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Actualité

  • Deux portes dans un couloir d'hôpital...

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    De ‍Michael J Robinson sur le Catholic Herald :

    Un père réfléchit à deux réalités contrastées au sein d'un même hôpital et à ce qu'elles révèlent sur la valeur que nous accordons à la vie :

    Deux portes dans un couloir d'hôpital

    Il y a deux portes dans le même couloir d’hôpital. Derrière l’une, mon fils Théo lutte pour respirer. Derrière l’autre, on met délibérément fin à une vie.

    Le mois dernier, j’ai passé deux semaines à arpenter ce couloir, faisant des allers-retours, jour et nuit, vivant dans la tension entre ces deux réalités. Théo est né en ayant besoin d’aide. Des machines, des fils, de l’oxygène, des chiffres qui clignotent sans cesse. Chaque tétée est surveillée. Chaque respiration surveillée. Des conversations à voix basse avec des médecins et des infirmières qui allient à parts égales compétence et compassion.

    On apprend vite un nouveau langage en USIN – l’unité de soins intensifs néonatals. Saturation. Débits. Pourcentages. On commence à mesurer les progrès à l’échelle la plus infime : une valeur stable, une légère réduction de l’oxygène, une tétée plus calme. Et on prend conscience d’une chose profonde : à quel point la vie est fragile, et avec quelle férocité elle est protégée.

    Personne dans cette unité ne se demande si la vie de Théo a de la valeur. Personne ne se demande s’il vaut la peine qu’on y consacre des efforts, du temps et des ressources. Ils agissent simplement selon une conviction commune : il compte. J’ai observé les infirmières se déplacer avec une attention extraordinaire, ajuster les tubes, vérifier les moniteurs, parler doucement à des bébés qui ne peuvent pas comprendre leurs mots mais qui, d’une manière ou d’une autre, réagissent à leur présence.

    Il règne dans ce lieu une détermination sereine. Une clarté d’intention. Tout est ordonné vers un seul but : préserver ces petites vies fragiles. C’est une leçon d’humilité. C’est magnifique. C’est épuisant. Et une chose est parfaitement claire : ces enfants ne sont pas des abstractions. Ce sont des patients. Ce sont des fils et des filles. Ils sont aimés.

    Et pourtant, juste au bout du couloir, une réalité différente existe. Derrière une autre porte, une vie à un stade similaire de développement peut être interrompue. On se bat pour une vie. On en met fin à une autre.

    Le même hôpital. Les mêmes professionnels. La même humanité. Deux réponses complètement différentes.

    Pour moi, ce n’était pas un débat abstrait. C’était une expérience vécue.

    Assise à côté de mon fils, observant les chiffres monter et descendre, espérant, priant pour la stabilité, quelque chose m’est apparu clairement d’une manière difficile à exprimer mais impossible à ignorer : la vie n’a pas de valeur parce qu’elle est facile, indépendante ou pratique. Elle a de la valeur parce que c’est la vie. Parce que c’est lui.

    Théo n’est pas un concept pour moi. C’est une personne que je connais, un visage que je reconnais, un cri que je peux distinguer des autres. Et pourtant, d’un point de vue biologique et développemental, il n’est pas fondamentalement différent de ceux dont la vie s’achève à quelques pas de là.

    J’ai passé une grande partie de ma vie professionnelle à travailler dans le domaine des affaires publiques et des questions éthiques liées au début de la vie. Mais il y a des moments où l’expérience vécue vient bouleverser même les arguments que l’on croit déjà bien comprendre. C’était l’un de ces moments.

    Une question s’est imposée : comment concilier ces deux réalités ? Comment consacrer tant d’efforts extraordinaires à sauver une vie, tout en acceptant la fin d’une autre, si proche, sous le même toit ? Derrière les décisions prises dans ces salles se cachent des circonstances douloureuses. Mais il y a aussi quelque chose que nous risquons de perdre : une conception commune de ce qu’est une vie humaine.

    Ce séjour à l’unité néonatale de soins intensifs m’a transformé. Non pas parce qu’elle m’a apporté une idée nouvelle, mais parce qu’elle a rendu impossible d’ignorer une vieille vérité. Chaque vie dans ce couloir compte. Non pas parce qu’elle est forte, ou indépendante, ni même désirée. Mais parce qu’elle est humaine. Parce qu’elle porte en elle une dignité qui ne va et vient pas au gré des circonstances.

    Pour ceux d’entre nous qui voyons le monde à la lumière de l’Évangile, cette vérité est encore plus profonde : chaque vie est connue, voulue et aimée par Dieu. Et une fois que l’on a vu une vie pour laquelle on s’est battu ainsi, pour laquelle on s’est vraiment battu, il devient très difficile d’accepter que, à quelques pas de là, une autre vie du même genre soit traitée comme si ce n’était pas le cas.

    ‍Michael J Robinson est directeur exécutif de la Society for the Protection of Unborn Children (SPUC).

  • ESPAGNE - « Je ne crains rien. Tu es avec moi » : le documentaire sur les carmélites martyres de Guadalajara et leur témoignage de foi

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    Une dépêche de l'Agence Fides :

    ESPAGNE - « Je ne crains rien. Tu es avec moi » : le documentaire sur les carmélites martyres de Guadalajara et leur témoignage de foi

    3 mai 2026  
     

    Guadalajara (Agence Fides) – « Je ne crains rien. Tu es avec moi » : telle est la devise qui donne son titre au documentaire « Tu es avec moi : les martyres carmélites de Guadalajara », présenté samedi 2 mai sur la chaîne YouTube de HM Televisión.

    La date choisie coïncide avec l’anniversaire de l’entrée, le 2 mai 1925, de la bienheureuse Thérèse de l’Enfant-Jésus et de Saint Jean de la Croix au monastère de San José de Guadalajara. La religieuse fut assassinée le 24 juillet 1936 avec les bienheureuses María Pilar de San Francisco de Borgia et María Ángeles de San José, dans le contexte de la persécution religieuse au début de la guerre civile espagnole.

    Le documentaire présente le témoignage de vie et de foi des trois carmélites déchaussées, considérées comme des exemples de sainteté, de fidélité et de pardon. D’après les recherches menées, la cause de leur mort fut clairement la haine envers la foi.

    La vidéo rassemble les interventions de plusieurs experts. Don Fernando Moral Acha, vice-directeur du Bureau des causes des saints de la Conférence épiscopale espagnole, souligne : « Les martyrs ne sont pas seulement une vie, une mort, une chronologie de faits, mais un véritable témoignage de vie ». De son côté, Don Jorge López Teulón, postulateur des causes des martyrs de la persécution religieuse de 1934-1939, met en évidence l’ampleur de ces événements : « Ce qui s’est passé en Espagne a été la plus grande persécution de l’histoire de l’Église sur la plus courte période : en seulement six mois, douze évêques, un administrateur apostolique, plus de 4 000 prêtres et plus de 3 000 religieux ont perdu la vie de manière violente ». Par ailleurs, Antonio Benéitez Domínguez, OCD, prieur du couvent de San Benito el Real à Valladolid, présente ces trois femmes comme « un modèle de réponse à l’appel de Dieu » ; enfin, sœur Humildad Blanco Ortega, Carmélite servante de la Sainte Famille, rappelle que « la vie d’un martyr ne s’improvise pas, mais se prépare jour après jour ».

    On y trouve également des témoignages liés au monastère de Guadalajara, notamment celui d’une carmélite déchaussée de la communauté et de proches des bienheureuses. Parmi les témoignages les plus marquants figure également le récit de la conversion de l’un des responsables du martyre des religieuses.

    Les trois religieuses font partie du groupe des martyrs tués lors des vagues de violence qui se sont abattues sur les communautés catholiques en Espagne dans les années 1930. Elles furent les premières victimes de cette période à être béatifiées par le pape Jean-Paul II le 29 mars 1987. Dans le même esprit, le 27 avril dernier, le Souverain Pontife a autorisé de nouveaux décrets sur le martyre de Stanislao Ortega García et de 48 compagnons, ainsi que du prêtre Emanuele Berenguer Clusella, eux aussi tués en 1936 par haine de la foi. (Agence Fides 03/5/2026)

  • Quand Léon XIV se retrouve pris entre deux feux

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    D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

    Léon XIV, le défi de la tradition

    4 mai 2026

    Le grand objectif du pontificat de Léon XIV est de rétablir l’unité au sein de l’Église. La tâche s’avère toutefois particulièrement ardue. En bref, c’est plus facile à dire qu’à faire.

    Les commentaires du pontife aux journalistes qui l'accompagnaient sur le vol de retour d'Afrique vers Rome illustrent bien ce point.

    Léon a répondu à une question concernant la décision du cardinal Reinhard Marx de bénir officiellement des couples de même sexe, et sa réponse a suscité de nombreuses réactions différentes tant en Allemagne que dans le monde entier, mais celle qui est venue du chef de l'institution effective de la hiérarchie allemande est instructive.

    Mgr Georg Bätzing, archevêque de Limbourg, qui termine son mandat de président de la Conférence épiscopale allemande, a simplement déclaré qu’il poursuivrait cette pratique pastorale car il ne pense pas qu’elle crée de division au sein de l’Église.

    Il s’agit peut-être d’une dernière pique de la part d’un homme sur le départ qui s’en moque un peu, ou bien Bätzing met-il tout simplement le pape au défi de l’en empêcher ?

    Nous verrons bien.

    Une autre menace pèse sur l’unité, celle-ci provenant du monde traditionaliste.

    La Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) se prépare à célébrer ses premières ordinations épiscopales depuis 1988.

    Ces ordinations seraient valides, mais non licites, car elles ont été effectuées sans mandat pontifical. Quiconque consacre un évêque sans l’autorisation du pape encourt l’excommunication de plein droit, c’est-à-dire du simple fait d’avoir commis cet acte.

    C’est ce qui est arrivé à Mgr Marcel Lefebvre et aux évêques qu’il a ordonnés en 1988, à la suite de quoi un décret formel d’excommunication a été rédigé et publié.

    Aujourd’hui, selon certaines rumeurs, un document similaire aurait déjà été préparé au cas où la Fraternité déciderait de procéder aux consécrations prévues.

    En réalité, ce type de décrets est courant ; il n’est donc pas certain que le modèle n’ait pas été prêt depuis un certain temps, quelle que soit l’issue des discussions au sein de la FSSPX.

    La FSSPX, pour sa part, estime que même l’excommunication ne s’applique pas réellement à elle. Elle estime que le droit canonique n’autorise pas l’imposition de la peine – l’excommunication – si l’acte qui l’entraînerait est commis en réponse à un danger grave perçu pour l’Église, ou si l’on estime agir de bonne foi.

    C’est effectivement vrai, mais c’est le même raisonnement que Lefebvre avait utilisé en 1988, lorsqu’un décret papal était devenu un fait contre lequel il n’y avait plus rien à redire.

    Ces dernières semaines, la FSSPX a également publié une longue interview de son supérieur, le père Davide Pagliarani, qui a réitéré le sentiment d’urgence de la Fraternité et la nécessité d’ordonner de nouveaux évêques pour assurer sa survie.

    En réalité, la Fraternité Saint-Pie X n’a même pas la volonté sincère d’engager un dialogue avec le Saint-Siège. Dans ses communications précédentes déjà, elle a clairement indiqué que bon nombre des décisions ou des orientations du Saint-Siège étaient considérées comme frôlant l’hérésie et que, par conséquent, aucun dialogue ne pouvait avoir lieu sur ce sujet.

    En bref, Léon XIV se retrouve pris entre deux feux, tous deux particulièrement tenaces.

    D'un côté, ceux qui veulent que la doctrine évolue au point de s'adapter à la société, car sinon — et c'est une phrase qui revient souvent — l'Église ne sera plus pertinente. De l'autre côté, ceux qui estiment que l'Église a trop évolué, au point de juger inapproprié tout ce qui émane du Saint-Siège, notamment en matière doctrinale.

    La question à se poser est simplement la suivante : de quel côté se situe Léon XIV ?

    Les actions du pape suggèrent au moins une ligne claire quelque part, mais pas la ligne elle-même – pas une ligne tracée par la simple volonté du pape – et certainement pas une ligne qu’il entend tracer par la force de sa volonté.

    Léon XIV soutient les manifestations dans lesquelles la présence de Dieu se fait sentir, indépendamment des débats sur leur légitimité.

    L'année dernière, par exemple, il fut surprenant d'apprendre que Léon XIV aurait envoyé un message de salutations au pèlerinage Paris-Chartres, auquel participaient des milliers de personnes, pour la plupart des jeunes, tous attachés au rite traditionnel – on a même rapporté que le pape priait pour ce pèlerinage et avait lu des extraits d'une lettre qu'il avait adressée aux catholiques de France. Puis, le nonce en Angleterre, Mgr Miguel Maury Buendía, a annoncé que Léon XIV avait demandé que des exceptions soient faites pour célébrer selon l’ancien rite chaque fois que cela serait demandé.

    En bref, Léon XIV a tendu la main au monde traditionnel, essayant de surmonter l’attitude de fermeture manifeste qui avait caractérisé la fin du pontificat du pape François.

    Cette attitude avait également affecté les congrégations religieuses considérées comme traditionalistes, telles que les Hérauts de l’Évangile, une organisation née au Brésil puis qui s’est répandue dans le monde entier. Pendant des années, les Hérauts de l’Évangile avaient été empêchés d’ordonner de nouveaux prêtres. Ils avaient été placés sous administration spéciale – le commissaire étant le cardinal Raymondo Damasceno Assis – pour des allégations qui n’ont jamais été pleinement vérifiées, et toutes les affaires civiles s’étant finalement conclues en leur faveur.

    Après de nombreuses années d’impasse, cependant, les 11 et 12 avril, les Hérauts de l’Évangile ont enfin pu ordonner 26 nouveaux prêtres, lors d’une célébration émouvante qui a également marqué un retour de l’espoir.

    Les Hérauts ne sont qu’un exemple parmi d’autres de groupes jugés trop traditionnels qui ont été pris pour cible sous le pontificat du pape François. Dans certains cas, il s’agissait de groupes très modestes, qui n’ont donc pas réussi à s’imposer. Dans d’autres cas, cela a donné lieu à une véritable tempête, comme dans le cas du Sodalitium Christianae Vitae — que l’archevêque Prevost connaissait bien à l’époque — où les accusations d’abus contre le fondateur n’ont pas conduit à une réforme (comme cela s’était produit dans des cas similaires, tels que celui des Légionnaires du Christ), mais à la suppression effective de l’ordre.

    Il faut dire que le pontificat du pape François a également été influencé par une sorte de « guerre civile latino-américaine » qui avait éclaté dans les années qui ont suivi Vatican II, où les tensions entre la théologie de la libération et les mouvements plus traditionnels étaient devenues presque insupportables.

    Léon XIV n’a pas été affecté par ces tensions, même s’il les a vécues en tant que prêtre missionnaire et évêque au Pérou. C’est pourquoi Léon XIV a été appelé à trouver un équilibre difficile entre les exigences de ceux qui voulaient une Église plus présente et plus dynamique sur les questions sociales et la nécessité d’évangéliser, d’attirer de nouvelles vocations et de favoriser la croissance de l’Église.

    C'est là le grand défi auquel le pape est confronté dans la gestion du dossier traditionaliste.

    Les traditionalistes le savent, et ils diffusent le discours d'un Saint-Siège qui ne veut pas écouter et avec lequel aucun accord ne devrait être conclu. En effet, selon la FSSPX, Léon XIV devrait les laisser faire, sans les menacer d'excommunication.

    L'excommunication est toutefois nécessaire pour que le pape affirme son autorité au sein de l'Église, et c'est pourquoi il existe l'excommunication latae sententiae, c'est-à-dire qui s'applique du simple fait d'avoir commis un acte.

    Par ailleurs, l'idée selon laquelle le pape devrait tout accepter au nom d'un principe de miséricorde mal défini est un argument qui ne tient pas la route, bien qu'il ait été avancé à maintes reprises depuis le Concile Vatican II.

    On peut être sûr que ce thème reviendra à maintes reprises tout au long du pontificat de Léon XIV. Avec le temps, on verra clairement si le pape souhaite absorber la crise ou plutôt y faire face, en levant les obstacles qui créent la division et en raisonnant, dans ce cas également, en termes d’unité de l’Église.

  • Moins de 2 % : le déclin dramatique des chrétiens en Terre sainte

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    D'InfoVaticana :

    Moins de 2 % : le déclin dramatique des chrétiens en Terre sainte

    La présence chrétienne en Terre sainte a atteint un niveau critique et pourrait disparaître si la tendance actuelle ne s'inverse pas. Cet avertissement a été lancé par l'abbé bénédictin Nikodemus Schnabel lors d'une rencontre avec des représentants de l' Aide à l'Église en Détresse (AED). Il a dénoncé le fait que les chrétiens représentent désormais moins de 2 % de la population et continuent de quitter la région en raison de la guerre, de la crise économique et du manque de perspectives.

    « Le lieu où sont nés les événements centraux de notre foi risque de perdre ses chrétiens autochtones », a averti l’abbé, qui a décrit une situation marquée par l’exode constant et l’invisibilité croissante de ces communautés.

    Exode, précarité et perte de l'avenir

    Le principal facteur poussant les chrétiens à partir est économique. Comme l'explique Schnabel, près de 60 % des chrétiens arabes dépendent du tourisme, un secteur qui ne s'est pas remis de la pandémie et des conflits qui ont suivi en 2019. Faute de revenus stables, de nombreuses familles choisissent d'émigrer.

    « Les gens partent parce qu’ils ne voient pas d’avenir », a-t-il déclaré, pointant du doigt le manque de logements et d’emplois comme les deux principaux obstacles à la pérennité des communautés chrétiennes.

    Une minorité presque invisible

    Bien que Jérusalem conserve une remarquable diversité ecclésiale — avec 13 églises parmi les catholiques et autres confessions historiques —, cette richesse masque une réalité beaucoup plus fragile : une communauté très restreinte.

    L’abbé a souligné le paradoxe suivant : la Terre sainte compte moins de chrétiens que certaines des régions les plus sécularisées d’Europe. « Rêver d’atteindre 5 % ou 6 % serait déjà beaucoup », a-t-il reconnu.

    Le risque d’une « Terre sainte sans chrétiens »

    Schnabel a mis en garde contre un scénario de plus en plus plausible : la persistance de lieux saints sans communautés vivantes pour les faire vivre. « Les sanctuaires, les moines et les prêtres pourraient subsister, mais sans familles ni vie chrétienne ordinaire », a-t-il souligné.

    Ce processus transformerait la Terre sainte en une sorte d'espace symbolique ou touristique, déconnecté de la foi vécue.

    Trois groupes, une fragilité partagée

    L'abbé a identifié trois réalités majeures au sein de l'Église locale.

    D’une part, il y a les chrétiens palestiniens arabophones, historiquement enracinés dans la région, mais aujourd’hui touchés par des restrictions politiques, l’insécurité et, dans des endroits comme Gaza, une situation qu’il a décrite comme une « double pression » : le conflit extérieur et le contrôle intérieur du Hamas.

    Deuxièmement, une petite communauté croissante de catholiques hébréophones intégrés à la société israélienne.

    Enfin, le groupe le plus important : les travailleurs migrants et les demandeurs d'asile, qui comptent plus de 100 000 fidèles et soutiennent une grande partie de la vie ecclésiale.

    Allégation de conditions proches de l’« esclavage moderne »

    L’abbé a dénoncé les conditions déplorables dans lesquelles vivent nombre de ces migrants : confiscation de leurs passeports, restrictions de travail, séparation des familles et précarité juridique. Dans certains cas, a-t-il affirmé, le système pénalise même la maternité.

    « Pour ce système, l’acte le plus “criminel” peut être de dire oui à la vie », a-t-elle fait remarquer, faisant allusion aux femmes qui refusent d’avorter et se retrouvent dans une situation irrégulière.

    Entre la guerre et la fidélité à l'Évangile

    Au cœur du conflit, Schnabel a défendu la position de l'Église : « Nous ne sommes ni pro-Israël ni pro-Palestine, mais pro-humanité », et a également rappelé le témoignage des soignants migrants décédés après avoir refusé d'abandonner les personnes âgées dont ils avaient la charge lors des attaques du 7 octobre 2023, soulignant leur fidélité comme un exemple de vie chrétienne.

    L'abbé a également dénoncé les attaques perpétrées contre les chrétiens par des groupes juifs extrémistes, notamment le harcèlement, le vandalisme et la profanation, et a affirmé que ces incidents ne pouvaient plus être considérés comme isolés. Parallèlement, il a indiqué qu'il existait aussi des groupes juifs qui défendaient les communautés chrétiennes et dénonçaient ces exactions.

    Schnabel a conclu que, sans mesures concrètes, la disparition des chrétiens en Terre sainte serait inévitable. « Il n’y a pas d’Annonciation sans Nazareth, pas de Noël sans Bethléem, pas de Pâques sans Jérusalem », a-t-il déclaré, avertissant que sans communautés dynamiques, les lieux saints risquent de se réduire à des espaces dépourvus de vie chrétienne.

  • Quand Léon XIV reconnaît 49 nouveaux martyrs catholiques de la guerre civile espagnole

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    De Rafael Pinto Borges sur The European Conservative :

    Léon XIV reconnaît 49 nouveaux martyrs catholiques de la guerre civile espagnole

    Le moment choisi pour ces nouvelles reconnaissances suggère que Leo suit de près ce qui se passe en Espagne — et signale que ni les exactions anticatholiques du passé ni celles du présent ne seront ignorées.

    Derrière ce mur de romantisme de gauche se cachait une réalité bien plus amère. La République n'était pas une démocratie sans défense ravagée par les loups du fascisme ; c'était un régime brutal, contrôlé par les communistes, qui avait volé les élections législatives de 1936 à la droite et perpétré ce qui a été décrit comme « le plus grand bain de sang anticlérical que l'Europe ait jamais connu ». En effet, comme l'explique Mary Vincent dans * The Splintering of Spain: Cultural History and the Spanish Civil War, 1936-1939 *, « cette violence extraordinaire a coûté la vie à 4 184 prêtres et séminaristes, dont douze évêques, 2 365 moines et frères et 283 religieuses… Après à peine deux mois de guerre civile, 3 400 prêtres, moines et religieuses avaient été assassinés. »

    L'Église n'a jamais oublié les horreurs de la « Terreur rouge » en Espagne ni les montagnes d'ossements de chrétiens laissées par les communistes. Le processus de béatification des milliers de martyrs catholiques victimes de la persécution républicaine a débuté sous le pape Jean-Paul II en 1987. En décembre dernier, quelque 2 255 martyrs espagnols avaient été béatifiés. Environ 2 000 autres sont en cours d'examen et, espérons-le, en passe d'être béatifiés. 

    Mais la décision du pape Léon XIV de béatifier ces 49 derniers Espagnols intervient à un moment délicat dans les relations entre le gouvernement socialiste de Madrid et le Saint-Siège. En tant que Premier ministre, Pedro Sánchez s’est donné pour mission personnelle de purger la mémoire historique espagnole des Nacionales, la coalition de droite qui a renversé la République tyrannique et philocommuniste en 1939. En 2019, Sánchez a fait exhumer le corps de Francisco Franco Bahamonde, chef des Nacionales et vainqueur de 1939, de sa tombe dans l’imposante basilique du Valle de los Caídos, dans la Sierra de Guadarrama. 

    L'argument avancé à l'époque était que Franco lui-même n'avait pas péri pendant la guerre et que le monument – ​​conçu par le Généralissime comme un symbole de réconciliation nationale et abritant les dépouilles de quelque 34 000 victimes du conflit – ne devait accueillir que les corps des victimes directes de la guerre. Bien entendu, il s'agissait d'un prétexte fallacieux : en 2023, Sánchez a fait retirer de la même manière le corps de José António Primo de Rivera du site. Primo de Rivera, chef de la Phalange espagnole des JONS (Famille espagnole des soldats), mouvement d'extrême droite, a été assassiné par les Républicains le 20 novembre 1936. Il était, incontestablement, une victime de la guerre.

    Mais Sánchez n’en a pas encore fini avec sa mesquine vengeance. Il en veut toujours plus. Depuis quelques années, il se consacre à la « redéfinition » de la Vallée des morts en un grand monument à l’antifascisme. Il a fait changer son nom en Vallée de Cuelgamuros et a fait tout ce qui était en son pouvoir pour expulser les moines qui occupent encore une abbaye bénédictine sur le site. Les projets du gouvernement visant à transformer la Vallée entraîneraient la destruction d’une partie importante de celle-ci, y compris de magnifiques œuvres d’art.

    La seule raison pour laquelle les plans de Sánchez visant à s’emparer de l’abbaye n’ont pas encore abouti est le courage admirable de l’Église espagnole, qui s’est jusqu’à présent battue bec et ongles contre les intentions du gouvernement de « désacraliser » la Vallée. Malgré ce courage, il est désormais clair que Sánchez est un cynique au cœur de tyran ; rien ne l’arrêtera pour satisfaire ses désirs. C’est pourquoi l’ONG conservatrice Hazte Oir, qui a qualifié les projets de Sánchez pour le site de « terrifiants », supplie le pape d’intervenir directement pour défendre l’abbaye, ses moines et la Vallée elle-même, consciente que seul le pouvoir de la papauté peut véritablement arrêter Sánchez.

    Il reste à voir si Rome, en fin de compte, soutiendra les moines martyrs de la Vallée. Sánchez lui-même semble croire que le pape se battra. En 2023, Mgr Erik Varden, considéré comme proche de Léon XIV, s'est rendu à l'abbaye. Par ailleurs, le gouvernement a fixé la visite papale de juin comme date butoir pour présenter officiellement ses plans de désacralisation et de transformation de la Vallée, cherchant manifestement à mettre Léon XIV devant le fait accompli. Le calendrier de ces nouvelles reconnaissances de martyre suggère que Léon XIV suit de près la situation en Espagne et indique clairement qu'il ne passera sous silence ni les abus anti-catholiques du passé ni ceux du présent.

    Rafael Pinto Borges est le fondateur et président de Nova Portugalidade, un think tank conservateur et patriotique basé à Lisbonne. Politologue et historien, il a collaboré à de nombreuses publications nationales et internationales. Vous pouvez le retrouver sur X sous le pseudo @rpintoborges.
  • Le pape Léon XIV souligne la « fraternité universelle » et le « respect véritable de tous les hommes et de toutes les femmes » dans les relations avec le monde musulman

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    Du Père Raymond J. de Souza sur le National Catholic Register :

    Le pape Léon XIV souligne l'héritage de fraternité avec le monde musulman

    COMMENTAIRE : Revenant sur l’héritage du pape François, le pape Léon XIV souligne la « fraternité universelle » et le « respect véritable de tous les hommes et de toutes les femmes » dans les relations avec le monde musulman.

    Le pape Léon XIV pose avec le recteur Mohamed Mamoun Al Qasimi à la Grande Mosquée d'Alger le 13 avril.
    Le pape Léon XIV pose avec le recteur Mohamed Mamoun Al Qasimi à la Grande Mosquée d'Alger le 13 avril. (photo : Vatican Media)

    Lors de son audience générale cette semaine, évoquant son récent voyage dans quatre pays africains, le pape Léon XIV a commencé par l'Algérie, berceau de lieux associés à saint Augustin, qu'il a qualifiée de « racines de son identité spirituelle ». Il y a parlé de « franchir et de consolider des ponts essentiels pour le monde et l'Église aujourd'hui : le pont avec l'époque féconde des Pères de l'Église ; le pont avec le monde islamique ; et le pont avec le continent africain. »

    Ce « pont » vers le monde islamique – l’Algérie étant un pays à majorité musulmane – mérite d’être souligné. La violence islamiste contre les chrétiens constitue un problème urgent dans certaines régions d’Afrique, notamment au Nigéria, l’État africain le plus peuplé.

    L’éventualité d’un rapprochement avec le monde islamique transparaissait également dans les propos du Saint-Père lors du premier anniversaire de la mort du pape François, survenue pendant son pèlerinage en Afrique. De fait, cette dimension du dialogue entre catholiques et musulmans constitue un aspect important du pontificat de François qu’il convient de ne pas oublier.

    Le voyage du pape Léon XIV en Afrique marquait un retour aux voyages papaux des années 1980 et 1990, lorsque saint Jean-Paul II effectuait régulièrement de longs séjours dans plusieurs pays. Son dernier voyage de ce type fut une visite de onze jours en Amérique du Nord en 2002 pour les Journées Mondiales de la Jeunesse à Toronto, au Canada, suivie de la canonisation de Juan Diego de Guadalupe à Mexico. Mais la fin de ces voyages épiques était déjà admise, plusieurs jours de repos papal près de Toronto étant nécessaires avant les JMJ.

    Depuis, sous les pontificats de Benoît XVI et de François, les voyages papaux ont été plus courts, généralement de quelques jours, et comportent moins d'étapes ; François, en 2014, s'est rendu à Strasbourg pendant quatre heures ! Mais Léon a 70 ans — un pape n'a pas été aussi jeune depuis 36 ans — et il est en pleine forme.

    L'année 2024, dernière année du pontificat du pape François, a fait exception à la règle des voyages papaux plus courts. Il a entrepris le plus long voyage de son mandat, un périple de douze jours à travers l'Indonésie, le Timor oriental, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et Singapour. Initialement prévu pour 2020, dans la foulée de sa visite à Abou Dhabi en 2019, ce voyage avait été reporté en raison de la pandémie. François était déterminé à le mener à bien, même si cela impliquait de traverser le monde en fauteuil roulant.

    L'islam au XXIe siècle

    Le principal enjeu interreligieux du pontife polonais Jean-Paul II concernait ses relations avec les Juifs, qu'il considérait non pas comme « inter »religieuses, mais comme relevant d'une même famille de foi. Trois moments marquants ont jalonné ces relations : l'homélie à Auschwitz en 1979, la visite à la synagogue de Rome en 1986 et le pèlerinage en Israël en 2000.

    Concernant les relations avec l'islam, en 2001, il est devenu le premier pape à entrer dans une mosquée, visitant la Grande Mosquée de Damas lors de son voyage en Syrie, quelques mois seulement avant le 11 septembre. Cependant, l'islam n'était pas un sujet dominant pour Jean-Paul II.

    À l'occasion du cinquième anniversaire des attentats du 11 septembre, le pape Benoît XVI a abordé de front la question islamique, devenue d'une actualité brûlante, lors de son discours de Ratisbonne. Il y a dénoncé le caractère déraisonnable de la propagation de la foi par la violence et a évoqué les limites de la raison dans les contextes catholique, protestant et islamique. Ses propos à Ratisbonne sur le rôle historique de la violence dans l'islam ont suscité une vive polémique, donnant lieu notamment à des manifestations violentes. Certains martyrs tués par des extrémistes islamistes après ce discours, dont sœur Leonella Sgorbati, missionnaire italienne en Somalie, ont été béatifiés par le pape François en 2018.

    La perspicacité et le courage de Benoît XVI ont permis une véritable avancée dans les relations catholiques-islamiques. Henry Kissinger considérait cette déclaration comme la plus importante sur l'islam après le 11 septembre, et elle fut si bien accueillie par les dirigeants musulmans que le roi Abdallah d'Arabie saoudite effectua une visite historique à Benoît XVI au Vatican en 2007.

    Les mutations islamiques en Orient

    Le pape François a été témoin de deux changements historiques au sein de l'islam mondial. L'évolution de l'Arabie saoudite, sous l'impulsion des réformes du prince héritier Mohammed ben Salmane, a été particulièrement remarquée. La famille royale saoudienne a en effet modéré son fondamentalisme islamique, tant au niveau national que dans son soutien au djihad à l'étranger. Cette nouvelle Arabie saoudite autorise les femmes à conduire, accueille des compétitions de catch professionnel (avec des catcheuses vêtues de manière plus pudique) et a été la première destination du président Donald Trump lors de ses deux mandats.

    L'autre changement, plus significatif encore, est l'essor de Nahdlatul Ulama (NU) en Indonésie. Il s'agit de la plus grande organisation musulmane au monde, avec quelque 100 millions de membres, dans le pays à majorité musulmane le plus peuplé. L'islam indonésien, sous l'égide de NU, a puisé dans ses propres ressources théologiques pour promouvoir une image moins agressive et plus fraternelle. Il a notamment défendu l'idée que la « citoyenneté », ouverte à tous, devrait constituer l'identité civique fondamentale, plutôt que de distinguer les musulmans des « infidèles ».

    Lors du sommet du G20 organisé par l'Indonésie en 2022, NU – dont le dirigeant prône une approche inspirante des textes du concile Vatican II – a saisi l'occasion pour convoquer un sommet « R20 » réunissant des chefs religieux du monde entier. Parmi les orateurs principaux et fervents soutiens figurait la professeure Mary Ann Glendon, ancienne ambassadrice des États-Unis près le Saint-Siège, qui considérait les travaux du R20 et de NU comme une avancée majeure pour approfondir les fondements religieux de la Déclaration universelle des droits de l'homme.

    Pape François, Fraternité et Islam

    C’est pour cette raison que le pape François a tant insisté sur la fraternité avec les musulmans durant son pontificat. À bord de l’avion papal, lors du premier anniversaire de la mort de son prédécesseur, le pape Léon XIV a choisi de rappeler que la fraternité était l’héritage fondamental du pape François.

    « On peut se souvenir de beaucoup de choses [à propos du pape François] », a déclaré Léon XIV . « Par exemple, la fraternité universelle ; la volonté de promouvoir un respect authentique pour tous les hommes et toutes les femmes ; la promotion de cet esprit de fraternité, d’être frères et sœurs les uns pour les autres, de chercher à vivre le message de l’Évangile tout en reconnaissant cet esprit de fraternité entre tous. »

    Le point culminant de cette initiative fraternelle a été la signature à Abou Dhabi, en février 2019, du Document sur la Fraternité Humaine par le pape François et le grand imam d'Al-Azhar au Caire, Ahmed Al-Tayeb.

    En raison de certaines imprécisions dans la formulation théologique, le document a suscité des remous dans le monde catholique, nécessitant une clarification : c’est la « volonté permissive » de Dieu qui autorise le pluralisme religieux dans l’histoire, et non son intention originelle.

    L'important n'était cependant pas tant que le Pape ait signé la déclaration, mais plutôt que le Grand Imam l'ait fait, étant donné que lui et Al-Azhar n'ont pas toujours, pour le dire avec délicatesse, entretenu des relations fraternelles entre chrétiens et juifs. La signature du Grand Imam constituait un événement marquant. Il s'agissait d'une tentative louable du Saint-Siège de dialoguer avec la plus haute autorité savante de l'islam et de promouvoir les évolutions prometteuses au sein du monde musulman.

    Les déclarations de fraternité demeurent une réponse nécessaire, mais non suffisante à elles seules, face aux actes de violence antichrétiens les plus brutaux. On peut citer, parmi les exemples les plus tragiques, le massacre du dimanche de Pâques au Sri Lanka en 2019 et le massacre de 21 chrétiens coptes sur une plage libyenne en 2015.

    Ces derniers martyrs, bien que non catholiques, ont été ajoutés au Martyrologe romain, le livre liturgique des saints, par le pape François en 2023 – une décision théologiquement imprécise, certes, mais cette fois-ci généralement bien accueillie. Leurs reliques ont été vénérées dans la basilique Saint-Pierre quelques mois seulement avant le voyage de François en Indonésie.

    Lors de son séjour en Algérie, le pape Léon XIV a souligné que la fête des martyrs d'Algérie — assassinés entre 1994 et 1996 et béatifiés par le pape François en 2018 — est le 8 mai, jour de son élection comme pape en 2025.

    L’esprit de la déclaration d’Abu Dhabi s’est concrétisé par la construction de la Maison de la Famille abrahamique dans cet émirat, un complexe remarquable abritant une église, une mosquée et une synagogue.

    Le pluralisme dans l'histoire

    Les initiatives fraternelles islamiques du pape François — mises en avant par le pape Léon XIV — ont rencontré une certaine résistance, y compris de la part de ceux qui n'avaient pas soutenu les initiatives juives de Jean-Paul II, craignant que la singularité de la foi catholique ne soit compromise. Cette interprétation était excessivement pessimiste, étant donné que François a débuté son pontificat en prêchant que « lorsque nous ne professons pas Jésus-Christ, nous professons la mondanité du diable, une mondanité démoniaque ».

    Dans le même esprit que le professeur Glendon en Indonésie, le regretté père Richard John Neuhaus aimait à dire que « le pluralisme est inscrit dans le scénario de l'histoire ».

    « L’Église n’est pas intimidée par le pluralisme, car le pluralisme est la conséquence inévitable de la liberté, et l’Église est le premier défenseur de la liberté dans le monde », a-t-il écrit .

    En évaluant l'héritage du pape François, Léon XIV a eu raison de mettre l'accent sur la fraternité. C'était le thème de sa dernière encyclique et de ce long voyage final en Indonésie où, malgré le fléau de la violence, il a cherché un visage de l'islam porteur d'un sourire fraternel.

  • « Magnifica humanitas », la première encyclique du pape Léon XIV est attendue à la mi-mai

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    De kath.net/news :

    La première encyclique du pape Léon XIV est attendue à la mi-mai.

    3 mai 2026

    L'encyclique, intitulée provisoirement « Magnifica humanitas », est prévue pour le 15 mai.

    Cité du Vatican (kath.net/KAP) Selon les informations disponibles, l'encyclique abordera des sujets tels que l'intelligence artificielle, la paix, la crise du droit international et d'autres menaces actuelles pour l'humanité. Le Vatican affirme que la date du 15 mai souligne l'importance historique d'une encyclique sociale majeure. La première encyclique de ce type, intitulée « Rerum novarum », a été publiée par Léon XIII le 15 mai 1891.

    C’est à cette époque que l’Église catholique s’est penchée pour la première fois de manière systématique sur la révolution industrielle du XIXe siècle et ses conséquences sur la société et la morale. Ce n’est qu’après cela qu’elle a élaboré sa « doctrine sociale », devenue depuis une branche importante de la théologie moderne.

    Quarante ans plus tard, le 15 mai 1931, le pape Pie XI signa l'encyclique « Quadragesimo anno ». Sous l'influence du jésuite allemand Oswald von Nell-Breuning, la doctrine sociale y fut approfondie et le principe de subsidiarité développé. L'encyclique proclamait en outre l'incompatibilité de la doctrine chrétienne et du socialisme, ce dernier ne respectant pas suffisamment la propriété et la personne humaine. 

    Trente ans plus tard, Jean XXIII signa également son encyclique sociale « Mater et magistra » le 15 mai. En 1961, il défendit notamment la cogestion dans les entreprises. 

    L’encyclique sociale de Jean-Paul II de 1991, « Centesimus annus », a été signée le 1er mai, rompant avec la tradition et soulignant ainsi les liens étroits du pape polonais avec le mouvement ouvrier. Cette encyclique abordait les conséquences de la chute du communisme en Europe et présentait l’analyse la plus claire à ce jour de l’économie de marché comme système générateur de prospérité. 

    L’encyclique sociale très attendue de Léon XIV aurait été rédigée sous le titre provisoire de « Magnifica humanitas ». Sa signature, le 15 mai, s’inscrirait dans la tradition des grandes encycliques papales des XIXe et XXe siècles. 

    Exactement une semaine auparavant, le pape célébrera le premier anniversaire de son élection, le 8 mai 2025. À cette occasion, il se rendra au sanctuaire Notre-Dame du Rosaire à Pompéi. La « Prière à Notre-Dame de Pompéi », populaire en Italie, est observée chaque année le 8 mai depuis la fin du XIXe siècle.

  • Qui pour succéder à Monseigneur Jean-Pierre Delville comme évêque de Liège ? (corrigé et mis à jour)

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    À l’heure actuelle (début mai 2026), aucun successeur n’a encore été nommé pour Mgr Jean-Pierre Delville comme évêque de Liège.

    Mgr Delville, né le 29 avril 1951, a fêté ses 75 ans le 29 avril 2026 et a remis sa lettre de renonciation au pape Léon XIV, comme le prévoit le droit canonique (canon 401 §1). Il reste toutefois en fonction jusqu’à la nomination de son successeur. Quand le nom de son successeur sera publié, Mgr Delville deviendra administrateur apostolique jusqu'à l'ordination et l"installation de son successeur.

    Le processus de nomination

    La procédure est standard :

    • Le nonce apostolique en Belgique, Mgr Franco Coppola, mène de larges consultations auprès des prêtres, des laïcs, du conseil épiscopal et d’autres instances du diocèse.
    • Il transmet ensuite une terna (liste de trois noms) à Rome.
    • Le pape Léon XIV choisit librement parmi ces noms (ou parfois en dehors).

    Ce processus peut prendre plusieurs mois, souvent entre 6 et 18-24 mois selon les diocèses belges récents. Mgr Delville lui-même estimait en mars 2026 que cela pourrait durer « probablement une petite année ».

    Quels profils possibles ?

    Aucune spéculation concrète ou nom n’est avancé publiquement dans la presse pour le moment. Les médias soulignent qu’il est « trop tôt » pour des pronostics fiables.

    Mgr Delville a exprimé un souhait personnel : il espère un évêque « liégeois » ou ayant un fort ancrage local, avec de bonnes « connexions avec la société liégeoise ». Il estime important que l’évêque connaisse bien le terrain et les réalités locales. Cependant, il reconnaît que le pape peut très bien choisir un profil différent : plus jeune, avec une expérience missionnaire marquée, ou même venant d’un autre diocèse, comme on l’a vu récemment à Namur et Tournai.

    Son épiscopat est souvent qualifié de « progressiste » (place importante donnée aux laïcs et aux femmes dans les instances diocésaines, communication ouverte, gestion des défis structurels et financiers, etc.). Son successeur pourrait donc être choisi pour poursuivre ou rééquilibrer cette ligne, selon les priorités du pape Léon XIV pour la Belgique. Signalons toutefois qu'à plusieurs reprises, Mgr Delville a célébré la messe selon le rite tridentin lors de la Fête-Dieu en l'église du Saint-Sacrement où ses prédications ont à chaque fois été très appréciées (voir ICI, ICI, ICI, ICI ...). On l'a également écouté avec beaucoup d'intérêt lors d'une conférence sur le christianisme médiéval. En effet, Mgr Delville est aussi un brillant historien (il est docteur en histoire) et même un excellent organiste.

    En résumé

    • Pas de nom connu à ce jour (1er mai 2026).
    • Le diocèse continue de fonctionner normalement sous la responsabilité de Mgr Delville.
    • La nomination dépendra des consultations du nonce et de la décision finale du pape.
  • Scènes de christanophobie en Israël: une religieuse française agressée, crachats et gestes obscènes devant la cathédrale Saint-Jacques

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    Source

    Scènes de christanophobie en Israël: nonne française agressée, crachats et gestes obscènes devant la cathédrale Saint-Jacques

    La vidéo ci-dessous de la police israélienne montrant un homme de 36 ans agressant par-derrière une nonne française de 48 ans à Jérusalem, près du tombeau de David sur le mont Sion, en la projetant au sol et en la frappant.

    La victime, chercheuse à l’École biblique et archéologique française, a subi des contusions au visage ; un passant est intervenu et le suspect a été arrêté le jour même pour agression, avec examen d’un possible mobile nationaliste.

    La France a condamné l’acte, dans un contexte de signalements répétés d’incidents antichrétiens par des extrémistes juifs dans la Vieille Ville.

    Dans un autre vidéo, un homme est filmé crachant devant la cathédrale Saint-Jacques dans la Vieille Ville, tout en faisant un doigt d’honneur en forme de croix, suite à l’agression d’une religieuse française la veille.

  • L'intention de prière du pape Léon XIV pour le mois de mai : « Que chacun ait de quoi se nourrir »

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    De Courtney Mares sur OSV News :

    L'intention de prière du pape Léon XIV pour le mois de mai : « Que chacun ait de quoi se nourrir ».

    ROME (OSV News) — Le pape Léon XIV a consacré son intention de prière pour le mois de mai à l'un des défis les plus persistants de l'humanité : la faim.

    Dans un message vidéo diffusé le 30 avril par le Réseau mondial de prière du pape , ce dernier a appelé les catholiques du monde entier à s'attaquer au problème de l'insécurité alimentaire par la prière et par des actions concrètes.

    Des millions de personnes « souffrent de la faim »

    « Aujourd’hui, nous constatons avec tristesse que des millions de frères et sœurs continuent de souffrir de la faim, tandis que tant de biens sont gaspillés sur nos tables », a déclaré le pape dans la vidéo, enregistrée à l’intérieur de l’église San Pellegrino, au Vatican.

    D'après les Perspectives mondiales 2026 du Programme alimentaire mondial, au moins 318 millions de personnes devraient être confrontées à une crise alimentaire, voire à une situation pire, cette année. Le conflit en cours au Moyen-Orient pourrait plonger 45 millions de personnes supplémentaires dans une situation de famine extrême d'ici le milieu de l'année. En 2025, deux famines ont été recensées dans certaines régions de Gaza et du Soudan.

    Dans le même temps, le Programme des Nations Unies pour l'environnement signale que plus d'un milliard de tonnes de nourriture sont gaspillées chaque année dans le monde, un contraste que le pape a abordé directement dans son message.

    Appel à une transition vers une « culture de solidarité »

    Le pape Léon XIV a appelé à un changement de paradigme, passant de ce qu'il a décrit comme « la logique de la consommation égoïste » à « une culture de solidarité », exhortant les communautés catholiques à prendre des mesures concrètes telles que la création de banques alimentaires, des campagnes de sensibilisation et l'adoption de modes de vie plus simples et plus responsables.

    « Puisse nos communautés promouvoir des gestes concrets », a déclaré le pape, ajoutant que les croyants devraient aborder chaque repas avec gratitude, consommer simplement et « partager avec joie », sachant que les fruits de la terre sont « destinés à tous, et non à quelques-uns seulement ».

    Le Réseau mondial de prière du Pape, également connu sous le nom d'Apostolat de la prière, publie chaque mois une intention de prière du pape dans le cadre de sa mission d'unir les catholiques dans la prière pour les préoccupations mondiales de l'Église.

    Une préoccupation profondément personnelle pour le pape

    Le père Cristóbal Fones, directeur du Réseau mondial de prière du pape, a déclaré que cette intention relevait d'une préoccupation profondément personnelle pour le pape.

    « Cette intention vient du cœur du pape. Il est profondément peiné de voir tant de personnes dans le monde privées d'un besoin aussi essentiel et humain que la nourriture », a déclaré le père Fones. « C'est pourquoi il appelle chacun à ne pas rester indifférent, mais à agir concrètement, d'abord par la prière, puis par des gestes de solidarité. »

    Courtney Mares est rédactrice pour OSV News, en charge du Vatican. Suivez-la sur X @catholicourtney .

  • Nigéria : un attentat djihadiste a fait au moins 29 morts, ravivant les inquiétudes concernant la persécution des chrétiens

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    D'InfoVaticana :

    Au Nigéria, un attentat djihadiste a fait au moins 29 morts, ravivant les inquiétudes concernant la persécution des chrétiens.

    Au Nigéria, un attentat djihadiste a fait au moins 29 morts, ravivant les inquiétudes concernant la persécution des chrétiens.

    Au moins 29 personnes ont été tuées dans une attaque perpétrée par des combattants liés à l'État islamique dans le nord-est du Nigéria. Ce nouvel épisode de violence témoigne de l'insécurité persistante qui règne dans le pays et de la vulnérabilité de la population civile, notamment dans les zones abritant des communautés chrétiennes. Selon Tribune Chrétienne , l'attaque a eu lieu dans la nuit du 27 avril dans le village de Guyaku, dans l'État d'Adamawa.

    Des hommes armés ont pris d'assaut la ville et ont ouvert le feu sans discernement sur les habitants, faisant de nombreuses victimes. L'attaque a ensuite été revendiquée dans un message publié sur Telegram, mais l'identité du groupe impliqué n'a pas été confirmée. L'État islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP), ainsi que d'autres groupes armés, opère avec une intensité particulière dans cette région.

    Violences profondément enracinées dans le nord du pays

    Ce qui s'est passé à Guyaku n'est pas un incident isolé. Cela s'inscrit dans une série d'attaques qui persistent depuis plus de vingt ans dans le nord du Nigeria, où la présence de groupes djihadistes, de bandes armées et de conflits locaux a engendré une situation d'instabilité chronique.

    Le gouverneur de l'État d'Adamawa, Ahmadu Umaru Fintiri, s'est rendu sur place après le massacre et a condamné l'attaque, annonçant des mesures pour renforcer la sécurité. Cependant, ces réponses institutionnelles n'ont pas permis d'enrayer la répétition des attaques contre la population civile.

    Les enlèvements et les agressions contre les mineurs constituent une menace croissante.

    L'insécurité s'étend également à d'autres régions du pays. Le même jour, dans l'État de Kogi, au centre du Nigeria, un groupe armé a attaqué un orphelinat et enlevé 23 enfants. Quinze ont été secourus par la suite, tandis que huit sont toujours portés disparus.

    Bien qu'aucune revendication n'ait été faite dans cette affaire, les enlèvements d'étudiants et d'enfants se sont multipliés ces dernières années, devenant l'une des principales formes de violence dans le pays, pour des raisons à la fois économiques et stratégiques.

    Les attaques persistent malgré les opérations militaires

    Le gouvernement nigérian affirme mener des opérations contre les groupes armés avec le soutien international, notamment grâce aux conseils des États-Unis. Cependant, la persistance d'attaques comme celle de Guyaku remet en question l'efficacité de ces efforts.

    Dans ce contexte, les communautés chrétiennes restent parmi les plus touchées, dans un scénario où la violence persiste et où de vastes régions du pays demeurent hors du contrôle effectif de l'État.

  • Pourquoi Léon XIV refuse de rencontrer la FSSPX; serait-ce un acte de charité pastorale ?

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    D'Éd. Condon sur le Pillar :

    Pourquoi Léon XIV refuse de rencontrer la FSSPX

    Il s'agit très probablement d'un acte de charité pastorale.

    Depuis des mois, la direction de la Fraternité Saint-Pie-X insiste sur le maintien des consécrations, actuellement prévues pour juillet. En février, le père Davide Pagliarani, supérieur général de la Fraternité Saint-Pie-X, a déclaré que la décision de consacrer de nouveaux évêques avait été prise après sa demande d'audience auprès du pape Léon XIV en août 2025, restée sans réponse , et après avoir récemment reçu une lettre du Vatican « qui ne répond en rien à nos demandes ».

    Pagliarani a déclaré que la consécration de nouveaux évêques est essentielle pour assurer l'avenir de la Fraternité Saint-Pie X, lui permettant ainsi de disposer des moyens sacramentels nécessaires à l'ordination des prêtres. Il a également affirmé que l'œuvre de la Fraternité est essentielle en elle-même car, selon lui, « dans une paroisse ordinaire, les fidèles ne trouvent plus les moyens nécessaires à leur salut éternel ».

    Dans le même temps, la FSSPX a insisté sur le fait que tout dialogue avec le Vatican devait inclure les questions de doctrine et d'ecclésiologie sur lesquelles la société est « en désaccord » avec l'Église, « en particulier concernant les orientations fondamentales adoptées depuis le concile Vatican II » — ce que le Saint-Siège a déclaré ne pas pouvoir accepter.

    Tout au long de ce processus, les dirigeants de la société ont semblé adopter un ton de personnes lésées cherchant un compromis, tout en insistant sur le fait que leurs consécrations illicites se poursuivront sans mandat papal.

    Dimanche dernier, l'évêque de la société, Bernard Fellay, a semblé avertir les partisans du groupe qu'« il existe une énorme probabilité que vous tous, nous y compris, soyez excommuniés, déclarés schismatiques » par le Vatican si les consécrations se déroulent comme prévu.

    Bien que Fellay ait affirmé qu’« il y a une très forte probabilité » que tous — évêques, prêtres et laïcs — affiliés à la FSSPX soient canoniquement excommuniés « parce qu’ils [le Vatican] l’ont déjà dit publiquement », le Vatican n’a fait aucune déclaration de ce genre, et cette affirmation n’est pas étayée par le droit canonique pertinent en la matière.

    Toutefois, la déclaration de l'évêque semble s'inscrire dans la stratégie de communication de la FSSPX, qui consiste à se présenter comme la victime d'un Vatican vindicatif et déraisonnable, refusant de satisfaire ses demandes prétendument modestes.

    Parmi ces « demandes », l’une des plus importantes a longtemps été une audience pour son supérieur auprès du pape Léon XIV. Et, à mesure que les consécrations prévues approchent, les proches de la FSSPX et ses sympathisants ont de plus en plus mis en avant le refus de Léon XIV de rencontrer Pagliarani comme preuve que Rome n’est pas intéressée par la réconciliation – et qu’elle pousse même la FSSPX à une rupture plus ouverte et plus formelle.

    Mais si cette interprétation peut servir un récit commode, la réalité est que le refus de Léon de rencontrer les dirigeants de la FSSPX est plus probablement un acte de charité envers ces dirigeants, et une volonté de repousser le plus longtemps possible une crise ultime.

    Depuis que la FSSPX a annoncé son intention de consacrer plusieurs évêques sans mandat papal, la Fraternité internationale pour le Pacte de Paris (FSSPX) a martelé publiquement qu'elle le ferait à contrecœur, par une nécessité regrettable qui lui serait imposée par le Vatican.

    Selon la Fraternité Saint-Pie-X, Léon XIV a refusé toutes les demandes de bonne foi de les rencontrer, de les écouter et de comprendre leurs préoccupations. S'il acceptait, suggèrent-ils, la Fraternité pourrait être pleinement reconnue par le Vatican et réintégrée au sein de l'Église catholique.

    Le problème de cette approche — et même de la conception du dialogue de la FSSPX — est qu'elle tente de présenter la société à la fois comme une véritable expression et un membre de la communion catholique sous l'autorité du pape et, en même temps, lorsque cela s'avère nécessaire, autonome et une sorte d'interprète légitime de la doctrine en dehors du Saint-Siège.

    Suite aux rencontres avec le cardinal Fernandez au Dicastère pour la Doctrine de la Foi en février — discussions dont le Saint-Siège espérait qu'elles pourraient persuader la FSSPX de suspendre ses projets de consécrations illicites —, la direction de la Fraternité a de fait mis fin à toute perspective de négociations.

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