Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Actualité

  • Entre les mains du Pape : le « remède marial » à la débacle actuelle

    IMPRIMER

    De Luisella Scrosati sur la NBQ :

    Entre les mains du Pape, le « remède marial » aux maux du monde

    Depuis des décennies, on invoque la paix, mais les guerres se multiplient et, au sein de l'Église, la situation n'est pas meilleure. La voix des simples demande au Saint-Père un acte solennel capable de dissiper les ténèbres et de « déchaîner » la grâce : proclamer Marie mère spirituelle de tous les hommes, corédemptrice, médiatrice et avocate.

    22/08/2026

    « Peut-être que l’Abanà et le Parpar, les fleuves de Damas, ne valent-ils pas mieux que toutes les eaux d’Israël ? Ne pourrais-je pas m’y baigner pour être guéri ? » (2 Rois 5, 12). La réaction du chef de l’armée du roi d’Aram, Naaman, illustre parfaitement la manière dont l’homme se comporte face aux problèmes qui l’affligent. On s’observe et on se rend compte qu’on est atteint de la lèpre ; on cherche de l’aide auprès des hommes, mais en vain. Puis, la voix humble d’une femme étrangère nous indique le remède et, dans notre désespoir, on espère toujours qu’un miracle puisse se produire. Mais lorsque l’homme de Dieu nous demande ensuite de faire quelque chose de simple, nous commençons à avancer nos propres raisonnements : si je devais me plonger dans les eaux d’un fleuve pour guérir, pourquoi pas dans celles que je considère comme les meilleures ? Aux yeux de Naaman, les eaux de l’Abanà et du Parpar semblaient plus salubres et plus abondantes que celles du Jourdain : quel genre d’homme de Dieu est-ce donc qui ne s’en rend pas compte ? Ce n’est sans doute qu’un bigot et un simple d’esprit, qui n’est jamais sorti de son pays et ignore qu’il existe des eaux bien meilleures en dehors de la terre d’Israël.

    Depuis des décennies, on ne cesse de parler de paix, et depuis des décennies, la guerre fait rage aux quatre coins du monde, augmentant sans cesse son potentiel d’anéantissement total de la planète. Depuis des décennies, on entonne des hymnes à la liberté, et depuis des décennies, la vie de l’homme, tant personnelle que sociale, est de plus en plus contrôlée et manipulée. Depuis des décennies, les institutions éducatives (ou prétendues telles) élaborent des projets « scientifiques » pour l’éducation des jeunes générations, et depuis des décennies, l’effronterie, l’impolitesse et la violence se développent de manière démesurée et sont désormais hors de contrôle. Depuis des décennies, la science nous assure avoir trouvé le remède définitif contre le cancer, le diabète, l’hypertension et l’oignon, et depuis des décennies, les maladies chroniques dégénératives se multiplient dans l’ensemble de la population.

    Si nous regardons à l’intérieur des murs de notre Église bien-aimée, la situation n’est pas meilleure. Des années et des années de nouvelle évangélisation, de pastorale des jeunes, de pastorale familiale, de pastorale des migrants, de pastorale de la pastorale, de « marcher ensemble », d’inclusion ; des bureaux par-ci, des colloques par-là, des réunions, des congrès, des synodes, de la formation permanente et Dieu seul sait quoi d’autre encore. Et des années et des années de baisse constante des vocations sacerdotales et religieuses, de couvents vendus, d’églises fermées, d’effondrement des mariages, d’avancée continue de la sécularisation, de nouveaux mouvements religieux ; partout des hérésies, partout des schismes, partout la charité se refroidit.

    Face à ce spectacle, l’idée que la guérison puisse venir de quelque chose d’aussi simple que de s’immerger dans les eaux du Jourdain suscite l’indignation, la protestation et quelques sourires plus ou moins compatissants. Mieux vaut les eaux connues de l’Abanà et du Parpar, de nos projets et de nos initiatives, éprouvées et soutenues par la diplomatie, la culture et la science, même si elles se sont révélées être des eaux stériles, incapables de donner et de rendre la vie et le salut.
    Mais alors, la voix des simples rappelle qu’il y a un prophète en Samarie, et qu’en faisant simplement ce que le prophète ordonne, le salut est encore possible. Va vers le prophète, écoute sa voix qui te dit de te baigner sept fois dans le Jourdain. Et face à l’objection trop humaine « pourquoi le Jourdain ? Pourquoi pas les fleuves de chez nous ? », souviens-toi que l’Arche de l’Alliance, la demeure du Très-Haut, est entrée dans les eaux du Jourdain (cf. Jos 3, 14-17).

    Depuis des décennies, on assiste non seulement à une décadence, sous les yeux de tous, mais aussi à la voix de nombreux humbles du Seigneur qui ont demandé et continuent de demander au Pape de plonger l’Église et le monde dans les eaux du Jourdain, afin que disparaisse cette terrible lèpre qui défigure et ronge leurs chairs : qu’il proclame depuis sa chaire le dogme de Marie, mère spirituelle de tous les hommes, corédemptrice, médiatrice et avocate. Des années d’initiatives, des millions de pétitions adressées au Saint-Siège pour qu’il reconnaisse publiquement et solennellement que Dieu a voulu et veut nous sauver « par la main d’une femme » (Jdt 13, 15), cette femme qui est notre véritable mère, car nous sommes membres du corps du Fils divin.

    Dieu veut que son peuple, son Église, la reconnaissent comme véritable mère dans le plan du salut des hommes : il veut qu’ils reconnaissent l’accouchement douloureux par lequel elle nous a engendrés, en s’associant au Christ en tant que corédemptrice ; il veut qu’ils la reconnaissent comme nourricière des hommes, leur dispensant à tous et à chacun les grâces du salut ; il veut qu’ils la reconnaissent comme leur tutrice, toujours prête à protéger ses enfants et à intercéder en leur faveur. Il veut non seulement qu’ils la reconnaissent comme mère, mais aussi qu’ils fassent l’expérience qu’elle est la femme prévue depuis l’éternité pour que, unie à son Fils, elle écrase la tête de l’ancien serpent, abatte pour toujours ses deux « créatures » infernales – la bête qui monte de la mer et la bête qui monte de la terre (cf. Ap 13, 1.11) –, qui entraînent tous les hommes dans l’erreur, le vice et les ténèbres.

    Le Saint-Père a une responsabilité immense et solennelle envers l’humanité tout entière : il peut ouvrir les portes du Ciel, en proclamant Marie véritable mère de tous les hommes dans l’ordre de la grâce, et offrir ainsi au monde et à l’Église une ère de paix véritable et durable. Il a à ses côtés le peuple de Dieu, qui attend ce moment depuis des années ; il s’appuie sur une théologie désormais mûre pour expliquer en quoi consiste cette maternité, dans sa dimension corédemptrice et de médiation, et pour écarter tout malentendu éventuel ; il bénéficie de l’exemple et de l’intercession de nombreux saints, y compris le saint pontife Jean-Paul II, qui a tant contribué à faire mûrir la réflexion de l’Église à ce sujet.

    Mais si, d’une part, la pensée du grand bien qui pourra découler de cet acte solennel encourage, réconforte et donne de l’espoir au milieu de la grande tribulation que nous traversons, d’autre part, il n’est pas possible de cacher l’inquiétude, voire la consternation, qui envahit l’âme à l’idée que, une fois de plus, cette grande occasion de répondre au désir du Ciel de glorifier la Mère puisse être reportée. Une pensée qui n’est certainement pas lointaine à la lumière du triste et incompréhensible pas en arrière que le Dicastère pour la Doctrine de la Foi a fait avec la Note doctrinale *Mater populi fidelis*.

    Notre prière pour le Saint-Père doit être de plus en plus insistante, afin qu’il ait l’humilité, la lumière et le courage d’accomplir le grand acte qui dissipera les ténèbres obscures du mal, qui recouvrent désormais chaque recoin de la terre et du cœur de l’homme ; de plonger l’Église et le monde dans les eaux du Jourdain, en reconnaissant la puissance salvatrice de la nouvelle Arche de l’Alliance. Le monde attend ; chaque homme et chaque créature retiennent leur souffle, attendant de celui qui a reçu le pouvoir de lier et de délier qu’il ouvre les portes du Ciel.

  • Le Royaume-Uni interdit à la députée chrétienne finlandaise Päivi Räsänen d'entrer dans le pays

    IMPRIMER

    D'Edward Pentin sur le NCR :

    Le Royaume-Uni interdit à la députée chrétienne finlandaise Päivi Räsänen d'entrer dans le pays

    Son autorisation de voyage en Irlande du Nord a été révoquée suite à sa condamnation par la Cour suprême de Finlande pour avoir défendu ses convictions chrétiennes sur le mariage, la famille et l'homosexualité.

    Finland’s Top Court Split on Christian Politician’s Hate Speech Charges

    Päivi Räsänen témoigne au Capitole des États-Unis le 4 février 2026, à Washington. L'audition a mis en lumière l'impact potentiel des lois européennes sur la censure sur la liberté d'expression aux États-Unis.

     LONDRES — Une parlementaire chrétienne finlandaise s'est vue interdire l'entrée au Royaume-Uni suite à sa condamnation par la Cour suprême de Finlande pour avoir qualifié l'homosexualité de « déviation sexuelle » et d'« aberration ». 

    En juillet, le gouvernement britannique a informé Päivi Räsänen, une femme politique démocrate-chrétienne de longue date, que son autorisation de voyage électronique (ETA) avait été refusée, après l'avoir initialement approuvée en juin. 

    Räsänen devait se rendre en Irlande du Nord pour prendre la parole lors d'une conférence sur la liberté religieuse et la liberté d'expression mercredi et vendredi de cette semaine, mais elle devra désormais y participer virtuellement. 

    Son interdiction d'entrée en Irlande du Nord fait suite au refus du gouvernement britannique d'autoriser plusieurs autres personnalités de premier plan à se rendre dans le pays au cours de l'année écoulée, souvent en raison de ce qu'il considère comme des « discours de haine ». 

    Après l'annulation de son ETA, Räsänen a demandé un visa complet et a écrit personnellement au ministre de l'Intérieur britannique pour demander qu'il lui soit accordé avant la conférence, mais elle n'a reçu aucune réponse et on lui a dit de ne pas s'attendre à une réponse avant l'événement. 

    L'interdiction d'entrée de Räsänen au Royaume-Uni fait suite à sa condamnation par la Cour suprême de Finlande en mars 2026 pour avoir exprimé ses convictions chrétiennes sur le mariage et la sexualité humaine dans une brochure de 2004 intitulée Homme et Femme Il les créa : Les relations homosexuelles remettent en question le concept chrétien d'humanité.

    La Cour suprême a jugé que les passages qualifiant l'homosexualité d'« aberration du développement psychosexuel » et de « déviation sexuelle » étaient dénigrants envers les personnes homosexuelles en tant que groupe, en raison de leur orientation sexuelle. Les opinions exprimées dans le livre reflètent l'éthique sexuelle chrétienne, à savoir que le mariage unit un homme et une femme et que les relations sexuelles entre personnes de même sexe sont considérées comme un péché.

    Condamnation par le tribunal

    Le tribunal a condamné non seulement Räsänen, membre de l'Église évangélique luthérienne de Finlande, mais aussi l'évêque luthérien Juhana Pohjola, co-auteur de la brochure, et la Fondation Luther Finland, qui l'a publiée. Le tribunal les a tous condamnés à une amende et a ordonné le retrait des passages incriminés. Par ailleurs, Räsänen a été acquitté des accusations portées contre lui pour des commentaires publiés en 2019 sur les réseaux sociaux, dans lesquels il critiquait l'Église évangélique luthérienne de Finlande pour son parrainage de la Marche des fiertés d'Helsinki. 

    Räsänen, Pohjola et la Fondation Luther ont maintenant porté leurs affaires devant la Cour européenne des droits de l'homme, avec l'aide de l'organisation de défense juridique de la liberté d'expression Alliance Defending Freedom (ADF).

    « Il est choquant que le Royaume-Uni m’ait empêché, moi, un homme politique démocratiquement élu dans un État européen allié, d’entrer dans le pays », a déclaré Räsänen à ADF.

    « J’ai été condamnée pour “discours de haine” en Finlande pour avoir exprimé pacifiquement mes convictions chrétiennes », a-t-elle déclaré. « Il s’agit d’un cas flagrant de censure d’État, qui a suscité l’inquiétude des observateurs du monde entier, notamment du département d’État américain et de la Commission américaine sur la liberté religieuse. »

    Räsänen a ajouté : « Bien que cette condamnation injuste fasse actuellement l’objet d’un appel devant la Cour européenne des droits de l’homme, le Royaume-Uni m’a probablement refusé l’autorisation de voyager sur cette base. Ce faisant, le Royaume-Uni me punit pour avoir exercé mes droits fondamentaux. »

    En vertu de la loi britannique, le ministre de l'Intérieur peut interdire l' entrée sur le territoire britannique à un ressortissant étranger s'il estime que son admission « n'est pas dans l'intérêt public », c'est-à-dire qu'elle est indésirable car il représente une menace pour la société britannique. Cette politique est généralement réservée aux cas de sécurité nationale, tels que l'extrémisme ou les crimes graves, mais elle peut s'appliquer à des « comportements inacceptables » sous forme de discours, de publications, de prêches, de sites web ou d'une position d'influence qui « incitent à la haine » et pourraient engendrer des violences intercommunautaires au Royaume-Uni. 

    L’avocat de l’ADF, Lorcán Price, qui représente Räsänen, Pohjola et la Fondation Luther Finland lors de l’appel, a déclaré qu’« en substance », la parlementaire finlandaise s’était vu refuser l’entrée au Royaume-Uni « pour avoir exprimé pacifiquement ses convictions chrétiennes ». 

    « Il ne s’agit pas d’un incident isolé », a-t-il ajouté. « Le Royaume-Uni a bloqué, au cours de l’année écoulée, plusieurs personnalités et hommes politiques conservateurs de premier plan. » 

    Il faisait référence à des personnalités publiques comme Eva Vlaardingerbroek, à qui l'ETA a été refusée en janvier et qui a été invitée à demander un visa. Militante conservatrice néerlandaise ayant expliqué au Register en 2023 les raisons de sa conversion au catholicisme , Mme Vlaardingerbroek a été informée de cette interdiction quelques jours seulement après avoir accusé le Premier ministre britannique de l'époque, Keir Starmer, de tolérer « le viol et le meurtre continus de jeunes filles britanniques par des réseaux de migrants » et l'avoir critiqué pour avoir menacé de bloquer l'application X au nom de la « sécurité ».

    Dominik Tarczyński, député européen polonais conservateur partisan d'une politique de « zéro immigration clandestine », a également été interdit d'entrée au Royaume-Uni en mai . Il devait prendre la parole lors d'un rassemblement « Unite the Kingdom » à Londres, organisé par le nationaliste britannique Tommy Robinson. « Voilà à quoi ressemble le communisme au XXIe siècle », a-t-il déclaré en réaction à cette interdiction.

    Le gouvernement britannique a également annulé l'autorisation de voyage d'autres personnalités publiques qui devaient assister au rassemblement de Robinson, comme Filip Dewinter , parlementaire flamand conservateur, Joey Mannarino, commentateur américain conservateur, et Valentina Gómez, influenceuse MAGA d'origine chilienne. 

    « Témoin exceptionnel »

    En réaction à l'interdiction faite à Räsänen, le père Benedict Kiely, un prêtre britannique dont l'association caritative Nasarean.org soutient les chrétiens persécutés, a déclaré avoir « eu le privilège de rencontrer Päivi », qu'il a décrite comme « une femme de foi et un témoin exceptionnel sous la persécution de la gauche laïque ». 

    Il a déclaré au Register le 19 août : « L’action du gouvernement est scandaleuse. Il semble que seuls les chrétiens et les conservateurs soient indésirables en Grande-Bretagne. L’Église devrait dénoncer avec véhémence l’érosion de la liberté d’expression en Grande-Bretagne. Pour l’instant, elle reste étrangement silencieuse. »

    Le journal The Register a demandé à l'archevêque Richard Moth de Westminster et à la Conférence des évêques catholiques d'Angleterre et du Pays de Galles s'ils souhaitaient commenter l'interdiction d'entrée au Royaume-Uni imposée à Räsänen et à d'autres personnalités chrétiennes publiques. La Conférence des évêques a conseillé de contacter l'Église luthérienne du Royaume-Uni. Le bureau de l'archevêque Moth n'avait pas répondu avant la publication de cet article.  

    Dans son discours au corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège en janvier, le pape Léon XIV a mis en garde contre de telles restrictions à la liberté d'expression. « Il est douloureux de constater à quel point, notamment en Occident, l'espace de la véritable liberté d'expression se réduit rapidement », a-t-il déclaré. « Parallèlement, un nouveau langage, digne d'un roman d'Orwell, se développe et, dans sa volonté d'être toujours plus inclusif, finit par exclure ceux qui ne se conforment pas aux idéologies qui l'alimentent. »

    « Malheureusement », a-t-il ajouté, « cela entraîne d’autres conséquences qui finissent par restreindre les droits fondamentaux de la personne, à commencer par la liberté de conscience. »

  • Adieu au père Robert Goessens, pionnier de la mission catholique en Mongolie

    IMPRIMER

    Une dépêche de l'Agence Fides :

    ASIE/MONGOLIE - Adieu au père Robert Goessens, pionnier de la mission catholique en Mongolie

    20 août 2026
     

    Oulan-Bator (Agence Fides) – Le père Robert Goessens, missionnaire belge de la Congrégation du Cœur Immaculé de Marie (CICM), est décédé le 15 août au Japon, à l’âge de 97 ans. Figure clé des débuts de la présence catholique contemporaine en Mongolie, il avait fait partie, en juillet 1992, du premier groupe de trois missionnaires de la CICM arrivés à Oulan-Bator, dans un pays qui sortait alors de plusieurs décennies de régime communiste. Aux côtés du père Wenceslao Padilla, missionnaire philippin qui allait devenir le premier Préfet Apostolique d’Oulan-Bator, et du père Gilbert Sales, le père Goessens fut chargé de lancer la mission. Arrivés le 10 juillet 1992, à la veille de la fête nationale du Naadam, les trois religieux se sont retrouvés face à une tâche tout à fait nouvelle : apprendre la langue mongole, aller à la rencontre d’une population qui ne connaissait que peu ou pas du tout le catholicisme et jeter patiemment les bases d’une communauté ecclésiale.

    Avant de rejoindre Oulan-Bator, le père Goessens avait profondément marqué le paysage pastoral et social du Kansai. Arrivé au Japon le 2 octobre 1955, peu après son ordination sacerdotale, il y avait exercé son ministère pendant près de quatre décennies, notamment dans le diocèse d’Osaka et dans la paroisse de Sakai. Outre ses activités paroissiales, il s’était distingué par son engagement pionnier dans le domaine de l’action sociale et de l’enfance. Il a notamment fondé l’organisme médico-social Junshinkai (社会福祉法人 淳心会), sous l’égide duquel plusieurs jardins d’enfants et crèches (Heiwa no Sono) ont été créés. Cette attention portée aux plus vulnérables et aux enfants, associée à un profond respect des cultures locales, constituera la marque distinctive qu’il mettra ensuite en œuvre avec succès sur le sol mongol.

    Né en Belgique en 1928, le père Goessens avait déjà à son actif une longue expérience missionnaire au Japon, où il avait vécu et exercé son ministère pendant 37 ans avant son départ pour la Mongolie. Sa connaissance de l’Asie et son expérience pastorale ont été mises au service de cette nouvelle mission confiée aux « Scheutistes », nom sous lequel sont communément appelés les membres de la CICM, fondée à Scheut, près de Bruxelles, par le père Théophile Verbist.

    Au début, les missionnaires ont vécu à l’hôtel avant d’emménager dans un appartement. Ils célébraient la messe pour les catholiques étrangers résidant dans la capitale et proposaient des cours d’anglais. Ils accueillaient également les Mongols désireux de comprendre leur présence et leur mode de vie. « Aucun d’entre nous ne savait comment s’y prendre. Nous n’avions donc élaboré aucun plan avant notre arrivée, car nous voulions d’abord prendre la température », confiait-il à l’agence APIC en 2001. Cette présence s’est rapidement traduite par des initiatives sociales, notamment en faveur des enfants des rues. Avec le soutien des autorités mongoles, la mission catholique a participé à la création d’un centre d’accueil pouvant héberger une centaine d’enfants, tout en développant des activités éducatives et des cours de langue. Par la suite, l’œuvre a pris de l’ampleur et a notamment favorisé l’arrivée d’autres missionnaires issus de différentes congrégations religieuses.

    L’action des premiers missionnaires de la CICM se caractérisait par le refus du prosélytisme et par la volonté d’établir des relations respectueuses avec la société mongole, ses traditions religieuses et ses autorités, selon le principe « venez et vous verrez », une attitude qui devait permettre à l’Église catholique de se développer lentement mais sereinement. En 2012, le père Goessens était revenu en Mongolie pour participer aux célébrations du vingtième anniversaire du retour de la présence catholique dans le pays et pour retrouver les personnes avec lesquelles il avait partagé les années fondatrices de cette mission. Ce voyage fut sa dernière visite en Mongolie.

    Dans un message de condoléances, la Préfecture apostolique d’Oulan-Bator a rendu hommage à celui qu’elle décrit comme l’un des premiers missionnaires à avoir contribué à jeter les fondations de l’Église catholique mongole. Le communiqué rappelle son fidèle service, accompli aux côtés de ses confrères, ainsi que son engagement à semer « la foi, l’espérance, la compassion et l’amour » parmi le peuple mongol. Les confrères de la CICM au Japon ont célébré la messe funéraire du père Robert Goessens le 18 août, rendant grâce pour sa vie et son ministère. L’Église catholique de Mongolie a exprimé ses condoléances à la famille, aux confrères et à tous ceux qui ont travaillé avec lui, confiant son âme à la miséricorde de Dieu. « Que les graines de foi qu’il a semées en Mongolie, l’amour du Christ qu’il a partagé et l’espérance dont il a témoigné continuent de porter leurs fruits dans la vie de l’Église catholique en Mongolie », a souhaité la Préfecture Apostolique d’Oulan-Bator.(MLK) (Agence Fides 20/8/2026)

  • La démission de Benoît XVI aurait-elle été invalide ?

    IMPRIMER

    Nous avons interrogé l'IA concernant l'information selon laquelle une procédure serait en cours pour exaliner la validité de la démission de Benoît XVI. Voici sa réponse :

    Oui, de nouveaux développements ont été signalés récemment dans cette affaire, principalement relayés par LifeSiteNews (19 août 2026) et confirmés par le journaliste plaignant Andrea Cionci.

    Il s’agit d’une pétition pénale (protocole 116/24) déposée le 6 juin 2024 par Cionci (auteur du Codice Ratzinger) auprès du Tribunal de l’État de la Cité du Vatican. Elle a été complétée à plusieurs reprises (février et novembre 2025, février 2026, puis un supplément d’environ 50 pages en août 2026). L’argument central est que la Declaratio de Benoît XVI du 11 février 2013 n’aurait pas constitué une abdication valide du munus pétrinien (l’office lui-même), mais seulement une renonciation au ministerium (l’exercice actif de l’office), laissant le Siège en état de sede impedita. Selon cette thèse (souvent appelée « bénévacantisme »), les conclaves suivants – et donc les pontificats de François et de Léon XIV – seraient invalides.

    Développements récents

    • En avril 2026, LifeSiteNews a publié une lettre officielle du Promoteur de Justice (Prof. Alessandro Diddi, datée du 30 mars 2026) confirmant que l’Office menait des enquêtes actives et qu’il n’était pas encore possible de prévoir leur conclusion. C’était la première reconnaissance écrite officielle d’un dossier d’enquête en cours sur ces allégations.
    • Cionci avait déjà été entendu pendant environ quatre heures le 12 avril 2025 (sous le pontificat de François).
    • Le 3 août 2026, il a été convoqué pour une deuxième audition formelle (environ deux heures, dans une atmosphère plus détendue selon lui). Il y a déposé un nouveau supplément d’environ 50 pages. Le Promoteur aurait réitéré l’intention de clore les investigations dans un avenir relativement proche et de traiter l’affaire avec le plus grand sérieux.

    L’enquête préliminaire se poursuit. Selon la procédure vaticane, elle peut aboutir à un classement sans suite ou à l’ouverture d’un procès formel. Le Vatican n’a pas commenté publiquement la dernière audition.

    Contexte sur Léon XIV et le conclave de 2025

    Léon XIV (Robert Francis Prevost, premier pape américain, augustin) a été élu le 8 mai 2025, après la mort de François le 21 avril 2025. Le conclave a réuni 133 électeurs (sur 135 éligibles). Des critiques (dont une étude canonique d’Angelo Giorgianni, ancien magistrat italien, adressée en mars 2026 au cardinal Parolin et à la Signature apostolique) soulèvent des irrégularités possibles : dépassement de la limite de 120 électeurs fixée par Universi Dominici Gregis (même si les cardinaux ont noté une dispense de François), et un rapport non officiel d’un téléphone portable découvert après l’extra omnes. Ces points sont contestés et ne constituent pas une invalidation reconnue.

    Mise en perspective

    La thèse d’invalidité de la démission de Benoît XVI reste marginale (qualifiée de théorie du complot ou de bénévacantisme sur Wikipédia et par de nombreux canonistes). Benoît XVI lui-même a affirmé à plusieurs reprises la validité pleine de sa renonciation (y compris dans une lettre de 2014). Le consensus des canonistes est que le canon 332 §2 exige seulement une renonciation libre et dûment manifestée, sans formule fixe, et que la Declaratio y satisfait. Plusieurs sources (Catholic Herald, Zenit, Gaudium Press, etc.) estiment que le langage de « phase d’enquête » peut être purement procédural (refus d’accès aux dossiers) et n’implique pas une reconnaissance de fond des allégations.

    L’affaire continue de faire l’objet de discussions dans certains milieux traditionalistes, mais elle n’a pas reçu d’appui de l’autorité ecclésiastique. L’issue de l’enquête préliminaire déterminera s’il y a suite ou non.

  • Canada : le nom de Dieu et toute référence religieuse doivent être bannies à l'armée

    IMPRIMER

    Déclaration de l’Ordinaire militaire du Canada concernant les réflexions spirituelles dans le milieu militaire

    18 août 2026

    Ottawa – Mgr Scott McCaig, C.C., évêque de l’Ordinariat militaire du Canada, a publié une déclaration concernant les « Instructions au personnel militaire des Forces armées canadiennes (FAC) relatives aux réflexions spirituelles en milieu militaire », parues le 29 juillet 2026.

    Dans sa déclaration, Mgr McCaig s’oppose à cette nouvelle politique, qui exige des membres des FAC, y compris des aumôniers, qu’ils proposent des réflexions spirituelles sans recourir à des mots, des gestes ou des symboles propres à une foi ou à une tradition spirituelle particulière. En vertu de cette nouvelle politique, « les membres des FAC […] doivent respecter le principe de neutralité religieuse et spirituelle de l’État en s’abstenant d’utiliser, de la part du gouvernement du Canada, des mots, des gestes ou des symboles propres à une [tradition spirituelle ou religieuse] particulière ».

    Mgr McCaig affirme que, pour de nombreuses personnes, « le sens, la raison d’être et le bien-être spirituel » ne peuvent être dissociés de Dieu. Il fait valoir que la nouvelle politique impose précisément une telle dissociation et qu’elle est donc en contradiction avec la protection des libertés fondamentales de conscience et de religion garantie par la Charte.

    La CCCB exprime sa solidarité avec Mgr McCaig, qui soulève ces préoccupations au nom des fidèles catholiques confiés à sa charge pastorale. La Conférence examine actuellement la nouvelle politique et continuera à suivre sa mise en œuvre, notamment en ce qui concerne ses implications pour la liberté de conscience et de religion, ainsi que pour la place de l’expression religieuse au sein des Forces armées canadiennes. À ce stade précoce, la CECC encourage les fidèles et toutes les personnes de bonne volonté à s’informer sur ces développements et à prier pour les FAC, leurs membres, leurs aumôniers et leurs familles, ainsi que pour Mgr McCaig dans son ministère pastoral auprès de la communauté militaire catholique du Canada.

    La déclaration complète de l’Ordinariat militaire est disponible ici.

    L’ordinariat militaire a pour mission de répondre aux besoins pastoraux des hommes et des femmes des forces armées, y compris de leurs familles. Il est composé d’aumôniers militaires et dirigé par un évêque résident, appelé « ordinaire militaire ». Un ordinariat militaire n’est pas limité par des frontières géographiques ; il est lié aux personnes (ou « personnel ») en ce sens qu’il existe partout où sont déployés les hommes et les femmes des forces armées d’une nation donnée. Les normes qui régissent un ordinariat militaire sont énoncées dans la constitution apostolique du pape Jean-Paul II, *Spirituali Militum Curae*.

  • Le saint du jour : Saint Pie X

    IMPRIMER

    Source : http://www.fatima.be/fr/pontife/index.php

    PieX.jpg Dans le calendrier de Paul VI (forme ordinaire du rite romain), on célèbre cette fête le 21 août.

    Giuseppe Sarto, plus connu sous le nom de Pie X, naquit le 2 juin 1835 à Riese, une bourgade de 4 500 habitants. Il fut baptisé le lendemain de sa venue au monde.

    Comme dans toutes les modestes familles nombreuses, la famille Sarto devait faire attention, car les revenus étaient faibles. Epouse et mère exemplaire, Marguerite s'efforçait d'inculquer à ses enfants les vertus chrétiennes qu'elle avait elle même hérité de ses parents.

    Lire la suite

  • Quand le Massachusetts permet désormais l'avortement jusqu’au terme de la grossesse

    IMPRIMER
    19 août 2026

    Une nouvelle étape a été franchie en matière d'avortement dans un État américain. Au Massachusetts, l'intervention peut désormais être pratiquée jusqu'au terme de la grossesse, sur simple accord du médecin. Une réforme qui place cet État parmi les législations les plus permissives du pays en la matière.

    Le 10 août 2026, la gouverneure démocrate du Massachusetts, Maura Healey, promulguait la loi «Prioritizing Patient Access to Care Act», qui bouleverse le cadre juridique de l’avortement dans cet État américain. Jusqu'alors, l’intervention était librement permise pendant les 24 premières semaines de grossesse, soit déjà 10 semaines de plus qu’en France. Au-delà, elle n'était autorisée que dans quatre situations particulières: danger pour la vie de la mère, danger pour sa santé physique ou mentale, malformation fœtale entraînant la mort, ou diagnostic incompatible avec une vie extra-utérine.

    Ce cadre, déjà permissif, vient d'être purement et simplement supprimé. Il est désormais remplacé par une clause unique et vague: l'avortement «peut être pratiqué par un médecin sur la base de son jugement professionnel». Rien n'interdit plus, désormais, de mettre fin à une grossesse jusqu’à son terme. Cette loi supprime non seulement toute limite de temps mais aussi tout critère médical objectif. Il ne reste que l'appréciation du praticien — une appréciation libre, sans aucune balise légale pour l'encadrer.

    L’abolition des garde-fous

    Avec ce texte, le Massachusetts rejoint neuf autres États américains — Alaska, Colorado, Maryland, Michigan, Minnesota, New Jersey, Nouveau-Mexique, Oregon et Vermont — qui ont déjà supprimé toute limite de délai à l'avortement. La gouverneure Healey a présenté cette réforme comme une garantie que «les décisions de santé reproductive doivent être prises par la patiente et son médecin», sans «incertitude juridique». Mais derrière ce discours procédural se cache une réalité sanglante: un enfant à naître parfaitement viable peut désormais être avorté jusqu'au terme, sur le seul fondement d'un jugement médical discrétionnaire. Et lorsqu’un enfant viable est avorté, il arrive qu’il survive à son avortement et qu’il soit tué après sa naissance, comme l’ECLJ l’avait montré dans ce reportage :

    Selon les statistiques du département de la Santé publique du Massachusetts, 99 avortements ont été pratiqués après 24 semaines de grossesse en 2024, contre 84 en 2023: une hausse que la nouvelle loi va certainement prolonger.

    Les associations pro-vie locales, telles que Massachusetts Citizens for Life, ont dénoncé une loi qui «normalise la mort d'enfants pleinement formés» et «pousse des femmes vulnérables à laisser mourir leur enfant à naître par des actes d'une extrême violence». Les quatre évêques catholiques du Massachusetts avaient appelé les élus à rejeter le texte, qualifiant la suppression des restrictions après 24 semaines de mesure «radicale» et «gravement immorale».

    Une « loi de compassion » en contradiction avec la dignité humaine

    Maura Healey présente ce texte comme une réponse nécessaire à des situations très difficiles. Elle cite le cas de femmes contraintes de parcourir des centaines de kilomètres et de dépenser des milliers de dollars pour avorter dans un autre État; des témoignages, dit-elle, «marqués par beaucoup de douleur, d'angoisse et de déchirement». Elle revendique le droit pour ces femmes de «recevoir les soins dont elles ont besoin dans le Massachusetts».

    L’argument de la compassion est indécent quand on sait qu’au troisième trimestre, l'enfant à naître possède un système nerveux pleinement développé, ressent la douleur, et serait, en dehors de toute intervention, capable de survivre en dehors du ventre de sa mère. Les progrès de la médecine néonatale permettent aujourd’hui de sauver des grands prématurés à des stades de plus en plus précoces. Chaque année, au Massachusetts, des milliers de bébés naissent prématurément, et la grande majorité d’entre eux survivent.

    Cette nouvelle loi montre les limites de la décision de la Cour suprême des États-Unis qui a annulé Roe c. Wade en juin 2022 (arrêt Dobbs). La Cour suprême a constaté que la Constitution américaine ne contenait pas de droit à l’avortement et a redonné une liberté totale à chaque État d'autoriser ou d'interdire l'avortement. Certains États ont donc restreint l’accès à l’avortement mais d’autres, comme le Massachusetts, ont autorisé l’avortement jusqu’au terme de la grossesse. Le combat pour la protection du droit à la vie est donc loin d’être terminé.

  • Pape Léon XIV : Le patrimoine musical de l'Église doit être préservé

    IMPRIMER

    D'Ismaël Adibuah sur EWTN News :

    Pape Léon XIV : Le patrimoine musical de l'Église doit être préservé

    L'audience générale du pape, le 19 août, était consacrée au rôle de la musique sacrée dans la liturgie.

    19 août 2026

    CITÉ DU VATICAN — Le pape Léon XIV a souligné l'importance de la musique sacrée dans la liturgie, appelant à préserver le patrimoine musical de l'Église tout en favorisant une saine inculturation des traditions locales.

    « C’est pourquoi le compositeur de musique sacrée est appelé à connaître et à préserver le patrimoine musical de l’Église, lui permettant d’inspirer de nouvelles compositions au service de la liturgie, tout en respectant les sensibilités contemporaines et les différentes traditions culturelles », a déclaré Léon XIV.

    Dans son discours prononcé lors de son audience générale au Vatican le 19 août, le pontife a poursuivi sa catéchèse sur la constitution du concile Vatican II sur la liturgie, Sacrosanctum Concilium .

    Cette audience générale était la troisième du mois à se tenir à l'intérieur de la basilique Saint-Pierre en raison des fortes températures estivales à Rome.

    La musique sacrée — partie intégrante de la liturgie

    Léon XIV a évoqué l'importance accordée par le Concile Vatican II au rôle de la musique sacrée dans la liturgie.

    « Le document stipule que “la tradition musicale de l’Église universelle est un trésor d’une valeur inestimable, plus grande encore que celle de tout autre art” », a expliqué Léon XIV.

    Il a également expliqué que la musique sacrée favorise à la fois la prière et la communion entre les fidèles.

    « La musique fait partie intégrante de l’action liturgique et n’est pas un simple élément décoratif de la célébration », a déclaré Léon XIV. « Elle exprime notamment la dimension affective de la prière, comme le dit saint Augustin : “Cantare amantis est”, c’est-à-dire “le chant appartient à ceux qui aiment”. »

    « Le chant favorise aussi la communion. Il contribue à l’unité des cœurs, surmonte les différences entre les personnes et rassemble tout le monde dans la louange de Dieu à travers la symphonie des voix », a-t-il ajouté.

    Tradition, inculturation et participation active

    Le pape a ensuite expliqué que, la musique sacrée étant si importante, la liturgie devait être célébrée avec dignité, au son d'une musique à la fois noble et simple. Il a également souligné le rôle du chant grégorien et de l'orgue pour nourrir la ferveur durant la liturgie.

    « Le Concile accorde donc une grande importance au chant grégorien, sans pour autant exclure les autres genres de musique sacrée de la célébration. Une attention particulière est également portée à l’orgue, tandis que l’utilisation d’autres instruments est permise « à condition que ces instruments soient adaptés, ou puissent être adaptés, à un usage sacré, qu’ils soient en accord avec la dignité du temple et qu’ils contribuent véritablement à l’édification des fidèles », a déclaré Léon XIV.

    Léon XIV a également abordé la question de l'inculturation dans la musique religieuse afin d'y intégrer diverses cultures.

    « L’inculturation, notamment dans le domaine de la musique sacrée, est un thème central de la réforme du Concile. S’agissant des traditions musicales des différentes cultures, le Concile souligne l’importance de les prendre sérieusement en considération, car elles font partie intégrante de la vie religieuse et sociale des peuples. »

    Le pape a également encouragé les fidèles à participer aux chants de la messe afin de refléter les mystères sacrés célébrés.

    « La Constitution Sacrosanctum Concilium accorde une attention particulière au thème de la participation active des fidèles », a déclaré Léon XIV. « Quant à la manière concrète d’y parvenir grâce au rôle spécifique de la musique sacrée, la Constitution apporte une réponse claire : “le peuple doit être encouragé à participer par les acclamations, les répons, les psaumes, les antiennes et les chants” et “le silence respectueux” doit être favorisé. »

  • Le Pape en France; derrière les chiffres, une attente nombreuse et « indéchiffrable » de Léon XIV

    IMPRIMER

    De Marie-Lucile Kubacki sur Fides.org :

    Léon XIV à Paris : le Stade de France déjà complet!

    LE PAPE EN FRANCE - Derrière les chiffres. Attente nombreuse et « indéchiffrable » de Léon XIV

    19 août 2026
     

    Les places disponibles ont été prises d’assaut. Les 80 000 billets pour la veillée au Stade de France ont été attribués en moins d’une heure, et plus de 200 000 personnes se sont inscrites dès les premières heures d’ouverture des inscriptions pour la messe.

    Cet engouement a suscité de nombreux commentaires dans la presse confessionnelle et généraliste. Comme si c’était Beyoncé » : pourquoi les jeunes catholiques attendent Léon XIV comme une superstar », titre le Parisien. «Un très beau signe pour l’Église de France » commente l’Évêque de Saint-Denis, Mgr Étienne Guillet, pour Fides.

    Il y a là un paradoxe très français. Les chiffres, si on les observe correctement, reflètent la complexité de cette France sécularisée mais où l’Église catholique est encore capable de faire se déplacer des foules.

    Des chiffres à prendre avec précaution

    Seuls 1,8 % de la population générale en France assiste à la messe chaque semaine (selon un sondage Ipsos de 2017), et 5% de manière régulière.” Parmi les personnes baptisées catholiques en France, seuls 6 % se déclarent croyants et pratiquants. En 2021, la proportion de personnes déclarant croire en Dieu est passée sous la barre des 50 % en France. (Sondage Ifop pour Ajir 2022.) Moins d'un quart des jeunes Français de cette tranche d'âge se déclare catholique. Parmi eux, plus d'un tiers ne prie jamais (Rapport de l'Institut Catholique de Paris et de la St Mary's University de Twickenham « Europe’s Young Adults and Religion », Stephen Bullivant, 2018). 28 % des personnes baptisées se considèrent désormais « non catholiques », et 40 % n'envisagent pas de faire baptiser leurs enfants, contre 25 % en 2012 (Enquête Ifop pour la revue Mission « Les Français et le catholicisme », 2022).

    Un effondrement auquel on pourrait ajouter celui des vocations qui fait dire à l'historien Guillaume Cuchet qu'il ne s'agit plus tant d'abandons individuels que de désengagements de deuxième ou troisième génération, scellant la rupture de la transmission familiale de la foi (Comment notre monde a cessé d'être chrétien. Anatomie d'un effondrement, Éditions du Seuil, 2018).

    En même temps, près d’un Français sur deux, soit plus de 32 millions de personnes, « se sentent liés au catholicisme » (enquête d’opinion Viavoice pour l’Observatoire de la laïcité, 2019). 57 % de la population continue à cultiver des pratiques dévotionnelles hors cadre institutionnel, comme allumer des cierges dans les églises, 44 % fréquentent les sanctuaires ou lieux de pèlerinages, 39 % prient Dieu, la Vierge ou les saints, 23 % laissent des intentions de prières dans les cahiers à cet effet (enquête Ifop de 2022.) En outre, depuis le printemps 2021, face à la chute continue des baptêmes d'enfants depuis plusieurs décennies, on observe une hausse inattendue des demandes de baptême chez les jeunes adultes.

    La réalité qui « échappe aux radars »

    Ce détour par les statistiques permet de tirer plusieurs conclusions riches d’enseignements pour la mission.
    Le premier est que catholicisme français passe d'un modèle culturel dominant à une réalité morcelée en petites communautés, un « archipel catholique» selon les mots du sociologue Yann Raison du Cleuziou récemment paru dans la revue Études. Cet observateur des mutations du catholicisme français déclarait dans une interview : «Une religiosité populaire se maintient et passe sous les radars, car elle n’entre pas dans les catégories habituelles pour décrire le catholicisme dans les sondages.» Il ajoutait : «On peut observer dans les paroisses un retour des dévotions considérées comme populaires dans les années 1960, surtout le culte des saints, de la Vierge Marie ou du Sacré Cœur» et précisait que ce mouvement était porté par deux tendances indépendantes l’une de l’autre: la montée en puissance des catholiques observants en raison de la minorisation du catholicisme, de sensibilité religieuse plus traditionnelle, et le renouvellement de la base populaire du catholicisme par les flux migratoires. «Les catholiques venus d’outre-mer ou d’Afrique, ou même de l’Europe centrale ou méditerranéenne, expliquait-il, redonnent une vie à des dévotions qui tombaient en désuétude. » (La Vie, 2024)

    Un autre phénomène qui a été largement analysé par Guillaume Cuchet est la montée des «SBNR», les «spiritual but not religious» (spirituels mais non religieux). Des individus qui ne se reconnaissent pas ou plus dans le cadre institutionnel des religions traditionnelles (églises, dogmes, rites communautaires), et qui, dans une part significative de la nouvelle génération conservent ou développent une quête, des convictions ou des pratiques spirituelles personnelles, à la carte, et qui peuvent reprendre des “éléments” de matrice chrétienne. Cela se retrouve dans des productions populaires comme Avatar qui mêle élements de chamanisme et thèmes bibliques. « Cette montée des « nones » introduit une formidable inconnue dans notre histoire religieuse et philosophique, écrit Cuchet. On peut, à grands traits, distinguer parmi eux trois profils dominants : 1. Les « secular nones » ou « nones » séculiers qui sont, généralement, athées ou agnostiques, et qui sont en nombre croissant ; 2. Les « liminal » ou « transitional nones » qui sont en transit ou en transition entre deux affiliations, et pour qui la position n’est que temporaire ; 3. Les « religious » ou « spiritual nones », qui sont croyants, mais qui ne se rattachent pas à un credo ou à une institution religieuse particulière. » Et de conclure : « Selon que l’une ou l’autre sous-espèce dominera demain, on risque d’avoir des mondes spirituels très différents. » (“La montée des sans religion en Occident, Études, 2019.)

    Les sirènes identitaires et néo-idéalistes

    Voilà pourquoi les concepts de “minorité” et de “déchristianisation” sont à manier avec précaution, sans quoi ils se révèlent des arbres qui cachent la forêt et biaisent la perspective missionnaire. Comme l’analyse Yann Raison du Cleuziou dans article à propos des nouveaux baptisés adultes, l'attachement aux rites de passage, aux fêtes, aux calvaires ou au patrimoine bâti (comme les églises de village, sans compter l’incendie de Notre-Dame de Paris de 2019 qui a soulevé une vague d’émotion nationale) traduit un attachement à la mémoire collective et à l'histoire locale et une quête de transcendance et de lien social (« de commun ») face à l'individualisme et à l'instabilité du présent. Parfois, cependant, cet attachement revêt une dimension « identitaire », lorsque le patrimoine est politisé pour définir une essence nationale irréversible et désigner des « ennemis ». Une tentation présente dans la mesure où une partie des catholiques pratiquants est travaillée par le sentiment de déclin ou de minorisation du catholicisme.

    Cependant, tant la question «identitaire » que le « purisme spirituel » (qui voudrait isoler la foi de toute culture) sont les deux faces d'un même processus de sécularisation, analyse le chercheur. « Les catholiques qui opposent le seul Évangile aux héritages historiques chrétiens ne céderaient-ils pas au « monophysisme historique » dénoncé par le Pape François dans sa lettre sur l’histoire ? interroge-t-il. Une spiritualité qui exalte tant la singularité de l’incarnation christique qu’elle finit par la désincarner en un idéal inaccessible, « angélique », et sans autre issue temporelle possible qu’une forme de prophétisme devant lequel la société est toujours fautive. Ce purisme abandonne le politique aux réalistes autoproclamés et peut favoriser la marginalisation de l’Évangile, vu comme un idéalisme élitiste. »

    Et de conclure : «Un certain cynisme identitaire est peut-être l’envers d’un purisme spirituel. Deux formes radicalement contraires mais paradoxalement solidaires dans leur opposition entre foi et culture. Le fantasme de la pureté culturelle et celui de la pureté spirituelle partagent la même hantise du mélange et donc de l’histoire.»

    Ce qui place le rapport entre foi, religion et culture au centre du défi missionnaire. «Sans travail de fond sur cet impensé, affirme Raison du Cleuziou, les protestations spirituelles resteront sans prise réelle sur les tendances qu’elles doivent combattre. »

    Les analyses, les imprévus et les espérances du cœur

    La foule qui viendra acclamer le Pape sera le fruit de cette histoire du catholicisme français, marqué dans sa forme récente par les paradoxes de la sécularisation. Une situation à la fois très complexe et très simple dans la mesure où les enfants de « la fille aînée de l’Église » comme l’appelait Jean Paul II, attendent aujourd’hui comme hier, une parole qui suscite en eux le désir de faire de leur vie quelque chose de grand » et les amènent à regarder vers l’horizon. (Agence Fides 19/8/2026)

  • Le cardinal Angelo Scola met en garde : la synodalité pourrait se muer en un processus parlementaire

    IMPRIMER

    De Niwa Limbu sur Ad Vaticanum :

    Le cardinal Scola met en garde contre le risque que la synodalité ne devienne un « parlement ».

    17 août 2026

    Le cardinal Angelo Scola a mis en garde contre le risque de transformer la synodalité en un processus parlementaire, arguant que « la source de la synodalité est la communion » tout en insistant sur le fait que la méthode synodale « ne doit pas être éliminée ».

     

    Le cardinal Angelo Scola a averti que l'accent mis par l'Église sur la synodalité risque de se transformer en un « parlement » si elle ne reste pas enracinée dans la communion ecclésiale, tout en insistant sur le fait que la méthode synodale elle-même « ne devrait pas être éliminée ».

    Le cardinal émérite de Milan et de Venise a fait ces commentaires dans un entretien avec Monseigneur Willy Volonté, recteur du Collège diocésain de Bréganzone, publié à l'occasion de la parution d'une édition suisse italophone de Communio , la revue théologique internationale fondée en 1972 par Hans Urs von Balthasar, Henri de Lubac et Joseph Ratzinger.

    Interrogé sur le risque que la synodalité ne devienne un processus parlementaire plutôt qu'une expression de communion, le cardinal Scola a répondu : « C'est exact. »

    Son Éminence a poursuivi : « La synodalité est une méthode qui englobe toutes les possibilités qu’elle peut exprimer. Cet aspect ne doit pas être éliminé, mais plutôt présenté de manière à constituer une proposition fascinante et substantielle. »

    Le cardinal Scola a déclaré que le point de départ devait être la communion plutôt que la procédure. « Aujourd'hui, dans l'Église, on parle beaucoup – et à juste titre – de synodalité, comprise comme une méthode, comme un cheminement », a-t-il affirmé.

    « Mais la source de la synodalité est la communion : la communion vécue est l’eau vive que la méthode synodale doit canaliser pour porter du fruit dans la construction d’une Église de communion. »

    Le cardinal émérite de Milan a déclaré que la nouvelle édition de Communio devait contribuer à ce processus. « Autant que possible, elle le doit ! Car sinon, elle n'a aucun avenir », a affirmé le cardinal Scola. « Il est important que la dimension synodale soit de plus en plus mise en avant dans l'Église, afin que la volonté de structurer l'action communautaire devienne un moyen véritablement efficace de mettre en œuvre la vie chrétienne. »

    Ses propos insistent particulièrement sur la distinction entre la synodalité comme méthode et la communion comme réalité qui donne tout son sens à cette méthode. Le cardinal a également abordé les obstacles rencontrés dans la vie chrétienne contemporaine et a affirmé que l'Église doit retrouver davantage de créativité et de dynamisme dans la pratique de la foi.

    Son Éminence a dénoncé « une conception de la vie chrétienne qui, tout en demeurant généreuse dans ses propositions, se révèle en même temps passive, stérile, incapable de développer la créativité qu’elle discerne et cherche à encourager ». Le cardinal Scola a ajouté que l’Église doit également dépasser « des tentatives quelque peu vaines » qui ne permettent pas de soutenir le projet chrétien.

    La revue a été fondée en 1972 grâce à la collaboration de von Balthasar, de Lubac et Ratzinger, le cardinal Scola figurant parmi ceux qui ont rejoint le projet théologique dès ses débuts. Se remémorant ces débuts, le cardinal Scola a décrit l'édition italienne comme étant née de son amitié avec les trois théologiens.

    « Nous n’étions rien comparés à de Lubac, Balthasar et Ratzinger », a déclaré Son Éminence, tout en rappelant le « grand respect » que lui et ses contemporains avaient pour les trois fondateurs.

    Son Éminence a déclaré que les jeunes contributeurs italiens avaient néanmoins « une capacité d’attachement » et étaient animés par le désir de communiquer des idées qui, autrement, n’auraient peut-être jamais été rendues publiques.

    Le projet international s'est ensuite étendu, au-delà de ses éditions originales allemande et italienne, aux éditions américaine, yougoslave, française, polonaise, ukrainienne, lituanienne, argentine et rwandaise. La nouvelle édition suisse est publiée par Edizioni Cantagalli et son comité de rédaction est composé de théologiens et d'universitaires du monde catholique italophone. Son premier numéro sera présenté lors de la Rencontre de Rimini le 23 août.

    Le cardinal Scola a ajouté que l'histoire de Communio illustre comment la réflexion théologique peut servir l'Église sans réduire la vie ecclésiale à des structures ou des procédures. Son Éminence a attribué son succès initial à « la ferveur et la conscience du moment décisif où tout cela s'est déroulé » et à la conviction que cette initiative avait une contribution essentielle à apporter.

    Interrogé sur la question de savoir si la communion s'obtient par l'unité ou la diversité, le cardinal Scola a rejeté une approche qui se limite aux différences elles-mêmes. « Je pense que cette approche réussit dans la mesure où elle ne s'arrête pas aux données significatives, mais parvient à se concentrer sur ce que la communion peut être de plus », a déclaré le cardinal Scola.

    Son Éminence a cité en exemple les débuts de Communio , affirmant que ses contributeurs avaient cherché à mettre en lumière « la beauté de l’Église synodale et communionnelle ».

    L'entretien est également revenu sur l'héritage intellectuel du concile Vatican II et sur les espoirs initiaux de Joseph Ratzinger que le concile libérerait le cœur de la foi de ses « couches sclérosées ».

    Le cardinal Scola a déjà exprimé son soutien à la voie synodale, tout en mettant en garde contre sa réduction à un simple processus de réunions, de commissions et de discussions. En 2023, avant les grandes phases du Synode sur la synodalité, il écrivait que le sens religieux demeurait « inextinguible », arguant qu'il pouvait être enfoui mais qu'il finirait par renaître.

    Son Éminence a également décrit le moment présent comme un « changement d’ère » et a mis en garde contre une séparation croissante entre le « je » et le « nous », arguant que l’Église devait retrouver la réalité du Christ et de la communion ecclésiale plutôt que d’aborder la crise principalement à travers des catégories sociologiques.

  • Le Vatican considère-t-il la franc-maçonnerie comme une chose importante, ou non ?

    IMPRIMER

    D'Ed. Condon sur le Pillar :

    Le Vatican considère-t-il la franc-maçonnerie comme une chose importante, ou non ?

    Après avoir insisté pendant des années sur le fait que la franc-maçonnerie est fondamentalement opposée à l'Église, le Vatican a apparemment nommé un franc-maçon à un comité pontifical.

    Dans le même laps de temps, le Saint-Siège a annoncé la nomination d'un éminent universitaire italien à un comité pontifical qui, comme cela a été rapporté depuis, est également franc-maçon.

    Professeur Umberto Longo. Crédit : Festival de Medioevo.

    Umberto Longo, universitaire de renom et directeur de l'Institut historique italien du Moyen Âge à Rome, a été nommé au Comité pontifical pour les sciences historiques le 13 août. Le site web InfoVaticana a ensuite rapporté que des documents publics le présentent comme un participant fréquent aux conférences maçonniques et le reconnaissent comme un membre relativement important d'une branche particulièrement anti-catholique de la franc-maçonnerie.

    On ignore pour l'instant quelle sera la réaction du Vatican face à l'affaire Longo, même s'il est loin d'être le premier membre d'un comité pontifical à être affilié à des fonctions ou des organisations condamnées par l'Église. Il est possible que le Vatican agisse rapidement pour annuler la nomination de Longo, et tout aussi plausible qu'il minimise officiellement ses liens avec la franc-maçonnerie en invoquant son rôle non religieux ainsi que son expertise et son rayonnement académiques.

    Mais la réaction du Vatican sera perçue comme une leçon particulièrement instructive dans le contexte plus large de l'opposition de l'Église à la franc-maçonnerie — après que les conférences épiscopales du monde entier ont publié une série de déclarations et de clarifications soulignant l'opposition séculaire de l'Église à la franc-maçonnerie, et alors que le Dicastère pour la Doctrine de la Foi a appelé à des « stratégies coordonnées » pour éviter toute ambiguïté ou tout malentendu parmi les fidèles.

    En résumé, cette nomination soulève une question simple : le Vatican considère-t-il la franc-maçonnerie comme quelque chose d’important, ou non ?

    La nomination de Longo au Vatican et son appartenance présumée à la franc-maçonnerie ne sont que les derniers exemples d'une longue série de nominations papales controversées à des comités et commissions pontificaux. Parmi les personnes nommées précédemment, sous plusieurs pontificats, figuraient des individus ayant des opinions ouvertement dissidentes, voire farouchement opposées, à divers enseignements de l'Église, notamment sur des questions morales fondamentales comme le caractère sacré de la vie.

    Bien souvent, ces cas ont été balayés d'un revers de main par les responsables du Vatican, qui ont fait valoir, comme l'a fait l'Académie pontificale pour la vie dans le cas d'un économiste pro-avortement en 2022, que la nomination concernait un domaine de travail et d'expertise spécifique, sans lien avec les points de divergence du candidat avec la doctrine catholique.

    L'écoute des avis d'experts, parfois même ou surtout critiques, est souvent considérée comme essentielle au bon fonctionnement des comités pontificaux et des groupes de réflexion.

    Dans le cas de Lungo, il est probable que certains, au moins, adopteront la même position face à son appartenance apparente à la franc-maçonnerie. Mais pour le Vatican, la situation est – ou devrait être – bien plus grave, puisqu'elle implique la condamnation morale généralisée par l'Église d'une catégorie juridique de personnes.

    Juridiquement parlant, l'Église ne condamne pas la franc-maçonnerie pour des opinions ou des enseignements différents des siens, comme pourrait le faire une autre confession religieuse. Elle l'interdit légalement depuis le XVIIIe siècle, la considérant comme une organisation qui, par sa nature même, s'oppose à elle.

    Alors que les déclarations du Dicastère pour la Doctrine de la Foi ont toujours clairement indiqué qu'un catholique qui rejoint la franc-maçonnerie est en état de péché grave et qu'il lui est interdit, entre autres, de recevoir la communion, le Code de droit canonique traite la franc-maçonnerie comme une « société qui complote contre l'Église ».

    Dans sa lettre apostolique de 1890 à l'Église d'Italie, Dall'alto dell'Apostolico Seggio , Léon XIII décrit le complot de la franc-maçonnerie comme « possédés par l'esprit de Satan, dont ils sont l'instrument, ils brûlent comme lui d'une haine mortelle et implacable de Jésus-Christ et de son œuvre ; et ils s'efforcent par tous les moyens de la renverser et de l'enchaîner ».

    Leo a ensuite énuméré un programme spécifiquement politique de la franc-maçonnerie, qui, selon lui, comprenait l'exclusion progressive de l'Église des écoles et des hôpitaux et, à terme, de l'intégralité de la vie publique institutionnelle.

    Lors de la réunion de 1980 de la commission chargée de rédiger la section pénale du nouveau Code de droit canonique, les cardinaux participants, et notamment le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi de l'époque, le cardinal Franjo Šeper, ont clairement indiqué que si la franc-maçonnerie semblait moins active dans les complots contre l'Église à l'époque moderne, c'était uniquement parce qu'elle avait largement atteint la plupart de ses objectifs.

    « Aujourd’hui, peut-être ne complotent-ils plus autant parce qu’ils ont déjà suffisamment comploté et n’ont plus rien à comploter », a observé Šeper, « tout ce qui s’est passé en Italie en ce moment concernant le mariage civil, le divorce, l’avortement et d’autres questions sont des fruits de la franc-maçonnerie, et pas seulement en Italie mais aussi dans d’autres nations. »

    De ce fait, inviter un franc-maçon à devenir membre d'un comité pontifical apparaîtra aux canonistes versés dans la position juridique de l'Église comme analogue au fait de demander à Kim Jong Un de siéger à un comité pour le désarmement nucléaire.

    La situation est d'autant plus délicate, d'un point de vue juridique, que Longo serait membre du Rite écossais ancien et accepté de la franc-maçonnerie. Malgré son nom, il s'agit d'une branche américaine de la franc-maçonnerie particulièrement virulente et explicite dans son anticatholicisme – elle s'est ouvertement opposée aux candidats politiques catholiques et a œuvré pour l'interdiction des écoles catholiques.

    Le Rite écossais entretient également des liens étroits avec l'héritage du Sud confédéré, plusieurs généraux de la guerre de Sécession qui étaient francs-maçons du Rite écossais ayant fondé le Ku Klux Klan, une organisation avec laquelle il s'est ouvertement associé pour soutenir des politiciens et des politiques anti-catholiques au début du XXe siècle.

    Lors d'un des plus hauts degrés d'initiation, le franc-maçon se voit présenter un crâne coiffé d'une tiare papale. On lui explique qu'il « représente la tiare du pontife cruel et lâche » et qu'il « est donc la couronne d'un imposteur ». À un moment du rituel, un haut dignitaire maçon transperce le crâne d'un poignard, tandis que le candidat crie « À bas l'imposteur, à bas le crime ! » avant de le piétiner. Dans le texte officiel du Rite écossais, « Morale et Dogme », écrit par Albert Pike, franc-maçon de haut rang, général confédéré et membre éminent du Ku Klux Klan, il est affirmé sans ambages que la franc-maçonnerie « était, dès son origine, vouée à la lutte contre la tiare de Rome ».

    Si la franc-maçonnerie avait largement disparu des radars de l'Église au cours du dernier demi-siècle, l'appartenance présumée de Longo pourrait peut-être être considérée comme une question historique plutôt que d'actualité, mais au contraire, le Vatican s'est montré particulièrement actif ces dernières années pour souligner sa condamnation absolue de la franc-maçonnerie et le caractère inacceptable de tout chevauchement avec l'Église.

    Outre les interventions, au début du mois, de hauts responsables de l'évêque italien pour interdire les funérailles catholiques des francs-maçons , plusieurs conférences épiscopales, en consultation directe avec le Dicastère pour la Doctrine de la Foi, ont publié des dénonciations sans équivoque de la franc-maçonnerie comme étant antithétique à la foi — notamment les évêques des pays nordiques et des Philippines .

    En 2023 encore, une note doctrinale a été signée par le pape François et le cardinal Victor Manuel Fernandez, préfet de la DDF, appelant à « une stratégie coordonnée entre les différents évêques » pour s’opposer à la franc-maçonnerie.

    De ce fait, la nomination de Longo et la réaction, le cas échéant, du Vatican aux informations concernant son appartenance à la franc-maçonnerie seront suivies de près non seulement par les canonistes, mais aussi par les évêques du monde entier.

    Si la conséquence est qu'un franc-maçon puisse être considéré comme un collaborateur utile de l'Église au niveau d'un comité pontifical, beaucoup y verront un abandon de fait de tout le traitement canonique de la franc-maçonnerie et d'années de collaboration de la DDF avec les évêques du monde entier.

  • Le cardinal Woelki demande à Rome de définir ce qu'est la synodalité et attend des « corrections » sur le Chemin synodal allemand

    IMPRIMER

    D'InfoVaticana :

    Le cardinal Woelki demande à Rome de définir ce qu'est la synodalité et attend des « corrections » sur le Chemin synodal allemand

    Le cardinal Rainer Maria Woelki, archevêque de Cologne, a réclamé une définition claire de la synodalité pour toute l’Église et a de nouveau pris ses distances avec le modèle développé en Allemagne. Coïncidant avec son 70e anniversaire, qu’il célèbre ce mardi 18 août, le prélat a affirmé que le processus allemand avait mis l’accent sur les structures de participation et de cogouvernance au point de perdre de vue la constitution hiérarchique et sacramentelle de l’Église.

    Dans une interview accordée à Die Tagespost et publiée ce lundi, Woelki soutient que « l’un des grands défis consiste à définir pour l’Église universelle ce qu’est la synodalité ». L’archevêque de Cologne, l’une des principales voix critiques du Chemin synodal au sein de l’épiscopat allemand, relie en outre cette question à l’évangélisation et espère que Rome introduira les « corrections nécessaires » aux propositions venues d’Allemagne.

    « Ce n’est pas notre Église, mais Son Église »

    Woelki souligne que Léon XIV présente la synodalité et l’évangélisation comme deux dimensions étroitement liées. « La synodalité est un outil pour l’évangélisation et la mission », affirme-t-il, la définissant comme un chemin spirituel de recherche dans l’Esprit Saint et de discernement.

    Le problème, à son avis, apparaît lorsque ce concept est transposé essentiellement sur le terrain des structures de pouvoir. En se référant au Chemin synodal allemand, le cardinal soutient qu’il a été particulièrement déterminé par la tentative d’implanter « certains formats de participation et formes de cogouvernance ».

    « Ce faisant, nous avons perdu de vue que l’Église est structurée hiérarchiquement et est sacramentelle », avertit-il. Et il ajoute une précision qui se place au centre de sa critique : « Ce n’est pas notre Église, mais Son Église. Nous vivons tous sous le Christ comme tête et sous la Parole de Dieu ».

    C’est pourquoi Woelki considère que la synodalité ne peut consister à décider quelle Église on veut construire, mais à « reconnaître ce que le Seigneur veut de nous ».

    La position du cardinal maintient la ligne qu’il a défendue ces dernières années. En janvier, il a assuré que, pour lui, le Chemin synodal allemand était « clos » et a exprimé ses réserves face à la création de structures permanentes qui prolongeraient le processus.

    Lire aussi : Woelki : « Pour moi, le Chemin synodal est clos »

    Dans l’attente des « corrections » de Rome

    Les déclarations prennent une importance particulière alors que l’avenir de la dite Conférence synodale reste en suspens, l’organisme formé par des évêques et des laïcs qui vise à donner une continuité institutionnelle au Chemin synodal.

    Sa mise en place n’arrivera probablement pas en novembre, comme cela avait été envisagé initialement, en raison de l’examen de ses statuts par le Saint-Siège. Le président de la Conférence épiscopale allemande, Georg Bätzing, avait déjà reconnu que la nouvelle structure ne commencerait pas à fonctionner sans l’approbation de Rome.

    Woelki rappelle maintenant qu’il revient au Magistère de déterminer « ce qu’est la foi et la doctrine de l’Église et ce qui appartient constitutivement à son apostolicité et catholicité ».

    Le cardinal reprend également l’affirmation de Bätzing selon laquelle l’Allemagne doit rester unie à l’Église universelle et qu’« il n’y aura pas de chemin spécial allemand ». C’est précisément pour cela qu’il considère positif que le travail réalisé ait été remis au Pape.

    « Nous attendons maintenant de voir où le Saint-Père et ses collaborateurs apportent les corrections qui, à mon avis, sont nécessaires », affirme-t-il.

    Le conflit n’est pas nouveau. Woelki, avec les évêques Gregor Maria Hanke, Stefan Oster et Rudolf Voderholzer, a refusé de participer au Comité synodal chargé de préparer les nouvelles structures, après les objections répétées formulées depuis Rome.

    Le débat sur les limites du processus allemand

    La question de fond reste jusqu’où peut aller une structure synodale nationale sans altérer les compétences propres des évêques ni entrer en contradiction avec la constitution sacramentelle de l’Église.

    Les tensions ont réapparu récemment sur des questions concrètes. Le mois dernier, après que Rome a rejeté la possibilité que les laïcs prononcent l’homélie pendant la Messe, des organisations liées au Chemin synodal ont réclamé de maintenir le débat ouvert et de le soumettre à nouveau au Saint-Siège.

    Lire aussi : Le Chemin synodal allemand n’accepte pas le NON de Rome et réclame de renégocier la prédication des laïcs

    Face à une conception de la synodalité centrée sur de nouvelles structures de participation et de décision, Woelki replace ainsi le débat sur un autre plan : la synodalité comme instrument au service de la mission et soumise à la doctrine, à la constitution hiérarchique de l’Église et au discernement de la volonté de Dieu.