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Politique - Page 167

  • Pakistan : les enlèvements et les conversions forcées sont un "problème de droits de l'homme"

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    Du site de l'Aide à l'Eglise en Détresse (Etats-Unis) :

    Pakistan : Les enlèvements et les conversions forcées sont un "problème de droits de l'homme".

    13 juillet 2022

    LA QUESTION DES ENLEVEMENTS ET DES CONVERSIONS FORCÉES DE MINEURS APPARTENANT À LA COMMUNAUTÉ CHRÉTIENNE ET À D'AUTRES MINORITÉS RELIGIEUSES AU PAKISTAN est un problème grave que le monde ne peut ignorer, insiste l'archevêque Sebastian Shaw, de Lahore, au Pakistan.  Pour ce prélat, il ne s'agit pas seulement d'une question religieuse, mais d'une question de droits de l'homme. Il dénonce les cas qui touchent tant de familles au Pakistan.

    "Nous avons le devoir de parler de ce qui se passe, pour prévenir ces cas", a déclaré l'archevêque, ajoutant que "les cas d'enlèvements, d'agressions sexuelles, de conversions et de mariages forcés sont un problème de la société pakistanaise que le gouvernement essaie de contrôler."

    Contrairement à ce que l'on pourrait penser, ce problème ne touche pas seulement les filles. "Parfois, les garçons sont aussi kidnappés, abusés sexuellement et souvent tués", explique l'archevêque Shaw.

    "Imaginez la situation de ces parents, qui préparent les cartables de leurs enfants, les envoient en classe, puis ne les revoient plus jamais parce qu'ils ont été kidnappés. Parfois, leurs corps sont retrouvés, et ils peuvent organiser les funérailles et faire leur deuil. Mais dans d'autres cas, les parents ne peuvent que pleurer la disparition de leurs enfants."

    L'enlèvement de mineurs a été analysé dans un document de recherche produit par l'Aide à l'Église en détresse (AED), intitulé "Hear Her Cries". Le Pakistan est l'un des pays où le problème est le plus grave, avec le Mozambique, le Nigeria, l'Égypte, l'Irak et la Syrie.

    L'archevêque a remercié l'AED pour tout le soutien qu'elle a apporté non seulement à son diocèse, mais aussi à l'ensemble de l'Église du Pakistan, et a demandé une aide supplémentaire pour sensibiliser à ces cas qui touchent plusieurs centaines de personnes chaque année.

    Par son témoignage, l'archevêque Shaw espère sensibiliser davantage de personnes à une réalité si souvent ignorée par le monde, mais qui est réellement dramatique pour de nombreuses familles dans ces pays. "Ces enfants ne sont même pas libres de jouer dans le jardin. Nous avons le devoir de parler de ce qui se passe, pour prévenir ces cas", a-t-il déclaré.

    Selon le dernier rapport sur la liberté religieuse dans le monde, publié par l'AED en avril 2021, "le problème des filles chrétiennes et hindoues enlevées a empiré" au cours des dernières années.

    "Asad Iqbal Butt, président de la Commission des droits de l'homme du Pakistan, a noté que le nombre de victimes avait doublé depuis 2018, pour atteindre 2 000 par an. Les ravisseurs, souvent avec la complicité de policiers et de fonctionnaires de justice corrompus, prétendent que les filles sont majeures et se marient de leur plein gré", selon le rapport.

    La situation est grave et, selon le rapport de l'AED, "les plaidoyers des parents, munis de papiers d'identité indiquant l'âge réel des filles, ont trop souvent échoué à mettre fin aux mariages forcés et aux conversions."

    L'archevêque Sebastian Shaw affirme que dans son diocèse, nombre de ces questions ont été abordées grâce au travail d'un groupe interreligieux. "Pour nous, il est très important d'essayer de résoudre ces problèmes sociaux. Il y a des malentendus qui peuvent être surmontés par le dialogue", a-t-il expliqué.

    -Paulo Aido

  • Plus de deux mille martyrs victimes des "Rouges" lors de la guerre civile espagnole

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    De Dawn Beutner sur The Catholic World Report :

    Martyrs du communisme de la guerre civile espagnole

    Il y a plus de deux mille martyrs de la guerre civile espagnole dans le calendrier actuel de l'Église, datant de 1934 à 1939.

    23 juillet 2022

    L'année 1936 marque le début d'une horrible guerre civile en Espagne.

    Peut-être que, comme moi, vous ne vous souvenez pas d'avoir appris la guerre civile espagnole en cours d'histoire au lycée. Après tout, le nombre de victimes de la guerre civile espagnole semble faible (un million tout de même ! ndB) par rapport aux millions de morts de la Première et de la Deuxième Guerre mondiale, ainsi que des nombreux autres conflits sanglants du XXe siècle. Il n'est pas surprenant que les manuels d'histoire se concentrent davantage sur les guerres aux causes plus simples et au bilan plus lourd.

    Quels sont les événements qui ont conduit à la guerre civile espagnole ? En 1931, le roi d'Espagne s'est enfui en Angleterre, et le gouvernement qui a été mis en place peu après a été généralement décrit comme inefficace. Deux camps se sont formés pour tenter de prendre le contrôle du pays : les républicains et les nationalistes. Le reste de l'histoire est compliqué (1) mais mérite d'être compris.(2) Cependant, pour les catholiques fidèles d'Espagne, le choix était clair.

    Les dirigeants républicains étaient en grande partie une alliance de socialistes, de communistes et d'anarchistes. Leur objectif premier n'était pas d'assurer la transition pacifique de leur pays vers un meilleur mode de vie pour tous les Espagnols, mais de mener une révolution violente qui renverserait le gouvernement en place et établirait une forme d'État communiste. Quels que soient les reproches que l'on puisse faire au leader nationaliste Francisco Franco et à son règne ultérieur en tant que dictateur fasciste de l'Espagne, pour les catholiques espagnols à l'époque de la guerre, il n'y avait pas de véritable alternative. Les Républicains suivaient le même plan de bataille que celui utilisé dans toutes les autres révolutions communistes, et l'une des tactiques les plus connues dans cette lutte était de tuer les chrétiens.

    En Espagne, cela signifiait tuer les catholiques. Suivant la stratégie évidente selon laquelle il est plus efficace d'exécuter les dirigeants de ceux qui s'opposent à vous, plutôt que la base, les républicains ont particulièrement recherché toute personne portant une soutane ou un habit religieux.

    C'est pourquoi le bienheureux Joan Huguet Cardona a été tué. Il n'avait été ordonné prêtre que depuis un mois lorsque les miliciens républicains sont entrés dans sa ville de Ferreries. Comme il portait une soutane, ils l'ont trouvé rapidement, l'ont arrêté, l'ont obligé à enlever sa soutane et lui ont ordonné de cracher sur un objet de dévotion (une sorte de chapelet) qu'il portait. Lorsqu'il a refusé de le faire, il a été abattu. Cela s'est passé le 23 juillet 1936.

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  • France : le Conseil constitutionnel valide les dispositions de la "Loi séparatisme" contestées par les Églises

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    De Caroline Celle sur le site de l'hebdomadaire La Vie :

    Loi séparatisme : le Conseil constitutionnel valide les dispositions contestées par les Églises

    Vendredi 22 juillet 2022,

    le Conseil constitutionnel a jugé conformes les dispositions que les Églises chrétiennes considéraient comme des atteintes à la liberté de culte, dans la « loi séparatisme ». Concrètement, que cela signifie-t-il pour l’exercice des cultes aujourd’hui ?

     
     

    Le Conseil constitutionnel a rendu sa décision sur le recours porté par la Conférence des évêques, la Fédération protestante et l’Assemblée des évêques orthodoxes de France. Ensemble, les Églises chrétiennes contestaient plusieurs dispositions de la loi séparatisme, rebaptisée « loi confortant les principes de la République », car elles les considéraient comme des atteintes à la liberté de culte.

    Ce vendredi, les neuf sages ont pourtant tranché en leur défaveur, car ils jugent que toutes les dispositions remises en cause par les Églises sont conformes à la Constitution. Ces dispositions de la loi sont donc désormais validées.

    Pour rappel, la nouvelle loi a été promulguée le 24 août 2021 sous le précédent mandat d’Emmanuel Macron. Elle vise à encadrer davantage les cultes, et en particulier à lutter contre le « séparatisme islamiste » selon les mots du président de la République. Mais elle a rapidement suscité l’inquiétude des représentants religieux, car elle suppose une importante réforme du régime des cultes fixé en 1905.

    Pourquoi les Églises ont saisi le Conseil constitutionnel

    Selon les Églises qui ont saisi le Conseil constitutionnel, la nouvelle loi introduit un « régime de contrôle et de contrainte ». Elle oblige notamment les cultes à déclarer tous les cinq ans leur qualité cultuelle devant le préfet, avec des justificatifs à l’appui (liste des lieux de culte, financement…).

    Or, en cas de rejet du préfet, les associations cultuelles perdent les avantages fiscaux qui sont propres à leur statut. Cette disposition est censée permettre à l’État de mieux contrôler ces associations pour qu’elles ne pratiquent pas d’activités cultuelles en dehors du cadre fixé par la loi, comme il est parfois reproché à certaines associations musulmanes ou protestantes évangéliques.

    Les trois assemblées chrétiennes remettent aussi en cause un article qui modifie la législation de 1907 sur l’exercice des cultes. Cet article concerne les associations mixtes, qui relèvent du statut de 1901 et ont à la fois un caractère cultuel et non cultuel (par exemple les groupes de scouts catholiques, les antennes du Secours catholique…). Sur cette base, le préfet peut désormais obliger les associations à inscrire dans leurs statuts le fait qu’elles ont des activités cultuelles, et donc décider de ce qui est cultuel ou non. Il peut aussi obliger ces associations à scinder leur trésorerie entre activités cultuelles et non cultuelles.

    Or, les Églises considèrent cette nouvelle philosophie comme une logique répressive peu adaptée au cadre du culte, et comme une atteinte à la liberté d’association, de culte, de religion et de réunion. Dans une tribune publiée par La Vie, François Clavairoly, alors président de la Fédération protestante de France, dénonçait ce qu’il estimait être une conception soupçonneuse de la laïcité, qui réduit le fait religieux à la sphère privée.

    La décision des Sages

    Le Conseil constitutionnel a rendu une décision défavorable au recours des cultes chrétiens, car il juge conformes à la Constitution de la République les dispositions de la nouvelle loi. De fait, il valide donc la fameuse « loi séparatisme ». « Les dispositions contestées, qui ne privent pas de garanties légales le libre exercice des cultes, ne méconnaissent pas le principe de laïcité », affirme ainsi la décision écrite.

    Sur la question d’un nouveau « régime de contrôle et de contrainte », les neuf sages estiment que les préfets ne feront que contrôler davantage les critères auxquelles les associations ont droit pour percevoir des avantages fiscaux, sans remettre en cause le libre exercice du culte ou « emporter la reconnaissance d’un culte par la République ». Concernant la législation de 1907 sur l’exercice des cultes, les législateurs réfutent également les arguments des Églises chrétiennes car la loi entend, selon eux, « renforcer la transparence de l’activité et du financement des associations assurant l’exercice public du culte ». Dans la Constitution de la République, c’est la valeur de « sauvegarde de l’ordre public » qui est invoquée.

    Le Conseil constitutionnel émet aussi plusieurs réserves d’interprétation. Selon le vocabulaire juridique, la réserve d’interprétation est un procédé qui permet aux juges constitutionnels et au gouvernement de ne pas censurer une disposition légale pour éviter un désaveu cinglant à l’État, mais qui renforce la marge de manœuvre des juges dans l’interprétation de la loi.

    La première réserve des neuf sages concerne le possible retrait des avantages octroyés aux associations cultuelles par les préfets, car ils estiment que cela est « susceptible d’affecter les conditions dans lesquelles une association exerce son activité ». La seconde réserve porte sur la loi de 1907 sur la question du financement et de l’exercice des cultes : « Il appartiendra toutefois au pouvoir réglementaire de veiller (…) à respecter les principes constitutionnels de la liberté d’association et du libre exercice des cultes. » En d’autres termes, l’État doit appliquer les nouvelles dispositions de la loi, sans dépasser le cadre strictement permis par la Constitution.

  • Pensionnats canadiens : un autre son de cloche

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    Du site "Pour une école libre au Québec" (archive 30 juin 2021) :

    Ce qu’on ne dit jamais : certains Autochtones ont grandement apprécié leur pensionnat

    Élèves autochtones (Adeline Racette et Emily Bone) du pensionnat d’Assiniboia, à Winnipeg, Manitoba.

    Alors que les églises catholiques du Canada sont vandalisées ou incendiées, il est bon de se rappeler que deux éminents autochtones ont attribué à leurs pensionnats le mérite de leur réussite dans la vie. Il s’agit du dramaturge cri de renommée mondiale Tomson Highway et de la défunte chef de bande dénée d’Inuvik, Cece Hodgson-McCauley. En outre, un certain nombre de personnes ont écrit des récits à la sénatrice Lynn Beyak, aujourd’hui à la retraite, témoignant avoir eu des expériences positives ou avoir entendu des récits de première main de bonnes expériences dans les pensionnats. En 2015, Tomson Highway a déclaré au désormais défunt Huffington Post Canada qu’il avait passé neuf des « années les plus heureuses » de sa vie dans un pensionnat. L’école, appelée le pensionnat Guy Hill, était gérée par les Missionnaires Oblats de Marie Immaculée. Né dans le nord du Manitoba, Highway a été envoyé au pensionnat à l’âge de six ans et y est resté jusqu’à l’âge de 15 ans, rentrant chez lui pour les deux mois de vacances d’été. Il a ensuite été mis en pension dans des familles d’origine européenne tout en terminant ses études secondaires à Winnipeg. « Tout ce qu’on entend, ce sont les choses négatives ; personne ne s’intéresse au positif, à la joie dans cette école », a déclaré Highway au journaliste Joshua Ostroff à propos de Guy Hill. « Neuf des années les plus heureuses de ma vie, je les ai passées… dans cette école », a-t-il poursuivi. « J’ai appris votre langue, pour l’amour de Dieu. Avez-vous appris ma langue ? Non, alors qui est le privilégié et qui est le défavorisé. »

    M. Highway a laissé entendre qu’il y avait autant d’histoires « positives » sur les pensionnats que d’histoires « négatives » entendues par l’enquête « Vérité et réconciliation du Canada » sur le système de pensionnat qui a vu des dizaines de milliers d’enfants des communautés nordiques emmenés loin de leurs familles pour leur éducation. Il a également attribué à son école sa réussite, et aux autres pensionnats la réussite d’autres anciens élèves. « Vous avez peut-être entendu des histoires négatives de la part de 7 000 témoins dans le processus », a déclaré le dramaturge primé. « Mais ce que vous n’avez pas entendu, ce sont les 7 000 rapports qui étaient des histoires positives. Il y a aujourd’hui beaucoup de gens qui ont réussi dans ces écoles, qui ont des carrières brillantes et qui sont des gens très fonctionnels, très heureux, comme moi. J’ai une carrière internationale florissante, et cela ne serait pas arrivé sans cette école ».

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  • L'Eglise, bouc émissaire de la politique coloniale de l'Etat canadien

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    De Luca Marcolivio sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    ENTRE LES INCENDIES ACTUELS ET L'HISTOIRE

    Le Canada et les écoles indigènes, l'Eglise comme bouc émissaire (archive du 8-7-2021)

    Une vingtaine d'églises, dont beaucoup sont catholiques, ont été incendiées ou vandalisées au Canada après la découverte de tombes anonymes d'enfants. À l'origine, il y a le rôle des écoles résidentielles voulues par le gouvernement depuis le XIXe siècle pour l'assimilation des autochtones canadiens, qui mouraient souvent, en l'absence d'aide, de maladie et de faim. Et aujourd'hui, Trudeau s'attaque à l'Église, en essayant de faire oublier les fautes de l'État.

    Au Canada, un choc historique entre l'État et l'Église a lieu. Entre les charniers mis au jour et les églises brûlées, comme souvent, la vérité se cache dans les plis de l'histoire.

    Fin mai déjà, 215 restes d'enfants amérindiens ont été découverts dans une fosse commune sur le terrain d'une ancienne école catholique à Kamloops, en Colombie-Britannique. L'école était l'un des nombreux pensionnats créés au XIXe siècle pour l'éducation des jeunes autochtones. En apprenant la nouvelle, lors de l'Angélus du 7 juin, le pape François a exprimé sa proximité avec la communauté catholique et l'ensemble du peuple canadien " traumatisé par cette nouvelle choquante. " Le souverain pontife avait alors demandé de "faire la lumière" sur un fait qui "accroît encore la conscience de la douleur et de la souffrance du passé."

    Puis, pour coïncider avec la Journée nationale des peuples autochtones, célébrée au Canada le 21 juin dernier, deux églises ont été incendiées. En l'espace d'un mois, une vingtaine d'incendies et d'actes de vandalisme graves ont été recensés contre des églises, pour la plupart catholiques. Au moins deux des incidents ont été qualifiés par la police canadienne d'incendies criminels possibles. Rien ne permet, du moins pour l'instant, d'établir un lien de causalité entre les deux phénomènes, d'autant que le sud-ouest du pays a été frappé par une vague de chaleur sans précédent. Il est cependant inconcevable de penser que les très hautes températures aient pu également provoquer des incendies dans les lieux de culte.

    La deuxième et plus importante découverte a eu lieu le 23 juin, à l'ancien pensionnat indien de Marieval, dans la province de la Saskatchewan. Pas des fosses communes mais 751 tombes anonymes. Cadmus Delorme, chef de la communauté de Cowess, l'a annoncé. "La nouvelle selon laquelle des centaines de tombes non marquées ont été découvertes dans la Première Nation de Cowessess est absolument tragique, mais pas surprenante", a tweeté Perry Bellegarde, chef national de l'Assemblée des Premières Nations.

    Les représentants des Premières nations eux-mêmes attendent des excuses officielles de l'Église catholique pour son rôle dans le système des pensionnats mis en place par le gouvernement canadien. Ce "génocide culturel" a été reconnu en 2015 par la Commission Vérité et Réconciliation, qui a estimé qu'environ 6 000 enfants sont morts dans ces écoles. Les jeunes élèves des écoles catholiques ou d'autres confessions chrétiennes, affirment les accusateurs, étaient maintenus dans des conditions sanitaires épouvantables, maltraités, soumis à une inculcation forcée et parfois abusés.

    Le Premier ministre canadien Justin Trudeau, depuis son entrée en fonction en 2015, a appuyé sur l'accélérateur de l'enquête et impulsé une série d'initiatives pour commémorer les victimes. C'est encore Trudeau qui a demandé des excuses officielles au pape François. Le premier ministre canadien a déclaré avoir parlé "personnellement" avec le pontife, insistant sur "l'importance qu'il y a non seulement à ce qu'il s'excuse, mais aussi à ce qu'il s'excuse auprès des Canadiens autochtones sur le sol canadien". Je sais que les dirigeants de l'Église catholique, a ajouté M. Trudeau, examinent très activement les mesures qui peuvent être prises.

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  • Internats pour enfants autochtones au Canada : l'histoire falsifiée et 52 églises incendiées

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    Un entretien avec Pablo Munoz Iturrieta sur Kath.Net/news (archive du 29 juillet 2021) :

    Corps retrouvés au Canada : un publiciste parle de " falsification de l'histoire " !

    L'auteur et humaniste Pablo Munoz Iturrieta contredit la description par l'Église catholique d'un "génocide" des Indiens du Canada dans une interview accordée à Kathpress - 52 incendies d'église à ce jour

    Il n'y a pas eu de "génocide" des enfants autochtones dans les écoles confessionnelles du Canada au début du 20e siècle, qui ont été systématiquement spoliés de leur culture, maltraités, tués par des mauvais traitements et enterrés dans des fosses communes par les religieux : Avec cette critique des récents reportages des médias, le publiciste et scientifique canadien Pablo Munoz Iturrieta attire l'attention. Comme l'a expliqué l'Argentin d'origine dans une interview accordée à Kathpress jeudi, les faits historiques s'y opposent clairement. Une "falsification de l'histoire" aux conséquences déjà dévastatrices est pratiquée, a-t-il déclaré.

    Depuis la fin du mois de mai, des informations sur la découverte de plus d'un millier de cadavres d'enfants à proximité de ce que l'on appelle les "pensionnats" - principalement des internats pour autochtones gérés par l'Église catholique, qui ont existé de la fin du XIXe siècle jusqu'aux années 1980 - ont provoqué un tollé dans le monde de l'information. On savait depuis longtemps que ces tombes, qui n'étaient pas marquées par leur nom, existaient : une commission gouvernementale au Canada s'était chargée d'une réévaluation, qui a rédigé son rapport final en 2015, a souligné M. Munoz. Toutes les trouvailles actuelles y avaient déjà été répertoriées.

    Justin Trudeau a maintenant ramené ces découvertes de corps dans la discussion afin de donner du poids à sa politique indigène. Le Premier ministre canadien avait également demandé au Pape François de venir au Canada et, au nom de l'Église, de demander aux parents du peuple indigène connu sous le nom de "Premières Nations" le pardon des souffrances infligées au cours de l'histoire. Le philosophe et théologien a fait remarquer qu'il ne fallait pas oublier que l'État canadien était responsable de l'éducation et qu'il commandait les écoles confessionnelles.

    Pas de "rééducation" forcée

    Ce dont l'Église est accusée est largement indéfendable, a souligné M. Munoz. Il n'y a certainement pas eu d'"imposition" de la culture chrétienne, puisque les indigènes étaient chrétiens depuis longtemps, avec leur propre clergé indigène depuis le milieu du 17e siècle. "Les missionnaires étaient extrêmement prudents avec la culture des indigènes. Le fait qu'ils parlent encore leur langue aujourd'hui est principalement dû aux prêtres catholiques", dit-il. De même, l'enseignement dans les pensionnats catholiques se faisait principalement dans les langues indigènes.

    Au début des écoles indigènes, les familles y envoyaient volontairement leurs enfants, ce qui permettait une meilleure alimentation, une protection contre le froid en hiver et l'apprentissage d'un métier. En 1920, le Canada a introduit l'enseignement obligatoire. Même après cela, l'Eglise n'a pas eu recours à la force de la police pour emmener les enfants, comme certains le prétendent, a déclaré M. Munoz. "Mais il y a des rapports selon lesquels certains élèves sont tombés malades de la tuberculose et les tribus ne voulaient plus envoyer leurs enfants à l'école par peur de l'infection." Un examen médical d'entrée pour les nouveaux élèves a été introduit en conséquence, a-t-il dit.

    Cause de mortalité : principalement des infections

    En tout état de cause, la tuberculose - pour laquelle la vaccination n'a été introduite au Canada que vers 1950 - et surtout la pandémie de grippe espagnole de 1918 à 1920 ont également été la principale cause de décès des enfants dont les corps sont aujourd'hui en cause, a souligné le publiciste canadien. Au lieu d'être enterrés dans des "fosses communes", les morts étaient enterrés dans leurs propres tombes, chacune avec sa propre croix. Le fait que les noms n'aient pas été écrits dessus était un respect pour une tradition indigène correspondante, a déclaré Muñoz. Cependant, les noms des personnes décédées ont été enregistrés dans les dossiers - "ce qui ne serait jamais arrivé dans le cas d'un véritable génocide".

    M. Munoz n'a pas nié qu'il y ait eu des cas d'abus sexuels sur des enfants dans les pensionnats, en plus d'une violence dans l'éducation très discutable du point de vue actuel - qui était autrefois répandue dans toutes les écoles. Une réévaluation est importante ici, mais il faut aussi faire la différence : "Les cas d'abus connus aujourd'hui dans l'Église catholique du Canada concernent principalement les années 1970 et 1980, alors que les écoles indigènes étaient déjà en voie de disparition." Établir un lien direct avec les cadavres des enfants n'est pas approprié, a-t-il dit.

    Déjà 52 incendies d'église

    Le scientifique, blogueur et auteur catholique, qui enseigne dans plusieurs universités au Canada, aux États-Unis et en Argentine, est très préoccupé par les conséquences du récit sur le corps des enfants, qui repose sur des exagérations. Par exemple, a-t-il dit, 52 églises ont déjà été incendiées et, dans certains cas, réduites en cendres au Canada au cours des deux derniers mois, y compris des églises historiques dans des réserves autochtones et des lieux de culte appartenant à des communautés de migrants de diverses confessions. "Le gouvernement n'a rien fait jusqu'à présent pour mettre un terme à cette situation ou pour enquêter sur ce qui se passe et découvrir qui sont les auteurs de ces actes", s'est plaint M. Muñoz.

  • L'histoire des pensionnats du Canada

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    Du Dr. Douglas Farrow sur le Catholic World Report (*) (traduction avec https://www.deepl.com/translator) :

    L'histoire des pensionnats du Canada

    Les organisations religieuses qui ont géré les pensionnats sont-ils les vrais coupables, comme beaucoup le supposent ? Un examen attentif montre que cette supposition est erronée.

    13 juillet 2021

    Le sentiment est une chose dangereuse. La vérité et la réconciliation souffrent toutes deux de son instrumentalisation".

    Au cours des quinze dernières années, une douzaine d'églises au Canada, dont beaucoup étaient au service des populations autochtones, ont été incendiées. Une douzaine d'autres, la plupart dans des contextes non autochtones, ont été vandalisées. "Brûlez tout", a tweeté le directeur de l'Association des libertés civiles de Colombie-Britannique, sous les acclamations de la communauté juridique elle-même.

    Le chaos s'est installé après la découverte des restes de centaines de jeunes autochtones, enterrés près des pensionnats dans lesquels ils étaient inscrits en vertu d'une politique soutenue par la Loi sur les Indiens de 1876, dont les amendements de 1894 et 1920 ont rendu obligatoire la fréquentation des pensionnats ou des écoles industrielles pour ceux qui n'avaient pas accès aux écoles de jour. La dernière de ces écoles, dont beaucoup étaient gérées par l'Église catholique, a fermé ses portes en 1996. Pendant plus d'un siècle, environ 140 000 enfants sont passés par ces écoles. Plus de quatre mille d'entre eux - peut-être jusqu'à dix mille - sont décédés pendant qu'ils les fréquentaient ou sont morts peu après.

    Comment cela est-il possible ? Qui est responsable ? Les organisations religieuses qui administraient les pensionnats sont-elles les véritables coupables, comme beaucoup le supposent ? Un examen attentif montre que cette supposition est erronée. Comme nous le verrons, la tragédie et les crimes qu'elle a entraînés - des crimes que certains qualifient à tort de génocide - ont commencé par la violation des droits parentaux imposée par le gouvernement, une erreur qui se répand à nouveau aujourd'hui.

    Une politique progressiste

    Au moment de sa mise en place, la politique des pensionnats était considérée comme une politique progressiste. Un ministre méthodiste, Egerton Ryerson (1803-82), a été nommé surintendant principal de l'éducation pour le Haut-Canada en 1844. Il a introduit les commissions scolaires, les manuels scolaires standardisés et l'éducation gratuite pour tous. Le ministère des Affaires indiennes a rapidement fait appel à ses conseils et a commencé à utiliser ses méthodes afin d'intégrer les enfants autochtones dans le nouveau monde dans lequel ils allaient vivre. Il soutenait que les peuples autochtones devaient recevoir une éducation dans des pensionnats confessionnels exclusivement anglais, un système qui impliquait de déraciner les enfants de leurs foyers et de leurs coutumes tribales.

    Le premier pensionnat, le Mohawk Institute de Brantford, en Ontario, avait ouvert ses portes en 1831. Il était encore imprégné de l'esprit du premier évêque de la Nouvelle-France, saint François de Laval (mort en 1708), qui s'était efforcé, bien avant l'ère Ryerson, de fournir un système complet d'éducation aux peuples dont il avait la charge, et de les protéger contre le commerce de l'alcool et d'autres menaces à leur bien-être. (À cette époque, on amenait les écoles aux autochtones plutôt que les autochtones aux écoles). Au moment de la Confédération en 1867, il y avait huit établissements de ce genre, mais les choses commençaient à changer.

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  • La condition des femmes s'aggrave en Afrique et en Asie

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    D'Anna Bono sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    La condition des femmes s'aggrave en Afrique et en Asie

    21-07-2022

    Selon le rapport annuel du WEF, les inégalités entre hommes et femmes (dans 146 pays) n'ont diminué que de 0,2 point depuis 2021. La faute à la pandémie, certes, mais aussi à l'impact important de certaines régions du monde où les normes tribales et l'islam pèsent lourd. Il faudra 197 ans pour combler l'écart en Asie du Sud.

    Le 13 juillet, le Forum économique mondial (WEF) a présenté au public le Global Gender Gap Index 2022, un rapport qui mesure chaque année depuis 2006 les inégalités entre les hommes et les femmes, au niveau mondial, par nations et par zones géopolitiques, et estime le temps encore nécessaire pour combler le fossé entre les hommes et les femmes et parvenir à une égalité totale. Quatre domaines sont pris en compte : participation et opportunités économiques, éducation, santé et survie, et participation politique. Chaque zone comprend plusieurs paramètres. L'écart dans la sphère économique, par exemple, est analysé en tenant compte de paramètres tels que l'accès au marché du travail, l'écart de rémunération à emploi égal, les revenus du travail et le pourcentage de femmes occupant des postes professionnels hautement qualifiés. 

    L'indice mondial 2022 a été calculé à partir de données collectées dans 146 pays, dont 102 font l'objet d'un suivi continu depuis 2006. Le premier fait à souligner est la différence considérable selon les zones considérées. L'écart le plus proche d'être comblé est celui de la santé, complété à 95,8% (contre 95,7% dans l'indice 2021). Vient ensuite l'enseignement scolaire, achevé à 94,4%, mais en recul de 0,8 point (il était à 95,2%). L'écart en matière de participation économique, tout en s'améliorant de 1,6 point, n'est surmonté qu'à 60,3%, l'écart en matière de participation politique est inchangé à 22%.

    La moyenne générale de réussite est de 68,1%, ce qui représente une amélioration de seulement 0,2 point par rapport à l'année précédente. Les crises déclenchées par la pandémie de COVID-19 et surtout par la manière dont la maladie a été traitée par certains gouvernements ont entraîné un recul du statut des femmes dans de nombreux pays. Dans certains cas, les données indiquent que la pandémie a fait reculer la situation de l'égalité des sexes d'une génération. Par exemple, contrairement à d'autres crises économiques qui ont pénalisé la main-d'œuvre masculine dans le passé, la pandémie a fait perdre beaucoup plus d'emplois aux femmes. Cela s'explique en partie par le fait que de nombreuses femmes ont cessé de travailler pour s'occuper des enfants et des frères et sœurs qui restaient à la maison pendant les périodes de verrouillage total. Aujourd'hui, nombre d'entre eux éprouvent des difficultés à réintégrer le monde du travail. La fermeture des écoles pendant de longues périodes a également eu des répercussions sur le parcours scolaire de nombreuses filles et jeunes femmes qui ne sont pas retournées à l'école à la fin de l'urgence sanitaire : parce que, là où les mariages précoces sont répandus, elles se sont entre-temps mariées, sont devenues mères ou simplement parce que leur famille a décidé de les faire interrompre leurs études. En Asie et en Afrique notamment, lorsqu'un élève abandonne l'école pour une raison quelconque, il lui est plus difficile de revenir si c'est une fille. L'abandon scolaire précoce touche nettement plus les filles.

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  • Le Chili va-t-il renouer avec la Révolution ?

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    De Jean-Baptiste Noé sur Aleteia.org :

    Chili : vers une Constitution d’inspiration communiste ?

    21/07/22

    Le projet chilien de nouvelle Constitution est en rupture avec l’histoire récente du pays et les tentatives de conciliation mises en place depuis 1990. Pour le géopoliticien Jean-Baptiste Noé, ce retour au communisme des années 1970 fait entrer le pays dans une zone de turbulence pour le référendum d’approbation.

    La réforme de la Constitution est l’un des sujets politiques majeurs du Chili, nombreux étant ceux qui veulent revenir sur le texte de 1990. Un processus long et compliqué a été mis en place après les très violentes émeutes de 2019. Un premier texte vient d’être présenté par le nouveau président chilien, qui doit désormais être approuvé par le peuple lors d’un référendum prévu pour le 4 septembre prochain. Les Chiliens ont donc deux mois pour débattre du texte présenté. La campagne s’annonce houleuse, d’autant que le vote sera obligatoire. Une donnée importante, sachant que l’abstention avait dépassé les 50% lors du référendum sur la création d’une assemblée constituante. 

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  • Chine, Etats-Unis, Ukraine... De quel bois se chauffe la diplomatie vaticane ? Les réponses de Mgr Gallagher, le "ministre des affaires étrangères du Vatican"

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    Sur le site de la revue jésuite America, Gerard O'Connell interviewe le "ministre des Affaires étrangères du Vatican", Mgr Paul R. Gallagher :

    Interview : L'archevêque Gallagher parle de la diplomatie du Vatican, de l'Ukraine et de la menace de la Troisième Guerre mondiale

    18 juillet 2022

    L'archevêque Paul Gallagher est le secrétaire du Vatican pour les relations avec les États depuis sept ans et demi. Le 11 juillet, il a accordé une large interview au correspondant du Vatican en Amérique, Gerard O'Connell, dans laquelle il a évoqué la situation géopolitique mondiale, la guerre en Ukraine et les relations entre la Russie et le Vatican.

    Il a également évoqué l'accord provisoire du Saint-Siège avec la Chine sur la nomination des évêques, l'arrestation du cardinal Joseph Zen, l'inquiétude du Vatican concernant la situation en Terre Sainte, les relations entre le Saint-Siège et les États-Unis, l'adhésion du Saint-Siège à la convention des Nations unies sur le changement climatique, la visite du pape au Canada et les éventuelles visites papales dans d'autres pays. Il a conclu en décrivant les développements qu'il aimerait voir dans le monde au cours des deux ou trois prochaines années.

    L'interview est présentée en trois parties.

    Partie I : Un monde en conflit

    S'exprimant depuis son poste d'observation au Vatican et ses rencontres au fil des ans avec des chefs d'État, des ministres de haut rang et des chefs religieux de tous les continents, Mgr Gallagher a exprimé sa profonde inquiétude face aux conflits et à la polarisation des pays du monde entier. "Nous arrivons à une situation très dangereuse dans le monde entier", a-t-il déclaré, "et il ne faudrait pas grand-chose pour que les choses empirent encore" et pour arriver à "un monde en conflit". Il a souligné l'urgence de "faire en sorte que nos institutions multilatérales fonctionnent mieux" et a préconisé un engagement énergique aux niveaux politique, diplomatique et ecclésial "pour guérir" les conflits.

    Il a évoqué la guerre en Ukraine et sa récente visite dans ce pays, ainsi que les relations entre le Vatican et le Kremlin. "Il est difficile de voir une solution à l'horizon", a-t-il déclaré, tout en soulignant la nécessité de "garder vivant l'espoir du dialogue et de la négociation." Il a confirmé que le pape avait l'intention de se rendre à Kiev, peut-être dès le mois d'août.

    En tant que secrétaire aux relations avec les États depuis novembre 2014, vous avez acquis une vue d'ensemble extraordinaire de la situation à travers le monde. Comment lisez-vous la situation géopolitique du monde actuel ?

    Je pense que c'est une situation de conflit et de polarisation sans précédent. Pour en revenir à la première expression du pape selon laquelle nous vivons la "troisième guerre mondiale par morceaux", tout le monde pensait qu'il disait n'importe quoi ou du moins très imprudemment, mais tout s'est avéré exact. L'autre jour, j'ai donné une conférence à un groupe de femmes religieuses, et nous avons pris quatre cartes de différentes parties du monde. J'ai parcouru les pays avec elles, et il était étonnant de constater que presque partout dans le monde, il existe une forme de conflit ; il ne s'agit peut-être pas d'une guerre, mais d'une polarisation sociale ou d'un conflit entre différents systèmes politiques au sein d'un pays.

    Mais, certainement, la chose la plus inquiétante, le vrai danger est que vous avez des centres de conflit dans le monde entier, et il y a un danger que vous ayez une sorte d'infection croisée et que tous les points se rejoignent soudainement, et nous nous retrouvons dans un monde en conflit, pas seulement des régions ou des pays et des continents, mais un monde en conflit. Je pense que c'est la réalité d'aujourd'hui. Je pense que c'est ce à quoi nous devons travailler, que ce soit au niveau politique, diplomatique ou ecclésial, nous devons reconnaître la réalité de ce conflit et essayer de le guérir.

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  • Soudan : les chrétiens à nouveau persécutés

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    D'Augustine Passilly (à Khartoum) sur le site du journal la Croix :

    Soudan : les chrétiens de nouveau persécutés depuis le putsch 

    Reportage 

    Le gouvernement de transition du Soudan qui a succédé à la dictature militaro-islamiste s’était engagé pour la liberté religieuse. Mais le coup d’État d’octobre 2021 a signé le retour des discours haineux et autres arrestations arbitraires visant la petite minorité chrétienne.

    20/07/2022

    Un vent ou du moins une brise de liberté a soufflé sur le Soudan pendant deux ans. La minorité chrétienne (estimée à moins de 3 % de la population) commençait à entrevoir une certaine égalité avec ses concitoyens musulmans. Le gouvernement de transition, qui succédait à trente ans de dictature militaro-islamiste avait aboli la peine de mort pour apostasie et autorisé, en théorie, les chrétiens à consommer de l’alcool.

    Les chrétiens convertis en ligne de mire

    Il était allé jusqu’à ratifier une « déclaration de principes » pour s’engager à devenir un État séculier. Mais ces timides progrès se sont arrêtés net avec la reprise du pouvoir par l’armée le 25 octobre 2021. Depuis, les chrétiens sont de nouveau dans le viseur des islamistes de l’ancien régime, qui ont massivement regagné leurs postes.

    Les fondamentalistes s’en prennent tout particulièrement aux chrétiens convertis. C’est le cas de Hamouda Tia Kafi et Nada Hamad. Ces deux musulmans de l’État de Al-Jazirah, dans le centre-est du pays, se sont mariés en 2016, avant de se convertir respectivement en 2018 et 2021. En novembre, une enquête criminelle a été ouverte à leur encontre.

    Le couple est accusé d’adultère puisqu’un divorce non consenti avait été prononcé par un tribunal de la charia avant la révolution de décembre 2018. D’après la loi criminelle de 1991, cet acte est condamnable au minimum de 100 coups de fouet et, au pire, de mise à mort par lapidation. Ces sanctions sont restées en vigueur pendant la transition démocratique. Elshareef Ali Mohammed, un avocat de l’ONG Sudanese Human Rights Initiative qui suit ce cas, estime toutefois que cette sentence n’a pu être prononcée que par un juge nostalgique de la dictature.

    Influence des islamistes

    « Tous les anciens procureurs et juges sont de retour depuis le putsch. Les militaires n’ordonnent pas eux-mêmes la condamnation des chrétiens. Mais comme les islamistes sont leurs seuls alliés, ils ferment les yeux pour conserver leurs intérêts et se maintenir au pouvoir », résume le magistrat, qui écrit une thèse sur la liberté religieuse au Soudan. Hamouda Tia Kafi et Nada Hamad espèrent gagner leur procès en appel.

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  • Les chrétiens nigérians menacés de génocide ?

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    De l'European Centre for Law & Justice (ECLJ) :

    Les chrétiens nigérians sont-ils menacés de génocide ?

     

    Le Nigéria connait une recrudescence des attaques ethniques et religieuses, notamment dans le Nord du pays. À Owo, au Sud du Nigéria, le dimanche 5 juin 2022, en pleine messe de la Pentecôte, une attaque dans une église a fait au moins 50 morts. Le 13 mai, une jeune chrétienne a été lapidée et brûlée après avoir été accusée de blasphème. Ces meurtres ne sont pas isolés puisque l’ONG Open Doors avait dénombré 4 650 chrétiens tués au Nigéria pour l’année 2021. Cela représentait près de 80 % des meurtres de chrétiens dans le monde. De la même façon, en 2021, la société internationale pour les libertés civiles et l’État de droit (Intersociety) avait dénombré 3000 élèvements de chrétiens tandis que 300 églises et dix prêtres avaient été attaqués. Comme l’ont démontré tous les participants à cette conférence, il apparait que la situation des chrétiens au Nigéria se dégrade plus rapidement et que les violences initialement localisées au Nord tendent à s’étendre également au Sud. Monseigneur Jude Arogundade ajoutait que des raisons ethnoreligieuses expliquent ces événements alarmants. Le manque de réaction des autorités locales exacerbe encore la montée vers une radicalisation de la violence faisant craindre la perpétration d’un génocide.

    En février, l’ECLJ avait alerté le Conseil des droits de l’homme de l’ONU sur la gravité de la situation des chrétiens au Nigéria. Le 18 mai, au Parlement européen, le député Jean-Paul Garraud du groupe ID était aussi intervenu pour demander un débat sur la christianophobie et notamment sur le cas de la jeune étudiante nigériane lapidée et brûlée par des islamistes. 244 députés européens avaient alors voté contre, empêchant ce débat d’avoir lieu. Après le massacre de la Pentecôte, le Parlement européen avait finalement accepté la tenue ce débat, après que le groupe ECR en a fait à son tour la demande. François-Xavier Bellamy avait également dénoncé le 8 juin devant le Parlement européen le silence des pays européens face à cette situation. En mai, l’ECLJ a de nouveau envoyé une déclaration écrite au Conseil des droits de l’homme des Nations unies pour exhorter la communauté internationale à faire tout ce qui était en son pouvoir pour mettre un terme à la violence et fournir une aide aux milliers de Nigérians déplacés. En 2020, le Procureur de la Cour pénale internationale (CPI) avait annoncé la clôture de l’examen préliminaire de la situation au Nigéria, « après avoir conclu qu'il y avait une base raisonnable permettant de croire que des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité avaient été commis ». Depuis, aucune enquête n’a été ouverte alors que cela devrait être la prochaine étape de la procédure judicaire.

    L’ECLJ continuera d’agir auprès des institutions internationales pour défendre les droits des chrétiens persécutés au Nigeria.

    Vous pouvez regarder l'intégralité de l'événement en anglais sur la page Facebook de l'Intergoupe FoRB&RT.