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BELGICATHO - Page 4

  • Léon XIV : l'équilibre des pouvoirs

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    D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

    Léon XIV : l'équilibre des pouvoirs

    9 mars 2026

    Tout le monde attend que Léon XIV réforme la Curie romaine. Cinq chefs de département ont déjà plus de 75 ans, et ils seront six d'ici la fin de l'année. Les observateurs du Vatican gardent également un œil sur l'archevêque Edgar Peña Parra, le sostituto – sorte de « chef de cabinet du pape » – qui a connu un mandat controversé à son poste actuel et qui, selon les rumeurs, serait sur le point de partir pour occuper le poste de nonce en Italie.

    De grands changements s'annoncent ; en d'autres termes, la seule question est « quand ? » et la réponse dépend en grande partie du moment choisi.

    Cela dit, il s'est passé beaucoup de choses en coulisses – ou plutôt sous le radar – notamment certaines nominations cruciales qui montrent comment Léon XIV s'efforce de rééquilibrer le pouvoir au sein du Vatican.

    Un autre exemple de ces nominations moins visibles est la récente sélection d'Anton Kappler comme adjudant de la deuxième chambre (le valet personnel du pape, ou « homme de confiance », dans le jargon). Bien que cela puisse sembler mineur, cette décision est susceptible d'avoir un impact profond.

    Kappler a servi dans la Garde suisse pendant 25 ans, atteignant le grade de lieutenant, et parle couramment l'italien, le français et l'allemand. Il est relativement jeune et largement considéré comme une figure fiable. Il est probable qu'il se préparait à retourner en Suisse après un quart de siècle de service dans la Garde.

    Le contexte dans lequel s'inscrit le nouveau rôle de Kappler apparaît plus clairement lorsque l'on considère la décision du pape de le placer aux côtés de Piergiorgio Zanetti, l'aide de chambre de confiance du pape François.

    La présence d'un ancien garde suisse dans l'entourage papal revêt une importance considérable. Elle marque également un rééquilibrage des pouvoirs qui régissent les relations internes au Vatican. Zanetti était arrivé au palais en provenance de la gendarmerie – la police de la Cité du Vatican –, une organisation qui a acquis un pouvoir considérable pendant les années François.

    La Garde suisse a pour mission spécifique de défendre le pape et de garder le palais apostolique du Vatican. Au cours des années François, cependant, l'entourage papal et la Garde suisse semblaient de plus en plus distants, ne serait-ce qu'en raison de l'« allergie » du défunt pontife aux contextes ou cadres institutionnels.

    Léon XIV comble non seulement le fossé entre les institutions, mais intègre également un ancien garde dans sa maison papale, le met en binôme avec un majordome qui possède déjà une expérience considérable, et en fait un bureau appelé non seulement à être particulièrement efficace, mais aussi à œuvrer pour le bien de l'institution.

    La coopération mutuelle semble être un thème central pour Léon XIV.

    Cela apparaît clairement dans un autre détail. Le nouvel archevêque Petar Rajič, actuellement nonce en Italie et précédemment en Angola et dans les États baltes, devrait être nommé préfet de la Maison pontificale. Rajič, Canadien d'origine croate, possède une vaste expérience diplomatique. Au sein de la Préfecture de la Maison pontificale, il assurera la liaison entre la Secrétairerie d'État et l'appartement pontifical, agissant en tant que diplomate au sein de la famille du pape.

    Si le choix de Rajic comme préfet de la Maison pontificale était confirmé, cela démontrerait une fois de plus la préférence de Léon XIV pour les personnalités capables de créer des ponts plutôt que des distances, conformément à son désir de voir les institutions du Vatican collaborer entre elles.

    Certaines décisions gouvernementales reflètent cette même stratégie, illustrant encore davantage l'importance accordée à la collaboration.

    Par exemple, la décision d'annuler le mandat du pape François selon lequel tous les investissements du Vatican doivent passer par l'IOR (Institut pour les œuvres de religion, la « banque du Vatican ») avec un chirographe qui fait précisément référence au principe de « collaboration mutuelle » entre les dicastères.

    La course contre la montre de Léon XIV pour rétablir l'équilibre au sein du Vatican a conduit les différentes institutions à collaborer.

    Dans le cadre de ce rééquilibrage, rappelons l'audience accordée par le pape le 1er février aux Gentlemen de Sa Sainteté, aux huissiers d'antichambre et aux porteurs de la chaise pontificale. Rappelons également son message du 24 mai 2025 au personnel de la Curie et du gouvernorat : « Les papes passent, la Curie reste ».

    La sélection d'un aide de chambre parmi les gardes suisses n'est que la dernière d'une série de petites mesures prises par Léon XIV en vue d'harmoniser les ministères.

    Il ne s'agit pas de mesures bureaucratiques.

    Au contraire, elles contribuent à renforcer la vie communautaire, dans laquelle la méfiance entre les corps est surmontée grâce à la compréhension personnelle et au travail communautaire.

    En fin de compte, le pape reste un moine et croit profondément en la vie communautaire. À tel point qu'il dîne souvent dans la première loggia avec les augustins qui s'occupent de la sacristie de Saint-Pierre, entretenant ainsi un lien fort mais discret avec sa communauté, qui lui permet également de rester en contact direct avec la réalité.

    Les prochains voyages internationaux du pape nous en apprendront davantage. Le pape François n'a jamais emmené de secrétaires avec lui, mais seulement un aide de chambre, qui agissait essentiellement comme un « porteur de sacs ». Léon XIV pourrait, et devrait, emmener l'un de ses secrétaires avec lui, en particulier Mgr Edgard Rimaycuna, le premier secrétaire, rétablissant ainsi une sorte de normalité. Le secrétaire agira comme un filtre pour le pape, le soutenant lors des réunions et l'accompagnant à tout moment.

    Léon XIV n'est plus un pape seul aux commandes, il s'appuie désormais sur les personnes qui travaillent avec lui.

    Il a maintenu un profil clair dans ses nominations. Les nominations visibles et importantes suivent un critère : elles recherchent des personnes discrètes, compétentes dans leur travail et fidèles à l'institution. Elles n'ont pas besoin d'être considérées comme des amis du pape, elles doivent seulement être compétentes. Par exemple, l'archevêque Filippo Iannone, préfet du Dicastère des évêques, correspond à ce profil. Un autre exemple pourrait être Rajic, s'il est confirmé comme préfet de la Maison pontificale ou même, comme le bruit court, comme sostituto.

    Au niveau international, un choix similaire a été celui de Roland Hicks comme archevêque de New York.

    Léon XIV a toutefois également fait appel à des personnes en qui il savait pouvoir avoir pleinement confiance. L'une d'elles était le père Edgard Rimaycuna, qui n'avait aucune expérience au sein de la Curie. Un autre était le père Marco Billeri, son deuxième secrétaire, qui lui avait été recommandé par Mgr Paccosi, évêque de San Miniato. Léon XIV avait été missionnaire au Pérou avec Mgr Paccosi. Il y avait aussi tout un monde de personnes similaires autour du pape, de son cuisinier péruvien aux augustins de la sacristie.

    C'est ainsi que Léon XIV s'efforce de rétablir l'équilibre et de créer une nouvelle communion, comme il l'a souligné dès le début de son pontificat. Après le pontificat perturbateur du pape François, qui a creusé le fossé et s'est concentré sur la figure du pape, le moment est venu de trouver une nouvelle communion. Tous les dicastères se conformeront probablement à ce choix.

    Il se peut que d'autres ajustements mineurs soient apportés à la réforme de la Curie afin de faire avancer ce projet avant que les « grands changements » n'interviennent, mais, considérés sous le bon angle, ces petits changements sont déjà assez importants.

  • Les moines de la Trappe annoncent leur départ en 2028

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    De Vincent Guerrier sur Le Perche :

    Présents depuis 900 ans dans le Perche, les moines de la Trappe annoncent leur départ en 2028

    Neuf siècles d’histoire qui pourraient s’achever. C’est ce qu’annoncent les moines de la communauté de la Trappe, à Soligny-la-Trappe (Orne). L’abbaye n’est toutefois pas vendue

    6 mars 2026

    « Si ce n’est pas une catastrophe, c’est évidemment une page d’histoire qui s’apprête à se tourner. » Dans un communiqué transmis à la presse ce vendredi 6 mars 2026, les moines de l’Abbaye de la Trappe, à Soligny-la-Trappe (Orne) annoncent qu’ils « envisagent un départ à l’horizon 2028 ».

    Une prise de parole qui fait suite à des mois de rumeurs sur une hypothétique mise en vente de cet emblème du Perche. « Non, l’abbaye de La Trappe n’a pas fermé et n’est pas vendue », réplique le Père Abbé. « Les frères sont toujours là, fidèles à la prière et au travail, et les activités (accueil, magasin…) se poursuivent normalement. »

    Un projet qui n’a pas abouti

    En 2024, les moines avaient présenté un grand projet d’ouverture au public et de restauration d’un bâtiment historique. Un premier projet était chiffré à 12 millions d’euros. Les soutiens ne viendront pas, et le projet sera abandonné en 2025. Malgré tout, pour la première fois de son histoire, l’abbaye s’était ouverte chaque semaine pour des visites publiques qui ont remporté un franc succès.

    Le Père Abbé ne cachait pas, à l’époque, sa volonté de trouver une solution pour sa communauté, même si le problème n’était pas uniquement financier. Le départ prévu en 2028 serait malheureusement une conséquence de « la rareté des vocations et de la charge de plus en plus lourde du patrimoine foncier ».

    La question est désormais de savoir où la communauté pourrait s’installer, même si le domaine n’est « pas encore mis en vente ». « Une réflexion est en cours avec d’autres communautés pour trouver des solutions plus adaptées, plus pertinentes économiquement et spirituellement. Le contexte est dur, depuis plusieurs décennies déjà, et bien d’autres abbayes ont déjà changé de mains. »

    Les moines ne sont désormais plus que 12 au sein de leur vaste abbaye. Le contexte est difficile pour de très nombreuses communauté monastiques en France.

    La belle saison sera cette année encore l’occasion de visites guidées sous la conduite des frères. Ceux-ci escomptent votre compréhension et votre soutien dans cette étape importante de leur cheminement. […] Le départ des frères, très exigeant et douloureux pour eux, ne sera pas sans bouleverser toutes les personnes attachées, parfois depuis des générations, à la communauté.

    Père Thomas Georgeon

    Hasard du calendrier, de grands panneaux ont été posés par le Département de l’Orne le long des axes près de Soligny-la-Trappe. Une pose qui fait suite à une demande de l’abbaye il y a un an environ.

    Avec l’annonce de ce départ, les panneaux, représentant un moine et l’abbaye, pourraient vite figer dans le temps l’image de la communauté cistercienne présente sur le site depuis neuf siècles. Rien que ça.

    Contacté, le maire de Soligny-la-Trappe, Thierry Cortyl, n’a pas souhaité réagir à l’annonce de ce départ.

  • Droits des femmes : le «droit de ne pas être contrainte d’avorter» devrait être le premier de leurs droits en matière de sexualité et de procréation

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    De Priscille Kulczyk sur le site de l'ECLJ :

    ECLJMadame, Monsieur,

    Le 8 mars marque la Journée internationale des droits des femmes. Alors que les « féministes » autoproclamées parlent souvent « des femmes » de manière abstraite, l’ECLJ défend les femmes réelles : celles qui refusent d’être exploitées, celles qui veulent protéger leurs enfants, ou encore celles qui veulent pouvoir devenir mères librement.

    En particulier, nous nous battons pour les droits des femmes :

    • À ne pas être exploitées par la prostitution.
    • À ne pas subir les effets d’une société pornifiée qui réifie la femme et banalise la violence sexuelle. Nous avons récemment été auditionnés par la Commission des pétitions du Parlement européen : cette audition sur les défis et solutions en matière de protection des mineurs en ligne nous a permis d’attirer l’attention des députés européens sur les conséquences à grande échelle de la consommation de pornographie.
    • À ne pas être contraintes d’avorter, sous la pression d’un conjoint, d’un médecin, ou d’un environnement social hostile à la maternité.

    Souvent, au contraire, celles qui prétendent parler au nom des femmes :

    • Banalisent la prostitution en en parlant comme d’un travail normal sous le vocable de « travail du sexe » ;
    • Appréhendent la pornographie, au moins dans ses formes les moins violentes, comme une sorte d’expression de la liberté sexuelle ;
    • Promeuvent une vision présentant l’avortement comme un choix libre et émancipateur.

    Nous l’avons récemment constaté en découvrant les propos particulièrement méprisants qu’a tenus Manon Aubry, députée européenne, à l’égard des femmes dont l’expérience de l’avortement ne leur permet pas de partager cette vision et à l’égard de ceux qui défendent la dignité de celles-ci.

    Manon Aubry

    Loin de nous décourager, ce mépris nous conforte dans l’idée qu’il est nécessaire de montrer la vérité de ce qu’est l’avortement, au contraire d’une vision idéologique et biaisée.

    Exemple concret de l’action de l’ECLJ pour les droits des femmes, nous avons récemment eu l’honneur de soumettre à Mme Reem Alsalem, Rapporteuse spéciale des Nations unies sur la violence à l’égard des femmes et des filles, une contribution écrite destinée à étayer son futur rapport qui portera sur « la violence à l’égard des mères ». Nous lui avons demandé de dénoncer la réalité des femmes enceintes victimes de pressions diverses pour avorter. Il s’agit d’une véritable violence à l’égard des mères, puisqu’elle intervient au cœur de la maternité sur la décision de donner naissance ou non, et a pour effet de mettre fin à la grossesse, c’est-à-dire de supprimer l’enfant à naître.

    Dans ce document, nous analysons cette forme de violence en faisant la lumière sur ces pressions subies par de nombreuses femmes enceintes, en particulier les plus pauvres et isolées : elles sont souvent de nature économique ou sociale, mais aussi médicale ou encore émanant du conjoint. Bien que répandue, cette violence est pourtant largement invisibilisée par la rhétorique «féministe» faisant de l’avortement un choix banal relevant d’un «droit à disposer de son corps», ce qui conduit à évacuer la question de ses causes réelles. Notre contribution, que vous pouvez lire ici, demande que cette triste réalité soit reconnue comme une atteinte aux droits fondamentaux des femmes. Le «droit de ne pas être contrainte d’avorter» devrait être le premier de leurs droits en matière de sexualité et de procréation : c’est le message que nous ferons passer lors de la consultation organisée prochainement en complément par la Rapporteuse spéciale Reem Alsalem.

    L’ECLJ continuera à défendre les femmes, leur dignité et leur liberté, y compris lorsque cela va à contre-courant des idéologies dominantes.
  • Quand Françoise Romaine (9/3) sauve l’une de ses amies du suicide

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    D'Anne Bernet sur 1000 raisons de croire :

    Françoise Romaine sauve l’une de ses amies du suicide

    En 1436, devenue veuve et sa famille n’ayant plus besoin d’elle, Françoise peut enfin réaliser ce qu’elle a toujours désiré : mener une vie religieuse. Elle fonde alors une communauté d’oblates qui, par la suite, prendra son nom : les « Oblates de Sainte-Françoise Romaine ». De nombreuses femmes et jeunes filles de son entourage choisissent de la rejoindre. Parmi elles se trouve la fille unique de l’une de ses amies. Si celle-ci accepte d’abord ce sacrifice, les jours passant, la séparation d’avec son enfant devient pour elle de plus en plus insupportable. Persuadée qu’elle ne pourra pas vivre sans sa fille, la malheureuse finit par décider d’en finir avec l’existence…


    Les raisons d'y croire

    • La signora Perna Colluzzi appartient, comme sainte Françoise Romaine, à l’aristocratie romaine du XVe siècle. Cela n’est pas nécessairement un gage de bonheur. Les vies de ces femmes se ressemblent souvent : mariage précoce avec un homme qu’elles n’ont pas choisi, déboires conjugaux, naissances nombreuses et rapprochées, souvent suivies de la mort prématurée des enfants… Françoise Romaine a elle-même traversé ces épreuves. Elle en connaît le poids et ne le sous-estime pas, mais, aidée par la grâce divine, elle ne s’est jamais laissée abattre.
    • Françoise Romaine est également connue pour vivre dans la présence constante des anges. Bien que ses proches n’aient pas, comme elle, la faculté de les voir, plusieurs d’entre eux – dont son confesseur, qui s’en porte garant – ont été témoins de leurs interventions. Ils constatent la présence d’un interlocuteur invisible qui agit auprès d’elle et opère des prodiges. Les récits attestés sont suffisamment nombreux pour qu’il soit difficile d’y voir de simples inventions pieuses.
    • Notre première source est la biographie que don Mattiotti écrivit d’elle. Les autorités ecclésiastiques n’ont jamais mis en cause l’authenticité de ce texte ni celle des miracles nombreux qui y sont rapportés. Cette biographie servira d’ailleurs lors de son procès de canonisation. On peut donc tenir pour authentique le fait que Françoise Romaine vit en présence des anges et que ceux-ci interviennent fréquemment dans son quotidien, soit pour l’aider et la secourir, soit pour venir en aide à ses proches.
    • C’est à cette présence angélique qu’il faut attribuer le miracle qui sauve la vie de Perna Colluzzi. Alors qu’elle est en oraison dans la chapelle du couvent, Françoise Romaine voit, « avec les yeux de l’âme », comme si elle se trouvait auprès d’elle, son amie Perna seule dans sa grande maison. Elle la voit pleurer à chaudes larmes sur la séparation d’avec sa fille, sur sa solitude et sa tristesse. Son désarroi est tel qu’il la rend réceptive aux suggestions des esprits mauvais. Françoise se souvient qu’ils ont déjà tenté à plusieurs reprises d’attenter à la vie de ses proches, notamment à celle de sa belle-sœur, avec laquelle elle était très liée, afin de « la pousser au désespoir ». Elle connaît donc bien leur tactique et sait combien elle peut être redoutable chez des personnes fragilisées par l’épreuve.
    • Françoise Romaine voit alors son amie s’emparer d’une dague pour la retourner contre elle-même, persuadée que sa vie n’a plus aucun sens et décidée à se donner la mort – acte tenu pour un grave péché. Françoise comprend en même temps que Perna n’est pas dans son état normal. Dans la vision qui lui est donnée pendant sa prière, elle distingue clairement, aux côtés de son amie, un démon qui lui inspire ces pensées de désespoir. L’esprit mauvais « ricane ouvertement », persuadé d’avoir déjà gagné et de pouvoir bientôt s’emparer de l’âme de la malheureuse.
    • Il ne s’agit pas ici d’un cas de bilocation, comme on en rencontre par exemple dans la vie de Padre Pio lorsqu’il se manifeste, pendant la guerre de 1914, auprès du général Cadorna, qui s’apprête à se suicider, afin de l’en empêcher. L’intervention qui sauve la vie de Perna est d’une autre nature et relève d’une action directe du monde invisible.

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  • Dominique Savio (9 mars)

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    Nous empruntons à l'excellent Evangile au Quotidien cette évocation de saint Dominique Savio :

    Saint Dominique Savio 
    Disciple de saint Jean Bosco

    Domenico Savio naquit le 2 avril 1842 à Riva di Chieri, à une vingtaine de kilomètres de Turin, dans une famille humble, mais très pieuse. 

    Dès son plus jeune âge, il décida d’imiter fidèlement Jésus Christ, en évitant tout ce qui pouvait l’éloigner de Lui. À 7 ans, il fit sa première communion, et à 12 ans il entra à l’Oratoire de saint Jean Bosco. Sous la direction personnelle du grand saint salésien, il se transforma en tabernacle du Seigneur et en modèle et exemple d’amour de Dieu pour les autres. Uniquement pour sa manière de vivre il fut un vrai apôtre et missionnaire de Jésus.

    Ceux qui l’ont rencontré pendant sa vie disent qu’il n’était pas petit de stature, mais qu’il était très mince et très fragile. Il préférait écouter que parler. Humble et respectueux avec tous, il avait un don naturel pour apaiser les discussions et les disputes qui, à cet âge, surgissaient parfois presque spontanément entre ses compagnons.

    Son seul intérêt était Dieu et comment faire pour que les autres concentrent leurs énergies pour mieux le servir. Ce qui lui manquait en force physique, il le récupérait en stature morale, en courage et en acceptation de la volonté de Dieu, quelle qu’elle soit.

    De santé fragile, Dominique tombe malade en juin 1856. Don Bosco, inquiet, l'envoie respirer l'air natal à Mondonio pour qu'il se repose. Il y reste deux mois et revient à Turin fin août. Il entre en seconde, mais il tombe de nouveau malade. Don Bosco l'envoie à l'infirmerie puis, espérant que l'air du pays lui rendra de nouveau la santé, demande à Carlo Savio de venir rechercher son fils. Dominique retourne à Mondonio le 1er mars.

    Il y meurt de la tuberculose le 9 mars 1857, vers 22 heures, à l’âge de 15 ans. Juste avant de s'éteindre, il dit à ses parents avec un air d'extase : «Oh ! Comme c'est beau ce que je vois ! ».

    La première biographie de Dominique fut écrite par son maître saint Jean Bosco, et ces pages sont à l’origine de nombreuses vocations, parmi lesquelles celle du futur pape Benoît XVI qui a veillé avec tant de sollicitude sur l’Œuvre de l’Enfance Missionnaire.

    Domenico Savio a été béatifié à Rome le 5 mars 1950 par le Vénérable Pie XII (Eugenio Pacelli, 1939-1958) et canonisé le 12 juin 1954 par le même pape.

    Pour un approfondissement biographique : Biographie de Dominique Savio

  • Prière à saint Dominique Savio (9 mars)

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    Saint Dominique (*), saint_dominique.jpg
    tu as réalisé à 15 ans le rêve qui m'attire : 
    être un homme et être un saint !
    Sur les routes du monde qui s'ouvrent devant moi,
    sois mon fidèle compagnon. 
    Apprends-moi que la grande aventure à courir 
    est d'abord celle de mon âme 
    à rendre chaque jour plus claire ; 
    et que l'héroïsme le plus vrai 
    est de préférer au péché, la mort.
    Rends-moi attentif à la souffrance des autres, 
    à la détresse du monde qui attend mes bras. 
    Donne-moi ton élan pour travailler à construire, 
    dans le règne du Christ, 
    une cité enfin fraternelle. 
    Et qu'aux sources vives de la prière et des sacrements,                                                mon amour pour Dieu notre Père,
    pour Notre-Dame, Marie, 
    s'accroisse et embrase ma vie entière.

    Ainsi soit-il

    (*)  Saint Dominique Savio (1842-1857).

    Il a vécu à Turin, dans le nord de l’Italie. Deuxième d’une famille de dix enfants, il a très tôt une grande confi ance en Jésus. Il prie et sert la messe souvent.

    A douze ans, il fait la connaissance de Don Bosco, un prêtre qui s’occupe de nombreux jeunes de quartiers défavorisés, leur permettant de faire des études et apprendre un métier.

    Dominique demandera à Don Bosco d’être admis dans son établissement. Très vite il aidera Don Bosco, à sa manière, en entraînant les jeunes du Valdocco [1] à se comporter en véritables jeunes chrétiens, attentifs les uns aux autres, et appliqués dans leurs études.

    L’enthousiasme et l’exemple de Dominique toucheront ceux qui le connaissent. Son amitié avec Jésus qu’il recevait souvent dans l’eucharistie portera en lui et autour de lui beaucoup de fruits. Il était un garçon joyeux, courageux, et artisan de paix au milieu de ses camarades.

    De santé fragile, il mourra à 15 ans d’une maladie des poumons. En peu de temps pourtant Dominique a parcouru un très beau chemin de vie, une vie exemplaire de rayonnement. donne aux hommes.

    Pour cette raison, en 1954, le Pape Pie XII le déclara saint ! Un jeune et joyeux saint de 15 ans !

  • Dum sanctificatus fuero (Introit du 3ème dimanche du Carême)

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    2026_03_08_09_10_26_Greenshot.png

  • 3e dimanche de carême : la rencontre de deux soifs

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    samaritaine.jpgCarême : la rencontre de deux soifs

    archive 2014

    Mgr Francesco Follo (Zenit.org)

    1) Un pauvre qui demande pour pouvoir donner

    Dans son exode, Jésus passe par la Samarie et s’arrête au puits de Jacob dans les environs de la ville de Sichar. Il s’assied sur le petit mur qui entoure le puits parce qu’il est fatigué de marcher, il a soif, mais il est pauvre et n’a pas de quoi puiser l’eau. Il attend que quelqu’un vienne puiser l’eau pour lui et le désaltérer, mais son humble requête est un « prétexte » pour pouvoir se donner lui-même.

    Le Christ est tellement assoiffé de nous qu’il n’hésite pas à demander de l’eau pour son corps et pour pouvoir ainsi s’offrir lui-même comme la source d’eau qui désaltère à jamais, parce qu’il sait que ceux qui viennent chercher de l’eau au puits ont soif d’une autre eau, même s’ils croient qu’ils n’en ont pas besoin.

    Le Christ a soif, pas seulement une soif physique mais une soif spirituelle : il a soif de nous qui sommes représentés, aujourd’hui, par la Samaritaine. Jésus se fait bon Samaritain pour la Samaritaine et, en lui proposant une soif qui désaltère aussi le cœur, il l’invite à la conversion…

    Au fond, que signifie « conversion » ? Ce n’est pas seulement un acte de la volonté, mais c’est une réponse à l’amour de Dieu qui s’est fait la voie dans notre mode de vie souvent compliqué, confus ou désordonné, qui nous rend assoiffés de tout. Demandons au Christ de verser aussi dans nos cœurs le véritable amour pour que nous ayons un désir constant de lui, et de notre désert fleurira la vie et nous serons toujours dans ses mains amoureuses et fermes.

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  • Dieu a soif de nous (3ème dimanche du carême)

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    Voilà la réalité que nous montre aujourd’hui l’évangile  : Jésus vient s’asseoir à côté de vous et vous dit  : j’ai soif ! Vous êtes tout étonné, étonnée, car vous vous demandez ce que le Fils de Dieu peut bien attendre de vous. Et pourtant, il faut que nous le sachions tous, le Christ a besoin de nous, il a besoin de notre amour. Sa soif, c’est que nous l’aimions en retour de ce qu’il nous aime. Et même, pour découvrir combien il nous aime il nous faut entrer dans ce choix de l’amour envers lui. Le Christ nous dit  : donne-moi ton cœur car j’ai tant à te donner. J’ai à te donner l’eau vive, qui jaillira en toi comme une source de joie et de paix, pour la vie éternelle.

    Vous me direz  : mais comment aimer le Christ et le Père que nous ne voyons pas. La Samaritaine au bord du puits se demandait la même chose. Jésus lui a répondu que c’était maintenant l’heure des adorateurs en esprit et en vérité. Dire à Dieu de tout son esprit et de tout son cœur  : je t’adore, je t’aime tellement ! « Prier, c’est penser à Dieu en l’aimant » disait sainte Thérèse d’Avila, que Jean-Paul II aimait répéter. Alors nous savons comment aimer, adorer Dieu, car nous savons bien comment penser à quelqu’un en l’aimant. Il ne nous reste plus qu’à le faire, à prendre 10 minutes ou plus pour nous arrêter et penser à Dieu en l’aimant, lui donnant ainsi l’occasion de remplir notre cœur, d’une façon secrète que lui seul connaît, d’une façon pourtant efficace, durable et profonde.

    Le Christ a soif de nous, soif de nous combler si nous lui ouvrons notre cœur, si nous lui permettons d’entrer par la porte de notre cœur. Cela nécessite de faire la vérité sur nous-mêmes. Mais vous avez vu avec quelle délicatesse Jésus faisait la vérité dans la vie de la Samaritaine. Nous pouvons accepter qu’il fasse de même pour nous, car son amour libère en nous mettant face à nos limites et en nous révélant que nous sommes aimés par-delà ou indépendamment de cela. Un chemin d’intimité et de joie s’ouvre devant nous, dans lequel une fois que nous avons commencé de le parcourir nous pourrons entraîner d’autres qui ont soif de la vraie vie.

  • Dieu a soif de notre foi et il veut que nous trouvions en Lui la source de notre bonheur authentique

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    (en visite à la paroisse romaine Sainte Marie Libératrice (quartier du Testaccio), le dimanche 24 février 2008)

    Chers frères et sœurs,

    (...) Dans les textes bibliques d'aujourd'hui, troisième Dimanche de Carême, les éléments de méditation plus que jamais indiqués pour cette circonstance significative nous sont utiles. A travers le symbole de l'eau, que nous retrouvons dans la première lecture et dans le passage évangélique de la Samaritaine, la Parole de Dieu nous transmet un message toujours vivant et toujours actuel: Dieu a soif de notre foi et il veut que nous trouvions en Lui la source de notre bonheur authentique. Le risque de chaque croyant est celui de pratiquer une religiosité non authentique, de ne pas chercher la réponse aux attentes les plus profondes du cœur en Dieu, d'utiliser au contraire Dieu comme s'il était au service de nos désirs et de nos projets.

    Dans la première lecture, nous voyons le peuple juif qui souffre du manque d'eau dans le désert et, pris par le découragement, comme en d'autres circonstances, il se plaint et réagit de manière violente. Il en arrive à se rebeller contre Moïse, il en arrive presque à se rebeller contre Dieu. L'auteur saint rapporte ce qui suit: "Ils mirent Yahvé à l'épreuve en disant: "Yahvé est-il au milieu de nous, ou non?"" (Ex 17, 7).

    Le peuple exige de Dieu qu'il aille à la rencontre de ses attentes et de ses exigences, plutôt que de s'abandonner avec confiance entre ses mains, et dans l'épreuve il perd confiance en Lui. Combien de fois cela arrive-t-il également dans notre vie; dans combien de circonstances, au lieu de nous conformer docilement à la volonté divine, nous voudrions que Dieu réalise nos desseins et exauce chacune de nos attentes; dans combien d'occasions notre foi manifeste-t-elle sa fragilité, notre confiance sa faiblesse, notre religiosité sa contamination par des éléments magiques et purement terrestres. En ce temps quadragésimal, alors que l'Eglise nous invite à parcourir un itinéraire de conversion véritable, accueillons avec une humble docilité l'avertissement du Psaume responsorial: "Aujourd'hui si vous écoutiez sa voix! N'endurcissez pas vos cœurs comme à Meriba, comme au jour de Massa dans le désert, où vos pères m'éprouvaient, me tentaient, alors qu'ils me voyaient agir" (Ps 94, 7-9).

    Le symbolisme de l'eau revient avec une grande éloquence dans la célèbre page évangélique qui raconte la rencontre de Jésus avec la samaritaine à Sicar, près du puits de Jacob. Nous saisissons immédiatement un lien entre le puits construit par le grand patriarche d'Israël pour assurer l'eau à sa famille et l'histoire du salut dans laquelle Dieu donne à l'humanité l'eau qui jaillit pour la vie éternelle. S'il existe une soif physique indispensable pour vivre sur cette terre, existe également chez l'homme une soif spirituelle que seul Dieu peut combler. Cela transparaît clairement du dialogue entre Jésus et la femme venue puiser de l'eau au puits de Jacob. Tout commence par la question de Jésus: "Donne-moi à boire" (cf. Jn 4, 5-7). Cela semble à première vue la requête d'un peu d'eau, sous le soleil de midi. En réalité, avec cette question, qui s'adresse qui plus est à une femme samaritaine - les relations entre les juifs et les samaritains n'étaient pas bonnes - Jésus ouvre chez son interlocutrice un chemin intérieur qui fait apparaître en elle le désir de quelque chose de plus profond. Saint Augustin commente: "Celui qui demandait à boire, avait soif de la foi de cette femme" (In Io ev. Tract. XV, 11: PL 35, 1514). En effet, à un certain point, c'est la femme elle-même qui demande de l'eau à Jésus (cf. Jn 4, 15), manifestant ainsi que dans chaque personne il y a un besoin inné de Dieu et du salut que Lui seul peut combler. Une soif d'infini qui ne peut être étanchée que par l'eau que Jésus offre, l'eau vive de l'Esprit. Dans quelques instants, nous écouterons ces paroles dans la préface: Jésus "demanda à la femme de Samarie de l'eau à boire, pour lui faire le grand don de la foi, et de cette foi il eut une soif si ardente qu'il alluma en elle la flamme de l'amour de Dieu".

    Chers frères et sœurs, dans le dialogue entre Jésus et la samaritaine nous voyons tracé l'itinéraire spirituel que chacun de nous, que chaque communauté chrétienne est appelée à redécouvrir et à parcourir constamment. Proclamée en ce temps quadragésimal, cette page évangélique prend une valeur particulièrement importante pour les catéchumènes déjà proches du Baptême. Ce troisième dimanche de Carême est en effet lié à ce qu'on appelle le "premier scrutin", qui est un rite sacramentel de purification et de grâce. La samaritaine devient ainsi la figure du catéchumène illuminé et converti par la foi, qui aspire à l'eau vive et qui est purifié par la parole et par l'action du Seigneur. Mais nous aussi, qui sommes déjà baptisés mais toujours en chemin pour devenir de véritables chrétiens, nous trouvons dans cet épisode évangélique un encouragement à redécouvrir l'importance et le sens de notre vie chrétienne, le véritable désir de Dieu qui vit en nous. Jésus veut nous conduire, comme la samaritaine, à professer notre foi en Lui avec force, afin que nous puissions annoncer et témoigner à nos frères la joie de la rencontre avec Lui et les merveilles que son amour accomplit dans notre existence. La foi naît de la rencontre avec Jésus, reconnu et écouté comme le Révélateur définitif et le Sauveur, dans lequel se révèle le visage de Dieu. Une fois que le Seigneur a conquis le cœur de la samaritaine, son existence est transformée et elle court sans attendre pour transmettre la bonne nouvelle à son peuple (cf. Jn 4, 29). (...)

    Et, dans un discours improvisé au même endroit le même jour :

    Aujourd'hui nous avons lu un passage de l'Evangile très actuel. La femme samaritaine dont il parle peut apparaître comme une représentante de l'homme moderne, de la vie moderne. Elle a eu cinq maris et vit avec un autre homme. Elle faisait un large usage de sa liberté, mais cependant elle ne devenait pas plus libre, elle devenait même plus vide. Mais nous voyons aussi que cette femme avait le vif désir de trouver le véritable bonheur, la véritable joie. C'est pourquoi elle était toujours inquiète et s'éloignait toujours plus du véritable bonheur.

    Mais cette femme, qui vivait une vie apparemment si superficielle, également éloignée de Dieu, au moment où le Christ lui parle, révèle qu'au plus profond de son cœur elle conservait cette question sur Dieu:  qui est Dieu? Où pouvons-nous le trouver? Comment pouvons-nous l'adorer? Dans cette femme, nous pouvons voir tout le reflet de notre vie d'aujourd'hui, avec tous les problèmes qui la concernent; mais nous voyons également que dans la profondeur du cœur se trouve toujours la question de Dieu et l'attente qu'Il se montre d'une autre façon.

    Notre activité est réellement l'attente; nous répondons à l'attente de ceux qui attendent la lumière du Seigneur, et en donnant la réponse à cette attente nous aussi nous grandissons dans la foi et pouvons comprendre que cette foi est l'eau qui étanchera notre soif.

  • La novlangue synodale réécrit également la formation des prêtres

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    De Stefano Chiappalone sur la NBQ :

    La novlangue synodale réécrit également la formation des prêtres.

    Publication du rapport final du groupe d'étude sur la Ratio Fundamentalis Institutionis Sacerdotalis : à réviser, bien qu'il ne date que de 2016. La raison ? Le traduire en langage synodal.

    07_03_2026

    L'un des fruits du chantier permanent du Synode sur la synodalité, dont on connaît la date de début mais pas celle de fin et surtout pas où il mènera, a vu le jour ces derniers jours. Pour l'instant, le résultat le plus concret est que, quel que soit le sujet abordé, « nous ne pouvons pas ne pas nous dire synodaux ». C'est apparemment la raison pour laquelle l'un des dix groupes d'étude créés par le pape François à l'occasion du Synode a donné naissance à la « Proposition de document d'orientation pour la mise en œuvre de la Ratio Fundamentalis Institutionis Sacerdotalis et de la Ratio Nationalis dans une perspective synodale missionnaire » intitulée Former des prêtres dans une Église synodale missionnaire. L'objectif est la révision d'une Ratio qui – comme l'admettent les auteurs du rapport – « est relativement récente (2016) » et « est encore en phase d'acceptation » : déjà caduque après seulement dix ans ?  Pourtant, elle « offre de nouveaux accents importants dans la perspective de l'Église missionnaire et synodale », malgré le « défaut » non négligeable d'être « antérieure au processus synodal ».

    Le mystère est dévoilé : « même en ce qui concerne la formation au ministère sacerdotal, les demandes issues du processus synodal et rassemblées dans le document final de l'Assemblée ne peuvent être ignorées », parmi lesquelles « l'acquisition des compétences indispensables à une Église synodale » et il est donc nécessaire de mettre en œuvre la Ratio (universelle) et les Ratio (nationales) « en harmonie avec la conversion synodale missionnaire en cours », le fil rouge qui traverse les 24 pages du document – pas trop nombreuses, mais suffisantes pour susciter le même enthousiasme que certaines homélies verbeuses qui poussent à se distraire en regardant les fresques de la voûte et même les toiles d'araignée dans les coins les plus reculés de l'édifice sacré.

    Rien de nouveau, au fond, on tente de redessiner le prêtre depuis l'époque où Don Camillo vit arriver au presbytère « un jeune homme maigre, vêtu de gris, avec des lunettes d'intellectuel », c'est-à-dire Don Chichì, envoyé pour le mettre à jour et lui rappeler que « nous sommes en 1966, pas en 1666 » (c'est le dernier livre de Guareschi, Don Camillo et les jeunes d'aujourd'hui). Avant cela, il y avait eu l'épopée des prêtres-ouvriers, puis sont venus les prêtres influenceurs, mais ce qui semble indispensable, c'est que les prêtres soient synodaux et qu'ils ne restent pas figés dans l'avant-2021 (allez dire cela à Don Chichì qui pensait être en avance en 1966).

    Mais que devrait faire exactement le clergé à l'ère synodale ? « Dans une Église entièrement synodale, les prêtres occupent donc une place spécifique et unique », et on ne comprend pas bien où ils auraient dû se trouver auparavant. « Dans une Église synodale, les prêtres sont donc appelés à vivre leur service « dans une attitude de proximité avec les personnes, d'accueil et d'écoute de tous », comme si jusqu'à hier, on leur recommandait de se tenir à l'écart du troupeau, mais la tautologie est évidente dans les derniers mots de la phrase : en effet, « dans une Église synodale », ils doivent... « s'ouvrir à un style synodal ».

    À ce stade, le lecteur a déjà perdu le compte des répétitions des mots « synode », « synodal » et « synodalité ». Dans le document, le terme « synode » apparaît 37 fois, « synodalité » 22 fois, tandis que l'adjectif « synodal » apparaît 72 fois (en seulement 24 pages !). Un cas d'école, certes, mais linguistique. Ici, plus qu'il ne s'agit de redessiner tel ou tel aspect, il s'agit de réécrire la mentalité du monde catholique en reformulant chaque aspect de l'Église « dans une perspective synodale », au point de frôler cette autoréférentialité tant critiquée.

    Nous serions tentés de citer le comte Mascetti, mais nous nous limiterons à Orwell et à la novlangue décrite dans 1984, dont le but « est de restreindre au maximum le champ d'action de la pensée », au point que « chaque concept dont on pourrait avoir besoin sera exprimé par un seul mot, dont la signification aura été rigoureusement définie, dépourvu de toutes ses significations auxiliaires, qui auront été effacées et oubliées ». Par exemple, parmi les réalités effacées et oubliées de l'identité sacerdotale, il y a celle d'« être alter Christus », que Léon XIV a osé rappeler dans une récente lettre au clergé espagnol, faisant sursauter de sa chaise un évêque italien qui n'aurait plus voulu entendre ces mots. Peu adaptés à l'ère synodale ?

    Le fait est que la « conversion synodale » a réussi à dépasser même la « conversion écologique » qui faisait fureur depuis l'époque de Laudato si'. Mais elle aussi sera supplantée par la prochaine révolution des mots et qui sait quelle autre conversion nous sera prêchée.

  • Bombardements au Liban – Conflit au Moyen-Orient : appel urgent à la prière

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    De l'Aide à l'Eglise en Détresse :

    Bombardements au Liban – Conflit au Moyen-Orient : appel urgent à la prière

     
    6 mars
     
     
    Aide à l'Église en Détresse Belgique/Luxembourg
     
    Habitants du village chrétien d’Alma el-Chaab, Liban © ACN

    Les habitants du village chrétien d’Alma el-Chaab, au sud du Liban, vivent sous la menace constante des bombardements, la frontière étant redevenue une ligne de front depuis fin février 2026. © ACN

    Les tensions au Moyen-Orient s'intensifient à nouveau rapidement. Nos partenaires au Liban nous ont informés que les quartiers sud de Beyrouth avaient reçu l'ordre d'évacuer en raison de bombardements attendus. De plus en plus de personnes fuient. Officiellement, plus de 80 000 personnes déplacées ont déjà été recensées, mais le nombre réel est probablement bien supérieur. Les routes sont bloquées et la peur grandit. Selon des témoignages sur place, la tension est même plus forte qu'en 2024.

    De nombreux chrétiens des villages situés à la frontière sud refusent de quitter leurs foyers. L'Église reste à leurs côtés. Les paroisses et les diocèses préparent l'aide humanitaire et les organisations ecclésiales se réunissent pour évaluer les besoins et coordonner l'assistance.

    Ces événements s'inscrivent dans un contexte régional plus large et profondément inquiétant.

    Église paroissiale d’Alma el-Chaab, Liban © ACN

    Église paroissiale d’Alma el-Chaab, Liban © ACN

    Une communauté au bord du gouffre

    La survie de certaines des plus anciennes communautés chrétiennes du monde est en jeu. 

    • Irak et Syrie : La reconstruction des villages chrétiens après des années de violence extrémiste demeure extrêmement fragile. Une nouvelle escalade pourrait à nouveau dévaster ces communautés.
    • Liban : Les églises deviennent des lieux de refuge pour les familles déplacées.
    • Terre Sainte : À Gaza, la situation humanitaire reste catastrophique, tandis qu'en Cisjordanie, les familles chrétiennes craignent pour leurs moyens de subsistance face à l'effondrement du tourisme.
    • Iran : De petites communautés chrétiennes continuent de pratiquer leur foi malgré de sévères restrictions, et les convertis sont particulièrement vulnérables.

    La présence chrétienne au Moyen-Orient ne doit pas disparaître. Ces Églises, dont l'histoire remonte aux premiers siècles, risquent aujourd'hui, de notre vivant, de disparaître.

    Malgré le danger, l'Église refuse d'abandonner son peuple. Les paroisses et les communautés religieuses distribuent de la nourriture, offrent un abri aux familles déplacées, maintiennent les écoles ouvertes et s'efforcent de promouvoir la réconciliation partout où cela est possible.

    Nous vous demandons de prier pour les chrétiens, pour les pays et pour nos partenaires sur le terrain. 

    En ce temps de Carême, accomplissons la quatorzième œuvre de miséricorde : prier pour les vivants et les morts.

    Prions pour les chrétiens du Moyen-Orient. Prions pour toutes les familles touchées par la violence et l’insécurité. Et prions pour tous ceux qui continuent d’offrir nourriture, abri et espoir.

    Vous pouvez également faire célébrer une ou plusieurs Messes pour la paix en cliquant sur le bouton ci-dessous et en précisant « Messe pour la paix » dans le champ de l'intention de prière.

    Je fais une offrande d'une « Messe pour la paix »

    Unis dans le Christ partout dans le monde,

    David Dessin
    Directeur