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Bruxelles, 3 avril : la Passion selon saint Jean de J.S. Bach
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« Judica me », l’introït du 5e dimanche de carême
Trésor du grégorien : « Judica me », l’introït du 5e dimanche de carême
source : Aleteia.org

Boëtius Adamsz Bolswert, La Résurrection de Lazare, 1590 – 1633, gravure, 65,5 x 50,6 cm, Rijksmuseum, Amsterdam
Una Voce - publié le 28/03/20
« Faites-moi justice, mon Dieu. » La prière de Jésus au pied de l’autel se chante comme la prière déchirante d’un homme accablé, où l’effroi se transforme en confiance.
Les paroles de l’introït du cinquième dimanche du carême sont bien connues : c’est le début du psaume 42 que le prêtre récite au bas de l’autel dans la forme extraordinaire du rite romain. Ces prières datent du Xe siècle. Elles se disaient auparavant à la sacristie. Saint Pie V les a rendues obligatoires et uniformes pour toute l’Église latine au XVIe siècle, et les a incorporées à la messe. Dans la messe de saint Paul VI, elles ont été remplacées par la préparation pénitentielle.
La prière d’un homme accablé
Júdica me, Déus, et discérne cáusam méam de génte non sáncta : ab hómine iníquo et dolóso éripe me. Quía tu es, Déus méus, et fortitúdo méa.
« Faites-moi justice, mon Dieu, séparez ma cause de celle d’un peuple impie, délivrez-moi de l’homme méchant et trompeur, car vous êtes mon Dieu et ma force. »
La mélodie commence comme la prière extrêmement humble d’un homme accablé. Júdica me Deus. Ce psaume, qui n’est d’ailleurs que la suite du psaume 41, est la prière d’un juif pieux exilé au milieu d’un peuple païen, et aspirant à retrouver la cité sainte de Jérusalem et le temple, maison de Dieu. Aujourd’hui cette prière doit être mise dans la bouche du Christ qui a quitté le ciel pour venir au milieu des hommes qui le persécutent et dont Il accepte volontairement de porter les péchés.
Le Christ sait qu’il a droit à la justice, mais il porte sur lui nos péchés et il en a honte ; il en souffre ; il les regrette comme s’ils étaient les siens ; il en a le cœur brisé, le cœur contrit. Voilà bien le sentiment de cette première incise – ensemble des neumes / notes comprises entre deux barres qu’elles soient petites (1/4), moyenne (demi) ou grande (grande) : une prière de contrition, réservée, retenue, sans élan ; seul le salicus — nom de ce neume de trois notes sur la syllabe — ca de Júdica — y met une certaine insistance, tout de suite atténuée d’ailleurs par le sib.
Le cri de l’âme
Mais voici qu’un autre sentiment se lève et domine. À l’idée d’être confondu avec ceux qui ne veulent pas se repentir, une sorte de répulsion envahit l’âme du Christ et donne à sa prière un accent à la fois de protestation indignée, de supplication ardente, de douleur et d’effroi. Cette expression qui se dessine à partir de cáusam méam atteint son maximum d’intensité sur la double note de génte. Ce n’est plus la prière qui demande humblement, c’est le cri de toute l’âme tendue vers la justice du Père. Il ne faut pas brusquer l’attaque de cáusam ni celle de génte; le mouvement et le crescendo seront progressifs. Ne pas traîner la cadence de non sáncta.

L’idée est la même dans la seconde phrase, mais la progression en est plus étendue ; elle se fait lentement sur ab hómine, comme si le Christ s’appliquait à modérer l’horreur qui monte en lui. Elle éclate pourtant à nouveau et plus poussée ; éripe me est un véritable appel de détresse. Le fait qu’il s’achève à la quinte supérieure en une cadence sur si, lui donne encore un caractère de souffrance plus aiguë.
Du mouvement dans cette seconde phrase, et qu’il passe par-dessus les quarts de barre, pour atteindre éripe me ; dolóso ne doit pas être retenu, au contraire une très discrète accélération serait bien à sa place. La troisième phrase, plus calme. Un bon accent sur méus.
Confiance et tendresse
La troisième phrase est tout autre. Le Christ ne demande plus, il ne se plaint plus, il fait confiance. Tout le long des neumes qui redescendent paisibles vers la tonique, il n’y a plus qu’une tendresse confiante, abandonnée, sûre d’avoir ce qu’elle veut du Père infiniment aimant, juste et fort. Elle est particulièrement expressive dans la première incise avec le si naturel de Deus, qui y met une clarté de paix, et la distropha — neume de deux notes — de méus d’une si intime ferveur.
Le psaume, par son caractère discret, paisible et lumineux, entre bien dans le développement de cette nouvelle idée : l’âme, ranimée par son abandon en la force du Seigneur, se livre à lui, heureuse et confiante, pour qu’il la conduise à la montagne du sacrifice et, par-delà le sacrifice, au lieu de sa béatitude.
Emítte lúcem túam et veritátem túam : ípsa me deduxérunt et adduxérunt in móntem sánctum túum, et in tabernácula túa. « Envoyez votre lumière et votre vérité : ce sont elles qui me guideront et me conduiront vers votre sainte montagne dans votre temple. ». Le psaume est une prière : qu’il ne soit pas trop rapide.
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Habermas, un philosophe à la recherche d'un fondement pour l'éthique publique
Le nom du philosophe allemand, disparu le 14 mars dernier, est peut-être inconnu à beaucoup. Pour moi, il le serait sans doute aussi, si son nom ne restait associé à un débat demeuré célèbre, qui a eu lieu en janvier 2004, entre le « philosophe de la raison laïque » et le futur pape Benoît XVI. Circonstance qui a valu à ce dernier (du bout des lèvres, cependant) un brevet de bonne conduite de la part des médias (laïcistes, il est superflu de le préciser).
Ratzinger est arrivé à ce débat avec un avantage que le temps n’a fait que confirmer : il voyait avec une extraordinaire lucidité qu’une raison enfermée sur elle-même, réduite à la technique, au calcul ou à la procédure, finit par devenir incapable de juger ses propres fins.
Il avait déjà averti que le grand danger de l’Occident n’était pas un excès de foi, mais une mutilation de la raison. Lorsque celle-ci se sépare de la vérité et du bien, elle cesse d’être véritablement rationnelle et devient un instrument de pouvoir.
Chez Ratzinger, on trouvait un diagnostic d’une grande profondeur : l’Europe ne pourrait survivre spirituellement si elle reniait les sources chrétiennes qui avaient formé sa conscience morale, son idée de la personne et sa notion de dignité inviolable.
Décès de Jürgen Habermas, le philosophe de la raison laïque qui a fini par reconnaître la nécessité publique de la religion
INFOVATICANA
15 mars 2026La disparition de Jürgen Habermas marque la fin de l’une des parcours intellectuels les plus influents de l’Europe d’après-guerre. Décédé le 14 mars 2026 à Starnberg, à l’âge de 96 ans, le penseur allemand a été pendant des décennies l’un des grands architectes philosophiques de la modernité libérale européenne, un système qui a cherché à se reconstruire après les ruines du XXe siècle en faisant appel à la raison, au consensus et aux procédures démocratiques. Son nom est resté associé à la théorie de l’action communicative, à la défense de la sphère publique et à l’aspiration à fonder la coexistence sur un dialogue rationnel entre des citoyens affranchis de toute tutelle dogmatique.
Habermas a incarné comme peu d’autres la confiance de la philosophie allemande d’après-guerre dans la capacité d’une société à se reconstruire moralement grâce à des structures procédurales et des consensus discursifs. Cet espoir, qui a exercé une influence considérable sur les universités, les institutions européennes et les élites culturelles, a également accompagné un long processus de vidage spirituel de l’Occident. Alors que la philosophie publique s’attachait à perfectionner les conditions du dialogue, l’Europe s’enfonçait dans une crise plus profonde : l’érosion de la vérité, la dissolution de l’autorité morale, la fragmentation communautaire et l’incapacité croissante à distinguer entre la liberté authentique et le simple déracinement.
Habermas fut, en ce sens, l’un des penseurs les plus cohérents d’une civilisation qui a voulu préserver la dignité humaine après avoir coupé les racines métaphysiques et religieuses qui la soutenaient. Son effort a consisté à démontrer que la démocratie libérale pouvait se légitimer elle-même par le biais de la communication rationnelle. Le problème est que l’histoire récente de l’Europe a montré que les procédures ne suffisent pas lorsque la vérité sur l’homme s’affaiblit. La raison moderne, déconnectée de toute référence supérieure, ne produit pas de sociétés plus justes ou plus humaines ; elle a souvent servi à gérer efficacement une décadence morale présentée comme un progrès.
C’est pourquoi l’un des moments les plus marquants de son parcours intellectuel revêt une importance particulière : le dialogue qu’il a eu en janvier 2004 à l’Académie catholique de Bavière, à Munich, avec le cardinal Joseph Ratzinger, futur Benoît XVI. Cette rencontre n’était pas une simple marque de courtoisie entre deux personnalités prestigieuses, mais une confrontation de fond entre deux façons d’appréhender le destin de l’Europe. D’un côté, le grand philosophe de la rationalité laïque. De l’autre, le théologien qui a peut-être compris avec le plus de profondeur la crise spirituelle de l’Occident.
Ratzinger est arrivé à ce débat avec un avantage que le temps n’a fait que confirmer : il voyait avec une extraordinaire lucidité qu’une raison enfermée sur elle-même, réduite à la technique, au calcul ou à la procédure, finit par devenir incapable de juger ses propres fins. Il avait déjà averti que le grand danger de l’Occident n’était pas un excès de foi, mais une mutilation de la raison. Lorsque celle-ci se sépare de la vérité et du bien, elle cesse d’être véritablement rationnelle et devient un instrument de pouvoir. Chez Ratzinger, on trouvait un diagnostic d’une grande profondeur : l’Europe ne pourrait survivre spirituellement si elle reniait les sources chrétiennes qui avaient formé sa conscience morale, son idée de la personne et sa notion de dignité inviolable.
Habermas, qui n’a jamais renoncé à son cadre laïc, a eu au moins l’honnêteté intellectuelle de reconnaître dans cet échange ce qu’une grande partie du progressisme européen refusait d’admettre : que la religion ne pouvait être bannie sans autre forme de procès de l’espace public comme s’il s’agissait d’un vestige irrationnel du passé. Il a reconnu que les traditions religieuses conservaient des contenus moraux et anthropologiques que la raison laïque n’avait pas su remplacer pleinement. Ce fut un aveu significatif, précisément parce qu’il venait de l’une des figures les plus emblématiques de la pensée laïque européenne.
Ce débat, publié par la suite sous le titre Dialectique de la sécularisation, conserve tout son intérêt car il a marqué un tournant historique. Il ne s’est pas agi d’une victoire intellectuelle totale de Habermas, comme on a parfois voulu le présenter dans les milieux universitaires, mais plutôt de la constatation des limites d’un projet laïc autosuffisant. Le philosophe allemand a affiné et nuancé sa position, mais c’est Ratzinger qui a proposé le diagnostic le plus perspicace. Alors qu’Habermas cherchait des formules pour intégrer la religion dans un cadre discursif sécularisé, Ratzinger soulevait une question plus décisive : une civilisation qui rompt avec la vérité sur l’homme peut-elle réellement continuer à se qualifier de rationnelle?
La mort de Habermas invite ainsi à un bilan moins complaisant. Ce fut un penseur de grande envergure, rigoureux, systématique et déterminant dans la configuration intellectuelle de l’Europe contemporaine. Mais il fut aussi, dans une large mesure, le philosophe d’un monde qui a voulu sauver les conséquences chrétiennes tout en rejetant leurs causes chrétiennes. Son œuvre a tenté de donner une base stable à la coexistence démocratique sans recourir à la vérité révélée ni à un fondement transcendant partagé. Cet effort mérite d’être connu, mais pas idéalisé. Car l’Europe qui a suivi cette voie n’est pas entrée dans un âge de plénitude morale, mais dans une visible intempérie spirituelle.
Face à cet horizon, la figure de Joseph Ratzinger apparaît aujourd’hui sous un jour encore plus imposant. Non seulement en raison de sa finesse théologique ou de son immense culture, mais aussi parce qu’il a compris avant beaucoup d’autres que la crise de l’Occident était, au fond, une crise de la raison elle-même, une raison rabaissée par son refus de s’ouvrir à la vérité, à la nature humaine et à Dieu.
Si le dialogue avec Habermas continue d’être lu, ce n’est pas seulement en raison du prestige des deux interlocuteurs, mais parce qu’il a consigné l’une des dernières tentatives sérieuses de l’Europe cultivée pour s’interroger sur ce qui fait réellement vivre une civilisation.
Et face à cette question, au fil des ans, Ratzinger semble s’être montré plus solide que son illustre interlocuteur.
Lire également : Habermas, à la recherche d'un fondement pour l'éthique publique
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Contre EVARS, un combat civilisationnel se poursuit dans toute l'Europe
De Philippe Oswald sur la Sélection du Jour :
Contre EVARS, un combat civilisationnel
Le programme d'éducation affective et sexuelle EVARS est appliqué de la maternelle au lycée dans les établissements publics et privés sous contrat. Il est contraire au droit naturel des parents à éduquer leurs enfants conformément à leurs convictions. Les recours qu'ils ont déposés devant le Conseil d'État puis l'Onu ont été rejetés. Mais ce combat civilisationnel se poursuit dans toute l'Europe.EVARS est appliqué depuis la rentrée de septembre 2025, de la maternelle au lycée, dans les établissements publics et privés sous contrat. À « l'éducation à la vie affective et relationnelle » (EVAR) en maternelle et en élémentaire, s'ajoute l'« éducation sexuelle » (EVARS) à partir du collège (cf. LSDJ n°n°2547).
Ce programme obligatoire est un gage donné aux associations de défense des droits LGBT, au Planning familial et aux principaux syndicats d'enseignants. Il est contraire au droit naturel des parents à éduquer leurs enfants conformément à leurs convictions morales et religieuses. Comment pourraient-ils accepter, par exemple, qu'on demande à leurs enfants quels sont « les différents types de famille », après leur avoir expliqué que deux papas peuvent avoir un enfant ensemble ? « Ces cours, loin de se cantonner à la biologie et à la prévention des maladies sexuellement transmissibles, visent à inculquer des valeurs et à influencer les comportements des élèves avec une doctrine très claire : le genre n'est qu'une construction sociale, fais toutes les expériences sexuelles que tu veux, la seule limite c'est ton plaisir et le consentement de l'autre » relève le Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ - European Centre for Law & Justice).
En juin 2025, le Conseil d'État avait rejeté le recours déposé le 21 février 2025 contre Evars par trois cents parents d'élèves et sept associations défendant le droit fondamental des parents à éduquer leurs enfants, et dénonçant un endoctrinement des enfants par l'État. Le 10 décembre 2025, les parents déboutés par le Conseil d'État avaient fait appel à l'ONU. Leur requête avait été portée par l'ECLJ et Juristes pour l'enfance devant le Comité des droits économiques, sociaux et culturels des Nations unies. Pourquoi s'adresser à ce comité ? « L'article 13 du Pacte international des droits économiques, sociaux et culturels protège, précisément, le droit des parents d'être libres de choisir pour leurs enfants un type d'éducation et de faire assurer l'éducation religieuse et morale de leurs enfants conformément à leurs propres convictions. Or, nous estimons que sur ce point, la liberté des parents n'est pas respectée par la mise en œuvre du programme EVARS » explique Olivia Sarton, directrice juridique des Juristes pour l'enfance, interviewée par Boulevard Voltaire (10/12/2025).
Néanmoins, le Comité des droits économiques, sociaux et culturels de l'ONU a rejeté ce recours le 17 décembre 2025 sous prétexte que « la communication ne révèle pas une violation prima facie [« de prime abord »] des droits garantis par le traité invoqué. » En clair, les membres de ce comité onusien refusent de voir une violation des droits des parents qui est pourtant manifeste. Le comité a réitéré ce rejet le 16 janvier 2026, suite à une réclamation de l'ECLJ et de Juristes pour l'enfance.
Mais ces défenseurs des parents n'entendent pas lâcher prise : « Avec Juristes pour l'enfance, nous constatons qu'il nous faut attendre qu'un problème vraiment grave et concret survienne dans une école, comme par exemple un intervenant extérieur qui outrepasserait grossièrement le programme EVARS ou si un élève était vraiment choqué et d'une certaine manière traumatisé par les propos ou images du cours. Dans ce cas seulement, nous pourrons effectuer un nouveau recours devant les juridictions administratives françaises et, si elles ne condamnent pas les dérives d'application du programme, nous saisirons à nouveau ce Comité au nom de l'enfant victime » a indiqué l'ECLJ à notre rédaction.
De leur côté, les promoteurs d'EVARS pressent le gouvernement de veiller à son application dans les établissements privés sous contrat. Dans un communiqué (2/12/2025), le Planning familial, agissant conjointement avec Sidaction et SOS homophobie, s'est félicité d'avoir obtenu la condamnation (à un euro symbolique) de l'État français pour manquement « à son obligation d'organiser les séances d'information et d'éducation à la sexualité prévues par la loi du 4 juillet 2001. » Ce coup de semonce, préparé quelques mois avant la mise en œuvre d'EVARS, est assorti d'un avertissement comminatoire sur l'exécution de ce programme par l'Éducation nationale avec, notamment, « la reconnaissance pleine et entière du rôle central des associations dans la mise en œuvre de l'EVARS ». Et de conclure : « Les associations restent et resteront pleinement mobilisées pour s'assurer que la loi soit réellement appliquée pour tous les élèves et sur tout le territoire ! »
Le Planning familial ne limite pas son combat à la France. Dans un rapport publié le 23 février dernier, il accuse des partis politiques, des médias et des associations de mener une offensive « coordonnée et influente » dans toute l'Europe contre « l'éducation complète à la sexualité »(ECS) , telle qu'elle est définie par l'UNESCO et l'OMS, relève le site Aleteia (25/02/ 2026 -en lien ci-dessous). Le Planning familial accuse en particulier l'Église catholique d'être « au cœur du financement du mouvement anti-genre et anti-ECS français et européen », et dénonce la « diabolisation de l'idéologie du genre » par le Vatican.
À retenir
- Le programme d'éducation affective et sexuelle EVAR/EVARS est appliqué de la maternelle au lycée dans les établissements publics et privés sous contrat.
- Il est contraire au droit naturel des parents à éduquer leurs enfants conformément à leurs convictions morales et religieuses.
- Les recours et requêtes qu'ils ont déposés devant le Conseil d'État puis l'Onu ont été rejetés mais leur combat civilisationnel se poursuit en France et en Europe.
- Le Planning familial accuse des partis politiques, des médias, des associations et l'Église catholique de mener une offensive « coordonnée et influente » dans toute l'Europe contre « l'éducation complète à la sexualité ».
La sélection
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Quand les églises deviennent des cibles
De Robert Royal sur The Catholic Thing :
Une église n'est pas destinée à être brûlée
Il n'est pas surprenant que les églises chrétiennes soient fréquemment la cible d'attaques dans les pays à majorité musulmane du Moyen-Orient, d'Afrique et d'Asie. Ces attaques durent depuis des années, avec une forte recrudescence depuis le 11 septembre et l'émergence de groupes islamistes radicaux, comme je l'ai documenté dans mon livre « Les Martyrs du nouveau millénaire » . De plus, ces attaques sont souvent ciblées lors de grandes fêtes chrétiennes comme Noël et Pâques, ce qui ajoute à l'injustice.
Ce qui surprend, en revanche, c'est le peu d'attention que les médias occidentaux accordent aux violences en cours. Au Nigéria, le massacre de chrétiens – des milliers de victimes en 2025 –, les attaques contre les églises et les écoles chrétiennes, ainsi que les enlèvements et les demandes de rançon, ne pouvaient plus être ignorés par les médias et les gouvernements. Pourtant, le sort des chrétiens dans une douzaine d'autres pays ne suscite jamais d'attention sérieuse. Cet échec s'explique manifestement par deux raisons : la réticence des journalistes – dont les rédactions sont majoritairement progressistes – à contribuer à l'« islamophobie », et une forme latente de sectarisme anti-chrétien.
Le politologue américain Samuel Huntington affirmait que l'islam a des « frontières sanglantes », comme en témoignent non seulement l'histoire récente, mais aussi les interactions de longue date entre l'islam et les chrétiens, les hindous, etc. Les analystes modernes tentent souvent de nier la dimension religieuse de ces conflits ; à l'ère du matérialisme, les causes politiques et économiques sont considérées comme les véritables causes, les motivations religieuses étant au mieux secondaires. Mais croire cela, c'est ignorer des siècles d'histoire – et le Coran lui-même.
Il est néanmoins surprenant que ces mêmes médias passent rapidement sous silence, ou plus généralement ignorent, les actes ouvertement antichrétiens, même en Occident.
Il n'est pas nécessaire de chercher bien loin pour trouver des exemples frappants. Plus tôt ce mois-ci, lors des « célébrations » de la Journée internationale des femmes, des églises au Mexique – au Mexique catholique ! – ont été littéralement prises pour cibles par des féministes extrémistes (voir la vidéo ici ). Mais ce n'est pas un cas isolé. Partout en Amérique latine, y compris en Argentine sous le pontificat du pape François, des incidents similaires se sont produits, alimentés par la colère féministe et des idéologies radicales de toutes sortes. Au Venezuela, au Nicaragua et à Cuba, nous assistons même à la persistance de la répression marxiste contre l'Église – un héritage des cauchemars totalitaires du siècle dernier. Et ces régimes sont soutenus par le communisme d'État traditionnel en Chine, qui est tristement célèbre pour sa persécution des religions.
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Réjouis-toi, Jérusalem ! et rassemblez-vous, vous tous qui l'aimez !
Introitus Introït Isai. 66, 10 et 11 LAETÁRE, Ierúsalem: et convéntum fácite, omnes qui dilígitis eam: gaudéte cum laetítia, qui in tristítia fuístis: ut exsultétis, et satiémini ab ubéribus consolatiónis vestrae. Ps. 121, 1 Laetátus sum in his, quae dicta sunt mihi: in domum Dómini íbimus. V/. Glória Patri. Réjouis-toi, Jérusalem, et rassemblez-vous, vous tous qui l’aimez ; tressaillez de joie avec elle, vous qui avez été dans la tristesse afin que vous exultiez et soyez rassasiés à la mamelle de vos consolations. V/. Je me suis réjoui de ce qui m’a été dit : Nous irons dans la maison du Seigneur. Graduale Graduel Ps. 121, 1 et 7 R/. Laetátus sum in his, quae dicta sunt mihi: in domum Dómini íbimus. V/. Fiat pax in virtúte tua: et abundántia in túrribus tuis. R/. Je me suis réjoui de ce qui m’a été dit : Nous irons dans la maison du Seigneur. V/. Que la paix soit dans tes forteresses, et l’abondance dans tes tours. Lien permanent Catégories : Au rythme de l'année liturgique, Culture, liturgie, Patrimoine religieux -
Sur les écrans : DAENS, le retour
DAENS, le retour.

A partir de ce mercredi 11 mars, une trentaine de salles de cinéma mettent à l’affiche le film de Stijn Coninx consacré à l’abbé Adolf Daens (1839-1907) et à son action, à Alost, en faveur des travailleurs des filatures, exploités et réduits à la misère.
Le film est superbe et ses qualités plastiques méritent incontestablement le détour. C'est à juste titre qu'il a été retenu à Hollywood parmi les cinq meilleurs films étrangers… en 1993 !
Une première question se pose : pourquoi ce film revient-il sur nos écrans trente-quatre ans après sa sortie ? Stijn Coninx déclare dans La Libre Belgique (11 mars 2026) que « le film peut ouvrir une discussion actuelle sur les conditions de travail ». Il ajoute : « Qui va donner à manger à tous ces enfants ? c’est une phrase qui résonne encore dans beaucoup de pays et même dans certaines familles en Belgique. » Certes, dans beaucoup de pays existent encore des travaux pénibles, malsains, mal rémunérés mais, en Belgique, nous n’en sommes plus aux conditions de vie du XIXe siècle. Tous les économistes estiment que notre pouvoir d’achat a doublé depuis 1990[1] et que le risque de pauvreté a diminué[2]. De plus, toute une série d’organismes publics et privés sont là pour subvenir aux besoins essentiels des plus défavorisés. Pour mourir de faim, chez nous, il faut le vouloir mais Stijn Coninx persiste et évoque la « misère » réelle d’aujourd’hui c’est-à-dire le « burn out ». Pour traiter de ce mal réel et répandu, il faudrait un autre film, dans un autre cadre.[3] La misère à laquelle se confronte Daens est celle d’autres pays où le film a peu de chances d’être projeté. Alors, pourquoi ce retour chez nous ? La veille de la manifestation nationale du 12 mars pour bien persuader les manifestants que rien n’a changé ? Tocqueville a bien montré que plus une société est égalitaire et plus la moindre inégalité devient insupportable.[4] A chaque manifestation nationale, on entend cette plainte : pourrai-je emmener mes enfants en vacances ? On manifeste aujourd’hui, non pour survivre mais pour gagner plus et travailler moins. Alors, pourquoi ressortir ce film maintenant ? On peut tenter une autre explication vu qu’à l’approche de Pâques, il est de coutume, notamment sur certaines chaînes de télévision, de donner des leçons à l’Eglise. Daens servirait-il à décrire l’Eglise dont tout un chacun rêve ou devrait rêver ? Voyons cela de plus près.
Le film, en lui-même, est très interpellant. Il montre de manière saisissante I'extrême et scandaleux dénuement de la classe ouvrière à Alost au XIXe siècle, l'indifférence cynique et calculatrice de la bourgeoisie francophone et d'un Parti catholique borné, gangréné par le libéralisme, conservateur à I'excès. Le film est même susceptible de bouleverser davantage encore le spectateur si celui-ci pense que les ouvriers d'hier sont devenus les affamés du Tiers monde et que les nantis aveugles qui discourent dans les salons ou se donnent bonne conscience par des soupes populaires, sont notre propre image ! Ainsi, les analyses et les demandes pressantes de Léon XIII dans Rerum novarum, réactualisées par Jean-Paul II dans Centesimus annus, par Benoît XVI dans Caritas in veritate, par François dans Fratelli tutti et résumées par Léon XIV dans Dilexi te, doivent continuer à guider I'action sociale, économique et politique des hommes de bonne volonté, d'autant plus qu'aujourd'hui la question sociale est devenue mondiale ! Le film montre que cette question sociale, hier en Belgique comme aujourd'hui sur I'ensemble de la planète, ne peut se régler durablement par de simples "aides humanitaires" qui ne sont souvent, comme l'écrit avec audace et lucidité M. Schooyans[5], que des "feuilles de vigne" cachant de troubles jeux d'intérêts. Hier comme aujourd'hui, I'avenir des pauvres n'est pas simplement dans les collectes ou I'expédition de boîtes de lait, la solution passe par l'évangélisation intégrale des hommes et des sociétés. A ce titre, le film est une parabole grave qui doit mobiliser les consciences.
Toutefois, nous ne pouvons souscrire sans réserve à toutes les dimensions de ce film.
- Un jugement erroné
L'abbé Daens y est présenté comme un héros sans reproche, attaché à appliquer I'enseignement de Rerum novarum et, à cause de cela, semble-il, en opposition de plus en plus radicale avec la hiérarchie de I'Eglise de Belgique et même avec l'Eglise de Rome. Il est acculé finalement à continuer son action dans la dissidence pour rester fidèle à la classe ouvrière qui le soutient et à sa conscience généreuse[6] .
Dans cet esprit, le film nous montre, sans réserve et finalement de manière positive, trois comportements qui ne peuvent être acceptés par une conscience chrétienne bien formée parce qu'ils sont contraires à I'enseignement le plus constant de I'Eglise :
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« Quo vadis, humanitas ? » : Un guide succinct pour les lecteurs pressés
De Luke Coppen sur The Pillar :
« Quo vadis, humanitas ? » : Un guide succinct pour les lecteurs pressés
Quelle est l'origine du nouveau document de l'ITC ? Et que dit-il ?
Au sein de l'appareil bureaucratique complexe du Vatican, il existe un organisme qui fait office de système d'alerte précoce en matière théologique.
L'ITC est dirigée par son secrétaire général italien, Mgr Piero Coda. Elle compte actuellement 26 membres, dont le mandat de cinq ans expire ou peut être renouvelé en 2026. Les membres basés aux États-Unis sont les professeurs Reinhard Huetter et Robin Darling Young, de l'Université catholique d'Amérique .
Début mars, le CTI a publié un nouveau document, dont la traduction française est parue cette semaine. Il s'intitule Quo vadis, humanitas ? (« Humanité, où vas-tu ? »).
Quelle est l’origine de ce nouveau document, sous-titré « Réflexions anthropologiques chrétiennes face à certains scénarios pour l’avenir de l’humanité » ? Et que dit-il ?
Voici un guide rapide pour les lecteurs pressés.
Quel est le contexte ?
Durant son mandat actuel de cinq ans, l'ITC s'est concentré sur l'anthropologie chrétienne — l'étude des êtres humains en relation avec Dieu — à la lumière des défis culturels contemporains.
Elle a examiné le sujet à travers le prisme de Gaudium et spes, un document fondateur du Concile Vatican II, dont le 60e anniversaire a eu lieu en 2025.
Ce projet a été piloté par une sous-commission composée des membres suivants :
- Le P. Javier Prades López (président)
- Père Alberto Cozzi
- Fr. Simon Francis Gaine, OP
- Le P. Carlos María Galli
- Reinhard Huetter
- Le P. Víctor Ronald La Barrera Villarreal
- Sœur Isabell Naumann, ISSM
- Sr Josée Ngalula, RSA See More
- Le P. Bernard Pottier
Après trois années d'étude et de débat, les membres du CTI ont approuvé à l'unanimité le texte « Quo vadis, humanitas ? » en 2025. Ce texte a été soumis au président du CTI, le cardinal Víctor Manuel Fernández, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, qui l'a présenté au pape Léon XIV.
Avec l'approbation du pape, le cardinal Fernández a autorisé la publication du document le 9 février 2026. Il a été publié en italien et en espagnol le 4 mars.Qu'est-ce que ça dit ?
Le document soutient que la culture évolue si rapidement, en raison des progrès technologiques, que les notions autrefois stables de ce que signifie être humain risquent d'être renversées.
Il propose des pistes pour que les catholiques puissent proclamer avec conviction la conception chrétienne de la nature et du but de l'humanité, alors que le monde est secoué par une série de crises culturelles, économiques, sanitaires et militaires.
Elle soutient que la vie humaine se définit par les relations — avec la nature, les autres et surtout Dieu — et que, puisque l'existence humaine est un don, elle s'accompagne de certaines contraintes et responsabilités, mais peut s'ouvrir à une communion impressionnante avec Dieu.
Ce texte d'environ 28 000 mots se lit en deux heures environ. Il s'adresse probablement aux théologiens, aux philosophes s'intéressant à la pensée catholique et aux laïcs ayant déjà étudié des textes théologiques. Son style est d'une clarté inhabituelle pour un document du Vatican.
Le texte se compose d'une introduction, suivie de quatre chapitres et d'une conclusion.
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Les mathématiciens peuvent devenir des « signes d'espoir pour le monde », déclare le pape Léon XIV.
De Victoria Cardiel sur EWTN News :
13 mars 2026
Les mathématiciens peuvent devenir des « signes d'espoir pour le monde », déclare le pape Léon XIV.
À l'occasion de la Journée internationale des mathématiques, le pape Léon XIV a envoyé un message invitant à réfléchir au rôle que peuvent jouer les mathématiques de qualité dans le monde d'aujourd'hui.
Dans un message transmis par le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État du Vatican, le pape Léon XIV a déclaré vendredi que les mathématiciens peuvent devenir des « signes d'espoir pour le monde », en particulier dans un contexte marqué par des progrès technologiques rapides et les défis auxquels l'humanité est confrontée.
Le message du pape était adressé à la mathématicienne et professeure d'université turque Betül Tanbay, présidente de la Journée internationale des mathématiques, célébrée le 13 mars.
Tanbay avait informé le pape d'un webinaire consacré au thème « Mathématiques et Espérance ». En réponse, le pape a adressé une lettre présentant ses salutations cordiales et ses meilleurs vœux à tous les participants à cette initiative.
Dans ce texte, Léon XIV invitait à réfléchir au rôle que les mathématiques peuvent jouer face aux « multiples défis auxquels est confrontée la famille humaine », citant le développement technologique rapide, avec tout son potentiel « pour le bien comme pour le mal ».
Le pape a encouragé les participants à réfléchir à la manière dont les mathématiciens peuvent témoigner positivement auprès de la société. « Un domaine de recherche particulièrement fructueux est l’utilisation des algorithmes, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle », a-t-il souligné.
Le pape a toutefois souligné que travailler dans ces domaines exige bien plus que des compétences techniques. Comme il l'a fait remarquer, cette tâche requiert « non seulement un effort intellectuel et de l'ingéniosité, mais aussi un développement intégral de la personne », capable de prendre en compte la dimension morale des technologies émergentes.
Se remémorant sa propre expérience d'enseignant de mathématiques et de physique, Léon XIV a cité les mots qu'il avait adressés aux étudiants lors du Jubilé mondial de l'éducation, qui s'est tenu le 30 octobre 2025 : « Posséder de vastes connaissances ne suffit pas si nous ne savons pas qui nous sommes ni quel est le sens de la vie. »
Dans cette optique, le pape a exprimé l'espoir que les participants seraient attentifs « aux profonds besoins spirituels du cœur humain » et chercheraient des moyens d'humaniser le monde numérique afin qu'il devienne une occasion de fraternité et de créativité.
De même, il encourageait les mathématiciens à être des « prophètes d’espoir, de vérité et de bonté dans le monde ».
Le message s'est conclu par une prière du pape pour tous les participants à la Journée internationale des mathématiques, sur lesquels il a invoqué « d'abondantes bénédictions divines de sagesse, de joie et de paix ».
Les connaissances mathématiques du pape Léon XIV
Robert Francis Prevost, devenu le pape Léon XIV, obtint en 1977 une licence en mathématiques à l'université Villanova de Pennsylvanie, après avoir également étudié la philosophie. Il commença ensuite ses études de théologie la même année par son entrée au noviciat augustinien.
Durant son séjour à l'Union théologique catholique de Chicago, Prevost a combiné sa formation religieuse avec l'enseignement : il a enseigné les mathématiques à temps partiel au lycée catholique Mendel de Chicago et a travaillé occasionnellement comme professeur de physique suppléant au lycée Ste Rita de Cascia.
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La polygamie, pierre d’achoppement du premier voyage du pape Léon en Afrique
De Sandro Magister sur Settimo Cielo (en français sur diakonos.be) :
La polygamie, pierre d’achoppement du premier voyage du pape Léon en Afrique
Oui, c’est rien moins qu’un hymne au mariage monogame et indissoluble qui a remporté le Superbowl de la chanson italienne à Sanremo en cette première nuit de mars, avec « Per sempre sì » chantée par Sal Da Vinci, ce qui lui a valu un commentaire enthousiaste dans « Vatican News » de la part de Mgr Antonio Staglianò, président de l’Académie pontificale de théologie, pour cette « résistance poétique » inattendue, à rebours de l’esprit du temps qui boude les mariages en faveur du « polyamour ».
Mgr Staglianò fait référence à la note doctrinale « Una caro » publiée en novembre dernier par le Dicastère pour la Doctrine de la foi au sous-titre éloquent : « Éloge de la monogamie », qui prend pour modèle l’amour de Jésus qui s‘est sacrifié jusqu’au bout, érigeant ainsi le don réciproque du mariage chrétien au rang de sacrement.
Mais le fait que le mariage chrétien soit monogame et indissoluble n’est pas forcément une évidence partout dans le monde, au contraire, il continue à faire face à des difficultés qui ne datent pas d’hier, comme la note « Una caro » le reconnaît elle-même.
La note en cite deux en particulier : la polygamie, encore largement pratiquée principalement en Afrique subsaharienne, et le « polyamour », entendu comme « une forme publique d’union non monogame », qui augmente principalement en Occident.
Le cas de l’Afrique touche l’Église catholique de manière d’autant plus particulière qu’il s’agit du seul continent où le christianisme est en expansion, avec 20% du total mondial des catholiques baptisés, mais où la polygamie fait obstacle à de nombreux baptêmes potentiels.
Ce n’est pas la première fois que l’Église catholique tente de prendre ce problème à bras-le-corps et, depuis quelques années, elle cherche à établir une ligne commune. Le Symposium des conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar a demandé à douze experts de travailler à la rédaction d’un document unitaire sur la question, dont le projet – préalablement approuvé par le Dicastère pour la Doctrine de la foi – a été débattu en assemblée plénière à Kigali, au Rwanda, entre le 30 juillet et le 4 août 2025.
Ce projet a ensuite été présenté à huis clos à l’assemblée par sœur Ester Lucas, une théologienne mozambicaine, et le texte est actuellement en phase de finalisation, avant d’être remis aux conférences épiscopales nationales. Mais on a déjà appris que la pratique consistant à attribuer aux polygames la reconnaissance officielle de « catéchumène permanent », c’est-à-dire de candidat à un baptême ne pouvant être célébré qu’après son abandon de la polygamie, c’est-à-dire en pratique quasi jamais, a été critiquée.
En revanche, on vise à renforcer le « soin pastoral » et l’accompagnement des polygames, qui resteront tels pour la plupart « étant donné que les époux ne peuvent briser les liens entretenus » , mais ils pourront cependant acquérir une meilleure compréhension du mariage chrétien, comme « profondément lié au mystère du Christ et de l’Église ». Étant entendu que, s’ils satisfont aux conditions pour accéder aux sacrements, la première épouse et les enfants pourront être baptisés, tandis que le mari polygame et les autres femmes « seront encouragés à vivre leur foi de manière pénitentielle et dans l’espérance d’une pleine intégration dans la communauté de Jésus ».
Il faudra cependant affirmer à tous avec clarté que « la polygamie n’est pas une condition normative, pas même dans les sociétés où elle est légalisée ». D’autant que pas moins de trente-et-un pays africains la reconnaissent légalement.
Et l’Église catholique fait encore face à une autre difficulté : celle de l’attitude adoptée par les autres confessions chrétiennes en la matière. Au sein de l’Église anglicane, ce sujet fait l’objet de vives discussions depuis la fin du XIXe siècle, et la solution qui fait aujourd’hui consensus depuis 1988 permet de baptiser un polygame ainsi que sa femme et ses enfants, pour autant qu’il n’ajoute pas d’autres femmes à celles qu’il a déjà.
Sans parler du millier d’Églises africaines indépendantes, fondées et dirigées par des leaders autochtones, qui se sont largement répandues ces dernières décennies, allant jusqu’à rassembler plus de la moitié des chrétiens dans un pays comme l’Afrique du Sud. Ces Églises ont une attitude très indulgente envers la polygamie. Le professeur Marzio Barbagli de l’université de Bologne, qui est l’auteur d’un volumineux travail de recherche historique et sociologique à l’échelle mondiale intitulé « Monogamia, Storia di un’eccezione », qui vient de sortir récemment chez Mulino, attribue même aux Églises indépendantes africaines « la naissance d’une figure inconnue sur les autres continents et à d’autres périodes historiques : celle du chrétien polygame. Au Burkina Faso, pas moins de 24% des chrétiens ont plusieurs épouses et au Tchad, la polygamie est davantage répandue parmi les chrétiens que parmi les musulmans ».
La recherche du professeur Barbagli, qui couvre une période de trois millénaires, confirme que « dans les cultures humaines, c’est la monogamie qui est rare, tandis que la polygamie est courante ». Les Grecs et les Romains ont été les premiers, à partir du Ve siècle avant Jésus Christ, à adopter le système monogame de formation des familles, que le christianisme a rendu « exclusif, durable et plus égalitaire en ce qui concerne l’obligation de fidélité conjugale ».
Et cela dans un monde qui, hors de la domination romaine, était totalement polygame, avant d’être peu à peu conquis à la monogamie d’abord en Europe, puis aux Amériques, plus tard encore au Japon, en Chine et en Inde, tandis que cette transition est encore en cours dans d’autres pays d’Asie et d’Afrique subsaharienne.
Le Pape Léon abordera vraisemblablement la question de la polygamie à l’occasion de son premier voyage africain, programmé du 13 au 23 avril en Algérie, au Cameroun, en Angola et en Guinée Équatoriale. Et peut-être tiendra-t-il compte de ce que la note doctrinale « Una caro » ajoute dans une note de bas de page, à propos de quelques aspects de ce phénomène qu’elle estime devoir mettre en valeur :
« Des études approfondies sur les cultures africaines montrent que les différentes traditions accordent une importance particulière […] au rôle que la première épouse est appelée à jouer vis-à-vis des autres épouses. […] La première épouse régulièrement mariée selon les coutumes traditionnelles est souvent présentée comme celle donnée par Dieu à l’homme, bien que ce dernier puisse accueillir d’autres femmes. Dans le cas de la polygamie, la première épouse se voit attribuer une place particulière dans l’accomplissement des rites sacrés liés aux funérailles ou dans l’éducation des enfants nés d’autres femmes de la famille ».
Mais le jésuite Anthony R. Lusvardi, professeur de théologie sacramentelle à la Grégorienne, a quant à lui écrit ceci dans son commentaire de « Una caro » paru dans le dernier numéro de « La Civiltà Cattolica » :
« À bien y regarder, si l’on analyse honnêtement l’état actuel de la culture occidentale, il convient d’éviter de présenter la polygamie comme un phénomène exclusivement africain. Mark Regnerus de l’Université du Texas et d’autres chercheurs ont forgé l’expression iconique ’monogamie sérielle’ pour qualifier des modèles relationnels – caractérisés par des divorces fréquents et des cohabitations de courte durée – aujourd’hui largement dominants en Occident. La pratique de la gestation pour autrui introduit elle aussi une tierce personne dans le mariage à des fins de procréation, sans reconnaître à la femme qui accouche aucun des droits et des protections dont bénéficie l’épouse. […] En outre, depuis la légalisation de l’union entre personnes de même sexe dans plusieurs pays occidentaux, certaines voix critiques de la structure monogame de la famille, considérée comme oppressive, ont commencé à promouvoir des systèmes considérés comme plus inclusifs, comme le ‘polyamour’. La montée, en Europe, de communautés musulmanes avec une longue tradition de polygamie pourrait rendre ce sujet encore plus incontournable à l’avenir. »
Bref, comme le dit notamment le professeur Barbagli en conclusion de sa recherche, « le déclin de la polygamie n’a pas coïncidé avec la pleine affirmation de la monogamie. Et certainement pas sous la forme indissoluble pour laquelle l’Église catholique s’est toujours battue ».
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Sandro Magister est le vaticaniste émérite de l'hebdomadaire L'Espresso.
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Technologie, réseaux sociaux, IA : le risque que les humains deviennent des objets
De Tommaso Scandroglio sur la NBQ :
Technologie, réseaux sociaux, IA : le risque que les humains deviennent des objets
La Commission théologique internationale a publié une note sur l'anthropologie chrétienne face au développement technologique. Ce document met en garde contre le transhumanisme et le posthumanisme et explique comment la généralisation des technologies a un impact négatif sur l'identité.
09/03/2026Le 4 mars, la Commission théologique internationale a publié une longue note intitulée « Quo vadis, humanitas ? Réflexions sur l’anthropologie chrétienne face à certains scénarios d’avenir pour l’humanité » . Cette note, divisée en 164 points, traite du développement humain en relation avec le développement technologique. La Commission théologique y examine de nombreuses questions conceptuelles, souvent abordées de manière verbeuse et tout aussi souvent hors sujet. Nous en soulignons ici deux particulièrement frappantes.
D'après ce document, deux phénomènes philosophiques, aux répercussions immédiates dans le domaine technologique, sont particulièrement dangereux pour le développement harmonieux de l'humanité : le transhumanisme et le posthumanisme. « Le transhumanisme – lit-on dans la note – est un mouvement philosophique qui part du principe que les êtres humains peuvent et doivent utiliser les ressources de la science et de la technologie pour dépasser les limites physiques et biologiques de la condition humaine, […] façonnant ainsi leur propre évolution et maximisant leur potentiel, jusqu'à remodeler l'être humain pour le rendre apte à aller au-delà » (14). Le transhumanisme, en définitive, prône l'avènement du surhomme, un homme si surpuissant qu'il deviendrait autre que lui-même. Un homme qui dépasse – et c'est là une pure dystopie – sa propre nature et se dénature de ce fait. Le posthumanisme, en revanche, rend « la frontière entre l’humain et la machine complètement fluide » (15), prêchant l’absence d’une nature spécifique pour la personne humaine : l’homme serait indéterminé et pourrait donc potentiellement fusionner avec d’autres entités dans un tout cosmique.
Dans les deux cas, on assiste à une tentative de déformer l'homme, puisqu'un « jugement négatif est porté sur la condition humaine telle qu'elle est, et finalement sur son identité . De là naît le rêve de la réinventer, un rêve motivé par l'insatisfaction face à ce qui est donné tel quel » (57). Un trait propre à toute idéologie se dessine ainsi : le rejet de la réalité pour en inventer une nouvelle. La tentation est donc de se substituer au Créateur pour devenir soi-même créateur. Le potentiel technologique actuel, désormais perçu comme omnipotent, rend le désir incessant d'autopoïèse de l'homme encore plus séduisant.
En réponse à ces deux thèses philosophiques, on peut rappeler que l'être humain doit se perfectionner non pas parce que la nature l'exige, par manque de quelque chose, mais parce que c'est ce que la nature demande. La nature lui sert de critère pour atteindre sa propre perfection, mais aussi de limite : ontologiquement, l'homme ne peut jamais être différent de ce qu'il est, ou plutôt , de qui il est. Cette perfection, explique la note, est possible non seulement en exploitant le potentiel naturel, mais surtout par la grâce divine : « Le sens juste de ce “dépassement” caractéristique de l’humain se trouve dans le “transhumain” exprimé par Dante au premier Chant du Paradis, comme dans d’autres modes d’expérience de la “divinisation”, l’effet d’une union intime avec Dieu par la grâce plutôt que le produit de techniques humaines plus ou moins élaborées. […] À ce niveau de discours, on peut mesurer la profonde distance qui existe entre le rêve de “devenir comme des dieux” (cf. Gn 3,4) d’un certain transhumanisme ou posthumanisme et le don de la “divinisation” compris comme participation à la vie divine dans l’humanité transfigurée des enfants de Dieu en Christ » (24). C’est dans la participation à l’être de Dieu – c’est ce qu’indique le terme, certes imparfait, de “divinisation” employé dans la note – que l’homme se perfectionne, c’est-à-dire qu’il devient toujours plus humain, toujours plus lui-même. Une participation imparfaite ici-bas et parfaite au Paradis : « nous serons comme lui, « Car nous le verrons tel qu’il est » (1 Jn 3, 2). Dans le transhumanisme et le posthumanisme, la quête de transcendance est vouée à l’échec, car l’homme est réduit à sa seule dimension physique, et parce qu’il se fonde uniquement sur ses capacités humaines, et surtout parce que la nature, comprise métaphysiquement, constitue une limite infranchissable. En revanche, dans le christianisme, la volonté de transcender, c’est-à-dire de dépasser non pas la condition naturelle mais la condition de la nature déchue, est accessible grâce aux forces de l’âme et à la grâce de Dieu. Un mouvement de transcendance si élevé, bien plus élevé que celui imaginé par les transhumanistes, qu’il nous rend semblables à Dieu.
Un second thème suggestif abordé par la note est celui du rapport entre technologie et identité. À cet égard, la Commission écrit que, puisque « la technologie numérique, les médias sociaux, l’intelligence artificielle [sont] des outils plus étroitement liés à notre compréhension de nous-mêmes , utilisés pour nous exprimer sous diverses formes de communication sociale, pour façonner des identités personnelles ou collectives, pour cultiver des relations avec autrui, une transformation plus intime s’opère. La technologie numérique n’est plus seulement un outil, mais constitue un véritable environnement de vie, avec sa propre manière de structurer les activités et les relations humaines » (33). L’intuition est pertinente : la technologie numérique n’est plus seulement un moyen, mais un environnement, une structure technologique déjà sociale car nous vivons en son sein, nous y sommes immergés et, par osmose, nous en assimilons le contenu. C’est une condition existentielle. Cet environnement techno-social, si omniprésent, flexible, personnalisable, englobant la quasi-totalité de nos activités et, concernant l’IA, imitant l’intelligence humaine, transforme nos identités. Le risque est que les humains, de sujets, deviennent des objets, et les instruments, d'objets, des sujets ; que les humains, d'agents, deviennent des sujets, et les instruments, d'acteurs, des sujets. En substance, le danger réside dans le fait que notre identité est façonnée par les réseaux sociaux, l'IA et les innombrables appareils que nous utilisons. Les humains deviennent ainsi des cyborgs et les machines des humanoïdes. Un véritable échange d'identités s'opère, où le réel devient virtuel et le virtuel devient réel.
La note se concentre ensuite sur une manière particulière de construire son identité par le biais des technologies numériques : « Dans de nombreux environnements de l’infosphère, on observe une insistance à être reconnu, à partager en permanence en ligne pensées et émotions, qui doivent être “reconnues par autrui”. Malgré le besoin humain légitime de reconnaissance, ce phénomène excessif est symptomatique d’une incertitude identitaire. Précisément parce que celle-ci doit être “inventée” sans instances objectives externes (nature, valeurs culturelles, rôles sociaux, coutumes partagées), l’identité est plus fragile : elle invoque la reconnaissance mais doit la négocier, l’attirer, la conquérir, quitte à crier ou à déformer la réalité. Le moi, aujourd’hui, lutte dans l’espoir d’être reconnu par quelqu’un » (43). Le moi se construit avec des milliers, des millions de « j’aime » et d’abonnés, c’est-à-dire par l’appréciation, la considération, le consensus. Vous existez si vous existez pour les autres, au-delà des paramètres objectifs tels que la nature, les valeurs culturelles, les rôles sociaux, les coutumes partagées. Le moi est alors désincarné de la nature, de son histoire, de ses relations sociales physiques, de sa famille, de ses talents. L’identité naît et meurt dans le virtuel. Vous êtes l’image que les autres ont de vous. Narcisse n'est que l'image qu'il voit se refléter dans l'eau. Et cette eau, aujourd'hui, s'appelle les réseaux sociaux.
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Affaire Galilée : "on est bien loin de l'image d'Épinal du martyr en proie à la persécution de l'Église..."
Un podcast de l'Institut de France :
L’affaire Galilée, ou l’hypothèse sans preuve
avec l’historien Aimé Richardtarchive du 3 février 2008Avec Christophe Dickès, journalisteDans un ouvrage qui fera date, Aimé Richardt, lauréat de l’Académie française pour sa biographie de Fénelon (1994), décrypte le mythe Galilée en rétablissant une vérité historique fondée sur une étude minutieuse des textes. Dans "La vérité sur l’Affaire Galilée", l’auteur donne les raisons de la condamnation du Florentin en la replaçant dans le contexte des connaissances historiques et scientifiques de l’époque. Un ouvrage préfacé par Mgr Huot-Pleuroux, ancien Secrétaire Général de l’Episcopat.
Émission proposée par : Christophe DickèsRéférence : hist318Télécharger l’émission (56.14 Mo)
Le 22 juin 1633, un certain Galilée fut condamné à Rome par le tribunal du Saint Office. La sentence prononcée par des cardinaux de l’Eglise catholique -appelés en la circonstance Inquisiteurs Généraux, fut la suivante : « Nous te condamnons dit le jugement à la prison formelle de ce Saint Office pour le temps qu'il nous plaira de fixer. De plus, au titre d'une pénitence salutaire, nous t'ordonnons de réciter les 7 psaumes de la pénitence salutaire, une fois par semaine, pendant les trois prochaines années... ».
Et pourtant, Galilée ne fit pas un seul jour de prison… Il ne récita pas plus les psaumes de la pénitence salutaire puisqu’il confia ce pensum à sa fille religieuse qui s’en acquitta dûment. Et Galilée termina ses jours tranquillement à Acerti, près de Florence, où il vécut jusqu’à sa mort en 1642.
Le nom de Galilée est généralement associé à un symbole, parfois même à un mythe, celui de la résistance à l’obscurantisme religieux en général et catholique en particulier. Pourtant qui connaît réellement Galileo Galilei, fils de Vincenzio Galilei né à Pise le 15 février 1564 ? Quelles furent ses spécialités scientifiques ? Qu’a-t-il inventé et légué à la science et à la postérité ? Peut-on parler à son endroit de victime de l’Eglise et de l'obscurantisme? Bref, pourquoi Galilée fut-il condamné par l'Eglise catholique? C’est le propos de cette émission d'Un jour dans l'Histoire.

L'auteur.
Aimé Richardt, historien, est l'auteur de nombreux ouvrages consacrés aux XVIIe et XVIIIe siècles. Il s'est intéressé à l'affaire Galilée, après avoir étudié l'œuvre d'un des plus grands intellectuels de l'histoire de l'Eglise, Robert Bellarmin [[FX de Guibert, 2002]]. Il est aussi l'auteur de Louvois, le bras armé de Louis XIV [[Tallandier, 1998]]; Le Soleil du Grand Siècle, prix Hugues Capet [[Tallandier, 2000]], Les savants du Roi Soleil [[FX de Guibert, 2003]], etc.
Présentation de l'éditeur.
Depuis le XIXe siècle, la cause était entendue : l'Église catholique avait condamné, emprisonné et martyrisé Galilée, un astronome génial, qui avait démontré que la Terre tournait autour du Soleil, ce que l'Église refusait d'admettre.
Or la réalité est tout autre ! Non seulement Galilée n'a jamais passé un jour en prison, n'a jamais été martyrisé, mais Aimé Richardt démontre, en s'appuyant sur des documents irréfutables, que Galilée n'a jamais prouvé la rotation de la Terre autour du Soleil, et que l'Église était fondée à le condamner. En effet, les plus hautes autorités religieuses lui avaient demandé, en 1616, d'apporter une preuve à sa théorie, qui était d'ailleurs celle de Copernic, ou de parler d'hypothèse et, surtout, de ne pas intervenir dans l'explication des textes de la Bible qui paraissaient soutenir la thèse opposée du géocentrisme.
Après l'avoir promis, Galilée est revenu sur sa parole, il a donc été jugé et condamné, avec une mansuétude toute particulière, réclamée par le pape qui était son ami. On est bien loin de l'image d'Épinal du martyr en proie à la persécution de l'Église...
