Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

- Page 8

  • Mgr Strickland s'exprime sur le pape Léon XIV, la messe latine et Mgr Lefebvre

    IMPRIMER

    De Niwa Limbu sur le Catholic Herald :

    Mgr Strickland : sur le pape Léon XIV, la messe latine et Mgr Lefebvre

    11 août 2025

    L'évêque Joseph Strickland est un prélat bien connu et apprécié de nombreux catholiques conservateurs.

    Ordonné pour le diocèse de Dallas en 1985 et nommé évêque de Tyler, au Texas, par le pape Benoît XVI en 2012, il s'est récemment montré très critique envers certaines politiques du Vatican qu'il juge contraire à « la vérité de l'Évangile ». Il a été démis de ses fonctions d'évêque de Tyler en 2023 après qu'une enquête du Vatican a conclu que « le maintien de Mgr Strickland dans ses fonctions n'était pas envisageable ».

    Dans cette interview exclusive, il discute de ses premières perceptions du pontificat du pape Léon XIV, de la réaction de ses collègues évêques à sa misère et de ses réflexions sur la vie de Mgr Marcel Lefebvre, fondateur de la FSSPX.

    CH : Votre destitution de votre poste d'évêque de Tyler en novembre 2023 a fait suite à une visite apostolique et à vos critiques publiques du pape François. Vous avez suggéré que cela était dû au fait que vous disiez la « vérité de l'Évangile ». Pourriez-vous préciser quelles vérités spécifiques, selon vous, étiez en contradiction avec la direction du Vatican, et comment vous conciliez votre franc-parler avec l'appel à l'unité de l'Église ?

    S: Les vérités que j'ai reproduites ne sont pas les miennes; elles relèvent de l'Évangile et de l'enseignement constant de l'Église. J'ai défendu le caractère sacré de la vie, de la conception à la mort naturelle, la vérité du mariage comme union d'un homme et d'une femme, la réalité que seuls les hommes peuvent être ordonnés prêtres, et la nécessité absolue d'une clarté morale sur des questions telles que l'idéologie du genre et les relations entre personnes de même sexe. Il ne s'agit pas de positions politiques ni d'opinions personnelles; ce sont les enseignements pérennes de l'Église catholique, enracinés dans l'Écriture et la Sainte Tradition.

    Si ces vérités me mettent en désaccord avec les dirigeants du Vatican, ce n'est pas parce qu'elles ont changé, mais parce que, ces dernières années, on a voulu les brouiller au nom de la flexibilité pastorale ou de l'adaptation culturelle. Ma conscience ne me permet pas de garder le silence lorsque des âmes sont trompées ou confuses.

    Quant à l'unité, l'unité authentique de l'Église ne se construit jamais sur le silence face à l'erreur. La véritable unité ne se trouve qu'en Christ, qui est « le chemin, la vérité et la vie » (Jean 14,6). Une unité qui ignore la vérité n'est qu'uniformité – et ce n'est pas ce que Notre Seigneur a demandé la veille de sa mort. Il a prié : « Sanctifie-les dans la vérité. Ta parole est la vérité » (Jean 17,17). Si nous sommes unis en Lui, nous devons être unis dans la vérité qu'il a révélée.

    CH : Après l'élection du pape Léon XIV en mai 2025, vous avez exprimé l'espoir qu'il « défende fidèlement le dépôt de la foi ». Quelles sont vos attentes concernant son pontificat et comment pensez-vous qu'il pourrait répondre aux tensions que vous avez connues sous le pape François ?

    S : Lorsque le pape Léon XIV a été élu, j'ai exprimé l'espoir qu'il défendrait fidèlement le Dépôt de la Foi. Cet espoir était sincère, mais il a déjà été mis à l'épreuve et, malheureusement, amoindri.

    Au cours de ces premiers mois, les faits sont patents : il a maintenu au Dicastère pour la doctrine de la foi le cardinal Víctor Manuel Fernández, dont le bilan comprend des atteintes à la doctrine morale et l'approbation de documents semant la confusion chez les fidèles sur des questions telles que la bénédiction des personnes de même sexe. Il a nommé des évêques qui soutiennent ouvertement l'ordination des femmes, contrairement à l'enseignement constant de l'Église. Il a également maintenu des restrictions sur la messe traditionnelle latine, privant les fidèles d'une liturgie qui a formé d'innombrables saints.

    Ce ne sont pas des détails mineurs. Ils s'inscrivent dans la continuité du modèle observé sous le pape François : tolérer, voire promouvoir, les voix qui contredisent la foi, tout en marginalisant ceux qui l'expriment ouvertement.

    Lire la suite

  • Victoria Díez y Bustos de Molina, martyre de la guerre civile espagnole

    IMPRIMER

    De Claudia Kock sur le Tagespost :

    Martyre de la guerre civile espagnole

    La bienheureuse Victoria Díez y Bustos de Molina fut une épine dans le pied des communistes : l’Espagnole donna sa vie comme enseignante au Christ et à son prochain.
    Bienheureuse Victoria Díez et Bustos de Molina
    Photo : ChatGPT | Lorsque l’école distribuait de la littérature antireligieuse, la bienheureuse Victoria la récupérait et la détruisait pour empêcher la propagation des idées qu’elle contenait.

    Depuis le début de son procès de béatification en 1963, les restes de Victoria reposent dans la crypte de la chapelle de l'Institution Thérésienne, dans la vieille ville de Cordoue.

  • Conquête des Amériques : il faut en finir pour de bon avec la légende noire

    IMPRIMER

    De Martin Dousse sur La Sélection du Jour (republication) :

    Conquête des Amériques : il faut déconstruire pour de bon la légende noire

    Le 12 octobre 1492, Christophe Colomb découvre les Amériques. Au cours des années suivantes, la population autochtone connaît une chute démographique d'environ 95 %. Certains y voient un « génocide américain » imputé aux conquistadores espagnols. Toutefois, cette tragédie s'explique surtout par l'absence d'immunité des indigènes face aux maladies introduites par les colons. Malgré des abus, l'arrivée des Européens, encadrée par les missionnaires et la couronne, a également conduit à l'abolition des sacrifices humains.

    C'est l'histoire non pas d'un génocide mais d'un terrible choc biologique. Selon l'historien H. F. Dobyns, la population indigène d'Amérique aurait chuté de 95 % dans les 130 années qui ont suivie l'arrivée de Colomb en 1492. Le géographe Jared Diamond le confirme : « À travers les Amériques, les maladies qui contaminaient les Européens se propagèrent de tribus en tribus, voyageant bien plus vite que les Européens eux-mêmes. On estime que 95 % de la population amérindienne pré-colombienne, les tribus les plus peuplées et les mieux organisées d'Amérique du Nord, les sociétés vivant au nord du Mississipi, disparurent entre 1492 et 1600, avant même que les Européens ne s'installent sur le Mississippi. »

    Les épidémies se sont répandues, de fait, sur l'ensemble du continent. Entre 1518 et 1519, une grande épidémie de vérole a décimé la population de Santo Domingo. Quelques années plus tard, elle a été exportée au Mexique par les hommes d'Hernán Cortés pour se répandre ensuite vers le sud, jusqu'à l'empire Inca. Plusieurs autres fléaux ont succédé à la vérole : la rougeole entre 1530 et 1531, le typhus en 1546 et la grippe en 1558.

    Il est vrai, cependant, que comme dans toute conquête, il y a eu aussi de la violence. Le prêtre dominicain Bartolomé de las Casas, auteur d'un ouvrage intitulé Brevísima relación de la destrucción de las Indias a voulu dénoncer les abus commis par ses compatriotes pour que la couronne espagnole en prenne connaissance et y mette fin. Ce livre prétendait à l'origine dénoncer les contradictions entre le but originel des expéditions (l'évangélisation des indiens) et les moyens employés par certains colons (guerres, maltraitances ou esclavagisme). Guillaume d'Orange, chef de la révolte protestante contre l'empire espagnol aux Pays Bas, prit cet ouvrage comme une aubaine et se pressa de le répandre et de le faire traduire. Le livre de Las Casas faisait état de violences brutales de la part des conquistadores, mais il ne faut pas oublier que le religieux dominicain lui-même reconnut ne pas avoir assisté directement à ces atrocités. Pour plusieurs historiens, sa version des faits est exagérée.

    Ce que la propagande mise en place ne racontait pas, c'est que Las Casas et d'autres missionnaires ayant pris position en faveur des populations colonisées ont obtenu gain de cause. En 1542, Charles V publia une série de nouvelles lois pour protéger les indiens et interdire qu'on les réduisit en esclavage. Il interdit également les célèbres « encomiendas », une sorte de contrat féodal qui permettait aux conquistadores de forcer les natifs à travailler pour eux tout en leur garantissant une protection. La ligne de Las Casas l'emporta également lors de la controverse de Valladolid, un débat théologique portant sur la possibilité des Indiens d'avoir accès ou non aux mêmes droits que les Européens. Philippe II, après Charles V, commanda que les autochtones du Nouveau Monde soient traités en sujets et non en esclaves. Il avait exigé que les espagnols qui maltraitent les Indiens soient punis avec la même sévérité que s'ils s'attaquaient à d'autres espagnols.

    La légende noire tend à occulter un autre fait historique confirmé : l'omniprésence du sacrifice humain dans certaines civilisations précolombiennes. L'empire aztèque mettait à mort entre 20 et 30 000 personnes par an pour apaiser ses dieux. Immolées afin de maintenir l'équilibre du cosmos, les victimes étaient des membres de tribus rivales, capturées dans des « guerres fleuries ». Les sacrifices humains étaient couplés d'anthropophagie. Plusieurs chroniqueurs de l'époque témoignèrent de l'existence de cette pratique. Si Hernán Cortés est parvenu à conquérir un empire aussi vaste à la tête de quelques 500 hommes, c'est en faisant alliance avec des peuples que les aztèques avaient martyrisé pendant de longues années. Pour eux, l'arrivée des européens fut vécue comme une délivrance. Une fois au pouvoir, les espagnols ont logiquement aboli une pratique qui était fondamentalement contraire à leur foi chrétienne.

    Sur le fond, quel intérêt auraient eu les quelques centaines de colons espagnols et portugais débarqués au Nouveau Monde d'exterminer la population locale, alors qu'ils avaient besoin d'entretenir des villes et exploiter des terres sur un territoire immense ? Aujourd'hui, les populations d'origine indigène sont toujours largement représentées dans plusieurs pays d'Amérique Latine. Malgré ses défauts, la conquête des Amériques n'a pas été aussi sanglante qu'on a voulu le faire croire et elle ne mérite pas sa légende noire.

    La sélection
     
    Le mythe du « génocide espagnol » : les maladies ont éliminé 95 % de la population
     
  • Karl Leisner devenu prêtre au cœur de l’enfer de Dachau

    IMPRIMER

    De Thomas Belleil sur 1000 raisons de croire :

    Karl Leisner devient prêtre au cœur de l’enfer de Dachau

    Jeune diacre allemand depuis 1939, Karl Leisner est radicalement opposé au nazisme. En 1940, pour cette raison, il est arrêté et envoyé au camp de concentration de Dachau. Karl, tuberculeux, sera connu de ses codétenus comme étant l’ange du réconfort, en rayonnant de l’amour du Christ auprès des prisonniers, au cœur de l’enfer. À l’insu des nazis et au sein même de ce camp de la mort, Karl est ordonné prêtre, dans des conditions extraordinaires. Il meurt peu de temps après sa libération par les Américains, le 12 août 1945. Il est aujourd’hui reconnu martyr et bienheureux par l’Église catholique.


    Les raisons d'y croire

    • Jeune séminariste allemand, Karl Leisner est aussi radical dans sa foi chrétienne que dans son opposition au nazisme. Totalement à contre-courant de nombre de ses compatriotes, Karl perçoit précocement le caractère antichrétien du national-socialisme. Sa résistance au nazisme, fondée sur sa foi, révèle que le christianisme peut donner une vraie liberté intérieure. Répondant aux partisans du Führer, qui scandent « Heil Hitler », Karl écrit dans son journal intime : « Le Christ est ma passion, Heil. »
    • Les conditions de vie terribles de Dachau aggravent l’état de santé fragile du jeune diacre, qui garde malgré tout une foi ardente et une confiance absolue en Dieu. Son espérance, au cœur de la souffrance, témoigne d’une force qui ne vient pas de la psychologie ou du tempérament, mais d’une relation vivante avec Dieu. Humainement, rien ne justifie une telle paix intérieure dans l’enfer des camps, face à la mort, à la maladie, à l’injustice.
    • Cantonné à l’infirmerie, Karl se fait tout de même missionnaire dans ce camp de la mort. Encourageant et consolant les malades sur leur lit de souffrance, Karl est appelé « l’ange du réconfort ». Il puise dans sa foi une joie qui rayonne, au point que les autres la perçoivent. Il ne s’agit pas seulement d’endurer, mais de rayonner du Christ. Son journal spirituel, tenu jusqu’à la fin, montre effectivement une vie intérieure riche, centrée sur le Christ.
    • L’idée folle d’ordonner Karl Leisner prêtre dans le camp germe lorsque arrive à Dachau un évêque français, Mgr Gabriel Piguet. Chose complètement inédite, l’ordination clandestine du jeune diacre peut finalement avoir lieu, à l’insu des nazis, tout en respectant scrupuleusement le rituel catholique. Ce projet compliqué et périlleux est soutenu par de nombreux détenus ainsi que par des personnes à l’extérieur de Dachau, ce qui montre à quel point la messe et le sacerdoce sont considérés comme essentiels. Cela souligne aussi la puissance spirituelle de l’eucharistie, présence réelle du Christ, plus forte que la mort.
    • Karl prie pour ses bourreaux et garde jusqu’à la fin une attitude de pardon et d’amour. Dans les toutes dernières lignes de son journal spirituel, on lit : « Bénis aussi, ô Très-Haut, mes ennemis ! » Le 12 août 1945, il rejoint le Père. Un tel comportement, sans haine ni désir de vengeance, va à contre-courant de l’instinct naturel et manifeste une grâce surnaturelle conforme à l’Évangile : aimer ses ennemis.

    Lire la suite

  • Léon XIV : Les documents « en suspens »

    IMPRIMER

    D'Andrea Gagliarducci sur Monday Vatican :

    Léon XIV : Les documents « en suspens »

    Et ce moment concernera le Dicastère pour la Doctrine de la Foi.

    Français Le 3 juillet, le cardinal Victor Manuel Fernandez, préfet de l'ancien Saint-Office, a annoncé que le Dicastère qu'il dirige publierait prochainement un document sur « divers thèmes mariaux ». Ce document doit être considéré comme une sorte de suivi des nouvelles normes sur les phénomènes surnaturels publiées en mai 2024. Le document s'inscrit probablement dans la veine qui a conduit à la publication, en septembre 2024, d'une note sur les supposées apparitions de Medjugorje (et toute l'expérience de Medjugorje).

    Avec les nouvelles normes sur les phénomènes surnaturels (publiées en mai 2024), le Dicastère a déplacé son attention de l'évaluation du caractère surnaturel de phénomènes particuliers vers une évaluation pastorale de leur impact. C'est pourquoi six niveaux d'approbation ont été définis, allant de la déclaration de nature non surnaturelle (mais jamais l'inverse) au nihil obstat, ou la déclaration que rien ne s'oppose à la poursuite de cette vénération .

    Fernandez a expliqué que le nihil obstat est un phénomène très positif, mais que « cela ne signifie pas que tout ce qui est dit est sans risque. Lorsque l'on considère ces phénomènes dans leur ensemble, on constate des problèmes récurrents. »

    Selon Fernandez, le texte qui devrait clarifier et équilibrer les questions soulevées par les enquêtes est presque prêt, mais sa publication prendra encore plusieurs mois. Ces propos doivent être mis en balance avec une rumeur persistante selon laquelle Léon XIV aurait vu le document et refusé de l'approuver, exigeant des modifications substantielles.

    Il ne s'agit là que d'une rumeur, alimentée notamment par ceux qui cherchent des signes d'une rupture manifeste entre le pape François et le pape Léon XIV. Cette rumeur reste plausible pour deux raisons. Premièrement, un document sur les phénomènes mariaux conçu sous le pape François pourrait ne pas être – dans son ton, encore plus que dans ses conclusions – totalement en phase avec Léon XIV.

    Le pape François appréciait grandement la piété populaire. Léon XIV appréciait également la piété populaire. Mais il est difficile d'imaginer Léon XIV contredire ouvertement les traditions de l'Église, ou même avoir un document de la Doctrine de la Foi qui censure ouvertement des manifestations spécifiques de la foi d'une manière presque préjudiciable. 

    Le document sur les questions mariologiques constituera donc un test. On verra si le cardinal Fernandez, le plus fervent partisan du pape François et son « idéologue » de confiance, sera amené à modifier le ton et la portée de ses déclarations. Le pape François approuvait un langage qui marquait une rupture avec le passé, même lorsque cette rupture était peut-être exagérée ou principalement idéologique. Léon XIV ne va pas dans cette direction.

    Mais Fernandez semble vouloir faire pression sur Léon XIV pour que tout ce qui avait été préparé sous le pape François soit publié.

    En janvier 2025, Fernandez a annoncé que le Dicastère préparait des documents sur la valeur de la monogamie, l'esclavage à travers l'histoire et les différentes formes d'esclavage aujourd'hui, le rôle des femmes dans l'Église et, en effet, certaines questions mariologiques.

    Rien de plus n'a été dit sur ces autres documents. Dans certains cas, nous connaissons la ligne directrice. Concernant l'esclavage, Fernandez fait partie de ceux qui soulignent que l'Église l'a approuvé et n'a modifié sa doctrine que plus tard. Cette affirmation contredit les données historiques, l'existence d'ordres religieux comme les Mercédaires, fondés précisément pour libérer les esclaves, et le fait que les décisions politiques des États pontificaux ne peuvent être confondues avec des positions théologiques. Fernandez, cependant, a obstinément soutenu cette idée, l'exprimant même lors d'une conférence de presse lors du Synode sur la famille en 2014 .

    Concernant le rôle des femmes dans l'Église, on pourrait s'attendre à un retour à la question des diaconesses, sujet sur lequel le pape François avait créé deux commissions sans succès. On estime que le document sur la valeur de la monogamie était, de tous les documents, celui qui prêtait le moins à confusion.

    La publication éventuelle de tous ces documents, et la façon dont le langage et les thèmes ont changé, pourraient représenter une clé essentielle pour comprendre comment Léon XIV veut faire avancer le pontificat.

    Il y a en effet une certaine pression sur Léon XIV pour qu’il dévoile son jeu et démontre s’il veut ou non être dans la continuité de François.

    Le père Santiago Martin, dans un message publié sur le site web d'Aldo Maria Valli, a souligné que, pendant la vacance du siège, l'épiscopat allemand avait approuvé un rite pour la bénédiction des unions irrégulières. Le diocèse de Cologne s'est distancié de ce document, le cardinal Woelki, archevêque de la ville, ayant estimé que ce rite contredisait la déclaration de la Congrégation pour la doctrine de la foi, Fiducia Supplicans, qui autorise la bénédiction des homosexuels, mais pas celle des unions entre personnes de même sexe en tant que telles.

    En parlant de Fiducia Supplicans, Fernandez lui-même a déclaré que Léon XIV n'aurait pas voulu la modifier. Il s'agit là aussi d'une forme de pression, sachant, entre autres, que Fernandez occupe actuellement un poste provisoire, comme tous les chefs de département .

    La question de l'avortement a également fait l'objet de pressions. Un évêque allemand a demandé que l'avortement ne soit pas utilisé comme arme idéologique. Léon XIV ne s'étant pas encore exprimé sur la question, cette déclaration sonne comme une pression injustifiée exercée sur le pape. Léon XIV devra trouver un équilibre, mais il ne peut le faire sous la pression.

    Il y a aussi le cas du père Michael Weninger, ancien ambassadeur d'Autriche devenu veuf, devenu prêtre et ayant servi quelque temps au Dicastère pour le dialogue interreligieux. Proche, voire pleinement impliqué, dans la franc-maçonnerie – il est présenté sur les sites web officiels comme aumônier de loge –, il a clairement affirmé lors d'une conférence qu'être catholique et franc-maçon n'était plus incompatible. Cette affirmation est contredite, entre autres, par plusieurs déclarations récentes du Dicastère pour la doctrine de la foi. Là encore, cependant, une pression est exercée sur le pape. Un débat public est fomenté pour contraindre Léon XIV à s'exprimer ou, par son silence, pour permettre que la position de l'Église soit manipulée.

    Ces documents « en suspens », ces déclarations encore non dites, sont actuellement une épée de Damoclès sur le pontificat.

    Léon XIV ne semble pas être un homme cherchant à semer la division. Mais que peut-il faire face aux agents de la division ? Comment peut-il contrer le discours qui le concerne ? Aura-t-il le courage de mettre un terme à certains des héritages les plus controversés du pontificat précédent ?

    Ce sont des questions encore ouvertes pour l’instant.

    Y répondre nous permettra de mieux comprendre l’orientation du pontificat.

  • Sois sans crainte, petit troupeau (19e dimanche tu temps ordinaire)

    IMPRIMER

    Du Père Simon Noël sur son blog :

    Homélie 19e dimanche année C

    Sois sans crainte, petit troupeau, car votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume. Voilà les premiers mots de Jésus dans l'évangile de ce dimanche. Ces paroles doivent nous fortifier dans notre confiance et notre espérance. Jésus veut en effet nous sauver et nous donner le bonheur éternel du ciel. C'est ce que nous disons dans l'acte d'espérance : Mon Dieu, j'espère avec la plus ferme confiance que vous me donnerez, par les mérites de Jésus-Christ, la vie éternelle et toutes les grâces pour l'obtenir, parce que vous êtes infiniment bon pour nous, tout-puissant et fidèle dans vos promesses. 

    Voici à ce sujet les paroles pleines de douceur et d'espérance que Jésus adressait à la mystique capucine italienne, soeur Consolata Betrone : Le 15 décembre 1935, notre Seigneur lui dit: Il arrivera souvent, Consolata, que des âmes très religieuses, surtout de celles qui me sont consacrées, me blessent dans l’intime de moi-même par cette phrase défiante : « Qui sait si je me sauverai ? » Ouvre l’évangile et tu verras ce que j’ai promis à mes brebis : « Je leur donne la vie éternelle ; et elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma main. » As-tu compris Consolata ? Personne ne peut me ravir une âme. Lis plus loin : « Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous ; et personne ne peut les ravir de la main de mon Père. As-tu compris Consolata ? Personne ne me ravira une âme… elles ne périront jamais, car je leur donne la vie éternelle. A qui s’adressent ces paroles ? A toutes les âmes. Pourquoi, dès lors me causer cet affront: « Qui sait si je serai sauvé ? » quand, dans l’Évangile, je donne la pleine assurance qu’aucune âme ne me sera ravie, que je leur donnerai la vie éternelle et qu’ainsi personne ne sera perdu ? Crois-moi Consolata, va en enfer qui veut bien y aller ; car, bien que personne ne puisse m’arracher une âme, néanmoins, l’âme dotée du libre arbitre peut s’enfuir, me trahir et me renier et par conséquent se livrer au démon. Je veillerais sur vous durant toute votre existence terrestre en vous donnant grâce sur grâce ; et, au dernier instant de votre vie, alors que je n’aurais plus qu’à recueillir les fruits de ma Rédemption, que l’âme serait à la veille de jouir de sa béatitude, je permettrais au démon, mon pire ennemi, de me ravir cette âme ? Que deviendraient alors les promesses de vie éternelle exprimées dans mon évangile ? Comment peut-on croire, Consolata, de pareilles monstruosités ?
     
    Toutefois la suite du texte de l'évangile de ce jour nous invite à la vigilance. Car si nous manquons de vigilance, nous risquons de ne pas être prêts et au moment de notre mort et du jugement, il sera trop tard. L'espérance qui est la nôtre pour être réelle doit s'accompagner tout au long de notre vie du combat spirituel. Tant que dure cette vie sur la terre, personne ne peut avoir la certitude absolue d'être en état de grâce, à moins d'une révélation spéciale de Dieu. Cependant, celui qui prie beaucoup, en particulier qui prie beaucoup la Sainte Vierge, avec son chapelet par exemple, peut être moralement certain qu'il arrivera au salut éternel. Le saint Padre Pio disait à ce sujet : Celui qui prie beaucoup se sauve. Celui qui prie peu est en danger. Celui qui ne prie pas se damne.
     
    Voilà, frères et soeurs, à nouveau la corde dont il nous faut tenir les deux bouts : confiance et espérance, d'une part ; vigilance et prière d'autre part. N'oublions jamais cette double nécessité. Mais je voudrais conclure sur une note de confiance malgré tout en vous citant le début de l'acte de confiance de Claude de la Colombière, le directeur de sainte Marguerite-Marie, la confidente du Sacré-Coeur, ce qui nous ramène aux paroles du début de l'évangile de ce dimanche : Je suis si persuadé, mon Dieu, que vous veillez sur ceux qui espèrent en vous, je suis si persuadé qu’on ne peut manquer de rien, quand on attend tout de vous, que j’ai résolu de vivre à l’avenir sans aucun souci et de me décharger sur vous de toutes mes inquiétudes.
  • Rester en tenue de service et garder sa lampe allumée - 19e dimanche du temps ordinaire

    IMPRIMER

    Evangile du 19e dimanche - Luc 12, 32-48

    Jésus disait à ses disciples : « Sois sans crainte, petit troupeau, car votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume. Vendez ce que vous avez et donnez-le en aumône. Faites-vous une bourse qui ne s'use pas, un trésor inépuisable dans les cieux, là où le voleur n'approche pas, où la mite ne ronge pas. Car là où est votre trésor, là aussi sera votre coeur. 

    « Restez en tenue de service, et gardez vos lampes allumées. Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu'il arrivera et frappera à la porte. Heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : il prendra la tenue de service, les fera passer à table et les servira chacun à son tour. S'il revient vers minuit ou plus tard encore et qu'il les trouve ainsi, heureux sont-ils ! Vous le savez bien : si le maître de maison connaissait l'heure où le voleur doit venir, il ne laisserait pas percer le mur de sa maison.

    « Vous aussi, tenez-vous prêts : c'est à l'heure où vous n'y penserez pas que le Fils de l'homme viendra. »

    Pierre dit alors : « Seigneur, cette parabole s'adresse-t-elle à nous, ou à tout le monde ? » Le Seigneur répond : « Quel est donc l'intendant fidèle et sensé à qui le maître confiera la charge de ses domestiques pour leur donner, en temps voulu, leur part de blé ? Heureux serviteur, que son maître, en arrivant, trouvera à son travail. Vraiment, je vous le déclare : il lui confiera la charge de tous ses biens. 

    Lire la suite

  • La vision anthropologique subtile d'Edith Stein permet de comprendre comment l'idéologie transgenre porte gravement atteinte à l'unité profonde du corps et de l'âme de la personne humaine

    IMPRIMER

    De Richard A. Spinello sur The Catholic Thing :

    Edith Stein et l'âme de la femme

    9 août 2025

    Les controverses persistent quant à la nature et au rôle des femmes, alors que la société moderne se rapproche de plus en plus d'une anthropologie androgyne. Lors des derniers Jeux olympiques, les spectateurs ont pu assister à une démonstration surréaliste d'hommes biologiques frappant des boxeuses. Les protestataires ont été informés qu'il n'existe aucun moyen scientifique de différencier les hommes des femmes.

    La mentalité laïque a perdu de vue ce que signifie être femme. Les raisons de cette tragique sortie de la féminité sont multiples, mais la principale est la négation de la transcendance, qui obscurcit la lumière qui éclaire la vérité de notre humanité. Comme l'a souligné Carrie Gress, l'influence néfaste du féminisme antichrétien a conduit à la « fin de la femme », car nous n'avons aucune réponse à la question de savoir ce qui fait d'une femme une femme.

    En cette fête d'Édith Stein, sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, il est opportun de consulter son œuvre sur ces questions, en raison de son ouverture réflexive aux profondeurs de l'existence humaine. Si nous souhaitons reconstruire l'idée de la féminité, son livre audacieux et intelligent, La Femme, constitue un point de départ idéal.

    Les détails de sa vie sont bien connus. Brillante athée juive, elle étudia la philosophie auprès du célèbre phénoménologue Edmund Husserl. Elle se convertit au catholicisme après avoir lu l'autobiographie de sainte Thérèse d'Avila. Quelques années plus tard, elle devint carmélite. Lorsque les nazis prirent pour cible les Juifs convertis aux Pays-Bas, elle fut envoyée à Auschwitz, où elle fut exécutée le 9 août 1942.

    Après sa conversion radicale, elle découvrit la métaphysique de saint Thomas d'Aquin, qui marqua profondément son développement philosophique. Elle n'était pas thomiste au sens strict, mais son œuvre maîtresse, L'Être fini et éternel, est assurément d'inspiration thomiste. Elle trouva une manière originale d'harmoniser la philosophie moderne de la phénoménologie avec la philosophie médiévale du thomisme.

    Stein s'inscrit dans la lignée de Thomas d'Aquin en adoptant une anthropologie hylémorphique, une idée ancienne d'origine aristotélicienne : la personne est une unité naturelle et indivisible, composée d'un corps matériel et d'une âme spirituelle. L'âme pénètre le corps en unifiant tous les aspects physiques et spirituels de chaque personne.

    Dans « La Femme », l'objectif principal de Stein est de démontrer la nature distinctive de la féminité, qui découle non seulement du corps, mais aussi de l'âme. Le sexe est déterminé par l'ordre donné au corps, influencé par l'âme, qui naît déjà en tant qu'homme ou femme. Les différences sexuelles représentent donc deux manières irréductibles d'être une substance vivante et personnelle.

    En affirmant qu'il existe une différence entre l'âme masculine et l'âme féminine, Stein se démarque de Thomas d'Aquin pour qui l'âme était la même pour tous les membres de l'espèce humaine. Pour Thomas d'Aquin, l'âme se différencie une fois unie à un corps sexué. Mais pour Stein, l'âme est différente avant de s'unir à un corps masculin ou féminin et de l'animer, de sorte qu'une personne est féminine non seulement par son corps, mais aussi par son âme.

    Ainsi, Stein parle d'une « double espèce » en raison des différences immuables entre l'homme et la femme. La vision anthropologique subtile de Stein permet de comprendre comment l'idéologie transgenre porte gravement atteinte à l'unité profonde du corps et de l'âme de la personne humaine.

    Le transgendérisme est une rébellion contre la finitude qui imprègne notre être. Comme le souligne Stein, nul n'est la source de sa propre existence, mais se découvre comme un être créé par Dieu, homme ou femme. Si Edith Stein a raison, le corps et l'âme imposent tous deux certaines contraintes naturelles à nos choix et à nos aspirations. De plus, les partisans du transgendérisme nous demanderaient de croire que Dieu a commis une erreur en insufflant une âme féminine dans un corps masculin.

    L'anthropologie de Stein sert de fondement à ses réflexions sur la nature de la femme. Possédant une âme différente, les femmes sont différentes des hommes, mais comment cette différence se manifeste-t-elle concrètement ?

    En termes simples, ce qui fait d'une femme une femme, c'est sa vocation maternelle. Ses qualités féminines, telles que l'empathie, la bienveillance et la sensibilité morale, en font une personne idéale pour la maternité et la vie conjugale. « Le corps et l'âme d'une femme sont moins faits pour lutter et conquérir que pour chérir, protéger et préserver. »

    Les femmes sont également mieux protégées d'une vision tronquée ou partiale des autres. Ceci est important, car la mission d'une femme implique de comprendre l'être entier dont elle prend soin. S'il est vrai que toutes les femmes ne donneront pas naissance à des enfants, chacune est naturellement capable de diverses formes de maternité psychologique ou spirituelle.

    Pourtant, cette différenciation sexuelle suppose une unité plus fondamentale. Hommes et femmes participent d'une nature humaine commune parce qu'ils possèdent la même structure ontologique : une substance personnelle composée d'un corps physique animé par une âme intellectuelle. Cette communauté, au sein de laquelle se révèle la distinction entre hommes et femmes, implique qu'ils partagent des dons et des talents créatifs similaires.

    Selon Stein, « Aucune femme n’est uniquement femme ; comme un homme, chacune a sa spécialité et son talent individuel, et ce talent lui donne la capacité d’accomplir un travail professionnel. »

    Ainsi, la vocation naturelle d'une femme à la vie conjugale et à la maternité ne devrait pas l'empêcher d'exercer d'autres professions, notamment celles comme la médecine et l'éducation, qui mettent en valeur ses dons féminins. Parallèlement, nous devons reconnaître la dignité et l'excellence suprêmes de la maternité et du mariage, qui élèvent cette vocation au rang des professions profanes.

    La thèse provocatrice d'Edith Stein sur l'âme féminine est-elle juste, ou sa réinterprétation créative de Thomas d'Aquin a-t-elle raté sa cible ? Les asymétries sexuelles vont-elles bien au-delà du corps sexué ?

    Quelle que soit la réponse que l’on donne à ces questions, nous pouvons convenir que sa voix devrait avoir une place spéciale dans le chœur féministe moderne, car c’est la voix claire d’une sainte et d’une philosophe fidèle qui peut libérer de l’obscurité le mystère séduisant de la féminité.

    Sainte Édith Stein par Neilson Carlin, 2023 [ Neilson Carlin Devotional Art & Design ]
  • L'impact de saint Augustin sur les trois premiers mois du pontificat du pape Léon XIV

    IMPRIMER

    D'Almudena Martínez-Bordiú sur CNA via le CWR :

    L'impact de saint Augustin sur les trois premiers mois du pontificat du pape Léon XIV

    Le pape Léon XIV et saint Augustin. (Crédit : Daniel Ibáñez/EWTN News and Public Domain)
    8 août 2025

    Cela fait aujourd'hui trois mois que le pape Léon XIV est apparu pour la première fois sur le balcon central de la basilique du Vatican après avoir été élu successeur de saint Pierre.

    Dans ce premier message urbi et orbi, prononcé le 8 mai, le Saint-Père exprimait les paroles qui marqueraient le début de son pontificat : « Je suis augustinien, fils de saint Augustin, qui a dit un jour : “Avec vous, je suis chrétien, et pour vous, je suis évêque.” En ce sens, nous pouvons tous cheminer ensemble vers la patrie que Dieu nous a préparée. »

    Au cours des trois derniers mois, le pape Léon XIV a cité à plusieurs reprises son père spirituel, saint Augustin, établissant une approche pastorale profondément enracinée dans la tradition augustinienne.

    Dans ses messages sur l’intelligence artificielle et dans ses discours adressés aux jeunes ou aux pèlerins, le pape Léon XIV a saisi chaque occasion – à travers ses discours, ses audiences et ses homélies – pour offrir de précieux enseignements inspirés de saint Augustin d’Hippone.

    Dans la plupart de ses discours, il a cité l'une des œuvres les plus connues du saint : « Les Confessions ». Il l'a fait dans son homélie lors de la messe d'inauguration de son ministère pétrinien, célébrée le 18 mai. Il a également fait référence à d'autres œuvres fondamentales de l'évêque d'Hippone, telles que le « Commentaire sur les Psaumes » et « La Cité de Dieu ».

    L'unité dans le Christ

    L'un des thèmes récurrents de l'enseignement du pape Léon XIV au cours de ces premiers mois a été l'importance de l'unité dans le Christ. Ce n'est pas un hasard si le Saint-Père a choisi pour son ministère épiscopal la devise « In Illo uno unum » (« Dans l'Un – c'est-à-dire le Christ – nous sommes un »), tirée de saint Augustin.

    Lors d’une audience avec des délégations œcuméniques, le pape a rappelé que l’unité « a toujours été une préoccupation constante pour moi, comme en témoigne la devise que j’ai choisie pour mon ministère épiscopal ».

    « Notre communion se réalise dans la mesure où nous nous rencontrons dans le Seigneur Jésus. Plus nous lui sommes fidèles et obéissants, plus nous sommes unis entre nous. Nous, chrétiens, sommes donc tous appelés à prier et à œuvrer ensemble pour atteindre, pas à pas, ce but qui est et demeure l'œuvre de l'Esprit Saint », a déclaré le pape à cette occasion.

    Il a également lancé cet appel à l'unité dans d'autres contextes, comme dans son message aux Œuvres pontificales missionnaires, où il a rappelé que « c'est dans la Trinité que toutes choses trouvent leur unité. Cette dimension de notre vie et de notre mission chrétiennes me tient à cœur », soulignant que « le Christ est notre Sauveur et qu'en lui nous sommes un, une famille de Dieu, au-delà de la riche diversité de nos langues, de nos cultures et de nos expériences ».

    La patrie céleste

    « Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos jusqu'à ce qu'il trouve le repos en toi » (« Confessions », 1,1.1). Cette célèbre citation, qui résume l'essence même de la spiritualité augustinienne, a été citée par le Saint-Père à plusieurs reprises, notamment dans son message à la Fédération internationale des universités catholiques.

    Le pape Léon XIV nous rappelle ainsi que l’être humain a été créé pour Dieu et que c’est seulement en lui que nous pouvons trouver le bonheur complet.

    Dans son message pour la Journée mondiale du migrant et du réfugié, il a souligné la « dimension pèlerine » de l’Église, « perpétuellement en chemin vers sa patrie finale, soutenue par une espérance qui est une vertu théologale ».

    Il a averti que « chaque fois que l'Église cède à la tentation de la "sédentarisation" et cesse d'être une "civitas peregrine", un peuple de Dieu en marche vers la patrie céleste (cf. Augustin, "De Civitate Dei", livres XIV-XVI), elle cesse d'être "dans le monde" et devient "du monde" (cf. Jn 15, 19) ».

    S’adressant aux jeunes participant à un événement à Medjugorje, il a rappelé une idée de saint Augustin, qui « ne parle pas de la maison du Seigneur comme d’une destination lointaine mais annonce plutôt la joie d’un voyage vécu ensemble, comme un peuple pèlerin ».

    Une foi vécue avec humilité et compassion

    À la lumière de la parabole du bon Samaritain, le pape Léon XIV a exhorté les fidèles dans une homélie prononcée le 13 juillet à Castel Gandolfo à regarder notre prochain « avec les yeux du cœur ».

    Citant saint Augustin, il soulignait que « Jésus voulait être connu comme notre prochain. En effet, le Seigneur Jésus-Christ nous fait comprendre que c'est lui qui a pris soin de l'homme à moitié mort, battu par des brigands et abandonné sur le bord de la route » (De Doctrina Christiana, I, 30.33).

    Dans un message vidéo adressé en juin à la jeunesse de Chicago et du monde entier, le Saint-Père a rappelé que le saint d’Hippone enseignait que « si nous voulons que le monde soit un endroit meilleur, nous devons commencer par nous-mêmes, nous devons commencer par notre propre vie, notre propre cœur. »

    De même, lors de l’audience générale du 25 juin, il a rappelé les paroles de saint Augustin dans son ouvrage « Sermones », dans lesquelles il affirmait que « la foule bouscule, la foi touche ».

    « Chaque fois que nous accomplissons un acte de foi adressé à Jésus, un contact s'établit avec lui et, aussitôt, sa grâce jaillit de lui. Parfois, nous n'en sommes pas conscients, mais, de manière secrète et réelle, la grâce nous atteint et transforme progressivement notre vie de l'intérieur », a déclaré le Saint-Père.

  • Inde : accusés de conversions religieuses, des prêtres, des religieuses et un catéchiste battus dans la station missionnaire de Gangadhar

    IMPRIMER

    Une dépêche de l'Agence Fides :

    Accusés de conversions religieuses : des prêtres, des religieuses et un catéchiste battus dans la station missionnaire de Gangadhar

    8 août 2025

    Odisha (Agence Fides) – Dans une attaque qualifiée de « troublante et effrontée » par les évêques catholiques de rite latin de l’Inde, environ 70 membres du Bajrang Dal (littéralement « Brigade de Bajrangbali », une organisation militante hindouiste qui constitue la branche jeunesse du Vishva Hindu Parishad, ou Conseil mondial des hindous, ndlr) ont tendu une embuscade et agressé deux prêtres catholiques, un catéchiste et deux religieuses près du village de Gangadhar », où se trouve une station missionnaire appartenant à la paroisse de Jaleswar. Tous ont été « faussement accusés de conversions religieuses ».

    Les faits remontent au 6 août, lorsque le père Nirappel, curé de Jaleswar, et le père Jojo, de la paroisse de Joda, dans le diocèse de Balasore, se sont rendus à la mission de Gangadhar pour une messe de suffrage à l'occasion du deuxième anniversaire de la mort de deux catholiques locaux. Accompagné de deux religieuses et d'un catéchiste, le groupe est arrivé au village vers 17 heures. La cérémonie a été célébrée après 18 heures, au retour des paysans des champs, en pleine saison des semailles.

    Alors qu'ils quittaient le village, vers 21 heures, l'attaque a eu lieu. « À moins d'un demi-kilomètre du village, dans un tronçon de route étroit et bordé d'arbres, un groupe d'environ 70 hommes du Bajrang Dal nous attendait », a raconté le père Lijo, selon un communiqué de la Conférence épiscopale des évêques catholiques de rite latin de l'Inde (CCBI), ajoutant : « Ils ont d'abord pris pour cible notre catéchiste, qui était à moto. Ils l'ont brutalement battu, ont démonté sa moto, vidé le réservoir et jeté le véhicule ».

    Les agresseurs se sont ensuite dirigés vers la voiture des prêtres, l'ont arrêtée de force et ont crié des insultes. « Ils nous ont agressés physiquement, nous poussant, nous tirant et nous frappant violemment. Ils nous ont donné des coups de poing, ont saisi nos téléphones portables et continuaient à crier que nous voulions les transformer en Américains, en les convertissant de force. Ils hurlaient : « Vous ne pouvez plus être chrétiens », a poursuivi le prêtre.

    Malgré les supplications des femmes du village, qui ont expliqué que les prêtres et les religieuses avaient été invités pour un moment de prière, les agresseurs n'ont pas cessé leur attaque. « C'était une embuscade préméditée. Ils ont amené leurs médias avec eux pour construire un récit mensonger des faits », a déclaré le père Lijo.

    Après environ 45 minutes, une équipe de policiers est arrivée sur place. Cependant, même en présence des forces de l'ordre, la foule a continué ses invectives. Le père Lijo a informé les agents que leurs téléphones avaient été volés de force, mais personne dans le groupe n'a admis les avoir pris ni les a rendus. « La police a ensuite dit au groupe qu'elle allait nous emmener au poste pour un interrogatoire, mais en réalité, elle nous mettait simplement à l'abri de nouvelles violences », a conclu le père Lijo, ancien directeur de la Balasore Social Service Society (secteur diocésain chargé des affaires sociales), profondément attristé par cet incident : « Je n'aurais jamais imaginé qu'une telle chose puisse se produire dans la région de Jaleswar. Nous étions simplement en train d'exercer notre fonction et nous avons été attaqués et humiliés avec des accusations sans fondement. Les médias sont également complices. Ils ne vérifient pas les faits. Ce récit mensonger doit être remplacé par la vérité ».

    Le père Jojo, prêtre invité de la paroisse de Joda, s'est dit profondément choqué par cette attaque injustifiée : « Je suis venu uniquement pour célébrer la messe. Je n'aurais jamais imaginé une telle hostilité pour un geste aussi pacifique et sacré ».

    Cet épisode a bouleversé la communauté chrétienne locale et suscité de vives inquiétudes quant à la montée de l'intolérance et de la violence collective dans l'État d'Odisha, à tel point que la Conférence épiscopale catholique indienne (CBCI), qui regroupe tous les évêques catholiques des trois rites présents en Inde, a exprimé sa profonde consternation face à cette agression. (FB) (Agence Fides 8/8/2025)

  • Pourquoi publier maintenant la lettre de Benoît XVI réaffirmant la pleine validité de sa renonciation au pontificat ?

    IMPRIMER

    De Riccardo Cascioli sur la NBQ :

    La lettre de Benoît XVI, pourquoi maintenant ?

    Nombre de nos lecteurs nous ont posé une question concernant la publication du livre « Compass » contenant la lettre de Benoît XVI réaffirmant la plénitude de sa renonciation à la papauté : pourquoi après onze ans ? La réponse se trouve dans la nouvelle phase historique qui s'ouvre dans l'Église.

    09_08_2025

    La publication de la lettre de Benoît XVI à Monseigneur Nicola Bux, datée du 21 août 2014, dans laquelle il réaffirme la pleine validité de sa renonciation au pontificat, a suscité à juste titre beaucoup d'intérêt et soulevé quelques questions.

    Laissons de côté les commentaires de ceux qui sont aujourd’hui prisonniers de croyances qui relèvent davantage de la logique de la secte que d’une adhésion à la foi catholique, et de ceux qui – pour paraphraser le jugement du « Père Abraham » dans la parabole de l’homme riche – ne se laisseraient pas persuader « même si quelqu’un ressuscitait d’entre les morts ».

    Et nous en venons maintenant à une question légitime que nos lecteurs se posent. Pourquoi publier cette lettre onze ans plus tard et non pas alors que la controverse faisait rage ? D'abord parce qu'il s'agissait d'une « correspondance privée », et que Mgr Bux estimait qu'il était juste de la conserver ainsi ; mais surtout parce qu'il souhaitait éviter que cette lettre n'alimente davantage le conflit entre factions opposées concernant la démission de Benoît XVI et le pontificat de François. Force est de constater que nombre des récentes réactions disproportionnées ou surréalistes de ceux qui se sont nourris de théories étranges sur la démission de Benoît XVI confortent la décision de Mgr Bux.

    Pourquoi la publier maintenant, alors ? Monseigneur Bux l'explique dans l'introduction de la correspondance jointe en annexe du livre « Réalité et utopie dans l'Église » (éd. Omni Die) : « Car avec la mort du pape François et l'élection du pape Léon XIV, il considère comme conclue la phase émotionnelle ouverte par la démission de Benoît XVI. »

    La publication de la lettre de Benoît XVI, outre qu'elle met fin à de nombreuses spéculations, constitue une manière de reléguer cette démission aux oubliettes, avec toutes les critiques que l'on peut en tirer aujourd'hui. Il ne faut pas oublier que, pour en saisir pleinement le sens, cette lettre doit être lue à la lumière des questions que Mgr Bux avait posées au pape émérite lors d'une audience le 21 juillet 2014. À l'issue de cet entretien, qui a duré environ une heure et au cours duquel la discussion a porté notamment sur « la liturgie, l'interprétation de Vatican II et l'unité des chrétiens », Mgr Bux a remis à Benoît XVI une lettre – également incluse dans le livre – qui, un peu plus d'un an après sa démission, contenait « les réflexions et observations de nombreux amis faisant autorité sur son acte et la situation qui en a résulté ».

    Et les réponses écrites par Benoît XVI un mois plus tard sont désormais reléguées à l'histoire et se prêtent à une évaluation critique : toujours dans l'appendice du livre, Mgr Bux propose quelques évaluations de la lettre du pape - qui ne répond que partiellement aux questions qui lui ont été posées - concernant le ministère pétrinien et les conséquences de la démission de Benoît XVI.

    Il faut également souligner que le livre — dont la correspondance constitue une annexe — offre une lecture originale des soixante dernières années de l’histoire de l’Église (Réalité versus Utopie, Jean-Paul II et Benoît XVI versus François et Mgr Tonino Bello) et fournit donc la toile de fond au récit de sa renonciation à la papauté.

    Par conséquent, s’il est lu sans préjugés, le livre est une occasion de réflexion et d’étude plus approfondie qui peut stimuler une évaluation plus approfondie.

  • Une lumière dans Nagasaki

    IMPRIMER

    9 août : bombardement de Nagasaki.

    On se souviendra de ce qu'écrivit un jour le Cardinal Biffi:

    "C’est à Nagasaki que se trouvait la première vraie communauté catholique du Japon, au XVIe siècle. Le 5 février 1597, 36 martyrs (six missionnaires franciscains, trois jésuites japonais, 27 laïcs) avaient donné leur vie pour le Christ dans cette même ville. Ils ont été canonisés par Pie IX en 1862. Quand les persécutions reprennent en 1637, ce sont 35 000 chrétiens qui sont tués. Par la suite, la jeune communauté vit pour ainsi dire dans les catacombes, séparée du reste de la communauté catholique et dépourvue de prêtres. Mais elle ne s’éteint pas... En 1929, 63 698 des 94 096 catholiques japonais sont originaires de Nagasaki".

    (http://chiesa.espresso.repubblica.it/articolo/173602?fr=y):

    Une communauté presque anéantie par deux fois en trois siècles. En 1945, elle l’a été à cause d’un acte de guerre mystérieusement concentré sur elle. Trois siècles auparavant, c’était à cause d’une terrible persécution tout à fait comparable à celle de l’empire romain contre les premiers chrétiens, avec toujours comme épicentre Nagasaki et sa "colline des martyrs".

    nagai_130253653453942200.jpgUNE LUMIERE DANS NAGASAKI

    Source :

    http://www.clairval.com/lettres/fr/99/f16juillet99.htm

    En 1985, des cérémonies furent organisées à Hiroshima et Nagasaki (Japon) en mémoire des victimes des bombes atomiques lancées sur ces deux villes. Un témoin oculaire de ces célébrations remarque: «À Hiroshima, il y a de l'amertume, du bruit, c'est très politique... Le symbole pourrait en être un poing serré de colère. À Nagasaki, il y a de la tristesse, mais aussi le calme, la réflexion, il n'y a pas de politique, on prie. On n'y blâme pas les États-Unis, mais on y pleure plutôt le péché de la guerre et, plus particulièrement, de la guerre nucléaire. Le symbole: des mains jointes pour prier». Plus que tout autre, l'influence du docteur Takashi Nagaï explique le climat spirituel qui régnait ce jour-là à Nagasaki. Un prêtre disait de lui: «Si nous avons un peu de cette foi que possédait Nagaï en la providence du Père éternel et en la valeur universelle de la mort du Christ, nous pourrons affronter chaque événement dans la paix».

    Lire la suite