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Culture - Page 8

  • L'Islam : une hérésie ?

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    D'Annie LAURENT, Déléguée générale de CLARIFIER, "Petite Feuille Verte" n°94 :

    PFV n°94 : L’islam est-il une hérésie ?

    Une définition claire du mot « hérésie » (du grec Haireo, « j’emporte », « je saisis »), dans son acception chrétienne, est donnée par le Code de droit canonique : « On appelle hérésie la négation obstinée, après la réception du baptême, d’une vérité qui doit être crue de foi divine et catholique, ou le doute obstiné sur cette vérité » (can. 751).

    Le Dictionnaire d’histoire de l’Église, récemment publié sous la direction de Mgr Bernard Ardura, président du Comité pontifical des sciences historiques (Éd. du Cerf, 2022), apporte cette précision : « Le terme d’“hérésie” se développa à l’intérieur de la chrétienté. Il désigne le fait de dévier de ce que les chrétiens considèrent comme le vrai credo » (p. 450).

    Historiquement, il fut admis très tôt que le contrôle doctrinal de ces déviations incombait à la hiérarchie de l’Église, ce qui reste le cas dans le catholicisme. À partir du IVème siècle, des conciles œcuméniques ont été convoqués pour examiner ces doctrines déviantes et se prononcer à leur sujet, le plus souvent au moyen de précisions théologiques, d’anathèmes et/ou de condamnations de leurs instigateurs.

    En théorie, la généralisation du concept d’hérésie pourrait entraîner son application hors du domaine catholique, donc dans les autres religions, y compris l’islam. Pour ce dernier, l’hérésie concernerait alors ceux qui, en son sein, nient ou déforment les croyances de base affirmées dans son livre sacré (p. ex. le Coran « incréé », l’unicité divine, le rôle « prophétique » de Mahomet, etc.). Rien ne permet cependant d’envisager une telle hypothèse puisque l’islam ne dispose d’aucune autorité magistérielle, l’institution d’El-Azhar étant trop souvent perçue à tort comme l’équivalent de la papauté (sur El-Azhar, cf. PFV n° 87 et n°88). Certains juristes sunnites considèrent cependant le chiisme et ses dissidences (druze, alaouite, alévie, ismaélienne) comme des hérésies.

    L’ISLAM EST-IL UNE HÉRÉSIE ?

    La qualification d’hérésie appliquée à l’islam en tant que tel et dans son intégralité ne peut donc pas être retenue comme le montrent plusieurs spécialistes.

    Michel Younès, professeur de théologie à l’Université catholique de Lyon : « À la différence d’une approche qui perçoit l’islam comme une hérésie venant d’une dérive chrétienne ou judéo-chrétienne, plusieurs études cherchent à analyser la complexité islamique autrement. Il ne s’agit plus de revenir à un proto-islam, mais de constater les traces d’une diversité constitutive, relative aux multiples influences intégrées dans cet islam naissant » (Les approches chrétiennes de l’islam, Éd. du Cerf, coll. Patrimoines, 2020, p. 42).

    M. Younès cite Jan Van Reeth, enseignant à la Faculté des sciences religieuses comparées d’Anvers (Belgique) : « Ce serait une erreur de vouloir réduire les origines de l’islam à une seule communauté ou un seul mouvement religieux […]. Les recherches actuelles montrent plutôt que l’islam naissant a subi un grand nombre d’influences très diverses et venant de plusieurs horizons » (ibid., p. 43).

    En 1938, Hilaire Belloc, écrivain catholique britannique (1870-1953), publiait un livre intitulé The Great Heresies, qui vient d’être traduit en français (Les grandes hérésies, Artège, 2022). À partir d’une approche généraliste : « Une hérésie est l’entreprise de déconstruction d’un corps de doctrine unifié et homogène par la négation d’un élément inséparable de l’ensemble » (ibid., p. 46), cet auteur consacre un chapitre entier à « La grande et durable hérésie de Mahomet » (ibid., p. 95-152). Pour lui, le « mahométisme débuta comme une hérésie, et non comme une nouvelle religion » malgré l’apparence que lui donnaient « sa vitalité et son endurance » (ibid., p. 98).

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  • L'infinie richesse qu'offre l'altérité des sexes

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    “La différence des sexes n’est pas une malédiction, une faiblesse, mais un tremplin et une richesse”

    "Le grand reporter au Figaro, Eugénie Bastié, était invitée à prononcer une communication à l'Académie des sciences morales et politiques, ce lundi 12 décembre. Contre les théoriciens de la déconstruction, elle défend l'infinie richesse qu'offre l'altérité des sexes." (Figaro Vox)

    Extraits figurant sur le site du Salon Beige :

    C’est par une citation de Chesterton que je voudrais ouvrir cette communication. Dans son recueil Hérétiques, il écrit que, demain,

    « on allumera des feux pour attester que deux et deux font quatre. On tirera l’épée pour prouver que les feuilles sont vertes en été. (…) Nous combattrons pour des prodiges visibles comme s’ils étaient invisibles. »

    À vous parler aujourd’hui de « sauver la différence des sexes », je me fais l’effet de tirer l’épée pour prouver que les feuilles sont vertes en été. Nous en sommes pourtant là. À l’heure de l’émoji « homme enceint », du dégenrage des barbecues, et du trans comme nouvelle figure iconique de la révolution planétaire, il semble qu’il faille en effet tirer sinon l’épée, du moins la plume, pour défendre ce prodige visible comme s’il était invisible qu’est la différence des sexes.

    Aux États-Unis, en Angleterre, et même dans notre pays, des hommes et des femmes sont chassés des universités, voient leurs conférences annulées, et parfois même, c’est arrivé, leurs livres brûlés, parce qu’ils ont osé affirmer qu’il n’existait que deux sexes et qu’on ne pouvait pas passer de l’un à l’autre comme on changerait de chemise. Je n’exagère pas.

    À Moscou, Pékin, Bamako ou Delhi, dans la partie non occidentale du monde on pense certainement bien différemment. Depuis toujours, l’humanité cherche à construire à partir de ce donné biologique brut qu’est la différence des sexes. Nous sommes la première civilisation qui veut la déconstruire.

    Pourquoi est-ce grave ? Pourquoi ai-je choisi d’aborder ce sujet avec vous aujourd’hui ? La première raison est épidermique. Il m’est insupportable de voir un mensonge aussi énorme – il n’y a pas deux sexes – prospérer dans le débat public. Il faut noter ce paradoxe de notre temps : alors même qu’on proclame le culte de la science, la chasse aux obscurantismes, la lutte contre les fausses nouvelles, on accepte comme un fait non susceptible de débat l’idée que le sexe serait une pure construction sociale.

    La seconde raison est plus profonde, presque métaphysique. La différence des sexes est, avec la maladie, le vieillissement et la mort, l’une des marques de notre finitude. En s’attaquant à cette frontière, les déconstructeurs révoquent l’inexpugnable part d’animalité de notre condition humaine. De plus, contrairement à la maladie, au vieillissement et la mort, limites aussi combattues par les modernes, la différence des sexes n’est pas une malédiction, une faiblesse, mais un tremplin et une richesse.

    Les défenseurs de la déconstruction accusent de « panique morale » ceux qui osent dénoncer l’indifférenciation des sexes. Leur raisonnement emprunte à la logique du chaudron de Freud. A a emprunté à B un chaudron et lui rend avec un grand trou. Voici sa défense : « Premièrement je ne t’ai absolument pas emprunté de chaudron; deuxièmement le chaudron avait déjà un trou lorsque je l’ai reçu ; troisièmement je t’ai rendu le chaudron intact ». Premièrement, la différence des sexes n’existe pas, deuxièmement elle n’est pas du tout menacée, troisièmement ce n’est pas grave si elle est menacée, car sa destruction serait un bienfait pour l’humanité. Eh bien, laissez-moi répondre en trois parties à cet argumentaire : 1. La différence des sexes existe ; 2. Oui, elle est menacée ; 3. Il nous faut la défendre. […]

    Mais venons-en à la différence essentielle, la maternité. Celle que les féministes ne veulent plus voir, car elles se font les syndicalistes d’un sujet, la femme, qu’elles vident de sa substance. La femme engendre dans son propre corps, l’homme engendre dans le corps d’autrui . De cette différence naissent toutes les autres. Mater certa est, la mère est toujours sûre, dit le droit romain. Pater est semper incertus, mais le père lui, ne l’est pas. Pater is est quem nuptiæ demonstrant Le père est celui que les noces démontrent. Le mariage fabrique des pères. La femme est reléguée au privé, où elle peut être surveillée pour que l’on soit sûr qu’elle ne soit pas fécondée par un autre. […]

    Parlons de cette révolution. Elle a été progressive. Mais le moment décisif, est, il me semble, le contrôle de la procréation par les femmes, rendu possible dans les années 1960 par la contraception et l’avortement. Cela change tout. La pierre angulaire du patriarcat tombe. Il n’existe plus. D’où sans doute, l’attachement presque religieux qui entoure le droit à l’avortement dans nos démocraties. Il est au patriarcat ce que la souveraineté populaire fut à la monarchie : le point de bascule dans un nouveau régime. L’hégémonie masculine était universelle, elle ne l’est plus aujourd’hui en Occident. L’Ancien régime de la domination a été renversé. Mais ce qui est curieux, c’est que près de cinquante ans après la révolution, le discours progressiste dominant consiste à affirmer quelle n’a jamais eu lieu, et que tout reste à faire. C’est d’ailleurs à cela qu’on reconnaît une idéologie : à son vœu de perpétuelle table rase. […]

  • Ni mère ni déesse : même le chant grégorien est contre la nouvelle idolâtrie de la terre

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    Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso, traduction française de Diakonos.be :

    Ni mère ni déesse. Même le chant grégorien est contre la nouvelle idolâtrie de la terre

    (S.M.) Plus encore en ce temps de l’Avent, la grande liturgie de l’Église catholique est littéralement aux antipodes de la nouvelle religion de la nature à la mode, avec la terre comme déesse mère.

    Que les cieux « pleuvent le Juste » et la terre « s’ouvre et germe le Sauveur ». Voilà ce que l’Église chante et espère, comme elle le fera dans quelques jours dans l’admirable introït grégorien « Rorate caeli » du quatrième dimanche de l’Avent. La nature et l’homme ne trouvent d’autre raison ultime qu’en Dieu leur créateur et Sauveur.

    Le chant grégorien est l’expression parfaite de cette vision biblique et chrétienne de la terre. Et c’est ce qu’explique dans ce dossier de Settimo Cielo le maître Fulvio Rampi, grand expert passionné de ce chant séculaire qui ne fait qu’un avec la liturgie catholique, une liturgie dont l’actuel obscurcissement est en grande partie dû précisément à l’impardonnable abandon du grégorien.

    Maître Rampi enseigne la pré-polyphonie au Conservatoire de Turin et dirige les « Cantori Gregoriani » et le « Coro Sicardo » de Crémone où il a également été maître de chapelle de la cathédrale. C’est l’un des plus grands grégorianistes au monde, il est l’auteur d’ouvrages importants et a dirigé et enregistré une quantité considérable de chants, on peut suivre ses cours sur son site web personnel, en italien et en anglais.

    Bonne lecture et bonne écoute des huit pièces musicales insérées dans le texte !

    *

    L’écologie selon le chant grégorien

    de Fulvio Rampi

    Ce qui identifie chaque chant grégorien – ce « son de la Parole » que l’Église latine a défini comme étant son chant propre – c’est avant tout sa position à un moment précis de la célébration, qui est à son tour nécessairement et intimement connoté sur le plan esthétique par des textes propres et par un caractère stylistico-formel bien spécifique.

    À cela s’ajoute la dimension diachronique, tout aussi essentielle, c’est-à-dire l’appartenance à un temps célébratif qui situe chaque pièce dans la vie d’un parcours christologique rythmé par l’année liturgique.

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  • Bernanos, lueurs d’espoir et vertu d’espérance

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    « Heureusement, l’espérance » deux mots laissés par le père du réalisateur Yves Bernanos, sur un bout de papier, retrouvé quelques semaines après sa mort. Comment faire exister et transmettre l’espérance, dans un monde où elle semble s’être retirée ? Cette question est au centre de la vie et de l’oeuvre de de ce grand-père écrivain Georges Bernanos. Véritable quête, ce documentaire s’incarnera à travers les souvenirs biographiques de son père qui fut le témoin direct mais aussi, à son tour, le passeur de cette espérance. Une histoire de famille diffusée par KTO :

    Une coproduction Crescendo Media Films/KTO 2022 - Réalisée par Yves Bernanos

  • Une encyclique condamnant la théorie du genre s'impose d'urgence

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    De Mgr Willem Jacobus Eijk, cardinal et archevêque d'Utrecht, sur la Nuova Bussola Quotidiana:

    Une encyclique condamnant le genre s'impose d'urgence

    12-12-2022

    La théorie du genre contredit gravement la nature de l'homme et a de graves implications pour la proclamation des fondements de la foi chrétienne en sapant le rôle du père, de la mère, du mariage et de la relation entre les enfants et les parents. De nombreux fidèles et évêques estiment qu'il est urgent de rédiger un document exposant la vision de l'Église catholique.

    Le terme "genre" fait référence aux deux catégories, mâle et femelle, dans lesquelles les humains et la plupart des êtres vivants sont divisés sur la base de différences anatomiques et physiologiques dans les organes reproducteurs et les caractéristiques sexuelles secondaires. Le terme "genre" a été introduit dans les années 1950. Il s'agit principalement des rôles sociaux des hommes et des femmes. L'idée est que dans le passé, le rôle (le genre) des hommes et des femmes était imposé par la société. Dans la société occidentale actuelle, avec son hyper-individualisme et l'éthique autonome qui lui est associée, on suppose que l'individu n'accepte pas un rôle imposé par la société, mais choisit son propre genre.

    Ce rôle que l'individu se choisit est appelé identité de genre. L'individu peut choisir un genre indépendamment de son sexe biologique. En fonction de son orientation ou de ses préférences sexuelles, l'individu peut décider d'être hétérosexuel, homosexuel, lesbien, transgenre ou non binaire. Non-binaire signifie qu'une personne ne veut pas encore être un homme ou une femme. Un transsexuel est une personne qui est convaincue que son identité de genre ne coïncide pas avec son sexe biologique. Par exemple, un homme peut avoir l'impression d'être une femme, alors que biologiquement il est un homme, ou vice versa. Lorsqu'une personne est malheureuse et se débat avec son sexe biologique pour cette raison, on parle de dysphorie de genre.

    Une personne transgenre est un transsexuel qui a l'intention de changer son sexe biologique pour celui correspondant à son identité de genre ou qui l'a déjà fait grâce à des traitements médicaux et des procédures chirurgicales. Parallèlement à la théorie du genre, il existe la théorie dite "queer", selon laquelle il n'existe pas d'identités de genre fixes, mais des frontières fluides entre elles. Par exemple, il y a des jeunes qui ont parfois des relations avec une personne du même sexe et d'autres fois avec une personne du sexe opposé, selon les sentiments et l'humeur du moment.

    Les organisations internationales, telles que les Nations Unies, encouragent la mise en œuvre de la théorie du genre au niveau mondial dans les entreprises, les organisations gouvernementales et les établissements de santé. Ils le font également par le biais de programmes éducatifs qui encouragent les enfants et les jeunes, dès l'école primaire, à réfléchir à l'identité de genre qu'ils souhaitent choisir ou qui les attire.

    Chez les enfants qui ne sont pas sûrs de vouloir devenir transgenres, l'administration d'un agent hormonal, la tryptoréline, peut ralentir le début du développement pubertaire dans le but de donner à l'enfant le temps de réfléchir à cette question. Tout d'abord, cette hormone peut provoquer des effets secondaires graves. En outre, il convient de rappeler que les adolescents et les jeunes gens doutent souvent de leur identité sexuelle pendant un certain temps. Cependant, dans la plupart des cas, la dysphorie de genre passe sans problème. En outre, de nombreuses personnes transgenres se repentent après avoir changé de sexe biologique. Cependant, surtout après un changement chirurgical du sexe biologique, il n'y a pas de retour en arrière possible.

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  • Gaudete ("Soyez joyeux") : l'introït du 3e dimanche de l'Avent

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    D'Una Voce  sur le site d'Aleteia.org :

    Trésor du grégorien : l’introït de la joie du dimanche de Gaudete

    L’introït du troisième dimanche de l’Avent exprime la joie et la sérénité : l’Église chante la douceur désarmante des fidèles qui attendent leur Sauveur avec confiance.

    Le troisième dimanche de l’Avent est appelé d’après l’incipit, dimanche de Gaudete. Il a un caractère différent des autres dimanches précédant Noël : les ornements sont roses. C’est une sorte de réplique du dimanche de Lætare du carême.

    « Soyez joyeux »

    Les paroles de l’introït sont tirées de l’épître aux Philippiens — les disciples préférés de saint Paul : elles sont remplies de tendresse et de sérénité. Le texte latin est transparent en français, les racines des mots sont les mêmes, comme par exemple modesti(a), sollicit(i), ora(tiones), petition(es) :

    Gaudéte in Dómino semper : íterum dico, gaudéte. Modéstia vestra nota sit ómnibus homínibus : Dóminus enim prope est. Nihil sollíciti sitis : sed in omni oratióne petitiónes vestræ innotéscant apud Deum. « Soyez toujours joyeux dans le Seigneur !

    Je vous le répète : soyez joyeux. Votre sérénité dans la vie doit frapper tous les regards, car le Seigneur est proche. Ne vous inquiétez de rien, mais dans toutes vos prières exposez à Dieu vos besoins. »

    Le verset choisi est le deuxième verset du psaume 84 : Benedixísti, Dómine, terram tuam : avertísti captivitátem Iacob. « Seigneur, vous avez béni votre domaine, vous avez délivré Jacob de la captivité. »

    Un art rhétorique subtil

    L’Église, remplie des aspirations de l’Ancien et du Nouveau Testament pendant l’Avent, crie : « Viens Seigneur Jésus ! » Elle sait que le Seigneur vient selon la chair à Noël, selon la grâce dans nos âmes et qu’Il viendra dans la Parousie aux derniers temps. Chaque incise de l’introït est construite avec un art rhétorique subtil. Le mouvement ascendant (protase) met en évidence une figure de style appelée climax consistant en une suite de mots qui avec des valeurs sonores ou rythmiques font augmenter l’intensité de l’expression vers un sommet (apex). Les mots importants sont semper (toujours), vestra (votre modération), nihil (rien) et oratione (oraison).

    La première incise évoque une vague qui monte et redescend avec douceur, mouvement souligné par la répétition du verbe Gaudete (réjouissez-vous). Le sommet de la vague est le mot semper, indiquant une ferme assurance.

    Douceur désarmante

    La mélodie continue au grave sur modestia, marquant une joie intime, douce, sans exubérance. C’est la douceur désarmante du chrétien, la douceur de la Vierge Marie, modèle de la joie chrétienne.

    Sur Dominus prope est, nouvelle vague d’espérance, la mélodie remonte pour nous inviter à l’insouciance chrétienne, semblable à celle de l’enfant qui se sait aimé. Nihil est le sommet : rien ne doit nous soucier. Nous sommes au sommet mélodique sur le do.

    Puis la mélodie s’apaise — ce que caractérise ce premier mode dans lequel est écrit cet introït — , douce et tranquille sans grands écarts. Elle évoque l’oraison confiante c’est la détente. Nous sommes invités à alimenter notre prière en déposant nos demandes auprès de Dieu.

  • Déclin du religieux au Canada

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    De sur L'Actualité :

    Les Québécois peu portés sur le religieux, les Canadiens un peu plus

    Un sondage EKOS jette un éclairage supplémentaire sur les résultats du recensement qui concernent la vie religieuse au Canada. Sans surprise, c’est au Québec que Dieu obtient le moins de faveur.

    La maison de sondage EKOS a tâché d’en savoir plus sur les habitudes religieuses des Canadiens dans ce nouveau contexte. À la question : « À quelle fréquence avez-vous assisté à une cérémonie religieuse dans les trois derniers mois ? », les deux tiers des sondés ont répondu « jamais », alors que seulement 19 % ont affirmé avoir assisté à un service plus d’une fois.

    C’est au Québec que la participation aux services religieux est à son plus bas. Trois répondants québécois sur quatre ont affirmé ne pas avoir participé à un service religieux, et seulement 10 % ont dit avoir fréquenté un lieu de culte plus d’une fois.

    Ailleurs au pays, c’est aussi une majorité qui affirme ne pas avoir eu d’activités religieuses durant le trimestre précédent. C’est en Alberta (61 %) et dans les provinces atlantiques (60 %) que ces majorités sont les plus faibles. Parmi ceux qui affirment y avoir assisté plus d’une fois, les proportions vont de 19 % en Colombie-Britannique à 34 % en Alberta.

    Le sondeur a aussi demandé à ses répondants leurs intentions de vote au niveau fédéral (faible avance du Parti conservateur sur le Parti libéral, lisez les détails ici). Nous pouvons donc ventiler les résultats des mœurs religieuses selon les orientations politiques des répondants.

    Parmi les électeurs du NPD, 81 % n’ont pas participé à des services religieux au cours des trois derniers mois. Chez les électeurs libéraux, cette proportion est de 71 %, alors que parmi les électeurs conservateurs, près de six électeurs sur dix (57 %) n’ont pas fréquenté les services religieux au cours de la même période. Notons que les chiffres pour les électeurs du Bloc québécois et du Parti vert sont inscrits sur le graphique à titre informatif seulement, car l’échantillon de chacun est faible (soit moins de 100 répondants, la marge d’erreur de ces résultats est donc élevée).

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  • Pourquoi les croyants se sentent dans un meilleur état psychologique dès qu'ils se mettent en prière

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    De Pierre-Hugues Dubois sur RCF.fr :

    Boris Cyrulnik : "L'être humain est un être de spiritualité"

    Boris Cyrulnik publie "Psychothérapie de Dieu", aux éditions Odile Jacob ©RCF

    Boris Cyrulnik publie "Psychothérapie de Dieu", aux éditions Odile Jacob ©RCF

    C'est au cours d'une discussion avec Élie Wiesel que Boris Cyrulnik a eu l'idée de "psychothérapiser" Dieu. "Il me dit 'quand Dieu voit ce qui se passe sur la terre, il souffre' ; et pour le taquiner je lui ai répondu : et bien si Dieu souffre il faut le prendre en psychothérapie", rapporte malicieusement Boris Cyrulnik.

    La fonction psychologique de la foi

    C'est avec sa casquette de psychologue que Boris Cyrulnik a voulu comprendre les mécanismes qui unissent les croyants au Dieu auquel ils croient. "Je pense qu'on a besoin de Dieu quand on se représente quelque chose qu'on ne peut pas percevoir, et qui pourtant nous angoisse", détaille le neuropsychiatre. "Alors, à ce moment-là arrive l'entité de Dieu qui nous protège, et Dieu a une fonction tranquillisante." Ainsi, les croyants se sentent dans un meilleur état psychologique dès qu'ils se mettent en prière.

    Dieu a une fonction tranquillisante 

    Au-delà de l'effet psychologique, il y a également un effet biologique. Boris Cyrulnik détaille l'expérience réalisée par des chercheurs, qui ont réalisé des électroencéphalogrammes de croyants en prière. "Dès qu'ils se mettent en prière, s'ils sont croyants, le rythme alpha qui est le rythme électrique du cerveau est modifié", détaille le scientifique. "C'est le signe d'un cerveau relaxé, et vigile en même temps."

    L'être humain est un être spirituel

    La quête spirituelle de l'être humain est permanente. "Je pense que l'être humain, quelle que soit sa religion, est un être de spiritualité", estime Boris Cyrulnik. "Tout être humain à la désir d'un accès à la spiritualité, parce qu'on est les seuls êtres vivants capables de se représenter quelque chose d'impossible à percevoir." 

    Pour lui, la religion pratiquée sera ensuite fonction de l'environnement culturel : "Selon notre contexte religieux, on donne à cette représentation le nom de Dieu, d'Allah, de grand manitou, peu importe ; mais c'est la même entité." Le scientifique prend l'exemple de l'Égypte : "Aujourd'hui en Égypte, vous avez beaucoup plus de chances de devenir musulman que bouddhiste, donc ça veut dire que la religion est une forme de culture ; alors que la spiritualité est une condition humaine puisqu'on est capable de se représenter."

  • De belles cartes de voeux bien inspirées pour Noël et le Nouvel An

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    Anne Junker est une remarquable dessinatrice; la fraîcheur de ses compositions est vraiment réjouissante. On ne peut qu'être séduit par l'art de cette jeune illustratrice très créative. Son art puise notamment son inspiration dans sa foi vive. Nous vous recommandons ses cartes de voeux pour les fêtes de Noël et de Nouvel An.

    cartes de voeux anne junker 2022 (2).jpg

    Le prix ? 

    La carte est au prix de 2.5€ l'unité, 20€ les 10 (et 35€ les 20...) + le prix de la livraison (en général : 3 timbres).
     
    Le format ? 
    Les cartes sont au format A6 4 faces pliées (épaisses : 300gr/m2) - de la même taille qu'une carte postale - et des enveloppes correspondantes à patte pointues sont également fournies.
     
    La livraison ? 
    Dès réception de votre commande, votre petit colis prendra son envol sous forme d'une grande enveloppe matelassée. Vous pouvez également venir chercher les cartes à notre domicile. J'enverrai évidemment toutes les cartes de voeux afin qu'elle vous parviennent le plus tôt possible avant les fêtes.
     
     
  • L'effondrement de la civilisation chrétienne serait-il inéluctable et souhaitable comme le prétend Chantal Delsol ?

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    De Stefano Fontana sur la Nuova Bussola Quotidiana :

    Delsol : "la religion survit à la fin de la chrétienté". Mais ce n'est pas suffisant

    7-12-2022

    Chantal Delsol, conférencière et universitaire française, condense deux millénaires depuis Théodose jusqu'aux lois sur l'avortement qui marquent l'effondrement de la civilisation chrétienne - inéluctable et souhaitable, selon l'auteur - qui laissera place non pas à l'athéisme mais à un retour du paganisme et à un christianisme de pur témoignage. Une réflexion qui pose des questions, mais dont les réponses et les propositions sont peu convaincantes.

    Dans ce petit livre de 120 pages seulement, Chantal Delsol, conférencière et universitaire française classée parmi les penseurs catholiques les plus accrédités, affiche une prétention très exigeante : faire le bilan de deux millénaires de "chrétienté", qui vont selon elle de Théodose aux lois sur l'avortement. Une affirmation peut-être excessive, mais les philosophes sont connus pour aimer la synthèse. Une prétention toutefois réalisée, on peut le dire, mais d'une manière qui est, à mon avis, inacceptable.

    La thèse de l'auteur peut être condensée - avec un esprit de synthèse proche du sien - dans les propositions suivantes : la chrétienté a existé, la chrétienté a pris fin après une longue agonie, la chrétienté y a renoncé progressivement dans une longue série de compromis, tout a été contesté mais rien n'a été sauvé, il n'y avait pas d'autre choix possible, la bataille était perdue d'avance, quand la chrétienté est morte, la religion n'est pas morte, la chrétienté ne sera pas remplacée par l'athéisme mais par le retour du paganisme, il y aura un christianisme sans chrétienté, la mission ne sera plus synonyme de conquête, avec la fin de la chrétienté "Dieu nous a gagnés".

    Au centre de ces thèses se trouve l'interprétation de la chrétienté par Delsol. Une interprétation qui n'est pas convaincante, à commencer par l'inéluctabilité de sa fin. Pour elle, la sécularisation a été un processus régi par la nécessité : les anciens principes sont tombés "naturellement et infailliblement", ceux qui se battent pour eux sont "convaincus d'avance qu'ils n'auront pas de cause gagnante", ceux qui les défendent sont "des soldats dans une guerre perdue", "éduquer les enfants dans la foi aujourd'hui, c'est produire des soldats pour Waterloo", la chrétienté court "irrémédiablement vers l'abîme". Cette supposée inévitabilité de la sécularisation n'est pas argumentée. Delsol la décrit telle qu'elle est aujourd'hui sur le plan sociologique, mais elle ne se demande pas si elle doit exister ou non sur le plan du droit, si elle contient des vérités intimes intemporelles qui, tôt ou tard, sous telle ou telle forme, peuvent et doivent resurgir. Elle dit même que c'est "une énigme". Mais on sait que ce n'est pas un mystère, on peut citer les noms et prénoms de ceux qui ont voulu le détruire à l'extérieur et à l'intérieur de l'Eglise catholique. Cette inévitabilité procède d'une démarche historiciste et ramène Delsol à Hegel.

    Même l'idée que la fin de la chrétienté a été motivée par le christianisme lui-même révèle une approche qui n'est pas libre intellectuellement. La chrétienté est présentée comme "fondée sur la conquête", comme une "perversion du message", comme une société "saturée de dogmes", régie par la "profanation de l'idée de vérité", dans laquelle "des clercs ivres de pouvoir se laissent séduire par toutes sortes d'excès" et où s'exerce une "forme d'influence et de domination sur les âmes". On a beau dire que ce ne sont que 120 pages, il ne s'agit pas ici de résumés mais de slogans, d'ailleurs très approximatifs et procédant du paradigme de pensée qui a remplacé celui de la chrétienté. De telles phrases sont une caricature de la chrétienté et manifestent un préjugé liquidateur à son égard (...).

    Non moins problématique est la dénonciation par l'auteur du concept de "vérité" propre, selon elle, à la chrétienté, dénonciation souvent même sarcastique et irrespectueuse pour les nombreux esprits élevés et saints qui ont animé cette forme de civilisation. Selon elle, dans la chrétienté, on a voulu décrire la vérité "avec la précision d'un entomologiste" (mais Delsol pense-t-elle vraiment écarter ainsi saint Augustin et saint Thomas ?) Pour elle, en revanche, comme pour Heidegger, "l'être est événement et devenir, et non définition objective" et "la vérité est un rêve que nous poursuivons", "elle doit cesser d'être proposition et dogme pour devenir un halo de lumière, un espoir tremblant, une chose insaisissable que l'on attend avec des rêves de mendiant". La chrétienté aurait "profané l'idée de vérité, en voulant à tout prix identifier la foi à la connaissance". Ne pensez-vous pas, Delsol, que de cette manière la foi est séparée du savoir en général et qu'elle devient ainsi autre chose que la culture ? Voulons-nous éliminer l'évangélisation de la culture ? Et ne pense-t-elle pas, Delsol, que parler de la vérité comme d'un rêve manifeste indirectement la hauteur de la définition qu'en donne Thomas comme adaequatio intellectus ad rem ? Quelle disproportion abyssale entre ce que l'on veut remplacer et ce par quoi on le remplace!

    La conclusion est que "renoncer à la chrétienté n'est pas un sacrifice douloureux" car "la mission n'est pas nécessairement synonyme de conquête". A ce stade, "ce n'est pas la chrétienté qui nous quitte, c'est nous qui la quittons". Pour aller où ? Selon Delsol, "croire ou faire croire que si la chrétienté s'effondre, tout s'effondre avec lui est un non-sens", "cessons de croire que nous sommes les seuls au monde à pouvoir donner un sens au monde". Après avoir ainsi écarté l'unicité salvifique du Christ - non pas de nous, chrétiens, mais du Christ - elle affirme qu'après la chrétienté, il n'y aura pas d'athéisme mais un nouveau paganisme, car le besoin religieux de l'homme ne mourra pas et, dans cette situation, les chrétiens vivront comme des "héros de la patience, de l'attention et de l'amour humble". Une conclusion valable uniquement pour ceux qui s'en satisferont.

  • La vraie histoire de saint Nicolas

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    De C NEWS via ce site :

    Saint Nicolas, fêté le 6 décembre

    Aymeric Pourbaix et ses invités Véronique Jacquier et l’abbé Amar, prêtre du diocèse de Versailles.
     


     

  • Inculturer la liturgie dans une anti-culture ?

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    De l'abbé Jean-Marie Perrot sur Res Novae :

    De l’inculturation liturgique dans une anti-culture

    L’accélération des évolutions culturelles et sociales dans les pays occidentaux pose avec plus d’acuité une question lancinante depuis la réforme de la liturgie : celle, désirée voire demandée par le concile Vatican II, de son inculturation.

    L’impossible inculturation dans une culture en mutation

    Les essais ont été nombreux, dès avant le dit Concile. Ainsi, dans le cadre des mouvements d’Action catholique, avant la seconde guerre mondiale et surtout après, on vit s’organiser des processions d’offrandes, où les instruments de travail ainsi que leur produit, étaient présentés avec le pain et le vin qui feraient la matière du sacrifice eucharistique. Si l’on s’interrogea alors sur le bien-fondé de présenter ces objets comme matière « associée » du sacrifice alors que c’en sont plutôt des fruits, fruits d’une vie chrétienne œuvrant dans la création et la société, le moins que l’on puisse dire est que, nonobstant la solution à l’objection liturgique et théologique soulevée, la démarche a définitivement tourné court. Ne restent que des dessins d’enfants ou, dans les « messes des peuples », des danses et des fruits bien exotiques pour un européen. On est assez loin d’une ambitieuse incarnation de la liturgie dans la vie moderne, de son inculturation… Mais l’aurait-on poursuivie, qu’est-ce qu’une telle procession, après l’automatisation du travail, la désindustrialisation, la tertiarisation et actuellement son ubérisation, pourrait aujourd’hui apporter qui représente « le fruit de la terre et du travail des hommes » ? Le monde du travail a profondément changé, et change encore, rendant illusoire l’idée d’en tirer une symbolique durable.

    Le langage a lui aussi changé et surtout, exerçant sur lui leur influence, les mœurs. Au risque de choquer quelque lecteur, mentionnons cette assemblée d’adolescents gloussant et se regardant goguenards en entendant le prêtre parler de la « vierge »… Plus profondément et surtout institutionnellement, la parole féministe a conduit à l’intégration aussi dans le langage liturgique de formules qui, si elles sont plus explicites, sont moins élégantes et alourdissent une rhétorique dont, en monde latin, on louait auparavant la finesse et la concision : « frères et sœurs… celles et ceux… », etc. Ces deux exemples illustrent ce à quoi la célébration en langue vernaculaire ne peut manquer d’être confrontée, car, dans ses mots, elle est inévitablement et immédiatement interprétée à l’aune de la langue telle qu’elle est parlée ici et maintenant. On peut certes, pour pallier les difficultés, aller de périphrases et de lourdeurs sémantiques en circonlocutions explicatives. Néanmoins, le processus ne s’annonce-t-il pas sans fin, et ne s’opère-t-il pas au détriment d’une langue liturgique qui a été l’honneur de l’Église latine ? Elle se meurt d’ailleurs, cette langue liturgique ; ne reste que le langage de tous les jours, qu’une certaine pastorale exige d’ailleurs, puisque « tout le monde » doit pouvoir comprendre…

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