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BELGICATHO - Page 3

  • Léon XIV : des nominations à la Signature apostolique qui révèlent une évolution positive ?

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    De kath.net/news :

    Léon XIV nomme l'archevêque américain Cordileone, fidèle au Magistère, à la Signature apostolique.

    27 juillet 2026

    Deux nominations de l'Opus Dei ont également été effectuées – Cordileone défend le mariage traditionnel et s'est publiquement opposé à la haute responsable politique américaine Nancy Pelosi en raison de sa position sur l'avortement – ​​et le jésuite allemand Ulrich Rohde a également été nommé.

    Vatican (kath.net) Le pape Léon XIV a nommé sept nouveaux membres à la Signature apostolique, le plus haut tribunal du Vatican. Un examen de ces nominations révèle des évolutions positives : 

    L'archevêque Salvatore J. Cordileone de San Francisco (Lien) Il a obtenu un doctorat en droit canonique à l'Université pontificale grégorienne. Il a d'abord travaillé, entre autres, comme canoniste au tribunal diocésain de San Diego (États-Unis), puis pendant sept ans comme assistant à la Signature apostolique. Durant son mandat de président du Comité du mariage de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (2011-2017), il a défendu le modèle biblique du mariage. Par ailleurs, sous la présidence de Joe Biden, il s'est opposé ouvertement à la présidente de la Chambre des représentants de l'époque, Nancy Pelosi (Démocrates). Concernant sa position pro-avortement, le pape Léon XIV a interdit aux prêtres de son diocèse de lui administrer la communion. Cordileone célèbre également fréquemment la liturgie selon la forme extraordinaire du rite romain. Le pape Léon XIV nomme ainsi à cette haute fonction un canoniste pleinement formé et fidèle au Magistère, qu'il assumera en plus de ses responsabilités d'archevêque d'un important archidiocèse américain. Cordileone a répondu à X en ces termes : « Je suis profondément reconnaissant au Saint-Père, le pape Léon XIV, de ma nomination comme membre de la Signature apostolique suprême. J'accepte cette tâche en pleine conscience de ma responsabilité, sachant que chaque ministère dans l'Église est au service du Christ, de son peuple et de la proclamation de l'Évangile. » On peut supposer que le pape Léon XIV, en tant que catholique américain, connaissait depuis de nombreuses années les positions et les décisions de Cordileone.

    Par ailleurs, le pape Léon XIV a également nommé les personnes suivantes comme membres de la Signature apostolique pour un mandat de cinq ans :
    – Mgr Krzysztof Nitkiewicz, évêque de Sandomierz (Pologne) . Mgr Nitkiewicz avait étudié le droit canonique à l’Université pontificale grégorienne et y avait obtenu son doctorat sous la direction du cardinal Peter Erdö. Il avait ensuite exercé, entre autres, les fonctions de vice-officiel au tribunal ecclésiastique de Białystok et enseigné le droit canonique au séminaire de Białystok.

    - Mgr Juan Ignacio Arrieta Ochoa de Chinchetru , évêque émérite de la Curie, est membre de l'Opus Dei. Ce canoniste de longue date a été secrétaire du Dicastère pour les textes législatifs.

    - L'évêque Edward M. Lohse de Kalamazoo (Michigan, États-Unis) avait lui aussi reçu son doctorat en droit canonique de l'Université grégorienne.

    - Le prêtre Eduardo Baura de la Peña est membre de l'Opus Dei et professeur titulaire à la Faculté de droit canonique de l'Université pontificale de la Sainte-Croix à Rome.

    - Le prêtre Gianpaolo Montini est professeur titulaire à la Faculté de droit canonique du Collegium Maximum de l'Université pontificale grégorienne de Rome. 

    - Le père Ulrich Rhode SJ est professeur titulaire à la faculté de droit canonique du Collegium Maximum de l'Université pontificale grégorienne de Rome. Ce jésuite allemand a été professeur de droit canonique à l'École supérieure de philosophie et de théologie Sankt Georgen de 2004 à 2014 et son recteur de 2006 à 2010 ; de 2019 à 2025, il a été doyen de la faculté de droit canonique de l'Université pontificale grégorienne.

    Photo d'archive du pape Léon XIV (c) Médias du Vatican

  • Lefèbvristes, Chine; Léon XIV et le risque de schisme

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    D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

    Léon XIV : le risque de schisme

    27 juillet 2026

    Le petit schisme traditionaliste de la Fraternité Saint-Pie X (FSPX), avec toutes ses répercussions, a mis en évidence à quel point l’unité de l’Église, que Léon XIV avait fixée comme objectif premier de son pontificat, est encore loin d’être atteinte.

    En effet, le débat au sein de l’Église reste trop houleux, à tel point qu’il est difficile de cerner les contours de ce qui se passe.

    Après les ordinations épiscopales sans mandat papal et l’excommunication latae sententiae qui s’en est suivie pour tous les membres de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (Fraternité Saint-Pie X), de nombreux soi-disant traditionalistes ont mis en avant une sorte de disparité de traitement.

    « Pourquoi les fidèles de la messe traditionnelle sont-ils excommuniés, demandent-ils, alors que les nouveaux évêques chinois, dont certains ont été directement nommés par le gouvernement et dont le Saint-Siège a simplement accepté la nomination, ne le sont pas ? »

    Cette comparaison entre les cas des traditionalistes et des Chinois est intéressante car elle met en contraste deux situations radicalement différentes.

    Le problème des soi-disants « lefebvristes » — du nom de leur fondateur, l’archevêque Marcel Lefebvre — ne se limite pas à la liturgie.

    Dès le premier schisme de 1988, le Saint-Siège avait créé la Fraternité Saint-Pierre, qui regroupe des prêtres célébrant selon le missel antérieur à celui promulgué par Paul VI, mais qui sont en communion avec le pape.

    Le point essentiel est que les lefebvristes rejettent en bloc les conclusions du Concile de Vatican II, qu’ils considèrent comme non contraignantes, et décident donc d’ordonner des évêques sans mandat papal, en toute autonomie, afin de maintenir un lien, y compris de succession apostolique, avec la tradition. Ceux qui ordonnent des évêques ont eux-mêmes été ordonnés légitimement, et l’ordination est donc valide. Mais il s’agit d’une ordination illicite.

    En effet, en ordonnant des évêques sans mandat papal, on s’excommunie soi-même. C’est pourquoi l’excommunication est de latae sententiae, du simple fait d’avoir commis cet acte.

    Mais des ordinations sans mandat papal ont également eu lieu en Chine, et les évêques ordonnés sans mandat papal ont été automatiquement excommuniés.

    En 2018, lorsque le pape François a accepté de signer l’accord avec la Chine concernant la nomination des évêques, l’une des conditions de cet accord était précisément le retour à la pleine communion de tous les évêques ordonnés illicitement. Et c’est ce qui s’est produit. En effet, le principe de cet accord était de rétablir la communion au sein de l’Église, et cette communion ne pouvait avoir lieu sans que les excommunications soient levées.

    Depuis la conclusion de l’accord, plusieurs cas extrêmes se sont présentés. Joseph Li Shan a été nommé évêque de Shanghai sans l’approbation du pape, et François a alors dû « rectifier » la situation en procédant lui-même à la nomination.

    Il y a eu ensuite le cas de l’évêque auxiliaire de Shanghai, Ignatius Wu Jianlin, et de l’évêque de la préfecture apostolique de Xinxiang, Francis Li Jianlin. Ces deux évêques avaient été « élus » en Chine pendant la période de vacance du siège épiscopal, bien que le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Vatican, ait déclaré par la suite que ces nominations avaient néanmoins fait l’objet d’un accord.

    Le 15 juin, Chang Yanfeng a été ordonné nouvel évêque du diocèse de Chifeng, mais cette nouvelle n’a été rendue publique qu’un mois plus tard, le 22 juillet, ce qui a fait naître des soupçons selon lesquels l’ordination aurait eu lieu sans le consentement du Saint-Siège et aurait ensuite été rectifiée.

    Dans aucun de ces cas, cependant, il n’y a de remise en cause directe de l’autorité du pape.

    Il existe une procédure, établie par un accord, et le Saint-Siège s’efforce de faire respecter cet accord, malgré ce qui semble être un dépassement de compétence de la part du gouvernement chinois. L’excommunication peut avoir ses limites, mais la raison de cette excommunication serait peu claire, étant donné que nous évoluons dans le cadre du dialogue.

    Il s’agit d’un dialogue complexe, mais néanmoins vaguement encadré, bien que de nombreux responsables au sein du Saint-Siège estiment que l’accord avec la Chine doive être modifié et redéfini. La manière dont cela devrait se faire reste à déterminer, car le texte de l’accord n’a jamais été rendu public, et ce secret nous empêche de comprendre pleinement son fonctionnement.

    Le cas des traditionalistes est différent, pour plusieurs raisons.

    Tout d’abord, une annonce officielle des ordinations a été faite bien avant celles-ci. Un dialogue a eu lieu avec le Saint-Siège, qui cherchait à empêcher ces nouvelles ordinations. Le pape a adressé une lettre demandant explicitement que les ordinations n’aient pas lieu.

    La Fraternité a également pris la décision délibérée de procéder à l’ordination de quatre nouveaux évêques, bien qu’elle fût consciente des conséquences auxquelles elle s’exposait. En effet, les lefebvristes ont décidé d’aller de l’avant sans aucun dialogue, allant même jusqu’à demander la suspension de la décision.

    Alors que le gouvernement chinois pousse à l’extrême un accord qui, pourtant, comporte des concessions, les lefebvristes ont mené une action qu’ils jugent nécessaire pour maintenir la continuité de la succession apostolique dans la tradition, mais sans aucun accord avec le Saint-Siège.

    Cela peut sembler être une distinction subtile et administrative, mais ce n’est pas le cas. Le pape doit accepter une situation pour qu’elle soit valide.

    Mais Léon XIV n’a pas encore réussi à mettre en évidence, par des faits et par son charisme, la nécessité de maintenir l’unité autour du pape. François était un pape qui imposait l’unité par le biais du système des faveurs et de la sélection ciblée de certains collaborateurs.

    Benoît XVI a cherché à parvenir à l’unité par la raison.

    Le style de gouvernance de Léon XIV reste encore flou – en partie parce que son pontificat est encore ancré dans le passé, incapable de se séparer des hommes qui ont géré les dossiers jusqu’à présent.

    La négociation avec la Chine est un processus autonome, et peut-être que bientôt l’accord secret sera modifié et « ajusté », ou rendu public, afin d’empêcher quiconque d’en manipuler les termes.

    Mais la question traditionaliste reste elle aussi en suspens dans le passé.

    En effet, une excommunication universelle — qui, entre autres, comporte de nombreuses limites, à commencer par la déclaration d’invalidité des sacrements, qui a également été remise en question par le cardinal Müller — résout le problème posé par le fait d’avoir considéré le phénomène traditionaliste comme quelque chose à éradiquer.

    Ce n’est pas un hasard si le responsable de la FSSPX, Davide Pagliarani, a demandé à Léon la miséricorde dont le pape François a si souvent parlé avec tant d’éloquence.

    Le fait que ces deux cas soient comparés malgré leur dissemblance évidente, voire leur incommensurabilité, témoigne de la division et de la confusion au sein de l’Église.

    Il existe un milieu qui sympathise avec le traditionalisme et ne peut accepter de voir les traditionalistes exclus de la « communion » de l’Église, sans tenir compte du fait que ce sont leurs propres décisions qui les ont placés hors de la communion.

    Ce même milieu, cependant, ne peut accepter la situation particulière que connaît la Chine, où l’accord avec le gouvernement — qui devrait être amélioré, clarifié, voire aboli dans les cas extrêmes — sert précisément à protéger les Chinois. La communion a été recherchée, peut-être (presque certainement) naïvement, mais certainement dans l’idée de créer un espace de dialogue.

    Aurait-on pu rechercher également la communion avec les traditionalistes ?

    Oui, sans aucun doute, et cela n’a probablement pas été bien « négocié » – si tant est que « négocié » soit le terme approprié –, mais la communion recherchée en Chine est aussi un moyen de s’affranchir de l’emprise du gouvernement chinois et de sa politique de sinisation.

    Pour l’instant, le Saint-Siège s’est montré quelque peu passif, mais cela ne durera pas éternellement. Du moins, c’est ce qu’on espère.

  • Les cardinaux Burke et Sarah demandent au Pape de dire quelques « ça suffit ! »

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    De Stefano Fontana sur la NBQ :

    Burke et Sarah demandent au Pape de dire quelques « ça suffit ! »

    Entre les expériences synodales, l'homosexualité, la lutte contre le célibat et les messes arc-en-ciel, les processus initiés par François ont dégénéré et il est temps d'y mettre un terme. Les deux cardinaux se tournent vers Léon XIV, espérant un changement de cap pour le bien de l'Église.

    27/07/2026

    SARA MINELLI - IMAGOECONOMICA

    Ces derniers jours, les cardinaux Robert Sarah et Raymond Burke ont rendu publiques leurs analyses des besoins actuels de l'Église, appelant le pape Léon XIV à intervenir. Ce n'est pas la première fois que les deux cardinaux s'expriment sur la situation et l'avenir de l'Église, mais cette fois-ci, le ton était plus urgent, laissant entendre que les progrès sur certaines questions importantes sont trop lents. Si certains problèmes ne sont pas résolus, les processus sous-jacents se poursuivront et toute correction de cap deviendra impossible. Par ces deux interventions, les cardinaux semblaient inviter le pape à dire « ça suffit ! ». Dans un entretien accordé au  College  of Cardinals Report

    le 28 juin, le cardinal Burke  a déclaré : « Nous devons insister pour que ce processus de synodalité soit stoppé net » et a appelé à « une étude très sérieuse sur l'ensemble de la question, car il s'agit de la vie même de l'Église et du salut des âmes ». Burke avait déjà exprimé son opposition à la nouvelle synodalité, mais cet appel récent se veut nettement plus insistant. Le cardinal a rappelé ce que les documents synodaux eux-mêmes reconnaissent, à savoir que la nouvelle synodalité n'a aucun fondement théologique mais constitue une expérience : « Il n'y a pas de définition de la synodalité. Elle n'a pas d'histoire dans l'Église. » Le processus synodal vise plutôt à faire émerger la notion de synodalité à partir de la pratique synodale elle-même.

    Durant ce nouveau pontificat, le processus initié par François s'est poursuivi sans entrave : les deux derniers consistoires en ont adopté la forme, le rapport du Groupe 9 au synode a souligné où mène la nouvelle pratique synodale, et la Fiducia supplicans , l'un des fruits les plus néfastes de cette nouvelle synodalité, a été de fait confirmée par la distinction fallacieuse : bénédictions formelles non, bénédictions informelles oui.

    Le cardinal Robert Sarah a également eu des mots durs pour la nouvelle synodalité lors d'un entretien avec Diane Montagna le 29 juin. Selon lui, la synodalité n'est pas présente dans la tradition de l'Église ; sa signification est mal comprise ; en effet, le Synode des évêques a toujours été empêché de se transformer en une assemblée, comme cela semble être le cas aujourd'hui. À l’instar de Burke, il soutient qu’il n’existe aucune définition de la synodalité et que le mot lui-même est intraduisible dans de nombreuses langues africaines, notamment parce que la définir comme une « Église qui marche » est dénué de sens ; l’Église est, en réalité, missionnaire.

    (Voir le rapport du Groupe 9) Le cardinal Sarah a également demandé à Léon XIV d'examiner personnellement le synode, de ne pas autoriser sa diffusion dans les diocèses du monde entier sans un examen approfondi, de clarifier la position de l'Église sur l'homosexualité et d'éviter de reproduire les dégâts causés par la publication de Fiducia supplicans .

    Le cardinal a été très sévère dans ses remarques concernant la Pachamama, restée exposée tout au long du Synode sur l'Amazonie de 2019. Il s'est demandé pourquoi une image de la Vierge vénérée en Amérique latine, comme Notre-Dame de Guadalupe, n'avait pas été choisie. À sa place, a-t-il affirmé, « ils ont apporté une idole inca » qui est entrée dans la basilique Saint-Pierre et a été portée en procession jusqu'à la salle Paul VI. D'où la demande de préserver l'Église de toute infiltration païenne, qu'elle provienne de religions primitives ou de cultures occidentales développées qui envisagent une synodalité démocratique.

    En bref, les deux cardinaux ont demandé au Pape de dire « ça suffit ! » : de la nouvelle synodalité pour une pause de réflexion, à l'homosexualité catholique, à Fiducia supplicans , et même à Traditionis custodes , que Sarah espère voir annulée ou du moins réduite au silence et rendue inoffensive. Ils ne sont pas allés jusqu'à Amoris laetitia .

    Si nous examinons ne serait-ce qu'un bref instant les événements survenus dans l'Église durant la même période que les deux interventions que nous venons d'évoquer, force est de constater qu'un « ça suffit ! » est plus que nécessaire. Erio Castellucci, évêque de Modène, propose qu'une femme préside la Liturgie de la Parole lors de la messe ; l'évêque de Bruxelles, au nom des évêques de Belgique, plaide pour l'ordination de prêtres mariés, ce qui enrichirait l'Église ; le père James Martin demande qu'un homosexuel puisse également être ordonné prêtre ; le cardinal Timothy Radcliffe préside une célébration religieuse pour l'anniversaire d'un couple de même sexe ; à Los Angeles, une « Misa Azteca » avec des danses païennes a été organisée ; La cathédrale de San Diego célèbre une messe « ouverte à tous » sur les questions LGBT ; Christian Würtz, partisan du processus synodal allemand et de la bénédiction des couples de même sexe à l’église, est nommé évêque d’Eichstätt ; Vatican News approuve l’insémination artificielle et L’Osservatore Romano nie le péché originel et l’existence de Satan… tandis que le cardinal Mauro Gambetti inaugure un restaurant-bistro sur la terrasse de la basilique Saint-Pierre.
    On comprend aisément l’urgence des interventions péremptoires de Burke et Sarah.

  • La mort inspirante du Père Jacques Hamel

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    La mort du père Jacques Hamel touche profondément beaucoup de gens, et pour de bonnes raisons.

    Le 26 juillet 2016, à 85 ans, alors qu’il célébrait simplement la messe dans son église de Saint-Étienne-du-Rouvray, ce prêtre de paroisse ordinaire a été assassiné par deux terroristes se réclamant de l’État islamique. Ses derniers mots, selon les témoins, ont été : « Va-t’en, Satan ! »

    Ce qui rend ce drame inspirant pour de nombreux chrétiens (et au-delà), ce n’est pas la violence elle-même — qui reste un acte horrible et satanique, comme l’a dit le pape François — mais la manière dont le père Hamel a vécu et est mort :

    • Une vie simple, fidèle, sans éclat, entièrement donnée à ses paroissiens pendant près de 60 ans.
    • Une mort reçue au cœur même de l’Eucharistie, comme un prolongement du sacrifice du Christ.
    • Une réponse collective de paix, de pardon et de fraternité plutôt que de haine : musulmans et chrétiens se sont retrouvés ensemble dans le deuil, des imams sont venus prier, des survivants ont refusé de généraliser la faute.

    Le pape François l’a rapidement appelé « martyr » et « bienheureux », ouvrant la voie à sa cause de béatification. Pour beaucoup, le père Hamel incarne cette idée que la sainteté peut naître dans l’ordinaire, et que la fidélité jusqu’au bout, même dans l’horreur, porte un fruit de paix plus fort que la violence.

    C’est cette lumière qui traverse l’obscurité de l’événement qui inspire.

  • 7 bienheureuses martyres espagnoles victimes des "Rouges" en 1936 (27 juillet)

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    D'Evangile au Quotidien :

    BBses Raymonde Fossas Romans et consœurs

    MARTYRES († 1936)

    Fête Le 27 Juillet

    BBses Ramona Fossas Románs, Adelfa Soro Bo,
    Reginalda Picas Planas,Teresa Prats Martí,
    Ramona Perramón Vila, Rosa Jutglar Gallart,
    Otilia Alonso González. Martyres le 27 juillet 1936

    Le 28 octobre 2007, le card. José Saraiva Martins, Préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints, représentant le Pape Benoît XVI, a présidé, à Rome, la Messe de béatification de 498 martyrs des “persécutions religieuses” de la guerre civile espagnole. Ces catholiques ont été tués dans diverses circonstances en 1934, 1936 ou 1937 ; parmi eux il y avait deux évêques, vingt-quatre prêtres, quatre cent soixante-deux religieux, trois diacres ou séminaristes et sept laïcs qui « versèrent leur sang pour rendre témoignage de l'Evangile de Jésus Christ…soient dorénavant appelés du nom de bienheureux et que leur fête soit célébrée chaque année le 6 novembre dans les lieux et selon les modalités établies par le droit. » (>>> Lettre du Pape Benoît XVI).

     Commémoration propre à l’Ordre en date du 26 juillet

    Ramona Fossas Románs, naît à Ripoll (Gérone) le 1er novembre 1881. Elle fréquente le collège des Carmélites de la Charité. À 19 ans elle perd son père, et étant l’aînée de 4, elle aide sa mère dans son travail de modiste. Elle visite les pauvres et les malades, chez eux ou à l’hôpital. Elle entre chez les Dominicaines de l’Anunciata le 6 juillet 1903. Elle appartient aux communautés de Vic, Villanueva de Castellón (Valencia), Valencia, Sant Viçens de Castellet (Barcelone), Játiva (Valencia), Castell del Remei (Lérida), Gérone, Pineda de Mar, Canet de Mar, monastère de Montserrat, et Barcelone-Trafalgar, comme prieure dans les trois derniers.

    Le 27 juillet 1936 les persécuteurs ordonnent aux sœurs Ramona Fossas, Adelfa Soro, Teresa Prats, Otilia Alonso et Ramona Perramón de sortir de leur couvent de la rue de Trafalgar, pour interrogatoires. Ils déployèrent la plus grande insistance pour qu’elles apostasient leur foi, abandonnent la profession religieuse et accèdent à leurs propositions malhonnêtes, mais elles répondirent avec une sérénité et une foi invincibles. Sous prétexte de les ramener au couvent, ils les firent monter dans un camion, qui prit la direction de la montagne du Tibidabo. Passé le village de Vallvidrera, ils les firent descendre du véhicule et les fusillèrent une à une. Mais deux d’entre elles survécurent quelques heures et purent raconter leur « passion ». La sœur Fossas avait 54 ans.

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  • "Dieu est dans son lieu saint" Introït et graduel grégoriens pour le 17ème dimanche du temps ordinaire

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    Introitus Introït
    Ps. 67, 6-7 et 36 Ps. 67,6-7 et 36
    DEUS in loco sancto suo: Deus qui inhabitáre facit unánimes in domo: ipse dabit virtútem, et fortitúdinem plebi suae. Ps. ibid., 2 Exsúrgat Deus, et dissipéntur inimíci eius: et fúgiant, qui odérunt eum, a fácie eius. ℣. Glória Patri. Dieu est dans Son lieu saint. C'est le Dieu qui fait habiter dans une même maison ceux qui ont un même esprit; c'est Lui qui donne la puissance et la force à Son peuple. Ps. ibid. 2 Que Dieu Se lève, et que Ses ennemis soient dissipés: et que ceux qui Le haïssent fuient devant Sa face.

     

    Graduale Graduel
    Ps. 27, 7 et 1 Ps. 27,7 et 1
    ℟. In Deo sperávit cor meum, et adiútus sum: et reflóruit caro mea, et ex voluntáte mea confitébor illi. ℣. Ad te, Dómine, clamávi: Deus meus, ne síleas, ne discédas a me. ℟. Mon coeur a espéré en Dieu, et j'ai été secouru. Aussi Le louerai-je de tout mon coeur. ℣. Je crierai vers Toi, Seigneur; mon Dieu, ne garde pas le silence à mon égard.
  • Ainsi en sera-t-il à la fin du monde...

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    Dix-septième dimanche du temps ordinaire

    Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 13,44-52.

    En ce temps-là, Jésus disait aux foules : 
    « Le royaume des Cieux est comparable à un trésor caché dans un champ ; l’homme qui l’a découvert le cache de nouveau. Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète ce champ. 
    Ou encore : Le royaume des Cieux est comparable à un négociant qui recherche des perles fines. 
    Ayant trouvé une perle de grande valeur, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète la perle. » 
    Le royaume des Cieux est encore comparable à un filet que l’on jette dans la mer, et qui ramène toutes sortes de poissons. 
    Quand il est plein, on le tire sur le rivage, on s’assied, on ramasse dans des paniers ce qui est bon, et on rejette ce qui ne vaut rien. 
    Ainsi en sera-t-il à la fin du monde : les anges sortiront pour séparer les méchants du milieu des justes 
    et les jetteront dans la fournaise : là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. » 
    « Avez-vous compris tout cela ? » Ils lui répondent : « Oui ». 
    Jésus ajouta : « C’est pourquoi tout scribe devenu disciple du royaume des Cieux est comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien. » 

    Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris 

     

    Du Père Simon Noël osb (sur son blog) :

    La parabole du filet jeté à la mer, homélie

    La parabole du filet jeté à la mer rappelle celle de l'ivraie et du bon grain, que nous avons entendue dimanche dernier, puisqu'elle nous parle du jugement dernier qui aura lieu à la fin des temps : Ainsi en sera -t-il à la fin du monde : les anges sortiront pour séparer les méchants du milieu des justes et les jetteront dans la fournaise. On parle de fin du monde ou de fin des temps. Cette seconde expression est plus heureuse, car lorsqu'il reviendra dans sa gloire, Jésus ne détruira pas le monde mais le transformera, le transfigurera. Nous le disons dans le credo : il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts. Beaucoup de mystiques contemporains ont parlé de l'imminence du retour du Christ et du jugement. Pour les gens qui sont installés dans ce monde et qui ne vivent pas pour Dieu, c'est une nouvelle effrayante, catastrophique. Mais pour ceux qui vivent dans l'attente ardente du retour du Christ, c'est au contraire une très bonne nouvelle, qui les remplit de confiance et d'espérance. Décrivant ce jour du jugement, le prophète Habacuc disait déjà : Tu es sorti pour sauver ton peuple... Je frémis d'être là, d'attendre en silence le jour d'angoisse, qui se lèvera sur le peuple dressé contre nous... Je bondis de joie dans le Seigneur, j'exulte en Dieu, mon Sauveur.

    Sainte Faustine, la grande mystique polonaise de la Divine Miséricorde, nous dit que nous sommes maintenant dans le temps de la miséricorde, mais qu'ensuite viendra celui du jugement et de la justice. Voici ce que Jésus lui disait et qui est consigné dans son petit journal : Avant de venir comme juge équitable, je viens d'abord comme Roi de miséricorde. Avant qu'advienne le jour de justice, il sera donné aux hommes un signe dans le ciel. Toute lumière dans le ciel s'éteindra et il y aura de grandes ténèbres sur toute la terre. Alors le signe de la Croix se montrera dans le ciel, et des plaies des mains et des pieds du Sauveur, sortiront de grandes lumières, qui pendant quelque temps illumineront la terre.

    Tout cela est mystérieux mais la signification en est claire. Jésus en ce temps de miséricorde veut faire tout ce qui est possible pour nous sauver et pour que les pécheurs se convertissent. A la mystique capucine italienne, sœur Consolata, Jésus a rappelé ceci : L’impénitence finale ne se rencontre que chez les personnes qui veulent aller en enfer, de propos délibéré, et par conséquent refusent ma miséricorde ; car, pour ce qui est de moi, jamais je ne refuse mon pardon : ma miséricorde illimitée embrasse l’univers entier, car pour tous, j’ai versé mon sang.

    Nous pouvons donc retenir ceci, qui est le plus important. Il y aura un jugement, mais pour nous y préparer, Jésus ne cesse de nous offrir sa miséricorde. Nous ne risquons rien, sinon le bonheur et la paix éternels, si nous sommes enveloppés de la miséricorde divine, et nous le serons si nous nous réfugions en elle, si nous sommes couverts du Précieux sang de Jésus, ce sang qui nous protégera de la mort éternelle, comme le sang de l'agneau pascal avait préservé les Hébreux, lors de la sortie d’Égypte, si nous sommes marqués au front du signe de la Croix, comme le prophète Ézéchiel l'avait déjà annoncé, lorsque le Seigneur s'adressait à ceux qu'il avait chargé de punir la ville, corrompue par ses péchés : Vous ne toucherez pas à ceux qui ont sur eux la croix.

    Plus que jamais, c'est le temps de la prière, pour nous préparer à la venue du Seigneur. Le chapelet de la miséricorde, enseigné par Jésus à Sainte Faustine, nous fait répéter inlassablement à Dieu le Père, en offrant la passion du Christ : Par sa douloureuse passion, sois miséricordieux pour nous et pour le monde entier. Quant au chapelet de la Vierge, tant de saints nous ont dit la puissance très grande de cette prière toute simple et son efficacité absolue pour le salut de nos âmes. Oui, plus que jamais, prions, prions, prions.

  • Le vrai trésor (17e dimanche du temps ordinaire)

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    Homélie du Père Joseph-Marie Verlinde (Famille Saint-Joseph - Archive 2008) (homelies.fr)

    « Un trésor » : voilà bien une parole magique qui retient spontanément notre attention ! Les interlocuteurs de Jésus ne faisaient pas exception : bon nombre de contes orientaux sont structurés autour de la recherche d’un trésor fabuleux. Souvenons-nous de la caverne d’Ali Baba qui nous a tous fait rêver !

    Pas besoin de longs discours : quelques paroles suffisent pour solliciter notre imaginaire. Aussi Jésus se contente-t-il de nous donner la trame du scénario : au cours de son travail, un ouvrier agricole découvre un « trésor caché ». On imagine sans peine sa joie et son excitation ; mais notre homme n’en perd pas pour autant le nord. Légalement il a droit à la moitié du butin, l’autre moitié revenant au propriétaire du champ. Pour éviter de devoir partager sa découverte, notre héros préfère vendre tous ses biens et acquérir le champ, afin de faire main basse sur la totalité du magot.

    Spontanément nous nous imaginons un coffre rempli de pierres précieuses, dont la vente nous permettrait de couler des jours heureux, libres de tous soucis matériels. Mais le récit garde-t-il vraiment pour nous cette même saveur lorsque nous identifions ce fameux trésor avec le « Royaume des cieux » ? Jésus ne nous demande-t-il pas dans un autre passage, de choisir entre Dieu et l’argent ? La caverne d’Ali Baba n’est-elle pas dénoncée dans l’Evangile comme l’antre du diable ? Du coup, ce Dieu qui ne veut pas que nous nous enrichissions, n’a-t-il pas pris dans notre imaginaire l’apparence d’un épouvantail nous interdisant l’accès au bonheur ?

    Peut-être découvrons-nous, en écoutant nos réactions intérieures face à cette parabole, que nous portons en nous l’image d’un Dieu jaloux de notre bien-être. Certes nous lui obéissons parce qu’il est plus puissant qu’Ali Baba, mais le cœur n’y est pas, et nous « louchons » vers la caverne au trésor…

    Il est bon de prendre conscience de ces ambiguïtés, afin de laisser l’Esprit nous purifier de nos conceptions idolâtriques et nous relancer dans notre quête du vrai Dieu. Le « Royaume des cieux » est bel et bien un « trésor », et même un trésor infiniment plus précieux que toutes « les perles de grande valeur » du monde, puisqu’il nous donne accès au mystère de Dieu lui-même, la source de tout bien. Mais pour acquérir ce trésor ineffable, nous devons consentir à renoncer à ce que nous croyons savoir sur le mystère divin. Seul celui qui « vend tout ce qu’il a », c'est-à-dire qui se débarrasse de toutes ses précompréhensions sur Dieu, peut se disposer à accueillir l’héritage promis à ceux qui, par la foi en la Parole du Fils, s’ouvrent à la Révélation du Père.

    Remarquons bien que notre héros n’achète pas le trésor, et pour cause : il est par définition hors de prix. Mais il acquiert le champ dans lequel il est enfoui. Ne serions-nous pas cet agriculteur qui travaille la glaise de sa vie comme un ouvrier, tant qu’il n’a pas découvert qu’il ne tient qu’à lui de devenir fils et donc propriétaire ? Pour opérer cette prise de conscience, il suffit que nous renoncions à vouloir obtenir le salut par nos propres efforts, pour nous mettre à l’écoute de la Parole que le Père nous adresse en son Fils unique Jésus-Christ. Nous découvrirons alors que le don de Dieu nous précède, car « il nous a choisis dans le Christ dès avant la création du monde, pour que nous soyons, dans l’amour, saints et irréprochables sous son regard » (Ep 1, 4). Et « ceux qu’il connaissait par avance, il les a aussi destinés à être l’image de son Fils, pour faire de ce Fils l’aîné d’une multitude de frères » (2nd lect.), afin de leur donner part à sa gloire (Ibid.).

    Le choix n’est pas entre les richesses de la caverne d’Ali Baba et la misère d’une religiosité sans âme ; mais entre les biens éphémères de ce monde qui passe, et la participation à la gloire de Dieu, dans le Royaume qui ne passera pas. Celui qui a découvert le véritable enjeu de cette vie, s’en va tout joyeux vendre tout ce qu’il possède pour acquérir ce champ précieux et en extraire son trésor spirituel. Se joignant au Psalmiste il peut alors chanter : « Mon partage, Seigneur, c’est d’observer tes paroles. Mon bonheur, c’est la loi de ta bouche, plus qu’un monceau d’or ou d’argent ! » (Ps 118).

    Telle est la véritable sagesse, celle qui ne s’arrête pas aux choses qui nous entourent, mais discerne la présence cachée de celui qui nous fait signe à travers elles. Nous découvrons ainsi que la liberté ne consiste pas à user - voire abuser - de ce monde selon notre bon plaisir, mais à pouvoir nous servir des dons de Dieu pour devenir ses collaborateurs, et gouverner avec lui la création qu’il nous a confiée. C’est ce que l’Esprit avait fait comprendre au jeune Salomon, lui inspirant de demander « non pas de longs jours, ni la richesse, ni la mort de ses ennemis, mais le discernement, l’art d’être attentif et de gouverner » (1ère lect.) sa vie selon le dessein de Dieu.

    « Avez-vous compris tout cela ? » demande Jésus tout en jetant un regard circulaire insistant sur ceux qui l’entourent. Devant leur réponse affirmative le Seigneur conclut par une parole quelque peu énigmatique. Quel est donc ce scribe devenu disciple du Royaume, sinon celui qui a « compris » l’enseignement des paraboles et a tout vendu pour suivre Jésus, afin d’entrer avec lui dans le Royaume ? De serviteur d’un patrimoine terrestre qui ne lui appartenait pas, il est devenu comme « un maître de maison » qui dispose du trésor qu’elle contient. Car les quelques biens de ce monde que nous avons mis tant de mal à rassembler, nous serons en tout cas retirés au moment du grand passage, qui mettra en lumière la vanité de notre soif de posséder ; alors que dès à présent nous est offert l’accès à un Royaume si vaste, que nous n’aurons pas assez de l’éternité pour en faire le tour ! Vraiment : que pourrions-nous imaginer de plus précieux que la foi qui fait de nous les héritiers du Dieu vivant ?

    « Loué sois-tu Père, toi qui nous appelles jour après jour à nous laisser réconcilier avec toi par ton Fils en qui nous sommes justifiés, afin de pouvoir nous donner part à ta gloire. Mais ce mystère de grâce n’est accessible que dans la foi, c'est-à-dire dans l’accueil inconditionnel de la Révélation de ton dessein d’amour. Donne-nous de nous tenir devant ta Parole comme une page blanche sur laquelle l’Esprit écrit en lettres de feu le mystère de notre filiation divine. Qu’à travers ombres et lumières nous puissions grandir vers la vraie connaissance, celle qui nous identifie à Jésus-Christ Notre-Seigneur, en qui nous sommes tes enfants. »

    Père Joseph-Marie

  • Anne et Joachim (26 juillet)

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    Anne et Joachim (détail) par Giotto

    Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

    (Paroisse Saint-Jean-de-Malte - Aix-en-Provence)

    Dans le mystère du salut, il y a des vérités qui ne nous apparaissent dans toute leur vérité et toute leur profondeur que lorsqu'on les fête et les célèbre dans la liturgie.

    Effectivement, du point de vue de l'histoire, le témoignage que nous avons pour Joachim et Anne, c'est vraiment très peu de chose. On n'en parle pas dans les évangiles. C'est seulement plus tard, dans ce qu'on appelle les apocryphes, ces récits qui n'ont pas été reconnus par la tradition de l'Église catholique dans son universalité, que l'on voit apparaître des légendes autour de Joachim et d'Anne, notamment une très belle légende, et je ne résiste pas au plaisir de vous la raconter parce qu'elle a fait l'objet de nombreux tableaux : lorsque Joachim et Anne sont allés au Temple pour présenter leur enfant, la Vierge Marie, évidemment, ils ne savaient pas qu'elle était immaculée depuis sa conception et que par conséquent, quand on présentait un agneau en signe de rachat (puisque dans cette tradition, la Vierge Marie est fille unique et qu'on doit racheter les premiers-nés), ce geste était sans objet. Alors on voit ce pauvre Joachim qui monte les degrés du Temple en tenant son agneau et le grand-prêtre dans tout son apparat qui le repousse vivement parce que, prophétiquement, il sait qu'il n'y a pas besoin de sacrifice de rachat pour la petite Marie qui est ainsi présentée au Temple. Généralement cela a donné lieu à des tableaux très beaux et un peu dramatiques, dans lesquels on voit le prêtre drapé dans tous ses ornements et ce pauvre Joachim, un peu courbé, un peu vieillard, je ne sais pas pourquoi on lui donne des airs de vieux, qui s'en va en reculant avec le pauvre mouton repoussé par le grand-prêtre. C'est assez touchant et cela fait partie de ces légendes qui se sont cristallisées autour du récit de la naissance de Marie.

    En réalité ce qu'il y a de plus profond dans cela, c'est que lorsque l'Église se penche sur le mystère du Christ, elle s'émerveille de ce que le mystère du Christ a rejoint les hommes. Il est normal que ce genre de fête n'apparaisse que plus tard dans l'Église. Pourquoi ? Parce que c'est le moment où l'Église réalise à quel point son Dieu s'est fait proche d'elle. C'est le moment où l'Église réalise que le Christ continue à se faire chair dans toutes les familles de la terre, dans toutes les familles chrétiennes, dans tout le peuple chrétien, à travers ses joies, ses peines. Et s'émerveillant de cette humanité du mystère de Dieu qui vient nous rejoindre dans notre humanité, à ce moment-là, dans un regard de tendresse et de reconnaissance, elle veut chercher les racines du mystère de Dieu. Et quand elle approfondit le mystère de Jésus qui est né de Marie, elle médite aussi ce mystère de la vierge Marie qui est la mère de notre salut et qui, elle, est née dans une famille humaine. Ainsi l'Église, avec toute cette affection profonde qu'elle a pour son Seigneur et pour son Sauveur, retrouve les racines profondément humaines du salut de Dieu. Dieu a manifesté sa bienveillance pour les hommes en donnant à cet humble couple un peu anonyme, en manifestant en eux la puissance de son amour et en préparant dans leur union, dans leur amour humain, celle qui devait recevoir la plénitude du salut.

    Je trouve cela très beau, au sens où la tradition a su reconnaître dans les deux prénoms de Joachim et d'Anne, les dimensions essentielles du Salut. Anne c'est "Dieu a fait grâce", c'est "le sourire de Dieu" au cœur de cette humanité qui attend la venue du Sauveur. C'est le sourire de Dieu qui se penche sur ce couple qui vit dans la foi et dans l'espérance d'Israël, et qui donne de donner la vie à Marie. Et puis, Joachim, c'est "l'œuvre de Dieu". Joachim peut venir de deux racines hébraïques, soit "Dieu a affermi, Dieu a solidifié, Dieu a préparé", soit "Dieu a fait lever". Dans un cas comme dans l'autre, c'est le sens profond d'Anne et de Joachim. Ils sont ceux que Dieu a affermis pour l'espérance d'Israël et ils sont ceux que Dieu a fait lever au milieu de son peuple, pour qu'un jour le Sauveur se lève, mais non plus au sens presque physique du terme, mais de se lever, de se relever, au sens de la Résurrection, de cet acte de salut de Dieu "qui relève Israël" et qui nous relève chacun d'entre nous.

    Prions le Seigneur, par l'intercession de Joachim et d'Anne, afin qu'Il nous affermisse dans la foi, dans cette humanité profonde et amoureuse de Dieu qui était celle de ces aïeux du Christ Sauveur. Et qu'aussi Dieu nous fasse grâce, Dieu nous donne son sourire et sa tendresse afin que, nous aussi, nous connaissions la douceur de vivre avec Lui dans le Royaume avec tous ceux qui l'ont attendu, avec tous ceux qu'Il a déjà fait lever comme une grande moisson et qu'Il ne cessera de relever par la puissance de sa Résurrection.

    AMEN

  • Anne et Joachim (26 juillet)

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    giotto_joachim_anne300.jpgHomélie pour la nativité de la Vierge Marie de saint Jean Damascène

        Puisque la Vierge Mère de Dieu devait naître de sainte Anne, la nature n'a pas osé anticiper sur la grâce : la nature demeura stérile jusqu'à ce que la grâce eût porté son fruit. Il fallait qu'elle naquît la première, celle qui devait enfanter le premier-né antérieur à toute créature, en qui tout subsiste.

    la rencontre entre Anne et Joachim, par Giotto (XIVe s.)

        Joachim et Anne, heureux votre couple ! Toute la création est votre débitrice. C'est par vous, en effet, qu'elle a offert au Créateur le don supérieur à tous les dons une mère toute sainte, seule digne de celui qui l'a créée.

         Réjouis-toi, Anne, la stérile, toi qui n'enfantais pas ; éclate en cris de joie, toi qui n'as pas connu les douleurs. Réjouis-toi, Joachim : par ta fille un enfant nous est né, un fils nous a été donné. On proclame son nom : Messager du grand dessein de Dieu, qui est le salut de tout l'univers, Dieu fort. Oui, cet enfant est Dieu.

         Joachim et Anne, heureux votre couple, et parfaitement pur ! On vous a reconnus grâce à votre fruit, selon cette parole du Seigneur : Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Vous avez eu une conduite agréable à Dieu et digne de celle que vous avez engendrée. A cause de votre vie chaste et sainte, vous avez produit le joyau de la virginité, celle qui devait être vierge avant l'enfantement, vierge en mettant au monde, vierge après la naissance ; la seule toujours vierge d'esprit, d'âme et de corps.

         Joachim et Anne, couple très chaste ! En observant la chasteté, cette loi de la nature, vous avez mérité ce qui dépasse la nature : vous avez engendré pour le monde celle qui sera, sans connaître d'époux, la Mère de Dieu. En menant une vie pieuse et sainte dans la nature humaine, vous avez engendré une fille supérieure aux anges, qui est maintenant la Souveraine des anges. Enfant très gracieuse et très douce ! Fille d'Adam et Mère de Dieu ! Heureux ton père et ta mère ! Heureux les bras qui t'ont portée ! Heureuses les lèvres qui, seules, ont reçu tes chastes baisers pour que tu demeures toujours parfaitement vierge. Acclamez Dieu, terre entière, sonnez, dansez, jouez. Elevez la voix, élevez-la, ne craignez pas.

    Saint Jean Damascène (source)

  • Journée mondiale des grands-parents et des personnes âgées : message du pape Léon XIV

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    Journée mondiale des grands-parents et des personnes âgées : message du pape Léon XIV

    Ce dimanche 26 juillet 2026, à l’occasion de la fête de saint Joachim et de sainte Anne, parents de la Vierge Marie, nous célébrons également la Journée mondiale des grands-parents et des personnes âgées ! Découvrez dans cet article le message du pape Léon XIV.


    Je ne t’oublierai jamais (Is 49, 15)

    Chers frère et sœurs,

    par la bouche du prophète Isaïe, le Seigneur promet qu’Il n’oubliera jamais aucun d’entre nous. Il nous assure qu’Il a gravé nos visages dans la paume de ses mains (cf. Is 49, 16) et que son amour est plus grand que celui d’une mère pour son enfant (cf. Is 49, 15). Le prophète nous laisse entrevoir un dialogue intime et intense dans lequel Dieu s’adresse à chacun et au peuple lui-même en utilisant le “tu”. Aujourd’hui encore, nous pouvons lire ces paroles comme s’adressant à chacun de nous, et chacun peut entendre ce « Je ne t’oublierai jamais » qui lui est destiné.

    Ce sont des paroles qui remplissent de consolation et de confiance. Elles sont la réponse à un sentiment angoissant qui agite le cœur : « Le Seigneur m’a abandonné, le Seigneur m’a oublié » (Is 49,14). Combien de fois, dans les Saintes Écritures, en particulier dans les Psaumes, la prière naît-elle du désarroi de ceux qui ont l’impression que leur vie n’intéresse personne et qu’elle est négligée ! La douloureuse sensation d’être oublié est malheureusement commune à beaucoup de personnes, et parmi elles, nombreuses sont les personnes âgées.

    L’amour de Dieu, qui n’oublie personne, se propose comme un acte de justice et une réponse à l’anonymat dans lequel la vie humaine finit trop souvent par se perdre. Un voile semble recouvrir la vie de nombre de personnes âgées, effaçant les traits de leurs visages et les enveloppant d’oubli. C’est ce qui se passe dans les foyers où règne la solitude, ainsi que dans ces lieux de soin où la singularité de chaque personne risque d’être réduite au numéro de son lit ou à sa pathologie.

    La célébration de la Journée Mondiale des Grands-parents et des Personnes âgées est l’occasion de redécouvrir que l’Église est appelée à être la mère de tous et qu’à tout âge, il est toujours possible de se découvrir fils et filles de Dieu. Que cette Journée soit donc un encouragement pour tous, en particulier pour les plus jeunes, à reprendre la belle habitude de rendre visite à leurs grands-parents, aux personnes âgées de la famille, ainsi qu’à ceux qui ne reçoivent aucune visite.

    Apportez-leur, par ce message et par votre présence, la proximité et l’affection du Pape. Faites en sorte que les paroles du prophète « Moi, je ne t’oublierai jamais » prennent la forme d’une rencontre tendre et affectueuse. « À une époque qui tend à tout accélérer et à tout fragmenter, la chair humaine continue de demander à être soignée et reconnue par des mains capables de tendresse, par des esprits attentifs et par de bonnes paroles. La culture numérique multiplie les connexions et offre de nouvelles possibilités de rencontre ; pourtant, le cœur humain conserve un besoin irremplaçable de proximité » (Lettre encyclique Magnifica humanitas, n. 239).

    L’Église connaît la souffrance de ses enfants les plus âgés ; elle sait bien qu’on les regarde trop souvent avec des préjugés et qu’on les considère comme un fardeau ; elle est consciente qu’une économie axée sur le profit affaiblit les liens familiaux ; elle sait que de nombreuses personnes âgées sont abandonnées par leurs enfants, contraints d’émigrer ou, dans certains cas, de partir à la guerre. Pour chacune de ces raisons, elle se réjouit d’annoncer la promesse du Seigneur : « Moi, je ne t’oublierai jamais ! ».

    Il est doux, à tout âge, mais surtout quand on n’est plus tout jeune, de découvrir, comme l’a dit le Bienheureux Jean-Paul Ier, que « nous sommes de la part de Dieu objet d’un amour sans faille. Nous le savons : Il a toujours les yeux ouverts sur nous même lorsqu’il nous semble qu’il fait nuit. Il est père ; plus encore Il est mère » (Angelus, 10 septembre 1978). Même si cela ne vient pas spontanément à l’esprit, la vérité est que, même dans la vieillesse, on ne cesse pas d’être fils et fille, et c’est pourquoi l’invitation à retourner dans les bras de Dieu, dont l’amour est à la fois paternel et maternel, reste valable chaque jour.

    Pour beaucoup, la découverte de la tendresse de Dieu se fait au cours de l’existence, parfois même dans la dernière phase de la vie. En effet, contrairement au passé, il est de plus en plus fréquent de vieillir sans avoir eu une véritable expérience de la foi. Dans ce cas, l’âge avancé, à partir des questions que l’on se pose avec plus d’urgence à cette période de la vie, peut devenir le moment opportun pour commencer ou reprendre une vie spirituelle. Sur ce nouveau chemin, on peut reconnaître que Dieu, comme le dit saint Augustin, « est mère parce qu’il réchauffe, parce qu’il nourrit, parce qu’il allaite, parce qu’il protège » (Commentaire sur le Psaume 26, II, 18).

    C’est une prise de conscience qui aide à ne pas avoir honte de la fragilité qui se manifeste et aussi à comprendre que nous avons tous, toujours, besoin les uns des autres et que nous sommes tous en quête d’attention et de soins. À Dieu, qui se fait proche et que nous apprenons à reconnaître dans sa tendresse, nous pouvons désormais nous adresser avec une confiance filiale dans la prière. Il n’est jamais trop tard pour commencer à s’adresser à Lui. Cela peut être un grand don pour chacun.

    Chers aînés, le Pape François parlait de vous comme d’un « peuple nouveau » (Catéchèse, 23 février 2022), car le nombre de personnes âgées n’a jamais été aussi élevé dans l’histoire de l’humanité. Il est donc plus important que jamais de réfléchir avec vous, « nouveau peuple », à ce que peut être notre vocation lorsque la fragilité, compagne de l’homme depuis sa naissance, semble prendre le dessus. Je voudrais vous dire : n’ayez pas peur de la fragilité ! Cette faiblesse cache en elle-même un nouveau potentiel qui éclaire également les autres âges de la vie.

    En effet, lorsqu’elle est acceptée et reconnue, la fragilité « ouvre le cœur au soutien mutuel et à l’invocation de Celui qui peut donner ce qu’aucun pouvoir humain n’est en mesure de garantir : la réconciliation profonde des cœurs et, avec elle, la paix véritable » (Rencontre avec la communauté algérienne, Basilique Notre-Dame d’Afrique, Alger, 13 avril 2026).

    C’est ainsi que nous pouvons vivre, en tant que chrétiens, le temps de la vieillesse : “fragiles” mais en même temps “appelés”. Un homme et une femme peuvent, en effet, renaître dans leur vieillesse (cf. Jn 3, 4-6) et s’écrier, avec le prophète : « Par la conversion et le calme, vous serez sauvés ; dans la tranquillité, dans la confiance sera votre force » (Is 30, 15).

    Une force qui peut devenir une invitation à ne pas recourir aux voies de l’arrogance et de la puissance pour garantir la coexistence humaine, mais aux voies de la réconciliation et de la paix véritable. En cette époque, si durement marquée par la violence guerrière et sociale, beaucoup s’interrogent sur ce que sera le monde dans lequel grandiront leurs petits-enfants. Je vous exhorte, bien-aimés, à vous joindre à moi pour prier avec insistance afin que la paix vienne bientôt dans le monde entier.

    Chères sœurs et chers frères âgés, je vous remercie de me soutenir chaque jour par vos prières, en particulier lorsque vous récitez le Saint Rosaire. Je vous le rends de tout cœur et je vous laisse ce vœu : que le Seigneur nous renouvelle toujours dans la foi, l’espérance et la charité, Lui qui ne nous oublie jamais !

    Du Vatican, le 15 juin 2026 

    LÉON PP. XIV

  • Les pèlerinages estivaux de Léon XIV

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    De Cassandra Chesser sur The Pillar :

    Là où Léon a prié

    Les lieux où le pape Léon a effectué un pèlerinage

    24 juillet 2026

    Les pèlerins qui arrivent au sanctuaire de la Très Sainte Trinité à Vallepietra s'approchent à pied après des heures de marche à travers les montagnes, progressant en groupes derrière des bannières décorées. À l'intérieur, ils touchent le rocher au-dessus d'eux. En repartant, ils marchent à reculons, refusant de tourner le dos à l'image de la Sainte Trinité qu'ils sont venus vénérer.

    Non loin de là, à Subiaco, les pèlerins descendent dans une autre grotte où saint Benoît de Nursie vécut en ermite au début du VIe siècle. Là, les visiteurs embrassent le genou de la statue du saint, perpétuant ainsi un geste ancestral.

    Contre toute attente, le pape Léon XIV s'est rendu sur les deux sites le 22 juillet. Son itinéraire a permis de relier deux expressions très différentes du pèlerinage catholique : un sanctuaire de montagne façonné par des siècles de dévotion populaire locale et la grotte où un jeune ermite a entamé la vie spirituelle qui allait contribuer à façonner le monachisme occidental.

    Le sanctuaire de la Très Sainte Trinité se dresse au pied d'une paroi rocheuse abrupte sur le mont Autore, près de la frontière entre le Latium et les Abruzzes, à plus de 1 200 mètres d'altitude.

    Sanctuaire de la Très Sainte Trinité à Vallepietra. Crédit : Pietro Scerrato/wikimedia. CC BY SA 3.0

    L'origine du sanctuaire demeure inconnue. Selon une légende, un fermier labourait la montagne lorsque ses bœufs se détachèrent de la charrue et tombèrent dans un ravin. Lorsqu'il parvint enfin à les rejoindre, il les trouva agenouillés devant une image de la Sainte Trinité à l'intérieur d'une grotte.

    Une autre tradition raconte l'histoire de deux chrétiens fuyant les persécutions de l'empereur Néron. Sur la montagne, ils rencontrèrent les apôtres Pierre et Jean, tandis qu'un ange leur apportait de la nourriture et faisait jaillir une source d'eau douce d'un rocher. Le lendemain, l'image de la Sainte Trinité apparut et bénit la montagne.

    Les historiens ont plutôt suggéré que des moines ou des ermites orientaux auraient pu fonder ce lieu de culte. L'image la plus vénérée du sanctuaire est de style byzantin : les trois Personnes de la Trinité y sont représentées par trois figures identiques du Christ assis, tenant chacune un livre ouvert et levant la main droite en signe de bénédiction.

    Cette fresque est au cœur de la dévotion à Vallepietra, et ce depuis des siècles.

    Après la Pentecôte, et en préparation du dimanche de la Trinité, les pèlerins se rendent au sanctuaire en groupes formés dans les villes du Latium et des Abruzzes. Certains commencent leur marche de nuit, passant des heures sur les sentiers de montagne avant d'atteindre le sanctuaire. Chaque groupe suit sa propre bannière, portée en tête de la procession.

    À travers les siècles, les pèlerins ont perpétué certaines traditions. Certains touchent la roche de la grotte avant de partir et sortent à reculons. D'autres portent des pierres, symboles du poids du péché, et les jettent en chemin. Une autre coutume ancienne est directement liée aux sources de Simbrivio, eau de montagne qui coule autour et sous le sanctuaire. Lors de ce rituel, deux personnes plongent leurs mains ensemble dans l'eau pure pour sceller un lien d'amitié spirituelle, d'engagement et de communauté.

    Le matin du dimanche de la Trinité, de jeunes femmes de Vallepietra interprètent traditionnellement le Pianto delle Zitelle – les « Larmes des Vieilles Filles » – un drame sacré séculaire relatant la Passion du Christ. Les interprètes sont vêtues de blanc, à l'exception de la femme incarnant la Vierge Marie, qui est vêtue de noir. Les femmes alternent entre les saints mystères de la Passion du Christ et des versets choraux chantés du psaume Miserere .

    Pied des Zitelle. Domaine public.

    Le sanctuaire conserve également des ex-voto, objets déposés en signe de gratitude pour des miracles ou des prières exaucées, dans un musée en constante expansion. Parmi ces objets figurent des bannières laissées par d'anciennes communautés, des cœurs en argent traditionnels et des photographies, autant de témoignages des communautés qui s'y sont rendues au fil des générations.

    Léon est le premier pape à visiter le sanctuaire, bien qu'il abrite une relique de première classe de saint Jean-Paul II.

    De Vallepietra, Léon XIV se rendit au monastère Saint-Benoît de Subiaco, connu sous le nom de Sacro Speco, ou Grotte Sainte. Ce lieu est l'un des plus vénérés de la spiritualité bénédictine depuis près de mille ans.

    Le pape Léon XIV au monastère Saint-Benoît de Subiaco. Crédit : Varican Media.

    Les chapelles, les escaliers et les passages du monastère sont construits à flanc de montagne, voire directement dans celle-ci. Le Sacro Speco est la petite grotte où saint Benoît de Nursie vécut après avoir quitté sa riche famille romaine au début du VIe siècle.

    Souhaitant suivre l'exemple des premiers Pères du désert, saint Benoît cherchait à vivre dans la solitude et la prière, bien que sa réputation de guide spirituel ait attiré les fidèles à lui ; finalement, 13 monastères furent fondés à proximité.

    La grotte devint un lieu de pèlerinage, et le monastère actuel se développa autour d'elle au Moyen Âge. Ses églises et chapelles sont ornées de fresques de différentes époques, dont une image devant laquelle le pape Léon XIV s'arrêta pour prier : le plus ancien portrait conservé de saint François d'Assise.

    Portrait de saint François à Subiaco. Domaine public.

    Saint François vint à Subiaco en pèlerinage au début du XIIIe siècle. Le portrait l'identifie simplement comme « Frère François », et il apparaît sans auréole ni stigmates.

    Plus profondément dans le complexe se trouve la grotte elle-même, marquée par une statue du XVIIe siècle représentant saint Benoît en prière. Suivant la coutume des pèlerins qui l'avaient précédé, Léon s'est incliné pour baiser le genou de la statue et a récité le Notre Père avec ceux qui l'accompagnaient.

    Le pape Léon XIV embrasse le genou de la statue de saint Benoît lors de sa visite au monastère Saint-Benoît de Subiaco, en Italie, le 22 juillet 2026. Crédit : Vatican Media.

    Léon XIV se rendit ensuite au monastère Sainte-Scholastique, situé à proximité et nommé en l'honneur de la sœur de Benoît, où réside aujourd'hui la majeure partie de la communauté bénédictine de Subiaco. Il visita le monastère et déjeuna avec les religieux réunis.

    Le pape n'a prononcé aucun discours important durant l'excursion et a plutôt suivi l'exemple de générations de pèlerins avant lui : prière silencieuse devant des images anciennes, entrée dans la grotte d'un ermite et le baiser coutumier offert à Benoît.