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Actualité

  • En 2025, le nombre de chrétiens arrêtés en Iran a presque doublé par rapport à 2024

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    De kath.net/news :

    Nouveau rapport sur l'Iran : le nombre d'arrestations de chrétiens double

    27 février 2026

    Implication croissante des Gardiens de la révolution islamique dans les arrestations de chrétiens ; persécution ciblée des personnes impliquées dans la distribution de Bibles ; mauvais traitements sévères infligés aux prisonniers chrétiens.

    Vienne (kath.net/Open Doors) / L'année dernière, le nombre de chrétiens arrêtés en Iran pour leurs convictions ou activités religieuses a presque doublé par rapport à 2024. C'est l'une des conclusions de « Boucs émissaires », un nouveau rapport sur la violation des droits des chrétiens en Iran. Ce rapport est le fruit d'une collaboration entre Open Doors, Article18, CSW et Middle East Concern. Il met en lumière la manière dont la République islamique d'Iran présente les chrétiens comme une menace pour la sécurité et les désigne comme boucs émissaires, notamment depuis la guerre des douze jours contre Israël. Les autorités qualifient les chrétiens de « mercenaires du Mossad ».

    Augmentation des arrestations et aggravation des peines : outre l'augmentation des arrestations, d'autres tendances inquiétantes sont apparues l'année dernière. 

    • En 2025 (57), plus de deux fois plus de chrétiens ont été emprisonnés, exilés ou condamnés au travail forcé qu’en 2024 (25).
    • On observe une nette tendance à l'alourdissement des peines. Bien que seulement 73 chrétiens aient été condamnés l'an dernier, contre 96 en 2025, la durée totale des peines (280 ans) est supérieure à celle de 2024 (263 ans). Parallèlement, au moins 11 chrétiens seront condamnés à des peines de prison de 10 ans ou plus en 2025.
    •  Implication croissante des Gardiens de la révolution islamique dans les arrestations de chrétiens ; persécution ciblée des personnes impliquées dans la distribution de Bibles ; mauvais traitements sévères infligés aux prisonniers chrétiens.

    Ce rapport fait suite à la répression brutale des manifestations nationales qui ont débuté fin 2025, ainsi qu'à la recrudescence des protestations et des actes de résistance dans le pays.

    Steve Dew-Jones, directeur de l'information d'Article18, organisation partenaire de Portes Ouvertes, explique : « Le régime actuel tente de présenter les minorités comme des ennemies de l'Iran, de mèche avec Israël, les États-Unis et l'Occident, et d'en faire des boucs émissaires. Au cours de l'année écoulée, il a intensifié cette rhétorique, condamnant notamment les chrétiens évangéliques comme des agents « sionistes » de l'Occident et des « éléments entraînés ». »

    Les chrétiens restent fermes dans leur foi et leur résistance.

    « Rien de tout cela n’a dissuadé la minorité chrétienne d’Iran de rejoindre des millions d’autres personnes dans les rues pour protester », explique Dew-Jones. « Nous savons qu’au moins 19 chrétiens ont été tués par les forces de sécurité iraniennes, dans un contexte de massacres estimés à plusieurs dizaines de milliers de personnes. Nous examinons actuellement plusieurs autres rapports qui pourraient porter le nombre de chrétiens tués à plus de 40. En effet, parmi les victimes figuraient des Iraniens de toutes confessions et des personnes sans appartenance religieuse, alors que la nation tout entière se soulevait pour exiger un avenir différent.

    » « Les chrétiens ont été parmi les premiers à subir la cruelle réalité de la vie sous la République islamique », ajoute Mansour Borji, directeur exécutif d’Article18. « Moins de 200 heures après la révolution de 1979, un prêtre anglican a été tué dans son presbytère. Cette brutalité se poursuit depuis. » Chaque année, de nombreux chrétiens sont arrêtés et emprisonnés dans des conditions épouvantables pour avoir exercé leur droit à la liberté de religion, un acte aussi simple que de prier ensemble dans des églises de maison étant perçu comme un acte de désobéissance civile.

  • Algérie, Angola, Guinée, Cameroun : les pays difficiles que le pape visitera

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    D'Anna Bono sur la NBQ :

    Algérie, Angola, Guinée, Cameroun : les pays difficiles que le pape visitera

    Le premier voyage pastoral du pape Léon XIV en Afrique comprendra quatre étapes dans des pays pour le moins difficiles : l’Algérie, le Cameroun, l’Angola et la Guinée équatoriale. Ces pays sont sous des dictatures ou des démocraties, et ont connu ou connaissent encore de terribles conflits.

    27 février 2026
    Lion XIV (AP)

    Le Vatican a annoncé que le pape Léon XIV effectuera son premier voyage pastoral en Afrique en avril prochain. Il se rendra en Algérie du 13 au 15 avril, au Cameroun du 15 au 18, en Angola du 18 au 21 et en Guinée équatoriale du 21 au 23. Le Saint-Siège a précisé que le pontife avait été invité par les chefs d'État et religieux des quatre pays.

    Ces prochains jours seront chargés. Le pape visitera des pays en grande difficulté et rencontrera, c'est le moins qu'on puisse dire, certains des dirigeants africains les plus controversés. En Algérie, Abdelmadjid Tebboune effectue son second mandat présidentiel. Élu en 2019 sur la promesse de réformes et de lutte contre la corruption et le gaspillage, il avait suscité l'espoir d'un changement après vingt ans de régime autoritaire d'Abdelaziz Bouteflika. Réélu en 2024 avec 84,3 % des voix, il n'a pourtant vu la participation qu'à 46 % selon les chiffres officiels, voire moins. Sa présidence a renforcé le pouvoir déjà considérable de l'armée, justifié par l'existence de menaces, réelles ou perçues, internes et externes, pesant sur le pays. Ce pouvoir permet sans aucun doute au président Tebboune de réprimer la dissidence, perpétuant ainsi l'héritage de son prédécesseur. Indépendante de la France depuis 1962, l'Algérie, dont la population est presque entièrement musulmane, est peut-être le pays qui a le plus souffert du djihad, la guerre sainte islamique. Dans les années 1990, au nom d'Allah, des fondamentalistes islamistes du FIS (Front islamique du salut) puis du GIA (Groupe islamique armé) ont tué des dizaines de milliers de personnes. Parmi les 150 000 victimes civiles, de nombreuses familles et des villages entiers ont été anéantis parce qu'ils « priaient mal ». Les djihadistes poursuivaient et tuaient des filles et des jeunes femmes dans les rues, notamment celles qui se rendaient à l'école et qu'ils reconnaissaient à leurs uniformes. Ils arrêtaient les enfants, leur demandaient comment leurs parents priaient et, si leurs réponses ne les satisfaisaient pas, ils les accompagnaient chez eux et égorgeaient toute la famille. La période la plus sanglante, de 1992 à 2002, est restée dans les mémoires sous le nom de « Décennie noire ».

    Même l'Angola indépendant porte un lourd passé tragique, difficile à surmonter. Ancienne colonie portugaise, il a accédé à l'indépendance en 1975. Mais, comme dans d'autres États africains, et avec des conséquences bien plus graves, la guerre de libération fut aussi une guerre tribale pour le contrôle des institutions. Le conflit débuta en 1970 et, malgré quelques interruptions, se poursuivit après l'indépendance, jusqu'en 2002 : une guerre civile féroce et dévastatrice. José Eduardo dos Santos, l'un des leaders du MPLA, le mouvement armé victorieux, dirigea le pays de 1979 à 2017. Il sut tirer profit des richesses de l'Angola, deuxième producteur de pétrole d'Afrique subsaharienne, pour devenir le chef d'État le plus riche d'Afrique. Sa fille, Isabel, directrice de la compagnie pétrolière nationale Sonangol, fut pendant des années la femme africaine la plus riche, avec une fortune de plusieurs milliards. En 2017, João Lourenço remporta les élections présidentielles et fut également élu président du MPLA un an plus tard. Il dirige le pays depuis lors. Même sous son gouvernement, la croissance économique tirée par le pétrole ne s'est pas traduite par du développement. Une statistique le prouve : le taux de chômage des jeunes de 15 à 24 ans atteint 54 %. De plus, seuls trois millions des jeunes de 18 ans en âge de travailler occupent un emploi stable. Le président Lourenço avait promis de mettre fin à la corruption systémique instaurée par son prédécesseur, de diversifier l'économie et de créer des emplois. Huit ans plus tard, force est de constater qu'il a échoué… ou du moins qu'il n'a pas essayé, du moins pas avec suffisamment de détermination. « Nous ne pouvons pas fermer les yeux sur la réalité de notre pays », a averti le président de la Conférence épiscopale d'Angola et de São Tomé-et-Príncipe, Monseigneur Manuel Imbamba, lors de l'ouverture de la deuxième assemblée plénière annuelle, le 17 septembre. « Notre pauvreté n'est pas seulement matérielle. Elle est avant tout sociale, politique, civile, culturelle et spirituelle. La méfiance envers les institutions et un sentiment de désespoir imprègnent la vie des Angolais, en particulier des jeunes. »

    Mais les deux rencontres les plus épineuses auront lieu avec les présidents de Guinée équatoriale et du Cameroun. La Guinée équatoriale possède également d'importants gisements de pétrole. Elle compte moins de deux millions d'habitants, qui pourraient figurer parmi les plus riches de la planète si la famille Nguema ne traitait pas le pays comme sa propriété privée depuis 1979. Le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo est le chef d'État africain resté le plus longtemps au pouvoir : il a pris le pouvoir par un coup d'État en 1979 et s'y maintient, au profit de sa famille et de son entourage. Il a été élu six fois, la dernière fois en 2022, mais les résultats ont été fortement contestés. Les institutions politiques guinéennes ne sont en réalité que des simulacres de démocratie. Selon les données officielles, le taux de pauvreté est de 23,5 %. Cependant, des estimations indépendantes indiquent que plus de 70 % de la population vit sous le seuil de pauvreté et 40 % dans l'extrême pauvreté.

    Paul Biya, 92 ans, est président du Cameroun depuis 1982, suite à un coup d'État. Il s'est présenté à sa réélection et a remporté son huitième mandat présidentiel en octobre dernier. Son principal adversaire, Tchiroma Bakary, a contesté le scrutin, tout comme des dizaines de milliers de personnes descendues dans les rues de la capitale, Yaoundé, pour protester. La police a ouvert le feu sur les manifestants, faisant des dizaines de morts. Biya promet à ses électeurs : « Le meilleur est à venir. » Mais outre de graves problèmes économiques, deux facteurs d'instabilité inquiètent de plus en plus l'avenir du Cameroun : le soulèvement dans les régions anglophones du nord et du sud-ouest (au Cameroun, le gouvernement, les institutions et la majorité de la population parlent français), qui sévit depuis 2017 ; et, à l'extrême nord, les incursions et les attaques de djihadistes venus du Nigeria voisin. Bakary, craignant à juste titre pour sa vie, a fui en Gambie. « Un pays ne peut pas exister au service d'un seul homme », avait-il déclaré lors de l'annonce de sa candidature. Mais pour l'instant, le Cameroun semble le pouvoir.

  • 4 mars, Tournai : Journée missionnaire Vietnam avec Mgr Frédéric Rossignol et le prêtre Antoine Nguyen Thai Tai

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    Aide à l'Église en Détresse Belgique/LuxembourgJournée missionnaire : Vietnam – 4 mars 2026, Tournai
    Rencontre

    avec Mgr Frédéric Rossignol et le prêtre Antoine Nguyen Thai Tai

    Dans le cadre de la campagne de Carême pour les missionnaires, Aide à l'Église en Détresse organise une journée missionnaire dédiée au Vietnam à Tournai le mercredi 4 mars 2026.

    Le nouvel évêque de Tournai, Mgr Frédéric Rossignol, et le prêtre vietnamien Antoine Nguyen Thai Tai partageront leur témoignage. Vous êtes les bienvenus !

    Le nouvel évêque de Tournai, Mgr Frédéric Rossignol, est un prêtre belge membre de la Congrégation du Saint-Esprit. En 2007, il a fondé une communauté au Vietnam. Après avoir appris le vietnamien, il s’est vu confier différentes responsabilités : supérieur de la maison de philosophie, maître des novices et supérieur du district Vietnam-Inde.

    Le P. Antoine Nguyen Thai Tai est né à Hanoï (Vietnam). Il est arrivé en Belgique en 2011 et a appris le français. Il a suivi des études de théologie au séminaire Notre-Dame à Namur, où il a été ordonné prêtre en 2016. Il est responsable de la pastorale des jeunes du doyenné de Gaume (Habay).

    Mercredi 4 mars 2026

    • 10h30 – Accueil autour d’un café
    • 11h00 – Célébration eucharistique
    • 12h00 – Repas froid
    • 13h00 – Mgr Frédéric Rossignol et le P. Antoine Nguyen Thai Tai
    • 15h00 – Moment de rencontre, café et goûter
    • 16h00 – Fin
    • Lieu : Séminaire de Tournai, rue des Jésuites 28, 7500 Tournai

    Les frais de participation sont de 30 euros par personne.

    L’inscription est obligatoire. Vous pouvez le faire via le formulaire en bas de la page dans le lien ci-dessous, ou via info@egliseendetresse.be en transférant 30,00 € par personne au compte BE91 4176 0144 9176 et BIC : KREDBEBB avec la référence : VC-2026-D.

    Formulaire d'inscription

  • Une place pour les “trados” dans l'Eglise ?

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    De l'abbé Pierre Amar en tribune sur le site du journal La Croix via le Forum Catholique :

    Fraternité Saint-Pie-X : « Dans l’Église, pourquoi n’y aurait-il pas aussi une place pour les “trados” ? »

    Père Pierre Amar, prêtre dans les Yvelines, auteur de "Si tu veux je suis là" (Artège, 2025)

    Fraternité Saint-Pie X : cette blessure qui affaiblit l'Église

    25/02/2026

    Connaissez-vous le compte Instagram « Catholic trash » ? N’y allez pas : c’est une machine à vous précipiter dans les bras de la Fraternité Saint-Pie X ! Animé par des catholiques italiens, il recense – preuves à l’appui – ce qu’on peut (vraiment) faire de pire en liturgie. Iconographies douteuses, objets pieux kitsch, produits de marketing religieux extrêmes, décors d’églises hideux, tenues de célébrants scandaleuses… Bref, on y trouve l’incarnation de ce que Benoit XVI dénonçait un jour comme une « créativité [qui] a souvent porté à des déformations de la liturgie à la limite du supportable ».

    Voilà bien tout le problème. Car le mouvement initié par Mgr Lefebvre n’est pas né de rien : il trouve son fondement dans les abus et la brutalité avec laquelle certains ont appliqué la réforme liturgique au lendemain du Concile Vatican II. Pourquoi y a-t-il, par exemple, bien moins de prieurés de la Fraternité Saint-Pie X en Pologne qu’en France ? Parce que là-bas, la réforme liturgique promulguée par le pape saint Paul VI s’est effectuée paisiblement, sans volonté de tout détruire. Si bien qu’aujourd’hui, dans ce pays encore profondément croyant, on peut célébrer la messe dos au peuple (par exemple à Czestochowa, « le » sanctuaire national), porter la soutane et entonner un cantique en latin sans se faire traiter d’intégriste.

    EXAMEN DE CONSCIENCE

    Et si nous commencions par un examen de conscience ecclésial ? Hier comme aujourd’hui, les déformations arbitraires de la liturgie blessent profondément des personnes enracinées dans la foi de l’Église. En d’autres termes, ne sommes-nous pas nous-mêmes les propres responsables de notre malheur ? Tel Frankenstein, nous avons fabriqué notre propre monstre. Le malaise est d’autant plus intense que cette créature vient de notre famille. Comme hier avec Luther, fabriqué par les évêques corrompus du XVIe siècle, nous ne sommes pas pour rien dans l’avènement de Marcel Lefebvre. Le malaise liturgique de l’après-concile a été alimenté par les mesquineries, les manques de charité, les innovations malheureuses. Et aussi par un « esprit du Concile » qui n’était tout simplement pas le Concile.

    Le résultat ? Une histoire dont on n’arrive pas à se défaire, un peu comme le sparadrap du capitaine Haddock. Et une histoire douloureuse, car elle concerne non plus l’unité entre chrétiens - qui est déjà un dossier à lui tout seul - mais l’unité entre catholiques.

    Bien sûr, comme dans toute querelle familiale, les torts sont partagés. Par exemple, ces récents propos de l'abbé Davide Pagliarani, supérieur de la FSSPX Actualités : Fraternité Saint-Pie X , sont particulièrement blessants : « C’est un fait, dans une paroisse ordinaire, les fidèles ne trouvent plus les moyens nécessaires pour assurer leur salut éternel. » Après une telle affirmation, il est tentant de reconnaître qu’on n’a vraiment plus rien à se dire et que la déchirure est actée.

    Le problème, c’est que la Fraternité Saint-Pie X n’a pas tort lorsqu’elle dénonce, en plus des innovations liturgiques, une certaine confusion doctrinale qui érode la clarté du message de la foi. On a même le sentiment d’un « deux poids deux mesures » : pourquoi faudrait-il donc être particulièrement sévères avec la Fraternité Saint-Pie X alors qu’on montre, de mon point de vue, une étonnante patience avec le chemin synodal allemand ou l'Association patriotique des catholiques chinois ? À une époque où l’on accepte tout ou presque, pourquoi n’y aurait-il pas de la place, dans la famille, pour des frères et sœurs - certes forts turbulents - mais frères et sœurs quand même ?

    DEUX PISTES

    La première consiste à cheminer ensemble. Ne pourrait-on pas faire preuve d’une générosité historique, en permettant au moins une intégration partielle de la Fraternité dans la vie de l’Église sans que la question doctrinale ne devienne le premier et principal obstacle ? Un évêque faisait récemment remarquer combien l’expérience de l’histoire montre que les processus de réconciliation et d’intégration ne commencent pas toujours par une résolution doctrinale complète. Ils peuvent au contraire progresser de manière graduelle, en favorisant d’abord la communion visible et en laissant place à un dialogue théologique ultérieur plus serein et fructueux.

    Certes pas à n’importe quel prix bien sûr. Et c’est à Rome d’en fixer les minima. Mais pas, non plus, sans miser sur le temps long et sur la grâce de l’Esprit-Saint.

    La deuxième piste consiste à favoriser une alternative. Ce fut l’œuvre audacieuse de saint Jean Paul II, un peu mise à mal ensuite par François. Il existe ainsi des lieux où la liturgie traditionnelle est célébrée paisiblement, en communion avec l’évêque. C’est par exemple le cas dans mon Diocèse de Versailles, sereinement, loin des projecteurs et des communiqués. Beaucoup de jeunes de nos paroisses naviguent aussi volontiers d’un missel à l’autre. Certains même découvrent la foi à la faveur d’une messe en latin. À l’église Saint-Georges dans le Diocèse de Lyon où l’on célèbre quotidiennement la messe de saint Pie V, il y a actuellement soixante-trois catéchumènes ! Dans certains diocèses de France, les seuls jeunes prêtres ou presque sont ceux qui célèbrent la messe traditionnelle latine. Nous ne pouvons pas ignorer cette réalité. N’est-il pas temps de faire la paix avec ce monde traditionnaliste qui accepte le concile Vatican II ? Et si le pape François disait lui-même qu’il y a une place pour tous dans l’Église (« todos… todos ! ») pourquoi n’y en aurait-il pas une aussi pour les « trados » ?

    Parce que ces divisons sont du temps perdu sur le vrai travail qui attend tous les baptisés depuis la Pentecôte : l’évangélisation.

    https://www.la-croix.com/a-vif/fraternite-saint-pie-x-dans-l-eglise-pourquoi-ny-aurait-il-pas-aussi-une-place-pour-les-trados-20260225

  • L'Allemagne : laboratoire de l'autodestruction ecclésiale

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    De Miguel Escrivá sur InfoVaticana :

    Allemagne : laboratoire de l'autodestruction ecclésiale

    Allemagne : laboratoire de l'autodestruction ecclésiale

    En Allemagne, l'Église catholique possède l'une des structures économiques les plus solides au monde, et pourtant, elle affiche l'un des taux de fréquentation des sacrements les plus faibles. Le chiffre officiel de 6,6 % des catholiques inscrits à la messe dominicale ne laisse guère présager d'espoir. Plus de 93 % de ceux qui se disent catholiques ne communient pas régulièrement. Dès lors, le pourcentage de fidèles conscients de la nécessité de se confesser et de demeurer en état de grâce peut être réduit, même parmi les catholiques eux-mêmes, à un chiffre négligeable, inférieur à 1 %.

    Nous ne sommes pas confrontés à une simple perte de ferveur. Nous sommes confrontés à une rupture profonde avec le cœur sacramentel . Lorsque la messe dominicale cesse d'être l'acte structurant de la communauté et devient une pratique minoritaire, l'Église cesse de s'organiser autour de l'autel et devient une institution culturelle dotée d'un point de référence chrétien. À proprement parler, une communauté où seulement un fidèle sur quinze assiste régulièrement à la messe cesse d'être sociologiquement fonctionnelle en tant qu'Église vivante et met objectivement les âmes en danger.

    Vocations : effondrement structurel, et non crise conjoncturelle

    Le paysage de la formation religieuse confirme ce constat avec une précision arithmétique. Avec environ 150 séminaristes diocésains à l'échelle nationale et à peine 28 ordinations par an pour près de vingt millions de catholiques, le ratio est le plus faible au monde. Il ne s'agit pas simplement d'un taux de remplacement insuffisant ; il s'agit d'une base de formation incapable d'assurer sa propre pérennité.

    Une Église de cette taille démographique, qui forme moins de trente prêtres par an, est inévitablement vouée à une réduction drastique de son réseau paroissial, au regroupement forcé des communautés et à une dépendance structurelle vis-à-vis du clergé étranger. Ces statistiques ne décrivent pas une difficulté passagère ; elles révèlent une impossibilité mathématique de continuité dans les conditions actuelles.

    Le contraste est d'autant plus frappant que, sur un même territoire, des communautés comme la Fraternité Saint-Pie-X (FSSP) et la Fraternité Saint-Pierre (SSP) comptent, à elles deux, un nombre de séminaristes comparable à celui de tous les diocèses allemands réunis. Et ce, malgré le fait que l'Allemagne ne soit pas, historiquement, un bastion du traditionalisme. Or, là où la liturgie demeure stable, où la doctrine n'est pas compromise et où l'identité sacerdotale est clairement affirmée, les vocations existent. C'est un fait avéré.

    Abus liturgiques et laxisme sacramentel : une érosion de l’intérieur

    Au déclin démographique s'ajoute une détérioration qualitative qu'il est impossible d'ignorer. La propagation des abus liturgiques, la banalisation du sens sacrificiel de la messe, le relâchement de la discipline sacramentelle et une réinterprétation progressive de la morale catholique ont engendré un climat d'ambiguïté persistante. Lorsque la liturgie perd son caractère sacré et que la pratique sacramentelle est relativisée, la transmission de la foi s'en trouve inévitablement affectée.

    Les statistiques ne sont pas une cause, mais une conséquence. Des décennies d'adaptation progressive, de redéfinition du langage doctrinal et d'érosion symbolique ont produit un résultat vérifiable : le vide.

    Le synodisme comme aboutissement du paradigme

    Le processus synodal allemand, tel qu'on le prétend, n'émane pas d'une Église forte et expérimentée, mais d'une Église statistiquement épuisée. La proposition d'un modèle de plus en plus sécularisé, délibératif et doctrinalement défaillant est présentée comme une réponse à la crise. Or, les données suggèrent que nous ne sommes pas face à la solution, mais plutôt à l'étape finale d'un processus.

    Repenser l'autorité ne suscite pas la foi et contredit le Magistère sur l'ordre. Redistribuer les responsabilités n'accroît pas les vocations. La réorganisation institutionnelle ne remplace pas la vie sacramentelle. Si la fréquentation dominicale n'est que de 6,6 % et que le nombre de vocations est infime, le problème n'est pas un problème de gouvernance, mais un problème d'identité.

    État de nécessité et question de l'obéissance

    Face à ce constat, la Fraternité Saint-Pie-X (FSSPX) a maintes fois invoqué la notion d’ état de nécessité , s’appuyant sur le principe suprême du salut des âmes , loi suprême de l’Église. L’analyse de cas particuliers, comme celui de l’Allemagne, soulève une question qui dépasse le cadre émotionnel pour entrer dans le domaine moral et juridique : lorsqu’une structure ecclésiale semble objectivement vouée à l’autodétruire, la théorie classique de l’obéissance peut-elle s’appliquer en théorie si son effet concret est l’extinction ?

    Dans une Église qui semble sur le point de disparaître, l’évaluation morale ne se limite pas au respect formel des procédures administratives ou synodales. Elle s’envisage à l’aune de la finalité ultime : la préservation de la foi et la transmission de la grâce. Si l’obéissance devient un instrument d’érosion doctrinale ou de vide sacramentel, le débat cesse d’être disciplinaire et se déplace vers celui de la survie de l’Église.

    Rome est confrontée à une décision inévitable

    L'Allemagne est devenue le paradigme contemporain de la voie moderniste : des ressources abondantes, une « sophistication » institutionnelle et, simultanément, une pratique sacramentelle minimale et des vocations à un niveau historiquement bas. Les statistiques ne sont pas hostiles ; elles sont objectives. Et ce qu'elles décrivent, c'est une Église qui, si cette tendance se poursuit, se réduira à une minorité résiduelle maintenue par des structures formelles.

    Le moment synodal place Rome face à un dilemme historique. Soit elle accepte passivement un processus qui, concrètement, équivaut à l'euthanasie institutionnelle d'une Église nationale, soit elle opère une transformation doctrinale et disciplinaire immédiate qui restaure la centralité sacramentelle et l'identité catholique.

  • USA : le vent tourne contre l'idéologie transgenre

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    Un éditorial du NCR :

    Le vent tourne contre l'idéologie transgenre

    ÉDITORIAL : La contestation est la plus forte concernant l'interdiction faite aux hommes biologiques de participer aux compétitions sportives féminines, mais elle se manifeste également au sein du corps médical américain, avec des mesures prises pour interdire les traitements de « transition de genre » pour les mineurs.

    L'affirmation selon laquelle les êtres humains peuvent changer leur identité sexuelle fondamentale n'a jamais été étayée par des preuves scientifiques solides. Cela n'a pas empêché de nombreux législateurs américains, ainsi qu'une grande partie du corps médical américain, d'adhérer aux revendications des militants transgenres.

    Mais ces derniers mois, l'opinion publique a commencé à prendre un tournant décisif. Tragiquement, l'une des raisons de ce rejet de l'idéologie transgenre est la récente série de fusillades de masse perpétrées dans des établissements scolaires par des personnes s'identifiant comme transgenres.

    Le dernier drame de ce genre s'est produit à Pawtucket, dans le Rhode Island, où un homme ayant « fait sa transition » à l'âge adulte a ouvert le feu lors d'un match de hockey sur glace de lycée le 16 février, tuant son ex-femme et son propre fils biologique et blessant grièvement trois autres personnes avant de se suicider.

    Cinq jours plus tôt, le Canada tout entier était sous le choc après qu'un jeune homme de 18 ans, ayant entrepris une transition de genre à l'adolescence, eut assassiné sa mère et un autre de ses fils à leur domicile de Tumbler Ridge, en Colombie-Britannique. Il s'était ensuite rendu dans un lycée voisin de cette petite communauté isolée, où il avait tué cinq élèves et blessé 25 autres personnes avant de se suicider.

    Des personnes s'identifiant comme transgenres étaient également responsables de la fusillade de 2025 à l'église de l'Annonciation à Minneapolis, où deux enfants assistant à la messe de leur école catholique ont été tués, et de la fusillade de 2023 à la Covenant School à Nashville, qui a coûté la vie à trois écoliers et trois employés de l'école.

    Personne ne devrait jamais suggérer que ces actes odieux, commis par quatre individus profondément perturbés, soient représentatifs des personnes transgenres. Car c'est catégoriquement faux.

    Mais ces horreurs sont des tragédies collectives, et il n'est pas diabolisant de souligner que les auteurs de ces actes ont subi une « transition de genre ». Les personnes qui s'identifient comme appartenant au sexe opposé et qui tentent de nier leur identité biologique par des procédures hormonales et chirurgicales destructrices sont des personnes en difficulté qui ont besoin d'une aide d'une nature totalement différente de celle du corps médical et de la société dans son ensemble.

    Il est déjà assez difficile de faire face à ce problème, sans compter le fait d'être encore plus aggravé par le corps médical au lieu d'être aidé.

    Les partisans de l'idéologie transgenre savent que les deux fusillades tragiques survenues ce mois-ci dans des établissements scolaires ont renforcé les inquiétudes des Américains. Ce n'est pas un hasard si le New York Times, fervent défenseur de l'activisme transgenre, a publié un article deux jours après l'incident de Pawtucket, soulignant la montée en puissance des mesures législatives à l'échelle nationale.

    Si cette opposition est la plus forte en ce qui concerne l'interdiction faite aux hommes biologiques de participer à des compétitions sportives féminines, elle se manifeste également en ce qui concerne l'interdiction des traitements de « transition de genre » pour les mineurs et la reconnaissance légale de l'identité transgenre en général.

    Le corps médical américain – notamment l’Association médicale américaine, la Société américaine des chirurgiens plasticiens et les principaux hôpitaux de Los Angeles, Pittsburgh et Washington – est en train de revenir sur sa position antérieure selon laquelle des preuves scientifiques auraient démontré l’intérêt des traitements hormonaux et chirurgicaux pour les mineurs. Des études approfondies ont réfuté cette affirmation, incitant certains pays européens à interdire ces traitements pour les mineurs.

    Une réorganisation juridique et médicale similaire a été retardée ici, en raison de la force du lobby transgenre. Mais elle est désormais pleinement engagée, et fortement renforcée par deux récents développements juridiques.

    En janvier, Fox Varian, une jeune femme ayant subi des traitements de transition de genre, dont une double mastectomie, a obtenu un verdict historique de 2 millions de dollars dans le cadre de sa poursuite pour faute professionnelle contre les médecins impliqués dans sa mastectomie.

    Le 19 février, le conseil scolaire du comté de Montgomery, dans le Maryland, a été condamné à verser 1,5 million de dollars de dommages et intérêts à une coalition de parents religieux qui s'étaient opposés au refus du conseil d'autoriser les parents à se désinscrire des lectures de livres pour enfants faisant la promotion de la transition de genre, des défilés de la « fierté » et des préférences en matière de pronoms.

    Dans leur ensemble, ces événements récents confirment la position de l'Église catholique envers les personnes en proie à des questionnements sur leur identité sexuelle. Les évêques américains ont publié un document en 2023 qui traite de cette question. Ce document enjoint aux professionnels de santé catholiques de refuser les interventions médicales susceptibles de nuire au corps humain et de prodiguer, au contraire, « les meilleurs soins médicaux, ainsi que l'accompagnement compatissant du Christ, à tous les patients, quels qu'ils soient et quelles que soient leurs souffrances ».

    Amen à cette orientation spirituellement sage et médicalement justifiée. Espérons et prions pour que le reste du corps médical du pays soit désormais disposé à la suivre également.

  • « La pire crise de l’Église n’a pas été causée par l’opposition laïque, mais par la corruption ecclésiastique. » (Mgr Varden)

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    De kath.net/news :

    L’évêque Erik Varden lors de la retraite de Carême au Vatican : « Quand des milliers de personnes tombent »

    26 février 2026

    « La pire crise de l’Église n’a pas été causée par l’opposition laïque, mais par la corruption ecclésiastique. »

    « Des milliers tombent », a déclaré Mgr Erik Varden OCSO lors de sa sixième méditation au Vatican, mercredi matin, durant la retraite de Carême du pape Léon XIV et de la Curie. Mgr Varden dirige cette retraite de Carême à l’invitation personnelle du pape Léon XIV. Prélat de Trondheim et administrateur apostolique de Tromsø, il est également l’actuel président de la Conférence des évêques scandinaves. Ce moine trappiste, converti du luthéranisme, est un maître spirituel recherché et l’auteur de nombreux ouvrages spirituels. Mgr Varden a publié un extrait de ses réflexions sur son blog. Le titre de cet article fait référence au Psaume 90 : « Quand mille tomberaient à ton côté, dix mille à ta droite, tu ne seras pas atteint. »

    kath.net reproduit cet extrait intitulé « Des milliers tombent » du 25 février 2026 :

    Les épreuves peuvent nous humilier lorsque nous sommes arrogants et révéler la puissance salvatrice de Dieu. Elles peuvent devenir des étapes importantes de notre cheminement personnel vers le salut, des étapes dont nous nous souvenons avec gratitude.

    Mais ne soyons pas naïfs. Toutes les chutes ne se terminent pas en liesse. Certaines sont de véritables calamités, elles entraînent la ruine des coupables et laissent derrière elles un sillage de désolation. Ce sillage est souvent large et long, emportant avec lui de nombreux innocents. Il nous faudra de la constance pour aborder, avec Bernard, le verset du Psaume 90 qui commence ainsi : « Si mille tombent à ton côté, dix mille à ta droite… »

    Rien n'a causé de dommages plus tragiques à l'Église ni n'a davantage altéré notre témoignage que la corruption qui se développe en son sein. La pire crise de l'Église n'a pas été provoquée par l'opposition laïque, mais par la corruption ecclésiastique. Les blessures infligées nécessitent du temps pour cicatriser. Elles appellent justice et larmes.

    Face à la corruption, et notamment aux cas d'abus, la tentation est grande de rechercher une cause profonde et malsaine. On s'attend à trouver des signes avant-coureurs ignorés : un manquement à la vigilance, un schéma de déviation initial. Parfois, ces traces existent, et il serait judicieux de s'en prendre à soi-même pour ne pas les avoir décelées à temps. Mais elles ne sont pas toujours présentes.

    Nous pouvons reconnaître le bien immense et joyeux qui se révèle souvent aux origines de communautés aujourd'hui entachées de scandales. Nous ne pouvons supposer qu'une hypocrisie structurelle existait dès le départ, ni que les fondateurs aient créé des sortes de tombeaux blanchis à la chaux. Parfois, nous décelons des signes d'inspiration, voire des traces de sainteté. Comment expliquer leur coexistence avec des développements pervertis ?

    Une pensée laïque simplifie les choses : face à une tragédie, elle divise les opinions en monstres et victimes.

    Heureusement, lorsque l'Église pense à les utiliser, elle dispose d'instruments plus fins et plus efficaces.

    Bernard nous rappelle que partout où l'on poursuit des idéaux nobles, les attaques de l'ennemi sont féroces. Il constate que les hommes spirituels de l'Église sont attaqués bien plus durement que ceux à l'esprit charnel. Il pense que c'est là le sens du psaume *Qui habite*, avec son langage de « gauche » et « droite » : la gauche représente notre nature charnelle, la droite notre nature spirituelle. Le nombre de victimes est plus élevé à droite, car c'est là, sur le champ de bataille spirituel, que les armes les plus meurtrières sont déployées.

    Bien qu'il prenne le monde démoniaque au sérieux, cela ne signifie pas qu'il attribue tous les maux spirituels à des êtres maléfiques à cornes et à fourches. Il tient les hommes et les femmes responsables de l'usage qu'ils font de leur liberté souveraine. Son propos est que la nature humaine est unifiée. À mesure que nous explorons les profondeurs de notre nature spirituelle, d'autres dimensions se révèlent inévitablement. Nous sommes confrontés à une soif existentielle, à la vulnérabilité et à un désir ardent de réconfort. De telles expériences peuvent être provoquées par des attaques.

    Le progrès spirituel exige d'harmoniser notre être physique et émotionnel avec la maturation contemplative. Autrement, les expériences spirituelles risquent de se traduire par une libération physique ou émotionnelle, et ces libérations seront rationalisées comme si elles étaient intrinsèquement « spirituelles », plus sublimes que les faiblesses des simples mortels. L'intégrité d'un maître spirituel se manifeste non seulement dans ses conversations, mais aussi dans ses habitudes en ligne, son comportement à table ou au bar, et sa sérénité face à l'admiration d'autrui.

    La vie spirituelle n'est pas liée au reste de l'existence. Elle en est l'âme même. Nous devons nous garder de tout dualisme et toujours nous souvenir que le Verbe s'est fait chair afin que notre chair soit remplie du Logos. Nous devons regarder à la fois à gauche et à droite, en prenant soin – comme le souligne Bernard – de ne pas confondre la gauche avec la droite et la droite avec la gauche. Nous devons apprendre à nous sentir également à l'aise dans notre nature physique et spirituelle afin que le Christ, notre Maître, puisse régner paisiblement en elles deux.

    Note : *Le psaume « Qui habitat » fait référence au verset d’ouverture du psaume 91 : « Qui habitat in adiutorio Altissimi », en français : « Celui qui demeure sous l’abri du Très-Haut repose à l’ombre du Tout-Puissant ».

    Lire également : « Il est tentant, mais douteux, de croire que nous devons suivre la mode mondiale. »

  • "L’inculturation n’est pas une concession secondaire ni une simple stratégie pastorale, mais une exigence intrinsèque de la mission de l’Église" (Léon XIV)

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    MESSAGE DU SAINT-PÈRE LÉON XIV
    AUX PARTICIPANTS AU
    « CONGRÈS THÉOLOGIQUE ET PASTORAL »
    DE GUADALUPE, AU MEXIQUE

    Chers frères et sœurs :

    Je vous salue cordialement et vous remercie de votre réflexion sur le signe d’inculturation parfaite que le Seigneur a accordé à son peuple en la personne de Notre-Dame de Guadalupe. En méditant sur l’inculturation de l’Évangile, il convient de reconnaître la manière dont Dieu lui-même s’est révélé et nous a offert le salut.

    Il a choisi de se révéler non comme une entité abstraite ni comme une vérité imposée de l’extérieur, mais en s’inscrivant progressivement dans l’histoire et en dialoguant avec la liberté humaine. « Après avoir, à maintes reprises et de diverses manières, parlé à nos pères par les prophètes » ( Hébreux 1, 1), Dieu s’est pleinement révélé en Jésus-Christ, en qui il ne communique pas seulement un message, mais se communique lui-même. C’est pourquoi, comme l’enseigne saint Jean de la Croix, après le Christ, il n’y a plus de parole à espérer, plus rien à dire, car tout a été dit en lui (cf. Ascension du Mont Carmel , II, 22, 3-5). Évangéliser, c’est avant tout rendre Jésus-Christ présent et accessible. Toute action de l’Église doit chercher à introduire les êtres humains dans une relation vivante avec lui, une relation qui illumine l’existence, interpelle la liberté et ouvre un chemin de conversion, les préparant à recevoir le don de la foi en réponse à l’Amour qui donne sens et soutient la vie dans toutes ses dimensions.

    Cependant, la proclamation de la Bonne Nouvelle s’inscrit toujours dans une expérience concrète. Garder cela à l’esprit, c’est reconnaître et imiter la logique du mystère de l’Incarnation, par lequel le Christ « s’est fait chair et a habité parmi nous » ( Jn 1, 14), assumant notre condition humaine, avec tout ce qu’elle implique dans sa dimension temporelle. Il s’ensuit que la réalité culturelle de ceux qui reçoivent la proclamation ne saurait être ignorée, et l’inculturation n’est pas une concession secondaire ni une simple stratégie pastorale, mais une exigence intrinsèque de la mission de l’Église. Comme le soulignait saint Paul VI , l’Évangile – et, par conséquent, l’évangélisation – ne s’identifie à aucune culture particulière, mais est capable de les imprégner toutes sans se soumettre à aucune ( Exhortation apostolique Evangelii Nuntiandi , 20).

    Partant de cette conviction, inculturer l’Évangile signifie suivre le chemin parcouru par Dieu : entrer avec respect et amour dans l’histoire concrète des peuples afin que le Christ soit véritablement connu, aimé et accueilli au cœur de leur propre expérience humaine et culturelle. Cela implique d’embrasser les langues, les symboles, les modes de pensée, de sentiment et d’expression de chaque peuple, non seulement comme des vecteurs extérieurs de la proclamation, mais comme des lieux réels où la grâce désire demeurer et agir.

    Il convient toutefois de préciser que l’inculturation ne saurait se réduire à la sacralisation des cultures ni à leur adoption comme cadre d’interprétation définitif du message évangélique. Elle ne saurait non plus se limiter à un accommodement relativiste ou à une adaptation superficielle du message chrétien, car aucune culture, aussi précieuse soit-elle, ne peut se fondre sur la Révélation ni devenir le critère ultime de la foi. Légitimer tout ce qui est culturellement acquis ou justifier des pratiques, des visions du monde ou des structures qui contredisent l’Évangile et la dignité de la personne reviendrait à ignorer que toute culture – comme toute réalité humaine – doit être éclairée et transformée par la grâce qui découle du Mystère pascal du Christ.

    L’inculturation est plutôt un processus exigeant et purificateur, par lequel l’Évangile, tout en demeurant entier dans sa vérité, reconnaît, discerne et accueille les germes de la Parole présents dans les cultures, et simultanément purifie et élève leurs valeurs authentiques, les libérant de ce qui les obscurcit ou les déforme. Ces germes de la Parole , traces de l’action antérieure de l’Esprit, trouvent en Jésus-Christ leur critère d’authenticité et leur plénitude.

    De ce point de vue, Notre-Dame de Guadalupe est une leçon de pédagogie divine concernant l'inculturation de la vérité salvifique. Elle ne canonise aucune culture ni n'absolutise ses catégories, mais elle ne les ignore ni ne les méprise non plus : elles sont accueillies, purifiées et transfigurées pour devenir un lieu de rencontre avec le Christ. La Vierge de Guadalupe révèle la manière dont Dieu s'approche de son peuple : respectueuse dans son approche, intelligible dans son langage, et ferme et douce à la fois dans son accompagnement vers la rencontre avec la plénitude de la Vérité, avec le fruit béni de ses entrailles. Sur la tilma, parmi les roses peintes , la Bonne Nouvelle pénètre dans le monde symbolique d'un peuple et rend visible sa proximité, offrant sa nouveauté sans violence ni contrainte. Ainsi, ce qui s’est passé à Tepeyac n’est pas présenté comme une théorie ou une tactique, mais comme un critère permanent pour discerner la mission évangélisatrice de l’Église, appelée à proclamer le Vrai Dieu pour qui nous vivons , sans l’imposer, mais aussi sans diluer la nouveauté radicale de sa présence salvatrice.

    Aujourd’hui, dans de nombreuses régions des Amériques et du monde, la transmission de la foi ne va plus de soi, notamment dans les grands centres urbains et les sociétés pluralistes marquées par des conceptions de l’humanité et de la vie qui tendent à reléguer Dieu à la sphère privée, voire à l’ignorer complètement. Dans ce contexte, le renforcement de la pastorale exige une inculturation capable de dialoguer avec ces réalités culturelles et anthropologiques complexes, sans pour autant les accepter sans esprit critique, afin de favoriser une foi mature et adulte, soutenue dans des contextes exigeants et souvent difficiles. Cela implique de concevoir la transmission de la foi non comme une répétition fragmentée de contenus ni comme une simple préparation fonctionnelle aux sacrements, mais comme un véritable chemin de disciple, où une relation vivante avec le Christ forme des croyants capables de discerner, de rendre compte de leur espérance et de vivre l’Évangile avec liberté et cohérence.

    Dès lors, la catéchèse devient une priorité indispensable pour tous les pasteurs (cf. CELAM, Document Aparecida , 295-300). Elle est appelée à occuper une place centrale dans l’activité de l’Église, à accompagner de manière continue et profonde le cheminement vers une foi véritablement comprise, embrassée et vécue personnellement et consciemment, même lorsque cela implique d’aller à contre-courant des discours culturels dominants.

    Lors de ce congrès, vous avez cherché à redécouvrir et à comprendre comment diffuser dignement le contenu théologique de l'événement de Guadalupe et, par conséquent, de l'Évangile lui-même. Puisse l'exemple et l'intercession de tant de saints évangélistes et pasteurs qui ont affronté ce même défi en leur temps – Toribio de Mogrovejo, Junípero Serra, Sebastián de Aparicio, Mamá Antula, José de Anchieta, Juan de Palafox, Pedro de San José de Betancur, Roque González, Mariana de Jesús, Francisco Solano, parmi tant d'autres – vous accorder lumière et force pour continuer à proclamer l'Évangile aujourd'hui. Et que Notre-Dame de Guadalupe, Étoile de la Nouvelle Évangélisation, accompagne et inspire chaque initiative menant au 500e anniversaire de son apparition. Je vous accorde de tout cœur ma bénédiction.

    Cité du Vatican, 5 février 2026. Mémoire de saint Philippe de Jésus, protomartyr mexicain.

    LEÓN PP. XIV

  • Ukraine : le pape Léon XIV perçoit le conflit dans une perspective européenne

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    De Charles Collins sur Crux :

    À l'occasion de l'anniversaire de l'invasion russe, un archevêque majeur affirme que le pape Léon XIV comprend l'Ukraine.

    À l'occasion de l'anniversaire de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, le chef de l'Église catholique dans ce pays d'Europe de l'Est en proie aux conflits affirme que le pape Léon XIV perçoit le conflit dans un « contexte européen ».

    Les Ukrainiens commémoraient mardi le quatrième anniversaire de l'invasion totale de leur pays par le président russe Vladimir Poutine, qui a déjà fait des dizaines de milliers de morts et continue de susciter une profonde inquiétude dans les capitales des autres nations européennes quant à l'ampleur des ambitions de Moscou sur le continent.

    L'archevêque majeur Sviatoslav Shevchuk de Kyiv-Galicie et primat de l'Église gréco-catholique ukrainienne (UGCC) a évoqué cet anniversaire lors d'un entretien le 4 février avec le portail d'information officiel de l'UGCC.

    « Nous avons aujourd’hui un pape qui envisage l’Ukraine dans le contexte européen », a déclaré Shevchuk. « Sa vision – et donc la position internationale actuelle du Saint-Siège – est résolument européenne », a-t-il ajouté.

    À LIRE AUSSI : Le pape critique la tentative américaine de « briser » l’alliance américano-européenne et insiste sur le rôle de l’Europe dans la paix en Ukraine

    « Après sa dernière rencontre avec le président ukrainien [le 9 décembre 2025], le pape Léon XIV a fait plusieurs déclarations à la presse. Ces déclarations interviennent dans un contexte de pressions extérieures accrues sur l’Ukraine, de nouvelles tentatives pour trouver un « plan de paix » et d’efforts visant à imposer certains scénarios », a déclaré l’archevêque majeur.

    « Le pape a alors déclaré très clairement : “C’est une guerre en Europe, et l’Europe doit participer aux négociations. Nous ne pouvons pas négocier sur l’Ukraine au niveau, par exemple, des États-Unis et de la Russie.” Cela faisait longtemps que nous n’avions pas entendu une position aussi claire. Dieu merci, aujourd’hui encore, au niveau du Saint-Siège, l’Ukraine est reconnue comme partie intégrante du contexte européen », a-t-il poursuivi.

    Shevchuk a déclaré que la déclaration de Léon XIV signifiait une chose importante : une prise de conscience de plus en plus claire que sans l’Ukraine, il n’y a pas d’avenir sûr pour l’Europe.

    Pour illustrer son propos, Shevchuk a relevé l'utilisation par Léon XIV – pour la première fois dont le grand archevêque se souvenait depuis 2014, lorsque la Russie a envahi la péninsule de Crimée et soutenu une insurrection séparatiste dans la région du Donbass, dans l'est de l'Ukraine – de l'expression « Constitution de l'Ukraine ».

    « Honnêtement, je n’avais jamais entendu ce terme employé dans le discours international auparavant ; pour une raison ou une autre, il était tombé en désuétude. Et le pape a souligné qu’aujourd’hui, il est impossible de rechercher un quelconque « plan de paix » pour l’Ukraine sans respecter la Constitution ukrainienne », a déclaré Shevchuk.

    « Par ce seul mot », a déclaré Shevchuk, « il a rappelé à tous que notre Constitution consacre la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’État, ainsi que son vecteur de développement stratégique. »

    « Modifier la Constitution ukrainienne pour tenir compte de certains facteurs extérieurs n'est, Dieu merci, pas si simple », a-t-il ajouté. « Je ne suis même pas certain que le Parlement dispose d'une majorité constitutionnelle suffisante pour prendre de telles mesures », a-t-il déclaré. « C'était une déclaration très professionnelle et soigneusement formulée – mentionnant simplement la Constitution, mais en disant beaucoup », a commenté l'archevêque majeur.

    À LIRE AUSSI : Léon XIV prie pour le « peuple ukrainien opprimé » à l’approche de l’anniversaire de l’invasion

    Il a également déclaré que le pape Léon XIV est un homme « qui aborde les questions d'un point de vue institutionnel ».

    « Il ne fonde pas sa position sur des émotions personnelles, des impressions fortuites, des jugements superficiels ou un article lu par hasard la veille. Ses conclusions reposent sur le travail de toute une communauté – un cercle analytique et intellectuel qui étudie la situation en profondeur », a déclaré Shevchuk.

    Interrogé sur l'éventualité d'une visite du pape Léon XIV en Ukraine, il a déclaré ignorer si un tel projet était en cours. Il a également été questionné sur les propos de ceux qui affirment qu'une visite papale dans le pays « mettrait fin à la guerre ».

    « Aujourd’hui, parmi les gens ordinaires – ce que la théologie appelle  le sensus fidelium , le sens de la foi du peuple de Dieu – il existe une croyance selon laquelle la venue du pape mettra fin à la guerre », a déclaré Mgr Shevchuk. « Pourquoi ? » a-t-il poursuivi. « Est-ce une forme d’automatisme naïf ? Non. C’est une intuition profonde de la foi qu’il ne faut pas sous-estimer. C’est pourquoi nous en parlons constamment et encourageons les fidèles », a affirmé l’archevêque majeur.

    « Personnellement, je me souviens de la visite du pape Jean-Paul II à Sarajevo pendant la guerre en ex-Yougoslavie. C'était un geste incroyablement courageux. Du point de vue de la sécurité, c'était presque insensé », a déclaré Shevchuk.

    « L’Ukraine est aujourd’hui, sans exagération, bien plus à même d’assurer la sécurité du pape que ne l’était la Bosnie à l’époque », a-t-il ajouté.

    À LIRE AUSSI : L’Ukraine est « mise à rude épreuve », déclare le pape Léon XIV.

    Shevchuk a également déclaré que de la propagande nuisible était parvenue jusqu'au Saint-Siège par les voies diplomatiques russes.

    « La propagande russe y est bel et bien présente – dangereuse, insidieuse et extrêmement sophistiquée », a-t-il déclaré.

    « Pendant longtemps », a déclaré Shevchuk, « le Vatican n’a pas cru que la propagande puisse opérer au niveau des représentants diplomatiques officiels. Il n’a pas cru que l’ambassadeur de Russie auprès du Saint-Siège puisse se livrer à une manipulation flagrante ou à une tromperie pure et simple. »

    « La diplomatie repose traditionnellement sur la confiance », a déclaré l’archevêque majeur.

    Il a cité l'exemple de l'enlèvement de prêtres catholiques à Berdiansk – une ville portuaire du sud-est de l'Ukraine actuellement occupée par la Russie – le 16 novembre 2022.

    « Pendant près d’un an et demi, nous ignorions s’ils étaient vivants, où ils étaient détenus et ce qui leur arrivait », a déclaré Shevchuk.

    « Lorsque, grâce aux efforts de la partie ukrainienne et à la diplomatie du Saint-Siège, leur lieu de détention a finalement été établi, le Vatican a demandé des informations officielles sur les conditions de leur détention », a-t-il poursuivi.

    « L’ambassade de Russie a communiqué des informations sur le lieu de leur détention, leurs conditions de vie, le nombre d’heures de promenade quotidiennes autorisées, les livres qu’ils lisaient, etc. », a déclaré Shevchuk.

    « Lorsque j’ai partagé ces informations avec la partie ukrainienne et que j’ai reçu des preuves vérifiées concernant le traitement réel des prisonniers dans cette colonie », a-t-il déclaré, « tout le monde a été horrifié. »

    « Le fossé entre le tableau officiel et la réalité était stupéfiant », a déclaré Shevchuk.

    Shevchuk a déclaré que la désinformation au Vatican provient souvent des médias italiens, qu'il juge partiaux et susceptibles d'être influencés par la propagande russe.

    À LIRE AUSSI : Le pape Léon XIV demande des prières pour l’Ukraine, menacée de gel après les attaques russes.

    « Elles ont leurs propres spécificités, mais c’est précisément dans cet espace informationnel que vivent la plupart des responsables du Vatican : ils lisent des publications italiennes et y réagissent. Par conséquent, nous comprenons bien comment cette propagande fonctionne aujourd’hui et sous quelles formes elle opère », a-t-il déclaré.

    L'archevêque majeur a déclaré que l'Église joue un rôle important pour le peuple ukrainien durant la guerre actuelle.

    « Nous vivons aujourd’hui une période cruciale, une période de redécouverte du sens de notre existence », a-t-il déclaré.

    « Les gens cherchent des réponses à des questions existentielles profondes auxquelles personne ne peut répondre en termes humains – ni les autorités, ni les experts, ni aucune institution. Seul le Créateur de cette réalité détient les réponses. Nous, chrétiens, disons que c’est le Seigneur Dieu », a déclaré Shevchuk.

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  • Quelle est la position de l'Église catholique sur les vaccins ?

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    De Daniel Payne pour EWTN News :

    Quelle est la position de l'Église catholique sur les vaccins ?

    Des signalements récents de foyers de rougeole dans plusieurs lieux de culte catholiques aux États-Unis ont ravivé les craintes de contamination et relancé les débats sur la vaccination aux États-Unis.

    L'université catholique Ave Maria, située près de Naples, en Floride, a signalé une épidémie de rougeole sur son campus  à partir de fin janvier.  L'établissement a rapidement mis en place des mesures d'isolement et de quarantaine pour les personnes ayant été exposées au virus ou infectées.

    Le département de la santé de Washington, DC  a également signalé le 8 février  « plusieurs cas confirmés de rougeole » dans de nombreux lieux liés au catholicisme dans le district, notamment la basilique du sanctuaire national de l'Immaculée Conception, la Marche nationale pour la vie et l'Université catholique d'Amérique.

    Face à ces épidémies, les autorités sanitaires ont exhorté le public à vérifier que ses vaccinations sont à jour, notamment contre la rougeole, vaccin qui, aux États-Unis, protège contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR).

    L'Église recommande la vaccination et reconnaît l'autonomie

    Ces dernières années, des experts en santé publique ont tiré la sonnette d'alarme face à l'augmentation du nombre de personnes partiellement ou totalement non vaccinées aux États-Unis.

    D'autres défenseurs et commentateurs du secteur de la santé ont exprimé leurs inquiétudes concernant les vaccins et le calendrier vaccinal américain, arguant que les nourrissons et les jeunes bébés sont soumis à un nombre excessif d'injections au cours des premiers mois de leur vie et que les calendriers vaccinaux récents devraient être examinés et raccourcis pour mieux s'aligner sur les recommandations d'autres pays.

    Certains catholiques et militants pro-vie ont également critiqué les vaccins au motif que certains d'entre eux sont développés à partir de lignées cellulaires dérivées d'embryons humains avortés il y a des décennies.

    Le diacre Tim Flanigan, médecin et professeur de maladies infectieuses à la faculté de médecine de Brown, a décrit les vaccins comme « le moyen le plus efficace de prévenir de nombreuses maladies virales graves », en particulier chez les enfants.

    Il a décrit la situation actuelle de la rougeole aux États-Unis comme une « terrible épidémie », avec plus de 2 000 cas prévus en 2025. Il a noté que jusqu’à 5 % des enfants atteints de la rougeole sont hospitalisés et que « des complications, notamment des convulsions, des infections cérébrales et des pneumonies, peuvent survenir ».

    Pour les opposants pro-vie qui souhaitent éviter les vaccins produits à partir de cellules fœtales, Flanigan a noté que l'Église « encourage l'utilisation, chaque fois que cela est possible, de vaccins qui ne sont pas dérivés de lignées cellulaires d'un fœtus avorté ».

    « Lorsqu’il n’est pas disponible, et que le seul vaccin disponible a été cultivé à partir de lignées cellulaires issues d’un fœtus avorté, l’Église ne recommande pas d’éviter l’utilisation de ce vaccin efficace », a-t-il déclaré.

    Les catholiques restent tenus de réclamer une production éthique des vaccins

    Joseph Capizzi, professeur de théologie morale et d'éthique à l'Université catholique d'Amérique, a déclaré que le lien entre les vaccins et l'avortement « préoccupe l'Église depuis le début de la mise au point des vaccins ».

    « L’Église a mis en garde contre l’utilisation de vaccins qui reposent (ou reposaient) illicitement sur des cellules issues de la destruction d’êtres humains et de la maltraitance du corps humain », a-t-il déclaré.

    « L’Église a toutefois déclaré que, dans certaines circonstances, le souci de la santé publique en tant que bien commun pouvait conduire à l’utilisation d’un vaccin éthiquement problématique en l’absence d’alternative, à condition de plaider également pour la production d’alternatives éthiques. »

    Cet exercice d’équilibre, a déclaré Capizzi, souligne « combien l’obligation de servir le bien commun est importante dans l’enseignement catholique ».

    Capizzi et Flanigan ont tous deux reconnu que l'Église laisse en définitive ce discernement à l'individu. « L'Église défend le droit de conscience de chacun de s'opposer à la vaccination obligatoire », a déclaré Capizzi.

    Mais « si mon objection n’est qu’une simple “préoccupation”, et compte tenu des besoins de santé publique, l’Église continue d’exhorter les catholiques à recevoir les “soins de base” de leurs communautés, y compris une vaccination raisonnable », a-t-il déclaré.

    Flanigan a déclaré que l'Église « reconnaît l'importance de l'autonomie et que la décision finale d'accepter un vaccin ou toute intervention médicale revient au jugement de chaque individu. »

    Mais, a-t-il souligné, les enseignements de l'Église catholique « nous demandent à tous de prendre en considération les conseils des experts médicaux, tant pour notre propre santé que pour celle de nos familles et pour celle de la communauté ».

    Adopter une approche « vertueuse » des vaccins

    John Brehany, vice-président exécutif du National Catholic Bioethics Center (NCBC), a déclaré à EWTN News que le magistère « n’a jamais condamné la théorie ou la pratique de la vaccination » et « a souvent promu les deux au cours des 200 dernières années ».

    « Les enseignements magistraux sur les questions éthiques liées à la vaccination se sont concentrés sur les vaccins fabriqués à partir de lignées cellulaires dérivées d'avortements », a-t-il déclaré.

    L’Église « a condamné la pratique consistant à prélever et à utiliser ces cellules humaines », a-t-il déclaré, mais elle a également enseigné « que les vaccins produits à partir de ces cellules  peuvent  être utilisés dans certaines conditions ».

    Brehany a déclaré que la question était « très complexe ». Il a souligné que les dirigeants de l'Église « ont parfois encouragé, voire exigé, que les personnes soumises à leur autorité se fassent vacciner », et que l'Église elle-même « enseigne que les citoyens doivent obéir aux lois justes, et que certaines lois exigent la vaccination ». Pourtant, il semble n'y avoir « aucun enseignement magistériel formel ni aucune déclaration spécifique dans le catéchisme concernant les vaccins », a-t-il ajouté.

    Le centre de bioéthique, a-t-il déclaré, « estime qu’il est important de dépasser les positions extrêmes et la terminologie conflictuelle » telles que « antivax » et « fanatique des vaccins ». Le NCBC, a-t-il ajouté, « s’efforce de rester fidèle aux enseignements de l’Église, en puisant dans les ressources les plus profondes de la tradition morale catholique pour aborder les questions contemporaines les plus complexes en matière de soins de santé et de recherche biomédicale, y compris la vaccination ».

    Brehany a déclaré que les catholiques pourraient envisager d'adopter une approche « vertueuse » à la question des vaccins, qu'il a décrite comme incluant une « évaluation minutieuse des informations disponibles sur tous les avantages et les risques (ou effets secondaires) » de chaque vaccin, ainsi que la vérification que ses sources sont « fiables et dignes de confiance ».

    Un patient pourrait alors prendre « une décision qui favorise au mieux la santé, d'abord et avant tout la sienne ou celle des personnes à sa charge, puis celle de la communauté ».

    Quant à savoir si un catholique peut refuser un vaccin, Brehany a déclaré qu'il n'y a pas de réponse simple à cette question.

    « Il y a de nombreuses considérations pratiques — des détails sur la situation personnelle du bénéficiaire (âge, état de santé, etc.) ; sur la nature de la ou des maladies contre lesquelles on cherche à se protéger (certaines sont très contagieuses, comme la rougeole ; d'autres ne le sont pas, comme le tétanos) ; sur la nature des vaccins, dont certains contiennent des antigènes pour cinq maladies différentes à la fois, etc. », a-t-il déclaré.

    « Il existe également différentes sources d’obligation, notamment des lois ou des règlements qui exigent l’acceptation de divers vaccins. Certains concernent le milieu scolaire, d’autres le milieu professionnel, et d’autres encore les voyages. »

    Il a ajouté : « Tous ces éléments sont importants à prendre en compte, que ce soit en termes d'objectifs sanitaires et éthiques poursuivis ou en raison des opportunités qui pourraient être refusées en cas de refus de vaccination. »

    « Néanmoins, un vaccin reste une intervention médicale susceptible d’avoir des répercussions sur l’organisme pendant des décennies. Les décisions relatives aux interventions médicales doivent être prises avec un consentement libre et éclairé. Lorsqu’un consentement est refusé ou qu’un traitement est décliné pour des raisons valables, cette décision doit être respectée. »

    Brehany a souligné que « la vertu exige aussi de trouver un juste milieu entre les extrêmes : ne pas se laisser influencer par des émotions comme la peur ; ne pas accepter, par paresse, une réponse superficielle ; ne pas adopter une approche binaire. La vertu de prudence peut aider à prendre de bonnes décisions face à des options concrètes. »

    Il a également souligné que, lorsqu'il s'agit de vaccins, l'attention ne devrait pas se porter uniquement sur le patient ou les parents, et que « d'autres personnes et organisations ont d'importantes obligations éthiques ».

    « Par exemple, les professionnels de la santé ont l’obligation éthique et légale d’obtenir le consentement éclairé des patients et de leurs parents », a-t-il déclaré. « Les gouvernements et les entreprises pharmaceutiques ont des obligations éthiques et légales de veiller à ce que les vaccins soient réellement sûrs et efficaces, qu’ils soient améliorés chaque fois que possible et que les effets indésirables fassent l’objet d’enquêtes approfondies. »

    « Les écoles et les agences de santé publique des États ont des obligations éthiques qui leur imposent de veiller à ce que leurs politiques concernant les élèves non vaccinés soient bien fondées et appliquées avec justice. »

    « Bien sûr, s’acquitter de ces responsabilités éthiques peut s’avérer très difficile », a-t-il déclaré. « Mais c’est essentiel pour respecter la dignité des personnes et promouvoir le bien commun. »

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  • Qui est le nouveau chef des évêques allemands ?

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    De Luke Coppen sur The Pillar :

    Qui est le nouveau chef des évêques allemands ?

    Qui est l'évêque Wilmer ? Et pourquoi a-t-il été choisi pour succéder à l'évêque controversé Georg Bätzing ?

    Mardi, lors de son premier discours public en tant que président de la Conférence des évêques allemands, l'évêque Heiner Wilmer a prononcé les mots suivants : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté. »

    L'évêque Heiner Wilmer, nouveau président de la conférence épiscopale allemande, assiste à une conférence de presse le 24 février 2026 à Würzburg. Crédit : Deutsche Bischofskonferenz / Marko Orlovic.

    Jetant un coup d'œil à un message sur son smartphone, il remarqua que la phrase était tirée du Gloria récité lors de la messe.

    « Ces versets de l'Évangile selon Luc transmettent un double message : se tourner vers Dieu et se tourner vers les autres », dit -il . « Dieu au centre, la paix pour le monde et la justice comme mission. »

    Wilmer, l'évêque de Hildesheim, dans le nord de l'Allemagne, âgé de 64 ans, présentait en réalité son programme pour les six prochaines années à la tête de l'un des corps épiscopaux les plus influents au monde.

    Il est le premier membre d'un ordre religieux à prendre la tête du vaste appareil épiscopal allemand. Son discours d'ouverture laisse présager qu'il apportera à ses nouvelles fonctions exigeantes une spiritualité singulière, forgée par sa formation au sein de l'ordre déhonien.

    Qui est l'évêque Wilmer ? Comment a-t-il dirigé le diocèse de Hildesheim ? Et pourquoi a-t-il été choisi pour succéder à l'évêque controversé Georg Bätzing ?

    Qui est l'évêque Wilmer ?

    Heinrich Theodor Wilmer est né le 9 avril 1961 à Emsland, un district du nord-ouest de l'Allemagne frontalier des Pays-Bas.

    Contrairement à de nombreux dignitaires catholiques, généralement citadins, Wilmer a grandi à la ferme. Aujourd'hui encore, il sait conduire un tracteur Supporter de toujours le modeste club de football FC 27 Schapen (actuellement bon dernier du championnat régional ), il parle couramment le bas allemand ( Plattdeutsch ), un dialecte régional réputé plus rustique et direct que l'allemand standard.

    Wilmer a fréquenté un lycée local géré par les Déhoniens, un ordre fondé à la fin du XIXe siècle en France par le prêtre Léon Dehon, dont la cause de béatification a été suspendue en 2005 en raison d'accusations d'antisémitisme. (*)

    La dévotion au Sacré-Cœur de Jésus est au cœur de la spiritualité déhonienne. Les membres de l'ordre sont encouragés à être des « prophètes de l'amour », à cultiver un esprit de réparation et à œuvrer comme « serviteurs de la réconciliation ».

    Après avoir quitté l'école en 1980, Wilmer entra au noviciat déhonien de Fribourg-en-Brisgau, dans le sud-ouest de l'Allemagne. Il prononça ses vœux perpétuels en 1985 et fut ordonné prêtre en 1987. Il poursuivit ses études à l'Université pontificale grégorienne de Rome et obtint finalement un doctorat à Fribourg-en-Brisgau avec une thèse primée sur le philosophe français Maurice Blondel .

    Wilmer a enseigné dans des lycées en Allemagne avant de s'installer aux États-Unis en 1997, où il a passé deux ans à enseigner l'allemand et l'histoire à la Fordham Preparatory School, dans le Bronx, à New York.

    Il est retourné en Allemagne pour occuper le poste de proviseur de lycée. Puis, en 2007, il a été élu à la tête de la province allemande des Déhoniens, poste qu'il a occupé jusqu'à sa nomination comme supérieur général de l'ordre mondial en 2015. Cette fonction basée à Rome l'a mis en contact avec des responsables de l'Église du monde entier et l'a initié aux pratiques du Vatican.

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  • John Murphy : l'évêque qui, il y a 50 ans, a prédit la culture de mort d'aujourd'hui

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    De sur le NCR :

    L'évêque qui a prédit la culture de mort d'aujourd'hui — il y a 50 ans

    COMMENTAIRE : L’archevêque gallois John Murphy savait que le monde séculier fonde ses espoirs sur la carrière, le confort et l’argent. La vie, lorsqu’elle ne correspond pas à ces critères, est considérée comme superflue.

    L'archevêque John Aloysius Murphy (1905-1995), dont la vie, comme celle de saint John Henry Newman (1801-1890), a couvert la majeure partie du siècle dans lequel il a vécu, est un homme digne d'être rappelé pour plusieurs raisons. 

    Durant son mandat d'archevêque de Cardiff, au Pays de Galles, de 1961 à 1983, il fut justement surnommé « Le Bâtisseur ». À son arrivée à Cardiff, il n'y avait que deux écoles secondaires catholiques dans tout le sud du Pays de Galles. 

    Avant la fin de la décennie, l'archidiocèse avait créé 14 écoles polyvalentes pour répondre aux besoins des milliers d'enfants catholiques de la région. Entre 1960 et 1980, l'archevêque Murphy supervisa la construction de 39 églises, 14 nouveaux collèges et lycées et 33 nouvelles écoles primaires. Son œuvre fut à la fois exceptionnelle et historique. Son engagement dans ce programme de construction pour l'Église ne l'empêcha cependant pas d'apporter une contribution significative au Concile Vatican II.

    Il était bien connu dans tout son diocèse, non seulement pour ses visites aux paroisses, mais aussi pour ses lettres pastorales, qui révélaient son talent d'écriture. Il affirmait que s'il n'était pas devenu prêtre, il aurait aimé faire carrière dans le journalisme. 

    Tous ses propos ne sont pas tombés dans l'oubli. Sensible à son époque, il prédit que, « dans un avenir laïque et humaniste, où le seul péché sera la souffrance, le seul mal la maladie ; où les enfants seront considérés comme une maladie, et les maladies incurables intolérables ; où il est tout à fait possible que les êtres humains libres se voient interdire d'avoir un enfant ; ... dans cet avenir froid et clinique, vous chercherez en vain les rebelles ailleurs que dans les rangs de l'Église catholique. »

    Si les paroles de l'archevêque n'étaient pas une prédiction, elles n'en constituaient pas moins un avertissement. Il avait pressenti la pandémie d'avortements et la prolifération de l'euthanasie. Mais il avait aussi perçu les tendances inhérentes à un monde séculier et sans Dieu, incapable de se corriger. Seule l'Église catholique pouvait sauver le monde. Seuls les catholiques prêts à se rebeller pouvaient le ramener sur le chemin de la guérison.

    Si les catholiques du monde actuel prenaient au sérieux l'avertissement de l'archevêque Murphy, ils se rebelleraient contre un monde qui idolâtre le confort et qui trouve intolérables la douleur de l'accouchement et la solitude des personnes âgées. 

    L’humanisme séculier porte en lui les germes de sa propre destruction. C’est ce que l’archevêque Murphy avait compris. Et c’est pourquoi il a perçu l’impérieuse nécessité pour les catholiques (et sans doute aussi pour d’autres évêques) de se rebeller contre un ennemi de la vie.

    Ceux qui défendent la vie ne doivent pas se laisser intimider par les hautes sphères du pouvoir. Dans l'affaire Beal c. Doe (1977), le juge Thurgood Marshall de la Cour suprême a exprimé son mépris pour les défenseurs de la vie. « Je suis consterné », a-t-il écrit, « par la faillite morale de ceux qui prônent un "droit à la vie" qui, dans le cadre des politiques sociales actuelles, se traduit par une existence misérable pour tant de pauvres et leurs enfants. » 

    Il est intéressant de noter que Clarence Thomas, devenu juge à la Cour suprême, est né dans la cabane en bois de ses parents à Pin Point, en Géorgie. Son enfance fut marquée par une extrême pauvreté. Après l'abandon du foyer par son père, il fut élevé par son grand-père au sein d'une communauté Gullah défavorisée. Les ancêtres les plus anciens connus de Thomas étaient des esclaves. Ce n'est qu'à l'âge de sept ans qu'il bénéficia pour la première fois de commodités telles que l'eau courante et des repas réguliers.

    Poussé à son terme logique, l'argument de Marshall impliquerait que quelqu'un comme Clarence Thomas, aujourd'hui le membre le plus ancien de la Cour suprême, aurait peut-être mieux fait de ne pas naître.

    Il semblerait que Marshall n'ait guère d'affection pour les chrétiens, puisque leur fondateur est né dans une crèche. Les dirigeants politiques devraient œuvrer à sortir les pauvres de la misère plutôt que de les condamner à une mort prématurée en partant du principe abusif que la pauvreté sera toujours leur fléau. 

    Le juge Marshall était un homme instruit, mais il n'avait peut-être pas lu « His Eye Is on the Sparrow », l'autobiographie d'Ethel Waters, conçue suite à un viol dans une banlieue misérable de Philadelphie, mais devenue par la suite une chanteuse de jazz immensément célèbre et une actrice de théâtre et de cinéma distinguée. 

    Il ignorait peut-être l'histoire de Wilma Rudolph, la dix-septième enfant née de parents noirs pauvres. Malgré un handicap dès son plus jeune âge, elle remporta trois médailles d'or en athlétisme aux Jeux olympiques de Rome de 1960.

    Sans la foi en un Dieu bienveillant, l'espoir disparaît et le désespoir s'installe. Même les personnes en position d'autorité peuvent avoir une piètre opinion d'autrui.

    Il convient de se souvenir de l'archevêque Murphy et de l'imiter comme d'un bâtisseur d'espoir et comme d'un modèle de courage pour les évêques d'aujourd'hui, sévèrement critiqués pour leur prétendue inertie morale. La foi, l'espérance et la charité ne sont pas les fondements de l'humanisme séculier. Le monde séculier fonde ses espoirs sur la carrière, le confort et l'argent. La vie, lorsqu'elle ne correspond pas à ces critères, est considérée comme négligeable.

    Certains se rebellent simplement par colère contre la vie ou par oisiveté. L’archevêque Murphy appelle les catholiques à se rebeller pour une bonne raison : s’opposer à la faillite morale d’un monde indifférent au caractère sacré de la vie et qui considère ses défenseurs comme des ennemis. 

    Qui héritera du monde ? La réponse est : tous ceux à qui Dieu a fait don de la vie.