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Christianisme - Page 97

  • "Le sang des Congolais continue de couler" (cardinal Ambongo)

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    De Vatican News

    Cardinal Ambongo: le sang des Congolais continue à couler

    Près de 150 personnes sont mortes depuis début juin, dans l'Est de la RDC, dans des tueries attribuées au groupe armé ADF, affilié à l'organisation Etat islamique. Pour le Cardinal Fridolin Ambongo, il est déplorable et incompréhensible que le sang de Congolais continue à couler dans l’indifférence de la Communauté internationale. Les chrétiens qui y sont tombés sont des «martyrs», estime-t-il, en faisant le lien avec la béatification de quatre missionnaires en août prochain à Uvira.

    Entretien réalisé par Stanislas Kambashi, SJ – Cité du Vatican

    42 personnes sont mortes au cours d'un massacre commis dans la nuit du 12 au 13 juin dans le territoire de Lubero, faisant passer à près de 150 le nombre des personnes tuées dans la province du Nord-Kivu depuis début juin, selon des autorités locales et la société civile. Lors de l’Angélus du dimanche 16 juin, le Pape François a déploré «les combats et les massacres» de civils dans de ce pays, dont «de nombreux chrétiens» qu'il a qualifiés de «martyrs» de la foi. L’Union Africaine a également condamné ces tueries. Pour le Cardinal Fridolin Ambongo, cette situation est déplorable et incompréhensible. L’archevêque de Kinshasa fustige l’indifférence de la Communauté internationale qui ne s’émeut pas des souffrances du peuple congolais. Il pointe également du doigt certains pays voisins de son pays, la RDC.

    Nous vous proposons l’intégralité de l’entretien qu’il a accordé à Radio Vatican - Vatican News.

    Suivre le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa (RD Congo)

    L’Eglise de la RD Congo se prépare à célébrer un grand événement au mois d’août, la béatification de quatre missionnaires. Et le Pape François vous a délégué pour le représenter à cette cérémonie. Qu’est-ce que cet événement représente pour l’Eglise congolaise?

    Au mois d'août prochain, il y aura un grand événement pour notre église nationale, la béatification des quatre martyrs d'Uvira. Nous savons que parmi ces quatre martyrs, certains ont été massacrés à Baraka et d'autres à Fizi. Mais dans le contexte actuel, vu le problème d'accessibilité, le problème de sécurité, les autorités ont décidé que la cérémonie se passe au siège du diocèse à Uvira. Je remercie le Saint-Père, le pape François, qui m'a fait confiance en me désignant comme son représentant pour un événement aussi important pour la vie de notre Église. Cet événement, qui s'est passé en 1964, la même année du martyre de la Bienheureuse Anuarite, nous donne vraiment à réfléchir. Nous avions cru que le sang des martyrs de 1964 allait aider le Congo à évoluer vers un avenir meilleur. Malheureusement, nous constatons 60 ans après que le sang du peuple congolais continue à couler et que de nouveaux martyrs continuent à tomber dans notre pays.

    Récemment, il y a eu des massacres toujours à l'Est de votre pays. Selon des témoignages, des chrétiens qui ont été tués pour leur foi par un groupe appartenant à l'État islamique. Comment se fait-il que dans un pays à majorité chrétienne, on puisse tuer des chrétiens par une petite minorité d'une autre religion?

    Cette situation qui a révolté la conscience de l'humanité, particulièrement la conscience chrétienne, nous laisse pratiquement sans voix. Et l'image qui a circulé de la tuerie de ces jeunes dans une brousse, je crois, du côté de l'Ituri, révolte profondément, d'autant plus que notre pays, le Congo, est un pays où il y a plus de 90 % des chrétiens et qu'une petite minorité d'islamistes se permettent de massacrer des Congolais, qui filme l'événement et balance sur les réseaux sociaux, c'est tout simplement incompréhensible ce qui s'est passé pour nous. Si nous faisons la relecture avec ce qui s'est passé il y a 60 ans à Uvira, mais aussi dans d'autres diocèses comme le diocèse de Bondo, où des missionnaires ont été massacrés, à Buta où des missionnaires ont été massacrés, on se dit que ces gens sont de nouveaux martyrs et nous devrons penser à promouvoir leur cause pour qu'ils soient présentés comme de nouveaux témoins de la foi des gens qui ont versé leur sang pour la foi en Jésus-Christ.

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  • "Tout est un cadeau" : Les leçons de Chiara Corbella sur la souffrance

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    De Joseph Pronechen sur le NCR :

    "Tout est un cadeau" : Les leçons de Chiara Corbella sur la souffrance

    Humainement, nous ne pouvons rien faire d'autre que de prier et de demander à Dieu la force de vivre cette épreuve en toute sainteté".

    Pope Benedict XVI greets Chiara Corbella with her family in Vatican Square after the General Audience.
    Le pape Benoît XVI salue Chiara Corbella et sa famille sur la place du Vatican après l'audience générale. (photo : Vatican Media / chiaracorbellapetrillo.org)
     
    20 juin 2024

    Une autre cause de sainteté pour une jeune personne progresse rapidement. Le 21 juin, la phase diocésaine de la cause de la Servante de Dieu Chiara Corbella, Petrillo, décédée en 2012, sera officiellement clôturée dans le diocèse de Rome.

    Après avoir donné naissance à un fils puis à une fille, qui n'ont vécu que 30 minutes et ont été baptisés pendant cette période, Chiara et son mari, Enrico, sont devenus les parents de Francesco. Pendant cette période, Chiara a terriblement souffert d'une tumeur cancéreuse qui s'est propagée et qui lui a causé de grandes douleurs et d'intenses souffrances. 

    Pourtant, elle a été un modèle d'amour pour tous au cours de ses épreuves. 

    Elle est décédée le 13 juin 2012, à l'âge de 28 ans. Le cardinal Agostino Vallini a célébré sa messe de funérailles et l'a appelée "la deuxième Gianna Beretta", en référence à sainte Gianna Molla.

    Voici quelques-uns de ses écrits sincères sur la souffrance, glanés sur ChiaraCorbellaPetrillo.org et surtout sur Chiara Corbella Petrillo : A Witness to Joy de Charlotte Fasi, de Sophia Institute Press.

    Dans ses notes, elle écrit

    Aimer une personne signifie
    accepter de ne pas comprendre
    tout d'elle,
    être prêt à être changé et à souffrir,
    renoncer à quelque chose pour elle

    Dans l'écoute de Dieu, il faut
    accepter de ne pas comprendre,
    être disposé à souffrir, à renoncer au mal, c'est-à-dire à choisir [le bien].
    le mal, c'est-à-dire choisir [le bien]

    Aimer une personne signifie :
    accepter de ne pas comprendre
    tout ce qui la concerne,
    être prêt à être changé et à souffrir,
    renoncer à quelque chose pour elle

    Communicante quotidienne, Chiara a affronté sa souffrance sans craindre sa tumeur, notant : "Humainement, nous ne pouvons rien faire d'autre que de prier et de demander à Dieu la force de vivre cette épreuve en toute sainteté."

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  • Deux prêtres tués en haine de la foi en Albanie seront béatifiés

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    De Vatican News (Tiziana Campisi) :

    Deux prêtres tués en haine de la foi en Albanie seront béatifiés

    Au cours de l'audience accordée ce 20 juin au matin au cardinal Semeraro, préfet du dicastère pour les Causes des saints, le Pape a autorisé la promulgation des décrets concernant le martyre du père Luigi Palić, de l'Ordre des frères mineurs, et du père Gjon Gazulli, ainsi que ceux sur les vertus héroïques de trois religieux et d'une laïque appartenant à un institut séculier.

    Deux prêtres tués en haine de la foi en Albanie au siècle dernier et donc martyrs seront béatifiés: le père Louis Palić, de l'Ordre des frères mineurs, qui a été arrêté, battu, torturé puis assassiné en 1913 par des soldats monténégrins pour s'être opposé aux exactions perpétrées sur la population et à la campagne de conversions forcées à l'orthodoxie à laquelle les catholiques et les musulmans monténégrins ont été contraints, et le Père Gjon Gazulli, prêtre diocésain, condamné sur la base de fausses accusations et pendu en 1927 parce que ses activités étaient considérées par le gouvernement comme un obstacle à la réalisation du plan pour l'unité de la population, qu'il voulait, à des fins politiques, libérer de toute appartenance confessionnelle.

    Au cours de l'audience accordée ce matin au cardinal Marcello Semeraro, préfet du dicastère pour les Causes des saints, le Pape François a autorisé la promulgation des décrets reconnaissant leur martyre et ceux concernant les vertus héroïques de quatre serviteurs de Dieu: Isaia Columbro, frère mineur ; Maria Costanza Zauli, fondatrice des Servantes adoratrices du Très saint Sacrement (Ancelle Adoratrici del Santissimo Sacramento) ; Ascensión Sacramento Sánchez Sánchez, de l'Institut séculier Cruzada Evangélica ; Vincenza Guilarte Alonso, religieuse de la Congrégation des Filles de Jésus. Elles sont aujourd'hui vénérables. Nous vous proposons un bref portraits de ces hommes et femmes.

    Un religieux fidèle à sa mission

    Louis Palić, est né à Janjevo, au Kosovo, le 20 février 1877. Il grandit dans un milieu très religieux, à tel point que deux de ses frères choisissent également de se consacrer à Dieu. Il demande à être admis dans l'Ordre des Frères Mineurs à Cortemaggiore, en Italie, et est ordonné prêtre en 1901. Envoyé pour exercer son ministère dans la mission albanaise, il est nommé en 1907 recteur du couvent franciscain de Gjakova et, en 1912, il devient collaborateur de la paroisse de Peje, un territoire qui, après la première guerre des Balkans, avait été occupé par les Monténégrins, alliés des Serbes, qui avaient lancé une politique très répressive à l'encontre de la population albanaise, contraignant catholiques et musulmans à des conversions forcées à l'orthodoxie. Le père Palić prend la défense des uns et des autres et les exhorte à rester fidèles à leurs croyances. Conscient des dangers qu'il encourt, il reste à son poste et continue d'exercer son ministère par fidélité à sa mission. Les autorités monténégrines ordonnent son arrestation le 4 mars 1913. Emmené en prison, le frère mineur est battu et torturé, et le 7 mars, avant même son procès, dépouillé de son habit religieux, les soldats le tuent.

    Un prêtre courageux

    Gjon Gazulli est originaire d'un petit village près de Shkodra, Dajç de Zadrima, en Albanie. Né le 26 mars 1893, il devient prêtre en 1919. Curé à Gjader, à Qelez di Puka et à Koman, il réussit partout à se faire aimer de la population en lui apportant aide et encouragement. Il crée une école paroissiale pour l'enseignement de la religion catholique, mais est tenu à l'œil par le gouvernement pour avoir prétendument entravé l'éducation commune des musulmans et des chrétiens. Détesté par les autorités politiques pour la forte influence qu'il exerçait sur la population locale et les autres curés au niveau moral et religieux, alors que de nombreux prêtres quittaient l'Albanie, soumis au régime instauré par le président de la République Ahmet Zogu, le père Gazulli resta parmi les siens. Arrêté le 28 décembre 1926 et soumis à un simulacre de procès, il fut condamné sur de fausses accusations et pendu sur la place de Shkodra le 5 mars 1927.

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  • Sous la basilique Saint-Pierre de Rome repose l’Apôtre Pierre

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    De Maria Milvia Morciano et Jean-Benoît Harel sur Vatican News :

    «Pierre est ici»: comment les ossements de l'Apôtre ont été identifiés

    Sous la basilique Saint-Pierre de Rome repose l’Apôtre Pierre. Cette vérité n’a été prouvée que tardivement, au milieu du XXe siècle, après les fouilles lancées par le Pape Pie XII. Une découverte sensationnelle, qui est venue sublimer presque deux millénaires d’une tradition de prière et de dévotion.

    Du sommet de la coupole, à plus de 133 mètres, jusqu’à l’endroit où reposent les restes de saint Pierre, à quelques mètres sous le sol de l’actuelle basilique, se devine un fil invisible qui retrace des siècles d'histoire. Aujourd’hui visitable, la tombe de saint Pierre n’a pourtant été redécouverte qu’il y a quelques dizaines d’années.

    À sa mort en 1939, Pie XI demande à être enterré près de la tombe de saint Pierre. Un an plus tard, Pie XII, son successeur ose alors lancer des fouilles inédites sur le lieu supposé de la tombe de saint Pierre, presque 1900 ans après son martyre. 

    Crucifié dans le cirque de Néron, sur la rive droite du Tibre à Rome, l’apôtre Pierre est enterré non loin, sur la colline avoisinante faisant office de nécropole, au milieu de nombreux anonymes. Aucun signe n’a été conservé dans les archives de l’Empire romain concernant cet insignifiant pécheur galiléen. Mais les chrétiens ont gardé la trace de ce lieu hautement sacré, lieu de pélerinage depuis presque deux millénaires.

    Le Pape François en prière devant la tombe de saint Pierre, au début de son pontificat.

    Le Pape François en prière devant la tombe de saint Pierre, au début de son pontificat.

    Le triomphe de Gaïus

    Signalé d’abord par un simple édicule, forme de petite chapelle, appelé le triomphe de Gaïus, la tombe de l’Apôtre s’est vue honorée par différents autels dans la basilique constantinienne, puis celui actuel, commandé par Clément VIII en 1549, à l’ombre du baldaquin du Bernin.

    Le triomphe de Gaïus.

    Toutefois seule la transmission orale prouvait la réalité de la tombe de saint Pierre, jusqu’aux fouilles des années 1940, compliquées par la Seconde Guerre mondiale, et surtout jusqu'à l’annonce retentissante de Pie XII lors du message radiophonique de Noël du 23 décembre 1950, à la fin de l'Année Sainte: «la tombe du Prince des Apôtres a été retrouvée». Mais, le Pape poursuit en expliquant qu’il est impossible d’affirmer que les ossements retrouvés parmi tant d’autres dans cette nécropole du premier siècle ont appartenu à saint Pierre.

    La découverte des ossements

    En 1952, l’archéologue et épigraphiste florentine Margherita Guarducci prend la direction des fouilles et va faire une découverte extraordinaire. Spécialiste des inscriptions réalisées de main d’homme, elle travaille sur les nombreux graffiti retrouvés sur les murs du triomphe de Gaïus. Ces inscriptions témoignent de l'activité dévotionnelle et de tout un mouvement des premiers fidèles de la communauté de Rome qui se sont rendus près de cet édicule, pour honorer la mémoire du premier pape.

    Margherita Guarducci se met au travail et déchiffre les différents graffiti parmi lesquels, «Petros eni», c'est-à-dire en grec «Pierre est ici». Près de cette inscription, elle retrouve une boîte précieusement décorée de porphyre insérée dans un trou creusé dans un mur du triomphe de Gaïus. Les ossements contenus dans cette boîte sont ensuite analysés et correspondent à un homme d’une soixantaine d’année et perclus d’arthrose, la maladie des pêcheurs. Saint Pierre est retrouvé. 

    Saint Pierre retrouvé

    Pour Fiocchi Nicolai, professeur de topographie des cimetières chrétiens à l'Institut pontifical d'archéologie chrétienne, «lorsque la capsule constantinienne a été créée, on aurait pris ce qui restait des ossements de Pierre dans la fosse du tombeau et on les aurait placés dans la boîte murale pour les sauvegarder pour l'éternité».

    Une découverte corroborée par les textes les plus anciens, comme celui d’Eusèbe de Césarée au IVe siècle, qui dans ses Historiae ecclesiasticae (II 25, 5-7) fait parler un certain Gaïus, qui assure qu’il peut montrer les tombeaux des apôtres Pierre et Paul, respectivement au Vatican et sur le chemin d’Ostie.

    Lors de l'audience générale du 26 juin 1968, le Pape Paul VI, rappelant les enquêtes et les études passées, tout en précisant que «les recherches, les vérifications, les discussions et les controverses ne s'épuiseront pas avec cela», a fait une «heureuse annonce»: «il nous faut être d'autant plus prompts dans notre joie que nous avons toute raison de croire que l'on a retrouvé les restes mortels -réduits mais sacro-saints- du Prince des Apôtres, de Simon fils de Jonas, du pêcheur appelé Pierre par le Christ, de celui qui fut choisi par le Christ comme fondement de l'Église, à qui le Seigneur a confié les clefs de son royaume, avec la mission de paître et de réunir son troupeau, l'humanité rachetée, jusqu'à son retour final et glorieux».

    Depuis les années 1980, les fouilles de la basilique Saint-Pierre sont accessibles au public, proposant aux fidèles un véritable pélerinage au plus près des origines de l'Église. 

  • "L’Europe doit repartir du christianisme et des valeurs conservatrices." (cardinal G. Müller)

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    De Luca Maurelli sur Il Secolo d'Italia :

    L'interview. Cardinal Müller : « L’Europe doit repartir du christianisme et des valeurs conservatrices. En Pologne, la dérive laïque"

    18 juin 2024

    Dans la pièce il y a lui, Gerhard Ludwig Müller, sur le meuble une photo de son frère décédé dans un accident souriant dans un cadre avec des petits coeurs roses qui semblent avoir été dessinés par un enfant, devant lui le Cardinal a un un verre d'eau au citron avec lequel il digère un certain mécontentement causé par le pape Bergoglio, derrière lui une échelle avec laquelle il cherche des livres sur les étagères alors que même ses six pieds de hauteur ne suffisent pas pour atteindre le but. Au-dessus, tout autour et en lui plane l'esprit de Joseph Aloisius Ratzinger, le maître spirituel, qui a vécu pendant 24 ans dans cette maison juste à l'extérieur du Vatican et qui, sur ce bureau, respire le même air que lui et appuie ses coudes sur ce même bois où il il écrivit ses encycliques Deus caritas est , Spe salvi, Caritas in veritate, rochers de la pensée chrétienne.

    « Sept ans après être devenu pape, Ratzinger a voulu me confier sa maison, restée vide pendant sept ans. Il m'a dit qu'il attendait la personne la plus appropriée. C'est lui-même qui me l'a montré, en m'accompagnant à travers les chambres", dit Son Eminence, trahissant une émotion qu'il a du mal à admettre mais qui se lit sur le visage sévère qui se fond dans des sourires soudains, comme un vrai Allemand, né en 1947. "Je sens sa présence, ici, je sens sa protection, je me déplace là où il a écrit des choses importantes et j'aime penser qu'il m'a jugé apte à prendre sa maison...".

    En s'exprimant, le cardinal Müller laisse voir de nouveau son côté émotif et nostalgique et les accueille, cette fois, avec le sourire. Lui, ancien évêque de Ratisbonne, préfet émérite de la Congrégation pour la doctrine de la foi, membre du Tribunal suprême de la Signature et du Tribunal suprême de la Signature apostolique, auteur de 40 livres et de 800 autres publications scientifiques sur la théologie et la philosophie, est peut-être aujourd'hui le cardinal le plus « conservateur » du Consistoire, dans le sillage de Ratzinger, mais attention à ne pas assimiler cette définition à une quelconque idée de vieux, dépassé, obsolète. « L'anthropologie, qui est aussi l'origine de la morale, n'a rien à voir avec le temps, avec les conservateurs ou les progressistes, la morale catholique a à voir avec la nature qui ne se mesure ni à l'ancien ni au moderne… », explique-t-il en feuilletant un livre sur le Pape. Benoît XVI par le sénateur Pedrizzi, avec qui il passe du temps à discuter d'anecdotes sur ce Pontife si peu explorées par les médias officiels.

    Dans cette maison, on s'exprime aujourd'hui plus en polonais qu'en allemand, et moins en italien que jamais, mais aussi beaucoup en latin. Le secrétaire particulier du cardinal Müller est un théologien très connu, professeur à Cracovie, Don Slawek, ses sœurs assistantes sont également polonaises, ce qui n'est pas surprenant, étant donné que le cardinal consacre des voyages et des réflexions à cette même nation, malheureusement très inquiète. Son regard sur le monde, sur l'Europe qui oublie ses valeurs, sur les guerres dont certains ont du mal à identifier les méchants, sur les droits individuels imposés et non justifiés par la morale, qui menacent l'existence même de la société, son regard part précisément de l'endroit où là où tout a commencé, avec Jean-Paul II, le lieu où le Pontife a réécrit l'histoire qui risque aujourd'hui de reculer et qui connaît aujourd'hui aussi la menace de l'invasion russe ainsi que du socialiste Tusk .

    "Poutine peut envahir la Pologne à tout moment, il est une menace pour tout le monde, il faut défendre l'Ukraine à tout prix, rien à voir avec des drapeaux blancs...", s'alarme le cardinal allemand.

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  • Qu'est-ce que l'idéologie et quel est son rapport avec le catholicisme ?

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    De David G. Bonagura, Jr. sur le Catholic World Report :

    Le catholicisme et la vérité sur l'idéologie

    Comment le terme "idéologie" peut-il être si malléable que n'importe qui peut en affubler son adversaire ? Qu'est-ce que l'idéologie et quel est son rapport avec le catholicisme ? Le catholicisme est-il lui-même une idéologie ?

    18 juin 2024

    "L'idéologie est le terme fétiche de l'argumentation intellectuelle. Les partisans des guerres culturelles et ecclésiales s'accordent sur un point : la position adverse - mais jamais la sienne - est toujours une idéologie. "Idéologie républicaine". "Idéologie démocrate". "L'idéologie du pape Benoît". "L'idéologie du pape François". La liste pourrait s'allonger à l'infini - même le kicker de la NFL Harrison Butker a été accusé de débiter de l'idéologie dans son désormais célèbre discours de rentrée du Benedictine College.

    Comment le terme "idéologie" peut-il être si malléable que n'importe qui peut en affubler son adversaire ? Qu'est-ce que l'"idéologie" et quel est son rapport avec le catholicisme ? Le catholicisme est-il lui-même une idéologie ?

    Tout d'abord, idéologie n'est pas synonyme d'"opinion", qui est une idée singulière évaluant un événement ou une personne. Elle n'est pas non plus synonyme de "vision du monde", comme je l'ai entendu dire par des jeunes ; une vision du monde est plus proche d'une disposition ou d'un point de vue, qu'il soit optimiste, conservateur ou passif, pour n'en citer que quelques-uns. Il n'est pas non plus équivalent à "principe", qui est un principe fondamental d'action dérivé de la nature ou de l'expérience. Le premier principe de la loi naturelle, par exemple, est de faire le bien et d'éviter le mal. Les synonymes de principe comprennent "précepte", "règle" et "vérité".

    La définition de l'idéologie donnée par l'Oxford English Dictionary en 1989 est tout à fait pertinente :

    Un système systématique d'idées, généralement lié à la politique ou à la société, ou à la conduite d'une classe ou d'un groupe, et considéré comme justifiant des actions, en particulier un système implicite ou adopté comme un tout et maintenu quel que soit le cours des événements.

    Alors que les principes sont dérivés du monde, une idéologie est un ensemble harmonisé d'idées, extraites de théories et rassemblées en un système, qui cherche à diriger le monde selon sa vision. Le fait que l'idéologie soit "maintenue indépendamment du cours des événements" est un point critique : elle impose au monde une manière préconçue d'être et d'agir et plie le monde pour qu'il s'y adapte. Elle inverse l'ordre de la connaissance, où la vérité suit l'être, c'est-à-dire que la vérité est la connaissance conforme à la réalité du monde.

    Le communisme offre l'exemple le plus notoire de l'idéologie en tant qu'abstraction rassemblée dans une théorie ou un système auquel le monde est forcé de se conformer. Il soutient que les êtres humains sont principalement motivés par les forces matérielles, c'est-à-dire les forces physiques. Tous les autres motifs, y compris les motifs surnaturels, ne sont pas pertinents pour construire une société. L'État exploite plus efficacement les motivations matérielles lorsque tous les biens sont détenus en commun. Pour forcer le monde à se conformer à ces idées, les travailleurs doivent se révolter contre leurs oppresseurs capitalistes afin d'inaugurer une société juste.

    Les dictatures brutales de la Chine, de l'URSS et de Cuba ont toutes détruit leurs pays respectifs en obligeant leurs peuples à vivre selon les idées communistes. La politique de l'enfant unique, l'interdiction du culte religieux et le contrôle de tous les moyens de production économique découlent de l'idéologie communiste, qui fait du matérialisme son summum bonum. Avec le temps, toutes ces pratiques ont échoué, mais, conformément à la définition de l'OED, les idéologues communistes maintiennent leurs positions malgré les preuves flagrantes du contraire. L'idéologie est donc synonyme de "dogme" et de "credo". Ces dictatures communistes ont à la fois imposé un mode de vie contre nature et écrasé la dissidence de son orthodoxie par le bannissement ou la mort.

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  • En Slovaquie : communisme, consumérisme et évangélisation de ceux qui cherchent

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    D'Edgar Beltran sur The Pillar :

    En Slovaquie : communisme, consumérisme et évangélisation des "chercheurs".

    18 juin 2024

    Pour beaucoup de gens, la Slovaquie n'est pas la première nation qui leur vient à l'esprit lorsqu'ils pensent aux pays catholiques d'Europe. Ils pensent peut-être d'abord à l'Italie, où se trouve la Cité du Vatican, au Portugal, où est apparue Notre-Dame de Fatima, ou à la Pologne, où a grandi le pape saint Jean-Paul II.

    Mais la Slovaquie, petite nation d'Europe centrale, s'enorgueillit d'une profonde tradition catholique, qui s'est maintenue même pendant les décennies de communisme du XXe siècle.

    La figure catholique la plus connue en Slovaquie aujourd'hui est sans doute l'évêque Jozef Hal'Ko, 60 ans, évêque auxiliaire de Bratislava, la capitale du pays.

    La défense publique de la foi catholique et l'activité de Mgr Hal'ko sur les médias sociaux ont fait de lui une personnalité bien connue dans son pays.

    La principale activité de l'évêque sur les médias sociaux est sa série Na minútku - "Une minute" - dans laquelle l'évêque prêche brièvement sur l'Évangile de chaque dimanche.

    L'évêque Hal'Ko a parlé avec The Pillar de ses activités pastorales, de la sécularisation en Europe et de la mission d'évangélisation.

    Cet entretien a été édité pour des raisons de longueur et de clarté.

    Pour beaucoup de gens, la Slovaquie n'est pas un pays très connu. Pourriez-vous d'abord nous donner un aperçu général de l'Église catholique en Slovaquie ?

    Pendant 50 ans, l'Église catholique a vécu sous la domination du communisme en Slovaquie ; cela ne fait que 25 ans que nous nous sommes libérés de ce régime. La Slovaquie est un pays majoritairement catholique - 62 % de la population est catholique.

    Le pays compte de nombreuses écoles catholiques et une université catholique, ainsi que de nombreuses aumôneries dans des universités non catholiques. Nous essayons toujours d'atteindre ceux qui sont plus éloignés de l'Église.

    Nous avons des cours d'éducation religieuse dans les écoles afin que les enfants puissent être préparés à recevoir la première communion et la confirmation dans les écoles.

    Actuellement, la conférence épiscopale de Slovaquie compte 17 évêques et environ 2 000 prêtres officient dans le pays.

    L'Église catholique comprend également une minorité de catholiques byzantins.

    Vous êtes récemment rentré de votre visite ad limina avec le pape François, en compagnie des autres évêques slovaques. Quelle est la vision du pape pour l'Église en Slovaquie ?

    Il nous a dit, à nous évêques, une chose très fondamentale : soyez proches.

    Soyez proches de Dieu, soyez proches de vos prêtres et soyez proches les uns des autres.

    Il nous a montré l'image du bon berger. Un bon berger va devant le troupeau pour le conduire, derrière lui pour le protéger et au milieu de lui pour le comprendre. C'est l'image de base de la mission d'un évêque.

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  • Un évêque colombien avertit que la détérioration de la société est enracinée dans l'affaiblissement de la famille

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    D'Eduardo Berdejo sur CNA :

    Un évêque colombien avertit que la détérioration de la société est enracinée dans l'affaiblissement de la famille

    16 juin 2024

    La détérioration de la société est due à des idéologies qui affaiblissent la famille, l'institution à laquelle Dieu a confié la protection de la vie, déclare l'évêque de Cúcuta en Colombie, José Libardo Garcés.

    Dans le dernier éditorial du journal diocésain La Verdad (La Vérité), le prélat invite les chrétiens à réfléchir sur la famille et la vie "pour prendre conscience de l'appel de Dieu à chaque foyer à défendre, protéger et sauvegarder la vie humaine comme fondement essentiel de la formation d'une personne et d'une société basée sur les vertus de l'Évangile, qui a en même temps son fondement dans le sacrement du mariage".

    "Nous constatons que la société se détériore sous de nombreux aspects, et que cette détérioration a pour origine la détérioration de la vie familiale, qui découle de différentes idéologies et façons de concevoir le mariage et la famille, qui ont tourné le dos à Dieu.

    L'évêque de Cúcuta, diocèse limitrophe du Venezuela, a souligné que l'appel constant de Dieu "est de construire la vie du foyer sur le roc solide de Jésus-Christ" et de recevoir de lui la force d'affronter les défis et les tâches de la mission reçue de Dieu de protéger la vie humaine à tous ses stades.

    Mgr Libardo a déclaré que la défense de la vie par l'Église catholique "va à l'encontre des idéologies qui présentent l'avortement, l'euthanasie et d'autres atteintes à la vie et à la dignité de la personne humaine comme la norme comportementale".

    "Face à cela, nous devons renforcer la famille qui protège la vie comme un don gratuit de Dieu.

    "La famille chrétienne devient un roc solide sur lequel la société est construite, a expliqué le prélat, parce qu'elle nous enseigne les relations saines entre le père, la mère, les époux, les enfants et les frères et sœurs, afin que nous puissions sortir dans la société pour créer des relations interpersonnelles saines, fondées sur les valeurs de l'Évangile.

    En ce qui concerne la douleur et l'angoisse qui peuvent être ressenties au sein du foyer, l'évêque a expliqué que "la croix fait partie de la vie humaine et aussi de la vie familiale". C'est pourquoi il a invité les fidèles à apprendre de la Vierge Marie à "être à côté de la croix du Seigneur, parfois dans la douleur, mais en restant là et avec l'espérance en Jésus, qui ne déçoit pas".

    L'évêque a noté que dans son exhortation apostolique Amoris Laetitia, le pape François enseigne que lorsque les familles suivent Jésus, les ruptures peuvent être évitées.

    "Progressivement, avec la grâce de l'Esprit Saint, [les époux] grandissent en sainteté à travers la vie conjugale, en partageant aussi le mystère de la croix du Christ, qui transforme les difficultés et les souffrances en une offrande d'amour", dit l'exhortation du pape.

    Libardo a déclaré que "cet enseignement du pape François est très consolant, car de nombreux mariages et familles rompent leurs relations à la première difficulté ou crise qu'ils rencontrent, oubliant qu'avec la grâce de Dieu reçue dans le sacrement du mariage et renouvelée jour après jour dans l'Eucharistie, ils peuvent persévérer dans la mission qu'ils ont reçue jusqu'à la fin."

    Le prélat a mis en exergue les couples mariés chrétiens qui ont persévéré dans leur amour fidèle, "avec la certitude que le Seigneur est toujours présent chaque jour jusqu'à la fin de leur vie".

    L'évêque a appelé les familles à "trouver quelques minutes chaque jour pour se réunir devant le Seigneur" et à placer "la vie personnelle et familiale sous la protection et l'égide de la Bienheureuse Vierge Marie et du glorieux patriarche saint Joseph, afin qu'ensemble, à la maison, ils puissent faire une profession de foi en proclamant : "Tu es le Christ"".

    Cet article a d'abord été publié par ACI Prensa, le partenaire de CNA pour les nouvelles en langue espagnole. Il a été traduit et adapté par l'AIIC.

    Eduardo Berdejo est diplômé en journalisme de l'Université nationale Mayor de San Marcos (Pérou). Il est membre de l'équipe d'ACI Prensa depuis 2001. Il a couvert les visites du pape François à Cuba, au Mexique, en Colombie et au Pérou. Il est également titulaire d'un diplôme en littérature comparée de l'université de Piura (Pérou) et a suivi le cours complet de correction stylistique de l'école d'édition de Lima (Pérou).

  • Un message eucharistique en Amérique

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    De Kai Blanc sur le Tagespost :

    Un message eucharistique à l'Amérique

    Deux mois dans la chaleur de l'été avec Jésus en valent la peine si l'on considère le sens de l'adoration eucharistique.

    17 juin 2024

    Sans aucun doute, l’une des questions les plus fréquemment posées à nous, missionnaires, lors de notre voyage eucharistique à travers les États-Unis est : « Pourquoi vous faites-vous cela ? Pourquoi - parmi toutes les autres choses que vous pourriez faire cet été - vous portez-vous volontaire pour parcourir le pays chaque jour pendant deux mois, dans la chaleur ? » La réponse est facile : parce que nous passons jusqu'à dix heures par jour avec l' Eucharistie et donc Jésus a permis de s'approcher très près. Et parce que nous avons le privilège d’inviter des centaines, voire des milliers, chaque jour à connaître Jésus d’une toute nouvelle manière.

    Au cours de la troisième semaine du pèlerinage eucharistique, nous traversons principalement des zones rurales. Nous nous sommes arrêtés à Rochester, la ville épiscopale du célèbre YouTuber Robert Barron . Il dirige le diocèse depuis 2022. Nous avons également traversé le Mississippi du Minnesota au Wisconsin. Les trois groupes de pèlerins des autres routes de pèlerinage ont déjà traversé plusieurs États, alors que nous avons passé tout notre temps au Minnesota sur la route du nord. Il était désormais temps pour nous aussi de faire quelque chose de nouveau.

    Beaucoup de gens redécouvrent leur foi

    La procession d'un État à l'autre était une fois de plus à couper le souffle : dans une zone rurale, plus de 3 000 fidèles nous ont rejoint alors que nous priions sur le pont en direction de La Crosse. Au sommet du pont, Mgr Barron a béni le Mississippi, le fleuve à la source duquel nous étions partis trois semaines plus tôt et qui s'élargit sensiblement à mesure que nous nous dirigeons vers le sud. Lorsque nous sommes arrivés du côté du Wisconsin, Mgr Barron a remis le Saint-Sacrement à l'évêque de La Crosse, qui est ensuite entré dans une arène avec des milliers de croyants et a adoré le reste de la journée.

    De telles expériences sont la véritable raison de notre pèlerinage. De nombreuses personnes redécouvrent leur foi, d’autres approfondissent leur relation avec le Christ, excités par la venue de Jésus dans leur ville natale dans le cadre de cette procession historique. Et à chaque procession, un signal clair est envoyé encore et encore : l’Église catholique est vivante ! Et pas seulement cela : il est florissant et envoie le message public à l’Amérique que Jésus nous attend tous !

    Le pèlerinage est un défi spirituel

    L'invitation de Jésus à se rapprocher de lui s'étend également à nous-mêmes, missionnaires. Et cela soulève une autre question qui nous est souvent posée : « Quel est le plus grand défi de ce pèlerinage ? On pourrait supposer que ce sont les exigences physiques, la marche elle-même ? Mais le défi spirituel est encore plus grand que toute blessure au pied ou tout épuisement physique.

    On pourrait penser de manière romantique : dix heures par jour avec le Saint-Sacrement – ​​c’est un rêve absolu, voire paradisiaque ! Mais le fait que Jésus nous invite également à une relation plus étroite avec lui signifie que nous ne sommes pas encore assez proches de lui. Il y a des chantiers, des problèmes et des blessures spirituelles en chacun de nous qui deviennent de plus en plus évidents au cours de ce pèlerinage. Non, Jésus ne veut pas seulement passer la lune de miel si parfaite avec nous. Il veut aussi nous purifier lors de ce pèlerinage. Et c'est parfois difficile.

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  • Le document du Vatican sur l'évêque de Rome semble assez éloigné de la réalité de l'unité des chrétiens aujourd'hui

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    Du Père Raymond J. de Souza sur le NCR :

    Le document du Vatican sur l'évêque de Rome a des allures de tour d'ivoire

    COMMENTAIRE : Les propositions du Dicastère pour la promotion de l'unité des chrétiens semblent assez éloignées de la réalité de l'unité des chrétiens aujourd'hui.

    14 juin 2024

    "L'évêque de Rome", un document d'étude du Dicastère pour la promotion de l'unité des chrétiens (DPCU) sur la primauté papale et l'œcuménisme, combine des rapports détaillés sur les développements théologiques récents avec des propositions qui ignorent les développements ecclésiaux majeurs de ces dernières années.

    Dans son encyclique de 1995, Ut Unum Sint (Pour qu'ils soient un), le pape Jean-Paul II a invité les autres Églises chrétiennes et communautés ecclésiales à repenser la manière dont le ministère pétrinien peut être exercé au service d'une plus grande unité des chrétiens. Il s'agissait d'une invitation audacieuse, mais qui n'a pas suscité de réaction significative de la part des autres dirigeants chrétiens.

    En 2020, à l'occasion du 25e anniversaire de l'encyclique, le dicastère pour la promotion de l'unité des chrétiens a entamé un processus de consultation pluriannuel qui a abouti au document actuel de 43 000 mots. Faute d'obtenir des réponses concrètes de la part d'autres pasteurs chrétiens, le dicastère a décidé de commander ses propres réponses à la guilde théologique.

    Le dicastère décrit ce document comme "le fruit de près de trois ans de travail véritablement œcuménique et synodal" :

    "Il résume quelque 30 réponses à Ut Unum Sint et 50 documents de dialogue œcuménique sur le sujet. Il a impliqué non seulement les fonctionnaires, mais aussi les 46 membres et consulteurs du dicastère qui l'ont discuté lors de deux réunions plénières. Les meilleurs experts catholiques sur le sujet ont été consultés, ainsi que de nombreux experts orthodoxes et protestants, en collaboration avec l'Institut d'études œcuméniques de l'Angelicum".

    Un aperçu des études et des recherches les plus récentes est certainement utile pour ceux qui travaillent dans ce domaine. Il est nécessaire de chercher à comprendre pourquoi l'invitation de Jean-Paul est restée largement lettre morte. Mais les propositions - et ce ne sont que des propositions - du Dicastère pour la promotion de l'unité des chrétiens ont une certaine allure de "tour d'ivoire", assez éloignée de la réalité de l'unité des chrétiens aujourd'hui.

    La synodalité n'est pas une solution

    Le titre complet du document suggère des hypothèses sur la façon dont les choses pourraient être plutôt que sur la façon dont elles sont réellement : "L'évêque de Rome : Primauté et synodalité dans les dialogues œcuméniques et dans les réponses à l'encyclique Ut Unum Sint".

    La synodalité est aujourd'hui à la mode à Rome, mais elle n'a jamais été mentionnée dans l'encyclique Ut Unum Sint. De plus, la synodalité aujourd'hui ne produit pas l'unité mais la division. Les structures synodales existent depuis longtemps, et il n'est donc pas vrai que la synodalité produise toujours des divisions, mais c'est le cas aujourd'hui.

    Le fait que le dicastère pour la promotion de l'unité des chrétiens propose qu'une plus grande synodalité conduise à l'unité des chrétiens ne tient pas compte d'évolutions majeures dans le monde chrétien, qui se sont produites alors même que le dicastère rassemblait ses documents de recherche :

    Les Églises orthodoxes - qui sont gouvernées par des synodes - ne sont plus en communion les unes avec les autres. Moscou, la plus grande Église orthodoxe, a excommunié Constantinople et Kiev.

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  • Peut-on rire de Dieu ?

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    DISCOURS DE SA SAINTETÉ LE PAPE FRANCOIS
    AUX COMEDIENS

    Salle Clémentine
    Vendredi 14 juin 2024

    (source (en anglais) - traduction automatique)

    ________________________________________

    Chers amis, chères amies,

    J'ai le plaisir de vous souhaiter la bienvenue et d'exprimer ma gratitude aux membres du Dicastère pour la culture et l'éducation qui ont organisé cette réunion.

    Je vous tiens en haute estime en tant qu'artistes qui s'expriment à travers le langage de la comédie, de l'humour et de l'ironie. Parmi tous les professionnels qui travaillent à la télévision, au cinéma, au théâtre, dans la presse écrite, dans les chansons et sur les médias sociaux, vous êtes parmi les plus aimés, les plus recherchés et les plus populaires. Certes, c'est parce que vous êtes très bon dans ce que vous faites, mais il y a aussi une autre motivation : vous avez et cultivez le don de faire rire les gens.

    Au milieu de tant de nouvelles sombres, plongés comme nous le sommes dans de nombreuses urgences sociales et même personnelles, vous avez le pouvoir de répandre la paix et les sourires. Vous faites partie des rares personnes qui ont la capacité de s'adresser à tous les types de personnes, de générations et de milieux culturels différents.

    À votre manière, vous fédérez les gens, car le rire est contagieux. Il est plus facile de rire ensemble que seul : la joie nous ouvre au partage et constitue le meilleur antidote à l'égoïsme et à l'individualisme. Le rire permet également de faire tomber les barrières sociales, de créer des liens entre les personnes et d'exprimer ses émotions et ses pensées, contribuant ainsi à la construction d'une culture commune et à la création d'espaces de liberté. Vous nous rappelez que l'homo sapiens est aussi l'homo ludens ! Car le jeu et le rire sont au cœur de la vie humaine, pour s'exprimer, pour apprendre et pour donner un sens aux situations.

    Votre talent est un don précieux. Associé au sourire, il répand la paix dans nos cœurs et parmi les autres, nous aidant à surmonter les difficultés et à faire face au stress quotidien. Il nous aide à trouver le soulagement dans l'ironie et à traverser la vie avec humour. J'aime prier chaque jour avec les mots de Saint Thomas More : "Accorde-moi, Seigneur, un bon sens de l'humour". Je demande cette grâce pour chaque jour, car elle m'aide à aborder les choses avec le bon esprit.

    Vous réussissez également un autre miracle : vous parvenez à faire sourire les gens tout en gérant les problèmes et les événements, petits et grands. Vous dénoncez les abus de pouvoir, vous donnez une voix aux situations oubliées, vous mettez en lumière les abus, vous pointez les comportements inappropriés. Vous le faites sans semer l'alarme ou la terreur, l'anxiété ou la peur, comme d'autres types de communication ont tendance à le faire ; vous incitez les gens à penser de manière critique en les faisant rire et sourire. Vous le faites en racontant des histoires de la vie réelle, en racontant la réalité de votre point de vue unique ; et de cette façon, vous parlez aux gens des problèmes, grands et petits.

    Selon la Bible, au début du monde, alors que tout était créé, la sagesse divine a pratiqué votre forme d'art pour le bénéfice de nul autre que Dieu lui-même, le premier spectateur de l'histoire. Elle est décrite de la manière suivante : "J'étais à ses côtés, comme un maître d'œuvre, et je faisais chaque jour ses délices, me réjouissant sans cesse devant lui, me réjouissant de son monde habité et me réjouissant des fils des hommes" (Prv 8,30-31). Rappelez-vous ceci : lorsque vous parvenez à arracher des sourires complices à un seul spectateur, vous faites aussi sourire Dieu.

    Vous, chers artistes, savez penser et parler avec humour sous différentes formes et dans différents styles ; et dans chaque cas, le langage de l'humour permet de comprendre et de "sentir" la nature humaine. L'humour n'offense pas, n'humilie pas et ne rabaisse pas les gens en fonction de leurs défauts. Alors que la communication d'aujourd'hui génère souvent des conflits, vous savez rapprocher des réalités diverses et parfois contraires. Que de choses à apprendre de vous ! Le rire de l'humour n'est jamais "contre" qui que ce soit, mais il est toujours inclusif, volontaire, suscitant l'ouverture, la sympathie, l'empathie.

    Cela me rappelle l'histoire du livre de la Genèse, lorsque Dieu promet à Abraham qu'il aura un fils dans l'année. Lui et sa femme Sarah étaient âgés et sans enfant. Sarah écoutait et riait intérieurement. Abraham a dû faire de même. Cependant, Sarah a conçu et mis au monde un fils dans sa vieillesse, au moment fixé par Dieu. Sarah dit alors : "Dieu m'a fait rire ; tous ceux qui m'entendront riront de moi" (Gn 21,6). C'est pourquoi ils ont appelé leur fils Isaac, ce qui signifie "il rit".

    Pouvons-nous rire de Dieu ? Bien sûr, nous le pouvons, tout comme nous jouons et plaisantons avec les personnes que nous aimons. La sagesse et la tradition littéraire juives sont passées maîtres en la matière ! Il est possible de le faire sans offenser les sentiments religieux des croyants, en particulier des pauvres.

    Chers amis, que Dieu vous bénisse, vous et votre art. Continuez à remonter le moral des gens, surtout de ceux qui ont le plus de mal à regarder la vie avec espoir. Aidez-nous, avec un sourire, à voir la réalité avec ses contradictions et à rêver d'un monde meilleur ! Avec mes sentiments les plus sincères, je vous bénis et je vous demande, s'il vous plaît, de prier pour moi.

  • "Seule la Révélation sauve, pas le bavardage des grands journaux"

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    Du site de la NBQ :

    Müller : améliorer le monde, c'est bien, mais ce n'est pas le salut

    Persévérer au milieu de la confusion, dans le monde et dans l'Église. "Seule la Révélation sauve, pas le bavardage des grands journaux", affirme le préfet émérite de la doctrine de la foi, interrogé par le rédacteur en chef Riccardo Cascioli.

    15_06_2024

    Persévérer jusqu'à la fin... et regarder vers la fin, qui se trouve au-delà et au-dessus des confusions et des tribulations de ce monde. C'est seulement ainsi que l'on peut ne pas abandonner et aller de l'avant vers le but, qui est la personne de Jésus-Christ. Avec le cardinal Gerhard Ludwig Müller, la nouvelle série des vendredis de la Nuova Bussola Quotidiana entre dans le vif du sujet qui est le leitmotiv de notre campagne estivale de collecte de fonds : persévérer dans la foi - un thème fondamental en ces temps de grande désorientation, a expliqué le directeur Riccardo Cascioli lors de l'ouverture (en rappelant Mt 24, 11-13 : "Il s'élèvera beaucoup de faux prophètes et ils en séduiront beaucoup... l'amour du plus grand nombre se refroidira"). Le cardinal Carlo Caffarra a également noté que "seul un aveugle peut nier qu'il y a une grande confusion dans l'Église", presque élevée au rang de méthode, déclenchant de l'autre côté la tentative de construire une Église sur mesure. "Dans ces oscillations, que signifie persévérer dans la foi ?", a demandé Cascioli au Cardinal Müller.

    "La persévérance est un don", a répondu le cardinal, évoquant le donum perseverantiae de saint Augustin, "parce que nous ne pouvons pas réussir sans la grâce de Dieu" ; autrement, beaucoup, même s'ils ont bien commencé, "quand les problèmes et les tentations arrivent, ils perdent patience ou se sentent abandonnés par les autres croyants, alors qu'il faut toujours se tourner vers Jésus-Christ". Regarder vers Lui nous permet de ne pas céder à la désorientation, car la confusion vient "du diable", d'où proviennent "toutes les contradictions, les tentations et les querelles dans la communauté des fidèles", ainsi que "la façon actuelle de parler selon ce que le monde aime".

    De nombreux conflits dans l'Église tournent aujourd'hui autour de la figure du pape", observe Cascioli, "selon des extrêmes opposés, mais aussi, si l'on veut, selon les deux faces d'une même médaille : d'une part ceux qui disent que "le pape a toujours raison", et d'autre part ceux qui voient qu'il génère des doutes ou des contradictions et pensent qu'alors "il ne peut pas être reconnu comme pape" (parce que même ces derniers pensent en fin de compte qu'il doit toujours avoir raison, et s'il ne peut pas avoir raison, alors il n'est pas pape)". Müller - qui a consacré le volume Il Papa. Ministry and Mission (Cantagalli, Siena 2023) - nous invite à faire la distinction entre la papauté et le pontife individuel, rappelant que Dante Alighieri en a même mis certains en enfer. "Personne, que ce soit le pape ou l'évêque, n'a la garantie de faire tout ce qu'il faut", ils ont eux aussi "besoin de bons collaborateurs, dotés d'une profonde compétence en théologie, en droit canonique", ainsi qu'animés par le désir de "servir l'Eglise et non de se servir eux-mêmes". Même les précédents pontifes n'étaient pas parfaits, chacun ayant sa propre personnalité et ses propres limites.

    Si la désorientation des fidèles est palpable - même face au pontife lui-même qui se contredit, par exemple sur l'admission des candidats homosexuels à la prêtrise, aux divers "oui" puis "non" - où peuvent-ils se tourner pour persévérer ? "La doctrine de l'Eglise est claire", répond le cardinal Müller, qui ajoute que les pasteurs doivent s'exprimer "non pas selon notre bon plaisir, mais selon la nature du sacrement" qui, par exemple, dans le cas du mariage, ne peut se passer de la "correspondance entre l'homme et la femme". Le cardinal évoque également l'époque où "la majorité des évêques a suivi l'hérésie arienne" ou, des siècles plus tard, "en Allemagne et en Angleterre, lors de la Réforme protestante, ils n'ont pas su répondre et résister aux nouvelles erreurs". Il est fondamental que les évêques "n'aient pas intérêt à parler selon l'opinion de la majorité, mais selon la Bible, le catéchisme, le Magistère, les grands théologiens et les pères de l'Église...".

    Le critère décisif est la conformité avec la Révélation : "Seule la Révélation peut nous sauver, et non les ragots ou les gros titres de n'importe quel périodique grand public". Ils étaient peu nombreux à relever le défi posé dans les premiers siècles par les gnostiques, dotés de grands moyens intellectuels, tout comme nous sommes aujourd'hui une minorité face à l'intelligentsia antichrétienne, tout comme l'était la minorité restante dans l'Église au XXe siècle lorsque les grands dictateurs et les faux prophètes faisaient rage, dans l'Allemagne nazie et l'Union soviétique, "mais la vérité nous rendra libres" et le critère "n'est pas que les gens veuillent l'entendre ou non", mais plutôt "la Personne de Jésus-Christ qui a dit : "Je suis le chemin, la vérité et la vie".

    "Celui qui persévère sera sauvé" : Cascioli évoque à nouveau le verset de Matthieu 24,13, soulignant combien il est difficile de comprendre aujourd'hui le salut - but de la persévérance - si l'on réduit le christianisme à "une manière d'améliorer le monde, dans un horizon purement terrestre". "Améliorer le monde est une bonne chose, mais ce n'est pas le salut", répond Müller, car "le salut consiste à surmonter la distance qui existe entre Dieu et nous à cause du péché, qui entraîne la mort. Et pas seulement la mort corporelle, précise-t-il, mais celle qui fait "disparaître le sens profond de notre existence, quand l'intelligence n'atteint pas la vérité, Dieu : mais c'est pour cela que Jésus est venu, pour sauver les hommes". C'est dans cet esprit que nous avons aussi la tâche de "travailler pour la dignité humaine" envers les nécessiteux, en voyant "le Christ en eux" et en ne cherchant pas "le paradis sur terre qui finit ensuite au goulag ou à Auschwitz, nous savons bien que les paradis faits par les hommes sont l'enfer sur terre".

    Il ne faut donc pas "tomber dans un humanisme horizontal, en pensant que les gens ne s'intéressent pas aux sacrements ou à la Parole de Dieu ou à la question fondamentale de Dieu" et se limiter ainsi à travailler pour les migrants ou le climat : "ce sont des tâches de l'Etat ou de la société civile", précise le cardinal, mais "l'Eglise du Christ n'est pas une ONG", elle a été "fondée par Dieu pour le salut éternel", qui est "plus élevé que la santé ou le bien-être dans cette vie limitée". Il ne s'agit pas non plus d'une vision horizontale (et finalement relativiste) de la mission : "Il y a des pasteurs qui soutiennent qu'après tout Dieu est un et que toutes les religions mènent à Dieu", observe Cascioli, "alors la mission serait inutile et l'évangélisation serait condamnée comme du prosélytisme". Pour Müller, cela "est le résultat d'une pensée faible ou d'un manque de foi en Jésus", soulignant que "Jésus a envoyé les apôtres pour continuer sa propre mission, qui vient du Père" et que même ceux qui n'ont pas connu le Christ sont sauvés par lui. Mais nous aussi, si nous sommes chrétiens, "c'est le résultat de la grâce de Dieu" à laquelle nous devons correspondre en témoignant aux autres ; renoncer à la mission "serait de l'égoïsme".