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Débats - Page 241

  • "Il n’est pas dans la mission du médecin de donner la mort"

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    De Gènéthique magazine :

    (France) « Il n’est pas dans la mission du médecin de donner la mort » : l’Académie nationale de médecine prend position sur la fin de vie

    8 Juil, 2021

    « L’Académie Nationale de Médecine (ANM), de longue date très impliquée dans la réflexion sur la fin de vie, a toujours affirmé qu’il n’est pas dans la mission du médecin de donner la mort. » Alors que le Comité consultatif national d’éthique a annoncé il y a 15 jours la création d’un groupe de travail sur la fin de vie (cf. Le CCNE annonce la création d’un groupe de travail sur la fin de vie), l’ANM prend position dans un communiqué.

    Le retour du serment d’Hippocrate ?

    « On ne peut occulter la réelle souffrance des soignants de passer du soin à l’aide active à mourir », souligne l’Académie qui rappelle que deux propositions de loi relatives à « l’aide active à mourir » ont été récemment discutées par les parlementaires (cf. La PPL Falorni tombe en désuétude – le spectacle exagéré des promoteurs de l’euthanasie ; Le Sénat rejette l’euthanasie, le gouvernement fait des annonces). Des propositions qui prétextaient un soutien populaire. Pourtant l’institution estime que les citoyens méconnaissent les mesures en place, « ce qui, selon l’orientation des questions posées, biaise les sondages sur un sujet aussi sensible que le suicide assisté ou l’euthanasie ». Par ailleurs, il existe « une grande inégalité dans l’accès aux soins palliatifs de fin de vie », estime la société savante.

    En conséquence, avant d’envisager l’adoption de nouvelles dispositions législatives, l’Académie nationale de médecine recommande « une application enfin effective du dispositif existant » qui passe, selon elle, par « une formation approfondie sur la fin de vie » pour les professionnels de santé, « une information objective et détaillée du public sur la législation en vigueur », et « une évaluation rigoureuse de l’application des dispositions en place ». Un travail auquel l’ANM se dit prête à contribuer.

    Appliquer le « dispositif existant ». Avec quelles conséquences ?

    Mais que signifie l’application du « dispositif existant » ? Selon la loi Claeys-Leonetti rappelle l’ANM, « toute personne a le droit d’avoir une fin de vie digne et accompagnée du meilleur apaisement possible de la souffrance ». Une « fin de vie digne et apaisée » qui « est assurée par la qualité de la prise en charge, par des soins palliatifs adaptés, et si besoin par une sédation proportionnée, voire dans certains cas profonde et continue “provoquant une altération de la conscience maintenue jusqu’au décès, associée à une analgésie et à l’arrêt de l’ensemble des traitements de maintien en vie », explicite l’Académie.

    « Cette sédation est possible pour le patient atteint d’une affection grave et incurable, dont le pronostic vital est engagé à court terme », précise l’institution. Mais l’application « effective » du « dispositif existant » a pourtant rendu possible qu’un homme, Vincent Lambert, soit « condamné, légalement, à mort, bien que non malade, ni en fin de vie, et alors que sa nutrition, certes artificielle, mais peu contraignante, ne posait aucun problème », rappelait le professeur Xavier Ducrocq, chef du Service de Neurologie du CHR de Metz-Thionville à l’occasion de son audition dans le cadre de l’examen de la proposition de loi d’Olivier Falorni le 24 mars (cf. Fin de vie : Olivier Falorni auditionne des experts avant l’examen de son texte [2/3]). Un homme qui « était sévèrement handicapé, d’un handicap stable », et qui, « bien que professionnel de santé », « n’avait pas exprimé de directives anticipées ».

    Alors que les patients atteints « de maladies neurovégétatives à évolution lente » sont clairement visés par le CCNE, les membres de l’Académie nationale de médecine ont aujourd’hui gardé le silence à leur sujet.

  • La virilité et la masculinité à l’aune d’une société marquée par un féminisme fort

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    Du site de l'Eglise catholique à Paris :

    Tu seras un homme de Martin Steffens - Les Editions du cerf

    « Le patriarcat est une mauvaise nouvelle pour l’homme lui-même »

    Philosophe, professeur, Martin Steffens a publié en mai dernier Tu seras un homme (éd. du Cerf). Tiré d’un ouvrage initialement écrit il y a sept ans avec la philosophe Chantal Delsol, il réinterroge la virilité et la masculinité à l’aune d’une société marquée par un féminisme fort. Ses explications alors que l’Année saint Joseph convoquée par le pape se poursuit jusqu’en décembre.

    Martin Steff ens est philosophe et professeur de philosophie.

    Martin Steffens est philosophe et professeur de philosophie.

    © Philippe Courqueux

    Paris Notre-Dame – En analysant une « crise de la masculinité », vous prenez un peu le contre-pied de notre société qui, actuellement, souligne beaucoup la difficulté d’être femme. Pourquoi ?

    Martin Steffens – Cela n’empêche pas que la femme est, de nos jours, confrontée à des difficultés, à de grands défis. Elle prend aussi sa revanche contre le patriarcat. Mais l’une des façons de s’opposer au patriarcat s’est traduite en termes de rapports de force. Nous pouvons ainsi observer chez certaines féministes quelque chose qui veut vaincre l’homme. Ce rapport de force en vient à s’exprimer en termes de droits, comme la PMA pour toutes. Dans ce contexte, la grande question pour un homme, à l’heure où celui-ci « ni ne chasse ni ne fait la guerre », est « à quoi je sers ? ». Il y a une perte de l’évidence du rôle de l’homme. Comme si, d’ailleurs, le surinvestissement sur l’homme depuis toujours, cachait, en fait, sa possible inutilité. Par ailleurs, si l’homme, par nature, est un dominateur comme l’écrivent certaines féministes, il devrait toujours s’excuser d’être homme. Un collègue me confiait récemment observer, dans sa classe, de plus en plus de garçons renoncer à être des garçons, même physiquement. Ils ont envie d’être des « gens biens ». Or, si être un garçon, c’est être de facto un dominateur historique, voire biologique, ils préfèrent envoyer un signe de paix et s’annuler comme hommes.

    P. N.-D. – Il y aussi cette tentation, vous l’écrivez, de se rigidifier. Certains hommes se rassureraient ainsi en se réfugiant dans des idées, des valeurs très rigides…

    M. S. – C’est une réaction naturelle. Quand vous recevez un coup, votre muscle se raidit. Je crois que l’effet est même pire que la cause. L’homme est un être profondément non suffisant. Comme le disait Chantal Delsol, le patriarcat est une mauvaise nouvelle pour les hommes eux-mêmes. C’est trop de pression. Les milieux 100% masculins où règnent la rivalité, sont très malsains, très durs. Par ailleurs, avec l’homme, comme avec la femme, il n’y a pas de beauté intrinsèque. C’est un peu comme dans la Trinité. Pour regarder le Père, il faut regarder le Fils, avec l’Esprit Saint. Quand on regarde l’homme, on est tout de suite invité à observer, y compris dans son corps, qu’il est une adresse à l’autre.

    P. N.-D. – Vous montrez aussi que l’émancipation féminine demande à l’homme d’être vraiment homme, à l’image de saint Joseph. Vous parlez d’un moment « passionnant », d’une chance. Pourquoi ?

    M. S. – La figure de saint Joseph est très belle parce qu’elle est une figure d’une force silencieuse, loin d’une force volcanique. Il y a finalement quelque chose qu’on ignore dans la virilité. Elle n’est pas tant quelque chose qui fait que quelque chose qui rend possible. Ce n’est pas la force flamboyante d’un éclat comme on peut l’attendre de l’exploit d’un héros, mais l’action discrète de rendre possible qu’une grossesse soit menée à terme par exemple. Être à la maison, s’occuper des enfants, sont aussi des lieux où il faut prendre des décisions très fortes, où il faut rassurer. Personnellement, j’apprends beaucoup en étant ce qu’on appelle « un nouveau papa », y compris dans la capacité à prendre des décisions, à défendre avec justice tel enfant humilié par son professeur. Cette « crise de la masculinité » est une opportunité pour l’homme de choisir la vie. Pour ne pas céder à la tentation de rester au seuil de la vie, de rester, dans ce que Kierkegaard appelle le stade esthétique – en menant par exemple des expériences amoureuses brèves mais intenses – mais d’entrer dans le stade éthique – en osant des expériences concrètes et constructives.

    Propos recueillis par Isabelle Demangeat @LaZaab

  • Des groupes catholiques critiquent le rapport sur l'avortement soutenu par le Parlement européen

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    De Catholic News Agency :

    Des groupes catholiques critiquent le rapport sur l'avortement soutenu par le Parlement européen

    6 juillet 2021

    Une alliance internationale de groupes catholiques a critiqué un rapport adopté par le Parlement européen affirmant que l'avortement est un "droit humain".

    Dans une déclaration commune publiée avant le vote du mois dernier, 14 organisations ont déclaré qu'elles étaient unies dans la défense de la vie humaine, de la conception à la mort naturelle.

    "L'avortement élimine une vie humaine innocente et a de graves conséquences physiques et psychologiques pour les femmes qui le subissent, ainsi que des conséquences néfastes pour ceux qui se le procurent", indique la déclaration du 23 juin, publiée par les participants aux groupes d'experts thématiques sur la famille, la santé et les droits de l'homme du Forum des organisations d'inspiration catholique.

    "En outre, cette proposition porterait atteinte au droit à l'objection de conscience, qui est essentiel au véritable progrès et à l'égalité dans nos sociétés."

    La déclaration a été signée par des organismes tels que la Fédération mondiale des associations médicales catholiques (FIAMC), MaterCare International (MCI), un groupe d'obstétriciens et de gynécologues catholiques dont le siège est au Canada, la Communauté du pape Jean XXIII (APG23), basée à Rimini, en Italie, et Femina Europa, une ONG fondée à Paris, en France.

    Les membres du Parlement européen, l'organe législatif de l'UE, ont voté le 24 juin par 378 voix pour et 255 contre, avec 42 abstentions, pour adopter le texte connu sous le nom de rapport Matić.

    En plus de décrire l'avortement comme un service de santé "essentiel" et de redéfinir l'objection de conscience comme un "refus de soins médicaux", le rapport déclare que les violations de "la santé et des droits sexuels et reproductifs" sont "une forme de violence contre les femmes et les filles."

    Un certain nombre d'évêques européens ont déploré le résultat du vote, notamment l'archevêque Stanisław Gądecki, président de la conférence épiscopale polonaise, l'archevêque Franz Lackner, président de la conférence épiscopale autrichienne, et l'évêque irlandais Kevin Doran.

    "Je suis profondément attristé par la résolution du Parlement européen qui appelle à la possibilité de tuer les enfants à naître", a écrit Gądecki sur son compte Twitter le 24 juin.

    "La culture de la vie envisagée par les pères fondateurs de l'UE se transforme en une culture de la mort et de l'exclusion, l'idéologie prenant le pas sur la raison."

    Le Forum des organisations d'inspiration catholique, basé à Rome, en Italie, a été formé en 2007 par environ 90 ONG d'inspiration catholique ayant un statut consultatif auprès des institutions intergouvernementales. Aujourd'hui, il rassemble plus de 120 groupes.

    Dans la déclaration commune, les 14 organisations ont déclaré : "Nous appelons à la défense du droit à la vie des plus vulnérables de nos sociétés, de la santé intégrale de nos femmes et de nos familles, et des droits de conscience des professionnels de santé."

  • Slovénie, Hongrie, Pologne : Bruxelles veut la tête des gouvernements chrétiens

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    De Luca Volontè sur La Nuova Bussola Quotidiana :

    SLOVÉNIE, HONGRIE, POLOGNE
    Bruxelles veut la tête des gouvernements chrétiens

    8-7-2021

    Les nations chrétiennes dans le collimateur, les envies de guillotine explosent à Bruxelles. Le Premier ministre slovène propose-t-il de restaurer les valeurs originelles de l'UE et de préserver l'autonomie nationale ? Des accusations d'autoritarisme sont immédiatement lancées. La Hongrie d'Orban et la Pologne conservatrice sont attaquées, la première surtout à cause de la loi anti-pédophilie.

    Les nations chrétiennes dans le collimateur, les envies de guillotine explosent à Bruxelles. Le Premier ministre slovène a présenté, mardi 6 juillet, les priorités du semestre au cours duquel il dirigera l'Europe dans la matinée d'hier en déclarant : " pour nous, Slovènes, le retour à l'Europe a coïncidé avec un retour aux valeurs de la démocratie et de la liberté... aujourd'hui, l'UE est différente de celle dans laquelle nous sommes entrés... ". nous devons revenir à une vision à long terme, en revenant aux valeurs de nos pères fondateurs et en créant une Europe en paix avec elle-même ... les critères transparents et compréhensibles pour tous les citoyens de l'État de droit (protéger les droits de l'homme et la liberté d'expression) ... la dignité de chaque individu dont découlent les droits humains fondamentaux... nous devons comprendre que si nous parlons d'État de droit, ce sont les systèmes nationaux indépendants qui doivent décider de ce qui est bien et de ce qui est mal, et non les majorités politiques, l'indépendance du pouvoir judiciaire est nécessaire ainsi que la liberté des médias avec la lutte contre les " fake news "... Tout cela sera discuté le 23 août, lors de la Conférence sur la mémoire du totalitarisme en Europe.

    Les socialistes, les libéraux, les verts et les gauchistes, dont les partis frères slovènes sont dans l'opposition, n'ont pas manqué l'occasion d'accuser le Premier ministre Jansa et son gouvernement de vouloir conditionner la liberté des médias et du système judiciaire et l'ont appelé à aborder et à résoudre les questions et les critères relatifs à l'"État de droit". Lors de la conférence de presse qui a suivi le débat, le Premier ministre Jansa est revenu sur les valeurs et l'État de droit, rappelant qu'"il existe des valeurs très claires dans le traité de Lisbonne et des mécanismes tout aussi clairs de vérification et de sanction, par des organes indépendants, pour les pays qui violent ces valeurs". Enfin, la clarté et la fermeté, mais hier, lors des débats au Parlement sur le Conseil européen et celui qui a suivi sur l'État de droit en Hongrie et en Pologne, il y a eu un degré inquiétant d'animosité de la part de la Commission, de la présidence du Conseil et du Parlement. Lors du premier débat, au lieu de présenter les décisions et les évaluations de la réunion du Conseil sur l'immigration, la Russie, la Turquie et le marché unique, tant Mme Von der Leyen que M. Michel ont utilisé la plate-forme pour attaquer la Hongrie de M. Orban sur la loi anti-pédophilie sans aucun respect institutionnel. Les socialistes, les libéraux, les gauchistes et les verts étaient tous d'accord, le Parti populaire a parlé des relations avec la Russie, et seuls les groupes identitaires et les conservateurs ont dénoncé la honte d'un débat au Conseil qui ne portait au contraire que sur la loi anti-pédophilie de la Hongrie.

    Plus tard dans la journée, le débat qui a suivi sur "l'État de droit en Hongrie et en Pologne" a été une nouvelle occasion pour la commissaire Vera Jurova de montrer sa haine pour ces deux pays : "nous évaluons, mais nous n'hésiterons pas à intervenir". Ce que la Commission a dit toute la journée d'hier est faux : la violation de l'article 21 de la Charte de Nice n'existe pas. Dans l'ensemble de la Charte et dans cet article, la "non-discrimination" ne concerne que : "... le sexe, la race, la couleur, les origines ethniques ou sociales, les caractéristiques génétiques, la langue, la religion ou les convictions, les opinions politiques ou toute autre opinion, l'appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance, le handicap, l'âge ou l'orientation sexuelle". L'orientation sexuelle est très différente des doctrines sur l'identité de genre et l'orientation sexuelle" énoncées par la Commission européenne.

    Ces derniers jours, Orban et la Hongrie ont été soumis non seulement à la fureur institutionnelle de Bruxelles, mais aussi aux attaques des médias et du Conseil de l'Europe. Lundi 5, les pages de nombreux journaux européens ont publié des extraits du dernier rapport de Journalistes sans frontières, qui place Orban, ainsi que les chefs d'État avec lesquels l'Europe entière fait des affaires depuis des décennies, parmi les "prédateurs" de la liberté de la presse. Dommage que les dirigeants de l'opération soient très clairs, parmi les bailleurs de fonds de l'organisation on trouve l'Agence suédoise des affaires étrangères (SIDA), le ministère des affaires étrangères et de nombreuses agences culturelles du gouvernement français, le département anglais du développement étranger, la fondation Ford et la fondation Open Society de George Soros qui soutient l'organisation des journalistes avec des centaines de milliers d'euros par an. Après la révélation du mystère par la ministre hongroise de la Justice Judit Varga, la presse hongroise a fait état, mardi 6 juillet, de l'"avis" de la Commission de Venise (organe international du Conseil de l'Europe qui garantit aux États un "soutien constitutionnel") sur les réformes constitutionnelles approuvées en décembre dernier, dont la plupart concernent "la famille, le mariage, les parents de sexe masculin et féminin et la sexualité biologique des personnes". Le texte de l'"avis" approuvé les 2 et 3 juillet derniers, tout en reconnaissant la compétence nationale dans les domaines de la famille, de l'éducation et de la protection de l'enfance, critique le fait qu'il n'y ait pas eu de consultations publiques, d'implication des oppositions et met en garde contre de possibles violations de la Convention européenne des droits de l'homme. L'intrigue est dévoilée : si les définitions constitutionnelles de la parentalité, du sexe biologique, etc. étaient contraires à la Charte européenne, la voie serait ouverte plus facilement à des sanctions européennes contre la Hongrie pour violation des valeurs et de la non-discrimination.

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  • Le Saint-Siège prend la défense du rôle des parents dans l’éducation des enfants

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    De Marina Droujinina sur zenit.org :

    Le Saint-Siège défend le rôle des parents dans l’éducation des enfants 

    Ne pas opposer les «droits des parents» aux «droits des enfants»

    La délégation de la Mission permanente du Saint-Siège a participé à la 47e session du Conseil des droits de l’homme, le 2 juillet 2021, à Genève et s’est prononcée sur le rapport qui « aborde deux défis distincts, à savoir l’intelligence artificielle et la vie privée et, également, la vie privée des enfants ».

    Le Saint-Siège souligne qu’« une approche qui embrasse et soutient le rôle constructif … des parents dans la protection et l’éducation de leurs enfants » est nécessaire.

    La délégation exprime « sa profonde préoccupation face à l’approche négative adoptée par le Rapporteur spécial dans laquelle les droits de l’enfant s’opposent aux droits et responsabilités légitimes des parents ».

    Un système « qui traiterait les droits de manière abstraite, séparé des valeurs préexistantes et universelles, risque de saper leur raison d’être », souligne la délégation du Saint-Siège. « En d’autres termes, les enfants ont besoin de leurs parents. Les parents sont essentiels à leur développement humain intégral, les guidant à mesure qu’ils grandissent tant dans leur autonomie personnelle que dans leur responsabilité au sein de la famille. »

    Le Saint-Siège affirme que « la valeur fondamentale qui sous-tend les droits de l’enfant est le développement sain, holistique et intégral de l’enfant ». Le développement authentique « doit prendre en compte toutes les dimensions de la personne humaine, y compris les niveaux intellectuel, émotionnel, spirituel et moral ». C’est pourquoi la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE), « reconnaît que les parents ont des responsabilités particulières, des droits et des devoirs, d’une manière compatible avec l’évolution des capacités de l’enfant, de fournir une orientation et des conseils appropriés dans l’exercice des droits reconnus dans la CDE, y compris le droit à la vie privée ».

    Il s’agit aussi de la sécurité numérique des enfants : « Il est de la plus haute importance d’aborder plus efficacement la protection de la dignité des enfants dans le monde numérique, lit-on, un effort qui appelle une véritable coopération et un engagement ferme de la part de chaque membre de notre société, des entrepreneurs aux éducateurs et surtout aux parents. »

    La capacité des parents « à surveiller et contrôler l’utilisation des appareils électroniques par les enfants – loin d’être une violation du droit à la vie privée des enfants – est un moyen essentiel de promouvoir et de protéger leur dignité et leurs droits », souligne le texte.

    Le Saint-Siège conclut « que le droit international ne reconnaît pas un soi-disant droit à ‘l’information et aux services sexuels en matière de reproduction’, ce qui implique l’accès aux services d’avortement et de planification familiale ».

    En outre, la « notification et/ou consentement parental obligatoire pour les contraceptifs prescrits et l’avortement ne constitue pas une atteinte au droit à la vie privée, mais plutôt le droit et le devoir du parent dans son évaluation du meilleur intérêt de leurs enfants ».

  • Contre-ordre, il n’y a pas de guerre pour ou contre la communion à Biden. Ce sont les évêques qui le disent

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    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso, en traduction française sur Diakonos.be :

    Contrordre, il n’y a pas de guerre pour ou contre la communion à Biden. Ce sont les évêques qui le disent

    Il aura suffi que le Pape François rencontre au Vatican le 28 juin le secrétaire d’État américain Antony J. Blinken pour raviver une fois encore – et ce ne sera pas la dernière – la virulente polémique sur le refus ou non de la communion eucharistique au président Joe Biden et à d’autres politiciens qui, comme lui, sont à la fois catholiques et « pro choice ».

    La chronologie de cette interminable polémique – qui remonte en fait à 2004 – a été résumée et détaillée sur Settimo Cielo fin mai, peu avant que l’assemblée plénière des évêques des États-Unis ne se réunisse pour délibérer afin de décider s’il fallait ou non procéder à la rédaction d’un document collectif sur le sacrement de l’Eucharistie.

    Le camp du oui en faveur de la rédaction d’un tel document a récolté 168 voix, bien plus que les 55 voix contre. Et ce vote a été compris presque universellement comme la victoire de ces évêques qui, dans le futur document, prévu pour novembre, pourraient faire éclater en forme explicite et officielle le refus de la communion à Biden et à d’autres politiciens catholiques pro-avortement.

    En réalité, ce n’est pas comme cela que les choses se présentent. Le 21 juin, une semaine avant que Blinken ne rencontre le Pape, le site officiel de la conférence des évêques catholiques des États-Unis a déclaré noir sur blanc que le futur document ne contiendra en rien cette sanction disciplinaire que tous semblent vouloir ou craindre. Mais en vain, puisque la polémique s’est poursuivie dans les médias du monde entier – sauf rares exceptions – comme si rien n’avait été éclairci.

    On trouvera ci-dessous dans son intégralité la note de la conférence épiscopale, sous forme de questions-réponses.

    Mais il est tout d’abord utile de préciser certains éléments-clés mis en lumière dans cette même note.

    Le premier, c’est que la motivation première du futur document sur l’Eucharistie n’est pas la sanction à appliquer ou pas aux politiciens tels que Biden mais bien l’exigence bien plus fondamentale de « raviver la foi eucharistique dans notre pays ».

    Ce n’est en effet un mystère pour personne que la foi dans ce sacrement, défini par Vatican II comme étant « le sommet et la source » de la vie chrétienne, est aujourd’hui en danger, et pas seulement aux États-Unis. La fréquentation des fidèles à la messe dominicale chute et la foi en la présence réelle du Christ dans le pain et le vin consacrés se fragilise.

    D’où la volonté de la conférence épiscopale de lancer un « projet de renaissance eucharistique s’étalant sur plusieurs années », dont le prochain document devrait fournir la trame.

    Deuxièmement, s’il est vrai que ce document comprendra une section sur la « responsabilité de chaque catholique » d’être cohérent « avec la vérité, la bonté et la beauté de l’Eucharistie », cette section – assure la note – ne sera pas « de nature disciplinaire » et « ni visera aucun individu ou classe de personne ».

    Troisièmement, aucune « ligne directrice commune nationale pour refuser la communion à certains politiciens » ne sera donnée, et cette option ne sera jamais mise au vote.

    Quatrièmement, en décidant de rédiger ce document sur l’Eucharistie, la conférence épiscopale américaine n’a désobéi à aucun véto du Saint-Siège.

    Il s’agit d’une allusion à la lettre que le cardinal Luis F. Ladaria, le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a envoyée le 7 mai dernier au président de la Conférence épiscopale américaine José H. Gómez, l’archevêque de Los Angeles.

    Et en effet, cette lettre – reproduite intégralement sur Settimo Cielo tout comme la précédente et similaire note du cardinal Joseph Ratzinger de 2004 – mettait en garde les évêques des États-Unis contre la tentative de décider collectivement d’un éventuel refus de la communion eucharistique aux politiciens catholiques « pro choice ». Tout en n’excluant pas que chaque évêque puisse poser un « jugement prudentiel » en la matière, avec ses propres fidèles.

    Cela pourrait par exemple être le cas de l’intransigeant archevêque de San Francisco, Salvatore Cordileone, dont le diocèse abrite la présidente du Congrès Nancy Pelosi, catholique et « pro choice ».

    Mais c’est déjà comme cela que la controverse s’était conclue en 2004 : la conférence épiscopale s’était à l’époque bornée à appeler les catholiques à la cohérence entre vie et foi tout en laissant à chaque évêque la responsabilité du jugement pratique sur les personnes. Depuis Rome, Ratzinger avait totalement approuvé ce choix.

    Et aujourd’hui encore, tout laisse à penser que cette controverse s’achèvera de la même manière. Comme demandé par Rome et comme la conférence épiscopale des États-Unis l’a déjà assuré par écrit dans la note qui suit.

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  • Port du voile : faut-il faire évoluer des valeurs fondamentales au nom de l’évolution démographique ?

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    Du site de 7 sur 7 :

    “Comment décline-t-on la séparation de l’Église et de l’État avec un changement démographique?”: la sortie d’Ihsane Haouach fait bondir le MR et DéFi

    Les propos d’Ihsane Haouach, commissaire du gouvernement auprès de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes, tenus dans le journal Le Soir ce week-end, ne passent pas auprès du MR et de DéFi. Les deux partis, favorables à une neutralité exclusive, comptent interpeller la Secrétaire d’État à l’Égalité des chances Sarah Schlitz.

  • Jean Paul II avait raison : Il n'y a pas de liberté sans vérité

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    De Monika Jablonska sur le National Catholic Register :

    Jean Paul II avait raison : Il n'y a pas de liberté sans vérité

    "Il ne peut y avoir d'État de droit (...) que si les citoyens et surtout les dirigeants sont convaincus qu'il n'y a pas de liberté sans vérité." Le pape Jean-Paul II

    4 juillet 2021

    L'homme est appelé à la liberté et à la vérité. La vérité est donnée à l'homme comme un fondement inébranlable. "Alors seulement, il pourra se réaliser pleinement et même se dépasser." Il n'y a pas de liberté sans vérité. Les deux sont des phénomènes intégrés, fondus en un seul.

    La splendeur de la vérité resplendit dans toutes les œuvres du Créateur et, de façon particulière, dans l'homme, créé à l'image et à la ressemblance de Dieu (Genèse 1, 26). Selon Karol Wojtyła, "la vérité éclaire l'intelligence de l'homme et façonne sa liberté, en le conduisant à connaître et à aimer le Seigneur." 

    Seule la liberté issue de la vérité engendre le bien. Sinon, la liberté peut être une force du mal car elle dégénère en licence. Telles sont mes réponses à deux questions fondamentales : Qu'est-ce que la liberté ? La liberté peut-elle exister sans la vérité ?

    Selon Aristote, "la liberté est une propriété de la volonté qui se réalise par la vérité. La liberté est donnée à l'homme comme une tâche à accomplir". L'auto-réalisation de la liberté humaine dans la vérité commence dans "l'expérience du sujet moral." Saint Thomas d'Aquin fait sien le système aristotélicien des vertus : prudence, justice, force d'âme et tempérance. "Le bien qui doit être accompli par la liberté humaine est précisément le bien des vertus". Mais saint Thomas fait un pas de plus et ajoute à la morale d'Aristote " la lumière qu'offre l'Écriture Sainte ". La plus grande lumière vient du commandement d'aimer Dieu et le prochain. Dans ce commandement, la liberté humaine trouve sa pleine réalisation."

    L'enracinement de la liberté dans la vérité a également été un thème central dans les écrits du pape saint Jean-Paul II. Le thème de la liberté humaine est au cœur de ses documents magistériels. Le pape l'a défini ainsi :

    "La liberté ne consiste pas à faire ce qui nous plaît, mais à avoir le droit de faire ce que nous devons". 

    " L'homme est appelé à la liberté ", a-t-il dit. Il entendait par là une liberté fondée sur des valeurs et des attitudes éthiques. La liberté repose également sur quatre fondements principaux : la vérité, la solidarité, le sacrifice et l'amour.

    La vérité : "Les libres forces créatrices de l'homme ne pourront se développer pleinement que si elles se fondent sur la vérité, qui est donnée à tout homme comme un fondement inébranlable. Ce n'est qu'à cette condition qu'il pourra se réaliser pleinement et même se dépasser. Il n'y a pas de liberté sans vérité."

    Solidaire : "La liberté vécue dans la solidarité s'exprime dans l'action pour la justice dans les domaines politique et social, et oriente le regard vers la liberté des autres. Il n'y a pas de liberté sans solidarité."

    Sacrifice : "La liberté est une valeur extrêmement précieuse, pour laquelle il faut payer un prix élevé. Elle exige de la générosité et une disposition au sacrifice ; elle exige de la vigilance et du courage face aux forces internes et externes qui la menacent. ... Il n'y a pas de liberté sans sacrifice."

    L'amour. "Laissez la porte ouverte en ouvrant vos cœurs ! Il n'y a pas de liberté sans amour".

    Karol Wojtyla connaissait le véritable prix de la liberté. Il a vécu sous la menace de mort des nazis, et a vu sa chère Pologne lutter sous les communistes. Il était donc l'un des plus puissants ambassadeurs de la liberté et de la vérité dans son propre pays et dans le monde entier. En 1996, le pape polonais a lancé un appel aux "nations qui se voient encore refuser le droit à l'autodétermination, ces nombreuses nations, et elles sont effectivement nombreuses, dans lesquelles les libertés fondamentales de l'individu, de la foi et de la conscience ainsi que la liberté politique ne sont pas garanties". Ainsi, le manque de vérité se traduit par un manque de liberté. 

    Dans sa première encyclique Redemptor Hominis, Jean-Paul II a cité les paroles du Christ sur la force libératrice de la vérité. Puis il a ajouté :

    "Ces paroles contiennent à la fois une exigence fondamentale et un avertissement : l'exigence d'un rapport honnête à la vérité comme condition d'une liberté authentique, et l'avertissement d'éviter toute liberté illusoire, toute liberté unilatérale superficielle, toute liberté qui n'entre pas dans la vérité entière sur l'homme et sur le monde." 

    En effet, étant donné le pluralisme, l'agnosticisme et le relativisme sceptique contemporains, l'avertissement de Jean-Paul II concernant la "crise de la liberté et de la vérité" sonne comme une prophétie. Il nous a mis en garde contre le fait que tout écart par rapport à la vérité entraîne une perte d'ancrage de la liberté et expose l'homme à la violence des passions et à la manipulation. 

    La crise contemporaine de la liberté est à la base une crise de la vérité. Dans Veritatis Splendor, Evangelium Vitae et ailleurs dans ses enseignements officiels, Jean-Paul II a affirmé que nier le lien entre liberté et vérité pouvait conduire au totalitarisme. Et dans Mémoire et identité, il a expliqué :

    "L'abus de la liberté provoque une réaction qui prend la forme d'un système totalitaire ou d'un autre. C'est la corruption de la liberté que nous avons connue au 20e siècle et dont nous connaissons un peu la forme aujourd'hui."

    À la suite d'Aristote, de saint Thomas d'Aquin et de Jean-Paul II, nous répétons qu'"il n'y a pas de liberté sans vérité". Il est clair que le lien entre la liberté humaine et la vérité est d'une importance capitale. Par conséquent, la compréhension de la pensée de nos philosophes et de la théologie de la vérité et de la liberté de Jean-Paul II dans le contexte individuel, social et politique nous aide à répondre correctement aux défis de l'époque actuelle. 

    C'est l'occasion de vous rappeler la parution de l'incontournable "Plaidoyer pour le Vrai" de Paul Vaute : voir Paul Vaute présente son livre "Plaidoyer pour le Vrai"

  • Une brève histoire des catholiques traditionnalistes...

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    ... est retracée par Yves Chiron sur le site de la Nef :

    Brève histoire des traditionalistes

    L’histoire du traditionalisme ne commence pas avec le concile Vatican II. On pourrait remonter à la célèbre exhortation du pape saint Pie X dans la Lettre apostolique condamnant le Sillon, en 1910 : « Les vrais amis du peuple ne sont ni révolutionnaires ni novateurs mais traditionalistes. » Mais depuis le concile Vatican II, le traditionalisme a pris des visages nouveaux et très diversifiés.

    Le terme lui-même est contestable. La dénomination « catholique traditionaliste » est presque un pléonasme, tant il est vrai que tout catholique cohérent doit se reconnaître héritier de la Tradition. Le concile Vatican II (1962-1965), dans la constitution Dei Verbum, a rappelé que par la Tradition reçue des Apôtres « l’Église perpétue dans sa doctrine, sa vie et son culte et elle transmet à chaque génération, tout ce qu’elle est elle-même, tout ce qu’elle croit ».

    Lire la suite sur le site de La Nef

  • La chute de la natalité et celle à venir de la population mondiale représenteront le phénomène majeur du XXIe siècle

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    Du site "Pour une école libre au Québec" :

    « La planète va se vider de sa population, changeons nos idées reçues »

    Pour Darrell Bricker et John Ibbitson, la chute de la natalité et celle à venir de la population mondiale représenteront le phénomène majeur du XXIe siècle. L’enjeu majeur du XXIe siècle ne sera pas la surpopulation, mais le déclin de l’humanité. Dans le passionnant Planète vide (publié aux Arènes), les Canadiens John Ibbitson, grand journaliste au Globe and Mail (quotidien de tendance libérale et progressiste), et Darrell Bricker, PDG d’Ipsos Public Affairs, montrent que la natalité est déjà en chute libre sur presque tous les continents, et que cela aura des conséquences vertigineuses sur les plans géopolitique, économique ou de l’immigration. Depuis la parution de leur livre en 2019, les données ou l’épidémie du Covid-19 n’ont fait que confirmer cette thèse qui bouleverse toutes nos idées reçues. Extraits d’un entretien de ces deux auteurs paru dans L’Express.

    — Dans un monde moderne et technologique, n’avons-nous pas tendance à sous-estimer l’importance de la démographie ?

    Darrell Bricker — Comme l’a dit Auguste Comte, « la démographie, c’est le destin ». Plus jeune dans ma carrière, en tant que sondeur, j’ai sous-estimé son influence, en pensant que le plus important était les comportements et les opinions des personnes. Mais si vous changez la structure de la population, cela bouleverse tout. J’ai ainsi compris que Comte était en avance sur son temps. Un grand nombre d’événements historiques peuvent s’expliquer à travers la démographie. Pourquoi les pays font-ils la guerre ? Eh bien, il y a une forte corrélation entre le bellicisme d’une nation et le fait d’avoir une population jeune, à l’image de la France de Napoléon. [Voir Gunnar Heinsohn : jeunesse de la population et index de belligérance] Pourquoi y a-t-il aujourd’hui moins de conflits sur la planète ? Parce que nous n’avons plus autant de jeunes hommes pour combattre…

    — Vous rappelez par exemple que le conflit israélo-palestinien est aussi une bataille démographique, les deux populations ayant des taux de fécondité identiques et élevés de 3,1…

    D.B. — En plus, le taux naturel fait qu’il y a en moyenne près de 105 garçons qui naissent pour 100 filles. Quand une population a une moyenne d’âge peu élevée, cela renforce la frustration des jeunes hommes, comme on peut le voir en Palestine. Ce n’est bien sûr pas le seul facteur, mais c’est une des explications.

    Quant à Israël, il a le taux de fécondité le plus élevé des pays du monde développé, le double de la majorité des nations occidentales. C’est même le seul pays à ma connaissance qui a réussi à remonter ses taux de fécondité, passant de 2,70 enfants par femme au début des années 1990 à plus de 3 aujourd’hui. [Note du carnet : la fécondité en Algérie est passée de  2,4 enfants par femme en 2000 à 3,1 enfants par femme en 2015. Cela s’explique généralement par la réislamisation de la société alors que les conditions économiques ne sont, paradoxalement, pas améliorées pour former des ménages et accueillir plus d’enfants.] 

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  • "L’Union européenne ne s’assume pas comme puissance et se renie comme civilisation" (Boualem Sansal)

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    Du site du Figaro via artofuss.blog :

    Boualem Sansal: «Où va l’Europe?»

    TRIBUNE – Le grand écrivain algérien, réputé pour son indépendance d’esprit, et qui vit en Algérie envers et contre tout, est tourmenté par le destin du Vieux Continent. L’Union européenne ne s’assume pas comme puissance et se renie comme civilisation, juge-t-il.

    2 juillet 2021.

    Auteur de plusieurs dizaines d’ouvrages, Boualem Sansal a été révélé par Le Serment des barbares (Gallimard, 1999) et a ensuite publié, notamment, Le Village de l’Allemand ou Le Journal des frères Schiller (Gallimard, 2008), couronné par quatre prix, 2084. La Fin du monde (Gallimard, 2015), grand prix du roman de l’Académie française, et Le Train d’Erligen ou La Métamorphose de Dieu (Gallimard, 2019). Dernier roman paru: Abraham ou La Cinquième alliance (Gallimard, coll. «Blanche», 2020, 288 p., 21 €).


    Avant de chercher cela, demandez-vous d’abord: qui la pilote? Comme j’ai eu moi-même à le constater, vous ne tarderez guère, chers amis de là-bas, à découvrir que personne autour de vous ne le sait et ne sait même comment le trouver pour apprendre de lui ce qu’il voudra bien vous révéler: quel est son nom, qui l’a mandaté, où vous mène-t-on et s’il le sait lui-même, qu’il le dise: c’est quoi l’Europe et à quoi elle sert dans le schéma mondial dominé par l’équipe gagnante du millénaire, les onze vraies grandes puissances: les USA, la Chine, l’Allemagne, la Russie, le Royaume-Uni, Israël, la Turquie, l’Iran, le Qatar, l’Arabie, la Corée du Nord. La volonté de puissance et de domination est un cardinal essentiel de leur personnalité.

    Les questions sont ainsi, une fois lâchées, elles se hèlent les unes les autres avec une urgence fiévreuse dans le ton.

    À un certain niveau d’ignorance et de déception, on est condamné à imaginer le pire et le pire n’a pas de fin. Dans ce territoire perdu situé entre le Maroc et la Tunisie, d’où je vous adresse cette alerte, je peux vous le dire, le pire est passé par-là et n’a rien laissé derrière lui, rien. Chacun doit au moins savoir cela pour sa gouverne: c’est quoi, le pire chez lui et à quel stade il est?

    On peut en disputer encore et encore mais à un moment il faut s’arrêter et reconnaître la réalité: l’Europe a toutes les apparences d’une chose qui n’existe pas, n’a jamais existé, comme Europe, la déesse aux grands yeux de la mythologie grecque qui lui a donné son nom. Soit dit en passant, Arès, le dieu de la guerre, eût été tout désigné pour l’accompagner, il aurait transmis un peu de vigueur aux enfants de la belle. La guerre et la gloire, il n’y a que ça de vrai et tout l’art du guerrier est de ne la faire que pour gagner, et en cas de doute quant à son issue, la rendre impossible jusqu’à ce que le vent tourne à son avantage.

    C’est rageant de s’être tant questionné pour au final se voir moins avancé qu’au départ où au moins on avait des illusions et le plaisir d’y croire.Dans ce territoire perdu situé entre le Maroc et la Tunisie, d’où je vous adresse cette alerte, je peux vous le dire, le pire est passé par-là et n’a rien laissé derrière lui, rien. Chacun doit au moins savoir cela pour sa gouverne : c’est quoi, le pire chez lui et à quel stade il est ?

    Oublions cette Europe, la mythique, enlevée et abusée par Zeus puis offerte en cadeau de mariage à un mortel qui n’avait rien de fameux, le roi de Crète, et l’historique, trahie par les siens et livrée au moloch de Wall Street, et regardons un peu cette chose pénible, bien réelle elle, l’Union européenne, une colonie marchande inféconde, sans peuple ni mythologie mais avec un drapeau et un hymne, des institutions dans tous les coins et des démembrements à tous les étages, le tout actionné à hue et à dia par des officiers de la coloniale insipides et arrogants: «Je vous administre de loin, je n’ai pas à venir vous visiter et manger le même pain que vous.» Avez-vous entendu cela? Moi, si, et ça m’a rappelé un temps que les moins de 20 ans…

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  • Le message du président de la Conférence des évêques de France aux nouveaux prêtres de la Communauté Saint-Martin

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    De Famille Chrétienne :

    Ce que Mgr de Moulins-Beaufort a dit aux nouveaux prêtres de la communauté Saint-Martin

    Le président de la Conférence des évêques de France, Mgr de Moulins Beaufort, présidait pour la première fois la messe d’ordinations sacerdotales de la Communauté Saint-Martin à Evron. Il a adressé un message fort et exigeant aux 26 nouveaux prêtres de la communauté cette année.

    <p>Mgr de Moulins-Beaufort présidait la messe d'ordinations de 13 des 26 nouveaux prêtres de la communauté Saint-Martin à Evron, le 25 juin 2021. </p>

    Mgr de Moulins-Beaufort présidait la messe d'ordinations de 13 des 26 nouveaux prêtres de la communauté Saint-Martin à Evron, le 25 juin 2021. 

     - Communauté Saint-Martin, Facebook

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    Et d’ajouter : « ce qui me donne de l’espérance, c’est de voir que Dieu continue d’appeler et que des jeunes y répondent ! Dans notre société, chaque vocation est un miracle. » Et donc pour Saint-Martin, 26 miracles sur un total de 130 prêtres ordonnés cette année pour le pays.

    « Ne prétendez pas aimer mieux que les autres »

    L’archevêque de Reims ne s’est pas contenté de tresser des lauriers à cette communauté au succès florissant. Il a aussi lancé plusieurs défis à ses prêtres, souvent jeunes« Dieu nous oblige à vivre autre chose que ce que nous vivions naguère avec un curé dans chaque village. Les fidèles ne doivent pas s’imaginer que grâce à la Communauté Saint-Martin, nous allons revenir à l’époque d’un curé par village. Peut-être qu’on y reviendra plus tard, dans quelques années, et ça serait tant mieux ! Mais pour l’instant, il nous faut accepter que Dieu nous appelle à autre chose et que le ministère sacerdotal s’exerce différemment. »

    Dans son homélie du 24 juin, il a donné « une recommandation » aux 13 prêtres ordonnés (les 13 autres ont été ordonnés le 25 juin) : « Gardez vous de trop dire mes brebis, mes ouailles, mes fidèles, et pas davantage ma paroisse, car ce sont les brebis et les agneaux et les fidèles, et les frères et les sœurs de Jésus à qui vous êtes envoyés ou qui vous sont confiés. Et chacun réclame de vous un respect infini ». « Ne prétendez pas aimer mieux que les autres, acceptez que si les autres ne reçoivent pas Jésus, c’est que votre amour et celui de tous les chrétiens avec vous n’est pas assez vrai, assez patient, assez persévérant. » Mgr de Moulins Beaufort est revenu sur la mission particulière du prêtre dans les années à venir, éveillant au fait que les communautés vont changer : « De plus en plus, votre ministère sera un ministère d’accompagnement. » Dans son échange avec les séminaristes, il les a exhortés à « aller chez les gens », pour leur « redonner envie, plus tard, de revenir dans nos églises ». Comme remède face à l’orgueil, Mgr de Moulins-Beaufort les a exhortés à agir « avec les seuls moyens de Jésus ».

    Anticipant les découragements du sacerdoce, le président de la CEF a souligné : « Parfois, ne vous faites pas d’illusions. Vous chercherez à mesurer ce que vous avez fait, à vérifier votre existence, en tachant de prendre en mains ce que vous aurez créé, et vous souffrirez peut-être d’avoir bien peu à aligner à côté de ce que les humains autour de vous pourront présenter. […] Ne doutez pas que Dieu, lui, attend, espère, œuvre secrètement par son Esprit-Saint, et consentez que vos renoncements et les rebuffades que vous essuierez contribuent aussi, si vous les portez de bon cœur dans le Seigneur crucifié, à la percée qu’Il veut opérer dans les cœurs. »

    Quand accueillera-t-on des prêtres de la Communauté Saint-Martin en Belgique ? Cela dépend du bon vouloir de nos évêques qui feraient bien de s'inspirer de l'attitude de leurs homologues d'Outre-Quiévrain.