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Livres - Publications

  • Le génocide caché : la traite arabo-islamique

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    D'Anna Bono sur la NBQ :

    Le génocide caché : la traite arabo-islamique

    Le génocide voilé - 1

    Un véritable génocide occulté : pendant treize siècles, les colonisateurs arabo-islamiques d’Afrique ont déporté entre 12 et 18 millions d’habitants, les réduisant en esclavage. L’étude de l’anthropologue Tidiane N’Diaye paraît en Italie (parue en français précédemment). Un chapitre de l’histoire délibérément passé sous silence.

    29/08/2026

    On peut dire tout ce qu'on veut de mal sur notre civilisation en Italie, et même lorsque les accusations et les critiques sont infondées, ceux qui les formulent n'en subissent aucune conséquence, aucune responsabilité. Parler des défauts de l'Occident, en réalité, ouvre bien des portes. Critiquer d'autres cultures, en revanche, c'est comme s'aventurer en terrain miné. On risque des accusations, et des plaintes, de racisme, d'ethnocentrisme, d'islamophobie et, dans le cas du monde musulman, de fascisme. La délégitimation systématique de l'Occident, en cours depuis des décennies, exige que, par comparaison, nous ne parlions que positivement des autres cultures et sociétés, ou, si cela est impossible, que nous gardions le silence. 

    C’est pourquoi, par exemple, la traite négrière arabo-musulmane en Afrique est quasiment passée sous silence. L’éditeur Massari fait donc preuve de courage en décidant de publier l’ouvrage de Tidiane N’Diaye, « La traite négrière arabo-musulmane : treize siècles de racisme et d’extermination », paru ces dernières semaines. Cet éditeur courageux mérite nos remerciements, car c’est grâce à lui que l’Italie peut enfin prendre connaissance de ce chapitre profondément douloureux de l’histoire des peuples noirs et de l’humanité tout entière. 

    La traite négrière arabo-musulmane en Afrique s'est poursuivie sans interruption du VIIe au XXe siècle. Elle a réduit en esclavage et déporté entre 12 et 18 millions de personnes. Ce commerce s'effectuait selon deux routes : la route terrestre transsaharienne, acheminant les esclaves d'Afrique centrale et de l'Ouest vers l'Afrique du Nord, et la route maritime, des côtes de l'océan Indien vers le Moyen-Orient, la Perse et l'Inde.

    Cela a été rendu possible par un autre événement historique qui a été passé sous silence , voire nié : la colonisation arabo-musulmane du continent africain, qui a commencé peu après la mort du prophète Mahomet en 632. On croit généralement qu’il n’y a eu qu’une seule colonisation de l’Afrique, la colonisation européenne qui a eu lieu plusieurs siècles plus tard, et que la seule déportation d’Africains réduits en esclavage qui soit relatée et commémorée est la déportation transatlantique, qui a amené environ 12 millions d’Africains aux Amériques sur une période de quatre siècles, entre le XVIe et le XIXe siècle.

    En 2007, les Nations Unies ont institué la Journée internationale du souvenir des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique , célébrée chaque année le 25 mars. Pour marquer cette journée, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté cette année, par 123 voix pour, 3 contre et 52 abstentions, une résolution présentée par le Ghana reconnaissant la traite transatlantique comme « le crime le plus grave contre l’humanité ». Avant le vote, le président ghanéen John Mahama a déclaré : « Qu’il soit écrit pour l’avenir que nous avons agi conformément à la mémoire des millions de personnes qui ont subi l’indignité de la traite et de celles qui continuent de subir la discrimination raciale. L’adoption de cette résolution contribue à prévenir l’oubli et à lutter contre les séquelles persistantes de l’esclavage. »

    L’Assemblée générale a ainsi approuvé les demandes de réparation formulées par l’Union africaine et les pays des Caraïbes pour le préjudice causé par la traite des êtres humains, notamment la déportation de millions d’Africains, et pour les dommages qu’elle continue d’infliger, sous forme de racisme structurel, d’inégalités raciales et de sous-développement, aux Africains et aux personnes d’ascendance africaine dans le monde entier. La résolution de l’ONU exhorte les pays responsables à reconnaître leur culpabilité, à présenter des excuses officielles, à accorder une compensation financière aux populations touchées, à restituer les biens volés et à s’engager à ne plus jamais commettre de tels actes. 

    Rien de tel n'a jamais été fait concernant la traite négrière arabo-musulmane (ou islamique) des Africains, pour commémorer les victimes, dénoncer les responsables et exiger justice. Ce sujet n'est évidemment pas évoqué ni le 25 mars, ni le 23 août, Journée internationale de commémoration de la traite négrière et de son abolition , qui semble pourtant englober toute la traite des esclaves, partout et à toutes les époques. Or, cette commémoration a également été promue par l'UNESCO en 1997 afin d'« inscrire dans la mémoire de tous les peuples la tragédie » de la traite transatlantique et d'« offrir une occasion de réflexion collective sur les causes, les méthodes et les conséquences historiques de cette tragédie, ainsi que sur les interactions qu'elle a engendrées entre l'Afrique, l'Europe, les Amériques et les Caraïbes ». La date du 23 août a été choisie car, dans la nuit du 22 au 23 août 1791, une révolte d'esclaves a éclaté à Saint-Domingue, jouant un rôle décisif dans l'abolition de la traite transatlantique.

    Tidiane N'Diaye était un anthropologue sénégalais (décédé en octobre dernier). Il a publié en 2008 son ouvrage, désormais disponible en Italie, intitulé « Le génocide caché ». Dans la préface, il écrit : « Pendant treize siècles, les Arabes ont pillé l'Afrique subsaharienne sans interruption. La plupart des millions de personnes déportées ont disparu, victimes de traitements inhumains, aggravés par la pratique de la castration. Il est grand temps que la traite négrière arabo-musulmane, véritable génocide, soit examinée et intégrée au débat, au même titre que la traite transatlantique. En effet, bien qu'il n'existe pas de degrés d'horreur ni de monopole de la cruauté, on peut affirmer, sans risque de se tromper, que la traite négrière arabo-musulmane et les djihads (guerres saintes) – menés par des prédateurs impitoyables pour se procurer des prisonniers – ont été bien plus dévastateurs pour l'Afrique noire que la traite transatlantique. »

    Dans les neuf chapitres suivants, Tidiane N'Diaye relate où, comment et pourquoi cela s'est produit : la conquête arabe de l'Afrique, puis l'islamisation progressive des territoires conquis, et les formes préexistantes d'asservissement que l'islam a transformées, passant d'institutions tribales imposées par ses ancêtres fondateurs à la volonté d'Allah. L'annexe contient des versets du Coran qui encouragent la réduction en esclavage des non-musulmans par les musulmans. Un chapitre important de l'ouvrage explique son titre original. Selon N'Diaye, les déportations ne servaient pas seulement à tirer profit du commerce d'êtres humains, répondant ainsi à la demande de main-d'œuvre. Elles constituaient également, affirme-t-il, « une entreprise véritablement planifiée d'extermination ethnique par castration de masse », mise en œuvre à partir de la conviction, comme l'écrivait l'historien Ibn Khaldoun, que « les seuls peuples qui acceptent l'esclavage sont les Noirs » en raison de « leur humanité se rapprochant du stade animal », et qu'il était donc nécessaire de les empêcher de se reproduire en terres arabo-musulmanes.

    L'ouvrage conclut en qualifiant l'éradication réussie du trafic d'êtres humains, mise en œuvre par des universitaires et intellectuels arabo-musulmans au nom de la « solidarité religieuse », de sorte de « syndrome de Stockholm ». Mais cela n'explique pas l'amnésie sélective qui touche tout autant d'universitaires et d'intellectuels occidentaux.

  • Le Nouveau Testament : l’un des textes de l’Antiquité les mieux attestés

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    Les plus anciens manuscrits du Nouveau Testament

    Nous le savons tous : aucun original de la Bible n’a survécu. Ce que nous possédons, ce sont uniquement des copies. Pour le Nouveau Testament, ces copies sont particulièrement nombreuses et, pour certaines d’entre elles, remarquablement anciennes. De quand datent les plus anciens manuscrits ? Voici un panorama plus complet et nuancé.

    Les tout premiers témoins ne sont pas de grands livres reliés, mais de petits fragments de papyrus, découverts principalement en Égypte. Leur datation repose exclusivement sur la paléographie (l’étude comparative des écritures). Il s’agit donc de fourchettes approximatives, parfois discutées par les spécialistes, et non de dates précises.

    Le plus célèbre, et généralement considéré comme le plus ancien, est le Papyrus 52 (ou Papyrus Rylands). C’est un minuscule fragment de la taille d’une carte de crédit, contenant quelques versets du chapitre 18 de l’Évangile selon Jean (18,31-33 et 37-38). On l’a longtemps daté vers l’an 125. Des études plus récentes élargissent prudemment la fourchette à environ 125-175, voire un peu plus tard. Même avec cette nuance, il reste l’un des plus anciens, sinon le plus ancien fragment connu du Nouveau Testament.

    Un peu plus tardif, le Papyrus 90, daté de la fin du IIe siècle (environ 150-200), contient également des portions de l’Évangile selon Jean (18,36-19,7). Contrairement à ce que l’on peut parfois lire, il ne comporte pas de texte de Matthieu.

    Vers l’an 200 apparaissent des manuscrits nettement plus substantiels. Le Papyrus 46 (Chester Beatty II) est un codex qui contenait originellement une grande partie des épîtres de saint Paul ainsi que l’Épître aux Hébreux. Il nous en reste environ 86 feuillets, avec de larges portions de Romains, des deux Corinthiens, Galates, Éphésiens, Philippiens, Colossiens, 1 Thessaloniciens et Hébreux. Sa datation se situe autour de 200 (souvent 175-225).

    À la même époque, le Papyrus 66 (Bodmer II) offre une large portion de l’Évangile selon Jean : presque complet jusqu’au chapitre 14, puis des passages jusqu’au chapitre 21. On le date généralement du début du IIIe siècle, avec une fourchette allant de 150 à 250.

    D’autres papyri importants complètent ce tableau. Le Papyrus 104 (IIe siècle) conserve un fragment de Matthieu. Le Papyrus 45 (début-milieu du IIIe siècle) contient des portions des quatre Évangiles et des Actes. Le Papyrus 75 (début du IIIe siècle) offre de larges extraits de Luc et de Jean, et se révèle très proche textuellement du célèbre Codex Vaticanus.

    Malgré la richesse de ces fragments, il faut attendre le IVe siècle pour disposer de manuscrits presque complets du Nouveau Testament. Après la légalisation du christianisme par Constantin (édit de Milan, 313), les chrétiens ont pu faire copier de grands codex sur parchemin. Deux d’entre eux se distinguent particulièrement :

    • Le Codex Vaticanus, daté d’environ 325-350, contient presque tout le Nouveau Testament (il manque la fin d’Hébreux, les épîtres pastorales, Philémon et l’Apocalypse).
    • Le Codex Sinaiticus, daté d’environ 330-360, est le plus ancien manuscrit connu contenant l’intégralité du Nouveau Testament. Il renferme également une grande partie de l’Ancien Testament (version grecque de la Septante), ainsi que l’Épître de Barnabas et le Pasteur d’Hermas.

    Trois cent cinquante ans après les événements rapportés dans le Nouveau Testament, c’est à la fois court et long. Court, si l’on compare avec les œuvres des philosophes ou des historiens de l’Antiquité : pour Platon, Aristote ou la Guerre des Gaules de César, les plus anciennes copies complètes datent souvent de huit cents à quatorze cents ans après la rédaction originale. Long, si l’on imagine que le plus ancien récit des apparitions de la Vierge à Beauraing (1932-1933) ne daterait que de 2280 ou 2300.

    Parallèlement à la transmission des textes, la question du canon se pose : quels livres font autorité ? La première liste qui correspond exactement aux vingt-sept livres du Nouveau Testament tel que nous le connaissons apparaît en 367, dans la 39e lettre festale de saint Athanase d’Alexandrie. Cette liste est ensuite confirmée au concile de Rome de 382 sous le pape Damase Ier, puis aux conciles d’Hippone (393) et de Carthage (397 et 419). Ce n’est toutefois qu’au concile de Trente, en 1546, que l’Église catholique a solennellement défini ce canon (Ancien et Nouveau Testament) comme un dogme, en réaction aux contestations de la Réforme.

    Aujourd’hui, on dénombre plus de 140 papyri du Nouveau Testament, dont une soixantaine antérieurs à l’an 300, et plus de 5 800 manuscrits grecs au total. Cette abondance exceptionnelle, combinée à la relative proximité chronologique des plus anciens témoins, fait du Nouveau Testament l’un des textes de l’Antiquité les mieux attestés.

    (avec l'IA)

  • Traduite dans d’innombrables langues et constamment rééditée : l’Imitation de Jésus-Christ

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    De l'abbé Vincent-Marie Thomas  sur 100.000 raisons de croire :

    L’Imitation de Jésus-Christ

    De l'imitation de Jesus Christ Beuil Sacy Bosse Abraham Gravures religion -  Livre Luxe Book

    L’Imitation de Jésus-Christ est un ouvrage anonyme, rédigé en latin à la fin du XIVe siècle ou au début du siècle suivant. L’auteur invite son lecteur à délaisser l’agitation du monde pour conformer intérieurement sa vie à celle du Christ. Il expose le seul vrai sens de la vie humaine : puisque la souffrance est inévitable, mieux vaut souffrir en offrant ses peines à Jésus-Christ, et en sa compagnie. Mieux vaut souffrir pour l’amour de Jésus-Christ et avec lui, que sans but. Dans le premier cas, la vie est pénible, mais garde un sens. Dans le second, elle est cruelle et absurde. D’autre part, Dieu comble de biens spirituels celui qui le recherche avec sincérité et honnêteté. Traduit dans d’innombrables langues et constamment réédité depuis les débuts de l’imprimerie, cet ouvrage nourrit la vie spirituelle de générations de chrétiens.


    Les raisons d'y croire

    • L’Imitation de Jésus-Christ remporte un franc succès dès qu’elle est connue : en 1450, on en compte plus de deux cent cinquante manuscrits. La traduction de Pierre Corneille, parue pour la première fois en 1656, connaît deux mille trois éditions. À la fin du XVIIIe siècle, environ deux millions quatre cent mille exemplaires circulent dans le monde. L’un des organisateurs de l’exposition qui s’est tenue à la bibliothèque Mazarine en 2012 – titrée « Un succès de librairie européen : l’Imitatio Christi » –, Yann Sordet, estime que l’ouvrage est « l’un des plus grands succès de librairie que l’Europe ait connus de la fin du Moyen Âge au début de l’ère contemporaine » (catalogue de l’exposition, p. 11).
    • Pourquoi un tel enthousiasme pour ce livre ? Honoré de Balzac résume l’impression générale de tout lecteur : « Il est impossible de ne pas être saisi par l’Imitation, qui est au dogme ce que l’action est à la pensée. Le catholicisme y vibre, s’y meut, s’agite, s’y prend corps à corps avec la vie humaine. Ce livre est un ami sûr. Il parle à toutes les passions, à toutes les difficultés, même mondaines ; il résout toutes les objections, il est plus éloquent que tous les prédicateurs, car sa voix est la vôtre, elle s’élève dans votre cœur, et vous l’entendez par l’âme. C’est enfin l’Évangile traduit, approprié à tous les temps, superposé à toutes les situations » (L’Envers de l’histoire contemporaine, ch. 12).
    • Puisque la souffrance est partout présente autour de chaque homme et que nul ne peut parvenir, durant le cours de ses jours ici-bas, à y échapper, puisque, d’autre part, Jésus-Christ lui-même l’a portée durant sa vie terrestre (il eut faim, soif, froid, comme les autres hommes ; il endura la chaleur du jour et supporta la fatigue ; il souffrit du désintéressement des hommes, du revirement des foules et de la trahison de ses amis), puisque Jésus-Christ éprouva particulièrement l’angoisse de l’âme et la douleur du corps durant sa douloureuse Passion qu’acheva sa terrible mort sur la croix, puisque, d’autre part, Jésus-Christ a prouvé aux hommes, en les sauvant de l’esclavage du péché par sa résurrection, qu’il est tout-puissant et qu’il agit ainsi parce qu’il poursuit chaque homme d’un amour infini, pourquoi ne pas le prendre pour modèle et lui demander son aide ? Mieux vaut souffrir avec lui que sans lui.
    • Sans Jésus-Christ, la vie humaine est un cheminement à l’aveugle, parmi les peines ou les plaisirs vains d’ici-bas. Les plaisirs et les peines sont éphémères : comment bâtir sa vie sur la recherche assidue des premiers et la fuite volontaire des secondes ? De plus, la mort mettra un terme définitif à la capacité de l’homme à les éprouver. Plaisirs et peines sont donc vains en eux-mêmes, et les prendre pour fin et guide des actions humaines est une règle à courte vue. Mais il en va autrement s’ils sont goûtés non comme une fin, mais comme des moyens qui conduisent à Dieu : le plaisir inhérent aux bonnes actions et la souffrance offerte en union avec la croix du Christ leur donnent un sens parce qu’ils acquièrent ainsi une valeur d’éternité.

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    L’Imitation de Jésus-Christ est un ouvrage composé de quatre parties (qu’on appelle, selon le sens ancien du mot, « livres »), indépendantes les unes des autres. Les plus anciens manuscrits, datés de 1421 et de 1424, ne contiennent que le premier livre. Des exemplaires comprenant les quatre livres paraissent à partir de 1427. L’auteur en est probablement un chanoine de Saint-Augustin, du monastère du Mont-Sainte-Agnès, près de Zwol (Zwolle, aux Pays-Bas), Thomas Hemerken, appelé couramment Thomas a Kempis (1379/1380 – 1471), originaire de Kempen, en Rhénanie, d’où ce nom.

    L’idée fondamentale de L’Imitation, héritée de saint Augustin et de saint Bernard, n’est pas originale pour son époque, mais elle heurte violemment l’hédonisme égocentrique et égoïste de notre temps. Rentrer en soi-même pour s’y retrouver soi-même en y découvrant Dieu : Noverim me, noverim Te ! « Que je me connaisse ! Que je vous connaisse, Seigneur ! » (Soliloques, II, 1). Connaître les aspirations profondes de l’âme : connaître la Vérité et aimer le Bien conduit à la connaissance et à l’amour de Dieu. Examiner ensuite les dispositions intimes de sa propre âme, qui soit vont dans le sens de ces attraits intimes, soit au contraire luttent contre eux, permet de prendre la mesure du cap à corriger afin de ne pas manquer le but ultime de la vie : Dieu. C’est ce que l’auteur de L’Imitation appelle « observer avec soin en nous les divers mouvements de la nature et de la grâce » (III, 54). Car « l’humble connaissance de soi-même est une voie plus sûre pour aller à Dieu que les recherches profondes de la science... La science la plus haute et la plus utile est celle-ci : se connaître vraiment soi-même et se mépriser [c’est-à-dire ne pas se surestimer]... Apprends à tenir pour rien les choses extérieures et à te donner aux intérieures et tu verras le royaume de Dieu venir en toi » (I, 3 ; I, 2 ; II, 1). Qu’est-ce que le royaume de Dieu sinon sa présence aimante à l’intime de l’âme, par le moyen de la grâce ?

    La première étape du cheminement vers Dieu est donc de parvenir à se connaître soi-même. Tout homme, s’il est honnête envers lui-même, n’est-il pas amené à reconnaître sa grande misère quand il ne se tourne pas vers Dieu ? Les biens d’ici-bas n’engendrent que des déceptions, soit qu’on n’en ait jamais assez, soit qu’on en découvre enfin la vacuité. Les sens portent souvent aux tentations, et de là aux mauvaises actions : la cause ne vient pas tant du corps que de l’âme qui est blessée. « C’est vraiment une grande misère de vivre sur la terre. Plus l’homme veut devenir spirituel, plus la vie présente lui devient amère, car il sent mieux et il voit plus clairement les défauts de la corruption humaine… Car l’homme intérieur est étrangement appesanti en ce monde par les nécessités du corps… Oh ! Qu’elle est grande la fragilité humaine qui est toujours inclinée aux vices. Aujourd’hui, tu confesses tes péchés et demain tu les commets à nouveau… » (I, 22). Comment calmer sa conscience troublée et recouvrer la paix de l’âme ? Par « la véritable contrition et humiliation du cœur » et la confession sacramentelle (III, 52). La mortification des passions est le sûr moyen de conserver cette paix. Les passions s’agitent en effet dans l’âme et produisent l’inconstance du cœur : ce dernier ne parvient pas à demeurer arrêté dans le bien. « Le commencement de toutes les tentations est l’inconstance de l’esprit et le peu de confiance en Dieu. Car, comme un vaisseau sans gouvernail est poussé çà et là par les flots, ainsi l’homme changeant, qui abandonne ses résolutions, est tourmenté par des tentations diverses » (I, 13).

    Que faire alors, sinon se tourner vers Jésus-Christ, duquel vient toute force ? N’a-t-il pas, par sa mort sur la Croix, affranchi les hommes de l’emprise que le démon et le péché ont sur eux ? Or, le Maître, qui est « la voie, la vérité et la vie » ( Jn 14,6 ) invite les hommes à le suivre, c’est-à-dire à mettre en pratique son enseignement et à reproduire dans leur vie quotidienne son exemple. La méditation de la Passion du Christ est une aide puissante pour y parvenir, et le renoncement à toutes choses en est la clé : « Quitte-toi, renonce à toi, dit le Christ à l’homme qui veut marcher à sa suite, et tu jouiras d’une grande paix intérieure. Donne tout pour trouver tout… Demeure uniquement et fermement en moi et tu me posséderas » (III, 37). L’amour du Christ à l’égard de ceux qui veulent l’aimer est en effet fidèle et durable. C’est pourquoi l’auteur de L’Imitation engage son lecteur à « aimer Jésus, l’avoir pour ami, lui qui, lorsque tous les autres nous abandonneront, ne nous laissera pas et ne souffrira pas que nous périssions à l’heure de la mort » (II, 8). Et cette amitié sera alors éternelle.

    Docteur en philosophie, Vincent-Marie Thomas est prêtre.

  • Saint Louis, roi de France

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    51HV2NMERAL._SS500_.jpgIl y a une quinzaine d'années, Jacques Le Goff a publié une biographie magistrale de saint Louis qui a été saluée par les spécialistes comme une oeuvre historique innovante et qui rendait justice à ce roi prisonnier de sa légende; en voici une présentation intelligente, due à Pierre Gendron, sur "Spiritualité 2000"

    "Sur la sainteté de saint Louis, comme fil conducteur possible, il y aurait beaucoup à dire. C'est une question sur laquelle Jacques Le Goff apporte un éclairage nouveau. Son travail fait ressortir toute l'actualité de saint Louis comme exemple de saint laïc. Dans ce but, l'auteur procède à l'examen d'un document produit par un contemporain de saint Louis qui a justement l'avantage de représenter le point de vue du laïc. Il s'agit d'un témoin exceptionnel, une figure remarquable de l'entourage du roi, qui fut à la fois grand sénéchal du royaume et dès sa jeunesse un ami: Joinville. (Louis IX, né en 1214 et mort en 1270, a été canonisé en 1297. Jean, sire de Joinville, est né en 1224; il est octogénaire quand il compose son ouvrage, terminé en 1309; et il meurt lui-même en 1317 à l'âge de 93 ans.)

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  • Les écrits de saint Bernard, un guide vers le ciel

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    D'Antonio Tarallo sur la NBQ :

    Les écrits de saint Bernard, un guide vers le ciel

    Auteur de nombreux ouvrages, saint Bernard de Clairvaux est considéré comme le théologien le plus important du XIIe siècle. Dans ses écrits, chaque phrase est comme une étape vers le Ciel. Les quatre « degrés » de l'amour et l'importance de la dévotion à Marie.

    20_08_2025

    « Vierge Mère, fille de ton fils, / humble et exaltée au-dessus de toutes les autres créatures, / terme fixé du conseil éternel, / tu es celle qui a ennobli la nature humaine / que son créateur / n'a pas dédaigné de devenir sa création. » Une prière profonde, au contenu théologique dense, est adressée par Dante Alighieri, dans le chant XXXIII du Paradis, à saint Bernard de Clairvaux (vers 1090-1153), dont la mémoire liturgique est célébrée aujourd'hui.

    Auteur de nombreux ouvrages , saint Bernard est considéré comme le plus important représentant de la pensée mystico-théologique du XIIe siècle. Théologien de talent et écrivain prolifique, le saint cistercien a fait de sa vie un véritable trésor de paroles adressées à la Vierge Marie et à Dieu. En feuilletant ses textes, le lecteur est invité à un voyage fascinant : grâce aux sommets inatteignables de la prose poétique, il est conduit à la découverte de Dieu. Chaque mot, chaque phrase, semble véritablement être une étape vers le Ciel.

    Pour comprendre ses écrits , il faut d'abord comprendre comment saint Bernard de Clairvaux concevait sa vocation cistercienne. Ses paroles et ses pensées sont indissociables de sa vocation. Il écrit dans une de ses lettres : « Notre ordre est la mortification, l'humilité, la pauvreté volontaire, l'obéissance, la paix, la joie dans l'Esprit Saint. Notre ordre signifie être sous un maître, un abbé, une règle, une discipline [...]. Il consiste à pratiquer le silence, le jeûne, la veille, la prière, le travail manuel, et surtout la charité. Puis à progresser jour après jour dans ces activités et à y persévérer jusqu'au dernier jour. » Les six mots qu'il cite dans cet écrit soulignent déjà sa nature de chercheur de la Parole et son caractère de religieux cistercien : « mortification, humilité, pauvreté volontaire, obéissance, paix, joie dans l'Esprit Saint. » Et puis il utilise un verbe, « progresser », qui nous aide à comprendre l’effort avec lequel le saint a vécu sa vie : une vie passée en pleine recherche – par l’étude, la méditation et la prière – de son seul grand trésor, le Seigneur.

    Et puisqu'il s'agit de recherche , il nous faut citer l'un de ses textes les plus importants : Du devoir d'aimer Dieu , en latin De diligendo Deo . Un titre assez explicite : aimer Dieu est un devoir. Mais pourquoi ? Et surtout, comment ? C'est l'auteur lui-même qui nous fournit la réponse : « Vous désirez savoir de moi pourquoi et comment nous devons aimer Dieu. Et je vous réponds : la raison pour laquelle nous devons aimer Dieu, c'est Dieu lui-même ; et la manière de l'aimer, c'est de l'aimer sans mesure. » Pour saint Bernard, l'homme est « contraint » (non pas au sens de contrainte, mais d'« inclination naturelle ») à aimer le Créateur parce que c'est lui-même qui nous a aimés le premier. Et pour appuyer ce raisonnement, qui surprend par sa simplicité naturelle, les paroles de l'évangéliste Jean me viennent à l'esprit : « L'amour de Dieu a été manifesté envers nous en ce que Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous ayons la vie par lui. Et cet amour consiste, non pas en ce que nous avons aimé Dieu, mais en ce qu'il nous a aimés et a envoyé son Fils en propitiation pour nos péchés » (Jn 4, 9-10).

    Aimer, donc … Il est donc nécessaire de comprendre de quel amour parle le saint. Bernard décrit quatre « degrés » d’amour. Le premier est l’amour pour soi-même, résumé par cette phrase : « D’abord, l’homme s’aime pour lui-même. Puis, voyant qu’il ne peut subsister seul, il commence à chercher Dieu par la foi. » C’est le premier stade pour l’homme. Vient ensuite le deuxième : « Au deuxième degré, donc, il aime Dieu, mais pour lui-même, non pour lui. Il commence cependant à fréquenter Dieu et à l’honorer en fonction de ses propres besoins. » Puis, nous trouvons le troisième degré, c’est-à-dire lorsque l’âme est capable d’aimer « Dieu non pour lui-même, mais pour lui. On s’attarde longtemps à ce degré », écrit-il. Et il ajoute, précisant : « Je ne sais pas s’il est possible d’atteindre le quatrième degré en cette vie. » Enfin, la dernière, la plus difficile, est celle où « l'homme ne s'aime que pour Dieu. Alors, il sera merveilleusement presque oublieux de lui-même, s'abandonnant presque entièrement à Dieu, au point de ne faire qu'un avec lui. » Image de l'union parfaite avec Dieu.

    Un autre ouvrage fondamental pour comprendre la pensée du saint cistercien est De gradibus humilitatis et superbiae , ou Les Degrés d'humilité et d'orgueil , un ouvrage qui peut, dans une certaine mesure, être défini comme une réplique du De diligendo Deo mentionné plus haut . On y retrouve également les « degrés » énumérés par Bernard de Clairvaux : ce sont douze étapes pour connaître et rencontrer la seule Vérité possible, le Christ. Pour s'accomplir, l'homme ne peut faire que la volonté de Dieu. Et cela n'est possible qu'en conquérant l'humilité. Par conséquent, plus on est orgueilleux, plus on s'éloigne de Dieu et plus on se rapproche du péché.

    Mais, assurément, les méditations les plus mémorables pour les fidèles sont celles qui font référence à la Vierge Marie. Elle est au cœur de la vie religieuse de Bernard. C'est elle qu'il vénère avec une dévotion filiale et une passion poétique. Nous avons des textes comme le célèbre Memorare , qui lui est traditionnellement attribué et qui fait désormais partie de la tradition mariale populaire. Mais ce n'est pas tout. « Dans les dangers, dans l'angoisse, dans l'incertitude, pensez à Marie, invoquez Marie. Qu'elle ne s'éloigne jamais de vos lèvres, qu'elle ne s'éloigne jamais de votre cœur ; et pour obtenir le secours de ses prières, n'oubliez jamais l'exemple de sa vie. Si vous la suivez, vous ne pouvez dévier ; si vous la priez, vous ne pouvez désespérer ; si vous pensez à elle, vous ne pouvez vous tromper », écrit-il dans ses Sermones in Cantica Canticorum, les Sermons sur le Cantique des Cantiques. L'exemple de la Vierge, nous rappelle saint Bernard, est un phare pour tout chrétien : la Mère du Christ peut empêcher l'homme de désespérer ; En tournant pieusement nos pensées vers elle, nous ne pouvons pas nous tromper. Il était donc naturel que Dante choisisse saint Bernard comme guide au Paradis : il savait pertinemment qu'en agissant ainsi, il ne pouvait certainement pas se tromper.

  • La réponse de Sainte Edith Stein à un monde affamé de beauté

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    D'Edward Pentin sur le NCR :

    La réponse de Sainte Edith Stein à un monde affamé de beauté

    Dans un nouvel ouvrage, Elizabeth Mitchell explore comment la martyre carmélite voyait toute beauté authentique comme un chemin vers Dieu — et la sainteté comme le chef-d'œuvre de l'Artiste divin.

    Edith Stein dans sa jeunesse
    Edith Stein dans sa jeunesse (photo : avec l'aimable autorisation d'Elizabeth Mitchell)

    Pour sainte Edith Stein, la beauté divine est « le fondement ou la cause ultime de tout ce qui est beau » et le remède au vide et à la superficialité d’un monde qui recherche la beauté sans recourir à Dieu.

    C’est ce qu’affirme Elizabeth Mitchell, auteure de l’ouvrage de 2025 intitulé « L’esthétique de sainte Edith Stein : beauté et sainteté, chef-d’œuvre de l’artiste divine » — une œuvre majeure sur la convertie juive au catholicisme devenue carmélite, qui prit le nom de sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix et mourut martyre à Auschwitz en 1942. Stein a été canonisée par le pape saint Jean-Paul II en 1998.

    Stein voyait en Dieu « l’Artiste Éternel, l’Artiste Divin » qui « crée, façonne et perfectionne sans cesse sa création », explique Mitchell dans cette interview accordée au Register le 11 août. Elle y aborde également la conversion de la sainte, la manière dont sa vie et son enseignement peuvent nous aider à comprendre la souffrance, et les leçons pratiques que les artistes, les écrivains et les croyants peuvent tirer de son parcours héroïque aujourd’hui.

    Mitchell, qui a consacré sa thèse de doctorat à Stein, est actuellement directrice de la Trinity Academy, une école catholique privée située à Pewaukee, dans le Wisconsin.

    Docteur Mitchell, qu'est-ce qui vous a attiré en premier lieu vers Sainte Edith Stein, et pourquoi avez-vous voulu écrire un livre sur sa conception de la beauté ?

    Mon amitié avec sainte Edith m'a appris qu'en tant que membre de la communion des saints, elle intercède pour les fidèles et peut, par la grâce de Dieu, se manifester à eux de manière surprenante. Je crois qu'il n'est pas exagéré de dire que si vous lisez cet entretien en ce moment même et que vous vous demandez pourquoi il a croisé votre chemin, Dieu se sert peut-être de cette rencontre avec Edith Stein – par son intercession – pour vous guider vers quelque chose de précis. Il pourrait s'agir d'une amitié plus profonde avec elle, de son intercession pour un besoin particulier, ou peut-être, comme pour moi, d'un projet qu'elle vous aide à réaliser par ses prières. Lorsque j'étais assise place Saint-Pierre lors de sa canonisation en 1998, j'étais loin de me douter que j'apprendrais à mieux la connaître. Pourtant, elle avait d'autres projets ! Elle affirme avec conviction [dans son livre L'Être fini et l'Être éternel ] : « Ce qui n'était pas dans mon plan était dans le plan de Dieu . » 

    Les fils conducteurs de son esthétique se retrouvent dans l'ensemble de ses œuvres. Ses écrits ont été dispersés suite aux évacuations et aux bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Mon livre est une synthèse de son œuvre consacrée à ce sujet. 

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  • Faire aimer l'Immaculée, le testament de saint Maximilien Kolbe

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    De Chiara Chiessi sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    Faire aimer l'Immaculée, le testament du père Kolbe

    Militia of the Immaculata Custom Ink Fundraising

    13-08-2022

    Dans son "testament spirituel", prononcé à Rome en 1933, saint Maximilien Kolbe a légué à ses confrères la mission de répandre la dévotion à l'Immaculée, le chemin vers Jésus, "jusqu'aux extrémités de la terre". Pour y parvenir, il faut s'appuyer sur trois armes (prière, travail, souffrance) et utiliser tous les moyens, à commencer par la presse.

    A l'occasion de la fête de saint Maximilien Marie Kolbe (1894-1941), qui tombe le 14 août, nous approfondissons les enseignements de son "testament spirituel", prononcé à Rome en mai 1933. Nous voyons ici à l'œuvre toute sa grande et ardente âme d'apôtre marial, désireux d'amener l'humanité entière à Marie, jusqu'au bout du monde et jusqu'au martyre, dans le camp de concentration d'Auschwitz.

    Au retour de son voyage missionnaire au Japon, saint Maximilien est resté quelques jours à Rome, au Collège séraphique international. Là, après avoir convoqué tous les clercs dans l'Aula Magna, il prononce son testament spirituel. "Nous devons donc tous nous approcher de l'Immaculée Conception pour pouvoir nous approcher plus facilement de Jésus. [...] Nos pères ont lutté pour l'Immaculée Conception, et maintenant, après la victoire, il ne nous est pas permis de nous reposer, car c'est précisément maintenant que ce qui est connu en théorie doit être traduit en pratique".

    Auparavant, le saint polonais avait expliqué comment ses prédécesseurs franciscains s'étaient battus avec acharnement pour la définition du dogme de l'Immaculée Conception, et comment il appartient maintenant à la génération actuelle de faire en sorte que l'Immaculée Conception règne dans chaque cœur. On se souvient en effet de la querelle menée par le théologien franciscain Duns Scot, qui a vécu entre le 13e et le 14e siècle, originaire d'Écosse et surnommé le Thin Doctor en raison de la subtilité de sa pensée. Pour affirmer la doctrine de l'Immaculée Conception, Scot s'est opposé à la pensée thomiste de l'époque, à savoir que la Vierge a été sanctifiée pendant qu'elle était dans le sein de sa mère, mais après avoir été marquée par le péché originel. Scot a surmonté l'obstacle avec la thèse de la rédemption préventive : en prévision des mérites de son Fils, la Vierge a été rachetée par Jésus.

    Mais revenons au testament du père Kolbe, qui condense en quelques lignes les principaux enseignements que le saint a voulu transmettre à ses enfants : "Lorsque vous apprendrez ma mort, sachez que vous êtes, par testament, mes héritiers. Jusqu'à présent, nous avons tous travaillé ensemble pour l'Immaculée Conception ; lorsque je serai mort, rappelez-vous que c'est votre tour de continuer, c'est à vous que je recommande la Milice de l'Immaculée Conception. Sans limites et sans retenue, consacrez-vous à la cause de l'Immaculée Conception, affrontez pour elle tous les sacrifices, jusqu'à l'effusion de sang s'il le faut et vous devez répandre la Milice de l'Immaculée Conception jusqu'aux extrémités de la terre, car c'est une cause sainte et c'est la volonté de la divine Mère que nous, Frères Mineurs Conventuels, qui dans le passé avons prôné son Immaculée Conception, répandions maintenant aussi son culte. Voici mon testament".

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  • Maximilien Kolbe : un saint religieusement incorrect ?

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    9782262028688FS.gifPhilippe Maxence, le rédacteur en chef du bimensuel catholique « L’Homme Nouveau », a publié, en 2011, une biographie du Père Maximilien Kolbe. Rémi Fontaine avait saisi la circonstance pour  écrire, dans l’édition du 13 juillet 2011 du journal « Présent », cette réflexion (im)pertinente :

    « Politiquement incorrects, tous les saints le sont par nature, d’une certaine manière. Mais, après le souffle ou « l’esprit » de Vatican II, certains sont maintenant perçus comme tels plus que d’autres, jusqu’à apparaître « religieusement incorrects » ! Parmi eux, ceux qui sont aujourd’hui pour ainsi dire « empêchés » de béatification, comme Pie XII ou Isabelle la catholique. Ou bien ceux qui ont été malgré tout béatifiés ou canonisés, comme Charles de Foucauld ou Maximilien Kolbe dont Philippe Maxence vient de réaliser une biographie fort éclairante à cet égard chez Perrin.

    Si le bienheureux Charles de Foucauld voulait convertir les musulmans avec l’appui séculier notamment de la colonisation française, saint Maximilien Kolbe, lui, voulait convertir les francs-maçons avec les moyens modernes du journalisme. Deux saints dont le « prosélytisme » n’est plus trop dans l’air du temps ! Deux témoins (trop ?) zélés pour répandre leur foi et qui mourront tous deux en « martyrs de la charité ».

    Mais l’enquête sur la vie et la mort de Charles de Foucauld ayant montré qu’il n’était pas mort, à strictement parler, en haine de la foi (même s’il est mort de mort violente et en victime de sa charité pour ses frères) ce sont pourtant les termes de « confesseur de la foi » qui conviennent à sa béatification par Benoît XVI (le 13 novembre 2005). Tandis que pour Maximilien Kolbe (condamné également sans haine ostensible de la foi) Jean-Paul II obtiendra (contre l’avis des membres de la commission d’enquête en vue de la canonisation) qu’on le fasse passer de « confesseur de la foi », selon les termes de sa béatification par Paul VI (le 17 octobre 1971), à « martyr », pour sa canonisation (le 10 octobre 1982 par Jean-Paul II lui-même). Selon André Frossard, auteur de 'N’oubliez pas l’amour; la passion de Maximilien Kolbe' (Robert Laffont, 1987) : « Il n’y a pas d’autre exemple, au catalogue des saints, d’un changement de catégorie d’une étape à l’autre d’une canonisation. »

    Et c’est justement ce changement qui a « troublé certains membres de l’Eglise catholique », note sobrement Philippe Maxence. La sainteté flagrante du martyr de l’amour, similaire à celle de Charles de Foucauld ou à celle des moines de Thibérine, ne permettrait-elle pas ainsi d’esquiver le problème de la différence, précisément, qu’il pourrait y avoir entre la confession de la foi par les uns hier (Kolbe et Foucauld) et les autres aujourd’hui (les martyrs de Thibérine) ?

    Le but de la chevalerie spirituelle que lancera le saint franciscain sous le nom de la Milice de l’Immaculée était sans équivoque : « Chercher la conversion des pécheurs, hérétiques, schismatiques, juifs, etc., et particulièrement des francs-maçons ; et la sanctification de tous sous la direction et par l’intermédiaire de la Bienheureuse Vierge Marie Immaculée. »

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  • D'après un chercheur péruvien, c'est une grave erreur de penser que « la foi catholique a été imposée aux Incas »

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    De Diego López Marina et Edy Rodríguez Morel sur EWTN News :

    D'après un chercheur péruvien, c'est une grave erreur de penser que « la foi catholique a été imposée aux Incas »

    L’auteur de « Les Incas catholiques » aborde « toute une histoire qui, malheureusement, n’est pas enseignée ».
    Chercheur et auteur Rafael Aíta. | Crédit : « EWTN Noticias »
     
     
    7 août 2026

    Le chercheur et auteur péruvien Rafael Aíta affirme que l'une des croyances les plus répandues concernant l'évangélisation du Pérou est aussi l'une des plus erronées : la croyance que le catholicisme a été imposé de force aux Incas.

    La période de domination inca au Pérou s'est étendue de 1200 à 1532, tandis que la domination espagnole a commencé en 1532 et s'est terminée en 1821, année de la déclaration d'indépendance du pays.

    Dans une interview accordée à « EWTN Noticias », le journal télévisé en langue espagnole de la chaîne, l'auteur du nouveau livre « Les Incas catholiques » a affirmé que la conversion de nombreux membres de la noblesse inca était un processus bien plus complexe, marqué par le dialogue et la découverte d'un terrain d'entente entre leurs croyances et le christianisme.

    « Je crois que la plus grande erreur, même parmi nous, catholiques, est de penser que notre foi nous a été imposée », a affirmé Aíta.

    « Les chiffres ne collent pas, car une poignée d’Espagnols ne peut convaincre des milliers, voire des centaines de milliers de personnes », a indiqué Aíta. « Ce que nous constatons dans ce processus historique, c’est une série de convergences qui s’apparentent davantage à la négociation qu’à l’imposition », a-t-il expliqué.

    Selon Aíta, également connu sur les réseaux sociaux sous le nom de Capitán Perú (Capitaine Pérou), la rencontre avec le christianisme a suscité l'intérêt des panacas (les clans familiaux de la noblesse inca), qui ont trouvé des similitudes entre certains aspects de leur vision du monde et le message chrétien.

    « Les premiers à se convertir furent les Incas. Je ne parle pas seulement d'Atahualpa, dont beaucoup disent qu'il fut baptisé pour éviter de mourir brûlé vif. Après lui, d'autres Incas demandèrent volontairement le baptême », a-t-il déclaré.

    L'historien a également mis en lumière un épisode peu connu de l'histoire péruvienne : la fondation de la première paroisse à Cusco.

    « La paroisse San Cristóbal a été fondée par un Inca, fils de Huayna Capac. Elle n'a pas été fondée par un Espagnol, ni même par un prêtre. C'est un Inca qui a fondé la première chapelle, laquelle est devenue par la suite la première paroisse de Cusco », a souligné Aíta.

    Il a raconté que son intérêt pour une réévaluation de l'histoire du Pérou avait commencé lors de sa première visite au Machu Picchu. « C'est là que j'ai réalisé qu'il y avait bien plus à découvrir que ce qu'on m'avait enseigné en cours », s'est-il souvenu.

    De retour à Cusco, Aíta a commencé à lire des historiens tels que María Rostworowski, José Antonio del Busto et Donato Amado.

    « J’ai découvert toute une histoire qui, malheureusement, n’est pas enseignée. Si leurs écrits parvenaient aux écoles, cela ne changerait pas seulement l’histoire du Pérou ; cela changerait aussi notre façon de voir notre pays », a affirmé Aíta.

    Corpus Christi et les Incas catholiques

    Un exemple frappant présenté par Aíta dans « Les Incas catholiques » est l’ensemble des peintures traditionnelles du Corpus Christi conservées au palais de l’archevêque de Cusco.

    Aíta expliqua que l'un de ces tableaux représente le porte-étendard royal inca marchant derrière l'ostensoir contenant l'Eucharistie. Au lieu de porter le gland impérial traditionnel sur la tête, un serviteur le porte devant lui sur un coussin.

    « Il place la couronne inca aux pieds de Jésus-Christ, qui est le Soleil eucharistique », a-t-il expliqué.

    « Les Incas vénéraient le soleil, mais grâce à l’Évangile, ils ont découvert que le vrai Soleil est Jésus-Christ. Pour eux, la fête du Saint-Sacrement accomplissait pleinement l’ancienne fête du Soleil, car le Soleil était désormais présent parmi eux », a-t-il ajouté.

    Par conséquent, il a noté que la solennité de la Fête-Dieu était devenue l'une des fêtes religieuses les plus importantes de Cusco et qu'elle continue d'attirer une participation publique massive jusqu'à ce jour.

    L'historien a souligné que son ouvrage comprend des documents, des peintures et d'autres preuves historiques qui démontrent la présence d'une noblesse inca ayant pleinement embrassé la foi catholique.

    Parmi ceux-ci, il a cité le portrait de Marcos Inca, membre de la lignée royale Lloque Yupanqui, représenté portant les symboles de la noblesse inca ainsi que l'inscription « Inca, chevalier catholique par la grâce de Dieu ».

    Selon Aíta, ces éléments permettent d'expliquer pourquoi le catholicisme reste profondément enraciné au Pérou.

    « La foi demeure si importante au Pérou aujourd’hui encore, car elle fait partie intégrante de notre culture et n’a pas été imposée. Si elle l’avait été, nous aurions changé après le départ des Espagnols. Or, les Espagnols sont partis, et nous avons continué, peut-être même plus catholiques qu’eux », a-t-il conclu.

  • Didier Decoin, le romancier qui savait qu' « il fait Dieu »

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    Didier Decoin, le romancier qui savait qu' « il fait Dieu »

    Didier Decoin est mort le 5 août 2026 à l’âge de 81 ans. Prix Goncourt 1977 pour John l’Enfer, scénariste prolifique, président de l’Académie Goncourt de 2020 à 2024, il laisse une œuvre abondante et un souvenir littéraire fort. Mais ceux qui l’ont connu de près, ou qui l’ont lu attentivement, savent qu’un autre fil traversait toute sa vie : une foi soudaine, radicale et jubilatoire, née d’une nuit de septembre dont il n’a jamais cessé de parler.

    Né le 13 mars 1945 à Boulogne-Billancourt, fils du cinéaste Henri Decoin, il commence très jeune une double carrière de journaliste et d’écrivain. À vingt ans, son premier roman est déjà publié. Athée convaincu, comblé par le travail et la vie, il ne cherche rien. Un soir de 8 septembre — année qu’il a toujours laissée indéterminée —, vers onze heures, dans la maison de campagne familiale, il se brosse les dents. Une intuition claire le traverse : Dieu n’existe pas. Il se dirige vers sa table de nuit pour noter cette évidence. Dans le temps de ce court trajet, tout bascule. Sans vision, sans voix, sans rien de spectaculaire, une certitude inverse s’impose : Dieu est, il est vivant, et il entre avec lui dans une relation d’amour. Une joie « brûlante, inhumaine », trop grande pour être contenue, le jette à genoux. Il passe la nuit entière dans une prière sans mots. Au matin, il formule la phrase qui deviendra le titre de son livre : « Il fait Dieu. »

    Cette expérience, qu’il préfère appeler « révélation » plutôt que « conversion » (le second mot lui semblait trop flatteur), change tout. Il explore d’abord le judaïsme, l’islam et les spiritualités orientales, cherchant à retrouver cette présence. C’est finalement le christianisme, et particulièrement la personne du Christ, qui le retient. Les Évangiles deviennent « ses protéines quotidiennes ». L’Eucharistie, la Résurrection, la Trinité prennent pour lui un sens concret et joyeux. Il fréquente les églises — parfois plusieurs fois par jour —, prie partout, et affirme n’avoir plus jamais eu peur de la mort. Ses relations aux autres se transforment : chaque visage lui apparaît comme une parcelle d’éternité.

    En 1975, il publie Il fait Dieu, récit bref et brûlant de cette nuit. Plus tard viendront Jésus le Dieu qui riait, le Dictionnaire amoureux de la Bible, et un ouvrage sur Élisabeth de la Trinité, mystique à laquelle il se sentait lié. Sa foi n’était ni austère ni triste. Elle était jubilatoire. Il répétait volontiers que l’on rencontre le Christ dans l’autre, et que Dieu n’est pas un concept mais une expérience vivante.

    Jusqu’à la fin, Didier Decoin a porté cette évidence avec la même élégance et la même liberté qu’il mettait dans ses romans. Pour lui, ce n’était plus croire : c’était savoir. Et ce savoir, reçu un soir ordinaire en se brossant les dents, n’a jamais faibli.

  • Des survivants des persécutions espagnoles révèlent des histoires cachées de foi et de résistance.

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    De Victoria Cardiel pour EWTN News :

    Des survivants des persécutions espagnoles révèlent des histoires cachées de foi et de résistance.

    3 août 2026
    « Les martyrs qui n’en furent pas : survivants, catholiques clandestins, réfugiés, évadés et victimes de la persécution religieuse en Espagne (1936-1939) », par le prêtre et théologien Melchor Sánchez de Toca Alameda, publié par Didaskalos. | Crédit : Daniel Ibañez/EWTN News
    Les violences antichrétiennes ont coûté la vie à de nombreux membres du clergé, religieux et laïcs catholiques en Espagne dans les années 1930, constituant ainsi l'un des chapitres les plus étudiés de l'histoire moderne de l'Église.Le souvenir de cette persécution religieuse s'est toutefois largement construit autour de ses martyrs, reléguant au second plan ceux qui ont enduré la même brutalité mais n'ont pas reçu la palme du martyre.Un nouveau livre du prêtre et théologien espagnol Monseigneur Melchor Sánchez de Toca Alameda met en lumière les histoires de catholiques qui ont survécu aux bouleversements et à la violence de ces années.Publié en espagnol par la maison d'édition Didaskalos sous le titre « Los mártires que no fueron. Salvados, clandestinos, refugiados, evadidos y muertos de la persecución religiosa en España (1936–1939) » (« Les martyrs qui n'ont pas été martyrisés : survivants, catholiques clandestins, réfugiés, évadés et victimes de la persécution religieuse en Espagne, 1936–1939 »), l'ouvrage relate les expériences de personnes qui ont échappé à la mort, vécu cachées, fui des zones dangereuses ou sont mortes pendant la guerre civile espagnole dans des circonstances qui ne répondaient pas aux critères du martyre définis par l'Église.Sánchez de Toca, rapporteur au Dicastère pour les causes des saints, a travaillé sur de nombreuses causes de martyre liées à la persécution religieuse des années 1930.Cette expérience, a-t-il confié à ACI Prensa, l'a incité à commencer à recueillir les histoires de ceux dont la vie avait reçu moins d'attention.« Ceux qui ont subi la persécution sans y mourir, ou qui sont morts pendant cette période sans avoir bénéficié du martyre, ont été quelque peu laissés dans l’ombre », a-t-il déclaré.

    martyrs en puissance

    Le livre présente un large éventail d'hommes et de femmes qui ont enduré la même épreuve que les martyrs, mais qui ont connu un destin différent.

    Monseigneur Melchor Sánchez de Toca Alameda, rapporteur au Dicastère pour les causes des saints, lors de la présentation de son livre en février 2026 à l'ambassade d'Espagne près le Saint-Siège. | Crédit : Daniel Ibañez/EWTN News
    Monseigneur Melchor Sánchez de Toca Alameda, rapporteur au Dicastère pour les causes des saints, lors de la présentation de son livre en février 2026 à l'ambassade d'Espagne près le Saint-Siège. | Crédit : Daniel Ibañez/EWTN News

    Certains ont échappé à la mort par des circonstances inattendues. D'autres sont restés cachés pendant des années, soutenant une Église contrainte à la clandestinité. Certains ont fui les zones les plus dangereuses, tandis que d'autres sont morts pendant la guerre sans que leur mort soit reconnue comme un martyre.« Tous les saints qui vivent une persécution religieuse n’atteignent pas la palme du martyre en mourant au cours de celle-ci, et tous ceux qui meurent pendant une persécution ne sont pas des martyrs », a expliqué Sánchez de Toca.Plutôt que de tenter un catalogue exhaustif, l'auteur a sélectionné des personnalités canonisées ou faisant actuellement l'objet de causes de béatification, offrant ainsi une perspective différente sur les événements marquants de cette période.Parmi les personnalités les plus connues figurent saint Maravillas de Jésus, saint Josémaria Escrivá, le bienheureux Álvaro del Portillo, le vénérable José María García Lahiguera, le bienheureux Père Tarrés, Isidoro Zorzano et la Servante de Dieu Carmen Hidalgo, co-fondatrice des Sœurs Oblates du Christ Prêtre.Le livre présente également des personnes moins connues dont la vie a été marquée par la persécution, notamment Ismael de Tomelloso, surnommé « le milicien saint » ; Antonio Rivera, appelé « l'ange de l'Alcázar » ; et le père jésuite Fernando Huidobro, aumônier de la Légion espagnole.Ces trois cas ont d'abord attiré l'attention de l'auteur. Bien que tous aient subi les conséquences de la guerre et que deux soient morts des suites de leurs blessures ou au front, aucun ne peut être considéré comme un martyr au sens strict.« On a tenté de les présenter comme des martyrs, notamment pendant la période d'après-guerre à travers la propagande franquiste », a déclaré Sánchez de Toca.

    On les décrivait parfois par une expression courante à l'époque : « tombés pour Dieu et pour l'Espagne ». Cependant, les circonstances de leur mort ne répondaient pas aux critères établis par l'Église pour la reconnaissance du martyre.

    L'Église souterraine

    L'une des sections les plus marquantes du livre reconstitue le quotidien des catholiques restés en territoire républicain et contraints de pratiquer leur foi clandestinement.Un chapitre consacré à « la clandestinité et à la prière à l’arrière » relate les expériences d’hommes et de femmes courageux qui ont organisé des réseaux secrets pour aider les prêtres cachés, permettre la célébration des sacrements et maintenir vivante la pratique religieuse catholique.« Ils ont créé des réseaux d’assistance qui ne détonneraient pas dans les meilleurs romans d’espionnage », a déclaré Sánchez de Toca.Isidoro Zorzano, le vénérable José María García Lahiguera et Mère Carmen Hidalgo ont organisé un réseau d'assistance financière pour les prêtres qui avaient survécu.« Ils leur ont fourni le matériel nécessaire pour célébrer la messe, puis ils ont redistribué la communion en la distribuant dans les foyers par l’intermédiaire d’agents clandestins », a-t-il expliqué.

    Franchir les lignes de front

    Un autre chapitre relate les histoires de catholiques qui ont franchi les lignes de front au cours d'opérations exceptionnellement dangereuses.

    Parmi eux figurent le bienheureux Álvaro del Portillo, qui traversa le front ; le serviteur de Dieu Tomás Alvira, qui accompagna saint Josémaria Escrivá à travers les Pyrénées ; et la vénérable sœur Justa Domínguez de Vidaurreta, supérieure des Filles de la Charité, qui s'échappa de Madrid après de nombreuses difficultés et finit par s'installer à Pampelune.

    Le fardeau de la survie

    Sánchez de Toca a également été touché par ce que l'on appelle communément la culpabilité du survivant, un phénomène psychologique vécu par de nombreuses personnes ayant échappé à la persécution.Bien qu'un chapitre consacré à ce sujet ait été supprimé pour des raisons éditoriales, l'auteur a déclaré que de nombreux survivants ont passé le reste de leur vie à se débattre avec une question troublante : pourquoi avaient-ils survécu alors que tant de leurs compagnons avaient été tués ?« Il n’est pas toujours facile de répondre à la question : “Pourquoi le Seigneur n’a-t-il pas voulu que je sois un martyr alors que tant de mes compagnons ont été tués ?” », a-t-il déclaré.

    Sauvé au dernier moment

    Certains des passages les plus poignants du livre relatent les expériences de personnes qui ont échappé à ce qui semblait être une mort certaine.L'un des récits les plus marquants concerne un frère augustin emprisonné à Madrid pendant la persécution.Selon Sánchez de Toca, les mains du frère étaient déjà liées et il s'apprêtait à être transporté à Paracuellos lorsqu'une personne inconnue coupa ses cordes et murmura : « Faites demi-tour et retournez dans votre cellule. Ne vous retournez pas. »

    Le moine obéit machinalement et survécut.« Il est retourné dans sa cellule et s’est mis à trembler et à convulser sous l’effet du choc post-traumatique avec une telle violence que plusieurs compagnons ont dû le maîtriser », a raconté Sánchez de Toca.D'autres ont survécu grâce à des erreurs dans les listes de prisonniers ou à l'intervention inattendue de personnes anonymes. Nombreux sont ceux qui ont interprété leur sauvetage comme un acte de la providence divine et qui ont passé le reste de leur vie à se demander pourquoi ils avaient été choisis pour survivre.L'auteur aborde également les crimes commis par les forces nationalistes. Le père Huidobro, par exemple, a dénoncé les exécutions sommaires de prisonniers dans des plaintes adressées au quartier général du général Francisco Franco.

    Une leçon pour aujourd'hui

    Au-delà de leur valeur historique, Sánchez de Toca estime que ces biographies offrent des leçons particulièrement pertinentes pour les chrétiens d'aujourd'hui.« Ils vivaient tous avec une vocation claire au martyre », a-t-il déclaré.Selon l'auteur, le martyre faisait partie de l'horizon spirituel de nombreux catholiques espagnols avant même le déclenchement de la guerre civile.

    « Cela transparaît dans leurs lettres, leurs homélies et leurs conversations, comme l’expression de leur volonté de donner leur vie pour le Christ si nécessaire », a-t-il déclaré.Sánchez de Toca a également souligné l'extraordinaire créativité apostolique dont les catholiques ont fait preuve dans des circonstances extrêmes.« Voici une autre leçon essentielle pour notre époque », a-t-il conclu. « L’Esprit Saint inspire la créativité apostolique dans les circonstances de vie de chacun. »

    Cet article a été initialement publié par ACI Prensa, le service affilié hispanophone d'EWTN News.

  • « Dans vingt-cinq ans, l’Église sera-t-elle encore un phare ou l’écho lointain d’une voix oubliée ? »

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    De Matteo Matzuzzi sur Il Foglio :

    Un monde où Dieu n’a plus d’importance

    Dans la solitude dramatique de l’Occident sécularisé, on s’est bercé de l’illusion de pouvoir s’en passer. Mais le caractère limité de la vie pose toujours la question du sens, à laquelle il est impossible d’échapper. Entretien avec le cardinal Robert Sarah

    1er août 2026

    Sur la couverture de son dernier ouvrage paru en France, sous le titre 2050, figure une question : « Dans vingt-cinq ans, l’Église sera-t-elle encore un phare ou l’écho lointain d’une voix oubliée ? ». La question que pose le cardinal Robert Sarah est dramatique ; elle devrait empêcher de dormir les évêques du monde entier, bien plus que les réunions et les discussions autour des tables synodales sur le trafic de drogue et la délinquance juvénile. Et pourtant, il semble que le sujet soit tabou : on continue comme si de rien n’était, on élabore des plans diocésains et on prépare des campagnes pour atteindre les plus éloignés. Avec des résultats, en général, maigres. « Ce qui figure en couverture est justement une question, pas une affirmation, ni un vœu », explique Sarah dans cet entretien accordé au Foglio : « Il est certain que l’Église, du moins en Occident, traverse une période de grandes difficultés, voire de confusion, tant sur le plan doctrinal que sur les plans moral et disciplinaire. L’imbrication entre culture et foi n’est jamais sans importance ; au contraire, elle conditionne souvent de manière déterminante la transmission de la foi. Je pense qu’il ne fait aucun doute qu’on ne peut plus confier à la culture la transmission de la foi ; celle-ci ne peut être transmise aux nouvelles générations que par des expériences et des témoignages significatifs, qui placent au centre la prière, le silence, une liturgie bien célébrée, une fidélité fondamentale à l’Évangile et, par conséquent, une humanité renouvelée, ainsi qu’une manière plus humaine de vivre les relations. Ce sont là les communautés auxquelles Benoît XVI faisait référence, et dont nous voyons déjà poindre l’aube. L’Église, au fil des siècles, a traversé bien des tempêtes, mais nous ne devons jamais oublier qu’elle est divine, et qu’elle ne disparaîtra donc jamais. Oui, l’Église sera toujours un phare, car elle est le Corps mystique du Christ, et le Christ est la Lumière. »

    Et pourtant, comme l’indique clairement l’ouvrage, le discours dominant s’est concentré exclusivement sur d’autres questions : du changement climatique à l’écologie, des migrations au dialogue culturel. Des thèmes sur lesquels il n’y a pas de critique a priori : le cardinal lui-même les qualifie d’importants. Le problème, comme le souligne l’ouvrage, survient lorsque ces questions relèguent au second plan la place centrale de Dieu. Mais pourquoi cela s’est-il produit ? Pourquoi entend-on de plus en plus souvent, dans les homélies, parler d’urgence climatique plutôt que des thèmes profonds de notre foi ? « D’une part, comme je le disais, la culture dominante a imprégné même les milieux ecclésiaux, et même les prédicateurs ne sont pas à l’abri de cette influence. D’autre part, il peut y avoir la tentation de vouloir à tout prix plaire, d’être acceptable aux yeux de l’auditoire, et donc de céder à ces sujets qui font recette parce qu’ils sont plus à la mode. Il en résulte une prédication banale, totalement hors de propos, qui ne répond pas aux désirs profonds de l’homme. L’homme, y compris l’homme contemporain, a absolument besoin de Dieu, d’entendre parler de l’Évangile, de la vie éternelle, de la spiritualité. Il n’est jamais licite de réduire l’Évangile à des thèmes sociaux et horizontaux, aussi pertinents soient-ils, car cela revient à trahir la volonté même du Christ, qui nous a envoyés prêcher le salut éternel, et non la rédemption sociale. »

    Ce que dit le cardinal Sarah, et ce n’est pas nouveau, est évident en Occident et – pour restreindre encore davantage le champ – en Europe. Lorsqu’on s’entretient avec un évêque ou un prêtre du Vieux Continent, des pays qui en constituent le cœur, on perçoit que le problème n’est plus l’athéisme, qui supposait tout de même un débat – plus ou moins approfondi – sur l’existence de Dieu. Non, la question est désormais tout autre : Dieu n’est pas une évidence. On ne se pose plus la question de sa présence dans la vie de chacun et dans la société. Selon le cardinal Sarah, qui a publié en 2024 Dieu existe-t-il ? (Cantagalli), « on peut constater qu’en Occident, d’un point de vue culturel, beaucoup vivent comme si Dieu n’existait pas. Dieu n’est plus au centre des préoccupations des gens, nous n’en avons pas besoin. Le thème de Dieu est devenu sans importance, même si le thème religieux, lui, ne l’est pas, car l’homme est naturellement religieux, et le sens religieux humain fait partie de la structure anthropologique de l’homme et revêt de toute façon une importance universelle. Probablement, en Occident, prévaut une idée déformée de Dieu, qui entre en conflit avec la liberté entendue comme autonomie radicale. L’illusion de la domination par la technoscience favorise cette position de l’homme vis-à-vis de la création et du Créateur. Mais c’est une illusion, car le caractère limité de la vie pose toujours le problème du sens, auquel il est impossible d’échapper. Il faut avoir le courage de proposer avec force le Christ comme seule source permettant de connaître véritablement l’homme, sa destinée, son sens profond. Et cela notamment à travers des expériences de foi communautaires, qui permettent aux personnes de se sentir appartenir à une réalité commune, surmontant ainsi la solitude dramatique de l’Occident sécularisé. La question reste, aujourd’hui comme toujours, anthropologique : qui est l’homme, quel est le sens de sa vie, quelles relations comblent véritablement son besoin profond d’amour ? Cet amour qui est Dieu lui-même.

    On oppose souvent à la torpeur de l’Europe sécularisée – même s’il existe des îlots de bonheur, comme la Norvège de Mgr Erik Varden, ou le nombre record de baptêmes en France – la vivacité de l’Église en Afrique. Mais n’y a-t-il pas un risque de mettre trop l’accent sur cette grande expression de la foi africaine sans tenir compte des dangers d’une foi « jeune », comme le soulignait déjà Benoît XVI il y a de nombreuses années ? Le pape Ratzinger parlait de l’Afrique comme d’un « immense poumon spirituel », mais il ajoutait que les poumons peuvent tomber malades. « Certes – répond le cardinal Robert Sarah, Guinéen –, l’Afrique est un poumon spirituel ; mieux encore, comme le disait le pape Paul VI : nova patria Christi, la nouvelle patrie du Christ, c’est l’Afrique. On peut le dire à la fois, bien sûr, sur le plan démographique, et parce que le christianisme est en expansion constante. Mais, comme toutes les réalités jeunes, elle est fragile, elle a besoin de soutien, et l’Europe, forte de sa longue expérience théologique, liturgique et monastique, dans ce qu’elle a de meilleur – sur le plan culturel, de la foi et à travers ses plusieurs siècles d’histoire –, peut encore offrir ce soutien. Parfois, les prêtres africains qui viennent étudier en Europe ne saisissent pas toute la grandeur et la force de la foi chrétienne bimillénaire, car l’Europe aussi est fragile, distraite, incapable de transmettre sa propre identité profonde. « Je pense qu’il peut y avoir une réciprocité entre l’Afrique et l’Europe : l’Afrique, avec son apport d’une foi jeune, fraîche, enthousiaste, ouverte au martyre, et l’Europe, avec sa force bimillénaire de sainteté et de doctrine. Un équilibre difficile, mais pas impossible. »

    Et quand on parle de l’Afrique, on ne peut s’empêcher d’évoquer la persécution des chrétiens, même si ce sujet ne passionne guère ceux qui organisent les débats télévisés sous nos latitudes. Le pape François disait que les persécutés étaient « plus nombreux aujourd’hui qu’aux premiers siècles de l’Église ». Souvent, en revanche, on a tendance à dire qu’il n’y a pas de persécution, mais qu’il s’agit seulement d’affrontements pour le contrôle des ressources naturelles. Et, si l’on se tourne vers l’Orient, la situation n’est pas meilleure en Chine. « Le drame de la persécution n’est pas fortuit dans le christianisme, mais il fait partie intégrante de l’identité chrétienne elle-même. Le Christ lui-même a été persécuté et est mort sur la croix pour nous ; on pourrait donc dire que la dimension du martyre est essentielle au christianisme ; il n’y a pas de christianisme sans martyre. Si, dans certaines parties du monde, pendant un certain temps, on ne fait pas l’expérience de la persécution, le risque est que la foi devienne tiède, nonchalante, incapable d’un véritable témoignage. Cela étant dit, il est tout à fait évident que l’information est sélective : surtout lorsque la persécution a lieu dans des pays en développement, la valeur de ces vies n’est absolument pas prise en compte, et souvent, les médias occidentaux ignorent complètement le phénomène. Je pense que l’Europe a terriblement peur de reconnaître qu’une persécution antichrétienne, et souvent, plus généralement, antireligieuse, est en cours. Mais la persécution est plus cruelle en Europe. La foi est marginalisée, les valeurs morales et chrétiennes sont combattues. L’Occident a tué Dieu, ou plutôt, il l’a méprisé, voire combattu ouvertement. L’admettre signifierait adopter des positions cohérentes, ce que l’Europe n’a probablement pas la force de faire. Pourtant, les chrétiens doivent être protégés, surtout là où ils sont minoritaires, comme toutes les minorités. La question de la Chine est très complexe, et il faut espérer que cet accord secret vise uniquement à favoriser l’évangélisation, et non à faire des compromis avec un gouvernement qui est, de fait, intrinsèquement antireligieux. »

    L’accord avec la Chine est l’un des points marquants du pontificat de François qui, quelle que soit la manière dont on le considère et l’évalue, a été source de divisions, y compris dans le débat « laïc ». Lors des congrégations générales qui ont précédé le conclave, la recherche de l’unité était évidente. Comment peut-on aider, dans cette œuvre, un pape comme Léon qui a fait de l’unité sa devise et son style de gouvernement ? « La première façon d’aider le pape est de le soutenir quotidiennement par nos prières, afin qu’il se laisse véritablement éclairer par le Saint-Esprit, sans suivre ses propres pensées ni se laisser influencer par un groupe de personnes, mais en écoutant ce que Dieu dit à son Église. Certes, le pape Léon, au cours de cette première année de pontificat, a fait preuve d’un grand équilibre, d’une grande capacité d’écoute et d’une volonté concrète d’apaiser même les tensions qui s’étaient créées. Sa prudence, son calme et sa sympathie humaine nous confortent dans l’idée qu’il est réellement possible d’avancer dans cette direction. Nous pouvons en outre l’aider dans son discernement, en lui présentant les différentes situations de l’Église et du monde, en proposant des pistes de solution possibles, mais surtout en lui fournissant le plus d’éléments possible afin qu’il puisse procéder à une évaluation attentive et prendre les décisions qui s’imposent. Je suis convaincu que le Saint-Père Léon sait très bien quel est le but à atteindre et qu’il cherche, notamment avec l’aide des cardinaux, les voies les plus praticables pour y parvenir. « Nous rendons grâce au Seigneur pour le don que représente le pape Léon ».

    Parler d’unité lorsqu’on aborde la question liturgique semble compliqué. C’est un sujet qui divise, il y a deux camps opposés. D’un côté, ceux qui revendiquent l’usage du vetus ordo comme s’il s’agissait d’une conquête ; de l’autre, une réalité idéologique qui considère presque ces catholiques comme une « secte » à éradiquer. Le Pape a déclaré vouloir bien comprendre la situation, échanger et dialoguer avec tous. Selon le cardinal Robert Sarah, « c’est un drame, voire un véritable péché, qu’il y ait une sorte de guerre sur un sujet aussi essentiel que la liturgie. La liturgie est la source de la communion de l’Église et il est inconcevable que, sur des questions liturgiques – voire, dirais-je, rituelles –, il y ait une telle confrontation et des oppositions aussi féroces. Personne n’a d’autorité sur les rites, qui sont issus de l’histoire séculaire de l’Église. Les rites ne peuvent être arbitrairement abolis, et personne ne peut affirmer qu’un rite n’existe plus, du jour au lendemain. Je pense qu’il faut prendre cette question très au sérieux, en revenant à la position équilibrée, pastorale et théologiquement fondée de Benoît XVI, qui a permis aux deux formes du rite latin de coexister, de s’enrichir mutuellement, d’être connues du peuple saint de Dieu qui, au fil des décennies, pourra choisir la forme qui correspond le mieux à son besoin de foi, de silence et de spiritualité.  Certains excès de ceux qui sont attachés à la forme extraordinaire sont, en partie, justifiés par les abus dramatiques et généralisés de la liturgie de la forme ordinaire, qui, à ce jour, n’est souvent pas célébrée comme le Concile l’aurait souhaité et comme le suggère la réforme liturgique elle-même. La liturgie n’est pas la propriété du célébrant, quel qu’il soit, prêtre, évêque ou cardinal. La liturgie appartient à Dieu ; on y entre et personne n’en est le maître. » Peut-être, cependant, le problème est-il encore plus profond. Regardons la qualité des homélies, souvent mal préparées et rarement capables de laisser une trace dans le cœur et l’esprit des fidèles. Sans parler des célébrations, où les références au transcendant sont souvent réduites à de simples parenthèses. Que faire ? « J’y ai déjà répondu en partie. La clé, c’est la formation liturgique, la formation, et encore la formation. Tant des évêques que des prêtres et des laïcs. Le retour au sens du sacré, dans une société sécularisée qui a chassé Dieu, ne peut se faire qu’à travers l’annonce de la vérité, une catéchèse convaincue et constante, et des expériences concrètes de silence et de spiritualité au sein de la célébration liturgique. Le respect dû à Dieu et l’humilité de sa propre personne sont des éléments fondamentaux pour retrouver le sens du sacré et la fidélité à la célébration telle que l’Église la veut. D’ailleurs, personne ne se permettrait d’entrer dans la chapelle Sixtine pour corriger le Jugement dernier de Michel-Ange.  « Voilà, le missel est bien plus important, bien plus ancien et bien plus contraignant que le Jugement dernier de Michel-Ange ; par conséquent, personne ne peut corriger, supprimer, ajouter ou modifier quoi que ce soit au rite tel que l’Église le présente aux fidèles. Et les fidèles ont le droit sacro-saint de participer à des messes célébrées selon les prescriptions de l’Église, et non selon l’arbitraire ou le caprice d’un prêtre en particulier. »

    Matteo Matzuzzi : Originaire du Frioul, il est né en 1986. Diplômé en politique internationale et diplomatie à Padoue avec un mémoire sur les Turcs et les Américains, il a été arbitre de football. Au Foglio depuis 2011, il s’occupe de l’Église, des papes, des religions et des livres. Son auteur préféré : Joseph Roth (mais tout ce qui concerne la « finis Austriae » lui convient). Il est rédacteur en chef depuis 2020.