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Actualité - Page 367

  • Arménie : « une nouvelle guerre de conquête s’annonce aux portes de l'Europe, si la communauté internationale ne réagit pas avec la fermeté nécessaire »

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    Lu sur Le Courrier d'Erevan :

    Arménie : « une nouvelle guerre de conquête s’annonce aux portes de l'Europe, si la communauté internationale ne réagit pas avec la fermeté nécessaire »

    11.10.2022

    Dans une tribune au quotidien français  « Le Monde », daté du 10 octobre, des intellectuels et des politiques parmi lesquels Clémentine Autain, François-Xavier Bellamy, Valérie Boyer, Annette Becker et Olivier Faure s’alarment de la passivité de l’Europe face à l’offensive de l’Azerbaïdjan sur la République d’Arménie. Ils appellent à ne pas sacrifier cette dernière sur l’autel du gaz azerbaïdjanais.

    Le Monde du lundi 10 octobre 2022, Tribune collective

    « Le 13 septembre, l’Azerbaïdjan a lancé une offensive multidirectionnelle sur le territoire de la République d’Arménie. Cet événement est passé quasiment inaperçu du grand public en France, ce sur quoi comptait précisément le pouvoir en place en Azerbaïdjan.

    Pourtant, c’est bien une nouvelle guerre de conquête annoncée aux portes de l’Europe, si la communauté internationale ne réagit pas avec toute la fermeté nécessaire immédiatement.

    Alors que l’Arménie et l’Azerbaïdjan sont divisés sur la question du statut de la région du Haut-Karabakh depuis la fin de l’Union soviétique – territoire dont la majorité arménienne vit sous menace permanente de nettoyage ethnique –, ce qui se passe aujourd’hui n’est ni plus ni moins que l’agression militaire d’un despote surarmé contre une petite et fragile démocratie, afin de lui extorquer une soumission totale aux ambitions géostratégiques de son pays.

    Fort de son partenariat stratégique avec la Russie – qui est d’un niveau proche de celui, plus connu, liant l’Arménie à celle-ci – comme de son alliance étroite avec la Turquie d’Erdogan, et galvanisé par sa volonté d’asservir l’Arménie, Ilham Aliev piétine les trop fragiles perspectives de paix et de justice dans le Caucase du Sud. En quarante-huit heures, sa récente opération a fait près de trois cents morts de part et d’autre, et des milliers de civils arméniens déplacés.

    Crimes de guerre

    Elle amène déjà son premier lot de crimes de guerre fièrement exhibés sur la Toile par des militaires azerbaïdjanais se filmant dans leurs œuvres de viol, de torture et de démembrement. L’ultra-violence encouragée par le régime laisse craindre le pire, d’après le très sérieux Institut Lemkin pour la prévention des génocides, qui lance une troisième alerte en moins d’un an.

    Voilà qui rend d’autant plus grotesque et odieux le prétexte des « provocations arméniennes » invoqué par Aliev pour justifier les opérations militaires et mobiliser une société azerbaïdjanaise nourrie d’« arménophobie » depuis des décennies, et où la dissidence est brutalement réprimée.

    Les objectifs de l’agression contre l’Arménie sont de deux ordres.

    Premièrement, obtenir de force un « corridor » extraterritorial qui relierait l’Azerbaïdjan à son enclave du Nakhitchevan située de l’autre côté de la frontière, jouxtant la Turquie et l’Iran – « corridor » dont la Russie serait la maîtresse. Le point de discorde entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan ne porte pas sur l’ouverture de voies de transport, qui seraient en principe bénéfiques à l’ensemble de la région, mais bien sûr l’exigence que l’Arménie soit exclue de tout droit de regard sur ce « corridor » et, de ce fait, amputée de sa frontière vitale avec l’Iran.

    Car des frontières ouvertes, l’Arménie, pays territorialement enclavé et pas plus grand que la Belgique, n’en a que deux : une au nord avec la Géorgie, qui peut se retrouver contrainte de la fermer en cas d’embrasement régional, comme ce fut le cas pendant la guerre de 2020 ; une au sud avec l’Iran, de quelque 30 kilomètres.

    Rhétorique irrédentiste

    Les deux autres – avec l’Azerbaïdjan à l’est et au sud-ouest, et avec la Turquie à l’ouest – sont hermétiquement closes depuis 1991. Les intérêts de l’Azerbaïdjan, de la Turquie et de la Russie convergent donc pour prendre l’Arménie en étau et la contraindre à abdiquer une souveraineté déjà fortement limitée.

    Le second objectif est consubstantiel au premier : grignoter le voisin affaibli par sa défaite massive de 2020 en misant sur la politique du fait accompli pour la future délimitation des frontières entre les deux Etats. Pour ce faire, avancer militairement en territoire arménien, afin de créer au minimum une zone tampon de plusieurs kilomètres de profondeur sur l’actuelle ligne de contact entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Les jalons en ont été posés en mai et novembre 2021 avec les premières avancées au nord, à l’est et au sud de l’Arménie, et s’approfondissent avec les opérations des 13 et 14 septembre 2022.

    Les troupes azerbaïdjanaises ont réussi à prendre des positions stratégiques avantageuses qui leur donnent la possibilité de conquérir le sud de l’Arménie en quelques heures ; Erevan, la capitale arménienne, en quelques jours.

    Cette possibilité a été soigneusement préparée par la réactivation, depuis la fin de la guerre de 2020, d’une rhétorique irrédentiste de la part d’Aliev qui lorgne sans vergogne autant de territoires du voisin qu’il pourra en avaler. Une rhétorique ancrée de longue date dans l’idéologie raciste du régime, puisque dès 2012, Aliev stigmatisait la République souveraine d’Arménie comme « une colonie, un avant-poste dirigé de l’extérieur » par un « lobby », et comme « un territoire artificiellement créé sur d’anciennes terres d’Azerbaïdjan ».

    Tartufferie de l’Europe

    Pourquoi l’Europe, qui refuse toute compromission – à raison – avec l’agresseur de l’Ukraine, regarde-t-elle si passivement l’agression brutale d’une autre démocratie en formation ?

    Fin juillet, Aliev a fort opportunément obtenu un blanc-seing de la Commission européenne, sous la forme d’un accord gazier prévoyant le doublement des livraisons de gaz à l’Europe – un « partenaire fiable et sur lequel on peut compter », pour reprendre les propos d’Ursula von der Leyen, présidente de la Commission.

    Ces propos sont d’un cynisme éhonté, quand on sait quel type de régime incarne Aliev, lequel règne d’une main de fer à Bakou depuis près de vingt ans. Les scores de ce pays en matière d’oppression de la société civile et des minorités, de répression des libertés individuelles et de corruption, tant à l’intérieur du pays qu’à l’extérieur et jusqu’en Europe, n’ont rien à envier à ceux de son homologue du Kremlin.

    On apprécie d’autant mieux la tartufferie de cette posture morale que ce surplus de gaz vendu par l’Azerbaïdjan proviendra d’une exploitation en partie détenue par la société russe Lukoïl. Accompagner efficacement les discussions entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, qui ont continué à Prague le 6 octobre, nécessite un engagement courageux et la mise en place de mécanismes tangibles de la part de la France et de l’Europe.

    Ambitions génocidaires

    Issus d’horizons divers mais tous conscients du poids de l’histoire et alarmés par les conséquences prévisibles du cynisme européen, nous, intellectuels et politiques de tous bords, demandons au gouvernement français et au président de la République d’approfondir les efforts de la France et qu’elle fasse entendre unanimement sa voix pour exiger :

    – le retrait des forces armées azerbaïdjanaises du territoire internationalement reconnu de l’Arménie et le retour aux positions d’avant mai 2021 ;

    – l’envoi d’une mission de surveillance et d’observation afin de garantir le cessez-le-feu informel du 15 septembre entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan et de sanctionner tout manquement. La mise en place de mécanismes de respect du cessez-le-feu, d’identification des infractions et des sanctions échelonnées ;

    – le gel immédiat des avoirs du clan Aliev, dont les immenses revenus issus de l’accaparement personnel de la manne pétrolière autorisent des dépenses militaires faramineuses et la corruption des élites européennes, fait largement documenté ;

    – la dénonciation des accords de livraison de gaz à l’Europe par l’Azerbaïdjan qui obèrent la volonté des pays européens de faire obstacle aux ambitions territoriales, sinon génocidaires, des dirigeants azerbaïdjanais ;

    – La considération sérieuse d’un soutien militaire à l’Arménie, y compris en armant les combattants arméniens engagés dans un combat si inégal pour la survie de leur pays. »

     

    Signataires : Clémentine Autain, députée, La France insoumise (LFI) ; Annette Becker, historienne, université Paris-Nanterre ; François-Xavier Bellamy, député européen, Les Républicains (LR) ; Valérie Boyer, sénatrice, LR ; Laurence Burgorgue-Larsen, professeure de droit public, université Panthéon-Sorbonne ; Jean-Marc Dreyfus, historien, université de Manchester ; Olivier Faure, député, Parti socialiste ; Arnaud Le Gall, député, LFI ; Nicolas Offenstadt, historien, université Panthéon-Sorbonne ; Pierre Ouzoulias, sénateur, Parti communiste français (PCF) ; Taline Papazian, politologue, Sciences Po Aix ; Claudine Tiercelin, philosophe, Collège de France...

  • Le traditionalisme : une fidélité, une résistance, une oeuvre d'Eglise

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    Du site de Paix liturgique, lettre 889 du 11 Octobre 2022 :

    LE TRADITIONALISME : UNE FIDELITE, UNE RESISTANCE, UNE OEUVRE D'EGLISE

    Le samedi 24 septembre dernier, s'est tenu à Paris un colloque sur l'avenir de la messe traditionnelle qui a réuni près de 500 participants. La grande réussite de cette évènement, co-organisé notamment par les associations Oremus-Paix Liturgique et Renaissance Catholique, tient à la qualité des interventions et notamment de celle de Jean-Pierre Maugendre, Président de Renaissance Catholique, que nous reproduisons ici avec son aimable autorisation.

    Tout avait bien commencé : « Le concile qui vient de s’ouvrir est comme une aurore resplendissante qui se lève sur l’Eglise, et déjà les premiers rayons du soleil levant emplissent nos cœurs de douceur. Tout ici respire la sainteté et porte à la joie. Nous voyons des étoiles rehausser de leur éclat la majesté de ce temple, et ces étoiles, comme l’apôtre Jean nous en donne le témoignage (Ap 1, 20), c’est vous ! ». Ainsi s’exprimait le 11 octobre 1962 le bon pape Jean dans son discours d’ouverture du Concile ! Le programme proposé était d’une simplicité…biblique : « L’Eglise n’a jamais cessé de s’opposer [aux] erreurs. Elle les a même souvent condamnées et très sévèrement. Mais aujourd’hui, l’Epouse du Christ préfère recourir au remède de la miséricorde, plutôt que de brandir les armes de la sévérité, elle répond mieux aux besoins de notre époque en mettant davantage en valeur les richesses de sa doctrine. » La méthode proposée était parfaitement claire : « Il faut que [l’Eglise] se tourne vers les temps présents, qui entraînent de nouvelles situations, de nouvelles formes de vie et ouvrent de nouvelles voies à l’apostolat catholique. C’est pour cette raison que l’Eglise n’est pas restée indifférente devant les admirables inventions du génie humain et les progrès de la science, dont nous profitons aujourd’hui, et qu’elle n’a pas manqué de les estimer à leur juste valeur. » Ces intentions au demeurant sans doute fort louables sur le fond aboutirent dans la réalité à ce que Jacques Maritain, peu suspect d’intégrisme, voire même, si j'ose dire, "imam caché" du concile Vatican appelait dans le « Paysan de la Garonne » : « L’agenouillement devant le monde ». (p 85) En quelques années un héritage multiséculaire fut jeté à bas, des habitudes millénaires oubliées, daubées, fustigées et condamnées. Mme Michu qui n’avait pas lu les Actes du concile et n’avait pas l’intention d’y consacrer dix secondes observa cependant avec stupeur, dans sa paroisse : • La suppression de la chorale, c’était pourtant bien beau mais … plus long. • L’élimination du latin ; elle n’y comprenait rien, mais l’objectif était que Dieu comprenne. • L’apparition d’une table devant l’autel, c’est sa voisine qui l’avait fournie. • La célébration de la Messe face au peuple qui faisait que le célébrant tournait le dos au tabernacle ce qui paraissait incongru à Mme Michu, pas au célébrant. • La distribution de la communion dans la main ; Mme Michu avait vu des gamins mettre l’hostie dans leur poche. • Le bouleversement du calendrier et la suppression du saint protecteur de la paroisse. Elle apprit que même sainte Philomène, la sainte préférée du curé d’Ars, avait disparu dans la tourmente. • La destruction des confessionnaux, 2 • L’interdiction des agenouillements, • La suppression de la Fête-Dieu, • L’abandon de la récitation du rosaire, etc… Mme Michu fit comme une autre voisine, elle décida de ne plus remettre les pieds à l’église, hormis pour les mariages et les enterrements. On lui avait changé sa religion. Comme le rapporte Patrick Buisson dans son ouvrage capital La fin d’un monde, citant une brave mère de famille, épouse d’un mécanicien : « La religion, ça ne devrait pas changer, puisque ce qu’on cherche, c’est d’être sûr de quelque chose. » (p 266) De son côté Guillaume Cuchet note, en conclusion de son précieux travail Comment notre monde a cessé d’être chrétien : « Cette rupture au sein de la prédication catholique a créé une profonde discontinuité dans les contenus prêchés et vécus de la religion de part et d’autre des années 1960. Elle est si manifeste qu’un observateur extérieur pourrait légitimement se demander si, par-delà la continuité d’un nom et de l’appareil théorique des dogmes, il s’agit bien toujours de la même religion. » (p 266) Tout ceci fut imposé avec une brutalité inouïe. Brutalité certes en opposition avec le discours officiel sur l’écoute, l’ouverture, le dialogue, le respect de l’autre, l’accueil des différences, mais brutalité nécessaire car tous ces bouleversements ne répondaient en aucune façon aux demandes des fidèles catholiques. Un sondage du 13 août 1976, au cœur de l’été chaud ainsi nommé en raison de la canicule de cette année-là mais aussi en référence à la messe traditionnelle célébrée par Mgr Lefebvre, devant des milliers de fidèles, à Lille, publié par l’IFOP et le Progrès de Lyon révélait l’ampleur du malaise. Si 40% des pratiquants réguliers estimaient qu’il fallait continuer les réformes initiées par Vatican II, 48% estimaient que l’Eglise était allée trop loin dans les réformes. Chiffre auquel il faut sans doute rajouter l’immense majorité de ceux qui avaient cessé de pratiquer entre 1965 et 1976. Aujourd’hui encore tous les sondages menés par l’association “Paix Liturgique” le confirment. Globalement 30% des pratiquants réguliers assisteraient à la messe traditionnelle si elle était célébrée dans leur paroisse. Alors qu’il est de bon ton de dénoncer le cléricalisme, les années qui suivirent le concile furent d’abord celles d’un cléricalisme effréné dans la continuité de ce que Mgr Schneider dans son ouvrage indispensable Christus Vincit analysait : « Le phénomène “Vatican II” apparaît comme un énorme spectacle de triomphalisme clérical. » (p 164) Le départ de sa paroisse de Madame Michu ne contrista pas son curé ; certes c'était contrariant pour la quête mais il avait bien intégré le postulat « mille fois rabâché, que l'évangélisation de ceux qui étaient loin de pourrait se faire qu'après l'éviction de tous ceux qui n'était que faussement proches », (p 256) selon la lumineuse synthèse de Patrick Buisson. Comme l’écrivait un évêque cité par la revue “Itinéraires” de Jean Madiran : « L'Eglise passe d’un christianisme sociologique à un christianisme authentique ».

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  • "Les jurés du prix Nobel de littérature ont préféré l’idolâtrie du sexe à la lucidité"

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    Une tribune de Henri Quantin parue sur le site Aleteia.org :

    Nobel de littérature : Annie Ernaux versus Michel Houellebecq

    Avec leurs perpétuelles polémiques sur la surreprésentation des mâles dans les palmarès, la seule chose qu’ont réussi les féministes est de faire soupçonner un choix idéologique chaque fois qu’une femme est récompensée par un prix autre que celui de Miss seins nus. En 1928, quand Sigrid Undset obtint le prix Nobel de littérature, personne ne pensa que le jury s’était cru obligé de choisir une femme, encore moins que cela couronnait la conversion de la romancière norvégienne au catholicisme en 1924. Le jury récompensait une grande œuvre, voilà tout.

    Avec le prix Nobel d’Annie Ernaux, le doute est permis, tant ses livres, sans exception, sont un hommage à ce que l’idéologie ambiante vante à flots continus, à commencer par les bienfaits supposés de la « libération des femmes ». « Après Simone Veil au Panthéon, remarque une jeune lectrice peu convaincue par le roman L’Événement, ça devait arriver… L’avortement est un bon pourvoyeur d’héroïnes nationales. » Les supporters déçus de l’échec de Houellebecq ont eu beau jeu de dire que le sexe de leur poulain était un handicap insurmontable.

  • Comment les catholiques sont devenus prisonniers de Vatican II

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    Lu sur « Il Sismografo » cet article extrait du New York Times

    le concile a 60 ans maxresdefault (5).jpg« (Ross Douthat, The New York Times) Le Concile Vatican II, la grande révolution dans la vie de l'Église catholique moderne, s'est ouvert il y a 60 ans cette semaine à Rome. Une grande partie de ce monde des années 1960 est décédée, mais le conseil est toujours avec nous; en effet, pour une église divisée, ses conséquences toujours en cours ne peuvent être échappées.

    Pendant longtemps, cela aurait été une revendication libérale. Dans les guerres au sein du catholicisme qui ont suivi le concile, les conservateurs ont interprété Vatican II comme un événement discret et limité - un ensemble particulier de documents qui contenaient divers changements et évolutions (sur la liberté religieuse et les relations catholiques-juives en particulier), et ouvraient la porte à une version révisée et vernaculaire de la messe. Pour les libéraux, cependant, ces détails n'étaient qu'un point de départ : il y avait aussi un « esprit » du concile, similaire au Saint-Esprit dans son fonctionnement, qui était censé guider l'église. dans de nouvelles transformations, une réforme perpétuelle.

    L'interprétation libérale a dominé la vie catholique dans les années 1960 et 1970, lorsque Vatican II a été invoqué pour justifier un éventail toujours plus large de changements - à la liturgie, au calendrier et aux prières de l'Église, aux coutumes laïques et à la tenue cléricale, à l'architecture de l'église et à la musique sacrée, à la discipline morale catholique. Puis l'interprétation conservatrice s'est installée à Rome avec l'élection de Jean-Paul II, qui a publié une flottille de documents destinés à établir une lecture faisant autorité de Vatican II, à freiner les expérimentations et les altérations plus radicales, à prouver que le catholicisme avant les années 1960 et Le catholicisme par la suite était toujours la même tradition.

    Maintenant, dans les années du pape François, l'interprétation libérale est revenue - non seulement dans la réouverture des débats moraux et théologiques, l'établissement d'un style d'écoute permanente de la gouvernance de l'église, mais aussi dans la tentative de supprimer une fois de plus l'ancien catholique rites, la liturgie latine traditionnelle telle qu'elle existait avant Vatican II.

    L'ère de François n'a pas restauré la vigueur juvénile dont jouissait autrefois le catholicisme progressiste, mais elle a justifié une partie de la vision libérale. Par sa gouvernance et même par sa simple existence, ce pape libéral a prouvé que le Concile Vatican II ne peut pas être simplement réduit à une seule interprétation établie, ou voir son travail en quelque sorte considéré comme terminé, la période d'expérimentation terminée et la synthèse restaurée.

    Au lieu de cela, le concile pose un défi permanent, il crée des divisions apparemment insolubles et il laisse le catholicisme contemporain face à un ensemble de problèmes et de dilemmes que la Providence n'a pas encore jugé bon de résoudre.

    Voici trois déclarations pour résumer les problèmes et les dilemmes. D'abord, le concile était nécessaire. Peut-être pas sous la forme exacte qu'il a prise, un concile œcuménique convoquant tous les évêques du monde entier, mais dans le sens où l'Église de 1962 avait besoin d'adaptations importantes, d'une réflexion et d'une réforme importantes. Ces adaptations devaient être tournées vers le passé : la mort de la politique du trône et de l'autel, la montée du libéralisme moderne et l'horreur de l'Holocauste ont tous exigé des réponses plus complètes de la part de l'Église. Et ils devaient aussi être tournés vers l'avenir, dans le sens où le catholicisme du début des années 1960 commençait à peine à compter avec la mondialisation et la décolonisation, avec l'ère de l'information et les révolutions sociales déclenchées par l'invention de la pilule contraceptive.

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  • U.K. : La religion du roi Charles III est aussi nébuleuse que celle de la reforme anglicane

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    Lu sur le National Catholic Register cette analyse d’ Edward Pentin:

    prince-charles-rencontre-pape-francois-cardinal-newman-saint-canonisation-1200x900.jpg« ANALYSE DE L'ACTUALITÉ : Maintenant formellement gouverneur suprême de l'Église d'Angleterre, le nouveau monarque a précédemment démontré une estime pour l'Église catholique, mais la substance de sa foi personnelle est quelque peu incertaine.

    Le prince Charles s'entretient avec le pape François le 13 octobre 2019, jour de la canonisation de saint John Henry Newman, dans la Cité du Vatican, Vatican. (photo : Arthur Edwards/Piscine/Getty Images)

    Edouard Pentin Monde12 octobre 2022

    CITÉ DU VATICAN - En tant que gouverneur suprême de l'Église d'Angleterre, le roi Charles III devrait poursuivre l'amitié et l'estime de sa mère pour l'Église catholique, mais cela ne fera qu'une partie de son large intérêt pour toutes les dénominations chrétiennes, les autres religions du monde et son apparente ferveur religieuse pour les préoccupations environnementales. 

    Le nouveau monarque, qui a accédé au trône immédiatement après la mort de la reine Elizabeth II le 8 septembre et sera couronné le 6 mai à l'abbaye de Westminster, entretient depuis longtemps des liens étroits avec l'Église catholique. En tant qu'héritier du trône, il a passé de nombreuses années à soutenir des organisations caritatives catholiques, ainsi qu'à s'exprimer souvent au nom des chrétiens persécutés , notamment en travaillant avec l'organisation caritative catholique Aid to the Church in Need. 

    Il a accueilli le pape saint Jean-Paul II lors de sa visite historique à Cantorbéry en 1982 et a effectué de nombreux voyages au Vatican, notamment en rencontrant en audience privée Jean-Paul II en 1985 et en assistant à ses funérailles en 2005, en rencontrant le pape Benoît XVI en 2009, et en visitant le pape François en 2017. 

    En 2019, il a représenté la reine lors de la canonisation à Rome de saint John Henry Newman et a écrit un commentaire pour L'Osservatore Romano dans lequel il louait la façon dont, par sa foi catholique, le cardinal Newman avait tant contribué à l'Église catholique et à sa patrie. . 

    "Je ne connais rien qui me porte à penser qu'il ne soutient pas fortement la foi et la vie de dévotion de ses sujets catholiques et du pape François", a déclaré l'archevêque anglican Ian Ernest, directeur du Centre anglican de Rome. 

    Mais comment le roi Charles comprend-il la foi catholique ? Reconnaît-il les différences entre l'Église catholique et la Communion anglicane, et comment pourrait-il influencer les relations à l'avenir ? 

    "Il sera certainement conscient que l'Église catholique romaine enseigne la transsubstantiation et que l'Église d'Angleterre ne le fait pas", a déclaré Gavin Ashenden, ancien évêque anglican et aumônier de la reine qui a été reçu dans l'Église catholique en 2019. "Il est probablement conscient que l'Église d'Angleterre ne reconnaît que deux sacrements [le baptême et le mariage] contre les sept du christianisme historique. 

    Adrian Hilton, rédacteur en chef du site Web anglican populaire ArchbishopCranmer .com, pense également que Charles est conscient des différences confessionnelles et a rappelé comment, lors de sa visite à Jean-Paul II en 1985 avec sa femme de l'époque, la princesse Diana, il avait souhaité assister à la messe avec le pape, sur lequel la reine est intervenue Mais pour Hilton, cela suggère "qu'il considère l'Église comme une seule et déplore plutôt les divisions à l'intérieur".

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  • Vatican II a 60 ans : un retour en arrière pour aller de l'avant ?

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    Du Père Raymond J. de Souza sur le National Catholic Register :

    Vatican II a 60 ans : un retour en arrière pour aller de l'avant ?

    Le pontificat du pape François semble se sentir plus à l'aise dans la période post-conciliaire immédiate, mais ceux qui souhaitent ramener l'Église en 1972 doivent faire face à l'héritage interprétatif colossal de Jean-Paul II et Benoît XVI.

    11 octobre 2022

    Note de l'éditeur : Cet article fait partie du symposium du Register sur Vatican II à 60 ans.

    Pour les catholiques trop jeunes pour se souvenir de la période postconciliaire immédiate, le 60e anniversaire de Vatican II offre une chance de revivre le passé. L'Église est en train de régresser. Il y a un large consensus sur ce point. Il y a un désaccord sur la destination historique précise. 

    Avec une rhétorique de plus en plus pointue, le pape François dénonce ceux qui commettent le "péché du retour en arrière" - un néologisme qu'il a inventé pour caractériser ceux qui, selon lui, veulent revenir à la situation d'avant le concile Vatican II. 

    Le pontificat de près de dix ans du pape François semble, en revanche, se sentir plus à l'aise dans la période postconciliaire immédiate de la fin des années 1960 et des années 1970 - avant Veritatis Splendor (1993), le Catéchisme de l'Église catholique (1992), la théologie du corps (1979-1984), Familiaris Consortio (1980) et peut-être même tout le projet de saint Jean-Paul II (élu en 1978) de stabiliser l'Église après une décennie de troubles.

    C'est le jugement du cardinal Angelo Scola, ancien archevêque de Milan et de Venise, et figure de proue de l'Église des années 1970 jusqu'à sa retraite en 2017. Il a publié un livre d'entretiens, Betting on Freedom : Ma vie dans l'Église, en novembre 2021. Le prélat de longue expérience et de grande estime y affirme que l'Église recule, poussée ironiquement par ceux qui clament sans cesse que l'Église doit aller radicalement de l'avant, de peur de se laisser distancer par la culture contemporaine. Cela provoque la réaction "rétrograde" que le pape François dénonce.

    "À ceux qui pensent que l'Église a pris du retard, je réponds que nous sommes plutôt en train de revenir en arrière, plus précisément à l'époque des débats entre conservateurs et progressistes après le Concile", écrit le cardinal Scola. "Je constate une opposition renouvelée, avec beaucoup de surexcitation, entre les gardiens de la tradition telle qu'elle est comprise de manière rigide et les partisans de la conformation des pratiques, mais aussi de la doctrine, aux exigences du monde."

    L'Année de la foi sur le 50e

    En octobre 2012, le pape Benoît XVI a inauguré une "Année de la foi", marquant le 50e anniversaire de l'ouverture de Vatican II et le 20e anniversaire du Catéchisme de l'Église catholique. Il a rappelé que saint Paul VI avait déclaré une "Année de la foi" en 1967-1968, immédiatement après le Concile, alors que le navire de la foi était en eaux périlleuses. 

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  • Neuf mille personnes ont assisté au Congrès mondial des familles 2022

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    D'IFamNews.com :

    Le Congrès mondial des familles bat un record de participation

    Près de neuf mille personnes ont assisté au Congrès mondial des familles 2022, ce qui est considérablement remarquable, battant un record des éditions précédentes.

    9 octobre 2022  

    Cardinal Gerhard Ludwig Müller & Princesse Gloria von Thurn und Taxis - WCF XIV Mexico

    Près de neuf mille personnes ont assisté au Congrès mondial des familles 2022, ce qui est considérablement remarquable, battant le record des précédents congrès, qui en rassemblaient quatre mille, a célébré Allan Carlson, président émérite du Howard Center for the Family.

    Mr Carlson a déploré que dans l’opinion publique et dans les médias, la famille soit souvent considérée comme démodée dans un monde nouveau.

    Selon les archives officielles du comité d’organisation, plus de 5 500 participants se sont réunis pour écouter, être éclairés et apprendre des présentations de spécialistes et d’experts dans le domaine de l’institution de la famille.

    Le 14e Congrès mondial des familles est un événement interculturel et interreligieux qui s’est déroulé du 30 septembre au 2 octobre à l’Expo Santa Fe à Mexico. Il s’agit des Jeux olympiques, qui se déroulent de temps à autre, entre les institutions et les organisations qui défendent et promeuvent l’institution de la famille à travers diverses activités, telles que décrites par les organisateurs.

    Le premier panel de communications, intitulé “Familles fortes, sociétés durables”, a réuni des personnalités telles que Jim Daly, Elder Wilford W. Andersen, Valerie Huber, la princesse Gloria Von Thurn und Taxis et le cardinal Gerhard Ludwig Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

    “Cette énergie fait partie de l’expérience que nous voulions simplement que les gens vivent, d’autant plus après plus de deux ans d’enfermement, de vivre un événement de cette ampleur dans lequel nous ne gardons plus de distance sociale, de pouvoir vraiment nous embrasser, nous sommes vraiment très excités”, a déclaré Fernando Milanés.

    “Bien sûr, il est important de défendre les animaux – j’aime beaucoup les animaux – bien sûr, il est important de défendre la planète, les forêts, bien sûr, bien sûr, mais pour défendre la famille humaine, il est difficile de trouver une cause plus importante et plus grande et en même temps plus proche et plus simple”, a ajouté Juan Manuel Cotelo, réalisateur et cinéaste espagnol.

    Princesse Gloria von Thurn und Taxis

    En outre, il considère que la sous-évaluation des familles est due au discrédit de deux mots : service et sacrifice. “Il semble que servir soit, non, nous ne voulons pas servir, nous voulons être servis. Si vous dynamitez le mot service, vous dynamitez n’importe quelle famille… D’autre part, un autre mot qui a été discrédité est sacrifice, si cela vous coûte beaucoup d’efforts, cela ne vaut pas la peine pour moi”.

    La première journée du Congrès mondial des familles 2022 se terminera par un concert musical des chanteurs Emmanuel et Mijares, qui s’expriment ouvertement en faveur de la promotion des valeurs de la famille et de la société.

  • Les trois trous noirs du Synode qui mettent l'Eglise en danger

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    De Stefano Fontana sur la Nuova Bussola Quotidiana

    Les trois trous noirs du Synode qui mettent l'Eglise en danger

    12-10-2022

    Le parcours qui culminera en 2023 avec le Synode des évêques présente au moins trois trous noirs. La première est que sa conduite n'a rien de synodal, confirmant l'attitude directive de François. Le deuxième trou noir concerne l'écoute, viciée par le fait qu'il a déjà été décidé ce qu'il faut écouter et ce qu'il ne faut pas écouter. La troisième est l'idée d'introduire la démocratie libérale dans l'Église. Mais cela dénature l'Église elle-même.

    Le parcours synodal sur la synodalité, qui se terminera en 2023 avec le véritable Synode des évêques après la longue " phase d'écoute ", présente plusieurs trous noirs qui le rendent très problématique et nous demande de ne pas pécher par naïveté.

    Le premier de ces trous noirs est que sa conduite n'a rien de synodal. Le document final du synode américain indique que 0,01% des fidèles ont participé à la phase d'écoute. En pratique, un petit groupe qui ne s'écoutait et ne parlait qu'à lui-même. C'est surtout François qui appuie sur l'accélérateur, et il le fait de manière non synodale mais impérative. Son pontificat est caractérisé par pas moins de 53 motu proprio, plus que ceux de ses deux prédécesseurs réunis. Les évêques sont coincés entre lui et les conférences épiscopales, et la synodalité entrave la collégialité. Les nominations au sommet de la direction du Synode démontrent déjà une volonté de le diriger, voire de le déterminer. Après tout, c'était aussi le cas des synodes précédents, à commencer par la Mère de tous les synodes, celui sur la famille en 2014/2015. Le fait que la synodalité soit une voie à sens unique est démontré par les slogans qui sont servilement répétés dans les documents finaux des synodes diocésains et dans la bibliographie de référence fournie aux synodes. Parmi les nombreux, je voudrais signaler celui du diocèse de Padoue, qui est tout au nom du progressisme : sur cette base, le résultat du synode de Padoue est déjà gravé dans la pierre.

    Même les théologiens les plus favorables au synode, comme Giacomo Canobbio de Milan, notent la contradiction d'un synode sur la synodalité poussé de manière centraliste. Dans le numéro actuel de "Studia Patavina", Canobbio saisit "un piège même dans l'enseignement/comportement du Pape François : d'une part, il veut impliquer tout le monde dans le processus synodal, d'autre part, c'est encore lui qui détermine les chemins des Conférences épiscopales, et notamment de la Conférence italienne". Cette hâte à brûler les étapes de la synodalité par imposition jette une lumière politique ambiguë sur l'ensemble du processus en cours et confirme qu'il s'agit d'une synodalité décidée a priori et imposée.

    Un deuxième trou noir concerne l'attitude d'écoute, présentée comme fondamentale à ce stade de la préparation du synode. Chacun peut constater que c'est une écoute imparfaite dans la mesure où elle est déjà orientée vers l'écoute de ceci et non de cela. C'est aussi une écoute instrumentale pour conduire les choses là où on veut les conduire. En outre, l'attitude d'écoute est compromise par une confusion entre le sensus fidei des fidèles et la catégorie de personnes propre à la "théologie du peuple". Ce lien problématique a été théorisé par Francis à plusieurs reprises. Le sensus fidei, ou "instinct de la foi", selon François, se produit avec le souffle de l'Esprit et fait jouir le fidèle baptisé d'une certaine connaturalité avec les réalités divines dont découle une sagesse dans le discernement. Il fonde sur cela le besoin d'écoute au sein de l'Eglise, pour éviter le verticalisme et le cléricalisme. Il y associe ensuite la théologie du peuple, puisqu'une certaine assistance connaturelle de l'Esprit Saint existerait aussi en dehors de l'Église, dans le peuple en tant que peuple. C'est pourquoi l'écoute doit aussi s'adresser aux personnes éloignées. Par peuple, on entend l'humanité, le monde, il y aurait donc un parallèle entre l'Église et le monde, une égalité dans l'écoute. L'idée est certes conforme à de nombreux courants de la théologie contemporaine, mais cela ne suscite (en fait) aucune inquiétude. Le danger de penser le peuple dans un sens sociologique se profile et le glissement vers l'affirmation que le souffle de l'Esprit est présent dans les revendications LGBT d'aujourd'hui est immédiat. Sur cette base, le Synode trouve un fondement très équivoque.

    Le troisième trou noir est que l'on veut introduire la démocratie libérale moderne dans l'Église. Le susdit Giacomo Canobbio l'a dit clairement : "Imaginer que la vérification [sic !] du sensus fidelium n'ouvre pas la porte à des formes de démocratisation de l'Église signifie tomber dans une forme de spiritualisation de la vie ecclésiale". Si la synodalité - poursuit Canobbio - doit se traduire par des décisions dans un synode, "les expériences empruntées aux sociétés démocratiques ne peuvent être mises de côté". De son point de vue, il a raison : si la démocratie vérifie (sic !) le sensus fidelium, alors l'Église doit être démocratique. Aujourd'hui, les décisions des synodes sont placées entre les mains de l'évêque ou du pape, mais la perspective est celle d'une nouvelle synodalité, dans laquelle les décisions des synodes, prises démocratiquement, ne devront plus se référer au pape ou à l'évêque, car dans ce cas on retomberait dans le cléricalisme ; "si c'est encore à lui [le pape] de dire le dernier mot, on risque d'ouvrir la voie à de nouveaux verticalismes". Le vote démocratique témoignerait de la présence de l'Esprit Saint dans les décisions synodales. Une promotion radicale de la démocratie procédurale moderne, remontant à nul autre que les exigences de l'Incarnation, mais en réalité c'est de l'historicisme.

    Si l'on réunit ces trois trous noirs, on peut se demander si l'Église qui sortira du synode sur la synodalité sera encore l'Église catholique. Le niveau d'alarme est élevé, même si peu de gens le disent.

  • Plus d'un million de Mexicains ont défilé pour la Vie

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    De kath.net/news :

    Mexique : Plus d'un million de participants aux marches de la vie

    11 octobre 2022

    Marche pour la vie : Une large alliance avec la participation de l'Eglise avait appelé à des manifestations nationales "pour les femmes, la protection de la vie et la paix" - plus de 200 000 participants rien qu'à Mexico

    Mexico (kath.net/KAP) Au cours du week-end, plus d'un million de personnes ont participé à des marches de démonstration dans tout le Mexique "pour les femmes, pour la protection de la vie humaine et pour la paix au Mexique" (photo). L'alliance civile « Mujer y vida » (« La femme et la vie »), qui est soutenue par l'Église catholique et plus d'un millier d'autres organisations, avait appelé à la deuxième action nationale de ce type, a rapporté le portail ACI Prensa (dimanche). La revendication commune était de répondre aux besoins des femmes enceintes et de respecter la vie de tous dans toutes les phases.

    Selon les rapports, plus de 200 000 personnes sont venues à la marche de protestation centrale dans la capitale, Mexico. Les revendications lues devant le monument « Ange de l'Indépendance » allaient de la création de lois protectrices pour les femmes en situation précaire à la « protection de tout être humain avant et après la naissance sans aucune discrimination fondée sur le niveau de développement, l'état de santé ou pour d'autres raisons" à la Promotion des familles et des mesures pour "rétablir la confiance dans le pays et contribuer ainsi à la paix sociale".

    De grandes manifestations pro-vie ont également eu lieu dans 57 autres villes de 29 États mexicains, dont Guadalajara avec 50 000 participants, selon le portail informador.mx. La fin de la marche a été la "Glorieta de los Desaparecidos" ("Roundabout of the Disappeared"), où les autorités ont été rappelées à plus de sécurité pour les citoyens mexicains. Dans un manifeste, les participants se sont engagés à renforcer l'aide aux femmes enceintes, la liberté de conscience pour les professionnels de la santé, les mesures contre la violence domestique et la lutte contre la pédopornographie et la traite des enfants.

    Un certain nombre d'évêques avaient appelé à participer à des sermons et à des entretiens au préalable, tout comme le portail "Desde la Fe", qui est le porte-parole officieux de l'église. Avant tout, les manifestations visaient à faire prendre conscience de la nécessité d'une "protection holistique des femmes", a-t-il déclaré : "Contre la vague de violence du crime organisé, l'échec des relations qui laissent souvent les femmes seules avec leurs enfants, l'idéologie dirigée contre la féminité et contre cette mentalité de jetable qui pousse une femme enceinte à se débarrasser de son enfant avant la naissance si elle ne trouve pas le moyen de le mener à terme ».

    Les marches, dont les participants sont apparus vêtus de blanc avec des foulards bleu clair, ont également fait référence à la vague de violence en cours au Mexique. "C'est effrayant de voir à quel point nous nous sommes habitués à entendre parler chaque jour d'actes de violence quelque part dans notre pays bien-aimé. Nous devons nous demander quelle est leur origine", a déclaré Desde la Fe, qui a également figuré au début des rondes de discussion en paroisses à ce sujet a fait l'objet d'un appel. Au cours des derniers mois, les évêques du Mexique ont appelé à plusieurs reprises au dialogue et à des initiatives de paix.

    Sous le gouvernement du président Andres Manuel Lopez Obrador, qui a débuté en 2018, les dispositions pénales relatives à l'avortement ont été abrogées dans onze des 32 États. Dans la capitale, Mexico, l'avortement est autorisé depuis 2007, et dans les autres régions, l'avortement a jusqu'à présent été interdit à quelques exceptions près.

  • Déclarée en « fin de vie », elle se réveille et poursuit le médecin en justice

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    France : le médecin la déclare en « fin de vie », elle se réveille et le poursuit en justice

    10 octobre 2022

    Cinq ans après les faits, le Conseil d’État vient de rejeter une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) déposée par la famille de Linage[1]. Elle poursuit le médecin chef du service de réanimation de l’hôpital de la Roche-sur-Yon pour « faute déontologique » suite à la façon dont il a traité Amélie de Linage, mère de cinq enfants.

    « Son projet de vie, c’est de mourir »

    En 2014, Amélie de Linage fait un arrêt cardiaque après s’être étouffée avec un aliment. Elle est placée sous respiration artificielle. Son médecin juge que son cerveau est « détruit ». « Son projet de vie, c’est de mourir », estime-t-il (cf. Jean-Claude Seknagi : aujourd’hui sorti du coma, il aurait pu être “débranché”).

    Cinq jours plus tard, Amélie n’est plus alimentée du tout, et hydratée « au minimum ». Malgré les supplications de son mari, l’hôpital supprime également sa ventilation artificielle une semaine plus tard. Mais Amélie respire seule. Ce qui ne remet pas en cause le diagnostic des médecins qui jugent toujours la quadragénaire en « fin de vie ». Finalement, après être restée 15 jours sans être alimentée, Amélie parvient à dire : « j’ai faim ».

    Une « mauvaise application de la loi Leonetti »

    La mère de famille a retrouvé son domicile en décembre 2015. Elle souffre de « lésions » mais parle et peut marcher avec une aide. Son mari Cédric est parvenue à obtenir son dossier médical au bout de trois ans. Me Jean Paillot, avocat du couple, dénonce une « mauvaise application de la loi Leonetti ». « On a oublié toutes les garanties, pointe-t-il, on n’a pas demandé son avis à la famille, ni obtenu l’avis d’un médecin tiers, ni écrit la décision d’arrêt des soins. »

    Malgré la réponse du Conseil d’Etat, la procédure judiciaire doit poursuivre son cours. « Il nous semble important de tirer quelques leçons déontologiques et médicales des erreurs commises, pour qu’Amélie ne soit pas une victime inutile », explique Cédric de Linage.

    [1] Conseil d’État – 4ème chambre jugeant seule 28 septembre 2022 / n° 465394

    Source : Le Figaro, Stéphane Kovacs (07/10/2022)

  • Belgique : retour sur l'euthanasie de la jeune Shanti

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    De Stefano Chiappalone sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    L'euthanasie de l'espoir : le "cas Shanti" révèle l'abîme des droits civils

    11-10-2022

    Après avoir survécu à une attaque terroriste de l'organisation Etat islamique, Shanti De Corte, une Flamande de 23 ans, a été traumatisée au point de demander l'euthanasie, avec le consentement de ses parents. Il y avait des alternatives, selon un neurologue. Mais sans perspective de vie après la mort, on finit par rejeter la réalité, également constituée de drames, et par s'échapper par tous les moyens, y compris la mort.

    Le 7 mai, Shanti De Corte, une jeune Flamande de 23 ans, est décédée par euthanasie, entourée de ses parents qui ont suivi son choix. La nouvelle s'est répandue ces jours-ci, alors que même la Cour européenne des droits de l'homme, qui a approuvé l'euthanasie pour les personnes dépressives, a dû déplorer le laxisme de la Belgique en matière de contrôle a posteriori des procédures d'euthanasie et les conflits d'intérêts entre ceux qui devraient contrôler et les militants de la "mort douce".

    Shanti a demandé à mourir non pas à cause d'une maladie physique incurable, mais à cause d'un mal plus caché qui la rongeait de l'intérieur, qui a éclaté après le tragique attentat d'Isis à l'aéroport de Bruxelles le 22 mars 2016, dans lequel elle a également perdu des camarades de classe, en plus du choc de l'événement lui-même. La jeune fille avait survécu, mais - déjà éprouvée par des problèmes antérieurs, eux aussi de nature psychologique - elle n'avait pas pu se remettre depuis.

    Depuis, Shanti a vécu un calvaire de six ans, comprenant des hospitalisations, des médicaments et même une tentative de viol à l'hôpital. En 2020, elle a tenté de mettre fin à ses jours. Elle se sentait "comme un fantôme qui ne peut plus rien ressentir". Sa mère a raconté que c'était "une bataille qu'elle ne pouvait pas gagner". Elle était tellement limitée par la peur qu'elle ne pouvait plus faire ce qu'elle voulait. Elle vivait dans une peur constante et avait complètement perdu son sentiment de sécurité. Chaque fois que Shanti sortait, elle était toujours sur le qui-vive. Ne suis-je pas en danger ? Est-ce que quelque chose pourrait arriver ?".

    Jusqu'à la décision extrême : "Après une grave tentative de suicide, elle s'était retrouvée aux urgences. C'était la première fois qu'elle me demandait : "Pourquoi je ne peux pas mourir ?". Sa mère a répondu qu'elle ne voulait pas la perdre mais qu'elle comprenait en quelque sorte sa demande. Être là et la soutenir "est la seule chose que vous pouvez faire en tant que mère", a-t-elle confié, "vous continuez à espérer que ça va marcher, mais en même temps, j'ai senti dès le début que c'est ce qu'elle voulait vraiment". Enfin, la décision de Shanti était aussi la sienne : "J'ai réalisé que Shanti devrait passer ses dernières années à survivre, et qu'il n'était pas possible pour elle de continuer à vivre comme ça".

    Une décision prématurée, cependant, selon le neurologue Paul Deltenre, de la clinique Brugmann à Bruxelles, qui a exprimé les préoccupations médicales et éthiques soulevées par cette affaire et, en général, par la loi permissive sur l'euthanasie en Belgique. Alors que la Commission fédérale de contrôle et d'évaluation de l'euthanasie s'est retranchée derrière la rectitude formelle, déclarant que "la jeune fille était dans un tel état de souffrance psychique que sa demande était logiquement accordée", selon le neurologue Deltenre, l'affaire n'aurait pas dû être poursuivie, car ce n'était de loin pas la seule solution. Sur son rapport, la justice anversoise a ouvert une enquête.

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  • Le discours du pape aux jeunes catholiques belges reçus en audience le 10 octobre 2022

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    Le Pape François a reçu en audience près de 300 jeunes catholiques Belges en salle Clémentine du Palais apostolique, lundi 10 octobre. Dans le sillage de son exhortation apostolique post-synodale aux jeunes, Christus Vivit, parue en mars 2019, le Souverain pontife a exhorté la jeunesse catholique belge à ne pas craindre la vulnérabilité et à être porteurs de joie et d’Évangile, dans un contexte de sécularisation croissante. (vaticannews.va)

    DISCOURS DU PAPE FRANÇOIS AUX JEUNES CATHOLIQUES DE BELGIQUE

    source 

    Chers amis,

    je suis très heureux de vous accueillir et de vous rencontrer. Je vous salue avec affection et, à travers vous, j’exprime ma proximité spirituelle aux jeunes engagés dans leurs communautés chrétiennes et leurs paroisses de Belgique.

    J’admire l’audace de votre foi, votre engagement et votre témoignage chrétien dans une société qui, nous le savons, est de plus en plus sécularisée. Comme c’est beau de voir des jeunes de votre âge prêts à se dépenser dans des projets d’évangélisation et à vivre le message évangélique au milieu de vos occupations quotidiennes. Vous êtes non seulement l’avenir de l’Église, non, non pas seulement ça, mais surtout et surtout le présent, car elle a besoin de vous, parce que l’Église est jeune : elle a besoin de votre générosité, de votre joie, de votre volonté de construire un monde différent imprégné de valeurs de fraternité, de paix, de réconciliation et d’ouverture.

    Vous faites l’expérience de la joie, de l’enthousiasme mais parfois aussi de la peur, de difficultés, de blessures, de confrontation à ses limites, de remises en cause. N’aie pas peur des crises, car les crises nous font grandir. Ils te mettent devant diverses situations et tu dois aller de l’avant et résoudre des problèmes. Ne confonds pas crise et conflit : le conflit te ferme, la crise te fait grandir. C’est pourquoi votre relation avec le Christ doit être solide. Il est l’Ami fidèle qui ne déçoit jamais. La rencontre avec Jésus vous permet de porter un regard neuf sur vos situations, de trouver des réponses à vos questions, de vous découvrir capables de prendre des responsabilités, d’avancer dans la vie et de consolider votre foi par un échange réciproque sur vos convictions. Aussi, n’ayez pas peur d’accepter votre vulnérabilité, votre faiblesse, et cela, le faire avec humilité : “ce sont mes limites, mais allons de l’avant”. “Père, je suis un névrosé, ou je suis une névrosée...”. Réjouis-toi d’être névrosée et avance, sans crainte. Vous n’avez pas besoin d’être des super héros mais plutôt de personnes sincères, vraies et libres dont les autres ont besoin.

    Comme ambassadeurs de la jeunesse belge pour les préparatifs des Journées Mondiales de la jeunesse au Portugal en 2023, je vous invite à cultiver la proximité à tous les jeunes, particulièrement à ceux qui vivent dans des situations précaires, aux jeunes migrants et réfugiés, aux jeunes de la rue, sans oublier les autres, surtout ceux qui font l’expérience d’une vie de solitude et de tristesse.

    Je sais que vous avez soif d’une Église vraie et authentique constituée d’hommes et de femmes ayant une foi vivante et contagieuse. Alors posez-vous la question : qu’est-ce que j’apporte personnellement à cette fin, quelle est ma contribution pour une communauté chrétienne joyeuse ? La joie doit toujours être là, parce que, vous savez, les chrétiens avec des visages de funérailles ne vivent pas, ils ne sont pas chrétiens. Si tu es chrétien, tu auras la joie.

    Cher jeune, une chose très importante : laisse-toi éclairer par les conseils et le témoignage des anciens. En effet, « là où les jeunes parlent avec les personnes âgées, il y a un avenir ; si ce dialogue n’existe pas entre les personnes âgées et les jeunes, l’avenir ne s’entrevoit pas clairement » (Audience générale, 17 août 2022). Dialoguer avec les racines, avec les personnes âgées, avec ceux qui nous ont précédés, et nous, aller de l’avant. C’est en grandissant sous le regard bienveillant et attentionné des anciens que nous nous forgeons une personnalité solide pour les luttes quotidiennes et, de plus, ils nous transmettent la foi et leurs convictions religieuses. Chers jeunes, l’une de ses luttes est celle pour la paix. Vous le savez bien, nous vivons des moments difficiles avec notre humanité qui est en grand péril.  Nous sommes en grave péril. Alors vivez-la autour de vous et en vous. Soyez donc des ambassadeurs de la paix pour que notre monde redécouvre la beauté de l’amour, du vivre ensemble, de la fraternité, de la solidarité. Je te rappelle que ta vie « est un engagement concret, à partir de la foi, pour la construction d’une société nouvelle, elle consiste à vivre au milieu du monde et de la société, pour faire grandir la paix, la cohabitation, la justice, les droits humains, la miséricorde, et étendre ainsi le Règne de Dieu dans le monde » (Christus vivit, n. 168).

    Face à tous ces défis, vous pouvez vous décourager, vous sentir incapables, sans armes et impuissants, c’est vrai. N’ayez pas peur ! N’ayez pas peur ! Soyez créatifs, soyez inventifs ! Relevez la tête ! Faites face au défi de la vie ! Chers amis, comblés des grâces du Seigneur et sous l’action de l’Esprit Saint, « n’attendez pas demain pour collaborer à la transformation du monde avec votre énergie, votre audace et votre créativité » (ibid., n. 178).

    Chères filles et chers garçons, je vous en prie : ne vous lassez jamais d’être les porteurs de l’Évangile partout où vous allez. Je sais que vous êtes généreux, je sais que vous êtes pleins d’enthousiasme et prêts à conquérir le monde. Ne vous laissez pas distraire par les choses futiles de la vie, et elles sont nombreuses ! Concentrez-vous sur l’essentiel qui découle de l’amitié profonde avec Jésus-Christ.

    Je vous encourage et vous félicite pour le travail que vous faites dans les communautés chrétiennes et les paroisses. Vous confiant à la sollicitude maternelle de la Vierge Marie, Notre Dame du Rosaire, et à l’intercession des jeunes saints, je vous accompagne tous avec ma bénédiction, ainsi que vos familles et toute la jeunesse belge. Et s’il vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi, j’en ai besoin. Merci !