984, par le cardinal Jean-Marie Lustiger, l’archevêque de Paris.

    Aujourd’hui dans son diocèse, il regarde l’année 2021, et, constate facilement que

    « la pandémie a chamboulé nos habitudes. Comme dans toute la France nous avons été très affectés par le virus. Les conséquences de la pandémie, dans tous les domaines, ont été négatives. Il existe une réelle inquiétude pour l’avenir. Nous sommes entrés dans un cycle où la fragilité, la peur, voire la folie sont présents. Des personnes se sont retrouvées extrêmement seules. Et, que dire de la pression médiatique et des décisions politiques et gouvernementales ? »

    Durant cette crise de pandémie mondiale, le diocèse de Fréjus-Toulon a perdu quelques ouailles, dans la bataille. Mais, il a su rebondir et offrir de nouveaux services à ses fidèles pour vivre sa foi et les célébrations.

    « Face aux situations très difficiles, très anxiogènes, des jeunes se sont levés, ils ont organisé des maraudes, pour visiter les personnes seules. Grâce aux nouvelles technologies de l’information et à internet, nous avons lancé un réseau social qui s’appelle La Traversée. Plus de 30000 personnes ont adhéré et participé à différents parcours sur l’espérance, la miséricorde. Nous avions la Messe quotidienne via notre chaîne YouTube. »

    Un évêque sur le pont

    Confronté à cette crise de Covid-19, à celle des vocations, à la déchristianisation, Mgr Rey ne baisse pas les bras. Au contraire, il remonte d’autant plus les manches de son pull-marin au-dessus des coudes. Cet homme de Dieu est un véritable navigateur, qui a plus d’une solution dans son sac de marin-pèlerin.

    « Oui, je suis un pèlerin. J’arpente les chemins, les routes et les ruelles de mon diocèse. Je ne suis pas un gestionnaire de Dieu. Je ne suis pas un fonctionnaire de l’Eglise. Je suis un pèlerin. »

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  • Communauté Saint-Martin : une piste française pour redresser l’Eglise qui s’effondre en Europe ?

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    Lu sur le site du journal « La Croix » cet article de Michael Corre (extrait) :

    « En quarante-cinq ans, cette communauté de prêtres classiques, née à Gênes (Italie), est devenue l’un des principaux pourvoyeurs du clergé français. Elle vient d’arriver au Mont-Saint-Michel et devrait prendre une place de plus en plus importante dans l’Église de France.

    Souvent, la communauté Saint-Martin crispe. Par exemple quand on annonce son arrivée imminente au Mont-Saint-Michel en remplacement d’un prêtre de la Mission de France. Faut-il imaginer une escouade d’abbés en soutane à l’assaut de l’abbatiale ? Certes, le débarquement est le mode de déplacement préféré de cette communauté, dont les statuts précisent que « la formation au séminaire a pour but de constituer un corps mobile (de prêtres) préparé au ministère diocésain ». La formulation est un peu martiale, à l’image de saint Martin, ancien légionnaire romain, et traduit bien la vocation originelle de cette communauté : former des curés prêts à débouler dans les paroisses où il n’y en a plus. SOS églises vides.

    Ce service et toute l’ingénierie des « Saint-Martin » – prêtres envoyés en petits groupes, règles de vie communautaire, formation continue, suivi, etc. – sont très prisés des évêques qui les jugent souvent « fiables », et même plus adaptables à la pastorale du diocèse que d’autres prêtres venus de communautés nouvelles. Une grosse vingtaine d’évêques a fait une demande, actuellement en attente. La liste reste à la discrétion du modérateur général de Saint-Martin, Don Paul Préaux, qui n’a pas souhaité la transmettre à La Croix. « Pour choisir, il faut prendre le temps de connaître les contenus de la mission, les collaborateurs et vérifier si le soutien de l’évêque se fera dans le temps long», note-t-il. L’attente dure en moyenne cinq ans. Déjà 168 prêtres de Saint-Martin sont installés dans trente diocèses.

    20 à 40 % du clergé dans trente ans

    Leur séminaire d’Évron (Mayenne) forme en ce moment une centaine de jeunes. C’est le plus gros de France, et de loin. Conscients de leur poids à venir, les responsables de la communauté se défendent d’avoir un agenda. « J’ai conscience que je forme des cadres. Certains seront peut-être nommés évêques, je m’en réjouirais, mais ce n’est pas un but en soi », jure Don Paul Préaux. « Ce qui m’importe, c’est surtout de former des pasteurs humbles et audacieux ».Selon les chiffres qui circulent jusqu’au sein de la Conférence des évêques de France, la communauté pourrait représenter entre 20 et 40 % du clergé dans trente ans (...) ».

    Ref. Communauté Saint-Martin, l’avenir de l’Église de France ?

     

  • Inde : les chrétiens visés par de nombreux attentats

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    Du site (allemand) de l'Aide à l'Eglise en Détresse :

    Inde : Multiples attentats anti-chrétiens à Noël

    L'Aide à l'Eglise en Détresse s'inquiète de l'évolution de la « plus grande démocratie » du monde

    30/12/2021

    L'organisation mondiale d'aide papale « Church in Need » a reçu des rapports de partenaires du projet en Inde selon lesquels des groupes extrémistes hindous avaient ciblé des chrétiens et des institutions chrétiennes les jours de Noël. "Nous sommes profondément choqués par cette vague de violence, qui s'est malheureusement déjà manifestée récemment", a déclaré Florian Ripka, directeur général de "Kirche in Not" Germany. « L'Inde, la plus grande démocratie du monde, devient de plus en plus une terre d'insécurité et de peur pour les chrétiens et les autres minorités religieuses. Cela nous met en alerte."

    Église détruite dans l'état d'Odisha. © Église en détresse

    Le Dr. Suresh Mathew, rédacteur en chef de l'hebdomadaire catholique "Indian Currents", a confirmé huit attaques anti-chrétiennes pendant les vacances. Celles-ci sont à mettre au compte des forces nationalistes hindoues, dont la « Brigade Hindutva ». Elle est considérée comme la branche militante du parti au pouvoir BJP (Bharatiya Janata Party), qui comprend également le Premier ministre indien Narendra Modi. Après que la « Brigade Hindutva » ait attaqué des institutions musulmanes dans un passé récent, selon les médias, elle a ciblé les chrétiens les jours de Noël.

    La messe de Noël a été prise d'assaut et les croyants menacés

    Selon Mathew, dans l'État de l'Uttar Pradesh, dans le nord de l'Inde, par exemple, une foule s'est déplacée devant le monastère « Mathridham Ashram » à Varanasi. La foule a scandé « Church Murdabad », quelque chose comme « A bas l'Église » ou « Mort de l'Église ». Dans la ville d'Ambala, dans l'État de l'Haryana, des extrémistes ont endommagé une statue du Christ ; A Silchar (état de l'Assam) une messe de Noël a été prise d'assaut et les croyants ont été menacés. Dans plusieurs endroits, il y a eu des protestations contre les célébrations de Noël dans les écoles chrétiennes ou dans les lieux publics.

    Chrétiens indiens en prière. © Église en détresse

    Les rapports sur les « Missionnaires de la Charité » fondés par Mère Teresa ont également causé de l'irritation. L'administration de l'ordre a confirmé que leur demande de prolongation afin de pouvoir accepter des dons de l'étranger n'avait pas été prolongée. Selon le ministère indien de l'Intérieur, le renouvellement de l'enregistrement dit FCRA a été rejeté le 25 décembre parce que les conditions d'admission n'étaient pas remplies. Au cours des mois précédents, des groupes nationalistes avaient accusé les « Missionnaires de la charité » de forcer les filles hindoues dans les foyers pour enfants à se convertir et d'offenser les sentiments religieux.

    "La violence organisée contre les chrétiens s'étend"

    Selon un rapport publié en octobre par plusieurs organisations de défense des droits humains, 21 des 28 États indiens connaissent des persécutions contre des chrétiens ; en septembre 2021, le rapport enregistrait 305 actes de violence contre des chrétiens ou des institutions chrétiennes. "La violence organisée contre les chrétiens se répand dans tout le pays", a déclaré AC Michael, l'un des co-éditeurs du rapport du Forum chrétien uni. Les autres éditeurs étaient l'"Association pour la protection des droits civils" et le groupe "Unis contre la haine". Le rapport critique le fait que la police et les autorités aient été trop réticentes à prendre des mesures contre les auteurs. De plus en plus de femmes chrétiennes étaient également la cible de fanatiques. « Nous vivons dans une situation très menaçante », a déclaré Michael à « Church in Need ».

    Les chrétiens représentent environ 2,3 pour cent des 1,3 milliard d'habitants de l'Inde. Les églises sont principalement impliquées dans l'éducation, les soins de santé et d'autres causes caritatives.

    De plus amples informations sur la violence antichrétienne en Inde et les attaques contre d'autres minorités religieuses peuvent être trouvées dans la documentation "Religious Freedom Worldwide 2021" de "Church in Need": https://acninternational.org/religiousfreedomreport/de/reports/in/

  • L’esprit de la liturgie, de Benoît XVI à François : deux mondes vers la rupture ?

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    Retour sur un entretien de KTO avec Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne, lors de la démission du pape Benoît en 2013 :

  • La réponse d'un médecin catholique aux FAQ sur les vaccins et traitements COVID-19

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    Du National Catholic Register (traduction : https://www.deepl.com/fr/translator)

    28 décembre 2021

    Le Dr. Gwyneth Spaeder est une pédiatre à Raleigh, NC. Elle a fréquenté l'Université de Dallas. Elle a obtenu son diplôme de médecine à la Johns Hopkins School of Medicine, où elle a également effectué sa résidence en pédiatrie. Elle a été auteur et rédactrice invitée pour le National Catholic Bioethics Quarterly.

    Réponse d'un médecin catholique aux FAQ sur les vaccins et traitements COVID-19

    Partie I : Un examen de l'histoire et des données sur les vaccins à ARNm

    "Il n'y a aucune raison physiopathologique ou historique de croire qu'un effet secondaire nouveau, jamais vu auparavant, de l'un ou l'autre des vaccins à ARNm COVID-19 se produira soudainement des mois ou des années après son administration" -- Dr Gwyneth Spaeder

    Le débat public sur les vaccins COVID, leur efficacité et leur moralité a été sérieusement déformé par la désinformation, souvent transmise sur Internet et dans les médias sociaux par des personnes bien intentionnées. 

    Je souhaite apporter des réponses à certaines questions fréquemment posées et présenter une critique constructive sur les affirmations et conclusions incomplètes ou incorrectes que j'entends fréquemment. J'écris en tant que médecin qui a passé les 20 derniers mois à travailler avec des patients COVID et leurs familles. J'écris en particulier en tant que pédiatre qui a vu des enfants perdre leurs parents et grands-parents, des mois d'éducation et parfois leur propre santé à cause de ce virus. 

    J'écris également en tant que mère qui a essayé d'équilibrer mon appel professionnel en tant qu'épouse et mère avec mon devoir envers mes patients ; de concilier ce que je sais être scientifiquement valide avec mon désir de ramener ma vie familiale à la normale, et de continuer à travailler avec mon mari pour élever nos enfants dans la foi catholique, en utilisant les défis de ce moment historique pour souligner que le catholicisme honore à la fois la foi et la raison.

    La Note 2020 de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi sur la moralité de l'utilisation de certains vaccins anti-COVID-19 s'est-elle appuyée sur des données incomplètes ? 

    A ce jour, la déclaration catholique la plus autorisée sur les vaccins COVID est la Note 2020 de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi concernant l'utilisation de certains vaccins COVID-19. On prétend parfois qu'au moment où la Note a été rédigée, les données étaient incomplètes tant sur la nature de la conception que sur les composants utilisés dans les vaccins à ARNm produits par Pfizer et Moderna. Il est compréhensible que de nombreuses personnes se soient interrogées sur l'utilisation de la technologie ARNm lorsque ces vaccins ont reçu l'autorisation d'utilisation en urgence de la Federal Drug Administration. 

    Ce n'est toutefois pas le manque de données, mais la méconnaissance de la science en cause par le grand public qui a suscité ces inquiétudes. Un bref rappel de la biologie s'impose ici, car une grande partie des préoccupations initiales que j'ai entendues de la part de parents de patients, ainsi que d'amis, était due à la crainte erronée que l'injection d'ARNm dans nos muscles puisse en quelque sorte modifier notre génome unique. Cela ne peut tout simplement pas se produire.

    L'ARN messager, ou ARNm, est une molécule qui indique à notre organisme comment fabriquer des protéines. Une fois la protéine fabriquée, l'ARNm est dégradé et éliminé du corps avec d'autres déchets. Ce processus ne se produit que dans un sens. Il n'y a jamais de risque de modification du génome de la personne vaccinée, car le processus de transcription et de traduction par lequel les protéines sont fabriquées ne fait qu'avancer : De l'ADN à l'ARN à la protéine. Il ne peut pas fonctionner en sens inverse. (L'exception à cette règle concerne les enzymes de transcriptase inverse, comme celles contenues dans le VIH, un rétro-virus, mais qui ne sont absolument pas présentes dans les vaccins à ARNm).

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  • Nigeria : le courage d'un évêque

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    D'Anna Bono sur le site de la Nuova Bussola Quotidiana :

    La dénonciation courageuse d'un évêque au Nigeria

    31-12-2021

    Monseigneur Matthew Hassan Kukah a dénoncé les violences au Nigeria et le silence du président Buhari. Il a dénoncé la disparition de centaines de garçons et de filles et le fléau des enlèvements. Dans l'une d'entre elles, un prêtre, le père Luke Adeleke, est mort.

    Mons. Kukah
    Il faut du courage, surtout dans certains pays, pour accuser ouvertement le gouvernement et le chef d'État de ne pas valoriser la vie humaine, au lieu de se limiter, comme beaucoup, à déplorer la violence et la tyrannie sans citer de noms. Ce courage ne fait pas défaut à Monseigneur Matthew Hassan Kukah, évêque catholique de Sokoto, au Nigeria, qui, dans son message de Noël, a demandé au président Muhammadu Buhari de rendre compte, et ce n'est pas la première fois, du niveau insoutenable de violence qui ravage son pays. "Le silence du gouvernement fédéral", déclare Monseigneur Kukah, "nourrit l'horrible bête de la complicité avec les actions de personnes malfaisantes qui ont compromis l'avenir de générations entières d'enfants. Le président du Nigeria nous doit une explication et des réponses : quand les enlèvements, les séquestrations pour extorsion, les massacres brutaux, insensés et sans fin de nos compatriotes prendront-ils fin ? Quand nos réfugiés au Cameroun, au Tchad ou au Niger pourront-ils rentrer chez eux ? Il est urgent de répondre à ces questions".

    Monseigneur Kukah, qui vit dans l'un des douze États du nord à majorité islamique de la fédération nigériane, parle avant tout de la situation dramatique de leurs habitants : dans le nord-est, ils sont persécutés par les djihadistes, qui sévissent contre les chrétiens et les musulmans qui ne respectent pas strictement la loi coranique, et menacés partout par la violence des groupes armés et des criminels de droit commun qui agissent presque sans être inquiétés : "une quantité sans précédent de cruauté s'est déchaînée sur des citoyens innocents dans les États du nord. Des innocents ont été arrachés à leur lit, à leur champ, happés par les marchés et même les autoroutes et sacrifiés aux dieux du mal. Les communautés ont été transformées en goulags de misère, de mort, de souffrance et de méchanceté".

    Alors que les décès sont quotidiens et que la situation sécuritaire continue de se dégrader, le gouvernement semble avoir choisi d'ignorer le sort des Nigérians, de les laisser à la merci du mal. Il est clair, insiste Monseigneur Kukah, que l'administration du président Buhari ne valorise plus le caractère sacré de la vie humaine : "rien n'exprime le désarroi des familles comme le silence de l'État au niveau fédéral. Aujourd'hui, après plus de sept ans, on ignore le sort de plus de cent filles à Chibok, et plus de trois ans plus tard, on ne sait rien de Leah Sharibu. Les étudiants du Yauri Federal Government College et les enfants de l'école Islamiyya dans l'État de Katsina sont toujours aux mains de leurs ravisseurs. En outre, nous avons perdu le compte des centaines d'autres enfants enlevés qui ne sont pas couverts par les médias, et des centaines de personnes et de familles qui ont subi le même sort".

    Les filles de Chibok sont les 274 écolières, presque toutes chrétiennes, qui ont été enlevées en 2014 par le groupe djihadiste Boko Haram et pour lesquelles le monde a agi sans succès. Avec le temps, beaucoup ont été libérées, mais plus d'une centaine sont portés disparues : peut-être mortes, peut-être contraintes de se faire exploser sur les marchés et dans les gares routières pour semer la panique dans la population, peut-être vivantes et mariées de force aux djihadistes. Leah Sharibu est l'une des 109 écolières enlevées par Boko Haram en février 2018, la seule à ne pas avoir été libérée car elle est chrétienne et a refusé d'abjurer et de se convertir à l'islam. Les autres enlèvements mentionnés par Mgr Kukah se sont produits, et continuent de se produire, dans les États du nord-ouest. Dans le cas des étudiants, il y a maintenant au moins un millier de jeunes enlevés extirpés dans différentes écoles.

    Mais le kidnapping est depuis longtemps un fléau national. La veille de Noël, un prêtre, le père Luke Adeleke, curé de l'église Saint-Antoine à Ijemo Fadipe, dans l'État d'Ogun, à l'extrême sud du pays, a également été victime. Gregory Fadele, directeur des communications sociales du diocèse d'Abeokuta, auquel appartient le père Adeleke, "Le père Luke venait de célébrer l'eucharistie pour la communauté et rentrait chez lui. Il voyageait avec un garçon de 11 ans qui, heureusement, n'a pas été blessé. Sur la route bordant la forêt, à un moment donné, des bandits ont commencé à tirer, probablement pour tenter de le kidnapper. Nous supposons qu'ils voulaient tirer dans les pneus de la voiture, mais les balles ont touché notre prêtre aux deux jambes. Le père Luke a commencé à perdre beaucoup de sang. Il était très faible, mais il a réussi à conduire jusqu'à l'hôpital, mais quand il est arrivé, il était déjà mourant.

    Plusieurs autres prêtres ont été enlevés au Nigeria et presque toujours libérés, sans que l'on sache si c'est en échange du paiement d'une rançon. En général, les kidnappeurs agissent en réseau, explique le père Fadele, et lorsqu'ils voient une voiture dans laquelle ils supposent qu'il y a une personne qui, kidnappée, pourrait rapporter une rançon, ils agissent. Récemment, la situation s'est aggravée, ils entrent en action avec n'importe qui, quel que soit le type de voiture ou le bien-être économique présumé du conducteur. Dans les grandes villes, à l'exception de la zone nord où Boko Haram est actif, les enlèvements sont plutôt rares. Le problème se pose en dehors de la ville, dans les zones forestières ou sur les routes reliant les villes aux zones périphériques. Les enlèvements sont plus fréquents dans ces zones.

    Les funérailles du père Adeleke ont eu lieu le 30 décembre dans la cathédrale des Saints Pierre et Paul à Adatan, dans le diocèse d'Abeokuta. Il n'avait que 38 ans. Aux appels de Monseigneur Kukah, le président Buhari a réagi avec irritation, déclarant qu'il déformait les faits, que la situation dans le pays n'était pas du tout si grave. En avril dernier, le porte-parole de la présidence, Garba Shehu, a déclaré que ses critiques à l'égard du président étaient "impies" et idéologiques.

  • Les missionnaires tués en 2021

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    Une dépêche de l'Agence Fides (it.) :

    VATICAN - Les missionnaires tués en 2021

    Jeudi, 30 Décembre 2021

    Cité du Vatican (Agenzia Fides) - Selon les données recueillies par l'Agence Fides, au cours de l'année 2021, 21 missionnaires ont été tués dans le monde : 12 prêtres, 1 religieux, 2 religieuses, 6 laïcs. Quant à la répartition continentale, le nombre le plus élevé a été enregistré en Afrique, où 10 missionnaires ont été tués (6 prêtres, 2 religieux, 2 laïcs), suivie par l'Amérique, avec 7 missionnaires tués (4 prêtres, 1 religieux, 2 laïcs) puis l'Asie, où 3 missionnaires ont été tués (1 prêtre, 2 laïcs), et l'Europe, où 1 prêtre a été tué. Ces dernières années, l'Afrique et l'Amérique se sont relayées en tête de cette liste tragique. De 2000 à 2020, selon nos données, 536 missionnaires ont été tués dans le monde.

    Depuis quelque temps, la liste annuelle publiée par Fides ne concerne pas seulement les missionnaires ad gentes au sens strict du terme, mais cherche à recenser tous les chrétiens catholiques engagés d'une manière ou d'une autre dans une activité pastorale, qui sont morts de manière violente, et non expressément "en haine de la foi". C'est pourquoi nous préférons ne pas utiliser le terme "martyrs", sauf dans son sens étymologique de "témoins", afin de ne pas entrer dans le jugement que l'Eglise peut éventuellement porter sur certains d'entre eux. De même, nous utilisons le terme "missionnaire" pour tous les baptisés, conscients que "en vertu du Baptême reçu, tout membre du Peuple de Dieu est devenu un disciple missionnaire. Chaque baptisé, quelle que soit sa fonction dans l'Église et quel que soit le degré d'instruction de sa foi, est un sujet actif d'évangélisation " (EG 120).

    "Ils ne pouvaient pas ne pas témoigner".

    Comme le montrent les rares informations que nous avons pu recueillir sur leur biographie et les circonstances de leur mort, les missionnaires tués n'étaient pas en évidence pour des œuvres ou des engagements marquants, mais témoignaient "simplement" de leur foi dans des contextes de violence, d'inégalité sociale, d'exploitation, de dégradation morale et environnementale, où l'abus des plus forts sur les plus faibles est la règle de conduite, sans aucun respect pour la vie humaine, tout droit et toute autorité. Encore une fois, ces prêtres, ces religieux et religieuses, ces laïcs, étaient conscients de tout cela, ils étaient souvent nés sur la même terre où ils sont morts, ils n'étaient donc pas pris au dépourvu ou naïfs, mais " quand tout leur conseillait de se taire, de se mettre à l'abri, de ne pas professer la foi, ils ne pouvaient pas, ne pouvaient pas ne pas témoigner " (Pape François, Budapest, 14 septembre 2021). De l'Afrique à l'Amérique, de l'Asie à l'Europe, ils ont partagé avec leurs frères et sœurs la vie quotidienne, avec ses risques et ses craintes, ses violences et ses privations, apportant dans les petits gestes de chaque jour le témoignage chrétien comme une semence d'espérance.

    Des curés tués dans leurs communautés, en Afrique et en Amérique, torturés, enlevés par des criminels à la recherche de trésors inexistants ou attirés par le mirage de rançons faciles, ou pour faire taire les voix gênantes qui les exhortent à ne pas se soumettre passivement au régime du crime ; des prêtres engagés dans le travail social, comme en Haïti, tués pour leur voler l'argent nécessaire à ces activités, ou tués par ceux qu'ils aidaient, comme en France, ou au Venezuela, où un religieux a été tué par des voleurs dans l'école même où il enseignait aux jeunes à construire un avenir. Il y a également de nombreux laïcs dont le nombre ne cesse de croître : Des catéchistes tués dans des affrontements armés avec les communautés qu'ils animaient au Sud-Soudan ; des jeunes gens tués par des tireurs d'élite alors qu'ils s'efforçaient d'apporter de l'aide aux personnes déplacées fuyant les affrontements entre l'armée et les guérillas au Myanmar ; un missionnaire laïc brutalement assassiné pour avoir volé un téléphone portable au Pérou ; un jeune homme ayant sauté sur une mine terrestre en République centrafricaine alors qu'il voyageait dans sa voiture de mission ; un catéchiste indigène, militant non violent des droits de l'homme, tué au Mexique. Tous "ne pouvaient pas, ne pouvaient pas ne pas témoigner" avec la force de leur vie donnée par amour, luttant chaque jour, pacifiquement, contre l'arrogance, la violence, la guerre.

    (SL) (Service Fides 30/12/2021)