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Centenaire du monument du Sacré-Coeur de Dison-Andrimont 1926 - 2026
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La vie de saint Norbert : Comment Jésus peut faire d’une pierre un enfant d’Abraham (6 juin)
La vie de saint Norbert : Comment Jésus peut faire d’une pierre un enfant d’Abraham (1080-1134) (44 mn) (6 juin) Sujets traités : Une conversion d’origine divine. L’urgence du salut.
Norbert est né aux environs de 1080 à Xanten, au nord de Cologne. Originaire de la petite noblesse, il est confié tout jeune aux soins du chanoine écolâtre du chapitre de Xanten. Il devient ensuite chapelain de l’archevêque de Cologne et fait partie de la chapelle impériale, tout en vivant une vie mondaine.
Vers l’âge de 30 ans, il vit une expérience religieuse qui ressemble beaucoup à la conversion de l’apôtre Paul. Après cette expérience, Norbert se dirige vers une vie religieuse plus authentique. Il devient prêtre en 1117 et retourne au chapitre de Xanten. Là, il cherche à entraîner ses confrères dans une vie de conversion, sans succès. En 1119, après s’être démuni de son canonicat de Xanten, Norbert reçoit du pape la mission de prédicateur itinérant.
Pendant ces voyages il rencontre celui qui sera son frère de la première heure et ami pour la vie, Hugues de Fosses. Avec l’aide de l’évêque de Laon, Norbert et les premiers disciples qui l’accompagnent, trouvent un lieu afin de constituer un chapitre qui s’adonnera à la contemplation et à la prédication dans un cadre de vie communautaire : une chapelle en pierre abandonnée de la forêt de Saint-Gobain, lieu désolé appelé Prémontré.
Dans la nuit de Noël 1121, Norbert et 6 autres frères s’engagent par la profession religieuse à Prémontré. Désormais, ils se vêtiront d’un simple habit de laine blanche. Ils se consacrent également à la prédication et quittent l’enceinte du monastère pour s’engager dans un apostolat actif à l’extérieur. C’est ce que fit Norbert : à l’occasion de différents voyages, il fonde de nouvelles communautés, toutes réunies sous la règle de Saint Augustin.
Le 16 février 1126, Norbert reçoit à Rome du pape Honorius II la bulle de confirmation de l’ordre de Prémontré. La même année, il est nommé archevêque de Magdebourg. Hugues de Fosses succède à Norbert à Prémontré et devient ainsi son premier abbé. Le 6 juin 1134, Norbert meurt à Magdebourg. Il est canonisé en 1582. Depuis 1625, ses reliques reposent en l’abbaye des Prémontrés de Strahov, à Prague.
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Quand le PS ne veut plus du Te Deum mais se presse aux iftars de rupture du jeûne
D'Harrison du Bus sur 21News :
Le PS ne veut plus du Te Deum mais se presse aux iftars de rupture du jeûne (édito)
Au nom de la neutralité de l'État, le PS souhaite mettre fin à la participation officielle des autorités belges au Te Deum du 21 juillet. Pourquoi certains symboles religieux seraient-ils devenus incompatibles avec la neutralité publique tandis que d'autres continuent de bénéficier d'une large bienveillance politique ?
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Quatorze évêques participeront à la Marche pour la Vie au Royaume-Uni, un record de participation épiscopale
De Thomas Colsy sur le Catholic Herald :
Quatorze évêques participeront à la Marche pour la Vie au Royaume-Uni, un record de participation épiscopale.
L’archevêque Richard Moth de Westminster célébrera la messe d’ouverture et conduira un nombre record de 14 évêques catholiques venus de toute la Grande-Bretagne lors de la Marche pour la Vie au Royaume-Uni le 5 septembre 2026 – soit le double du nombre de participants de l’année dernière – alors que ce témoignage public annuel du caractère sacré de la vie humaine attire un soutien épiscopal sans précédent dans un contexte de pressions législatives continues affectant les enfants à naître.
Le rassemblement réunira les archevêques des trois principaux sièges épiscopaux d'Angleterre – Mgr Richard Moth de Westminster, ainsi que les archevêques de Birmingham et de Southwark – et une large représentation d'autres ordinaires d'Angleterre, d'Écosse et du Pays de Galles, selon Edward Pentin du National Catholic Register . Les organisateurs de March for Life UK ont qualifié l'ampleur de la participation d'historique, soulignant « l'importance capitale que l'Église accorde à cette question essentielle et fondamentale ».
Isabel Vaughan-Spruce, directrice de l'événement et militante ayant elle-même fait l'objet de poursuites en vertu des lois sur les zones tampons pour avoir prié en silence près de cliniques pratiquant l'avortement, a attribué la forte participation aux récents développements. Parmi ceux-ci figurent le vote du Parlement en mars 2026 visant à dépénaliser l'avortement jusqu'à la naissance, l'application des zones tampons, le programme d'avortement médicamenteux par voie postale et le débat intense autour de la législation sur le suicide assisté. Les chiffres officiels montrent que 277 970 avortements ont eu lieu en Angleterre et au Pays de Galles en 2023, soit le chiffre le plus élevé depuis la loi de 1967 sur l'avortement.
La marche a vu le jour lors d'une modeste manifestation pro-vie organisée à Birmingham en 2012, qui avait rassemblé environ 70 personnes. La première Marche pour la Vie officielle du Royaume-Uni a eu lieu en 2013 à la cathédrale Saint-Chad, réunissant près de 400 participants. L'événement s'est déplacé dans le centre de Londres en 2018 et n'a cessé de croître, attirant environ 10 000 personnes en 2025 sous un ciel clément en septembre, avec une forte présence de jeunes familles et une présence œcuménique manifeste.
Les marches précédentes se sont caractérisées par une atmosphère de recueillement, les participant·e·s partageant des témoignages personnels de guérison après un avortement, offrant des prières silencieuses tout au long du parcours et engageant des conversations respectueuses avec les spectateur·e·s. La procession de 2025 s'est distinguée par sa diversité générationnelle et son esprit de témoignage joyeux plutôt que de confrontation, ce que Vaughan-Spruce a décrit à maintes reprises comme « une réponse compatissante et nécessaire à un mal omniprésent ».
Le programme de cette année comprendra un festival pro-vie en intérieur et un nouveau Sommet familial pro-vie destiné aux jeunes adultes, avec des petits-déjeuners gratuits et des ateliers adaptés à l'âge des enfants. Le cortège public partira de la cathédrale de Westminster pour rejoindre Parliament Square sous le thème « L'avortement blesse la famille ».
Les organisateurs ont publié une vidéo promotionnelle encourageant les catholiques et les autres chrétiens à participer et à se joindre à leurs évêques pour témoigner ensemble en faveur de la protection des femmes, des hommes et des enfants à naître.
Parmi les autres participants figureront l'archevêque Bernard Longley de Birmingham, l'archevêque John Wilson de Southwark, l'évêque Philip Egan de Portsmouth, l'évêque Peter Collins d'East Anglia, l'évêque Paul Swarbrick de Lancaster, l'évêque John Arnold de Salford, l'évêque Bosco MacDonald de Clifton, l'évêque David Waller de l'Ordinariat personnel de Notre-Dame de Walsingham, l'évêque Paul Mason, évêque auprès des forces armées, l'évêque Frank Dougan de Galloway, l'évêque John Keenan de Paisley, ainsi que l'évêque auxiliaire David Evans de Birmingham et l'évêque auxiliaire Paul Hendricks de Southwark.
Les catholiques de tout le Royaume-Uni sont invités à se joindre à la procession et à prier pour que ce témoignage renforcé de la hiérarchie et des fidèles contribue à une reconnaissance culturelle plus profonde de la dignité inviolable de toute vie humaine, de la conception à la mort naturelle.
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De quoi l'archevêque Fulton Sheen sera-t-il le saint patron ?
De
L'archevêque Fulton Sheen sera le saint patron… de quoi ?
L'héritage tout entier du vénérable Sheen était animé par une seule mission : amener des âmes au Christ.
L'archevêque américain Fulton J. Sheen est photographié en train de prêcher (photo non datée). (Photo CNS) Le Saint-Père a salué la foi et les émissions de Sheen, qui ont « touché des millions de personnes par l’espérance de l’Évangile », y compris le pape Léon XIV lui-même. Il a souligné le rôle de Sheen dans l’apport d’une aide spirituelle et matérielle à l’Église dans les régions les plus pauvres du monde.
En citant Sheen comme un exemple pour les « directeurs nationaux et diocésains des Œuvres pontificales missionnaires du monde entier », le pape Léon XIV laissait entendre que Sheen deviendrait le saint patron des missions et du travail missionnaire.
Ayant passé des années à étudier de près la vie de Sheen, je suis convaincu qu'il n'y a rien de plus approprié. Tout son héritage — de sa vie de prière intense et de sa rigueur intellectuelle à son évangélisation récompensée par un Emmy et à ses actions caritatives à travers le monde — était animé par une seule mission : amener des âmes au Christ.
Cette mission a joué un rôle déterminant dans la production littéraire prolifique de Sheen, dont 66 ouvrages qui restent populaires aujourd'hui. Sheen était réputé pour sa profonde compréhension théologique. Il connaissait Jésus personnellement et savait transmettre ces réflexions avec habileté et clarté aux lecteurs. Certains de ses livres, notamment La Vie du Christ et Un trésor dans l'argile , continuent de se vendre à des chiffres records.
Sheen a également été un pionnier de la radio et de la télévision modernes dans les années 1930, 40 et 50.
Son émission primée aux Emmy Awards, « Life Is Worth Living » , a attiré des audiences record, venues écouter son message d'espoir. Il s'exprimait avec éloquence et son intégrité donnait du poids à ses paroles.
De plus, son humour autodérisoire témoignait d'une humilité dont les personnalités médiatiques d'aujourd'hui feraient bien de s'inspirer. Nombre d'entre elles seraient fascinées de voir comment l'archevêque captivait des millions d'Américains chaque semaine, armé d'un simple tableau noir et d'une craie.
L'engagement héroïque de Sheen envers la prière et sa relation personnelle avec le Seigneur ont inspiré ceux qui le connaissaient. Le jour de son ordination, Sheen promit de faire une heure sainte eucharistique quotidienne et continue. Il tint cette promesse jusqu'à sa mort, comme il se doit devant le Saint-Sacrement. Au cours de ces 22 000 heures saintes, Sheen témoigna de la profondeur de son engagement envers le Seigneur dans le Saint-Sacrement. Il exhorta ses pairs à s'engager eux aussi dans cette adoration quotidienne du Seigneur, nous rappelant à tous que nous avons toujours le temps. Nombreux sont ceux qui ont été inspirés à suivre son exemple.
Sheen a également rapproché les catholiques de la Vierge Marie, à qui il a confié sa vocation et qu'il appelait affectueusement « Belle Dame vêtue de bleu ».
De plus, Sheen a démontré avec force l'importance d'une solide formation pour rechercher la vérité divine et la partager avec autrui. Passionné par l'apprentissage, il a obtenu de nombreux diplômes, dont un doctorat en philosophie de l'Université catholique de Louvain, en Belgique.
Il fut également professeur et consacra des décennies à l'enseignement de la théologie et de la philosophie à l'Université catholique d'Amérique à Washington. Il se distingua par la rigueur de ses cours et par sa volonté d'inciter ses étudiants à approfondir leurs connaissances. Les érudits catholiques d'aujourd'hui gagneraient à suivre l'exemple de Sheen.
Enfin, l'engagement de Sheen au sein de la Société de la Mission pontificale – malgré son succès médiatique international et ses relations prestigieuses – a démontré son amour pour tous les enfants de Dieu et son dévouement total à Dieu plutôt qu'à la gloire personnelle.
Sheen a fait remarquer que les pasteurs sont responsables d'une paroisse et les évêques d'un diocèse. Pourtant, en tant que directeur de la Propagation de la Foi, Sheen avait le privilège de servir et d'évangéliser le monde entier. Il a embrassé cette responsabilité avec enthousiasme et a consacré des années à collecter des fonds, tant matériels que spirituels, pour les missions à travers le monde.
L'érudition remarquable de Sheen, ses écrits, sa dévotion à la Vierge Marie, son engagement dans l'évangélisation et son rôle de chef missionnaire révèlent un homme qui a consacré sa vie entière à un seul but : mettre tous les talents que Dieu lui avait donnés au service de l'évangélisation. Tout ce que Sheen entreprenait était pour lui une occasion de gagner des âmes au Christ.
La vie et l'héritage de Sheen rendent donc les éloges récemment adressés au pape Léon particulièrement significatifs.
Je me joins à notre Saint-Père pour prier afin que ceux qui servent aujourd'hui dans les missions soient inspirés par l'exemple du bientôt bienheureux Fulton Sheen, dont la vie demeure un puissant témoignage de l'appel missionnaire de l'Église.
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Euthanasie : quand la liberté pèse lourd sur les plus vulnérables
Du site de l'ECLJ :
Euthanasie : quand la liberté pèse lourd sur les plus vulnérables
En Oregon, près de 40 % des patients ayant eu recours au suicide assisté en 2025 estimaient être un fardeau pour leurs proches.[1]Derrière l’image d’un individu libre et maître de sa propre mort se cache une réalité bien différente : celle de personnes âgées et isolées, abandonnées par un système défaillant, avertit Sofia Gauruel, chercheuse associée au Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ).
Tribune libre de Sofia Gauruel publiée en français dans Valeurs actuelles le 1er juin 2026.
Les données disponibles dans les pays ayant légalisé l'euthanasie ou le suicide assisté dressent un portrait relativement homogène des participants. Dans l'ensemble, la grande majorité sont des personnes âgées, généralement entre 70 et 80 ans.[2]Au Canada, l’âge médian des personnes recevant l’aide médicale à mourir (AMM) était de 77,6 ans en 2023.[3]
Hormis l'âge, les raisons les plus fréquemment invoquées pour l'euthanasie ne sont pas la douleur physique, mais plutôt un sentiment d'abandon. En Oregon, l'une des rares juridictions à recenser systématiquement les sources de souffrance telles que celles mentionnées précédemment, les principales raisons sont la perte d'autonomie (89 %), la diminution de la capacité à participer à des activités plaisantes (89 %) et un sentiment de déclin (65 %).[4]Le sentiment d'être un fardeau pour ses proches figure également parmi les raisons fréquemment invoquées. En ce sens, la décision de recourir à l'aide médicale à mourir n'est pas un choix pleinement libre, mais résulte souvent d'un sentiment d'abandon que la société n'a pas su prévenir.
L’isolement confirme et renforce cette observation. Les données canadiennes montrent que les personnes qui demandent de l’aide médicale à mourir sont plus susceptibles de vivre seules, dans des zones caractérisées par une plus grande instabilité résidentielle, avec une proportion plus élevée de locataires ou de personnes sans conjoint. Pourtant, la solitude n’est pas une fatalité médicale. Dans une étude de 2024, l’Institut national du vieillissement a noté qu’au Canada, 19 % des personnes âgées de 50 ans et plus se sentaient très seules, 40 % ressentaient une certaine solitude et 43 % étaient à risque d’isolement social.[5]
Le sixième rapport annuel sur l’aide médicale à mourir au Canada apporte des éclaircissements importants à ce sujet. En 2024, l’isolement ou la solitude a été cité comme source de souffrance par 21,9 % des personnes ayant fait une demande d’aide médicale à mourir et par 44,7 % de celles dont le décès n’était pas prévisible à court terme.[6]L'isolement, lorsqu'il est évoqué, n'est jamais un phénomène isolé. Il aggrave de multiples formes de souffrance déjà existantes, les rendant encore plus insupportables. L'isolement ne remplace donc pas les autres formes de souffrance, mais les complète et les exacerbe. Par conséquent, ce qui apparaît comme un choix libre et éclairé est parfois en réalité le symptôme d'une défaillance systémique qui exige des politiques publiques adaptées.
Il est néanmoins important de souligner une limite majeure de ces analyses : dans la grande majorité des pays européens ayant légalisé l’euthanasie, les systèmes de réglementation ne recueillent pas de données socio-économiques individuelles. De même, les gouvernements ne publient pas de statistiques systématiques sur le profil des personnes souhaitant mourir, les raisons réelles de leurs demandes, ni les pressions qui auraient pu les influencer. Ce manque de données rend toute comparaison rigoureuse entre pays difficile et prive tout débat public des outils nécessaires à une analyse rationnelle des effets de cette législation.
Mais ce manque de transparence statistique n'est pas anodin. Il permet au mythe du libre choix éclairé de perdurer en occultant le contexte dans lequel il se manifeste. La collecte de données socio-économiques est nécessaire, et il est tout aussi important de savoir qui décide de cette collecte et pourquoi.
La dépénalisation de l'euthanasie et ses conséquences pour les plus vulnérables
La légalisation de l'euthanasie n'affecte pas tout le monde de la même manière. Elle touche principalement les personnes souffrant de dépendance, d'isolement ou d'un manque de soutien au sein d'un système de santé défaillant. Pour ces personnes, l'existence d'une option létale légalisée n'est pas neutre ; elle exerce une pression implicite, comparable à un message silencieux de la société. La légalisation transforme ainsi une option autrefois impensable en une solution envisageable, modifiant la perception même de la vie pour celles et ceux qui n'ont pas les ressources matérielles, émotionnelles et médicales nécessaires pour envisager autre chose.
De nombreux cas illustrent le recours à l'euthanasie comme solution à un problème apparemment insurmontable. Au Canada, Sophia a demandé à mourir en 2022.[7]Après des années d'errance au sein d'un système incapable de lui trouver un logement décent, Shanti de Corte, rescapée des attentats de Bruxelles de 2016, a été euthanasiée en 2022 à l'âge de 23 ans en Belgique, souffrant d'un syndrome de stress post-traumatique que le système de santé n'avait pas su traiter. Toujours en 2022, Nathalie Huygens a bénéficié d'une euthanasie suite à un viol ; sa souffrance psychologique a été jugée incurable, là encore en raison d'un manque de soins adaptés au traumatisme subi. Tous ces cas ont en commun d'être officiellement classés comme médicaux, mais leurs véritables causes sont profondément sociales.
Ces cas ne sont pas isolés dans le temps : l’affaire Noelia Castillo Ramos, actuellement dans l’actualité, en est la dernière illustration.[8]Victime d'un viol collectif, Noelia a bénéficié d'une aide médicale à mourir en raison de souffrances psychologiques jugées incurables par les autorités. Sa décision illustre l'extrême vulnérabilité de nombreuses personnes qui y ont recours. Dans bien des cas, ces choix, présentés comme individualisés, trouvent leur origine dans des causes sociales. L'expérience de pays pionniers comme la Belgique et le Canada le confirme : face au manque de logements, à l'inaccessibilité des soins psychiatriques et à l'absence de soutien affectif, l'euthanasie peut combler un vide que la société n'a pas su combler.
La convergence des facteurs sociaux et la responsabilité du législateur français
Derrière la diversité des systèmes juridiques qui ont dépénalisé l'aide à mourir (Pays-Bas, Belgique, Canada, Oregon, Suisse, Nouvelle-Zélande et autres) se dessine un profil distinct de facteurs sociaux dont les caractéristiques sont suffisamment cohérentes pour suggérer plus qu'une simple coïncidence.
Pour la France, où la dépénalisation de l'euthanasie fait l'objet de vifs débats, l'absence de données au niveau européen constitue un signal d'alarme plutôt qu'une garantie. Légiférer sans une évaluation rigoureuse des effets empiriques dans les pays voisins revient à s'engager sur une voie incertaine aux conséquences potentiellement irréversibles.
La France n’est pas à l’abri des facteurs sociaux qui, ailleurs, façonnent ces revendications. La véritable question n’est donc pas de savoir si les individus pourront exercer une liberté dans des conditions idéales, mais si l’État est prêt à institutionnaliser un système dont les effets prévisibles toucheront en premier lieu les plus vulnérables.
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[1]Autorité sanitaire de l'Oregon. (2026). Résumé des données de la loi Oregon Death with Dignity 2025 (p.16).
[2]Comités régionaux d’examen de l’euthanasie (RTE). (2025). (p.20) Rapport annuel 2024.
[3]Santé Canada. (2025). Sixième rapport annuel sur l’aide à mourir au Canada (tableau C.2). Gouvernement du Canada.
[4]Autorité sanitaire de l'Oregon. (2026) (p.9).
[5]Iciaszczyk, N., Gallant, G., Bronstein, T., Brierley, A. et Sinha, SK (2024). Perspectives sur le vieillissement au Canada : Enquête 2024 de l'ANI sur le vieillissement au Canada (p. 19). Institut national sur le vieillissement.
[6]Santé Canada. (2025). Sixième rapport annuel sur l’aide à mourir au Canada (Fig. 3.4a). Gouvernement du Canada.
[7] Favaro, A. (2022). Une femme souffrant d'hypersensibilité chimique choisit l'euthanasie après l'échec de sa demande de logement . CTV News.
[8]Puppinck, G. (2026). Comment la CEDH a contourné l'interdiction de l'euthanasie. Centre européen de droit et de justice (ECLJ).
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Magnifique succès de la célébration de la Fête-Dieu à Liège

De la page facebook des organisateurs :
"Nous venons de vivre une magnifique Fête-Dieu ici à Liège. Jésus est vivant. Il est réellement présent dans le pain et le vin consacrés qui deviennent son Corps et Son Sang, pour vivifier et unifier l’Eglise.
Il est intéressant de relever qu’il y avait de très nombreux jeunes parmi les 600 participants à la procession, et ensuite aux plus de 1.000 bougies pour la paix, merci Seigneur <img class="xz74otr x15mokao x1ga7v0g x16uus16 xbiv7yw" src="https://static.xx.fbcdn.net/images/emoji.php/v9/t7c/1/16/1f64f_1f3fc.png" alt=" -
Prochain consistoire : la liturgie n'est pas au programme mais est-ce un mal ?
De Nico Spuntoni sur la NBQ :
Nouveau programme au consistoire, pas de liturgie, mais ce n'est pas plus mal.
Le Collège sacré se réunira fin juin avec un ordre du jour modifié : la situation internationale, Magnifica Humanitas et le Synode. La question liturgique, précédemment reportée, n’y figure plus, et de ce fait, l’intervention du cardinal Roche, empreinte d’hostilité envers le rite ancien, est mise de côté.5/06/2026
La situation internationale, Magnifica Humanitas et le Synode : tels sont les sujets que Léon XIV a assignés aux cardinaux en vue du consistoire extraordinaire des 26, 27 et 29 juin. Dans une lettre publiée par Messainlatino, Giovanni Battista Re, doyen du Sacré Collège, a recommandé aux cardinaux de « se préparer convenablement à la réunion ».
Cela marque un changement d'ordre du jour par rapport au premier consistoire de janvier, lors duquel les cardinaux avaient voté à une large majorité pour aborder les thèmes du « Synode et de la synodalité » et de « L'évangélisation et la nature missionnaire dans l'Église à la lumière de la lecture d' Evangelii Gaudium », reportant à une date ultérieure la discussion de Praedicate Evangelium et de la liturgie. Il va sans dire que ce dernier sujet demeure un sujet brûlant parmi les experts, car il touche à la position à adopter vis-à-vis de la messe tridentine.
Les partisans d'une ligne tolérante envers l'ancien rite, cependant, n'ont guère de raisons de s'en inquiéter. Lors du dernier consistoire, la décision de la majorité des cardinaux de ne pas débattre de la liturgie avait en effet épargné à tous la lecture du discours du cardinal Arthur Roche. Dans ce discours, le préfet du Dicastère pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements osait rejeter Benoît XVI et son motu proprio Summorum Pontificum , déclarant qu'il n'est pas possible de « revenir à cette forme rituelle que les Pères conciliaires, cum Petro et sub Petro , ont jugé nécessaire de réformer, approuvant, sous l'inspiration de l'Esprit et selon leur conscience de pasteurs, les principes dont est née la réforme ». Roche citait la très controversée Traditionis custodes , que le pape François affirmait avoir écrite « afin que l'Église puisse élever, dans la diversité des langues, une prière unique et identique, capable d'exprimer son unité ».
Léon XIV réfuta cette affirmation quelques mois plus tard dans une lettre aux évêques français, les exhortant à trouver « des solutions concrètes permettant l’inclusion généreuse de ceux qui adhèrent sincèrement au Vetus Ordo, conformément aux directives établies par le Concile Vatican II concernant la liturgie ». Bien que la ligne de tolérance envers la forme extraordinaire du rite romain soit probablement devenue majoritaire au sein du Sacré Collège, il n’aurait certainement pas été judicieux d’engager un débat sur la base d’un texte aussi hostile que celui de Roche.
Et si la liturgie était restée l’un des sujets abordés lors des sessions consistoriales,Il est probable que, cette fois encore, l'introduction aurait été confiée au cardinal britannique. Tant mieux. Le doyen Re écrivait à ses confrères cardinaux qu'en vue du consistoire, « la contribution de chaque cardinal est d'autant plus fructueuse qu'elle naît d'un contact direct avec le Peuple de Dieu, ses espoirs, ses interrogations et même ses luttes ». Ce conseil pourrait s'avérer utile au cardinal Roche s'il décidait d'écouter les espoirs, les interrogations et les luttes des plus de 20 000 jeunes fidèles, fervents admirateurs de la messe tridentine, qui ont animé le pèlerinage Paris-Chartres. Ce serait la preuve de cette « nouvelle manière de se regarder, avec une meilleure compréhension des sensibilités mutuelles », souhaitée par Léon XIV dans sa lettre aux évêques français.Lien permanent Catégories : Actualité, Débats, Eglise, liturgie, Structures ecclésiastiques 1 commentaire -
C'est le premier vendredi du mois
Parmi les dévotions tombées en désuétude depuis la réforme conciliaire, il y a celle qui consiste à consacrer le premier vendredi du mois au Coeur sacré de Jésus. En 1688, au cours d'une apparition à Sainte Marguerite-Marie, Notre-Seigneur Jésus-Christ daigna lui adresser ces paroles : « Je te promets, dans l'excessive miséricorde de mon Cœur, que son amour tout-puissant accordera à tous ceux qui communieront les premiers vendredis du mois, neuf mois de suite, la grâce de la pénitence finale, qu'ils ne mourront point dans ma disgrâce ni sans recevoir leurs sacrements, et que mon divin Cœur se rendra leur asile assuré aux derniers moments ».
Georges Rouault, le Sacré Coeur
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Saint Boniface : un grand évêque martyr
Lors de l'audience générale du 11 mars 2009, le pape Benoît XVI a consacré sa catéchèse hebdomadaire à saint Boniface. En voici le texte intégral (ZENIT.org)Chers frères et sœurs,
Nous nous arrêtons aujourd'hui sur un grand missionnaire du VIIIe siècle, qui a diffusé le catéchisme en Europe centrale, et dans ma patrie également : saint Boniface, passé à l'histoire comme l'« apôtre des Germains ». Nous possédons beaucoup d'informations sur sa vie grâce la diligence de ses biographes : il naquit dans une famille anglo-saxonne dans le Wessex autour de 675 et fut baptisé avec le nom de Winfrid. Il entra très jeune au monastère, attiré par l'idéal monastique. Possédant de remarquables capacités intellectuelles, il semblait destiné à une carrière tranquille et brillante d'érudit : il devint enseignant de grammaire latine, écrivit plusieurs traités, composa plusieurs poésies en latin. Ordonné prêtre à l'âge de trente ans environ, il se sentit appelé par l'apostolat auprès des païens du continent. La Grande Bretagne, sa terre, évangélisée à peine cent ans plus tôt par les Bénédictins guidés par saint Augustin, faisait preuve d'une foi si solide et d'une charité si ardente qu'elle envoya des missionnaires en Europe centrale pour y annoncer l'Evangile. En 716, Winfrid, avec quelques compagnons, se rendit en Frise (aujourd'hui la Hollande), mais il buta sur l'opposition du chef local et la tentative d'évangélisation échoua. Rentré dans sa patrie, il ne perdit pas courage, et deux ans plus tard il se rendit à Rome pour s'entretenir avec le pape Grégoire II et en recevoir des directives. Le pape, selon le récit d'un biographe, l'accueillit « avec le visage souriant et le regard empli de douceur », et dans les jours qui suivirent il tint avec lui « des conversations importantes » (Willibald, Vita S. Bonifatii, ed. Levison, pp. 13-14) et enfin, après lui avoir imposé le nouveau nom de Boniface, il lui confia avec des lettres officielles la mission de prêcher l'Evangile parmi les peuples de Germanie.
illustration : une miniature illustre le double baptême de Boniface
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Fêter Dieu avec Benoît XVI

MESSE ET PROCESSION EUCHARISTIQUE
EN LA SOLENNITÉ DU CORPUS DOMINIHOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI
Parvis de la Basilique Saint-Jean-de-Latran
Jeudi 26 mai 2005Chers frères dans l'épiscopat et le sacerdoce,
chers frères et soeurs,En la fête du Corpus Domini, l'Eglise revit le mystère du Jeudi Saint à la lumière de la Résurrection. Le Jeudi Saint également, a lieu une procession eucharistique, au cours de laquelle l'Eglise répète l'exode de Jésus du Cénacle au mont des Oliviers. En Israël, on célébrait la nuit de Pâques à la maison, dans l'intimité de la famille; on rappelait ainsi le souvenir de la première Pâque, en Egypte - la nuit où le sang de l'agneau pascal, aspergé sur l'architrave et sur les chambranles des maisons, protégeait contre l'exterminateur. Jésus, au cours de cette nuit, sort et se remet aux mains du traître, de l'exterminateur, et c'est précisément ainsi qu'il vainc la nuit, qu'il vainc les ténèbres du mal. Ce n'est qu'ainsi que le don de l'Eucharistie, instituée au Cénacle, trouve son accomplissement: Jésus donne réellement son corps et son sang. En franchissant le seuil de la mort, il devient Pain vivant, véritable manne, nourriture inépuisable pour les siècles des siècles. La chair devient pain de vie.
Lors de la procession du Jeudi Saint, l'Eglise accompagne Jésus au mont des Oliviers: l'Eglise orante éprouve le vif désir de veiller avec Jésus, de ne pas le laisser seul dans la nuit du monde, dans la nuit de la trahison, dans la nuit de l'indifférence d'un grand nombre de personnes. En la fête du Corpus Domini, nous reprenons cette procession, mais dans la joie de la Résurrection. Le Seigneur est ressuscité et il nous précède. Dans les récits de la Résurrection, on trouve un trait commun et essentiel; les anges disent: le Seigneur "vous précède en Galilée; c'est là que vous le verrez" (Mt 28, 7). En considérant cela de plus près, nous pouvons dire que cette action de "précéder" de Jésus implique une double direction. La première est - comme nous l'avons entendu - la Galilée. En Israël, la Galilée était considéré comme la porte vers le monde des païens. Et, de fait, c'est précisément en Galilée, sur le mont, que les disciples voient Jésus, le Seigneur, qui leur dit: "Allez... de toutes les nations faites des disciples" (Mt 28, 19). L'autre direction de l'action de "précéder" de la part du Ressuscité, apparaît dans l'Evangile de saint Jean, dans les paroles de Jésus à Madeleine: "Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père" (Jn 20, 17). Jésus nous précède auprès du Père, monte à la hauteur de Dieu et nous invite à le suivre. Ces deux directions du chemin du Ressuscité ne sont pas en contradiction, mais indiquent ensemble la voie de la "sequela" du Christ. Le véritable objectif de notre chemin est la communion avec Dieu - Dieu lui-même est la maison aux nombreuses demeures (cf. Jn 14, 2sq). Mais nous ne pouvons monter dans cette demeure qu'en allant "vers la Galilée" - en allant sur les routes du monde, en apportant l'Evangile à toutes les nations, en apportant le don de son amour aux hommes de tous les temps. C'est pourquoi le chemin des apôtres s'est étendu jusqu'aux "extrémités de la terre" (cf. Ac 1, 6sq); ainsi, saint Pierre et saint Paul sont allés jusqu'à Rome, une ville qui était alors le centre du monde connu, véritable "caput mundi".
La procession du Jeudi Saint accompagne Jésus dans sa solitude, vers la "via crucis". La procession du Corpus Domini, en revanche, répond de manière symbolique au mandat du Ressuscité: je vous précède en Galilée. Allez jusqu'aux extrémités de la terre, apportez l'Evangile au monde. Bien sûr, l'Eucharistie est, pour la foi, un mystère d'intimité. Le Seigneur a institué le Sacrement du Cénacle, entouré de sa nouvelle famille, des douze apôtres, préfiguration et anticipation de l'Eglise de tous les temps. C'est pourquoi, dans la liturgie de l'Eglise antique, la distribution de la sainte communion était introduite par les paroles suivantes: Sancta sanctis - le don saint est destiné à ceux qui sont rendus saints. On répondait de cette façon à l'avertissement de saint Paul aux Corinthiens: "Que chacun donc s'éprouve soi-même, et qu'ainsi il mange de ce pain et boive de cette coupe" (1 Co 11, 28). Toutefois, de cette intimité, qui est un don très personnel du Seigneur, la force du sacrement de l'Eucharistie va au-delà des murs de notre Eglise. Dans ce Sacrement, le Seigneur est toujours en marche vers le monde. Cet aspect universel de la présence eucharistique apparaît dans la procession de notre fête. Nous portons le Christ, présent dans la figure du pain, dans les rues de notre ville. Nous confions ces rues, ces maisons - notre vie quotidienne - à sa bonté. Que nos rues soient les routes de Jésus! Que nos maisons soient des maisons pour lui et avec lui! Que notre vie de tous les jours soit empreinte de sa présence. Avec ce geste, nous plaçons sous son regard les souffrances des malades, la solitude des jeunes et des personnes âgées, les tentations, les peurs - toute notre vie. La procession souhaite être une grande bénédiction publique pour notre ville: le Christ est, en personne, la bénédiction divine pour le monde - que le rayonnement de sa bénédiction s'étende sur nous tous!
Dans la procession du Corpus Domini, nous accompagnons le Ressuscité sur son chemin vers le monde entier - comme nous l'avons dit. Et précisément en accomplissant cela, nous répondons également à son mandat: "Prenez, mangez... Buvez-en tous" (Mt 26, 26sq). On ne peut pas "manger" le Ressuscité, présent dans la figure du pain, comme un simple morceau de pain. Manger ce pain signifie communier, signifie entrer dans la communion avec la personne du Seigneur vivant. Cette communion, cet acte de "manger", est réellement une rencontre entre deux personnes, une façon de se laisser pénétrer par la vie de Celui qui est le Seigneur, de Celui qui est mon Créateur et mon Rédempteur. Le but de cette communion, de cet acte de manger, est l'assimilation de ma vie à la sienne, ma transformation et ma conformation à Celui qui est Amour vivant. C'est pourquoi cette communion implique l'adoration, implique la volonté de suivre le Christ, de suivre Celui qui nous précède. Adoration et procession font donc partie d'un unique geste de communion; elles répondent à son mandat: "Prenez et mangez".
Notre procession se termine devant la Basilique Sainte-Marie-Majeure, par la rencontre avec la Madone, appelée par le cher Pape Jean-Paul II "Femme eucharistique". Marie, la Mère du Christ, nous enseigne véritablement ce que signifie entrer en communion avec le Christ: Marie a offert sa propre chair, son propre sang à Jésus et elle est devenue la tente vivante du Verbe, se laissant pénétrer dans le corps et l'esprit par sa présence. Nous la prions, Elle notre sainte Mère, pour qu'elle nous aide à ouvrir toujours davantage tout notre être à la présence du Christ; pour qu'elle nous aide à le suivre fidèlement, jour après jour, sur les routes de notre vie. Amen!
Un an plus tard, le 15 juin 2006, Benoît XVI a résumé ses pensées d'amour pour l'Église et l'humanité dans une prière spéciale :
« En la solennité du Saint-Sacrement, nous nous concentrons avant tout sur le symbole du pain. Il nous rappelle aussi le pèlerinage d'Israël pendant les quarante années passées dans le désert. L'hostie est notre manne, dont le Seigneur nous nourrit – c'est véritablement le pain du ciel, par lequel il se donne lui-même. Dans la procession, nous suivons ce symbole, et ainsi nous le suivons lui. »
Et nous le prions : Guide-nous sur les chemins de notre histoire ! Montre à l'Église et à ses pasteurs, sans cesse, la voie juste ! Regarde l'humanité souffrante, errant sans cesse, tourmentée par tant de questions ; regarde la faim physique et spirituelle qui la ronge ! Donne aux hommes le pain pour le corps et l'âme ! Donne-leur du travail ! Donne-leur la lumière ! Donne-toi à eux ! Purifie-nous et sanctifie-nous ! Fais-nous comprendre que c'est seulement par la participation à ta Passion, par le « oui » à la Croix, au renoncement, à la purification que tu nous imposes, que nos vies peuvent mûrir et atteindre leur plénitude. Rassemble-nous des quatre coins du monde. Une seule Église, une seule humanité déchirée ! Accorde-nous ton salut ! Amen !
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Le Corps du Christ selon les paroles des saints
D'Antonio Tarallo sur la NBQ :
Le Corps du Christ selon les paroles des saints
D'innombrables saints, d'Augustin à Thérèse de l'Enfant-Jésus, ont écrit sur le mystère de l'Eucharistie, que l'Église commémore aujourd'hui. Mais on se souvient peu de sainte Julienne de Cornillon, mystique belge qui a pourtant joué un rôle important dans l'institution de la Fête-Dieu.
4/06/2026
« Prenez et mangez-en tous ; ceci est mon corps, livré pour vous. » Même ceux qui n’ont assisté qu’une seule fois à la messe ne peuvent rester insensibles à cette phrase, si importante pour tout chrétien qui vit les sacrements. Dans ce petit morceau blanc et pur réside toute l’existence du Fils de l’Homme, qui parle et nourrit encore l’humanité. Aujourd’hui, nous le célébrons, ce Corps donné à toute l’humanité. Et tout cela pourrait même inspirer la crainte, à la seule pensée d’un tel mystère : un mystère trop grand pour chacun de nous. Pourtant, le Seigneur est simple, aimant, doux et, surtout, miséricordieux : se nourrir de lui, c’est le suivre. Ainsi, il nous offre la possibilité de participer à cette Cène où l’Eucharistie a été instituée. Et c’est précisément à la Cène, commémorée chaque Jeudi Saint, que nous devons nous référer pour comprendre le sens de cette solennité. C’est pour cette raison que la solennité du Très Saint Corps et Sang du Christ est célébrée un jeudi, précisément le jeudi qui suit une autre solennité, la Sainte Trinité, célébrée le dimanche après la Pentecôte (dans des pays comme l’Italie, où le jeudi de la Fête-Dieu n’est plus un jour férié dans le calendrier civil, les célébrations sont généralement déplacées au deuxième dimanche après la Pentecôte).
Concernant l'Eucharistie, nombreux sont les saints qui ont écrit des paroles marquantes de l'histoire de l'Église. Il est difficile de les départager, tant ils sont innombrables à avoir abordé ce thème essentiel dans leurs méditations. Peut-être vaut-il mieux commencer par les Docteurs de l'Église. Le premier qui me vient à l'esprit est saint Thomas d'Aquin, toujours considéré comme le « saint de l'Eucharistie », celui qui, selon la tradition, a dédié cinq hymnes eucharistiques à la liturgie de la Fête-Dieu. Thomas d'Aquin écrivait : « De même que la nourriture corporelle est indispensable à la vie, on ne peut vivre sans elle, la nourriture spirituelle est indispensable à la vie spirituelle, sans laquelle celle-ci ne peut se maintenir. » Et puis, il y a saint Augustin. Ses paroles sont véritablement fascinantes. Il décrit ainsi le pain de vie éternelle : « Unité, vérité, piété, charité. Un seul pain : qui est ce pain unique ? Bien que nombreux, nous formons un seul corps. Souvenez-vous que le pain n'est pas fait d'un seul grain de blé, mais de plusieurs. » En quelques mots forts et concis, l'évêque d'Hippone offre au lecteur fidèle un magnifique résumé de l'Eucharistie. D'un point de vue littéraire, il fait preuve d'une grande finesse dans le choix de ses mots. Il emploie le terme « pain » et l'associe à un grain de blé , ou plutôt à des grains de blé : l'unité de l'Église se trouve dans ce pain. Mais tournons-nous maintenant vers un autre saint et docteur de l'Église, saint Albert le Grand, qui écrit au sujet du Saint-Sacrement : « Il nous transforme en Corps du Christ, de sorte que nous sommes os de ses os, chair de sa chair, membres de ses membres. » Là encore, en d'autres termes, nous retrouvons l'unité de l'Église exprimée.
Saint François d'Assise et l'Eucharistie. L'association est parfaite , lui, « l'alter Christus ». Celui qui, devant l'Hostie consacrée, s'écria : « Que toute l'humanité tremble, que l'univers entier tremble, et que le ciel exulte, quand sur l'autel, dans la main du prêtre, le Christ, le Fils du Dieu vivant, est rendu présent. Ô admirable hauteur et stupéfiante condescendance ! Ô sublime humilité ! Ô humble sublimité, que le Seigneur de l'univers, Dieu et Fils de Dieu, s'abaisse à ce point à se cacher, pour notre salut, sous la maigre apparence du pain ! Contemplez, frères, l'humilité de Dieu, et ouvrez-lui vos cœurs. » Une prière qui devient une invitation pour tous les fidèles. Parmi les figures féminines, l'une des nombreuses était la carmélite sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, qui, dans ses écrits, a porté avec force le souvenir indélébile de sa première communion : « Ce jour-là, ce n'était plus un regard, mais une fusion : ils n'étaient plus deux, Thérèse avait disparu comme une goutte d'eau dans l'océan. » Comme toujours, sainte Thérèse était poétique et profonde.
Une autre femme, pourtant, dont on se souvient rarement, mérite une attention particulière, et plus encore aujourd'hui, en ce jour où nous célébrons l'Eucharistie. Il s'agit de sainte Julienne de Cornillon (vers 1192-1258), mystique augustinienne belge dont les visions ont joué un rôle déterminant dans l'établissement de la solennité de la Fête-Dieu. Dès l'âge de seize ans, Julienne commença à avoir des visions mystiques particulières. Dans l'une d'elles, elle vit une pleine lune traversée d'une bande sombre. Le Seigneur lui fit comprendre que la lune symbolisait l'Église sur terre, tandis que la bande sombre représentait l'absence d'une fête spécifique pour célébrer l'Eucharistie. Cette vision marqua le cheminement spirituel de la sainte, se répétant à maintes reprises, et devint pour Julienne une véritable mission à vivre et à poursuivre avec ténacité. Après quelques péripéties, grâce à la « complicité » de deux autres femmes, les bienheureuses Ève de Saint-Martin et Isabelle, plusieurs prêtres et théologiens (ainsi que quelques laïcs) s'impliquèrent dans l'entreprise. Ils contribuèrent à promouvoir la dévotion au Saint-Sacrement et obtinrent finalement l'instituement d'une fête en son honneur. Au départ, cette initiative ne fut pas bien accueillie, jugée trop révolutionnaire. Mais le Seigneur connaissait les temps et la voie à suivre : ainsi, en 1246, l'évêque de Liège, Robert de Thourotte, institua la solennité de la Fête-Dieu dans son diocèse. La nouvelle se répandit rapidement : la fête fut ensuite adoptée par d'autres diocèses à travers l'Europe. Une autre étape dans l'institution de cette solennité fut la bulle du pape Urbain IV, Transiturus de hoc mundo, par laquelle, en 1264, un an après le miracle eucharistique de Bolsena, la solennité de la Fête-Dieu fut instituée comme solennité de précepte pour l'Église universelle.