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BELGICATHO - Page 3

  • Le concile Vatican II : une étoile polaire pour l'Église ?

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    De sur le CWR :

    Le concile Vatican II : une étoile polaire pour l'Église ?

    Réflexions sur les récentes remarques du pape Léon XIV concernant la place et l'importance du concile Vatican II.

    Le pape Jean XXIII préside la messe d'ouverture du concile Vatican II. (Image : Lothar Wolleh/Wikipedia)
    Dans son encyclique  Aeterni Patris, qui appelait à un regain d'étude de la philosophie de saint Thomas d'Aquin, le pape Léon XIII comparait la foi à une « étoile amie » pour les philosophes. Par cette métaphore, il entendait que le dogme catholique devait servir de point de repère constant, de sorte que toute thèse philosophique contredisant la foi était nécessairement erronée.

    Le pape Léon XIV a déclaré que le Magistère du Concile Vatican II constitue aujourd'hui l'« étoile qui guide » l'Église. Lors de son audience générale du 7 janvier, il a encouragé les fidèles à lire les documents de Vatican II, affirmant qu'« il est important de se familiariser à nouveau avec le Concile, non pas par le biais de rumeurs ou d'interprétations, mais en relisant ses documents et en réfléchissant à leur contenu ».

    L'encyclique Aeterni Patris connut un grand succès. Elle suscita un regain d'intérêt pour la pensée de saint Thomas d'Aquin et le mouvement néo-thomiste du XXe siècle, qui révéla des figures philosophiques majeures telles que Jacques Maritain et Étienne Gilson. L'exhortation de Léon XIV produira-t-elle des résultats similaires ? Ceux qui imputent les erreurs et les travers des années 1960 et 1970 au Concile lui-même sont peu susceptibles de le croire. Ils adhèrent à la logique douteuse du post hoc ergo propter hoc  (après quoi, donc à cause de quoi).

    Cependant, on ne trouve dans les enseignements spécifiques de Vatican II aucune justification aux mauvaises liturgies, à la doctrine morale déformée, à la dissidence flagrante et aux autres abus qui ont eu lieu après la conclusion du Concile.

    Les progressistes pourraient également contester le projet du pape Léon XIV, car une réflexion sur le contenu de ces documents révèle que le concile n'était pas aussi révolutionnaire qu'on nous l'a fait croire. Certains théologiens, généralement attachés aux doctrines progressistes, lisent ces documents pour comprendre « l'esprit » du concile, estimant que le fond importe moins que la manière dont les choses ont été dites.

    Ainsi, ils préfèrent se concentrer sur ce qui était « non dit » dans ces documents magistériels, mais qui, d'une manière ou d'une autre, s'est néanmoins manifesté. Or, si Vatican II se veut un guide fiable pour l'Église universelle, il est essentiel de privilégier la lettre sur l'esprit, l'objectif sur le subjectif. Chercher à découvrir ce que les documents n'ont pas dit explicitement, mais qu'ils auraient transmis par allusion, ton et style, risque de faire de la théologie une affaire totalement subjective et arbitraire.

    Si les fidèles lisent ces documents pour comprendre le véritable message du Concile, ils seront surpris. Cette affirmation ne signifie pas que les enseignements du Concile soient exempts d'ambiguïtés ou d'autres problèmes. Ratzinger a d'ailleurs critiqué certains passages de Gaudium et Spes, les jugeant « délibérément pélagiens ». Mais, dans l'ensemble, le contenu doctrinal des documents de Vatican II est pleinement conforme à l'Écriture Sainte et aux traditions établies par les Conciles précédents.

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  • Le pape Léon XIV appelle à prier pour la paix en République démocratique du Congo

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    De Victoria Cardiel (ACI Prensa) sur EWTN News :

    Le pape Léon XIV appelle à prier pour la paix en République démocratique du Congo

    Le pape a marqué le début de la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens en demandant des prières pour ceux qui souffrent des violences dans ce pays africain.

    18 janvier 2026

    Le pape Léon XIV a exhorté dimanche à prier pour la paix en République démocratique du Congo, alors que les violences dans l'est du pays continuent de forcer des familles à fuir leurs foyers et à franchir les frontières.

    « Nombreux sont ceux qui ont été contraints de fuir leur pays – notamment vers le Burundi – en raison des violences, et ils sont confrontés à une grave crise humanitaire », a déclaré le pape après avoir prié l’Angélus sur la place Saint-Pierre le 18 janvier. « Prions pour que le dialogue en faveur de la réconciliation et de la paix prévale toujours entre les parties en conflit. »

    Léon XIV a également assuré de ses prières les personnes touchées par les graves inondations en Afrique australe.

    Le pape a également marqué le début de la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens.

    « Durant ces journées, j’invite toutes les communautés catholiques à approfondir leurs prières pour l’unité pleine et visible de tous les chrétiens », a déclaré Léon, rappelant que « les origines de cette initiative remontent à deux siècles » et notant que le pape Léon XIII « l’a grandement encouragée ».

    Le thème de la célébration de cette année est tiré de la Lettre de saint Paul aux Éphésiens : « Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance, celle de votre vocation » (4,4). Les prières et les réflexions, a précisé le pape, ont été préparées par « un groupe œcuménique coordonné par le Département des relations inter-Églises de l’Église apostolique arménienne ».

    Dans sa réflexion précédant la prière de l'Angélus, Léon XIV a lié l'appel à la paix et à l'unité à une mise en garde contre ce qu'il a décrit comme une culture des apparences, exhortant les fidèles à suivre l'exemple de saint Jean-Baptiste, qui s'est effacé après avoir conduit les autres vers le Christ.

    L’Évangile du jour (Jn 1, 29-34), a souligné le pape, montre Jean identifiant Jésus comme le Messie : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ! » (v. 29). L’humilité de Jean demeure un témoignage nécessaire, a affirmé Léon, car « l’approbation, le consensus et la visibilité sont souvent survalorisés, au point d’influencer les idées, les comportements et même la vie intérieure des individus ».

    « Cela engendre souffrance et division, et donne naissance à des modes de vie et à des relations fragiles, décevantes et emprisonnantes », a déclaré le pape.

    Au lieu de courir après ce qu’il appelait des « substituts au bonheur », Léon XIV a déclaré que les chrétiens devraient se souvenir que « notre joie et notre grandeur ne reposent pas sur des illusions passagères de succès ou de gloire, mais sur la certitude d’être aimés et désirés par notre Père céleste. »

    Léon a souligné que l'amour de Dieu n'est pas une question de spectacle, mais de proximité et de compassion : « L'amour dont parle Jésus est l'amour d'un Dieu qui, aujourd'hui encore, vient parmi nous, non pas pour nous éblouir par des démonstrations spectaculaires, mais pour partager nos luttes et prendre nos fardeaux sur lui. »

    Il a conclu en exhortant les croyants à résister aux distractions et à cultiver la prière et la simplicité : « Ne gaspillons pas notre temps et notre énergie à courir après les apparences », a-t-il déclaré, encourageant les catholiques à prendre chaque jour, si possible, du temps pour le silence et la prière — « pour se retirer dans le désert », afin de rencontrer le Seigneur.

  • Le Mexique commémore le centenaire de la guerre des Cristeros

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    De kath.net/news :

    Le Mexique commémore le centenaire de la guerre des Cristeros

    19 janvier 2026

    Les lois contre l'Église, votées par le président Calles en 1926, ont poussé les croyants à prendre les armes – un grand rassemblement de jeunes et un congrès rappellent un conflit qui n'a guère été abordé jusqu'à présent.

    Il y a près de cent ans, le 14 juin 1926, la « Ley Calles » était promulguée au Mexique. Cet ensemble de lois, édicté par le président Plutarco Elias Calles (1877-1945), restreignait sévèrement la pratique publique du culte et plaçait l'Église sous le contrôle de l'État, engendrant des années d'insécurité généralisée, de persécution et de fortes tensions entre l'État et l'Église. Les croyants opposèrent alors une résistance armée lors d'un conflit qui, selon la Conférence épiscopale nationale, fit 200 000 morts et est entré dans l'histoire sous le nom de « Guerre des Cristeros ». D'après les historiens, les répercussions de ce conflit continuent de façonner la société mexicaine et l'Église jusqu'à nos jours.

    Aujourd'hui, la Ley Calles est considérée comme le fruit d'une stratégie anticléricale de longue haleine menée par l'État mexicain, dont les racines remontent au XIXe siècle. Les réformes libérales et les idéologies laïques, influencées par les modèles européens et les mouvements américains, visaient à limiter l'influence de l'Église catholique. Après la Révolution mexicaine (1910-1920) et l'échec, en 1925, de la création d'une Église d'État catholique distincte au Mexique, indépendante de Rome, le président Calles appliqua avec une sévérité particulière les dispositions constitutionnelles anti-Église déjà en vigueur. Pour une grande partie de la population, majoritairement catholique, cela se traduisit par une profonde intrusion dans leurs pratiques et leur identité religieuses, contribuant à l'escalade du conflit.

    La réglementation de 1926 excluait en grande partie l'Église catholique de la sphère publique. L'instruction religieuse était interdite, de même que les symboles et les processions religieuses. Toutes les autres activités de l'Église furent placées sous le contrôle de l'État, le culte public fut sévèrement restreint et l'Église fut privée de sa personnalité juridique et de ses droits de propriété. Les prêtres étaient tenus de s'enregistrer, devaient être d'origine mexicaine et leur nombre était limité par État. De plus, il leur était interdit de critiquer l'État. Les infractions étaient passibles de lourdes amendes ou d'emprisonnement. En outre, les autorités étatiques étaient habilitées à fermer ou à confisquer les églises, les monastères, les écoles ou les maisons paroissiales.

    Suspension des offices religieux publics :
    En réponse, le 31 juillet 1926, les évêques mexicains suspendirent les messes publiques dans tout le pays. Des appels au boycott des lois et des produits des entreprises liées à l'État se firent entendre, ainsi qu'une large solidarité avec les victimes. Le gouvernement intensifia la répression par des arrestations massives, des expulsions et des actions militaires contre la population civile, ce qui mena à une escalade du conflit : les « Cristeros » — laïcs, populations rurales et communautés villageoises entières — se soulevèrent contre l'intervention de l'État ; des prêtres participèrent également au soulèvement. Leur nom provient du cri « ¡Viva Cristo Rey! » (Vive le Christ Roi !), né lors d'interrogatoires où les prisonniers, contraints de prêter allégeance à l'État, affirmaient leur appartenance religieuse.

    Le gouvernement, militairement et technologiquement supérieur, répliqua par de nombreuses exécutions. Des dizaines de victimes ont par la suite été béatifiées ou canonisées par l'Église catholique, parmi lesquelles des personnalités telles que les prêtres Miguel Agustín Pro et Mateo Elias Nieves Castillo, ainsi que le laïc Anacleto González Flores. Le pape François a canonisé José Sánchez del Río à Rome en 2016. Ce dernier avait rejoint les rebelles et servi comme courrier et messager pour eux ; il fut exécuté à l'âge de 14 ans seulement après avoir subi de terribles tortures.

    Le conflit armé prit officiellement fin en 1929 avec un accord entre le gouvernement mexicain et les évêques, conclu sous d'intenses pressions diplomatiques et grâce à la médiation de l'ambassadeur américain Dwight W. Morrow. Cet accord permit la reprise des offices religieux publics et abrogea de fait les mesures les plus sévères des Ley Calles. Malgré la fin officielle du conflit, les violences et la répression locales, notamment la persécution et le meurtre de Cristeros désarmés, persistèrent pendant des années. Ce n'est qu'avec la réforme législative de 1992 que l'Église catholique au Mexique recouvra la pleine souveraineté.

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  • «Nous ne voulons pas d’une société qui donne la mort»; 10.000 personnes ont manifesté à Paris

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    D' sur le site du Figaro (extraits) :

    «Nous ne voulons pas d’une société qui donne la mort» : à Paris, la «marche pour la vie» à l’épreuve du calendrier politique

    Pendant que les bénévoles terminent les préparatifs. Geneviève Bourgeois, gériatre et porte-parole de la «marche pour la vie», inscrit le sujet dans une lecture historique, et met en garde contre une pente qu’elle estime déjà observable ailleurs en Europe : «Plus on regarde l’histoire, que ce soit en France ou dans les autres pays d’Europe, plus on se rend compte que depuis plus de 50 ans un mouvement mortifère tente de s’emparer de la conscience collective et attire les politiques vers des décisions toujours plus contraires à la vie.»

    Marie-Lys Pellissier, autre porte-parole, assume la ligne politique du mouvement : «Nous ne voulons pas d’une société qui donne la mort mais d’une société qui protège et accompagne les plus fragiles, à tous les moments de leur vie, quels que soient leur état de dépendance et le coût de leur existence.» Face à l’expression de «droit à mourir dans la dignité», elle oppose un autre impératif : «Nous demandons un droit effectif - et je dis bien effectif - à un accompagnement médical complet, c’est-à-dire aux soins palliatifs, seule solution légitime au problème de la fin de vie en France.» Le Sénat a remplacé «le droit à l’aide à mourir» par «une assistance médicale à mourir» : qu’en penser ? Marie-Lys Pellissier tranche : «Il est question d’assistance médicale, donc on considère le fait de donner la mort comme un soin.»

    «Là où la vie cesse d’être inviolable, l’homme perd sa liberté»

    À 14 heures, la place Vauban change de visage. Les arrivées s’accélèrent, par vagues. Des familles, des groupes de jeunes, des couples, des personnes âgées. Les pancartes se distribuent rapidement : «La souffrance se soigne, la vie se protège»«La dignité, pas la mort»«Soigner, pas supprimer ». L’ambiance est joyeuse, paisible, presque festive - une légèreté revendiquée, comme pour éviter de réduire la marche à une procession de contestation.

    Sur la scène, les discours prennent un ton plus martial. Mgr Dominique Rey, évêque émérite de Fréjus-Toulon, dénonce : «Ce projet de loi est un dévoiement de la mission du corps médical, qui est de protéger la vie. L’histoire l’a montré, là où la vie cesse d’être inviolable, l’homme perd sa liberté.» Vient ensuite le témoignage de Maxence Clicquot de Mentque. 21 ans, étudiant à Toulouse, atteint de la myopathie de Duchenne, il dit sa joie de vivre malgré un corps très atteint. Un hommage suit, à Charlie Kirk«mort pour avoir défendu la vie», influenceur américain conservateur et représentant de la jeunesse pro-Trump, tué par balle sur un campus d’une université de l’Utah le 10 septembre 2025. Puis le cortège s’élance.

    La marche avance pour une boucle dans le quartier. Parmi les jeunes regroupés près de la tête, Gonzague, 23 ans, venu de Bourgogne, ne cache pas une forme de colère froide : «Malgré le fait que la loi avance dans son processus législatif, il faut ne rien lâcher. Même si la loi passe, le but est aussi d’influencer l’opinion, de montrer que la jeunesse se mobilise et que la vie doit être défendue quoi qu’il arrive.» Il poursuit : «Si l’euthanasie est inscrite dans la loi, ça ne nous empêchera pas de défendre la vie de sa conception jusqu’à sa fin. Les législateurs ne se rendent pas compte qu’ils ouvrent une boîte à toutes les dérives.» (...)

    Selon les organisateurs, la «marche pour la vie» 2026 a rassemblé 10.000 participants, et 7.300 selon la préfecture de police de Paris au plus fort de la manifestation. (...)

  • Il y a vingt-cinq ans : la mort de Gustave Thibon

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    Du blog du Mesnil Marie :

    2021 - 19 janvier - 2026
    25ème anniversaire du rappel à Dieu de Gustave Thibon

    1) nouvelle publication : la vidéo "il était une foi" >>>

    http://leblogdumesnil.unblog.fr/2026/01/18/2026-9-gustave-thibon-il-etait-une-foi/

    2) La liste de toutes nos publications concernant Gustave Thibon >>>

    http://leblogdumesnil.unblog.fr/2023/01/18/2023-14-retrospectives-des-publications-de-ce-blogue-relatives-a-gustave-thibon-2008-2023/

  • Un schisme à Berlin ? Une partie à haut risque pour Léon XIV

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    De Nico Spuntoni sur Il Giornale :

    Un schisme à Berlin, un match crucial pour Léon

    17 janvier 2026

    Le dossier le plus brûlant que Léon XIV a hérité de François est en allemand. L'année du Jubilé et du conclave n'a pas arrêté ce que le cardinal Gehrard Müller a qualifié de « processus de protestantisation » de l'Église catholique en Allemagne. Et si jusqu'à présent Rome a pris son temps face aux progrès continus outre-Rhin, les nœuds sont en train de se dénouer. Dans les prochaines heures, le pape devrait recevoir Mgr Nikola Eterovic, nonce apostolique à Berlin. Il est inévitable que la conversation sera monopolisée par le vote imminent de la Conférence épiscopale allemande sur le statut de la conférence synodale.

    Il s'agit d'un projet, déjà approuvé par le très puissant Comité central des catholiques allemands, qui donnera naissance à un organe permanent dans lequel les laïcs seront mis sur un pied d'égalité avec les évêques. Cette Conférence synodale aura un pouvoir décisionnel et pourra introduire des modifications à la doctrine à la majorité, obligeant ceux qui sont en désaccord à fournir une justification publique. En outre, la Conférence prendra en charge la gestion des ressources financières de la très riche Église allemande.

    Tout ce que le Saint-Siège redoutait s'est produit en 2019, lorsque le controversé Chemin synodal a été lancé en Allemagne et que l'actuel préfet du dicastère pour les évêques, Mgr Filippo Iannone, a écrit à l'ancien président de la Conférence épiscopale allemande, le cardinal Reinhard Marx, pour l'avertir que des questions telles que les ministères ordonnés pour les femmes, la séparation des pouvoirs entre laïcs et ecclésiastiques et le célibat des prêtres « ne concernent pas l'Église en Allemagne mais l'Église universelle et, à quelques exceptions près, ne peuvent faire l'objet de délibérations ou de décisions d'une Église particulière ».

    Au cours de ces dernières années, les évêques allemands ont ignoré à plusieurs reprises les appels de Rome. Leur objectif semble toutefois aller plus loin et consister à déclencher une « contagion » allemande au reste de l'Église. En témoigne le récent consistoire au Vatican au cours duquel, comme nous pouvons vous le révéler, le cardinal Marx est intervenu pour souhaiter que le diaconat féminin soit rapidement mis en place. Le cardinal est le grand artisan du processus synodal allemand et a conservé son leadership même après avoir été remplacé à la tête de la Conférence épiscopale. 

    Aujourd'hui, Il Giornale peut révéler un épisode inédit dont Marx est le protagoniste : en 2021, Benoît XVI s'est en effet manifesté auprès de son successeur à l'archevêché de Munich et Freising pour lui faire part de sa « grande inquiétude » concernant le processus synodal en Allemagne. Des sources vaticanes nous confirment que ces dernières années, Ratzinger était très sceptique quant à la direction prise par l'Église allemande et était convaincu que « ce chemin fera du mal et finira mal s'il n'est pas arrêté ». Marx a ignoré l'appel du pape émérite qui, quelques mois plus tard, a été fortement discrédité dans son pays natal à cause d'un rapport sur les abus commandé par l'archidiocèse de Munich, sans être défendu par son successeur en fonction.

    C'est maintenant au tour de Léon XIV. Il reçoit l'aide du cardinal Mario Grech dans son rapport au consistoire, où l'on peut lire qu'« il appartient toujours à l'évêque de Rome de suspendre le processus synodal si nécessaire ».

    Le pape Prevost partage les doutes de Benoît XVI, mais s'il n'a pas la force de dire non au projet de Conférence synodale, le risque est que le glissement de terrain allemand devienne pour l'Église universelle une avalanche appelée schisme.

  • Omnis terra adoret te, Deus... (Introit pour le 2ème dimanche du temps ordinaire)

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    Introitus

    Omnis terra adoret te, Deus,
    et psallat tibi;
    psalmum dicat nomini tuo, Altissime..

    Que toute la terre vous adore, Dieu,

    et psalmodie pour vous:
    qu’elle dise un psaume à l’honneur de votre nom, Très-Haut.
    Ps.  1

    Iubilate Deo omnis terra,
    psalmum dicite nomini eius :
    date gloriam laudi eius.

    Jubilez pour Dieu, toute de la terre,
    dites un psaume à l’honneur de son nom:
    rendez gloire à sa louange !

  • Voici l'Agneau de Dieu (2e dimanche du Temps Ordinaire)

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    06-Retable_de_l-Agneau_mystique_-10-.jpg

    Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 1,29-34. 
    Comme Jean Baptiste voyait Jésus venir vers lui, il dit : « Voici l'Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ;
    c'est de lui que j'ai dit : Derrière moi vient un homme qui a sa place devant moi, car avant moi il était. 
    Je ne le connaissais pas ; mais, si je suis venu baptiser dans l'eau, c'est pour qu'il soit manifesté au peuple d'Israël. » 
    Alors Jean rendit ce témoignage : « J'ai vu l'Esprit descendre du ciel comme une colombe et demeurer sur lui. 
    Je ne le connaissais pas, mais celui qui m'a envoyé baptiser dans l'eau m'a dit : 'L'homme sur qui tu verras l'Esprit descendre et demeurer, c'est celui-là qui baptise dans l'Esprit Saint. '
    Oui, j'ai vu, et je rends ce témoignage : c'est lui le Fils de Dieu. » 

    Voici l’Agneau de Dieu (source)

    Homélie du fr. Thierry-Dominique HUMBRECHT o.p., 2dimanche du T.O., année A

     « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». Jean le Baptiste l’a dit, en une phrase il a tout dit du message chrétien.

    C’est aussi à notre temps qu’il l’annonce, et notre temps risque de passer à tabac aussi bien celui dont il est question que son porte-parole. Pensez donc : le porte-parole, un prophète qui pointe l’unique Dieu, de préférence aux autres, et qui, en outre, ose dénoncer les unions illégitimes, royales ou non ; cet homme-là n’a pas le droit de diffuser son intransigeance, il mérite la mort, la mort médiatique ou physique, ce qui revient au même. Davantage, est devenu inacceptable l’objet de son message, aujourd’hui comme hier, un Dieu qui s’incarne parce qu’il a des choses à réparer en nous et d’autres à exiger. La religion embourgeoisée en prend un coup, celle qui ne dérange ni l’ordre public ni les familles, où l’on ne touche à rien pour que tout aille bien.

    Pourtant, c’est à cette manifestation qu’il nous faut revenir, comme un résumé de notre foi : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». Essayons d’en mesurer la portée, sur Dieu, sur nous, sur notre société. 

    « L’Agneau de Dieu » : nous sommes habitués aux images évangéliques, trop peut-être, elles perdent de leur force. Qui d’entre nous a déjà porté un agneau dans ses bras, un vrai, vivant, cru ? Peut-être personne, ou alors il y a un demi-siècle. Les agneaux nous font sourire, ils sont aussi bêtes que leurs parents, heureusement ils ont un côté mignon. Leur innocence attendrit.

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  • « Évoquer une loi de fraternité est un mensonge » : la charge des évêques français contre le projet de loi Fin de vie

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    De Famille Chrétienne (Angeline Desdevises / Hans Lucas) :

     
    « Évoquer une loi de fraternité est un mensonge » : la charge des évêques contre le projet de loi Fin de vie

    À la veille du débat dans l’hémicycle, les évêques de France rappellent leur opposition à l’aide à mourir et plaident pour un renforcement des soins palliatifs.

    « Les soins palliatifs sont l’unique bonne réponse », soulignent les évêques de France jeudi dans une tribune, alors que le débat parlementaire sur la fin de vie a repris depuis mercredi en commission au Sénat. Tout en rappelant leur « profond respect pour les personnes en fin de vie », ils rappellent que la France a fait depuis plus de 25 ans le « choix singulier et précieux » de « refuser à la fois l’acharnement déraisonnable et la mort provoquée ». Dans ce texte transmis à la presse et signé par les évêques du conseil permanent de la Conférence des évêques de France (CEF), les prélats interrogent « la question du sens de la vie, de la souffrance et de la mort », et soulignent que leur motivation « n’est pas d’abord ni exclusivement confessionnelle ».

    Un « mensonge »

    Les évêques rappellent que l’accès aux soins palliatifs demeure « très inégal sur le territoire national. Aujourd’hui encore, près d’un quart des besoins en soins palliatifs ne sont pas couverts »« Nous appelons solennellement les responsables politiques à mesurer la portée anthropologique, sociale et éthique de leurs débats et de leurs votes », appuient-ils. « Évoquer une loi de fraternité quand il s’agit de faire mourir, de donner la possibilité de s’administrer une substance létale, ou d’inciter un soignant de le faire contre sa conscience, est un mensonge », écrivent-ils. « Présenter l’euthanasie et le suicide assisté comme des actes de soin brouille gravement les repères éthiques (…) Nous refusons en particulier l’instrumentalisation de notions essentielles telles que la dignité, la liberté ou la fraternité », souligne leur texte.

    Le Sénat a repris depuis mercredi l’examen de ce texte, souhaité par l’exécutif mais reporté à plusieurs reprises en raison des soubresauts politiques. La chambre haute en débattra dans l’hémicycle à partir du 20 janvier, avant un vote solennel prévu le 28 janvier. Puis l’Assemblée nationale devrait s’en saisir à nouveau en février.

  • L’Afrique devient la région du monde comptant le plus de chrétiens

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    De zenit.org :

    L’Afrique devient la région du monde comptant le plus de chrétiens

    La proportion de musulmans a augmenté dans plusieurs pays du continent

    16 janvier 2026

    Environ 31 % de la population chrétienne mondiale vit en Afrique, dépassant ainsi l’Europe qui compte 22 % de chrétiens. L’Afrique subsaharienne abrite plus de chrétiens que toute autre région du monde, selon les données du Pew Research Center, un institut de recherche spécialisé, publiées le 9 décembre 2025. 

    Entre 2010 et 2020, la proportion de la population chrétienne en Afrique subsaharienne est passée à 14,3 % de ses habitants, soit une augmentation de 2 points de pourcentage, tandis que la proportion au Moyen-Orient et en Afrique du Nord a atteint 5,6 %, soit une augmentation de 0,5 point.  L’Afrique subsaharienne abrite aujourd’hui le plus grand nombre de chrétiens, avec 30,7 % de tous les chrétiens du monde vivant en Afrique subsaharienne en 2020. Ce taux de croissance différent s’explique par le taux de fécondité beaucoup plus élevé en Afrique qu’en Europe, et par le déclin général de la pratique de la foi parmi les chrétiens d’Europe occidentale. 

    L’évolution religieuse se reflète dans la proportion de groupes religieux dont la population a augmenté ou diminué d’au moins 5 points de pourcentage entre 2010 et 2020. Le pourcentage de chrétiens dans la population a diminué dans presque toutes les régions, notamment dans les pays des Amériques et d’Europe. Ces baisses ont varié de 5 points au Bénin à 14 points aux États-Unis et 20 points en Australie. Au Mozambique seulement, la proportion de la population chrétienne a sensiblement augmenté entre 2010 et 2020, progressant de 5 points de pourcentage. 

    Peu de pays ont connu des variations importantes du pourcentage de musulmans dans leur population. La population musulmane mondiale a augmenté plus rapidement que les autres religions entre 2010 et 2020, principalement en raison de la croissance démographique. On estime que la proportion de musulmans a augmenté d’au moins 5 points de pourcentage au Kazakhstan, au Bénin et au Liban, et diminué de 5 points de pourcentage en Tanzanie et à Oman.  On a observé une baisse de 7 points dans la proportion de bouddhistes au sein de la population sud-coréenne et dans la proportion de personnes appartenant à d’autres religions au sein de la population de Guinée-Bissau. 

    Le nombre de chrétiens a augmenté de 122 millions, pour atteindre 2,3 milliards dans le monde. Leur part dans la population mondiale a diminué de 1,8 point de pourcentage, pour s’établir à 28,8 %.  Les conclusions de l’étude du Pew Research Center reposent sur 2 700 recensements et enquêtes. Cette étude s’inscrit dans le cadre du projet Pew-Templeton Global Religious Futures, qui analyse les mutations religieuses à l’échelle mondiale et leur impact sur les sociétés. 

    L’Afrique devient la région du monde comptant le plus de chrétiens | ZENIT - Français

  • Catéchèses du pape : Léon XIV va-t-il réviser Vatican II dans le sens de la tradition ?

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    De Jeanne Smits sur Réinformation TV :

    Léon Vatican Seigneur Eglise

    Les catéchèses de Léon XIV sur Vatican II, annoncées au Consistoire qui vient d’avoir lieu à Rome, ont commencé mercredi à l’audience générale avec une courte présentation de la Constitution dogmatique Dei Verbum. Sans nul doute, ces présentations par le pape qui entre en quelque sorte dans son pontificat après avoir consacré l’essentiel de ses premiers mois à exécuter ce qui était déjà prévu pour 2025 sous François, vont fortement attirer l’attention car c’est sans doute là que l’on trouvera les propos véritablement programmatiques du « pape Prevost ».

    Pour l’heure, le pape en est resté à des propos introductifs où, ayant cité les paroles de Jésus-Christ : « Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître », Léon XIV cite son cher saint Augustin :

    « Dans son commentaire sur ce passage du quatrième Evangile, (il) insiste sur la perspective de la grâce, seule capable de nous rendre amis de Dieu dans son Fils (Commentaire sur l’Evangile de Jean, Homélie 86). En effet, une ancienne devise disait “Amicitia aut pares invenit, aut facit”, “l’amitié naît entre égaux, ou rend tels”. Nous, nous ne sommes pas égaux à Dieu, mais Dieu lui-même nous rend semblables à Lui dans son Fils. »

    Léon XIV va-t-il réviser Vatican II dans le sens de la tradition ?

    Pas d’amitié avec Dieu sans grâce, en somme, et – comme le pape le rappelle plus loin – il appartient à l’homme de l’entretenir.

    Le pape poursuit :

    « C’est pourquoi, comme nous pouvons le voir dans toute l’Ecriture, il y a dans l’Alliance un premier moment de distance, dans la mesure où le pacte entre Dieu et l’homme reste toujours asymétrique : Dieu est Dieu et nous sommes des créatures ; mais, avec la venue du Fils dans la chair humaine, l’Alliance s’ouvre à sa fin ultime : en Jésus, Dieu fait de nous ses enfants et nous appelle à devenir semblables à Lui dans notre fragile humanité. Notre ressemblance avec Dieu ne s’obtient donc pas par la transgression et le péché, comme le suggère le serpent à Eve (cf. Gn 3, 5), mais dans la relation avec le Fils fait homme. »

    Léon XIV insiste beaucoup sur le « dialogue avec Dieu » qui est au cœur de Dei Verbum, d’abord dans le jardin de l’Eden, où il est interrompu par le péché. Puis :

    « Dans la Révélation chrétienne, lorsque Dieu, pour venir à notre rencontre, s’incarne dans son Fils, le dialogue qui avait été interrompu est définitivement rétabli : l’Alliance est nouvelle et éternelle, rien ne peut nous séparer de son amour. La Révélation de Dieu a donc le caractère dialogique de l’amitié et, comme dans l’expérience de l’amitié humaine, elle ne supporte pas le mutisme, mais se nourrit de l’échange de paroles vraies. »

    Les premières catéchèses de Léon XIV sur Vatican II évoquent le péché et la grâce

    Il en déduit la nécessité de répondre à Dieu :

    « D’où la nécessité de la prière, dans laquelle nous sommes appelés à vivre et à cultiver l’amitié avec le Seigneur. Cela se réalise tout d’abord dans la prière liturgique et communautaire, où ce n’est pas nous qui décidons ce que nous voulons entendre de la Parole de Dieu, mais c’est Lui-même qui nous parle à travers l’Eglise ; cela se réalise également dans la prière personnelle, qui se déroule dans l’intimité du cœur et de l’esprit. Le temps consacré à la prière, à la méditation et à la réflexion ne peut manquer dans la journée et la semaine du chrétien. Ce n’est que lorsque nous parlons avec Dieu que nous pouvons aussi parler de Lui. »

    Au-delà de ce conseil de vie chrétienne on notera les propos du pape sur la liturgie : Dieu nous parle d’abord à travers l’Eglise, c’est par elle qu’Il nous atteint… et la liturgie n’est pas un choix personnel et subjectif de l’homme.

    Léon XIV conclut, loin de l’idée que la foi en la parole de Dieu suffit, en montrant que l’homme, lui, peut rompre l’alliance :

    « Notre expérience nous montre que les amitiés peuvent prendre fin à cause d’un geste spectaculaire de rupture, ou d’une série de négligences quotidiennes qui effritent la relation jusqu’à la perdre. Si Jésus nous appelle à être amis, essayons de ne pas laisser cet appel sans réponse. Accueillons-le, prenons soin de cette relation et nous découvrirons que c’est précisément l’amitié avec Dieu qui est notre salut. »

  • Saint Antoine, père des moines (17 janvier)

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    De Marie Malzac sur croire.la-croix.com :

    Saint Antoine le Grand, aux sources du monachisme

    Comment connaît-on la vie d'Antoine le Grand né en Égypte au IIIe siècle, connu également sous le nom d'Antoine d'Égypte, ou Antoine l'Ermite, ou encore Antoine du désert, fondateur du monachisme? 

    Dans quel contexte saint Antoine a-t-il vécu ?

    En 250 après Jésus-Christ, l’empereur romain Trajan Dèce, désireux d’unifier l’empire par un programme de restauration politique et religieuse, décide de combattre tout ce qui s’oppose à la religiosité romaine traditionnelle. C’est le début d’une persécution brève et violente, menée en particulier contre les chrétiens. «En Égypte, cette persécution va entraîner un mouvement des chrétiens des villes vers le désert, et c’est dans ce contexte que naît Antoine, en 251», souligne le F. Elie Ayroulet, moine de la famille de Saint-Joseph et professeur de patrologie à l’Université catholique de Lyon.

    L’accalmie revient relativement vite, mais «la perception du martyr comme modèle du chrétien» est présente dans le peuple, relève-t-il, dans «sa dimension de radicalité dans la suite du Christ». C’est sur ce terreau favorable que «le moine va prendre le relais du martyr», précise le patrologue, incarnant «une forme de vie consacrée totalement à Dieu». Le héros de la foi ne sera plus uniquement celui qui répand son sang mais celui qui accomplit sur la durée des sacrifices quotidiens en une offrande perpétuelle de sa vie.

    Comment naît sa vocation ?

    À 18 ans, Antoine devient orphelin de ses deux parents, agriculteurs aisés. Deux ans plus tard, en entrant dans une église, il est profondément bouleversé par une parole proclamée, celle de Jésus au jeune homme riche dans l’Évangile selon saint Matthieu : «Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi» (Mt 19, 21). Il décide de prendre cette parole à la lettre, distribue ses biens aux pauvres et part vivre isolé à proximité de l’un de ses champs. Là, il mène un quotidien ascétique, fait de travail et de prière, avant de décider de renforcer sa retraite du monde en s’en allant au désert. Il se réfugie dans des grottes, puis, plus tard, dans un fort romain abandonné où il subira pendant des années les attaques les plus incroyables du démon.

    «Il faut se situer dans la ligne biblique de la compréhension du désert», indique le F. Elie Ayroulet. Il y a tout d’abord le désert comme «lieu du démon : c’est là où le moine va mener son combat spirituel», comme lorsque Jésus est tenté par le diable pendant quarante jours (Lc 4, 1-13). «L’idée était aussi que le moine allait au désert pour occuper le démon, pour le détourner des autres chrétiens», ajoute-t-il. Ce combat, très présent dans la vie d’Antoine, est avant tout intérieur. En effet, toute la vie du moine, explique le F. Elie Ayroulet, est tendue vers le bon gouvernement de ses «passions».

    Mais le désert est aussi le lieu de la rencontre intime avec Dieu. Dans le livre du prophète Osée, c’est là où Dieu «parle au cœur» (Os 2, 21). Ce modèle de vie suscite l’arrivée de nombreux disciples, désireux de se mettre à l’école d’Antoine. Tandis que l’ermite cherche des lieux de plus en plus reculés, ils se réunissent pour l’entendre prêcher et prier à ses côtés, le choisissant comme père spirituel, «abba». C’est ainsi qu’il est aussi appelé saint Antoine abbé. Il devient ainsi le guide de nombreux anachorètes (vivant en solitude) puis de cénobites (vivant en communauté), alors que dans le désert fleurissaient les monastères.

    Comment connaît-on sa vie ?

    C’est principalement grâce à saint Athanase (296-373) que saint Antoine nous est connu.La Vie de saint Antoine le Grand (1) rédigée l’année qui suit la mort de l’ascète par le patriarche d’Alexandrie, docteur et Père de l’Église, est un classique de la littérature spirituelle. Dans cette œuvre, saint Athanase, qui fut le disciple d’Antoine, se fait le défenseur du monachisme et développe les raisons pour lesquelles saint Antoine peut être considéré comme le père de tous les moines. Saint Athanase, à l’instar de ses contemporains, concevait le monachisme non seulement comme une voie vers le salut et la sanctification personnelle, mais aussi et avant tout comme une lutte contre les puissances démoniaques.

    En 311, lors d’une nouvelle persécution, Antoine se rendit à Alexandrie pour soutenir les chrétiens, avant de retourner au désert pour y passer ses dernières années jusqu’à sa mort, à 105 ans. Il n’en resta pas moins en contact avec Athanase, le soutenant notamment dans sa lutte contre l’arianisme, une doctrine chrétienne développée au début du IVe siècle et rejetée par le concile de Nicée en 325, selon laquelle la nature divine du Fils était en substance inférieure à celle du Père.

    Outre cet ouvrage de référence, il existe des lettres attribuées à Antoine, dont l’exploitation est compliquée. Ses lettres ont donc probablement été rédigées dans sa langue, le copte. Seule l’une de ces missives, ainsi que quelques fragments, sont parvenus jusqu’à nous. Sa correspondance a toutefois été traduite dès le IVe siècle en grec, ainsi que l’indique le jésuite Ugo Zanetti, spécialiste des Pères du désert, mais elle a également disparu, sauf un de ses apophtegmes. Ces paroles sous forme de maximes, imprégnées d’Écritures saintes, illustrent la vie spirituelle des Pères du désert qui peuplèrent l’Égypte dans l’Antiquité tardive, à la suite d’Antoine (2).

    Qu’a-t-il apporté à la spiritualité chrétienne ?

    Saint Antoine le Grand a largement marqué la postérité, bien au-delà de la sphère chrétienne, inspirant notamment les peintres et les écrivains, à l’image de Flaubert (3). «Aujourd’hui, les intuitions spirituelles de saint Antoine et des autres Pères du désert restent bien vivantes, relève le F. Elie Ayroulet, même s’il ne s’est pas imposé comme fondateur au sens strict.»

    En tant que père spirituel, «Antoine a engendré des centaines de disciples», les menant sur la voie de la recherche de l’Esprit Saint, inspirant la tradition monastique dans la recherche du «feu de l’amour de Dieu»,poursuit le professeur. Par ailleurs, La Vie de saint Antoine le Grand peut être considérée comme un modèle caractéristique de la pensée orthodoxe sur le rôle joué par les puissances des ténèbres dans la lutte spirituelle de l’homme. Mais son influence dépasse largement la spiritualité orientale. Cette œuvre et l’expérience d’Antoine furent des références pour Jean Cassien, moine du Ve siècle à l’origine du monachisme occidental.

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    (1) Antoine le Grand, père des moines, d’Athanase d’Alexandrie, Cerf, 136 p., 7 €.
    (2) Les Apophtegmes des Pères, Collection « Sources chrétiennes », Cerf
    (3) La Tentation de saint Antoine, Folio « Classique ».