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Culture - Page 77

  • "Les jurés du prix Nobel de littérature ont préféré l’idolâtrie du sexe à la lucidité"

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    Une tribune de Henri Quantin parue sur le site Aleteia.org :

    Nobel de littérature : Annie Ernaux versus Michel Houellebecq

    Avec leurs perpétuelles polémiques sur la surreprésentation des mâles dans les palmarès, la seule chose qu’ont réussi les féministes est de faire soupçonner un choix idéologique chaque fois qu’une femme est récompensée par un prix autre que celui de Miss seins nus. En 1928, quand Sigrid Undset obtint le prix Nobel de littérature, personne ne pensa que le jury s’était cru obligé de choisir une femme, encore moins que cela couronnait la conversion de la romancière norvégienne au catholicisme en 1924. Le jury récompensait une grande œuvre, voilà tout.

    Avec le prix Nobel d’Annie Ernaux, le doute est permis, tant ses livres, sans exception, sont un hommage à ce que l’idéologie ambiante vante à flots continus, à commencer par les bienfaits supposés de la « libération des femmes ». « Après Simone Veil au Panthéon, remarque une jeune lectrice peu convaincue par le roman L’Événement, ça devait arriver… L’avortement est un bon pourvoyeur d’héroïnes nationales. » Les supporters déçus de l’échec de Houellebecq ont eu beau jeu de dire que le sexe de leur poulain était un handicap insurmontable.

  • Philo à Bruxelles - Saison 2022/2023 : Promenades philosophiques au cœur des vertus

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    Philosophie à Bruxelles à la Grand-Place

    Stéphane Mercier nous présente le nouveau cycle 2022-2023

    Video de présentation : saison 2022-2023

    Voici le programme des 9 conférences :

    ­C’était, dit-on, l’habitude d’Aristote d’enseigner la philosophie en se promenant, ou de dispenser ses leçons dans un lieu désigné pour la promenade, et c’est à ce type de promenades philosophiques que nous vous convions pour la saison 2022/2023 de Philo à Bruxelles.

    Des promenades, donc, pour l’esprit, car vous pourrez les suivre en demeurant assis, à moins que vous ne préfériez les écouter en replay en vous promenant véritablement, pour un bénéfice double du corps et de l’esprit !

    Nous vous proposons, cette année, neuf conférences sur des sujets qui tendent ensemble à explorer les conditions d’un agir vertueux animé par l’amour de la sagesse.

    Nous commencerons, dans la première conférence de ce cycle, par porter un regard sur la pensée contemporaine, pour découvrir l’imprégnation kantienne de nos esprits. Oui, nous sommes tributaires de Kant, et c’est chez Kant qu’il faut aller chercher non la source unique, mais l’une des racines de l’agnosticisme contemporain. Prendre la mesure du mal, c’est en même temps éprouver le besoin du remède, de sorte que ce diagnostic porté sur l’agnosticisme hérité de Kant, nous invitera, une fois encore, à renouer avec saint Thomas d’Aquin.

    À ce premier exposé succédera une deuxième conférence, où saint Thomas viendra couronner une antique réflexion du monde grec sur les vertus cardinales. Après avoir parlé, l’an dernier, des péchés capitaux, il n’est en effet pas inutile de déployer l’histoire des vertus qui structurent une vie équilibrée et aussi humainement réussie que peut l’escompter la nature.

    Cette centralité de la vertu nous suggérera la matière d’une troisième conférence : si la vertu est au cœur de la philosophie, c’est que la théorie n’est pas et ne doit surtout pas être déconnectée de la pratique. Le fossé entre théorie et pratique n’a pas cessé de s’approfondir depuis des siècles alors que la pensée grecque non seulement envisageait la philosophie dans sa dimension spéculative, mais considérait aussi la grave nécessité de traduire dans la pratique son enseignement. Cette idée d’une philosophie comme mode de vie est également au cœur de ce que l’on peut désigner, à l’autre extrémité du continent eurasiatique, comme la pédagogie morale inscrite au cœur de la tradition confucianiste. Cette troisième conférence proposera donc de croiser les perspectives entre Occident et Orient lointaine.

    L’idée tellement grecque d’une philosophie conçue comme mode de vie orienté vers l’acquisition de la sagesse permet de mieux comprendre, comme nous le ferons dans une quatrième conférence, pourquoi ceux qu’on a appelés les Pères apologistes, ces écrivains chrétiens du deuxième siècle, se sont efforcés de montrer et de démontrer que le christianisme, loin d’être imputable au dérèglement d’un quarteron de forcenés factieux, réalisait supérieurement l’objectif de la philosophie comme amour de la sagesse : au lieu d’une sagesse humaine, trop humaine, le christianisme est en effet l’amour de la Sagesse éternelle, de Dieu lui-même, maître et origine de toute chose.

    Parmi les philosophies antiques qui connaîtront une fortune remarquable en régime chrétien, une en particulier met l’accent sur la pratique : c’est le stoïcisme. La cinquième conférence nous permettra de suivre les étapes de cette intégration de la pensée et de la discipline stoïciennes dans le monde chrétien depuis la fin de l’Antiquité jusqu’à l’époque moderne.

    La conscience occidentale, au milieu du dix-septième siècle, est revenu quelque peu de sa fascination pour l’antique philosophie, pour se montrer volontiers sceptique. C’est à l’aspect le plus stimulant de ce recul, de cette prise de distance, que sera consacrée la sixième conférence. Suivant le mot de Pascal : « se moquer de la philosophie, c’est vraiment philosopher » : nous parlerons de la place de l’humour, du rire ou du sourire, et certainement de la détente en philosophie.

    Dans la septième conférence, nous aborderons le problème du mal chez saint Augustin en particulier, mais, renouvelant la perspective comparatiste qui nous avait servi dans la troisième conférence, nous ferons le lien entre Augustin et Xunzi, l’un des plus remarquables et des principaux représentants de l’antique pensée confucianiste. Lui aussi, soucieux d’affronter la question du mal dans une perspective certes très différente certes de la perspective occidentale, jette sur elle un éclairage bien digne d’intérêt.

    S’agissant d’un problème de première importance, le mal nous occupera encore dans la huitième conférence, où cette fois nous verrons comment la Révélation de l’Ancien Testament, et du livre de Job en particulier, s’intègre au contexte culturel du Proche-Orient ancien pour en dépasser les antiques perspectives comme plus tard la pensée chrétienne sera le levain dans la pâte culturelle du monde gréco-romain.

    La philosophie, la pensée, la Révélation : autant d’événements qui se produisent dans le temps et nous invitent à réfléchir sur la nature du temps. Nous reviendrons à saint Augustin pour nous servir de guide dans la neuvième conférence, la dernière de ce cycle : qu’est-ce que le temps ? le temps de l’homme et celui des hommes, le temps de mon histoire personnelle, et celui de l’Histoire avec une majuscule. Les vicissitudes du temps, son passage et les modalités de son déroulement nous invitent à voir dans le temps un tremplin vers l’éternité, à suspendre le cours du temps au présent éternel et immuable de Dieu. Et cette suspension du temps nous signifiera opportunément qu’il est temps, avec cet exposé, d’achever la promenade de ce cycle pour l’année 2022-2023.

    Au plaisir de vous retrouver le mardi 18 octobre, à 19 h 30 pour entreprendre la première de ces promenades philosophiques !

    Regarder la courte vidéo de présentation­

    Retrouvons-nous le mardi prochain,
    18 octobre, à 19 h 30, pour la
    Conférence de rentrée avec Stéphane Mercier sur le thème

    Kant, marâtre de l’agnosticisme contemporain.

    Adresse
    À la Bécasse
    Rue de Tabora 11, 1000 Bruxelles
    salle à l’étage

    ­­­Je m’inscris­­

    Vous pouvez également suivre la conférence en direct ici.

    ­Kant, marâtre de l’agnosticisme contemporain­­­

    Kant, marâtre de l’agnosticisme contemporain

    ou : Comment conserver la santé mentale avec une belle-mère métaphorique, mais néanmoins encombrante ?

    De quoi sera-t-il question ? D’un sujet grave et sérieux, pour commencer, et strictement philosophique celui-là.

    Qui d’entre nous a lu Kant ? Moi certes un peu, quand je le devais et que je parvenais à garder les yeux ouverts devant le dénuement glacé et l’accablante technicité de sa prose, que j’avoue cependant ne connaître que par traduction interposée. Mais il n’est pas nécessaire d’avoir lu Kant pour être kantien : ce sera le sujet de notre première conférence. Pour le dire d’un mot, Kant est la marâtre de l’agnosticisme contemporain, l’éminence grise qui, en coulisses, rend compte d’un état d’esprit largement répandu chez nous, Occidentaux, qui, à cause de Kant, nous sommes si universellement murés dans un scepticisme qui ne nous empêche pas de dogmatiser.

    De Dieu, diront en effet beaucoup de nos contemporains avec l’aplomb de ceux qui détiennent un savoir certain, de Dieu nous ne pouvons pas dire s’il est ou s’il n’est pas. Dogmatisme et scepticisme. S’agit-il de deux postures contradictoires ? Pas du tout : nous verrons, en effet, comment la pensée de Kant explique la catastrophe agnostique contemporaine. Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir ; et nous sommes, nous, beaucoup plus kantiens que nous ne l’imaginons. Heureusement, on peut sortir de l’impasse kantienne par le haut, en particulier avec l’aide de saint Thomas : le Docteur d’Aquin, le « génie intelligent » (pour reprendre l’expression du P. dominicain Charles-Damien Boulogne), nous prescrira le remède qui nous permettra de ne pas étouffer en demeurant confinés avec l’envahissante marâtre de Königsberg.

    Quand ?       Mardi 18 octobre à 19 h 30

    ?            À la Bécasse Rue de Tabora 11, 1000 Bruxelles Salle à l’étage

    Séance de questions & réponses à la fin de la conférence, sur place. Pour les téléspectateurs, envoyez vos questions par chat, en direct sur YouTube ou par SMS, Telegram, Signal, emailformulaire de contact etc.)

    Mardi 15 novembre : Petite histoire des vertus cardinales, de Platon à saint Thomas.

    Mardi 13 décembre : Progrès spirituel et discipline de vie en Orient et en Occident : perspectives croisées.

    Agenda - Philo à Bruxelles

  • Liège : les Jeunes musiciens du Judd School (Kent, UK) vous invitent à l’église du Saint-Sacrement (Bd d’Avroy, 132 à Liège) le samedi 22 octobre 2022 à 17h00. Entrée libre.

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    Liège

    EGLISE DU SAINT-SACREMENT

    Boulevard d’Avroy, 132 à Liège

    Un concert pour toutes les familles, le samedi 22 octobre 2022 à 17 heures:

    Musique classique et chorale par les jeunes musiciens de la Judd School du Kent (U.K.)

    Oeuvres de Bach, Vaughan, Williams, Poulenc, Strauss

     Entrée libre 

    Plus de renseignements :

    sursumcorda@skynet.be  Tel 04 344 10 89 •

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  • L’idéal universel de l’homme contemporain : écran, pantoufles et canapé

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    D'Alexandre Devecchio sur le site du Figaro via artofuss.blog :

    Pascal Bruckner: «Écran, pantoufles et canapé, l’idéal universel de l’homme contemporain»

    4 octobre 2022

    GRAND ENTRETIEN – Dans un nouvel essai stimulant et plein d’humour, le philosophe et écrivain dresse l’archéologie d’une forme inattendue de «grande démission»: la tentation de renoncer à affronter l’existence.

    LE FIGARO. – Votre livre s’ouvre sur un portrait d’Oblomov, le héros du roman de Gontcharov… En quoi ce personnage de la littérature russe est-il emblématique de notre époque?

    Pascal BRUCKNER. – Oblomov est un petit hobereau des environs de Saint-Pétersbourg qui souffre d’une maladie étrange: il vit couché. Se lever, faire son courrier, sortir, voir des amis et, pire encore, fréquenter une femme lui coûte énormément. Il ne peut s’y résoudre: après le moindre effort, il doit s’allonger et dormir. À travers ce personnage qui est devenu un classique en Russie, Gontcharov a mis en lumière un trait caractéristique des Russes et qui irritait Lénine: la passivité.

    J’ai lu Oblomov durant le confinement et j’ai eu le sentiment que ce roman décrivait notre situation: comme lui, homme ou femme, après un moment de révolte contre les règles sanitaires, nous nous sommes coulés dans cette vie quasi végétative avec une certaine complaisance. Beaucoup d’entre nous sont devenus comme ces prisonniers qui soupirent, une fois libérés, sur les barreaux de leur cellule.

    La mentalité du renoncement et la tentation du cocon que vous décrivez sont-elles le fruit du confinement et de la crise sanitaire? Rétrospectivement, en avons-nous trop fait?

    Le confinement a été moins une nouveauté que le révélateur d’une mentalité antérieure qui a commencé dès la fin du XXe siècle. Depuis le début des années 2000, les calamités s’enchaînent sur notre tête, terrorisme islamiste, réchauffement climatique, suivis de la pandémie, de la guerre en Ukraine. Cette accumulation d’infortunes traumatise durablement une jeunesse élevée, en Europe de l’Ouest du moins, dans les douceurs de la paix et les promesses du bien-être. C’est la génération Greta, qui n’est nullement prête à affronter l’adversité et s’enferme dans la panique, les larmes et les imprécations contre ses aînés. L’humeur d’une fraction de la jeunesse et de certaines élites en Occident est à la fin du monde. À tous les problèmes réels qui se posent à nous, on apporte une seule solution: l’épouvante et la réclusion, fuite à la campagne, enfermement dans les petites communautés, survivalisme panique en attendant le baisser de rideau.La génération Greta n’est nullement prête à affronter l’adversité et s’enferme dans la panique, les larmes et les imprécations contre ses aînés. L’humeur d’une fraction de la jeunesse et de certaines élites en Occident est à la fin du monde

    Toute cette dramaturgie, ces cris d’orfraie débouchent au final sur l’inertie, c’est le paradoxe. Laisser croire qu’on va vaincre le réchauffement climatique en enfourchant son vélo ou en picorant bio est d’une indigence absolue. Face au coronavirus, on a trop fait et pas assez, avec une débauche de bureaucratie, d’injonctions et d’intimidations administratives qui laisseront des traces. On peut expliquer ce cafouillage par la nouveauté absolue qu’a représentée cette maladie. Pour autant, nous n’avons pas sombré dans la dictature, nous ne sommes pas devenus la Chine de Xi Jinping, toujours partiellement sous confinement.

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  • Bruxelles, 20 et 21 octobre : "Vous serez comme des dieux", pièce de théâtre de Gustave Thibon par les Compagnons de la Toison d'Or

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    Vous Serez Comme Des Dieux

     La troupe de théâtre 

    Les Compagnons de la Toison d'Or 

    vous invite à assister à son interprétation de

    " Vous serez comme des dieux "

    de Gustave Thibon.

    Mise en scène par Valérie de la Rochefoucauld

    Imaginez un temps où la mort est abolie par les exploits techniques humains et où les êtres autorisés à vivre sont ceux fabriqués en laboratoire.

    L'héroïne de cette pièce, Amanda, malgré l'amour sincère et partagé avec Helios, refuse ce monde parfait où le bonheur sans angoisse est imposé à tous.

    Elle réussit à déjouer intérieurement les effets du sérum de persuasion et mène ceux qu'elle aime sur le seul chemin qui lui semble vivable, souhaitable et juste.

    Plongez dans cet univers à l'aide d'un répertoire mystique très fort dont se saisissent les jeunes comédiens que ces thèmes n'intimident pas, de par la force même de leur jeunesse.

    Teaser - Vous serez comme des dieux 20-21/10/2022

    Informations pratiques

    Jeudi 20 octobre 2022

    18h30 Apéro-dinatoire

    20h Représentation

    Vendredi 21 octobre 2022

    18h30 Apéro-dinatoire

    20h Représentation

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    Réservez vos places en envoyant un e-mail à l'adresse suivante :

    vousserezcommedesdieux@gmail.com

    Vous recevrez un e-mail de confirmation de votre réservation.

    Participation aux frais : 10€ 

    Paiement sur place en espèce ou à l'avance par virement:

    Bénéficiaire : Les Compagnons de la Toison d'Or

    IBAN : BE20 0689 4474 4156

    Communication : Prénom Nom + date de la représentation + nombre de places réservées

  • « Et si Dieu existait ? » : grande Conférence et public rayonnant hier jeudi 6 octobre à 20h à l’Université de Liège

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    Hier, jeudi 6 octobre, s’est tenue la Grande conférence « Et si Dieu existait ? » dans la prestigieuse salle académique de l’Université de Liège. Les deux conférenciers Olivier Bonnassies et Michel-Yves Bolloré sont les co-auteurs du best-seller « Dieu, la science, les preuves », vendu à plus de 200.000 exemplaires.

    D’entrée de jeu, le modérateur, Emmanuel Tourpe, a fait référence aux critiques formulées contre le livre, et a demandé s’il était judicieux d’utiliser l’expression « preuve de l’existence de Dieu ». Les auteurs insistent sur la signification du vocable ‘preuve’ : un ensemble d’arguments concordants et convaincants. Contrairement aux preuves absolues existant dans des sciences abstraites comme les mathématiques, les preuves relatives à la vie réelle laissent une marge de liberté pour se laisser convaincre ou non.

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    Bolloré 221006-les-deux-conférenciers.jpgOlivier Bonnassies cite Louis Pasteur (et Francis Bacon) : « Un peu de science éloigne de Dieu, mais beaucoup y ramène ». Parmi les cent citations de savants, du chapitre douze du livre, Michel Bolloré lit celle du Prof. George Wald (de Harvard), prix Nobel de médecine en 1967 : « Il n’y a que deux façons d’envisager l’origine de la vie ; l’une est la génération spontanée se poursuivant par l’évolution, l’autre c’est une création surnaturelle, œuvre de Dieu. Il n’y a pas deBolloré 221006-Tourpe-devant-conférenciers.jpg troisième possibilité. La génération spontanée de la vie à partir de la matière inerte a été scientifiquement infirmée par Pasteur et d’autres, il y a 120 ans. Ceci nous laisse avec la seule conclusion que la vie a été créée par Dieu. Cela, je ne l’accepterai pas pour des raisons philosophiques, parce que je ne veux pas croire en Dieu. En conséquence, je choisis de croire en ce que je sais être scientifiquement impossible : la génération spontanée conduisant à l’évolution. »

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    Le public, composé de 275 personnes, était rayonnant devant les arguments de haut vol, mais pédagogiques, brillamment proposés par les conférenciers, tous deux ingénieurs et philosophes. Il y avait Mgr Jean-Pierre Delville, évêque de Liège, et le chanoine Jean-Pierre Pire, doyen de Liège. Toutes les tranches d’âge étaient bien représentées.

    La soirée était l’initiative conjointe de cinq associations liégeoises : L’Union (Cercle royal des étudiants catholiques de Liège), RCF, Île-de-Meuse, Sursum Corda, Calpurnia. Une belle expérience de réflexion sur la question de l’existence d’un Dieu créateur ! L’enregistrement audio et visio sera accessible via la page internet : https://iledemeuse.be/et-si-dieu-existait/

    Contact :

    Jean-Paul Pinon, info@iledemeuse.be  0497 52 77 51

  • La crise du joséphisme en Autriche et le synode de Pistoie (XVIII° s) (cours de liturgie de Denis Crouan, n°20)

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    Liturgie 20 : La crise du joséphisme en Autriche et le synode de Pistoie (XVIII° s) (40 mn) 

    https://youtu.be/CXvhnfLvqZE

    Le gallicanisme et le jansénisme qui se sont développés en France et ont gangréné tant la liturgie que la foi vont trouver un prolongement dans un synode qui se tient dans la ville italienne de Pistoie (Pistoia) en Toscane. Désormais, les erreurs ne seront plus limitées à la France : elles vont aussi se propager dans les pays germaniques et en Italie. La liturgie romaine que le concile de Trente avait tenté de mettre en ordre n’est plus qu’un vague projet qui ne trouve d’application nulle part. Quant au « missel de saint Pie V », il demeure presque partout superbement ignoré. 

    On aurait tort de croire que les décisions prises à Pistoie sont approuvées par l’ensemble des fidèles. Dès mai 1788, les catholiques de Prato envahissent la cathédrale afin de protéger le somptueux autel et les reliques qui s’y trouvent. Puis, dans leur lancée, ils s’emparent du trône épiscopal de Scipion Ricci pour le brûler sur la place publique au son du tocsin. 

    COURS DE LITURGIE, PAR DENIS CROUAN, DOCTEUR EN THEOLOGIE, 2022 

    Pour accéder à la totalité de la playlist :  

    https://www.youtube.com/playlist?list=PLuko328jWH_06CYFfUP8d6v_vzl9f4UbI 

    Cours donné par Denis Crouan, docteur en théologie, en entretien interactif avec Arnaud Dumouch. 

    Vidéo du site http://docteurangelique.free.fr/fichiers/InstitutDocteurAngelique.htm, les œuvres complètes en français de saint Thomas d'Aquin. 

    Denis Crouan 2022. 

  • Une église de Tournai accueille des festivités très peu catholiques autour de la mort

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    Puede ser una imagen de texto que dice "15 OCT. FESTIVAL autel des morts mexicain participatif MORT ateliers tout public concerts projections installations procession spectacle bouffe mexicaine visites QUI QUITUE maquillages spectacles lectures atelier d'écriture apéroooo fiesta! Tournai 1er NOV. achtli 20 22 SRE RE GA RA GE TAAT EVITRINE MômA LA GROTTE DEL'ESCAUT mufim"

    Puede ser una imagen de texto que dice "Durant plusieurs jours et dans différents lieux de Tournai, découvrez diverses propositions artistiques autour de la mort. Célébrez la vie en pensant a vos morts! Au centre du festival l'élaboration d'un autel des morts participatif dans la tradition mexicaine à l'église St Nicolas. Comment participer Mer. 26 Jeu. 27+ Vend. 28 OCT. 2022 àl'église Saint-Nicolas de 17Ha20H 20H On vous reçoit pour récolter ph de vos défunts, des bougi des fleurs, des crănes, des papel picado, des objets qu'ils ont aimé manger, boire, fumer, etc. pour les place sur l'autel ls puissent se servir tiendrons pour vous"

    Cet évènement aura lieu dans une église du XIIIème siècle, l'Eglise Saint-Jacques de Tournai, Belgique. Cette église est toujours en fonction pour la messe dominicale etc. Dans le cadre de la période qui précède la Toussaint, nous avions Halloween depuis plusieurs années malheureusement mais maintenant, voici qu'arrive le culte mexicain de la Santa Muerte. L'Eglise catholique condamne fermement ces pratiques, les qualifiant de "culte du diable". En 2009, elle a décrété que toute prière adressée à Santa Muerte était un pêché. Le gouvernement mexicain a refusé d'accorder au culte le statut de religion officielle, et les fidèles de Santa Muerte sont souvent assimilés à des hors-la-loi et trafiquants de drogue. Malgré cela, la dévotion populaire envers la sainte macabre ne cesse de croître.

    On pourrait espérer que l'évêque du lieu fasse preuve de plus de discernement avant d'autoriser la tenue de pareilles festivités dans une église.

  • Un Islam européen ?

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    D'Annie LAURENT, déléguée générale de CLARIFIER, sur la Petite Feuille Verte (n°93) :

    L’islam peut-il être européen ?

    4 octobre 2022

    La présence croissante de populations musulmanes en Europe est une réalité objective. Faut-il pour autant en tirer la conclusion que, nonobstant son origine orientale, l’islam s’est européanisé moins d’un siècle après son avènement, comme l’idée tend à se répandre dans certains milieux intellectuels et politiques, où l’on va parfois jusqu’à voir en lui un élément constitutif de la civilisation du Vieux Continent ? En voici deux exemples significatifs, même si la notoriété et l’importance des personnes citées sont bien évidemment très différentes.

    Dans un article publié sur Facebook, Samuel Touron, étudiant à Sciences Po Toulouse et président de l’association Jeunes Européens, écrivait après avoir rappelé que l’islam s’est implanté en Europe dès 711 : « L’islam n’est-il pas une religion bien plus européenne qu’on ne le pense ? […] Contrairement à une idée reçue, l’Europe n’est pas un continent aux racines uniquement chrétiennes, n’en déplaise à ceux qui, lors des débats autour d’une Constitution pour l’Europe, souhaitaient voir inscrite l’adhésion aux valeurs chrétiennes comme facteur nécessaire pour intégrer l’Union » (19 mai 2021).

    Lors de l’accession de Charles III au trône britannique, le site musulman oumma.com a cité un extrait du discours qu’il avait prononcé le 27 octobre 1993 (en sa qualité de prince héritier) dans l’enceinte du Centre d’Oxford pour les Études islamiques dont il était le mécène. « L’islam fait partie de notre passé et de notre présent, et ce dans tous les domaines de l’activité humaine. Il a contribué à la création de l’Europe moderne : il fait partie de notre propre héritage et n’est pas un élément étranger […]. Au-delà, l’islam peut nous enseigner aujourd’hui une façon de comprendre le monde, et d’y vivre, que le christianisme a malheureusement perdu. L’islam […] refuse de séparer l’Homme et la nature, la religion et la science, l’esprit et la matière : il a su préserver une vision métaphysique, unifiée, de nous-mêmes et du monde qui nous entoure » (9 septembre 2022).

    Tous deux omettent de mentionner que l’irruption musulmane en Europe dans le passé ne relevait pas d’un projet religieux assimilable par la doctrine chrétienne qu’il serait venu améliorer. De fait, le christianisme n’a rien emprunté à l’islam.

    Après l’évangélisation initiale qui suivit la Pentecôte, l’élaboration des dogmes chrétiens « fut l’œuvre de la série des grands conciles œcuméniques, et c’est à la philosophie grecque que les Pères de l’Église ont emprunté de l’outillage conceptuel », rappelle Rémi Brague (Cf. Au moyen du Moyen Âge. Philosophies médiévales en chrétienté, judaïsme et islam, éd. Flammarion, 2008, p. 21).

    Cela n’empêche pas de reconnaître tout ce que l’Europe doit aux transferts de textes savants ayant transité par l’Orient arabisé et islamisé, assure cet auteur, tout en soulignant le rôle primordial – trop oublié – des chrétiens de Bagdad au IXème siècle dans la traduction de la science et de la philosophie grecques.

    Et Brague regrette la surdétermination idéologique qui s’est emparée du sujet (Id.). « Il y a toujours plusieurs mythes orientalistes sur le marché, selon les époques. On a eu parfois tendance à minorer le rôle des Arabes, ce qui était très injuste. Aujourd’hui, le balancier est reparti dans l’autre sens et certains – non pas des savants, bien sûr, mais des hommes des médias et des politiciens – voudraient nous faire croire que l’Europe doit tout à l’Islam » (Où va l’histoire ? Entretiens avec Giulio Brotti, Salvator, 2015, p. 92-93).

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  • Le cardinal Müller met en garde contre un grave danger qui pourrait conduire l'humanité au "suicide collectif"

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    Du National catholic Register :

    Le cardinal Müller met en garde contre un grave danger qui pourrait conduire l'humanité au "suicide collectif".

    Ces propos ont été tenus lors du 14e Congrès mondial des familles, qui s'est déroulé du 30 septembre au 2 octobre à Mexico.

    4 octobre 2022

    Le cardinal allemand Gerhard Müller, préfet émérite de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a mis en garde contre un grave danger qui pourrait conduire au "suicide collectif" de l'humanité.

    "Le christianisme promeut une civilisation de la vie et conteste la culture du nihilisme anthropologique, qui devrait aboutir au suicide collectif de l'humanité. L'athéisme est un nihilisme. Son fruit est la mort", a déclaré le cardinal dans une présentation faite en espagnol par son secrétaire le 30 septembre lors du 14e Congrès mondial des familles, qui s'est déroulé du 30 septembre au 2 octobre à Mexico.

    Sur son site Internet, le congrès indique qu'il s'agit "d'un événement international et interreligieux majeur qui cherche à unir et à équiper les dirigeants, les organisations et les familles pour affirmer, célébrer et renforcer la famille en tant qu'environnement humain naturel et fondamental, clé de l'épanouissement des individus matures et des sociétés durables".

    Dans sa conférence, le cardinal Müller a expliqué que "le nihilisme, c'est-à-dire "le sentiment du nouvel âge" selon lequel "Dieu lui-même est mort", comme l'a écrit le philosophe Hegel, peut conduire au sentiment qu'"il n'y a rien de mauvais dans l'être humain et que tout ce qui lui plaît est permis, si nous croyons à la rationalité divine bienveillante sur et dans tout ce qui a un être dans sa création".

    Dans son discours intitulé "L'homme fait à l'image et à la ressemblance de Dieu : un manifeste contre le nihilisme anthropologique", le cardinal s'est référé aux thèses de Nietzsche, "le prophète du nihilisme post-chrétien" qui a proclamé "la mort de Dieu", et à l'historien Yuval Noah Harari, qui "est devenu quelque chose comme le gourou du soi-disant trans- et post-humanisme".

    Le "surhomme divin" peut devenir "diaboliquement inhumain".

    Le préfet émérite explique qu'"en tant qu'historien, Harari lui-même devrait savoir à quelle vitesse la vision d'un surhomme divin peut devenir diaboliquement inhumaine. Le 20e siècle l'a cruellement démontré. En Europe occidentale et orientale. Surtout en Allemagne et en Russie."

    "Si l'homme cesse d'être une créature à l'image et à la ressemblance du Dieu trinitaire, il sombre dans les profondeurs du nihilisme anthropologique", a averti le cardinal Müller.

    Par exemple, le cardinal a fait référence aux personnes "qui se sont fait "lifter" ou "actualiser" le visage ou d'autres parties du corps. Il ne s'agit plus d'une mode hollywoodienne, mais plutôt que ces pauvres créatures méritant la miséricorde sont tombées - sans le savoir - dans le nihilisme anthropologique."

    "Le nihilisme anthropologique a pour père l'orgueil de la créature qui veut devenir comme Dieu (Genèse 3, 5) et veut établir pour elle-même la différence entre le bien et le mal, le vrai et le faux", a-t-il ajouté.

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  • La rencontre de François d'Assise et du sultan ou l'exploitation abusive d'un joli mythe

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    On ne cesse de nous présenter la rencontre de François d'Assise avec le sultan d’Égypte Al-Malik al-Kâmil comme un précédent emblématique du dialogue interreligieux et en particulier de celui entre le christianisme et l'islam actualisé par la rencontre entre le pape et le grand imam d'Al-Azhar qui a débouché sur la déclaration commune d'Abou Dhabi. Cette récupération d'un évènement historique - consistant pour François d'Assise non à rechercher un dialogue avec l'Islam mais visant à obtenir la conversion du sultan - pour justifier la ligne de conduite adoptée par le pape François est pourtant abusive et ne correspond pas à la réalité historique comme l'a démontré l'historien John Tolan (Le saint chez le sultan (Seuil, Paris, 2007) :

    Un si joli mythe (Témoignage chrétien (Philippe Clanché), 31 octobre 2019)

    La célèbre rencontre entre François d’Assise et le sultan d’Égypte, en 1219, a-t-elle été le premier dialogue entre chrétiens et musulmans ? Pour l’historien John Tolan*, rien n’est moins sûr.

    On célèbre cette année le huit centième anniversaire de la rencontre de François d’Assise et du sultan d’Égypte Al-Malik al-Kâmil ? Qu’en sait-on historiquement ?

    La scène se déroule durant la cinquième croisade. En 1219, les croisés étaient alors ensablés devant la ville portuaire de Damiette, en Égypte, que le sultan défendait avec succès. Deux chroniqueurs de l’époque racontent que François est arrivé dans le camp des croisés et qu’il est passé voir le sultan, avec un compagnon nommé Illuminé, lors d’une période de trêve et de négociation de paix. On sait que certains parmi leurs proches les ont prévenus du danger et ont tenté de les décourager. Les récits rapportent que François et Illuminé sont revenus quelques jours plus tard, sains et saufs.

    Que se sont dit François et Al-Kâmil ?

    On pense que le dialogue fut plutôt paisible et respectueux. Sur son contenu, les versions divergent. L’hagiographie franciscaine avance que François a cherché activement le martyr, ou du moins qu’il était prêt à cette éventualité. D’autres récits mettent l’accent sur son désir de convertir son hôte musulman. La première raison n’exclut pas l’autre. En créant ce qui allait devenir l’ordre franciscain, François cherchait à recréer une vie apostolique, en prenant pour modèle les apôtres et leur désir de pauvreté et d’humilité. Ceux-ci ont tous prêché l’évangile aux infidèles et tous ont été martyrisés. Il est logique que François ait vu ainsi son destin, mais il a fait preuve d’humilité et de respect envers le sultan. Ce dernier, qui vivait entouré de chrétiens et de juifs, ne voulait pas se convertir, mais ne voulait aucun mal à un visiteur comme François. L’épisode, événement mineur dans la Croisade, est passé presque inaperçu sur le moment. Certains chroniqueurs ne le mentionnent pas.

    Comment l’événement s’est-il intégré dans l’histoire franciscaine ?

    L’épisode fait débat dès les premières hagiographies. À partir du XIVe siècle, la mémoire de François fait l’objet d’une tension au sein de l’ordre entre deux courants : les spiritualistes et les conventuels. Un des biographes du saint a écrit que François était prêt à convertir le sultan, mais que la division des siens l’a obligé à abandonner la mission en Égypte.

    À partir de quand le geste de François est-il devenu un symbole du dialogue interreligieux ?

    Au XXe siècle, de nombreux auteurs et théologiens ont voulu faire de François un apôtre du dialogue avec les musulmans. Cette relecture historique s’est renforcée avec le concile Vatican II, et plus encore après les attentats de 2001. Giulio F. Basetti-Sani (1912-2001), frère franciscain, a affirmé que François avait pour but, à Damiette, d’entreprendre un dialogue pour la paix. Selon lui, le saint d’Assise avait compris que la croisade était contraire à l’amour prêché par l’Évangile et aurait tout fait pour l’en empêcher. Ne pouvant convaincre les papes, François aurait d’abord cherché à rejoindre un mouvement pacifiste en France, puis serait parti dans les rangs des croisés pour les enjoindre de renoncer. De nombreux franciscains ont suivi cette théorie. Des auteurs littéraires ont également défendu cette vision de François. Le romancier grec Níkos Kazantzákis, dans Le Pauvre d’Assise, présente un François initialement favorable à la croisade qui change d’avis en voyant les tueries et les pillages commis par les soldats chrétiens lors du siège de Damiette. Dans Frère François, Julien Green raconte que le saint a tenté d’éviter l’assaut des croisés et qu’en désespoir de cause il est allé chez le sultan. Selon lui, en échangeant avec cet homme érudit et agréable, François a acquis une très bonne image de l’islam. En réalité, rien n’indique cela. N’oublions pas le contexte de l’événement, un temps de violence.

    Comment vos travaux sont-ils reçus par les héritiers de François ?

    Les franciscains, très impliqués dans le dialogue interreligieux, et particulièrement avec les musulmans, m’invitent régulièrement. Je leur dis que l’image de François homme de dialogue est un joli mythe, mais pas la réalité. Je suis entendu par beaucoup, mais certains n’arrivent pas à accepter ma thèse.

    Qu’en est-il dans le monde arabo-musulman ?

    L’épisode y est très peu connu. Je n’ai quasiment rien trouvé dans les sources ou auprès de mes collègues. D’un point de vue arabe, on regarde aujourd’hui les croisades moins dans leur dimension religieuse que comme un phénomène précurseur du colonialisme européen.

    Propos recueillis par Philippe Clanché.

    * Professeur d’histoire à l’université de Nantes, spécialiste des études médiévales, auteur de Le Saint chez le Sultan. La rencontre de François d’Assise et de l’Islam. Huit siècles d’interprétation (Seuil, 2007).

    On peut aussi lire - avec la prudence qui s'impose - cette étude parue ICI.

  • "Kant est la marâtre de l’agnosticisme contemporain" (Philo à Bruxelles, 18 octobre)

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    Kant, marâtre de l’agnosticisme contemporain

    ou : Comment conserver la santé mentale avec une belle-mère métaphorique, mais néanmoins encombrante ?

    De quoi sera-t-il question ? D’un sujet grave et sérieux, pour commencer, et strictement philosophique celui-là. Qui d’entre nous a lu Kant ? Moi certes un peu, quand je le devais et que je parvenais à garder les yeux ouverts devant le dénuement glacé et l’accablante technicité de sa prose, que j’avoue cependant ne connaître que par traduction interposée. Mais il n’est pas nécessaire d’avoir lu Kant pour être kantien : ce sera le sujet de notre première conférence. Pour le dire d’un mot, Kant est la marâtre de l’agnosticisme contemporain, l’éminence grise qui, en coulisses, rend compte d’un état d’esprit largement répandu chez nous, Occidentaux, qui, à cause de Kant, nous sommes si universellement murés dans un scepticisme qui ne nous empêche pas de dogmatiser.

    De Dieu, diront en effet beaucoup de nos contemporains avec l’aplomb de ceux qui détiennent un savoir certain, de Dieu nous ne pouvons pas dire s’il est ou s’il n’est pas. Dogmatisme et scepticisme. S’agit-il de deux postures contradictoires ? Pas du tout : nous verrons, en effet, comment la pensée de Kant explique la catastrophe agnostique contemporaine. Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir ; et nous sommes, nous, beaucoup plus kantiens que nous ne l’imaginons. Heureusement, on peut sortir de l’impasse kantienne par le haut, en particulier avec l’aide de saint Thomas : le Docteur d’Aquin, le « génie intelligent » (pour reprendre l’expression du P. dominicain Charles-Damien Boulogne), nous prescrira le remède qui nous permettra de ne pas étouffer en demeurant confinés avec l’envahissante marâtre de Königsberg.