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Débats - Page 273

  • Quand le cardinal Parolin minimise les persécutions subies par les chrétiens en Chine

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    Du National Catholic Register (Bree A. Dail) :

    D'un journaliste catholique chinois en exil : Les croyants chinois ont besoin d'aide !

    En réponse aux récents commentaires du Cardinal Parolin qui semblaient minimiser l'existence de la persécution chrétienne, Dalù déclare que la persécution est en fait un terme trop doux pour la situation actuelle désastreuse en Chine.

    Catholics gather to pray the Rosary including Bishop Ma Daquin of Shanghai.

    Les catholiques se réunissent pour prier le chapelet, y compris l'évêque Ma Daquin de Shanghai.

    Interview

    17 novembre 2020

    Un journaliste, lanceur d'alerte et réfugié politique chinois a critiqué le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État du Vatican, pour ce que l'exilé chinois considère comme une attitude dédaigneuse à l'égard des persécutions actuelles en Chine. Le journaliste chinois Dalù répliquait à une interview du cardinal Parolin accordée au journal italien La Stampa, réalisée quelques jours avant que le Vatican ne renouvelle son accord avec la Chine le mois dernier.

    Dalù s'est adressé au Register le 27 octobre, Journée internationale de la liberté religieuse. Dans cette interview, il a mis en avant la question posée par le journaliste de La Stampa Vatican au cardinal Parolin sur la persécution continue des chrétiens en Chine, malgré l'accord sino-Vatican signé en 2018, auquel le secrétaire d'État du Vatican a répondu : "mais les persécutions, les persécutions ... Il faut utiliser les mots correctement".

    Les paroles du cardinal ont choqué Dalù, qui a reçu le statut de réfugié politique en Italie en 2019 après avoir défié le Parti Communiste Chinois, et l'ont amené à conclure : "Les commentaires du Cardinal Parolin peuvent avoir un sens. Le terme "persécution" n'est pas assez précis ou fort pour décrire la situation actuelle. En fait, les autorités du PCC ont réalisé que la persécution des religions nécessite des méthodes nouvelles et innovantes pour éviter une forte réaction du monde extérieur".

    Originaire de Shanghai, Dalù a été l'un des journalistes les plus populaires des médias chinois avant de réaliser en 1995 un reportage visant à exposer la vérité sur le massacre de la place Tiananmen à ses auditeurs de radio, malgré la tentative du gouvernement chinois de contrôler le récit de l'événement. Dalù s'est converti au catholicisme en 2010, ce qui, selon lui, a renforcé l'hostilité du Parti communiste chinois à son égard. Puis, en 2012, après l'arrestation de l'évêque Ma Daquin du diocèse de Shanghai, Dalù a utilisé les médias sociaux pour demander avec insistance la libération de l'évêque, ce qui a finalement conduit à l'interrogatoire et à la persécution du journaliste.

    Dalù a reçu le statut légal de réfugié politique en Italie en 2019. L'interview suivante a été publiée dans un souci de clarification et d'approfondissement.

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  • Biden va soutenir des politiques contre des valeurs catholiques fondamentales

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    Du National Catholic Register :

    Mgr Gomez : Biden va "soutenir des politiques" contre des valeurs catholiques "fondamentales"

    L'archevêque Jose Gomez (archevêque de Los Angeles depuis  et président de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis depuis 2019) a déclaré mardi aux évêques qu'un futur président Biden, en tant que catholique, présenterait des défis uniques pour l'Eglise aux Etats-Unis, en particulier en ce qui concerne les positions politiques de Biden qui sont en contradiction avec la doctrine catholique.

    17 novembre 2020

    WASHINGTON - Le président de la conférence épiscopale américaine a annoncé la création d'un groupe de travail des évêques pour préparer une présidence de type "Biden".

    L'archevêque Jose Gomez a déclaré mardi aux évêques qu'un futur président Biden, en tant que catholique, présenterait des défis uniques pour l'Eglise aux Etats-Unis, en particulier en ce qui concerne les positions politiques de Biden qui sont en contradiction avec la doctrine catholique.

    "Pour la deuxième fois seulement, nous anticipons une transition vers un président qui professe la foi catholique. Cela présente certaines opportunités mais aussi certains défis", a déclaré l'archevêque Gomez à la fin de l'assemblée générale d'automne de l'USCCB, le 17 novembre.

    L'archevêque a déclaré que les évêques font face à "un moment unique dans l'histoire de l'Église dans ce pays".

    "Le président élu nous a donné des raisons de croire que ses engagements religieux l'amèneront à soutenir certaines bonnes politiques". Cela inclut des politiques de réforme de l'immigration, des réfugiés et des pauvres, et contre le racisme, la peine de mort et le changement climatique".

    "Il nous a également donné des raisons de croire qu'il soutiendra des politiques qui vont à l'encontre de certaines valeurs fondamentales qui nous sont chères en tant que catholiques. Ces politiques comprennent : l'abrogation de l'amendement Hyde et la préservation de l'affaire Roe contre Wade. Ces deux politiques sapent notre priorité absolue, à savoir l'élimination de l'avortement", a déclaré l'archevêque Gomez.

    Biden, ancien vice-président de Barack Obama pendant deux mandats et sénateur de carrière, a maintenu une position sur l'avortement considérée par les démocrates comme modérée pendant la plus grande partie de sa carrière politique. Biden a soutenu l'amendement Hyde, qui interdit que l'argent des impôts fédéraux finance les avortements, tout en soutenant le principe de l'avortement légal.

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  • Covid-19 : a-t-on violé les droits de l'homme dans les maisons de retraite en Belgique

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    Covid-19 : les maisons de retraite belges ont-elles violé les droits de l’homme ?

    Publié le : 18 novembre 2020

    Dans un rapport publié lundi, Amnesty International dénonce une mauvaise gestion de la Covid dans les maisons de repos belges. Selon l’organisation, les autorités belges ont « abandonné » des milliers de personnes âgées, décédées faute d’avoir été conduites à l’hôpital. Le rapport révèle une « succession de manquements », décrits comme des « violations des droits de l’homme ».

    Des mesures de protection trop tardives

    Entre mars et octobre 2020, 61,3 % des décès liés à la Covid en Belgique ont eu lieu dans les maisons de repos, une proportion qu’Amnesty International juge « effarante ». L’organisation estime que les autorités n’ont pas été assez rapides à mettre en place des mesures de protection pour les résidents et le personnel. « Chaque fois qu’un travailleur social venait dans ma chambre pour m’aider à me laver, j’avais peur. Je me demandais si COVID venait avec elle », a raconté après coup Henriette, une résidente.

    Des résidents abandonnés faute de personnel

    Le rapport accuse également les maisons de repos de négligence auprès des personnes âgées. Avec la restriction des visites et le personnel débordé, certains résidents ont été laissés pour compte. « Il était très difficile pour mon mari de manger seul. Avec le temps, il a perdu du poids, a expliqué la femme d’un résident. Quand j’ai interrogé le personnel à ce sujet, un travailleur social m’a dit : ‘Nous ne pouvons pas nourrir tout le monde tous les jours’ ».

    43 % des cas graves n’ont pas été transférés à l’hôpital

    Enfin, le rapport fait état d’une « interprétation préjudiciable des directives de tri ». « Tout le monde a été frappé par les images des hôpitaux italiens et espagnols, explique Vincent Fredericq, secrétaire général de la fédération des maisons de soins Femarbel. Ces situations ont eu un grand impact sur nos décideurs fédéraux, qui ont dit dès le début qu’il était absolument nécessaire d’éviter de surcharger les soins intensifs. Les maisons de retraite ont été reléguées en deuxième ligne et les résidents et le personnel en ont été les victimes ». Contrairement à leurs voisins européens, les hôpitaux belges ont effectivement « résisté à la crise » et les unités de soins intensifs n’ont jamais atteint leur capacité maximale de 2.000 lits.

    Maggie De Block, qui était ministre de la santé pendant les premiers mois de la pandémie réfute ces dernières accusations : « Il n’y a jamais eu de message, ni du gouvernement fédéral ni de mes collègues régionaux, disant que nous ne devrions pas hospitaliser les personnes qui en ont besoin, ou que nous pouvons refuser les personnes âgées ou handicapées », a-t-elle déclaré.

    Source : Washington Times, Samuel Petrequin (15/11/2020)

  • Le cardinal Zen dénonce l'Ostpolitik du cardinal Parolin

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    De Kath.net (Roland Noé):

    "Je suis sûr que le cardinal Parolin lui a dit de ne pas me voir. Incroyable !"

    17 novembre 2020

    Ils suivent une "Ostpolitik", une politique de compromis avec les communistes, une politique de reddition. Malheureusement, François suit aussi cette ligne maintenant et je ne sais pas pourquoi". -

    Entretien de kath.net (Roland Noé) avec le cardinal Zen 

    "Comme l'accord est secret, le gouvernement l'utilise pour tromper le peuple. Ce faisant, on demande au peuple de faire des choses qui n'étaient clairement pas autorisées par Benoît XVI". C'est ce que dit le cardinal Joseph Zen Ze-kiun SDB dans une interview avec kath.net. L'évêque émérite de Hong Kong critique le secret de l'accord entre le gouvernement chinois et le Vatican : "Après la signature de l'accord, nous n'avons constaté aucune amélioration, la persécution est même devenue plus dure, tant pour l'église clandestine que pour l'Eglise qui est sous contrôle de l'État.

    kath.net : L'accord controversé entre le Vatican et la Chine a été renouvelé il y a quelques jours Pourriez-vous nous dire à nouveau très brièvement ce que vous critiquez à ce sujet ?

    Cardinal Zen : Ma principale critique est la suivante : pourquoi tout est-il gardé secret? Même moi, en tant que cardinal chinois, je ne peux pas en voir le contenu. Vous dites que c'est bien. Mais je n'y crois pas tant que je n'ai pas vu le contenu en chinois. Mais le Vatican nous dit alors que même un mauvais accord est mieux que rien du tout. Je ne peux pas comprendre cela. Je peux accepter un accord imparfait, mais je ne peux pas accepter un mauvais accord qui va à l'encontre de notre foi et de la discipline de l'Eglise. Comme l'accord est secret, le gouvernement l'utilise pour tromper le peuple. Il demande aux gens de faire des choses qui n'étaient clairement pas autorisées par Benoît XVI. Ils disent maintenant que le pape François dit que c'est bon. Les gens sont dans la confusion. Après la signature de l'accord, nous n'avons constaté aucune amélioration, en fait, la persécution est devenue plus dure, tant pour l'Eglise clandestine que pour l'Eglise sous contrôle de l'État.

    kath.net : Vous étiez à Rome il y a quelques jours et vous n'avez pas pu obtenir de rendez-vous avec le pape François. Pourquoi ?

    Le Cardinal Zen : Depuis deux ans, nous attendons un nouvel évêque à Hong Kong. Ils nous disent maintenant que cela n'est pas possible sans la bénédiction de Pékin. Je suis allé à Rome et j'ai demandé à voir le Pape. Cela n'a pas été possible. Je suis sûr que le cardinal Parolin lui a dit de ne pas me voir. Incroyable !

    kath.net : Vous critiquez toujours le cardinal Parolin et vous estimez que le cardinal secrétaire d'État manipule la politique de Jean-Paul II et de Benoît XVI concernant la politique chinoise. Ne serait-ce pas une alternative si le Vatican revenait à une politique de la Chine basée sur la célèbre lettre de Benoît XVI du 27 mai 2007 ?

    Le cardinal Zen : Malheureusement, le cardinal Parolin ne suit pas la lettre de Benoît XVI, mais une "Ostpolitik", une politique de compromis avec les communistes, une politique d'abandon. Malheureusement, François suit maintenant aussi cette ligne et je ne sais pas pourquoi. Le pape François a toujours eu beaucoup d'empathie pour moi, mais il n'a pas suivi mes conseils.

    kath.net : Comment les personnes de foi peuvent-elles vous aider ? Que pouvons-nous faire pour vous ?

    Cardinal Zen : L'information est très importante. Vous faites un excellent travail. Vous pouvez également trouver de nombreuses informations sur mon blog. Vous êtes invités à le traduire pour vos lecteurs. Il existe également un livre (en chinois, anglais et italien) "Pour l'amour de mon peuple, je ne me tairai pas". Il s'agit de ce que Benoît XVI a fait pour l'Église en Chine.

    kath.net : Merci beaucoup pour cet entretien. Dieu vous bénisse pour votre travail!

  • Célibat sacerdotal; quand Paul VI déclarait : "Je préfèrerais mourir ou donner ma démission !"

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    D'Anne Kurian sur zenit.org :

    « Je préfèrerais mourir » : d’où vient la citation de Paul VI sur le célibat

    « Je pense la même chose », confirme le pape François

    Ne parvenant pas à trouver cette phrase dans les textes pontificaux, Mgr Leonardo Sapienza, régent de la préfecture de la Maison pontificale, « intrigué », a demandé au pape François où il l’avait lue : « Il m’a répondu qu’il l’avait entendue de différentes personnes ; mais de continuer à chercher, car cela l’intéressait lui aussi. »

    Avec l’aide des archivistes de la Secrétairerie d’Etat, la source a été trouvée : un échange lors d’une rencontre privée le 10 juillet 1970 avec le cardinal Bernard Alfrink, archevêque d’Utrecht (Pays-Bas), dont la Secrétairerie d’Etat a fait la transcription, que nous traduisons ci-dessous telle quelle.

    Dans ce dialogue publié par L’Osservatore Romano du 17 novembre 2020, le régent voit la « passion de la fidélité à l’Eglise » de Paul VI. Il souligne ses différentes réponses claires : « j’aurais l’impression de trahir l’Eglise » ; ce serait « une décadence dont on ne guérit plus » ; « je n’aurais pas la conscience tranquille ». Jusqu’à l’exclamation finale, que le cardinal secrétaire d’Etat d’alors, Jean-Marie Villot, demanda en marge de « ne pas diffuser ».

    Ayant lu ce rapport, le pape François écrit : « Je pense la même chose que saint Paul VI, avec une seule différence : lui est saint ». Et de conclure en s’adressant à Mgr Sapienza avec humour : « et que ne vous vienne pas l’idée de vous marier ».

    Rapport de l’audience 

    - Le Saint Père affirme avoir beaucoup pensé à l’échange de la veille ; une fois le diagnostic précis posé, la situation hollandaise semble grave ; il faut en tenir compte avec compréhension et charité ; on ne peut pas exiger une pratique parfaite quand il y a du trouble ; nous ne voulons pas être uniformes ou juridiques dans la mise en pratique, nous comprenons la nécessité d’être attentifs.
    - Le cardinal a dressé le cadre.
    - Le pape n’a rien voulu ajouter ; il aurait pu le faire.
    Ce voyage avait comme sujet la question du célibat.
    - Alfrink se réfère à la déclaration des évêques et en particulier aux deux points suivants : les hommes mariés et la réadmission de prêtres mariés dans le ministère. Sur ce point Alfrink n’insiste pas.
    - Le pape ajoute : impossible.
    - Le cardinal dit qu’il existe une catégorie de prêtres qui se leurrent et admet qu’il s’agit d’une illusion.
    - Le pape ajoute : il faut que l’on soit explicites.
    - Le cardinal affirme ne pas avoir eu de réponse à son rapport sur le cas Grossouw; le cardinal Seper [Franjo Seper, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi de 1968 à 1981, ndlt] n’aurait pas écrit ! S’il reçoit des instructions [paroles ajoutées au crayon sur le texte dactylographié, ndlr] le cardinal Alfrink fera ce qui lui sera dit : il appellera Grossouw.
    - Le pape pense qu’il faut tenir bon.
    - Le cardinal Alfrink: mais la raison impressionnante est qu’il n’y a plus de candidats au sacerdoce ; il insiste pour le sacerdoce aux hommes mariés.
    - Le pape dit que cela se répandrait aussitôt : il ne faut pas le faire. Le pape a une vision, il a la responsabilité; il aurait l’impression de trahir l’Eglise.
    - Alfrink réagit : laisser l’Eglise sans prêtres est un grand “malheur”; c’est une situation qui arrive aux Pays-Bas, mais aussi ailleurs. Cette façon d’aider l’Eglise peut être un bien.
    - Le Saint Père : le problème est complexe. Dans les missions, les voix d’autorités s’opposent. Il y a quelque remède dans l’admission du diaconat d’hommes mariés. Certes il manque le ministère sacerdotal. La situation peut être étudiée collégialement. Il faut réserver un thème de ce genre à un Synode. Mais cela exige deux ans au moins.
    - Alfrink: c’est long, mais l’Eglise est éternelle. Nous sommes les premiers en Europe à connaître ce manque, qui existe déjà en Amérique latine. C’est la préoccupation de l’épiscopat hollandais.
    - Saint Père : il faudrait approfondir l’analyse du problème ; les évêques qui n’ont pas de clergé veulent appeler des hommes mariés. Mais ils introduisent un changement de concept, une décadence dont on ne guérit plus.
    - Alfrink: établir des critères.
    - Saint Père : pas convaincu.
    - Alfrink: ces hommes existent ; nous les connaissons et nous reconnaissons leurs qualités.
    - Saint Père : qu’ils fassent de l’apostolat laïc.
    - Alfrink: nous en avons besoin. Il faut étudier le problème. Je n’attends pas une réponse pour ce soir.
    - Pape: je ne voudrais pas donner d’espérance “fallacieuse” ; et rappel de la lettre du 2 février de l’année en cours.
    - Alfrink: mais la lettre en parle.
    - Saint Père : je ne pense pas que cela s’applique à la Hollande. Il faut une grande réflexion pour les situations œcuméniques.
    - Alfrink: certaines parties de l’Eglise universelle peuvent se trouver dans des situations analogues.
    - Saint Père: je n’aurais pas la conscience tranquille. Ce serait un bouleversement de la discipline de l’Eglise latine.
    - Alfrink: je ne suis pas si pessimiste.
    - Saint Père: “moi non plus. La jeunesse viendra. Vous avez eu un siècle si fécond de vocations. Amour au Christ” (en français dans le texte).
    - Alfrink: ne pas perdre cela.
    - Saint Père : on ne peut pas avoir un double clergé.
    - Alfrink: vous pensez qu’il n’y aurait plus de clergé célibataire ?
    - Saint Père: non. Nous aurions des prêtres absorbés par d’autres devoirs, famille, travail.
    - Alfrink: c’est vrai ; une des raisons du célibat est en effet celle-ci : la disponibilité; il expose les perspectives d’un clergé marié : une partie complètement libre, l’autre ayant une profession (temps plein – temps partiel).
    - Saint Père: dévouement du prêtre à sa famille ; il n’y aura plus de recrutement de prêtres célibataires.
    - Alfrink: étudier plus à fond.
    - Saint Père: la Commission théologique étudiera les questions qui seront objet du Synode de 1971, mais elles ne sont pas encore fixées. Cela sera sans doute un des points. Mais par devoir de sincérité, je ne veux pas vous donner l’espérance que l’on parvienne au clergé marié. Je ne veux pas décider tout seul, car mon opinion serait négative ; je demanderai ce que pensent les autres confrères dans l’épiscopat. Cela pourrait être pour des cas extrêmes, ce ne serait pas la règle, ni la norme. Ce serait la ruine.
    - Alfrink: garder le célibat et à côté chercher des vocations d’hommes matures mariés.
    - Saint Père : vous pensez qu’une telle loi de l’Eglise résistera ? ou que l’on dira “on peut être marié et bon prêtre ”? Je préfèrerais mourir ou donner ma démission !

  • Le système politique belge responsable de nombreux décès de la pandémie

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    Lu sur la Libre :

    Le rédacteur en chef de The Lancet pointe du doigt la Belgique: "Beaucoup des 14 000 morts auraient pu être évitées, des gens sont décédés à cause de l'organisation politique"

    "Votre système politique a échoué. La plupart des 14 000 morts, liées au coronavirus en Belgique, auraient pu être évitées". C'est ce que Richard Horton, rédacteur en chef de la prestigieuse revue médicale The Lancet, a déclaré ce lundi 16 novembre.

     
    Ce lundi 16 novembre, Richard Horton était l'invité numérique du comité chargé de l'évaluation de la pandémie de Covid-19 en Belgique, nous rapporte Het Nieuwsblad.

    Selon les dires de ce dernier, la plupart des pays européens ont commis de nombreuses erreurs dans la lutte contre la crise du coronavirus: "Si les politiciens avaient lu nos articles à temps, il aurait été clair dans le passé que nous étions à la veille d'une pandémie mondiale".

    Pour le cas de la Belgique, le rédacteur en chef de 'The Lancet' a mis l'accent sur l'imbroglio que représentait notre système: "Ce système typiquement belge n'a rien donné de bon, il a échoué. Nous aurions pu éviter la plupart de ces 14 000 morts. Des gens sont décédés à cause de l'organisation politique, il faut y réfléchir"

    Une solution au niveau local

    M. Horton a également décrit certaines mesures nécessaires pour se sortir de cette pandémie.

    Il a évoqué des investissements qui doivent être réalisés au niveau des soins de proximité: "Les médecins généralistes, les pharmaciens, les centres de santé, ils doivent identifier les foyers locaux. Si nous avions réussi au niveau local, le lockdown aurait pu être évité". Tester, tracer, isoler et soigner sont les étapes cruciales de la stratégie résumée par Richard Horton.

    Il a également expliqué le rôle que jouent les différents acteurs de notre société: "En outre, les entreprises, les écoles, les détaillants, les hôpitaux, les clubs sportifs... doivent s'unir. Tout le monde a un rôle à jouer. La culture de l'action mutuelle est importante. Nous devons prendre soin les uns des autres. Cela a été perdu ces dernières années", a expliqué le rédacteur en chef de 'The Lancet' 

    Selon Richard Horton, l'une des grandes faiblesses de notre politique belge tient au manque d'unité: "Donner de l'espoir aux gens. C'est là que nos dirigeants politiques ont un rôle à jouer. Un plan de relance national, socialement, économiquement et culturellement. Les gens ont besoin d'une vision commune, tout le monde doit se rallier au même objectif", indique-t-il. "Et cela n'est possible que si tous les politiciens ne font qu'un. S'ils sont divisés, alors cela se répercute sur la population qui se décompose. Il faut une stratégie avec un leader qui essaie de rétablir la confiance".

  • "Dear Future Mom", la vidéo qui fait bouger les lignes ?

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    De gènéthique.org :

    Inès

    Dear Future Mom, la vidéo qui fait bouger les lignes ?

    Publié le : 16 novembre 2020

    Pour la journée de la trisomie 21, le 21 mars 2014, un collectif d’associations européennes, parmi lesquelles les amis d’Eléonore et la Fondation Jérôme Lejeune, a diffusé un clip vidéo Dear Future Mom. Résolument positif, il présente des personnes trisomiques s’adressant à une future maman qui attend un enfant porteur de cette anomalie chromosomique. En France, plusieurs chaines, Canal +, M6 et D8, acceptent de le diffuser à titre gracieux dans leurs écrans publicitaires. Cependant, saisi par seulement deux courriers, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) invite les responsables des chaines à l’autocensure, conseillant de retirer le clip de la diffusion. Les chaines incriminées obtempèreront. Pourtant, la vidéo fera l’objet de plus de 8,2 millions de vues à travers le monde.

    La Cour Européenne des droits de l’Homme est saisie

    En France, les différents recours successifs déposés par la Fondation Lejeune et Inès de Pracomtal, une jeune fille impliquée dans la vidéo, conduisent au Conseil d’Etat. Il tranche en faveur du CSA estimant que ce dernier n’a pas abusé de son « pouvoir de régulation » ni « porté une atteinte disproportionnée à la liberté d’expression » (cf. « Dear future Mom » : un message légitime qui ne serait pas d’intérêt général). Le 9 mai 2017, des requêtes sont déposées pour contester cette décision auprès de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) qui accepte d’examiner le fond de l’affaire le 21 septembre 2020, obligeant le gouvernement français à répondre aux questions ayant trait à la liberté d’expression (cf. « Dear future Mom » : la CEDH valide la requête).

    C’est une surprise, en effet, seules 5% des requêtes franchissent ce cap (cf. Censure eugéniste du CSA : nouvelle étape franchie à la CEDH). Que s’est-il passé ? Le vent serait-il en train de tourner ? C’est en tous cas la question qu’on pourrait légitimement se poser. En effet, depuis de nombreuses années des vidéos circulent mettant en scène des personnes porteuses de trisomie 21 : mannequins, acteurs, sports, insertion professionnelle, mais aussi frères et sœurs de ces personnes qui témoignent de leur tendresse, parents aimants, adoptants. Ces vidéos ont en commun de porter un regard très positif sur ces enfants, ces jeunes, ces adultes souriants et heureux, qui s’interrogent sur leur différence, la place qu’on leur laisse dans la société.

    Un regard sur la trisomie 21 qui change

    Lors des débats sur le projet de loi de bioéthique, des députés, des sénateurs, très concernés, avec beaucoup de sensibilité, ont refusé de cautionner le diagnostic préimplantatoire qui vise à sélectionner les embryons dans les parcours de PMA pour écarter ceux qui seraient porteurs d’anomalies, notamment des anomalies chromosomiques comme la trisomie 21 (DPI-A). Plus récemment, un téléfilm diffusé sur M6 Apprendre à t’aimer (cf. Trisomie 21 sur M6 : « Heureusement qu’on n’a rien décelé avant sa naissance »), a reçu un accueil très chaleureux de la part du public. En Mars dernier, Emmanuel Macron inaugurait sur les champs Elysées, le « café Joyeux » servi « avec le cœur » par des personnes en situation de handicap.

    Cependant, rien n’est encore joué. Lors de ces mêmes débats de bioéthique, Olivier Véran ne s’est pas attaché à défendre la trisomie 21, mais a demandé un délai pour expérimenter le DPI-A. Juste avant ce débat, les députés ont validé le principe du bébé médicament qui consiste à sélectionner un embryon in vitro exempt de la maladie d’un aîné, en vue de le soigner. Une pratique qui instrumentalise l’enfant à naître, abandonnée en 2014 (cf. La pratique du « bébé médicament » abandonnée en France en 2014) : la procédure est lourde pour les professionnels de santé et la loi imposait d’utiliser l’ensemble des embryons congelés, même si ces derniers ne sont pas compatibles, avant de permettre une nouvelle FIV. In fine, très peu de procédures ont abouti. Le bébé médicament reviendrait donc dans la pratique, mais la contrainte de la loi serait levée. Le ressort eugéniste est le même que pour le DPI-A.

    Au niveau international, l’avortement eugénique fait l’objet de condamnations

    Ces deux dernières années, d’un point de vue international, plusieurs instances de l’ONU, le Comité des droits des personnes handicapées en 2018 et le Rapporteur spécial sur les droits des personnes handicapées, ont considéré que « l’avortement eugénique viole les droits des personnes handicapées », explique l’ECLJ (cf. Censure eugéniste du CSA : nouvelle étape franchie à la CEDH). Espérons que la CEDH fasse preuve de sagesse et rende aux personnes porteuses de trisomie 21 leur droit de cité dans les médias.

  • Confinement sanitaire et liberté du culte : faut-il aller jusqu’à manifester dans la rue pour la messe ? Le point de vue de Mgr Aillet, évêque de Bayonne

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    aillet1.jpgLes pasteurs ne sauraient empêcher les fidèles laïcs de prendre des initiatives citoyennes, sinon ce serait du cléricalisme. Lu sur le site web « Riposte catholique » cet extrait d’un entretien de Mgr Aillet, évêque de Bayonne avec Jean-Marie Guénois, dans Le Figaro :

    « […] faut-il aller jusqu’à manifester dans la rue pour la messe ?

    Et pourquoi pas, puisque l’État considère que la liberté de manifestation l’emporte sur la liberté de culte. Pourtant, à Nice, M. Castex a déclaré : « Aucune célébration religieuse n’est une offense dans une République laïque… qui en garantit la pratique pour ce qu’elle est : l’exercice d’une liberté fondamentale. » J’avoue être touché par ce mouvement spontané de fidèles décidés à revendiquer publiquement le droit de pratiquer librement leur religion, pourvu que ce soit légalement, paisiblement et dans le respect des règles sanitaires. C’est une démarche politique justifiée, car la liberté religieuse est une composante essentielle du bien commun. Les pasteurs ne sauraient empêcher les fidèles laïcs de prendre des initiatives citoyennes, sinon ce serait du cléricalisme.

    L’objection sanitaire brandie par l’État pour l’interdiction des messes vous paraît-elle justifiée ?

    J’ai du mal à l’admettre, quand des lieux d’interactions sociales beaucoup plus risqués sont maintenus en activité : écoles, grandes surfaces, transports en commun… D’autant qu’on n’a jamais recensé de « clusters » dans nos assemblées : c’est pourtant facile à vérifier, car elles sont fréquentées par des habitués qui se connaissent tous. Mais la santé physique finit par primer sur d’autres valeurs essentielles à l’équilibre humain, comme la religion. Et nous savons aujourd’hui que la santé mentale et le moral de beaucoup se dégradent.

    Lors de l’audience au Conseil d’État, vous avez été mis en cause pour des messes qui ne respectaient pas les mesures sanitaires : que s’est-il passé ?

    Un regard impartial porté sur les vidéos fournies lors de l’audience suffit à démontrer la faiblesse de l’argument, qui ne semble pas avoir pesé lourd dans la décision du juge. Les vidéos de Bayonne montrent deux célébrations d’ordinations, donc à caractère exceptionnel, ayant eu lieu fin juin, alors que toute la France était en « zone verte » et que la circulation du virus était quasi stoppée ! Il faut se rappeler que nous sortions d’une période où le gouvernement lui-même avait affirmé que les masques étaient inutiles, et que partout on observait un certain relâchement. En outre pour raison sanitaire, nous avions démultiplié les cérémonies et pris le parti de les diffuser en direct pour inciter les fidèles à ne pas se déplacer. Et que dire de cette autre vidéo, également fournie, d’une célébration présidée par Mgr Aupetit à Paris le 6 octobre… 2019 ? Aussi est-il regrettable de pointer un fait, somme toute très circonstancié, qui ne saurait à lui seul préjuger de notre loyauté habituelle à suivre les mesures sanitaires.

    L’Église de France était peu combative lors du premier confinement, elle vient d’oser aller au Conseil d’État. Doit-elle aller plus loin ?

    Nous ne saurions en rester là. Les évêques sont dans leur rôle quand ils défendent la liberté de culte. Non seulement, avec les autres confessions, il leur appartient d’exercer une vigilance citoyenne sur sa formulation et son application, mais plus encore ils doivent prendre soin du bien spirituel des fidèles. Pour ce faire, ils ne doivent pas avoir peur d’interpeller avec respect mais fermeté les pouvoirs publics. Il y va de la crédibilité de notre mission qui tire son origine, non d’une autorité humaine, mais de Dieu : c’est à lui que nous devrons rendre des comptes ! Si saint Paul nous exhorte à obéir aux autorités civiles, c’est dans la mesure du bien commun, celui de la société, mais aussi celui supérieur de l’Église dont la loi suprême est le salut des âmes… »

    Ref. Confinement sanitaire et liberté du culte : faut-il aller jusqu’à manifester dans la rue pour la messe ?

    JPSC

  • Sur KTO, dans la série « la foi prise au mot » : La musique à l’église.

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    Arvo Pärt B8B6BC9C-7915-46D0-AB06-A7AC7B58B90F.jpegDans un style simple et direct, des spécialistes, universitaires ou prêtres, dialoguent avec Régis Burnet, bibliste, en apportant des réponses aux questions que nous pouvons nous poser sur la foi, la liturgie, de grandes figures chrétiennes (ci-contre à gauche, le compositeur Arvo Pärt chez le pape  émérite Benoît XVI):

    JPSC

  • Très actuelle, cette note de Ratzinger que McCarrick voulait garder secrète

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    De Sandro Magister (Settimo Cielo), traduction de Diakonos.be :

    Cette note de Ratzinger que McCarrick voulait garder secrète.  Encore tellement actuelle

    Chaque jour, le « Rapport » sur l’affaire de l’ex-cardinal Theodore McCarrick publié le 10 novembre par le Secrétairerie d’État apparaît davantage comme une nouveauté sans précédent qui impacte fortement non seulement le présent mais également l’avenir de la communication vaticane :

    > History-making report sets a precedent the Vatican can’t walk back

    Jamais auparavant le Saint-Siège n’avait levé sur le voile sur une masse aussi imposante de documents et d’actes secrets, assortie de plus d’une centaine de témoignages recueillis « ad hoc », y compris celui du Pape régnant, dans le but d’éclaircir un chapitre brûlant de la vie de l’Église jusqu’au haut niveau, alors que des personnes en grande partie en vie et actives sont impliquées.

    D’ailleurs, l’auteur – ou les auteurs – d’un tel travail constituent en eux-mêmes une discontinuité.  Il ne s’agit nullement des actuels responsables de l’information du Vatican, clairement inadaptés, mais de personnes que l’on est allé chercher outre-Atlantique, en la personne de l’avocat Jeffrey Lena et dans son équipe de collaborateurs.  Lena vit à Berkeley, en Californie, mais il connait bien les coulisses du Vatican.  Il a, à plusieurs reprises, défendu avec succès à la barre le Vatican contre le risque de devoir répondre pénalement des abus sexuels commis par le clergé catholique aux États-Unis.

    Le résultat est que ce « Rapport » est également une mine de petites histoires, pour celui qui veut se donner la peine de creuser un peu.  Et d’histoires qui sont parfois étonnamment liées à l’actualité.

    Nous n’en citerons ici qu’une seule, à partir d’une réplique de McCarrick retranscrite dans une note de la page 276 du « Rapport ».

    Nous sommes en 2008, et le cardinal McCarrick n’est plus archevêque de Washington depuis deux ans.  Il a démissionné « spontanément » – en réalité sous la pression de Benoît XVI – qui lui a fait parvenir notamment la requête de « faire profil bas et de limiter ses voyages aux maximum ».  Tout cela en raison de ses pratiques homosexuelles continues avec des séminaristes et de jeunes prêtres, dont les autorités vaticanes avaient été informées.

    McCarrick continue pourtant à voyager sans répit, à donner des conférences, des interviews, à présider des cérémonies, à accepter des prix, à récolter des fonds, à occuper des fonctions parfois prestigieuses et à célébrer et à concélébrer publiquement la messe.

    Et que répond-il à un couple de New-York qui lui avait demandé de célébrer leur mariage ?  Que oui, il l’aurait fait volontiers, mais sans que l’archevêque de la ville ne le sache et en faisant simplement acte de présence à la réception, afin de respecter les injonctions de Rome de ne plus apparaître en public, parce que – explique-t-il, « le pape Benoît XVI ne lui avait jamais pardonné pour la question de la communion et qu’il l’avait pratiquement mis à la retraite ».

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  • L'Église ne se renouvelle pas en se conformant à l'esprit du monde, mais par l'esprit du Christ

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    De Laurent Dandrieu sur Valeurs Actuelles :

    Cardinal Müller : “L'Église ne se renouvelle pas en se conformant à l'esprit du monde, mais par l'esprit du Christ”

    14/11/2020

    Face aux diverses interrogations auxquelles se retrouvent confrontés les catholiques en ces temps d'épidémie, le cardinal Müller invite à rester fixés sur le Christ. Entretien.

    Propos recueillis par Laurent Dandrieu.

    Préfet de la congrégation pour la Doctrine de la foi de 2012 à 2017, le cardinal Müller, ancien évêque de Ratisbonne, est une personnalité qui pèse dans l'Église, n'hésitant pas à prendre position d'une voix forte. À l'occasion de la parution de son livre la Force de la vérité, où il rappelle les fondamentaux de la foi catholique, il confie à Valeurs actuelles ses convictions sur le rapport des fidèles au pape, la récente encyclique, l'attitude de l'Église pendant le confinement ou sur l'immigration. Et rappelle que l'Église est là pour témoigner du plan de salut de Dieu et non pas proposer des solutions humaines à des problèmes terrestres.

    Valeurs actuelles. Vous avez publié, en 2019, un “Manifeste de et pour la foi”, repris en conclusion de votre livre la Force de la vérité. Pourquoi écrire ce texte qui énonce les vérités fondamentales de la foi, que tout catholique est censé déjà connaître ?
    Cardinal Müller. 

    Le Manifeste contient en effet les vérités les plus importantes que tout catholique devrait connaître, mais malheureusement ce n'est pas le cas de tout le monde. Il indique également que les évêques et les prêtres doivent prêcher avant tout sur la Trinité, l'Incarnation, les sacrements, le Christ que nous devons suivre et la vie éternelle. Ce n'est qu'ensuite que l'on peut aussi parler d'environnement, de climat et du thème de l'immigration. L'Église n'a pas la même mission que l'État de veiller au bien-être temporel des citoyens, bien que dans ce domaine aussi elle énonce les fondements moraux de la politique. Jésus a envoyé les apôtres dans le monde pour annoncer l'évangile du royaume de Dieu et permettre à ceux qui croient d'être baptisés au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. L'Église est un signe d'espérance au-delà des limites étroites de la vie terrestre. Elle est le témoin du plan de salut de Dieu, qui veut que tous les peuples soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité du Christ.

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  • Coronavirus : une révolution sanitariste

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    Synthèse de presse publiée sur gènéthique.org :

    Covid-19 : une « révolution sanitariste » ?

    10 novembre 2020

    « Ils ont disparu de ma vie mais je n’arrive pas à réaliser qu’ils sont morts. C’est irréel. Parfois, j’ai l’impression que si je me retourne je les verrai derrière moi », raconte Corinne. Ses parents sont décédés de la Covid-19 il y a six mois, dans un Ehpad de l’Isère. Aujourd’hui, alors que l’Académie de médecine recommande « le maintien des visites en Ehpad, dans le respect des règles sanitaires, ainsi que la facilitation d’une présence familiale lorsque le pronostic médical prévoit une issue proche », elle « ressasse ces adieux qu’elle n’a pas pu leur faire ». « Hantée », littéralement. « On ne sait même pas comment ils sont morts (…) Parfois, cela m’empêche de dormir », confesse-t-elle.

    Un deuil impossible ?

    « De nombreuses familles qui ont perdu un proche durant cette période n’arrivent pas à faire leur deuil car ils ne comprennent pas comment on a pu les laisser mourir », explique Olivia Mokiejewski, présidente du Collectif 9471, qui regroupe plusieurs familles ayant décidé de porter plainte contre des Ehpad. « Leurs derniers instants auprès d’un être cher leur ont été volés. Certains ne savaient même pas que leur proche était malade et ont appris leur décès par les pompes funèbres, s’insurge-t-elle. Une partie d’entre eux sont pris en charge psychologiquement ».

    Pour la députée LREM Bénédicte Pételle qui a perdu son père du Covid-19 en mars, « il n’y a rien de pire qu’une nation où la mort est taboue. Malheureusement, c’est encore le cas en France, estime-t-elle. Nous avons parlé de la mort de manière déshumanisée, comptable, en égrenant les chiffres des décès. » Un avis partagé par le sociologue Tanguy Châtel : « Les pays occidentaux sont très mal préparés à intégrer cette question car ils ont mis beaucoup d’énergie à l’évacuer ».

    Une « révolution sanitariste »

    De son côté, le philosophe Robert Redeker, auteur notamment de L’Éclipse de la mort, dénonce une « révolution sanitariste ». « Le confinement et la kyrielle d’interdictions, mis en place pour répliquer à l’épidémie de Covid-19, ont les apparences du bon sens, de la générosité, de la bienveillance, de l’humanitaire. Ils tiennent le discours de l’évidence, de l’allant de soi et du naturel. » Cependant il n’en est rien. Auparavant, « les parents se saignant « aux quatre veines » travaillaient et vivaient orientés vers un avenir se déployant dans l’au-delà de leur existence propre ». Mais aujourd’hui, « pour préserver la survie des plus âgés, voilà que l’on décide d’arrêter la vie », dénonce le philosophe. « On réduit la vie de tous – en allant jusqu’à limiter la coexistence familiale – à cette vie simplement biologique ». Une vie biologique au nom de laquelle « on ordonne aux générations actives une série de sacrifices ; celui de la vitalité (l’économie, le sport, les spectacles, les rencontres entre amis, le lèche-vitrines, la flânerie dans les rues), celui de la prospérité, celui de l’humanité (les relations sociales qu’il faudrait réduire au minimum), celui de la famille, sans oublier ceux des voyages, de la créativité , des cafés et des restaurants, des libertés les plus élémentaires (jusqu’à imposer l’obligation grotesque de remplir une autorisation pour « prendre l’air une heure par jour ») ».

    Un avant et un après

    Et c’est une révolution. « Nous ne vivrons plus après comme nous vivions avant », affirme Robert Redeker. « Nos façons d’être avec les autres auront été profondément transformées, ne serait-ce que parce que l’on nous aura fait faire l’expérience déshumanisante de la peur du prochain, « la peur moléculaire » ». Et d’autre part, « tout se passe comme si une partie de notre société ne voulait plus du remplacement des générations ». Un « renversement anthropologique » pour le penseur.

    « La gestion de la crise du Covid-19 tient d’une expérimentation utopique, estime le philosophe, celle d’un régime politique n’autorisant, sous prétexte de danger de maladie, qu’un degré minimum de liberté. La révolution sanitariste pourrait transformer la société en laboratoire du parc humain futur ».

    Sources : Le Figaro, Robert Redeker (08/11/2020), Agnès Leclair (08/11/2020) – Hospimedia, Jérôme Robillard (06/11/2020)