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BELGICATHO - Page 8

  • 11 octobre : fête de la Maternité divine de Marie

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    Theotokos: Mary the Mother of God - Believers Eastern Church

    11 octobre : fête de la Maternité divine de Marie (source)

    La fête de la Maternité de la Sainte Vierge était fêtée en certains lieux le deuxième dimanche d’octobre, une messe pro aliquibus locis se trouvait dans l’appendice du Missel Romain.

    En 431, un concile général convoqué à Ephèse proclama et définit le dogme de la Maternité divine de la très Sainte Vierge. Jusque-là, il n'avait jamais été contesté qu'il y avait deux natures en Notre-Seigneur : la nature divine et la nature humaine, mais qu'il n'y a qu'une seule personne. Notre-Dame étant la Mère de l'unique personne de Jésus-Christ, a le droit d'être appelée Mère de Dieu, au même titre que nos mères, qui, bien qu'elles n'aient point formé nos âmes, mais seulement nos corps, sont cependant appelées les mères de l'homme tout entier, corps et âme. Car, si l'homme n'est homme qu'en tant que son âme est unie à son corps, Jésus-Christ n'est réellement Jésus-Christ qu'autant que Sa Divinité est unie à Son Humanité.

    En 1931, à l'occasion du quinzième centenaire du grand concile d'Ephèse qui proclama le dogme de la maternité divine, Pie XI établit la fête pour l’Eglise universelle au 11 octobre.

    La Maternité divine de Marie L'élève au-dessus de toutes les créatures. L'Église honore en ce jour cet incomparable privilège accordé à Marie, dogme fondamental de notre sainte religion. Grande est la dignité de la mère ! Mais combien plus digne de vénération est celle de la Mère du Fils de Dieu qui a engendré dans le temps Celui qui est engendré du Père de toute éternité !

    "Il y a dans cette maternité, dit saint Thomas, une dignité en quelque sorte infinie, puisqu'Elle a pour Fils Celui que les anges adorent comme leur Dieu et leur Seigneur. Cette suréminente dignité est la raison d'être de Son Immaculée Conception, de Son élévation au-dessus des anges, de la toute-puissance de Son crédit auprès de Dieu."

    Cette élévation donne à Marie une autorité qui doit inspirer notre confiance envers Celle que l'Église appelle Mère de Dieu, Mère du Christ, Mère de la divine grâce, Mère très pure, Mère très chaste, Mère aimable, Mère admirable, Mère du Créateur, Mère du Sauveur.

    En nous faisant vénérer ainsi la très Sainte Vierge, l'Église veut susciter en nos âmes un amour filial pour Celle qui est devenue notre propre Mère par la grâce. Marie nous a tous enfantés au pied de la croix. Notre prérogative de frères adoptifs de Jésus-Christ doit éveiller en nos cœurs une confiance illimitée envers Marie qui nous a adoptés sur le Calvaire, lorsqu'avant de mourir, le Sauveur nous a présenté à la Co-rédemptrice, en la personne de saint Jean, comme les enfants qu'Il désirait La voir adopter, disant : "Mère, voilà Votre fils; fils, voilà votre Mère! Ces paroles sont comme le legs testamentaire du Christ.

    "Que peut-on concevoir au-dessus de Marie ? demande saint Ambroise, quelle grandeur surpasse celle qu'a choisie pour Mère Celui qui est la grandeur même?" "Il a plu à Dieu d'habiter en Vous, ô Marie, Lui dit saint Bernard, lorsque de la substance de Votre chair immaculée, comme du bois incorruptible du Liban, le Verbe S'est édifié une maison par une construction ineffable. C'est en Vous, ô Mère unique et bien-aimée qu'Il S'est reposé et qu'Il a versé sans mesure, tous Ses trésors..."

  • Se faire tatouer ?

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     9/10/2021

    On ne les avait pas vu arriver, les nouveaux candidats au tatouage… Eh oui, le tatouage s’est sérieusement embourgeoisé et démocratisé à la fois ; il fallait le faire. Tu peux être ni taulard, ni motard, ni marin, ni polynésien, et te prendre à rêver devant la vitrine d’Eurotatoo, tatoueur dans le 16e arrondissement de Paris. Guirlandes de fleurs et fée clochette pour les filles, barbelés et black panther pour… euh, les filles aussi ! Curieusement, les hommes traversent moins allègrement la « barrière des genres » : un papillon sur le biceps ? Visiblement, ça fait trop femmelette.

    Une histoire ancienne et lourde

    Pourtant le tatouage traîne avec lui une histoire assez lourde. D’ailleurs, les chrétiens en ont été peu adeptes. Dès l’Antiquité, on tatoue au fer rouge le bétail et les esclaves pour les marquer du sceau de leur propriétaire. L’Égypte ancienne le réserve aux femmes, sa signification est érotique et religieuse, sorte de dédicace gravée sur la cuisse par les dieux de la procréation. Il a été souvent contraint et punitif : les prisonniers se voient marqués d’un matricule. Il entérine aussi l’allégeance à une divinité païenne, l’appartenance à un groupe… ou la rupture avec le milieu d’origine.

    Ou alors, il est juste là pour faire joli. Mais comme il est voué à faire joli très très longtemps, son choix n’est pas laissé au hasard, et toute la symbolique que l’on croyait périmée reprend le dessus.

    L'expression manifeste d'une intériorité

    Au fond, si je veux un tatoo, c’est pour qu’un peu de mon intériorité apparaisse visiblement sur mon corps. Par ce dessin sur la peau, celui que je pense être, que je veux être, ce à quoi je crois, se trouvera affirmé, exposé et manifesté extérieurement. Le tatouage a pour intention d’établir une unité, une continuité entre l’intérieur et l’extérieur. C’est plutôt un beau projet… Voilà pourquoi la nouvelle candidate au tatouage peut aussi être une fille catholique, qui choisit une croix de Jérusalem, ou le noun des chrétiens d’Orient.

    Oui, mais… Il est en fait paradoxalement l’expression d’une vision dualiste de la personne : mon âme serait une réalité indépendante du corps –il m’appartiendrait alors de créer le lien, de marquer mon corps pour qu’enfin l’âme apparaisse et que soit visible ce que je suis vraiment ?

    Face à un candidat au tatouage, c’est bien de cette vision du corps qu’il faut discuter. Car en réalité le corps est déjà en quelque sorte la face visible de l’âme. Ton corps n’est pas un bidule étranger à apprivoiser, ton corps c’est toi. Quand je te prends dans mes bras, c’est bien toi que j’embrasse et dont je réchauffe le cœur, il n’y a pas un deuxième toi, une sorte de plan B caché derrière tout ça. Ton corps, tes bras, ta voix se suffisent à eux-mêmes pour exprimer ta seule appartenance, ta filiation au Dieu vivant et libérateur qui, par le baptême, a laissé sur toute ta personne une empreinte éternelle. 

  • Assiste-t-on à un alignement des comportements dans l’Église sur la pensée woke ?

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    De l'abbé Jean-Marie Perrot sur Res Novae :

    Comportements ecclésiastiques et idéologies déconstructivistes

    Assiste-t-on peu à peu, bien qu’avec une récente accélération, à un alignement des comportements dans l’Église sur la plus radicale des idéologies déconstructivistes de notre temps, à savoir la pensée woke, la cancel culture ? Par ces termes, on désigne de manière commode des analyses intellectuelles et un militantisme qui entendent lutter contre des formes de racisme, d’homophobie, etc., déclarés structurels, c’est-à-dire contre le patriarcat occidental blanc sous toutes ses formes ; le combat pouvant et, à certains égards, devant passer par la disparition sociale des personnes qui le perpétuent et qui, par-là, empêchent l’avènement d’une société apaisée, ouverte et inclusive.

    L’exemplaire cas James Alison

    Un livre récemment traduit en français en porte clairement la marque. Son titre est un programme : La foi au-delà du ressentiment. Fragments catholiques et gays (éditions du Cerf, 2021). Son auteur ne l’est pas moins : James Alison, issu d’une famille anglicane, s’étant converti au catholicisme à l’âge de 18 ans, entra chez les dominicains et devint prêtre en 1988. A la fin de la décennie suivante, il fut suspendu de toute fonction sacerdotale (suspens a divinis) en raison d’une vie ouvertement homosexuelle. En 2017, le 2 juillet, il reçut un appel téléphonique personnel de François qui lui déclara : « Je veux que vous marchiez avec une profonde liberté intérieure, à la suite de l’Esprit de Jésus. Et je vous donne le pouvoir des clés. Est-ce que vous comprenez ? Je vous donne le pouvoir des clés. ».

    En ouverture de son ouvrage, James Alison pose, au nom de la vérité de la foi telle qu’il la présente, une affirmation radicale : « Je n’ai jamais associé le catholicisme à la grande annihilation de l’être dont le monde monothéiste a marqué le désir homosexuel, même s’il s’est plié à ces forces d’annihilation, y a succombé et les a institutionnalisées, même s’il n’a pas été assez courageux pour y résister comme il l’aurait dû. » (p.28) Le hiatus exprimé entre monothéisme et foi chrétienne pourrait intriguer. En fait, en disciple revendiqué de René Girard, James Alison pense la mort de Jésus comme la dénonciation par la victime des schémas sacrificiels qui s’efforcent de réguler les sociétés humaines, prises dans la spirale mortifère des désirs mimétiques. Il découle de celle-ci une violence indifférenciée, de tous contre tous, qui, quand elle s’est exacerbée, demande que la communauté soit réconciliée ; cela se fait autour d’un bouc émissaire, de sa mort, sanglante ou non d’ailleurs. A certains égards, selon René Girard, Jésus fut l’un d’eux. Toutefois, par la liberté qui fut la sienne, par le fait que le récit de sa mort est écrit, non par les bourreaux, mais par ses disciples, Jésus dénonce la fausseté du procédé victimaire et dès lors rend possible une vraie fraternité.

    Selon James Alison, l’évolution des sociétés a conduit l’Église, surtout depuis l’accès de Bergoglio au siège de Pierre, à poser un regard différent sur les personnes homosexuelles. Le pape François, notamment par son « qui suis-je pour juger ? », a dénoncé l’évidence de l’exclusion des LGBT+ ; plus encore, il porte notre regard vers la rigidité des juges et des persécuteurs pour désigner la responsabilité de la situation. Ceci permet de plus librement repenser le récit théologique et moral sur le désordre sexuel, de le déconstruire, en remontant à la création et à la chute originelle ; sans pour autant essayer d’argumenter et de convaincre, car il s’agit moins de réfuter des arguments faux que de dévoiler un système d’oppression : cette mise au jour, à nu, suffit à lui retirer sa légitimité, bientôt ses forces. Toutefois, il convient, selon James Alison toujours, de ne pas tomber dans le ressentiment et de renverser le processus victimaire contre tel ou tel tenant d’une morale conservatrice. Car ce qui est en question, ce n’est pas cette personne, mais, dans l’Église, « un système hypocrite de couverture et d’expulsion » (p.62).

    L’inclusion des exclus

    James Alison n’est pas, nous le croyons, un cas isolé. Sa pensée consonne avec des paroles et des attitudes plus institutionnelles. Évidemment, les choses ne sont pas dites aussi franchement. Pour autant, un profond renouvellement de la conception des frontières de l’Église est opéré actuellement, et il s’avère inquiétant en ce qu’il se dirige dans cette direction.

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  • Le synode sur la synodalité : un pari risqué ?

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    De Gérard Leclerc sur France Catholique :

    Pourquoi le pape veut un synode

    jeudi 23 septembre 2021

    Conformément à la volonté du pape, l’Église tout entière est invitée à entrer dans une démarche synodale. Dimanche 10 octobre, c’est depuis Rome que sera initié ce mouvement, auquel se joindront, dès le dimanche suivant, tous les diocèses du monde autour de leurs évêques. Le caractère inédit d’une telle démarche réclame quelques explications. On se souvient qu’à la suite du concile, Paul VI avait décidé la convocation régulière d’assemblées synodales, réunissant les seuls représentants de toutes les conférences épiscopales. Il s’agissait de réfléchir ensemble sur un thème déterminant pour l’Église, en laissant au pape le soin d’en reprendre les résultats dans un document approfondi. C’est ainsi qu’en 1975 Paul VI avait publié Evangelium nuntiandi, un texte qui avait fait date, en énonçant les conditions de l’évangélisation dans le monde contemporain.

    L’intention de François est cette fois d’élargir cette perspective synodale – où, selon l’étymologie, il s’agit de faire route ensemble – pour y associer le peuple fidèle dans sa totalité. On conçoit l’ambition du projet, puisque la consultation envisagée ne concerne pas seulement ce qu’on appelait autrefois le laïcat engagé, mais tous les catholiques de nos paroisses. L’expérience est nouvelle, puisque les fidèles sont invités à partager les soucis de toute l’Église. Et le pape d’insister sur la spécificité d’une entreprise qui est d’abord de nature spirituelle et, pourrait-on dire, charismatique. Car il s’agit bien de mettre en valeur les charismes, c’est-à-dire les dons des baptisés investis de la grâce divine : « Il ne s’agit pas de récolter des opinions, mais d’écouter l’Esprit, comme on le trouve dans le livre de l’Apocalypse. “Quiconque a des oreilles, qu’il entende ce que l’Esprit dit aux Églises” (Ap 2,7). (…) Il s’agit d’entendre la voix de Dieu, de saisir sa présence, d’accepter son passage et son souffle de vie. Il est arrivé au prophète Élie de découvrir que Dieu est toujours le Dieu des surprises, même dans la façon dont il passe et dont il se fait entendre.  »

    Les risques de subversion

    Pour ses fidèles diocésains de Rome, le pape a entrepris une relecture des Actes des apôtres, pour montrer comment cette écoute de l’Esprit Saint inspirait la naissance et le développement des premières communautés chrétiennes. On mesure ainsi l’ambition de cette mobilisation, qui requiert une adhésion profonde des cœurs. C’est assez dire que l’intention du pape suppose des conditions singulières, à l’opposé des habitudes intellectuelles sur les réseaux sociaux, faites de polémiques clivantes.

    On mesure aussi les risques du projet, avec le danger d’introduction de pratiques politiques et d’utilisation sur le terrain des techniques de manipulation de groupe. On ne peut ignorer non plus les intentions de subversion de la doctrine et de la morale de certains groupes, qui avouent leurs orientations idéologiques en prenant prétexte de plusieurs intentions réformatrices du pontificat. C’est pourquoi on observera avec attention les débuts de cette expérience nouvelle, pour voir comment sont mises en œuvre les bonnes dispositions sur lesquelles le pape fonde ses espoirs. Sera-ce dans le sens d’une avancée spirituelle du peuple chrétien, qui démentirait toute instrumentalisation idéologique ?

  • Le catholicisme a-t-il encore un avenir en France ? Une émission avec Rémi Brague et Guillaume Cuchet

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    Sur France Culture :

    Alain Finkielkraut s'entretient avec le philosophe et historien de la philosophie, Rémi Brague, et Guillaume Cuchet, professeur d’histoire contemporaine et auteur de l'essai Le catholicisme a-t-il encore de l’avenir en France ?

    Quand un tiers des enfants seulement sont désormais baptisés en France, et que le taux de pratique dominicale avoisine les 2 %, le catholicisme d'aujourd'hui n’est décidément plus ce qu’il était hier.

    Pour écouter, accéder au site web de l'émission 

  • "Dieu, la science, les preuves" : le livre qui bouleverse nos certitudes

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    Nous évoquions hier la parution de ce livre.

    De Philippe Oswald sur La Sélection du Jour :

    Quand la science croit en Dieu, le livre qui bouleverse nos certitudes

    « Dieu, la science, les preuves » : l'aube d'une révolution ?

    « Un peu de science éloigne de Dieu, mais beaucoup y ramène » : cet adage aurait pu servir d’exergue au livre-événement de Michel-Yves Bolloré et Olivier Bonnassies : « Dieu, la science, les preuves » (éditions Guy Trédaniel), qui sera en librairie le 13 octobre prochain. « Événement » n’est pas trop fort : c’est « le livre qui bouleverse nos certitudes » titre Le Figaro Magazine qui lui consacre sa « une » et son dossier de la semaine (en lien ci-dessous).

    Les certitudes ainsi bousculées sont anciennes et ont mal vieilli : elles remontent au scientisme qui n’a cessé de croître du XVIe au XIXe siècle. De Copernic à Freud en passant par Galilée, Laplace et Darwin, le développement des sciences a mis la question de l’existence de Dieu entre parenthèses : « Je n’ai pas besoin de cette hypothèse » disait ainsi Laplace à Napoléon. Le courant de pensée matérialiste athée s’est appuyé sur les succès scientifiques pour exercer en Occident une domination croissante et il se prolonge jusqu’à nos jours avec le transhumanisme qui prétend assurer le salut de l’humanité par la technoscience.

    Mais voilà que ce scientisme tout-puissant auto-proclamé est battu en brèche … par la science elle-même ! Celle-ci s’est comme retournée au cours du XXe siècle, avec une série d'avancées prodigieuses : les découvertes de la thermodynamique, de la Relativité, de la mécanique quantique, de la théorie du Big Bang confortée par celles de l’expansion de l’Univers et de sa mort thermique inéluctable, mais aussi par les observations de la vertigineuse finesse du « réglage » qui a présidé à l’apparition du Cosmos et à l’émergence des atomes, des étoiles et de la vie sur Terre. Cette odyssée scientifique inouïe nous conduit à des années-lumière du matérialisme naïf qui imprègne encore les esprits. A la décharge du plus grand nombre, il est difficile de suivre l’extraordinaire développement des sciences dans l’infiniment petit et l’infiniment grand, et d’en saisir la trajectoire dans une vue synthétique.

    C’est précisément le défi relevé par les deux auteurs de cet essai, respectivement maître es-sciences et polytechnicien : concilier l’accessibilité à un large public et l’exactitude scientifique, au cours d’une longue enquête menée avec une vingtaine de spécialistes de haut-niveau (l’ouvrage est préfacé par Robert Woodrow Wilson, prix Nobel de physique 1978 et codécouvreur du rayonnement de fond cosmologique, lointain écho du Big Bang survenu il y a 13,8 milliards d’années).

    Quel enjeu non seulement intellectuel mais existentiel peut rivaliser avec la question de l’existence de Dieu ? Après avoir été mise entre parenthèses et comme abolie par la science « scientiste », le livre explique pourquoi cette question revient en force avec la révolution conceptuelle des XXe et XXIe siècles. Car toutes les découvertes modernes mises à jour suivent des trajectoires qui convergent vers des conclusions bouleversantes. On peut résumer tout cela en disant qu'alors qu'il y a 100 ans tous les savants étaient persuadés du contraire, il y a aujourd'hui un consensus scientifique pour reconnaître que la vie complexe suppose des ajustements des lois de la nature d’une stupéfiante précision, statistiquement totalement improbable, et les savants sont maintenant également unanimes à reconnaître que l’Univers est en expansion, qu’il a eu un début et qu’il aura une fin. Or si le temps, l’espace et la matière ont eu un commencement et si l’Univers implique un réglage d’une telle complexité, comment ne pas se reposer la question qui hantait déjà les « sages » (à la fois savants et philosophes) de l’Antiquité, d’un « principe premier », d’un être à l’origine de tout, un être transcendant, intelligent, intemporel et immatériel, que la religion appelle Dieu ?

    Sommes-nous alors réellement, comme l'affirme le sous-titre du livre « à l'aube d'une révolution » ? Peut-on sérieusement arriver à des certitudes au sujet de l'existence de Dieu ? Le retour en force de cette question essentielle - véritable retournement épistémologique - n’en est certes qu’à ses débuts, mais à la lecture de l'ouvrage il est possible de partager le raisonnement optimiste des auteurs qui affirment à la fin de leur introduction : « En définitive, Dieu existe ou pas : la réponse existe indépendamment de nous et elle est binaire. C’est oui ou c’est non. Seul notre manque de connaissance a pu être un obstacle jusqu’à maintenant. Mais la mise au jour d’un faisceau de preuves convergentes à la fois nombreuses, rationnelles et provenant de champs du savoir différents et indépendants, apporte un éclairage nouveau et peut-être décisif à cette question. »

    Quand la science croit en Dieu, le livre qui bouleverse nos certitudes
    Le Figaro Magazine 08-10-2021
  • Goûter l’amour n’est pas sans conditions (28e dimanche du temps ordinaire)

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    Goûter l’amour n’est pas sans conditions

    homélie de l'abbé Christophe Cossement pour le 28e dimanche B, (archive 14 octobre 2018)

    Aujourd’hui il est question de sagesse et de richesse. Et plus précisément, de comment la richesse nous barre le chemin de la sagesse. Comment cela se passe-t-il, et d’abord, qu’est-ce que cette sagesse tellement désirable qu’elle est plus précieuse que « tout l’or du monde », que la santé et la beauté, que la lumière même ? (Sg 7,7-11)

    La sagesse ne consiste pas à connaître beaucoup de choses, mais à connaître bien, à connaître par le cœur : avoir une intelligence chaleureuse, qui se laisse toucher, qui sait se réjouir. La sagesse, c’est aussi connaître les choses et les personnes dans leur profondeur, dans leur lien avec Dieu qui est le centre de tout. Tout voir, et se voir soi-même, saisi par l’amour de Dieu qui veut conduire tous les êtres à la perfection, voilà la sagesse.

    Le mot « sagesse » est parent du mot latin sapere, qui signifie « goûter ». La sagesse nous fait goûter, apprécier, jouir des dons de Dieu, et d’abord le bonheur d’avoir pour Créateur un Père, d’être son enfant bien-aimé, de pouvoir marcher dans la vie sous le regard aimant de Dieu. Goûter aussi l’amour du Christ, son engagement pour nous tirer de l’impasse de la mort, son amour personnel pour nous. Goûter la joie d’être sauvé, de retrouver un sens éternel à sa vie. Pas étonnant qu’on a identifié la sagesse avec l’Esprit Saint, avec Dieu qui se communique savoureusement à nous. Il faut prendre du temps pour goûter le bonheur d’exister, d’être aimé de Dieu, de pouvoir lui répondre. C’est une dimension importante de la prière chrétienne.

    À l’opposé de cela, il y a la perte de goût, spécialement la perte de goût des choses de Dieu, par toutes nos richesses diverses. Il y a bien sûr l’argent, qui crie « toujours plus », mais aussi la connaissance froide et désabusée, l’attachement au confort, à sa volonté propre, à son image de marque, à son point de vue, à ses routines. Toutes ces choses nous font mésestimer les dons de Dieu, sa présence, son amour. Elles nous accaparent, assiègent notre cœur et puis l’envahissent et occupent toute la place.

    C’est ce qui arrive à l’homme riche qui court vers Jésus. Cet homme est vraiment quelqu’un de bien, il vit selon des valeurs, j’aurai tendance à dire qu’il vit selon les valeurs chrétiennes. Et pourtant il lui arrive une grosse déception avec Jésus. Il repart tout triste. Jésus lui a proposé de passer à un autre registre : il a posé sur lui un regard d’amour, qui est la porte pour entrer dans le royaume de Dieu. Et il a proposé à l’homme le moyen de répondre à cet amour : désencombrer son cœur, se rendre disponible pour goûter la joie de suivre le Christ par amour, aller vendre ce qu’il a pour les pauvres, et venir pour le suivre. Jésus demande à l’homme et à chacun de nous : laisse là ce qui fait que tu te crois riche, fort, heureux, et apprends à goûter mon amour.

    Il n’y a pas moyen de trouver la joie d’aimer Dieu et de se laisser aimer par lui tout en gardant un cœur qui se croit riche, fort, heureux. Un jour il faut quitter ce qui faisait notre assurance, pour retrouver une joyeuse dépendance envers le Père. C’est impossible à quelqu’un qui est riche de lui-même ou de ce qu’il a conquis d’entrer dans le Royaume de Dieu (Mc 10,23). Parfois, on se dépouille volontairement, attiré par l’amour. Parfois, la vie nous dépouille de force, et nous faisons soudain l’expérience de la tristesse. Heureuse tristesse, heureux dépouillement, s’il nous conduit à tout quitter de ce qui nous rassurait pour nous attacher au Christ.

    Aujourd’hui saint Pierre dit à Jésus : « voici que nous avons tout quitté pour te suivre ! » Depuis 2000 ans dans l’Église, des jeunes hommes ou femmes choisissent de tout quitter pour Jésus en s’engageant dans le célibat pour le Royaume. Il faut qu’aujourd’hui encore des jeunes y pensent, car c’est un grand bonheur et c’est très utile. Cela montre Dieu d’une façon irremplaçable. Et si jamais l’Église décidait, comme le demande Mgr Kockerols, d’ordonner prêtre des hommes mariés, il faudrait que ce ne soit pas des jeunes, mais des convertis de plus tard, des gens qui n’ont pas eu l’occasion dans leur jeunesse de choisir de tout quitter pour le Christ. Pour les jeunes, il faut garder cette proposition phénoménale, très grande et très belle, d’appartenir tout entier au Christ alors qu’on aurait pu vivre autrement.

    Pour terminer, je paraphraserai les Béatitudes : bienheureux ceux qui ont un cœur de pauvre, qui ne cherchent pas à compenser aussitôt leur manque et à le combler à tout prix. Il découvriront que ce manque conduit à la joie profonde, parce qu’il y a Dieu, une présence invisible mais réelle, qui peut être accueillie de plus en plus avec tout notre être.

  • Le « lent génocide » des chrétiens au Nigeria

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    De Filipe Avillez sur Aleteia.org :

    L’Église dénonce le « lent génocide » des chrétiens au Nigeria

    09/10/21

    L’Église catholique du Nigeria affirme que les chrétiens de ce pays sont victimes d’un processus de nettoyage ethnique effectué par les musulmans peuls, avec la complicité de l’État.

    Les mots sont forts et témoignent de l’urgence de la situation au Nigeria. « Il ne s’agit pas seulement de questions de pâturage. Pour moi, c’est une guerre de religion », a déclaré Mgr Wilfred Anagbe, évêque du diocèse de Makurdi, dans l’État de Benue (Nigeria), lors d’une conférence organisée par l’Aide à l’Église détresse (AED). Plusieurs participants ont confirmé que la violence qui sévit dans le pays depuis plusieurs années n’est pas seulement due à des « affrontements » entre bergers musulmans et agriculteurs chrétiens pour la possession de la terre. « Ils ont un programme qui est d’islamiser ce pays. Et ils le font en éliminant méthodiquement tous les chrétiens et en occupant les territoires. S’il s’agissait de pâturage, pourquoi tuer des gens ? Et pourquoi brûler leurs maisons ? », interpelle-t-il.

    Implication des plus hautes sphères de l’État

    Johan Viljoen, directeur de l’Institut sud-africain Denis Hurley Peace, qui œuvre à la promotion de la paix, de la démocratie et de la justice et qui étudie les attaques armées des Peuls dans le sud-est du Nigeria, parle d’une « occupation concertée et bien planifiée ». « Tout cela se passe sous le couvert de Miyetti Allah, dirigée par le président Buhari », dit-il, faisant référence à une organisation qui prétend défendre les droits des bergers peuls.

    L’implication des plus hautes sphères de l’État est l’une des raisons pour lesquelles les forces armées se sont montrées réticentes à intervenir et à contrôler la violence. « Je ne pense pas que l’armée essaie de résoudre quoi que ce soit. Ils chercheraient plutôt à encourager les choses », a déclaré Johan Viljoen, en rappelant une récente mission d’enquête au Nigeria au cours de laquelle des collaborateurs de son institut ont été arrêtés tous les cinq kilomètres par des soldats, tous peuls, qui se montraient menaçants et pointaient des armes sur eux. Après des années de violence, « pas un seul Peul n’a été poursuivi en justice pour violences », ajoute-t-il. 

    Mgr Wilfred a souligné que les forces armées sont sous le contrôle direct du président, et que par ailleurs, « tous les chefs de service, de la marine, de l’armée de l’air et de la police, sont musulmans ». Les chiffres officiels indiquent que cette vague de violence a causé environ 3.000 morts au cours des dernières années, mais les personnes présentes sur le terrain affirment que ce chiffre pourrait atteindre 36.000, sans compter les nombreuses personnes déplacées, démunies et profondément traumatisées par ce qu’elles ont vécu. De nombreuses ONG ayant quitté les zones dangereuses, l’Église catholique et ses institutions sont les seules alternatives fiables pour apporter de l’aide aux populations sur le terrain.

    Les représentants de l’Église demandent aux occidentaux de contribuer à l’acheminement des secours, mais aussi d’aider autrement. « Il faut changer le discours, on ne peut pas suivre le récit du gouvernement nigérian », a insisté le père Remigius Ihyula, qui est également du diocèse de Makurdi. « Ils ont placé leurs protégés dans les ambassades du monde entier, si bien que la parole officielle donne l’impression qu’il ne se passe rien ». 

    Ce n’est pas un affrontement, c’est un lent génocide. Déplacer des personnes de leur terre ancestrale, les priver de leurs moyens de subsistance et les massacrer est une forme de génocide.

    Le père Joseph Fidelis, du diocèse de Maiduguri, a expliqué pour sa part qu’il est irritant d’entendre parler « d’affrontements » ou de « conflits » entre groupes opposés. « Ce n’est pas un affrontement, c’est un lent génocide. Déplacer des personnes de leur terre ancestrale, les priver de leurs moyens de subsistance et les massacrer est une forme de génocide ».

    Le Nigeria est le pays le plus peuplé d’Afrique. Il n’y a pas de chiffres officiels, mais les estimations indiquent une répartition égale entre musulmans et chrétiens, les premiers étant majoritaires dans le nord et les seconds dans le sud. Cependant, la violence s’est maintenant propagée dans tout le pays, menaçant la stabilité de l’ensemble du pays.

    Lire également : Persécutions religieuses, violences… Le cri d’alarme d’un évêque nigérian

  • "Traditionis custodes" : la face cachée de l'histoire du Motu proprio

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    Du blog de Jeanne Smits :

    La face cachée de l'histoire de “Traditionis custodes”

    Je vous propose ci-dessous ma traduction intégrale d’une conférence donnée la semaine dernière par ma consœur Diane Montagna, journaliste américaine à Rome très bien informée, sur la genèse de Traditionis custodes. Elle est d’une lecture passionnante, montrant quel a été le rôle de certains cardinaux (Parolin, Ouellet, Versaldi, Stella notamment…) pour orienter les décisions du pape François contre le maintien de Summorum pontificum et contre la messe traditionnelle elle-même.

    Diane Montagna, dont j’apprécie particulièrement le professionnalisme et le sérieux, a présenté les résultats de ce qui ressemble à une sorte d’enquête policière qu’elle a menée, notamment sur la tenue d’une réunions cardinalice à la Congrégation pour la Doctrine de la foi en vue de mettre en place Traditionis custodes tel que nous le connaissons aujourd'hui dès janvier 2020.

    La question est de savoir si tout était alors déjà bouclé, et à quoi a servi alors le questionnaire sur la messe traditionnelle envoyé à tous les évêques du monde. Diane Montagna donne plusieurs éléments passionnants à cet égard : d’une part, elle évoque les propos épiscopaux effectivement remontés à Rome à travers les réponses à cette enquête – point favorables à la modification de Summorum Pontificum –, et de l’autre, la connaissance qu’elle a pu avoir d’un second rapport, bâclé avant même l’arrivée à Rome de toutes les réponses à l’enquête, où l’hostilité à la messe traditionnelle est patente.

    Beaucoup de détails rapportés par Diane Montagna sont ahurissants. On voit ainsi un cardinal expliquer à ses confrères à Rome en janvier 2020 de l’inquiétude qui le saisit en apprenant que 13 000 jeunes sont inscrits au pèlerinage de Chartres – des jeunes avec des « problèmes psychologiques et sociologiques », suggère-t-il.

    Vous trouverez d’autres pépites de ce genre dans cette retranscription traduite de la conférence de Diane Montagna qui eut lieu lors de la Catholic Identity Conference organisée par Michael Matt le 3 octobre dernier, publiée le 7 octobre par The Remnant en anglais. – J.S.

    A lire ici : La face cachée de l’histoire de Traditionis Custodes

  • Le rapport Sauvé sous la loupe d'Aline Lizotte

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    Du site Smart Reading Press () :

    J’AI LU, J’AI RÉFLÉCHI ET J’ÉCRIS SUR LE RAPPORT DE LA CIASE

    Puisqu’il en était ainsi, le choix de cette indépendance signifiait-elle que l’Église devait accepter d’être jugée dans les comportements de ses membres – évêques, prêtres, diacres – par des «experts» qui ne connaissent pas sa véritable nature, ses pouvoirs et ses fonctions ? Cela se ressent dans beaucoup de remarques et de propositions de la CIASE. Une autre orientation a été donnée à ladite Commission que le Président considère comme «originale» : elle a voulu «mettre les victimes au centre de ses travaux, selon le conseil de Sr Véronique Margron, présidente de la CORREF1 (Conférence des Religieux et Religieuses en France). Cette orientation donnait immédiatement et par choix une partialité à ses recherches. Tout partenaire dans une relation sexuelle devenait immédiatement une victime, et l’autre partenaire un «criminel».

    Il n’y avait pas mieux pour déterminer a priori que tous les membres du clergé dans la société accusés d’agressions sexuelles vis-à-vis de mineurs faisaient immédiatement de ceux-ci des victimes – pour toute leur vie – et qu’ils étaient déjà jugés et condamnés comme criminels, sans aucune forme de procès. Rien de la présomption d’innocence ! Elle était par choix remplacée par la présomption de culpabilité. Quant à l’Église, elle ne pouvait pas ne pas être jugée comme complice de tous ces crimes ! Voilà l’orientation que l’on trouve dans tout le Rapport de la CIASE. De plus, ses analyses indiquaient une orientation difficile à comprendre. Manifester une véritable attention et une profonde empathie envers ceux qui souffrent d’un traumatisme est le signe d’une attention humaine, mais ces bons sentiments ne guérissent rien. L’attention aux malades ne dit pas quelles sont les sources et les causes de la maladie !

    Mais l’indépendance de la Commission nous est un avantage. Elle ne nous oblige aucunement à accepter ni sa méthode avec ses orientations, ni ses conclusions. Comme chrétiens et comme êtres humains, Dieu merci ! nous sommes libres. Cela ne nous empêche pas de reconnaître qu’il y a de bonnes pages, de justes observations, quelques bonnes propositions, d’autres qui sont presque loufoques, dues à l’ignorance volontaire des réalités de l’Église catholique, d’autres qui sont absolument inacceptables comme celles, entre autres, qui concernent le sacrement de la réconciliation ou le secret de la confession.

    Lire la suite sur Smart Reading Press

  • France : « lutter contre les stéréotypes de genre » identifiés dès la vie in utero

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    Traquer les stéréotypes de genre dès la vie in utero

    8 Oct, 2021

    Dans un rapport remis à la délégation aux droits des femmes, les députés Gaël Le Bohec et Karine Lebon listent des recommandations pour « lutter contre les stéréotypes de genre », identifiés dès la vie in utero. Le rapport a été adopté à l’unanimité.

    « La déconstruction des stéréotypes de genre, dès le plus jeune âge, s’inscrit pleinement dans la grande cause du quinquennat : l’égalité entre les femmes et les hommes », estiment les deux rapporteurs, qui listent donc des mesures à mettre en place « dès la petite enfance ». La « cellule familiale » est particulièrement visée. Gaël Le Bohec trouve ainsi problématique que « dès que les parents apprennent le sexe de leur bébé, ils ne s’adressent pas à lui de la même manière selon qu’ils attendent une fille ou un garçon ».

    Les auteurs du rapport préconisent donc d’« éduquer les parents à l’égalité entre les filles et les garçons dès la grossesse », via des « séances d’accompagnements à la parentalité axées sur l’égalité par les mairies ou les caisses d’allocation familiales ». Ensuite, « masculiniser les métiers de la petite enfance » pour « contrer l’idée intégrée très tôt par les tout-petits que le rôle ‘naturel’ des femmes est de s’occuper des enfants ». Mais aussi « réformer le congé parental, afin d’inciter davantage les pères à en bénéficier »« Instaurer deux modules de formation obligatoire sur les stéréotypes de genre » pour les enseignants. Créer un « label qualité » en la matière pour les manuels scolaires[1]. Instaurer des quotas selon les spécialités proposées au lycée, dans les classes prépa et les écoles d’ingénieur. Enfin, la mise en place d’un « baromètre annuel » qui traduirait « le ressenti et les attentes » des enfants en matière d’égalité.

    D’ici la fin de l’année, ce rapport sera présenté « aux différents ministères et secrétariats d’Etat concernés (Education, Enseignement supérieur, Egalité, Enfance) ». Dans l’objectif de trancher « sur quelles mesures ils sont prêts à s’engager ».

    Sources : Libération, Virignie Ballet (6/10/2021) ; LCP, Soizic Bonvarlet (6/10/2021) ; Ouest France, Virginie Enée (6/10/2021) ; AFP (6/10/2021); Photo: iStock DR

    [1] « Le ministère de l’Education devrait donner un coup de pouce financier pour permettre aux écoles de renouveler leurs stocks de manuels scolaires parfois vieillissants ».

  • Injonctions climatiques : comme un relent de malthusianisme

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    De la rubrique "Au quotidien" (n°265) de l'Homme Nouveau :

    « Procréer pour sauver la planète » est le titre de la dernière chronique de Laetitia Strauch-Bonart dans Le Point (7 octobre 2021). Elle pointe le relent de malthusianisme dû aux injonctions climatiques et qui seront eux aussi démentis par les faits.

    Rongés par l’ « éco-anxiété », 39 % des jeunes de 16 à 25 ans hésitent à avoir des enfants. C’est le résultat d’une étude sur l’ « anxiété climatique » menée par des chercheurs de plusieurs universités et financée par l’ONG Avaaz, et qui s’appuie sur un sondage réalisé auprès de 10 000 jeunes dans dix pays. L’enquête ne précise pas si cette peur s’explique par la crainte, chez ces jeunes, de contribuer au changement climatique par leur progéniture ou s’ils s’effraient que celle-ci soit confrontée à l’apocalypse finale. Toujours est-il que ces enseignements résonnent avec le discours néomalthusien d’une certaine écologie, qui enjoint à l’humanité, pour éviter la « catastrophe environnementale », de décroître ou, à tout le moins, de ne pas croître. Cet argument est fragile dans la mesure où le malthusianisme, depuis qu’il existe, a été constamment démenti par les faits. Comme le note sans détour l’essayiste Ferghane Azihari dans Les Écologistes contre la modernité (Presses de la Cité, 2021), « cela fait deux siècles que les malthusiens se trompent ». Ceux-ci prévoyaient une pénurie de ressources qui ne s’est jamais produite ; de même, on peut supposer que leurs successeurs contemporains négligent l’importance des progrès technologiques pour réduire notre empreinte carbone. Ce n’est pas le nombre d’êtres humains qui détermine le niveau de dégât écologique potentiel mais l’usage qui est fait des ressources grâce à la technologie existante. L’appel à la sobriété démographique pose un problème plus préoccupant encore, car il fait abstraction d’une réalité humaine essentielle : nous prenons d’autant plus soin d’une chose que nous avons un lien intime avec elle. Si nous portons un intérêt à notre environnement, c’est parce que nous l’habitons, qu’il est notre « maison ».

    De même, nous avons d’autant plus de raisons de nous préoccuper de la Terre que nous la laisserons, à notre mort, à nos enfants. « Après moi, le déluge » n’a pas de sens pour qui laisse des héritiers sur la Terre.