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Livres - Publications - Page 2

  • 2050 : le nouveau livre du duo Sarah-Diat

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    LDE5127

    « Dans vingt-cinq ans, l'Église sera-t-elle encore un phare,

    ou l'écho lointain d'une voie oubliée ? »

    Le catholicisme européen épouse de façon troublante les convulsions d'un monde sécularisé : la morale devient fluide, l'héritage contesté, le passé abandonné au nom d'un présent en perpétuelle mutation. On ne craint plus de se détourner de ses racines, comme si l'arrachement pouvait engendrer un renouveau.

    2050, co-écrit par Nicolas Diat et le cardinal Robert Sarah.

    Auteurs

    • Cardinal Robert Sarah : Préfet émérite du Dicastère pour le culte divin et la discipline des sacrements au Vatican, il est une figure éminente de l'Église catholique, originaire de Guinée. Connu pour ses positions conservatrices et sa défense de la tradition liturgique, il a déjà collaboré avec Nicolas Diat sur plusieurs ouvrages à succès, tels que Dieu ou rien (2015), La force du silence (2016) et Le soir approche et déjà le jour baisse (2019).
    • Nicolas Diat : Journaliste et essayiste français, spécialiste des questions religieuses et vaticanes. Il est l'auteur de plusieurs livres d'entretiens avec des personnalités ecclésiastiques, et sa collaboration avec le cardinal Sarah est marquée par des réflexions profondes sur la foi et l'Église contemporaine.

    Publié en mars 2026, 2050 est un ouvrage sous forme d'entretiens entre les deux auteurs, qui explore l'avenir de l'Église catholique d'ici à 2050, soit dans environ 25 ans. Le cardinal Sarah y exprime ses préoccupations face aux signes de "perte de la foi" dans l'Église, particulièrement en Occident, tout en partageant des motifs d'espérance pour son renouveau. Le livre aborde des thèmes comme le rôle divin dans l'Église, la crise spirituelle actuelle, et des critiques implicites envers certaines évolutions modernes au sein de l'institution ecclésiale.

    Détails pratiques

    • Éditeur : Fayard (groupe Hachette Livre).
    • Format : Broché, grand format, environ 288 pages.
    • ISBN : 978-2213725185.
    • Prix indicatif : Autour de 20-25 € (selon les distributeurs).
    • Disponibilité : Disponible en librairies physiques et en ligne (comme Amazon, Fnac, ou le site de Fayard), y compris en précommande ou achat immédiat.

    Ce livre s'inscrit dans la lignée des œuvres précédentes du duo, qui combinent réflexion théologique, critique sociétale et appel à la spiritualité.

    Le livre prend la forme d'entretiens entre les deux auteurs, où le cardinal Sarah livre une réflexion théologique et critique sur l'avenir de l'Église d'ici à 2050, en partant de la situation spirituelle en 2025. Il exprime à la fois des inquiétudes sur la "perte de la foi" et des motifs d'espérance pour un renouveau centré sur Dieu.

    2050 s'inscrit dans la continuité des collaborations précédentes entre Sarah et Diat, comme Dieu ou rien (2015), La force du silence (2016) ou Le soir approche et déjà le jour baisse (2019). Il s'agit d'un dialogue sur l'espérance et la crise de la foi, projeté sur 25 ans. Le titre évoque une vision prospective : "Dans vingt-cinq ans, l'Église sera-t-elle encore un phare ou l'écho lointain d'une voix oubliée ?" L'ouvrage compte environ 256 pages et explore la dérive spirituelle de l'Église et du monde, en appelant à un recentrage sur la dimension divine.

    Thèmes principaux

    1. La centralité de Dieu dans l'Église : Le cardinal Sarah critique le discours dominant dans l'Église au début de 2025, qui privilégie des thèmes temporels comme le climat, l'écologie, les migrations et le dialogue culturel, au détriment de la place de Dieu. Ces sujets, bien qu'importants, deviennent problématiques lorsqu'ils relèguent la dimension spirituelle. Sarah insiste sur le fait que "tout procède de Dieu : son projet, son initiative, son accomplissement", et que l'homme est appelé à vivre "de Dieu, par Dieu et pour Dieu".
    2. La crise de la liturgie : Un appel urgent est lancé pour restaurer la vérité de la liturgie, qui doit redevenir la célébration du mystère chrétien où "Dieu est premier". Sarah dénonce les liturgies modernes transformées en "spectacle, scène d’agitation profane, lieu d’expressions culturelles désordonnées", envahies par les cris, les caméras, les applaudissements et les téléphones. Il souligne que "Dieu parle dans le silence", et que la liturgie actuelle fuit ce silence essentiel.
    3. La déthéologisation du monde et le mythe prométhéen : Le monde contemporain est décrit comme "déthéologisé", où l'homme a usurpé la place de Dieu sans même avoir à le combattre, car Dieu est déjà "mort ou oublié". Cela s'apparente au mythe de Prométhée, où l'homme s'empare du "feu céleste" pour se libérer d'un joug ancestral, menant à un orgueil planétaire. Cette usurpation entraîne une spirale de violence, de mensonge, d'égoïsme et de sang.
    4. La révolte humaine contre le Créateur : Depuis la chute originelle, l'humanité se révolte contre Dieu, préférant l'indépendance à l'abandon confiant à son amour. Cela génère "ténèbres et malheur", avec des manifestations concrètes comme les guerres ravageant l'Ukraine, la Palestine, l'Irak, la Syrie, la Libye, le Soudan et la République démocratique du Congo. Sarah voit ces conflits comme les "fruits amers" de cet orgueil, et critique le monde postmoderne qui s'obstine dans sa déchéance.
    5. Espérance et renouveau : Malgré les inquiétudes sur la "perte de la foi", particulièrement en Occident, le livre offre des "raisons d'espérer". Sarah invite à un retour à la foi authentique, à la prière et au silence, pour que l'Église redevienne un phare spirituel. Il s'agit d'une vision eschatologique où l'Église, en se recentrant sur Dieu, peut surmonter la crise et rayonner à nouveau.

    Le cardinal Sarah adopte un ton critique, fidèle à ses positions passées. Il dénonce une Église "décentrée" de Dieu, influencée par des préoccupations mondaines, et appelle à une réforme liturgique et spirituelle. Ses opinions reflètent une vision traditionaliste, où la modernité (postmodernité) est vue comme une révolte contre Dieu, source de tous les maux actuels. Cependant, il équilibre cela par une espérance théologique, invitant les fidèles à persévérer dans la foi pour un avenir où l'Église triomphera en redevenant fidèle à sa mission divine.

  • Une lettre inédite révèle les dernières réflexions de Benoît XVI sur la prière et l'avenir de la foi

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    De Niwa Limbu sur le Catholic Herald :

    2 mars 2026

    Une lettre inédite révèle les dernières réflexions de Benoît XVI sur la prière et l'avenir de la foi

    Une lettre inédite du pape Benoît XVI, écrite un peu plus d'un an avant sa mort, a été publiée dans un nouveau livre italien, offrant un aperçu de la théologie du défunt pontife et de sa vision de l'avenir de la foi à la fin de sa vie.

    Le texte figure dans La fede del futuro, quatrième volet d'une collection d'écrits inédits et difficiles à trouver de Joseph Ratzinger, publiée par la maison d'édition Edizioni Cantagalli, basée à Sienne. La série est introduite par une préface du cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État du Vatican.

    Le cardinal Parolin écrit que « le thème de l'avenir fait de plus en plus l'objet d'une réflexion théologique sur la foi, car il n'est pas certain que l'humanité continuera à croire en Dieu ». Il note que les préoccupations de Ratzinger dans cet essai ne se limitent pas au seul sort de la foi, mais englobent également « l'incertitude et la confusion qui règnent dans le monde, causes de la perte de l'espoir et d'une peur généralisée ». La question de ce qui nous attend, observe-t-il, ne se limite pas aux croyants, mais touche toute l'humanité.

    Faisant référence à l'accélération sans précédent du développement historique ces dernières années, le cardinal affirme que l'humanité est confrontée à « des possibilités extrêmes, mais aussi à des dangers extrêmes ». L'avenir, dit-il, « n'est plus attendu avec espoir, mais avec appréhension ; il est même devenu un cauchemar pour beaucoup ». Dans ce contexte, il se demande si « la foi a encore un rôle à jouer dans la construction du monde de demain ? L'Église continuera-t-elle d'exister ? ».

    La lettre inédite de Benoît XVI, datée du 27 avril 2021 à la Cité du Vatican, est intitulée « Introduction : Réflexions sur la prière chrétienne » et présente une méditation concise mais théologiquement dense sur la nature de la prière en tant qu'acte religieux fondamental. Écrit dans la dernière période de sa vie, le texte revient sur des thèmes qui ont caractérisé son œuvre théologique pendant des décennies, notamment le Christ comme médiateur, la centralité de l'Eucharistie et la purification du désir humain.

    Le pape Benoît XVI commence par définir la prière en termes généraux comme « l'acte religieux fondamental » et « la tentative d'entrer concrètement en contact avec Dieu ». Il distingue immédiatement la prière chrétienne des autres formes de prière en affirmant qu'elle est menée « avec Jésus-Christ et, en même temps, qu'elle prie vers Lui ». Le Christ, écrit-il, est à la fois homme et Dieu et peut donc « être le pont, le pontife, qui permet de surmonter l'abîme infini entre Dieu et l'homme ».

    En ce sens, poursuit-il, le Christ est « la possibilité ontologique de la prière » et aussi son « guide pratique ». Benoît XVI rappelle la scène évangélique dans laquelle les disciples, ayant vu Jésus en prière, demandent : « Seigneur, apprends-nous à prier » (Lc 11, 1). Il note qu'ils étaient conscients que même Jean-Baptiste avait enseigné la prière à ses disciples, mais que Jésus était « infiniment plus proche de Dieu que même la plus grande figure religieuse : Jean-Baptiste ». Il en tire ce qu'il appelle les deux caractéristiques fondamentales de la prière, celle qui concerne l'être et celle qui concerne la conscience, entrelacées dans un lien profond avec Dieu qui consiste à demeurer avec Lui.

    Abordant ce qu'il décrit comme des formes de prière erronées ou insuffisantes, Benoît XVI rappelle les paroles prophétiques de Samuel : « L'obéissance vaut mieux que le sacrifice, l'écoute vaut mieux que la graisse des béliers » (1 S 15, 22). Il écrit que la juxtaposition avec la Croix est évidente tout au long de la proclamation du Christ et que la prière chrétienne, unie à Jésus, est inséparable de son offrande de soi.

    Il affirme que la prière chrétienne, dans la mesure où elle est une prière avec le Christ, « est toujours ancrée dans l'Eucharistie, y conduit et s'y déroule ». L'Eucharistie, écrit-il, est « la prière accomplie de tout son être » et représente « la synthèse critique du culte et de la véritable adoration ». En elle, Jésus a prononcé son « non » définitif aux simples paroles et aux sacrifices d'animaux, leur substituant « le grand « oui » de sa vie et de sa mort ».

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  • Une histoire magistrale et instructive des plus célèbres biologistes chrétiens

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    De sur le Catholic World Report :

    Une histoire magistrale et instructive des plus célèbres biologistes chrétiens

    L'ouvrage de Niels Arboel, *  The Wonder of Creation*, se compose de vingt notices biographiques de catholiques, de protestants et d'un orthodoxe.

    En 1998, l'Académie nationale des sciences a mené une enquête souvent citée,  révélant que seulement 10 % de ses membres croyaient en Dieu et en la vie après la mort. Parmi les biologistes, ce chiffre tombe à seulement 5 %. À titre de comparaison, 81 % des Américains croient en Dieu , ce qui signifie que les biologistes les plus éminents du pays sont seize fois moins susceptibles de professer la foi en un Créateur que le citoyen moyen.

    Dans l'introduction de son excellent ouvrage, Arboel, biologiste danois fort de plus de trente ans d'expérience dans l'enseignement secondaire et universitaire et membre de la Société des scientifiques catholiques, décrit quatre visions de la relation entre science et religion : le conflit, l'indépendance (faisant écho à l'affirmation du regretté paléontologue Stephen Jay Gould selon laquelle la science et la foi sont des « magistères non superposés »), le dialogue et l'intégration.

    Arboel affirme que le modèle d'indépendance a été « de loin le plus dominant pendant plus d'un siècle ». Ayant été étudiant à la fin des années 2000, à l'époque où les auteurs du mouvement « nouvel athée », mené par le zoologiste Richard Dawkins de l'université d'Oxford, vendaient des millions d'ouvrages affirmant que Darwin permettait, selon Dawkins lui-même, d'être un « athée intellectuellement épanoui », la prédominance de ce modèle pacifique semble optimiste. Cependant, comme le démontre Arboel, il est absolument impossible d'être un darwinien intellectuellement épanoui sans reconnaître les contributions de nombreux biologistes chrétiens.

    L'ouvrage « The Wonder of Creation »  se compose de vingt notices biographiques. Leurs protagonistes ont tous apporté des contributions indispensables à la biologie et étaient chrétiens. Pourtant, à tous autres égards, ils sont très différents. Parmi les sujets d'Arboels figurent des catholiques, des protestants et un orthodoxe (Theodosius Dobzhansky). Deux d'entre eux sont en voie de canonisation (le Danois Niels Stensen, connu en anglais sous le nom de Nicolas Steno, a été béatifié, tandis que Jérôme Lejeune a été déclaré vénérable), tandis qu'Alexander Fleming, le découvreur de la pénicilline, était franc-maçon (Arboels explique que Fleming était un presbytérien écossais et que les Églises protestantes sont moins méfiantes à l'égard de la franc-maçonnerie que le catholicisme).

    L'une des caractéristiques remarquables de cet ouvrage est son ton non polémique. Compte tenu des nombreux travaux de scientifiques « néo-athées » tels que Dawkins ou Victor J. Stenger et des nombreuses réponses à leurs best-sellers, on pourrait s'attendre à un ouvrage d'apologie. Or, les commentaires d'Arboels sont minimes, se limitant à l'introduction et à l'épilogue. C'est là un atout majeur, car cela permet aux preuves rassemblées par l'auteur de parler d'elles-mêmes ; une approche bien plus convaincante que de céder à la tentation d'interprétations historiques excessivement subjectives.

    L'ouvrage « The Wonder of Creation » n'est pas une hagiographie. Arboels n'occulte pas les faiblesses embarrassantes de certains de ses sujets : il note par exemple que Carl von Linné, dont la classification des organismes vivants figure dans tous les manuels de sciences du secondaire, employait une taxonomie similaire pour les humains, croyant à la supériorité biologique des Européens blancs sur les autres races ; ces opinions déplaisantes étaient partagées par deux autres protagonistes du livre d'Arboels, le biologiste et géologue suisse-américain Louis Agassiz, ainsi que le père français de la paléontologie, Georges Cuvier.

    En revanche, Arboel démontre que les scientifiques n'ont pas à être des prisonniers suffisants et détachés de leur tour d'ivoire, mais peuvent concilier une vie d'étude avec la pratique de l'amour du prochain. Il cite l'exemple de Nicolas Steno, converti du luthéranisme en Italie, ordonné prêtre catholique puis évêque. Il devint alors une sorte de saint François scandinave, menant une vie d'une austérité radicale, vêtu d'un manteau usé, dénonçant les abus financiers au sein du clergé et donnant la majeure partie de ses revenus aux pauvres.

    Pendant ce temps, Jérôme Lejeune , le pédiatre et généticien français qui découvrit que la trisomie (une copie supplémentaire du chromosome 21) est à l'origine du syndrome de Down, ne se reposa pas sur ses lauriers après cette découverte capitale. Au contraire, Lejeune se consacra à ses patients et milita sans relâche pour améliorer leur vie. Il s'opposa également publiquement à l'avortement, considéré par beaucoup comme la « solution » au syndrome de Down. C'est probablement pour cette raison, comme il le comprit, qu'il ne reçut jamais le prix Nobel. Alors que la poursuite vaine des gloires terrestres est courante dans le monde universitaire, Lejeune fut un rare exemple de chercheur clairvoyant, davantage attiré par la récompense éternelle.

    L'ombre de Charles Darwin plane sur  *The Wonder of Creation* . Arboels explique que les objections chrétiennes à sa théorie de l'évolution (bien plus répandues chez les protestants que chez les catholiques) tenaient moins à une lecture littérale du livre de la Genèse qu'à l'idée qu'un processus biologique fondé sur le hasard semble laisser peu de place à un Créateur.

    Pourtant, Arboels souligne que les évolutionnistes théistes existent depuis Darwin lui-même. Parmi eux figure Asa Gray, principal allié de Darwin dans le milieu universitaire américain et fervent presbytérien. Arboels note que l'agnosticisme de Darwin était moins lié à ses découvertes scientifiques qu'au problème de la théodicée (la conciliation d'un Dieu d'amour avec la présence du mal et de la souffrance), le naturaliste anglais ayant été profondément affecté par la mort de ses jeunes enfants. Darwin a pourtant explicitement approuvé la synthèse de l'évolution et de la création proposée par Gray. Ironie du sort, le plus farouchement opposé à Darwin parmi les protagonistes d'Arboels, Louis Agassiz, n'était pas un fondamentaliste religieux, mais un protestant plutôt progressiste et non orthodoxe, en voie de devenir unitarisme.

    Par ailleurs, la théorie de l'évolution de Darwin serait incomplète sans les contributions de plusieurs chrétiens. Parmi eux, Gregor Mendel, le moine augustin autrichien qui découvrit les principes fondamentaux de la génétique, occupe une place prépondérante. Le néo-darwinisme est la synthèse des découvertes de Darwin et de Mendel, et l'un des principaux artisans de cette synthèse fut le biologiste évolutionniste russo-américain Theodosius Dobzhansky, également étudié par Arboels. Alors que beaucoup ont perçu la survie du plus apte selon Darwin comme incompatible avec un Dieu bienveillant, Dobzhansky a proposé une réponse à cette théodicée en synthétisant la théologie chrétienne et la biologie évolutionniste. Selon lui, les êtres humains sont dotés de liberté, ce qui leur permet de faire le bien comme le mal. De même, la nature est libre, et lorsqu'elle choisit le bien, cela conduit au progrès évolutif.

    Est-ce une simple corrélation sans lien de causalité que tant de biologistes de renom aient été des chrétiens pratiquants ? L’ouvrage d’Arboels propose une réponse négative à cette question. Se référant à Stanley Jaki, Arboels soutient que si l’Europe chrétienne n’était certes pas la seule grande civilisation, la révolution scientifique s’y est déroulée, et non en Inde, en Chine ou au Moyen-Orient musulman, car la vision judéo-chrétienne du monde rejetait le panthéisme et établissait une distinction entre le Créateur et sa création, dotée d’une libre arbitre.

    De plus, Arboels démontre que la vision que de nombreux scientifiques avaient de leurs travaux était guidée par leurs convictions chrétiennes. La découverte par Lejeune de la cause du syndrome de Down fut pour lui une impulsion à servir Dieu en se mettant au service des plus démunis (Matthieu 25:40). L'éducation presbytérienne de Fleming, qui mettait l'accent sur la prédestination, le convainquit que Dieu l'avait créé pour découvrir la pénicilline et ainsi contribuer au bien-être de l'humanité. Quant à Louis Pasteur, qui découvrit que les germes sont à l'origine des maladies et les principes fondamentaux de la vaccination, il affirmait que « la chance ne sourit qu'aux esprits préparés » et que, pour améliorer le monde, nous devons prendre notre destin en main et accomplir la volonté de Dieu.

    Par ailleurs, la foi chrétienne de nombreux protagonistes du livre d'Arboel les a aidés à rejeter les superstitions matérialistes courantes chez les scientifiques. Par exemple, la primatologue Jane Goodall, récemment décédée et lauréate du prestigieux prix Templeton pour la réconciliation de la foi et de la science, ne partageait pas la conviction du zoologiste britannique Desmond Morris, répandue chez les tenants du matérialisme scientifique, selon laquelle l'Homo sapiens n'est qu'un « singe nu ». Au contraire, Goodall, qui a contribué à la découverte de la complexité des chimpanzés (elle fut la première scientifique à observer leur capacité à fabriquer des outils), estimait que, bien que les singes soient capables d'émotions complexes, ils ne peuvent commettre le mal ou un altruisme pur comme nous. Ceci est cohérent avec la conception chrétienne selon laquelle les humains sont les seules créatures (hormis les anges) dotées du libre arbitre.

    De même, le paléontologue Simon Conway Morris a rejeté l'idée que la conscience ne serait qu'une illusion due à l'activité neuronale et que la seule différence intellectuelle entre les humains et les vers de terre résiderait dans le développement cérébral plus avancé des premiers. Il a soutenu, au contraire, que l'esprit et le cerveau sont distincts, conformément à la conception selon laquelle les humains, contrairement aux animaux, ont été créés à l'image de Dieu (Genèse 1:27).

    L'ouvrage « The Wonder of Creation »  est une ressource précieuse pour les éducateurs de la Science Chrétienne et pour quiconque s'intéresse à l'histoire des sciences. J'aurais souhaité qu'il paraisse entre 2006 et 2010, au plus fort de la popularité des nouveaux athées. Un débat entre Niels Arboel et Richard Dawkins sur les relations entre foi et science aurait été un spectacle fascinant.

    L'émerveillement de la création : Les biologistes chrétiens les plus célèbres de l'histoire,
    par Niels Arboel, Queenwood Media Productions, 2025, relié, 507 pages


    Filip Mazurczak est historien, traducteur et journaliste. Ses articles ont été publiés dans First Things , la St. Austin Review, l' European Conservative, le National Catholic Register et de nombreuses autres revues. Il enseigne à l'université jésuite Ignatianum de Cracovie.
  • Le pape augustinien : quatre thèmes clés de Léon XIV

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    De sur le CWR :

    Le pape augustinien : quatre thèmes clés de Léon XIV

    Intériorité, clarté, charité, unité — ou, pourrait-on dire, recherche, découverte, amour, lien — tel est le grand programme augustinien.

    Le pape Léon XIV et saint Augustin. (Crédit : Daniel Ibáñez/EWTN News et domaine public)
    Comme le dit le proverbe : quand une personne vous dit qui elle est, croyez-la.

    C’est ce que j’ai affirmé après l’élection du pape Léon XIV, premier pape américain, l’an dernier. Debout sur la loggia de Saint-Pierre, le visage empreint de l’émotion d’une vocation si grande, Robert Prevost ne s’est pas présenté comme un Chicagoan, un Chiclayoan, un canoniste, ni même un évêque – bien que tous ces titres soient manifestement importants à ses yeux. Il s’est présenté comme un  augustinien , « un fils de saint Augustin ».

    En effet, presque toute sa vie d'adulte jusqu'à ce moment-là — son éducation, son sacerdoce, son travail missionnaire, ses rôles de dirigeant, et même sa devise épiscopale — portait l'influence du Docteur de la Grâce.

    Le pape Léon XIV nous a révélé son identité, et nous devons le croire.

    « Je suis un fils de saint Augustin : Le pape Léon XIV sur son saint préféré » , une nouvelle brochure que j'ai eu l'honneur d'éditer pour Word on Fire, vise à nous faire mieux connaître la pensée et la sensibilité de notre pape augustinien, selon ses propres termes. Ce court texte rassemble des extraits des écrits, discours et entretiens de Prévost antérieurs à son élection, remontant jusqu'à  sa thèse de doctorat  sur le prieur local de l'Ordre de saint Augustin, et couvrant les premiers mois de son pontificat, jusqu'à  sa première exhortation apostolique,  Dilexi Te .

    Mais le cœur de chaque réflexion, ancienne ou nouvelle, c'est  Augustin : sa vie, ses œuvres, sa spiritualité, sa pensée — et l'ordre qui porte son nom.

    Bien sûr, il ne s'agissait là que d'un instantané. Léon XIV n'a cessé de faire référence à l'évêque d'Hippone depuis la publication de l'ouvrage. Ses commentaires sur  la Cité de Dieu d'Augustin  , dans son  discours sur l'état du monde prononcé devant les membres du corps diplomatique accrédités auprès du Saint-Siège le 9 janvier, sont sans doute les plus marquants. De fait,  selon le site internet du Vatican, Léon XIV a déjà surpassé son prédécesseur en matière de références à Augustin, et il est en passe, d'ici un an ou deux, de surpasser même Benoît XVI à cet égard – un homme qui s'était lui aussi qualifié d'« augustinien convaincu ».

    Et Léon ne s'est pas contenté de rendre un hommage direct à ce grand Père de l'Église ; il a également mis en lumière, de manière indirecte, des thèmes et des accents distincts de la tradition augustinienne, dont quatre semblent particulièrement importants.

    Le premier thème est  l'intériorité – la découverte par Augustin de son propre « cœur agité » au milieu des plaisirs divers du monde extérieur. Ce thème,  si présent dans les  Confessions , a été mis en avant  lors de l'interview de Mgr Prévost  avec Catholic News Service en 2012, à l'occasion du Synode des évêques sur la nouvelle évangélisation. Mais c'est aussi un sujet qu'il a abordé presque immédiatement après son accession au pontificat.  L'homélie de sa messe d'inauguration papale  commence par une référence à cette phrase intemporelle d'Augustin : « Tu nous as faits pour toi, et notre cœur est agité tant qu'il ne repose en toi. » Il y a fait de nouveau référence le mois suivant dans  son message vidéo aux jeunes , les interpellant : « Cette agitation n'est pas une mauvaise chose, et nous ne devons pas chercher à éteindre le feu… Nous devons plutôt nous connecter à notre propre cœur et reconnaître que Dieu peut agir dans nos vies. » Et lors  d'une méditation organisée ce même mois pour le Jubilé des séminaristes, il a interpellé les futurs prêtres : « Vous devez travailler sur votre vie intérieure… Gardez à l'esprit l'invitation constante de saint Augustin à revenir au cœur, car c'est là que nous trouverons Dieu. »

    Un second motif est  la clarté – la profonde préoccupation de l’évêque d’Hippone pour  la vérité , la lumière de l’esprit divin illuminant nos propres esprits. Cela inclut, bien sûr, la vérité philosophique et théologique. Mais pour Augustin, la vérité trouve son origine et sa fin en celui qui s’est déclaré « la vérité » (Jean 14, 6) : le Christ Jésus. Comme le remarque la chanoinesse augustinienne sœur Margaret Atkins dans la préface du  livre, Léon XIV – canoniste de formation – possède une certaine « clarté de vision augustinienne ». Et cette vision est enracinée dans « une recherche partagée de  la vérité , du Christ qui est la Vérité ». Ce thème de la vérité émerge à maintes reprises chez Prévost, depuis  son message de 2020 à une paroisse du Panama  (« Cherchez toujours la vérité. Dieu est vérité ») jusqu’à  son message de juillet aux sœurs augustiniennes  (« Une culture sans vérité devient un instrument des puissants »). Et comme le Christ est, comme il l’a dit dans  son premier discours au Collège des cardinaux , « l’espérance ultime de tous ceux qui recherchent sincèrement la vérité », l’Église doit « revenir à la primauté du Christ dans la proclamation ».

    Un troisième thème majeur est  la charité – l’amour ardent du Docteur de la Grâce pour Dieu, qui se déverse en amour pour l’homme. Sur les armoiries de Léon XIV figure l’emblème de l’Ordre de Saint Augustin : un cœur rouge enflammé, transpercé d’une flèche, symbolisant précisément cet amour. Ayant cherché sans relâche la vérité et l’ayant trouvée en Christ, l’âme d’Augustin fut emplie de l’amour de Dieu – fondement même sur lequel repose la Cité de Dieu. « Voici l’heure de l’amour ! » déclara Léon dans son homélie inaugurale. « Le cœur de l’Évangile, c’est l’amour de Dieu. » Or, ce plus grand commandement, Léon le sait avec Augustin, est indissociable d’un second : l’amour du prochain. « Les deux vont de pair »,  fit remarquer Prevost à CNS en 2012 . Notre amour doit aussi s’étendre d’une manière particulière, comme Léon XIV le précise dans  Dilexi Te , aux pauvres, qu’ils soient pauvres spirituellement ou matériellement : « Le Docteur de la Grâce considérait la sollicitude envers les pauvres comme une preuve concrète de la sincérité de la foi. Quiconque prétend aimer Dieu et n’a aucune compassion pour les nécessiteux ment (voir 1 Jean 4,20). »

    Quatrièmement et enfin, l'  unité — l'accent mis par Augustin sur l'unité de l'Église en un seul Christ. À l'approche du conclave, le  New York Times  publiait un article  au titre qui a mal vieilli : « Alors que les cardinaux s'apprêtent à élire un pape, l'un des mots d'ordre est “Unité”. Voilà qui divise ! » L'unité — au sein de l'Église, entre les chrétiens, dans le monde entier — a été l'une des grandes marques du pontificat léonin jusqu'à présent, et elle n'a jamais été source de division. En effet, sa devise épiscopale, empruntée à Augustin et à laquelle il a déjà fait référence publiquement à plusieurs reprises depuis son élection, est « In Illo Uno Unum » (En celui-ci, [nous sommes] un). En 2023, le pape Prévost,  s'exprimant sur sa devise auprès de Vatican News, déclarait : « L'unité et la communion font véritablement partie du charisme de l'Ordre de Saint Augustin, et elles imprègnent également ma manière d'agir et de penser. »

    On peut se référer à l'homélie inaugurale de Léon, où il déclarait : « Je souhaite que notre premier grand désir soit  une Église unie, signe d'unité et de communion, qui devienne un ferment pour un monde réconcilié. » Mais Léon ne s'est pas contenté de penser et de parler d'unité ; il a aussi agi  en  conséquence, ouvrant de nouvelles perspectives de discussion sur la liturgie, accueillant des évêques et des clercs de tous horizons théologiques pour des audiences privées, et effectuant des visites historiques auprès  du patriarche Bartholomée Ier et du roi Charles III. L'insistance constante de Léon sur la synodalité, le dialogue et l'écoute doit, semble-t-il, être comprise en lien avec cet aspect du charisme augustinien, ainsi qu'avec sa quête équilibrée de vérité.

    Intériorité, clarté, charité, unité – ou, pourrait-on dire, recherche, découverte, amour, union – tel est le grand programme augustinien. Ces quatre thèmes sont centrés sur le Christ ; pourtant, ils sont aussi tournés vers  le monde, l’attirant, avec toute son agitation, sa confusion, sa froideur et sa fragmentation, vers le seul qui puisse lui apporter ce grand don de  paix , nom de la basilique qu’Augustin a érigée dans une Hippone profondément divisée.

    C'est une tâche ardue aujourd'hui, comme elle l'était au Ve siècle. Mais le fils d'Augustin, dès le premier jour, est apparu comme l'homme de la situation.


    Matthew Becklo est mari et père, écrivain et éditeur, et directeur des publications de Word on Fire Catholic Ministries. Son premier livre, * The Way of Heaven and Earth: From Either/Or to the Catholic Both/And* , est disponible dès maintenant aux éditions Word on Fire.
  • Avec Baudouin et Fabiola - et d'autres témoins - un nouveau parcours pour vivre le Carême en couple !

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    Avis aux époux chrétiens : voici pour vous un nouveau parcours, concret, exigeant et enthousiasmant, tout spécialement conçu pour la période du Carême, à la suite de :

    Baudouin & Fabiola de Belgique
    Daphrose & Cyprien Rugamba
    Sainte Gianna Beretta Molla & son mari Pietro Molla
    Le bienheureux Charles de Habsbourg & son épouse Zita
    Le bienheureux Frédéric Ozanam & sa femme Amélie

    Le Carême nous le rappelle avec force : notre horizon est celui du Ciel ! Le Seigneur veut nous sanctifier… et nous sanctifier selon notre vocation propre : le mariage chrétien !

    Grâce à ce parcours de Carême, présenté sous la forme d’un ouvrage, laissons-nous transformer par Dieu. Prions davantage, partageons davantage, pratiquons l’ascèse !

    Pour notre plus grande joie, vivons tout particulièrement ce Carême en couple, dans l’accueil de la victoire du Christ ressuscité, acquise par son amour et son obéissance jusqu’à la Croix.

    En achetant dès maintenant ce bel et bon ouvrage sur Credofunding, vous aiderez au succès de ce parcours de Carême. Vous recevrez votre (ou vos) exemplaire(s) dans les jours qui suivront votre achat (nous sommes très réactifs pour les expéditions).

    Nous vous souhaitons un bon et saint Carême à tous, en grande communion de prière les uns avec les autres !



     Ce parcours, très agréable à lire et à suivre, présente de nombreux atouts :

    ● Il veut aider les époux à cheminer d’une manière toute spéciale à deux pendant le temps du Carême, en vue de faire croître leur unité conjugale et leur communion spirituelle.
    ● Il vise à favoriser les progrès de foi, d’espérance et de charité des époux chrétiens, et à les stimuler dans leur désir de devenir des saints.
    ● Il espère contribuer, pour les couples qui fondent leur alliance sur le sacrement de mariage, à un regain spirituel et à un renouveau de leur amour conjugal.
    ● Il permet d’aborder entre époux des thèmes importants, et notamment : la compréhension mutuelle, la paix en famille, le pardon à donner et recevoir, le dialogue et l’écoute, la transmission de la foi, la communion des cœurs et des corps, la place accordée au travail, le service des autres, le partage, le lien avec les belles-familles et les amis, la prière en couple…
    ● Il constitue une magnifique occasion de se laisser édifier par de belles figures d’époux chrétiens : Baudouin et Fabiola de Belgique, Daphrose et Cyprien Rugamba, sainte Gianna Beretta Molla et son mari Pietro Molla, le bienheureux Charles de Habsbourg et son épouse Zita, le bienheureux Frédéric Ozanam et sa femme Amélie.

    L’auteur de ce parcours :
    Mariée et mère de famille, Ann-Charlotte Taudière s’est investie de nombreuses manières au service des personnes, de la famille et des couples. Ce parcours de Carême qu’elle a conçu est le fruit de cette longue et riche expérience. Son souhait ardent : qu’à travers ce parcours, les couples puissent renforcer leur unité conjugale et leur communion spirituelle !

     Le programme quotidien, qui prend place dans une vie de prière et de partage, a été voulu accessible, concret, nourrissant et enthousiasmant :
    ● Une parole d’un ou deux membres du couple-témoin (lettres, extraits de livres…).
    ● Une Parole de la Bible en lien avec le thème du jour.
    ● Un enseignement issu d’un livre, d’une homélie, d’une formation, d’un document du Magistère de l’Église…
    ● Une intention de prière, une grâce à demander pour notre couple.
    ● Un exercice spirituel pour apprendre à mieux aimer.

    Cet ouvrage Notre parcours de Carême en couple à la suite de cinq couples rayonnants devrait particulièrement vous intéresser si :
    ● vous voulez renforcer votre communion et votre complicité entre époux.
    ● vous voulez accueillir la grâce de Dieu dans votre vie personnelle et conjugale d’une manière renouvelée, en puisant à la source de votre sacrement de mariage.
    ● vous voulez résolument avancer sur le chemin de la sainteté.

    À noter que ce parcours peut aussi être vécu en s’appuyant sur de petites fraternités de trois à cinq couples (fraternités à constituer avec d’autres couples, paroissiens ou amis).

     En publiant Notre parcours de Carême en couple à la suite de cinq couples rayonnants, la Maison d’édition Yeshoua Éditions veut contribuer à proposer de bonnes lectures : les époux chrétiens ont tant besoin d’être aidés pour vivre pleinement leur mission au service du monde, de l’Eglise, de leur famille.

    La production de belles œuvres a, de tout temps, pu se faire grâce au mécénat. Le financement participatif avec Credofunding est une façon très actuelle, concrète et accessible de promouvoir la vie spirituelle chrétienne et la culture du Beau, du Bien, du Bon, du Vrai.

    L’ouvrage Notre parcours de Carême en couple à la suite de cinq couples rayonnants a nécessité un beau travail de conception et d’importants coûts pour une impression de qualité en quadrichromie. Grâce aux 400 % de l’objectif initial déjà atteints, l’impression et le lancement de l’ouvrage ont été financés. Toutes les commandes au-delà de 400 % représentent un grand encouragement apporté à l’éditeur pour envisager de nouveaux projets d’édition.

    L’expédition des ouvrages commandés se fait dans les jours qui suivent l’achat. Vous devriez recevoir votre ou vos exemplaire(s) très rapidement !

    Pour participer à cette campagne, allez sur le site de CredoFunding

  • « Sacred Wine » : comment les moines ont bâti la culture du vin en Europe

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    De Solène Tadié sur le National Catholic Register :

    « Sacred Wine » : comment les moines ont bâti la culture du vin en Europe

    L'auteure catholique Emily Stimpson Chapman offre un aperçu personnel du monde coloré du vin monastique, en parcourant des monastères en Italie, en France et en Espagne comme autant de fenêtres ouvertes sur le patrimoine spirituel et culturel de l'Europe.

    Le vin est l'un des rares domaines où la civilisation catholique s'exprime encore de manière tangible. Partout en Europe, les vignobles d'abord cultivés par les moines continuent de porter leurs fruits, souvent au sein de monastères qui ont connu une renaissance après des périodes de troubles. Aujourd'hui, les bouteilles vieillissent dans des caves façonnées par des siècles de vie monastique, et les noms de saints figurent encore sur les étiquettes, reliant ainsi la culture viticole contemporaine à une vision chrétienne du monde qui structurait jadis tous les aspects de la vie quotidienne, du travail aux plaisirs terrestres.

    Ce rappel est au cœur de * Le Vin sacré : Histoire et patrimoine des vignerons catholiques* ( Marian Press ), une réflexion d’Emily Stimpson Chapman sur le rôle de l’Église dans la formation de la viticulture européenne. L’ouvrage se déploie à travers douze monastères, chacun servant de cadre à une histoire qui relate les chapitres les plus lumineux et les plus troublés des derniers siècles : de la chevalerie aux révolutions, de la sécularisation au renouveau.

    L'itinéraire est résolument européen, centré sur l'Italie, la France et l'Espagne, berceau de la tradition vinicole monastique classique. Si leur iconographie invite à la rêverie, ces maisons ne sont pas pour autant de simples destinations pittoresques, mais de véritables témoins vivants du drame spirituel et culturel européen.

    Le voyage commence à l'abbaye de Lérins, au large de Cannes, dans le sud de la France. La tradition y fait remonter la vigne à la fin du IVe siècle, à l'époque de l'ermite saint Honorat, qui s'était installé sur l'île qui porte aujourd'hui son nom. Preuve que ce que les siècles suivants considéreraient comme exceptionnel était alors l'activité la plus naturelle de l'Europe chrétienne.

    Chapman montre ensuite comment la signification du vin est passée de la simple joie des Psaumes à la Présence réelle dans l'Eucharistie et comment les communautés monastiques ont contribué à façonner l'architecture même de la culture viticole européenne.

    De la bénédiction à la présence

    Selon Chapman, ce que nous remarquons en premier – les paysages, les étiquettes et le goût – n'est que la surface visible d'une réalité spirituelle plus profonde qui leur donne vie.

    Elle insiste sur le fait que le vin est d'abord un signe avant d'être un produit. Il « témoigne de l'amour de Dieu », écrit-elle dans son livre. Un Dieu qui voulait que ses enfants connaissent « la joie, le rire et la paix ». Dans l'Ancien Testament, le vin « réjouit » le cœur. Dans le Nouveau Testament, il devient infiniment plus. Lors de la messe, chaque goutte est transfigurée : elle devient non seulement un signe de bénédiction, mais la bénédiction elle-même, Corps, Sang, Âme et Divinité.

    D'où son affirmation selon laquelle « le signe devient la chose signifiée. Le symbole devient réalité. » À ses yeux, cette capacité du vin à accomplir cela n'est pas fortuite ; c'est ainsi que Dieu l'a conçu dès l'origine. C'est pourquoi « une dimension sacrée imprègne chaque grain de raisin et chaque verre », préfigurant une transformation plus profonde à venir.

    Le vin devient ainsi l'une des plus puissantes métaphores de la vie humaine. Il nous ressemble un peu : il est fait pour plus, marqué par la souffrance, mûrit dans l'ombre, évolue avec l'âge et, surtout, il est voué à la gloire.

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  • A 31 ans, il renonce à l'euthanasie grâce à la réussite d’un traitement

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    Belgique : à 31 ans, il renonce à l'euthanasie grâce à la réussite d’un traitement

    15 février 2026

    Antoine Peters, un Belge de 31 ans victime d’addictions et souffrant d’une profonde dépression, souhaitait recourir à l’euthanasie. Il y a finalement renoncé grâce à un traitement « de la dernière chance » (cf. Stimulation cérébrale profonde : trois Espagnols renoncent à l’euthanasie).

    Un traitement risqué

    C’est en octobre 2025, alors qu’il vient de publier son premier livre autobiographique, Trop tard pour l’innocence, qu’il révèle avoir introduit une demande d’euthanasie. Antoine a subi de la sismothérapie, c’est-à-dire un traitement par électrochocs dirigés vers le cerveau, sous anesthésie générale. Sans succès. Il doit alors subir une sismothérapie bilatérale : « C’est quelque chose qu’on ne fait quasi jamais, parce que le risque de séquelles est grand. Et l’intensité des décharges est deux fois plus forte. C’est vraiment très éprouvant » explique-t-il. Mais après la deuxième séance : « Tout a changé ».

    A la suite de ce traitement, Antoine Peters témoigne ne plus avoir d’idées noires, de mélancolie ou d’envie de consommer. Il explique ressentir à nouveau certaines émotions : « J’ai pleuré alors que ça m’était plus arrivé depuis mes 18 ans. C’est comme si j’évacuais la douleur encaissée ces dernières années », explique-t-il. « Mon esprit est beaucoup plus apaisé. »

    « Il faut vraiment sensibiliser sur la dépression »

    Antoine décide alors de se remettre à écrire, un deuxième livre intitulé Refaire battre les ruines. Il est également allé témoigner dans son ancienne école et exprime son souhait de faire de la pair-aidance, c’est-à-dire de partager son parcours avec des personnes qui traversent les mêmes difficultés.

    « Il faut vraiment sensibiliser sur la dépression et la détection de certains signaux d’alarme, interpelle-t-il. Ces derniers sont souvent négligés. »

    Source de la synthèse de presse : L’avenir, Julie Wolff (10/02/2026)

  • Republication de l'oeuvre majeure de Monseigneur Léonard : « Foi et philosophies » aux éditions des Béatitudes

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    Republication de l'oeuvre majeure de Monseigneur Léonard : « Foi et philosophies » aux éditions des Béatitudes.

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    Un grand "classique" vient d’être enfin réédité ! Paru il y a 35 ans en 1991, le « Foi et Philosophies » de Monseigneur André Léonard vient d’être réédité aux EdB. Pour l’occasion, l’ouvrage a été relu par son auteur, et préfacé avec beaucoup d’intelligence par Emmanuel Tourpe. Avec son savoir académique et la hauteur de son jugement et de son expérience, Monseigneur Léonard éclaire notre Foi à la lumière des 25 plus grands philosophes et théologiens modernes et contemporains, dont il synthétise et organise la pensée selon les trois voies classiques de toute réflexion philosophique : cosmologique, anthropologique et théologique. Une synthèse remarquable et indispensable à tout étudiant, à tout prêtre, à tout enseignant.
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    Recension pour le BLE (Institut Catholique de Toulouse)
     
    Mgr André LEONARD, Foi et philosophies.
     Guide pour un discernement chrétien Préface d’Emmanuel Tourpe, EdB, janvier 2026, 282 pages, 19€
     
    Par le frère Tanguy Marie Pouliquen cb
     
    La réédition de l’ouvrage de référence « Foi et philosophies » de Mgr André Léonard aux Éditions des Béatitudes est une heureuse initiative. Elle permettra, comme elle l’a déjà fait pour une génération de prêtres, religieux, formateurs chrétiens,laïcs en quête de vérité, qui courraient à l’université de Louvain-la-Neuve l’écouter de toute l’Europe à partir des années quatre-vingt, de permettre à une nouvelle génération de bénéficier de l’apport principal de l’ouvrage : unifier la foi et la pensée (tant philosophique que théologique), cela à la suite de saint Augustin, credo ut intellegam, intellego ut credam (je crois pour comprendre, je comprends pour croire) et de l’encyclique Fides et ratio à laquelle l’auteur a participé en amont. La pensée mais aussi l’agir, tant une bonne action est subordonnée à une direction claire. Une claque amicale mais bien réelle aux anti-intellectuels qu’ils soient matérialistes, psychologisants ou spiritualistes.
     
    La préface d’Emmanuel Tourpe met les pendules à l’heure.
     
    Avant de devenir évêque, André Léonard est un grand, et même un très grand philosophe de niveau international, de la carrure d’un Hegel dont il a fait l’analyse précise de sa Logique (1830). Il n’a rien d’un conservateur, étiquette fallacieuse que les médias veulent lui coller à la peau ecclésiastique. Sa manière de réfléchir est plutôt « prophétique ». Sa méthode est dialogale : écouter toujours plus profondément le point de vue philosophique de l’autre, qu’il soit ou non contemporain. Il adopte le même principe que dans son autre ouvrage clé, « Métaphysique de l’être » (2006), scruter jusque dans les jointures ce que l’on peut retenir de bon dans la pensée contemporaine, attitude éminemment aussi spirituelle : vouloir d’abord sauver le point d’autrui pour le respecter. Discerner est le maître mot de son attitude rationnelle, d’où le sous-titre Guide pour un discernement chrétien, avant toute prise de position. Dialoguer pour mieux discerner – un pli de la pensée à retenir pour éviter la polarisation inutile des débats – ce qu’il y a de bon dans les trois axes principaux tant de la philosophie que de la théologie. Une conviction réaliste habite l’auteur : nous parlons toujours d’un quelque part qui concerne des présupposés, cosmologique, anthropologique ou métaphysique.
     
    Il ne convient pas pour l’auteur de choisir l’une de ces trois voies, mais de les laisser mutuellement s’imprégner, à partir de la hauteur la plus grande : la métaphysique de l’être que Léonard puise dans la conception de l’acte d’être de Thomas d’Aquin ou dans une orientation théologique puisée dans l’amour divin avec Hans Urs von Balthasar. L’auteur opère quelques ajouts à l’édition initiale, sur son ami Claude Bruaire trop tôt décédé, et grand initiateur d’une philosophie du don, et sur le théologien suisse de Bâle, Balthasar, car la beauté de l’amour de Dieu irrigue toute l’action de Dieu tant dans les cœurs que sur tout l’univers : Seul l’amour est digne de foi, incipit de sa Trilogie. Léonard n’a pas une pensée de surplomb, prédéfinie. Il ne tranche à partir d’idées hors-sol. Sa pensée est intégrative. La clarté de sa manière de réfléchir, sa pédagogie, plairont. Elle est aussi exigeante.
     
    À partir de chacune de ces trois voies, cosmologique (comprenons, partant du monde), anthropologique (partant de l’homme), métaphysique (partant des fondements), Léonard expose la pensée d’un grand auteur, typique de la voie, la confronte en deux temps à une approche philosophique puis théologique, pour retenir dans la conclusion de chacune des parties le meilleur d’un point de vue chrétien et juger du moins bon. Perspective qui permet au lecteur d’entrer lui-même dans un discernement dynamique et de pendre position, plus librement. La porte d’entrée mais aussi de sortie est finalement métaphysique : l’acte d’être se conjuguant avec l’amour qui vient d’en haut par la Révélation de l’amour divin en Jésus Christ. L’amour au début et à la fin. Au terme de l’ouvrage, l’auteur synthétise son approche : « Les approches cosmologique et anthropologique convergent vers la voie théologale qui les assume respectueusement dans sa perspective esthétique englobante. » La figure objective du Christ, analogia entis concret, synthétise en sa personne les plus hautes aspirations humaines tout en les unifiant.
     
    Un livre à livre pour éviter des années d’errements. Je pense particulièrement aux plus jeunes qui cherchent unifier la pensée, l’être et l’action, tant en raison que par la foi chrétienne, pour leur plus grand bonheur.
  • Une méditation comparative entre la chute de l’empire occidental actuel et la fin de l’Empire romain

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    La Tragédie migratoire et la Chute des empires - broché - Chantal Delsol,  Livre tous les livres | fnac Belgique

    Un entretien avec Chantal Delsol

    Avec La Tragédie migratoire et la chute des empires (Odile Jacob), la philosophe Chantal Delsol vient de signer un nouvel ouvrage essentiel, en forme de méditation comparative entre la chute de l’empire occidental actuel et la fin de l’Empire romain.

    Avec le compagnonnage de saint Augustin comme professeur de lucidité et d’espérance.

    De Radio Courtoisie :

  • L'oeuvre de bollandistes est inscrite au patrimoine de l'UNESCO

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    Du journal Le Soir :

    Les « Acta Sanctorum » et leurs archives inscrits au registre « Mémoire du monde » de l’Unesco

    Les « Acta Sanctorum » (Actes des saints) de la Société des Bollandistes, datant de la première moitié du XVIIe siècle, ont été inscrits au registre international « Mémoire du Monde » par l’Unesco.

    Image illustrative de l’article Acta Sanctorum

    Premier volume des Acta Sanctorum (mois de janvier), publié en 1643. (Wikipedia)

    Les Acta Sanctorum (Actes des saints) de la Société des Bollandistes d’Anvers, datant de la première moitié du XVIIe siècle, ont été inscrits au registre international « Mémoire du Monde » par l’Unesco, annoncent jeudi l’agence onusienne, la bibliothèque scientifique nationale KBR et la société savante. Il s’agit de l’une des plus grandes entreprises scientifiques et éditoriales menées en Europe avant la Révolution française

    Cette encyclopédie sur les saints et les saintes du monde entier offre à la fois une étude historique rigoureuse de la vie et du culte de chaque saint(e) et l’édition critique, dans leur langue originale, des sources qui les concernent, soit des milliers de textes hagiographiques composés entre le IIe et le XVIIe siècle.

    Pour réaliser ce projet, les Bollandistes ont récolté une documentation considérable, grâce à la collaboration d’un vaste réseau d’érudits issus de différents pays européens. Celle-ci se compose de près de 300 recueils d’archives, de manuscrits anciens, mais aussi de dessins et plans illustrant des monuments et objets dont plusieurs ont disparu aujourd’hui.

    Plus de 60.000 pages

    L’inscription à l’Unesco concerne les Acta Sanctorum (60.490 pages numérotées, distribuées dans 67 volumes) et leurs archives. ​Ces archives, gravures et manuscrits exploités par les Bollandistes (XVIIe-XVIIIe siècles) incluent 294 volumes des Collectanea Bollandiana, conservés à la bibliothèque des Bollandistes (160) et à KBR (134) ; plus de 700 plaques de cuivre ayant servi à l’impression des gravures insérées dans les Acta Sanctorum ; et divers manuscrits et imprimés ayant un lien direct avec la collection.

    L’Unesco a également souhaité saluer la mise en œuvre d’une critique historique novatrice, pour la première fois appliquée à un champ religieux. Les Bollandistes ​ont élaboré la méthode et les règles d’une nouvelle discipline dans le domaine des sciences historiques et philologiques : l’hagiographie critique.

  • Saint John Henry Newman est inscrit au calendrier romain en date du 9 octobre

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    D'Alessandro Di Bussolo sur Vatican News :

    Saint Newman inscrit au calendrier romain

    Publication ce mardi du décret du dicastère pour le culte divin par lequel le Pape inscrit le saint Anglais, canonisé en 2019 et proclamé docteur de l'Église le 1er novembre 2025, dans le calendrier romain général. Le décret établit liturgiquement la mémoire facultative et son insertion dans tous les calendriers et livres liturgiques pour la célébration de la messe et de la liturgie des heures.

    «Dieu m'a créé pour lui rendre un service précis. J'ai un rôle à jouer dans cette grande œuvre; je suis un maillon d'une chaîne, un lien de connexion entre les personnes. Il ne m'a pas créé pour rien». C'est ce qu'écrivait le cardinal John Henry Newman, canonisé en 2019 et proclamé docteur de l'Église par le Pape Léon XIV le 1er novembre 2025, en la solennité de la Toussaint et du Jubilé du monde éducatif. Le Souverain pontife l'a également proclamé «co-patron, avec saint Thomas d'Aquin, de tous ceux qui participent au processus éducatif». Il a décidé d'inscrire le nom de saint John Henry Newman dans le Calendrier romain général, le calendrier qui régit les fêtes et les célébrations de l'année liturgique.

    La mémoire de Newman sera célébrée le 9 octobre, jour de sa conversion

    C'est ce qu'établit un décret publié mardi, 3 février, par le dicastère pour le culte divin et la discipline des sacrements, -mais signé par le cardinal préfet Arthur Roche et par le secrétaire, l'archevêque Vittorio Viola, le 9 novembre 2025, fête de la dédicace de la basilique Saint-Jean-de-Latran. Il dispose que la mémoire facultative du saint soit célébrée par tous le 9 octobre, jour de la conversion de Newman, pasteur anglican, au catholicisme, en 1845. Il sera ainsi possible dès aujourd'hui, dans toute l'Église, de célébrer la messe et de réciter les laudes, les vêpres et autres prières de la liturgie des heures en mémoire du saint théologien et cardinal.

    La douce lumière de Dieu et la paix dans l'Église catholique

    Le décret souligne d'emblée que «la douce lumière de la grâce de Dieu, venue dans ce monde pour éclairer les peuples, a conduit John Henry Newman à trouver la paix dans l'Église catholique». Il ajoute que, tout au long de sa longue vie, le cardinal Newman «s'est montré infatigable dans la mission à laquelle il avait été appelé, accomplissant son ministère de recherche intellectuelle, de prédication et d'enseignement, ainsi que de service aux pauvres et aux plus démunis». Un grand intellectuel chrétien, explique-t-il, dont l'esprit vif «nous a laissé des monuments durables d'une grande importance en matière théologique et ecclésiologique, ainsi que des compositions poétiques et dévotionnelles». La recherche constante du cardinal Newman «de sortir des ombres et des images pour aller vers la plénitude de la vérité est devenue un exemple pour chaque disciple du Ressuscité». Ainsi, le décret établit que saint John Henry Newman, «ayant été reconnu comme une lumière éclatante pour l'Église en pèlerinage à travers l'histoire, peut à juste titre être compté parmi les autres saints docteurs inscrits dans le calendrier romain général».

    Les textes liturgiques

    «Cette nouvelle mémoire doit être insérée dans tous les calendriers et livres liturgiques pour la célébration de la messe et de la liturgie des heures», peut-on encore lire dans le décret, qui établit l'adoption des textes liturgiques en latin joints au décret lui-même, «qui doivent être traduits, approuvés» et, après confirmation du dicastère, «publiés» par les conférences épiscopales. Il s'agit de la prière d'ouverture, des lectures, des textes relatifs à la liturgie des heures et du texte du Martyrologe romain.

    En 1825 pasteur anglican, en 1847 prêtre catholique

    John Henry Newman naît à Londres le 21 février 1801 dans une famille anglicane. En mai 1825, il est ordonné pasteur de l'Église d'Angleterre, chargé de suivre les étudiants universitaires en tant que vicaire de la paroisse de l'université d'Oxford. Entre 1832 et 1833, lors d'un voyage de retour d'Italie, Newman compose Lead, Kindly Light (Guide-moi, lumière bienveillante), qui deviendra plus tard un hymne religieux populaire. Dans les années suivantes, il fonde avec d'autres amis le Mouvement d'Oxford, afin de lutter contre la propagation du libéralisme religieux dans les universités anglaises. Lorsque de nombreux ecclésiastiques anglicans, appartenant pour la plupart à ce mouvement, passent à l'Église catholique, Newman traverse une crise religieuse qui le conduit en 1845 à adhérer au catholicisme. Le 30 mai 1847, il est ordonné prêtre dans la chapelle de Propaganda Fide à Rome. Fasciné par le charisme de saint Philippe Néri, il fonde la Congrégation de l'Oratoire en Angleterre.

    «Je serai un ange de paix, un prédicateur de vérité»

    Avec son œuvre majeure sur le thème de la conscience, la Lettre au duc de Norfolk (1875), il aide de nombreux catholiques anglais à accepter le dogme de l'infaillibilité du Pape, proclamé à cette époque. Réfléchissant à sa vocation dans l'Église, il écrit: «Je serai un ange de paix, un prédicateur de vérité, si seulement j'observe ses commandements et le sers dans ma vocation». Le 12 mai 1879, le Pape Léon XIII le nomme cardinal, lui attribuant la diaconie de Saint-Georges au Velabro. Il continue à vivre à Birmingham, près de l'Oratoire, où il meurt le 11 août 1890. Près de soixante-dix ans après sa mort, le processus de béatification et de canonisation est lancé. En 1991, Saint Jean-Paul II autorise la publication du décret concernant l'exercice héroïque des vertus. Newman est proclamé bienheureux par le Pape Benoît XVI le 19 septembre 2010, à Birmingham, et inscrit au registre des saints par le Pape François le 13 octobre 2019.

    La béatification du cardinal Newman, célébrée par le Pape Benoît XVI en 2010 à Birmingham.
    La béatification du cardinal Newman, célébrée par le Pape Benoît XVI en 2010 à Birmingham.
  • Comment est née la vie monastique chrétienne ?

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    Jean-Pierre Mahé, orientaliste français, spécialiste des études arméniennes, et membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres