Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Actualité

  • La différence entre la voie synodale allemande et la réforme synodale apparaît comme une simple différence de rythme

    IMPRIMER

    De Gaetano Masciullo sur The European Conservative :

    La révolution « synodale » : de la hiérarchie divine à la démocratie humaine

    La différence entre la voie synodale allemande et la réforme synodale initiée par le défunt pape François apparaît aujourd'hui, plus que jamais, comme une simple différence de rythme.

     

    La crise de l'Église catholique est avant tout une crise d'autorité. L'autorité ne concerne pas seulement la sphère doctrinale et morale, mais surtout la forme et la manière dont le pouvoir s'exerce. Toute institution repose sur une structure de pouvoir qui assure son unité et sa continuité. Dans le cas de l'Église, cette structure est un régime mixte de droit divin : monarchique, car le pape exerce un pouvoir suprême, plein et immédiat sur toute l'Église, garantissant l'unité de la foi ; aristocratique, car les évêques – idéalement choisis parmi les « meilleurs » ( aristoi ) – gouvernent les diocèses avec une réelle autonomie, tout en restant en communion avec le pape ; et « républicain » (au sens classique du terme), car le pouvoir n'appartient pas à une dynastie ou à une caste comme dans l'hindouisme, mais peut être conféré, par élection ou nomination, à quiconque – indépendamment de son origine sociale – remplit les conditions requises pour accéder à la hiérarchie.

    De plus, il s'agit traditionnellement d'un régime subsidiaire : le niveau supérieur ne devrait intervenir que lorsque le niveau inférieur de la hiérarchie est incapable de subvenir à ses propres besoins ou pour des questions concernant l'Église dans son ensemble, de manière transversale et universelle. Par conséquent, les échelons supérieurs interviennent beaucoup moins que les échelons inférieurs.

    Au cours des dernières décennies, cependant, une approche différente s'est progressivement imposée, un véritable processus de subversion du régime traditionnel : d'un régime mixte à un régime de plus en plus démocratique et parlementaire, d'un régime subsidiaire à un régime centralisateur.

    Bergoglio, le « pape dictateur »

    Le pontificat de Jorge Mario Bergoglio – le pape François – a représenté une véritable « dictature de transition ». L’Église post-conciliaire présentait un modèle encore monarchique dans sa structure, mais dont la perception et l’exercice du pouvoir étaient radicalement différents ; elle évoluait vers une nouvelle configuration que beaucoup souhaitent instaurer dans un esprit démocratique. Comme c’est souvent le cas lors des transitions historiques de la monarchie à la démocratie, cette transition a été marquée par un vide de pouvoir, symboliquement et concrètement incarné par la démission de Benoît XVI en 2013. Ce vide a été comblé par François, qui a exercé une autorité fortement centralisée – une « dictature » au sens marxiste du terme, c’est-à-dire un pouvoir extraordinaire et direct, mais temporaire – pour guider l’Église d’un modèle à l’autre, démantelant de fait la structure précédente.

    De ce point de vue, Léon XIV ne s'oppose pas au pontificat de François, comme beaucoup continuent de l'affirmer, mais s'inscrit dans une continuité cohérente, sous forme de synthèse. Ce n'est pas un hasard si, dès le début de son pontificat, Léon a maintes fois exalté le rôle de la Curie – l'appareil administratif du Vatican – la présentant parfois comme de fait supérieure au pape lui-même ( « Les papes passent, la Curie demeure » ), sur lequel elle devrait exercer un pouvoir de type vicariat. Léon ne se perçoit pas comme une autorité placée au-dessus de la Curie, mais comme une figure insérée, presque « intégrée » et temporaire en son sein.

    L’un des principaux instruments de ce processus initié par le pape François a été le paradigme de la « synodalité ». Formellement, il se présente comme un retour aux pratiques anciennes de l’Église. En réalité, l’idée sous-jacente est que tout le peuple de Dieu – et non seulement le clergé ordonné – participe à la définition de la vie de l’Église, non seulement en matière pastorale ou disciplinaire, mais aussi sur les questions doctrinales et morales.

    La méthode employée reste toujours la même. On ne procède pas à une révision explicite de la doctrine, ce qui engendrerait des frictions difficiles à gérer. Au contraire, les principes traditionnels sont souvent réaffirmés verbalement. Parallèlement, des innovations sont introduites dans la pratique qui, avec le temps, finissent par normaliser des principes auparavant jugés inacceptables.

    La question des femmes n'est que la partie émergée de l'iceberg.

    Un exemple significatif concerne la question du diaconat féminin. Le 4 décembre 2025 , le pape a autorisé la publication d'une synthèse d'études commandée par François, qui affirme qu'une telle institution ne peut être admise actuellement dans l'Église. Toutefois, il a précisé que ce jugement « n'est pas définitif ». Cette formulation révèle une logique typique des processus révolutionnaires progressifs : une position est qualifiée de « non définitive » jusqu'à ce que le changement soit pleinement consolidé ou accepté par la majorité ; elle devient « définitive » lorsque la transformation est déjà accomplie et irréversible au niveau institutionnel.

    De nombreux signaux apparus ces derniers mois semblent confirmer cette dynamique. 

    Un élément parmi d'autres est constitué par les récentes déclarations du cardinal Reinhard Marx, promoteur du Chemin synodal allemand, qui propose d'étendre le modèle synodal allemand à l'Église universelle.

    Un autre signal concerne le débat théologique actuel sur la nature du pouvoir de gouvernance. En novembre 2025 , le cardinal Francesco Coccopalmerio, dans un ouvrage récent, suggérait de modifier le droit canonique afin de consolider une plus grande participation des laïcs à la gouvernance de l'Église. Le 16 février , le cardinal Marc Ouellet proposait de développer une vision plus « charismatique » de la gouvernance ecclésiale, selon laquelle le baptême – et non l'ordre – devrait permettre aux fidèles de participer pleinement et durablement à la gouvernance de l'Église. Cette perspective s'oppose à la conception traditionnelle, selon laquelle seul le sacrement de l'ordre confère la gouvernance, tandis que les laïcs ne peuvent exercer le pouvoir que par délégation – c'est-à-dire non pas de leur propre chef, mais comme une prérogative reçue, limitée dans le temps et dans son étendue.

    Récemment, plusieurs rapports de groupes d'étude commandés par le pape François et travaillant sur le Synode sur la synodalité ont été publiés. Ces rapports convergent vers la même orientation. Le rapport du Groupe d'étude 4, consacré à la formation sacerdotale et publié le 3 mars , propose une plus grande présence des femmes dans les parcours de formation et dans l'admission des candidats au sacerdoce. Le rapport du Groupe 5, publié le 10 mars , aborde explicitement la « question des femmes », qui, en réalité, agit comme un catalyseur pour le changement plus large évoqué précédemment. 

    Ce rapport, consacré au rôle des femmes dans la vie et la gouvernance de l’Église, évoque explicitement la nécessité de « dépasser les mentalités », affirmant que nombre de rôles dits de genre seraient des « constructions culturelles », historiquement modifiables. Poussée à l’extrême, une telle approche ne peut que dissoudre la complémentarité entre l’homme et la femme, la réduisant à une fonction purement biologique dépourvue de toute signification normative. Dans ce contexte, il deviendrait plus aisé de légitimer, au moins implicitement, la normalisation des relations non conventionnelles et les revendications des catholiques LGBT – un phénomène déjà observable au sein de l’Église catholique.

    Le bon évêque selon Léon : modéré ou progressiste ?

    Cette analyse est d'ailleurs confortée par les nominations épiscopales proposées par le pape Léon XIV ces derniers mois. Le vaticaniste Sandro Magister a récemment publié un article mettant en évidence une constante dans ces nominations. Selon lui, les évêques de Léon XIV sont apolitiques, missionnaires et conciliants. Cette analyse paraît toutefois excessivement optimiste, surtout si on la limite aux seuls cas présentés : Ronald A. Hicks (New York), Manuel de Jesus Rodriguez (Palm Beach) et Stanislav Pribyl (Prague).

    Cependant, même en analysant les profils de ces derniers et en ignorant beaucoup d'autres, des données intéressantes émergent, comme dans le cas du nouvel archevêque de Prague, Pribyl, qui semble parfaitement aligné sur le programme du pape François et qui, ce n'est pas un hasard, était présent lors de la consécration épiscopale de Josef Grünwidl , le nouvel archevêque de Vienne, ouvertement favorable aux révolutions synodales et démocratiques les plus radicales de l'Église, et dont le ministère est soutenu, ce n'est pas un hasard non plus, par des prêtres qui non seulement théorisent – ​​par exemple – la levée du célibat, mais la pratiquent déjà , au mépris de la discipline ecclésiastique. europeanconservative.com avait analysé cette nomination inquiétante à l'époque.

    Un autre élément crucial, notamment pour les récentes nominations épiscopales aux États-Unis, concerne la diffusion croissante de ce qu'on appelle « l'éthique de la vie cohérente ». Celle-ci tend à mettre sur le même plan des questions très différentes ; ainsi, il n'y aurait aucune différence entre défendre l'avortement ou l'euthanasie, d'une part, et réglementer l'immigration ou la pollution, d'autre part. Cette approche semble plus compatible avec une conception démocratique-parlementaire de l'Église, où les péchés sont principalement réinterprétés comme des « maux sociaux ».

    Par ailleurs, l'objection de nombreux observateurs selon laquelle, même si les évêques sont aujourd'hui majoritairement progressistes, tant qu'ils n'osent pas s'opposer ouvertement au pape, il n'y aurait rien à craindre, est peu convaincante. D'abord, parce qu'ils s'expriment de toute façon. Ensuite, parce que les nominations épiscopales ne concernent pas seulement le présent, mais déterminent la composition future du Collège des cardinaux et, par conséquent, les prochains conclaves. L'histoire récente est éloquente : des cardinaux considérés comme conservateurs sous le pontificat de Benoît XVI, tels qu'Ouellet et Odilo Scherer, se sont par la suite révélés nettement progressistes.

    À quoi faut-il s'attendre à court terme ?

    D'autres développements sont attendus lors des prochains consistoires extraordinaires convoqués par le pape Léon XIV, le prochain étant prévu pour fin juin 2026. Léon XIV a déjà indiqué que ces consistoires, bien qu'extraordinaires formellement, deviendront en réalité la norme de son pontificat. Parmi les sujets prévus figure également la relation entre le Saint-Siège et les Églises locales à la lumière de la constitution apostolique Praedicate Evangelium. Il s'agira essentiellement d'une discussion sur les structures de pouvoir au sein de l'Église, c'est-à-dire sur la manière dont l'autorité doit être répartie entre le centre et les périphéries. L'orientation est clairement définie.

    Les évêques et les cardinaux d'orientation plus conservatrice sont confrontés à une tâche délicate : non pas simplement s'opposer à des réformes individuelles, mais fournir des arguments théologiques et juridiques cohérents défendant la conception traditionnelle de l'autorité.

    La différence entre la voie synodale allemande et la réforme synodale initiée par François à un niveau plus universel apparaît aujourd'hui, plus que jamais, comme une simple différence de rythme . L'Allemagne avance plus rapidement, tandis que la Curie de Bergoglio adopte une approche plus prudente. Autrement, il serait difficile d'expliquer le silence significatif du Saint-Siège face aux initiatives allemandes – ouvertement contraires au droit canonique – alors que de graves (et bruyantes) menaces de sanctions sont proférées contre la Fraternité Saint-Pie-X (FSSPX). C'est sur ce terrain institutionnel que se dessinera, dans les mois et les années à venir, la future configuration de l'Église catholique : une transformation progressive de sa constitution matérielle, qui pourrait s'opérer sans modification majeure de sa constitution juridique.

  • Mgr Bonny s'apprête-t-il à transgresser le droit canonique de l'Eglise ?

    IMPRIMER

    De Tyler Arnold sur le CWR

    Un évêque belge prévoit d'ordonner des hommes mariés d'ici 2028, en violation du droit canonique de l'Église.

    Un évêque catholique belge a rédigé une lettre pastorale de 11 pages qui comprenait un plan visant à ordonner des hommes mariés prêtres d'ici 2028, même si de telles actions violeraient le Code de droit canonique.

    Mgr Johan Bonny, évêque du diocèse d'Anvers depuis 2009, a rappelé que la question de l'ordination des hommes mariés avait été abordée lors du Synode sur la synodalité (2023-2024) au Vatican. Bien que le sujet ait été ouvertement débattu, ni le pape François ni les auteurs du document final n'ont autorisé l'ordination des hommes mariés ni recommandé de modifications du droit canonique en ce sens.

    Malgré cela, Bonny écrivait dans sa lettre pastorale que, lors de chaque discussion synodale, « la question de l’ordination des hommes mariés… à la prêtrise se pose ». Il affirmait que « le consensus sur cette question est quasi total… surtout parmi les plus fidèles et les plus pieux » et qu’il « existe depuis de nombreuses années ».

    « La question n’est plus de savoir si l’Église peut ordonner prêtres des hommes mariés, mais quand elle le fera et qui le fera », a déclaré l’évêque. « Tout retard est perçu comme un prétexte. »

    Contrairement à ce qui est généralement admis, le canon 1042 interdit l'ordination d'hommes mariés selon le rite latin, sauf circonstances exceptionnelles. Il stipule clairement que le seul ordre sacré auquel un homme marié peut prétendre est le diaconat permanent, et non la prêtrise. Un homme marié peut accéder au diaconat permanent avec le consentement de son épouse s'il est âgé d'au moins 35 ans, mais un diacre permanent veuf ne peut se remarier.

    Cette règle n'est pas totalement universelle au sein de l'Église catholique. Le Code des canons des Églises orientales autorise l'ordination d'hommes mariés dans les Églises catholiques de rite oriental, qui la pratiquent depuis longtemps.

    Il existe également des exceptions, certes limitées, dans le rite latin. Un prêtre anglican marié qui se convertit au catholicisme peut être ordonné prêtre catholique et rester marié. L'Église prévoit aussi quelques exceptions pour d'autres pasteurs protestants mariés qui souhaitent également se convertir au catholicisme et être ordonnés prêtres.

    Cependant, à de rares exceptions près, les hommes mariés ne sont pas autorisés à être ordonnés prêtres selon le rite latin.

    Bonny n'aborde pas les canons pertinents dans sa lettre. Il ne cite aucune approbation du Vatican et ne donne aucune indication quant à une éventuelle modification du droit canonique.

    L’évêque n’a pas précisé qu’il solliciterait d’abord une approbation avant les ordinations, mais il a déclaré qu’il veillerait à « la communication et aux dispositions nécessaires » avec le Vatican et la Conférence des évêques belges, « car nous pouvons tirer des enseignements de nos expériences et de nos points de vue respectifs ».

    « Je mettrai tout en œuvre pour ordonner prêtres des hommes mariés dans notre diocèse d’ici 2028 », a-t-il déclaré. « Je les contacterai personnellement et veillerai à ce qu’ils aient, d’ici là, la formation théologique et l’expérience pastorale nécessaires, comparables à celles des autres candidats à la prêtrise. Cette préparation se déroulera de manière transparente mais discrète, à l’abri des médias. »

    « Pour de nombreux évêques, l’ordination d’hommes mariés est devenue une question de conscience », a-t-il écrit. « À ce niveau également, la transparence, la responsabilité et l’évaluation sont importantes pour la crédibilité de l’Église. »

    Bonny avance plusieurs arguments pour justifier son intention d'ordonner des hommes mariés, notamment la « pénurie historique de prêtres locaux dans de nombreux diocèses ». Il a déclaré que de nombreux prêtres nés à l'étranger comblent actuellement ce manque, mais qu'« il ne serait pas juste de leur faire porter le fardeau de nos pénuries ».

    Il a noté que l'Église en Belgique travaille déjà « avec un certain nombre de prêtres catholiques mariés », citant les prêtres catholiques de rite oriental et les convertis qui relevaient des exceptions limitées.

    Bonny a également déclaré : « Il existe un ensemble d'expériences liées à la santé psychosociale des prêtres et à la transparence de leur mode de vie. » Il a ajouté : « La question des abus sexuels reste un sujet préoccupant » et « les sous-cultures et les modes de vie du clergé appartiennent désormais au passé. »

    « Le fait que presque aucun candidat local ne se présente à l’ordination me semble indubitablement lié à l’absence de discernement synodal dans le ministère pastoral classique », a poursuivi l’évêque. « Lors de mes visites dans les paroisses ou les unités pastorales, je rencontre régulièrement des personnes que la communauté considérerait comme de bons prêtres. De même, je connais moi-même plusieurs collègues qui seraient parfaitement aptes à l’ordination. »

    Tom Nash, apologiste du site Catholic Answers, a déclaré à EWTN News qu'il espérait que Bonny « soit docile envers le Saint-Père, le pape Léon XIV ».

    « C’est le pape seul, successeur de saint Pierre, qui détient la primauté divine pour enseigner définitivement la foi et la morale, ainsi que la primauté divine d’autorité pour lier et délier en matière de discipline ; il faut donc être très prudent avant d’agir d’une manière qui violerait gravement cette primauté papale de gouvernement instituée par Dieu », a-t-il déclaré.

    Nash a expliqué que des hommes mariés peuvent être validement ordonnés prêtres, comme on le constate dans le rite oriental et dans de rares exceptions du rite latin. Cependant, sans l'approbation du pape et une modification du droit canonique, de telles ordinations seraient « illicites » dans les circonstances évoquées par l'évêque dans sa lettre pastorale.

    Si Bonny ordonnait des hommes mariés prêtres, Nash a déclaré que la situation serait similaire à celle de la Fraternité Saint-Pie-X, qui a consacré illégalement des évêques en 1988 et menace de recommencer. De telles consécrations, a-t-il expliqué, sont « valides mais illicites ».

    Un prêtre ordonné validement mais illégalement serait un vrai prêtre et pourrait célébrer validement la messe, selon Nash. Cependant, de telles célébrations seraient illicites, contraires au Saint-Siège et donc pécheresses, a-t-il affirmé. D'autres facultés sacerdotales, en revanche, pourraient ne pas être valides, a-t-il ajouté.

    « Le simple fait que de tels prêtres ordonnés puissent célébrer la messe validement mais illicitement ne signifie pas qu'ils aient besoin des facultés sacerdotales déléguées par le pape pour absoudre validement les péchés au confessionnal et pour recevoir le consentement des parties lors du rite de mariage de l'Église, afin d'éviter un mariage invalide », a déclaré Nash.

    « Il sera intéressant de voir comment cette affaire évoluera au cours des deux prochaines années, et je prie pour que l’évêque Bonny soit docile envers le Saint-Père », a-t-il ajouté.

    David Long, directeur de l'Institut de recherche politique et d'études catholiques de l'Université catholique d'Amérique et canoniste, a déclaré à EWTN News que la question de l'ordination des hommes mariés « ne relève pas de l'autorité d'un évêque diocésain agissant de son propre chef ».

    « Tout changement de pratique actuel dans un diocèse latin nécessiterait une intervention du Saint-Siège et ne pourrait être réalisé par une décision unilatérale d'un évêque diocésain, quelles que soient les circonstances pastorales urgentes », a-t-il déclaré.

  • Pourquoi le pape Léon XIV se rend-il à Monaco ?

    IMPRIMER

    De Luke Coppen sur le Pillar :

    Pourquoi le pape Léon XIV se rend-il à Monaco ?

    Qu'est-ce qui a incité le pape à choisir de visiter ce micro-État ?

    Le pape François a fait un choix typiquement original en désignant l'Albanie , un pays qu'il considérait comme étant à la « périphérie » politique et économique de l'Europe.

    Léon XIV a choisi Monaco, ce micro-État niché sur la Côte d'Azur. Le 28 mars, il effectuera une visite éclair de neuf heures dans la principauté.

    Pourquoi Monaco ? Eh bien, ce n'est pas tout à fait clair, car le pape, né aux États-Unis, n'a fourni aucune explication publique.

    Examinons les raisons probables de ce voyage, après avoir considéré ce qui fait de Monaco une destination papale inhabituelle.

    Pourquoi Monaco est-il surprenant ?

    Lors de son voyage en Terre sainte en 1964, Paul VI a inauguré l'ère des papes voyageurs. Au cours des 62 années suivantes, les papes se sont rendus dans des pays lointains qui n'avaient jamais accueilli auparavant l'évêque de Rome.

    Pourtant, aucun pape n'a mis les pieds à Monaco à l'époque moderne, même s'il s'agit d'un pays officiellement catholique situé à moins de 480 kilomètres de Rome à vol d'oiseau.

    À proprement parler, Monaco a bien accueilli un pape en 1802, mais cela ne compte pas comme une visite papale car Pie VI était décédé plusieurs mois auparavant en France et sa dépouille était transportée à Rome pour y être inhumée une nouvelle fois.

    Pourquoi les papes modernes n'ont-ils jamais visité Monaco ? La raison la plus évidente est sa taille minuscule, même pour un micro-État. Sa population n'est que de 39 000 habitants et sa superficie de seulement 2,1 km². C'est en effet le deuxième plus petit État souverain au monde après la Cité du Vatican.

    L'archidiocèse de Monaco est le plus petit diocèse du monde en superficie. Il compte environ 29 000 catholiques , dont environ 8 % assistent à la messe.

    Monaco est une autre raison pour laquelle il est peu probable qu'il accueille une visite papale : sa réputation de lieu de villégiature pour les plus fortunés. Environ un habitant sur trois est millionnaire. La principauté est également fortement associée aux jeux de hasard, grâce au Casino de Monte-Carlo, l'un des établissements de jeux les plus célèbres au monde.

    Pourquoi Léon XIV y va-t-il ?

    Lorsque le bureau de presse du Saint-Siège a annoncé le 25 février que Léon XIV avait l'intention de faire une excursion d'une journée à Monaco, il n'a guère donné d'explications sur les raisons pour lesquelles le pape avait choisi ce lieu.

    « Accueillant favorablement l’invitation des chefs d’État et de l’archevêque de la Principauté de Monaco, le pape Léon XIV effectuera un voyage apostolique dans la Cité-État le 28 mars », a-t-on indiqué.

    L'annonce précisait que le pape Léon était en visite dans le pays à l'invitation d'Albert II, prince de Monaco depuis 2005, et de l'archevêque Dominique-Marie David, qui dirige l'archidiocèse local depuis 2020.

    Mais toutes les visites papales sont précédées d'une invitation du chef d'État et de l'Église locale, ce qui n'expliquait donc pas le but de ce voyage.

    L'archidiocèse de Monaco a apporté des précisions dans un communiqué de presse en réponse à l'annonce du voyage.

    Il est indiqué : « La famille princière – et par conséquent la Principauté – entretient depuis des siècles un lien indéfectible avec les Successeurs de Pierre. Outre le statut unique de Monaco, l’un des rares pays où le catholicisme est religion d’État, il est de notoriété publique que le Saint-Père et Son Altesse Sérénissime le Prince Albert II partagent de nombreux engagements : le respect de la vie humaine de sa naissance à sa fin ; la protection de l’écologie intégrale et la préservation de notre « maison commune » ; et une passion commune pour le sport et ce qu’il représente pour l’humanité. »

    Ce paragraphe dense présentait cinq raisons justifiant la visite papale. Examinons-les une à une.

    1) Un lien séculaire : Les relations entre les souverains de Monaco et la papauté remontent au XIIIe siècle. Peu de pays peuvent se targuer de liens aussi durables avec le Saint-Siège.

    2) Le catholicisme comme religion d'État : Cela place Monaco dans un groupe très restreint de nations qui comprend Malte, le Liechtenstein et le Costa Rica.

    3) Respect partagé de la vie humaine : En novembre 2025, le prince Albert II a clairement indiqué qu'il opposerait son veto à un projet de loi visant à légaliser l'avortement dans la principauté. Une telle position est rare parmi les chefs d'État européens. Le geste d'Albert II rappelait celui du roi Baudouin de Belgique, qui avait brièvement abdiqué en 1990 pour éviter de signer une loi légalisant l'avortement.

    L’archevêque David a semblé souligner l’importance du veto du prince dans sa lettre invitant Léon XIV à Monaco. « Aujourd’hui, face aux défis que rencontre le monde – qui nous touchent autant que les autres –, le prince Albert II ne ménage aucun effort pour faire appel à la conscience de chacun et maintenir la vigilance individuelle », a écrit l’archevêque.

    4) Préoccupation partagée pour l'environnement : Le prince Albert II est surnommé « le Prince Vert » en raison de son engagement de longue date en faveur de la protection de la nature. En 2006, il est devenu le premier chef d'État à atteindre le pôle Nord en traîneau à chiens. À son retour, il a créé une fondation qui soutient des initiatives écologiques à travers le monde. Cet engagement ne manquerait pas de séduire le pape Léon XIII, qui a appelé à une véritable conversion écologique.

    5) Une passion commune pour le sport : Léon XIV est un grand amateur de sport qui pratique le tennis pendant ses jours de repos. Albert II est également un passionné de tennis. Le prince est régulièrement aperçu au Masters de Monte-Carlo, un tournoi sur terre battue qui se déroule chaque année en avril aux portes de Monaco.

    Albert II est également un sportif passionné. Il a participé cinq fois à l'épreuve de bobsleigh des Jeux olympiques d'hiver. Il a fait ses débuts aux Jeux de 1988 à Calgary, où il a terminé 25e en bob à deux. Le prince est reconnu pour avoir permis à la première équipe jamaïcaine de bobsleigh de concourir à ses côtés – un épisode qui, malheureusement, n'a pas été inclus dans le film « Rasta Rockett » (1993), inspiré par les pionniers jamaïcains du bobsleigh.

    En bref, plusieurs raisons convaincantes expliquent pourquoi le pape Léon se rend ce week-end dans le pays que l'écrivain anglais W. Somerset Maugham qualifiait avec impertinence de « lieu ensoleillé pour des gens louches ».

  • Faut-il aller jusqu'Oslo pour redécouvrir l'importance de la confession ?

    IMPRIMER

    De José García sur le Tagespost :

    L’évêque d’Oslo appelle à la redécouverte de la confession

    Dans une lettre pastorale, Fredrik Hansen apaise la crainte de la confession chez les fidèles. Il recommande de recevoir le sacrement de pénitence au moins trois fois par an.

    Dans une lettre pastorale percutante, l’évêque d’Oslo, Fredrik Hansen, invite les fidèles à redécouvrir la valeur du sacrement de pénitence et à se confesser régulièrement. Cette lettre, écrite pour le cinquième dimanche de Carême 2026, allie une grande clarté théologique à un ton exceptionnellement direct, presque personnel. Mgr Hansen ne se contente pas d’exhortations générales, mais offre des conseils concrets : il recommande de se confesser au moins trois fois par an.

    L’évêque nous rappelle que les sacrements font partie intégrante de la vie liturgique de l’Église. Institués par le Christ, voulus par Dieu, ils découlent de l’œuvre salvifique de Jésus. C’est pourquoi ils sont à juste titre considérés comme des moyens de grâce et de salut. Dans le sacrement de pénitence, on reçoit le pardon des péchés ; en même temps, la communion avec Dieu et l’Église est renouvelée. 

    « En péchant, nous essayons de prendre la place de Dieu. »

    Pour comprendre le pardon, il faut d'abord reconnaître « ce qu'est le péché et ce qu'il nous fait ». Hansen rappelle la confession des péchés lors de la messe, qui parle des péchés commis « en pensée, en parole, en acte et par omission », et le formule de façon éloquente : « En péchant, nous essayons de prendre la place de Dieu et de nous ériger en juges du bien et du mal, tout comme Adam et Ève l'ont fait dans le jardin d'Éden. »

    Le péché, écrit-il, nuit à la relation avec Dieu, l'Église et son prochain ; un péché grave peut même briser ce lien. Parallèlement, Hansen souligne que le péché n'a pas le dernier mot, mais que la miséricorde divine prévaut. La confession apparaît donc dans sa lettre non comme un devoir contraignant, mais comme une rencontre concrète avec la grâce guérissante de Dieu : « S'il est une chose que notre foi proclame clairement, c'est que Dieu est riche en miséricorde et se réjouit de chaque pécheur qui se repent. »

    Le sacrement de pénitence comme partie vivante de la vie de tous les croyants

    Hansen s'adresse explicitement à ceux qui éprouvent des difficultés à se confesser – parce que leur dernière confession remonte à longtemps, parce qu'ils ne savent pas quoi dire, ou parce qu'ils se sentent accablés par la culpabilité. Il souhaite les aider, en particulier, à franchir à nouveau le seuil du confessionnal. Le chemin qui y mène, affirme-t-il, doit être court et sans obstacles. « En tant qu'évêque, je me sens tenu d'aider les fidèles qui, pour une raison ou une autre, hésitent à se confesser », écrit-il, et il les invite à lui écrire personnellement pour lui faire part de ce qui les empêche d'aller se confesser, afin qu'ensemble nous puissions faire du sacrement de pénitence une pratique vivante pour tous les croyants.

    Dans le même temps, Hansen s'adresse aux prêtres. Il les exhorte à faciliter et à rendre plus naturel l'accès au sacrement, à montrer l'exemple et à se confesser régulièrement et fidèlement. En guise de préparation au sacrement, l'évêque leur rappelle l'importance de l'examen de conscience, du repentir et de la résolution de changer de vie. Il recommande des temps de silence et de prière, ainsi que la méditation des Dix Commandements et des Saintes Écritures.

    Une bonne pratique de confession implique plus d'une fois par an

    Enfin, Hansen souligne qu'une bonne pratique de la confession implique « plus d'une confession par an ». Chaque croyant devrait se confesser régulièrement : « Ainsi, nous apprenons à examiner notre vie pour y déceler les péchés de faiblesse, à approfondir notre compréhension de la loi de Dieu et à tendre avec diligence vers la sainteté à laquelle le Seigneur nous appelle. » C'est pourquoi il exhorte tous les croyants à « se confesser au moins trois fois par an : pendant le Carême, durant l'été précédant la fête de saint Olav et pendant l'Avent. »

    La lettre se conclut par une référence à la Semaine sainte à venir et aux mystères de Pâques, d’où, comme l’écrit l’évêque, « rayonne la victoire sur la mort et le péché ».

  • Causes des saints: six nouveaux vénérables, dont le Père Henri Caffarel

    IMPRIMER

    Du Père Moriba Camara, S.J. sur Vatican News :

    Causes des saints: six nouveaux vénérables, dont un Français

    Lors de l’audience accordée au cardinal Marcello Semeraro le lundi 23 mars, le Pape Léon XIV a autorisé la promulgation de plusieurs décrets concernant des causes de béatification et de canonisation. Ces décrets reconnaissent notamment l’offrande de la vie et les vertus héroïques de plusieurs serviteurs et servantes de Dieu, figures de foi issues de différents horizons et de vocations variés.

    Parmi les décisions annoncées figure la reconnaissance de «l’offrande de la vie du Serviteur de Dieu Ludovico Altieri», cardinal et évêque d’Albano au XIXᵉ siècle. Né à Rome le 17 juillet 1805 et décédé le 11 août 1867 à Albano Laziale, en Italie, Ludovico Altieri est ainsi reconnu pour le don total de sa vie au service de l’Église.

     

    Des vertus héroïques reconnues dans divers états de vie

    Le Saint-Père a également reconnu les «vertus héroïques» de plusieurs serviteurs et servantes de Dieu, issus de contextes et de vocations variés. Parmi eux, le père irlandais Edward Joseph Flanagan, fondateur de Boys Town, dont la vie sacerdotale a été marquée par un engagement en faveur de la jeunesse en difficulté, défavorisée et marginalisée. Le père Edward est né le 13 juillet 1886 à Ballymoe, en Irlande, et décédé le 15 mai 1948 à Berlin, en Allemagne

     

    Sont également reconnues les vertus héroïques du père français Henri Caffarel, prêtre diocésain, fondateur de l’association «Équipes Notre-Dame» et de l’Institut séculier «Fraternité Notre-Dame de la Résurrection». Né le 30 juillet 1903 à Lyon et décédé le 18 septembre 1996 à Beauvais, sa spiritualité conjugale continue d’inspirer de nombreuses familles à travers le monde.

     

    Le décret concerne aussi la religieuse polonaise Stanislava Samulowska, née Barbara le 30 janvier 1865 à Woryty (actuelle Pologne) et décédée le 6 décembre 1950 à Guatemala. Elle est religieuse professe de la Société des Filles de Saint-Vincent-de-Paul.

     

    Ces décrets concernent également la religieuse espagnole Maria de Bethléem du Cœur de Jésus Romero Algarín, née Maria Dolores, engagée dans la vie consacrée. Elle est religieuse professe de la Congrégation des Servantes du Divin Cœur, née le 7 octobre 1916 à Séville, en Espagne, et décédée le 12 novembre 1977 à Sanlúcar la Mayor, en Espagne.

     

    La sainteté vécue dans la vie ordinaire

    Parmi les figures reconnues par le Saint-Père figure également un laïc, Giuseppe, père de famille italien. Il est né le 15 mars 1909 à Montebaranzone, en Italie, et décède dans cette même ville le 22 juin 1965. Sa vie témoigne du fait que la sainteté peut être vécue dans les réalités quotidiennes, au cœur de la famille et du travail.

     

    À travers ces décrets, l’Église met en lumière des parcours marqués par la fidélité à l’Évangile, dans des contextes historiques et culturels divers. Ces nouvelles reconnaissances rappellent que l’appel à vivre l’Évangile avec radicalité concerne tous les baptisés, quels que soient leur vocation et leur état de vie.

  • Eglise, dogmes, hérésies : l’Institut docteur Angélique met en ligne trois séries de cours très importantes

    IMPRIMER
    L’Institut docteur Angélique a la joie de vous annoncer la mise en ligne de trois séries de cours très importantes, et déjà accessibles sur Internet
     
    1° L’histoire de l’Église
     
     
    2° L’histoire des dogmes
     
     
    3° Une brève histoire des hérésies
     
     
    Je vous communique aussi en pièce jointe le fichier avec les liens vers le récit en vidéo de la vie de presque tous les saints (catholiques et orthodoxes) dont on a des renseignements un peu solides. Vous trouverez facilement ces vies dans les nombreuses playlists qui correspondent à leur vocation : Les vierges, les martyrs, les Docteurs, les religieux, les missionnaires, les évêques, les papes, les mystiques, les Saint franciscains, les Saint Dominicains, les saints du Carmel etc.
     
     
    Avec toute mon amitié et en communion de prière
     
    RAPPEL L'Institut Docteur Angélique est un institut belge privé de philosophie et de théologie, dont toutes les études se font par correspondance, et qui a reçu en 2016 l'autorisation que de délivrer un master en philosophie et en théologie catholique, par le vicaire épiscopal de l'enseignement de Namur (l'Abbé Henri Ganty), avec l'appui moral de l'archevêque de Malines-Bruxelles Monseigneur André Léonard.
     
    Arnaud Dumouch 
  • Au coeur de Bruxelles, la Fraternité Saint-Pie X a remis saint Joseph à l'honneur

    IMPRIMER

    https://www.youtube.com/@FSSPXBruxelles

  • Attaque contre une Marche pour la Vie à Lisbonne

    IMPRIMER

    De Filipe d'Avillez sur le Pillar :

    Une marche pro-vie au Portugal a été attaquée

    Samedi, à Lisbonne, au Portugal, un manifestant a lancé un cocktail Molotov sur des participants à une marche pro-vie.

    Manifestants lors d'une marche pro-vie le 21 mars à Lisbonne, au Portugal. Photo fournie par l'auteur.

    L'engin n'a pas explosé lorsqu'il a atterri au milieu de la foule, mais a provoqué une peur et un choc généralisés parmi les hommes, les femmes et les enfants qui venaient de terminer d'écouter des discours devant le Parlement, alors que l'événement touchait à sa fin.

    Aucun blessé n'a été signalé suite à l'attaque.

    Le suspect a été repéré par des manifestants pro-vie et immobilisé avant l'intervention de policiers en service présents sur les lieux, qui l'ont arrêté. Il a été conduit à l'hôpital pour un examen et reste en garde à vue, selon un communiqué de la police.

    La police a informé les organisateurs de la Marche pour la vie que le suspect, âgé de 39 ans, appartient à un groupe de militants connus pour avoir provoqué des troubles similaires lors d'autres manifestations par le passé.

    C’est la première fois qu’une manifestation pro-vie au Portugal est le théâtre de violences. Aucun mobile n’a été avancé pour cette attaque manquée.

    Le coordinateur de la marche, Nuno Marques Afonso, a déclaré samedi qu'un tel comportement était « inacceptable dans une société démocratique », soulignant le nombre de familles, dont de nombreux enfants, qui auraient pu être gravement blessées si la bouteille avait explosé.

    Manifestants lors d'une marche pro-vie le 21 mars à Lisbonne, au Portugal. Photo fournie par l'auteur.

    Dans un communiqué transmis au journal The Pillar, le patriarche de Lisbonne, l'archevêque Rui Rui Valério, a dénoncé les violences.

    « C’est avec inquiétude que le patriarche de Lisbonne a appris l’acte de violence survenu lors de la Marche pour la vie, dans un contexte où des familles étaient impliquées », a déclaré Rui Valério.

    « De tels agissements sont profondément inacceptables. La violence n'est jamais la solution. Elle ne construit rien, elle ne rend pas justice, elle ne sert pas la vérité. Et elle est d'autant plus douloureuse lorsqu'elle menace les plus fragiles d'entre nous, notamment les enfants, qui devraient toujours être un signe d'espoir et non exposés à la peur. »

    « La Marche pour la Vie est née précisément de la conviction que toute vie humaine est un don inviolable, de la conception à la mort naturelle. Par conséquent, tout acte de violence, en particulier contre une manifestation pacifique, doit être fermement condamné », a ajouté l’archevêque.

    Valério avait précédemment enregistré une vidéo appelant à participer à la Marche pour la Vie, et dans sa déclaration de samedi, il a réaffirmé sa proximité « avec tous ceux qui ont participé à cette initiative, en particulier les familles et les enfants qui ont pu se sentir en danger ou avoir peur. L’Église est proche de tous, elle vous accompagne et prie pour chacun d’entre vous. Aucun acte de violence ne peut effacer le bien accompli, le témoignage rendu et l’espoir semé » par le mouvement pro-vie.

    La Marche pour la vie du 21 mars au Portugal s'est déroulée dans plusieurs villes du pays, l'événement principal à Lisbonne rassemblant environ 4 000 participants, qui portaient des banderoles appelant au respect de la vie dans l'utérus et dénonçant l'euthanasie.

    L'avortement est légal au Portugal sur demande pendant les 10 premières semaines de grossesse, et jusqu'à un stade ultérieur en cas de viol, d'inceste, de risque pour la santé de la mère ou de handicap fœtal.

    Une loi légalisant l'euthanasie a été approuvée en 2023, sous un gouvernement socialiste doté d'un parlement à majorité de gauche, mais elle n'a toujours pas été réglementée, ce qui signifie qu'elle n'est pas entrée en vigueur.

    La Cour constitutionnelle a par ailleurs jugé qu'au moins six dispositions de la loi présentaient des failles, ce qui impliquerait une refonte avant toute réglementation. Cependant, les dernières élections législatives au Portugal ont entraîné un net virage à droite, les sociaux-démocrates de centre-droit formant un gouvernement de coalition avec les démocrates-chrétiens, et le parti d'extrême droite Chega arrivant en deuxième position, devant le Parti socialiste.

    Le gouvernement actuel a clairement indiqué qu'il n'avait aucune intention de revenir sur le projet de loi concernant l'euthanasie, ce qui lui laisse peu de chances de devenir une loi applicable dans un avenir proche.

  • Léon XIV : vers la définition d’un pontificat

    IMPRIMER

    D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

    Léon XIV : vers la définition d’un pontificat

    23 mars 2026

    À l’approche du premier anniversaire de son élection, il semble que Léon XIV commence à dévoiler les contours et la substance de son règne.

    Au cours de la seule semaine dernière, deux événements ont mis en évidence des caractéristiques spécifiques du pontificat de Léon XIV : la décision rendue par le tribunal d’appel de la Cité du Vatican, qui pourrait renverser le cours du soi-disant « procès du siècle » ; la convocation des présidents des conférences épiscopales du monde entier pour commémorer le dixième anniversaire d’Amoris Laetitia.

    Ces deux événements semblent n’avoir aucun lien entre eux, et c’est effectivement le cas.

    Le premier – la décision de justice – n’est même pas une décision de Léon XIV, mais plutôt une conséquence du changement de pontificat, où il n’y a plus de pape pour intervenir au cours de la procédure et en influencer d’une manière ou d’une autre l’issue. Le second, une décision directe du pape, nous montre quelque chose de très important sur la manière dont Léon entend succéder à François.

    Ces deux développements nous en disent long, d’une certaine manière, sur qui est le pape Léon XIV et sur la façon dont il gouverne réellement.

    L'ordonnance de la cour d'appel du Vatican concerne le « procès Becciu » relatif à la gestion des fonds de la Secrétairerie d'État.

    Le procès portait en partie sur le cardinal Becciu et sa décision, en tant que vicaire général, d’envoyer une aide à une coopérative Caritas de son diocèse d’origine, ainsi que sur ses relations avec Cecilia Marogna, qui se présentait comme une travailleuse humanitaire, en vue de la libération de plusieurs otages. Le nœud de l’affaire résidait toutefois dans l’investissement de la Secrétairerie d’État dans un bien immobilier de luxe à Londres, qui s’est soldé par une perte colossale après plusieurs changements de propriétaire et le refus subséquent de l’Institut pour les Œuvres de la Religion d’accorder une avance financière à la Secrétairerie d’État, ce qui a finalement conduit à une plainte officielle et à une procédure judiciaire.

    Au cours des 86 audiences du procès en première instance, qui s’est soldé par la condamnation de neuf des dix accusés à 38 ans d’emprisonnement et à environ 200 millions d’euros d’amendes, les accusés ont maintes fois fait valoir que le procès lui-même avait été « faussé » par plusieurs éléments.

    Tout d’abord, les documents mis à disposition par le Promoteur de justice (le procureur du Vatican) étaient truffés de caviardages, ce qui rendait difficile leur mise en contexte. Ces caviardages ont été révélés par la suite lors de leur publication dans le cadre d’une autre enquête connexe, qui a également mis en lumière une relation entre le Promoteur de justice et deux personnes ayant eu une influence sur Mgr Alberto Perlasca. Ce dernier a d’abord été accusé, puis témoin clé, avant d’être finalement considéré comme une simple personne informée des faits dans le cadre du procès.

    Le deuxième problème réside dans le fait que le pape François a publié, au cours de l’enquête, quatre rescrits qui ont modifié la législation au fur et à mesure. Ces rescrits étaient restés confidentiels et n’ont été rendus publics qu’au cours du procès, ce qui a rendu le travail de la défense encore plus complexe.

    Toutes ces questions ont été soulevées lors du procès en première instance, mais en vain.

    Le président du tribunal, Giuseppe Pignatone, tout en garantissant une transparence maximale et la possibilité d’interroger et de contre-interroger, n’a toutefois pas abordé la question. Le jugement a immédiatement semblé très contestable, notamment parce que le raisonnement, dans certains cas, ne démontrait pas une culpabilité « prouvée ».

    La procédure d’appel, cependant, s’est immédiatement déroulée différemment.

    Le président de la cour, l’archevêque Alejandro Arellano, a ouvert la voie à la possibilité d’une récusation du procureur Alessandro Diddi, comme l’avait demandé la défense. Le procureur s’est alors abstenu de poursuivre le procès, une décision qui a finalement empêché l’établissement de ses responsabilités. Ainsi, l’appel du procureur lui-même a été déclaré irrecevable, en raison de vices de procédure manifestes. Enfin, le 17 mars, par une ordonnance de 16 pages, la Cour d’appel a déclaré le procès en première instance nul et non avenu, confirmant bon nombre des réserves de la défense.

    Les conclusions du procès en première instance restent valables, mais l’affaire sera rejugée en appel, car la défense n’a pas pu se faire une idée complète de la situation et parce que les rescrits du pape François avaient en effet créé les conditions d’un « changement de paradigme » dans le droit pénal de la Cité du Vatican, très défavorable à la défense.

    Dans un brillant tour de passe-passe juridique, quelle que soit l’opinion que l’on puisse avoir sur le fond, les juges n’ont pas annulé les décisions du pape François. Ils ont simplement déclaré les conséquences nulles et non avenues, et ont relancé la procédure non pas depuis le début, mais à partir du moment où ils sont intervenus dans l’affaire.

    En substance, les juges ont évité de dire que François n’avait pas le pouvoir de faire ce qu’il a fait – il était, après tout, le souverain absolu de l’État de la Cité du Vatican –, mais ils ont estimé qu’il n’avait pas effectivement accompli ce qu’il avait tenté de faire, car les rescrits avaient été mal exécutés d’un point de vue technique et procédural.

    Il ne s’agit pas d’une damnatio memoriae, mais cela relance assurément la procédure.

    Malgré leur prudence « diplomatique » – si l’on peut dire –, il est clair que le nouveau procès pourrait aboutir à des conclusions totalement différentes de celles de la première instance.

    En d’autres termes, nous ne repartons pas de zéro, mais nous recommençons à zéro – et c’est là la caractéristique centrale du pontificat de Léon XIV.

    Le débat sur la continuité ou la discontinuité avec le pape François est stérile, car Léon XIV lui-même n’y prête pas attention. Il apportera des corrections là où il le jugera nécessaire, mais sans renier ce qui a précédé.

    La cour d’appel a appliqué ce raisonnement. Mais elle l’a fait parce qu’il s’agit du raisonnement du pape. Et cela transparaît clairement dans la convocation de tous les présidents des conférences épiscopales à l’occasion du dixième anniversaire d’Amoris Laetitia.

    Le débat sur Amoris Laetitia s’est principalement développé autour d’une note qui semblait permettre aux personnes divorcées et remariées de recevoir la communion. Cette question avait semé une grande confusion parmi les fidèles, compte tenu d’un texte qui réaffirmait néanmoins des questions fondamentales de la foi et avait également conduit aux fameuses dubia de quatre cardinaux.

    Ces dubia étaient restées sans réponse, bon nombre des cardinaux qui les avaient soulevées étaient décédés depuis, mais aujourd’hui, Léon XIV part de là. Il ne diabolise pas l’exhortation ; il n’établit pas de nouvelle procédure, mais célèbre simplement le dixième anniversaire du document, en le rappelant dans un texte qui met en évidence tous les passages non controversés, et en convoquant tous les présidents des conférences épiscopales pour un débat visant à les mettre à jour.

    Cela ne signifie pas que l’exhortation sera désavouée. Cela signifie toutefois qu’elle sera considérée sous un jour différent.

    En résumé, les contours et la substance de ce pontificat semblent se dessiner comme suit : pas de rupture avec le passé, mais plutôt des ajustements, des corrections et des clarifications, dans le but de rester en phase avec l’histoire de l’Église, qui ne s’est certainement pas achevée avec le pontificat du pape François, tout comme elle ne s’était pas achevée avec les pontificats précédents.

    C’est pourquoi il ne faut pas s’attendre à de grandes révolutions de la part de Léon XIV.

    Tout changera en temps voulu. Mais en attendant, Léon écoute. Et, pas à pas, il agit s’il le juge opportun. Ce n’est ni une révolution, ni une restauration.

    C’est tout simplement un pontificat : le pontificat de Léon XIV.

  • Pachamama : une polémique cible le pape

    IMPRIMER

    De "Tribune chrétienne" :

    Pachamama : quelle est cette nouvelle polémique qui vise le pape Léon XIV ?

    capture écran
    capture écran
    19 mars 2026

    La diffusion d’une photographie montrant l’actuel pape Léon XIV à genoux lors d’un rituel lié à la Pachamama suscite interrogations et trouble dans l’Église

    C’est le très conservateur site d’information américain LifeSiteNews qui a remis cette affaire sur le devant de la scène en publiant une photographie remontant à 1995 : on y voit celui qui est aujourd’hui le pape Léon XIV, alors le père Robert Francis Prevost, agenouillé lors d’un rituel de la Pachamama, dans le cadre d’un symposium augustinien organisé à São Paulo. L’image en question ne provient pas d’une source anonyme ou incertaine, mais des actes officiels de cette rencontre théologique, publiés en 1996 sous le titre Ecoteología: Una Perspectiva desde San Agustín. La légende accompagnant la photographie évoque explicitement une « célébration du rite de la Pachamama (mère terre) », décrite comme une pratique agricole propre aux cultures andines du Pérou et de la Bolivie.

    Le dossier a été mis en lumière par le père Charles Murr, qui travaille actuellement à la rédaction d’un ouvrage consacré au nouveau Souverain pontife. Selon lui, plusieurs prêtres augustins ont reconnu sans hésitation Robert Prevost sur cette image, une identification qui aurait été renforcée par la comparaison avec d’autres photographies de la même époque.

    D’autres éléments confirment en effet la présence du futur pape à ce symposium, notamment une photographie de groupe des participants ainsi que des images d’une célébration eucharistique organisée sur place. Sur ce point, les faits semblent relativement établis, même si la portée exacte de la scène représentée continue de susciter des interrogations.

    Car c’est bien là que réside le cœur de la polémique. La présence d’un religieux catholique à genoux dans un contexte présenté comme un rite non chrétien peut légitimement troubler, surtout au regard du premier commandement. Mais faut-il pour autant conclure à un acte d’adhésion religieuse ? Certains appellent à la prudence, rappelant le contexte des années 1990 en Amérique latine, marqué par des tentatives d’inculturation et de dialogue avec les cultures locales. La photographie, aussi frappante soit-elle, ne permet pas à elle seule de connaître l’intention intérieure de celui qui y apparaît. S’agissait-il d’une participation active, d’un geste de circonstance, ou d’une présence dans un cadre académique dont les codes peuvent aujourd’hui prêter à confusion ? La question demeure ouverte.

    capture écran

    On se souvient en effet de la polémique majeure survenue en 2019, lorsque des statues liées à la Pachamama avaient été introduites dans des cérémonies à Rome, y compris à proximité de la basilique Saint-Pierre, dans le contexte du synode sur l’Amazonie sous le pontificat du pape François. Cet épisode avait profondément marqué de nombreux fidèles et nourri un débat encore vif aujourd’hui sur les limites du dialogue avec certaines expressions religieuses.

    À ce jour, le Vatican n’a pas officiellement réagi à ces révélations. Ce silence, qui peut s’expliquer par la nécessité de vérifier les faits, laisse néanmoins place à un certain malaise parmi les fidèles, d’autant que la question de la Pachamama a déjà suscité de vives tensions ces dernières années.

    Sans céder à des conclusions hâtives, cette affaire invite à une réflexion plus large sur les limites du dialogue entre la foi chrétienne et certaines expressions religieuses ou culturelles. Elle rappelle aussi combien des gestes posés dans un contexte donné peuvent, des années plus tard, être relus à la lumière d’une sensibilité ecclésiale différente. Une clarification de la part du Saint-Siège pourrait sans doute permettre d’apaiser les esprits et de replacer ces images dans leur juste contexte. En attendant, le débat reste ouvert, oscillant entre inquiétude, prudence et attente de vérité.

    Notre ami Arnaud Dumouch commente :

    Je pense que la polémique sur la Pachamama est une fausse polémique qui vient d’un manque de connaissances des méthodes d’évangélisation utilisées dans l’Eglise dès le 4e siècle. Pour résumer, il y a eu 2 méthodes :
     
    1° Celle utilisée par le patriarche Théophile d’Alexandrie (Egypte) (et par Charlemagne plus tard) qui consistait à détruire les temples des dieux égyptiens et éventuellement, à laisser des moines fanatiques massacrer les prêtres de l’ancien paganisme. Cet homme-là n’a jamais été canonisée par l’Église catholique. Voici sa vie :
    Thèmes abordés : Lorsque l’Eglise n’est plus persécutée et devient la pensée dominante du temps ; Comment amour et vérité doivent marcher ensemble ;

    Il fut patriarche d'Alexandrie en Égypte de 384 à 412. Jouissant d'un grand pouvoir, il se fit connaître par des méthodes extrêmement violentes et peu scrupuleuses. Il défendit la vérité contre l’amour, puis sa réputation et son honneur au mépris de la vérité et de l’amour. Il fut l’un des principaux persécuteurs de saint Jean Chrysostome, patriarche de Constantinople qui écrivit : « Donnez-moi deux attelages pour une course de char. Le premier sera l'orthodoxie accompagnée de la dureté du cœur ; L'autre sera l'hérésie accompagnée de l'humilité. Vous verrez l'attelage de l'humilité gagner la course non pas à cause du poids de l'hérésie mais à cause de la vigueur de l'humilité ».

    2° L’autre forme d’évangélisation consistait à baptiser les temples des anciens dieux, c’est-à-dire par exemple à se servir de la déesse Isis et de la transformer son temple en un temple à la Vierge Marie, à transformer un temple du dieu Horus en un temple consacré à saint Georges.

    Les jésuites ont repris dans l’évangélisation des Indiens d’Amérique centrale cette méthode et ont expliqué que la Pachamama (la mère des dieux) était en fait la Vierge Marie. Et c’est ainsi que les Jésuites faisaient passer paisiblement les païens à la religion chrétienne sans qu’il y ait des tensions.
  • L'effondrement spectaculaire de la vie religieuse en Allemagne

    IMPRIMER

    Du site "Pour une école libre au Québec" :

    Le déclin spectaculaire de la vie religieuse en Allemagne (-90 % en 60 ans)

    Le déclin spectaculaire de la vie religieuse en Allemagne : une chute confirmée par les chiffres officiels de la DOK

    L’Allemagne catholique, autrefois terre de floraison des ordres religieux, connaît un effondrement historique de la vie consacrée. Selon les statistiques officielles publiées par la Deutsche Ordensobernkonferenz (DOK), l’instance qui regroupe les supérieurs majeurs des ordres et congrégations catholiques en Allemagne, il ne restait plus que 11 797 religieux et religieuses au 31 décembre 2025. C’est 831 personnes de moins qu’en 2024, soit un recul de 6,6 % en un an seulement.

    La baisse est particulièrement dramatique chez les religieuses : elles sont passées de 9 467 à 8 770 (–7,4 %). Les religieux hommes ne sont plus que 3 027 (–4,2 %). Ces chiffres, diffusés le 18 mars 2026, proviennent directement du site de la DOK et ont été repris par le portail catholique de référence katholisch.de dans un article intitulé « Zahl der Ordensleute in Deutschland weiter rückläufig ».

    Le vieillissement est abyssal : 80,9 % des religieuses ont plus de 65 ans (seulement 19,1 % ont moins de 65 ans). Chez les hommes, la répartition est presque équilibrée (51,4 % de moins de 65 ans), mais le mouvement général reste le même : très peu de novices (20 chez les hommes, encore moins chez les femmes) et des communautés qui se transforment progressivement en maisons de retraite spirituelles.Ce chiffre de 11 797 contraste violemment avec les environ 100 000 religieuses recensées en 1965 (pic historique souvent cité dans les analyses de fowid.de et des médias allemands). En soixante ans, la chute atteint donc près de 90 % pour les ordres féminins.

    Une régionalisation très marquée : le Sud résiste mieux

    La DOK ne publie pas de répartition détaillée par Bundesland dans sa statistique annuelle, mais les observateurs et les statistiques plus larges de la Deutsche Bischofskonferenz (DBK) soulignent depuis longtemps de fortes disparités régionales. Le Sud catholique (Bavière et Bade-Wurtemberg) reste nettement plus résilient. La piété populaire y est plus ancrée, les monastères bénédictins, franciscains ou contemplatifs traditionnels y sont plus nombreux, et la culture catholique a mieux résisté à la sécularisation. À l’inverse, le Nord (influencé historiquement par le protestantisme) et l’Est (ex-RDA, marqué par des décennies d’athéisme d’État) accusent des pertes beaucoup plus sévères. Les grandes congrégations apostoliques actives dans l’enseignement ou les soins y ont pratiquement disparu, tandis que certaines abbayes bavaroises ou souabes maintiennent encore un semblant de vitalité grâce à un recrutement local ou international plus soutenu. Cette « régionalisation » du déclin reflète la géographie religieuse historique de l’Allemagne : le catholicisme y a toujours été plus fort au sud du Main.

    Les ordres plus traditionnels : une exception relative ?

    Face à ce tableau sombre, une question revient souvent : les communautés traditionnelles (celles attachées à la liturgie pré-conciliaire ou à une identité plus classique) échappent-elles au mouvement général ?

    La réponse est nuancée : elles ne croissent pas massivement en Allemagne, mais elles atténuent le déclin et montrent une vitalité relative.

    La Fraternité Saint-Pie X (FSSPX), qui n’est pas comptabilisée dans les statistiques de la DOK car elle n’est pas en pleine communion, compte en Allemagne environ 50 prêtres, 11 prieurés et 52 chapelles. Son district allemand est actif (séminaire à Zaitzkofen en Bavière) et organise régulièrement des événements qui attirent des milliers de fidèles. Mondialement, la FSSPX continue de croître (plus de 750 prêtres), mais en Allemagne son expansion reste modeste et stable plutôt qu’explosive.

    La Fraternité Saint-Pierre (FSSP ou Petrusbruderschaft), pleinement reconnue par Rome, affiche au contraire des records : 579 membres au 1er novembre 2025 (dont 394 prêtres et 192 séminaristes), un chiffre historique depuis sa fondation en 1988. Son séminaire international de Wigratzbad (Bavière) continue de former des vocations, et la communauté annonce régulièrement de nouvelles implantations. Son âge moyen (autour de 39 ans) contraste radicalement avec le vieillissement des ordres classiques.

    D’autres instituts Ecclesia Dei ou des congrégations venues d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique latine (1 863 membres étrangers affiliés à la VKO selon la DOK) apportent également un léger contre-poids. Certaines communautés contemplatives bénédictines ou franciscaines traditionnelles parviennent à maintenir un petit flux de vocations grâce à une identité claire et à une formation exigeante.

    Cependant, ces exceptions restent marginales à l’échelle nationale. Elles ne compensent pas le recul global des grands ordres apostoliques (bénédictins, franciscains, jésuites, etc.) qui ont porté l’Église allemande pendant des siècles.

    Un phénomène européen, mais particulièrement accentué en Allemagne

    Ce déclin n’est pas propre à l’Allemagne : il touche toute l’Europe occidentale depuis Vatican II. Mais le pays, avec sa forte tradition d’ordres actifs dans l’éducation et la santé, l’a vécu de manière particulièrement brutale. La sécularisation accélérée, l’individualisme, la crise des vocations post-conciliaires et le vieillissement démographique ont fait leur œuvre.

    Les chiffres de la DOK, consultables sur www.orden.de/presseraum/zahlen-fakten et détaillés dans l’article de katholisch.de du 18 mars 2026, ne laissent aucun doute : sans un sursaut vocationnel majeur, de nombreuses maisons fermeront dans les prochaines années. Seules les régions du Sud et quelques communautés traditionnelles ou internationales semblent encore offrir un îlot de résistance. La vie religieuse allemande, jadis si florissante, est entrée dans une ère de recomposition profonde.

  • Réflexions sur la guerre en cette période de Carême

    IMPRIMER

    De Robert Royal sur The Catholic Thing :

    Réflexions sur la guerre en cette période de Carême

    23 mars 2026

    Commençons par une question qui va droit au but : sommes-nous, aujourd’hui, presque tous des sadducéens ? Si votre connaissance des groupes qui apparaissent dans le Nouveau Testament est floue, nous pourrions formuler la question ainsi : est-ce que nous sommes presque tous aujourd’hui, même les chrétiens qui prétendent le contraire, comme les sadducéens à l’époque de Jésus, en train de rejeter fondamentalement la vie éternelle et de considérer la mort physique comme la fin absolue et le pire des maux ? Si tel est le cas, une guerre pourrait nous rendre service, car elle révèle, de manière terrible et sévère, l’état de nos âmes.

    La guerre est un enfer. Mais l’enfer – lieu de guerre éternelle – ou le paradis – lieu de la seule paix véritable et durable – jouent-ils un rôle réel dans nos esprits et nos cœurs en une période comme celle-ci ? Il peut sembler cruel de poser la question face à tant de souffrances immédiates, mais c’est précisément à cause de ces maux humains que les questions plus profondes se posent.

    Comme l’a dit C.S. Lewis à une époque similaire : « La guerre ne crée aucune situation absolument nouvelle : elle ne fait qu’aggraver la situation humaine permanente, de sorte que nous ne pouvons plus l’ignorer. »

    Personne ne devrait souhaiter la guerre, sauf en cas d’absolue nécessité motivée par les raisons les plus graves. Les totalitaires aiment la guerre car ils pensent souvent qu’elle est un remède à la mollesse qui s’empare des gens lorsque tout va bien. Mussolini affirmait que les Italiens modernes avaient besoin d’un « bain de sang » pour retrouver leur discipline et leurs vertus d’antan. Et il a tenté de leur en offrir un. Nous savons comment cela s’est terminé, à l’instar d’autres programmes de renouveau par la guerre.

    La paix et la prospérité sont des biens en soi, mais elles ne sont pas toujours bonnes pour nous. La dépendance de l’Europe vis-à-vis des États-Unis pour sa sécurité depuis la Seconde Guerre mondiale, par exemple, en a fait un continent qui a du mal à trouver la volonté ou à allouer les ressources nécessaires pour se défendre. De nombreux Européens – et malheureusement, bon nombre d’Américains aujourd’hui – doutent même qu’il vaille la peine de défendre notre civilisation.

    Un chrétien ne devrait pas s’en étonner. « Dans sa richesse, l’homme manque de sagesse : il est comme les bêtes qui périssent. » (Psaume 49, 20) Il n’est pas nécessaire qu’il en soit ainsi. Nous pouvons faire preuve de sagesse même dans la prospérité. Mais la raison et la révélation nous mettent toutes deux en garde contre les dangers.

    En ce moment même, nous sommes à juste titre préoccupés non seulement par la légitimité de la guerre contre l’Iran, mais aussi par son éventuelle propagation – ainsi que par le terrorisme. Et nous essayons d’imaginer à quoi pourrait ressembler une issue « réussie ». Nous ne pouvons nous empêcher de douter de ce que nous disent les politiciens et les médias. Mais dans tout cela, perdons-nous de vue la vérité selon laquelle ni la guerre ni la paix ne sont le dernier mot pour nous ?

    Nos ancêtres chrétiens n’avaient pas besoin de se poser cette question fondamentale car, jusqu’à très récemment, la mort physique n’était pas considérée comme la pire des choses. Certaines causes méritent qu’on y laisse sa vie. La plupart des gens savaient de toute façon, par leur expérience quotidienne, que nos années sur terre sont strictement limitées, qu’il y ait la guerre ou non. Et que la vie après la mort est, pour le meilleur ou pour le pire, éternelle.

    La classification traditionnelle des péchés et des vertus reflétait cela. Nous citons beaucoup Dante sur cette page parce que… il le faut tout simplement, pour de nombreuses raisons. Outre la beauté purement imaginative de sa Divine Comédie, il permet de discerner facilement des distinctions cruciales, des distinctions chrétiennes, concernant l’état de l’âme, tant dans cette vie que dans l’au-delà.

    Par exemple, les péchés de violence et de meurtre sont, bien sûr, punis dans l’Enfer, mais seulement vers le milieu de ce dernier. Il y a de bonnes raisons à cela dans la tradition chrétienne. Selon la conception chrétienne authentique, nous sommes un ensemble composé d’un corps et d’une âme. Le meurtre ou le massacre aveugle en temps de guerre sont, certes, horribles. Mais une certaine Personne faisant autorité a tenu à dire (à deux reprises) : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps mais ne peuvent tuer l’âme. Craignez plutôt celui qui peut détruire à la fois l’âme et le corps en Enfer. » (Matthieu 10, 28 ; Luc 12, 4-5)

    On entend rarement parler de cela de nos jours, même de la part des plus hautes autorités de l’Église. C’est pourquoi tant la guerre juste que la peine capitale semblent désormais « inadmissibles » aux yeux de certaines autorités ecclésiastiques. Si l’on croit en la vie éternelle et en la primauté de l’âme sur la vie physique, cependant, il existe encore bien des choses pires que la mort corporelle, qui nous attend tous, même en l’absence de guerre.

    Il existe des péchés plus graves : ceux commis contre l’esprit, l’âme et l’âme – les éléments supérieurs propres à la nature humaine. Ceux-ci peuvent être attaqués de nombreuses façons, que Dante place encore plus bas en Enfer que la violence et même le meurtre : la flatterie et la séduction, la simonie et le schisme, la divination, la fraude, les faux conseils, la contrefaçon. Et le pire de tout, la trahison des loyautés propres à l’âme envers la famille, la patrie, les hôtes, les supérieurs, Dieu lui-même (la spécialité de Lucifer).

    Si vous trouvez cela choquant, c’est peut-être parce que nous avons été si chanceux sur le plan matériel que nous supposons que la paix et la sécurité sont les conditions normales sur terre, la guerre et l’incertitude des exceptions rares.

    Encore une fois, cette Personne qui fait autorité dit :

    Vous entendrez parler de guerres et de rumeurs de guerres, mais veillez à ne pas vous alarmer. Il faut que ces choses arrivent, mais ce n’est pas encore la fin. Une nation s’élèvera contre une nation, et un royaume contre un royaume. Il y aura des famines et des tremblements de terre en divers lieux. Tout cela n’est que le commencement des douleurs.

    Alors on vous livrera aux persécutions et on vous mettra à mort ; vous serez haïs de toutes les nations à cause de moi… Beaucoup se détourneront de la foi, se trahiront et se haïront les uns les autres ; de nombreux faux prophètes se lèveront et séduiront beaucoup de gens. À cause de la multiplication des iniquités, l’amour de la plupart se refroidira. (Matthieu 24, 6-13)

    Bien sûr, rien de tout cela ne doit nous rendre complaisants face à la violence, et encore moins face à la guerre. Mais cela doit nous ramener à la raison face à des croyances irréalistes, telles que celle selon laquelle le « dialogue » ou la politique seraient des remèdes à la condition humaine dans un monde déchu. Et cela doit nous conduire à un examen de conscience pour savoir si nous faisons partie de ceux qui ont été trompés et dont le cœur s’est refroidi, ou de ceux qui, malgré tout, aiment encore ce qui sauve véritablement.