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Actualité

  • Entretien avec Monseigneur Dominique Rey : « Je suis plein d'espoir pour l'avenir de l'Église en France »

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    De Niwa Limbu sur Ad Vaticanum :

    Entretien avec Monseigneur Rey : « Je suis plein d'espoir pour l'avenir de l'Église en France »

    23 mai 2026

    Entretien avec l'évêque Rey : « Je suis plein d'espoir pour l'avenir de l'Église en France »

    L'ancien évêque de Fréjus-Toulon, Dominique Rey, s'exprime sans détour sur la sécularisation en France, la hausse des baptêmes d'adultes, Traditionis Custodes, la FSSPX, l'évangélisation et explique pourquoi il reste optimiste quant à l'avenir de l'Église en France.

    Dominique Rey a été évêque du diocèse de Fréjus-Toulon, dans le sud-est de la France, de 2000 à 2025. Nommé par le pape Jean-Paul II, il a servi sous trois pontificats et a supervisé une croissance importante de son diocèse, qu’il a décrit comme « un jardin aux nombreuses fleurs ».

    Cette croissance s'est traduite par une augmentation substantielle de la vie religieuse, avec plus de 50 communautés religieuses désormais installées à Fréjus-Toulon, ainsi qu'un séminaire florissant.

    Membre de la Communauté Emmanuel, Mgr Rey ne serait pas habituellement associé au courant traditionaliste de l'Église. Pourtant, il a fait preuve d'une bienveillance et d'une hospitalité exceptionnelles envers ceux qui sont attachés aux rites les plus anciens. Son ministère se caractérise par une volonté de cultiver différents charismes qui prennent la foi au sérieux et peuvent enrichir l'Église. Dans cet entretien, il nous éclaire sur les motivations de cette démarche et nous livre une analyse particulièrement pertinente de l'Église en France.

    AD : Monseigneur, à une époque où de nombreux médias traditionnels ignorent ou déforment l’enseignement de l’Église, le besoin de médias catholiques indépendants et fidèles, capables d’informer les fidèles sans compromis, se fait de plus en plus sentir. Selon vous, pourquoi la création de nouvelles plateformes médiatiques catholiques est-elle urgente aujourd’hui, et quel rôle jouent-elles dans la défense du dépôt de la foi ?

    +DR : Les médias exercent une influence considérable sur la société. Il est important que les institutions catholiques soient présentes et que des prêtres y contribuent. On observe, par exemple en France et en Europe, une nouvelle génération de catholiques qui développent des plateformes et des podcasts. Parfois libres et indépendants, ils restent néanmoins fidèles à l’enseignement de l’Église. Il est essentiel d’encourager ces initiatives.

    AD : Monseigneur, compte tenu de la profonde sécularisation en Europe et en France, et du nombre important de personnes qui ont quitté l’Église, quelle est votre évaluation de l’urgence de la nouvelle évangélisation telle que développée par le pape Jean-Paul II, et quels sont les éléments essentiels nécessaires pour qu’elle porte du fruit aujourd’hui ?

    +DR : Dans notre contexte européen, marqué par une forte sécularisation et le départ de nombreuses personnes de l’Église, il est essentiel de développer un nouveau sens de l’évangélisation à travers les médias, différentes initiatives et les mouvements charismatiques.

    Parallèlement, il est essentiel de se rappeler que l'évangélisation commence par nous. Les plus grands évangélisateurs du monde furent les saints. C'est la personne totalement transformée par la grâce de Notre Seigneur qui est le premier vecteur d'évangélisation. L'évangélisation est indissociable de la sanctification.

    Deuxièmement, il est essentiel, dans le processus d'évangélisation, de cultiver un esprit de communion. Mon travail a été guidé par un profond sentiment de communion, une communion fondée sur la doctrine catholique, mais qui s'exprime à travers diverses dimensions, sensibilités et spiritualités.

    AD : La Fraternité Saint-Pie-X continue de faire la une des journaux suite à l’annonce de la consécration épiscopale de juillet. Compte tenu des initiatives prises sous les papes Benoît XVI et François, quelle est votre évaluation actuelle de cette annonce et quelles mesures concrètes souhaiteriez-vous voir se concrétiser dans les mois ou les années à venir ?

    +DR : La communion doctrinale est primordiale. Ma position est d’être clair avec la Fraternité sur ce qui est nécessaire, mais aussi de maintenir le dialogue avec elle, non pas sur des questions de foi, mais parce que l’Église se doit d’être ouverte à ses opinions, à son expression de fraternité et à ses projets.

    L'Église doit être disposée à intégrer les traditionalistes en son sein. La position de Benoît XVI a toujours été celle d'une Église ouverte, fidèle à l'ancienne tradition de médiation. Aujourd'hui, cette position est plus importante que jamais.

    AD : Traditionis Custodes et le rescrit qui a suivi ont profondément marqué les communautés attachées à la messe traditionnelle en latin. Plusieurs années plus tard, et alors que le pape Léon XIV rencontre des membres du clergé pro-la messe en latin, quel est votre avis sur la situation actuelle ?

    +DR : Si le pape Léon XIV rencontre ces groupes, je pense que c’est une bonne chose. C’est une excellente initiative qui permet à tous les fidèles de trouver cette expression de leur foi au sein de l’Église. Une nouvelle génération de jeunes est en quête de sacré, de spiritualité et de silence dans la liturgie traditionnelle. Il est essentiel de leur être ouvert et d’accueillir ces nouvelles aspirations.

    AD : Depuis votre retraite du siège de Fréjus-Toulon, vous avez continué à servir l’Église de diverses manières. Comment avez-vous vécu ces années de retraite, tant sur le plan personnel que spirituel ? Pensez-vous que le pape François ait eu raison de vous demander de démissionner ?

    +DR : J’ai accepté par obéissance au Saint-Père. J’ai accepté la décision du Pape, mais pas la raison invoquée. Un an auparavant, il m’avait répété à plusieurs reprises : « Reste dans le diocèse. Nous avons besoin de toi. » Un an plus tard, il m’a demandé de démissionner.

    Ma situation engendre une tentation de révolte, de refus de l'accepter. Ma mission ne s'est pas arrêtée à ma démission du diocèse de Fréjus-Toulon. Je donne de nombreuses conférences et maintiens des liens avec divers charismes au sein de l'Église.

    Je suis en paix car je n'ai d'autre solution que d'accepter la décision de notre Saint-Père et, en même temps, de poursuivre ce à quoi j'ai consacré ma vie : la mission, l'évangélisation, la communion entre les différentes expressions de la foi et le service du Christ jusqu'à ma mort.

    AD : Enfin, Monseigneur, comment évaluez-vous l’état actuel de l’Église en France, et observe-t-on des signes de renouveau malgré la profonde sécularisation du pays ?

    +DR : En France, nous avons connu de nombreuses crises. Mais une caractéristique de l’histoire de la France est qu’après une crise survient un temps de purification. Si l’on considère l’histoire de la France et de l’Église en France, on constate qu’elle a souvent progressé à travers des périodes de crise, suivies de mouvements de renouveau.

    Aujourd'hui, du fait de la sécularisation, beaucoup de personnes n'ont plus aucun contact avec l'Église et sont privées de culture chrétienne. Pourtant, une nouvelle génération aspire au baptême. C'est incroyable ! En dix ans, le nombre de baptêmes d'adultes a augmenté de 160 % en France. Dans chaque paroisse, la demande de découvrir ou de redécouvrir la foi ne cesse de croître. C'est pourquoi je suis plein d'espoir pour l'avenir.

    L’histoire de France est aussi une histoire de patrimoine, et au sein de ce patrimoine se trouve l’Église. Redécouvrir nos racines, nos traditions et notre patrimoine peut nous aider à découvrir un christianisme nouveau. Cela vaut non seulement pour la France, mais pour l’Europe, car la France a souvent été à l’avant-garde de nombreuses transformations sur le continent.

  • Apparitions : le message de la Vierge Marie au Nigéria

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    De Muji Kaiser sur le CWR :

    Le message de la Vierge Marie au Nigéria

    Parmi les nombreux messages de Marie à Aokpe, il y avait un appel à ses enfants à prier, en particulier le Rosaire, à assister fréquemment à la messe et à recevoir régulièrement les sacrements. La Vierge Marie a parlé de la miséricorde de Jésus et a imploré le repentir.

    Christiana Agbo (au centre) à Aokpe, au Nigéria, en 1996. (Image : Capture d'écran d'une vidéo YouTube)
    La persécution des chrétiens qui a actuellement lieu au Nigéria a été prédite par la Vierge Marie lors d'une apparition approuvée par l'Église et dont beaucoup n'ont jamais entendu parler.

    En 1992, la Vierge Marie est apparue à une jeune fille nommée Christiana Agbo à Aokpe, un village reculé de la région du Centre du pays Dans son premier message à Christiana, Marie a dit : « Je viens du Ciel. Je suis le refuge des pécheurs. Je viens du Ciel pour gagner des âmes pour le Christ et offrir un refuge à mes enfants dans mon Cœur Immaculé. Je te demande de prier pour les âmes du Purgatoire, pour le monde et de consoler Jésus. Accepteras-tu ? »

    Christiana répondit « Oui » sans hésiter.

    Christiana, âgée de douze ans, était issue d'une famille catholique fervente et neuvième d'une fratrie de dix enfants. La prière occupait une place centrale dans la vie de la famille Agbo. Aokpe (prononcé ah-OK-peh) était un petit village majoritairement catholique où le rosaire était récité avec dévotion. Malgré leur foi profonde, les habitants d'Aokpe ne pouvaient concevoir que leur minuscule village ait reçu une visite céleste. Aussi, lorsque les visions de Christiana furent rendues publiques, on les attribua à des esprits maléfiques.

    À mesure que la nouvelle des visions de Christiana se répandait, elle dut faire face aux critiques et aux réprimandes publiques du curé, un missionnaire anglais fervent dévot de Marie. Sa famille fut ostracisée par la communauté et les visites sur le lieu des apparitions furent interdites.

    Entre-temps, Christiana continuait de recevoir la visite de la Vierge Marie.

    La mère de Christiana, Regina, savait que sa famille avait toujours été fidèle à Dieu et ne croyait pas que sa fille fût visitée par un esprit malin. Pour s'en assurer, elle conseilla à Christiana de prier le Rosaire avec la Vierge Marie lors de sa prochaine apparition, confiante en son pouvoir contre le mal. Marie apparut de nouveau à Christiana, toujours en octobre, le mois du Rosaire. Christiana décrit la vision comme celle d'une belle femme vêtue d'une robe bleue, un voile bleu brillant lui couvrant la tête, le dos et les épaules. Les mains jointes sur la poitrine, elle tenait un Rosaire. Émerveillée par cette vision, Christiana oublia complètement les instructions de sa mère.

    Christiana ne parlait que très peu l'anglais à cette époque, mais Marie s'adressa à elle dans son dialecte natal, l'idoma, disant : « Je suis la Sainte Mère, je viens du Ciel, je suis le refuge des pécheurs. Le temps de révéler mon nom n'est pas encore venu. Le nom que je révélerai sera puissant. N'aie pas peur. Christiana, où est ton chapelet ? » Christiana courut dans la chambre de ses parents, prit le chapelet de sa mère et retourna vers la Vierge Marie. Ensemble, elles prièrent, Marie ne disant que le Gloire au Père, prononçant les mots de tout son être, comme si Dieu était devant elle.

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  • Le non du pape au transhumanisme; voici ce que contient l'encyclique Magnifica Humanitas

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    De Nico Spuntoni sur la NBQ :

    Le non du pape au transhumanisme. Voici ce que contient l'encyclique.

    La contemplation du Verbe incarné est la seule voie pour vivre positivement à l'ère de l'intelligence artificielle, pour éviter « l'éclipse du sens de ce que signifie être humain ». La Bussola est en mesure d'anticiper le contenu de la première encyclique de Léon XIV, Magnifica Humanitas, qui sera présentée ce 25 mai.

    24/05/2026

    Dans quelques heures, Magnifica Humanitas,  la première encyclique du pontificat de Léon XIV, sera présentée. Le pape a signé le document le 15 mai, date du 135e anniversaire  de l' encyclique Rerum Novarum  de son prédécesseur, Léon XIII. On sait d'ores et déjà que son thème sera la protection de la personne humaine à l'ère de l'intelligence artificielle.

    Mais que trouverons-nous dans cette encyclique tant attendue ? En voici un aperçu. La thèse du Pape est que  Magnifica Humanitas, face au progrès technique, se trouve à la croisée des chemins entre autosuffisance et solidarité. Le texte présente cette alternative à travers des images bibliques. Le danger d’un pouvoir excessif de l’humanité sur elle-même, concept déjà exploré par Benoît XVI dans son encyclique  Spe Salvi, est ici abordé à la lumière du développement de l’intelligence artificielle et de la numérisation. La solution proposée par Léon XIV pour éviter la déshumanisation induite par l’IA est théologique : le mystère de l’Incarnation.

    L'encyclique donne une continuité et une profondeur aux paroles que le pape nouvellement élu a adressées aux cardinaux, expliquant qu'il avait choisi ce nom pontifical en hommage à  Rerum Novarum  , qui « abordait la question sociale dans le contexte de la première grande révolution industrielle », tandis qu'« aujourd'hui, l'Église offre à tous son héritage de doctrine sociale pour répondre à une autre révolution industrielle et aux développements de l'intelligence artificielle, qui posent de nouveaux défis pour la défense de la dignité humaine, de la justice et du travail ».

    La doctrine sociale retrouve une place centrale dans ce document et se présente non comme un décalogue de normes, mais comme une réalité vivante permettant d'entrer en relation avec la société et autrui. C'est une conception que Prevost avait déjà exprimée dans la préface d'un ouvrage de son ami et confrère prêtre John Lydon, paru en 2024.  Magnifica Humanitas  dissipe toute accusation d'ingérence dans la doctrine sociale, affirmant son ancrage dans la contemporanéité tout en la rattachant au Christ et non à un contexte sociologique.

    Le pape souligne le rôle de discernement que joue l'intelligence artificielle, permettant d'orienter les actions à l'ère de la familiarité avec cette technologie. Dans son message pour la Journée mondiale des communications sociales, évoquant les transformations induites par le progrès du numérique, Léon XIV a cité saint Grégoire de Nysse, qui affirmait qu'« être créé à l'image de Dieu signifie que l'homme, dès sa création, est doté d'un caractère royal ».

    Ces thèmes sont récurrents dans cette encyclique, où le Pape défend la dignité inhérente à la personne humaine, voulue, créée et aimée de Dieu. C’est précisément la protection de la dignité humaine qui est présentée comme le critère permettant de distinguer le bien du mal, même dans le domaine du développement technologique. Ce qui préoccupe avant tout le Pape, c’est le risque de manquement moral à la responsabilité lié à l’utilisation de l’intelligence artificielle. C’est pourquoi, dans cette encyclique, il a jugé nécessaire de développer les mises en garde formulées dès la première année de son pontificat.
    Par exemple, dans un message pour la Journée internationale des mathématiques, Léon XIV appelait à ce que l’utilisation des algorithmes respecte le « développement intégral de la personne » et ne fasse pas l’impasse sur « la dimension morale de ces technologies émergentes ».

    Le pape mathématicien critique ceux qui cherchent à transcender l'humanité par la technologie . Au contraire, il prône ce qu'il appelle un « sain sens des proportions » dans un message important adressé aux membres du conseil d'administration de la Fondation de l'Observatoire du Vatican. Les préoccupations du pape portent principalement sur l'impact de l'intelligence artificielle sur les relations et les réseaux sociaux. Ainsi,  Magnifica Humanitas  se refuse à l'appel récent du pape à « s'engager à promouvoir des formes de communication qui respectent toujours la vérité de l'humanité, vers laquelle devrait tendre toute innovation technologique », et à soulever la question du rapport entre cette dernière et la liberté. 

    Il est également clair que le Pape, qui s'est présenté au monde par un éloquent « Que la paix soit avec vous » et qui s'est opposé fermement au président Donald Trump au sujet du conflit iranien, ne pouvait passer sous silence le rôle des nouvelles technologies dans la guerre. La défense du multilatéralisme, fidèle à la position traditionnelle du Saint-Siège, est incontournable à l'heure où ce multilatéralisme semble plus fragilisé que jamais. L'appel à un usage éthique de l'intelligence artificielle, bien que pertinent en général, est d'autant plus pressant lorsqu'il s'agit d'armements.

    En définitive, l'encyclique de Léon XIII n'est pas opposée à l'intelligence artificielle, mais, dans une perspective typiquement augustinienne, vise à l'orienter vers la réalisation du bien commun. À cette fin,  Magnifica Humanitas  réaffirme  les propos du Pape à la Fondation Centesimus Annus Pro Pontifice, exprimant son espoir que l'humanité retrouve et renforce sa foi en sa capacité à maîtriser l'évolution de ces technologies. Et il est admirable que Léon XIV, abordant un thème aussi contemporain, juge nécessaire de souligner la nécessité de contempler le Verbe incarné comme seul moyen d'échapper à « l'éclipse du sens de l'humanité », selon ses propres termes.

  • Le lundi de la Pentecôte : une place de choix pour "Marie Mère de l'Eglise" dans le calendrier liturgique

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    Lundi de la Pentecôte : le pape offre une place de choix à Marie mère de l'Eglise

    Rédigé par Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements et le cardinal Robert Sarah (archive du  dans Religion (L'Homme Nouveau)

    Institution de la fête de « Marie, Mère de l’Église »

    L'Eglise catholique a toujours accordé une place importante à la Sainte Vierge. Elle déclarait dèjà, en 1964, par l'intermédiaire du Pape Paul VI, la bienheureuse Vierge Marie "Mère de l’Eglise", constatant que “le peuple chrétien tout entier honore toujours et de plus en plus la Mère de Dieu par ce nom très doux”. Une place de plus en plus importante était donnée à ce titre, par différents biais : messe votive, faculté d’ajouter l’invocation de ce titre dans les Litanies Laurétanes... 

    Désormais, par une décision du pape François, le lundi de la Pentecôte la mémoire de Marie Mère de l’Eglise sera obligatoire pour toute l’Eglise de Rite Romain. Vous retrouverez ici le décret sur la célébration de la bienheureuse Vierge Marie Mère de l’Eglise dans le Calendrier Romain Général ainsi qu'un texte explicatif du Cardinal Robert Sarah. 

    Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements

    DECRET sur la célébration de la bienheureuse Vierge Marie, Mère de l’Eglise, dans le Calendrier Romain Général

    La joyeuse vénération dédiée à la Mère de Dieu dans l’Eglise contemporaine, à la lumière de la réflexion sur le mystère du Christ et sur sa propre nature, ne pouvait pas oublier cette figure de Femme (cf. Gal 4, 4), la Vierge Marie, qui est à la fois Mère du Christ et Mère de l’Eglise.

    Ceci était déjà en quelque sorte présent dans la pensée de l’Eglise à partir des paroles prémonitoires de saint Augustin et de saint Léon le Grand. Le premier, en effet, dit que Marie est la mère des membres du Christ, parce qu’elle a coopéré par sa charité à la renaissance des fidèles dans l’Eglise; puis l’autre, quand il dit que la naissance de la Tête est aussi la naissance du Corps, indique que Marie est en même temps mère du Christ, Fils de Dieu, et mère des membres de son Corps mystique, c’est-à-dire de l’Eglise. Ces considérations dérivent de la maternité de Marie et de son intime union à l’œuvre du Rédempteur, qui a culminé à l’heure de la croix.

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  • Pour comprendre la fête de Marie, Mère de l'Église, célébrée le lundi de la Pentecôte

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    De Noémie Bertin sur le site de l'hebdomadaire Famille Chrétienne :

    Comprendre la nouvelle fête de Marie, Mère de l'Église

    MAGAZINE – Sur décision du pape François, une nouvelle mémoire liturgique vient honorer la Vierge le lundi de Pentecôte. Explications.

    La Croix, l'hostie et la Vierge

    « Le vœu est que cette célébration rappelle que, si nous voulons grandir et être remplis de l’amour de Dieu, il faut planter notre vie sur trois grandes réalités – la Croix, l’hostie et la Vierge. Trois mystères pour structurer, féconder, sanctifier notre vie intérieure et nous conduire vers Jésus. »

    Cardinal Robert Sarah

    Notre-Dame du Suprême Pardon, Reine des Anges, Mère de l’Eucharistie... Les siècles de piété ont honoré la Vierge Marie de centaines de titres. Tirés de l’Écriture, de la Tradition ou de lieux d’apparitions, ces vocables expriment la belle majesté de celle que toutes les générations diront bienheureuse. Le 11 février dernier, Rome est venu inscrire l’un de ces titres dans le calendrier liturgique. La « mémoire obligatoire de la bienheureuse Vierge Marie, mère de l’Église » se célébrera désormais dans le monde entier le lundi de Pentecôte.

    Un décret du pape François, signé par la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, l’a solennellement annoncé. Son préfet, le cardinal Robert Sarah, y voit un « progrès réalisé dans la vénération liturgique réservée à la Vierge Marie, suite à une meilleure compréhension de sa présence dans le mystère du Christ et de l’Église ». Désireux de veiller à « la croissance du sens maternel de l’Église », le pape François désire ainsi, selon ses mots, favoriser une « vraie piété mariale ».

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  • Pentecôte : les sept dons de l’Esprit ou l’Échelle intérieure

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    Les dons du Saint Esprit.jpgPlus de sept siècles avant la naissance de Jésus, le prophète Isaïe parle ainsi du Messie : “Sur lui reposera l’Esprit du Seigneur : esprit de sagesse et d’intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de science et de piété ; et l’esprit de crainte du Seigneur le remplira” (Is. 11, 2-3).

    Cette mystérieuse énumération ne s’applique pas seulement au Fils de Dieu incarné, elle propose à notre humanité une voie de sanctification, car nous sommes invités à recevoir les mêmes dons, à gravir les mêmes échelons spirituels pour progresser sur le Chemin, dans la Vérité, vers la Vie. Comme l’écrit Dom Prosper Guéranger dans son Année liturgique (qui a inspiré la substance de ce texte) : “L’humanité de Jésus est le type surnaturel de la nôtre, et ce que l’Esprit-Saint a opéré pour la sanctifier doit en proportion avoir lieu en nous”.

    On vient de le lire, la première liste des dons de l’Esprit est descendante ; Isaïe décrit le Messie comme s’il le voyait d’en haut, commençant par la sagesse et terminant par la crainte. Or, le rédacteur inspiré du livre des Proverbes affirme que “la crainte de Dieu est le commencement de la sagesse” (Prov. 9, 10), comme s’il contemplait les mêmes dons de l’Esprit d’en bas, depuis le sol de notre nature humaine, là où l’aventure spirituelle commence...

    Posons le pied sur le premier échelon : la crainte de Dieu. Cette crainte n’est en rien de la peur ou de la défiance vis-à-vis de Dieu ; au contraire, elle exprime la situation initiale objective de la créature face au Créateur : la petitesse. Considérant l’infinité de Dieu, l’homme ne peut que reconnaître d’emblée sa propre insuffisance, ses carences, son péché. La vision du sommet d’une très haute montagne, l’infini des mathématiques ou le ciel étoilé peuvent donner une idée du rapport initial qui s’établit entre Dieu et celui qui le découvre. La vertu primordiale pour entamer et poursuivre jusqu’au bout le voyage spirituel est donc l’humilité. Lestée de son orgueil natif, l’homme peut entamer avec confiance son ascension, sûr que Jésus-Christ le précède tout au long du parcours, car s’il a pris notre condition humaine, c’est pour nous entraîner à sa suite. Il a reconnu le parcours, l’a balisé, équipé de relais...

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  • « Magnifica humanitas ». Points communs et divergences entre le pape mathématicien et les technocrates de l’IA

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    De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :

    « Magnifica humanitas ». Points communs et divergences entre le pape mathématicien et les technocrates de l’IA

    Lundi 25 mai, le pape Léon XIV présentera au monde sa première encyclique, « Magnifica humanitas », en compagnie de la théologienne anglaise Anna Rowlands de la Durham University, récompensée en 2023 du prix de la Fondation Joseph Ratzinger-Benoit XVI, ainsi que de l’entrepreneur américain Christopher Olah (photo), co-fondateur d’Anthropic. Ces deux personnes sont tout particulièrement engagées dans la résolution des questions importantes soulevées par l’intelligence artificielle, l’IA, auxquelles l’encyclique est consacrée.

    Signée par le pape Léon le 15 mai, à exactement 135 ans d’intervalle de la signature apposée par son prédécesseur et homonyme Léon XIII sur la première et historique encyclique « Rerum novarum » consacrée à la doctrine sociale de l’Église, « Magnifica humanitas » entend, elle aussi, répondre aux questions essentielles soulevées par la nouvelle révolution qui est en train de se jouer dans la société humaine : celle de l’intelligence artificielle.

    Anthropic n’est bien sûr pas la seule grande entreprise active dans le domaine. On peut également citer Palantir d’Alexandre Karp et Peter Thiel, OpenAI de Sam Altman ou encore xAI et Grok d’Elon Musk, chacune porteuse d’une vision techno-philosophique différente.

    Thiel a notamment fait parler de lui le mois dernier, à l’occasion de sa tournée à Rome pour un cycle de conférences à huis clos sur le thème de l’Antéchrist. Mais, au-delà de sa vision apocalyptique inspirée de René Girard, il pèse surtout politiquement par sa proximité avec JD Vance, le vice-président américain, converti à un catholicisme en rupture avec les orientations dominantes de l’Église. Vance est un critique acerbe d’une Europe qui, avec son AI Act adopté en 2024, prétend réguler l’intelligence artificielle au moyen de réglementations, en classant et en sanctionnant les risques de manière préventive. Une tentative illusoire dans un domaine en perpétuelle évolution.

    Anthropic, en revanche, s’inscrit dans une vision très originale, que l’Église de Rome suit avec attention. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le pape Léon a demandé à Olah de présenter « Magnifica humanitas ».

    Pour mieux comprendre cette vision, on peut reprendre mot à mot la description qu’en a faite dans le journal « Il Foglio » du 18 mai un grand expert en la matière, Carlo Alberto Carnevale Maffè, professeur de stratégie entrepreneuriale à l’Université Bocconi de Milan et qui est appelé à enseigner dans quelques-unes des universités les plus prestigieuses au monde, la Columbia University à la Wharton School, en passant par la Steinbeis University de Berlin et le St. Mary’s College en Californie.

    Les autres co-fondateurs d’Anthropic, en plus d’Olah, sont Dario Amodei, qui en est actuellement le PDG, ainsi que sa sœur Daniela. L’essai « Machines of Loving Grace » qu’ils ont publié à deux en 2024 exprime le mieux leur vision, qui n’est pas dénuée de dimension politique.

    « C’est un texte de 15 000 mots qui valent la peine d’être lus dans leur intégralité – écrit le professeur Carnevale Maffè  — avant d’exprimer le moindre jugement sur la Silicon Valley. Leur thèse est nette : ‘Nous ne voyons aucune raison structurelle pour laquelle l’IA devrait favoriser de préférence la démocratie et la paix’. C’est un aveu qu’aucun de leurs collègues n’a eu le courage de formuler avec autant de clarté et qui mériterait à lui seul qu’on y consacre un séminaire de philosophie politique ».

    « Amodei reconnaît – poursuit Carnevale Maffè – que l’IA peut renforcer la propagande et la surveillance, les deux instruments classiques des autocrates, et que les démocraties doivent par conséquent s’impliquer activement pour obtenir un avantage structurel, ne pouvant pas faire confiance à l’inertie technologique. Cette position sépare Amodei du déterminisme optimiste qui a dominé la pensée californienne des années 1990 avec cette idée, d’inspiration vaguement clintonienne, qu’internet aurait automatiquement exporté la démocratie (on se rappelle tous les ‘printemps arabes’ et les illusions qui ont suivi). Amodei démolit explicitement ce récit : ‘Internet a probablement avantagé l’autoritarisme, et pas la démocratie’. Il s’agit d’une correction historique importante et surprenante de la part d’un PDG américain du secteur ».

    D’où la proposition d’Amodei de mettre en œuvre ce qu’il appelle une « stratégie d’alliance ». « Il s’agit d’une coalition de démocraties qui s’assurent de garder la main sur l’IA à travers le contrôle de la filière des semi-conducteurs et l’action militaire stratégique (‘the stick’, le bâton) combinée à la distribution des bénéfices (‘the carrot’) pour déplacer les équilibres mondiaux ».

    Dans son essai suivant de 2025, « The Adolescence of Technology », Amodei a approfondi cette ligne « en ajoutant une inquiétude qui est devenue sa marque théorique », écrit encore le professeur Carnevale Maffè. « Le risque contre lequel il met en garde ce n’est pas seulement que les autocrates pourraient utiliser l’IA contre les démocraties, mais bien que les démocraties elles-mêmes, au nom de l’efficience, ne dérivent vers des formes de techno-autoritarisme interne. Le ‘country of geniuses in a datacenter’, selon la formule consacrée d’Amodei désormais entrée dans le lexique commun, est une utopie conditionnée : elle ne fonctionne que si les géométries institutionnelles sont capables de tenir le choc de la concentration de la puissance de calcul ».

    Parmi toutes les positions sur la table, commente Carnevale Maffè, « celle d’Anthropic est la plus résolument kantienne dans sa forme et churchillienne dans sa substance. Ce n’est pas un hasard qu’elle soit aussi la plus respectée dans les milieux académiques occidentaux et la seule, il faut le souligner, qui se soit préoccupée de se soumettre à la critique, en suscitant des débats publics tels que celui du Leverhulme Centre for the Future of Intelligence de Cambridge, qui a fourni une lecture sévère mais constructive de l’essai d’Amodei ».

    Les co-fondateurs d’Anthropic ne sont pas les seuls à agir en se laissant guider par une vision techno-philosophique. Alexander Karp, le PDG de Palantir, a un doctorat en théorie sociale de l’Université de Francfort et, dans son essai de 2025, qu’il signe avec Nicholas Zamiska, intitulé « The Technological Republic : Hard Power, Soft Belief, and the Future of the West », il écrit dans le ton d’un ex-élève de Jurgen Habermas et de l’École de Francfort. En pratique, sa thèse est que l’Occident a besoin de construire un complexe IA-industriel analogue au complexe d’industrie militaire de l’époque d’Eisenhower, s’il espère rester en lice dans la compétition cognitive avec les régimes autocratiques.

    Mais si Karp, avec Palantir, tient à maintenir, voire à renforcer, sa collaboration historique avec le gouvernement américain, il n’en va pas de même pour Olah et Amodei, dont la société, Anthropic, a été mise au ban par Donald Trump en février dernier après son refus de donner à l’armée américaine un accès illimité à sa technologie d’IA.

    Rien d’étonnant donc, à ce que le pape Léon, qui est déjà en délicatesse avec la Maison Blanche, ait justement demandé que ce soit Olah qui présente « Magnifica humanitas ». Il y a des points de convergence indéniables, en matière d’intelligence artificielle, entre la vision des cofondateurs d’Anthropic et celle de l’Église de Rome, ce que l’on peut d’ailleurs déjà constater dans le document « Antiqua et nova » du Dicastère pour la Doctrine de la foi de janvier 2025, et qui anticipe cette nouvelle encyclique.

    En effet, les nouveaux produits technologiques ne sont pas neutres, peut-on lire dans « Antiqua et nova » : « ils reflètent la vision du monde de leurs concepteurs, propriétaires, utilisateurs et régulateurs et, grâce à leur pouvoir, ils façonnent le monde et engagent les consciences au niveau des valeurs ». Cette critique, observe le professeur Carnevale Maffè, « est exactement celle qu’Habermas et l’École de Francfort auraient faite ». Léon XIV, le pape mathématicien de la Villanova University, « ne joue pas contre la Silicon Valley. Il joue avec la Silicon Valley intelligente contre une version plus grossière, chauvine et idolâtre ».

    Pour le dire autrement : « Si l’on accepte cette cartographie, la distance entre le personnalisme augustinien du pape Léon et le démocratisme prudent d’Anthropic est, au niveau des objectifs finaux, bien moindre que celle qui les sépare tous deux du trumpisme de Vance et du libertarisme de Musk ».

    Il convient également de mentionner les visions de Karp et de Thiel, plus discutables quant à elles, mais qu’on ne peut ignorer pour autant, dans l’optique de s’allier avec la partie saine de la techno-politique afin de réaliser une critique de la technocratie autoritaire.

    « C’est bien ce que l’Église a toujours su faire quand elle fonctionnait bien », conclut le professeur Carnevale Maffè. « Tenir ensemble thomistes et franciscains, jésuites et dominicains, au nom d’une vérité plus grande que toutes les écoles. Diversité des moyens, diversité des liturgies, diversité des cathédrales : le datacenter de Karp et la basilique de Saint Pierre. Mais l’ennemi est le même. Et l’histoire, quand elle veut être malicieuse, place les alliances les plus surprenantes dans les recoins les plus improbables ».

    — — —

    Sandro Magister est le vaticaniste émérite de l'hebdomadaire L'Espresso.
    Tous les articles de son blog Settimo Cielo sont disponibles sur diakonos.be en langue française.
    Ainsi que l'index complet de tous les articles français de www.chiesa, son blog précédent.

  • L’évêque de Ratisbonne met en garde contre l’effondrement de la foi en Allemagne : « Seulement 28 % croient que Jésus-Christ est le Fils de Dieu. »

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    D'InfoVaticana :

    L’évêque de Ratisbonne met en garde contre l’effondrement de la foi en Allemagne : « Seulement 28 % croient que Jésus-Christ est le Fils de Dieu. »

    L'entretien débute par une statistique particulièrement inquiétante : selon un sondage de l'Institut Allensbach cité au cours de la conversation, seuls 28 % des Allemands croient actuellement que Jésus-Christ est le Fils de Dieu. Pour Voderholzer, cette situation révèle un problème plus profond qu'un simple déclin de la pratique religieuse.

    « Cela devrait nous inquiéter beaucoup. »

    L'évêque a directement lié ce déclin de la foi au processus de sécularisation qui touche l'Europe occidentale depuis des décennies.

    « C’est une conséquence de la sécularisation et cela devrait nous préoccuper grandement dans tous les milieux ecclésiaux », a-t-il déclaré.

    Selon lui, l'Église devrait se concentrer avant tout sur la reconquête de la centralité du message chrétien, au lieu de s'enliser dans des débats secondaires.

    « La première et la plus importante chose à faire est de se demander comment remettre au centre de notre prédication ce qui constitue le christianisme », a-t-il déclaré.

    Voderholzer a résumé l’essence de la foi chrétienne en invoquant une formule célèbre de l’évêque Johann Michael Sailer : « Dieu en Christ, le salut du monde pécheur. » Il a expliqué que lorsque cette vérité cesse d’être centrale, toutes les autres expressions du christianisme s’affaiblissent, y compris l’action sociale de l’Église.

    Critiques de la dérive de l'Église allemande

    Au cours de l'entretien, l'évêque de Ratisbonne a laissé entendre une critique explicite de certains courants ecclésiastiques présents en Allemagne. Citant le théologien jésuite Henri de Lubac, il a rappelé comment ce dernier avait mis en garde, des décennies auparavant, contre le danger d'« autodestruction » de l'Église lorsque la sociologie se substitue à la théologie et à la philosophie.

    Voderholzer déplorait que, dans de nombreux milieux ecclésiaux, la proclamation du Christ ait été éclipsée par une approche excessivement horizontale et sociologique.

    « L’action sociale et caritative doit être une conséquence de la proclamation du Christ, et non la remplacer », a-t-il déclaré.

    L’évêque a également dénoncé le fait que l’Église allemande soit perçue par d’autres parties du monde comme une Église obsédée par la remise en question de tout.

    « En Allemagne, nous sommes perçus comme ceux qui problématisent tout et remettent tout en question », a-t-il reconnu.

    Madagascar, la France et le réveil de la jeunesse

    Contrairement à la situation en Allemagne, Voderholzer a souligné la vigueur spirituelle qu'il a récemment constatée à Madagascar, où il a visité des communautés catholiques pleines d'enthousiasme et de joie malgré la pauvreté matérielle.

    « J’ai pu faire l’expérience d’une Église pauvre, mais pleine de joie dans la foi », a-t-il expliqué.

    Selon lui, les célébrations liturgiques massives et la ferveur de milliers de jeunes contrastent avec la lassitude spirituelle qu'il perçoit en Europe.

    L’évêque a toutefois souligné des signes encourageants en Occident. Il a notamment cité la France, l’Angleterre et les États-Unis, où il observe une recherche croissante d’une foi « authentique » et « saine » chez les jeunes générations.

    « De nombreux jeunes ne se contentent plus d’une approche purement sociologique ou horizontale de l’enseignement », a-t-il déclaré.

    Il a également souligné le regain d'intérêt pour la beauté de la liturgie et a noté qu'en France, certains diocèses sont débordés par le nombre croissant de jeunes adultes demandant le baptême.

    La crise des vocations comme symptôme d'une crise de la foi

    Un autre thème central de l'entretien portait sur l'effondrement des vocations sacerdotales et religieuses en Allemagne. Voderholzer a déclaré être personnellement préoccupé par la situation et a souligné que la pénurie de prêtres n'était pas le problème principal, mais plutôt le symptôme visible d'une crise plus profonde.

    « Le manque de vocations est un symptôme du déclin de la force de la foi », a-t-il expliqué.

    Contrairement aux solutions purement organisationnelles ou structurelles, il a insisté sur le fait que l'Église devait regagner en crédibilité, en substance doctrinale et en confiance en elle.

    « Lorsque l’Église aura retrouvé la substance de sa foi et son estime de soi, les vocations viendront d’elles-mêmes », a-t-il déclaré.

    Éloges du pape Léon XIV

    Voderholzer a également évoqué le pape Léon XIV, se disant « très, très satisfait » de lui. L’évêque a notamment salué les fréquentes références du pape à saint Augustin, y voyant une continuité avec Benoît XVI.

    Il a également souligné avec enthousiasme le style liturgique et l'esthétique du nouveau pape, qui — a-t-il indiqué — se démarquent en partie du style de François.

    « Nous, catholiques, pouvons être fiers d’avoir un pape qui parle clairement aux puissants sans perdre son sang-froid », a-t-il déclaré, faisant également référence aux récentes interventions internationales de Léon XIV.

    Les déclarations de Rudolf Voderholzer mettent une fois de plus en lumière la division interne au sein du catholicisme allemand entre ceux qui estiment que la priorité de l'Église devrait être les réformes structurelles et ceux qui soutiennent que la véritable crise de l'Occident est avant tout une crise de foi, d'identité et de perte du sens surnaturel du christianisme.

  • Le Cardinal Michel Czerny rend hommage aux martyrs du communisme à l'approche des béatifications de prêtres

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    De Tyler Arnold sur le CWR :

    Un cardinal tchèque rend hommage aux martyrs du communisme à l'approche des béatifications de prêtres.

    Le cardinal Michael Czerny a évoqué cette semaine le martyre des catholiques qui ont témoigné de Jésus-Christ sous le régime communiste en Europe centrale et orientale, lors de la conférence « Bienheureux martyrs sous le communisme » organisée à Rome par l'ambassade de la République tchèque auprès du Saint-Siège.

    Czerny, préfet d'origine tchèque du Dicastère pour le service du développement humain intégral, a évoqué les causes de canonisation de deux prêtres tchèques — le père Jan Bula et le père Václav Drbola — qui seront béatifiés le 6 juin.

    « Le témoignage du père Jan et du père Václav s’adresse à chacun de nous individuellement dans nos luttes quotidiennes, grandes et petites », a déclaré Czerny lors de la conférence du 20 mai, selon Vatican News, média du Vatican .

    « Leur martyre nous enseigne qu’il n’existe aucune situation humaine — aussi dégradante ou injuste soit-elle — dans laquelle le Christ ne puisse être témoigné », a-t-il déclaré.

    Selon le Dicastère pour les causes des saints , les deux prêtres furent emprisonnés et tués entre 1951 et 1952, dans le contexte de la persécution de l'Église catholique par le régime communiste tchécoslovaque après la Seconde Guerre mondiale. Ils appartenaient au diocèse de Brno.

    Les deux prêtres œuvraient beaucoup auprès des jeunes catholiques et furent finalement emprisonnés. Selon le dicastère, ils furent accusés à tort en prison d'avoir comploté pour assassiner des responsables communistes et furent par la suite exécutés.

    Le dicastère affirme qu'ils ont été persécutés et tués en raison de leur travail pastoral et de la haine du régime envers la foi catholique.

    « Pour Jan et Václav, les mains de Dieu ont été leur soutien derrière les barreaux de la prison de Jihlava, leur défense lors des longs interrogatoires et la sauvegarde de leur dignité, qui est restée intacte même au milieu des humiliations les plus dégradantes », a déclaré Czerny lors de la conférence.

    « Le régime communiste ne voulait pas seulement les tuer ; il voulait anéantir leur identité sacerdotale », a-t-il déclaré. « Il voulait qu’ils trahissent, qu’ils renient, qu’ils renoncent à leur foi. »

    Czerny a déclaré que Bula et Václav « ont su transformer les ténèbres de la haine et le froid de l’échafaud en un lieu de rencontre vivante avec le Seigneur ». Il a ajouté qu’ils « ont témoigné par leur vie même que la lumière peut percer les nuages ​​sombres de l’histoire ».

    « Nous admirons la splendeur du grain de blé qui, après être resté caché pendant des décennies dans le sillon du sol de Bohême et de Moravie — nourri malgré une histoire difficile et fertilisé par le sacrifice — jaillit maintenant sous nos yeux », a déclaré Czerny.

    Cette pousse, qui a percé le sol gelé de l'athéisme et de l'oppression, est la preuve qu'aucune violence ne peut étouffer la vie de Dieu chez ceux qui se confient à lui.

    Cardinal Michel Czerny

    préfet du dicastère pour le service du développement humain intégral

    « Ce germe, qui a percé le sol gelé de l’athéisme et de l’oppression, est la preuve qu’aucune violence ne peut étouffer la vie de Dieu chez ceux qui se confient à lui », a-t-il ajouté.

    Czerny a déclaré que la béatification des deux martyrs démontre la réalité de la promesse du Christ dans Matthieu 28:20 : « Je suis avec vous tous les jours », le préfet ajoutant que la promesse « brille accomplie et inscrite dans le sang et la joie de ces deux prêtres ».

    « Puisse leur sacrifice nous aider à être des chrétiens, des citoyens, des hommes et des femmes qui savent donner leur vie au service, au pardon et à la vérité », a-t-il déclaré, « car au-delà du voile de l’épreuve et de la mort, nous attend la lumière éclatante du sourire aimant de Dieu et une joie que personne ne pourra jamais nous ravir. »

    Le pape Léon XIV a approuvé la béatification des deux prêtres en octobre 2025, ainsi que celle de neuf serviteurs de Dieu martyrisés par le régime nazi en raison de sa haine de la foi catholique.

  • Quelles connexions entre « Rerum Novarum » et « Magnifica Humanitas »

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    D'Andrea Gagliarducci sur le NCR :

    Quelles connexions entre « Rerum Novarum » et « Magnifica Humanitas »

    ANALYSE : Sept phases de développement se sont succédé au cours des 135 dernières années, depuis que le pape Léon III a publié son document novateur.

    21 mai 2026

    Le fait que le pape Léon XIV ait décidé de signer officiellement « Magnifica Humanitas » le 15 mai n’est pas une coïncidence.

    C'est précisément à cette date, en 1891, que son homonyme, Léon XIII, avait signé Rerum Novarum, la première encyclique sociale de l'histoire de l'Église catholique. Aujourd'hui encore, Léon XIV souhaite aborder les « choses nouvelles » (ce que signifie Rerum Novarum), les nouveaux défis posés par la société contemporaine. 

    Mais pourquoi, alors, est-il nécessaire de revenir sur Rerum Novarum ? Et comment la doctrine sociale de l’Église a-t-elle évolué au cours des 135 années qui ont suivi sa publication ?

    Lorsque Léon XIII a abordé les « choses nouvelles » de son époque, il a dû apporter une réponse chrétienne à deux phénomènes majeurs : la pensée socialiste, qui donnait effectivement de l’espoir aux pauvres en les appelant à s’engager dans la lutte des classes ; et la pensée des Lumières, qui avait conduit à une attaque sans précédent contre l’Église. À cela s’ajoutaient les problèmes liés à la révolution industrielle et à l’évolution rapide du monde du travail, qui créaient un profond déséquilibre social entre riches et pauvres.

    Avec Léon XIII, une doctrine sociale a vu le jour, qui abordait d’abord les questions humaines avant de s’étendre aux questions internationales. Ce n’est pas un hasard si le pape saint Jean XXIII, dans son encyclique Mater et Magistra de 1961, a évoqué les déséquilibres mondiaux et la menace qu’ils représentaient pour la paix. Ce n’est pas non plus un hasard si le pape saint Paul VI, dans son encyclique Populorum Progressio de 1967, a souligné que « le développement est le nouveau nom de la paix ».

    Ce dont traite Rerum Novarum

    De quoi Léon XIII a-t-il parlé dans Rerum Novarum ? La première partie est consacrée à la question de la propriété privée. Le pape rejette la « communauté des biens proposée par le socialisme » car elle « porte atteinte aux droits naturels de chaque individu ».

    Léon XIII aborde également la question de la destination des biens, soulignant que c’est le bon ou le mauvais usage des biens qui fait la différence, car « les richesses ne libèrent pas de la souffrance ». L’encyclique aborde ensuite la question de la pauvreté, soulignant que « la vertu est un patrimoine commun, accessible de la même manière aux grands et aux petits, aux riches et aux prolétaires », ce qui est important pour comprendre que tous sont égaux devant Dieu.

    Léon XIII aborde également le thème de la fraternité, auquel le pape François consacrera plus tard une encyclique, et souligne que vivre la fraternité signifie que « les biens de la nature et de la grâce constituent l’héritage commun du genre humain », car si tous sont enfants, ils sont aussi tous « héritiers de Dieu et cohéritiers de Jésus-Christ. Tel est l’idéal des droits et des devoirs contenu dans l’Évangile ».

    Léon XIII parlait d’une Église qui est également immergée dans le monde et qui, par conséquent, donne la priorité à l’amélioration des conditions de vie et à la dignité du travail. C’est pourquoi Rerum Novarum s’attarde sur les conditions de travail difficiles des ouvriers industriels, soulignant qu’« il n’est ni juste ni humain d’exiger tant de travail de l’homme que son esprit s’émousse par le surmenage et que son corps s’affaiblisse ».

    Léon XIII affirme également que « le salaire ne doit pas être inférieur au minimum de subsistance des travailleurs » et que, de son côté, le travailleur doit apprendre à épargner.

    Le grand thème est d’établir un ordre social juste, avec une voie centrale : la voie de la charité. 

    « Que chacun », écrivait Léon XIII, « fasse sa part et ne tarde pas, car le retard pourrait rendre plus difficile la guérison d’un mal déjà grave. Que les gouvernements œuvrent à cet objectif par de bonnes lois et des mesures sages ; que les capitalistes et les employeurs gardent toujours à l’esprit leurs devoirs ; et que le prolétariat, qui est directement concerné, fasse ce qu’il peut, dans les limites de la justice. »

    Les sept phases de la doctrine sociale

    Depuis *Rerum Novarum*, on compte douze encycliques sociales, si l’on inclut parmi celles-ci *Laudato Si* et *Fratelli Tutti* du pape François. Toutes font référence à *Rerum Novarum*, actualisant la réflexion en réponse aux nouvelles évolutions, abordant les nouveaux défis sociaux et donnant corps à une pensée appelée à répondre aux questions de notre temps.

    Mgr Mario Toso, évêque émérite de Faenza-Modigliana (Italie), l’un des plus grands experts de l’Église en matière de doctrine sociale, souligne que « la doctrine sociale de l’Église fournit des clés d’interprétation qui mettent en dialogue diverses disciplines afin de contribuer à la connaissance, à la paix et à la réalisation du Royaume de Dieu. La doctrine sociale n’est pas une connaissance déduite ; elle n’est pas imposée par d’autres ; ce n’est pas une doctrine élaborée. La doctrine sociale est une connaissance ouverte. »

    Ernesto Preziosi, qui a été pendant des années directeur des relations avec le territoire (responsable de la zone où se trouve l’université) à l’Université catholique du Sacré-Cœur de Milan, souligne qu’au cœur de la doctrine sociale catholique se trouve « la proclamation de l’Évangile ».

    Preziosi identifie sept phases dans le développement de la doctrine sociale.

    La première est celle qui commence avec Rerum Novarum dans les années 1920 et 1930, lorsque l’enseignement social est devenu l’apanage d’un mouvement plus populaire, et se poursuit avec la phase qui a vu le jour à la fin de la Seconde Guerre mondiale, avec une nouvelle forme d’enseignement social, qui s’est également heurtée à l’évolution du socialisme.

    Vient ensuite la quatrième phase, celle du Concile Vatican II, car, comme le dit Preziosi, « Jean XXIII et Paul VI ont modifié la méthode d’élaboration de la doctrine sociale : ils sont passés d’une méthode déductive à une méthode inductive ».

    La cinquième phase suit le Concile et est délicate, car « le Concile ouvre un nouveau scénario ; il reconnaît le changement de méthode ». Déjà pendant le débat conciliaire, l’usage du terme « doctrine » était contesté, et l’on parlait d’une interprétation plus libre.

    Avec Benoît XVI — c’est la sixième phase — « le débat prend fin, car la crise des idéologies a cédé la place à une pensée unique », explique Preziosi. Le nouvel humanisme, déjà présent dans l’esprit de Jean-Paul II, est mis en avant avec Laborem Exercens, Sollicitudo Rei Socialis et Centesimus Annus, qui ont remis au goût du jour le thème de l’éthique sociale, afin de surmonter les idéologies actuelles.

    Enfin, la septième phase, avec le pape François, est celle des grands changements sociaux.

    Magnifica Humanitas marquera probablement le début d’une nouvelle ère. Elle anticipe une nouvelle révolution industrielle induite par l’intelligence artificielle, de nouveaux déséquilibres mondiaux résultant de la nouvelle répartition du travail, un monde nouveau auquel l’Église est appelée à répondre. Ce ne sera peut-être pas la seule encyclique sociale de Léon XIV, mais ce sera un point de départ qui mérite d’être suivi.

    Andrea Gagliarducci est un journaliste italien travaillant pour la Catholic News Agency et analyste du Vatican pour ACI Stampa. Il collabore également au National Catholic Register.

  • Le Parlement européen adopte une meilleure protection des victimes, mais avec un arrière-goût amer.

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    Un communiqué de presse d'ALFA (Action pour le droit à la vie pour tous) :

    Le Parlement européen adopte une meilleure protection des victimes, mais avec un goût amer.

    COMMUNIQUÉ DE PRESSE

    Le Parlement européen adopte une protection renforcée des victimes, mais avec un goût amer : la directive européenne mentionne pour la première fois l’avortement.

    Augsbourg. Le 21 mai, le Parlement européen a adopté une nouvelle directive européenne sur les droits des victimes, associant ainsi, du point de vue d'ALfA, une avancée attendue depuis longtemps en matière de protection des victimes mais associée à une manœuvre idéologique inacceptable.

    La directive révisée modernise pour la première fois depuis 2012 le cadre de l'UE pour les victimes de la criminalité. Elle renforce les normes minimales de soutien et de protection, établit des lignes d'assistance téléphonique à l'échelle de l'UE (116 006), améliore l'accès à l'aide juridique et à l'indemnisation, et protège mieux les données personnelles des victimes contre les auteurs de crimes.

    « Nous saluons tout particulièrement toute mesure visant à mieux protéger les véritables victimes de crimes », explique Cornelia Kaminski, présidente fédérale de l’Action pour le droit à la vie pour tous (ALfA). « Les femmes victimes de violence, en particulier, ont besoin d’une aide facilement accessible, de conseils avisés, d’une thérapie pour les traumatismes et d’un soutien juridique. »

    L'infanticide prénatal est inscrit dans les directives destinées aux victimes

    ALfA critique le fait que la directive mentionne explicitement l'accès à l'avortement pour la première fois. Un considérant précise que les services de santé dans le domaine de la « santé sexuelle et reproductive » destinés aux victimes de violences sexuelles pourraient également inclure l'accès à l'avortement ; les États membres sont tenus de fournir ou de faciliter ces services « lorsque leur législation nationale le permet ».

    « Ce texte consacre l’avortement dans un cadre qui n’a en réalité rien à voir avec le sujet. C’est de la politique symbolique classique, menée sous couvert de protection des victimes », a déclaré Kaminski. « Dans l’UE, on estime que plus de 600 000 enfants sont tués avant leur naissance chaque année. L’enfant à naître est donc la victime la plus fréquente de violence, et non seulement il n’est pas mentionné dans ce texte, mais il est explicitement victimisé : son avortement prénatal est présenté comme un élément de la protection des victimes de violences sexuelles. »

    Le principe de subsidiarité et la dignité humaine bafoués

    ALfA souligne que la politique en matière d'avortement relève de la compétence exclusive des États membres, conformément aux traités européens.

    « Lorsque Bruxelles instrumentalise une directive relative aux victimes pour légitimer politiquement l’avortement, il s’agit d’un glissement insidieux des compétences et d’une violation du principe de subsidiarité », critique Kaminski. « L’UE invoque la dignité humaine, mais l’applique de manière sélective. Apparemment, elle ne s’applique pas aux enfants à naître. »

    Appel aux États membres

    La directive doit maintenant être formellement adoptée par le Conseil ; ensuite, les États membres disposent de deux ans pour la transposer en droit national.

    « Nous appelons les gouvernements membres du Conseil à ne pas approuver ce texte en l’état », déclare Kaminski. « L’Europe a besoin d’une protection efficace des victimes, mais pas d’une instrumentalisation de cette protection pour faire progressivement de l’avortement un “quasi-droit fondamental” européen. »

     

  • Quatre-vingt martyrs de la guerre civile espagnole et le patriarche maronite Hoyek seront béatifiés

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    Le monument aux martyrs de Santander, le patriarche maronite Elias Hoyek, Constantin Vendrame, un missionnaire salésien en Inde

    Le monument aux martyrs de Santander, le patriarche maronite Elias Hoyek, Constantin Vendrame, un missionnaire salésien en Inde 

    De Benedetta Capelli sur Vatican News :

    80 martyrs de la guerre civile espagnole et le patriarche maronite Hoyek seront béatifiés

    Le Pape a autorisé la promulgation de six décrets du Dicastère pour les Causes des Saints. Les martyrs de Santander et le patriarche libanais Hoyek seront béatifiés. Le missionnaire salésien Costantino Vendrame, le carme déchaussé du Cameroun frère Jean Thierry, la religieuse espagnole María Ana Alberdi Echezarreta et le frère laïc capucin frère Nazareno da Pula sont élevés au rang de vénérables

    Fidèles à leur peuple dans la persécution ou l’épreuve. Telle est l’histoire des 80 martyrs de Santander, en Espagne, et du patriarche maronite libanais Elias Hoyek, qui seront prochainement béatifiés. Lors de l’audience d’aujourd’hui, 22 mai, avec le cardinal Marcello Semeraro, préfet du Dicastère pour les Causes des Saints, le Pape Léon XIV a autorisé la promulgation des décrets correspondants. Seront désormais vénérables le jeune carme déchaussé camerounais frère Jean-Thierry de l’Enfant-Jésus et de la Passion, la religieuse conceptionniste franciscaine espagnole Mère María Ana Alberdi Echezarreta, ainsi que les Italiens frère Nazareno da Pula, frère capucin, surnommé «le saint des bonbons», et Costantino Vendrame, missionnaire salésien en Inde, «le plus pauvre parmi les pauvres».

    Témoins de la foi pendant la persécution religieuse en Espagne

    C'est dans le contexte de la guerre civile espagnole des années 1930 et de la persécution religieuse qui s'ensuivit que s'inscrit le témoignage de foi et d'amour des Serviteurs de Dieu Francisco Gonzáles de Córdova et de 79 de ses compagnons: certains furent jetés à la mer, les mains et les pieds liés, avec une pierre attachée au corps; d'autres disparurent à bord du navire-prison «Alfonso Pérez»; d'autres encore ont été tués et brûlés; certains sont morts dans une sorte de camp de concentration. Sur les 80, 67 étaient des prêtres, 3 des religieux carmélites, 3 des séminaristes et 7 des laïcs.

    L'histoire de Francisco Gonzáles de Córdova témoigne d'une grande fidélité envers les personnes qu'il accompagnait dans son ministère de prêtre à la paroisse de Santa María del Puerto, à Santoña. Pendant la persécution, il refuse de fuir malgré l'interdiction de célébrer la messe et d'administrer les sacrements. Il est fait prisonnier et emmené sur un navire transformé en prison; dans la cale du navire, il continue à confesser les prisonniers et à réciter le rosaire chaque jour. Lorsqu’il est appelé pour être exécuté, il demande à être le dernier afin de pouvoir absoudre et bénir ses compagnons. Il avait 48 ans.

    Père du Grand Liban

    Le miracle qui conduira à la béatification du patriarche maronite libanais Elias Hoyek remonte à 1965, avec la guérison de l’officier de l’armée Nayef Abou Assi, musulman d’origine druze, atteint d’une «spondylolyse bilatérale» chronique, qui s’est réveillé un jour en parfaite santé après avoir rêvé du patriarche. Né le 4 décembre 1843 à Helta (Liban), Elias Hoyek entre au séminaire à l’âge de 16 ans, se rend à Rome pour étudier la théologie et y est ordonné prêtre en 1870. De retour au Liban, avec Mère Rosalie Nasr, il fonde à Ebrine la Congrégation des Sœurs Maronites de la Sainte Famille, premier institut religieux féminin de vie apostolique au sein de l’Église maronite. Il est élu patriarche d’Antioche des Maronites en 1899 et, pendant trente ans, il s’occupe de la formation du clergé et de la catéchèse des fidèles. Il devient une figure de référence de la société libanaise qui aspirait à l’indépendance vis-à-vis de l’Empire ottoman, nouant des relations avec les autorités et défendant son peuple.

    Au début de la Première Guerre mondiale, il ouvre les portes des couvents et des monastères pour nourrir ceux qui étaient épuisés par le conflit, quelle que soit leur confession religieuse: il est condamné à la déportation par les autorités ottomanes, mais parvient à l'éviter grâce à l'intervention du Pape et de la diplomatie austro-hongroise. En 1920, le nouvel État du Grand Liban voit le jour, auquel il contribue en participant aux négociations avec les autorités de l’Empire ottoman. Il meurt en 1931 à Bkerké. C’était un homme de dialogue, d’une grande charité pastorale, qui vécut dans la pauvreté évangélique, jouissant d’une telle affection et d’une telle estime qu’on le surnommait le «Père du Grand Liban».

    Frère Nazareno de Pula, Carme Déchaux du Cameroun Frère Jean Thierry, la religieuse espagnole María Ana Alberdi Echezarreta

    Frère Nazareno de Pula, Carme Déchaux du Cameroun Frère Jean Thierry, la religieuse espagnole María Ana Alberdi Echezarreta

    Offrir sa vie pour les vocations

    Le frère carmélite déchaussé camerounais Jean-Thierry de l’Enfant-Jésus et de la Passion, décédé à l’âge de 23 ans à Legnano, en Italie, en 2005 des suites d’un cancer des os au genou, est déclaré vénérable. «Quelle lumière, quelle lumière… Comme Jésus est beau!»: tels furent ses derniers mots avant de mourir. Une vie marquée par une forte dévotion mariale, par la prière constante du Rosaire, une vie animée par le désir d’être un autre Christ pour les autres. Né en 1982, sa vocation naît très tôt, à l’âge de 8-9 ans, grâce à la rencontre avec un missionnaire Oblat de Marie Immaculée au Cameroun. En 2003, il est accueilli dans la famille des Carmes déchaux. L’année suivante, il découvre qu’il est malade et subit l’amputation d’une jambe. Ses confrères le transfèrent en Italie pour qu’il y soit soigné, mais il n’y a plus grand-chose à faire ; la demande de profession religieuse «in articulo mortis» est déposée et, le 8 décembre 2005, Jean-Thierry revêt l’habit du Carmel et prononce ses vœux solennels. Il demande alors qu’on ne prie plus pour sa guérison, mais pour les vocations, pour lesquelles il offre sa vie. Il meurt le 5 janvier 2006.

    Devenir sainte dans la charité

    La douceur et la charité ont marqué la vie de la nouvelle vénérable Mère María Ana Alberdi Echezarreta, religieuse espagnole née au Pays basque en 1912. Orpheline de ses deux parents à l’âge de 7 ans seulement, elle commence très tôt à travailler, mais découvre sa vocation religieuse grâce à sa rencontre avec un prêtre. En 1932, à Madrid, elle revêt l’habit blanc des Sœurs conceptionnistes franciscaines; quatre ans plus tard, elle prononce ses vœux solennels. La guerre civile espagnole éclate alors et elle est contrainte de quitter son monastère, où elle reviendra pour devenir d’abord maîtresse des novices, puis, en 1953, abbesse, réélue à plusieurs reprises lors des chapitres suivants. Une tâche difficile après la guerre et après le Concile Vatican II, à la suite duquel elle travaille à la révision des Constitutions de l’Ordre. Elle guide sa communauté avec sagesse et douceur, insufflant la paix à ceux qu’elle rencontre. En 1998, elle tombe malade d’une affection qui l’entraîne vers la mort. Le but de sa vie a été de devenir sainte en aimant.

    Le plus pauvre parmi les pauvres

    Le salésien Costantino Vendrame est lui aussi déclaré vénérable. Il a passé une grande partie de sa vie parmi les pauvres en Inde, témoignant de l’amour de Dieu toujours avec le sourire, devenant ainsi un grand exemple de charité évangélique. Né dans la province de Trévise en 1893 dans une famille aux valeurs chrétiennes solides, il choisit très jeune la voie du sacerdoce et se confie aux salésiens, exprimant son amour pour la mission. Ordonné prêtre le 15 mars 1924 à Milan, il reçoit le 5 octobre le crucifix missionnaire à Turin, dans la basilique de Marie Auxiliatrice. Il part alors pour l’Inde, d’abord en Assam, puis au Tamil Nadu. Il se fait pauvre parmi les pauvres, parcourt de longues distances à pied pour attirer de nombreuses personnes vers le Christ. Contraint à une interruption forcée pendant la Seconde Guerre mondiale, il est emprisonné avec beaucoup d’autres, mais là encore, il fait preuve d’une force spirituelle qui console et soutient ses compagnons de captivité. Atteint d’une forme grave d’arthrose, il meurt à Dibrugarh, en Inde, le 30 janvier 1957, à la veille de la fête de saint Jean Bosco.

    Le saint des bonbons

    Les bonbons à l'orange et au citron étaient les compagnons de voyage de frère Nazareno da Pula: en les offrant, il recommandait de dire un "Je vous salue Marie" à la Vierge Marie en en mangeant un. C'est pour cette raison qu'il est connu comme le «saint des bonbons»; aujourd'hui encore, ses confrères capucins les distribuent aux fidèles, après les avoir bénis dans sa petite cellule, au sanctuaire dédié à Notre-Dame de la Consolation, voulu par le frère Nazareno lui-même, à Pula, près de Cagliari. Né dans cette petite commune sarde en 1911 au sein d’une famille paysanne nombreuse, Giovanni Zucca fut envoyé en Afrique pendant la Seconde Guerre mondiale et, capturé par les Anglais en Éthiopie en 1941, il fut retenu prisonnier pendant environ 4 ans.

    À son retour, il rencontre Padre Pio de Pietrelcina et lui fait part de son désir de devenir frère et de rester à ses côtés, mais celui-ci l’invite à retourner en Sardaigne pour y poursuivre sa vocation. En 1951, à l’âge de 39 ans, Giovanni demande à entrer comme frère laïc dans l’ordre des Frères Capucins de Sardaigne. Admis au noviciat du couvent de Sanluri, il reçoit l’habit des Capucins et prend le nom de frère Nazareno. Homme de prière, toujours prêt à accomplir les tâches les plus diverses avec humilité, mendiant, cuisinier, jardinier, il s’installe en 1986 dans une petite maison dans la campagne de Pula, où sera érigé quelques années plus tard le sanctuaire dédié à la Vierge Marie. C'est là que repose son corps depuis son décès en 1992, des suites d'un cancer.