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Christianisme - Page 22

  • La Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X annonce de nouvelles consécrations épiscopales

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    Communiqué du 2 février 2026.

    En ce 2 février 2026, fête de la Purification de la sainte Vierge, Monsieur l’abbé Davide Pagliarani, Supérieur général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, au cours de la cérémonie des prises de soutane qu’il présidait au séminaire international Saint-Curé‑d’Ars, à Flavigny-sur-Ozerain, en France, a annoncé publiquement sa décision de confier aux évêques de la Fraternité le soin de procéder à de nouvelles consécrations épiscopales, le 1er juillet prochain.

    En août dernier, il a sollicité la faveur d’une audience auprès du Saint-Père, lui faisant connaître son désir de lui exposer filialement la situation présente de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X. Dans un second courrier, il s’est explicitement ouvert sur le besoin particulier de la Fraternité d’assurer la continuation du ministère de ses évêques, qui parcourent le monde depuis près de quarante ans pour répondre aux nombreux fidèles attachés à la Tradition de l’Église et désireux que soient conférés, pour le bien de leurs âmes, les sacrements de l’ordre et de la confirmation.

    Après avoir longuement mûri sa réflexion dans la prière, et reçu du Saint-Siège, ces derniers jours, une lettre qui ne répond absolument pas à nos demandes, l’abbé Pagliarani, appuyé sur l’avis unanime de son Conseil, estime que l’état objectif de grave nécessité dans lequel se trouvent les âmes exige une telle décision.

    Les mots qu’il écrivait le 21 novembre 2024, pour le cinquantenaire de la déclaration historique de Mgr Marcel Lefebvre, sont plus que jamais le reflet de sa pensée et de ses intentions :

    « Ce n’est que dans l’Église de toujours et dans sa Tradition constante que nous trouvons la garantie d’être dans la Vérité, de continuer à la prêcher et à la servir. […]

    « La Fraternité [Saint-Pie X] ne recherche pas d’abord sa propre survie : elle cherche principalement le bien de l’Église universelle et, pour cette raison, elle est par excellence une œuvre d’Église, qui avec une liberté et une force uniques, répond adéquatement aux besoins propres d’une époque tragique sans précédent.

    « Ce seul but est toujours le nôtre aujourd’hui, au même titre qu’il y a cinquante ans : “C’est pourquoi sans aucune rébellion, aucune amertume, aucun ressentiment nous poursuivons notre œuvre de formation sacerdotale sous l’étoile du magistère de toujours, persuadés que nous ne pouvons rendre un service plus grand à la sainte Église catholique, au Souverain Pontife et aux générations futures (Mgr Lefebvre, Déclaration du 21 novembre 1974).” »

    Dans les prochains jours, le Supérieur général fournira des explications complémentaires sur la situation présente et sur sa décision.

    « Nos cum Prole pia benedicat Virgo Maria.
    Que la Vierge Marie nous bénisse, avec son divin Fils. » 

    Menzingen, le 2 février 2026

    A ce sujet, le Supérieur Général de la FSSPX, l'abbé Pagliarani, a explicité sa position lors de l'homélie prononcée à Flavigny dans le cadre de la remise de soutanes à 22 nouveaux séminaristes :

    Des sacres par fidélité à l’Eglise et aux âmes 

    Nous pensons que le moment est arrivé pour penser à l’avenir de la Fraternité Saint-Pie X, à l’avenir de toutes les âmes, que nous ne pouvons pas oublier, que nous ne pouvons pas abandonner ; et bien sûr au bien que nous devons et nous pouvons faire à l’Église. Et cela amène une question qu’on se pose depuis longtemps et à laquelle aujourd’hui peut-être il faut donner une réponse. Faut-il encore attendre avant de penser à consacrer des évêques ? Nous avons attendu, prié, observé l’évolution des choses dans l’Église, nous avons demandé conseil. 

    Nous avons écrit au Saint-Père pour présenter avec simplicité la situation de la Fraternité, expliquer ses besoins et en même temps pour confirmer au Saint-Père notre unique raison d’être : c’est le bien des âmes. Nous avons écrit au Saint-Père : Très Saint-Père, nous n’avons qu’une intention, celle de faire de toutes les âmes qui s’adressent à nous des vrais fils de l’Église catholique et romaine. Nous n’avons jamais d’autre intention et nous garderons toujours cette intention. Et le bien des âmes correspond au bien de l’Église. L’Église n’existe pas dans les nuages. L’Église existe dans les âmes. Ce sont les âmes qui forment l’Église. Et si on aime l’Église, on aime les âmes, on veut leur salut et on veut faire le possible pour leur offrir les moyens de faire leur salut.

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  • Pourquoi je ne serai pas protestant (en réponse à Madame Tonus)

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       L'annonce par une tertiaire dominicaine relativement médiatique de sa conversion au protestantisme n'a pas fini de faire des vagues. Pour Belgicatho, Paul Vaute fait le point sur les questions fondamentales que soulèvent cette démarche et la manière dont elle a été communiquée. Il répond aussi aux arguments les plus souvent lus ou entendus.

       La laïque dominicaine belge Myriam Tonus, conférencière, essayiste et chroniqueuse prisée de longue date par les médias de toutes obédiences, a fait savoir au début janvier qu'elle avait quitté l'Eglise catholique pour rejoindre l'Eglise protestante unie de Belgique (Epub). Son départ, a-t-elle précisé, est intervenu à la suite "d'une décision longuement mûrie, née d'une réflexion critique notamment sur l'institution et la place des femmes". Elle se dit en outre heureuse d'éprouver "l'impression d’aller dans un plus grand dépouillement au cœur de la foi chrétienne" [1].

       L'annonce a suscité sur les réseaux sociaux des réactions parfois virulentes, qu'il ne peut être question de cautionner ici. Il est en revanche singulier que des voix se soient élevées pour déplorer qu'on puisse "encore", même en termes mesurés, tenir un discours critique du protestantisme.

       Que je sache, l'œcuménisme promu par le concile Vatican II et le magistère depuis lors n'a pas aboli les différences. Le retour à une seule confession chrétienne demeure pour l'heure un vœu, certes pieux. Il est par ailleurs bien singulier que ceux qui s'offusquent notamment des "anathèmes" de "jeunes croyants qui s'érigent en gardiens d'une orthodoxie qu'ils jugent menacée" [2] n'esquissent pas le moindre froncement de sourcils quand des voix protestantes, en ce compris celle de la dernière néophyte, déblatèrent allègrement la hiérarchie et les enseignements romains. Quitte dès lors à froisser quelques gentil(le)s ingénu(e)s, c'est notre différence que je vais affirmer ici. Non pas en théologien que je ne suis pas, mais en historien et journaliste émérite, armé du minimum de sensus fidelium auquel je peux légitimement prétendre.

     

    [1] https://www.cathobel.be/2026/01/myriam-tonus-rejoint-leglise-protestante-ce-qui-me-rend-heureuse-limpression-daller-dans-un-plus-grand-depouillement-au-coeur-de-la-foi-chretienne/

    [2] https://www.cathobel.be/2026/01/si-la-liberte-de-conscience-de-myriam-tonus-nous-questionne-la-violence-numerique-doit-plus-encore-nous-interpeller/

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  • France : quand de nouveaux convertis veulent entrer au séminaire

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    De Jean-Marie Guénois sir Le Figaro via le Forum Catholique :

    Ces nouveaux convertis qui veulent entrer au séminaire

    30 janvier 2026

    Un miracle semble avoir eu lieu à Rennes. À la rentrée 2024, 4 candidats avaient frappé à la porte du séminaire, 18 se sont présentés un an plus tard. Soit « une augmentation de 350 % » se félicite le supérieur de la Maison Charles de Foucauld, le père Olivier Roy, en charge de l’une des 13 « propédeutiques » réparties sur le territoire. Cette maison accueille des candidats à la prêtrise de 9 diocèses de Bretagne, Pays de la Loire et Basse-Normandie.

    Depuis 2022, le passage par une année de propédeutique est obligatoire avant d’entrer au séminaire. Il s’agit de discerner la qualité de la vocation. Une étape préalable, lancée par le cardinal Jean-Marie Lustiger à Paris, dès 1984. Une sorte de « prépa » spirituelle dont l’objet n’est pas les études - philosophiques et théologiques, au programme des six années de séminaire -, mais une plongée dans la vie intérieure, fraternelle et caritative. Il n’y a pas de concours d’entrée à la clé, sinon l’épreuve du « combat spirituel pour gagner en liberté, résume un formateur, afin de se présenter plus mûr au séminaire ».

    Pour expliquer le record de ces 9 diocèses de l’ouest de la France, le père Olivier Roy avance des « effets de rattrapage » d’une année sur l’autre, car certains candidats réfléchissent à deux fois avant de s’engager, ou encore l’influence d’événements comme « le jubilé des jeunes à Rome, en juillet 2025 », cite-t-il. Et, avance-t-il, « pourquoi pas l’effet d’un nouveau pape, à l’image plus consensuelle et compatible avec des jeunes en recherche vocationnelle », en la personne de Léon XIV. Ce formateur constate en effet que « cette promotion de propédeutique 2025 a choisi saint Augustin comme saint patron, ce qui n’est pas sans lien avec les origines spirituelles du pape américain. »

    Confinement et intériorité

    Le père Olivier Roy assure que ce record d’inscriptions n’est pas isolé : « En France, les propédeutiques ont quasiment toutes réalisé une bonne rentrée en septembre dernier, avec 145 inscrits. » Ils étaient seulement 99 « propédeutes » en septembre 2023, soit 46,5 % d’augmentation en deux ans. La courbe d’entrée au séminaire connaît cependant des hauts et des bas : 165 candidats étaient admis en l’an 2000, ils n’étaient que 106 en 2015 et remontaient à 156 en 2020. Quant à la crise des abus sexuels dans l’Église, qui a explosé à l’orée des années 2000, elle semble ne pas avoir grevé significativement les candidatures pour le sacerdoce, puisqu’elles ont été relativement stables ce quart de siècle avec une moyenne de 131 candidats annuels en France.

    En tout cas, il semble bel et bien se passer quelque chose dans l’Église de France. Ne voit-elle pas bondir le nombre des demandes de baptêmes d’adultes et d’adolescents ? Alors qu’ils avoisinaient les 4 000 par an jusqu’en 2022, ils ont décollé il y a trois ans, passant de 5 423 en 2023 à 17 784 en 2025, dont la moitié à un âge inférieur à 25 ans. Là aussi, le pourcentage d’augmentation, 228 %, est spectaculaire. Les chiffres 2026 s’annoncent au diapason, ils seront connus fin mars.

    De nombreux pasteurs estiment que les confinements du Covid (printemps et automne 2020, puis avril 2021) auraient provoqué une « forte recherche de sens » chez beaucoup de jeunes, liée au « vide existentiel » et à « l’isolement des écrans ». Ce que confirme Antoine Pasquier, rédacteur en chef à Famille chrétienne, qui vient de publier Enquête sur ces jeunes qui veulent devenir chrétiens (Mame Éditions), après avoir réalisé une enquête qualitative auprès de ces nouveaux convertis.

    Des baptisés de « qualité »

    Cet auteur décrit le parcours de ces nouveaux entrants dans l’Église. « Beaucoup qui ne connaissaient rien du christianisme se sont mis en route, à la suite d’expériences spirituelles fortes, intimes, ou d’épreuves personnelles. Ils ont ensuite cherché sur internet et les réseaux sociaux des réponses à leurs questions, et lu la Bible, seuls. » Il ajoute : « Ces jeunes sont d’ailleurs fiers d’affirmer leur identité catholique, et cette nouvelle génération de catholiques n’a aucun problème avec le fait d’être minoritaires. »

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  • Pas de messe finale au forum RivEspérance

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    Du site "Riposte catholique" :

    Liège : « célébrer ensemble » au programme de Rivespérance, mais sans messe finale

  • "Je m'appartiens et n'appartiens à personne d'autre" : vraiment ?

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    De sur The Catholic Thing :

    « Tu ne t'appartiens pas »

    30 janvier 2026

    Dans son excellent ouvrage récent, * Un monde nouveau et étrange* , Carl Trueman met en garde les chrétiens contre un optimisme naïf en cette « ère chaotique, incertaine et sombre ». C'est une remarque judicieuse. La culture actuelle regorge de sujets susceptibles de bouleverser les convictions de chacun, et plus particulièrement celles des croyants. Parallèlement, un « optimisme éclairé » se justifie, car il existe des raisons rationnelles de croire que le christianisme sera davantage pris au sérieux en Occident dans les années à venir.

    Après tout, depuis plus de soixante ans, nous vivons sous la tyrannie d'une déclaration collective selon laquelle je m'appartiens et n'appartiens à personne d'autre – que je décide des questions de vie, du fait de donner, de prendre ou d'empêcher la vie ; que moi , et personne d'autre, ai le droit de faire de mon corps ce que bon me semble.

    Et ce rejet de la vérité selon laquelle nous ne nous appartenons pas peut désormais être jugé par ses fruits, qui sont partout autour de nous. La déclaration « Je m’appartiens », cri de ralliement fondamental de la révolution sexuelle, a radicalement transformé la vie et, à plusieurs égards, l’a rendue pire pour nous que pour tout autre être humain dans l’histoire.

    C'est une affirmation audacieuse. Les faits le confirment.

    Vivre selon le credo « Je m’appartiens et à personne d’autre » a engendré d’immenses souffrances, passées inaperçues jusqu’à récemment, sauf auprès des seuls croyants. Ce déni profondément ancré est en train de changer – et il change précisément parce que les dégâts sont devenus inévitables.

    Les ravages de l'idolâtrie de l'autonomie sont partout visibles : dans les hordes de jeunes déséquilibrés d'aujourd'hui, dans la hausse constante des troubles psychologiques depuis des décennies, dans les études universitaires sur la solitude, dans les troubles sociaux, dans la nostalgie de plus en plus exprimée d'un monde privé de ses enfants. Le verdict est sans appel.

    De plus, l'affirmation selon laquelle je suis maître de mon sexe et de mon plaisir sexuel a engendré le principal obstacle à l'amour, à la famille et au mariage aujourd'hui : la consommation compulsive de pornographie par un grand nombre de jeunes hommes, et quelques jeunes femmes.

    Comme le savent les thérapeutes, cette obsession a notamment pour conséquence de rendre les individus incapables de vivre des relations amoureuses authentiques. Ce terrible résultat, peut-être le pire de tous les effets de cette révolution, transforme l'affirmation « Je m'appartiens et à personne d'autre » en un véritable épitaphe pour l'amour.

    Paradoxalement, cela nous amène à un premier motif d'espoir. Les dégâts sont si manifestes et indéniables que des voix extérieures aux sphères religieuses ont enfin commencé à les dénoncer.

    Les Amants  de René Magritte, 1928 [Musée d'Art Moderne, New York]

    Un nouveau scepticisme et de nouvelles critiques de l'autonomie sexuelle débridée se font jour aujourd'hui – y compris de la part d'auteurs qui affirment préférer ne pas s'aligner sur l'enseignement chrétien traditionnel, mais que la logique et les preuves les ont néanmoins conduits dans la même direction.

    Ce tournant vers le révisionnisme est lui aussi une excellente chose. Que des voix laïques s'alignent sur l'enseignement de l'Église sur les questions sociales, même à contrecœur, et qu'elles reconnaissent ou non le christianisme, constitue une victoire indéniable pour la Cause.

    Cela nous ouvre une autre perspective d'espoir. Autre évolution imprévisible il y a encore dix ans : les conversions et les pratiques religieuses ne sont plus rares, même sur les campus les plus prestigieux et laïcisés. De fait, elles sont en augmentation, comme le constatait (avec une certaine inquiétude) l'intellectuel libéral Mark Lilla l'an dernier dans un article de la New York Review of Books consacré à son propre campus, l'université Columbia.

    « Au cours de la dernière décennie », a-t-il observé, « l’intérêt pour les idées et les pratiques catholiques s’est accru parmi les élites intellectuelles de droite, et il n’est pas rare de rencontrer de jeunes conservateurs dans les institutions de l’Ivy League qui se sont convertis ou ont renouvelé leur foi depuis leur arrivée à l’université. »

    Columbia n'est pas un cas isolé. Au printemps dernier, j'ai donné des conférences à mon ancienne université, Cornell, longtemps la plus laïque des universités de l'Ivy League, dont la culture politique est profondément ancrée à gauche. Des signes impressionnants de vie religieuse y ont émergé : au sein de COLLIS, un institut intellectuel catholique et un programme de conférences animé par une équipe dynamique et engagée ; à Chesterton House, une résidence et un lieu de rencontre protestants, dont les activités comprennent l'étude biblique, les œuvres de bienfaisance, la prière communautaire et d'autres formes de partage ; et grâce à un esprit de corps contagieux qui règne sur le campus entre protestants et catholiques.

    Ailleurs, sur d'autres campus, initiatives et institutions se multiplient, perpétuant les traditions de la foi. Les Cercles thomistes, qui diffusent les enseignements de saint Thomas et d'autres prédicateurs, attirent des étudiants curieux venus de tous horizons.

    À l'Université de St. Thomas à Houston, par exemple, de nouveaux programmes catholiques passionnants sont en cours d'élaboration, notamment au Centre Nesti pour la Foi et la Culture ; ce centre propose le seul master au monde en études catholiques sur les femmes et le genre. Un récent colloque d'hiver de deux jours, qui a connu un vif succès et portait sur ce que Jean-Paul II appelait le « génie féminin », a témoigné une fois de plus du dynamisme de cette communauté catholique.

    Réfléchir à ces élans inattendus, c'est prendre conscience d'une chose facile à oublier en cette époque justement qualifiée de « chaotique, inexplorée et obscure ». Après tout, nous ne sommes pas revenus les mains vides de l'expérience des soixante dernières années.

    D'une manière encore mal comprise, mais qui le sera bientôt, le désordre post-révolutionnaire actuel nous apprend quelque chose. Il nous apprend que vivre comme si nous n'étions pas maîtres de nous-mêmes nous protège mieux que de vivre sous l'emprise d'un individualisme exacerbé. La vérité de l'enseignement chrétien transparaît dans les conséquences néfastes d'une vie sans lui.

    Un jour, davantage d'âmes comprendront – et rejetteront – le credo actuel qui prône l'autonomie absolue. Lorsque cela se produira, les chrétiens de demain, et d'autres encore, se tourneront vers le passé pour y chercher les signes annonciateurs de ce futur éveil. Et ils constateront que, dès début 2026, un nombre important et inattendu de ces signes se manifestent déjà ici et maintenant.

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    Mary Eberstadt est chercheuse principale à l'Institut Foi et Raison. Cet article est adapté d'un discours prononcé lors de la conférence annuelle « L'anglicanisme pur et simple » à Charleston, en Caroline du Sud, le 23 janvier 2026.
  • Comment est née la vie monastique chrétienne ?

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    Jean-Pierre Mahé, orientaliste français, spécialiste des études arméniennes, et membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres
  • Comment l'Occident permet la persécution des Coptes d'Égypte

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    D'Uzay Bulut sur The European Conservative :

    Comment l'Occident permet la persécution des Coptes d'Égypte

    Les préférences commerciales, la coopération en matière de migration et l'aide à la sécurité devraient être conditionnées par des progrès mesurables dans le domaine des droits de l'homme, déclare Lindsay Rodriguez de Coptic Solidarity.

    Aujourd'hui, l'Égypte est un pays majoritairement musulman et arabophone. Pourtant, avant sa conquête violente par l'islam au VIIe siècle, c'était une nation majoritairement chrétienne, principalement peuplée par son peuple autochtone, les Coptes. 

    Les chrétiens coptes sont profondément enracinés dans les traditions de l'Égypte antique, notamment à travers leur langue, leur musique liturgique et leur symbolisme rituel. Ils ont préservé une identité culturelle bien antérieure à la conquête islamique de l'Égypte.

    Les Coptes furent parmi les premiers à se convertir au christianisme grâce à saint Marc qui apporta l'Évangile en Égypte. Depuis lors, l'Égypte a vu naître nombre des plus grands théologiens chrétiens, dont Athanase, Antoine (du désert) et Cyrille le Grand.

    Descendants des anciens Égyptiens, les Coptes vivent sur leurs terres ancestrales depuis plusieurs millénaires. Ils ont survécu aux persécutions subies depuis la première invasion arabo-musulmane au VIIe siècle, ainsi qu'à l'invasion des Turcs ottomans au XVIe siècle. 

    On compte actuellement environ 15 millions de Coptes en Égypte, ce qui en fait à la fois la plus grande communauté chrétienne et la plus grande communauté non musulmane du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord.

    Les Coptes d'Égypte comptent aujourd'hui parmi les communautés les plus persécutées au monde. Ils vivent comme des citoyens de seconde zone sur leur terre ancestrale, marginalisés tant sur le plan institutionnel que social.  

    Ils sont victimes d'enlèvements, de disparitions forcées, d'arrestations arbitraires, de torture, de viols, de pressions pour se convertir à l'islam, de lynchages et de discriminations. Or, comme le souligne Caroline Doss, présidente de l'organisation Solidarité Copte, face à ces violations des droits humains, « la réaction du gouvernement égyptien est souvent lente, timide, voire inexistante ». Les violences perpétrées contre les chrétiens coptes restent rarement impunies. Cette situation accroît leur vulnérabilité face aux attaques répétées et renforce l'impunité de leurs agresseurs.

    Des centaines de femmes et de jeunes filles coptes chrétiennes ont été attirées dans des pièges, enlevées, converties de force à l'islam, maltraitées et mariées de force. Les autorités égyptiennes ont systématiquement manqué à leur devoir de prévenir ces crimes et de poursuivre les auteurs. 

    Par exemple, Coptic Solidarity rapporte que Demiana Ghali Gaber Ghali, une jeune femme copte de 24 ans, a été enlevée de force le 9 septembre et que la Sécurité nationale égyptienne, relevant du ministère de l'Intérieur, est complice de sa disparition. Il a été révélé par la suite que, le lendemain, tous ses papiers d'identité officiels avaient été falsifiés pour la faire passer pour musulmane. 

    Le 17 septembre, les forces de sécurité égyptiennes ont arrêté 70 Coptes, membres de la famille élargie de Ghali, après qu'ils aient protesté contre l'enlèvement de leur fille. Soixante d'entre eux ont été relâchés par la suite, sans leurs téléphones portables, qui ne leur ont toujours pas été restitués. Les enquêtes et les détentions se poursuivent concernant les dix autres personnes.

    Un autre cas récent est celui de Silvana Atef Fanous, une jeune Copte de 17 ans souffrant d'un handicap mental, enlevée par Saher Mohamed Ragab, un musulman dont le père est policier. Lorsque sa famille a signalé sa disparition à la police, on leur a répondu que Silvana avait choisi de se convertir à l'islam pour épouser Saher, qu'elle n'avait jamais connu auparavant. Silvana est atteinte d'un handicap mental qui la fait penser et se comporter comme une enfant de 8 ans. Malgré son handicap et son jeune âge, la police a collaboré avec son ravisseur, selon sa famille.

    Parallèlement, le gouvernement égyptien continue d'arrêter de manière disproportionnée des chrétiens coptes pour blasphème. Le Dr Augustinos Samaan, 37 ans, chercheur copte, a été arrêté le 1er octobre 2025 pour « dérision de l'islam », en vertu des lois égyptiennes sur le « mépris de la religion ». Docteur en religions comparées, Samaan se consacre à l'apologétique chrétienne. Par ses travaux universitaires et ses contenus éducatifs en ligne , il a abordé pacifiquement des questions religieuses et répondu aux sentiments antichrétiens. Toutes ces activités sont protégées par le droit international des droits de l'homme. Pourtant, Samaan a été emprisonné, condamné à cinq ans de travaux forcés et agressé par d'autres détenus.

    Le 22 octobre, Bola Adel Naguib Attia, un étudiant copte chrétien de 18 ans, a été arrêté et, selon un  rapport de Coptic Solidarity , a subi de graves violations de ses droits légaux et constitutionnels. Ce jour-là, une force de sécurité composée de la police antiterroriste et de plusieurs agents de l'Agence nationale de sécurité a perquisitionné le domicile familial. Leur appartement a été fouillé, plusieurs téléphones portables ont été saisis et Bola a été arrêté, provoquant la panique et la terreur au sein de sa famille. 

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  • P.D. James et les parkas de créateurs pour chihuahuas

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    De George Weigel sur le CWR :

    PD James et les parkas de créateurs pour chihuahuas

    Face aux signes indéniables de déclin culturel, voire civilisationnel, l'Église a fort à faire.

    Les romans policiers de P.D. James, mettant en scène l'inspecteur Adam Dalgliesh de New Scotland Yard, sont tout aussi captivants que ceux écrits par Agatha Christie, Dorothy L. Sayers, Edith Pargeter (qui écrivait sous le pseudonyme d'« Ellis Peters » lors de la création des  Chroniques de Cadfael ) et Ann Cleeves.

    Pourtant, mon œuvre préférée de cette femme, anoblie à vie et décédée en 2014 sous le titre de baronne James de Holland Park, est son roman dystopique  Les Fils de l'homme, qui explore un monde d'infertilité généralisée . Oubliez le film qui prétend être tiré du roman et lisez le livre ; sa première phrase est pour le moins saisissante :

    Tôt ce matin, le 1er janvier 2021, trois minutes après minuit, le dernier être humain né sur terre a été tué dans une bagarre dans un pub de la banlieue de Buenos Aires, à l'âge de vingt-cinq ans, deux mois et douze jours.

    Je ne dévoilerai pas l'intrigue en m'attardant sur les détails du monde sans enfants que dépeint P.D. James. Disons simplement que certains éléments m'ont traversé l'esprit le mois dernier lors d'un séjour de deux semaines et demie à Rome.

    Paris a beau se surnommer la « Ville Lumière », Rome, à l'approche de Noël, brille tout autant de mille feux : des ruelles du Borgo au parc du Château Saint-Ange, en passant par le quartier commerçant huppé de la Via Condotti et la Place d'Espagne. Au milieu de cette splendeur, pourtant, planaient des ombres : celles liées à la relative absence d'enfants dans un pays où le taux de natalité est bien inférieur au seuil de renouvellement des générations. Et comme dans le roman de P.D. James (où l'absence d'enfants est due à une inexplicable infertilité masculine mondiale), un monde où les enfants sont peu nombreux engendre des comportements adultes pour le moins étranges.

    Les animaleries semblent désormais bien plus nombreuses à Rome. Prenez par exemple  myfamily qui a créé un véritable univers dédié aux animaux de compagnie dans la gare Termini. Et que propose  myfamily ? Des pulls et des parkas hors de prix pour… des chihuahuas et autres chiens de petite taille ! Car  myfamily  abrite une marque d’accessoires pour animaux de compagnie, proposant des produits « confectionnés avec soin » pour chiens et chats, dont « plus de 700 modèles de médailles personnalisables par gravure sur place en moins de deux minutes ».

    Dans un monde marqué par l'infertilité, le mot « famille » a manifestement acquis de nouvelles connotations, que certains qualifieraient de sinistres. Contrairement à la dystopie de P.D. James, la crise actuelle de la stérilité infantile en Occident n'est cependant pas inexplicable. Elle s'explique parfaitement par la décision délibérée des jeunes couples de ne pas avoir d'enfants. Aujourd'hui, la stérilité infantile est un choix personnel.

    Il y avait aussi les expériences partagées par un ami universitaire en année sabbatique à Rome, où il avait passé son adolescence. Outre ses recherches, il avait profité de ces derniers mois pour renouer avec d'anciens camarades de son  lycée classique italien. Comme lui, ils étaient désormais des professionnels avec une famille. Et ce qu'ils décrivaient comme des pratiques courantes dans leurs quartiers aisés avait certainement retenu l'attention de leur ancien camarade – et la mienne, lorsqu'il me racontait ces anecdotes.

    Par exemple : quel est le cadeau le plus courant pour une première communion ? Un iPhone.

    Par exemple : quel est le cadeau numéro 1 pour les filles qui fêtent leurs 18 ans ? La chirurgie esthétique.

    Les camarades de lycée  de mon ami  parlaient aussi de jeunes se repliant sur eux-mêmes et se réfugiant dans un monde de relations virtuelles. De jeunes terrifiés par la moindre difficulté. De femmes incapables de trouver un mari et d'hommes désemparés face à la masculinité. Plus inquiétant encore était le laxisme du curé de la paroisse romaine, qu'il fallut convaincre par des parents furieux de mettre en place un programme de préparation à la confirmation pour les jeunes désireux de recevoir ce sacrement.

    Certes, il ne s'agit que de témoignages anecdotiques. Et il est certain que des phénomènes similaires, voire pires, existent dans le monde dit développé. Par exemple, je n'ai jamais rien entendu en Italie qui puisse rivaliser avec « Ami-chan », cette « poupée-petite-fille électronique » (en réalité un robot) dotée d'intelligence artificielle, disponible au Japon depuis 2021, qui possède un vocabulaire de 1 600 mots, chante des comptines et interagit avec des personnes âgées japonaises n'ayant pas de petits-enfants.

    Face à ces signes indéniables de déclin culturel, voire civilisationnel, l'Église a fort à faire. C'est pourquoi la  renaissance  des  aumôneries universitaires  aux  États-Unis  et l'essor remarquable des mouvements pour jeunes adultes comme l'Institut thomiste, le  Forum léonin et  FOCUS  sont porteurs d'espoir. Ces initiatives offrent des modèles que l'Église aux États-Unis peut partager avec l'Église en Europe, en Amérique latine, dans les pays de l'ANZAC et en Asie de l'Est.

    Avant qu'il ne soit trop tard.

    La chronique de George Weigel, « La différence catholique », est diffusée par le Denver Catholic , la publication officielle de l'archidiocèse de Denver. )

  • Les principales affirmations des catholiques traditionalistes sont confirmées par un acteur clé du concile Vatican II

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    Via Le Forum Catholique :

    Traduction de l’article de Robert Morrison paru le 27 janvier 2026 sur The Remnant sous le titre : « Traditional Catholicism’s Key Claims Are Confirmed by a Pro-Vatican II Insider ».
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    Le prêtre norbertin Boniface Luykx n'était pas un catholique traditionaliste, mais in acteur clé du concile Vatican II, impliqué dans presque toutes les phases de son élaboration et de sa mise en œuvre. Ses réflexions rejoignent trois affirmations essentielles des catholiques traditionalistes : les mises en garde des conservateurs étaient justifiées ; certains documents de Vatican II étaient anthropocentriques et dangereusement ambigus ; et la messe du Novus Ordo contrevient aux exigences fondamentales de Vatican II.

    « Simplifions encore une fois le tableau. Le cœur de cette crise consiste à déplacer le centre de l’être de Dieu à l’homme, du vertical à l’horizontal. » (Archimandrite Boniface Luykx, Une vision plus large de Vatican II : Souvenirs et analyse d’un consulteur du Concile, p. 143)

    Dans son récent entretien avec Michael Matt, Mgr Athanasius Schneider a recommandé « Une vision plus large de Vatican II : Souvenirs et analyse d’un consulteur concile », un ouvrage de l’archimandrite Boniface Luykx. L’archimandrite Luykx n’était pas un catholique traditionaliste, mais ses réflexions nous sont aujourd’hui d’une valeur inestimable, car il aimait profondément la foi catholique et fut un acteur majeur du Concile Vatican II, impliqué dans presque toutes les phases d’élaboration et de mise en œuvre de la Constitution sur la liturgie sacrée (CSL), Sacrosanctum Concilium . Comme nous le verrons plus loin, son diagnostic de la crise de l’Église est précieux non seulement pour sa fine analyse des problèmes liés à la messe du Novus Ordo, mais aussi parce qu’il a formulé ces critiques en toute confiance dans le Concile et ses fruits.

    Avant d'aborder les diverses observations profondes que l'archimandrite Luykx a formulées sur la crise, il convient de souligner un concept essentiel qui imprègne tout l'ouvrage :

    « Ce livre appliquera constamment le principe aristotélicien de cause à effet, démontrant comment des actes particuliers engendrent nécessairement des effets particuliers irrésistibles dans ce drame post-conciliaire.» (p. 13)

    De manière générale, l'ouvrage respecte effectivement ce principe de cause à effet. Si cela peut paraître anodin, sa véritable importance réside dans le fait qu'il a perçu les problèmes de Vatican II alors même qu'il considérait ce concile comme « véritablement le fruit d'une croissance spirituelle au sein de l'Église, à un moment où elle était mûre pour cela » (p. 42). Grâce à sa lucidité et à son courage d'affirmer ce qu'il voyait, ses réflexions rejoignent trois affirmations clés des catholiques traditionalistes : les mises en garde des conservateurs étaient justifiées ; certains documents de Vatican II étaient anthropocentriques et dangereusement ambigus ; et la messe du Novus Ordo contrevient aux exigences fondamentales du concile Vatican II.

    Les mises en garde des conservateurs étaient justifiées

    Pour comprendre combien il a dû être difficile pour l'archimandrite Luykx de reconnaître la justesse des mises en garde des conservateurs concernant le Concile, on peut considérer la manière dont il a fait l'éloge de certains théologiens qui comptaient parmi les plus farouches adversaires du catholicisme traditionnel :

    « En France, le mouvement liturgique s'est développé en parallèle du mouvement théologique, inspiré par de grands théologiens tels que Jean Daniélou, s.j., Henri de Lubac, s.j., et Yves Congar, o.p., qui ont orienté le renouveau vers un retour aux sources.» (p. 28)

    Pour les catholiques traditionnels, le « principe aristotélicien de cause à effet » nous apprend que les problèmes découlant du Concile sont précisément dus au fait que des hommes comme Daniélou, de Lubac et Congar ont contribué à façonner les idées contenues dans ses documents. Il est intéressant de noter que l'archimandrite Luykx a même reconnu que Congar avait été censuré avant le Concile :

    « Certains théologiens ont commis des excès dans certains domaines tout en restant globalement orthodoxes. Rome a été contrainte de censurer certains écrits de ces hommes – on pense notamment à l'ouvrage d'Yves Congar [Vraie et la Fausse Réforme dans l'Église] et aux propos de Teilhard de Chardin – sans pour autant rejeter l'intégralité de leur œuvre.» (p. 41)

    Bien qu'il ait mentionné cette censure de l'ouvrage de Congar – le même que celui cité par François dans son introduction au Synode sur la synodalité comme une tentative de créer une « Église différente »  – l'archimandrite Luykx n'a pas fait mention de l'encyclique Humani Generis de Pie XII, qui condamnait les idées de de Lubac et de Congar (sans les nommer). Là encore, cela n'a rien de surprenant, mais cela révèle une difficulté pour ceux qui sont moins enclins à accorder une réelle importance aux avertissements des papes antérieurs à Vatican II. Après tout, une grande partie de l'œuvre importante de ces papes a consisté à enseigner aux catholiques que des erreurs telles que le libéralisme et le modernisme engendreraient les effets néfastes que nous constatons aujourd'hui. Par conséquent, si nous ne comprenons pas les avertissements de Pie XII et de ses prédécesseurs, il est peu probable que nous saisissions les véritables causes des maux qui nous entourent aujourd'hui.

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  • Une approche déformée de la papauté : le culte de la personnalité n'a pas sa place dans l'Eglise

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    De Thomas Colsy sur le Catholic Herald :

    28 janvier 2026

    « Le pape n'est pas un Führer » : le cardinal Müller s'exprime sur l'ultramontanisme

    Un cardinal éminent et ancien secrétaire de la Curie romaine s'est entretenu avec le Catholic Herald au sujet de l'état de l'Église, du rôle de la papauté et de la manière dont les catholiques devraient aborder l'autorité.

    Le cardinal Gerhard Ludwig Müller, préfet émérite de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a qualifié la vénération des opinions privées et politiques du défunt pape François d'« hérésie » et a déclaré que la critiquer était son « devoir ». Le prélat allemand a insisté sur le fait que les catholiques ne devaient pas tomber dans une posture spirituelle hérétique connue sous le nom d'« ultramontanisme », qui exagère le rôle et les doctrines entourant la papauté, et a déclaré qu'ils devaient rester conscients du contexte historique dans lequel de telles attitudes ont émergé au XIXe siècle.

    Lorsqu'on lui a demandé s'il avait remarqué un excès flagrant de souvenirs du pape François dans les boutiques touristiques le long de la Via della Consolazione, en face du Vatican, par rapport au pape Benoît XVI, et si le fantôme de l'ancien pontife planait sur les travaux du consistoire extraordinaire début janvier, le cardinal Müller a répondu que les deux affirmations étaient vraies et a exprimé son désaccord.

    « Il est de mon devoir de critiquer ce culte de la personnalité », a-t-il déclaré. « Cela n'a rien à voir avec l'Église catholique... Certains de ses amis [du pape François] ont parlé d'une « nouvelle Église ». Pour moi, c'est une hérésie. Parler de « l'Église de François ».

    « L'Église de Benoît XVI n'existe pas », a déclaré le cardinal Müller.

    « C'est une critique des protestants que nous ayons fait du pape un second Dieu », a-t-il poursuivi. Le cardinal Müller a averti que « aujourd'hui, cinq cents ans plus tard », certains catholiques, par leur manque de retenue, donnent raison à ces critiques protestantes.

    « Il a toujours été entendu que le pape est un évêque parmi d'autres évêques, mais avec un charisme particulier, celui d'être, en tant qu'évêque de Rome, le successeur personnel de saint Pierre et le principe d'unité de l'Église, non pas une unité faite par l'homme, mais une unité donnée par la foi, par Jésus-Christ et par la vérité révélée. »

    « Et le pape a un très beau titre, donné par le pape saint Grégoire Ier, servus servorum Dei, serviteur des serviteurs de Dieu », a-t-il ajouté, soulignant que le pape n'est pas un monarque absolu, libre de toute limite ou contrainte.

    « Il est le premier serviteur de l'Église, avec un rôle particulier, mais nous n'avons pas une Église centrée sur le pape. Dans le diocèse, nous n'avons pas une Église centrée sur l'évêque. Et dans la paroisse, nous n'avons pas une Église centrée sur le curé. Ils doivent guider le peuple, mais ils ne peuvent pas donner la grâce. Ils sont des instruments de la grâce. »

    Le cardinal Müller a suggéré que le pape émérite Benoît XVI était peut-être « trop intellectuel » pour susciter une adulation populaire comparable, mais il a exhorté les catholiques à l'écouter et à le lire s'ils veulent comprendre pourquoi les attitudes exagérées envers la papauté sont erronées.

    « Il [le pape Benoît XVI] a critiqué le fait qu'à partir du XIXe siècle, un certain culte du pape s'est développé. Cela est lié aux médias de masse. Nous devons éviter cela. Le pape n'est pas un Führer. »

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  • Deux nouveaux miracles ont été signalés par l'intercession de saint Charbel en 2026

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    De Romy Haber sur EWTN News :

    Deux nouveaux miracles ont été signalés par l'intercession de saint Charbel en 2026.

    Deux nouveaux miracles ont déjà été attribués à saint Charbel en 2026 — l'un aux États-Unis et l'autre au Liban.

    Deux nouveaux miracles ont été signalés par l'intercession de saint Charbel en 2026.
    Image du sanctuaire de saint Charbel. | Crédit photo : Hannah Brockhaus/CNA
     
    26 janvier 2026
     

    Deux nouveaux miracles attribués à saint Charbel Makhlouf ont été  rapportés depuis début 2026 — l'un aux États-Unis et l'autre au Liban — chacun impliquant la guérison d'une femme contre toute attente médicale.

    Vénéré par les fidèles comme le « docteur du ciel », saint Charbel, moine et prêtre maronite libanais, est aujourd'hui associé à plus de 30 000 miracles . De son ermitage dans les montagnes du Liban aux chambres d'hôpitaux à travers le monde, son intercession continue d'aider les plus démunis, par-delà les frontières, les cultures et les générations.

    Un cas de guérison aux États-Unis

    L'avocate Georgianne Walker, née à South Bend (Indiana) en 1975, a déclaré avoir subi une intervention chirurgicale abdominale en décembre 2024, rapidement suivie d'une grave infection du bas-ventre. Cette infection a provoqué de fortes douleurs et une anxiété persistante, nécessitant six semaines de traitement antibiotique. Bien que les symptômes se soient progressivement atténués, la plaie chirurgicale est restée ouverte, enflammée et non cicatrisée.

    Malgré une surveillance étroite de son chirurgien et d'autres professionnels de santé, la plaie ne s'est pas améliorée. Pendant dix mois, Walker a dû changer ses pansements quotidiennement en raison de saignements continus. Face à l'absence de progrès, son chirurgien a finalement conclu qu'une seconde intervention était nécessaire pour retirer les tissus enflammés et a programmé une nouvelle opération.

    En septembre 2025, Walker a déclaré avoir reçu la visite de George Issa, un ami libanais guéri trois ans auparavant grâce à l'intercession de saint Charbel Makhlouf. Issa lui avait apporté une petite fiole d'huile associée au saint et l'avait encouragée à prier pour son intercession et à oindre sa plaie avec cette huile.

    L'usage de l'huile bénite est une pratique ancienne et répandue dans la tradition chrétienne orientale. À l'occasion de la fondation de saint Charbel, cette coutume ancestrale est encore vivante. Les moines du monastère Saint-Maron d'Annaya continuent de bénir l'huile avec les reliques du saint et de la distribuer aux fidèles qui implorent son intercession pour obtenir guérison et grâces.

    Walker a déclaré avoir prié et appliqué de l'huile sur la plaie, après quoi celle-ci a complètement guéri. Elle a indiqué être rétablie et n'avoir plus besoin de l'opération chirurgicale prévue. Elle a affirmé croire que la guérison était due à l'intercession de saint Charbel et a exprimé sa gratitude envers le saint et Issa pour ce qu'elle a décrit comme un événement qui a changé sa vie.

    La guérison a été officiellement enregistrée le 17 janvier.

    Une guérison sans explication médicale au Liban

    Le deuxième miracle rapporté de l'année a été raconté par Racha Charbel (sans lien de parenté connu avec saint Charbel), née en 1987 à Jezzine, une ville de montagne du sud du Liban.

    Racha a été admise à l'hôpital le 1er octobre 2025 suite à de fortes douleurs dorsales. Une IRM réalisée sous la supervision de son médecin traitant, le Dr Christian Atiya, spécialiste en neurochirurgie et chirurgie vasculaire, a révélé une tumeur sur la colonne vertébrale, identifiée comme un méningiome, mesurant 2,3 centimètres de long et 0,3 centimètre d'épaisseur.

    Selon son médecin, la tumeur ne répondait pas aux médicaments, présentait un risque pour les nerfs et les vaisseaux sanguins de la colonne vertébrale et ne pouvait être traitée que par ablation chirurgicale. Une IRM de contrôle a été programmée trois mois plus tard pour surveiller son évolution, et une date d'hospitalisation provisoire a été fixée au 7 janvier 2026, au cas où une intervention chirurgicale serait nécessaire.

    Racha a rapporté que dans la nuit du 6 janvier, une image de saint Charbel était accrochée au-dessus de son lit. Elle a dit avoir posé la main sur l'image et avoir demandé la guérison avant de s'endormir.

    Le matin du 7 janvier, elle est retournée à l'hôpital pour passer une nouvelle IRM. On l'a informée que l'examen durerait environ 45 minutes, voire plus si nécessaire. L'examen a duré une vingtaine de minutes et a révélé une nouvelle inattendue : la tumeur avait complètement disparu.

    Selon Racha, son médecin lui a dit qu'il n'y avait aucune explication médicale à cette disparition et qu'une telle tumeur ne pouvait pas disparaître sans intervention chirurgicale.

    Le 17 janvier, Racha Charbel s'est rendue au monastère Saint-Maron d'Annaya pour y faire part de sa guérison et remettre les rapports médicaux correspondants. Elle a déclaré par la suite que cette expérience avait marqué un tournant dans sa vie et renforcé sa foi.

    Un saint et un fleuve de miséricorde

    Ce saint libanais, prêtre et moine ermite de rite maronite, était largement connu pour les intercessions qui lui étaient attribuées par les catholiques, les musulmans et les adeptes d'autres religions comme les druzes.

    Saint Charbel est décédé le 24 décembre 1898. Il a été béatifié par le pape Paul VI le 5 décembre 1965 et canonisé par le même pontife le 9 octobre 1977.

    En décembre 2025, le pape Léon XIV est devenu le premier pape à visiter le tombeau de saint Charbel lors de son voyage au Liban.

    Au cours de sa visite, le pape a décrit l'intercession de la sainte comme « un fleuve de miséricorde », rappelant notamment le pèlerinage mensuel qui a lieu le 22 de chaque mois en mémoire d'un miracle accordé à une femme nommée Nouhad El Chami — une dévotion qui continue d'attirer des milliers de pèlerins.

    Cet article a été initialement publié par ACI MENA, le service frère arabophone d'EWTN News. Il a été traduit et adapté par EWTN News English.

    Romy Haber est une journaliste et chercheuse libanaise, diplômée en journalisme et titulaire d'un master en sécurité internationale, spécialisée dans les questions relatives aux minorités au Moyen-Orient. Voir sa biographie complète.
  • Amérique Latine : pas d'"effet François"; que du contraire

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    De kath.net/news :

    Aucun effet François en Amérique latine, pas même en Argentine

    28 janvier 2026

    Un constat préoccupant : durant le pontificat du pape François, le nombre d’Argentins se déclarant « catholiques » a diminué de 13 %. Les statistiques du Pew Research Center font état de tendances similaires dans d’autres pays d’Amérique latine.

    Vatican-Buenos Aires (kath.net) Le pontificat du pape François, premier pape latino-américain et ancien archevêque de Buenos Aires (Argentine), n'a même pas démontré un « succès » statistiquement mesurable dans son pays d'origine ; au contraire : au moment de son intronisation, selon les enquêtes du « Pew Research Center », 71 % des Argentins s'identifiaient comme catholiques, tandis qu'en 2024 (la dernière année complète avant sa mort le 21 avril 2025), ce chiffre était tombé à 58 %, soit une baisse de 13 points de pourcentage.

    D'autres pays d'Amérique latine affichent des chiffres encore plus mauvais dans certains cas (selon le Pew Research Center, cité dans le blog Rorate Caeli) : 
    Brésil : -15 % (de 61 % à 46 %) ;
    Chili : -18 % (de 64 % à 46 %) ;
    Colombie : -19 % (de 79 % à 60 %) ;
    Mexique : -14 % (de 81 % à 60 %).

    À l'inverse, le Pérou se distingue de manière très positive : ce pays andin a connu le plus faible recul, de « seulement » 9 % (de 76 % à 67 %), et affiche désormais le pourcentage le plus élevé de catholiques parmi les pays répertoriés. Le Pérou fournit même un pape au président Léon XIV, un fait totalement imprévisible en 2024.

    L'examen des autres chiffres cités par Rorate Caeli, provenant du Pew Research Center, révèle que la croyance en une divinité – quelle que soit sa conception – demeure une évidence dans les pays d'Amérique latine mentionnés. En Argentine, 90 % de la population croit en Dieu, et au Pérou, ce chiffre atteint 97 %. Le terme « Dieu » est ici employé au sens large, englobant toutes les croyances religieuses, des conceptions chrétiennes et des Témoins de Jéhovah à l'hindouisme, l'islam, le judaïsme, les cultes afro-brésiliens et autres, ainsi que les traditions indigènes. 

    L'exode des fidèles catholiques ne semble pas viser principalement les pentecôtistes et les évangéliques, même si cette préoccupation est parfois exprimée. D'après les données disponibles, ces groupes n'ont connu qu'une faible croissance sous le pontificat du pape François ; par exemple, 0 % en Argentine. Le Brésil semble avoir enregistré la plus forte croissance, avec une augmentation globale de seulement 3 % du nombre de chrétiens évangéliques. Selon les données disponibles, l'exode des fidèles catholiques semble se produire surtout parmi les personnes sans affiliation religieuse.