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Eglise - Page 353

  • USA : les futurs prêtres sont jeunes, actifs et issus de familles catholiques pratiquantes

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    De kath.net/news :

    USA : Les futurs prêtres sont jeunes, actifs et issus de familles catholiques pratiquantes

    5 mai 2023

    Une enquête sur la conférence des évêques américains montre que : La majorité des jeunes hommes assistaient régulièrement à l'adoration eucharistique (75 %) et priaient fréquemment le Saint Rosaire (66 %) avant d'entrer au séminaire.

    Washington DC (kath.net/pl) Des résultats intéressants sont obtenus à partir d'une enquête auprès des étudiants en théologie aux États-Unis qui seront bientôt ordonnés prêtres. La Conférence épiscopale des États-Unis (USCCB) a commandé l'enquête au Center for Applied de l'Université de Georgetown, et 334 des 458 hommes qui devaient être ordonnés d'ici la fin de cette année ont pris la peine de répondre. Les résultats ont été publiés par l'USCCB. Cela a été rapporté par le portail d'information catholique "Aleteia".

    Les candidats à l'ordination ont en moyenne 33 ans. En règle générale, ils sont nés dans des familles catholiques et ont grandi dans des foyers catholiques. La majorité d'entre eux participaient régulièrement à l'adoration eucharistique (75%) et priaient fréquemment le Saint Rosaire (66%) avant d'entrer au séminaire. 81 % des candidats à l'ordination veulent devenir prêtres diocésains. Ces séminaristes avaient tendance à être plus susceptibles d'étudier dans un séminaire du sud ou du Midwest des États-Unis, avec seulement environ 30% sur la côte nord-est ou ouest. Bon nombre d'entre eux ont fréquenté des établissements d'enseignement catholiques durant leur scolarité (43 % une école primaire catholique et/ou 34 % une école secondaire catholique et 35 % un collège catholique). Plus de 10% d'entre eux avaient été scolarisés à la maison,

    « 64 % des candidats à l'ordination sont blancs, 16 % latinos, 10 % asiatiques et 6 % noirs », précise Aleteia, bien qu'un quart d'entre eux soient nés à l'étranger, les pays d'origine les plus courants étant le Mexique, le Nigeria, le Vietnam. et la Colombie.

    Environ un tiers des candidats à l'ordination ont indiqué avoir un prêtre dans leur famille. Mais l'influence des parents est encore plus importante : la grande majorité (84 %) déclare avoir deux parents catholiques. Près des deux tiers ont déclaré avoir reçu du soutien pour leur appel de la part des membres de leur famille, des pasteurs et de la communauté. Cependant, près de la moitié ont également affirmé avoir été découragés dans leur recours par ces quartiers précisément.

  • Saint Cyrille de Jérusalem (315 - 387) et la communion dans la bouche ou sur la main (liturgie 37)

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    Liturgie 37 ‒ Saint Cyrille de Jérusalem (315 - 387) et la communion dans la bouche ou sur la main ? (20 mn) 

    https://youtu.be/DZWtb_jZUSo   

    Après la première partie du cours qui abordait l'histoire de la liturgie, nous abordons certains points de la théologie de la liturgie.  

    Le docteur Denis Crouan aborde l'avis de saint Cyrille de Jérusalem sur la communion dans la main : "En se présentant pour recevoir la communion, que le fidèle tendent la main droite, les doigts joints, soutenus par la main gauche, la paume légèrement concave ; et au moment où le Corps du Christ est déposé dans sa main, que le communiant dise : Amen. Cependant, ce texte si souvent cité ne s’arrête pas là. Il se poursuit en proposant ce qui suit et qu’on omet souvent de citer : « Sanctifiez votre œil par le contact avec le Corps Sacré. Alors que vos lèvres sont encore humides, touchez vos lèvres et passez votre main sur vos yeux, votre front et vos autres sens pour les sanctifier. » La pratique de l'Eglise montre que la communion dans la main, parce qu'elle manque de respect, est davantage une tolérance de l'Eglise. Vatican II recommande la communion dans la bouche, à genoux.  

    COURS DE LITURGIE, PAR DENIS CROUAN, DOCTEUR EN THEOLOGIE, 2022-2023 

    Pour accéder à la totalité de la playlist :  

    https://www.youtube.com/playlist?list=PLuko328jWH_06CYFfUP8d6v_vzl9f4UbI 

    Institut Docteur Angélique 

    Cours donné par Denis Crouan, docteur en théologie, en entretien interactif avec Arnaud Dumouch. 

    Vidéo du site http://docteurangelique.free.fr/fichiers/InstitutDocteurAngelique.htm, les œuvres complètes en français de saint Thomas d'Aquin. 

    Denis Crouan, denis.crouan@wanadoo.fr; 2022-2023 

  • Pourquoi la transmission de la foi est-elle si problématique dans les familles catholiques ?

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    D'Héloïse de Neuville sur le site du journal La Croix :

    Pourquoi les familles catholiques ont du mal à transmettre leur religion

    Enquête 

    Selon une enquête de l’Insee publiée en mars, la transmission de la religion dans les familles catholiques est sensiblement plus faible que dans les familles juives ou musulmanes. Dans une société déchristianisée, une pratique cohérente au sein des familles est la condition nécessaire à la perpétuation de la pratique religieuse d’une génération à l’autre.

    05/05/2023

    Les catholiques français, c’est peut-être Gad Elmaleh qui en parle le mieux. Dans son dernier spectacle (1), l’humoriste juif franco-marocain, qui s’est rapproché ces dernières années du christianisme, moque gentiment ce qu’il perçoit comme un manque de fierté des catholiques vis-à-vis de leur religion en simulant la réaction d’un juif, d’un musulman et d’un chrétien interrogés sur leur identité.

    Tandis que les deux premiers affirment d’un ton débridé leur appartenance religieuse, le catholique, lui, noie le poisson : « Alors… c’est un peu plus compliqué. Comment dire ? Euh… Voilà… maman est baptisée. Ma sœur athée… Papa où t’es ? »

    Une sortie de la religion dans l’indifférence

    Ce sketch illustre avec humour la crise de la transmission dans les familles catholiques, encore étayée par une récente étude de l’Insee. Publiés le 30 mars, ses résultats sont implacables : la part des catholiques continue de chuter en France, représentant, en 2020, 29 % des sondés âgés de 18 à 59 ans, contre 43 % dix ans plus tôt.

    Le déclin, explique les auteurs, est dû au faible taux de reproduction du catholicisme d’une génération à l’autre. Tandis que la reproduction familiale est forte dans l’islam et le judaïsme – 91 % des personnes élevées dans des familles musulmanes et 84 % dans des familles juives continuent à se revendiquer de la religion de leurs parents –, les familles chrétiennes transmettent moins leur croyance à leurs enfants. Seulement 67 % des personnes élevées par des parents catholiques ont gardé leur religionLa pratique – prière, pèlerinage, messe… – apparaît comme un élément clé de la reproduction religieuse : « Si dans les familles, rien n’a été fait pour redonner de la valeur à la pratique, notamment celle de la messe, en trois générations les pratiquants font des enfants non pratiquants qui eux-mêmes ont des enfants non chrétiens », observe le sociologue du catholicisme, Yann Raison du Cleuziou (2).

    Des familles attentives à la transmission

    Une sortie de l’Église catholique d’autant plus simple qu’à la différence de l’islam ou du judaïsme, cette appartenance religieuse n’exerce plus qu’une influence minime sur la vie sociale. « Le décrochage religieux intervient alors sans drame, presque dans l’indifférence, quand les enfants prennent leur autonomie du foyer parental », retrace Pierre Bréchon, professeur émérite de science politique à Sciences Po Grenoble.

    Le chercheur, qui a conduit une étude sur les valeurs des Français, observe toutefois une transmission efficace de la foi « dans les familles qui assument une forme d’imperméabilité vis-à-vis des autres cultures ambiantes ». Ces familles catholiques observantes et plutôt conservatrices pilotent avec succès leur reproduction spirituelle, sélectionnant avec attention la sociabilisation religieuse de leurs enfants (écoles catholiques, mouvements de jeunesse, cercles amicaux…).

    Une cohérence gagnante ? La transmission réussie d’une génération à l’autre est, plus précisément, selon le sociologue Yann Raison du Cleuziou, le fruit de la combinaison de deux dimensions : la valorisation des rites et la dimension « totalisante » de la foi qu’un enfant reçoit et qui imprègne tous les aspects de sa vie. A contrario, « les familles catholiques qui délèguent aux structures collectives la transmission de la foi (, aumônerie…) – comme un aspect de l’éducation – ont un taux de transmission religieuse bien plus faible ».

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  • François a-t-il un plan secret pour la paix en Ukraine ?

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    Lu sur le site web du Pillar (LE PILIER) 3 mai 2023 :

    téléchargement (1).jpg« Le pape François a déclaré dimanche qu'il avait travaillé sur un plan secret de paix entre l'Ukraine et la Russie, plus de 14 mois après la nouvelle invasion à grande échelle de la Russie. 

    Mais alors que la perspective d'un accord de paix papal a retenu l'attention ces derniers jours, les responsables des gouvernements et de l'Église ukrainiens et russes disent qu'ils ne sont pas au courant d'un plan pontifical. 

    Le Vatican et le pape ont toujours soutenu que François pousse fort pour la paix en Ukraine. Mais après les commentaires du pape dimanche, il n'est pas clair si un plan papal est encore plutôt germinal, ou si des joueurs de haut niveau n'ont pas eux-mêmes été mis au courant. 

    Et quelques jours après les commentaires du pape selon lesquels une "mission" secrète de paix était en cours, il a rencontré un haut responsable orthodoxe russe au Vatican, et un proche conseiller papal a suggéré qu'une percée pourrait se produire.

    De retour dimanche de son voyage apostolique de trois jours en Hongrie, le pape François a donné l'une de ses désormais coutumières conférences de presse en vol, au cours de laquelle il a été interrogé sur sa volonté de travailler pour le retour des milliers d'enfants ukrainiens qui ont été déportés vers Russie par les forces d'occupation.

    "Je suis disponible pour faire n'importe quoi", a répondu François. « Il y a une mission qui n'est pas publique qui est en cours ; quand ce sera public, j'en parlerai. »

    Ces commentaires ont suscité une vague d'intérêt médiatique et de spéculations sur la manière exacte dont le pape pourrait travailler pour le rapatriement des enfants ukrainiens kidnappés, et si ses commentaires signalaient une percée prochaine dans les négociations de paix.

    Mais dans les 48 heures qui ont suivi les remarques, les responsables gouvernementaux ukrainiens et russes ont semblé verser de l'eau froide sur l'idée. 

    Les médias d'État russes ont rapporté mardi qu'un porte-parole du Kremlin avait nié avoir eu connaissance d'une mission dirigée par François, déclarant aux journalistes que "rien n'est connu" de Moscou au sujet d'une initiative de paix papale. 

    CNN a ensuite rapporté un démenti similaire depuis Kiev, citant une source proche du président ukrainien qui a déclaré : « Si des pourparlers ont lieu, ils se déroulent à notre insu ou sans notre bénédiction ».

    "Le président Zelenskyy n'a pas consenti à de telles discussions au nom de l'Ukraine", a déclaré la source à CNN.

    Mais le 3 mai, François a reçu publiquement l'envoyé étranger de l'Église orthodoxe russe à Rome, suscitant à nouveau des questions sur l'éventuel plan de paix de François. Le métropolite Anthony a assisté à l'audience générale du mercredi sur la place Saint-Pierre. 

    La semaine dernière, François avait rencontré le prédécesseur d'Anthony, le métropolite Hilarion, lors de son voyage en Hongrie.

    Alors que Hilarion a depuis déclaré que "rien concernant les relations bilatérales entre l'Église catholique romaine et l'Église orthodoxe russe" n'avait été discuté lors de la réunion et "aucune question politique" n'était sur la table, François a déclaré dimanche aux journalistes dans l'avion papal que "Vous pouvez-vous imaginer [...] que nous n'avons pas seulement parlé du Petit Chaperon Rouge, n'est-ce pas ? »

    Et, malgré les dénégations ukrainiennes et russes de tout pourparler de paix naissant, un proche conseiller papal a déclaré mercredi à un journal italien que François "travaillait continuellement pour la paix depuis plus de huit mois". Le conseiller a prédit qu'une initiative papale privée pourrait bientôt porter ses fruits.

    Stefano Zamagni, ancien président de l'académie pontificale des sciences sociales et l'un des principaux contributeurs à l'encyclique du pape Laudato Si de 2015, a déclaré à Il Fatto Quotidiano qu'il avait aidé à rédiger un plan de paix en sept points l'année dernière, qui verrait le Saint-Siège convoquer des réunions privées , non officielles, négociations de paix.

    Zamagni a rejeté les récents démentis officiels de Kiev et de Moscou, déclarant mercredi au journal qu'il n'était "pas surprenant" que les gouvernements aient nié toute implication dans des pourparlers de paix qui se voulaient informels et non officiels.

    L'économiste a affirmé que l'effort de paix du Vatican est maintenant dans la "dernière ligne droite" et pourrait se concrétiser publiquement "si ce n'est dans les prochaines semaines, du moins dans les trois prochains mois", dans le cadre d'une série de négociations parallèles à celles qui sont poursuivies. par les gouvernements américain et chinois avec les présidents Zalinsky et Poutine. 

    Mais, a concédé Zamagni, toute conclusion à l'effort ne serait pas «parfaite» et a insisté sur le fait qu'une «paix injuste» était préférable à une «guerre juste».

    Tout au long du conflit actuel, François a suscité des critiques de la part des représentants ukrainiens et russes pour ses commentaires sur le conflit et les tentatives du Vatican d'éviter de se ranger ouvertement du côté de l'un ou l'autre pays après l'invasion. 

    Au cours de la semaine sainte de l'année dernière, le Vatican a invité des femmes russes et ukrainiennes vivant en Italie à participer au chemin de croix du Vendredi saint célébré par le pape François - les deux femmes tenant la croix en l'air au 13e chemin de croix . 

    Cette invitation a suscité de nombreuses critiques parmi les Ukrainiens et les catholiques ukrainiens, qui l'ont qualifiée d'"étrange sorte d'œcumanisme" et ont déclaré qu'elle semblait donner une équivalence morale aux envahisseurs et aux envahis dans le conflit actuel.

    Dans le même temps, il a également suscité la colère de Moscou, après avoir révélé publiquement qu'il avait critiqué le patriarche orthodoxe russe Kirill lors d'une vidéoconférence privée, lui disant de ne pas être "l'enfant de chœur de Poutine".

    Alors que François a été invité à plusieurs reprises à se rendre en Ukraine, à la fois juste avant le début de l'invasion russe et dans l'année qui a suivi, le pape a clairement indiqué qu'il n'entreprendrait un tel voyage que s'il pouvait visiter à la fois Kiev et Moscou en tant qu'émissaire de la paix.

    En octobre de l'année dernière, François a réitéré sa volonté d'être un intermédiaire pour un cessez-le-feu, utilisant son discours hebdomadaire de l'Angélus pour lancer un "appel confiant au président ukrainien pour qu'il soit ouvert à des propositions sérieuses de paix", tout en déclarant que son "appel s'adresse en premier lieu au président de la Fédération de Russie, l'implorant d'arrêter cette spirale de violence et de mort, également pour le bien de son propre peuple.

    Tout en adoptant un ton de plus en plus haussier sur le bien et le mal du conflit, qualifiant l'invasion russe de "insensée, répugnante et sacrilège" et parlant des "actions sauvages, des monstruosités" commises par les troupes russes, François a également déclaré que c'est une erreur de penser qu'il s'agit d'un film de cow-boy où il y a des gentils et des méchants. »

    Ref. François a-t-il un plan secret pour la paix en Ukraine ?

    Peut-être pas un western mais sûrement encore un nouvel imbroglio à la Bergoglio…

  • Une étude révèle que l'Église catholique du Nicaragua a subi 529 attaques en cinq ans

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    D'INFOBAE :

    Une étude révèle que l'Église catholique du Nicaragua a subi 529 attaques en cinq ans

    3 mai, 2023

    Tegucigalpa, 3 mai - Un évêque nicaraguayen en prison, 37 religieux exilés - dont un autre évêque et plusieurs prêtres - et 32 religieuses de diverses congrégations expulsées, font partie des 529 hostilités que l'Église catholique du Nicaragua a subies de la part du gouvernement présidé par Daniel Ortega, selon une étude présentée mercredi.

    L'étude intitulée "Nicaragua : une Église persécutée ?", réalisée par la chercheuse nicaraguayenne en exil Martha Patricia Molina, détaille les 529 attaques entre avril 2018, date à laquelle des manifestations antigouvernementales ont éclaté dans le pays, et mars 2023.

    Ces attaques comprennent la confiscation par l'État d'au moins sept bâtiments appartenant à l'Église catholique, ainsi que la fermeture et la confiscation des actifs des médias catholiques, selon l'étude présentée en ligne par la chercheuse.

    "Ce rapport présente une étude détaillée de chaque hostilité menée et chacune des données a été vérifiée et décrite par ordre croissant, de sorte que le lecteur peut accéder de la première agression à la dernière enregistrée", a expliqué l'auteur du rapport de 232 pages.

    "L'intérêt de ce rapport est de montrer en chiffres concrets les agressions et les attaques subies par l'Église catholique au Nicaragua", a-t-elle souligné.

    3 176 PROCESSIONS ONT ÉTÉ INTERDITES

    L'étude, divisée en quatre chapitres, commence par les hostilités subies par l'Église au cours des cinq dernières années, puis détaille l'interdiction de 3 176 processions au cours de la dernière Semaine sainte.

    Le troisième chapitre est une systématisation des hostilités, et le dernier est une chronologie des "profanations, sacrilèges, attaques, vols et agressions contre l'Église".

    M. Molina, en exil forcé et membre du comité de rédaction du quotidien nicaraguayen La Prensa, a déclaré lors de la présentation de l'étude que ce sont les laïcs eux-mêmes qui ont documenté les attaques contre l'Église catholique.

    Il n'a pas exclu que le nombre d'agressions soit plus élevé, en raison du fait que "les autorités religieuses ne signalent pas ou peu les agressions et que les laïcs ou les membres de groupes religieux craignent de plus en plus de documenter les hostilités".

    Selon l'étude, 84 hostilités contre l'Église ont été documentées en 2018, 80 en 2019, 59 en 2020, 55 en 2021, 161 en 2022 et 90 au premier trimestre 2023.

    ORTEGA A INTERDIT LES PROCESSIONS

    Le gouvernement nicaraguayen, par l'intermédiaire de la police nationale, a interdit à l'Église de faire sortir les saints dans les rues depuis février dernier, lorsqu'il ne les a pas autorisés à organiser des processions du chemin de croix pendant le carême.

    L'ordre de la police a été adopté après que M. Ortega a qualifié les prêtres, les évêques, les cardinaux et le pape François de "mafia".

    Le 19 avril, le président a déclaré que "maintenant, pendant la semaine sainte, pour éviter les manipulations, on leur (l'Église catholique) a dit de mener leurs activités dans les églises ou près des églises, et certains d'entre eux ont commencé à tonner. Pourquoi ? Parce qu'ils voulaient du sang", sans fournir de preuves.

    Ce jour-là, le président s'en est pris à nouveau à l'Église catholique et au Vatican, qualifiant Saint Jean-Paul II de "dictateur" et de "tyran".

    Les relations du gouvernement Ortega avec l'Église catholique sont actuellement très tendues, marquées par l'expulsion et l'emprisonnement de prêtres et l'interdiction d'activités religieuses.

    Le pape François a qualifié le gouvernement sandiniste de "dictature flagrante" dans une interview accordée à Infobae, soulignant "le déséquilibre de la personne qui dirige" le pays d'Amérique centrale.

  • L'Académie Jean-Paul II demande le renvoi de l'archevêque Paglia

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    Lu sur kath.net/news :

    L'Académie Jean-Paul II demande le renvoi de l'archevêque Paglia

    4 mai 2023

    En toile de fond, une déclaration de Paglia sur un éventuel compromis juridique sur l'euthanasie.

    L'Académie Jean-Paul II pour la vie humaine et la famille a vivement critiqué dans une lettre ouverte les remarques de l'archevêque Vincenzo Paglia, président de l'Académie pontificale pour la vie, sur la légalisation de l'euthanasie.

    Mgr Paglia avait déclaré qu'il considérait comme défendable un compromis juridique qui pourrait dépénaliser le suicide assisté dans certaines circonstances. Il a dit textuellement : "Personnellement, je ne pratiquerais pas le suicide assisté, mais je comprends que dans les circonstances concrètes dans lesquelles nous nous trouvons, un compromis juridique pourrait être le meilleur pour le bien commun".

    Légaliser un mécanisme qui permet à un médecin de fournir à un patient du poison avec lequel il peut se suicider ne pourrait jamais être le meilleur pour le bien commun. Il n'y a aucune différence morale entre cet acte et l'administration d'une surdose de morphine par un médecin. "Tu ne tueras pas s'applique dans les deux situations", peut-on lire textuellement dans la lettre de l'Académie Jean-Paul II.

    Un compromis juridique sur la question du suicide assisté ne serait rien d'autre qu'un pas tactique vers la légalisation de l'euthanasie. Dans la pratique, les médecins verraient dans l'impunité du suicide assisté, qui reste interdit, une hypocrisie morale. La réglementation conduirait finalement à ce que les médecins soient guidés sur la voie de l'euthanasie, craignent les auteurs de la lettre.

    Dans une prise de position, l'Académie pontificale pour la vie a réagi à la critique de la déclaration de l'archevêque Paglia et souligné que ce dernier, conformément à l'enseignement de l'Eglise, rejetait l'euthanasie. En même temps, elle aurait réitéré son soutien à "l'initiative législative" qui spécifierait les conditions dans lesquelles elle devrait être dépénalisée.

    Les auteurs de la lettre demandent aux membres de l'Académie pontificale pour la vie d'exiger du pape François le remplacement de Mgr Paglia. Selon eux, Mgr Paglia n'a pas corrigé ses propos et n'a pas demandé pardon pour sa "trahison scandaleuse des patients les plus vulnérables". Le nouveau président devrait être une personnalité qui proclame clairement et avec courage l'enseignement éternel de l'Eglise et du saint pape Jean-Paul II.

    La lettre est signée par le Dr Thomas Ward, président de l'Académie Jean-Paul II pour la vie et la famille, la vice-présidente Christine de Marcellus Vollmer et le trésorier Steven Mosher.

    L'Académie Jean-Paul II pour la vie et la famille a été fondée en 2017 par d'anciens membres de l'Académie pontificale pour la vie (APV) qui ont été licenciés en 2016 et n'ont pas été nommés à nouveau, alors qu'ils avaient été initialement nommés membres à vie. Fidèles au magistère de l'Église catholique, ils poursuivent leur activité au sein de l'Académie Jean-Paul II, qui fonctionne indépendamment de toute organisation étatique ou religieuse.

  • Philippines : des familles contraintes à se réfugier dans les églises pour échapper aux violences

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    Du site des Missions Etrangères de Paris :

    Des familles réfugiées dans les églises pour échapper aux violences

    03/05/2023

    L’armée a lancé une offensive contre le groupe islamique Dawlah Islmamiyah dans la province de Mindanao, provoquant la fuite de centaines de familles.

    Des centaines de villageois tentent de trouver refuge dans des églises catholiques et des écoles publiques alors que l’armée philippine a lancé le mardi 2 mai une opération de frappes aériennes sur des repaires présumés d’un groupe terroriste lié à l’État islamique (EI), dans les marais de la province de Maguindanao, dans la région de Mindanao.

    Selon un porte-parole de l’archidiocèse de Cotabato, plus de 200 familles ont fui les villages de Magaslong et Datu Piang pour se mettre à l’abri, tandis que des cachettes présumées du groupe Dawlah Islamiya ont été pilonnées par des tirs de mortier.

    « Des membres du groupe terroriste ont été aperçus en train de consolider leurs forces dans des huttes de la communauté locale de Magaslong, Datu Piang, Maguindanao del Sur »,  a expliqué le général de brigade Oriel Pangcog lors d’une conférence de presse. Nous n’avons pas perdu de temps, nous avons immédiatement lancé l’attaque, après nous être assurés que les suspects ne se trouvaient pas dans un village ou une communauté où des civils pouvaient être tués »

    Des tirs d’artillerie ont duré de 3 heures du matin à midi, obligeant les villageois à fuir pour éviter d’être pris entre deux feux ou d’être utilisés comme boucliers humains.

    « Les forces gouvernementales recherchent activement les terroristes en raison de l’attentat à la bombe contre un bus à Isulan, Sultan Kudarat, qui a fait six blessés. Il s’agit d’anciens membres du groupe radical Maute qui a assiégé Marawi, dans la province de Lanao del Sur, en vue d’établir un califat », a déclaré M. Pangcog. La ville de Marawi a subi un siège de cinq mois en 2017, au cours d’affrontements entre l’armée philippines et des groupes islamistes.

    Susan Guinigundo, lectrice à la paroisse Sainte-Thérèse de l’Enfant Jésus, à Datu Piang, a abandonné sa maison et s’est enfuie avec ses enfants. »Dès le matin, nous entendions des hélicoptères et des tirs d’artillerie. Nos enfants n’arrêtaient pas de pleurer parce qu’ils entendaient les explosions et les tirs de l’autre côté du champ. » Cette mère de cinq enfants dit avoir eu peur d’être utilisée avec sa famille comme bouclier humain. « Nous ne savions pas comment la situation allait évoluer, nous avons dû quitter nos maisons. »

    Selon le père Clifford Baira de l’archidiocèse de Cotabato, la situation sur le terrain est « très difficile » et 43 familles catholiques sont actuellement hébergées dans des paroisses de la région. « La plupart d’entre elles ont des enfants, nous essayons de collecter du lait et d’autres produits pour leur permettre de se nourrir correctement ».

    Selon le père Baira, le centre d’action sociale de l’archidiocèse a tenté de négocier avec les familles et les proches des membres de Dawlah Islamiya en 2019, mais les réunions ont échoué en raison de « différences religieuses ». » Ils pensent que nous, catholiques, sommes des infidèles et qu’il faut donc nous convertir ou nous écarter par la violence. Il y a très peu de place pour la paix et la communication »,

    Selon le lieutenant-colonel Dennis Amorato, porte-parole de la 6e division d’infanterie de l’armée l’offensive actuelle est une « action préventive avant que le groupe ne puisse lancer une autre attaque terroriste. Nous avons veillé à ce qu’il n’y ait pas de dommages collatéraux, mais nous n’avons pas pu empêcher les habitants de se précipiter vers les centres d’évacuation en raison de l’impact des tirs d’obus »

    1. Amorato a indiqué que les forces gouvernementales n’étaient pas en mesure de confirmer le nombre exact de personnes tuées, mais que les tireurs d’élite se cachaient toujours dans les marais.

    « Nous ne pouvons pas encore nous approcher de la zone car nous sommes toujours la cible de tirs. » rapporte M. Amorato. Le militaire dit espérer pouvoir aller effectuer une opération terrestre de reconnaissance de terrain dans la zone d’ici un jour ou deux.

    (Avec Ucanews)

  • Hausse spectaculaire des actes antireligieux au Canada

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    D'Alexis Gacon sur le site du journal La Croix :

    Canada : pourquoi les actes antireligieux sont-ils en forte hausse ?

    Les actes antireligieux ont connu une hausse spectaculaire au Canada, faisant plus que tripler concernant les catholiques. Les différentes communautés reprochent un manque d’action de la part des autorités.

    La crèche de l’église Saint-Joseph, dans la ville d’Alma, au Québec, a encore connu un hiver troublé. « On s’était fait voler plusieurs fois le petit Jésus, mais ça, on ne s’y attendait pas », soupire Marc Fournier, secrétaire de la fabrique, un organe chargé d’assurer la gestion de l’organisation de la paroisse.

    En effet, des vandales ont tagué la crèche d’inscriptions « White power », un message prônant la suprématie blanche, et dessiné une croix gammée sur le visage de Jésus. « Que voulez-vous ? Il y a des imbéciles partout. C’est brutal. D’habitude, c’est plutôt tranquille ici. Des graffitis, j’en vois sur les églises à Québec, mais visiblement, même les régions plus excentrées peuvent être touchées. »

    « On s’habitue à ce qui semblait extraordinaire auparavant »

    Des croix gammées, Marvin Rotrand, directeur national de la Ligue des droits de la personne au sein de l’organisation juive B’nai Brith Canada, en a vu un certain nombre sur les portes de la synagogue The Bagg Street Shul, une des plus vieilles de Montréal, à la fin mars. « Attaquer cet édifice, c’est s’en prendre à notre histoire, explique-t-il. C’est la synagogue où les immigrés juifs trouvaient refuge en arrivant.» En dix ans, les actes antisémites recensés par son organisme ont plus que doublé au Canada : « On s’habitue à ce qui semblait extraordinaire auparavant. »

    S’accoutumer à la haine ordinaire, Mohammad Jundi, du Forum musulman canadien, ne s’y résout pas. Mais il constate, amer : « Dans les années 2000, je me sentais protégé au Canada. Maintenant ? Non. » Il demeure marqué par l’attaque du 9 avril à la mosquée Al-Omah Al-Islamiah, à Montréal. « Un homme a fracassé la porte avec un bloc de béton et voulait attaquer un fidèle », raconte-t-il. Les actes anti-musulmans augmentent, selon lui, durant le Ramadan : « Des femmes nous appellent pour dire que des personnes tirent sur leur voile dans la rue et des jeunes demandent s’ils peuvent encore aller à la mosquée sans stress. »

    Une hausse de 67 % des actes antireligieux

    De fait, les dernières données fédérales disponibles, concernant l’année 2021, montrent une augmentation généralisée des actes antireligieux (884), en hausse de 67 % par rapport à 2020. En proportion, la plus forte hausse concerne les catholiques avec une augmentation de 260 %, contre 71 % pour les musulmans et 47 % pour les actes visant les juifs – les actes les plus nombreux en chiffre absolu (487, soit plus de la moitié de l’ensemble des actes antireligieux).

    Selon Marie-Claude Lalonde, directrice du bureau canadien d’Aide à l’Église en détresse, le bond spectaculaire d’actes à l’encontre des catholiques illustre une année particulière, marquée par une vague d’incendies d’églises. Ces événements sont survenus dans la foulée de la découverte de tombes anonymes sur les terrains des pensionnats pour autochtones, lieux autrefois tenus par des congrégations religieuses dans lesquels ils furent maltraités. « L’année 2022 fut plus calme, assure-t-elle. Mais ces dégradations laissent encore des traces. »

    Haine en ligne

    Pour Louis Audet-Gosselin, directeur scientifique et stratégique du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence, les premières données, même parcellaires, de la police d’Ottawa laissent penser que 2022 n’a pas marqué d’accalmie. « Il faut rappeler que les crimes haineux sont peu signalés, car ils visent des populations souvent marginalisées, qui n’osent pas contacter la police. On ne connaît que la pointe de l’iceberg. »

    Comment expliquer cette hausse généralisée ? « Il y a davantage d’unités policières dédiées aux crimes haineux, donc on en signale plus, analyse le chercheur. Pour les actes anticatholiques,la couverture médiatique du drame des pensionnats a joué un rôle. Concernant les juifs, la résurgence du conflit israélo-palestinien peut être soulignée. »

    Marvin Rotrand y voit surtout un manque d’action du gouvernement face à la haine en ligne, qui se retrouve ensuite dans les rues : « Nous demandons une législation efficace. Les publications haineuses doivent être retirées rapidement, sinon, les messages restent et donnent des idées aux intolérants. Or, le Canada reste les bras croisés. » Le gouvernement du premier ministre Trudeau a annoncé, lors de la dernière campagne fédérale, vouloir un texte fort pour contrer la haine en ligne, mais aucun projet de loi n’a encore été déposé.

  • "L’Eglise universelle pense différemment et ne vit pas la foi comme on l’entend actuellement dans l’espace germanophone"

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    A lire ici : Mgr Nwachukwu: «Le monde germanique n’est pas l’Eglise universelle!»

  • Le projet de loi sur les propos haineux progresse en Irlande; va-t-il réduire J.K. Rowling et l'Église au silence ?

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    De Kevin J. Jones sur Catholic News Agency :

    Le projet de loi sur les propos haineux progresse en Irlande, alors que l'on craint qu'il ne réduise J.K. Rowling et l'Église au silence

    Les détracteurs du projet de loi sur les propos haineux craignent qu'il ne criminalise les propos de personnes telles que l'auteur J.K. Rowling, qui a déclaré que les "femmes transgenres" n'étaient pas réellement des femmes.

    2 mai 2023

    L'Irlande se prépare à adopter une interdiction plus large des crimes et des discours de haine, alors que les critiques mettent en garde contre les effets sur la liberté d'expression.

    Les partisans du projet de loi, The Criminal Justice (Incitement to Violence or Hatred and Hate Offences) Act 2022 (loi sur la justice pénale (incitation à la violence ou à la haine et délits de haine) 2022), l'ont présenté comme une mise à jour d'une loi de 1989. Ils ont cité les nouveaux développements technologiques et les nouvelles minorités importantes telles que les personnes de races et de religions différentes, les personnes handicapées et celles qui s'identifient comme LGBTQ.

    Dans un résumé du projet de loi publié en octobre, le ministère de la justice a déclaré que beaucoup considéraient la loi de 1989 comme "inefficace", avec seulement une cinquantaine de poursuites pour violation au cours des 30 dernières années. Il a déclaré que les mises à jour du projet de loi protégeaient "la véritable liberté d'expression".

    "Les discours de haine sont conçus pour faire taire les gens, pour qu'ils aient peur de dire qui ils sont et pour les exclure et les isoler. Il n'y a rien de libre là-dedans et il n'y a franchement pas de place pour cela dans notre société".

    Le projet de loi a été adopté par le Dáil, la chambre basse du Parlement irlandais, par 110 voix contre 14, le 26 avril. Il doit maintenant être débattu au Sénat.

    Le commentateur Dubhaltach O Reachtnin, qui a écrit dans le journal britannique Catholic Herald en novembre, s'est inquiété du fait que la loi pourrait être utilisée pour poursuivre des prêtres ou des laïcs catholiques qui expriment l'enseignement catholique. La loi stipule qu'une "personne morale" peut être responsable de la violation de crimes, ce qui signifie que l'Église peut être coupable des "déclarations de ses membres les plus directs".

    CNA a demandé un commentaire à la Conférence des évêques catholiques d'Irlande, mais n'a pas reçu de réponse avant la publication.

    Certains législateurs irlandais ont critiqué le projet de loi.

    "La plupart des gens ordinaires soutiendraient l'interdiction de l'incitation à la violence et de la violence fondée sur la haine. Cependant, cette loi va beaucoup plus loin que cela", a déclaré Peadar Tóibín, député du parti Aontú, lors d'un débat au Dáil irlandais en novembre.

    Il a rappelé la controverse suscitée par une émission de radio de la RTÉ dans laquelle des femmes s'opposaient à ce que des hommes ou des hommes s'identifiant à des femmes transgenres soient autorisés à pénétrer dans les espaces réservés aux femmes. Cela a provoqué une "réaction brutale" et des accusations de transphobie et d'incitation à la haine.

    "Le ministre pense-t-il que le fait que des femmes disent qu'une femme est une femme adulte est un discours transphobe et haineux ? a demandé M. Tóibín. "Est-il possible qu'un juge puisse à l'avenir avoir cette opinion et mettre en œuvre la législation du ministre sur la base de cette opinion ?

    "Je suis parfois étonné, notamment sur les médias sociaux, de constater que les personnes qui se parent des couleurs de l'amour et de l'inclusion sont souvent celles qui contribuent à clore le débat et à empêcher que ces idées soient discutées", a-t-il déclaré, rappelant l'hostilité et les menaces dont l'auteur J.K. Rowling a fait l'objet en raison de son point de vue sur l'identité sexuelle.

    L'auteur de la série Harry Potter a été accusée d'être "transphobe" pour avoir déclaré que les "femmes trans" n'étaient pas des femmes.

    "Ce sont des opinions qu'ils croient qu'elle ne devrait pas avoir. Ce sont des opinions qu'ils considèrent comme des discours de haine parce qu'elle les défend", a déclaré M. Tóibín, qui s'est inquiété de la "cancel culture" ou de la "culture de la censure".

    Un autre législateur critique, le député Paul Murphy de la coalition People Before Profit-Solidarity, a averti que les dispositions du projet de loi pourraient "créer un effet paralysant sur les critiques légitimes de l'Église catholique".

    "Cela pourrait même décourager les gens de critiquer la promotion par l'Église du type de sexisme, d'homophobie et de transphobie que le projet de loi cherche à combattre", a-t-il déclaré lors d'un débat en novembre. "Il pourrait également être utilisé pour porter de fausses accusations d'antisémitisme et d'incitation à la haine antisémite contre des militants pro-palestiniens.

    Le 26 avril, M. Murphy a proposé un amendement visant à supprimer les protections du discours religieux.

  • Voyage du Pape en Hongrie : pas de printemps en vue dans les rapports entre Rome et Moscou

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    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso (traduction de diakonos.be) :

    De l’Ukraine à l’Afrique. L’opération spéciale du « cuisinier de Cyrille »

    Le voyage du Pape François en Hongrie n’aura débouché sur aucun printemps dans les rapports entre la papauté et Moscou, ni sur le plan politique ni sur le plan religieux.

    Sur le plan politique, lors de la conférence de presse à bord du vol de retour de Kiev à Rome, dimanche 30 avril, le Pape a déclaré qu’au Vatican, « une mission de paix était en cours » et que « quand elle sera publique, j’en parlerai ».

    Il est probable qu’il s’agisse de la même mission à laquelle le ministre des Affaires étrangères du Vatican, Paul Richard Gallagher a fait allusion le 24 avril au Liechtenstein, et dont le but serait – a-t-il déclaré – de parvenir à « une paix concrète, susceptible d’évoluer et en devenir entre les parties en conflit et pas seulement une répartition entre les vainqueurs et les vaincus ». Une proposition de négociation, donc, qui ne partirait pas du prérequis d’exclure de concéder des avantages à la Russie, c’est-à-dire à l’agresseur, ce qui semble difficilement réalisable dans l’état actuel des choses.

    Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a immédiatement fait savoir que ce à quoi le Pape a fait allusion « se passe sans que nous en soyons informés et sans notre bénédiction ». Aucun objection en revanche à la confirmation faite par François que le Saint-Siège continuera à faire office d’ « intermédiaire » pour l’échange de prisonniers et le rapatriement d’enfants ukrainiens déportés en Russie.

    Sur le plan religieux, en revanche, le moment-clé a été, le 29 avril, la rencontre du Pape avec l’ex-ministre des Affaires étrangères du patriarcat de Moscou, le métropolite Hilarion, destitué et relégué à Budapest par le patriarche Cyrille pour s’être ouvertement opposé à l’agression de l’Ukraine.

    L’entretien entre eux deux n’a duré que 20 minutes à peine et Hilarion a déclaré, dans un communiqué, n’avoir parlé avec le Pape que de ses activités apostoliques, sociales et éducatives. Mais dans l’avion, François a tenu à dire qu’à Budapest « nous n’avons pas fait que parler du petit Chaperon rouge » et que même sa rencontre tant désirée avec le patriarche Cyrille a été « suspendue » à cause de la guerre mais qu’elle « devra se faire ». Là aussi sans aucun signe d’avancée perceptible.

    En effet, l’agression de la Russie contre l’Ukraine, avec l’appui idéologique sans limite donné par Cyrille à la guerre déchaînée par Vladimir Poutine a causé un désastre dans les relations entre les Églises, y compris au sein de l’Orthodoxie.

    Déjà avant la guerre, une ligne de fracture s’était ouverte en Ukraine entre le patriarcat de Russie et de celui de Constantinople, à cause de la reconnaissance canonique accordée par ce dernier à la naissance d’une nouvelle Église orthodoxe ukrainienne indépendante de Moscou.

    Et cette fracture s’est aujourd’hui encore élargie à cause des mesures prises par le gouvernement de Kiev à l’encontre l’Église orthodoxe ukrainienne liée par ses statuts au patriarcat russe, qui s’est dissociée du bout des lèvres de l’agression mais au sein de laquelle demeurent beaucoup d’irréductibles partisans de la politique de Moscou.

    Le conflit a pour épicentre la Laure des Grottes de Kiev, le complexe d’églises et de monastères qui est la « mère » de l’orthodoxie aussi bien ukrainienne que russe.

    Les bâtiments appartiennent au gouvernement de Kiev, qui depuis le 29 mars ne reconnaît plus à l’Église orthodoxe ukrainienne liée à Moscou le droit d’occuper la Laure, qui a été réattribuée à l’Église orthodoxe ukrainienne indépendante.

    En outre, une proposition de loi visant à interdire toute Église en Ukraine qui maintiendrait un « lien » avec l’Église de Moscou pourrait bien arriver prochainement sur la table du parlement. Plusieurs protestations se sont élevées dénonçant une violation potentielle de la liberté religieuse de la part d’une loi formulée de manière aussi générale. Mais en attendant, à travers des décrets administratifs immédiatement attaqués en justice, le gouvernement de Kiev a demandé aux actuels occupants, dont 200 moines, de quitter la Laure des Grottes, sans cependant les expulser par la force. Seul le métropolite Pavel, qui est depuis 1994 la plus haute autorité du monastère, un personnage à la réputation d’oligarque, très lié à Cyrille et doté d’une solide fibre entrepreneuriale, a été assigné à résidence dans une petite ville non loin de Kiev. Il était parvenu à implanter dans la Laure des activités non seulement d’édition et d’art sacré mais également des ateliers de meubles, des ateliers mécaniques et des supermarchés alimentaires, qu’il justifiait par la nécessité de financer les activités religieuses.

    Celui qui a pris la place de Pavel aujourd’hui, c’est l’archimandrite Abraham Lotysh, passé de l’Église orthodoxe ukrainienne liée à Moscou à l’Église orthodoxe ukrainienne indépendante, et donc excommunié par le métropolite de la première, Onuphre, pour être accueilli les bras ouverts par le métropolite de la seconde, Épiphane. Les deux cents moines, dont au moins un tiers sont pro-russes, sont restés en place. Sans compter que l’archevêque majeur de l’Église ukrainienne grecque catholique, Mgr Sviatoslav Shevchuk, a demandé lui aussi de pouvoir célébrer dans la Laure, tout comme les orthodoxes, en souvenir d’une antique unité œcuménique à laquelle il voudrait rendre vie.

    Mais ce n’est pas tout. Parce que si le patriarche Cyrille et Poutine avec lui ont perdu en Ukraine l’une de leurs fidèles « oligarques » ecclésiastiques en la personne de Pavel, ils en ont entretemps placé un autre en Afrique, dans cette Afrique qui fait depuis longtemps l’objet de toutes les convoitises de Moscou, surtout grâce aux mercenaires du groupe Wagner, aux ordres du « cuisinier de Poutine », Evgueni Prigojine dont la dernière terre de conquête ces dernières jours est le Soudan.

    En 2019 déjà, le patriarcat de Moscou avait soustrait six paroisses africaines au patriarcat d’Alexandrie, en envahissant un territoire étranger qui selon l’ecclésiologie orthodoxe aurait dû être inviolable.

    Mais quand, en 2021, le patriarche grec orthodoxe d’Alexandre et de « toute l’Afrique » Théodore II a approuvé, en accord avec le patriarcat œcuménique de Constantinople, la naissance en Ukraine d’une Église orthodoxe indépendante de Moscou, Cyrille a réagi en allant jusqu’à instituer son propre exarchat pour l’Afrique, au risque de provoquer un schisme avec Alexandrie, comme cela n’a pas manqué de se produire.

    Et à qui Cyrille a-t-il confié le commandement de l’extension africaine du patriarcat de Moscou ? Au métropolite Léonide de Vladikavkaz et à Alanie (photo).

    Àgé de 55 ans et, comme Mikhaïl Gorbatchev, natif de la région de Stavropol dont il porte le patronyme, Léonide a servi dans l’Armée rouge au grade de Major avant de se consacrer à la vie ecclésiastique. Et il n’a jamais perdu sa première vocation, à tel point qu’il a fondé en 1997 un Département synodal pour la fusion spirituelle entre l’Église et l’armée, au nom de l’esprit patriotique.

    Il a toujours exercé son ministère sous cette forme hybride, d’abord en tant que chapelain militaire des forces de paix de l’ONU en Bosnie Herzégovine et ensuite dans d’autres zones de conflit, ensuite comme chef de la mission russe à Jérusalem, comme délégué patriarcal pour l’Arménie et pour le dialogue avec l’Église malankare d’Inde, comme évêque russe pour l’Argentine et l’Amérique latine, puis comme exarque de Klin dans la province de Moscou, pour enfin être promu – toujours en conservant le diocèse de Klin – aux commandes de la nouvelle extension du patriarcat de Moscou en Afrique.

    En décrivant son profil sur « Asia News », Stefano Caprio, un spécialiste de l’histoire ecclésiastique de la Russie, écrivait ceci : « Les compétences martiales et spirituelles de Léonide permettent au patriarcat de Moscou de s’aligner à la perfections sur les tactiques du groupe Wagner, à tel point que beaucoup le comparent à Prigojine et lui attribuent le titre de « cuisinier de Cyrille ».

    En Argentine également, Léonide a fondé sa propre compagnie, non pas militaire mais d’assistance, la « Mecenas Orthodoxos Rusos en America Latina ». Mais aujourd’hui – écrit Caprio – « c’est le financement des diocèses russo-africains qui est confié à ses initiatives de ‘mécénat’ orthodoxe et, comme l’affirme Léonide lui-même, au soutien généreux ‘d’hommes de foi qui ne sont pas indifférents au sort de l’Église’ ».

    À Moscou, on l’appelle « opération spéciale », mais cela aussi c’est leur guerre.

  • Quand le chanoine de Beukelaer dénonce une "laïcité dogmatique"

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    Le 24 avril dernier, les évêques belges ont publié une déclaration (assez molle, il faut bien le dire) à propos du débat sur l'allongement à 18 semaines du délai permettant à une femme d'avorter. Ils déclaraient notamment : "Le législateur s’est préoccupé jusqu’à présent de trouver un équilibre entre la protection de la vie à naître et l’autodétermination de la femme enceinte. Ce n’est plus le cas dans les nouvelles propositions. La protection de la vie à naître est pourtant en soi de la plus haute importance, aussi et surtout dans l’État de droit. Elle l’est d’autant plus que de nouvelles recherches sont menées aujourd’hui sur la perception de la douleur chez le fœtus."

    La députée fédérale Sophie Rohonyi (Défi) a réagi à cette déclaration le week-end dernier dans La Libre, affirmant que l’IVG est désormais une question de santé publique et non une question éthique, ajoutant que les évêques de Belgique n’ont pas à s’immiscer dans ce débat.

    C'est alors que le chanoine Eric de Beukelaer est monté au créneau, dénonçant  (le 29 avril) sur son blog  "la tentation de la démocrature soft, qui dénigre la parole de l’opposant, afin de la disqualifier plutôt que d’oser le débat de fond." Et explique : "C’est à pareille tentation que cède Sophie Rohonyi (Défi) dans le quotidien La Libre de ce samedi en p.5. A la question: « Les évêques de Belgique s’opposent à la révision de la loi sur l’avortement. Selon eux, “la protection de la vie à naître est de la plus haute importance”. Qu’en pensez-vous ? », la députée répond: « Je pense qu’ils n’ont pas à s’immiscer dans des débats comme ceux-là qui ne doivent plus être vus comme des débats éthiques, mais comme des questions de santé publique. D’ailleurs, les experts commencent leur rapport en disant que l’avortement doit être un acte médical. » Elle ajoute un peu plus loin: « Ce débat éthique est censé avoir été réglé. ». Pour le vicaire général de Liège, "le débat sur l’avortement est évidemment une question de santé publique, mais il est tout autant et bien davantage encore, une question éthique."

    Du coup, les tenants de la laîcité ont réagi aux propos d'Eric de Beukelaer, allant jusqu'à le menacer de poursuites judiciaires : lundi, sur Twitter, Marc Uyttendaele a pointé du doigt l'intervention d’Eric de Beukelaer, dénonçant les “propos choquants du vicaire de Beukelaer à l’égard de la députée Rohonyi. L’article 268 du Code pénal interdit à un ministre du culte d’attaquer publiquement une loi. La loi consacre le droit à l’IVG. Le clergé doit s’y soumettre. Ce n’est pas une question éthique, c’est l’État de droit”, a-t-il publié sur les réseaux sociaux. Cette prise de position du constitutionnaliste a elle-même suscité un nouveau torrent de commentaires sur le web… comme le souligne dans la Libre Frédéric Chardon (voir ICI).

    Le 1er mai, le chanoine de Beukelaer est revenu sur cette polémique et a répondu à ses détracteurs, fustigeant une "laïcité dogmatique qui fait taire les convictions spirituelles et ne ne donne voix qu’au libre examen." Et d'ajouter : "Je le répète: je ne suis pas un citoyen de seconde zone et – comme toute instance représentative d’une communauté – les responsables d’un culte ont voix au chapitre dans tous les débats de société."

    A suivre ?