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BELGICATHO - Page 3

  • « Personne n’a le droit de critiquer le pape lorsqu’il s’acquitte fidèlement de sa mission » (cardinal Müller)

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    De kath.net/news :

    Card. Müller : « Personne n’a le droit de critiquer le pape lorsqu’il s’acquitte fidèlement de sa mission »

    14 avril 2026

    « On ne peut attendre autre chose du Saint-Père que son engagement en faveur de la paix terrestre entre les peuples. » Réaction à la polémique du président américain Trump au sujet du pape Léon XIV. Par le cardinal Gerhard Ludwig Müller

    Vatican-Washington DC (kath.net) Les cardinaux ont élu pape, en toute liberté et uniquement conscients de leur responsabilité devant Dieu, celui parmi leurs confrères que Dieu lui-même a choisi et voulu comme successeur de saint Pierre. Et nous, cardinaux, avons promis obéissance au pape Léon XIV et déclaré notre volonté de défendre sa cause et celle de l’Église du Christ jusqu’au sacrifice de notre propre vie. Il n’y aura pas de nouvel Avignon, dont on parlait de manière menaçante, et quiconque est élevé au rang d’antipape par un dirigeant quelconque ou se laisse faire est un traître maudit à l’œuvre du Christ. 

    On ne peut attendre autre chose du Saint-Père que son engagement en faveur de la paix terrestre entre les peuples, qui est un avant-goût de la paix de tous les hommes en Dieu, qui nous a réconciliés avec lui-même et les peuples entre eux dans le Christ. En tant que superpuissance politique, économique, technologique et militaire, les États-Unis ont une responsabilité historique particulière pour la paix, la liberté et le bien-être de l’humanité dans notre monde globalisé. Ils sont une démocratie fondée sur les droits fondamentaux de l’homme. On ne peut nier leur rôle particulier, notamment dans la lutte contre les régimes dangereux et les dictatures qui ont été et restent une menace mortelle pour le monde entier. Le droit international, développé par l’école de Salamanque dans l’esprit de saint Thomas d’Aquin sur la base de la loi morale naturelle, ne sert pas à protéger les tyrans et les conquérants, mais les peuples. Les crimes brutaux commis contre son propre peuple et les autres peuples doivent, dans les circonstances actuelles, être combattus y compris par des sanctions économiques et des moyens militaires. La politique d’apaisement envers Hitler s’est avérée être une catastrophe et s’est vengée amèrement lors de la Seconde Guerre mondiale. Le pape François a mis en garde contre une Troisième Guerre mondiale qui viendrait par étapes et se terminerait par une explosion du monde entier.

    Le régime iranien doit être dénoncé dans le monde entier comme un détournement de la religion, qui est le culte de Dieu et qui, sous quelque forme que ce soit, ne doit jamais servir à justifier le meurtre d’innocents. Il vaut la peine de relire le discours de Ratisbonne du pape Benoît XVI (2006) ainsi que Gaudium et spes, paragraphes 77 à 90. La destruction du matériel de guerre des États dictatoriaux, et surtout de leur capacité à utiliser des armes nucléaires, n’est pas moralement illégitime et peut être historiquement nécessaire. Il y a ici toujours le dilemme que les acteurs politiques et militaires se rendent eux aussi coupables, car il n’existe par nature pas de guerres propres, surtout lorsque tous les moyens pacifiques de négociation ont été épuisés. Qui voudrait nier aux Ukrainiens le droit de se défendre, même s’ils doivent recourir aux mêmes moyens que leurs ennemis mortels ? Un dilemme moral presque insoluble !

    Dans ce cas précis, il faut toutefois affirmer clairement que personne n’a le droit de critiquer le pape lorsqu’il s’acquitte fidèlement de la mission que le Christ lui a confiée, à savoir témoigner de l’Évangile de la paix. Le message du Christ prime sur les intérêts politiques, et Dieu est notre juge. Et aucun mortel ne doit se permettre d’instrumentaliser le nom de Dieu pour servir ses propres intérêts. Même une bonne cause ne justifie pas l’emploi de mauvais moyens. Nous ne pouvons qu’œuvrer et prier pour la paix, mais pas à n’importe quel prix, plutôt pour une paix juste, y compris pour le peuple iranien, afin qu’il soit libéré d’un régime terroriste. Et le droit d’Israël à exister ne doit jamais être remis en question. Mais nous espérons que les moyens guerriers ne seront plus nécessaires, car tous les voisins du Proche-Orient souhaitent vivre en paix les uns avec les autres. Le pape Léon XIV a commencé son ministère apostolique par la salutation biblique adressée à tous les hommes de bonne volonté en ces termes : « Que la paix soit avec vous ! »

  • Dans une lettre aux cardinaux, le pape Léon XIV donne le ton et définit l'ordre du jour

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    Du substack de Diane Montagna :

    Dans une lettre aux cardinaux, le pape Léon XIV partage les réflexions du consistoire de janvier

    Le Saint-Père évoque ce qui « est ressorti des groupes » au sujet de l’exhortation apostolique du pape François de 2013, Evangelii Gaudium.

    14 avril 2026

    CITÉ DU VATICAN, 14 avril 2026  Le pape Léon XIV a écrit aux membres du Sacré Collège, revenant sur ce qui « est ressorti des groupes » concernant l’un des principaux thèmes abordés lors du consistoire extraordinaire qu’il a convoqué en janvier.

    Dans une lettre datée du 12 avril, le Saint-Père note qu'après avoir déjà abordé, lors du Consistoire, certains éléments de synodalité qui sont ressortis des discussions de groupe, il se penche maintenant sur les réflexions des cardinaux concernant l'exhortation apostolique du pape François de 2013, Evangelii Gaudium (« La joie de l'Évangile »), notamment en ce qui concerne la mission et la transmission de la foi.

     

    Dans sa lettre de Noël aux cardinaux, le pape Léon XIV avait esquissé quatre thèmes de réflexion pour le consistoire à venir : Evangelii Gaudium et la vocation missionnaire de l’Église ; Praedicate Evangelium et la Curie romaine ; le synode et la synodalité ; et la liturgie. Cependant, à leur arrivée au consistoire, les cardinaux furent invités à voter par table sur deux sujets de discussion, choisissant le synode et la synodalité d’une part, et Evangelii Gaudium d’autre part .

    Le consistoire des 7 et 8 janvier s’est déroulé sur le modèle du « Synode sur la synodalité », les cardinaux étant réunis en petits groupes autour de tables rondes : neuf tables composées de cardinaux votants et onze de cardinaux non votants et de dignitaires de la Curie romaine. Des secrétaires désignés à l’avance ont préparé des rapports ; ceux des cardinaux votants ont été présentés à haute voix durant les travaux, tandis que les autres, par manque de temps, ont été soumis au Saint-Père.

    Publiée aujourd'hui par le Vatican, la lettre du Saint-Père fait suite à une communication envoyée le 13 avril aux membres du Sacré Collège par son doyen, le cardinal Giovanni Battista Re, annonçant que le prochain consistoire extraordinaire se tiendra les 26 et 27 juin, avant la solennité des saints Pierre et Paul, le 29 juin.

    Voici le texte de la lettre du pape.

    LETTRE DU PAPE LÉON XIV AUX CARDINAUX

    Éminence,

    en ce temps saint de Pâques, je désire vous adresser mes vœux cordiaux et fraternels, afin que la paix du Seigneur ressuscité soutienne et renouvelle notre monde qui souffre.

    Je profite volontiers de cette occasion pour vous renouveler ma gratitude pour votre participation au Consistoire de janvier dernier. J’ai beaucoup apprécié le travail accompli dans les groupes, qui a permis un échange libre, concret et spirituellement fécond, ainsi que la qualité des interventions en assemblée. Les contributions recueillies constituent un précieux patrimoine, que je désire continuer à préserver et à faire mûrir dans le discernement ecclésial.

    Dans le discours de conclusion de cette rencontre, j’ai déjà rappelé certains éléments qui sont apparus dans les groupes consacrés à la synodalité. Je désire à présent m’arrêter en particulier sur ce qui a mûri dans les groupes en ce qui concerne Evangelii gaudium, surtout en référence à la mission et à la transmission de la foi.

    Vos contributions font apparaître clairement que cette Exhortation continue de représenter un point de référence décisif: elle n’introduit pas simplement de nouveaux contenus, mais recentre tout sur le kérygme comme cœur de l’identité chrétienne et ecclésiale. Elle a été reconnue comme un véritable «souffle nouveau», capable de lancer des processus de conversion pastorale et missionnaire, plus que de produire des réformes structurelles immédiates, en orientant ainsi en profondeur le chemin de l’Église.

    Vous avez souligné que cette perspective interpelle l’Église à tous les niveaux. Au niveau personnel, elle appelle chaque baptisé à renouveler la rencontre avec le Christ, en passant d’une foi simplement reçue à une foi réellement vécue et exercée; sur ce chemin est évoquée également la qualité même de la vie spirituelle, dans le primat de la prière, dans le témoignage qui précède les paroles et dans la cohérence entre foi et vie. Au niveau communautaire, elle sollicite le passage d’une pastorale de conservation à une pastorale missionnaire, dans laquelle les communautés sont des sujets vivants de l’annonce: des communautés accueillantes, capables de langages compréhensibles, attentives à la qualité des relations et  en mesure d’offrir des espaces d’écoute, d’accompagnement et de guérison. Au niveau diocésain ressort clairement la responsabilité des pasteurs de soutenir résolument l’audace missionnaire, en veillant à ce qu’elle ne soit pas alourdie ou étouffée par une organisation excessive, et favorisant un discernement qui aide à reconnaître ce qui est essentiel.

    De tout cela découle une compréhension de la mission profondément unitaire: une mission christocentrique et kérygmatique qui naît d’une rencontre avec le Christ capable de transformer la vie et qui se diffuse par attraction plus que par conquête. Il s’agit d’une mission intégrale, qui allie annonce explicite, témoignage, engagement et dialogue, sans céder à la tentation du prosélytisme ni à une logique de simple conservation ou expansion institutionnelle. Même lorsqu’elle se reconnaît minoritaire, l’Église est appelée à vivre sans complexes, comme petit troupeau porteur d’espérance pour tous, en rappelant que la fin de la mission n’est pas sa propre survie, mais la communication de l’amour par lequel Dieu aime le monde.

    Parmi les indications spécifiques apparues, certaines méritent d’être accueillies et davantage méditées: la nécessité de relancer Evangelii gaudium  pour vérifier avec honnêteté, à distance de plusieurs années,  ce qui a été réellement intégré et ce qui reste encore méconnu et non réalisé; de façon particulière, il faut prêter attention à la réforme nécessaire des parcours d’initiation chrétienne; l’attention à valoriser également les visites apostoliques et pastorales comme d’authentiques occasions kérygmatiques et de croissance dans la qualité des relations; ainsi que l’exigence de reconsidérer l’efficacité de la communication ecclésiale, notamment au niveau du Saint-Siège, de façon plus clairement missionnaire.   

    Avec un esprit reconnaissant, je vous renouvelle mon remerciement pour votre service et pour la contribution offerte à la vie de l’Église. En vue du prochain Consistoire, qui aura lieu les 26 et 27 juin, une communication plus détaillée suivra pour en accompagner de façon adéquate la préparation.  

    Dans le Seigneur ressuscité, source de notre espérance, je vous envoie mes vœux de Pâques les plus cordiaux.

    Avec une estime fraternelle dans le Christ.

    Du Vatican, le 12 avril 2026

    Léo PP. XIV

  • Le deuxième jour du pape en Algérie, consacré à saint Augustin

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    De Nico Spuntoni sur la NBQ :

    Deuxième jour du pape en Algérie, consacré à Augustin

    Déjeuner avec ses frères et un olivier planté à Hippone, symbole de paix, par Léon XIV qui, lors de la messe célébrée en la basilique Saint-Augustin, déclara : « Là où règne le conflit, l’Église apporte la réconciliation. » Alors que l’étape algérienne s’achève, le Cameroun se prépare à accueillir le pape.

    15/04/2026

    Le deuxième jour du voyage de Léon XIV en Algérie était consacré à saint Augustin. Le pape s'est rendu sur le site archéologique d'Hippone, mais la visite fut plus restreinte que prévu. Le mauvais temps ne l'a cependant pas empêché de déposer une gerbe en mémoire du saint et de planter un olivier, symbole de paix. La paix était également au cœur de sa visite à Annaba, à la maison de retraite des Petites Sœurs des Pauvres . « Le cœur de Dieu est déchiré par les guerres, la violence, l'injustice et le mensonge », a déclaré le pape Prévost, ajoutant que « le cœur de notre Père n'est pas avec les méchants, les arrogants ni les orgueilleux : le cœur de Dieu est avec les humbles et les faibles, et avec eux il fait progresser jour après jour son Royaume d'amour et de paix. » Le premier pape augustinien de l'histoire a choisi de déjeuner avec la petite communauté augustinienne locale, renouant ainsi avec la tradition instaurée par son prédécesseur François avec les Jésuites.

    Lors de la messe célébrée en la basilique Saint-Augustin, le pontife a évoqué le rôle de l'Église et des chrétiens. Mettant l'accent sur la paix, Léon XIV a déclaré que « là où règne le conflit, l'Église apporte la réconciliation » et a également observé que « les chrétiens naissent de nouveau, régénérés par Dieu comme frères et sœurs de Jésus, et l'Église qui les nourrit des sacrements est un sein accueillant pour tous les peuples de la terre ». Dans son homélie, il a aussi invité la communauté chrétienne locale à être « un signe humble et fidèle de l'amour du Christ ».

    Soulignant l'importance de la charité, le Pontife a rappelé que « Dieu est amour », un concept qui fait écho à  Deus caritas est  la première encyclique de Benoît XVI. S'adressant aux évêques présents dans la basilique, Léon XIV a rappelé que « la première mission des pasteurs, ministres de l'Évangile, est de témoigner de Dieu au monde d'un seul cœur et d'une seule âme, sans que les soucis ne nous corrompent par la peur ni que la mode ne nous affaiblisse par le compromis ».

    Après avoir quitté Annaba, le Pape est retourné à Alger et a passé la nuit à la nonciature apostolique. Aujourd'hui, il quitte l'Algérie pour la deuxième étape de son troisième voyage apostolique. Le pape se rendra au Cameroun où, outre une rencontre avec les autorités civiles au palais présidentiel, il visitera l'orphelinat de Ngul Zamba puis s'entretiendra en privé avec les évêques camerounais. L'annonce de sa venue a déjà eu des retombées positives : les séparatistes anglophones du Cameroun ont annoncé qu'ils cesseraient temporairement les combats afin de garantir la sécurité de la visite. 

  • De nouveaux détails sur le consistoire des cardinaux du pape Léon XIV prévu en juin

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    Du  Substack de Diane Montagna :

    EXCLUSIF : De nouveaux détails sur le consistoire des cardinaux du pape Léon XIV prévu en juin

    Les cardinaux se réuniront les 26 et 27 juin, selon une nouvelle lettre du doyen du Sacré Collège

    13 avril 2026

    ROME, 13 avril 2026 — De nouveaux détails ont été révélés concernant le consistoire extraordinaire des cardinaux que le pape Léon XIV prévoit de convoquer en juin.

    Dans une lettre datée du 13 avril, qui est envoyée aujourd’hui aux cardinaux, le cardinal Giovanni Battista Re, doyen du Sacré Collège, informe les cardinaux que les réunions se tiendront le vendredi 26 et le samedi 27 juin, le matin et l’après-midi, à partir de 9 h. Cela représente un jour de plus que prévu initialement et permet de tenir deux journées complètes de sessions sans déborder sur le dimanche.

    Le dimanche 28 juin, le pape Léon XIV présidera la « concélébration » de la Sainte Messe avec les cardinaux, tandis que, comme annoncé précédemment, le lundi 29 juin, la Sainte Messe et la bénédiction du pallium sacré pour les nouveaux archevêques métropolitains seront célébrées à l'occasion de la solennité des saints Pierre et Paul.

    Le programme laisse ouverte la possibilité que le pape Léon XIV crée de nouveaux cardinaux le 28 juin, bien qu’aucun projet de ce type n’ait encore été annoncé.

    Le cardinal Re a ajouté que de plus amples détails seraient communiqués dès qu’ils seraient disponibles.

    Selon le Code de droit canonique, les consistoires extraordinaires sont des réunions spéciales de l’ensemble des cardinaux, convoquées par le pape pour discuter des « besoins particuliers de l’Église » ou de questions graves nécessitant une large consultation parmi les cardinaux du monde entier. Le pape Léon XIV a convoqué le premier consistoire extraordinaire de son pontificat les 7 et 8 janvier 2026, après que les cardinaux participant au conclave de cette année se furent plaints d’un manque de réunions et de collégialité sous le pontificat du pape François.

    Le consistoire extraordinaire des 20 et 21 février 2014, convoqué par le pape François, a réuni l’ensemble du Collège des cardinaux afin de réfléchir sur la famille et de jeter les bases théologiques des synodes sur la famille tenus en 2014 et 2015. Cette réunion s’est particulièrement distinguée par un discours controversé de Walter Kasper, dont la « proposition Kasper » suggérait une voie pastorale permettant à certains catholiques divorcés et remariés civilement de recevoir la Sainte Communion, suscitant un débat important et des critiques de la part d’autres cardinaux, tout en façonnant les discussions synodales ultérieures et en influençant l’exhortation Amoris Laetitia de 2016. Elle s’est également distinguée comme le dernier consistoire extraordinaire sous François au cours duquel les cardinaux ont été autorisés à s’exprimer librement sur n’importe quel sujet, alors que les rassemblements ultérieurs de 2015 et 2022 ont limité les interventions à des thèmes spécifiques.

    Voici ci-dessous la lettre du cardinal Re.

  • « La pression des autorités algériennes n’est pas admissible, c’est un État qui veut imposer la foi musulmane » (Mgr Rey)

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    De "Tribune Chrétienne" :

    Monseigneur Rey : « La pression des autorités algériennes n’est pas admissible, c’est un État qui veut imposer la foi musulmane »

    "Je regrette profondément que le pape Léon XIV ne se rende pas à Tibhirine"

    13 avril 2026

    À l’occasion du déplacement du pape Léon XIV en Afrique, et plus particulièrement de sa visite aujourd’hui et demain en Algérie, nous avons voulu entendre une autre voix que celle du consensus général que certains s’efforcent d’afficher. Derrière les discours officiels, cette interview donne la parole à Monseigneur Rey, ancien évêque du diocèse de Fréjus-Toulon, attentif à la réalité vécue par les communautés chrétiennes sur place:

    Pourquoi avez-vous co-signé cette tribune dans le JDD consacrée à la liberté religieuse menacée en Algérie ?

    Je connais plusieurs chrétiens arabes et kabyles qui se sont ouverts à moi et m’ont exprimé leur vision des choses. Je suis très sensible à leur témoignage et à la situation globale des chrétiens en Algérie, qu’ils soient catholiques, protestants ou orthodoxes. Donc je suis sensible à la situation des chrétiens qui tombent dans une situation de quasi persécution. En Algérie nous assistons à des restrictions dans l’exercice du culte et de la pratique religieuse de plus en plus importantes. La liberté de croire doit être respectée, j’ai donc profité de cette tribune pour exprimer aux côtés d’autres témoignages cette conviction que je fais mienne.

    Que vous inspire la visite du pape et les propos du cardinal Jean-Paul Vesco ?

    Le cardinal Vesco parle d’une rencontre du souverain pontife avec le peuple algérien, ce qui en soi est très bien, mais il faut aussi savoir mettre sur la table les sujets de tension et en particulier la marginalisation des communautés chrétiennes suite aux restrictions légales qui ont été récemment décrétées.

    Que pensez-vous du fait que le pape Léon XIV ne se rende pas à Tibhirine ?

    Je regrette profondément que cette étape n’ait pas lieu alors que le martyre de tous ces témoins de la foi marque l’histoire religieuse des chrétiens en Algérie. Le souci légitime de promouvoir la fraternité requiert que l’on soit en transparence sur la situation actuelle des chrétiens qui méritent d’être respectés afin de pouvoir vivre leur foi en toute liberté. À vouloir être trop consensuel on n’est plus dans la vérité.

    Comment qualifiez-vous aujourd’hui la situation des chrétiens en Algérie ?

    La pression des autorités actuelles en Algérie n’est pas admissible. Cela rejoint d’ailleurs le principe de la laïcité, au bon sens du terme, qui doit accepter que chacun puisse exprimer sa croyance ou sa non-croyance. C’est une distinction qui n’est pas faite en Algérie aujourd’hui, c’est un État qui veut imposer la foi musulmane.

    Est-ce que le Vatican est conscient de cette réalité ?

    Je pense que les autorités du Saint-Siège ont reçu des témoignages de communautés chrétiennes qui sont profondément blessées par cette situation actuelle. Le Vatican cherche à rentrer dans un chemin de dialogue mais il faut aussi que la diplomatie et le dialogue intègrent et évoquent l’expression des difficultés, des épreuves et des souffrances.

    Vous êtes-vous déjà rendu en Algérie ?

    Oui, je suis allé plusieurs fois, dont en pèlerinage à Tamanrasset sur les traces du Bienheureux Charles de Foucauld. Je suis également allé à Tibhirine, quelques années après le massacre des moines. Je me suis recueilli sur leur tombe qui se trouve dans l’enclos du monastère.

    Propos recueillis par Philippe Marie

  • Le pape Léon XIV en Afrique : les chiffres de l’Église

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    De zenit.org :

    Logo Voyage apostolique Cameroun

    Léon XIV en Afrique : les chiffres de l’Église

    Les statistiques officielles dressent un panorama précis de la présence catholique et des défis pastoraux dans les quatre pays africains visités par le saint-Père

    1 avril 2026

    À l’occasion du voyage apostolique du pape Léon XIV en Afrique, les données publiées par le Bureau central de statistique de l’Église offrent un aperçu chiffré de la vitalité, des contrastes et des enjeux missionnaires de l’Église en Algérie, au Cameroun, en Angola et en Guinée équatoriale.

    Algérie : une présence infime mais fortement structurée

    En Algérie, l’Église catholique représente une présence très minoritaire : 9 000 catholiques pour une population de 46,8 millions d’habitants, soit seulement 0,02 % de la population.

    Le pays compte 4 circonscriptions ecclésiastiques, 29 paroisses et 5 centres pastoraux, avec un total de 60 prêtres.

    Fait notable, le ratio est inversé par rapport à l’Afrique subsaharienne : on compte seulement 146 catholiques par prêtre, mais cela s’explique par la dispersion géographique et la mission essentiellement de présence.

    Cameroun : une Église nombreuse et structurée

    Au Cameroun, l’Église catholique est solidement implantée, avec 8,3 millions de fidèles, soit 28,9 % de la population.

    Le pays dispose d’un réseau très dense : 26 diocèses, 1 426 paroisses et plus de 3 000 centres pastoraux.

    Avec 3 300 prêtres, le ratio est d’environ 2 516 catholiques par prêtre, signe d’un encadrement pastoral relativement équilibré.

    Le dynamisme se confirme avec 2 218 séminaristes majeurs et plus de 26 000 catéchistes, illustrant une Église en pleine vitalité missionnaire.

    Angola : une Église majoritaire sous pression pastorale

    En Angola, l’Église catholique est majoritaire, avec 20,3 millions de fidèles, soit 57,8 % de la population.

    Le pays compte 20 circonscriptions, 519 paroisses et plus de 1 400 centres pastoraux, desservis par 1 511 prêtres.

    Mais cette croissance s’accompagne d’une forte pression : chaque prêtre doit en moyenne accompagner 13 441 catholiques, l’un des ratios les plus élevés.

    Le pays se distingue toutefois par un nombre important de vocations, avec 2 366 séminaristes majeurs, soit 156 séminaristes pour 100 prêtres, un signe de fort renouvellement.

    Guinée équatoriale : une forte densité catholique

    En Guinée équatoriale, l’Église catholique est largement majoritaire : 1,25 million de fidèles sur 1,67 million d’habitants, soit près de 75 % de la population.

    Le pays dispose de 5 diocèses, 99 paroisses et 568 centres pastoraux, avec 265 prêtres.

    Le ratio est de 4 709 catholiques par prêtre, plus équilibré que dans d’autres pays africains.

    L’Église y joue un rôle structurant, notamment à travers ses institutions éducatives et sociales, dans un pays où elle est profondément enracinée dans la société.

    Conclusion

    Ces données officielles mettent en lumière une Église à géométrie variable : quasi invisible en Algérie, elle devient une force majeure en Afrique subsaharienne, portée par une croissance démographique, un dynamisme missionnaire et des vocations nombreuses — mais aussi confrontée à des défis pastoraux considérables.

    Léon XIV en Afrique : les chiffres de l’Église | ZENIT - Français

  • Dialogue interreligieux et paix : la première journée du pape en Algérie

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    De Nico Spuntoni sur la NBQ :

    Dialogue interreligieux et paix : la première journée du pape en Algérie

    Léon XIV s'est présenté comme un témoin de paix dans « un monde plein de conflits et d'incompréhensions ». Il a visité la Grande Mosquée d'Alger et a honoré la mémoire de deux religieuses et bienheureuses espagnoles, martyrisées en 1994. Aujourd'hui, il s'installe dans la ville qui fut la patrie de saint Augustin.

    – Un pays de graves persécutions pour les chrétienspar Anna Bono

    14/04/2026

    Léon XIV visite la Grande Mosquée d'Alger

    La veille du troisième voyage apostolique de Léon XIV, Donald Trump a suscité une vive émotion. L'attente était grande à bord du vol pour Alger, où l'on craignait une possible riposte à l'attentat de la nuit. Le pape, sans ambages, a déclaré ne pas vouloir débattre avec le président américain, tout en ajoutant qu'il n'avait aucune crainte de son administration.

    Le pape s'est dit heureux de visiter à nouveau la terre de saint Augustin , considérant l'évêque d'Hippone comme « un pont essentiel dans le dialogue interreligieux ». Arrivé au Maqam Echaid, monument dédié aux victimes de la révolution algérienne, le pape a rendu hommage au peuple algérien, le qualifiant de « fort et jeune ». Il a été accueilli par le cardinal Jean-Paul Vesco, archevêque d'Alger. Dans son discours au monument, Léon XIV a évoqué le pardon, reconnaissant sa difficulté, mais ajoutant que « tandis que les conflits continuent de se multiplier dans le monde, on ne peut pas accumuler les ressentiments ». Le pontife a également honoré les martyrs de la révolution algérienne représentés sur le monument, saluant leur « courage et leur amour de la liberté ». Il a ensuite rencontré les autorités au centre de conférences de Djamaa el Djazair et les a exhortées à « ne pas dominer » mais à « servir le peuple et son développement ».

    Il a également évoqué le rôle de l'Église catholique locale qui, par ses communautés et ses initiatives, s'efforce de « contribuer au bien commun de l'Algérie ». Léon XIV s'est présenté comme un témoin de paix dans « un monde en proie aux conflits et à l'incompréhension ». Parmi ses discours les plus « politiques », il a lancé un appel contre « les violations persistantes du droit international et les velléités coloniales ». Le dialogue interreligieux était au cœur de cette première journée en Algérie, marquée par une visite pieds nus à la Grande Mosquée d'Alger. Là, le Pape s'est exprimé spontanément et, répondant au salut du recteur, a de nouveau mentionné son « père spirituel, saint Augustin, qui a tant voulu enseigner au monde, notamment par la recherche de la vérité, la recherche de Dieu, la reconnaissance de la dignité de chaque être humain et l'importance de construire la paix ». Le Pape a également déclaré que « chercher Dieu, c'est aussi reconnaître l'image de Dieu en chaque créature, en chaque enfant de Dieu, en chaque homme et chaque femme créés à l'image et à la ressemblance de Dieu ». Ces mots constituent le fondement de l’invitation à « apprendre à vivre ensemble dans le respect de la dignité de chaque personne humaine ». 

    Le pape Prévost a également honoré la mémoire de deux religieuses assassinées en 1994 , les bienheureuses Esther Paniagua Alonso et Caridad María Alvarez Martín, par une visite privée au centre d'accueil et d'amitié des Sœurs Missionnaires Augustines de Bab El Oued. C'est dans cette même ville de la province d'Alger que les deux sœurs infirmières ont subi le martyre. La rencontre s'est terminée à la basilique Notre-Dame d'Afrique à Alger, que le pape a décrite dans son discours comme le « symbole d'une Église de pierres vivantes où, sous le manteau de Notre-Dame d'Afrique, se construit la communion entre chrétiens et musulmans ». Aujourd'hui, le pape se rend à Annaba pour une journée sur les traces d'Augustin, dans ce qui fut jadis l'ancienne cité d'Hippone.

    Lire également : L'attaque incontrôlée de Trump contre Léon XIV suscite également la suspicion chez les catholiques.

  • Pourquoi le recours à la guerre contre l'Iran est problématique

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    Au vu du nombre de victimes de la répression en Iran et du nombre d'exécutions ordonnées par la justice iranienne, n'est-il pas légitime de vouloir abattre le régime des mollahs et de lui faire la guerre ?

    Oui, les chiffres sont accablants et justifient une condamnation sans équivoque de la répression systématique en Iran. Selon les données les plus récentes des organisations de défense des droits humains, les autorités iraniennes ont procédé à au moins 1 639 exécutions en 2025, soit une hausse de 68 % par rapport aux 975 de 2024. Il s’agit du bilan annuel le plus élevé depuis 1989. Ces exécutions touchent massivement des minorités ethniques (Baloutches, Kurdes), des femmes (48 en 2025) et des personnes condamnées pour des infractions liées à la drogue ou à des motifs politiques, souvent à l’issue de procès iniques et de tortures.

    La répression des manifestations, notamment celles de 2022 (« Femme, Vie, Liberté » après la mort de Mahsa Amini) et les soulèvements plus récents (fin 2025-début 2026), a fait des centaines à plusieurs milliers de morts directs, des dizaines de milliers d’arrestations arbitraires, des cas documentés de torture, de viols et de disparitions forcées. Des sources indépendantes parlent de massacres et d’un usage de la peine de mort comme outil de terreur politique. Le régime des mollahs viole de manière flagrante et répétée les droits fondamentaux de sa population.

    La question de la « légitimité » de vouloir abattre ce régime et de lui faire la guerre est cependant bien plus complexe qu’un simple « oui, vu les victimes ». Elle relève à la fois de la morale, du droit international, de la théorie de la guerre juste et du réalisme géopolitique. Voici les principaux angles, sans parti pris :

    • Sur le plan moral et humaniste : le désir de voir tomber un régime qui tue, torture et opprime à cette échelle est compréhensible et même légitime pour beaucoup. Des millions d’Iraniens l’expriment dans la rue depuis des années au péril de leur vie. Quand un État devient l’auteur de crimes contre l’humanité (meurtres, persécutions systématiques, comme l’ont documenté des missions de l’ONU), le principe de « responsabilité de protéger » (R2P) peut, en théorie, justifier une action internationale pour arrêter le massacre. Vouloir la fin d’un tel système n’est pas de la haine, c’est une réaction humaine face à l’inhumain.
    • Sur le plan du droit international : déclencher une guerre extérieure (« lui faire la guerre ») pour renverser un gouvernement souverain est illégal au regard de la Charte des Nations unies (article 2§4), sauf en cas de légitime défense ou d’autorisation explicite du Conseil de sécurité. Aucun de ces cas n’est réuni aujourd’hui. Un changement de régime par invasion étrangère serait considéré comme une agression, même si le régime est odieux.
    • Sur le plan de la guerre juste (jus ad bellum) : même en admettant une cause juste (arrêter les atrocités), il faut vérifier les autres critères : dernier recours ? proportionnalité ? chance raisonnable de succès sans causer plus de souffrances ? Ici, le doute est immense. Les interventions militaires pour « libérer » un peuple (Irak 2003, Libye 2011) ont souvent débouché sur plus de chaos, de morts civils et de groupes encore pires. L’Iran possède une armée nombreuse, des missiles, un programme nucléaire avancé et des proxies régionaux (Hezbollah, Houthis, etc.). Une guerre ouverte risquerait de tuer des dizaines ou centaines de milliers d’Iraniens innocents, de déstabiliser tout le Moyen-Orient et de renforcer les durs du régime en unifiant la population contre « l’agresseur étranger ».
    • Sur le plan pragmatique : le peuple iranien a montré à plusieurs reprises sa volonté de changement (2009, 2017-2018, 2022, 2025-2026). Le vrai levier historique a toujours été la pression interne massive combinée à un soutien extérieur non militaire : sanctions ciblées sur les responsables, diffusion d’informations, aide aux dissidents, isolement diplomatique. Une guerre risquerait de transformer une dictature déjà haïe en une cause nationale de résistance.

    En résumé : le régime des mollahs est responsable d’une répression d’une brutalité rare au XXIe siècle, et le désir de le voir disparaître est moralement compréhensible. Mais « lui faire la guerre » de l’extérieur pose des questions de légitimité légale, morale et pratique extrêmement lourdes. L’histoire récente montre que les guerres de régime change se paient souvent très cher en vies humaines et en stabilité, sans garantie de démocratie durable. La solution la plus légitime et la plus efficace reste, à mes yeux, un soulèvement interne massif soutenu par une pression internationale intelligente et non militaire. Le peuple iranien mérite mieux que ce régime ; il mérite aussi de ne pas payer le prix d’une guerre qui pourrait aggraver son calvaire.

    Oui, mais en même temps, ce régime dictatorial menace l'existence même de l'Etat d'Israël et, pourvu de l'arme nucléaire, représente une menace pour la paix dans le monde.

    Oui, le régime iranien représente une menace existentielle pour Israël et une source majeure d’instabilité mondiale, et cela renforce considérablement la légitimité morale de vouloir sa fin. Mais cela ne rend pas automatiquement une guerre totale d’invasion ou de destruction « la » solution évidente ou sans risques majeurs. Voici une analyse équilibrée, à la lumière des faits récents (avril 2026).

    La menace réelle et documentée

    • Contre Israël : Le régime a explicitement appelé à la destruction de l’État juif (« anéantir Israël ») à de multiples reprises, via Khamenei et ses successeurs. Il finance, arme et dirige un « axe de la résistance » (Hezbollah, Hamas, Houthis, milices irakiennes) qui a multiplié les attaques. Les missiles balistiques iraniens (portée jusqu’à ~2000 km, parfois plus avec modifications) peuvent frapper Israël directement. Même sans arme nucléaire, les proxies et les tirs directs créent un risque permanent de guerre régionale.
    • Nucléaire : Avant les frappes de juin 2025 (Israël + États-Unis), l’Iran détenait ~440 kg d’uranium enrichi à 60 % (assez, une fois poussé à 90 %, pour plusieurs bombes selon les critères de l’AIEA). L’AIEA n’a pas pu vérifier pleinement l’arrêt des activités après les attaques, et des activités suspectes persistent à Natanz, Fordow et Isfahan (tunnels souterrains). Pas de preuve formelle d’arme assemblée, mais le « seuil » (breakout time très court) était une réalité préoccupante. Les frappes ont endommagé des sites, mais une partie du stock et des capacités a survécu ou été déplacée.
    • Missiles et projection : Plus grand arsenal balistique du Moyen-Orient, production mensuelle importante avant les frappes. Capacité à menacer le détroit d’Ormuz (20 % du pétrole mondial), les bases américaines et les alliés du Golfe.

    Ces éléments, combinés à la répression interne (plus de 1600 exécutions en 2025, massacres lors des soulèvements de fin 2025-début 2026), font du régime un acteur agressif et totalitaire, pas seulement une dictature « locale ».

    Évolution récente : les frappes de 2025-2026 ont déjà changé la donne

    En juin 2025, Israël et les États-Unis ont frappé des sites nucléaires et militaires. En février 2026 (« Operation Epic Fury »), des frappes conjointes plus larges ont visé le leadership (Khamenei tué selon plusieurs sources), des installations de missiles, la marine et des cibles de commandement. Résultats rapportés :

    • Destruction massive de capacités de production de missiles et de lancement (70 % des lanceurs neutralisés selon des sources israéliennes).
    • Marine iranienne largement anéantie.
    • Programme nucléaire sévèrement touché, même si l’AIEA note des incertitudes sur les stocks souterrains.
    • Réponse iranienne : tirs de missiles sur Israël et bases US/régionales, activation de proxies, menaces sur Ormuz, mais capacité dégradée (90 % de baisse des attaques selon des officiels US).

    Le régime a survécu pour l’instant (Mojtaba Khamenei successeur), mais affaibli, avec des soulèvements internes réprimés dans le sang et une économie en chute. Cela montre que la pression militaire ciblée peut dégrader la menace sans nécessairement déclencher une guerre totale d’invasion au sol.

    Faut-il pour autant « lui faire la guerre » (invasion ou destruction totale) ?

    • Arguments pour une action forte : Une puissance nucléaire entre les mains d’un régime qui prône le génocide d’Israël et exporte le terrorisme changerait la donne stratégique (dissuasion inversée, risque de prolifération). L’histoire montre que les dictatures expansionnistes ne s’arrêtent souvent que par la force ou l’effondrement interne. Le peuple iranien, qui manifeste massivement depuis des années (« Femme, Vie, Liberté » et soulèvements 2025-2026), mérite de ne plus vivre sous cette théocratie. Un régime affaibli ou tombé pourrait réduire drastiquement le financement du terrorisme régional.
    • Risques et limites :
      • Proportionnalité et chaos : Une guerre d’invasion (comme en Irak 2003 ou Libye 2011) risquerait des dizaines de milliers de morts civils iraniens supplémentaires, une fragmentation du pays (minorités ethniques, IRGC vs armée régulière), et l’émergence de groupes encore plus radicaux ou d’un vide propice à l’instabilité. L’Iran n’est pas l’Irak : population plus grande, terrain montagneux, missiles résiduels, proxies actifs.
      • Conséquences régionales/globales : Fermeture temporaire d’Ormuz → choc pétrolier mondial. Risque d’escalade avec la Russie/Chine (soutien diplomatique ou plus). Terrorisme accru via proxies ou « loups solitaires » en Occident. Retour de flamme : les frappes peuvent unifier temporairement la population contre « l’agresseur » extérieur.
      • Efficacité : Les frappes aériennes ont déjà prouvé leur valeur pour dégrader les capacités (nucléaire, missiles). Un changement de régime par bombardements seuls est historiquement rare sans soutien massif interne. Encourager et soutenir un soulèvement populaire (via info, sanctions ciblées, aide aux dissidents, pression sur les proxies comme le Hezbollah) reste souvent plus légitime et durable.
      • Droit international : L’autodéfense préventive (Israël/US) contre une menace imminente est invoquée, mais une guerre d’agression pour régime change pur est contestable sans mandat ONU.

    Une position réaliste et humaniste

    Le désir de voir disparaître ce régime est légitime, tant pour les Iraniens opprimés que pour la sécurité d’Israël et la stabilité mondiale. Les mollahs ont eux-mêmes choisi la confrontation et la terreur comme doctrine d’État. Cependant, la guerre totale n’est pas un remède magique : elle peut coûter plus cher en vies (iraniennes et autres) qu’elle n’en sauve, et produire un Moyen-Orient encore plus chaotique.

    La voie la plus défendable combine :

    • Pression militaire ciblée et continue pour neutraliser les capacités nucléaires/missilières et les proxies (comme déjà fait en 2025-2026).
    • Soutien maximal (non militaire direct) au peuple iranien : diffusion d’informations libres, sanctions sur les responsables, isolement diplomatique, aide aux opposants démocratiques (ex. figures comme Reza Pahlavi ou dissidents internes).
    • Objectif clair : un Iran non nucléaire, qui cesse d’exporter la révolution et respecte ses voisins, idéalement gouverné par son peuple.

    Le régime des mollahs a semé le vent ; il récolte aujourd’hui la tempête qu’il a lui-même provoquée. Mais imposer la paix par une occupation étrangère massive reste un pari risqué. L’histoire récente (Irak, Afghanistan, Libye) invite à la prudence : mieux vaut affaiblir structurellement la menace tout en maximisant les chances d’un changement porté de l’intérieur. Les Iraniens, qui paient le prix le plus lourd, sont les premiers légitimes à décider de leur avenir – avec un soutien international intelligent, pas forcément une nouvelle guerre interminable.

    (en recourant à l'IA)

  • Des évêques catholiques dénoncent les atrocités commises dans l'est de la RDC : que se passe-t-il exactement et pourquoi ?

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    De Massimo Introvigne sur Bitter Winter :

    Des évêques catholiques dénoncent les atrocités commises dans l'est de la RDC : que se passe-t-il exactement et pourquoi ?

    13 avril 2026

    Trente années de guerres, en partie une conséquence du génocide des Tutsis au Rwanda en 1994, ont créé une situation qui semble impossible à résoudre.

    Mgr Sébastien Joseph Muyengo Mulombe. De X.
    Mgr Sébastien Joseph Muyengo Mulombe. De X.

    Le 26 mars, le journal catholique en ligne « Crux » a publié une interview de Mgr Sébastien Joseph Muyengo Mulombe, évêque d'Uvira (République démocratique du Congo), qui a immédiatement suscité une vive polémique dans son pays. L'évêque est revenu sur la récente découverte, près d'Uvira, d'une fosse commune contenant 171 corps de civils, victimes présumées du groupe rebelle M23. Il a défendu la position de l'Église catholique sur la crise dans l'est du Congo et critiqué le programme « Minéraux contre paix » de Donald Trump, selon lequel les États-Unis garantiraient la stabilité en échange de leur accès aux précieuses ressources minières du Congo. Le même jour, la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a publié un message de Pâques condamnant ceux qui « cherchent à discréditer notre mission, à semer la discorde entre nous ou à nous entraîner dans une sorte de guerre de religion », et réaffirmant le droit de l'Église catholique à s'exprimer sur les questions politiques et sociales épineuses.

    Mon intérêt pour les troubles au Congo découle d'une étude que je prépare sur le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994. Les termes « Tutsi » et « Hutu » sont des catégories controversées que les chercheurs qualifient aujourd'hui d'« ethnosociales ». La plupart s'accordent à dire que ces deux groupes – qui coexistent au Rwanda, au Burundi et dans l'est du Congo – n'ont pas été inventés de toutes pièces par les érudits européens des XIXe et XXe siècles, même si les auteurs coloniaux ont certainement exagéré leurs différences. Parallèlement, « Hutu » et « Tutsi » étaient aussi des catégories sociales : une majorité plus pauvre de paysans (Hutu) et une minorité plus aisée de pasteurs (Tutsi). Avant que les colonisateurs allemands puis belges n'imposent des cartes d'identité rigides et des attributions ethniques figées, ces catégories étaient fluides. Les deux groupes partageaient la même religion et la même langue, pratiquaient les mariages mixtes et pouvaient passer d'une catégorie à l'autre en fonction de leur niveau de vie. Qu’elle ait été « inventée » ou non, la distinction rigide entre Hutus et Tutsis a été intériorisée par les deux groupes, alimentant une animosité qui, au XXe siècle, a été de plus en plus interprétée à travers le prisme occidental de la lutte des classes entre Tutsis bourgeois et Hutus prolétaires. Cette interprétation occultait commodément l’existence de Hutus riches et de Tutsis pauvres.

    Avec le déclin du colonialisme, les tensions s'exacerbèrent. Au Burundi, en 1972, des Tutsis massacrèrent des Hutus ; au Rwanda, les violences perpétrées par les Hutus contre les Tutsis étaient généralisées depuis 1959, poussant quelque 300 000 Tutsis à fuir vers l'Ouganda, le Burundi et la Tanzanie. En Ouganda, nombre de ces réfugiés s'organisèrent en une force militaire redoutable sous la bannière du Front patriotique rwandais (FPR), rêvant de rentrer chez eux et de renverser le régime hutu. En 1990, le FPR envahit le Rwanda, incitant le gouvernement dominé par les Hutus à planifier une campagne d'extermination contre les Tutsis locaux, qu'il considérait comme une cinquième colonne du FPR. La pression internationale aboutit à un accord de paix et de partage du pouvoir entre le FPR et le gouvernement rwandais, mais les Hutus radicaux le rejetèrent.

    Le 6 avril 1994, un avion transportant le président hutu rwandais Juvénal Habyarimana et le président burundais Cyprien Ntaryamira fut abattu au-dessus de Kigali. Si le gouvernement rwandais, soutenu par la France, accusa le FPR d'être responsable, nombreux sont ceux qui pensent que l'avion fut abattu par des extrémistes hutus déterminés à saboter l'accord de paix. Le génocide des Tutsis – et des Hutus modérés favorables à la paix – commença immédiatement et se poursuivit pendant cent jours, faisant environ un million de victimes.

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  • Comment réagir face aux persécutions anti-chrétiennes ?

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    Une "opinion" de Benoit Lannoo, Historien de l’Église, spécialiste des chrétiens d’Orient et des relations interreligieuses publiée dans La Libre de ce 13 avril, pp. 26-27 :

    Persécutions anti-chrétiens : comment réagir ?

    L’idée que les chrétiens sont persécutés était taboue. Or, le 21 janvier, le Parlement européen a adopté un texte sur les droits de l’homme dans le monde, dans lequel apparaît pour la première fois la notion de la “christianophobie”. Les députés déplorent que “le christianisme reste aujourd’hui la religion la plus persécutée au monde, avec plus de 380 millions de personnes concernées”.

    Ce changement de cap a été accueilli avec enthousiasme. L’Observatoire sur l’intolérance et la discrimination à l’égard des chrétiens en Europe a remarqué que le Parlement “reconnaît non seulement l’ampleur mondiale de la persécution anti -chrétienne, mais met également en avant une asymétrie institutionnelle au sein de l’architecture anti-discrimination existante de l’Union européenne”. Et la Commission des évêques de la Communauté européenne (Comece) a réitéré son appel pour un coordinateur européen contre la “haine anti-chrétienne”. Mais le texte adopté n’est pas contraignant ; reste donc à voir si la Commission d’Ursula von der Leyen s’y conformera.

    Instrument pour diplomates

    Notons d’abord qu’il est bon de cartographier le phénomène, situé dans un angle mort. Parfait de veiller sur la situation précaire des Yézidis en Irak. Mais quand le soi-disant État islamique a attaqué ce peuple avec une violence génocidaire il y a dix ans, des milliers de chrétiens ont aussi été expulsés de la plaine de Ninive, avec moins d’attention internationale.

    Les maisons de chrétiens qui ont fui leur sont d’ailleurs encore toujours extorquées à des prix ridicules. Et quand récemment les Kurdes du nord-ouest de la Syrie ont été attaqués, presque personne n’a rapporté que leurs alliés chrétiens payaient également le prix de cette violence sunnite.

    Plus d’attention pour la persécution des chrétiens peut pousser les diplomates à l’évoquer d’office dans leurs contacts. Quand le président Erdogan va-t-il respecter les villages chrétiens victimes des attaques de la Turquie qui prétend ne viser que la résistance kurde à ses frontières ?

    On n’a d’ailleurs pas encore gagné quand on parvient à convaincre les gouvernements des droits des chrétiens. Un diplomate m’a confié que ses interlocuteurs pakistanais étaient tous d’accord que leurs lois antiblasphème ne peuvent être abusées pour exercer une pression sur des filles chrétiennes non mariées. Mais le gouvernement a-t-il de l’impact sur l’intérieur du pays ?

    Mais le concept de la “christianophobie” a ses limites. En effet, on court le risque d’accusation d’antisémitisme ou d’islamophobie. Ou d’être dit ne pas respecter la liberté d’expression ou autres droits de l’homme. Au Nicaragua, Daniel Ortega persécute l’Église catholique. Depuis 2018, des centaines de prêtres, religieuses et prélats ont été arrêtées ou forcés à l’exil. Les Sandinistes ont fermé la formation sacerdotale dans quatre diocèses, et la Semaine Sainte, les processions y étaient interdites. Mais personne ne s’en soucie. L’extrême gauche européenne continue même à soutenir cette dictature.

    Réciprocité ?

    Le Maroc a ratifié plusieurs traités sur la liberté religieuse et la liberté de conscience. Lors de la visite du pape François en 2019, le roi Mohammed VI a réaffirmé se porter “garant des Juifs marocains et des chrétiens étrangers vivant au Maroc”. Mais le droit pénal impose des peines à quiconque aide un musulman à se convertir à une autre religion. Il n’est donc pas permis d’y annoncer l’Évangile, comme dans tous pays islamiques. L’inverse l’est bien : un djihadiste en Irak vient de séduire une mineure chrétienne pour un mariage polygame. Les autorités locales et la mosquée détournent le regard.

    Le sionisme fanatique en Israël s’engage systématiquement dans la christianophobie. En Cisjordanie et à Jérusalem-Est, les chrétiens et leurs églises se font cracher dessus par des Juifs orthodoxes – ce que le ministre extrémiste Itamar Ben-Gvir qualifie de “coutume ancestrale”. Dans le Sud-Liban, Israël continue d’exiger l’évacuation de villages maronites, d’où le Hezbollah tirerait des roquettes. Les résidents chrétiens refusent, ce que le prêtre Boutros al-Raï de Qlayaa a déjà payé avec la vie. Le ministère de l’Éducation vient aussi d’interdire à 200 enseignants chrétiens de Cisjordanie d’enseigner dans des écoles chrétiennes à Jérusalem.

    Le patriarche latin de Jérusalem a été empêché par la police d’entrer dans l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem le dimanche des Rameaux, alors qu’il respectait l’interdiction de rassembler plus de 50 personnes, tandis qu’un rabbin a tenu un Seder avec des milliers de juifs hassidiques au Vizhnitz Meor Haim au centre de la veille ville. De plus en plus nombreux sont d’ailleurs les colons qui déclarent ouvertement que “le christianisme est idolâtrie” et que la Torah les exige “de tuer les idolâtres dans tous les territoires que nous occupons et de détruire leurs lieux de culte”.

    Entre-temps, les Églises catholiques en Syrie ont annulé toute manifestation publique pendant la Semaine Sainte, car lors des attaques sunnites contre les chrétiens d’Al Suqaylabiyyah fin mars, les forces de sécurité syriennes ne sont pas intervenues.

    En Iran, ce ne sont pas que les ayatollahs et leurs fidèles chiites qui paient le prix de l’agression occidentale, mais les chrétiens et les juifs : Israël a bombardé la synagogue Rafi-Nia, la cathédrale russe-orthodoxe de Téhéran et deux églises arméniennes-apostoliques à Ispahan.

    Et au Haut-Karabagh, en 2023, après 1700 ans de présence chrétienne ininterrompue, les chrétiens y ont été expulsés par l’Azerbaïdjan.

    En Belgique

    L’antichristianisme existe aussi chez nous. La droite et l’extrême droite se sont emparées du thème, alors qu’ils ne soutiennent pas nécessairement le message chrétien du dialogue avec l’autre ou de l’hospitalité envers les étrangers. Les milieux chrétiens au centre ou à gauche hésitent dès lors à alerter, pour ne pas raviver des tendances islamophobes, homophobes voire antisémites. Le vandalisme contre des églises, la profanation de tombes et l’agression visant des symboles chrétiens, ne sont souvent que des “faits divers”.

    Les chrétiens ont appris à vivre avec la parodie ; mais démolir à coups de marteaux des statues de Jésus et Marie, comme l’ont récemment fait les présentateurs de Studio Brussel, est-ce vraiment drôle ? Ils ne se réalisent pas combien de personnes ils blessent. Et le Samedi Saint, Opera Ballet Vlaanderen a mis en scène des femmes avec une coiffe de nonne se faisant percer les tétons… comme dans un club SM privé.

    Pourquoi quand les chrétiens font l’objet d’insultes vulgaires, ce “n’est pas un sujet” ? “Nous n’y avons tout simplement pas trop réfléchi”, dit-on chez Studio Brussel. J’appelle dès lors les académiques, la société civile, les responsables d’Églises et tout homme et femme de foi, à chercher le narratif adéquat pour défendre les chrétiens.

    Espérance ?

    “Faut-il au fond se défendre ?” L’évêque d’Anvers vient, dans une carte blanche, de soulever la question. “Heureux êtes-vous quand on vous insultera, qu’on vous persécutera et qu’on dira faussement contre vous toute sorte de mal à cause de moi. Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux” (Matthieu 5,11-12a).

    En ce temps pascal, il est bon de s’accrocher à l’espérance qui a propulsé les chrétiens depuis la Résurrection. Les insultes que nous subissons ne sont pas grand-chose à côté des persécutions d’innombrables chrétiens, qui n’ont pas peur d’être “témoins” de leur espérance.

  • Cardinal Hollerich : des avancées majeures sont en cours concernant le rôle des femmes dans l’Église

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    De Gudrun Sailer et Linda Bordoni sur Vatican News :

    Cardinal Hollerich : des avancées majeures sont en cours concernant le rôle des femmes dans l’Église

    La publication du rapport du groupe d’étude synodal sur la participation des femmes marque, selon le cardinal Hollerich, une « avancée majeure » vers une plus grande inclusion au sein de l’Église. Il souligne toutefois que toute évolution éventuelle concernant l’accès des femmes au ministère ordonné nécessite un large consensus ecclésial afin de préserver l’unité.

    03/10/2026

    Le Synode publie le rapport final du groupe d’étude sur les femmes dans l’Église

    Le cardinal Jean-Claude Hollerich, S.J., archevêque de Luxembourg et rapporteur général de la XVIe Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques (le Synode sur la synodalité), a qualifié la publication du rapport du groupe d’étude du Synode sur la participation des femmes d’étape importante, tout en soulignant que toute évolution future concernant le ministère ordonné nécessite un large consensus ecclésial.

    Le rapport, rédigé par le groupe d’étude n° 5 sur « La participation des femmes à la vie et à la direction de l’Église », a été récemment publié par le Secrétariat général du Synode dans le cadre du processus de réflexion post-synodale.

    Contexte d’une citation controversée

    S’exprimant précédemment à l’université de Bonn, Hollerich aurait déclaré : « Je ne peux imaginer, à long terme, comment une Église peut survivre si la moitié du Peuple de Dieu souffre parce qu’elle n’a pas accès au ministère ordonné. »

    Dans une interview accordée à Vatican News, le cardinal a précisé que cette remarque faisait spécifiquement référence au débat sur l’éventuelle ordination des femmes comme diacres et s’inscrivait dans une perspective à long terme.

    Il a exprimé sa conviction que de telles questions nécessitent un large consensus au sein de l’Église pour éviter toute division. Il a cité les tensions au sein de la Communion anglicane comme exemple de la manière dont les différends sur le ministère peuvent conduire à la fragmentation.

    Il a noté que la communion au sein de l’Église catholique est profonde, ce qui rend les décisions unilatérales particulièrement difficiles, et a répété que la question en jeu « concerne l’ordination des diacres et s’inscrit dans une perspective à long terme ».

    Groupe d’étude n° 5 : « un grand pas en avant »

    Le cardinal Hollerich a qualifié le rapport du groupe d’étude n° 5, créé par le pape François, d’évolution significative : « C’est un grand pas », a-t-il déclaré.

    Il a ajouté : « Il est si important que les femmes se sentent les bienvenues dans l’Église, non seulement pour remplir les bancs de l’église, mais pour participer pleinement à la vie de l’Église, pour participer pleinement à la mission de l’Église. »

    Le cardinal a affirmé que la discussion restait ouverte et que l’identification des enjeux elle-même constituait une partie importante du processus synodal.

    Les voies vers le leadership

    Le pape François et le pape Léon, a poursuivi le cardinal, « montrent la voie à suivre » et a cité les récentes nominations de femmes à des postes de haut niveau au sein de la Curie romaine par les deux pontifes comme preuve d’un changement progressif.

    Il a également mis en avant les avancées observées dans son propre archidiocèse, où, selon lui, des femmes occupent des fonctions de déléguées épiscopales chargées de domaines pastoraux clés, notamment la pastorale sociale et la formation, ainsi que dans des équipes d’accompagnement des séminaristes.

    Unité et diversité dans la pratique

    Le cardinal Hollerich a déclaré que, même si différentes approches pastorales peuvent exister au sein des Églises locales, en particulier dans les ministères non ordonnés, toute évolution doit rester en communion avec l’Église universelle.

    « Cela doit toujours se faire en dialogue avec l’évêque de Rome, qui est chargé de l’unité, et cela doit être mûrement réfléchi. Il ne faut pas se précipiter juste pour le faire », a-t-il déclaré.

    Et il a reconnu qu’il peut y avoir « des rythmes différents dans les Églises locales, car cela fait partie de la culture et de la place qu’occupent les femmes dans cette culture ».

    Il a distingué cela du ministère ordonné, qui, selon lui, nécessite un consensus universel pour éviter toute division.

    Enfin, réfléchissant aux préoccupations pastorales exprimées par les jeunes générations, il a déclaré : « Je sens que, non seulement chez les femmes qui ont étudié la théologie, mais aussi lorsque je suis avec des jeunes, je peux sentir que beaucoup de jeunes filles de notre jeunesse sont tristes parce qu’elles ont le sentiment de ne pas être pleinement reconnues par l’Église. »

    « Et cela », a-t-il conclu, « me rend triste en tant que pasteur. »

  • Le tombeau vide et la promesse de la résurrection

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    Du Frère René Stockman sur le Catholic Herald :

    12 avril 2026

    Le tombeau vide et la promesse de la résurrection

    Quand Jésus fut déposé dans le tombeau, tout sembla définitivement terminé. Pourtant, ses paroles continuaient de résonner parmi ses disciples, notamment celle où il annonçait la démolition du temple et sa reconstruction trois jours plus tard. N'avait-il pas parlé ici du temple de son corps ?

    Les grands prêtres et les pharisiens se souvinrent également de ces paroles, et c'est pourquoi ils demandèrent à Pilate de poster des gardes au tombeau pour empêcher les disciples de Jésus d'enlever le corps de leur maître, afin qu'ils puissent ensuite annoncer au peuple qu'il était ressuscité (cf. Mt 27,62-66).

    Rien n'est écrit dans les Écritures concernant le moment même de la Résurrection. C'est un événement indescriptible. Cela diffère de la résurrection du fils unique de Naïn, fils d'une veuve (Lc 7, 11-17), et de celle de Lazare (Jn 11, 1-44). Tous deux furent ramenés à la vie terrestre par Jésus et moururent de nouveau par la suite. La Résurrection d'entre les morts en Jésus, en revanche, est une entrée dans une vie nouvelle, la vie éternelle, où la mort n'a plus d'emprise. C'est l'amour de Dieu qui s'est pleinement manifesté ici-bas et qui nous conduit à affirmer que l'amour est plus fort que la mort (cf. Cantique des Cantiques 8, 6). Si l'amour de Dieu est à la base de notre création en tant qu'êtres humains, c'est ce même amour divin qui nous recrée et qui, par la Résurrection, nous permet d'entrer dans l'amour éternel avec et en Dieu. Nous ne pouvons que répéter sans cesse que Dieu est amour et que c'est par cet amour que Dieu se manifeste à l'humanité.

    Le Christ ressuscité n'est plus le même que celui qu'ils avaient mis à mort. C'est pourquoi, lors de sa première apparition à Marie-Madeleine, il lui dit : « Ne me retiens pas » (Jn 20, 17). Elle doit se détacher du Jésus qu'elle connaissait, de son « Rabboni », pour suivre désormais le Christ glorifié. Il est frappant de constater qu'au début, elle ne le reconnaît pas et pense avoir affaire au jardinier, mais dès qu'il l'appelle par son nom, ses yeux s'ouvrent véritablement.

    Il en sera de même pour les disciples sur le chemin d'Emmaüs, qui ne reconnaîtront le Christ qu'à la fraction du pain. Eux aussi ne pourront pas garder le Seigneur auprès d'eux, comme ils l'avaient initialement prévu en l'invitant, en tant qu'étranger, à passer la nuit. Il disparaît de leur vue, car Jésus, par son corps ressuscité, participe pleinement à l'éternité où le temps et l'espace n'existent plus.

    Dans les autres récits de ses apparitions, le même schéma se répète : il apparaît soudainement au milieu d’eux, mangeant même avec eux pour montrer qu’il n’est pas un esprit mais qu’il est véritablement ressuscité en chair et en os, avant de disparaître à nouveau. Finalement, il disparaîtra définitivement lors de l’Ascension, lorsque les apôtres recevront l’ordre de ne plus contempler le ciel, mais d’aller dans le monde avec le Seigneur d’une manière nouvelle, après avoir reçu de Jésus lui-même la promesse que son Esprit leur donnerait la force de témoigner de lui (cf. Ac 1, 8-11).

    « La Parole s’est faite chair et a habité parmi nous » (Jn 1, 14). Ce qui est exprimé dans les premiers versets de Jean résonne encore ici. Jésus est glorifié par le corps qu’il a revêtu en tant qu’être humain. Il ne l’abandonne pas dans le tombeau lorsqu’il est élevé dans la gloire auprès de son Père. Cela nous éclaire sur la manière dont nos corps, eux aussi, seront un jour élevés dans la gloire de Dieu. Ce que Dieu a créé à son image et à sa ressemblance, il ne permet pas qu’il se perde. C’est pourquoi nous professons dans le Credo que nous croyons en la résurrection de la chair, oui, notre corps terrestre avec lequel nous avons accompli notre mission d’êtres humains ici-bas. Le fait que Jean parle si explicitement du corps dès la première page est certainement lié aux gnostiques, un ancien groupe pseudo-chrétien qui avait développé une vision plutôt négative du monde physique. Ils considéraient le corps exclusivement comme une porte vers le mal, créant ainsi une dichotomie entre le spirituel et le physique, et croyaient que seule l’âme vivrait éternellement. Mais aujourd'hui encore, nombreux sont ceux qui croient qu'à la mort, notre âme quittera notre corps pour vivre éternellement, tandis que notre corps disparaîtra pour toujours et retournera à la poussière.

    Par sa Résurrection, Jésus nous montre que nous ressusciterons en tant qu'êtres humains entiers et que Dieu ne permettra pas que le corps qu'il a créé soit perdu. C'est pourquoi nous pouvons affirmer que notre corps est véritablement le temple du Saint-Esprit et mérite, de ce fait, notre plus grand respect.

    Ce thème est particulièrement pertinent aujourd'hui, au vu des débats autour de l'avortement, de l'euthanasie et du suicide assisté. L'autodétermination corporelle semble se substituer à la reconnaissance de la dignité absolue du corps et de son droit à la protection. C'est par notre corps que nous sommes humains et que nous pouvons nous manifester en tant qu'êtres humains. Par conséquent, il ne saurait devenir un objet dont nous disposons librement, car ce serait renier notre véritable nature humaine. Nous n'avons pas un corps ; nous sommes notre corps.

    Ici, nous pouvons également nous référer à l'Eucharistie. Avant son départ, Jésus a partagé le pain et le vin avec ses apôtres et a prononcé ces paroles : « Ceci est mon Corps ; ceci est mon Sang. » Il a clairement parlé ici de son Corps et de son Sang qu'il désirait partager avec nous, et il n'a pas dit : « Ceci est mon Esprit. » À chaque Eucharistie, nous participons donc pleinement à la présence du Seigneur glorifié, non pas par son Esprit, mais par la réalité même de sa présence parmi nous après la Résurrection. Les sacrements ne sont pas de simples paroles prononcées pour commémorer un événement, mais, à travers les signes tangibles du pain, du vin et de l'eau, ils expriment le désir de Jésus d'être présent avec nous et en nous par son Corps glorifié. Les sacrements sont donc des lieux de rencontre avec le Seigneur vivant.

    Mais Jésus a aussi dit que tout ce que nous faisons pour nos semblables, même pour les plus petits d’entre eux, c’est pour lui que nous le faisons (cf. Mt 25, 40). Voilà une réalité nouvelle : Jésus se rend présent en chaque personne, et chaque rencontre avec autrui devient ainsi une rencontre avec Dieu. Vincent de Paul en a fait l’expérience d’une manière particulière dans son service auprès des pauvres, voyant en chaque personne, en chaque pauvre, une icône du Christ. C’est de cette réalité qu’il a pu développer une si grande vénération et un tel amour pour chaque pauvre et unir la prière à la charité, « laisser Dieu à Dieu », comme il le disait. Lorsque, pendant notre temps de prière, un pauvre nous interpelle, nous devons interrompre notre prière pour l’aider, ou plutôt, selon Vincent, poursuivre notre prière en l’aidant, car Jésus, présent dans le tabernacle, est aussi présent en lui. Ainsi, nous devons et pouvons nous éloigner de Dieu pour le rencontrer véritablement en nos semblables.

    Pour nous aussi, la tombe ici-bas ne sera qu'une demeure temporaire. Puisque le temps et l'espace sont des concepts terrestres, sans importance dans l'éternité, nous pouvons croire qu'après notre mort, nous serons emportés dans l'éternité et laisserons notre tombe, encore liée au temps et à l'espace, vide, afin que notre corps glorifié nous permette d'être pleinement accueillis dans l'amour de Dieu. Il nous est extrêmement difficile de l'imaginer, car notre capacité de compréhension ne peut se situer et s'exprimer que dans le temps et l'espace. Tant que nous nous accrocherons à nos conceptions humaines et nous prendrons nous-mêmes comme point de référence, il nous sera difficile, voire impossible, de le saisir. Il nous faut ici faire un acte de foi et ne plus nous prendre nous-mêmes, mais Dieu, comme point de référence de notre pensée.

    D'un point de vue purement humain, nous ne pouvons que supposer qu'au mieux, nous survivrons à notre mort dans le souvenir de nos proches. Les plus illustres d'entre nous peuvent se consoler à l'idée qu'un portrait ou une statue à leur effigie subsistera, ou qu'une biographie sera écrite, leur assurant ainsi une place dans l'histoire et les faisant appartenir au petit groupe des privilégiés qui ne seront pas vite oubliés. Mais la plupart d'entre nous disparaîtront à jamais dans les brumes du temps. Promenez-vous dans un cimetière ; souvent, vous chercherez en vain la dernière demeure de vos connaissances, car leur pierre tombale a déjà été enlevée et remplacée par une autre. Tout cela témoigne de la fugacité de cette vie. Ici-bas, notre vie est en effet confinée entre notre naissance et notre mort. Mais notre foi en la Résurrection nous enseigne que notre mort est en réalité une nouvelle naissance, la naissance à la vie éternelle. C'est de cette foi que sainte Thérèse de Lisieux a déclaré, à l'article de la mort : « J'entre dans la vie. »

    Notre foi nous invite à nous préparer à cette nouvelle naissance, afin d'affronter la mort sans crainte. Notre cheminement terrestre se déroulera différemment si nous connaissons notre destination finale et si nous l'attendons avec sérénité. La foi en la vie éternelle et en la Résurrection doit guider nos vies, et tout ce qui nous arrive doit être perçu et vécu dans cette perspective. Lorsque nous croyons véritablement en la Résurrection, il n'y a plus de désespoir, car derrière chaque nuage sombre brille le soleil, et ce soleil dissipera finalement même les nuages ​​les plus sombres.

    Le tombeau vide doit être pour nous un signe puissant que la mort n'aura plus le dernier mot, mais la vie, la vie glorieuse, une vie où nous pourrons demeurer éternellement dans l'amour de Dieu. Nous avons été placés dans le monde par amour pour Dieu, afin de cheminer vers lui. Pour chacun de nous, ce sera un chemin unique, mais tous sont invités à parvenir à la même destination. C'est là que Dieu nous attend pour nous accueillir dans son amour infini, et ce pour l'éternité. Ne nous égarons pas, mais ouvrons-nous sans cesse à la main qui nous guide, celle du Seigneur qui marche à nos côtés. Et si jamais nous nous égarons, nous pouvons avoir confiance : il nous remettra sur le bon chemin. Nous n'avons rien à craindre.