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Histoire - Page 108

  • Faire jaillir des sources d’eau vive dans les déserts désespérants de notre monde

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    D'Anne Bernet sur le site de l'Homme Nouveau :

    Miséricorde...

    Miséricorde...

    À une heure un peu tardive, mais il est vrai qu’il valait mieux éviter le spectacle aux enfants, la télévision programmait, ce 10 juin, un documentaire, intitulé Après Hitler, consacré aux derniers mois de la Seconde Guerre mondiale et aux premiers mois de la paix censément revenue en Europe.

    La plupart des films présentés ici, sortis des archives des vainqueurs, étaient des raretés, ou des inédits et, au bout de soixante-quinze ans, ils renvoyaient de la Libération et de la Victoire alliée une image crue, violente, navrante, que l’on ne nous avait pas habitués à contempler.

    Certes, quiconque possède un minimum de culture historique sait pertinemment à quoi s’en tenir et ne peut ignorer que, derrière les scènes de liesse montées en épingle pour des raisons de propagande, la réalité fut infiniment moins belle. Reste qu’il y a une différence, terrible, entre le document écrit, aussi précis et réaliste soit-il, sur les mots duquel tout esprit sensé se garde bien de mettre des images, et la vision des faits en question … Les plans rapprochés complaisants sur les cadavres mutilés de l’ennemi, les humiliations calculées, déshonorantes surtout pour ceux qui s’y abaissaient, infligées à des prisonniers de guerre allemands, dont on mesure soudain l’extrême jeunesse et l’épuisement, le visage ravagé et meurtrie d’une jeune Allemande qui, en d’autres temps, avait dû être très belle, violée et tabassée, les regards des « tondues » accusées, à tort ou à raison, d’avoir couché avec des Boches, les vengeances sordides, les scènes de tortures ou d’exécutions à l’encontre de collabos vrais ou supposés, les « enfants loups » errants, perdus, sur les routes de l’Europe en ruines, tout cela était à briser le cœur. Surtout, l’on se demande, désolé, devant la vision sans fard des atrocités dont l’homme est susceptible de se rendre coupable et complice, ce qui pouvait bien demeurer, sur ce continent en principe encore chrétien, du message évangélique et de la Loi du Christ.

    Contre toute attente, la réponse, la seule opposable à un tel déferlement d’horreur et de haine, à une telle ruée quasi unanime vers la perdition et l’enfer, Dieu l’a suscitée là même où elle semblait impossible, parce que cet endroit avait été diaboliquement conçu afin d’y détruire toute foi, toute charité, toute espérance. C’est à Auschwitz que Maximilien Marie Kolbe, fort seulement de sa confiance en la Vierge Immaculée, opposa à la machine à broyer les âmes, une puissance d’amour sur laquelle le Mal se fracassa. 

    Il n’est pas inutile, alors que nous célébrons, hors de toute référence chrétienne, puisque, dans les commémorations officielles, l’on juge bon d’amputer de leurs allusions au christianisme, les documents cités, le soixante-quinzième anniversaire de la chute du nazisme, et l’ordre né sur ses ruines, de s’arrêter un instant sur la personnalité du martyr franciscain.

    Jean-François Vivier, auquel l’on doit déjà plusieurs excellents scénarios d’albums de bandes dessinées consacrés à d’Estienne d’Orves et à l’abbé Stock, revient sur la Seconde Guerre mondiale avec un Maximilien Kolbe, un saint à Auschwitz, (Artège, 52 p, 14,90 €), illustré par Denoël en évitant tout ce qui pourrait être trop choquant pour le jeune public. 

    Enfermé dans le bunker de la faim, où il a volontairement pris la place d’un inconnu père de famille et où il mourra le 14 août 1941, en la vigile de l’Assomption,  Maximilien Kolbe raconte sa vie à ses compagnons d’infortune et les soutient jusqu’au bout dans leur longue agonie. Son secret : la certitude de la présence aimante de Notre-Dame à ses côtés. C’est pour Elle, sous son impulsion, qu’il s’est voué, toute son existence, en dépit de la tuberculose qui le rongeait et d’innombrables traverses, à diffuser à travers le monde la dévotion à l’Immaculée et à lui former une armée capable de s’opposer, par la seule force de la prière, à la puissance des armes.

    Ce message, Alexia Vidot l’explicite dans un tout petit livre L’abandon avec Maximilien Kolbe (Artège Itinéraires spirituels ; 125 p ; 4,90 €.).

    À grand renforts de citations, Alexia Vidot montre comment, jusque dans les pires situations, l’abandon total au Christ et à Sa Mère peut obtenir d’improbables miracles et, transformant les cœurs les plus endurcis, faire jaillir des sources d’eau vive dans les déserts désespérants de notre monde.

    Tant que Notre-Dame se suscitera des chevaliers, il ne faudra pas désespérer du rachat de tant d’âmes en apparence vouées à la mort éternelle.

  • 14 religieuses espagnoles massacrées par les Rouges espagnols en 1936 ont été béatifiées

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    Ritratto delle martiri Concezioniste francescane - Monastero di Madrid

    De Vatican News :

    Le cardinal Becciu béatifie 14 contemplatives espagnoles

    Pour le préfet de la Congrégation pour les Causes des saints, ces 14 sœurs de l’Ordre de l’Immaculée Conception tuées «in odium fidei» au début de la guerre civile espagnole, représentent «un encouragement à poursuivre, avec joie, le témoignage de la miséricorde de Dieu».
     
    Roberta Barbi – Cité du Vatican«Dieu ne nous abandonne jamais, surtout au moment de la défaite et de l’échec». Les quatorze religieuses béatifiées ce samedi le savaient très bien, a assuré le cardinal Angelo Becciu. Elles ont été tuées durant la guerre civile en divers lieux mais, toutes en raison de leur foi et de leur appartenance à l’Église et, jusqu’au dernier moment, elles ont senti la présence de Dieu. 

    La présence de Dieu

    Lors de la cérémonie de béatification de Mère Maria Carmen Lacaba Andia et de treize compagnes martyres, le préfet a mis en exergue la force que Dieu offre à chacun, Lui qui est présent à chaque instant de la vie, en particulier lors des épreuves les plus difficiles. «Quand je suis faible, c’est alors que je suis fort», peut-on lire dans la seconde Lettre aux Corinthiens (2 Co 12:10). Les lieux et les dates des décès ne sont pas les mêmes, mais il s’agit d’un unique sacrifice, le plus extrême, affronté avec la même générosité et le même courage. Dans son homélie, le cardinal Becciu évoque les trois guet-apens lors desquels les 14 religieuses furent tuées à la fin de 1936.

    Trois guet-apens

    Il décrit «l’assaut lancé contre le monastère de Madrid par des agresseurs qui criaient: ‘Mort aux religieuses’ ; et celle-ci qui moururent en s’exclamant: ‘Vive le Christ Roi ! » Le monastère d’El Pardo avait, lui, déjà été abandonné et les sœurs avaient trouvé refuge dans les maisons voisines. Quand elle furent découvertes, lorsqu’il leur fut demandé si elles étaient religieuses, elles répondirent: «Oui, par la grâce de Dieu». Des paroles qui les condamnèrent à mort. Enfin, le cardinal Becciu se souvient des victimes du monastère d’Escolana. «Expulsée par la mairie et des miliciens locaux, elles furent envoyées à la Direction générale de la Sécurité à Madrid pour les contraindre à abandonner leur foi et faire d’elles des apostats». A ces fins, les agresseurs tuèrent les plus âgées devant les plus jeunes, sans résultat.

    Un exemple pour les consacrés et les laïcs

    Toutes ces bienheureuses ont été tuées «en raison de leur état de vie religieuse et de leur adhésion totale au Christ et à l’Église, et ce fut bien l’aversion pour Dieu et pour la foi chrétienne qui détermina le martyre» explique le cardinal Becciu. La rapidité avec laquelle a été scellée, avec le sacrifice de leurs vies, la Vérité qu’elles annonçaient «associant leur martyre de foi, d’espérance et de charité», fait d’elles un modèle de vie pour tous. Elles sont un exemple «pour les religieuses de leur ordre et pour toutes les consacrées qui dédient leur vie entière à la prière et à la contemplation ; elles qui sont appelées à témoigner combien l’amour de Dieu est enveloppant» affirme le cardinal. Quant aux laïcs, elles leur enseignent «la nécessité d’écouter et d’adhérer docilement à la parole de Dieu».

    Le martyre, révélation du mystère pascal

    L’expérience des martyres montre combien «la force de la foi, de l’espérance et de l’amour est plus fort que la violence». Le martyre «est une révélation particulière du mystère pascal qui continue à œuvrer et à s’offrir aux hommes de tout temps comme promesse de vie nouvelle», a expliqué le cardinal Becciu.Les bienheureuses n’avaient pas la frénésie d’être des acteurs de premier plan. Elles étaient simplement fidèles à leur vocation de croyantes qui aiment Jésus sans réserve, jusqu’au prix de leur vie. «Voilà un signe éloquent qui montre comme la vitalité de l’Église ne dépend pas de projets ou de calculs humains mais jaillit d’une adhésion totale au Christ et à son message de salut» a conclu le Préfet. 
  • Les tribus Amazoniennes : de « Bons Sauvages » corrompus par l'Occident ?

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    De Jeanne Smits, sur son blog :

    Synode pan-amazonien : non, les tribus de l'Amazonie ne sont pas de « Bons Sauvages » corrompus par l'Occident (Steve Mosher)

    Non, les tribus d'Amazonie ne sont pas les « bons sauvages » que dépeignent le Document préparatoire et l'Instrumentum Laboris pour le synode pan-amazonien qui se déroulera à Rome au mois d'octobre. Ces textes voudraient faire passer la colonisation pour responsable de la perte de l'équilibre et du « bien vivre » que ces peuples autochtones auraient trouvé dans leurs rapports avec la nature. Peu avant la parution de l'Instrumentum Laboris, lundi, LifeSiteNews publiait un commentaire du Document préparatoire paru en 2018 et dont la tonalité est très similaire.

    Ce commentaire, nous le devons au sociologue américain Steve Mosher, qui a tenu à réduire à néant ce mythe des tribus « pacifiques » corrompues par l'Occident. Son texte est roboratif.


    Steve Mosher est le premier sociologue américain à avoir pu se rendre en Chine pour constater l'œuvre de la révolution culturelle : il était alors athée et pro-avortement. L'assistance à un avortement forcé l'avait bouleversé ; il s'est converti à la religion catholique et, toujours spécialiste de la Chine, a également fondé le Population Research Institute qui lutte contre les entreprises malthusiennes de contrôle de la population à travers le monde.


    Je vous propose ici ma traduction rapide de ce texte publié le 13 juin dernier. – J.S.

    à lire sur le blog de Jeanne Smits

  • Il y a cent ans : le Saint-Siège grand absent d'une paix bancale

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    Du site de France Catholique :

    Centenaire de la fin de la Grande Guerre

    Le Saint-Siège grand absent d’une paix bancale

    propos recueillis par Frédéric Aimard

    mercredi 19 juin 2019

    La signature de la paix dans la galerie des Glaces du château de Versailles, 28 juin 1919,
    par William Orpen (1878–1931), musée de la Guerre impériale à Londres.

    Le traité de paix de Versailles, signé il y a cent ans le 28 juin 1919 entre l’Allemagne et les Alliés, n’est pas directement à l’origine de la crise de 1929 ni de la Seconde Guerre mondiale. Mais c’est un échec diplomatique qui prépara mal l’avenir. Dominique Decherf, ancien ambassadeur de France, spécialiste de l’historien Jacques Bainville, revient sur le rôle du Saint-Siège, absent du traité, dans la recherche d’une paix juste.

    Pourquoi le Saint-Siège a-t-il été absent de la conférence de paix ?

    Dominique Decherf : Absent parce que exclu : l’Italie en avait fait une condition de son engagement aux côtés des Alliés en 1915. La question romaine n’avait pas encore été réglée. Elle le sera par les accords du Latran du 11 février 1929. Depuis 1870, le pape est prisonnier dans Rome. Il n’exerce plus de pouvoir temporel. Or seul un État a capacité de traiter internationalement. Il recouvrera ce droit avec la création de la Cité du Vatican.

    Cependant le pape, Benoît XV, cherchera à peser en faveur d’une paix juste ainsi qu’à défendre les intérêts de l’Église. Il envoie à Versailles Mgr Bonaventura Cerretti qui nouera de premiers contacts avec la délégation italienne sur la question romaine, cherchera à maintenir le protectorat sur les Lieux Saints – la Palestine étant devenue mandat britannique. Il réussira à amender un article du traité concernant le respect du caractère catholique des missions dans les ex-colonies allemandes d’Afrique et du Pacifique transformées en mandat. Mgr Cerretti fut ensuite nonce apostolique en France de 1921 à 1926.

    Le Saint-Siège devient-il de ce fait un critique de premier plan du traité établi en dehors de lui ?

    Le traité fut négocié par deux hommes de la Bible, des protestants calvinistes puritains, un fils de pasteur presbytérien, le président américain Wilson, un prédicateur non conformiste gallois, le Premier ministre britannique Lloyd George, et par un anticlérical non repenti, le Père-la-Victoire, président du Conseil, Georges Clemenceau opposé au rétablissement de l’ambassade de France près le Saint-Siège (supprimée en 1904, rétablie en 1921), qui avait aussi refusé qu’aucun officiel assiste au Te Deum à Notre-Dame de Paris le 14 novembre 1918. Tous trois concordaient à « punir » l’Allemagne. Or, côté allemand, le parti catholique, le Zentrum, était une force dominante avec Matthias Erzberger qui jouissait des meilleures entrées à la Curie romaine.

    Le pape Benoît XV auquel Clemenceau ne pardonnait pas sa tentative de médiation du 1er août 1917 – pour sauver l’Autriche-Hongrie – et son successeur en 1922 Pie XI seront régulièrement accusés de favoriser l’Allemagne au détriment des Alliés pour avoir plaidé en faveur d’un allégement du poids des réparations ou de l’occupation militaire française dans la Rhénanie majoritairement catholique. Ce fut notamment l’objet de la première lettre encyclique de Pie XI, Ubi arcano Dei (23 décembre 1922).

    C’est que l’Église devait faire face, d’un côté, à la révolution spartakiste – marxiste – allemande en confortant le régime de Weimar, et d’autre part à une France officielle qui n’avait pas renoncé à son programme laïque et tentait maladroitement d’imposer le régime de séparation des Églises et de l’État à l’Alsace-Lorraine !

    Le propos néanmoins dépassait de loin les enjeux immédiats : il posait au lendemain de la guerre les principes d’un véritable ordre international chrétien dans l’encyclique Pacem Dei munus pulcherrimum (23 mai 1920). Selon ce texte, une paix véritable et durable doit être nécessairement rapportée à l’exercice de la charité chrétienne. Les nations sont appelées à se réunir dans la mise en œuvre d’un ordre international permettant la conservation de la société humaine.

    Retrouver l’intégralité de l’entretien dans le magazine.

  • Retour sur Kongolo et l’Eglise martyre au Congo indépendant

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    Pour ceux qui souhaiteraient connaître le contexte du massacre des missionnaires à Kongolo, Paul Vaute a publié l'an dernier un article sur ce sujet, basé sur l'ouvrage que lui a consacré le professeur Dries Vanysacker (KULeuven).

    A noter que le mémorial de Gentinnes ne contient pas les noms de 217 spiritains, comme le dit Kerknet, mais bien de 216 hommes et femmes, dont 156 prêtres, religieuses et religieux de différents ordres et congrégations, victimes des troubles qui ont suivi l'indépendance congolaise.

    Voici le lien:

            https://lepassebelge.blog/2018/01/29/leglise-martyre-au-congo-independant/

  • « Du visible à l’invisible : un autre regard » : une exposition sur la Fête-Dieu ouverte à Liège jusqu’au 23 juin

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    DSC00370.jpgDans le cadre des manifestations organisées à Liège pour la Fête-Dieu 2019, l’église du Saint-Sacrement (Bd d’Avroy, 132) présente une exposition « Du visible à l’invisible : un autre regard » illustrant les figures eucharistiques dans la liturgie liégeoise dédiée à cette Fête. Cette exposition est ouverte à l’église du Saint-Sacrement jusqu’au 23 juin, tous les jours (sauf le jeudi) de 14h00 à 17h00 (entrée libre). Outre les pièces exposées, elle donne à voir un DVD projeté « en boucle » sur grand écran : celui-ci retrace en images commentées la vie de saint Julienne (1193-1258) ) initiatrice de la Fête-Dieu et celle de l’expansion universelle de cette Fête. En fond sonore on peut aussi entendre l’interprétation des chants de l’office primitif de la Fête-Dieu composé par saint Julienne au XIIIe siècle.

    L’exposition est ouverte jusqu’au 23 juin, tous les jours (sauf le jeudi), de 14h00 à 17h00.

    20190617_142849.jpg

    podcast

    podcast

    Pour en savoir plus, cliquez sur le lien ci-dessous:

    Livret exposition 2019 06 16 relu.pdf

    Entrée libre.

    Tous renseignements: tel. 04 344 10 89 ou gsm 0470 94 70 05 .

    Email :   sursumcorda@skynet.be

    JPSC



  • R.D.C : Réouverture du dossier des martyrs de Kongolo

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    Kongolo imdoss21.jpgLe 1er janvier 1962, à Kongolo, Congo-Kinshasa, 20 missionnaires spiritains, dont 19 prêtres belges et 1 frère hollandais, ont été massacrés par des soldats du gouvernement congolais. La Province du Katanga était devenue sécessionniste peu après l'indépendance du pays, en 1960. Les Spiritains et le Diocèse de Kongolo ont célébré, voici quelque temps déjà, le cinquantenaire de cet événement triste, mais plein d'espérance. "Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul; mais s'il meurt, il donne beaucoup de fruit."

    On se réjouira de la réouverture annoncée enfin aujourd'hui, du dossier de canonisation des Pères spiritains assassinés à Kongolo. Le souvenir de cette tragédie emblématique (elle ne fut pas la seule) marque encore la mémoire de nombreux coloniaux et congolais qui vécurent l’effondrement anarchique de leur pays, dès les premiers jours qui suivirent la déclaration d’indépendance (jeudi 30 juin 1960).

    JPSC

  • Missa Gloria tibi Trinitas (John Taverner, 1490-1545)

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    JPSC

  • Georges Orwell : 70 ans de prescience

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    La "Sélection du Jour" du 12 juin :

    GEORGE ORWELL, 70 ANS DE PRESCIENCE

    "Dans des temps de tromperie généralisée, le seul fait de dire la vérité est un acte révolutionnaire." Il y a tout juste 70 ans paraissait le classique dystopique de George Orwell, écrit en 1948, mais publié le 8 Juin 1949. Un livre qui, avec son imaginaire glaçant, son impressionnante capacité d’anticipation, n’a hélas pas vieilli, bien au contraire. "1984" de George Orwell, un roman visionnaire ou satirique ? », s’interrogeait-on en… 1984. Cet ouvrage pensé alors par l’écrivain engagé comme une mise en garde à la gauche britannique adoratrice candide du régime de Staline, dénonce un totalitarisme universel que nous ne connaissons désormais que trop bien :  parti unique interdisant le pluralisme, état ayant le monopole de la vérité,  restrictions des libertés individuelle et d'opinion, contrôle des mots…

    "Ils ne se révolteront que lorsqu'ils seront devenus conscients et ils ne pourront devenir conscients qu'après s'être révoltés", résumait si bien George Orwell. Aujourd’hui, "Big Brother", "police de la pensée" ou "novlangue" sont entrés dans le langage courant. Et les moyens de communication comme de surveillance permettent un contrôle des idées et des opinions dont aucun dictateur du passé n’aurait même rêvé. La Chine d’aujourd’hui, avec ses citoyens fichés par leur smartphone, soumis désormais à un permis à point social et à une omni-surveillance via la la reconnaissance faciale, n’a rien à envier au Parti Unique d'Océania. Les "faits alternatifs" côtoient les "Fake News". Quant aux "Deux minutes de la haine", elles sont désormais partout sur Twitter et les réseaux sociaux. Le passé est réécrit au nom des idéologies et du politiquement correct, tandis qu'une nouvelle langue vient neutraliser peu à peu toute pensée critique. 

    La prescience de George Orwell glace le sang, et nous rappelle à quel point il n’y a parfois qu’un pas entre une démocratie formelle et une dictature en devenir. Sauf si une nouvelle génération, biberonnée à l’esprit critique - entre affaire Snowden, lecture des sagas Hunger Games et Divergente ou visionnage de la série Black mirror - sait décoder d’emblée la double pensée et  la résurgence de la tentation totalitaire. "Qui contrôle le passé contrôle l’avenir. Qui contrôle le présent contrôle le passé."

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    1984 de George Orwell : la novlangue comme arme idéologique
    Philitt 12-01-2014
    1984 de George Orwell : la novlangue comme arme idéologique
    Lire l'article sur Philitt
  • Trois nouvelles bienheureuses, fusillées en haine de la foi, inscrites au martyrologe de la Guerre Civile espagnole

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    De zenit.org ( :

    Causes des saints : trois infirmières espagnoles reconnues martyres

    Tuées en haine de la foi durant la Guerre civile

    Le pape François reconnaît le martyre de trois laïques infirmières, Pilar Gullón Yturriaga et ses deux compagnes, tuées en haine de la foi à Pola de Somiedo (Espagne), le 28 octobre 1936. Cette reconnaissance ouvre la voie à leur béatification.

    En recevant le préfet du dicastère, le cardinal Angelo Becciu, le 11 juin 2019, le pape a autorisé la publication de 8 décrets de la Congrégation pour les causes des saints : un pour le martyr des trois laïques espagnoles et sept autres pour les « vertus héroïques » de sept baptisés, religieux, religieuses et laïcs.

    Pilar Gullón Yturriaga (25 ans) et ses compagnes, Octavia Iglesias Blanco (41 ans) et Olga Pérez-Monteserín Núñez (23 ans), étaient des infirmières de la Croix-Rouge qui ont servi à l’hôpital de Pola de Somiedo, où elles sont arrivées le 18 octobre 1936, durant la guerre civile espagnole. Elles auraient pu être remplacées après une semaine du travail, mais elles ne voulaient pas être séparées des blessés. Le 27 octobre, peu de temps avant que la ville ne tombe entre des mains des républicains, les infirmières ont eu la possibilité de fuir, mais, pour la même raison, elles sont restées.

    Arrêtées et torturées pendant plusieurs heures par les miliciens du Front populaire, Pilar, Octavia et Olga ont été fusillées nues pour davantage d’humiliation. Avant de mourir, elles ont crié « Viva Cristo Rey ! » et « Viva Dios ! » (Vive le Christ Roi ! Vive Dieu !)

    L’histoire des martyrs de Somiedo, dont les dépouilles sont inhumées dans la chapelle San Juan de la cathédrale d’Astorga, est racontée dans un livre en espagnol de Laura Sánchez Blanco, professeure à l’Université pontificale de Salamanque : Roses et marguerites. Femmes-phalangistes, traditionalistes et de l’Action catholique tuées pendant la guerre civile.

    Le processus de béatification des femmes martyres a été demandé par une fondation promue par les neveux de l’une d’elles.

  • L'actualité du message puissant que le cardinal Ratzinger a délivré lors du 60ème anniversaire du Débarquement

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    De Padreblog (Abbé Amar) :

    EUROPE : DIEU OU LE CHAOS

    L’anniversaire des 75 ans du « Jour J » donne lieu à de grandes cérémonies, des reportages émouvants et des prises de parole solennelles. C’est l’occasion pour Padreblog de redonner la parole à un illustre visiteur, venu en 2004 en Normandie afin de représenter le Saint-Siège aux cérémonies du soixantième anniversaire du débarquement des alliés. Au cours de ce voyage, le cardinal Joseph Ratzinger délivrait en effet quatre textes puissants qui sont à la fois un apport significatif au devoir de mémoire ainsi qu’une puissante réflexion sur la paix. Commentaire.

    Quelques mois après son voyage en France, le cardinal devenait pape sous le nom de Benoît XVI. Il n’avait échappé à personne qu’au moment où il visitait les plages normandes comme représentant du Vatican, il n’en était pas moins resté citoyen allemand. Son pays avait participé aux deux conflits mondiaux du 20èmesiècle et lui-même avait été enrôlé de force par le régime nazi. Sa parole et sa pensée nous permettent de mieux comprendre comment la paix peut être désirée et réclamée par ceux-là mêmes qui ont contribué à la mettre en péril.

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  • Et si l'on évoquait le négationnisme de gauche ?

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    Du site de la Nef (Christophe Geffroy) :

    Le négationnisme de gauche

    Thierry Wolton, essayiste et historien, a consacré une grande part de son travail de recherche à étudier le communisme et en dénoncer la perversité.

    La Nef – Comment définissez-vous le « négationnisme de gauche » et quelles sont ses particularités par rapport à celui de « droite » ?

    Thierry Wolton – Le négationnisme est un déni des faits avérés, reconnus, de l’histoire. Le terme est apparu dans les années 1970 quand de prétendus chercheurs ont commencé à nier l’ampleur de la Shoah et à contester les méthodes utilisées par les nazis pour l’extermination en masse des Juifs. Le même type de négation existe de nos jours par rapport à l’histoire du communisme, qu’il s’agisse du nombre des victimes ou des moyens employés pour liquider ceux qui gênaient les pouvoirs en place. Parler de négationnisme de gauche permet de distinguer ces deux types de négation bien qu’ils soient similaires : l’objet de la négation est différent, mais les méthodes utilisées par les deux « camps » sont les mêmes. Mauvaise foi, trucages des faits et des chiffres, relativisme qui consiste à exonérer les crimes en question en accusant d’autres d’avoir fait pire, voilà quelques-uns des moyens utilisés par tous les négationnistes, de droite comme de gauche.

    Pourquoi une telle dissymétrie entre le négationnisme de droite et celui de gauche ?

    Cela tient en premier lieu à l’aveuglement dont a bénéficié le communisme tout au long du XXe siècle. Le négationnisme de gauche en est l’héritage. Le rapport à l’histoire n’est pas le même non plus. Le nazisme a été vaincu et jugé par la communauté internationale après la guerre, le communisme s’est effondré de lui-même et n’a fait l’objet d’aucun jugement, fut-il moral. Il y a aussi un facteur idéologique. Le nazisme était une doctrine d’exclusion – le peuple élu d’un côté, tous les autres peuples de l’autre –, quand le communisme se veut rassembleur au nom de l’égalité, et qu’il propose d’emmener l’humanité entière vers un paradis sans État, sans classe sociale, sans exploitation. Cela parle à tout le monde. Difficile de condamner cette espérance, pis d’admettre qu’il s’agit d’une utopie meurtrière comme l’a montré sa mise en pratique. On pardonne alors à ceux qui veulent sauver l’idéologie en trichant sur le bilan. Pourtant, l’idéologie c’est le bilan, les deux ne peuvent être séparés, à moins d’être négationniste justement. Peut-on distinguer le national-socialisme d’Auschwitz ? Non, alors pourquoi vouloir exonérer le communisme du Goulag, des déportations de masse, des famines exterminatrices ?

    Pourquoi est-il important de rétablir la balance et dénoncer le négationnisme de gauche ?

    La diabolisation méritée et nécessaire du nazisme a malheureusement été instrumentalisée par les communistes après 1945 pour masquer leurs propres forfaits. Autant qu’une question de morale, la reconnaissance des crimes communistes, à l’instar des crimes nazis justement, est une nécessité politique. Il est capital de comprendre pourquoi et comment une idéologie d’espérance a conduit à pareille catastrophe humaine, pour en éviter la répétition. De plus, le voile qui recouvre toujours ces crimes nous empêche de comprendre notre époque. L’histoire étant un perpétuel continuum, nous vivons en ce début du XXIe siècle à l’heure du post-communisme même si nous avons radicalement changé d’époque. Comment voulez-vous comprendre la vague populiste en Europe de l’Est, la politique menée par la Russie de Poutine, ou plus grave, l’expansionnisme naissant de la Chine de Xi Jinping si on escamote cette histoire ? Le communisme et le nazisme ont été deux maux absolus, il est d’autant plus vital de l’admettre qu’il existe toujours des pays communistes.

    Vous avez un dernier chapitre passionnant sur « la convergence des négationnismes » où vous montrez que l’islamisme prend la suite du communisme : pourriez-vous nous expliquer cela ?

    L’idéologie communiste s’est construite contre le capitalisme et contre son expression politique, la démocratie. L’idéologie islamiste également. Les orphelins du communisme, et particulièrement ceux qui en nient les crimes, ont aujourd’hui tendance à exonérer l’islamisme de ses forfaits. La haine, il n’y a pas d’autre mot, qu’éprouve une partie de ceux qui se réclament toujours du marxisme-léninisme, contre les sociétés ouvertes telle que la nôtre, qu’ils dénoncent comme exploiteuses, rejoint la haine des extrémistes religieux qui condamnent pour leur part la liberté de nos mœurs, entre autres. On se retrouve donc face à un front rouge-vert si l’on veut, comme hier il y a eu un front rouge-brun contre ces mêmes démocraties.

    Propos recueillis par Christophe Geffroy

    Thierry Wolton, Le négationnisme de gauche, Grasset, 2019, 224 pages, 18 €.

    © LA NEF n°315 Juin 2019