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Histoire - Page 6

  • Il y a 80 ans : la mort du bienheureux von Galen, le "lion de Munster"

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    De Stefania Falasca sur Vatican News :

    Le bienheureux cardinal Clemens August von Galen.Le bienheureux cardinal Clemens August von Galen.
    80 ans de la mort du bienheureux von Galen, visionnaire de la paix
    Le 22 mars 1946 mourait le Lion de Münster, «l’opposant le plus acharné au nazisme» comme l’avait défini en 1942 le New York Times, et qui dénonçait les bombardements alliés qui rasaient les villes allemandes. Dans sa correspondance avec le Pape Pie XII qui le créa cardinal, figurent de nombreuses réflexions toujours d’actualité.

    «Des bombes explosives et incendiaires ont été larguées sur Münster: elles ont touché la cathédrale et détruit la résidence de notre évêque. Alors que les avions volaient encore au-dessus de la ville, j’ai vu Monseigneur tout en haut, à ciel ouvert, parmi les ruines enfumées… il s’était agrippé au seul mur encore debout… miraculeusement vivant. Plus tard, je l’informai de la mort du vicaire, des prêtres et des fidèles, de toutes les religieuses cloîtrées, de l’horreur des piles de corps à demi calcinés, déchiquetés, entassés sur les décombres de la Marienplatz, de la Groitgasse… et de ceux qui, en fouillant ces décombres, essayant encore de séparer les morts des vivants, se sont retrouvés face au spectacle effroyable des enchevêtrements de cadavres de femmes et d’enfants étouffés, bouillis dans les abris».

    C'est ainsi que, dans les actes du procès canonique du bienheureux Clemens August von Galen, évêque de Münster – dont on commémore le quatre-vingtième anniversaire de la mort, survenue le 22 mars 1946 –, est décrit le bombardement mené par les Alliés en 1943 sur cette ville allemande de Westphalie. Cette ville avait été l’épicentre de cette autre Allemagne – qui, avec Mgr Clemens August von Galen, soutenu et encouragé par Pie XII, avait ouvertement résisté à Adolph Hitler et au culte du sang et de la race. N’était-ce pas en effet depuis cette cathédrale que l’évêque avait élevé la voix pour dénoncer et condamner les crimes aberrants et les barbaries du nazisme? Qu'il avait ouvertement défié les violations des droits en déclarant ne pas vouloir «de communauté de peuple avec ceux qui bafouent la dignité humaine»? Qu'il avait démasqué et dénoncé, dans ses célèbres sermons qui lui valurent le surnom de Lion de Münster, le projet nazi T4 visant à éliminer les vies inutiles? À tel point que, pour son courage audacieux et indomptable, publiquement reconnu, à peine un an auparavant, il avait fait la Une du New York Times en tant que «l’opposant le plus acharné au régime national-socialiste» et que ses célèbres sermons – pour lesquels, fou de haine, Adolph Hitler jura qu’il lui «ferait payer jusqu’au dernier centime» – furent même largués dans le ciel au-dessus de Berlin par la Royal Air Force britannique.

    Des sermons pour lesquels il reçut la reconnaissance de la communauté juive et qui, sous le Troisième Reich, furent encouragés et appréciés par Pie XII lui-même qui – comme en témoigne la correspondance entre l'évêque allemand et le Pape Pacelli, retrouvée et reconstituée dans son intégralité lors des recherches archivistiques menées dans le cadre du procès de canonisation de von Galen – révèle le soutien du Pape à son action et leur volonté commune de lutter contre la folie nazie.

    Le 4 novembre 1943 également, Mgr von Galen avait écrit à Pie XII, mais cette fois-ci pour lui faire part de la situation catastrophique dans laquelle se trouvait la ville de Münster et de sa douleur face aux victimes du bombardement allié. «Outre la souffrance de la population, la destruction des deux cents églises du diocèse l’attristait profondément, et plus encore celle de la cathédrale, à tel point qu’il ne parvint jamais à comprendre pourquoi les Alliés l’avaient délibérément fait», déclare le prêtre Theodor Holling lors du procès.

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  • De Pie IX à François : 7 papes modernes qui ont renforcé la dévotion à saint Joseph

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    De Kristina Millare sur EWTN News :

    De Pie IX à François : 7 papes modernes qui ont renforcé la dévotion à saint Joseph

    Les papes des deux derniers siècles ont sollicité la protection et l'intercession de saint Joseph dans les moments de besoin personnel et social, élevant ainsi son statut de patron de tous les catholiques.

     
     
    19 mars 2026

    Les papes modernes des deux derniers siècles — de Pie IX à François — ont sollicité la protection et l'intercession de saint Joseph dans les moments de besoin personnel et sociétal, élevant ainsi son statut de patron pour tous les catholiques.

    Voici comment certains papes du passé ont contribué à la dévotion de l'Église envers le saint patriarche.

    Pie IX

    Dès le début de son pontificat, le pape Pie IX a constaté la dévotion croissante envers saint Joseph parmi les fidèles catholiques en Europe et à l'étranger, selon la théologienne et historienne de l'Église Veronika Seifert.

    « Il a accueilli favorablement la spiritualité croissante envers saint Joseph et a encouragé son développement », a-t-elle déclaré à EWTN News. « De nombreuses congrégations religieuses et diocèses l'ont choisi comme protecteur et de nombreuses confréries se sont formées autour d'une profonde dévotion à son égard. »

    Cette impulsion des communautés catholiques a conduit Pie IX à approuver le décret Quemadmodum Deus de 1870 , qui déclarait saint Joseph patron universel de l'Église, vers la fin du premier concile du Vatican.

    Léon XIII

    Quamquam Pluries , la première encyclique dédiée à saint Joseph, a été publiée par le pape Léon XIII en 1889, près de deux décennies après que Pie IX ait déclaré le père terrestre de Jésus patron de l'Église universelle.

    « Pratiquement chaque pape a ajouté un petit élément à ce qui manquait » dans le décret de Pie IX de 1870, a déclaré Seifert.

    Connu pour sa dévotion à la Vierge Marie, Léon XIII vouait une dévotion personnelle à saint Joseph, qu'il associa par la suite à la Mère de Dieu. Dans son encyclique, il encourageait les catholiques à implorer conjointement l'aide des deux saints époux.

    « Joseph brille parmi tous les hommes par la plus auguste dignité, car, par la volonté divine, il fut le gardien du Fils de Dieu et reconnu comme son père parmi les hommes », écrivit-il.

    Pie X

    Le pape Pie X, qui a gouverné l'Église pendant 11 ans après la Première Guerre mondiale, a écrit un certain nombre de prières dédiées au saint patriarche et a approuvé la litanie de saint Joseph en 1909.

    Voyant en lui un modèle vertueux pour les familles et les travailleurs, il encourageait les catholiques à imiter l'exemple de Joseph, à la fois chef de la Sainte Famille et ouvrier dans son atelier de Nazareth.

    Pie XII

    La dévotion à saint Joseph Artisan fut encore accrue lorsque le pape Pie XII institua une fête liturgique en son honneur en 1955.

    « Pie XII a institué la fête que Pie XI avait prévue de célébrer le troisième dimanche après Pâques. Pie XII l'a déplacée au 1er mai, date que nous connaissons tous aujourd'hui », a déclaré Seifert.

    Souhaitant contrer l'influence du communisme sur l'Église et ses fidèles, Pie XII voulait mettre l'accent sur une vision chrétienne du travail qui considérait le labeur comme un moyen de participer à la puissance créatrice de Dieu.

    Le 1er mai est la « Fête du Travail » ou la « Journée internationale des travailleurs » dans plus de 80 pays, dont la plupart des pays européens.

    Jean XXIII

    Décrivant le pape Jean XXIII comme un « grand dévot » de saint Joseph, Seifert a déclaré qu'il était le premier pape à décréter son inclusion dans la messe.

    « Il a inséré le nom de saint Joseph dans le Canon [romain], précisément dans la Première Prière eucharistique, le plaçant immédiatement après la Vierge Marie », a-t-elle déclaré.

    Annoncée un mois seulement après l'ouverture du concile Vatican II, le 13 novembre 1962, cette modification liturgique était la première apportée au canon romain depuis le VIIe siècle, rapportait le New York Times .

    Jean-Paul II

    Le pape Jean-Paul II a écrit sur la vie et la mission de saint Joseph lorsqu'il a publié son exhortation apostolique Redemptoris Custos en 1989 pour marquer le centenaire de l'encyclique Quamquam Pluries du pape Léon XIII .

    « Puisse saint Joseph devenir pour nous tous un maître exceptionnel au service de la mission salvifique du Christ, mission qui est la responsabilité de chaque membre de l’Église : époux et épouses, parents, artisans et travailleurs, personnes appelées à la vie contemplative et personnes appelées à l’apostolat », a-t-il écrit.

    Seifert a déclaré que les expériences joyeuses et douloureuses de la Sainte Famille ne sont pas si éloignées des réalités humaines d'aujourd'hui.

    « En méditant sur les sentiments de saint Joseph, nous pouvons beaucoup apprendre et peut-être même corriger quelque chose dans nos propres vies », a déclaré le théologien et historien de l'Église.

    François

    Ayant inauguré son pontificat le 19 mars 2013, jour de la fête de saint Joseph, le pape François a popularisé la dévotion au « saint Joseph endormi » suite à son voyage apostolique aux Philippines en 2015.

    Durant son voyage papal, François a révélé son amour pour le père nourricier de Jésus, en disant : « Même lorsqu'il dort, il veille sur l'Église !… Alors quand j'ai un problème, une difficulté, j'écris un petit mot et je le mets sous saint Joseph, pour qu'il puisse en rêver ! »

    Le pape François a également proclamé la toute première Année de saint Joseph de l'Église à travers sa lettre apostolique Patris Corde (« Avec un cœur de père ») de 2020, pour commémorer le 150e anniversaire de la nomination du saint patriarche comme patron de l'Église universelle par le pape Pie IX.

  • Saint Jean Sarkander, martyr de la confession

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    Peut inclure: Portrait d'un homme barbu, portant un chapeau noir et un manteau marron. Un halo doré entoure sa tête. Il tient une branche de feuilles vertes. Le fond est de couleur dorée chaude.

    D'Anne Bernet sur 1000 raisons de croire :

    Jean Sarkander, martyr de la confession

    Au début du XVIIe siècle, dans une Europe centrale secouée par les affrontements entre catholiques et protestants, le prêtre Jean Sarkander continue d’exercer son ministère, malgré un climat de violence et de suspicion. En Moravie, région travaillée par la révolte, il reste fidèle à l’Église, se retrouve accusé de collusion avec le camp catholique, et il est arrêté, dans un contexte où les enjeux politiques et religieux sont étroitement mêlés. Emprisonné, puis soumis à la torture pour le contraindre à révéler ce qu’un seigneur lui aurait confié en confession, il incarne jusqu’au bout la fidélité de l’Église au secret sacramentel, que nul pouvoir ne peut légitimement violer.


    Les raisons d'y croire

    • L’époque est gravement troublée par les sanglantes dissensions qui opposent les catholiques fidèles à l’empereur d’Autriche aux révoltés de Bohême et de Moravie, très largement gagnés au protestantisme et dont beaucoup continuent à vénérer le souvenir de Jan Hus, grand hérésiarque. Dans ces régions en ébullition permanente, choisir le parti de l’Église revient à s’exposer à des ennuis, des spoliations, des persécutions, voire pire. Les Sarkander le savent, mais ils gardent fièrement la foi de Rome et inscrivent leur fils au collège des jésuites d’Olomouc. Ils ont donc fait un choix, politique certes, mais avant tout religieux, en toute connaissance de cause.
    • En effet, comme le rappellera Jean-Paul II dans la bulle de canonisation de Jean Sarkander, en 1995, il y a de grands mérites à s’exposer ainsi, par fidélité à la foi catholique, à des difficultés et à des persécutions de la part du gouvernement.
    • Après des études de philosophie et de théologie à Prague et à Graz, et bien qu’il semble attiré par le sacerdoce, Jean rentre chez lui pour épouser celle que sa famille lui a choisie. Celle-ci meurt cependant avant leur mariage. Jean voit dans la perte de sa promise un signe providentiel et, renonçant à conclure une autre alliance et à envisager tout autre projet mondain, il décide de reprendre ses études de théologie afin de devenir prêtre. Il est ordonné en 1608. Là encore, c’est un choix courageux, celui du renoncement, alors qu’une vie aisée et confortable semblait l’attendre. Chez lui, l’appel de Dieu l’emporte sur toute autre considération.
    • Après avoir été vicaire dans plusieurs paroisses, l’abbé Sarkander est nommé curé d’Holesow, en Moravie, en 1616. Cette nomination dans une région en pleine agitation, où les protestants sont majoritaires, équivaut presque à signer son arrêt de mort. L’inconfort et les risques de sa mission pastorale ne l’arrêtent pourtant pas. En dépit des dangers encourus, le sens de son devoir et l’appel des âmes en détresse l’emportent sur toute prudence humaine.
    • L’abbé Sarkander ressent en effet vivement la nécessité d’arracher les âmes de ses paroissiens à l’influence de la Réforme et de ramener les brebis égarées à Rome par la douceur. Il se lie alors d’amitié avec un seigneur catholique polonais, le baron de Lobkowitcz, qui l’aide matériellement dans sa mission et dont il devient le confesseur. Ce faisant, il prend un risque, car son protecteur demeure fidèle à l’Empire et représente l’une des têtes d’une opposition politique que l’on cherche à anéantir.
    • Indifférent aux menaces et aux périls, Sarkander poursuit pourtant son œuvre missionnaire, n’hésitant pas à s’aventurer seul dans les zones aux mains des hussites et des frères bohémiens, groupes protestants connus pour leur haine des catholiques et leur violence. Il convertit ainsi, sans violence et sans intimidation, près de deux cents personnes, ce qui montre la pertinence de ses propos.
    • En 1618, la situation devient si tendue que le clergé catholique est contraint de quitter Holesow pour la Pologne. Au bout de six mois d’exil, profitant d’une contre-offensive impériale en Moravie, il décide de rentrer afin que son peuple ne soit pas plus longtemps privé des sacrements ; il se montre alors vraiment le « Bon Pasteur », imitation du Christ, qui donne sa vie pour ses brebis.
    • Peu après son retour, les troupes polonaises au service de l’empereur ravagent la région. Décidé à protéger les siens à tout prix, Jean prend le saint sacrement et marche au-devant d’elles. À la vue de ce prêtre brandissant l’ostensoir, les Polonais, persuadés que toute la population doit être catholique, épargnent Holesow, qui sera la seule ville dans ce cas. Loin de le remercier, les autorités protestantes tiennent son geste pour un crime et pour la preuve de sa collusion avec l’ennemi. Il est arrêté et emprisonné pour haute trahison.
    • L’abbé Sarkander demeure de longs mois emprisonné dans des conditions particulièrement pénibles. Il lui reste pourtant un moyen d’être libéré : révéler les secrets que Lobkowicz, à la tête de l’opposition, aurait pu lui confier sous le sceau de la confession. Malgré les menaces, le prêtre s’y refuse, affirmant que, quand bien même il saurait quelque chose, il ne pourrait en dire mot. Il faut une grande force d’âme et une grande constance pour s’en tenir à une telle attitude. Seul son respect des sacrements et de leur nature divine peut l’expliquer.
    • À la mi-février 1620, les autorités protestantes, décidées à le faire parler à tout prix, le font mettre à la torture. Malgré la cruauté de ce traitement, dont la férocité ne cesse de croître, il ne dit rien et succombe un mois plus tard à ses blessures, le 17 mars, dans l’église Notre-Dame, où il a été transporté agonisant. Pour lui, le secret de la confession l’a emporté sur toute autre considération : il meurt martyr pour l’avoir maintenu coûte que coûte.

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  • Sainte Gertrude de Nivelles (17 mars)

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    Gertrud_von_Nivelles.jpgLA VIE DE SAINTE GERTRUDE DE NIVELLES - fête au 17 mars (source)

    Sainte Gertrude était donc fille de Pépin de Landen et de Sainte Itte, et parente de Saint Bavon. Elle naquit à Landen en 626. Dès sa jeunesse, elle est considérée comme un modèle de vertu: dédaignant les vanités de ce monde, elle consacra, sur le conseil de Saint Amand, sa virginité à Dieu.

    Un jour, le fils d'un grand seigneur d'Austrasie l'aperçut à la cour du roi, et s'éprit d'elle. Il en parla au roi, qui fit mander Pépin et sa fille pour leur proposer ce qui devait être un excellent parti. Mais Gertrude refusa catégoriquement, faisant remarquer au roi qu'elle avait depuis son enfance voué sa virginité au Christ. Le roi, bien qu'étonné, approuva cette attitude. Le jeune seigneur, lui, en conçut, comme il fallait s'y attendre, un vif dépît. Quant à Pépin, il désapprouvait totalement le refus de sa fille et il était décidé à employer toutes les ressources de l'autorité paternelle pour modifier les intentions de Gertrude. Pour la jeune fille, il n'y avait plus qu'une solution: la fugue. Avec le consentement de sa mère, Gertrude s'enfuit de la maison paternelle et se retira en un lieu solitaire où elle passa quelque temps dans la prière, la retraite et la pratique de la vertu. Pépin fut obligé de comprendre et rappela sa fille, enfin décidé à respecter son engagement.

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  • Le grand héritage de saint Patrick (17 mars)

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    SAINT PATRICK ET L'IRLANDE (source)

    Saint Patrick pourrait être considéré comme le Père de la grande Évangélisation de l’Occident. Le roi Baudouin de Belgique y a fait allusion alors qu’il s’adressait aux Irlandais. On cite ses paroles dans ce beau livre que le cardinal Suenens a consacré à ce roi mort comme un saint en 1993. « Aux Irlandais, je leur ai dit combien nous aimions l’Irlande. Vous savez, leur dis-je, que l’Irlande est connue pour sa foi, et que ce sont des Irlandais qui ont converti l’Europe au Christianisme. Ne perdez pas votre Foi. Gardez-la précieusement. »

    Le roi Baudouin faisait allusion à ces moines irlandais qui avant l’an mille ont parcouru, comme saint Paul, des régions éloignées qu’ils ont transformées par leur prédication enthousiaste et la fondation de nombreux monastères.

    Saint Patrick (ou Patrice) serait né en Angleterre vers 385. À 16 ans, capturé par des pirates, il est vendu comme esclave en Irlande. On raconte qu’il était chrétien, mais pas très fervent. Or son exil en Irlande où il est tenu captif lui aurait permis justement de réfléchir au point que ces années « ont été les plus importantes de ma vie ». Patrick devient fervent et se décide d’apprendre la langue gaélique pour pouvoir convertir les Irlandais. Son malheur devient son bonheur. Mais il croit bon d’approfondir sa foi catholique. Il réussit donc à s’évader et à se rendre en Gaule (en France) où il reçoit une bonne formation auprès de saint Germain d’Auxerre, puis dans le célèbre monastère de l’île de Lérins qui existe toujours sur la Côte d’Azur.

    En 432, l’ancien esclave revient donc en Irlande en libérateur des âmes. Évêque d’Armagh, il sort les Irlandais de l’obscurantisme. Ce n’est pas très facile pour lui et ses compagnons de lutter contre l’influence des druides. Il a heureusement la bonne idée de commencer par amener au Christ les personnages importants, ce qui lui facilite rapidement les choses pour ouvrir le cœur des Irlandais en général et leur permettre de saisir le sens profond de la vie et de la mort et de comprendre que l’on ne peut être vraiment humain que si l’on est charitable et généreux en adhérant à l’Évangile et en vivant de la vie même du Christ. Les Irlandais se montrent en effet généreux et lui offrent des terres pour construire des églises et des monastères. Comme Patrick est un évêque convaincu et exemplaire, un grand priant et un homme plutôt ascétique, il réussit à bien évangéliser et à entraîner déjà à sa suite des foules de jeunes. Saint Patrick meurt finalement le 17 mars 461. Cette vie de saint Patrick, même si elle tient de la légende, demeure fort inspirante et même très belle.

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  • Le cardinal Karol Wojtyła n'a pas couvert les cas de pédophilie

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    Du Tagespost :

    Le cardinal Karol Wojtyła n'a pas couvert les cas de pédophilie

    Des journalistes du journal « Rzeczpospolita » ont examiné des dossiers de l'archevêché de Cracovie jusqu'alors confidentiels. Leurs recherches démontrent que l'archevêque de Cracovie de l'époque, le cardinal Karol Wojtyła, futur pape Jean-Paul II, a pris des mesures énergiques contre les auteurs d'abus. Certaines de ses décisions étaient inhabituelles pour l'époque.

    Kardinal Karol Wojtyla, Erzbischof von Krakau

    Le cardinal Karol Wojtyła, archevêque de Cracovie
    Photo : via www.imago-images.de (www.imago-images.de)

    15 mars 2026

    Ni les archives de l'État ni celles de l'Église ne contiennent de preuves indiquant que l'archevêque Karol Wojtyła, en tant que métropolite de Cracovie (1962-1978), ait couvert des cas de pédophilie. Au contraire : après l'ouverture des archives de la Curie de Cracovie, les journalistes de « Rzeczpospolita » ont été les premiers à mener des recherches approfondies et à examiner des documents concernant des prêtres pédophiles avec lesquels Wojtyła avait été en contact. « Rzeczpospolita » est, après « Gazeta Wyborcza », le deuxième plus grand quotidien national sérieux de Pologne.

    Certaines des décisions prises par le cardinal Karol Wojtyła concernant les prêtres pédophiles allaient même au-delà des normes habituelles. « Dès 2022/23, nous avions consulté les archives de l’Institut de la mémoire nationale (IPN) à cette fin. Les deux enquêtes ont révélé que Wojtyła ne se contentait pas de muter les prêtres d’une paroisse à une autre après la découverte de leurs crimes, mais qu’il agissait immédiatement conformément au droit canonique », peut-on lire dans le dernier supplément culturel Plus-Minus du journal Rzeczpospolita. Et de poursuivre : « Certaines de ses décisions – comme le placement en examen psychiatrique, en 1969, d’un prêtre soupçonné d’abus sur mineurs – étaient inhabituelles pour l’époque ». 

    Le journal « Tageszeitung » s'est empressé de condamner d'avance le pape Jean-Paul II

    On peut affirmer sans exagération que Jean-Paul II est considéré comme le saint patron de la Pologne. Mais en 2023, la mémoire du pape polonais a commencé à se fissurer. Face aux scandales d'abus sexuels au sein de l'Église polonaise, une institution publique a souhaité enquêter sur les délits sexuels commis par des ecclésiastiques pendant l'ère communiste. Dans les archives de l'Institut de la mémoire nationale (IPN), il s'agissait notamment de vérifier ce que les services secrets communistes savaient de chaque cas. Il y a trois ans, le journaliste Marcin Gutowski avait porté des accusations à la télévision polonaise, accusations que l’auteur néerlandais Ekke Overbeek avait déjà présentées dans un soi-disant « livre à scandale ». Selon Gutowski, Wojtyla aurait muté des prêtres de son diocèse, dont il connaissait les agissements, vers d’autres paroisses afin d’éviter les scandales. Le journal « taz » (Die Tageszeitung) s’est empressé de publier un article intitulé « Le saint impie » afin d’ébranler la réputation de Jean-Paul II. « Il semble prouvé que le pape Jean-Paul II était au courant des abus », écrivait alors le « taz » avec précipitation.

    Mais même en Pologne, où la population peut encore être qualifiée majoritairement de « catholique pratiquante » malgré des tendances croissantes à la sécularisation, la nervosité grandissait. Que savait Karol Wojtyła ? La crainte que la réputation du pape polonais ne soit sérieusement compromise a connu un bref regain en Pologne à la fin de l’année 2025. En novembre, le pape Léon XIV nomma le cardinal Grzegorz Ryś archevêque et métropolite de Cracovie. Ryś est considéré – selon les normes polonaises – comme libéral en matière de politique ecclésiastique et a la réputation de traiter les cas d’abus avec transparence et détermination. Ce cardinal charismatique, proche du Chemin néocatéchuménal, s’était déjà forgé cette réputation lorsqu’il était archevêque de Łódź.

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  • Sur les écrans : DAENS, le retour

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    DAENS, le retour.

    DAENS

    A partir de ce mercredi 11 mars, une trentaine de salles de cinéma mettent à l’affiche le film de Stijn Coninx consacré à l’abbé Adolf Daens (1839-1907) et à son action, à Alost, en faveur des travailleurs des filatures, exploités et réduits à la misère.

    Le film est superbe et ses qualités plastiques méritent incontestablement le détour. C'est à juste titre qu'il a été retenu à Hollywood parmi les cinq meilleurs films étrangers… en 1993 !

    Une première question se pose : pourquoi ce film revient-il sur nos écrans trente-quatre ans après sa sortie ? Stijn Coninx déclare dans La Libre Belgique (11 mars 2026) que « le film peut ouvrir une discussion actuelle sur les conditions de travail ». Il ajoute : « Qui va donner à manger à tous ces enfants ? c’est une phrase qui résonne encore dans beaucoup de pays et même dans certaines familles en Belgique. » Certes, dans beaucoup de pays existent encore des travaux pénibles, malsains, mal rémunérés mais, en Belgique, nous n’en sommes plus aux conditions de vie du XIXe siècle. Tous les économistes estiment que notre pouvoir d’achat a doublé depuis 1990[1] et que le risque de pauvreté a diminué[2]. De plus, toute une série d’organismes publics et privés sont là pour subvenir aux besoins essentiels des plus défavorisés. Pour mourir de faim, chez nous, il faut le vouloir mais Stijn Coninx persiste et évoque la « misère » réelle d’aujourd’hui c’est-à-dire le « burn out ». Pour traiter de ce mal réel et répandu, il faudrait un autre film, dans un autre cadre.[3] La misère à laquelle se confronte Daens est celle d’autres pays où le film a peu de chances d’être projeté. Alors, pourquoi ce retour chez nous ? La veille de la manifestation nationale du 12 mars pour bien persuader les manifestants que rien n’a changé ? Tocqueville a bien montré que plus une société est égalitaire et plus la moindre inégalité devient insupportable.[4] A chaque manifestation nationale, on entend cette plainte : pourrai-je emmener mes enfants en vacances ? On manifeste aujourd’hui, non pour survivre mais pour gagner plus et travailler moins. Alors, pourquoi ressortir ce film maintenant ? On peut tenter une autre explication vu qu’à l’approche de Pâques, il est de coutume, notamment sur certaines chaînes de télévision, de donner des leçons à l’Eglise.  Daens servirait-il à décrire l’Eglise dont tout un chacun rêve ou devrait rêver ? Voyons cela de plus près.

    Le film, en lui-même, est très interpellant. Il montre de manière saisissante I'extrême et scandaleux dénuement de la classe ouvrière à Alost au XIXe siècle, l'indifférence cynique et calculatrice de la bourgeoisie francophone et d'un Parti catholique borné, gangréné par le libéralisme, conservateur à I'excès. Le film est même susceptible de bouleverser davantage encore le spectateur si celui-ci pense que les ouvriers d'hier sont devenus les affamés du Tiers monde et que les nantis aveugles qui discourent dans les salons ou se donnent bonne conscience par des soupes populaires, sont notre propre image ! Ainsi, les analyses et les demandes pressantes de Léon XIII dans Rerum novarum, réactualisées par Jean-Paul II dans Centesimus annus, par Benoît XVI dans Caritas in veritate, par François dans Fratelli tutti et résumées par Léon XIV dans Dilexi te, doivent continuer à guider I'action sociale, économique et politique des hommes de bonne volonté, d'autant plus qu'aujourd'hui la question sociale est devenue mondiale ! Le film montre que cette question sociale, hier en Belgique comme aujourd'hui sur I'ensemble de la planète, ne peut se régler durablement par de simples "aides humanitaires" qui ne sont souvent, comme l'écrit avec audace et lucidité M. Schooyans[5], que des "feuilles de vigne" cachant de troubles jeux d'intérêts. Hier comme aujourd'hui, I'avenir des pauvres n'est pas simplement dans les collectes ou I'expédition de boîtes de lait, la solution passe par l'évangélisation intégrale des hommes et des sociétés. A ce titre, le film est une parabole grave qui doit mobiliser les consciences.

    Toutefois, nous ne pouvons souscrire sans réserve à toutes les dimensions de ce film.

    1. Un jugement erroné

    L'abbé Daens y est présenté comme un héros sans reproche, attaché à appliquer I'enseignement de Rerum novarum et, à cause de cela, semble-il, en opposition de plus en plus radicale avec la hiérarchie de I'Eglise de Belgique et même avec l'Eglise de Rome. Il est acculé finalement à continuer son action dans la dissidence pour rester fidèle à la classe ouvrière qui le soutient et à sa conscience généreuse[6] .

    Dans cet esprit, le film nous montre, sans réserve et finalement de manière positive, trois comportements qui ne peuvent être acceptés par une conscience chrétienne bien formée parce qu'ils sont contraires à I'enseignement le plus constant de I'Eglise :

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  • José Aparicio Sanz et ses 232 compagnons, martyrs victimes des "Rouges" espagnols (11 mars)

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    D'Evangile au Quotidien :

    José Aparicio Sanz et ses 232 compagnons
    Martyrs de la Guerre Civile Espagnole (1936-1939)
    Béatification record du 11 mars 2001 par saint Jean-Paul II
    Mémoire commune : 11 mars
    Mémoire individuelle : ‘dies natalis’ de chacun

    Fruit du grand Jubilé de l'An 2000, cette béatification du 11 mars 2001 est la première du nouveau siècle et du nouveau millénaire. Jamais autant de serviteurs de Dieu n'ont été béatifiés à la fois. (Il faut remonter au Bx Pie IX - Giovanni Maria Mastai Ferretti, 1846-1878, en 1867, pour avoir la béatification de 205 martyrs du Japon.) Chaque cause a été étudiée individuellement. Chacun de ces martyrs avait déjà mené une vie sainte digne de béatification avant que le martyr ne vienne couronner leur carrière. L'Église de Valence, suivie par celles de Barcelone et de Lérida, a commencé à instruire les procès de béatification depuis 50 ans déjà. Une masse de documents a été recueillie.
    Avant cette béatification, saint Jean Paul II avait déjà célébré 10 béatifications pour des martyrs de la guerre civile espagnole, soit, avec ceux de ce jour, 471 martyrs. A savoir: 4 évêques, 43 prêtres séculiers, 379 religieux, 45 laïcs.

    La seconde République instaurée en 1931 amène le "Frente popular" (Front populaire) au pouvoir. Composée de communistes, socialistes et anarchistes, elle est essentiellement anticléricale. Pourtant les évêques ont reconnu au début sa légitimité. Si les violences ne se déclenchent pas tout de suite, néanmoins ce gouvernement révolutionnaire entame d'emblée une persécution juridique : dissolution des ordres religieux et nationalisation de tous leurs biens, approbation du divorce, crucifix retirés des classes.

    Après les lois restrictives vient la persécution sanglante avec la "Révolution des Asturies" en 1934 et les martyrs de Turon.
    En l'été 1936, les "Rouges", comme on les appelle, (à juste titre car leur but est de faire de l'Espagne un état satellite de la Russie), déclenchent la plus grande persécution religieuse qu'ait jamais connu l'Espagne. Sur la liste noire des personnes à abattre figurent en premier lieu tous les prêtres. A cause de sa brièveté dans le temps et de son intensité, c'est un ouragan révolutionnaire comparable à celui de la Révolution française qui s'abat sur toutes les régions où domine leur influence : incendie de couvents, d'évêchés, d'églises, destruction du patrimoine artistique sacré, bref, de tout ce qui rappelle la religion catholique. Mais les révolutionnaires ne sont pas suivis par tout le peuple ; au contraire, il se produit un sursaut de la conscience nationale.

    Une partie de l'armée avec le général Francisco Franco se révolte et crée le "Mouvement national". C'est alors la guerre civile entre "Rouges" et "Nationaux" qui dure de 1936 à 1938. Les révolutionnaires ont vraiment l'intention d'éradiquer l'Église et ils procèdent à des exécutions massives, accompagnées d'une férocité inouïe.
    Sont victimes: 13 évêques, 4184 prêtres, 2365 religieux, 283 religieuses, des milliers et des milliers de laïcs. Ils sont vraiment martyrs car ils ont été tués "en haine de la foi", ce ne sont pas des "victimes de guerre", car ils sont pacifiques et ne prennent pas part aux événements, ni des "victimes politiques ", car ils n'ont pas pris partie. (Notons à ce propos que le parti qui soutenait Franco, la "Phalange", influente surtout au début, avait certaines accointances avec les Nazis.). Conscients de mourir pour leur foi, beaucoup criaient « Vive le Christ-Roi! », ce qui n'est pas sans rappeler la guerre des "Cristeros" au Mexique (1926-1929), et tous, avant de mourir, pardonnaient de tout cœur à leurs bourreaux.

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  • Réfléchir à la guerre contre l'Iran

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    De Marcus Peter  sur le CWR :

    Réfléchir à la guerre contre l'Iran

    Les croyants fidèles refusent les illusions sentimentales tout en résistant à un triomphalisme inconsidéré.

    Un récent appel du pape Léon XIV a exhorté à une diplomatie patiente face aux tensions croissantes entre les puissances occidentales et la République islamique d'Iran. Ses paroles reflétaient l'instinct de paix constant de l'Église. À travers de longues décennies de dévastation, les chrétiens ont appris la terrible réalité de la guerre moderne. Des villes s'effondrent, des familles se déchirent et des générations entières portent des blessures invisibles longtemps après que les armes se soient tues.

    Par conséquent, l'Église prône systématiquement la négociation avant la confrontation et la stabilité avant le chaos.

    Néanmoins, la rigueur morale exige une description honnête du régime en question. Une description précise de la République islamique d'Iran révèle un gouvernement dont les dirigeants ont accumulé un nombre considérable d'effusions de sang pendant plusieurs décennies. Quiconque étudie les documents se trouve confronté à une classe dirigeante responsable d'une répression systématique, d'un militantisme idéologique fondé sur le Coran et d'un nombre stupéfiant d'exécutions perpétrées dans le cadre d'une mise en scène judiciaire.

    Les organisations de défense des droits humains signalent que les autorités iraniennes ont procédé à des centaines d'exécutions au cours de la seule année écoulée. Amnesty International et Human Rights Watch ont documenté à plusieurs reprises le recours massif à la peine capitale, notamment par le biais de procès secrets et d'aveux extorqués. Les pendaisons publiques demeurent un instrument d'intimidation au sein du système judiciaire du régime. Par ces pratiques, le gouvernement iranien a adressé au monde un message sans équivoque quant à son autorité et au prix de la dissidence.

    Parallèlement, les femmes qui protestent contre le port obligatoire du voile sont arrêtées, emprisonnées et subissent des violences physiques. Les journalistes qui enquêtent sur la corruption sont fréquemment détenus et soumis à des interrogatoires prolongés. Les minorités religieuses subissent des saisies de biens, du harcèlement et des incarcérations. Les chrétiens et les bahaïs sont régulièrement soumis à des pressions de la part des services de sécurité gouvernementaux. Ces conditions constituent un modèle établi de gouvernance fondamentalement tyrannique.

    La répression du régime face aux manifestations citoyennes révèle la même brutalité. En 2022, la mort de Mahsa Amini, suite à son arrestation par la police des mœurs, a déclenché des manifestations à travers tout le pays. Dans de nombreuses villes, les citoyens ont exigé la fin du contrôle social oppressif. Les forces de sécurité ont réprimé ces manifestations à balles réelles, par des arrestations massives et par de lourdes peines de prison. L'attention internationale a connu des hauts et des bas, puis s'est progressivement estompée, tandis que la répression se poursuivait en Iran. Les militants étudiants, les syndicalistes et les penseurs indépendants restent exposés à des sanctions arbitraires.

    Un tel ordre politique a émergé en 1979. Cette année-là, la Révolution islamique a renversé le Shah et instauré une structure théocratique sous l'autorité de l'ayatollah Rouhollah Khomeiny. Ce dernier a formulé la doctrine du « velayat e faqih », que l'on peut traduire par « la tutelle du juriste ». Selon cette doctrine, l'autorité politique suprême appartient à un érudit juridique islamique qui gouverne la société par une interprétation religieuse rigoureuse.

    En pratique, cette doctrine concentre un pouvoir exécutif extraordinaire entre les mains d'institutions cléricales non élues. Des élections ont certes lieu périodiquement, mais un conseil de surveillance sélectionne les candidats selon des critères islamiques. La participation politique s'inscrit dans un cadre restreint, défini par les autorités religieuses islamiques. Les citoyens peuvent voter pour des personnalités approuvées, tandis que toute opposition politique véritable est exclue de force du système.

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  • Les moines de la Trappe annoncent leur départ en 2028

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    De Vincent Guerrier sur Le Perche :

    Présents depuis 900 ans dans le Perche, les moines de la Trappe annoncent leur départ en 2028

    Neuf siècles d’histoire qui pourraient s’achever. C’est ce qu’annoncent les moines de la communauté de la Trappe, à Soligny-la-Trappe (Orne). L’abbaye n’est toutefois pas vendue

    6 mars 2026

    « Si ce n’est pas une catastrophe, c’est évidemment une page d’histoire qui s’apprête à se tourner. » Dans un communiqué transmis à la presse ce vendredi 6 mars 2026, les moines de l’Abbaye de la Trappe, à Soligny-la-Trappe (Orne) annoncent qu’ils « envisagent un départ à l’horizon 2028 ».

    Une prise de parole qui fait suite à des mois de rumeurs sur une hypothétique mise en vente de cet emblème du Perche. « Non, l’abbaye de La Trappe n’a pas fermé et n’est pas vendue », réplique le Père Abbé. « Les frères sont toujours là, fidèles à la prière et au travail, et les activités (accueil, magasin…) se poursuivent normalement. »

    Un projet qui n’a pas abouti

    En 2024, les moines avaient présenté un grand projet d’ouverture au public et de restauration d’un bâtiment historique. Un premier projet était chiffré à 12 millions d’euros. Les soutiens ne viendront pas, et le projet sera abandonné en 2025. Malgré tout, pour la première fois de son histoire, l’abbaye s’était ouverte chaque semaine pour des visites publiques qui ont remporté un franc succès.

    Le Père Abbé ne cachait pas, à l’époque, sa volonté de trouver une solution pour sa communauté, même si le problème n’était pas uniquement financier. Le départ prévu en 2028 serait malheureusement une conséquence de « la rareté des vocations et de la charge de plus en plus lourde du patrimoine foncier ».

    La question est désormais de savoir où la communauté pourrait s’installer, même si le domaine n’est « pas encore mis en vente ». « Une réflexion est en cours avec d’autres communautés pour trouver des solutions plus adaptées, plus pertinentes économiquement et spirituellement. Le contexte est dur, depuis plusieurs décennies déjà, et bien d’autres abbayes ont déjà changé de mains. »

    Les moines ne sont désormais plus que 12 au sein de leur vaste abbaye. Le contexte est difficile pour de très nombreuses communauté monastiques en France.

    La belle saison sera cette année encore l’occasion de visites guidées sous la conduite des frères. Ceux-ci escomptent votre compréhension et votre soutien dans cette étape importante de leur cheminement. […] Le départ des frères, très exigeant et douloureux pour eux, ne sera pas sans bouleverser toutes les personnes attachées, parfois depuis des générations, à la communauté.

    Père Thomas Georgeon

    Hasard du calendrier, de grands panneaux ont été posés par le Département de l’Orne le long des axes près de Soligny-la-Trappe. Une pose qui fait suite à une demande de l’abbaye il y a un an environ.

    Avec l’annonce de ce départ, les panneaux, représentant un moine et l’abbaye, pourraient vite figer dans le temps l’image de la communauté cistercienne présente sur le site depuis neuf siècles. Rien que ça.

    Contacté, le maire de Soligny-la-Trappe, Thierry Cortyl, n’a pas souhaité réagir à l’annonce de ce départ.

  • Affaire Galilée : "on est bien loin de l'image d'Épinal du martyr en proie à la persécution de l'Église..."

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    Un podcast de l'Institut de France :

    L’affaire Galilée, ou l’hypothèse sans preuve

    avec l’historien Aimé Richardt
    archive du 3 février 2008
    Avec Christophe Dickès, journaliste

    Dans un ouvrage qui fera date, Aimé Richardt, lauréat de l’Académie française pour sa biographie de Fénelon (1994), décrypte le mythe Galilée en rétablissant une vérité historique fondée sur une étude minutieuse des textes. Dans "La vérité sur l’Affaire Galilée", l’auteur donne les raisons de la condamnation du Florentin en la replaçant dans le contexte des connaissances historiques et scientifiques de l’époque. Un ouvrage préfacé par Mgr Huot-Pleuroux, ancien Secrétaire Général de l’Episcopat.

    Émission proposée par : Christophe Dickès
    Référence : hist318

    Télécharger l’émission (56.14 Mo)

    Le 22 juin 1633, un certain Galilée fut condamné à Rome par le tribunal du Saint Office. La sentence prononcée par des cardinaux de l’Eglise catholique -appelés en la circonstance Inquisiteurs Généraux, fut la suivante : « Nous te condamnons dit le jugement à la prison formelle de ce Saint Office pour le temps qu'il nous plaira de fixer. De plus, au titre d'une pénitence salutaire, nous t'ordonnons de réciter les 7 psaumes de la pénitence salutaire, une fois par semaine, pendant les trois prochaines années... ».

    Et pourtant, Galilée ne fit pas un seul jour de prison… Il ne récita pas plus les psaumes de la pénitence salutaire puisqu’il confia ce pensum à sa fille religieuse qui s’en acquitta dûment. Et Galilée termina ses jours tranquillement à Acerti, près de Florence, où il vécut jusqu’à sa mort en 1642.

    Le nom de Galilée est généralement associé à un symbole, parfois même à un mythe, celui de la résistance à l’obscurantisme religieux en général et catholique en particulier. Pourtant qui connaît réellement Galileo Galilei, fils de Vincenzio Galilei né à Pise le 15 février 1564 ? Quelles furent ses spécialités scientifiques ? Qu’a-t-il inventé et légué à la science et à la postérité ? Peut-on parler à son endroit de victime de l’Eglise et de l'obscurantisme? Bref, pourquoi Galilée fut-il condamné par l'Eglise catholique? C’est le propos de cette émission d'Un jour dans l'Histoire.

    L'auteur.

    Aimé Richardt, historien, est l'auteur de nombreux ouvrages consacrés aux XVIIe et XVIIIe siècles. Il s'est intéressé à l'affaire Galilée, après avoir étudié l'œuvre d'un des plus grands intellectuels de l'histoire de l'Eglise, Robert Bellarmin [[FX de Guibert, 2002]]. Il est aussi l'auteur de Louvois, le bras armé de Louis XIV [[Tallandier, 1998]]; Le Soleil du Grand Siècle, prix Hugues Capet [[Tallandier, 2000]], Les savants du Roi Soleil [[FX de Guibert, 2003]], etc.

    Présentation de l'éditeur.

    Depuis le XIXe siècle, la cause était entendue : l'Église catholique avait condamné, emprisonné et martyrisé Galilée, un astronome génial, qui avait démontré que la Terre tournait autour du Soleil, ce que l'Église refusait d'admettre.

    Or la réalité est tout autre ! Non seulement Galilée n'a jamais passé un jour en prison, n'a jamais été martyrisé, mais Aimé Richardt démontre, en s'appuyant sur des documents irréfutables, que Galilée n'a jamais prouvé la rotation de la Terre autour du Soleil, et que l'Église était fondée à le condamner. En effet, les plus hautes autorités religieuses lui avaient demandé, en 1616, d'apporter une preuve à sa théorie, qui était d'ailleurs celle de Copernic, ou de parler d'hypothèse et, surtout, de ne pas intervenir dans l'explication des textes de la Bible qui paraissaient soutenir la thèse opposée du géocentrisme.

    Après l'avoir promis, Galilée est revenu sur sa parole, il a donc été jugé et condamné, avec une mansuétude toute particulière, réclamée par le pape qui était son ami. On est bien loin de l'image d'Épinal du martyr en proie à la persécution de l'Église...

  • Sainte Colette de Corbie (6 mars)

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    D'Anne Bernet sur 1000 raisons de croire :

    Les visions qui ont sorti sœur Colette de sa réclusion

    En 1405 vit à Corbie, en Picardie, une jeune fille d’une vingtaine d’années, Nicolette Boëllet. À la mort de ses parents, pour répondre à sa soif d’absolu et à ses grandes exigences de pénitence, elle choisit de devenir recluse, c’est-à-dire de s’emmurer volontairement dans une étroite cellule contre le mur de l’église Notre-Dame, et d’y vivre le reste de ses jours dans la prière et l’enfermement. Pourtant, cette année-là, celle que l’on appelle sœur Colette, car elle appartient au tiers ordre franciscain, commence à être obsédée par des visions : celles de saint François et de sainte Claire, qui lui demandent de revenir dans le monde pour s’y consacrer entièrement à réformer les ordres qu’ils ont fondés afin qu’ils ne cèdent pas au relâchement et à la facilité.


    Les raisons d'y croire

    • Sainte Colette de Corbie est une personnalité majeure de l’Église du XVe siècle. Elle a tenu un rôle décisif, en son genre aussi improbable que celui de Jeanne d’Arc, dont elle est contemporaine. À ce titre, sa vie et son comportement ont été examinés et scrutés par les autorités ecclésiastiques avec le même degré de sérieux et de rigueur. Si la papauté lui a accordé son entière confiance, c’est seulement après s’être assurée qu’ellen’avait pas affaire à une folle, une illuminée, une mythomane.
    • Sa biographie a été rédigée en 1450 – quelques mois seulement après sa mort, en 1447, à Gand – par un religieux de son entourage, Pierre de Vaux. Là encore, nous sommes assurés du sérieux et du bien-fondé de ces écrits, qui rapportent des faits véridiques et vérifiés.
    • La vie de recluse implique de ne plus jamais quitter la petite pièce où l’on a demandé à être emmurée, de ne plus jamais voir le monde extérieur, le ciel, le soleil, de n’avoir de contact qu’avec son confesseur et avec ceux qui lui apportent de quoi vivre et la communion, ou qui réclament ses prières. Il faut un équilibre psychologique énorme pour y résister. Les évêques n’accordent cette permission qu’à des personnes très solides, ce qui est gage du sérieux de Colette.
    • Ce choix mûrement réfléchi implique aussi une grande humilité et un absolu désir d’effacement ; on peut donc exclure que la jeune fille ait voulu attirer l’attention.
    • Pendant les quatre années qu’elle passe emmurée, Colette a la révélation des souffrances du Christ durant la Passion, du peu de cas qu’en font les hommes et du fait que ces derniers se damnent, tombant en enfer comme flocons de neige en tempête hivernale ; c’est exactement ce que verront les enfants de Fatima, qui n’ont jamais entendu parler de sainte Colette, en 1917.
    • En 1405, cependant, ces visions changent et Colette voit François et Claire d’Assise qui la réclament à Dieu afin qu’elle aille réformer les franciscains et les clarisses qui ne répondent plus à leur vocation ; or, le monde a besoin d’eux pour se sauver. L’ange gardien de Colette demande à Dieu de la laisser à sa solitude, conformément à ses souhaits. Notre Dame apparaît alors pour servir d’arbitre, et elle demande à la recluse d’obéir et de réclamer sa libération. Colette n’a pu inventer cela car elle ignore l’état des fondations franciscaines.
    • Ayant reçu une excellente formation chrétienne, Colette a été souvent prévenue par ses confesseurs contre les pièges démoniaques et les prétendues visions que le diable peut susciter pour tenter et égarer les mystiques. Elle sait donc qu’il faut avant toute autre chose discerner pour savoir, comme dit saint Paul, si elles viennent vraiment de Dieu.
    • Le fait qu’il existait des moyens plus simples d’être relevée de sa réclusion montre qu’elle n’a pas inventé ces visions pour s’y soustraire. D’ailleurs, la première réaction de Colette est de rejeter ce programme, qui lui semble invraisemblable. Comme elle refuse de demander à sortir, elle est soudain frappée de cécité et de mutisme, état dont elle ne sortira qu’en obéissant ; il ne s’agit pas là de phénomènes d’ordre « psychosomatique », ni « d’hystérie ».
    • Colette, d’humble naissance, sans fortune ni appui, se sent incapable de remplir une pareille mission ; qu’elle le comprenne prouve sa parfaite lucidité. Tout comme Jeanne d’Arc, elle est alors miraculeusement instruite de ce qu’elle va devoir faire, des personnes qu’elle devra rencontrer, et elle est avertie qu’elle recevra l’aide nécessaire. Elle ne peut rien imaginer de semblable.
    • Deux religieux, miraculeusement instruits de son existence et de sa mission, vont être prévenus de se rendre à Corbie, d’obtenir de l’évêque sa libération et de la conduire au pape Benoît XIII à Avignon, ce qui a lieu en 1406, de manière humainement inexplicable.
    • Lui aussi convaincu par divers signes, le pape l’autorise alors à entreprendre sa mission de réformatrice et à prendre le voile des Pauvres Dames de Sainte-Claire.
    • Colette a des extases et des lévitations publiques dont des centaines de gens sont témoins et qui accréditent sa mission, tout comme ses prophéties. Il ne s’agit pas de « contes à dormir debout », mais de réalités confirmées par exemple par l’amitié de saint Vincent Ferrier, ou encore par le rôle de conseillère qu’elle tient lors des conciles de Constance et de Bâle, ainsi qu’auprès du duc de Bourgogne ou du roi de France…
    • Pendant les quarante ans qui lui restent à vivre, Colette parcourt la France en guerre pour réformer les deux ordres. Elle obtient le soutien et l’amitié de princes et de seigneurs. Elle va fonder ou relever dix-sept couvents en France, en Italie, en Espagne, aux Pays-Bas. Des milliers de vocations affluent quand ils retrouvent toute la rigueur de leur règle primitive. À sa mort, le 6 mars 1447, l’ordre des Franciscains compte près de 35 000 membres. Une pareille réussite dans un tel contexte ne s’explique pas sans l’intervention divine.

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