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Foi - Page 596

  • Quand une jeune romancière déclare que la messe traditionnelle est le culte le plus utile et l'adoration la plus profonde que nous puissions offrir à Dieu

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    Du site "Paix Liturgique" :

    NATALIA SANMARTIN « LA MESSE TRADITIONNELLE EST LE CULTE LE PLUS UTILE ET L'ADORATION LA PLUS PROFONDE QUE NOUS PUISSIONS OFFRIR A DIEU »

    Natalia Sanmartin Fenollera, née en Galice en 1970, journaliste au grand journal économique espagnol Cinco Días, est une révélation littéraire internationale : elle s’est fait connaître par un roman, L’éveil de Mademoiselle Prim (Grasset, 2013), dont on espère qu’il en annonce bien d’autres, qui a eu un tel succès que l’éditeur espagnol, Editorial Planeta en a vendu les droits pour 70 pays.

    C’est un roman délicieusement décalé, dont l’héroïne, Prudence Prim, débarque dans un petit village, quelque part vers le centre de la France, Saint-Irénée d’Artois, voisin d’une abbaye bénédictine où l’on célèbre la liturgie en latin (qui fait penser à un abbaye des bords de la Creuse…), pour y tenir le rôle de bibliothécaire chez un célibataire aussi cultivé qu’original.

    Dans ce village, volontairement hors du temps présent, les enfants, dont un certain nombre vont à la messe traditionnelle tous les matins, reçoivent une éducation de haute qualité humaniste, non au lycée mais à la maison. On ne parle, dans ce bourg, ni de télévision, ni de téléphone mobile, mais on vit d’art, de lecture, de musique, des plaisirs de la conversation. Les dames se veulent vraiment « féministes », c’est-à-dire qu’elles sont suprêmement féminines. Et le temps coule au ralenti, en marge de la modernité.

    Sans être hermétiquement séparés des circuits économiques d’aujourd’hui, commerçants, artisans, propriétaires de Saint-Irénée vivent dans une espèce de système « distributiste », résolument antilibéral, inspiré de Chesterton (et de la doctrine sociale de l’Eglise). Leur contestation du « système », pour être douce et policée, n’en est pas moins, une contestation assez radicale, qui plus est, une contestation catholique, spécialement du point de vue de l’éducation, pour laquelle la messe traditionnelle tient une place cardinale.

    Nous avons demandé à Natalia Sanmartin de s’en expliquer, et aussi de nous donner quelques lumières sur son propre itinéraire.

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  • Burkina Faso : « Le martyre est d’actualité ! »

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    Burkina premier-ministre-Burkina-Faso-Christophe-Dabire-gauche-car-droite-4-2019_0_730_503.jpgInterview réalisée par Raphaël Habrard et Thomas Belleil pour le magazine « Famille Chrétienne » à propos de la radicalisation de l’Islam dans l’ancienne Afrique Occidentale Française (A.O.F.) :

    "MAGAZINE – Les chrétiens du Burkina Faso font face à une montée inédite de l’islamisme. Analyse du Frère Philippe Bai qui vit sur place depuis quarante ans.

    Le Burkina Faso est depuis peu le théâtre d’actes anti-chrétiens. Quel est le climat sur place ?

    Il n’y a pas de psychose ou de terreur. Mais il y a bien une peur qui existe, on ne peut pas le nier. Après la chute du président Blaise Compaoré en 2015, les violences se sont répandues au Burkina, à partir du Mali notamment. Il y a depuis lors une forte progression de la violence. Quelles que soient nos bonnes relations entre communautés, personne ne peut dire qu’il est vraiment à l’abri. Les dernières agressions depuis deux mois ciblent très nettement les chrétiens, auparavant c’était moins le cas. Aujourd’hui, les terroristes trient les gens par religion pour tuer les chrétiens, c’est clairement ciblé ! La peur est présente, mais les gens mettent leur confiance en Dieu.

    Quelle est l’origine des tensions entre chrétiens et musulmans ?

    Il y a des tensions, bien sûr, et il faut surtout craindre une certaine évolution de l’islam au Burkina. Au sud du pays, des groupes nouvellement islamisés estiment qu’ils sont les vrais musulmans. Ils suivraient un islam plus pur, plus authentique. Il y a une possibilité de radicalisation plus forte chez eux.

    Ce réveil de l’islam n’est pas propre au Burkina. Le pays a été préservé des actions violentes tant qu’il y avait le président Blaise Compaoré, qui gardait le pays en sécurité. Mais aujourd’hui, ce désordre, ces violences gagnent, c’est clair !

    La bonne entente entre les communautés est-elle menacée ?

    Il y a un déisme très présent ici. La présence de Dieu est une évidence, ce qui créé une communauté, une société. Le fait d’être chrétien ou musulman passe après. Si l’on fait un chemin de croix pour le Vendredi saint, des musulmans viendront, certains se battront même pour porter la croix ! J’ai connu des parents musulmans qui se lamentaient que leurs enfants ne pratiquaient plus, ils m’ont dit : « Qu’ils deviennent au moins chrétiens ! » Dans beaucoup de sociétés africaines, être athée est une forme de maladie mentale !

    Les agressions islamistes récentes renforcent les chrétiens dans leur foi. Le martyre est d’actualité, mais cela remplit les églises ! Par ailleurs, cela renforce les musulmans dans leur amitié avec les chrétiens, car les musulmans traditionnels réprouvent les actes violents.

    L’islam a une présence très ancienne au Burkina. Il y a à peu près deux tiers de musulmans dans ce pays. Dans l’ensemble, l’islam ancien, traditionnel a conservé de très bonnes relations avec les chrétiens, surtout les catholiques. On ne pourra pas opposer chrétiens et musulmans.

    Vous êtes enseignant au sein de la congrégation des Frères des écoles chrétiennes. Ces tensions sont-elles visibles dans vos écoles ?

    Quelque chose se rigidifie. Au sein même de mon école, à Bobo-Dioulasso, des signes de radicalisation apparaissent parmi les élèves. On a vu une élève changer de comportement en classe, lorsqu’elle a adopté un islam radical... Et elle n’est pas la seule. Certains garçons refusent de serrer la main des filles. D’autres jeunes réprouvent les rencontres entre chefs de religions différentes, ils considèrent que c’est une impureté. C’est un signe qu’il y a un danger, d’autant plus que le recrutement islamiste se fait en partie parmi les jeunes ! Les terroristes peuvent recruter assez facilement des jeunes de situations sociales difficiles et en faire des tueurs.

    Comment combattre cet islamisme ?

    Il me paraît évident que la solution au radicalisme religieux, c’est l’éducation. Il n’y en a pas d’autre ! Il faut apprendre aux jeunes à avoir une capacité d’approche rationnelle, une profondeur historique, une fréquentation des autres communautés. Il faut vivre mais aussi prier ensemble ! L’idée n’est pas seulement de prêcher la laïcité ou le respect, il faut avoir le sens de la vérité ! Au Burkina Faso, les gens se respectent mutuellement quand ils reconnaissent la recherche par l’autre de la vérité. Un musulman qui voit prier un chrétien le respectera.

    ▶︎ À LIRE AUSSI. Persécutions : nouvelle attaque contre des catholiques au Burkina Faso

    Par ailleurs, l’éducation traditionnelle peut jouer un rôle dans la baisse des tensions. Dans cette pédagogie, il y a non pas des droits mais des devoirs : les devoirs m’ouvrent sur les autres en me mettant en relation avec eux. Au niveau pédagogique, en Occident, revendiquer les droits de l’enfant, les droits de l’homme, est une catastrophe, car cela favorise le repli sur soi-même.

    Vous parlez du modèle occidental. Comment est-il perçu au Burkina ?

    Il existe encore un certain prestige de l’image du missionnaire blanc occidental. Cependant, l’image de l’Occident, aujourd’hui en Afrique, est davantage celle de la décadence morale, avec notamment la promotion de l’homosexualité. Cela n’est pas compris ici.

    Selon moi, la catastrophe de la philosophie occidentale, c’est l’individualisme. Or, l’individualisme et le consumérisme sont perçus en Afrique comme une agression. Là-bas, tout est relation, et les relations sont articulées autour des devoirs des uns envers les autres. Les papes ont d’ailleurs appelé les Africains à ne pas céder.

    Multiplication des actes terroristes

    Si le territoire burkinabé est touché par les djihadistes depuis 2015, les communautés chrétiennes sont de plus en plus ciblées. En l’espace de cinq mois, près d’une dizaine d’attentats ont été perpétrés par des organisations islamistes faisant plus de vingt victimes, dont cinq prêtres ou pasteurs. Le 12 mai, cinq fidèles et un prêtre étaient assassinés en pleine messe. Le 27 juin, quatre laïcs étaient abattus dans la région de Bani, au nord-est du pays.

    Chargée de traquer les terroristes dans la région sahélienne depuis août 2014, l’opération « Barkhane » a neutralisé à ce jour près de six cents djihadistes, selon l’armée. En tout, 4 500 hommes sont sur place pour sécuriser les pays du G5 Sahel, dont le Burkina Faso fait partie.

    Ref. Burkina Faso : « Le martyre est d’actualité ! »

    JPSC

  • Les deux vrais poumons de l'Europe...

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    De Guillaume d'Alançon sur Baskulture (La Lettre du Pays Basque) (et merci au Salon Beige)

    2033 ou les deux vrais poumons de l’Europe

    Guillaume d’Alançon parmi la délégation de « Life Europe » au Mont Athos © DR

    La péninsule de l’Athos est un lieu haut. Située à l’est de la Grèce, ce bras de terre long d’une cinquantaine de kilomètres n’est relié à la terre que par une maigre bande recouverte de végétation. Il n’y a que le bateau pour entrer dans cet Etat dans l’Etat. Oui, cela fait mille ans que ce territoire étonnant n’est peuplé que de … moines. C’est aussi pour cela qu’on l’appelle la Sainte Montagne. Ici la Mère de Dieu, la Theotokos, est partout chez elle ; près de 3000 moines, quelques visiteurs de passage, pour l’essentiel des orthodoxes. Malgré la grande rupture entre l’Orient et l’Occident en 1054, des bénédictins latins sont restés sur l’Athos environ trois siècles encore. On peut admirer ce que furent leurs monastères : une haute tour émerge de la cime des arbres, bien plantée. Quelques catholiques, quoiqu’en nombre réduit, sont aujourd’hui autorisés à se rendre chaque année dans cette patrie du monachisme byzantin.

    Rattachés au Patriarcat de Constantinople, une vingtaine de monastères compose ce terroir de traditions et de spiritualité. Les offices sont souvent nocturnes et durent longtemps. La psalmodie est grave et solennelle ; on est là pour adorer Dieu. Voici quelques noms de ces forteresses de la contemplation : Vatopedi, Saint Panteleimon, Simonos Petra, Chilandar, Koutloumousiou…

    Le sommet de la péninsule n’est autre que le fameux Mont Athos. Il culmine à 2033 mètres d’altitude. Lorsque le soleil couchant libère ses derniers feux, l’ombre de la croix plantée tout en haut se couche littéralement sur la mer. Elle nous dit que le sacrifice du Christ est étroitement lié à la lumière, que la souffrance ne fait jamais écran à l’espérance.

    Catholique, j’empruntais l’an dernier les chemins de la Sainte Montagne, pèlerin vers la Vierge ma Mère, en ami des orthodoxes, avec eux. Nous étions un groupe réuni par la conviction que la société n’est vraiment libre que lorsqu’elle choisit le Christ.

    In hoc signo vinces – par ce signe tu vaincras - avait pu lire sur le fronton du ciel l’empereur Constantin, à la veille d’une bataille. Et c’était une croix qui lui était apparue, incandescente. C’est cette croix que les moines ont choisi de porter, dans leur cœur, comme un appel à marcher à la suite de celui qui est la Résurrection et la Vie. Nous en étions sûr, et nous le demeurons plus que jamais, le relèvement de notre vieille Europe ne pourra se faire en dehors de ses racines. 

    Toujours en Europe, en Occident cette fois, il est une autre citadelle de prière, comment ne pas parler d’elle… Adossée comme sa sœur d’Orient à un calvaire situé sur un sommet à 2033 mètres d’altitude, le « Grand Som », il faut le voir pour le croire, elle est consacrée à la Mère de Dieu depuis les origines.

    Blotti au cœur des Alpes dans un désert de silence et de solitude, le monastère de la Grande Chartreuse prie depuis bientôt mille ans. Près de trois cents monastères sont issus de ce tronc qui ressemble plus à un baobab qu’à un noisetier. Ses hôtes ne sont pas cénobites mais plutôt ermites, comme les anachorètes des kalyves de l’Athos. Et leurs chants, empruntant leurs douces mélodies au pape saint Grégoire le Grand, sont un hymne d’adoration. Plus encore, c’est le Christ lui-même qui chante et aime le Père, dans l’Esprit-Saint. Mystère de don, de vie, capable de susciter chez l’homme le désir de se consacrer tout entier et pour toujours selon les vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance.

    Bientôt, je retournerai à l’Athos, avec au cœur un mot d’ordre de saint Bruno, fondateur de la Chartreuse et homme de l’an mil : « Ce que la solitude et le silence du désert apportent d'utilité et de divine jouissance à ceux qui les aiment, ceux-là seuls le savent, qui en ont fait l'expérience ».

    Et cette expérience est unifiante, elle donne un avant-goût du mystère de communion dans le Christ et son Eglise auquel nous sommes tous appelés. Maintenant et à jamais.

    Guillaume d’Alançon

    NDLR.: bien détachés du monde de par leur situation géographique et spirituelle (au statut protégé par le droit international et la Constitution grecque), une bonne partie des vingt monastères athonites – pourtant rattachés au Patriarcat de Constantinople – ont refusé de suivre le patriarche Bartholomée dans sa création de toutes pièces et sur l’instigation (géo-stratégique d'isolement de la Russie, et financière) des USA d’une église ukrainienne « autocéphale » à lui entièrement soumise, envers et contre l’église ukrainienne canonique sous l’omophore du Patriarcat de Moscou (depuis quatre siècles), d’où un ferment de division hélas introduit artificiellement sur la « sainte montagne »… Par ailleurs, voilà déjà près d'une décennie que l'archimandrite Parthénius, abbé du monastère athonite de Saint-Paul (une centaine de moines) avait prédit aux croyants chrétiens « des souffrances qui dépasseraient celles infligées aux grands martyrs des premiers siècles » (…), les événements dans le monde indiquant que « bientôt, les hommes devaient perdre la liberté que le Seigneur leur a donnée - la liberté personnelle - en devenant totalement soumis (…) à ceux qui complotent tout cela, qui sont dans le mal, et veulent régner et gouverner le monde en tous lieux. Par exemple, un Constantin cessera de porter son (pré)nom et sera le numéro cent-trente-cinquième ou cent-cinquante-troisième ». Le Père Parthénius n'en exprimait pas moins sa confiance dans « le renouveau de la Foi en Russie dont témoigne le si grand nombre de saints dans le peuple russe ». Et d’ajouter : « vous pouvez résister à tout ce mal qu’il faut combattre avec courage comme un lion se bat, mais seulement avec la foi et l’espérance en Dieu ».  L'année dernière, le saint moine déclarait encore : « Seul le Seigneur peut nous délivrer de la situation difficile dans laquelle nous nous trouvons. La nouvelle ère va tout détruire. Elle détruira la famille, elle essayera de détruire l'Église, tout détruire afin qu'il ne reste plus rien. Les gens se dirigent vers le mal à une allure vertigineuse. Qui peut arrêter cette course ? Seul le bon Dieu qui garde le monde... Une tempête arrive, qui est pire que le communisme... Ce qui s'approche maintenant est pire. Que le Seigneur nous bénisse tous ! », concluait l'archimandrite Parthenius Murelatos, un des plus anciens moines d'Athos, bientôt nonagénaire. Installé sur le Mont Athos en 1954, il est depuis plus de 40 ans l’abbé du monastère de Saint-Paul, connu pour conserver les dons des mages parmi ses saintes reliques. ALC 

  • La baisse de la foi en l'Eucharistie est au coeur de la crise actuelle

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    De Christophe Geffroy sur le site de La Nef :

    De la messe

    La première messe célébrée par Mgr Michel Aupetit à Notre-Dame de Paris depuis l’incendie, le 15 juin, a suscité des réactions fort instructives, sans doute plus révélatrices de la profonde déchristianisation du pays que bien des démonstrations savantes. Car ce qui était en cause, finalement, c’était le principe même de la célébration de la messe dans ce sanctuaire dévasté. Autrement dit, de l’intérêt d’y célébrer le culte pour lequel il a été construit. Que des personnes étrangères à la foi catholique en la Présence réelle n’en voient pas l’utilité est normal. Mais qu’une telle question puisse seulement se poser parmi les chrétiens, voilà ce qui est particulièrement symptomatique de la déchristianisation des chrétiens eux-mêmes. Georges Bernanos écrivait avant la guerre : "Nous répétons sans cesse, avec des larmes d’impuissance, de paresse ou d’orgueil, que le monde se déchristianise. Mais le monde n’a pas reçu le Christ – non pro mundo rogo – c’est nous qui l’avons reçu pour lui, c’est de nos cœurs que Dieu se retire, c’est nous qui nous déchristianisons, misérables !" (1).

    L’insondable mystère de l’Eucharistie

    Et le signe infaillible de cette déchristianisation des chrétiens est la relativisation de l’importance capitale et centrale de la messe dans toute vie chrétienne, à commencer par celle du prêtre. Toute baisse de la foi en l’Eucharistie engendre inévitablement des situations de crise ou de déclin. Ce n’est pas pour rien que le concile Vatican II a affirmé que la liturgie était "sommet et source de la vie de l’Église" (2). Le Christ, deuxième personne de la Trinité, a vécu parmi les hommes, admirable mystère ; et il nous a donné l’Eucharistie pour que nous le retrouvions là, au milieu de nous, quels que soient le lieu et le temps : réalisons-nous ce que cela signifie d’avoir le Christ lui-même vraiment présent sous nos yeux sous les espèces eucharistiques, mystère plus admirable encore qui ne devrait cesser de nous émerveiller si nous avions un peu plus de foi et si nous n’étions pas aussi blasés ? C’est pourquoi l’Eucharistie est absolument vitale pour la vie chrétienne – puisque c’est le lieu privilégié où nous rencontrons réellement le Christ en personne – et c’est aussi pourquoi il convient toujours de la soigner et de la rendre aussi belle et priante que possible, le culte rendu au Dieu vivant qui s’est incarné parmi nous devant refléter, par sa splendeur et sa sacralité, cet insondable mystère (3) !

    Or, ce que nous nommons la "sécularisation", comme l’a si bien dit Bernanos, plus que les attaques du "monde" contre l’Église (qui, certes, existent bel et bien), n’est-elle pas d’abord la conséquence du recul de la foi des chrétiens, et de la foi en l’Eucharistie en particulier ? En notre époque ubuesque où l’on se demande souvent comment on en est arrivé là – au point, par exemple, de ne plus savoir faire la différence entre un homme et une femme ou entre un humain et un animal, de ne plus voir dans l’avortement, totalement banalisé en raison de nos consciences anesthésiées, un "crime abominable" (Vatican II), ou encore de ne pas se scandaliser que l’enfant devienne, avec la PMA et la GPA, un simple objet de désir que l’on achète sur un marché –, on devrait peut-être réfléchir à nos propres responsabilités de chrétiens. Car infine, c’est bien l’évacuation de Dieu de nos vies et de nos sociétés qui, en bannissant la notion même de limite, a libéré l’hubris prométhéenne qui dort en chacun de nous.

    Horizontalisme et déchristianisation

    Ainsi, tous ceux qui, dans l’Église et depuis bien longtemps, travaillent à tout séculariser, à aplanir au maximum le surnaturel, à désacraliser tout ce qu’ils peuvent, favorisant systématiquement l’horizontalité aux dépens de la verticalité, notamment dans la liturgie, ont, de fait, contribué, bien plus efficacement que les adversaires les plus acharnés du christianisme, au grand mouvement de sécularisation dont crèvent les sociétés occidentales. Et à l’heure des actions à mener contre les "abus sexuels" dans l’Église, ce n’est certainement pas en "désacralisant la figure du prêtre" (Sr. Véronique Margron) que l’on résoudra le problème, cela ne contribuerait qu’à aggraver la sécularisation des chrétiens eux-mêmes.

    Il est dans l’ADN d’un chrétien de s’occuper des pauvres et d’avoir un souci social de justice. Cependant, si cela se fait au détriment de la primauté de la vie intérieure, de la prière et de la messe, on risque fort d’y perdre l’essentiel : la charité. Combien de prêtres ont donné la priorité au "social" en délaissant l’Eucharistie et, absorbé par les combats du monde, ont fini par quitter le sacerdoce ? Sainte Mère Teresa l’a souvent dit : la réussite de son œuvre de charité tient d’abord à l’enracinement de ses religieuses dans la prière continue et la messe quotidienne, tel est le secret de toute "efficacité" chrétienne selon des critères non mesurables par des statistiques !

    Le renouveau dans l’Église ne passera pas par de nouvelles "méthodes" d’évangélisation tirées du marketing, mais par un retour à l’essentiel dans nos vies : la prière et la messe ; le reste nous sera donné par surcroît et nos engagements dans la Cité, évidemment absolument nécessaires, n’en seront que plus fructueux.

    (1) Nous autres, Français, dans Scandale de la vérité, Points/Seuil, 1984.
    (2) Constitution Sacrosanctum concilium (1963), n. 10.
    (3) Cf. saint Jean-Paul II, Ecclesia de Eucharistia (2003), n. 48-52.
    Paru dans La Nef, Edtorial juillet-août 2019

  • La traduction intégrale de texte du Cardinal Gerhard Müller à propos du processus synodal en Allemagne et du synode sur l’Amazonie est en ligne

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    C'est ici : Traduction intégrale de texte du Cardinal Gerhard Müller à propos du processus synodal en Allemagne et du synode sur l’Amazonie

  • La chrétienté irakienne affaiblie et oubliée mais toujours vivante

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    De David Villeneuve sur le site du Quotidien :

    Les chrétiens de l’oubli

    CHRONIQUE /(...) David Villeneuve, doctorant à l’Université Laval, qui s’est rendu régulièrement au Moyen-Orient dans le cadre de ses recherches, en particulier en Irak et au Liban (...) aborde les persécutions dont ont été victimes les chrétiens irakiens dans leur histoire.

    Des chrétiens dont on ne parle pas

    Chaque fois que je parle des chrétiens d’Irak, je réalise à quel point ils sont méconnus. Pourtant, ils auraient très bien pu faire la manchette au cours des dernières années. Car les chrétiens d’Irak ont enduré bien des misères. En 2010, un commando terroriste a fait irruption en pleine messe dans la cathédrale syriaque catholique de Bagdad, faisant des dizaines de victimes. En 2014, l’organisation de l’État islamique a forcé au départ tous les chrétiens de la ville de Mossoul, dans laquelle ils vivaient depuis près de 2000 ans. Et j’en passe.

    Au fil de mes recherches, j’ai découvert qu’en 1915, les chrétiens de l’Empire ottoman (qui comprenait alors l’Irak) ont fait l’objet d’un génocide (quelques années après celui des Arméniens, aujourd’hui reconnu par la communauté internationale). Selon les estimations, entre 500 000 et 750 000 personnes auraient été tuées, et des centaines de milliers d’autres ont dû fuir la terre de leurs ancêtres.

    Sur le coup, j’étais stupéfait de ne jamais rien avoir entendu sur le sujet. C’est que les chrétiens d’Irak, comme le reste des chrétiens du Moyen-Orient, n’attirent pas l’attention. Est-ce en raison du fait qu’ils soient chrétiens ? Si tel n’était pas le cas, l’Occident aurait-il davantage de compassion pour eux ?

    David Villeneuve, doctorant à l’Université Laval, s’est rendu régulièrement au Moyen-Orient dans le cadre de ses recherches et a voyagé plusieurs fois en Irak.

    Ce que demandent les chrétiens d’Irak

    Il faut le dire, à travers le monde, la religion la plus persécutée est le christianisme. En effet, les chrétiens sont pris pour cible à peu près partout où ils sont minoritaires. Chez les chrétiens du Moyen-Orient, l’appartenance au christianisme fait partie intégrante de l’identité des gens. Pour eux, être chrétien, c’est une fierté. D’ailleurs, c’est parce qu’ils ont refusé de renier leur foi que les 200 000 chrétiens de Mossoul et de la plaine de Ninive ont été contraints à l’exil lors de l’avènement de l’organisation de l’État islamique en Irak.

    Étonnamment, la seule véritable chose que demandent les chrétiens d’Irak est qu’on ne les oublie pas. Pour eux, il s’agit de la meilleure garantie qu’on puisse leur offrir afin de demeurer dans leur pays. Or, les chrétiens irakiens ont en la personne du Pape François un allié précieux. Lors de l’allocution qu’il a prononcée le jour de Pâques 2015, le Saint-Père a longuement entretenu la foule au sujet des chrétiens d’Irak.

    Il avait alors mentionné que pour trouver de vrais croyants, de vrais disciples du Christ, c’est en Irak qu’il fallait aller. De plus, en 2018, le chef de l’Église catholique a mis aux enchères la voiture qui lui a été offerte par le prestigieux constructeur automobile italien Lamborghini.

    L’argent récolté a été investi dans la reconstruction des villages chrétiens de la plaine de Ninive.

    Visite papale

    Tout récemment, le Pape François a annoncé son intention de se rendre en Irak en 2020. Je me trouvais sur place lorsque la nouvelle est sortie. Pour les chrétiens d’Irak, c’est la concrétisation d’un rêve dont ils n’osaient espérer qu’en silence.

    De surcroît, ce sera la première fois qu’un Pape se rendra dans le pays. Et l’éventuelle visite papale est tout aussi bien accueillie par la majorité musulmane. Selon ce qui m’a été confié, tous les Irakiens y perçoivent une initiative visant à donner un coup de main à la réconciliation nationale.

    La chrétienté irakienne est actuellement très affaiblie. Mais elle est toujours vivante. La détermination dont font preuve les chrétiens irakiens est remarquable. Leur résilience est également digne de mention. En Irak, les chrétiens ne cessent de me remercier de m’intéresser à eux. Ils me disent également de parler d’eux et de prier pour eux. J’invite donc tous ceux et celles qui le souhaitent à faire de même.

  • Eloge du combat spirituel (Martin Steffens)

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    Une émission de RCF :

    Éloge du combat spirituel, par Martin Steffens

    Présentée par Christophe Henning
    Éloge du combat spirituel, par Martin Steffens
    © Martin Steffens
     

    Le mal que l'on fait sans forcément le vouloir, il faut s'en étonner et le pleurer. Car il y a bien de l'inhumain en nous dit Martin Steffens, mais on n'est pas seul. Par Christophe Henning.

    CE QUI NOUS ÉCHAPPE ET NOUS TOURMENTE

    "Mais qu'est-ce qui m'a pris?". On a tous été sujet au regret abyssal d'avoir dit une parole de trop ou d'avoir commis un acte blessant. Le philosophe ne nous dit pas "Rien de grave, poursuivez". Reconnaître qu'il y a en soi-même quelque chose qui nous échappe et nous tourmente "est indispensable pour advenir à notre humanité", encourage-t-il. Mieux, il est "nécessaire" de s'en étonner. "Il faut toujours des larmes pour pleurer le mal dans le monde et en soi." Car ce sont ces larmes qui nous permettent de dépasser le mal. 

    QUATRE VISAGES DU MAL...

    Sommes-nous réellement maître de nos actions? Le mal a ceci de mystérieux qu'il nous résiste. Martin Steffens l'affirme: "Il y a bien quelque chose d'inhumain" en nous. Un mastère à arpenter donc, et à nommer. Certes, parler du mal cela a de quoi effrayer ou à défaut déranger. Le philosophe considère cependant l'importance de le dire. Notre langue française l'applique à quatre situations:
    1) "Faire mal", comme dans "Tu m'as fait mal, tu n'as pas fais attention" ;
    2) "Mal faire", pour parler d'un travail bâclé ;
    3) "Faire du mal", ce qui désigne la malice, dire une parole blessante ;
    4) "Faire le mal", soit pervertir l'ordre des valeurs.

    ... MAIS L'ON N'EST PAS SEUL

    "Alors même que l'on sait, on n'y arrive pas ; alors même que l'on veut, on ne peut pas." Pour le philosophe, converti au catholicisme, le combat n'est pas simplement moral mais aussi spirituel. "Le mal est toujours plus fort que nous", annonce-t-il. Mais nul désespoir dans ces propos: l'homme a besoin de quelqu'un ou de quelque chose pour le dépasser. Et cela est une bonne nouvelle. Dans son impuissance primordiale, l'humain n'est pas seul.Philosophe, Martin Steffens est enseignant à Metz, au lycée et en classe préparatoire. Il est l'auteur de nombreux ouvrages, notamment l'auteur de "Petit traité de la joie" (éd. Salvator, 2011).

  • Aucun synode, pape ou concile ne pourra rendre possible l’ordination diaconale ou presbytérale de femmes

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    Du site Pro Liturgia :

    Samedi, 27 juillet 2019. 

    Le cardinal Gerhard Ludwig Müller, qui était chargé de veiller sur l’intégrité de la doctrine de la foi catholique sous le pontificat du pape Benoît puis, pendant un moment, sous le pontificat du pape François, a publié une deuxième critique détaillée du document de travail du Synode Amazonien (Instrumentum Laboris), affirmant qu’« aucun synode, pape ou concile ne pourrait rendre possible l’ordination diaconale ou presbytérale de femmes » dans la mesure où « le magistère du pape ou des évêques n’a aucune autorité sur le contenu des sacrements. »

    Par conséquent, poursuit-il, « aucun synode - avec ou sans le pape - et pas même le pape pape parlant “ex cathedra”, ne peut rendre possible l’ordination de femmes. »

    Dans sa déclaration de ce vendredi 26 juillet, le cardinal Müller lie directement le synode amazonien au « processus synodal » en cours de préparation par les évêques allemands. Le « chemin synodal » allemand et le synode amazonien ont tous deux pour but de remettre en question le sacerdoce en séparant les devoirs de gouvernement des devoirs d'enseignement et de sanctification devant être assurés par les ministres ordonnées.

    Le synode amazonien initié par le pape François en personne va très loin puisqu’il propose même de créer « une nouvelle forme de sacerdoce, avec des hommes mariés ayant une famille et donc moins de temps à consacrer à une solide formation théologique en vue de la prêtrise. Les deux mouvements de réforme - celui d’Amazonie et celui d’Alemagne - proposent également de nouveaux rôles pour les femmes dans l’Eglise, le document de travail du Synode Amazon proposant même un « ministère officiel » pour les femmes, incluant éventuellement un « diaconat féminin ».

    Le cardinal Müller fait appel à son expérience de théologien et de pasteur pour défendre le sacerdoce catholique. Il rappelle que « la triple fonction - telle qu'elle s'est développée historiquement à partir de l’apostolat institué par le Christ dans l’Eglise primitive - existe en vertu d’une institution divine (cf. Lumen Gentium, 20). »

    Le cardinal rappelle à ses confrères allemands qu’ « en d’autres temps, les évêques allemands se sont unanimement opposés à la contre-culture voulue par Bismarck en déclarant notamment que « la constitution de l’Eglise repose, sur tous les points essentiels, sur l’ordre divin et est de ce fait exempte de tout arbitraire humain. »

    Citant également le concile de Trente, le cardinal Müller a souligné que « l’évêque, le prêtre et le diacre ne sont que des degrés de l’unique sacrement de l’Ordre. “Personne ne peut douter que la sainte ordination soit vraiment et essentiellement l'un des sept sacrements de la Sainte Eglise - unum ex septem sacramentis” (Trent, décret sur le sacrement des ordres sacrés, DZ nn. 1766 ; 1773). »
    C’est ici que le prélat allemand rappelle qu’une « analyse théologique des faits doctrinaux et historico-ecclésiastiques, dans le contexte des déclarations contraignantes concernant le sacrement des ordres sacrés (...) indique clairement que l’ordination sacramentelle associée à la fonction de diacre n’a pas été et n’a jamais été administrée aux femmes par l’Eglise catholique. » « Ce point découle de la constitution divine de l’Eglise, ainsi que l’a rappelé de façon cmlaire le pape Jean-Paul II. »

    En outre, le cardinal Müller rejette également l’idée « de femmes diacres non sacramentelles basée sur l’illusion qu’il s'agit de faire revivre un passé - mais seulement temporairement et régionalement limité - lié à l’institution des diaconesses dans l’Eglise primitive. »

    L’idée de créer un groupe de « femmes diacres non ordonnées » a récemment été proposée par différents membres du clergé allemand, dont le cardinal Walter Kasper. De son côté, le cardinal Reinhard Marx vient de proposer de permettre aux laïcs de prêcher à la messe. Ceci ne saurait être accepté puisque c’est en totale contradiction avec l’essence des fonctions épiscopale et sacerdotale. » (NDLR Dans plusieurs diocèses de France, des laïcs ou des pasteurs luthériens sont autorisés à prêcher au cours des messes.)

    Le cardinal Müller poursuit en expliquant qu’il existe un danger : que les prêtres « ne soient plus que des “autelistes”, c’est-à-dire des clercs ayant pour seule fonction de célébrer des messes à la demande, mais sans assurer la fonction pastorale d’enseignement de la doctrine catholique. » A l’époque de Martin Luther, de tels clercs chargés de multiplier les messes existaient ; il s’agissait d’un abus que Luther a utilisé comme argument devant aboutir à la Réforme.

    « Les deux parties qui constituent en quelque sorte la messe, c’est-à-dire la liturgie de la Parole et la liturgie eucharistique, sont si étroitement unies entre elles qu’elles constituent un seul acte de culte » (Cf. Sacrosanctum concilium, n.56), rappelle le cardinal qui ajoute : « C’est pourquoi il appartient aux évêques et aux prêtres de prêcher et tout au plus de laisser le diacre ordonné de prononcer une homélie. Le service de la Parole et du sacrement possède une unité interne. »

    À la lumière de la doctrine catholique, il est clair que ceux qui proposent de nouvelles fonctions sacerdotales ou diaconales ont une « vision sécularisée » de la foi et de l’Eglise. « Seuls ceux qui considèrent que l’Eglise est au mieux une institution laïque échouent par la suite à reconnaître que la fonction du sacerdoce ordonné est d’institution divine. Ces personnes, réduisent alors le chrétien à un simple fonctionnaire au service d’une organisation socialo-religieuse. »

    Le cardinal Müller ajoute : « En tant que moyen supposé de sortir l’Eglise d’une certaine crise, l’Instrumentum Laboris pour le synode amazonien et le processus synodal mis en œuvre en Allemagne reposent tous deux sur une nouvelle sécularisation de l’Eglise. Quand, dans toute l'herméneutique du christianisme, on ne parvient plus à partir de la révélation historique de Dieu dans la personne du Christ ; quand on commence par diluer l’Eglise et sa liturgie dans une vision mythologique du monde entier ; ou quand on fait de l’Eglise un élément d’un programme écologique pour le sauvetage de notre planète, alors la sacramentalité - et en particulier la mission que doivent assurer les évêques et les prêtres - disparaît. Qui voudrait réellement engager toute une vie nécessitant un dévouement total sur une fondation aussi fragile ? »

    Le cardinal a rappelle qu’un « nouveau modèle de la prêtrise » n’est absolument pas possible car la substance des sacrements n’est pas soumise à l’autorité de l’Eglise et personne ne peut imaginer un nouveau modèle de prêtrise en se basant sur quelques éléments isolés tirés de l’Ecriture et de la Tradition et en omettant de prendre en compte les aspects contraignants du sacerdoce.

    En Allemagne, 216 000 catholiques ont quitté l’Eglise en 2018. En regard de ces chiffres, le cardinal Müller rappelle à ses collègues évêques allemands que la réponse à cette crise de la foi n’est pas dans « une auto-sécularisation plus poussée de l’Eglise mais plutôt dans un renouveau dans l’esprit de l’Evangile. » Car «l’Eglise ne peut servir les hommes dans leur recherche de Dieu et d’une vie dans la foi que si elle proclame à tous les hommes l’Evangile au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et si elle les fait disciples de Jésus par le baptême. »

    Sur le plan stratégique, le cardinal Müller explique également la collaboration entre les évêques allemands et le synode amazonien, en déclarant que « le processus synodal dans le domaine de la conférence des évêques allemands est lié au synode amazonien pour des raisons de politique ecclésiale visant à complet bouleversement de l’Eglise universelle. En outre, lors des deux manifestations, les protagonistes sont presque identiques et ils sont même liés financièrement et organisationnellement par le biais des agences de secours de la Conférence épiscopale allemande. Il ne sera pas facile de juguler ce processus de démolition. »

    Parmi les autres prélats de haut rang qui ont exprimé leur inquiétude à propos de l’orientation prise par le Synode sur l’Amazone, figurent les suivants :

    - Le cardinal Walter Brandmüller, spécialiste de renommée mondiale en histoire de l’Eglise a qualifié le document de travail d’ « hérétique ». Il a appelé les dirigeants de l’Eglise à le « rejeter » avec vigueur.
    - Mgr Marian Eleganti, évêque auxiliaire de Coire/Chur (CH), a déclaré que si les idées figurant dans le document de travail étaient adoptées, « elles contamineraient l’ensemble du Corps mystique de l’Eglise et l’endommageraient gravement ».
    - Mgr Nicola Bux, théologien et ancien consultant auprès de la Congrégation pour la doctrine de la Foi, a qualifié le Synode amazonien de tentative de « créer une autre église en démolissant la véritable Eglise de l’intérieur ».
    - Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d’Astana (Kazakhstan), a déclaré que le pape François avait « le devoir strict, tel qu’il lui avait été confié par Dieu, de défendre l’héritage apostolique du célibat sacerdotal. » « Il ne peut soutenir de la moindre manière - par le silence ou par une conduite ambiguë - le contenu manifestement gnostique et naturaliste de parties entières de l’Instrumentum laboris (document de travail), ainsi que l’abolition du devoir apostolique du célibat sacerdotal qui serait d’abord régionale avant de devenir peu à peu universelle. »

  • 44 martyrs burundais sur la voie de la canonisation

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    De Vatican News :

    44 martyrs du Burundi sur la voie de la canonisation

    Une étape historique s’est déroulée le 21 juin dernier pour l’Église burundaise: l’ouverture de la phase diocésaine du procès de canonisation de 44 martyrs, tués entre 1972 et 1997. Il s’agit de la première cause de canonisation ouverte dans le pays. Les évêques du Burundi ont reconnu en ces témoins des «modèles de fraternité».

    Adélaïde Patrignani (avec Fides et dacb.org) – Cité du Vatican

    Avec cette première ouverture de la phase diocésaine d’un procès de canonisation au Burundi, l’Église locale a voulu «célébrer un groupe de personnes qui, au nom de Jésus, ont offert leurs vies pour montrer que notre fraternité dans le Christ est plus importante que l’appartenance à un groupe ethnique». «C’est un grand témoignage, un message que nous considérons vraiment nécessaire pour tous les chrétiens. Nous souhaitons célébrer la fraternité chrétienne», ont également déclaré les évêques du pays à cette occasion.

    Ce procès concerne deux missionnaires xavériens et une bénévole, tous de nationalité italienne, tués à Buyngero en 1995, un prêtre burundais tué à Gitega en 1972 et 40 jeunes séminaristes du séminaire catholique de Buta tués en 1997. Des «héros», aux yeux de l’épiscopat actuel, présentés «comme un modèle unique qui inspire l’amour de la fraternit黫Gardez en vous leurs images, lisez leurs vies pour essayer de les imiter», ont demandé les évêques aux fidèles burundais, en espérant «qu’ils soient déclarés officiellement martyrs et qu’ils soient présentés devant nous tous comme modèles de fraternité dans la vie chrétienne et même dans toute notre société burundaise».

    L’évènement est déjà source de communion et d’espérance pour l’Église du Burundi. Les évêques ont invité les catholiques du pays à «suivre les différentes étapes du procès dans la prière et dans la joie. Nous connaissons d’autres frères et sœurs du Burundi qui ont offert leurs vies au nom d’une fraternité interethnique et nous sommes sûrs qu’il y aura d’autres procès de canonisation après le procès diocésain que nous allons commencer dans les prochains jours», ont-ils ajouté.

    Des séminaristes habités par la grâce

    Le Burundi, pays isolé et montagneux, a été le siège de violences ethniques acharnées dans les années 1990, parmi les pires de toute l’Afrique. Ces violences étaient un débordement du génocide qui avait lieu au Rwanda voisin. Le 30 avril 1997 à l’aube, des envahisseurs armés vraisemblablement membres du groupe rebelle Hutu du CNDD (le Conseil National pour la Défense de la Démocratie) attaquent le séminaire catholique de Buta, tuant quarante jeunes séminaristes, âgés de quinze et vingt ans.

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  • Viviane Lambert a reçu un appel téléphonique du pape

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    De Jeanne Smits sur son blog :

    Viviane Lambert a reçu un appel téléphonique du pape François : entretien

    Viviane Lambert m'a accordé jeudi un entretien pour LifeSiteNews , le plus important site anglophone d'informations pro-vie, où elle a notamment révélé pour la première fois qu'elle avait reçu, sous forme de message, un appel téléphonique du pape François pour la soutenir dans l'épreuve des derniers jours de vie de Vincent.

    Interpellé par Vatican News qui a certainement trouvé l'information sur LifeSiteNews, la Salle de Presse du Vatican a officiellement confirmé hier cette information.

    Voici la retranscription de mon entretien avec Viviane Lambert dont les réponses sont touchantes à la fois par leur douleur, leur courage et leur grande élévation. Il en ressort un message : il ne faut pas que Vincent Lambert soit mort en vain. Mais notre foi nous dit d'ores et déjà que quoi qu'il advienne dans cette vallée de larmes, il n'en sera pas ainsi.

    *

    Viviane Lambert, vous avez vécu plus qu'une tragédie, vous avez vécu quelque chose d'inouï : que vous en reste-t-il actuellement, qui vous donne espoir pour vivre ?

    Ces derniers jours qui se sont succédé dans la tristesse et dans notre impuissance, puisque nous avons dû assister au crime commis sur Vincent. J'ose dire le « crime sur Vincent », qui s'est déroulé sous nos yeux impuissants. Cela a été épouvantable pour nous. Nous en sommes ulcérés – moi je suis ulcérée. Je garde heureusement ceci : j'ai la foi, sinon ce n'est même pas que nous serions abattus, nous serions désespérés. Mais je garde l'espérance parce que maintenant Vincent n'appartient plus à ses bourreaux : il échappe à ses bourreaux par sa mort, par son départ vers Dieu, et maintenant son âme n'appartient plus qu'à Dieu. Et cela, personne ne peut l'enlever. C'est mon espérance, ma seule espérance.

    Vous avez parlé du docteur Sanchez qui a mené cette sale besogne et je vous ai entendu dire qu'il fallait prier pour lui. Que voulez-vous dire par là ?

    Oui. Cela ne fait pas très longtemps, j'essayais encore de lui faire comprendre que sa conscience va certainement ensuite être différente – et je l'espère pour lui. Je lui ai dit que le seul malheur que je pouvais lui souhaiter, c'était que Vincent le réveille toutes les nuits. Qu'il ait des cauchemars pour qu'enfin il regrette ce qu'il a fait. J'ose encore espérer qu'il le regrette un jour. Il m'a même répondu alors : « Soyez chrétienne, Madame. » Je lui ai dit: « Docteur, je prie pour vous tous les jours. » Et je pense que cela, il ne faut pas l'oublier. Ce sont des êtres humains, ils vont être égarés, ou alors ils vont continuer… c'est cruel. Qu'est-ce qu'ils vont devenir après leur mort ?  Il faut prier pour eux ! Moi j'essaie de recommencer à prier pour eux. J'ai eu un moment de battement, j'étais un peu révoltée, mais je me suis reprise. Il faut prier pour eux, vraiment.

    Oui, c'est un très grand malheur qui est arrivé, pas seulement pour Vincent et pour vous…

    Pour la société ! Oui, c'est cruel mais il y a des conversions. J’espère ceci : qu'ils pourront véritablement se poser les bonnes questions.

    Vous avez parlé du fait que Vincent s'était accroché pour vivre. Est-ce un sentiment que vous avez vu pendant plusieurs jours alors que vous étiez à son chevet ?

    Oui. La veille du jour où ils ont arrêté l'alimentation et l'hydratation ils ont soi-disant préparé son corps pour qu'il ne le ressente pas.  Ils craignaient quand même l'entourage. J'ai vu Vincent complètement avachi, il ne faisait que dormir mais d'un sommeil qui n'était pas son sommeil. Je lui parlais encore, je le rassurais, je lui disais : « On est là, Vincent. » Il ouvrait ses paupières, il nous regardait. Et de nouveau il sombrait. Il s'est accroché pendant plusieurs jours. Il n'y a eu que les derniers jours ou réellement, j'espère qu'il n'a pas souffert. Je ne l'ai pas vu partir…

    On peut espérer que maintenant il est vraiment dans la gloire de Dieu, il est parti en martyr.

    Oui, pour moi il est un martyr de la société. Maintenant, le bon Dieu fera ce qu'il veut faire de lui mais j'ai une très grande confiance. Ce sera mon ange gardien. Peut-être aussi celui de la France. Il y a un Vincent avant, mais il y aura un Vincent, après. Cela ne peut pas être autrement. De toute façon je me battrai jusqu'au bout. Je n'ai pas terminé. Je vais me reposer. Mais je me battrai contre cette loi criminelle. Il faut se battre pour la France : notre France ne mérite pas ça, non. Je continuerai à me battre.

    Est-il exact que vous avez eu un coup de téléphone du pape François ?

    Oui, j'ai eu un coup de téléphone du pape, c'est le cardinal Barbarin qui me l'a signalé. Je ne le savais pas. Le cardinal Barbarin m'a appelée plusieurs fois, bon père, très paternel, et il m'a dit: « J'ai vu le pape, je lui ai dit : “Il faut appeler Mme Lambert.” Il m'a dit que je devais regarder mes messages récents – je ne les avais pas tous vus – et il y avait en effet un message en italien qui a été traduit en français pour moi. Un message touchant, très personnel.

    Vos avocats ont porté plainte pour tentative de meurtre sur personne vulnérable. Comptez vous continuez de vous battre sur ce front ?

    Je leur ai dit que j'ai l'impression dans ma tête de tout vouloir abandonner mais nous irons jusqu'au bout de ce qu'ils ont fait. Une de ces affaires passera devant le tribunal le 26 novembre.

    Vous estimez donc qu'il est important d'obtenir justice ?

    Bien sûr. C'est injuste, ce qui s'est passé devant les tribunaux. C'est un complot politique. Il faut rétablir la justice. Nous continuons de faire confiance à nos avocats. Je ne sais pas jusqu'où cela va aller maintenant. S'il est possible de faire quelque chose, ce sera pour au moins réveiller les esprits des juges. Car où va-t-on, sinon?  Aujourd'hui c'est Vincent. Mais les autres ? Les 1.700 autres handicapés comme Vincent, et après, les maladies d'Alzheimer ?

    En définitive, Vincent a été utilisé.

    Oui. On a manipulé notre famille. Ils se sont laissé manipuler. Je pense que certains croient en ce qu'ils ont fait. Mais il y a quelqu'un comme François Lambert qui ne va plus rien avoir à se mettre sous la dent. Il va se retrouver bien seul. Il a manipulé tout le monde et ils se sont laissé manipuler. Notre famille ne sera plus jamais comme avant, hélas. Il va falloir laisser le temps au temps mais nous ne sommes pas jeunes… A la grâce de Dieu.

    Une grande messe de requiem (sera) célébrée à Reims ce vendredi [vendredi 19 juillet]. Et après ?

    Oui, réellement cela est très beau et consolant. Nous repartirons ensuite très vite parce que je ne supporte plus Reims. Je me suis rendue compte qu'il faut partir très vite pour se reposer, quitter cette ville où nous sommes si proches de l'hôpital. Nous avons le regard des uns et des autres : je passe au-dessus de cela mais c'est malsain, cela réveille des choses. Nous reviendrons simplement pour notre déménagement définitif parce que nous étions en location: elle a duré six ans, c'était du provisoire, mais il y a une fin à tout. Nous sommes arrivés à la fin de ce feuilleton bien dramatique, mais nous allons en commencer un autre qui sera plus élevé, je pense.

    *

    Une messe sera célébrée pour Vincent dans une grande église de Reims, à la mi-septembre, probablement le 14, pour permettre au plus grand nombre de venir prier pour le repos de son âme et d'entourer tous ceux qui se sont battus pour sa vie, si rudement éprouvés.

  • L'Eglise catholique d'Allemagne en plein effondrement

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    La cathédrale d'Eichstätt en Allemagne

    La cathédrale d'Eichstätt en Allemagne 

    De Vatican News :

    200 000 catholiques allemands ont quitté l’Église en 2018

    S’ils représentent encore plus d’un quart de la population allemande, les catholiques sont chaque année moins nombreux. Les dernières statistiques révèlent une nombre important de départs, phénomène qui touche aussi la communauté protestante.

    Avec plus de 23 millions de membres, l’Église catholique en Allemagne rassemble 27,7 % de la population du pays. Les statistiques publiées le 19 juillet dernier par la Conférence épiscopale allemande donnent de nombreuses données sur les 27 diocèses et archidiocèses du pays, où se répartissent un peu plus de 10 000 paroisses. On peut en retenir les 168 000 baptêmes – environ -, ou une légère augmentation du nombre de mariages entre 2017 et 2018, mais c’est surtout le nombre de personnes ayant décidé de quitter l’Église qui se détache: elles étaient 216 000 en 2018, contre 167 500 l’année précédente. Ces chiffres sont «préoccupants» d'après le père Hans Langendörfer, secrétaire de la Conférence épiscopale allemande.

    Cette tendance à la baisse, qui dure depuis plusieurs années, ne se limite pas à l’Église catholique: les Églises protestantes traversent une situation similaire, avec 220 000 départs en 2018, selon les chiffres publiés le même jour par l’Église Évangélique en Allemagne (EKD).  «Chaque départ fait mal», a déclaré Heinrich Bedford-Strohm, président de l'EKD. «Puisqu’aujourd’hui, contrairement au passé, les gens décident en toute liberté d'appartenir ou non à l'Église, il est important pour nous aujourd'hui d'expliquer encore plus clairement pourquoi le message chrétien est une base si solide pour la vie», analyse-t-il.

    Vers une diminution durable? 

    Une étude publiée par l'Université de Fribourg en mai dernier a conclu que le nombre de personnes appartenant aux deux principales Églises allemandes diminuera de moitié d'ici 2060. Les adultes qui quittent l'Église, la diminution du nombre de baptêmes et le vieillissement de la population sont les principaux facteurs de cette baisse, selon les chercheurs.

    L'étude prévoit que le nombre total des membres des Églises catholique et protestante passera d'environ 45 millions actuellement à 34,8 millions en 2035, puis à 22,7 millions en 2060. 

    Bien qu'il n'existe pas de statistiques sur les raisons de ces départs, des enquêtes menées ces derniers mois suggèrent un lien avec les scandales d'abus sexuels qui ont rencontré un fort retentissement médiatique.

    (Avec Fides et Deustche Welle)