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  • Une corrélation entre homosexualité et pédophilie dans l’Église semble évidente

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    De Guillaume Cuchet, en "tribune" sur le site du journal La Croix :

    « Il y a bien une corrélation entre homosexualité et pédophilie dans l’Église »

    Le rapport Sauvé montre que dans l’Église, la majorité des victimes d’abus sont des garçons. Pour Guillaume Cuchet, il y aurait une corrélation entre la prévalence du recrutement homosexuel dans le clergé, et la surreprésentation des rapports de même sexe parmi les abus recensés. Ce qui ne veut pas dire, évidemment, un lien de causalité directe.

    Le rapport Sauvé a bien montré trois choses : la massivité du phénomène des abus sexuels sur mineurs dans la société, sa prévalence dans l’Église et le fait que, dans cette dernière, 80 % des victimes sont des garçons, souvent âgés de 10 à 13 ans, alors que c’est l’inverse dans le reste de la société (70 % de filles, plutôt de 15 à 17). Or, autant on a commenté abondamment les deux premiers faits, autant le troisième est resté jusqu’à présent dans l’ombre. Ce qui ressort pourtant bien du rapport, c’est la prévalence dans l’Église, parmi les abuseurs, d’une forme d’homosexualité pédophile et éphébophile, qu’on appelait jadis « pédérastie ». Elle était déjà bien repérée, dans les années 1950-1960, par les psychiatres ou les spécialistes du problème dans l’Église. Le rapport vient confirmer le phénomène, mais on a l’impression qu’il hésite un peu à le penser.

    Le problème est sensible parce qu’il attire l’attention sur deux autres faits embarrassants : la prévalence du recrutement homosexuel dans le clergé, d’une part, et la surreprésentation des rapports de même sexe parmi les abus recensés, y compris en population générale, de l’autre. Le rapport ne calcule pas ce dernier taux, mais on peut le faire à sa place : il tourne probablement autour de 30 %. On voit la disproportion par rapport à la part probable additionnée de l’homosexualité et la bisexualité dans la société globale.

    À quoi tient cette corrélation

    Il y a donc bien une corrélation entre homosexualité et pédophilie, tout particulièrement dans l’Église, ce qui ne veut pas dire, évidemment, un lien de causalité directe.

    À quoi peut-elle donc bien tenir ? Si on lit le rapport, on voit apparaître, en ordre dispersé, trois explications possibles du phénomène qui ne sont pas exclusives.

    En premier lieu, ce qu’il appelle un effet d’opportunité, c’est-à-dire le fait que, jusqu’à une date récente, les clercs, dans les paroisses, les écoles, les mouvements de jeunesse, étaient surtout au contact d’enfants de sexe masculin. Dans cette hypothèse, c’est l’occasion, c’est-à-dire les possibilités de prédation, qui fixe la pulsion pédophilique sur un sexe plutôt qu’un autre. La chose peut paraître surprenante du point de vue psychologique mais elle est, paraît-il, bien attestée.

    En second lieu, un effet de formation lié notamment à la domination, jusque dans les années 1960, de la filière des petits et grands séminaires (ou noviciats pour le clergé régulier). Au début des années 1960 encore, les trois quarts du clergé français étaient issus de vocations d’enfant discernées précocement et entretenues jusqu’à l’ordination par une éducation très enveloppante. On en a souligné les tendances homophiles. La disparition de cette filière, dans les années 1960-1970, contribue sans doute à expliquer pourquoi la prévalence ecclésiale du phénomène, très nette avant cette date, l’est beaucoup moins par la suite.

    En troisième lieu, un biais de recrutement lié à l’obligation du célibat ecclésiastique, problème que, curieusement, le rapport néglige, sous prétexte que la plupart des abus dans la société proviendraient des familles. C’est rater leur spécificité ecclésiale. L’historiographie du sujet a pourtant suggéré depuis longtemps que cette obligation avait objectivement fonctionné dans le temps long comme une prime paradoxale au recrutement homosexuel, et donc aussi, probablement, à ce petit contingent de pédophiles parmi eux qui ont fait beaucoup de dégâts. Ici le rapport Sauvé fait le pont bien malgré lui avec le livre de Frédéric MartelSodoma, qui a défrayé la chronique en 2019. On n’a pas de chiffres officiels sur la proportion d’homosexuels dans le clergé, mais ceux qui circulent en voix off sont très élevés.

    Quel « système »

    On rejoint par là le problème du caractère dit « systémique » des abus sexuels dans l’Église. Le terme est employé à plusieurs reprises dans le rapport sans jamais être défini de façon précise. On voit bien cependant ce qui a pu constituer cette « systémicité ».

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  • International : la lucidité du cardinal Coutts

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    De FSSPX.NEWS :

    La lucidité d’un cardinal

    28 OCTOBRE, 2021
    Le cardinal Joseph Coutts

    Un haut prélat pakistanais pointe du doigt l’action des Etats-Unis et de l’Union européenne au Proche Orient, les accusant de « duplicité » et d’« hypocrisie », les rendant en partie responsables des persécutions subies par les chrétiens dans la région.

    Le cardinal Joseph Coutts est archevêque émérite de Karachi, au Pakistan. C’est au cours d’un voyage à Rome qu’il a accordé, le 18 octobre 2021, un entretien à l’agence d’informations Crux, évoquant largement la situation des chrétiens dans son pays.

    Le haut prélat évoque l’islamisation croissante de son pays, avec la mise en place de programmes scolaires de plus en plus hostiles à la minorité chrétienne :

    « De nombreux musulmans voient en nous le diable, ou un produit du colonialisme. S’il se passe quelque chose contre l’islam en Occident, par exemple, à Dieu ne plaise, un cas de blasphème quelque part, nous sommes ici sur des charbons ardents, parce que cela signifie une église de plus qui sera attaquée, et des chrétiens qui seront brutalement assassinés. »

    Le cardinal Coutts refuse l’idée selon laquelle les catholiques de son pays ne seraient pas de vrais Pakistanais : « nous ne sommes pas des migrants, attention. Nous appartenons au pays autant qu’aux musulmans, aux hindous et à tout le monde, comme l’a rappelé le fondateur [du Pakistan], Muhammad Ali Jinnah, qui était un contemporain du Mahatma Gandhi et de Nehru. »

    L’influence de l’Arabie saoudite dans le pays est également pointée du doigt : « désormais, même les musulmans les plus modérés se radicalisent, en s’inspirant de l’Arabie saoudite, car nous recevons beaucoup d’argent de la part Saoudiens », explique le cardinal.

    Ce sont l’Arabie Saoudite, les Etats-Unis et l’Union européenne qui ont créé les talibans

    Quand on lui parle de l’Occident, notamment des Etats-Unis et de l’Union européenne, l’archevêque émérite de Karachi se fait plus accusateur, les taxant de « duplicité » et d’« hypocrisie ».

    Et Mgr Coutts de rappeler que « la première fois qu’une église a été attaquée au Pakistan, c’était une semaine après que les Marines américains ont commencé à bombarder l’Afghanistan avec des bombardiers B52 et que les images des télévisions ont montré des dizaines de milliers de réfugiés qui ont commencé à traverser la frontière, les femmes et les enfants en pleurs.

    « Chez nous, tout le monde a été choqué. Deux jeunes gens armés de fusils automatiques ont alors fait irruption dans une église un dimanche, au Pakistan, massacrant purement et simplement les chrétiens qui priaient là. Nous n’avions jamais eu ça auparavant. »

    Pour le haut prélat, cela ne fait aucun doute : « ce sont l’Arabie saoudite, les Etats-Unis et l’Union Européenne qui ont créé les talibans ». Et de conclure avec lucidité :

    « Les Américains sont intervenus en Afghanistan en 2001, pensant que, par la force, ils pourraient tout résoudre, dépenser des milliards afin de créer une armée nationale afghane, ne comprenant pas qu’il s’agit d’une société tribale vieille de plusieurs siècles, où la première loyauté des jeunes hommes que vous recrutez et payez n’est pas une nation, mais leur ethnie. »

  • Etats-Unis : 12 Etats poursuivent en justice l’administration Biden au sujet de l’avortement

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    USA : 12 Etats poursuivent en justice l’administration Biden au sujet de l’avortement

    26 Oct, 2021

    Le procureur de l’Ohio, Dave Yost, a intenté une action devant le tribunal de district de Cincinnati au sujet d’une règlementation sur l’avortement. Son action a été rejointe par onze autres Etats américains : l’Alabama, l’Arizona, l’Arkansas, la Floride, le Kansas, le Kentucky, le Missouri, le Nebraska, l’Oklahoma, la Caroline du Sud et la Virginie-Occidentale. Dave Yost a rappelé que « la loi fédérale interdit le financement de l’avortement par les contribuables – et cette loi ne signifie rien si l’argent fédéral n’est pas séparé. ».

    Le but de cette action est d’attaquer l’administration Biden, qui a annulé des mesures mises en place par le gouvernement Trump. Le ministère de la Santé et des Services sociaux a pris de nouvelles règlementations au niveau fédéral, afin de revenir en arrière sur le système de planification familiale.

    En effet, deux règles avaient été adoptées, en 2019. Leur objectif était de séparer les services de planification familiale et ceux pratiquant des avortements. La première exigeait que les cliniques de planification familiale, financées par le gouvernement fédéral, soient physiquement et financièrement indépendantes des cliniques d’avortement. Une enveloppe de 250 millions de dollars est, chaque année, affectée au contrôle des naissances et aux soins des femmes à faibles revenus.

    La seconde règlementation prévoyait que ces centres de planification s’abstiennent d’aiguiller les patientes vers les cliniques d’avortement. Selon une loi de 1970, ces derniers ne peuvent pas être financés par des fonds publics. Dave Yost a déclaré : « Vous ne pouvez pas suivre l’argent quand tout l’argent est jeté dans un pot et mélangé » (cf. USA : les Etats peuvent interdire le financement public des avortements).

    Cette nouvelle bataille judiciaire intervient alors que les combats juridiques et politiques s’accentuent au sujet de l’avortement (Cf. USA : La Cour suprême refuse une nouvelle fois de bloquer la loi restreignant les IVG au Texas  ; Aux USA, la Cour Suprême se penche sur une affaire d’avortement qui pourrait être décisive).

    Source : The Washington Times, Julie Carr Smyth (25/10/2021)

  • L'avortement est un échec pour les femmes

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    De Autumn Jones sur The Catholic World Report :

    L'avortement est un échec pour les femmes

    Un entretien avec Angela Wu Howard, juriste chez Becket, une organisation à but non lucratif qui se concentre sur les questions de liberté religieuse.

    26 octobre 2021

    Le 1er décembre, la Cour suprême des États-Unis doit entendre les arguments dans l'affaire de l'avortement Dobbs v. Jackson Women's Health Organization. De nombreux experts juridiques estiment que cette affaire constitue le test le plus important à ce jour de Roe v. Wade, la décision de 1973 qui a légalisé l'avortement dans tout le pays. L'enjeu est la constitutionnalité de la loi de 2018 du Mississippi interdisant la plupart des avortements après la 15e semaine de grossesse.

    Comme pour toute affaire très médiatisée devant la Cour suprême, des dizaines de mémoires d'amicus curiae, ou "ami de la cour", ont été déposés à la fois en faveur et en opposition à la loi du Mississippi.

    Angela Wu Howard, juriste qui a pratiqué le droit aux États-Unis et à l'étranger, est l'une des signataires d'un mémoire d'amicus curiae soutenant la loi pro-vie du Mississippi. Le mémoire fait valoir que les "opportunités sociales, économiques et politiques" des femmes étaient déjà en augmentation avant Roe, et que l'avortement n'est pas nécessaire à la réussite socio-économique des femmes.

    Ce qui suit est une transcription de l'interview de l'AIIC avec Howard. Elle a été modifiée pour des raisons de longueur et de clarté.

    CNA : Quel est votre parcours personnel et religieux ? 

    Mes parents ont immigré ici [aux États-Unis] en provenance de Taïwan et j'ai grandi dans le Queens, à New York, et dans la banlieue du New Jersey. Je suis un catholique converti. Je suis devenu chrétien à l'âge adulte et j'ai été baptisé dans l'Église d'Angleterre à Bruxelles pendant une année à l'étranger, puis je suis devenu catholique environ 12 ans plus tard.

    CNA : Comment êtes-vous arrivée au point où vous en êtes professionnellement ?

    J'ai étudié l'histoire intellectuelle moderne pendant mes études universitaires et j'ai toujours été intéressé par la façon dont les gens pensent. J'ai fait carrière dans le droit international de la liberté religieuse, puis je suis retourné à l'école pour obtenir un doctorat en philosophie du droit.

    CNA : Qu'est-ce qui vous a amené à signer l'amicus brief avec les 239 autres femmes ?

    Je travaille pour Becket, qui est un cabinet d'avocats d'intérêt public à but non lucratif qui défend la liberté de religion des personnes de toutes confessions. Nous comptons parmi nos clients des bouddhistes, des chrétiens, des hindous, des juifs, des musulmans, des sikhs et des zoroastriens. Becket a déposé un amicus curiae dans cette affaire qui se concentre uniquement sur les implications de la liberté religieuse, en faisant valoir que la structure constitutionnelle de Roe et Casey [l'affaire historique de 1992 Planned Parenthood v. Casey, qui a affirmé un droit à l'avortement] a intensifié les conflits de liberté religieuse là où il n'y en avait pas besoin, et en exhortant la Cour à remplacer le cadre de Roe afin que la liberté religieuse ne soit pas une telle procuration pour l'avortement.

    Par ailleurs, je connais l'une des auteurs du mémoire [des femmes universitaires et professionnelles], Erika Bachiochi. Elle m'a demandé de signer ce mémoire déposé au nom de femmes universitaires et professionnelles ayant des diplômes de fin d'études. Je l'ai lu et je l'ai approuvé, alors je l'ai signé à titre personnel. Je ne pense pas que les lois de notre nation devraient être fondées sur un mensonge, et ce mémoire corrige les faits.

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  • Le pape et Biden ne tiennent pas le même langage sur l'avortement

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    Lors de la rencontre entre le pape et le président américain, quel sera le poids de la pierre d'achoppement que constitue l'avortement promu par l'administration Biden ? Un "détail" que les points de convergence (sur le climat, la lutte contre la pauvreté et la mobilisation autour du COVID) éclipseront ? 

    De Catholic News Agency (Matt Hadro) :

    Maison Blanche : Le pape François "a parlé différemment" de Biden sur l'avortement

    27 octobre 2021

    Avant la rencontre du président Joe Biden avec le pape François le 29 octobre, une porte-parole de la Maison Blanche a reconnu mercredi que "le pape a parlé différemment" de Biden sur l'avortement.

    M. Biden, un catholique, "est quelqu'un qui défend et croit que le droit d'une femme de choisir est important", a déclaré Jen Psaki, porte-parole de la Maison Blanche, lors d'un point de presse le 27 octobre.

    "Le pape a parlé différemment", a-t-elle ajouté, en réponse à une question du correspondant de EWTN News Nightly White House, Owen Jensen.

    Le pape François rencontrera le président Biden et la première dame Jill Biden vendredi au Vatican.

    Mercredi, Mme Psaki a déclaré que les points d'accord entre les deux hommes constitueront la "pièce maîtresse" de la réunion de vendredi, notamment les questions de "pauvreté, de lutte contre la crise climatique, de fin de la pandémie de COVID-19".

    "Ce sont toutes des questions extrêmement importantes qui seront au cœur de leur discussion lors de leur rencontre", a-t-elle ajouté.

    Le pape François a déjà qualifié l'avortement de "meurtre", comparé l'avortement à "l'embauche d'un tueur à gages", déclaré que les victimes à naître de l'avortement portent le visage de Jésus et décrié les efforts visant à promouvoir l'avortement comme un "service essentiel" pendant la pandémie.

    M. Biden et son administration ont pris un certain nombre de mesures pour financer l'avortement purement et simplement ou pour assouplir la réglementation relative au financement des groupes pro-avortement.

    Il a fait pression pour que l'avortement soit financé par les contribuables dans le cadre de Medicare en excluant l'amendement Hyde de sa demande de budget de l'exercice 2022 au Congrès. Dans un décret du 28 janvier, M. Biden a abrogé la politique de Mexico, qui permettait aux États-Unis de financer des groupes pro-avortement internationaux. Son administration a modifié la réglementation pour permettre le financement de prestataires d'avortement dans le cadre du programme de planification familiale Title X.

    Lorsque la loi pro-vie du Texas sur le "battement de cœur" est entrée en vigueur le 1er septembre, M. Biden a promis une réponse "pangouvernementale" pour maintenir l'avortement légal au Texas. Le ministère de la Justice a intenté un procès devant un tribunal fédéral au sujet de cette loi, et le ministère de la Santé et des Services sociaux a annoncé une augmentation du financement du planning familial pour les groupes touchés par la loi texane.

    En outre, M. Biden a fait des déclarations en faveur de l'avortement légal aux États-Unis et dans le monde.

    Plus tard au cours du briefing de mercredi, Mme Psaki s'est étendue sur la "foi" du président lorsqu'elle a été interrogée sur la réunion au Vatican.

    Je pense que la foi du président, comme vous le savez, est très personnelle pour lui. Sa foi a été une source de force à travers les diverses tragédies qu'il a vécues dans sa vie", a-t-elle déclaré, notant qu'"il va à l'église tous les week-ends".

    "Nous nous attendons à ce que cette rencontre soit chaleureuse", a-t-elle ajouté. 

  • RDC : vers de nouvelles élections truquées ? Recours de l’Eglise Catholique et des églises protestantes auprès de l’Union Européenne

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    De Marie-France Cros sur le site web de la « Libre Afrique » :

    CENCO N41gnB7B_400x400.jpg« Une délégation de la Conférence épiscopale catholique congolaise (Cenco) et de l’Eglise du Christ au Congo (ECC) est cette semaine à Bruxelles pour plaider auprès de l’Union européenne afin qu’elle fasse pression sur le régime Tshisekedi, et en particulier sur le chef de l’Etat, pour que soit donné à la population congolaise un accès à des élections crédibles en 2023 – une perspective qui se présente mal pour l’instant. Et cela à l’heure où les tensions montent de manière inquiétante dans le pays, notamment le tribalisme.

    La délégation comprend Mgr Marcel Utembi, archevêque de Kisangani;  le révérend Eric Senga, secrétaire général et porte-parole de l’ECC; l’abbé Donatien Nshole, secrétaire général et porte-parole de la Cenco; le père Clément Makiobo, secrétaire exécutif de la Commission Justice et Paix.

    Mauvais départ

    Cette initiative survient au lendemain de la nomination à la tête de la Ceni (Commission électorale nationale indépendante) , par le président Félix Tshisekedi, de Denis Kadima, considéré comme un partisan du chef de l’Etat. La délégation catholique-protestante souligne que la loi réorganisant la Ceni qui a été promulguée le 3 juillet dernier « a politisé encore davantage la composition » de cet organe, contrairement aux promesses faites au lendemain des élections frauduleuses de 2018, à l’issue desquelles Félix Tshisekedi s’est retrouvé à la Présidence au détriment du vainqueur présumé de l’élection, Martin Fayulu.

    Ajouté au « contrôle de la Cour constitutionnelle et (à) la nomination de juges proches du pouvoir à toutes les juridictions chargées de gérer le contentieux électoral, le contrôle de la Ceni » par le régime en place, « ne présage pas d’un processus électoral transparent et apaisé », souligne la délégation religieuse.

    L’UDPS participait aux marches des chrétiens

    Interrogée par La Libre Afrique.be à Bruxelles, celle-ci a appuyé la récente union de 13 partis et organisations de la société civile pour obtenir une Ceni indépendante. La présence des FCC (kabilistes) parmi eux ne trouble pas les religieux? « Lorsqu’il y a eu les marches des chrétiens (NDLR: entre 2016 et 2018, pour exiger du président Joseph Kabila les élections dues fin 2016), l’UDPS (tshisekediste) y participait », rappelle l’abbé Nshole.

    Le révérend Nsega ajoute que les laïcs catholiques et protestants ont saisi le Conseil d’Etat pour qu’il interprète la nouvelle loi sur la Ceni, en particulier son article 10 qui précise que les confessions religieuses et organisations de la société civile qui sont impliquées dans la nomination du président de la Ceni doivent avoir la personnalité juridique, un ancrage sociologique non contesté et une expertise avérée en matière électorale. Mercredi, l’ECC a rompu avec les confessions religieuses – de bien moindre importance que l’Eglise catholique et l’ECC – qui ont appuyé la désignation de Denis Kadima à la tête de la Ceni bien qu’il ne satisfasse pas aux critères requis – comme elles avaient appuyé la Ceni pro-Kabila sous Kabila, malgré des vices comparables.

    L’article 12 de la nouvelle loi sur la Ceni est également concerné, ajoute le révérend Senga, celui fixant les critères pour désigner le président de la Ceni (son indépendance, notamment) et la manière de procéder (par commission paritaire). Selon la délégation religieuse, la nomination de Denis Kadima n’a pas respecté ces deux articles, ni celui de l’Assemblée nationale au sujet des commissions paritaires.

    La délégation demande donc à l’Union européenne « d’appuyer diplomatiquement » différentes mesures nécessaires à des élections transparentes: l’obligation pour la Ceni de publier les résultats électoraux bureau de vote par bureau de vote, ce qui n’a jamais été fait pour les scrutins de 2018-2019; l’allongement à « un minimum de 2 semaines » du délai de recours, la plupart des candidats ayant un accès difficile aux juridictions compétentes; la dépolitisation de la composition et du fonctionnement de la Cour Constitutionnelle; l’interdiction pour la Ceni de court-circuiter, grâce au vote électronique, le travail des centres locaux de compilation des résultats – où les observateurs et témoins des partis peuvent surveiller les opérations; la définition des critères d’accréditation des observateurs; la suppression des cadeaux électoraux; l’interdiction de nommer des proches des partis politiques dans l’administration électorale.

    Saint-Siège et politique

    Que répond la Cenco aux tshisekedistes qui lui reprochent aujourd’hui de se mêler de politique – et sont allés jusqu’à attaquer des biens et des résidences de l’Eglise, au grand scandale de la population?

    « La politique, l’économie et le social peuvent constituer des champs d’évangélisation », répond Mgr Utembi. « Notre Eglise a un enseignement social qui nous invite à donner un éclairage doctrinal sur le social. Le pape Benoît XVI avait d’ailleurs souligné que l’Eglise ne peut pas se taire quand le peuple souffre; simplement, l’Eglise ne peut appuyer un parti politique en particulier. Le Saint-Siège suit de près ce qui se passe au Congo ».

    Que pensez-vous de cet article? »

    Ref. RDCongo: élections: la Cenco et l’ECC plaident auprès de l’Union européenne

    Depuis les élections législatives de mai 1960 organisées par le régime colonial belge à la veille de la déclaration de l’indépendance, le Congo n’a plus connu aucune élection régulière. Rompre le cercle vicieux 63 ans plus tard supposerait un recours politique plus convaincant que celui de l’Union européenne….

  •   « Ne nous laissons pas voler notre mort ! »

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    A l’approche de la Commémoration des défunts qui suit la Fête de tous les Saints, Emilie Pourbaix a recueilli ces propos publiés sur le site web de « France catholique » :

    pretre_et_malade-0db97.jpg« Pour l’abbé Philippe de Maistre, curé de Saint-André-de-l’Europe, à Paris, auteur de Mourir vivant (éd. du Laurier), l’enjeu est fondamentalement spirituel :

    De quel constat êtes-vous parti dans votre livre ?

    Abbé Philippe de Maistre : Dans l’accompagnement des personnes en fin de vie, nous faisons aujourd’hui une confusion, car nous sommes inspirés par le «  care  », très à la mode : nous offrons un accompagnement un peu maternant, par une très grande attention à la douleur physique – domaine dans lequel de grands progrès ont été faits – et la douleur psychologique. Mais nous oublions souvent la dimension spirituelle de la personne. Pourtant, une vision globale, fondée sur une anthropologie chrétienne, nous en rappelle les trois dimensions : corps, âme (psychologique) et esprit, ce dernier étant la dimension spirituelle de la personne, c’est-à-dire ses aspirations les plus profondes. Mais celles-ci sont bien souvent niées, par une absorption de toute la dimension spirituelle dans la dimension psychologique et affective. Ainsi, paradoxalement, le besoin qu’éprouve la personne d’exprimer ce qu’elle porte de plus profond, au moment le plus important de sa vie, va être considéré comme non essentiel.

    Pourquoi dites-vous que la mort est un «  engagement  » ?

    La pire chose dans la vie, c’est de ne pas s’engager. Cela implique d’accepter que notre vie soit faite de deuils. Aucun surcroît de vie sur terre ne se fait sans une forme de deuil : il faut toujours mourir à quelque chose pour vivre – quitter l’enfance pour entrer dans l’âge adulte, le célibat pour se marier, renoncer à la fécondité biologique pour donner toute sa vie à Dieu, etc. Cette difficulté à s’engager dans notre vie est très présente aujourd’hui.

    Et elle se retrouve dans la difficulté à affronter la fin de vie, à accepter qu’il y ait un passage à faire : quitter cette vie pour aller vers l’autre Vie. Or, refuser de regarder sa mort en face conduit à ne pas s’engager dans sa vie. Thérèse de Lisieux dit : «  Non, je ne meurs pas, j’entre dans la vie.  » Déjà avant le péché originel, nous étions faits pour passer dans une autre dimension, mais ce passage n’était pas douloureux, à la manière de la dormition de la Vierge Marie. Cependant, même dans la douleur, notre mort est un passage vers la Vie, il faut la vivre pleinement vivant et éveillés spirituellement.

    « Vous pensez qu’on « vole la mort » ?

    Aujourd’hui, on considère qu’avoir une «  belle mort  », c’est de ne pas se voir mourir. Voilà pourquoi on propose aux gens de les endormir dans une mort douce – la sédation profonde –, pour qu’ils ne se voient pas mourir. Certains veulent même anticiper : c’est le débat de l’euthanasie. Mais, avec cette volonté d’adoucir les choses, on prive la personne de cet acte métaphysique qu’est la confrontation avec la mort, et auquel personne ne peut échapper. Bernanos disait : «  Ne me volez pas ma mort !  » En effet, elle est le sommet de notre existence, ce qui engage le plus profondément tout notre être. Dans les litanies, autrefois, on disait que la chose la plus redoutable était une mort dans l’inconscience, c’est-à-dire de ne pas pouvoir se préparer à la mort et de mourir dans son sommeil. Aujourd’hui, c’est l’inverse : on se réjouit quand quelqu’un ne s’est pas vu mourir. Pourtant, la mort est le sommet vers lequel tend toute notre vie… »

    Ref.   « Ne nous laissons pas voler notre mort ! »

  • Les six cultes reconnus seront bientôt soumis à de nouvelles modalités de financement de leurs activités cultuelles dans la capitale

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    D' sur cathobel.be :

    Financement des cultes: l’Eglise de Bruxelles va devoir « dépasser l’esprit de clocher »

    Les six cultes reconnus seront bientôt soumis à de nouvelles modalités de financement de leurs activités cultuelles dans la capitale. La Région bruxelloise deviendra leur interlocuteur principal pour combler, en partie, les déficits. Un article à découvrir cette semaine dans le journal Dimanche.

    Les fabriques d’église de la capitale, accompagnées par le service temporel de l’Eglise de Bruxelles, pourraient s’attendre à une année 2022 chargée en changements. La Région de Bruxelles-Capitale a entamé ces dernières semaines les discussions autour du projet de réforme du . Déjà passé en deuxième lecture en commission parlementaire, le texte est en bonne voie d’être adopté pour une entrée en vigueur en 2023.

    Par ces nouvelles dispositions, l’autorité régionale remettra en cause l’équilibre financier entre les cultes et leurs interlocuteurs locaux tel qu’il existe depuis le code Napoléon. Dès la mise en œuvre de cette réforme, la Région deviendra l’autorité compétente pour intervenir financièrement dans les déficits des églises, mosquées, synagogues et temples, à la place des communes. Signalons surtout que le comblement des déficits ne sera pas automatique, ni dans les mêmes proportions que l’intervention actuelle. « Pour un déficit ordinaire -ce qui concerne une petite moitié des fabriques d’églises actuelles-, explique Thierry Claessens, il sera couvert à 30% par la Région. Pour l’extraordinaire, ça se discutera dossier par dossier. » Les organes chargés des finances pour chaque lieu de culte seront donc amenés à rechercher près de 70% des financements. Avec une petite subtilité que nous détaille l’adjoint de Mgr Kockerols chargé du temporel: « si deux établissements s’associent et mettent leurs efforts en commun, sans fusionner, cela représentera moins de travail pour la Région. Son intervention financière pourra couvrir 40% du déficit, dans ce cas ». Rappelons que les déficits des fabriques d’église, tels qu’on les dénomme dans l’Eglise catholique, ne sont pas nécessairement liés à une bonne ou mauvaise gestion financière du moment, mais aux choix antérieurs qui ont pu être menés: restauration de l’église avant de trop gros dégâts, revenus liés au foncier ou à l’installation d’antenne GSM…

    Lorsque les lieux de culte seront confrontés à une baisse du financement public, il pourrait être judicieux de « dépasser l’esprit de clocher ». « Ça m’embêterait de fermer une église parce que sa voisine n’a pas voulu s’associer sur les questions financières », confie Thierry Claessens.

  • Le pape bénit deux cloches pour les enfants à naître

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    D'Isabella Haberstock de Carvalho sur Aleteia.org :

    Le pape François bénit deux cloches pour les enfants « non-nés »

    27/10/21

    Le pape François a béni, mercredi 27 octobre, deux cloches symbolisant les "voix des enfants non-nés". Le souverain pontife en a fait l'annonce lors de l'audience générale.

    Lors de l’audience générale du 27 octobre 2021, le pape François a raconté avoir béni, quelques instants plus tôt, deux grands cloches qui symbolisent les « voix des non-nés ». L’initiative était organisée par la fondation polonaise « Oui à la vie ». Les deux cloches sont destinées à l’Ukraine et à l’Équateur. 

    Le son de "l'Évangile de la vie"

    Le pontife souhaite que ces cloches soient « un signe d’engagement pour la défense de la vie humaine, de la conception à la mort naturelle ». Il a également espéré « que leur son annonce au monde “l’Évangile de la vie” » et « réveille les consciences et la mémoire des enfants à naître ». 

    Le pape François avait déjà participé à une initiative similaire organisée par cette fondation l’année précédente. Le 23 septembre 2020, il avait ainsi béni une cloche qui était destinée à la Pologne et qui avait ensuite fait un pèlerinage à travers le pays, pendant lequel les gens pouvaient la sonner comme l’avait fait le pontife. 

    Selon Aci Stampa, le président de la Fondation, Bogdan Romaniuk, aurait reçu des requêtes de l’Ukraine et de l’Équateur pour réaliser des cloches pour leur pays. Les archevêques métropolites de la ville de Lviv en Ukraine et Guayaquil en Équateur, Mgr Mieczysław Mokrzycki et Mgr Luis Cabrera Herrera, où les cloches seront envoyées, auraient demandé au pape François de bénir les objets avant le pèlerinage. 

    Mgr Mokrzycki a expliqué à Aci Stampa que la cloche sera emmenée « dans divers lieux et paroisses d’Ukraine » et qu’elle « facilitera la mise en œuvre d’une bonne campagne éducative » sur la vie humaine. Les cloches sont fabriquées dans l’ancienne fonderie polonaise de Jan Felczyński, établie en 1808 dans la ville de Przemyśl et qui a produit des cloches pour des paroisses du monde entier.

  • La CEDH prend ses responsabilités en renforçant les obligations d’intégrité, d’indépendance et d’impartialité des juges

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    En février 2020, l'ECLJ publiait un rapport qui fit le tour du monde sur Les ONG et les juges de la CEDH révélant qu’au moins 22 des 100 derniers juges de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) sont d’anciens collaborateurs de sept fondations et ONG, et qu’ils ont jugé à de très nombreuses reprises des affaires soutenues par leurs propres organisation, en situation flagrante de conflits d’intérêts. Parmi ces organisations, l’Open Society de George Soros se distingue par le fait que douze de ses collaborateurs sont devenus juges à Strasbourg, et qu’elle finance les six autres ONG mises en cause, parfois très largement. La présence massive de juges issus d’un même réseau témoigne de l’emprise de grandes fondations et ONG privées sur le système européen de protection des droits de l’homme et met en cause son impartialité. Ce rapport souleva une série de questions en matière de procédure et d’éthique judiciaires, qui furent soumises à l’attention des instances du Conseil de l’Europe.
     
    La CEDH, bien que « en colère » (d’après Le Monde), décida de ne pas y répondre publiquement, à la différence de nombreux responsables politiques et de plusieurs ministres - notamment bulgare et russe - qui s’inquiétèrent publiquement de la situation. Même le Comité des Ministres, c’est-à-dire l’instance suprême du Conseil de l’Europe regroupant les 47 ambassadeurs et dont dépend la Cour européenne, fut contraint d’admettre publiquement la véracité du rapport, indiquant vouloir réévaluer « d’ici fin 2024, à la lumière de l’expérience acquise, l’efficacité du système actuel de sélection et d’élection des juges de la Cour » (le 8 avril 2021). Peu après, le 20 avril 2021, l’Open Society échoua pour la première fois à faire élire l’un de ses salariés candidats à la fonction de juge à Strasbourg. Le barrage, suscité par le rapport de l’ECLJ, fut trop fort.
     
    Le 26 juillet dernier, le Comité des Ministres s’est une nouvelle fois exprimé publiquement, en réponse à deux questions parlementaires pointant du doigt le dysfonctionnement de la procédure de récusation des juges ainsi que l’impossibilité de demander une révision des décisions de la Cour. Cette réponse, comme la précédente, fit montre de toute l’attention que les ambassadeurs portent à ces questions, tout en précisant qu’il appartient seulement à la Cour de résoudre ces problèmes. Ici encore, le Comité des Ministres indique une porte de sortie en révélant le fait que la Cour a entrepris de réexaminer son Règlement « y compris l’article 28 » qui traite précisément de la question des conflits d’intérêts. Enfin !

    L’insuffisance de cet article 28 du Règlement de la Cour fut précisément dénoncé dans le rapport de l’ECLJ car il ne fait pas obligation aux juges de déclarer leurs situations de conflits d’intérêts, et ne prévoit pas de procédure formelle de récusation. Sa révision est nécessaire, et l’on peut se réjouir qu’elle soit entreprise, même si elle se réalise de façon confidentielle et n’aboutira pas, probablement, avant plusieurs mois.

    Enfin, autre fruit important, et non des moindres, du rapport : la CEDH a publié le 2 septembre une nouvelle version de sa « résolution d’éthique judiciaire » adoptée le 21 juin 2021. Il s’agit d’un texte interne qui précise le Règlement de la Cour et les obligations déontologiques des juges. Le texte précédent datait de 2008 ; en le comparant au texte nouveau, il apparaît que la révision est profonde et répond partiellement aux mises en causes de la Cour par le rapport de l’ECLJ.

    Le nouveau texte « serre la vis » : il renforce les obligations d’intégrité, d’indépendance et d’impartialité des juges. En écho au rapport de l’ECLJ, la résolution oblige à présent les juges à être indépendants de toute institution, y compris de toute « organisation » et « de toute entité privée », en référence aux ONG et autres fondations telles que l’Open Society. Le texte ajoute que les juges « doivent être libres de toute influence injustifiée, qu’elle soit interne ou externe, directe ou indirecte. Ils s’abstiennent de toute activité, de tout commentaire et de toute association, refusent toute instruction et évitent toute situation pouvant être interprétés comme nuisant à l’exercice de leurs fonctions judiciaires ou comme étant de nature à nuire à la confiance que le public se doit d’avoir en leur indépendance. » Le texte précédent était beaucoup plus succinct.

    Sur l’impartialité, le nouveau texte ajoute l’interdiction explicite de « participer à aucune affaire qui pourrait présenter un intérêt personnel pour eux », renforçant ainsi la prévention des conflits d’intérêts. Les juges doivent en outre s’abstenir « de toute activité, de tout commentaire et de toute association pouvant être interprétés comme étant de nature à nuire à la confiance que le public se doit d’avoir en leur impartialité ».

    La nouvelle résolution d’éthique judiciaire de la Cour fait aussi obligation nouvelle aux juges d’être assidus à leur fonction de juge, de limiter leurs activités extérieures, et de façon plus significative encore, de mettre un frein à leur langue en s’abstenant de « s’exprimer, sous quelque forme et par quelque moyen que ce soit, d’une manière qui nuirait à l’autorité ou à la réputation de la Cour, ou qui serait de nature à susciter des doutes raisonnables quant à leur indépendance ou leur impartialité. » Il s’agit là pour la Cour de limiter les critiques portées à son encontre par les juges eux-mêmes ; cette nouvelle interdiction fait suite à la publication du livre de l’ancien juge slovène Boštjan Zupančič dans lequel il révèle des aspects problématiques du fonctionnement interne de la CEDH, après y avoir siégé pendant 18 ans (Sur la cour européenne des droits de l'homme, Rétrospective d'un initié (1998-2016), L’Harmattan, 2018)

    Une autre interdiction nouvelle porte sur l’acceptation de « toute décoration ou distinction pendant l’exercice de leurs fonctions de juge de la Cour ». Cette mesure fait suite au scandale provoqué par la façon dont l’actuel Président de la CEDH se « fit balader » au cours d’un voyage officiel en Turquie en septembre 2020, acceptant de recevoir un doctorat honoris causa de l’université publique, tout en omettant de rencontrer les opposants et les victimes du régime.

    Ainsi, le scandale du rapport sur les « Juges -Soros » porte des fruits, parce qu’il est justifié. Il fallait secouer la Cour, quitte à prendre des coups en retour, pour parvenir à une amélioration de ses procédures internes. Le scandale était nécessaire face à l’inertie de l’institution et à la profondeur de l’influence de ces quelques ONG et fondations privées.

    Il reste toutefois encore beaucoup à faire, car la Cour européenne ne s’impose toujours pas le respect de toutes les règles qu’elle prescrit elle-même aux juridictions nationales en matière de transparence et de droit à un procès équitable. Plusieurs recommandations précises formulées par l’ECLJ et soutenues par d’éminents juristes sont encore en attente d’une réponse. Nous veillerons à ce qu’elles soient à l’ordre du jour. Comme le reconnait la Cour elle-même dans sa jurisprudence : on « doit pouvoir attirer l’attention du public sur d’éventuels dysfonctionnements judiciaires, l’autorité judiciaire pouvant tirer un bénéfice d’une critique constructive. » ( Morice c. France)

    Enfin, au-delà des questions de procédure, j’espère que ce rapport – et le plus récent sur Le financement des experts du Conseil des droits de l’homme – contribuera à faire prendre conscience du phénomène croissant d’emprise de quelques fondations privées et ONG sur les instances internationales qui définissent la politique mondiale en matière de droits de l’homme et de démocratie.
     
    (Tribune parue dans Valeurs Actuelles le 26 octobre 2021.)
  • Les esclaves chrétiens en terre d'islam : les leçons du passé

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    Du site de l'Homme Nouveau :

    Au quotidien n°276 : esclaves chrétiens en terre d’islam, les leçons du passé

    Au quotidien n°276 : esclaves chrétiens en terre d’islam, les leçons du passé

    Une jeune doctorante, Ana Struillou s’est penchée sur les aspects matériels des campagnes menées par les Trinitaires ou les Mercédaires, ordres religieux voués au rachat des esclaves pris par les musulmans. Elle consacre un article à ce sujet dans le dernier numéro de L’Histoire (21 octobre 2021).

    Si les formes plus anciennes de rachat de captifs, telles que l’échange de prisonniers ou le rachat par l’intermédiaire de marchands spécialisés, se maintiennent tout au long de l’Époque moderne, la Méditerranée occidentale voit se structurer un véritable système de rachat centralisé, organisé autour de deux ordres religieux spécialisés : les Trinitaires et les Mercédaires. Créés au cours des XIIe et XIIIe siècles, ces ordres, dits rédempteurs, s’implantent en Europe occidentale et en Amérique latine. Mais c’est en Espagne, à partir de la seconde moitié du XVIe siècle, qu’ils acquièrent un rôle d’importance dans le rachat des captifs sous l’impulsion d’un pouvoir royal soucieux de contrôler les échanges avec l’Afrique du Nord ainsi que l’exportation de monnaie hors du royaume. Ainsi, à partir de 1575, et quasi annuellement jusqu’à la seconde moitié du xviie siècle, des missions trinitaires ou mercédaires s’embarquent vers les points les plus chauds de la course en Afrique du Nord : Alger et Tétouan. (…)

    Si le trajet en mer et le séjour au Maghreb peuvent être émaillés de violences occasionnelles, comme dans le cas de la rédemption mercédaire de 1609 qui se solde par le décès des rédempteurs, c’est surtout le trajet à dos de mulet à travers la Péninsule qui semble le plus dangereux – tant et si bien que des frères refusent d’emprunter certains itinéraires. Tout au long des XVIe et XVIIe siècles, quelques segments de route – particulièrement au sud de Séville – grouillent de bandits et les religieux y redoutent, à l’image de la mission trinitaire de 1663, d’être entièrement dévalisés. Une fois l’argent de la rédemption épuisé et les rachats actés devant notaire, les frères repartent rapidement vers l’Espagne : loger, soigner, habiller et nourrir les captifs qu’ils viennent de racheter coûte cher. En effet, si certaines missions de rédemption ne secourent que quelques dizaines de captifs, d’autres parviennent à ramener jusqu’à 500 personnes, originaires de la Péninsule pour la plupart. Après s’être soumis à la quarantaine sanitaire qui est parfois obligatoire pour les voyageurs revenant du Maghreb, où sévissent régulièrement des épidémies de peste, les frères organisent des processions pour célébrer le retour de la mission dans leur port d’arrivée et à Madrid : accompagnés des religieux qui ont rendu possible leur sauvetage, les captifs y défilent vêtus du scapulaire de l’ordre (en général deux petits carrés de tissu portés sur les épaules, arborant l’insigne de l’ordre, reliés par un lien). Très codifiées, ces manifestations constituent non seulement un moyen de marquer la réintégration des captifs dans la foi chrétienne (certains d’entre eux ont vécu plusieurs années en Afrique du Nord) mais aussi une véritable publicité pour l’action des ordres rédempteurs. Une fois la procession terminée, les frères octroient aux captifs une lettre prouvant leur rachat ainsi qu’une petite somme d’argent qui doit leur permettre de regagner leurs terres sans encombre. Si le sauvetage de captifs est l’objectif principal des missions de rédemption, certains frères s’attellent aussi à racheter divers objets, reliques, livres saints ou petites statuettes, butin supplémentaire de la course. La situation de ces objets de culte, eux aussi « captifs », émeut fortement les religieux, qui mettent alors tout en oeuvre pour les préserver des éventuelles dégradations qu’ils pourraient subir en territoire musulman. Une fois « secourus », ces objets sont mis en valeur au sein de petites chroniques imprimées et parfois illustrées qui, en leur attribuant des propriétés miraculeuses, développent leur culte à travers la Péninsule. En 1682, par exemple, la mission trinitaire partie pour le Maroc se porte au secours d’une statue de Jésus, retenue à Meknès. Rapporté en Espagne, ce Christ, dit de Medinaceli, fait aujourd’hui encore l’objet d’un culte dans le centre de Madrid.

  • Les saints apôtres Simon et Jude (28 octobre)

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    Le mercredi 11 octobre 2006, lors de l'audience générale, le pape Benoît XVI a consacré sa catéchèse aux apôtres Simon et Jude : 

    Simon le Cananéen et Jude Thaddée

    Chers frères et soeurs,

    Nous prenons aujourd'hui en considération deux des douze Apôtres:  Simon le Cananéen et Jude Thaddée (qu'il ne faut pas confondre avec Judas Iscariote). Nous les considérons ensemble, non seulement parce que dans les listes des Douze, ils sont toujours rappelés l'un à côté de l'autre (cf. Mt 10, 4; Mc 3, 18; Lc 6, 15; Ac 1, 13), mais également parce que les informations qui les concernent ne sont pas nombreuses, en dehors du fait que le Canon néo-testamentaire conserve une lettre attribuée à Jude Thaddée.

    Simon reçoit un épithète qui varie dans les quatre listes:  alors que Matthieu et Marc le qualifient de "cananéen", Luc le définit en revanche comme un "zélote". En réalité, les deux dénominations s'équivalent, car elles signifient la même chose:  dans la langue juive, en effet, le verbe qana' signifie:  "être jaloux, passionné" et peut être utilisé aussi bien à propos de Dieu, en tant que jaloux du peuple qu'il a choisi (cf. Ex 20, 5), qu'à propos des hommes qui brûlent de zèle en servant le Dieu unique avec un dévouement total, comme Elie (cf. 1 R 19, 10). Il est donc possible que ce Simon, s'il n'appartenait pas précisément au mouvement nationaliste des Zélotes, fût au moins caractérisé par un zèle ardent pour l'identité juive, donc pour Dieu, pour son peuple et pour la Loi divine. S'il en est ainsi, Simon se situe aux antipodes de Matthieu qui, au contraire, en tant que publicain, provenait d'une activité considérée comme totalement impure. C'est le signe évident que Jésus appelle ses disciples et ses collaborateurs des horizons sociaux et religieux les plus divers, sans aucun préjugé. Ce sont les personnes qui l'intéressent, pas les catégories sociales ou les étiquettes! Et il est beau de voir que dans le groupe de ses fidèles, tous, bien que différents, coexistaient ensemble, surmontant les difficultés imaginables:  en effet, Jésus lui-même était le motif de cohésion, dans lequel tous se retrouvaient unis. Cela constitue clairement une leçon pour nous, souvent enclins à souligner les différences, voire les oppositions, oubliant qu'en Jésus Christ, nous a été donnée la force pour concilier nos différences. Rappelons-nous également que le groupe des Douze est la préfiguration de l'Eglise, dans laquelle doivent trouver place tous les charismes, les peuples, les races, toutes les qualités humaines, qui trouvent leur composition et leur unité dans la communion avec Jésus.

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