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Ethique - Page 272

  • Quand la Cour suprême des États-Unis donne raison au pâtissier qui a refusé de préparer un gâteau pour un mariage homosexuel

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    Grégor Puppinck répond aux questions de Paul Sugy sur Figaro Vox (lefigaro.fr) :

    Quelle place pour la liberté de conscience dans les sociétés libérales ?

    FIGAROVOX/ENTRETIEN - La Cour suprême des États-Unis a donné raison au pâtissier ayant refusé de préparer un gâteau pour un mariage homosexuel. Grégor Puppinck decrypte cet arrêt et considère que la liberté de conscience est la «roue de secours» d'une société libérale.

    Grégor Puppinck est docteur en droit et directeur du European Centre for Law and Justice (ECLJ). Il est membre du panel d'experts de l'OSCE sur la liberté de conscience et de religion. Il est l'auteur d'une étude sur l'objection de conscience et les droits de l'homme, publiée aux éditions du CNRS en 2016.

    FIGAROVOX.- Quelles sont les conséquences de la décision rendue lundi par la Cour suprême des États-Unis

    Grégor PUPPINCK.- Même lorsque l'on connaît l'importance du «wedding cake» dans un mariage américain, cette affaire a l'air d'une plaisanterie insolite! Préparer un gâteau pour la fête d'un «mariage homosexuel» n'est qu'une coopération très éloignée à ce mariage. Un artisan-pâtissier a pourtant refusé de créer ce gâteau, en invoquant le respect de sa liberté d'expression et de ses convictions morales et religieuses. Le couple d'hommes l'a traîné pendant six années devant les tribunaux pour cette raison.

    En réalité, ce combat juridique est révélateur des difficultés causées par le pluralisme croissant des sociétés occidentales où les «nouveaux droits» se heurtent aux anciens. Il est difficile de faire coexister les militants LGBT et les personnes qui estiment que l'homosexualité est peccamineuse. La Cour suprême a donné raison au pâtissier, en affirmant la protection des «objections religieuses et philosophiques au mariage gay». C'est donc une victoire pour la liberté de conscience.

    Cependant, cette décision a une portée limitée, car les juges américains ont tranché sur un aspect secondaire de l'affaire, estimant que les autorités du Colorado avaient fait preuve d'une «animosité évidente et inadmissible» à l'encontre de la foi chrétienne du pâtissier, dont les convictions ont été traitées de «rhétorique méprisable».

    Vous œuvrez depuis plusieurs années à défendre le droit à l'objection de conscience à la CEDH. Pensez-vous que la décision américaine puisse influencer le juge européen?

    La Cour suprême a en effet une forte influence sur la CEDH. Les grandes juridictions internationales essaient donc d'être à l'unisson. Elles communiquent entre elles, de manière informelle, pour éviter de se contredire sur un même sujet.

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  • "Créés pour se donner" : conférence de Stéphane Seminckx à Bruxelles (UOPC) le 9 juin à 15H00

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    Bâtir sa maison sur le roc. Logo

    a le plaisir de vous convier à 

    une conférence de l'Abbé Stéphane Seminckx 

    suivie d'une séance de dédicace du livre

    Capture d’écran 2018-05-26 à 23.00.53.png

    
 le samedi 9 juin 2018 de 15 à 17h

     Pour réserver vos places : bx@batirsamaisonsurleroc.be

     Pour visionner la vidéo de promotion du livre, vous pouvez cliquer ici

     Salle de Conférences de la Librairie UOPC, 
Avenue Gustave Demey 14-16 (1er étage)
- 1160 Bruxelles

  • Attentat terroriste à Liège : des funérailles sous le signe de la Croix

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    L’évêque de Liège, Mgr Delville communique : « Les funérailles de Lucile Garcia et Soraya Belkacemi, les deux policières de la ville de Liège, tuées mardi 29 mai 2018, auront lieu au Centre funéraire de Robermont, mardi 5 juin à 10 h. en présence du Représentant du Roi et des autorités civiles. Elles seront présidées par Mgr Jean-Pierre Delville, évêque de Liège, assisté de l’abbé Jean-Pierre Pire, doyen de Liège, et de M. Jean-Pierre Huyts, membre de l’aumônerie catholique du Centre funéraire.

    L’accès sera réservé aux membres de la famille et aux membres des services de police. Le ministre de la Sécurité et de l’Intérieur, M. Jan Jambon, remettra aux deux policière la Croix civique de 1e classe à titre posthume. Le chef de corps de la Police de Liège, M. Christian Beaupère, prendra la parole pour rendre hommage aux défuntes. La cérémonie religieuse sera celle du Dernier Adieu et se composera d’abord d’hommages des familles. Ensuite interviendra le rite de la lumière, par l’entrée du cierge pascal ; il sera suivi d’un rite de la Tenue de Service, soulignant le sens du service des policières défuntes ; il sera illustré par deux lectures choisies par les familles : la première lettre de Jean sur le thème de l’amour (1 Jean 3,14-20) et l’évangile sur la tenue de service (Luc 12,35-38). L’homélie sera assurée par Mgr Delville. Elle sera suivie de la bénédiction des corps et du défilé d’hommage des autorités et des participants.

    Il est demandé à chacun de s’associer à distance par la prière et le recueillement à cette célébration de funérailles, conçue dans un esprit de dignité, de gratitude et d’espérance. »

    Par ailleurs, selon « La Libre Belgique », les obsèques du tueur Benjamin Herman se dérouleront dans une église chrétienne :

    « L'église de On, à Marche-En-Famenne : c'est là que se dérouleront les funérailles de Benjamin Herman, le tueur de l'attaque de Liège qui a fait trois morts, selon L'Avenir.

    Le corps de l'assaillant, tué par la police peu de temps après avoir perpétré ces crimes, sera inhumé dans le cimetière de la commune.

    L'abbé du village de On, François Barbieux, s'est exprimé sur la démarche de la famille de celui qui se serait radicalisé en prison : "La famille a tout à fait conscience de l’inacceptable, mais elle doit faire le deuil d’un fils, d’un tonton, d’un petit-fils, qui est décédé de manière tragique, de par les actes qu’il a posés avant son décès et de par la manière dont il est décédé."

    La police sera présente en masse pour sécuriser ces funérailles. »

    Ref. Attaque de Liège : Les obsèques du tueur Benjamin Herman se dérouleront dans une église chrétienne

    Qu’est-ce qu’un rite funéraire de la tenue de service? le communiqué de l’évêché nous explique le sens chrétien susceptible de lui être appliqué.

    JPSC

  • Avortement : quand « La Croix » épingle « La Croix »

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    De Thibaud Collin dans l’hebdomadaire « La Croix » du 4 juin :

    « Le pape François, citant le concile Vatican II, déclarait en avril 2014 que l’avortement est « un crime abominable ». Il ajoutait : «Il convient de rappeler la plus ferme opposition à toute atteinte directe à la vie, spécialement innocente et sans défense: le bébé dans le ventre maternel est l’innocent par excellence». Enfin, à plusieurs occasions, il a vivement critiqué « la culture du déchet » si prégnante aujourd’hui.

    Force est de constater que le pape François semble prêcher dans le vide, puisque nombre de catholiques abordent ce sujet à la manière du « monde » (saint Jean 17, 16) et ce jusque dans les colonnes de notre quotidien. Dans son éditorial du lundi 28 mai, La Croix revient sur le référendum irlandais de manière particulièrement injuste. Pourquoi injuste ? Parce que le respect inconditionnel dû à la vie innocente des enfants à naître est nié. Mais qu’ont fait ceux-ci pour qu’elle mérite d’être ainsi occultée ? Justement, ils n’ont rien fait. Ils n’ont rien demandé. Pas même d’être projetés dans l’existence. Ce ne sont que des êtres humains, comme chacun d’entre nous (Comment oublier que chacun d’entre nous a été un enfant à naître ?). Mais ils sont silencieux. Ils ne revendiquent rien. Ne manifestent pas. N’organisent pas de référendums « démocratiques ».

    Le point de vue de La Croix est celui des souffrances vécues par les femmes que la future loi irlandaise légalisant l’avortement serait censée supprimer. Pourquoi le bien des mères passerait-il par la suppression de leur enfant ? Pourquoi taire que l’avortement loin de libérer la femme la ronge secrètement et durablement ? Fuit-on un mal par et pour un mal plus grand ? Le problème est que pour La Croix comme pour « le monde » l’avortement n’est qu’un moindre mal ; dont on peut dès lors se contenter tant qu’il reste dans une quantité limitée. En épousant la distinction rhétorique du « monde », entre avortement « de détresse » (à accepter) et avortement « à la carte » (à refuser), La Croix se donne bonne conscience en apparaissant comme modérée, renvoyant dos à dos les positions extrêmes des « pro » et des « anti-IVG ». Mais la dignité humaine n’est pas un domaine que l’on peut aborder dans une logique de compromis et de hiérarchisation des maux. Notre histoire récente nous l’a rappelé douloureusement. Or cette illusion de croire que l’on peut négogier ce qui n’est pas négociable, ce vichysme mental, éclate dans l’argument central du texte : il est possible de catégoriser la vie humaine, comme si celle-ci avait des degrés. « On sait bien que la vie, affirme La Croix, n’est pas un phénomène physique, comme semblait le dire la Constitution irlandaise, qui mettait un signe strict d’égalité entre une vie déjà là, celle de la mère, et une vie en devenir. » D’où La Croix tire-t-elle ce savoir ? Certes pas de l’Evangile ni de l’enseignement constant de l’Eglise qui depuis son origine s’est opposée à l’esclavage, au racisme, à l’infanticide, bref à tout ce qui pourrait conduire certains à exclure de l’humanité commune d’autres êtres humains, évalués à l’aune de tel ou tel critère. N’en déplaise à notre journal « catholique », l’Eglise a toujours refusé de considérer qu’il y avait une inégalité entre les êtres humains quant à leur appartenance à l’humanité commune. Sans compter que la pauvreté de l’argument est manifeste : l’enfant à naître n’est-il pas lui aussi « déjà là » ? Et sa mère, les médecins et même les journalistes n’ont-ils pas, eux aussi, une « vie en devenir » ?

    Souhaitons donc que La Croix accepte d’être cohérente en se laissant touchée par Celui qui est mort pour tous les hommes, reconnaissant par là leur égale dignité, quel que soit leur race, leur nation, leur sexe, leur niveau de vie et leur taille.

    Thibaud Collin »

    Ref. Avortement: non au vichysme mental!                                                                              

    JPSC

  • L'heure est venue

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    guibert.jpg

    (source)

    L’heure est venue

    14,00

    Dans cet ouvrage, le père Guibert appelle les chrétiens à un sursaut de lucidité, à un embrasement spirituel. Ils ne peuvent continuer sur la voie du compromis ou de l’esprit mondain, souvent par souci du vivre ensemble ou d’avoir la paix, dans une société de plus en plus déchristianisée, car cela ne sera pas tenable pour eux longtemps. En effet, comme avertissait le cardinal Sarah en octobre 2015, ils seront bientôt pris en étau entre deux idéologies : « les deux grandes idéologies totalitaires qui menacent actuellement la société, la famille et l’Église : la mentalité libertaire des démocraties occidentales ainsi que l’islamisme radical, l’un et l’autre ouvertement christianophobes. »

    « Pas d’amalgame », « nouvelles discriminations », « victimes des oppresseurs », etc., dans un contexte où la pensée peine à se déployer face à un champ lexical de plus en plus réduit et tabou, l’urgence est déjà de voir clair et ne pas se leurrer face à l’immigration de masse ou le choc des civilisations : « En ces temps d’imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire », écrivait George Orwell.

    L’auteur analyse donc cet air du temps, ses racines idéologiques, l’oppression qu’elle déploie avant de proposer quelques boussoles pour les chrétiens désireux de traverser la tempête dans la fidélité à leur Maître et dans l’amour de l’Église.

    L’heure est venue de poser les bons diagnostics et de ne plus avoir peur de nommer les choses ; et en fonction de cela, adopter une attitude résolument prophétique. L’Église comme son Maître ne pourra faire l’économie de la Passion mais cela conduira à la résurrection.

  • L'avortement blesse les femmes

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    De Madeleine-Marie Humpers sur cathobel.be :

    FIC141341HAB0.jpgQuand l’avortement blesse les femmes. Marie Philippe brise le tabou

    De nombreuses femmes souffrent d’avoir eu recours à l’. Une réalité que les discours sur le « droit » des femmes à avorter passent généralement sous silence. Dans son livre Après l’. Des femmes témoignent leur donne la parole…

    A l’approche des élections, la Belgique est en plein débat sur la dépénalisation de l’avortement. L’Irlande a voté pour sa légalisation. Pourtant, les femmes qui ont subi une IVG restent généralement en retrait de ces débats politiques. Elles sont néanmoins les mieux placées pour en parler. En France, Marie Philippe a créé une association pour venir en aide aux femmes qui se posent la question de l’avortement ou qui ont subi une IVG. L’aide proposée passe par l’écoute mais aussi par l’information. Une écoute qui manque souvent à des femmes dont la souffrance est devenue presque taboue. Une information qui fait défaut, à l’heure où, par crainte d’enfreindre la loi (en France, il existe un « délit d’entrave à l’IVG »), de nombreux médecins n’osent plus évoquer les risques liés à l’avortement.

    Durant des années, Marie Philippe a donc soutenu, écouté, accompagné des femmes et a recueilli de nombreux témoignages via le site de l’association (www.ivg.net) et sur sa page Facebook (@ivgoupas). Le livre qu’elle vient de publier plonge le lecteur dans la réalité de l’avortement, à partir du vécu des femmes elles-mêmes: Après l’IVG. Des femmes témoignent.

    Quand l’IVG profite aux hommes…

    Dans les témoignages, les pressions subies par les femmes sont frappantes. Tandis que les adolescentes sont plus souvent influencées par leur famille, entre vingt et quarante ans environ, c’est le conjoint qui est en général responsable de ces pressions, pouvant aller jusqu’au harcèlement. Ainsi Vanessa (28 ans) témoigne :

    « Je suis à sept semaines de grossesse au moment où je lui annonce fermement ma décision [de garder l’enfant]. Là commence pour moi le calvaire, il se montre d’abord culpabilisant puis très menaçant, il profère ses menaces de mort par le biais de tierces personnes, proches de moi et dont il espère que leurs paroles me feront changer d’avis ; puis poursuit ses menaces envers moi directement. Il est précis et calculateur, il ne laisse pas de trace de message ou autres. Il rôde autour de chez moi, m’explique ce qu’il compte me faire et comment le faire et là, pas à pas, moi qui ne suis pourtant pas trouillarde, je prends peur ».

    Vanessa portera plainte, sans suite. Désespérée et terrorisée, elle finira par avorter. En France, il n’existe aucune loi qui protège les femmes des pressions subies pour les pousser à l’IVG. Le cas de Vanessa est particulièrement violent, pourtant bien d’autres femmes doivent faire face à un chantage pernicieux… « Tu avortes ou je te quitte ! ». Marie Philippe constate le véritable « pouvoir de domination » dont disposent les hommes sur leurs compagnes, spécialement en début de grossesse. « La femme qui cède est comme assujettie, opprimée par son ‘partenaire’, qui la considère plus comme un objet que comme un être humain doté d’une dignité dans toutes les composantes de sa personne, comme femme et mère ». En général, l’avortement est présenté comme une liberté, un « droit » pour les femmes, mais la réalité des pressions subies par les femmes en vue d’un avortement contredit cette représentation de l’IVG: « Dire que le ‘droit fondamental’ à l’IVG conduit à une authentique libération de la femme est un leurre », affirme Marie Philippe. « C’est là le grand paradoxe de cette liberté qui leur est donnée de faire un avortement sans aucune mise en garde, ni entrave ou dissuasion forte: cette liberté les conduit en fait à accomplir un acte psychologiquement assujettissant. Un acte qui les atteint dans leur dignité de femme. Elles éprouvent souvent un sentiment de profonde injustice par rapport à l’homme qui, par sa nature, ne vit pas l’IVG dans son corps et dans son esprit. On touche ici du doigt une contradiction majeure du discours sur l’égalité homme/femme dans ce domaine »« Trop souvent l’IVG est un droit des femmes…utilisé pour les hommes ! », dénonce Marie Philippe.

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  • Europe : devrons-nous faire le choix entre la démocratie et notre modèle de liberté ?

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    Devrons-nous choisir entre la démocratie et notre modèle de liberté ?

    FIGAROVOX/TRIBUNE (via Magistro.fr) - Les Italiens rejoignent désormais Polonais, Hongrois et Tchèques dans leur volonté, non pas de sacrifier les libertés individuelles, mais de prendre aussi en compte leurs mœurs et leurs valeurs nationales, explique la professeur de philosophie politique (1).

    L'Italie s'ajoute à la Grèce, au Royaume-Uni, à la Pologne, à la Hongrie, à l'Autriche, à la République tchèque et à la Slovaquie, soit à la très longue liste des pays qui ont annoncé démocratiquement ne plus vouloir du modèle européen. Même si nombre d'entre eux ne souhaitent pas, contrairement au Royaume-Uni, sortir de l'Europe, ils expriment pourtant la ferme détermination de la transformer de l'intérieur. C'est dans cet espoir que s'est maintenu le groupe de Visegrad, lequel, encore sous présidence hongroise, a tenu ces derniers jours à Budapest un important colloque sur le thème "L'avenir de l'Europe", avec la participation de nombreux universitaires et politiques de tous les pays d'Europe centrale.

    L'euroscepticisme, développé à ce point, par tant de pays et tant d'acteurs, traduit pour commencer un échec de l'Europe institutionnelle, sur lequel il faut réfléchir et dont il faudra tenir compte. Au reste, on voit bien que les critiques de l'Europe s'affichent au nom d'une vision plus générale, qu'on pourrait dire illibérale - d'où l'existence d'une internationale dépassant les frontières de l'Europe : l'un des invités du colloque de Budapest était Steve Bannon.

    Il apparaît clairement que l'euroscepticisme est une conséquence de l'illibéralisme : l'Europe est fustigée parce que trop libérale. D'où la surprise : les peuples refusent-ils donc d'être libres ? D'où la question angoissée des élites de nos pays : faudra-t-il donc "les forcer à être libres", selon le mot d'ordre de Lénine - effaçant ainsi la démocratie ? Ou bien faudra-t-il, démocratiquement, nous plier à cette volonté populaire et abandonner des pans de liberté ? Allons-nous devoir choisir entre la démocratie et notre modèle de liberté ?

    La vieille Europe tremble et se défait devant cette question. La réponse a déjà été amorcée : une partie de nos élites ne croient plus à la démocratie, en raison précisément des préférences à leurs yeux inacceptables des peuples. L'Europe institutionnelle est dominée par une "idéologie des professionnels", pour utiliser l'expression de Thomas Frank (dans son livre Pourquoi les riches votent à gauche), Europe institutionnelle qui défend la liberté postmoderne contre les peuples. Ces derniers arguent de la démocratie (le nombre est de leur côté) pour imposer leurs opinions illibérales.

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  • Après le referendum irlandais : la manifestation d'un nihilisme satisfait

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    De Gérard Leclerc (source) :

    Un nihilisme satisfait

    L’éditorialiste du Monde est catégorique : « C’est le genre de référendum qui vous réconcilie avec les référendums ». Il s’agit, bien sûr, du référendum irlandais, dont nous parlions hier. Et Libération est au même diapason : « Une victoire pour les femmes, une victoire pour la société. C’est la fin d’un système inhumain. » Que voulez-vous objecter à pareil triomphalisme, sauf à passer pour un affreux réactionnaire ? L’avortement fait désormais partie des droits de la femme, et qui s’oppose à ce droit est passible des rigueurs de la loi. C’est à un point tel qu’il est question pour beaucoup de supprimer le droit à l’objection de conscience pour les médecins, ce qui constitue tout de même une atteinte caractérisée à la démocratie. Mais dans le climat qui prévaut en ce moment, toute objection est mal venue.

    Le Premier ministre irlandais a tenu à s’adresser à ceux et celles qui ne participent pas à l’euphorie : « Je veux les rassurer, l’Irlande d’aujourd’hui est la même que celle qu’elle était la semaine dernière, mais juste un peu plus tolérante, un peu plus ouverte et plus respectueuse. » Que répondre à tant de sollicitude et de bien-pensance ? Ne sommes-nous pas passés à une nouvelle ère de l’histoire, sur laquelle on ne reviendra pas ? L’éditorialiste du Monde nous assène le refrain d’une modernisation d’une société longtemps dominée par l’Église catholique. Et l’on peut pressentir que dans pareille logique, la modernisation entraînera la pratique du suicide assisté, tel qu’on nous l’a vantée il y a quelques jours avec le cas d’un Australien de 104 ans parti en Suisse pour se faire euthanasier. Seule l’Église catholique a eu le front de protester face à un tel étalage impudique, une cinquantaine de journalistes s’étant déplacés pour donner le plus large écho à pareil haut fait.

    Il faut être un mauvais coucheur pour refuser de se prêter à ce genre de macabre mise en scène. C’est le cas de notre Michel Houellebecq, qui n’a peur de rien et n’a pas craint, dans un de ses romans de dénoncer les pratiques de certaines officines de la mort. Il faut relire ces quelques pages de La carte et le territoire (prix Goncourt 2010). Elles sont au diapason du nihilisme qui pèse sur nos sociétés satisfaites et que Le Monde et Libération tentent de nous présenter aux couleurs d’un optimisme obscène.

    Il faudrait tout de même que ces beaux esprits nous expliquent pourquoi ils n’ont pas le courage de percer le rideau qui cache les coulisses de leur scène de liesse. Oui, car à l’arrière-scène, il se passe quand même des choses qu’il faut avoir le courage de nommer. Nos champions de l’émancipation seraient-ils volontaires pour tenir le bistouri destiné à trancher une jeune vie pleine de promesse ? Nos joyeux triomphateurs ne sont-ils pas de fameux hypocrites, incapables d’oser dire que le droit à l’avortement c’est la capacité de tuer une vie ?

    Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 29 mai 2018.

  • L’avortement ne peut pas constituer une mesure de "santé reproductive"

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    De Lisa Zengarini sur Vatican News :

    Le Saint-Siège rappelle que l’avortement ne peut pas être une mesure de "santé reproductive"

    Mgr Ivan Jurkovic, Observateur du Saint-Siège auprès de l’Onu, est intervenu ce matin à Genève pour rappeler que les services sanitaires ne peuvent pas être destinés à œuvrer contre la vie des enfants à naître.

    «Le Saint-Siège s’oppose fermement à tout effort des Nations Unies ou de ses agences spécialisées en vue de promouvoir des législations nationales qui permettent de tuer la vie de l’enfant à naître», a martelé Mgr Jurkovic, observateur permanent du Saint-Siège auprès des institutions de l’Onu à Genève, à l’occasion de la 71e assemblée de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), dédié à l’examen de la nouvelle stratégie globale pour la santé des femmes, des enfants et des adolescents lancée en 2015.

    Préoccupation face à l’inclusion du soi-disant “avortement sûr” dans les nouvelles lignes stratégiques globale

    Tout en partageant de nombreux objectifs fondamentaux de l’OMS, comme la promotion d’un service de santé universel, la lutte contre la violence faite aux femmes et aux enfants, la mise à jour des programmes en faveur de l’enfance pour l’étendre jusqu’au 18e anniversaire, Mgr Jurkovic s’est dit préoccupé de l’inclusion du soi-disant “avortement sûr” dans les nouvelles lignes stratégiques globales pour la santé, sur la période 2016-2030. «Le Saint-Siège, a-t-il affirmé, ne considère pas l’avortement et les services abortifs comme des mesures pour la santé reproductive», a précisé le diplomate pontifical.

    Le Saint-Siège est opposé à toute légalisation de l’avortemen

    Mgr Jurkovic a donc exprimé sa préoccupation face à la participation de l’OMS et d’autres organisations onusiennes à une banque de données contenant des informations complètes sur les lois et politiques en matière d’avortement, sous prétexte de protéger les droits des femmes. Pour le Saint-Siège, il est contradictoire et inacceptable de présenter «l’avortement sûr comme un moyen pour protéger les droits humains de femmes et d’enfants, quand de fait, il nie à l’enfant à naître le droit le plus fondamental : celui à la vie». Comme l’a souligné le Pape François, a conclu Mgr Jurkovic, le droit à la vie est «sacré et inviolable», et «il n’est subordonné à aucune condition».

  • "L’Église est pour la vie, et son souci est que rien ne soit contre la vie" rappelle le pape

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    De Nicolas Senèze sur le site de La Croix - Africa :

    Le pape François rappelle le droit à la vie

    Devant une délégation de médecins catholiques, le pape François s’exprimait pour la première fois sur le sujet depuis le résultat du référendum en Irlande, vendredi 25 mai, où deux tiers des citoyens ont dit « oui » à une libéralisation à venir de l’avortement.

    Recevant, lundi matin 28 mai au Vatican, une délégation de la Fédération internationale des associations de médecins catholiques (FIAMC), le pape François a fortement souligné l’engagement de l’Église en faveur du droit à la vie.

    « Vous êtes appelés à affirmer la centralité du patient en tant que personne, et sa dignité avec ses droits inaliénables, en tout premier lieu le droit à la vie », a insisté le pape devant une vingtaine de médecins venus le rencontrer avant le congrès de la FIAMC qui s’ouvre mercredi 30 mai à Zagreb (Croatie).

    « L’Église est pour la vie, et son souci est que rien ne soit contre la vie comme réalité d’une existence concrète, qu’elle soit faible ou sans défense, même non développée ou peu avancée », a expliqué François, trois jours après le référendum qui a ouvert la voie à la légalisation de l’avortement en Irlande.

    Dans son discours, le pape a notamment rappelé que la responsabilité des médecins catholiques est de « travailler dans leurs pays respectifs et au niveau international, en intervenant dans des environnements spécialisés mais aussi dans des discussions concernant la législation sur des questions éthiques sensibles, telles que l’interruption de grossesse, la fin de vie et la médecine génétique ».

    « Défense de la liberté de conscience »

    « N’oubliez pas de vous intéresser aussi à la défense de la liberté de conscience, des médecins et de tous les agents de santé, a-t-il ajouté. Il n’est pas acceptable que votre rôle soit réduit à celui d’un simple exécutant de la volonté du patient ou aux besoins du système de santé dans lequel vous travaillez. »

    Dans l’optique de l’« écologie humaine » qu’il défend notamment dans son encyclique Laudato si’, le pape leur a aussi demandé de combattre « la tendance à rabaisser le malade à une machine à réparer, sans respect des principes moraux, et à exploiter les plus faibles en écartant ce qui ne correspond pas à l’idéologie de l’efficacité et du profit ».

    La FIAMC tient du 30 mai au 2 juin son congrès annuel à Zagreb (Croatie) sur le thème « Sainteté de la vie et profession médicale, d’Humanae vitae à Laudato si’».

    Le discours du pape est intégralement repris ICI

  • Quand une journaliste de La Croix se réjouit du résultat du referendum irlandais sur l'avortement

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    La vie de l'enfant à naître selon Isabelle de Gaulmyn

    Article rédigé par Le Salon Beige, le 29 mai 2018 (via Liberté politique)

    Les Irlandais ont donc voté à 66,4 % pour le retrait de l’amendement numéro 8 de leur constitution qui affirme le droit égal à la vie de la mère et de l’enfant à naître.

    L’événement qui a permis la bascule après plusieurs référendums qui n’étaient pas favorables à la légalisation de l’avortement en Irlande est la tragique affaire de Savita Halappanavar, cette dentiste d’origine indienne qui est morte à la suite d’une septicémie mal soignée lors d’un début de fausse couche, et dont les médias ont prétendu qu’elle aurait pu être sauvée par l’avortementAffaire exploitée dans un sens univoque. Il est probable qu’on n’en saura jamais le dernier mot, à commencer par le fait de savoir si un avortement avait effectivement demandé par la jeune femme.

    Dans La Croix, Isabelle de Gaulmyn se réjouit de ce résultat, en apportant une réserve sur... le nombre d'avortements pratiqués ! Selon elle, l'avortement est une bonne chose en quantité limitée. On a envie de lui demander jusqu'à combien d'avortements elle considère qu'il n'y a pas de scandale abominable ?

    "[...] il faut respecter cette réponse. Son premier mérite est de mettre fin à une urgence de santé publique, provoquée par le drame de femmes, mortes ou mutilées à vie. La campagne qui a précédé a mis en lumière l’ampleur des souffrances vécues et cachées, et c’est bien d’abord à la détresse de ces femmes-là qu’il faut penser.

    De plus, on sait bien que la vie n’est pas qu’un phénomène physique, comme semblait le dire la Constitution irlandaise, qui mettait un signe strict d’égalité entre une vie déjà là, celle de la mère, et une vie en devenir. Sa richesse se mesure aussi aux relations nouées, le cas échéant avec les autres enfants, et à tout le poids d’une histoire personnelle déjà engagée.

    Pour autant, le débat ne s’arrête pas là. En Irlande, le gouvernement doit désormais proposer une loi pour encadrer les possibilités du recours à l’IVG. Il faut souhaiter que celle-ci évite que la définition de la « situation de détresse »ne se transforme en avortement « à la carte » pour reprendre l’expression des adversaires du « oui ». Surtout, la loi ne règle pas tout : l’exemple français, où l’on semble s’être résigné à ne pas remettre en cause le nombre élevé d’interruptions de grossesse chaque année – plus de 200 000 –, est là pour le montrer. Rendre possible l’IVG est une chose, faire en sorte qu’il y en ait le moins possible en est une autre. [...]"

    Nouvelle théorie du moindre mal : il y aurait ainsi un mal tolérable, le crime de l'enfant à naître, commis dans une quantité limitée. Et pourquoi ne pas instaurer des quotas Mme de Gaulmyn ?

    Rappelons à la suite de Benoît XVI que la protection de la vie à toutes ses étapes, du premier moment de sa conception jusqu'à sa mort naturelle constitue un principe non négociable. Il y a d'autres solutions que l'avortement pour les femmes en détresse. On ne règle pas un problème par le mal, surtout lorsqu'on se penche sur les témoignages accablants de femmes qui ont avorté.

  • L'euthanasie rejetée au parlement portugais

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    LE PARLEMENT DU PORTUGAL REJETTE L’EUTHANASIE

     de genethique.org 

    La proposition de loi visant à autoriser l’euthanasie au Portugal a été rejetée mardi soir à 110 voix ‘pour’, 115 voix ‘contre’, et seulement 4 abstentions. Le vote a eu lieu après un « débat houleux ».

    Le projet de loi, rédigé par les socialistes au pouvoir, envisageait « la légalisation de l'aide médicale à mourir sur la base d'une demande éclairée de patients souffrant d'une maladie grave et incurable, sans amélioration prévisible, en phase terminale, ou souffrant d'une lésion très invalidante ». Les partisans, bloc des Gauches, socio-démocrates, « ont déclaré que la lutte ne faisait que commencer », et ils se sont réjouis de ce que la question soit désormais « fermement inscrite au programme politique ».

    L’Association des Médecins Portugais s’est opposée au projet de loi, « affirmant que cela violait les principes clés de la profession médicale ». Dans la journée, des centaines de personnes de tous les âges ont manifesté devant le Parlement en scandant « Oui à la vie, non à l'euthanasie », avec des pancartes : « nous demandons des soins palliatifs pour TOUS »  et « l'euthanasie n’est qu’un moyen de maltraitance des personnes âgées ».

    Le Portugal a légalisé l’avortement en 2007 et le mariage homosexuel en 2010.