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Politique - Page 227

  • France : un édifice religieux perdu toutes les deux semaines

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    De Solène Tadié sur le National Catholic Register :

    Pourquoi la France perd un édifice religieux toutes les deux semaines

    Selon M. Lamaze, outre le fait qu'un édifice religieux disparaît toutes les deux semaines - par démolition, transformation, destruction par le feu ou effondrement -, deux tiers des incendies d'édifices religieux sont d'origine criminelle.

    The Church of St. Ouen in Rouen

    L'église Saint-Ouen de Rouen (photo : Jorge Láscar via Wikimedia (CC BY 2.0). / Daniel Vorndran/CC BY-SA 3.0)

    4 mai 2021

    Un édifice religieux disparaît en France toutes les deux semaines. 

    C'est le constat d'Édouard de Lamaze, président de l'Observatoire du patrimoine religieux à Paris. 

    Il tire la sonnette d'alarme dans les médias français sur la disparition progressive des édifices religieux dans un pays surnommé la "fille aînée de l'Église" parce que le roi franc Clovis Ier a embrassé le catholicisme en 496.

    L'appel de Lamaze à une plus grande prise de conscience a été lancé après qu'un incendie ait détruit l'église Saint-Pierre du XVIe siècle à Romilly-la-Puthenaye, en Normandie, dans le nord de la France. L'incendie, jugé accidentel, a eu lieu le 15 avril, deux ans exactement après l'incendie qui a dévasté la cathédrale Notre-Dame de Paris.  

    L'image inoubliable de la cathédrale en feu, qui a fait le tour de la planète en 2019, a mis en évidence un problème plus profond au sein de la société française : de graves lacunes dans le système de préservation des monuments religieux, associées à une hostilité croissante envers la religion.  

    Lamaze a déclaré à CNA dans une interview qu'en plus d'un bâtiment religieux qui disparaît toutes les deux semaines - par démolition, transformation, destruction par le feu ou effondrement - deux tiers des incendies dans les bâtiments religieux sont dus à des incendies criminels. 

    Si ces statistiques incluent des bâtiments appartenant à tous les groupes religieux, la plupart d'entre elles concernent des monuments catholiques, qui représentent encore une large majorité en France, où l'on compte environ 45 000 lieux de culte catholiques.

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  • Célébrations à 15 personnes : le ras-le-bol des catholiques belges

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    Messes à 15 personnes : le ras-le-bol des catholiques belges

    <p>Des manifestations ont été organisées pour réclamer la révision de la limitation à 15 personnes, notamment une manifestation inter-culte en janvier.</p>

    Des manifestations ont été organisées pour réclamer la révision de la limitation à 15 personnes, notamment une manifestation inter-culte en janvier.

    Les catholiques belges n’ont pas de mots assez durs pour critiquer le nouveau protocole qui s’appliquera à partir du 8 mai aux messes : pas plus de 50 personnes et « uniquement sur des parcelles privées en plein air, qui ne jouxtent pas la voie publique ». Les curés pourront donc se faire prêter le préau d’une école ou coloniser le jardin d’un presbytère, mais le parvis des églises leur restera interdit. De nombreux prêtres et fidèles considèrent ce nouveau protocole comme une « tartufferie ». D’autant que, ce dimanche, une température de 13 degrés est annoncée… Les catholiques belges n’attendent qu’une seule mesure : pouvoir enfin célébrer, en fonction de la taille de l’église tant que durera l’épidémie, tout en respectant les mesures sanitaires, à l’intérieur. Car, depuis la Toussaint, en Belgique, les offices religieux ne sont autorisés qu’en présence de… 15 personnes !

    La liberté de culte bafouée

    A la paroisse Notre-Dame de l’Annonciation, tenue par la communauté de l’Emmanuel, le mot « injustice » revient en boucle dans la bouche des fidèles. « La liberté de culte inscrite à l’article 19 dans la Constitution est bafouée », dit l’un. « Le magasin Trafic est ouvert à tous, mais pas l’église », soupire un autre. Mais c’est surtout la jauge de 15 qui fait grincer des dents : «de juin à novembre 2020, on a eu une jauge proportionnelle à la taille de l’église, il n’y a eu aucun problème. On mettait du gel à l’entrée, on respectait une distance entre nous, on portait des masques, le sol était fléché et aucun cluster n’a été avéré », raconte une des rares personnes âgées présente le 2 mai dernier à la messe dominicale célébrée en comité réduit.

    Malgré leur inventivité pour nourrir leurs ouailles, les trois prêtres de cette paroisse bruxelloise ont vite vu les limites de la messe en visioconférence. « La communion spirituelle n’est pas la présence réelle, les paroissiens ont besoin d’être nourris de l’Eucharistie et de se sentir appartenir au même corps », insiste le père Cédric Claessens, curé. En plus de passer de deux à quatre messes le dimanche, ce prêtre belge de 48 ans a eu l’idée géniale de proposer aux paroissiens de venir communier à l’église, de 11h à 12h30. Environ 700 personnes (Il y en a habituellement 1200) se déplacent. « Si le Christ a choisi de passer par son corps pour se donner, ce n’est pas pour rien », renchérit son vicaire, le père Benoît de Baenst. D’autres paroisses les ont imités.

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  • Texas : « Une fois les battements du cœur détectés, la vie est protégée »

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    Une synthèse de presse de gènéthique.org :

    Avortement au Texas : « Une fois les battements du cœur détectés, la vie est protégée »

    7 Mai, 2021

    Au Texas, le Parlement a adopté une nouvelle loi sur l’avortement, dans deux versions légèrement différentes entre le Sénat et l’Assemblée. Les divergences devront être aplanies avant que le gouverneur ne donne son accord. Le texte interdit les avortements dès que l’activité cardiaque de l’embryon est détectable, c’est-à-dire à environ six semaines de grossesse[1]. Contrairement à d’autres législations de ce type, les texte prévoit également que toute personne autre qu’un représentant de l’Etat puisse poursuivre en justice un prestataire d’avortement ou toute personne impliquée dans un avortement de quelque manière que ce soit. De même, toute personne fournissant des fonds pour un avortement peut être poursuivie.

    « Une fois les battements du cœur détectés, la vie est protégée », a déclaré le représentant Shelby Slawson, parrain du texte. « Pendant trop longtemps, l’avortement a signifié la fin d’un cœur qui bat » a-t-il poursuivi.

    [1] La loi actuelle autorise les avortement jusqu’à 20 semaines, et jusqu’au terme en cas de danger pour la vie de la mère ou malformation fœtale grave.

    Source : Associated Press, Jim Vertuno (6/05/2021)

  • Un nouvel envoyé spécial de l'UE pour la liberté de religion

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    COMECE Presse
     
    Nouvel envoyé spécial de l'UE pour la liberté de religion

    Les Évêques de l'UE : « nous nous réjouissons de travailler ensemble »

    Les Évêques de l'Union européenne saluent la nomination de Christos Stylianides comme Envoyé spécial de l'UE pour la promotion et la protection de la liberté de religion et de conviction en dehors de l'UE. Le Cardinal Hollerich a déclaré : « Nous lui souhaitons le succès dans cet important rôle de promotion de ce droit fondamental et de cette valeur essentielle de l'Union européenne, menacés dans de nombreuses parties du monde et nous nous réjouissons de travailler en étroite collaboration ».

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    La nomination de M. Stylianides a été rendue publique le mercredi 5 mai 2021 par le Vice-Président de la Commission européenne, Margaritis Schinas, qui a tweeté : « La liberté de religion et de conviction est attaquée dans de nombreuses régions du monde. La nomination de M. Stylianides [...] montre que nous sommes déterminés à protéger les droits de toutes les confessions et croyances ».

    Au nom de tous les Évêques de l'UE, S. Em. le Cardinal Jean-Claude Hollerich sj, Président de la Commission des Épiscopats de l'Union européenne (COMECE), félicite M. Stylianides pour sa nomination en tant qu'Envoyé spécial de l'UE et « se réjouit de travailler en étroite collaboration avec lui pour promouvoir le droit fondamental de la liberté de religion dans le monde entier ».

    Depuis sa création en mai 2016, et malgré son mandat et ses ressources limités, l'envoyé spécial de l'UE pour la liberté de religion et de conviction a accompli un travail remarquable en s'attaquant à des situations difficiles dans de nombreux pays où la liberté de pensée, de conscience et de religion est gravement menacée ou violée. La contribution positive de l'envoyé spécial a également été reconnue par le Parlement européen dans sa résolution du 15 janvier 2019.

    Selon de récentes statistiques, les restrictions gouvernementales et les hostilités sociales envers la religion ont augmenté, et aujourd'hui, de nombreuses personnes vivent dans la crainte d'être persécutées et discriminées en raison de leurs croyances, qu'elles soient religieuses ou non. Le droit à la liberté de pensée, ou de conscience, peut également être considéré comme le « canari dans la mine de charbon » : sa violation est un signe précurseur fiable de la violation de nombreux autres droits fondamentaux.

    Ces dernières années, la COMECE a plaidé pour le renforcement des mécanismes de l'UE dédiés à la promotion et à la protection du droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion dans les pays tiers. En mai 2020, la COMECE et la Conférence des Églises européennes (CEC) ont adressé une lettre à la Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, encourageant la nomination de l'Envoyé spécial, dont le mandat a pris fin en 2019.

  • Parlement européen : un projet de résolution veut introduire le "droit à l'avortement" et supprimer l'objection de conscience

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    D'Agathe Villain sur le site de l'ECLJ (European Centre for Law & Justice) :

    Un nouveau débat sur l’avortement au Parlement européen

    5 mai 2021

    Le 25 mars 2021, le député croate Perdrag Matić a présenté un projet de résolution sur la situation de la santé et des droits sexuels et génésiques dans l’Union européenne. Alors même que ce domaine relève de la seule compétence des États membres, ce projet tente d’introduire la reconnaissance d’un « droit à l’avortement » en parallèle d’une suppression de l’objection de conscience, en contradiction avec le droit européen.

    Un projet de résolution en dehors des compétences de l’Union européenne

    Le domaine de la santé ne fait pas partie des compétences de l’Union européenne, celui-ci appartient aux États[1]. Plus précisément, une action sur la question de l’avortement serait illégale ; le monopole des États membres sur cette question a d’ailleurs été rappelé à plusieurs reprises par différents organes européens. Encore récemment, la Commission européenne a affirmé que « les compétences législatives en ce qui concerne la santé et les droits en matière de sexualité et de procréation, y compris l’avortement, appartiennent aux États membres »[2]. Cette position est constante et régulièrement confirmée par la Commission[3]. Le respect de la compétence des États dans le domaine de la santé répond au principe de subsidiarité consacré dans les traités européens[4]. Ce principe entend protéger la capacité de décision et d’action des États membres. En matière de santé, cela a été rappelé ; « l’action de l’Union complète les politiques nationales […]. La Commission encourage la coopération entre les États membres »[5]. L’Union européenne ne peut donc pas imposer un « droit à l’avortement » alors même que les États membres adoptent des positions très variées à ce sujet. Le défaut de compétence de l’Union à une telle action avait d’ailleurs déjà conduit au rejet par le Parlement européen du rapport Estrela, présenté en 2013 et tristement identique au projet de résolution actuel. La résolution du Parlement européen affirmait clairement que « la définition et la mise en œuvre des politiques de santé et des droits sexuels et génésiques relèvent de la compétence des États membres »[6].

    Prenant garde de la réticence des États membres à se voir imposer une norme qu’ils n’ont pas choisie, les promoteurs de ce projet de résolution tentent de tirer parti du système de la soft law, afin d’introduire une nouvelle norme sans qu’elle paraisse à première vue s’imposer. Le choix de l’institution dans cette stratégie n’est pas à sous-estimer car bien que les résolutions du Parlement européen n’aient pas de valeur juridique contraignante, elles sont l’expression d’une opinion que ce dernier souhaite faire connaitre. Une résolution peut permettre par la suite de légitimer politiquement une action des États membres ou des institutions, elle vise à produire des effets pratiques. Plus grave encore, elle peut exprimer une intention pré-législative qui peut être utilisée par la suite pour justifier des actes contraignants. Il ne fait donc pas de doute qu’un acte du Parlement européen représente la porte d’entrée au cœur du système normatif.

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  • Liberté religieuse : des persécutions extrêmes aux persécutions "polies"

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    De Thierry Boutet sur Smart Reading Press :

    LIBERTÉ RELIGIEUSE : PERSÉCUTIONS EXTRÊMES ET PERSÉCUTIONS «POLIES»

    Le 15e rapport bisannuel de l’Aide à l’Église en détresse fait le point sur la situation des croyants persécutés et opprimés dans le monde. Un document de référence à connaître et à faire connaître, dont voici une brève présentation.

    La persécution religieuse existe sous de multiples formes, des plus violentes aux plus douces. Le Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ) publiait récemment une enquête alarmiste sur la persécution en France des musulmans qui se convertissent au christianisme. Au même moment, l’Aide à l’Église en détresse rendait public le 15e rapport bisannuel de son Observatoire de la liberté religieuse dans le monde.

    Réalisé en coordination avec de très nombreux organismes internationaux privés ou publics, ce document donne une vue quasi exhaustive des atteintes à la liberté religieuse dans le monde, région par région, pays par pays. La fiabilité des sources, les éléments d’infographie, les cartes, les «fiches» qui l’accompagnent, en font un outil précieux pour tous ceux qui se préoccupent des milliards d’hommes et de femmes éprouvés et persécutés pour leurs convictions religieuses. Ce rapport très factuel ne cherche pas à noircir le tableau. Il relève même quelques progrès ici ou là, grâce aux efforts et à l’engagement de l’Église et du pape, mais, globalement, la situation demeure dramatique et ne s’arrange pas.

    Les atteintes à la liberté religieuse se multiplient. Elles prennent des formes diverses, des plus extrêmes aux plus insidieuses et douces. Comme le remarque le Dr Marcela Szymanski dans son préambule, «bien que la perte de droits fondamentaux tels que la liberté religieuse puisse survenir brusquement, par exemple en cas de conflits et de guerres, dans de nombreux cas elle n’a rien de soudain. C’est souvent un processus d’érosion qui se produit au fil des ans.» Il compare ce processus à un vent de plus en plus fort qui emporterait les tuiles d’un toit. Au bout d’un certain temps, le citoyen «se rend finalement compte du fait que plus rien ne le protège et qu’il est exposé aux vents».

    PERSÉCUTIONS «EXTRÊMES»

    Commençons par les vents les plus violents : ils prennent «la forme de gouvernements autoritaires, de réseaux terroristes transnationaux ou de chefs religieux fondamentalistes qui poussent les foules à commettre des lynchages.»

    Les Français qui vivent, même par temps de COVID, dans un îlot de bien-être, ne se rendent absolument pas compte de l’ampleur de la persécution actuelle : pas moins de 4 milliards de personnes habitent dans 26 pays où règne la persécution la plus violente. Pas moins de 51 % de la population mondiale !

    L’Afrique est le continent le plus préoccupant aujourd’hui. Les conflits ethniques pour les ressources naturelles entre nomades et agriculteurs, ainsi que l’esclavage, y sont certes ancestraux. Malheureusement, les conditions de la décolonisation, qui ont permis le retour de bandes armées, ainsi que la pauvreté, la transition démographique et climatique, n’ont fait qu’exacerber ces conflits.

    Pourtant, jusqu’à il y a une décennie, régnait entre les différentes communautés et les groupes confessionnels une paix relative. Or, note le rapport, ces dernières années, la violence «a éclaté dans toute la région avec une férocité inimaginable». Comme si la multiplication des conflits avait «libéré la frustration refoulée depuis des générations chez des jeunes, privés de leurs droits, qui ont souffert de la pauvreté, de la corruption et d’offres de formation et d’emploi médiocres.» Des frustrations qui ont à leur tour «alimenté la montée en puissance de groupes armés, y compris de militants islamistes locaux, et plus récemment étrangers – des groupes djihadistes transnationaux engagés dans une persécution ciblée et systématique de tous ceux, musulmans et chrétiens, qui n’acceptent pas l’idéologie islamiste extrémiste.»

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  • "Ce pays des hommes sans Dieu"

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    Une évocation de la France... mais de la Belgique, que pourrait-on dire ?

    Du Figaro via Artofuss.blog :

    Le nouveau livre de l’écrivain* Jean-Marie Rouart, Ce pays des hommes sans Dieu («Bouquins essais»), est un essai puissant et incisif sur le face-à-face civilisationnel entre une société française déchristianisée et un islam conquérant. Dans ce livre à la fois personnel et engagé, qui mêle souvenirs, littérature et grande histoire, l’écrivain développe une vision originale du catholicisme et de sa contribution essentielle à la culture française. Le Figaro publie, en exclusivité, de larges extraits de cet important ouvrage en librairie le 6 mai dans lequel il critique la «loi confortant les principes républicains» qui prétend s’appliquer à toutes les religions pour ne pas avoir à nommer l’islam. Il y propose un véritable réarmement spirituel. Faute duquel, explique-t-il, l’islam viendra occuper le vide laissé par l’absence de transcendance. À découvrir


    L’exception française

    Qui ne pressent que nous sommes à la croisée des chemins. Que l’ordre qui nous régit ne pourra pas durer en l’état. L’islam est à notre porte. De quelque manière qu’on aborde ce sujet, il pose un problème d’autant plus délicat à résoudre que nous avons du mal à l’aborder sur le fond. En effet nous avons pris l’habitude en France de nier l’existence du fait religieux, de le regarder d’un œil tantôt indifférent, tantôt suspicieux comme le vestige d’une arriération sinon mentale, du moins philosophique. Beaucoup acceptent de coexister avec les religions, sans pour autant faire l’effort de les comprendre ni même tenter de mesurer leur importance. Il y a depuis la Révolution une hostilité déclarée de militants laïcs qui, héritiers de Voltaire et des Lumières, continuent de mener le combat anticlérical contre «l’infâme» et la «calotte».

    La France, autrefois considérée comme «la fille aînée de l’Église», se veut aujourd’hui le parangon de la laïcité. S’émanciper de la tutelle religieuse, c’est sa manière de se sentir adulte. Elle est fière de son modèle et le considère, à son habitude, universaliste, comme devant servir d’exemple au monde. Il est de peu d’importance pour les gouvernants français de se dire que la France est l’un des rares pays au monde à ne pas tenir compte de Dieu dans ses proclamations.

    L’héritage judéo-chrétien

    C’est là qu’apparaît le risque d’un grand bouleversement religieux. Certes non pas à l’échelle de quelques années, mais dans trente, quarante ans, quand le monde musulman en France aura démocratiquement progressé de manière exponentielle. D’autant que, comme nous l’apprend l’histoire, les périodes d’extrême liberté frisant l’anarchie suscitent souvent une aspiration à la servitude. Pour ces raisons l’islam risque alors d’apparaître comme une issue morale et une planche de salut spirituelle pour ceux que le christianisme aura déçus ou ne convaincra plus sans pour autant qu’ils adhèrent au culte laïc. Et ce serait alors une autre révolution, une recomposition complète de nos valeurs et de nos institutions.

    Beaucoup acceptent de coexister avec les religions, sans pour autant faire l’effort de les comprendre ni même tenter de mesurer leur importance

    La grande interrogation aujourd’hui est donc double: la société française, si fragile et débordée, est-elle en mesure d’apporter un contre-projet efficace face à la menace de l’islam? La loi sur le séparatisme n’aborde qu’une partie de la question en la noyant dans un ensemble. En stigmatisant les extrémismes religieux, le projet de loi englobe dans un même discrédit l’islamisme extrémiste et l’héritage judéo-chrétien qui fonde notre civilisation. Or cet héritage, qu’on soit croyant ou non, on est obligé d’admettre qu’il a profondément pétri la pâte française, pays religieux par excellence: c’est de lui que proviennent nos valeurs, notre culture, notre sensibilité, y compris l’idée même de laïcité. Plutôt que de se montrer méfiant, voire hostile, vis-à-vis de cet acquis culturel judéo-chrétien d’une extraordinaire richesse morale et spirituelle, artistique et littéraire, ne vaut-il pas mieux le revendiquer pour offrir aux musulmans de France un modèle qu’ils puissent admirer et auquel ils puissent, par là même, adhérer?

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  • Qu'est devenu le rôle de la médecine par rapport à l'être humain ?

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    On sait que le débat sur l'euthanasie est d'actualité en France. Les questions que pose Éléonore d’Aubigny* (sur le site de la Nef) à propos de cette pratique devraient faire réfléchir dans notre pays où elle s'est banalisée au point de ne même plus susciter le débat :

    Euthanasie : de quoi le médecin devient-il le professionnel ?

    Alors que nous sommes en pleine pandémie et que les médecins se battent pour sauver des vies, un projet de loi sur l’euthanasie a été soumis à l’Assemblée Nationale jeudi 8 avril dernier, et aurait pu être adopté si le nombre d’amendements n’avait pas été aussi important. Euthanasie, ou plutôt, « assistance médicalisée à mourir ». Une expression plus politiquement correcte, semble-t-il, car le mot « euthanasie » n’apparaissait pas dans le projet de loi. Olivier Falorni, rapporteur du texte, insiste sur le caractère volontaire de l’omission du terme, en disant « qu’il doit s’agir d’un acte médical, même en cas de suicide assisté ». Cela en dit long sur la croyance qu’en changeant les mots, on change la nature de la chose. Autrement dit, ce qui, hors du cadre médical serait considéré comme un assassinat ou un meurtre devient, par la magie du cadre médical et de nos mains de soignants, une « fin de vie libre, digne et choisie ». Cela n’est pas autre chose que du nominalisme.

    Effectivement, le cadre médical rassure. Le cadre permet de contrôler. Le cadre permet de garder la mainmise. On se donne bonne conscience en se disant que la médecine étant une bonne chose, un acte encadré par la médecine est sain. Mais ne croyons pas que la médecine puisse être exempte de dérives par le fait qu’elle est légalement encadrée. Lorsque le cadre légal garantit à lui seul qu’un acte puisse être considéré comme éthique, les dérives sont à la porte. Ou même déjà bien installées.

    Voyons de plus près en quoi cette « assistance médicale à mourir » est digne, libre et choisie. La proposition est qu’un trio de médecins sera chargé de vérifier le caractère libre éclairé réfléchi et explicite de la demande du patient. Patient qui se trouve dans un état de souffrance physique et/ou psychique tellement insupportable qu’il préfère mourir : où est la liberté ? Où est le discernement éclairé, lorsque vous êtes dans un tel état de souffrance ? Si dans cet état de souffrance, le médecin est celui qui apparaît avec une solution de mort comme ultime possibilité, comment un patient souffrant à ce point pourrait-il faire autrement que lui demander cette solution finale ? Et parlons de la liberté de ce trio hypothétique de médecins. En quoi la multiplicité des décideurs garantit-elle une décision juste ? Si le médecin supprime la souffrance avec le souffrant, quel remède apporte-t-il ? Il résout le problème en supprimant le problème. Il supprime la pathologie en supprimant le patient. Parlons aussi de l’éclairage de leur discernement quand ils sont sous la pression du manque de temps et de recul, du nombre de lits, des tarifications à l’activité, de leur propre dette de sommeil. Au cours de leurs études, les médecins ne reçoivent pratiquement aucune formation élémentaire en philosophie, en éthique et on leur donnerait par la suite le droit de délibérer sur la mort d’une personne qui le leur demande ? Et l’on s’étonnerait encore que les chiffres du burn-out et du suicide explosent chez les médecins, particulièrement chez les jeunes internes, voire même les externes, autrement dit des étudiants entre 20 et 30 ans dans la pleine force de l’âge ?

    Olivier Falorni rend manifeste que le cadre médical est devenu un laissez-passer que les législateurs brandissent à tout va pour justifier et encadrer des procédures non médicales dans leur finalité. C’est un fait qui recoupe plusieurs débats bioéthiques actuels et sur laquelle devient urgent de braquer un projecteur. La médecine est ainsi devenue la porte d’entrée des desiderata sociétaux. Il est donc paradoxal et tristement ironique d’envisager que les médecins deviennent des dieux autant que des pantins, manipulés par des législateurs qui engagent la médecine au gré de leur vote, sans même que les médecins n’aient le temps de mûrir une réflexion propre sur les enjeux et les conséquences que ce vote a sur leur propre pratique.

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  • Face à la crise démographique, des Etats Généraux de la Natalité

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    De Vatican News :

    François ouvrira les États Généraux de la Natalité

    Le Pape se rendra le 14 mai à l'Auditorium della Conciliazione à Rome pour ouvrir une réunion consacrée à la crise démographique en Italie et dans le monde, convoquée par le président du Forum italien des associations familiales Gigi De Palo.

    La Covid n'a fait qu'aggraver une tendance déjà en chute libre. L'Italie ne fait pas plus d'enfants, le pays est vieillissant et dépeuplé et les politiques de soutien ont peu d'impact. La crise démographique est une question brûlante qui touche de nombreuses nations. Dans dix jours, le 14 mai à Rome, elle fera l'objet d'une analyse et d'un débat à un niveau institutionnel élevé, avec une contribution d'ouverture exceptionnelle, apportée en personne par le Pape.

    Repartir d'une nouvelle naissance

    François, selon le directeur de la Salle de Presse du Saint-Siège, Matteo Bruni, sera à 9h30 à l'Auditorium della Conciliazione, à quelques centaines de mètres du Vatican, pour les États-Généraux de la Natalité, où il discutera du «destin démographique de l'Italie et du monde». L'initiative en ligne, promue par le président du Forum italien des associations familiales, Gigi De Palo, traite d'un thème «rendu encore plus actuel - peut-on lire dans un communiqué - par les effets dramatiques de la pandémie, qui fait tomber plus d'un million de familles dans la pauvreté». L'objectif central de la rencontre est donc de «lancer un appel à la coresponsabilité pour remettre le pays en mouvement, en commençant par de nouvelles naissances».

    Parmi les intervenants, la ministre italienne de la Famille, Elena Bonetti, le ministre italien de l'Éducation, Patrizio Bianchi, et le président de la région Latium, Nicola Zingaretti. Ensuite, le président de l'Istat, l’institut italien des statistiques, Gian Carlo Blangiardo, présentera des données et des projections inédites sur le taux de natalité en Italie dans les prochaines décennies. Il y aura également trois tables thématiques : une consacrée au monde des affaires, une aux banques et aux compagnies d'assurance, une au monde des médias, du sport et du divertissement. Parmi les invités figurent également le joueur de football de la Lazio, Ciro Immobile, sa femme Jessica et l'actrice Anna Foglietta.

    Effondrement et nouvelles opportunités

    Dans cet hiver démographique, l'Italie en particulier, indique la déclaration, est depuis plus d'une décennie «un pays de plus en plus âgé et de moins en moins peuplé, affecté par des carences structurelles et législatives au niveau fiscal, économique et social qui se reflètent dans l'effondrement des naissances». Un scénario que l'on veut inverser sur la lancée, dit-on, de «l'opportunité incontournable» du Plan national de relance et de résilience (PNRR), livré par le gouvernement italien à l'Union européenne.

    ... cela n'empêche pourtant pas le Vatican d'entretenir des liens troublants avec l'industrie de la contraception : http://www.benoit-et-moi.fr/2020/2021/05/01/contraception-avortement-big-pharma-les-liaisons-dangereuses-du-vatican/

  • La mission et les objectifs de l'Institut Européen de Bioéthique

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    Du Salon beige :

    L’Institut Européen de Bioéthique pour informer et sensibiliser sur les enjeux

    Pouvez-vous nous présenter l’Institut Européen de Bioéthique et ses activités ?   

    L’Institut Européen de Bioéthique (IEB) est un centre d’étude en matière d’éthique médicale, situé à Bruxelles. Ses experts travaillent en étroite collaboration avec le milieu universitaire et les professionnels de la santé. L’IEB reste indépendant de toute structure institutionnelle ; sa mission est d’informer et de sensibiliser les citoyens ainsi que les décideurs politiques sur les enjeux bioéthiques. Ce qui nous tient à cœur à l’IEB, c’est la promotion de la personne humaine et de sa dignité, quels que soit le stade de son existence ou ses circonstances de vie.

    Ce travail d’information et de sensibilisation exige une veille continuelle sur l’actualité bioéthique, que ce soit au niveau des lois en préparation dans les différents pays, ou des avancées biotechnologiques, des nouvelles pratiques autour de l’embryon humain, de la fin de vie, etc. Il y a tout un travail d’étude et de compréhension, puis de transmission vers nos milliers de lecteurs et visiteurs en ligne, qui recherchent une information accessible mais fiable, une réflexion argumentée sur ces enjeux cruciaux autour de la vie humaine.  

    Quelles sont les thématiques actuelles sur lesquelles vous travaillez ?   

    La tentation qu’ont de plus en plus de pays à accepter l’euthanasie nous préoccupe énormément, surtout depuis deux ou trois ans avec les feux verts successifs à l’égard du suicide assisté de la part des juges en Italie, en Allemagne, en Autriche… A présent l’Espagne et peut-être le Portugal se résolvent à cette pratique qui blesse les patients, les familles, mais qui fait aussi beaucoup de tort aux soignants.  Puisque nous travaillons depuis la Belgique, un pays qui connaît l’euthanasie depuis vingt ans, le rôle de l’IEB est aussi de montrer le vrai visage de l’euthanasie, avec tous ses effets délétères sur la société. Des soignants belges se mobilisent pour avertir du danger : médecins et infirmiers se sont regroupés autour d’un livre qui fait à présent le tour du monde, traduit en plusieurs langues : « Euthanasie, l’envers du décor ». Leur témoignage secoue, car il permet de démentir les illusions qui présentent l’euthanasie comme une fin de vie choisie et sans souffrance. 

    Un autre domaine d’action de l’IEB concerne le conseil (bio)éthique en investissement. Pour une économie au service de l’humain, il faut rester vigilant par rapport aux entreprises qui promeuvent des pratiques ou des outils allant à l’encontre de la vie. Pensons notamment aux laboratoires pharmaceutiques qui produisent des pilules abortives comme la pilule RU-486, ou les sociétés qui manipulent et détruisent des embryons dans le cadre de leurs recherches. L’Institut Européen de Bioéthique intervient d’ailleurs à ce propos dans une rencontre numérique ce mardi 4 mai, avec la société de conseil en investissement Aliter Invest. Cela pourrait peut-être intéresser vos lecteurs. 

    On imagine qu’il est difficile d’avoir suffisamment d’informations pour investir de façon éthique, en sélectionnant certains acteurs ou en mettant de côté d’autres entreprises qui ne rejoignent pas les valeurs que l’on souhaite promouvoir. Quel est votre rôle dans ce discernement, à l’Institut Européen de Bioéthique ?  

    Cela demande tout d’abord des connaissances sur le fonctionnement de certains produits pharmaceutiques. Prenons l’exemple de la pilule contraceptive. Beaucoup ne savent pas que les pilules contraceptives ont un effet potentiellement abortif du fait qu’elles rendent la paroi de l’utérus inadaptée à l’implantation de l’embryon, si conception il y a malgré le contraceptif. Du côté des cellules souches, il y a aussi tout un travail de compréhension de leurs provenances. L’utilisation de cellules souches qui ont nécessité la destruction d’embryons, n’a pas la même valeur morale que l’utilisation de cellules souches adultes…  

    Ce sont autant de clés qui peuvent aider les investisseurs à s’engager en pleine connaissance de cause et à orienter leurs investissements vers des projets porteurs de vie. Et ces précautions ne diminuent pas la rentabilité des investissements, au contraire ! Le tout est d’allier la compétence à l’exigence morale. 

  • RDC : une fois de plus…

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    Une fois de plus, la Conférence épiscopale nationale de la République démocratique du Congo (Cenco) a stigmatisé les violences et les massacres permanents à l’Est du pays.

    Le cardinal Fridolin Ambongo alerte sur le sentiment d’abandon de la population et exhorte le gouvernement du pays à mettre les moyens au service d’une armée républicaine unie. Il appelle également la communauté internationale se préoccuper de la situation. Pour lui, l’Eglise, de son côté, mène une pastorale de présence auprès des plus démunis et des familles endeuillées, mais paie un lourd tribut.

    unnamed (1).jpgA l’est du pays en effet la situation ne cesse de se dégrader, comme le note ici la journaliste du « Soir », Colette Braekman : « les violences font des milliers de victimes à Beni et ailleurs dans le Nord Kivu, des manifestations se multiplient réclamant le départ d’une Monusco accusée de complicités avec les groupes rebelles, la méfiance à l’égard du pouvoir est totale même si la population manifeste pour que…le président Tshisekedi vienne s’installer personnellement dans l’Ituri ! Tenant compte de ces critiques, le premier ministre [congolais] a promis une évaluation de l’action de la Monusco, qui devrait être bientôt renforcée par des militaires kényans dont Félix Tshisekedi a obtenu la venue. Mais surtout, Jean-Michel Sam Lukonde a évoqué la possibilité d’évoquer un ‘état d’urgence sécuritaire’ et même la mise en place d’une ‘administration militaire’. Il a aussi décidé de proscrire strictement l’incorporation de forces rebelles au sein de l’armée et de la police. Cette disposition, qui découlait des accords de paix de Sun City en 2002, avait eu pour principal résultat d’entraîner une prolifération de groupes armés (120 dans les deux Kivu…) visant tous un même objectif, intégrer l’armée régulière, sans pour autant renoncer à leur comportement violent et prédateur. »

    Words, words, words: que valent ces appels ou ces bonnes résolutions ? L’instabilité de la région des grands lacs africains date de la fin des régimes coloniaux, dans les années 1960 : état anarchique, génocide et conflits tribaux de toutes sortes, razzias des arabisés, exploitation mafieuse des richesses minières sous le regard indifférent ou complice de la communauté internationale. Léopold II réveille-toi …

    JPSC

  • Des célébrations en plein air avec 50 personnes dès le 8 mai

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    Des célébrations à l'extérieur, en plein air, avec 50 fidèles ? Encore faut-il que le temps s'y prête dans nos contrées où la météo est souvent capricieuse...

    Communique de presse :

    Des célébrations en plein air avec 50 personnes dès le 8 mai

    Le Gouvernement a donné son accord aux cultes pour célébrer en plein air avec 50 personnes adultes maximum, dès le samedi 8 mai. Dans les églises, la norme de 15 personnes reste d’application, sauf pour les funérailles auxquelles peuvent assister 50 personnes.

    Depuis la Toussaint de l’an dernier, les célébrations ne peuvent plus avoir lieu qu’avec quelques fidèles. Il s’agit là pour beaucoup, d’une sérieuse restriction au vécu de la foi. Une amélioration est prévue dès le 8 mai. Les célébrations pourront alors avoir lieu à l’extérieur avec 50 personnes maximum, non compris les enfants jusqu’à l’âge de 12 ans accomplis.

    Les Évêques encouragent les responsables locaux à user autant que possible de cette opportunité. Les lieux extérieurs de pèlerinage, de sanctuaires, le jardin d’un monastère ou d’un presbytère sont particulièrement adaptés à la liturgie.

    Les Évêques sont convaincus que l’on peut aussi faire davantage à l’intérieur. De commun accord avec tous les cultes reconnus, ils demandent au Gouvernement fédéral de rétablir la norme relative dans les lieux de culte. Elle permettrait à une centaine de croyants de participer aux célébrations dans la plupart des églises. Cette norme relative s’avère moins restrictive pour le vécu de la foi et permet aussi une protection optimale de la santé publique.

    Les Évêques remercient à nouveau tous ceux qui s’engagent dans la lutte contre le virus. Ils appellent les croyants à suivre attentivement les mesures de sécurité du Gouvernement, à se faire vacciner. Ils invitent à prendre part au marathon de prière proposé par le Pape au cours du mois de mai, auquel participent nos sanctuaires mariaux.

    SIPI – Service de presse de la Conférence des Évêques de Belgique
    Bruxelles, jeudi 29 avril 2021