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Actualité - Page 476

  • Le pape insiste sur la famille comme source et origine de l’ordre social et comme cellule vitale de la société

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    De Donatien Nyembo SJ, sur Vatican News :

    François: redécouvrir la beauté de la famille

    En s’adressant aux participants à la session plénière de l'Académie pontificale des sciences sociales, le Pape François a exhorté à la découverte de la valeur de la famille comme source et origine de l’ordre social et comme cellule vitale d'une société fraternelle capable de prendre soin de la maison commune.

    Ce vendredi 29 avril, le Pape François a reçu en audience les participants à la session plénière de l’Académie pontificale des sciences sociales sur la réalité de la famille. Dans le message qu’il adressé à ses hôtes, François a proposé une réflexion en vue de la redécouverte de la valeur de la famille. Il remarque tout d’abord que les changements sociaux modifient les conditions de vie du mariage et des familles dans le monde entier. De plus, ajoute-il, «le contexte actuel de crises prolongées et multiples met à mal les projets de familles stables et heureuses».

    La famille au sommet de l’échelle des valeurs

    Pour l’évêque de Rome, la famille est presque toujours au sommet de l'échelle des valeurs des différents peuples, car «elle est inscrite dans la nature même de la femme et de l'homme». En ce sens, estime le Pape, le mariage et la famille ne sont pas des institutions purement humaines, malgré les nombreux changements qu'ils ont subis au cours des siècles et les différences culturelles et spirituelles entre les peuples.

    Cependant, «si cette valeur est vécue de manière individualiste et privée, comme c'est en partie le cas en Occident, la famille peut être isolée et fragmentée dans le contexte de la société», avertit le Pape. A en croire François, les fonctions sociales que la famille remplit entre les individus et dans la communauté sont perdues, surtout en ce qui concerne les plus faibles, comme les enfants, les personnes handicapées et les personnes âgées dépendantes.

    La famille, lien de perfection mutuelle

    Pour le successeur de Pierre, la famille est bonne pour la société, non pas dans la mesure où elle est une simple agrégation d'individus, mais dans la mesure où elle est une relation fondée sur un «lien de perfection mutuelle», selon l’expression de saint Paul (cf. Col 3, 12-14). En d’autres termes, «le bien de la famille n'est pas de type agrégatif, c'est-à-dire qu'il ne consiste pas à agréger les ressources des individus pour augmenter l'utilité de chacun, mais c'est un lien relationnel de perfection, qui consiste à partager des relations d'amour fidèle, de confiance, de coopération, de réciprocité, d'où découlent les biens des individus membres de la famille et, donc, leur bonheur».

    Ainsi comprise, la famille, qui est un bien relationnel en soi, devient également la source de nombreux biens et relations pour la communauté, tels qu'une bonne relation avec l'État et les autres associations de la société, la solidarité entre les familles, l'accueil des personnes en difficulté, la prise en charge des plus démunis, la lutte contre les processus d'appauvrissement, etc.

    La famille, lieu d’accueil

    Le souverain pontife a insisté sur le fait que la famille est véritablement un lieu d’accueil, aspect particulièrement évident dans les familles dont certains membres sont fragiles ou handicapés. La famille, a déclaré le Pape, «est le principal antidote à la pauvreté, tant matérielle que spirituelle, comme elle l'est aussi au problème de l'hiver démographique ou de la maternité et de la paternité irresponsables.»

    Pour découvrir la beauté de la famille

    François définit quelques conditions pour redécouvrir la beauté de la famille. «La première est d'enlever de l'œil de l'esprit la "cataracte" des idéologies qui nous empêchent de voir la réalité». «La deuxième condition est la redécouverte de la correspondance entre le mariage naturel et le mariage sacramentel». «La troisième condition est, comme le rappelle Amoris laetitia, la conscience que la grâce du sacrement du mariage - qui est le sacrement social par excellence - guérit et élève toute la société humaine et est un ferment de fraternité», a conclu le Souverain pontife. 

  • France : en moins de trente ans, le nombre de prêtres a été divisé par deux

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    De sur Riposte Catholique :

    En moins de trente ans, le nombre de prêtres français a été divisé par deux

    29 AVRIL 2022

  • Du monastère Mater Ecclesiae à Santa Marta, la coexistence mouvementée de deux Papes

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    De Manuela Tulli sur ANSA :

    Du Monastère à Santa Marta, la coexistence de deux Papes

    Un livre de Massimo Franco, un voyage à travers les équilibres difficiles du Vatican.
     © ANSA

    22 avril 2022

    MASSIMO FRANCO, "LE MONASTÈRE".

    BENOÎT XVI, NEUF ANS DE LA PAPAUTÉ DE L'OMBRE" (SOLFERINO, PP. 288, euro 18.00)

    Deux papes, un régnant et un émérite, deux résidences anormales dans l'histoire du Vatican, deux "cercles" d'amis et de partisans. C'est ainsi que le monastère Mater Ecclesiae, où vit Benoît XVI, et Santa Marta, où le pape François a choisi de résider, laissant vide l'appartement qui lui était réservé au Palais apostolique, "sont devenus des pôles antagonistes, au-delà et même contre la volonté des "deux papes" ; presque par la force de l'inertie, sous la pression de cercles de pouvoir trop tentés de régler des comptes anciens et nouveaux et de rompre la continuité miraculeuse que les deux pontifes âgés ont tenté et tentent de sauvegarder". C'est ce qu'écrit Massimo Franco, chroniqueur du Corriere della Sera et l'un des plus grands connaisseurs des "salles du Vatican", dans le livre publié aujourd'hui par le journal : "Il Monastero. Benoît XVI, neuf ans de papauté de l'ombre" (Solferino).

    Le temps de Joseph Ratzinger en tant que Pape émérite a maintenant dépassé les huit années de pontificat (2005-2013) pendant lesquelles il a "régné". Et si sa loyauté envers François, jamais remise en cause, confirmée par l'affection de Bergoglio pour son prédécesseur, conduit à parler de "continuité", il n'en reste pas moins que le Monastère est le point de référence de nombreuses personnalités qui le voient en quelque sorte alternatif, gardien de l'orthodoxie, par rapport au pontificat plus pastoral de François. Sinon "l'endroit où les personnes blessées par François vont se faire soigner". Et ils sont nombreux", comme le dit le cardinal Gerhard Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, qui semble se référer aussi à lui-même, comme l'écrit Franco.

    En fait, c'est comme si les deux résidences, distantes de quelques centaines de mètres seulement mais qui semblent beaucoup plus éloignées en termes de style et de personnes qui les fréquentent, étaient les catalyseurs, au-delà de la volonté de Bergoglio et de Ratzinger, de deux façons de concevoir l'Église. Deux visions que l'on cherche souvent à ne pas trop expliciter, mais qui reviendront inévitablement s'affronter ouvertement lors d'un prochain Conclave. Mais surtout, "la question de la renonciation papale, qui n'est pas encore réglementée et qui est confiée à la bonne volonté et au sens des responsabilités du renonçant et de son successeur, est toujours présente et non résolue", rappelle Massimo Franco. Au cours des neuf dernières années, il a souvent été question de la nécessité de "réguler" la démission d'un pape, mais en fait, à ce jour, il subsiste "un vide qui jette une ombre d'incertitude bien au-delà de l'expérience du monastère et de la coexistence de Benoît et de François", indique le livre.

    L'essai est un véritable "voyage" physique dans ce lieu éloigné du monde mais en fait au cœur du Vatican où Benoît a choisi de vivre. Mais c'est aussi un voyage dans l'histoire de l'Église catholique de ces neuf années, parmi les protagonistes qui fréquentent les deux résidences, Monastère et Santa Marta, comme interlocuteurs privilégiés.

    Parmi les personnes les plus proches de Ratzinger, outre le secrétaire historique, Monseigneur Georg Ganswein, Franco a recueilli le témoignage de l'ancien préfet du Saint-Office, le cardinal Müller. C'est lui qui s'exprime le plus directement, sans mâcher ses mots, lorsqu'il parle de la "cour des faux amis de François" ou des "théologiens du dimanche", les qualifiant d'"amateurs". Partant de ce qui, pour le théologien allemand, pourrait devenir "un schisme", et dont Ratzinger serait "très inquiet", ou plutôt des positions plus progressistes de l'Église allemande, il souligne que "les amis du Saint-Père en font la promotion, qui en réalité ne l'utilisent que lorsque cela les arrange, pour mener à bien leur stratégie". C'est le drame de son pontificat", dit-il, en faisant référence à Bergoglio.

    Le livre parle également de l'écho des scandales financiers et de ceux liés à la pédophilie. Il évoque également l'ouverture à la Chine, ainsi que les "couacs" qui ont affecté les relations entre les deux institutions "vaticanes", comme la lettre "coupée" de Benoît XVI ou le livre écrit par Ratzinger et Card. Robert Sarah. La figure de Benoît XVI, "pâle, fragile, amaigri, et en même temps intellectuellement lucide, d'un pape émérite capable de distribuer de moins en moins de mots, mais qui, quand il le fait, continue à provoquer un énorme écho", se détache de tout cela. (ANSA).

  • Les dynamiques cisterciennes de Boulaur reprendront l'abbaye Notre-Dame des Neiges

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    Les sœurs de Boulaur reprendront l’abbaye Notre-Dame des Neiges

    <p>La fondation de l'abbaye, située dans une vallée de l'Ardèche, fut décidée le 5 août 1850, jour de la fête de Notre Dame des Neiges, qui est le titre de Sainte-Marie Majeure à Rome.</p>

    La fondation de l'abbaye, située dans une vallée de l'Ardèche, fut décidée le 5 août 1850, jour de la fête de Notre Dame des Neiges, qui est le titre de Sainte-Marie Majeure à Rome.

    La nouvelle était très attendue. C’est finalement la communauté des religieuses cisterciennes de Boulaur que les moines trappistes ont choisi pour leur succéder à l’abbaye Notre-Dame-des-Neiges. Ils avaient pris la décision en décembre dernier de quitter cette abbaye ardéchoise devenue trop imposante pour eux, après deux ans de discernement. Leur annonce avait suscité un grand émoi, témoignant de l’attachement très fort à cette abbaye fondée en 1850 et où Charles de Foucauld a passé sept mois comme novice.

    Un « signe de la Providence »

    Dès août 2022, huit sœurs de Boulaur devraient d’abord arriver à Notre-Dame-des-Neiges, pour assurer une continuité avec les moines qui partiront en septembre. Ces religieuses cisterciennes étaient loin d’être les seules sur la liste des potentiels repreneurs de l’abbaye. « Nous avons reçu 27 propositions, confie le père abbé au journaliste de Famille Chrétienne actuellement présent sur place. De mon côté, j’ai contacté sept communautés religieuses pour leur proposer prendre la suite de notre communauté. Les sœurs de Boulaur m’ont répondu, de manière positive ». Et de raconter cette anecdote, signe pour lui que la Providence est à l’œuvre dans cette succession : « un ami qui mourait offrait ses dernières douleurs au Seigneur en lui demandant qu’on trouve les bons successeurs. Il est mort à 17 heures, et une heure plus tard je recevais un appel de la mère-abbesse de Boulaur qui nous disait qu’elle venait visiter l’abbaye. Je pense que cet ami a glissé un mot à notre sujet au bon Dieu en arrivant là-haut ! »  Le contact entre les moines et les religieuses « s’est très bien passé ».

    Cela faisait un moment que les sœurs de Boulaur cherchaient un lieu où essaimer, faisant face à un prodigieux afflux de vocations depuis quelques années. « C’est une communauté dynamique, et jeune, elles sont une trentaine sans compter les postulantes qui arrivent. C’est typiquement les anciennes SUF ou Scouts d’Europe de Versailles qui embrassent la vie religieuse dans cette congrégation », s’enthousiasme le père Abbé de Notre-Dame-des-Neiges. Il faut dire que les nombreux Cep (formation pour les cheftaines dans le cadre du scoutisme) qui ont lieu tous les ans à l’abbaye de Boulaur offrent des occasions toutes particulières pour susciter de jeunes vocations ! La moyenne d’âge à l’abbaye est particulièrement basse par rapport à d’autres lieux de vie religieuse en France.

    Les religieuses de Boulaur pleines de projets

    Cette décision de s'installer à Notre-Dame-des-Neiges a été prise très sereinement du côté des soeurs. « Elles ont voté à l’unanimité pour nous remplacer ici. La mère abbesse a ensuite rencontré individuellement chaque sœur pour déterminer qui elles voulaient nommer supérieure de la nouvelle communauté : là encore, unanimité ! », raconte le père abbé trappiste. 

    Les religieuses sauront sans doute donner à Notre-Dame-des-Neiges le même dynamisme qu’elles ont su insuffler à Boulaur au cœur du Gers. Travaillant la terre conformément à la devise de saint Benoît « ora et labora », elles ont attiré l’œil des médias par leur grand projet de rénovation d’une grange cistercienne. A peine ce chantier était-il terminé qu’elles se sont lancées dans la création d’un « écotone » pour favoriser les échanges entre l’abbaye et le monde extérieur, et évangéliser en faisant connaître la vie monastique. Il y a tout juste un an, elles ont accueilli le célèbre youtubeur Tibo Inshape pour lui présenter leur quotidien et témoigner au sujet de leur vocation. Quels projets réservent-elles pour la suite ? 

  • Le schisme dans l'Église existe mais il ne peut plus être reconnu comme tel

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    De Stefano Fontana sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    Le schisme dans l'Église existe mais il ne peut plus être reconnu comme tel

    29-04-2022

    Avec les thèses du Synode allemand, on parle à nouveau de schisme dans l'Église, mais ces dernières années, le Magistère et la théologie ont brouillé la frontière entre ce qui est vrai et immuable et ce qui n'est pas acceptable. L'accord entre le Vatican et la Chine, la modification du catéchisme sur la peine de mort, l'abolition du "mal intrinsèque" dans Amoris Laetitia, sont trois étapes décisives qui sapent les vérités sur lesquelles l'Église est fondée.

    Depuis le début du chemin synodal allemand, le mot "schisme", tel un spectre ibsénien, plane sur l'Église. Les évêques polonais ont souligné le danger pour leurs frères allemands. Soixante-dix évêques de diverses régions du monde leur ont écrit une lettre ouverte, les mettant en garde. Plusieurs cardinaux, même des modérés comme Koch, ont signalé le précipice vers lequel nous nous dirigeons. Mais ni le cardinal Marx ni le président des évêques allemands, Mgr Bätzing, n'ont montré de signes d'acceptation des appels à la prudence. Le premier a déclaré que le catéchisme n'est pas gravé dans la pierre, tandis que le second a accusé les évêques concernés de vouloir cacher les abus que le synode allemand voudrait aborder et résoudre (à sa manière).

    Face à ce tableau de désintégration, on peut se demander si le schisme peut être évité ou non. La question principale, à cet égard, semble être la suivante : l'Église officielle d'aujourd'hui possède-t-elle encore les notions théologiques qui lui permettraient de faire face au nœud perturbateur, ou a-t-elle perdu les catégories capables de cadrer le problème et de montrer la solution ? Plus précisément : le danger du schisme est-il encore perçu par la théologie de l'Église officielle d'aujourd'hui comme un danger très grave ? Y a-t-il un accord sur ce qu'est un schisme ? Sur le pourquoi il faut l'éviter, sur qui doit intervenir quand le danger est aux portes et comment, y a-t-il aujourd'hui une vision commune ?

    Ce qui inquiète beaucoup, ce n'est pas tant le danger de schisme, mais la perception que le cadre théologique et ecclésial pour traiter le problème est effiloché et a maintenant des contours très imprécis. C'est un prélude à l'immobilité et au fait de laisser les événements se dérouler d'eux-mêmes.

    Lorsque le cardinal Marx affirme, à propos de la pratique homosexuelle, que le catéchisme n'est pas gravé dans la pierre et qu'il peut être critiqué et réécrit, il ne fait qu'exprimer en langage journalistique ce que les théologiens disent depuis des décennies. C'est-à-dire que le dépôt de la foi (et de la morale) est soumis à un processus historique, car la situation à partir de laquelle il est interprété devient partie intégrante de sa connaissance et de sa formulation. En utilisant ce critère, que nous pouvons largement définir comme "herméneutique", et selon lequel la transmission des contenus de la foi et de la morale ne dépasse jamais l'état d'une "interprétation", la catégorie théologique du schisme perd de sa consistance, au point de disparaître. Ce que nous considérons comme un schisme (et même une hérésie) aujourd'hui peut devenir une doctrine demain.

    Au niveau de l'Eglise universelle, trois faits très intéressants de ce point de vue se sont produits récemment. Le premier était l'accord entre le Vatican et la Chine communiste. L'accord est secret, mais on peut dire que dans ce cas, une église schismatique a été assumée dans l'église catholique et romaine. La frontière entre schisme et non-schisme est devenue plus imprécise après l'accord avec Pékin.

    La seconde était le changement de la lettre du catéchisme concernant la peine de mort. Ce changement a répandu l'idée que le catéchisme n'était pas écrit dans la pierre, comme le dit le cardinal de Munich. La principale justification de ce changement était la prise de conscience que la sensibilité du public sur ce point moral avait changé. La sensibilité publique, cependant, n'est qu'un fait qui ne dit rien sur le plan axiologique ou des valeurs. Or, sur cette base, comment nier que même dans l'Église allemande, une nouvelle sensibilité a pu mûrir sur les questions de l'homosexualité et du sacerdoce des femmes ?  Comment peut-on appeler tout cela un "schisme" alors qu'il s'agit du même phénomène approuvé ailleurs ?

    Le troisième exemple est l'abolition de la doctrine morale de l'Eglise sur "le mal intrinsèque" contenue en fait dans l'exhortation apostolique Amoris laetitia. Il est très difficile, après ce document, de s'en tenir à l'enseignement précédent sur l'existence d'actions intrinsèquement mauvaises que l'on ne devrait jamais faire. Mais cette notion ayant disparu, sera-t-il encore possible de confirmer l'enseignement traditionnel de l'Écriture et de l'Église sur la pratique homosexuelle ?

    Il semble que l'Église ait du mal à se raccrocher à certaines de ses vérités. De plus, si le Catéchisme n'est pas gravé dans la pierre, alors même la définition du "schisme" qu'il contient peut être révisée et ce qui était considéré comme un schisme hier peut ne plus l'être. Même ceux qui s'accrochent aux vérités du catéchisme comme si elles étaient écrites dans la pierre pourraient être accusés de schisme. Nier que le catéchisme n'est pas écrit dans la pierre pourrait être considéré comme une déclaration schismatique. Dans la perte des frontières, tous les paradoxes deviennent possibles. Ce qui précède peut également être étendu à l'hérésie et à l'apostasie, des concepts dont les limites sont aujourd'hui douteuses. Il suffit de penser à un fait : le " doute obstiné " peut être considéré comme une apostasie selon le n° 2089 du Catéchisme, et pourtant on enseigne aujourd'hui aux fidèles le doute systématique, en les invitant à ne pas se rigidifier dans leur doctrine.

  • La Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) reconnaît la persécution des chrétiens convertis au Pakistan

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    De l'ECLJ :

    Image Pakistan

    Bonne nouvelle : un Pakistanais ex-musulman, converti au christianisme et réfugié en Suisse, vient d’obtenir gain de cause à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), avec le soutien de l’ECLJ (European Centre for Law & Justice). Ce converti, identifié par ses initiales « M.A.M. », avait saisi la CEDH après que la Suisse lui a refusé l’asile, et s’apprêtait à le renvoyer au Pakistan. Mais la CEDH vient de s’y opposer, jugeant ce 26 avril 2022 qu’une telle expulsion pourrait mettre la vie de ce converti en danger et violerait ses droits.

    L’ECLJ était intervenu dans cette affaire au soutien de M.A.M. afin d’apporter à la Cour des informations directes sur la situation des chrétiens au Pakistan. L’ECLJ a en effet une expérience de terrain grâce à son bureau affilié au Pakistan comptant plusieurs avocats qui apportent une aide juridique aux minorités chrétiennes persécutées.

    Les juridictions suisses ont considéré que la conversion au christianisme de M.A.M. était crédible. En revanche, elles ont estimé qu’il ne serait pas exposé au risque de subir un traitement mettant en danger sa vie et son intégrité physique. La jurisprudence de la CEDH interdit en effet aux États parties d’expulser des étrangers si, dans leur pays, ils courent un risque réel d’être soumis à la peine capitale, à la torture ou à des peines ou traitements inhumains et dégradants.

    Nous analysons ce jugement en détail dans notre dernière émission sur RCF :

    Dans nos observations écrites (en anglais uniquement), nous avons démontré à la CEDH que l’évaluation par la Suisse de la situation au Pakistan était trop optimiste. Nos observations avaient déjà fait l’objet d’un précédent article. Nous avons expliqué que la persécution des chrétiens au Pakistan était entérinée par la loi civile, en particulier par la pénalisation du blasphème et de toute forme de critique contre l’islam. Cette persécution est également renforcée par la société, qui cible notamment les convertis au christianisme, considérés comme apostats et qui encourent la mort selon la charia.

    Nous nous réjouissons que nos observations aient été utilisées par la CEDH afin de rendre son jugement et de protéger ce chrétien converti, menacé par les musulmans. Dans l’arrêt M.A.M. c. Suisse, la CEDH a résumé ainsi notre analyse :

    L’ECLJ et d’autres associations « soutiennent que les minorités religieuses au Pakistan, notamment les convertis de l’islam au christianisme, sont soumises à de graves persécutions, des actes de violence et de discrimination de la part des autorités étatiques et non étatiques. Des accusations de blasphème, assorties de lourdes peines, sont portées contre des chrétiens et des cas de conversion forcée témoignent d’une volonté de contraindre les minorités religieuses à se conformer à la religion officielle de l’État. Selon l’ECLJ, la personne, convertie de l’islam au christianisme et renvoyée de force au Pakistan, court un danger extrême pour sa vie et son intégrité physique » (§§ 57-58).

    S’appuyant sur nos observations écrites (§ 72) ainsi que sur plusieurs rapports internationaux, la CEDH a ensuite apprécié ainsi la situation des chrétiens convertis au Pakistan :

        Le Tribunal administratif fédéral a bel et bien étudié la situation des chrétiens au Pakistan mais n’a pas précisément examiné celle des convertis au christianisme pour établir ses conclusions quant à la situation générale des chrétiens au Pakistan (§ 74).

        Au regard des rapports internationaux faisant état de graves violations des droits de l’homme au Pakistan à l’égard des chrétiens convertis tels que le requérant, la Cour estime que le Tribunal administratif fédéral aurait dû prendre en compte ces éléments pour établir ses conclusions quant à la situation générale des chrétiens et des chrétiens convertis au Pakistan (§ 76).

        Les autorités suisses n’ont donc pas suffisamment évalué le risque que le requérant courrait, du fait de sa conversion, en cas de retour au Pakistan, pour confirmer le rejet de sa demande d’asile (§ 78).

    En conséquence, la CEDH a jugé qu’en l’absence d’une analyse plus aboutie des risques encourus par « M.A.M. », son expulsion violerait ses droits consacrés aux articles 2 et 3 de la Convention européenne. C’est donc maintenant aux autorités suisses de se pencher de manière plus approfondie sur la situation des ex-musulmans convertis au christianisme et vivant au Pakistan. Il est très probable que « M.A.M. » obtienne, grâce à ce jugement de la CEDH, le statut de réfugié en Suisse, où il pourra vivre et pratiquer sa foi en Jésus-Christ.

    Cette affaire vient compléter et confirmer la jurisprudence de la CEDH en matière d’asile des chrétiens convertis de l’islam. Dans l’affaire F.G. c. Suède, la Grande chambre de la Cour avait jugé en 2016 qu’un converti iranien risquait la mort s’il était renvoyé dans son pays d’origine. L’ECLJ était déjà intervenu au soutien de F.G. De même, dans l’affaire A.A. c. Suisse, la Cour a jugé en 2019 que le renvoi vers l’Afghanistan d’un converti l’exposerait à de fortes persécutions et violerait son droit de ne pas subir de traitements inhumains ou dégradants.

    Vous pouvez nous aider en partageant cette information sur les réseaux sociaux et en signant notre pétition :

    Pour la protection de la liberté religieuse dans le monde

  • Le dernier printemps catholique a fleuri avant le Concile, et on ne voit pas l’ombre du prochain. Une relecture historique

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    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso, sur Settimo Cielo; traduction de Diakonos.be :

    Le dernier printemps catholique a fleuri avant le Concile, et on ne voit pas l’ombre du prochain. Une relecture historique

    Dans l’article précédent de Settimo Cielo, Roberto Pertici, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Bergame, a retracé les derniers siècles d’histoire de l’Église catholique, du concile de Trente au début du dix-neuvième siècle, pour y dénicher les saisons de renaissance religieuse.

    Il en a déjà identifié et décrit deux. Et dans cette seconde et dernière partie de sa relecture historique, qui s’étend de la moitié du dix-neuvième siècle à nos jours, il va en aborder une troisième.

    Une quatrième renaissance était certainement espérée par Vatican II. Mais elle est restée incomplète pendant qu’une vague de déchristianisation apparemment inexorable déferlait dans le même temps.

    L’essai du professeur Pertici se conclut sans pouvoir dire ce qui se passera dans un futur proche. Même si on ne peut pas exclure non plus qu’une renaissance religieuse survienne à nouveau, pourquoi pas de manière inattendue, suscitée par des impulsions externes à l’autorité ecclésiastique, comme cela s’est déjà produit par le passé.

    Voici un autre sujet sur lequel les cardinaux pourraient réfléchir lors d’un futur conclave.

    Sur la photo ci-dessus, l’écrivain Giovanni Papini, l’un des grands convertis du « Renouveau catholique » de la première moitié du vingtième siècle.

    Bonne lecture !

    *

    Une « renaissance religieuse » est-elle possible ?

    II – De la moitié du dix-neuvième siècle à nos jours

    de Roberto Pertici

    4.

    La « renaissance religieuse » du début du dix-neuvième siècle s’est éteinte avec l’échec des révolutions de 1848-49 qui ont provoqué une désillusion historique qui allait avoir des effets majeurs sur la culture européenne des décennies à venir.

    La restauration qui allait suivre, la seconde depuis celle de 1814-1815, a été largement soutenue par les Églises : dans le monde catholique, le virage à droite de Pie IX avait généré une « peur » de la révolution et la nouvelle politique du Pape et de Giacomo Antonelli, son secrétaire d’État, achevèrent de consommer la rupture du binôme catholicisme-libertés que de nombreux catholique libéraux s’étaient acharnés à construire au cours des vingt années précédentes et, en Italie, à marquer la fin du catholicisme comme religion civile de la cause nationale. En France, la plus grande partie du monde catholique soutiendra pendant toute la décennie suivante le tournant autoritaire de Louis Napoléon Bonaparte et du second empire. Juan Donoso Cortés théorise la dictature comme une digue vers la vague révolutionnaire. Le processus qui allait mener au « Syllabus » de 1864 était enclenché.

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  • Grande convention ONE OF US le 7 mai 2022 à Bruxelles

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    Pour notre avenir : une Europe fidèle à la dignité humaine

    L’Union européenne est le foyer d’initiatives qui mettent en danger le droit à la vie. La revendication de M. Macron dans son discours d’introduction de la présidence française de l’UE (19 janvier 2022), d’inscrire l’avortement dans la Charte des droits fondamentaux touche l’essence de One Of Us. Avec ses associations membres, One Of Us entend travailler à la défense de la dignité humaine, qui inclut la défense de toute vie. Forte de ses 1.7 million de citoyens signataires, One of Us mobilise depuis plusieurs mois pour porter la voix de la vie dans le cadre de la Consultation sur le futur de l’Europe (COFEU) proposée notamment par la Commission européenne.

    Le 7 mai, à la veille de la clôture de la COFEU et au coeur de l’année européenne de la jeunesse, One Of Us organise à Bruxelles un évènement point d’orgue de cette mobilisation.

    Nous vous donnons rendez-vous à Bruxelles pour participer à cet évènement :

    Cette convention (11H00-13H00) s’organise autour de 2 grands axes :

    • La voix de la vie en Europe et l’exemple de la Pologne

    Cette 1ère partie est dédiée à l’actualité, aux jeunes, à la mobilisation des citoyens One Of Us dans la COFEU pour faire face aux nouvelles menaces contre la vie dans l’UE. Elle sera aussi l’occasion d’exprimer un message de soutien et de remerciement à la Pologne, à l’inverse du traitement comme « Etat paria » que lui infligent certains responsables politiques de l’UE, en raison de sa législation restrictive sur l’avortement.

    • Réaffirmons les fondements de l’Europe

    Cette partie portera sur l’urgence d’un « réarmement moral » en Europe, en exposant les fondements culturels de l’UE aujourd’hui mis à mal par des lobbys et des idéologies destructrices. La culture de la vie, le rapport à la vérité, l’enjeu démographique, les racines de l’Europe seront les principaux enjeux présentés.

    Avec la participation de :

    Jaime Oreja, président de One of Us (Espagne)

    Rémi Brague, philosophe français et académicien (France)

    Alojz Peterle, ancien premier ministre de Slovénie

    György Hölvényi, eurodéputé hongrois

    Jeanne porte-parole One of Us (Pologne)

    Giuseppe (Movimiento per la Vida – Italie)

    Aliette (Marche pour la vie France)

    Clothilde (Marche pour la vie Belgique)

    Marie-Lys (Génération pro-vie)  

  • Vandalisme contre le mémorial du génocide arménien à Bruxelles

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    Lu sur kerknet (Benoit Lannoo) :

    Vandalisme contre le mémorial du génocide arménien à Bruxelles

    27 AVRIL 2022

    Le lendemain de la commémoration du "Medz Yeghern", le mémorial d'Ixelles a été recouvert de graffitis anti-Arméniens.

    Het besmeurde monument voor de Armeense genocide in Brussel © Comité van de Armeniërs van België

    Le monument au génocide arménien barbouillé à Bruxelles © Comité des Arméniens de Belgique

    Dimanche dernier, pour la première fois depuis la pandémie de corona, une cérémonie de commémoration du "Medz Yeghern" ou génocide arménien a eu lieu au monument érigé sur la place Henri Michaux dans la commune bruxelloise d'Ixelles. Le génocide arménien, au cours duquel environ un million et demi d'Arméniens ont été anéantis par le régime Jeune Turc au lendemain de la Première Guerre mondiale, est commémoré dans le monde entier le 24 avril.

    Le génocide arménien a été officiellement reconnu par notre pays il y a cinq ans.

    Garo Paylan

    Mais le lendemain de la commémoration, le monument d'Ixelles a été maculé de graffitis représentant trois demi-lunes rouges et l'inscription Fuck Paylan. Garo Paylan est un membre arménien du parlement turc et a souvent été la cible de discours haineux de la part des nationalistes turcs. La négation du génocide arménien est au cœur du nationalisme prêché tant par le gouvernement turc que par de nombreuses organisations de la diaspora turque.

    Dans les milieux turcs, il n'est pas acquis de reconnaître les crimes de l'histoire de son propre pays.

    Comité des Arméniens de Belgique

    Le Comité des Arméniens de Belgique (CAB) réagit avec consternation à ce vandalisme anti-arménien, mais en même temps appelle une nouvelle fois au dialogue. Il s'agit d'une tentative d'intimidation des Arméniens de Belgique ; de nombreuses familles ont en effet fui en Belgique à cause du génocide, déclare le président Nicolas Tavitian. Je demande donc aux communautés et organisations turques de condamner ce vandalisme ; le Comité des Arméniens de Belgique est prêt à les aider à trouver les meilleures formules pour cela.

    Le gouvernement et la société civile de notre pays se rendent-ils compte de la force de la haine anti-arménienne dans les milieux turcs ? Nicolas Tavitian

  • Le rapport Sauvé sur la sellette

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    De sur Riposte Catholique :

    Rapport Sauvé: un livre pour remettre les pendules à l’heure

  • Le sanctuaire de Scherpenheuvel (Montaigu) est en fête

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    De Dirk Vlaeyen sur le site de la VRT :

    Aucune description de photo disponible.

    Scherpenheuvel fête les 100 ans de la basilique; les festivités du couronnement

    À Scherpenheuvel, il y a beaucoup à célébrer cette année : non seulement cela fait 100 ans que l'église de pèlerinage a été élevée au rang de basilique, mais il y a aussi les fêtes du couronnement, qui sont célébrées tous les 25 ans. Des activités seront organisées dans la ville de pèlerinage tout au long de l'année.

    27 avril 2022

    Le 1er mai, la saison des pèlerinages commence traditionnellement sur le lieu de Notre-Dame de Scherpenheuvel, mais il y a plus. 2022-2023 est également une année anniversaire pour le site de pèlerinage. Le 25 août 2022, cela fera 150 ans que la statue de grâce de Notre-Dame de Scherpenheuvel a été couronnée à la demande du pape Pie IX.

    "Tous les 25 ans, nous commémorons cet événement de manière festive avec les festivités du couronnement", déclare le curé Luc Van Hilst. "C'est pour nous l'expression de notre gratitude. Non seulement parce que tant de gens venaient à Notre-Dame de Scherpenheuvel déjà à l'époque, mais encore aujourd'hui." Dans un tableau situé dans une chapelle latérale de la basilique, on peut voir comment la statue a reçu une couronne, et cette même couronne se trouve encore aujourd'hui sur la statue de la grâce. La couronne a été offerte par le pape. "Ce qui la rend si exceptionnelle, c'est que le pape lui-même a fait don de la statue", poursuit le curé. "Elle était aussi célébrée avec beaucoup d'ardeur alors en plein air avec un autel placé devant la basilique, car il y avait une foule immense."

    Une couronne faite de bijoux de pèlerins

    "Il y a plusieurs célébrations avec 2 grands moments", poursuit Van Hilst. "Il y aura beaucoup de célébrations autour du début, l'anniversaire lui-même le 25 août avec un festival folklorique. Samedi et dimanche, il y aura des célébrations avec une procession et la présence des évêques, et le cardinal sera également présent. Et un deuxième grand moment est celui où nous couronnerons à nouveau la statue. La couronne est composée de joyaux qui ont été donnés à Marie par des pèlerins au fil des ans. Le même montant que nous avons dépensé pour cette couronne, nous voulons aussi le donner à la banque alimentaire. Parce que Marie est aussi un refuge pour les pauvres", conclut le prêtre.

  • Monseigneur Laurent Ulrich, nouvel archevêque de Paris : pour la paix ou la guerre liturgique ? le dossier brûlant attend le nouvel archevêque…

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    Lu sur le site web « Paix liturgique » :

    Mgr.Laurent_Ulrich.jpg« La nouvelle est donc tombée : Mgr Laurent Ulrich, 71 ans en septembre, archevêque de Lille, après avoir été archevêque de Chambéry, devient archevêque de Paris, Mgr Aveline, archevêque de Marseille, ayant semble-t-il refusé la charge. Il sera « installé » à Saint-Sulpice le 24 mai.

    Cet homme de Bourgogne est plutôt distant et réservé comme un homme du Nord qu’il est devenu. Sensible cependant et sachant manifester de l’empathie, ce prélat intelligent, se sait depuis toujours destiné à de hautes fonctions. S’il a été un temps vice-président de la Conférence des Evêques de France, il est clair qu’il s’en voit le président. Il est bien possible aussi que, si le présent pontificat se prolonge suffisamment, il puisse recevoir la barrette rouge d’un pape qui l’apprécie.

    Car cet homme d’allure classique, mais qui n’a rien d’un traditionnel, est parfaitement dans la ligne du pontificat bergoglien. A Lille, où il était sur le siège qui fut occupé par Mgr Vilnet et Mgr Defois, il est entouré d’un clergé du Nord plus progressiste que lui, au sein duquel il a d’ailleurs eu à gérer trois grosses affaires de mœurs. Mais il entend qu’on sache quelle est sa ligne : accueil des migrants, proximité des pauvres, sur laquelle il est concurrencé par Marine Le Pen. On cite le fait qu’il a exigé d’un jeune diacre qui portait la soutane qu’il veuille bien l’abandonner.

    Bon administrateur, il gère avec prudence, évitant « les histoires », détestant le bruit et la fureur, sachant faire avancer des collaborateurs en guise de « fusibles ».

    La fin de l’ère Lustiger

    Sa nomination à Paris marque la fin d’une époque. Dans nos Lettres 848 et 850 de février 2022, nous exposions les plaies et bosses qui affectent aujourd’hui le diocèse de Paris après la carbonisation du pontificat Aupetit. Il était clair, disions-nous, que ce diocèse traumatisé allait changer de mains : après avoir été gouverné et profondément formaté depuis le début des années 80 du siècle dernier par la personnalité du cardinal Lustiger et de ses successeurs le cardinal Vingt-Trois et Mgr Aupetit, il devenait très probable que le Pape allait profiter de l’occasion pour clore cette ère Lustiger, « cléricale » et arrogante selon ses critères de jugement. C’est bien ce qui arrive : le siège parisien échappe à Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims, président de la Conférence des Évêques, désigné de longue date par les fées lustigériennes pour continuer une lignée épiscopale parisienne presque aussi durable que celle des Gondi aux XVIe et XVIIe siècles.

    Mgr Ulrich aura donc à gérer l’héritage difficile que laisse Mgr Michel Aupetit. Il lui faudra restaurer la confiance avec ses subordonnés et son clergé : l’ancien archevêque, homme d’un caractère difficile et cassant avec ses subordonnés, avait vu deux de ses vicaires généraux¸ Alexis Leproux et Benoist de Sinety, claquer la porte et démissionner à quatre mois d’intervalle. Du jamais vu. Benoist de Sinety était d’ailleurs parti dans le diocèse de Lille, où Mgr Ulrich lui avait confié la grosse paroisse lilloise de Saint-Eubert.

    Michel Aupetit avait frappé de tous côtés ; A gauche, Michel Aupetit avait liquidé violemment la communauté progressiste de Saint-Merry. A droite, il avait géré sans aucun dialogue le renvoi du directeur du lycée Saint-Jean-de-Passy. Et puis aussi, il avait tranché dans la liturgie traditionnelle.

    Les injustices et violences vis-à-vis de la messe traditionnelle à réparer

    Bizarrement, l’archevêque Aupetit, alors qu’il avait bénéficié au début de son mandat de l’opinion favorable du monde traditionnel qui appréciait ses prises de position morales courageuses, se l’était mis à dos en interprétant lourdement le motu proprio Traditionis custodes.

    De manière violente, il avait supprimé deux messes dominicales traditionnelles officielles dans deux paroisses populaires, à Saint-Georges de La Villette et à Notre-Dame du Travail, deux paroisses ou la liturgie traditionnelle était célébrée par le curé lui-même ou par un vicaire de la paroisse . De même avait-il supprimé toute une série de messes de semaine officielles, notamment celle très suivie de Saint-François-Xavier, où un public de jeunes nombreux se retrouvait tous les mercredis, et encore celle du lundi à Sainte-Clotilde.

    Il avait en outre réservé le droit de célébrer les messes qu’il conservait (Saint-Roch, Saint-Eugène, Sainte-Odile, ND du Lys, Sainte-Jeanne de Chantal) uniquement à des prêtres bi-ritualistes diocésains expressément désignés par lui.

    Dans cette affaire, Mgr Philippe Marsset, le « bras gauche » de Mgr Aupetit, a joué un rôle très néfaste. Philippe Marsset est en effet connu pour son hostilité à cette liturgie depuis l’époque de Summorum Pontificum, où curé de la grosse paroisse Saint-Pierre-de-Montrouge, dans le XIVème arrondissement, il avait tenté de réduire à un ghetto le groupe important qui demandait la célébration d’une messe. Et depuis le départ de Mgr Aupetit, il maintient la ligne du refus de tout accommodement à Sainte-Clotilde, à ND du Travail, à Saint-François-Xavier.

    Ces injustices incompréhensibles ont d’ailleurs déclenché des manifestations de protestation qui durent toujours :

    - Le mercredi à 17h, un chapelet récité dans l’église Saint Georges de La Villette

    - Le mercredi à 19h15, un chapelet itinérant partant de Saint François Xavier et se rendant à N.D. du Lys

    - Le dimanche à 18h, un chapelet devant N.D. du Travail

    - Et les lundis, mardis et jeudis de 13h à 14h, une présence des veilleurs devant les bureaux de l’archevêché, rue du Cloître-Notre-Dame

    Ces manifestations s’ajoutant à celle « célébrée » tous les samedis de midi à 12h 45, devant la nonciature apostolique, avenue du Président-Wilson.

    En attente de la pacification liturgique

    A Lille, Mgr Ulrich, après une période de distance froide, a dégelé ses rapports avec l’ICRSP desservant l’église Saint-Etienne à Lille et la chapelle ND de Fatima à La Chapelle d’Armentières.

    Lors de la survenance de Traditionis custodes, Mgr Ulrich (et surtout son conseil) a (ont) voulu réduire le nombre des messes  traditionnelles célébrées dans ces lieux. Des négociations s’en suivirent, dans lesquelles le P. de Sinety, sur la paroisse duquel se trouve Saint-Etienne, a joué un rôle important de facilitateur. Et pour finir, Mgr Ulrich fit une déclaration pour dire que rien n’était changé…

    Il n’est d’ailleurs pas impossible que Benoist de Sinety revienne à Paris pour seconder le nouvel archevêque dans sa difficile mission de réconciliation. Notamment de réconciliation et de paix avec les fidèles de la liturgie traditionnelle, fort nombreux à Paris et qui, en quelque sorte l’attendent de pied ferme, non seulement dans les lieux où les messes ont été supprimées, mais aussi sur la question des sacrements autres que la messe, à savoir essentiellement la question brûlante de la célébration de la confirmation dans le rite traditionnel.

    L’attente de cette part vivante et agissante du troupeau parisien sera-t-elle remplie ? Elle est prête en tout cas à faire entendre sa voix. »

    Ref. Monseigneur Laurent Ulrich, nouvel archevêque de Paris : pour la paix ou la guerre liturgique ? le dossier brûlant attend le nouvel archevêque