Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Culture

  • Le Seigneur a délivré son peuple (introit du 6e dimanche de Pâques)

    IMPRIMER

    Introitus Introït
    Isai. 48, 20  
    VOCEM iucunditátis annuntiáte, et audiátur, allelúia: annuntiáte usque ad extrémum terrae: liberávit Dóminus pópulum suum, allelúia, allelúia. Ps. 65, 1-2 Iubiláte Deo, omnis terra, psalmum dícite nómini eius: date glóriam laudi eius. ℣. Glória Patri. Avec des cris de joie, publiez-le, faites-le entendre, alléluia ; proclamez-le jusqu’aux extrémités de la terre : le Seigneur a délivré Son peuple, alléluia, alléluia. Ps. Poussez vers Dieu des cris de joie, ô terre entière ; chantez une hymne à Son nom ; rendez glorieuse Sa louange. ℣. Gloire au Père.
  • Le sommaire du nouveau numéro de La Nef (mai 2026)

    IMPRIMER

    ÉDITORIAL
    Religion, politique et morale, par Christophe Geffroy

    ACTUALITÉ
    Léon XIV aux côtés des Africains, par l’abbé Étienne Masquelier

    L’Algérie et la liberté religieuse, par Constance Avenel
    « Un renouveau de la ferveur », entretien avec Mgr Olivier de Cagny
    Pour retrouver la paix liturgique, entretien avec le TRP dom Jean Pateau
    Gratitude à l’Abbé de Solesmes, par le chanoine Christian Gouyaud

    France – Algérie, histoire d’une relation pathologique : entretien avec Pierre Vermeren

    On ne sauve pas la foi contre le pape : réponse à Mgr Schneider à propos de la FSSPX

    ENTRETIEN
    Le retour du paganisme, entretien avec le cardinal Robert Sarah

    DOSSIER : LA VIOLENCE EN POLITIQUE
    La réflexion politique sur la violence, par Godefroy Desjonquères

    L’Église et la violence, par Henri Quantin
    La violence politique de gauche, par Jean-François Chemain
    La violence politique de droite, par Olivier Dard
    La violence politique aujourd’hui, par Pierre de Lauzun
    Conjurer la violence politique, par Benoît Dumoulin

    VIE CHRÉTIENNE
    Découvrir la théologie du corps, par le père Louis, osb

    Question de foi : Roi, prêtre et prophète, par l’abbé Hervé Benoît

    CULTURE
    Mazarin, un grand destin, par Bruno Massy de La Chesneraye

    Notes de lecture
    De verbe et de chair : L’Espagne de Saint-Cheron, par Henri Quantin
    Musique : Carlos Païta, par Hervé Pennven
    Cinéma : Maximilien Kolbe & Juste une illusion, par François Maximin
    Un Livre, un auteur, entretien avec Pierre Vermeren
    Sortir : Un mauvais rêve, par Constance de Vergennes
    À un clic d’ici, par Léonard Petitpierre
    Et pour les jeunes…, par Isabelle Le Tourneau

    DÉBATS 
    La crise de la représentation, par Adrien Louis

    CHRONIQUE PENSER LE BIEN COMMUN
    La vertu oubliée en politique, par Étienne-Alexandre Beauregard

  • Cantate Domino canticum novum (Introït du 5ème dimanche de Pâques)

    IMPRIMER

    Introït du 5ème dimanche de Pâques (NOM)

    Cantate Domino canticum novum Chantez au Seigneur un cantique nouveau

    Cantate Domino canticum novum,
    cantate et benedicite nomini ejus:
    Qui mirabilia fecit.
    Cantate et exultate
    et psallite in cythara
    et voce psalmi:
    Qui mirabilia fecit.

    Chantez au Seigneur un cantique nouveau,
    chantez et bénissez son nom,
    car il a accompli des merveilles.
    Chantez, exultez
    et jouez sur vos cythares,
    accompagnez vos hymnes.
    Car il a accompli des merveilles.
  • Non, l’Occident n’a pas emprunté à l’islam l’art de bâtir les cathédrales gothiques

    IMPRIMER

    Non, l’Occident n’a pas emprunté à l’islam l’art de bâtir les cathédrales gothiques. Cette idée, relayée par Jean-Luc Mélenchon (notamment en 2011, puis en juin 2025 et mars 2026), relève d’une simplification militante et historique inexacte, comme l’explique l’historien médiéviste Sylvain Gouguenheim dans un entretien au Figaro Histoire (avril 2026).

    Les affirmations de Mélenchon

    Mélenchon a déclaré, entre autres : « S’il n’y avait pas eu Saladin, vous ne sauriez pas bâtir des cathédrales, parce que c’est lui qui vous a appris comment on faisait. C’est lui qui vous a appris comment on faisait les vitraux et qui vous a appris les maths. » Ou encore, à Bondy en mars 2026 : les bâtisseurs ont « profité du savoir qu’ils avaient rapporté des musulmans et des croisades pour faire de la physique et des mathématiques, et faire de la chimie pour faire des vitraux, parce qu’ils n’étaient pas au courant, ils n’y connaissaient rien ». Il moque aussi l’idée que « les Goths » auraient inventé les arcs brisés.

    Ces propos visent à souligner une dette supposée majeure de l’Europe chrétienne envers le monde islamique médiéval, dans un contexte politique où l’on insiste sur les « apports » de l’islam à la civilisation occidentale.

    La réponse de Gouguenheim

    Sylvain Gouguenheim, professeur émérite d’histoire médiévale à l’ENS de Lyon et auteur notamment d’Aristote au Mont Saint-Michel (2008, sur les racines grecques directes de l’Europe chrétienne), qualifie ces affirmations d’« erronées ou très approximatives » :

    • Chronologie : L’architecture gothique naît en Île-de-France dans les années 1130-1140 (basilique de Saint-Denis sous Suger, puis cathédrales de Sens, Noyon, Laon, etc.). Saladin ne prend le pouvoir qu’en 1174 et son règne (1174-1193) est postérieur aux premiers chefs-d’œuvre gothiques. Le lien direct avec lui est anachronique.
    • Mathématiques : La construction des cathédrales reposait sur une géométrie appliquée pratique, héritée de l’époque romane (règles de proportion, équerre, compas, savoir-faire empirique des maîtres maçons transmis sur les chantiers). Elle n’exigeait ni la géométrie grecque théorique avancée ni les développements algébriques arabo-persans. Les bâtisseurs médiévaux occidentaux maîtrisaient déjà les outils nécessaires.
    • Techniques spécifiques (vitraux, arcs, voûtes) : Les vitraux colorés relèvent d’un savoir-faire occidental ancien (verrerie romaine et carolingienne), perfectionné au XIIe siècle sans recours à une « chimie » importée des croisades. L’arc brisé (ou ogival) existait dans l’Antiquité tardive et l’architecture romane ; il n’est pas une invention islamique transmise miraculeusement.

    Gouguenheim insiste : ces thèses relèvent d’un « contexte militant » et d’un raccourci rhétorique, pas d’une analyse historique rigoureuse.

    Contexte historique plus large

    • Origines du gothique : Le style gothique (voûtes sur croisée d’ogives, arcs-boutants, élévation verticale, grandes baies) est une innovation franco-picarde du XIIe siècle. Il synthétise des éléments antérieurs : voûtes d’ogives anglo-normandes (Durham, Lessay), arcs-boutants bourguignons (Cluny), murs fins des basiliques paléochrétiennes d’Île-de-France. C’est un laboratoire technique occidental, porté par la vitalité économique, démographique et spirituelle de l’Europe capétienne (foi chrétienne, concurrence entre évêques et abbés, essor urbain).
    • Influences et échanges : Il existait des contacts (commerce, croisades, Sicile, Espagne de la Reconquista). Certains motifs décoratifs (arabesques, polylobés) ou techniques mineures ont pu circuler, comme dans l’art roman (ex. : certaines églises du sud). Mais l’architecture gothique n’est pas une copie ou un emprunt structurel à l’architecture islamique (mosquées à arcs brisés, coupoles, iwans). Le gothique exprime une théologie chrétienne de la lumière (Dieu comme Lux) et une aspiration verticale vers le ciel, très différente de l’esthétique islamique.
    • Transmission des savoirs : Gouguenheim a montré dans ses travaux que l’héritage grec (Aristote notamment) est parvenu en Occident via des voies directes (Byzance, traductions latines dès le XIe-XIIe siècle à Mont-Saint-Michel ou ailleurs) autant que via le monde arabo-musulman (Tolède, etc.). Ce dernier a préservé et commenté des textes, mais n’a pas été l’unique ni le principal vecteur. L’idée d’un Occident « ignorant » sauvé par l’islam est une caricature orientaliste inversée.

    Des auteurs comme Diana Darke (Stealing from the Saracens) ou Christopher Wren (XVIIe siècle, qui parlait de « style sarrasin » pour le gothique) défendent une influence plus forte, souvent en insistant sur des similarités formelles ou des transferts via les croisés. Ces thèses sont contestées par de nombreux historiens de l’art médiéval, qui y voient une surinterprétation (confusion entre motifs décoratifs et structure porteuse, ignorance des évolutions internes à l’Occident). Des critiques universitaires (Byng, Kinsella) relativisent fortement ces claims.

    Pourquoi cette polémique ?

    Elle s’inscrit dans un débat plus vaste sur les « racines » de l’Europe et la place de l’islam dans son histoire. Minimiser le génie propre de la chrétienté médiévale occidentale (son dynamisme technique, théologique et social) au profit d’un narratif de dette exclusive sert parfois un agenda politique contemporain. L’histoire réelle est plus nuancée : l’Europe médiévale a assimilé, transformé et innové à partir de multiples héritages (gréco-romain, chrétien, germanique, byzantin), sans être une tabula rasa sauvée par Bagdad ou Cordoue.

    Les cathédrales de Chartres, Reims, Amiens ou Notre-Dame de Paris restent avant tout le fruit du savoir-faire, de la foi et de l’organisation des sociétés chrétiennes occidentales du XIIe-XIIIe siècle. Elles témoignent d’un élan créateur autonome, pas d’un simple transfert technologique depuis le monde islamique. Gouguenheim a raison de le rappeler face aux approximations militantes.

    Synthèse obtenue avec l'IA

  • Flandre : une nouvelle vocation pour 6 églises sur 10; moins de 3 % envisagent encore un avenir exclusivement religieux

    IMPRIMER

    De Veerle Deblauwe sur VRT News :

    Nouvelle vocation pour 6 églises sur 10, moins de 3 % restent exclusivement religieuses

     
    À Roulers, la ministre flamande Hilde Crevits (CD&V) a présenté une analyse des projets d'avenir pour les églises. Un cinquième des églises paroissiales flamandes ont été reconverties ces dernières années. Moins de 3 % des églises envisagent encore un avenir exclusivement religieux. Pour six églises sur dix, une reconversion ou une utilisation secondaire est à l'étude.

    25 avril 2026

    La ministre a présenté son analyse samedi matin en l'église Saint-Joseph de Roulers, elle-même un exemple de reconversion. Désacralisée en 2014, l'église abrite désormais un cabinet d'architectes et s'ouvre également à d'autres activités. Par exemple, un Repair Café y est installé ce week-end, où chacun peut faire réparer ses appareils électroménagers défectueux.

    En 2025, toutes les municipalités, les conseils paroissiaux et les diocèses flamands ont été tenus d'élaborer conjointement un plan de politique ecclésiastique. La Plateforme pour l'avenir des paroisses a analysé les 1 527 propositions soumises.

    On compte environ 1 600 églises paroissiales en Flandre, soit en moyenne 5 à 6 par commune, contre 1 786 en 2013. Depuis cette date, 377 églises (21 %) ont déjà connu une transformation significative de leur vocation : 206 ont été reconverties et 171 ont été entièrement désacralisées. Dans 80 % des églises où se déroulent encore des offices, d’autres activités sont désormais proposées.

    Sept églises sont envisagées pour une démolition partielle et deux pour une démolition totale. À Maasmechelen, par exemple, des options de reconversion sont à l'étude pour la démolition complète de l'église « Vaagd der Armenkerk van Mariaheide ». L'église « Heilig Sacramentkerk » de Berchem sera quant à elle entièrement démolie pour laisser place, à partir de 2027, à un nouveau projet de logements sociaux mené par le promoteur immobilier « Woonhaven Antwerpen ».

    La destination secondaire est une destination favorite

    L’analyse des plans de politique ecclésiastique des communes et villes flamandes révèle que les administrations actuelles envisagent de reconvertir ou de réaffecter 6 églises sur 10. « Je ne cache pas ma préférence pour la reconversion. En Flandre, nous constatons un besoin croissant de lieux où les gens peuvent se recueillir », déclare la ministre Crevits.

    Elle attend avec intérêt de voir comment les municipalités concrétiseront leurs projets pour les églises locales dans les années à venir. « Les églises rassemblent les gens, et il est important que cela reste le cas. Une reconversion ou une utilisation alternative ne doit pas rompre avec le passé. »

  • Misericordia Domini plena est terra (Introit du 4ème dimanche de Pâques)

    IMPRIMER

    2023_04_30_09_07_51_Greenshot.png

    2023_04_30_09_07_51_2.Greenshot.png

  • «Le repos dominical est sacré, il doit être sanctuarisé»

    IMPRIMER

    Les décisions politiques actuelles autorisant l'ouverture des grandes surfaces et des commerces sept jours sur sept suscitent des questions. Nous reproduisons une tribune de Charles Beigbeder parue sur le Figaro, le 29 août 2014 :

    Charles Beigbeder : «Le repos dominical est sacré, il doit être sanctuarisé»

    Charles Beigbeder rappelle que le dimanche est garant de la solidarité des liens familiaux et fraternels.

    Charles Beigbeder est entrepreneur, investisseur et chef d'entreprise. Il est également conseiller municipal dans le VIIIème arrondissement de Paris.


    Face à l'égarement conjoint d'une « droite bobo » et d'une gauche libérale, oublieuses de nos racines et promptes à remettre en cause les fondements de notre société, il est urgent de rappeler un certain nombre de vérités.

    D'abord, le repos dominical est conforme à la nature profonde de l'homme qui n'est pas uniquement un consommateur (80kg de matière, comme aimait à dire Marx) mais avant tout un être spirituel et charnel, doué d'intelligence et de volonté, capable de sentiments et d'affections et dont l'horizon dépasse, quelque soient les croyances de chacun, le cadre matériel de la vie en société. «Toute l'histoire de l'humanité est l'histoire du besoin d'aimer et d'être aimé» résumait dans une formule percutante le pape Jean-Paul II, dans son discours prononcé au Bourget, le 1er juin 1980. «L'homme ne se nourrit pas seulement de pain» précise de son côté l'Évangile (Lc, IV, 4). Le repos dominical vient donc nous rappeler que c'est l'économie qui est au service de l'homme et non l'inverse. Le jour chômé (seul ou en famille) est à lui seul la justification du travail effectué au cours des six autres jours de la semaine. S'il venait à disparaître, ce serait la finalité même du travail qui serait en cause. Car le travail existe pour l'homme et non l'homme pour le travail. Le jour chômé vient nous le rappeler. Prétendre le contraire reviendrait à inverser les finalités de la vie humaine et à dévoyer le travail en nouvel esclavage des temps modernes. Pour noble et épanouissement qu'il soit, le travail reste un moyen ; il ne constitue jamais une fin en soi. Y a-t-il derrière cette idolâtrie du travail une vision protestante de la société, qu'a si bien analysée Max Weber dans son ouvrage L'éthique protestante ou l'esprit du capitalisme?

    Qui peut croire une seule seconde que le salarié puisse disposer de sa pleine liberté pour refuser le travail dominical s'il sait que son employeur lui préférera un autre salarié acceptant une telle contrainte ?

    Ensuite, le repos dominical est une conquête des Chrétiens pour faire prévaloir la liberté religieuse et permettre la célébration de la messe dominicale. Institué par l'empereur Constantin en 321, il mit du temps à pénétrer les mœurs mais sous l'impulsion de l'Église, il s'incorpora tellement à l'organisation de notre société que la Convention ne put l'abolir lorsqu'elle institua le calendrier révolutionnaire et le culte décadaire (les decadi étant censés remplacer les dimanches). On n'efface pas d'un trait de plume plus de 1500 ans de civilisation chrétienne. C'est donc tout naturellement que le calendrier grégorien fut progressivement réintroduit sous l'Empire et que la Restauration rétablit le repos dominical en 1814. En 1879, la IIIème République laïciste tentera une seconde fois d'abroger le repos dominical, dans un souci manifeste d'effacer toute référence chrétienne dans l'organisation de la société. Peine perdue, moins de 30 ans plus tard, en 1906, le repos dominical était à nouveau sanctuarisé sous l'effet conjugué des députés catholiques et des militants socialistes. Revenir sur cette disposition aujourd'hui porterait donc une atteinte grave à la liberté religieuse des Chrétiens qui n'auraient plus la faculté de pratiquer librement leur culte. On avance certes l'objection d'une libéralisation sur la base du volontariat des salariés, de sorte que personne ne soit contraint de travailler contre son gré le dimanche. Mais qui peut croire une seule seconde que le salarié puisse disposer de sa pleine liberté pour refuser le travail dominical s'il sait que son employeur lui préférera un autre salarié acceptant une telle contrainte?

    Troisième vérité, le repos dominical est un équilibre tiré de l'histoire, un héritage culturel de notre civilisation chrétienne, qui permet, au-delà des convictions personnelles de chacun, le maintien de notre cohésion sociale. En effet, l'objection classique à l'argumentation tirée de la nécessité de garantir la liberté religieuse de chacun, consiste à avancer que dans une société laïque, marquée par la diversité des croyances, le repos dominical est une discrimination qui ne profiterait qu'aux seuls Chrétiens, alors que les citoyens de confession juive ne peuvent opter pour le samedi, ni les Musulmans pour le vendredi, ou les non-croyants pour le jour de leur choix. Et de proposer un système à la carte, où chacun pourrait choisir son jour chômé en fonctions de ses convictions religieuses ou de ses convenances personnelles. Mais comment ne pas voir qu'une telle réforme sonnerait le glas de notre cohésion sociale et effriterait la société en une multitude de communautarismes toujours plus revendicatifs qu'ils s'estiment minoritaires et bafoués? Il est bon et indispensable qu'une société respire à l'unisson: non l'unisson des croyances où chacun dispose de sa pleine liberté, mais la communion des rythmes, principale garantie de l'harmonie sociale. Ainsi, au-delà des convictions religieuses de chacun, le dimanche est en France le jour choisi pour faire respirer la société et respecter la nature spirituelle de l'homme, parce la France est un pays de tradition chrétienne, marqué dans son histoire, comme dans son patrimoine et ses mentalités par plus de 1500 ans de civilisation chrétienne. Il est juste et bon qu'un employeur permette à ses salariés, dans la mesure des adaptations possibles, de s'absenter ponctuellement pour pratiquer le culte de leur choix (par exemple en se rendant à la Mosquée le vendredi midi). De même pour le culte juif, où la question ne se pose quasiment pas en pratique, puisque le samedi, héritage du secteur bancaire confirmé par les accords de Matignon en 1936, est chômé pour beaucoup de salariés. Mais, au-delà des convictions religieuses de chacun, il est fondamental que le dimanche reste sanctuarisé en France, il en va de notre histoire, de notre cohésion sociale, de notre culture et de notre civilisation. Derrière la volonté de remettre en cause le repos dominical, n'y a-t-il pas de la part d'une certaine élite mondialisée une indifférence voire un rejet de nos racines?

    Dans une société traversée par l'individualisme, la consommation à outrance et la perte des repères, le repos dominical est garant de la solidarité des liens familiaux et fraternels et ouvre l'homme à sa dimension spirituelle et contemplative.

    Enfin, quatrième vérité, l'abandon du repos dominical n'aurait aucune incidence positive sur le niveau de croissance de notre économie. Cet argument, brandi tant par le personnel politique boboïsé que par le MEDEF, est doublement fallacieux: il oublie d'abord que pour le salarié, l'augmentation du temps de travail peut souvent conduire à son étalement dans le temps sans création de richesse supplémentaire, et que pour le consommateur, l'ouverture des magasins le dimanche lui permet d'étaler ses achats dans le temps, sans augmentation notable de la consommation, qui est d'abord limitée par le faible pouvoir d'achat des Français. De plus, j'entends souvent les promoteurs du sabordage dominical invoquer une liberté supplémentaire pour le consommateur, mais ils oublient de rappeler que derrière celui qui peut librement faire ses courses le dimanche, il y a un ou plusieurs salariés qui n'ont peut-être pas choisi de leur plein gré d'effectuer une journée de travail supplémentaire au détriment de leur vie familiale. Si dérogations il doit y avoir, ce ne doit être qu'au cas par cas, en fonction d'une nécessité impérieuse des citoyens et non pour la satisfaction de leurs caprices. Beaucoup de dérogations existent d'ailleurs déjà et il serait dangereux de vouloir traiter un micro-problème par une législation de portée générale.

    Dans une société traversée par l'individualisme, la consommation à outrance et la perte des repères, le repos dominical est garant de la solidarité des liens familiaux et fraternels et ouvre l'homme à sa dimension spirituelle et contemplative. Il est aussi un frein à la fragilité narcissique de ceux qui trouvent dans les activités multiples et la frénésie de loisirs un lieu de compensation illusoire à leur vide intérieur. «L'appétit effréné de vie, qui ne donne aujourd'hui aucune paix aux hommes, finit dans le vide d'une vie perdue» affirmait le pape émérite Benoît XVI en 2007. Sans cette boussole du repos dominical, on donnerait raison à Bernanos qui prophétisait à juste titre que «la civilisation moderne […] est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure».

  • En Inde, la crise de l’avortement nécessite une prise de conscience immédiate

    IMPRIMER

    Du site "Ad Extra" :

    Sœur Paulina Melite : en Inde, la crise de l’avortement nécessite une prise de conscience immédiate

    La marche pour la vie organisée le 10 août 2023 à Pune, dans le sud de l’Inde, coorganisée par le service international CHARIS et la Conférence épiscopale indienne.

    La marche pour la vie organisée le 10 août 2023 à Pune, dans le sud de l’Inde, coorganisée par le service international CHARIS et la Conférence épiscopale indienne.© Paulina Melite/globalsistersreport.org

    24/04/2026

    En Inde, où près de 15,6 millions d’avortements sont pratiqués chaque année, sœur Paulina Melite alerte sur une crise à la fois sociale, culturelle et spirituelle. À la tête du réseau pro-vie national, elle plaide pour une mobilisation renforcée face à l’évolution du cadre légal et au manque de sensibilisation dans le pays. Entre action pastorale, engagement public et initiatives interreligieuses, elle appelle à une prise de conscience immédiate pour défendre la dignité de toute vie humaine.

    Sœur Paulina Melite, 46 ans, est active depuis 2016 dans la pastorale pro-vie en Inde, où plus de 15 millions d’avortements ont lieu chaque année. En 2024, cette membre des Sœurs Missionnaires de Marie Immaculée a été nommée à la tête de l’organisation Indian Catholics United for Life, un réseau national d’organisations pro-vie reconnu par la Conférence épiscopale indienne. Elle a débuté son ministère en 2016 en tant qu’animatrice diocésaine du mouvement dans le diocèse syro-malabar de Kalyan, dans l’ouest de l’Inde.

    Par la suite, elle a occupé le poste de secrétaire nationale du Service international du Renouveau charismatique catholique, basé à New Delhi. Sœur Paulina a joué un rôle central dans l’organisation de la première marche nationale pour la vie en Inde en 2021, un événement devenu annuel depuis. Dans cette interview, elle revient sur son travail, les lois indiennes relatives à l’avortement, ses préoccupations pastorales et ses espoirs pour l’avenir.

    Pourquoi avez-vous rejoint la lutte contre l’avortement en Inde ?

    Sœur Paulina Melite : C’est en travaillant avec le mouvement pro-vie du diocèse de Kalyan que j’ai pris conscience des besoins des enfants à naître et de leurs mères en Inde. Pour moi, ce ministère est un appel de Dieu en ce moment. Depuis 2016, je travaille aux niveaux diocésain et national pour sensibiliser l’opinion publique, développer le mouvement pro-vie et unifier les efforts catholiques pour sauver les enfants à naître.

    Quelle est la prévalence de l’avortement en Inde ?

    La première estimation nationale du nombre d’avortements en Inde date de 2015 et a révélé qu’environ 15,6 millions d’avortements ont lieu chaque année dans le pays. Autrement dit, un enfant est avorté toutes les deux secondes en Inde. Ce sont les chiffres officiels. De nombreux autres avortements ont lieu et ne figurent pas dans les statistiques officielles. Nous sommes préoccupés par l’augmentation des grossesses chez les adolescentes dans le pays. Le manque d’informations sur l’avortement est une autre source d’inquiétude.

    Lire la suite

  • Les conséquences de la sécularisation et les actuelles fractures chrétiennes

    IMPRIMER

    Du site de La Nef :

    Les conséquences de la sécularisation et les actuelles fractures chrétiennes

    Yann Raison du Cleuziou est reconnu comme étant parmi les meilleurs sociologues du catholicisme, et un de ses plus fins observateurs. Nous avons eu le privilège de l’interroger sur les conséquences de la sécularisation et les fractures qui traversent les catholiques français aujourd’hui.

    La Nef – Le contexte historique général dans lequel se meut le catholicisme en France aujourd’hui est celui de la « sécularisation » : pouvez-vous nous expliquer ce concept ?

    Yann Raison du Cleuziou – Pour un sociologue ou un historien la contextualisation est indispensable à l’analyse. Or le catholicisme français est actuellement traversé et transformé par un processus que les sociologues qualifient de « sécularisation ». Trois transformations de la religion permettent de le décrire. Tout d’abord il y a un déclin quantitatif de l’affiliation religieuse : moins de croyants et qui partagent moins de croyances. Ensuite, il y a une sectorisation de la religion : la foi est tendanciellement une ressource légitime dans de moins en moins de secteurs de l’activité sociale. Initialement ressource de sens en politique, en économie, dans l’organisation du travail… elle est progressivement limitée à la vie privée. Isolée de la culture, il n’en reste bientôt plus que le « cultuel », une activité spécialisée qui concerne les prêtres et les dévots et dans une temporalité de plus en plus limitée aux rituels. Courtes parenthèses dans le temps ordinaire. Enfin, les autorités religieuses se trouvent déclassées car la sécularisation fait déchoir la religion du statut de vérité dominante à celui d’opinion parmi d’autres. La parole même des clercs devient problématique car leur autorité ne dépend plus de la vérité à laquelle ils s’adossent mais de la reconnaissance que les fidèles veulent bien leur accorder, et qui se trouve nécessairement mise en rivalité avec d’autres autorités sociales dont ils dépendent. Observer la sécularisation de la société française ce n’est pas seulement penser la marginalisation du catholicisme, c’est aussi réfléchir à sa transformation.

    Lire la suite sur le site de La Nef

  • Rencontre avec le médecin légiste qui a pratiqué les autopsies des grands saints.

    IMPRIMER

    De Solène Tadié sur le National Catholic Register :

    Rencontrez le médecin légiste qui a pratiqué les autopsies des grands saints.

    Le médecin français Philippe Charlier, le « Hercule Poirot de la médecine légale », a réussi à reconstituer le visage de Marie-Madeleine et étudie actuellement le mystérieux « parfum de sainteté ».

    Le docteur Philippe Charlier examine des ossements humains à l'École biblique de Jérusalem.
    Le docteur Philippe Charlier examine des ossements humains à l'École biblique de Jérusalem. (Photo : courtoisie du docteur Philippe Charlier)

    Au fil de ses visites dans les musées, les églises, les sanctuaires et les vitrines, le médecin légiste et archéologue Philippe Charlier ne peut s'empêcher de cataloguer les grandes figures de l'histoire qui se trouvent devant lui : « Il est mon patient… elle aussi ; lui aussi. » L'image est saisissante et illustre une carrière parmi les plus atypiques d'Occident aujourd'hui.

    Au cours des vingt dernières années, le docteur Charlier s'est forgé une réputation internationale en appliquant les outils de la médecine légale moderne à certaines des dépouilles les plus symboliquement chargées de l'histoire chrétienne et européenne – du roi Saint Louis et de Marie-Madeleine à Thérèse de Lisieux, François d'Assise, Jeanne d'Arc, Richard Cœur de Lion, René Descartes et même Adolf Hitler. Il a également été directeur scientifique du musée du Quai Branly à Paris pendant cinq ans. 

    Son dernier ouvrage, L'Histoire au scalpel : Autopsie des morts célèbres, se lit comme une visite guidée d'un laboratoire et d'une crypte, au rythme et au ton d'une enquête. Catholique pratiquant, il s'inscrit dans la tradition qu'il étudie, tout en conservant une approche rigoureusement médico-légale.

    La médecine légale appliquée aux saints, aux rois et aux légendes

    L'un des aspects les plus importants de l'œuvre de Charlier est qu'elle offre une compréhension concrète de la vie et de la mort de certaines des figures les plus vénérées de l'histoire chrétienne. Ce faisant, elle remet souvent en question des mythes tenaces. 

    Il a démontré, par exemple, que Saint Louis n'était pas mort de la peste pendant les croisades, comme cela a été répété pendant des siècles, mais d'une grave infection liée à un scorbut avancé. 

    De même, son analyse récente des cheveux de sainte Thérèse de Lisieux suggère qu'elle n'est pas morte uniquement de la tuberculose. Le mercure, alors utilisé comme traitement, a également joué un rôle important.

    « On aborde les restes d'un roi médiéval ou d'une nonne cloîtrée avec la même rigueur qu'une affaire médico-légale moderne », a-t-il déclaré au Register. « À ceci près que ce n'est pas le système judiciaire qui nous le demande, mais les historiens. » Une fois le travail terminé – réunis autour d'une table avec toute l'équipe – on a l'impression de se retrouver « un peu dans un roman d'Agatha Christie », lorsque la vérité éclate au terme de l'enquête : « C'est là qu'on réalise à quel point c'était une expérience enrichissante que d'avoir travaillé sur cette personne. »

    Ce « Hercule Poirot de la médecine légale » a également réussi à reconstituer le visage de Marie-Madeleine à partir des restes conservés en Provence , en travaillant sur le crâne, des fragments de peau et une mèche de cheveux, et à démontrer que ces éléments forment un ensemble cohérent, correspondant à une seule et même personne, une femme méditerranéenne d'une cinquantaine d'années. Cette reconstitution ne prouve pas en soi la tradition, mais la conforte considérablement.

    Reliquaire de Sainte Marie-Madeleine
    Reliquaire Sainte-Marie-Madeleine (Photo : Éditions Tallandier)

    Parfois, les résultats des enquêtes peuvent être plus troublants, lorsque des objets de dévotion longtemps vénérés se révèlent reposer sur des supercheries historiques. C'est le cas, par exemple, des reliques de Jeanne d'Arc conservées dans un musée de Chinon, qui se sont avérées être des fragments de momies égyptiennes.

    Charlier a également mis en lumière ce qui a pu faire de Descartes l'un des plus grands esprits de tous les temps : une asymétrie crânienne, dans une région liée à l'abstraction et au langage, qu'il interprétait comme la plasticité du génie. L'examen a aussi mis fin à une rumeur persistante : Descartes n'a pas été empoisonné à Stockholm – comme on l'a longtemps soupçonné en raison de sa proximité avec la reine protestante Christine et de l'idée qu'il cherchait à la convertir au catholicisme – mais est mort d'une pneumonie après un fort rhume.

    Le retour des Reliques

    Parmi les principaux demandeurs de ces enquêtes, l'Église elle-même occupe une place de choix. Comme l'a souligné Charlier, les autorités ecclésiastiques sollicitent de plus en plus d'expertises scientifiques : non pas pour confirmer un récit, mais pour vérifier rigoureusement l'authenticité des objets qu'elles présentent à la vénération. 

    « Contrairement à ce qu’a écrit Calvin », a déclaré Charlier, « il n’y a pas tant de fausses reliques… du moins en ce qui concerne les restes humains. » Le plus souvent, le problème tient moins à la contrefaçon qu’à l’épreuve du temps : les reliques sont déplacées, fragmentées et réattribuées au fil des siècles.

    Ces demandes s'inscrivent dans un contexte de regain d'intérêt pour les reliques observé dans le monde occidental ces quinze dernières années, intérêt qui s'est accéléré depuis la pandémie de COVID-19. Pour Charlier, il s'agit d'un phénomène anthropologique, une réaction à la perte progressive du sacré dans les sociétés déchristianisées.

    « Il est très difficile pour les êtres humains d'avoir la foi sans un objet tangible », a-t-il déclaré, ajoutant que même des traditions comme le protestantisme, qui ont cherché à se distancer de tout intermédiaire matériel, créent en pratique leurs propres points de repère. « Elles ont encore besoin, par exemple, du masque mortuaire de Luther pour concrétiser leur foi. »

    Les reliques répondent donc à un besoin intemporel de voir, d'approcher et de toucher. Le rôle de la science, dans ce contexte, n'est pas de remplacer la dévotion, mais bien de la légitimer.

    Là où le sacré et le scientifique se rencontrent 

    Cette dualité traverse la vie et l'œuvre de Charlier. Lorsqu'il se maria en l'église Saint-Ours de Loches, dans la Loire, il le fit devant le tombeau d'Agnès Sorel, sa première « patiente » et la première « favorite » royale de l'histoire de France, dont on se souvient également pour sa grande piété ; il la fit même inscrire, mi-sérieux mi-plaisantin, comme témoin dans le registre paroissial.

    Cela reflète sa conviction que son travail peut rapprocher les morts, notamment les figures historiques, des vivants – non pas comme des icônes lointaines, mais comme des êtres humains dont la vie peut être mieux comprise.

    Nulle part ailleurs cela n'est apparu plus clairement qu'à Assise, en Italie, en février dernier. Travaillant de nuit dans la crypte, sous les fresques de Giotto, sur la dépouille de saint François, il s'est retrouvé face à une figure qui comptait beaucoup pour lui depuis longtemps. Il se souvient s'être agenouillé devant le squelette du saint « qui [lui] parle profondément ». C'était pour lui « presque comme un pèlerinage… une épiphanie », se souvient-il de ce moment dont il avait rêvé toute sa vie.

    « J’ai deux hémisphères cérébraux », a-t-il commenté. « L’un appartient au croyant, au catholique romain ; et l’autre au scientifique, celui qui ne manquerait jamais la moindre lésion sur le petit métacarpien ou la plus infime cavité sur une canine isolée. »

    C’est aussi ce qui l’amène à approfondir des sujets à la frontière entre la dévotion et la science forensique. L’un d’eux est ce qu’on appelle l’odeur du sacré.

    Il avait déjà abordé le sujet dans son étude sur Richard Cœur de Lion en 2013. Dans ce cas précis, les odeurs détectées autour du cœur du roi anglais pouvaient être attribuées à des substances d'embaumement utilisées délibérément pour créer une odeur agréable, quoique artificielle.

    Charlier prépare actuellement une étude visant à déterminer ce qui pourrait composer ce mystérieux « parfum de sainteté », qui a été trouvé parmi les restes mortels de saints tels que Thérèse d'Avila, en collaboration avec des parfumeurs, des œnologues (experts en vinification) et même des chocolatiers. 

    Ce même désir de faire revivre l'histoire sous-tend également son ambitieux projet de musée à Saint-Cloud, sur le site du dernier palais royal français encore en attente de restauration. Prévu pour une ouverture fin 2028, ce site de 10 000 mètres carrés, situé aux portes de Paris, offre une vue imprenable sur toute la ville à l'ouest et recherche déjà des partenariats internationaux pour mener à bien le projet.

    « C’est la continuation de mon rêve d’enfant », a déclaré Charlier. « Je me suis toujours vu comme un voyageur temporel, et c’est exactement ce qui se passe. Mon objectif est maintenant de rendre ce voyage accessible à tous. »

  • Saint Anselme : réformateur et penseur de la foi (21 avril)

    IMPRIMER

    De Vincent-Marie Thomas, prêtre et docteur en philosophie, sur 1000 raisons de croire :

    Anselme de Cantorbery

    1033 – 1109

    Saint Anselme : réformateur et penseur de la foi

    Anselme est moine puis abbé de l’abbaye du Bec (au Bec-Hellouin, en Normandie) dont l’école de théologie fondée par Lanfranc est alors célèbre. En 1093, il est appelé par le roi d’Angleterre Guillaume le Roux à devenir archevêque de Cantorbéry, c’est-à-dire primat d’Angleterre. Il voit dans cette charge le moyen de mettre en œuvre outre-Manche la réforme grégorienne, qui rétablit la discipline dans l’Église et réduit le contrôle des pouvoirs politiques sur elle. Anselme est surtout connu pour l’œuvre à laquelle il a consacré sa vie : chercher à comprendre rationnellement, c’est-à-dire par l’exercice de l’intelligence humaine, ce que la Révélation chrétienne enseigne aux hommes.


    Les raisons d'y croire

    • Saint Anselme naît en 1033 dans une famille fortunée et puissante. Formé par les bénédictins d’Aoste pour devenir clerc, il hésite pourtant encore sur le parti à prendre : reviendra-t-il sur ses terres pour mener une vie de patricien, ou choisira-t-il de se donner à Dieu ? Et, s’il devient moine, sera-t-il ermite ou cénobite ? Venu demander conseil à Maurille, archevêque de Rouen, il reçoit cette réponse : entrer à l’abbaye du Bec, récemment fondée par Herluin. Anselme choisit alors de renoncer à une existence aisée et honorable pour suivre le Christ pauvre et pénitent.
    • L’enseignement dispensé au Bec est particulièrement complet. Outre le trivium et le quadrivium (arithmétique, géométrie, astronomie et musique), les élèves y reçoivent aussi des cours d’histoire, de philosophie, de morale, de médecine ou encore de droit, canon et romain. Cette ampleur de la formation explique qu’on ait pu dire plus tard, par la voix de Bernard de Chartres : « Nous sommes des nains assis sur des épaules de géants. Si nous voyons plus de choses et plus lointaines qu’eux, ce n’est pas à cause de la perspicacité de notre vue, ni de notre grandeur, c’est parce que nous sommes élevés par eux » (Jean de Salisbury, Metalogicon, 3, 4, 46).
    • Credo ut intellegam : « Je crois afin de comprendre. » Cette formule de saint Anselme résume bien sa démarche. La philosophie, entendue comme recherche de la vérité sur l’homme, sur le sens de sa vie et sur ses aspirations les plus hautes, a largement progressé grâce à la Révélation chrétienne. L’immortalité de l’esprit, le libre arbitre, la personne humaine ou l’unicité divine sont des thèmes qui appartiennent en propre à la philosophie, mais que la foi chrétienne a permis d’éclairer avec plus d’acuité et de profondeur. « Le contenu de la philosophie chrétienne est donc le corps des vérités rationnelles qui ont été découvertes, approfondies ou simplement sauvegardées grâce à l’aide que la Révélation a apportée à la raison » (Étienne Gilson, L’Esprit de la philosophie médiévale, Vrin, 1998, page 30). Chez saint Anselme, la foi ne dispense donc pas de penser : elle aide l’intelligence à aller plus loin.
    • Le Monologion est un essai sur la connaissance de l’existence de Dieu. À la suite d’Augustin d’Hippone, Anselme y développe des arguments logiques et nécessaires à partir des témoignages du monde sensible. Le texte prend la forme d’un monologue, d’où son titre. Dans cet ouvrage, un homme, ignorant ou sceptique à l’égard de la Révélation chrétienne, chemine vers Dieu en demeurant dans le strict domaine de la raison seule.
    • Dans le Proslogion, Anselme cherche à élaborer une démonstration de l’existence de Dieu qui soit unique et autosuffisante. C’est ce qu’on appellera plus tard l’« argument ontologique » : tous conviennent que le concept de Dieu est celui dont on ne peut rien concevoir de plus grand. Or, il est plus grand d’exister réellement que seulement dans l’esprit de celui qui en conçoit l’idée. Saint Anselme poursuit ainsi son effort pour comprendre rationnellement ce que la foi confesse.

    Lire la suite

  • Le pape Léon XIV en Afrique : 7 choses à savoir sur l’Église catholique en Angola

    IMPRIMER

    D'EWTN News :

    Le pape Léon XIV en Afrique : 7 choses à savoir sur l’Église catholique en Angola

    Le pape Léon XIV se rendra en Angola du 18 au 21 avril dans le cadre d'une tournée africaine de 11 jours et fera notamment étape à Luanda, Muxima et Saurimo.

    Le pape Léon XIV en Afrique : 7 choses à savoir sur l’Église catholique en Angola

    Le pape Léon XIV est arriveé en Angola le 18 avril 2026, troisième étape de son premier voyage pastoral sur le continent africain en tant que pontife. | Crédit photo : Vatican Media/Archidiocèse catholique de Luanda
     

    18 avril 2026

    Après ses visites apostoliques en Algérie et au Cameroun, le pape Léon XIV se rend maintenant en Angola, où l'Église catholique est une institution religieuse historiquement enracinée et socialement influente qui reste centrale dans la vie spirituelle, culturelle et publique du pays.

    Voici sept points essentiels à savoir sur l'Église catholique en Angola :

    1. L'Église est ici historiquement enracinée et représente une présence majoritaire.

    L'Église catholique est la plus grande institution religieuse d'Angola, et on estime qu'entre 40 % et 55 % de la population se déclare catholique. 

    La présence de l'Église catholique en Angola remonte à la fin du XVe siècle, lorsque des explorateurs et des missionnaires portugais arrivèrent le long des côtes angolaises, faisant du catholicisme l'une des premières traditions religieuses organisées du pays.

    Au fil des siècles, à travers la domination coloniale, la lutte pour l'indépendance et une longue guerre civile qui s'est achevée en 2002 , l'Église est restée profondément ancrée dans la société angolaise. Cette longue histoire a façonné non seulement la pratique religieuse, mais aussi l'éducation, la langue, la culture et l'identité nationale, conférant à l'Église catholique une crédibilité dont peu d'institutions bénéficient.

    2. Les chefs religieux s'adressent régulièrement à la conscience de la nation.

    Dans l'Angola d'après-guerre, l'Église catholique s'est imposée comme une voix morale et sociale de premier plan, abordant fréquemment les questions de réconciliation, de justice, de gouvernance et de guérison nationale.

    En novembre dernier, le secrétaire exécutif de la  Commission catholique pour la justice et la paix de la  Conférence des évêques catholiques d'Angola et de São Tomé  (CEAST) a décrit le Congrès national de réconciliation de 2025 comme un « moment historique d'espoir et d'engagement renouvelé » pour les Angolais qui luttent encore contre les cicatrices du conflit alors qu'ils travaillent à la paix et à l'unité nationale.

    ACI Africa, service frère d'EWTN News en Afrique, a rapporté que le père Celestino Epalanga , membre angolais de la  Compagnie de Jésus  (Jésuites), a exprimé sa gratitude aux autorités civiles et religieuses qui ont soutenu le Congrès, en particulier CEAST et tous les diocèses d'Angola, notant que la réunion a rassemblé des représentants de partis politiques, d'associations professionnelles, d'institutions universitaires et de communautés religieuses.

    Cet engagement témoigne de la conception plus large que l'Église catholique a d'elle-même en tant que compagne du peuple angolais – non seulement un guide spirituel, mais aussi une gardienne de la dignité humaine et de la cohésion sociale.

    3. L'Église en Angola possède une présence institutionnelle à l'échelle nationale.

    L'influence de l'Église catholique en Angola est renforcée par une présence institutionnelle solide qui s'étend sur l'ensemble du territoire. Organisée en diocèses et archidiocèses couvrant toutes les régions, l'Église catholique en Angola gère des milliers de paroisses et de lieux de culte annexes.

    Au-delà de la pastorale, l'Église catholique joue également un rôle majeur dans l'éducation et les soins de santé, en gérant des écoles primaires et secondaires, des instituts de formation professionnelle, des hôpitaux et des cliniques.

    Parmi les institutions phares de l'Église en Angola figure l' Université catholique d'Angola , qui contribue à la formation intellectuelle et au débat public.

    L’action de l’Église catholique en Angola s’appuie sur un cadre juridique formel régissant les relations entre l’État angolais et le Saint-Siège. L’  Accord-cadre , signé le 13 septembre 2019, engage les deux parties à coopérer pour le bien-être spirituel et matériel de tous, dans le respect de la dignité et des droits de la personne humaine.

    Aux termes de cet accord, l'État angolais reconnaît la personnalité juridique de l'Église catholique et sa propriété des biens de l'Église, ce qui fournit une base juridique stable aux activités pastorales, éducatives, sanitaires et sociales de l'Église à l'échelle nationale.

    La force de cette collaboration entre l’Église et l’État a été mise en évidence en mars 2024 lorsque l’archevêque  Giovanni Gaspari , alors nonce apostolique en Angola et à São Tomé-et-Príncipe, a qualifié le partenariat de « merveilleux ».

    Lire la suite