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Actualité

  • Léon XIV déplore qu'après avoir reçu la confirmation, de nombreux jeunes « disparaissent de la paroisse ».

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    De Andrés Henriquez sur CNA :

    Léon XIV déplore qu'après avoir reçu la confirmation, de nombreux jeunes « disparaissent de la paroisse ».

    S'adressant à un groupe de jeunes gens sur le point d'être confirmés, le pape Léon XIV les a encouragés à persévérer dans la foi et a souligné que la foi se vit en communauté, et non dans l'isolement.Léon XIV déplore qu'après avoir reçu la confirmation, de nombreux jeunes « disparaissent de la paroisse ».

    Le pape Léon XIV rencontre les personnes en attente de confirmation de l'archidiocèse de Gênes (Italie) le samedi 16 mai 2026 au Vatican. | Crédit : Vatican Media
     
    19 mai 2026

    Le pape Léon XIV a déploré que, après leur confirmation, de nombreux jeunes cessent de fréquenter l'église. Il a exhorté ceux qui attendaient la confirmation à accorder une attention particulière à l'un des dons du Saint-Esprit : la persévérance.

    Le pape a rencontré samedi 16 mai les jeunes en attente de confirmation de l'archidiocèse de Gênes, en Italie. Dans un message improvisé, le Saint-Père a déclaré : « L'une des plus grandes joies d'un évêque est de célébrer les confirmations, car c'est véritablement un don du Saint-Esprit. »

    « C’est vraiment magnifique de recevoir ce sacrement, car la plénitude du Saint-Esprit nous donne cet enthousiasme, cette force, cette capacité de suivre Jésus-Christ, de toujours dire « oui » au Seigneur, de ne pas craindre de le suivre avec courage et de vivre notre foi dans un monde qui cherche si souvent à nous éloigner de Jésus », leur a-t-il dit.

    Après avoir rappelé l’importance de la solennité de la Pentecôte — qui sera célébrée le dimanche 24 mai —, le pape a déploré une triste réalité : « Parfois, lorsque l’évêque administre la confirmation, le don du Saint-Esprit, les enfants disparaissent à jamais ! Ils quittent la paroisse. »

    « N’oubliez pas ce que vous avez vécu durant cette période, notamment la joie d’être venus à Rome pour célébrer et prier ensemble. Que cette joie demeure dans vos cœurs tandis que vous continuez d’être de fidèles disciples de Jésus-Christ », a exhorté le pape Léon XIV.

    Il a également invité les jeunes à « persévérer dans la foi, à revenir à la paroisse — il y a tant d’activités, tant d’opportunités — mais surtout dans la vie de foi, car Jésus-Christ veut marcher avec vous, avec chacun d’entre vous et avec vous tous en communauté, ce qui est si important. »

    « Nous ne vivons pas notre foi seuls ; nous la vivons ensemble. Et tisser ces liens d’amitié et de communauté est une manière de vivre avec persévérance en disciples de Jésus », a-t-il ajouté.

    Enfin, il a invité ceux qui allaient être confirmés à faire une promesse au Seigneur : « que vous désiriez sincèrement continuer à être ses amis, ses disciples et ses missionnaires, et que vous désiriez persévérer dans la foi. Sur ces mots, je vous laisse », a-t-il conclu.

  • Quelles leçons tirer du fiasco du « Groupe d’étude synodal n° 9 » ?

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    Du National Catholic Register :

    Leçons tirées du fiasco du « Groupe d’étude synodal n° 9 »

    ÉDITORIAL : La synodalité a quelque chose à offrir à l'Église catholique, mais pas au détriment de ses propres enseignements.

    Le « Groupe d'étude synodal n°9 » du Vatican a tiré sa révérence en catimini — et de façon embarrassante de surcroît.

    Initialement chargé d'appliquer le principe de « l'écoute » propre à la synodalité aux « domaines doctrinaux, pastoraux et éthiques controversés », le groupe a provoqué une polémique inutile le 5 mai en publiant un rapport final qui minimisait les implications de l'Apocalypse pour la moralité sexuelle tout en présentant une image trompeuse de l'enseignement de l'Église catholique en mettant en avant de manière positive les « témoignages » de deux hommes mariés civilement à des personnes du même sexe.

    Les promoteurs du groupe ont salué le rapport comme une avancée majeure, une bouffée d'air frais et une rupture avec les approches descendantes. Mais quelques jours plus tard, le rapport du Groupe d'étude 9 sur l'homosexualité s'est révélé être un exercice prévisible d'activisme bureaucratique classique, loin de l'écoute sincère prônée par la synodalité.

    Les « témoins » cités anonymement dans le document se sont révélés être des militants LGBTQ connus . Le seul membre africain du groupe n'a même pas participé à la rédaction du passage controversé, ayant auparavant qualifié « l'idéologie de l'orientation sexuelle » d'antibiblique. Plusieurs cardinaux de l'Église ont désavoué le rapport . Fait révélateur, aucun ne l'a publiquement défendu.

    Même le secrétariat du synode a pris ses distances avec les travaux du Groupe d'étude 9.

    Avec la remise de son rapport final, le Groupe d'étude 9 est, heureusement, dissous. Et contrairement aux informations relayées par l'Associated Press et d'autres médias, cette dissolution ne doit pas tant être perçue comme un indicateur de la manière dont le pape Léon XIV guidera l'Église sur des sujets épineux tels que l'homosexualité, mais plutôt comme les derniers vestiges du fonctionnement de la synodalité sous le pape François. Après tout, les groupes d'étude étaient une initiative de François ; Léon XIV leur a simplement permis de conclure leurs travaux (totalement non contraignants). 

    Néanmoins, alors que nous entrons dans la période de transition vers la synodalité, quelle que soit sa signification sous Léon XIV, cet épisode offre des leçons qui peuvent aider les dirigeants de l'Église à éviter les écueils qui ont jusqu'à présent entravé le processus.

    D’abord, il faut mettre fin à l’exagération. Heureusement, les promoteurs ont cessé de décrire le synode comme l’événement le plus important de l’Église depuis Vatican II, mais ils ont encore tendance à exagérer, par exemple, sa capacité à sonder les catholiques du monde entier et même l’importance de ces contributions pour la doctrine de l’Église. 

    Ce genre d'exagérations nuit à la crédibilité de la synodalité. Les dirigeants devraient plutôt s'en tenir à des descriptions plus nuancées de la signification des processus synodaux et de leur valeur, certes pertinente mais limitée.

    Deuxièmement, les personnes qui pilotent les processus synodaux et participent aux discussions clés doivent refléter un éventail plus large de perspectives. Comme l'a souligné le père Brian Gannon, directeur exécutif de l'apostolat Courage International, le rapport final du Groupe d'étude 9 « contredit l'esprit de la synodalité » en excluant des voix pertinentes (dont celle de Courage) du débat. Mais cette critique s'applique plus largement au Synode sur la synodalité, notamment à la composition des conseillers théologiques qui définissent la notion même de « synodalité ». Il nous faut une vision plus globale et une théologie de la synodalité plus ouverte.

    Enfin, il est essentiel de replacer la notion de « synodalité » dans son contexte. Le Groupe d'étude 9 l'a instrumentalisée, transformant « l'écoute du vécu des gens » en prétexte pour contredire la parole de Dieu sur la sexualité et le mariage. Or, cette tactique ne se limite pas à la théologie morale. Elle a également été employée par ceux qui s'attaquent aux ordres religieux exclusivement masculins, ainsi qu'à la gouvernance et à l'enseignement épiscopaux. 

    La synodalité a quelque chose à offrir à l'Église, mais ses partisans doivent être prêts à la situer dans le cadre du caractère dogmatique et hiérarchique essentiel de l'Église, et non comme une manière alternative d'élaborer la doctrine .

    Heureusement, le pape Léon XIV a déjà pris des mesures en ce sens. Il a présenté la synodalité moins comme un moyen d'opérer des changements que comme une approche visant à promouvoir l'unité et la communion. De plus, il a insisté sur la collégialité avec ses pairs évêques, soulignant que la synodalité est destinée à appuyer – et non à remplacer – la gouvernance et l'enseignement légitimes de l'épiscopat.

    L’espoir est que d’autres chargés de diriger les efforts synodaux suivent son exemple, évitant ainsi un autre fiasco scandaleux comme le rapport final du Groupe d’étude 9.

    Lire : Des critiques affirment que le rapport du synode sape l'enseignement de l'Église et donne une image erronée du courage.

  • L'erreur de l'Occident, aveugle à la montée en puissance d'un califat virtuel

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    De Souad Sbai sur la NBQ :

    MODÈNE ET PLUS ENCORE

    L'erreur de l'Occident, aveugle à la montée en puissance d'un califat virtuel

     

    Le débat qui a suivi le massacre de Modène révèle la fragilité de la culture occidentale. Nous percevons le terrorisme uniquement comme un phénomène militaire et sommes incapables de répondre au processus de radicalisation et de recrutement orchestré par Daech, qui utilise tous les outils les plus couramment employés par les jeunes, des réseaux sociaux aux jeux vidéo. 

    20/05/2026

    L’Occident a commis une erreur fatale en continuant de considérer le terrorisme islamiste comme un phénomène strictement militaire, alors que le djihadisme évoluait vers une menace culturelle, numérique et identitaire. Aujourd’hui, le prétendu État islamique n’a plus seulement besoin de conquérir des territoires ; il lui suffit d’occuper les écrans de nos enfants. C’est la dénonciation alarmante d’une étude récente du Centre international de lutte contre le terrorisme (ICCT), qui décrit l’émergence d’un véritable « califat virtuel » taillé sur mesure pour la génération Z.

    L'étude montre comment l'extrémisme s'est parfaitement adapté au langage des nouvelles générations, colonisant les jeux vidéo, TikTok, la musique trap, l'esthétique gothique, les messageries cryptées et l'ironie des réseaux sociaux. Nous ne sommes plus confrontés à une propagande grossière diffusée dans des vidéos tournées dans le désert. Aujourd'hui, le radicalisme se présente sous la forme de contenus en apparence anodins, camouflés dans l'univers numérique fréquenté par les adolescents européens.

    D'après le rapport, des groupes affiliés à l'État islamique utilisent des plateformes comme Roblox, Minecraft, Discord et TikTok pour créer un climat d'endoctrinement progressif. De très jeunes garçons sont attirés par le biais de dynamiques d'appartenance, de défiance et de rébellion. La propagande subversive ne se limite plus à la religion, mais exploite également les thèmes de la masculinité, de l'exclusion sociale, de la rédemption, de la haine de l'Occident et de la quête de sens.

    Depuis des années, je dénonce l'incapacité à combattre le fondamentalisme par un multiculturalisme naïf et un relativisme culturel. Nous avons laissé des générations entières grandir dans un vide existentiel, tandis que des prédicateurs radicaux, des influenceurs pseudo-religieux et des réseaux numériques capables de manipuler les plus vulnérables ont émergé en marge de la société. Aujourd'hui, nous payons le prix de cet aveuglement politique.

    L'affaire de Modène est un signal d'alarme que nul ne peut ignorer. Salim El Koudri, citoyen italien d'origine marocaine, a percuté plusieurs piétons avec sa voiture en plein centre-ville, blessant grièvement plusieurs personnes. L'enquête met en lumière une détresse psychologique et un sentiment de marginalisation, mais des messages de haine envers les chrétiens et un profond ressentiment lié à l'identité ont également été constatés.

    Il est essentiel de le préciser : tous les musulmans ne sont pas extrémistes, et tous les troubles sociaux ne débouchent pas sur des actes subversifs. Toutefois, il serait irresponsable de nier l’existence aujourd’hui d’un lien dangereux entre le fanatisme en ligne, l’exacerbation du victimisme et la culture islamiste qui imprègne les réseaux numériques. C’est précisément le scénario décrit par l’ICCT, où de jeunes Occidentaux s’approprient les symboles djihadistes comme s’il s’agissait d’éléments esthétiques ou d’un langage d’appartenance.

    La gauche européenne, pourtant, continue d'ignorer le problème . Ceux qui dénoncent le fondamentalisme finissent par être accusés, tandis qu'elle reste muette face à la diffusion de contenus extrémistes sur des plateformes fréquentées par des mineurs. Une attitude suicidaire. Pendant des années, elle a préféré ne parler que d'inclusion, sans jamais exiger une véritable intégration, le respect des principes démocratiques et la défense de l'identité européenne.

    L’État islamique a compris ce que de nombreux gouvernements européens n’ont pas encore saisi : la bataille décisive se joue dans l’imaginaire collectif. Le djihadisme contemporain ne se contente pas de recruter des combattants, mais construit des communautés émotionnelles, des modèles d’appartenance et des codes symboliques capables de séduire des adolescents désorientés.
    Lorsqu’un jeune Européen grandit sans racines solides, immergé dans une communauté repliée sur elle-même qui délègue l’éducation à des algorithmes, il devient vulnérable à tout discours radical. Le fondamentalisme offre une réponse simpliste, englobante et agressive, opposant une identité absolue à une société qu’il juge décadente.

    Le « califat virtuel » ne naît pas du néant. Il se développe au sein de l' Europe fragile, auto-accusatrice et désarmée que nous avons bâtie ces dernières années. Et il continuera de s'étendre tant que les responsables politiques n'auront pas le courage de se défendre sans se perdre dans des considérations idéologiques. Qualifier de « fous » les auteurs de telles atrocités empêche la population de comprendre les mécanismes de la radicalisation. Le terrorisme n'est pas une folie soudaine, mais bien un processus rationnel et délibéré pour ceux qui le commettent.

  • La situation des chrétiens en Inde est particulièrement préoccupante

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    La situation des chrétiens en Inde est préoccupante en raison d’une augmentation marquée des violences, des discriminations et des pressions sociétales, particulièrement depuis l’arrivée au pouvoir du BJP (parti nationaliste hindou) en 2014 sous Narendra Modi. Bien que l’Inde soit constitutionnellement un État laïque garantissant la liberté religieuse, la réalité sur le terrain montre une dégradation significative, documentée par de multiples organisations indépendantes.

    Augmentation spectaculaire des violences

    Les chiffres rapportés par des organismes comme l’Evangelical Fellowship of India (EFI), le United Christian Forum (UCF) et Open Doors montrent une tendance claire :

    • Environ 640 incidents vérifiés en 2024 (sur 840 signalés), contre 147 en 2014 — soit une multiplication par plus de 4.
    • Près de 900 incidents en 2025, avec une moyenne de plus de deux attaques par jour dans certaines périodes. Les violences incluent des agressions physiques, des destructions d’églises ou de maisons, des perturbations de cultes, des boycotts sociaux, des humiliations publiques et parfois des meurtres ou viols.

    Les chrétiens (environ 2,3 % de la population selon le recensement de 2011, soit autour de 28-30 millions) sont une petite minorité, mais font face à un niveau de violence élevé, surtout les convertis issus de l’hindouisme ou des communautés tribales/Dalits. L’Inde figure régulièrement dans le haut du World Watch List d’Open Doors (11e ou 12e place ces dernières années), avec un score de violence proche du maximum.

    Causes principales : l’idéologie Hindutva

    Le nationalisme hindou (Hindutva), promu par des organisations comme le RSS, le Bajrang Dal et le BJP, vise à faire de l’Inde une nation exclusivement hindoue (« Hindu Rashtra »). Les chrétiens (comme les musulmans) sont perçus comme des « étrangers » ou des traîtres dont la loyauté irait à l’Occident ou à une identité non indienne.

    • Accusations de conversions forcées : Toute activité chrétienne (services, charité, éducation, soins) est souvent présentée comme une tentative de conversion par « allèchement » ou fraude. Cela justifie des violences de foule (mob violence) organisées.
    • Impunité fréquente : Les auteurs sont rarement poursuivis ; la police et les autorités locales (dans les États gouvernés par le BJP) sont parfois accusées de partialité ou d’inaction. Les victimes peuvent même être arrêtées sous des prétextes fallacieux.

    Lois anti-conversion

    Plus d’une douzaine d’États ont adopté des lois contre les « conversions forcées ». Elles exigent souvent une autorisation préalable, imposent des peines sévères et sont appliquées de manière discriminatoire contre les chrétiens. Elles ont souvent augmenté les tensions et les fausses accusations plutôt que de protéger la liberté religieuse.

    Exemples notables

    • Manipur (2023-2025) : Violences ethniques et religieuses contre les tribus Kuki majoritairement chrétiennes → centaines de morts, plus de 200 églises détruites, dizaines de milliers de déplacés.
    • Attaques récurrentes pendant Noël, des services dominicaux, ou contre des pasteurs.
    • Pressions sur les convertis pour qu’ils « reviennent » à l’hindouisme (Ghar Wapsi).

    Nuances importantes

    • Tous les hindous ne soutiennent pas cette violence ; beaucoup vivent en paix avec leurs voisins chrétiens (surtout dans le Sud comme au Kerala).
    • Les chrétiens indiens sont anciens (remontant à Saint Thomas selon la tradition, et présence portugaise/britannique), contribuent fortement à l’éducation et la santé, et ne représentent pas une menace démographique (leur part est stable ou en légère baisse relative).
    • La situation varie fortement selon les États : pire dans ceux gouvernés par le BJP (Uttar Pradesh, Chhattisgarh, etc.).

    En résumé, la situation est particulièrement préoccupante car elle combine violence physique récurrente, pression sociétale organisée, instrumentalisation politique et affaiblissement progressif des protections légales, dans un pays qui se veut la « plus grande démocratie du monde ». Des rapports d’USCIRF (États-Unis) et d’autres observateurs internationaux soulignent cette tendance systématique liée à la montée de l’extrémisme hindou. Les chrétiens indiens demandent souvent simplement l’application effective de la Constitution et la fin de l’impunité. (IA)

    (source) Il est difficile d'ignorer les récits de persécution religieuse contre les catholiques en Inde.

    Nombreux sont ceux qui œuvrent auprès des catholiques en Inde et qui doivent s'exprimer avec prudence, voire hésitation. La crainte de représailles est bien réelle : elle détermine ce qui peut être dit publiquement et ce qui doit rester tu. Mais la constance de leurs préoccupations, toutes régions et tous ministères confondus, qu'ils soient laïcs ou clercs, révèle une réalité qu'il est de plus en plus difficile d'ignorer : la situation des catholiques en Inde se détériore.

    Pour ceux qui suivent l'actualité, leur situation devient de plus en plus urgente de semaine en semaine .

    Cette inquiétude est exacerbée par une mesure actuellement en cours au Parlement indien.

    En mars, le gouvernement a présenté un projet de loi visant à modifier la loi sur la réglementation des contributions étrangères (FCRA), qui encadre la réception de fonds étrangers par les organisations non gouvernementales. La FCRA a déjà été utilisée pour restreindre les activités des organisations caritatives chrétiennes. L'amendement proposé irait plus loin, en autorisant le gouvernement à prendre le contrôle des actifs des organisations qui perdent leur admissibilité à recevoir des fonds étrangers.

    Cette autorité ne se limiterait pas aux restrictions financières. Elle s'étendrait à la gestion et, potentiellement, à la réaffectation des infrastructures matérielles construites et entretenues par les communautés religieuses. Pour les diocèses catholiques et les ordres religieux, les conséquences sont immédiates.

    Nombre d'entre elles dépendent, au moins en partie, du soutien international, notamment des dons des États-Unis, pour financer des écoles, des hôpitaux, des orphelinats et des dispensaires au service de populations souvent privées d'un soutien étatique fiable. Si l'accès à ce soutien leur est retiré et si les biens liés à ces activités peuvent alors être transférés sous contrôle étatique, il ne s'agit pas simplement de difficultés financières. Il y a risque de perte d'indépendance institutionnelle et, dans certains cas, de détournement effectif des ressources destinées à la mission caritative de l'Église.

    Il ne s'agit pas d'une préoccupation abstraite. Pour les communautés qui en dépendent, souvent parce que l'État ne propose aucun service comparable, les conséquences seraient immédiates et désastreuses. Et le temps presse.

    Le projet de loi devrait progresser dans les prochains mois. Une fois adopté, ses effets seront probablement difficiles à inverser. Dans ce contexte, un rétrécissement progressif de l'espace dans lequel les chrétiens peuvent agir en Inde est déjà en cours.

    La violence demeure une réalité. Des églises ont été vandalisées, des membres du clergé harcelés et des fidèles perturbés. Dans plusieurs États, les lois « anti-conversion » ont été appliquées de manière à dépasser largement le simple cadre de la prévention de la coercition. En pratique, elles ont servi à enquêter, à détenir et à dissuader les manifestations ordinaires de la foi chrétienne. L’effet cumulatif n’est pas seulement la punition d’individus, mais aussi la création d’un climat où toute activité religieuse comporte des risques juridiques croissants.

    Malgré ces développements, l'Inde n'a pas été désignée comme pays particulièrement préoccupant au titre de la loi sur la liberté religieuse internationale. La Commission américaine sur la liberté religieuse internationale a recommandé cette désignation à plusieurs reprises, invoquant des violations « systématiques, continues et flagrantes ». Mais le Département d'État a refusé d'agir.

  • La formule gagnante d'un pèlerinage français en pleine expansion

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    D'Edward Pentin sur le NCR :

    La formule gagnante d'un pèlerinage français en pleine expansion

    Le pèlerinage au sanctuaire Sainte-Anne-d'Auray en Bretagne allie évangélisation, liturgie traditionnelle et patrimoine culturel pour attirer les nouvelles générations à la foi.

    En 2024, des pèlerins se rendront au sanctuaire Sainte-Anne en Bretagne via le Feiz e Breizh.
    Des pèlerins se rendent au sanctuaire Sainte-Anne en Bretagne en empruntant le Feiz e Breizh en 2024. (Photo : Courtoisie du Feiz e Breizh)

    Un pèlerinage en pleine expansion dans l'ouest de la France montre comment un nouveau mouvement catholique peut être fondé avec succès en se concentrant sur la mission, la tradition et le patrimoine. 

    Le pèlerinage Feiz e Breizh , qui signifie « Foi en Bretagne », a débuté en 2017, à l’initiative de quatre amis laïcs catholiques et avec le soutien de leur ordinaire local, l’évêque Raymond Centène de Vannes. 

    « Ils souhaitaient créer un événement unique qui rassemble les gens autour de l'essentiel : leur foi », explique Korantin Denis, l'actuel directeur du pèlerinage. « Leur objectif était donc de créer un pèlerinage familial ouvert à tous. »

    Le voyage de deux jours, couvrant 30 à 40 miles à la fin du mois de septembre, se termine au célèbre sanctuaire de Sainte-Anne-d'Auray, où la grand-mère de Jésus est apparue à Yvon Nicolazic au XVIIe siècle — la seule apparition de sainte Anne, patronne de la Bretagne, enregistrée et approuvée par l'Église. 

    « Le pèlerinage renforce la communauté et tisse des liens entre hommes et femmes partageant les mêmes racines », a déclaré Denis lors de la conférence traditionaliste Pax Liturgica au Vatican en octobre dernier. « Il s’agit du renoncement évangélique aux plaisirs de la vie. Nous privilégions l’amitié et le sacrifice, en nous dépouillant du superflu pour nous concentrer sur l’essentiel. » 

    Bien que moins important que des événements majeurs comme le pèlerinage de Chartres, qui attire environ 20 000 participants à la Pentecôte, Feiz e Breizh a connu une croissance rapide. Ouvert à tous, il a vu sa fréquentation passer de 120 pèlerins lors de sa première édition à environ 2 200 en 2025, ce qui en fait l'un des plus importants pèlerinages catholiques de Bretagne.

    Denis attribue cette croissance à un esprit de sacrifice partagé et à un effort collectif. « Cela conduit à la vertu de compassion, à la souffrance partagée avec autrui, qui se mue en une véritable charité fraternelle et en une miséricorde sincère », explique-t-il. « En définitive, le pèlerinage est un cheminement vers un but noble et transcendant. Durant ces deux jours, nous nous efforçons d'obtenir les grâces dont notre pays a besoin – des grâces pour notre société, nos familles et nous-mêmes – car la première vertu que nous recherchons par la prière est de préserver la foi. »

    Famille Feiz et Breizh
    Des familles avec de jeunes enfants participent. (Photo : Courtoisie de Feiz e Breizh)

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  • La réplique cinglante d’un éminent israélite à la lettre du patriarche de Jérusalem

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    La réplique cinglante d’un éminent israélite à la lettre du patriarche de Jérusalem

    (s.m.) La dernière lettre pastorale du patriarche latin de Jérusalem, le cardinal Pierbattista Pizzaballa – relayée dans le dernier article de Settimo Cielo – a suscité beaucoup d’intérêt, non seulement parmi les chrétiens mais également parmi les Juifs d’Israël et de la diaspora.

    Ce qui va suivre est le commentaire que nous a fait parvenir un Israélite parmi les plus éminents, Sergio Della Pergola (photo), professeur émérite à l’Hebrew University of Jérusalem et chercheur de renommée mondiale en démographie et en sociologie du judaïsme.

    Le professeur Della Pergola saisit pleinement et respecte le côté plus biblique et théologique que géopolitique de la lettre du cardinal.

    Il ne peut cependant pas s’empêcher de pointer du doigt, dans les dizaines de pages que compte le texte, des jugements de nature politique, en particulier quant à l’« événement » décisif qu’a été le massacre de civils juifs perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023.

    Et ce sont précisément les deux lignes où Pizzaballa mentionne que ce massacre, « pour les Palestiniens représente l’ultime étape dramatique d’une longue histoire d’humiliations et d’exodes », qui font dire au professeur Della Pergola que ce seul jugement fondamentalement erroné suffit à « fermer la porte à toute possibilité de réflexion ou de dialogue commun futur entre catholiques et Juifs sur le 7 octobre, sur l’avant et sur l’après ».

    Les seules lueurs de dialogue – encore qu’elles soient incertaines – que le professeur Della Pergola voit émerger chez Pizzaballa concernent tout au plus la partie musulmane, et non les Juifs. Et en effet, le cardinal lui-même reconnaît, dans un passage de sa lettre, une difficulté de compréhension notamment avec le petit nombre de Juifs de confession catholique qui vivent en Israël, auxquels il promet davantage de moments de rencontre pour briser leur « solitude » dans « une Église qu’ils ne considèrent peut-être pas totalement comme la leur ».

    Sans parler des différents courants qui divisent le judaïsme, dont certains sont franchement hostiles aux chrétiens, parfois même violents, et totalement fermés à toute forme de dialogue. Un dialogue dont le concile Vatican II a posé les premières bases mais qui reste encore en grande partie à construire.

    *

    « Le cardinal n’a pas compris ou ne veut pas comprendre »

    par Sergio Della Pergola

    La lettre pastorale du cardinal Pierbattista Pizzaballa “Ils retournèrent à Jérusalem dans une grande joie » suscite certaines réflexions, du point de vue d’un Juif vivant en Israël.

    Le cardinal Pizzaballa est actuellement le patriarche latin de Jérusalem depuis novembre 2020, après avoir été administrateur apostolique de ce même patriarcat entre 2016 et 2020 et custode de Terre sainte entre 2004 et 2016. Auparavant, entre 1995 et 1999, il a été doctorant à l’Université de Jérusalem et, depuis 1990 – depuis son ordination presbytérale – il a étudié la théologie biblique au « Studium Biblicum Franciscanum » de Jérusalem. Le Cardinal vit donc à Jérusalem depuis plus de 36 ans, il parle correctement l’hébreu (ainsi que l’arabe) et il connaît comme personne la ville et la campagne environnante. Il est sans doute l’observateur catholique le plus ancien et le plus compétent de Jérusalem, d’Israël et de Palestine.  En tant que membre du Sacré-Collège des cardinaux depuis sa nomination par le pape François en 2023, c’est une personnalité influente de l’Église catholique apostolique romaine. Personne mieux que lui ne connaît ni n’est capable d’analyser les complexités du système politique de l’État d’Israël, ainsi que de la diaspora juive qui – qu’on le veuille ou non – est inextricablement impliquée dans les décisions et les dilemmes de l’État. C’est sur ces prémisses que se fondent les attentes des lecteurs.

    Un document tel que la lettre pastorale du patriarche de Terre sainte, aussi détaillé, fin et analytique, se démarque des documents diocésains destinés aux quelques milliers de fidèles de catholiques sur les 15 millions d’habitants que compte le territoire d’Israël et de Palestine (auxquels s’ajoutent 11,5 millions d’habitants en Jordanie et 1,5 million à Chypre) faisant l’objet de l’activité diocésaine du cardinal Pizzaballa. Il semble nettement plus plausible qu’il s’agisse en revanche d’une synthèse des impressions et des réflexions mûries au cours de plus de 35 ans d’activité pastorale, presque comme s’il s’agissait de laisser un testament ou un programme. « L’objectif – peut-on y lire – est d’aider chacun à s’interroger sur la manière de vivre aujourd’hui la foi chrétienne sur cette terre à la lumière de l’Évangile ».

    Ce document est explicitement un guide spirituel et non une analyse géopolitique. On ne peut cependant s’empêcher de se demander jusqu’à quel point ces deux dimensions peuvent rester déconnectées et jusqu’où on peut se désintéresser de la réalité concrète pour que le document conserve sa pertinence. La réalité, c’est que l’Église catholique – pour laisser un instant de côté la Jordanie et Chypre – œuvre dans l’État d’Israël, qui compte une majorité de Juifs, et en Cisjordanie et à Gaza, où vit une majorité d’Arabes musulmans. Les conditions juridiques, institutionnelles et politiques de ces endroits varient mais déterminent cependant la capacité d’action de l’Église et le destin des catholiques de la région.

    En lisant ce document, on a l’impression que Jérusalem serait l’endroit le plus important du monde pour la foi catholique, et on est en droit de se demander quel est alors le rôle de Rome dans ce cas. Pourquoi Jérusalem n’est-elle pas le siège central du catholicisme, avec la papauté et la Curie ? Si les lieux essentiels du passé se trouvent à Jérusalem et que l’avenir consiste à attendre que la nouvelle Jérusalem descende du ciel, alors pourquoi la capitale spirituelle ne s’y trouve-t-elle pas ?

    Il reste cependant clair que, comme dans la vision idéale qui nous est ici présentée, aucune autorité terrestre séculière ne compte et que seule l’utopie spirituelle préside à l’analyse et à la perspective des actions à mener. La ville de Jérusalem est définie comme étant « nôtre », en prélude à la véritable et définitive « polis », la Jérusalem céleste. Nulle trace dans cette lettre de l’État d’Israël ou de l’Autorité palestinienne. Le document ignore complètement ces entités sans même justifier la raison de leur omission. Dans le monde idéal qui nous est présenté, elles n’existent tout simplement pas et n’ont pas voix au chapitre, ou peut-être fait-il le choix politique d'être détaché du contexte terrestre, alors qu’il s’agit pourtant de la seule réalité quotidienne.

    Au début de la première partie de sa lettre, le cardinal affirme que « le 7 octobre 2023 et la guerre à Gaza ont représenté quelque chose de différent et de bouleversant pour chacun des deux peuples de cette terre. » Dans l’ordre suivant : « Pour les Palestiniens, cela représente l’ultime étape dramatique d’une longue histoire d’humiliations et d’exodes. Pour les Israéliens, en revanche, quelque chose d’inédit : des violences qui ont fait revivre les horreurs survenues en Europe il y a quatre-vingts ans. »

    C’est ici que sa lettre me tombe des mains, quand il décrit de cette manière des événements qui se sont déroulés dans un ordre dramatiquement inversé, et avec des acteurs différents. Si le 7 octobre est bien un tournant historique marquant la fin d’une époque, attention, il ne l’est pas pour les raisons décrites par le cardinal. Pour les Juifs, le 7 octobre constitue une brève réplique de la Shoah à quatre-vingts années de distance de la seule et véritable Shoah : un massacre barbare et monstrueux de civils dans leurs propres maisons. Mais pour les musulmans, il représente le choix d’une violence sans précédent pour affirmer leur propriété absolue et exclusive du territoire, pour effacer Israël et exiger un Califat islamique à la place. L’inversion de l’ordre des facteurs et le travestissement des faits constitue un choix narratif important. Puisqu’il existe plus de deux récits possibles, le choix ici de l’un exclut la possibilité du second. Le choix du cardinal ferme la porte à toute possibilité de réflexion ou de dialogue commun futur entre les catholiques et Juifs sur le 7 octobre, sur l’avant et l’après. » À moins qu’il ne vise, sans que nous le sachions, à ouvrir ou à chercher à établir de nouvelles perspectives de dialogue entre catholiques et musulmans.

    Le 7 octobre est un point de l’histoire qu’on ne peut pas ignorer. Mais le cardinal n’a pas compris ou ne veut pas comprendre. Avec pour résultat que la lecture de toutes les pages suivantes du document est littéralement décrédibilisée par cette monumentale erreur de parcours. Le 7 octobre est un critère incommensurable et irréversible. En lisant les pages suivantes du document, le lecteur sera inévitablement porté à chercher d’autres affirmations d’intérêt politique dans un texte qui, comme nous l’avons déjà noté, se veut éminemment théologique. Et peut-être en raison du soin particulier apporté à leur recherche, ces positions politiques finiront en effet par s’inscrire encore et toujours dans une seule et même direction : celle d’un récit unilatéralement critique à charge d’Israël et aussi, en filigrane, à charge du peuple juif. Il n’y a presque aucune référence, ni critique ni autre, adressée au monde musulman, qui est pourtant clairement prédominant au Moyen-Orient, et qui est également présent à l’intérieur du périmètre diocésain de Chypre-Israël-Palestine-Jordanie.

    On retrouvera donc la position critique relative à la discrimination et à la persécution dont on suppose que les Palestiniens font l’objet de la part d’Israël, sans la moindre mention du phénomène du terrorisme et des mouvements islamistes subversifs qui, par ailleurs, ne respectent même pas l’ordre établi par une partie des autorités des pays arabes. Pas la moindre allusion non plus à la persécution des communautés chrétiennes. Les peurs exprimées en d’autres occasions par ce même cardinal Pizzaballa envers les revendications des extrémistes islamistes sont ici ignorées. On trouve en revanche une petite insinuation, dans la nouvelle veine de la critique de la technologie, avec l’affirmation selon laquelle des gens sont morts à la guerre par décision d’un algorithme. Mais avec la même logique, on pourrait dire que la vie de nombreuses personnes a été épargnée par la décision d’un algorithme.

    En résumé, Israël est identifié à l’oppression, à la discrimination, à l’appropriation matérialiste, et comme le détenteur presque illégitime d’un bien universel, Jérusalem, censé être partagé avec toute l’humanité. Mais pourquoi, dans ce cas, ne pas imaginer un partage de la Cité du Vatican avec les Juifs et les musulmans ?

    On ne trouve nulle part mention du fait que sous le régime israélien, les communautés chrétiennes ont pu se développer numériquement alors que sous le régime palestinien, elles ont été largement réduites. Dans les territoires palestiniens, les villes historiquement à majorité chrétienne – légalement censés être dirigés par un maire chrétien – hébergent aujourd’hui une majorité musulmane.

    Sur le plan du dialogue interreligieux entre Juifs et chrétiens, aucun point de débat n’émerge, aucun point d’appui à partir duquel on pourrait développer une conversation possible sur des thématiques partagées. La partie juive est tout simplement ignorée. Jérusalem est bien une ville à partager, face à toutes les revendications opposées des Israéliens et des Palestiniens. La petite et vulnérable communauté chrétienne ne dispose d’aucun pouvoir militaire ni économique, mais elle finira par hériter de la terre. Le fait que quelqu’un d’autre puisse entretenir des idéaux d’héritage spirituel portant sur la même terre – et la manière de rendre ces deux idéaux compatibles – n’est même pas pris en considération. Il n’y a plus de frères aînés.

    — — —

    Sandro Magister est le vaticaniste émérite de l'hebdomadaire L'Espresso.
    Tous les articles de son blog Settimo Cielo sont disponibles sur diakonos.be en langue française.
    Ainsi que l'index complet de tous les articles français de www.chiesa, son blog précédent.

  • Léon XIV assistera à la présentation de Magnifica humanitas, son encyclique sur les enjeux de l'IA

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    De Vatican News :

    Léon XIV assistera à la présentation de Magnifica humanitas, son encyclique sur les enjeux de l'IA

    Le Pape a signé ce texte très attendu, qui porte sur la protection de la personne humaine à l'ère de l'intelligence artificielle. L'encyclique sera présentée le 25 mai prochain dans la salle du synode du Vatican, en présence du Saint-Père.

    18 mai 2026

    Le Pape Léon XIV, s'apprête à promulguer sa première lettre encyclique, intitulée Magnifica humanitas, portant sur la protection de la personne humaine à l'ère de l'intelligence artificielle. Une information confirmée ce lundi 18 mai par la Salle de presse du Saint-Siège. L'encyclique porte la signature du Saint-Père en date du 15 mai, jour du 135e anniversaire de la promulgation de l'encyclique Rerum Novarum du Pape Léon XIII.

    La présentation du document aura lieu le 25 mai, à 11h30, dans la salle du Synode, en présence du Saint-Père, précise le communiqué du Saint-Siège. Participeront à cette conférence le cardinal Víctor Manuel Fernández, préfet du dicastère pour la Doctrine de la foi, le cardinal Michael Czerny, préfet du dicastère pour le Service du développement humain intégral, Anna Rowlands, professeure de théologie politique et de doctrine sociale de l'Église au département de théologie et de religion de l'université de Durham du Royaume-Uni, Christopher Olah, cofondateur d’Anthropic (États-Unis), responsable de la recherche sur l’interprétabilité de l’intelligence artificielle, ainsi que le Dr. Léocadie Lushombo i.t., professeur de théologie politique et de pensée sociale catholique à la Jesuit School of Theology de l'Université de Santa Clara en Californie. 

    Lors de la présentation, une prise de parole et une bénédiction du Pape sont prévues. La conférence de presse sera conclue par le cardinal Parolin, Secrétaire d'État du Saint-Siège.

  • Un catholicisme en déconstruction

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    De Paul Vaute sur Le Passé belge :

    Un catholicisme en déconstruction

    Sa minorisation dans notre société a conduit de nombre d’organismes et de personnalités à s’engager dans la voie du pluralisme ou à chercher des ajustements avec les idéologies dominantes, quitte à se distancier du magistère ecclésial. Mais il y eut aussi, même si elles peinaient à se faire entendre, des voix pour prôner la résistance (1945-)

       D’un rapport d’activités publié en 2023 par l’Eglise de Belgique, il ressort que la moitié de nos compatriotes se déclarent catholiques [1]. Dans les années 1970, selon l’European Value Study, ils représentaient pas loin de trois quarts de la population (72 %). Le même rapport estime à près de 9 % la proportion des Belges qui se rendent au moins une fois par mois à une célébration religieuse. Les sociologues Liliane Voyé et Karel Dobbelare en avaient dénombré moins de la moitié en 2012: seulement 4 % [2].

       Paradoxalement, cette bérézina n’affecte pas ou très peu les principales composantes du pilier catholique – syndicale, mutualiste, scolaire, universitaire… Les chiffres ne peuvent toutefois masquer que le rapport de ces structures à la foi fait l’objet d’interrogations et qu’un pluralisme de fait s’est imposé en leur sein. Même parmi bon nombre de fidèles pratiquants, la prise de distance à l’égard des enseignements du magistère ecclésial, surtout quand ils vont à rebours des idéologies dominantes, a été établie par maintes enquêtes d’opinion. On a pu forger à leur propos le concept de « catholaïques » . C’est principalement à l’étude de ces transformations du paysage religieux que s’est consacrée Cécile Vanderpelen-Diagre, professeur d’histoire contemporaine à l’Université libre de Bruxelles [3].

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  • Message du vicaire général du diocèse de Gap-Embrun à l’occasion de la messe de départ de Monseigneur André Léonard

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    Messe de départ de Monseigneur André Léonard

    Message du père Jean-Michel Bardet, vicaire général du diocèse de Gap-Embrun, à l’occasion de la messe de départ de Monseigneur André Léonard, évêque émérite de Namur et archevêque émérite de Malines Bruxelles – Savines-le-Lac – Samedi 16 mai 2026.

    Monseigneur,
    En 2015, lorsque vous répondiez positivement à l’invitation de l’évêque de Gap d’alors – Mgr Jean-Michel di Falco Leandri – de venir résider dans le département des Hautes Alpes, vous aspiriez sans doute à un temps de retraite paisible, et mérité.

    C’était peu vous connaitre que de penser que pour vous la retraite consisterait à profiter du soleil et de l’air sec des Alpes du Sud. De fait, durant plus de 10 ans, votre présence parmi nous aura été l’occasion de manifester votre âme de Pasteur auprès des pèlerins de Notre Dame du Laus, des paroissiens du Savinois, et sans doute bien d’autres personnes.

    En effet, au sanctuaire tout d’abord vous avez participé au ministère des Chapelains avec zèle et passion pour le Christ, au service de la Grâce du Laus où la tendresse de Marie se fait proche. Les prêtres du diocèse se souviennent sans aucun doute de la retraite que vous leurs aviez prêchée ; et les pèlerins auront pu savourer au long de ces années votre très beau charisme de prédicateur.

    Puis vous avez accepté de partager votre temps en prenant pied au bord du lac, à Savines, pour apporter votre soutien à la Pastorale de ce secteur paroissial. D’archevêque, vous deveniez « vicaire paroissial », ce que vous aimiez souligner avec humour et humilité, ajoutant votre prénom à ceux de trois autres confrères, les pères André Bernardi et André Foy. (Je me demande parfois pourquoi nous n’avons pas donné comme St Patron à la nouvelle paroisse du savinois : St André !)

    A 80 ans, vous avez – comme l’on dit à la capitainerie – « réduit la voilure », en vous recentrant sur ce ministère paroissial, et sans aucun doute sur vos lectures érudites des ouvrages de votre bibliothèque, apportant aux paroissiens votre connaissance des Mystères de la Foi, et les renforçant dans leur vie spirituelle. (Je parle volontiers à cet instant en tant que curé de Briançon : merci encore pour la récollection que vous nous aviez prêché en introduction à la Semaine Sainte, et merci pour ces temps de partages simples et heureux avec les confrères au presbytère à cette occasion)

    Comme pour tout un chacun, il y a habituellement deux temps de retraite : le premier est actif – autant que nos forces physiques nous le permettent ; le second est plus contemplatif, et c’est sans doute cette nouvelle période qui s’ouvre aujourd’hui pour vous, avec ce retour vers votre Belgique natale.

    Avant d’entrer dans l’Eucharistie, je voulais très simplement, au nom des fidèles du Diocèse de Gap-Embrun et de notre Evêque, vous remercier pour la place que vous avez tenue parmi nous avec générosité et passion. Que le Seigneur puisse toujours vous soutenir, ainsi que Veerle votre soutien fidèle et précieux, dans cette profonde confiance en la présence du Seigneur « tous les jours, jusqu’à la fin du monde ».

    Père Jean-Michel Bardet, vicaire général

  • Chine : la répression ciblée contre les chrétiens

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    De la chaîne youtube du Monde :

    Il est environ 3 heures du matin, à Yayang, en Chine, quand des centaines d’agents de police en tenues anti-émeute donnent l’assaut contre une église et embarquent les fidèles. Leur tort : avoir refusé d’arborer le drapeau de la République populaire de Chine sur leur lieu de culte. Le Monde a authentifié des vidéos issues des réseaux sociaux chinois, collecté des témoignages et obtenu des images satellites inédites. Ces preuves racontent comment, en quatre jours, en décembre 2025, les autorités chinoises ont mis au pas les chrétiens de la ville de Yayang. Cette répression n’est qu’un exemple des campagnes menées par Pékin contre les chrétiens qui refusent de se soumettre à son autorité. Avec l’aide de plusieurs spécialistes du sujet, nous retraçons l’histoire de cette communauté dans le pays, et les raisons du durcissement de la politique du régime à son encontre.

    Voir : Six chrétiens arrêtés dans le Guizhou pour fraude et « organisation de mineurs »

  • On fête aujourd’hui saint Yves

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    saint-yves.jpgExtrait d’une notice de Hervé Marie Catta :

    « Yves Hélori de Kermartin est né au Minihy de Tréguier en 1253, sous le règne de Saint Louis. Il est mort là, à deux kilomètres de Tréguier , le 19 mai 1303. Ses parents, petits nobles bretons comme il y en avait tant, l'envoyèrent faire ses études à l'Université de Paris, d'abord en lettres, puis en droit. (…).

    C'est l'époque où l'Eglise, par son droit appelé " canonique " - les " canons " sont les règles de droit - influe beaucoup sur le droit et la procédure en adoucissant les coutumes d'origines barbares et féodales. Aussi beaucoup de plaideurs préfèrent s'adresser à ses tribunaux. Il faut donc de nouveaux juges bien instruits dans le nouveau droit et Yves Hélori est appelé par l'Archidiacre de Rennes, un assistant de l'Evêque alors, à tenir les fonctions de Juge d'Eglise autrement dit " Official ".

    (…) Yves accepte à Tréguier d'être ordonné prêtre et on lui confie la paroisse de Tredrez, plus tard celle de Louannec. Yves a été un modèle de prêtre avant d'être un modèle d'avocat et de juge. Ce qu'on sait, par le procès de canonisation, ce sont les transformations et conversions qu'il opérait par ses sermons , ses visites et ses entretiens avec les personnes. Il lui est arrivé de prêcher cinq fois le même jour à des endroits différents : Tredrez, Saint Michel en Grève, Trédarzec et Pleumeur. Ce qui veut dire qu'on aimait venir de partout entendre ce saint prêtre humble et dont la piété faisait aimer la piété. Il ne ménageait pas sa peine pour aller dire l'espérance de Dieu aux pauvres gens de la campagne bretonne. Il faisait tout le chemin à pied, jamais à cheval.(…).

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  • Le Festival de Cannes ou le conformisme d’une civilisation en plein vide spirituel

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    Un éditorial de Philippe Marie sur Tribune Chrétienne :

    Festival de Cannes : le conformisme d’une civilisation en plein vide spirituel

     
    Le Festival de Cannes est devenu, lui aussi, un univers profondément idéologique, où certaines opinions sont célébrées comme des évidences morales tandis que d’autres sont immédiatement disqualifiées comme suspectes ou “extrêmes”

    18 mai 2026

    Pendant douze jours, du 12 au 23 mai 2026, la Croisette célèbre ses mythologies contemporaines, ses narcissismes élégants et ses désespoirs sophistiqués sous les ors du Palais des Festivals. Chaque année, le Festival de Cannes prétend être le miroir du monde. Et, d’une certaine manière, il l’est réellement. Mais ce que révèle l’édition 2026 n’est pas tant la vitalité du cinéma que l’état spirituel d’une civilisation occidentale épuisée, obsédée par elle-même, incapable de transmettre autre chose que le doute et la fragmentation identitaire. Depuis que l’hédonisme moderne a remplacé toute transcendance, le travail n’est plus vécu comme un accomplissement mais comme une torture provisoire avant le loisir. Une société entière se retrouve alors condamnée à l’introspection permanente et aux revendications identitaires, faute de savoir encore pourquoi elle vit.

    Il suffit d’observer les grandes thématiques des films sélectionnés cette année. Derrière des titres comme Coward de Lukas Dhont, Histoires parallèles d’Asghar Farhadi, L’Inconnue d’Arthur Harari ou encore Amarga Navidad de Pedro Almodóvar, reviennent sans cesse les mêmes obsessions contemporaines : familles détruites, sexualités instables, identités mouvantes, désir sans amour, violence psychologique, mémoire traumatique, solitude urbaine, nihilisme élégant.

    Même lorsque certains films atteignent une réelle puissance esthétique , comme le très attendu All of a Sudden de Ryūsuke Hamaguchi ou Fjord de Cristian Mungiu , le spectateur demeure plongé dans des univers où les êtres semblent incapables d’échapper à eux-mêmes. Les personnages parlent beaucoup de liberté, mais cette liberté ressemble souvent à une errance. Ils cherchent l’authenticité, mais sans jamais parvenir à une vérité stable sur l’homme. Le cinéma d’auteur contemporain paraît ainsi fasciné par les êtres fragmentés. Quelques jours à Nagi de Kōji Fukada, Garance de Jeanne Herry ou encore Paper Tiger de James Gray explorent eux aussi cette difficulté moderne à aimer durablement, à transmettre, à habiter le réel autrement que dans l’émotion immédiate.

    Lire la suite sur Tribune Chrétienne