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Actualité

  • Léon XIV : un pontificat de "normalisation" ?

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    Oui, dans une certaine mesure, Léon XIV apparaît comme un pape de "normalisation" ou de consolidation après les pontificats contrastés de Benoît XVI et François.

    Contexte des prédécesseurs

    • Benoît XVI (Joseph Ratzinger) incarnait un conservatisme doctrinal rigoureux : défense de la tradition, critique du relativisme, accent sur la raison et la continuité avec Vatican II interprété dans l'herméneutique de la continuité. Son pontificat visait à "purifier" l'Église post-conciliaire.
    • François (Jorge Bergoglio) a marqué un tournant plus pastoral et "progressiste" : accent sur la miséricorde, les périphéries, l'écologie (Laudato si'), la synodalité, une approche inclusive sur les questions sociales et migratoires, avec des gestes symboliques forts (lavement des pieds à la prison, appels à la réforme). Cela a suscité des tensions, des accusations de confusion doctrinale et des réactions traditionalistes.

    Léon XIV (Robert Francis Prevost, élu le 8 mai 2025) arrive après le décès de François en avril 2025. Américain (Chicago) naturalisé péruvien, augustinien, ancien missionnaire au Pérou et préfet du Dicastère pour les évêques sous François, il n'est ni un restaurateur traditionaliste pur ni un continuateur radical des innovations bergogliennes.

    Profil de Léon XIV : un "modéré" ou un normalisateur ?

    Son style et ses positions suggèrent une phase de stabilisation :

    • Continuité avec François : Il reprend des thèmes comme la synodalité, la défense des migrants, la paix, l'environnement et la critique des nationalismes exclusifs. Il est aussi confronté à des schismes traditionalistes (FSSPX).
    • Ancrage doctrinal : Il affirme les enseignements des prédécesseurs sur le mariage, la sexualité, l'avortement, l'euthanasie et maintient des positions classiques (ex. opposition à l'ordination des femmes comme diacres). Il a critiqué dans le passé la "normalisation médiatique" de certaines réalités familiales alternatives.
    • Style administratif : Réputé gestionnaire équitable, pragmatique et moins "polarisant". Moins de gestes provocateurs que François, plus de mise en œuvre concrète et de dialogue. Son encyclique Magnifica humanitas (2026) aborde l'IA, la dignité humaine et la "normalisation du mal" via la technologie, en défendant une anthropologie chrétienne.

    En résumé, il n'est pas un "retour à Benoît" (pas de restauration liturgique massive ni de combat culturel frontal), ni une accélération progressiste. Il consolide l'héritage de Vatican II, applique la doctrine sociale aux défis contemporains (IA, migrations, travail) et cherche à apaiser les fractures internes tout en maintenant l'orthodoxie sur les points essentiels. C'est une "normalisation" au sens d'une Église moins en turbulence médiatique, plus recentrée sur la mission évangélisatrice et l'unité, après des décennies de polarisation.

    Limites de l'étiquette

    Le terme "normalisation" est subjectif. Pour les traditionalistes, il peut sembler trop bergoglien ; pour les progressistes, trop prudent. L'Église reste traversée par des tensions (synodalité vs. autorité, questions morales). Son pontificat est encore jeune (un peu plus d'un an en juillet 2026), et les actes concrets (nominations épiscopales, liturgie, réformes curiales) définiront mieux sa trajectoire.

    En définitive, oui : Léon XIV semble incarner une papauté de synthèse et de respiration, visant à "normaliser" une Église sortie des extrêmes des deux pontificats précédents — fidèle à la Tradition tout en engageant le monde moderne, sans excès disruptifs.

    Une remise en cause de l'héritage de Vatican II ?

    On n’a pas à attendre de Léon XIV une remise en cause fondamentale de l’héritage de Vatican II. Au contraire, il l’a explicitement et répétitivement réaffirmé comme « l’étoile polaire » (North Star) ou « l’étoile directrice » de l’Église contemporaine.

    Positions claires de Léon XIV

    Dès le début de son pontificat et surtout en 2026, il a lancé une série importante de catéchèses sur les documents du Concile lors des audiences générales. Il invite les fidèles à relire les textes originaux, non pas à travers des interprétations secondaires ou « par ouï-dire », mais pour en redécouvrir la richesse. Il présente Vatican II comme :

    • Une « grande grâce » pour l’Église du XXe siècle (citant Jean-Paul II).
    • Un guide vivant pour l’évangélisation, la dignité humaine, la justice sociale et la paix.
    • Un événement à recevoir dans la continuité de la Tradition, sans rupture.

    Cela s’inscrit dans la ligne de Benoît XVI (herméneutique de la continuité) tout en reprenant l’élan pastoral et missionnaire de François (synodalité, dialogue avec le monde, option préférentielle pour les pauvres).

    Pas de rupture traditionaliste

    • Il n’a pas promu une tolérance plus large pour la forme extraordinaire du rite (messe tridentine) ni remis en cause les réformes liturgiques conciliaires de manière structurelle.
    • Il maintient l’accent sur l’ouverture au monde, l’œcuménisme et le dialogue interreligieux, tout en rappelant les points doctrinaux non négociables.
    • Son profil d’administrateur et de missionnaire (augustinien, expérience péruvienne) le porte davantage vers la mise en œuvre concrète et la stabilisation que vers une contestation du Concile.

    Léon XIV n’est pas un pape de « restauration anti-conciliaire ». Il incarne plutôt une synthèse : fidélité aux acquis de Vatican II, avec une attention aux défis actuels (IA, migrations, paix), sans les excès ou les ambiguïtés qui ont parfois marqué le pontificat précédent.

    Mais on aurait tant besoin :

    • d'une herméneutique de continuité très affirmée face aux interprétations « progressistes » de Vatican II.
    • d'une restauration liturgique plus large (forme extraordinaire, célébrations ad orientem, etc.).
    • de clarifications nettes sur les questions morales (famille, sexualité, bioéthique), l’œcuménisme et le dialogue interreligieux.
    • d'une reprise en main disciplinaire (séminaires, nominations épiscopales, curie) pour lutter contre les dérives (scandales, sécularisation interne).
    • d'un langage plus prophétique face à la modernité (technologie, idéologies woke, relativisme).
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  • L'archevêque Gänswein : « Le moment est venu » de lever les restrictions sur la messe traditionnelle en latin

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    D'Edward Pentin sur le NCR :

    L'archevêque Gänswein : « Le moment est venu » de lever les restrictions sur la messe traditionnelle en latin

    L'ancien secrétaire de Benoît XVI exhorte le pape Léon XIV à revoir la « Traditionis Custodes », citant le besoin pastoral, la vision de Benoît et le « Summorum Pontificum ».

    L’archevêque Georg Gänswein s’adresse aux journalistes le 30 décembre 2023 au Vatican.
    L’archevêque Georg Gänswein s’adresse aux journalistes le 30 décembre 2023 au Vatican. (Photo : Edward Pentin / National Catholic Register)

    Le secrétaire personnel de longue date du pape Benoît XVI a déclaré que le moment était peut-être venu pour le pape Léon XIV de lever les restrictions imposées au rite romain traditionnel.

    L'ancien chef de la maison papale, l'archevêque Georg Gänswein, a déclaré à Nico Spuntoni du quotidien italien Il Giornale le 7 juillet qu'il avait « lu avec intérêt » l'appel du directeur d'Il Giornale à abolir les restrictions sur le rite pré-réformé que le pape François a instituées en 2021 avec son décret papal Traditionis Custodes, ajoutant qu'il espérait une « décision dans cette direction ». 

    En poste comme nonce apostolique dans les pays baltes, l'archevêque Gänswein a évoqué la profonde tristesse de Benoît XVI à la lecture du décret de son successeur. « Je crois que le moment est venu », a-t-il déclaré, « de lever ces restrictions et de dépasser le recul que représente ce texte. » 

    L'entretien coïncidait avec le 19e anniversaire du motu proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI (2007) , qui libéralisait l'usage du rite romain d'avant 1970. L'archevêque Gänswein a déclaré que son objectif était de « reconnaître pleinement un rite qui n'avait jamais été aboli », de lui redonner sa place au sein de l'Église et de mettre fin aux conflits liturgiques.

    Il a souligné que Benoît XVI, bien qu'habitué aux critiques, restait résolu lorsqu'il était convaincu de la voie à suivre. Cette même détermination, a-t-il suggéré, a guidé la promulgation de Summorum Pontificum .

    Rappelant la genèse de Summorum Pontificum, l'archevêque Gänswein a évoqué l'expérience personnelle de Benoît XVI concernant l'échec d'un accord conclu en 1988 avec l'archevêque Marcel Lefebvre, fondateur de la Fraternité Saint-Pie-X (FSSPX). 

    Le 8 mai 1988, alors cardinal Joseph Ratzinger, il avait signé avec Mgr Lefebvre une déclaration doctrinale et une solution canonique pour la FSSPX, prévoyant notamment la nomination d'un futur évêque. Mais le lendemain, convaincu que le Vatican tarderait à appliquer l'accord et conscient de son âge avancé, Mgr Lefebvre écrivit pour signaler qu'il ne suivrait pas le calendrier fixé par Rome et qu'il prévoyait des consécrations épiscopales, qu'il procéda ensuite sans mandat papal le 30 juin de la même année, reniant ainsi l'accord.

    « Pour lui, ayant vécu de près l’accord que Lefebvre a renié en 1988, le schisme fut une source de souffrance personnelle », a expliqué l’archevêque Gänswein. « [Benoît] a dit que cela aurait des conséquences non seulement pour quelques jours, mais que ce serait une blessure à l’unité de l’Église, une blessure qui serait éternelle. » 

    Mais l’archevêque Gänswein a ajouté que Summorum Pontificum visait autant la vie interne de l’Église que la réconciliation de la FSSPX, car Benoît XVI avait constaté des « aspects insatisfaisants » dans l’application d’ Ecclesia Dei , le motu proprio de 1988 du pape saint Jean-Paul II destiné à guérir les divisions consécutives aux consécrations. « Il fallait donc agir », a-t-il rappelé. 

    Benoît XVI était « très satisfait » des résultats positifs de Summorum Pontificum et convaincu qu'il marquait le début d'un dialogue qui pourrait à terme « guérir la fracture liturgique existante ». Le défunt pape avait, « par-dessus tout, une grande confiance dans la jeunesse », a déclaré l'archevêque Gänswein, et il affirmait que le vetus ordo , « célébré depuis des siècles, ne pouvait manquer d'être revitalisé ». Il se félicitait également du fonctionnement des instituts Ecclesia Dei – ces communautés qui célébraient la liturgie romaine traditionnelle mais ne souhaitaient pas faire partie de la FSSPX. 

    « Peut-on dire que Summorum Pontificum a fonctionné ? » a demandé Spuntoni. 

    « Oui, cela portait ses fruits », répondit l’archevêque Gänswein. « Cela fonctionnait particulièrement bien auprès des jeunes, et cela se voit avant tout dans le nombre toujours croissant de pèlerins participant chaque année au pèlerinage Paris-Chartres. »

    « Ces jeunes sont nourris par la beauté de la liturgie », a-t-il poursuivi, avant d'ajouter qu'ils ne sont « nullement opposés » au Concile Vatican II. « Il est faux de dire que ceux qui ont une sensibilité liturgique traditionnelle et assistent aux messes tridentines sont anti-conciliaires ; ceux qui l'affirment sont motivés uniquement par l'idéologie », a-t-il déclaré. 

    Dans une interview accordée la semaine dernière au Corriere della Sera , l'archevêque Gänswein a qualifié d'« horrible » la décision de la FSSPX de consacrer quatre évêques supplémentaires le 1er juillet sans mandat papal, ajoutant que « leur conception de la tradition n'est pas la tradition ». Il a toutefois soutenu que la question de la FSSPX n'est pas principalement une question de liturgie et a donc déclaré croire que Rome pourrait se montrer plus « généreuse et paternelle » envers ceux qui, tout en restant en pleine communion avec Rome, souhaitent célébrer la messe traditionnelle en latin. 

    Le pape François, a-t-il déclaré, a « commis une erreur sans s'en rendre compte » en imposant Traditionis Custodes. Il a souligné que la « majorité des évêques » soutenaient Summorum Pontificum et ses résultats , confirmant ainsi un article paru l'année précédente de la journaliste Diane Montagna qui montrait que les résultats d'un sondage mené auprès des évêques par le Dicastère pour la Doctrine de la Foi contredisaient la justification avancée pour imposer Traditionis Custodes. 

    « La paix liturgique qui a été mise à mal sera rétablie », a prédit l’archevêque Gänswein. 

  • France : les députés favorables à la loi fin de vie ne pourront plus communier, prévient Mgr Marc Aillet

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    Des 

    Les députés favorables à la loi fin de vie ne pourront plus communier, prévient Mgr Marc Aillet

    Selon le calendrier annoncé, les députés devraient se prononcer le 15 juillet sur la proposition de loi sur l’euthanasie. L’évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, Mgr Marc Aillet, invite les parlementaires catholiques à un examen de conscience.
    Peut-on se dire chrétien et voter un texte aussi contraire à l’enseignement de l’Église ?

    Mgr Marc Aillet : Il y a là une contradiction profonde. La question de l’euthanasie ou du suicide assisté n’est pas seulement une question confessionnelle. Elle touche à la loi naturelle, c’est-à-dire à ce qui fonde le respect de toute vie humaine dans une société civilisée. Lorsqu’un député se déclare catholique tout en soutenant une législation qui autorise à donner la mort, il se place objectivement en opposition avec un enseignement constant de l’Église, mais aussi avec un principe fondamental de la raison humaine. L’instruction Samaritanus Bonus, publiée par la Congrégation pour la doctrine de la foi, a clairement réaffirmé que l’euthanasie était « un acte intrinsèquement mauvais, quelles que soient les circonstances ». Un catholique engagé dans la vie publique ne peut pas l’ignorer.

    Une telle position a-t-elle des conséquences spirituelles ?

    Oui, car la foi chrétienne engage toute l’existence. Chacun doit s’interroger en conscience sur la cohérence entre les actes qu’il pose et la foi qu’il professe. Une adhésion publique à une loi gravement contraire à l’enseignement moral de l’Église pose un vrai problème de cohérence ecclésiale. Les parlementaires catholiques qui auront voté ce projet de loi doivent en peser les conséquences. S’ils sont conscients de cette incohérence, ils ne pourront plus communier. L’Église est fondée à le leur rappeler, comme certains évêques l’ont fait aux États-Unis. J’aimerais les inviter à un examen de conscience sincère. Avons-nous le droit de faire de la suppression volontaire d’une vie humaine une réponse à la souffrance ?

    Certains fidèles ne semblent pas insensibles aux arguments des partisans de l’euthanasie, présentée comme un « geste d’humanité ». Que leur dites-vous ?

    Il faut distinguer la véritable compassion de ce que Jean-Paul II appelait une « fausse miséricorde ». Une société vraiment fraternelle ne répond pas à la détresse par l’élimination de celui qui souffre mais par le développement des soins palliatifs, de l’accompagnement psychologique, familial et spirituel. Quant à la liberté, elle ne consiste pas à pouvoir tout faire. La liberté authentique est ordonnée au bien. Contre le discours dominant qui obscurcit gravement les consciences, contre le matraquage médiatique influencé par de puissants lobbies, les fidèles sont appelés à se former – et à soutenir concrètement les personnes malades, âgées ou isolées.

    Qu’en est-il de celles qui demanderaient l’euthanasie ? Quelles conséquences sur le salut de leurs âmes ? Pourraient-elles avoir des obsèques chrétiennes ?

    L’Église continue d’affirmer que le suicide demeure objectivement contraire à la volonté de Dieu, qui est le maître de la vie. Mais elle tient aussi compte des situations concrètes. La souffrance, la solitude, la dépression, les pressions familiales ou sociales sont parfois si fortes qu’elles peuvent altérer profondément la liberté d’une personne. C’est pourquoi le discernement pastoral est indispensable. Le rôle du prêtre est d’aider la personne à retrouver l’espérance, à se réconcilier avec Dieu et à renoncer à son projet. Cet accompagnement spirituel consiste à l’aider à choisir la vie jusqu’à son terme naturel, jamais à cautionner un geste létal. Concernant les funérailles chrétiennes, chaque situation doit être examinée avec prudence. L’Église tient compte de nombreux éléments, notamment des signes éventuels de repentance avant la mort. Rien ne doit être fait qui laisserait penser qu’elle approuve l’euthanasie.

    Qu’en est-il des soignants qui appliqueraient cette loi ?

    Je pense d’abord aux drames de conscience que cette loi risque de provoquer. Les professionnels de santé ont choisi leur métier pour soigner, soulager, accompagner. On leur demanderait désormais de participer à la mise à mort d’un patient. Mais la loi civile ne peut pas abolir les exigences de la conscience morale, que l’on soit ou non croyant. Il est donc essentiel que la clause de conscience soit pleinement garantie.

    Des religieuses au sein d’établissements de soins catholiques ont annoncé leur intention de « résister » ? Qu’en pensez-vous ?

    Une société véritablement démocratique ne peut pas exiger d’institutions fondées sur le respect inconditionnel de la vie qu’elles agissent contre leurs convictions les plus fondamentales. Veut-on que ces établissements ferment, alors qu’ils gèrent des dizaines de milliers de lits ? Qu’ils s’exilent à l’étranger, comme les congrégations chassées de France au début du XXe siècle ? Va-t-on emprisonner les religieuses qui n’appliqueraient pas cette loi ? Il faut défendre la liberté de ces établissements avec détermination.

    Léon XIV a choisi comme devise pour sa visite en France : « Pour que le monde ait la vie ». Qu’attendez-vous de lui ? N’arrive-t-il pas trop tard, après une probable adoption de la loi ?

    Une loi, même adoptée, ne met pas fin au devoir de témoignage des chrétiens. J’attends du Saint-Père qu’il rappelle avec force la dignité inaliénable de toute vie humaine. J’attends qu’il encourage les familles, les soignants, les bénévoles et tous ceux qui accompagnent les personnes malades ou âgées. J’attends surtout qu’il nous redonne le sens de l’espérance. Car l’enjeu ultime est spirituel. Une société s’affaiblit lorsqu’elle présente la mort comme une solution. Le Christ est venu « pour que les hommes aient la vie, et qu’ils l’aient en abondance ». C’est cette espérance que l’Église continuera d’annoncer, quelles que soient les évolutions législatives.

  • 11 juillet : fête de saint Benoît

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    250px-HeisterbachDialogusDetail.jpgLa fête de saint Benoît, célébrée le 11 juillet, est celle de la translation de ses reliques. Le corps de saint Benoît reposa d’abord au Mont Cassin qui, après le passage des Lombards, resta vide de moines. En 672, l’abbé de Fleury, Mummolus, envoya au Mont Cassin une troupe de moines, sous la conduite d’Aigulphe, pour récupérer les reliques de saint Benoît. Petronax ayant restauré le Mont Cassin, le pape Zacharie, en 750, demanda la restitution du corps de saint Benoît dont l’abbé de Fleury ne rendit qu’une part, entre 755 et 757.

    La fête de saint Benoît ne devrait pas être pour nous un simple fait d'une histoire fort ancienne, tant l’esprit de saint Benoît est toujours présent et à l'œuvre dans l'Eglise. La Règle qu'il nous a laissée et dont on a pu dire qu'elle nous donnait un reflet particulièrement pur de l'Evangile, comme le témoignage de sa vie sont pleinement actuels non seulement pour ses fils et ses filles, les moines et les moniales, mais aussi pour tous les fidèles. C'est, pour chacun d'entre nous une invitation à la prière, à la médiation des textes saints et à la charité fraternelle.

    Prologue de la règle de St Benoît

    «… Avant tout, demande à Dieu par une très instante prière qu'il mène à bonne fin tout bien que tu entreprends. Ainsi, celui qui a déjà daigné nous admettre au nombre de ses enfants n'aura pas sujet, un jour, de s'affliger de notre mauvaise conduite. Car, en tout temps, il faut avoir un tel soin d'employer à son service les biens qu'il a mis en nous, que non seulement il n'ait pas lieu, comme un père offensé, de priver ses fils de leur héritage, mais encore qu'il ne soit pas obligé, comme un maître redoutable et irrité de nos méfaits, de nous livrer à la punition éternelle, tels de très mauvais serviteurs qui n'auraient pas voulu le suivre pour entrer dans la gloire. Levons-nous donc enfin, l'Écriture nous y invite : l'heure est venue, dit-elle, de sortir de notre sommeil. Ouvrons les yeux à la lumière qui divinise. Ayons les oreilles attentives à l'avertissement que Dieu nous adresse chaque jour : Si vous entendez aujourd'hui sa voix, n'endurcissez pas vos cœurs, et ailleurs : Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Églises. Et que dit-il ? Venez, mes fils, écoutez-moi, je vous enseignerai la crainte du Seigneur. Courez, pendant que vous avez la lumière de la vie, de peur que les ténèbres de la mort ne vous saisissent.

    Le Seigneur, cherchant son ouvrier dans la multitude du peuple à laquelle il fait entendre ces appels, dit encore : Quel est celui qui désire la vie et souhaite voir des jours heureux ? Que si, à cette demande, tu lui réponds : « C'est moi », Dieu te réplique: Si tu veux jouir de la vie véritable et éternelle, garde ta langue du mal et tes lèvres de toute parole trompeuse ; détourne-toi du mal et fais le bien; recherche la paix et poursuis-la. Et lorsque vous agirez de la sorte, mes yeux veilleront sur vous et mes oreilles seront attentives à vos prières, et avant méme que vous ne m'invoquiez, je vous dirai : Me voici. Quoi de plus doux, frères très chers, que cette voix du Seigneur qui nous invite ; Voyez comme le Seigneur lui-même, dans sa bonté, nous montre le chemin de la vie. Ceignons donc nos reins par la foi et la pratique des bonnes œuvres; sous la conduite de l'Évangile, avançons dans ses chemins, afin de mériter de voir un jour Celui qui nous a appelés dans son royaume. Si nous voulons habiter dans le tabernacle de ce royaume, sachons qu'on n'y parvient que si l'on y court par les bonnes actions.

    Comme il y a un zèle amer, mauvais, qui sépare de Dieu et conduit en enfer, de même il y a un bon zèle qui éloigne des vices, et conduit à Dieu et à la vie éternelle. C'est ce zèle que les moines doivent pratiquer avec une ardente charité, c'est-à-dire : Ils s'honoreront mutuellement de leurs prévenances. Ils supporteront très patiemment les infirmités d'autrui, tant celles du corps que celles de l'esprit. Ils s'obéiront à l'envi les uns aux autres. Nul ne recherchera ce qu'il juge utile pour soi, mais bien plutôt ce qui l'est pour autrui. Ils se rendront chastement les devoirs de la charité fraternelle. Ils auront pour Dieu une crainte inspirée par l'amour : ils auront pour leur abbé un amour humble et sincère. Ils ne préféreront absolument rien au Christ, qui veut nous conduire tous ensemble à la vie éternelle.

     Réf : Saint Benoît

  • « Démoralisant » : les attaques contre les chrétiens ont presque doublé en Israël et dans les territoires palestiniens occupés, selon un rapport.

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    De Fionn Shiner sur Crux :

    « Démoralisant » : les attaques contre les chrétiens ont presque doublé en Israël et dans les territoires palestiniens occupés, selon un rapport.

    Les attaques contre les chrétiens en Israël ont presque doublé cette année, selon un nouveau rapport d'un organisme israélien de défense des droits humains qui analyse les données du premier semestre 2026.

    Le Centre israélien de données sur la liberté religieuse (RFDC) et sa ligne d'assistance téléphonique pour documenter le harcèlement contre les chrétiens ont déclaré qu'entre avril et juin de cette année, il y a eu 83 attaques contre des chrétiens en Israël ou dans les territoires occupés par Israël, contre 44 au premier trimestre. 

    La majorité des attaques ont eu lieu à Jérusalem et comprenaient 46 cas de crachats, quatre agressions physiques et huit agressions verbales.

    « Comme dans les rapports précédents, le nombre élevé d’incidents de crachats demeure particulièrement frappant. Au cours de ce trimestre, 47 incidents impliquaient des crachats, ce qui représente 56 % de toutes les formes de harcèlement enregistrées », a déclaré le RFDC.

    « Ces dernières années, ces actes se sont produits de plus en plus souvent au grand jour, ouvertement, et parfois de manière ostentatoire. Dans plusieurs cas, les auteurs ont même expliqué aux bénévoles de la ligne d'assistance téléphonique – et devant une caméra – pourquoi ils estimaient qu'un tel comportement était justifié », a-t-on ajouté.

    Le Dr John Newton, responsable de la communication et de la recherche pour le bureau britannique de l'organisation caritative catholique Aide à l'Église en Détresse (AED), qui soutient les chrétiens persécutés, a déclaré à Crux Now que ces conclusions étaient « décourageantes ».

    « Le rapport indiquant que les attaques contre les chrétiens en Israël ont doublé au deuxième trimestre de cette année est désolant », a déclaré Newton, ajoutant que cela « fait écho aux conclusions du Rossing Center de Jérusalem – l’un des partenaires de projet d’ACN dans la région – qui a constaté que les hostilités envers les églises et les chrétiens étaient en augmentation depuis 2023. » 

    « Leurs recherches ont révélé que ces attaques sont principalement perpétrées par de jeunes hommes juifs ultra-orthodoxes marginalisés, aux convictions nationalistes extrémistes. Mais même si ces attaques – qui consistent pour la plupart en actes de vandalisme ou en crachats sur des prêtres ou des religieuses – sont en augmentation, il ne faut pas oublier qu’il s’agit du comportement d’une infime minorité », a également déclaré Newton.

    Newton a ensuite souligné que « même parmi les ultra-orthodoxes, un tel comportement est très inhabituel : la plupart des membres de la communauté n'envisageraient jamais, même dans leurs rêves les plus fous, de vandaliser une église. »

    Une montée des sentiments antichrétiens

    Le rapport du RFDC a constaté une augmentation des attaques lors de la Journée de Jérusalem et de la Marche du Drapeau, un événement commémorant la prise de Jérusalem-Est et de la Vieille Ville pendant la guerre des Six Jours de 1967.

    Le rapport indique également que les attaques se produisent fréquemment dans des espaces publics, comme l'agression largement médiatisée d'une religieuse française en avril dernier. 

    « Si certains incidents impliquaient des individus agissant seuls, les déplacements en groupe semblaient encourager les crachats et autres actes similaires », indique le rapport.

    Face à cette situation, Newton a déclaré qu'il était essentiel que les autorités israéliennes collaborent avec les communautés chrétiennes d'Israël pour trouver une solution.

    « Nous exhortons les autorités à travailler en étroite collaboration avec les Églises chrétiennes d'Israël pour trouver une solution à cette recrudescence des attaques, et nous encourageons les gens du monde entier à prier pour tous nos frères et sœurs en Terre sainte », a déclaré Newton.

    Par ailleurs, en avril dernier, une vive indignation s'était également emparée des internautes lorsqu'une image montrant un soldat israélien fracassant la tête d'une statue de Jésus à coups de masse à Debel, dans le sud du Liban, avait circulé en ligne.

    Deux soldats israéliens ont par la suite été condamnés à 30 jours de prison militaire après qu'une enquête des Forces de défense israéliennes a conclu que « la conduite des soldats s'écartait totalement des ordres et des valeurs de Tsahal ».

    Le cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem, a exprimé à la fois une « profonde indignation » et une « condamnation sans réserve » dans une déclaration signée par lui et l’Assemblée des ordinaires catholiques de Terre sainte.

    Dans un autre rapport, le RFDC a également constaté qu'environ 181 incidents de « harcèlement ciblant les chrétiens, les symboles chrétiens et les institutions chrétiennes » ont été commis en Israël en 2025.

  • Boucs émissaires : la répression généralisée des chrétiens en Iran

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    De Lorenza Formicola sur la NBQ :

    Boucs émissaires : la répression généralisée des chrétiens en Iran

    Espionnés mais accusés d'espionnage, les fidèles du Christ sont constamment pris pour cible par la République islamique. Un dossier lève le voile sur la machine de persécution du régime, qui refuse de pardonner même après la détention.

    10/07/2026

    Le  nouveau rapport annuel  2026, « Boucs émissaires : Violations des droits des chrétiens en Iran », publié par Article18 en collaboration avec Portes Ouvertes, Christian Solidarity Worldwide et Middle East Concern, met en lumière la persécution subie par les chrétiens dans le pays. Ce sujet, rarement abordé en raison de sa nature troublante, révèle une répression généralisée à l'encontre des chrétiens d'Iran, orchestrée par un pouvoir obsédé par l'éradication de ce qu'il perçoit comme une menace occidentale pour l'ordre théocratique islamique. Au fil des ans, la République islamique a manipulé et durci sa législation pour réprimer ceux qui ne croient pas en Allah. Dès 2021, le Parlement iranien a alourdi les peines pour les délits d'opinion, en modifiant les articles 499 et 500 du code pénal. Cette réforme vise toute personne accusée de propagande ou d'atteinte à la sécurité de l'État. De fait, cette législation assimile juridiquement les non-musulmans aux terroristes.

    En 2025, selon le rapport, 254 chrétiens iraniens ont été arrêtés – un chiffre presque deux fois supérieur à celui de 2024 – et condamnés à un total de plus de 280 ans de prison. Dans la grande majorité des cas, près de 90 %, les accusations ont été portées en vertu de l' article 500 modifié  du Code pénal, qui criminalise la « propagande contraire à la religion sacrée de l'islam ». 

    Le rapport souligne la répression, citant des incidents tels que celui de juin 2025, où deux convertis ont été condamnés à 10 ans de prison (plus deux ans et des amendes) pour « propagande sioniste déviante  » et « trafic » de Bibles, considérées comme des livres interdits. Le même mois, deux Arméniens et trois convertis à l'islam ont été inculpés et condamnés par la suite à un total de plus de cinquante ans de prison. Étant donné que le mandat institutionnel du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) est la défense idéologique de la République islamique, cette escalade démontre que le régime perçoit de plus en plus la foi chrétienne comme une menace existentielle. Les églises de maison, très répandues en Iran, sont officiellement considérées comme des cellules ennemies et les descentes qu'elles font sont caractérisées par une brutalité extrême.

    L'épisode du 6 février 2026 en est la preuve. Ce soir-là, au moins vingt officiers des Gardiens de la révolution en civil ont fait irruption dans un rassemblement privé d'environ quatre-vingts fidèles à Gatab, dans la province de Mazandaran. Ils ont confisqué des Bibles et des instruments de musique et procédé à des arrestations sommaires. Au cours de l'assaut, les militaires ont pris pour cible toute personne portant un crucifix, le lui arrachant du cou et blessant les personnes présentes.
    Le 3 juillet, Article18 a rapporté qu'une cour d'appel avait confirmé la condamnation. Cinq chrétiens iraniens ont été condamnés à un total de plus de 55 ans de prison. Leur crime ? Prier, baptiser, communier et célébrer Noël ou Pâques.

    Il y a quelques jours, les forces de sécurité ont occupé l'église évangélique historique  Saint-Pierre  de Téhéran, l'un des rares lieux de culte encore debout en Iran – un joyau architectural datant de 1876, également connue sous le nom d'église Qavam. L'expulsion de cette communauté, composée de chrétiens arméniens et assyriens légalement reconnus – dont le nombre a drastiquement diminué depuis l'avènement de la République islamique en 1979 – a été déclenchée par un décret d'un  tribunal révolutionnaire datant de 1998 , resté gelé pendant près de trente ans. Ce décret stipulait que l'ensemble du périmètre d'environ quatre hectares – abritant deux écoles et des dizaines de maisons – devait être confisqué et remis à EIKO (Exécution de l'Ordre de l'Imam Khomeini), un géant économique et un conglomérat financier iranien placé sous le contrôle direct du Guide suprême. L'EIKO a déjà signé les actes d'expropriation d'églises à Tabriz, Mashhad, Gorgan et Karaj.
    Aux mauvais traitements infligés aux détenus et à la violation systématique de l'article 500 s'ajoute désormais l'espionnage des  chrétiens , surveillés même au-delà des frontières nationales.

    Ce scénario perdure depuis près d'un demi-siècle. Depuis 47 ans, la population iranienne est prise en otage par une dictature islamique qui  réprime violemment  toute forme de dissidence.
    Dans ce climat de terreur, la conversion au christianisme demeure un crime grave. Les convertis subissent les plus fortes pressions : leurs communautés d'origine sont prises pour cibles, les croyants sont interrogés et contraints de dénoncer leurs proches sous peine de lourdes peines pour « atteinte à la sûreté nationale ». Ces méthodes sont employées comme dans tout régime communiste.
    Récemment, le Parlement a également adopté en urgence une nouvelle loi, vague et imprécise, sur l'espionnage qui étend le champ d'application de la peine de mort, offrant ainsi au gouvernement une arme redoutable pour éliminer les dissidents.

    Suite au conflit irano-israélien, la propagande d'État a commencé à diaboliser publiquement les convertis, les qualifiant d'espions et de collaborateurs. Comme l'observait le chercheur John Mac Ghlionn en avril dernier : « L'apostasie , l'abandon de l'islam, est un crime passible de la peine de mort. Les églises sont interdites, les convertis sont traqués et les Bibles sont considérées comme de la contrebande. »
    Bien que l'Iran ait reculé d'une place dans le classement de l'Instance de surveillance mondiale, la persécution à l'intérieur de ses frontières s'est  intensifiée .Les tensions militaires avec Israël ont poussé le régime à qualifier les convertis de cinquième colonne de « l'Occident ». Dès la levée du cessez-le-feu, les forces de sécurité ont arrêté au moins 54 chrétiens dans 21 villes différentes, les accusant formellement d'espionnage. L'Iran confirme ainsi sa position parmi les autocraties les plus féroces de la planète.

    Pour ceux qui survivent à ce système, l'avenir est un désert. Les conditions de détention sont  épouvantables  et les personnes libérées restent prises au piège d'un système invisible de harcèlement constant, de licenciements forcés, d'exclusion du système scolaire et universitaire, et risquent sans cesse de voir leur dossier rouvert sur la base de nouvelles accusations fabriquées de toutes pièces. Nombre d'entre elles sont contraintes de suivre des cours de rééducation islamique obligatoires pour se reconvertir à l'islam. À cela s'ajoutent les sanctions imposées par le pouvoir judiciaire : exil intérieur, flagellation, amendes, interdictions de voyager et privation de tous les droits.
    Dans les cas les plus sévères, les juges imposent des travaux d'intérêt général dégradants, comme creuser des tombes ou laver les corps avant les funérailles, en alternance avec des menaces psychologiques visant à contraindre les croyants à quitter le pays. C'est à cause de cette pression intolérable que, chaque année, des milliers de convertis au christianisme choisissent l'exil, fuyant l'Iran pour sauver leur vie et préserver leur foi.

  • Tony Abbott : « Parfois, les gouvernements doivent choisir la moins mauvaise option. »

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    Du substack d'Edward Pentin :

    Dans un entretien avec le Register, l'ancien Premier ministre australien défend des politiques d'immigration strictes, appelle à un témoignage catholique plus fort dans la vie publique et rend hommage au cardinal Pell.

    8 juillet

    Tony Abbott est l'un des hommes d'État conservateurs les plus connus d'Australie, ayant été Premier ministre du pays de 2013 à 2015.

    Catholique pratiquant, il est resté une voix influente dans les débats sur l'avenir de la civilisation occidentale, le rôle du christianisme dans la vie publique et les responsabilités morales des dirigeants élus. 

    Durant son mandat de Premier ministre, Abbott a attiré l'attention internationale par la réponse de son gouvernement à l'immigration clandestine par voie maritime et aux réseaux de trafic d'êtres humains ciblant l'Australie. Son gouvernement, qui a rouvert les centres de détention offshore, rétabli les visas de protection temporaire et mis en place une politique de refoulement des embarcations dans le cadre de l'« Opération Frontières souveraines », s'est avéré très efficace pour endiguer ces arrivées. Parallèlement, ces mesures ont suscité des critiques de la part d'évêques catholiques qui réclamaient une réponse plus humaine. 

    Dans cette interview accordée au Register le 23 juin en marge de la conférence de l' Alliance pour une citoyenneté responsable (ARC) à Londres, Abbott affirme que le trafic d'êtres humains est intrinsèquement exploiteur et extrêmement dangereux, ajoutant que les gouvernements responsables doivent parfois choisir « la moins mauvaise option » dans un monde imparfait afin de protéger la vie humaine et de défendre le bien commun. 

    L'auteur d'un nouveau livre, Australia: A History — From Convict Colony to Great Democracy (Australie : une histoire — de la colonie pénitentiaire à la grande démocratie) , Abbott évoque également la nécessité pour davantage de catholiques pratiquants de s'engager en politique, partage son opinion sur le « catholicisme culturel » dans la vie publique et rend hommage à son compatriote, feu le cardinal George Pell. 

    Monsieur Abbott, tout d'abord, le thème de cette conférence est « L'ère de la reconstruction », et des intervenants de renom du monde entier y ont analysé le déclin de la civilisation occidentale et les solutions possibles pour l'enrayer. Quel a été votre principal enseignement de cette conférence ? 

    Je pense que cette conférence est unique en ce sens que, contrairement à la plupart des conférences qui traitent généralement d'économie, de politique et/ou de géopolitique, elle explore en profondeur la culture et la civilisation. On dit souvent que la politique découle de la culture, et que la culture découle en fin de compte de la foi – une foi en laquelle les individus peuvent croire et qui les dépasse. C'est ce qui, à mon avis, fait de cette conférence un événement si particulier.

    Pensez-vous que l'Occident ait besoin d'une présence politique catholique plus affirmée ? La foi catholique est-elle sous-représentée dans l'espace public ?

    Oui, je pense assurément que nous avons besoin de plus de personnes de foi dans la vie publique. J'ai toujours un petit pincement au cœur quand j'entends des chrétiens affirmer que s'impliquer dans les complexités de la vie publique est en quelque sorte un manquement à la foi. Je crois que nous devons être présents dans le monde, même si nous ne devons pas en être totalement issus.

    Que diriez-vous aux hommes politiques catholiques, comme Andy Burnham par exemple , pressenti pour devenir le prochain Premier ministre britannique, qui sont de confession catholique mais n'adhèrent pas pleinement au magistère et ne fréquentent pas régulièrement la messe ? Les catholiques engagés dans la vie publique doivent-ils s'affirmer davantage et pratiquer leur foi comme l'Église le demande ?

    Je ne prétends pas être un catholique parfait, loin de là, mais je pense que nous sommes tous de meilleures personnes, surtout si nous sommes catholiques, si nous assistons plus régulièrement à la messe et si nous recevons les sacrements. 

    En matière d'immigration, nombreux sont ceux qui citent l'Australie comme exemple de lutte efficace contre l'immigration clandestine, les traversées dangereuses et le trafic d'êtres humains. Que diriez-vous aux Américains et aux Britanniques qui s'interrogent sur ce sujet et souhaitent une politique éthique et réellement efficace ?

    J'ai souvent constaté que les théologiens moralistes ne font généralement pas de bons hommes d'État, car dans ce monde imparfait, il faut parfois choisir la moindre mal. Le trafic d'êtres humains est un fléau : il est responsable d'une exploitation considérable et de nombreuses morts, et il est impératif de l'éradiquer. De même que, parfois, des mesures très difficiles et dramatiques sont nécessaires en temps de guerre, je pense qu'il faut parfois être prêt à agir de manière directe si l'on veut mettre fin à ce qui s'apparente, à l'heure actuelle, à une invasion pacifique de la Grande-Bretagne par des personnes traversant la Manche à bord de petites embarcations.

    Concrètement, quel type de réponse politique pensez-vous qui fonctionnerait en Grande-Bretagne et aux États-Unis ?

    La chose humanitaire à faire — la chose véritablement humanitaire — est de mettre fin au trafic d'êtres humains. Dans le cas de la Grande-Bretagne, cela permettrait d'éviter les noyades dans la Manche. Dans le cas des États-Unis, cela empêcherait l'entrée de nombreuses personnes qui ne seront d'aucune utilité pour l'Amérique, ainsi que d'autres qui cherchent simplement une vie meilleure. Mais en fin de compte, en tant que représentants du gouvernement, vous avez un devoir envers vos propres citoyens qui prime sur toute obligation d'offrir une vie meilleure à des étrangers qui n'ont aucun droit légitime sur vous. Les seules personnes qui ont un droit légitime sur un autre pays sont ses citoyens, ou celles qui ont démontré qu'elles peuvent apporter une contribution significative à ce pays — et non celles qui cherchent simplement à améliorer leur propre sort.

    À votre avis, pourquoi n'y a-t-il pas eu, notamment en Grande-Bretagne, beaucoup de politiques efficaces pour remédier à ce problème ?

    Manque de leadership. 

    Quelqu'un a dit que si des soldats russes arrivaient armés, le gouvernement trouverait rapidement un moyen de les arrêter. Alors, est-ce simplement une question de volonté politique ?

    Je pense que certains se sentent contraints par un mélange de culpabilité propre aux pays riches, d'une compassion excessive, voire mal placée, de marxisme culturel, ou encore d'un respect déplacé pour des institutions comme la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH). L'idée que la Grande-Bretagne – berceau de nombreux droits humains – doive se montrer soumise à la CEDH me paraît tout simplement absurde.

    Enfin, un mot sur le cardinal George Pell. Comme vous le savez, il attribuait souvent le déclin de la société à l'abandon des valeurs chrétiennes traditionnelles et des vérités morales, ainsi qu'à la montée du relativisme moral. Qu'aimeriez-vous dire à son sujet ? 

    Je pense que le cardinal Pell était un saint des temps modernes. Il fut, en un sens, un martyr contemporain, puisqu'il a subi une forme de crucifixion vivante. Plus on chérira sa mémoire, plus on célébrera son exemple et plus on honorera sa vie, mieux ce sera pour nous tous. 

  • Incidents antichrétiens juin 2026 (OIDAC)

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    Au cours du mois de juin 2026, OIDAC Europe a enregistré 40 crimes de haine antichrétiens ciblant des lieux de culte chrétiens, des symboles religieux, des espaces religieux, des institutions chrétiennes, des membres du clergé, des convertis au christianisme et des individus chrétiens.

    Les crimes haineux enregistrés comprennent 1 et 2 attaques liées à des incendies criminels, 9 cas de vandalisme, 8 cas de profanation, 3 cas de violence physique, 3 vols visant des objets religieux, 2 cas impliquant des menaces, 1 cas de vandalisme combiné à de la violence, 1 perturbation du culte et 1 tentative d'occupation d'un site religieux.

    Parmi les incidents particulièrement graves, on peut citer les menaces proférées contre un professeur de religion catholique converti de l'islam en Belgique ; l' agression d'un curé lors d'un acte de vandalisme dans son presbytère à Lévie et la perturbation d'une prière catholique à Poissy, au milieu de cris d'« Allahu Akbar » et de slogans antichrétiens, tous deux en France ; l'agression d'un prédicateur de rue chrétien à Londres et un appel en ligne à des attaques terroristes lancé par un groupe affilié à l'EI avant la visite du pape en Espagne.

    En juin 2026, le plus grand nombre d'incidents a été enregistré en France (11), suivie de l'Allemagne (8), de l'Italie (7), de la Pologne (4), de la Belgique (2) et de l'Espagne (2). D'autres incidents ont été recensés aux Pays-Bas (1) et en Estonie (1). Hors de l'Union européenne, des incidents supplémentaires ont été enregistrés au Royaume-Uni (3) et en Suisse (1).

    Télécharger le rapport complet

  • La romancière Sigrid Undset bientôt canonisée ?

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    D'OSV News ?

    La cause de la canonisation de la romancière Sigrid Undset devrait être inaugurée cet automne.

    (OSV News) — Des préparatifs sont en cours en Norvège pour ouvrir une cause de canonisation pour la romancière lauréate du prix Nobel Sigrid Undset, a annoncé l'évêque Fredrik Hansen d'Oslo le 8 juillet.

    Des préparatifs sont en cours en Norvège en vue de l'ouverture d'une cause de canonisation pour la romancière Sigrid Undset, lauréate du prix Nobel, a annoncé l'évêque d'Oslo, Fredrik Hansen, le 8 juillet 2026. Undset est représentée sur un portrait non daté. (Photo OSV News/Aage Remfeldt/Aage Rasmussen via Wikipedia Commons, domaine public)

    « Elle est bien plus qu'une auteure et une lauréate du prix Nobel. Pour nous, elle est un modèle de foi chrétienne, d'une vie vécue dans la vertu et dans la recherche de la sainteté », a déclaré l'évêque Hansen à propos d'Undset lors d'une messe où il a fait cette annonce.

    « Elle a toujours manifesté une préoccupation concrète et constante pour les pauvres. Elle s'est dévouée corps et âme à sa fille, à la vie et à son caractère sacré. À travers ses nombreux ouvrages, elle a marqué d'innombrables croyants, les a inspirés à vivre en Christ et a témoigné de nos saints du Moyen Âge », a-t-il déclaré, selon un communiqué de presse .

    Auteur de «Kristin Lavransdatter»

    Née au Danemark en 1882 et ayant grandi en Norvège, Undset est surtout connue pour son roman « Kristin Lavransdatter », une trilogie retraçant la vie de son héroïne au Moyen Âge. Ce roman lui valut le prix Nobel de littérature en 1928, « principalement pour ses descriptions saisissantes de la vie nordique au Moyen Âge », selon l'organisation Nobel.

    Ses recherches sur le catholicisme médiéval l'ont amenée à se convertir au catholicisme en 1924, et en 1928, elle est entrée dans le Tiers-Ordre dominicain. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle s'est réfugiée à New York, où elle a publiquement milité pour la résistance norvégienne au nazisme. Elle est retournée en Norvège après la fin de la guerre en 1945 et est décédée en 1949 à Lillehammer.

    Avant de rendre publique l'initiative, Mgr Hansen l'a présentée à la Conférence des évêques nordiques, qui regroupe les évêques du Danemark, de Finlande, d'Islande, de Norvège et de Suède, ainsi que des spécialistes de la vie d'Undset. Sa cause de canonisation sera officiellement ouverte cet automne, a-t-il précisé.

    « Un modèle de vie en Christ »

    L'évêque Hansen a annoncé la nouvelle lors d'une messe célébrée en l'honneur de la fête de sainte Sunniva dans les ruines du monastère bénédictin de Selja, île considérée comme le berceau du christianisme norvégien et siège de son premier diocèse. Selon la légende, sainte Sunniva, reine chrétienne du Xᵉ siècle, aurait fui l'Irlande pour échapper à un mariage forcé avec un tyran et serait morte à Selja, lieu depuis lors duquel des miracles auraient été attribués.

    L'évêque Fredrik Hansen d'Oslo, en Norvège, est photographié ici (photo non datée). (Photo OSV News/avec l'aimable autorisation du séminaire et de l'université Sainte-Marie)

    « À l’instar de sainte Sunniva et de ses compagnes, Sigrid Undset doit elle aussi être pour nous un modèle de vie en Christ », a déclaré l’évêque Hansen. Il a encouragé les fidèles à prier pour le travail accompli par le diocèse en sa faveur.

    Une fois la cause officiellement ouverte, Undset recevra le titre de « servante de Dieu ». Si sa cause progresse, elle recevra du pape le titre de « vénérable » en reconnaissance de sa vie d'héroïque vertu chrétienne. Un miracle reconnu, attribué à son intercession, sera alors normalement requis pour sa béatification, et un second miracle reconnu pour sa canonisation.

  • La foi "pathologisée" : une ter­rible épée de Damo­clès sur la liberté de conscience pour les temps qui viennent ?

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    De Laurent Dandrieu dans Valeurs Actuelles (1/7/2026) via le site "Pour une école libre au Québec" :

    De la patho­lo­gi­sa­tion de la religion

    Pour cer­tains, toute foi reli­gieuse fer­vente tend à être vue comme une névrose. D’où la ten­ta­tion d’un contrôle liber­ti­cide sur l’édu­ca­tion des enfants. Un texte de Laurent Dandrieu dans Valeurs actuelles du 1er juillet 2026.

    C’est assu­ré­ment un bon choix qu’a fait cette année le Fes­ti­val de Cannes en don­nant sa palme d’or à Fjord, de Cris­tian Mun­giu, non seule­ment parce que ce film, dont l’action se passe en Nor­vège à l’approche de Noël, est cli­ma­ti­que­ment rafraî­chis­sant, mais parce que le cinéaste rou­main, comme à son habi­tude, réus­sit à faire réflé­chir à un sujet pri­mor­dial sans impo­ser de réponse. Ce n’est pas le lieu ici de par­ler des qua­li­tés ciné­ma­to­gra­phiques de l’œuvre — nous y revien­drons quand il sor­tira en salle, à la mi-août —, mais de voir com­ment il peut nous éclai­rer sur un phé­no­mène inquié­tant, qui n’est pas sans lien avec l’actua­lité française.

    Posons d’abord le cadre du récit: il est cen­tré sur une famille com­po­sée d’un époux rou­main et de son épouse nor­vé­gienne, qui ont récem­ment quitté la Rou­ma­nie pour venir vivre en Nor­vège, plus près des grands-parents mater­nels de leurs cinq enfants. Une famille chré­tienne fer­vente, où les enfants sont éle­vés de manière aimante, mais dans un cadre strict — lec­tures bibliques, prière quo­ti­dienne obli­ga­toire, ni télé­phones ni réseaux sociaux. Ces res­tric­tions si éloi­gnées des normes de la société libé­rale avan­cée nor­vé­gienne deviennent des cir­cons­tances aggra­vantes lorsque, des bleus ayant été décou­verts sur l’aînée, les parents sont accu­sés de bru­ta­li­tés phy­siques sur leur pro­gé­ni­ture — eux recon­naissent seule­ment des petites tapes sur les fesses quand les enfants étaient plus petits.

    Dans le pro­cès qui s’ensuit, le repré­sen­tant de l’état, loin de se concen­trer sur ces éven­tuelles vio­lences, ne dis­si­mule pas son hos­ti­lité aux valeurs reli­gieuses de ce couple — le simple fait d’adhé­rer à une concep­tion de la “famille tra­di­tion­nelle” consis­tant en l’union d’un homme et d’une femme étant clai­re­ment une cir­cons­tance aggra­vante, et la non-ad­hé­sion à la théo­rie du genre deve­nant, pour ce pro­gres­sisme d’état, le signe d’une édu­ca­tion rétro­grade contraire aux valeurs libé­rales de la société nor­vé­gienne. Que l’avo­cate des parents, fai­sant remar­quer qu’en enten­dant leur impo­ser ces valeurs au détri­ment de ce qu’ils veulent trans­mettre à leurs enfants, la société se montre en réa­lité assez peu libé­rale, pose une argu­men­ta­tion ponc­tuel­le­ment effi­cace, mais dont on sent bien qu’elle est ame­née à deve­nir poli­ti­que­ment de plus en plus fra­gile.

    Cris­tian Mun­giu a, certes, donné une puis­sance dra­ma­tique sup­plé­men­taire à son récit en confron­tant une famille de culture rou­maine au puri­ta­nisme post-luthé­rien scan­di­nave. Mais com­ment ne pas pen­ser, devant ce Fjord, à la France et à la ten­ta­tion qui s’y fait jour, de plus en plus net­te­ment, d’ins­tru­men­ta­li­ser l’indis­pen­sable lutte contre les vio­lences faites aux enfants pour exer­cer un contrôle liber­ti­cide sur le droit des parents à édu­quer leurs enfants selon leurs concep­tions et à leur trans­mettre les valeurs aux­quelles ils sont atta­chés? De la récente pro­po­si­tion de loi “Béthar­ram” aux contrôles agres­sifs mul­ti­pliés dans les écoles hors contrat, en pas­sant par une pres­sion admi­nis­tra­tive contre l’école à la mai­son qui confine sou­vent à l’inter­dic­tion de fait, on assiste bel et bien à une offen­sive en règle pour faire entrer l’ensei­gne­ment privé dans le giron des sacro­-saintes “valeurs de la Répu­blique”.

    Et ce d’autant plus que ces “valeurs de la Répu­blique”, réfé­rent fluc­tuant auquel on peut faire dire à peu près tout ce que l’on veut, sont pour cer­tains enra­gés de la laï­cité tota­le­ment incom­pa­tibles avec toute convic­tion reli­gieuse, a for­tiori si celle-ci emprunte une forme un peu consé­quente. Il y a long­temps déjà que, dans les colonnes du Monde et de Libé­ra­tion, tout catho­lique pre­nant sa foi un peu au sérieux est qua­li­fié sans autre forme de pro­cès de “tra­di­tio­na­liste” ou d’“inté­griste”, ce qui pour cette presse est syno­nyme de “sec­taire”. Et que, dans les médias de ser­vice public et les dis­cours d’une cer­taine gauche, toute mani­fes­ta­tion de foi enga­gée est assi­mi­lée à un fana­tisme contraire à la rai­son.

    Fjord a le grand mérite d’atti­rer notre atten­tion sur cette patho­lo­gi­sa­tion de la foi, mal­heu­reu­se­ment appe­lée à deve­nir, dans les années qui viennent, une ter­rible épée de Damo­clès sur la liberté de conscience.

  • Euthanasie et suicide assisté en Europe : où en est le débat ? (Institut Européen de Bioéthique)

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    Euthanasie et suicide assisté en Europe : 

    où en est le débat ? 

    reflexion

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    DOSSIERS

  • Réactions à la prise de position du frère Poswick sur l’euthanasie : des avis contraires se font entendre

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    Réactions à la prise de position du frère Poswick sur l’euthanasie : des avis contraires se font entendre

    La proposition du frère Ferdinand Poswick, moine bénédictin de Maredsous, sur la fin de vie a suscité de vives réactions parmi les lecteurs du journal Dimanche et du site CathoBel. Alors que le religieux plaidait pour une réflexion ouverte sur l’euthanasie consentie chez les personnes très âgées, plusieurs voix, notamment celles de croyants, expriment une opposition ferme ancrée dans la foi chrétienne et l’expérience humaine. Trois contributions emblématiques illustrent ce débat.

    La confiance humble d’une malade en phase terminale

    Marie de Géradon, 86 ans et atteinte d’un cancer incurable, s’adresse directement au frère Poswick avec une grande simplicité. Du même âge que lui, elle partage le désir de mourir dans la dignité, mais affirme une différence fondamentale : « ma vie ne m’appartient pas ». Elle choisit de s’en remettre humblement au Seigneur pour sa fin de vie.

    Cette lettre touche par son ton pacifié et sa profondeur spirituelle. Elle montre qu’une personne directement concernée par la souffrance peut vivre sa maladie avec sérénité et abandon, sans recourir à l’euthanasie.

    Mourir « debout », à la manière de saint Benoît

    Christiane, autre lectrice, interroge la proposition du frère Poswick en rappelant la sagesse monastique et chrétienne face au grand âge. Elle invite à accueillir consciemment les pertes et diminutions liées à la vieillesse, tout en y voyant une richesse et une préparation au passage pascal.

    Pour elle, la première étape pour un senior consiste à renoncer à l’acharnement thérapeutique inutile, à laisser la vie aller jusqu’au bout, comme saint Benoît qui « sent qu’il va mourir » sans demander à être euthanasié. Elle distingue clairement l’accompagnement respectueux de la vie qui s’achève (ne rien faire d’extraordinaire pour la prolonger artificiellement) de l’acte de donner la mort.

    « Mourir debout », selon elle, c’est accomplir sa vie jusqu’au terme naturel par le don quotidien aux frères, dans la patience et l’abandon. Cette vision met l’accent sur l’accompagnement humain et spirituel plutôt que sur une interruption délibérée.

    Une réponse argumentée : l’impasse anthropologique et spirituelle

    La contribution la plus développée vient de Pierre de Mahieu, qui propose une réfutation structurée et théologique de la position du frère Poswick.

    Il reconnaît la sincérité de la préoccupation (éviter l’acharnement thérapeutique, la solitude et la souffrance inutile), mais estime que la solution suggérée conduit à une impasse. Principaux arguments :

    • Distinction évangélique fondamentale : Jésus et les martyrs offrent leur vie par fidélité, ils ne se donnent pas la mort. Il existe une différence essentielle entre offrir sa vie (charité) et supprimer sa vie.
    • Danger utilitariste : Évoquer le poids économique du vieillissement introduit un critère de rentabilité dans l’évaluation de la personne humaine. La question risque de devenir « Suis-je encore rentable ? » au lieu de « Suis-je encore aimé ? ». Or, la dignité humaine ne dépend ni de la productivité ni de l’autonomie, mais du fait d’être créé à l’image de Dieu.
    • Fécondité de la vieillesse : Les derniers chapitres de l’existence sont précieux pour la patience, le pardon, la transmission et l’abandon confiant en Dieu. Les anciens sont un don pour les générations suivantes ; ils rappellent que l’homme vaut davantage que ce qu’il produit.
    • Appel à une culture de la fraternité : Plutôt que d’encourager le retrait volontaire, l’Église doit promouvoir les soins palliatifs, lutter contre l’isolement, inventer de nouveaux rites d’accompagnement qui célèbrent la fidélité de Dieu jusqu’au dernier souffle. Une civilisation se juge à sa manière d’aimer ceux qui ne peuvent plus rien rendre.

    Pierre de Mahieu conclut que la société souffre moins d’un excès de vieillards que d’un déficit de fraternité. La réponse chrétienne authentique est une culture de la gratitude et de la réciprocité entre générations.

    Des convergences fortes

    Malgré des tonalités différentes — témoignage personnel, réflexion spirituelle pratique ou analyse théologique —, ces réactions partagent plusieurs convictions :

    • Le refus de l’euthanasie comme solution, même « choisie » et « lucide ».
    • La défense inconditionnelle de la dignité de toute vie humaine, y compris dépendante ou diminuée.
    • L’importance de l’accompagnement humain, médical (palliatif) et spirituel.
    • La confiance dans la Providence et le sens chrétien de la souffrance et de la mort comme passage.

    Ces voix rappellent que, pour beaucoup de croyants, la fin de vie n’est pas d’abord une question d’autonomie individuelle, mais une étape de communion avec Dieu et avec les frères, jusqu’au bout. Elles invitent l’Église et la société à inventer des réponses de présence et d’espérance plutôt qu’à organiser le départ anticipé des plus fragiles.

    Dans un contexte de vieillissement démographique et de débats éthiques intenses, ces réactions soulignent la nécessité d’un discernement profond, ancré dans l’anthropologie chrétienne.