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Débats - Page 274

  • Covid 19 : confinement sanitaire et liberté du culte en France

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    Puppinck.jpgEmission du 14 novembre sur RCF à propos des manifestations demandant la restauration de la liberté de culte et du maintien de l’instruction religieuse pendant le confinement :

    avec, entre autres, Gregor Puppinck, Directeur du Centre européen pour le droit et la justice

    rendes nous la messe 531796_1.jpeg

     

    Ref.  Comment maintenir l’instruction religieuse et le culte public

    Et en Belgique, les convoyeurs attendent dans la morne plaine ?

    JPSC

  • Hongrie : "la mère est une femme, le père est un homme"; émoi européen

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    En Hongrie, « la mère est une femme, le père est un homme », l’Europe s’inquiète

    13 novembre 2020

    Le gouvernement hongrois a déposé mardi un projet d’amendement pour inscrire dans sa constitution que « la base de la relation familiale est le mariage ou la relation parent-enfant » et que « la mère est une femme, le père est un homme ». Le texte proposé a été soumis au Parlement par la ministre de la Justice, Judit Varga. Il indique que « la Hongrie protège le droit des enfants à s’identifier en fonction de leur sexe », défini comme étant uniquement celui de la naissance. « L’éducation est assurée conformément aux valeurs fondées sur l’identité constitutionnelle de la Hongrie et la culture chrétienne », ajoute le texte, précisant qu’il est nécessaire de protéger les enfants « des nouvelles tendances idéologiques modernes du monde occidental […] qui menacent le droit des enfants à un développement sain ». L’idéologie LGBT est directement visée par ces derniers mots, qui « rendraient les programmes de sensibilisation LGBTQI à l’école impossibles ».

    Un autre texte est actuellement en discussion, également soumis au Parlement mardi : il stipule que « seuls les couples mariés pourraient adopter des enfants » et que « les célibataires devront demander l’autorisation spéciale du ministre chargé des Affaires familiales ». L’objectif semble être de freiner la possibilité, pour les homosexuels, d’adopter en tant que célibataires. En mai dernier la Hongrie a également interdit la possibilité de changer de sexe à l’état-civil (cf. En Hongrie, inscription à l’état civil du « sexe biologique basé sur la naissance et le génome »).

    La Commission Européenne à l’Egalité a indiqué « suivre » avec attention ces projets de loi hongrois. L’Estonie est également surveillée, depuis que son gouvernement a annoncé l’organisation d’un référendum en 2021 dont le but est de définir, dans la Constitution, le mariage comme l’union d’un homme et d’une femme. Quant à la Pologne, la Commission Européenne a déjà commencé à refuser des subventions à certaines municipalités qui avaient décrété des « zones sans idéologie LGBT ». Jugeant la situation « inquiétante », Bruxelles a présenté jeudi un plan  « destiné à lutter contre les discriminations et la haine envers les personnes LGBT et à renforcer les droits des couples homoparentaux ». Ce plan de la Commission propose :

    • « une reconnaissance mutuelle entre Etats membres des droits parentaux des couples de même sexe », qui nécessiterait, pour exister, l’unanimité des Etats membres,
    • un renforcement de la « lutte contre les discours et les crimes ou délits anti-LGBT », qui « pourrait ensuite déboucher sur une obligation pour les Etats membres de punir ces infractions », et
    • une condamnation des « thérapies de conversion ».

     

    Sources : Libération, Marlène Thomas (11/11/2020) ; Le Monde (11/11/2020) ; RTBF (12/11/2020)

  • Avortement : quand la Pologne se déchire

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    De Thierry Boutet sur Smart Reading Press :

    LA POLOGNE FACE À L’AVORTEMENT

    La question de l’avortement perturbe une nouvelle fois la Pologne. Alors que le monde avait les yeux tournés vers l’Amérique et vers la gestion de la crise du COVID, les événements que viennent de vivre les Polonais illustrent le combat que se livrent progressistes et conservateurs dans presque toutes les démocraties. Malgré le refus de la population d’une libéralisation de l’avortement, l’offensive des réseaux internationaux favorables à l’IVG est impressionnante.

    En Pologne, l’histoire de l’avortement n’est pas un long fleuve tranquille.

    Jusqu’en 1932, il était illégal, comme à peu près partout dans le monde depuis le Code de Hammurabi (1750 av. J.-C.). En 1932, il est autorisé dans les cas de viol, d’inceste et pour les jeunes filles de moins de 15 ans.

    Sous le régime communiste, en 1956, une nouvelle loi l’autorise au motif «des conditions de vie difficiles de la femme enceinte». Le nombre d’avortements légaux dépasse les 100 000 dans les années suivantes.

    En 1993, à la chute du régime communiste, une loi restrictive est votée. L’avortement n’est plus autorisé que pour le viol et l’inceste, et pour une malformation grave du fœtus ou un risque pour la vie de la mère. La gauche, à cette époque, tente d’élargir les exceptions aux «situations sociales difficiles pour la mère». Lech Walesa, alors Président de la Pologne, oppose son véto. Le nombre des avortements légaux retombe à moins de 2 000, en diminution continue1.

    Lorsque la gauche arrive au pouvoir en 2001, le Président du Conseil, Leszek Miller, ne souhaite pas mettre de l’huile sur le feu. La Pologne est sur le point d’adhérer à l’Europe, et l’Église soutient cette adhésion. Dans les années suivantes, tous les projets d’amendements, dans un sens ou dans l’autre, sont rejetés par le Parlement. La loi de compromis de 1993 semble convenir autant à l’Église qu’aux partis. La bataille se poursuit principalement sur les conditions de l’application de la loi. La question du périmètre légal de l’autorisation légale d’avorter passe au second plan.

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    1 – La Pologne, pays de 38 millions d’habitants, n’a enregistré en 2019 que 1 100 avortements légaux, plus de 95 % pour malformation irréversible du fœtus. Quant aux avortements illégaux, difficiles à comptabiliser, ils seraient aujourd’hui de 150 000 à 200 000 selon les associations féministes. Le coût d’un avortement clandestin serait d’un peu moins de 1 000 €. Un argument souvent brandi pour légaliser l’avortement.

  • USA : le renvoi d'un clown et l'entrée en grâce d'un sage ?

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    De François Martin sur Smart Reading Press :

    ÉLECTIONS AMÉRICAINES : L’AVENIR DE L’OCCIDENT SE JOUERA LE 10 DÉCEMBRE

    Au sujet des élections américaines, vous pensez, vous croyez que vous savez. Eh bien !, trompé par la presse «main stream», vous ne savez pas ! Prenez la peine de lire cet article de notre nouveau collaborateur, François Martin, vous comprendrez que les élections américaines ne signifient pas le renvoi populaire d’un clown et l’entrée en grâce d’un sage. Les sondages se sont trompés, mais la presse internationale également !

    Il ne faut pas se tromper d’analyse. L’élection américaine, qui se décidera le 10 décembre sur le tapis vert, après la fin des recours, ne consacrera pas la victoire de Biden ou de Trump, deux personnages aux styles si différents. Elle décidera d’un modèle de société dominant, pour le pays et pour le monde, pour de nombreuses années.

    Aujourd’hui, une semaine à peine après le scrutin de l’élection américaine, et même si les médias ont déclaré Joe Biden vainqueur, le moins que l’on puisse dire est que l’élection n’est pas jouée. Le camp Trump a déposé des recours dans nombre d’États où les décomptes sont considérés comme litigieux, soit que la différence de voix entre les candidats soit très faible (ce qui autorise un recomptage), soit que les risques de fraude apparaissent comme crédibles.

    UNE FRAUDE MASSIVE ?

    Malgré ce qu’ont affirmé les démocrates, qui ont tenté de balayer ces accusations de fraude, que Trump profère depuis des mois, il est parfaitement légitime de se poser cette question. D’abord, parce que cette fois-ci, sur un total de 147 millions de votes, plus de 100 millions ont été exprimés par anticipation (dont 65 millions par la Poste), ce qui est énorme. Par comparaison, en 2016, sur un total de 139 millions de votes, seulement 33 millions avaient été des votes par correspondance.

    Par ailleurs, histoire de rendre les choses encore moins claires, tous les États n’ont pas les mêmes règles pour dépouiller ces votes anticipés. Certains (comme l’Arizona, le Colorado, la Floride, la Géorgie, l’Iowa, le Minnesota, le Nevada, la Caroline du Nord, l’Ohio et le Texas) ont pu les traiter avant le 3 novembre. Mais de nombreux autres, et notamment les «swing states1» du Michigan, du Wisconsin et de la Pennsylvanie, ont dû attendre cette date pour commencer à compter les bulletins déjà reçus. Et, pire encore, une vingtaine d’États acceptent les bulletins jusqu’à 10 jours après la date du scrutin, à condition que le cachet de la Poste montre qu’ils ont été envoyés avant le 4 novembre…

    En tout état de cause, chacun sait que, dans cette situation très compliquée, rien ne sera fixé avant le 10 décembre, jour où les tribunaux étatiques et/ou fédéraux rendront leur verdict.

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  • "Françoisphobes"

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    Françoisphobie

    Françoisphobie

    de Yves Chiron

    352 pages - nov. 2020 - À paraître

    20,00€

    Du jamais vu ! Partout, aux quatre coins du monde, des milliards d’individus qui ne sont pas chrétiens reconnaissent dans l’actuel successeur de Pierre le témoin et le champion de l’humanité. Dans les frontières du Vieux Continent, aux États-Unis, et jusque entre les murs du Vatican, il se trouve toutefois des catholiques pour voir en lui le diable. Ce sont eux, les phobiques de François, qui distillent un François bashing permanent.

    Pourquoi le pape le plus apprécié hors de l’Église est-il le plus mal apprécié au sein de l’Église ? Il fallait l’historien Yves Chiron pour décrypter les mensonges et les manœuvres de militants et idéologues qui ont perdu le sens de l’Église et qui s’appuient sur certains hiérarques conservateurs. Ces « Françoisphobes » refusent de voir dans ce pontificat « un coup de poing dans l’estomac que nous a administré l’Esprit Saint pour nous réveiller », selon l’expression du cardinal Scola.

    Que François apporte à toutes et à tous, sans discrimination, la Bonne nouvelle de l’amour, voilà l’intolérable pour ces nouveaux inquisiteurs. Quitte à ce que, complotant contre le pape de la compassion, ils se retrouvent à conspirer contre le Dieu de la miséricorde.

    Une démonstration implacable, nourrie de révélations, au service de la vérité.

    Historien de l’Église, biographe de plusieurs papes contemporains traduit en diverses langues, ayant consacré différentes enquêtes aux grandes controverses qui agitent le monde catholique, Yves Chiron est l’auteur d’une œuvre abondante et rigoureuse.

  • Quand l'Etat-Providence impose le despotisme sanitaire et piétine la liberté de culte

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    Cela vaut en France mais également chez nous; dans l'Hexagone cependant, les réactions sont bien plus fortes que dans notre pays (mobilisations devant les églises, prises de position répétées des évêques...). De Thibaud Collin sur l'Incorrect :

    12 novembre 2020

    CULTES PUBLICS : ÉTAT-PROVIDENCE ET DESPOTISME SANITAIRE

    La confirmation par le Conseil d’État de l’interdiction des cultes publics a suscité un émoi légitime chez les croyants, principalement chez les catholiques. Les oppositions au gouvernement (LFI, LR et RN) ont, lors d’un débat à l’Assemblée nationale, souligné le caractère disproportionné et donc injuste d’une telle mesure. Il convient que la forte mobilisation en cours perdure et se développe. Il convient également de réfléchir aux conditions, prochaines et lointaines, qui ont rendu possible une telle interdiction.
     
    © DR

    L’État moderne trouve grâce à Thomas Hobbes (1588-1679) sa justification dans l’impérieux désir des individus de se soustraire à la peur de la mort violente, inhérente à l’état de nature pré-social (« la guerre de tous contre tous »). Ils sacrifient leur liberté naturelle à l’État souverain afin qu’en retour celui-ci garantisse leur sécurité. Hobbes fonde ainsi la science politique moderne sur une condition nécessaire et égale pour tous : la fuite du mal absolu qu’est la mort. Tel est, considère-t-il, le seul moyen de sortir des divisions sociales engendrées par la poursuite du bien ultime. L’unité de la société politique ne tient plus à une quête illusoire du bien commun mais à la peur, bien réelle, d’un mal commun mettant ainsi  « tout le monde d’accord ». La mort devient la nouvelle figure de l’absolu disqualifiant la question surnaturelle du salut et de la damnation. L’État est cet artifice par lequel les hommes s’assurent une société paisible, jouissant dans leur vie privée des libertés individuelles que celui-ci, ce « dieu mortel », leur garantit.

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  • Le Saint-Siège souligne les conséquences graves des mesures sanitaires pour la liberté religieuse

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    De Vatican News :

    Crise sanitaire : le Saint-Siège appelle au respect de la liberté religieuse

    Lors d’une intervention, le représentant du Saint-Siège auprès de l’OSCE a exhorté au respect de la liberté religieuse, soulignant les «graves conséquences» que pouvaient engendrer, pour les communautés religieuses, les mesures anti-Covid prises par les pouvoirs publics.

    S'adressant aux participants de la 3e Réunion supplémentaire de la dimension humaine (SHDM) sur le thème "Liberté de religion ou de conviction : le rôle des technologies numériques et des acteurs de la société civile dans la promotion de ce droit humain pour tous", Mgr Janusz S. Urbańczyk a souligné l'importance de l'exercice de la liberté religieuse qui, selon lui, «constitue à la fois un élément d'épanouissement personnel et une contribution au bien de la société».

    Une approche réductrice des religions

    «La foi contribue, tant pour les individus que pour les communautés, au respect de la liberté de pensée, à la recherche de la vérité, à la justice personnelle et sociale et à l'État de droit, qui sont tous nécessaires à une relation juste entre les citoyens, les institutions et les États», a-t-il affirmé. Et d’observer cependant que «dans certaines sociétés, les religions continuent à être perçues comme une source d'intolérance plutôt que d'harmonie sociale». «Cette situation peut contribuer à la création dangereuse d'une attitude négative envers les religions et les croyants» pouvant nuire au «bien-être de ces personnes et communautés, et même de la société dans son ensemble».

    Pour le représentant du Saint-Siège, les États membres de l'OSCE devraient rejeter l'approche dite «réductionniste de la liberté de religion ou de conviction» qui «cherche à privatiser les religions». Mgr Urbańczyk a souligné qu'un telle vision «révèle une incapacité non seulement à apprécier le véritable sens de la liberté religieuse, mais aussi le rôle légitime de la religion dans l'espace public».

    Les "graves conséquences" des mesures anti-Covid

    Se référant à cette dimension publique de la religion, le diplomate a souligné la nécessité pour les États de l'OSCE «d'être vigilants», pour que les mécanismes d'enregistrement des communautés religieuses ne deviennent pas «une violation de la liberté de religion ou de conviction en tant que telle», et de respecter leur autonomie «en leur garantissant de choisir, nommer et remplacer librement leurs dirigeants ou de décider de leurs règles internes, du contenu de leurs convictions, de leur structure ou de leur nom».

    Enfin, Mgr Urbańczyk a appelé à une plus grande attention sur les implications des mesures imposées par les États dans la crise sanitaire en cours : «les législateurs devraient toujours être conscients des graves conséquences que ces réglementations créent pour les communautés religieuses qui jouent un rôle important dans la lutte contre la crise non seulement par leur soutien actif dans le domaine des soins de santé, mais aussi par leur soutien moral et leurs messages de solidarité et d'espérance», a-t-il conclu.

  • Biden et Bergoglio : des "frères idéologiques" ?

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    De Jean-Pierre Denis (sur facebook) :

    Pour un passionné de politique, la journée du samedi 7 novembre était particulièrement excitante. Après plus de 72 heures d’attente et de suspense, fini de se ronger les ongles ! Soudain, alors que Donald Trump jouait ostensiblement au golf, les principaux médias américains estimaient la victoire de Joe Biden clairement établie. Le vote de quelques dizaines de milliers d’électeurs de Pennsylvanie faisait la différence. J’avoue avoir éprouvé un profond soulagement. Car, pour moi, Donald Trump a entraîné les États-Unis au bord de la guerre civile et précipité les démocraties dans les eaux troubles de la « post vérité », où l’on peut affirmer n’importe quoi et croire n’importe qui. Quant à sa politique étrangère erratique, elle a rendu le monde plus instable. La victoire du vieux Biden ne me semblait peut-être pas enthousiasmante, mais au moins me paraissait-elle rassurante.

    Un détail, en outre, attirait mon attention. Biden n’est pas seulement catholique. Il est catholique pratiquant. Il souvent insisté sur l’importance de la foi dans une vie personnelle marquée par des deuils très violents, d’abord la mort accidentelle de sa femme et de leur bébé, puis, alors qu’il était vice-président, la tumeur au cerveau qui emporta son fils Beau. Le 8 novembre, les médias américains et étrangers publiaient d’ailleurs une photo ou une vidéo du « president-elect » parmi les tombes. Sous un joli soleil d’automne, il se rendait à la messe dans sa paroisse, à l’église St Joseph, près de son domicile de Wilmington (Delaware). Une image assez surprenante en France, et peut-être même inenvisageable. Nous n’avons guère connu de chef de l’Etat pratiquant depuis De Gaulle, et dans notre vie publique les « cathos de gauche » sont devenu très minoritaires, en dehors des modestes Poissons roses ou de députés personnalistes comme Dominique Potier, fondateur d’Esprit civique.

    Pour la première fois depuis Kennedy, il y a soixante ans (à l’époque de De Gaulle, justmenent), les États-Unis vont donc avoir un président catholique. Et comme avec JFK, il s’agira d’un démocrate. Mais les choses sont plus complexes qu’il n’y paraît. À la Cour Suprême, où les cathos ont un poids très supérieur à celui qu’ils ont dans le pays (6 juges sur 9 sont catholiques ou d’origine catholique), ils sont en général conservateurs ou très conservateurs. La plupart ont été nommés par des présidents républicains, notamment la dernière, Amy Coney Barret, propulsée par Trump à la fin de son mandat. Sur les réseaux sociaux, je publiais donc ce post qui me semblait factuel.

    J’aurais pu ajouter ces données livrées par des sondages réalisés à la sortie des urnes : le vote des catholiques s’est partagé en deux moitiés, deux parts égales ou quasi-égales, l’une pour Trump, l’autre pour Biden. Mais ce n’était pas l’objet d’un si bref post.

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  • Messes suspendues : le christianisme n’est pas une religion de la conviction privée

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    D'Arnaud Bouthéon sur le site du Figaro (Figaro Vox) :

    Suspension des messes: «Le christianisme n’est pas une religion de la conviction privée»

    FIGAROVOX/TRIBUNE - L’essayiste chrétien Arnaud Bouthéon espère que la liberté d’assister au culte sera rendue au plus vite aux fidèles, arguant de l’importance du lien communautaire et des sacrements dans la vie chrétienne.

    Arnaud Bouthéon est l’auteur de Comme un athlète de Dieu, manifeste sportif et chrétien, aux éditions Salvator, et cofondateur du Congrès Mission.


    L’état d’urgence sécuritaire et sanitaire éprouve nos concitoyens, mais aussi nos dirigeants. Alors que le Conseil d’État vient de confirmer l’interdiction de la célébration publique du culte dans les édifices religieux, le premier ministre a récemment offert, par la grâce d’un tweet, quelques mots pour présenter sa définition de la religion. Il évoque ainsi «l’expression d’une conviction intime qu’une République laïque respecte comme l’exercice d’une liberté fondamentale».

    Cette conviction intime tolérée par la République laïque, n’est-il pas ce christianisme loué par René Rémond, qui «a imprimé sa marque sur le continent qui s’est couvert d’un grand manteau blanc d’églises» et dont l’anthropologie fonde l’universalité de la déclaration des droits de l’homme?

    Les chrétiens ne sont pas là pour convaincre ou se convaincre intimement mais pour être, pour annoncer et pour faire.

    Dans la préface d’un récent et très utile ouvrage consacré au millier d’ «incroyables chrétiens» qui ont façonné l’histoire de France, Patrick Poivre d’Arvor paraphrasait le poète René Char, affirmant qu’un religieux est comme un poète: il doit laisser «des traces de son passages, non des preuves». Puis, il évoquait le souvenir de ses rencontres avec Jean-Paul II, Mère Teresa, Sœur Emmanuelle, le Père Pedro. Ces témoins du geste et de la grâce n’ont rien prouvé ; mais ils ont agi, parce qu’ils puisaient.

    Oui, ils sont inspirants parce qu’ils puisaient la force de leur passage à l’acte mais aussi le pardon, la consolation et la charité dans cette pratique des sacrements, en ces écrins que sont les églises. Ils ont consolé, ils ont touché, parce qu’ils étaient eux-mêmes touchés et consolés.

    Les chrétiens ne sont pas là pour convaincre ou se convaincre intimement mais pour être, pour annoncer et pour faire.

    Le christianisme n’est pas une gnose intimiste ; il est une affaire de lien, de relation, de corps et même de chair. De tout temps, il est la religion de l’incarnation, du lien et du risque ; il n’a jamais été la religion de la conviction privée, ni une philosophie du «care» hygiéniste. À la communication de crise par écrans interposés, les chrétiens préfèreront toujours la communion du geste humain offert et exposé.

    Pour cimenter l’unité d’un pays tétanisé par le confinement et la barbarie islamiste, dans ces moments de crise, en particulier face au surgissement de la mort, le besoin de consolation humaine et spirituelle semble immense. Ce besoin convoque des ressources que la République laïque ne peut offrir. Peut-elle humblement le reconnaître? Peut-elle admettre qu’en ces temps difficiles, des corps intermédiaires comme les paroisses peuvent offrir en leurs murs, ce supplément d’âme et d’espérance, qu’une société aseptisée lui refuse?

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  • L'affaire McCarrick : une triste affaire dont toute l'Église aurait tiré les leçons

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    D'Andrea Tornielli sur Vatican News :

    10 novembre 2020

    Le rapport McCarrick, une page douloureuse dont l'Église tire les leçons

    Une lecture du dossier publié par la Secrétairerie d'État avec des documents et des témoignages, qui raconte l'histoire de l'ancien cardinal archevêque de Washington, démis de l'état clérical.

    Lors de la nomination de l'archevêque de Washington Theodore McCarrick en 2000, le Saint-Siège a agi sur la base d'informations partielles et incomplètes. Des omissions et des sous-évaluations se sont malheureusement produites, des choix qui se sont révélés par la suite erronés ont été faits, notamment parce que, au cours des vérifications demandées par Rome à l'époque, les personnes interrogées n'ont pas toujours dit tout ce qu'elles savaient. Jusqu'en 2017, aucune accusation fondée n'a jamais concerné abus ou harcèlement à l’encontre de mineurs: dès que la première plainte d'une victime, mineure au moment des faits, est arrivée, le Pape François a agi rapidement et de manière décisive contre le vieux cardinal, qui avait quitté la direction du diocèse en 2006, en lui retirant d'abord sa pourpre cardinalice avant de le renvoyer de l'état clérical. C'est ce qui ressort du Rapport sur la connaissance et sur les processus décisionnels institutionnels du Saint-Siège concernant Theodore Edgar McCarrick (1930-2017) publié par la Secrétairerie d'État.

    Une réponse ponctuelle

    En soi, le rapport, par son extension et son contenu, répond ponctuellement à l'engagement pris par le Pape François d'enquêter de manière approfondie sur l'affaire McCarrick et de publier les résultats de l'enquête. Le rapport représente également un acte de sollicitude et d'attention pastorale du Pape envers la communauté catholique américaine, blessée et déconcertée par le fait que Theodore McCarrick ait pu atteindre des positions aussi élevées dans la hiérarchie. L’enquête, menée ces deux dernières années, a débuté à la fin de l'été 2018, au cours de semaines de vive tension, qui ont culminé avec l’intervention de l'ancien nonce apostolique à Washington Carlo Maria Viganò, qui, par le biais d'une opération médiatique internationale, en était arrivé à demander publiquement la renonciation du Pape régnant.

    L'absence d'accusations d'abus sur mineurs jusqu'en 2017

    La force du rapport réside certainement dans son exhaustivité, mais aussi dans la vision d’ensemble qu'il fournit. Et de cette vision d’ensemble se dégagent quelques points précis qu'il est important de prendre en compte. Le premier concerne les erreurs commises, qui ont déjà conduit à l’adoption de nouvelles normes dans l’Église, afin d’éviter que l’histoire ne se répète. Un deuxième point est constitué par l'absence, jusqu'en 2017, d'accusations circonstanciées concernant des abus sur mineurs commis par Theodore McCarrick. Il est vrai que dans les années 1990, des lettres anonymes parvenues aux cardinaux et à la nonciature de Washington en faisaient mention, mais sans fournir indices, noms, ou circonstances: ces lettres ont été malheureusement considérés non crédibles précisément parce qu’elles manquaient d'éléments concrets. La première accusation fondée impliquant des mineurs remonte en fait à trois ans. Elle a conduit à l'ouverture immédiate d'une procédure canonique, conclue par les deux décisions ultérieures du Pape François, qui a d'abord retiré la pourpre cardinalice au prélat émérite, puis l'a renvoyé de l'état clérical. Le mérite d'avoir permis de faire éclater la vérité au grand jour, comme le fait de l’avoir entrepris en surmontant la souffrance du souvenir de ce qu’elles avaient subi, doivent être reconnus aux personnes qui se sont présentées pour dénoncer Theodore McCarrick, tout au long du processus canonique.

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  • Qui est Kamala Harris, la probable vice-présidente des Etats-Unis

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    Petite piqure de rappel, cette note du National Catholic Register que nous avions publiée le 12 août 2020 :

    Joe Biden choisit Kamala Harris comme colistière pour la vice-présidence

    Avant d'être choisie pour se présenter avec Biden, Harris a fait la une des journaux pour ses nombreuses attaques contre l'ancien vice-président lors des débats des primaires.

    Catholic News Agency

    WILMINGTON, De. - L'ancien vice-président Joe Biden, candidat présumé du Parti démocrate à la présidence, a choisi la sénatrice Kamala Harris, D-CA, comme colistière.

    Harris est la première femme noire, et la première personne d'origine indienne, à être choisie comme colistière pour un grand parti. La mère de Harris est née en Inde, et son père en Jamaïque. Harris est un fervent défenseur de la protection juridique de l'avortement et a fait pression sur Biden sur cette question au cours des derniers mois. (voir ICI)

    Le choix a été annoncé peu après 16h15, le mardi 11 août.

    Biden a déclaré que pendant qu'il était procureur général de Californie, Harris a travaillé avec son fils, Beau, qui est décédé.

    "J'ai vu comment ils s'attaquaient aux grandes banques, soulevaient les travailleurs et protégeaient les femmes et les enfants des abus. J'étais fier à l'époque, et je suis fier aujourd'hui de l'avoir comme partenaire dans cette campagne", a-t-il déclaré.

    Avant d'être choisie pour se présenter avec Biden, Mme Harris a fait la une des journaux pour ses nombreuses attaques contre l'ancien vice-président lors des débats des primaires. Harris a notamment critiqué le soutien de longue date de Biden à l'amendement Hyde, qui empêche l'utilisation des fonds fédéraux pour les avortements.

    Biden a soutenu l'amendement Hyde, à la fois par ses votes et publiquement par écrit et dans ses discours, pendant plus de quatre décennies. Il est revenu sur sa position en juin 2019, un jour seulement après avoir réaffirmé son soutien à cette politique. Harris n'a pas tardé à le souligner au cours du débat.

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  • Trump-Biden : ce n’est plus le politique qui censure les médias mais les médias qui censurent le politique

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    De la revue de presse de l'Homme Nouveau :

    Dans sa chronique de samedi dernier dans le Figaro, Mathieu Bock-Côté analyse lui aussi le résultat des élections américaines (dont le résultat définitif n’est pas encore connu) et en tire une leçon beaucoup plus universelle, sur une transformation à laquelle nous assistons depuis plusieurs années et dont la dernière élection américaine a été un champ d’application à grande échelle.

    C’est la théorie des quatre pouvoirs qu’il faut revisiter. Les médias sont désormais le premier d’entre eux. Les Gafam, notamment, se sont permis un interventionnisme actif tout au long de la campagne pour en contrôler le récit au point même, ces derniers jours, de censurer à répétition les interventions de Trump. Quant aux grands réseaux de télévision, ils se permettent aussi de suspendre la diffusion de ses discours pour les corriger. On aurait tort d’y voir une simple entreprise de correction factuelle. Ce n’est plus le politique qui censure les médias mais les médias qui censurent le politique. Le pouvoir médiatique fixe la définition du réel et assimile ceux qui la contredisent aux propagateurs de fausses nouvelles, et cela, bien au-delà des déclarations trumpiennes. Le pouvoir qui se réclame de la souveraineté populaire n’est plus qu’un contre-pouvoir, cantonné dans la fonction tribunicienne, à la manière d’un dernier refuge populaire pour contenir ou renverser le déploiement du régime diversitaire prétendant avoir pour lui le sens de l’histoire. Même élu, un chef « populiste » demeure en opposition structurelle au système qui cherche à l’expulser de toutes les manières possibles. Dans la perspective populiste, il s’agit de restaurer le pouvoir politique.

    La campagne de Trump était mauvaise. Alors qu’en 2016, il avait su porter un discours critique à la fois de la mondialisation et de l’immigration massive, il aura mené ces derniers mois une campagne erratique, essentiellement consacrée à la dénonciation anticipée des fraudes supposées des démocrates. Il avait fini par incarner une colère sans projet. Son personnage dévorait sa politique. Sa psychologie trouble se révèle contradictoire avec les exigences démocratiques, comme on l’a vu ces derniers jours, lorsqu’il a semblé préférer la guerre civile à l’éventualité de sa défaite. Son attitude actuelle le condamne à la disgrâce. Cela ne devrait pas nous empêcher de comprendre les motivations de l’insurrection populiste. Reste à voir si elle parviendra à sortir de la posture tribunicienne et du style histrionique qui la condamne à l’échec.

    Lire également : la censure privatisée